mercredi 23 août 2017

Politique - Hausse de la CSG : Le Maire demande aux retraités de consentir un «effort» pour les jeunes

 

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Interrogé sur la hausse de la CSG qui pénalisera les retraités, le ministre de l'Economie reconnaît «leur demander un effort» pour «les plus jeunes générations et pour récompenser le travail».

«Notre priorité absolue, que les plus fragiles ne soient jamais oubliés.» Ce lundi, dans une interview à Sud Ouest, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire veut rassurer les Français avant d'attaquer les réformes de la rentrée. Mais pas sûr qu'il ait réussi à lever l'angoisse de tous. Après le léger rabot de l'aide au logement pour les étudiants, le gouvernement compte faire des économies à l'extrémité inverse, avec les retraites.

Interrogé en effet sur la hausse de la CSG qui pénalisera les retraités, le patron de Bercy reconnaît «leur demander un effort». Et d'appeler les seniors à compatir : «Je leur dis qu'ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail. Ce n'est pas un effort pour alimenter les caisses de l'État», promet-il dans le quotidien régional.

Le ministre assure par ailleurs que «les plus modestes ne seront pas touchés : un retraité seul qui perçoit moins de 1 200 euros par mois ne sera pas concerné. Ni les couples qui perçoivent moins de 1 800 euros mensuels». Et d'affirmer qu'«une grande partie de ceux qui assumeront cette hausse bénéficiera d'une baisse de leur taxe d'habitation». Puis le gouvernement va «augmenter le minimum vieillesse», annonce Bruno Le Maire, sans plus de précision.

« Priorité à l'emploi »

«Le cap fixé (...) est celui de la baisse des impôts pour tous (...) Nous baisserons les impôts pour les entreprises comme pour les ménages (...) Les salariés verront que leur fiche de paie augmente dès l'année prochaine», poursuit Bruno Le Maire. «Notre priorité absolue est de redonner de l'emploi à chacun, en veillant à ce que les plus fragiles ne soient jamais oubliés.» Interrogé sur les critiques de certains économistes estimant que le programme économique du président Emmanuel Macron bénéficiera surtout aux plus riches, le ministre les juge «profondément injustes» : «La vraie justice, c'est de rompre avec un modèle qui n'a donné aucun résultat !»

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Professions réglementées : Bercy envisage de déréguler de nouveaux secteurs

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Selon les informations du journal Le Monde, le gouvernement envisage d'ouvrir de nouveaux secteurs à la concurrence dans sa prochaine "loi sur la transformation de l'économie" prévue pour le printemps prochain.

Lever les blocages de l'économie : cette idée, Emmanuel Macron l'a déjà portée, sans réellement l'imposer, lorsqu'il était ministre de l'Économie. Il pourrait désormais l'appuyer en tant que président.

Deux ans après une première loi "pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques" - où il avait libéralisé le marché des autocars et réformé les conditions d'exercice de certaines professions réglementées du droit, comme les notaires ou les huissiers de justice -, le chef de l'État et son gouvernement semblent vouloir s'attaquer une nouvelle fois aux professions réglementées. C'est en tout cas ce qu'assure Le Monde dans son édition du weekend.

Ce texte sera "l'une des grandes lois de 2018", a d'ores et déjà promis le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. À la mi-juillet, il avait donné une première description de ce "projet de loi cadre" qui aurait pour objectif principal de "simplifier" la vie des très petites, petites et moyennes entreprises. Sans plus de précisions. Le quotidien croit savoir que le texte sera finalement plus large et "devrait cibler toutes les sociétés, quelle que soit leur taille".

"Ce texte pourrait permettre d'ouvrir de nouveaux secteurs à la concurrence", explique un responsable au Monde. "Rien n'est encore arbitré, mais cela fait partie des discussions. À ce stade, nous préférons avoir le champ de vision le plus large possible, quitte à refermer ensuite certaines pistes". "Le champ est ouvert", confirme-t-on dans l'entourage du ministre. "Mais aucune décision n'a été prise pour le moment". Des consultations sont prévues pour l'automne auprès des parlementaires, des entreprises et des syndicats. "On sait que c'est explosif", a admis au Monde une source à Bercy.

En France, de nombreuses professions sont dites "réglementées", c'est-à-dire soumises à une autorisation délivrée par une autorité compétente. De l'avocat, au médecin en passant par le coiffeur ou le charcutier, il existe plusieurs centaines de métiers dont l'exercice est soumis à l'obtention de diplômes spécifiques, d'agrément ou d'inscriptions à des ordres.

http://actu.orange.fr/politique/professions-reglementees-bercy-envisage-de-dereguler-de-nouveaux-secteurs-magic-CNT000000M5wUa.html

 

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mardi 22 août 2017

Revers de la médaille du «plein emploi» : l'Allemagne compte 7,6 millions de travailleurs précaires

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Si l'Allemagne peut s'enorgueillir d'avoir la première économie d'Europe avec un taux de chômage à 5,6% en baisse constante (contre 9,3% en France), la libéralisation de son marché du travail a cependant engendré nombre d'emplois précaires.

Alors que l'Allemagne se rapproche toujours plus du «plein emploi» avec un taux de chômage historiquement bas et qui ne cesse de décliner, le nombre de travailleurs exerçant une activité dite atypique (ne bénéficiant pas de CDI et/ou de plein temps) représente aujourd'hui un travailleur sur cinq, soit 7,6 millions de personnes, selon les chiffres rapportés par Le Monde

Le nombre de personnes exerçant en Allemagne un emploi atypique était de 6,8 millions en 2005, année de fin de vote des lois de libéralisation du travail appelées «réformes Hartz». Ces chiffres incluent un grand nombre de travailleurs à la situation variée (auto-entrepreneurs, indépendants, CDD, temps partiels de moins de 20 heures etc.) ayant pour point commun de ne pas entrer dans le champ d'action des syndicats et de ne pas bénéficier des avantages liés aux conventions collectives, tels que les augmentations de salaires.

Des contrats précaires

2,1 millions de personnes sont par exemple employées selon des contrats à activité réduite appelés «mini-jobs», contrats précaires que les salariés peuvent cumuler et qui sont plafonnés à 450 euros net par mois d'après les chiffres de l’institut national de statistiques Destatis publiés le 16 août et cités par Le Monde.

Le cas des auto-entrepreneurs est lui aussi préoccupant, 600 000 d'entre-eux déclarent des revenus inférieurs à 9 500 euros par an, bien qu'ils doivent s’acquitter d'une assurance-maladie à taux fixe plus coûteuse que celle des salariés. Moins de la moitié d’entre eux cotise pour la retraite. 

En outre, selon des études citées par Le Monde, le retour à l'emploi «classique» serait de plus en plus en plus difficile au fur et à mesure que les travailleurs précaires vieillissent.

Néanmoins, 3,5 millions d'emplois «classiques» auraient tout de même été créés depuis 2005. 

L'introduction d'un salaire minimum décidé en 2015 en Allemagne pourrait réduire une partie des effets indésirables des emplois précaires selon ses dirigeants. La chancelière Angela Merkel a par ailleurs fixé l’objectif politique de parvenir au plein emploi (considéré généralement à moins de 5% de chômage, contre 5,6% en Allemagne aujourd'hui) d'ici 2025.

https://francais.rt.com/economie/42204-revers-medaille-plein-emploi-allemagne-millions-emplois-precaires

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Les politiques de "pein emploi" menées en Europe tendent à être des politiques de "plein emploi au rabais", seconde phase d'une vaste opération de propagande: après une période de chômage massif, obtenir le consentement des populations à accepter n'importe quel emploi à n'importe quel prix...P.G.

