vendredi 5 janvier 2018

La publicité dite éphémère arrive sur les trottoirs de plusieurs villes françaises

C’était l’une des dernières surfaces de l’espace public interdite à la publicité. Depuis lundi 25 décembre, les villes de Bordeaux, Lyon et Nantes peuvent tester les marquages publicitaires biodégradables éphémères sur les trottoirs.

ACT PUB RUE

Une expérimentation qui va durer un an et demi, d’après un décret publié dimanche 24 décembre au Journal officiel. Cependant, à la suite de cette annonce, la mairie de Bordeaux a déploré dans un communiqué que «les élus et administrations de la Ville de Bordeaux n’ont, à aucun moment, été consultés ou informés en amont de cette décision». Elle informe aussi avoir «régulièrement opposé un refus à des demandes de ce type émanant d’annonceurs ou de commerçants considérant que cela constituait une pollution visuelle inutile», s’appuyant en cela «sur son règlement local de publicité».

 

Peinture à l’eau et au pochoir

Le texte encadre précisément les possibilités d’une telle pratique. Elle doit se faire par projection ou application, à travers un pochoir, avec de l’eau ou des peintures biodégradables «à base aqueuse ou à base de craie comportant un traitement antidérapant». Il est également précisé que ces marquages ne doivent pas diminuer les caractéristiques d’adhérence du sol et qu’ils ne pourront pas rester plus de dix jours. Enfin, ces tags publicitaires ne pourront excéder 2,50 m2 et devront être éloignés les uns des autres d’au moins 80 mètres.

Une évaluation aura lieu tous les six mois pendant la période d’expérimentation au sein des trois agglomérations. Elle sera suivie d’un rapport final qui devra préciser combien de commerçants, artisans, annonceurs y auront eu recours.

Ce rapport devra également indiquer «la mesure d’un éventuel lien entre accidents de la route et présence des marquages sur les trottoirs» et une éventuelle causalité avec des chutes de passants sur les trottoirs concernés. L’opinion des riverains sera également prise en considération, tout comme «les différentes techniques employées au regard notamment de l’effacement ou de la disparition effectifs des marquages au bout de dix jours».

Une dérogation au Code de la route et de l’environnement

Ce type de publicité éphémère avait déjà été aperçu dans plusieurs villes françaises. À Besançon par exemple, L’Est Républicain rapporte que La Banque Populaire avait tagué les trottoirs du centre-ville en 2016, ce qui avait créé le mécontentement de la mairie, au titre qu’«il est interdit de faire des messages publicitaires sur le domaine public sans autorisation À Paris également, la municipalité avait décidé en 2015 que les sociétés pratiquant des marquages au sol devraient s’affranchir du coût d’enlèvement de ces publicités. Une facture de 166 euros l’heure selon Le Parisien.

Globalement, si plusieurs entreprises se sont essayées au tag provisoire sur les trottoirs, c’était en totale illégalité. Le décret reconnaît d’ailleurs que cet essai «déroge à plusieurs règles du Code de la route et du code de l’environnement», puisqu’ils «interdisent d’apposer des marquages publicitaires sur les trottoirs».

Le ministre chargé de l’Économie, le ministre chargé de l’Environnement et le ministre chargé de la sécurité routière se réservent donc le droit de suspendre, par un arrêté conjoint, à tout moment l’expérimentation «en fonction des circonstances».

 

Publicité au sol - 1

 


 

Source :

http://www.journal-officiel.gouv.fr/

http://www.lefigaro.fr/medias/2017/12/26/20004-20171226ARTFIG00173-la-publicite-autorisee-sur-les-trottoirs.php

http://www.huffingtonpost.fr/2017/12/24/bordeaux-lyon-et-nantes-vont-tester-les-publicites-ephemeres-sur-les-trottoirs_a_23316238/

http://www.lefigaro.fr/medias/2017/12/24/20004-20171224ARTFIG00089-la-publicite-ephemere-arrive-sur-les-trottoirs-de-plusieurs-villes-francaises.php

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=0C44CE9DEDE19A05D009EA3B476CB8C8.tplgfr36s_1?cidTexte=JORFTEXT000036251603&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000036251560

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mardi 12 décembre 2017

Brèves d'antipresse

Fin 2017

ARG BREVES NOEL

ART | Le Sauveur du monde ira bénir les Arabes

Vendu à un acquéreur secret pour 450 millions de dollars lors d’une vente aux enchères chez Christie’s, le Salvator Mundi de Léonard de Vinci est devenu le tableau le plus cher au monde.

La signification artistique de l’œuvre ne semble pas avoir retenu l’attention, encore moins son sens spirituel. Une seule question passionne les foules: qui est donc ce richissime amateur?

Bloomberg a livré un indice en annonçant que l’œuvre serait hébergée au Louvre d’Abu Dhabi. Peu de chances que l’acquéreur soit brésilien ou chinois… Le New York Times a aussitôt avancé le nom d’un prince saoudien.

«Le Louvre d’Abu Dhabi — une franchise de l’original parisien — est un symbole des efforts consentis par l’émirat pétrolier pour booster son prestige dans le domaine du “soft power".»

On imagine que quelques bédouins imbibés de pétrole doivent bien rire à l’idée d’avoir soustrait la plus coûteuse représentation du Christ à la culture qui l’a créée.

http://log.antipresse.net/post/art-le-sauveur-du-monde-ira-benir-les-arabes?mc_cid=69d7c2ec6a&mc_eid=3a5e263339

FRANCE | Que représente le CRIF ?

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) «invite» le Président Macron à suivre l'exemple du président étasunien Trump proclamant Jérusalem Capitale d'Israël. Faisant fi de l'histoire et du droit international, le CRIF ignore la responsabilité de la France à Jérusalem. Chrétienne pendant les croisades, Jérusalem fut musulmane de 638 à 1917. En 1535, Soliman le Magnifique et François Ier ont signé les Capitulations qui accordaient à la France un rôle particulier dans la protection des lieux saints catholiques, de concert avec la Custodie des franciscains. Aujourd'hui encore, le C​onsul de France est le dépositaire de ce droit. En outre, la ville est placée sous l'autorité administrative des Nations-Unies.

Voilà pourquoi, n'en déplaise à Donald Trump, les ambassades sont toutes à Tel-Aviv. Le CRIF représente-t-il des institutions juives de France ou les intérêts d’un gouvernement étranger?

http://log.antipresse.net/post/france-que-represente-le-crif?mc_cid=69d7c2ec6a&mc_eid=3a5e263339

UKRAINE | Emigration massive… chez l'ennemi !

