jeudi 2 août 2018

Droits d’auteur : l’étrange campagne « citoyenne » contre « l’impitoyable » article 13 qui fait enrager les lobbies

L’europarlement a voté jeudi 5 juillet sur un projet de directive réglementant « le droit d’auteur dans le marché unique numérique ». C’est peu dire que cette perspective a mobilisé les géants mondiaux de l’Internet qui redoutent d’être soumis à quelques contraintes.

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La proposition émanant de la Commission européenne est pourtant fort prudente, et ne menace guère les Facebook et autres Google de la guillotine immédiate. Mais, pour les firmes, surtout américaines, c’est déjà trop.

Google n’a ainsi pas hésité à dépenser 31 millions d’euros pour des offensives de lobbying direct. A cela s’ajoutent les pressions de 24 groupes et faux-nez divers dont la firme de Montain View est partie prenante.

Contacté pour « sauver internet », un youtubeur démasque (entre autres) la campagne d’un lobby basé à Bruxelles

Un Youtubeur, Trouble Fait, vient ainsi de dévoiler une sympathique « sollicitation » dont il a récemment fait l’objet. Le 8 juin 2018, il est approché par un interlocuteur qui l’incite à rejoindre le projet « #SaveYourInternet » (« sauvez votre Internet »). La cause semble noble : défendre « un internet ouvert face à la censure ». Qui pourrait être contre ?

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Mais Trouble Fait (1), en creusant un peu, découvre qu’un lobby basé à Bruxelles est à la manœuvre : le financement et l’organisation de la campagne sont en partie gérés par le groupe de pression « N-Square » à travers le projet « Copyright for Creativity – a Declaration for Europe ».

Voir la vidéo:

Vers un ContentID à l’échelle d’Internet ?

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=qOn1M3H0dCw

Ledit projet entend combattre en particulier l’article 13 (consultable ici à la page 31) du projet de directive européenne. Un combat qui semble rejoindre sur certains points la défense de la liberté revendiquée par les créateurs du Web. Trouble Fait note cependant que cette initiative est notamment subventionnée par la Computer and Communications Industry Association (CCIA, mais avec deux C, pas de panique, quoique…), le syndicat patronal représentant les intérêts des géants du net.

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Mais que prescrit au juste le malheureux article 13 ? Il prévoit que « les prestataires de services de la société de l’information » prennent des dispositions « appropriées » permettant de signaler eux-mêmes aux titulaires de droits (auteurs, sites, journaux…) que vous avez utilisé un de leurs contenus. Pas d’interdiction donc, mais juste des outils techniques permettant d’avertir les auteurs, et de stocker ces informations au cas où ceux-ci souhaiteraient faire valoir leurs droits. Du reste, YouTube a déjà mis en place un tel dispositif (baptisé « Content ID »).

Les géants du Net mobilisés pour  la défense des « citoyens européens »… Vraiment ?

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Bref, Bruxelles n’a pas prévu de livrer Mark Zuckerberg aux mains de sanguinaires révolutionnaires, ni même de contraindre Facebook à verser des droits d’auteur. Mais les obligations techniques prévues coûteraient un peu de sous aux géants du Net – un pognon de dingue, peut-être ? – dont on connaît la misère financière.

Il n’en a donc pas fallu plus pour que ces derniers partent à l’assaut des barricades, se revendiquant de la défense des « citoyens européens » et en n’hésitant pas à affirmer que « les créateurs à travers l’Europe se réunissent pour combattre l’Article 13 et les machines à censurer ».

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Autrement dit, ces multinationales ont réussi, avec le soutien de certains militants de la liberté totale du Net – qui revendiquent l’absence totale de contraintes et le dogme de la gratuité – à doubler la Commission européenne en matière d’ultralibéralisme.

Car, pour paraphraser Lacordaire, « entre Google et le créateur de contenu, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ». On pourrait préciser : la loi nationale, pas la réglementation européenne. La première est la seule légitime, la seconde ne vise jamais qu’à enfermer tous les pays dans des cadres uniformes.

(1) Contacté par Ruptures, le youtubeur Trouble Fait a souhaité préciser qu’au delà de la société de lobbying N-Square, des associations soucieuses de la défense des internautes ont également pris part à la lutte contre l’article 13 de la directive.

https://ruptures-presse.fr/actu/droits-d-auteur-etrange-campagne-citoyenne-contre-l-impitoyable-article-13-enrager-lobbies/

Voir aussi : Ruptures, le zapping n°3 : UE contre Démocratie… On a testé pour vous ! (VIDÉO)

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mercredi 1 août 2018

Tour de France : sur la route avec les "effaceurs", chargés de repeindre les graffitis gênants sur le bitume

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Voici pourquoi notre campagne pour le Tour de France a bien moins marché cette fois- ci: le gouvernement a fait appel à une société privée pour effacer les slogans, sous l'oeil ravi et avec la complicité des médias de l'oligarchie.  P.G.

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Avant le passage du peloton (et des caméras), Patrick et Pierre parcourent à bord de leur camionnette le tracé de la Grande Boucle à la recherche d'inscriptions qui pourraient faire polémique pour les recouvrir. Franceinfo a passé une journée à leurs côtés.

Jeudi 19 juillet, 8 heures du matin. Le pied du col mythique de l'Alpe d'Huez, point d'orgue de la 12e étape du Tour de France, s'anime doucement. Quelques heures avant le passage du peloton, des anonymes s'essaient à l'ascension des 21 lacets. D'autres préfèrent la marche. Les supporters entassés dans les caravanes et les tentes se réveillent. Certains sont là depuis plusieurs jours pour trouver le bon spot pour voir les coureurs.

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Patrick et Pierre, eux, sont à pied d'œuvre depuis une bonne heure déjà. Dans leur camionnette siglée Doublet, du nom de la société qui les emploie, ils parcourent le col à la recherche de dessins obscènes, de messages politiques ou d'insultes. Le duo forme ce qu'on appelle l'"ambush" (car ils sont en "embuscade", à l'affût des tags gênants). "Mais on préfère 'effaceurs', c'est plus clair", corrige Patrick, 59 ans. Leur mission : nettoyer les routes de ses graffitis avant le passage de la caravane et des coureurs, grâce à 150 litres de peinture blanche et quelques rouleaux.

De l'art de détourner les graffitis

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"On remonte 100 km avant l'arrivée de l'étape en montagne et seulement 60 en plaine, puis on repart en sens inverse pour effacer les nouvelles inscriptions. Car on n'est pas à l'abri que les gens repeignent derrière nous", explique Patrick, un "effaceur" aguerri. Sous ses pinceaux, un tag "EPO" devient "888". Ni vu, ni connu. "On ajoute quelques traits, c'est facile", s'amuse-t-il. Ce Nordiste, passionné de vélo, cousin de l'ancien coureur Laurent Desbiens, n'en revient pas : c'est la première fois en huit ans sur la Grande Boucle que sa mission jouit d'une telle notoriété.

