vendredi 18 mai 2018

Jean Bernadotte (1763 - 1844) « Sergent Belle-Jambe », roi de Suède

HIST BERNADOTTE

 

Le maréchal Jean-Baptiste Bernadotte en prince héritier de Suède (1811, François Gérard, collections royales de Stockholm)Peu de destins auront été plus singuliers que celui de Jean-Baptiste Bernadotte.

Comment ce modeste Béarnais au teint basané, né dans la France de Louis XV, et qui selon la légende s’était fait tatouer « Mort aux rois ! » sur la poitrine, aurait-il pu imaginer qu’il deviendrait roi de Suède ?

De son couronnement, le 11 mai 1818 à Stockholm, est issue une dynastie qui règne depuis lors avec sérénité sur ce grand pays du Nord.

La réalité a dépassé la fiction...

Soldat de la République

C’est à Pau, patrie d’Henri IV, que Jean-Baptiste Bernadotte voit le jour le 26 janvier 1763. Fils d’un tailleur d’habits, il s’engage à 17 ans comme simple soldat au régiment d’infanterie Royal-La Marine.

Sérieux et travailleur, il grimpe lentement, grade après grade, les échelons militaires. À la veille de la Révolution, Bernadotte est promu sergent major. Apprécié pour son physique avantageux et sa prestance, le Béarnais est alors surnommé dans son régiment « Sergent Belle-Jambe ».

Bernadotte lieutenant du-36e régiment de ligne en 1792 (Louis-Felix Amiel, 1834)Les guerres de la Révolution vont lui permettre une rapide promotion. En 1793, il accède au grade de capitaine puis de chef de bataillon. L’année suivante, il participe à la bataille de Fleurus. Son rôle décisif dans la victoire lui vaut d’être aussitôt promu général de brigade. Quelques mois plus tard, il est nommé général de division.

Durant trois ans, Bernadotte va combattre en Belgique et aux Pays-Bas au sein de l'armée de Sambre­et-Meuse, commandée par Jourdan et Kléber. En 1797, il est envoyé avec sa division en Italie pour assister Bonaparte. Entre les deux hommes, le contact est froid car Bernadotte admet difficilement d’être sous les ordres d’un général plus jeune que lui. Le Béarnais mène avec succès l’avant-garde française contre l'archiduc Charles et c’est lui qui est chargé de rapporter au Directoire les drapeaux pris à l’ennemi.

Parent par alliance de Joseph Bonaparte

Nommé ambassadeur à Vienne, Bernadotte n’est pas de l'expédition d'Égypte. De retour en France au printemps 1798, il se rapproche de Joseph Bonaparte, alors député au Conseil des Cinq-Cents. Celui-ci est marié à la fille d’une des plus riches familles de Marseille, Julie Clary. Le Béarnais en profite pour épouser la sœur de cette dernière, Désirée, qui n’est autre que l’ancienne fiancée de… Napoléon !

Le mariage est célébré le 17 août 1798 à Sceaux, en présence de Joseph et Lucien Bonaparte. Un an plus tard, Désirée accouche d’un enfant, Oscar, et propose à Napoléon d’en être le parrain. Le futur Premier Consul accepte de bon cœur. Le destin de Bernadotte sera désormais étroitement lié à celui des Bonaparte.

Le 3 juillet 1799, le Béarnais est nommé ministre de la Guerre du Directoire. Il est alors un farouche républicain et Sieyès, qui complote pour renverser le régime, s’arrange pour le faire démissionner au bout de deux mois.

Lors du coup d’État du 18 Brumaire, Bernadotte refuse à la fois de se rallier à Bonaparte et de défendre le régime.

Maréchal d’Empire

En mai 1804, Bernadotte accepte néanmoins de se rallier à l'Empire. En récompense, il est fait Maréchal d'Empire et deviendra deux ans plus tard prince de Ponte-Corvo. Bernadotte participe aux guerres de l’Empire. Il ne s’illustre guère durant les batailles, se voyant régulièrement reprocher son attentisme par Napoléon.

Mais le 7 novembre 1806, lors de la bataille de Lübeck, sur la Baltique, Bernadotte se comporte avec une rare urbanité à l'égard des officiers suédois qui ont été faits prisonniers. À leur retour, ceux-ci chanteront ses louanges à Stockholm...

La bataille de Lübeck (6 et 7 novembre1806)

Prince-héritier de Suède

Alors qu'il est en semi-disgrâce, Bernadotte va soudainement voir son destin basculer à l’été 1810. Le 28 mai 1810, le prince-héritier Charles-Auguste de Suède, décède d’une chute de cheval.

Son père adoptif, le roi Charles XIII, malade et sans enfant, cherche donc un nouveau prince héritier. La Suède souhaite se rapprocher de la France, afin de contrer la Russie, et se met en quête d’un futur roi ayant les faveurs de Napoléon. Craignant que l’Empereur n’impose un membre de sa famille, le gouvernement suédois propose le titre à Bernadotte, en souvenir de sa bienveillance à l’égard des prisonniers.

