samedi 13 janvier 2018

Entre ”Le Monde” et Facebook, un beau conte de fake

TRIBUNE LIBRE/ Le Canard Enchaîné

Source : Le Canard Enchainé, 03-01-2018

TL FB LE MONDE

SOUVENT critiqué pour « être trop timide face aux contenus malveillants, Facebook a durci le ton », assurait « Le Monde » (19/12) dans un article au titre évocateur : « Face aux fausses informations, le discret ménage de Facebook ». L’enthousiasme du quotidien se comprend : c’est lui-même qui, dans le cadre d’un partenariat avec Facebook, a été mandaté par le réseau social (revendiquant 33 millions d’abonnés en France) pour épousseter ses pages.

Mais un lien d’une autre nature rend encore plus prégnante l’empathie entre le journal et la plateforme américaine. Julien Codorniou, le vice-président de Facebook chargé des partenariats, qui vit à Londres, est membre du… conseil de surveillance du « Monde » ! Grand ami de Xavier Niel — le coproprio du quotidien —, Codorniou figure aussi depuis peu à son côté au conseil de surveillance de Mediawan, le fonds d’investissement cofondé fin 2015 par un certain Niel Xavier. Le monde des géants est petit.

L’idylle entre la presse et les caïds du Web ne date pas d’hier. Pour quelques millions — une paille, comparé à ses milliards de revenus — versés à un « fonds d’innovation », Google s’est ainsi assuré la bienveillance de nombreux médias.

La romance entre Facebook et « Le Monde », elle, a réellement démarré en février 2017. Plusieurs confrères du quotidien sont alors sollicités par le mastodonte du Net pour l’aider à traquer les infos bidon sur ses écrans. Ce n’est pas qu’elles le dérangent tant que ça : en fait, elles assurent même son fonds de commerce en générant un gros trafic sur le réseau. Mais, depuis la présidentielle américaine, les fake news — ces bobards balancés par des plaisantins ou des escrocs — font tache sur le blason du fondateur, Mark Zuckerberg.

Ça décode sec

Au départ, « Le Monde » (6/2) a tout de même été pris d’un doute. « Le modèle proposé par le réseau social ne revient-il pas à faire à sa place le travail de chasse aux fake news ? L’accepter, n’est-ce pas permettre à un Facebook sous pression de montrer patte blanche et faciliter sa communication ? » s’interrogeait le journal. Qui a soulagé illico sa conscience : « Finalement, le pragmatisme l’a emporté… » Le « pragmatisme » financier, surtout !

Car Facebook paie désormais les journaux traqueurs de contenus sales. « Au début, c’était totalement gratuit. Ils sont ensuite revenus vers nous en disant qu’ils allaient rémunérer notre travail », lâche, du bout des lèvres, un chef de « L’Express » à un site spécialisé, NextINpact (26/4). Les autres médias, eux, restent muets sur le sujet.

Prix de ces services ? Huit mois plus tard, la direction du « Monde », interrogée, est toujours aux abonnés absents. Mais c’est bien toute une équipe Web du journal (celle des « décodeurs ») qui a été mise au turbin pour le compte du réseau social. Leur Décodex, « outil de vérification de l’information », a déjà repéré 2 865 infos bidon sur Facebook. Et il y en a pour tous les goûts…

Morbides, par exemple : « Des migrants ont-ils été retrouvés congelés dans un restaurant chinois à Paris ? », « A-t-on retrouvé de la viande humaine dans les produits Mc-Donald’s ? » Ou plus « scientifiques » : « Une femme a-t-elle développé un QI de 220 après avoir bu du sperme tous les jours pendant un an ? », « Un verre de vin rouge peut-il remplacer une heure de sport intensif ? »

Vrai ? Faux ? Au choix !

Le versant complotiste n’est pas oublié : « L’Etat veut-il promouvoir la pédophilie à l’école ?», « Les vaccins envoyés en Afrique contiennent-ils des agents anti-fertilité ? » On ne s’en lasse pas ! Au total, 1 198 pages Facebook relayant les pires fadaises ont été épinglées, et 147 fermées. Ce coup de balai est-il décisif ? Pas vraiment. « Le Monde » lui-même doit reconnaître que les fermetures sont plus souvent liées à des contenus haineux ou racistes qu’à la chasse aux bobards. Mieux, Facebook vient déjà de changer de « stratégie » (sic) contre les fake news. « Des études laissent penser qu’un vocabulaire (de mise en garde) trop fort ou certains visuels (comme une icône rouge) peuvent avoir des effets contreproductifs », a expliqué sans rire la firme, juste avant Noël. Facebook préfère désormais renvoyer dos à dos vérificateurs et faussaires en publiant les deux versions. C’est bien meilleur pour le trafic !

Christophe Nobili, Le Canard enchaîné, 8/1/2018

https://www.les-crises.fr/entre-le-monde-et-facebook-un-beau-conte-de-fake/#!prettyPhoto

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vendredi 12 janvier 2018

Macron veut-il encourager la croyance en la «théorie» de la Terre plate ?

TRIBUNE LIBRE/ Jean Bricmont

Docteur en sciences et essayiste belge, Jean Bricmont est professeur à l’Université catholique de Louvain. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages dont La république des censeurs, Impostures intellectuelles (avec Alan Sokal).

TL BRICMONT CENSURE

Lors de ses vœux à la presse le 3 janvier, Emmanuel Macron a annoncé un projet de loi visant à combattre la propagation de «fausses nouvelles» sur Internet ainsi qu'à «lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers», ce qui vise sans doute la chaîne russe RT.

Macron veut ainsi défendre ce qu'il appelle les «démocraties libérales» sans apparemment se rendre compte du fait que cette nouvelle loi sera une mesure parfaitement antilibérale, la liberté d’expression ayant été historiquement la valeur libérale par excellence.

La démarche de Macron témoigne d’une transformation grave de nos «démocraties libérales», qui avaient tout de même survécu à la guerre froide sans interdire la «propagande communiste» de l’époque, ni d'ailleurs celle de l'extrême-droite (pro-Algérie française par exemple).

Mais que sont les fausses nouvelles et en quoi ont-elles de l'importance ?

Un premier exemple concerne l'attaque au gaz près de Damas en août 2013, dont la responsabilité a été presque unanimement attribuée par la presse au «régime syrien», ce qui est clairement contredit par un rapport établi par un ancien inspecteur de l'ONU, Richard Lloyd, et un professeur en science, technologie et sécurité nationale du MIT, Theodore A. Postol.

 Pour distinguer le vrai du faux, comparons les motivations : pour le gouvernement et les médias qui vivent des «sources officielles», la culpabilité présumée d’Assad soutient l’aide des Occidentaux aux «rebelles». Mais on peut difficilement trouver une motivation «pro-Assad» chez des personnes aussi respectables que Lloyd et Postol, ou penser que ces experts soient incompétents à propos de questions de physique relativement élémentaires.

Un exemple plus récent concerne le «Russiagate», c'est-à-dire la prétendue ingérence russe dans l'élection de Trump aux Etats-Unis.  Il n'existe à ce jour pas de preuve d'une telle ingérence. Vu les moyens d'espionnage dont disposent les multiples services américains, il est difficile de croire que, si cette ingérence était réelle et sérieuse (pas réduite à quelques messages sur Twitter ou Facebook), elle n'aurait pas été détectée et démontrée publiquement. Même si une telle ingérence devait finalement être prouvée, sa signification effective resterait à évaluer. En tout cas, le fait d’y croire sans hésitation en l'absence de preuve, ce que fait toute la presse «libérale» aux Etats-Unis, ainsi que ses homologues européens, est en soi une façon de «propager une fausse nouvelle».

On pourrait multiplier les exemples d'autres fausses nouvelles, toutes liées à la propagande de guerre (incident du golfe du Tonkin en 1964, affaire des couveuses au Koweït en 1990, armes de destruction massive en Irak, etc.) et propagées par les médias dominants. Contrairement aux fausses nouvelles que Macron veut bannir, cette propagande est en partie responsable de guerres ayant causé des centaines de milliers si pas des millions de morts et, dans les cas plus récents, de risques d'une guerre qui pourrait être nucléaire. 

C’est la propagande dominante qui mène aux guerres, et non les quelques voix d’opposition.

Il est évident qu'aucune censure ne s'appliquera jamais à ces médias dominants et qu'au contraire, ce seront certains médias alternatifs, qui parfois permettent de mettre en question la propagande de guerre, qui seront réprimés ou au moins intimidés.

Le problème que Macron veut résoudre c'est qu'une bonne partie de la population ne croit plus les médias dominants et pense déjà que la liberté d'expression est menacée (même avant cette nouvelle loi). Beaucoup de gens pensent qu'on leur ment sur les effets réels de l'immigration, sur la situation économique, sur celle de l'enseignement ou sur la propagande de guerre. Ils ont en face d'eux des médias unanimes sur toute une série de questions, à commencer par l'élection de Macron lui-même, en tout cas au deuxième tour et en grande partie au premier, mais aussi sur la Russie, l'Iran, la Syrie, la construction européenne, ou la nécessité de «libéraliser» l'économie.