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lundi 14 août 2017

Comment l'Europe a permis la paupérisation de ses classes moyennes

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Comment l'Europe a permis la paupérisation de ses classes moyennes

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/07/01/31002-20160701ARTFIG00141-comment-l-europe-a-organise-la-pauperisation-de-ses-classes-moyennes.php

FIGAROVOX/ANALYSE - Les classes moyennes reculent partout en Europe. Pour Véronique Nguyen, rien d'étonnant à ce que celles-ci expriment leur colère car les acteurs publics les ont mutilées sur l'autel du libre-échange, puis asphyxiées.


Véronique Nguyen est professeur affiliée à HEC et associée chez Finexent. Avec Michel Santi, elle a publié Business Model du Low cost en 2012 chez Eyrolles.

La paupérisation des classes moyennes, le déclassement de leurs franges inférieures, la précarisation et l'insécurité sociale, la polarisation de la société avec la montée des inégalités, sont des faits établis dans tous les pays occidentaux (cf. les Cahiers Français, Janvier 2014). Entre 1980 et 2010, les Anglais ont ainsi vu le nombre de ménages pauvres augmenter de 60%, les ménages riches progresser de 33%, alors que le nombre de ménages aux revenus moyens diminuait de 27% (The Gardian, 7 mars 2015).

En trente ans, l'Union Européenne a délibérément sabordé son modèle social, sans même avoir la satisfaction de contribuer à la diminution des inégalités sur la planète. Le coefficient de Gini, qui mesure l'inégalité dans le monde sur une échelle de 0 à 1, est resté figé à un niveau élevé de 0,7, et ceci malgré la hausse ininterrompue de la richesse produite. Entre 1988 et 2008, la moitié de la population mondiale a certes vu son revenu moyen progresser (entre +2% et +3% par an) mais une minorité de privilégiés s'est accaparée l'essentiel des bénéfices de la croissance (Banque Mondiale, novembre 2012). Autrement dit, le sacrifice des classes moyennes européennes et nord-américaines n'a pas servi à créer une gigantesque classe moyenne mondiale.

En imposant le libre-échange, en généralisant la concurrence à toutes les activités, en refusant de protéger ses industries, même contre les pratiques les plus déloyales, comme nous l'avons montré dans le cas emblématique des téléviseurs (Le Figaro du 3 février 2016), l'Europe a organisé un incroyable transfert de richesses de la moitié de sa population vers la frange des 15% les plus fortunés des pays émergents. Il était illusoire de croire que les bienfaits de la croissance allaient se répandre dans toutes les couches de ces sociétés. Les nantis de ces nouveaux pays riches n'avaient aucun intérêt à laisser monter les salaires de leurs compatriotes, s'ils souhaitaient préserver leur avantage de coûts dans la compétition mondiale.

Quant aux entreprises européennes confrontées à cette hyper-compétition, deux voies s'offraient à elles, afin de ne pas être balayées par leurs concurrents à bas prix. Soit elles cultivaient un avantage de coûts qui leur permettait de résister aux offensives sur les prix, soit elles développaient leur capacité à faire payer un premium pour leur marque, leur qualité ou leur innovation. Dans la course aux prix les plus bas, les entreprises occidentales partaient avec un handicap majeur, lié au coût de leurs employés, à la fiscalité et aux contraintes environnementales. Il leur a donc été très difficile de mettre en œuvre des stratégies de domination par les coûts, sauf à délocaliser leur production…. Restait enfin la voie de la différenciation, pour tous les produits ou services qui n'étaient pas devenus des «commodités». Certaines entreprises, majoritairement implantées en Europe du Nord, sont ainsi parvenues à répercuter leurs surcoûts à leurs clients, à l'image de la machine-outil allemande. Au total, les secteurs pourvoyeurs d'emploi en Europe appartiennent aujourd'hui à deux catégories: les activités non délocalisables (presque tous les services mais aussi le BTP) et celles qui ont réussi à échapper à la guerre des prix grâce à leur différence.

Certains pays européens, au premier rang desquels l'Allemagne, ont clairement réussi leur stratégie de différenciation et ont maintenu la part de l'industrie dans leur PIB à plus de 30% (contrairement à la France ou au Royaume-Uni). Pour les autres, la mondialisation s'est traduite par une désindustrialisation et un appauvrissement. Les tribulations des classes moyennes européennes ne se limitent malheureusement pas à la destruction de l'emploi industriel, au sur-travail qui doit être fourni pour «garder son job», au sous-travail contraint, ou à la pression sur les salaires. Elles ont été aggravées par les politiques monétaires de baisse des taux d'intérêt qui ont fait flamber les prix immobiliers depuis le début des années 2000.

Pour lutter contre les dégâts que les politiques d'intensification de la concurrence avaient volontairement causés (désindustrialisation et baisse des profits pour toutes les entreprises qui ne jouissaient pas d'un avantage compétitif ou d'une rente de situation), la Banque Centrale Européenne a mené des politiques de soutien à l'activité, en baissant les taux d'intérêt, jusqu'à les laisser sombrer en territoire négatif. Comme si le chef Sioux, après que ses valeureux archers ont été décimés par l'artillerie américaine, offraient aux survivants du bois à profusion pour qu'ils reconstituent leur stock de flèches et repartent au combat.

Nous ne sommes pas dans Avatar. Ces mesures ont manqué, de façon prévisible, leur objectif initial qui était le financement de l'investissement productif (devenu insuffisamment rentable ou trop risqué), mais alimenté différentes bulles, dont la bulle immobilière. Conséquence: sauf chez les gagnants de la mondialisation, les classes moyennes ont non seulement de plus en plus de mal à trouver un emploi correctement rémunéré, mais elles ont de plus en plus de mal à se loger. Il n'est guère surprenant qu'elles expriment leur colère et leur volonté de stopper la dynamique à l'œuvre avec des votes iconoclastes, qui laissent les élites médusées.

Posté par ddupr à 10:22 - - Permalien [#]
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samedi 12 août 2017

E. Macron peut- il réussir sa politique?

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E. Macron peut- il réussir sa politique?

30 juillet 2017 par Gabriel Galand |

http://www.chomage-et-monnaie.org/

E. Macron a été élu sur un programme implicite ou explicite de réforme du marché du travail et des retraites, de respect des équilibres de Maastricht (avec réduction des effectifs de fonctionnaires) et de relance de l’Europe lui permettant d’obtenir certains retours bénéfiques. Tout ceci visant à développer l’économie suffisamment pour diminuer enfin le chômage et augmenter les revenus des français. Son programme prévoit une croissance de 1,6% par an de 2018 à 2020, puis 1,7 en 2021 et 1,8 en 2022.

On ne peut que souhaiter au président de réussir son pari, mais quelles sont les raisons objectives de croire à cette réussite ?

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On ne semble pas devoir soupçonner l'auteur de cet article d'un a priori défavorable envers M. Macron ou au moins ses objectifs en terme de “flexibilité” du travail. C'est ce qui rend ses propos intéressants, car même dans cette optique, il exprime des doutes sur la faisabilité d'une telle politique en France, pour différentes raisons qui peuvent enrichir notre réflexion. P.G.

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Il semble que les prévisions de croissance citées ci-dessus ne reposent pas sur un raisonnement keynésien d’action des dépenses publiques. En effet, le président a dit plusieurs fois qu’il ferait 50 milliards de dépenses d’investissement, mais aussi 60 milliards d’économies. Des documents sont parus depuis qui précisent ces affirmations globales. Les 60 milliards, ce sont des économies annuelles, qui croîtront d’une somme non définie en 2018 à 60 milliards en 2022[1]. Les 50 milliards de dépenses, c’est global pour le quinquennat.

