vendredi 12 janvier 2018

Dieu aime-t-il la guerre ?

À l'encontre des lieux communs qui ont cours en Europe, soulignons que les religions n'ont pas de responsabilité directe dans la plupart des grandes tragédies qui ont ensanglanté la planète jusqu'à l'aube du IIIe millénaire.

TL GUERRE RELIGIONS

Quant à l'intégrisme islamiste d'al-Qaida et Daech, qui cristallise aujourd'hui notre attention, il tue principalement des musulmans par centaines de milliers (Algérie, Syrie, Irak...) et n'a encore fait « que » 4 000 morts parmi les Occidentaux. Cette idéologie nauséeuse instrumentalise la religion mais se nourrit principalement des frustrations du monde arabe, en peine de s'adapter à la modernité.

La guerre (vers 1894, Henri Rousseau, dit Le douanier Rousseau, musée d'Orsay, Paris)

Le massacre de la Saint-Barthélemy (François Dubois, musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne)Les atrocités mises en scène par Daech rappellent d'autres mises en scène dans les guerres de religion, il y a cinq cents ans, les guerres de Vendée, il y a deux cents ans, ou plus près de nous les guerres de Yougoslavie.

Les décapitations et la réduction de jeunes filles en esclavage rivalisent dans l'horreur avec les éviscérations, empalements, bûchers, viols collectifs et scènes de cannibalisme d'autrefois.

Les guerres de religion et plus généralement les guerres civiles dressent en effet les uns contre les autres des gens ordinairement très proches, citoyens du même pays et parfois du même village.

D'où le besoin pour chaque camp de se justifier de ses crimes en déshumanisant l'adversaire et en niant sa qualité d'alter ego. C'est hélas ce qui fait toute la différence avec les guerres conventionnelles qui voient des armées régulières s'affronter sur un champ de bataille.

Les hommes n'ont pas besoin de Dieu pour s'entretuer

Il est temps ici de rappeler un fait statistique essentiel qui va à l'encontre des idées reçues : les conflits proprement religieux (Kerbela, Saint-Barthélemy, guerre de Trente Ans, hindous contre musulmans...) tuent beaucoup moins de gens que les guerres d'État à État, les guerres civiles et les dictatures !

Un acteur simule le martyr de l'imam Hussein à Kerbela (fête chiite de Moubarram), DR La religion a été totalement absente des grands drames du XXe siècle (plus de 100 millions de victimes), exception faite de la scission Inde-Pakistan :

Elle n'a aucune responsabilité dans les guerres mondiales, les répressions nazies et communistes et les génocides (les Juifs, comme les Arméniens et les Tutsis, n'ont pas été exterminés en raison de leur religion mais de leur prétendue « race »).

D'une exceptionnelle ampleur ont été les méfaits commis par les régimes athées à l'oeuvre en Allemagne mais aussi en URSS et au Mexique des années 1910 aux années 1940, plus tard en Chine et au Cambodge. 

Guidés par le désir de faire table rase du passé et en particulier du fait religieux, Lénine, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot... ont massacré des dizaines de millions d'innocents, soit par exemple beaucoup plus que tous les souverains européens depuis l'An Mil et en tout cas beaucoup plus que tous les fanatiques religieux de l'Histoire.

N'oublions pas la rébellion des Taiping, en Chine, au milieu du XIXe siècle, une guerre civile sans doute beaucoup plus meurtrière que la Première Guerre mondiale.

Il n'y a sans doute que les Mongols de Gengis Khan et Tamerlan qui peuvent rivaliser avec le triste record du XXe siècle avec à leur actif la disparition de près d'un quart de l'humanité (environ 50 millions de victimes). Qu'ils fussent chamanistes, chrétiens nestoriens, bouddhistes ou musulmans, ce n'est pas au nom d'une religion ou d'une idéologie quelconque qu'ils ont tué mais seulement « pour le plaisir ».

Exécution en 1927, au Jalisco, du père Francisco Vera, coupable d'avoir célébré la messe

Si nous remontons dans le temps, les préoccupations religieuses sont absentes des guerres de l'Antiquité, tant dans la sphère méditerranéenne que dans le reste du monde. Les cités grecques vénéraient les mêmes divinités mais s'affrontaient avec une extrême sauvagerie et n'hésitaient jamais à passer par le fil de l'épée les populations vaincues. Même chose en Afrique jusqu'à l'aube des temps modernes : Chaka a pu fonder l'État zoulou au début du XIXe siècle par des méthodes qui n'ont rien à envier à Staline et Pol Pot.

Au Moyen Âge, notons que les croisades apparaissent comme des guerres défensives bien plus que des guerres de religion ou des guerres saintes. Leur objectif premier était de restaurer la sécurité des pèlerinages en Terre sainte, mise à mal par l'irruption des nomades turcs. Si les croisés ont combattu avec la brutalité habituelle de l'époque, ils ne se sont pas pour autant souciés de convertir les infidèles musulmans, encore moins de les exterminer

Plus près de nous, la guerre d'Irlande, le conflit israélo-palestinien et également la guerre d'Algérie sont assimilables à des conflits coloniaux entre occupants plus ou moins anciens d'une même terre. Les guerres plus récentes, avant l'éruption islamiste, ont opposé des gens de même religion (Darfour, Congo, Irak-Iran...) au nom de préjugés raciaux ou nationaux.

Cela signifierait-il que Dieu n'a rien à voir avec les guerres ? Que nenni... mais pas toujours de la façon dont on l'imagine. (...)

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2077&ID_dossier=220

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mercredi 27 décembre 2017

Jésus volé et remplacé par une endive dans une crèche pour protester contre le sort des migrants

Emoi à Viverols, petit village du Puy de Dôme. Des individus ont dérobé un Jésus dans une exposition de crèches et déposé une endive à sa place. En guise d'explication, ils ont laissé une lettre critiquant les contrôles de migrants en Europe.

ACT CRECHE LAICITE

A Viverols, petit village de 400 âmes dans le Puy de Dôme, les pieuses vibrations de la messe de minuit n'ont pas évité une déconvenue aux habitants. Selon des informations du site de France Bleu, dans la nuit du 25 au 26 décembre, des malfaiteurs ont fait main basse sur le petit Jésus d’une crèche en plein air, proche de la gendarmerie. Ils ont remplacé le divin enfant par une endive. Ce geste dadaïste s’accompagnait d’une lettre dénonçant les contrôles des migrants en Europe.

La représentation de la Nativité en vannerie faisait partie de l’exposition de la ronde des crèches organisée à Viverols chaque année depuis dix ans. Elle permet d’exposer deux cents crèches principalement prêtées par des bénévoles, dans les rues de la commune ainsi que dans la salle des fêtes. L’événement attire chaque année des milliers de personnes. Sa présidente, Stéphanie Gayard, s’est émue de ce chapardage, et entend bien réagir à la hauteur du dommage subi. Elle a déclaré à France Bleu : «J'irai porter plainte à la gendarmerie dès mardi matin, c'est hors de question de laisser passer ça encore une fois.»

Car ce n’est pas une première à Viverols, l’enfant Jésus avait déjà été subtilisé au village il y a cinq ans et remplacé par une endive. Il avait été retrouvé derrière une bâche à la suite d'un avis de recherche lancé dans la presse. Seule différence avec le modus operandi actuel, le geste n’avait pas de caractère politique revendiqué.

Tout frondeurs qu’ils soient, les voleurs ont-ils été inspirés par la ligne défendue par le Pape François ? Il a en effet souligné l'importance de la charité chrétienne dans son homélie du 24 décembre depuis la basilique Saint-Pierre de Rome, et adressé à tous les croyants catholiques du monde un message de générosité envers les migrants, prenant pour exemple les parents du Messie. «Marie et Joseph, qui n'avaient pas de place, ont été les premiers à qui Dieu a donné des papiers d'identité», a-t-il professé. Le Pape François a estimé que Dieu montrait que le «vrai pouvoir et la liberté authentique» se dévoilaient «en assistant et honorant les faibles et les fragiles».

https://francais.rt.com/france/46834-enfant-jesus-vole-remplace-par-endive

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Voilà ce qui arrive quand on manipule la religion à des fins politiques, voire géopolitiques. D'autant que les "frondeurs" ne semblent pas être prioritairement inspirés par des préoccupations spirituelles, en témoigne leur mépris pour le symbole en pleine fête de Noël...

P.G.

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La venue dans une université d'Houria Bouteldja, accusée de «racialisme», fait scandale

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J'avais loupé cet épisode, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, comme disait ma grand- mère. P.G.


 

L'invitation de la porte-parole du PIR à Limoges s'est accompagnée d'une vive polémique. RT France a interrogé l'université, qui se dit «contre la censure», mais aussi les opposants de la militante qui la jugent «islamiste, homophobe et antisémite».

ACT BOUTELDJA LAICITE

Son livre, Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l'amour révolutionnaire (La Fabrique Editions)a fait scandale en 2016. Si elle se présente comme une militante antiraciste, Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République (PIR) se voit régulièrement accusée dans les médias d'être «racialiste» et de considérer l'appartenance ethnique comme la principale cause d'oppression.

Invitée à débattre lors d'un «séminaire d'études décoloniales» à l'université de Limoges ce 24 novembre, sa venue fait polémique. L'association de défense de la laïcité Printemps républicain a notamment dénoncé sur Twitter «un moyen de faire la promotion des thèses racialistes».

Fatiha Boudjahlat, cofondatrice d'une autre association de défense de la laïcité, Viv(r)e la République, déclare à RT France : «On ne crée pas du débat en invitant une militante [Houria Bouteldja] qui est indigéniste, islamiste, homophobe et antisémite, qui n'a personne pour lui donner la réplique, qui n'a personne pour contre-argumenter. L'université s'encanaille à rencontrer quelqu'un d'aussi sulfureux.»

