jeudi 12 juillet 2018

Des familles de policiers vivent dans la peur

L’agression d’un couple de policiers devant leur fille de trois ans à Othis n’est pas un phénomène isolé selon Perrine Sallé, qui milite dans une association de défense des familles travaillant au sein des forces de l’ordre.

ACT POLICE FAMILLES SECURITE

Les familles dont les membres travaillent dans les forces de l’ordre et de sécurité sortent de l’ombre. Le 9 juillet, une mobilisation a été organisée à Paris pour soutenir les proches des policiers, militaires et CRS subissant les conséquences de l’impopularité de leur profession. « La haine de l’uniforme se propage aux familles. », déplore Perrine Sallé, ex-compagne de policier et porte-parole de l’Association femmes des forces de l’ordre en colère (Affoc), qui s’est confiée à RT France.

La mobilisation du Trocadéro s’est déroulée alors qu’un couple de policiers s’est fait passer à tabac ce 5 juillet devant leur petite fille de trois ans à Othis (Seine-et-Marne), car la policière avait contrôlé les agresseurs peu de temps auparavant. « On a recensé sept enfants harcelés et tabassés car ils sont fils ou filles de CRS ou de policiers. Ils se font injurier. Ils sont obligés de mentir sur la profession des parents. Les familles vivent dans une peur perpétuelle. », détaille Perrine Sallé.

Menaces, insultes, agressivité : les forces de l’ordre et leurs familles alertent

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« Les enfants entendent : « Ton père, il finira brûlé comme un nugget. » », « Tu vas devenir orphelin. » ou encore « On va l’égorger comme à Magnanville », poursuit la militante. Comment réagissent les responsables scolaires ? « Il n’y a aucune réaction de la part des professeurs et un sentiment d’impunité de la part des délinquants. », estime encore la porte-parole de l’Affoc, qui poursuit : « Des enfants doivent partir en vacances anticipées, d’autres ont été déscolarisés. Il y a eu des hospitalisations de petits, qui tombent en dépression, ou sont victimes de terreurs nocturnes. »

Les compagnes de membres des forces de l’ordre, lorsqu’elles se font repérer, peuvent aussi être la cible de l’agressivité de délinquants.

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« On se fait insulter dans la rue. », témoigne Perrine Sallé. Lorsqu’elle est intervenue dans des discussions sur les réseaux sociaux pour défendre les familles de policiers, elle s’est aussitôt fait menacer de mort. « Mais quand on dénonce des injures sur les pages anti-flics, anti-uniformes, qui appellent au tabassage et au meurtre des familles, il n’y a aucune censure malgré les signalements. Pourtant certaines comptent jusqu’à 56 000 membres. », s’indigne-t-elle.

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Au point que certains policiers, pour éviter qu’on les identifie, font expédier leur courrier libellé « Ministère de l’Intérieur » à une adresse différente de celle de leur domicile. Cette peur est rarement exprimée dans les médias, selon la militante. « Les policiers et les militaires sont soumis au devoir de réserve et ne s’expriment pas. », développe Perrine Sallé. « Puisqu’ils ne peuvent pas s’insurger, personne ne se rend compte de ce qu’ils vivent. », déplore-t-elle. « Leur hiérarchie utilise en outre des moyens de pression contre le forces de l’ordre qui ont envie de dire que ça se passe mal. Pourtant ce n’est pas pour entacher l’institution mais pour que la situation s’améliore. », estime-t-elle également.

« Si nous-mêmes familles sommes en danger et que ceux qui garantissent la sécurité sont menacés, comment penser qu’ils vont assurer leur mission ? », interroge la porte-parole. La jeune femme a écrit quatre fois au ministère de l’Intérieur, sans obtenir de rendez-vous. « Il faut faire comprendre que cette situation est à risque pour tout le monde et nous attendons de vraies mesures. », conclut-elle.

 

Policières

 


 

Source :

https://www.facebook.com/FdFdOeC/

https://francais.rt.com/france/52309-ton-pere-finira-brule-comme-nugget-familles-policiers-vivent-peur

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mardi 19 juin 2018

La Colombie, les escadrons de la mort et les droits de l’homme vus par les USA

TRIBUNE LIBRE / Par Dan Kovalik
Paru sur RT sous le titre Colombia, the death squads & the US’ human rights double standard

TL COLOMBIE PROPAGANDE US

Presque quotidiennement, nous sommes bombardés par des « informations » sur des problèmes au Venezuela. Et de fait, problèmes il y a, par exemple des pénuries de nourriture et de médicaments, et une inflation galopante. Mais quelque chose est occulté.

Ce qui est occulté par la presse est l’impact des sanctions sur la situation au Venezuela et la façon dont ces sanctions empêchent le Vénézuela de résoudre ces problèmes.

Ce que la presse omet aussi est que la voisine de palier du Venezuela, la Colombie, fait face à des problèmes humanitaires encore plus pressants. C’est la première alliée des USA dans la région et, étrangement, la toute nouvelle « partenaire mondiale » de l’OTAN en Amérique Latine. Et, les USA sont très largement responsables de ses problèmes aussi, mais de façons différentes.

TOUS LES JOURS

La fait est que, sur plusieurs plans, la Colombie connaît l’une des pires situations quant aux droits de l’homme de la planète, mais vous ne le sauriez jamais en regardant vos infos du soir à la télé.

D’abord, la Colombie détient le record des personnes disparues de toutes les Amériques – même plus que tous les pays du Cône Sud conjugués au cours des années de la « Guerre sale » – à plus de 60 000 personnes.

De plus, la Colombie compte le plus grand nombre de personnes déplacées par des conflits de la Terre, à plus de 7 millions – juste derrière la Syrie. Et un nombre disproportionné de ces personnes déplacées sont indigènes ou afro-descendantes.

