samedi 9 juin 2018

Qui sont ces «cols blancs» qui ont ordonné aux soldats de ne pas intervenir au Bataclan ?

Le soir des attentats du 13 novembre 2015, quelqu'un a donné l’ordre à huit militaires de l'opération Sentinelle de ne pas rentrer dans la salle de spectacle du Bataclan, mais qui ?

ACT BATACLAN NON INTERVENTION

Leur intervention, fusil d'assaut Famas au bras, aurait pourtant pu sauver la vie de nombreuses victimes, selon l'avocate Samia Maktouf, du cabinet parisien Sannier. Au nom d’un collectif de 17 familles de victimes, elle a porté plainte contre X ce 8 juin auprès du procureur de la République François Molins. (...)

«L'idée de cette plainte est de permettre aux familles de victimes de comprendre pourquoi les soldats Sentinelle ont eu pour instruction de ne pas pénétrer au Bataclan et, par conséquent, de ne pas intervenir afin de neutraliser les assaillants», argumente-t-elle. «Il n’appartient qu’au procureur de la République de Paris de décider de l’ouverture d’une instruction pour désigner les responsables : ces cols blancs qui ont décidé et donné des instructions claires pour qu’il n’y ait pas d’intervention des militaires de Sentinelle», assène-t-elle encore.

10 000 soldats de l'opération Sentinelle sont déployés en permanence sur le territoire national pour sécuriser les sites sensibles depuis janvier 2015. Le soir des attentats de Paris, quatre d'entre eux étaient positionnés à l'avant du Bataclan et quatre autres à l'arrière. Assurant la sécurisation des lieux à l'extérieur, ils ne sont pas intervenus dans la salle, alors qu'un commissaire divisionnaire de la brigade anti-criminalité s'est confronté seul aux terroristes. Avec son arme de poing, il réussira à en abattre un.

«En termes pratiques il aurait fallu huit secondes pour que les soldats puisent pénétrer dans l’enceinte de cette salle de spectacle», explique le conseil. «On aurait pu sauver des victimes, on aurait pu empêcher des hémorragies», poursuit-elle. Il s'avère en effet que les soldats avaient, en plus de leur arsenal, du matériel de premier secours. Des garrots, par exemple, dont manquaient les secours. De nombreuses victimes, blessées par balles, sont mortes sur place à cause d'hémorragies. Très peu de temps après les attentats, des voix se sont faites entendre sur le délai d'intervention des forces de l'ordre au Bataclan.

Au cours d'une Commission parlementaire dirigée par le député Les Républicains (LR) Georges Fenech, les acteurs présents le jour du drame ont été interrogés sur cette question. «Alors que 90 personnes ont trouvé la mort au Bataclan, la justification du gouverneur militaire de Paris de donner l'ordre aux soldats de pas intervenir et de ne pas y pénétrer est à la fois alarmante, choquante et incompréhensible pour les familles», déplore Samia Maktouf. Le général Bruno Le Ray avait déclaré lors de son audition : «Il est impensable de mettre des soldats en danger, dans l'espoir hypothétique de sauver d'autres personnes.» L'avocate s'indigne de cette supposition, pointant le fait qu’après l’irruption du commissaire dans la salle avec son arme de poing, les tirs ont immédiatement cessé.

SAMAIA MAKTOUF BATACLAN RT

Dans ce long rapport, le général précise qu'aucune demande d’entrer dans le Bataclan ne lui avait été adressée. «Je n’ai donné aucune autorisation en ce sens [..] je vous répète qu’il était exclu que je fasse intervenir mes soldats sans savoir ce qui se passait à l’intérieur du bâtiment», s'est-il défendu. Les différents supérieurs des huit soldats ou forces policières ont également insisté sur le fait qu'ils ne pouvaient intervenir qu'en cas de légitime défense ou lorsque les agresseurs sont à vue. Les explications des divers intervenants, qui n'ont pas permis d’identifier le principal donneur d'ordre, avaient à l'époque «sidéré» Georges Fenech. 

«Les politiques auraient dû aller plus loin, se saisir de ce rapport pour s’inquiéter. Cela n'a pas été le cas. Une atmosphère politique considérable a entouré ce dysfonctionnement», remarque l'avocate. Elle se défend enfin de viser directement les militaires qui, selon elle, «ont fait un travail exceptionnel» et n'ont fait qu'obéir aux ordres. «Les responsables doivent répondre de ce qu’ils ont fait. Il n’y a rien de pire que de ne pas comprendre les circonstances exactes du décès de ses proches. Les familles attendent des réponses pour que plus jamais ce genre de dysfonctionnement ne puisse arriver», conclut-elle.

https://francais.rt.com/france/51440-qui-sont-cols-blancs-qui-ordonne-soldats-intervenir-bataclan

Qui sont «ces cols blancs» ayant ordonné aux soldats de ne pas attaquer au Bataclan ?

https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=IbSsYAvqENE

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On espère bien sûr qu'il y aura des suites à cette affaire, mais c'est peu probable compte tenu des ambiguïtés de la diplomatie française en matière de terrorisme à cette époque. Un dossier explosif avec des ramifications multiples, ce qui explique sans doute l'absence de réactions des politiques: comme le dit pudiquement Georges Fenech, cité dans l'article: "nous n'étions pas prêts à cette époque"... [Europe 1, journal de 7h30 du 9 juin 2018].     P.G.

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dimanche 22 avril 2018

Quand il s’agit de la Syrie, la BBC enfreint les principes les plus élémentaires du journalisme

TRIBUNE LIBRE / Par Jeremy Salt

Mensonges, tromperies et falsifications ont toujours été « de bonne guerre », la vérité étant la « première sacrifiée ». Mais les deux dernières décennies ont connu, du fait de la technologie, une escalade sans précédent des falsifications de guerre. Les mensonges des Américains, des Britanniques, des Australiens et de leurs alliés avaient déjà atteint un paroxysme, avant et pendant l’invasion de l’Irak de 2003. Ensuite, on a eu droit au tissu de mensonges sur l’épisode libyen, comme ceux sur les mercenaires africains « shootés » au viagra. Et le summum est atteint, depuis sept ans, avec la Syrie et sa fameuse « révolution », dont les informations nous parviennent sous forme de photos truquées, de montages et de reconstitutions, le tout cautionné par les médias dominants.

TL MEDIAS ANGLO US

A de rares exceptions près, les médias anglo-américains (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Australie et Canada) n’ont pas couvert la crise syrienne en tant que telle. Leur information a consisté en un déferlement de propagande, par vagues successives. Dire que la crédibilité des médias n’est jamais descendue aussi bas serait un euphémisme. Elle est même nulle pour  ce qui touche au Moyen-Orient, à l’exception d’une poignée de correspondants qui rectifient occasionnellement le tir.

