vendredi 17 novembre 2017

Un paysan sauve ses cultures d'un virus dévastateur… grâce à la musique !

Contaminées par une maladie incurable, les courgettes d'un agriculteur des Bouches-du-Rhône ont été sauvées par des mélodies diffusées tous les soirs. Cette technique qui permet d'éviter les pesticides a fait ses preuves pour d'autres cultures.

ARG PLANTES MUSIQUE

La musique adoucit les mœurs et peut aussi soigner les plantes! Certaines mélodies méticuleusement sélectionnées ont en effet la capacité d'inhiber virus et champignons ou de stimuler la pousse des plantes. C'est en tout cas le constat fait par Gilles Josuan, agriculteur dans les Bouches-du-Rhône.

Le producteur fait de la monoculture de courgette. Il y a dix ans, toutes ses cucurbitacées sont contaminées par le virus de la Mosaïque. «Aucune méthode de lutte contre ce fléau n'existe», indique l'agriculteur qui dit avoir tout essayé. Ce dernier ne se résignait pas à arracher tous ses plants, seule solution préconisée par l'agriculture conventionnelle. «Je suis tombé sur le site de l'entreprise Genodics qui proposait de soigner les plantes avec les protéines de musique! Je n'avais rien à perdre, j'ai donc voulu essayer», confie le paysan qui cultive 40 hectares sous serre et 50 en plein champs. «Dès que j'ai commencé à diffuser la musique dans mes serres, j'ai vu la différence. Mais le plus difficile était de propager de la musique dans une serre avec un taux d'hygrométrie élevé», précise le producteur. Pour cela, la société Genodics conçoit alors des appareils autoalimentés par des panneaux solaires et adaptés aux conditions des tunnels. «Après quelques ajustements de départ, nous sommes parvenus à sauver mes plants de courgettes. Aujourd'hui, le virus est toujours présent mais il est inhibé par la musique et mes légumes n'en portent aucune trace. Je peux donc de nouveau les commercialiser», se réjouit l'agriculteur.

Pour atteindre ce résultat spectaculaire, le producteur applique à la lettre le protocole établi par la société. Il diffuse toutes les nuits entre 5 et 7 minutes d'une musique ciblée, «mais pas plus, sinon cela fatigue les plantes», précise l'agriculteur qui récolte 600 à 700 tonnes de légumes par an. Des rendements qui font des envieux. Si ses voisins étaient, au départ, amusés par la méthode de Gilles Josuan, ils s'y intéressent désormais de très près. «Certains voisins me posent des questions sur mes méthodes de production et réfléchissent à faire de même», indique l'agriculteur convaincu. À condition toutefois de trouver la musique adaptée à leurs cultures.

De fait, Genodics explique qu'il faut trouver des mélodies adaptées à chaque pathologie. «Concernant le problème de Gilles Josuan, au départ, nous avions identifié un seul virus alors qu'il y en avait un deuxième. Après cette découverte, nous avons adapté la mélodie et avons pu inhiber les deux virus, qui fatiguaient la plante mais restent inoffensifs pour l'homme», indique Pedro Ferrandiz, cofontateur de Genodics qui utilise les vibrations de la musique pour lutter contre les maladies de certaines plantes (champignons, virus, bactéries...), limitant ainsi l'usage des pesticides.

La protéodie serait à l'origine de ces résultats confondants. «Pour faire simple, lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés produisent des notes. Une mélodie spécifique à chaque protéine est ainsi émise», explique l'ingénieur à la tête de Genodics. «Il faut connaître les protéines pertinentes de la pathologie que l'on veut combattre puis l'isoler et trouver le chant de la protéine pour en stimuler ou inhiber sa synthèse», précise celui qui a mis en application les théories de Joël Sternheimer, physicien et mélomane.

130 agriculteurs utilisent cette solution

Le rôle de Genodics est ainsi d'identifier puis de déchiffrer la partition de la protéine. Avec ses techniques, la société a aidé plus de 130 agriculteurs à lutter contre des pathologies qui menaçaient leur production.

Ainsi, un arboriculteur de Saint-Féliu-d'Avall, dans les Pyrénées-Orientales, a pu lutter contre le virus de la sharka, à raison de la diffusion de deux séquences musicales par jour. Les séquences musicales aux vertus thérapeutiques ont permis de réduire la mortalité des pêchers. Le procédé a également soigné des plants de tomates atteintes de botrytis - un champignon responsable de la moisissure grise, ou des pommiers touchés par la tavelure. Les principaux clients de Genodics sont des viticulteurs. Les mélodies thérapeutiques sont parvenues à lutter contre le mildiou, un champignon, ou l'esca, qui décime les vignes notamment en France.

Le protocole est le même: diffuser de la musique de manière harmonieuse pour que chaque pied de vigne puisse «entendre» les notes. Les résultats sont à chaque fois au rendez-vous. «Ça marche systématiquement mais avec des taux de réussite variables de 25% à 95%. Par exemple, sur les cépages de Cabernet, les résultats sont spectaculaires et ils le sont un peu moins sur les vins d'Alsace . En moyenne, le taux de réussite est de 70%», se réjouit Pedro Ferrandiz.

De très bons résultats expérimentaux qui forcent l'intérêt de la communauté scientifique. Ainsi, Genodics a noué un partenariat avec l'université de Cergy, en région parisienne, afin de faire des essais et de mieux comprendre le fonctionnement scientifique de ses solutions.

De son côté, l'Inra reconnaît que «les plantes sont sensibles aux sons et qu'elles réagissent à certains bruits, comme celui du vent ou le craquement d'une plante voisine qui se dessèche et provoque une réaction. Toutefois, aujourd'hui nous n'avons pas prouvé scientifiquement ces liens», souligne Bruno Moulia, directeur de recherches à l'Inra. Concernant la théorie de Genodics, «je ne peux pas dire que ça ne marche pas, mais nous n'avons pas, non plus, démontré scientifiquement l'efficacité de ces traitements», souligne le membre de l'organisme français de recherche en agronomie. Les résultats de Genodics constituent son meilleur argument «mais on peut avoir des théories fausses avec des applications vraies», tempère toutefois le chercheur. Pour le savoir, il faudrait que l'institut mène des expérimentations, une hypothèse aujourd'hui envisagée par l'Inra. Mais pour cela il faut que l'institut débloque des fonds pour vérifier scientifiquement les théories.

http://www.lefigaro.fr/conso/2017/11/13/20010-20171113ARTFIG00015-un-paysan-sauve-ses-cultures-d-un-virus-devastateur-8230-grace-a-la-musique.php


 

BASE 14 995X225J'avais vu ça depuis pas mal de temps sur mes revues "complotistes" mais puisque c'est le Figaro qui le dit... !!  S.R.

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mercredi 15 novembre 2017

« Pourquoi nos enfants deviennent des crétins ! »

 L’édito de Charles SANNAT /article proposé par S.R. (UPR87)

ARG ENFANTS CRETINS

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Tout d’abord, je tiens tout de suite à préciser que ce titre un peu violent n’est pas une insulte à l’égard de nos enfants, mais bien une inquiétude profonde de notre avenir à commencer par le monde qu’en tant qu’adultes nous préparons, et avons d’ailleurs déjà préparé, à nos enfants.

Le crétinisme est une maladie liée au manque d’iode et qui touchait particulièrement les zones éloignées des côtes où l’apport en poissons et produits de la mer permet de fournir nos organismes en iode. C’est dans les Alpes et dans l’Eure que la prévalence de crétinisme était la plus forte.

Puis, avec des régimes alimentaires meilleurs, nous avons su faire reculer cette maladie terrible. Pourtant, le crétinisme revient, mais il n’est pas le seul.

Baisse du QI, du comportement et autisme en hausse, la santé mentale et les capacités cognitives de nos enfants, là, maintenant, sous nos yeux effarés, sont en train de s’effondrer.

La réponse à titre collectif tarde ? Prenez les devant à titre individuel.

Je vous invite à toutes et tous visionner ce reportage excellent et alarmant d’ARTE mais qui correspond en tous points à ce que je peux voir autour de moi et constater dans les écoles que je fréquente à travers mes propres enfants.

La situation est très grave.

