vendredi 17 novembre 2017

« Chaud devant ! Prochainement, pour vous, les ruptures conventionnelles collectives ! »

par | 10 Nov 2017

C’est la dernière nouveauté en date, et je peux vous dire que cela va faire hurler chez les ex-futurs salariés bientôt tous virés ou presque et que l’on va se taper sur le ventre dans les antres du Medef.

ARG LICENCIEMENTS UE

Les ruptures conventionnelles sont devenues en quelques années la principale manière de licencier, et cela a considérablement flexibilisé le marché du travail pour les employeurs, permettant aussi, il faut le dire, pour certains salariés de partir plutôt sur une rupture conventionnelle, et donc les droits au chômage, plutôt que sur une démission.

Il n’en reste pas moins que jusqu’à présent, une rupture conventionnelle était par nature, par essence même, une décision individuelle, à tel point d’ailleurs que l’inspection du travail surveille de relativement près le nombre de ruptures conventionnelles (qui doivent être déclarées) par chaque entreprise afin d’être sûre que par certains effets d’aubaines, certaines entreprises ne masquent pas un plan social à travers de multiples ruptures conventionnelles.

D’un côté donc la rupture conventionnelle, unitaire, personnelle, individuelle et de l’autre, les plans sociaux avec la cohorte de coûts et de contraintes attachées, comme les indemnités mais aussi des notions de formation ou de « reclassements », bref, autant d’éléments qui empêchent notre gentil patronat de virer comme il l’entend et de gagner autant qu’il le souhaite.

Pourtant, c’est l’un des éléments que pas grand monde n’a vu venir des ordonnances Macron qui devraient prochainement autoriser les entreprises à mettre en place des procédures de ruptures conventionnelles collectives au lieu d’un plan social coûteux.

La différence, nous la voyons tous. Vous aurez a priori des ruptures conventionnelles collectives sur la base du volontariat et cela viendra remplacer les plans dits « volontaires » et puis nous devrions sans doute conserver les plans sociaux quand on dégraisse sans laisser le choix ou sans faire appel aux « volontaires ».

Mais le décret peut aller aussi loin que le voudra le président Macron, puisque l’Assemblée nationale lui a voté les pleins pouvoirs économiques et sociaux.

Demain, peut-être, allez-vous vous réveiller dans un monde où l’idée même de plan social aura disparu.

Et vous devez voir la logique d’ensemble.

Nos mamamouchis ont d’abord réduit le coût maximum des licenciements en mettant des plafonds même en cas de licenciements abusifs que les juges ne peuvent plus dépasser.

Puis maintenant qu’en réalité on a mis des seuils, on vous explique très doctement qu’il faut pouvoir faire baisser le coût des plans sociaux…

Sur la partie volontaire, on va donc faire de la simple rupture conventionnelle… Voilà une idée risquant fort de plaire grandement à SFR qui va devoir se délester rapidement de quelques milliers de ses collaborateurs, qui ne vont pas partir avec grand-chose malgré toute leur implication.

Les ruptures conventionnelles collectives, sur vos écrans au plus tard le 1er janvier 2018.

Le gouvernement a transmis son projet de décret fixant les modalités pratiques de ces ruptures conventionnelles collectives aux partenaires sociaux.

Dès la publication de ce décret, ces ruptures conventionnelles collectives seront possibles dans les entreprises, or selon les syndicats, et je veux bien les croire, cette nouvelle formule est un véritable plébiscite auprès des entreprises qui assaillent de coups de téléphone aussi bien les administrations que les experts comptables pour savoir comment faire pour en bénéficier et faire quelques charrettes à pas cher !
Le tsunami de licenciements en début de quinquennat, pas à la fin !

Les syndicats redoutent donc une vague de plans sociaux.

Ils ont parfaitement raison, et cela a aussi une grande logique politique.

Mieux vaut que les gens qui sont aussi des électeurs soient virés en début de quinquennat qu’en fin de mandat, bien que Macron, et c’est tout à son honneur n’a jamais caché ses intentions de casse sociale parfaitement assumées lors de la campagne.

Les fêtes de Noël risquent d’être particulièrement moroses et tristes pour bon nombre de nos concitoyens.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/chaud-devant-prochainement-pour-vous-les-ruptures-conventionnelles-collectives-ledito-de-charles-sannat/


 

BASE 14 995X225N'oublions pas que Macron ne fait que mettre en oeuvre les grandes orientations de politiques économiques (GOPE) préconisées par la Commission européenne.

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mercredi 18 octobre 2017

Uber über alles !

La revue Eléments mérite vraiment qu’on en parle.

ARG ELEMENTS ROBOTSMieux, elle mérite d’être lue, partagée, et relue. Collectionnée peut-être. Alain de Benoist, le philosophe anarchiste*, bon bougre et mauvais coucheur, qui veille sur sa destinée et y produit tous les deux mois des éditos vengeurs et des articles ravageurs (et vice versa), a bien voulu répondre à quelques questions à peine orientées, suscitées par le solide dossier du dernier numéro sur l’ubérisation à marches forcées à laquelle on soumet aujourd’hui la société française mondialisée, et qui nous prépare de jolis lendemains qui chanteront faux.