En se fiant à la parole des « rebelles » et des « activistes » et en refusant de diffuser celle du gouvernement syrien, les médias ont déversé sur la toile un tissu de mensonges destiné à justifier et perpétuer une fois de plus l’agression « occidentale » à l’encontre d’un pays arabe, à la différence près qu’il ne s’agit pas cette fois, d’une agression militaire ouverte comme en Irak ou en Libye, mais qu’elle est perpétrée par des groupes armés terroristes intermédiaires qui tuent et sèment le chaos à travers tout le pays.

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Si l’on s’en tient aux normes admises, il n’y a pas de « modérés » parmi ces groupes. Le vice-président américain Joe Biden a vendu la mèche à ce sujet en 2014 en disant ouvertement que les « rebelles » ne comptaient aucun groupe modéré dans leurs rangs. Il peut leur arriver de se battre entre eux sur des questions de territoire, d’armes, et de  pouvoir, mais ils ont la même idéologie que leur ennemi officiel – qui est aussi l’ennemi désigné par les gouvernements occidentaux – l’Etat Islamique : l’objectif majeur commun à tous ces groupes est l’élimination des Chiites et des Alaouites et l’établissement d’un régime islamique takfiriste (d’excommunication) à Damas.

Les derniers gros titres auxquels nous avons eu droit sont consacrés au  « siège » imposé par le « régime » aux  habitants de la Ghouta orientale, une région située aux environs de Damas, sur fond d’histoires poignantes d’enfants mourant de faim ou de refus de soins hospitaliers. La responsabilité de ces exactions est imputée au régime, exonérant ainsi le groupe takfiri  Jaysh al-Islam (l’Armée de l’Islam) de toute implication – John Kerry lui-même désignait ce groupe comme une branche de l’Etat Islamique et du Front al-Nosra. Ces groupes, armés et financés par des gouvernements étrangers, dont l’Arabie Saoudite et le Qatar, se sont emparés d’une grande partie de la région et y maintiennent la population en otage. Leur élimination,  légitimement entreprise par le Gouvernement syrien, entraîne la mort de civils. Les reportages qui parlent du « siège » de la Ghouta et du soutien sincère apporté par la population aux groupes takfiris sont donc aussi affabulateurs que ceux qui ont relaté l’épisode d’Alep Est. Dans sa restitution médiatique, il était présenté comme un « siège » imposé par le « régime« , mais lorsque la ville a été libérée de ses occupants takfiris, les habitants ont dansé de joie dans les rues ! Il se produira la même chose dans la Ghouta, dans les différents secteurs d’où les groupes terroristes seront chassés.

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On évoque maintenant un recours aux armes chimiques par le « régime » dans cette région. Selon le site web d’informations de la BBC (‘‘Syrian war: Reports of chlorine gas attack on rebel-held Eastern Ghouta« Guerre en Syrie : Signalement d’attaques au chlore perpétrées dans la  Ghouta orientale tenue par les rebelles » 13 janvier), « des personnes » ont fait état d’une odeur de gaz à la suite d’une attaque de missile. Un « soignant » est également mentionné, ainsi qu’un « travailleur humanitaire » selon lequel dix hôpitaux seraient concernés. Rien de réellement concret, aucune preuve d’une attaque au chlore, pas plus que de confirmation ultérieure de ces informations par la BBC.

Cette dernière réalise de merveilleux documentaires sur la faune et d’excellents long-métrages mais, pour ce qui est du conflit syrien, elle a totalement enfreint les règles déontologiques du journalisme en matière d’objectivité et de pondération. Tout comme les autres médias [de l’establishment dont Le Monde, Le Temps, Libération, Ndlr] elle diffuse le point de vue des « rebelles » et des « activistes ». Les accusations portées par ces groupes apparaissent en gros titres sans être étayées, leur vocation n’étant pas d’informer mais de dénigrer le gouvernement syrien, dont le point de vue n’est jamais présenté  autrement que sous l’angle du déni : « Le gouvernement syrien rejette les accusations…. » Ce jeu symbiotique entre les groupes terroristes et les médias fonctionne depuis sept ans. A travers ces informations biaisées, les médias ont soutenu le conflit syrien et doivent à ce titre assumer leur part de responsabilité des énormes destructions humaines et matérielles qu’il a générées.

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Parmi tous les organes de presse, la BBC bat les records de la non-crédibilité sur cette question des armements chimiques. En 2013, elle s’est compromise dans l’invention d’une prétendue attaque à l’arme chimique contre une école d’Alep. Enfants et jeunes gens gémissant sur le sol, visages recouverts de crème à raser, effets théâtraux pour donner l’illusion de brûlures et  de lambeaux de peau arrachés, le tout n’était qu’ une grotesque mise en scène avec de mauvais acteurs. La femme qui s’adressait à la caméra, le Dr Roula, s’est révélée être Roula al-Hallam, la fille d’un membre de l’opposition syrienne en exil. Avant ce montage, il y avait eu l’histoire de la jeune femme qui avait prétendu en pleurant comme un veau que des bébés étaient jetés de leurs couveuses par des soldats irakiens après l’invasion du Koweït en 1991. On avait découvert qu’il ne s’agissait pas d’une infirmière de l’hôpital, mais de la fille de l’ambassadeur du Koweït aux Etats-Unis. Ce montage théâtral avait été produit par une société de Relations Publiques.

Dans le délai de quelques heures qui s’était écoulé avant sa deuxième diffusion le 30 août, la première déclaration du Dr Roula (en date du 29 août), établissant qu’il semblait s’agir d’une attaque au napalm, avait été remplacée par « une attaque à l’arme chimique« . Le film était identique, il s’agissait du même Dr Roula, mais les mots sortant de sa bouche n’étaient pas les mêmes.

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La date de ce montage est centrale dans cette histoire. Le 21 août, qui est le jour précis où des experts en  armements chimiques mandatés par les Nations Unies sont arrivés à Damas, le gouvernement syrien était accusé d’avoir orchestré une attaque chimique dans la région de la Ghouta qui aurait  tué des centaines de personnes. Le 26 août, avait lieu la prétendue attaque au napalm – devenue ensuite une attaque chimique – contre l’école d’Alep. Les 29 et 30 août, ces accusations étaient diffusées deux fois par la BBC, avec le remplacement du mot « napalm » par « chimique » dans le second reportage. Plus tard dans la même journée (30 août), la Chambre des Communes votait sur la question de l’intervention militaire en Syrie. Le gouvernement de Cameron perdait finalement la partie, mais de très peu (285-272). La diffusion de ce montage produit par la BBC avait vraisemblablement eu pour but de faire basculer le vote en faveur d’une intervention [Tout comme en France où les Rafales prêts à décoller sont restés à terre, Ndlr]

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Cette (prétendue) attaque chimique dans la région de la Ghouta à la périphérie de Damas – qui devait préparer et justifier une intervention militaire contre la Syrie – n’a jamais été expliquée par les médias qui avaient faussement accusé le gouvernement syrien. L’identité des enfants dont les corps avaient été exhibés (parfois les mêmes corps en différents emplacements) reste un mystère. Ils ont été utilisés à des fins de propagande avant de disparaître pour toujours. Les takfiris ont récemment massacré des centaines d’Alouites dans le Gouvernorat de Lattaquié et ont kidnappé des dizaines de femmes et d’enfants : selon Mère Agnès, la religieuse qui, faisant ce que les médias auraient dû faire, a cherché à connaître la vérité, certaines mères ont identifié les enfants de la Ghouta comme étant les leurs.

