mercredi 6 décembre 2017

Singulière singularité

ANGLE MORT par Fernand Le Pic

ARG AI

La «singularité» demeure encore, pour le quidam, un vocable en rapport avec l'unicité. A moins qu'on ne soit physicien et qu'on l'utilise au sens technique du point de densité infinie, ou encore un matheux traitant des transitions de ses objets mathématiques. Mais il y a bien plus déconcertant.

C'est aujourd'hui l'univers de l'Intelligence Artificielle (IA) et de la robotique surdouée qui s'est approprié cette sémantique. Il s'agit de nous préparer à ce moment hypothétique où les machines intelligentes pourront concevoir seules des machines encore plus intelligentes qu'elles-mêmes, et provoqueront ainsi un décrochage exponentiel d'intelligence artificielle, qui tendra vers un infini sidéral, et laissera l'humain sur le carreau de son minable cortex biologique. Or, des industriels de la robotique, principalement médicale pour faire bonne figure, et militaire pour la bonne cause, nous prédisent que ce point de rupture est pour très très bientôt. En clair, ces braves ingénieurs, encore humains, sont en train de lâcher dans la nature des robots-guérisseurs et des robots-soldats autonomes, infiniment plus intelligents que nous, et cela dans une mesure bientôt irrattrapable par nos synapses.

Le mariage homme-machine comme seule issue?

Au cas où nous voudrions rester dans la course, il nous faudra accepter d'hybrider nos neurones avec la «machine». Tel sera le prix de notre admission et de notre maintien dans la société paradisiaque qui se profile. Notre survie dépendra du degré de fusion-absorption que nous serons prêts à concéder à ces intelligences supérieures déjà nées ou en gestation avancée. A moins qu'elles nous l'imposent tout simplement. C'est cela la Singularity, et c'est très sérieux.

Des chercheurs en IA et des ONG se mobilisent déjà pour imposer un cadre éthique et limitatif à ces développements. Il y a quelques semaines à Genève, l'ONG Campaign to stop killer robots a présenté une vidéo très explicite lors de la Conférence sur la limitation de certaines armes conventionnelles (CCAC). On y voit des essaims de micro-drones pas plus grands que des gros papillons définir leurs cibles librement et sans aucune intervention humaine, puis les occire à coup sûr, grâce à leur mini-charge explosive pénétrante. Ce type de capacité léthale autonome constitue à l'évidence une anomalie au sens du droit humanitaire. Cela fait plus de 15 ans que Ray Kurzweil, directeur de l'ingénierie chez Google, l'annonçait dans son best-seller The Singularity Is Near.

Il y écrivait qu'en 2010, la capacité de calcul des ordinateurs serait analogue à l'intelligence humaine. Les cas les plus inoffensifs nous sont déjà connus, comme ces ordinateurs qui nous battent aux échecs et au go ou encore cette IA qui conduit nos voitures. Il prédisait également, pour la même année 2010, qu'on aurait considérablement progressé dans la modélisation mathématique de cerveau humain. Le projet Blue Brain de l'EPFL (Lausanne) lui donne raison.

Il prophétisait encore qu'un ordinateur passerait avec succès le test de Turing vers 2030. Un test qui consiste à programmer une machine afin de berner des ingénieurs en faisant passer ses réponses à des questions aléatoires pour des réponses humaines. C'est fait depuis 2016, au sein du Computer Science and Artificial Intelligence Lab (CSAIL) du MIT. Or, les spécialistes s'accordent à considérer que c'est ce moment-là qui ouvre la voie à la «singularité». Kurzweil estime qu'elle sera atteinte vers 2045. Côté «fusion», on y est presque aussi avec par exemple la dentelle neuronale (neural lace), développée par la société californienne Neuralink, dont l'objet social est de fusionner le cerveau humain et l'IA. Cette maille électronique hyperfine et contrôlable de l'extérieur a déjà été injectée avec succès dans des cerveaux de souris. On y a observé qu'elle était graduellement reconnue par l'organisme comme une partie naturelle du cerveau et que ce dernier se connectait à elle.

