dimanche 10 juin 2018

La loi sur l’interdiction des téléphones portables à l’école et au collège adoptée

L’Assemblée nationale a adopté une loi qui interdit l’usage du téléphone portable à l’école et au collège. Pour l’opposition, ce texte ne sert à rien. Leur principal grief : l’interdiction existait déjà.

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C’est une loi qui ne change qu’une phrase dans le code de l’éducation, mais pourrait affecter en profondeur le quotidien des écoliers et des collégiens dès la rentrée 2019.

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 7 juin, une proposition de loi qui interdit par défaut l’usage des portables dans les écoles et les collèges. Le nouvel article 511-5 stipule que le smartphone devient appareil non-grata " à l’exception des lieux où, dans les conditions qu’il précise, le règlement intérieur l’autorise expressément" .

Cette réforme vise à traduire en texte une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Peu après son adoption, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a salué « une loi du XXIe siècle » qui envoie « un signal à la société française sur cet enjeu de société », en prévoyant une « interdiction effective » des portables.

De l’exception à la règle

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Cette nouvelle interdiction a pour but de lutter contre « les mauvais usages » des portables, tels que cyber-harcèlement, consultation de sites pornographiques, addiction aux écrans.

Mais les opposants ont dénoncé un texte qui ne servirait à rien. Ce serait une « tartufferie », a assuré le député Les Républicains Patrick Hetzel, ancien directeur de l’enseignement supérieur auprès de Valérie Pécresse, tandis que les communistes ont jugé le texte « absurde ».

Leur principal grief : l’interdiction existait déjà. En effet, l’ancienne mouture de l’article 511-5 permettait aux directeurs d’établissement de bannir les portables de l’enceinte de l’école.

Les défenseurs de la réforme assurent qu’il existe pourtant une différence notable : l’interdiction, qui était auparavant l’exception à la règle, devient la norme. « Certains essayent de nous dire que cette loi est inutile », a répliqué Jean-Michel Blanquer, mais « allez sur une plage où il est interdit de se baigner sauf quand c’est autorisé, ou une plage où il est autorisé de se baigner sauf quand c’est interdit. Vous verrez que vous ne vous baignerez pas avec la même fréquence. », a-t-il affirmé.

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Mais cette réforme n’aborde pas le problème de la sanction. En effet, les directeurs de collège ont pris l’habitude de confisquer les téléphones portables. Pourtant, cette sanction « est illégale car elle ne fait pas partie des mesures prévues dans le code de l’Éducation. », assure au Parisien, Valérie Piau, avocate et spécialiste en droit de l’éducation. Une telle sanction peut, en effet, être considérée comme une atteinte au droit de propriété.

Source :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037032809&dateTexte=&categorieLien=id

http://www.france24.com/fr/20180607-loi-interdiction-portables-ecole-college-adoptee-assemblee-nationale-education-macron

https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/06/07/l-assemblee-vote-l-interdiction-du-telephone-portable-dans-les-ecoles-et-les-colleges_5311263_823448.html

https://aphadolie.com/2018/06/09/la-loi-sur-linterdiction-des-telephones-portables-a-lecole-et-au-college-adoptee-video/

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Toute loi qui diminue les prérogatives des chefs d'établissement me semble plutôt une bonne idée, dans la mesure où "l'autonomie des établissements" a été le vecteur essentiel des multiples dérégulations au sein de l'Education nationale, en mettant les écoles sous l'influence grandissante des féodalités locales de toutes sortes ( y compris économiques). On comprend que l'opposition libérale et/ou libertaire s'en offusque. Malheureusement, on est loin d'une reprise en main de la politique éducative par la Nation. Le ministre Blanquer a parfois de bons réflexes, mais il ne pourra pas aller bien loin face aux lobbies européens qui pilotent les réformes successives alors qu'il agit au sein d'un gouvernement euro- atlantiste. De plus, son invitation au sommet actuel de Bilderberg, au côtés de Cazeneuve, ne laisse rien présager de bon.    P.G.

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Vidéos: La fabrique du consentement

Source : Arte, Jimmy Leipold, 29-05-2018

VID PROPAGANDA

Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de “Propaganda”, un passionnant décryptage des méthodes de la “fabrique du consentement”.

Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de “fabrique du consentement” des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci.

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Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur. En 2001, le magazine Life classait Edward Bernays parmi les cent personnalités américaines les plus influentes du XXe siècle. Ce documentaire riche en archives retrace, à la lumière d’une analyse critique – dont celle du célèbre linguiste Noam Chomsky –, le parcours de celui qui, entre autres, fit fumer les femmes, inspira le régime nazi, accompagna le New Deal et fut l’artisan du renversement du gouvernement du Guatemala en 1954.

https://www.les-crises.fr/video-propaganda-la-fabrique-du-consentement-par-arte/

https://www.youtube.com/watch?v=FPbxJV4QKso

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Voir aussi:

Noam Chomsky La Fabrication du Consentement partie 1)

https://www.youtube.com/watch?v=waUIPMXuHV0

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Lucien Cerise : ingénierie sociale ; guerres programmées/guerres du futur

https://www.youtube.com/watch?v=2WfWURLQCxI

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vendredi 8 juin 2018

Facebook a (encore) partagé vos données

Apple, Samsung, BlackBerry et des dizaines d’autres fabricants de téléphones ou tablettes auraient accédé aux données personnelles des utilisateurs de Facebook.

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Le scandale «Cambridge Analytica» à peine retombé, Mark Zuckerberg est à nouveau dans la tourmente. Son réseau social aurait échangé les données de ses utilisateurs avec des dizaines de fabricants de téléphones et de tablettes.

Ces partenariats auraient été établis bien avant que les applications Facebook ne déferlent sur les téléphones portables. Le réseau social offrait aux constructeurs non seulement des données sur l’utilisateur, mais aussi leurs amis. Le problème, c’est que ces derniers croyaient parfois avoir interdit tout partage de leurs données.

Ashkan Soltani, chercheur et consultant en protection de la vie privée, explique au «New York Time», que «c’est comme si on fait installer des serrures, mais on se rend compte que, sans vous demander la permission, le serrurier a donné un double à tous ses amis pour qu’ils puissent venir fouiller dans vos affaires».

Les données valent de l’or

Parmi les données que récoltaient les fabricants de téléphone: situation matrimoniale, religion, tendance politique ou événements à venir. L’ampleur de ce partage de données n’avait jamais été révélée, selon le journal new-yorkais.

Xavier Studer, blogueur indépendant spécialiste des nouvelles technologies, s’étonne, «bien qu’on découvre régulièrement ce que Facebook fait de nos données, à chaque fois c’est pire. Et ce n’est pas rassurant».

Si la plupart des partenariats sont encore d’actualité, Facebook aurait commencé à les réduire en avril dernier. Ses déboires en matière de gestion des données personnelles ont largement été mis en lumière depuis le début de l’année. Zuckerberg avait dû s’expliquer devant le Sénat américain. Il avait expliqué que les accès comme ceux utilisés par Cambridge Analytica avaient été coupés en 2015.

Deux poids, deux mesures

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Mais pas pour tout le monde apparemment. Et rien n’avait été révélé sur cette utilisation par les fabricants. Le patron du réseau social avait ensuite dû affronter l’Europe. Dans des documents soumis mi-mai au législatif allemand qui enquêtait sur les pratiques du géant bleu, seul un partenariat avec le fabriquant BlackBerry est évoqué par le réseau social. Pourtant cela concernerait une soixantaine de marques.

Le réseau social se défend en affirmant que ces partenariats sont légaux et qu’il n’a pas violé l’accord passé entre lui et la Federal Trade Commission (ndlr: agence gouvernementale dont la mission principale est l’application du droit des consommateurs).

Face aux critiques, il explique que seule une partie de celles-ci sont fondées. Il assure que ces accords ont été passés il y a plus de 10 ans, dans un but d’intérêt commun, «quand les App Stores n’existaient pas». Il annonce que 22 partenariats déjà ont été annulés.

Une révolte des utilisateurs

Pour les États qui seraient tentés d’intervenir, preuve en est que Facebook ne dit pas tout. La plus grosse pression pourrait venir d’actions privées. Perdre définitivement tous ses utilisateurs parait la seule menace pour le géant américain.

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Car ce sont eux les principaux concernés dans ces scandales. On estime que la moitié des Suisses est sur Facebook. «L’utilisateur moyen ne veut pas que ces données se retrouvent partout», constate Xavier Studer. Et pourtant, on accepte souvent les conditions d’utilisation, et ce qu’elles entraînent sans les lire. «On ne peut pas avoir un avocat sous la main à chaque fois qu’on coche «oui»», souligne l’expert.

Jusqu’où Facebook ira avant d’atteindre un point de non-retour? «Les réseaux sociaux sont tellement indispensables qu’ils ont encore beaucoup de marge», observe Xavier Studer. (Le Matin)

https://www.lematin.ch/monde/Facebook-a-encore-partage-vos-donnees/story/17375204

Le travail de Salim Virani que nous vous invitons à parcourir est remarquable parce qu’il a pris la peine de réunir et classer le très grand nombre de « petites » atteintes de Facebook à notre vie privée. Ce n’est donc pas ici une révélation fracassante mais une patiente mise en série qui constitue une sorte de dossier accablant sur Facebook et ses pratiques avouées ou inavouables. Vous trouverez donc de nombreux liens dans l’article et au bas de l’article, qui sont autant de sources.

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Si comme nous le souhaitons, vous avez déjà renoncé à Facebook, il est temps d’en libérer vos proches : les références et les faits évoqués ici par Salim Virani seront pour vous un bon réservoir d’arguments.

Par quoi remplacer Facebook lorsqu’on va supprimer son compte ? Telle est la question qui reste le point bloquant pour un certain nombre de personnes.  Bien sûr il existe entre autres Diaspora et ses divers pods (dont Framasphère bien sûr), mais Salim Virani répond plutôt : par de vrais contacts sociaux ! Avons-nous vraiment besoin de Facebook pour savoir qui sont nos véritables amis et pouvoir échanger avec eux ?

N’hésitez pas à nous faire part de votre expérience de Facebook et de ses dangers, dont le moindre n’est pas l’addiction. Saurons-nous nous dé-facebook-iser ?

Source de l’article : Get your loved ones off Facebook

Traduction Framalang : Penguin, mo, egilli, audionuma, goofy, lamessen, roptat, xXx, serici, Mika, jums, ratator, dodosan, mathis, mika, Lumibd, jums, ratator, Diane

Dites à ceux que vous aimez de laisser tomber Facebook

par Salim Virani

J’ai écrit ce qui suit pour ma famille et mes proches, afin de leur expliquer pourquoi les dernières clauses de la politique de confidentialité de Facebook sont vraiment dangereuses. Cela pourra peut-être vous aider aussi. Une série de références externes, et des suggestions pour en sortir correctement, se trouvent au bas de cet article.

Mise à jour 2017 : beaucoup des inquiétudes que j’avais se sont avérées fondées. Facebook a persévéré dans sa logique de mépris envers ses utilisateurs. J’ai actualisé cet article en y ajoutant quelques liens et arguments supplémentaires.

« Ah au fait, j’avais envie de te demander pourquoi tu quittes Facebook », telle est la question embarrassée qu’on me pose du bout des lèvres très fréquemment ces temps-ci. Genre vous savez plus ou moins que Facebook c’est mal, mais vous n’avez pas trop envie de savoir jusqu’à quel point.

J’ai été un grand supporter de Facebook – un des premiers utilisateurs de mon entourage à défendre ce moyen génial de rester en contact, c’était en 2006. J’ai fait s’inscrire ma mère et mes frères, ainsi qu’environ vingt autres personnes. J’ai même enseigné le marketing de Facebook à l’un des plus prestigieux programmes technologiques du Royaume-Uni, la Digital Business Academy. Je suis un technico-commercial – donc je peux voir les implications – et jusqu’à maintenant elles ne m’avaient pas inquiété plus que ça. Je ne prenais pas au sérieux les personnes qui hésitaient en invoquant des questions de vie privée.