« Et si l’humanité était en train de basculer vraiment dans l’imbécillité, comme l’imaginait en 2006 la cruelle fiction de Mike Judge Idiocracy ? Depuis vingt ans, les scientifiques constatent avec inquiétude que les capacités intellectuelles ne cessent de diminuer à l’échelle mondiale. Une baisse du QI a été observée dans plusieurs pays occidentaux. À cela s’ajoute une explosion des cas d’autisme et des troubles du comportement. En cause : les perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques qui bouleversent le fonctionnement de la thyroïde, essentielle au développement cérébral du fœtus. Présentes dans les pesticides, les cosmétiques, les mousses de canapé ou encore les plastiques, ces particules ont envahi notre quotidien : nous baignons dans une véritable soupe chimique. Aux États-Unis, chaque bébé naît ainsi avec plus de cent molécules chimiques dans le sang. Mais comment limiter leurs effets ? Quelles solutions peut-on mettre en place pour préserver les cerveaux des générations futures ? Épidémie ? Huit ans après “Mâles en péril”, qui révélait l’impact des perturbateurs endocriniens sur la fertilité, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade tirent à nouveau la sonnette d’alarme en dévoilant l’effet néfaste de ces mêmes polluants sur notre intelligence et notre santé mentale. “Demain, tous crétins ?” relaie la parole de chercheurs engagés, comme la biologiste Barbara Demeneix, spécialiste de la thyroïde, ou la biochimiste américaine Arlene Bloom, qui mène depuis les années 1970 un combat acharné contre l’utilisation des retardateurs de flammes (mélanges chimiques ajoutés à une grande variété de produits industriels comme les plastiques, les textiles et les équipements électriques ou électroniques pour les rendre moins inflammables). Leurs études et d’autres nous alertent sur un problème de santé publique dont les législateurs, sous l’influence des lobbies industriels, n’ont pas encore pris la mesure. »

Voilà pour le résumé de l’émission d’ARTE à voir en vidéo (complète) ci-dessous tout en bas, d’une durée d’environ 45 minutes.

Nous savons quoi faire pour réduire les risques !

Les facteurs aggravant de la bêtise et de la baisse de notre intelligence nous les connaissons.

  1. Les régimes alimentaires.
  2. Les perturbateurs endocriniens et donc les sources de pollution.
  3. Les écrans au sens large qui ont également un impact majeur sur la construction des esprits de nos enfants.

Nous pouvons attendre les bras croisés que l’État fasse quelque chose.
Vous pouvez attendre et contempler vos enfants s’enfoncer en attendant que « l’Europe fasse quelque chose ».
Vous pouvez et nous pouvons nous lamenter en disant… « et moi, que voulez-vous que j’y fasse ? ».

Eh bien justement, la réponse c’est nous.

Chacune et chacun de nous en tant que parent.

Je refuse que la vacuité soit l’horizon éducatif indépassable pour mes enfants !

  • Je refuse la médiocrité pour mes enfants.
  • Je refuse le manque d’ambition pour mes enfants.
  • Je refuse cette société de l’inculture crasse pour mes enfants.
  • Je refuse cette bien-pensance absurde et mortifère pour la construction de mes enfants.
  • Je refuse les méthodes de lectures inefficaces pour mes enfants.
  • Je refuse de lobotomiser mes enfants devant des écrans et des émissions destinées à transformer ceux que j’aime uniquement en temps de cerveaux disponible pour les publicités des grandes marques.
  • Je refuse que mes enfants soient marchandisés, abrutis, crétinifiés et soumis au totalitarisme marchand.
  • Je refuse la télé pour mes petits, l’alimentation industrielle, les boissons gazeuses mortelles pour le foie, ou encore les bombons qui rendent fous (oui, oui, cela existe, tenez, regardez).

Sans oublier les bonbons qui attaquent les dents en quelques secondes et tout le reste tellement ils sont acides mais qui restent en vente libre.

Ou encore ces “friandises-là” contenant un mélange d’acide citrique et d’acide malique couramment utilisé pour détartrer les… cafetières. Tuons donc nos enfants!

Je refuse tout cela, parce que tout cela c’est la facilité.

Élever des enfants, les accompagner avec un amour infini à devenir des adultes épanouis et responsables ainsi que des citoyens de valeur, cela demande du temps, de l’effort, du courage et de la constance, c’est-à-dire l’inverse des valeurs que ce système absurde tente par tous les moyens de faire rentrer dans nos têtes.

Mes amis, mères et pères qui lisez ces lignes, votre combat, notre combat est de protéger nos enfants contre ce qu’il y a de mauvais. Depuis la nuit des temps, chaque espèce animale protège ses petits.

Nous n’avons plus à protéger nos enfants des rats en les suspendant dans des linges en hauteur à des poutres, ou à monter la garde la nuit pour faire fuir les loups.

Que cette époque était finalement simple. L’ennemi était évident, et protéger vos enfants ne réclamait pas d’efforts intellectuels particuliers ou d’aller à l’encontre d’un système majoritaire.

Nous vivons une époque très complexe, où il est très difficile de nommer l’ennemi ou le danger. Ennemi et danger sont protéiformes et désincarnés.

Nous ne luttons ni contre un pays, ni contre un peuple, ni contre tel ou tel individu, ou contre telle ou telle structure ou entité.

Nous luttons contre un système qui a été parasité par une idéologie mortifère et qui est celle du totalitarisme marchand allant jusqu’à détruire par ses excès l’environnement et aussi, par voie de conséquence, vos enfants.

Je ne vous parle pas d’un sombre futur hypothétique, mais d’un triste présent bien actuel.

Le combat a lieu aujourd’hui et maintenant.

Chacune et chacun de nous doit le mener.

Personne ne doit se résigner à abdiquer les saines ambitions légitimes pour ses enfants.

Cette ambition légitime concerne le bon développement physique, psychique, affectif, mental et culturel de nos enfants.

Cette ambition, à titre individuel et personnel, relève de votre seule et unique responsabilité.

Nous avons le choix de ne pas jouer ce jeu-là. De ne pas acheter ces produits. De ne pas mal manger, de ne pas s’intoxiquer dans des environnements pollués.

Les actes de résistance sont toujours fondés sur des convictions plus fortes et plus justes que ce que le système dominant défend et veut imposer.

Est-il juste d’imposer la casse du savoir et de la connaissance ?
Est-il juste d’imposer la casse de ce qu’est l’enfance et l’imaginaire d’un petit ?
Est-il juste d’imposer des éducations sexuelles prématurément et qui parfois confine au viol psychique de la maturité de l’enfant ?
Est-il juste de leur faire manger n’importe quoi ? De les intoxiquer avec les produits pourris que nos industriels nous vendent ?

Tout cela est profondément injuste, mais nous pouvons limiter la casse, choisir d’autres façons de faire, avoir le courage de ne pas donner un smartphone en CM1 parce que « quand même c’est plus sûr ». Un smartphone n’a jamais empêché un enfant d’être enlevé. Jamais. Il n’est non seulement pas un gage de sécurité pour vos enfants, mais il est l’un des outils de sa déstructuration.

Si l’amour infini et inconditionnel est ce qui doit caractériser tout parent, alors, parents et grands-parents, lutter contre ce système de façon pacifique et par la résistance passive est un devoir impérieux et une nécessité absolue.

Le système n’est jamais rien que la somme de nos décisions quand bien même nos décisions sont formatées par les publicités et les messages médiatiques. Nous ne sommes pas obligés de les suivre.

Mais il est vrai que toute résistance demande du courage. Le courage d’aimer nos enfants encore plus fort, pour ne pas poursuivre le développement d’un monde de crétins.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Voir la vidéo d'ARTE:

https://insolentiae.com/pourquoi-nos-enfants-deviennent-des-cretins-ledito-de-charles-sannat/

lundi 13 novembre 2017

Levothyrox : les ministres Agnès Buzyn et Bruno Le Maire visés par une plainte

Agnès Buzyn et Bruno Le Maire vont-ils avoir affaire à la justice dans le dossier du Levothyrox ? La ministre de la Santé et le ministre de l'Economie sont visés par une plainte déposée au tribunal de Grasse (Alpes-Maritime) pour "non-assistance à personne en danger" par une patiente sous Levothyrox et qui se plaint d'effets secondaires liés à la nouvelle formule du médicament.

ACT LEVOTHYROX

Selon la plainte, révélée par Nice-Matin, la plaignante, Anne-Catherine Colin-Chauley, se base sur les articles du Code pénal concernant "l'abstention volontaire de porter assistance à une personne en péril".

Médecins, pharmaciens, médias et élus également visés

La plainte vise nommément ces deux ministres mais aussi le laboratoire Merck, fabricant du médicament, contre qui elle a déjà déposé plainte pour un autre motif, et l'Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Elle vise également, cette fois contre X, les médecins et pharmaciens "ayant refusé de prendre en considération les symptômes indésirables de leurs patients", les journalistes et les médias qu'elle accuse d'avoir "orienté les informations" et enfin les députés, sénateurs et maires qui n'auraient pas "honoré leur devoir d'intérêt général".

La plaignante, avocate au barreau d'Ajaccio, reproche à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn de n'avoir "pas su gérer la crise sanitaire" et au ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, de ne pas "avoir essayé de transacter avec le laboratoire Merck".

Domiciliée à Mougins (Alpes-Maritimes), elle a créé le collectif Alerte Thyroïde auquel, selon elle, 600 personnes auraient déjà adhéré. Elle avait aussi été la première à déposer plainte fin août, à titre personnel, contre Merck pour mise en danger de la vie d'autrui. Elle avait constaté des effets indésirables dus à la nouvelle formule, mises sur le marché fin mars, de ce médicament prescrit à trois millions de personnes en France pour traiter des pathologies thyroïdiennes.