L'avenir de la guerre est pavé de neurones

Au-delà des applications prometteuses pour les maladies de Parkinson ou d'Alzheimer, toutes les armées sont sur le pont. C'est une nouvelle course à l'armement silencieuse qui est déjà très engagée. Au-delà des robots tueurs autonomes, l'enjeu n'est rien moins que le contrôle du cerveau. Côté Pentagone la DARPA ne chôme pas. Elle avance sur la conversion directe des signaux électrochimiques des neurones en langage digital (1.0). Elle travaille aussi activement au contrôle de la mémoire. On importera directement des données dans le cerveau comme on télécharge un fichier sur son ordinateur. Mais qui marquera la limte entre l'injection de compétences et l'injection d'ordres? Bien entendu, l'interface fonctionnera dans les deux sens, avec une possibilité de sauvegarde des souvenirs. La porte est donc ouverte aux plus prodigieux moyens de contrôle de l'homme et si nécessaire, de soumission.

On connait aussi les robots chiens et les humanoïdes acrobates de Boston Dynamics, ancienne filiale de Google, puis de sa holding Alphabet. Elle vient d'être cédée à Softbank, géant japonais des télécoms. Son fondateur et patron, Masayoshi Son, ne veut pas rater l'occasion de devenir le futur leader de la singularity. Lui et ses associés militaires ont bien compris qu'ils devaient vite trouver un havre à l'abri de toute contrainte légale, au moment où 22 pays approuvent l'idée d'interdire les robots tueurs autonomes. Il leur faut une extraterritorialitée garantie et si possible beaucoup d'énergie solaire à capturer, ainsi qu'un fort potentiel d'hydratation. Pour finir, il leur faudra l'assurance d'une protection armée très adéquate.

Ce territoire, ils viennent de le trouver, c'est NEOM, le projet saoudien de mégapole du futur situé à l'embouchure du Golfe d'Aqaba, non loin des pépinières d'ingénieurs israéliennes. On raille beaucoup ce projet pharaonique comme le dernier caprice d'un prince héritier mégalo. Il est au contraire à prendre très au sérieux et les 500 milliards de dollars qui doivent y être investis seront très certainement réunis: on n'arrêtera plus Singularity.

Source: Antipresse.

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lundi 23 octobre 2017

Manifeste des chimpanzés du futur

Un playdoyer contre le transhumanisme. Une conférence du 13 octobre dernier à la librairie "tropiques", par le groupe "PMO: pièces & main d'oeuvre)". Ce groupe, d'inspiration anarchiste, s'est spécialisé dans la critique des nouvelles technologies, et notamment des puces RFID et autres "nanotechnologies". Un site que je vous recommande vivement. La vidéo de la conférence fait plus de 2 heures, mais elle présente une approche intéressante..   P.G.


 

VID PMO

Manifeste des chimpanzés du futur

Ajoutée le 21 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?time_continue=173&v=YVLeBTkeo0g

Voir la rencontre débat sur le site de tropiques : http://www.librairie-tropiques.fr/201... En guise de présentation de notre rencontre de vendredi ( 13 octobre : 19h30 ) autour de cet ouvrage "sulfureux", par ses auteurs aussi discrets qu'actifs et virulents à l'encontre de l'idéologie dominante, voici une lettre publique de leur part, informant du contexte idéologique qui prévaut dans le milieu des éditeurs de sciences "humaines" parisiens, et qui les a contraints à s'auto-éditer, alors que l'ouvrage devait être publié par Le Seuil. Bonjour, Le “Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme”, de Pièces et main d’œuvre, dont la parution était prévue aux éditions du Seuil (sortie le 14/09/17), est finalement publié par les éditions Service compris. Voici pourquoi. Lire la suite sur : http://www.librairie-tropiques.fr/201...
https://www.youtube.com/watch?time_continue=173&v=YVLeBTkeo0g
http://www.librairie-tropiques.fr/2017/10/les-chimpanzes-du-futur-contre-le-transhumanisme.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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jeudi 21 septembre 2017

«PMA pour toutes, dernière frontière avant le transhumanisme»

FIGAROVOX/TRIBUNE - L'ouverture de la PMA pour toutes les femmes a été annoncée par le gouvernement. Pour François-Xavier Bellamy, une telle décision serait un dévoiement de la médecine et constituerait le point de bascule vers le transhumanisme.