Les preuves établies par des scientifiques et des journalistes, en particulier celles établies par Seymour Hersh, ont irréfutablement montré que les tirs d’armes chimiques provenaient de positions tenues par les takfiris. Barack Obama a déclaré qu’une attaque aux armes chimiques constituerait sa « ligne rouge » et les takfiris se sont employés à la lui faire franchir. L’implication vraisemblable d’autres gouvernements dans cette provocation était un autre sujet auquel les médias n’ont pas donné suite.

Barrack Obama

Le New Yorker ne s’intéressant pas à son histoire, Hersh l’a soumise à la London Review of Books (magazine politique et littéraire), qui l’a publiée. Quand il a relaté le mensonge sur la deuxième pseudo-attaque, à Kan Shaikhum, en avril 2017, il a dû se tourner vers un éditeur allemand (Die Welt). Son côté « diseur de vérités qui dérangent » lui a valu une rapide baisse d’intérêt de la part des médias alors qu’incontestablement, c’est un remarquable journaliste d’investigation, à commencer par sa couverture du massacre de My Lai pendant la guerre que les USA ont menée au Vietnam (et dans d’autres pays limitrophes). Alors que Trump a bombardé une base aérienne syrienne près de Khan Shaikhum, Obama, lui, a battu en retraite à la dernière minute. Selon Hersh, les spécialistes du renseignement savaient que le gouvernement syrien n’était pas derrière l’attaque aux armes chimiques des environs de Damas mais « Comment servir ce gars – Obama – quand lui et son équipe de la Maison Blanche maquillent les renseignements au fur et à mesure ? »

La guerre en Syrie se poursuit. Elle est, comme beaucoup l’avaient prédit, loin d’être terminée : mais pour ce qui concerne l’intervention extérieure, elle n’aurait jamais dû commencer. Alors que l’anéantissement de l’Etat Islamique en Syrie, qui justifiait la présence de son armée, est virtuellement achevé, l’Amérique refuse de quitter le terrain. Elle a joué un double jeu, déclarant la guerre à l’EI tout en coopérant secrètement avec lui de différentes façons. Elle a misé sur la création d’une principauté salafiste dans la partie orientale de la Syrie et l’Etat Islamique l’a fait. Elle a laissé les combattants terroristes  quadriller le désert syrien, en direction de Mossoul et de Palmyre, sans intervenir, alors que sa reconnaissance par satellite avait clairement repéré les ornières creusées par leurs camions dans la poussière estivale. Au cours de leur déplacement vers Deir Ezzor, les forces spéciales de l’armée américaine ont traversé des positions tenues par l’Etat Islamique ; c’est avec leur aide que des combattants takfiris et leurs familles ont pu sortir de Raqqa ; nombre d’entre eux, rebaptisés comme « rebelles », ont bénéficié de l’entraînement dispensé par l’armée américaine sur sa base de al-Tanf.

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Loin de se retirer de Syrie, les Etats-Unis s’y retranchent même plus profondément. Ce n’est pas pour les Kurdes ni pour le bien du peuple syrien. C’est pour leurs intérêts et vraisemblablement ceux d’Israël – qui vient de passer un an à préparer sa prochaine guerre, avec le Liban dans sa ligne de mire prioritaire, et qui admet  avoir tiré au moins 100 missiles contre la Syrie. Les Etats-Unis ne quittent pas non plus l’Afghanistan. En aucun endroit d’ailleurs, il n’est question qu’ils désarment ou se rabattent ; ils renforcent au contraire leur position globale, à l’affût de toute opportunité qui puisse les avantager dans leur rivalité avec la Russie et la Chine. La Syrie est actuellement prise dans cet étau.

La rhétorique creuse qui consiste à soutenir « uniquement les rebelles » se poursuit. Si les groupes takfiris regroupés dans Jaysh al-Islam ne sont pas officiellement désignés en tant que groupe terroriste, c’est parce que, lorsque la Russie a proposé, en novembre 2016, de les ajouter à la liste de sanction des Nations Unies, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni y ont opposé leur véto. Ces pays soutiennent politiquement les terroristes, qui reçoivent dans le même temps de l’Arabie saoudite et de quelques autres pays l’argent et les armes nécessaires pour maintenir en otage la population de la Ghouta orientale. C’est cela la vraie réalité du « siège » de cette région.

Par Jeremy Salt

Autrefois journaliste, Jeremy Salt est maintenant professeur d’Université. Il travaille au Département de Sciences Politiques et d’administration Publique, de l’Université de Bilkent, à Ankara, où il dispense des cours sur l’histoire moderne du Moyen-Orient et sur la propagande. Son ouvrage le plus récent « The unmaking of the Middle East– A History of Western Disorder in Arab Lands » (Berkeley: University of California Press, 2008.)

Article original: https://ahtribune.com/world/north-africa-south-west-asia/syria-crisis/2096-bbc-journalistic-principles.html

Traduit par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur info

Source: https://arretsurinfo.ch/quand-il-sagit-de-la-syrie-la-bbc-enfreint-les-principes-les-plus-elementaires-du-journalisme/

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vendredi 20 avril 2018

La Cour européenne des droits de l’Homme suspend l’expulsion d’un imam marseillais

Le 8 mars, une commission de magistrats se déclarait favorable à l’expulsion, vers l’Algérie, de l’imam marseillais El Hadi Doudi, suspecté de prêches très radicaux et haineux. Depuis lors, il attendait de se voir notifier son expulsion par le ministère de l’intérieur. L’arrêté a été pris par le ministère mardi 17 avril au matin ; mais son application a été aussitôt suspendue par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). L’imam, qui se trouve actuellement au centre de rétention administratif de Marseille, en vue de sa reconduite en Algérie, verra son dossier examiné par la CEDH « dans quelques jours », le temps que la cour statue sur le fond du dossier.

ACT IMAM MARSEILLE

« Un bouc émissaire »

Me Nabil Boudi, avocat d’El Hadi Doudi, assure à La Croix, que son client est « un bouc émissaire », il annonce avoir engagé d’autres recours contre cette expulsion, devant la justice administrative. En raison, explique-t-il par ailleurs à l’AFP, de « disproportion de la mesure », « risque de torture » de l’imam en cas de retour dans son pays d’origine, l’Algérie, et « atteinte à sa vie privée et familiale ». Puisque l’imam de 63 ans laisserait, à Marseille où il est installé depuis 1981, sa famille derrière lui.

Appels à la discrimination, à la haine et à la violence

En mars, lors de son passage devant la commission composée de magistrats administratifs et judiciaires marseillais, le religieux s’était vu reprocher ses appels à des « actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence », contre les femmes, les juifs, les chiites, les personnes commettant l’adultère.

