samedi 4 août 2018

Déplacement du site, transfert !

Le site Frexit-Limousin.fr déplace ses articles vers son blog de secours. Merci de vous rendre sur le lien ci- dessous (il suffit de cliquer) et ensuite de vous abonner si vous le souhaitez, ou de placer le nouveau site dans vos favoris:

COM DEPLACEMENT

https://frexitlimousin.wordpress.com/

Les raisons de ce transfert s'expliquent par les multiples défaillances et insuffisances du site actuel, mais aussi par l'attrait du nouveau support (hébergé par “wordpress”) plus riche en visibilité et fonctionnalités, et moins problématique pour les rédacteurs.

A l'expiration du nom de domaine actuel, celui- ci sera également transféré. permettant ainsi aux nouveaux visiteurs d'aller directement sur le nouveau support.

Merci pour votre compréhension.

P. Gombert, délégué régional UPR.

AFFICHE FLB FIN DE BLOG

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jeudi 2 août 2018

Droits d’auteur : l’étrange campagne « citoyenne » contre « l’impitoyable » article 13 qui fait enrager les lobbies

L’europarlement a voté jeudi 5 juillet sur un projet de directive réglementant « le droit d’auteur dans le marché unique numérique ». C’est peu dire que cette perspective a mobilisé les géants mondiaux de l’Internet qui redoutent d’être soumis à quelques contraintes.

TL RUPTURE CENSURE

La proposition émanant de la Commission européenne est pourtant fort prudente, et ne menace guère les Facebook et autres Google de la guillotine immédiate. Mais, pour les firmes, surtout américaines, c’est déjà trop.

Google n’a ainsi pas hésité à dépenser 31 millions d’euros pour des offensives de lobbying direct. A cela s’ajoutent les pressions de 24 groupes et faux-nez divers dont la firme de Montain View est partie prenante.

Contacté pour « sauver internet », un youtubeur démasque (entre autres) la campagne d’un lobby basé à Bruxelles

Un Youtubeur, Trouble Fait, vient ainsi de dévoiler une sympathique « sollicitation » dont il a récemment fait l’objet. Le 8 juin 2018, il est approché par un interlocuteur qui l’incite à rejoindre le projet « #SaveYourInternet » (« sauvez votre Internet »). La cause semble noble : défendre « un internet ouvert face à la censure ». Qui pourrait être contre ?

VID TF LOBBY DROIT AUTEUR

Mais Trouble Fait (1), en creusant un peu, découvre qu’un lobby basé à Bruxelles est à la manœuvre : le financement et l’organisation de la campagne sont en partie gérés par le groupe de pression « N-Square » à travers le projet « Copyright for Creativity – a Declaration for Europe ».

Voir la vidéo:

Vers un ContentID à l’échelle d’Internet ?

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=qOn1M3H0dCw

Ledit projet entend combattre en particulier l’article 13 (consultable ici à la page 31) du projet de directive européenne. Un combat qui semble rejoindre sur certains points la défense de la liberté revendiquée par les créateurs du Web. Trouble Fait note cependant que cette initiative est notamment subventionnée par la Computer and Communications Industry Association (CCIA, mais avec deux C, pas de panique, quoique…), le syndicat patronal représentant les intérêts des géants du net.

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Mais que prescrit au juste le malheureux article 13 ? Il prévoit que « les prestataires de services de la société de l’information » prennent des dispositions « appropriées » permettant de signaler eux-mêmes aux titulaires de droits (auteurs, sites, journaux…) que vous avez utilisé un de leurs contenus. Pas d’interdiction donc, mais juste des outils techniques permettant d’avertir les auteurs, et de stocker ces informations au cas où ceux-ci souhaiteraient faire valoir leurs droits. Du reste, YouTube a déjà mis en place un tel dispositif (baptisé « Content ID »).

Les géants du Net mobilisés pour  la défense des « citoyens européens »… Vraiment ?

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Bref, Bruxelles n’a pas prévu de livrer Mark Zuckerberg aux mains de sanguinaires révolutionnaires, ni même de contraindre Facebook à verser des droits d’auteur. Mais les obligations techniques prévues coûteraient un peu de sous aux géants du Net – un pognon de dingue, peut-être ? – dont on connaît la misère financière.

Il n’en a donc pas fallu plus pour que ces derniers partent à l’assaut des barricades, se revendiquant de la défense des « citoyens européens » et en n’hésitant pas à affirmer que « les créateurs à travers l’Europe se réunissent pour combattre l’Article 13 et les machines à censurer ».

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Autrement dit, ces multinationales ont réussi, avec le soutien de certains militants de la liberté totale du Net – qui revendiquent l’absence totale de contraintes et le dogme de la gratuité – à doubler la Commission européenne en matière d’ultralibéralisme.

Car, pour paraphraser Lacordaire, « entre Google et le créateur de contenu, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ». On pourrait préciser : la loi nationale, pas la réglementation européenne. La première est la seule légitime, la seconde ne vise jamais qu’à enfermer tous les pays dans des cadres uniformes.

(1) Contacté par Ruptures, le youtubeur Trouble Fait a souhaité préciser qu’au delà de la société de lobbying N-Square, des associations soucieuses de la défense des internautes ont également pris part à la lutte contre l’article 13 de la directive.

https://ruptures-presse.fr/actu/droits-d-auteur-etrange-campagne-citoyenne-contre-l-impitoyable-article-13-enrager-lobbies/

Voir aussi : Ruptures, le zapping n°3 : UE contre Démocratie… On a testé pour vous ! (VIDÉO)

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mardi 31 juillet 2018

Back in business?

COM BLOG

Les paramètres du site semblent avoir été rétablis. Jusqu'à quand? En attendant, l'expérience d'un nouvel hébergeur a porté ses fruits et nous gardons le site de secours en cas de difficulté. A vous de nous dire celui que vous préférez! Pour le moment, le nom de domaine est valable pour quelques mois, il semble raisonnable de rester sur le site actuel pour des raisons financières et de visibilité; la décision éventuelle d'un basculement définitif vers le nouveau site sera prise au moment du renouvellement.

Gardez le nouveau site dans vos favoris!

4 articles y figurent: https://frexitlimousin.wordpress.com/

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19 juillet 2018 La fin de l’ « État juif et démocratique » ?

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En Corrèze, des chiens protègent les brebis des attaques de prédateur

 

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L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » !

tl-macron-dujardin

Macron : une erreur de casting ?

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KOSOVO | Google, agent russe?

https://frexitlimousin.wordpress.com/

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vendredi 20 juillet 2018

Petite démonstration d’impuissance acquise (Vidéo)

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Voici la vidéo d’une expérience intéressante qui nous aide à mieux comprendre comment la résignation peut être inculquée à une population. On y voit une psychologue (Charisse Nixon) qui réussit à provoquer dans sa classe, à travers l’angoisse et la frustration, un état de résignation et d’impuissance, le tout en moins de 5 minutes.

Il ressort de ce type d’expérience que dans des conditions de frustration ou d’angoisse permanente, l’être humain tend à se résigner et à considérer comme insurmontables des difficultés même légères.

En pratique, la répétition de l’échec amène l’être humain à penser de manière pessimiste et à se croire incapable de résoudre un problème, du coup il abandonne et le résultat est un échec complet. 

Si l’on pense seulement un instant au bombardement médiatique auquel nous sommes soumis en permanence, il n’est pas difficile de comprendre de quelle manière ces études sont utilisées et qui les manie à son avantage… En soumettant une personne à un sentiment d’angoisse et de frustration constant, on peut l’induire à penser qu’il n’y a rien à faire, que rien ne peut changer sa propre condition, et l’amener ainsi à un état d’apathie où il supportera n’importe quel méfait. À l’inverse, comprendre comment ces mécanismes fonctionnent permet de savoir comment réagir de manière positive à l’adversité. Certains disaient par le passé que lire pendant 15 minutes un magazine de mode fait baisser le taux d’estime pour soi d’environ 30%, mais aujourd’hui, la guerre contre l’estime de soi s’étend sur tous les fronts : radios, télés, journaux, publicités partout dans les rues, sur Internet et sur les réseaux sociaux qui te suivent où que tu ailles.

Imaginez ce que peut provoquer de s’entendre dire tout au long de son existence que quelque chose ne va pas dans votre vie, que votre voiture est vieille, que votre garde-robe est démodée, que vos dents ne scintillent pas, que vous avez de la cellulite, etc.

Autrement dit, à travers la frustration, l’estime de soi plonge sous le niveau zéro et la voie est alors ouverte pour faire accepter avec résignation et apathie n’importe quelle solution qui en général, sera proposée par ceux-là mêmes qui sont à l’origine du problème. [La suite en italien ici]

 

Femme - Désespoir

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Impuissance_apprise

https://www.researchpress.com/authors/1105/dr-charisse-l-nixon

https://fr.sott.net/article/25126-Petite-demonstration-d-impuissance-acquise

https://nospensees.fr/le-bonnet-dane-ou-comment-fonctionne-limpuissance-apprise/

http://sydologie.com/2015/11/comment-ruiner-la-confiance-dun-apprenant-en-5-minutes/

https://byologik.wordpress.com/2013/05/24/perche-la-gente-non-reagisce-davanti-alle-ingiustizie/

https://aphadolie.com/2018/07/19/petite-demonstration-dimpuissance-acquise-video/

La vidéo:

Comment induire "l'impuissance apprise"

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=j9I95BJsINc

BASE 14 995X225Des méthodes qui fonctionnent pour dévaloriser des individus, mais aussi des peuples.

Pour le peuple français, ça donne "la France est trop petite", "on n'est plus en 1945", "le monde bouge", "le nationalisme, c'est la guerre" etc etc.   P.G.

affiche france en marche

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mercredi 4 juillet 2018

Après Parcoursup, le projet de réforme de la licence fait craindre une université à deux vitesses

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La mise en oeuvre du programme de l'ERT (European Round table)* en matière d'éducation se poursuit et s'accélère inéluctablement. L'article de Marianne ci- dessous fait la part belle aux critiques de certains syndicats "de gauche" qui se gardent bien d'expliquer les causes des conséquences qu'ils déplorent à juste titre, c'est pourquoi j'ai complété l'article par d'autes explications.   P.G.