Napoléon hésite. Il se méfie de Bernadotte et redoute que cette promotion ne donne des idées de trône à ses autres maréchaux. Il finit toutefois pas accepter, espérant disposer ainsi d’un solide allié en Europe du Nord.

Le 21 août 1810, les états généraux d'Örebro désignent à l'unanimité Bernadotte prince royal et successeur du roi Charles XIII. Deux mois plus tard, le Béarnais débarque en Suède. Il se convertit au luthéranisme et prend le prénom de Charles Jean. À la cour de Stockholm, il fait très vite oublier son passé révolutionnaire.

Son épouse Désirée Clary est quant à elle peu disposée à s’installer dans ce royaume nordique, si loin de sa famille et dont elle ne connait rien. Prétextant des problèmes de santé, elle fait traîner les choses et ne rejoint son mari que six mois plus tard, avec leur fils unique, Oscar. Mais la Marseillaise qui se fait très mal au climat scandinave et à l’austérité de la religion luthérienne, supporte encore moins l’éloignement de sa sœur, devenue de son côté reine d’Espagne. Elle choisit de revenir rapidement en France, laissant son fils à Stockholm.

Adversaire de la France

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En juin 1812, Napoléon envahit la Russie. Alors que l’empereur espère une attaque de la Suède contre la Finlande, Bernadotte lui fait faux bond en déclarant sa neutralité. Napoléon lui en gardera une éternelle rancune.

Bernadotte n'en a cure. Il signe un traité d'alliance avec la Russie et rejoint la coalition formée contre la France, en échange de l’annexion de la Norvège, alors unie au Danemark dont le souverain est jugé trop favorable à Napoléon !

Il combat ses anciens frères d'armes en Allemagne mais répugne toutefois à envahir la France. 

Roi de Suède et de Norvège

Le 5 février 1818, Charles XIII meurt. Bernadotte lui succède sur le trône de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV.

Souverain d’une monarchie encore à mi-chemin entre absolutisme et parlementarisme, Bernadotte va régner en monarque tantôt libéral, tantôt conservateur. Bénéficiant du contexte pacifique de l’après traité de Vienne, il rétablit les fiances du royaume et fait de la Suède, pays jusqu’alors belliqueux, un État neutre, sur le modèle de la Suisse. Depuis son accession au trône, le royaume n’a plus participé à un conflit.

Bien qu’il n’ait jamais réussi à parler la langue de ses sujets, il resta très populaire. Son jubilé, en 1843, fut l’occasion d’une immense ferveur. Bernadotte meurt à 81 ans, le 8 mars 1844. Son fils Oscar lui succède sous le nom d’Oskar Ier. L’actuel roi de Suède, Charles XVI, est son arrière-arrière-arrière-petit-fils !

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2410&ID_dossier=345

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jeudi 10 mai 2018

6 mai 2018 : 260e anniversaire de la naissance de Robespierre,

TRIBUNE LIBRE / PRCF

TL ROBESPIERRE ANNIV

 

260e anniversaire de la naissance de  figure de proue de la Révolution française et vrai fondateur de la République ».

Inlassablement calomnié, l’homme qui dirigea la lutte épique des Jacobins et des Sans Culottes contre l’Europe monarchique, est né le 6 mai 1768, et très logiquement la pseudo- « République » actuelle, qui n’est qu’un proconsulat monarchique déguisé de l’UE, ne lui accordera pas une seconde de mémoire, sinon pour vomir sa mémoire. Mais qu’attendre d’autre d’un MACRON, qui se réclame du « pacte girondin » et qui croit pouvoir dé-maastricoter à toute vitesse la France issue de 1789-94, de février 1848, de la Commune, de 1905, du Front populaire et du CNR ?
Eh bien nous, militants franchement communistes 100% opposés à l’UE néolibérale et à ses commis hexagonaux, nous ne pouvons que reprendre le mot de Jean FERRAT : « elle répond toujours du nom de ROBESPIERRE, Ma France »…
https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/6-mai-2018-260e-anniversaire-de-la-naissance-de-robespierre-figure-de-proue-de-la-revolution-francaise-et-vrai-fondateur-de-la-republique...
Voir aussi (publicité)

9782262074487ORI

Robespierre
La fabrication d'un monde

Jean-Clément MARTIN

Collection : Tempus
Date de parution : 22/02/2018
Comment fabrique-t-on un monstre, ou un nouveau portrait de Robespierre.
 
Comme l’on sait, aucune artère parisienne ne porte le nom de Robespierre, passé à la postérité comme l’archétype du monstre. Sans l’absoudre ni l’accabler, mais en le suivant pas à pas à travers chacune de ses prises de position politiques, Jean-Clément Martin montre que cette réputation a été fabriquée par les Thermidoriens. Après avoir abattu le « tyran », ils voulurent en effet se dédouaner de leur propre recours à la violence d’État. Ainsi, les 10 et 11 thermidor, qui voient l’exécution de « l’Incorruptible » et d’une centaine de révolutionnaires, servent à imputer au premier la seule responsabilité de la « Terreur ». Non seulement cette accusation a réécrit l’histoire de la Révolution, mais elle continue à s’imposer encore à nous. Une démonstration sans faille et un livre à l’image de Robespierre : éminemment politique.
 