200 autres plaintes à venir

Elle a déposé fin octobre 100 plaintes de particuliers se joignant à son action. Elle doit en déposer jeudi 200 autres, selon elle, toujours pour mise en danger de la vie d'autrui. Toutes ces plaintes sont enregistrées à Grasse puis transmises au tribunal de grande instance de Marseille qui a ouvert une enquête préliminaire et centralise les demandes des patients.

Anne-Catherine Colin-Chauley avait déjà attaqué les autorités ministérielles et administratives devant le tribunal administratif de Nice, qui a toutefois rejeté ses demandes de "mesures d'instruction contre l'ANSM" et de "mesures utiles à prendre par la ministre de la Santé et le ministre de l'Economie". Devant la colère des patients, l'ancienne formule du Levothyrox a fait son retour dans les pharmacies françaises le 2 octobre, mais en quantités limitées.

http://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/levothyrox-agnes-buzyn-et-bruno-le-maire-vises-par-une-plainte_2464696.html

Voir aussi:

"Qu'ils arrêtent de prendre les malades pour des imbéciles" : un avocat affirme que l'ancienne formule du Levothyrox est toujours fabriquée!

Un avocat vient d'adresser une "sommation interpellative" à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, au groupe allemand Merck, un de ses sous-traitants et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il assure que l'ancienne formule du Levothyrox, médicament destiné à traiter les troubles de la thyroïde, est toujours produite dans une usine de Bourgoin-Jallieu (Isère), pour le marché italien.

Des milliers de malades ne supportent pas la nouvelle formule du médicament à cause d'effets secondaires. Alors que la ministre de la Santé a annoncé le retour de l'ancienne formule en pharmacies au début du mois d'octobre, de nombreux patients ont encore des difficultés pour s'en procurer. Ils ne comprennent pas cette situation.

Une situation "totalement ubuesque"

Corinne ne décolère pas : "Ça me choque, je trouve ça totalement ubuesque." Cette psychologue toulousaine prend du Lévothyrox depuis 25 ans pour soigner sa thyroïde. Elle ne supporte pas la nouvelle formule, comme des milliers de malades. Pour elle, il est donc vital de retourner à l'ancienne formule.

Elle ne comprend pas que les patients français se retrouvent en difficulté. "Qu'il soit délivré au compte goutte ou que des centaines de personnes soient obligées de prendre leur voiture pour aller en Espagne, en Allemagne ou en Italie le chercher alors qu'il est produit chez nous, pour l'étranger et pas pour nous, (...) je trouve ça inadmissible."

La possibilité d'interroger le sous-traitant

Son avocat, maître Christophe Léguevaques, qui coordonne l'action collective de plus de 2 000 patients contre le laboratoire Merck, attend des réponses du fabricant. "C'est grave parce que ça veut dire tout simplement que l'on nous ment. En septembre, Merck a expliqué qu'il ne fabriquait plus l'ancienne formule."

La "sommation interpellative" qu'il a déposée permet de poser officiellement des questions au sous-traitant, "notamment combien de comprimés produisez vous par an ? Peut-on étendre la production pour satisfaire la demande du marché français ? Pourquoi on ne fabrique pas ce Lévothyrox ancien pour des malades français ?", liste maître Léguevaques. 

Des formules française et italienne différentes

Pour Valérie Léto, pharmacienne responsable de l'entité juridique chez Merck Sérono (une filiale du groupe Merck) à Lyon, il ne faut pas mettre sur le même plan le Lévothyrox italien et l'ancienne version française. "Le produit fini italien n'est pas strictement identique, même si la formule est semblable." Elle liste les différences entre les deux produits :

L'origine des matières premières est différente, le procédé de fabrication est différent, les paramètres de contrôle du produit fini sont différents et l'aspect des comprimés est différent.

Elle estime donc que les patients qui utilisaient l'ancienne formule du Lévothyrox ne peuvent pas utiliser la version du médicament qui est mise sur le marché italien. "Pour les patients qui étaient équilibrés avec l'ancienne formule de Lévothyrox, il est important de leur mettre à disposition une formule strictement identique."

50 000 boîtes de l'ancienne formule disponibles

Les arguments du laboratoire ne convainquent pas l'avocat qui a déposé la sommation. "Le moment venu, on va faire une analyse chimique et, s'ils ont menti, ça va leur coûter cher. Il faut qu'ils arrêtent de prendre les malades pour des imbéciles."

Le ministère de la Santé, de son côté, explique que 198 000 boîtes d'Euthyrox, l'ancienne formule du médicament, ont été importées d'Allemagne début octobre pour les patients français. Au 5 novembre, il y en avait encore 50 000 en stocks et à disposition des malades, d'après le ministère.

http://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/qu-ils-arretent-de-prendre-les-malades-pour-des-imbeciles-un-avocat-affirme-que-l-ancienne-formule-du-levothyrox-est-toujours-fabriquee_2461820.html

Voir enfin cet entretien:

Levothyrox : "Les laboratoires savaient que 3% à 5% des malades allaient déclencher des effets indésirables forts"

(...)

Les plaignants dénoncent un défaut d'information de la part du laboratoire Merck. "Les laboratoires savaient que 3% à 5% des malades allaient déclencher des effets indésirables forts", a expliqué sur franceinfo Christophe Lèguevaques, avocat. "Cela représente quand même entre 150 000 et 180 000 personnes."

franceinfo : que demandez-vous ?

Christophe Lèguevaques : Le seul langage que comprend le laboratoire c'est l'argent. Ce que veulent les malades avant tout, c'est la reconnaissance qu'ils sont malades à cause de ce médicament. C'est le respect de leur dignité. Ils ont trop l'impression qu'on les prend pour des gens zinzins, alors qu'ils souffrent depuis plusieurs mois sans avoir eu la considération dont ils avaient besoin.

Allez-vous attaquer l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ?

Le moment venu, nous allons peut-être saisir le tribunal administratif contre l'ANSM et nous pourrions demander par exemple la révocation du directeur qui n'a pas été à la hauteur. Nous sommes en train d'étudier cette piste, nous verrons.

Avez-vous eu une réponse du ministère de la Santé ?

Cela fait un mois que nous avons écrit aux ministres, nous avons proposé une solution qui a fait ces preuves : la création d'une commission nationale d'indemnisation. J'avais écrit à madame Buzyn et madame Belloubet. À ce jour, je pense qu'elles sont débordées ou que les services n'ont pas informé les ministres, mais je n'ai même pas reçu un accusé de réception.

Qu'aurait-dû faire le laboratoire ?

Informer le public. Le plus simple aurait été de mettre, comme en Belgique, une information dans la boîte de comprimés indiquant : "attention cela aura peut-être des conséquences sur votre santé, consultez votre médecin." Le laboratoire n'a rien fait, il n'a rien dit aux malades directement. Il a considéré que ce n'était pas sa responsabilité, ce qui est faux.

Qu'avez-vous pensé de la réaction des laboratoires ?

Ils ont une obligation de pharmacovigilance. Cela veut dire qu'ils doivent surveiller le devenir de leurs médicaments. Très vite, ils ont eu des retours comme quoi la nouvelle formule n'était pas acceptée et dès le mois de juin, une pétition a réuni 50 000 personnes pour dire, "rendez-vous l'ancienne formule". Pourtant, ils n'ont rien fait. Ils ont gardé le silence de mai à octobre. C'est à partir de ce moment-là que les gens se sont retrouvés dans la panade et n'ont pas reçu d'informations leur permettant de savoir ce qu'il se passait.

http://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/levothyrox-les-laboratoires-savaient-que-3-a-5-des-malades-allaient-declencher-des-effets-indesirables-forts_2436183.html

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vendredi 10 novembre 2017

Pas d'accord sur le glyphosate dans l'UE, la décision va en appel

Les représentants des 28 Etats membres de l'UE ont échoué jeudi à s'accorder sur l'avenir du glyphosate lors d'un vote pour renouveler pour 5 ans la licence de l'herbicide controversé, qui va maintenant passer dans un comité d'appel.

ACT STRATAGEME MONSANTO

La nouvelle proposition de réautorisation faite par la Commission européenne, pour une période deux fois plus courte qu'elle ne le souhaitait initialement, n'a pas convaincu les pays les plus réticents, comme la France ou l'Italie.

A court d'options, la Commission renvoie le texte tel quel au sein d'un comité d'appel, qui fonctionne sur les mêmes principes que le comité d'experts réunis jeudi mais à un niveau politique "supérieur", c'est-à-dire avec des représentants de chaque pays ayant plus de responsabilités.

Les jours sont désormais comptés, la licence actuelle expirant le 15 décembre.

"Une majorité qualifiée n'a pas été atteinte, ni pour ni contre le texte proposé", a indiqué l'exécutif européen. Malgré l'absence de décision, il a tout de même noté que 14 pays, soit "une majorité des Etats qui ont voté", ont soutenu la proposition de la Commission: neuf pays ont voté contre, mais cinq se sont abstenus.

