samedi 16 juin 2018

Le Statut de la fonction publique, une victoire générale des salariés [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Annie Lacroix- Riz

HIST FONCTION PUBLIQUE

Le fort intéressant article d’Anicet Le Pors paru dans le Monde diplomatique d’avril 2018, « Les , voilà l’ennemi »[1], me paraît mériter un complément, d’une part sur les modalités du vote parlementaire du Statut général de la Fonction Publique dit « statut Thorez », et d’autre part, sur la portée réelle, très au-delà des salariés d’État, de la création du concept crucial du « minimum vital ».

Son adoption, le 5 octobre 1946, ultime victoire politique pour un PCF dont l’exclusion ministérielle (du 4 mai 1947) était fébrilement préparée, résulta de l’immense soutien des salariés concernés et de l’habileté tactique des parlementaires communistes. Le 2 octobre, ceux-ci firent programmer la discussion du projet de loi pour le 5, date de clôture de la session : c’était peu avant les législatives de novembre, époque où le rejet public du texte eût coûté cher aux parlementaires concernés, singulièrement à la SFIO, majoritaire dans l’électorat de la fonction publique. La vindicte de tous les députés non-communistes, de la droite à la SFIO, dut donc se restreindre à l’« article 32 » relatif au « minimum vital » dont Anicet Le Pors souligne légitimement le caractère crucial. Il l’était d’autant plus qu’il ne visait pas, à terme, les seuls « fonctionnaires d’État » : la CGT à majorité « unitaire » (communiste) avait défini ce « minimum vital » pour en faire bénéficier non seulement les fonctionnaires mais aussi tous les salariés. Il servit en effet de base aux luttes ouvrières qui, certes dans des conditions difficiles de division syndicale, aboutirent à la création du « salaire minimum national interprofessionnel garanti » (SMIG) par la loi 50-205 du 11 février 1950 « relative aux conventions collectives et aux procédures de règlement des conflits collectifs de travail »[2] (SMIG que sa fiche Wikipédia a l’audace de faire remonter à la Charte du travail de 1941 sans mot dire de l’héritage effectif de 1946[3]).

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La discussion parlementaire du 5 octobre 1946 fut vive. Paul Reynaud, conformément à la ligne de combat contre les salaires qu’il avait à divers postes ministériels mise en œuvre dans la décennie 1930 (dont la présidence du Conseil de mars à juin 1940)[4], tonna contre le péril d’extension de l’article 32 aux « salariés de l’industrie et du commerce », qui en exigeraient autant que « les salariés de l’État ». Interprétation que le Ministre d’État Thorez lui confirma explicitement. Ce minimum vital généralisé, s’indigna Reynaud, entraînerait « une hausse générale et considérable des salaires », augmenterait dramatiquement les dépenses publiques, en élargissant à l’excès l’éventail hiérarchique, et « perdr[ait] le franc [au lieu de le] défendre »[5]. Christian Pineau manifesta l’extrême dépit de la SFIO, contrainte de voter un texte « imparfait et empreint d’un esprit totalitaire qui n’est pas le nôtre ». Et il annonça les représailles : « nous entreprendrons, dès que nous en aurons l’occasion, la révision de certaines de ses dispositions essentielles. »[6]

Ce veto de fait divisa la base socialiste, particulièrement les « confédérés » de la tendance (socialiste) « Force ouvrière », majoritaires à la Fédération des Fonctionnaires. Le dirigeant de celle-ci, Pierre Neumeyer, bien qu’associé aux actifs préparatifs de la scission de la CGT (de décembre 1947)[7], avoua cinq mois plus tard à quel point il avait troublé ses mandants dans l’hebdomadaire Force ouvrière : « Je ne crains pas de déclarer, même si je dois me heurter à certains de nos amis, que l’institution du Conseil supérieur de la fonction publique et la mise en application du Statut général de la Fonction Publique constituent indiscutablement un succès syndical. »[8]

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À l’heure où les gouvernants pensent pouvoir enfin, après des décennies d’efforts en vue de « la casse [de] l’intérêt général », mettre à exécution les menaces de Reynaud et Pineau, la connaissance de l’ démontre formellement que les acquis de chaque catégorie de salariés améliorent directement le sort des autres. Nonobstant la propagande qui dénonce quotidiennement dans les « privilèges » des fonctionnaires une insulte à « l’égalité » (entre Bernard Arnaud et tous les salariés?), la catégorie qui demeure dotée d’une situation lui permettant de moins courber la tête et se bat pour conserver ses droits, se bat pour les intérêts de tous. C’est dire si la résistance conjointe des « salariés de l’industrie et du commerce » et des « salariés de l’État » s’impose.

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7


[1] https://www.monde-diplomatique.fr/2018/04/LE_PORS/58573

[2] JORF, 12 février 1950, https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000000693160

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Salaire_minimum_interprofessionnel_garanti

[4] De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008, index Reynaud.

[5] Journal Officiel des Débats n°109, 6 octobre 1946, p. 4684-4685.

[6] Journal Officiel des Débats n°109, 6 octobre 1946, p. 4709.

[7] Contexte général, « CGT et revendications ouvrières face à l’État, de la Libération aux débuts du Plan Marshall (septembre 1944-décembre 1947). Deux stratégies de la Reconstruction », thèse d’État, Université Paris I, 1981; résumé, La CGT de la Libération à la scission (1944-1947), Paris, Éditions Sociales, 1983, p. 194-197.

[8] Force ouvrière, 6 mars 1947, p. 3.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/le-statut-de-la-fonction-publique-une-victoire-generale-des-salaries-par-annie-lacroix-riz/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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mercredi 13 juin 2018

Les indiscrétions de la semaine en Limousin et en Nouvelle-Aquitaine (semaine du 4 au 10 juin )

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Nouvelle-Aquitaine

InFOrmatique

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FO Nouvelle-Aquitaine, qui défend les agents du Conseil régional, vient d’envoyer une lettre ouverte à Alain Rousset afin de dénoncer le projet de création d’une équipe d’intervention informatique dans les lycées. Jusqu’alors, chaque lycée comptait un technicien. Une trentaine était dénombrée dans l’ex-Limousin. L’idée est donc de les regrouper afin de créer une équipe par département à l’image de ce qui se fait déjà en ex-Aquitaine et en ex-Poitou-Charentes. Lundi, une réunion de concertation s’est tenue à la maison de la région à Limoges sur le sujet. Un comité technique avait validé le principe du rattachement de ces personnels au sein de la direction de l’éducation en mars dernier. D’où la surprise de voir poindre cette lettre ouverte annonciatrice d’une pétition. Du côté de Bordeaux, on indique que rien ne sera fait avant la rentrée 2019 afin de bien s’assurer du bon fonctionnement de cette nouvelle organisation et d’avoir réglé les détails des temps de transport des agents. Un nouveau comité technique sera réuni le 18 juin prochain. À Bordeaux, on n’ose imaginer que cette lettre ouverte n’a été rédigée que pour mettre un peu de pression sur l’exécutif régional avant la prochaine rencontre…

Haute-Vienne

Macron-compatible??

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Le maire de Limoges Émile Roger Lombertie qui s’envole ce dimanche pour Cracovie en Pologne, où il participe à la réunion des Villes créatives de l’Unesco, sera de retour en France jeudi. Le lendemain, il est invité à déjeuner à Matignon avec un certain nombre de grands élus de tous bords et surtout… Macron-compatibles. L’occasion d’évoquer avec le Premier ministre Édouard Philippe les prochaines échéances électorales.

Désenclavement : « Mobilisez-vous?! »

Gaston Chassain, vice-président de Limoges Métropole en charge du développement économique était l’invité, mardi matin, du “8-9 Café Pro” organisé par le Populaire du Centre à Limoges. Il a, à cette occasion, répondu à une question du public sur le désenclavement de Limoges. Pour lui, la balle est dans le camp de la population. « Pour certaines entreprises, pouvoir se rendre rapidement à Paris ou à Bordeaux est une nécessité. Je pense à un moment qu’il va falloir une mobilisation plus forte des gens, parce que les élus seuls, j’ai l’impression qu’on n’y arrive pas… Pour le reste nous avons des atouts comme le prix de l’immobilier, le cadre de vie, les ressources de la recherche à la création d’entreprise. Il n’en faudrait pas beaucoup pour que tout soit parfait… »

Pour un Medef “fier”

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Quatre candidats sont en compétition pour l’accession à la présidence du Medef, principale organisation patronale : Geoffroy Roux de Bézieux, Alexandre Saubot, Olivier Klotz et Patrick Martin. Fabrice Le Saché, 25 ans, qui fait campagne pour Patrick Martin, le président du Medef Auvergne Rhône-Alpes était jeudi à Limoges où il a visité l’entreprise Cybedroïd, qui conçoit des robots humanoïdes de taille humaine, aux côtés du président du Medef Haute-Vienne, Thierry Debourg. « Ce qui nous distingue, a-t-il confié, c’est une approche extrêmement entrepreneuriale du Medef. Notre objectif est de doubler le nombre d’adhérents d’ici 5 ans. Cela passera par un changement d’image. Il faut rajeunir, féminiser, digitaliser ce réseau qui doit être au service des entreprises. Nous n’avons pas le Medef honteux, nous avons le Medef fier?! » 

 

Christianophobie

L’Observatoire de la christianophobie a posté cette semaine sur son site l’acte de vandalisme dont la statue de Saint-Martial a fait l’objet ces derniers jours à Limoges. Ce blog créé en 2010 « se propose depuis cette date de répertorier les actes contre le Christianisme en France et dans le monde ». Il appartient au réseau Riposte Catholique, réputée pour être proche de la frange intégriste de l’église et dont le blog est alimenté par des correspondants de l’association ou de simples sympathisants. Dans le cas du vandalisme de la statue de Saint-Martial, la preuve n’est pas établie qu’il s’agisse d’un acte anticatholique. Le message tagué - « L’état mutile » - ne penche pas en ce sens. 

Corrèze

Cocktail

Brive Festival, ses artistes, son off, son village restauration et maintenant son cocktail. Les organisateurs de Festival Production se sont en effet associés à la célèbre distillerie briviste Denoix pour créer un cocktail spécial. Il sera présenté le 22 juin et sera servi au sein des loges partenaires fin juillet. Il serait constitué uniquement de produits locaux avec un soupçon de liqueur de fenouillette.