L'université de Limoges, elle, tente de se justifier. «Comme toutes les universités, nous ne partageons pas les valeurs de l'intéressée [...] Mais, étant donné qu'Houria Bouteldja n'a jamais été condamnée, on se voyait mal la censurer. Il nous a semblé plus opportun d'ouvrir la parole plutôt que de la censurer», explique à RT France le cabinet du président de l'établissement.

Fatiha Boudjahlat réplique : «Quelle censure ? Ils sont dans le discours unique. C'est une tribune ouverte, ce n'est pas un débat. Houria Bouteldja est invitée en tant que personne experte, à quel titre ? Au nom de son bouquin qui est antisémite ? Hors de question que l'Etat finance ses ennemis de l'intérieur ; hors de question ! L'université c'est le débat mais lorsqu'on entend qu'un seul son de cloche, où est le débat ?»

Une discussion sur son livre avec des chercheurs de l'établissement doit pourtant avoir lieu après la prise de parole d'Houria Bouteldja. Ainsi, la faculté des lettres et des sciences humaines propose d'aborder les thématiques de «la race, le féminisme décolonial, le racisme d'Etat» ou encore «l'islamophobie». Sur ces sujets, l'écrivain a des positions bien tranchées, elle qui considère dans une tribune du 11 mars 2015, publiée sur le site des Indigènes de la République : «Il est important d’identifier le lieu de production du racisme : l’Etat-Nation impérialiste [...] On ne peut pas comprendre le racisme républicain, si pour la survie de l’Etat-Nation, on ne comprend pas la nécessité pour lui d’élire un corps de privilégiés, les Blancs, et de distribuer le pouvoir et la richesse en fonction notamment de critères raciaux. Autrement dit, il faut comprendre l’existence du "salaire de la blanchité".»

La direction de l'université, quant à elle, semble gênée par la polémique. Si la communication autour de ce colloque a dans un premier temps été publique, avec un affichage sur le site de la faculté, le cabinet de la direction avoue avoir été «pris de court».

Toutefois, pour éviter un rétropédalage et assumant la présence d'Houria Bouteldja, l'institution a décidé de maintenir le «colloque privé», tout en supprimant sa publicité sur internet. Par cette démarche, Fatiha Boudjahlat estime pourtant que l'université enfreint volontairement le caractère scientifique qu'est supposé revêtir le colloque.

«Ces universitaires sont dans le mensonge. Houria Bouteldja est invitée en tant qu'experte mais elle n'est experte de rien alors que le colloque est censé être dans un cadre universitaire de recherche. Qu'ils invitent des militants laïcs !», déclare-t-elle.

Un entrisme de l'islamisme dans le milieu universitaire ?

Remontée, Fatiha Boudjhalat pointe le danger islamiste qui menacerait les milieux universitaires, notamment dans les sciences sociales.

«Il suffit de regarder comment Tariq Ramadan a obtenu sa thèse», lance-t-elle avant de s'en prendre aux «directeurs de thèse aussi impliqués, aussi militants que [Directeur de recherche à l'Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman] François Burgat qui soutiennent la thèse de Nabil Ennasri sur [le théologien proche des Frères musulmans Youssef] Al Qaradawi, interdit dans plusieurs pays pour ses appels à tuer les juifs, à tuer les apostats», ou encore à «des militants politiques qui se font passer pour des ONG et des experts». «Cet entrisme à l'université est terrible et c'est une réalité», conclut Fatiha Boudjhalat.

Le 3 octobre, l'université Lyon 2 a aussi été la cible de critiques pour avoir tenté l'organisation de conférences sur l'islamophobie avec une discussion sur «l'islamophobie d'Etat». Des association comme le Comité Laïcité République (CLR), le Printemps républicain ou la Licra étaient montés au créneau, dénonçant la présence de membres controversés appartenant au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et à la Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI). Un «colloque laïcophobe» pour le CLR et la Licra, un «colloque plein d'intervenants islamistes sous couvert académique» selon le Printemps républicain. Face à la contestation, Lyon II avait alors annulé l'événement.

Sollicitée par RT France pour commenter la polémique, Houria Bouteldja n'était pas joignable dans l'immédiat.

https://francais.rt.com/france/45820-venue-dhouria-bouteldja-indigenes-republique-cree-polemique-universite-limoges

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Diplômé de l'université de Rennes, l'imam controversé de Brest pourra devenir «référent laïcité»

L'imam controversé, connu pour des prêches radicaux, a été récompensé par un diplôme universitaire à Rennes, lui permettant de devenir «référent laïcité» dans divers domaines professionnels et associatifs. Des commentateurs s'en sont scandalisés.

act imam laicite

Il a défendu un islam ultraconservateur et souvent considéré comme proche du salafisme : l'imam de Brest Rachid El Jay, connu sous le nom de Rachid Abou Houdeyfa, s'est-il racheté une conduite ? Il vient en tout cas d'être diplômé par l'université de droit à Rennes 1 en «Religions, droit et vie sociale».

L'université Rennes 1 précise qu'avec l'obtention de ce diplôme, Rachid Abou Houdeyfa pourra désormais être l'un «des référents laïcité dans divers domaines de la vie professionnelle ou associative». «Ces référents peuvent être amenés à éclairer, du point de vue du droit, de multiples situations quotidiennes où la question religieuse est susceptible de croiser les règles de l’Etat républicain et laïc», précise l'établissement.

En septembre 2016, l'imam entamait ce cursus universitaire, selon des informations rapportées par Libérationafin de «se conformer aux règles de la laïcité et du vivre ensemble français». «Soutenus par le ministère de l’Intérieur, ces [diplômes universitaires] sont l’une des actions promues par le gouvernement pour rendre "républicano-compatibles" les imams des mosquées françaises», affirmait le quotidien. 

Après un an de cursus, Rachid Abou Houdeyfa ne cache pas sa satisfaction de recevoir ce diplôme universitaire : «C'est un diplôme que l'on demande pour celles et ceux qui désirent être, entre autres, aumôniers dans les hôpitaux, aumôniers dans les prisons. C'est un diplôme intéressant dans le sens où aujourd'hui on entend un peu parler de la laïcité à toutes les sauces», assure l'imam, qui affirme avoir reçu son diplôme avec la mention «bien».

Dr. Jekyll et Mr. Hyde ?

Néanmoins, un certain nombre d'intellectuels et responsables politiques ne voient dans ce projet universitaire qu'une façade provisoire, qui cacherait la véritable identité du religieux.

Ainsi, l'écrivain palestinien Waleed Al-Husseini, auteur d'Une trahison française, ouvrage dans lequel il défend avec vigueur la laïcité et critique la religion islamique, s'étonne qu'un individu qui «justifiait le viol de femmes non-voilées» reçoive un «diplôme de laïcité».

(...)

Fortement inquiété après les attentats de 2015, sa mosquée subissant une perquisition, Rachid Abou Houdeyfa, est une personnalité qui fait polémique depuis plusieurs années.

L'ancien président de la République, François Hollande, avait même fait référence à Rachid Abou Houdeyfa : «Il est Français, il ne peut pas être expulsé, mais son lieu de prière [...] ce lieu de haine, a été fermé», avait-il déclaré en avril 2016 sur France 2.

La haine dont il est question ici découle des nombreux prêches que Rachid Abou Houdeyfa diffusait abondamment sur internet. Entre autres exemples, en 2012, il avait déclaré : «Si la femme sort sans honneur, qu’elle ne s’étonne pas que les hommes abusent de cette femme-là.» En 2015, il avait affirmé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que la musique était prohibée par l'islam et que Dieu pouvait transformer ceux qui l'écoutaient en porcs ou en singes.

https://francais.rt.com/france/46764-accuse-pour-ses-preches-radicaux-imam-brest-recoit-diplome-universitaire

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Pas assez laïc, un film d'animation sur la Nativité arrêté en pleine séance scolaire

Alors que les enfants du groupe scolaire de Langon, dans la Gironde, croyaient assister à un conte de Noël, les enseignantes ont dû interrompre la séance et les renvoyer en classe... Le film contrevenait aux valeurs de l'école.

Le 13 décembre, les 83 écoliers du groupe scolaire de Langon, une petite commune du Sud-Ouest située entre Bordeaux et Agen, assistaient à une projection du film d’animation américain L’Etoile de Noël au cinéma local, quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes, selon Le Républicain Sud-Gironde du 22 décembre.

ACT PROF INSOUMISE

Après quelques minutes de visionnage, ces dernières se sont aperçues que le film de Noël choisi n'était pas en accord avec les valeurs de l'école républicaine laïque.

En effet, L'Etoile de Noël, long-métrage d'animation américain réalisé par Timothy Reckart, est un conte de Noël qui raconte le mythe de la naissance de Jésus-Christ selon les préceptes de la Bible, une épopée enrichie d'animaux qui parlent et largement inspirée des succès de l'animation des années 2000, comme en témoigne le pitch : «Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques…»

Malheureusement pour les enseignantes, une fois la séance commencée, elles ont réalisé leur erreur : L'Etoile de Noël n'est pas seulement un conte de fin d'année, mais relate surtout le périple de Marie et Joseph jusqu'à Bethléem.

Interrogé par le journal Le Républicain, le responsable du cinéma a lui-même reconnu qu'il n'avait pas encore visionné le film et a accepté de rembourser la séance à l'école. Les enfants ont donc quitté le cinéma en pleine séance et sont retournés en classe... Il faudra attendre l'année suivante pour une nouvelle séance scolaire en toute laïcité.

https://francais.rt.com/france/46789-laicite-film-danimation-sur-nativite-arrete-pleine-seance-scolaire-video

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Une belle réussite pédagogique! Un projet visiblement bien préparé et une éducation à l'esprit critique pour le moins audacieuse...  A un tel niveau de compétence, on ne peut que s'incliner.    P.G.

