jeudi 18 janvier 2018

La voiture électrique, une impasse écologique

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Stéphane Lhomme, le directeur de l’Observatoire du nucléaire, explique que « le cycle de vie d’un véhicule électrique le rend aussi polluant qu’un véhicule thermique » et que « le subventionner n’a pas de sens ».

TL VOITURE ELECTRIQUE

En effet, « contrairement à ce que croient la plupart des gens, soumis à une propagande continuelle des politiques et des industriels, la voiture électrique n’est pas plus vertueuse pour le climat que la voiture thermique, essence ou diesel », écrit Stéphane Lhomme qui cite « les conclusions d’une étude, déjà ancienne, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), ignorées délibérément » par les gouvernements successifs (Elaboration selon les principes des ACV des bilans énergétiques, des émissions de gaz à effet de serre et des autres impacts environnementaux induits par l’ensemble des filières de véhicules électriques et de véhicules thermiques à l’horizon 2012 et 2020, novembre 2013).

L’expert dénonce :

« La donnée la plus cruciale est que la fabrication des batteries est tellement émettrice de CO2 qu’il faut avoir parcouru de 50 000 à 100 000 km en voiture électrique pour commencer à être moins producteur de CO2 qu’une voiture thermique. Soit 15 à 30 km par jour, 365 jours par an, pendant 10 ans !

Sachant que ces voitures servent essentiellement à des trajets courts, il est probable que le kilométrage nécessaire pour s’estimer « vertueux » ne sera jamais atteint. De plus, tout le CO2 émis par une voiture électrique est envoyé dans l’atmosphère avant même que ne soit parcouru le moindre kilomètre, alors que la voiture thermique émet son CO2 au fil des ans… »

Autre mensonge, « il est partout prétendu que la voiture électrique n’émet pas de particules fines. Mais comme le signale le magazine Science et Vie de janvier 2015, ‘les pneus, les freins et l’usure des routes émettent presque autant de microparticules que le diesel’. La voiture électrique émet certes moins de particules que la voiture thermique, puisqu’elle ne dispose pas d’un pot d’échappement, mais elle possède bien des freins, des pneus, et roule sur le goudron ! »

Dernier scandale, celui de « l’argent public consacré à son développement », et on parle là « de sommes astronomiques » dépensées pour installer 7 millions de bornes de rechargement à environ 10 000 euros pièce, soit un coût d’environ 70 milliards d’euros ou encore pour financer le bonus ‘écologique’ à l’achat d’une voiture électrique qui dépasse 10 000 euros par véhicule, souvent complété par une prime de la région. »

Stéphane Lhomme note enfin que « la quasi-totalité des acheteurs sont des ménages aisés : une fois de plus, l’argent de tous est offert aux plus privilégiés. »

http://alerte-environnement.fr/2017/07/19/la-voiture-electrique-une-impasse-ecologique/

Posté par UPR Creuse à 05:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

lundi 15 janvier 2018

Les dangers du glutamate/Un poison alimentaire omniprésent

Le glutamate ou E621 est un exhausteur de goût qui est très largement utilisé dans l’industrie agro-alimentaire. Pourtant, il présente de vrais inconvénients qu’il faut connaître.

ARG GLUTAMATE

 

Le glutamate monosodique. Vous ne connaissez peut être pas son nom mais vous l’avez forcément déjà croisé, et plus d’une fois. Le glutamate est un acide aminé naturellement présent dans le corps. Sa « version chimique » a été découverte en 1907, pour en faire un additif alimentaire.

Le glutamate se cache sous le nom de code E621 et est un exhausteur de goût qui est très largement utilisé dans l’industrie agro-alimentaire. Les Japonais le considèrent comme la 7e saveur, après le sucré, le salé, l’amer, l’acide, l’astringent ou âpre, et le piquant.

À quoi sert le glutamate ?

Avez-vous déjà eu la sensation de ne pas pouvoir vous arrêter de grignoter ces chips, devant la télé ? La faute au glutamate.

Cette substance qui se présente sous la forme d’une poudre blanche renforce le goût des ingrédients présents dans l’aliment et agit comme un excitant sur les papilles et surtout, sur le cerveau.

Le glutamate opère comme le ferait n’importe quelle drogue sur le cerveau. De l’avis des experts, les exhausteurs de goût agiraient sur les neurones, empêchant le bon fonctionnement des mécanismes inhibiteurs de l’appétit. En clair, plus on en mange, plus ils donnent faim, et plus on a envie d’en manger.

L’E621 est l’un des additifs alimentaires les plus utilisés dans le monde, avec une production atteignant chaque année les 2 millions de tonnes, dont 80 % sont consommés en Asie et tout de même près de 100 000 tonnes en Europe. En France, il peut être utilisé sous conditions. Il est d’ailleurs présent dans de nombreux produits de grandes marques.

Où trouve-t-on le glutamate ?

Le glutamate est présent dans de nombreux aliments transformés, comme les soupes, les bouillons, les sauces et en grande quantité dans les barquettes de plats préparés, la charcuterie sous-vide, les biscuits, les snacks etc. Dans certains pays, il est même utilisé comme condiment, à l’instar de la moutarde ou du poivre.

Le glutamate se cache sous le nom d’E621, GMS pour Glutamate Monosodique ou Glutamate de sodium,  mais il peut également prendre d’autres appellations beaucoup moins scientifiques comme « assaisonnement naturel » (le glutamate provient d’une algue marine) « protéines hydrolysées » ou encore « épices ».

À l’origine, il était utilisé dans la cuisine asiatique, et particulièrement chinoise. Il est aujourd’hui présent dans de nombreux produits, et notamment ceux qui laissent un goût fumé ou de « jus de viande » à l’instar des chips aromatisées, biscuits ou bouillons.

On a trouvé des glutamates…

Un petit tour dans les rayons d’un hypermarché nous a permis de faire un triste constat : oui le glutamate est très présent, mais pas toujours clairement énoncé.

Sur certaines étiquettes comme celle de la sauce tomate arôme champignons de Panzani, pas de doute. Idem pour les chips Lays, la Timbale Micro-ondes d’aucy et la soupe Knorr où les mentions « exhausteurs de goût : glutamate de sodium » ou « glutamate monosodique » ou encore « E621 » sont inscrites noir sur blanc.

D’autres, comme Herta et ses saucisses de Strasbourg fumées indiquent simplement « arômes de fumée » ce qui pourrait très certainement cacher le fameux additif alimentaire souvent décrié…

Quels sont les risques liés à la consommation de glutamate ?

Le glutamate est considéré comme non dangereux par l’EUFIC, European Food Information Council, qui  est un organisme financé par l’industrie agro-alimentaire Celle-ci considère que : « Le glutamate monosodique est un ingrédient alimentaire qui souffre souvent d’une mauvaise réputation, pourtant infondée. Le glutamate monosodique peut être utilisé en toute sécurité pour ajouter du goût ou pour réduire les taux du sodium présent dans les aliments. » (4).

Pour autant, des études menées dès les années 1950 ont démontré que le glutamate détruisait les neurones dans la couche interne de la rétine des rats (2). Vers 1969, J. Olney a découvert que ce phénomène n’était pas limité à la rétine, mais concernait tout le cerveau, et il parla alors d’excitotoxicité (3).

Qu’est-ce que l’excitoxicité ?

Dans son livre Excitotoxins, The Taste that Kills  (Excitotoxines, le goût qui tue), le Docteur Russel Blaylock explique que « le glutamate détruit certains neurones en autorisant l’invasion excessive de calcium dans les cellules. Cette invasion déclenche des taux excessifs de radicaux libres qui tuent les cellules. La perte en cellules nerveuses qui peut être causée par le glutamate [et l’aspartame] en excès est la raison pour laquelle on les appelle ‘excitotoxines’. Ils excitent ou stimulent la mort des cellules nerveuses. »

La consommation excessive de glutamate

Selon différentes études, les risques liés à la consommation excessive de glutamate seraient obésité, hypertension, hyperactivité, diabète, migraines, etc. Certains asthmatiques y seraient également allergiques.