La mosquée As-Sounna, installée sur le boulevard national à Marseille, dans laquelle l’imam Doudi prêchait a été fermée pour six mois, à la suite d’un arrêté pris par la préfecture de police de Bouches-du-Rhône le 11 décembre 2017, arrêté entériné par le Conseil d’État le 31 janvier.

https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Cour-europeenne-droits-lHomme-suspend-lexpulsion-dun-imam-marseillais-2018-04-18-

BASE 14 995X225Reste à savoir si, dans cette affaire, les recours ont été épuisés avant la saisie de la CEDH. Tel que présenté dans cet article, ça ne semble pas être le cas... A vérifier, donc.

Pour comprendre ce qu'est la CEDH, ses avantages et ses inconvénients, voire ses dérives, une petite vidéo bien utile:

A quoi sert la Cour européenne des droits de l'homme ?

CEDH CRITIQUE

https://www.youtube.com/watch?v=knL3sxnwO9E

 P.G.

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lundi 16 avril 2018

Debriefing de l’état-major général russe sur les frappes occidentales en Syrie

Le chef de la principale direction opérationnelle de l’état-major général russe, le général Sergei Rudskoy, a réalisé ce briefing le 14 avril pour les médias.

ACT MINISTERE RUSSE DEFENSE2

Transcription :

Bonjour.

Les États-Unis et leurs alliés ont mené une attaque de missiles par leurs transporteurs aériens et navals ciblant des installations militaires et civiles de la République Arabe Syrienne le 14 avril dans la période de 3h42 à 5h10 (heure de Moscou).

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Les systèmes de défense aérienne russes présents sur la base aérienne de Khmeimim et de Tartous ont localisé et contrôlé en direct tous les lancements navals et aériens effectués par les États-Unis et le Royaume-Uni.

Les avions français annoncés n’ont pas été enregistrés par les systèmes de défense aérienne russes.

Il a été signalé que des avions B-1B, F-15 et F-16 de l’aviation américaine ainsi que des avionsTornado de la Royal Air Force britannique au-dessus de la mer Méditerranée, ainsi que le destroyer USS Laboon et le porte-avions USS Monterey, localisés dans la mer Rouge, ont été utilisés durant l’opération.

Les bombardiers stratégiques B-1B ont approché des installations sur le territoire syrien près d’Al-Tanf, illégalement occupée par les Etats-Unis, pour effectuer leurs frappes.

Un certain nombre d’aérodromes militaires et d’installations industrielles et de recherche syriens ont subi la frappe de missiles.

Selon nos informations, il n’y a pas de victimes civiles ni de pertes parmi l’Armée Arabe Syrienne. Des informations plus détaillées seront rendues publiques par la suite.

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Comme l’indiquent les données disponibles, 103 missiles de croisière ont été lancés, y compris des missiles navals Tomahawk ainsi que des bombes aériennes guidées GBU-38 tirées du B-1B. Les avions F-15 et F-16 ont lancé des missiles air-sol.

Les avions Tornado de la RAF britannique ont lancé huit missiles Scalp-EG.

Les systèmes de défense antiaérienne syriens, qui sont principalement des systèmes de défense antiaérienne fabriqués par l’URSS, ont contré avec succès les frappes aériennes et navales.

Au total, 71 missiles de croisière ont été interceptés. Les systèmes de défense antiaérienne syriens  S-125, S-200, Buk, Kvadrat et Osa ont été impliqués pour contrer l’attaque.

MINISTERE RUSSE 3

Cela prouve la haute efficacité de l’armement syrien et les compétences professionnelles des militaires syriens formés par les spécialistes russes.

Au cours des dix-huit derniers mois, la Russie a complètement restauré les systèmes de défense antiaérienne syriens, et leur développement se poursuit.

Il convient de souligner qu’il y a plusieurs années, étant donné la requête pressante de nos partenaires occidentaux, la Russie a choisi de ne pas fournir de systèmes de défense anti-aérienne S-300 à la Syrie. Compte tenu de cet incident, la Russie estime qu’il est possible de reconsidérer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais également pour d’autres pays.

La frappe a également visé des bases aériennes syriennes. La Russie a enregistré les données suivantes.

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Quatre missiles ont visé l’aéroport international de Damas, et douze missiles ont visé l’aérodrome d’Al-Dumayr : tous ces missiles ont été interceptés.

Dix-huit missiles ont visé l’aérodrome de Blai, et tous ont été interceptés.

Douze missiles ont visé la base aérienne de Shayrat, et tous ont été interceptés. Les bases aériennes n’ont pas été affectées par les frappes.

Cinq missiles sur neuf ciblant l’aérodrome inoccupé de Mazzeh ont été interceptés.

Treize missiles sur seize ciblant l’aérodrome de Homs ont été interceptés. Il n’y a pas de destructions sérieuses.

Au total, trente missiles ont ciblé des installations près de Barzah et de Jaramana. Sept d’entre eux ont été interceptés. Ces installations prétendument liées au « programme chimique militaire de Damas » ont été partiellement détruites. Cependant, elles n’ont pas été utilisées depuis longtemps, et il n’y avait donc ni personnels ni équipements sur les lieux.

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Les systèmes de défense antiaérienne russes ont été alertés. Les avions de combat sont maintenant en patrouille aérienne de combat.

Aucun missile de croisière n’a pénétré dans la zone de responsabilité de défense antiaérienne russe. Les systèmes de défense antiaérienne russes n’ont pas été utilisés.

La Russie considère que les frappes constituent une réponse au succès des forces armées syriennes dans la lutte contre le terrorisme international et à la libération de leur territoire, plutôt que comme une réponse à la prétendue attaque chimique.

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En outre, l’attaque a eu lieu le jour où la mission spéciale de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) devait commencer à enquêter sur un incident survenu dans la ville de Douma où une attaque chimique aurait eu lieu.

Il convient de souligner qu’il n’y a pas d’installations de production d’armes chimiques en Syrie, ce que l’OIAC a documenté.

L’agression américaine prouve que les Etats-Unis n’ont aucun intérêt à l’objectivité de l’enquête en cours et cherchent à détruire le règlement pacifique de la situation  en Syrie et à déstabiliser l’environnement au Moyen-Orient, et tout cela n’a rien à voir avec les objectifs déclarés de lutte contre le terrorisme international.

Actuellement, la situation à Damas et dans les autres lieux habités est jugée stable. Vous pouvez le voir en temps réel sur les écrans [derrière moi]. L’environnement est surveillé.

Je vous remercie de votre attention.


Source : http://eng.mil.ru/en/news_page/country/more.htm?id=12171300@egNews

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

https://arretsurinfo.ch/debriefing-de-letat-major-general-russe-sur-les-frappes-occidentales-en-syrie/

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vendredi 6 avril 2018

La Turquie, la Russie et l'Iran plaident pour un «cessez-le-feu durable» en Syrie

Vladimir Poutine, Hassan Rohani et Recep Tayyip Erdogan, qui se rencontraient ce 4 avril à Ankara, en Turquie, ont annoncé qu'ils organiseraient un prochain sommet sur la Syrie, appelant à un «cessez-le-feu durable» dans le pays.

