mercredi 18 juillet 2018

Vidéos du jour

VID JUIL18 FA PYR

EA65 : Coupe du monde – Macron au Congrès – Où en est le Brexit ? – Sommet UE-Otan – Estonie – Ambassadeur sanctionné – Catalogne…

EA FA 13JUIL18

François Asselineau revient sur l’actualité de ces derniers jours.

00:07 Que vous inspire la Coupe du Monde de football ?
09:59 Que retenez-vous du discours de Macron au Congrès ?
23:01 Où en est le Brexit ?
36:46 Commémoration SS en Estonie
40:51 Propagande catalane sur le territoire français
46:29 Rejet du CETA par l’Italie
48:09 Remplacement d’Eric Fournier, Ambassadeur de France en Hongrie
52:50 Bilan du sommet de l’OTAN
01:02:24 Conclusion

—–

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Intervenant :
François Asselineau président de l’UPR.
Voix hors champ : Thibaud Lonjon
Animations graphiques : @PierreDuNet
Technique : Sylvain Gargasson
Illustrations et montage : Fabien Sémat

https://www.upr.fr/actualite/ea65-coupe-du-monde-brexit-otan-congres-estonie-ambassadeur-catalogne

pyr EA JUIL18

Voir aussi:

Grand entretien d'actualité juin-juillet 2018 avec Pierre Yves Rougeyron

https://www.youtube.com/watch?v=Atv2vhcViR4

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samedi 14 juillet 2018

Que vive la République!

Vidéo

ARCHIVES 2

 Régis Debray et Alain Finkielkraut - La République est-elle en train de mourir?

https://www.youtube.com/watch?v=kQ3pBbMBfV8

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Autour du livre de Régis Debray: Que vive la République!

§ La République, après avoir vaincu l'alliance du Trône et de l'Autel, est menacée par une autre alliance, celle de l'Image (le spectacle) et de l'Argent.

Cette alliance contredit les principes fondamentaux de la République: l'Egalité et la Connaissance (l'Ecole).

§ Primat de l'économique sur le politique. Subordination de la conscience à l'intérêt ou de la Loi au pouvoir de fait= subversion.

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§ La République n'est pas égalitariste: elle entend donner aux inégalités d'autres causes: ne plus les fonder sur l'hérédité ou la fortune mais sur le travail ou le talent ou le mérite. Cela suppose d'abord l'égalité devant la loi, et l'égalité devant le savoir. C'est ce qui rend la République une et indivisible: elle ne l'est plus quand elle devient une oligarchie.

§ Depuis 1984, l'éventail des revenus a augmenté.Si on peut admettre une hiérarchie des revenus de 1 à 5 ou de 1 à 10, une hiérarchie de 1 à 50 met en question le pacte républicain.

§ Pour servir l'intérêt général, il vaut mieux être désintéressé...Ne pas être aimanté, fasciné ou indexé dans la considération publique sur son niveau de revenus. Le service de la République, c'est l'abnégation.

§ L' Image contre la Connaissance.L'image comme facteur de séduction et non d'instruction.

§ La démocratie passe par l'éducation du Peuple. L'école laïque ne donne pas au gens une opinion, mais les moyens d'avoir une opinion: elle développe leurs facultés critiques, l'aptitude à distinguer le vrai d'avec le faux.

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§ Gambetta: "je lis et je vous souhaite d'en faire autant".La République est fondée sur la lecture, sur les journaux d'opinion, et non pas sur le spectacle qui tend à réduire la Culture au divertissement. Il n'y a pas un marché de la connaissance: l'école est gratuite en France quand elle est publique.

§ La République est une culture délibérative: ça consiste à discuter de façon argumentée et rationnelle; la culture de l'image est une culture de révérence: martèlements, vérités assénées, posées de façon dogmatique.

§ La culture de l'image est une culture individualiste. Sur un écran de télévision, il n'y a pas de place pour le Peuple.Le culte de l'image est un culte anti- républicain.

§ L'école enseigne en français, la République est liée à la Nation.L'image est transnationale.

§ Subversion par l'affairisme, l'obsession américaine de l'argent et le culte du vedettariat.

§ Les professeurs et instituteurs font état d'ne concurrence déloyale entre la connaissance et l'image. La civilisation de l'audio- visuel fonctionne au pathos et à la nouveauté constante, à l'éphémère alors qu'eux font référence à l'ancien. Malaise. On leur répond: "votre souffrance est une chimère".

§ L'école veut former l'Homme et le Citoyen (Condorcet, Alain...): le trésor des humanités ne doit pas être réservé à une élite sociale, ni même intellectuelle.

etc.

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Le ton est donné. L'occasion de se pencher sur les fondements de ce régime politique somme toute relativement stable mais si souvent trahi, né dans la douleur et maintenu dans les soubresauts et les incertitudes de l'histoire, avec différentes versions plus ou moins réussies et un avenir incertain dans sa dissolution progressive au sein d'un ensemble supranational, dont les principes sont de plus en plus visiblement contradictoires avec ses idéaux d'origine...A quoi sert la République sans souveraineté? Faut- il reprocher à Macron d'être un monarque comme le font certains (comme si on était encore au temps du Général) ou d'être un pantin au service d'intérêts géopolitiques étrangers et d'une oligarchie financière hostile aux fondements républicains de notre Nation?

P.G.

samedi 7 juillet 2018

=Destruction de l'Etat français=méthodes=responsables=...

ARCHIVES 1

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Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 1

https://www.youtube.com/watch?v=Qi8AlVDE2QU

Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 2

https://www.youtube.com/watch?v=wZbr70N1Dh4

Pierre Yves Rougeyron Qui veut la peau de l'Etat français Partie 3

https://www.youtube.com/watch?v=6z-uaHc2wu0

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CNR 1

§ Détruire le socle intellectuel de l'Etat et de ses symboles

§ Attaques sur les institutions (Villepin supprime le Plan, premières attaques sous VGE...) le Plan remplacé par les "clubs" (think tanks)

§ Les économistes à gages en première ligne (Michel Godet, Alain Minc...)

§ Les destructeurs:

- à droite: 

Le Club de l'Horloge

Surrenchère entre RPR et FN sur le libéralisme

- à gauche

La 2° gauche

Alliance des "démocrates- Chrétiens" (chrétiens "de gauche") et des progressistes gauchistes

La gauche "anti- totalitaire" (BHL, Glucksman...)

CFTC, CFDT... Delors...