Selon l'illustre Yulia Timochenko, désormais à la tête du parti «La Patrie», quelque huit millions de personnes ont quitté l'Ukraine depuis la révolution de Maïdan, début 2014. Et où sont-ils allés, tous ces Ukrainiens? Le plus souvent (55% des cas), se jeter dans les bras de leur «agresseur» — ou en tout cas désigné comme tel par leurs autorités et leurs alliés occidentaux. 4,4 millions ont en effet trouvé refuge en Russie, contre 1,2 millions en Pologne et au Canada, 1 million aux USA etc.

«Les recherches montrent que la moyenne d'âge des expatriés tourne autour des 32 ans. Ce sont surtout des gens éduqués, des intellectuels.»

Etrange, tout de même, que la frange la plus instruite et la plus capable de la population ukrainienne aille se jeter directement dans la gueule de l'ours russe. Ces «intellectuels» sont-ils complètement stupides ou y aurait-il une faille dans la narration?

http://log.antipresse.net/post/ukraine-emigration-massive-chez-l-ennemi?mc_cid=69d7c2ec6a&mc_eid=3a5e263339

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samedi 9 décembre 2017

Lafarge en Syrie : trois cadres mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste"

Trois cadres du cimentier Lafarge, soupçonnée d'avoir indirectement financé des organisations jihadistes, dont le groupe Etat islamique, pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya dans le nord de la Syrie malgré la guerre, ont été mis en examen vendredi 1er décembre, a appris France Inter de source judiciaire.

ACT LAFARGE SYRIE

Bruno Pescheux, directeur de l'usine de 2008 à 2014, et Frédéric Jolibois, éphémère directeur de l'usine à partir de l'été 2014, pour les chefs de "financement d'une entreprise terroriste", "violation de la réglementation relative aux relations financières avec l'étranger" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Jean-Claude Veillard, directeur sûreté chez Lafarge, est lui mis en examen pour "financement d'une entreprise terroriste" et "mise en danger de la vie d'autrui".

Bruno Pescheux a reconnu avoir indirectement versé de l'argent à des groupes armés

Jean-Claude Veillard et Frédéric Jolibois ont été placés sous contrôle judiciaire, tout comme Bruno Pescheux qui a fourni un cautionnement à hauteur de 150 000 euros. Ce dernier est un des rares dans ce dossier à avoir reconnu avoir indirectement versé de l'argent à des groupes armés.

Le groupe Lafarge est soupçonné d'avoir versé de l'argent au groupe Etat islamique pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014 son usine de Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Depuis juin 2017, trois juges - un juge antiterroriste et deux magistrats du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris - enquêtent sur ces soupçons de financement du terrorisme et sur une possible mise en danger de la vie d'autrui des salariés.

https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/lafarge-en-syrie-un-cadre-mis-en-examen-

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jeudi 7 décembre 2017

Johnny Hallyday : un "hommage populaire" organisé samedi sur les Champs-Elysées

Les Champs-Elysées pour Johnny Hallyday. L'Elysée a annoncé, jeudi 7 décembre, qu'un "hommage populaire" au chanteur serait organisé samedi sur l'avenue parisienne. Cet hommage sera suivi d'une "brève intervention" d'Emmanuel Macron dans l'église de la Madeleine, située non loin des Champs.

ACT JOHNNY

Un hommage en musique. Le convoi funéraire partira de l'Arc de Triomphe, puis descendra l'avenue jusqu'à la place de la Concorde avant de gagner l'église de la Madeleine pour un office religieux. "Les musiciens de Johnny Hallyday l’accompagneront musicalement", précise l'Elysée.

Des fans devant la maison de Johnny à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine). Jusqu'à tard dans la nuit, ils ont bravé le froid pour déposer des bouquets de fleurs et faire leurs adieux à leur idole.

 "Héros français." C'est en ces mots qu'Emmanuel Macron a rendu hommage à Johnny Hallyday. L'ensemble de l'échiquier politique, de gauche comme de droite, a salué l'immense carrière de Johnny Hallyday.

https://www.francetvinfo.fr/culture/johnny-hallyday/direct-mort-de-johnny-une-reunion-a-l-elysee-pour-organiser-un-hommage-


 

Voir aussi:


 

DESOLE - Critiqué pour avoir, dans un tweet, mélangé un hommage à Johnny et une critique sur l'éventualité d'un gel du Smic, l'Insoumis Alexis Corbière a présenté ses excuses aux fans du chanteur, mercredi après-midi.

La mini-polémique autour d'Alexis Corbière semble close. Le député de La France insoumise, lieutenant de Jean-Luc Mélenchon, a présenté ses excuses aux nombreux admirateurs de Johnny, ce mercredi après-midi sur RMC, pour des propos tenus dans un tweet matinal.

A l'aube, alors que les Français apprenaient tout juste la mort de "l'idole des jeunes", le député de Seine-Saint-Denis publiait un tweet dans lequel il mettait sur le même plan cette "triste nouvelle" et un sujet d'actualité, en l'occurrence la proposition d'un groupe d'experts de geler les augmentations annuelles du Smic. Un message qu'il a par la suite effacé. Une heure plus tôt, il avait toutefois rendu un hommage en bonne et dûe forme au chanteur décédé dans la nuit dans un premier message qu'il a même "épinglé" en tête de ses publications.

Le message est très, très mal passé auprès de certains, ses opposants politiques bien sûr, mais aussi des fans du chanteur. [et surtout des médias! NdR] Rapidement, le député LFI a souhaité justifier ce raccourci entre Johnny et le Smic. "Au milieu de la nuit, 30 mn après la triste nouvelle, j'ai rendu hommage. Mais je n'oublie pas d'autres sujets sociaux qui me tiennent à coeur et qui me semblent graves... Suis-je le seul ?" s'est-il interrogé sur son compte Twitter.

Des explications qui n'ont manifestement pas suffi, puisqu'Alexis Corbière s'est à nouveau expliqué de vive voix sur RMC. "Je souhaitais rendre hommage à Johnny, j'aimais beaucoup l'artiste", a assuré l'intéressé auprès de Maïtena Biraben. "J'ai fait une bêtise, c'est maladroit, ça manquait de tact."