Bistrot du cadran

Après la remise sur les rails du Marché au cadran d’Ussel, le monde agricole se mobilise pour le Bistrot du cadran, une structure de restauration hébergée sur le site ussellois. Placé en redressement judiciaire, cet établissement est fermé depuis plusieurs mois. Une proposition de reprise, émanant d’un groupement d’agriculteurs, a été déposée auprès du tribunal de commerce de Brive. Trois des 4 emplois pourraient être repris.

Cèdre

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Le président du Conseil départemental a renoué avec une tradition établie par Jacques Chirac à la fin des années 1970. Alors président du conseil général de la Corrèze, ce dernier avait planté un cèdre de l’Himalaya dans le massif forestier des Agriers, dans le pays d’Eygurande. Charles Ceyrac et Jean-Pierre Dupont (à l’époque RPR) avaient fait de même. Ce n’est pas le cas de François Hollande ou de Gérard Bonnet (PS). Quant à approcher l’arbre planté par Jacques Chirac, seuls les plus initiés savent où il se trouve.

Actionnaire en visite

Laurent Koscielny a rendu visite à la manufacture d’accordéons Maugein, à Tulle, dans la semaine. Marchant toujours avec des béquilles, le défenseur d’Arsenal a visité l’entreprise à laquelle il a apporté un petit coup de pouce financier voilà quelques années, alors qu’elle était dans une mauvaise passe.

Valérie Pécresse

C’est le quotidien Le Figaro qui l’annonce : Valérie Pécresse fera sa rentrée politique en Corrèze, le 25 août. La présidente de la région Ile-de-France a des liens avec le département puisque son époux a des origines du côté de Combressol, et qu’elle-même y vient en vacances depuis 25 ans. Mais elle ne fréquente pas la Corrèze que l’été, puisqu’en septembre dernier, elle a participé au congrès de "Corrèze demain", à Brive. Le positionnement de son mouvement, Libres?!, moins à droite que Les Républicains version Wauquiez, séduit une partie de la droite corrézienne.

Double hommage

Jeudi, au musée Chirac, à Sarran, Pascal Coste a rendu un double et consensuel hommage aux présidents corréziens « Jacques Chirac et François Hollande, des personnes de qualité qui ont servi avec brio la République et ses valeurs ». 

Creuse

Président ou premier ministre en Creuse??

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La préfète Magali Debatte et le chargé de mission du Plan particulier pour la Creuse (PCC) Philippe Ramon ont annoncé vendredi que l’ultime « restitution » du PPC, en décembre, serait présidée par une « Autorité ». Sans préciser s’il s’agira de la plus haute autorité de l’Etat ou de son Premier ministre. En juillet 2017, le fraîchement élu Emmanuel Macron avait dit aux GM & S rencontrés à Bellac qu’il n’était pas le Père Noël. En décembre, la saison et le motif de la visite le feront peut-être évoluer sur cette position. 

 

Et Une Maison de santé de plus?!

Le projet de la Maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de la Souterraine vient d’être validé, avec son antenne de Fursac. Les travaux ne devraient pas tarder à débuter alors que de l’autre côté de la Creuse, à l’est, les travaux de la MSP d’Évaux-les-Bains s’achèvent.

Moutier-Rozeille marche sur des œufs

Le projet de poulailler industriel porté par un agriculteur de Moutier-Rozeille, sur le village de Lascaux, a fait l’objet d’une réunion publique cette semaine. La municipalité tente d’analyser l’impact de ce projet, les riverains sont dressés sur leurs ergots et ils ont mis dans la boucle la redoutable association animaliste creusoise L-PEA. Une pétition numérique contre ce projet a déjà recueilli 37.000 signatures… Le tout est de savoir dans quel sens voteraient les principales intéressées, c’est-à-dire les 15.000 poules pondeuses pressenties à Moutier-Rozeille.

Espoir au collège de Bourganeuf

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L’ensemble de la communauté éducative du collège Jean Picart le Doux de Bourganeuf n’est pas satisfaite des propositions faites par l’Éducation nationale pour tenter de résoudre les difficultés rencontrées depuis l’arrivée de la nouvelle principale en septembre 2017. Selon l’équipe éducative, les solutions proposées (venue d’un principal adjoint pour l’organisation du Brevet, tenue d’un Conseil pédagogique extraordinaire) « ne répondent en rien à la souffrance et à l’insécurité ». La situation devrait toutefois s’apaiser. La principale a annoncé qu’elle ne serait pas présente à la rentrée prochaine. La communauté éducative a donc « l’espoir d’une rentrée plus sereine avec une nouvelle direction » mais reste vigilante. Un préavis de grève a été déposé pour le mois de juin.

Faux-la-Montagne sous les projecteurs

Asterix décoré

Le village sud creusois de Faux-la-Montagne ne cesse de faire parler de lui. Tel celui d’Astérix et ses comparses, le bourg perché sur le plateau de Millevaches suscite à la fois curiosité et envie. D’où vient le dynamisme de cette commune pourtant pas si différente que les autres bourgades du plateau?? C’est cette énigme que bon nombre de journalistes tentent de résoudre en s’y rendant à l’occasion d’enquêtes et de séjours de plus en plus longs. Il suffit d’une recherche sur Internet pour découvrir pléthore d’articles, enquêtes et immersions journalistiques à la rencontre des habitants et forces vives du village. Derniers en dates, il y a une quinzaine de jours, un reportage dans le 20 heures d’Anne-Sophie Lapix sur France 2 au sujet du dispositif de santé « Mille soins » (présent aussi à Royère-de-Vassivière en Creuse et à Peyrelevade en Corrèze, deux communes limitrophes) et, dans Le Monde, une double page de reportage de Camille Bordenet venue passer une semaine à la rencontre des fameux irréductibles Gaulois hétéroclites qui, par la somme de leurs différences, font la richesse de Faux-la-Montagne. Et sans potion magique?!

L’éloge de la Creuse

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Souvent, les Creusois ne savent pas bien mettre en avant les ressources creusoises. Pourtant elles existent, souligne Christophe Durand, agriculteur bio à Augères (que nous avions rencontré il y a un an) et chantre des haies creusoises. Dans un documentaire qui sera diffusé sur la chaîne Seasons le 16 juin et intitulé Éloge de la haie, il évoque cette richesse locale ainsi que l’eau dont ne manque pas le département. C’est pourquoi il croit dur comme fer au développement d’une filière chanvre en Creuse. Pour lui, « le chanvre est une culture traditionnelle creusoise »

https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/2018/06/10/les-indiscretions-de-la-semaine-en-limousin-et-en-nouvelle-aquitaine_12881135.html

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Le maire de Limoges qui va en Pologne pour un truc super important: la réunion des "villes créatives". On se demande comment Florence ou Venise ont fait pour être reconnues dans le monde entier...
Et au retour, Lombertie va déjeuner, avec d'autres élus, chez Macron, enfin chez nous puisque c'est nous qui payons, pour parler... des prochaines élections, donc des élections de l'UE  (qu'ils vont bien sûr appeler" élections européennes"  !)

La christianophobie continue en France et quand on lit les sous-entendus dans l'article on se demande si certains journalistes ne cherchent pas à minimiser ce genre d'exactions. Que ne ferait-on pas pour détruire l'âme de la France !!!

Honte aussi à Pascal Coste qui a rendu hommage aux présidents qui résidaient en Corrèze  Chirac et Hollande: pour lui, deux "personnes de qualité qui ont servi avec brio la République et ses valeurs" ! Ou il a trop fumé ou nous ne vivons pas dans le même pays et nous ne parlons pas des mêmes personnes !

Et Moutier-Rozeille qui veut produire des poulets de ... pour les pauvres certainement !!!  S.R.

mardi 12 juin 2018

Au congrès de la CFDT, des réformistes le coeur à marée basse

Lors de ce congrès, les militants sont apparus déstabilisés par Macron pour qui ils avaient votés en nombre, déçus par les réformes en cours. Les cheminots eux, ont été applaudis en nouveaux héros. Un tournant pour la CFDT qui peine encore à endosser sa responsabilité de premier syndicat dans le privé ?

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Ils sont déçus, amers et inquiets pour l'avenir. Et le font savoir à leurs dirigeants. Réunis en congrès à Rennes depuis le 4 juin, les 2300 délégués et militants de CFDT qui portent habituellement avec fierté leur réformisme en bandoulière, tirent un bilan chagrin des réformes en rafale du code du travail auxquelles ils sont exposés depuis quatre ans. Atterrés par cette régression sociale, ils demandent en nombre à leur secrétaire général Laurent Berger de durcir le ton, d"oser le changement" de méthode face à Emmanuel Macron. Tout en saluant le travail de leur confédération puisque la CFDT est devenue dans le secteur privé, le premier syndicat du pays. Une fierté... et une responsabilité.

"Numéro un, pour quoi faire?"

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"Numéro un mais pour quoi faire ?", interroge en effet Grégoire (Intérieur et collectivités locales). Gagner sur les autres ne suffit pas ! " "Comment convaincre de nouveaux militants de nous rejoindre, quand nous ne sommes même pas capables de préserver les acquis sociaux que nous avions ?", renchérit une camarade. Patrick du secteur transport prévient: "Si en octobre, le gouvernement ne tient pas son engagement sur le socle conventionnel promis aux chauffeurs routiers, nous entrerons à notre tour dans un mouvement intersyndical dur."