Juste pour vérifier…

Pendant les vacances 2014/2015, j’ai voulu passer quelques minutes à vérifier les prochains changements dans la politique de confidentialité, avec une attitude prudente en me demandant « et si… ? ». Certaines éventualités étaient inquiétantes, en particulier concernant nos informations financières et de localisation, sans oublier tout le reste. En fait, ce que je soupçonnais a déjà eu lieu il y a deux ans, depuis 2011 ! Ces quelques minutes se sont changées en quelques jours de lecture. J’ai ignoré beaucoup d’affirmations qui, selon moi, peuvent être expliquées comme des accidents (« techniquement plausibles » ou « techniquement fainéantes »).
Après tout, je suis moi-même le fondateur d’une start-up, et je sais à quel point les questions techniques peuvent être complexes. Par exemple, les droits d’accès excessifs demandés par l’application Facebook pour Android proviennent d’un problème technique étroitement lié à Android. Mais il restait encore beaucoup de préoccupations concernant la protection de la vie privée, et j’ai croisé ces faits avec des techniques que je sais être standards dans le marketing basé sur les données.
Avec ces derniers changements de confidentialité le 30 janvier 2015, j’ai peur.

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Facebook a toujours été légèrement pire que toutes les autres entreprises technologiques avec une gestion louche de la confidentialité ; mais maintenant, on est passé à un autre niveau. Quitter Facebook n’est plus simplement nécessaire pour vous protéger vous-même, c’est devenu aussi nécessaire pour protéger vos amis et votre famille. Cela pourrait être le point de non-retour – mais il n’est pas encore trop tard pour reprendre le contrôle.

Une petite liste de pratiques de Facebook

Il ne s’agit plus simplement des informations que Facebook dit qu’il va prendre et ce qu’il va en faire ; il s’agit de tout ce qu’il ne dit pas, et qu’il fait tout de même grâce aux failles qu’ils se sont créées dans les Conditions de Service, et la facilité avec laquelle ils reviennent sur leurs promesses. Nous n’avons même plus besoin de cliquer sur « J’accepte ». Ils modifient simplement la politique de confidentialité, et en restant sur Facebook, vous acceptez. Et hop !

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Aucune de vos données sur Facebook n’est sécurisée ni anonyme, quels que soient vos paramètres de confidentialité. Ces réglages sont juste des diversions. Il y a des violations de confidentialité très sérieuses, comme la vente de listes des produits que vous recommandez à des annonceurs et des politiciens, le pistage de tout ce que vous lisez sur Internet, ou l’utilisation des données de vos amis pour apprendre des informations privées sur vous – aucune de ces pratiques n’a de bouton « off ». Pire encore, Facebook agit ainsi sans vous le dire, et sans vous révéler les dommages que vous subissez, même si vous le demandez.

Facebook donne vos données à des « tiers » via les applications que vous utilisez, puis il affirme que c’est vous qui le faites, pas eux. À chaque fois que vous utilisez une application connectée à Facebook, vous autorisez Facebook à échapper à sa propre politique de confidentialité avec vous et vos amis. C’est comme quand mon frère me forçait à me frapper moi-même, puis me demandait « Pourquoi tu te frappes tout seul ? ». Et il allait dire à ma mère que ce n’était pas de sa faute.

En creusant un peu, j’ai découvert tout le pistage que fait Facebook – et je l’ai vérifié avec des articles de sources connues et réputées, ainsi qu’avec des études qui ont été examinées minutieusement. Les liens sont dans la section Source à la fin de ce post.

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Ça semble fou quand on met le tout bout à bout !

  • Facebook crée de fausses recommandations de produits venant de vous pour vos amis – et ils ne vous le disent jamais.
  • Quand vous voyez un bouton « J’aime » sur le web, Facebook est en train de repérer que vous êtes en train de lire cette page. Il parcourt les mots-clés de cette page et les associe avec vous. Il sait combien de temps vous passez sur les différents sites et les différents sujets.
  • Ils lisent vos messages privés et le contenu des liens que vous envoyez en privé.
  • Ils ont mis en place des fonctionnalités qui allument le micro de votre téléphone – vu leurs antécédents de changement de paramètres de confidentialité, une surveillance audio peut très probablement commencer sans que vous le sachiez.
    Ils peuvent utiliser la reconnaissance faciale pour pister vos déplacements avec des photos, même celles qui ne sont pas sur Facebook (les photos prises depuis les téléphones contiennent des informations sur la date, l’heure et la localisation GPS).
  • Ils repèrent votre localisation et l’utilisent pour trouver des informations sur vous, si par exemple vous êtes malade (si vous êtes chez un médecin ou un spécialiste), avec qui vous couchez (qui est à vos côtés pendant la nuit), où vous travaillez, si vous êtes en recherche d’emploi (un rendez-vous d’une heure dans les bureaux de la concurrence), etc.
  • Ils ont organisé des campagnes de quasi-dénonciation pour inciter par la ruse les amis des gens à révéler des informations sur eux, alors qu’ils avaient décidé de les garder secrètes.
  • Ils utilisent l’énorme quantité de données qu’ils ont sur vous (avec vos « J’aime », ce que vous lisez, ce que vous écrivez mais que vous ne publiez pas) pour créer des profils très précis de qui vous êtes – même si vous faites tout pour garder ces choses secrètes. Il y a des techniques statistiques, qui existent depuis des décennies en marketing, pour trouver des modèles comportementaux en corrélant les actions et les caractéristiques d’une personne. Même si vous n’avez jamais publié quoi que ce soit, ils peuvent facilement déduire vos âge, sexe, orientation sexuelle et opinions politiques. Quand vous publiez, ils en déduisent beaucoup plus. Puis ils le révèlent aux banques, aux compagnies d’assurances, aux gouvernements et, évidemment, aux annonceurs.

« Je n’ai rien à cacher »

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Pourtant, beaucoup de gens ne s’en inquiètent pas, estimant qu’ils n’ont rien à cacher. Pourquoi s’intéresseraient-ils à ma petite personne ? Pourquoi devrais-je m’inquiéter de cela alors que je ne fais rien de mal ?

L’histoire est désormais célèbre : une adolescente enceinte a vu sa grossesse révélée au grand jour par le magasin Target, après que ce dernier a analysé ses données d’achat (sacs à main plus grands, pilules contre le mal de tête, mouchoirs…) et a envoyé par erreur un message de félicitations à son père, qui n’était pas au courant. Oups !

Il arrive la même chose à vos données, qui sont révélées à n’importe quelle entreprise sans contrôle de votre part. Et cela se traduit par les différentes manières dont vos données peuvent révéler des choses vous concernant à des entités que vous ne souhaitez pas mettre au courant.

L’un des problèmes les plus évidents ici concerne les compagnies d’assurance. Les données qu’elles récoltent sur vous sont exploitées pour prédire votre futur. Aimeriez-vous qu’on vous refuse une assurance santé sous prétexte qu’un algorithme a prédit à tort que vous aviez commencé à consulter un cardiologue ?

Et si votre employeur ou futur employeur savait que vous êtes peut-être enceinte ?

Aimeriez-vous que votre patron soit au courant quand vous n’êtes pas réellement cloué au lit, ou quand vous cherchez un autre job ?

Aimeriez-vous que n’importe qui soit au courant si vous avez des difficultés à payer votre prêt ? Si vous vendez votre maison, les acheteurs sauront qu’ils sont en position de force.

Ne confondez pas vie privée et secret. Je sais ce que vous faites dans la salle de bain, mais vous fermez quand même la porte. C’est parce que vous voulez de l’intimité, pas pour cacher un secret. (Extrait de Je n’ai rien à cacher, pourquoi devrais-je faire attention à ma vie privée en ligne ?)

Même si nous avons pour la plupart d’entre nous le sentiment que nous n’avons rien à cacher, nous nous retrouvons tous parfois dans des situations où nous avons besoin que certaines choses restent secrètes, au moins pendant un temps. Mais nous renonçons à cela – et pour quelle raison ?

Extraits des « Conditions d’utilisation » (et non « Politique de confidentialité », vous voyez l’astuce ?)

Vous nous donnez permission d’utiliser votre nom, image de votre profil, le contenu et les informations en lien avec des activités commerciales, soutiens sponsorisés et autres contenus (comme les marques que vous aimez), proposés ou mis en avant par nos soins.

Plus bas :

Par « information » nous voulons dire les données et autres informations qui vous concernent, ce qui inclut les faits et gestes des utilisateurs et des non-utilisateurs qui interagissent avec Facebook.

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Donc cela inclut tout ce qu’ils collectent sur vous mais sans vous le dire. Tout ce que vous lisez sur Internet, tout ce qu’on a jamais publié à votre propos, toutes vos transactions financières privées.

De plus, vos données commencent à être combinées avec les données de vos amis pour faire un modèle encore plus précis. Il ne s’agit pas que de vos données, mais ce que l’on obtient quand on combine tout ensemble.

Le problème n’est pas ce que nous avons à cacher, il s’agit de garantir le droit fondamental à notre liberté – lequel est notre droit à la vie privée

L’article 12 de la Déclaration des Droits de l’homme de l’ONU indique :

Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation.

Nous avons le droit de dire un mot sur la façon dont ces informations seront utilisées. Mais en utilisant Facebook, nous les abandonnons volontairement, pas seulement les nôtres mais aussi celle de nos amis, de notre famille !

Si vous admettez avoir commis quelque chose d’illégal dans les messages privés de Facebook, ou si vous avez simplement mentionné un soutien à une action politique, cela pourra être utilisé contre vous à l’avenir, tout particulièrement par un gouvernement étranger. Vous pouvez être arrêté simplement parce que vous étiez au mauvais endroit au mauvais moment, ou être mis à l’écart à l’aéroport un jour, pour risquer de la prison car vous avez révélé que vous avez fait quelque chose d’illégal il y a 5 ans. Un comédien New Yorkais a vu une équipe SWAT (un groupe d’intervention policière américaine musclé) entrer dans son appartement pour une blague sur Facebook. Les forces de l’ordre commettent souvent des erreurs, et vous leur donnez plus de pouvoir et plus de chance d’être dans l’erreur. Vous rechargez le fusil, le pointez sur votre tempe, et le donnez à n’importe quel « applicateur de la loi » à la gâchette facile capable d’acheter vos données personnelles.

Pas besoin de parler d’une hypothétique surveillance gouvernementale ici. L’un des premiers investisseurs de Facebook, Greylock, a un conseil d’administration en lien avec la CIA via une entreprise appelée In-Q-Tel. Selon leur site web, ils « identifient les technologies de pointe pour aider la CIA et plus largement le renseignement américain à poursuivre leur mission ». Et si vous n’êtes toujours pas au courant, il a été révélé que les données de Facebook ont été livrées directement au programme PRISM.

Les courtiers en données commerciales

Et comme je l’explique plus loin, ces informations se retrouvent de toute façon en grande partie publiquement accessible. Pas besoin des programmes de la NSA, les entreprises de données marketing s’en occupent, en dés-anonymisant toutes vos données pour les vendre encore et encore. C’est fait systématiquement et automatiquement. Il y a toute une industrie autour de ça. Il y a des places de marché pour acheter et vendre les données des consommateurs, qui étaient bâties originellement autour des agences de crédit et des entreprises de publipostage, puis qui ont évolué avec l’industrie de la barre d’outil de navigateur, quand Internet Explorer était répandu – maintenant il y a encore plus d’informations qu’avant. Un exemple récent est RapLeaf qui a collecté et publié des informations identifiables personnellement, y compris des identifiants Facebook et MySpace.
Ils ont arrêté suite à une sérieuse controverse, mais non seulement le mal avait été fait, mais il y a eu d’autres entreprises qui ont échappé à cette mauvaise publicité et ont continué ces pratiques. Il ne s’agit pas de la façon dont les commerciaux vous adressent des publicités ciblées : le problème, c’est que vos données sont achetées et vendues pour cela.

Dans quel pays envisagez-vous de partir en voyage ? Êtes-vous d’accord pour confier toutes ces informations sur vous aux forces de l’ordre de ce pays ? Parce que, sachez-le : elles les achètent.

Mise à Jour 2017 : Facebook a annoncé sa collaboration avec quatre des plus grands courtiers en données.

Intercepter vos communications

Le truc, c’est qu’il n’y a pas besoin d’approuver une théorie du complot pour être concerné. Mark Zuckerburg lui-même a été très clair publiquement avec ses investisseurs à propos de ses intentions :

1) Être l’intermédiaire de toutes les communications personnelles.