Jean-Paul Brighelli. Voilà que vous détournez le « grand remplacement » ethnique cher à Renaud Camus par un « grand remplacement » économique : l’ubérisation de l’ensemble des sociétés libérales — française, entre autres. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste cette mutation ?

Alain de Benoist. Le « grand remplacement économique », ce n’est pas tant l’ubérisation que le remplacement de l’homme par la machine, voire par l’intelligence artificielle, à laquelle conduit l’évolution même du travail, évolution dont l’ubérisation ne représente qu’un aspect.

« On l’oublie trop souvent : le capitalisme, ce n’est pas seulement le capital, c’est également le salariat. C’est aussi le système qui repose sur la force de travail, base de la valorisation du capital, et la transformation du travail concret en travail abstrait, concomitante de la transformation de la valeur d’usage en valeur d’échange. La transsubstantiation du travail en argent, puis de l’argent en capital, produit l’autovalorisation de la valeur. Le travail au sens moderne est une catégorie capitaliste. La généralisation du salariat fut une révolution silencieuse, mais une mutation énorme. Hier on avait un métier, aujourd’hui on cherche un emploi. Le métier et l’emploi, ce n’est pas la même chose. L’avènement du marché où l’on peut vendre et acheter contre salaire de la force de travail implique à la fois la destruction des anciennes formes sociales et la séparation du travailleur d’avec les moyens de production.

« La contradiction principale à laquelle se heurte aujourd’hui le capitalisme est directement liée à l’évolution de la productivité. Cette contradiction est la suivante. D’un côté, le capital recherche en permanence des gains de productivité lui permettant de faire face à la concurrence, ce qui entraîne des suppressions d’emploi et une diminution du temps de travail global (on produit de plus en plus de choses avec de moins en moins d’hommes). De l’autre, il pose le temps de travail comme seule source et seule mesure de la valeur. La contradiction tient au fait que les gains de productivité aboutissent à supprimer des emplois, alors que c’est justement la forme « emploi » qui a permis au travail d’être le moteur de l’expansion du capital. La contradiction entre le marché actuel du travail et la production réelle de survaleur fait que le système capitaliste est aujourd’hui menacé, non pas seulement d’une baisse tendancielle du taux de profit, mais d’une dévalorisation généralisée de la valeur.

« Avec la révolution informatique et le développement de la robotique, la production de richesses se découple par ailleurs toujours davantage de la force de travail humaine, et pour la première fois on supprime davantage de travail qu’on ne peut en réabsorber par l’extension des marchés.

« L’argument libéral classique est de dire que tout cela n’a rien de nouveau, que le progrès technique a toujours détruit des emplois, mais qu’il en a créé d’autres. On cite l’exemple de la révolte des canuts lyonnais contre les métiers à tisser, celui des luddites anglais ou celui des tisserands silésiens de 1844. On rappelle aussi la façon dont les emplois du secteur tertiaire ont remplacé ceux des secteurs primaire et secondaire. C’est oublier qu’aujourd’hui tous les emplois ne sont pas substituables, et qu’ils le sont même de moins en moins compte tenu de l’importance prise par les connaissances et de l’inégale distribution des capacités cognitives. Si dans le passé un paysan a pu se reconvertir en ouvrier sans grand problème, un ouvrier du bâtiment aura beaucoup plus de mal à se reconvertir en programmateur informatique. C’est pourquoi la robotique détruit aujourd’hui plus d’emplois qu’elle n’en crée.

« Mais c’est oublier surtout que nous sommes en train de sortir de l’époque où les machines faisaient les choses aussi bien que l’homme pour entrer dans celle où les machines font beaucoup mieux. Cela change tout, car cela signifie que les machines peuvent désormais entrer en compétition avec des fonctions qui ne sont plus seulement manuelles ou répétitives, ce qui pose le problème de la décision : la machine est mieux placée pour décider puisqu’elle peut traiter mieux qu’un humain les informations dont elle dispose. C’est ce qu’avaient déjà biens vu Hannah Arendt et Günther Anders. Voilà pour le « grand remplacement » !

JPB. Vous reprenez le terme de « précariat », introduit en économie alternative par des alter-mondialistes et des anarchistes (italiens à l’origine) à la fin des années 1970 — quelques années à peine après le départ de la crise structurelle dont se nourrit depuis cette époque le libéralisme. En quoi consiste-t-il ?

AdB. La précarité, aujourd’hui, tout le monde la constate autour de soi. Face à la montée d’un chômage devenu structurel (et non plus seulement conjoncturel), la tendance actuelle, parallèlement au remplacement des activités productives par des emplois inutiles, qui sont en dernière analyse des emplois de contrôle, destinés à désamorcer les velléités de révolte sociale[1], est de chercher à diminuer le chômage en augmentant la précarité. C’est la mise en application du principe libéral : « Mieux vaut un mauvais travail que pas de travail du tout ». D’où l’idée de « flexi-sécurité », qu’il faut comprendre ainsi : la flexibilité c’est pour tout de suite, pour la sécurité on verra plus tard. Le refrain mille fois répété par le Medef est bien connu : plus on pourra licencier facilement, moins on hésitera à embaucher. Mais comment expliquer alors que la précarité ait constamment progressé en même temps que le chômage ?