Jean-Clément Martin, Professeur émérite à l’université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, a notamment publié La Guerre de Vendée, La Machine à fantasmes et, chez Perrin, la Nouvelle Histoire de la Révolution française.
https://www.lisez.com/livre-de-poche/robespierre/9782262074487

Robespierre, le grand mensonge

Selon l’interprétation traditionnelle, Robespierre reste l’incarnation sanglante, redoutable et redoutée de la Révolution française. Dans « Robespierre, la fabrication d’un monstre », Jean-Clément Martin, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française, professeur émérite à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, démolit l’image caricaturale du tyran, savamment façonnée, selon lui, immédiatement après sa mort. L’historien y dévoile un personnage plus nuancé, discret, complexe et souvent indécis, en proie à une situation politique chaotique à laquelle il s’adapte plus qu’il ne la provoque.

Qui était le jeune Maximilien ?

Maximilien est un enfant de son temps. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie de droit et de commerce, il perd sa mère très tôt et son père quitte rapidement le foyer. Cet épisode est toujours mentionné concernant Robespierre ; or c’est le lot de nombreux enfants à cette époque. Malgré tout, le jeune Maximilien bénéficie d’un bon encadrement familial et surtout d’un soutien clérical important : l’évêque d’Arras l’envoie étudier au lycée Louis-le-Grand, à Paris. C’est certes la reconnaissance de ses qualités intellectuelles mais cela n’a rien d’exceptionnel. Chaque année, 200 à 300 enfants – les plus doués – sont sélectionnés dans toute la France puis aidés pour faire leurs études.

Élève studieux, Robespierre devient avocat à 21 ans. Il retourne à Arras prendre la succession de son père. Il y mène une carrière académique de jeune roturier. Sa jeunesse n’a sans doute pas été facile mais pas aussi dramatique que beaucoup l’ont affirmé. Il n’y a donc pas à chercher dans son enfance une quelconque revanche à prendre.

Quelle est la ligne politique de Robespierre ?

Dès 1790, Robespierre apparaît à l’Assemblée constituante comme le représentant du peuple parce qu’il y défend le droit de vote au suffrage universel. Il acquiert une réelle notoriété, une vraie reconnaissance en juillet 1791. Contrairement à la majorité des députés, il soutient la grande manifestation populaire parisienne réclamant la destitution du roi après sa fuite. Robespierre rompt alors avec les Jacobins (qui deviendront les Feuillants), entre en dissidence et crée le club des Jacobins. Les faits lui donneront raison : le testament du roi, prouvant qu’il était hostile à la révolution, est retrouvé trois mois plus tard.

À l’Assemblée, Maximilien s’impose comme un fervent opposant à la royauté, proche des sans-culottes parisiens. Si cette position affirmée lui assure sa popularité, elle ne lui donne pas pour autant une fonction centrale, ni un rôle politique important. Élu à la Convention en août 1792, il défend la réduction des inégalités, prend position contre la traite des Noirs, mais refuse en revanche de soutenir les citoyennes révolutionnaires républicaines qui revendiquent l’égalité femme-homme. Robespierre est extrêmement attaché à la justice et à la loi. C’est une priorité absolue car il estime que c’est par elles que la société pourra être changée, politiquement, moralement et économiquement.

Il se consacre à la réforme des lois en 1793 et rédige les bases de la Constitution dite montagnarde, adoptée en juin 1793. Il considère que le salut de l’État et de la révolution est supérieur aux intérêts des groupes. Robespierre vise à établir une société dans laquelle les citoyens, égaux et responsables, auraient le droit de se rebeller contre un État despote. C’est indiscutablement sa marque.

Maximilien Robespierre : buste en terre cuite de Claude-André Deseine, 1971. Exposé au château de Vizille (Isère). ©Wikimedia commons

Quelles sont les circonstances qui l’ont fait chuter ?

C’est la crainte de sa puissance, réelle ou fantasmée, de la concentration des pouvoirs de police et de justice autour de lui. Au printemps 1794, Robespierre est très populaire dans Paris. Se distinguant des autres révolutionnaires, il donne clairement une unité à cette révolution morale et vertueuse. Il apparaît alors comme le garant de la liberté des cultes. Mais certains députés athées le perçoivent comme un danger. D’une part, tous les pouvoirs parisiens sont dans les mains de ses proches (la mairie, la commune, la Garde nationale…). D’autre part, sa loi du 22 Prairial, une réforme du tribunal révolutionnaire qui en accélère les procédures (en sélectionnant au préalable les accusés), est très controversée et mal interprétée. À l’époque, près de 300 000 personnes sont emprisonnées (sur 27 millions d’habitants). Avec la loi du 22 prairial, seuls les accusés sur lesquels pèsent des présomptions extrêmement graves sont jugés par le tribunal révolutionnaire : c’est l’acquittement ou la mort.