C’est pour cela qu’ils ont conçu Messenger et acheté WhatsApp, mais n’oubliez pas qu’ils ont essayé pire. Quand ils ont lancé les emails Facebook, ils ont profité des utilisateurs qui avaient synchronisé leurs contacts Facebook. Ils ont fait en sorte que l’adresse @facebook.com soit l’adresse par défaut pour tout le monde. Pourquoi ? Pour que vos amis vous envoient des e-mails sur votre adresse @facebook.com au lieu de votre adresse normale, ce qui leur permettra de lire vos correspondances.

2) Rendre publiques toutes les communications privées au fil du temps.

C’est pour cela qu’ils ont lentement changé les paramètres de vie privée par défaut vers "public", rendu les configurations de la vie privée de plus en plus difficiles à utiliser, et prétendent maintenant que leur outil d’aide à la vie privée va changer cela.

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En réalité, il y a une foule de violations de la vie privée qui ne peuvent être désactivées, comme permettre aux publicitaires d’utiliser votre liste de contacts, couper la façon dont Facebook suit ce que vous lisez sur Internet, ou empêcher Facebook de collecter d’autres informations sur vous. Vous ne pouvez pas les désactiver !

Facebook ne vous laisse pas partager ce que vous voulez

Même si vous n’avez rien à cacher, inquiétez-vous du contraire, ce que Facebook choisit de cacher quand vous souhaitez le partager. Ils vous filtrent.

« Je voulais te demander pourquoi tu quittes Facebook » arrive généralement après quelque chose comme « Tu n’as pas vu mon post la semaine dernière ? ».

Si vous avez déjà eu cette conversation, vous aurez noté qu’il y a une grande différence entre vos attentes lorsque vous communiquez sur Facebook et ce qui arrive réellement. En gros, Facebook filtre vos posts suivant que les utilisateurs utiliseront plus Facebook ou non s’ils ne le voient pas.

On a l’impression que Facebook est la seule manière de rester en contact. Avec les photos et les commentaires. On a l’impression que tout le monde y est et qu’on y voit une bonne partie de leur vie.

En fait, un grand nombre de vos messages ne sont jamais vus par personne !
Et vous en manquez plein aussi. Même si ceux de vos amis vous arrivent, cela ne veut pas dire que les vôtres leur parviennent.

Les messages privés puent aussi. Combien de messages Facebook envoyés sans réponse ? À combien de messages Facebook pensez-vous avoir oublié de revenir plus tard, combien en manquez-vous simplement ? Est-ce comme ça que vous voulez traiter vos amis ?

Facebook est un moyen vraiment peu fiable pour rester en contact.

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Le mois dernier (NdT : en 2015), j’ai simplement cessé d’utiliser Facebook. Quelque chose d’incroyable est arrivé. Les gens m’ont téléphoné, et on s’est vraiment donné de nos nouvelles. Ma famille était plus en contact. Mon frère m’a envoyé des courriels avec des nouvelles. Des amis sont venus chez moi me dire bonjour.
C’était, disons, social.

Censure politique

Facebook bloque des publications s’il y a du contenu politique qu’il n’aime pas. Ils ont bloqué des publications concernant Ferguson et d’autres manifestations politiques. Quand Zuckerberg a prétendument pété un câble et a banni les mots « vie privée » des réunions à Facebook, cela a aussi été censuré dans toutes les publications Facebook. Vous aviez juste un message d’erreur à propos de « contenu inapproprié ». Ouais, c’est ça ! Inapproprié pour qui ?

Pourtant, nous ne devrions pas être surpris. Facebook n’est pas une plate-forme neutre – nous devons être conscients des objectifs des gens qui sont derrière. Zuckerberg a révélé ses intentions publiquement. (...)

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Facebook va jusqu’à laisser des organisations politiques bloquer vos communications. Il suffit de quelques personnes pour classer comme offensant un article d’actualité, et il est supprimé du flux de tout le monde. Cette fonctionnalité est souvent détournée. Je peux bloquer n’importe quel article sur Facebook en convainquant quelques amis de le classer comme offensant. C’est de la censure facile et pas chère.

Mise à jour de 2017 : on a vu combien cela a affecté les élections des États-Unis. Les fils d’actualité des gens qui avaient des idées opposées étaient souvent filtrés, et pourtant des fausses actualités se sont facilement répandues facilement, parce que ces faux gros-titres renforcent nos convictions et nous sommes contents de les partager.

Tout cela confirme que c’est une mauvaise idée de compter sur Facebook pour communiquer avec des gens qui sont importants pour vous. Votre habitude d’utiliser Facebook implique que d’autres personnes doivent utiliser Facebook.

C’est un cercle vicieux.

En fait, cela nuit à vos relations avec beaucoup de gens, parce que vous pensez que vous êtes en contact avec eux, mais vous ne l’êtes pas. Au mieux, vous êtes en contact avec une version filtrée de vos amis. Ces relations s’affaiblissent, alors que vos relations avec des personnes qui publient du contenu qui plaît à Facebook prennent leur place.

Non seulement Facebook veut lire toutes vos communications, mais il veut aussi les contrôler.

Vous balancez vos amis

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Même si vous pensez que tout ça ne vous pose pas trop de problèmes, en utilisant Facebook, vous forcez vos amis et votre famille à accepter la même chose. Même ceux qui ne sont pas sur Facebook, ou qui vont jusqu’à utiliser des faux noms.

Si vous avez déjà utilisé la synchronisation des contacts Facebook, ou si vous avez déjà utilisé Facebook sur votre téléphone, alors Facebook a récupéré la totalité de votre liste de contacts. Les noms, les numéros de téléphone, les adresses, les adresses électroniques, tout. Puis ils utilisent tout ça pour créer des « profils fantômes » des gens que vous connaissez et qui ne sont pas sur Facebook. Les internautes qui n’utilisent pas Facebook s’en aperçoivent souvent en recevant des e-mails qui contiennent leurs informations personnelles de la part de Facebook. Les internautes qui utilisent Facebook s’en aperçoivent aussi quand ils publient une photo d’un ami qui n’est pas sur Facebook, et qu’elle se retrouve automatiquement taguée. Mon ami n’est pas sur Facebook, mais comme d’autres amis et moi avons utilisé Facebook sur nos téléphones, Facebook connaît son nom et ses informations de contact, et sait aussi qui sont ses amis, puisqu’il peut le voir dans leur liste de contacts et leur journal d’appel. Il suffit de publier quelques photos avec son visage (ils peuvent l’identifier sur des photos), et voilà, ils peuvent ajouter les données de géolocalisation tirées des photos à son profil fantôme. Beaucoup d’autres techniques de Facebook fonctionnent aussi avec les profils fantômes. Et par-dessus le marché, ils peuvent déduire beaucoup de choses sur lui très précisément en s’appuyant sur des similitudes statistiques avec ses amis.

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Donc en gros, on a tous balancé accidentellement nos amis qui voulaient préserver leur vie privée. Facebook nous a piégés.

Mais les pièges de Facebook vont encore plus loin.

La « vie privée » ne s’applique pas à ce que Facebook déterre

Tout comme les profils fantômes des gens, Facebook peut « deviner un like » en fonction d’autres informations qu’il possède sur vous, comme ce que vous lisez sur Internet ou ce que vous faites dans les applications quand vous vous y authentifiez avec Facebook ou ce qu’il y a sur votre facture de carte bleue (j’en parlerai davantage plus loin). Appelez cela un « like fantôme ». Cela leur permet de vous vendre à plus d’annonceurs.

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Il y a déjà une vaste documentation sur la collecte de ces informations par Facebook. La technique du « like fantôme » est simplement une utilisation standard des techniques statistiques en marketing de base de données. Si vous lisez beaucoup sur ce sujet, vous l’aimez probablement. Ce genre de chose. Ces techniques sont utilisées en marketing depuis les années 80 et vous pouvez embaucher des étudiants en statistiques pour le faire, même si bien sûr, Facebook embauche les meilleurs du domaine et cherchent à faire avancer l’état de l’art en intelligence artificielle pour cela. En Europe, Facebook est légalement obligé de partager toutes les informations qu’il a sur vous, mais il refuse. Donc il y a encore une autre action en justice contre eux.

Les permissions

Au travers de son labyrinthe de redéfinitions des mots comme « information », « contenu » et « données », vous permettez à Facebook de collecter toutes sortes d’informations sur vous et de les donner à des annonceurs. Avec votre permission seulement, disent-ils, mais la définition de « permission » contient l’utilisation d’une application ou qui sait quoi d’autre.

(...)

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Vous voyez comment ça marche ? Vous dites à Facebook que c’est « uniquement pour vos amis », mais vos amis peuvent le révéler à un « tiers ». Et la plupart des applications qu’ils utilisent sont des « tiers ».
Donc en fait, tout ce que vous marquiez en « amis seulement » n’a pas grande importance. En étant sur Facebook, il y a bien plus d’informations à votre propos qui sont collectées, combinées, partagées et utilisées.

Ils disent qu’ils « anonymisent » ça, mais en réalité il n’y a qu’une étape pour le dés-anonymiser. Beaucoup de données anonymes, comme ce que vous postez et quand, vos photos, votre localisation à tel moment est suffisant pour un grand nombre d’entreprises qui relient ces données anonymes à vous – et les revendent (c’est pour cela que ça n’a pas d’importance que vous utilisiez un faux nom sur Facebook, vos données sont comme une empreinte digitale et permettront de vous associer à votre vrai nom).

En plus, ils permettent à toutes les applications Facebook d’avoir un accès complet à vos informations – avec votre nom et tout. Et même si vous n’utilisez jamais d’application sur Facebook, vos amis le font. Lorsqu’ils utilisent ces applications, ces amis partagent toutes vos informations pour vous. Il y a toute une industrie derrière.

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Certaines choses ont bien un bouton « off », mais rappelez-vous que c’est temporaire, et comme Facebook l’a fait dans le passé, ils les réactiveront sans vous en avertir. Lorsque Facebook a démarré (et sans doute quand vous vous êtes inscrit) c’était clairement un endroit sûr pour partager avec vos amis. C’était leur grande promesse. Avec le temps, ils ont passé les paramètres de confidentialité à « public par défaut ». De cette façon, si vous vouliez toujours garder Facebook mais seulement pour vos amis, vous deviez trouver manuellement plus d’une centaine de paramètres sur d’innombrables pages cachées. Ensuite, ils ont abandonné ces paramètres pour forcer les informations à être publiques de toute façon.

(...)

Vente de vos recommandations sans votre accord

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Vous avez sûrement déjà remarqué des publicités Facebook avec une recommandation de vos amis en dessous. En gros, Facebook donne aux annonceurs le droit d’utiliser vos recommandations, mais vous n’avez aucun contrôle dessus. Cela ne concerne pas simplement quand vous cliquez sur un bouton « J’aime ». Il y a des cas connus de végétariens qui recommandent McDonald’s, d’une femme mariée heureuse qui recommande des sites de rencontres, et même un jeune garçon qui recommande un sex club à sa propre mère !

Ces cas étaient si embarrassants que les personnes concernées s’en sont rendu compte. Les gens les ont appelés. Mais dans la plupart des cas, ces « recommandations » ne sont pas découvertes – les gens pensent qu’elles sont vraies. C’est encore plus effrayant, car Facebook est largement utilisé pour la promotion politique, et la recommandation de produits. Les gens savent que j’ai déjà collecté des fonds pour le soutien d’enfants malades du cancer, donc cela ne les étonnera peut-être pas de voir une publicité où je recommande un programme chrétien d’aide aux enfants pauvres en Afrique. Mais je ne soutiens absolument pas les programmes qui ont une tendance religieuse, car ils sont connus pour favoriser les gens qui se convertissent. Pire, des gens pourraient s’imaginer des choses fausses sur mes convictions religieuses à partir de ces fausses recommandations. Et je passe sur tous les trucs à la mode sur les startups que je ne cautionne pas !

Ils profitent de la confiance que vos proches ont en vous

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Nous n’avons aucun moyen de savoir si notre cautionnement a été utilisé pour vendre des conneries ineptes en notre nom. Je n’ai pas envie d’imaginer ma mère gâcher son argent en achetant quelque chose qu’elle pensait que je cautionnais, ou les investisseurs financiers de ma startup voir des publicités pour des produits inutiles avec mon visage en dessous.

