jeudi 12 octobre 2017

Contre les sanctions internationales, la bataille de l’information

Pour Pierre Lévy du mensuel Ruptures, la banalisation des sanctions, armes de guerre dans les relations internationales, marque une régression vers les temps barbares de l’humanité et rend impérieuse l’existence d’une information à contre-courant.

ARG ONU INFOSS’il fallait récompenser le pire, il conviendrait d’inventer un nouveau Prix Nobel : celui des auteurs de sanctions internationales. Hélas, les lauréats potentiels ne manquent pas. Il ne se passe guère de mois sans qu’un pays ne soit «puni», ou que sa stigmatisation soit prolongée.

Ainsi, d’ici la fin de l’année, l’Union européenne devrait reconduire les mesures prises contre la Russie. Celles-ci furent initialement décidées en 2014, et sont renouvelées tous les six mois depuis lors. Mais ce n’est qu’un exemple. La mise en œuvre de sanctions s’est banalisée dans l’ordre mondial actuel. On peut même considérer que celles-ci en sont devenues une caractéristique structurelle majeure.

Les initiateurs de sanctions (diplomatiques, économiques, financières, commerciales, militaires…) se placent souvent sous couvert des Nations unies. La charte de celles-ci, en son chapitre VII, prévoit la possibilité d’actions coercitives (y compris armées, du reste) «en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression». En réalité, c’est peu de dire que l’interprétation de cette condition est de plus en plus extensive, pour ne pas dire fantaisiste.

En outre, diverses institutions, telles l’OTAN ou l’UE, ne rechignent pas à décréter leurs propres sanctions de manière discrétionnaire, que leurs Etats membres sont tenus de suivre.Pour ne prendre que le seul exemple de la France, celle-ci applique des restrictions contre près d’une trentaine de pays.

Les sanctions sont bien entendu dissymétriques, c’est-à-dire toujours exercées des forts sur les faibles. Elles sont souvent criminelles dans leurs conséquences ; toujours hypocrites dans leur justification ; et totalement illégitimes dans leur principe. Et ce, quelle que soient leurs formes, l’opinion qu’on a des régimes ciblés, ou les prétextes mis en avant.

Ajoutons qu’elles sont parfois inefficaces au regard des objectifs proclamés, et peuvent même s’avérer contre-productives en renforçant, sur le long terme, les pays visés. Mais sur ce point, on laissera leurs auteurs se débrouiller avec les effets boomerang qu’ils pourraient bien causer.

Dissymétriques ? Cela tombe sous le sens : personne n’imagine le Zimbabwe sanctionner les Etats-Unis, ni la Pridniestrovie (Transnistrie) mettre sous embargo l’Union européenne.

Criminelles ? Dans bien des cas, le mot n’est pas trop fort. Pour prendre le cas tout récent du garrot encore resserré sur la République démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord), chaque litre de pétrole non livré à ce pays peut entraîner des dégâts mortels en matière d’alimentation et de santé. Et qui ne se souvient des sanctions infligées – sous couvert de l’ONU ! – à l’Irak ? On estime qu’elles causèrent la mort d’un demi-million d’enfants ; mais, au-delà de ce chiffre effroyable, qui évaluera les conséquences à moyen et long terme sur ce pays martyrisé ?

Hypocrites ? Fréquemment mises en œuvre au nom du «bien» proclamé (les droits de l’Homme, l’humanitaire, les «valeurs»…), elles constituent en réalité une arme de guerre, mais qui n’ose pas dire son nom. Ainsi, après l’échec retentissant de l’action militaire américaine contre Cuba (1961, débarquement de la Baie des cochons), Washington imposait, à peine quelques mois plus tard, un sévère embargo contre l’île rebelle – qui, pour une part, dure toujours.

Enfin – et surtout – les sanctions sont illégitimes dans leur essence même. Car elles constituent une pression visant à influer de l’extérieur sur la politique d’un pays, en foulant aux pieds le principe de souveraineté. Ce dernier donne à chaque peuple – et à lui seul – la légitimité pour décider de son avenir, de sa politique, de ses dirigeants.