ACT SYRIE DIPLOMATIE

Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rohani participent ce 4 avril à un sommet trilatéral à Ankara, en Turquie. A cette occasion, ils ont évoqué plusieurs dossiers internationaux, dont celui de la Syrie. lls se sont accordés pour organiser un prochain sommet sur cette question en Iran, tout en plaidant en faveur d'un «cessez-le-feu durable» en Syrie entre les parties en conflit.

«Il n'existe pas de solution militaire au conflit syrien»

Ils ont également rappelé leur attachement à «l'élimination complète des groupes Daesh, Front al-Nosra, ainsi que d'autres organisations liées à Daesh ou Al-Qaïda».

«[Les chefs d'Etat] ont exprimé leur conviction du fait qu'il n'existe pas de solution militaire au conflit syrien et qu'il ne peut être réglé que par la voie d'un processus politique et de négociations», peut-on lire dans une déclaration publiée sur le site de la présidence iranienne. 

Depuis janvier 2017, la Turquie, la Russie et l'Iran se sont portés garants du processus dit d'Astana. Le 4 mai 2017, un accord était signé entre les trois puissances régionales établissant alors des zones de désescalade, dont une dans la Ghouta orientale (à l'est de Damas). En effet, si l'année 2017 s'était terminée sur des perspectives optimistes après l'élimination de Daesh de la quasi-totalité du territoire syrien, le début de 2018 a été marqué par une dégradation de la situation militaire dans le pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a en outre annoncé que la Turquie et la Russie mettront sur pied un hôpital dans la ville syrienne de Tell Abyad afin d'y soigner ceux qui ont fui la Ghouta orientale.

https://francais.rt.com/international/49435-turquie-russie-iran-plaident-pour-cessez-feu-durable-syrie

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«Il n'existe pas de solution militaire au conflit syrien»: alors qu'un des protagonistes est engagé sur le terrain en violation de la souveraineté syrienne...Poutine semble jouer un jeu d'équilibriste: amener Erdogan à la table des négociations tout en évinçant les occidentaux du processus. Les joies de la subtilité diplomatique...   P.G.

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mardi 3 avril 2018

Le Parlement durcit les règles pour les écoles hors contrat

Les députés ont voté « conforme » le 29 mars une proposition de loi centriste qui encadre plus strictement l’ouverture des établissements hors contrat.

ACT ECOLES MUSULMANES

Ce texte, soutenu par le gouvernement, vise à éviter que ces écoles ne deviennent des foyers de radicalisation.

Dans une école privée musulmane dans le quartier du Mirail à Toulouse, en janvier 2015. ZOOM

Dans une école privée musulmane dans le quartier du Mirail à Toulouse, en janvier 2015. / Remy Gabalda/AFP

Que prévoit le texte ?

La proposition de loi de la sénatrice UDI d’Ille-et-Vilaine Françoise Gatel prévoit un durcissement des règles d’ouverture des écoles hors contrat. Contrairement à la réforme voulue en 2016 par le gouvernement socialiste, qui avait finalement été invalidée par le conseil constitutionnel, elle ne revient pas sur le principe d’un régime de déclaration, proche de celui qui prévaut pour les associations.

En revanche, elle unifie les dispositions qui s’appliquent aux premier et second degrés et instaure un « guichet unique », l’autorité académique devant transmettre le dossier au maire, au préfet et au procureur.

Surtout, elle allonge à trois mois (contre parfois un seul) la période pendant laquelle ces instances peuvent s’opposer à une ouverture. De quoi permettre un véritable examen du dossier. Elle complète également la liste des motifs que les autorités peuvent invoquer, notamment l’ordre public.

De même, si un établissement passe outre une opposition, ses responsables encourent une fermeture de l’école, une amende de 15 000 € et six mois de prison ferme. Enfin, le texte pose le principe d’un contrôle annuel par les services de l’éducation nationale, tenus de prévenir les autorités si l’enseignement dispensé est contraire à la moralité ou aux lois.

Comment se sont déroulés les débats à l’Assemblée ?

Les débats, qui ont débuté le 28 mars, entre l’hommage aux victimes des attentats de l’Aude et la marche blanche à la mémoire de Mireille Knoll, ont été vifs. « Le contexte actuel doit nous donner encore plus d’ardeur à voter une loi comme celle-ci », a estimé Jean-Michel Blanquer.

Pour le ministre de l’éducation, la proposition Gatel doit permettre de combattre « l’embrigadement » islamiste. Il était devenu nécessaire de modifier un système « complexe », « incomplet » et « obsolète », face à la « hausse exponentielle » des ouvertures d’écoles hors contrat (+ 15 % dans le primaire à la rentrée dernière) et aux « nouvelles menaces », a-t-il fait valoir.

Durant l’examen, plusieurs élus ont évoqué la difficulté d’obtenir après-coup la fermeture d’un établissement en se référant au cas de l’école musulmane Al Badr à Toulouse, qui a fait l’objet d’un bras de fer judiciaire. Comme la majorité LREM-MoDem, saluant un « juste équilibre », les LR ont soutenu la « savante combinaison entre la liberté d’enseignement, protégée par la Constitution et le contrôle ».

 

De leur côté, les groupes de gauche ont plaidé, en vain, pour un régime d’autorisation dans lequel l’école devrait obtenir le feu vert des autorités pour ouvrir. Mais voyant tout de même dans cette proposition des « avancées », la Nouvelle gauche a finalement elle aussi voté le texte, adopté à main levée dans les mêmes termes qu’au Sénat fin février.

Pour revenir à la version sénatoriale, le gouvernement a fait supprimer un amendement ajouté en commission visant à empêcher une personne inscrite au fichier des personnes recherchées de diriger un établissement. Les autorités administratives pourront recourir au motif d’ordre public dans un tel cas, a cherché à rassurer Jean-Michel Blanquer.

Denis Peironhttps://www.la-croix.com/Famille/Education/Le-Parlement-durcit-regles-ecoles-hors-contrat-2018-03-29-1200927814?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180329&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=971824&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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Rojava : quand les briseurs de silence fument la moquette du pentagone

 

Le 26 mars 2018, la revue Ballast a publié une tribune intitulée « Rojava, brisons le silence ». Ce texte appelle d’une part à promouvoir le « Rojava » comme une formidable expérience démocratique et d’autre part à demander (à l’ONU ? À l’OTAN?) la création d’un couloir humanitaire et d’une zone d’exclusion aérienne.

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Ce texte est naturellement séduisant, car il dénonce une catastrophe bien réelle, le sort des civils en zone de guerre, mais il s’agit d’une tentative de manipulation et il me semble que beaucoup de ses signataires l’ont signé un peu vite.

