lundi 25 juin 2018

Les pompiers et les policiers paient toujours les péages d'autoroutes, malgré un amendement

Le député LR Eric Ciotti a écrit un courrier au Premier ministre, Edouard Philippe, car il estime que "le gouvernement s'apprêterait à renoncer à cette mesure". Il y a six mois, un amendement voulait pourtant imposer la gratuité pour les forces de l'ordre et les secours aux sociétés d'autoroutes.

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Vous ne le savez peut-être pas, mais les pompiers, les gendarmes et les policiers doivent payer les péages pour accéder aux autoroutes quand ils se déplacent "pour rejoindre une autre unité ou un autre service dans un autre département", rappelle Le Parisien. Un amendement adopté en octobre 2017 devait pourtant leur offrir la gratuité pour leurs missions opérationnelles, mais le décret n'a toujours pas été rédigé, révèle le quotidien, dimanche 24 juin.

Le ministère des Transports évoque un "retard"

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Le député LR Eric Ciotti, à l'origine de l'amendement, a écrit au Premier ministre car il estime que "le gouvernement s'apprêterait à renoncer à cette mesure" et que le "dispositif serait remis en cause sous pression des lobbys autoroutiers". Contacté par Le Parisien, le ministère des Transports assure toutefois qu'il s'agit d'un simple "retard" et que des négociations ont cours avec les sociétés d'autoroutes. "Les contrats (...) prévoient qu'elles doivent être indemnisées par l'Etat à hauteur du manque à gagner, ce qu'elles réclament aujourd'hui."

L'amendement 284 du projet de loi de finances devait imposer "à tous les concessionnaires autoroutiers la gratuité pour l’ensemble des déplacements des véhicules de secours (police, gendarmerie, pompiers et Samu) sur l’intégralité des autoroutes du territoire français"Les forces de l'ordre et les secours, toutefois, n'acquittent pas le péage quand ils interviennent sur le réseau autoroutier. [!!!]

https://www.francetvinfo.fr/societe/les-pompiers-et-les-policiers-paient-toujours-les-peages-d-autoroutes-malgre-un-amendement_2817397.html

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Gonflé, M. Ciotti: "Complicité idéologique entre gouvernants et patrons du BTP ? Plutôt vraisemblable sinon comment expliquer que 7 000 kilomètres d’autoroutes françaises, dont la plupart étaient largement amortis, aient été concédés, en 2005, à trois multinationales du béton et du transport (Vinci,
Eiffage et la société espagnole Abertis) pour la somme vraiment modique de 14,8 milliards d’euros ? Soit, pour l’État, un manque à gagner, estimé [à l'époque] par la Cour des comptes de 10 milliards d’euros !

Cette privatisation des autoroutes initiée, en 2002, par le gouvernement Chirac-Jospin, bouclée en 2005-2006 par Chirac-Villepin avait suscité, parmi les parlementaires, nombre d’oppositions à gauche, et quelques réticences à droite. Mais le ministre des Finances de l’époque, Thierry
Breton, s’était montré rassurant : « Ne craignez rien (sic) car c’est l’État qui contrôlera et qui fixera les tarifs (des péages). » (...) De tous bords politiques et de toutes régions des voix s’élèvent pour demander une « renationalisation » des autoroutes en France." [https://www.humanite.fr/social-eco/autoroutes-le-double-scandale-de-la-privatisation-547222]

L'UPR exige la fin des concessions de gestion des autoroutes à des sociétés privées et prépare une campagne d'information sur ce thème.

Pour un retour à la Nation de la gestion des autoroutes, payées par les Français!   P.G.

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samedi 23 juin 2018

Vaccins : le coup de gueule d'un pharmacien (vidéo)

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Vaccins : le coup de gueule d'un pharmacien

https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=lRsF-UOR-T0

"J'affirme que la ministre de la Santé, elle et ses experts, ont menti à la représentation nationale (...) parce que c'est faux: les vaccins ne sont pas sûrs (...)"

TRIBUNE LIBRE / Serge Rader

TL PHARMACIEN VACCINS

Le pharmacien Serge Rader est un connaisseur des médicaments, de leurs effets secondaires et de leur prix au niveau européen. Il est l’auteur d’un livre « Vaccins oui ou non » sur la contamination des vaccins aux nano particules. Il avait déjà participé à un autre livre avec la députée européenne Michèle Rivasi : « Le racket des laboratoires et comment en sortir ». Ce lanceur d’alerte est indigné par le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour les nourrissons en France depuis le début de l’année 2018. Il dénonce ici le manque de sécurité des vaccins et la désinformation des autorités.

Les vaccins ne sont pas sûrs selon lui. 3,5 milliards de dollars, c’est la somme des amendes infligées aux labos par la justice américaine pour dédommager les victimes. Le vaccin contre le papillomavirus, le HPV a fait 389 décès répertoriés au Vaers, le registre de la pharmacovigilance aux USA. Le rapport italien de 2015 montre que les vaccins représentent la deuxième cause d’effets secondaires des médicaments après les médicaments anti-cancéreux.

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Extraits:

3.28 – Les cas d’autisme régressif consécutifs à des vaccins ne sont pas déclarés aux autorités.

3.38 – On m’a signalé deux décès d’enfants cette année dont un bébé mort dans la nuit suivant sa vaccination à deux mois.

4.59 – Les maladies, les cas d’autisme, l’asthme explosent les cancers aussi. « L’état de santé général des enfants aujourd’hui n’est pas bon. Beaucoup d’études montrent que les choses ne tournent pas rond ».

6.12 – Pourquoi les vaccins ne sont pas sûrs ? « On injecte des soupes de purulence additionnées de produits chimiques (Conservateurs, adjuvants, excipients, allergènes et des contaminants.) » « Tous les vaccins humains sont contaminés avec des nano-particules toxiques. »

7.18 – Exemple de la commission des affaires sociales au Parlement avant le vote de la loi d’obligation qui privilégie les intérêts de l’industrie sur ceux de la santé.

7.46 – Pour l’autisme, on est passé d’un cas sur 10 000 à Un cas sur 100

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8.16 – La commission parlementaire italienne a rendu ses conclusions après 18 ans d’enquête. Sa conclusion : C’est que la cause des cancers des militaires italiens n’est pas à chercher du côté de l’uranium appauvri mais plutôt du côté des polyvaccinations. Elle recommande plusieurs mesures : revoir les formules vaccinales, limiter les antigènes vaccinaux à 5 par séance d’injection alors que les nourrissons français en reçoivent 22 par séance. Les séances doivent être espacées raisonnablement. Des examens prévaccinaux doivent être faits. Pas d’études sur la tolérance des adjuvants doivent être menées. »

« Plus de 80 composants dans les vaccins », « Il y a une corrélation entre le ROR et l’autisme »

12.33 – Wakefield, le gastrologue anglais demandait qu’on utilise plutôt les monovalents que les polyvalents. Il avait mis en évidence leur responsabilité dans les maladies inflammatoires du colon et dans l’autisme.

13.40 – « Pour des histoires de gros sous on intente à la vie de nos nourrissons. »

14.00 – « Il faut suivre ces vaccins sur le long terme. 14 morts subites du nourrisson en deux ans. »

14.40 – « Il y a aussi les morts subites du nourrisson qu’on nous cache avec le vaccin hexavalent. ». Un document confidentiel européen montre 14 morts subites du nourrisson entre 2009 et 2011 avec un seul vaccin.

17.37 – Vaccins biens testés ? « Le devenir du vaccin n’est pas étudié. » On vaccine les femmes enceintes alors que c’était interdit par décret.

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18.43 – Que peut-on dire sur l’aluminium ? Les autorités nous disent qu’il n’est pas toxique. En réalité, il reste dans l’organisme. Jamais d’étude de toxicité sur ce produit. Le Pr.Gherardi a montré que l’aluminium n’est pas éliminé par l’organisme. L’aluminium n’a aucune fonction dans le corps, il ne doit pas y en avoir dans le corps.

21.10 – Les doses utilisées sont phénoménales. La limite pour les adultes dans les poches de perfusion est fixée à 25 microgrammes et pourtant les bébés avec les vaccins en reçoivent 945 microgrammes.

22.20 – Dans le vaccin HPV on a utilisé un placébo. Il y avait de l’aluminium dans le placéboComment voulez-vous qu’on étudie les effets secondaires dans ces conditions. « HPV : 85 000 cas d’effets secondaires dont 37 000 neurologiques et 389 décès. C’est énorme. »

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24.19 – Pourquoi l’aluminium dans les vaccins ? Les experts vous disent que le vaccin sans aluminium est inefficace. Pourtant le DTP utilisé pendant 47 ans n’avait pas d’aluminium. Etait-il inefficace ? On peut vérifier dans le Vidal.