Ajoutons que la Colombie se classe cinquième dans le monde pour le nombre d’enfants déplacés par des conflits, avec deux millions de filles et de garçons déplacés. De façon choquante, elle se classe 3ème dans le monde pour le nombre d’enfants assassinés, avec 715 enfants tués au cours de la seule année dernière. Ces statistiques ont mené l’organisation Save the Children à conclure que la Colombie est « l’un des pires pays au monde où être un enfant ou un adolescent ».

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La Colombie compte aussi parmi les pires pays au monde pour y être un activiste tel qu’un défenseur des droits de l’homme, un leader de syndicat, un chef indigène ou un chef afro-colombien. Ainsi, même après la signature d’un traité de paix entre le gouvernement colombien et les guérilleros des FARC en 2016, des activistes sont assassinés à un rythme alarmant. Plus de 200 activistes ont été tués depuis janvier 2017. En outre, 2017 a été la pire année de l’histoire du pays pour les militants des droits de l’homme en Colombie, avec un nombre record de 120 meurtres.

Bien sûr, les USA portent une lourde responsabilité dans cette horrible situation, parce qu’ils ont été les commanditaires de la guerre brutale de la Colombie contre son propre peuple, pendant des décennies, et qu’ils ont fourni des milliards de dollars en aides matérielles à cet effort de guerre. De fait, depuis 2000, les USA ont donné 10 milliards de dollars à la Colombie, principalement en assistance militaire, dans le cadre de son programme de contre-insurrection connu sous le nom de ‘Plan Colombia’. Au cours des années du Plan Colombia, l’armée colombienne a tenté de drainer plus d’assistance militaire américaine en massacrant des civils et en les faisant ensuite passer pour des guérilleros d’extrême gauche. Selon de récentes évaluations, l’armée aurait massacré 10 000 civils dans cette macabre opération de « faux positifs ».

ESCADRONS DE LA MORT 1

Mais les USA sont également derrière une force encore plus sombre que l’armée colombienne – à savoir, les escadrons de la mort paramilitaires colombiens. Bien que ceux qui vivent dans les endroits reculés de la Colombie soient douloureusement conscients de la présence et de la brutalité des paramilitaires, ces derniers sont aujourd’hui un secret bien gardé dans les zones plus aisées des grandes villes de Colombie et encore plus hors des frontières de la Colombie. De fait, les gouvernements américain et colombien démentent l’existence même de ces groupes paramilitaires, et la presse complice se fait également fort de garder le secret.

Récemment, le défenseur des droits de l’homme le plus important de Colombie, le Père Javier Giraldo (Compagnie de Jésus), a parlé du phénomène paramilitaire, dont il est expert. Comme il l’explique, « Nous avons des bras clandestins ou semi-clandestins de l’État, qui sont ces groupes paramilitaires. Aujourd’hui, il n’est plus toléré d’en faire mention en tant que tels, mais je continue de les appeler paramilitaires, parce que c’est le terme approprié. »

ESCADRONS DE LA MORT 2

Le Père Giraldo décrit les origines des escadrons de la mort paramilitaires, une force développée par les USA avant même l’émergence des guérilleros d’extrême gauche en 1964. Comme il l’explique :

« En 1962, quand Guillermo León Valencia était président, une mission de l’armée des USA, d’une école militaire spéciale de Caroline du Nord, est arrivée en Colombie… Ils ont analysé la situation en Colombie et laissé des instructions secrètes, qui donnaient l’ordre au gouvernement colombien de commencer à entraîner des groupes mixtes de civils et de militaires, et de les préparer à des activités terroristes paramilitaires pour combattre les sympathisants du communisme. *

«…  Le président Valencia, le jour de Noël 1965, a édicté le Décret 3398 qui changeait le nom du Ministère de la guerre en Ministère de la défense et autorisait la formation de milices civiles comme auxiliaires des forces armées. C’est la base légale des paramilitaires. »

« … Les États-Unis ont commencé à diriger tout l’appareil de sécurité de la Colombie et de ses agences… d’abord avec 400 officiers de l’armée des USA, aujourd’hui avec au moins 800. Les milices paramilitaires créées à cette époque, avec tous leurs soutiens légaux, ont été réaffirmées. »

ESCADRONS DE LA MORT 3

Bien sûr, comme le Père Giraldo l’a expliqué en de nombreuses occasions, les « sympathisants du communisme » ciblés par les paramilitaires sont les leaders syndicaux, les défenseurs de droits de l’homme, les leaders paysans et les prêtres catholiques qui prennent la défense des pauvres. Pour les prêtres catholiques, plus de 80 d’entre eux ont été assassinés depuis 1984 pour le crime d’avoir pris le parti des pauvres.

A cause de l’augmentation des meurtres de ces leaders sociaux et des déplacements forcés de masse après le désarmement des FARC, il devient plus évident que jamais que les paramilitaires ont la part du lion des violations des droits de l’homme en Colombie. Mais encore une fois, vous n’en sauriez rien en lisant votre presse habituelle ou en regardant les infos du soir à la télévision. Et les Colombiens qui souffrent sous le joug de ces paramilitaires sont douloureusement conscients de l’omerta dont ils font l’objet.

Encore récemment, quand j’étais en Colombie pour le premier tour des élections présidentielles, notre délégation a rencontré des résidents de la bourgade de Suarez (Département Cauca), qui venaient de perdre trois des leurs à cause de la violence paramilitaire. Un des membres de la communauté nous a demandé d’un ton désespéré, « Qu’est-ce que nous pouvons faire pour que le monde soit au courant de la poursuite de l’existence des paramilitaires ? » Je lui ai répondu que c’est ce que nous tentons de faire, mais que peu de gens nous écoutent.