Il y donc un fort excédent des baisses de dépenses par rapport aux hausses. Par ailleurs, le premier ministre et le président vont répétant qu’il faut désintoxiquer les français de la dépense publique[2]. Nous pouvons aussi ajouter les éléments suivants qui confirment ce rejet de la dépense publique comme moyen d’action :

- Après la « découverte » du trou de 8 milliards d’euros légué, paraît-il, par le précédent gouvernement, le gouvernement actuel a confirmé sa volonté de respecter les limites de 3% du déficit budgétaire dès 2017, d’où des coupes supplémentaires.

- Le gouvernement a déclaré vouloir stabiliser les dépenses publiques à l’horizon 2022.[3] D’après des informations recueillies par le journal « Les Echos », cette contrainte obligerait le gouvernement à faire 80 milliards d’économies et non 60.

- Les prévisions annoncées pour 2018 sont de 14 milliards de baisses d’impôt, 2,5 milliards de taxes supplémentaires, et 11,5 milliards d’économies sur les dépenses (dont 8 milliards pour la Sécurité Sociale). On voit que le « en même temps » macronien fonctionne à plein car les nouvelles dépenses sont toujours au moins compensées soit par de nouvelles recettes soit par de nouvelles économies.

- Le premier ministre ne fait pas mystère de sa volonté de diminuer le déficit budgétaire à 0,5% du PIB en 2022, et de diminuer aussi le ratio de prélèvements obligatoires et le ratio de dette publique.

  • Le financement des 50 milliards d’investissements n’est pas encore établi par le responsable Jean Pisani-Ferry. Il semble qu’on utilisera au maximum le redéploiement de crédits existants ou de fonds déjà créés par Sarkozy ou Hollande. Cette part n’apportera donc aucun financement nouveau à l’économie. Il y aura aussi des privatisations (le chiffre de 10 milliards a été cité). Pour le reste on essaiera sans doute d’impliquer au maximum le secteur privé. Mais là aussi une partie de ces financements privés seront des investissements déjà prévus (effet d’aubaine).

  • Toutes ces indications nous paraissent confirmer que le biais est nettement restrictif et qu’on n’aura pas de moteur de croissance provenant des dépenses publiques puisque les dépenses supplémentaires seront très probablement très loin de compenser les économies prévues. Nous dirions même que dans l’état actuel des intentions du gouvernement la politique budgétaire est récessive.

    Un moteur alternatif peut être l’augmentation du pouvoir d’achat. Du côté des salaires, il n’y a rien à l’horizon, ou presque, compétitivité oblige ! Par contre, du côté de la baisse des impôts. E. Macron a promis notamment une exonération de taxe d’habitation pour 80% des contribuables, et une suppression des cotisations salariales pour les actifs du privé, mais tout ceci devra être compensé, notamment par une hausse parallèle de la CSG. Il est donc à craindre qu’encore une fois on donne d’une main et qu’on reprenne de l’autre.

  • Les sources de croissance ne peuvent alors venir que d’une dynamisation de l’offre, ce qui est cohérent avec la politique passée d’Emmanuel Macon comme ministre des finances. Il s’agit officiellement de « flexibiliser » le marché du travail, mais en fait ce qu’on souhaite c’est baisser les salaires et rogner les droits. Quoi qu’il en soit, E. Macron pense que de ce fait les entreprises embaucheront les travailleurs en plus grand nombre, car leur coût direct ou indirect baissera. Si ceci se produisait effectivement, l’offre nationale deviendrait plus compétitive à la fois à l’intérieur du pays et à l’extérieur. De plus, les nouveaux embauchés dépenseraient leurs revenus et augmenteraient le volume de l’économie nationale. Dans ce cas le chômage baisserait.

Cette politique a été menée par Tony Blair il y a 20 ans, et par Gérard Schroeder il y a 10 ans avec un certain succès apparent. Elle a été reprise depuis dans plusieurs pays européens, nous y reviendrons. Il s’agit toujours officiellement de rendre le code du travail moins « rigide ». Bien entendu, les promoteurs de cette politique ajoutent toujours qu’il faut « en même temps » augmenter la sécurité des emplois, c’est la fameuse « flexisécurité » très à la mode ces dernières années, notamment dans les pays scandinaves.

Il n’est pas politiquement facile de mettre en œuvre ce genre de politique. Le gouvernement le sait, qui glorifie abondamment la liberté d’entreprendre et la fluidité des relations de travail, mais cache la précarité et l’arbitraire patronal qui peut en résulter. Quand la réalité sera dévoilée il y aura donc des résistances, et des manifestations ont d’ailleurs déjà été annoncées par certains partis et certains syndicats.

Mais supposons que le gouvernement puisse mener ces réformes jusqu’au bout, celles-ci sont-elles souhaitables ? Quelles sont les différentes variantes de cette politique, quels en sont les gagnants et les perdants ? Pour répondre à ces questions nous faisons ci-dessous un voyage dans plusieurs pays européens pour déterminer ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, et ce qui semble applicable en France.

Les premiers en Europe à se lancer dans la flexibilisation du marché du travail ont été les britanniques. Margaret Thatcher a commencé au début des années 1980. Tony Blair a continué à la fin des années 1990, puis Cameron a amplifié les choses à partir de 2010. En résumé, le marché britannique s’est progressivement et grandement flexibilisé, mais le volet sécurité a été très peu pris en compte, au point qu’on a pu qualifier la Grande-Bretagne de pays « flex-insecure ». En effet ce marché est un des plus flexibles d’Europe[4]. Le contrat « zéro heure » symbolise cette flexibilité. Il concerne presque 1 million de personnes et consiste à ne fixer aucune durée hebdomadaire de travail, cette durée pouvant être un temps plein une semaine et zéro la semaine suivante. Dans l’autre sens, pas de durée maximale. Le maximum européen de 48h hebdomadaires est officiellement en vigueur, mais on peut y déroger très facilement.

Presque toutes les décisions concernant les salariés se prennent au niveau de l’entreprise, au point que des voix commencent à dénoncer l’absence de coordination au niveau des branches. Pour parachever l’édifice, David Cameron a institué une quasi impunité des employeurs : plafonnement des indemnités de licenciement à 12 mois de salaire, ancienneté minimale de deux ans pour pouvoir saisir les prudhommes, institution d’un recours payant à ceux-ci (310 livres en 2013), durcissement du droit de grève, …. Il n’y plus beaucoup de plaignants[5] !

Bilan de cette flexibilité sans sécurité ? Ses défenseurs argumentent que c’est la principale raison de la forte baisse du chômage depuis les années 1990. Peut-être, mais c’est au prix d’une précarisation très forte des travailleurs. Les autorités prétendent aussi que cette dérèglementation aurait permis aux entreprises d’embaucher plus. Mais ceci est démenti par des études[6], qui ont mesuré que la croissance du pays n’est pas plus riche en emplois. C’est plutôt la croissance elle-même qui est plus forte. Par ailleurs il a été noté un désengagement important de certaines catégories sociales, qui les a conduits à quitter le marché. Enfin, l’étude pointe le fait que les négociations salariales sont au niveau le plus bas et que ceci a conduit à une sous-indexation obligée des salaires réels à la productivité. Par ailleurs, ce pays étant hors zone euro, la Banque d’Angleterre mène une politique autonome très accommodante et maintient un taux de la livre assez bas. Le déficit budgétaire a été conservé après la crise à des niveaux très hauts (11% du PIB en 2010, 6,6% en 2013), en tout cas bien plus haut que dans les pays de la zone euro. On peut penser que ces politiques monétaires et budgétaires expansives ont autant contribué à la croissance, voire plus, que la flexibilité.