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jeudi 14 décembre 2017

C'est quoi la laïcité ? le Limousin ose la différence!

[une suggestion de S.R. (UPR 87)]

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=15&v=x-2hkGd7eB0

ARG LIMOUSIN LAICITE

Laboratoire limousin de la laïcité


Ajoutée le 28 févr. 2017

 

Court-métrage réalisé par Citels, association d'animation et de développement social et la Caisse d'allocations familiales 87, en partenariat avec le Laboratoire limousin de la laïcité, la Fondation SNCF et BeaubFM !

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Pour se remettre de tant de "new sensations":

C'est quoi la laïcité ? Avec Natacha Polony & Rokhaya Diallo

https://www.youtube.com/watch?v=IMTXEpiZTDQ

Ajoutée le 2 oct. 2016

Quelques interventions brillantes de Natacha Polony
(de mémoire):

"La laïcité ne commence pas avec la loi de 1905, ça remonte aux guerres de religions!"...
"Avec la "globalisation", on essaie de nous expliquer que la tolérance anglo- saxonne serait meilleure que notre laïcité"
"La question est de savoir si on enferme les individus dans leurs déterminismes!..."
"Le plus grand respect envers les nouveaux arrivants est de ne pas les considérer come différents des autres"...
"Il y a un islam qui pose problème, c'est celui qui veut imposer le théologico- politique dans l'espace public...C'est à l'Etat de nous protéger de cette volonté d'ingérence exrêmement malsaine et qui détruit la société..."[démarche jugée coloniale par Rokhaya Diallo!]
"La laïcité, ce n'est pas de reconnaître le droit des minorités,la République française ne reconnaît que des individus et elle fait en sorte que ces individus soient émancipés pour vivre pleinement leur citoyenneté"...

Visiblement, le "laboratoire limousin" penche plutôt pour la vision très libérale et anglo- saxonne de la laïcité exprimée par Rokhaya Diallo, ce qui en fait est tout le contraire de la laïcité française et républicaine! (ce qu'explique très bien Natacha Polony).

L'offensive idéologique généralisée que la France subit s'étend au coeur de ses fondations, afin d'imposer un modèle multiculturaliste et communautariste, au service bien sûr de l'oligarchie euro- atlantiste.

P.G.

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mercredi 13 décembre 2017

Jérusalem et la mystique de l’élection

Par Bruno Guigue | 10 décembre 2017

TL ISRAELBIBLE

Comme le montre la naïveté des commentaires sur la crise actuelle, on ne comprend pas les conflits du Proche-Orient si l’on oublie l’essentiel. Le sionisme n’est pas un mouvement d’émancipation juive, ni un nationalisme séculier classique. C’est un colonialisme fondé sur une mystique de l’élection. Lorsque Netanyahou est reçu au congrès américain, il parle du “peuple élu” et il invoque la “destinée manifeste”. En validant les prétentions israéliennes sur Jérusalem, Trump ne se contente pas de piétiner la loi internationale. Flattant le narcissisme israélien, il accrédite la mythologie fondatrice de l’Etat-colon.

On s’inquiète d’une confessionnalisation du conflit, mais on oublie que ce conflit est confessionnel depuis l’origine. Non pas du fait de la résistance arabe, mais du fait de l’entreprise sioniste. En fait, le mouvement auquel le sionisme ressemble le plus est le suprématisme blanc des Afrikaners. Dans les deux cas, ils se prennent pour le peuple élu, et la guerre coloniale vise à s’emparer de la “Terre promise”. L’Etat d’Israël, cet enfant chéri de la conscience laïque occidentale, est un implant colonial justifié par l’Ancien Testament.

Même s’ils ont raison, le déni de légitimité que les juifs orthodoxes opposent au sionisme est trompeur. Il faut lire les penseurs sionistes de l’ère pré-israélienne : le sionisme n’a pas trahi le judaïsme, il s’est simplement affranchi de sa passivité. Il substitue à l’attente du sauveur une action politique, mais cette action vise à prendre possession d’“Eretz Israël”, et non d’une lointaine contrée indifférente au récit biblique. Le sionisme moderne n’a pas laïcisé l’espérance messianique, il l’a détournée à son profit pour implanter au Proche-Orient un Etat occidental.

La conquête coloniale de la Palestine se fonde sur une mystique de l’élection, et cette mystique se nourrit d’une géographie du sacré. Interprétant la Thora comme un acte notarié, elle le brandit comme si un texte religieux pouvait fonder un droit opposable. Croyant occasionnel, Theodor Herzl avait bien compris la puissance symbolique de cette supercherie. “Si la revendication d’un coin de terre est légitime, disait-il, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs”. Quel Occidental contestera, si elle est bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine ?

Le sionisme repose sur une idée simple : la Thora tient lieu de titre de propriété, et cette propriété sera reconnue par un Occident pétri de culture biblique. Il faut reconnaître que ce tour de passe-passe a porté ses fruits. Loin d’être une nouveauté, le sionisme chrétien est constitutif du sionisme lui-même. L’idée du retour des exilés en Terre sainte fut une idée protestante avant d’être une idée juive, et le gouvernement britannique s’en fit l’ardent défenseur à l’apogée de l’Empire. Ce n’est pas un hasard si cette entreprise a fini par voir le jour avec la bénédiction d’une Grande-Bretagne férue d’Ancien Testament.

Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’une idée absurde exerce une force matérielle. Pour les sionistes, la cause est entendue : si le droit des juifs sur la terre d’Israël n’est pas négociable, c’est qu’il dérive de la transcendance. Combattre l’entreprise sioniste, c’est faire offense à Dieu, se rebeller contre sa volonté. Avant la proclamation unilatérale de l’Etat d’Israël, le grand rabbin de Palestine déclarait devant une commission internationale : “C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin”.

Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait en 2002 : “Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif”. On comprend pourquoi le sionisme, à l’appui de ses prétentions, n’invoque pas le droit international, mais la promesse de Yahvé à Abraham : “C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Egypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate” (Genèse, 15).

Cette mythologie a fait de Jérusalem le joyau de la promesse. La cité de David est l’écrin de la présence divine depuis que son successeur Salomon y bâtit le premier Temple. Espace de communication avec le divin, Jérusalem porte témoignage de la geste hébraïque. Le martyre subi lors de sa destruction en accentue la sacralité, en la déclinant sur le mode messianique. Dans la narration biblique, Jérusalem est le centre d’une histoire sainte. Le tour de force du sionisme est de l’avoir fait passer pour une histoire tout court.

Cette conversion de la narration biblique en narration historique, pourtant, est un véritable château de cartes. Israël s’est lancé à Jérusalem dans une quête obstinée des vestiges de sa grandeur passée. A coup d’excavations frénétiques, on a exhibé la moindre breloque comme si elle était la preuve d’une gloire ancestrale, et un tesson de poterie attestait le rayonnement immémorial du royaume hébraïque. Mais cette manie de fouiller le sous-sol palestinien à la recherche d’une gloire perdue a montré ses limites, et les archéologues israéliens ont fini par tirer un trait sur ces affabulations.

“Les fouilles entreprises à Jérusalem n’ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l’époque de David et de Salomon”. Mieux encore : “Quant aux édifices monumentaux attribués jadis à Salomon, les rapporter à d’autres rois paraît beaucoup plus raisonnable. Les implications d’un tel réexamen sont énormes. En effet, s’il n’y a pas eu de patriarches, ni d’Exode, ni de conquête de Canaan, ni de monarchie unifiée et prospère sous David et Salomon, devons-nous en conclure que l’Israël biblique tel que nous le décrivent les cinq livres de Moïse, les livres de Josué, des Juges et de Samuel, n’a jamais existé ?

Ces citations ne sont pas tirées d’un brûlot antisioniste, mais du livre d’Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, Les nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard, 2002, p. 150. La mythologie sioniste avait maquillé le mythe en histoire pour les besoins de la cause. Cette histoire en carton-pâte est balayée par la recherche scientifique. La véritable histoire reprend ses droits, et la géographie du sacré sombre dans les sables mouvants. Mais peu importe. Avec de vieilles pierres en guise de témoins muets, les sionistes revendiquent obstinément la propriété d’une terre arrachée en 1948 à ses détenteurs légitimes.

Bruno Guigue | 10 décembre 2017

Source : Bruno Guigue

http://arretsurinfo.ch/jerusalem-et-la-mystique-de-lelection/

Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide 1914-1945

PUB ALR VATICAN

Message de l'auteur, à propos de son document Histoire d’une censure vaticane et médiatique à répétition, suite à la censure qu'elle vient de subir à la RTBF.

Chers amis,

Je vous remercie de prendre le temps de vous informer sur un exemple de censure cléricale et médiatique étendue sur plus d’une année, et qui vient de se clore à la RTBF, principale chaîne de télévision belge. Un tel interdit mériterait la fanfare, mais les spectateurs belges l’ignoreront sans doute autant que le public français. Cet exemple accroît la longue liste connue des ostracismes prononcés de longue date en France contre la recherche scientifique et critique en général, et contre les chercheurs indépendants des puissants en particulier.

L’exposé, un peu long, ne vous rebutera pas, j’en suis certaine : j’ai été contrainte à fournir des détails, les jugeant d’autant plus nécessaires qu’il est rare de pouvoir saisir (ou disposer d’éléments solides sur) le processus de censure qui, nous affirme-t-on, n’existe pas dans nos démocraties-modèles et notre grande presse libre. Les correspondances attestent que je n’étais aucunement demanderesse de la publicité des grands médias: dois-je préciser que c’est toujours le cas, et que je considère les sources électroniques comme le quasi exclusif moyen d’information actuellement accessible : jusqu’à quand est une question qui se pose de plus en plus clairement.