1982 Fondation St Simon, Pierre Rosanvallon, François Furet, Jacques Julliard...

Manifeste: "la République du Centre".

Rocard, Jospin, Straus- Kahn (le plus décomplexé), néo- libéralisme.

§ Les "évangélistes du Marché".

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§ Les publicistes (la Presse se structure) vont attaquer l'Etat: Denis Olivennes, Nicolas Baverez...

§ Alain Minc, Michel Crozier, rapport Trilatérale, 1973.

-haine de l'inflation

-désengagement de l'Etat

§ Au cours des années 80, un autre groupe de "pantouflards": les Privatiseurs (Peyrelevade, Denis Kessler (ancien maoïste)...)

Dans les années 2000, vocabulaire de la gestion de fonds. La "compétitivité des territoires", cabinets d'audit et de conseil, ...

PROCEDURES

UE JUSTICE 1

-échelon communautaire (cf. Asselineau)

-échelon national:

§ Jean Pisani- Ferry: utilisation de l'Europe à des fins d'ajustement structurel.

§ L'UE comme croyance religieuse (pour contrer la perte de confiance).

§ La magistrature au service du droit européen, les cours nationales se rangent (double éthique).

§ Les Hauts fonctionnaires se rangent (les diplomates représentent désormais l'UE)

§ Le droit communautaire statue sur la règle ET sur le périmètre de juridiction.

§ CJCE (devenue la CJUE en 2009), arguties juridiques perverses...

§ Etat: en 1981, 700 Mds d'actifs contre 200 aujourd'hui.

EXTERNALISATIONS

§ Corruption intellectuelle et morale de nos élites, encouragée par l'UE qui se pense comme état fédéral.

METHODE MONNET

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§ Théorie de l'engrenage, un pas après l'autre."Vous avez renoncé à votre monnaie? On vous prend votre budget" [logique].

§ Monnet a trouvé le moyen de tuer l'Etat: il doit s'auto- détruire!

TECHNIQUES

§ RGPP / LOLF "une nouvelle manière de gérer" [Jospin] / Partenariats public/privé, New Public Management, Evaluation

§ L'Etat- entreprise: missions, programmes, indicateurs de performance

§ Utilisation des Droits de l'Homme à des fins libérales ("le droit à..."), l'individu se substitue au citoyen.

LA DETTE

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§ Destruction de l'Etat par l'endettement, théorie des "caisses vides": endetter l'Etat pour le contraindre. Logique de la dette et de la baisse d'impôts.

[Voir « La dette, la dette, la dette ! »]

"la dette resserre l'emprise du Capital sur l'Etat".

TERRITOIRE: démantèlements

§ Destruction des territoires, réformes territoriales, euro- régions...

§ désinvestissement étatique

§ destruction des tissus sociaux- économiques, droit d'établissement européen...

§ Abandon de territoires (Outre- mer...)

Conclusion:

L'Etat a été une oeuvre patiente de nos monarques et de nos républiques.

Il faut une théorie de l'Etat pour le XXI° siècle. Si on ne pense pas l'Etat, on ne pense pas le Politique.

MONTAGE DELACROIX 2

mardi 3 juillet 2018

Devoirs de vacances

ARCHIVES 1

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Norman Palma Penser avec Aristote

https://www.youtube.com/watch?v=4eP1EKTh6fA

 Chez Aristote, la monnaie c'est du droit objectivé, et le propre du droit c'est de se reproduire à partir de lui- même (jurisprudence), Le prêt avec intérêt, c'est la monnaie qui se reproduit elle- même, mais cette reproduction doit être encadrée par le droit ! D'où l'interdiction du taux d'usure dans les pays développés, inspirés par cette philosophie.

Le crédit encadré par le droit apparaît tardivement, car le crédit lui- même a été longtemps condamné par l'Eglise (jusqu'à la fin du XVIII°), d'après une interprétation erronée, selon l'auteur, d'Aristote précisément.

Celui- ci critiquait fermement l'usure, pas le crédit et surtout pas la monnaie; pour lui, il n'y a pas de vie sociale possible sans échanges dont la monnaie est la manifestation, le besoin que nous avons les uns les autres d'une mesure commune qui sauvegarde la vie sociale. (« Ethique à Nicomaque »).

Pour Marx, comme pour l'Eglise (!) au contraire, il faut détruire la monnaie, expression de la vénalité (valeur d'échange), Il faut revenir à la valeur d'usage.

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Pour Aristote, le social et l'économique sont des manifestations du Droit. Ce qui se déroule à la base du politique et de l'économique, selon lui, c'est l'éthique: le politique est un processus d'accomplissement; l'être humain est le seul animal capable d'avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l'injuste; c'est cette communauté de sentiments qui donne naissance à la famille et à la cité; l'éthique se manifeste dans le droit, qui par la suite se manifeste dans le politique et l'économie. Marx considère que c'est l'économie qui est le fondement du social [1] et que la politique et le droit font partie de la « superstructure ». Il n'y a pas pour Marx de processus d'accomplissement (qui doit aboutir par nature*), la négation de l'économie va donner la négation du droit (ou dépassement du droit bourgeois), la disparition de l'Etat etc.

Pour Aristote, l'idée fondamentale est la force de la justice; la justice s'objective dans le social d'abord sous la forme de justice corrective (droit civil, droit pénal...); par la suite la justice se manifeste au niveau de l'Etat et ça donne la justice contributive (contribution publique) et la justice distributive (aide sociale et dépense publique). Si on lit correctement Aristote, nous sommes égaux devant le droit, pas devant la chose publique: il est tout à fait normal qu'on ne paie pas tous la même chose. Il est normal de donner à ceux qui ont besoin, pas à ceux qui n'ont pas besoin. Il est logique de choisir les responsables selon leurs capacités à contribuer au bien- être général (critère éthique). Cette approche va inspirer bien des théories politiques et va favoriser des concepts à la base de la philosophie grecque, tels que « l'égalité en dignité » ou « égalité en puissance » (rapport singularité/universel) qui va justifier l'égalité en droit, qui va à son tour justifier l'égalité devant le Pouvoir (communauté d'égaux). Ce processus est au fondement de la démocratie grecque et apparaîtra progressivement dans la civilisation occidentale. Exemple: la déclaration des droits anglaise de 1689: « le roi n'est pas au- dessus des lois ». Pour Aristote, la communauté sociale existe en vue de l'accomplissement du Bien et non pas en vue de la vie en société [2]; et le bien n'est que le juste, c'est à dire l'intérêt général.