En lui réservant trois pages dans son édition annuelle, le magazine Pédale ! a mis en lumière ce rôle de l'ombre. Une publicité dont il se serait bien passé. "L'article nous a fait passer uniquement pour des 'effaceurs' de sexe, or ce n'est pas que cela", s'agace-t-il. D'ailleurs, en ce jour d'étape-reine dans les Alpes, Patrick et Pierre ne dissimuleront qu'un seul dessin de pénis dans les virages de l'Alpe d'Huez. Ils font parfois preuve d'originalité pour détourner les tags.

"Ça ne sert à rien de s'engueuler"

Pour Pierre, son accolyte, ce Tour de France est le premier. Et dix jours après le départ, ce Belge de 39 ans, féru de petite reine, ne souhaite qu'une chose : "Revenir l'année prochaine." Pour les deux hommes, ces trois semaines sont une parenthèse enchantée, malgré leur mission répétitive. "Ma plus grande joie, c'est de recevoir le mail en janvier où l'on me propose de faire le Tour", confie Patrick, croque-mort à Templeuve (Nord) le reste de l'année. "Onze mois par an, je travaille avec des gens allongés. Pendant un mois, je suis avec des bons vivants."

Pierre, 39 ans, vit son premier Tour de France en tant qu\'\"effaceur\".Pierre, 39 ans, vit son premier Tour de France en tant qu'"effaceur". (FRANCEINFO)

(...)

Dans les lacets du col de la Croix de Fer, ils repèrent un partisan de François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine (UPR), en train de blanchir le bitume. "On s'arrêtera au retour, ça ne sert à rien de s'engueuler maintenant", tranche Patrick. Le duo fait son travail en tâchant d'éviter la confrontation avec le public. En huit ans, l'agent funéraire ne se souvient que d'une seule mésaventure avec un supporter mécontent de voir son graffiti effacé. "C'était avec un Basque dans les Pyrénées, se rappelle-t-il. Le pot de peinture a terminé sur mes chaussures."

Messages grivois, politiques et insultants

"La plupart du temps, les gens nous remercient et nous applaudissent", assure-t-il. Au restaurant situé dans la descente du col de la Croix de Fer, la serveuse se montre reconnaissante des coups de pinceaux du duo sur des inscriptions à la gloire du micro-parti de François Asselineau et du "Frexit" (la sortie de la France de l'Union européenne). Mais quand il faut choisir entre effacer le nom de Marine Le Pen ou celui du président de l'UPR, c'est la première qui gagne. "Lui, peu de gens le connaissent. Marine Le Pen, non", justifie Patrick.

\"Frexit\" est une des inscriptions les plus courantes sur la route de la 12e étape du Tour de France entre Bourg-Saint-Maurice et l\'Alpe d\'Huez."Frexit" est une des inscriptions les plus courantes sur la route de la 12e étape du Tour de France entre Bourg-Saint-Maurice et l'Alpe d'Huez. (FRANCEINFO)

Les deux hommes se veulent garants d'une certaine idée du Tour de France qui "doit rester une fête", selon eux. Ils saluent les spectateurs qui peignent des messages d'encouragements – au palmarès de l'asphalte, les Français Romain Bardet et Warren Barguil, ou le Slovaque Peter Sagan font figure de chouchous – et s'arrêtent à la demande pour effacer un tag.

(...)

"Cette année, les routes sont plutôt propres"

Cette année, le climat se révèle plus tendu que lors des dernières courses. "La présence de Chris Froome a mis le feu aux poudres", analyse Patrick. Dans les 21 lacets de l'Alpe d'Huez, la cote d'amour de l'équipe Sky et du coureur britannique, pourtant blanchi par l'Union cycliste internationale, n'est pas au plus haut. Noms d'oiseaux, allusions au dopage... La route devient une tribune à charge contre la formation, dont le leader est parfois pris à partie physiquement"L'idéal serait un Tour sans inscription, notamment celle faisant allusion au dopage car quand on aime le vélo, on ne veut pas de ça", regrette Pierre. Et de poursuivre, pragmatique :

En se rapprochant de la ligne d'arrivée, un "Sky tricheur" accompagné d'un dessin de seringue barre ainsi la route et fait tiquer les deux "effaceurs". "Ben non, il ne faut pas l'enlever !" insiste un spectateur, témoin de l'opération camouflage, à quelques heures du départ de l'étape. Pierre et Patrick préfèrent ne pas relever la remarque, effacent le message et remontent dans leur véhicule.

Pierre a maquillé un graffiti sur le barrage du Verney (Isère) et passe au suivant, jeudi 19 juillet 2018.Pierre a maquillé un graffiti sur le barrage du Verney (Isère) et passe au suivant, jeudi 19 juillet 2018. (FRANCEINFO)

Ce col mythique du Tour constitue LE rendez-vous des fous de vélo. Impatients, alcoolisés pour certains et sous un soleil de plomb, les spectateurs peuvent vite s'échauffer, ce qui complique leur mission. Avant que les coureurs ne s'élancent, le duo maquille des insultes envers Geraint Thomas, mais laisse de côté certains messages désobligeants.

Pour les messages laissés intacts, les "effaceurs" sont censés prévenir des endroits où ils ne sont pas intervenus. Le diffuseur de la course évite ensuite de les montrer à l'image, lors de la course. Ce jeudi-là, le bilan est celui d'une journée typique, estime Patrick: beaucoup de politique, du dopage et un seul dessin de pénis. "Cette année, les routes sont plutôt propres", constate le Nordiste. Un moindre mal pour un Tour de France mouvementé.

https://www.francetvinfo.fr/sports/tour-de-france/tour-de-france-sur-la-route-avec-les-effaceurs-charges-de-repeindre-les-graffitis-genants-sur-le-bitume_2857831.html

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jeudi 26 juillet 2018

Inversion de la situation 28 ans après la chute du mur de Berlin : un journaliste polonais interdit en Grande-Bretagne

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Rafał Ziemkiewicz est un journaliste de renom en Pologne. Il a ses pages chaque semaine dans le prestigieux hebdomadaire conservateur Do Rzeczy et a travaillé pour plusieurs autres titres de presse respectés au cours de ses vingt ans de carrière. Il est invité pour s’exprimer à la télévision. Il a eu dans le passé son émission à la télévision publique, et il en a une aujourd’hui à la télévision privée TV Republika.

C’est aussi un écrivain plusieurs fois récompensé dans son pays, auteur de quelques best-sellers. La Pologne étant un pays où le pluralisme est réel dans les médias, Rafał Ziemkiewicz a beau afficher sans complexe des opinions à la droite du PiS, plus proches des milieux nationalistes chrétiens que démocrates-chrétiens, il fait clairement partie du mainstream polonais.