Là encore, contrairement à ce qu’on affirme – il ne faut pas l’oublier – Robespierre vide progressivement les prisons à ce moment-là. Mais les députés redoutent que les comités opérant les sélections préalables soient sous son contrôle. C’est pourquoi, dès juin-juillet 1794, certains conventionnels conspirent, manipulant clairement l’opinion publique contre lui ; ils fomentent des révoltes dans les prisons ; des prisonniers sont envoyés à l’échafaud, et en imputent la responsabilité à Robespierre. Une partie des députés (de la droite à l’extrême gauche) craignent un coup d’État de Robespierre le 10 thermidor (28 juillet), à l’occasion de la grande fête populaire, estimant qu’il a mené la France dans un gouvernement personnel dangereux pour eux. Dès lors, l’opposition se met en place : ils se liguent contre lui. Robespierre est arrêté le 9 thermidor.

Comment la légende du tyran sanguinaire s’est-elle installée ? Et pourquoi a-t-elle perduré ?

Le lendemain de sa mort, le 11 thermidor, tout le monde affirme que Robespierre est un tyran. Un mois après, on l’accuse de tous les maux : traîtrise, répression et surtout instauration ce qu’on va appeler la Terreur. On a bien affaire là à cette invention d’un Robespierre tyran, instigateur de la Terreur, rumeur lancée par Tallien. Lequel Tallien a incontestablement été mêlé aux massacres de septembre 1792. Ça arrange donc tout le monde ! Cela permet à tous ces gens de s’exonérer de leurs propres responsabilités dans les massacres et crimes qu’ils ont réellement commis.

Je l’écris, et le maintiens : selon moi, Robespierre a servi de fusible et de bouc émissaire. On n’en avait plus besoin ! La Révolution française ne peut se comprendre que si l’on admet que ce sont les luttes de clans, de factions et de groupes politiques qui dominent. Entrer dans cette vision fait redescendre tout le monde du piédestal. Ce ne sont pas les idées qui gouvernent à ce moment-là, mais les alliances, les tactiques, les compromissions : c’est embêtant !

L’image de la Révolution en prend un coup ; elle est un peu plus grisâtre. Or, tout le monde a intérêt à prétendre que la Révolution est unifiée, que la faute incombe au seul Robespierre parce qu’ainsi on jette un voile pudique sur les responsabilités de tous. En l’accusant de tous les maux, de la Terreur notamment, cela permet de dire qu’un petit courant a entraîné la révolution là où elle ne devait pas aller, dans des excès qui sont regrettables. On peut ainsi sauver l’esprit révolutionnaire et le principe de la République.

Caricature de Robespierre qui, n’ayant plus personne à exécuter, guillotine le bourreau. (18è siècle) ©Wikimedia commons

Si, ainsi que vous le démontrez, Robespierre n’a pas été le monstre que l’historiographie a voulu voir en lui, qui était-il alors ?

Robespierre n’est pas l’un des meneurs les plus déterminants de l’Assemblée. Il n’est pas au premier plan. Il prononce des discours toujours percutants avec des argumentations théoriques précises très fortes. Il exerce une sorte de magistère moral et juridique ; c’est une référence en matière de droit et de justice. Mais, s’il est porteur d’une parole forte qui marque les esprits, il est rarement suivi par les députés. Prenons l’exemple du procès du roi que Robespierre refuse, considérant que ce dernier s’étant placé lui-même au-dessus des lois il n’a donc pas à être jugé. La grande majorité des députés votera pour la tenue d’un procès. On ne le voit pas intervenir de façon évidente – c’est l’une de ses caractéristiques – mais son rôle politique est tactique. On ne le dira jamais assez : il a par exemple protégé les Girondins et sauvé 73 d’entre eux de la guillotine. Très présent en coulisse dans les relations politiciennes, Robespierre se positionne continuellement dans un jeu d’alliances que l’on ne découvre qu’a posteriori. Ses positions complexes sont en partie liées aux difficultés de l’exercice du pouvoir et aux circonstances.

Il faut bien comprendre que tous les députés jouent leur tête en permanence. Ils s’adaptent aux conditions qui changent radicalement sans arrêt, et avec des alliances à remodeler en permanence. C’est par la parole et la radicalité de ses démonstrations que Robespierre est écouté. C’est incontestablement l’un des arbitres essentiels de la Révolution dont la position est à la fois exemplaire et marginale. En décembre 1793-janvier 1794, il apparaît comme le seul capable de concilier deux courants opposés : les sans-culottes, partisans de la violence et d’une répression très forte, et les Indulgents (Danton et Desmoulins). Il abandonne les sans-culottes dont il a toujours été proche, au nom du salut de l’État. Il considère en effet que le salut de la Révolution est supérieur à l’intérêt des groupes. Dès lors, Robespierre change de posture et prend réellement la stature d’un homme d’Etat.

« Robespierre, la fabrication d’un monstre »,
de Jean-Clément Martin, éd. Perrin, 2016, 400 p., 22,50 euros.

https://histoireetsociete.wordpress.com/2018/01/11/robespierre-le-grand-mensonge-2/

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Nous n'entrerons pas dans cette querelle historique, mais les "Girondins" d'aujourd'hui (Macron, Onfray...) et de nombreux libéraux s'accomodent bien trop  d'une diabolisation de Robespierre pour que cette question historique soit éludée   P.G.