Sur le terrain, les délégués CFDT vivent d'abord comme une injustice les conséquences des ordonnances travail. Lorsqu'ils négocient ces nouveaux conseils sociaux d’entreprise (CSE), des employeurs se saisissent trop souvent de cette fusion imposée des délégués du personnel, des comités d'entreprise et des CHSCT pour réduire leur nombre de mandats et leurs heures de délégation. Et veulent appliquer au plus juste le droit du travail. "Des camarades vont devoir reprendre leur poste de travail sans protection dans la durée. Ils ne profiteront même pas des nouvelles possibilités de formation, 12 jours payés par an pour valoriser la carrière des élus, que nous avons obtenus dans la loi", se désole une employé des services santé. A cette frustration, se surajoutent, le cas échant, un sentiment d'isolement, des difficultés à expliquer les positions de leur confédération aux salariés et un manque de moyens (même si la CFDT ouvre plus largement l'accès à son trésor de guerre, sa caisse nationale d'action sociale de 126 millions d'euros de réserves de résistance). "Macron incarne un pouvoir vertical qui frappe vite, le risque c'est de faire monter les extrêmes. Plus que jamais nous devons proposer des progrès sociaux...", insiste Francis, syndicaliste à la Poste.

D'aucuns regrettent donc que le projet de résolution (...)  ignore la revendication d'un passage aux 32 heures pourtant votée en 1992 et 1995 et jugée efficace pour partager le travail, tout comme comme l'octroi du chèque syndical qui faciliterait les recrutements de nouveaux adhérents, dans une époque plus individualiste.

Ne rien lâcher sur la SNCF

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Dans cette ambiance soucieuse, sous des applaudissements nourris, c'est le secrétaire général des cheminots CFDT, Didier Aubert, avec sa voix de stentor, sa bonhommie hâbleuse, qui a rassuré en résumant leurs états d'âme en tribune : "Face à un gouvernement qui ne veut pas négocier, il faut savoir élever le rapport de force. La grève continuera aussi longtemps que nous n'aurons pas signé un protocole de sortie avec les employeurs du ferroviaire, et la direction de la SNCF", assume-t-il. D'autant plus déterminé que 95% des 91 000 cheminots sur 145 000 qui ont récemment participé au Vot'action ont glissé un bulletin contre la réforme. Et 90% des roulants, employés, cadres de la SNCF, ont effectué depuis le 2 avril, début de la mobilisation, au moins un jour de grève. Serein, Aubert annonce une nouvelle journée sans cheminots pour le 12 juin, veille d'une table ronde l'Etat, les employeurs du ferroviaire et les syndicats dont ils attendent beaucoup. "Si nous n'obtenons pas satisfaction, nous nous organiserons pour le début de l'été", ajoute-t-il... sans oublier de remercier Laurent Berger pour son aide confédérale.

https://www.marianne.net/politique/au-congres-de-la-cfdt-des-reformistes-le-coeur-maree-basse?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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samedi 9 juin 2018

Les syndicats de la SNCF s’installent dans une grève chronique qui pourrait déborder sur l’été

Beaucoup s’attendaient à une scission de l’intersyndicale et à l’amorce d’une sortie du conflit.

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Et c’est tout le contraire qui s’est produit. Jeudi 7 juin, alors que le mouvement des cheminots contre la réforme de la SNCF en était à son vingt-septième jour de grève, les quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise publique (CGT, UNSA, SUD, CFDT) ont réaffirmé leur volonté unitaire de lutter contre le nouveau pacte ferroviaire qui vient d’être voté au Sénat, mardi 5 juin.

Le calendrier de la grève est donc fermement maintenu et la pression remise sur le gouvernement. Même la proposition de l’UNSA de mettre entre parenthèses le conflit pendant la période du baccalauréat (18 au 23 juin) afin de faciliter les déplacements des candidats n’a pas été retenue par l’intersyndicale.

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« Guillaume Pepy [le président de la SNCF] s’est chargé d’annoncer que le plan de transport sera suffisant et adapté pour permettre aux élèves d’aller passer le bac, a ironisé Thierry Nier, secrétaire général adjoint de la CGT-Cheminots, le premier syndicat de la SNCF. L’entreprise prend ses responsabilités, et nous, on garde le même calendrier. » A l’UNSA, les responsables disent regretter cette décision, mais ne quittent pas le mouvement pour autant.

Inquiétude profonde

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Il paraît désormais clair que la grève en pointillé ira, au moins, au terme de l’agenda présenté, il y a maintenant presque trois mois, par l’intersyndicale, et qui prévoit encore huit journées de grève jusqu’au 28 juin. « Le mouvement pourrait même être reconduit sous une autre forme en juillet et août, croit savoir un bon connaisseur du dossier. Les syndicats réfléchissent à de nouvelles formes de lutte pour cet été : des débrayages seulement le week-end ou une fois par semaine. » La crainte gouvernementale que les cheminots s’installent dans une grève chronique – et de plus en plus difficile à arrêter – semble devenue une réalité.

Quand au mouvement lui-même, il plie mais ne rompt pas. Jeudi 7 juin, le taux de grévistes s’élevait à 14,3 %, un chiffre très légèrement inférieur à celui du 29 mai (14,4 %), précédent jour de grève en semaine. Si Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la SNCF, se félicite que, « pour la première fois depuis le début du conflit, le service a été normal un jour de grève sur les trois principales liaisons TGV, Paris-Lyon, Paris-Marseille et Paris-Lille », les signes d’une inquiétude profonde du corps social cheminot demeurent.

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Le taux de conducteurs grévistes était ainsi très élevé le 7 juin (44 %), après dix semaines de conflit. Quant au niveau de perturbation du trafic des TER (un train sur deux en moyenne, vendredi 8 juin), il montre que la future possibilité de transfert à la concurrence des lignes régionales ne passe pas.

Cette pugnacité antiréforme de la base cheminote conforte les syndicats les plus hostiles à la nouvelle loi ferroviaire (CGT, SUD) et rallie à une ligne dure ceux qui seraient par nature enclins à la négociation (UNSA, CFDT). « Le conseil national du 31 mai dernier nous a donné un mandat clair : rester dans le mouvement unitaire », explique Florent Montheillet, secrétaire fédéral de l’UNSA Ferroviaire. « L’UNSA est pétrifiée, décode un négociateur du patronat. Leur grande trouille est de sortir les premiers du conflit pour ensuite se faire flinguer aux élections professionnelles, en novembre. »

« Journée de la colère cheminote »

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Côté CFDT, le congrès confédéral, qui s’achève à Rennes, vendredi 8 juin, a vu un Didier Aubert, patron de la Fédération des cheminots CFDT, brandissant son écharpe orange « Fier d’être cheminot », grand vainqueur à l’applaudimètre. « Il y a eu des spéculations sur des désaccords entre la CFDT Cheminots et Laurent Berger, qui nous aurait poussés à la conciliation avec le gouvernement, explique son secrétaire général adjoint Rémi Aufrère-Privel. La vérité, c’est qu’il n’y a pas d’ambiguïté et de différences de vues : nous appelons à la plus grande mobilisation pour les préavis de grève qui viennent. »

La semaine prochaine sera marquée par trois moments-clés. Le premier aura lieu lundi 11 juin : c’est la commission mixte paritaire (CMP). Sept sénateurs et sept députés devront se mettre d’accord sur le texte final. La CMP, c’est l’ultime fenêtre pour faire changer la loi. L’UNSA et la CFDT ont d’ailleurs transmis des propositions d’amendements.

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Deuxième étape d’importance : le lendemain, mardi 12 juin, les syndicats appellent à un regain de mobilisation pour une nouvelle séquence appelée « Journée de la colère cheminote ». Enfin, les jours d’après (les 13, 14, 15 juin), pourraient se tenir une ou plusieurs tables rondes tripartites syndicats-patronat-Etat, afin de lancer les négociations sur la future – et fondamentale – convention collective du transport ferroviaire.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/06/08/les-syndicats-de-la-sncf-s-installent-dans-une-greve-chronique-qui-pourrait-deborder-sur-l-ete_5311604_3234.html

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Les médias de l'oligarchie euro- atlantiste ont beau multiplier les reportages sur "l'exaspération des Français" et "l'angoisse des jeunes à la veille du baccalauréat", et faire défiler les "experts" pour convaincre la population des bienfaits de la réforme, rien n'y fait. Non pas que les bureaucraties syndicales ne soient tentées, surtout certains dirigeants traditionnellement "réformistes", d'en finir sans trop perdre la face, mais il semblerait que cette fois- ci, une partie de la base ne lâche rien...Et il n'est sans doute pas faux que les élections professionnelles de la rentrée pèsent lourd dans la prise de décisions. Pour une fois que ces dernières peuvent servir l'intérêt des syndiqués, autant en profiter. C'est sans doute ce que pensent certains cheminots et on les comprend. Rappelons que la majorité des syndicats sont membres de la CES (Confédération européenne des syndicats)...   P.G.

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dimanche 27 mai 2018

Les travailleurs européens trahis

TRIBUNE LIBRE/ Source : Andrew Spannaus, Consortium News, 12-04-2018

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Contrairement aux États-Unis, les syndicats de travailleurs en Europe sont puissants et influents ; pourtant ils n’ont pas pu, ou pas voulu, empêcher les politiques d’austérité imposées par les institutions européennes, rapporte Andrew Spannaus.

Milan, Italie

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Des employés du rail font grève à travers toute la France, interrompant la circulation de près de 80% des trains à grande vitesse. Dans un pays européen majeur dépendant du rail pour une part importante de son transport, l’on s’attend à ce que les manifestations causent du désordre, tandis que les syndicats bandent les muscles pour montrer à tous qu’ils sont encore une force dont il faut tenir compte.

Le 10 avril, les employés des aéroports allemands se sont aussi mis en grève, provoquant l’annulation de plus de 800 vols par la compagnie nationale Lufthansa. Dans ce cas le conflit porte sur une hausse des salaires pour quelque 2,3 millions d’employés du secteur public, qui ont vu leur revenu stagner malgré la croissance économique globale du pays.

De tels actes de protestation ne sont pas rares en Europe, et de fait sont acceptés comme courants dans de nombreux pays. L’adhésion aux syndicats varie beaucoup à travers le continent, de moins de 10% en France – malgré l’efficacité des grèves – jusqu’à presque 70% dans les pays scandinaves comme la Suède ou le Danemark. Cependant, et bien que les chiffres des adhésions soient modestes, les syndicats ont souvent un rôle central dans les négociations collectives, et ils ont à cœur de montrer qu’ils sont toujours aussi pertinents dans un monde qui a grandement changé suite à la dérégulation et à la mondialisation au cours des 35 dernières années.