C'est cette homogénéité médiatique qui engendre le scepticisme, pas la «propagande» russe ou les pourvoyeurs de fausses nouvelles.

Ce qui est vrai, c'est qu'en plus du scepticisme à l'égard du discours politique, on voit proliférer des «alertes» très discutables concernant les vaccins ou les pesticides, ainsi que toute une série de croyances bizarres allant de «on n'a pas marché sur la Lune» à «la Terre est plate».

Mais ce n'est pas en censurant le discours de critique politique qu'on va faire reculer les croyances irrationnelles ; au contraire, l'expérience constante et universelle de la censure est qu'à terme elle se retourne contre elle-même.

Il est possible qu'un certain nombre de jeunes n'imaginent pas d'autres formes de militantisme que des partages sur Facebook et pensent que, si on les prive de cet outil, la censure régnera en maître. Mais c'est ignorer qu'il a existé bien d'autres façons de répandre, parfois avec succès, des idées hétérodoxes et subversives : les tracts de la Résistance, le bouche à oreille dans les pays socialistes, les écrits licencieux circulant à l'époque des Lumières ou encore l'Huma Dimanche vendu sur les marchés.

On peut aussi repenser à une précédente tentative de réprimer de «fausses nouvelles», à savoir la loi Gayssot de 1990, réprimant la négation de certaines conclusions du tribunal de Nuremberg, en pratique celles portant sur l'existence de chambres à gaz dans les camps nazis. Quel en a été l'effet ? La réponse est donnée par l'intellectuel italien Franco Cardini, écrivant à propos du «négationnisme» : «le nombre de personnes qui, sans oser l’admettre, sont impressionnées et troublées par certains arguments ne cesse de croître. Le nombre de ceux qui en public affirment une chose et en privé soutiennent exactement le contraire est en train de croître aussi. Et vous savez pourquoi ? À cause du fait qu’on persécute ceux qui défendent ces idées et on les condamne sans leur donner le droit de parler et sans riposter. Mais de cette manière se crée dans l’opinion publique le sentiment croissant que, si on en a peur, c’est que ces gens-là disent des vérités

La seule solution au problème auquel Macron est confronté serait une ouverture tous azimuts au débat et une révolution médiatique allant vers plus de pluralité et d'honnêteté. Mais comme cela est manifestement impossible, on se tourne vers la solution la plus facile, mais aussi la plus contre-productive : la censure.

Finalement, il suffit d'un peu voyager pour voir que le reste du monde ne pense pas comme «nous», c'est-à-dire comme l'Europe et les Etats-Unis. En Russie, en Chine, dans le monde arabe, en Iran, en Amérique latine, il n'y a ni les mêmes priorités, ni les mêmes histoires, ni les mêmes mémoires qu'en Occident. Quand ils se tournent vers la France (ou l'Europe), les autres peuples ne voient plus le pays des Lumières, mais un monde arrogant, agressif, replié sur lui-même, anxieux, et en pleine perte de vitesse par rapport à eux.

La loi contre les «fausses nouvelles» risque de renforcer encore le scepticisme à l'égard des «vérités officielles», à la fois celui qui est raisonnable et celui qui ne l'est pas, ainsi que notre incapacité à écouter et à comprendre le reste du monde, ce qui est à la fois le symptôme et la cause de notre déclin.

https://francais.rt.com/opinions/47041-macron-veut-il-encourager-croyance-terre-plate

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dimanche 7 janvier 2018

Emmanuel Macron annonce un projet de loi pour lutter contre la «propagande» et les «fake news» sur internet

Tribune libre/Les Crises : Le blogueur et économiste Olivier Berruyer réagit

TL OB MACRON PRESSE

Dans ses vœux à la presse, le président de la République a annoncé un projet de loi visant à «protéger la vie démocratique», avec notamment les médias étrangers dans le collimateur. Les autorités pourront ainsi bloquer certains sites internet.

 

«Toutes les paroles ne se valent pas» : c’est le postulat qu’Emmanuel Macron a posé ce 3 janvier 2018 lors de ses vœux à la presse. Face à une profession en crise, et alors que les médias classiques souffrent de l’émergence de canaux d’information alternatifs, le président de la République a, de nouveau, regretté cette concurrence faite à la presse historique. «C’est vous journalistes qui êtes les premiers menacés par cette propagande. Elle adopte votre ton […] votre vocabulaire. Parfois même, elle recrute parmi vous», a-t-il déploré ajoutant qu’elle était «parfois même financée par certaines démocraties illibérales». Il a ensuite assuré les journalistes personnellement conviés à l’événement, auquel RT France n’était pas invité, qu’ils restaient des «tiers de confiance».

Evoquant la notion de «vérité», et de «liberté d’expression», le président de la République a annoncé la volonté de l’Etat d’intervenir et de contrôler la façon dont les informations sont produites, au nom selon lui de la «vitalité démocratique». «Entre complotisme et populisme, le combat est en effet commun», a-t-il jugé, avant de consacrer son propos aux «fake news». «En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge [afin] de supprimer le contenu mis en cause, de dé-référencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site internet», a ainsi annoncé le chef de l’Etat, évoquant également la responsabilité des plateformes de diffusion.

Les médias «étrangers» dans le viseur de l’Etat

Emmanuel Macron a également annoncé de nouvelles mesures visant les médias étrangers, affirmant : «Les pouvoirs du régulateur qui seront par ailleurs profondément repensés durant l’année 2018, seront accrus pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers.» Et d’ajouter : «Cela permettra au CSA [Conseil supérieur de l’audiovisuel] repensé, notamment de refuser de conclure des conventions avec de tels services

D’après l’annonce faite ce 3 janvier devant la profession, le CSA pourra suspendre ou annuler toute convention de diffusion, «en cas d’agissements de nature à affecter l’issue du scrutin que cela soit en période pré-électorale ou électorale», soit en clair, tout le temps. «Vous aurez de quoi exercer votre métier», a-t-il toutefois ajouté, promettant de consulter les journalistes lors de l’élaboration du dispositif, qui devrait être présenté dans quelques semaines.

Lors de ce discours, Emmanuel Macron a-t-il fait une «allusion voilée» aux médias «russes», selon les termes de l’AFP ? Lors de la visite de Vladimir Poutine à Versailles, le 29 mai 2017, Emmanuel Macron avait en tout cas accusé les médias russes RT et Sputnik de s’être «comportés comme des organes d’influence […] et de propagande mensongère».

Un totalitarisme à la française est-il en marche ?

Le ministère de la Vérité d’Orwell dans 1984 n’est pas loin…

Source :

https://fr.sputniknews.com/france/201801041034610726-loi-internet-macron-reaction/

https://francais.rt.com/international/47000-emmanuel-macron-annonce-projet-loi-propagande-fake-news

https://francais.rt.com/france/39107-emmanuel-macron-vs-rt-france-polémique-continue-reseaux-sociaux

https://francais.rt.com/france/47008-derive-totalitaire-la-toile-sinquiete-chasse-fake-news-annoncee-gouvernement

 

Voir également :

Décodex : L’ère de la pensée unique

Les conspirationnistes et la complosphère

https://aphadolie.com/2018/01/05/emmanuel-macron-annonce-un-projet-de-loi-pour-lutter-contre-la-propagande-et-les-fake-news-sur-internet/

 

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samedi 6 janvier 2018

Salah Hamouri a été transféré dans une nouvelle prison

L’avocat franco-palestinien, en détention administrative depuis le 23 août, a été déplacé ce dimanche 31 décembre de la prison du Negev à celle de Megiddo au sud-est de Haïfa, de sinistre réputation.

ACT SALAH MACRON

(...)
Selon l'association de défense des prisonniers, Addameer, il s’agirait rien moins que d’une « punition ». L’information de son transfert a été confirmée indirectement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en charge des visites aux prisonniers palestiniens et qui a annoncé que la famille de Salah ne pourrait le voir le lendemain, 1er janvier, la rencontre étant annulée.
Il y a deux semaines environ, des hommes - peut-être des services de renseignements - ont fait irruption dans la cellule de Salah Hamouri avec, dans leurs mains, un exemplaire de « l’Humanité ». On sait que, par l’intermédiaire de ses avocats, nous avions publié une interview de Salah Hamouri le 30 novembre dernier. Ces agents ont alors indiqué à Salah Hamouri qu’il allait être placé à l’isolement. Une forme de punition régulièrement utilisée par les autorités israéliennes contre les détenus palestiniens (...)
Salah Hamouri se trouve incarcéré dans le cadre d’une détention administrative depuis le 23 août. Pour six mois, renouvelable autant de fois qu’en décide l’arbitraire de la « justice » israélienne. L’ordre a été donné par le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, qui mentionnait déjà la prison de Megiddo. La détention administrative est, en soi, un acte de torture mentale. Le témoignage d’un prisonnier est cité dans un livre (1). Il adressait alors - c’était en décembre 1996 - une lettre à l’écrivain nigérian Wole Soyinka. « Si je dois décrire ce que nous sommes, je dirais que nous sommes des otages politiques, écrivait-il. Nous ne pouvons jamais savoir à quel moment nous allons rentrer chez nous. Ce jeu cruel du « espoir/pas d’espoir » je l’ai une fois décrit comme un mélange de roulette russe « elle m’aime/elle ne m’aime pas » et (…) une variante du thème familier « En entrant ici, abandonnez tout espoir ». Rien ne permet d’espérer une libération prochaine puisque l’arbitraire règne. Développer l’espoir s’est s’exposer à une terrible désillusion en cas de renouvellement de la détention administrative. Ce cercle vicieux s’apparente bien à de la torture, ce qu’avait souligné en 1998 puis en 2003 le Comité des Nations unies pour les droits de l’homme qui s’était penché plus précisément sur la détention administrative pratiquée par Israël.
Contacté dimanche par « l’Humanité » concernant le sort de Salah Hamouri, le service de presse de l’Elysée n’a toujours pas répondu. La question est simple: le président de la république française intervient-il personnellement auprès des autorités israéliennes et plus particulièrement auprès de Benjamin Netanyahu, pour exiger la libération de notre compatriote comme le lui demandent des dizaines de parlementaires nationaux et européens et tout autant de conseils municipaux dans l’Hexagone? Emmanuel Macron qui a le verbe haut s’agissant d’autres pays est bien silencieux dans ce dossier. Or, la diplomatie discrète a ses limites. Il a maintenant le devoir d’informer les Français: oui ou non intervient-il?
 