Appel à la censure du Guardian et d’une députée travailliste

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Le journaliste polonais Rafał Ziemkiewicz avait été invité par une organisation d’émigrés polonais en Grande-Bretagne pour animer en février des rencontres d’auteur prévues dans les villes de Cambridge, Bristol et Londres. Cela a déplu à la députée travailliste Rupa Huq, une ancienne journaliste du journal de gauche The Guardian. La députée née dans une famille musulmane originaire du Bengladesh a écrit au Home Office pour demander une interdiction de séjour pour ce journaliste polonais qu’elle juge « d’extrême droite ». Le Guardian a orchestré la campagne pour soutenir la demande de Rupa Huq également relayée par l’ONG « antiraciste » Faith Matters. Dans le passé, la même députée avait demandé que le président américain Donald Trump – qu’elle qualifie d’homophobe, d’islamophobe et de raciste – ne puisse pas non plus poser les pieds sur le sol britannique.

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Les organisateurs polonais de ces rencontres d’auteur n’ont eu d’autre choix que d’annuler. Dans la « libérale » Albion, les propriétaires des locaux avaient eu des pressions de la police de Sa Majesté. C’est ainsi qu’un des pubs réservés pour une discussion des Polonais du coin avec Ziemkiewicz a été prévenu qu’il pourrait perdre sa licence en cas de troubles, et que des troubles étaient à prévoir. D’après le journaliste polonais, même le restaurant où un simple dîner avait été prévu en sa présence aurait préféré annuler la réservation !

Du communisme polonais au libéralisme à l’anglaise, même combat

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On s’en doute, Rupa Huq avait été prévenue par des Polonais de gauche qui n’aiment pas le discours d’un Ziemkiewicz de droite. Le sectarisme de gauche existe aussi chez les Polonais, sauf qu’en Pologne-même ils n’arrivent pas à empêcher un journaliste d’exprimer ses opinions de droite (ce n’est pas faute d’essayer parfois). En Grande-Bretagne, s’est plaint Ziemkiewicz dans les colonnes de Do Rzeczy, « pour qu’un rassemblement soit interdit, pour qu’il soit censuré, il suffit d’être ‘controversé’ ». Ce qui a joué, selon Ziemkiewicz, c’est aussi cette alliance entre islam et extrême gauche que l’on observe au Royaume-Uni. Car il est vrai que Ziemkiewicz est très critique par rapport à l’immigration-islamisation observée en Europe occidentale.

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Se réjouissant de l’annulation de la venue du journaliste polonais, l’ancienne journaliste du Guardian devenue députée travailliste a déclaré que sa commune d’Ealing avait montré qu’elle « ne tolérerait pas la haine et l’extrémisme d’intervenants néo-nazis venant de Pologne », ce pour quoi Ziemkiewicz lui promet des poursuites devant la justice britannique. « Extrémistes », « fascistes », « néo-nazis » : la rhétorique utilisée aujourd’hui en Europe de l’Ouest pour faire taire les voix dissidentes ressemble fort à celle des régimes communistes d’Europe de l’Est avant la chute du mur de Berlin en 1989.

https://www.ojim.fr/rafal-ziemkiewicz-journaliste-polonais-interdit-grande-bretagne/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-07-25

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mardi 24 juillet 2018

Frédéric Taddeï rejoindra l’antenne de RT France à la rentrée prochaine

Frédéric Taddeï : «En 2018, il faut aller sur une chaîne russe» pour de vrais débats

18 juillet 2016

Dans une interview accordée au Parisien, l’animateur emblématique Frédéric Taddeï détaille les motivations qui l’ont décidé à rejoindre l’équipe de RT France. Au menu de cet entretien, la question centrale de la liberté d’expression.

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Répondant à une interview du Parisien publiée ce 18 juillet, Frédéric Taddeï en a dit un peu plus sur les circonstances de son arrivée sur l’antenne de RT France. «C’est la seule chaîne qui m’ait donné carte blanche pour faire ce que je préfère à la télévision : une vraie émission culturelle avec de vrais débats, comme à l’époque de Ce soir (ou jamais!)», a-t-il fait valoir. Et d’ajouter : «La question que l’on devrait se poser, c’est pourquoi, en 2018, il faut aller sur une chaîne russe pour pouvoir le faire.»

Quand on lui a demandé s’il ne serait pas inquiet de «perdre [sa] liberté», Frédéric Taddeï a renversé la perspective. «Pas du tout. J’ai animé Ce soir (ou jamais!) pendant 10 ans sur une chaîne d’Etat [France 3 puis France 2]. Je n’ai pas fait la propagande du gouvernement pour autant», a-t-il argumenté.

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«Ça ne vous pose pas un problème de travailler pour un média financé et contrôlé par le Kremlin ?», lui  a demandé Le Parisien. Ce à quoi le présentateur emblématique de Paris Première et de l’audiovisuel public a répliqué : «Les gens qui me reprochent d’aller animer des débats sur RT sont ceux qui aimeraient bien qu’il n’y ait plus de débats du tout.»

«Le jour où il y aura un débat sur la Russie, j’inviterai des pro-Poutine, ce que j’ai toujours fait et que mes confrères ne font pas, et, bien entendu, des anti-Poutine», a encore taclé Frédéric Taddeï, rappelant qu’il avait une totale liberté dans le choix de ses intervenants.

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Frédéric Taddeï rejoindra l’antenne de RT France à la rentrée prochaine. Du lundi au jeudi à partir de 19h, il animera une émission d’une heure où alterneront actualité culturelle et débats de société. Les spectateurs qui regrettent la disparition d’émissions telles que Ce soir (ou jamais!) ou Hier, aujourd’hui, demain, devraient être comblés par cette nouvelle émission de Frédéric Taddeï.

https://arretsurinfo.ch/frederic-taddei-rejoindra-lantenne-de-rt-france-a-la-rentree-prochaine/

 

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mardi 26 juin 2018

Voulez-vous être espionné par Google ou Amazon pour 140 euros ?

Attention, vous ne recevez pas 140 euros, vous payez 140 euros (prix moyen) pour être l’heureux propriétaire d’une enceinte connectée, celle de Google (Home) ou celle d’Amazon (Echo).

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Les méfaits des GAFAM sont innombrables : ils ne paient pas d’impôts en Europe ou très peu (tous), ils détruisent le commerce de proximité (tous, avec une mention spéciale pour Amazon), ils trustent la publicité (tous) sur internet et assèchent les revenus des médias, il font régner la censure comme Google qui vient de supprimer la chaine YouTube de TV Libertés (TVL) pour une peccadille. Enfin ils menacent les libertés numériques en général, c’est l’objet des plaintes de la Quadrature du Net. Et maintenant ils vous espionnent dans votre salon et votre chambre. À vos frais.