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Pendant notre séjour en Colombie, un coordinateur de campagne pour un candidat à la présidence, Gustavo Petro, a été assassiné par des paramilitaires à la veille des élections. Le groupe paramilitaire connu sous le nom « Aguilas Negras » (les aigles noirs) avait menacé les partisans de la candidature de Petro quelques jours avant le vote du 27 mai.

Si la crise humanitaire et politique recevait ne fût-ce qu’une partie de l’attention portée par les médias à son voisin, le Venezuela, les gouvernements des États-Unis et de la Colombie auraient au moins une motivation pour améliorer la situation et poursuivre les groupes paramilitaires qui continuent de hanter le pays. Le silence presque complet sur le degré affolant de violence en Colombie est l’une des clés de la perpétuation de cette violence. De fait, les paramilitaires ont toujours dépendu de leur capacité à opérer dans l’ombre, et la presse occidentale se fait un devoir de les aider à cet égard.

Dan Kovalik enseigne le Droit humanitaire international à université de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il a écrit ‘The Plot to Attack Iran.’

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

* Note de la traduction : La tactique des milices paramilitaires a été appliquée par les USA contre le « communisme » ailleurs en Amérique du Sud. Par exemple, en Bolivie, dans les années 1970-80, l’un de ces groupes paramilitaires (et de trafiquants de drogue, tout comme en Colombie) était dirigé par un nom bien connu en France, l’ancien chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie, qui avait été exfiltré en Argentine, puis en Bolivie après la guerre. Voir l’article Cocaïne : Klaus Barbie, les USA et la connexion nazie

http://www.entelekheia.fr/2018/06/09/la-colombie-les-escadrons-de-la-mort-et-les-droits-de-lhomme-vus-par-les-usa/

lundi 28 mai 2018

Gaza, de la Marche du retour à l’État unique

TRIBUNE LIBRE / Le chirurgien Christophe Oberlin a effectué à Gaza en avril 2018 une mission médicale.

TL OBERLIN GAZA

Avec les manifestations pacifiques le long de la frontière qui sépare Gaza d’Israël, les Palestiniens sont en passe de réussir une couteuse mais efficace campagne de communication. Alors qu’Israël réagit de manière disproportionnée et fait usage d’armes prohibées, se précise l’objectif à long terme d’un Etat unique et démocratique sur l’ensemble de la Palestine.

Liban, 1992

Il y a 25 ans, le 15 décembre 1992, Itzhak Rabin déportait au Sud Liban 400 sympathisants du Hamas et du Jihad islamique. Le Premier ministre pensait ainsi éloigner définitivement les plus fermes opposants aux futurs accords d’Oslo dont les négociations secrètes venaient de commencer. Mais les déportés refusaient d’entrer au Liban et s’installaient tant bien que mal à quelque distance en contrebas du dernier check point israélien (Israël occupait alors le Sud Liban). Désormais chaque semaine les déportés allaient s’ébranler symboliquement en « Marches du retour » depuis leurs camps de toile vers la frontière, manifestant pacifiquement la volonté des Palestiniens de revenir sur leur terre. Ils essuyaient alors des tirs des soldats israéliens, l’un eut le visage emporté. Mais, bien avant l’heure d’internet, les images de leur détresse faisaient un « buzz » mondial, l’illégalité de leur expulsion était clamée par l’ONU. Neuf mois plus tard Israël cédait et les déportés rentraient chez eux.

Palestinien handicapé - Balle explosive

 

Les Marches du retour, version 2018

En 2018, les déportés, les assiégés, ne sont pas quatre cent, mais près de deux millions. Sans drapeaux partisans et sans armes, ils manifestent dans un espace vital pour eux : la zone frontalière sur laquelle Israël s’arroge le droit de vie et de mort ; un kilomètre de large sur quarante kilomètres de long, et qui correspond aux dernières terres agricoles de l’enclave. En déclarant ce territoire « zone tampon », ce sont trois mille hectares de terres agricoles sur laquelle Israël tire à vue. Au cours de l’année 2017, vingt-cinq Palestiniens ont été les cibles. Et voilà que ce ne sont plus de jeunes agriculteurs qui sont là, mais des familles entières, hommes femmes et enfants, des poussettes. Tous les vendredis, après l’heure de la prière, on piquenique en famille. Du nord au sud de la Bande de Gaza, cinq villages de tentes sont dressés avec des stands, des buvettes, des falafels, des podiums. Pour un de mes amis Francilien : « C’est la fête de l’Humanité avec beaucoup plus de monde ! »