(1) « Threat. Palestinian political prisoners in Israel ». Beer Baker et Anat Matar. PlutoPress Editions.
https://humanite.fr/salah-hamouri-ete-transfere-dans-une-nouvelle-prison-647988

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vendredi 5 janvier 2018

"Fake news" : Macron annonce une loi pour renforcer le contrôle sur Internet en "période électorale"

Lors de ses vœux à la presse, Emmanuel Macron a également confirmé un projet de loi sur l'audiovisuel public avant la fin de l'année.

ACT MACRON CENSURE

Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'un "texte de loi" allait être déposé "prochainement" pour lutter contre les "fake news" sur Internet en "période électorale", dans une allusion voilée aux médias russes RT et Sputnik. "Nous allons faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles", a déclaré le chef de l'Etat lors de ses vœux à la presse, en indiquant que "le contenu de ce texte sera détaillé dans les semaines qui viennent". 

Plus de transparence.

Le chef de l'État en a toutefois dévoilé les contours en fustigeant "cette propagande articulée avec des milliers de compte sur les réseaux sociaux" qui "en un instant répandent partout dans le monde, dans toutes les langues, des bobards inventés pour salir un responsable politique, une personnalité, une figure publique, un journaliste". Ainsi, "les plateformes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l'identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus", a-t-il précisé.

"En cas de propagation d'une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant le cas échéant de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l'accès au site internet", a-t-il poursuivi.

Pouvoirs du CSA étendus.

Emmanuel Macron a également annoncé que les pouvoirs du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) "seront accrus pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des États étrangers". "Cela permettra (…) de refuser de conclure des conventions avec de tels services", ou de "suspendre ou annuler" ces conventions "en prenant en compte tous les contenus édités par ces services, y compris sur internet", a ajouté le président.

Le chef de l'État a par ailleurs appelé "à responsabiliser les plateformes et les diffuseurs sur internet", tout en demandant à la profession journalistique d'entamer "une réflexion" déontologique. En ce sens, "la démarche de Reporters sans frontières d'inventer une sorte de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier me paraît intéressante et souhaitable", a-t-il déclaré.

Une loi sur l'audiovisuel public.

Emmanuel Macron a également confirmé qu'un projet de loi sur l'audiovisuel public verrait le jour "avant la fin de l'année". "A la fin du premier trimestre 2018, des propositions partagées, chiffrées et structurées, construisant un scénario de transformation à mettre en oeuvre seront rendues par la mission sur laquelle s'appuie la ministre de la Culture (Françoise Nyssen). (Elles) seront la matière d'un débat que nous voulons large avec l'ensemble des professionnels", a déclaré le président de la République.

http://www.europe1.fr/politique/fake-news-macron-annonce-une-loi-pour-renforcer-le-controle-sur-internet-en-periode-electorale-3536273

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Vous l'avez compris, il s'agit d'évincer tout média s'éloignant de la propagande euro- atlantiste, qui elle, n'est pas considérée comme "inffluencée par des Etats étrangers" bien sûr.  P.G.

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jeudi 4 janvier 2018

Chine : le Big Data pour noter les citoyens… et sanctionner les déviants

Pour bien commencer l’année, une brève vision de l’avenir “Big Brother”

ACT CHINE SURVEILLANCE

Source : La Tribune, Jean-Christophe Catalon, 24/10/2016

Pour savoir quels citoyens sont dignes de confiance, le gouvernement veut utiliser le Big Data pour fixer une note globale à chaque individu. Ceux considérés comme de “mauvais” citoyens seront sanctionnés.

Le Parti communiste chinois (PCC) a trouvé un usage très particulier au Big Data. Le gouvernement prévoit de collecter massivement les données de ses citoyens afin de leur donner une note évaluant à quel degré ils sont dignes de confiance.

Conséquence, les mieux notés auront un accès facilité aux services, quand les mauvais élèves seront sanctionnés. La liste des punitions est détaillée dans un document du gouvernement chinois datant du mois dernier, évoqué par le Washington Post. Interdiction de voyager en première classe, voire de partir à l’étranger, impossibilité d’envoyer ses enfants dans les meilleures écoles ou d’accéder à une promotion, les sanctions prévues peuvent être sévères.

Du commentaire sur la politique du PCC au feu rouge grillé

Prévu pour 2020, ce dispositif dénommé “Système de crédit social” doit collecter les données des 700 millions d’internautes chinois. Du respect du code de la route aux discours tenus sur les réseaux, tout élément pouvant décrire le comportement d’un citoyen est comptabilisé. Il suffit donc d’un feu rouge grillé pour voir sa note s’abaisser.

Les entreprises, elles aussi, sont concernées. En ne respectant pas certaines règles morales et/ou légales, elles peuvent se voir interdire l’émission d’obligations par exemple. Pékin présente ce dispositif comme un nouveau moyen de lutte contre les fraudes, monnaie courante dans le pays. Au-delà de cet enjeu, le gouvernement s’offre un moyen de pression inquiétant sur sa population et pourrait basculer vers un État totalitaire.

De quoi attirer les hackers

Reste que le Système de crédit social pourrait avoir quelques difficultés à voir le jour. Si un système de score est déjà mis en place dans certains pays pour l’emprunt bancaire, notamment en Allemagne et aux États-Unis, l’étendre à l’ensemble des activités d’un individu est un tout autre défi.

Des projets pilotes sont déjà en cours, impliquant huit entreprises privées dont Sesame Credit, propriété du géant de l’e-commerce chinois Alibaba. Le site de rencontre Baihe encourage d’ailleurs ses utilisateurs à fournir leur score Sesame pour avoir un profil plus attractif.

Mais outre les problèmes moraux et juridiques qu’il pose, un tel système pourrait vite devenir la cible des pirates informatiques. Interrogé par le Washington Post, William Glass, analyste chez FireEye (entreprise de cybersécurité), en est persuadé :

“Il y a un marché énorme pour ce genre de dispositif, et aussitôt que le système sera installé, cela incitera grandement les cybercriminels et certains acteurs soutenus par l’État à pénétrer à l’intérieur, soit pour voler des informations, soit les altérer.”

Source : La Tribune, Jean-Christophe Catalon, 24/10/2016


 

Le contrôle des masses sous couvert de lutte contre la corruption

Le gouvernement justifie ce plan par la lutte contre la fraude et la corruption, qui gangrène le pays. Ces dernières années, les scandales de corruption impliquant de hauts responsables se sont multipliés. En 2015, le caractère de l’année était donc 廉, qui signifie « incorruptible ».

Ce système de notation existe dans d’autres pays, notamment pour l’obtention d’un prêt ou d’une assurance. En France l’accès aux données de santé aux assurances a suscité une levée de boucliers. Mais c’est la première fois qu’il est déployé à si grande échelle dans toute les strates de la société et de la vie professionnelle et personnelle des citoyens.

Source : Journal du geek, Elodie, 26-10-2016


Lors du Chaos Communication Congress (CCC), l’une des plus importantes conférences de hackers qui se tient cette année à Leipzig, la chercheuse Katika Kühnreich a présenté les résultats de ses recherches sur le sujet.

(...)

Une évaluation permanente

L’initiative rappelle le «credit score» américain, cette note attribuée aux résidents des États-Unis pour évaluer leur capacité à être un bon ou un mauvais payeur. Le système élaboré en Chine va plus loin, par le volume de données combinées et par l’intégration d’informations liées à l’entourage des personnes notées pour déterminer leur score. Il rendrait envisageable de perdre des points en raison d’une amitié avec une personne pourvue d’une note faible.

