jeudi 24 mai 2018

24 mai 2016: création du site "Frexit-Limousin"

En fait, son premier nom fut UPR en Creuse, car il était question de créer une page d'information pour les adhérents UPR de la Creuse à l'image des pages facebook existantes à l'époque pour la Haute- Vienne et la Corrèze. C'est donc sous l'appellation "uprencreuse@canalblog.com" que le site fit son apparition. 

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Nous avions préféré le format "blog" plutôt que "facebook", n'étant pas enthousiastes pour la plateforme de M. Zuckerberg au sein de la délégation creusoise, et nous pensions qu'il pouvait être utile d'utiliser un format plus classique, de style "bulletin d'information".

Notre succès, bien que modeste au début, nous a conduit à souhaiter maintenir le site après la fusion des pages facebook de l'UPR Limousin, non en tant que vitrine de la délégation régionale, mais plutôt comme un complément à visée pédagogique de formation/information/réinformation de nos adhérents, militants et sympathisants, et au- delà, de tout lecteur curieux à la recherche d'informations pluralistes.

Nous avons donc acheté un nom de domaine et rebaptisé le site, afin d'adapter ses finalités à celles de la délégation régionale.

Aujourd'hui, avec plus de 126 300 visites en deux ans, et un lectorat quotidien qui varie entre 100 et 400 personnes par jour, nous occupons un espace utile à la fois pour l'échange d'informations entre adhérents, la présentation d'argumentaires et des communications officielles de l'UPR, mais aussi pour un compte- rendu des activités des délégations départementales en Limousin, ce qui permet à tout un chacun de suivre notre travail, et éventuellement de participer à nos actions militantes. Nous publions également des informations locales qui peuvent aider à enrichir notre connaissance du terrain et à faire le lien entre les politiques nationales (et internationales) et leurs répercussions au quotidien dans notre région. Pour cette dernière partie, nous manquons encore de contributeurs en Creuse et en Corrèze. Avis aux amateurs!

Merci à nos fidèles lecteurs. N'hésitez pas à commenter, suggérer des articles, voire critiquer ou proposer des améliorations en écrivant à la délégation régionale!

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P.G.

 

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Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre...

Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre malgré l’opposition du maire ! == NOUS APPELONS NOS ADHÉRENTS ET SYMPATHISANTS À L’IMITER !

FA FRANCE LIBRE DRAPEAU

Un adhérent de l’UPR, habitant de Sainte-Terre, en Gironde, a accroché à sa fenêtre un drapeau français à la croix de Lorraine, symbole de la France Libre créée par Charles de Gaulle le 18 juin 1940 et symbole de la Résistance. Notre adhérent a ainsi été le premier à participer à la grande campagne que lance l’UPR pour pavoiser la France de drapeaux de la France Libre (désormais en vente dans notre Boutique UPR : https://boutique.upr.fr/home/167-drapeau-france-libre.html)

Le maire « socialiste » de cette bourgade de 2 000 habitants a cependant prétendu interdire à notre adhérent d’arborer le drapeau de la Résistance ! Il lui a adressé une lettre recommandée pour le lui faire décrocher, au motif qu’il n’avait pas à afficher ses opinions politiques !

L’affaire a connu un certain retentissement dans la presse. Le Figaro, Valeurs Actuelles, Sud-Ouest, notamment, lui ont donné de l’écho.

Nous remercions aussi Natacha Polony, qui a pris la défense de notre adhérent sur LCI, en précisant bien qu’il s’agissait d’une initiative d’un adhérent de l’UPR (et non d’un de ces spécialistes de la récupération politique que l’on a vu aussitôt se manifester pour s’approprier notre campagne…).

VID NATACHA FRANCE LIBRE

VOIR LA VIDÉO AVEC NATACHA POLONY ICI :https://www.upr.fr/actualite/le-ministere-de-linterieur-donne-raison-au-militant-

Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre malgré l’opposition du maire ! == NOUS APPELONS NOS ADHÉRENTS ET SYMPATHISANTS À L’IMITER !

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APPEL AU PAVOISEMENT GÉNÉRAL !

J’appelle maintenant tous les adhérents et sympathisants de l’UPR qui en ont la possibilité d’arborer à leur fenêtre le même drapeau de la France Libre, et cela à travers toute la France métropolitaine et l’Outre-mer.

Il est possible de se procurer le drapeau de la France Libre sur notre boutique UPR – dans un format de 100 cm x 70 cm – au tarif modique de 10 €.
Il suffit de cliquer ici :
https://boutique.upr.fr/home/167-drapeau-france-libre.html

Vive la République !
Vive la France Libre !

François Asselineau
22 mai 2018

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COUP DE THÉÂTRE EN ALLEMAGNE

COUP DE THÉÂTRE EN ALLEMAGNE : dans le plus prestigieux journal allemand, 154 professeurs d’économie demandent le rejet du plan Macron et l’introduction d’une « procédure ordonnée de sortie de l’euro » dans les traités européens.

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Voici un nouveau signe de la nécrose accélérée de l’euro, qui fait grand bruit dans le monde feutré des marchés financiers mondiaux.

Le 21 mai 2018, ce sont pas moins de 154 professeurs d’économie allemands parmi les plus réputés outre-Rhin qui ont jeté un monumental pavé dans la mare en publiant un « appel » – au ton cinglant et sans appel – pour demander au gouvernement de coalition de Mme Merkel de rejeter le plan Macron de réforme de la zone euro et, par la même occasion, d’œuvrer pour qu’une procédure précise de sortie de l’euro soit ajoutée aux traités européens. (Comme le savent les lecteurs des analyses de l’UPR, une telle clause n’existe pas et il est donc impossible pour un État de sortir juridiquement de l’euro sans sortir de l’UE en même temps, par l’article 50 du TUE).

Cet appel est à prendre d’autant plus au sérieux qu’il est publié dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le quotidien allemand de référence du patronat allemand et de la fine fleur des élites d’outre-Rhin en matière politique, économique et industrielle. La FAZ  est aussi parfois considérée comme étant une sorte de journal officieux de ce que pensent les membres du gouvernement.

On note aussi que, parmi les signataires, figure le très honorable et prestigieux Jurgen Stark, ancien économiste en chef de la BCE lui-même, ce qui accroît encore le caractère sensationnel de cet « appel ».

Cette publication confirme trois choses fondamentales :

  • le « plan Macron de réforme de la zone euro » ne sera jamais avalisé par les dirigeants allemands, pas plus que par les dirigeants des Pays Bas, de la Finlande et de plusieurs autres pays d’Europe du nord.

 

  • la nécrose de l’euro s’accélère : en réclamant officiellement l’introduction d’une « procédure ordonnée de sortie » de l’euro, les élites du monde économique allemand brisent le tabou absolu : celui du dogme sacro-saint de l’irréversibilité  de l’euro et de la prétendue « construction européenne ». Cette nécrose est d’autant plus rapide que cette publication en forme de coup de théâtre coïncide avec les soubresauts politiques en Italie où les dirigeants de la nouvelle coalition gouvernementale M5S-Ligue ont confirmé qu’il était hors de question de continuer à respecter le pacte de stabilité de la zone euro, mettant aussitôt en émoi les marchés financiers et relançant les hypothèses sur une explosion de l’euro dans les mois qui viennent.

 

  • parmi les 4 plus grands pays de l’Union européenne, la France est en train de s’isoler dans une politique de l’autruche totalement déconnectée des réalités :
    • tandis que le Royaume-Uni conduit sereinement son départ définitif de l’Union européenne, et que les très bons résultats économiques britanniques ridiculisent toutes les prophéties de malheur faites par les opposants au Brexit,
    • tandis que l’Italie s’apprête à ne plus tenir aucun compte des directives venues de Bruxelles et Francfort et de procéder à une croissance des déficits budgétaires qui a toute chance de provoquer une crise majeure de l’euro,
    • tandis que toutes les élites allemandes s’apprêtent et réclament le début de démantèlement de l’euro,
    • seule la France, dirigée par une marionnette aussi veule qu’incompétente, poursuit hagarde une chimère européiste, que le peuple français rejette lui aussi de plus en plus massivement.