 

ARG PMA LIBE


Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de philosophie, François-Xavier Bellamy enseigne en classe préparatoire. Il est également l'auteur de Les Déshérités, ou l'urgence de transmettre (éd. Plon, 2014).


Alors nous y voilà rendus, à cette frontière si longtemps rêvée, si longtemps imaginée, à cette frontière tant redoutée aussi. À la plus essentielle de toutes les frontières. Celle que les légendes de l'humanité ont tenté de décrire pendant des millénaires, celle qui a hanté les nuits des alchimistes, celle dont tant de héros et de puissants dans l'histoire ont recherché avidement la trace... La véritable Finis Terrae, le seuil du monde humain connu. Nous voilà prêts à passer la ligne. Et finalement ce n'est pas si impressionnant que cela. Et c'est peut-être ce qui est le plus inquiétant, au fond.

Il n'y a qu'un pas à faire, et nous allons le faire presque sans y penser. Juste un pas de plus, comme n'importe quel pas. Sans voir la ligne sous nos pieds.

On nous en avait pourtant parlé, de cette fameuse frontière dont les progrès de la science ne cessent de nous rapprocher. Le transhumanisme. L'homme augmenté. Nous avons eu le temps de l'imaginer, ce nouveau monde incroyable, qui devenait peu à peu attirant ou vaguement terrifiant à mesure qu'il semblait devenir possible.

Monde où la médecine ne servirait plus à réparer les corps, mais à les mettre au service de nos rêves. Monde où le donné naturel ne serait plus une limite, ni un modèle - où l'individu enfin émancipé des frontières ordinaires du vivant pourrait modeler sa vie, et celle des autres, à la mesure de son désir. Nous avons eu le temps de l'imaginer, ce monde de science-fiction.

Eh bien, nous y voilà. Et finalement c'est tout simple, de passer la frontière. Je ne pensais pas que cela paraîtrait si simple, et que cet événement inouï passerait presque inaperçu. Je suis sur le quai de la gare, ce matin. C'est une journée parfaitement banale. Les gens autour de moi semblent plongés dans leurs préoccupations quotidiennes. Et pourtant, nous sommes sur le point de changer de monde.

Je lis et relis cette notification sur mon portable. Entre les manifestations du jour et les résultats d'un match, cette information en apparence anodine: Marlène Schiappa annonce que la PMA sera bientôt ouverte aux couples de femmes et aux célibataires, «une mesure de justice sociale». «Évidemment», a-t-elle dit. Évidemment.

Comment n'y avais-je pas pensé. Comment avons-nous pu croire que le transhumain allait débarquer tout de suite avec son cerveau augmenté, son cœur rechargeable, ses yeux bioniques... Nous étions tellement naïfs.

Finalement, c'est à cela que devait ressembler l'entrée dans le nouveau monde: à Marlène Schiappa chez Jean-Jacques Bourdin, évoquant, sans même en mesurer l'importance, la mutation inouïe - cette révolution probablement plus importante que tout autre événement dans l'histoire de l'humanité: désormais, lorsque notre pouvoir technique se saisira de nos corps, ce sera pour nier ce qu'ils sont, et non pour les réparer.

La nature n'existe plus. S'ouvre le règne du désir.

Une annonce de Marlène Schiappa, ça n'a pas l'air si décisif, bien sûr. Vous devez penser que je délire. Encore un rétrograde angoissé, et ses «passions tristes». Je connais déjà par cœur les refrains qu'entonneront les partisans du progrès dans leur bonne conscience innocente, incapables sans doute de comprendre (c'est la meilleure excuse qu'on puisse leur trouver) quels intérêts gigantesques ils servent par leur naïveté enthousiaste.