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L'esclavage comme « droit naturel »: encore un passage mal compris. Aristote explique que l'homme est par nature un animal politique en puissance*. Destiné à vivre normalement en société, c'est à dire à s'intégrer dans une communauté politique. Toutes les sociétés ont vocation à devenir des sociétés politiques. Il n'a jamais dit que toute une population était esclave par nature!

Les interprétations qui ont été données viennent de l'Ancien Testament, pas d'Aristote. Sont esclaves les hommes qui ne forment pas une société politique.

 *la nature d'une chose est sa fin. C'est donc à la fin que nous constatons de la chose ce qu'elle doit être; l'être humain accompli, c'est l'être adulte; la fin du politique, c'est un pouvoir d'hommes libres et égaux.

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En conclusion de ce petit résumé, l'objectif d'Aristote n'est donc pas la négation du droit et du politique, mais au contraire une réflexion sur l'accomplissement de ces derniers: l'état de justice.

DESCARTES BILLET

 A la mort d'Aristote, l'idée de « polis » (cité) va disparaître plus ou moins pendant des siècles, pour réapparaître avec la Renaissance, l'Humanisme et les Lumières, avec plus ou moins de bonheur selon les auteurs. D'où l'importance de se pencher sur ce grand philosophe pour enrichir notre propre réflexion, nous qui nous interrogeons sur le rapport entre monnaie et souveraineté autour de la question de l'euro, ou encore sur la problématique de l'indépendance nationale et de l'avenir de la cité...

Pour ceux qui souhaiteront raviver une querelle des anciens et des modernes, certains fustigeant un “idéalisme politique et philosophique” par essence “bourgeois”, rappelons que derrière la modernité d'apparence se cachent parfois des philosophies de l'histoire empreintes d'un millénarisme gnostique très ancien.

Les tragédies du XX° siècle ont fort heureusement ramené certains à plus de prudence, à défaut de modestie. L'heure n'est donc plus aux invectives, mais à une vraie réflexion car l'offensive que nous subissons est aussi culturelle et philosophique.    P.G.


[1] un préalable partagé par tous les courants du libéralisme...V. Jean- Claude Michéa (« l'Empire du moindre mal » et autres). Primauté de l'économie, du calcul égoïste, de l'intérêt...

[2] le « vivre ensemble » par exemple, dont on nous rebat les oreilles.

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jeudi 21 juin 2018

Vidéos


https://www.youtube.com/watch?v=SyB8VPufB-s

 

Poutine est il prêt à utiliser l'arme nucléaire ? Son avis sur une troisième guerre mondiale

https://www.youtube.com/watch?v=twhubuy8mN8

 

 

SAPIR

Jacques Sapir à propos de la position de F. Asselineau sur l'élection Italienne sur TVL (16/06/18)

https://www.youtube.com/watch?v=DcbBnnfXMWc

 

 

 

 

vue autrement

VINCENT LAPIERRE sur l'UPR : La VÉRITÉ

https://www.youtube.com/watch?v=ow3qM7JWefE

 

 

 

 

TF MAMOUDOU

Mamoudou Gassama : La Gonzolitique en action !

https://www.youtube.com/watch?v=E7ZH24wtuoE

 

A l'UPR c'est tous des FACHOS !

https://www.youtube.com/watch?v=mg33nwVMrPc

 

 

LORDON FRANCE CUL

Frédéric Lordon sur la même ligne que l' UPR et François Asselineau

https://www.youtube.com/watch?v=7Q3nma2V6jU

 

 

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mardi 10 avril 2018

Brèves d'antipresse + entretien avec Slobodan Despot.

NP HUMOUR ANTIPRESSE

GB | Pinocchio ministre

La nouvelle a mis en ébullition les réseaux sociaux cette semaine, cependant que les médias de grand chemin la commentaient le sphincter serré: le laboratoire officiel chargé d’analyser la substance qui a empoisonné les Skripal s’est dit incapable de démontrer son origine russe.

L’aveu était d’une inconcevable impolitesse à l’égard de M. Boris Johnson, le ministre des Affaires étrangères, qui venait d’affirmer que les chimistes avaient été «catégoriques» et n’avaient «aucun doute» sur la provenance russe de l’agent neurotoxique.

L’amateurisme et l’improvisation dont fait montre le montage «Skripal» témoignent d’une surprenante fébrilité au Services des Affaires sordides et des Coups tordus de Sa Majesté. La perfide Albion nous avait habitués à mieux…

http://log.antipresse.net/post/gb-pinocchio-ministre?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

CULTURE | L’Antiquité intéresse les jeunes… mais pas les écoles

Passionnant dossier dans The Conversation sur l’engouement pour l’Antiquité qui se fait jour dans les jeunes générations. Aidé, il faut bien le dire, par quelques héros de fiction comme Harry Potter ou… Astérix. Dont le dernier album, Astérix et la Transitalique, a crevé le plafond des best-sellers de BD avec 10 millions d’exemplaires. Outre le dépaysement, les jeunes y trouvent aussi des valeurs que le monde actuel ne semble plus leur fournir:

«Les héros épiques, Ulysse, Jason ou Hercule étaient des modèles pour les jeunes grecs qui écoutaient et lisaient leurs aventures avec admiration. Pour les jeunes d’aujourd’hui, identification et fascination se mêlent, car ils découvrent, à travers la mythologie, un monde a priori différent du leur, un univers où les normes ne sont pas celles de leur quotidien. La possibilité que les dieux interviennent directement dans le monde lorsqu’on a besoin d’eux satisfait un désir de protection. De même, les héros peuvent paraître rassurants : ils représentent un monde où dominent des valeurs de bravoure et de courage.»

Au même moment, les systèmes scolaires abolissent à tour de bras les cours de langues et d’histoire anciennes. Au rebut, ces vieilleries poussiéreuses, et faisons table rase…

http://log.antipresse.net/post/culture-lantiquite-interesse-les-jeunes-mais-pas-les-ecoles?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

MEDIAS | Un dossier à ne pas manquer

Le magazine suisse Immorama publie un dossier original et étayé sur les coulisses des médias d’aujourd’hui, leurs grandes manœuvres de concentration, leurs difficultés et leur désemparement face aux nouveaux modes d’information et de communication. Le magazine fait bon accueil aux médias alternatifs comme l’Antipresse. En plus, il est entièrement accessible en ligne.