 

François Asselineau
22 mai 2018

Traduction effectuée par mes soins, avec les réserves d’usage
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APPEL : L’EURO NE DOIT PAS CONDUIRE À UNE UNION DES RESPONSABILITÉS!

Frankfurter Allgemeine Zeitung – 21 mai 2018

154 professeurs d’économie mettent en garde contre la poursuite du développement de l’union monétaire et bancaire européenne en une union des responsabilités. Nous publions ci-dessous leur appel dans son intégralité.

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Nous – 154 professeurs d’économie soussignés – mettons en garde contre la poursuite du développement de l’union monétaire et bancaire européenne en une union des responsabilités. Les propositions du président français Macron et du président de la commission européenne Juncker, mentionnées dans l’accord de Berlin de la coalition gouvernementale allemande, présentent de grands risques pour les citoyens européens.

1. Si, comme l’indique ce projet, le mécanisme européen de stabilité (MES) était utilisé comme un outil de réassurance pour le recouvrement bancaire (backstop), cela ferait chuter l’incitation des banques et des autorités de contrôle à traiter les créances douteuses. Cela se ferait au détriment de la croissance et de la stabilité financière.

2. Si, comme l’indique ce projet, le MES était transformé par la législation de l’UE en un «fonds monétaire européen» (FME), celui-ci serait sous l’influence de pays qui ne sont pas membres de la zone euro. Étant donné que les pays individuels devraient perdre le droit de veto dans les décisions urgentes de ce FME, les pays créanciers pourraient être mis en minorité. Par exemple, le Bundestag allemand perdrait son droit de contrôle.

3. Si, comme l’indique ce projet, le système de garantie des dépôts bancaires était communautarisé, il ferait aussi peser sur tous les États le coût des erreurs commises par l’ensemble des banques et des gouvernements dans le passé.

4. Le fonds européen d’investissement prévu pour la stabilisation macroéconomique et le projet de fonds d’appui aux réformes structurelles devraient déboucher sur de nouveaux transferts et de nouveaux prêts aux pays de la zone euro qui n’ont pas pris les mesures de réforme nécessaires au cours des années passées. Ce serait une erreur de récompenser ces comportements irresponsables. L’Allemagne a déjà accepté plus de 900 milliards d’euros de passif de la part de la Banque centrale européenne (BCE) par le biais du système de paiement interbancaire Target 2, qui ne rapporte pas d’intérêts et ne peut pas être remboursé.

5. Un ministre européen des finances disposant d’une capacité budgétaire en tant qu’interlocuteur de la BCE contribuerait à rendre la politique monétaire encore plus politisée. Les très gros achats d’obligations de la Banque centrale européenne (2 550 milliards d’euros en septembre 2018) équivalent déjà à un financement public par l’intermédiaire de la banque centrale.

Le principe de responsabilité est la pierre angulaire de l’économie sociale de marché. L’union des responsabilités sape la croissance et menace la prospérité dans toute l’Europe. Cela se voit déjà de façon évidente dans la baisse du niveau des salaires pour un nombre croissant de personnes, principalement des jeunes. Par conséquent, nous demandons au gouvernement fédéral allemand de revenir aux principes de base de l’économie sociale de marché.

Ce qui importe, c’est de promouvoir des réformes structurelles et non pas de créer de nouvelles lignes de crédit et des incitations à la mauvaise conduite économique. Le privilège des obligations d’État dans la provision de risque des banques devrait être aboli. La zone euro a besoin d’une procédure d’insolvabilité ordonnée pour les États et d’une procédure de retrait ordonnée. L’Union des marchés de capitaux devrait être achevée – également parce que les mouvements de capitaux internationaux compensent les chocs asymétriques. À la BCE, la responsabilité et les droits de vote devraient être liés. Les soldes cibles doivent être réglés régulièrement. Les achats d’obligations d’État devraient prendre fin rapidement.

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Cet appel a été lancé par les professeurs d’économie Dirk Meyer, Thomas Mayer, Gunther Schnabl et Roland Vaubel. De nombreux économistes l’ont rejoint, leurs noms sont énumérés ci-dessous.

Dirk Meyer enseigne à l’Université Helmut Schmidt de Hambourg. Thomas Mayer est directeur fondateur de l’Institut de recherche Flossbach von Storch et professeur à l’Université de Witten / Herdecke. Gunther Schnabl enseigne à l’Université de Leipzig. Roland Vaubel est émérite à l’Université de Mannheim.

(...) Liste sur:

https://www.upr.fr/actualite/france/154-professeurs-deconomie-allemands-adjurent-le-gouvernement-allemand-de-rejeter-le-plan-macron-et-quune-clause-de-sortie-de-leuro-soit-ajoutee-aux-traites

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Le nouveau gouvernement italien et l’agonie de l’Union européenne

TRIBUNE LIBRE / par Jacques Sapir

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La constitution d’un gouvernement de coalition entre le M5S et la Lega est désormais chose quasiment faite. Ceci constitue un véritable cauchemar que ce soit pour les dirigeants de l’Union européenne, les Juncker et les Tusk, ou que ce soit pour les dirigeants des autres pays de l’UE qui s’affichent comme des européistes, et en premier lieu le Président Emmanuel Macron. Ce gouvernement, même s’il a accepté de mettre un peu de San Pellegrino dans son Chianti, sera un gouvernement ouvertement eurosceptique. Sa volonté de s’affranchir des règles budgétaires et financières imposées par l’UE, ce carcan qui s’appelle l’euro-austérité, en témoigne. Le poids de deux économistes connus pour leur farouche opposition tant à l’Euro qu’aux politiques d’austérité qui en découlent, mes collègues Bagnai et Borghi qui ont été élus sénateurs, dans la politique du gouvernement ne sera pas mince. Il est cependant clair que cela entraînera un conflit avec le Président de la République italienne, M. Mattarella, dont le pouvoir de nuisance est plus important que ce que l’on imagine ici en France.

Un nouveau front dans la crise de l’UE

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De fait, cela signifie l’ouverture d’un nouveau front dans la crise que connaît l’UE depuis des années, en fait depuis 2005. A vouloir systématiquement outrepasser le vote des électeurs quand ce dernier remettait en cause les constructions institutionnelles concoctées à Bruxelles ou à Francfort, nous sommes arrivés probablement à un point de non-retour. Après la fronde, et même la révolte, de pays comme la Hongrie, la Pologne, mais aussi la République Tchèque, nous avons eu le Brexit, et la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne. On l’oublie trop souvent, mais cette décision est largement majoritaire en Grande-Bretagne, et elle l’est en raison des empiètements constants de Bruxelles sur les libertés démocratiques britanniques.