Des enceintes intelligentes

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Trois concurrents sur le marché pour le moment : Google, Amazon et Apple (avec son HomePod). Mettons ce dernier de côté car l’enceinte d’Apple ne transmet pas d’informations à son constructeur. Qu’allez vous faire avec les deux autres ? Leur poser des questions de manière vocale, c’est là le but, pouvoir faire autre chose et poser une question à votre enceinte qui vous répondra ou bien exécutera/transmettra un ordre.

Tout ceci via l’intelligence artificielle, reine des batailles des enceintes connectées. Vous faites la cuisine, les mains dans la farine, on sonne à la porte, vous dites « ouvre la porte » et la porte s’ouvre si elle est connectée. Vous caressez votre compagnon/compagne/neutre/LGTB (cette liste pour ne pas être accusé de « porter un discours extrémiste, discriminant ou de haine ») et votre chien aboie car il a faim. Vous prononcez « donne les croquettes au chien » et le robot connecté obéit à votre ordre donné à l’enceinte connectée. Merveilleux, n’est ce pas ?

Petite contrepartie

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Vous allez donc pouvoir demander à écouter l’andante du concerto 21 pour piano et orchestre de Mozart, vous aurez choisi la version historique Karajan/Lipatti de l’orchestre de Lucerne en 1950. Google ou Amazon le sauront. Vous allez pouvoir aussi demander une information sur un rassemblement politique de LR/PS/EnMarche/RN/FranceInsoumise (rayer les mentions inutiles), Google ou Amazon le sauront aussi. Ils vont ainsi amasser des quantités de données personnelles qu’ils pourront exploiter via la publicité ciblée que vous n’allez pas manquer de recevoir. Plus joli, aux États-Unis, l’enceinte d’Amazon a enregistré la conversation d’un couple et l’a envoyé par erreur à un tiers. Alors, toujours tenté par cet achat ?

https://www.ojim.fr/voulez-vous-etre-espionne-par-google-ou-amazon-pour-140-euros/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-06-25

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samedi 23 juin 2018

Limitation à 80 km/h : la Haute-Vienne dénonce « une atteinte à la vie en milieu rural »

Comme ses homologues Pascal Coste en Corrèze et Valérie Simonet en Creuse, Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, ressent l'obligation du passage à 80 km/h comme une offense.  

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Décidément en Limousin, le décret ne passe pas. Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, s'insurge contre une mesure qu'il juge inadaptée à son territoire. 

Sur les routes sans séparateur central, la limitation de vitesse va bientôt passer de 90 à 80 km/h. Sur les routes de Haute-Vienne, ce décret est-il pertinent ?  

Il ne tient pas compte des caractéristiques locales. Il s'applique de façon uniforme sur tout le territoire sans tenir compte de ce qui a été mis en place dans le département de la Haute-Vienne. Par rapport à d'autres, nous avons des routes plus sécurisées, avec moins de virages. Nous avons pris en compte ces données depuis plusieurs années. Sur certains tronçons de route à 90, nous avons abaissé la limitation à 70 km/h. Les usagers comprenaient alors qu'il y avait un danger, et ralentissaient. Demain, avec une limitation à 80 km/h, quel est l'intérêt des panneaux à 70 ? Il n'y a plus que 10 km/h d'écart, les usagers vont être perdus.

Cette mesure est-elle une punition pour les automobilistes ? 

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Les automobilistes vont se faire sanctionner partout. Les radars vont rapporter plus que le loto ! Cette limitation de vitesse est une façon très parisianiste de traiter le problème de déplacement. La voiture est nécessaire en territoire rural, pour aller au travail, faire ses courses, ou autre. Le déplacement est un besoin quotidien, par rapport à la dispersion, à la géographie. Le département est le premier à encourager le covoiturage, mais on ne pourra tout de même pas se passer de la voiture. 

Y avait-il d'autres mesures à prendre avant celle-ci ? 

L'excès de vitesse est bien sûr dangereux, mais alors pourquoi 80 km/h ? On pourrait descendre à 50, à 30... Le problème n'est pas là. Je suis bien obligé de faire appliquer la loi, mais je ressens comme une offense le fait qu'on réponde à notre besoin d'aménagement par une limitation de vitesse et la hausse du prix des carburants, un problème dont on parle peu. Ce n'est pas du tout la réponse que j'attendais. Il faudrait plutôt améliorer la qualité des voies dont on dispose, comme la RN 147, et responsabiliser les usagers de la route. Nous avons une campagne départementale sur les risques importants comme par exemple le téléphone au volant.

Combien de panneaux sont concernés en Haute-Vienne ? 

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Le passage aux 80 km/h implique pour notre collectivité le changement de 9 panneaux. Trois passeront de 90 km/h à 80 km/h. Ils sont situés sur des zones où les automobilistes allaient trop vite, sur la RD 920 et sur les RD704 et RD79, près des radars. Six panneaux de 90km/h seront posés sur les zones présentant des voies de dépassement comme cela nous est autorisé par la nouvelle réglementation en vigueur à compter du 1er juillet. Ils seront sur la D2000 , la RD947 à proximité de Bellac, la RD979 près d'Eymoutiers, la RD220 à côté de Bessines-sur-Gartempe, et les deux derniers seront sur la RD 920 à proximité d'Ambazac. Un panneau coûte 150 €, pose non comprise. L'Etat a pris l'engagement de nous rembourser. Je vais lui faire confiance...

Lucile Preux

https://www.lepopulaire.fr/limoges/transport/politique/2018/06/22/limitation-a-80-km-h-la-haute-vienne-denonce-une-atteinte-a-la-vie-en-milieu-rural_12896251.html

Lire aussi:

Bilan de l'expérimentation 80 km/h - 40 Millions d'automobilistes

https://www.40millionsdautomobilistes.com/wp.../02/Bilan-experimentation-80.pdf

Certes, les portions de routes sélectionnées démontraient une accidentalité supérieure à la moyenne nationale avant la mise en œuvre de l'expérimentation, mais les chiffres présentés dans le présent bilan démontrent que la baisse de la limitation de vitesse n'a en rien permis de réduire la mortalité routière sur ces axes :  2 accidents mortels sont à déplorer sur les 86 kilomètres de l'expérimentation en 2016, soit 5 fois plus que la moyenne nationale qui s'élevait la même année à 0,4 tué pour 86 km de routes.


Le rapport secret sur le 80 km/h éventé

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Exclusif - Faute d'une publication officielle, un vaste travail de recoupement permet de voir que les accidents ont augmenté durant l'expérimentation.

Par

La transparence n'est pas le maître mot de la Sécurité routière. Alors que Bernard Cazeneuve, initiateur en 2015 de l'expérience du 80 km/h sur trois tronçons de routes secondaires promettait une démarche « transparente, honnête et rigoureuse », ses successeurs se sont empressés de dissimuler les résultats d'une affaire qui était déjà mal engagée. Comment, en effet, tirer, d'aussi faibles sections d'étude et sur une période aussi courte, un résultat qui soit éclairant ?