Le glutamate peut aggraver les urticaires (3 % des cas). À partir 2,5 g on constate des maux de tête attribuables au glutamate (pour 2.3 % des consommateurs), crampes (0.4 %), engourdissements (0.7 %), faiblesse générale (4.0 %) et bouffées de chaleur (1.6 %) selon une étude de 1997.

 

 

Le syndrome du restaurant chinois

 

Glutamate - 4

Le glutamate Ajinomoto, un condiment
très apprécié au Japon et en Asie

 

 

Découvert à la fin des années 1960, le syndrome du restaurant chinois regroupe un ensemble de symptômes qui surviendraient dans les quelques minutes qui suivent un repas dans un restaurant chinois. La présence en grande quantité de glutamate dans la cuisine chinoise en serait responsable.

Les symptômes en question :

  • « Flush » c’est-à-dire des rougeurs cutanées sur le cou, le visage et la partie supérieure du tronc.
  • Les yeux injectés de sang.
  • Des céphalées.
  • Des sensations de brûlure dans tout le corps.
  • Des sensations d’oppression thoracique.
  • Des nausées et des vomissements.
  • Des démangeaisons…

 

Certains restaurants asiatiques aux États-Unis affichent clairement « No MGS » sur leur devanture, rassurant ainsi leurs clients sur le fait qu’ils n’ajoutent pas de glutamate dans leurs plats.

Comment éviter le glutamate

Le GMS se trouvant en grande partie dans les produits manufacturés, le mieux pour l’éviter reste de consommer le moins possible de produits industriels.

Préférez dans la mesure du possible les produits alimentaires bio dans lesquels tous les exhausteurs de goûts sont proscrits, et privilégiez les aliments ayant subi le moins de transformation possible.

Les enfants seraient très sensibles au glutamate, une attention particulière doit être accordée à ce qu’ils prennent au goûter, et… aux chips de l’apéro !

Source :

http://www.additifs-alimentaires.net/E621.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_glutamique

https://fr.wikipedia.org/wiki/Glutamate_monosodique

https://www.consoglobe.com/les-dangers-du-glutamate-cg

Référence :

1 – Eufic.org

2 – Étude menée par D. R. Lucas et J. P. Newhouse

3 – http://www.nature.com/nature/journal/v227/n5258/abs/227609b0.html

4 – Eufic.org

Témoignage :

Nos poisons quotidiens

A voir également :

Mécanismes synaptiques de l’addiction : Dopamine, Glutamate et Sérotonine

https://aphadolie.com/2018/01/11/les-dangers-du-glutamate-un-poison-alimentaire-omnipresent/

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

mardi 9 janvier 2018

SUSHIS ATOMIQUES – Le Conseil bafoue la position du Parlement européen

Le 25 septembre 2017, la section « nouveaux aliments et sécurité toxicologique de la chaîne alimentaire » du Comité permanent du Conseil européen a approuvé la proposition de la Commission européenne de réduire les contrôles sur les importations de produits alimentaires venants de la région de Fukushima. Le Conseil n’a pas pris en compte l’objection du Parlement européen voté le 7 septembre en plénière.

 

ARG SANTE UE

Réaction de Michèle Rivasi, députée européenne et membre de la Commission environnement et santé publique :

« C’est un déni démocratique. Le Standing Committee n’a pas tenu compte de l’objection votée par 543 députés européens représentants tous les groupes politiques. Le Parlement s’est opposé à la proposition de la Commission européenne qui va à l’encontre du principe de précaution. Ce projet prévoit de réduire le nombre de municipalités et le nombre d’aliments contrôlés, en excluant notamment le riz exporté de Fukushima, des espèces de poissons, les crustacés et les mollusques.

Réduire les contrôles ne réduit pas la radioactivité !  On ne peut prendre ce genre de décisions à la légère. Par exemple, en supprimant l’obligation de contrôle du riz et de produits dérivés de la municipalité de Fukushima, cette proposition supprime le contrôle du riz utilisé dans les aliments pour bébés et destinés aux jeunes enfants. Aucun niveau de contamination n’est acceptable pour ces groupes particulièrement vulnérables.

En outre, cette proposition laisse des questions sans réponses. Elle aborde les isotopes Cs-134 et Cs-137, mais ne dit rien sur le strontium-90 (Sr -90), qui est un angle mort dans le système de surveillance au Japon. Le manque de surveillance de Sr-90 est très préoccupant, d’autant plus que cet isotope pourrait également être présent dans les 770 000 tonnes d’eau de refroidissement qui peuvent être déchargées dans la région de Fukushima et contaminer ainsi les fruits de mer.

Enfin, notre objection avait pointé le manque de transparence. La proposition de la Commission se base sur des données fournies par les autorités japonaises sans analyse globale, sans données brutes précises indiquant les becquerels par kilo, ni des précisions sur la méthodologie utilisée.

Outre l’opacité, nous sommes dans le déni démocratique. Le Conseil piétine l’objection des représentants des peuples européens. Il ne semble aussi pas tenir compte des actualités et des potentielles évolutions qui peuvent avoir un impact sur l’alimentation. On peut penser à la déclaration de Tepco de l’impact nul de la libération d’eau tritiée dans l’océan, ou aux négociations commerciales UE-Japon qui pourraient augmenter l’importation de riz. »

http://www.michele-rivasi.eu/a-la-une/sushis-atomiques-le-conseil-bafoue-la-position-du-parlement-europeen/

BASE 14 995X225

S.R (UPR 87)

Posté par UPR Creuse à 05:22 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

dimanche 31 décembre 2017

Malade après un vaccin contre l’hépatite B, elle fait condamner l’Etat

L’Etat français a été condamné par la cour administrative d’appel de Nantes, le 22 décembre, à verser plus de 190 000 euros à une secrétaire médicale qui a présenté des troubles physiques à la suite d’une vaccination contre l’hépatite B, rapporte l’AFP.

ACT VACCINS

La dame, âgée de 64 ans, a été soumise à une vaccination obligatoire, du fait de sa profession, contre l’hépatite B en mai 1994 avec trois rappels.

Elle a présenté, à partir du mois de juillet 1994, des troubles physiques, notamment des douleurs musculaires et une fatigue généralisée.

Le tribunal a imposé « la somme mise définitivement à la charge » de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) au profit de Mme L.

Le Conseil d’État avait estimé, en mai 2016, que « le lien de causalité entre la vaccination contre l’hépatite B subie par Mme L. dans le cadre de l’obligation vaccinale liée à son activité professionnelle et la myofasciite à macrophages dont elle souffre doit être regardé comme établi et de nature à ouvrir droit à réparation à son profit au titre de la solidarité nationale ».

En mai 2016, un jugement de la cour administrative d’appel de Lyon avait aussi donné raison à une auxiliaire puéricultrice atteinte de myofasciite à macrophages suite à des vaccins contre l’hépatite B.

Source :

http://www.psychomedia.qc.ca/sante/2017-12-26/vaccin-hepatite-b-myofasciite-a-macrophages

https://www.nouvelobs.com/societe/20171226.OBS9782/malade-apres-un-vaccin-contre-l-hepatite-b-elle-fait-condamner-l-etat.html

 

A voir  également :

Jugement européen favorable aux victimes de vaccins (2017)

La myofasciite à macrophages : fatigue, douleur et troubles cognitifs

Un collectif lance une action pour le retrait de l’aluminium dans les vaccins (août 2017)

Livre : « Toxic Story: Deux ou trois vérités embarrassantes sur les adjuvants des vaccins » (interview)

Aluminium des vaccins : des effets toxiques liés à une prédisposition génétique selon des chercheurs français (2017)

https://aphadolie.com/2017/12/26/malade-apres-un-vaccin-contre-lhepatite-b-elle-fait-condamner-letat/

Posté par UPR Creuse à 05:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

jeudi 14 décembre 2017

Levothyrox : le laboratoire Merck ne prévoit pas de commercialiser l'ancienne formule après 2018

Le laboratoire Merck ne prévoit pas de fournir l'ancienne formule du Levothyrox au-delà de 2018, annonce-t-il dans un communiqué publié jeudi 14 décembre. "Nous n'allons pas éternellement réimporter" en France, prévient Thierry Hulot, le patron des activités biopharmaceutiques du groupe allemand en France.

act levothyrox

La ministre de la Santé avait demandé au laboratoire Merck de poursuivre la commercialisation de l'ancienne version du Levothyrox pour l'année 2018 après que la formule de ce traitement contre l'hypothyroïdie a été modifiée en mars dernier. Mais cet été, des patients ont commencé à signaler des effets secondaires.