La souveraineté nationale est comme le bannissement de la torture : dès lors qu’on accepte – toujours pour une «bonne» raison – de faire une exception, alors la porte est ouverte au pire.

Certes, la mise en œuvre de sanctions est aussi vieille que l’histoire de l’humanité : punitions collectives, vengeances tribales, menaces et diktats impériaux jalonnent les conflits depuis l’Antiquité.

Mais précisément, à travers un cheminement douloureux et jamais rectiligne, des règles émergeaient de nature à limiter progressivement la barbarie et la loi de la jungle. Les rapports internationaux incluaient petit à petit des principes acceptés par les uns et les autres. Les contradictions et conflits n’en étaient certes pas abolis, mais une conception plus civilisée des rapports internationaux ouvrait la voie à la coexistence, voire à la coopération, entre pays indépendamment de leur régime, de leur puissance et de leur taille.

A cet égard, le préambule de la Charte des Nations unies, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, posait l’un d’entre eux, fondamental : la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, c’est-à-dire, concrètement, la non-ingérence des plus puissants chez les plus modestes. Certes, il s’agissait d’une ligne d’horizon plus que d’un objectif réaliste à court terme. Mais il était fondateur.

Dans le monde post-guerre froide, la banalisation des sanctions représente une régression potentielle vers les temps barbares de l’humanité : on trouve à nouveau normal d’infliger des punitions collectives. Même si ces dernières ne menacent pas toutes ouvertement la vie de milliers de gens, cela ne change rien au principe : qu’un pays de la zone euro puisse se voir infliger une sanction en cas d’indiscipline budgétaire (et qu’on se soit habitué à cette épée de Damoclès) en dit long sur le retour en arrière civilisationnel.

Face à cela, la souveraineté nationale est d’abord la réponse à l’aspiration des peuples (au sens politique du terme) à décider eux-mêmes de leur avenir. Mais c’est aussi la pierre angulaire d’un ordre international plus stable et pacifique. Car dès lors que la menace, la force, le chantage (qui fonde toute sanction) prennent le pas sur la liberté des Etats et le respect de leur indépendance, c’est la loi de la jungle et le chaos mondial qui guettent. 

Cette loi de la jungle, c’est l’essence même de la mondialisation : pour le plus grand profit des multinationales et des oligarchies hors sol, et au détriment toujours plus brutal des peuples, et plus particulièrement, en leur sein, des salariés qui sont les véritables créateurs de richesses.

Cependant, régression, domination, sanctions et guerres – tout cela n’est pas inévitable. Face aux puissances qui disposent de ces armes mondialisées, la bataille de l’information peut être décisive, en rétablissant la vérité, en donnant du grain à moudre à l’esprit critique, en rappelant les enjeux.

Pour cela, on ne saurait évidemment s’en remettre aux médias dominants. Mais sans doute pas non plus aux projets de médias alternatifs, surtout s’ils se proposent d’être «humanistes», «antiracistes», «féministes», «écologistes»… et qu’ils omettent de faire allusion aux enjeux internationaux (cette lacune, incroyable mais significative, apparaît par exemple dans le «Manifeste pour la naissance d’un nouveau média citoyen» rédigé par un collectif de personnalités).

Face aux sanctions, aux guerres ouvertes ou insidieuses, à la soumission des peuples, la bataille de l’information et des idées ne fait que commencer.

Pierre Lévy

https://francais.rt.com/opinions/44412-contre-sanctions-internationales-bataille-information

dimanche 23 juillet 2017

L'Assemblée nationale ratifie une série d'ordonnances sur la santé, malgré les inquiétudes

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L'Assemblée nationale ratifie une série d'ordonnances sur la santé, malgré les inquiétudes

Les professionnels de la santé européens réglementés pourront maintenant exercer certaines tâches dans l'hexagone.

Quatre ordonnances sur la santé ont été ratifiées par l'Assemblée nationale, ce mercredi. Parmi elles : l'autorisation de certains professionnels de santé d'autres États européens d'exercer en France ...