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Néanmoins, l'expérimentation s'est tenue et s'est achevée en juillet 2017 et ses conclusions auraient dû être livrées au public à l'automne dernier, le temps de boucler un rapport qui soit incontestable. Au lieu de cela, alors que la conviction d'Édouard Philippe semble se fonder en grande partie sur cette expérimentation, aucun bilan officiel n'a été dressé. Tout juste le Premier ministre a-t-il répondu à la commission sénatoriale qui le pressait de questions que, « entre juillet 2015 et juillet 2017, on a recensé 20 accidents faisant 3 morts et 42 blessés ».

Face à cette carence, l'Association 40 Millions d'automobilistes s'est livrée à un travail de fourmi en analysant les fichiers du bulletin d'analyse des accidents corporels de la circulation (BAAC) du ministère de l'Intérieur. Sur les trois tronçons concernés, elle a pu tirer un bilan des fiches de 2012 à 2016, soit 18 mois d'expérience et les 42 mois qui ont précédé, en guise de référence. Et les constatations qu'elle a révélées au Point en avant-première ne manquent pas d'être alarmantes puisque, sur la seule année pleine de l'expérimentation à 80 km/h, tous les indicateurs de 2016 repartent à la hausse. « 30 blessés sont alors à déplorer, soit autant qu'en 2013, plus qu'en 2012 (26) et non loin de 2014 (31), qui est la pire année en nombre de victimes (34) et de gravité des accidents » souligne Pierre Chasseray, délégué général de l'association.

1 mort tous les 28,7 km contre tous les 202 km

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2016 est également la deuxième plus mauvaise année, après 2013 et 2014, en termes de nombre de blessés hospitalisés et de nombre de tués sur ces axes (voir tableau).« De plus, poursuit Pierre Chasseray, en comparaison avec des données de mortalité routière relevées à l'échelle nationale, les statistiques issues des routes secondaires en test révèlent l'inefficacité de la mesure : alors que 1 911 accidents mortels ont été recensés sur les 386 224 kilomètres que compte le réseau secondaire français (soit 1 accident mortel en moyenne tous les 202 km) en 2016, les sections de routes nationales soumises à l'expérimentation font état de 1 accident mortel tous les 28,7 km. »

 

Les résultats tenus secrets par le gouvernement du 80 km/h sur route ont été patiemment décryptés par les équipes de 40 Millions d'automobilistes

© 40 Millions d'automobilistes

Soit tout de même cinq fois plus que le réseau de référence. En revanche, 2015, qui a été une excellente année, y compris au niveau national, ne constitue pas une base de comparaison sûre puisque l'expérimentation a commencé le 1er juillet.

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Ces résultats ne sont pas contestables, car ils résultent des fiches officielles. La compilation des données, précise l'association, livre en détail les « lieux », « caractéristiques », « véhicules » et « usagers », ce qui lève tout doute sur les caractéristiques de l'accident, avant ou pendant l'expérimentation. Ces données ont même permis de déterminer avec précision le lieu des accidents, le nombre et la catégorie des usagers impliqués ainsi que la gravité de leurs blessures. En revanche, les responsabilités et les causes des accidents (comportement des usagers, alcoolémie, stupéfiants, distracteurs, vitesse excessive ou inadaptée…) sont indisponibles, les autorités considérant que leur publication pourrait porter atteinte à la protection de la vie privée des personnes concernées et leur porter préjudice.

On comprend dès lors pourquoi le Premier ministre conserve sous le coude cette expérimentation qui n'est ni concluante ni parlante. Trop limitée dans le temps et avec un échantillon de routes trop restreint, elle ne peut refléter avec l'exactitude scientifique et statistique attendue les effets d'une réglementation. Les variables en 2012, 2013 et 2014 le démontrent, un gros accident suffisant à lui seul à bouleverser la statistique.

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Elle a ainsi moins de poids que ce que les riverains et usagers des tronçons concernés dénoncent, c'est-à-dire une circulation en file indienne plus fréquente du fait des véhicules légers bloqués derrière les poids lourds. Prises de risque pour doubler quand même, énervement ou somnolence sont les effets dérivés de cette situation qui peuvent expliquer la progression de l'accidentalité en 2016. De quoi provoquer la colère des usagers qui remontent de toutes parts depuis quelques semaines, des provinces qui se sentent ostracisées par Paris.

Arbitrage administratif

Nombreux sont les députés et sénateurs présents sur le terrain à mesurer la grogne qui monte et à tirer la sonnette d'alarme du côté du gouvernement. L'entêtement d'Édouard Philippe n'y fera rien, les Français considèrent cette mesure inutile, vexatoire et de nature à compliquer un peu plus encore leurs déplacements en province, voire à ponctionner leur budget automobile déjà largement ébranlé ces derniers mois avec les augmentations massives de la taxe C02, des assurances, péages, parkings, PV, carburants, etc.

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Rapportés par Le Figaro, les propos du député LR de Moselle Fabien Di Filippo, qui a interpellé le gouvernement à l'Assemblée, témoignent de ce ras-le-bol : « Les Français éprouvent un fort sentiment d'injustice en se disant qu'ils n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture et qu'ils se retrouvent pénalisés par l'allongement des temps de trajet. Ils se disent aussi que, derrière cette mesure, il y a la volonté du gouvernement de les ratiboiser financièrement. Donc ça crée de la crispation. »

Un sentiment qui est partagé par nombre de ses collègues et par les sénateurs qui, les premiers avec Michel Raison (LR), Jean-Luc Fichet (PS) et Michèle Vullien (UDI), ont créé une commission d'étude et déjà demandé le report de la mesure au gouvernement en attendant les résultats de l'expérimentation. Une démarche à laquelle adhère le sénateur LR cosignataire de la lettre au gouvernement Alain Fouché.

« Si nous n'obtenons pas les informations que nous demandons sur cette expérimentation, je suis décidé à porter l'affaire devant l'instance administrative qualifiée pour la faire rapporter. Il nous faut des éléments pour juger du bien-fondé d'une telle mesure qui est ressentie par les Français comme un vaste racket. Le gouvernement anticipe la réduction de recettes sur les carburants avec la montée en puissance des véhicules hybrides et électriques et cherche des mesures de compensation. Le 80 km/h sur route, qui va bloquer les voitures derrière les camions, est de celles-là. »

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Surfant sur ce mécontentement en organisant des manifestations avec les motards de la FFMC partout en France, l'association 40 Millions d'automobilistes suggère donc aux usagers de télécharger sur le site internet la carte d'électeur factice qu'elle a créée pour l'occasion. Elle leur demande de l'envoyer symboliquement au président de la République pour marquer leur désaccord avec la politique de sécurité menée par son Premier ministre et, plus largement, pour refuser un système où l'opinion des citoyens n'est pas prise en compte.