Katika Kühnreich se garde bien de blâmer la Chine sur le sujet. Elle estime qu’un tel projet de surveillance pourrait être étendu à d’autres pays. «Il y a une forte tendance actuelle à vouloir résoudre les problèmes de société avec des solutions technologiques, ou du moins, de tenter de le faire, explique-t-elle. Cela se produit actuellement en Chine, mais nous sommes loin d’en être exemptés en Occident»

La question de la surveillance est un sujet central en Chine. Le pays met actuellement en place le système de caméras de surveillance le plus sophistiqué au monde. Quelque 170 millions de caméras dotées d’intelligence artificielle ont déjà été installées, et près de 600 millions pourraient l’être d’ici à 2020. En pleine croissance, le marché de la reconnaissance faciale a dépassé le milliard de yuans (128 millions d’euros) en 2016 et devrait être multiplié par cinq d’ici à 2021, selon une étude du cabinet Analysys. Mi-décembre, l’association Human Rights Watch a accusé les autorités chinoises d’enregistrer les données biométriques de toute la population du Xinjiang, où vit une importante minorité musulmane, les Ouïghours. La mise en place d’un programme de santé avait alors été évoquée.

Source : Le Figaro, Elsa Trujillo, 27/12/2017

https://www.les-crises.fr/chine-le-big-data-pour-noter-les-citoyens-et-sanctionner-les-deviants/

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===============================Commentaire relevé:

Allez, aujourd’hui il est temps de faire remonter mon évaluation sociale, je vais acheter des couches, le livre de Macron, la saison complète de C’est a vous et visionner le replay du dernier épisode de Joséphine ange gardien.

Bonjour chez vous

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Iran – Le rapide soutien des États-Unis aux émeutiers laisse deviner un plan plus vaste

Manifestations en Iran: quelques précisions sur le contexte et l’évolution de la situation:

ACT IRAN MANIFS CLINTON

Une révolution ou une révolte de couleur en Iran n’a que peu de chances d’aboutir. Mais même en cas d’échec, elle peut servir de prétexte à des sanctions supplémentaires et à d’autres mesures anti-iraniennes. Les incidents actuels font donc partie d’un plan beaucoup plus vaste.

Les démocraties « occidentales » ont l’habitude d’avoir des partis politiques de gauche ou de droite avec des combinaisons fixes de politiques économiques et culturelles. La « gauche » est perçue comme prônant une économie sociale qui profite à l’ensemble de la population, et comme culturellement libérale ou progressiste. La droite est considérée comme culturellement conservatrice avec une préférence pour une économie de marché libre qui favorise les segments les plus riches d’une nation. [une division qui est en train de voler en éclat dans bon nombre de pays européens notamment depuis le traité de Lisbonne, NdR]

Les camps politiques en Iran sont différents.

En voilà la version simplifiée: Les conservateurs iraniens qu’on appelle aussi « principalistes », sont culturellement conservateurs, mais ils favorisent les programmes économiques qui profitent aux pauvres. Leur base est constituée des populations rurales ainsi que les segments les plus pauvres des habitants des villes. Le dernier président iranien qui en était proche a été Mahmoud Ahmedinejad. L’une de ses principales décisions a été de verser des allocations directement aux familles les plus pauvres en supprimant les subventions générales sur le carburant et l’alimentation. L’actuel président iranien Hassan Rohani est membre du camp « réformiste ». Sa base est constituée par les marchands et les pans les plus riches de la société. Il est culturellement (relativement) progressiste mais ses politiques économiques sont néolibérales. Le budget qui sera mis en œuvre l’année prochaine réduit les allocations destinées aux pauvres introduites par Ahmedinejad. Cela va augmenter le prix du carburant et des produits alimentaires de première nécessité d’au moins 30-40%.

Les manifestations des 28 et 29 décembre étaient dues à ces problèmes et à d’autres problèmes économiques. Il y a des manifestations de ce type régulièrement en Iran depuis des décennies. Mais les manifestations actuelles ont été rapidement détournées par de petits groupes qui ont scandé des slogans contre le système iranien et contre le fort engagement iranien en Syrie et en Palestine. Ce ne sont pas les positions majoritaires des 80 millions d’habitants de l’Iran:

Selon le sondage, 67,9 % des personnes interrogées affirment que l’Iran devrait accroître son soutien aux groupes anti-Etats islamique, contre 59,8 % il y a un an. Et une majorité de 64,9% soutient le déploiement du personnel militaire iranien en Syrie pour aider le régime de Bachar al-Assad, en légère hausse par rapport à 62,7% il y a un an.

Les petits groupes qui ont détourné les manifestations contre la politique économique de Rouhani ont été fortement soutenus par les agents habituels des opérations d’influence américaine. Avaaz, la coopération RAND, Human Rights Watch et d’autres, ont immédiatement pris le train en marche. (Toujours semblable à lui-même, Ken Roth de HRW a utilisé une photo d’un rassemblement pro-gouvernemental pour montrer les protestations anti-gouvernementales beaucoup plus petites). Les petits groupes qui ont détourné la manifestation et/ou ont monté les manifestations en épingle semblent bien coordonnés. Mais ils sont loin de constituer un véritable mouvement, ni même une majorité.

Dans la matinée de décembre, 30 grandes manifestations de soutien à la république iranienne ont eu lieu dans plusieurs villes. A Téhéran, plusieurs milliers de personnes y ont participé.

(...)

Les «  accros à l’Iran » et autres « experts » n’étaient pas au courant que des manifestations pro-gouvernementales annuelles ont lieu en Iran tous les 9 de Dey (calendrier iranien) depuis 2009, et sont organisées bien à l’avance. Elles commémorent l’échec de la tentative de la révolution de couleur de la CIA en 2009. Cette tentative avait fait suite à la réélection du président Ahmedinejad. La CIA s’était servie du segment plus riche de la société iranienne dans le nord de Téhéran pour faire le travail. Il n’est pas encore clair quelles couches sociales, s’il y en a, sont utilisées cette fois-ci.

En juin 2009, le Brookings Institute a publié un manuel sur la façon de renverser le gouvernement iranien ou de prendre le contrôle du pays. « Maloney, un autre « accro à l’Iran » était l’un des auteurs. QUEL CHEMIN VERS LA PERSE? Options pour une nouvelle stratégie américaine en Iran (pdf) avait quatre parties:

  • Partie I – Dissuader Téhéran: les options diplomatiques.
  • Partie II – Désarmer Téhéran: les options militaires
  • Partie III – Changer le régime: renverser Téhéran
  • Partie IV – Contenir Téhéran: l’endiguement

La Partie III comprend:

  • Chapitre 6: La révolution de velours: soutenir un soulèvement populaire
  • Chapitre 7: Générer une insurrection: soutenir la minorité iranienne et les groupes d’opposition
  • Chapitre 8: Le coup d’État: soutenir une action militaire contre le régime

La « révolution de couleur » de velours a échoué en 2009 car le « mouvement vert » n’a pas réussi à convaincre le peuple iranien qu’il était autre chose qu’une tentative soutenue par l’étranger pour renverser leur république.

Ce que nous voyons actuellement en Iran est une combinaison des chapitres 6 et 7 du plan Brookings. Derrière un mouvement relativement populaire contre les politiques économiques néolibérales du gouvernement Rohani, un mouvement militant, comme on l’ a vu hier soir, met en œuvre une stratégie d’escalade qui pourrait mener à une guerre civile. Nous avons déjà assisté à une combinaison similaire en Libye et au début de l’attaque contre la Syrie.

En juin dernier, le Wall Street Journal rapportait que la CIA avait mis en place une cellule opérationnelle spéciale pour de telles attaques contre l’Iran:

La Central Intelligence Agency a mis en place une organisation exclusivement axée sur la collecte et l’analyse de renseignements sur l’Iran, reflétant la décision de l’administration Trump de faire de ce pays une cible prioritaire des espions américains, selon les responsables américains.

Le Centre de mission de l’Iran réunira des analystes, des membres du personnel d’opérations et des spécialistes de la CIA pour mettre à profit l’éventail des capacités de l’agence, y compris des opérations secrètes.

Le chef du nouveau bureau est l’un des officiers les plus impitoyables de la CIA:

Pour diriger le nouveau groupe, M. Pompeo a choisi un agent de renseignements chevronné, Michael D’Andrea, qui a récemment supervisé le programme de frappes létales par drone de l’agence et qui a remporté, selon bon nombre de ses pairs, des succès contre Al-Qaïda dans la longue campagne américaine contre le groupe terroriste. […]

  1. D’Andrea, un ancien directeur du Centre antiterroriste de la CIA qui s’est converti à l’islam, est considéré par ses pairs comme un manager exigeant mais dur à la tâche et efficace. Certains responsables américains ont avoué être préoccupés par sa position agressive envers l’Iran.

D’Andrea, est le gars de la CIA qui aurait pu éviter le 11 septembre mais a raté son coup. Il a été intimement impliqué dans le programme de torture de la CIA et dans la campagne meurtrière de drones au Pakistan et en Afghanistan. Il est soupçonné d’être le cerveau qui préside à la coopération américaine avec les extrémistes wahhabites en Libye, en Irak et en Syrie.