Israël aggrave son cas

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Mais voilà que des jeunes s’approchent de la barrière, cette fois-ci sous les yeux du monde entier. Des centaines de portables diffusent en direct les images. Une fois de plus Israël réagit de la pire des façons, blesse et tue sans honte : « Nous savons où va chaque balle ». Mais en face une autre défense est organisée, non violente celle-là. Sur le terrain, dans les postes de secours, les ambulances, à l’entrée des services d’urgences des hôpitaux, dans les blocs opératoires, c’est toute une escouade formée au recueil de preuves médicolégales qui s’active sans relâche. En décembre dernier Ibrahim Abu Thuraya, handicapé amputé des deux jambes, a été tué d’une balle en plein front. Mais les témoins ont témoigné, les films sont là, et la balle extraite du crane est bien israélienne. Au soir du premier vendredi des Marches du retour, qui a fait 17 morts, ce sont plus de deux cent mandats des familles qui ont été recueillis et abondent les signalements déjà parvenus à la Cour pénale internationale. A tel point que la Procureure, fait totalement inédit dans l’histoire de la Cour, a fait savoir publiquement que ces actes « étaient susceptibles de relever de sa compétence ». Mais les soldats israéliens n’utilisent pas seulement les fines balles qui transpercent des enfants ou des journalistes. Je peux en témoigner. J’ai opéré à l’hôpital Shifa, le principal hôpital de la Bande de Gaza, du 8 au 15 avril. Les soldats israéliens utilisent aussi les « soft-nose bullets », ces balles à effet explosif qui font éclater les os, transforment en une bouillie sanglante l’intérieur des cranes, broient les corps en y laissant des cratères où l’on peut passer le poing. Et ils utilisent aussi les gaz. Des attaques chimiques comme celles, simultanée sur le nord et le sud de la Bande de Gaza qui ont laissé au sol des dizaines de blessés inconscients et agités de convulsions pendant de longues minutes. Des convulsions qui se reproduisent régulièrement chez les victimes hospitalisées dans les services de soins intensifs. Des gaz neurotoxiques. D’autres gaz, de couleur différente, produisent vomissements et diarrhées sanglantes. A la Cour, le dossier israélien pèse de plus en plus lourd.

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Les commentaires habituellement lisses des médias occidentaux commencent à se fissurer. Certes persistent quelques rapports « équilibrés », présentant à égalité oppresseur et victime. On évoque le pathétique ou le dérisoire à la vue de ces jeunes qui jouent avec leur vie sans objectif réaliste, ou qui seraient « manipulés par le Hamas ». On se désole de ces images de violence qui se répandent sur internet et ne constitueraient que d’autres appels à la violence. Mais n’est-ce pas justement parce que la réaction israélienne provoque des morts qu’on en parle ? Quelle relation a-t-on fait des centaines de milliers de Gazaouis qui manifestent régulièrement contre ce siège ? Evoque-t-on la misère massive qui s’est abattue sur Gaza sans eau potable ni électricité ? Sont-ce les Palestiniens qui ont besoin de martyrs, ou les médias occidentaux qui ont besoin d’images de sang et de morts pour animer la Une ? Alors quelques journalistes occidentaux, très peu, s’enhardissent à se glisser dans la Bande de Gaza. Et voilà même que le discours de tel ou tel responsable politique du parti diabolisé, le Hamas, se retrouve sur nos ondes aux heures de grande écoute. Avec quelle revendication ? Un objectif à long terme qu’il est bien difficile d’argumenter en contre : un Etat unique sur toute la Palestine, où tous jouiraient des mêmes droits : juifs, chrétiens et musulmans. Mais combien de Marches d’ici là ?

Pr Christophe Oberlin

 

Pr Christophe Oberlin - 1

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Oberlin

https://blogs.mediapart.fr/christophe-oberlin/blog/220418/gaza-de-la-marche-du-retour-letat-unique

http://www.france-irak-actualite.com/2018/04/gaza-balles-a-effet-explosif-et-gaz-neurotoxiques-la-guerre-d-israel-contre-les-civils-pacifistes.html

https://aphadolie.com/2018/05/27/gaza-munitions-illegales-handicapantes-utilisees-par-larmee-israelienne-bullet-soft-nose-pr-christophe-oberlin/

Voir aussi la vidéo:

VIDEO OBERLIN GAZA

Gaza : Munitions illégales handicapantes utilisées par l’armée israélienne (Bullet Soft Nose) – Pr Christophe Oberlin

https://www.youtube.com/watch?v=ZeYEBkElx2Y

Vidéos du jour

L’entretien libre : Alain Deneault, par Aude Lancelin

VID LANCELIN DENAULT

Source : Le Média, Aude Lancelin, 30-04-2018

Aude Lancelin reçoit Alain Deneault, philosophe québécois, auteur de “La Médiocratie” et “Le totalitarisme pervers”.

L'ENTRETIEN LIBRE #11 : AUDE LANCELIN / ALAIN DENEAULT

https://www.youtube.com/watch?time_continue=18&v=Zq9cqddCm24

Commentaire recommandé

ZX // 27.05.2018 à 08h41

Les cinq caractéristiques de l’extrême centre de Macron, selon Alain Deneault :
1) Favoriser les multinationales
2) Favoriser les dividendes pour les actionnaires
3) Donner accès aux paradis fiscaux
4) Réduire les services publics
5) Réduire les droits des travailleurs.

Autrement dit si “Macron varie, bien fol est qui s’y fie” (dixit Olivier Berruyer dans une interview sur RT), ce n’est que dans sa communication, pensant, peut-être, qu’il faut toujours dire ce que l’autre veut entendre pour mieux le manipuler. Mais son idéologie, et les actes qui la trahissent, est aussi fixe et immobile que la pierre : tout pour ceux qui ont, ou qui sont, tout, rien pour ceux qui n’ont, ou ne sont, rien. Car pour le “philosophe de l’Élysée” être et avoir c’est la même chose.

https://www.les-crises.fr/video-lentretien-libre-alain-deneault-par-aude-lancelin/

OUTIL GOPE SILENCE

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"Si la République en Marche s'appelait "le Capital en marche", les Républicains "les Capitalistes", les socialistes "les sociaux- capitalistes"..."

Des réflexions intéressantes sur la manipulation des idées, sur le rôle de l'affect contre la Raison.

Malheureusement, il y a toujours un débat absent à gauche, celui qui porte sur le rôle de la "construction européenne" et la possibilité de s'en émanciper. Ce serait pourtant une bonne première étape pour ceux qui aspirent à changer la société...