 

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Après le référendum de 2016 qui conduisit au Brexit, après les élections en Autriche, après les élections en Hongrie, c’est donc un nouveau pays et non des moindres, un des pays du groupe fondateur qui signa en 1957 le Traité de Rome, qui est donc en passe de se doter d’un gouvernement « eurosceptique ». C’est un point important, et un point qui fragilise un peu plus la stratégie de notre Président Emmanuel Macron et ses tirades enamourées sur l’Union européenne ainsi que ses tentatives pour renforcer la dimension « fédérale » de l’UE. Une première leçon doit donc en être tirée. A trop vouloir se focaliser sur les aspects légaux, à trop s’appuyer sur la « légalité », l’Union européenne a oublié l’importance de la légitimité, qui fonde en réalité la dite légalité. A trop vouloir privilégier « l’état de droit », qui n’est pas sans mérite, on a oublié qu’il n’était pas l’achèvement de la démocratie. De fait, et on le sait bien depuis les études de cas qui proposées dans l’ouvrage de David Dyzenhaus The Constitution of Law[1] l’obsession pour la rule by law (i.e. la légalité formelle) et la fidélité au texte tourne bien souvent à l’avantage des politiques gouvernementales quelles qu’elles soient. À quelques reprises, l’auteur évoque ses propres analyses des perversions du système légal de l’Apartheid[2] en rappelant que cette jurisprudence avilissante tenait moins aux convictions racistes des juges sud-africains qu’à leur « positivisme»[3]. Il y a là une leçon importante pour tous les politiciens, et en particulier pour le Président de la République italienne, M. Mattarella.

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Cela montre que la montée désormais irréversible des opposants à « cette » Europe, c’est-à-dire à l’Union européenne, est un fait dont les politiques se doivent de tenir compte. L’Union européenne agonise, du moins dans sa forme actuelle, et toutes les tentatives pour en renforcer les pouvoirs au détriment des Etats qui la composent sont donc vouées à l’échec[4].

Mais, il y a aussi une dimension spécifiquement italienne dans la prise de conscience des électeurs de l’étouffement de leur pays par l’Union européenne.

Spécificité de la crise Italienne

La situation de l’Italie est importante dans l’Union européenne. Ce pays représente désormais, hors la Grande-Bretagne qui est en passe de sortir de l’UE, la troisième économie de l’Union. Tout le monde comprend bien qu’une crise entre Bruxelles et Rome pourrait bien provoquer la fin de l’Union européenne et l’éclatement de toute le « projet européen ». Pourtant, l’Italie passait, et ce jusqu’à ces dernières élections, pour un pays solidement amarré dans l’UE. L’Italie, il convient de la rappeler, était l’un des membres fondateurs de la Communauté Economique Européenne lors du Traité de Rome en 1957, le « marché commun » qui est l’ancêtre de l’UE. Mais, et cela a été oublié, par ignorance ou à dessein, tant par les politiciens que par les journalistes à gages, l’Italie souffre de l’Euro, et souffre de l’Union européenne, depuis le début des années 2000.

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L’impact de l’Euro sur l’économie italienne[5], qui était dans les années 1960 à 1990 une économie dynamique au point que l’on a pu parler d’un « miracle italien », a été terrible. L’impossibilité pour l’Italie de déprécier sa monnaie par rapport à l’Allemagne et aux pays de l’Europe du Nord, les fluctuations erratiques de l’Euro par rapport au Dollar des Etats-Unis, qui ont conduit à une surévaluation évidente de l’Euro, tout cela a eu un effet très délétère sur la croissance de l’Italie[6]. Les investissements[7] sont tombés en dessous de leur volume de 1994-1996 et sont, aujourd’hui, à un niveau proche de l’Espagne.

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Le PIB est retombé au niveau du début des années 2000, et le PIB par tête (PIB per capita) n’a cessé de baisser. Enfin, l’épargne elle-même est en train de s’effondrer depuis plusieurs années, car les mesures fiscales prises par les divers gouvernements sont devenues insupportables. Enfin, et cela est sans doute le plus inquiétant, la productivité du travail ne cesse de baisser en Italie.

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Ce pays souffre donc de l’Euro, mais il souffre aussi de l’Union Européenne. Cela s’est d’ailleurs traduit par l’imposition par le gouvernement Renzi du trop fameux « Job Act », modelé à Bruxelles et imité par les gouvernements français de Hollande à Macron, qui a abouti à une véritable catastrophe au point que de nombreuses voix désormais s’élèvent pour le faire supprimer.

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L’UE, pour l’Italie, depuis des années, cela signifie des restrictions à son commerce extérieur (en particulier avec la Russie, point sur lequel le futur gouvernement entend faire changer les choses) mais aussi le fait que ce pays a été laissé seul face à la vague migratoire venue de l’autre rive de la Méditerranée. L’Italie a été laissée sans aide face à une véritable catastrophe migratoire. Devant le désastre, le pays a bien réagi, et l’humanité des italiens n’est plus à démontrer. Mais, l’Italie ne peut faire face, dans le cadre des règles européennes. Cela, aussi, explique le désamour des italiens pour l’Union européenne.

Deux populismes ?

Il n’est pas étonnant qu’aux dernières élections deux partis, le M5S et la Lega aient rassemblé le plus de suffrages. Cette élection a d’ailleurs montré l’effondrement du « centre-gauche », représenté par le PD du très européiste Renzi, mais aussi l’effacement relatif du centre-droit de Berlusconi. Très clairement les électeurs italiens ont émis un vote de rejet des partis traditionnels qui – eux – s’affichaient clairement pour la continuité avec les pratiques pas toujours glorieuses de la classe politique italienne et pour l’Europe.

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Le M5S et la Lega sont, l’un et l’autre, des partis que l’on peut considérer comme populistes. Ils expriment ce rejet des élites corrompues de l’Italie, de ce système de connivence et de complaisance qui lie les uns et les autres et qui fait que rien ne bouge. Le M5S, créé par un homme, Beppe Grillo qui n’était pas du sérail, incarne plus directement cette ligne populiste. Il a été repris en mains par d’autres, dont les ambitions sont évidentes, et qui ont beaucoup fait pour gommer les aspects les plus « anti-système » de ce mouvement, pour le rendre plus présentable et plus compatible avec le cadre politique traditionnel, mais aussi avec le cadre européen. Le M5S a ainsi mis de côté sa proposition d’organiser un référendum sur l’Euro.

La Lega est, elle, issue d’un mouvement autonomiste du Nord de l’Italie, et peut être classée plus a droite que le M5S du moins en apparence. Mais, ces dernières années, ses dirigeants ont beaucoup fait pour transformer ce mouvement en un véritable parti national. Il a aussi radicalisé ses positions, que ce soit sur l’UE ou sur l’Euro, et cela explique en bonne partie ses récents succès. D’ailleurs, les sondages effectués après les élections, en avril et en mai, montrent une hausse constante de ce parti, au détriment du M5S. Il n’en reste pas moins que la répartition géographique des voix lors des dernières élections générales a montré une domination du M5S au sud de Rome et une domination de la Lega au nord.

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Ce point est important. L’Italie est une construction politique récente. Elle résulte de l’imposition des structures institutionnelles du Royaume du Piémont, et en particulier de sa monnaie. En un sens l’Italie a déjà connu l’expérience malheureuse d’une monnaie unique. De cette histoire découle la coupure entre deux Italie, coupure qui a pris la forme du problème du mezzogiorno dans les années 1950. Même l’émergence de la « troisième Italie », cette Italie des petites et moyennes entreprises de Toscane et de Vénétie, n’a pu combler le fossé. D’ailleurs, une partie de cette « troisième Italie » s’est ralliée à la Lega. On doit y ajouter l’inachèvement de l’Etat italien, qui dès la période de la royauté s’est constitué en « surplomb » par rapport à la société italienne. C’est ce qui explique en particulier l’épisode fasciste des années 1920 à 1943 où cette position en « surplomb » a été portée à sa quintessence.

L’alliance de ces deux partis était dans la logique des choses. De fait, les dirigeants du M5S se sont rendus compte que tel était le souhait d’une majorité de leurs électeurs. Mais cette alliance n’est pas sans soulever de nombreux problèmes.