Pour consulter l'étude complète sur l'accidentalité des 86 km/h sur les routes test, cliquez sur ce lien

http://www.lepoint.fr/automobile/securite/le-rapport-secret-sur-le-80-km-h-evente-13-02-2018-2194498_657.php

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Non, ce décret n'est pas pertinent !!
Il est illégal !!
L'expérimentation n'a duré que 2 ans au lieu de 5 !
Les routes choisies (RN 151, RN 57 et RN 7), soi-disant accidentogènes,  sont suspectes :
- RN 57 : la vitesse n'était en cause que dans 28% des cas (drogue et alcool : 45% et fatigue : 20%)
- Les routes ont fait l'objet de travaux importants juste avant le début de l'expérimentation : 16 millions d'euros pour la RN 151 !!!!

- En ce qui concerne la RN151, l'un des hauts responsables de la DIR (Direction interdépartementale des routes) a assuré avoir constaté une fuite des automobilistes sur les routes avoisinantes limitées à 90 km/h : la RN151 perdant environ 250 véhicules/jour depuis le début des tests.
- Les mesures n'ont duré en réalité que 7 mois et voilà ce que déclarent les experts (ou plutôt les manipulateurs) "En raison d'incidents avec les équipements de mesure, les données pour mai 2017 ont été redressées..." (redressées ?????)

Et la synthèse tient en tout et pour tout en deux phrases :
1) "La vitesse autorisée à une incidence significative sur les vitesses pratiquées."
2) "A une baisse de la vitesse limite autorisée correspond une baisse des vitesses pratiquée."

Fort de ce constat, les experts en ont conclu de manière systématique que l'abaissement de la vitesse résout tous les problèmes, et notamment celui de la cohabitation entre poids lourds et véhicules légers. Mieux : "plus de conducteurs sont ainsi en mesure de choisir la vitesse à laquelle ils souhaitent circuler".
Il faut avoir une "case de vide" comme dirait quelqu'un que nous connaissons bien pour oser faire de telles déclarations !

Et comme conclue Auto Plus dans un de ses articles "Partant d'un avis aussi éclairé, M. de La Palice aurait sans doute souligné que si les automobilistes avaient moins d'accidents, le nombre d'accidents diminuerait."

La vraie raison de cette mesure totalitaire ne serait-elle pas la guerre contre le milieu rural et les petites villes dont l'oligarchie veut voir la disparition, raison qui est validée par les mesures diverses et variées prises depuis quelques temps : le regroupement des régions, le départ des administrations dans les métropoles, la baisse drastique de la Dotation Globale de Fonctionnement, le non entretien des petites routes secondaires, la suppression des services publics, les chantages à la fusion des communes (par exemple, si vous ne fusionnez pas avec la commune voisine, on vous supprime votre école), etc, etc !

Citons les article 14, 15 et 16 
de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 qui fait partie de notre constitution :


"Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée." (14)

"La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration." (15)
 
"Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution." (16)

S.R.
 

jeudi 21 juin 2018

Linky: après le reportage d'Envoyé spécial, Enedis et l'Etat doivent sortir du déni...

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Un débat qui préoccupe la société civile et bon nombre d'adhérents et sympathisants de l'UPR. Quelle que soit son opinion sur cette affaire, il n'est pas inutile de connaître les arguments des uns et des autres. Si vous contestez l'argumentaire ci- dessous, vos critiques et contre- articles sont les bienvenus, ils seront publiés afin d'éclairer la connaissance de ce dossier.   P.G.

TL LINKY

TRIBUNE LIBRE / Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

- Près de 700 communes et des centaines de milliers d'habitants refusent les compteurs communicants, chiffres en augmentation continue

- Enedis et ses sous-traitants doivent cesser d'intimider les habitants et d'installer les Linky par la force ou la ruse

- Comme la Belgique ou l'Allemagne, la France doit renoncer à la généralisation des compteurs communicants

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Le reportage d'Envoyé spécial diffusé jeudi 14 juin sur France2 est venu confirmer ce que nous dénonçons depuis deux ans et demi : le distributeur Enedis (filiale d'EDF) et ses sous-traitants utilisent des méthodes inqualifiables pour imposer les compteurs Linky, par les mensonges, l'intimidation voire la force, à d'innombrables habitants qui n'en veulent pas.

Tous les jours, les sociétés privées mandatées par Enedis prétendent que "si vous refusez le compteur Linky, nous allons vous couper l'électricité", ou "nous allons appeler la police", ou "vous devrez payer le compteur" ou encore "vous allez payer des pénalités", etc. Tout ceci est inventé - il n'existe légalement aucune mesure de rétorsion - mais c'est hélas souvent efficace auprès des gens mal informés ou vulnérables, en particulier les personnes âgées.

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Mais il y a pire : lorsque ces allégations ne suffisent pas, il arrive que les installateurs insultent et bousculent les habitants. Les incidents de plus en plus inquiétants se multiplient et, au lieu de mettre le holà, la direction d'Enedis... accuse les habitants. Or, faut-il le rappeler, ce sont bien les installateurs de Linky qui débarquent dans les communes, les quartiers, les immeubles, et qui sont donc les fauteurs de troubles.

Le déni d'Enedis et de l'Etat ne concerne pas seulement les méthodes des installateurs mais aussi les différentes raisons pour lesquelles les habitants refusent les compteurs communicants. Il est à ce sujet totalement inadmissible que les citoyens soient traités de "complotistes" ou d'arriérés terrorisés par le "Progrès".

En effet, il ne suffit pas qu'un objet soit nouveau pour qu'il soit bénéfique... même s'il est peint en vert fluo. Et, justement, le Linky pose et cause de nombreux problèmes, dont certains sont très graves, à tel point qu'il s'agit bien là d'une terrible régression par rapport aux compteurs ordinaires.

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Qui plus est, peu à peu, instances officielles et organismes reconnus viennent confirmer les critiques des citoyens. Ainsi, dans son récent rapport, la Cour des comptes a montré que le programme Linky bénéficiait financièrement à Enedis et absolument pas aux usagers. Ainsi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a été obligée d'intervenir après que Direct énergie ait commencé à s'accaparer illégalement des données privées collectées dans le cadre du programme Linky.

Ainsi Promotelec (dont fait partie Enedis) a avoué que "lorsque le technicien place Linky chez un particulier et règle le disjoncteur de branchement, il n'est pas chargé de vérifier si l'installation électrique du foyer est en mesure de supporter le niveau de puissance défini" et que "des accidents (feu) peuvent se produire le jour où le particulier fait la demande auprès d'Enedis afin d'augmenter la puissance de son compteur".

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Il n'est donc pas étonnant que la presse régionale et locale se fasse continuellement l'écho d'incendies qui se déclenchent après la pose du Linky, parfois le jour même, mais aussi d'innombrables appareils électroménagers détruits, sans oublier les installations qui disjonctent à d'innombrables reprises, les factures qui s'envolent, etc.