Le député, "pas dupe", sait que "certains instrumentalisent" la polémique, mais se dit "touché" par le fait que des gens aient été choqués par son raccourci rédactionnel.

https://www.lci.fr/politique/johnny-hallyday-et-le-smic-le-depute-lfi-alexis-corbiere-reconnait-une-maladresse-et-presente-ses-excuses-2072658.html


 

ARCHIVES: le journal "La Croix" en 2010:


Plus que jamais, la frontière entre l'information et le simple divertissement paraît ténue. Au point d'agacer fortement lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Ainsi, 87 % des Français estiment que les médias ont accordé trop de place et d'importance aux problèmes de santé de Johnny Hallyday, et 80 % au décès de Michael Jackson. Sur les quatre sujets pour lesquels l'indice de saturation est le plus élevé, trois sont consacrés aux « people » - seul le traitement réservé à la grippe A est parvenu à égaler le « score » de Johnny Hallyday. On se souvient aussi des couvertures « glamour » des hebdomadaires d'information, consacrées à Carla Bruni-Sarkozy ou à Rachida Dati, irritant les lecteurs rigoureux mais « boostant » les ventes des magazines en question...

Ces critiques envers la hiérarchisation de l'information ne remettent pas en cause les habitudes d'accès à l'information. À la question : « De quelle manière vous tenez-vous au courant de l'actualité nationale et internationale ? », 57 % des sondés placent toujours la télévision en première position, contre 20 % la radio, seulement 14 % la presse écrite et 8 % Internet.

En novembre dernier, la question de la peopolisation de l'information avait été au cœur des débats du Scoop, le festival international du journalisme. Sans désigner de responsable, ni du côté des médias, ni de celui du public. Car cette tendance répond à des impératifs de vente : les médias mettent en avant ce type de sujets parce qu'ils permettent de satisfaire la curiosité de leur public. Comme le rappelait alors Pierre Haski, l'un des fondateurs du site Rue89 : « On vous donne l'information que vous acceptez. »

 https://www.la-croix.com/Archives/2010-01-21/Les-Francais-et-leurs-medias-une-confiance-paradoxale.-Michael-Jackson-Johnny-Hallyday-Thierry-Henry-une-impression-d-overdose-_NP_-2010-01-21-362547

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jeudi 30 novembre 2017

Chirurgie : le scandale des opérations inutiles

Le JDD dévoile une enquête de la Fédération hospitalière de France qui révèle un nombre important d'interventions chirurgicales inutiles en France, avec de fortes disparités selon les départements.

ACT SANTE SERVICES

Debout, la malade penche tellement vers l'avant qu'elle ne peut plus voir l'horizon. Le sien s'est singulièrement rétréci depuis qu'un chirurgien lui a posé une prothèse discale sans vraie raison médicale. L'intervention, ratée, a transformé sa vie en cauchemar : la quinquagénaire, désormais en fauteuil roulant, carbure à la morphine pour soulager ses terribles douleurs. "C'est un vrai scandale", tonne l'orthopédiste Jérôme Allain. Pour tenter de réparer les dégâts causés par son confrère, il a dû "fracasser en deux" la colonne vertébrale de la patiente. "Elle risquait sa vie, une paraplégie, une hémorragie. Aujourd'hui, je ne peux pas assurer qu'elle remarchera un jour."

Lire aussi :Comment le financement de l'hôpital encourage à multiplier les opérations

Certains médecins opèrent trop ou trop vite

Chirurgien virtuose ayant quitté l'hôpital public pour exercer en clinique, le professeur Allain continue à soigner les mutilés du bistouri. Mais il aime mieux prévenir que guérir : à chaque consultation, ce partisan de la sobriété poursuit son vieux combat contre les opérations inutiles – ou trop précoces – du dos. À la surprise de nombreux patients qui se voient déjà sur le billard, il passe son temps à les renvoyer chez eux avec une ordonnance pour un stage de kinésithérapie intensive.

C'est un secret de Polichinelle dans le monde de la santé : certains chirurgiens, du privé mais aussi du public, opèrent beaucoup trop ou beaucoup trop vite ; des médecins prescrivent à tour de bras IRM et prises de sang non pertinentes. Depuis une dizaine d'années, la Fédération hospitalière de France (FHF), le représentant des hôpitaux, tire la sonnette d'alarme en réclamant une réflexion sur "la pertinence des actes médicaux". Alors que la ministre de la Santé a promis de lancer enfin la bataille pour une meilleure "qualité" des soins, la FHF enfonce le clou dans une nouvelle étude choc dévoilée par le JDD. "Notre travail montre qu'il y a un problème d'actes inutiles en France", dénonce Frédéric ­Valletoux, son président. Ce constat est confirmé par un sondage également commandé par la FHF dans lequel une écrasante majorité des médecins interrogés reconnaît avoir prescrit des actes injustifiés.

operations

Il existe de fortes disparités dans les actes chirurgicaux.

(JDD)

Césarienne, pontage coronarien, chirurgie de la colonne vertébrale, pose d'un stent (petit ressort) coronaire ou vasculaire, chirurgie du cristallin. Cinq opérations fréquentes ont été scrutées à la loupe dans la base hospitalière PMSI (programme de médicalisation des systèmes d'information) par la société Héva. Plus précisément, ce cabinet spécialisé dans le traitement des données de santé a mesuré la "consommation de soins" territoire par territoire (taux de recours, dans le jargon statistique). Finalement, prolongeant un atlas publié l'an dernier par l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), l'étude met au jour d'étonnantes disparités géographiques : les cartes qui synthétisent les résultats se colorent comme des habits bariolés d'Arlequin. "Il y a plus de différences de pratiques qu'on ne le pense", analyse Alexandre Vainchtock, coordinateur de l'étude pour Héva. Plus politique, Frédéric Valletoux assène : "Nous ne sommes pas égaux face à la maladie, selon l'endroit où nous habitons."

Vingt fois plus de césariennes dans certains départements

L'exemple de la chirurgie de la ­colonne vertébrale, souvent lourde et risquée, est saisissant. Dans l'Est, le Sud-Ouest et le Sud-Est, les hernies discales sont beaucoup plus opérées qu'en région parisienne ou dans le Rhône. De manière surprenante, dans le cas des pathologies dorsales, plus le nombre de praticiens est important, moins il y a d'interventions. Cette modération pourrait s'expliquer par une offre plus riche en centres pratiquant la rééducation poussée du dos et la gestion de la douleur mais aussi par les habitudes des médecins qui prescrivent plus de kiné ou de traitements par infiltration. "Le chirurgien qui m'a formé m'a appris à réfléchir avant de bidocher. Mais certains confrères adorent opérer!", observe Jérôme Allain.

prescription

Près de 9 médecins sur 10 ont déjà prescrit des actes injustifiés.