Avec, notamment, des interviews de Guy Mettan, Jacques Pilet et Slobodan Despot (celle-ci reproduite in extenso sur notre blog Medium).

http://log.antipresse.net/post/medias-un-dossier-a-ne-pas-manquer?mc_cid=b1487ef156&mc_eid=3a5e263339

Entretien avec Slobodan Despot, éditeur, écrivain et fondateur du site «Antipresse.net» (Immorama n° 42, Printemps 2018)

Le concept de «média alternatif» semble avoir été créé pour vous. Que pensez-vous de l’essor de ce nouveau modèle de communication et de débat?

  • Il y a deux raisons à ce développement d’un nouveau type de média. La première est tout simplement technique et opérationnelle: il n’était pas imaginable, ou en tout cas pas facile, avant Internet, de diffuser un journal, une revue ou même un bulletin de paroisse qui touche un assez grand nombre de destinataires. Cela impliquait une mise de fond, l’intervention de professionnels du graphisme, de l’imprimerie. De nos jours, n’importe qui peut créer un site — on serait étonné de découvrir que certains médias du Web couronnés de succès sont l’œuvre d’une ou deux personnes — et on peut estimer que dans le cas d’espèce, l’organe crée la fonction! Second motif de cet élan: l’évidence de l’insatisfaction croissante du public à l’égard de ce que j’appelle les médias de grand chemin, les médias institutionnels si l’on préfère. Sans même parler du biais politique de certains, il est étonnant que tous les journaux, stations, agences — y compris du service public — ne soient ouvertement plus intéressés que par leur rentabilité, leurs parts de marché publicitaire, et plus du tout par leur contenu ou leur lectorat. Ils ont perdu le contact avec leurs lecteurs et finissent, comme de juste, par devenir les valets de ceux qui les financent.

Votre principale motivation, pour vous lancer dans l’aventure d’«Antipresse», était-elle d’ordre politique?

  • Plus précisément, nous souhaitions lutter contre un nivellement par le bas de toutes les opinions, de tous les points de vue. Chacun sait aujourd’hui qu’on a toujours l’impression de lire le même journal, ou d’écouter les mêmes commentaires, non seulement sous des titres différents, mais dans des langues et des pays différents!La réalité est évidemment plus vaste, plus nuancée, plus complexe que ce que veulent bien nous en dire même les grands journaux supposés les plus sérieux; il y a des domaines explorés par tous les médias, puis abandonnés, tandis que d’autres sont carrément ignorés. J’ai beaucoup étudié la période soviétique, notamment sous l’angle de la presse du régime. Depuis des années, nos journaux occidentaux paraissent avoir adopté une attitude similaire à leurs homologues sous Brejnev: le système est conscient que son fonctionnement ne peut mener à l’avenir promis, ni même perdurer très longtemps; les médias entretiennent une sorte de réalité virtuelle, amusent et tranquillisent le bon peuple. Les voix exposant les failles menaçantes, ne serait-ce que du système financier, semblent résonner dans le désert.

Qualifieriez-vous «Antipresse» de site de réinformation?

  • La plupart des altermédias revendiquent cette vocation. Ils entendent démontrer la fausseté des «fake news» dont les médias classiques sont les plus grands diffuseurs, consciemment ou non (tout en faisant mine de les combattre), ou mettre en exergue des faits dont personne ne parle. Nous nous plaçons plutôt dans l’école du regard, non dans l’information directe, à l’exception de quelques enquêtes. Il s’agit de déployer une autre manière de voir les choses, manière différente de celle de la presse ordinaire. Nous essayons d’apporter nos propres conclusions et manions volontiers l’ironie.

Justement, à la lecture d’«Antipresse», on se prend à se demander où vous classer politiquement et quels lecteurs sont susceptibles de vous suivre sans être heurtés dans leurs convictions…

  • En effet! Lorsque j’ai créé «Antipresse» en 2015, j’étais encore collaborateur extérieur du conseiller d’État valaisan Oskar Freysinger. Bien que je n’aie jamais fait partie de l’UDC, on m’y a immédiatement associé et nous avons compté beaucoup d’abonnés fidèles à ce parti… qui ont parfois été déçus et nous ont quittés assez fâchés! Il y a eu ensuite notre passage, voilà quelques mois, à la version payante. Autant dire qu’aujourd’hui, celles et ceux qui sont abonnés à «Antipresse» sont des gens intéressants, qui ont une culture, une ouverture d’esprit et pas de préjugés. La réalité n’a pas d’étiquette, tel est notre principe! Nous disposons d’un fichier d’abonnés qui comprend des adresses américaines (plusieurs centaines), japonaises et naturellement de nombreux pays francophones. Nous préférons l’influence à l’affluence et n’accordons pas grand intérêt au nombre de connexions; l’objectif n’est pas de prêcher des convaincus et d’entretenir un circuit fermé de ronchonneurs. Nous visons les gens qui réfléchissent.

Les réalistes ouverts d’esprit, cultivés et intelligents ne sont sans doute pas légion par les temps qui courent…

  • Pour être réaliste, pour comprendre la réalité et y réfléchir, il faut en effet une culture générale et notre époque ne facilite pas cette approche «universelle». La plupart des gens, notamment ceux nourris d’Internet, n’acquièrent qu’une culture partielle. Le Web tend à vous pousser vers des chapelles, des communautés, des réseaux où l’on se conforte dans ses passions, dans ses opinions. Le terrain du réel reste en friche et si quelqu’un a le malheur de s’en occuper, il est immédiatement classé: extrémiste, complotiste, etc. Pire: prenez le cas d’Eric Zemmour, par exemple. Il a exprimé certains faits réels, mais peu agréables à entendre; vite considéré comme infréquentable, il s’est retrouvé entouré de soutiens… venus à lui pour de mauvaises raisons. Le cercle vicieux était refermé. Aujourd’hui, un pays ou une collectivité dirigée par des gens réalistes et honnêtes, c’est difficile à trouver!

Souffrez-vous d’un déficit de notoriété?