Des effets indésirables pour 100 000 patients

Pour le groupe pharmaceutique, cette formule, appelée Euthyrox en France, ne pourra pas continuer à être distribuée dans l'Hexagone une fois que les autres pays européens seront passés à la nouvelle version du médicament, ce qui devrait se faire "courant 2018", a précisé Thierry Hulot.

Selon le responsable du laboratoire Merck, les effets indésirables imputés au Levothyrox concernent 100 000 patients français sur trois millions. L'entreprise estime que ce laps de temps doit permettre de laisser le temps à d'autres laboratoires de proposer d'autres traitements, basés sur le même principe actif.

https://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/levothyrox-le-laboratoire-merck-ne-prevoit-pas-de-fournir-

BASE 14 995X225

Question bête: pourquoi l'ancienne version n'est plus fabriquée en France?...

Posté par UPR Creuse à 19:42 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

mardi 5 décembre 2017

Euro-casse de l’hôpital public : refuser les mesures Buzyn et s’attaquer aux vraies causes !

Énorme coup de rabot macronien prévu contre la Sécu, près de quatre milliards d’euros en moins annoncés par la nouvelle ministre, Agnès Buzyn, pour rentrer dans les clous des maudits critères de Maastricht (« police financière » de la monnaie unique européenne) qui sont plus « sacrés » pour nos gouvernants successifs, LR, PS, ou LREM, que la santé de leurs électeurs.

ACT SANTE SERVICES PUBLICS

Surtout quand on sait que les économies principales porteraient de nouveau sur l’HÔPITAL PUBLIC, déjà exsangue, et où les personnels courent dans tous les sens en perdant parfois le sens de leur métier.

Un comble quand on sait que ce gouvernement n’a que la « compétitivité » à la bouche, l’hôpital est accusé par Mme Buzyn de « faire du chiffre », de provoquer « 30% de dépenses non pertinentes » et de « se comporter en entreprise »… Monstrueuse hypocrisie ! Depuis plus de vingt ans, c’est au nom de l’euro, c’est-à-dire de l’épuisant alignement du franc sur le Deutsche Mark et de la destructive « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Traités européens) que les services publics, hôpital en tête, mais aussi Poste, SNCF, Education nationale, Equipement, etc., sont soumis à des critères de gestion qui exaltent la rentabilité, l’austérité, l’exploitation sans vergogne des personnels, leur précarisation avec en bout de course l’affaiblissement parfois grave du service rendu aux citoyens.

Bien évidemment, Buzyn va tenir un discours de gauche pour faire passer une politique de droite qui conduira à un surmenage insoutenable des personnels infirmiers (après quoi on multipliera hypocritement les émissions de télé pleurnichardes sur le « burn out » : serait-ce moins douloureux de le dire… en anglais !) et à une énième dégradation des soins hospitaliers : une fois de plus, amplifiant l’action désastreuse de Marisol Touraine (PS) et de ses prédécesseurs de droite, A. Buzyn appelle à supprimer en masse de nouveaux lits d’hôpital et à activer les soins « ambulatoires » pour aligner la France sur la désastreuse moyenne européenne de 7 personnes soignées en ambulatoire sur dix « clients » de l’hôpital. Déjà pourtant, chacun voit combien il est souvent scandaleux de renvoyer précipitamment chez lui (ou chez elle, s’agissant en particulier des accouchées virées fissa des maternités !) des personnes encore mal remises et titubantes dont certaines ne peuvent pas espérer de soutien familial à domicile, sans parler des responsabilités souvent indues qui pèsent alors sur l’entourage familial quand celui-ci existe…

Certes, les syndicats hospitaliers vont réagir. Mais nous leur posons publiquement une question : quand vont-ils enfin mettre en cause, au lieu de soupirer après l’imaginaire « Europe sociale », l’appartenance de la France à une UE et à une monnaie unique qui sont des colliers étrangleurs passés au cou de l’hôpital public et de ses usagers ?

Et plus globalement, que faire pour construire enfin le « tous ensemble et en même temps » des salariés du public et du privé (casse du code du travail, du produire en France, des conventions collectives, des retraites, des indemnités chômage, des statuts…) sans lequel on ne pourra pas stopper Macron-MEDEF, le petit proconsul de l’UE et d’Angela Merkel.

(...)

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/euro-casse-de-lhopital-public-refuser-mesures-buzyn-sattaquer-aux-vraies-causes/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

Posté par UPR Creuse à 07:38 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

vendredi 1 décembre 2017

Quel est l’impact des éoliennes sur l’environnement ? Le vrai, le faux

Énergie renouvelable, l’éolien a, comme toute énergie, un impact sur l’environnement. Mortalité des oiseaux et des chauves-souris, besoin en matières premières, infrasons, bruit,... Reporterre fait le point sur ce qui pose problème ou pas.

ARG EOLIEN 4

Les éoliennes sont-elles mauvaises pour la planète ? C’est un point de désaccord fondamental entre les partisans et les opposants au développement de cette énergie. Le nœud de la discussion ? L’éolien, industrie moderne et récente, s’accompagne d’un cortège d’impacts environnementaux, sur les paysages, le bruit, l’impact pour les oiseaux, etc. Résultat : on n’a jamais aussi bien su quels étaient les impacts d’une source d’énergie, alors qu’il est impossible de quantifier les nuisances des centrales à charbon sur les chauves-souris ou celles de l’industrie nucléaire sur les populations d’oiseaux. Les éoliennes ont cet avantage que la chaîne de causalité entre la machine et ses effets est simple à établir. Revue de détail des questions essentielles.

Biodiversité : oiseaux et chauves-souris

C’est un des domaines où les effets des éoliennes ne font plus aucun doute. Oui, les éoliennes ont un impact sur la mortalité des oiseaux et des chauves-souris. Mais attention aux effets de loupe : là où cet impact commence à être bien mesuré, il reste inférieur à d’autres causes de mortalité, qui sont moins facilement quantifiables. Pour la mortalité des oiseaux, l’éolien vient ainsi loin derrière les prédateurs naturels ; les collisions avec les immeubles, les fenêtres des constructions et des voitures ; les travaux agricoles et les lignes haute tension… Cependant, comme pour tout ce qui touche les questions de biodiversité, l’effet est cumulatif et peut se révéler réellement néfaste.

Si l’Espagne s’est rapidement fait remarquer pour sa mauvaise prise en compte des impacts sur les oiseaux, la France a été plus précautionneuse et a rapidement intégré des études d’impact sur l’avifaune dans les dossiers éoliens. Depuis novembre 2015, un protocole spécifique rend obligatoire la fourniture des données de suivi aux Directions régionales de l’environnement (Dreal). Comme pour tous les rapports de ce genre, les éléments sont fournis par des bureaux d’études payés par l’entreprise et transmis par l’exploitant à la Dreal. En dehors de la période d’enquête publique, les données de suivi ne sont pas disponibles au grand public. Des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle déploraient en février dernier le manque d’accessibilité de ces données.

D’où l’importance de la parution cet été d’une étude de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), la première à agréger les données normalement inaccessibles aux citoyens.

« On s’est rendu compte que rien n’avait été fait en France sur le sujet », explique Geoffroy Marx, chargé du programme Éolien et biodiversité à la LPO et auteur de cette étude. Agrégeant les suivis environnementaux fournis par les exploitants aux Dreal ainsi que les éléments à disposition de chercheurs, c’est le premier panorama complet sur le sujet.