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Après les modalités d'entrée à l'université, le gouvernement s'attaque à la licence. Selon un projet d'arrêté, chaque établissement va pouvoir personnaliser le contenu, la durée du cursus et les règles d'évaluation à appliquer aux étudiants. Certains syndicats craignent de voir s'installer une concurrence entre établissements.

Le chantier de l'enseignement supérieur se poursuit. Après la loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants (ORE), réformant les modalités d'entrée à l'université avec notamment la mise en place de la plateforme Parcoursup, c'est au tour de la licence d'être bousculée. Ce diplôme universitaire, jusqu'ici délivré en trois ans, pourrait bientôt prendre la forme… que voudra bien lui donner chaque établissement.

Un projet d'arrêté du gouvernement, que Marianne a pu consulter et qui sera examiné par le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) le 9 juillet, prévoit en effet de laisser aux universités plus de liberté pour déterminer le contenu et la durée des licences qu'elles proposeront aux étudiants. Selon les plans du gouvernement, cette réforme doit être mise en œuvre "au plus tard le 1er septembre 2019". Pour plusieurs syndicats, celle instaure "une autonomie à outrance" qui pourrait créer un "enseignement supérieur à deux vitesses".

Des licences en deux, trois ou quatre ans

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Dans ce projet d'arrêté "relatif au diplôme national de licence", le gouvernement prétend garantir "la valeur nationale des diplômes" en proposant la mise en place d'un "contrat de réussite pédagogique" qui doit permettre une "personnalisation" des parcours "en tenant compte de la diversité et des spécificités des publics étudiants accueillis". Concrètement, il laisse énormément de latitude aux universités. Celles-ci pourront ainsi proposer des parcours "différenciés" en deux, trois ou quatre ans, selon le profil de ses étudiants. Et les "blocs de connaissances et de compétences" seront définis par les différents départements de chaque établissement.

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Si le nombre obligatoire d'heures "d'enseignement et d'encadrement pédagogique" ne change pas sur le papier (1.500 heures sur toute la formation, selon les normes européennes), elles ne devront plus uniquement comprendre des séances "face à un enseignant", comme c'est le cas aujourd'hui. Désormais, les universités pourront aussi proposer dans ce cadre des "enseignements à distance mobilisant les outils numériques". Faisant craindre à certains syndicats une baisse du nombre de professeurs à moyen terme, ainsi que la création de licences aux heures de classe limitées dans les universités à faibles moyens.

Enfin, les "modalités de l'évaluation" seront également fixées par les établissements. Fini, l'incontournable loi des partiels, les universités seront libres de proposer à leurs étudiants différentes possibilités d'obtenir leur licence : système de contrôle continu, examens, rendu de travaux, de projets… Les choix des universités devront néanmoins être validés par les commissions de la formation et de la vie universitaire (CFVU).

Seule nouvelle règle qui devrait s'appliquer à tous : en cas d'échec, il ne faudra plus compter sur le principe national de compensation des notes (qui permettait de rattraper un 9/20 dans une matière par un 11/20 dans une autre, par exemple). Il faudra désormais par une "seconde chance" pour valider une unité d'enseignement. En clair, un examen de rattrapage.

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Du côté des organisations représentatives, deux camps s'opposent. Il y a d'un côté les satisfaits : la Fage, premier syndicat étudiant, ou la CPU (Conférence des présidents d'université), qui n'y voient qu'une suite logique à l'autonomie des universités mise en place en 2007. Parmi les mécontents, on trouve la Snesup-FSU, un des principaux syndicats d'enseignants du supérieur, ou l'Unef, deuxième syndicat étudiant. Pour ces derniers, l'arrêté marque une "déréglementation totale des cadrages nationaux des diplômes". "On se dirige de plus en plus vers des diplômes d'établissements qui n'auront plus grand chose à voir les uns avec les autres. Avec des maquettes, un encadrement et un nombre d'heure différents… L'université va-t-elle encore servir ses missions de service public ?", s'interroge auprès de Marianne Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup-FSU.

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Lilâ Le Bas, présidente de l'Unef, craint que l'université devienne une entreprise comme une autre, qui façonnera et vendra ses diplômes comme des produits. "Cette réforme va créer une concurrence entre les universités, entre les diplômes. Une licence de droit à tel endroit n'aura pas la même valeur qu'une autre selon l'université qui la proposera. Ça ne sera pas les mêmes enseignements, ni la même façon d'obtenir son diplôme", analyse-t-elle pour Marianne.

Selon ces sceptiques, l'offre sera si variée entre les différentes facultés de France que les lycéens pourraient encore plus s'y perdre au moment de faire leur choix d'orientation. Et les premières victimes du système seraient à nouveau ceux issus des milieux populaires. "A vouloir tout faire à la carte, ça ne peut que profiter aux initiés, observe Hervé Christofol. Il y aura ceux qui sauront quelle licence intégrer pour ne pas se barrer la route vers tel master, et les autres qui hériteront d'une place dans une autre licence, qui aura certes le même nom mais qui proposera un enseignement déficient…".

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"C'est la même logique qui a mené le gouvernement à mettre en place Parcoursup, reprend la présidente de l'Unef. Pour promouvoir la plateforme, ils ont mis en avant une volonté de mieux orienter, de faire réussir… pour au bout du compte sélectionner ceux qui ont le droit de faire des études. Là, on supprime tout cadrage, toute lisibilité de l'offre de formation, pour permettre aux étudiants qui auront les moyens de la décrypter d'intégrer les 'bonnes' licences", déplore-t-elle.

Une "vision élitiste" que certains, dont le Sgen-CFDT, ont d'ailleurs cru voir assumée au grand jour par le gouvernement, dans l'article 22 de son arrêté. Celui-ci indique que tous "les établissements publics" seront "habilités à délivrer les diplômes nationaux de licence". Ce que le syndicat a lu comme une annonce… "Il s'agit d'une incompréhension, nous assure le ministère de l'Enseignement supérieur. Le texte sera amendé, une école ne délivrera pas de diplôme de licence". Maladresse ou acte manqué ?

https://www.marianne.net/societe/apres-parcoursup-le-projet-de-reforme-de-la-licence-va-t-il-creer-une-universite-deux?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==


 

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*La Table ronde des Industriels européens (European Round Table, ERT) est un groupe de lobbying créé en 1983 par Pehr G. Gyllenhammar (président de Volvo), Wisse Dekker (président de Philips) et Umberto Agnelli (président de Fiat)1. L'ERT, qui rassemble les 49 plus grandes entreprises européennes, situées dans 18 pays de l'UE, est le principal commanditaire et auteur du traité constitutif de l'Union européenne.

L'ERT s'est donné pour objectif de « stimuler la compétitivité mondiale de l'industrie européenne », notamment en prônant la baisse du salaire minimum, la réduction des dépenses de sécurité sociale et la privatisation de services publics.

Pour réaliser sa mission l'ERT mène un intense lobbying auprès des institutions européennes (Commission européenne, Conseil des ministres, Parlement européen, ...). Dès la création de l'ERT, le vicomte belge Etienne Davignon - alors Commissaire européen à l'Industrie et au Marché Unique - se proposa pour les y aider.

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L'ERT est inscrite depuis 2012 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Elle déclare en 2014 pour cette activité trois collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 800 000 et 900 000 euros.

L’ERT a nettement influé sur le texte de l’Acte unique européen de 1986 et sur le texte du Traité de Maastricht de 19924, traité fondateur de l'Union européenne. Ces faits illustrent de façon flagrante que, par rapport à la masse des citoyens, les lobbies industriels (dont les moyens financiers sont incomparablement plus élevés que ceux des ONG supposées représenter les citoyens) bénéficient d'une relation privilégiée auprès des pouvoirs législatif et exécutif de l'UE.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Table_ronde_des_industriels_europ%C3%A9ens


 

Bilderberg & Co : le lobbying de l’European Round Table à Bruxelles

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Pour rendre plus concrète l’influence de certains lobbies sur nos vies quotidiennes et notre avenir, il semble important d’examiner des cas concrets. Au niveau européen, la Commission européenne a l’initiative des lois, c’est donc auprès d’elle que la plupart actions de lobbying sont menées, sans que cela ne choque personne, bien au contraire. L’ERT est donc l’un de ces groupes de pression, encore que le terme « pression » semble inapproprié tant les liens avec la Commission sont étroits. Mais la construction européenne elle-même a été influencée par ce groupe de lobbies, dans un sens uniquement libéral, et ce, malgré les résultats économiques peu concluants de ces politiques.

L’éducation vue par l’ERT et consorts

Qui a cru que l’éducation était le problème des États, des enseignants et spécialistes de l’éducation ? Désormais ce sont les lobbies et les concentrations de lobbies telles que l’OCDE ou la Commission européenne qui s’en chargent, mais pas pour garantir un enseignement digne de ce nom et donner une culture aux élèves, non, juste pour répondre aux « besoins » des entreprises. Et comme par hasard, le principal protagoniste de cette « modernisation de l’enseignement » est un des lobbies les plus liés au Bilderberg, c’est-à-dire l’European Round Table (ERT)[1].

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Tout commence en 1989[2], quand l’ERT rédige un rapport intitulé « Éducation et compétence en Europe »[3], expliquant que « L’éducation et la formation sont considérés comme des investissements stratégiques vitaux pour la réussite future de l’entreprise ». Voilà une affirmation qui oriente dans une nouvelle direction le débat sur l’enseignement. L’objectif, donc, est l’avenir des entreprises. Plus loin dans le rapport, on déplore le fait que celles-ci n’ont pas assez d’influence sur les programmes et que les enseignants n’ont qu’une « compréhension insuffisante de l’environnement économique, des affaires et de la notion de profit ». Ce sont donc ces mêmes entreprises qui sont le plus à même d’éclairer les élèves sur cette « notion de profit », et non des enseignants pourtant formés à inculquer aux élèves une vision relativement globale du monde.

Enfin, l’idée d’un enseignement à distance est préconisée, reprise l’année suivante par la Commission européenne qui juge un tel enseignement plus « rentable ». À partir de là, toujours en suivant les préconisations faites par l’ERT dans ses « rapports », on équipe les établissements en ordinateurs, pas pour les former à l’informatique en elle-même, mais pour familiariser les élèves avec l’interface informatique. Conséquence non négligeable de cette introduction à grand frais de l’informatique à l’école, les élèves seront aptes à utiliser les nouveautés électroniques et informatiques lancées sur le marché.