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dimanche 29 avril 2018

« Il a fallu 95 ans pour sortir de l’esclavage »

Ce 27 avril, Emmanuel Macron célèbre le 170e anniversaire du décretde l’abolition de l’esclavage en France, signé en 1848 sous l’impulsion de Victor Schœlcher.

L’historien Marcel Dorigny, qui fait paraître deux ouvrages sur la question (1) rappelle le long processus de sortie de l’esclavage et le sens de cette commémoration.

TL ESCLAVAGE

La Croix : Comment l’abolition de l’esclavage s’est-elle peu à peu imposée ?

Marcel Dorigny : Il a fallu 95 ans pour sortir de l’esclavage, à cause des puissants intérêts économiques et politiques, ceux des négociants qui pratiquaient la traite et ceux de l’élite sociale qui détenait le pouvoir au sein de la société coloniale.

À partir de la fin du XVIIIe siècle pourtant, les économistes libéraux, dont Dupont de Nemours ou Condorcet en France et Adam Smith au Royaume-Uni, condamnent ce système jugé archaïque et peu propice aux innovations, à l’introduction des machines et à la division du travail. L’efficacité économique oblige donc à en sortir. Aux États-Unis par exemple, il s’agit de généraliser la révolution industrielle déjà à l’œuvre au Nord en libérant les forces de travail du Sud.

ESCLAVAGE 1

Mais c’est surtout la résistance constante des esclaves qui fut déterminante, et ce dès le début, comme le soulignent ces trois dates : 1492, Christophe Colomb découvre les Antilles ; 1503, le premier navire négrier y amène des Africains ; 1506, gronde la première révolte. La société esclavagiste n’a jamais été paisible, contrairement à l’imagerie coloniale où des esclaves heureux côtoient leurs maîtres.

Cette résistance peut être passive – moindre intensité au travail – ou culturelle – pratiques religieuses d’origine africaine contre la christianisation obligatoire selon le Code Noir. Elle peut s’exprimer par le refus de la natalité – infanticide et avortement – ou par le marronnage, lorsque les esclaves s’enfuient et créent parfois de véritables contre-sociétés. Enfin, elle se mue aussi en révolte armée comme à Saint Domingue, où les esclaves emportent l’abolition de l’esclavage en 1793 et l’indépendance de la colonie.

Comment l’action des abolitionnistes s’articule-t-elle à ces faits de résistance ?

ESCLAVAGE 4

M. D. : Les abolitionnistes sont nourris de la pensée des Lumières qui ont refusé l’esclavage au nom des principes humanistes comme de l’engagement de certains religieux qui, en dehors des églises officielles, l’ont dénoncé : les Quakers aux États-Unis ou l’Abbé Grégoire en France. Mais au-delà de ces positions anti-esclavagistes, cherchant la manière d’en sortir concrètement, ils ne font pas l’apologie de la révolte armée. Pour eux, l’abolition doit être progressive, graduelle, sur plusieurs générations. Cette transition lente est nécessaire pour ne pas ruiner l’économie coloniale et maintenir l’ordre.

ESCLAVAGE 2

Lorsque les soulèvements existent, les abolitionnistes les accompagnent pourtant, voire les devancent. Pour les plus lucides comme Victor Schœlcher, abolir l’esclavage est une urgence absolue pour anticiper l’inévitable et sauver les colonies. À l’exception de Haïti, l’abolition a d’ailleurs lieu dans le cadre colonial et les mêmes structures agraires esclavagistes. Au sein des grands domaines, les anciens esclaves sont employés comme salariés. Face aux nombreux refus, les colons inventeront un délit de vagabondage et finiront par aller chercher une main-d’œuvre libre et sous contrat ailleurs, en Afrique puis en Inde.

Quel peut être le sens de cette commémoration, 170 ans après ?

M. D. : Après 1848, l’oubli s’est imposé. L’histoire de l’esclavage a été refoulée, aussi bien du côté des descendants des colons que de ceux des esclaves jusque dans les années 1960, lorsque l’écroulement du système colonial a fait naître la reconnaissance d’une identité spécifique. En France, la remontée de cette mémoire est encore plus récente, elle date du bicentenaire de la Révolution Française, que François Mitterrand avait placé sous l’égide des Droits de l’homme et qui a provoqué beaucoup de débats, colloques et expositions sur l’esclavage, maintenu en 1789.

ESCLAVAGE 3

Dans l’élan du 150e anniversaire du décret, la loi Taubira, a été votée à l’unanimité en 2001, après avoir été refusée par le Sénat un an auparavant. Qualifiant la traite et l’esclavage de crimes contre l’humanité, elle insiste sur la transmission scolaire et publique de cette histoire et dans ce but, instaure une Journée commémorative du souvenir de l’esclavage et de son abolition le 10 mai, jour de l’adoption de la loi. Le 27 avril, date de l’abolition légale de l’esclavage, avait été contesté par des associations antillaises car elle laissait entendre que l’abolition avait été simplement l’œuvre d’un homme blanc. Espérons que ce 170e anniversaire ne fasse pas renaître cette polémique et n’efface pas la célébration du 10 mai, date d’avenir et d’unité.