Premier constat : malgré le protocole de 2015, « il reste encore compliqué d’avoir accès aux données ». En outre, les suivis réalisés sont « très hétérogènes », avec en moyenne une collecte des cadavres d’oiseaux une fois par semaine pendant au moins 26 semaines et dans un rayon de 50 mètres autour des mâts. Au total, sur 35.000 prospections réalisées sur 142 parcs éoliens étudiés, 800 cadavres ont été retrouvés, soit une mortalité relativement faible. On note également des effets plus importants dans certaines zones, en particulier les couloirs migratoires et les zones de protection spéciale (Natura 2000). Les espèces les plus concernées sont en effet celles qui sont en vol stationnaire à proximité des pales avec des passages réguliers à proximité. Selon Geoffroy Marx, en l’absence de résultats probants à ce jour concernant les dispositifs d’effarouchement que certains constructeurs utilisent sur leurs machines, le plus efficace serait tout simplement « d’éloigner les futures éoliennes des ZPS [zones de protection spéciale] et des zones à enjeux, notamment les lieux de nidification des rapaces ».

Pour les chauves-souris, on ne dispose pas de données aussi complètes. De fait, d’abord victimes des pesticides et de la pollution lumineuse ou des chats, c’est le mammifère le plus directement affecté par les éoliennes, à la fois par la collision directe avec la machine mais aussi, comme on l’a découvert récemment, par un effet de changement brutal de pression de l’air à proximité des lames de l’éolienne. L’effet est comparable à un plongeur qui remonte trop vite à la surface sans faire de palier : la surpression. Selon les données de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (Sfepm), la mortalité est estimée entre 0 et 69 (fourchette large) chauves-souris par an et par éolienne. Mais, contrairement aux oiseaux, les chauves-souris ont une activité de chasse et de vol plus concentrée et réduite dans la journée et dans l’année. De ce fait, de plus en plus d’entreprises équipent leurs éoliennes avec des dispositifs de détection, d’effarouchement, qui arrêtent automatiquement l’éolienne en période de forte activité ou de migration. Selon leurs développeurs, ces systèmes diminueraient de 50 à 70 % la mortalité des chiroptères en réduisant la production seulement 0,5 % du temps. Pour l’heure aucune étude globale ne permet de mesurer leur fiabilité.

Terres rares et autres matières premières : un coût « caché » ?

Autre élément souvent pointé par les détracteurs de l’éolien, cette industrie reproduirait le schéma extractiviste. Sous-entendu : elle ne vaut pas mieux que les voitures électriques avec leur pile au lithium et toutes les prétendues nouvelles technologies qui se veulent vertes mais qui reproduisent la même logique prédatrice. Une critique portée notamment par l’ingénieur Philippe Bihouix qui prône l’abandon des hautes technologies, y compris renouvelables, pour entrer dans l’âge des « low-tech ».

De fait, reconnaît Stéphane Chatelin, directeur de l’association Négawatt : « L’éolien n’est et ne sera jamais une solution parfaitement propre. Comme tout moyen de production d’énergie, il y a un impact. » Si, pour fonctionner, une éolienne n’émet pas de gaz à effet de serre, elle utilise des matières premières et de l’énergie dans sa phase de construction et de mise en place physique, ce que les chercheurs appellent « l’énergie grise ».

Ainsi, chaque machine nécessite en premier lieu un socle de béton, environ 1.500 tonnes par mât. « Ça peut paraitre énorme de dire que l’ensemble de l’éolien consomme 1 million de tonnes par an, dit Stéphane Chatelin. Mais dans notre scénario de transition, on parie sur une diminution en parallèle de 40 millions de tonnes de béton dans l’ensemble des secteurs, notamment le bâtiment. »

Ensuite, le mât requiert de 25 à 40 tonnes d’acier selon les modèles. Les pales sont formées de composites, un mélange de résines et de fibres de verre (donc du sable), qu’on peine à recycler pour l’instant. L’électronique utilise également quelques composants précieux, comme le silicium, l’aluminium ou des plastiques polypropylènes (pétrole). La plupart de ces éléments sont recyclables - il reste à organiser ce recyclage.

Mais il y a la question des « terres rares ». Derrière cette appellation commune se cachent 17 métaux (néodyme, dysprosium, praséodyme…), « essentiellement des sous-produits de l’industrie minière, rares parce qu’ils sont plus difficiles à extraire, pas nécessairement parce que le volume total existant sur la planète est faible », explique Bernard Multon, chargé de mission développement durable pour l’ENS de Rennes. Le principal problème concerne un type particulier d’éoliennes, celles qui utilisent des génératrices à aimant permanent, une technologie qui allège la partie centrale et réduit le coût global de production. « Mais cela n’est valable que dans le marché actuel, avertit Bernard Multon, il est plus intéressant d‘utiliser de nouvelles terres rares que de développer les technologies nécessaires pour les recycler. » Pour autant, l’exploitation de ces ressources, utilisées aussi dans les téléphones portables, les écrans d’ordinateur ou les véhicules militaires, pose de véritables problèmes environnementaux et sociaux, notamment en Chine.

Autre matière critique : le cuivre, qui sert dans les bobines de la génératrice, 600 kg environ pour une petite éolienne. Si la ressource est abondante dans le monde, c’est peut-être le seul matériau qui, largement utilisé dans tout le secteur de l’énergie, pourrait trouver à s’épuiser à moyen terme. Mais on maitrise les technologies pour recycler le cuivre, tout l’enjeu est donc de construire les filières, et là encore tout est sujet à la bonne volonté des investissements industriels.

Arrivé à ce stade, on retrouve le même problème que pour la biodiversité. Oui, l’éolien a des impacts notoires sur les ressources naturelles, mais il est difficile de faire des comparaisons avec d’autres ressources où les impacts sont moins précisément évalués. Alors, comment savoir si une énergie est plus propre qu’une autre ? Deux méthodes permettent de répondre à cette question.

La première est le taux de retour énergétique (Eroi en anglais). Il s’agit d’un ratio entre l’énergie totale fournie par la machine durant toute son existence et l’énergie qui est nécessaire pour la construire et la démanteler. Selon les études, l’Eroi de l’éolien se situe entre 21 et 46 pour 1. Une proportion inférieure à celle du charbon (environ 50 pour 1) mais supérieure à celui du pétrole (entre 10 et 20 pour 1). Selon certains, comme Cédric Philibert, de l’Agence internationale de l’énergie, ce mode de calcul ne serait déjà plus d’actualité car il ne prend pas en compte suffisamment la spécificité intermittente des énergies renouvelables solaires et éoliennes et surtout, les progrès technique rapides dans ces énergies en développement.

Une bonne manière de sortir de ce débat est de prendre le problème dans son ensemble et de réaliser ce qui se fait déjà pour de nombreux objets du quotidien : une analyse du cycle de vie (ACV). Celle-ci prend en compte les impacts écologiques de l’extraction des matières premières de l’utilisation au recyclage et au retraitement en les rapportant à un coût en équivalent CO2 par kilowattheure produit (g CO2 eq/kWh). Selon une étude de l’Ademe de 2015, le taux d’émission pour une éolienne terrestre est de 12,7 g CO2 eq/kWh, ce qui place l’éolien en troisième position derrière l’hydraulique (6 g) et le nucléaire, mais largement devant le fioul, le gaz et le charbon.

Émissions de CO2 selon les technologies.

Mais là encore, les chiffres sont trompeurs puisqu’on n’inclut pas la dangerosité spécifique du nucléaire, ni celle associée au traitement des déchets par combustion.

Éoliennes vs radars

Impossible de passer en revue les problèmes que pose l’éolien sans évoquer la grande question qui occupe les développeurs en cette fin d’année 2017. En effet, les éoliennes, par le mouvement de rotation des pales, ont un impact sur la propagation des ondes émise par ailleurs. Les plus touchés sont les instruments de mesure de Météo France, mais surtout les radars de l’Aviation civile et de l’armée. L’armée entretient jalousement ses prérogatives de « sécurité intérieure » sur une partie importante des espaces aériens du pays. Voici qu’on apprenait début novembre qu’un projet de décret porterait les zones d’exclusion de l’espace aérien des radars militaires de 30 à 70 km.

De quoi faire bondir Jean-Yves Grandidier, PDG de Valorem et auteur de l’ouvrage Le vent nous portera, qui dénonce « un faire-part de décès de la politique climatique française ». Là où 50 % du territoire est déjà exclu aujourd’hui, « presque 90 % du territoire serait pris par les militaires ».

