jeudi 19 avril 2018

Union de la gauche ou populisme ? La France insoumise hésite et se déchire

TRIBUNE LIBRE / Par Hadrien Mathoux

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Au sein du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, deux lignes s'affrontent : quand les uns prônent l'union de la gauche en vue des échéances électorales, d'autres veulent faire de la France insoumise une force "populiste" qui renoncerait à toute référence à la gauche.

Il est très rare que Jean-Luc Mélenchon soit agacé par une référence empruntée à François Mitterrand. C'est pourtant arrivé le 7 avril, lors de la première assemblée représentative de la France insoumise (LFI), à La Chesnaie-du-Roy, en plein cœur du bois de Vincennes (Paris). Le mouvement social des opposants à la réforme de la SNCF a eu une conséquence politique visible, qui a forcé le chef de file des Insoumis à réagir : d'Olivier Besancenot à Benoît Hamon, en passant par Pierre Laurent, les têtes d'affiche de la gauche se retrouvent dans les cortèges… et s'affichent bras dessus bras dessous avec les députés Insoumis François Ruffin et Eric Cocquerel. De quoi faire ressusciter la fameuse "union de la gauche", qui avait permis à Mitterrand de prendre le pouvoir en 1981 ? Tout cela n'est pas du goût de Mélenchon, pourtant grand admirateur de "Tonton". Lui a fustigé la "gauche selfie" et tranché net : "L'unité comme prétexte à effacer les idées, c'est non."

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Une telle sortie, loin d'être anodine, reflète le bras de fer qui est en train de se nouer au sein de la France insoumise, où deux lignes s'affrontent en interne. Pour certains, la meilleure stratégie est celle qui a déjà fait ses preuves dans l'histoire : les Insoumis doivent chercher des convergences avec de potentiels alliés à gauche, comme le Parti communiste (PCF), Génération.s, voire le PS et les formations d'extrême gauche. Mais cette ligne ne convainc pas toute une mouvance, qui propose d'envoyer valdinguer le clivage gauche-droite ! L'idée serait de lui substituer une nouvelle manière d'envisager l'espace politique : pas à l'horizontale (gauche-droite), mais à la verticale. Le haut contre le bas, le peuple contre l'oligarchie. La France insoumise deviendrait, dans cette optique, un mouvement authentiquement "populiste" (le mot étant ici débarrassé de sa connotation péjorative), qui chercherait à agréger les suffrages d'actuels électeurs abstentionnistes, voire de soutiens du Front national.

Exit le drapeau rouge et l'Internationale

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De nombreux proches de Jean-Luc Mélenchon sont convaincus par cette deuxième stratégie, qui a déjà été largement mise en oeuvre lors de la campagne présidentielle de 2017. Première étape du raisonnement : la nécessité d'abandonner l'imagerie traditionnelle de l'extrême gauche, perçue comme contre-productive. "Nous voulons arrêter de revendiquer sans arrêt les codes de la gauche radicale", exposait le député Adrien Quattenens au JDD, considérant que "l'effet 'rassemblement de la gauche' est plutôt un repoussoir qu'une dynamique". Djordje Kuzmanovic, qui conseille Jean-Luc Mélenchon sur les questions de défense et d'international, est l'un des principaux tenants de cette stratégie populiste. Pour Marianne, il se fait incisif : "Toute une série de gens de gauche ont abandonné la réflexion sur l'accession et l'exercice du pouvoir pour se cantonner à une vision sans envergure de la politique, une posture de dénonciation, de témoignage. Cela consiste à tenir des discours toujours plus extravagants, qui se posent en incarnations absolues de l'émancipation et du progrès humain." Et qui, si on suit Djordje Kuzmanovic, tiendraient la France insoumise éloignée de son objectif ultime : prendre le pouvoir.

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Si le rejet est si violent, c'est parce que les partisans du dépassement populiste estiment que les codes traditionnels attachés à la gauche ont coûté cher à la France insoumise. Comme en témoigne cet extrait d'un article du Comptoir, une revue en ligne favorable aux Insoumis, et qui défend inlassablement la fin de l'union de la gauche : "C’est au nom de l’humanisme, du droit-de-l’hommisme, du progressisme, de l’internationalisme et de l’Europe que la gauche a choisi d’attaquer Mélenchon." D'après cet éditorial, pour améliorer "le quotidien des petites gens", les Insoumis devraient définitivement abandonner cet "humanisme déclaratif, abstrait et bourgeois". Et renoncer à toute alliance avec les communistes, trotskistes, socialistes en rupture de ban et autres progressistes. "Les gens n'attendent pas que du vieux bois mort se rassemble pour faire le radeau de la méduse, qu'on ait une soupe de logos et une belle guirlande colorée", argumente Adrien Quattenens.

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Loin d'être un simple mouvement d'humeur, la pensée "populiste" découle d'une réflexion théorique poussée. Dans le sillage de penseurs comme Chantal Mouffe ou Ernest Laclau, dont les écrits ont été popularisés ces dernières années, mais également du philosophe Jean-Claude Michéa, de nombreux hommes politiques ont fait le constat de l'essoufflement du clivage droite-gauche. L'un des premiers à l'avoir acté est Iñigo Errejón, l'un des leaders du parti Podemos en Espagne. "La principale frontière qui divise nos sociétés n’est pas celle qui sépare les sociaux-démocrates et les conservateurs, mais celle qui sépare ceux d’en haut du reste de la société", expose-t-il au média en ligne Le Vent Se Lève. "Ce reste de la société souffre du consensus néolibéral, des politiques technocratiques et des coupes budgétaires, appliquées tantôt par la gauche, tantôt par la droite." L'indifférenciation supposée entre centre-gauche et centre-droit une fois au pouvoir, voilà une thèse qui plaira à beaucoup d'Insoumis, qui se rêvent en parti représentant des classes populaires dans leur ensemble. "Le peuple, contrairement au peuple-de-gauche, n’est pas une abstraction, c’est une réalité sociologique, affirme Le Comptoir. Employés, ouvriers, chômeurs, artisans, petits commerçants, petits fonctionnaires, retraités et étudiants précaires, voilà le peuple." Et quoi de mieux pour les convaincre, donc, que le populisme, qui serait "d'une rare efficacité lorsqu’il s’agit de se débarrasser de ce boulet politique qu’est devenue la gôche (sic)".

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Concrètement, il s'agit d'abandonner les "grands discours théoriques" et politisés pour se concentrer sur les sujets du quotidien. "Plus qu'une question programmatique, le populisme est une méthode, nous explique Kévin Boucaud-Victoire, journaliste au Comptoir. Comment s'adresser à un nouveau public qui n'a pas les codes de la gauche, avec quelque chose de plus rassembleur que le marxisme, le drapeau rouge et l'Internationale". Autre volonté appuyée : mettre au second plan les sujets "sociétaux", qui auraient été "surinvestis par la social-démocratie pour faire oublier aux gagnants de la mondialisation qu'elle avait abandonné le social", d'après Djordje Kuzmanovic. La visée finale, évidemment, est sociologique et donc électorale. "Le populisme, c'est la gauche radicale qui essaie d'aligner la France de Johnny à celle de Booba, les classes populaires de la France périphérique à celle des banlieues", théorise Kévin Boucaud-Victoire.

Cela n'a pas échappé aux partisans du populisme : le "peuple" qu'ils invoquent vote aujourd'hui largement à l'extrême droite, ou boude les urnes. D'après les données d'Ipsos, lors de la présidentielle de 2017, 29% des employés et des ouvriers se sont abstenus au premier tour. Parmi ceux qui ont voté, 37% des ouvriers et 32% des employés ont déposé un bulletin Marine Le Pen. Autre statistique qui confortera les tenants du nouveau clivage : 37% des électeurs qui se définissent eux-mêmes comme "ni de gauche, ni de droite" ont voté pour la candidate frontiste. C'est bien plus que pour Emmanuel Macron (17%) et Jean-Luc Mélenchon (16%). Et la conclusion est limpide : si le réservoir de voix pour les Insoumis se situe parmi le "peuple", cela implique forcément qu'il faudra séduire un électorat en grande partie conservateur. De là à épouser ses thèses ? "Il s’agit d’un combat fondamental entre démocratie et oligarchie", argumente Iñigo Errejón au Figaro Vox. "Et ce combat peut rassembler beaucoup de gens qui s’associent traditionnellement aux valeurs de la droite, ou à des valeurs conservatrices, mais qui commencent à percevoir qu’il n’y a rien à espérer des élites traditionnelles de leurs pays." Lui-même n'hésite pas, incidemment, à parler de "divorce entre le pays réel et le pays officiel", ou "d'élite cosmopolite", et à clamer que le populisme doit récupérer des symboles comme "la nation", "l'ordre" ou "le mérite".