Difficultés en vue

Le premier des problèmes qui se manifeste dès aujourd’hui tient aux pouvoirs accordés, dans la Constitution italienne, au Président de la République. Il n’est pas le strict homologue de nos Présidents de la IVème République qui, suivant l’expression consacrée, devaient se borner à « inaugurer les chrysanthèmes ». Le Président est le garant des traités et, à ce titre, des traités européens. On voit immédiatement tout ce qu’un europhile convaincu, et donc peu soucieux d’entendre la voix des électeurs, peut en tirer. D’où la difficulté pour l’alliance M5S-Lega de ne pas décourager les électeurs en rabotant par trop dans son programme les points anti-Euro et anti-UE, tout en passant sous les fourches caudines du Président, du moins tant qu’un référendum n’aura pas eu lieu. Cela explique les acrobaties, il n’y a pas d’autres mots, auxquelles se livrent Salvini pour la Lega et le dirigeant du M5S.

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Le fait que le dirigeant de la Sinistra Italiana la « gauche italienne », Stefano Fassina, envisage de soutenir de manière critique cet hypothétique gouvernement de coalition[8] entre le M5S et la Lega indique bien un possible rassemblement des forces autour de la matrice souverainiste. Fassina tire la leçon du naufrage de la « gauche » italienne qui s’est perdue dans l’européisme. Il déclare ainsi, dans la revue Le vent se lève : « Pour nous, Sinistra Italiana était un nouveau départ. Nous voulu inscrire les intérêts nationaux au cœur du programme. L’adjectif « italiana » n’est pas dû au hasard. pour rappeler que nous souhaitons redonner des moyens d’intervention à l’Etat national, complètement sacrifié non seulement en Italie mais dans toute l’Europe, par l’orientation néolibérale des traités européens et de l’euro »[9]. Il ajoute sa volonté d’examiner une à une les propositions de lois de la coalition, et se réserve la possibilité de voter pour celles qui iraient dans un sens véritablement progressiste. Cette attitude pragmatique est à retenir. Elle tranche avec les partis pris que l’on peut entendre en France. Elle montre la voie pragmatique par laquelle pourra se construire un bloc souverainiste susceptible de s’opposer au bloc bourgeois-européiste qui s’est constitué dans de nombreux pays, ce bloc que des collègues italiens appellent les euronoïmanes

[1] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, Cambridge University Press, Londres-New York, 2006

[2] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991.

[3] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, op.cit., p. 22.

[4] J. Zielonka, Is the EU Doomed? Polity Press, Cambridge (2014)

[5] Voir Bagnai, A., Mongeau Ospina, C.A., 2014. « The a/simmetrie annual macroeconometric model of the Italian economy: structure and properties ». Working Papers Series 1405, Italian Association for the Study of Economic Asymmetries, Rome, Italy.

[6] Voir , Alberto Bagnai , Brigitte Granville , Christian A. Mongeau Ospina, « Withdrawal of Italy from the Euro area, Stochastic simulations of a structural macroeconometric model », in Economic Modelling, Volume 64, August 2017, Pages 524-538 , http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0264999316308689

[7] Voir NATIXIS, L’Europe est-elle le problème de l’Italie ? , Flash Economie, n°271, 12 mars 2018.

[8] Voir son interview dans Le vent se lève, http://lvsl.fr/14367-2

[9] Idem.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-nouveau-gouvernement-italien-et-lagonie-de-lunion-europeenne-par-jacques-sapir/

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« Si l’Italie prend feu, on ne saura pas éteindre l’incendie »

Directeur de l’Institut Jacques-Delors et ancien journaliste à « La Croix », Sébastien Maillard décrypte les conséquences pour l’UE, et en particulier pour la zone euro, de l’imminente coalition gouvernementale, en Italie, entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles.

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La Croix : Une coalition anti-système et eurosceptique à la tête d’un des membres fondateurs de l’Union européenne, est-ce le « problème de trop » pour Bruxelles ?

Sébastien Maillard : C’est un problème de plus, qui survient à un moment où il n’y a pas de nouvelle dynamique véritablement imprimée à l’élan européen. Le moteur franco-allemand n’a pas retrouvé sa vigueur et à un an des élections européennes, ce gouvernement est facteur d’inquiétude supplémentaire. Il risque d’empêcher la timide relance. Heureusement, il ne survient pas à un moment de crise existentielle de l’Europe.

Pourrait-il toutefois causer une crise existentielle de la zone euro ?

S. M. : Oui, si l’Italie allait jusqu’au bout de ses projets funestes – à savoir la sortie de la zone euro initialement évoquée. L’Italie n’est pas seulement un membre fondateur de l’UE, mais aussi la troisième économie de la zone euro.

En France, Marine Le Pen a perdu sur cette question de l’euro qu’elle voulait quitter. Il est risqué, dangereux, de vouloir s’en émanciper. Pour l’Italie aussi, jouer avec cette appartenance est dommageable.

La sortie de la zone euro n’est finalement pas mentionnée dans le programme commun de Luigi Di Maio et Matteo Salvini…

S. M. : C’est une excellente nouvelle pour tous ceux qui sont attachés à l’euro et pour tous les partenaires de l’Italie, mais aussi pour les Italiens eux-mêmes : certes, ils ont une balance commerciale excédentaire, mais ils importent beaucoup. Personne ne peut leur souhaiter d’avoir une monnaie dévaluée, qui ne ferait qu’augmenter le coût de la dette.

Des projets coûteux comme un revenu universel et des impôts très bas viendraient à coup sûr violer le pacte de stabilité et de croissance. Que se passera-t-il si l’Italie enfreint les règles budgétaires de l’UE ?

S. M. : Jusqu’à un certain point, il peut ne pas se passer grand-chose : France et Allemagne pourraient fermer les yeux et la Commission, sortante, ne pas faire de zèle, car personne n’a intérêt à créer un trop gros « problème italien ». L’Italie en est consciente et pourrait abuser de sa situation pour pousser le bouchon. Le Pacte et la Commission joueront là leur crédibilité.

Pourquoi l’Italie a-t-elle abandonné l’idée de réclamer l’effacement des quelque 250 milliards d’euros de dette publique détenus par la Banque centrale européenne ?

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S. M. : En renégociant la dette, on perd la confiance des investisseurs. De tels signaux provoquent la panique, les taux d’intérêt augmentent. Le principe de réalité semble avoir repris le dessus. Il en va de même pour l’idée de sortir de la zone euro : il ne peut s’agir d’une vaste improvisation ! C’est bien là le problème des populistes : quand ils arrivent aux choses sérieuses, ils se rendent compte qu’il faut composer avec la réalité.

Serait-il vraiment impossible de « sauver » l’Italie, comme cela fut le cas avec la Grèce ?

S. M. : L’Italie n’est pas la Grèce, ni Portugal ou l’Irlande… C’est un pays du G7 ! C’est aussi pour cela qu’il ne faut pas que survienne un « problème italien » : si c’est cette maison-là qui prend feu, on ne saura pas éteindre l’incendie.

N’est-ce pas inquiétant au moment où la tendance, dans la zone euro, est à vouloir davantage partager les risques ?


S. M. : Partager les risques oui, notamment à travers un budget commun. Mais tant que l’Italie ne montre pas des signes en vue d’assainir son secteur bancaire et d’alléger sa dette, les Allemands, qui ont déjà du mal en théorie avec l’idée de la responsabilité collective, ne voudront jamais partager le risque. Ils redoutent, in fine, d’éponger les dégâts italiens. Le cas italien aggrave donc les difficultés auxquelles Emmanuel Macron fait face en matière de réforme de la zone euro, alors que traditionnellement, Rome était l’alliée de Paris sur beaucoup de ces questions.

Quel sera le premier message des dirigeants européens au nouveau premier ministre italien ?

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S. M. : Que lorsqu’on est dans l’UE, on a des droits et des devoirs. Que ce club comporte un règlement intérieur – encore plus strict dans la zone euro. Et qu’il faut le respecter.