Quoi, diront-ils, la société évolue, faut-il rester immobile? Pourquoi refuser à des personnes qui désirent avoir un enfant le secours de la science? Et surtout, au nom de quoi refuser à des femmes ce qui est accordé à des couples hétérosexuels? C'est une mesure de «justice sociale», a dit Marlène Schiappa. Si vous y résistez, ce ne peut être que par homophobie, par lesbophobie, par machisme même.

Comment s'opposer au fait que la PMA, qui existe déjà, puisse être ouverte à toutes les femmes? Mais là réside le sophisme qui dissimule la frontière que nous sommes sur le point de franchir.

(...)

Comme son nom l'indique, la PMA est un acte médical. Un acte qui pose des questions éthiques en lui-même, mais qui est dans son essence un acte thérapeutique, en ce sens qu'il vise à remédier à une pathologie. Le geste médical est un geste technique qui se donne pour objectif la santé: l'état d'un corps qu'aucune anomalie ne fait souffrir. Il met les artifices parfois prodigieux dont l'homme est capable au service de l'équilibre naturel du vivant. C'est quand la santé est atteinte, suite à un accident ou à une maladie, que la médecine intervient pour tenter de rétablir le cours régulier de la nature.

La procréation médicalement assistée est donc le geste thérapeutique par lequel un couple qui se trouve infertile pour une raison accidentelle ou pathologique, peut recouvrer la fécondité qu'un trouble de santé affectait.

Ce dont parle Marlène Schiappa, c'est en fait tout autre chose: en apparence, le même geste pratique ; en réalité, le contraire d'une thérapeutique. Ce n'est plus un acte médical: c'est une prestation technique. La différence est aussi grande, qu'entre greffer un bras à une personne amputée, et greffer un troisième bras sur un corps sain.

Les femmes auxquels s'adresse Marlène Schiappa n'auront pas recours à une procréation médicalement assistée, pour une raison assez simple: ce n'est pas un problème de santé. Que pourrait guérir la médecine? Quand notre désir n'implique pas que soit corrigé un échec aux lois de la biologie, mais qu'on organise cet échec, il s'agit d'un acte absolument nouveau - d'une procréation artificiellement suscitée.

Il n'est plus question de rétablir la nature, mais de s'en arracher. Le but n'est plus que nos corps soient réparés, mais qu'ils soient vaincus. Et que soit enfin brisée cette impuissance douloureuse de leur condition sexuée, qui nous faisant hommes ou femmes, interdit à chacun d'entre nous de pouvoir prétendre être tout, et de se suffire pour engendrer.

Pour la première fois dans l'histoire, la science médicale est détournée du principe qui la règle depuis ses commencements - préserver ou reconstituer la santé, pour être mise au service exclusif du désir. Et nous ne parlons pas ici de chirurgie esthétique ; il s'agit de créer des vies. Jamais un corps humain n'a été fécond sans contact avec l'altérité biologique.

Si nous décidons aujourd'hui d'autoriser un geste technique qui renie notre condition de vivants, nous faisons le premier pas d'une longue série. Nous choisissons la toute-puissance du désir contre l'équilibre naturel. Nous décidons de nous rêver plutôt que de nous recevoir.

C'est cette logique qui nous conduira de proche en proche jusqu'au monde de science-fiction que l'état de nos savoirs met presque à notre portée, ce monde où l'invasion de la technique dans nos corps libérera une surenchère inédite dans la consommation et la compétition vitale. Inutile de tenter de dissocier chacune des étapes qui suivront.

«Une fois passée la borne, écrivait Pascal, il n'y a plus de bornes.»

Nous ne voyons pas la frontière, et pourtant elle est là. Nous assistons sans le savoir à l'acte de naissance du transhumain. Ce que Marlène Schiappa vient de nous annoncer, ce n'est rien de moins que le passage de la grande frontière. - L'histoire se joue avec les circonstances qu'elle se trouve, et qu'elle dépasse souvent, c'est vrai...