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Djordje Kuzmanovic revendique de "ne pas s'interdire de parler à qui que ce soit, si on veut prendre le pouvoir, atteindre les 51% de la population". Lui est justement chargé de faire la promotion des idées insoumises auprès de catégories sociales traditionnellement marquées à droite : les militaires ou les catholiques. En août dernier, lors de l'université d'été de LFI à Marseille, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon a fait un détour par la Sainte-Baume, pour y participer à un débat organisé par … le diocèse de Toulon-Fréjus, où il faisait notamment face à Christophe Billan, alors président de Sens Commun. "Je suis allé sur leurs bases à eux, en critiquant le libéralisme. Dans la Bible, le petit Jésus a l'air de préférer les pauvres aux riches ! A la fin, beaucoup de gens sont venus pour prendre contact avec moi." De cette expérience, Kuzmanovic tire un constat plus général : "Pour convaincre certaines personnes, cela implique d'aller sur le terrain de l'antilibéralisme, de la souveraineté, du patriotisme, des valeurs qui peuvent d'ailleurs être éminemment de gauche." L'éditorial du Comptoir va plus loin, appelant à "arrêter de se boucher le nez devant chaque revendication populaire qui ne serait pas de gauche", et même à "essayer de comprendre certaines demandes, notamment celles de l'électorat du FN".

Tensions dans la France insoumise

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C'est bien là le problème, pour tous ceux qui s'effraient d'un tel renversement populiste. En récupérant des valeurs d'habitude associées à la droite, en faisant des appels du pied à un électorat conservateur, en accordant des entretiens à des médias "de l'autre rive", les "populistes" braquent les partisans de l'union des gauches. "Ce qui pose problème à nombre de membres de La France insoumise, c’est de constater que Politis ou Libération sont plus mal vus au sein de la direction de leur mouvement que Causeur ou la revue Limite", synthétise le politologue Gaël Brustier dans Slate. C'est justement au magazine Politis que la députée LFI Clémentine Autain a accordé un entretien le 7 février dernier. En rupture avec la stratégie solitaire de Jean-Luc Mélenchon, elle y appelle à "agréger plus encore pour bâtir l’alternative à Macron". Et en creux, se dresse contre la stratégie populiste : "Une chose est de dire : on range les drapeaux rouges, c’est passé de mode. Une autre est de donner le sentiment qu’on jette dans les poubelles de l’histoire les acteurs et héritiers du mouvement ouvrier. Si le neuf doit dominer, l’histoire ne peut être balayée d’un revers de la main, et si l’on vise la constitution de majorités, aucune voix éprise de rupture sociale et écologiste ne peut manquer." Ces fortes réserves ont causé de sérieux remous au sein de la France insoumise, et Clémentine Autain, issue du PCF et du mouvement Ensemble !, serait de plus en plus isolée au sein du groupe de députés LFI.

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Certains sympathisants s'avouent franchement hostiles à un élargissement de la France insoumise qui irait au-delà de la gauche. C'est le cas de Jérémie Ferrer-Bartomeu, professeur d'histoire à l'université de Nanterre, qui suit de près les débats des Insoumis. "Le tournant populiste est une impasse, juge-t-il. Mélenchon est en train d'appauvrir la ligne de LFI. Il n'y a plus d'instance de consultation et de débats." Le chercheur s'inquiète surtout des nouveaux interlocuteurs récurrents des Insoumis, qu'il juge infréquentables : "Ils cherchent des alliés très à droite, la revue Limite, Natacha Polony, Olivier Berruyer (fondateur du site Les Crises, ndlr). Ce sont des signaux inquiétants." Les partisans inquiets de l'union des gauches observent également de près les choix éditoriaux du Média, la webtélé fondée par des proches de Jean-Luc Mélenchon. Récemment, l'essayiste Natacha Polony et le candidat à la présidentielle François Asselineau y ont été invités. L'économiste hostile à l'Union européenne Jacques Sapir a pris publiquement la défense de la web-TV. Autant de personnalités emblématiques du "dépassement populiste" pour les uns… et considérées comme infréquentables par les autres.

La crainte d'une jonction vers le FN

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La ligne de fracture la plus évidente entre les deux camps est ainsi celle sur laquelle s'écharpent depuis plusieurs mois Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Partisan de l'union de la gauche, Jérémie Ferrer Bartomeu fustige le fait que "les signaux envoyés par les Insoumis pour les élections européennes ne s'adressent pas à un électorat de gauche. Eux disent : 'nos buts convergent, on veut se débarrasser de la techno-structure européenne, peu importe si c'est avec le Front national." Et du côté des "populistes", Djordje Kuzmanovic répond que "ceux qui prétendent pouvoir appliquer leur très beau programme antilibéral dans le cadre des traités européens prennent les gens pour des imbéciles". On mesure le fossé. Un nouvel exemple en a été donné très récemment, puisque Benoît Hamon a choisi de soutenir l'intervention française en Syrie, quand Jean-Luc Mélenchon s'y est totalement opposé.

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La grande peur des militants d'une union de la gauche, qui analysent la politique à partir du clivage classique, est en fait que le tournant populiste de la France insoumise ne soit qu'une manière de camoufler une sorte de jonction des extrêmes : en somme, la France insoumise essaierait tant de répondre aux attentes d'un électorat tenté par le FN qu'elle en viendrait à furieusement ressembler au parti de Marine Le Pen. "Le problème de la stratégie de LFI, c'est qu'elle marche vite pour élargir son socle électoral, mais que pour aller plus loin, la transformation en Mouvement 5 étoiles (M5S) est la seule issue possible", tranche Jérémie Ferrer-Bartomeu. L'historien fait référence à la situation politique italienne, où le M5S, impossible à situer précisément sur l'échiquier droite-gauche, a fini premier des élections législatives… mais pourrait s'allier avec la Ligue, formation de droite dure, afin de gouverner. En Espagne, c'est Podemos, formation dont les cadres viennent de la gauche radicale, qui a expérimenté la stratégie populiste. Iñigo Errejón, son plus ardent défenseur, tient à distinguer les populismes "identifiés comme démocratiques ou progressistes" des "constructions populistes réactionnaires". Quand les premiers estiment que le peuple "repose sur une adhésion civique renouvelée de manière permanente", les seconds "se réfèrent à une forme d'identité essentielle et figée dans l'histoire". Une nuance pas forcément évidente pour le grand public, tout comme la stratégie populiste dans son ensemble. Difficile d'imposer une telle manière de voir la politique quand le clivage droite-gauche structure encore très largement les mentalités… "C'est là qu'est le défi politique, concède Djordje Kuzmanovic. Le but, c'est de montrer que le rôle de l'Etat, le rejet des politiques ultralibérales et le sens de l'universel peuvent parler à tout le monde". Aux partisans de Benoît Hamon, comme à ceux de Marine Le Pen. Il y a du boulot.

https://www.marianne.net/politique/union-de-la-gauche-ou-populisme-la-france-insoumise-hesite-et-se-dechire?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

mercredi 18 avril 2018

Frappes USA/France/GB en Syrie – Qui a gagné ?

TRIBUNE LIBRE /

TL TRUMP SYRIA

Publié le 14 avril 2018 sous le titre F.U.K.U.S. Strikes Syria – Who Won?
Traduit par Dominique Muselet

Hier soir, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont lancé une attaque illégale contre la Syrie et ont bombardé plusieurs sites militaires et civils à l’intérieur du pays. Ils justifient leur attaque comme une punition pour une prétendue ‘attaque chimique’ qui a eu lieu une semaine plus tôt.

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L’’incident chimique’ du 7 avril à Douma a été fabriqué pour renverser la décision de Trump d’ordonner à l’armée américaine de quitter la Syrie. Les ‘rebelles’ salafistes de Douma financés par les saoudiens ont rassemblé des cadavres d’enfants, morts dans divers incidents, et les ont empilés dans un appartement pour faire de fausses vidéos d’une ‘attaque chimique’ qu’ils ont mensongèrement attribuée au gouvernement syrien.

Trump a fait semblant de prendre les vidéos pour argent comptant et a tweeté des menaces contre la Syrie et la Russie. La Russie a menacé de répondre fermement si une attaque des États-Unis touchait ses soldats ou ses intérêts en Syrie.

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Le Royaume-Uni et la France, qui, comme les États-Unis, ont reçu récemment la visite du prince clown saoudien et ont été inondés de milliards d’euros saoudiens, ont sauté sur l’occasion. La France admet aujourd’hui que ses ‘renseignements’ sur l’incident de Douma sont uniquement basés sur les vidéos youtube – de toute évidence mises en scène – et les affirmations d’organes de propagande financés par l’occident qui coopèrent avec les djihadistes.