26.34 – L’obligation est impossible dans ces conditions. Les gens doutent, ils ne sont pas fous les gens. « Dans ce pays on conspue les gens qui servent la santé publique et on décore ceux qui servent les lobbys. »

Camille Bodin

 


 

Vaccins

 


 

Source :

https://www.prevention-sante.eu/radio-tv/vaccins-le-coup-gueule-pharmacien

http://initiativecitoyenne.be/2017/06/serge-rader-onze-vaccins-obligatoires-on-marche-sur-la-tete.html

http://www.lespetitsmatins.fr/collections/le-racket-des-laboratoires-pharmaceutiqueset-comment-en-sortir/

https://aphadolie.com/2018/06/22/vaccins-le-coup-de-gueule-dun-pharmacien-video/

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vendredi 22 juin 2018

« Démondialisation et déprofitation = baisse des marchés ! »

TRIBUNE LIBRE /  | 20 Juin 2018 |

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Au début, on pouvait se poser des questions.

Trump va-t-il ou pas appliquer réellement son programme protectionniste ?
Trump va-t-il réellement démondialiser l’économie et tenter de freiner, voire d’inverser la globalisation ?
Trump va-t-il réellement mettre fin à l’immigration ou la freiner considérablement ?
Trump pourra-t-il et aura-t-il les moyens de mettre en place sa politique souverainiste et nationaliste, « populiste » diront certains ?

Pour le moment, la réponse est oui.

Comme toute inflexion majeure en politique et en économie, le mouvement est progressif et itératif. Cela se fait par étapes, graduellement, avec des avancées et des reculs.

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Mais ne nous y trompons pas, depuis deux ans de présidence Trump, le monde change considérablement et l’on voit chaque jour les effets des « idées trumpiennes ».

Le tableau d’ensemble est sans équivoque, les forces de rappel, extrêmement fortes également. La mondialisation fait gagner beaucoup d’argent à de grandes multinationales qui produisent pas cher en Asie pour nous revendre très cher en Occident.

Tout a été délocalisé.

Quand je dis tout, c’est tout.

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La production, le savoir-faire, les compétences mais également la… pollution ! Si nous pouvons avoir des normes environnementales en France, en Europe, c’est parce que nos productions/consommations polluent en Asie.

La mondialisation a entraîné des effets pervers très importants qu’il convient dans tous les cas de corriger. Dire cela ne signifie pas se transformer en Corée du Nord au moment où Trump, d’ailleurs, semble obtenir l’ouverture de l’un des derniers pays fermés.

En attendant, c’est la « guerre commerciale »…

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… Et Trump menace de taxer 200 milliards de dollars d’importations chinoises, en tous cas, voici ce qu’en dit Le Figaro.

Le président des États-Unis a demandé à ce que soit préparée une nouvelle liste de produits chinois importés, à hauteur de 200 milliards de dollars. Pékin a d’ores et déjà annoncé son intention de répliquer.

Donald Trump tente de faire monter la pression sur la Chine. En réaction à la riposte proportionnée et immédiate de Pékin à sa menace de sanctions de 50 milliards de dollars détaillées la semaine dernière, le président des États-Unis demande maintenant à son négociateur commercial, Robert Lighthizer, de préparer une nouvelle liste de 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Ce qui correspond à un doublement du montant potentiel de sanctions supplémentaires initialement prévues par Washington.
« Des initiatives supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales, ouvrir son marché aux biens américains et accepter une relation commerciale plus équilibrée », affirme Donald Trump dans un communiqué. Peu après, le ministère chinois du Commerce a répliqué que la Chine prendrait des mesures « qualitatives et quantitatives » pour se défendre si ces nouvelles menaces américaines étaient mises en œuvre.

La mondialisation, ça rapporte aux sociétés cotées en Bourse !

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N’y allons pas par 4 chemins. Ceux qui pourfendent comme moi le totalitarisme marchand, l’optimisation fiscale qui n’est qu’une fraude légalisée, ou encore ces multinationales sans morale ni éthique, ne peuvent pas se satisfaire de la mondialisation telle qu’elle est.

Y mettre fin nécessite de s’attaquer de front à des profits monstrueux et plantureux. Il y a de quoi se faire beaucoup d’ennemis évidemment, et ceux qui détiennent et gagnent beaucoup d’argent sont ces grandes multinationales qui profitent à plein de cette globalisation et de l’absence de contre-pouvoir et d’entraves.

La Bourse, sans pour autant s’effondrer, réagit nettement plus aux risques de guerre commerciale et donc de démondialisation, ce qui implique une immense « déprofitation » pour les grosses entreprises cotées sur les grands marchés financiers mondiaux.

L’ère de la « déprofitation ».

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Je sais, ce mot n’existe pas, mais j’invente les mots que je veux inventer, enfin pas tout à fait, nos amis antillais comprendront encore plus vite, eux qui parlent de « profitation » ils m’ont inspiré ce terme ! Et vous allez très vite piger, j’en suis certain ! La déprofitation est un phénomène économique qui correspond à une baisse structurelle et de très longue durée des profits des entreprises.

La déprofitation est la petite sœur de la démondialisation.

Si vous démondialisez, vous allez déprofiter et les dividendes du CAC 40 risquent d’être moins plantureux. Vous allez baisser les marges de production, inciter à la relocalisation, vous pouvez même déclencher une inflation sur les salaires si l’emploi repart.

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Pourquoi avons-nous de la déflation ? Parce que les salaires ne peuvent pas progresser depuis plus de 20 ans. Sans progression des salaires et de l’emploi, c’est tout le système qui s’effondre. Remettre les choses dans le bon sens est une bonne chose.

Les Chinois vont couiner, les grandes entreprises, aussi.

Au bout du compte, on se rendra compte d’une chose.

La primauté va au pouvoir politique. L’économie n’est que de l’intendance.

Nous avons juste laissé aux affaires des politiciens affairistes et plus ou moins vendus ou achetés, y compris les syndicats, d’ailleurs vous avez dans cette édition un article consacré aux nouvelles fonctions de l’ancien patron du syndicat FO. Stupéfiant.

Le véritable pouvoir est le pouvoir régalien. Encore faut-il avoir le courage, la volonté et l’indépendance de l’exercer pour le bien des nations et des peuples.

En attendant, si la démondialisation se poursuit, il y aura un mouvement concomitant de déprofitation. S’il y a moins de profits, de rendement et de dividendes, le cours action chutera et prendra en considération les nouvelles perspectives économiques. L’ajustement se fera à la baisse sur les actions, mais si c’est bien fait, les États ne tomberont pas dans l’insolvabilité, et mieux vaut un énorme krach boursier que des faillites d’États en chaîne.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/demondialisation-et-deprofitation-baisse-des-marches-ledito-de-charles-sannat/

jeudi 21 juin 2018

Le procès de l’hypermondialisation

TRIBUNE LIBRE / Christian Chavagneux 06/06/2018

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Une autre mondialisation est en cours. De plus en plus contestée par les populations, elle l’est également, c’est nouveau, par les économistes. Surtout, pour les acteurs économiques eux-mêmes, entrepreneurs et banquiers, elle ne représente plus la panacée. Tout pointe vers une mondialisation plus sobre.

Dans un récent sondage d’OpinionWay pour le Printemps de l’économie 2018, 60 % des Français expriment une mauvaise opinion de la mondialisation. Et 58 % des "CSP+", les plus diplômés, partagent cet avis, de même que la moitié des moins de 35 ans. Les Français ne représentent d’ailleurs pas un cas à part. Selon un sondage réalisé en début d’année pour la Fondation Bertelsmann, 61 % des habitants des pays riches pensent que la mondialisation accroît les inégalités et la moitié estime qu’elle n’est pas bonne pour les salaires. Pour autant, le même sondage montre une opinion déclarant majoritairement que la mondialisation offre des opportunités de croissance et d’emploi et que les investissements étrangers sont les bienvenus.

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Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs*. Benoît Coeuré, de la Banque centrale européenne (BCE), résume bien le sentiment général. Il avance quatre raisons pour lesquelles la globalisation fait peur. Elle est instable : ses crises financières, agricoles, etc., se transmettent de pays en pays. Elle est déloyale : sa concurrence est fondée sur le dumping social et environnemental et sur l’accroissement du pouvoir de monopole de quelques grosses entreprises. Elle est inégalitaire, car elle réduit le pouvoir des salariés et permet aux plus fortunés d’échapper à l’impôt en plaçant plus facilement leurs avoirs à l’étranger, dans les paradis fiscaux. Enfin, elle remet en cause la démocratie dans un monde où l’influence politique des multinationales est grande. De Donald Trump aux Etats-Unis au Brexit du Royaume-Uni, et ailleurs, les dirigeants politiques favorables à moins de mondialisation ont d’ailleurs le vent en poupe.

Face à ces constats, la majorité des économistes, soit par idéologie, soit parce que ceux-ci sont soucieux de ne pas laisser prise aux discours nationalistes [ce qui ne serait pas de l'idéologie? NdR], a souvent choisi de défendre la mondialisation. Ce n’est plus le cas.