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La même ERT revient à la charge dans un nouveau rapport en 1995, affirmant que « L’éducation doit être considérée comme un service rendu [...] au monde économique. », et que « Les gouvernements nationaux devraient envisager l’éducation comme un processus s’étendant du berceau au tombeau ». Vaste programme...

L’idée de « la formation tout au long de la vie » est immédiatement reprise par la Commissaire - socialiste - Édith Cresson en 1995[4], avec en prime une sorte de carte de compétences évaluées hors du contrôle de l’État, que chaque élève/futur salarié traînerait avec lui comme jadis le livret ouvrier. Bien évidemment, cette « formation » se fait via internet grâce à des logiciels spécialement conçus par des entreprises privées... De fait, on ne parle plus de savoirs mais de « compétences », quantifiables et immédiatement fonctionnelles quand l’élève/salarié arrive sur le marché (du travail)[5]. De même, la pédagogie est une notion à oublier, perçue comme inutile puisque le système éducatif sera uniquement destiné à effectuer un tri entre les futurs cadres, et la future main-d’œuvre.

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En 1998, l’OCDE considère[6] que les enseignants ne sont pas indispensables à « la formation tout au long de la vie », des « prestataires de services éducatifs » faisant l’affaire. La même année, la Commission, dans le rapport Reiffers, considère que « le temps de l’éducation hors école est venu et que la libération du processus éducatif rendue ainsi possible aboutira à un contrôle par des offreurs d’éducation plus innovants que les structures traditionnelles ». Plus loin dans le même rapport on peut lire : « Même à l’intérieur des établissements scolaires, l’individualisation plus marquée des modes d’apprentissage - qui sont flexibles et induits par la demande - peut être considérée comme supplantant les formules trop lourdes et dominées par l’offre. Elle annonce le déclin consécutif du rôle des enseignants, dont témoigne aussi le développement de nouvelles sources d’apprentissage, notamment par le biais des TIC (Technologies de l’information et de la communication, à savoir l’informatique) et de ressources humaines autres que le corps enseignant ». Cette analyse remet en cause l’école telle qu’on l’a toujours connue, avec un instituteur ou un professeur à qui on pouvait poser des questions, et qui suivait plus ou moins le parcours des élèves. Comment étudier les langues devant un ordinateur ? Comment apprendre la réflexion philosophique avec ses subtilités, face à un écran ? Comment récupérer à temps les élèves qui décrochent ?

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Ensuite, la notion de privatisation (on dit « autonomie » ou « partenariat public-privé ») s’installe avec ses corollaires : augmentation des frais de scolarité à la charge des étudiants, et retrait étatique dans la gestion du système scolaire. Tout est possible, puisque Maastricht a permis la libéralisation complète de la « prestation de services ». Mais il semble toutefois qu’avant même la signature de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS, qui prévoit la libéralisation complète des services), l’Europe - 1er exportateur de services à l’époque - ait poussé à la libéralisation de l’enseignement auprès du GATT (la première version de l’OMC), afin que ce secteur figure dans la liste des services visés par l’AGCS[7], la Commission s’engageant même à ne prendre aucune mesure qui puisse entraver l’arrivée de fournisseurs de services privés dans l’enseignement, du primaire au supérieur, tout en cherchant aussi à préserver le secteur public[8]...

Et de toute manière, la qualité de l’enseignement donné au commun des mortels importe peu, puisque les emplois qui seront crées seront en grande partie des emplois non qualifiés. Une étude prospective américaine a calculé que 60 à 65 % des futurs emplois ne nécessiteront aucune formation préalable, et sur les 30 emplois qui auront la plus grande croissance en volume d’ici à 2011, 19 ne nécessiteront aucune qualification, et 9 seulement requiéront un diplôme universitaire[9]. En France, le nombre d’emplois non qualifiés est reparti à la hausse depuis le milieu des années 90, d’où l’idée de Sarkozy de lancer l’apprentissage dès 12 ans pour ceux qui ne suivent pas bien dans le système scolaire...

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En 1998, l’OMC produit elle aussi un rapport, sur la libéralisation de l’enseignement, considérant comme une « barrière (...) l’existence de monopoles gouvernementaux et d’établissements largement subventionnés par l’État ». On commence même à avoir des facs IBM- Microsoft notamment en Belgique, ou en France des diplômes appelés « licences professionnelles » hyper spécialisés et dont les programmes, l’enseignement et le financement sont en partie assurés par les entreprises. Créées par Allègre lorsqu’il était à l’Éducation nationale et mises en place en septembre 2000 via un « partenariat » avec les entreprises, elles sont plus de 1 600 à l’heure actuelle avec un taux de réussite à plus de 80 % la première année, taux incroyablement élevé pour des études qualifiées de « supérieures ». En 2004, à Lille, il y en avait déjà 80 différentes, à Créteil, Metz, Lyon une soixantaine, et 34 000 élèves suivaient ces formations en 2004- 2005... À la rentrée 2006, il y avait 1 438 formations menant à 48 licences professionnelles, voilà pour l’ « harmonisation européenne », donc, même si au niveau national point d’harmonisation. Il n’y est bien sûr pas question de culture ou même d’un enseignement économique digne de ce nom. Où est la cohérence de diplômes aussi spécialisés alors que le discours ambiant est focalisé sur la « flexibilité » ?

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Il y a même en Angleterre un indice boursier de l’éducation (le « UK education and training index »), qui a augmenté de 240 % entre son lancement en 1996 et 2000, ce qui est bien supérieur aux indices évaluant les marchés traditionnels, preuve de l’importance des bénéfices potentiels dans le secteur.

En 2000, au sommet de Lisbonne[10] (qui fait de la compétitivité la priorité de l’Europe), l’objectif est clairement défini : « L’objectif central des systèmes éducatifs est d’aider l’Europe à devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive ». Cette notion de compétitivité a été si bien assimilée par certains que des PDG se retrouvent présidents d’université, à l’instar du PDG de Pétrofina, Patrick de Cornélis, membre de l’ERT et accessoirement président de la réputée université catholique de Louvain, en Belgique.

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Au final, ce processus est uniquement au service des entreprises qui pourront faire du chiffre dans l’éducation et formater les futurs consommateurs. À côté de cela, les inégalités vont se creuser davantage du fait des coûts de l’enseignement. L’éducation sera chère, et inabordable dans le supérieur pour une partie de la population. Pour les autres, il restera les licences professionnelles, et des cours formatés selon l’envie des entreprises. Si en plus de cela l’État n’investit plus du tout dans le système scolaire, les plus pauvres auront le choix entre se ruiner ou faire subir un enseignement minimaliste à leurs enfants, suivi essentiellement devant un ordinateur. Pour l’université, la recherche et les investissements privés seront bien évidemment orientés vers les filières jugées « rentables » à court et moyen terme, et il y a fort à parier que les thésards en sciences sociales et humaines auront beaucoup de mal à survivre (ce qui est déjà largement le cas)...
De plus, il faut rappeler que les besoins d’une entreprise à un moment donné ne sont pas les mêmes dix ans plus tard, et les formations risquent de devenir obsolètes. C’est déjà ce qui est arrivé en France avec certains BTS, lancés et promus en grande pompe pour fournir de la main-d’œuvre à peu près qualifiée à des entreprises qui, lorsque les étudiants ont terminé leur cursus en informatique, se sont retrouvées en pleine explosion de la bulle internet, les laissant sur le carreau.

Ainsi, l’école de demain formera des consommateurs prêts à utiliser les dernières trouvailles informatiques et électroniques, de futurs salariés ultra flexibles, mais certainement pas des citoyens conscients du monde qui les entoure.

(...)


[1] L’ERT représente 47 des plus importantes multinationales européennes. A sa création en 1983 par les PDG de Fiat, Volvo et Philips il n’y avait que 17 entreprises représentées. Une partie des membres de l’ERT est membre ou a été invitée par le Bilderberg, un lobbie chapeautant notamment la Trilatérale, qui a été fondée par deux de ses membres. Dans le sillage du Bilderberg, appliquant la même doctrine, on retrouve aussi le Council on Foreign Relations, qui travaille auprès du gouvernement américain, toujours avec la même orientation qui est d’établir un libéralisme sans entraves sur la planète, et de créer des institutions supranationales dans les domaines politique, économique et militaire.

[2] Cf. Gérard de Selys, « L’école, grand marché du XXIe siècle » in Le Monde Diplomatique, juin 1998.

[3] ERT, Education et compétence en Europe, Bruxelles, 1989, p. 27.

[4] Enseigner et apprendre ; vers la société cognitive. Livre blanc sur l’Education et la formation, Commission des Communautés européennes, Bruxelles, 29 novembre 95.

[5] Ce qu’a clairement dit Edith Cresson alors Commissaire européenne, citée par Benrard Berthelot de l’association Reconstruire l’école dans l’article « A propos de l’émission ‘Le cartable de Big Brother’ » : « Nous travaillons avec 40 branches professionnelles européennes : elles ont des besoins communs et nous essayons de les aider à mettre en place des systèmes d’accréditation des compétences communes [...]. Le test d’accréditation permettra de juger le candidat à un emploi, non sur les connaissances générales jugées par un diplôme, mais sur les compétences très pointues recherchées par les entreprises ».

[6] OCDE, 1998 « Analyse des politiques d’éducation ».

[7] Finalement l’AGCS prévoit la libéralisation de tous les services « à l’exception de ceux fournis dans l’exercice du pouvoir gouvernemental ».

[8] Cf. J. E. Charlier, S Croché « Le processus de Bologne, ses acteurs et leurs complices » in Education et société, décembre 2003.

[9] Cf. L’Ecole démocratique, n° 11, juillet- septembre 2002.

[10] Sommet de Lisbonne 2000.

(...)

https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/bilderberg-co-le-lobbying-de-l-29446

mardi 26 juin 2018

Voulez-vous être espionné par Google ou Amazon pour 140 euros ?

Attention, vous ne recevez pas 140 euros, vous payez 140 euros (prix moyen) pour être l’heureux propriétaire d’une enceinte connectée, celle de Google (Home) ou celle d’Amazon (Echo).