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Hier, le ministère russe de la Défense a accusé la Grande-Bretagne d’avoir fabriqué l’’incident chimique’ :

Aujourd’hui, il y a d’autres preuves à la disposition du département militaire russe, qui témoignent de la participation directe de la Grande-Bretagne à la mise en œuvre de cette provocation dans la Ghouta orientale.

La Russie sait que du 3 au 6 avril, Londres a demandé aux Casques blancs de mettre rapidement en œuvre cette provocation qui avait été préparée à l’avance.

Les Casques blancs ont été informés que les militants de Jaysh al-Islam devaient mener une série de puissants bombardements d’artillerie sur Damas du 3 au 6 avril.

Ce qui entraînerait une réponse des troupes gouvernementales, que les représentants des Casques blancs devaient utiliser pour se livrer à des provocations avec des armes chimiques présumées.

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Les ‘Casques blancs’ sont financés par le gouvernement britannique et sont dirigés par un ‘ancien’ officier de renseignement militaire britannique. Les accusations directes de la Russie contre la Grande-Bretagne ont peut-être joué un rôle dans le déclenchement précipité de la frappe d’hier soir. L’arrivée de techniciens de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à Damas aussi. Ces derniers enquêteront aujourd’hui sur l’incident présumé à Douma et constateront probablement qu’il ne s’est rien passé. Le fait que les trois pays n’ont même pas attendu les résultats préliminaires de l’enquête doit être considéré comme un aveu de culpabilité. Ils savent que l’attaque chimique n’a pas eu lieu.

L’armée américaine craignait un conflit potentiel avec la Russie. Des négociations intenses ont eu lieu la semaine dernière entre le Pentagone et le ministère russe de la défense. On pense que le secrétaire à la Défense Mattis a dissuadé Trump d’opérer une frappe plus importante. La troisième guerre mondiale a été évitée.

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La nuit dernière, quelque 107 missiles et missiles de croisière ont été tirés contre deux sites de recherche et huit aéroports militaires en Syrie par les forces américaines, françaises et britanniques. Les forces russes et syriennes ont été averties. Le personnel et les équipements avaient été évacués. Les forces russes n’ont pas réagi car leurs zones en Syrie n’étaient pas visées. La défense aérienne syrienne a réussi à abattre ou à détourner 71 missiles avant qu’ils n’atteignent leur cible. Le Pentagone prétend qu’aucun de ses missiles n’a été détruit ou détourné de son objectif. Un média d’opposition syrien bien connu n’est pas d’accord avec la revendication du Pentagone :

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a réussi à documenter l’interception par les forces du régime de dizaines de missiles qui ont ciblé leurs positions et leurs bases militaires sur le territoire syrien ; plusieurs sources croisées ont confirmé à l’Observatoire syrien que le nombre de missiles abattus dépassait 65...

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Un taux de réussite de 60 à 70% pour la défense aérienne contre les missiles entrants est stupéfiant. La plupart d’entre eux auront été détruits par les systèmes Pantsir-S1 fournis par la Russie à la Syrie. Tous les aéroports militaires syriens sont désormais protégés par ces systèmes à courte portée et, alors que huit d’entre eux ont été ciblés, un seul a été touché.

L’une des cibles qui ont été touchées était le Centre de recherche scientifique de Barzah, non défendu, près de Damas. Le Pentagone prétend que des armes chimiques y sont fabriquées ou stockées. Cette affirmation est évidemment un mensonge :

  • En 2013, la Syrie a adhéré à la Convention sur la guerre chimique et a renoncé à toutes ses armes chimiques.
  • L’OIAC a vérifié tous les anciens sites d’armes chimiques accessibles en Syrie et a assisté à la destruction de l’équipement de production.
  • Le site de Barzah a été abandonné après que les équipements ont été enlevés.
  • On n’attaque pas un site avec des bombes normales si l’on sait que des armes chimiques y sont stockées. Les bombes diffuseraient les produits chimiques dangereux et tous ceux qui se trouveraient sous le vent seraient sérieusement affecté.
  • Après les frappes américaines, on pouvait voir des gens marcher dans les ruines. Aucun ne portait d’équipement de protection. Il n’y avait sûrement rien de ’chimique’.

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Il en va de même pour les installations de Jaramana touchées par les frappes. L’affirmation du Pentagone selon laquelle les frappes ont frappé les ‘installations de production et de stockage de produits chimiques’ de la Syrie est un mensonge.

Personne n’aurait été tué par les frappes. Selon le ministère russe de la Défense, trois personnes ont été blessées.

Quelles seront les conséquences de ces frappes ?

La pression des médias, des interventionnistes et des néoconservateurs en faveur d’une guerre plus large contre la Syrie (et la Russie) de ces dernières semaines, s’est calmée. Même John McCain, qui veut toujours plus de guerres, semble satisfait.

Le président de la Russie Vladimir Poutine n’a pas mâché ses mots :

Un acte d’agression contre un État souverain qui est sur la ligne de front du combat contre le terrorisme a été commis sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en violation de la Charte des Nations Unies et des normes et des principes du droit international.

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Le gouvernement chinois déplore également la violation du droit international et de la charte de l’ONU.

En ordonnant la frappe, le président Trump a également enfreint la loi étasunienne, en particulier la War Powers Resolution.

Une réunion du Conseil de sécurité aura lieu aujourd’hui, mais, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont des vetos, cela n’aura aucune conséquence.

L’une des choses qui ne doit pas satisfaire les États-Unis, c’est le succès que les défenses aériennes russes ont remporté hier soir contre les frappes américaines. Cette annonce de la déclaration du ministère russe de la Défense va leur créer des maux de tête supplémentaires :

Il faut souligner qu’il y a plusieurs années, la Russie a cédé à la demande de nos partenaires occidentaux, et a accepté de ne pas fournir de systèmes S-300 AD à la Syrie. Compte tenu de l’incident récent, la Russie estime pouvoir réexaminer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais aussi d’autres pays.

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Davantage de pays vont désormais pouvoir acheter du matériel de défense aérienne russe de pointe. Les ingérences des États-Unis et les frappes israéliennes contre la Syrie seront beaucoup plus risquées. Lorsque la Syrie aura les systèmes S-300, elle pourra détecter et attaquer tout avion israélien survolant le Liban. Israël a souvent utilisé l’espace aérien libanais pour attaquer des cibles en Syrie. Il n’aura bientôt plus ce luxe.

La Syrie, l’Iran et le Hezbollah ont tous publié des déclarations annonçant des représailles pour l’attaque. Elles auront lieu probablement sur le terrain contre des cibles et des actifs étasuniens en Irak, au Liban, en Syrie et en Israël. Le peuple syrien à Damas a constaté le succès des défenses aériennes et en a été très satisfait. Il répondra par un soutien accru à son gouvernement et à ses plans de libération de toute la Syrie.

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Trump a échappé à la pression publique créée par la fausse ‘attaque chimique’ grâce à une frappe aérienne plus ou moins symbolique. Il a tweeté ‘Mission accomplie !’ Je pense qu’il va continuer d’insister pour qu’il soit mis fin aux opérations américaines en Syrie. Celui qui a mis en scène la fausse attaque chimique n’y a rien gagné.

La réaction de Trump est aussi une invitation aux djihadistes et à ceux qui les influencent de monter des opérations sous faux drapeau chaque fois que ça leur chante.

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Le Pentagone a laissé la porte ouverte à de nouvelles ‘attaques chimiques’ et à d’autres frappes étasuniennes. Il a affirmé aujourd’hui que la Syrie dispose toujours d’installations d’armes chimiques. Si c’est vraiment le cas, pourquoi les États-Unis n’exigent-ils pas une inspection et un démantèlement de ces installations par l’OIAC ? La Syrie a signé la Convention sur les armes chimiques et serait obligée de l’accepter.

Le mépris évident des États-Unis pour le droit international et pour les organisations internationales comme l’ONU, l’OIAC et l’AIEA aura de graves conséquences. Les États-Unis peuvent maintenant sûrement faire leur deuil d’un accord de désarmement avec la Corée du Nord. La Russie, la Chine et d’autres pays utiliseront l’exemple des frappes de la nuit dernière pour ignorer le droit international quand cela leur conviendra. Il n’y aura plus de faveurs comme de ne pas vendre de systèmes S-300 à certains pays ou de s’associer aux sanctions américaines contre d’autres pays.