(JDD)

Entre pression des malades et appât du gain

La carte représentant le recours à un pontage coronarien révèle elle aussi de grandes inégalités. Encore plus fortes, selon les détails de l'étude statistique, dans le privé que dans le public. La probabilité de subir cette lourde chirurgie cardiaque pour un patient de clinique est ainsi cinquante fois plus élevée dans certains départements que dans d'autres. Pour les césariennes, qui peuvent causer des complications, l'écart est de un à vingt. "Notre idée n'est pas de clouer les cliniques au pilori mais plutôt de mettre le doigt sur des pratiques injustifiées, soutient Cédric Arcos, délégué général de la FHF. Public ou privé, peu importe : les écarts sont épouvantables."
L'étude du cabinet Héva n'a pas creusé les causes de ces inégalités. De l'aveu de plusieurs spécialistes, celles-ci pourraient être nombreuses : difficulté d'accès aux spécialistes dans certains déserts médicaux, pression de patients souhaitant se débarrasser au plus vite de leur mal de dos pour retourner au travail ou de femmes refusant d'accoucher par voie basse, appât du gain chez certains praticiens, système de tarification des hôpitaux et cliniques poussant à multiplier les actes, austérité budgétaire.

Aujourd'hui, un chirurgien hospitalier qui n'utilise pas assez son bloc opératoire perd des infirmières dans son service

"Autrefois, on pratiquait trop d'interventions dans le privé mais pas dans le public. Aujourd'hui, un chirurgien hospitalier qui n'utilise pas assez son bloc opératoire perd des infirmières dans son service, donc il peut préférer pousser la machine", relève Israël Nisand, à la tête de deux maternités au CHU de Strasbourg. Le professeur refuse de "juger" l'obstétricien "seul aux commandes" qui, après avoir bossé toute la journée et sauvé la vie d'une femme en pleine hémorragie, opère un peu trop vite en début de soirée et accélère la naissance pour éviter de passer la nuit debout. Les "césariennes de 20 heures" ou le symptôme d'un système malade.

http://www.lejdd.fr/societe/chirurgie-le-scandale-des-operations-inutiles-3503024

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Et encore les mêmes responsables : la mondialisation, la finance et... l'UE !  S.R.

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Paradis fiscaux : quatre pays de l'Union européenne méritent d'être sur liste noire, selon Oxfam

Alors que la Commission européenne doit dévoiler sa liste noire des paradis fiscaux le 5 décembre, l'ONG prend Bruxelles de court et énumère ce mardi les 35 pays, hors-Union européenne, qui mériteraient d'y figurer.

ACT UE PARADIS FISC

Après les "SwissLeaks", les "LuxLeaks" et les "Panama Papers"... les révélations récentes des "Paradise Papers" - sur les pratiques d'optimisation (parfois de fraude) fiscale des grandes entreprises et fortunes de ce monde - exercent une pression supplémentaire sur les décideurs politiques. A ce titre, la Commission européenne, désireuse de frapper "au portefeuilles" les fraudeurs, doit dévoiler le 5 décembre sa liste noire des paradis fiscaux.

L'ONG Oxfam, à la pointe sur cette question, prend Bruxelles de court en désignant ce mardi "les pays qui devraient figurer sur une liste se voulant objective, efficace et crédible", assène-t-elle dans un communiqué.

A partir de trois critères - à savoir la transparence, la fiscalité "équitable" (dont le taux d'impôt sur les sociétés n'est pas nul par exemple) et la participation aux forums internationaux sur la fiscalité -, l'organisation a recensé 35 pays* qui méritent, selon elle, d'être identifiés publiquement comme paradis fiscaux. Sa liste noire inclut la douzaine de pays déjà dans le viseur de Bruxelles, comme l'avait révélé Le Monde début novembre. Elle comprend notamment des territoires sous tutelle du Royaume-Uni, à l'instar de l'île de Man, des îles Caïmans et des Bermudes.

Irlande, Luxembourg, Malte et Pays-Bas

Oxfam a également fait figurer plusieurs pays du continent européen, mais qui ne sont pas membres de l'Union européenne. Il s'agit, entre autres, de la Suisse (dont la révision de sa fiscalité est au point mort) et des anciennes nations yougoslaves : la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie, la Macédoine et la Serbie. [certains journalistes devraient prendre des cours d'histoire- géographie, l'Albanie n'a jamais étéé une nation yougoslave! NdR]

L'ONG s'est gardée d'intégrer des Etats de l'UE, car Bruxelles a d'ores-et-déjà assuré qu'aucun des 28 ne sera inscrit sur liste noire. Oxfam estime pourtant que quatre d'entre eux méritent d'être considérés comme des paradis fiscaux.

On retrouve alors l'Irlande, au milieu du bras de fer entre Apple et la Commission européenne. Le Luxembourg, déjà éclaboussé par les révélations des "LuxLeaks". L'île de Malte, déjà au cœur des "Malta Files" puis des "Paradise Papers", tout comme les Pays-Bas, dont le système de double domiciliation permet à des grands groupes de s'affranchir de l'impôt en Europe et dans leur pays d'origine.

Oxfam critique d'ailleurs ce choix de Bruxelles de ne pas cibler les acteurs présents à l'intérieur de ses frontières :

"Cette approche nuit considérablement à la crédibilité du processus, car plusieurs États membres comme l'Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas figurent parmi les paradis fiscaux les plus puissants au monde."

 

Quid des sanctions ?

Établir une liste noire est une chose, mais pour garantir l'efficacité du dispositif, encore faut-il prévoir des sanctions. Jusqu'à présent, la Commission européenne s'est contentée d'une liste non-publique d'une cinquantaine de pays identifiés comme "suspects" en matière de transparence fiscale. L'objectif était d'entrer en contact avec les Etats concernés pour les inciter à modifier leur législation et de sanctionner ceux qui s'y refusaient.

Les "Paradise Papers" forcent Bruxelles à agir plus rapidement, d'où la publication prochaine de cette liste noire. Pour l'instant, le cadre des sanctions n'a pas été dévoilé. Plusieurs pistes sont à l'étude, "comme une privation des fonds européens pour les pays ciblés, ou des sanctions pour les entreprises qui transfèrent des sommes vers un pays désigné comme paradis fiscal par la liste noire", selon Europe 1.

Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a pour sa part proposé sur France 2 que les "États qui n'apportent pas les informations nécessaires pour lutter contre l'évasion fiscale n'aient plus accès aux financements des grands organismes internationaux comme le FMI ou la Banque mondiale".

Pour d'autres, le fait de figurer sur une liste noire publique est déjà une sanction en soit, car cela ternit l'image du pays vis-à-vis de ses partenaires internationaux.