L’effet des éoliennes sur les radars.

Contactée, la Direction de la sécurité aéronautique d’État (DSAE) n’a pas pu donner d’interview directe mais a répondu par courriel aux questions de Reporterre. Pour elle, la limite des 30 km actuelle est loin d’être un dogme d’exclusion absolue. En 2017, la quasi-totalité des projets éoliens présentés à la DSAE (94 %) aurait reçu un avis favorable. En 2016 c’était 95 %.

Pour la DSAE, « ce nouveau décret est rendu nécessaire par l’accroissement significatif de la hauteur moyenne des éoliennes, passant de 120 mètres il y a dix ans à parfois plus de 200 mètres actuellement ». Au passage, c’est pour ces seules raisons de sécurité aérienne que l’Aviation civile impose les feux clignotants jour et nuit sur les nacelles et des feux supplémentaires sur les mâts si l’éolienne dépasse 150 mètres - ce qui est source de pollution lumineuse...

Ces questions sont à l’ordre du jour de la table ronde qui s‘est ouverte cet automne sous l’égide du ministère de la Transition écologique avec les acteurs de la filière et les associations environnementales spécialisées (mais pas les opposants, comme la Fédération environnement durable).

En attendant les résultats mi-décembre, le Syndicat des énergies renouvelables a justement demandé ce 29 novembre « l’adaptation des contraintes aéronautiques et radars aux enjeux de développement de l’énergie éolienne », l’un des cinq mesures pour « libérer l’éolien ».

De l’objectivité des perceptions humaines

On rentre ici dans un domaine où les études scientifiques restent parcellaires et appellent généralement à intégrer des effets psychologiques des éoliennes, et non plus seulement physiques.

Prenons par exemple le problème dit des « infrasons ». Comme l’expliquait Michel Frangeul, de l’association Courants alternatifs, dans une tribune il y a quelques semaines, les éoliennes émettent bien des ondes à basse fréquence qui traversent les murs, mais l’environnement naturel lui aussi émet de telles ondes, et dans de plus fortes proportions. Celles-ci ne sont pas audibles mais affectent néanmoins notre corps, pouvant générer des sensations désagréables ou des troubles du sommeil. Rien ne permet à l’heure actuelle de conclure scientifiquement à un effet spécifique des infrasons éoliens sur la santé humaine.

Autre problème : « l’effet stroboscopique ». Il s’agit de l’effet produit par l’ombre des pales d’éoliennes à chaque passage régulier devant le soleil. Un effet d’alternance rapide de lumière et d’ombre qui selon certains entrainerait un effet « épileptique, des nausées ou des malaises ». Là encore, les cas concernent des personnes souffrant déjà de sensibilité à l’épilepsie, l’éolienne ne venant que renforcer une sensibilité déjà présente. Pour autant, les développeurs imaginent déjà des solutions. Ainsi Kevin de la Torre, technicien de maintenance chez Enercon, soutient que dans les endroits où le problème a été signalé, « on a déjà pu ralentir les machines en fonction d’un certain degré d’élévation du soleil dans le ciel par rapport à des habitations ». Mais il ajoute : « pour cela, il faut que les gens signalent le problème à l’exploitant du parc ».

De fait, comme le remarque l’Académie de médecine dans un rapport paru en mai dernier, le « syndrome des éoliennes » constitue avant tout un ensemble de « facteurs psychologiques » qui peuvent, assemblés, générer un réel mal-être chez les personnes. Parmi les éléments invoqués : outre les sensibilités individuelles, les facteurs sociaux et financiers « contribuent fortement à susciter des sentiments de contrariété, d’insatisfaction voire de révolte ».

Le bruit et la fureur

Reste donc le problème du bruit. Une éolienne, comme toute machine, est effectivement bruyante. À la fois au niveau de la nacelle, quand la machine fonctionne, mais surtout, avec le bruit que génèrent le bout des pales lorsqu’elles fendant l’air en tournant. Un bruit qui diminue avec la distance mais néanmoins plus ou moins audible, même à 500 mètres du mât, la distance légale avec la première habitation.

La loi limite ce bruit en se fondant sur le concept d’émergence. Il ne s’agit pas de mesurer le bruit que fait l’éolienne en tant que telle, mais de voir dans quelle mesure elle modifie le bruit de l’environnement. Car, même dans un espace parfaitement silencieux, le volume sonore n’est pas égal à 0 décibel (dB), mais plutôt autour de 20 dB. Si vous êtes en forêt un jour de vent, le volume sonore s’élève facilement au-delà de 40 dB.

Or, selon le code de la Santé publique, l’émergence d’une installation industrielle ne doit pas dépasser + 5 dB le jour et + 3 dB la nuit. Cela peut paraitre peu, mais le bruit ne fonctionne pas par simple addition mathématique, comme l’explique Jérémy Schild, expert acoustique pour le bureau d’études Venathec. « Quand, dans une conversation, deux personnes parlent en même temps plutôt qu’une seule, on ne double pas le nombre de décibels et pourtant cela s’entend nettement. » Les éoliennes, elles, s’entendent d’autant plus facilement que l’environnement est calme, avec un faible vent ou quand celui-ci est dirigé en direction des habitations. Mais ce n’est pas tout, ajoute l’expert : « Le bruit, c’est comme la température, on a chacun une tolérance différente. Et vous allez d’autant plus entendre un bruit si vous êtes contrariés ou focalisés sur lui. » Or, les problèmes de « bruit » des éoliennes se posent souvent dans les zones rurales, des espaces où malgré l’abandon par les services publics et les réseaux de transports en commun, on jouit encore d’une richesse rare : le silence, ou plutôt, l’absence de bruit artificiel. Et si l’on s’accommode bien du passage occasionnel d’une voiture au loin, il est difficile d’accepter la présence permanente et régulière du bruit, même faible, d’un objet industriel à moins d’un kilomètre de chez soi. La question change dès lors de nature, elle cesse d’être une simple nuisance réductible à des perceptions individuelles, et devient une véritable question politique.

C’est sur ce plan aussi que se joue la question cruciale du rapport le plus direct et le plus visuel des éoliennes au paysage - que nous examinerons dans le prochain volet de cette enquête.

  • À suivre... demain

Source : Grégoire Souchay pour Reporterre

Dessin : © Berth/Reporterre

https://reporterre.net/Quel-est-l-impact-des-eoliennes-sur-l-environnement-Le-vrai-le-faux

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

jeudi 30 novembre 2017

L’économie de l’éolien, de plus en plus concentrée, n’est pas alternative

Le secteur de l’énergie éolienne concerne de multiples acteurs aux rôles bien spécifiques, du « turbinier » à l’exploitant en passant par le développeur et l’« agrégateur ». Avec la dérégulation du marché de l’énergie, le secteur n’échappe pas non plus à la concentration et à la financiarisation.

ARG EOLIEN 3

Il n’était peut-être pas nécessaire de commencer par l’atelier spécifique sur les « bridages acoustiques » et la différence entre les « balourds aérodynamiques et massiques ». Et pourtant, c’est bien de cela dont on parlait, ces 19 et 20 septembre, à Paris, pour cette 8e édition du colloque national éolien dédié aux « solutions concrètes pour la France de demain ». Un rendez-vous organisé par l’association France énergie éolienne, qui regroupe 90 % des acteurs de l’éolien en France. Comprenez : des entreprises de la filière venues du monde entier, et qui investissent et travaillent sur le territoire français.

Bienvenue dans un monde où tout est bleu, comme le ciel, et blanc, comme les machines. Un rendez-vous au croisement entre le monde des ingénieurs, des techniciens et des commerciaux. Ici, comme dans beaucoup d’autres sphères, on croise essentiellement des hommes blancs en costume, plutôt jeunes. La plupart ne travaillent dans le domaine que depuis moins de cinq ans : « La filière est encore jeune », m’explique-t-on. Si jeune qu’on n’hésite pas à utiliser de nombreux gadgets pour la promouvoir, de la clef USB au casque de réalité virtuelle pour visiter une éolienne en passant par la vidéo collaborative pour décrire « son expérience » de l’éolien.