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En fin de compte, les instigateurs de la fausse attaque chimique, les États-Unis et leurs partenaires dans le crime se seront fait plus de mal à eux-mêmes, avec ces frappes, qu’ils n’en ont fait à la Syrie.

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Article original:http://www.moonofalabama.org/2018/04/fukus-strikes-syria-who-won.html
URL: https://arretsurinfo.ch/frappes-usa-france-gb-en-syrie-qui-a-gagne/

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lundi 16 avril 2018

[RussEurope-en-Exil] Stupidité et irresponsabilité

TRIBUNE LIBRE / J. Sapir

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Stupidité ; c’est le mot qui semble le plus approprié pour décrire la frappe par missiles de croisière sur la Syrie à laquelle se sont livrés dans la nuit de vendredi à samedi trois pays, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et – hélas – la France. Cette frappe n’a eu, semble-t-il, que des effets très limités. Le gouvernement syrien et le gouvernement russe n’annoncent aucune victime. Ainsi, “selon des informations préliminaires, aucune victime [n’est à déplorer] au sein de la population civile ou de l’armée syrienne“, a déclaré un porte-parole de l’armée russe. De plus, selon une source officiel russe, un nombre important de missiles, 71 sur 103, auraient été abattus par la DCA syrienne[1]. Il est clair que cette frappe ne changera pas un iota dans la politique de Bachar-el-Assad.

Une action dont on ne mesure pas les conséquences peut-être qualifiée de stupide. Une action dont les conséquences vont à l’opposé des objectifs affichés est certainement stupide. Cette frappe se qualifie comme stupide sur ces deux terrains.

Stupidité tactique

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Relevons tout d’abord que, dans ses objectifs, cette frappe semble avoir été très limitée. On ne parle que d’un centre « clandestin » d’armes chimiques (ou supposées telles) et de deux lieux de fabrication. Les installations directement militaires, et où se trouvent de nombreux soldats et officiers russes, semblent avoir été soigneusement évitées. Les derniers contacts entre Macron et Vladimir Poutine semblent avoir eu pour but de confirmer aux russes qu’ils ne seraient pas visés. Cela démontre un effet de dissuasion certain de la présence russe face aux Etats-Unis et à leurs alliés. Cet effet sera certainement noté par différents observateurs et par des pays qui sont susceptibles de devenir des cibles de la puissance des Etats-Unis.

Il faut ensuite revenir sur le chiffre – hypothétique – de 71 missiles abattus sur 103. La défense anti-aérienne russe n’est pas entrée en action, car les troupes russes n’étaient pas susceptibles d’être visées. Ce chiffre est extrêmement élevé, et ce même s’il devait être réduit à une quarantaine de missiles, par rapport aux capacités des systèmes de DCA dont l’armée syrienne est équipée. Ces systèmes sont des armes achetées du temps de l’existence de l’Union soviétique, ou qui en sont largement dérivées. Alors, on peut raisonnablement penser qu’elles ont été modernisées dans le cadre d’accords avec la Russie. Mais, cela reste insuffisant pour expliquer cette forte proportion d’interceptions et de destructions, chose dont l’armée Syrienne n’avait pas été capable jusque là. Il est possible que les troupes russes, qui disposent de systèmes de détection et de désignation de cibles sophistiqués en Syrie, aient transmis des informations à la DCA syrienne lui permettant d’intervenir avec une efficacité étonnante à priori. Cela expliquerait le nombre important d’engins détruits.

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Ces engins, que Donald Trump décrivait dans un twitt comme « beaux et intelligents », et qui sont les lointains descendants des V-1 de l’Allemagne nazie[2], coûtent chers. Un missile britannique de type Storm Shadow est estimé à 800 000£. Si, pour faire exploser sur des cibles 32 missiles on doit en perdre 71, autrement dit si le taux de réussite n’est que de 31%, on s’interroge sur la capacité de pays comme les Etats-Unis et leurs alliés à mener une campagne de désarmement (comme celle menée contre l’Irak en 2003). Pour qu’une telle campagne soit efficace, il faut compter plusieurs centaines de missiles atteignant leurs cibles (de 400 à 1200 suivant la complexité du système de défense du pays). Cela reviendrait à tirer de 1300 à 4000 missiles, dans le cas d’une défense qui n’est clairement pas à la pointe du progrès, soit une dépense de 1,6 milliards de dollars à 4,8 milliards de dollars. On le comprend aisément, l’efficacité supposée de la DCA syrienne remet en question le modèle économique des frappes aériennes, modèle qui celui sur lequel les Etats-Unis vivent depuis la « guerre du Golfe » en 1991. Ils auraient fait par cette frappe, aidés par la Grande-Bretagne et par la France, la démonstration que leur modèle d’action militaire est ainsi périmé. S'ils croyaient rétablir à leur profit une forme de dissuasion, c’est évidemment raté ! Les trois pays ont en réalité affaibli leurs positions sur la question de la Syrie, et c’est une évidente stupidité.

Stupidité stratégique

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Mais, les conséquences de cette frappe vont naturellement plus loin. Jean-Luc Mélenchon a ainsi twitté :Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français” (…)”C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable[3]. Et c’est là l’aspect peut-être principal. Une frappe militaire est un acte de guerre. Cet acte doit être encadré par le droit international ou alors cela signifie que la loi du plus fort et la seule valide. Aujourd’hui, les preuves de la réalité d’une attaque chimique et de la responsabilité du régime de Bachar-el-Assad dans cette attaque n’ont pas été fournies. Compte tenu du lourd passif de mensonges et de manipulations des dirigeants des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, nul ne peut être cru sur parole.

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En décidant de commettre cette frappe de manière unilatérale et sans mandat, les dirigeants des trois pays concernés, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France ont fait la démonstration du peu de cas qu’ils font du droit international et des Nations-Unies. Cela ne peut que renforcer toute une série de pays dans leur résolution à se doter de l’arme nucléaire afin de se préserver d’actions de cette nature. En d’autres termes, Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron viennent de confirmer que la prolifération nucléaire est, pour certains pays, un choix logique et inévitable. Or, il convient de préciser que outre les puissances nucléaires légales, sont déjà actuellement en possession de l’arme nucléaire Israël (avec de 200 à 250 têtes), l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord. Cette frappe va donc conforter non seulement les dirigeants de ces pays dans leurs choix mais aussi persuader d’autres, et l’on pense à l’Iran, à l’Arabie Saoudite, mais aussi à l’Algérie, à la Turquie, et à un certain nombre de pays d’Asie qu’ils doivent imiter les pays « proliférateurs ». Ne pas se rendre compte de cela est bien faire preuve d’une incroyable stupidité stratégique.

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La frappe décidée par Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron ne rendra pas le monde plus sûr ni plus juste. C’est en réalité tout le contraire. Elle accroit les risques d’instabilités internationales et plonge un peu plus le monde dans le chaos. Ce n’est plus simplement de la stupidité stratégique, mais de l’irresponsabilité crasse.

Cette frappe a été décidée pour des raisons sans doute différentes et divergentes par les trois dirigeants qui en portent la responsabilité. Les Etats-Unis pourraient bien considérer qu’il s’agit d’une « salve d’adieu » et se décider à abandonner le terrain Syrien. La Grande-Bretagne alors suivra. La France, elle, se retrouvera dans une situation plus que délicate, s’étant compromise avec les Etats-Unis, ayant perdu ce qui faisait sa crédibilité et son honneur sur la place internationale, en particulier la défense des principes du droit international et de la souveraineté des Etats.

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Très clairement, la France est le pays qui a, et de loin, le plus à perdre dans cet affaire. Qu’Emmanuel Macron ne l’ait pas compris est bien la preuve qu’il n’entend rien à la politique étrangère et qu’il se révèle inapte à sa fonction, tout comme l’avait été son prédécesseur, François Hollande.

[1] https://fr.sputniknews.com/international/201804141035942222-71-missiles-syrie-coalition-largues/?utm_source=https://t.co/tOGn6jizCw&utm_medium=short_url&utm_content=hp85&utm_campaign=URL_shortening

[2] Voir Werrell K.P., The Evolution of the Cruise Missile, Air University Press, Maxwell Air Force Base, Alabama, 1985.

[3] http://www.lepoint.fr/politique/syrie-melenchon-denonce-des-frappes-menees-sans-preuve-ni-mandat-de-l-onu-14-04-2018-2210618_20.php

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-stupidite-et-irresponsabilite-par-jacques-sapir/

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samedi 14 avril 2018

Ces Français qui veulent faire assassiner Bachar El Assad

Olivier Lepick, présenté comme docteur en Histoire et Politiques Internationales de l’Institut des Hautes Études Internationales de Genève (Université de Genève), chercheur associé à la FDS (Fondation pour la Recherche Stratégique) (Paris), spécialiste des armes chimiques et biologiques, répondait à quelques questions, lundi 9 avril 2018, à France Info.