La diffusion de ce document est, comme d’habitude, non seulement libre mais encore vivement encouragée.

Bien cordialement

Annie Lacroix-Riz


 

A propos de son livre:

Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide 1914-1945, Paris, Armand Colin, Nouvelle édition refondue, 2010

Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide 1914-1945, Paris, Armand Colin, Nouvelle édition refondue, 2010 {JPEG}Bihr Alain

Il est singulier de constater combien les historiens s’intéressent peu au plus ancien des États européens : le Vatican. Encore plus curieux est le fait que, quand ils s’y intéressent, ils ne l’appréhendent guère comme un État qui, à l’image de tous les autres États, n’est qu’un « monstre froid », « le plus froid même des monstres froids  » (Nietzsche), dont les comportements de leurs dirigeants ne peuvent ni ne doivent se comprendre qu’en fonction des intérêts de cet État dans ses rapports avec tous les autres acteurs de la scène politique internationale, à commencer par les autres États. Car, sous ce rapport, pas plus que sous aucun autre, le Vatican ne fait exception à la règle. Annie Lacroix-Riz en apporte la démonstration dans cet ouvrage consacré à la politique extérieure du Vatican durant la période cruciale de l’histoire de l’Europe contemporaine qui va des prémices du premier aux lendemains du second conflit mondial. Sa thèse est que, par delà les vicissitudes d’une histoire bouleversée et les revers qu’elle y aura connus, cette politique s’est caractérisée par une remarquable continuité dans la poursuite de ses objectifs, sa Realpolitik amenant le Vatican à nouer une alliance solide et durable avec l’État allemand, quels qu’en aient été les dirigeants et leurs idéologies. Ce n’est pourtant pas ce dernier qui a sa préférence au départ. Au début du XXe siècle, l’allié privilégié du Vatican reste le vieil État habsbourgeois, la double monarchie austro-hongroise, profondément catholique, qui a été en son temps le fer de lance de la Contre-Réforme en Europe centrale. Mais ses deux bêtes noires sont d’une part la Russie tsariste, épicentre de l’orthodoxie honnie, d’autre part la France qui, autour de 1860, a pris une part décisive à l’unification italienne, qui va réduire le Vatican à l’État territorialement croupion qu’on connaît aujourd’hui et qui, après l’adoption des lois de séparation des Églises et de l’État de 1905, n’est pas loin d’incarner l’Antéchrist pour la Curie romaine. Aussi lui faut-il bien consentir à l’alliance des Habsbourg avec les Hohenzollern, fussent-ils luthériens. Et dès août 1914, ce sont bien les Empires centraux que le Vatican soutient, en se faisant notamment le défenseur de leurs revendications territoriales. Le cours de la guerre allait cependant rapidement le convaincre que, des deux États de langue allemande, c’était bien l’Allemagne la plus solide, même dans la défaite. C’est donc à cette dernière que le Vatican va dès lors lier le destin de sa politique extérieure. Pour faire face à une France que sa victoire semble avoir encore renforcée et une Russie désormais livrée à l’athéisme bolchevique, le Vatican va tout faire de ce qui est en son pouvoir pour alléger le poids des sanctions (notamment territoriales et financières) ordonnées par le traité de Versailles contre l’Allemagne, tout en préparant déjà le terrain de la revanche, par la dénonciation du dit traité et son appui à l’autonomisme et à l’irrédentisme dans les territoires catholiques arrachés aux Habsbourg et aux Hohenzollern, le Vatican allant jusqu’au comploter contre la Pologne, pourtant catholique et antibolchevique, parce que sa renaissance s’est faite notamment par réunion de tels territoires. Dans cette nouvelle configuration, le Vatican va chercher un appui sinon un allié dans les États-Unis d’Amérique, dont l’intervention dans la guerre a commencé à faire un acteur de la scène politique européenne. Au centre de toutes ces manœuvres se trouve Eugenio Pacelli, nommé nonce apostolique (représentant du Vatican) à Munich en mai 1917, fonction étendue à toute l’Allemagne après la défaite, l’artisan du concordat avec l’Allemagne (1924). Il deviendra secrétaire d’État du Vatican (une fonction qui cumule celle de Premier ministre et de ministre des Affaires Étrangères), avant d’être élu pape en mars 1939 : ce sera Pie XII. Lorsque Hitler arrive au pouvoir en janvier 1933, en dépit des tendances anticatholiques et plus largement antichrétiennes du nouveau régime, le Vatican trouvera en lui son champion. Il appuiera tous ses projets d’expansion territoriale, d’abord « pacifiques » (à commencer par l’Anchluss, l’absorption en 1938 d’une Autriche déjà largement nazifiée par l’, ardemment désirée par la Curie romaine, qui neutralisera l’opposition de l’Italie mussolinienne en l’occurrence) puis guerrières, à l’Ouest (au détriment des Pays-Bas, la Belgique et la France), au Nord (Danemark et Norvège) et à l’Est (Pologne puis Russie). Avec le déclenchement de l’opération Barbarossa (nom de code de l’invasion de la Russie – juin 1941), autrement dit de la guerre d’extermination du « judéo-bolchevisme » dans l’Est européen, que le Vatican présentera quelquefois quasiment comme une guerre sainte, d’autant plus qu’il espère pouvoir ainsi faire entrer dans son giron l’Église ukrainienne uniate, il n’aura plus pour le régime nazi que les yeux de Chimène. Des yeux qui se fermeront volontiers pour ne pas voir les pires crimes et génocides de masse dont le régime nazi va se rendre coupable, à commencer par ceux des juifs et des Roms, fussent-ils accomplis aux portes mêmes du Vatican, comme lors de la déportation des juifs de Rome à l’automne 1943. Mais il en ira de même à propos des massacres perpétrés par l’Etat fantoche oustachi (croate) à l’égard des Serbes, des juifs et des Roms, ne leur laissant le choix qu’entre la conversion (au catholicisme) et la mort. Les fameux « silences  » de Pie XII, en contradiction apparente avec l’Évangile, ne sont que trop cohérents au regard des positions occupées par le Vatican dans les rapports de forces politiques au sein de l’Europe en guerre. Quand, après la chute de Stalingrad (février 1943) et surtout la bataille de Koursk (juillet-août 1943), se lève le spectre de la défaite allemande à l’est, le Vatican va mettre en place ses fameuses ratlines, littéralement filières à rat, destinées à permettre au plus grand nombre parmi les hauts dignitaires et autres exécutants de basses œuvres nazis ou alliés de ces derniers de se réfugier en des lieux sûrs, en Europe même (dans des couvents) ou en dehors de l’Europe (notamment en Amérique latine). Une opération supervisée par Giovanni Montini, le futur pape Paul VI (1963-1978)… Et, une nouvelle fois, le Vatican tentera de trouver un allié dans les États-Unis de manière à s’assurer que l’occupation de l’Allemagne par les vainqueurs, devenue inévitable, soit la moins préjudiciable possible. Une tentative qui sera d’un certain succès, Washington montrant un intérêt particulier à enrôler à son service des nazis ayant brillé dans la répression des mouvements de résistance et dans la lutte contre l’Union Soviétique, dans la perspective de ce qu’on pressent devoir devenir la future confrontation entre les anciens alliés. Le trajet d’un dénommé Klaus Barbie est, de ce point de vue, édifiant mais nullement exceptionnel : avant de finir conseiller des dictateurs boliviens dans les années 1960-1970, l’ancien « boucher de Lyon  », bourreau de Jean Moulin, recyclé par les soins des réseaux catholiques, était devenu une barbouze états-unienne en Allemagne. Restait au Vatican, sous l’égide des États-Unis et plus largement des États occidentaux, à accomplir un dernier miracle : celui de faire renaître l’Allemagne occidentale de ses ruines en tant qu’État à part entière, en le lavant de tous les crimes de son prédécesseur nazi. Il y contribuera en remettant en selle le vieux parti de la droite catholique allemande, ce Zentrum qu’il avait lui-même sabordé après l’installation de Hitler à la Chancellerie en 1933, et auquel il redonnera vie sous les couleurs de la Christlish Demokratische Union (CDU) et de la Christlich Soziale Union (CSU) bavaroise qui domineront la scène politique allemande jusqu’au début des années 1970. Deuxième version d’un ouvrage initialement paru en 1997, ici enrichi de l’exploitation de nombreuses nouvelles archives (à l’exception de celles du Vatican, toujours fermées et sans doute en partie volontairement détruites), très solidement documentée et argumentée, cette livraison d’Annie Lacroix-Riz fourmille de nombreux développements secondaires et de détails significatifs plus nombreux encore dont il est impossible de faire mention ici. Qu’il me soit permis pour conclure en signalant qu’elle débouche sur deux questions qui se situent cependant au-delà de son champ d’étude mais dont la solution contribuerait à parfaire son approche critique de l’institution ecclésiale. La première concerne les modalités de l’action diplomatique du Vatican et conduit à s’interroger sur les modalités d’action et les modes de fonctionnement du clergé, tant séculier que régulier, qui forme les bras de la pieuvre vaticane. La seconde a trait aux intérêts matériels et notamment financiers du Vatican, dont on devine à plusieurs reprises qu’ils pèsent lourdement dans les choix de la Curie romaine ou des différentes Églises nationales. À quand un ouvrage de synthèse sur « l’or du Vatican » ?

 

Bihr Alain, « Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide 1914-1945 », dans revue  Interrogations ?, N°12 – Quoi de neuf dans le salariat ?, juin 2011 [en ligne], http://www.revue-interrogations.org/Annie-Lacroix-Riz-Le-Vatican-l (Consulté le 5 décembre 2017).