« C’est cette montée de la précarité qui a abouti en Angleterre à la multiplication des « travailleurs pauvres » (working poors) et aux contrats « à zéro heure » (on en compte aujourd’hui plus de 1, 4 million), et en Allemagne, depuis les réformes Harz, aux « minijobs » (450 euros sans cotisations et sans couverture sociale) qui, en 2013, concernaient 7 millions de travailleurs, soit près de 20% de la population allemande active, parmi lesquels un grand nombre de retraités.

« Mais la précarisation, c’est aussi de façon beaucoup plus générale la destruction de tout ce qui dans le passé était solide et durable, et se trouve aujourd’hui remplacé par de l’éphémère et du transitoire. Dans ce que Zygmunt Bauman a très justement appelé la société liquide, tout est à la fois liquéfié et liquidé. Que ce soit dans le domaine professionnel, sentimental, sexuel, éducatif, politique, social ou autre, nous vivons à l’ère du zapping : on « zappe » d’un partenaire à l’autre, d’un métier à l’autre, d’un parti politique à l’autre, comme on « zappe » d’une chaîne de télévision à une autre. Et dans tous les cas, le changement n’aboutit qu’à donner le spectacle du même. On est toujours déçu parce que, sous diverses guises, c’est toujours le même chose qui se donne à voir. L’idéologie du progrès joue évidemment son rôle : avant, par définition, c’était moins bien. Le politiquement correct (qu’il vaudrait mieux appeler l’idéologiquement conforme) joue le sien : en transformant les mots, la « novlangue » transforme les pensées. L’individualisme ambiant fait le reste.

JPB. Un chauffeur de taxi « ubérisé » gagne fort mal sa vie, en moyenne. Serait-ce là l’un de ces « bullshit jobs » nommés pour la première fois par David Graeber pour désigner des « boulots à la con » dans la sphère administrative (privée ou publique) et désormais étendus à l’ensemble de la sphère économique ? À une époque où les employés des grandes surfaces ne sont plus jamais embauchés à temps plein, afin de les tenir en laisse en les faisant vivre avec 800 euros par mois, où un prof débutant touche après 5 à 6 ans d’études 1400 euros par mois, en quoi la précarité concertée est-elle la solution la plus adaptée trouvée par le néo-libéralisme contemporain ?

AdB. Les promesses du « travail indépendant » (l’« ubérisation » de la société) sont de leur côté trompeuses, car la précarité y est la règle plus encore que dans le salariat. Dans le monde post-industriel, qui privilégie les connaissances plus que les machines, chacun se voit convié à « devenir sa propre entreprise » (à être « entrepreneur de soi-même ») pour valoriser ses « actifs incorporels », quitte pour les anciens salariés à devenir des travailleurs multitâches, courant d’une activité à l’autre, cherchant de nouveaux clients tout en s’improvisant juristes ou comptables. L’ubérisation n’est alors qu’un nouveau nom de la parcellisation et de l’atomisation du travail. La précarité devient la règle, car les résultats recherchés se situent sur un horizon de temps de plus en plus court. Plus que jamais, on perd sa vie en tentant de la gagner.
« Sous couvert de « flexibilité » on recherche des hommes taillables et corvéables à merci, qui doivent sans cesse s’adapter aux exigences d’une économie dont on estime qu’ils doivent être les serviteurs, sinon les esclaves. La généralisation de la précarité, c’est l’avènement de l’homme substituable, interchangeable, flexible, mobile, jetable. C’est l’entière réduction de la personne à sa force de travail, c’est-à-dire à cette part de lui-même qui peut être traitée comme une marchandise. C’est la soumission à l’impératif de rendement, la vente de soi s’étendant à tous les aspects de l’existence.

JPB. Sur l’ensemble du dossier présenté par votre revue, je vous trouve terriblement marxiste — « le facteur économique est bien déterminant en dernière instance ». Peut-on cependant tisser un lien entre la réalité économique à laquelle on est en train de convertir l’ensemble de l’économie mondialisée, et l’homo festivus inventé par Philippe Muray ? Ou si vous préférez, dans quelle mesure l’ubérisation tous azimuts se conforte-t-elle de la société du spectacle — et vice versa ?

AdB. Pas du tout marxiste, mais marxien pourquoi pas ! Deux cents ans après sa naissance, il serait peut-être temps de lire Marx en étant capable de faire le tri entre les nombreuses facettes de sa pensée – en oubliant les « marxismes » et les « antimarxismes » qui n’ont fait qu’accumuler les contresens sur son œuvre. La philosophie de l’histoire de Marx est assez faible, mais il n’y a pas besoin d’être marxiste pour constater, avec lui, que notre époque est tout entière plongée dans les « eaux glacées du calcul égoïste ». Marx est à la fois l’héritier d’Aristote et celui de Hegel. Il a tort de ramener toute l’histoire humaine aux luttes de classes, mais il décrit à merveille celles de son temps. Ce qu’il écrit sur le fétichisme de la marchandise, sur la « réification » des rapports sociaux, sur l’essence de la logique du Capital (sa propension à l’illimitation, au « toujours plus », qui n’est pas sans évoquer le Gestell heideggérien), sur la théorie de la valeur, va très au-delà de ce qu’on a généralement retenu chez lui.