Utiliser Facebook signifie que ce genre de chose se produit à tout moment. Les publicitaires peuvent acheter votre cautionnement sur Facebook et vos informations à des revendeurs de données extérieurs. Vous n’êtes jamais mis au courant de ça et vous ne pouvez pas le désactiver.

Les derniers changements en matière de vie privée

Finalement, je veux expliquer comment ce dernier changement dans nos vies privées engendre des choses encore pires, et la manière dont vous continuerez à en perdre le contrôle si vous restez sur Facebook.

L’usage de Facebook exige de vous suivre à la trace, de connaître ce que vous achetez, vos informations financières comme les comptes bancaires et les numéros de carte de crédit. Vous avez donné votre accord dans les nouvelles « conditions de service ». Ils ont déjà commencé à partager des données avec Mastercard. Ils utiliseront le fait que vous êtes restés sur Facebook comme « la permission » d’échanger avec toutes sortes de banques et institutions financières afin d’obtenir vos données d’eux. Ils diront que c’est anonyme, mais comme ils dupent vos amis pour qu’ils dévoilent vos données aux tiers avec des applications, ils créeront des échappatoires ici aussi.

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Facebook insiste aussi pour suivre à la trace votre emplacement via le GPS de votre téléphone, partout et tout le temps. Il saura exactement avec qui vous passez votre temps. Il connaîtra vos habitudes, il saura quand vous appelez au travail pour vous déclarer malade, alors que vous êtes au bowling. « Machin a aimé : « bowling à Secret Lanes a 14h. » ». Ils sauront si vous faites partie d’un groupe d’entraide de toxicomanes, ou allez chez un psychiatre, ou un médium, ou votre maîtresse. Ils sauront combien de fois vous êtes allé chez le médecin ou à l’hôpital et peuvent le partager avec d’éventuels assureurs ou employeurs. Ils sauront quand vous serez secrètement à la recherche d’un travail, et vendront votre intérêt pour des sites de recherche de travail à vos amis et collègues – vous serez dévoilé.

Ils sauront tout ce qui peut être révélé par votre emplacement et ils l’utiliseront pour faire de l’argent.

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Et – tout sera fait rétrospectivement. Si vous restez sur Facebook après le 30 janvier, il n’y a rien qui empêchera tous vos emplacements et vos données financières passés d’être utilisées. Ils obtiendront vos localisations passées avec vos amis vérifiés – donc avec vous, et les données GPS stockées dans les photos ou vous êtes identifiés ensemble. Ils extrairont vos vieux relevés financiers – ce médicament embarrassant que vous avez acheté avec votre carte de crédit il y a 5 ans sera ajouté à votre profil pour être utilisé selon les choix de Facebook. Il sera vendu à maintes reprises et probablement utilisé contre vous. Il sera partagé avec des gouvernements et sera librement disponible pour des tas d’entreprises « tierces » qui ne vendent rien que de données personnelles et éliminent irréversiblement votre vie privée.

Désormais c’est irréversible.

Les données relatives à votre géolocalisation et vos moyens financiers ne sont pas seulement sensibles, elles permettent à des entreprises tierces (extérieures à Facebook) de dés-anonymiser des informations vous concernant. Cela permet de récolter toutes sortes d’informations disponibles sur vous, y compris des informations recoupées que vous n’avez pas spécifiées. C’est un fait que même Facebook lui-même ne parvient pas à maintenir totalement le caractère privé des données – on ne peut pas dire que ça les préoccupe, d’ailleurs.

C’est sans précédent, et de même que vous n’avez jamais pensé que Facebook puisse revendre vos libertés lorsque vous vous êtes inscrits en 2009, il est trop difficile de prédire quels revenus Facebook et les vendeurs de données tiers vont tirer de cette nouvelle énergie dormante.

C’est simplement une conséquence de leurs nouveaux modèles économiques. Facebook vous vend au plus offrant, parce que c’est comme cela qu’ils font leur beurre. Et ils subissent des pressions monstrueuses de leurs investisseurs pour en faire plus.

Qu’est-ce que vous pouvez faire de plus à ce sujet ? Facebook vous offre deux possibilités : accepter tout cela ou sauter du bus Facebook.

(...)

Comment se tirer de ce pétrin

D’après la décision de justice rendue il y a quelques années par le FTC (Federal Trade Commission, NdT), après que Facebook a été poursuivi par le gouvernement des États-Unis pour ses pratiques en matière de vie privée, Facebook est « tenu d’empêcher que quiconque puisse accéder aux informations d’un utilisateur plus de 30 jours après que cet utilisateur a supprimé son compte ».

On peut l’interpréter de différentes façons. Certains disent qu’il faut supprimer chacune de vos publications, une par une ; d’autres disent qu’il faut supprimer votre compte, et d’autres disent qu’ils garderont vos données quand même – tout ce que vous pouvez faire, c’est arrêter de leur donner plus d’informations. Et puis, il y a les courtiers en données qui travaillent avec Facebook, qui ont déjà récupéré vos informations.

Donc supprimer votre compte Facebook (pas simplement le désactiver) est nécessaire pour arrêter tout ça, puis il y a quelques autres étapes à suivre pour tenter de réparer les dégâts :

Préparation (facultative)

  1. Utilisez l’outil « Créer mon archive » de Facebook
  2. Récupérez vos photos. J’ai utilisé cette application Android puisque l’outil Facebook ne vous permet pas de récupérer toutes vos photos, ni dans leur résolution maximale (j’ai aussi téléchargé la page avec ma liste d’amis, simplement en faisant défiler la page jusqu’en bas pour charger tout le monde, puis en cliquant sur Fichier -> Enregistrer. Honnêtement, je n’ai pas eu besoin du fichier jusqu’à présent. Il s’avère que je n’ai pas besoin d’un ordinateur pour savoir qui sont mes amis).
  3. Si vous voulez vraiment être minutieux, supprimez vos publications Facebook une par une, grâce à ce script. Cela peut être nécessaire, selon comment on interprète ce que Facebook peut conserver.
  4. Ensuite, il y a toutes les applications que vous avez utilisées. C’est l’une des plus grosses failles de Facebook, car cela leur permet de dire qu’ils ne peuvent pas contrôler ce que les applications font avec vos données une fois que vous les leur avez données. Du coup, j’ai sauvegardé sur mon disque dur la page de paramètres qui montre quelles applications j’ai utilisées, et j’ai désactivé l’accès de chacune d’elles manuellement. Chacune de ces applications a sa propre politique de confidentialité – la plupart sont une cause perdue et prétendent avoir des droits illimités sur mes informations, donc je les coupe simplement et je passe à autre chose.

Supprimer votre compte

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Supprimez carrément votre compte Facebook, ne laissez aucune chance à Facebook de réapparaître en utilisant seulement la fonction « Désactiver ».

Précautions supplémentaires

Facebook pourra toujours vous pister avec un « compte fantôme », mais cela peut-être bloqué.

Pour empêcher Facebook (et consorts) de surveiller ce que je lis sur internet (ils le font même si vous n’avez pas de compte), j’utilise Firefox avec l’option « Ne pas me pister » activée.

Si vous n’utilisez pas Firefox, EFF a un plugin pour votre navigateur appelé Privacy Badger (et pendant que l’on y est, l’EEF a fait en sorte que ce plugin génial choisisse automatiquement le serveur qui dispose de la connexion la plus sécurisée, cela rend plus difficile d’intercepter votre activité numérique pour l’industrie de l’information).

Il y a aussi les données qui ont été transmises illégalement aux « data brokers ». Vous pouvez demander que ces données soient retirées.

Comment remplacer Facebook ?

Mise à jour 2017 : au début, je pensais essayer des alternatives à Facebook. Je ressentais un besoin de remplacer Facebook par quelque chose de similaire comme Diaspora, mais l’e-mail et le téléphone se sont révélés bien meilleurs ! Après un mois sans Facebook, je n’ai plus ressenti le besoin de le remplacer. Les coups de téléphone ont suffi, figurez-vous. Tout le monde en a déjà un, et on oublie combien ils sont super faciles et pratiques à utiliser. Je vois moins de photos, mais je parle à des gens pour de vrai. Plus récemment, nous sommes tous allés sur un grand salon de messagerie instantanée. Je recommande actuellement Signal pour faire ça. Vous pouvez faire des appels, chatter et partager des photos de façon chiffrée, et très peu de choses sont stockées sur leurs serveurs. En fait, c’est bien mieux que Facebook, puisque c’est plus instantané et personnel.

Si vous avez d’autres idées ou conseils, merci de me joindre. Je considère ceci comme une étape responsable pour éviter qu’on me prive de ma liberté, et celle de ma famille et mes amis, et que nos relations personnelles en pâtissent.

Gardez bien à l’esprit que ce n’est pas juste une question technique. En restant sur Facebook, vous leur donnez l’autorisation de collecter et d’utiliser des informations sur vous, même si vous n’utilisez pas Internet. Et en y restant, les données qu’ils collectent sur vous sont utilisées pour créer des modèles sur vos amis proches et votre famille, même ceux qui ont quitté Facebook.

Internet est libre et ouvert, mais ça ne veut pas dire que nous acceptons d’être espionnés

DELETE FB

Pour finir, le monde est rempli de gens qui disent « ça n’arrivera jamais », et quand cela finit par arriver, cela se change en « on ne peut rien y faire ». Si, on peut. Internet a été décentralisé pendant 50 ans, et contient un tas de fonctionnalités faites pour nous aider à protéger nos vies privées. Nous avons notre mot à dire sur le monde dans lequel nous voulons vivre – si nous commençons par agir à notre niveau. Et en plus, nous pouvons aider tout le monde à comprendre, et faire en sorte que chacun puisse faire son propre choix éclairé.

Cet article a maintenant été lu par 1 000 000 personnes. C’est un signe fort que nous pouvons nous informer et nous éduquer nous-mêmes !

Merci de partager ceci avec les gens qui vous sont importants. Mais honnêtement, même si cet article est vraiment populaire, il est clair que beaucoup de gens pensent savoir ce qu’il contient. Partager un lien n’est jamais aussi efficace que de parler aux gens.

Si vous avez lu jusqu’ici et que vous voulez partager avec un proche, je vous suggère de faire ce que j’ai fait – décrochez votre téléphone.

Une question pour vous

DELETE FB 2

Cet article a été écrit en réaction à la politique de confidentialité de janvier 2015, il y a 2 ans. Ça a toujours été un article populaire, mais en janvier 2017, il a connu un pic de popularité. Je me demande bien pourquoi, et ça serait sympa si vous pouviez me dire ce que vous en pensez, par Twitter ou par e-mail.

Je me demande pourquoi mon article sur la vie privée sur Facebook (qui date de plusieurs années) subit une vague de popularité depuis la semaine dernière. Des idées ?
– Salim Virani (@SaintSal) 8 janvier 2017

Sources

Une petite note sur la qualité de ces sources : j’ai essayé de trouver des références dans des médias majeurs, avec tout un échantillon de biais politiques. Ces articles sont moins précis techniquement, mais on peut s’attendre à ce qu’ils soient plus rigoureux que les blogs pour vérifier leurs sources. Pour les aspects plus techniques, d’autres sources comme The Register sont certainement plus crédibles, et Techcrunch est notoirement peu fiable en matière de fact-checking. J’ai toutefois inclus certains de leurs articles, parce qu’ils sont doués pour expliquer les choses.

Articles en anglais

Articles en français (n’hésitez pas à allonger cette trop courte liste dans vos commentaires)

https://framablog.org/2017/01/23/si-on-laissait-tomber-facebook/

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Si vous aviez encore des doutes sur facebook malgré les récentes "affaires", après la lecture de cet énorme dossier de Salim Virani, il est certain que vous n'en aurez plus !!!

Et dire que Macron a reçu "en grandes pompes" ce type, le faux fondateur de fesse bouc !!!
Bon, on sait pourquoi il l'aime tant !!!
Ce système d'espionnage généralisé pourrait lui permettre de se faire réélire en 2022 s'il n'obtient pas un strapontin à l'UE ou plus !
Dans tous les cas, le flicage de la population lui est très utile pour que ses maîtres installent de façon encore plus poussée la dictature, un retour aux heures sombres !   S.R.