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Il a été signé, entre autres, par le NPA et Alternative Libertaire, et il est conforme à leur vision du conflit en Syrie : pour eux, Bachar el Assad est l’unique responsable de la guerre et de toutes les morts de civils en Syrie ; ainsi, quand ils évoquent la Ghouta, c’est pour suggérer que le « régime d’Assad et ses soutiens » massacrent des civils, ignorant le fait que depuis 6 ans les mercenaires wahhabites qui contrôlent la Ghouta envoient quotidiennement des roquettes sur les quartiers résidentiels de Damas. Ces formations politiques, avant de prendre parti pour le « Rojava », ont activement soutenu ce qu’ils appellent « la rébellion », et en ont systématiquement caché ou minoré le caractère djihadiste. Gilbert Achcar, pour le NPA, a été jusqu’à écrire « "même si le soulèvement était guidé par des forces islamiques, cela ne devrait pas changer notre position" », et a appelé de ses vœux la guerre civile en Syrie «[Il faut] une révolution qui l’emporte au moyen d’une insurrection populaire armée débouchant sur une guerre civile avec formation de zones libérées qui s’étendent progressivement jusqu’à la victoire finale. » « La révolution syrienne ne pourra se développer qu’en se transformant en guerre civile".

A partir de 2014, sans pour autant cesser de soutenir l’Armée Syrienne Libre, les Casques Blancs, et toutes les institutions « rebelles » liées aux Frères Musulmans et à Al Qaïda, ces formations politiques ont tourné leur attention vers les YPG/YPJ et le « Rojava ».

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Le « Rojava » est présenté comme une formidable expérience de démocratie directe, écologie, féminisme, laïcité, et ce serait la meilleure alternative au « régime » et à Daesh, renvoyés dos à dos comme deux maux équivalents.

Il s’agit d’une pure manipulation, d’autant plus scandaleuse qu’elle utilise tous les codes de l’anarchisme et de la lutte révolutionnaire pour les mettre au service… de l’impérialisme US.

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Les YPG/YPJ font partie des Forces Démocratiques Syriennes, créées et armées par les USA. Faut-il rappeler que la démocratie est une notion étrangère à la hiérarchie militaire ? Les YPG/YPJ doivent obéir aux États-Unis, sans quoi ils ne feraient plus partie des FDS. Faut-il rappeler que dans une guerre, les soldats se battent pour celui qui leur fournit les armes ? Le « Rojava » héberge de nombreuses installations et bases militaires étasuniennes, concrètement le « Rojava » permet aujourd’hui aux États-Unis d’occuper la Syrie et de lui voler sa région la plus riche en pétrole et en gaz. J’utilise des guillemets pour « Rojava », car c’est un mot nouveau qui désigne pour le PYD l’ouest du Kurdistan, alors même que les Kurdes n’ont quasiment aucune présence historique dans cette région ! Afrin est un territoire kurde, mais dans quasiment tout le reste du « Rojava » Il n’y avait pas de Kurdes avant la guerre.

Et qu’en est-il de la réalité de l’expérience démocratique ? Damien Keller, engagé au sein des YPG, reconnaît que

« Ces institutions de base, dans les quartiers et les villages, souffrent cependant d’un manque d’investissement de la population. Le contexte de guerre civile n’aide pas, mais il semble également y avoir une réticence idéologique de la part de certaines catégories de la population restées fidèles au régime de Bachar el-Assad. Ce qui est problématique quand les villages ne sont pas en mixité ethno-confessionnelle, ce qui est souvent le cas.

Il y a également un effet de distorsion, en raison du rôle dirigeant joué par le PYD. Ses militants et militantes sont en effet très actives dans l’ensemble des instances démocratiques, et les non-militant.es peuvent alors considérer ces structures du Tev-Dem comme relevant prioritairement de la compétence des hevals (« camarades »). »

 De nombreux témoignages, même les plus enthousiastes, décrivent le Rojava comme la dictature d’un parti unique, avec un culte du chef (Abdullah Öcalan) qui n’a pas grand-chose de « libertaire », où les rapports de propriété et le commerce ne sont pas remis en cause. Dès lors, quel rapport avec la guerre d’Espagne ? Est-ce que les jeunes occidentaux qui, pressés par le goût de l’aventure et les fantasmes qu’on a entretenus chez eux, affluent depuis 4 ans vers la Syrie, s’imaginent qu’ils vont prendre part aux décisions militaires et politiques ? Non, il servent de chair à canon dans une guerre qui les dépasse, ou ils prennent goût aux armes.

A Afrin, ce sont des volontaires syriens loyalistes qui sont morts aux côtés des Kurdes, l’OTAN a laissé ses soi-disant alliés se faire massacrer.

Espéraient-ils une aide étasunienne, improbable depuis le départ ? Ce n’est pas Afrin qui intéresse les Etats-Unis, c’est le nord de l’Euphrate et son pétrole. A quel moment se rendront-ils compte qu’ils se battent pour un pays qui a entrepris de démolir la Syrie après avoir démoli l’Iraq, et qui a systématiquement trahi ses partenaires locaux ?

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Pour résumer :

- soutenir les Kurdes, ce n’est pas soutenir le PYD, et le mieux serait de soutenir l’ensemble du peuple syrien en demandant en premier lieu la levée des sanctions qui ont fait exploser le prix des denrées alimentaires et médicales, et en dénonçant les pays qui financent des mercenaires pour tenter de renverser le gouvernement. C’est au peuple syrien et seulement à lui de décider de son avenir.

- il n’a jamais été légitime d’appeler « rebelles » des gens payés et armés par des pays étrangers. Le nom adapté est mercenaires. S’ils se battent avec autant d’acharnement c’est avant tout parce que ça leur rapporte beaucoup d’argent. Et vu leurs faits d’armes (décapitations, crucifixions, amputations, etc) ils méritent amplement le qualificatif de terroristes.

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- une partie des signataires de la Tribune de Ballast a travaillé avec acharnement, depuis le début de cette guerre, a soutenir la propagande de guerre de l’OTAN et même a banaliser les Frères Musulmans. Leur objectif principal est le renversement de Bachar el Assad, et tout le reste n’est là que pour servir cet objectif.

 - cette tribune est donc une manipulation de plus. Croyant aider les populations du nord de la Syrie, ses signataires ont en fait validé l’ingérence de l’OTAN en Syrie ainsi que sa version des faits. La demande de création d’une « zone d’exclusion aérienne » est particulièrement perverse, car d’une part elle rappelle le massacre commis par l’OTAN en Libye au nom d’une « zone d’exclusion aérienne », et d’autre part elle sous-entend que les signataires s’imaginent que l’OTAN pourrait décider de sauver les Kurdes des collines d’Afrin, par pur amour de l’humanité. Puisqu’ils confondent le « Rojava » avec la guerre d’Espagne, peut-être ont-ils confondu l’OTAN avec Robin des Bois.

 

Vincent Lenormant

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Au delà du décryptage critique scrupuleux de Vincent Lenormant, et afin qu'ils mesurent à quel point ils sont dupes de charlatans notoires, nous invitons la Revue Ballast et les signataires de cet "appel", sans doute sincèrement convaincus qu'ils soutiennent une "juste cause", à simplement mieux s’informer. Par exemple en visionnant cette conférence de notre camarade Subhi Toma, natif de Mossul, ayant longtemps vécu dans ces régions, que ce soit en Syrie ou en Irak et très au fait de tous les développements de l'actualité géopolitique de la région du fait de son activisme (marxiste) militant.