« L’homo festivus dont parlait le cher Philippe Muray est en effet comme un poisson dans l’eau dans l’économie libérale aujourd’hui déployée à l’échelle mondiale. L’homo festivus ne cherche pas seulement à faire la fête tout en aspirant à se vider le crâne (il ne faut pas se prendre la tête !) grâce aux mille formes de distraction contemporaine, au sens pascalien du terme. Il est aussi celui qui a remplacé le désir de révolution par la révolution du désir, et qui pense que les pouvoirs publics doivent faire droit, y compris institutionnellement, à toute forme de désir, car c’est en manifestant ses désirs, quels qu’ils soient, que l’homme manifeste pleinement sa nature.

« Cela s’accorde parfaitement à l’idéologie libérale, qui conçoit l’homme comme un être présocial, cherchant à maximiser en permanence son seul intérêt personnel et privé. Comme l’a si bien montré Jean-Claude Michéa, c’est parce que le libéralisme économique et le libéralisme « sociétal » (ou libertaire) sont issus du même socle anthropologique qu’ils ne peuvent à un moment donné que se rejoindre. La société du spectacle, où le vrai n’est plus qu’un moment du faux et où lêtre s’efface totalement derrière le paraître, est le cadre idéal de cette rencontre.

C’est la société de l’aliénation volontaire, qui croit que les rapports sociaux peuvent être régulés seulement par le contrat juridique et l’échange marchand, mais qui ne débouche que sur la guerre de tous contre tous, c’est-à-dire sur le chaos.

JPB. Vous notez qu’Emmanuel Macron est le chantre de cette ubérisation généralisée. Mais comment diable l’a-t-on élu ? Par un malentendu ? Grâce à l’écran de fumée médiatique ? Par un désir profond d’en arriver à un salaire universel garanti (le seul candidat qui le proposait était Benoît Hamon : un hasard ?) qui permettrait de vivoter dans la précarité sans plus poser de problème à un capitalisme financiarisé qui pourrait alors s’épanouir ? Mais alors, qui achètera les merveilleux produits fabriqués demain par les quelques travailleurs encore en exercice et une noria de machines « intelligentes » ? Bref, l’ubérisation serait-elle le premier pas vers la fin du libéralisme — l’ultime contradiction interne du système ?

AdB. Dans une démocratie devenue elle aussi liquide, Macron a su instrumentaliser à son profit l’épuisement du clivage droite-gauche et l’aspiration au « dégagisme » d’un électorat qui ne supportait plus la vieille classe politique. Il a également compris que l’alternance des deux anciens grands partis de gouvernement ne mettait plus en présence que des différences cosmétiques, et que l’heure était venue de les réunir en un seul. C’est ce qui lui a permis de l’emporter avec au premier tour moins d’un quart des suffrages exprimés.

« Macron est avant tout un contre-populiste au tempérament autoritaire et à l’ego hypertrophié. Il reprend à son compte le clivage « conservateurs » contre « progressistes », mais c’est pour choisir la seconde branche de l’alternative : réunir les partisans de l’« ouverture » (en clair : les élites libérales de tous bords) contre les tenants de la « fermeture » (en clair : ceux qui s’opposent, instinctivement ou intellectuellement, à l’idéologie dominante). Contre ceux « d’en bas », il est le représentant de la Caste « d’en haut ». On voit bien aujourd’hui qu’il ne supporte pas qu’on lui résiste, qu’il n’aime pas les corps intermédiaires, qu’il est insensible aux aspirations populaires, qu’il n’a rien à dire à la France qui va mal. A un moment où les classes moyennes, menacées de déclassement et de paupérisation, sont en train de rejoindre les classes populaires, il démontre ainsi son intention de construire une « start up nation », en parfaite conformité avec une religion économique qui exige l’absorption du politique par la gouvernance. Cela augure plutôt mal de l’avenir. »

Alain de Benoist et Jean-Paul Brighelli

http://blog.causeur.fr/bonnetdane/


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSIN*"le philosophe anarchiste", voilà une étiquette audacieuse pour Alain de Benoist, qui ne me serait pas venue à l'idée de prime abord...Mais bon, comme je ne cesse de le répéter, les articles sont choisis pour leur intérêt, leur niveau académique, leur apport intellectuel sur des thématiques qui nous intéressent etc, quelles que soient les orientations idéologiques des auteurs, mais ils n'engagent que ceux- ci, dont nous respectons, par principe, le point de vue, dès lors qu'il est argumenté.