 

Voir aussi:

Natacha Polony réfléchit sur la violence et la politique (avant sa revue de presse début mai): ça tombe bien, à l'UPR, nous n'avons aucune complaisance envers la violence politique, et nous ne proposons pas d'imposer une autre Europe par la force, ou de "désobéir aux traités", mais d'en sortir pacifiquement et légalement, par l'article 50 du TUE (FREXIT).   P.G.

NATACHA VIDEO

"Mélenchon est Piégé" N. Polony Analyse Parfaitement la Situation entre Macron et Mélenchon

https://www.youtube.com/watch?v=lXglaPiI8Yo

vendredi 25 mai 2018

«Qu'ils aillent mille fois en enfer» : le message d'un ministre israélien à l'Union européenne

Le ministre israélien de l'Energie, Yuval Steinitz, n'a pas apprécié l’appel de l'Union européenne à une enquête sur les violences perpétrées par l'armée israélienne envers des manifestants arabes. Et il n'a pas mâché ses mots.

ACT ISRAEL MINISTRE

Au cours d'une interview accordée ce 23 mai à la chaîne Radio 103, le ministre israélien de l’Energie, Yuval Steinitz, a fait savoir ce qu'il pensait de l'appel, formulé la veille par l’Union européenne, à l’ouverture d'«une enquête rapide» sur la répression violente par l’armée israélienne de manifestations à Haïfa les 18 et 20 mai. Les manifestants, en majorité des arabes israéliens selon le journal Haaretz, protestaient notamment contre les violences qui ont endeuillé Gaza, où 62 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, le 14 mai.

«Qu'ils aillent mille fois, mille fois, en enfer», a lâché le ministre, au sujet de l'Union européenne (UE), selon des propos rapportés par Haaretz. «L'UE lèche maintenant les bottes de l'Iran et va aider [Téhéran] contre les sanctions américaines», a poursuivi Yuval Steinitz, accusant Bruxelles de «harceler» Israël.

«L'Iran se livre à des exécutions, torture les homosexuels, viole les droits des femmes, soutient le terrorisme et [Bachar el-]Assad, qui utilise des armes chimiques contre son peuple», a estimé le ministre israélien.

Jugeant que l'UE «ne représent[ait] pas réellement les nations européennes», il a estimé : «C'est une organisation que personne ne dirige et qui est moins favorable à Israël que les Etats européens eux-mêmes.» 

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, cité par Haaretz, estime lui aussi que l’Etat hébreu n'a «pas besoin [...] d'avertissements moralisateurs d'un organe partial et obsessionnel comme l'UE»

L'Union européenne avait fait part de son opposition au transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, estimant que cette initiative, prise par Donald Trump en décembre dernier, compromettrait sérieusement le processus de paix dans la région.

https://francais.rt.com/international/50934-mille-fois-enfer-

Edouard Philippe annule sa visite en Israël

Le Premier ministre a informé les autorités israéliennes qu'il annulait sa visite dans l'Etat hébreu, prévue les 31 mai et 1er juin prochains. Matignon met en avant un agenda intérieur monopolisé par plusieurs réformes, dont celle de la SNCF.

«La visite du Premier ministre français [Edouard Philippe en Israël, prévue les 31 mai et 1er juin] est annulée côté français pour des raisons intérieures», a rapporté le ministère israélien des Affaires étrangères, dans un bref communiqué publié le 23 mai.

Edouard Philippe devait notamment inaugurer le 1er juin à Jérusalem avec son homologue israélien Benjamin Netanyahou, la Saison croisée France-Israël, une série d’événements culturels et économiques qui se dérouleront simultanément dans les deux pays entre juin et novembre 2018. 

De son côté, Matignon a confirmé le report de la visite, faisant notamment référence à la série de réformes en cours. Edouard Philippe est notamment en première ligne sur la réforme de la SNCF, qui fait face à une vive contestation depuis plusieurs semaines. Selon Le Figaro, le locataire de Matignon «ira évidemment» en Israël, mais aucune date n'a pour l'heure été avancée. 

Une relation franco-israélienne sous tension ?

Sur Twitter, le député UDI Meyer Habib, fervent soutien du gouvernement israélien, a fait part de son regret : «Une occasion manquée de réchauffer les relations bilatérales après les condamnations décevantes de la France et le lynchage médiatique d'un Israël en légitime défense.» 

L'annulation de la visite du Premier ministre intervient dans un contexte de tension des relations entre la France et Israël après les récentes violences survenues dans bande de Gaza où 62 Palestiniens ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens, le 14 mai, alors qu’ils protestaient contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Emmanuel Macron avait alors «condamné les violences et souligné l’importance de la protection des populations civiles et du droit à manifester pacifiquement».

https://francais.rt.com/france/50920-edouard-philippe-annule-visite-israel

AFFICHE GAZA MASSACRE

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mardi 22 mai 2018

Massacre colonial pour un « jour de gloire »

TRIBUNE LIBRE / Bruno Guigue

TL MASSACRE COLONIAL BG

52 morts et 2400 blessés dont 1200 par balles.. C’est le dernier bilan de la sanglante journée du 14 mai 2018 dans la bande de   Mais pour Netanyahou, c’est un “jour glorieux”. Lors de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, il a remercié Donald Trump avec des trémolos dans la voix. “Quel jour glorieux ! Souvenez-vous toujours de ce moment, c’est un jour historique. C’est un grand jour pour Jérusalem et pour l’État d’. Un jour qui restera dans nos mémoires pour des générations et des générations”. Cette journée restera dans les mémoires, en effet, mais pour ce qu’elle est vraiment : un nouveau massacre colonial.