Lors du 8e Colloque national éolien, à Paris.

Le discours introductif d’Olivier Perot, directeur de Senvion et président de l’association organisatrice, France énergie éolienne (FEE), ne laisse aucun doute sur les affinités du moment : « Des forces puissantes sont en marche », lance-t-il d’emblée au public, avant de faire un éloge du « progrès » dont « des philosophes à la noix nous disent que c’est un mot dépassé ». Pour lui, c’est clair, « l’éolien est le moteur de la transition énergétique qui est en marche ». Clairement, on est plus proche de la « start-up nation » que de l’écologie politique, même si l’objectif commun est « de vivre dans un monde où notre énergie ne met plus en danger les générations futures ».

Regardez le clip réalisé au colloque éolien:

https://reporterre.net/L-economie-de-l-eolien-de-plus-en-plus-concentree-n-est-pas-alternative

Difficile d’échapper à la communication omniprésente et d’obtenir des informations claires. On est là pour se vendre, se faire bien voir, certaines entreprises n’hésitant pas à jouer des codes sexistes les plus traditionnels pour attirer d’éventuels clients, même si l’on échappe aux outrances du Salon de l’automobile. Ici, on est entre professionnels pour parler business et rencontrer de potentiels investisseurs. Se croisent les trois grandes familles de l’industrie éolienne : constructeurs, développeurs et exploitants, auxquels s’ajoutent des fournisseurs de service spécialisés.

« L’éolien te force à avoir beaucoup de compétences » 

Les constructeurs, ou « turbiniers », impossible de les manquer. Avec leur déploiement de maquettes et de films promotionnels, ils sont là pour vendre leur machine, le dernier modèle de la gamme 2 MW ou la super-éolienne de 4 MW terrestre (retrouvez les explications techniques dans notre précédent article). Entreprises imposantes au rayonnement international, les plus importantes en France sont les Allemands de Senvion, Nordex et Enercon, les Danois de Vestas. À eux quatre, ils représentent 80 % des éoliennes installées dans le pays. Il y a aussi des noms plus connus, comme Siemens, qui vient de fusionner avec l’Espagnol Gamesa, ou les États-Uniens de General Electric Renewable Energy. Manquent à l’appel Goldwind (Chine) et Suzlon (Inde), encore peu présents en Europe.

Et la France ? Seul le groupe Vergnet, basé à Ormes, dans le Loiret, produit des éoliennes de moyenne puissance (20 kW). Placé en redressement judiciaire le 31 août dernier, il est en attente de repreneur, peut-être par le groupe chinois Sinovel. Pour les éoliennes plus puissantes, Poma-Leitwind, branche du leader italien des remontées mécaniques, démarre seulement cette année la construction des premières éoliennes de 1 à 3 MW « made in France » dans ses usines de Savoie et de l’Isère.

Viennent ensuite les développeurs, plus nombreux : de la petite PME du fond du Lauragais à des grands groupes, des passionnés de l’environnement aux affairistes sentant le filon, il y a vraiment de tout. Ce sont les développeurs qui réalisent des études de potentiel éolien, repèrent les territoires les plus intéressants et les moins contraignants. Eux également qui rencontrent sur place les propriétaires de terrains et les élus, puis réalisent toute la procédure de concertation, les réunions d’information, la présentation du projet, jusqu’à sa concrétisation. Un travail qui nécessite une grande polyvalence, dit Charles Strauss, chargé d’étude chez H2Air : « Il faut une quinzaine de spécialistes, dans l’environnement, le commercial, le juridique. » Bien sûr, tous ne fonctionnent pas ainsi, certains préférant confier à des entreprises spécialisées des tâches nécessaires à l’élaboration d’un projet : études d’impacts, concertation, BTP… Le plus souvent, pour réduire le risque financier, ils créent une société de projet pour chaque parc envisagé. Ces sociétés appartiennent à l’entreprise mère qui est responsable si la filiale fait défaut.

Effet pervers des recours en cascade contre tous les projets : certains n’ont pas la capacité financière d’aller au bout et se tournent donc vers les plus gros développeurs qui, en échange de leur garantie, prennent des parts dans les projets.

« Un grand travail en amont de concertation » 

Enfin on trouve les exploitants. Car beaucoup de développeurs n’ont pas la capacité ni la volonté d’entretenir des parcs, avec la logistique, la maintenance et l’infrastructure nécessaires. C’est ainsi qu’aussitôt construit, un parc éolien est souvent revendu à un exploitant puis à un autre.

Deux entreprises dominent en France le marché de l’exploitation des éoliennes : Engie (ex-GDF), qui a racheté en avril dernier l’historique Compagnie du vent ; mais surtout EDF-Energies nouvelles (ou EDF-EN), filiale à 100 % d’EDF. Absent du colloque éolien, EDF-EN est pourtant dans nombre de discussions. Et pour cause… En off, un développeur nous explique : « La plupart du temps, ce sont les plus brutaux ; ils arrivent sur les territoires comme des rois parce qu’ils peuvent se permettre de proposer des retombées financières importantes. » Mais leurs parcs éoliens sont souvent cités comme mauvais exemples en matière de concertation ou d’impact paysager mal pensé, comme en témoigne le plateau du Lévezou, en Aveyron ou dans la plaine narbonnaise. En bref, comme le résume ce développeur : « Là où EDF-EN est passé, derrière, on rame pour construire de nouveaux projets. »

Installation des parcs par constructeur et exploitant, mi-2017.

Développer un projet éolien demande d’avoir les reins solides. Car, en moyenne, il faut dix ans entre la première rencontre avec les élus et propriétaires d’un terrain et la mise en marche d’une éolienne. Selon Arnaud Gossement, avocat spécialisé dans le droit de l’environnement et administrateur d’Enerplan (solaire), cela tient à la nature industrielle de l’éolien : « Comme pour tout projet important, il y a un grand travail en amont de concertation, de rencontres essentiellement avec les élus et les propriétaires mais aussi avec des réunions publiques. Sans l’appui des collectivités, je n’ai jamais vu un projet sortir de terre. »

Ensuite vient la phase des procédures administratives : étude d’impact pour les oiseaux, les chauves-souris, les paysages, la relation avec les Bâtiments de France, l’armée, les services préfectoraux, pour aboutir à une enquête publique, au bout de quatre ans de travail préalable.

Il faut également prévoir le raccordement au réseau électrique, avec un gestionnaire du réseau, Enedis, qui n’est pas toujours parfaitement coopérant. Est-ce parce qu’il s’agit d’une filiale d’EDF, qui n’a pas encore tourné la page du nucléaire ?

En moyenne, il faut cinq ans de plus en France que dans les autres pays européens pour finaliser un projet éolien. Pourquoi ? Essentiellement à cause des recours des opposants aux projets : « C’est rare de n’en avoir aucun. Même si ce sont des petites associations, la justice va mettre un ou deux ans pour se prononcer sur la forme et sur le fond », estime Arnaud Gossement. Et ces recours peuvent se multiplier : sur le permis de construire, sur l’enquête publique, sur le plan local d’urbanisme voire sur le schéma régional éolien. Avec, à la clef, un appel voire un recours au Conseil d’État.

Comparatif des recours contre le nucléaire et contre l’éolien.

Tous les acteurs de la filière rencontrés partagent ce sentiment d’être des victimes, de rencontrer des freins considérables sur leur route. Et pour eux, c’est l’appareil de production électrique, de l’École des mines à EDF, qui forme ce que l’écologiste Corinne Lepage appelait « l’État nucléaire » et qui freine leurs ambitions. Comme si les associations et riverains qui se lèvent ici et là n’agissaient pas de façon autonome, refusant, à tort ou à raison, que les éoliennes industrielles s’implantent sur leur commune.

Le dernier coup en date vient de l’armée, qui prévoit, selon un projet de décret, d’étendre les zones d’exclusion aérienne de ses radars de 30 à 70 km. Une concertation a démarré sous l’égide du ministère de la Transition énergétique pour trouver des solutions avec les acteurs de la filière. Résultats attendus d’ici le début d’année 2018.