Par souci d'honnêteté envers nos lecteurs, surtout ceux qui ne connaîtraient pas cette école de pensée appelée "nouvelle droite" par la bien- pensance officielle, nous recommandons la fiche "wikipedia" d'Alain de Benoist (source qu'on ne pourra pas caractériser comme proche de nous), dont voici un extrait:

Parmi les fondateurs, en 1968, du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), principal mouvement du courant que les médias ont baptisé « Nouvelle Droite », il a, entre autres, collaboré aux revues Nouvelle École, Éléments, Krisis (revue qu'il fonde en 1988 et se définissant7 comme « de gauche, de droite, du fond des choses et du milieu du monde », celle-ci pratiquant en effet l'ouverture vers plusieurs courants d'idées et penseurs extérieurs au milieu néodroitier, comme Jean Baudrillard, Régis Debray, Jean-François Kahn ou Michel Jobert, voire engagés au sein de la gauche antilibérale, tels Bernard Langlois et Ignacio Ramonet), ainsi qu'au Figaro magazine, qu'il dut quitter au début des années 1980.

Son livre Vu de droite obtient le grand prix de l'Essai en juin 1978 par l'Académie française.

De 1970 à 1982, il travaille également au Spectacle du Monde, et y collabore de nouveau épisodiquement depuis les années 2000. Alain de Benoist s'est aussi fait connaître en participant à l'émission Panorama sur France Culture de 1980 à 1992.

En 1986, le « chef de file » de la Nouvelle Droite publie Europe, Tiers monde, même combat — dont le bandeau donne à lire : « Décoloniser jusqu'au bout ! » —, ouvrage qui prône le soutien aux luttes pour l'autonomie des peuples du Tiers monde et l'alliance avec celui-ci8 contre l'impérialisme. Une vision déjà en germe dans les écrits antérieurs de l'auteur9 et qui restera la sienne. Pour Christian Savés (du CNRS), Alain de Benoist a en effet conduit une « remarquable entreprise de démystification » de l'« idéologie ethnocidaire de l'Occident10. »[pas clair] Il a par ailleurs été fortement influencé par les penseurs liés à la Révolution conservatrice allemande comme Ernst Jünger et Armin Mohler11."

 


 

[1] " remplacement des activités productives par des emplois inutiles, qui sont en dernière analyse des emplois de contrôle, destinés à désamorcer les velléités de révolte sociale": un des reproches majeurs que l'on peut faire à cette approche plus "marxiste" que "marxienne": une conception strictement utilitaire (et pas seulement en terme de "classes sociales") de l'économie: facile de tomber dans le piège de l'"économisme" sans parfois s'en rendre compte, et c'est de surcroît un point commun avec les libéraux (le "même socle anthropologique", comme dirait Michéa), qui m'a améné personnellement, à prendre mes distances avec ce type d'approche, même si c'est parfaitement valide à un certain niveau. Question bête, c'est quoi, un emploi inutile? Le débat est ouvert, à vos plumes les amis!

P.G.

samedi 16 septembre 2017

Selon un économiste allemand, «le miracle économique allemand doit peu aux réformes structurelles»

Parmi les économistes allemands, on commence à mettre en cause les bienfaits des réformes Schröder du début des années 2000, celles, précisément, dont l'actuel gouvernement français - en retard d'un bon petit paquet de guerres - entend s'inspirer pour déréguler le marché du travail. 

ARG EMPLOI ALLEMAGNEL'article ci-dessous est initialement paru dans le journal belge Le Soir, et reproduit ici pour en assurer une diffusion en France. Il relaie les propos de l'économiste Christian Odendhal, membre du CER (Centre for European Reform) un think tank basé à Londres (...) fondé par un ancien du très libéral hebdomadaire The Economist.