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Les méfaits des GAFAM sont innombrables : ils ne paient pas d’impôts en Europe ou très peu (tous), ils détruisent le commerce de proximité (tous, avec une mention spéciale pour Amazon), ils trustent la publicité (tous) sur internet et assèchent les revenus des médias, il font régner la censure comme Google qui vient de supprimer la chaine YouTube de TV Libertés (TVL) pour une peccadille. Enfin ils menacent les libertés numériques en général, c’est l’objet des plaintes de la Quadrature du Net. Et maintenant ils vous espionnent dans votre salon et votre chambre. À vos frais.

Des enceintes intelligentes

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Trois concurrents sur le marché pour le moment : Google, Amazon et Apple (avec son HomePod). Mettons ce dernier de côté car l’enceinte d’Apple ne transmet pas d’informations à son constructeur. Qu’allez vous faire avec les deux autres ? Leur poser des questions de manière vocale, c’est là le but, pouvoir faire autre chose et poser une question à votre enceinte qui vous répondra ou bien exécutera/transmettra un ordre.

Tout ceci via l’intelligence artificielle, reine des batailles des enceintes connectées. Vous faites la cuisine, les mains dans la farine, on sonne à la porte, vous dites « ouvre la porte » et la porte s’ouvre si elle est connectée. Vous caressez votre compagnon/compagne/neutre/LGTB (cette liste pour ne pas être accusé de « porter un discours extrémiste, discriminant ou de haine ») et votre chien aboie car il a faim. Vous prononcez « donne les croquettes au chien » et le robot connecté obéit à votre ordre donné à l’enceinte connectée. Merveilleux, n’est ce pas ?

Petite contrepartie

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Vous allez donc pouvoir demander à écouter l’andante du concerto 21 pour piano et orchestre de Mozart, vous aurez choisi la version historique Karajan/Lipatti de l’orchestre de Lucerne en 1950. Google ou Amazon le sauront. Vous allez pouvoir aussi demander une information sur un rassemblement politique de LR/PS/EnMarche/RN/FranceInsoumise (rayer les mentions inutiles), Google ou Amazon le sauront aussi. Ils vont ainsi amasser des quantités de données personnelles qu’ils pourront exploiter via la publicité ciblée que vous n’allez pas manquer de recevoir. Plus joli, aux États-Unis, l’enceinte d’Amazon a enregistré la conversation d’un couple et l’a envoyé par erreur à un tiers. Alors, toujours tenté par cet achat ?

https://www.ojim.fr/voulez-vous-etre-espionne-par-google-ou-amazon-pour-140-euros/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-06-25

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dimanche 10 juin 2018

La loi sur l’interdiction des téléphones portables à l’école et au collège adoptée

L’Assemblée nationale a adopté une loi qui interdit l’usage du téléphone portable à l’école et au collège. Pour l’opposition, ce texte ne sert à rien. Leur principal grief : l’interdiction existait déjà.

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C’est une loi qui ne change qu’une phrase dans le code de l’éducation, mais pourrait affecter en profondeur le quotidien des écoliers et des collégiens dès la rentrée 2019.

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 7 juin, une proposition de loi qui interdit par défaut l’usage des portables dans les écoles et les collèges. Le nouvel article 511-5 stipule que le smartphone devient appareil non-grata " à l’exception des lieux où, dans les conditions qu’il précise, le règlement intérieur l’autorise expressément" .

Cette réforme vise à traduire en texte une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Peu après son adoption, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a salué « une loi du XXIe siècle » qui envoie « un signal à la société française sur cet enjeu de société », en prévoyant une « interdiction effective » des portables.

De l’exception à la règle

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Cette nouvelle interdiction a pour but de lutter contre « les mauvais usages » des portables, tels que cyber-harcèlement, consultation de sites pornographiques, addiction aux écrans.

Mais les opposants ont dénoncé un texte qui ne servirait à rien. Ce serait une « tartufferie », a assuré le député Les Républicains Patrick Hetzel, ancien directeur de l’enseignement supérieur auprès de Valérie Pécresse, tandis que les communistes ont jugé le texte « absurde ».

Leur principal grief : l’interdiction existait déjà. En effet, l’ancienne mouture de l’article 511-5 permettait aux directeurs d’établissement de bannir les portables de l’enceinte de l’école.

Les défenseurs de la réforme assurent qu’il existe pourtant une différence notable : l’interdiction, qui était auparavant l’exception à la règle, devient la norme. « Certains essayent de nous dire que cette loi est inutile », a répliqué Jean-Michel Blanquer, mais « allez sur une plage où il est interdit de se baigner sauf quand c’est autorisé, ou une plage où il est autorisé de se baigner sauf quand c’est interdit. Vous verrez que vous ne vous baignerez pas avec la même fréquence. », a-t-il affirmé.

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Mais cette réforme n’aborde pas le problème de la sanction. En effet, les directeurs de collège ont pris l’habitude de confisquer les téléphones portables. Pourtant, cette sanction « est illégale car elle ne fait pas partie des mesures prévues dans le code de l’Éducation. », assure au Parisien, Valérie Piau, avocate et spécialiste en droit de l’éducation. Une telle sanction peut, en effet, être considérée comme une atteinte au droit de propriété.

Source :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037032809&dateTexte=&categorieLien=id

http://www.france24.com/fr/20180607-loi-interdiction-portables-ecole-college-adoptee-assemblee-nationale-education-macron

https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/06/07/l-assemblee-vote-l-interdiction-du-telephone-portable-dans-les-ecoles-et-les-colleges_5311263_823448.html

https://aphadolie.com/2018/06/09/la-loi-sur-linterdiction-des-telephones-portables-a-lecole-et-au-college-adoptee-video/

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Toute loi qui diminue les prérogatives des chefs d'établissement me semble plutôt une bonne idée, dans la mesure où "l'autonomie des établissements" a été le vecteur essentiel des multiples dérégulations au sein de l'Education nationale, en mettant les écoles sous l'influence grandissante des féodalités locales de toutes sortes ( y compris économiques). On comprend que l'opposition libérale et/ou libertaire s'en offusque. Malheureusement, on est loin d'une reprise en main de la politique éducative par la Nation. Le ministre Blanquer a parfois de bons réflexes, mais il ne pourra pas aller bien loin face aux lobbies européens qui pilotent les réformes successives alors qu'il agit au sein d'un gouvernement euro- atlantiste. De plus, son invitation au sommet actuel de Bilderberg, au côtés de Cazeneuve, ne laisse rien présager de bon.    P.G.

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Vidéos: La fabrique du consentement

Source : Arte, Jimmy Leipold, 29-05-2018

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Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de “Propaganda”, un passionnant décryptage des méthodes de la “fabrique du consentement”.

Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de “fabrique du consentement” des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci.

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Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur. En 2001, le magazine Life classait Edward Bernays parmi les cent personnalités américaines les plus influentes du XXe siècle. Ce documentaire riche en archives retrace, à la lumière d’une analyse critique – dont celle du célèbre linguiste Noam Chomsky –, le parcours de celui qui, entre autres, fit fumer les femmes, inspira le régime nazi, accompagna le New Deal et fut l’artisan du renversement du gouvernement du Guatemala en 1954.

https://www.les-crises.fr/video-propaganda-la-fabrique-du-consentement-par-arte/

https://www.youtube.com/watch?v=FPbxJV4QKso

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Voir aussi:

Noam Chomsky La Fabrication du Consentement partie 1)

https://www.youtube.com/watch?v=waUIPMXuHV0

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Lucien Cerise : ingénierie sociale ; guerres programmées/guerres du futur

https://www.youtube.com/watch?v=2WfWURLQCxI

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vendredi 8 juin 2018

Facebook a (encore) partagé vos données

Apple, Samsung, BlackBerry et des dizaines d’autres fabricants de téléphones ou tablettes auraient accédé aux données personnelles des utilisateurs de Facebook.

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Le scandale «Cambridge Analytica» à peine retombé, Mark Zuckerberg est à nouveau dans la tourmente. Son réseau social aurait échangé les données de ses utilisateurs avec des dizaines de fabricants de téléphones et de tablettes.

Ces partenariats auraient été établis bien avant que les applications Facebook ne déferlent sur les téléphones portables. Le réseau social offrait aux constructeurs non seulement des données sur l’utilisateur, mais aussi leurs amis. Le problème, c’est que ces derniers croyaient parfois avoir interdit tout partage de leurs données.

Ashkan Soltani, chercheur et consultant en protection de la vie privée, explique au «New York Time», que «c’est comme si on fait installer des serrures, mais on se rend compte que, sans vous demander la permission, le serrurier a donné un double à tous ses amis pour qu’ils puissent venir fouiller dans vos affaires».

Les données valent de l’or

Parmi les données que récoltaient les fabricants de téléphone: situation matrimoniale, religion, tendance politique ou événements à venir. L’ampleur de ce partage de données n’avait jamais été révélée, selon le journal new-yorkais.

Xavier Studer, blogueur indépendant spécialiste des nouvelles technologies, s’étonne, «bien qu’on découvre régulièrement ce que Facebook fait de nos données, à chaque fois c’est pire. Et ce n’est pas rassurant».

Si la plupart des partenariats sont encore d’actualité, Facebook aurait commencé à les réduire en avril dernier. Ses déboires en matière de gestion des données personnelles ont largement été mis en lumière depuis le début de l’année. Zuckerberg avait dû s’expliquer devant le Sénat américain. Il avait expliqué que les accès comme ceux utilisés par Cambridge Analytica avaient été coupés en 2015.

Deux poids, deux mesures

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Mais pas pour tout le monde apparemment. Et rien n’avait été révélé sur cette utilisation par les fabricants. Le patron du réseau social avait ensuite dû affronter l’Europe. Dans des documents soumis mi-mai au législatif allemand qui enquêtait sur les pratiques du géant bleu, seul un partenariat avec le fabriquant BlackBerry est évoqué par le réseau social. Pourtant cela concernerait une soixantaine de marques.

Le réseau social se défend en affirmant que ces partenariats sont légaux et qu’il n’a pas violé l’accord passé entre lui et la Federal Trade Commission (ndlr: agence gouvernementale dont la mission principale est l’application du droit des consommateurs).

Face aux critiques, il explique que seule une partie de celles-ci sont fondées. Il assure que ces accords ont été passés il y a plus de 10 ans, dans un but d’intérêt commun, «quand les App Stores n’existaient pas». Il annonce que 22 partenariats déjà ont été annulés.