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/collaboration-histoire-dune-censure-vaticane-mediatique-a-repetition-de-rmc-a-rtbf/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

mercredi 29 novembre 2017

L’islamophilie du Pape François inquiète

Article proposé par S.R. (UPR 87)

BASE 14 995X225Attention: sujet clivant! Sans prendre forcément parti, en tous cas de manière aussi tranchée,  il est intéressant d'analyser les arguments en présence, afin d'enrichir son propre argumentaire, même si la thèse avancée nous semble parfois présenter des affirmations discutables: je ne suis pas sûr, par exemple, que la vision que l'auteur présente de l'islam soit conforme à la réalité complexe, à l'image d'autres religions... Au moment où nous mettons en place au niveau national une commission sur les questions migratoires, avec comme objectif une étude exhaustive de ces questions, de manière raisonnée et la plus objective possible,  nous faisons le pari de l'intelligence des Français, car ils seront amenés à se prononcer par référendum, à l'issue d'un débat démocratique, dans le cadre d'une souveraineté recouvrée.

Comme d'habitude, vos articles et contre- articles sont bienvenus: il suffit de les proposer à la délégation régionale.

Contrairement à ce que prétendent certains, nous n'esquivons pas certains débats. Nous évitons simplement d'en faire des sujets de discorde afin de nous rassembler sur l'essentiel: la libération de la France! Cela ne constitue pas un renoncement à la réflexion...

P.G


L’attitude profondément islamophile du Pape François inquiète de nombreux fidèles.

ARG RELIGIONS PAPE

Et cette inquiétude a très bien été exprimée par Gian Paolo Rossi sur son blog, publié par Il Giornale.it. J’ai trouvé son texte très pertinent et je l’ai traduit et adapté pour les lectrices et les lecteurs de Dreuz.

Inquiétude

Je le dis, la mort dans l’âme, ce Pape m’inquiète. L’extrémisme idéologique, l’absence de profondeur dans sa façon d’affronter les thèmes actuels qui secouent les fondements de notre Société, m’inquiètent.

Sa stratégie médiatique ponctuelle, parfaitement cohérente avec les exigences des élites mondiales, semble goulûment l’attirer.

Le fait qu’il exprime les idées que les élites mondiales veulent entendre m’inquiète.

Voir l’Église de Rome succomber sur certains thèmes à l’Esprit du Temps présent, conformément au pire mondialisme technocratique dont nous payons la dérive, m’inquiète.

Entendre le Pape s’exprimer sur l’immigration comme un document de l’Open Society de Soros m’inquiète.

Et quand le Vicaire du Christ, chef de l’Église catholique romaine, semble être le « Répliquant » de Soros, cela devrait tous nous inquiéter. L’Église a cessé d’être  « incroyable » pour devenir tout simplement banale.

Utopisme et angélisme

Les positions et les affirmations du Pape François sur l’immigration embarrassent par leur utopisme, leur irréalisme, leur angélisme et par la rupture radicale avec les enseignements de Jean Paul II et de Benoît XVI. Pour ces derniers, le « Droit à émigrer » a toujours été précédé par un droit supérieur : le Droit de ne pas émigrer, le Droit de vivre en paix et dans la dignité dans sa propre patrie. (Jean Paul II)

L’immigration porte avec elle des conséquences qui bouleversent l’identité des nations.

Le fanatisme immigrationniste de Bergoglio ne tient absolument pas compte du fait que le devoir d’accueil doit toujours être concilié avec les exigences de la société d’accueil. Chaque état a le droit de réguler les flux migratoires et de mettre en place des politiques dictées par les exigences générales du bien commun.

« Il est nécessaire de savoir conjuguer solidarité et respect des lois, afin de ne pas perturber la cohabitation sociale et de tenir compte des principes du droit et des traditions culturelles et religieuses à la base de la nation italienne. » (Benoît XVI) (Principe qui vaut pour chaque nation européenne.)

Le message du Pape François n’est ni révolutionnaire ni subversif, il est tout simplement la soumission de ce pontificat au projet de l’élite mondiale.

Qu’une chose soit bien claire : il n’est pas question ici de l’amour et de l’accueil que chaque chrétien doit réserver aux plus démunis et à ceux qui souffrent, fondements d’une piété personnelle enracinée dans l’enseignement de Jésus, dans son Annonciation de la Mort et de la Résurrection et dans l’œuvre historique des apôtres.

Ni du principe catholique du « bien commun universel embrassant toute la famille des peuples, au-dessus de tout égoïsme nationaliste. » (paroles de Jean-Paul II).

Il s’agit ici des propos d’un Pape qui embrasse un fondamentalisme migratoire, banalisant le drame historique de cet exode induit par le pouvoir mondialiste, comme s’il s’agissait d’un simple problème d’égoïsme national émanant des habituels racistes et xénophobes européens.

Le récent message du Pape François n’est ni révolutionnaire ni subversif, il est tout simplement la soumission de ce pontificat au projet de l’élite mondiale

Une Église de « No state, no borders » (sans État, sans frontières)

La presse italienne s’est attardée sur le thème du « droit du sol » (le droit à la nationalité dès la naissance), droit fermement revendiqué par le Pape.

« Certains migrants et réfugiés sont souvent apatrides, mais cette situation peut facilement être évitée grâce à une législation conforme aux principes fondamentaux du droit international. La nationalité italienne doit être octroyée à tout enfant étranger dès sa naissance sur le sol italien. »

« Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés » : tels seront les thèmes du message de Bergoglio pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, qui sera célébrée le 14 janvier 2018.

Pour le Pape, accueillir les migrants signifie leur assurer la sécurité dans leur périple en ouvrant des « couloirs humanitaires » l’octroi simplifié de visas humanitaires et faciliter le regroupement familial. Les expulsions collectives et arbitraires vers des pays qui ne peuvent garantir le respect de la dignité et des droits fondamentaux ne sont pas la solution.

(Encore faudrait-il que les migrants et les réfugiés respectent les droits fondamentaux des citoyens de leur pays d’accueil, notamment le droit de vivre dans leur pays en toute sécurité, sans être insultés, agressés, violés, volés, harcelés…)

État et Nation

Malgré les peurs liées au terrorisme et leur implication dans plusieurs attentats meurtriers en Europe, le pape François continue de plaider pour un accueil large des migrants et des réfugiés, soulignant que leur “sécurité personnelle” passe “avant la sécurité nationale. »

“Le principe de la centralité de la personne humaine nous oblige à toujours faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale » !!!

Cette phrase est liée à la tradition de l’Église et de l’Occident : la sacralité de l’existence impose qu’il n’y ait aucune Raison d’État supérieure à la vie humaine. Ainsi, les gouvernements ont l’obligation morale de sauver les migrants. Mais quand le Pape affirme que l’immigration doit être acceptée indépendamment de la sécurité nationale d’un pays, alors cela devient dangereux.

Les nations modernes ne se fondent pas sur un principe divin, mais sur un compromis entre l’appartenance identitaire, la liberté individuelle et la sécurité que l’État doit garantir à ses citoyens.

Si un État ne respecte pas cette obligation, il manque à l’un de ses devoirs premiers. La « sécurité nationale » dans ce cas n’a rien à voir avec la « Raison d’État », mais avec la sécurité personnelle de chaque citoyen, qui doit être assurée par l’État, sous peine d’invalidation du rapport de confiance entre l’État et l’individu.

Peut-être le Pape François ne le sait pas, mais sa phrase détruit la racine même de la démocratie occidentale et sa position s’apparente dangereusement à celle des « petits neveux » de Soros quand ils défilent dans les rues au cri de « No State, no borders ».

Responsabilité individuelle

Dans un message, publié lundi 21 août, pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié, qui sera célébrée le 14 janvier 2018 par l’Église catholique, le Pape François appelle à un accueil « approprié et digne » des migrants, insiste sur l’extension et la simplification de l’octroi de visas humanitaires et affirme aussi qu’il faut favoriser le regroupement familial et l’étendre aux grands-parents, aux frères et sœurs, aux neveux sans jamais le faire dépendre des exigences économiques !

Ainsi, si un migrant arrive illégalement dans un pays, les citoyens devront le prendre en charge, non seulement lui, mais tous les membres de la famille, au nom de l’intégrité familiale, que lui-même a désintégrée en décidant d’émigrer (à l’exception de ceux qui fuient les persécutions véritables.)

Selon ce principe, le migrant ne sera pas éduqué à une éthique de responsabilité individuelle, à la réalisation graduelle de soi à travers le travail, à la croissance personnelle et économique, qui lui permettra d’améliorer ses conditions de vie et de subvenir aux besoins de sa famille, mais à celle d’un assistanat à vie.

(Situation normale pour un musulman : les allocations sociales représentent une sorte de jizya, l’impôt dû aux musulmans par les kouffars en échange de leur « protection » ; cet argent, fruit du travail des dhimmis, est un cadeau d’Allah, il appartient donc naturellement aux musulmans.

Choudary, imam extrémiste britannique, d’origine pakistanaise, recruteur de mercenaires d’Allah, maître à penser des djihadistes au Royaume de Sa gracieuse Majesté, avocat de formation, justifie cette manne « céleste », dont il profite allègrement : « l’argent appartient à Allah et s’il vous est donné, vous pouvez le prendre. Ne mentez pas, ne trichez pas, voilà ce que disait le prophète.“ Je ne fais rien d’illégal. Si nous vivions sous la charia, il y aurait de la nourriture, des vêtements et des logements pour tous. “Que vous viviez ou pas sur les prestations sociales ne signifie pas que vous ne pouvez pas propager vos idées. Je reste toujours dans le cadre de la loi. »)

Par ailleurs, le Pape met en garde contre “les expulsions collectives et arbitraires qui ne constituent pas une solution adéquate” et appelle les États à éviter “toute forme de détention” des mineurs migrants. Enfin, le pape François réitère son attachement à une intégration qui n’est pas “une assimilation, laquelle conduit à supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle”.