***
Il y a une quinzaine d'années, l'Allemagne était « l'homme malade » de l'Europe. L'économie stagnait, le chômage touchait plus de 10 % de la population active et le déficit public frôlait les 4 % du PIB – un comble pour le pays qui, dix ans plus tôt, avait imposé la fameuse « règle des 3 % » dans le traité de Maastricht.
Depuis, la situation s’est complètement inversée : nos voisins d’outre Rhin ont rapidement digéré la Grande Récession qui a suivi la crise financière, et surfé sur la crise des dettes souveraines, évitant la rechute en récession dont ont pâti la plupart des économies partageant la monnaie unique. Le taux de chômage est au plus bas, à 3,8 %. Le budget public en surplus.
Le modèle
L'Allemagne, de manière assez compréhensible, est donc apparue comme le modèle à suivre, et cette imitation de l'Allemagne comme le nouvel Evangile européen, a été portée sinon imposée aux quatre coins de la zone euro aussi bien par la Commission que par la Banque centrale européenne (BCE) et par les dirigeants nationaux. 
De quoi parle-t-on ? Des fameuses « réformes structurelles » - en particulier du marché du travail – qui forment le cœur de la stratégie de sortie de crise, aussi bien dans les pays de la périphérie de la zone euro (les plus touchés) qu'ailleurs, chez nous (NB : ce sont des Belges qui parlent), mais aussi en France. Au delà du Quiévrain, le nouveau président (Macron donc) mise tout - ou presque - sur ses réformes pour doper la croissance et l'emploi. 
En Allemagne, les réformes Hartz, du nom de leur principal concepteur Peter Hartz, alors membre du comité directeur de Volkswagen, ont été mises en œuvre sous la houlette du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder entre 2003 et 2005. Elles visaient quatre objectifs principaux : réduire le coût des pensions et plus généralement de l’État providence; flexibiliser le marché du travail, d'une part en favorisant l'auto-entrepreneuriat, les « mini-jobs », les CDD et la sous-traitance, et d'autre part en réduisant le coût des licenciements pour les petites entreprises; inciter au retour à l'emploi en réduisant la durée d'indemnisation du chômage et le montant des aides sociales; augmenter le taux d'emploi des plus âgés en durcissant les conditions de départ anticipé. 
Dès 2005, l'économie allemande rebondit. L'emploi repart à la hausse alors que le chômage baisse. Ni la crise financière ni celle de l'euro ne contrarient durablement cette « renaissance économique ». Nos voisins d'outre-Rhin auraient donc mis au point la bonne recette, oserait-on dire la « potion magique » ? 
Un coup de chance
«C'est un mythe» explique Christian Odendhal, chief economist au Centre for European Reform, un think tank basé à Londres, dans une étude qu'il a récemment publiée. «Il s'agissait de changements importants, mais ces réformes ne peuvent expliquer le rebond de l'économie allemande après 2004». 
«Quatre autre facteurs ont joué un rôle plus important.» D'abord, le boom des économies émergentes, et parmi celles-ci la Chine, a dopé la demande pour les biens d'équipements – une spécialité allemande de longue date - et pour les biens de consommation «made une Germany» - en particulier l'automobile. Et après la Grande Récession, ce boom s'est poursuivi, dopé par les plans de relance chinois. 
Christian Odendhal réfute également la vulgate selon laquelle les réformes Hartz auraient mis sous pression les travailleurs, les forçant à modérer leurs exigences salariales, et dopé ainsi la compétitivité de l'industrie allemande. Depuis le milieu des années 1990, les syndicats avaient en effet accepté de privilégier l'emploi, non les salaires. «Les réformes Hartz ont permis de donner un nouveau tour de vis pour les bas salaires, mais l'essentiel de la modération salariale s'était produit avant cela». 
De même – et c'est en partie lié – les entreprises allemandes s'étaient profondément restructurées afin de réduire leurs coûts et de doper leur profitabilité en organisant le recours systématique à la sous-traitance en Allemagne, mais aussi et surtout dans les pays à bas salaires de l'est de l'Europe. Enfin, Christian Odendhal pointe un quatrième facteur : le redémarrage du secteur de la construction après dix ans de déclin. 
«La raison pour laquelle les réformes Hartz ont acquis un statut mythique, c'est parce qu'elles ont été mises en œuvre au bon moment». L'Allemagne, en particulier parce qu'elle disposait d'un panier d'exportation adapté à la demande des pays émergents, a pu profiter pleinement du boom économique mondial. «L'Allemagne a eu la chance que la demande extérieure soit venue à son secours», explique Odendhal. 
Le test Macron
«Alors que la croissance chinoise ralentit, que les importations allemandes ne montrent aucun signe de hausse importante et que l'économie américaine poursuit son petit bonhomme de chemin à un rythme modéré, les autres membres de l'union monétaire n'auront pas la même chance». 
L'économiste pointe également les effets secondaires de ces réformes au niveau social en Allemagne et du point de vue économique au sein de la zone euro. «La modération salariale en Allemagne a eu des effets négatifs pour l'Europe. Des salaires plus bas se sont traduits par une consommation et des importations plus faibles. En conséquence, l'Allemagne (accumulant des surplus extérieurs) a exporté du capital – lequel a contribué à nourrir les bulles immobilières et l'endettement ailleurs en Europe».
Il souligne également les limites des politiques de flexibilisation du marché du travail et de pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. «Cela contribue peu, voire pas du tout, à booster la productivité. En réalité, ça peut même être nuisible si de telles réformes réduisent l'incitation des entreprises à investir dans les travailleurs et dans les équipements».
Si l'Europe ne semble pas tirer les bonnes leçons de l'expérience allemande, «l'élection d'Emmanuel Macron, qui a juré de réformer le marché du travail en France, va mettre à l'épreuve cette rhétorique construite autour des réformes Hartz. Si elle s'avère être fausse, le président français pourrait bien échouer à relancer la croissance et l'emploi, ouvrant ainsi la voie à un populiste lors des prochaines élections présidentielles » prévient Christian Odendhal. 