La proposition initiale de la Commission était de reconduire l'autorisation pour 10 ans, après le feu vert donné par l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), mais elle avait fini par tenir compte des appréhensions de nombreux pays.

Données sur le glyphosate, herbicide controversé massivement utilisé
Données sur le glyphosate, herbicide controversé massivement utilisé ( AFP / Alain BOMMENEL, Laurence SAUBADU, Kun TIAN )

Les tergiversations de l'UE agacent l'industrie phytosanitaire, qui a fait part de sa "déception" après le vote.

"Si les Etats membres respectaient la science, le glyphosate aurait été approuvé pour 15 ans déjà l'an passé", a déploré Graeme Taylor, porte-parole de l'Association européenne des fabricants de pesticides (ECPA).

- Responsabilité partagée -

Les opposants au glyphosate se sont réjouis de l'échec de jeudi.

Le ministre français de la Transition écologique Nicolas Hulot s'est dit "fier" jeudi que la France, partisane d'un renouvellement pour trois ans, ait "tenu bon". La France, l'Italie et l'Autriche ont plusieurs fois redit leur opposition.

"Un bon résultat pour notre santé et l'environnement", s'est félicitée la ministre luxembourgeoise Carole Dieschbourg. Le Luxembourg mais aussi la Belgique ou encore Malte ont voté contre.

L'Allemagne, en pleine négociation de coalition - avec les Verts notamment- s'est abstenue.

Si le comité d'appel saisi par la Commission ne débouche toujours pas sur une majorité claire, alors la décision finale reviendra à la Commission, malgré les appels réitérés du commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis à ne pas assumer seul la responsabilité de la décision.

Les minutes de la précédente réunion à huis clos, le 25 octobre, avaient montré que les opinions différaient largement entre Etats membres (qui n'y sont pas désignés nommément) malgré une pluralité de solutions avancées, entre trois et cinq ans.

Glyphosate : pas d'accord européen
Glyphosate : pas d'accord européen ( AFP / Simon MALFATTO )

Plusieurs Etats membres s'étaient prononcés en faveur d'un renouvellement pour 15 ans et avaient ajouté que le compromis le plus bas qu'ils pourraient accepter était de 7 ans.

La Commission y notait également que le cadre réglementaire ne permet pas de travailler sur une date de disparition progressive de la substance dans l'UE, réclamée par certains Etats membres, car une entreprise garde la possibilité de redéposer une demande d'autorisation lorsque la licence arrive à expiration.

- Précaution -

Cela fait maintenant plus de deux ans que l'UE bloque sur le sujet, à la suite du classement de la substance comme "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l'OMS, en 2015.

Les adversaires du glyphosate estiment que le principe de précaution devrait prévaloir.

Sont venues s'ajouter à la controverse les accusations d'influence exercée par le géant de l'agrochimie Monsanto sur le contenu des études scientifiques publiées.

Plus d'un million de personnes ont signé une pétition européenne réclamant l'abandon du glyphosate.

Dans l'UE, les pesticides à base de cette substance représentent un marché d'environ un milliard d'euros. Herbicide le plus utilisé dans l'UE, le glyphosate est plébiscité par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût.

http://www.boursorama.com/actualites/pas-d-accord-sur-le-glyphosate-dans-l-ue-la-decision-va-en-appel-1cec37df004dd94e03b814f79e58551c

BASE 14 995X225Une illustration de plus de la justesse des analyses de l'UPR. Le processus auto- bloquant fonctionne à plein dans cette affaire, pour le plus grand profit des lobbies, comme d'habitude.

P.G.

« Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics,
 quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer.
 Que dis-je? Quand on l'approuve et qu'on y souscrit. »

OEuvres complètes de Bossuet vol XIV,
Jacques B. Bossuet, éd. L. Vivès (Paris), 1862-1875, p. 145.

 

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dimanche 29 octobre 2017

De la viande tuberculeuse en vente dans les supermarchés français ?

Selon une information du "Canard enchaîné", près de 3 000 tonnes de viande contaminée par la tuberculose seraient vendues chaque année en France.

ACT VIANDE CONTAMINEE UE

Un nouveau scandale sanitaire pourrait secouer la France. Selon une enquête réalisée par Le Canard enchaîné et publiée ce mercredi 25 octobre, près de 3 000 tonnes de viande contaminée par la tuberculose seraient vendues chaque année dans les supermarchés français. L'hebdomadaire précise que ce n'est pas moins de 8 000 vaches qui seraient diagnostiquées positives à la tuberculose dans les élevages. Cependant, cette viande contaminée n'est pas retirée de la vente. En effet, cette pratique ne serait pas illégale si les organes les plus infectés (comme le foie ou les reins) sont, eux, détruits à l'abattage.

Que dit la loi ? Comme le rapporte Franceinfo, le règlement 854/2004 de l'Union européenne renseigne à ce sujet. « Lorsqu'une lésion tuberculeuse a été retrouvée dans les ganglions lymphatiques d'un seul organe ou partie de la carcasse, seuls l'organe ou la partie de carcasse infectée doivent être déclarés impropres à la consommation. »

50 cas de transmission à l'homme

Si les autorités assurent que cette pratique reste sans risque pour le consommateur, Le Canard enchaîné rapporte que, chaque année, une cinquantaine de cas de transmission de la tuberculose à l'homme sont comptabilisés, principalement chez les vétérinaires, les agriculteurs et les amateurs de lait cru. Mais l'hebdomadaire satirique évoque un autre phénomène. À ces 3 000 tonnes de viande contaminée en vente s'ajoutent également les exportations en provenance du Royaume-Uni. Et, toujours selon Le Canard enchaîné, nos voisins anglo-saxons vendraient eux aussi leurs stocks de viande contaminée sur le territoire français.

http://www.lepoint.fr/sante/de-la-viande-tuberculeuse-en-vente-dans-les-supermarches-francais-25-10-2017-2167403_40.php

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jeudi 26 octobre 2017

De l'agent orange au glyphosate, comment Monsanto a tout fait pour couper l'herbe sous le pied de ses détracteurs

Une enquête du "Monde" a montré comment le géant des produits phytosanitaires a contré les études sur la dangerosité du glyphosate, composant de l'herbicide Roundup. Et ce n'est pas la première fois que la firme américaine utilise ce type de méthodes très controversées.

ARG MONSANTO

Un géant des produits phytosanitaires à la réputation sulfureuse. En 2016, Monsanto a dégagé un chiffre d'affaires de plus de 13 milliards de dollars. Notamment grâce à son produit phare : le glyphosate présent dans le désherbant Roundup. Les Etats-membres de l'Union européenne devaient décider, mercredi 25 octobre, du renouvellement, ou non, du glyphosate pour les dix prochaines années. Mais la firme ne se résume pas au glyphosate. Monsanto, fondé à Saint-Louis dans le Missouri (Etats-Unis), en 1901, s'est d'abord distingué en devenant le numéro 1 mondial dans la production de la saccharine, un édulcorant artificiel. Rapidement, l'entreprise s'est diversifiée dans la fabrication d'herbicides, puis les biotechnologies. Et les scandales ont commencé à fleurir.

Franceinfo revient en cinq histoires sulfureuses sur la trajectoire de cette firme américaine en passe d'être rachetée par un autre géant de l'agrochimie, l'allemand Bayer.

Le scandale de "l'agent orange"

Dans les années 1940, Monsanto fabrique l’herbicide 2,4,5-T. Ce produit contient des dioxines et intéresse dans les années 1960 l'armée américaine, qui y voit une arme chimique potentielle, relate Courrier international. Les forces américaines sont, à l'époque, tenues en échec au Vietnam. Entre 1965 et 1973, des avions de l’US Air Force déversent, au-dessus des forêts du pays, 80 millions de litres du puissant herbicide, appelé désormais "l'agent orange". Il est fabriqué par Monsanto, ou encore Dow Chemical. L'objectif : éliminer la végétation où se cachent les combattants du Vietcong.

Les conséquences sont désastreuses pour la nature et pour des millions habitants, mais aussi pour des milliers de vétérans du Vietnam : cancers, malformations congénitales, maladies du système nerveux. Les dégâts se font sentir plusieurs années après les épandages, car "la dioxine [présente dans "l'agent orange"] étant une molécule très stable, elle tend à rester dans l'environnement", explique France Inter.

"Personne à l'époque n'imagine que tout cela était dû aux poisons venus du ciel", confie à la radio Tran To Nga, française d'origine vietnamienne. D'ailleurs, la propagande américaine distribue à cette période des tracts affirmant l’innocuité du produit, souligne Le Monde diplomatique

Or la dangerosité de l'herbicide était connue des géants de l'agrochimie depuis les années 1940. Les premières victimes étant les ouvriers des usines fabriquant l'herbicide. "Ils ont souffert d’inflammations cutanées, de douleurs inexplicables des membres, des articulations et d’autres parties du corps, d’affaiblissement, d’irritabilité, de nervosité, de baisse de la libido", selon Peter Sills, auteur de Toxic war : the story of agent orange. 