Une remise en cause intellectuelle

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« Je pense que la mondialisation a contribué à déchirer les tissus sociaux », attaque l’économiste Dani Rodrik. La théorie économique dominante reconnaît que la globalisation a des effets sur la répartition des revenus mais avance qu’ils sont faibles. Faux, rétorque l’Américain Paul Krugman, qui se demande alors : « qu’avons-nous manqué ? ». Réponse : une montée bien plus importante que prévue des importations en provenance des pays émergents avec des effets forts et persistants sur l’emploi dans les pays développés. Si Krugman cite des études américaines, la Banque d’Angleterre montre qu’avec la mondialisation, les régions britanniques qui concentraient une plus grande part d’industrie textile au début des années 1980 ont connu par la suite une plus faible croissance de l’emploi et un retrait plus marqué des personnes du marché du travail. Et l’effet se fait toujours sentir aujourd’hui.

Une étude de la Banque de France estime que sur la période 2001-2007, les importations chinoises en France ont provoqué une perte d’environ 90 000 emplois dans les régions de production manufacturière, soit 13 % du déclin sur la période, ce qui est loin d’être insignifiant. Mais aussi 190 000 en dehors de ce secteur, la baisse de l’emploi induisant une diminution de la demande locale, qui fait largement sentir ses effets sur les secteurs a priori protégés de la concurrence internationale.

Une récente recherche du Fonds monétaire international (FMI) aboutit à trois résultats importants : participer à la mondialisation accroît la richesse d’un pays ; mais plus son niveau d’intégration internationale est élevé plus les gains qu’il tire d’une poursuite de l’intégration diminue ; et les gains de la mondialisation profitent aux plus riches et accroissent les inégalités. Les économistes ont donc rejoint les citoyens pour exprimer leurs doutes face à la mondialisation. Surtout, les acteurs économiques semblent également engagés dans une nouvelle dynamique qui laisse moins de place à la globalisation.

Moins de délocalisations

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Le recul est frappant dans le domaine de la finance. De l’équivalent d’un peu plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB) mondial à leur apogée en 2007, les mouvements de capitaux internationaux n’en représentent plus que 5 % aujourd’hui. Une partie de ce recul tient à la réduction des échanges financiers intra-européens, avec une baisse des prêts entre les banques et une hausse de la détention domestique des dettes publiques. Aujourd’hui, la finance européenne se démondialise.

Au-delà, le professeur de Cambridge Finbarr Livesey a récemment publié un ouvrage qui résume plusieurs tendances structurelles poussant à un recul de la mondialisation productive. Afin de répondre plus vite à la demande, les entreprises veulent produire de plus en plus localement. En plus de soutenir cette évolution, le développement des imprimantes 3D permet de fabriquer davantage de pièces d’un seul tenant, contribuant à réduire les échanges de produits intermédiaires, ce qui pourrait entraîner une baisse de 20 % du commerce international. La montée des salaires dans les pays émergents conjuguée à l’automatisation des chaînes de production poussent également à de moindres délocalisations. Alors que le secteur automobile est parmi les plus mondialisés, les véhicules Tesla sont fabriqués aux Etats-Unis par des robots.

La fin de la global company ?

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Après avoir longtemps baissé, les coûts de transport stagnent, voire tendent à remonter. Ils représentent désormais une charge bien plus importante que les tarifs douaniers. A cela s’ajoutent les coûts environnementaux. Le transport maritime mondial émet en gros autant de CO2 que l’Allemagne. L’avenir est plutôt au développement d’une économie circulaire (écoconception des produits, réparation, recyclage, etc.) locale.

Stratégies marketing, évolutions techniques et montée des coûts poussent à une moindre mondialisation et même à des relocalisations. Cela ne signifie pas que la mondialisation touche à sa fin. Les entreprises des pays émergents continuent à s’internationaliser. Dans son analyse sur « le retrait de la global company », The Economist souligne que grâce à l’e-commerce, des « multinationalettes » vont voir le jour. Mais le temps de l’hypermondialisation, d’une internationalisation toujours croissante de la production et de la finance, semble appartenir au passé.

https://www.alternatives-economiques.fr/proces-de-lhypermondialisation/00084968

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*"Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs" : étrange époque où les gens ne font plus le lien entre causes et conséquences, symbolisée par le "en même temps" macronien.

affiche france en marchePar contre, la tendance générale relevée dans cet article montre bien à quel point Macron et ses amis représentent un monde archaïque, contrairement à la "modernité" affichée.   P.G.

Linky: après le reportage d'Envoyé spécial, Enedis et l'Etat doivent sortir du déni...

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Un débat qui préoccupe la société civile et bon nombre d'adhérents et sympathisants de l'UPR. Quelle que soit son opinion sur cette affaire, il n'est pas inutile de connaître les arguments des uns et des autres. Si vous contestez l'argumentaire ci- dessous, vos critiques et contre- articles sont les bienvenus, ils seront publiés afin d'éclairer la connaissance de ce dossier.   P.G.

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TRIBUNE LIBRE / Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

- Près de 700 communes et des centaines de milliers d'habitants refusent les compteurs communicants, chiffres en augmentation continue

- Enedis et ses sous-traitants doivent cesser d'intimider les habitants et d'installer les Linky par la force ou la ruse

- Comme la Belgique ou l'Allemagne, la France doit renoncer à la généralisation des compteurs communicants

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Le reportage d'Envoyé spécial diffusé jeudi 14 juin sur France2 est venu confirmer ce que nous dénonçons depuis deux ans et demi : le distributeur Enedis (filiale d'EDF) et ses sous-traitants utilisent des méthodes inqualifiables pour imposer les compteurs Linky, par les mensonges, l'intimidation voire la force, à d'innombrables habitants qui n'en veulent pas.

Tous les jours, les sociétés privées mandatées par Enedis prétendent que "si vous refusez le compteur Linky, nous allons vous couper l'électricité", ou "nous allons appeler la police", ou "vous devrez payer le compteur" ou encore "vous allez payer des pénalités", etc. Tout ceci est inventé - il n'existe légalement aucune mesure de rétorsion - mais c'est hélas souvent efficace auprès des gens mal informés ou vulnérables, en particulier les personnes âgées.

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Mais il y a pire : lorsque ces allégations ne suffisent pas, il arrive que les installateurs insultent et bousculent les habitants. Les incidents de plus en plus inquiétants se multiplient et, au lieu de mettre le holà, la direction d'Enedis... accuse les habitants. Or, faut-il le rappeler, ce sont bien les installateurs de Linky qui débarquent dans les communes, les quartiers, les immeubles, et qui sont donc les fauteurs de troubles.

Le déni d'Enedis et de l'Etat ne concerne pas seulement les méthodes des installateurs mais aussi les différentes raisons pour lesquelles les habitants refusent les compteurs communicants. Il est à ce sujet totalement inadmissible que les citoyens soient traités de "complotistes" ou d'arriérés terrorisés par le "Progrès".

En effet, il ne suffit pas qu'un objet soit nouveau pour qu'il soit bénéfique... même s'il est peint en vert fluo. Et, justement, le Linky pose et cause de nombreux problèmes, dont certains sont très graves, à tel point qu'il s'agit bien là d'une terrible régression par rapport aux compteurs ordinaires.

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Qui plus est, peu à peu, instances officielles et organismes reconnus viennent confirmer les critiques des citoyens. Ainsi, dans son récent rapport, la Cour des comptes a montré que le programme Linky bénéficiait financièrement à Enedis et absolument pas aux usagers. Ainsi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a été obligée d'intervenir après que Direct énergie ait commencé à s'accaparer illégalement des données privées collectées dans le cadre du programme Linky.

Ainsi Promotelec (dont fait partie Enedis) a avoué que "lorsque le technicien place Linky chez un particulier et règle le disjoncteur de branchement, il n'est pas chargé de vérifier si l'installation électrique du foyer est en mesure de supporter le niveau de puissance défini" et que "des accidents (feu) peuvent se produire le jour où le particulier fait la demande auprès d'Enedis afin d'augmenter la puissance de son compteur".

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Il n'est donc pas étonnant que la presse régionale et locale se fasse continuellement l'écho d'incendies qui se déclenchent après la pose du Linky, parfois le jour même, mais aussi d'innombrables appareils électroménagers détruits, sans oublier les installations qui disjonctent à d'innombrables reprises, les factures qui s'envolent, etc.

A tout cela s'ajoute bien sûr la question des données personnelles et la controverse sanitaire sur les ondes électromagnétiques. L'affaire Direct énergie, déjà évoquée, mais aussi l'affaire Facebook ne doivent laisser aucun doute : malgré les belles promesses et assurances avancées, il est évident que les données captées par les Linky seront tôt ou tard détournées, volées, revendues, etc.