Recueilli par Céline Schoen (à Bruxelles)https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Si-lItalie-prend-feu-saura-pas-eteindre-lincendie-2018-05-18-

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"sortir de la zone euro : il ne peut s’agir d’une vaste improvisation !": voilà au moins un point d'accord! En effet, sans sortie raisonnée et étudiée de l'euro (et de l'UE), le nouveau gouvernement italien court le risque de l'improvisation, ce qui, dans ces domaines, est facteur de catastrophes en chaîne...
Pour le reste, entre mensonges et éléments de langage relevant davantage de la propagande et de la "méthode Coué" que de la véritable argumentation, l'auteur semble mettre sur le dos des italiens l'échec prévisible de Macron et le refus allemand de "mutualiser" les risques, ce qui est un peu gonflé...   P.G.

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mardi 22 mai 2018

Les Windsor Une monarchie à l'épreuve de la modernité

HIST WINDSOR

Une monarchie à l'épreuve de la modernité

Traduction en Anglais

Les joies et les déboires des occupants actuels du palais de Buckingham font régulièrement les choux gras de la presse populaire, en Angleterre comme dans le reste du monde.

Mais qu'il s'agisse de mariages, naissances, divorces ou funérailles, l'écho médiatique de ces péripéties compte bien moins que la fonction symbolique de la monarchie dans une nation aujourd'hui millénaire. La famille des Windsor, dont le nom remonte à un siècle, est l'héritière d'une histoire dynastique millénaire.

« God Save the Queen ! »

Pour la majorité des Britanniques, la monarchie demeure une institution centrale, quoique symbolique. Son importance pour la cohésion nationale, à l'heure du multiculturalisme, s'avère plus grande que jamais. C'est que la fidélité à la couronne et à la personne du souverain est plus facile à admettre de la part des citoyens, quelle que soit leur origine ethnique ou religieuse, que la référence à une « identité nationale » et des « valeurs républicaines » dont on est bien en peine, en France par exemple, de définir l'essence...

Drames de famille

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Monarchie normande puis angevine, la dynastie s'anglicise au XIVe siècle, à la fin du Moyen Âge sans que les différentes branches familiales issues de Guillaume le Conquérant ne cessent de se combattre.

Après les disputes sanglantes entre Henri II Plantagenêt et ses fils, au XIIe siècle, voilà l'abdication du dernier Plantagenêt en 1399 et l'avènement de la maison de Lancastre.

Au siècle suivant, la guerre des Deux-Roses voit l'avènement des Tudors. Après quelques sacrées secousses liées aux émois sexuels d'Henri VIII, ceux-ci laissent pacifiquement la place aux Stuarts à la mort d'Elizabeth 1ère en 1603. Ces rois d'origine écossaise affrontent la seule révolution qu'ait jamais connue l'Angleterre. Après un bref intermède républicain sous l'égide de Cromwell, les Stuarts reviennent au pouvoir mais pour peu de temps.

Mal disposés à partager le pouvoir avec les représentants des Communes, ils sont chassés au profit d'une branche cadette des Stuarts qui accepte bon gré mal gré un régime parlementaire, embryon de la démocratie moderne. Sa dernière représentante est la reine Anne Stuart.

À sa mort, en 1714, faute d'enfant pour lui succéder, elle laisse la couronne à un lointain cousin allemand, l'Électeur de Hanovre, qui devient roi de Grande-Bretagne sous le nom de George 1er. Lui-même et ses successeurs, mal à l'aise dans leurs nouveaux habits et ne parlant pas l'anglais, s'en remettent au Parlement du soin de gouverner le pays.

Selon un rituel désormais bien établi, le roi appelle à la tête du gouvernement la personnalité choisie par la majorité parlementaire. Il reçoit chaque nouveau Premier ministe pour un entretien privé. Il peut aussi le réinviter de semaine en semaine pour un échange informel et courtois sur les affaires du royaume et les indispensables signatures.

Le renouveau victorien

La dynastie de Hanovre est affectée par la maladie mentale du roi George III. En 1811, le roi est contraint de céder le trône à son fils, le Prince de Galles. Cette Régence se solde par un pénible abaissement de la monarchie. George IV, roi de 1820 à 1830, et son frère Guillaume IV, roi de 1830 à 1837, sont débauchés et incapables au point de laisser planer des doutes sur la survie de la monarchie.

Tout bascule avec l'intronisation d'une jeune reine de 18 ans, Victoria, nièce du précédent roi.

Mariée par amour à un cousin allemand, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, la jeune souveraine plie sa vivacité naturelle aux principes stricts et luthériens de son époux. C'est ainsi que la famille royale donne aux classes moyennes britanniques l'exemple d'une rigueur morale que l'on dira « victorienne ». Notons que la haute aristocratie s'en tient dans le secret de ses salons à l'épicurisme hérité de la « Merry England » du siècle précédent.

Sous le long règne de Victoria, l'Angleterre connaît son apogée, jusqu'à dominer l'économie mondiale et faire passer sous l'autorité de la couronne le quart de la population mondiale. En 1876, la reine ajoute à ses titres celui d'impératrice des Indes.

À sa mort, en 1901, son fils, le populaire Prince de Galles, déjà sexagénaire, monte sur le trône sous le nom d'Édouard VII. Avec lui revient un peu de la joie de vivre d'antan. Mais celle-ci est altérée par les premiers signes de déclin de la puissance britannique.

Des Hanovre aux Windsor

Ce déclin devient manifeste sous le règne du roi suivant, George V, avec l'éclatement de la Grande Guerre. C'est au cours de celle-ci, en 1917, que le monarque change le nom de la famille - Hanovre - pour celui, plus britannique, de Windsor, du nom de sa résidence favorite.

Le roi assume consciencieusement son rôle symbolique. Pendant la Grande Guerre de 1914-1918, il multiplie les visites aux armées et aux hôpitaux, fait des dons et s'astreint aux règles de rationnement comme l'ensemble des citoyens.

Sa succession, en 1936, survient dans un contexte international tendu. L'Italie, qui a envahi l'Éthiopie, est menacée de sanctions internationales et, pour y faire face, tend vers une alliance lourde de menaces avec l'Allemagne nazie. Or, l'héritier du trône britannique est un flamboyant célibataire lié à une femme sulfureuse, Mrs Wallis Simpson, qui fut la maîtresse du gendre de Mussolini et reste proche des milieux nazis. Devenu roi sous le nom d'Édouard VIII, il est rapidement poussé vers l'abdication par le Premier ministre Stanley Baldwin.

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La crise se dénoue avec le couronnement de son frère sous le nom de George VI. Le nouveau souverain, bien que timide et affecté d'un fort bégaiement, tiendra son rôle dans l'honneur pendant les heures graves de la Seconde Guerre mondiale. Surmené, il meurt prématurément à 57 ans, en 1952, et laisse le trône à sa fille de 24 ans, l'actuelle reine Elizabeth II. Celle-ci est en passe de battre le record de longévité de son aïeule Victoria, qui a régné 64 ans.

Sous son règne, la famille a connu des moments difficiles avec le divorce des princes Charles et Andrew et la mort de la princesse Diana, mais aussi un regain de popularité avec le mariage de son petit-fils William et de Kate Middleton ainsi que la naissance de leur premier-né, George, le 22 juillet 2013... Depuis lors, le conte de fées se poursuit avec deux nouveaux enfants, Charlotte et Louis (référence au prestigieux Lord Louis Mountbatten), et le mariage de Harry, frère cadet de William, avec Meghan Markle le 19 mai 2018.

Pour la monarchie britannique comme pour ses homologues d'Europe continentale, le principal défi à venir réside moins dans les péripéties sentimentales (divorces, adultères...), lesquelles ont existé de tout temps, que dans le vieillissement, résultat bienvenu de l'augmentation générale de l'espérance de vie.