[Par contre, détruire notre propre identité culturelle par une politique migratoire insensée ne semble guère perturber le Pape François, bien au contraire !]

Ses propos outrepassent l’obligation d’accueil humanitaire ou d’une insertion socioprofessionnelle. Il ne s’agit plus d’une doctrine sociale de l’Église, mais de la doctrine socialiste.

Pour ce Pape, l’immigration n’est pas un drame historique, mais un objectif à atteindre, un projet à réaliser dans le rêve œcuménique d’une intégration globale.

L’immigration comme objectif

Pour le Pape polonais et le Pape allemand, fils d’une civitas europaea universelle, mais fondée sur l’identité des nations, le processus migratoire global était vu comme une tragédie de dimensions historiques, à laquelle il fallait répondre avec solidarité, amour et accueil, mais également avec le réalisme nécessaire face au danger de déstabilisation de tout un ordre social et culturel.

Pour cette raison, les Pontifes précédents avaient considéré le « Droit à ne pas émigrer » comme supérieur au « Droit à émigrer ». Dès lors, leurs actions visaient à l’élimination des racines malades responsables de cette immigration : les guerres pour Jean Paul II et l’absence de liberté économique nécessaire au développement pour Benoît XVI.

Pour le Pape argentin tiers-mondiste, par contre, l’immigration globale semble être un objectif, un projet à réaliser. Ainsi, le déracinement de millions d’êtres humains de leur propre terre, de leurs traditions séculaires et de leur identité est vu comme un phénomène nécessaire à la réalisation du rêve œcuménique d’une intégration globale, la même vision identique partagée par G. Soros.

Il est surprenant de ne pas entendre une seule condamnation du Pape François des causes de cette immigration de masse : les guerres « humanitaires » de l’Occident en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie) qui ont créé des millions de réfugiés.

Étonnant son silence sur les marchands d’esclaves qui alimentent l’immigration clandestine à travers le monde.

Aucune mise en garde sur le risque démographique pour l’Europe, posé par cette immigration de masse infernale, qui dans les prochaines décennies changera la face de l’Europe, son identité culturelle, sa religion.

Aucune allusion au fait que cette immigration globale appauvrira encore plus les pays pauvres, en les privant de ressources humaines, de compétences et ainsi d’espoir pour le futur, générant un mécanisme qui condamnera à la pauvreté la plus extrême les pays d’origine des migrants et réduira à la misère les pays d’accueil, qui à plus ou moins court terme seront dans l’incapacité de soutenir financièrement l’impact et les conséquences sociales de cet exode biblique.

Si l’Église devient une ONG…

Au cours des siècles, le réalisme de l’Eglise a été le résultat d’une tension intérieure, née de la conscience d’être dans le monde sans appartenir au monde. Cette tension [douloureuse, déchirante pour chaque chrétien] permit à l’Église de faire face à la réalité par une vision méta-historique, qui lui apporta de la sagesse à chacun de son jugement et de la profondeur à chacune de ses interventions.

L’Église du Pape François a choisi peut-être inconsciemment une autre voie : celle d’être dans le monde en appartenant au monde.

L’Église n’est plus en mesure d’avoir une dimension méta-historique et elle se réduit à être une grande ONG globale, seulement capable de subir les convulsions de l’histoire et la crise de notre civilisation. Dès lors, comment peut-elle continuer à demander aux chrétiens d’être les « sentinelles du matin », quand elle a décidé de veiller la lumière d’un crépuscule ?

Pour le Pape François, migrants et réfugiés sont des hommes et des femmes à la recherche de la paix. Si cela est vrai pour une infime minorité, c’est loin d’être le cas pour la majorité des envahisseurs musulmans.

« Ceux qui fomentent la peur à l’égard des migrants, parfois à des fins politiques, au lieu de construire la paix, sèment la violence, la discrimination raciale et la xénophobie, sources de grandes préoccupations pour tous ceux qui ont à cœur la protection de tout être humain. »

« Nombreux sont les pays de destination des immigrés, où se propage une rhétorique qui souligne les risques pour la sécurité nationale ou le fardeau de l’accueil des nouveaux arrivants, méprisant ainsi la dignité humaine qui doit être reconnue pour tous, car tous sont fils et filles de Dieu. »

Idéaliser, angéliser, enjoliver la migration de masse, qui déferle actuellement sur l’Occident relève d’un déni de la réalité abyssal. Cette immigration sauvage est en train de tuer l’Europe et ses citoyens, mais ce Pape n’en a cure.

Tous des anges dans leurs pays d’origine, pourquoi deviennent-ils alors des criminels chez nous ? Ils arrivent illégalement dans nos pays, et y vivent pour la plupart d’entre eux dans l’illégalité. Majoritairement musulmans, ils n’aiment ni respectent leur pays d’accueil et ne songent qu’à imposer leur foi obscurantiste, leurs traditions barbares, leur suprématisme islamique, leur haine, leur terreur, leur loi d’Allah.

Et nous sommes priés de les accueillir avec chaleur et affection, de les aider financièrement, de leur procurer un logement, un travail, au détriment de nos propres concitoyens, réduits à vivre dans la précarité. Favoriser les uns aux dépens des autres n’a jamais facilité le vivre ensemble, mais plutôt semé les graines d’une révolte sociale à venir. Et ce ne sont pas les belles paroles lénifiantes du Pape François à l’égard des envahisseurs, ses critiques acerbes continuelles envers les Européens, son mépris de leur dignité, de leur droit à vivre dans la paix, la sécurité et la justice sociale dans leur propre pays, qui éteindront les braises du feu de la révolte, en train de couver. Car, ce que le Pape Soros nous propose, c’est de devenir les esclaves dans nos propres pays de ses chers sœurs et frères musulmans, à qui il voue une affection et une compassion sans limite des plus touchantes. A se demander si ce berger ne s’est pas trompé de foi et de troupeau ? Sa place ne devrait-elle pas être à la Mecque, tant son admiration pour l’islam et sa compassion pour les adeptes d’Allah transcendent ses pensées les plus profondes ?

Source : « Papa Francesco Soros » – Il Giornale.it

https://www.dreuz.info/2017/11/26/lislamophilie-du-pape-francois-inquiete/

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mardi 31 octobre 2017

L'hérésie luthérienne du Pape François

Nous avons tous en mémoire l'éloge de Martin Luther fait par le pape François. L'année dernière, parlant à bâtons rompus avec des journalistes pendant le vol de retour après sa visite en Arménie, répondant à une question sur les rapports avec les luthériens à l'approche du 500e anniversaire de la Réforme, le Pape tint en italien les propos suivants, jamais démentis par la suite :

ARG PORTE LATINE LUTHER

« Je crois que les intentions de Martin Luther n'étaient pas mauvaises. À cette époque l'Église n'était pas vraiment un modèle à imiter : il y avait de la corruption, il y avait de la mondanité, il y avait de l'attachement à l'argent et au pouvoir. C'est pourquoi il a protesté. De plus il était intelligent et il a fait un pas en avant, en justifiant pourquoi il le faisait. Et aujourd'hui luthériens et catholiques, avec tous les protestants, nous sommes d'accord sur la doctrine de la justification : sur ce point si important, il ne s'était pas trompé. Il a fait un « remède » pour l'Église, puis ce remède s'est consolidé en un état de choses, en une discipline, etc. (1)»

Il est difficile de décrire la stupeur suscitée à l'époque par ces paroles. Il faut quoi qu'il en soit noter un point qui, à ce moment-là, n'avait peut-être pas été suffisamment mis en relief. L'éloge de la doctrine luthérienne était justifié, aux yeux du Pape François, par le fait qu'aujourd'hui catholiques et protestants « sont d'accord sur la doctrine de la justification ». C'est précisément cet accord qui démontrerait, par voie de conséquence logique, que « sur ce point si important, il ne s'était pas trompé ».

À quel accord le Pontife fait-il ici allusion ? Manifestement à la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification, signée par le Conseil Pontifical pour l'Unité des Chrétiens et par la Fédération luthérienne mondiale le 31 octobre 1999. Un document incroyable, certainement un unicum dans l'histoire de l'Église. Y sont énumérés les articles de foi que les catholiques auraient en commun avec les hérétiques luthériens, en laissant au second plan leurs différences et en faisant comprendre que les condamnations d'autrefois ne s'appliquent plus aujourd'hui ! Il est évident que dans ce document les différences n'ont pas d'intérêt, le but étant justement de faire apparaître les supposés éléments communs entre nous et les hérétiques. Or dans le § 3 de cette Déclaration, intitulé : La compréhension commune de la justification, on lit au n. 15 :

« Nous confessons ensemble : c'est seulement par la grâce au moyen de la foi en l'action salvifique du Christ, et non sur la base de notre mérite, que nous sommes acceptés par Dieu et que nous recevons l'Esprit Saint qui renouvelle nos coeurs, nous habilite et nous appelle à accomplir des oeuvres bonnes (2). » Au n° 17, dans le même paragraphe, on ajoute, toujours en commun, que : « il [le message de la justification] nous dit que, pécheurs, nous ne devons notre vie nouvelle qu'à la miséricorde de Dieu qui nous pardonne et fait toute chose nouvelle, une miséricorde qui nous est offerte et est reçue dans la foi et que nous ne pouvons jamais mériter sous quelque forme que ce soit. » Et enfin, au n° 19 du § 4.1, nous trouvons l'affirmation commune, présentée comme si c'était une chose évidente, du principe selon lequel « La justification est opérée par la grâce seule (3). »

En ce qui concerne les oeuvres bonnes, le document affirme, au n° 37 du § 4.7, intitulé Les bonnes oeuvres du justifié : « Nous confessons ensemble que les bonnes oeuvres – une vie chrétienne dans la foi, l'espérance et l'amour – sont les conséquences de la justification et en représentent les fruits (4). » Mais cette proposition est elle aussi contraire aux prescriptions du Concile de Trente, qui affirme le caractère méritoire des bonnes oeuvres pour la vie éternelle, à l'obtention de laquelle elles concourent nécessairement.