Hier matin, un groupe terroriste sunnite a fait exploser un pipeline dans le sud-ouest de l’Iran, près de la frontière irakienne:

Selon Ansar al Furqan, « un important oléoduc a explosé dans la région d’Omidiyeh d’Ahvaz, en Iran. » Le groupe a ajouté qu’il avait créé une nouvelle unité, la Brigade des martyrs d’Ahwaz. Historiquement, il y a une importante population arabe dans la région d’Ahvaz. Cependant, on ne sait pas trop si cette supposée brigade se compose d’Arabes iraniens ou de Baloutches, bien qu’il semble que la plupart de ses membres soient des Baloutches. Les djihadistes disent que « l’opération a été menée pour infliger des pertes économiques au régime criminel iranien. »

Selon le Centre militaire américain de lutte contre le terrorisme, Ansar al-Fruqan est issu du groupe terroriste démantelé de Jundallah, qui avait tué des centaines de responsables et de civils iraniens. Jundallah était une insurrection baloutche qui combattait pour un « Baloutchistan libre » dans la région du sud-ouest du Pakistan et du sud-est de l’Iran. Son chef a été tué en 2010 et depuis, le groupe s’est scindé en Ansar al-Furqan et d’autres groupes. Certaines d’entre eux sont sous influence étrangère. Mark Perry a écrit en 2012:

Une série de mémos de la CIA raconte que des agents du Mossad israélien se sont fait passer pour des espions américains pour recruter des membres de l’organisation terroriste Jundallah pour leur servir de mercenaires dans leur guerre secrète contre l’Iran.

Les agents du Mossad ont engagé des terroristes du Jundallah pour tuer des experts nucléaires en Iran. Il ne devrait donc pas être surprenant qu’un groupe issu du Jundallah attaque maintenant l’infrastructure économique iranienne au moment même où le Mossad et la CIA coordonnent une nouvelle campagne pour renverser le gouvernement iranien. Cela indique clairement un plan plus vaste et bien organisé.

Hier soir, des groupes de 20 à 50 jeunes hommes sont apparus dans une vingtaine de villes et villages d’Iran et ont commencé à vandaliser (vidéo) les rues. Ils ont démoli les panneaux routiers et les panneaux d’affichage, brisé les fenêtres et mis le feu aux poubelles. De courtes vidéos de dizaines d’incidents sont apparues sur différents comptes Twitter. Leur impact était souvent présenté de manière très exagérée.

Dans la vidéo « des manifestants qui brûlent les bureaux du gouvernement dans la province d’Ahvaz » on voit seulement une poubelle en feu devant un bâtiment. Le seul bruit dans la vidéo «  où la police tire à balles réelle sur les manifestants » est le bruit du verre brisé des carreaux d’un bureau préfabriqué. La vidéo qui accompagne l’annonce que « 3 personnes ont été tuées dans une fusillade policière du Lorestan » montre un petit groupe très agité. Deux personnes sont emmenées, mais on ne sait pas qui elles sont, ni ce qui leur est arrivé. On n’entend pas de tirs et on ne voit pas de policiers. Dans d’autres vidéos, la police réagit aux émeutiers qui jettent des pierres et commettent des actes de vandalisme.

Les groupes, leur présence dans une vingtaine de villes et leur action, tout cela est clairement coordonné.

Ceux qui soutiennent les émeutes dans les médias postent toutes les vidéos qu’ils trouvent pour toucher un public plus large. Le gouvernement iranien a demandé à l’application de messagerie Telegram, largement utilisée en Iran, de stopper une chaîne qui exhortait les manifestants à lancer des cocktails Molotov sur les bâtiments officiels. Le chef du service Telegram a convenu que ces appels étaient contraires à ses conditions de service et a supprimé la chaîne. De nouveaux canaux avec des messages similaires sont immédiatement apparus. Le gouvernement iranien va être obligé de bloquer complètement Telegram ou d’infiltrer ces canaux pour empêcher la coordination des émeutes.

Les politiciens américains qui avaient appelé à « bombarder, bombarder, bombarder » l’Iran (John McCain) ou qui avaient menacé de faire la guerre à ce pays (Hillary Clinton) ont publié des déclarations de soutien au « peuple iranien » – c’est-à-dire aux émeutiers. Ce sont les mêmes personnes qui écrasent le peuple iranien sous toutes sortes de sanctions les unes après les autres – des hypocrites. Donald Trump et son Département d’État ont publié des déclarations de soutien aux « manifestants pacifiques » qui vandalisent le pays, et ont exigé que « le régime respecte leurs droits humains fondamentaux ». Leurs manifestations de compassion pour le peuple iranien ne trompent personne.

Une note de service qui a fuité récemment disait au secrétaire d’État américain Tillerson:

que les États-Unis devaient utiliser les droits de l’homme comme arme contre des adversaires comme l’Iran, la Chine et la Corée du Nord, tout en laissant la main libre à des régimes répressifs alliés comme les Philippines, l’Égypte et l’Arabie saoudite.

Les déclarations officielles des États-Unis arrivent trop tôt et nuisent à tout réel mouvement d’insurrection en Iran. Elles prouvent que les manifestations sont soutenues par les États-Unis, qui perdent ainsi toutes leurs chances d’élargir la base de leurs supporters en Iran.

Pourquoi les États-Unis font-ils cela?

Le plan n’est peut-être pas de renverser tout de suite le gouvernement iranien, mais de pousser le gouvernement iranien à réprimer violemment les manifestations.

Suzanne Maloney @MoneySuzanne – 5:51 – 31 déc 2017

Et voici l’idée: quoique le gouvernement américain fasse ou dise à propos de ces protestations, le fait est (comme @POTUS l’a dit sur Twitter) que le monde entier regarde ce qui se passe en Iran. La façon dont Téhéran réagit aux protestations actuelles modèlera ses relations avec le monde, comme en 2009.

Cette réaction peut ensuite être utilisée pour imposer des sanctions plus larges et plus strictes à l’Iran, en particulier de la part de l’Europe. Il s’agirait alors d’une nouvelle étape du plan plus vaste consistant à étouffer le pays sous les sanctions, et d’un pas supplémentaire dans l’escalade contre lui.

Par Moon of Alabama

Original: http://www.moonofalabama.org/2017/12/iran-early-us-support-for-rioters-hints-at-a-larger-plan.html#more

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/iran-le-rapide-soutien-des-etats-unis-aux-emeutiers-laisse-deviner-un-plan-plus-vaste/

mercredi 3 janvier 2018

“Liker” sur Facebook peut vous coûter votre emploi

La cour du travail de Liège (Belgique) a ouvert une brèche suite à un arrêt positif pour l’employeur, en mars, dans une affaire de “like” de contenu antisémite par un comptable d’une ASBL (Association sans but lucratif).

ACT LIKE FB

Un simple “like” sur Facebook n’a finalement rien d’anodin pour un employé. Un arrêt (récemment publié) rendu le 24 mars 2017 par la cour du travail de Liège souligne en tout cas le danger croissant pour les travailleurs de s’exprimer sur les réseaux sociaux, nous rapporte Carl Vander Espt, avocat au cabinet Cairn Legal.

Retour sur les faits ayant amené à une telle prise de position. Il y a de cela quelques mois, la cour en question a été amenée à trancher le cas d’un cadre engagé comme comptable par une ASBL bruxelloise active dans “la redynamisation et la valorisation du centre-ville“. L’homme publie à plusieurs reprises sur son “mur” Facebook divers liens faisant référence à des mouvements soutenant la “quenelle” du controversé Dieudonné.

Découverte, l’affaire passe mal du côté de son employeur. Le comptable est alors convoqué par les dirigeants et s’engage solennellement, par écrit, à retirer du réseau social toute publication aux formes d’humour présentant des risques de “heurter l’opinion publique“. Quelques mois plus tard, son supérieur hiérarchique constate que le cadre n’a pas respecté l’engagement pris plus tôt. Il a “liké” – action de cliquer sur le bouton “j’aime” situé sous tout contenu transitant sur Facebook – des publications similaires aux précédentes, ce qui amène in fine à son licenciement sec pour motif grave, raconte l’avocat. L’employé saisit la justice.

En degré d’appel, le travailleur maintient entre autres choses qu’il a respecté son engagement puisqu’il n’a rien publié sur son “mur” Facebook et que le fait de liker ne s’assimile pas à une publication et que “la liberté d’expression doit être préservée“. La cour ne l’entend pas de cette oreille et considère que “le travailleur qui aime des publications provenant de sites à l’humour grinçant véhiculant des idées à connotation raciste, s’est effectivement approprié ces idées“, résume Carl Vander Espt.

Certes, dit la cour, “tout travailleur a droit à sa liberté d’expression, mais cette liberté d’expression ne peut en aucun cas ternir l’image de l’ASBL et de ses dirigeants“. En l’espèce, le travailleur a donc abusé de son droit et a risqué de porter atteinte à une institution. En outre, le fait que le travailleur avait été averti qu’il ne pouvait se permettre de véhiculer ce type d’humour antisémite et provocateur constitue une circonstance aggravante, évoque l’avocat. La cour déclare donc le motif grave établi.