TL GUERRIER

Parmi les questions qui lui sont posées, en voici une : « Les événements à Douma sont-ils du même [type que] l’attaque du 4 avril 2017 dans le village de Khan Cheikhoun au sud de la région d’Idleb ? »

[France-info, Syrie, “Les tableaux cliniques des victimes sont accablants, il est incontestable qu’il s’agit d’une attaque chimique”, 9 avril 2018. Note FP : La correction entre crochets est de mon fait.] https://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/attaque-chimique-en-syrie/syrie-les-tableaux-cliniques-des-victimes-sont-accablants-il-est-incontestable-qu-il-s-agit-d-une-attaquechimique_2697212.html

  1. L. : « Les tableaux cliniques des victimes sont accablants. C’est probablement un mélange de chlore et d’un organophosphoré, probablement également du sarin. Il n’y a aucun doute sur la nature chimique de cette attaque. Il est incontestable qu’il s’agit d’une attaque chimique. C’est quelque chose qui ressemble exactement à ce qu’on a vécu à de nombreuses reprises sur le théâtre syrien, il y a un an, en août 2013 également dans la banlieue de Damas. C’est une nouvelle violation des conventions internationales et un nouvel acte de barbarie de la part d’un régime qui mène une guerre d’annihilation et d’extermination contre sa population. »
  2. Lepick accuse « le régime syrien » d’avoir lancé une attaque chimique. Mais où sont les preuves de son accusation ? Suite à l’attaque de Khan Cheikhoun, des enquêtes ont été demandées à l’ONU et le gouvernement syrien les a appelées de tous ses vœux. Résultat de ces enquêtes ? RAS (Rien à signaler).

Autre question : « Cela fait longtemps que l’arme chimique est utilisée, malgré les avertissements des occidentaux. Qu’en pensez-vous ? »

O.L. : « La véritable ligne rouge de ce conflit est l’utilisation répétée d’armes chimiques. Ce n’est pas du tout cette ligne rouge qu’on a mis face à Bachar al-Assad en lui disant qu’il essuierait des conséquences importantes s’il utilisait l’arme chimique. Puisqu’on le voit bien, à part quelques tirs de missiles sur une base abandonnée, il ne s’est rien passé. » [Idem.] « Il ne s’est rien passé » : c’est-à-dire ?

Encore une question : « Emmanuel Macron et Donald Trump ont promis une réponse forte et commune. Est-ce une bonne chose ? »

O.L. : « Il semble que l’Élysée et Washington soient décidés à agir de manière importante. Si l’Occident ne décide pas de frappes contre les hiérarques du régime, contre Bachar El Assad, lui même physiquement, des frappes sur des infrastructures syriennes ne serviront à rien. Il faut mettre une limite très forte. Je pense que viser les hiérarques du régime et Bachar al-Assad c’est la seule solution pour tenter de stopper cette escalade dans la barbarie. J’espère que cette attaque ne restera pas sans réponse. »

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Ce merdeux, se souvient-il de ce qui s’est passé en Libye ? Le pays se trouve dorénavant plongé dans le chaos. Le peuple libyen se souviendra, lui, longtemps de la protection de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis et de leurs bombes lâchées, de jour comme de nuit, de nuit comme de jour, sur ses maisons, sur ses enfants… Il se souviendra longtemps du lynchage et de l’assassinat du Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi. Il se souviendra longtemps du désespoir produit par les bombes protectrices, de la torture et de l’esclavage réapparus après l’époque révolutionnaire (1969-2011), de la Mer Méditerranée transformée en une immense tombe.

Olivier Lepick, peut-il lancer un appel au meurtre dans les médias, sans que personne ne bronche ? Il lance un appel à la destruction physique d’un Président élu, des membres d’un gouvernement légitime ! Et par deux fois. Donc, nulle ambiguïté. De quel pays, Olivier Lepick, est-il le porte-parole ? L’appel au meurtre, ne tombe-t-il pas sous le coup de la loi française ?

L’article 23 du Code pénal ne pourrait-il pas le concerner ?

« Seront punis comme complices d’une action qualifiée crime ou délit ceux qui, soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par tout moyen de communication au public par voie électronique, auront directement provoqué l’auteur ou les auteurs à commettre ladite action, si la provocation a été suivie d’effet

Cette disposition sera également applicable lorsque la provocation n’aura été suivie que d’une tentative de crime prévue à l’article 2 du code pénal. » [Répertoire législatif III, Paragraphe 1er : Provocation aux crimes et délits, Article 23 Modifié par Loi n°2004-575 du 21 juin 2004 art. 2 II

(JORF (Journal Officiel de la République Française) 22 juin 2004).]

http://www.lexinter.net/lois/provocation_aux_crimes_et_delits.htm

Ces appels aux meurtres contre Bachar El Assad renvoient à ce qui était visé à travers l’assassinat de Muammar Gaddhafi : la Libye révolutionnaire. Pour plus d’informations :

https://unefrancearefaire.com/2018/01/17/la-libye-revolutionnaire-dans-le-monde-1969-2011/ https://unefrancearefaire.com/2016/08/23/la-guerre-coloniale-et-la-contre-revolution-en-libyemars-2011-octobre-2013/

Françoise Petitdemange

https://reseauinternational.net/ces-francais-qui-veulent-faire-assassiner-bachar-el-assad/#jOpIczBT98qmuSfA.99

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Projet de Résolution Russe sur la Goutha: un vote à l’ONU qui en dit long

TRIBUNE LIBRE / par Dominique DELAWARDE

TL RESOLUTION RUSSE

Le vote du conseil de sécurité de l’ONU du 10 avril sur l’un des deux projets de résolution russe prévoyant l’envoi de spécialistes de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) dans la ville syrienne de Douma, en vue d’enquêter sur les allégations d’attaque chimique portées par les occidentaux sur la base de témoignages émanant des très controversés «casques blancs», nous apporte quelques enseignements.

Le vote du camp occidental qui s’oppose, par principe, à toute initiative russe au conseil de sécurité, s’est trouvé réduit à 4 pays sur les 15 du conseil de sécurité : (USA, UK, France et Pologne). C’est peu pour soutenir la «manœuvre occidentale» fondée sur un nouveau montage «hautement probable» d’une vraie fausse attaque au gaz qui émanerait «des colonnes infernales de Bachar El Assad».

Chacun peut comprendre bien sûr que les USA, le Royaume Uni et la France, trois pays sous très forte influence de leur lobby pro-israélien nationaux et de leur petite élite néoconservatrice pro-Israël dont la collusion transnationale n’est plus à démontrer, votent pour éviter la découverte de leurs machinations et votent aussi pour tenter de sauver leurs alliés «terroristes modérés» et de ralentir les succès de l’armée syrienne dans la libération de son pays.

RFL

Soyons clair : il s’agit, pour nos trois «larrons», d’affaiblir par des frappes militaires faussement justifiées le régime en place et de favoriser un démembrement de la Syrie et un affaiblissement de l’Iran au profit d’Israël.

6 pays membres du conseil de sécurité se sont abstenus…… de soutenir le clan occidental dans son vote d’opposition aux Russes.  Ces abstentions ne sont pas anodines si l’on veut bien considérer les pressions considérables exercées sur ces pays peu puissants par le trio que certains qualifient volontiers d’infernal: USA, UK, France. Ces pays qui se sont abstenus, avec un certain courage, sont les suivants: Côte d’Ivoire, Guinée équatoriale, Koweït, Pays Bas, Suède et Pérou. Ils ont, malgré les pressions, exprimé leur doute sur le bien fondé des positions de la «coalition occidentale» sur la Syrie en ne les soutenant pas.

5 pays ont voté pour la proposition russe: Chine et Russie, bien sûr, mais aussi Bolivie, Éthiopie et Kazakhstan. Rien d’étonnant non plus puisqu’il s’agit des soutiens traditionnels des positions russes au conseil de sécurité.

Certes, la proposition russe n’a pas été retenue, mais le décryptage des votes n’a pas été sans intérêt. A la décharge de nos «partenaires» britanniques, le journal The Times nous apprend  que lors d’une conversation téléphonique entre la Maison-Blanche et le 10 Downing Street, la dirigeante britannique Theresa May aurait déclaré à Donald Trump que son pays avait besoin de plus de preuves d’une attaque chimique présumée dans la ville syrienne de Douma avant de se joindre à une éventuelle frappe sur la Syrie. Tiens donc! Le gouvernement britannique deviendrait prudent après l’affaire Skripal traitée à la va vite et sans la moindre preuve ?