L’influence des syndicats en Europe est toutefois déclinante, ce qui n’est pas vraiment une surprise. L’un des principes centraux des politiques économiques adoptées par l’Union européenne est la « flexibilité » du marché du travail, qui participe de la philosophie néolibérale qui voit toute sorte de restriction ou règle concernant le travail et le capital comme asphyxiant la rentabilité et la libre entreprise.

Faciliter les licenciements

 

Depuis les années 1990 en particulier, il y a eu un effort concerté, dirigé vers le bas, pour affaiblir la protection des travailleurs, clamant qu’il s’agissait de la seule manière d’attirer le capital et de libérer une nouvelle vague de croissance économique. L’UE insiste lourdement sur la nécessité des « réformes structurelles » qui vont permettre de « lever les contraintes à la création d’emplois et à la participation au marché du travail ». Cela revient en général à faciliter les licenciements, ce qui en théorie permettrait aux entreprises d’embaucher de nouveaux employés quand elles en auraient besoin sans craindre un fardeau économique permanent dans le futur.

Les lois du travail sont en effet strictes dans de nombreux pays européens. Pourtant il n’est un secret pour personne que, pour des travailleurs traversant une crise économique, de telles réformes sont à sens unique et abaissent le niveau de vie, précisément au mauvais moment.

Les offensives législatives vers une plus grande flexibilité du marché du travail en Europe se sont souvent accompagnées d’un dénigrement public vis-à-vis des syndicats et de toute sorte de régulation des services publics.

Défendre les emplois est perçu comme égoïste. Par exemple, quand des travailleurs âgés cherchent à éviter de se retrouver au chômage dans leur cinquantaine ou soixantaine, ou quand ils obtiennent des aides d’État de différentes sortes qui permettent d’amortir les chocs sociaux, un débat s’ensuit inévitablement dans lequel ils sont accusés de voler leur travail aux jeunes. Dans un contexte de ressources soi-disant limitées, l’establishment, et les médias qui les servent, poussent les générations à la confrontation.

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L’un des principaux reproches faits aux syndicats est de ne penser qu’à eux, et pas aux besoins de la société dans son ensemble. Cependant, les travailleurs constituent la majorité de la société. Il n’est clairement pas dans leur intérêt d’accepter ce que leur demande l’establishment néolibéral, à savoir qu’ils acceptent la « nouvelle réalité » et embrassent la mondialisation.

Au cours des dernières décennies les syndicats en Europe ont généralement échoué à œuvrer au bien commun. Non qu’ils n’aient pas défendu les droits des travailleurs face aux changements du marché du travail, mais ils se sont plutôt concentrés sur des objectifs étriqués, tout en ne parvenant pas à contrecarrer les politiques économiques de l’Union européenne elle-même, qui priment sur la prise de décision politique.

La question fondamentale aujourd’hui en UE est celle des effets socio-économiques des politiques monétaristes et mesures d’austérité émanant de Bruxelles et Francfort. Ces politiques ont provoqué une réaction violente à l’encontre des institutions gouvernementales, qui s’est répandue et s’exprime sous la forme d’une ascension de partis politiques soi-disant populistes et anti-système.

 

Les syndicats : une partie du problème

Il est légitime de se demander où étaient les syndicats majeurs quand la Troïka – l’alliance formelle entre la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international – imposait une politique d’austérité massive à des pays tels que la Grèce, l’Espagne et l’Italie.

Que faisaient-ils pour arrêter la construction de l’UE sur des principes néolibéraux, qui a amené un taux de chômage élevé et des conditions de travail instables, tout en garantissant des renflouements pratiquement illimités pour le secteur financier ? Il est bien loin, le temps de l’âge d’or de l’action militante industrielle et des grèves générales du début du XXème siècle !

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Il y a bien eu nombre de manifestations et de grèves au fil du temps, mais un pas en arrière permet de constater que l’affrontement ne s’est pas fait au plus haut niveau. La cause en est que de nombreux syndicats ont été sur le fond récupérés par l’establishment au cours des 25 dernières années. Les syndicats ont, plutôt que d’y faire face, participé à la constitution de politiques économiques qui sont diamétralement opposées aux intérêts de la plupart des travailleurs.

L’UE a formellement adopté le dogme néolibéral selon lequel toute intervention économique est négative, et la seule voie vers la croissance est celle de la « flexibilité » et de l’attraction de l’investissement financier. Il y a bien sûr des exceptions, mais l’idéologie est claire, et fait office de matraque dès qu’un État-membre tente de réagir à une crise avec des armes telles que l’investissement public ou une meilleure régulation. Celles-ci ont été désignées contraires au principe supérieur de la « concurrence ».

La trahison de Maastricht

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Il avait été promis aux travailleurs européens une protection de leurs intérêts à l’approche de l’intégration au marché européen. Par exemple, Jacques Delors, alors président de la Commission des Communautés européennes, en photo ci-contre  en train de s’adresser au Congrès des syndicats britanniques à Bournemouth en 1988, promit qu’un marché européen intégré développerait « les régions reculées de la communauté », « restructurerait les régions industrielles en déclin », « lutterait contre le chômage de longue durée », « fournirait du travail aux jeunes » et protégerait le filet de la sécurité sociale.

« Il serait inacceptable que l’Europe devienne la source d’une régression sociale, alors que nous essayons de redécouvrir ensemble le chemin vers la prospérité et l’emploi », disait M. Delors. Et les syndicats y ont cru. « La seule partie de cartes en ville a lieu dans une ville nommée Bruxelles », disait Ron Todd, alors secrétaire général du Syndicat des travailleurs du transport et des travailleurs généraux.

Mais le Traité de Maastricht en 1992 a balayé ces promesses, se durcissant progressivement avec les années alors que s’élargissait le périmètre de la législation de l’UE, qui allait finalement de pair avec les sévères coupes budgétaires et les hausses d’imposition demandées durant la crise de l’Euro qui a affecté de nombreux pays à compter de 2009-2010.

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En raison du manque de « confiance des marchés » dans la dette souveraine de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie et d’autres, la Troïka a demandé des coupes dans les salaires, les pensions, les services de santé et de nombreux autres services publics. Ces choix exprimaient un respect envers les marchés financiers, ce qui a finalement fait empirer les choses. Ils ont eu un effet amortisseur sur l’activité économique et donc aggravé plus encore la crise fiscale.

Il en a résulté, même après la relance, un chômage de longue durée, une explosion du pourcentage d’emplois précaires et à durée limitée, de faibles salaires, soit l’opposé exactement de ce que M. Delors avait promis.

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Or, parce que cela était dans leur intérêt, et non dans celui des travailleurs, les officiels de la Troïka continuent d’imposer la même formule. Il y a quelques jours seulement, par exemple, David Lipton du Fonds monétaire international a déclaré aux Espagnols que, grâce à la « modération salariale » et à la « flexibilité », l’emploi se redressait en Espagne.

Mais compte tenu des problèmes pérennes « on a encore besoin d’une plus grande flexibilité des marchés du travail pour alimenter le moteur de la croissance », a-t-il demandé. Traduit sans langue de bois, le message est celui-ci : travailler pour moins d’argent, avec moins de garanties, est votre seul espoir d’obtenir un emploi, tout court.

Un discours de plus en plus audible

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Le 6 avril, je me suis rendu à une réunion d’un syndicat à Milan pour entendre un discours de Giorgio Cremaschi, ancien directeur du syndicat des ouvriers métallurgistes FIOM (Fédération syndicale internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie), affilié à l’une des plus grosses organisations du travail en Italie, le CGIL (Confédération générale italienne du travail).

Cremaschi a prononcé un discours vibrant à l’adresse des membres locaux du syndicat indépendant USB (Syndicat unitaire des travailleurs) au sujet des politiques désastreuses imposées par l’UE, qui ont donné la priorité aux règles budgétaires sur le bien-être humain. C’est arrivé à un point – note Cremaschi – tel que les acquis sociaux de base entérinés dans la Constitution italienne passent désormais au second plan, bien après le dernier ajout aux lois constitutionnelles du pays, à savoir l’obligation d’un budget équilibré.

Le problème évoqué à la réunion de l’USB est que les plus gros syndicats italiens ont invariablement refusé de s’opposer aux politiques néolibérales de l’UE. Ils ne se sont opposés à aucun des traités européens adoptés au cours des 25 dernières années, qui ont progressivement retiré les pouvoirs de décision des mains des gouvernements nationaux pour les remettre entre les mains d’une bureaucratie supranationale qui pourvoit aux besoin d’un système dominé par la finance spéculative.

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Néanmoins, les remarques les plus acerbes de Cremaschi n’étaient pas destinées aux institutions de Bruxelles ou aux banquiers de Wall Street ; il a accusé d’avoir laisser imposer ce qu’il appelle un « fascisme » aux familles des travailleurs, à la classe politique en Italie et aux grands syndicats eux-mêmes. [he laid the blame for the imposition of what he calls “fascism” against working families, squarely at the feet of the political class in Italy, and the large labor unions themselves.]

Cremaschi a critiqué les leaders centristes pour avoir accepté le récit selon lequel la mondialisation, malgré ses effets négatifs sur les travailleurs, est un processus objectif et inévitable. La vérité est, selon lui, qu’une série de décisions ont été prises pour imposer l’idéologie de l’économie libérale, ceci au bénéfice de quelques-uns, tout en appauvrissant la plupart des autres. Sa conclusion est qu’un réel changement ne peut intervenir qu’en s’opposant à l’instrument utilisé pour forcer l’acceptation de ces politiques, l’Union européenne.

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Cremaschi et l’USB abordent ces questions d’un point de vue de gauche, mais ces arguments de base sont aussi largement utilisés par les groupes de droite qui ont fait surface lors des élections de l’année passée à travers toute l’Europe. Les politiques économiques de l’UE représentent l’ennemi commun pour ces syndicats et partis politiques anti-système, et à leur avis, les syndicats dominants sont tout aussi coupables que la Troïka quant aux difficultés économiques rencontrées par les classes moyennes et populaires européennes.