  • On ne nous cite pas dans les revues de presse. Mais le bouche-à-oreille fonctionne bien. Lors de notre lancement, nous avons eu droit à quelques articles, mais notre développement régulier tient aux réseaux sociaux, aux citations (quand la source est mentionnée!) et aux recommandations de lecteurs à leurs amis. Plus tard, nous envisageons de lancer une version sur papier, pour exercer notre modeste influence sur le monde réel! «Antipresse», en tout cas, ne recourra pas aux systèmes de publicité Google ou à des sponsorings de contenu. Nos abonnés détermineront eux-mêmes les moyens et la forme de notre développement, en parfaite transparence. En un peu plus de deux ans, nous avons réuni par pollinisation quelques milliers de lecteurs solidaires de notre expérience: réfuter la loi de la quantité et affirmer celle de la qualité. Les médias de grand chemin sont enfermés dans l’entre-soi, dans une sorte de tour d’ivoire. Nous savons tous que les tours d’ivoire se construisent, puis s’écroulent. •

https://medium.com/antipresse/antipresse-linfluence-plut%C3%B4t-que-l-affluence-772c560d646f

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dimanche 4 février 2018

Vidéos du jour

Le Brexit expliqué avec Pascale Joannin

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Quand la directrice de la Fondation Shuman expliquait doctement que la sortie de la Grande Bretagne de l'UE aurait pour conséquence...qu'elle ne serait plus membre de l'UE! Et qu'elle terminait sa brillante démonstration par la nécessité de ne pas faire la même erreur que David Cameron: un réferendum. Heureusement, ça ne dure que 10 minutes. A destination de celles et ceux qui découvrent le fascisme européiste.

https://www.youtube.com/watch?v=sqQL1qhurjg&feature=youtu.be

Si ce genre de vidéo vous a énervé (comme mon fils qui m'a envoyé ce lien), vous avez largement de quoi décompresser avec ceci:

Conférence de François Asselineau à sciences po Lille - 31 janvier 2018

VID FA LILLE

L'image n'est pas géniale (c'est un smartphone qui est utilisé) mais le son est assez correct. Du grand Asselineau, comme d'habitude. Et il fait en plus bien rire la salle à la fin.

https://www.youtube.com/watch?v=O52uZWSAqxk

 

 


 

A voir aussi;

Pierre Yves Rougeyron : Janvier 2018

TL PIERRE YVES JANVIER 2018

Fake News, féminisme, Maurras, Céline, vaccins, souveraineté...

https://www.youtube.com/watch?v=diN2xx7dFyQ

A propos de l'Ecole de la République: "Une société libérale qui s'interdit un certain nombre de transmissions de vertus: elle ne transmet que des valeurs, c'est à dire rien: les valeurs, ça fluctue par nature..." .

Pierre- Yves, fidèle à lui- même.

Sur la querelle UPR/ Les Patriotes, il a sa propre vision, et ne souhaite pas prendre parti. C'est son droit.

(Mais il ne peut pas nier le fait que le parti de Philippot ne souhaite pas la sortie de l'OTAN, ce n'est pas un fantasme de l'UPR...).

Il se réjouit de l'avancée de l'idée de souveraineté à gauche, et soutient nos amis de Ruptures.

On enchaîne ensuite sur d'autres sujets. Bon visionnage!  P.G.

 

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jeudi 11 janvier 2018

Encore un livre prémonitoire, hélas

CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

Encore un livre prémonitoire, hélas

Il est assez rare qu'un roman francophone contemporain soit l'objet de cette chronique. Une fois n'est pas coutume, dit-on. Mais là, c'est un livre épatant dont je vais me faire un plaisir de vous faire la promotion (du bas latin [1350] promotio, de promovere).

TL HOMM SURNUM

Est-ce que cela vous est déjà arrivé? Vous lisez un roman (de la fiction, donc), et pendant la lecture de ce livre, une information vous tombe dessus qui est exactement ce que l'auteur du livre que vous êtes justement en train de lire a imaginé comme futur plus ou moins proche. Expérience douloureuse, dès lors qu'on est dans une «utopie négative»...

J'étais donc en train de lire L'Homme surnuméraire de Patrice Jean (Éditions rue fromentin, 2017) lorsque je tombai [1], dans Courrier international, sur une polémique qui agita la Grande-Bretagne en novembre dernier: «Faut-il interdire La Belle au bois dormant?». Une «mère de famille» (je les adore [2] !) britannique (ça, elle n'y peut rien, la pauvre), avocate de surcroît (je cache ma joie [3]...) découvrit (horrifiée, of course) que son fils Ben, âgé de six ans, lisait le célèbre conte La Belle au bois dormant dans le cadre des recommandations de lecture scolaire. Et que raconte ce conte, parmi les plus célèbres au monde [4] ? Qu'un prince – ou un quidam, qu'importe? démocratie oblige... – peut embrasser une princesse ENDORMIE. Donc NON CONSENTANTE! Mais quelle horreur! Oui, quelle horreur: jusqu'où ira la chasse à l'homme? Il paraît que «la parole se libère»! La connerie aussi, semble-t-il.

Mais revenons à nos moutons – ah, panurgisme, quand tu nous tiens par la moumoute... tout un programme – et à L'homme surnuméraire. Je ne suis pas un grand lecteur de la catégorie «roman francophone contemporain». Explication sur chacun de ces trois termes:

1/ « roman»: j'appartiens à la catégorie des lecteurs «utilitaristes». Lire un roman me paraît parfois du temps perdu. J'aime bien que mes lectures m'instruisent, me construisent, me fassent réfléchir; ça en exclut d'office des tonnes. Au bas mot. Et mon temps de lecture étant limité, il faut bien faire des choix.

2/ « francophone»: souvent nombriliste et «autofictionnel» le roman francophone bien souvent me tombe des mains. Quand on n'y parle pas de soi, on y parle de son père (de préférence un prolétaire violeur), de sa mère (femme de ménage et alcoolique, ça vous va?), voire de son frère ou de sa sœur (inceste de citron), soyons fous! Ou alors des «beaux quartiers»; c'est encore pire. J'exagère? À peine. Je caricature? Certes.

3/ « contemporain»: faut-il vraiment que j'explique pourquoi? Rien que le mot, déjà... Moi qui ne suis pas sur facebook, instagram, twitter... Je n'ai ni «amis» ni followers. Quelle tristesse [5] ! Ô misère!