Ce qui est également réconfortant, c’est de lire les très nombreux commentaires des internautes sur cette affaire d’attaque au gaz dans les médias mainstream.

Exemple ? http://www.lefigaro.fr/international/2018/04/10/01003-20180410ARTFIG00303-armes-chimiques-en-syrie-nouveau-vote-ce-soir-a-l-onu.php

Cela montre, s’il en était besoin, qu’une forte majorité des citoyens de ce pays qui ont un cerveau et qui savent encore s’en servir ne sont pas dupes et ne croient ni les proclamations gouvernementales ni les médias dans cette affaire syrienne.

Wait and See…..

Dominique DELAWARDE

https://reseauinternational.net/projet-de-resolution-russe-sur-la-goutha-un-vote-a-lonu-qui-en-dit-long/#Y1SibZcb46HYAVPf.99

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Donc, c’était « l’invincible Tsahal », et maintenant?

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Dans notre publication Syrie : un aéroport militaire frappé par plusieurs missiles, on se demandait qui était derrière ces frappes, les USA ayant démenti en être les auteurs. Il semblerait que ça vienne d'Israël, mais selon l'auteur de cet article, il s'agirait plutôt d'une "opération de routine" (!). De nouvelles actions de cette envergure seraient donc sans grande conséquence, y compris venant de France, à moins que...   A peine rassurant sur l'ampleur de la catastrophe à venir. Quoiqu'il en soit, "routine" ou pas, il s'agit toujours d'opérations de guerre, avec son lot de morts, de destructions, de traumatismes...       P.G.


 

TRIBUNE LIBRE /

par Le SakerVineyard of the Saker

TL TSAHAL DEFAITE



Bon, maintenant nous savons : la panique d’hier à propos d’une attaque US sur la Syrie, c’était rien que « l’invincible Tsahal dans une de ses attaques symboliques contre quelques troupes “iraniennes” en Syrie ». Ces types sont si totalement macho et sympas qu’ils ne se sont même pas donné la peine d’informer la Russie, et si totalement loyaux qu’ils n’en ont pas informé les USA. Le score final est le suivant :

1.     5 missiles sur 8 interceptés (vous pouvez voir quelques photos des résultats de cette attaque essentiellement ratée ici).

2.     14 soldats tués, y compris 2 Iraniens.

3.     L’Invincible Tsahal prouve une fois de plus qu’à part assassiner des civils palestiniens en masse, il peut aussi tirer quelques missiles depuis l’espace aérien libanais.

4.     En dehors des égos sionistes de taille galactique, personne ne sera impressionné.

5.     Pour quelque mystérieuse raison, l’antisémitisme continuera à « augmenter de façon alarmante » dans le monde entier.

Ce dernier phénomène devrait quand même considérablement nous préoccuper, dans la mesure où il peut conduire à des scènes aussi dégoûtantes que cette lâche lapidation d’un paisible véhicule militaire israélien par un terroriste palestinien.

image: https://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2018/04/terroriste-palestinien-20180413-1024x525.jpg

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La leçon de tout ceci en ce qui nous concerne est simple : pas de panique ni même de conclusions si et quand vous verrez  rapporter l’attaque US sur la Syrie.

Premièrement, il y a une bonne chance pour que Trump se décide à y aller d’une attaque symbolique. Qui voudrait dire n’importe quoi en-dessous de 100 missiles de croisière tirés sur 1 à 4 cibles (et leurs défenses aériennes associées) et ne comprendraient probablement pas d’immeubles du gouvernement à Damas.

Deuxièmement, s’il y a une attaque réelle de grande envergure sur la Syrie, ne vous attendez pas à moins de plusieurs centaines de missiles de croisière tirés en guise de première vague d’attaque, suivis d’une seconde vague probablement plus petite, mais peut-être de même importance. Si cela arrive, vous recevrez les premières nouvelles des défenses aériennes non seulement syriennes mais également russes accueillant les missiles intrus. Il y a une forte possibilité pour qu’à ce stade, des militaires russes soient tués, et cela conduira probablement à des contre-tirs russes sur les forces US avec tout ce que cela implique.

Soit dit en passant, il n’y a aucune raison pour la marine US de risquer ses navires de surface dans ce genre d’attaque. Les USA ont converti plusieurs SSBNs (sous-marins nucléaires lanceurs d’ICBMs ou missiles balistiques à longue portée) en un SSGN (sous-marin transporteur de missiles de croisière) chacun capable de tirer 154 missiles de croisière Tomahawks. Je ne sais pas où ils sont déployés en ce moment, tout ce que je dis, c’est que les USA ont des options, y compris celle de tirer un grand nombre de missiles de croisière à partir de sous-marins, qui seraient beaucoup moins exposés que des navires aux représailles russes, surtout si la Navy fournit une couverture aérienne aux SSGNs (ce qu’elle peut absolument faire).

En résumé : ne confondez pas les clowns israéliens (ou français) avec les forces armées américaines.

Pour ce qui est de la Syrie, voyons ce qui va se passer à la réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies convoqué par la Russie.

Le Saker

 Source : http://thesaker.is/so-it-was-the-invincible-tsahal/

https://reseauinternational.net/donc-cetait-linvincible-tsahal/#hI5x1GPbOBorBYAC.99

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vendredi 13 avril 2018

« Macronléon 1er vers une Bérézina syrienne ? »

TRIBUNE LIBRE / par

TL MACRON NAPOLEON

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

N’imaginez pas un seul instant que j’aille me livrer à une attaque en règle de notre Président (béni soit son saint nom), je suis téméraire mais pas totalement inconscient !!!

Macronléon 1er est beaucoup plus fort que moi. Tenez, par exemple moi, je ne dispose ni de Mirage, ni de Rafale, ni de missiles super puissants pour bombarder la Syrie.

Je ne me lancerai pas non plus dans de doctes analyses sur la possibilité ou l’impossibilité d’attaques chimiques perpétrées par le régime syrien, bien que de vous à moi, faire cela alors que Bachar a le soutien des Russes et qu’il a militairement gagné relèverait de la plus grande crétinerie stratégique, mais que voulez-vous, n’est pas Macronléon 1er qui veut !

Les Russes ont clairement dit qu’ils viseraient les points de lancement des missiles tirés sur la Syrie !

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Ambiance… Je dis cela, je ne dis rien ! Je dis juste à notre Macronléon 1er national qu’il est fort sympathique avec son idée de rentrer en guerre contre Poutine et la Syrie, mais déjà qu’il nous faut 2 500 gendarmes mobiles et plusieurs jours de guérilla campagnarde pour déloger moins de 100 zadistes certes, motivés, mais pas non plus surarmés, il ne faut pas trop pécher par orgueil et croire que nos petits Rafale de la base de Saint-Dizier seront suffisants pour envahir Moscou et réussir là où la grande armée de Napoléon et la non moins suréquipée armée allemande ont échoué.

Non, je vous assure, ce n’est pas de la lâcheté, mais déclarer la guerre à Poutine n’est pas l’idée la plus brillante du siècle. D’ailleurs, de vous à moi, à l’Élysée et au Palais, notre Macronléon 1er n’est pas en train de se précipiter pour envahir la Russie dans une nouvelle opération Barberousse.

Macronléon 1er aura-t-il le cran de ne pas bombarder Damas ?

Il serait souhaitable évidemment que nous ne nous précipitions pas dans la curée alors que nous ne savons même pas qui a gazé qui et avec quel gaz d’ailleurs. L’emballement médiatique, politique et militaire est assez surprenant et de vous à moi, je n’ai aucune envie d’aller mourir pour la Ghouta, ou la Douma ou je ne sais quel quartier de la périphérie de Damas !

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En plus, les avions russes sont passés juste au-dessus de notre super bateau et auraient été capables de l’envoyer par le fond en moins de 30 secondes… D’ailleurs, c’est ce qui pend au nez de nos pauvres marins.

Enfin, si nos missiles partent d’avions qui viennent de Saint-Dizier, moi, j’habiterais dans le coin de la base aérienne, j’irais déjà me réfugier chez quelques amis, histoire de ne pas prendre de missile sur le coin du nez… On aurait l’air fin si Poutine bombardait Saint-Dizier ! On ferait quoi ? On raserait Moscou avec une bombe atomique ? Idée exquise et brillante… Perspective réjouissante.

Pourtant, une troisième guerre mondiale c’est bon pour l’or !!!