Recueilli par Béatrice Bouniol
https://www.la-croix.com/France/Politique/Il-fallu-95-ans-sortir-lesclavage-2018-04-27-1200934906?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180427&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=1006955&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

jeudi 15 février 2018

Corse Une île aussi tourmentée que belle

Pauvre et lointaine, la Corse a longtemps été tenue en marge de la France, à laquelle elle n'a pas moins donné le plus connu de ses dirigeants en la personne de Napoléon. Au XIXe siècle, elle était surtout connue pour abriter de farouches bandits d'honneur. Prosper Mérimée leur donne leurs lettres de noblesse avec ses nouvelles Colomba et Mateo Falcone.

HIST CORSE

En 1975, une fusillade meurtrière dans la plaine d'Aléria inaugure une longue période de crise. (...)

Des débuts agités

Menhir sculpté à Palaghju (Corse du sud)Comparable en superficie (8 600 km2) à Chypre et à la Crète, la Corse a une population de seulement 300 000 habitants mais l'on estime à 5 millions les descendants des émigrés sur le continent et dans le monde.

La présence humaine remonte à dix millénaires environ. Au néolithique tardif (3000 à 1800 av. J.-C.), une intéressante civilisation s'épanouit au sud de l'île, , autour du site de Filitosa. Elle nous a légué de nombreux vestiges, plus de 600 menhirs, dont beaucoup sont sculptés, et plusieurs dizaines de dolmens.

Connue des Grecs sous le nom de Kyrnos, la Corse fait d'abord l'objet d'une colonisation par les Phocéens, ceux-là mêmes qui ont fondé Massilia (aujourd'hui Marseille) sur le continent. Ils fondent dans la plaine orientale la cité d'Alalia (aujourd'hui Aléria).

L'île passe sous la tutelle de Carthage avant que les Romains ne s'en emparent à l'issue de la première guerre punique. En 231 av. J.-C., réunie à la Sardaigne, elle constitue la deuxième province romaine après la Sicile. 

Défrichée et assainie, la plaine orientale d'Aléria devient alors l'un des greniers à blé de Rome. En 105 av. J.-C. est fondée une nouvelle capitale au nord de la plaine d'Aléria : Mariana, ainsi dénommée en l'honneur du général Marius.

L'ère pisane

La Corse (document : Alain Houot, pour Herodote.net)

Aux premiers siècles du Moyen Âge, l'insécurité s'installe et les côtes sont écumées par les pirates sarrasins tant et si bien que la population commence à se replier vers les montagnes de l'intérieur. Désertée, la plaine orientale retourne aux marécages et à la malaria.

L'île devient en théorie un territoire pontifical en vertu d'une donation faite en 754 au pape Étienne II par le roi des Francs, Pépin le Bref, et confirmée par son fils Charlemagne, en 794, au pape Adrien 1er.

En 1078, le pape Grégoire VII confie la gestion de l'île à l'archevêque de Pise.

Le pape Urbain II précise les modalités de cette gestion par une bulle en 1091. C'est ainsi que la Corse va vivre pendant deux siècles dans une certaine autonomie, sous la souveraineté théorique de Pise.

De cette période, les chroniques gardent le souvenir quelque peu idéalisé d'une société de pasteurs et de paysans relativement prospère.

Missionnés par le pape, les seigneurs pisans détruisent les repaires de pirates musulmans établis sur les côtes. Mais les incursions venues de la côte nord-africaine ne vont pour ainsi dire jamais cesser jusqu'au XVIIIe siècle.

Le drapeau de la Corse, emblème officiel de l'île depuis 1762, en perpétue le souvenir avec le profil d'un prisonnier maure ou barbaresque aux yeux bandés.

Chapelle de la Trinité à Aregu (Balagne corse), en style pisan, XIIe siècle (photo : Fabienne Larané)

L'ère génoise

Suite à une bataille navale qui met aux prises Génois et Pisans le 6 août 1284, près de l'île de La Méloria, au large de Livourne, le destin de la Corse va basculer.

Au terme d'une longue période de désordres, elle passe sous l'autorité effective de la République de Gênes. Elle est alors divisée en deux régions administratives séparées par la chaîne montagneuse centrale : l'En-Deçà-des-Monts (capitales : Bastia et Calvi) et l'Au-Delà-des-Monts (capitale : Ajaccio).

Ces régions recoupent les limites des départements institués par la Révolution en 1793, le Golo et le Liamone, ainsi que des départements institués par la Ve République en 1976 : la Haute-Corse et la Corse du Sud. Elles sont elles-mêmes subdivisées en 90 pièvi (ou piéves), l'équivalent des cantons actuels ; chaque pièva correspond à peu près à une vallée.

Rebutés par le caractère rebelle des habitants, les Génois s'abstiennent de pénétrer dans l'intérieur et se cantonnent dans les villes côtières, Bastia, Ajaccio, Porto-Vecchio... Ils tiennent au nord-ouest la citadelle de Calvi, qu'ils ont fondée en 1268.

Conséquence de leur résistance à l'oppression génoise, les communautés rurales de l'En-Deçà-des-Monts forgent une démocratie locale assez ressemblante à celle des cantons suisses.