Andrew Spannaus est journaliste et analyste stratégique, installé à Milan, Italie. Malgré une année passée à tenter de l’exclure en raison de son indépendance, il a été élu président de l’Association des correspondants étrangers de Milan en mars 2018. Il a publé les ouvrages « Perché vince Trump » (Pourquoi Trump l’emporte, juin 2016) et « La Rivolta degli elettori » (La Révolte des électeurs, juillet 2017).

https://www.les-crises.fr/les-travailleurs-europeens-trahis-par-andrew-spannaus/

vendredi 25 mai 2018

SNCF : mobilisation en baisse mais un vote écrasant contre la réforme

Près de 95 % des cheminots qui ont voté à la consultation organisée par l’intersyndicale se sont dits hostiles à la réforme ferroviaire.

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La mobilisation faiblit alors que les syndicats doivent être reçus par le premier ministre vendredi 25 mai

Des usagers sont bloqués dans la gare de Lille Flandres, Lille le 18 mai 2018. 

Des usagers sont bloqués dans la gare de Lille Flandres, Lille le 18 mai 2018. / Pascal Bonniere/Voix Du Nord/MAXPPP

Le résultat est écrasant : près de 95 % des cheminots qui ont voté à la consultation organisée par l’intersyndicale (CGT cheminots, Unsa ferroviaire, Sud-Rail, CFDT cheminots) se sont dits hostiles à la réforme ferroviaire. Selon les syndicats qui ont présenté, mercredi 23 mai, les résultats de ce « vot’action » ouvert du 14 au 22 mai, 91 000 agents de la SNCF ont voté, soit une participation dépassant les 60 %.

« L’hostilité des cheminots doit être entendue contre la réforme du gouvernement », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots. On ne fait pas une réforme contre l’avis des principaux experts en la matière et de ceux qui vont devoir la mettre en œuvre au travers de leur travail »

Seulement une « pétition »

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Dans un communiqué, la direction de la SNCF dit respecter l’expression des signataires et comprendre « l’inquiétude » des cheminots. Mais selon elle, « les modalités d’organisation de ce vot’action ne présentent pas toutes les garanties qui auraient pu être réunies : ni isoloir pour garantir le secret du vote, ni présence d’huissiers ou de tiers permettant de garantir la sincérité de l’expression, ni listing coordonné des salariés pour éviter les votes multiples. »

Bref, la SNCF considère que cette consultation est organisée « en dehors de tout cadre légal et s’apparente de ce fait à une pétition ». La direction de la compagnie rappelle aussi les résultats d’un récent sondage selon lequel 77 % des Français considèrent cette réforme « nécessaire ».

21e jour de grève

Ce 23 mai correspond aussi à la 21e journée de grève depuis le début avril. Le taux de grévistes a atteint 14,22 %, son plus bas niveau en semaine depuis le début du conflit. Le taux de conducteurs ayant cessé le travail est même passé pour la première fois sous les 50 % selon la direction.

Selon Erik Meyer, de Sud-Rail, certains cheminots vont déjà perdre l’équivalent d’un mois de salaire dans l’année. « C’est un énorme sacrifice », a renchéri Laurent Brun selon lequel les salariés « n’arrêteront pas la grève tant qu’ils n’auront pas des éléments concrets ».

Rencontres à Matignon

Les syndicats attendent beaucoup des rencontres bilatérales prévues avec Édouard Philippe vendredi 25 mai. Le premier ministre pourrait préciser à cette occasion comment le gouvernement prévoit de reprendre une partie de la dette colossale de SNCF Réseau (plus de 46 milliards d’euros).

« Il faut que le premier ministre trace un processus pour la suite », estime la CFDT qui veut des garanties sur la poursuite de négociations sociales. La CGT, elle, demande le début d’un vrai cycle de négociations avec le gouvernement et des réponses écrites aux différentes questions syndicales

Sortie de crise

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Pour la CGT et Sud-Rail, même si le processus législatif va jusqu’au bout, il ne réglera pas la question. De leur côté, la CFDT et l’Unsa ont porté des amendements au projet de loi à même d’apporter le plus de garanties sociales possible pour les cheminots. Elles attendent notamment des assurances sur le calendrier de négociations au sein de l’UTP (le syndicat patronal) pour la création d’une convention collective du ferroviaire.

Il ne serait pas alors impossible que la CFDT et l’Unsa proposent à l’intersyndicale une suspension du mouvement pour garder des forces de mobilisation au cas où la poursuite du processus se complique…

Démission

En attendant, l’intersyndicale pointe la crise de confiance à la SNCF que traduit le résultat du vote. Mais si Sud-Rail demande au patron de la compagnie, Guillaume Pepy, de « tirer les conséquences » de la consultation et « de présenter sa démission au gouvernement avant la fin de la semaine », la CFDT comme l’Unsa estiment qu’il n’y a pas « de question de personnes »

« La rupture de confiance entre la direction et le corps social de la SNCF est extrêmement forte », a cependant souligné Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT. Un état de fait qui devra être pris en compte quelle que soit l’issue du conflit. « La réforme passera mais il est certain que cela laissera des traces », estime un bon connaisseur de l’entreprise.

https://www.la-croix.com/Economie/Social/A-SNCF-mobilisation-baisse-vote-ecrasant-contre-reforme-2018-05-23-1200941148?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180523&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=1043244&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018#

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jeudi 26 avril 2018

Frexit et Fachos : amalgames et confusions

AFFICHE CL CGT

TRIBUNE LIBRE / communisteslibertairescgt.org

TL CL CGT

LOGO CL CGT

La Confédération a réagi très fortement, et très justement, contre la tentative des fachos de tous poils d’intégrer nos manifestations ouvrières. Elle réagit aussi vigoureusement contre l’attaque des étudiants grévistes à Montpellier par des fachos. Asselineau et son UPR doivent être écartés de nos manifs comme le FN et les autres.

 

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Des camarades du Nord contestent cette position et soutiennent que la question du Frexit est centrale aujourd'hui. Notre point de vue sur ce débat :

Il est vrai que la direction confédérale qui refusait de prendre position avait dû corriger le tir concernant le réferendum sur le Traité Constitutionnel Européen après une bronca à tous les étages en interne. Il est faux en revanche de prétendre que la campagne contre le TCE était une campagne pour la sortie de l’Europe. La campagne refusait cette Europe là, libérale et capitaliste, point.

Nous pouvons facilement prévoir qu’un profond mouvement social qui porterait une alternative « socialiste » en France déclencherait la riposte des dirigeants des pays voisins. De ce point de vue, toute politique réellement alternative au capitalisme, se heurtera de toute évidence aux règles de l’Europe actuelle. De toute évidence le peuple au pouvoir prendra ses propres décisions qui seront à l’opposé des règles et lois européennes actuelles.

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Mais l’attitude de révolutionnaires, internationalistes par nature, ne saurait être le repli dans les frontières nationales. Bien au contraire le mouvement populaire en France devra rechercher non pas la rupture mais l’union avec les forces ouvrières en Europe. Dans une dynamique révolutionnaire, bien sûr que nous romprons avec la construction européenne capitaliste mais pour étendre le mouvement aux autres pays, pas pour nous replier derrière le ligne bleue des Vosges !

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En ce sens le « Frexit » marquerait l’échec à élargir la révolution au delà de nos frontières. Si le Frexit est probable dans le cadre de la lutte des classes intensifiée, il n’est donc pas un objectif en soi, seulement le résultat d’un rapport de force inégal entre une France en révolution et une Europe où les travailleurs resteraient passifs.

Poser le Frexit comme objectif en soi, voir comme objectif central comme le font des camarades dans la CGT c’est, en dépit des dénégations, reprendre un discours nationaliste qui appartient au lexique de l’extrême-droite et pas au lexique des internationalistes. C’est donner de l’eau au moulin des fachos. Donner du crédit à leurs discours. Bien sûr il ne s’agit pas de dénoncer ces camarades comme étant fachos. Mais jouer avec le discours des fachos est extrêmement dangereux...

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Dans le cadre de la mondialisation capitaliste, plus que jamais, les révolutionnaires doivent avoir une vision sans frontière de la lutte des classes et de la révolution. Produire et consommer local c’est une nécessité sociale et écologique pour vivre autrement. Mais cela implique de nouvelles solidarités internationales et pas un repli chauvin.

Voici déjà la déclaration de la confédération :

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L’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux
Ni nulle part ailleurs !
mercredi 21 mars 2018
L’exigence de justice sociale qui s’exprime partout en France, face à la multiplication des attaques du gouvernement aux ordres du patronat, appelle à la mobilisation massive des salariés, des agents de la fonction publique et des services publics, des retraités, des privés d’emploi et de la jeunesse.
C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au « Frexit », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte.
Leurs ambitions politiques sont en totale opposition avec nos valeurs, notre aspiration de transformation sociale, nos combats syndicaux pour une société plus juste, plus solidaire, accueillante et fraternelle.
Toutes ces organisations ne font que diviser. Elles instrumentalisent la colère sociale à des fins populistes. La « priorité nationale » est contraire à nos valeurs, comme aux valeurs républicaines.
Régulièrement et particulièrement dans la période, les responsables politiques de cette mouvance attaquent les militants syndicaux, particulièrement ceux de la CGT et pas uniquement dans les communes où l’extrême droite est majoritaire.
L’extrême droite, sous toutes ses formes, n’a pas sa place dans les cortèges syndicaux ! Elle est l’amie des puissants et l’ennemi de ceux qui se battent pour la justice sociale !
La CGT, avec ses organisations, ne tolèrera aucune provocation, aucune utilisation abusive des médias ou réseaux sociaux pour venir soutenir la stratégie d’imposture sociale de l’extrême droite.
Montreuil, le 21 mars 2018

Voici maintenant la déclaration d’un militant du Nord :

LE BUREAU CONFEDERAL CGT DOIT RESPECTER LE VOTE DE LA CGT ET DU PEUPLE
CONTRE LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPEEN

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Sous le titre juste « l’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux, ni nulle part ailleurs », le communiqué confédéral CGT du 21 mars 2018 fait un amalgame scandaleux entre d’une part « différents mouvements favorables au ’frexit’ » et d’autre part le « front national »/« les patriotes »/les « organisations identitaires, xénophobes et racistes (qui) se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte ». C’EST HONTEUX ET INACCEPTABLE.
Est-ce ici l’occasion de revanche du Bureau Confédéral contre le vote pour le « frexit » au TCE du CCN de la CGT en 2005 ? Est-ce un gage de soumission de plus à cette antenne institutionnelle de la Commission Européenne et de la Table Ronde des Industriels Européens qu’est la CES ?