Nous risquons de voir, à l'avenir, des grand-pères succéder à des arrière-grand-mères. Pas de quoi ravir les foules... À moins que les Windsor ne suivent l'exemple de Benoît XVI, Béatrix des Pays-Bas ou encore Albert II de Belgique en se retirant avant que les forces ne leur manquent.

https://www.herodote.net/Une_monarchie_a_l_epreuve_de_la_modernite-synthese-567-372.php

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A ceux qui pensent que tout cela est du folklore, précisons qu'un acte/loi/décret signé par le monarque est par essence un acte de souveraineté, et revêt un caractère sacré,  ce qui rend difficiles les tentatives de certains de revenir sur le Brexit, au risque de mettre en péril les fondements du régime. De nombreux "européistes" ont du mal à comprendre les peuples avec lesquels ils souhaitent pourtant fusionner, leur histoire et leur mentalité.  Ils n'ont pas fini d'être étonnés...             P.G.

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L’Union Européenne, en sortir pour s’en sortir ? La vidéo du débat PRCF PCF Attac FI FSC POID à l’Isle sur la Sorgue

TRIBUNE LIBRE / PRCF

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Ce 19 mai 2018 à l’Isle-sur-la-Sorgue, le PRCF 84 a organisé un large débat réunissant des représentants de plusieurs partis, organisations politiques et syndicats pour échanger autour de la question de l’Union Européenne. www.initiative-communiste.fr y était et a pu vous permettre des suivre en direct et en vidéo sur les réseaux sociaux les interventions des représentants du PRCF, du , d’, de la , du Front Syndical de Classe et du . Des interventions qui ont permis à la cinquantaine de personnes présentes, réunissant un large arc de sensibilité, des jeunes communistes à un militant de l’UPR en passant par des syndicalistes de la CGT à la confédération paysanne ou des militants de la campagne stop Linky, de prendre connaissance des positions, analyses et propositions des uns et des autres, et de nourrir le débat par leurs questions et propositions.Des questions de fond ont ainsi pu être posées et analysées permettant un débat très constructif et d’une grande richesse. Question de la souveraineté populaire, des leçons de la crise grec et des referendums bafoués de ces dernières années, question de la lutte contre la xénophobie et la fascisation, question de la conscience d’appartenance à la classe ouvrière, question de la Nation, du patriotisme et de l’internationalisme, question de la souveraineté populaire sur la monnaie, question de la lutte pour la paix et contre l’impérialisme, question du syndicalisme et des organisations politiques des travailleurs, question de la convergence des luttes face à la cohérence des directives européennes et du dumping social faisant voler en éclat les droits des travailleurs, les protections de l’environnement dans tous les secteurs (agriculture, éducation, la Poste …), question du danger d’un système capitaliste menant à l’exterminisme … [?] on ne peut citer ici et rendre compte de tout ce qui a été débattu en ces quelques lignes seulement.

Point de convergence de l’ensemble des participants, le plaisir de se retrouver ensemble pour débattre d’un sujet central –  celui de l’Union Européenne et de l’Euro, et de leur rôle dans la guerre de classe menée pour exploiter toujours plus les travailleurs – qui pour beaucoup a été bien trop longtemps un tabou et pour lequel le débat est indispensable. Point de convergence également que la condamnation unanime de l’Union Européenne et de ses politiques et structures ou institutions qui attaquent les travailleurs en France comme dans les autres pays de l’UE.

Benoit Foucambert, représentant le PRCF, a exposé en détail le pourquoi de la nécessité de la sortie de l’Union Européenne et de l’Euro, une sortie qui doit se conjuguer avec celle de la sortie de l’OTAN, et du Capitalisme.

Plus largement, la nécessité de débattre et d’agir ensemble, de se rassembler tous ensemble et en même temps à l’image de la dynamique à l’œuvre pour la grande journée nationale d’action du 26 mai prochain, dynamique dont participait également cette journée du 19 mai à l’Isle sur la Sorgue, a été soulignée par tous. Le PRCF 84 a remercié chaleureusement toutes les organisations qui ont répondu présent pour cette belle après midi de dialogue, de débat et – malgré les divergences – de rassemblement. Apportant la démonstration qu’il n’y a rien à craindre à ouvrir le débat sur l’Union Européenne et l’Euro, sur la possibilité et les moyens d’en sortir pour s’en sortir. Au contraire, loin de diviser, c’est un moyen d’unir et d’avancer, tous ensemble, en même temps.

Une journée et une initiative du PRCF 84 qui devrait se poursuivre à l’évidence dans d’autres lieux et également sur d’autres sujets, et qui ne devrait pas manquer d’inspirer bien au delà des rives de la Sorgues.

Retrouvez les interventions de chacune des organisations participantes, en intégralité et en vidéo

https://www.facebook.com/prcf.initiative.communiste/videos/1481935938584658

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/lunion-europeenne-en-sortir-pour-sen-sortir-la-video-du-debat-prcf-pcf-attac-fi-fsc-poid-a-lisle-sur-la-sorgue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

L'union Europeenne s'en sortir pour en sortir ? débat organisé par le PRCF 84

https://www.youtube.com/watch?time_continue=153&v=bPTYA0CiD_0

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J'invite nos militants à se rendre dans ce type de réunions, quels que soient les organisateurs, afin de tenter de faire comprendre à nos compatriotes l'intérêt d'une démarche de type "CNR" (un large rassemblement au- delà des clivages partisans) pour libérer la France. Dans cette réunion, il est question de "sortir par la gauche", et ils ne sont même pas d'accord entre eux... Cela dit, la vidéo est instructive, et on ne peut que regretter que la partie "débat avec le public" n'ait pas été présentée.    P.G.

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lundi 21 mai 2018

Bernard-Henri Lévy repart en guerre contre le Brexit… dans une pièce de théâtre

Opposé à la sortie du Royaume-Uni de l’UE, Bernard-Henri Lévy troquera une énième fois ses habits de philosophe pour celui de comédien. Le 4 juin prochain à Londres, il se produira sur les planches dans une pièce intitulée «Last exit before Brexit».

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A l’invitation de Sophie Wiesenfeld, la fondatrice de Hexagon Society, un mouvement intellectuel qui affirme promouvoir «la production de contenus culturels» pour combattre «l'obscurantisme, le populisme, le racisme et les menaces contre les démocraties», Bernard-Henri Lévy se rendra à Londres le 4 juin prochain pour adapter sa pièce de théâtre Hôtel Europe au Cadogan Hall.

Rebaptisée pour l’occasion Last exit before Brexit, cette représentation lui permettra une nouvelle fois de donner de sa personne afin de militer contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et ainsi convaincre la majorité des Britanniques qu’ils ont glissé le mauvais bulletin dans l'urne lors du référendum du 23 juin 2016.

Le Brexit, une «escroquerie politique et morale» pour Bernard-Henri Lévy

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Cette position, il l’a réitérée le 16 mai pour le magazine Ici Londres. Au cours de l’interview, il a en effet expliqué que le Brexit était «une des manifestations […] de la vague populiste qui déferl[ait] en ce moment sur toute l’Europe», fustigeant au passage Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, dont il a estimé qu’ils en étaient les vecteurs principaux en France. «Je ne pense pas que l’Europe puisse durablement survivre à un retrait de la Grande-Bretagne», a-t-il par ailleurs estimé.