Mais je m'égare... Patrice Jean, pourtant écrivain de «romans francophones contemporains», passe la rampe. Ça démarre de façon «moderne». Premier chapitre, un homme, Serge Le Chenadec, marié, père de deux enfants – adolescents, je ne vous dis que ça – vit une crise de couple. D'un banal. Mais pourquoi est-ce que je perds mon temps à lire ce livre, me dis-je in petto? Deuxième chapitre: on passe à la première personne. Et l'on comprend que le narrateur, Clément, chômeur impénitent, partage la vie d'une jeune femme qui est l'amie de l'auteur du livre qui fait l'objet du premier chapitre. Vous me suivez? Ça commence à devenir intéressant (j'adore les mises en abyme... quand c'est bien fait). Ça le devient encore plus quand Clément, grâce à l'entregent de sa compagne – jeune universitaire draguée copieusement par un «mandarin» de l'université – est engagé par une maison d'édition pour participer à la «purge morale» qui s'impose – indéniablement – des grands classiques de la littérature. Ce grand projet éditorial s'appelle la «Littérature humaniste». Comme le dit Langlois (le patron de la maison d'édition éponyme) : « [...] de grands écrivains ont écrit des choses qui, aujourd'hui, ne sont plus du tout en phase avec les valeurs de notre société, et sont même en opposition totale avec elles.» Nietzsche, Baudelaire, Céline, tous y passent! Grand succès de librairie, notamment pour la version «expurgée» du Voyage au bout de la nuit. Tellement expurgée qu'elle ne fait plus que vingt pages. Mais enfin moralement acceptable, et donc «grand public». Ouf!

Mais après les classiques, pourquoi ne pas s'attaquer aux auteurs contemporains? C'est ainsi que Clément se voit chargé de proposer à Patrick Horlaville, l'auteur de L'Homme surnuméraire, le livre qui démarre le livre et se poursuit dans des chapitres intercalés avec ceux de Clément, de faire entrer son livre dans cette collection de «Littérature humaniste», afin de le rendre «moralement irréprochable», et peut-être aussi commercialement acceptable – car le livre est un «bide». Or l'auteur, Patrick Horlaville, après moult hésitations, pose une condition: réécrire la fin du livre. Car dans la version originale, il avait laissé cette fin en suspens, laissant au lecteur la liberté d'imaginer la fin. Mais je ne vous en dévoilerai pas plus, je préfère vous laisser découvrir cette fin. C'est jubilatoire, jouissif, bref du grand art! Et très bien écrit, ce qui est exceptionnel dans le «roman francophone contemporain», qui privilégie «l'histoire» – au demeurant souvent fort insipide – au détriment du style, qui est à mes yeux primordial. Sans quoi le terme de «littérature» est vide de sens, non?

Alors retour à la case départ: c'est exactement ce que nous propose notre avocate britannique politiquement correcte avec La Belle au bois dormant. Mais elle a raison: tout, dans ce conte, repose sur le baiser (non consenti). Pas possible, par conséquent, de le réécrire. Il vaut mieux en interdire purement et simplement la lecture aux bambins – mâles – qui vont sinon devenir des machos, des violeurs, des abuseurs. C'est d'ailleurs certainement la lecture de La Belle au bois dormant qui explique Weinstein, DSK et autres furieux du sexe non consenti. D'ailleurs, si j'étais son avocat, au Weinstein, je la tiendrais ma plaidoirie: «Votre Honneur, mon client a lu La Belle au bois dormant quand il avait six ans. La faute de ses actes incombe donc à Charles Perrault et aux frères Grimm! Acquittement pour lui! Censure pour eux, les vrais coupables!»

Et puisque je suis dans ma période «j'adore ce nouveau monde dans lequel on vit», et même si ça n'a rien à voir avec la littérature pour l'instant (mais ça viendra sans doute dans la foulée, un peu de patience...), avez-vous vu cette magnifique intervention d'une sénatrice (orthographe inclusive, quand tu nous tiens!) PS de la Sarthe, Nadine Grelet-Certenaise, qui a interpellé en novembre dernier (décidément, il y eut une conjonction astrale particulière ce mois-là) à l'Assemblée nationale la ministre française de la santé sur une interdiction de la cigarette dans les films? Statistiques à l'appui: «Je pense par exemple au cinéma qui valorise la pratique. La Ligue contre le cancer démontre dans une étude que 70 % des nouveaux films français mettent à l'image au moins une fois une personne en train de fumer. Ça participe peu ou prou à banaliser l'usage, si ce n'est à le promouvoir, auprès des enfants et des adolescents, qui sont les premiers consommateurs de séries et de films, sur internet notamment», ajoute-t-elle, accusant le cinéma de faire de «la publicité détournée pour la consommation de tabac ». Bien évidemment, la ministre abonda dans son sens. Une bonne loi devrait remédier à cette incongruité, cette immoralité, ce dévoiement de notre jeunesse...

Et par la suite, les «nouvelles technologies» devraient permettre de nettoyer les films anciens de toutes ces cigarettes qui les ont hantés et ont perverti des générations de cinéphiles. Vous imaginez un chef-d'œuvre comme Les choses de la vie de Claude Sautet (tiré du livre éponyme de Paul Guimard), remastérisé pour faire en sorte que Michel Piccoli et Romy Schneider n'y toraillent plus à longueur de pellicule? On a bien remplacé la clope de Lucky Luke par une brindille d'herbe dans les rééditions de tous ses albums. C'est un bon début.

Bon, je vous laisse: je m'en rallume une de ce pas!

Source: Antipresse

NOTES
  1. La France (ce grand pays) envisageant le plus sérieusement du monde d'abandonner l'enseignement et l'usage du passé simple (qui n'est déjà plus enseigné dans le cycle primaire), car jugé trop «littéraire et discriminant» (sic), j'ai de mon côté décidé d'en faire désormais un usage immodéré. Non mais!
  2. Private joke!
  3. Private joke, one more time. Mais je la partage volontiers: j'ai été marié à une avocate (ouille!), mais pas trop longtemps (ouf).
  4. Les premières versions connues remontent au XIVe siècle. On en connaît surtout les versions ultérieures de Charles Perrault (de 1697) et des frères Grimm (de 1812).
  5. Je n'ai pas non plus à mon actif la moindre plainte pour harcèlement sexuel. Pppppff, un vrai has been, pas du tout dans le trend, le gars!


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Patrice Jean : L’Homme surnuméraire répond-t-il aux attentes du président Macron ?

Quand notre jeune président hors-sol parle des hommes « qui ne sont rien », le romancier Patrice Jean préfère, lui, écrire sur les hommes qui se sentent de trop ; et décrire leur trajectoire dans un livre dense, drôle, percutant, jouissif à force d’être incorrect, L’Homme surnuméraire, qui constitue la réponse de la littérature à M. Macron, la seule qui vaille.