En 1949, une usine de Monsanto à Nitro, en Virginie (Etats-Unis) est touchée par une explosion, détaille Le Monde. Plus de deux cents ouvriers développent à leur tour des chloracnés. La cause de ce trouble : les dioxines contenues dans  "l'agent orange". Dans les années 1970, des vétérans américains du Vietnam ouvrent une class action (une action collective) contre les producteurs de l'herbicideDurant ce procès, Monsanto présente des études scientifiques censées prouver l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les maladies des soldats.

Or, au début des années 1990, il est démontré que ces études étaient biaisées, poursuit Le Monde. Au final, Monsanto et six autres producteurs de l'herbicide sont condamnés "pour empoisonnement" à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains. Aujourd'hui, la firme se dédouane de toute responsabilité. Elle souligne que le produit était fabriqué pour le gouvernement. "C'est lui qui a déterminé quand, où et comment l'utiliser", précise-t-elle dans un communiqué (en anglais).

Les grandes dissimulations autour des PCB

Autre époque, autre produit chimique. En 1935, Monsanto rachète la Swann Chemical Company, qui a mis au point les polychlorobiphényles (PCB). Pendant plus de quarante ans, Monsanto a déversé des milliers de tonnes de déchets contaminés, issus de son usine de fabrication des PCB, dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur d'un quartier de la ville d'Anniston peuplé de Noirs, en Alabama (Etats-Unis), comme l'a montré le documentaire de Marie-Monique Robin Le Monde selon Monsanto.

En 2001, 3 600 habitants de la ville, qui souffrent de cancers, attaquent le géant de l'agrochimie. Pendant le procès, des notes confidentielles révèlent que Monsanto a dissimulé la dangerosité du produit. "En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", rapporte alors The Washington Post (anglais).

Par ailleurs, une étude menée par Monsanto en 1975 montre que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. Mais la firme change les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène".

La firme connaissait donc la dangerosité de son produit, dès la fin des années 1960. Mais l'entreprise a arrêté totalement de commercialiser les PCB seulement en 1977, rappelle The Guardian (anglais), qui s'est penché sur plus de 20 000 mémos internes, mis en ligne début août. Contacté par The Guardian, Scott Partridge, le vice-président de la stratégie de Monsanto a rétorqué "qu'à l'époque où Monsanto fabriquait des PCB, c'était totalement légal et approuvé. Monsanto n'a donc aucune responsabilité dans la pollution causée par le rejet par ceux qui ont déversé des PCB dans l'environnement".

La firme a été reconnue coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La multinationale a été condamnée à verser 700 millions de dollars de dommages et intérêts à la ville d'Anniston.

Les pressions pour défendre l'hormone de croissance bovine

Si Monsanto n'aime pas les scandales, la firme déteste encore plus ceux qui les provoquent. Les deux journalistes américains Jane Akre et Steve Wilson, de Fox News, en ont fait les frais. Après avoir enquêté sur les dangers du Posilac, l'hormone de croissance bovine, rBGH, fabriquée dans les années 1980 par Monsanto, les deux journalistes du groupe Murdoch ont été licenciés. Leur reportage n'a jamais été diffusé, comme le raconte Marie-Monique Robin dans Le Monde selon Monsanto.

Quel est le problème avec la rBGH ? Cette hormone transgénique, injectée aux vaches, permet d’augmenter la production laitière de 15 à 20%. La vente de cette hormone, sous le nom de Posilac, est autorisée aux Etats-Unis en 1994. Mais rapidement, des mammites chez les vaches (infection des pis), des fragilités osseuses et des malformations chez les veaux, sont constatés, détaille Marie-Monique Robin. Pour faire face à ces symptômes, les éleveurs multiplient les traitements à base d'antibiotiques sur leurs bêtes. Conséquences : des traces de ces antibiotiques sont retrouvées dans le lait.

Le Canada est le premier pays à refuser la commercialisation du Posilac en 1999 malgré les pressions de Monsanto. Le documentaire raconte en effet comment la firme américaine a proposé un à deux millions de dollars à des agents de l'agence gouvernementale, Health Canada, pour qu’ils homologuent le produit.

Un an après, l'Europe lui emboîte le pas. L'hormone de croissance bovine y est interdite définitivement. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) établit que les résidus dans les viandes de bovins traités aux hormones présentent des risques pour la santé humaine, rappelle La Croix.

Monsanto a longtemps défendu son hormone de croissance, assurant qu'il n'y avait "aucune différence entre le lait des vaches recevant un complément de Posilac et le lait des vaches qui n'ont pas reçu de Posilac". Finalement au courant de l'année 2008, la firme renonce à la fabrication du Posilac, comme le relate The New York Times (en anglais). Monsanto justifie alors cette décision par son souhait de se concentrer sur les semences agricoles.

Des procès pour protéger ses OGM

Dans les années 1990, Monsanto reçoit les autorisations pour commercialiser ses semences génétiquement modifiées et résistantes au glyphosate. Parmi elles : le soja Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready. "L'emprise de Monsanto est déjà quasi-totale aux Etats-Unis : plus de 90 % du soja et 80% du maïs sont produits à partir de ses semences. Les agriculteurs sont ainsi prêts à payer deux fois plus cher que pour des graines normales, avec la promesse d'obtenir une meilleure résistance aux insectes, à la sécheresse... et aux herbicides produits par Monsanto !" racontent Les Echos.

Les semences sont protégées par les brevets pendant vingt ans. Durant cette période, Monsanto conserve son monopole et peut engranger un maximum de bénéfices. C'est pourquoi la firme va défendre ardemment ses OGM aux dépens parfois de petits agriculteurs. "Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé 'frauduleusement' ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoir replantées", relate Le Monde.

Ainsi en 2013,  la Cour suprême des Etats-Unis a donné raison à Monsanto, dans un litige qui l'opposait à un petit fermier de l'Indiana. Ce dernier était accusé d'avoir enfreint ses brevets dans l'utilisation de graines de soja transgéniques. Le fermier de 75 ans a été condamné à verser 85 000 dollars au géant de l'agrochimie, relaie The Huffington Post.

Monsanto justifie sur son site ses différentes actions en justice : "Sans la protection des brevets, les entreprises privées n’auraient guère intérêt à poursuivre dans cette voie et à réinvestir dans l’innovation. Monsanto investit plus de 2,6 millions de dollars par jour en recherche et développement, investissements qui bénéficient en dernier ressort aux agriculteurs et aux consommateurs." 

Des rapports scientifiques manipulés sur les effets du glyphosate 

Le désherbant Roundup, mis sur le marché en 1974, a également fait la fortune de Monsanto. En 2014, 826 000 tonnes de glyphosate ont été vendues sur la planète, selon une étude de l'Environmental Sciences Europe (en anglais), ce qui en fait le numéro 1 mondial des herbicidesEt pour implanter son produit, le géant de l'agrochimie n'a pas lésiné sur la publicité. En 1990, ce spot publicitaire met en scène un agriculteur qui explique que "Roundup il y a pas mieux pour désherber" et qu'il "n'hésite pas à en mettre partout" dans les champs.

Sept ans plus tard, cet autre clip publicitaire a envahi les écrans de télévisions. Le Roundup est présenté comme le premier désherbant "biodégradable", qui "ne pollue ni la terre, ni l'os de Rex".

Pour cette dernière publicité, Monsanto a été condamné deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour "publicité mensongère", comme le rappelle Le Monde. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), dépendant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé officiellement en 2015 le glyphosate comme cancérogène pour l’animal et  "cancérogène probable" pour l’homme.

Mais Monsanto n'a pas tardé à répliquer. Sa stratégie ? Le "ghost-writing", ou "écriture fantôme", comme l'a révélé Le Monde dans son enquête sur les "Monsanto papers", publiée mardi 4 octobre. "Nous sommes face à un énorme scandale sanitaire", estime Marie-Monique Robin, dans son documentaire, Le Roundup face à ses jugesdiffusé sur Arte, mardi 17 octobre. Des scientifiques, rémunérés par la multinationale, ont signé des textes montrant que le glyphosate n'est pas cancérigène. Or les grandes agences réglementaires (EPA aux Etats-Unis, EFSA et ECHA en Europe), chargées d’évaluer la dangerosité d’un produit avant et après sa mise sur le marché, se sont basées sur les données fournies par Monsanto. Contacté par franceinfo, Monsanto France assure que "dans la situation où des scientifiques Monsanto ont pu être impliqués pour aider à la rédaction de ces documents, leur participation était complètement appropriée, circonscrite et clairement énoncée."