A tout cela s'ajoute bien sûr la question des données personnelles et la controverse sanitaire sur les ondes électromagnétiques. L'affaire Direct énergie, déjà évoquée, mais aussi l'affaire Facebook ne doivent laisser aucun doute : malgré les belles promesses et assurances avancées, il est évident que les données captées par les Linky seront tôt ou tard détournées, volées, revendues, etc.

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Quant à la question des ondes, c'est une controverse scientifique au même titre que celles anciennes ou récentes sur le tabac, la radioactivité ou les pesticides : les uns disent blanc, les autres noir, l'Organisation mondiale de la santé s'interroge. Mais l'expérience et le bon sens apportent la bonne réponse, qu'il s'agisse des données personnelles ou des ondes : la SEULE façon d'être protégé est... de garder les compteurs ordinaires. Il est d'ailleurs notable que ces derniers sont parfaitement efficaces et légaux, ayant été installés... par EDF et Enedis (auparavant ErDF).

Alors que la fronde anti-Linky se développe de façon exponentielle, que les déconvenues et accidents se multiplient, les autorités françaises se doivent de réagir immédiatement et, par exemple, de suivre le récent exemple de la Belgique (et plus ancien de l'Allemagne) : renoncer à la généralisation des compteurs communicants.

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Ce n'est pas seulement une question de finances, de sécurité, de respect de la vie privée : c'est finalement une véritable question de démocratie. Le gouvernement et le Président de la République sont au pied du mur : désormais, ils ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas, ils seront donc clairement responsables et coupables des futurs drames causés par le Linky. Ils doivent donc agir... vite.


Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

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dimanche 17 juin 2018

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Bruno Guigue

TL BG LOI FAKE

Cette histoire commence comme un conte de fées. Dans notre merveilleuse démocratie, tout allait pour le mieux. La presse était libre, le citoyen informé et le pouvoir impartial. Mais c’était trop beau. Imprudente, la démocratie n’a pas senti venir l’ennemi. Tapi dans l’ombre, il était prêt à fondre sur sa proie. Qui ? Le Russe, bien sûr. Il a fallu que ce barbare vienne gâcher la fête en propageant ses odieux mensonges. Heureusement, montant son blanc destrier, notre héroïque ministre de la culture a donné l’alerte : “La manipulation de l’information, dit-elle, est un poison lent qui abîme notre vie démocratique. L’attitude liberticide, face aux dangers actuels, c’est la passivité”.

Réagir, oui, mais comment ? Présentant le projet de loi “contre les fake news”, rebaptisé projet de loi “contre la manipulation de l’information”, Françoise Nyssen a employé un argument de poids : “La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus”. On avait pourtant pris toutes les précautions possibles, dans les hautes sphères, pour inciter les gueux à se comporter comme des moutons. Contrôle de 95 % de la presse traditionnelle par une dizaine de milliardaires, ligne éditoriale uniforme calquée sur l’agenda libéral-atlantiste, subventions publiques réservées à des médias orthodoxes ou inoffensifs : au paradis des droits de l’homme, tout était verrouillé. Manifestement cela n’a pas suffi. Pour ramener le troupeau, il va falloir trouver autre chose. On va les aider à penser comme il faut, ces manants, car ils ont la fâcheuse manie de s’égarer sur la Toile pour entendre un autre son de cloche.

Interview véridique du chien du Président par la presse autorisée

Dans un vibrant hommage aux officines chargées de diffamer toute pensée dissidente (le “Décodex” du Monde et le “Check News” de Libération), la ministre de la culture révèle alors le fond de sa pensée : puisque “leur capacité de discernement ne suffit plus”, il importe absolument de “former les citoyens”. D’habitude, cette formation commençait et finissait avec l’école. Mais il est clair que c’est insuffisant ! Les citoyens ayant vraiment tendance à mal voter (référendum de 2005, Brexit, Italie), il va falloir les rééduquer. Comment ? En les orientant vers les bons médias, ceux qui ne mentent jamais. On pensait jusqu’à présent que les citoyens étaient assez grands pour faire leur choix parmi les organes d’information. C’est fini. Le gouvernement, dans son infinie bonté, les exonère de cette lourde tâche. Il va désormais leur signifier qui il faut lire, écouter à la radio ou regarder à la télévision.

 

TOUS LES JOURS

Pour clarifier les choses, Françoise Nyssen a précisé que la future loi contre la manipulation de l’information, évidemment, ne concernait pas “les journalistes de la presse professionnelle”. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Il n’est pas question de mettre en cause le “professionnalisme” de ceux qui ont affirmé, par exemple, que le régime de Bachar Al-Assad allait s’écrouler sous quinze jours, ou que la Russie avait assassiné le journaliste Arkadi Babchenko, qui ressuscita au deuxième jour d’une mare de sang de cochon. Sans parler du “charnier de Timisoara”, des “couveuses de Koweit City”, de la “fiole de Colin Powell” et des innombrables bobards colportés avec zèle par des médias pour qui professionnel est synonyme de mercenaire. Bref. Si cette presse était passionnément attachée à la distinction entre le vrai et le faux, cela se saurait.

Mais peu importe. Pour nos dirigeants, c’est comme un théorème : les médias qui ont la confiance du ministre de la propagande ne mentent jamais. Puisqu’on vous le dit, c’est que c’est vrai. D’ailleurs, cette presse que le monde nous envie a deux caractéristiques qui en garantissent l’indépendance : elle appartient à la bourgeoisie d’affaires et elle reçoit des subventions du gouvernement. Double certificat de vertu ! Ce n’est pas comme si elle était animée par des bénévoles qui prennent des risques et ne gagnent pas un sou. On peut toujours rêver d’un monde meilleur sous d’autres latitudes, mais le système médiatique des “démocraties” repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un “bon journal” est un journal qui dit ce qu’il faut dire, et à qui l’État donne les moyens d’éliminer la concurrence.

 

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Le projet de loi contre les “fake news” ne déroge pas à cette règle, qui est de l’ordre de la structure. Il a pour seul objectif de garantir l’homogénéité de la sphère médiatique, indispensable à la promotion de l’idéologie libérale, européiste et atlantiste. En incriminant les médias russes, l’exécutif français fait coup double : il sanctionne la Russie tout en diffamant la concurrence. Mais tous les médias citoyens sont dans la ligne de mire, car ils échappent à la double emprise du capital et du pouvoir. Ajoutée au déclin des médias classiques, la liberté conquise sur Internet effraie des élites qui voient le contrôle de l’opinion leur échapper. La propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie, certes. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.