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Quant à la question des ondes, c'est une controverse scientifique au même titre que celles anciennes ou récentes sur le tabac, la radioactivité ou les pesticides : les uns disent blanc, les autres noir, l'Organisation mondiale de la santé s'interroge. Mais l'expérience et le bon sens apportent la bonne réponse, qu'il s'agisse des données personnelles ou des ondes : la SEULE façon d'être protégé est... de garder les compteurs ordinaires. Il est d'ailleurs notable que ces derniers sont parfaitement efficaces et légaux, ayant été installés... par EDF et Enedis (auparavant ErDF).

Alors que la fronde anti-Linky se développe de façon exponentielle, que les déconvenues et accidents se multiplient, les autorités françaises se doivent de réagir immédiatement et, par exemple, de suivre le récent exemple de la Belgique (et plus ancien de l'Allemagne) : renoncer à la généralisation des compteurs communicants.

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Ce n'est pas seulement une question de finances, de sécurité, de respect de la vie privée : c'est finalement une véritable question de démocratie. Le gouvernement et le Président de la République sont au pied du mur : désormais, ils ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas, ils seront donc clairement responsables et coupables des futurs drames causés par le Linky. Ils doivent donc agir... vite.


Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

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vendredi 15 juin 2018

L'Etat se désengage d'ADP, de la FDJ et d'Engie

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La future loi Pacte sur la croissance des entreprises, qui sera présentée lundi par le gouvernement, comprendra des mesures ouvrant la voie à ces cessions d'actifs dans Aéroports de Paris (ADP), la Française des jeux (FDJ) et Engie, a annoncé mardi Bercy. Le projet de loi, porté par le ministre de l'Economie Bruno le Maire, autorisera l'exécutif à céder ces titres "en modifiant les seuils de détention" actuellement fixés par la loi, a indiqué le ministère lors d'une rencontre avec la presse.

Cession du contrôle ou pas d'ADP?

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Le texte ne précisera en revanche pas les montants qui pourraient être cédés, ni à qui ces actifs pourraient être vendus. Ces décisions seront prises "en temps voulu", a expliqué le ministère. Au vu des déclarations de Bruno Le Maire, la privatisation d'ADP est la seule certitude. La cession de tout ou partie des actions de l'Etat dans Engie ne sera pas une privatisation dans la mesure où l'énergéticien est déjà privatisé*. L'Etat ne détient plus que 24,5% du capital. Concernant la FDJ, l'inconnue sur la part que cèdera l'Etat (aujourd'hui il détient 72%) ne permet pas de dire en effet s'il s'agira d'une privatisation ou pas, même s'il est fort probable qu'il en s'agira bien d'une.

En revanche, l'Etat ne détenant plus que 50,6% des parts d'ADP, toute cession se traduira par une privatisation du gestionnaire des aéroports parisiens. Reste à savoir quelle part l'Etat cédera et de quelle façon dont il le fera. En début d'année, Xavier Huillard, le PDG de Vinci avait évoqué cette question.

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L'État va-t-il en effet lancer "une consultation qui permettrait à un actionnaire d'assurer son contrôle sur ADP" ou, au contraire préfèrera-t-il "découper en morceaux sa participation pour être certain d'avoir en face de lui un grand  nombre d'actionnaires et non un actionnaire dominant"?  s'était interrogé Xavier Huillard.

"Supposez que l'Etat décide de vendre 10% du capital pour conserver 40% pour toujours, et que ces 10% du capital soient découpés en 5 morceaux de 2% et qu'il nous est proposé d'acheter 2% du capital, on se posera la question de savoir si cela nous intéresse. Tout dépend donc du cas de figure. L'État ne s'est pas encore fait sa philosophie", avait-il ajouté lors de ses vœux.

Le précédent de 2013

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La remarque n'était pas anodine. Elle faisait référence à la cession de 9,5% des parts de l'État en juillet 2013, vendus en deux blocs de 4,7%, l'un à Predica, une filiale du Crédit Agricole, l'autre à Vinci (lequel détenait déjà 3,3%), avec, comme condition, que la participation des nouveaux actionnaires soit plafonnée à 8% pendant 5 ans. Une façon de faire qui, selon un proche du dossier à l'époque, visait à empêcher Vinci de prendre une longueur d'avance si ADP était un jour privatisé. Ceci dans le but d'éviter de reproduire le scénario constaté lors de la privatisation d'ASF (Autoroutes du sud de la France) en 2005 où personne n'était venu se frotter à Vinci, qui avait raflé au cours des années précédentes plus de 21% du capital. Sans concurrence, Vinci avait très bien négocié les conditions de cette acquisition avec l'État.

Le projet de loi initial ne comprenait pas les cessions d'actifs

L'exécutif entretenait le doute depuis plusieurs semaines sur le fait de savoir si les dispositions permettant des cessions d'actifs d'ADP, FDJ et Engie seraient intégrées ou non à la loi Pacte.

Le projet de loi initialement envoyé au Conseil d'Etat par Bercy ne comprenait ainsi pas le volet jugé politiquement sensible sur les privatisations. Ce dernier a finalement été adressé ces derniers jours à la plus haute juridiction administrative, qui l'a examiné.

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Ces cessions, destinées à recentrer le portefeuille public sur les secteurs considérés comme essentiels, serviront à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros pour l'innovation de rupture, promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Pour autant, il est curieux que ce chiffre ne tienne pas compte de la vente de 4,5% du capital d'Engie en septembre dernier qui avait déjà permis à l'Etat de récupérer 1,5 milliard d'euros.

L'objectif, c'est de "récupérer des moyens pour financer l'investissement" et "construire l'avenir des Français", a expliqué mardi Bruno Le Maire lors d'un forum organisé par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

Selon Bercy, des garde-fous ont été prévus pour s'assurer que les privatisations d'Aéroports de Paris, d'Engie et de la Française des jeux ne mettront pas en péril les intérêts de l'Etat.

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"L'influence de l'Etat peut s'exercer autrement que par la détention de capital", c'est-à-dire "par une régulation accrue", a assuré le ministère.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/privatisation

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"La cession de tout ou partie des actions de l'Etat dans Engie ne sera pas une privatisation dans la mesure où l'énergéticien est déjà privatisé.": à garder dans les annales du journalisme! 

J'aime bien aussi la formule "Selon Bercy, des garde-fous ont été prévus pour s'assurer que les privatisations d'Aéroports de Paris, d'Engie et de la Française des jeux ne mettront pas en péril les intérêts de l'Etat." Ah bon? L'article oublie de mentionner lesquels...     P.G.

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vendredi 8 juin 2018

Carrefour : des milliers d'emplois supprimés et un ex-PDG qui s'enrichit

Libération s'est penché sur la rémunération de l'ex-PDG de Carrefour, qui multiplie les fermetures de magasins.

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Après son départ en juillet 2017, il a touché près de 16 millions d'euros et une retraite à vie d'environ 500 000 euros par an.

Carrefour vit des heures difficiles : fermetures de magasins et suppression de près de 2 000 postes. Malgré tout, si de nombreux salariés peuvent s'inquiéter de leur avenir, notamment financier, ce n'est pas le cas de l'ancien PDG, parti en juillet 2017, Georges Plassat. C'est lui qui a été le stratège au sein de Carrefour en 2014 pour le rachat de plus de 800 magasins DIA... dont plus de 200 sont aujourd'hui menacés.

Le bon moment pour l'outil Checknews de Libération d'enquêter sur les émoluments reçus par l'ancien patron de l'enseigne, le montant de sa retraite et les futures rémunérations qu'il percevra. Au total, on apprend ainsi que lors de son départ en 2017, Georges Plassat a ainsi touché – entre les actions, les avantages en nature ou le salaire fixe – près de 16 millions d'euros, contre environ 10 millions en 2016. En 2016, Georges Plassat était d'ailleurs le dirigeant du CAC 40 le mieux payé... Difficile de comprendre dès lors les difficultés financières du groupe et les choix opérés.

En effet, Libération ajoute que Georges Plassat touche une retraite à vie de 517 810 euros par an. Un cachet revu à la hausse par le conseil d'administration en avril 2018, «eu égard aux performances du groupe en 2017», selon le quotidien.

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Mais ce n'est pas tout... Georges Plassat devrait toucher courant juin 2018, près d'un an après son départ, une nouvelle rétribution de plus de 800 000 euros de part variable au titre de 2017, sauf si l'assemblée générale des actionnaires en décide autrement le 15 juin prochain. Ce qui semble peu probable. Carrefour a semble-t-il bien appliqué la phrase d'Emmanuel Macron le 15 octobre 2017 : «Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole».