La firme refuse par ailleurs systématiquement de venir s'expliquer sur le glyphosate devant les députés européens. "Les eurodéputés essayent de faire le procès du glyphosate", a expliqué à franceinfo Monsanto France. Mais en coulisses, les soutiens s'activent. A commencer par la Glyphosate Task Force qui regroupe des industriels. Certains syndicats agricoles sont également des partisans de ce produit. En septembre dernier, la FNSEA (premier syndicat agricole français) a ainsi organisé une manifestation sur les Champs-Elysées, à Paris, pour défendre l'herbicideLes Etats-membres de l'Union européenne devaient se prononcer le 25 octobre sur un prolongement, ou non, de dix ans de mise sur le marché du glyphosate.*

http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/de-l-agent-orange-au-glyphosate-comment-monsanto-a-tout-fait-pour-couper-l-herbe-sous-le-pied-de-ses-detracteurs_2405936.html


 

*Voir notre publication précédente: Glyphosate: L'Union Européenne reporte le vote!

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http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/26/35805339.html

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Glyphosate: L'Union Européenne reporte le vote!

L’Union Européenne a décidé ce mercredi de reporter le vote sur la prolongation de l’utilisation du glyphosate. Une nouvelle réunion devra se tenir à une date qui n’a pas encore été communiquée.

FL STRATAGEME MONSANTO

La Commission va « réfléchir »

Les représentants des Etats membres de l’UE, réunis dans un comité d’experts pour décider du sort du glyphosate, herbicide controversé dont la licence expire en décembre, n’ont pas voté ce mercredi, a annoncé la Commission européenne.

L’instance qui, lors d’une annonce surprise ce mardi après-midi, avait expliqué qu’elle visait désormais un renouvellement de l’autorisation de la substance pour cinq à sept ans au lieu de dix ans, va « réfléchir » après avoir pris note des positions des différentes délégations. Elle fixera « sous peu » une nouvelle date de réunion, a-t-elle indiqué dans un court message.

http://www.20minutes.fr/monde/2157599-20171025-glyphosate-union-europeenne-reporte-vote

Pour être validée, la proposition de la Commission doit recueillir une majorité qualifiée – 55 % des Etats membres représentant 65 % de la population – majorité difficile à atteindre sans les poids lourds démographiques de l’UE.

Plusieurs Etats membres, France, Autriche, Italie en tête, ont en effet affirmé publiquement leur opposition à une autorisation valable pour encore dix ans. Mercredi matin, la Belgique a rejoint le camp des opposants, refusant des « délais trop longs ». En début d’après-midi, le porte-parole du gouvernement français Christophe Castaner a indiqué que Paris prônait un renouvellement de la licence du glyphosate pour quatre ans afin de permettre un consensus.

Disparition progressive

Le glyphosate est un herbicide non sélectif qui entre notamment dans la composition du Roundup de Monsanto et est très critiqué par les défenseurs de l’environnement. Il a récemment été classé comme « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé.

Le sujet devient de plus en plus pressant, la licence du glyphosate expirant prochainement. Le Parlement européen veut, lui, l’éliminer progressivement des sols de l’UE. Mardi, les eurodéputés ont voté avec une large majorité une résolution non contraignante demandant la disparition du glyphosate dans l’UE d’ici à 2022. Les eurodéputés demandent également que l’utilisation du glyphosate à des fins non professionnelles soit interdite dès le 15 décembre 2017.


Cette résolution visait à mettre la pression sur la Commission européenne, qui avait dans un premier temps proposé le renouvellement pour dix ans de la licence d’exploitation de l’herbicide dans l’UE. Mais, dans la foulée du vote de la résolution, la Commission européenne avait annoncé mardi après-midi qu’elle visait désormais un renouvellement de l’autorisation de la substance pour cinq à sept ans.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/25/renouvellement-de-la-licence-du-glyphosate-bruxelles-decide-de-reporter-le-vote_5205690_3244.html
Voir aussi:

Bras de fer en Europe sur le glyphosate

Les Etats membres débattaient mercredi matin de la réautorisation de cette substance que la France voudrait limiter à trois ans.


Journée forte en rebondissements mardi 24 octobre, à la veille du vote – finalement reporté – des Etats membres sur l’avenir du glyphosate. Elle s’est terminée par l’annonce surprise de la Commission européenne : celle-ci, soumise à de multiples pressions, a revu sa position à la baisse, passant d’une réhomologation de dix ans pour l’herbicide le plus vendu au monde à un renouvellement de « cinq à sept ans ». Bruxelles a ainsi fait un pas vers ce que devait être la probable position de la France lors de la discussion, mercredi. Cette dernière, à l’instar d’autres pays européens, menait en effet campagne contre le renouvellement pour dix ans.

Selon nos sources, la préférence française pourrait finalement se porter sur une nouvelle autorisation de mise sur le marché de trois ans assortie de mesures d’encadrement visant à restreindre progressivement l’usage du glyphosate. Même s’il est suivi par une majorité suffisante d’Etats, ce choix ne permettra pas, de toute façon,d’interdire brusquement l’herbicide – classé « cancérogène probable pour les humains » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Dans les faits, à l’échelon européen, cette stratégie repousse simplement la décision de trois ans dans l’Union. Elle ne garantit pas une interdiction progressive de la substance « d’ici la fin du quinquennat » d’Emmanuel Macron, comme l’avait indiqué le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le 25 septembre.

« Nous voulons que toute décision soit faite autour d’une majorité de nos Etats membres la plus grande possible », a expliqué le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, mardi, à Strasbourg. Si ce changement de braquet intervient à la veille de la réunion de représentants des Etats membres qui doit, à Bruxelles, examiner le cas du glyphosate, c’est que la Commission européenne s’est sentie contrainte de réagir après notamment un vote du Parlement européen intervenu mardi en milieu de journée.

« Il y a quelque chose qui est en train de basculer, on assiste à une prise de conscience », affirme Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire

Réunis en séance plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont adopté une résolution − certes sans valeur contraignante − demandant l’interdiction progressive de l’herbicide en cinq ans (par 355 voix pour, 204 contre et 111 abstentions). En d’autres termes, une sortie définitive (« phase-out »). De plus, les eurodéputés réclament l’interdiction du glyphosate dans les usages non professionnels et dans les espaces publics – ce qui est déjà le cas en France depuis le 1er janvier – dès le 15 décembre.

La pression de la société civile était, elle aussi, forte sur Bruxelles. Plus d’un million de personnes ont ainsi signé une pétition d’initiative citoyenne européenne pour soutenir l’interdiction du glyphosate, en demandant à l’Union européenne de bannir non seulement la substance à la base entre autres du Roundup de Monsanto, mais aussi de réformer le processus d’approbation des pesticides.

Côté français, on se réjouit de ce petit coup de théâtre. « Sans la position de la France, l’Etat le plus proactif contre les dix ans, la Commission n’aurait pas changé de position », fait-on valoir du côté du gouvernement. Et Nicolas Hulot affichait, mardi soir, sa satisfaction. « Il y a quelque chose qui est en train de basculer, on assiste à une prise de conscience sur les problèmes de santé, environnementaux, à commencer par les pesticides, a confié au Monde le ministre de la transition écologique et solidaire. Je ne dis pas qu’on a gagné, mais ce n’est clairement plus un sujet que l’on peut ajourner. »

Pourtant, des désaccords se sont exprimés jusqu’au dernier moment au sein même du gouvernement. Si Nicolas Hulot militait pour un renouvellement de l’autorisation réduit au minimum, trois ans maximum, son collègue de l’agriculture, Stéphane Travert, penchait pour une durée plus longue – cinq à sept ans –, afin de laisser aux agriculteurs la possibilité de développer des alternatives à l’emploi de cet herbicide. Tandis qu’Agnès Buzyn, leur homologue en charge de la santé, a déclaré surCNews que, compte tenu de sa probable nocivité, « il est impératif de faire en sorte qu’il ne soit plus utilisé ».

Réfléchir à des alternatives

Le président de la République avait rappelé le cadre, lors de son discours de conclusion de la première phase des Etats généraux de l’alimentation, au marché international de Rungis, le 11 octobre. « Je vais vous le dire franchement, le bon débat n’est pas de savoir s’il faut sortir du glyphosate dans dix ans ou dans cinq ans, c’est comme si je vous disais que politiquement on sait régler la rapidité et la réalité de nos innovations technologiques, avait-il exposé à cette occasion. Je pense que le bon débat, c’est d’abord de dire qu’au niveau européen reporter à dix ans la problématique du glyphosate n’est pas une bonne idée parce que c’est prendre une responsabilité face à l’Histoire. »

Le dossier du glyphosate est devenu politiquement explosif. Tandis que l’opinion publique se montre de plus en plus sensible aux dangers des pesticides pour sa santé, la FNSEA défend, quant à elle, farouchement le glyphosate – un produit efficace et peu cher –, au nom de la lutte contre la distorsion de concurrence avec d’autres pays producteurs.

Le 22 septembre, elle envoyait environ 250 agriculteurs français manifester sur les Champs-Elysées sur ce mot d’ordre. A l’Assemblée nationale, le 18 octobre, les députés français ont décidé, de leur côté, de créer une mission d’information sur les produits phytosanitaires.