Une révolte des utilisateurs

Pour les États qui seraient tentés d’intervenir, preuve en est que Facebook ne dit pas tout. La plus grosse pression pourrait venir d’actions privées. Perdre définitivement tous ses utilisateurs parait la seule menace pour le géant américain.

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Car ce sont eux les principaux concernés dans ces scandales. On estime que la moitié des Suisses est sur Facebook. «L’utilisateur moyen ne veut pas que ces données se retrouvent partout», constate Xavier Studer. Et pourtant, on accepte souvent les conditions d’utilisation, et ce qu’elles entraînent sans les lire. «On ne peut pas avoir un avocat sous la main à chaque fois qu’on coche «oui»», souligne l’expert.

Jusqu’où Facebook ira avant d’atteindre un point de non-retour? «Les réseaux sociaux sont tellement indispensables qu’ils ont encore beaucoup de marge», observe Xavier Studer. (Le Matin)

https://www.lematin.ch/monde/Facebook-a-encore-partage-vos-donnees/story/17375204

Le travail de Salim Virani que nous vous invitons à parcourir est remarquable parce qu’il a pris la peine de réunir et classer le très grand nombre de « petites » atteintes de Facebook à notre vie privée. Ce n’est donc pas ici une révélation fracassante mais une patiente mise en série qui constitue une sorte de dossier accablant sur Facebook et ses pratiques avouées ou inavouables. Vous trouverez donc de nombreux liens dans l’article et au bas de l’article, qui sont autant de sources.

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Si comme nous le souhaitons, vous avez déjà renoncé à Facebook, il est temps d’en libérer vos proches : les références et les faits évoqués ici par Salim Virani seront pour vous un bon réservoir d’arguments.

Par quoi remplacer Facebook lorsqu’on va supprimer son compte ? Telle est la question qui reste le point bloquant pour un certain nombre de personnes.  Bien sûr il existe entre autres Diaspora et ses divers pods (dont Framasphère bien sûr), mais Salim Virani répond plutôt : par de vrais contacts sociaux ! Avons-nous vraiment besoin de Facebook pour savoir qui sont nos véritables amis et pouvoir échanger avec eux ?

N’hésitez pas à nous faire part de votre expérience de Facebook et de ses dangers, dont le moindre n’est pas l’addiction. Saurons-nous nous dé-facebook-iser ?

Source de l’article : Get your loved ones off Facebook

Traduction Framalang : Penguin, mo, egilli, audionuma, goofy, lamessen, roptat, xXx, serici, Mika, jums, ratator, dodosan, mathis, mika, Lumibd, jums, ratator, Diane

Dites à ceux que vous aimez de laisser tomber Facebook

par Salim Virani

J’ai écrit ce qui suit pour ma famille et mes proches, afin de leur expliquer pourquoi les dernières clauses de la politique de confidentialité de Facebook sont vraiment dangereuses. Cela pourra peut-être vous aider aussi. Une série de références externes, et des suggestions pour en sortir correctement, se trouvent au bas de cet article.

Mise à jour 2017 : beaucoup des inquiétudes que j’avais se sont avérées fondées. Facebook a persévéré dans sa logique de mépris envers ses utilisateurs. J’ai actualisé cet article en y ajoutant quelques liens et arguments supplémentaires.

« Ah au fait, j’avais envie de te demander pourquoi tu quittes Facebook », telle est la question embarrassée qu’on me pose du bout des lèvres très fréquemment ces temps-ci. Genre vous savez plus ou moins que Facebook c’est mal, mais vous n’avez pas trop envie de savoir jusqu’à quel point.

J’ai été un grand supporter de Facebook – un des premiers utilisateurs de mon entourage à défendre ce moyen génial de rester en contact, c’était en 2006. J’ai fait s’inscrire ma mère et mes frères, ainsi qu’environ vingt autres personnes. J’ai même enseigné le marketing de Facebook à l’un des plus prestigieux programmes technologiques du Royaume-Uni, la Digital Business Academy. Je suis un technico-commercial – donc je peux voir les implications – et jusqu’à maintenant elles ne m’avaient pas inquiété plus que ça. Je ne prenais pas au sérieux les personnes qui hésitaient en invoquant des questions de vie privée.

Juste pour vérifier…

Pendant les vacances 2014/2015, j’ai voulu passer quelques minutes à vérifier les prochains changements dans la politique de confidentialité, avec une attitude prudente en me demandant « et si… ? ». Certaines éventualités étaient inquiétantes, en particulier concernant nos informations financières et de localisation, sans oublier tout le reste. En fait, ce que je soupçonnais a déjà eu lieu il y a deux ans, depuis 2011 ! Ces quelques minutes se sont changées en quelques jours de lecture. J’ai ignoré beaucoup d’affirmations qui, selon moi, peuvent être expliquées comme des accidents (« techniquement plausibles » ou « techniquement fainéantes »).
Après tout, je suis moi-même le fondateur d’une start-up, et je sais à quel point les questions techniques peuvent être complexes. Par exemple, les droits d’accès excessifs demandés par l’application Facebook pour Android proviennent d’un problème technique étroitement lié à Android. Mais il restait encore beaucoup de préoccupations concernant la protection de la vie privée, et j’ai croisé ces faits avec des techniques que je sais être standards dans le marketing basé sur les données.
Avec ces derniers changements de confidentialité le 30 janvier 2015, j’ai peur.

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Facebook a toujours été légèrement pire que toutes les autres entreprises technologiques avec une gestion louche de la confidentialité ; mais maintenant, on est passé à un autre niveau. Quitter Facebook n’est plus simplement nécessaire pour vous protéger vous-même, c’est devenu aussi nécessaire pour protéger vos amis et votre famille. Cela pourrait être le point de non-retour – mais il n’est pas encore trop tard pour reprendre le contrôle.

Une petite liste de pratiques de Facebook

Il ne s’agit plus simplement des informations que Facebook dit qu’il va prendre et ce qu’il va en faire ; il s’agit de tout ce qu’il ne dit pas, et qu’il fait tout de même grâce aux failles qu’ils se sont créées dans les Conditions de Service, et la facilité avec laquelle ils reviennent sur leurs promesses. Nous n’avons même plus besoin de cliquer sur « J’accepte ». Ils modifient simplement la politique de confidentialité, et en restant sur Facebook, vous acceptez. Et hop !

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Aucune de vos données sur Facebook n’est sécurisée ni anonyme, quels que soient vos paramètres de confidentialité. Ces réglages sont juste des diversions. Il y a des violations de confidentialité très sérieuses, comme la vente de listes des produits que vous recommandez à des annonceurs et des politiciens, le pistage de tout ce que vous lisez sur Internet, ou l’utilisation des données de vos amis pour apprendre des informations privées sur vous – aucune de ces pratiques n’a de bouton « off ». Pire encore, Facebook agit ainsi sans vous le dire, et sans vous révéler les dommages que vous subissez, même si vous le demandez.

Facebook donne vos données à des « tiers » via les applications que vous utilisez, puis il affirme que c’est vous qui le faites, pas eux. À chaque fois que vous utilisez une application connectée à Facebook, vous autorisez Facebook à échapper à sa propre politique de confidentialité avec vous et vos amis. C’est comme quand mon frère me forçait à me frapper moi-même, puis me demandait « Pourquoi tu te frappes tout seul ? ». Et il allait dire à ma mère que ce n’était pas de sa faute.

En creusant un peu, j’ai découvert tout le pistage que fait Facebook – et je l’ai vérifié avec des articles de sources connues et réputées, ainsi qu’avec des études qui ont été examinées minutieusement. Les liens sont dans la section Source à la fin de ce post.

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Ça semble fou quand on met le tout bout à bout !

  • Facebook crée de fausses recommandations de produits venant de vous pour vos amis – et ils ne vous le disent jamais.
  • Quand vous voyez un bouton « J’aime » sur le web, Facebook est en train de repérer que vous êtes en train de lire cette page. Il parcourt les mots-clés de cette page et les associe avec vous. Il sait combien de temps vous passez sur les différents sites et les différents sujets.
  • Ils lisent vos messages privés et le contenu des liens que vous envoyez en privé.
  • Ils ont mis en place des fonctionnalités qui allument le micro de votre téléphone – vu leurs antécédents de changement de paramètres de confidentialité, une surveillance audio peut très probablement commencer sans que vous le sachiez.
    Ils peuvent utiliser la reconnaissance faciale pour pister vos déplacements avec des photos, même celles qui ne sont pas sur Facebook (les photos prises depuis les téléphones contiennent des informations sur la date, l’heure et la localisation GPS).
  • Ils repèrent votre localisation et l’utilisent pour trouver des informations sur vous, si par exemple vous êtes malade (si vous êtes chez un médecin ou un spécialiste), avec qui vous couchez (qui est à vos côtés pendant la nuit), où vous travaillez, si vous êtes en recherche d’emploi (un rendez-vous d’une heure dans les bureaux de la concurrence), etc.
  • Ils ont organisé des campagnes de quasi-dénonciation pour inciter par la ruse les amis des gens à révéler des informations sur eux, alors qu’ils avaient décidé de les garder secrètes.
  • Ils utilisent l’énorme quantité de données qu’ils ont sur vous (avec vos « J’aime », ce que vous lisez, ce que vous écrivez mais que vous ne publiez pas) pour créer des profils très précis de qui vous êtes – même si vous faites tout pour garder ces choses secrètes. Il y a des techniques statistiques, qui existent depuis des décennies en marketing, pour trouver des modèles comportementaux en corrélant les actions et les caractéristiques d’une personne. Même si vous n’avez jamais publié quoi que ce soit, ils peuvent facilement déduire vos âge, sexe, orientation sexuelle et opinions politiques. Quand vous publiez, ils en déduisent beaucoup plus. Puis ils le révèlent aux banques, aux compagnies d’assurances, aux gouvernements et, évidemment, aux annonceurs.

« Je n’ai rien à cacher »

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Pourtant, beaucoup de gens ne s’en inquiètent pas, estimant qu’ils n’ont rien à cacher. Pourquoi s’intéresseraient-ils à ma petite personne ? Pourquoi devrais-je m’inquiéter de cela alors que je ne fais rien de mal ?