Le bilan britannique est donc plus que mitigé, négatif du point de vue social et douteux du point de vue de la croissance économique et du chômage.

Qu’en est-il en Allemagne ? Bien que moins exagérément flexible qu’en Angleterre, le marché allemand est incontestablement beaucoup plus flexible que le français. Disons pêle-mêle qu’un patron allemand peut engager en CDD (durée inférieure à 2 ans) sans motif particulier et renouveler ce CDD 3 fois dans les 24 mois (plus longtemps dans certains cas), que le licenciement est très aisé dans les petites entreprises (moins de 10 salariés), dans les autres une simple lettre suffit, que l’indemnité de licenciement n’est pas la règle (il faut un motif), que les plans de restructuration sont assez aisés, et que leur contestation est très encadrée. Le temps de travail est limité à 48h, le salaire minimum est à 8,84€/h et les charges sociales de 20% du salaire brut (c’est un taux faible). Il y a aussi des « mini jobs » à 450 euros par mois avec très peu de charges.

En principe ce droit très favorable à l’employeur est contrebalancé par des conventions collectives beaucoup plus avantageuses. C’est le cas dans l’industrie. Mais la proportion de salariés couverts par ces conventions est en déclin (moins de la moitié aujourd’hui). C’est pourquoi les syndicats, constatant que le dialogue social n’est plus suffisant pour assurer aux salariés un revenu décent, réclament maintenant un salaire minimum. En effet la part des « bas salaires » (salaires inférieurs aux 2/3 du salaire médian) est à 22,5%, une des plus élevée d’Europe (8,8% en France)[7].

Il est toutefois incontestable qu’ici aussi l’économie se porte bien globalement, et probablement la flexibilisation y a contribué, principalement par la baisse du salaire moyen, ce qui a facilité la conquête des marchés extérieurs. Cependant le système produit aussi des inégalités assez fortes, et une fois de plus, le volet « sécurité » des emplois n’est pas traité.

Déplaçons-nous maintenant en Hollande. Dans ce pays, on parle clairement de flexisécurité. Ce concept a fait l’objet d’un accord en 1996 et d’une loi en1999. On a donc un bilan de 20 ans d’application. Or une étude récente[8] est très critique. Il constate que la part de l’emploi flexible est de 1/3 (dont 1/10 de travailleurs indépendants) sans compter le temps partiel (très courant) et que le volet sécurité de la « flexisécurité » est largement oublié.

En effet, à côté du CDD et de l’intérim classique, on a aussi le « payrolling » (travailleur détaché) et le « contracting » (sous-traitance), tous deux plus développés qu’ailleurs, et dans lesquels le travailleur échappe aux conventions de l’entreprise utilisatrice et à celles de l’intérim (contrats « sur appel », « zéro heure », …). Enfin les travailleurs indépendants (auto-entrepreneurs) ou les « faux indépendants » ont déstabilisé le marché du travail dans plusieurs secteurs (bâtiment, transport).

Il faut noter que comme le souhaite E. Macron en France, la loi de flexisécurité a prévu que des accords d’entreprises puissent déroger aux accords de branche ou nationaux, en mieux comme en moins-disant. Mais aujourd’hui on constate que la crise et la concurrence ont surtout amené plus de flexibilisation (dérogations au nombre maximum de CDD successifs, réduction du délai de carence entre deux contrats). La course vers une flexibilité toujours plus forte l’emporte.

Constatant les dégâts, depuis 2010 les autorités ont tenté de revenir en arrière en verrouillant quelques points : pas de CDD supérieur à 2 ans et 6 au maximum sur 4 ans, obligation de les justifier par des contraintes d’activité, responsabilité des donneurs d’ordre dans le paiement des salaires en cas d’intermédiaires, et encadrement strict du statut de travailleur indépendant. Mais nombreux aux Pays-Bas sont ceux qui pensent qu’il sera impossible de faire rentrer le diable dans sa boîte.

Nous allons terminer notre voyage en Europe par les pays nordiques (Danemark, Suède, Finlande), qui présentent entre eux beaucoup de points communs et qui seront en somme, l’exception qui confirme la règle. En effet, ces pays sont typiquement ceux qui ont appliqué la flexisécurité à la satisfaction des 2 parties, mais nous verrons que ce succès tient autant à un contexte spécifique qu’à la flexisécurité elle-même. Le Danemark est le plus typique, nous le prendrons comme exemple, et son système se caractérise par 3 volets indissociables :

1. Un marché du travail flexible : facilité d’embauche et de licenciement, guère de différence entre CDD et CDI. Cette légèreté de la loi est fortement contrainte par une obligation consentie par les employeurs de négocier avec des syndicats puissants et bien informés (par exemple pour un licenciement collectif). 80% des salariés sont syndiqués (11% en France, 25% en Allemagne) et 60% d’entre eux ont un patron également syndiqué (moins de 10% en France[9]).

2. Indemnisation du chômage généreuse : 90% du salaire pendant 2 ans, avec plafonnement à 562 € par semaine. Après, il y a une allocation d’aide sociale, calculée à 60% du plafond ci-dessus.

3. Politique d’emploi active : le chômeur doit rendre compte chaque semaine de sa situation, et il est souvent envoyé en formation pour compléter ses compétences. Après quelques mois la pression est mise pour accepter les offres qui se présentent même dans un métier différent.

Le modèle danois de flexisécurité fonctionne donc. Le chômage est officiellement à 6% et surtout le Danemark utilise 76% de sa population active, contre 57% en UE27. Il frise même la surchauffe car il y a des pénuries de main-d’œuvre qualifiée. Ceci dit la croissance est modérée (1% en 2016).

Il fonctionne principalement parce que les danois l’acceptent. Satisfaits de la sécurité apportée, ils acceptent d’être flexibles, de souvent changer de job, voire de métier.

Ceci dit, il a un coût. Le Danemark y consacre 1,6% de son PIB auxquels il faut ajouter 0,54% de coût des formations associées. Les coûts correspondants en France sont de 0,25% (budget de Pôle Emploi) et 0,3% (formations associées).

Ce coût est également accepté par les danois, tout comme le taux des prélèvements obligatoires, un des plus élevés d’Europe (très proche de celui de la France).

Les 2 autres pays nordiques examinés sont au même diapason. Les différences sont minimes. On peut toutefois noter des licenciements plus difficiles en Suède, sauf difficultés économiques, mais encore une fois ceci est compensé par la vigueur des discussions entre les syndicats et le patronat.

En conclusion sur la mise en œuvre de la flexisécurité dans ces pays nordiques, il est probable que cette politique explique en partie la bonne santé économique et surtout sociale de ces pays. Mais il faut insister sur le fait que la flexibilité ne peut seule être tenue comme l’explication de ces succès. Le complément d’une sécurisation très active des emplois est indispensable, et l’investissement massif et régulier dans le « capital humain » y contribue tout autant. Rappelons aussi que tous ces pays sont hors zone euro, et même hors UE pour la Norvège. Ceci leur donne une grande liberté pour leurs politiques monétaire et budgétaire.

La leçon de cette description sommaire du fonctionnement des marchés de l’emploi dans 6 pays européens est multiple :

1. Dans les pays où la flexisécurité fonctionne vraiment (chômage bas et précarité faible), ce succès est permis par un contexte social très particulier, notamment l’acceptation par les travailleurs de la mobilité et de l’impôt. Il est aussi permis par une négociation fructueuse sur tous les sujets entre des syndicats puissants de patrons et de travailleurs. Enfin il a un coût élevé. Le succès est aussi permis par une politique de formation de haute qualité de toute la population.