Déversant un déluge de feu sur des manifestants palestiniens désarmés, l’appareil répressif israélien s’est surpassé dans l’horreur. Où sont ses laudateurs habituels, toujours prompts à répéter le laïus officiel sur cette vertueuse armée israélienne pénétrée d’impératifs moraux et soucieuse d’épargner les civils ? On ne les entend guère, ils rasent les murs. Quand les courageux pionniers de l’idéal sioniste se livrent à un pogrom en direct, ces imposteurs abonnés aux plateaux-télé ont la mine basse et le regard chafouin.

Mais peu importe. D’autres se mettent à l’ouvrage, bien décidés à maquiller la scène de crime. Hypocrites, les médias français prennent le relais, nous expliquant du bout des lèvres que “les tensions sont vives” et qu’il y a des “affrontements à la frontière”. Quel sens de l’euphémisme ! On se demande bien, d’ailleurs, de quelle frontière il s’agit, car Israël n’en a aucune. La bande de Gaza est un morceau libéré – et assiégé – de la Palestine historique. Lorsque ses habitants veulent se rendre dans une autre région de la Palestine, ils rentrent chez eux, tout simplement. Parler de frontière, c’est faire comme si l’occupation était légale, c’est joindre le mensonge à la justification du forfait colonial.

Cette journée du 14 mai est la plus meurtrière depuis la guerre de l’été 2014 contre Gaza. Mais une fois de plus, dès qu’il s’agit de nommer l’oppression subie par les Palestiniens, les mots sont démonétisés, vidés de leur substance, frappés par une censure invisible. On connaît la rengaine : “Israël a le droit de se défendre”, les colonies sont des “implantations », les résistants des “terroristes”, le mur de séparation “un mur de sécurité”, Israël une “démocratie”, les manifestants de Gaza des “provocateurs” et des “extrémistes”. Dans cette novlangue invasive, les expressions apparemment les plus anodines sont trompeuses.

Au nom de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, par exemple, appelle “toutes les parties à agir avec la plus grande retenue, afin d’éviter des pertes de vies humaines supplémentaires”. On savait déjà que l’UE ne servait à rien, mais il faut avouer que cette inutilité finit par se voir de très loin. Dans le même registre, “la France, elle, appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement au Proche-Orient”, déclare le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Sournoises à l’excès, ces formules laissent entendre que deux peuples s’affrontent sur le champ de bataille, alors qu’il s’agit de la révolte d’un peuple colonisé contre le colonisateur. Elles font comme si le conflit provenait d’une double intransigeance et qu’il suffisait, au fond, de ramener à la raison les forces antagonistes pour rétablir la paix. On sait ce que signifie cet angélisme de façade : il s’agit d’obtenir la reddition de ceux qui protestent contre l’occupation. D’une lutte de libération, cette rhétorique lénifiante fait une obscure querelle. Son artifice, dans le meilleur des cas, consiste à renvoyer dos-à-dos l’occupant et l’occupé, comme si les responsabilités étaient partagées.

En attendant, la débauche de violence de l’occupant fait renaître l’atmosphère sanguinaire des pires massacres coloniaux. Enracinée dans les esprits par une idéologie raciste, la diabolisation du Palestinien autorise toutes les transgressions. Des citoyens israéliens s’installent sur les miradors pour assister en direct aux tirs à balles réelles sur cibles humaines. Quel beau spectacle ! Après tout, les héros de “Tsahal” excellent dans leur spécialité. Flinguer des civils, hommes, femmes et enfants confondus, c’est quand même plus facile que vaincre le Hezbollah au Liban-Sud ou aller chercher le combattant palestinien, à la baïonnette, dans les ruelles obscures de Gaza.

“Nos soldats défendent nos frontières”, déclare Netanyahou. Va-t-il également proclamer l’époustouflante victoire de sa vaillante armée ? Déjà, durant l’été 2014, le bombardement massif et meurtrier d’un immense camp de réfugiés était censé relever, dans la novlangue sioniste, du paradigme de la victoire militaire. Comme si le bilan de ce bain de sang perpétré à distance pouvait s’apparenter à celui d’une guerre remportée à la loyale, sur un champ de bataille, face aux soldats d’une armée digne de ce nom, l’Etat-colon se vantait de ses turpitudes. Aujourd’hui encore, comme un serial killer de série B, il se regarde dans son miroir, fasciné par sa propre image mortifère.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/massacre-colonial-pour-un-jour-de-gloire-par-bruno-guigue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

AFFICHE GAZA MASSACRE

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lundi 21 mai 2018

Gaza : des civils massacrés et une pensée malmenée

TRIBUNE LIBRE / Après la mort de plusieurs dizaines de Palestiniens tués par des soldats israéliens à Gaza, le spécialiste du monde arabe Adlene Mohammedi décrypte les réactions médiatiques et diplomatiques qui ont suivi le massacre.

TL GAZA PRESSE

A l’occasion des 70 ans de la proclamation de l’Etat d'Israël et du transfert, décidé par Donald Trump, de l’ambassade américaine à Jérusalem, plus d'une cinquantaine de Palestiniens ont été tués le 14 mai par l’armée israélienne. Au massacre de civils s’ajoutent des commentaires, parfois déconcertants, qui révèlent l’absurdité du regard porté sur la situation au Proche-Orient et la politique israélienne. 

«La fête a été gâchée par les morts palestiniens», déclarait ainsi tranquillement l’éditorialiste de BFM TV Ulysse Gosset. Même morts, les Palestiniens sont ainsi décrits comme ces empêcheurs de fêter en rond, de transférer son ambassade en rond, d’occuper en rond. Depuis le début des manifestations en mars, les forces israéliennes ont tué plus de 100 Palestiniens et le nombre de blessés avoisine 12 000. Le 14 mai, le nombre de morts s’élevait à 59 (dont plusieurs enfants) et celui des blessés à 2 700. A moins d’une contorsion de l’esprit, il est très difficile d’y voir autre chose qu’un massacre perpétré par une armée d’occupation, dans une zone assiégée, une prison à ciel ouvert.