L’histoire est désormais célèbre : une adolescente enceinte a vu sa grossesse révélée au grand jour par le magasin Target, après que ce dernier a analysé ses données d’achat (sacs à main plus grands, pilules contre le mal de tête, mouchoirs…) et a envoyé par erreur un message de félicitations à son père, qui n’était pas au courant. Oups !

Il arrive la même chose à vos données, qui sont révélées à n’importe quelle entreprise sans contrôle de votre part. Et cela se traduit par les différentes manières dont vos données peuvent révéler des choses vous concernant à des entités que vous ne souhaitez pas mettre au courant.

L’un des problèmes les plus évidents ici concerne les compagnies d’assurance. Les données qu’elles récoltent sur vous sont exploitées pour prédire votre futur. Aimeriez-vous qu’on vous refuse une assurance santé sous prétexte qu’un algorithme a prédit à tort que vous aviez commencé à consulter un cardiologue ?

Et si votre employeur ou futur employeur savait que vous êtes peut-être enceinte ?

Aimeriez-vous que votre patron soit au courant quand vous n’êtes pas réellement cloué au lit, ou quand vous cherchez un autre job ?

Aimeriez-vous que n’importe qui soit au courant si vous avez des difficultés à payer votre prêt ? Si vous vendez votre maison, les acheteurs sauront qu’ils sont en position de force.

Ne confondez pas vie privée et secret. Je sais ce que vous faites dans la salle de bain, mais vous fermez quand même la porte. C’est parce que vous voulez de l’intimité, pas pour cacher un secret. (Extrait de Je n’ai rien à cacher, pourquoi devrais-je faire attention à ma vie privée en ligne ?)

Même si nous avons pour la plupart d’entre nous le sentiment que nous n’avons rien à cacher, nous nous retrouvons tous parfois dans des situations où nous avons besoin que certaines choses restent secrètes, au moins pendant un temps. Mais nous renonçons à cela – et pour quelle raison ?

Extraits des « Conditions d’utilisation » (et non « Politique de confidentialité », vous voyez l’astuce ?)

Vous nous donnez permission d’utiliser votre nom, image de votre profil, le contenu et les informations en lien avec des activités commerciales, soutiens sponsorisés et autres contenus (comme les marques que vous aimez), proposés ou mis en avant par nos soins.

Plus bas :

Par « information » nous voulons dire les données et autres informations qui vous concernent, ce qui inclut les faits et gestes des utilisateurs et des non-utilisateurs qui interagissent avec Facebook.

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Donc cela inclut tout ce qu’ils collectent sur vous mais sans vous le dire. Tout ce que vous lisez sur Internet, tout ce qu’on a jamais publié à votre propos, toutes vos transactions financières privées.

De plus, vos données commencent à être combinées avec les données de vos amis pour faire un modèle encore plus précis. Il ne s’agit pas que de vos données, mais ce que l’on obtient quand on combine tout ensemble.

Le problème n’est pas ce que nous avons à cacher, il s’agit de garantir le droit fondamental à notre liberté – lequel est notre droit à la vie privée

L’article 12 de la Déclaration des Droits de l’homme de l’ONU indique :

Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation.

Nous avons le droit de dire un mot sur la façon dont ces informations seront utilisées. Mais en utilisant Facebook, nous les abandonnons volontairement, pas seulement les nôtres mais aussi celle de nos amis, de notre famille !

Si vous admettez avoir commis quelque chose d’illégal dans les messages privés de Facebook, ou si vous avez simplement mentionné un soutien à une action politique, cela pourra être utilisé contre vous à l’avenir, tout particulièrement par un gouvernement étranger. Vous pouvez être arrêté simplement parce que vous étiez au mauvais endroit au mauvais moment, ou être mis à l’écart à l’aéroport un jour, pour risquer de la prison car vous avez révélé que vous avez fait quelque chose d’illégal il y a 5 ans. Un comédien New Yorkais a vu une équipe SWAT (un groupe d’intervention policière américaine musclé) entrer dans son appartement pour une blague sur Facebook. Les forces de l’ordre commettent souvent des erreurs, et vous leur donnez plus de pouvoir et plus de chance d’être dans l’erreur. Vous rechargez le fusil, le pointez sur votre tempe, et le donnez à n’importe quel « applicateur de la loi » à la gâchette facile capable d’acheter vos données personnelles.

Pas besoin de parler d’une hypothétique surveillance gouvernementale ici. L’un des premiers investisseurs de Facebook, Greylock, a un conseil d’administration en lien avec la CIA via une entreprise appelée In-Q-Tel. Selon leur site web, ils « identifient les technologies de pointe pour aider la CIA et plus largement le renseignement américain à poursuivre leur mission ». Et si vous n’êtes toujours pas au courant, il a été révélé que les données de Facebook ont été livrées directement au programme PRISM.

Les courtiers en données commerciales

Et comme je l’explique plus loin, ces informations se retrouvent de toute façon en grande partie publiquement accessible. Pas besoin des programmes de la NSA, les entreprises de données marketing s’en occupent, en dés-anonymisant toutes vos données pour les vendre encore et encore. C’est fait systématiquement et automatiquement. Il y a toute une industrie autour de ça. Il y a des places de marché pour acheter et vendre les données des consommateurs, qui étaient bâties originellement autour des agences de crédit et des entreprises de publipostage, puis qui ont évolué avec l’industrie de la barre d’outil de navigateur, quand Internet Explorer était répandu – maintenant il y a encore plus d’informations qu’avant. Un exemple récent est RapLeaf qui a collecté et publié des informations identifiables personnellement, y compris des identifiants Facebook et MySpace.
Ils ont arrêté suite à une sérieuse controverse, mais non seulement le mal avait été fait, mais il y a eu d’autres entreprises qui ont échappé à cette mauvaise publicité et ont continué ces pratiques. Il ne s’agit pas de la façon dont les commerciaux vous adressent des publicités ciblées : le problème, c’est que vos données sont achetées et vendues pour cela.

Dans quel pays envisagez-vous de partir en voyage ? Êtes-vous d’accord pour confier toutes ces informations sur vous aux forces de l’ordre de ce pays ? Parce que, sachez-le : elles les achètent.

Mise à Jour 2017 : Facebook a annoncé sa collaboration avec quatre des plus grands courtiers en données.

Intercepter vos communications

Le truc, c’est qu’il n’y a pas besoin d’approuver une théorie du complot pour être concerné. Mark Zuckerburg lui-même a été très clair publiquement avec ses investisseurs à propos de ses intentions :

1) Être l’intermédiaire de toutes les communications personnelles.

C’est pour cela qu’ils ont conçu Messenger et acheté WhatsApp, mais n’oubliez pas qu’ils ont essayé pire. Quand ils ont lancé les emails Facebook, ils ont profité des utilisateurs qui avaient synchronisé leurs contacts Facebook. Ils ont fait en sorte que l’adresse @facebook.com soit l’adresse par défaut pour tout le monde. Pourquoi ? Pour que vos amis vous envoient des e-mails sur votre adresse @facebook.com au lieu de votre adresse normale, ce qui leur permettra de lire vos correspondances.

2) Rendre publiques toutes les communications privées au fil du temps.

C’est pour cela qu’ils ont lentement changé les paramètres de vie privée par défaut vers "public", rendu les configurations de la vie privée de plus en plus difficiles à utiliser, et prétendent maintenant que leur outil d’aide à la vie privée va changer cela.

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En réalité, il y a une foule de violations de la vie privée qui ne peuvent être désactivées, comme permettre aux publicitaires d’utiliser votre liste de contacts, couper la façon dont Facebook suit ce que vous lisez sur Internet, ou empêcher Facebook de collecter d’autres informations sur vous. Vous ne pouvez pas les désactiver !

Facebook ne vous laisse pas partager ce que vous voulez

Même si vous n’avez rien à cacher, inquiétez-vous du contraire, ce que Facebook choisit de cacher quand vous souhaitez le partager. Ils vous filtrent.

« Je voulais te demander pourquoi tu quittes Facebook » arrive généralement après quelque chose comme « Tu n’as pas vu mon post la semaine dernière ? ».

Si vous avez déjà eu cette conversation, vous aurez noté qu’il y a une grande différence entre vos attentes lorsque vous communiquez sur Facebook et ce qui arrive réellement. En gros, Facebook filtre vos posts suivant que les utilisateurs utiliseront plus Facebook ou non s’ils ne le voient pas.

On a l’impression que Facebook est la seule manière de rester en contact. Avec les photos et les commentaires. On a l’impression que tout le monde y est et qu’on y voit une bonne partie de leur vie.

En fait, un grand nombre de vos messages ne sont jamais vus par personne !
Et vous en manquez plein aussi. Même si ceux de vos amis vous arrivent, cela ne veut pas dire que les vôtres leur parviennent.

Les messages privés puent aussi. Combien de messages Facebook envoyés sans réponse ? À combien de messages Facebook pensez-vous avoir oublié de revenir plus tard, combien en manquez-vous simplement ? Est-ce comme ça que vous voulez traiter vos amis ?

Facebook est un moyen vraiment peu fiable pour rester en contact.

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Le mois dernier (NdT : en 2015), j’ai simplement cessé d’utiliser Facebook. Quelque chose d’incroyable est arrivé. Les gens m’ont téléphoné, et on s’est vraiment donné de nos nouvelles. Ma famille était plus en contact. Mon frère m’a envoyé des courriels avec des nouvelles. Des amis sont venus chez moi me dire bonjour.
C’était, disons, social.

Censure politique

Facebook bloque des publications s’il y a du contenu politique qu’il n’aime pas. Ils ont bloqué des publications concernant Ferguson et d’autres manifestations politiques. Quand Zuckerberg a prétendument pété un câble et a banni les mots « vie privée » des réunions à Facebook, cela a aussi été censuré dans toutes les publications Facebook. Vous aviez juste un message d’erreur à propos de « contenu inapproprié ». Ouais, c’est ça ! Inapproprié pour qui ?

Pourtant, nous ne devrions pas être surpris. Facebook n’est pas une plate-forme neutre – nous devons être conscients des objectifs des gens qui sont derrière. Zuckerberg a révélé ses intentions publiquement. (...)

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Facebook va jusqu’à laisser des organisations politiques bloquer vos communications. Il suffit de quelques personnes pour classer comme offensant un article d’actualité, et il est supprimé du flux de tout le monde. Cette fonctionnalité est souvent détournée. Je peux bloquer n’importe quel article sur Facebook en convainquant quelques amis de le classer comme offensant. C’est de la censure facile et pas chère.