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Sur quelle décision démocratique de la CGT se fonde cet amalgame entre fascisme pro-européen réel « des front national/patriotes/identitaires » et véritable position progressiste, révolutionnaire de classe pour la sortie de l’euro/UE/OTAN, position défendue par bon nombre de syndicalistes de classe au sein de la CGT ?
Le Bureau confédéral ose-t-il ranger parmi les fascistes le CCN qui a voté le « frexit » au TCE en 2005 ?

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Qu’est ce donc ce soutien non assumé, donc hypocrite, à la construction du bloc impérialiste européen qui saccage par la guerre derrière l’impérialisme US des pays entiers (Irak, Libye, Syrie, etc), voire le continent Africain (opération Barkhane sur tout le long du Sahara/Sahel), s’aligne systématiquement sur les crimes sans fin et sans nom du sionisme colonialiste israélien et détruit par les décisions de la commission européenne, caisse de résonnance des grandes Multinationales capitalistes européennes, tous nos conquis sociaux et démocratiques dans les différents pays européens ?
Depuis quand fait-on passer subrepticement à la CGT des positions non débattues par les instances démocratiques ?
Est-ce là un alignement, non dit et non assumé, sur cette officine eurocratique appelée « confrontation » à laquelle certains dirigeants et ex-dirigeants jamais trop éloignés du Bureau Confédéral adhèrent pour faire « partager » au syndicalisme français l’horreur chauvine, raciste du projet fédéral européen comme moyen politique de construire un bloc impérialiste européen à la fois allié et concurrent des prédateurs US contre les peuples ?

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Cela ne rappelle-t-il pas la sauvage domination criminelle du capitalisme, né en Europe, et exporté dans le monde à coups de génocide des Amérindiens, de traite des esclaves noirs et de colonialisme ?
Ne voit-on pas ce que coûte aux travailleurs et aux peuples en Europe la dite construction de l’impérialisme européen : la faillite imposée à la Grèce, les politiques et lois anti-sociales des gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé depuis 1981, la montée électorale des fascistes, etc ?
IL FAUT QUE CESSE CET AMALGAME INFAMANT ENTRE LES FASCISTES ET LES DÉFENSEURS DU DROIT DE SORTIR DE CETTE PRISON DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES QU’EST L’UNION EUROPÉENNE !
Assumez un débat franc et net, au lieu de vous cacher derrière des amalgames perfides, sur l’impérialisme européen en construction et ses dégâts ici et partout ailleurs.
Diagne Roland, membre des CE : CGT Educ’Action Nord, FERC, UL CGT Tourcoing, UD CGT du Nord

 

Commentaires

# Frexit et Fachos : amalgames et confusions Le 30 mars à 02:40, par sissoko

Quelle honte d’assimiler la sortie de l’UE à du chauvinisme, une fois de plus vous montrez à quel point vous êtes des imposteurs, vous brodez des sophismes marxisants complètement éloignés de toute analyse concrète de la situation concrète dans laquelle sont les travailleurs : une sortie de l’Europe serait actuellement le meilleur premier pas vers plus de justice sociale. Votre position n’est pas crédible, elle montre juste votre vrai visage, comme quand vous soutenez hypocritement l’impérialisme US. Vous faites un bien sale travail.

http://www.communisteslibertairescgt.org/Frexit-et-Fachos-amalgames-et-confusions.html

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Les "communistes libertaires" à la rescousse de la direction confédérale CGT, réformiste et européiste, voilà qui ne manque pas de piquant...Vont- ils désormais prêter main forte au service d'ordre de la CGT pour tenter de nous intimider et de nous  expulser des manifestations, comme ce fut le cas dernièrement à Limoges? Il est loin le temps où leurs "cousins" anarchistes dénonçaient les "gardes rouges du Capital"!     P.G.

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mercredi 4 avril 2018

La CGT commerce rejoint la Fédération Syndicale Mondiale, la CGT 94 critique la CES

TRIBUNE LIBRE / PRCF

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En même temps qu’un communiqué issu d’obscurs circuits de la confédération se permettait un amalgame odieux entre travailleurs et syndicalistes partisans du FREXIT et la nauséabonde extrême droite qui – il ne faut jamais l’oublier – est en réalité contre la sortie de l’UE et de l’euro (voir les déclarations et le programme de Le Pen à ce sujet), la critique et la défiance vis à vis des instances telles que la intégrées à la machine à broyer qu’est l’Union Europenne montent de toutes parts dans la .

TL CGT FREXIT

En témoigne la spectaculaire prise de position de la fédération du Commerce et des services qui a décidé de rejoindre la . Et l’annonce de l’une des plus grosses unions départementales, celle du Val de Marne,  qui, réunie en congrès, critique vertement la CES et annonce son intention d’étudier la possibilité de rejoindre elle aussi la solidarité du et de masse avec la Fédération Syndicale Mondiale.

La fédération CGT du Commerce et des services rejoint la FSM

La Fédération CGT du Commerce et des Services tenait son 15ème congrès à Reims du 19 au 23 mars. A l’issue de ses travaux, les délégué.e.s de la Fédération ont décidé de s’affilier à la Fédération syndicale mondiale (FSM-WFTU)

Les congressistes, représentant les 45.000 adhérent.e.s des syndicats de la Fédération, ont voté à la quasi unanimité un mandat pour la nouvelle direction fédérale. Elle doit entamer les démarche d’adhésion officielle à la Fédération Syndicale Mondiale.

Pour la CGT, une nouvelle fédération professionnelle quitte la Confédération Syndicale Internationale et la Confédération Européenne des Syndicats (réformiste) pour la Fédération Syndicale Mondiale.

Ainsi elle rejoint la Fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT et Fédération nationale des industries chimiques CGT (ré-adhésion en 2014), ainsi que des syndicats de base et l’Union départementale des Bouches-du-Rhône

Une délégation de la FSM dans une manifestation à Marseille contre la loi travail, tandis que la CES appuie la casse des codes du travail en soutenant l’Union Européenne contre les travailleurs:

 

Congrès de la : critique de la CES, et mouvement vers la Fédération Syndicale Mondiale

Le 20ème congrès de l’Union départementale des syndicats et des sections syndicales du Val-de-Marne c’est tenu en novembre 2017 à Villejuif. Dans son rapport, l’UD dresse un bilan sombre de la Confédération syndicale internationale et de sa branche européenne (Confédération européenne des syndicats)

Voilà ce que dit le secrétaire général de l’UD CGT du Val-de-Marne Cédric Quintin dans son rapport : 

Après un retour historique sur la Commune de Paris de 1871, la révolution socialiste d’Octobre 1917, le Front populaire de 1936 … le dirigeant de la CGT a dressé un bilan dramatique de la situation politique, sociale du monde. Il dresse un constat sévère sur les incapacités de la Confédération syndicale internationale et de sa branche européenne (Confédération européenne des syndicats) et souhaite un rapprochement avec la Fédération Syndicale Mondiale, notamment l’affiliation de l’UD à la FSM :

Extrait du discours :

” C’est autour de ces enjeux cruciaux que nous avons tenu en juin dernier une importante rencontre sur deux jours en présence d’une cinquantaine de camarades, d’un représentant du syndicat Grec PAME (affilié à la FSM) avec qui nous venons d’ouvrir une nouvelle coopération syndicale, en présence également de la confédération, ainsi qu’en présence de Jean-Pierre PAGE, ancien secrétaire général de l’UD de 79 à 92 et ancien responsable du secteur international de la Cgt.

Sans concession ni langue de bois, un constat sévère mais implacable s’en est dégagé. D’abord sur l’illisibilité, l’absence de volonté, le manque de solidarité et de coordination des luttes de la part de la CES et de la CSI (confédération syndicale européenne et confédération syndicale internationale) auxquelles la Cgt est affiliée depuis la fin des années 90. Davantage qu’un simple constat, nous avons vérifié et souligné à cette occasion combien ces organisations syndicales européennes et internationales étaient encore engluées dans l’accompagnement du capitalisme mondialisé, dans le lobbying, dans le syndicalisme professionnel et institutionnel, dans la compromission et l’impuissance. Dans l’ostracisme également et l’arrogance vis-à-vis de la fédération syndicale mondiale comptabilisant pourtant près de 100 millions d’adhérents à travers le monde.

La FSM, loin d’être à son tour exempte de critiques ou d’insuffisances, mais qui au moins se revendique et continue d’agir en syndicat résolument anti capitaliste et anti impérialiste, ce qui est, entre nous, bien plus conforme à notre histoire, nos repères et nos orientations que le syndicalisme de renoncement et de gestion de la misère qu’incarnent malheureusement, la CES ou la CSI.

Au sortir de cette rencontre départementale, nous avons donc décidé, chers-es camarades, de faire monter l’exigence au sein de la Cgt de dresser un inventaire, un bilan collectif de nos affiliations dans ces organisations, 20 ans après y avoir adhéré. Demande partagée par d’autres organisations de la Cgt dans l’attente du 52ème congrès confédéral.

Une seconde proposition a émergé à cette occasion et depuis cette rencontre de juin. Celle d’examiner notre affiliation, en tant qu’UD, à la FSM puisque les statuts de cette dernière, comme ceux de la CSI, nous y autorisent et que c’est déjà le cas pour plusieurs organisations syndicales internationales, ainsi que plusieurs syndicats, UL ou fédérations de la Cgt. Parmi-eux citons les fédérations de l’agroalimentaire et de la chimie, le syndicat de l’Energie Paris ou les Cheminots de Versailles. Je ne peux malheureusement développer davantage le sujet puisque nous avons décidé d’organiser très prochainement un important comité général sur le sujet.

Néanmoins, nous ne souhaitons prendre personne par surprise ni tergiverser sur la direction que nous entendons proposer et débattre tous ensemble.

De quoi, honnêtement et objectivement, avons-nous besoin comme solidarité internationaliste en Europe et dans le monde pour mener nos combats jusqu’à la victoire ?