Toutefois, la cordée formée par les 2 000 salariés Carrefour, ex-Dia, semble bel et bien se rompre sous l'effet de la politique menée par l'ex-premier de cordée Georges Plassat.

https://francais.rt.com/france/51363-carrefour-des-milliers-d-emplois-supprimes-et-un-ex-pdg-qui-s-engraisse

EUROPE CORDE 1"Le bon moment pour l'outil Checknews de Libération d'enquêter sur les émoluments reçus par l'ancien patron de l'enseigne, le montant de sa retraite et les futures rémunérations qu'il percevra": si cet outil leur sert à faire leur travail, on est content pour eux, mais ce journal euro- atlantiste est bien mal placé pour s'indigner...

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jeudi 7 juin 2018

Sous Trump, le lobby israélien s’est mué en hydre à plusieurs têtes

TRIBUNE LIBRE / par Jonathan Cook

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Depuis l’arrivée au pouvoir de Trump, le lobby israélien a mobilisé quatre autres puissants lobbies : les évangéliques chrétiens, la droite alternative, le complexe militaro-industriel et l’Arabie saoudite.

Les récentes mesures prises par l’administration Trump dans le conflit israélo-palestinien vont à coup sûr dissiper le moindre doute quant à l’énormité et la dangerosité de l’influence du lobby israélien à Washington.

Sous Trump, ce lobby a démontré un pouvoir d’influence sans précédent – même par rapport à ses propres normes – au mépris flagrant de toutes les plus évidentes priorités américaines.

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On a d’abord eu droit, en mai, au déménagement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, non pas dans la plus grande discrétion, mais lors du 70eanniversaire du jour le plus sensible du calendrier palestinien : la Nakba. Ce jour-là, les Palestiniens commémorent leur expulsion massive de leur patrie en 1948.

En déplaçant l’ambassade, Trump a donné la bénédiction officielle des États-Unis pour mettre en pièces un processus de paix de 25 ans – et en choisissant la date de la Nakba pour organiser le transfert, il a provoqué les Palestiniens et, par extension, le monde arabe tout entier, en leur rappelant cruellement leur défaite.

Puis, la Maison-Blanche en a rajouté en félicitant les tireurs d’élite israéliens qui, le même jour, venaient de massacrer des dizaines de Palestiniens sans armes, qui protestaient contre la clôture du périmètre autour de Gaza. Il n’est pas exclu qu’une série de déclarations émanant de la Maison-Blanche ait été dictée par le Premier ministre israélien d’extrême droite, Benyamin Netanyahou lui-même.

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Aux Nations unies, les États-Unis ont bloqué une résolution du Conseil de sécurité réclamant que ce massacre fasse l’objet d’une enquête, tandis que Nikki Haley, l’envoyé de Trump à l’ONU, faisait observer aux autres délégués : « Aucun pays dans cette assemblée n’agirait avec plus de retenue qu’Israël ».

Aucune de ces mesures ne servait la moindre priorité nationale américaine, pas plus que la décision prise par Trump la semaine précédente de déchirer l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran – depuis longtemps critiqué par le gouvernement israélien.

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En fait, c’est tout le contraire : ces actions risquent d’enflammer les tensions jusqu’à provoquer une guerre régionale entraînant rapidement les grandes puissances, ou motiver des attaques terroristes sur le sol américain.

Mur du silence

Rappelons-nous qu’il y a deux décennies, il était impossible de suggérer l’existence d’un lobby israélien à Washington sans être taxé d’antisémite.

Paradoxalement, les partisans d’Israël ont exercé ce pouvoir même dont ils niaient l’existence, et soumis leurs opposants par l’intimidation, tout en prétendant que toute évocation d’un lobby israélien ne reposait que sur des « tropes* » antisémites du pouvoir juif.

Le mur du silence n’a été brisé qu’avec la publication en 2006 d’un essai fondateur – publié en livre par la suite – de deux éminents universitaires américains, John Mearsheimer et Stephen Walt.

Or, ces deux auteurs n’ont pas réussi à trouver un seul éditeur aux États-Unis, ce qui atteste de l’implacable emprise de ce lobby, alors même qu’on venait de le sortir de l’ombre. Pour trouver ses lecteurs, l’essai a dû être publié de l’autre côté de l’Atlantique, par la prestigieuse, quoique confidentielle, London Review of Books. L’un de ces écrivains, Stephen Walt, a publiquement admis que sa carrière en avait pâti.

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Il se présente depuis une petite marge de manœuvre sur le sujet. Même le chroniqueur du New York Times, Thomas Friedman, ardent défenseur d’Israël, a reconnu l’existence du lobby.

En 2011, il a expliqué un rituel bien établi, quoique stupéfiant, de la politique américaine : à chaque visite aux États-Unis d’un Premier ministre israélien, le Congrès l’accueille avec plus de ferveur que le président américain lui-même. Friedman fit observer : « J’espère que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, comprend que, s’il a été gratifié de l’ovation reçue au Congrès cette année, ce n’était pas pour sa politique. Son ovation a été achetée et payée par le lobby israélien ».

Intimidation du Congrès

Friedman faisait allusion au réseau d’organisations du leadership juif et des comités d’action politique aux États-Unis, tous agressivement pro-israéliens, qui, au moment des élections, envoient régulièrement d’importantes sommes d’argent pour soutenir ou desservir tel ou tel candidat du Congrès.

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Non que ces organisations pro-israéliennes contrôlent le Congrès, mais elles maîtrisent les techniques d’intimidation politique. Elles comprennent et exploitent les failles du système américain où s’engouffrent les lobbies et leurs moyens financiers pour dicter les programmes de la plupart des législateurs américains. Chacun des membres du Congrès est vulnérable – non seulement parce qu’il risque de perdre de généreux donateurs, mais de se retrouver aussi face à un adversaire généreusement financé.

Le principe de « suivre la trace de l’argent » ne trouve pas meilleure illustration que dans le cas de Trump. Au début de sa course vers l’investiture du parti républicain pour la présidentielle – dans laquelle si peu d’observateurs lui donnaient une chance qu’il en était réduit à financer sa campagne sur ses deniers personnels – il tenait des propos relativement critiques à l’égard d’Israël.

Aussi difficile à croire que cela puisse paraître aujourd’hui, il avait promis de rester « neutre » sur la question israélo-palestinienne. Il avait exprimé des doutes quant l’opportunité et la logique d’offrir à Israël des milliards de dollars par an en aide militaire, soutenu une solution à deux États et refusé de s’engager à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

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Tout cela a été abandonné dès qu’il a eu besoin de gros bailleurs de fonds pour mener jusqu’au bout sa candidature présidentielle. Le faiseur de rois du parti républicain, c’est Sheldon Adelson, milliardaire des casinos et champion de la politique israélienne ultranationaliste et anti-arabe, dans laquelle excelle Netanyahou. Adelson aime tellement Netanyahou qu’il lui a même acheté un journal, Israel Hayom, qu’Adelson a développé au point d’en faire le quotidien le plus diffusé en Israël.

Tout compte fait, Adelson a soutenu la campagne électorale de Trump à hauteur de 35 millions de dollars. C’est parce qu’il avait besoin du soutien d’Adelson que Trump a nommé David Friedman – bienfaiteur de longue date des colonies juives illégales en Cisjordanie – au poste (supposé non partisan) d’ambassadeur des États-Unis en Israël. Et lors de l’ouverture de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem la semaine dernière, Adelson faisait partie des invités d’honneur.

Le vilain petit canard de l’antisémitisme

Ceux qui accusent d’antisémitisme quiconque ose soulever la question du lobby israélien, soit comprennent de travers ce qui est revendiqué, soit en donnent, intentionnellement, une représentation fallacieuse.

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Personne, hormis les antisémites haineux, facilement identifiables, ne se livre à la réactualisation des Protocoles centenaires des Sages de Sion – un faux document célèbre rédigé par les partisans du tsar russe, censé prouver que ‘’les juifs’’ cherchaient à dominer le monde en faisant main basse sur banques et médias.

Pour commencer, l’argument sur l’existence d’un lobby israélien ne fait aucunement référence aux personnes juives. Est en cause un pays, Israël, et son influence démesurée sur les politiques nord-américaines.

D’autres pays ou groupes de citoyens américains tentent d’exercer ce genre d’influence, soit par le biais de lobbies similaires, soit en recourant à divers subterfuges.

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Personne n’oserait nier l’existence du lobby cubain – ce groupe de pression qui a contribué à orienter la politique américaine et cherché à évincer le leader révolutionnaire Fidel Castro. Encore actuellement, la quasi-totalité des législateurs américains écument de rage devant ce qu’ils interprètent comme des manœuvres occultes déployées par la Russie en vue d’orienter la politique américaine dans le sens de Moscou.

Pourquoi devrait-on croire qu’il en va tout autrement d’Israël ? La question n’est pas de savoir si le lobby existe, mais pourquoi le système politique américain ne fait rien pour se soustraire à son ingérence.