Mise à jour de 2017 : on a vu combien cela a affecté les élections des États-Unis. Les fils d’actualité des gens qui avaient des idées opposées étaient souvent filtrés, et pourtant des fausses actualités se sont facilement répandues facilement, parce que ces faux gros-titres renforcent nos convictions et nous sommes contents de les partager.

Tout cela confirme que c’est une mauvaise idée de compter sur Facebook pour communiquer avec des gens qui sont importants pour vous. Votre habitude d’utiliser Facebook implique que d’autres personnes doivent utiliser Facebook.

C’est un cercle vicieux.

En fait, cela nuit à vos relations avec beaucoup de gens, parce que vous pensez que vous êtes en contact avec eux, mais vous ne l’êtes pas. Au mieux, vous êtes en contact avec une version filtrée de vos amis. Ces relations s’affaiblissent, alors que vos relations avec des personnes qui publient du contenu qui plaît à Facebook prennent leur place.

Non seulement Facebook veut lire toutes vos communications, mais il veut aussi les contrôler.

Vous balancez vos amis

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Même si vous pensez que tout ça ne vous pose pas trop de problèmes, en utilisant Facebook, vous forcez vos amis et votre famille à accepter la même chose. Même ceux qui ne sont pas sur Facebook, ou qui vont jusqu’à utiliser des faux noms.

Si vous avez déjà utilisé la synchronisation des contacts Facebook, ou si vous avez déjà utilisé Facebook sur votre téléphone, alors Facebook a récupéré la totalité de votre liste de contacts. Les noms, les numéros de téléphone, les adresses, les adresses électroniques, tout. Puis ils utilisent tout ça pour créer des « profils fantômes » des gens que vous connaissez et qui ne sont pas sur Facebook. Les internautes qui n’utilisent pas Facebook s’en aperçoivent souvent en recevant des e-mails qui contiennent leurs informations personnelles de la part de Facebook. Les internautes qui utilisent Facebook s’en aperçoivent aussi quand ils publient une photo d’un ami qui n’est pas sur Facebook, et qu’elle se retrouve automatiquement taguée. Mon ami n’est pas sur Facebook, mais comme d’autres amis et moi avons utilisé Facebook sur nos téléphones, Facebook connaît son nom et ses informations de contact, et sait aussi qui sont ses amis, puisqu’il peut le voir dans leur liste de contacts et leur journal d’appel. Il suffit de publier quelques photos avec son visage (ils peuvent l’identifier sur des photos), et voilà, ils peuvent ajouter les données de géolocalisation tirées des photos à son profil fantôme. Beaucoup d’autres techniques de Facebook fonctionnent aussi avec les profils fantômes. Et par-dessus le marché, ils peuvent déduire beaucoup de choses sur lui très précisément en s’appuyant sur des similitudes statistiques avec ses amis.

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Donc en gros, on a tous balancé accidentellement nos amis qui voulaient préserver leur vie privée. Facebook nous a piégés.

Mais les pièges de Facebook vont encore plus loin.

La « vie privée » ne s’applique pas à ce que Facebook déterre

Tout comme les profils fantômes des gens, Facebook peut « deviner un like » en fonction d’autres informations qu’il possède sur vous, comme ce que vous lisez sur Internet ou ce que vous faites dans les applications quand vous vous y authentifiez avec Facebook ou ce qu’il y a sur votre facture de carte bleue (j’en parlerai davantage plus loin). Appelez cela un « like fantôme ». Cela leur permet de vous vendre à plus d’annonceurs.

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Il y a déjà une vaste documentation sur la collecte de ces informations par Facebook. La technique du « like fantôme » est simplement une utilisation standard des techniques statistiques en marketing de base de données. Si vous lisez beaucoup sur ce sujet, vous l’aimez probablement. Ce genre de chose. Ces techniques sont utilisées en marketing depuis les années 80 et vous pouvez embaucher des étudiants en statistiques pour le faire, même si bien sûr, Facebook embauche les meilleurs du domaine et cherchent à faire avancer l’état de l’art en intelligence artificielle pour cela. En Europe, Facebook est légalement obligé de partager toutes les informations qu’il a sur vous, mais il refuse. Donc il y a encore une autre action en justice contre eux.

Les permissions

Au travers de son labyrinthe de redéfinitions des mots comme « information », « contenu » et « données », vous permettez à Facebook de collecter toutes sortes d’informations sur vous et de les donner à des annonceurs. Avec votre permission seulement, disent-ils, mais la définition de « permission » contient l’utilisation d’une application ou qui sait quoi d’autre.

(...)

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Vous voyez comment ça marche ? Vous dites à Facebook que c’est « uniquement pour vos amis », mais vos amis peuvent le révéler à un « tiers ». Et la plupart des applications qu’ils utilisent sont des « tiers ».
Donc en fait, tout ce que vous marquiez en « amis seulement » n’a pas grande importance. En étant sur Facebook, il y a bien plus d’informations à votre propos qui sont collectées, combinées, partagées et utilisées.

Ils disent qu’ils « anonymisent » ça, mais en réalité il n’y a qu’une étape pour le dés-anonymiser. Beaucoup de données anonymes, comme ce que vous postez et quand, vos photos, votre localisation à tel moment est suffisant pour un grand nombre d’entreprises qui relient ces données anonymes à vous – et les revendent (c’est pour cela que ça n’a pas d’importance que vous utilisiez un faux nom sur Facebook, vos données sont comme une empreinte digitale et permettront de vous associer à votre vrai nom).

En plus, ils permettent à toutes les applications Facebook d’avoir un accès complet à vos informations – avec votre nom et tout. Et même si vous n’utilisez jamais d’application sur Facebook, vos amis le font. Lorsqu’ils utilisent ces applications, ces amis partagent toutes vos informations pour vous. Il y a toute une industrie derrière.

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Certaines choses ont bien un bouton « off », mais rappelez-vous que c’est temporaire, et comme Facebook l’a fait dans le passé, ils les réactiveront sans vous en avertir. Lorsque Facebook a démarré (et sans doute quand vous vous êtes inscrit) c’était clairement un endroit sûr pour partager avec vos amis. C’était leur grande promesse. Avec le temps, ils ont passé les paramètres de confidentialité à « public par défaut ». De cette façon, si vous vouliez toujours garder Facebook mais seulement pour vos amis, vous deviez trouver manuellement plus d’une centaine de paramètres sur d’innombrables pages cachées. Ensuite, ils ont abandonné ces paramètres pour forcer les informations à être publiques de toute façon.

(...)

Vente de vos recommandations sans votre accord

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Vous avez sûrement déjà remarqué des publicités Facebook avec une recommandation de vos amis en dessous. En gros, Facebook donne aux annonceurs le droit d’utiliser vos recommandations, mais vous n’avez aucun contrôle dessus. Cela ne concerne pas simplement quand vous cliquez sur un bouton « J’aime ». Il y a des cas connus de végétariens qui recommandent McDonald’s, d’une femme mariée heureuse qui recommande des sites de rencontres, et même un jeune garçon qui recommande un sex club à sa propre mère !

Ces cas étaient si embarrassants que les personnes concernées s’en sont rendu compte. Les gens les ont appelés. Mais dans la plupart des cas, ces « recommandations » ne sont pas découvertes – les gens pensent qu’elles sont vraies. C’est encore plus effrayant, car Facebook est largement utilisé pour la promotion politique, et la recommandation de produits. Les gens savent que j’ai déjà collecté des fonds pour le soutien d’enfants malades du cancer, donc cela ne les étonnera peut-être pas de voir une publicité où je recommande un programme chrétien d’aide aux enfants pauvres en Afrique. Mais je ne soutiens absolument pas les programmes qui ont une tendance religieuse, car ils sont connus pour favoriser les gens qui se convertissent. Pire, des gens pourraient s’imaginer des choses fausses sur mes convictions religieuses à partir de ces fausses recommandations. Et je passe sur tous les trucs à la mode sur les startups que je ne cautionne pas !

Ils profitent de la confiance que vos proches ont en vous

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Nous n’avons aucun moyen de savoir si notre cautionnement a été utilisé pour vendre des conneries ineptes en notre nom. Je n’ai pas envie d’imaginer ma mère gâcher son argent en achetant quelque chose qu’elle pensait que je cautionnais, ou les investisseurs financiers de ma startup voir des publicités pour des produits inutiles avec mon visage en dessous.

Utiliser Facebook signifie que ce genre de chose se produit à tout moment. Les publicitaires peuvent acheter votre cautionnement sur Facebook et vos informations à des revendeurs de données extérieurs. Vous n’êtes jamais mis au courant de ça et vous ne pouvez pas le désactiver.

Les derniers changements en matière de vie privée

Finalement, je veux expliquer comment ce dernier changement dans nos vies privées engendre des choses encore pires, et la manière dont vous continuerez à en perdre le contrôle si vous restez sur Facebook.

L’usage de Facebook exige de vous suivre à la trace, de connaître ce que vous achetez, vos informations financières comme les comptes bancaires et les numéros de carte de crédit. Vous avez donné votre accord dans les nouvelles « conditions de service ». Ils ont déjà commencé à partager des données avec Mastercard. Ils utiliseront le fait que vous êtes restés sur Facebook comme « la permission » d’échanger avec toutes sortes de banques et institutions financières afin d’obtenir vos données d’eux. Ils diront que c’est anonyme, mais comme ils dupent vos amis pour qu’ils dévoilent vos données aux tiers avec des applications, ils créeront des échappatoires ici aussi.

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Facebook insiste aussi pour suivre à la trace votre emplacement via le GPS de votre téléphone, partout et tout le temps. Il saura exactement avec qui vous passez votre temps. Il connaîtra vos habitudes, il saura quand vous appelez au travail pour vous déclarer malade, alors que vous êtes au bowling. « Machin a aimé : « bowling à Secret Lanes a 14h. » ». Ils sauront si vous faites partie d’un groupe d’entraide de toxicomanes, ou allez chez un psychiatre, ou un médium, ou votre maîtresse. Ils sauront combien de fois vous êtes allé chez le médecin ou à l’hôpital et peuvent le partager avec d’éventuels assureurs ou employeurs. Ils sauront quand vous serez secrètement à la recherche d’un travail, et vendront votre intérêt pour des sites de recherche de travail à vos amis et collègues – vous serez dévoilé.