350 milliards d'euros par an

Les "Paradise Papers" ont permis d'affiner le montant estimé de l'évasion fiscale. D'après les calculs de l'économiste français Gabriel Zucman, professeur à l'université de Berkley (Californie) et auteur des rares travaux sur les paradis fiscaux, 350 milliards d'euros échappent chaque année aux administrations fiscales. Ces pertes se chiffrent à 120 milliards d'euros pour l'Union européenne et 20 milliards pour la France.**

Oxfam rappelle que ces scandales fiscaux ne nuisent pas seulement aux pays européens. "On estime que les pays en développement perdent environ 100 milliards de dollars par an à cause de l'évasion fiscale des entreprises", souligne l'organisation. "Un tiers de ce montant suffirait à lui seul pour financer les soins de santé essentiels qui permettraient d'éviter la mort de huit millions de personnes."

________________

*Albanie, Guam Niué, Ancienne république yougoslave de Macédoine, Hong Kong, Oman, Anguilla, Îles Caïmans, Palaos, Antigua-et-Barbuda, Îles Cook, Serbie, Aruba, Îles Féroé, Singapour, Bahamas, Îles Marshall, Suisse, Bahreïn, Île Maurice, Taiwan Bermudes, Îles Vierges Britanniques, Trinité-et-Tobago, Bosnie Herzégovine, Îles Vierges des États-Unis, Vanuatu, Curaçao, Jersey, Émirats arabes unis, Monténégro, Gibraltar, Nauru, Groenland et Nouvelle Calédonie.

https://www.latribune.fr/economie/international/paradis-fiscaux-quatre-pays-de-l-union-europeenne-meritent-d-etre-sur-liste-noire-selon-oxfam-759371.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171128

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**Les chiffres avancés sont visiblement sous- estimés: rien que pour la France, d'autres études font état de 80 milliards de pertes par an...  P.G.

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mercredi 29 novembre 2017

Société Générale va supprimer 900 emplois et 300 agences en France

La banque a annoncé lundi soir, dans le cadre de son plan stratégique à trois ans présenté en détails ce mardi, une nouvelle vague de fermetures d'agences qui pourrait conduire à ces suppressions de postes qui s'ajoutent aux 2.500 déjà annoncées début 2016.

ACT SOC GEN LICENCIEMENTS

Nouvelle vague de suppressions d'emplois et de fermetures d'agences à la Société Générale : la banque de La Défense a annoncé ce lundi soir un projet d'« adaptation » de son réseau de banque de détail dans le cadre de son plan stratégique à horizon 2020 qui sera présenté ce mardi aux investisseurs, baptisé "Transform to grow" - "se transformer pour croître", en anglais, une ironie que les salariés apprécieront. La Société Générale a détaillé ce lundi aux partenaires sociaux ce nouveau plan social :

« Ce plan pourrait conduire à environ 900 suppressions de postes en complément des 2.550 déjà annoncées début 2016, portant leur nombre total à environ 3450 à l'horizon 2020 » écrit la banque dans un communiqué. [...] « ce projet se réaliserait sur la base, en priorité de mobilités internes, et aussi de départs naturels et volontaires », assure-t-elle.

Mais elle n'exclut donc pas des licenciements.

Société Générale plan stratégique 2020

[Les objectifs financiers du plan stratégique "Transform to grow" : les taux moyens de variation annuelle (TMVA) 2016-2020 sont calculés sur la base des données sous-jacentes de 2016. Crédits : Société Générale]

Réorganisation et plan d'économies

Le syndicat FO Société Générale a réagi vertement ce mardi matin sur son site web :

« Il ne s'agit plus là de "respect de dialogue social" mais de casse sociale et les dérives observées dans le "traitement" social des départs "volontaires" dans le réseau ne présagent rien de bon pour les salariés » [que] « cette stratégie [prend] pour une variable d'ajustement, pour un pion dans un jeu d'échec truqué. »

Cette réorganisation aura un impact exceptionnel d'environ 400 millions d'euros dans les comptes du quatrième trimestre (la provision portera également sur « l'accélération de la mise à niveau de certains dispositifs de conformité »).

L'une des priorités du plan stratégique est la maîtrise des coûts: la banque veut réaliser « un nouveau plan d'économies de 1,1 milliard d'euros à horizon 2020. »

En Bourse, la Soc Gen accuse la pire performance boursière des plus grandes banques de la zone euro depuis le début de l'année, en repli de 8%. La réaction des marchés est plutôt positive : l'action a gagné 0,3% ce mardi.

Moins d'agences et de plus gros clients

La Soc Gen dit vouloir « accélérer la transformation, notamment digitale, de l'ensemble des métiers et des fonctions et particulièrement dans la Banque de détail en France », soulignant le contexte d'un « monde bancaire européen en pleine mutation industrielle. » Elle précise dans son plan stratégique que son réseau passera de 2.000 à 1.700 agences dans trois ans, soit en réalité une centaine de plus qu'annoncé fin 2015, et à peine plus que le LCL qui prévoit de ramener son parc à 1.640 agences dans trois ans.  « En 2020, la banque sera en situation de préparer la prochaine étape de la transformation de son modèle », indique la Soc Gen.

Le groupe affirme son positionnement haut de gamme, sauf pour Boursorama, leader de la banque en ligne, qui doit doubler le nombre de ses clients à plus de 2 millions d'ici 2020 (un objectif déjà fixé en 2015). Il se présente en effet comme « la troisième banque de détail en France » (sur la base du produit net bancaire de 2016), « essentiellement avec ses deux réseaux traditionnels : Société Générale et Crédit du Nord, qui visent de plus en plus à fournir des services sophistiqués et à valeur ajoutée aux entreprises, aux professionnels et aux clients patrimoniaux et fortunés. » Exit les petites agences et les clients peu rentables donc. La banque de détail en France devra augmenter ses revenus de plus de 1% par an en vendant plus d'assurance (vie, prévoyance, etc), grâce à la banque privée et aux pros et entreprises.

« Il nous faut être une banque totalement digitale, pour le bénéfice de nos clients et de nos collaborateurs », affirme Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale, dans un entretien  aux Echos.

La Société Générale compte aussi réduire de 20 à 14 le nombre des plateformes de back-office et automatiser 80 % des processus internes "front-to-back" d'ici 2020.