Face à de telles affirmations, comment s'étonner que le pape François vienne nous dire que « sur ce point si important, Luther ne s'était pas trompé » ? C'est-à-dire que la doctrine luthérienne de la justification est correcte ? Si elle n'est pas erronée, elle est correcte ; si elle est correcte, elle est juste. Tellement juste qu'elle a été adoptée par la Déclaration conjointe, comme on le constate dans les passages cités, si on les lit pour ce qu'ils sont, sans se faire conditionner par une présomption d'orthodoxie doctrinale, qui est ici hors de propos. Ici le sola fide et le sola gratia luthériens sont acceptés sans nuance, de même que l'idée erronée que les bonnes oeuvres doivent être comprises seulement comme conséquence et fruit de la justification.

Il faut donc affirmer haut et fort que la profession de foi partagée avec les luthériens hérétiques contredit ouvertement ce qui a été affirmé par le dogmatique Concile de Trente, dans l'affirmation de la doctrine catholique de toujours. Dans la conclusion de son Décret sur la Justification, du 13 janvier 1547, ce Concile prononça 33 anathèmes avec canons relatifs, dont le 9e affirme, contre l'hérésie du sola fide :

« Si quelqu'un dit que l'impie est justifié par la seule foi, entendant par là que rien d'autre n'est requis pour coopérer à l'obtention de la grâce, et qu'il ne lui est en aucune manière nécessaire de se préparer et disposer par un mouvement de sa volonté : qu'il soit anathème (5).»

Contre l'hérésie connexe du sola gratia, le canon n. 11 affirme :

« Si quelqu'un dit que les hommes sont justifiés ou bien par la seule imputation de la justice du Christ, ou bien par la seule rémission des péchés, à l'exclusion de la grâce et de la charité qui est répandue dans leurs coeurs par l'Esprit Saint [Rm 5, 5] et habite en eux, ou encore que la grâce par laquelle nous sommes justifiés est seulement la faveur de Dieu : qu'il soit anathème (6). »

Contre l'hérésie qui fait des bonnes oeuvres un simple fruit ou une conséquence de la justification obtenue seulement par la foi et par la grâce, comme si les bonnes oeuvres ne pouvaient y concourir en aucune façon, le canon n. 24 affirme :

« Si quelqu'un dit que la justice reçue ne se conserve pas et même ne s'accroît pas devant Dieu par les bonnes oeuvres, mais que ces oeuvres ne sont que le fruit et le signe de la justification obtenue et non pas aussi la cause de son accroissement : qu'il soit anathème (7).»

On sait que le « quelqu'un » condamné ici est Luther, ainsi que tous ceux qui pensent comme lui sur la nature de la justification. Et l'extraordinaire Déclaration conjointe ne semble-t-elle pas raisonner comme Luther ? Déclaration sur laquelle il y aurait encore autre chose à dire, par exemple sur l'ambigu § 4.6 consacré à la certitude du salut. Cette funeste Déclaration conjointe est arrivée à la fin d'un « dialogue » de plusieurs décennies avec les luthériens, dialogue qui s'est intensifié pendant le règne de Jean-Paul II, et donc avec sa complète approbation et celle du cardinal Ratzinger, qui a manifestement maintenu son adhésion à cette initiative, une fois devenu Benoît XVI. Il faut donc admettre que le Pape François, dans sa façon de s'exprimer sans nuances, a mis en lumière ce qui était implicite dans le « dialogue » avec les luthériens et dans son résultat final, la Déclaration conjointe : Luther avait vu juste, sa conception de la justification « n'était pas mauvaise.

Chapeau bas à Luther, alors ! Voilà ce que nous, catholiques, nous devons nous entendre dire, et avec conviction, 500 ans après ce schisme protestant qui, d'une façon peut-être irréparable, a dévasté l'Église universelle dans ses fondations ? Le « sanglier saxon » qui a tout piétiné et sali avait donc raison ? Et c'est un Pape qui nous l'affirme ?

Nous savons que la doctrine luthérienne défend l'idée, contraire à la logique et au bon sens mais aussi à l'Écriture Sainte, selon laquelle nous sommes justifiés (trouvés justes par Dieu et acceptés dans son Royaume à la fin des temps) sola fide, sans le nécessaire concours de nos oeuvres, c'est-à-dire sans l'apport de notre volonté, coopérant librement à l'action de la Grâce en nous.* Pour obtenir la certitude de notre salut individuel, ici et maintenant, il suffit d'avoir (dit l'hérétique) la fides fiducialis : croire que la Crucifixion du Christ a mérité et obtenu le salut pour nous tous. Par ses mérites, la miséricorde du Père se serait étendue sur nous tous comme un manteau qui recouvre nos péchés. Il n'est donc pas nécessaire, pour le salut, que chacun de nous cherche à devenir un homme nouveau dans le Christ, en s'élançant avec générosité vers Lui en pensées, en paroles et en actes, et en demandant toujours l'aide de la Grâce à cette fin (Jn 3). Il suffit d'avoir la foi passive dans le salut réalisé par l'oeuvre de la Croix, sans la contribution de notre intelligence et de notre volonté. Les bonnes oeuvres pourront jaillir de cette foi (dans le fait d'être justifié) mais elles ne peuvent pas concourir à notre salut : le penser serait commettre un péché d'orgueil !

Le but de mon intervention n'est pas l'analyse des erreurs de Luther. Je veux en revanche traiter la question suivante, qui ne me semble pas d'importance secondaire : Le scandaleux éloge public par le pape François de la doctrine luthérienne sur la justification, condamnée formellement comme hérétique, n'est-il pas lui-même hérétique ?

En effet, en affirmant publiquement que Luther « ne s'était pas trompé » avec sa doctrine sur la justification sola fide et sola gratia, le Pape n'invite-t-il pas à conclure que la doctrine luthérienne n'est pas erronée, et donc qu'elle est juste ? Si elle est juste, alors l'hérésie devient juste et le Pape François montre qu'il approuve une hérésie toujours reconnue et réprouvée comme telle par l'Église, jusqu'à l'incroyable Déclaration conjointe (laquelle, il est bon de le rappeler, n'a de toute façon pas le pouvoir d'abroger les décrets dogmatiques du Concile de Trente : ceux-ci restent valides perpétuellement, comme toutes leurs condamnations, puisqu'ils appartiennent au Dépôt de la Foi, et que c'est un simple flatus vocis de chercher à rabaisser ces condamnations au rang de simples « avertissements salutaires dont nous devons tenir compte dans la doctrine et dans la praxis ») (8).

Mais aucun Pape ne peut approuver une hérésie. Le Pape ne peut pas professer des erreurs dans la foi ou des hérésies, même comme individu privé (comme « docteur privé »). S'il le fait, il faut lui demander publiquement de rétracter l'hérésie et de professer la juste doctrine, comme c'est arrivé au XIVe siècle à Jean XXII, l'un des « Papes d'Avignon ».

Mais le cas de Jean XXII ne constitue pas un précédent pour la situation actuelle. Dans de nombreuses prédications, ce Pape avait soutenu, dans la dernière partie de sa longue vie, que l'âme du Bienheureux n'était pas admise tout de suite à la vision béatifique mais qu'elle devait attendre le jour du Jugement universel (théorie de la vision différée). Mais il présentait sa thèse comme une question doctrinale ouverte, pour résoudre des questions relatives à la théologie de la vision béatifique, par exemple celle de l'éventuelle plus grande vision de Dieu après les Jugement universel, par rapport à celle dont jouit le Bienheureux aussitôt après sa mort. Question complexe, à approfondir dans le calme d'un débat théologique de haut niveau (9). Mais les passions politiques s'intromirent – c'était l'époque de la lutte acharnée contre les hérésies des Spirituels et l'empereur Louis de Bavière – et échauffèrent les esprits. Certains Spirituels commencèrent à accuser factieusement le Pape d'hérésie et le problème de la « vision béatifique immédiate ou différée » vint bouleverser toute la chrétienté. Après de nombreux et vifs débats, on vit prévaloir, chez la grande majorité, y compris évidemment les théologiens et les cardinaux, l'opinion selon laquelle la thèse du Pape n'était pas soutenable. Mais il insista, même si, à bien y regarder, on ne peut pas dire qu'il s'agit d'une hérésie, car ce Pape montra largement qu'il n'avait pas l'animus de l'hérétique, et aussi parce qu'il s'agissait d'une question non encore définie doctrinalement. Il finit par se rétracter, presque nonagénaire, à la veille de sa mort, face à trois cardinaux, le 3 décembre 1334. Son successeur, Benoît XII, définit ex cathedra, dans la constitution apostolique Benedictus Deus du 26 janvier 1336, que l'article de foi à retenir était la « vision immédiate », laissant tacitement tomber la question de l'éventuelle augmentation de la vision béatifique au moment de la résurrection finale et du jugement universel (10).

Jean XXII rétracta donc son opinion privée de théologien. Il est utile de rappeler le cas de Jean XXII précisément pour comprendre qu'il ne peut pas constituer un précédent, car ce Pape n'a certainement pas fait l'éloge d'hérésies déjà formellement condamnées par l'Église, comme c'est le cas en revanche de l'actuel Pontife régnant, se limitant à défendre (et avec un débat nourri) une solution doctrinale nouvelle, qui se révéla ensuite non pertinente.