Ils sauront tout ce qui peut être révélé par votre emplacement et ils l’utiliseront pour faire de l’argent.

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Et – tout sera fait rétrospectivement. Si vous restez sur Facebook après le 30 janvier, il n’y a rien qui empêchera tous vos emplacements et vos données financières passés d’être utilisées. Ils obtiendront vos localisations passées avec vos amis vérifiés – donc avec vous, et les données GPS stockées dans les photos ou vous êtes identifiés ensemble. Ils extrairont vos vieux relevés financiers – ce médicament embarrassant que vous avez acheté avec votre carte de crédit il y a 5 ans sera ajouté à votre profil pour être utilisé selon les choix de Facebook. Il sera vendu à maintes reprises et probablement utilisé contre vous. Il sera partagé avec des gouvernements et sera librement disponible pour des tas d’entreprises « tierces » qui ne vendent rien que de données personnelles et éliminent irréversiblement votre vie privée.

Désormais c’est irréversible.

Les données relatives à votre géolocalisation et vos moyens financiers ne sont pas seulement sensibles, elles permettent à des entreprises tierces (extérieures à Facebook) de dés-anonymiser des informations vous concernant. Cela permet de récolter toutes sortes d’informations disponibles sur vous, y compris des informations recoupées que vous n’avez pas spécifiées. C’est un fait que même Facebook lui-même ne parvient pas à maintenir totalement le caractère privé des données – on ne peut pas dire que ça les préoccupe, d’ailleurs.

C’est sans précédent, et de même que vous n’avez jamais pensé que Facebook puisse revendre vos libertés lorsque vous vous êtes inscrits en 2009, il est trop difficile de prédire quels revenus Facebook et les vendeurs de données tiers vont tirer de cette nouvelle énergie dormante.

C’est simplement une conséquence de leurs nouveaux modèles économiques. Facebook vous vend au plus offrant, parce que c’est comme cela qu’ils font leur beurre. Et ils subissent des pressions monstrueuses de leurs investisseurs pour en faire plus.

Qu’est-ce que vous pouvez faire de plus à ce sujet ? Facebook vous offre deux possibilités : accepter tout cela ou sauter du bus Facebook.

(...)

Comment se tirer de ce pétrin

D’après la décision de justice rendue il y a quelques années par le FTC (Federal Trade Commission, NdT), après que Facebook a été poursuivi par le gouvernement des États-Unis pour ses pratiques en matière de vie privée, Facebook est « tenu d’empêcher que quiconque puisse accéder aux informations d’un utilisateur plus de 30 jours après que cet utilisateur a supprimé son compte ».

On peut l’interpréter de différentes façons. Certains disent qu’il faut supprimer chacune de vos publications, une par une ; d’autres disent qu’il faut supprimer votre compte, et d’autres disent qu’ils garderont vos données quand même – tout ce que vous pouvez faire, c’est arrêter de leur donner plus d’informations. Et puis, il y a les courtiers en données qui travaillent avec Facebook, qui ont déjà récupéré vos informations.

Donc supprimer votre compte Facebook (pas simplement le désactiver) est nécessaire pour arrêter tout ça, puis il y a quelques autres étapes à suivre pour tenter de réparer les dégâts :

Préparation (facultative)

  1. Utilisez l’outil « Créer mon archive » de Facebook
  2. Récupérez vos photos. J’ai utilisé cette application Android puisque l’outil Facebook ne vous permet pas de récupérer toutes vos photos, ni dans leur résolution maximale (j’ai aussi téléchargé la page avec ma liste d’amis, simplement en faisant défiler la page jusqu’en bas pour charger tout le monde, puis en cliquant sur Fichier -> Enregistrer. Honnêtement, je n’ai pas eu besoin du fichier jusqu’à présent. Il s’avère que je n’ai pas besoin d’un ordinateur pour savoir qui sont mes amis).
  3. Si vous voulez vraiment être minutieux, supprimez vos publications Facebook une par une, grâce à ce script. Cela peut être nécessaire, selon comment on interprète ce que Facebook peut conserver.
  4. Ensuite, il y a toutes les applications que vous avez utilisées. C’est l’une des plus grosses failles de Facebook, car cela leur permet de dire qu’ils ne peuvent pas contrôler ce que les applications font avec vos données une fois que vous les leur avez données. Du coup, j’ai sauvegardé sur mon disque dur la page de paramètres qui montre quelles applications j’ai utilisées, et j’ai désactivé l’accès de chacune d’elles manuellement. Chacune de ces applications a sa propre politique de confidentialité – la plupart sont une cause perdue et prétendent avoir des droits illimités sur mes informations, donc je les coupe simplement et je passe à autre chose.

Supprimer votre compte

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Supprimez carrément votre compte Facebook, ne laissez aucune chance à Facebook de réapparaître en utilisant seulement la fonction « Désactiver ».

Précautions supplémentaires

Facebook pourra toujours vous pister avec un « compte fantôme », mais cela peut-être bloqué.

Pour empêcher Facebook (et consorts) de surveiller ce que je lis sur internet (ils le font même si vous n’avez pas de compte), j’utilise Firefox avec l’option « Ne pas me pister » activée.

Si vous n’utilisez pas Firefox, EFF a un plugin pour votre navigateur appelé Privacy Badger (et pendant que l’on y est, l’EEF a fait en sorte que ce plugin génial choisisse automatiquement le serveur qui dispose de la connexion la plus sécurisée, cela rend plus difficile d’intercepter votre activité numérique pour l’industrie de l’information).

Il y a aussi les données qui ont été transmises illégalement aux « data brokers ». Vous pouvez demander que ces données soient retirées.

Comment remplacer Facebook ?

Mise à jour 2017 : au début, je pensais essayer des alternatives à Facebook. Je ressentais un besoin de remplacer Facebook par quelque chose de similaire comme Diaspora, mais l’e-mail et le téléphone se sont révélés bien meilleurs ! Après un mois sans Facebook, je n’ai plus ressenti le besoin de le remplacer. Les coups de téléphone ont suffi, figurez-vous. Tout le monde en a déjà un, et on oublie combien ils sont super faciles et pratiques à utiliser. Je vois moins de photos, mais je parle à des gens pour de vrai. Plus récemment, nous sommes tous allés sur un grand salon de messagerie instantanée. Je recommande actuellement Signal pour faire ça. Vous pouvez faire des appels, chatter et partager des photos de façon chiffrée, et très peu de choses sont stockées sur leurs serveurs. En fait, c’est bien mieux que Facebook, puisque c’est plus instantané et personnel.

Si vous avez d’autres idées ou conseils, merci de me joindre. Je considère ceci comme une étape responsable pour éviter qu’on me prive de ma liberté, et celle de ma famille et mes amis, et que nos relations personnelles en pâtissent.

Gardez bien à l’esprit que ce n’est pas juste une question technique. En restant sur Facebook, vous leur donnez l’autorisation de collecter et d’utiliser des informations sur vous, même si vous n’utilisez pas Internet. Et en y restant, les données qu’ils collectent sur vous sont utilisées pour créer des modèles sur vos amis proches et votre famille, même ceux qui ont quitté Facebook.

Internet est libre et ouvert, mais ça ne veut pas dire que nous acceptons d’être espionnés

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Pour finir, le monde est rempli de gens qui disent « ça n’arrivera jamais », et quand cela finit par arriver, cela se change en « on ne peut rien y faire ». Si, on peut. Internet a été décentralisé pendant 50 ans, et contient un tas de fonctionnalités faites pour nous aider à protéger nos vies privées. Nous avons notre mot à dire sur le monde dans lequel nous voulons vivre – si nous commençons par agir à notre niveau. Et en plus, nous pouvons aider tout le monde à comprendre, et faire en sorte que chacun puisse faire son propre choix éclairé.

Cet article a maintenant été lu par 1 000 000 personnes. C’est un signe fort que nous pouvons nous informer et nous éduquer nous-mêmes !

Merci de partager ceci avec les gens qui vous sont importants. Mais honnêtement, même si cet article est vraiment populaire, il est clair que beaucoup de gens pensent savoir ce qu’il contient. Partager un lien n’est jamais aussi efficace que de parler aux gens.

Si vous avez lu jusqu’ici et que vous voulez partager avec un proche, je vous suggère de faire ce que j’ai fait – décrochez votre téléphone.

Une question pour vous

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Cet article a été écrit en réaction à la politique de confidentialité de janvier 2015, il y a 2 ans. Ça a toujours été un article populaire, mais en janvier 2017, il a connu un pic de popularité. Je me demande bien pourquoi, et ça serait sympa si vous pouviez me dire ce que vous en pensez, par Twitter ou par e-mail.

Je me demande pourquoi mon article sur la vie privée sur Facebook (qui date de plusieurs années) subit une vague de popularité depuis la semaine dernière. Des idées ?
– Salim Virani (@SaintSal) 8 janvier 2017

Sources

Une petite note sur la qualité de ces sources : j’ai essayé de trouver des références dans des médias majeurs, avec tout un échantillon de biais politiques. Ces articles sont moins précis techniquement, mais on peut s’attendre à ce qu’ils soient plus rigoureux que les blogs pour vérifier leurs sources. Pour les aspects plus techniques, d’autres sources comme The Register sont certainement plus crédibles, et Techcrunch est notoirement peu fiable en matière de fact-checking. J’ai toutefois inclus certains de leurs articles, parce qu’ils sont doués pour expliquer les choses.

Articles en anglais

Articles en français (n’hésitez pas à allonger cette trop courte liste dans vos commentaires)

https://framablog.org/2017/01/23/si-on-laissait-tomber-facebook/

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Si vous aviez encore des doutes sur facebook malgré les récentes "affaires", après la lecture de cet énorme dossier de Salim Virani, il est certain que vous n'en aurez plus !!!

Et dire que Macron a reçu "en grandes pompes" ce type, le faux fondateur de fesse bouc !!!
Bon, on sait pourquoi il l'aime tant !!!
Ce système d'espionnage généralisé pourrait lui permettre de se faire réélire en 2022 s'il n'obtient pas un strapontin à l'UE ou plus !
Dans tous les cas, le flicage de la population lui est très utile pour que ses maîtres installent de façon encore plus poussée la dictature, un retour aux heures sombres !   S.R.

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
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