Des réactions contrastées : entre fermeté et pusillanimité

Cette violence israélienne a assurément, comme toujours, ému les opinions publiques. Les réactions officielles et médiatiques sont, quant à elles, contrastées. Si des pays comme la Turquie et l’Afrique du Sud ont tout simplement rappelé leurs ambassadeurs, l’attitude israélienne semble rencontrer assez peu d’obstacles.

Comme toujours, un discours faussement équilibré s’installe, où le besoin de «neutralité» (au service du plus fort) prend le dessus sur la description du réel. Ainsi, pour Le Figaro, «des heurts violents ont éclaté lundi entre manifestants palestiniens et soldats israéliens». Dans ce cas unique, le manifestant désarmé et le soldat seraient également responsables. Le Palestinien apparaît comme l’homo sacer du droit romain : exclu, dépourvu de droits, on peut allègrement le tuer sans en pâtir.

De ce point de vue, la position française a le mérite d’identifier une responsabilité unique puisque le président Macron a condamné «les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants». La suite du communiqué laisse cependant sceptique : «Il a appelé tous les responsables à la retenue et à la désescalade et a insisté sur la nécessité que les manifestations des prochains jours demeurent pacifiques.» Comme s’il fallait atténuer la condamnation, elle-même bénigne, de l’armée israélienne. Il n’est plus question ici de la diplomatie des «lignes rouges» et des «punitions» si prisées ailleurs. Mais il y a pire, comme le montre l’exemple de la diplomatie canadienne qui préfère condamner «l’implication» du Hamas. En d’autres termes, si les Palestiniens se font tuer par l’armée israélienne, c’est qu’ils l’ont tout bonnement bien cherché. Au nom de la modération, le discours peut devenir immodérément sordide.

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Un contexte géopolitique en partie favorable à Israël

Ces violences israéliennes ne peuvent être séparées du contexte international et régional. Pour tuer avec une telle facilité des manifestants, Israël a pu compter sur des signaux encourageants. Le premier de ces signaux est évidemment le soutien indéfectible apporté par le président américain, du transfert de l’ambassade à Jérusalem à la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien. Appartenir à un axe anti-iranien plus ou moins informel, qui englobe l’Arabie saoudite et qui jouit du parrainage américain, cela ne peut qu’exacerber l’impunité israélienne face aux Palestiniens.

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Le sang qui coule à Gaza est celui d’une résistance à l’éventualité d’un plan de «paix» qui s’imposerait au peuple palestinien et qui aurait pour parrains honnis Riyad et Washington. Les Palestiniens se font massacrer tout simplement parce qu’ils refusent de voir leur cause noyée dans des calculs régionaux auxquels ils ne sont pas associés.

https://francais.rt.com/opinions/50727-gaza-civils-massacres-pensee-malmenee-adlene-mohammedi

vendredi 18 mai 2018

Quand Gaza fait irruption au Festival de Cannes

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, un formidable documentaire animé, Samouni Road, de Stefano Savona, revient sur la mort de 29 membres d’une famille gazaouie en 2009.

ACT SOUMANI FILM

Samouni Road ***
de Stefano Savona
Film franco-italien, 2 h 10
Quinzaine des réalisateurs

Le Festival de Cannes présente souvent des films en prise avec les tourments du monde. Mais il aura rarement été rattrapé de façon si tragique par l’actualité du moment. Pour la première fois présent sur la Croisette cette année, le pavillon de la délégation palestinienne, drapeau en berne, était en deuil.

Réunis en cercle, les festivaliers présents, parmi lesquels on comptait les membres du jury. Un certain regard, la comédienne française Virginie Ledoyen, l’acteur portoricain Benicio del Toro, et la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir, ont observé une minute de silence en mémoire des 60 Gazaouis tués lors d’une manifestation lundi 14 mai.

Quelques minutes plus tôt, lors d’une discussion organisée dans le cadre du marché du film autour de Samouni Road, documentaire sur la bande de Gaza présenté à la Quinzaine des réalisateurs, l’un des membres de la délégation disait son espoir qu’un tel film ait le pouvoir de guérir les blessures de la guerre.

Son réalisateur, l’Italien Stefano Savona, est moins optimiste, mais aspire tout de même à un travail de mémoire salutaire. Il passe dans son film par la restitution de la façon la plus fidèle possible de la terrible histoire de la famille Samouni, paisibles paysans vivant dans le nord de la bande de Gaza, non loin de la frontière israélienne. Certains travaillent à Tel-Aviv, parlent hébreu et gardent leur distance avec les partis politiques rivaux.

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En janvier 2009, pourtant, lors de l’opération israélienne à Gaza baptisée « Plomb durci » visant à mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas, 29 membres de cette famille sont tués par des soldats de l’État hébreu. Stefano Savona, qui venait de filmer la guerre au jour le jour, les rencontre à la fin de l’intervention militaire.

Frappé par la qualité des témoignages des femmes et enfants rescapés, allant au-delà de la colère ou de l’affliction, il décide de revenir un an plus tard à l’occasion du mariage d’un jeune couple. Les Samouni font preuve d’une telle résilience que le cinéaste décide de raconter leur quotidien avant, pendant et après la perte de leurs proches mais aussi de leurs maisons.

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Pour pallier l’absence d’images, il se tourne vers le cinéma d’animation, après avoir découvert le travail de son compatriote Simone Massi, réalisateur de courts-métrages au style unique sur la de sa famille dans le centre de l’Italie. Grattant avec divers outils pointus du papier enduit de pastel noir, cet animateur fait surgir la lumière de l’obscurité, les souvenirs de l’oubli.