Pendant ce temps là... à la Goutha, les 17 millions de syriens restés chez eux en Syrie demeurent obstinément réfractaires à l'idéologie libérale libertaire et aux leçons des intellectuels français.  Ils persévèrent dans leur préférence voire leur gratitude pour le "boucher Assad"... sans doute un effet collatéral de l'Orient compliqué comme disaient nos élites à l'époque du levant français :
Le soldat  Wassim Issa de l'armée syrienne a filmé lui-même les premiers moments de la libération d'Ayn Tarma au sud de la Ghouta Est, tandis que les habitants acclament leurs libérateurs : les soldats de l'armée Nationale Syrienne... et manifestent bruyamment leur reconnaissance à l’égard des soldats de l'immonde boucher de Damas et leur haine à l'encontre des rebelles démocrates qui les ont détenus en otage jusque là.

(...)

http://www.librairie-tropiques.fr/rojava2

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vendredi 30 mars 2018

Le prince héritier saoudien révèle que le wahhabisme a été exporté à la demande des Occidentaux

Dans une interview au Washington Post, le prince héritier Mohamed ben Salmane a déclaré que l'Arabie saoudite avait commencé à propager l'idéologie wahhabite à la demande de ses alliés occidentaux, pendant la guerre froide, pour contrer l'URSS.

ACT MBS TRUMP

Une déclaration du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (surnommé «MBS») publiée par le Washington Post le 22 mars et passée, semble-t-il, inaperçue dans les médias francophones, fait office d’aveu. En effet, le prince héritier saoudien a assuré que l’idéologie wahhabite avait été propagée au cours de la seconde moitié du XXe siècle par Riyad à la demande des alliés occidentaux du royaume, dans le but de contrer l’influence de l’Union soviétique dans les pays musulmans.

En visite diplomatique aux Etats-Unis, «MBS» s’est exprimé lors d'une rencontre avec des membres de la rédaction du Washington Post. Bien que cette réunion ait été tenue secrète dans un premier temps, l'ambassade saoudienne a par la suite autorisé le célèbre journal américain à publier des extraits spécifiques des propos tenus par le prince héritier. Ainsi, le journal relate des déclarations de Mohamed ben Salmane sur différents dossiers, dont sa relation avec Jared Kushner, le gendre de Donald Trump et conseiller de la Maison Blanche, ses réformes internes au royaume, la guerre au Yémen ou encore le conflit israélo-palestinien.

Interrogé sur la propagation du wahhabisme, idéologie islamiste rigoriste née en Arabie saoudite et parfois accusée par la presse et des responsables politiques en Occident d'être une source du terrorisme islamiste, le prince héritier a déclaré que les investissements saoudiens dans les mosquées et écoles islamiques à l'étranger trouvaient leur origine dans le contexte de la guerre froide. Le prince héritier a expliqué que, à cette époque, les alliés occidentaux de Riyad avaient demandé à l'Arabie saoudite d'utiliser ses ressources afin d'empêcher l’Union soviétique de «conquérir le monde musulman ou d’y acquérir de l’influence».

Une révélation tardive du rôle de l'Occident dans la propagation du wahhabisme

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Interrogé par RT France, Pierre Conesa, historien français et ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, qualifie cette révélation de «tardive». Pour ce spécialiste en stratégies politiques internationales, cette révélation permet au prince héritier de «se décharger d’une partie de sa responsabilité sur le financement du terrorisme». 

Dans un article publié dans le Monde Diplomatique de juin-juillet 2016, intitulé «Un demi-siècle de diplomatie wahhabite», Pierre Conesa expliquait déjà que la politique étrangère du royaume saoudien avait été anticommuniste durant la guerre froide et opposait le panislamisme au panarabisme socialisant de Gamal Abdel Nasser, dirigeant égyptien de 1954 à 1970. Cette politique était largement soutenue par les Occidentaux et notamment les Américains. «L’adage très répandu pendant la guerre froide selon lequel "l’ennemi de notre ennemi est notre ami" empêche alors [les Occidentaux] de voir que le royaume wahhabite a son propre programme », ajoute l’historien. Une véritable industrie «théo-idéologique» qui «emprunte au soft power américain et à la propagande soviétique» se met alors au service du wahhabisme.

Un système de promotion mondiale de l'islam rigoriste

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Plus de deux décennies après la fin de la Guerre Froide, WikiLeaks publie plus de 60 000 documents diplomatiques saoudiens. Ces «câbles» mettent en lumière le système de prosélytisme et de promotion d’une lecture rigoriste de l'islam appliqué par le royaume wahhabite au niveau international. «Depuis des dizaines d’années, l’Arabie Saoudite injecte des milliards de pétrodollars dans des organisations islamiques à travers le monde, pratiquant une diplomatie du chéquier», révèle le journal américain New York Times, en juillet 2015, après avoir épluché tous les documents diplomatiques mis à jour par WikiLeaks.

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«Quand après les attentats du 11 septembre 2001, alors que 15 des terroristes étaient saoudiens, George W.Bush désigne l’Afghanistan et l’Irak comme les ennemis des Etats-Unis, on comprend que l’Arabie est un bon client qu’il ne faut pas contrarier », analyse encore Pierre Conesa. Pour l’historien, la situation est similaire aujourd’hui, quand «Donald Trump annonce depuis Riyad que c’est l’Iran qui est la cause du terrorisme».

Riyad ne semble toutefois plus assumer son rôle d'exportateur global du wahabisme. Aux journalistes du Washington Post, Mohammed ben Salmane a en effet confié que les gouvernements saoudiens successifs «s[’étaient] fourvoyés sur de fausses pistes» et qu’il était temps désormais que «les choses reviennent à la normale», en ce qui concerne notamment le financement du wahhabisme. Il a assuré que ce «financement prov[enait] aujourd’hui en grande partie de fondations saoudiennes, et non du gouvernement». De manière on ne peut plus claire, le prince héritier Mohammed ben Salmane entend donc séduire ses partenaires occidentaux. L’accueil que lui a réservé Donald Trump au premier jour de son voyage à Washington semble démontrer que cette offensive de charme fonctionne à merveille.

https://francais.rt.com/international/49248-nous-avons-propage-wahhabisme-a-la-demande-des-occidentaux

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jeudi 29 mars 2018

L’hommage des anonymes à Arnaud Beltrame

Des milliers de personnes ont tenu à être présentes, au Panthéon et aux Invalides, pour témoigner de leur admiration et de leur peine pour le gendarme qui s’est sacrifié pendant les attaques terroristes dans l’Aude.

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Si le soleil a boudé, ce n’est pas du tout le cas des Français. Dès 9 heures ce mercredi, ils ont été nombreux à se réunir, malgré les barrages de police, dans les rues de Paris pour rendre hommage au colonel Arnaud Beltrame, assassiné vendredi dernier par Radouane Lakdim.