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Si la prétendue main invisible du leader russe Vladimir Poutine s’ingérant dans les affaires américaines fait peser une telle menace, pourquoi celle d’Israël serait-elle au-delà de tout soupçon ?

Cinq lobbies en un

Plutôt que démasquer et affronter le lobby israélien, les présidents américains se sont généralement volontiers ralliés à sa cause. Ce qui s’est clairement vu, entre autres, lorsque Barack Obama a rétropédalé lors de sa première confrontation avec Netanyahou, à qui il demandait de limiter l’expansion des colonies juives illégales en Cisjordanie.

Sous Trump, en revanche, le lobby israélien en est venu à exercer un pouvoir sans égal, parce qu’on a affaire désormais à bien plus qu’un seul et unique lobby. Il s’agit d’une hydre à cinq têtes, digne de la mythologie grecque, et une seule d’entre elles relève directement d’Israël ou des juifs américains organisés.

En fait, le pouvoir du lobby n’émane désormais plus d’Israël principalement. Depuis l’élection de Trump, le lobby israélien a réussi à absorber et à mobiliser quatre puissants lobbies supplémentaires – et ce dans des proportions inédites : les évangéliques chrétiens, la droite alternative, le complexe militaro-industriel et le lobby de l’Arabie saoudite.

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La victoire électorale de Trump dans son propre pays dépendait de sa capacité à rallier à sa cause deux groupes profondément engagés en faveur d’Israël, tout en étant largement indifférents, voire activement hostiles, aux juifs de ce pays.

Les dirigeants de l’extrême droite américaine – coalition peu structurée de groupes suprématistes blancs et néonazis – se sont entichés d’Israël, mais n’aiment généralement pas les juifs. Ce sentiment a été résumé par le leader d’extrême droite, Richard Spencer, qui se qualifie lui-même de « sioniste blanc ».

Bref, la droite alternative chérit Israël parce que ce pays a réussi à perpétuer un modèle, depuis longtemps décrié, de forteresse patriotique raciste et belliqueuse. Elle voudrait que les États-Unis deviennent un pays exclusivement réservé à une communauté « blanche » fantasmée, tout comme Israël se veut l’incarnation d’une communauté exclusivement juive.

Trump s’appuie sur le vote de l’extrême droite, comme en témoigne la nomination précipitée à son administration de plusieurs personnalités associées à ce courant, dont Steve Bannon, Stephen Miller, Michael Flynn, Julia Hahn et Sebastian Gorka.

Réaliser la prophétie divine

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Toutefois, le rôle des évangéliques est encore plus déterminant. C’est ainsi que le fervent chrétien Mike Pence a été désigné colistier de Trump. Son équipe avait compris que les voix de dizaines de millions d’Américains lui seraient acquises si Trump se conformait à leurs préjugés.

Pour le plus grand bonheur de Netanyahou, leur plus grand parti-pris se traduit par un soutien fanatique à Israël, non seulement à l’Israël restreint à l’intérieur de ses frontières actuelles internationalement reconnues, mais surtout au Grand Israël, qui englobe des dizaines de colonies juives illégales construites sur des terres palestiniennes.

Les sionistes chrétiens croient que les juifs doivent être regroupés au sein de leur patrie biblique afin que s’accomplisse la prophétie divine qui provoquera la seconde venue du Messie.

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C’est surtout par souci de plaire aux sionistes chrétiens que Trump a transféré l’ambassade des États-Unis à Jérusalem. Et c’est aussi pourquoi deux pasteurs évangéliques connus pour leurs propos antisémites, John Hagee et Robert Jeffress, ont été appelés à gratifier de leurs bénédictions la cérémonie d’ouverture.

Trump est redevable envers les évangéliques – on a donc motif à s’inquiéter de sa politique dans la région. Les sionistes chrétiens ne s’intéressent pas aux principes d’équité, de justice ou de droit international. Ils sont au contraire prêts à attiser les tensions au Moyen-Orient – et même à déclencher l’Armageddon lui-même – s’ils y voient un moyen de renforcer Israël et de réaliser la prophétie divine.

Mise en garde d’Eisenhower

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Le complexe militaro-industriel jouit d’une influence de bien plus longue date, quoique plus masquée, sur la politique américaine. Déjà en 1961, un ancien général de l’armée américaine devenu président, Dwight Eisenhower, avait mis en garde contre la menace imminente d’un secteur privé de plus en plus envahissant, et dont les marges bénéficiaires sont tributaires de l’ampleur des guerres.

Depuis, le pouvoir de ces grandes sociétés s’est accru et étendu, exactement comme le craignait Eisenhower. Pour le plus grand bonheur d’Israël.

Dans son livre The Fateful Triangle, publié au début des années 1980, Noam Chomsky, intellectuel américain dissident, observait qu’Israël et États-Unis ne partageaient pas les mêmes perceptions du Moyen-Orient.

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Les États-Unis incarnaient alors ce que Chomsky appelait le « pouvoir du statu quo », avant tout soucieux de préserver l’ordre régional existant. Israël, au contraire, s’employait à la déstabilisation de la région – sa balkanisation – et en a fait sa stratégie, en vue d’étendre son hégémonie sur des États voisins divisés, chacun d’entre eux en proie à de constantes querelles intestines.

On constate sans peine aujourd’hui quelle vision du Moyen-Orient a prévalu. Les industries de guerre dont le siège social est aux États-Unis font pression en faveur d’une « guerre mondiale permanente contre le terrorisme », gourmande en jouets meurtriers coûteux – dont elles ont déjà largement profité. L’Occident a même réussi à présenter ses guerres d’agression contre d’autres États souverains sous l’étiquette « humanitaire ».

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Les avantages qu’en retire le complexe militaro-industriel se traduisent par les profits exponentiels enregistrés ces dix dernières années par les grands marchands de canons américains comme Lockheed Martin ou Raytheon.

Entretenir les peurs

Israël n’a pas seulement bénéficié des sanctions contre ses rivaux régionaux et de leur démembrement – Syrie, Irak et Iran – mais a également saisi cette occasion pour se rendre indispensable à la prospérité de ces industries de guerre.

Il a, par exemple, été la cheville ouvrière du développement et du perfectionnement de nouvelles façons d’exploiter la culture de la peur – dont la plus importante, l’industrie toujours en pleine expansion de la « sécurité intérieure ».

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Israël se sert des territoires palestiniens occupés à des fins d’expérimentation et s’est spécialisé dans le développement de nombreuses technologies : surveillance et biométrie, méthodes létales et non létales de contrôle des foules, systèmes complexes d’incarcération, profilage psychologique des populations assujetties, et redéfinitions très douteuses du droit international visant à la levée des sanctions en vigueur en cas de crimes de guerre et guerres d’agression.

Cette situation s’avère incommensurablement bénéfique aux industries militaires qui cherchent à tirer profit des nouvelles guerres et occupations au Moyen-Orient. De plus, l’expertise d’Israël en la matière s’en trouve désormais très recherchée par les élites politiques et sécuritaires américaines qui souhaitent pacifier et contrôler des populations nationales agitées.

La déstabilisation du Moyen-Orient encouragée par Israël fait peser de nouvelles menaces sur les États-Unis – protestations, immigration et terrorisme – pour lesquelles Israël fournit alors des solutions clé en main.

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Israël a contribué à rationaliser la militarisation des forces de police aux États-Unis et ailleurs, et assure leur formation. Il a aussi progressivement introduit – aux États-Unis comme dans d’autres pays occidentaux – le type de profilage racial et politique qui est, depuis longtemps, la norme en Israël.

C’est la raison pour laquelle l’universitaire israélien Jeff Halper vient de tirer la sonnette d’alarme : la « guerre contre le terrorisme » pourrait, en fin de compte, faire de nous tous des Palestiniens.

Alliance avec l’Arabie saoudite

Mais le plus gros coup de pouce qui a renforcé la puissance d’Israël à Washington est sans doute sa nouvelle alliance, à peine dissimulée, avec l’Arabie saoudite.

Pendant des décennies, le lobby pétrolier américain fut perçu comme contrepoids au lobby israélien. C’est pourquoi les partisans d’Israël ont toujours conchié le Département d’État américain, perçu comme l’incarnation d’un avant-poste arabisant.

Plus maintenant. Trump, en homme d’affaire fidèle à lui-même, a cultivé des liens encore plus étroits avec les Saoudiens dans l’espoir que les ventes d’armes et de technologies revitaliseront l’économie des États-Unis et feront advenir leur renaissance politique.

Lors d’une visite du prince héritier Mohammed ben Salmane aux États-Unis en mars, M. Trump a précisé : « L’Arabie saoudite, nation très riche, va, nous l’espérons, faire bénéficier les États-Unis d’une partie de son abondance, sous la forme d’emplois et en acquérant les meilleurs équipements militaires au monde ».