C’est au fond la seule question qui vaille et qui doit nous animer aujourd’hui ! Nous ne sommes pas dans l’incantation ou la nostalgie d’une époque révolue. Nous voulons débattre, nous souhaitons un état des lieux et un bilan syndical international honnête. Nous sommes insatisfaits et constatons aujourd’hui l’impuissance et l’éclatement du paysage syndical international qui entrave lourdement son action et sa résistance face à l’internationale patronale et au monde de la finance. De notre point de vue, la Cgt doit être davantage actrice et à l’initiative de cette refondation internationale du syndicalisme dans un sens plus combatif, plus revendicatif et solidaire. En toute modestie et respectueuse des histoires des spécificités de chacun, sans arrogance ni ingérence, la Cgt doit entraîner et convaincre les autres organisations syndicales à venir plus nombreuses sur le chemin de la lutte, de la confrontation, du rapport des forces et non dériver, se diluer dans des alliances et coalitions sans queue ni tête et en totale incompatibilité avec nos orientations et notre histoire.”

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/la-cgt-commerce-rejoint-la-federation-syndicale-mondiale-la-cgt-94-critique-la-ces/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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ça semble bouger sérieusement à la Cgt et la compréhension de la supercherie européenne progresse dans le monde syndical comme dans tout le pays. Je ne peux qu'inciter nos adhérents syndicalistes à soutenir ces actions de mise en cause de structures inféodées à l'UE.     P.G.

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jeudi 29 mars 2018

Grève à Air France : la direction sous pression

Les syndicats d'Air France font monter la pression sur la direction à la veille d'une journée de négociation sur la question salariale. Après la grève du 23 mars, onze syndicats de la compagnie française ont appelé ce lundi à la grève pour les 3 et 7 avril, en plus de l'arrêt de travail prévu ce vendredi.

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Demande d'une hausse salariale de 6%

"Nous allons durcir le rythme des mouvements" face à une direction qui, "en n'apportant aucune réponse concrète" aux revendications exprimées les 22 février et 23 mars, "campe sur ses positions et cherche la division", indiquent dans un communiqué les organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d'hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD). Cette intersyndicale à laquelle s'ajoute l'Unac, l'un des trois syndicats représentatifs parmi les hôtesses et stewards (exclu de l'intersyndicale), réclame toujours "une augmentation générale de 6% des grilles de salaire afin de rattraper l'inflation" accumulée depuis 2011.

Accord signé par la CFDT et la CFE-CGC

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Ces syndicats s'opposent à l'accord minoritaire signé à l'issue des négociations annuelles obligatoires (NAO) par la CFE-CGC et la CFDT (31,3% des voix du personnel) qui prévoit 1% d'augmentation générale en deux temps pour 2018 (assortie d'une enveloppe d'augmentations individuelles de 1,4% pour les personnels au sol (les augmentations individuelles des personnels navigants étant régies par des accords collectifs spécifiques).
Un niveau jugé insuffisant par les syndicats grévistes au regard des résultats financiers de la compagnie. Ils demandent ainsi une augmentation de 240 millions d'euros, qui représentent 40,8% du résultat d'exploitation dégagé par la compagnie en 2017 (588 millions d'euros). Avec d'autres mesures comme l'intéressement, la somme s'élève même à 300 millions d'euros.

Menace sur les recettes

L'équation est terriblement complexe pour la direction. Sur le plan financier, ce conflit intervient au moment où un grand nombre de clients réservent leurs vacances d'été, la période la plus lucrative pour la compagnie. Ceci alors que l'année 2018 sera probablement moins florissante que l'année précédente en raison notamment de la montée du prix du carburant.

«La menace d'un conflit dur peut en dissuader beaucoup de voler sur Air France, notamment la clientèle étrangère qui avait prévu de passer par la compagnie française pour un vol en correspondance », fait remarquer un observateur, qui rappelle l'impact négatif des mouvements sociaux en termes d'image.

Pour autant plusieurs éléments n'incitent pas la direction à céder. Après avoir qualifié les revendications syndicales comme un danger pour l'avenir de la compagnie, la direction a beaucoup à perdre à pas apporter sur un plateau une victoire aux syndicats, et au SNPL en particulier. Notamment à l'aube de la présentation en juin d'un plan stratégique dont certaines mesures devront passer par une négociation avec le syndicat des pilotes de ligne.

"Nous ne pouvons pas aller plus loin. Je ne veux pas sacrifier l'avenir d'Air France en mettant en péril nos atouts. Nous avons accumulé trop de retard par rapport à nos concurrents", a indiqué récemment le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac.

Surtout, en cédant, elle porterait un coup très dur aux deux syndicats signataires de l'accord salarial, la CFDT et la CFE-CGC, deux signataires habituels. En donnant une prime aux non-signataires, la direction se mettrait à dos la CFDT et la CFE-CGC et mettraient ces derniers dans une situation très inconfortable pour les prochaines élections professionnelles dans un an.

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«Il y a évidemment une dimension électorale dans ce mouvement », explique un syndicaliste.

« Si elle cède, la direction définira avec quels syndicats elle négociera demain », fait valoir un pilote.

Pour lui, la direction peut se mordre les doigts. «Sans aller jusqu'à 6%, si la direction ne s'était pas entêtée à vouloir donner 1% mais avait accordé une hausse équivalent à deux fois l'inflation, autour de 2%, il n'y aurait pas eu de grève. Là, la direction va faire perdre beaucoup d'argent et va être obligée de lâcher », assure-t-il.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/greve-a-air-france-la-direction-sous-pression-773147.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180327

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mardi 27 mars 2018

Mensonges et amalgames

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL CGT UE

Déclaration du PRCF.   23 mars 2018

La lecture d’un communiqué sur le site confédéral de la a heurté un grand nombre de militants et pas seulement au PRCF.

Si tout le monde comprend et approuve la dénonciation par la CGT des fascistes et de l’ extrême-droite, des racistes et des xénophobes, y compris leur exclusion manu militari des cortèges syndicaux par les S.O. ouvriers, il y a dans ce texte une formule inacceptable et un amalgame hallucinant.

Voici la phrase :

C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au «  », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte. ”

Comment mêler les fascistes et les organisations (sans aucune précision quand à l’orientation politique de celles-ci !) qui sont favorables au Frexit progressiste, c’est-à-dire antifasciste, patriotique, populaire et internationaliste, en vue de renationaliser les grandes entreprises stratégiques, d’étendre les droits des travailleurs, de développer la démocratie, de défendre la paix, de sortir de l’OTAN et des logiques de guerre, de relancer une véritable coopération internationale libérée de la « concurrence libre et non faussée » imposée par Maastricht ? Et cela la veille d’un mouvement social que nous souhaitons d’ampleur, alors que c’est l’ qui, avec sa directive ferroviaire et ses appels constants à la réduction des dépenses publiques, impose à la fois la privatisation du rail et la réduction de notre fonction publique territoriale, hospitalière et d’État? Mais il est vrai qu’en 2005 le bureau confédéral voulait voter oui à la constitution européenne avant d’être mis en minorité par le CCN de la CGT…

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Cet amalgame est doublement mensonger puisque le FN n’a jamais proposé le Frexit , au mieux l’inconsistante « sortie concertée de l’euro » qui, dans la dernière période, a été carrément abandonnée.

Enlisée dans un européisme vomi par l’immense majorité des travailleurs, effrayée par la montée des idées de Frexit progressiste dans le monde du travail et dans les syndicats de classe, la direction confédérale de la CGT étroitement soumise à la Confédération européenne des syndicats, cette courroie de transmission de Bruxelles, en devient aveugle et sourde, voire insidieusement menaçante à l’égard d’une série de progressistes, voire de syndicalistes CGT hostiles à l’UE.

Qui en est encore favorable à l’ UE ? En tous les cas pas les communistes. Communistes portugais, grecs, italiens, allemand, espagnols, britanniques, tous sont pour sortir de ce carcan mortifère qu’est l’ UE. L’UE et son euro de misère. De plus en plus de forces progressistes s’orientent vers une approche plus lucide et donc de classe de l’ UE.

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Ne reste pour défendre l’ UE et l’euro, que le traître Tsipras, le « progressiste radical » qui est en train d’interdire la grève en Grèce sur sommation explicite de l’UE, et P. Laurent, le secrétaire national de la section hexagonale du PGE, qui accepte d’un cœur léger que le Parti de gauche français quitte le PGE (parce qu’il refuse de siéger à côté de Tsipras) tout en acceptant Syriza, ce parti de briseurs de grève, dans la direction de la « Gauche » européenne…

Après ce que nous avons vu en Grèce, au Portugal, en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne et ô combien chez nous, comment un syndicat ou un parti politique se réclamant de la gauche peuvent-ils continuer à bêler après “Europe sociale” au moment même où l’État-major du grand capital, à savoir l’ UE, impose ses diktats régressifs et son augmentation des budgets de guerre à tous les peuples européens ? Avec qui la direction de la CGT veut-elle défendre cette UE conçue contre le monde du travail ? Avec Barroso ? Avec Juncker ? Avec Orban ? Avec Merkel ? Avec le gouvernement autrichien à participation néonazie ? Les travailleurs ont déjà dit à toutes les élections ce qu’ils voulaient : sortir de l’ UE. Le Frexit par la porte de gauche, celle de l’indépendance nationale, de la coopération internationale, des renationalisations, de l’antifascisme et de l’antiracisme.

Nous posons d’ailleurs une question à la CGT : va-t-elle exclure à titre posthume Benoît Frachon, Marcel Paul, Georges Séguy, Henri Krazucki, qui ont combattu frontalement, sur des bases de classe anticapitaliste, la « construction » européenne et atlantique du capital en montrant qu’elle était entièrement antinomique de la paix, de la démocratie, de la souveraineté des peuples et du progrès social ?