Frontière privé-public floue

Pour Carl Vander Espt, “cet arrêt de la cour témoigne du danger croissant pour les travailleurs de s’exprimer de manière irréfléchie sur internet et les réseaux sociaux, tels Facebook ou Twitter“. La frontière entre sphère privée et publique apparaît en effet de plus en plus poreuse. Et à cet égard, “il est remarquable que la cour du travail n’ait, à aucun moment, jugé bon de justifier sa décision en soulignant le caractère public du compte Facebook de l’intéressé“.

Selon lui, c’est qu’en effet, “la jurisprudence considère de manière croissante ces comptes comme publics par nature, sans avoir égard aux options du compte, alors que des nuances pourraient sans doute être faites lorsque l’accès aux informations est limité aux amis ou amis d’amis, ou lorsque le cercle de diffusion apparaît très restreint.

Par l’assimilation d’un like à une publication à connotation raciste, la décision de la cour du travail ouvre une nouvelle brèche“, insiste Carl Vander Espt. “Il est donc utile de rappeler que la prudence est de mise sur les réseaux sociaux“.

Pour Etienne Wéry, avocat au cabinet Ulys, il est difficile de savoir si la cour serait arrivée à une telle conclusion s’il n’y avait pas eu un tel engagement de la part de l’employé vis-à-vis de son employeur. La question ici est véritablement autour de cet engagement plus que du like en tant que tel. De plus, on ne peut pas dire de manière générale que liker un contenu revient à le reprendre à son compte“, comme pourrait le suggérer un partage qui s’apparente plus à de la diffusion comme un affaire similaire l’a déterminé en France – là, “on prend véritablement la responsabilité des propos en question“.

Par contre, il est vrai qu’”en likant de tels propos, la personne concernée a quelque part donné son assentiment à un courant de pensée incompatible avec la mission de son employeur“. En tout cas, “l’ASBL a très bien géré la situation, il est important de le dire“, conclut l’avocat.

Source : L’Echo, Simon Souris, 28-12-2017

https://www.les-crises.fr/liker-sur-facebook-peut-vous-couter-votre-emploi/

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=================Commentaire plutôt intéressant sur le site:

C’est vraiment de pire en pire. Dois-je m’abstenir de ce commentaire, dans le cas où mon employeur pourrait y avoir accès? Ce n’est pas étonnant de la part des magistrats au vu de la pauvreté intellectuelle de la formation en droit. Par ailleurs, il me semble que l’affaire a moins été statuée en droit, que par idéologie et vision du monde convergente entre un juge à la pensée pro-système et l’employeur. C’est aussi à mettre en relation avec deux choses:
-le statut toujours davantage précaire des salariés, devant par ailleurs se soumettre de plus en plus, au vue des niveaux de chômage, aux volontés de l’employeur (l’effacement initial de contenu par l’employé, relaté dans l’article) et connaissant une extension des motifs ou plutôt des absences de motifs de licenciement.
-Le contrôle social toujours plus grand des populations, illustré par un précédent article sur la vidéosurveillance, en Chine, et la capacité à partir d’une photo de retrouver un individu, dans Guiyang,ville de 3 millions d’habitants, en moins de 7 minutes.

La réduction de la liberté d’expression, en France, sur les 10 dernières années nous approche d’une société à tendance totalitaire. Le choc n’est pas brutal, mais s’effectue par vagues successives, ce qui limite la contestation de cette réduction, par ailleurs vaine, comme le montre l’indignation du licenciement de Tex, qui ne change rien à l’affaire. Le plus inquiétant est que le pouvoir n’est pas l’auteur principal de cette réduction. La base s’en charge, chacun jouant,dans sa sphère, l’agent Smith de Matrix.

PS: Passage obligé : je précise que je n’adhère pas aux idées de Dieudonné et consorts.

 

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mardi 19 décembre 2017

Tribune libre: Robert Ménard Ou Voltaire pour de vrai

« Je déteste vos idées, mais je suis prêt à mourir pour que vous ayez le droit de les exprimer » : Voltaire, qui est mort dans son lit sans s’être jamais soucié de ses adversaires, n’a peut-être pas prononcé cette phrase célèbre, mais c’est Robert Ménard qui la met le plus sincèrement en pratique de nos jours.

TL MENARD OJIM

Le journaliste fondateur de Reporters sans frontières, lui, n’a jamais hésité à porter la plume dans la plaie et même à brûler ses vaisseaux pour défendre une liberté d’expression qu’il envisage une et indivisible.

« Son nom de Français moyen explose à l’audimat, nous dit Le Point. Il est partout, Ménard. Sur les plateaux télé, avec sa rhétorique de bouledogue. Au sommet de Notre-Dame, avec son sens du symbole. “Je suis une agence de mauvaise publicité”, jubile-t-il dans un sourire de sale gosse. » « Ménard, emmerdeur sans frontières » (L’Express, 29/05/2008).

Robert Ménard est né le 6 juillet 1953 à Oran. Fils d’Emile Ménard, imprimeur « militant de l’OAS » (Minute, 18 juillet 2012), et de Roberte Carrière, il grandit dans « une famille de vieille souche algérienne » et catholique, installée en Algérie depuis 1850 (« une partie de mes ancêtres étaient des républicains qui ont résisté au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, en 1850. Et les autres sont des Alsaciens qui ont refusé de devenir Allemands quand l’Alsace a été prise à la France en 1870 »). Début juin 1962, sa famille doit fuir l’Algérie pour regagner la métropole et s’installer à Brusque, dans l’Aveyron.

Il commence un parcours militant à l’extrême gauche, qui le mènera aux sommets du combat pour la cause humanitaire et à une belle carrière dans les médias. Avant d’évoluer vers des prises de position plus conservatrices et droitières, qui lui valent d’être lâché – voire lynché – par ses confrères et anciens compagnons d’arme.

Il est marié depuis 2003 avec Emmanuelle Duverger, juriste, spécialisée dans le droit pénal international, à l’époque permanente de la Fédération internationale des droits de l’homme, chargée de l’Afrique et de la justice internationale. Directrice des éditions Mordicus, elle dirigeait également, jusqu’à sa récente liquidation, la revue Média.

Formation

Collège privé Saint-Gabriel de Saint-Affrique. Ménard se destine un temps à la prêtrise, mais sa mère s’y oppose.

Diplôme d’études supérieures de philosophie à l’université Paul Valéry de Montpellier.

Parcours professionnel

1978 : Il crée Radio Pomarède (du nom d’un bandit de Caux, village du Biterrois exécuté en 1843 à Pézenas), radio libre interdite par le Ministère de l’Intérieur, mais qui continue à émettre malgré tout. Son objectif initial est de servir son combat contre La Littorale, filiale d’Union Carbide, qui fabrique alors à Béziers le Temik, l’insecticide responsable de la catastrophe de Bhopal. Devenu président de l’Association Consensus Liberté Radio, il est la cible de très nombreuses poursuites judiciaires. Lors d’un de ses procès, François Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti socialiste, se porte témoin de moralité à son égard.

1979 : Il lance à Béziers un journal gratuit d’informations et d’annonces créé par la Régie Occitane de publicité, intitulé Le Petit Biterrois. Celui-ci est contraint de l’arrêter un an plus tard à la suite de difficultés avec ses annonceurs

1983-1989 : Il est journaliste à Radio France Hérault

2008 : Robert Ménard est promu chevalier de la Légion d’honneur le 23 mars 2008 sur proposition de Bernard Kouchner. Au même moment, il co-organise des manifestations de RSF contre l’attribution des JO à la Chine au moment du passage de la flamme, d’abord en Grèce, puis à Paris, afin de protester contre les multiples violations des droits de l’Homme en Chine.

Le 1er mars 2008 il a pris les fonctions de directeur général du centre pour la liberté de l’information à Doha au Qatar créé en décembre 2007 sous l’impulsion de RSF37, censé accueillir et soutenir des journalistes persécutés dans leur pays, et doté d’une subvention annuelle de 3 millions de dollars par l’émir. Le 30 septembre 2008 il démissionne de RSF.

En juin 2009 il quitte la direction du centre pour la liberté de l’information à Doha, sur fond de dissentions avec Sheikh Hamad Bin Thamer Al Thani, président de la chaîne Al-Jazeera.

2009 à juillet 2010 : Robert Ménard reçoit un invité chaque matin à 11h05 dans « Ménard sans interdit », sur i>Télé. Puis il rejoint l’équipe du 17h/20h (« L’Info sans interdit »), de Julian Bugier et Sonia Chironi, tout en restant présent dans la tranche 6h-9h, pour éditorialiser et débattre avec son confrère Claude Askolovitch.

Débarqué de la matinale de RTL en juin 2011, où il disposait d’une chronique et participait à l’émission « On refait le monde », il prend la tête de la matinale de Sud Radio (7h-8h30) en août 2011 jusqu’en juin 2012.

En juin 2012, la revue trimestrielle Médias dirigée par Robert Ménard et Emmanuelle Duverger doit s’arrêter en raison notamment d’une baisse de 80% des recettes publicitaires en deux ans, mais aussi parce que RSF et Stéphane Courbit, actionnaires, avaient décidé de jeter l’éponge.