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Or, les liens étroits qu’entretiennent Washington et les Saoudiens ressemblent de plus en plus à une aubaine pour Israël, plutôt qu’à un obstacle. Ces deux pays se sont trouvé une cause commune : ils s’opposent fébrilement à l’Iran et à ses alliés chiites en Syrie et au Liban, et ils sont déterminés à les empêcher d’acquérir encore plus de pouvoir dans la région.

Israël est en quête d’une hégémonie militaire sur le Moyen-Orient, et l’Iran risque de la compromettre. De son côté, Riyad a besoin d’une hégémonie idéologique et financière, que l’Iran a les moyens de contrarier.

Quant aux Palestiniens – la seule question qui continue de diviser profondément Israël et l’Arabie saoudite – ils sont de plus en plus perçus par ben Salmane comme une pièce de jeu d’échecs qu’il est tout disposé à sacrifier en échange de la destruction de l’Iran.

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Trump a déchiré, avec l’enthousiasme incendiaire que l’on sait, l’accord nucléaire conclu entre Obama et l’Iran parce que ses deux alliés du Moyen-Orient le lui ont conjointement réclamé.

Et tout indique qu’il pourrait faire pire encore – jusqu’à attaquer l’Iran – si la pression d’Israël et des Saoudiens atteignait une masse critique.

L’heure est à un peu plus d’humilité

Tous ces différents lobbies exercent depuis longtemps un pouvoir considérable à Washington, mais ils restent profondément divisés. Ces dernières années, en revanche, leurs intérêts se sont considérablement entremêlés, de sorte qu’Israël devient de plus en plus incontournable en politique américaine.

Sous Trump, leurs priorités ont si bien convergé que ce lobby multicéphale a capté la présidence sur les questions qui le concernent le plus, et d’autant plus efficacement qu’il joue collectif.

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Je ne dis pas que le lobby israélien est à l’avenir à l’abri de tout défi. D’autres menaces émergent en réaction au pouvoir irresponsable du lobby israélien : notamment, les voix progressistes sur la scène politique américaine qui, pour la première fois, rompent avec le caractère, de longue date, bipartisan du débat sur Israël.

La progression inattendue de Bernie Sanders dans la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle, la montée en puissance du mouvement international Boycott, désinvestissement et sanction (BDS), la désaffection croissante des jeunes juifs américains envers Israël, et la dénonciation grandissante des crimes israéliens par l’opinion publique américaine sur les réseaux sociaux sont autant de signes révélateurs de tendances lourdes, qu’Israël aura du mal à contrer ou à inverser.

Israël est en train d’obtenir en ce moment ce qu’il recherche depuis toujours. Mais contre le péché d’orgueil, nous avons été mis en garde depuis l’époque de la Grèce antique.Israël pourrait en venir à un peu plus d’humilité – par la manière forte.

Jonathan Cook

Jonathan Cook est un journaliste anglais basé à Nazareth depuis 2001. Il a écrit trois ouvrages sur le conflit israélo-palestinien et remporté le prix spécial de journalisme Martha Gellhorn. Vous pouvez consulter son site web et son blog à l’adresse suivante : www.jonatthan-cook.net.

Article original traduit par Dominique Macabies.

https://arretsurinfo.ch/sous-trump-le-lobby-israelien-sest-mue-en-hydre-a-plusieurs-tetes/

*TROPE, subst. masc.

A. − RHÉTORIQUE

1. [Dans l'anc. rhét.] Figure par laquelle un mot prend une signification autre que son sens propre. Les Tropes sont certains sens plus ou moins différens du sens primitif, qu'offrent, dans l'expression de la pensée, les mots appliqués à de nouvelles idées (P. Fontanier, Les Figures du disc., Paris, Flammarion, 1968, [1821], p. 39). (...)http://www.cnrtl.fr/definition/trope

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dimanche 3 juin 2018

Un « risque d’accaparement des terres agricoles » en France

Le dernier bilan des marchés fonciers ruraux de la FNSafer dénonce une « tendance à l’agglomération de grandes surfaces au sein d’un nombre limité d’exploitations ».

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Les terres agricoles françaises sont très convoitées. Les récents exemples illustrant la pression sur ce patrimoine nourricier ont marqué les esprits. Que ce soit la bataille autour du projet Europacity, prévoyant la transformation 280 hectares de terres agricoles du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise) en un complexe commercial et touristique. Ou la prise de contrôle de 1 700 hectares de terres céréalières berrichonnes par une société chinoise. Suivie par l’achat de deux sociétés agricoles dans l’Allier par un entrepreneur pékinois. Ou encore le grappillage de plus de 140 châteaux dans le vignoble bordelais par des investisseurs de l’ancien empire du Milieu.

Les ventes de surfaces ont atteint un niveau record

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Le bilan 2017 des marchés fonciers ruraux, publié jeudi 31 mai par la Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (FNSafer), le prouve. Sur l’année écoulée, les ventes de surfaces ont atteint un niveau record. Le nombre de transactions progresse de 7,6 %, à 86 260, pour un montant qui bondit, lui, de 15,5 %, à 4,6 milliards d’euros. Au total, 381 000 hectares ont changé de mains.

Mais dans quelles mains sont-ils passés ? Depuis l’entrée en vigueur de la loi d’avenir pour l’agriculture, en 2016, les projets de vente de parts sociales ou d’actions de sociétés agricoles doivent être portés à la connaissance des Safer. Des transactions qui échappaient jusqu’alors à ses radars, alors même que les formes sociétaires ne cessent de se développer. Que ce soient des sociétés de portage du foncier (GFA, SCI agricoles, etc.), d’exploitation agricole (GAEC, EARL, SCEA, SA ou SARL) ou de groupement forestier.

En 2017, 6 900 projets de cession de parts sociales ou d’actions de sociétés agricoles ont été notifiés aux Safer. Ils représentent un volume de vente de 1,3 milliard d’euros. Et pèsent près de 20 % du marché du foncier agricole. A priori, les achats bouclés par les étrangers sont peu importants. Ils sont évalués à 122 millions d’euros et sont essentiellement le fait d’Européens. Toutefois, ces montants ne prennent pas en compte les achats faits par des sociétés immatriculées en France, mais dont le capital pourrait être détenu par des étrangers.

« La vitalité des territoires est en péril »

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« Ces chiffres prouvent la réalité de la financiarisation et du risque d’accaparement des terres. »affirme Emmanuel Hyest, président de la FNSafer, qui tire la sonnette d’alarme. « La vitalité des territoires est en péril. », estime l’organisme. « La tendance à l’agglomération de grandes surfaces au sein d’un nombre limité d’exploitations agricoles se développe. Cette concentration est préjudiciable aux transmissions, aux installations et à la consolidation des exploitations. Elle s’accompagne souvent d’une diminution de la valeur ajoutée et de l’emploi. »

La question de la pérennité du modèle d’agriculture familiale, marque de fabrique française, et de la préservation des paysages se posent. D’autant plus que le renouvellement des générations sera l’un des grands enjeux des dix prochaines années.

Un marché non régulé

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Or, comme le rappelle la FNSafer, ce 1,3 milliard d’euros de ventes de parts sociales et d’actions est un marché non régulé. Une partie du texte introduit dans la loi Sapin 2 de 2016, sous l’impulsion de Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle, pour accroître la transparence sur ce marché et renforcer le pouvoir de régulation de la FNSafer, a été retoqué par le Conseil d’Etat. M. Hyest, qui prône un renforcement législatif, met en exergue une des failles du dispositif actuel : « Il suffit pour les investisseurs de racheter 99 % des parts d’une société agricole et de laisser 1 % à l’ancien exploitant pour éviter que la Safer puisse faire jouer son droit de préemption. »

Le président Emmanuel Macron a promis une loi sur le foncier agricole début 2019. Une mission d’information de l’Assemblée nationale, présidée par le député LRM des Hautes-Pyrénées Jean-Bernard Sempastous, et dont les deux rapporteurs sont M. Potier et Anne-Laurence Petel (LRM), élue des Bouches-du-Rhône, planche sur le sujet. Leurs conclusions doivent être présentées à la fin de l’été.

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Source :

http://www.bvoltaire.fr/terres-agricoles-loffensive-chinoise-france/

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/05/31/un-risque-d-accaparement-des-terres-agricoles-en-france_5307597_3234.html

https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/les-terres-agricoles-de-plus-en-plus-convoitees-202-117699.html

https://aphadolie.com/2018/05/31/un-risque-daccaparement-des-terres-agricoles-en-france/

jeudi 31 mai 2018

Un cabinet d'avocats s'installe à Limoges malgré l'interdiction du conseil de l'ordre... et provoque sa colère !

L'initiative du cabinet AGN Avocats qui s'est installé à Limoges sans en avoir l'autorisation suscite des remous au sein des avocats limougeauds... et l'ire de l'ordre. 