« Notre  ambition est ainsi de générer une croissance supérieure, rentable, et durable. Dans un monde bancaire européen en pleine mutation industrielle, notre groupe est prêt à aborder une nouvelle étape de son développement et de sa transformation », déclare Frédéric Oudéa, dans le communiqué, semblant préparer la mariée en vue d'une fusion : « Société Générale sera dès lors en position de force pour participer à l'achèvement de la construction d'un secteur bancaire européen plus intégré », conclut-il.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/societe-generale-va-supprimer-900-emplois-et-300-agences-en-france-759497.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20171128

Screen-Shot-10-28-17-at-10On remarquera au passage une novlangue qui se banalise.

Plan social = licenciements + non- remplacements;

"se transformer pour croître" = économies et nouveau modèle sur le dos des salariés;

"secteur bancaire intégré" = fusions- acquisitions en préparation.

En général, c'est encore mieux en anglais, ça fait plus moderne et surtout...plus européen!

P.G.

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samedi 18 novembre 2017

General Electric plonge à Wall Street, des centaines d’emplois menacés en France

Après un an d’effondrement boursier, le groupe General Electric annonce des milliers de licenciements dans le monde. En France la purge avait déjà commencé et pourrait s’aggraver, loin des 1 000 emplois nouveaux promis lors du rachat d’Alstom.

act ge alstom

Pour la troisième fois de son histoire, le conglomérat industriel et financier General Electric (GE) a annoncé le 13 novembre qu’il diviserait par deux le dividende trimestriel versé à ses actionnaires.

Depuis janvier, la capitalisation boursière du groupe a fondu de près de 100 milliards de dollars et le jour de cette annonce, le cours de l’action GE, cotée à la bourse de New York, avait perdu sur 12 mois glissants près de 40% de sa valeur. Co-fondée par l’inventeur Thomas Edison en 1892, l’entreprise qui fut pendant des décennies la deuxième valeur du New York Stock Exchange (NYSE) derrière Exxon Mobil ne fait même plus partie aujourd’hui du Top 20 dominé par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).

Pour tenter de sauver ce qui peut l’être, John Flannery, le nouveau PDG du groupe en poste depuis le 1er août, a aussi annoncé le 13 novembre un plan de cession d’actifs pour 20 milliards de dollars en deux ans. General Electric, actif dans huit secteurs d'activité, dont le financement et le numérique, devrait se concentrer sur ses trois cœurs de métiers industriels : l'aéronautique (moteurs d'avions), l'équipement médical et l'énergie. John Flannery a aussi laissé entendre que le groupe pourrait à nouveau (après la saignée de 2016) supprimer des milliers d'emplois dans le monde. En France le groupe emploie près de 16 000 personnes dans ses huit activité actuelles à travers une vingtaine d’implantations réparties sur tout le territoire, dont une douzaine de sites industriels.

345 emplois déjà menacés et des promesses d'embauches qui ne seront sans doute pas tenues

Si l’on ignore encore le nombre des emplois qui pourraient être supprimés en vertu de ce plan de crise, la direction a en revanche précisé que la branche GE Power, qui comprend le Français Alstom, allait connaître une grande refonte pour se remettre du retournement des marchés de l'énergie (baisse du prix des hydrocarbures et de l’activité des grandes compagnies pétrolières). Elle a précisé que cette refonte serait accompagnée d’un plan d’économies d'un milliard de dollars d’ici 2018. Or, John Flannery, cité par l’AFP, a aussi déclaré le 13 novembre : «Alstom est très décevant», précisant que le groupe espérait une croissance à deux chiffres d’au moins 15% par an, mais qu’elle serait sans doute de moins de 10%.  

Autant dire qu’il serait miraculeux que la direction recule sur les suppressions d’emplois déjà annoncées, elles, depuis l’été chez GE Hydro. 345 emplois sur 800 sont déjà menacés dans cette filiale grenobloise leader mondial des turbines hydrauliques pour barrages électriques. Elle faisait partie des activités énergie du groupe Alstom, dont Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie avait autorisé le rachat fin 2014.

Bruno Le Maire a reçu une délégation de GE Hydro

On devrait connaître, d’ici le 18 novembre, les résultats d'une entrevue entre le ministre de l’Economie et une délégation de syndicalistes et représentants du personnel de GE Hydro, qui par un hasard de calendrier, se tenait le jour même où le nouveau PDG de General Electric annonçait des milliers de licenciements dans le monde. Mais rien ne permet d’être optimiste, malgré les déclarations de Bruno Le Maire, le 16 octobre sur France Info qui promettait : «General Electric devra tenir ses engagements qui sont la création de 1 000 emplois net à la fin de l'année 2018. […] Cet engagement est toujours valable et nous nous assurerons qu'il soit tenu.» En effet, en dehors de la conjoncture nouvelle, extrêmement défavorable, le ministre avait aussi estimé, le 16 octobre, que «le marché hydroélectrique [était] saturé». Une analyse difficile à comprendre, en France où l’énergie hydro-électrique est la première des énergies renouvelables, très loin devant l’éolien et le solaire et essentielle pour permettre au pays de tenter de respecter les engagements de la loi de transition énergétique de 2015. 

D’autant que pour EDF, et donc l’Etat actionnaire, l’électricité produite à partir de l’énergie des barrages est la plus rentable et représenterait 50% du bénéfice d'EDF. En effet, pouvant être appelée à tout moment (contrairement à l'énergie des centrales nucléaires et thermiques), elle peut se négocier à prix d’or sur les marchés de l’interconnexion européenne, à des moments où sur des pics de consommation, le coût du kilowattheure peut connaître des variations de prix dignes du Bitcoin. Mais ce qui est pertinent pour l'Etat français ne l'est pas forcément pour le groupe américain.

https://francais.rt.com/economie/45593-general-electric-plonge-wall-street-emplois-france#.WgwiW7ijawk.facebook

Voir aussi pour rappel:

Alstom : à la date butoir, le gouvernement confirme sa sortie du capital de l'ex-fleuron français

- Avec AFP

L'Etat, qui avait jusqu'à ce 17 octobre pour faire jouer son droit d'achat sur des titres prêtés par le groupe Bouygues, ne l'a pas exercé. Ce désengagement suscite un tollé dans l'opposition, inquiète du sort des «champions industriels français».

L'Etat français sortira de fait, ce 17 octobre, du capital d'Alstom. A cette occasion, le gouvernement a une nouvelle fois défendu sa stratégie de désengagement en vue de la fusion du groupe ferroviaire français avec l'allemand Siemens

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a jugé inutile de maintenir une présence minoritaire de l'Etat au conseil d'administration d'Alstom, jugeant que cela lui coûterait cher sans lui donner de moyens d'action. «Faire monter l'Etat français au capital d'Alstom, ça a un coût qui est très élevé, supérieur à un milliard d'euros, qui ne nous donnerait au conseil d'administration d'Alstom qu'un strapontin, sans capacité de décision», a-t-il fait valoir ce même jour, promettant un «comité de suivi», qu'il présiderait lui-même.