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Au « 8-9 Café Pro » à Limoges, on a parlé développement économique, French Tech et « Now 2018 »

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Une délégation de l'UPR avait lancé une opération sur le thème de la sauvegarde du français et pour dénoncer les mots étrangers !
Et là, on tient le pompon !
On a le premier prix !!!!   S.R.

La troisième édition du « 8-9 Café Pro » s'est déroulée ce mardi à la Giraffe.

ACT LIMOGES NOW2018

On a parlé développement économique mardi matin, à la Giraffe, espace de coworking situé rue Haute-Vienne, à Limoges lors du troisième « 8-9 Café Pro ». Organisé par le Populaire du Centre en partenariat avec Engie, Limoges Métropole, la Banque Populaire Centre Atlantique, ce rendez-vous mensuel avait pour invité Gaston Chassain, vice-président de Limoges Métropole.

Ce dernier a passé en revue les différentes zones d'activités existantes et les possibilités pour les entreprises de s'y installer. La zone nord, la zone sud sont déjà toutes deux bien remplies, le parc Ester où il reste de la place et la zone d'Ocealim (dont le dernier terrain a été vendu cette semaine). Gaston Chassain a également parlé du parc des portes de Feytiat où il y a encore quelques possibilités et la Grande pièce, la dernière réalisation, où se situe la SOPCZ. « Tous les terrains ont été vendus. Mais entre le moment où on pense à s'installer et le moment où on y est, 7 ou 8 ans se passent...» 

Deux entreprises s'installent

Gaston Chassain annonce également avoir vendu « deux terrains à deux entreprises qui vont venir s’installer à Limoges et qui vont amener chacune, 25 à 30 emplois. L’entreprise PRB, spécialisée dans le revêtement des façades, installée aux Sables d’Olonne (85), qui va installer un entrepôt sur la zone de la Grand Pièce. L’entreprise Pro Armature, spécialisée dans la fabrication d’armatures, qui vient de Corbas près de Lyon qui a souhaité s’implanter à Limoges.»

On aussi évoqué la French Tech et  l'appel à projet qui va être lancé par Limoges Métropole avec 50.000 euros à la clé.

 « L'idée est de faire émerger les start-ups locales et d'en attirer d'autres sur des thématiques comme l'e-santé, la silver economie, les bâtiments et les objets connectés. Deux lauréats seront désignés ». 

A noter aussi la deuxième édition de l'accélérateur qui sera lancée cette année. « Cela permet aux start-ups ayant pignon sur rue d'aller plus loin », continue Gaston Chassain.

 

 

Le 28 juin, au Zénith de Limoges, un nouveau rendez-vous baptisé  NOW 2018  sera organisé. Des spécialistes de l'économie seront présents, dont Carlos Diaz, originaire de Limoges, créateur du groupe Reflect.

« L'économie est sans cesse en mouvement. On va faire venir des spécialistes de l'économie dans tous les domaines. Carlos Diaz, originaire de Limoges qui vit aujourd'hui en Californie sera de la partie », note le vice président de Limoges Métropole.

 « On veut montrer que Limoges est force de propositions, présente  un énorme potentiel économique dans l'éco traditionnelle mais aussi innovante. On est là aussi pour accompagner le monde économique dans sa réflexion et sa transition. »

3.000 personnes sont attendues.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/commerce-artisanat/2018/06/05/au-8-9-cafe-pro-a-limoges-on-a-parle-developpement-economique-french-tech-et-now-2018_12874386.html

https://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/commerce-artisanat/2018/06/05/au-8-9-cafe-pro-a-limoges-on-a-parle-developpement-economique-french-tech-et-now-2018_12874386.html

affiche FL on parle français

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mercredi 30 mai 2018

Tu veux un cookie ?

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Cet article est très technique et est à destination des "webmasters" et de ceux qui maîtrisent un peu le domaine. Si vous n'y comprenez rien (comme moi) , pas de panique, faites suivre à ceux qui s'y connaissent!   P.G.

TL COOKIES GEEK

À l'approche de la date de l'entrée en vigueur du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD 25.05.2018), la panique (quand ce n'est pas carrément le syndrome du larbin) saisit tous les éditeurs responsables et les webmasters.

On croirait à un concours de la pop-up la plus moche — la plus gênante, surtout — pour vous faire accepter les « conditions dans lesquelles le site collecte des informations par l'utilisation de cookies... ».

Panique aussi concernant les newsletters : « nous allons devoir redemander la permission à tous nos abonnés pour pouvoir continuer à leur envoyer notre newsletter ». Non, non, et non. Tout ça c'est juste du flan.

  • D'une part, le règlement en question ne stipule nulle part qu'une adresse e-mail serait automatiquement une donnée à caractère personnel.
  • D'autre part, si vos abonnés se sont inscrit en double option (confirmation), un mini contrat existe entre eux et vous qui vous autorise à leur envoyer votre newsletter dans les conditions spécifiées lors de l'inscription, et ce, jusqu'à ce que l'utilisateur choisisse de se désabonner. Le RGPD n'a pas pour effet d'annuler tout ce qui préexistait !

Apple-5s-think-different-motto

Pour le reste, tout le monde se fiche des données que vous pourriez collecter via les cookies, vous allez comprendre que c'est de la roupie de sansonnet à côté de ce que vous transmettez comme données personnelles de navigation de vos visiteurs, directement aux GAFAM, et aux autres grands acteurs du marché. À l'insu de votre plein gré (ce ne sera bientôt plus une excuse en ce qui vous concerne, si vous êtes un collègue webmaster).

Prenons un exemple

Vous vous rendez sur le site de votre agence de voyage pour y commander votre séjour de rêve sur les plages de sable chaud. Dix minutes plus tard, vous ouvrez votre page Facebook et il vous propose, dans les pubs tout un tas de produits et services en rapport avec votre achat... Et les données collectées dans des cookies par l'agence en question ne sont nullement en cause, c'est un peu plus pervers que ça.

Lorsque vous vous inscrivez sur Facebook, celui-ci associe votre identité réelle à un identifiant numérique, disons 4859127884091837. Il place cet identifiant dans un cookie, qui sera stocké sur votre disque dur. Seul Facebook a le droit de lire ou de modifier ce cookie (l'utilisateur, quant à lui, peut l'effacer, mais en pareil cas, il devra à nouveau s'identifier lors de sa prochaine connexion).

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Jusque-là, tout va bien, et l'on ne voit pas immédiatement comment Facebook se fait transférer automatiquement les données de navigation des utilisateurs lorsqu'ils naviguent sur le web...

L'astuce est simple : les GAFAM, avec Facebook et Google en tête, s'arrangent pour que les webmasters incluent un fichier situé sur leur domaine dans toutes les pages de leur site. Cela va du bouton « like » à la jolie fonte google, en passant par les petits snippets javascript pour faire ci ou ça.

Dès lors, au chargement de la page, le navigateur du client (votre visiteur) va faire une requête (GET) sur le serveur GAFAM, et ce faisant, lui donner libre accès au cookie associé, ainsi qu'au referrer, soit l'URL de la page demandée. Oui, je sais, c'est du chinois, alors voyons ça concrètement.

Pour les besoins de la cause, j'ai créé : 

  • Une page « register » sur www.levilainpetitcanard.be, qui créera un cookie « register » portant valeur « 9a6663f1bf0c56043bff6efc2b6a2599 »
  • Une page anodine, sur le site www.lvpc.tk, qui affiche un simple texte... mais fait « référence » à un petit script localisé sur le domaine www.levilainpetitcanard.be
  • Le petit script en question, qui se contente d'afficher, dans une fenêtre d'alerte, les données ainsi collectées.

1) on va sur la page« register.php » qui représente n'importe quelle inscription sur un GAFAM ou autre acteur du marché

2) On va sur la page « anodine.htm » qui contient le code suivant : 

La référence au « GAFAM » est située à la dernière ligne du bloc <HEAD>. Il s'agit d'un lien vers le code supposément javascript situé sur www.levilainpetitcanard.be. En pratique, il ne fait que régurgiter les données sur lesquelles il a pu mettre la main sous forme d'une fenêtre de message (alert) en Javascript.

3) On voit le résultat

Non seulement le « GAFAM » peut récupérer l'identifiant unique de l'internaute, et le relier ainsi à l'utilisateur (et ses données récupérées précédemment), mais en plus il obtient l'adresse IP, les informations sur le navigateur, et le plus important : le referrer.

Notez que dans ce cas-ci, le referrer portait en paramètres (GET) des informations sur l'activité du client, permettant au GAFAM de mieux cibler encore les centres d'intérêt de l'internaute. Si vous vous trouvez dans la partie « boutique », il le saura, si vous êtes sur la page « réclamation », il le saura aussi.

Faut-il préciser que ce sont des terrabytes d'informations concernant les habitudes de navigation de leurs utilisateurs que ces GAFAM reçoivent tous les mois ? Il ne reste plus qu'à passer ça à la moulinette de l'indexage et du collationnement des données pour constituer un portrait toujours plus fidèle du pigeon de service : l'utilisateur/consommateur.

Comment arrêter de transmettre les données de nos visiteurs ?

La solution la plus simple consiste à faire ce que j'ai fait sur Le Vilain Petit Canard : supprimer toute référence à des scripts/css/snippets/iframes en provenance d'une source externe. On rapatrie les polices Google qu'on veut utiliser et on les référence localement, on télécharge la version de JQuery qu'on souhaite utiliser et on fait de même, on vire les boutons « like » pour ne garder éventuellement qu'un bouton « partage » qui ne nécessite pas de référence à un code distant.

Après quoi, on peut installer un addon comme LightBeam dans firefox pour visualiser les éventuelles dépendances restantes. Pour moi, elles ont toutes été supprimées au moment où j'écris ceci à part une référence à Google (Recaptcha) qui ne sera présente que si vous souhaitez placer un commentaire sur mon site.

Conclusion

Les webmasters ont une responsabilité majeure dans la collecte par les GAFAM et autres géants du Big Data des données de leurs utilisateurs, il convient donc qu'ils prennent conscience de la portée du phénomène et tiennent mieux en compte le droit des utilisateurs à ne pas être traqués partout où ils passent.

https://www.levilainpetitcanard.be/articles/informatique/tu-veux-un-cookie_913995905

 

 

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lundi 21 mai 2018

Les abeilles meurent par millions, en Creuse comme ailleurs

ACT ABEILLES CREUSE

Le printemps sera bientôt silencieux, vidé de ses oiseaux dont 30 % ont disparu dans nos campagnes, silencieux aussi du bourdonnement des abeilles, domestiques ou sauvages, dont les colonies s’effondrent de manière spectaculaire depuis 25 ans. Cette année, l’hécatombe est d’une telle ampleur qu’elle dépasse la seule possibilité d’une conjoncture malheureuse ; l’empoisonnement massif semble ne plus faire de doute.

« Ça fait 70 ans que je m’occupe de mes ruches. Jamais j’ai vu ça. » A 86 ans, Robert Charles vit un de ses pires printemps d’apiculteur. Sur les cinquante ruches installées dans son verger qui jouxte sa maison à Chiron-Poty, il n’en reste que sept ou huit vivantes. « Vivantes mais fragiles ». Les butineuses sont réduites à peau de chagrin à l’entrée de leur ruche et on peine à entendre le moindre bourdonnement.

« Elles sont mortes, elles ont disparu, on ne sait même pas comment et celles qui restent, elles végètent, comme une personne malade », explique Robert en ouvrant ses ruches vidées de leurs abeilles. « Elles ne sont pas mortes de faim, les cadres sont pleins de miel », nous montre l’apiculteur, certaines ont même des couvains (des larves et nymphes) morts eux-aussi.

Depuis sept décennies qu'il entretient ses ruches, Robert Charles n'a jamais vu autant de mortalité. Il a perdu 80% de ses abeilles entre le mois de mars et aujourd'hui. @Mathieu Tijeras

« D’habitude, on perd 10% de ruches par an, c’est normal », il y a des reines qui ne se renouvellent pas, une mortalité naturelle des abeilles d’hiver dont la brève vie de 3 à 4 mois n’a pour rôle que de tenir les couvains au chaud, des années où la météo n’y met pas du sien, des parasites, des maladies... Mais rien à voir avec l’hécatombe de cette année. « Elles sont parties à la sortie de l’hiver et ne sont jamais revenues », soupire Robert. Toute sa vie, ce vieux Creusois a posé des nichoirs, fait du miel. Ce printemps, tout est vide, « il n'y a rien ».