En clair, certains libéraux commencent à s'inquiéter des conséquences désastreuses des politiques anti- sociales sur l'avenir de la construction européenne, qui provoque un rejet de plus en plus visible, ce qu'ils appellent "populisme".
P.G.

mardi 5 septembre 2017

Des salariés de GM&S mobilisés devant l'usine PSA de Poissy et délogés

Mis à jour
le 05/09/2017 à 16h53

Une centaine de salariés de GM&S, l'équipementier automobile creusois placé en liquidation judiciaire, ont manifesté mardi leur mécontentement devant une entrée de l'usine PSA Peugeot de Poissy (Yvelines), avant d'être délogés par les forces de l'ordres.

gms paris

Le tribunal de commerce de Poitiers doit rendre jeudi sa décision sur l'offre de reprise par l'emboutisseur GMD, qui préserverait 120 emplois sur 277. Une solution jugée "insuffisante" par les manifestants.

Venus en autocar et en voiture, ils se sont rassemblés et ont distribué des tracts devant l'une des entrées du site, tandis qu'à l'entrée opposée une contre-manifestation a rassemblé environ 120 membres de la direction de l'usine.

La mobilisation a entraîné des bouchons autour de l'usine.

Les forces de l'ordre sont intervenues en milieu de journée pour déloger les manifestants qui avaient organisé un sit-in.


 

SLOGAN DESINDUS

Nous avions essayé d'expliquer pendant la campagne électorale que cette affaire relevait de la logique de l'article 63 du Traité de Fonctionnement de l'Union européenne ("libre circulation des mouvements de capitaux"). Le courage et la détermination des salariés creusois ainsi que la "médiatisation" de cette affaire avaient permis d'éviter le pire, mais bien sûr, ce n'est pas l'équipe Macron, au service de l'UE et de l'oligarchie qui se cache derrière, qui mettra un terme à la désindustrialisation de la France.Il faut un FREXIT, d'urgence!

P.G.

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Saignée sur ordonnance? (J. Sapir)

Une nouvelle agite les français en cette rentrée. La publication jeudi 31 août à midi du texte des 5 ordonnances qui seront prises par le gouvernement le 22 septembre a donc fait les grands titres de la presse.

ARG SAPIR MACRON

Et il y a de quoi. Ces ordonnances constituent en effet un changement radical non seulement dans le contenu du droit du travail, mais aussi dans les principes du droit en général.

Le gouvernement présente son texte comme le prix à payer si l'on veut remettre la France sur le chemin du plein emploi. Qui pourrait contester que cela soit aujourd'hui une urgence? Si l'on additionne aux demandeurs d'emplois de « catégorie A », ceux qui relèvent de deux autres catégories (la catégorie « B » et la « D »), et dont la situation est en réalité très voisine de la catégorie « A », c'est 4,55 millions de personnes qui sont concernées directement par le chômage. En fait, le chiffre total des personnes concernées est encore plus élevé. Il faut, bien évidemment, ajouter le nombre de ceux qui travaillent à temps partiel de manière contrainte et ceux dont l'emploi n'est rendu possible que par les aides publiques. Ce sont donc 1,777 millions de personnes qu'il convient d'ajouter, pour arriver au chiffre, énorme, de 6,328 millions de personnes inscrites à pôle-emploi.

Mais, il n'est pas sûr que les mesures contenues dans les ordonnances aient le moindre impact sur le chômage. Ce qui conduit à s'interroger sur le sens général de ces mesures. Le chômage n'est-il pas ici un simple prétexte pour commencer à détricoter l'ensemble du droit du travail et pour arriver, en fin de compte, à une situation de bien plus grande précarité qu'avant?

L'extension du « référendum d'entreprise ».

Commençons par la mesure dont on a le plus parlé: le « référendum d'entreprise ». Cette mesure est présentée par le gouvernement comme de nature à faciliter le dialogue social. Elle est combattue par les syndicats qui y voient une possibilité de contournement de la part du patronat. Il convient, alors de préciser un certain nombre de points.

On sait que c'est ce que veut faire le gouvernement: « La validité des accords ou des avenants de révision conclus en application du présent article est subordonnée à leur approbation par les salariés à la majorité des suffrages exprimés, dans des conditions déterminées par décret et dans le respect des principes généraux du droit électoral. »

En fait, la pratique qui consiste à demander aux gens leur avis est justifiée, et démocratique, A LA CONDITION QUE LES PERSONNES NE SOIENT PAS DANS UN RAPPORT DE DEPENDANCE. Ce point est essentiel pour comprendre le fonctionnement des mécanismes démocratiques.

Dans le cadre d'une entreprise, il n'y a pas d'égalité statutaire. Il y a les propriétaires de l'entreprise, qui mandatent une direction, et il y a les employés, qui sont nécessairement dans un rapport de subordination par rapport aux premiers. Dans ces conditions, les clauses d'égalité juridique ne peuvent exister. Dès lors, l'introduction du « référendum d'entreprise », parce qu'il nie la relation de subordination qui est l'essence même de l'entreprise capitaliste, s'avère être tout le contraire de l'introduction d'un mécanisme démocratique.

Ce qui se joue avec l'inversion des normes

Mais, ces ordonnances vont, et c'est peut-être là le point principal, conduire à une inversion des normes importantes dans le droit français. En privilégiant l'accord d'entreprise sur l'accord de branche, et l'accord de branche sur l'accord national, elles modifient en profondeur la règle de droit.