Cependant, le ministre de l’agriculture lui-même doit commencer à réfléchir à l’après-glyphosate. Une lettre de mission est partie de son ministère, lundi, demandant à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de travailler à des alternatives à la substance tant décriée. A moins d’avoir recours à des techniques de désherbage mécaniques, il n’existe pas, pour l’heure, de produit de substitution.

De son côté, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a reçu pour mission de mener de nouvelles études sur les effets sanitaires du glyphosate.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/25/bras-de-fer-en-europe-sur-le-glyphosate_5205620_3244.html#UXgJaMDTwBLfey25.99

Ils ne sont même pas d'accord entre eux au niveau français. Désaccords également entre le parlement européen et la Commission. Enfin, désccord entre états membres. Illsustration du fonctionnement habituel de ce "machin" auto- bloquant, qui ne peut aboutir qu'à un compromis qui mécontentera tout le monde, pour le plus grand profit de Monsanto & co.

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dimanche 22 octobre 2017

Yerres : Dupont-Aignan prend la défense des anti-Linky

Malgré un arrêté municipal interdisant l’installation de ces nouveaux compteurs, Enedis a lancé leur déploiement. Le député Nicolas Dupont-Aignan organise la riposte.

ACT LINKY NDALa colère gronde dans la rue Voltaire à Yerres. Ce lundi après-midi, une dizaine de riverains entourent Nicolas Dupont-Aignan, le député (DLF) et conseiller municipal pour montrer leur opposition aux compteurs Linky, ce nouvel équipement installé par Enedis (ex-ErDF) et qui calcule en temps réel la consommation d’un logement pour la transmettre par CPL (courant porteur en ligne).

Patricia, l’une des habitantes de la rue tempête : « Quand j’ai reçu, samedi, le courrier d’Enedis m’annonçant que le compteur Linky allait être bientôt installé, j’étais furax. Mon compteur a dix ans et il fonctionne très bien. Je n’ai reçu aucune modification contractuelle. » Ce voisin de Patricia insiste : « Si un poseur vient chez moi, il va être obligé de pénétrer par effraction… »

 

Nicolas Dupont-Aignan sonne la charge dans sa commune contre ce nouvel outil. Dans les jours qui viennent, les habitants recevront dans leurs boîtes à lettres un courrier de la mairie rappelant que le conseil municipal du 11 avril 2016 a pris une délibération interdisant l’installation de Linky. « La délibération prévaut et les techniciens envoyés n’ont actuellement pas le droit, dès lors que vous refusez, d’intervenir sur vos compteurs », écrivent le député et Olivier Clodong, son successeur (SE) à la tête de la mairie.

Les deux édiles expliquent qu’ils appliquent « le principe de précaution ». La ville s’appuyant sur plusieurs études concernant les ondes de radiofréquences émises par le CPL, dont celle du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui les a classées dans la catégorie « cancérogène possible ».

« L’arrêté que nous avons pris n’a pas été attaqué (NDLR : il n’a pas non plus été invalidé par la préfecture), pointe le député. Il faut rappeler que la ville est propriétaire de ses compteurs. Enedis utilise des méthodes de voyous. S’il y a des poseurs insistant, la police municipale interviendra pour aider les habitants. » Pour l’heure, 45 compteurs Linky ont déjà été installés, sans heurts, sur le territoire de Yerres.

A Brunoy, le rythme est plus élevé. Plus de 700 ont été mis en service depuis le début du mois de septembre. Pourtant, ici aussi, le conseil municipal avait pris une délibération le 26 juin 2016 pour interdire le déploiement de cette technologie. « Nous avons eu des contacts avec Enedis en juin. On nous disait que les installations se feraient plus tard dans l’année, raconte-t-on au cabinet de Bruno Gallier, le maire (LR) de Brunoy. Mais le déploiement a commencé plus tôt et un peu à marche forcée. Chaque jour, nous avons des dizaines d’appels en mairie pour nous avertir des installations. »

Bruno Gallier a écrit la semaine dernière à Josiane Chevalier, la préfète de l’Essonne, « pour lui demander d’intervenir auprès de l’opérateur de transport d’énergie face aux méthodes employées (opération non annoncée, non-respect du calendrier, non prise en compte du refus des habitants, intrusion sur des propriétés privées…) »

Dans l’Essonne, d’ici à 2021, 105 000 compteurs Linky doivent être installés.

 

Les conseils d’Enedis en cas de riverains récalcitrants

Enedis donne des conseils aux poseurs pour réussir à installer les compteurs Linky. DR

C’est un document d’Enedis destiné aux poseurs de compteurs qui est arrivé entre les mains de riverains de la rue Voltaire, à Yerres. Il donne la marche à suivre en cas de « refus sur le terrain ». Exemple de situation : « Cadenas sur le compteur ou le coffret. » Marche à suivre : « Casser le cadenas. » Autre cas : « Une porte non fermée à clé » justifie l’accès à une propriété privée.

Frédéric Boutaud, directeur territorial d’Enedis dans l’Essonne, botte en touche : « Il est important de rappeler que le déploiement se passe bien. Nous sommes dans un dialogue permanent avec les élus et les clients qui comprennent les bénéfices de cette innovation. Ce nouveau compteur est indispensable pour répondre aux nouveaux usages. Nous sommes dans une modernisation du service public. » Quant à la nocivité des ondes soulevées par les associations opposées à Linky ? « C’est une technologie filaire simple avec des niveaux d’émission faibles », répond Enedis.

http://www.leparisien.fr/yerres-91330/yerres-si-des-poseurs-de-compteurs-linky-insistent-la-police-municipale-interviendra-02-10-2017-7303605.php


Il faudra expliquer à ce directeur territorial, pour commencer, qu'un service public n'a pas de clients, mais des usagers...

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vendredi 20 octobre 2017

Non à l’autorisation d’un nouvel insecticide « tueurs d’abeilles », le #sulfoxaflor !

Alors que les Etats généraux de l’alimentation battent leur plein, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire Environnementale (ANSES) vient d’accorder en tout discrétion une autorisation d’utilisation d’un nouvel insecticide « tueurs d’abeilles » de la famille des néonicotinoides.

ACT SULFAX MAFIACette décision est inacceptable et incompréhensible* car les parlementaires ont adopté, il y a plus d’un an, le principe d’une interdiction des insecticides néonicotinoïdes en 2018. Accorder une nouvelle autorisation comme le fait l’ANSES est donc une décision qui arrive à contre-temps et méprise les objectifs inscrits dans la loi.

LE SULFOXAFLOR… HAUTEMENT TOXIQUE POUR LES ABEILLES !

L’Agence européenne de sécurité sanitaire (peu connue pour sa proximité avec les écologistes…) a pourtant qualifié l’insecticide de « hautement toxique pour les abeilles ».

Alors… :

  • qu’une nouvelle étude vient de confirmer que 80% des insectes auraient disparu en Europe en 30 ans,
  • qu’une autre enquête a mis en évidence la contamination de la quasi-totalité des miels aux insecticides néonicotinoides,

… l’autorisation d’un nouvel insecticide « tueurs d’abeilles » est scandaleuse !

Chaque année, ce sont 300 000 colonies d’abeilles domestiques et des pans entiers de populations d’insectes pollinisateurs sauvages qui disparaissent en France, effondrement essentiellement dû à l’utilisation des pesticides en général et aux insecticides « tueurs d’abeilles » en particulier.

Interpellez le ministre de l’Agriculture et celui de l’Ecologie afin d’obtenir le retrait immédiat de ce nouvel insecticide, le sulfoxaflor.


https://stop-sulfoxaflor.agirpourlenvironnement.org/

Nonausulfoxaflor_FB

Voir aussi:

L’Europe autorise un nouveau pesticide toxique pour les abeilles

Le Sulfoxaflor, pesticide autorisé en Europe depuis juillet, vient d’être interdit dans une grande partie des Etats-Unis suite à une plainte des associations de protection de l’environnement et des pollinisateurs, à cause de ses dégâts alarmants sur les abeilles. Les autorités sanitaires européennes laissent pourtant deux ans à l’agrochimie pour prouver le contraire : deux ans pendant lesquels le produit sera commercialisé, et les abeilles décimées.

En juillet dernier, la Commission européenne autorisait l’utilisation d’un nouveau pesticide sur les cultures en Europe, le sulfoxaflor. Cette nouvelle substance active est un insecticide neurotoxique très similaire à l’action des pesticides néonicotinoïdes. Une autorisation étonnante compte tenu du moratoire en cours sur trois néonicotinoïdes (Clothianidine, Thiametoxame, et Imidaclopride), notoirement responsables de la disparition massive des abeilles en Europe et dans le monde.