Les ordonnances ratifiées appliquent la loi Santé remontant à janvier 2016. La ratification de ce mercredi concerne la reconnaissance de la profession de physicien médical et les ordres des professions de santé. Mais c'est une ordonnance sur la reconnaissance des qualifications professionnelles qui a concentré l'essentiel des critiques. Elle répond à une exigence de l'Union européenne, sur laquelle la France avait pris du retard.

Cette disposition transpose une directive européenne de 2013 sur l'«accès partiel» pour les professions paramédicales. Ce texte garantit l'accès partiel à certaines tâches dans les autres pays de l'Union : il «autorise les membres d'une profession réglementée à bénéficier de la mobilité dans un autre Etat membre mais en les autorisant à y exercer seulement certaines tâches et selon certains critères».

Des députés de tout bords, méfiants

 Les députés se sont montrés inquiets, et ont évoqué des raisons diverses. Jean-Pierre Door (LR), cardiologue, craignait «un risque» pour les professionnels de santé et «la sécurité» des patients. Comme Agnès Firmin Le Bodo pour les «Constructifs» (LR-UDI-indépendants), il a tenté de la supprimer, en vain.

La socialiste Valérie Rabault (Nouvelle Gauche) a pointé le danger d'une «concurrence potentiellement déloyale», Elsa Faucillon (GDR) redoutait que cela ne «favorise un système de santé au rabais et des soins à la découpe». Eric Coquerel (LFI) relevait «une ubérisation rampante du système de santé». Eric Alauzet (élu REM issu des écologistes «réformistes»), enfin, s'est interrogé sur l'«identification précise de ces professionnels au moment de leur installation».

Une promesse de vigilance, il faut «dédramatiser»


 Martine Wonner (REM), médecin psychiatre, a défendu l'accès partiel. Il garantit que ce dernier sera «encadré par des conditions très strictes et par un examen au cas par cas des demandes». Son collègue Olivier Véran (REM) appelle à «dédramatiser le sujet» en soulignant que le texte ne portait pas sur les professions médicales. 
 
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a dit comprendre «les inquiétudes». Mais elle a souligné que la directive européenne aurait dû être transposée «au plus tard le 18 janvier 2016», relevant que depuis cette date, la France s'était exposée à deux avis européens pour défaut de transposition. La ministre s'engage à être «particulièrement vigilante aux conditions de déploiement de l'accès partiel». Ainsi, elle n'exclut pas «d'en appeler à la raison impérieuse d'intérêt général» en cas de risque pour «la qualité et la sécurité des prises en charge».


leparisien.fr

http://m.leparisien.fr/societe/l-assemblee-nationale-ratifie-une-serie-d-ordonnances-sur-la-sante-malgre-les-inquietudes-19-07-2017-7145163.php

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vendredi 27 mai 2016

Les dangers du TAFTA expliqués en deux minutes et demie

Cette vidéo, publiée par l'agence de pétitions SumOfUs, explique concrètement ce qui pourra arriver dès que le Traité (actuellement négocié de façon très discrète... heureusement il y a eu quelques fuites...) sera signé.

L'ensemble des pays Européens verra alors sa sujétion s'aggraver, puisque, au carcan auquel ils sont déjà soumis du fait de la gouvernance de la Commission Européenne (qui n'est déjà pas protectrice contrairement à ce qu'on pourrait croire en visionnant la vidéo), s'ajouteront toutes sortes d'astreintes entraînées par l'interdiction de "faire entrave au commerce international" !

Non au TAFTA

jeudi 26 mai 2016

Les OGM sont imposés sur notre sol sous peine de sanctions financières de l'UE

Dans cet article important, notre parti explique -depuis plusieurs années- pourquoi notre pays est contraint de se soumettre et de laisser entrer des OGM sur son sol, alors que la population y est opposée majoritairement. Ce sont en effet les "commissions d'experts" de l'UE qui décident à la place des Etats, en l'occurence l'autorité européenne de sécurité des aliments, l'EFSA; et tout pays de l'UE qui se rebiffe comme l'a déjà fait la France doit payer des amendes. Lien: http://www.upr.fr/wp-content/uploads/2010/11/Tract-Les-OGM-et-l-union-europeenne-sans_cesure-web.pdf

Posté par UPR en Creuse à 11:10 - - Permalien [#]
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