Ce printemps, la surmortalité des abeilles est très médiatisée et commence à sensibiliser le grand public mais le phénomène dure depuis 25 ans, depuis l'introduction de néonicotinoïdes dans les pratiques culturales. @ Mathieu Tijeras 

Un triste tour du propriétaire : Au milieu de ses deux rangées de ruches décimées, Robert reste sans réponse.
 Quand je suis venu les vérifier une par une, elles étaient toutes mortes, je me suis demandé ce qu’il se passait, je me suis dit qu’on me les avait empoisonnées... En en parlant avec d’autres apiculteurs, j’ai vu que c’était pareil pour eux. »
Il continue la triste revue de son cimetière : « Celle-là est morte ou est en train de mourir. Voyez-donc, tout ça c’est du miel, des alvéoles pleines », au bout de son opinel, mais aucune trace d’abeille. « Le verger était tout en fleurs, elles pouvaient vivre tranquille là et ben voilà... »

A Felletin, à 30 kilomètres de là, David Tournois dresse le même constat : des ruches vides d’abeilles, pleines de miel qui, il y a deux mois, étaient encore bourdonnantes.

Sur le terrain de sa maison, sept ruches : « Je les ai regardées sans les ouvrir au mois de mars, j’en avais cinq vivantes sur sept, et elles rentraient du pollen. Trois semaines plus tard, elles étaient toutes mortes. 100 % de mortalité, j’ai du mal à croire que ce soient des conséquences naturelles... » D’autant que l’apiculteur n’a que des abeilles noires, réputées pour leur rusticité et resistance, « pas d’espèces hybridées ou importées », plus fragiles.

A Felletin, David Tournois aussi a retrouvé ses ruches qui bourdonnaient en mars, décimées en mai, les cadres pleins de miel et quelques cadavres d'abeilles autour @ Mathieu Tijeras

Depuis huit ans qu’il est installé, lui non plus n’a jamais vu pire hécatombe. « Sur mes 80 ruches, 80 % sont mortes. Mes pires années, c’était 30 %. J’ai toujours eu une mortalité dans la moyenne creusoise, mais là. Je me suis posé des questions sur mes compétences, si j’avais fait des erreurs mais en voyant que je ne suis pas le seul... ». 

Ni en Creuse, ni en France. En Limousin, 50 à 100% des ruches sont mortes ce printemps. Un tiers des abeilles ont disparu en Bretagne. La Dordogne, le Doubs, l’Aisne, la Charente-Maritime rapportent des situations catastrophiques inédites.

Probablement empoisonnées par les néonicotinoïdes

« L’hiver a été long mais elles en ont vu d’autres. En mai dernier, il a gelé deux nuits de suite, ça a ruiné toutes les fleurs et les reines avaient coupé leurs pontes mais ça ne les tue pas », souligne David, qui essaie de trouver des explications à cet effondrement des colonies. Ici non plus, pas de frelon asiatique, de varroa, de nosémose ou de loque américaine. Quelques abeilles mortes au fond des ruches, mais pour la plupart, tout simplement évaporées. 

« Les abeilles meurent. C’est un signal ça, mais ils ne s’arrêtent pas pour autant avec leurs produits. Ils les ont encore autorisés quelque temps et les gens vont en faire des provisions »

Robert Charles (Apiculteur à Chiron-Poty, près d'Issoudin-Létrieix en Creuse)

David Tournois s'est lancé il y a huit ans, cette hécatombe a emporté 80% de ses ruches, il ne peut pas, financièrement, repartir de zéro @ Mathieu Tijeras

Pour les apiculteurs d’ici et d’ailleurs, pas de certitude mais de forts soupçons sur les origines de cette surmortalité dont les chiffres grossissent d’année en année : une intoxication massive aux produits phytosanitaires, notamment aux néonicotinoides. Cette famille d’insecticides, les plus utilisés dans le monde par l’agriculture mais aussi les particuliers, agissent sur le système nerveux des insectes, sans distinction. Les abeilles, domestiques comme sauvages, qui butinent les cultures, sont empoisonnées de la même façon que les insectes ciblés : si elles ne meurent pas paralysées, elles meurent d’épuisement, leurs capacités cognitives annihilées par la molécule les rendent incapables de retrouver leur ruche.

Les témoignages de pulvérisations en plein jour, sur des arbres en fleurs, des épandages sur des prairies elles aussi fleuries, vont dans le sens d’un empoisonnement massif. Et qu’importe si l’épandage est ponctuel, le produit reste actif dans le sol, les eaux et les organismes plusieurs années.

« C’est déprimant, confie David, en regardant son terrain. Les pissenlits ont explosé d’un coup, tout est sorti et il n’y a rien dessus. Rien… On a beau interdire ces produits, il y en a autant qui arrivent aussitôt sur le marché. J’entends souvent : “Ça change petit à petit”, “les gens sont de plus en plus sensibilisés”… Ça fait 25 ans qu’on dit que les abeilles meurent et rien ne change ! Au contraire, ça empire. »

Dans un verger devenu muet, devant ses ruches décimées et sa dizaine de nichoirs vides, Robert, vieux passionné de nature nous confie être bien triste pour les générations qui lui succèdent. « Ils ne verront pas beaucoup de choses dans la nature, ils n’écouteront pas beaucoup chanter les oiseaux… Dans le temps on travaillait la terre, il n’y avait pas de produits chimiques, il y avait des abeilles, des oiseaux, maintenant, il n’y a plus rien ! ».

Ce vieux sage n’espère qu’une chose : « Qu’ils arrêtent tous les produits chimiques… S’ils m’entendent. La nature, il ne faut pas essayer de la modifier, elle est bien comme elle est, on veut tout contrôler, modifier et on fait des conneries. »

Sans abeille, fini les légumes, les fruits ou les graines

Ces dernières années, le débat autour de l'interdiction des néonicotinoïdes a divisé la société et le monde agricole. Leur très haute toxicité pour la biodiversité, l’environnement mais aussi l’homme motive plus que jamais une interdiction totale tandis que les agriculteurs martèlent ne pas pouvoir faire sansPourtant, sans abeille, pas de récolte. La pollinisation est indispensable à l’agriculture et au maraichage : plus du tiers de l’alimentation mondiale dépend des insectes pollinisateurs.

D'autres facteurs participent à la disparition des abeilles, des pollinisateurs et plus généralement, des insectes et autres espèces animales de la biodiversité française. Les pratiques d’agriculture intensive participent à l’effondrement des populations. Les épandages de produits phytosanitaires ne sont pas toujours faits dans les conditions qui préserveraient la faune, et ne prennent en compte ni la floraison, ni la météo, ni les vents. Le désherbage se fait parfois en dépit du bon sens, sur des prairies en fleurs qui concentrent alors le plus de biodiversité.

Une triste image : des ruches aux entrées désertes et silencieuses ce printemps @ Mathieu Tijeras

L’élimination systématique des fleurs des champs par exemple, ou des prairies de luzerne et de sainfoin, prive ainsi les insectes butineurs de nourriture entre la floraison du colza, au printemps et celle du tournesol fin juillet, et provoquent des carences alimentaires qui affaiblissent les colonies. Robert Charles en a l'exemple très précis à côté de chez lui : « J’ai un voisin qui a six hectares de luzerne... C’est magnifique. Et bien quand elle est en fleurs, il la fauche avec des rotatives, c’est-à-dire que l’herbe est broyée, si des abeilles butinent, ça passe tout dedans...  ». 

Il y aussi des responsabilités, à conséquences plus restreintes, à trouver du côté des apiculteurs, certains abusent de pratiques qui ont l'effet inverse que celui escompté sur leurs colonies : l’hybridation et l'importation de reines issues de sous-espèces venues d'Italie ou de Grèce, qui promettent un meilleur rendement mais emmènent souvent avec elles des pathogènes inconnus de notre abeille noire endémique. Ces abeilles venues du sud sont également mal adaptées à nos écosystèmes, aux fleurs présentes qui n'ont pas les même périodes de floraison que sur le pourtour méditéranéen. Fragilisées, ces colonies deviennent plus vulnérables aux parasites et aux maladies qui, dans le même temps, deviennent plus résistants.

Les enjeux liés à la disparition des abeilles

  • Pollinisateurs indispensables

Le miel n’est pas le seul produit de notre consommation quotidienne qui risque de disparaître avec les abeilles et les insectes pollinisateurs : elles garantissent un tiers de la reproduction d’espèces végétales de l’alimentation mondiale et 84 % des cultures européennes. Un service gratuit que l’Inra évalue à 153 M€ par an dans le monde.
 Parmi les ruches qui ont résisté à l'hécacatombe, les colonies, très fragilisées ont perdu de nombreuses butineuses @ Mathieu Tijeras

  • Disparition massive et mondiale

13 millions de ruches ont disparu en Europe. En 1990, avant l’usage des néonicotinoïdes, la mortalité annuelle s’élevait à 5 %. On arrive à 80 % actuellement.
En Chine, l’usage intensif de ces produits a mené à la disparition totale de l’espèce. Les agriculteurs doivent aujourd’hui polliniser à la main.

  • Pesticides hautement toxiques

La très haute toxicité des néonicotinoïdes, utilisés dans les grandes cultures, de céréales, fruits et légumes, est signalée par les chercheurs depuis des années.
Leurs propriétés systémiques font qu’ils sont présents dans toutes les parties de la plante traitée mais aussi dans le sol, l’air, l’eau et dans les organismes qui y vivent.
Leur persistance et leur forte affinité avec l’eau les maintiennent actifs sur plusieurs années et sur une large zone.


Les chercheurs ont établi des liens entre ces pesticides et les maladies du spectre autistique, les malformations cardiaques, ce sont également des perturbateurs endocriniens et des molécules cancérigènes.

  • Interdictions ambigues

Le 27 avril, 15 des 28 états de l’UE ont voté l’interdiction totale de trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) considérés comme dangereux pour les abeilles et déjà soumis à restrictions d’usage depuis 2013. D’autres, comme le sulfoxaflor, restent autorisés au sein de l’UE.
Dans le cadre de la loi pour la reconquête de la biodiversité 2016, la France a ajouté quatre autres néonicotinoides à cette liste qui seront interdits à partir du 1er septembre 2018. Des dérogations seront néanmoins possibles sur certains usages jusqu’au 1er juillet 2020, s’il est considéré qu’il n’y a pas d’alternative possible.

80 % des insectes volants ont disparu en 25 ans

L’Union nationale de l’apiculture française rappelle un chiffre qui se passe de commentaire : 80 % des insectes volants ont disparu en 25 ans. Depuis 25 ans, André Couty, président de l’Abeille creusoise, se bat pour que les apiculteurs soient enfin entendus. « Ça fait 25 ans qu’on voit que les abeilles meurent. Je suis heureux qu’on en parle cette année, qu’il y ait une prise de conscience et que les gens s’intéressent enfin aux abeilles. On commence à nous écouter », confie le président du syndicat apicole de la Creuse, membre de l’Unaf.
 

Les ruches sont vides d'abeilles mais pleine de miel, saines, sans parasites. Les abeilles intoxiquées par le pollen sont parties mourir hors de leur ruche ou ne l'ont tout simplement pas retrouvée (les néonicotinoïdes agissent sur les capacités cognitives des abeilles et les désoriente) @ Mathieu Tijeras

« Expliquez-moi pourquoi les ruchers qui sont situés dans des zones où il n’y a aucun épandage de pesticides, on a des mortalités très restreintes de l’ordre de 6 % et que sur celles qui sont près des zones de cultures ou d’exploitation agricoles, on a 60 à 80 % de pertes ! »

André Couty (président de l'Abeille creusoise)

Cette surmortalité des abeilles n’est pas nouvelle pour André Couty. « Ça nous est déjà arrivé, simplement, on ne nous entendait pas. » Pour lui pas de doute, les phytosanitaires sont les premiers responsables. « À l’automne, les abeilles font des réserves de pollen pour le printemps. Elles butinent sur des prairies qui viennent d’être traitées avant l’hiver. Ce pollen, elles ne le consomment pas, il leur sert à nourrir leur couvain qui va éclore fin février, début mars, explique l’apiculteur. Elles prédigèrent ce pollen pour nourrir leurs larves et s’empoisonnent. » Le reste de l’année, elles s’intoxiquent en continu, ce qui fragilise les colonies, qui sont alors plus vulnérables aux maladies et parasites. Notamment au varroa dont les traitements existants ne sont plus suffisants.