Autorisation encore plus surprenante au regard du rapport de l’EFSA, l’autorité sanitaire européenne chargée d’évaluer la toxicité des substances pour décider de leur mise sur le marché : l’institution émet un avis positif… tout en reconnaissant « un risque élevé pour les abeilles »…

Quand la porte se ferme, l’industrie agrochimique passe par la fenêtre

Petit rappel. En 2013, trois substances sont rendues coupables par des centaines d’études scientifiques indépendantes de décimer les populations d’abeilles. Face à ce constat, et poussée par les associations et les citoyens, la Commission Européenne décide d’interdire partiellement et provisoirement ces substances : un moratoire qui prend fin en décembre prochain.

Une fois encore, l’industrie a un coup d’avance. Elle obtient la mise sur le marché de nouvelles substances très proches des néonicotinoïdes, encore sous-étudiées par la communauté scientifique, mais dont même les autorités sanitaires reconnaissent la dangerosité pour les abeilles.

Le sulfoxaflor : un nouveau pesticide toxique pour les abeilles autorisé en Europe - Photo : S. Caza

Le sulfoxaflor : un nouveau pesticide toxique pour les abeilles autorisé en Europe – Photo : S. Caza

 

L’EFSA a annoncé qu’elle donnait deux ans à Dow AgroSciences, l’entreprise qui commercialise le sulfoxaflor, pour prouver son innocuité sur les abeilles. Il s’agit donc d’autoriser un produit, de le laisser faire des dégâts irréparables sur les pollinisateurs et l’environnement, et faire ce constat dans deux ans et le retirer du marché…

Abeilles décimées aux Etats-Unis, le sulfoxaflor interdit

Deux ans, c’est le temps qu’il a fallu aux organisations apicoles et citoyennes américaines pour faire reconnaître la dangerosité du sulfoxaflor, et faire annuler son autorisation de mise sur le marché.

En 2013, l’EPA, l’autorité sanitaire américaine, autorisait cette substance sans en analyser l’impact sur les abeilles. Apiculteurs, citoyens, et défenseurs de l’environnement tirent la sonnette d’alarme, et s’organisent pour attaquer la décision de l’EPA en justice.

Un procès qu’ils viennent de remporter, puisqu’une cour d’appel américaine vient de faire annuler l’autorisation de mise sur le marché du sulfoxaflor, en estimant que l’EPA avait violé la loi fédérale en autorisant cette substance sans disposer d’études sur son impact sur les abeilles.

Gagnons deux ans pour nos abeilles

De toute évidence, la procédure suivie par l’EFSA en Europe est tout aussi irrégulière que celle de son homologue américaine l’EPA.

A moins d’une mobilisation rapide et massive, le scénario américain laisse présumer de ce qu’il va se passer dans les deux prochaines années : le sulfoxaflor sera utilisé massivement sur les cultures, causant des dégâts irréparables sur les abeilles et autres pollinisateurs essentiels pour l’agriculture, les apiculteurs vont tirer la sonnette d’alarme, suivis par les citoyens, les scientifiques, les associations concernées… Il faudra se battre pour obtenir le retrait de ces pesticides, l’industrie agrochimique, qui aura engrangé des bénéfices sur un pesticide reconnu comme dangereux dès le départ, résistera avec la force qu’on lui connait et en 2017, lorsque l’EFSA demandera des comptes, s’engagera une bataille scientifique comme celle qui est actuellement en cours concernant les trois autres néonicotinoïdes en passe d’être interdits.

(...)

Références :

EFSA (European Food Safety Authority), 2014. Conclusion on the peer review of the pesticide risk assessment of the active substance sulfoxaflor. EFSA Journal 2014;12(5):3692, 170 pp. doi:10.2903/j.efsa.2014.3692
Data gaps were identified in the Section on ecotoxicology. With the available assessments a high risk to bees was not excluded for field uses. A high long-term risk was indicated for the small herbivorous mammal scenario for field uses in vegetables and in cotton.

Décision de la cour d’appel américaine : http://earthjustice.org/sites/default/files/files/sulfoxaflor-opinion.pdf

Fiche technique du sulfoxaflor : http://www.mda.state.mn.us/chemicals/pesticides/regs/~/media/Files/chemicals/reviews/nair-sulfoxaflor.pdf

http://www.pollinis.org/shame-europe/


 

BASE 14 995X225*"Cette décision est inacceptable et incompréhensible" : seulement pour ceux qui ne comprennent pas comment fonctionne l'Union européenne, et notamment les manoeuvres des puissants lobbies, faute de pouvoir se mettre d'accord entre états ayant des intérêts nationaux et des agendas divergents. Alors bien sûr, on peut signer des pétitions, interpeler des élus, organiser des manifestations, tout cela n'est pas inutile, mais il faudra bien un jour aller plus au fond des choses: interroger la validité même d'une construction européenne qui fait la preuve année après année, de son incapacité à protéger les populations, tant en matière économique qu'environnementale. Nicolas Hulot mange déjà son chapeau, comme tant d'autres avant lui...

P.G.

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lundi 16 octobre 2017

La France des déserts médicaux

« De vastes pans de la France sont en voie de désertification », selon le géographe de la santé Emmanuel Vigneron, alors que parallèlement, l’offre de soins dans les métropoles « se renforce et se densifie ».

ARG SANTE PUBLIQUE

Qualité de l’offre des soins de proximité, en 2017

Une note de 0 à 10 pour la qualité de la desserte médicale a été attribuée à chaque canton en fonction de la densité des effectifs de praticiens pour 10 000 habitants, au niveau du canton pour les chirurgiens-dentistes, les masseurs-kinésithérapeutes, les médecins généralistes libéraux et les médecins généralistes salariés, et au niveau du département pour les médecins spécialistes. La note de synthèse donne plus d’importance aux médecins généralistes libéraux et aux spécialistes.

 

Plus de dix millions de français ont un mauvais accès aux soins de proximité

Nombre d'habitants concernés selon la note de qualité

Un phénomène de concentration

Évolution des effectifs de médecins généralistes et spécialistes

Médecins en activité régulière

Pratiquement tous les départements connaissent une baisse régulière du nombre de leurs médecins généralistes, les départs à la retraite n’étant pas compensés par les nouvelles installations. Les zones rurales sont les plus touchées, tandis que les départements avec un centre hospitalier universitaire (CHU) résistent mieux. A Paris, la forte baisse est due à la difficulté d'installation en raison des prix de l’immobilier.

Les plus fortes baisses d’effectifs de médecins généralistes, par département

En %, entre 2010 et 2017

L’hôpital n’est pas épargné

Les hôpitaux publics de périphérie peinent à attirer les praticiens. Le nombre de postes non pourvus par des agents statutaires est très conséquent (26,3% en moyenne nationale). Le secteur privé, aux revenus plus élevés, leur fait concurrence et travailler dans les grosses structures publiques type CHU présente davantage d’intérêt.

Taux de vacance des praticiens hospitaliers temps plein

En 2016, en % des postes budgétés

Classement des taux de vacances en 2016

En %, en 2016, hors outremer

L’augmentation du recours aux urgences

Le recours aux urgences n’a cessé d’augmenter depuis le début des années 1990. En effet, si elles ont vocation à prendre en charge tous les patients malades ou blessés 24 heures sur 24, en situation d’urgence médicale, elles pallient de plus en plus les défaillances de la médecine de ville (temps d’attente pour les rendez-vous…).

Évolution du nombre de passages annuels aux urgences

Base 100 = 1996

Si la proximité géographique des services d’urgence apparaît essentielle pour la prise en charge des patients, plus de 7 millions de personnes (10,4 % de la population) sont à plus de 30 minutes d’un service d’urgence.

De fortes inégalités face à la maladie

Les délais d’attente sont la première cause de renoncement aux soins, selon l’Observatoire de l’accès aux soins (sondage réalisé par l’IFOP pour le cabinet Jalma) publié le 23 mars. Le coût et la distance comptent aussi.

Part des Français ayant déjà renoncé aux soins

En %, sondage réalisé en janvier 2017 sur un échantillon de 1 010 personnes

Certains systèmes de radiothérapie de pointe dans le traitement des cancers, comme le robot Cyberknife, sont présents dans peu d’hôpitaux, créant des inégalités. Ce robot permet de mieux préserver les tissus sains autour des tumeurs et de limiter fortement le nombre de séances.

En France, 14 hôpitaux disposent de la technologie de pointe Cyberknife dans le traitement du cancer :

Cartographie originale :

François Béguin, Laetitia Clavreul, Mathilde Costil, Eugénie Dumas et Sylvie Gittus

Design et Développement :

Agathe Dahyot et Paul Pichot

Sources :

Emmanuel Vigneron, professeur de géographie et d’aménagement, université Montpellier III, pour la carte de la qualité de la desserte médicale / Ordre national des médecins / Centre National de Gestion / DREES / JALMA / ACCURAY

http://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2017/10/13/sante-des-territoires-abandonnes_5200653_4355770.html?xtref=http%3A%2F%2Flm.facebook.com%2Fl.php&utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter

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