Enfin, interrogé sur le risque d’un Frexit, il a alors confié ses craintes : «J’espère qu’aucun gouvernement français ne commettra l’erreur folle de David Cameron qui, pour des raisons politiciennes, a déclenché cet effet papillon. Les gens disent : "qu’avez-vous contre ce référendum ? Est-ce que le référendum, ce n’est pas l’essence même de la démocratie ?". Eh bien justement non. C’est un des buts de cette pièce : dénoncer l’énorme escroquerie politique et morale qui veut nous faire croire que demander à un peuple de répondre par "oui" ou "non" à une question aussi énorme, aussi complexe, que son maintien ou non dans l’Europe, serait l’essence de la démocratie.»

https://francais.rt.com/france/50842-bernard-henri-levy-theatre-brexit

MONTAGE BHL BREXIT

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dimanche 20 mai 2018

En coulisses, la France reconnaît l’impuissance de l’UE face aux sanctions américaines contre l’Iran

L’Europe peut-elle résister aux sanctions américaines contre l’Iran ? Le risque pour les entreprises européennes de perdre leur accès au marché américain devrait primer sur les velléités de défendre une souveraineté plus que jamais illusoire.

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Cité par Reuters, un conseiller de la présidence de la République française a reconnu le 15 mai, lors d’une réunion avec des journalistes, qu’un mécanisme de financement en euros élaboré par les pays européens pour le commerce avec l’Iran serait insuffisant pour maintenir des liens économiques avec Téhéran dans le contexte des sanctions économiques américaines.

Il a ajouté que l’Europe avait besoin d’une «approche plus globale pour renforcer [son] arsenal légal» et défendre les entreprises du continent menacées par les sanctions unilatérales américaines. Ce 16 mai, les chefs d’Etat européens se retrouvaient justement à Sofia à l’occasion d’un sommet qui devait initialement être consacré au projet d’une «Europe numérique», mais qui fut très fortement bousculé par l’agenda international récent, comme l’avait résumé la veille dans un tweet le président du Conseil européen, Donald Tusk. Il annonçait ainsi la publication de sa lettre aux dirigeants de l'UE et appelait entre autres à «reconfirmer l’accord sur le nucléaire iranien et protéger les entreprises européennes», ainsi qu’à «rester accrochés à ses armes [stick to our guns] dans le commerce UE-Etats-Unis».

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Le même jour, les plus grands chefs d'entreprise français avaient rencontré des responsables du gouvernement alors qu’Emmanuel Macron pressait Washington de concéder des dérogations couvrant des sociétés telles qu'Airbus, Sanofi, Renault et le groupe PSA. Ces fleurons français ont beaucoup réinvesti en Iran depuis l'accord de 2015, qui a suspendu les sanctions en échange de la limitation des programmes nucléaires de Téhéran.

La France, l'Italie et l'Allemagne les plus sévèrement touchées

La France, l'Italie et l'Allemagne font partie des pays qui ont mis en place des mécanismes d'exportation destinés à éviter les transactions en dollars et à résister, par conséquent, au renouvellement anticipé des sanctions américaines. Mais le mécanisme français, administré par la banque publique d'investissement Bpifrance, a semble-t-il été récemment mis en attente, selon des sources reprises sous couvert d’anonymat par les agences de presse.

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Lors du briefing du 15 mai mentionné par Reuters, le conseiller de la présidence a martelé : «Il est important que nous développions des mécanismes nous permettant de contrer les lois extraterritoriales et un véhicule de financement tel que le BPI en fait partie […] Mais l'Iran est un cas particulièrement difficile et je ne suis pas sûr que le BPI seul permettra aux grandes entreprises d'aller investir en Iran.» Il a plus loin reconnu : «Nous n'avons pas grand-chose pour menacer les Américains : quand vous êtes un acteur économique et une multinationale avec des intérêts aux Etats-Unis qui travaillent en dollars, vous avez le choix et ce choix est fait rapidement»

Autrement dit, quelles que soient les mesures prises par l’Union européenne et les mécanismes de financement du commerce extérieur hors dollars qu’elle pourrait mettre sur pied comme l’ont déjà fait la France, l’Allemagne et l’Italie, les grandes entreprises ont le choix entre poursuivre leurs investissements en Iran ou continuer à profiter du débouché incomparable qu’offre le marché américain.

Un commerce transatlantique très bénéfique aux entreprises européennes

Or, en 2017, le commerce de biens entre les Etats-Unis et l’Union européenne a atteint un nouveau record à plus de 718 milliards de dollars (609 milliards d’euros) avec un excédent budgétaire de 151 milliards de dollars (128 milliards d’euros) au profit des entreprises du Vieux Continent – surtout allemandes. A elles seules,  elles représentent plus de la moitié de cet excédent. La tendance s’est encore accentuée au cours du premier trimestre 2018 avec un commerce Etats-Unis/UE en hausse de 12% par rapport au 1er trimestre 2017, toujours au bénéfice des entreprises européennes.

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Parmi les mesures couramment évoquées pour contourner l’embargo commercial contre l’Iran décidé par les Etats-Unis, figure l’idée d’un financement exclusif en euros des transactions réalisées entre les entreprises européennes et l’Iran. Jusqu’ici, le département de la Justice américain ne pouvait enclencher de poursuites judiciaires que lorsque des US persons, c’est-à-dire des personnes morales ou physiques américaines ou résidant sur le territoire américain, étaient impliquées ou que les échanges étaient libellés en dollars.

Mais il semble qu’en se retirant de l’accord, les Etats-Unis ont réduit à zéro la portée réelle de ces mécanismes de financement hors dollar. Dans une note intitulée «Comment l’Europe peut sauver l’accord sur le nucléaire iranien», publiée le 2 mai sur son site web, l’organisation indépendante pour la prévention des conflits, International Crisis group, avait interrogé plusieurs hauts responsables européens au cours du mois d’avril. L'un de ses interlocuteurs avait déclaré : «Nos entreprises ont expliqué sans détour qu'elles ne seraient pas en mesure de faire des affaires avec l'Iran si les sanctions étaient rétablies. Ce n'est pas comme les années 1990 ; toutes nos entreprises sont en contact avec les Etats-Unis et ont beaucoup à perdre.» 

Les règlements européens impuissants face à l'extraterritorialité de la justice américaine

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Interviewé sur RFI dans la matinée du 16 mai, l’avocat à la Cour franco-iranien Ardavan Amir-Aslani a estimé que l’accord sur le nucléaire iranien était «mort-né». De plus, il doute sérieusement des capacités de l'Union européenne a défendre les entrerprises du Vieux-Continent qui commercent avec l'Iran. «Cela ne marchera jamais… Est-ce que vous croyez que ça va empêcher les tribunaux américains de poursuivre les entreprises françaises ?», s'est-il demandé à propos des mesures de protection sur lesquelles planche l'UE. Et en particulier à propos de la réactivation du Règlement (décret du conseil européen) de blocage adopté en 1996 pour contrer les sanctions prévues par les lois américaines Helms-Burton (Cuban Liberty and Democratic Solidarity Act) et d’Amato-Kennedy (Iran and Libya Sanctions Act) adoptées la même année aux Etats-Unis.

Il n’a pas été plus optimiste au sujet du projet de fonds européen en euros pour financer le commerce avec l’Iran en expliquant : «La création de ce fonds souverain européen à un moment où la France, elle-même, dans le cadre d’une relation bilatérale avec l’Iran n’a pas réussi, à travers sa banque nationale BPI, à ouvrir des lignes de crédit pour le financement de projets en Iran après deux ans de discussions. Comment voulez-vous que le projet de fonds souverain européen puisse voir le jour rapidement ?»

Une sortie ordonnée du marché iranien

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Pourtant, la veille, le 15 mai, le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, avait déclaré devant les députés du Bundestag, la chambre basse du Parlement, que c'était un bon signe que les pays de l'Union européenne restent unis dans leur différend commercial avec les Etats-Unis et la rupture diplomatique afin de maintenir l'accord nucléaire avec l'Iran, ajoutant : «C’est une question de souveraineté européenne qui nous permet de nous défendre et d'exister.»