La première partie mêle avec une fluidité confondante dessins du passé (ré) animé et témoignages recueillis sur le vif lors des tâches ménagères quotidiennes ou des discussions à l’ombre des oliviers et amandiers encore debout après le passage des tanks.

La nuit d’angoisse à l’issue fatale est quant à elle restituée par une demi-heure d’animation dont le tremblement du trait accentue l’émotion et la tension du drame qui se noue. Cette séquence éprouvante donne également à voir des vues aériennes du village comme celles que peuvent en filmer les drones militaires. Cherchant à donner à comprendre plus qu’à juger, Stefano Savona a recoupé les témoignages avec les rapports de la Croix-Rouge et ceux de l’armée israélienne qui a diligenté une enquête sur ces exactions.

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Le réalisateur n’escamote pas non plus la réalité d’une société patriarcale avec son lot de mariages arrangés et d’épouses reléguées dans des positions subalternes. Il montre aussi les ferments de la vengeance semés dans l’esprit des jeunes garçons. Mais tout autant, dans le regard brillant d’Alma, petite fille de 10 ans sauvée des décombres trois jours après le bombardement de sa maison, la volonté de se reconstruire malgré le traumatisme.

Stéphane Dreyfus, à Cannes
https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Quand-Gaza-fait-irruption-Festival-Cannes-2018-05-16-

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iMAGES DU JOUR

Plutôt de l'humour noir cette semaine, pour la compilation du site "Les Crises", malheureusement.  P.G.

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mardi 15 mai 2018

52 Palestiniens tués par des tirs israéliens à Gaza, les autorités accusent Israël de «massacre»

Selon un bilan provisoire, 52 Palestiniens ont été tués et des centaines blessés par des tirs de soldats israéliens dans la bande de Gaza, où des milliers de personnes protestent contre le transfert à Jérusalem de l'ambassade américaine en Israël.

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La tension est de nouveau montée d'un cran dans la bande de Gaza où 52 Palestiniens ont été abattus par des tirs israéliens le 14 mai, selon un bilan provisoire fourni par les autorités gazaouies. L'ambasadeur palestinien à l'ONU a évoqué de son côté la mort de «huit enfants de moins de 16 ans» et au moins 2 000 blessés.

L'armée israélienne a en outre affirmé avoir mené des raids contre des cibles du Hamas, sans fournir de bilan de ces bombardements. Des milliers de personnes manifestent dans les territoires palestiniens contre le transfert de l'ambassade des Etats-Unis en Israël, de Tel-Aviv à Jérusalem.

Les autorités palestiniennes dénoncent un «horrible massacre»

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Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a dénoncé un «massacre» israélien. Qualifiant l'ambassade étasunienne de «nouveau poste avancé de la colonisation», Mahmoud Abbas a affirmé : «Les Etats-Unis ne sont plus un médiateur au Moyen-Orient.» Il a en outre annoncé trois jours de deuil dans les Territoires palestiniens et une grève générale le 15 mai.

Le porte-parole du gouvernement palestinien, Youssouf al-Mahmoud, a réagi dans un communiqué, réclamant une «intervention internationale immédiate pour stopper l'horrible massacre commis à Gaza par les forces occupantes israéliennes contre notre peuple héroïque». Amnesty International a pour sa part dénoncé une «violation abjecte» des droits de l'homme, accusant Israël de commettre des «crimes de guerre».

«Nous demandons à toutes les parties d'agir avec la plus grande retenue afin d'éviter des pertes de vie humaine supplémentaires», a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

L'armée israélienne avait largué auparavant des tracts mettant en garde les Gazaouis : «Vous prenez part à des rassemblements violents au péril de votre vie [...] Ne laissez pas le Hamas, de la manière la plus cynique, se servir de vous comme de ses jouets.» Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a prévenu que l'armée emploierait «tous les moyens» pour défendre la frontière, les soldats et les civils israéliens riverains de l'enclave.

Plus de 100 morts depuis le 30 mars

Ces décès portent à 106 le nombre de Palestiniens tués dans la bande de Gaza depuis le début d'un mouvement de protestation massif le 30 mars afin de réclamer l'application du droit au retour des Palestiniens, qui ont fui ou ont été chassés de leur terre en 1948 lors de la création de l'Etat hébreuLe 14 mai est la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans l'enclave. 

En plus de leur opposition au transfert de l'ambassade, les Palestiniens protestent aussi contre le blocus de Gaza imposé par Israël et l'occupation militaire. L'armée israélienne a dénié le caractère pacifiste de la mobilisation, revendiqué par les participants, la qualifiant «d'opération terroriste» conduite par le Hamas, qui gouverne l'enclave palestinienne et auquel il a livré trois guerres.

Ivanka Trump représentera les Etats-Unis lors de la cérémonie du transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem

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L'ambassade des Etats-Unis en Israël a été officiellement inaugurée à Jérusalem le 14 mai en présence d'Ivanka Trump et Jared Kushner, la fille et le gendre du président américain qui sont aussi ses conseillers. La cérémonie concrétise l'une des promesses de campagne du président Donald Trump. La promesse avait déjà été faite par d'autres présidents américains, et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël ainsi que le principe du déplacement de l'ambassade des Etats-Unis sont l'objet d'une loi adoptée à une écrasante majorité par les deux chambres du Congrès en octobre 1995. 

Salué comme «historique» par Israël, ce déménagement est largement perçu comme un acte de défi envers la communauté internationale dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale.

https://francais.rt.com/international/50660-dizaine-palestiniens-tues-ouverture-ambassade

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