2. Partout où la flexibilité est promue sans la contrepartie obligatoire de la sécurité, la concurrence internationale pousse le marché et les partenaires sociaux vers toujours plus de flexibilité et une grande précarité. Elle augmente aussi les inégalités, et assez souvent la hausse des salaires est fortement freinée.

3. Dans tous les cas examinés, le chômage a été abaissé, mais en l’absence de sécurité, la responsabilité de la flexibilité dans ce succès reste à prouver. Même quand c’est le cas, la flexibilité plus grande ne peut abaisser le chômage qu’en augmentant la compétitivité, par baisses des coûts directs ou indirects. Donc non seulement la précarité augmente, mais de plus elle doit se traduire par une baisse des salaires moyens ou des avantages sociaux, ou des deux.

Compte tenu de ces éléments, que peut espérer E. Macron et surtout, que peuvent espérer les travailleurs français ? Supposons que l’action du gouvernement ne rencontre aucune opposition et puisse se dérouler sans entrave, ce qui en réalité est loin d’être acquis. Que pourrait-on en espérer ?

La flexisécurité vraie, à la scandinave, semble hors de portée. Si d’aventure la volonté de l’atteindre était affichée par nos dirigeants, c’est que probablement ils ne mesureraient pas le coût et les implications sociales de cette politique. S’ils s’y lançaient malgré tout, il est à craindre que la sécurité ne soit oubliée au passage et qu’un engrenage à la hollandaise ne s’enclenche. Dans ce cas on afficherait un dispositif de sécurité rassurant, mais son effet réel serait nul, et le pays glisserait peu à peu vers la flexi-insécurité.

Par ailleurs, n’oublions pas que le but avoué ou implicite de toute cette stratégie est de rendre les entreprises françaises plus compétitives et de gagner des points dans la compétition internationale. Or plus le temps passe, et plus sont nombreuses les nations qui font de même. Il en résulte une compétition au moins-disant social et aux salaires bas dont font les frais les travailleurs des pays concernés.

(1) En fait, le gouvernement espère économiser 10 milliards d’assurances chômage du fait de l’amélioration de la conjoncture, il resterait alors 50 milliards par an de diminution des dépenses. Par ailleurs ces 50 ou 60 milliards s’entendent par rapport à un niveau de dépenses publiques qui « aurait cru » à un rythme de 1,7% par an. Il y a là un peu de marge de manœuvre, car ce taux est arbitraire.

(2) Cette affirmation témoigne d’une méconnaissance de la situation réelle du pays. Dès 2012, L. Davezies, dans « La crise qui vient », décrivait la sombre situation de nombreuses provinces, qui n’ont pu supporter la disparition des emplois industriels que grâce à l’emploi public et aux transferts sociaux. Il y a peu de chances que la situation se soit améliorée depuis.

(3) Voir Les Echos du 12 Juillet 2017

(4) Voir Hélène Haus « La Grande-Bretagne, royaume de la flexibilité absolue » La Tribune 06/08/2013

(5) Solène Davesne « Les limites de la flexibilité » Usine Nouvelle 19/05/2016

(6) Christine Rifflart « Flexibilité en trompe-l’œil du marché du travail britannique. » Revue de l’OFCE N°66 Juillet 1998

(7) Cécile Bouthelet « En Allemagne, le droit du travail est plus flexible, mais produit des inégalités. » Le Monde 11/04/2017

(8) « Au bout de 20 ans de réformes du marché du travail, l’emploi trop flexible ? » Chronique Internationale de l’IRES, Septembre 2016

(9) Il s’agit d’estimations. Le chiffre exact n’est pas connu pour l’instant.

 

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samedi 29 juillet 2017

Le modèle allemand

JOBS ALLEMAGNE

 

Le modèle allemand

http://fr.euronews.com/2017/07/26/travailleurs-pauvres-en-allemagne

Berlin. Une longue file d’attente devant une agence pour l’emploi nous surprend. L‘économie allemande est florissante et le taux de chômage bas, alors pourquoi autant de monde ? La réponse est simple. La plupart de ces gens ont déjà un travail mais ce sont des travailleurs pauvres. Ils postulent donc aux aides sociales en complément de leurs modestes salaires. Leur vie professionnelle est faite d’emplois précaires et mal payés, de temps partiels, même s’ils ont souvent une bonne formation.

Et il n’y a pas que le nombre de travailleurs pauvres qui augmente en Allemagne. Le nombre de retraités pauvres, augmente lui aussi. C’est le cas de Monika. Qualifiée pour être directrice des ventes elle n’a jamais signé de contrat à temps plein. “Ils ne veulent pas payer. Je suis trop chère. Ils préfèrent embaucher du personnel qui n’est pas qualifié à 8.50 euros de l’heure. Pour m’embaucher, ils devraient payer davantage”, explique-t-elle.

Partons maintenant à Halle. Après la réunification, l’Allemagne a dû créer des emplois alors que les employeurs se plaignaient du coût élevé de la main d’oeuvre… Elle devait aussi rester compétitive.
Alors, en 2003, elle a lancé une réforme radicale du marché du travail avec comme mots d’ordre libéralisation et flexibilité. Cela signifiait moins d’argent pour les gens sans emploi, feu vert aux agences de travail temporaire. Conséquence : le secteur le moins bien payé s’est développé, le chômage a baissé mais la pauvreté relative a augmenté.

Notre journaliste a rencontré Rolf Maurer : un artisan, très qualifié qui sait tout faire. Il trouve ses clients sur internet. Son modèle économique : la flexibilité totale.
“Je dois vivre avec le risque de ne jamais savoir quand je travaille ni quelle sera ma mission le lendemain ou le jour d’après. En plus de ça, il y a le risque que les clients ne me paient pas. Ça m’est déjà arrivé”, explique-t-il.

Pour ce qui est des tarifs, la chambre des métiers lui recommande de se faire payer au moins 35 euros de l’heure. “Mais ces dernières années, je demande bien moins, habituellement autour de 15 ou 10 euros”, raconte-t-il.

Payer le loyer de son petit appartement est la première dépense de Rolf Maurer; acheter du matériel professionnel pour faire du bon travail, la deuxième. Impossible dans ce contexte de mettre de côté pour sa retraite.

Quand il était jeune il a eu un emploi fixe dans une fonderie puis l’usine a fermé. Ont alors suivi des années de chômage et des contrats à courte durée. Sans espoir de retrouver un temps plein Rolf Maurer s’est tourné vers l’agence pour l’emploi qui le considère trop âgé. Pour ne pas être au chômage, il a monté son affaire.

“A mon âge ce n’est pas drôle d‘être obligé de travailler à mon compte. Quand on atteint un certain âge, c’est mieux d’avoir un emploi normal, durable. A 60 ans vous n‘êtes plus vraiment disposé à partir de rien pour lancer un business”, ajoute Rolf Maurer.

Maurer n’‘envisage pas s’arrêter de travailler bientôt. Sa situation confirme une tendance actuelle : le nombre d’Allemands qui continuent à travailler tard a doublé ces dix dernières années. De 5 à 11% pour des actifs entre 65 et 74 ans. La plupart d’entre eux le font pour compléter de petites retraites et vivre décemment. C’est une nécessité. Pas un choix.

“En ce qui concerne les heures de travail, je m’adapte aux souhaits du client. S’il veut que je travaille le week-end, je le fais. S’il veut que je travaille le soir, je le fais. Je suis totalement flexible pour satisfaire mon client”.