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C'est ce qu'on appelle un passage en force. L'agence AGN Avocats a finalement ouvert une antenne à Limoges rue Turgot malgré le refus du conseil de l'ordre des avocats. AGN avocats possède quatorze agences en France et dit n'avoir rencontré aucun souci de ce type par le passé, si ce n'est à Toulouse.

Sur le réseau social Twitter, elle a publié un communiqué pour justifier sa position et résume le sujet à une bataille entre anciens et modernes, dénonçant le côté rétrograde du conseil de l'ordre.

Contacté par téléphone, le conseil de l'ordre reconnaît avoir interdit à quatre reprises les requêtes d'AGN. Sur la première demande, celle concernant l'ouverture d'un cabinet secondaire, la cour d'appel saisie par AGN Avocats doit se prononcer le 13 juin prochain. Trois autres demandes différentes ont été réalisées. Toutes ont été retoquées. 

AGN Avocats, particulièrement pugnace sur le dossier, a finalement ouvert son agence ce mercredi 30 mai en créant une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) détenue par une avocate qui n'est pas inscrite au barreau de Limoges.

En matière de pugnacité, le conseil de l'ordre n'est pas le dernier... « Ils ont commencé à exercer la profession sans être inscrits. Ils ne peuvent pas procéder ainsi sans avoir une réponse de notre part », résume le bâtonnier maître Abel-Henri Pleinevert. « Ils veulent passer en force sur un billet médiatique. Nous leur répondrons en faisant du droit. »

Le cabinet s'est installé rue Turgot à Limoges avec sur la photo Maître Emilie Robelin, Maître Paul Fourastier et Emilie Tabaraud, élève avocate.
 

Maître Frédéric Moreas, créateur d'AGN Avocats dit ne pas comprendre. « On nous interdit tout ce qui est possible d'interdire à un avocat : avoir un site internet, une collaboratrice, un local. Ils n'ont pas voulu que notre collaboratrice prête serment à Limoges et elle l'a fait dans les Hauts-de-Seine. C'est bien dommage, ils se sont privés d'une cotisation...» Selon lui, c'est la première fois que l'agence, créée en 2012 rencontre une telle opposition en France.

« C'est simple, on leur a fermé la porte, ils sont revenus par la fenêtre. On leur a fermé la fenêtre, ils reviennent par les égouts », tonne un avocat du barreau de Limoges.

« Notre agence à Limoges est basée sous la forme d'une EURL. C'est simple, ils n'ont pas la possibilité de refuser son ouverture, assure Frédéric Moreas. Le conseil de l'ordre interprète la loi telle qu'elle existait avant 2015 ! Nous avons nous aussi tous les diplômes requis, nous avons étudié, nous avons prêté serment. Nous voulons simplement exercer à Limoges. »

La peur de la concurrence serait-elle au final à l'origine de cette bataille ?

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« Peut-être, reconnaît-il. Pour un divorce, nous proposons une prestation en ligne à 990 euros TTC, annonce Frédéric Moreas. Lorsque j'ai été convoqué par le conseil de l'ordre et que j'ai annoncé ces tarifs, ils ont tiqué ».

Frédéric Moreas assure avoir voulu « rendre accessible le droit » en créant un réseau d'agences d'avocats sur le principe des agences immobilières et bancaires. « Nous avons numérisé nos prestations pour proposer des prix plus attractifs.»

Les avocats du barreau de Limoges ont reçu un mail très récemment de la part d'AGN Avocats expliquant la situation et laissant entendre au passage que plusieurs robes noires s'étaient positionnées en leur faveur. « Ils ont écrit que certains d'entre nous les avaient soutenus et ils les remercient », témoigne un avocat. « Honnêtement, je n'en connais aucun qui les soutienne...»

Franck Lagier

https://www.lepopulaire.fr/limoges/justice/2018/05/30/un-cabinet-d-avocats-s-installe-a-limoges-malgre-l-interdiction-du-conseil-de-l-ordre-et-provoque-sa-colere_12866724.html

Voir aussi:

Limoges: un cabinet d'avocats low cost interdit d'exercer au nom de la "déontologie"

Règlements de comptes dans les prétoires à Limoges: AGN, une franchise d'avocats cassant les prix sur le marché français depuis 2012, attaque devant l'Autorité de la concurrence et la Cour d'appel l'Ordre des avocats local qui refuse de l'inscrire au barreau.

Selon l'Ordre de Limoges, le concept d'AGN, qui dispose déjà de quatorze agences dans huit différents barreaux de France, n'est tout simplement "pas conforme à la déontologie".

La firme, elle, crie à l'"entente concurrentielle". "Quatre interdictions ont été prononcées contre nous: implantation, exercice, recrutement et ouverture d'un site internet. Comme si internet s'arrêtait aux frontières de Limoges", ironise Me Philippe Charles, co-fondateur d'AGN. 

 

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Inspiré du modèle anglo-saxon, AGN entend rompre avec les cabinets d'avocats traditionnels en ouvrant par exemple des pas de porte avec vitrine, et en proposant des prestations de droit dans les grands domaines de la vie quotidienne (travail, famille, immobilier, affaires) facturées au forfait. "Comme dans une agence bancaire ou une société de service", affirme Me Paul Fourastier, 34 ans, porteur du projet d'ouverture de l'agence de la discorde à Limoges. 

Fondé par Philippe Charles et Frédéric Moréas, du barreau de Paris, également enseignants à HEC, AGN a été accepté dans huit barreaux, dont Paris, où l'ordre a "longuement audité notre concept avant de conclure qu'il était conforme et innovant", affirme Me Charles. 

Mais avec ses calculatrices gratuites d'indemnité de rupture de contrat ou sa procédure de divorce par consentement mutuel en ligne facturée moins de 1.000 euros, la marque agace certains confrères. 

Du coté de l'Ordre des avocats de Limoges, sollicité par l'AFP, la ligne officielle est "pas de commentaire", conformément aux consignes du bâtonnier Abel-Henri Pleinevert. 

- Conflit générationnel ? - 

Sous couvert d'anonymat toutefois, les critiques des avocats limougeauds fusent.  

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"AGN prétend démocratiser le droit quand la maison de l'avocat dispense chaque année quelque 1.500 consultations, sans condition de ressources, gratuites et anonymes", lance l'un d'eux. 

"Leur +magasin+ n'offre aucune discrétion: quid pour une femme qui voudrait se renseigner sur le divorce, si elle est vue par les collègues de son mari? Et quid de l'indépendance financière d'un jeune avocat et de sa liberté de refuser une affaire absurde ou non plaidable quand, avant même de se rémunérer, il doit remonter à la franchise plus de 10% de son chiffre?", interroge un autre. 

"La révolution numérique a tout changé", rétorque Philippe Charles, pour qui "AGN défend la profession face aux sites qui proposent des services juridiques en ligne délivrés par des non avocats, donc non soumis à la déontologie."  

Empêchée de prêter serment par l'interdiction délivrée par l'Ordre, Emilie Robelin, 28 ans, recrutée par AGN, s'estime mise au ban injustement. Avec sa collègue Emilie Tabaraud, stagiaire-avocate, elles regrettent "un conflit générationnel" et revendiquent une "approche +business compatible+ avec la déontologie"

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En position d'arbitre moral dans cette lutte fratricide, le Conseil national des barreaux (CNB), sans réel pouvoir décisionnaire, est tiraillé par des dissensions internes. Ces difficultés sont "révélatrices d'évolutions des modes d'exercice de notre profession" d'avocat qui "suscitent comme toujours des tensions", a commenté auprès de l'AFP Christiane Féral-Schuhl, présidente du CNB. 

Pour elle, "le mode d'exercice d'AGN ne pose pas de difficulté sous réserve que les règles de déontologie soient respectées". Mais "le CNB n'a pas à intervenir dans les décisions prises par les bâtonniers"... 

Saisies par AGN, la Cour d'appel et l'Autorité de la concurrence ne devraient pas rendre leur décision avant plusieurs mois.

https://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/limoges-un-cabinet-d-avocats-low-cost-interdit-d-exercer-au-nom-de-la-deontologie_1990365.html

 

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Et voilà comment Macron met la France dans les mains de la finance !!!
Et les gogos vont se faire attraper ! On va les attirer avec des prix sympas, des procédures simplifiées, etc... au début, et après, quand tout sera libéralisé, dans les mains de la finance, qu'arrivera t-il ? Le piège se refermera t-il ?  L'Etat ne sera plus là pour garantir l'égalité, la justice !
Le gagnant risque bien d'être celui qui paiera le plus !

Et quand on fait une levée de fonds d' un million d'euros et qu'on veut que cette levée reste anonyme, à qui obéit t-on ? Ceux qui ont investi ne l'ont pas fait pour les beaux yeux de ces avocats, mais pour la rentabilité !

Est-ce cela que l'on souhaite : la Justice en France, un produit commercial qui doit être rentable ?  S.R.

Posté par UPR Creuse à 07:43 - - Permalien [#]
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