Notons que, dans ces communautés, les femmes participent aux débats publics. Le droit de vote leur sera confirmé par la Constitution d'Orezza, en 1735.

La « Guerre de quarante ans »

La Corse innove avec la première guerre d'indépendance des Temps modernes. Elle va durer quarante ans et finalement conduire à une autre forme de domination...

Tout commence par une émeute fiscale en 1729. L'année suivante, Bastia est mise à sac. Gênes appelle à l'aide les troupes de l'empereur Charles VI de Habsbourg. Mais les insurgés coordonnent leurs actions et, le 30 janvier 1735, proclament unilatéralement leur indépendance sous l'impulsion de Giacomo Paoli. C'est une première dans l'Histoire moderne.

La cathédrale et le vieux port de Bastia (photo : Fabienne Vignolle)

Les Anglais, désireux de prendre pied sur l'île, apportent leur soutien aux insurgés. Les Français ne l'entendent pas de cette oreille et entreprennent de soumettre les insurgés pour le bénéfice de Gênes. L'ordre génois est de retour en 1753, ordre précaire s'il en est.

Pasquale Paoli (30 ans) prend la relève de son père. Il crée un « Royaume de Corse » indépendant... et sans roi. Lui-même est proclamé général en chef à la consulta de 1755.

Popularisée par le compte-rendu d'un jeune aristocrate écossais, Boswell, la révolution corse fait l'admiration des « philosophes » dans les salons parisiens, et en particulier de Jean-Jacques Rousseau qui la donne en modèle dans son Contrat social.

Mais déjà le temps se couvre. Lasse de la guerre, Gênes cède « provisoirement » ses droits sur la Corse à la France par le traité de Versailles du 15 mai 1768. Le duc de Choiseul, qui dirige le gouvernement de Louis XV, va dès lors tout mettre en oeuvre pour liquider la rébellion et annexer l'île.

Pas moins de 20 000 hommes débarquent en Corse sous le commandement du lieutenant-général Chauvelin puis du comte de Vaux. Les Français finissent par l'emporter à Ponte-Novo après quelques revers initiaux - dont le plus sévère à Borgu le 9 octobre 1768.

Le chef de l'insurrection, Pasquale Paoli, gagne la côte et s'embarque sur un navire à destination de Livourne, en Italie, avec 300 fidèles.

Ultime rébellion

Sous la Révolution, le 15 janvier 1790, la Corse devient un département français parmi d'autresDe retour en France sous les acclamations des révolutionnaires qui voient en lui un précurseur, Pasquale Paoli devient président du Conseil général et commandant en chef des gardes nationales.

Mais le gouvernement de la Première République, en 1793, entre en opposition avec le vieux chef et tente même de l'arrêter.

Pasquale Paoli (Richard Cosway, 1798)De dépit, Pasquale Paoli soulève alors à nouveau l'île contre Paris. Le jeune lieutenant Napoléon Bonaparte, tiraillé entre ses sympathies jacobines et ses racines corses, est un moment tenté de le suivre.

En 1796, après le départ forcé des troupes anglaises, l'île est reconquise par... Napoléon et Lucien Bonaparte, à la tête de l'armée d'Italie

Le général Morand va réprimer avec brutalité une ultime rébellion en 1799.

En 1811, pour amadouer ses anciens congénères, l'Empereur réunit l'île en un seul département et lui octroie de généreuses exemptions fiscales, pour la plupart encore en vigueur.

https://www.herodote.net/Une_ile_aussi_tourmentee_que_belle-synthese-1749-70.php

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lundi 5 février 2018

4 février 1794 La Convention abolit l'esclavage

Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), l'assemblée de la Convention vote l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

HIST ESCLAVAGE

Querelles autour des grands principes

Quand, au début de la Révolution, la célèbre Nuit du 4 août met fin aux privilèges féodaux, seul le duc de La Rochefoucauld-Liancourt envisage d'étendre aux esclaves le principe d'égalité devant la Loi.

Les représentants des colonies menacent de se séparer de la métropole si l'on abroge l'esclavage et, le 28 mars 1792, l'Assemblée législative se contente d'établir une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l'exception des esclaves).

Les esclaves se révoltent

Abolition de l'esclavage (1794), allégorie (bureau du patrimoine du Conseil régional de la Martinique)Ces demi-mesures et ces dissensions ne satisfont guère les esclaves. En Guadeloupe, une révolte aussi brève que violente éclate dans la nuit du 20 avril 1793. Plusieurs Blancs sont massacrés.

À Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), la principale et la plus riche de toutes les colonies françaises, affranchis et esclaves se soulèvent à leur tour et les commissaires de la République se résignent le 4 septembre 1793 à proclamer la liberté des esclaves.

Le décret de Pluviôse, voté dans l'enthousiasme, généralise ces décisions. Il énonce : «La Convention déclare l'esclavage des nègres aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution».