A Berlin, certains syndicalistes surnomment la ville, “capitale de l’emploi précaire et des travailleurs pauvres”. C’est le cas de Dierk Hirschel, économiste en chef de l’un des plus importants syndicats des métiers du service, ver.di.

“En Allemagne le problème c’est qu’un travailleur sur 5 gagne moins de 10 euros par heure; il est donc considéré comme un travailleur pauvre. C’est le résultat de la destruction des règles du marché du travail. L’Allemagne est un pays riche, il n’y a pas de doute là-dessus. Mais l’Allemagne est aussi un pays divisé socialement. Dans ce pays riche, les travailleurs pauvres existent, des gens qui travaillent 40 ou 50 heure par semaine mais qui ne gagnent pas leur vie en travaillant”, explique-t-il.

Le problème concerne l’industrie du bâtiment, l’hôtellerie, la restauration, la vente au détail et le secteur du service en général, mais aussi des métiers qui nécéssitent des années de formations : Adriana et Jan enseignent dans des écoles publiques de musique à Berlin. Aujourd’hui, ils ont rendez-vous avec leur ami Tilman, vidéo-blogueur.

Jan est marié, il a deux enfants. Il lutte pour mettre de l’argent de côté pour sa retraite.
Adriana enseigne la musique depuis plus de 20 ans. Elle prendra sa retraite en 2033. Elle raconte le choc qu’elle a eu en recevant la lettre de son organisme de retraite.

“Personne ne me croit quand j’en parle. Donc je vous la montre. Je vais toucher une retraite mensuelle de 351 euros et 82 cents. Je paie déjà 400 euros pour mon appartement… ma retraite ne me permettra même pas de payer mon loyer”, raconte Adriana Balboa, professeure de musique à Berlin.

“351 euros? Ce n’est rien! C’est la conséquence des contrats freelance, du fait d‘être obligé de facturer chaque heure ou de ne pas être payé pendant les vacances, de ne pas avoir de revenu stable. Ce système nous pénalise. Mais que peut-on faire ?”, s’interroge son ami Tilman Shulze, professeur de musique également.

“Un accord de travail commun pour le personnel des écoles de musique est à l‘étude. Il est question de salaire décent, d’arrêter les contrats freelance pour chaque heure, de poursuivre le versement du salaire en cas de maladie. Aujourd’hui, si vous tombez malade, vous risquez vite de ne plus avoir d’argent et quand une femme accouche, elle ne devrait pas perdre son travail en même temps”, ajoute leur ami Jan Hoppenstedt.

“Ici à Berlin, un très petit nombre d’emplois sont stables : c’est la pire situation de toute l’Allemagne. 93% des travailleurs sont en freelance et seulement 7% ont un emploi fxe”, explique Adriana Balboa.

Berlin a décidé de placer 20% des professeurs de musique sous contrats permanents. Un chiffre insuffisant pour les trois amis. Tilman a écrit une chanson pour protester : “Notre paie est juste assez pour acheter un kebab” déplore-t-il.

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Le FMI alerte sur la hausse du risque de pauvreté en Allemagne

Selon le Fonds, qui prône une « croissance inclusive », Berlin dispose de marges de manœuvre financières pour agir en faveur des travailleurs pauvres.

 A qui profite l’insolente prospérité allemande ? Comment doivent se répartir les fruits de la croissance d’un pays dont la plupart des indicateurs économiques sont au vert ?

Ces questions, actuellement âprement discutées au sein des partis politiques du pays, devraient prendre encore plus d’importance avec la publication du rapport annuel du Fonds monétaire international (FMI), lundi 15 mai. Ce dernier s’inquiète de la « lente augmentation générale du risque de pauvreté » outre-Rhin en dépit d’une solide croissance et d’un taux de chômage historiquement faible.

« Malgré un filet de sécurité sociale bien développé et une forte progression de l’emploi, le risque de pauvreté relative [en Allemagne] demande une attention continue », écrit le FMI au neuvième point de son rapport.


Si l’inégalité de revenus disponibles (mesurée par le coefficient de Gini) est restée relativement stable durant la dernière décennie et demeure proche de la moyenne européenne, le risque de pauvreté a progressé, soulignent les auteurs du document.

Ce risque se définit par la part de la population concernée par au moins une des trois caractéristiques suivantes : un revenu situé au-dessous du seuil de pauvreté ; une situation de privation matérielle ; un très faible taux d’activité des personnes du foyer en âge de travailler.

La question divise

 Selon les derniers chiffres disponibles publiés par l’institut de statistiques Destatis, 20,1 % de la population allemande était, en 2015, menacée par le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, ce qui représente 16,1 millions de personnes. Ainsi, 13,4 millions de personnes (soit 16,7 % de la population) sont notamment concernées par la pauvreté monétaire : il s’agit de travailleurs dont le revenu est inférieur à 60 % du salaire médian ; en d’autres termes, ce sont des actifs pauvres qui ne profitent que très faiblement de la prospérité du pays.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/05/16/le-fmi-alerte-sur-la-hausse-du-risque-de-pauvrete-en-allemagne_5128170_3234.html#gAmo5Dr8etoUZKjk.99

 

mercredi 26 juillet 2017

Les syndicats à l’offensive sur la réforme du code du travail?

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Les syndicats à l’offensive sur la réforme du code du travail

Les centrales Force ouvrière et CFDT préviennent qu’elles s’opposeront si elles ne sont pas entendues. La CGT, elle, appelle les salariés à manifester le 12 septembre.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/07/25/les-syndicats-a-l-offensive-sur-la-reforme-du-code-du-travail_5164901_823448.html#zvgVzwLT3TPLgLJS.99

Les organisations syndicales durcissent le ton sur la réforme du code du travail. « Ça commence à monter », a déclaré, mardi 25 juillet, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, à l’issue d’une dernière rencontre dans la matinée avec le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre du travail, Muriel Pénicaud.

Si le chef du gouvernement, « ne veut pas de coalition des mécontentements, il faut qu’il nous écoute et qu’il nous entende (…) J’ai été cash. Maintenant, c’est à lui de prendre ses responsabilités. »

« On est au pied du mur »

La CFDT abonde. « Nous lui avons clairement dit que nous sentions aujourd’hui que nous étions à la croisée des chemins », a déclaré Laurent Berger, le secrétaire général de la confédération.

« Si la CFDT avait le sentiment que le choix était fait d’une simplification pure et simple, sans renforcement du dialogue social, nous nous opposerions à cette réforme. »

La concertation a permis d’organiser 48 rencontres avec les partenaires sociaux, soit six par organisation. Le gouvernement s’apprête maintenant à rédiger les ordonnances qui lui permettront de mettre en œuvre les nouvelles mesures dès septembre, après le feu vert du Parlement, attendu pour la fin juillet, ou le début du mois d’août.

« On est au pied du mur. Je crois qu’il faut maintenant faire ces réformes. Elles sont attendues des forces économiques françaises avec grande impatience, mais surtout des investisseurs étrangers », a déclaré, mardi, le président du Medef, Pierre Gattaz, à l’issue de sa rencontre avec Edouard Philippe.

« La République en marche arrière »

Au menu de la réforme, une nouvelle articulation entre accords de branche et accords d’entreprise, la simplification du dialogue social, et une modification du régime juridique de la rupture du contrat de travail.

Ce dernier point inquiète particulièrement les syndicats. Il comprend une série de mesures controversées comme la mise en place d’un barème encadrant les indemnités prud’homales ou la redéfinition des modalités entourant les licenciements économiques.