Soyons tout de même positif. Une guerre mondiale c’est super bon pour les cours du métal jaune. Par exemple, à 2 millions de morts vous êtes super riches, mais à 100 millions de morts c’est carrément génial, vous croulez sous le pognon… Et les radiations, mais c’est un autre sujet.

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Évidemment, comme les tensions montent, l’or monte d’un poil ou deux. Pas plus. En effet, les « marchés » pensent qu’ils ne sont pas assez fous pour s’affronter.

Je dis aussi cela depuis des années. Faudrait être con pour faire la Troisième Guerre mondiale vu qu’il n’y a quand même aucune raison objective pour la mener…

Sauf que manifestement, « ils » se cherchent de plus en plus et vont finir par se trouver. En Russie, le ton sur les chaînes télé n’est pas réjoui. Le ton est grave. La Russie est prête à la guerre, et je pense que l’on sous-estime grandement la détermination non pas de Poutine mais de l’ensemble de la Russie, de ses élites et de son peuple à mettre fin à l’expansionnisme américain.

La pondération poutinienne n’est pas de la faiblesse mais une forme de sagesse. Nous sommes arrivés au bout.

D’ailleurs, ce qui me fait croire que tout n’est pas totalement perdu, c’est le tweet stupide de Trump qui prévient Poutine « attention mes missiles arrivent »…

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Vous imaginez Adolf Hitler disant à Staline, « Hé… Joseph, mes chars, nouveaux, beaux et intelligents arrivent… Prépare-toi !!! ». Évidemment non.

Alors que fait Trump ? Non, il n’est pas stupide. Il prévient la Russie qu’il va être obligé de frapper la Syrie pour la forme et qu’il souhaiterait bien que cela en reste là… Macronléon 1er aussi ne semble pas pressé de se lancer sur le sentier de la guerre… Et je ne serais pas étonné si nos Rafale restaient à quai, ce qui serait évidemment la chose la plus intelligente à faire (et paradoxalement la plus courageuse).

Pour aller plus loin, après son tweet totalement militaire et stratégiquement débile, Trump en a écrit un autre où il accuse le FBI et les clintoniens/obamistes de rendre les relations avec la Russie saignantes… Et c’est dans ce message nettement plus important que se cache le véritable message adressé à Poutine par Trump. D’ailleurs, vous remarquerez que ces deux derniers tweets ont été nettement moins repris et diffusés que le premier très belliciste. Nul doute qu’ils aient été transmis à Vladimir Poutine.

Trump n’a pas les mains libres et doit composer avec plusieurs factions au sein même de son propre pays, des factions aux intérêts très divergents. Implicitement, il en appelle à la sagesse de Poutine, et c’est dans ces explications que vous trouverez la raison du calme apparent des Russes. Mais ne vous y trompez pas : la Russie est totalement prête à la guerre. Nous, pas.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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mardi 10 avril 2018

Ambassadeur russe à l'ONU : les Etats-Unis ont semé le «chaos» partout où ils se sont ingérés

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Vassily Nebenzia a estimé que la présumée attaque chimique en Syrie était une mise en scène, appelant à une enquête impartiale sur l'incident, qui devrait commencer selon lui par la présomption d'innocence.

ACT AMBASSADEUR RUSSE

Le 9 avril devant le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni en urgence pour évoquer la Syrie, en pleine escalade sur fond d'accusation d'attaques chimiques à Douma, l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia a pris la parole. 

«Comprenez-vous le seuil dangereux auquel vous menez le monde ?», a-t-il lancé à l'attention des pays occidentaux, évoquant les menaces dont font l'objet Damas et Moscou. Il a ensuite ajouté à l'attention des Etats-Unis : «Partout où vous allez, tout ce que vous touchez ; vous ne laissez que le chaos derrière vous. Vous tentez de pêcher dans ces eaux troubles, mais tout ce que vous attrapez, ce sont des mutants.»

L'ambassadeur s'est encore dit profondément préoccupé par le fait que Washington, Londres et Paris, qui «suivent aveuglément» leur allié américain selon Moscou, se soient engagés «dans une politique de confrontation contre la Russie et la Syrie sans aucune justification».

Jugeant les menaces américaines contre la Russie pires que durant l'époque de la Guerre froide, Vassily Nebenzia s'est tourné vers l'ambassadeur américaine Nikki Haley, lui assurant que Moscou voulait entretenir avec les Etats-Unis «des relations normales et civilisées». «Ce que vous refusez avec arrogance, ignorant les bases de la courtoisie», a-t-il ensuite ajouté.

«Vous êtes mal avisé de penser que vous avez des amis», a également averti Vassily  Nebenzia. «Vos soi-disant amis sont juste ceux qui ne peuvent pas vous dire non, c'est votre seul critère d'amitié», a-t-il soutenu.

L'attaque présumée de Douma, une mise en scène selon Moscou

Vassily Nebenzia a par ailleurs jugé qu'il n'y avait «aucun doute» que la prétendue attaque chimique de la Douma, dans la Ghouta orientale, était une mise en scèneReprenant des éléments provenant de sources controversées et proches des rebelles, Washington n'avait pas attendu d'enquête pour accuser l'armée syrienne d'en être l'auteur. En passe de reconquérir l'une des dernières poches islamistes de son territoire, Damas dément formellement.

L'ambassadeur russe à l'ONU a appelé à une enquête impartiale sur l'incident présumé, soulignant que celle-ci devrait commencer par la présomption d'innocence. Il a précisé que les troupes russes étaient disposées à escorter les enquêteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques jusqu'à la zone de la prétendue attaque.

Toutefois, l'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley a prévenu, devant le même Conseil de sécurité le 9 avril, que les Etats-Unis répondraient à la présumée attaque chimique, et ce peu importe ce que déciderait l'ONU. «L'histoire enregistrera le moment où le Conseil de sécurité s'est acquitté de son devoir ou a démontré son échec complet et total à protéger le peuple syrien», a-t-elle ajouté. 

Le 29 mars, pourtant, le président américain Donald Trump avait affirmé vouloir retirer militairement les Etats-Unis de Syrie, invoquant la victoire sur Daesh. Les responsables de l'administration ont par la suite précisé qu'il n'y aurait pas de retrait immédiat, mais que Donald Trump était opposé au maintien à long terme des troupes dans le pays.

Vassily Nebenzia a pour sa part mis en garde contre de «graves conséquences» si les pays occidentaux lançaient une offensive militaire contre l'armée syrienne.

https://francais.rt.com/international/49581-russie-a-ete-de-maniere-inexcusable-menacee-par-les-occidentaux-selon-vassily-nebenzia

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Vidéo: L’Europe de la Défense est « contraire aux intérêts de la France »

L’Europe de la Défense est «contraire aux intérêts de la France»

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=n-_yrBGcv0o

VID DEBAT DEFENSE UE

Une Défense européenne, indépendante et unanime est-elle réellement possible ? Le Clash aborde ce sujet sensible avec Younous Omarjee, député européen La France Insoumise et Emmanuel Dupuy, président de l’IPSE, délégué général des Centristes, chargé des Relations Internationales.

Selon certaines sources européennes, face à l’inflexibilité d’Angela Merkel, Emmanuel Macron et Bruno Le Maire auraient jeté l’éponge sur leur projet de budget de la zone euro. Mais qu’en est-il du projet d’Europe de la Défense, défendu avec ardeur par le Président de la République en septembre dernier à la Sorbonne ?

DEBAT DEFENSE UE SPUTNIK

Emmanuel Macron déclarait ainsi vouloir approfondir l’Europe de la Défense. Déjà en 1954, le projet de la Communauté européenne de la Défense était porté par la France, mais le projet avait rapidement été tué dans l’œuf… Par la France. Younous Omarjee, député européen la France Insoumise depuis 2012, n’est pas très optimiste: « Ça a fait pschitt en 1954 et je pense que ça fera pschitt également. Parce que l’Europe de la Défense par nature, est une impossibilité, en tout cas elle est contraire aux intérêts de la France […] Nous considérons, nous, qu’il est possible de faire l’Europe sans défaire la France»*

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Emmanuel Dupuy, président de l’IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe), délégué général des Centristes, chargé des relations internationales, constate que la France devra prendre un rôle plus important suite au Brexit : « La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, c’est 80% des dépenses militaires de l’Union européenne et que la France assume depuis ou à cause du départ britannique, 25% de ce que l’Europe consacre en matière de Défense. Il y a une nécessité d’acquérir une indépendance européenne. »

Lors de la conférence de Munich en février dernier, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg avait déclaré : « Nous saluons les initiatives européennes, mais elles ne doivent pas conduire à des doublons avec l’Otan. », signifiant une méfiance* de l’alliance atlantique vis-à-vis des initiatives européennes. Comment dans ces conditions concilier l’Otan et la défense européenne ? À l’instar du Président de la République qui observe un « désengagement des États-Unis« , Emmanuel Dupuy invoque « un principe de réalité« , mais estime que la France peut changer la donne en prenant l’initiative au sein de l’Alliance atlantique grâce à la « capacité de leadership que la France peut incarner face à l’Allemagne"* . Younous Omarjee a une position divergente. Il estime d’une part que l’Europe de la Défense ne peut être indépendante « parce qu’elle est arrimée à l’OTAN » et d’autre part qu’il " faut penser le temps long. Donald Trump n’est pas là pour toujours et il y a aux États-Unis un intérêt évident. Pour que les États-Unis continuent à être cette superpuissance dans le monde, elle a un intérêt évident à demeurer une superpuissance militaire et en particulier en Europe".