Bruno Guigue

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/06/verite-et-mensonge.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Anastasie au pays des Lumières [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

La loi sur les fausses informations portée par le gouvernement Philippe va loin. Entre la suppression du dialogue et le règne du subjectivisme généralisé, l’essayiste Jean Bricmont estime qu’une telle mesure mènera à un «totalitarisme de la naïveté».

TL BRICMONT LOI FAKE NEWS

TRIBUNE LIBRE / Jean Bricmont
Publié le 7 juin 2018 sur Russia Today 

Le gouvernement a décidé d’introduire une nouvelle loi pour combattre la diffusion de fausses informations («fake news» en franglais).  Il existe déjà dans la loi sur la presse de 1881 des dispositions réprimant l’insulte, la diffamation et le fait de provoquer des paniques artificielles. Mais aujourd’hui le gouvernement veut aller beaucoup plus loin, puisqu’il définit les «fausses informations» comme une «allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable». Ce projet va en effet très loin.

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Psychanalyse

Tout d’abord, un sceptique pourrait demander quels sont les « éléments vérifiables » prouvant l’existence de Dieu, de la vie après la mort ou de l’efficacité des prières. Exit les religions. Qu’en est-il des « éléments vérifiables » rendant vraisemblable l’efficacité de l’homéopathie, ou les prédictions de l’astrologie ? Exit les pseudo-sciences. Bien avant Michel Onfray, de nombreux scientifiques se sont posés des questions sur les «éléments vérifiables» qui justifieraient la psychanalyse et, en général, ils n’en ont pas trouvés. Faut-il aussi la bannir au nom de la lutte contre les fausses nouvelles?

Mais que faire alors du plus gros de la philosophie française contemporaine dont le plus illustres représentants (Derrida, Foucault, Althusser, Badiou, Bernard-Henri Lévy et même Bouveresse) ont eu en général une attitude favorable à la psychanalyse et qui, même quand ils étaient critiques vis-à-vis de celle-ci (Deleuze et Guattari) ne l’étaient pas sur la base d’absence éléments vérifiables en sa faveur mais en proposant d’autres théories tout aussi peu justifiées ?

Ce n’est pas tout. Que faire des théories scientifiques qui sont avancées sans s’appuyer sur des éléments vérifiables ? On peut penser à la théorie des cordes en physique ou à diverses hypothèses en cosmologie.

Impossibilité du dialogue

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Finalement, qu’en est-il de la presse «mainstream» ? Dans toutes les affaires récentes (affaire Skripal, usage de gaz en Syrie, «meurtre» en Ukraine du journaliste russe Babtchenko, ou encore responsabilité du tir de missile ayant abattu un avion malaisien au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014), il y a un conflit entre le point de vue dominant en Occident et le point de vue russe ou malaisien ou syrien, lesquels sont partagés par une bonne partie du reste du monde.

On en est peut-être plus à «vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà»,mais au moins à «vérité d’un côté de la Méditerranée,erreur de l’autre» ou «vérité en deçà de la frontière russo-polonaise, erreur au-delà» ce qui, en quelques siècles, ne nous a pas fait fort avancer vers l’universel. La seule façon de résoudre nos différents avec le reste du monde, c’est la discussion libre. Comme la loi contre les fausses nouvelles a, semble-t-il, pour but principal de contrer ce que le gouvernement considère comme de la propagande pro-russe, il y a fort à craindre qu’elle ne fasse que renforcer la frontière mentale «russo-polonaise».

Il a suffi que le journaliste un peu hétérodoxe André Bercoff pose des questions à propos du sauvetage providentiel de l’enfant suspendu à un balcon par Mamadou Gassama pour que le CSA soit saisi, qu’il soit mis en accusation par Laurent Joffrin pour «susciter des doutes» et quasiment convoqué pour se justifier de l’accusation de  «complotisme» devant son (en principe) confrère Jean-Marc Morandini.

 

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D’abord il est assez extraordinaire de reprocher à un journaliste le fait de poser des questions et d’inciter au doute. Indépendamment de cette affaire de sauvetage, il me semblait naïvement que c’était justement cela une des fonctions principales du journalisme. Et que la démarche rationnelle et scientifique pourrait se résumer ainsi : de même qu’il vaut mieux avoir dix coupables en liberté qu’un innocent en prison, il vaut mieux avoir dix doutes excessifs qu’un dogme infondé.

Par ailleurs, il est vrai que ce que les médias dominants appellent les «théories du complot», et qui vont d’interrogations légitimes sur les récits médiatiques et sur les assertions gouvernementales aux spéculations les plus fantaisistes, prolifèrent sur les réseaux sociaux. Mais existe-t-il une seule personne sensée qui peut croire que cette façon de traiter monsieur Bercoff va en quoi que ce soit faire reculer cette prolifération ?

Totalitarisme de la naïveté

 

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Finalement, la ministre de la culture, madame Françoise Nyssen, souhaite faire de l’audiovisuel public un média engagé qui permettra de combattre les idées «hautement réactionnaires» des Français, entre autre concernant la diversité. Tout d’abord, ce que LREM considère comme réactionnaire (défendre les services publics ou la souveraineté nationale) est exactement ce qui aurait été considéré comme progressiste il y a quelques décennies, ce qui fait que le terme mériterait d’être défini. Mais plus fondamentalement, est-il légitime de demander à des adultes de payer des impôts ou des redevances pour être rééduqués ?

Loin de moi l’idée que le gouvernement veuille consciemment instaurer un régime totalitaire. Le problème vient plutôt du subjectivisme généralisé de la culture contemporaine où les discours sur les valeurs ont permis de mettre de côté les questions touchant aux faits et à l’objectivité. On le voit assez dans la méfiance généralisée face aux progrès scientifiques et techniques. Certes, le droit n’a pas le même type d’objectivité que les sciences naturelles. Mais il cherche à établir des règles fondées en raison qui permettent de protéger l’individu face à l’arbitraire du pouvoir. Toute la réflexion classique sur la liberté d’expression, remontant au XVIIIe siècle, repose sur cette idée.

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Les gens qui nous parlent sans arrêt de leurs valeurs ne font en réalité que mettre en avant leur propre supériorité morale. Et c’est bien cela qui est à la base de la corruption du droit à laquelle on assiste dans l’affaire de la loi sur les fausses nouvelles, des réactions hystériques face au «complotisme» de monsieur Bercoff,  et de la bonne conscience de madame Nyssen. A partir du moment où un groupe d’individus se persuade qu’il incarne le Bien à cause de ses «valeurs», il ne perçoit même plus les limites légitimes que l’on peut mettre à son pouvoir. C’est ce qu’on pourrait appeler le totalitarisme de la naïveté.

Par Jean Bricmont

Docteur en sciences et essayiste belge, Jean Bricmont est professeur à l’Université catholique de Louvain. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages dont La république des censeurs, Impostures intellectuelles (avec Alan Sokal).

https://arretsurinfo.ch/anastasie-au-pays-des-lumieres/

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