La thèse que les apiculteurs touchés ne seraient pas compétents, André Couty ne veut pas l’entendre. « Je voudrais bien mais expliquez-moi pourquoi les ruchers qui sont situés dans des zones où il n’y a aucun épandage de pesticides, je pense au plateau de Millevaches, à celui de Gentioux, on a des mortalités très restreintes de l’ordre de 6 % et que sur celles qui sont près des zones de cultures ou d’exploitation agricoles, on a 60 à 80 % de pertes ! » Sachant qu’une abeille butine à environ 2 km de sa ruche.

« Pour moi, on ne va nulle part. On vient d’en interdire trois, mais ils en ont trois autres derrière pour les remplacer, ils changent juste le nom.  »

André Couty

L’Unaf a envoyé des abeilles mortes pour analyses dans un laboratoire. « Pas en France », « dans un laboratoire vraiment indépendant » précise André Couty. «Bizarrement, ici, vous pouvez enduire une abeille de pesticide et la leur envoyer, ils ne trouveront pas de trace de pesticide ! ».  L’interdiction des néonicotinoïdes, il n’y croit pas vraiment. On est trop petits, on gêne l’agriculture, pas les agriculteurs parce qu’ils n’emploient que ce qu’on leur permet d’employer, mais on n’a pas voix au chapitre, on n’est pas assez puissants pour faire respecter la loi. »

Papillons, abeilles, bourdons, etc., toutes les populations d'insectes pollinisateurs sont en nette diminution. @ Julie Ho Hoa

Une zone BZZZ ?


Pour donner un coup de pouce aux abeilles et aux autres insectes pollinisateurs, vous pouvez participer à l'action d'Agir pour l'environnement et créer une zone BZZZ, sur votre balcon, dans un jardin, une école, un pied d'immeuble ou ailleurs. Le tout est que cet espace soit semé de fleurs nectarifères et mellifères et que tout produit chimique soit proscrit.  
En 2017, plus de 3.000 zones de BZZZ ont été créées en France. L'opération est renouvelée cette année et vous pouvez vous y associer en cliquant ici : (https://fr.ulule.com/zonedebzzz-saison2)


Vous pouvez aussi tout aussi bien laisser à la nature son petit coin de nature dans votre jardin en épargnant quelques endroits stratégiques. Ne tondez pas les abords immédiats d'une haie par exemple, laissez une plate-bande sauvage où pousseront des fleurs sauvages, l'endroit permettra aux insectes pollinisateurs mais aussi aux oiseaux et aux hérissons de se nourrir et de se cacher.
Optez pour une partie en prairie fleurie, du plus bel effet visuel mais aussi très favorable à la biodiversité en général. Vous pourrez la faucher en juin et en octobre, une fois que les fleurs sont montées en graines, ce qui fournira de la nourriture aux insectes comme aux oiseaux toute la saison. 
Les pissenlits, le trèfle, les orties ou les épiaires ajoutent un peu de couleur et surtout de vie aux jardins, ayez la main douce avec elles, elles vous le rendront au centuple en accueillant les insectes pollinisateurs et se croqueront même en soupe ou en salade !

Julie Ho Hoa
julie.hohoa@centrefrance.com

https://www.lamontagne.fr/gueret/economie/agroalimentaire/2018/05/14/les-abeilles-meurent-par-millions-en-creuse-comme-ailleurs_12841056.html

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Bon, il fait quoi Moreau, parce que là, on ne va pas passer des mois, voire des années à attendre que les technocrates de l'UE prennent une décision, qu'ils ne prendront pas d'ailleurs puisque l'UE est au service des lobbys !
Et est-ce que l'empoisonnement massif est la seule cause ?
Car la Creuse et la Haute-Vienne ne sont pas des départements particulièrement touchés par une agriculture intensive et utilisatrice de ces produits chimiques !
Mais a t-on vraiment envie de savoir pourquoi les abeilles disparaissent ?   S.R.

Voir aussi notre publication: L'hécatombe des oiseaux de nos campagnes s'accélère en Limousin (http://www.frexit-limousin.fr/archives/2018/04/25/36346452.html)

samedi 19 mai 2018

Biohacking : Trois vaches viennent de se faire poser un implant d’un nouveau type, et bientôt, ce sera vous ?

Livestock Labs, une start-up américaine, teste actuellement sur 3 vaches d’une ferme de l’Utah un dispositif sous-cutané qui permet de surveiller l’état de santé et l’activité des animaux. Ses créateurs ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, et ils espèrent que les prochains êtres qu’ils pourront “pucer” seront humains.

ACT PUCE MAIN

EmbediVet se compose d’une puce recouverte d’une résine transparente qui est installée dans le maxillaire inférieur de l’animal. Elle contient des trackers qui utilisent le Bluetooth pour transmettre des informations sur la fréquence de mastication des ruminants, leur température et leurs déplacements autour de la ferme. Le dispositif est alimenté par une pile bouton dont la durée de vie est estimée à trois ans.

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MediVet tracker de Livestock Labs. La partie arrondie est un peu plus grande que le quart

 

 

Des données pour alimenter une intelligence artificielle

Les 3 vaches pionnières de cette technologie fournissent à leur insu des données qui contribueront à créer une intelligence artificielle qui aidera les éleveurs à détecter rapidement et facilement les animaux malades, ou présentant un comportement déviant au sein de très vastes cheptels.  Les capteurs RFID embarqués et autres trackers sont utilisés depuis longtemps dans le bétail, mais généralement, ils ne visent qu’à permettre d’identifier chaque animal.

ImplediVet est implanté au moyen d’une intervention chirurgicale sous anesthésie locale, et Livestock Labs promet que le dispositif est mieux toléré par son  porteur qu’un dispositif “wearable”, tout en étant potentiellement plus puissant pour recueillir des données utiles au fil du temps. La puce doit respecter plusieurs contraintes. Elle doit impérativement rester en place, surtout lorsque les porteurs sont destinés à la consommation humaine, et en dépit du fait que ceux-ci peuvent avoir tendance à se gratter. Hors de question que la vache se retrouve au centre d’un hamburger commandé dans un fastfood…

La question du coût est également sensible dans les secteurs de la production laitière et bovine, où les marges sont faibles.

D’autres cobayes à terme : les humains

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Mais les créateurs de ce système de suivi sous-cutané ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, et ils espèrent que les prochains êtres qu’ils pourront “pucer” seront humains.

Pendant des années, au sein de leur ancienne société, Grindhouse, le CEO (PDG) Tim Cannon et son équipe ont expérimenté plusieurs capteurs, y compris un appareil appelé Circadia, destiné à détecter certaines maladies. Mais ce projet s’est heurté à un obstacle majeur : la réticence généralisée à l’égard des implants corporels non nécessaires sur le plan médical. En conséquence, ce n’était pas rentable. Mais Cannon est certain que ces réserves seront progressivement levées et, qu’un jour, il pourra proposer des capteurs pour les humains.

Les Suédois à l’avant-garde

SUEDE PUCE CANAL

Et ce jour n’est peut-être pas si lointain. Sur les trois dernières années, près de 3 000 Suédois se sont fait implanter une puce de la taille d’un grain de riz sur le dos de la main pour remplacer les cartes d’identification, leurs clés ou les billets de train conventionnels.

Il y a 4 ans, la firme suédoise de biologie participative (ou “biohacking”) Bionyfiken a commencé à organiser des “implant parties” dans plusieurs pays (USA, Royaume-Uni, Allemagne, France, et Mexique), des événements au cours desquels les participants se faisaient “pucer” en masse. Mais les Suédois, très à l’aise avec les technologies numériques, semblent être les citoyens du monde les plus ouverts à ces techniques.

« La prochaine grande plateforme »

Le fondateur de Bionyfiken est d’ailleurs convaincu qu’elles sont l’avenir, et même, la “nouvelle grande plateforme”, comme il l’avait confié à Business Insider en 2015 : « Le corps humain est la nouvelle grande plateforme. Le corps connecté est déjà un phénomène. (…) Qui veut transporter un smartphone encombrant ou une montre intelligente alors qu’il est possible de les avoir dans son ongle ? Je pense que c’est la direction que nous sommes en train de prendre. »

 

Microchip implant - Main - Hand

 


 

Source :

https://www.embedivet.com/

http://uk.businessinsider.com/heres-why-body-hacking-is-taking-off-2015-7

http://hplusmagazine.com/2013/10/21/grinder-update-tim-cannon-implants-circadia-1-0/

https://www.technologyreview.com/s/611144/cyborg-cows-are-coming-to-a-farm-near-you/

http://www.businessinsider.fr/us/swedish-people-embed-microchips-under-skin-to-replace-id-cards-2018-5

https://fr.express.live/2017/04/05/societes-commencent-a-implanter-puces-electroniques-a-leurs-employes/

https://fr.express.live/2018/05/17/trois-vaches-viennent-de-se-faire-poser-un-implant-dun-nouveau-type-et-bientot-ce-sera

http://www.wikistrike.com/2018/05/trois-vaches-viennent-de-se-faire-poser-un-implant-d-un-nouveau-type-et-bientot-ce-sera-vous.html

https://aphadolie.com/2018/05/18/biohacking-trois-vaches-viennent-de-se-faire-poser-un-implant-dun-nouveau-type-et-bientot-ce-sera-vous/

dimanche 6 mai 2018

« McDo dégraisse… pas ses Big Mac mais son personnel ! »

TRIBUNE LIBRE / par

TL MACDO DEGRAISSE

La preuve par MacDo! Comme vous le savez, je suis passionné par les mutations massives qui touchent le marché de l’emploi car cela concerne évidemment la vraie vie des vrais gens. Vous, moi, nous serons tous touchés par les immenses bouleversements qu’annonce la « robolution », la révolution robotique.

Il est de bon ton de passer à l’antenne et, comme je le dis souvent, de citer l’histoire éclusée et usée jusqu’à la corde des canuts qui ne veulent pas disparaître et de dire que l’automatisation ne fait pas perdre de travail et que c’est d’ailleurs dans les pays où il y a le plus de robots qu’il y a le moins de chômeurs.

Fin du débat.

Les canuts et la queue qui remue le chien!

Sauf que la réalité, ce n’est pas que plus il y a de robots moins il y a de chômeurs. La vérité c’est que les pays dans lesquels il y a le plus de robots sont par nature les pays les plus industriels, comme l’Allemagne ou la Corée du Sud, ou bien encore le Japon, et que dans ces pays industrieux, il y a effectivement moins de chômeurs parce qu’à la base, il y avait une industrie plus forte.

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Il convient de rajouter aussi que dans ces pays autrefois en plein emploi, nous avons assisté ces dernières années à l’apparition du chômage ou d’une classe très pauvre de travailleurs, voire les deux, comme en Allemagne et, dans une moindre mesure, au Japon.

Dire que plus il y a de robots, moins il y a de chômage est aussi crétin que de dire que c’est la queue qui remue le chien…

L’automatisation en marche chez McDo

La réalité de l’emploi est donc toute autre.
Très différente.
Effrayante.

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Prenons par exemple le cas emblématique d’une entreprise mondialement connue et reconnue à travers le monde.

Une entreprise qui a besoin de beaucoup de main-d’œuvre, qui recrute tout le temps car ayant beaucoup de « turn-over », c’est-à-dire des taux de « rotation » importants de ses effectifs. En clair, beaucoup partent volontairement (ou non) chaque année.

Normal, c’est un métier difficile, un métier également temporaire. Celui d’équipier. Équipier Mc Do !

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Un boulot de jeunes, d’étudiants, un boulot pour se mettre le pied à l’étrier ou remplir la gamelle. Mais un métier quand même, et au-delà d’un métier, une véritable école. Celle du travail dur et harassant. L’école de la rigueur et de l’obéissance, l’école où l’on apprend à appliquer les règles, mêmes celles qui consistent à brosser les joints des carrelages une fois l’an à la brosse à dents pour que le restaurant soit rutilant. Ceux qui ont travaillé chez McDo sauront de quoi je parle.