« Si notamment sur le troisième bloc, ce qui circule est confirmé, c’est la République en marche, mais en marche arrière », a jugé M. Mailly, qui n’accepterait pas, par exemple, que l’on baisse trop le plancher des indemnités prud’homales, pour l’instant fixé à six mois de salaire à partir de deux années d’ancienneté.

La CGT, jusque-là isolée dans sa mobilisation, pourrait retrouver son allié du temps des manifestations contre la loi El Khomri. Cette coalition qui avait réuni, en plus de la CGT et de FO, les syndicats étudiants ainsi que des mouvements comme Nuit debout, avait forcé le gouvernement à supprimer les mesures les plus contestées de la première version de son texte, en mars 2016, dont le barème obligatoire encadrant les indemnités prud’homales.

La CGT a déjà appelé à une manifestation le 12 septembre. « Ça donne le ton par rapport aux craintes que nous avons, a souligné, lundi, son secrétaire général, Philippe Martinez. Ils ont décidé de casser le code du travail, qu’il y ait moins de droits pour les salariés. Il faut que les salariés réagissent. »


« Stratégie de contournement »

 

Pour l’exécutif, c’est surtout le volet sur le dialogue social qui ferait tiquer les organisations syndicales. « Les positions sont bien plus tranchées » sur ce dossier, admet-on à Matignon.

Les centrales ont effectivement dénoncé, dans les derniers jours, le projet de fusion des instances représentatives du personnel ainsi que la possibilité pour les petites entreprises sans délégué syndical de négocier directement avec les salariés.

« On s’inquiète qu’il y ait une stratégie de contournement des organisations syndicales », avait récemment déclaré la secrétaire générale adjointe de la CFDT, Véronique Descacq.

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Qu'ils se rassurent, à mon avis, le “dialogue social” est trop précieux pour un gouvernement, quel qu'il soit, pour faire passer des politiques de fond que les syndicats “partenaires sociaux” ne mettent jamais en cause: la désinstrialisation de la France, par exemple, en application des traités européens. Mais il est vrai que leur baisse de “représentativité” ne joue pas en leur faveur face à un Medef très écouté par les pouvoirs publics, qui semblent tentés de se passer d'une partie de leurs services...Plus les syndicats seront affaiblis du fait de leurs incohérences idéologiques, plus la tentation sera grande d'obtenir des “accords” sans eux.

Quant au dossier de fond, sur le droit du travail, il sera mis en oeuvre d'autant plus facilement que ceux qui s'y opposent éviteront d'évoquer les causes de cette politique: notre appartenance à l'Union européenne et la mise en oeuvre des “recommandations” de la Commission européenne (art. 121 du TFUE).

 P.G.

Voir à ce sujet l'article suivant, une autre approche syndicale...:

front syndical de classe

 Qu'est-ce-que la CGT va foutre à l'Elysée avec Laurent Berger et la CES ?

 http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2017/07/qu-est-ce-que-la-cgt-va-foutre-a-l-elysee-avec-laurent-berger-et-la-ces.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_sharebar

 

Luca Visentini, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats a été reçu à l’Elysée le 21 juillet en compagnie des cinq secrétaires généraux de ses affiliées françaises : CFDT, CGT, FO, CFTC et Unsa. 

Au moment même où le pouvoir macronien s'apprête à mettre en pièce le code du travail au service du MEDEF et de l'Union européenne, que signifie cette mascarade de rencontre à l'Elysée sur initiative de la Confédération européenne des syndicats (CES) ?

Ça peut-être quoi la convergence avec Macron sur le "socle européen des droits sociaux" quand partout dans l'Union européenne, les politiques d'austérité, la remise en cause de la dépense publique et des services publics, la mise en concurrence des travailleurs et des peuples sont les règles de référence pour l'oligarchie ?

Et quand Macron lui-même se fait le champion toutes catégories de la dérégulation, de la déréglementation au seul profit du MEDEF?

Et les organisations syndicales, la CGT doivent-elles donner le sentiment qu'elles approuvent par leur passivité à l'égard de l'UE, l'absence de lien établi entre les contre-réformes et les injonctions européennes, qu'elles approuvent la fuite en avant dans l'intégration européenne préconisée par Macron ?

Encore plus d'Europe pour toujours plus de remise en cause des acquis sociaux?

Comme en Grèce ?

Et c'est en donnant le sentiment de s'intégrer dans cette Europe que l'on va mettre fin au dumping social et

 à l'ouverture à la concurrence pour démolir les services publics (Ecole, transport ferroviaire, Electricité, gaz ...) ?

Ce dont le mouvement social a besoin c'est de clarté sur les politiques menées par l'Union européenne et de se mobiliser puissamment sans aucune espèce d'illusion sur ces rencontres elyséennes.

Ce n'est pas de rencontres à L'Elysée que dépend le sort des revendications et le blocage des contre-réformes mais de la puissance de l'intervention des travailleurs !

lundi 24 juillet 2017

Alain, cultivateur d’abricots en Ardèche, « voulait juste vivre de son métier »

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Alain, cultivateur d’abricots en Ardèche, « voulait juste vivre de son métier »

Agriculteur depuis vingt-trois ans, il subit l’effondrement du prix des abricots. En cause : la concurrence espagnole et les diktats de la grande distribution.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/22/alain-cultivateur-d-abricots-en-ardeche-voulait-juste-vivre-de-son-metier_5163914_3234.html#Rc2vk2TKLEzzYWyL.99

La récolte est terminée, mais certains arbres croulent encore sous les fruits. Ronds, doux et « gorgés de sucre », ils alourdissent les branches et fragilisent les vergers. « C’est un déchirement », lâche Alain Mounier, « 50 ans dans trois semaines » et cultivateur depuis vingt-trois ans à Charmes-sur-Rhône, en Ardèche. « Personne n’en veut même à 30 centimes le kilo », lance-t-il en secouant une branche pleine de fruits. L’homme a pourtant « passé des heures », cet hiver, à protéger les vergers du gel, notamment la nuit lorsqu’il allumait des bougies pour réchauffer l’atmosphère et éviter de perdre 80 % de sa production, comme ce fut le cas en 2016.

Il y a encore un mois, la saison s’annonçait bonne. Les fruits étaient « bien calibrés », le temps sec et ensoleillé. Même France 3 était venue immortaliser les espoirs du cultivateur. Alors que s’est-il passé ? Alain Mounier évoque deux raisons : la concurrence espagnole et la météo. « Il y a eu un télescopage entre les Pyrénées-Orientales et la vallée du Rhône. D’habitude, il y a dix jours de décalage entre les récoltes, mais cette année elles ont eu lieu en même temps », explique-t-il.

En juillet, la Confédération paysanne dénonçait des prix « historiquement bas » pour les abricots. « La production française a démarré en avance » et « c’est le prix à l’export de l’Espagne qui a fixé le prix de la saison », expliquait André Bouchut, responsable de la filière fruits et légumes du syndicat, lors d’une vente d’abricots à Paris.

Conséquence : trop de fruits se sont retrouvés en même temps sur le marché et les stocks se sont accumulés, entraînant une chute des prix. Selon le service statistique du ministère de l’agriculture, l’Agreste, les cours étaient ainsi, en juin, inférieurs de 27 % par rapport à la période 2012-2016.