Depuis le rachat en 2014 par l'américain General Electric des activités énergétiques d'Alstom, l'Etat contrôlait provisoirement 20% d'Alstom, ces titres lui ayant été prêtés par le groupe Bouygues. L'Etat avait la possibilité jusqu'à ce 17 octobre d'exercer une option d'achet sur ces titres. Mais il avait déjà annoncé en septembre dernier ne pas en avoir l'intention lors de l'annonce du rachat des activités ferroviaires d'Alstom par Siemens, condition sine qua non pour que Siemens accepte le rapprochement. Par ailleurs, selon Europe 1, Emmanuel Macron, alors Secrétaire général de l'Elysée auprès de François Hollande, avait résumé ses intentions dès 2014, alors que le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg proposait de nationaliser 20% d'Alstom : «Nous ne sommes quand même pas au Venezuela».

L'opposition arrive après la bataille

Le démantèlement du fleuron technologique français, initié en 2014 avec la vente de la branche énergie – et stratégique – d'Alstom, ne va pas sans susciter de vives réactions au sein de la classe politique. La décision de ne pas racheter les titres de Bouygues a été critiquée par plusieurs responsables politiques au motif qu'elle priverait l'Etat d'un moyen de contrôler les garanties promises par Siemens, et en premier lieu par l'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg. Ce dernier juge même l'actuel locataire de Bercy, Bruno Le Maire, susceptible d'être visé par des poursuites pénales pour négligences.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), a appelé de son côté à faire du combat des salariés de GE Hydro/Alstom de Grenoble contre le plan social qui les menace, une «question nationale» sur l'outil industriel lâché par le gouvernement.

Lire aussi : Passage de STX France sous contrôle italien : histoire d'une débâcle industrielle à la française

Les députés LR demandent une commission d'enquête sur la politique industrielle

Après les cas de fusions comme Alstom- Siemens, Alcatel-Lucent ou STX-Fincantieri, les députés Les Républicains (LR) ont demandé ce 17 octobre une commission d'enquête parlementaire sur la politique industrielle de l'Etat et sur les moyens à disposition pour protéger les fleurons industriels français dans la mondialisation, d'après une source parlementaire citée par l'AFP.

Le chef de file du groupe LR au Palais Bourbon, Christian Jacob, a annoncé qu'il comptait user de son droit de tirage [l'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale d'une proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête], lors de la conférence des présidents réunissant les chefs des groupes politiques autour du président de l'Assemblée nationale. «[Plusieurs] rachats successifs soulèvent d’importantes questions sur la capacité de l’Etat à défendre tant nos champions industriels que nos intérêts stratégiques», soulignent les députés LR dans leur proposition de résolution. Mieux vaut tard que jamais ?

https://francais.rt.com/economie/44674-alstom-gouvernement-confirme-sortie-capital

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Libye : CNN filme une enchère aux migrants, vendus comme esclaves pour 400 dollars (VIDEO CHOC)

Une équipe de journalistes de CNN a pu filmer une scène témoignant de la réalité de l’esclavage en Libye. La vidéo atteste de l'enfer humain qu'est devenu le pays depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011.

ACT KHADAFI ESCLAVAGE LIBYE

En août 2017, CNN recevait une vidéo tournée clandestinement, attestant de la tenue de marchés aux esclaves en Libye. En octobre dernier, une équipe de la chaîne s'est rendue sur place et a pu filmer une mise aux enchères similaire, dans un lieu qui n'a pas été précisé. «Un homme grand et fort pour les travaux fermiers», vante la voix d'une personne hors-champ, vraisemblablement un vendeur. Le  jeune homme noir en question sera finalement vendu pour sa force de travail pour 1 200 dinars libyens, soit environ 740 euros. D'autres sont vendus pour l'équivalent de 400 euros.

Outre les bandes armées et les milices djihadistes qui sévissent en Libye, l'esclavage est l'un des nombreux fléaux auxquels peuvent faire face les candidats à l'émigration de l'Afrique vers l'Europe. C'est notamment le cas de ceux qui ne peuvent payer leur hébergement dans des entrepôts insalubres, dans l'attente de pouvoir traverser la Méditerranée, ou qui, à court d'argent, ne sont plus en mesure de payer les passeurs. Certains rescapés de cette traite d'être humains ont témoigné auprès des journalistes de CNN des sévices et des tortures que ces esclaves du XXIe siècle ont pu subir.

La Libye sous le régime de l'anarchie

Après la mort du colonel Kadhafi à Syrte en 2011, lynché dans des circonstances encore floues à ce jour, l'effondrement de l'Etat libyen a livré le pays à l'anarchie et permis à l'organisation terroriste Daesh de s'implanterPeu avant que la France et le Royaume-Uni interviennent militairement en Libye, CNN consacrait un article à la dénonciation du «régime» de Kadhafi, évoquant un dictateur «s'accrochant» au pouvoir. Après la chute du chef d'Etat, la chaîne d'informations internationale britannique consacrait un reportage exclusif en août 2011 au «luxe» et à «l'horreur» du complexe résidentiel de la présidence libyenne.

Six ans plus tard, en octobre 2017, une quinzaine d'associations africaines déposaient plainte contre Nicolas Sarkozy pour son action en Libye en tant que président de la République. Celles-ci lui reprochent notamment un changement de régime qui serait responsable de la mort de 50 000 personnes et de désordres majeurs dans la région. Jusqu'en 2011, la Libye contribuait en outre, notamment avec ses gardes-côtes, à la maîtrise des flux migratoires en provenance de l'Afrique noire et à destination de l'Europe.

Selon les chiffres du Département libyen de lutte contre la migration illégale, cités par l'ONU, 19 900 personnes se trouvaient dans ces centres de rétention début novembre 2017.

https://francais.rt.com/international/45629-libye-cnn-filme-enchere-migrants-esclaves


 

BASE 14 995X225CNN semble vouloir se racheter une conscience dans cette affaire, c'est déjà ça.

P.G.

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lundi 13 novembre 2017

Vive la mondialisation heureuse, vive la fraude fiscale !

Depuis le 6 novembre 2017, les médias français et occidentaux bruissent d’une affaire de paradis fiscaux, baptisée de façon incompréhensible, même en anglais : « Paradise papers ».