La chaîne d’information i>Télé lui signifie en juillet 2012 l’arrêt de son émission « Ménard sans interdit », programmée chaque jour à 17h45.

En septembre 2012, il réédite Mirages et cheikh en blanc, co-écrit avec Thierry Steiner, faisant le récit d’une année passée au Qatar à tenter de mettre en place un centre de défense de la liberté d’information.

En septembre 2012, il rejoint le Comité consultatif international de Channel 9, une chaîne de télévision géorgienne contrôlée par l’homme d’affaires et politique Bidzina Ivanichvili.

Le 1er octobre 2012, il lance avec son épouse Emmanuelle Duverger, Dominique Jamet et Denis Cheyrouze, un site d’information intitulé « Boulevard Voltaire » et dont le contenu est fourni par des éditorialistes comme André Bercoff, Éric Brunet, Gilles-William Goldnadel, Jean Sévillia ou Denis Tillinac.

Le 9 avril 2014 il annonce son retrait de Boulevard Voltaire pour se consacrer à la mairie de Béziers.

En mai 2016, il fonde le mouvement « Oz ta droite », qui a vocation à présenter des propositions aux candidats de droite pour l’élection présidentielle de 2017. Celui-ci rassemble entre 1 500 et 2 000 personnes à Béziers à la fin du mois, dont de nombreuses personnalités allant de la droite radicale à l’extrême droite, et produit une cinquantaine de propositions d’orientation identitaire et libérale. Le rassemblement, coorganisé par Valeurs Actuelles et Boulevard Voltaire, est marqué par le départ prématuré de Marion Maréchal le Pen, qui entend protester contre des propos tenus à l’encontre du FN. Fin octobre 2017 il reconnaît l’échec d’Oz ta droite et apporte son soutien aux « Amoureux de la France », une plate-forme lancée par Nicolas Dupont-Aignan avec des objectifs semblables.

Parcours militant

Adolescent, il se rapproche des milieux anarchistes et trotskistes. Il fait fermer son collège lors des grèves étudiantes de mai 1968 et suit la mouvance anarchiste jusqu’au coup d’État de Pinochet au Chili en 1973 (France-Soir, 28 novembre 2000). À cette époque, « il décide de devenir “révolutionnaire professionnel” » (La Vie, 3 mai 2000). Il rejoint donc la Ligue communiste puis la Ligue communiste révolutionnaire de 1973 à 1979 « livrant à la fin des années 70 ses premiers combats contre une usine de produits chimiques responsables de la mort de 2000 personnes à Bhopal, en Inde » (France-Soir, 28 novembre 2000). Par la suite, il s’inscrit brièvement au Parti socialiste, il sera délégué du CERES (aile gauche du PS) pour la fédération de l’Hérault au congrès de Metz (6 au 8 avril 1979). Il démissionne du PS six mois après l’élection de François Miterrand, stupéfait par tous ceux qui se « précipitaient sur les places ».

Il fonde, en 1985, l’organisation non gouvernementale internationale « Reporters sans frontières » avec Rémy Loury, Jacques Molenat et Émilien Jubineau (Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud les rejoindront plus tard). De 1985 à 2008, Robert Ménard a été secrétaire général de cette organisation qui « œuvre au quotidien pour la liberté de la presse. » Hélas, elle n’a pas eu un mot pour condamner l’éviction (clairement politique) de Robert Ménard sur RTL en 2011 ; on ne l’a pas plus entendue pour protester contre son limogeage de i>Télé fin 2011.

En juillet 2013, Robert Ménard annonce sa candidature aux élections municipales de 2014 à Béziers avec une liste transpartisane composée de militants du Front national, du Rassemblement Bleu Marine, du Bloc identitaire, de Debout la République, du Rassemblement pour la France et d’UMP ou ex-UMP, ainsi que d’autres non encartés « ayant toujours voté à gauche », selon lui. Il est notamment opposé à Élie Aboud pour l’UMP (membre de l’équipe municipale du maire Raymond Couderc, élu depuis 1995) et à Jean-Michel Du Plaa pour le PS, « un ami de longue date ». Il est élu maire de Béziers le 30 mars 2014, au terme d’une triangulaire, avec 46,98% des voix. Il profite de son ancrage local, d’un UMP à bout de souffle, de l’effondrement économique de la ville et de ses appuis dans la communauté des rapatriés d’Algérie.

Comme maire, il est la cible de nombreuses critiques notamment quand il souhaite lancer une « garde biterroise », sorte de milice urbaine constituée de bénévoles – finalement retoquée par la justice, affirme qu’il y a 64.9% d’élèves musulmans dans les écoles de la ville ou souhaite donner des œuvres du musée des Beaux-Arts inutilisées (et pourtant inaliénables). Il est surtout confronté à l’hostilité nette de Midi Libre, journal historiquement de gauche plongé dans une crise profonde, et contre lequel il muscle le journal municipal. Doté d’un budget propre de 200.000 €, il est rédigé par un employé municipal à plein temps et paraît tous les 15 jours, tiré à 44.000 exemplaires.

Cependant la population est plutôt séduite par le renforcement de la sécurité dans la ville – jusque là livrée à la délinquance – la baisse des impôts, la gratuité des musées communaux pour les biterrois, la baisse des cantines et d’autres mesures à caractère social. Malgré des relations houleuses avec la communauté de communes de Béziers, il développe des collaborations avec Narbonne et Carcassonne, Taïwan pour y exporter du vin et Maaloula en Syrie, «  une petite commune qui a été martyrisée, occupée par les islamistes, libérée, occupée, libérée » et le «  dernier village où l’on parle l’araméen, la langue du Christ ».

Après la défaite à la présidentielle de 2017 il remet en cause le leadership de Marine le Pen à la tête du FN, appelle à en finir avec « la vieille chimère de l’alliance avec les souverainistes de gauche » et au départ de Philippot.

Sa femme, Emmanuelle Ménard, est élue députée dans la sixième circonscription de l’Hérault en juin 2017, avec le soutien du FN, de Debout la France, des Indépendants et paysans (CNIP), du SIEL et du Mouvement pour la France. Catholique pratiquante, opposée à la PMA pour les couples de lesbiennes et opposée à l’immigration, elle rejoint la plateforme « Amoureux de la France » lancée par Nicolas Dupont-Aignan à l’automne 2017.

Publications

  • Club des 500 : les 500 qui font le Languedoc-Roussillon,Montpellier, Éditions ensoleillées Intelligence Média, 1990.
  • Ces journalistes que l’on fait taire (avec Géraldine Faes), Éditions Albin Michel, 2001.
  • La Censure des bien-pensants (avec Emmanuelle Duverger), Albin Michel, 2003.
  • Les jeux de la honte, Cherche-Midi, 2008.
  • Des libertés et autres chinoiseries, Robert Laffont, 2008.
  • Les Français sont-ils antisémites ? (avec Élisabeth Lévy, Léonard Vincent), Mordicus, 2009.
  • Mirages et cheikhs en blanc : enquête sur la face cachée du Qatar, le coffre-fort de la France (avec Thierry Steiner), 2010.
  • Vive Le Pen ! (avec Emmanuelle Duverger), Mordicus.
  • Vive l’Algérie française ! (avec Thierry Rolando), Mordicus.

Collaborations

Décembre 2005

Il reçoit en tant que secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF) le « prix Sakharov pour la liberté de penser » décerné par le Parlement européen. Ce prix « récompense des personnalités exceptionnelles qui luttent contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression. À l’instar d’Andreï Sakharov, les lauréats du Prix Sakharov témoignent combien il faut de courage pour défendre les droits de l’homme et la liberté d’expression »

Février 2007

Il participe à la soirée de soutien à Florence Aubenas, Giuliana Sgrena et Hussein Hanoun Al- Saadi, en compagnie de Jacqueline Aubenas (mère de la journaliste retenue en otage), Roselyne Godard, une des accusées du procès d’Outreau, Martine Aubry et Serge July.

Automne 2008 à juin 2009

Directeur du Centre de Doha pour la liberté d’information, basé au Qatar. Le Centre de Doha a été créé en décembre 2007 par la fondation du Qatar, que préside l’épouse de l’émir, cheikha Mozah bint Nasser al-Missned, et RSF pour œuvrer à « la défense de la liberté de la presse et pour la promotion de sa qualité au Qatar, au Moyen-Orient et dans le Monde entier. » Ménard en claque vite la porte. « Aujourd’hui, le Centre est asphyxié. Nous n’avons plus ni la liberté ni les moyens de travailler ».

Mars 2008

Élevé au grade d’officier de Légion d’honneur par décret du 21 mars 2008 sur choix du président de la République, Nicolas Sarkozy.