Mais nous, alors, serons-nous à la hauteur? Depuis la nuit des temps, les civilisations humaines ont pressenti le débat qui s'engage aujourd'hui, sans oser imaginer qu'il puisse se réaliser de façon si concrète. Voici Prométhée déchaîné. Nous voilà obligés chacun à un choix lucide, en conscience. Il ne s'agit pas de gauche ou de droite, de croyants ou d'athées, d'homos ou d'hétéros. Une seule question compte: quelle humanité voulons-nous?

C'est là sans doute la question politique majeure qui attend notre génération. Oh bien sûr, on nous explique déjà que l'avenir est écrit d'avance, que ce pas en avant est inévitable. «Hypocrisie, dira-t-on: vous savez que cette pratique est légale à l'étranger ; voulez-vous seulement obliger des femmes à quitter la France pour obtenir ce qu'elles espèrent?» - Comme si nous n'avions pas le choix, comme si nous ne pouvions plus fixer des règles puisque l'argent permet de tout contourner.

Au fond, ceux qui voudraient franchir toutes les limites veulent dissoudre en même temps la nature et la politique, puisque dans ces deux ordres il se trouve des lois qui gênent encore le règne infini du désir. Si notre droit doit s'adapter aux évolutions de la société - comme si toute «évolution de la société» était spontanée, constatable et juste - autant dissoudre tout de suite la politique et laisser les choses se faire.

Bref, il faudrait donc abdiquer et reconnaître que nous n'avons déjà plus le choix. La PMA se fera, «évidemment» ; et toutes les autres lignes seront franchies, tôt ou tard. A quoi sert donc le débat? Dans l'esprit du progressisme, la démocratie n'existe plus, puisque la seule position valable consiste à consentir à ce qui sera.

Mais il reste encore assez d'hommes et de femmes pour savoir que leurs pauvres corps, limités, vulnérables, mortels, sont une merveille à recevoir, à aimer et à transmettre.

Qu'il vaut la peine de croire encore à la sagesse d'une fécondité qui suppose l'altérité, même dans ce que ce mystère comporte parfois de douleur et de silences dans l'itinéraire de nos vies.

Qu'il serait fou d'imaginer que nous serons plus heureux en poursuivant, comme un mirage destructeur, la surenchère infinie de nos désirs, qu'aucune transgression nouvelle ne suffira à satisfaire.

Et il reste encore, j'en suis sûr, assez d'hommes et de femmes pour continuer de croire en la politique, quand elle tente d'améliorer l'état du monde plutôt que d'abdiquer notre responsabilité, et quand elle consiste à prononcer librement les oui et les non collectifs qui nous protègent de la folie où tombe une société sans limites.

Oui, nous avons le choix. Et c'est aujourd'hui qu'il faut le poser, en résistant aux fausses évidences, aux intimidations partisanes, à l'illusion d'un sens de l'histoire, au fantasme de toute-puissance. Nous avons le choix. Nous pouvons, au nom du supposé progrès, nous laisser dicter nos choix par nos seuls désirs, aveugles à tout ce qui nous précède et à tout ce qui nous suivra.

A l'heure où l'écologie nous a appris les catastrophes que cette logique avait produites, il serait absurde de transférer sur nos propres corps la violence d'une technique débridée dont nous tentons de protéger notre planète, et les vivants qui l'habitent. La nature en nous aussi appelle le respect. Céder au désir quand il exige que cette frontière soit franchie, c'est toujours répondre d'une fragilité qu'il menace pour l'avenir: comment regarderons-nous ces enfants que notre société, au nom du progrès «évidemment», aura fait naître orphelins de père?

La voilà, la vraie frontière. De l'autre côté du monde humain connu, ce qui se dessine ressemble plutôt à l'inhumain. Nous avons encore un peu de temps pour nous réveiller ; et pour choisir librement de nous accepter tels que nous sommes.

Là serait le vrai progrès - évidemment.

François-Xavier Bellamy

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/09/15/31003-20170915ARTFIG00272-francois-xavier-bellamy-pma-pour-toutes-derniere-frontiere-avant-le-transhumanisme.php

Posté par ddupr à 09:19 - - Permalien [#]
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