Si vous voulez recruter un « jeune » qui sait bosser, un jeune courageux, prenez celui qui sort de deux ou trois ans chez McDo, vous ne vous tromperez sans doute pas !

Chaque année, McDo forme des milliers de jeunes. C’est moins le cas et cela le sera de moins en moins, comme en témoigne ce graphique effarant sur l’emploi chez McDo par rapport au nombre de restaurants !

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McDo : graphique de l’automatisation de l’emploi

Comme vous pouvez le voir, en 2013, les 35 429 restaurants avaient besoin de 440 000 collaborateurs pour tourner.

En 2017, avec 37 241 restaurants, soit nettement plus, McDo n’a plus besoin que de 235 000 personnes.

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Comme le taux de rotation des effectifs est très important, il n’a pas été nécessaire de faire de plans de licenciement, cela ne s’est donc pas vu ni étalé à la une des journaux.

Pourtant, le phénomène est là.

En 5 ans, McDo aura divisé par 2 ses effectifs.

Remarquable non ?

Les profits suivent évidemment la courbe inverse.

Plus encore, comme client, c’est vous qui maintenant passez commande aux bornes automatiques, en trouvant cela « vachement bien », parce que « c’est nettement plus pratique ».

Le résultat ? 200 000 postes en moins.

Vous ne faites donc pas face à la disparition du travail du jour au lendemain, mais à sa raréfaction.

À cela, vous devez vous préparer, vous-même comme vos proches, et en particulier vos enfants. Si vous êtes retraité, et que vous pensez que vous n’êtes plus concerné, vous vous trompez, hélas.

Tout le financement des retraites repose sur la capacité des actifs à payer des cotisations sur des salaires versés qui servent à payer les pensions de nos anciens.

Point de salariés, point de salaire. Point de salaire, point de cotisation. Point de retraite !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/mcdo-degraisse-pas-ses-big-mac-mais-son-personnel/

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vendredi 20 avril 2018

Bruxelles veut généraliser les cartes d'identité biométriques

"le projet n'est pas de créer une carte d'identité européenne mais d'imposer un standard sécuritaire minimal." qu'ils disent !!!
Ne serait-ce pas plutôt l
a dictature qui voudrait bien se mettre en place ?

Et comment l'absence
de flicage peut- il constituer une brèche à nos frontières puisque, dans l'UE, il y a libre circulation des personnes, et que les clandestins qui arrivent sur le sol européen ne présentent pas de cartes d'identité et encore moins de cartes d'identité avec puce intégrée ?

La surveillance généralisée des Ueuropéens est en En Marche !
Une seule solution s'impose donc au peuple Français s'il veut rester libre : le frexit!    S.R.


La Commission européenne juge la mesure essentielle à la sécurité et aux contrôles des frontières. Elle veut que toutes les cartes soient équipées d'une puce d'ici à cinq ans.

ACT CI UE

On la retrouve dans le portefeuille d'une majorité d'Européens. Mais elle constitue aussi une vraie brèche à leurs frontières et pour leur sécurité intérieure, a alerté mardi la Commission européenne : la carte d'identité est le document le plus fréquemment falsifié pour entrer illégalement dans l'UE et y circuler. Et certains modèles, en particulier ceux encore en papier, sont à la fois faciles à copier et difficiles à contrôler.

Empreintes digitales

L'exécutif européen a présenté en réponse un projet ambitieux visant à moderniser les cartes d'identité sur le continent. Il s'inspire des efforts d'harmonisation déjà effectués sur les passeports avec l'ambition d'atteindre le même niveau de sécurité, via la biométrie. Les futures cartes devraient ainsi intégrer les empreintes de deux doigts et une photo digitale, et stocker sur une puce les informations liées.

Pas de carte européenne

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Le design et la production des cartes resteront du seul ressort des Etats membres : le projet n'est pas de créer une carte d'identité européenne mais d'imposer un standard sécuritaire minimal. La Commission assure que l'accès aux données sera strictement encadré et souligne qu'une telle modernisation doit aussi favoriser l'essor de l'administration électronique et fluidifier les contrôles et la circulation, dans et vers l'Europe, pour les citoyens lambda.

Deux ans pour en finir avec le papier

Le rythme de modernisation proposé au Conseil et au Parlement, qui devront étudier la proposition ces prochains mois, est rapide : Bruxelles veut en priorité que les quelque 80 millions de cartes encore en papier dans l'UE, non contrôlables électroniquement, soient remplacées dans les deux ans. On en retrouve notamment beaucoup en Grèce, en Italie et en France.

Les autres cartes auraient cinq ans pour être au standard minimum requis. « Pour une union de la sécurité efficace, aucun terroriste ou criminel ne devrait être en mesure de se cacher derrière des faux papiers d'identité. Il faut des standards minimaux de sécurisation », a insisté le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos. La réforme viserait les cartes d'identité des plus de douze ans mais aussi les titres de séjour des membres de la famille ressortissants de pays tiers. Les pays ne délivrant pas de carte d'identité n'auront pas l'obligation d'en créer.

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301577526022-ca-se-passe-en-europe-bruxelles-veut-generaliser-les-cartes-didentite-biometriques-2170042.php

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jeudi 19 avril 2018

Déclaration de vos revenus sur impots.gouv : comment Bercy offre vos données personnelles… à Google

Pour pouvoir accéder au site de la déclaration de revenus en ligne, impots.gouv, le ministère de l'Economie et des Finances a installé une vidéo YouTube dont le visionnage est obligatoire et qui permet à Google de récupérer nombre de vos données sur Internet.

ACT GOOGLE IMPOTS

Nul besoin de Facebook pour que l'on vous subtilise vos données personnelles. Il suffit de vouloir faire… votre déclaration de revenus sur Internet. La semaine dernière, la direction générale des finances publiques (DGFiP) a ouvert son site dédié, impots.gouv, avec la ferme intention cette année de communiquer sur le prélèvement à la source qui doit s'appliquer en 2019. Et pas moyen d'y couper : dans un effort de pédagogie, la DGiFP vous impose 60 secondes d'explications en vidéo qui vous détaillent la réforme à venir. Mais il y a un problème, relevé ce lundi 16 avril par le site spécialisé Next INpact : l'hébergeur de cette vidéo est la plateforme YouTube, filiale du géant californien Google.

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En moins d'une semaine, la vidéo a déjà été visionnée plus de 4,3 millions de fois. Ce sont donc potentiellement les données personnelles d'autant de Français qui ont été aspirées par Google. Car, comme pour chaque vidéo diffusée sur YouTube, le moteur de recherche aspire les informations des internautes à travers des mouchards publicitaires. A première vue, il ne s'agit que d'un procédé somme toute très commun de récolte de données sur le Web, comme il y en a des milliers tous les jours. Mais ici, nous ne parlons pas d'un clip de Beyoncé, ni de la dernière vidéo du youtubeur Squeezie… Non, c 'est le gouvernement qui abdique devant les Gafa ! Et ce, en plein débat public sur le sujet à la suite du scandale Facebook.

La DGFiP se défend pourtant de toute légèreté. Bercy a réagi à l'affaire en fin d'après-midi ce mardi, revendiquant l'utilisation de plateformes "sans risques" : "Nous tenons à rappeler l'extrême vigilance de l'administration fiscale en la matière et rassurer chacun : il n'y a aucun risque de confidentialité sur les données fiscales des usagers dans l'utilisation qui est faite de ces plateformes sociales".

Quand un internaute se connecte sur le site des impôts et visionne la vidéo, Google récupère ainsi son adresse IP (son identité sur le web, en quelque sorte) mais peut aussi retracer sa navigation. Le moteur de recherche sait donc pertinemment ce que vous avez pu faire avant votre déclaration de revenus. Comme le remarque avec humour Le Point, si vous recherchez "optimisation fiscale" ou "ouvrir un compte en Suisse", Google le sait. Et si, en plus, vous êtes un utilisateur de la messagerie du moteur de recherche, la firme peut lier cette historique avec votre agenda, vos mails, votre localisation… Alors, si quelqu'un venait à mettre la main sur ces données, il pourrait facilement connaître assez précisément votre situation fiscale, déclarée ou pas.

"Nous n'irons jamais lire vos informations fiscales", assure Google

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A la suite de la publication de cet article, Google France a contacté Marianne pour nier tout siphonnage des données personnelles des utilisateurs "après simple visionnage d'une vidéo sur YouTube" : "Il n'y a pas de mouchard publicitaire ni de cookie, la plateforme récolte les données des utilisateurs liées à leur comportement sur la plateforme". Et l'entreprise d'assurer : "Nous n'irons absolument jamais lire vos informations fiscales, encore moins votre déclaration de revenus. Ce n'est pas possible".

La DGiFP aurait facilement pu limiter les risques, en activant tout simplement le mode "Confidentialité avancée" de YouTube, qui permet d'éviter plusieurs mouchards. Si Bercy était encore plus prudent quant aux données personnelles des ses contribuables, il aurait surtout pu faire le choix d'une autre plateforme de vidéo en ligne, qui ne dépende pas de Google. Les alternatives sont plus discrètes mais elles existent : PeerTube, logiciel libre d'hébergement de vidéo décentralisé, ou encore un player du ministère...

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Interrogé par Le Point, le service de communication de Bercy avance l'argument de la facilité : "Il existe une chaîne DGFiP depuis longtemps sur YouTube, qui héberge du contenu accessible gratuitement. Il s'agit de la plateforme la plus répandue et elle est capable de supporter un très grand nombre de connexions simultanées", explique-t-on, avant de cependant ajouter que les services de Bercy sont "en train d'étudier la faisabilité d'un hébergement sur d'autres plateformes, peut-être sur Dailymotion". Une plateforme française, pour le ministère chargé du Made in France, il fallait y penser ! Pas sûr toutefois que celui-ci soit un parfait coffre-fort pour vos données. En octobre 2016, la plateforme avait subi un piratage d'ampleur : 85 millions d'adresses et d'identifiants auraient potentiellement été récupérés par les pirates. Le problème de sécurité serait depuis, toutefois, réglé. Quoi qu'il en soit, Dailymotion a au moins une vertu : contrairement à Google, il n'est pas assigné en justice… par Bercy, pour pratiques commerciales abusives.


*article modifié à 18h30 avec l'ajout des réactions de Google et de la DGiFP

Comment éviter que vos données ne soient aspirées sur impots.gouv

Si vous voulez éviter que Google aspire vos données, vous pouvez déjà suivre les recommandations générales de la CNIL en vidant régulièrement votre historique : de cette manière, il sera beaucoup plus difficile de vous suivre à la trace. Mais pour le cas qui nous intéresse ici, vous serez alors obligé de visionner indéfiniment la vidéo sur le prélèvement à la source à chaque fois que vous vous connecterez sur le site du ministère. Comment faire pour éviter cette fenêtre pop-up ? Simplement, en zappant la page d'accueil du site : pour accéder à votre espace particulier de déclaration de vos revenus, c'est par ici. Pour les professionnels, c'est .

Si vous tenez absolument à voir la page d'accueil du site et les informations qu'elle contient, le site spécialisé Numerama a la solution pour vous débarrasser du pop-up. Attention, cette étape est un peu technique : il faut que vous inscriviez un petit script dans la page du site des impôts. Si vous naviguez sur Chrome, faîtes un clic droit (n'importe où sur la page) pour "rentrer" dans son code. Il va alors s'afficher "Inspecter l'onglet console". Cliquez dessus. Si vous êtes sur Firefox, faites de même : d'abord clic droit, suivi de "Inspecter l'élément" et ensuite trouvez l'onglet Console. Il suffit alors de coller ce code : document.cookie = "videoPAS_session=nepasreafficher ; expires=JOUR MOIS ANNEE" ; qui vous permettra de ne plus voir la vidéo jusqu'au jour, mois et année de votre choix. Vous pouvez renseigner la date à votre guise dans le code fourni. Mais ça, c'est pour les avertis.

https://www.marianne.net/societe/impots-gouv-declaration-revenus-comment-bercy-offre-vos-donnees-personnelles-youtube-google?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
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