Il me semble que l'éloge de l'hérésie luthérienne fait par le Pape François n'a pas de précédent dans l'histoire de l'Église. Pour remédier au scandale et à la stupeur qu'il a provoqués, ne devrait-il pas se rétracter et réaffirmer la condamnation de l'hérésie luthérienne ? J'ose l'affirmer, comme simple croyant : il doit le faire, car confirmer tous les fidèles dans la foi, en maintenant le Dépôt intact, est le devoir spécifique du Pontife Romain. En faisant ouvertement l'éloge de l'hérésiarque Luther et de ses graves et pernicieuses erreurs, le pape François a manqué à son devoir de Pontife, de Pasteur Suprême des brebis que Dieu lui a confiées pour les défendre des loups, et non pour les leur livrer en pâture.

Par ailleurs, proclamer que Luther « ne s'était pas trompé » n'est-ce pas dire implicitement que ceux qui l'avaient condamné formellement comme hérétique s'étaient trompés ? Si Luther était dans le juste, alors les Papes qui l'ont successivement condamné avaient tort (ils étaient trois : Léon X, Adrien VI, Clément VII), et avait tort également le dogmatique Concile de Trente qui a stigmatisé ses erreurs de façon détaillée. En disant que Luther « ne s'était pas trompé », on contredit cinq cents ans de Magistère de l'Église, et même on dissout ce Magistère en le privant de toute autorité, puisqu'il aurait condamné Luther pendant cinq cents ans pour une erreur qui n'existait pas. La petite phrase jetée dans l'interview aérienne implique que, pendant des siècles, tout le monde se serait trompé : Papes, cardinaux, évêques, théologiens, et jusqu'aux simples prêtres ! L'Église aurait été privée pendant des siècles de l'assistance du Saint Esprit, qui ne se serait manifesté que récemment, avec Vatican II, avec les réformes promues par celui-ci, parmi lesquelles la Déclaration conjointe…

Quelqu'un pourrait objecter : est-il légitime de soutenir que celui qui partage ouvertement et publiquement une hérésie patente doit être considéré lui-même comme hérétique ?

Oui, de la façon la plus absolue. Hérétique par approbation ou complicité, si l'on peut parler ainsi. Il est certain que celui qui approuve en son for interne les erreurs professées par l'hérétique s'en rend moralement complice parce qu'il se les approprie sur le plan intellectuel. Et il s'en rend complice aussi au plan extérieur s'il manifeste publiquement son approbation. Cette approbation ne peut pas être considérée comme neutre et sans influence à l'égard du Dépôt des vérités de foi. Quiconque approuve en pleine conscience, et sans distinction, partage et s'approprie ce qu'il a approuvé : il y souscrit librement et intégralement, il y adhère, il y participe. Quiconque approuve librement une opinion de quelqu'un d'autre montre qu'il l'a faite sienne, et on peut la lui attribuer comme si c'était la sienne. Cela est valable aussi pour les hérésies, qui naissent comme des opinions personnelles de l'hérétique.

En effet, « on appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité » (CIC 1983, c. 751). En s'obstinant dans son opinion erronée, l'hérétique commence à fabriquer ce « remède » (comme dit le Pape François) qui est en réalité un poison qui pénètre dans les âmes, les éloigne de la vraie foi et les pousse à la révolte contre les pasteurs légitimes. Louer Luther et trouver juste son hérésie du sola fide signifie, comme je l'ai dit, manifester une opinion incomparablement plus grave que la fausse opinion de Jean XXII sur la vision béatifique. Beaucoup plus grave, car le Pontife actuel a loué une hérésie déjà condamnée il y a cinq siècles formellement et solennellement comme telle, par les Papes individuellement et par un Concile OEcuménique de la Sainte Église, le dogmatique Concile de Trente. Si la plus grande gravité du fait n'a pas d'incidence sur sa nature, qui reste celle d'une déclaration privée, d'un discours improvisé d'un Pape s'exprimant comme « docteur privé », toutefois le fait qu'il s'agisse d'un discours privé n'en diminue pas la gravité, destructrice de tout le magistère de l'Église : une réparation publique est donc nécessaire, sous la forme d'une rectification.

Une autre objection pourrait être la suivante : ces déclarations contra fidem, le Pape François les a faites lors de discours privés, même s'ils étaient tenus face à un public et pour le parterre mondial des médias. N'étant pas des documents officiels de l'Église, ils n'ont pas de valeur magistérielle. Ne pourrait-on pas simplement les ignorer ?

Il est vrai que ces déclarations n'ont pas de valeur magistérielle. Si c'était le cas, les organes ecclésiastiques compétents (le Collège cardinalice ou les cardinaux individuellement) pourraient légitimement (je le crois) demander à ce que le Pape François soit formellement mis en accusation pour hérésie manifeste.

Toutefois, on ne peut pas faire comme si de rien n'était. En plus de représenter une grave offense envers Notre- Seigneur, ces déclarations du Pape, improvisées et de style hétérodoxe, exercent un grand poids sur l'opinion publique, et contribuent certainement à la façon erronée dont tant de croyants et d'incroyants voient la religion catholique aujourd'hui. Le fait est qu'un Pape, même quand il se limite à accorder des interviews, n'est jamais une simple personne privée. Même quand il ne parle pas ex cathedra, le Pape est toujours le Pape, chacune de ses phrases est toujours considérée et soupesée comme si elle était prononcée ex cathedra. En somme, le Pape fait toujours autorité et on ne discute pas une autorité. Même comme « docteur privé » le Pape maintient toujours cette autorité supérieure aux autorités usuelles du monde civil, parce qu'il s'agit d'une autorité qui vient de l'institution même, de la Papauté, du fait que celle-ci est l'office du Vicaire du Christ sur terre. Elle la maintient, indépendamment de ses qualités personnelles, qu'elles soient nombreuses ou rares.

Il n'est donc pas acceptable qu'un Pape, même comme simple « docteur privé », fasse l'éloge de l'hérésie. Il n'est pas acceptable que le Pape François qualifie d'opinion « non mauvaise », et donc juste, l'hérésie de Luther sur la justification. Pour le bien de son âme et de celles des fidèles, il doit au plus tôt se rétracter et renouveler les condamnations argumentées et solennelles que, pendant cinq siècles, l'Église enseignante a infailliblement prononcées contre Luther et contre ses disciples.

Pr Paolo Pasqualucci

Sources : Courrier de Rome n° 603 / La Porte Latine du 29 octobre 2017

 

Notes

(1) 1. Texte repris par le site Riscossa Cristiana, article de M. FAVERZANI de juin 2016, p. 2 de 2, originellement sur le site Corrispondenza Romana. Le texte reproduit fidèlement le langage les propos improvisés du Pape, tels qu'ils ont été rapportés par la presse internationale. Le passage souligné l'est par mes soins. Sur l'éloge de Luther par le Pape François, voir mes deux précédentes interventions, sur le blog Chiesa e Postconcilio : P. PASQUALUCCI, Lo scandaloso elogio di Bergoglio a Lutero, sulla giustificazione (Le scandaleux éloge de Luther fait par Bergoglio, sur la justification), 7 juillet 2016 ; P. PASQUALUCCI, La vera dottrina della Chiesa sulla giustificazione, 29 octobre 2016.
(2). Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification
(3). Op. cit., p. 5/22 et 6/22. Les passages soulignés le sont par mes soins.
(4). Op. cit., p. 10/22. Passage souligné par mes soins. On remarquera le caractère vague et générique attribué à la notion de « bonnes oeuvres » : aucune allusion au fait qu'elles impliquent l'observation des Dix Commandements et la lutte quotidienne de chacun de nous pour sa sanctification, avec l'aide indispensable et décisive de la Grâce.
(5). GIUSEPPE ALBERIGO (sous la direction de), Decisioni dei Concili Ecumenici (Décisions des Conciles OEcuméniques), trad. it. de Rodomonte Gallicani, UTET, 1978, p. 553 ; DS 819/1559.
(6). Op. cit., p. 554 ; DS 821/1561.
(7). Op. cit., p. 555 ; DS 834/1574. Voir aussi les canons n° 26 et 32, qui réaffirment le sens de « récompense » des bonnes oeuvres pour la vie éternelle et donc le caractère « méritoire » de celles-ci, toujours pour la vie éternelle : les bonnes oeuvres s'entendant accomplies par le croyant « par la grâce de Dieu et les mérites de Jésus-Christ (dont il est membre vivant) » : op. cit., pp. 556-557 (DS 836/1576 ; 842/1582). Même si les bonnes oeuvres font totalement défaut, le luthérien est convaincu qu'il se sauvera de toute façon !
(8). Ainsi ne craint pas de s'exprimer la Déclaration conjointe au n° 42 du § 5.
(9). Sur ce point voir les observations précises du théologien P. JEAN-MICHEL GLEIZE, FSSPX, dans sa série de six brefs articles intitulée : En cas de doute…, Courrier de Rome, janvier 2017, LII, N. 595, pp. 9-11. Les articles traitent de façon approfondie du problème du « Pape hérétique ».
(10). Entrée Jean XXII de l'Enciclopedia Treccani, de CHARLES TROTTMAN, trad. it. de Maria Paola Arena, p. 25/45, accessible sur internet. Voir aussi GLEIZE, op. cit., p. 10. Pour les textes : DS 529/531/990-991 ; 1000-1002.


 

 *Ce qui est en jeu ici n'est pas une simple querelle théologique qui paraîtra obscure à certains:

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Tout discussion autour du concept de "libre arbitre" ne peut que nous interpeller, et la Réforme nous a montré les répercussions possibles d'une telle querelle sur le plan politique. Comme on le voit, le débat est loin d'être clos.

P.G.

Posté par UPR Creuse à 19:17 - - Permalien [#]
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