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Sur la question des tensions entre l’Europe, l’Otan et la Russie, le député France Insoumise considère qu’il faut reprendre le dialogue avec la Moscou : « Tout doit être fait aujourd’hui au contraire pour faire baisser la tension, parce qu’en tant que Français, nous savons la valeur d’un partenariat avec la Russie et nous savons aussi les dangers que cela représente d’une confrontation avec les Russes». Il fustige en outre les errements de certains députés européens sur la question : « Si on écoutait les députés européens qui s’expriment de manière irresponsable en plénière au Parlement européen, ça ferait longtemps qu’on ferait la guerre. »

Le président de l’IPSE et chargé des relations internationales chez les Centristes y voit un avantage certain de se coordonner entre Européens notamment sur l’armement : « Si nous n’investissons pas à plusieurs sur un certain nombre de matériels, je vais n’en citer que trois, l’avion du futur, bien sûr nous avons trop d’avions en Europe, nous avons le Rafale, l’Eurofighter, le Gripen. Mais si nous n’investissons pas maintenant dans l’avion de 5e ou de 6e génération, les Européens ne seront même plus en capacité de fournir un avion à capacité extérieure. Donc il y a une urgente nécessité à construire des champions européens en matière aérospatiale».

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Est pointé également le problème inhérent au fonctionnement des institutions de l’Union européenne, l’unanimité des 28 et bientôt des 27 États membres. Pour Younous Omarjee, il s’agit ici d’une perte de souveraineté : « Aller vers une véritable défense européenne avec en finalité une armée européenne, c’est défaire les instruments essentiels de la souveraineté. »

Source :

https://www.nato.int/nato-welcome/index_fr.html

https://www.securityconference.de/en/activities/munich-security-conference/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_traité_de_l%27Atlantique_nord

https://fr.sputniknews.com/radio_desordre_mondial/201804061035833578-defense-europe-france/

https://aphadolie.com/2018/04/08/leurope-de-la-defense-est-contraire-aux-interets-de-la-france/

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"Nous considérons, nous, qu’il est possible de faire l’Europe sans défaire la France": Le "en même temps macronien" version France Insoumise...

"Nous saluons les initiatives européennes, mais elles ne doivent pas conduire à des doublons avec l’Otan" une "méfiance de l’alliance atlantique" ou plutôt une injonction? En fait, Stoltenberg a vite signé la fin de la récréation...

"en prenant l’initiative au sein de l’Alliance atlantique grâce à la « capacité de leadership que la France peut incarner face à l’Allemagne" : dans ses rêves uniquement !      P.G.

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lundi 9 avril 2018

Syrie : un aéroport militaire frappé par plusieurs missiles

Des missiles ont frappé tôt ce 9 avril un aéroport militaire syrien, peu après l'engagement des présidents américain et français d'apporter une «réponse forte et commune» à une attaque chimique supposée attribuée par les Occidentaux à Damas.

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«Plusieurs missiles ont frappé l'aéroport de Tayfur», a rapporté l'agence officielle syrienne SANA tôt ce 9 avril, affirmant qu'«une attaque américaine [était] soupçonnée» avant de retirer toute référence aux Etats-Unis. «Des morts et des blessés dans la frappe de missiles sur l'aéroport de Tayfur», a ajouté SANA, citant une source militaire.

L'origine de l'attaque restait indéterminée ce 9 avril à l'aube.

Le Pentagone déclare n'avoir mené aucune frappe aérienne en Syrie

Le Pentagone a aussitôt réagi en assurant que ses forces armées ne menaient «pas de frappes aériennes en Syrie».

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La veille, les Etats-Unis et la France avaient menacé de prendre des mesures contre Damas, invoquant une attaque chimique présumée qui serait survenue le 7 avril. «De nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie» avait ainsi déclaré le président américain Donald Trump ce 8 avril, avant d'insulter le président syrien Bachar el-Assad d'«animal» et de le prévenir : «Il faudra payer le prix fort.» De même, le 8 avril en fin d'après-midi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait fait savoir que Paris assumerait «toutes ses responsabilités au titre de la lutte contre la prolifération chimique». 

Par la suite, la Maison Blanche avait fait savoir que le président américain Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron avaient «vivement condamné l'horrible attaque chimique» et convenu que le gouvernement syrien devait en être «tenu responsable». Ils s'étaient également prononcés pour une «réponse forte et commune».

Par ailleurs, l'armée israélienne, qui a mené ces derniers mois plusieurs raids en Syrie contre les bases de l'armée et de ses alliés, a «décliné tout commentaire».

Moscou a de son côté demandé une réunion du Conseil de sécurité – en plus de celle demandé la veille, notamment par la France, pour ce 9 avril, au sujet de l'attaque chimique présumée du 7 avril.

Une attaque chimique présumée contestée par Damas et Moscou

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Les Etats-Unis avaient dénoncé ce 8 avril une possible attaque chimique des forces régulières syriennes le dans la Ghouta orientale, ultime poche rebelle aux portes de Damas. Washington s'est appuyé, dans ses accusations, sur l'organisation controversée des Casques blancs, qui a dénoncé un recours au «gaz de chlore toxique», ce qui a été immédiatement démenti par les médias publics syriens. Le tout aussi controversé Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a pour sa part fait état de dizaines de cas de suffocation, dont certains mortels, sans toutefois se prononcer sur l'emploi ou non d'armes chimiques.

Le gouvernement syrien a nié toute responsabilité pour cette attaque chimique présumée à Douma, dernier bastion tenu par les rebelles islamistes dans la Ghouta orientale qui, selon les médias publics syriens, sont en cours d'évacuation en application d'un accord obtenu par les autorités.

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De même, la Russie avait affirmé que le gouvernement syrien n'avait pas employé d'armes chimiques dans le cadre de son opération militaire contre les rebelles islamistes à Douma, contrairement à ce que soupçonnent les Etats-Unis. «Nous démentons fermement cette information», avait le 8 avril déclaré le général Iouri Evtouchenko, chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, selon des propos rapportés par les agences russes.

La diplomatie russe avait en outre prévenu, le 8 avril, qu'une «intervention militaire sous des prétextes fabriqués», en Syrie, «où des militaires russes sont déployés à la demande du gouvernement légitime», serait absolument «inacceptable» et pourrait entraîner de graves conséquences.

Accusations occidentales récurrentes contre le gouvernement syrien

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Depuis le début de l'année 2018, les Occidentaux accusent Damas d'avoir à plusieurs reprises bombardé avec des barils de chlore les populations d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, et de la région de la Ghouta, à l'est de Damas, notamment. Les allégations, réfutées par Damas, reposent néanmoins sur des informations fournies par les organismes à l'objectivité contestable que sont l'OSDH et les Casques blancs. La ministre française des Armées Florence Parly, avait d'ailleurs reconnu en février dernier qu'elle ne disposait pas de preuves formelles concernant l'utilisation de chlore par l'armée syrienne, mais seulement d'«indications possibles».

Il y a un an, le président américain avait fait bombarder en avril 2017 une base de l'armée syrienne en représailles à un incident chimique attribué par les Occidentaux à Damas, Khan Cheikhoun (nord-ouest).

Détails à suivre...

https://francais.rt.com/international/49545-syrie-aeroport-militaire-frappe-missiles

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Et c'est reparti ! Bien entendu, la presse française, unanime, relaie la sempiternelle propagande en citant toujours les même sources (Casques blancs et observatoire syrien des droits de l'homme (un type seul dans un bureau à Londres...), déclarations des politiciens occidentaux censés incarner la "communauté internationale" etc). Les mêmes éléments de langage, répétés en boucle, sur fond de crise sociale (SNCF, universités...) d'évacuation de la ZAD de Notre Dame des Landes et de privatisation de la Française des Jeux. Pensez printemps les amis...     P.G.

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