Un changement du régime économique

2017 est une année charnière à de nombreux titres pour l’éolien. Depuis le mois de janvier, le système de rémunération a considérablement évolué. Pour comprendre, il faut faire un brin d’analyse de fonctionnement du marché de l’énergie.

Jusqu’ici, quand on produisait de l’énergie éolienne, on devait passer un contrat avec le distributeur EDF, pour une durée donnée et avec un tarif de rachat garanti à un prix donné. Un tarif d’achat largement subventionné, pour encourager la filière dans cette période naissante. Le financement s’opérait via une taxe sur les factures d’électricité, la « contribution au service public de l’électricité » (CSPE). En 2016, selon la Commission de régulation de l’énergie, l’éolien recevait 17 %, soit 1,3 milliard d’euros, du montant de cette taxe.

Mais l’Union européenne a accéléré la mise en concurrence du marché de l’électricité et des énergies, la France a donc dû adapter sa réglementation et supprimer ce tarif de rachat garanti pour le remplacer par de nouveaux dispositifs.

Pour Marine Bourboulon, chef de projet chez Boralex, « l’éolien commence à devenir mature et à se passer de subventions. Depuis le 1er janvier 2017, on aura donc désormais deux cas de figure. Pour les nouveaux parcs de maximum 6 éoliennes, l’opérateur vendra son électricité au tarif du marché, à laquelle s’ajoutera un complément de rémunération versé par l’État pour atteindre un tarif cible ». Si le tarif de rachat garanti permettait d’atteindre environ 80 €/MWh produit, le nouveau complément de rémunération se fonde sur un tarif de référence de 72 €/MWh pour les premiers mégawattheures produits puis descend à 40 €/MWh.

Rémunération et complément de rémunération des producteurs.

Un secteur en pleine concentration, avec des firmes de plus en plus puissantes

Mais surtout, pour les parcs plus importants (ou dépassant 6 MW de puissance totale), l’État procèdera désormais par appel d’offres et mise en concurrence. C’est lui qui choisira donc des lots en fonction de ses objectifs politiques. Ce 1er décembre sera fermé le dépôt des candidatures pour six tranches de 500 MW d’ici à 2020.

Mais tout ceci s’inscrit dans un contexte européen très libéral. Du fait des directives européennes, le marché a été en partie ouvert à la concurrence avec la fin progressive des tarifs réglementés. Si, pour le consommateur, cela s’est surtout traduit par une hausse des factures, les industriels sont engagés dans une grande course à la rentabilité. Conséquence : les moins puissants disparaissent ou sont rachetés. Le secteur des renouvelables n’échappe pas à cette concentration, qui provoque également des plans de licenciements.

La fusion de Siemens avec Gamesa Renewable Energy provoque déjà la suppression de 6.000 emplois dans le monde, un quart de ses effectifs. Les autres turbiniers ne sont pas en reste, avec une baisse des deux tiers de la valeur des actions en 2017 pour General Electric-RE, Nordex et Vestas, ce dernier annonçant mi-novembre une baisse de 6 % de son chiffre d’affaires. L’Allemagne, un puissant moteur du secteur, évolue elle aussi, selon Emmanuel Fayat, responsable commercial chez Enercon : « L’Allemagne, déjà avancée dans sa transition énergétique, a modifié cette année son niveau de réglementation et diminué le volume de puissance raccordé. D’où une baisse des prévisions d’installations. »

Pour les entreprises cotées en Bourse, Vestas, Siemens-Gamesa ou Nordex, la baisse des commandes d’éoliennes conduit directement à une chute du cours de l’action. Àl’inverse, Enercon, entreprise d’origine familiale, reste relativement épargnée. « La France demeure un des marchés les plus stables, et le changement du mode de rémunération va se faire progressivement, avec un double système pendant quelques années », espère le constructeur.

Mais partout, les offres d’achat ou de rachat se multiplient. Il est fort à craindre que l’on aboutisse à une plus grande concentration d’entreprises qui écrase toutes les autres, notamment les plus vertueuses. Le renouvelable ne renouvelle pas les pratiques économiques. « Le secteur n’est pas plus vertueux qu’un autre », reconnaît Stéphane Chatelin, de Negawatt.

Derrière toute cette logique folle, les soucis écologiques pèsent finalement bien peu, les objectifs de réductions de consommation d’énergie semblent bien lointains. Et les problèmes posés par la technologie éolienne restent, eux, au second plan.

  • À suivre... demain

Source : Grégoire Souchay pour Reporterre

Dessin : © Berth/Reporterre

Photos :
. colloque : © Grégoire Souchay/Reporterre
. Installation des parcs par constructeur et exploitant, mi-2017. © Baromètre éolien 2017, FEE
. comparatif recours : @PaulNeau sur Twitter

https://reporterre.net/L-economie-de-l-eolien-de-plus-en-plus-concentree-n-est-pas-alternative

Posté par UPR Creuse à 09:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Chirurgie : le scandale des opérations inutiles

Le JDD dévoile une enquête de la Fédération hospitalière de France qui révèle un nombre important d'interventions chirurgicales inutiles en France, avec de fortes disparités selon les départements.

ACT SANTE SERVICES

Debout, la malade penche tellement vers l'avant qu'elle ne peut plus voir l'horizon. Le sien s'est singulièrement rétréci depuis qu'un chirurgien lui a posé une prothèse discale sans vraie raison médicale. L'intervention, ratée, a transformé sa vie en cauchemar : la quinquagénaire, désormais en fauteuil roulant, carbure à la morphine pour soulager ses terribles douleurs. "C'est un vrai scandale", tonne l'orthopédiste Jérôme Allain. Pour tenter de réparer les dégâts causés par son confrère, il a dû "fracasser en deux" la colonne vertébrale de la patiente. "Elle risquait sa vie, une paraplégie, une hémorragie. Aujourd'hui, je ne peux pas assurer qu'elle remarchera un jour."

Lire aussi :Comment le financement de l'hôpital encourage à multiplier les opérations

Certains médecins opèrent trop ou trop vite

Chirurgien virtuose ayant quitté l'hôpital public pour exercer en clinique, le professeur Allain continue à soigner les mutilés du bistouri. Mais il aime mieux prévenir que guérir : à chaque consultation, ce partisan de la sobriété poursuit son vieux combat contre les opérations inutiles – ou trop précoces – du dos. À la surprise de nombreux patients qui se voient déjà sur le billard, il passe son temps à les renvoyer chez eux avec une ordonnance pour un stage de kinésithérapie intensive.

C'est un secret de Polichinelle dans le monde de la santé : certains chirurgiens, du privé mais aussi du public, opèrent beaucoup trop ou beaucoup trop vite ; des médecins prescrivent à tour de bras IRM et prises de sang non pertinentes. Depuis une dizaine d'années, la Fédération hospitalière de France (FHF), le représentant des hôpitaux, tire la sonnette d'alarme en réclamant une réflexion sur "la pertinence des actes médicaux". Alors que la ministre de la Santé a promis de lancer enfin la bataille pour une meilleure "qualité" des soins, la FHF enfonce le clou dans une nouvelle étude choc dévoilée par le JDD. "Notre travail montre qu'il y a un problème d'actes inutiles en France", dénonce Frédéric ­Valletoux, son président. Ce constat est confirmé par un sondage également commandé par la FHF dans lequel une écrasante majorité des médecins interrogés reconnaît avoir prescrit des actes injustifiés.

operations

Il existe de fortes disparités dans les actes chirurgicaux.

(JDD)

Césarienne, pontage coronarien, chirurgie de la colonne vertébrale, pose d'un stent (petit ressort) coronaire ou vasculaire, chirurgie du cristallin. Cinq opérations fréquentes ont été scrutées à la loupe dans la base hospitalière PMSI (programme de médicalisation des systèmes d'information) par la société Héva. Plus précisément, ce cabinet spécialisé dans le traitement des données de santé a mesuré la "consommation de soins" territoire par territoire (taux de recours, dans le jargon statistique). Finalement, prolongeant un atlas publié l'an dernier par l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), l'étude met au jour d'étonnantes disparités géographiques : les cartes qui synthétisent les résultats se colorent comme des habits bariolés d'Arlequin. "Il y a plus de différences de pratiques qu'on ne le pense", analyse Alexandre Vainchtock, coordinateur de l'étude pour Héva. Plus politique, Frédéric Valletoux assène : "Nous ne sommes pas égaux face à la maladie, selon l'endroit où nous habitons."