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Qui ne voit, à part les auteurs de cette déclaration de chasse aux sorcières, que les forces ouvrières et populaires, syndicales et politiques, sont de jour en jour plus nombreuses à appeler, comme le fait le PRCF depuis sa fondation, à briser les chaînes de l’ UE ? Nous ne parlons évidemment pas des bureaucrates dont la survie financière est liée au financement européen. A moins évidemment que le honteux amalgame pré-maccarthyste de la confédération ne repose sur la prise de conscience effrayée que les idées de Frexit progressistes sont appelées à devenir majoritaire dans la classe travailleuse et qu’en conséquence, à défaut de combattre franchement l’euro-directive qui cadre la privatisation macronienne de la SNCF, le bureau confédéral ait avant tout décidé de « sanctuariser » la sacro-sainte « construction européenne », la monnaie unique et ce qui l’accompagne nécessairement : les critères d’austérité de Maastricht.

Bref, en tant que patriotes ET internationalistes, en tant que Résistants antifascistes et/ou fils et filles de Résistants antifascistes, en tant très souvent que MILITANTS SYNDICAUX, y compris pour beaucoup d’entre nous, adhérents de longue date de la CGT ou de la FSU, nous ne nous laisserons pas intimider. Nous avons même conscience de défendre l’honneur de la CGT en demandant qu’on arrête avec des amalgames scandaleux qui, pour défendre la funeste « construction » européenne, en arrivent sournoisement à appeler à la chasse aux sorcières dans les manifs. Toujours la fascisation prend pour prétexte l’exclusion des militants communistes et syndicalistes les plus conséquents, ceux qui ne pactisent pas avec une construction européenne qui menace désormais du dedans les confédérations syndicales.

Nous appelons les autres organisations de gauche favorables au Frexit progressiste à s’exprimer dans le même sens que nous ; virons le FN et ses surgeons philippiens des manifs, mais ne laissons pas criminaliser les tenants du Frexit progressiste.

Nous exigeons des éclaircissements et des excuses sur cet amalgame scandaleux de la direction de la CGT.


LE BUREAU CONFEDERAL CGT DOIT RESPECTER LE VOTE DE LA CGT ET DU PEUPLE ONTRE LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPEEN

Sous le titre juste “l’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux, ni nulle part ailleurs”, le communiqué confédéral CGT du 21 mars 2018 fait un amalgame scandaleux entre d’une part “différents mouvements favorables au ‘frexit'” et d’autre part le “front national”/”les patriotes”/les “organisations identitaires, xénophobes et racistes (qui) se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte”. C’EST HONTEUX ET INACCEPTABLE.

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Est-ce ici l’occasion de revanche du Bureau Confédéral contre le vote pour le “frexit” au TCE du CCN de la CGT en 2005 ? Est-ce un gage de soumission de plus à cette antenne institutionnelle de la Commission Européenne et de la Table Ronde des Industriels Européens qu’est la CES ?

Sur quelle décision démocratique de la CGT se fonde cet amalgame entre fascisme pro-européen réel “des front national/patriotes/identitaires” et véritable position progressiste, révolutionnaire de classe pour la sortie de l’euro/UE/OTAN, position défendue par bon nombre de syndicalistes de classe au sein de la CGT ?

Le Bureau confédéral ose-t-il ranger parmi les fascistes le CCN qui a voté le “frexit” au TCE en 2005?

Qu’est ce donc ce soutien non assumé, donc hypocrite, à la construction du bloc impérialiste européen qui saccage par la guerre derrière l’impérialisme US des pays entiers (Irak, Libye, Syrie, etc), voire le continent africain (opération Barkhane sur tout le long du Sahara/Sahel), s’aligne systématiquement sur les crimes sans fin et sans nom du sionisme colonialiste israélien et détruit par les décisions de la commission européenne, caisse de résonance des grandes multinationales capitalistes européennes, tous nos conquis sociaux et démocratiques dans nos différents pays ?

Depuis quand fait-on passer subrepticement à la CGT des positions non débattues par les instances démocratiques ?

Est-ce là un alignement, non dit et non assumé, sur cette officine eurocratique appelée “confrontation” à laquelle certains dirigeants et ex-dirigeants jamais trop éloignés du Bureau Confédéral adhèrent pour faire “partager” au syndicalisme français l’horreur chauvine, raciste du projet fédéral européen comme moyen politique de construire un bloc impérialiste européen à la fois allié et concurrent des prédateurs US contre les peuples ?

Cela ne rappelle-t-il pas la sauvage domination criminelle du capitalisme, né en Europe, et exporté dans le monde à coups de génocide des Amérindiens, de traite des esclaves noirs et de colonialisme ?

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Ne voit-on pas ce que coûte aux travailleurs et aux peuples en Europe la dite construction de l’impérialisme européen : la faillite imposée à la Grèce, les politiques et lois anti-sociales des gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé depuis 1981, la montée électorale des fascistes, etc ?

IL FAUT QUE CESSE CET AMALGAME INFAMANT ENTRE LES FASCISTES ET LES DÉFENSEURS DU DROIT DE SORTIR DE CETTE PRISON DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES QU’EST L’UNION EUROPÉENNE

Assumez un débat franc et net, au lieu de vous cacher derrière des amalgames perfides, sur l’impérialisme européen en construction et ses dégâts ici et partout ailleurs.

Diagne Roland, membre des CE : CGT Educ’Action Nord, FERC, UL CGT Tourcoing, UD CGT du Nord


Pour ceux qui douteraient de ce qu’est le rôle de l’Union Européenne, au moment où tous les syndicalistes, les cheminots de la CGT sont mobilisés contre la privatisation de la SNCF, la libéralisation du Rail, la suppression du statut, il est important et indispensable de rappeller que la réforme Borne Macron de la SNCF est la traduction de l’obligation de la transcription en droit français d’ici décembre 2018 des directives européennes du 4e paquet ferroviaire. D’où la méthode violente de la réforme par ordonnances pour tenir ce délais et éviter les sanctions de la Commission Européenne. Alors, privatisation de la SNCF et Union Européenne, ou Services Publics par le Frexit progressiste, les travailleurs peuvent faire leur choix !

L’achèvement de l’espace ferroviaire unique européen : le 4e paquet ferroviaire

L’objectif est de renforcer la compétitivité du transport ferroviaire et de faciliter la libre circulation des voyageurs et des services de transports avec l’achèvement de la mise en place de l’espace ferroviaire unique européen.

Le quatrième « paquet ferroviaire » se compose de six textes présentés par la Commission européenne en janvier 2013. Trois textes concernent le volet technique . Les autres textes constituent le « volet politique » en raison des questions de gouvernance et d’ouverture à la concurrence qu’elles traitent.

Le pilier technique a été publié le 26 mai 2016 au Journal officiel de l’Union européenne.

Le pilier politique a été publié le 23 décembre 2016 au Journal officiel de l’Union européenne.

Le pilier politique : ouverture à la concurrence de toute l’activité transport de voyageurs

Cet ensemble de textes législatifs européens orientera les évolutions du système de transport ferroviaire pour les prochaines années, puisqu’il parachève la libéralisation des marchés ferroviaires en prévoyant l’ouverture à la concurrence de l’ensemble des services domestiques de transport ferroviaire de voyageurs et en réformant les règles de gouvernance des groupes ferroviaires et de régulation des marchés ferroviaires.

Le pilier politique traite principalement de deux aspects :

  • la gouvernance des groupes ferroviaires, avec notamment des mesures de sauvegarde de l’indépendance du gestionnaire d’infrastructure plus fortes et de nouveaux pouvoirs donnés au régulateur ;
  • l’ouverture à la concurrence des services de transport domestique de voyageurs, en 2021 au plus tard pour les services commerciaux et fin 2023 au plus tard pour les services conventionnés.

Les dispositions concernant la gouvernance et l’ouverture à la concurrence des services commerciaux doivent être transposées d’ici décembre 2018.

Les dispositions concernant la mise en place d’appels d’offre systématiques pour les contrats de service public, elles, sont directement applicables dès décembre 2023.

Le pilier technique

Ce pilier s’intéresse à l’interopérabilité et à la sécurité ferroviaire, ainsi qu’à l’Agence de l’UE pour les chemins de fer (ancienne Agence ferroviaire européenne) qui devient un acteur clé des dispositifs d’autorisation des matériels roulants et des entreprises ferroviaires.

Il renforce l’harmonisation européenne des procédures d’autorisation portant sur les matériels et sur les opérateurs en confiant dès 2019 de nouvelles missions à l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer (règlement n°2016/796). Il s’agit notamment de réduire les formalités administratives liées aux procédures d’autorisation et leurs coûts, tout en préservant le haut niveau de sécurité atteint .

L’interopérabilité ferroviaire (directive n02016/797) repose sur la mise en place de procédures d’autorisation des véhicules ferroviaires, la fixation d’exigences essentielles à respecter, qui se traduisent sous la forme de règles détaillées que l’on appelle des « spécifications techniques d’interopérabilité ». L’interopérabilité ferroviaire requiert également de limiter au strict nécessaire l’existence de règles nationales pour des raisons historiques ou liées à la spécificité d’un ou plusieurs réseaux sur un territoire national. Enfin l’interopérabilité ferroviaire est également garantie par des procédures de vérification et d’évaluation de la conformité pour différents sous-systèmes ou constituants d’interopérabilité en déterminant les organismes et les procédures afférents.

La sécurité ferroviaire (directive n°2016/798) repose sur la mise en place de procédures d’autorisation des entreprises ferroviaires et des gestionnaires d’infrastructures, la définition du partage des responsabilités entre les différents acteurs, la mise au point d’objectifs, d’indicateurs et de méthodes dites de « sécurité communes » pour limiter là aussi les règles nationales au strict nécessaire, l’existence d’autorités nationales de sécurité et d’organismes chargés des enquêtes sur les incidents et accidents et la définition de principes communs pour la gestion et la surveillance de la sécurité ferroviaire.

L’Agence ferroviaire européenne, jusqu’ici dotée principalement de missions d’assistance technique pour la Commission européenne, devient l’autorité responsable :

  • de la délivrance des autorisations liées à l’interopérabilité et à la sécurité ferroviaires
  • du système européen gestion du trafic ferroviaire (ERTMS)
  • de la réduction du nombre de règles nationales techniques et/ou de sécurité
  • de la mise en place à terme d’un registre européen des véhicules

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/mensonges-et-amalgames/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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