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Postées notamment rue Soufflot au Panthéon, qui abrite les grandes figures républicaines, de nombreuses personnes, parfois sans capuche ou parapluie, ont bravé le mauvais temps pour accompagner le cortège funèbre d’une dernière pensée. C’est le cas d’Aurélie, mère au foyer, qui va pendant une poignée de secondes le suivre du regard avant qu’il ne disparaisse : « Même si c’est court, c’est important d’être à ses côtés une dernière fois. On lui doit bien ça, je crois… » Le défilé s’estompe, et sans un murmure la foule se disperse aussi vite qu’elle était apparue.

A quelques centaines de mètres à vol d’oiseau du Panthéon, c’est aux Invalides que le cercueil du militaire doit recevoir les honneurs du Chef de l’Etat. Mais bien avant son arrivée, les organisateurs doivent gérer un public nombreux. Entre ceux qui veulent assister à la cérémonie et ceux qui veulent visiter, comme ce groupe de collégiens étrangers, la cohue arrive vite. Une fois l’ordre rétabli, le public doit se diriger vers une artère spécialement dédiée située au rez-de-chaussée. L’endroit est familier pour les inconditionnels de ces cérémonies, alors, hors de question de ne pas avoir sa place aux premières loges. Comme Jean-Pierre, 66 ans : « Je suis là depuis ce matin, 7 heures, sous la flotte mais tant pis ça vaut le coup ». Sous son parapluie, ce néoretraité est fier de « faire honneur à l’homme qui a fait le sacrifice suprême ». Cette reconnaissance qualifiée « d’héroïque » est partagée de tous.

La tension est à son comble, le temps semble figé

En attendant le début de l’hommage, chacun essaye de se rapprocher au plus près des ouvertures. L’objectif est de voir le cercueil et la cérémonie sous le meilleur angle. Une fois installé au mieux, la période la plus terrible arrive : l’attente. Sans bouger, serré les uns contre les autres dans le froid, les pieds finissent par s’engourdir. Mais pas question de faiblir. « Ça vaut bien quelques crampes », souffle discrètement une dame à son conjoint.

Mais déjà, les premières notes de la garde républicaine résonnent. Le cercueil s’avance lentement dans la cour des Invalides au rythme des tambours et des trombones. Les corps se raidissent, les respirations se coupent, l’émotion est palpable. Au milieu des toussotements et des reniflements, le silence est maître. Amassée derrière la tribune des officiels, la foule est sérieuse, grave, imperturbable. Quand résonne la Marseillaise, les gendarmes et militaires, parfois à la retraite, bombent le torse en saluant le drapeau. La tension est à son comble, le temps semble figé. Un vieux soldat, tenant fermement sur ses jambes frêles, brise ce moment en aboyant sur un civil qui a gardé son bonnet. Geste irréparable. Ce dernier s’excuse immédiatement et entonne même l’hymne national.

«On était ensemble dans la même promotion»

Le président Macron débute son discours en rappelant le déroulement des faits et provoque aussitôt les larmes des plus sensibles. Les mouchoirs se succèdent dans les mains tremblantes des hommes et des femmes qui ne connaissaient pourtant pas le commandant en second du groupement des gendarmes de l’Aude. Ce n’est pas le cas de Valérie Lacombe qui l’a connu à l’école Européenne d’Intelligence Economique à Versailles. « On était ensemble dans la même promotion et me déplacer aujourd’hui était une évidence. On rencontre souvent les héros dans les livres d’Histoire, mais dans la vraie vie ça prend tout son sens », confesse-t-elle avant d’être rattrapée par ses émotions.

Quand le cercueil disparaît avec la famille, la foule reste statique comme pétrifiée par le moment unique dont elle a été le témoin. Le président de l’ordre national du mérite dans le Calvados, le Docteur Michel Cours-Mach, nous confie : « La cérémonie a été très belle, assez sobre et c’est ce qu’il fallait. J’ai pu partager mon émotion qui est celle de tous les Français face à ce sacrifice extraordinaire et c’est très bien comme ça ».

http://www.leparisien.fr/politique/l-hommage-des-anonymes-a-arnaud-beltrame-28-03-2018-7634577.php

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Tweets sur la mort d'Arnaud Beltrame : Stéphane Poussier condamné à un an de prison avec sursis

Après ses tweets se réjouissant de la mort du gendarme Arnaud Beltrame à Trèbes, l'ex-candidat Insoumis aux législatives Stéphane Poussier a été condamné ce mardi 27 mars à un an de prison avec sursis pour apologie du terrorisme par le tribunal correctionnel de Lisieux (Calvados).

ACT POUSSIER

L'affaire aura été rondement menée. Stéphane Poussier, l'ancien candidat de la France insoumise éjecté du mouvement après des tweets scandaleux se réjouissant de la mort du gendarme Arnaud Beltrame dans les attentats de Trèbes vendredi dernier, a été condamné ce mardi 27 mars à un an de prison avec sursis pour apologie du terrorisme par le tribunal correctionnel de Lisieux (Calvados).

L'homme avait été interpellé dès le lendemain des tweets en questions, dimanche à son domicile de Dives-sur-Mer, dans le Calvados. Au terme de sa garde à vue, il a été déféré devant la justice en procédure de comparution immédiate. Le tribunal a considéré que ses tweets contenaient une "présentation favorable voire très favorable" des "conséquences d'un acte terroriste", a indiqué son président Lionel Da Costa Roma. Il avait notamment écrit : "A chaque fois qu'un gendarme se fait buter (...) je pense à mon ami Rémi Fraisse (…) Là c'est un colonel, quel pied! Accessoirement, encore un électeur de Macron en moins".

Stéphane Poussier ne fera pas appel

Justice

"C'est une expression publique qui tombe sous le coup de la loi" y compris au regard de la convention européenne de droits de l'Homme, a ajouté le magistrat. Le tribunal a toutefois tenu compte du "caractère très limité dans le temps, ponctuel" de ces propos. Stéphane Poussier, ancien commercial dans la téléphonie âgé de 60 ans et aujourd'hui au RSA, a indiqué qu'il ne ferait "pas appel"de ce jugement qu'il dit "accepte(r) pleinement". A la barre comme devant la presse, il s'est excusé à plusieurs reprises auprès des proches et des collègues du gendarme pour ses propos "cruels".

Les tweets ont été unanimement condamnés par la France Insoumise, qui a indiqué l'avoir exclu dès samedi. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a désavoué à plusieurs reprises avec force la sortie de l'ancien candidat LFI aux législatives, notamment lundi en marge d'une manifestation devant le ministère du Travail, en ces termes relayés par Le Huffington Post : "Cet abruti nous porte un dommage terrible, et c'est une souffrance pour nous que de voir quelqu'un usurper notre identité pour raconter des sottises de cette nature".

Hadrien Mathoux

https://www.marianne.net/societe/tweets-sur-la-mort-d-arnaud-beltrame-stephane-poussier-condamne-un-de-prison-avec-sursis?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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