Vingt fois plus de césariennes dans certains départements

L'exemple de la chirurgie de la ­colonne vertébrale, souvent lourde et risquée, est saisissant. Dans l'Est, le Sud-Ouest et le Sud-Est, les hernies discales sont beaucoup plus opérées qu'en région parisienne ou dans le Rhône. De manière surprenante, dans le cas des pathologies dorsales, plus le nombre de praticiens est important, moins il y a d'interventions. Cette modération pourrait s'expliquer par une offre plus riche en centres pratiquant la rééducation poussée du dos et la gestion de la douleur mais aussi par les habitudes des médecins qui prescrivent plus de kiné ou de traitements par infiltration. "Le chirurgien qui m'a formé m'a appris à réfléchir avant de bidocher. Mais certains confrères adorent opérer!", observe Jérôme Allain.

prescription

Près de 9 médecins sur 10 ont déjà prescrit des actes injustifiés.

(JDD)

Entre pression des malades et appât du gain

La carte représentant le recours à un pontage coronarien révèle elle aussi de grandes inégalités. Encore plus fortes, selon les détails de l'étude statistique, dans le privé que dans le public. La probabilité de subir cette lourde chirurgie cardiaque pour un patient de clinique est ainsi cinquante fois plus élevée dans certains départements que dans d'autres. Pour les césariennes, qui peuvent causer des complications, l'écart est de un à vingt. "Notre idée n'est pas de clouer les cliniques au pilori mais plutôt de mettre le doigt sur des pratiques injustifiées, soutient Cédric Arcos, délégué général de la FHF. Public ou privé, peu importe : les écarts sont épouvantables."
L'étude du cabinet Héva n'a pas creusé les causes de ces inégalités. De l'aveu de plusieurs spécialistes, celles-ci pourraient être nombreuses : difficulté d'accès aux spécialistes dans certains déserts médicaux, pression de patients souhaitant se débarrasser au plus vite de leur mal de dos pour retourner au travail ou de femmes refusant d'accoucher par voie basse, appât du gain chez certains praticiens, système de tarification des hôpitaux et cliniques poussant à multiplier les actes, austérité budgétaire.

Aujourd'hui, un chirurgien hospitalier qui n'utilise pas assez son bloc opératoire perd des infirmières dans son service

"Autrefois, on pratiquait trop d'interventions dans le privé mais pas dans le public. Aujourd'hui, un chirurgien hospitalier qui n'utilise pas assez son bloc opératoire perd des infirmières dans son service, donc il peut préférer pousser la machine", relève Israël Nisand, à la tête de deux maternités au CHU de Strasbourg. Le professeur refuse de "juger" l'obstétricien "seul aux commandes" qui, après avoir bossé toute la journée et sauvé la vie d'une femme en pleine hémorragie, opère un peu trop vite en début de soirée et accélère la naissance pour éviter de passer la nuit debout. Les "césariennes de 20 heures" ou le symptôme d'un système malade.

http://www.lejdd.fr/societe/chirurgie-le-scandale-des-operations-inutiles-3503024

BASE 14 995X225

Et encore les mêmes responsables : la mondialisation, la finance et... l'UE !  S.R.

Posté par UPR Creuse à 09:27 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

mardi 28 novembre 2017

L'UE autorise le glyphosate pour cinq ans : de Philippot à Bové, la classe politique scandalisée

Les 28 Etats-membres, réunis en comité d’appel après l’échec des tentatives précédentes pour s'accorder, ont décidé le 27 novembre de ré-autoriser le pesticide de Monsanto pour cinq ans. L'Allemagne a fait basculer le vote en se prononçant pour.

ACT UE GLYPHOSATE

La Commission européenne a annoncé que les Etats membres de l'UE, réunis au sein d'un comité d'appel, avaient voté le 27 novembre en faveur d'une nouvelle autorisation pour cinq ans du glyphosate, l'herbicide controversé.

Dix-huit pays ont voté en faveur de la proposition de l'exécutif européen, représentant à peine plus des 65% de la population de l'UE nécessaires. Neuf s'y sont opposés, dont la Belgique et la France, et un pays s'est abstenu. La majorité qualifiée requise a pu être obtenue, contrairement à un premier vote début novembre, grâce au vote «pour» de l'Allemagne.

La classe politique française scandalisée, de gauche à droite

José Bové, député européen, a réagi sur Twitter, en dénonçant : «Le scandale du glyphosate se poursuit. On en reprend tous pour cinq ans, paysans, consommateurs. Le principe de précaution est foulé aux pieds. Bayer et Monsanto ont réussit à tordre le bras à Mme Merkel. C'est la victoire du business sur la science

Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement et ancienne députée européenne, a aussi exprimé son dégoût. Elle évoque une «scandaleuse décision sur le glyphosate». Elle écrit : «La santé est le parent très pauvre de la Commission et la responsabilité politique, morale et juridique des décideurs est immense

Autre réaction, celle de Florian Philippot, président de la formation Les Patriotes, qui désapprouve tout autant l'autorisation délivrée au pesticide décrié, et réclame la sortie de l'Union européenne. «On en prend 5 ans de plus à cause de l’UE et de nos gouvernements soumis ! Une seule solution : l’indépendance par le Frexit !»

Le député Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, s'ajoute au concert de protestations : «En renouvelant pour cinq ans la licence d’exploitation du glyphosate, l'Union européenne joue un jeu irresponsable avec la santé des Européens

Il en profite pour épingler le ministre de l'Environnement Nicolas Hulot qu'il estime se montrer «petits bras dans les actes face aux lobbys».

Charles-Henri Gallois, responsable national des questions économiques pour l'Union populaire républicaine, fait aussi un plaidoyer pro-Frexit, et dénonce : «Nos politiques n’ont plus de prise sur la réalité et leur seule plus-value est de décider s’ils vont couper dans le budget de la santé, de la Défense ou de l’éducation. Reprenons notre liberté et notre indépendance.»

Danielle Simonnet, coordinatrice du Parti de gauche, conseillère de Paris, estime que «Monsanto a gagné». «"L'Europe qui protège" est irresponsable et criminelle», fulmine-t-elle sur Twitter.

Malgré l'avis de la FNSEA, la France compte toujours sortir du glyphosate dans 3 ans

Alors que la classe politique dans sa quasi-totalité, exprime son mécontentement suite au vote de la Commission, deux voix tranchent avec cette unité. La Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA), le plus grand syndicat du secteur, se réjouit du résultat du vote. «Nous actons ce compromis de cinq ans qui n'a été possible que grâce au pragmatisme d'un grand nombre d'Etats membres européens et nous déplorons que la France ne s'y soit pas ralliée et ait choisi de faire bande à part», a-t-elle écrit dans un communiqué. Tandis que le ministre français de l'Agriculture Stéphane Travert s'est dit «heureux» que les Etats membres de l'Union européenne soient parvenus à un accord sur le glyphosate, il a toutefois appelé à trouver des solutions de remplacement pour cet herbicide controversé.

Malgré le vote, le président promet toutefois qu'il fera interdire le glyphosate en France dans les délais les plus courts. «J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans», a en effet tweeté Emmanuel Macron.

Comment le vote a basculé en faveur de l'autorisation

Ce résultat, qui sonne comme un coup de théâtre, est en grande partie dû au revirement de l'Allemagne qui s'était abstenue lors du précédent vote. Le pays aurait simplement demandé des modifications au texte afin d'inclure des restrictions sur l'usage privé du glyphosate et le respect de la biodiversité, selon une source proche du dossier citée par l'AFP. Ce changement de position de l'Allemagne a contribué à faire pencher la balance en faveur d'une nouvelle autorisation.

La Commission va maintenant adopter une décision avant que l'autorisation actuelle n'expire le 15 décembre.

https://francais.rt.com/international/45994-glyphosate-autorise-pour-cinq-ans

Screen-Shot-10-28-17-at-10

Posté par UPR Creuse à 08:38 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,