Le décret ne sera en définitive appliqué qu'en Guadeloupe et en Guyane avant d'être abrogé par le Premier Consul en 1802.

https://www.herodote.net/4_fevrier_1794-evenement-17940204.php

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dimanche 21 janvier 2018

21 janvier 1793 Exécution de Louis XVI

HIST LOUIS EXECUTION

 

Louis XVI (38 ans) est exécuté le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde), en homme digne et courageux. Ce « roi par la grâce de Dieu » devenu après la première phase de la Révolution « roi des Français » paie de sa vie sa «trahison» de la monarchie constitutionnelle.

La sanction d'une trop grande faiblesse

Le courage ultime du roi efface quelque peu le souvenir des faiblesses, des erreurs et des faux-semblants qui ont jalonné son règne et celui de son prédécesseur, entraînant l'Ancien Régime à sa perte.

Du rappel des Parlements à la déclaration de guerre à l'Autriche, en passant par le renvoi du contrôleur général des Finances Turgot, qui s'était attiré l'hostilité des privilégiés, et le sabotage de la tentative de monarchie constitutionnelle, différents actes témoignent de l'inconstance et du manque d'autorité du roi.

Portons toutefois à son crédit son humanité, l'abolition de la torture (1780) et son refus de permettre à la garde suisse de tirer sur les émeutiers lors des journées révolutionnaires de 1789 et 1792. Louis XVI a également engagé la France dans la guerre d'indépendance américaine et, en convoquant les États généraux, permis l'enclenchement du processus révolutionnaire.

Louis XVI est renversé lorsque les sans-culottes parisiens attaquent les Tuileries le 10 août 1792. Il est emprisonné au Temple avec sa famille.

Le 20 novembre 1792, sa correspondance secrète avec Mirabeau est mise au jour dans les appartements royaux. Elle confirme que le roi complotait avec le duc de Brunswick (prince et général prussien) contre le gouvernement de la Législative.

Le citoyen Capet, criminel envers l'humanité !

Le 3 décembre 1792, devant la Convention, Maximilien de Robespierre, au nom des Montagnards, réclame l'exécution de Louis XVI afin de légitimer la Révolution. Il invente pour l'occasion une expression appelée à faire florès : « criminel envers l'humanité ».

Les députés girondins craignent au contraire des désordres si le roi est exécuté. Ils voudraient en finir avec la Révolution maintenant que la démocratie est installée et l'ennemi repoussé, mais ils ne peuvent éviter l'ouverture du procès de Louis XVI.

Le citoyen Louis Capet, anciennement Louis XVI, comparaît devant la Convention, constituée en tribunal pour l'occasion. Il est accusé de haute trahison pour avoir joué double jeu face aux assemblées nées de la Révolution, avoir tenté de s'enfuir à l'étranger en juin 1791 (fuite à Varennes) et avoir comploté avec l'étranger.

707 députés sur 718 présents jugent le roi coupable de conspiration contre la sûreté de l'État. Par un vote qui dure 36 heures, les députés se prononcent sur la peine à appliquer. Il s'en faut d'une voix que Louis XVI échappe à la guillotine.

L'exécution de Louis XVI fait de lui un martyr pour les partisans de la monarchie. Elle annonce aussi la radicalisation de la Révolution et la Terreur.

https://www.herodote.net/21_janvier_1793-evenement-17930121.php

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jeudi 14 décembre 2017

Robespierre [un livre de Jean Massin aux Editions Agone]

Cinquième édition, préfacée par Jean Luc Chappey, membre de l’Institut d’ de la française et enseignant à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

PUB ROBESPIERRE

A commander en ligne sur :
https://agone.org/elements/robespierre/

“Le 5 novembre 1792, se présente de nouveau à la tribune. C’est toute l’action de la Commune de Paris qu’il défend :
“Citoyens, vouliez-vous une Révolution sans révolution ? Les insurgés doivent être regardés comme fondés de procuration pour la société toute entière. Si vous désavouez les moyens que nous avons employés pour vaincre, laissez-nous les fruits de la victoire ; reprenez votre Constitution et toutes vos lois anciennes, mais rendez-nous nos concitoyens qui sont morts pour la cause commune ! La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m’est suspecte. Cessez d’agiter sous mes yeux la robe sanglante du tyran, ou je croirai que vous voulez remettre Rome dans les fers.”
Les applaudissements de la tribune et de la majeure partie de la Convention saluent Robespierre. En vain certains s’efforcent de se faire entendre, de limiter l’effet produit. Une foule immense l’acclame et lui fait cortège. C’est la réponse de la canaille aux honnêtes gens de la Gironde.”

Cette réédition est préfacée par Jean-Luc Chappey, membre de l’Institut d’histoire de la et enseignant à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Écrivain et musicologue, (1917-1986) publie la première édition de cette biographie en 1956. À la croisée des recherches universitaires et du souci de construire un récit accessible au plus grand nombre, ce s’impose très vite comme une référence, qui donne l’exacte mesure de la place occupée par Robespierre dans le processus révolutionnaire : celle, comme dit Massin, de “sentinelle de la Révolution”.

Vient de paraître le 24 novembre
556 pages – 11 x 18 – 14 €
ISBN : 978-2-7489-0347-8

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/robespierre-livre-de-jean-massin-aux-editions-agone/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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