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L’Homme surnuméraire met en scène Serge Le Chenadec, un agent immobilier, méprisé par sa femme et ses enfants ; au tournant de sa vie, lui qui n’avait d’autre idéal que d’être un bon père et un bon mari, se rend compte que, à l’heure de Conchita Wurst et de la GPA, son ambition n’est pas assez transgenre.
Sa femme, Claire Le Chenadec, le pense aussi : elle se laisse embabouiner par sa meilleure amie, une insupportable volaille prénommée Bérangère, qui la convainc que la fidélité est ringarde, qu’elle doit "vivre sa vie" et "faire de nouvelles expériences".

Le roman aurait pu se satisfaire de ce début, qui piétine joyeusement le sous-féminisme de Elle, les clichés sur le "développement personnel" et les préjugés de Marlène Schiappa. Or il rebondit avec un nouveau personnage, d’une importance égale, Clément Artois, un jeune homme qui, peut-être de peur d’être traité de "fainéant" par M. Macron, accepte un poste dans une maison d’édition, où il devra "nettoyer" les classiques, créer une "littérature humaniste" aux romans "rectifiés", c’est-à-dire supprimer les passages jugés moralement douteuxoù l’on voit que la même source puritaine irrigue les cœurs des censeurs, qu’ils soient religieux ou athées, pour qui seul compte, non la vérité ni la beauté, mais la vertu, c’est-à-dire l’idée qu’ils s’en font.

On ne gâchera pas le plaisir du lecteur en dévoilant la savante construction romanesque, et la remarquable mise en abyme, qui font se rejoindre Serge et Clément. On insistera surtout sur l’art de portraitiste, qui est aussi celui d’un satiriste, de Patrice Jean, car ce roman regorge de personnages touchants, risibles, pénibles : Chantal Beucher, figure héroïque de sainte dans un monde sans héroïsme ni sainteté, vouée à la "sexualité de compassion" ; Étienne Weil, philosophe bonhomme et sans illusions ; le vaniteux universitaire Corvec ; Léa Lili, l’idiote "lanceuse d’alerte" ; Cornevain, l’auteur de polars, un Daeninckx aussi méprisable que le vrai ; et tant d’autres, qui forment un plan de coupe du monde d’aujourd’hui.

La littérature saisit le monde d’une façon qui échappe totalement à notre président hors-sol, c’est entendu ; mais qui échappe aussi à la science, à la technologie, car il y a une façon proprement littéraire, esthétique, artistique, de saisir le monde ; cette idée, qui court tout au long du récit, L’Homme surnuméraire l’illustre avec brio, avec humour, sans le cul de plomb des romanciers autistes, dont la télévision du samedi soir nous propose désormais l’hystérie, au lieu de nous montrer Patrice Jean, le romancier des hommes en trop.

 

Bruno Lafourcade

Patrice Jean, L’Homme surnuméraire, éditions Rue Fromentin, août 2017, 275 p. - 20 euros

http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/roman/content/1946106-patrice-jean-l-homme-surnumeraire-repond-t-il-aux-attentes-du-president-macron

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De quoi 2017 est-il le nom? (2/2)

Que nous aura apporté l'année qui vient de s'écouler? Poursuite d'un inventaire sous forme de rêverie philosophique.

Tribune libre/ LE BRUIT DU TEMPS par Slobodan Despot

(...)

Les «fake news» en guise de matraque

TL ANTIPRESSE

L'année 17 a été marquée par une lutte titanesque. La corporation journalistique s'est dressée comme un seul homme contre le nouveau président des États-Unis, dont elle n'avait pas su anticiper ni par conséquent prévenir l'élection. Laquelle élection avait été un retentissant camouflet au système d'information global.

Le rouquin roublard lui a bien rendu son hostilité. S'en est suivie une empoignade, peut-être un peu mise en scène, dont la principale victime fut l'objectivité de l'information. Pour discréditer le président-voyou qui les vilipendait — et fédérait du même coup tous les «ennemis du système» — les médias de grand chemin lui ont collé ainsi qu'à ses alliés l'accusation de «fake news». Un peu comme si le patron d'un McDo dénonçait le kebab du quartier pour malbouffe.

Le «hashtag» #FakeNews est devenu le mantra d'un règlement de compte avec toute forme de pensée déviante. Le «journal de référence» français, Le Monde, a ainsi créé son «Décodex» un outil informatisé d'«évaluation» des sources d'information francophones (mais fourni par les laboratoires Google). Lancé en grande pompe, l'index du Monde s'est avéré un outil superficiel et calamiteux, éthiquement injustifiable et, de plus, contre-productif.

L'expérience est néanmoins représentative d'une double évolution des médias de grand chemin. D'une part, elle signe la transformation de leur mission d'information en une mission d'éducation. D'autre part, elle consacre le putsch des géants de l'informatique sur la scène médiatique et le remplacement à venir des rédacteurs humains — de plus en plus mentalement uniformisés — par des algorithmes d'intelligence artificielle. Étant progressistes par (dé)formation professionnelle, les zélateurs du système se sentent en devoir d'applaudir les outils de leur propre élimination.

La surréalité, c'est plus gérable

Le nivellement médiatique est le symptôme d'un processus plus profond initié depuis au moins une quarantaine d'années dans tout le monde industrialisé, URSS comprise. L'hypernormalisation — telle que décrite dans le documentaire exceptionnel d'Adam Curtis [1] est du reste un terme soviétique. Elle désigne la stabilisation d'une société en proie à une dérive foncièrement irrécupérable par l'élaboration d'un «clone» de réalité plus simple et plus maniable que la réalité brute. Ce qui implique avant tout le transfert du pouvoir des structures élues (et donc chaotiques) vers les technostructures rationnelles de l'argent et de l'information.

Le «management de la perception» prend donc le pas sur la politique. Les stratégies de communication prennent un rôle déterminant. Elles se sont particulièrement illustrées dans la gestion du phénomène majeur qui a frappé l'Europe ces dernières années: le flux migratoire.

Face à ce phénomène, on a vu se développer en Europe deux univers parallèles. D'un côté, la réalité: la raison froide, économique et démographique, justifiant cet apport de population, mais aussi le contexte stratégique de la déstabilisation du Moyen-Orient par le néocolonialisme occidental et les problèmes concrets posés par ce mélange forcé des populations et des mentalités. De l'autre, la surréalité: la construction d'un monde parallèle où ces nécessités et ces problèmes n'existent pas. Plus exactement: un monde où il est impossible — tout comme dans un rêve — de relier les effets à leurs causes évidentes.