Mai 2010

Participe à un débat avec Edwy Plenel sur le thème « Liberté, indépendance, qualité de l’information, démocratie : faut-il un projet politique pour les media ? » organisé par le Mouvement Utopia. Le « mouvement politique UTOPIA appelle à l’émergence d’une gauche d’avant-garde fondée sur une identité écologiste, altermondialiste et anti productiviste, capable de transformer la société, de porter de nouveaux idéaux et de les réaliser »

Janvier 2011

Il témoigne en faveur d’Éric Zemmour poursuivi pour diffamation et provocation à la haine raciale par SOS Racisme, la Licra, le Mrap, l’UEJF et J’accuse.

Février 2011

Signataire de la pétition pour l’abrogation de la loi Gayssot et pour la libération de Vincent Reynouard initiée par Paul-Eric Blanrue.

Printemps 2011

Lance la pétition « Manifeste pour la liberté d’expression » : « Alertée par un “médiatiquement correct” de plus en plus prégnant, un recours aux tribunaux de plus en plus fréquent, nouvelle épée de Damoclès au-dessus de la tête de tout “mal-pensant”, par la tentation toujours plus marquée d’exclure du débat ceux qui n’ont pas l’heur de plaire au petit monde de la pensée bien propre sur soi, Médias lance un manifeste afin de rappeler aux uns et aux autres que la liberté d’expression vaut pour tous, même ceux dont nous abhorrons et combattons les idées ».

Mai 2011

Il est invité au colloque sur « La liberté d’expression » organisé par le Cercle des Avocats libres.

Juin 2011

Il est invité à la vingt-deuxième « Fête de la Courtoisie » organisée par Radio Courtoisie.

Septembre 2011

Il est invité du premier Grand Dîner de la Grande Loge de France (GLDF).

Octobre 2011

Invité à la quatrième journée de la Réinformation organisée par la fondation Polémia sur le thème « Comment les blogs changent les médias dominants ? ».

Janvier 2012

Il participe au 38ème congrès national du Cercle algérianiste sur le thème « 50 ans après l’exode, les Français d’Algérie sont-ils toujours des exilés ? ».

Mars 2012

Invité à une conférence-débat sur le thème « Liberté d’expression : peut-on tout dire ? Doit-on tout dire ? » organisée par le B’nai B’rith France avec Sammy Ghozlan et Richard Abitbol.

Ce qu’il gagne

En 2008, il déclare 5 000 euros par mois (L’Express, « Ménard, emmerdeur sans frontières », 29/05/2008)

(...)

https://www.ojim.fr/portraits/robert-menard/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=7c9292f096-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-7c9292f096-71509009

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Le parcours- type d'un néo- conservateur, adepte du "choc des civilisations", de la gauche trotskyste à la droite radicale mais européiste et libérale, adversaire d'un véritable souverainisme capable de contrer la domination géopolitique des Etats- Unis. Assez banal, finalement.   P.G.

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dimanche 26 novembre 2017

RSF Suisse demande d’annuler une conférence sur les casques blancs

Genève : RSF demande au président du Club suisse de la presse d’annuler une conférence sur les Casques blancs.

ACT LIBERTE PRESSE POLICE PENSEE

Le Club suisse de la presse doit accueillir mardi une conférence de presse consacrée aux Casques blancs syriens. Un sujet sensible. Plusieurs fois récompensée pour son action sur le terrain au profit des populations civiles, l’ONG reste dans le collimateur des autorités syriennes et de son allié russe. Damas et Moscou n’ont eu de cesse de dénoncer la proximité de cette organisation crée par un ancien officier britannique avec les «rebelles syriens». Sous le titre «They don’t care about us» (Ils ne se soucient pas de nous. Casques blancs, leur véritable agenda), la conférence organisée lundi annonce la couleur. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde.

Dans un courrier adressé jeudi au Club Suisse de la presse (lire ci-contre), Gérard Tschopp et Christiane Dubois, respectivement président et directrice de Reporters sans frontières (RSF) en Suisse, pressent son directeur, Guy Mettan, de renoncer à l’organisation de cette conférence de presse qui, selon eux, porterait «atteinte à l’image du Club suisse de la presse». Ils menacent de s’en retirer si la conférence n’est pas annulée. Ils accusent deux des intervenants – Vanessa Beeley et Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights – d’être au service de «la propagande russe».

RSF, qui figure dans la liste des membres médias du Club suisse de la presse, refuse d’être associé à un tel événement. Joint par téléphone, Guy Mettan avoue tomber de sa chaise (lire sa réponse intégrale ci-dessous). «Je n’ai jamais vu une chose pareille, soupire le président. Voilà qu’une organisation qui défend la liberté d’informer me demande de censurer une conférence de presse

Guy Mettan, qui a souvent été «attaqué» pour ses engagements «prorusses», assure qu’il s’est toujours employé à donner la parole à tout le monde. «D’habitude, les pressions pour faire annuler des conférences de presse viennent de pays qui sont connus pour être des dictatures. La démarche de RSF me stupéfait. C’est prendre les journalistes pour des imbéciles. Comme s’ils n’étaient pas capables de se faire une opinion par eux-mêmes.» (TDG)

La lettre de RSF adressée à Guy Mettan

Genève, le 23 novembre 2017,

Monsieur le Directeur, cher Monsieur,

Nous avons eu connaissance de l’événement organisé par le Club suisse de la Presse le 28 novembre prochain: «They don’t care about us». About white helmets true agenda.» Nous avons également été interpellés sur notre «soutien» à cette conférence, le nom de notre organisation apparaissant dans la liste des membres médias.

Nous nous dissocions totalement de cet événement et ne souhaitons en aucune manière être associés à une conférence qui accueille une soi-disant journaliste, Madame Vanessa Beeley,qui justifie l’utilisation dela torture par le régime syrien afin de le préserver. Quand bien même elle n’a jamais été publiée dans un média indépendant, il est étonnant qu’elle soit référencée au moins deux cents fois dans les médias russes de propagande (SputnikNews, Russia Today).

De plus, il est pour le moins inacceptable d’inviter Monsieur Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights, une association qui, selon nos informations, agit comme un outil de propagande russe. Il est probable que vous n’avez pas eu connaissance de ces éléments d’information, nous tenons le cas échéant les liens utiles à cet effet.

Quoi qu’il en soit, nous vous invitons à renoncer à ce projet qui portera atteinte à l’image du Club suisse de la Presse. Selon votre décision, nous nous réservons l’opportunité d’étudier de conserver notre carte de membre.

Dans l’attente de vos nouvelles, nous vous adressons, Monsieur le Directeur, cher Monsieur, nos salutations les meilleures,

Gérard Tschopp et Christiane Dubois

La réponse de Guy Mettan à RSF

Chère Madame, Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier qui a retenu toute mon attention.

En ma qualité de membre fondateur de Reporters sans frontières aux côtés de François Gross dans les années 1980, je dois avouer que j’ai été atterré par sa teneur. Je peux comprendre que le fait de donner la parole à des voix dissidentes puisse susciter de la réprobation. Mais de là à exiger l’annulation de cette conférence de presse, il y a un pas dont je n’aurais jamais pensé que vous puissiez le franchir.

D’une part, cela me semble une atteinte grave à la liberté d’expression et en totale contradiction avec la «liberté d’informer et d’être informé partout dans le monde» que RSF prétend défendre dans sa charte et qui figure en toutes lettres sur votre papier à en-tête. Cela reviendrait ensuite à prendre les journalistes et les rédacteurs en chef pour des imbéciles incapables d’analyser les faits et les arguments qu’on leur présente et de se forger une opinion par eux-mêmes.

Par ailleurs, depuis 20 ans que j’exerce mes fonctions au Club suisse de la presse, j’ai toujours été soumis à des pressions afin d’empêcher des gens de s’exprimer. Mais jusqu’ici ces pressions sont toujours venues de régimes autoritaires ou dictatoriaux, tels que la Chine, l’Arabie saoudite, l’Egypte ou le Bahrein. C’est la première fois qu’une organisation de défense des journalistes d’un pays démocratique m’adresse une telle demande. Il va sans dire que je ne peux y donner suite. Ce serait déshonorer un métier qui, je l’espère, est toujours le vôtre.

Plutôt que de pratiquer la censure, je ne peux donc que vous proposer de participer à cette conférence de presse, comme je l’ai d’ailleurs suggéré aux partisans des Casques blancs, et de poser les questions que vous jugerez utiles aux intervenants. Pour ma part, fidèle à l’esprit d’ouverture et de recherche de la vérité qui caractérise le Club suisse de la presse depuis sa fondation, je suis naturellement prêt à accueillir une rencontre de presse avec les organisations qui soutiennent les Casques blancs afin qu’ils puissent faire valoir leur point de vue. Mais ils n’y ont pas donné suite pour l’instant.

Vous me permettrez de ne pas vous répondre en ce qui concerne les attaques personnelles que vous avez adressées à notre consœur Vanessa Beeley et à M. De Noli. Elles sont indignes du journalisme.

Enfin, je vous transmets par courrier séparé quelques-uns des innombrables messages de soutien que je reçois d’un peu partout dans le monde et qui me confortent dans la conviction que la liberté d’expression est désormais davantage menacée chez nous que chez les «autocrates» que vous prétendez dénoncer.

Avec mes messages confraternels

Guy Mettan

Source : Tribune de Genève, 23/11/2017

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