Des propos qui faisaient echo à ceux exceptionnellement vifs de Bruno Le Maire, le ministre français de l’Economie et des Finances, qui avait déclaré le 11 mai sur les ondes d’Europe 1 : «Voulons-nous être des vassaux des Etats-Unis ?»

Mais, à court terme, la France s'attache surtout à «assurer une sortie ordonnée du marché iranien» pour les entreprises qui cherchent désormais à se retirer, selon les propos rapportés par Reuters que le conseiller à la présidence avait tenus le 15 mai.

Les entreprise allemandes doivent quitter l'Iran «immédiatement» 

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D’ailleurs, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, Richard Grenell, avait rappelé, le 8 mai, quelques heures seulement après avoir reçu sa lettre d’accréditation, le peu de cas que les Etats-Unis faisaient de cette prétendue souveraineté européenne en un seul tweet, demandant aux entreprises allemandes qui faisaient des affaires en Iran de les interrompre «immédiatement».

https://francais.rt.com/economie/50749-france-reconnait-impuissance-ue-sanctions-us-iran

samedi 19 mai 2018

Mariage du prince Harry et de Meghan Markle : que reste-t-il des républicains britanniques ?

A l’heure des noces du Prince Harry et de sa dulcinée Meghan Markle le 19 mai, le mouvement antimonarchiste Republic est plus inaudible que jamais et la frange jadis républicaniste du Labour a mis de l'eau dans son vin.

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Après le mariage du prince William et de Kate Middleton en 2011, c’est au tour de l’enfant terrible de la Couronne, le prince Harry, de convoler en justes noces avec l'actrice Meghan Markle, le 19 mai dans le château des Windsor dans le Berkshire. Alors que le pays en émoi s’apprête à célébrer l’événement, la cause dite républicaniste ne fait plus beaucoup d’éclats. Un des derniers sondages sur la monarchie, mené en 2016 par Ipsos, en témoigne : 75% des Britanniques interrogés pensent que la monarchie a un rôle important à jouer pour le futur du pays. 

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Le principal mouvement antimonarchiste Republic, qui dit reposer sur une base de 30 000 membres, a bien du mal à se faire entendre. A l'image d'un tweet récent qui s'élève contre le financement par le contribuable du mariage princier, leurs publications ne récoltent actuellement que quelques maigres likes.

Ce mouvement, institué en groupe de pression en 2006, s’est fait remarquer par ses contre-événements organisés lors des grandes célébrations de la Couronne et par des enquêtes et des révélations d’affaires défavorables à la famille royale. Il a su s’attirer à sa création le soutien de députés conservateurs, travaillistes, libéraux-démocrates ou verts. Mais leur soif de révolution institutionnelle ne trouve aujourd’hui que peu d’écho. Leur dernière pétition pour que la BBC assure une couverture fiable et objective des noces princières n’a rassemblé que moins de 5 000 signatures au 18 mai.

Les antimonarchistes lâchés par Jeremy Corbyn

Même un des plus farouches opposants à la monarchie, le leader travailliste Jeremy Corbyn, s’est dédit au fil des années. Pourtant, il avait bien appuyé la proposition de loi sur l’abolition de la monarchie, le Commonwealth of Britain Bill, proposé par le député travailliste Tony Benn en 1991. 24 ans plus tard, en 2015, dans une déclaration au tabloïd anglais Mirror, il faisait cette fois profil bas et revoyait ses ambitions à la baisse. Entendant toujours réformer la chambre des Lords ou placer un citoyen à la tête du Commonwealth, il n’affichait plus la volonté de se battre contre le statut de la reine.

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Un sondage de YouGov montrait la même année que 68% des Britanniques pensaient que la reine était une bonne chose pour le pays. Sans doute ces chiffres auront-ils eu raison de sa position. «Ecoutez, je suis profondément républicain, comme vous le savez», déclarait ainsi le leader travailliste. «Mais ce n’est pas le combat que j’entends mener, ce n’est pas un combat qui m’intéresse. Je suis plus intéressé par la réduction des inégalités, à gérer les problèmes, à protéger l’environnement», avait-il expliqué.

Le désintérêt des Britanniques pour le mouvement républicain n’est pas une surprise, à la suite d’une série de coups médiatiques orchestrés par le palais de Buckingham pour redorer son blason après les années de désamour consécutives à la mort de Diana, marquées par un pic d’impopularité en 1997. Les déconvenues de cette princesse, objet de la ferveur populaire, avec la famille royale, avaient révélé les failles et la dureté de la dynastie. Dès lors, la reine s'est privée de son yacht le Britannia, a accepté de payer des impôts, de réduire son train de vie, et a supprimé le financement des membres de la famille royale. De son côté, le prince Charles a officialisé sa liaison avec Camilla Parker Bowles et l’a épousée. Les grandes célébrations comme le Jubilé d'or en 2002, la commémoration de la victoire contre le nazisme et le Japon, et les funérailles de la reine-mère en 2002 ont aussi aidé la monarchie à regagner un soutien populaire.

La monarchie, sans cesse contestée depuis Cromwell, garde le cap

Le glas de la monarchie britannique n’a sonné qu’une fois, en 1649, sous l’impulsion du militaire Oliver Cromwell, qui avait alors proclamé la République et créé un nouveau parlement. Agissant lui-même tel un monarque aux pouvoirs iniques, dissolvant trois parlements successifs, il fut contesté par la troisième assemblée qui lui demanda de rétablir la royauté. Il avait souhaité confier les rênes du pouvoir à son propre fils, Richard. Mais Charles II, fils du défunt roi décapité, avait vite repris la Couronne en 1661, soutenu par le gouverneur d’Ecosse.

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Depuis, l’opinion britannique oscille entre désamour vis-à-vis de la famille royale et affection pour une monarchie qui assure une forme de stabilité et de continuité. Le sentiment républicaniste a culminé dans les années 1840, au moment de la seconde révolution française de 1848, mais n’a jamais véritablement menacé les monarques.

Aujourd'hui, si les républicanistes britanniques contestent les privilèges héréditaires, ils dénoncent aussi la nature de la constitution britannique. Elle s'appuie sur un recueil de textes et de traités servant de base aux principes et lois en cours dans le pays. Les républicains souhaitent la rédaction d’une constitution unifiée composée d’un seul document. Ils se battent aussi pour que cesse l’influence de la Couronne qui, censée n’occuper que des fonctions symboliques, interfère avec le pouvoir politique. La reine est ainsi chargée de la nomination du Premier ministre (non pas de son choix), et signe les traités internationaux. Elle ouvre les sessions du Parlement, tient des réunions hebdomadaires avec le Premier ministre, qui s’entretient avec elle de questions de politique intérieure et extérieure. 

Les opposants à la monarchie souhaitent en outre que les finances royales soient examinées par un organisme indépendant. Si en 2009, le palais de Buckingham prétendait que les frais de la monarchie s’élevaient à 41,5 millions de livres, le mouvement Republic a fait une réévaluation en estimant le chiffre réel à 334 millions, en tenant compte des dépenses de sécurité. Mais il faut mettre ce chiffre en balance avec les profits réalisés par la Couronne et reversés à l’Etat. Elle possède et administre des biens qui forment le Crown Estate, et touche 15% de ces revenus, dit le Sovereign Grant. Grâce à la gestion de ce patrimoine, le Trésor britannique a réalisé un profit de 329 millions de livres en 2016. Cette dotation devrait être augmentée pour atteindre 25% afin de financer les nombreux travaux du palais de Buckingham.

En outre, les bénéfices engrangés par l'activité économique liée au mariage princier promettent d'être colossaux. La manne touristique est notamment estimée à 2 milliards de livres par VisitBritain, l'Office du tourisme britannique.

https://francais.rt.com/international/50804-mariage-prince-harry-meghan-markle-que-reste-republicains-britanniques

Posté par UPR Creuse à 09:21 - - Permalien [#]
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