La fracture s'est étendue à l'échelle des États. A l'est de Vienne: les partisans de la réalité, en gros réunis autour du «groupe de Višegrad». A l'ouest et au nord: les bâtisseurs de la surréalité.

Si les réalistes s'occupent avant tout de sauvegarder leurs repères à l'intérieur du périmètre qu'ils peuvent contrôler, les surréalistes, eux, s'attribuent une mission globale. On ne tolère aucune «altérité» à la surréalité.

L'importation de populations déracinées déborde les calculs socio-économiques qui l'ont initiée, notamment en Allemagne. Elle sert également de levier à un déracinement général portant sur tout ce qu'il y a en nous de déracinable. La propagande pro-migration se déploie partout, jusque sur les emballages de sucreries, sans qu'aucune limite n'y soit posée. L'ensemble du mobilier millénaire européen est retiré pour faciliter le flux. Comme le notait le grand metteur en scène (de gauche) allemand Botho Strauss, «grâce à l'arrivée en masse de déracinés, on met enfin un terme à la nation et, y compris, à une littérature nationale» [2]. Le conditionnement comportemental est si puissant qu'on ne songe même plus que d'autres attitudes face à cette nouvelle donne soient possibles, encore moins légitimes. «On nous ôte le pouvoir d'être contre», clame Botho Strauss. Le concept même d'opposition est en train de se vider de son sens, ainsi que le démontre la spectaculaire montée en insignifiance des partis d'opposition institutionnels.

La surréalité n'est pas un régime stable. Elle est dynamique, circulaire et exponentielle, telle une spirale. Elle remet sans cesse les mêmes sujets sur le tapis, mais d'une manière chaque fois plus appuyée. La migration n'est en l'occurrence que la tête de pont. Sur ses arrières, les populations hébétées découvrent tout l'arsenal du «reformatage» anthropologique auquel on entend les soumettre. Si l'an 1 vous avez été «sensibilisés» aux sexualités alternatives à l'école, vous serez invités l'an 2 à approuver leur mariage, on vous persuadera l'an 3 que l'adoption d'enfants est leur droit le plus élémentaire et, l'an 4, vous trouverez révoltant que des homosexuels à barbe n'aient pas le «droit» de porter des enfants.

Le conditionnement des masses est si efficace que des sujets à peine apparus dans le buzz médiatique deviennent des injonctions aussi naturelles que la loi de la gravité. Quelques semaines à peine séparent le lancement des hashtags #metoo ou #balancetonporc de la censure de La Belle au bois dormant ou de la réécriture de Carmen à l'opéra de Florence. Aucun pilier de notre héritage culturel n'est plus à l'abri des perquisitions policières. Aucune personnalité en vue n'est à l'abri d'inculpations ahurissantes devant le tribunal de meute des médias et des réseaux sociaux. La stupidité grégaire est devenue aussi obligatoire dans les fonctions publiques que l'était jadis la cravate.

Et alors?

(...)Il y a une dangereuse forme d'osmose à trop se pencher sur les «problèmes généraux» du monde: on finit par les intérioriser. Par transformer des craintes ou des possibilités en une réalité psychologique. Les «ingénieurs sociaux» des régimes totalitaires du XXe siècle auraient rêvé des outils de la technologie moderne. Le téléscripteur des guerres, des attentats et des catastrophes climatiques cliquette en permanence dans notre poche, sur nos tablettes ou nos ordinateurs. Le transformisme universel est un mouvement hypnotique. Il nous fait prendre la fabrication d'une réalité parallèle pour la vie elle-même. Si nous nous prenons au jeu, nous tombons en prostration.

C'est ce qui m'est arrivé ces dernières semaines. En réfléchissant par concepts, j'ai abouti à la post-humanité. Si j'avais réfléchi à partir de mon expérience personnelle, j'aurais conclu à un festival d'humanité. Durant l'année 2017, j'ai vécu l'aventure unique d'un mois de jeûne sur le lac Baïkal, découvert le vaste Orient russe, le cœur de l'Eurasie, la prodigieuse gentillesse empreinte de spiritualité des Bouriates. J'ai publié chez le meilleur éditeur un roman difficile et pourtant bien accueilli, récompensé même. J'ai aimé, ronchonné, fait la noce, voyagé, rêvé. J'ai entassé des bonnes bouteilles dans la cave d'un ami, «pour le cas où». Où que je sois allé, je n'ai vu que des humains, jamais des androïdes préconditionnés.

Les gens de mon entourage ne sont pas plus dupes que moi des illusions du temps. Mais ils leur accordent moins d'importance.

Car comme les ruisseaux de janvier continuent de chuinter sous leur croûte de glace, la vie continue. Qui se serait attendu à voir arriver en 2017 une œuvre littéraire aussi mûre, aussi puissante que l'Homme surnuméraire de Patrice Jean (présenté dans ce même numéro par le Cannibale lecteur), venant oblitérer des décennies de littérature onaniste? Qui aurait parié, au tournant du millénaire, sur la possibilité d'une agriculture non industrielle et d'un réel commerce de proximité?

Puis je songe à la vie que mènent mes filles et leurs amis, dans leur milieu ni défavorisé, ni surprotégé. Les années d'études se succèdent, les flirts d'adolescence se consolident en couples solides et respectueux, bientôt en mariages. On cherche un travail pas trop prenant pour se ménager une vie à soi. On entretient ses cercles d'amis. On regarde des séries, on joue de la musique, on économise pour voyager. On lit. Je découvre dans cette génération de surprenants témoignages de responsabilité et de miraculeuses zones de silence. Je comprends alors que leur indifférence aux idées est peut-être, comme sous l'ex-URSS, le signe d'une ironique sagesse. Cette folie passera elle aussi. On en viendrait à oublier que toutes les expériences de Frankenstein se heurtent à une limite infranchissable: l'imperfection de notre condition humaine et l'imprévisibilité du destin. (...)

NOTES
  1. Voir «Pourquoi il ne se passe rien?», Antipresse n° 101 du 5.11.2017.
  2. Botho Strauss, «Une tragédie qui enfle» (Anschwellender Bocksgesang), traduction exclusive dans l'Antipresse N° 14 du 6.3.2016.

Souce: Antipresse (Slobodan Despot)

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