ARG VEAU D OR DOLLAR

La belle affaire ! À lire les journaux et écouter nos hommes politiques, comment ne pas songer à la formule de Bossuet : « Dieu se rit de ceux qui déplorent des effets dont ils continuent de chérir les causes » ?

Des documents confidentiels ont été dérobés dans un cabinet d’avocats fiscalistes et de grands quotidiens se sont empressés de les publier par souci de moralité. Qu’apprend-on ? Que des multinationales, des multimilliardaires et même des cinéastes utiliseraient toutes les ficelles légales et même contourneraient les lois pour payer le moins possible d’impôts et dissimuler leurs avoirs dans des îles exotiques ? Qui l’eut cru ? Qui l’eut imaginé possible ?

Devant les députés – et sous l’œil des caméras – le ministre français de l’Économie a crié son indignation : « C’est intolérable ! »

Le même, il y a quelques semaines, s’était félicité avec tous ses collègues et le président de la République de la mise en application du traité entre l’Union européenne et le Canada (CETA). Or, c’est la même idéologie qui sous-tend ce traité et les pratiques d’« optimisation fiscale .

Adopté en catimini, sans vote parlementaire - si ce n’est celui du Parlement européen, qui ne pèse pas lourd en matière démocratique -, ce traité de libre-échange de « nouvelle génération » restreint les droits des États européens au profit des multinationales. Il permet à celles-ci de contester des décisions gouvernementales y compris lorsqu’elles concernent exclusivement les citoyens de l’État concerné.

Ainsi s’éloigne-t-on à grandes enjambées du modèle démocratique inventé il y a trois siècles, qui plaçait au cœur du pacte social le « peuple souverain » (Jean-Jacques Rousseau).

S’il vient à s’exprimer sur l’affaire des paradis fiscaux (« Paradise papers » en novlangue), nul doute que le président Emmanuel Macron criera son indignation aussi fort que son ministre.

Mais le même oppose « ceux qui réussissent », autrement dit qui se donnent pour objectif de gagner un maximum d’argent, à « ceux qui ne sont rien », autrement dit l’immense majorité des citoyens : les paysans, les ouvriers et employés, les ingénieurs, chercheurs, enseignants et aussi parents « au foyer » qui cherchent leur satisfaction dans l’accomplissement de leur travail quotidien au bénéfice de la collectivité et de leurs proches, sans se soucier d’accumuler du superflu.

L'Adoration du veau d'or (Nicolas Poussin, 1633, National Gallery, Londres)Le président lui-même pilote l’État comme une entreprise, en manager seulement soucieux d’efficacité et de résultats comptables. Comme ses deux prédécesseurs, il a été nourri par l’idéologie de la performance, avec un seul étalon qui vaille : l’argent.

S’il y a lieu de s’indigner des millionnaires qui dissimulent leurs avoirs ou s’exilent dans des pays fiscalement modérés, comme la Suisse ou la Belgique, que penser des présidents de la République Nicolas Sarkozy et François Hollande qui, à peine sortis de l’Élysée, n’ont eu d’autre hâte que de marchander leur carnet d'adresses sous couvert de conférences grassement rémunérées ? L’aurait-on imaginé de la part de la précédente génération, de Mitterrand, Giscard ou Pompidou ?

Cette dérive témoigne d’un basculement de l’Occident dans une nouvelle hiérarchie de valeurs, qui place l’individu et ses intérêts particuliers au-dessus de l’intérêt général et du dévouement à la chose publique.

De la société de confiance à la société de défiance

« Aussi riche que l’on soit, on ne fait jamais que trois repas par jour », observait avec bonhomie Marcel Dassault, un ingénieur de génie qui avait par son talent bâti un empire industriel et par voie de conséquence accumulé une grande fortune.

C’était au temps où la prospérité générale était le fruit du travail productif et de l’innovation technique, rendus possibles par l’État de droit et une société de confiance. Car, comme l’observait un maître ès-tromperies : « On est plus souvent dupé par la défiance que par la confiance » (Cardinal de Retz).

Depuis deux siècles, voire cinq ou dix, c’est sur ces bases que l’Europe occidentale a pu sortir de la stagnation néolithique, engager la révolution industrielle et diffuser ses recettes dans le monde entier… parfois par des moyens que la morale réprouve (conquêtes et colonisation).

Les années 1980 ont amorcé une rupture historique avec l’émergence aux États-Unis d’une idéologie dite « néolibérale » selon laquelle les actionnaires seraient les meilleurs juges de la santé d’une entreprise et, bien plus que l’État, les garants de la prospérité générale.

Le président américain Ronald Reagan avait exprimé l’idée en une formule-choc : « L’État n’est pas la solution à notre problème, l’État est le problème ».

Ce propos, repris de toutes les façons possibles par les dirigeants occidentaux depuis trois décennies, a instillé l’idée qu’après tout, contourner la loi ou duper les agents du fisc n’est pas si grave que ça ! Comment s’en vouloir de tromper un Léviathan réputé obèse, incompétent, corrompu et illégitime ?

Les élus eux-mêmes s’appliquent à démanteler les États-Nations, accusés de tous les maux. Le mouvement a pris une ampleur sans égale en Europe continentale avec l’avènement de la zone euro et le renoncement de ses membres à leur souveraineté budgétaire.

Fidèle à sa réputation révolutionnaire, la France s’est immédiatement installée à l’avant-garde du mouvement, oublieuse des enseignements de Lacordaire : « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit » (16 avril 1848).

Par contre, faut-il s’en étonner ? la Chine et le Japon demeurent réfractaires aux nouvelles « Lumières » et s’accrochent à une conception obscurantiste de l’État. En Chine, en particulier, c’est le gouvernement qui contrôle d’une main de fer la monnaie et les grandes entreprises. C’est lui aussi qui est à la manœuvre pour s’emparer des technologies de pointe occidentales.

Cela ne saurait remettre en question l’idéologie néolibérale. Comme au bon vieux temps du communisme, quand, devant l’évidente faillite de celui-ci, ses promoteurs (et profiteurs) n’avaient qu’un mot : « C’est que nous ne sommes pas allés assez loin. Accélérons le rythme. »

Sauf improbable chamboulement, nous sommes invités à observer de loin les joutes politiciennes avec le sentiment qu’elles ne changeront rien au nouvel ordre social, fondé sur la primauté de l’individu, de préférence riche et apatride. Bienvenue dans la mondialisation heureuse.

Joseph Savès
https://www.herodote.net/Vive_la_mondialisation_heureuse_vive_la_fraude_fiscale_-article-1682.php