 

« Je ne vois plus d’avenir »

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dimanche 23 juillet 2017

Les APL baisseront de 5 euros par mois pour tous les bénéficiaires dès le 1er octobre 2017

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"Il n'est, en revanche, pas question du tout de supprimer les APL", précise Matignon à France 2.

http://www.francetvinfo.fr/economie/budget/info-france-2-les-aides-au-logement-baisseront-de-5-euros-par-mois-pour-tous-les-beneficiaires-des-le-1er-octobre-2017-annonce-matignon_2295281.html

Les restrictions budgétaires continuent. L'aide personnalisée au logement (APL) va diminuer de 5 euros pour tous les bénéficiaires dès le 1er octobre prochain, annonce Matignon à France 2, samedi 22 juillet. Pour expliquer cette décision, le gouvernement avance que la baisse des APL avait été actée sous le quinquennat Hollande, mais que "rien n'avait été mis en œuvre".  "Il n'est, en revanche, pas question du tout de supprimer les APL", précise Matignon.

Dès vendredi, LCI évoquait une possible baisse de cette aide pour la rentrée prochaine. Les APL, qui ne sont pas la seule aide au logement, bénéficient notamment à environ 800 000 étudiants. Mais cette allocation est destinée, sous condition de ressources, à toute personnes locataire d'un logement neuf ou ancien. Elle est aussi ouverte aux propriétaires ayant contracté certains types de prêts aidés, précise la Caisse d'allocations familiales. Les APL ont représenté une dépense de quelque 20 milliards d'euros en 2016.

Colère des étudiants

Les APL sont une aide précieuse pour de nombreux étudiants qui ne sont pas obligés de travailler pour payer leur logement. Résultat, sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux à exprimer leur colère ou leur incompréhension concernant cette décision du gouvernement.

En plus des APL, les aides au logement ALF et ALS baisseront de 5 euros dès le 1er octobre

L'ensemble des aides au logement bénéficient à 6,5 millions de ménages français.

http://www.francetvinfo.fr/economie/budget/trois-questions-sur-la-baisse-des-apl-annoncee-par-le-gouvernement_2295405.html

Au milieu de l'été, le gouvernement dévoile une nouvelle restriction budgétaire. Matignon a annoncé, samedi 22 juillet, à France 2, que les aides personnalisées au logement (APL), qui bénéficient à 2,6 millions de personnes, allaient baisser uniformément de 5 euros par mois et par foyer à partir du 1er octobre. En début de soirée, le ministère de la Cohésion des territoires a précisé à franceinfo que cette mesure concernera également les allocations de logement familiales (ALF) et les allocations de logement sociales (ALS), qui sont versées à 3,9 millions de personnes.

Pourquoi une telle décision ?

Pour le gouvernement, il s'agit de faire des économies à l'heure de boucler le budget. Les aides au logement, qui bénéficient à 6,5 millions de ménages français, coûtent 18 milliards d'euros par an au budget de l'Etat. Selon un calcul de l'AFP, une baisse de 5 euros par mois et par ménage permettra d'économiser 32,5 millions d'euros mensuel, donc un peu moins de 100 millions d'euros sur les trois derniers mois de l'année en cours.

Le ministère de la Cohésion des territoires assure que la mesure ne correspond qu'"à l'application d'une réforme d'économie budgétaire décidée sous le quinquennat précédent et pas encore appliquée". Vraiment ? L'ex-ministre du Logement Emmanuelle Cosse dément. "Il faut arrêter de dire n'importe quoi", lance-t-elle, interrogée par franceinfo.

Cette baisse est-elle une surprise ?

Pas vraiment. Jeudi, lors du débat d'orientation des finances publiques pour 2018, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, avait affiché la couleur en annonçant des coupes. Il avait évoqué des baisses dans les dépenses de logement, de formation professionnelle et dans les aides sociales. Il avait appelé à un "effort sans précédent", afin de réduire de trois points le poids des dépenses publiques (56,4% du PIB) d'ici à 2022.

France 2 relève que Gérald Darmanin avait précisément évoqué une baisse des APL le 12 juillet.

Comment réagissent les syndicats étudiants ?

Le sujet est sensible chez les jeunes, car environ 800 000 étudiants bénéficient de l'APL. Le premier syndicat étudiant, la Fage, s'est immédiatement insurgé contre l'annonce du gouvernement, y voyant une menace pour "la poursuite d'études" de certains. Le syndicat demande au gouvernement d'Edouard Philippe et au président Emmanuel Macron "de ne pas matraquer le portefeuille des étudiants en revenant sur cette mesure injuste, d'ouvrir une vraie réforme des aides sociales étudiantes et de lancer sans délai le plan de 80 000 logements annoncé dans le programme du président de la République".

Selon le syndicat Promotion et Défense des étudiants, "des coupes sur les aides au logement rendront les conditions de vie des étudiants encore plus difficiles, les conduisant à abandonner leur logement ou à être plus nombreux encore à mettre leurs études en danger avec l'exercice d'une activité rémunérée", alors que 100 000 étudiants travaillent déjà actuellement à mi-temps.

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L'Assemblée nationale ratifie une série d'ordonnances sur la santé, malgré les inquiétudes

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L'Assemblée nationale ratifie une série d'ordonnances sur la santé, malgré les inquiétudes

Les professionnels de la santé européens réglementés pourront maintenant exercer certaines tâches dans l'hexagone.

Quatre ordonnances sur la santé ont été ratifiées par l'Assemblée nationale, ce mercredi. Parmi elles : l'autorisation de certains professionnels de santé d'autres États européens d'exercer en France ...

Les ordonnances ratifiées appliquent la loi Santé remontant à janvier 2016. La ratification de ce mercredi concerne la reconnaissance de la profession de physicien médical et les ordres des professions de santé. Mais c'est une ordonnance sur la reconnaissance des qualifications professionnelles qui a concentré l'essentiel des critiques. Elle répond à une exigence de l'Union européenne, sur laquelle la France avait pris du retard.

Cette disposition transpose une directive européenne de 2013 sur l'«accès partiel» pour les professions paramédicales. Ce texte garantit l'accès partiel à certaines tâches dans les autres pays de l'Union : il «autorise les membres d'une profession réglementée à bénéficier de la mobilité dans un autre Etat membre mais en les autorisant à y exercer seulement certaines tâches et selon certains critères».

Des députés de tout bords, méfiants

 Les députés se sont montrés inquiets, et ont évoqué des raisons diverses. Jean-Pierre Door (LR), cardiologue, craignait «un risque» pour les professionnels de santé et «la sécurité» des patients. Comme Agnès Firmin Le Bodo pour les «Constructifs» (LR-UDI-indépendants), il a tenté de la supprimer, en vain.

La socialiste Valérie Rabault (Nouvelle Gauche) a pointé le danger d'une «concurrence potentiellement déloyale», Elsa Faucillon (GDR) redoutait que cela ne «favorise un système de santé au rabais et des soins à la découpe». Eric Coquerel (LFI) relevait «une ubérisation rampante du système de santé». Eric Alauzet (élu REM issu des écologistes «réformistes»), enfin, s'est interrogé sur l'«identification précise de ces professionnels au moment de leur installation».

Une promesse de vigilance, il faut «dédramatiser»


 Martine Wonner (REM), médecin psychiatre, a défendu l'accès partiel. Il garantit que ce dernier sera «encadré par des conditions très strictes et par un examen au cas par cas des demandes». Son collègue Olivier Véran (REM) appelle à «dédramatiser le sujet» en soulignant que le texte ne portait pas sur les professions médicales. 
 
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a dit comprendre «les inquiétudes». Mais elle a souligné que la directive européenne aurait dû être transposée «au plus tard le 18 janvier 2016», relevant que depuis cette date, la France s'était exposée à deux avis européens pour défaut de transposition. La ministre s'engage à être «particulièrement vigilante aux conditions de déploiement de l'accès partiel». Ainsi, elle n'exclut pas «d'en appeler à la raison impérieuse d'intérêt général» en cas de risque pour «la qualité et la sécurité des prises en charge».


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