D'un point de vue juridique, ce principe équivaut à établir qu'une réalité locale à primauté sur des règles générales. Or, nul droit ne peut se construire sur de telles bases. Le droit, et cette fonction est trop souvent oubliée, a pour but de donner un cadre prévisible général à l'ensemble des acteurs concernés. En cela, le droit constitue bien ce que l'on appelle un « dispositif cognitif collectif ». Vouloir faire de la réalité locale la base de fondation du droit aboutit à supprimer cette fonction « collective ». En cela, cette réforme introduit, pour des raisons qui sont clairement circonstancielles, une modification extrêmement importante dans le droit français.

D'un point de vue économique, le fait d'avoir des règles collectives (même si leurs conditions d'application locales peuvent être modulées) permet à l'ensemble des acteurs, qu'il s'agisse des patrons ou des salariés, de comprendre la nature du cadre dans lequel ils vont travailler. Ici, il convient de le rappeler, la flexibilité aboutit bien souvent à paralyser la décision et non pas à la libérer.

C'est ce que l'on appelle en économie le « paradoxe de Shackle »: la décentralisation de la décision induit l'incertitude endogène, mais cette dernière devrait logiquement paralyser la décision des acteurs décentralisés. L'introduction de règles d'arrêt qui peuvent être fixées justement dans ces réglementations de branche ou même générale renvoie alors à la subjectivité de l'agent, mais aussi à l'évolution de ses préférences dans le cours même du processus de décision.

La relation entre la demande et l'offre

Fondamentalement, ces « ordonnances » affectent de croire que les conditions de licenciement déterminent les conditions d'embauche. Or, le problème posé au propriétaire d'une entreprise et donc aux dirigeants qu'il a mandaté, est le suivant. Le mise en œuvre d'un processus de production impose une dépense initiale. Cet engagement en capital se fait sur la base d'une estimation d'un retour sur capital, autrement dit d'une espérance de profit. Il s'agit d'une estimation et non d'une certitude, car aucun propriétaire ne peut savoir de manière précise quelles seront les conditions de réalisation et de vente de la production qu'il a engagée.

Il y a donc, dans tout acte de production, une dimension de pari sur l'avenir. Le propriétaire, ou le dirigeant le représentant, se décide donc fondamentalement à partir de deux estimations, celle concernant le « marché », et donc la demande solvable, et celle concernant le degré de concurrence. Ce n'est que quand il est confronté au dénouement de son pari initial qu'il se pose alors la question de savoir s'il doit licencier et dans quelles conditions.

Il en découle que les conditions de licenciements ne sont pas totalement absentes du raisonnement du propriétaire ou du dirigeant, mais qu'elles sont nécessairement secondaires et subordonnées aux estimations de la demande solvable et du degré de concurrence. Donc, si le gouvernement était sérieux quand il prétend qu'il entend faire du retour à l'emploi la priorité de son action, il devrait logiquement consacrer tous ses efforts à la question de la demande solvable ainsi qu'à celle de la concurrence, et en particulier poser le problème du taux de change qui est imposé par l'Euro et qui ne correspond nullement aux conditions de production en France.

Il y a, de ce point de vue, un mensonge flagrant dans le discours du gouvernement, et ce mensonge éclaire la logique réelle de ces ordonnances, qui vont fragiliser encore un peu plus les salariés français. Ce qui fait franchement désordre dans l'image que veut donner de lui ce gouvernement. Un désordre tellement apparent que certains journalistes l'ont relevé…

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201709041032906406-france-droit-travail-ordonnances/

samedi 2 septembre 2017

Réforme du Code du travail : que prévoient les cinq ordonnances dévoilées par le gouvernement ?

Les cinq ordonnances sur le «Renforcement du dialogue social» ont été rendues publiques. En attente des décrets d'application, elles actent le contournement des syndicats, le CDD à la carte et le plafonnement des indemnités prud’homales.

CODE DU TRAVAIL

Très attendues, les 159 pages de modifications du Code du travail étaient difficiles à télécharger, le matin du 31 août, sur le site du ministère du Travail qui venait des les rendre publiques. Après deux mois de concertations avec les partenaires sociaux, organisations patronales et syndicales, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Edouard Philippe, Premier ministre, ont finalement présenté à Matignon les cinq ordonnances sur le «Renforcement du dialogue social». Elles constituent, en 36 mesures, une modification substantielle du Code du travail, la réforme visant, selon la ministre, à «changer l'état d'esprit du Code du travail». 

  • La première ordonnance, «relative au renforcement de la négociation collective» prévoit l’étendue des accords collectifs et notamment de branche. 
  • La seconde, traitant de «la nouvelle organisation du dialogue social et économique dans l’entreprise et favorisant l’exercice et la valorisation des responsabilités syndicales» concerne la fusion des institutions représentatives du personnel et porte sur la création d’un comité social et économique dans les entreprises d’au moins onze salariés.
  • La troisième«relative à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail» concerne principalement la limitation des dommages et intérêts dus par l’employeur en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Elle fixe pour cela des barèmes minimum mais surtout maximum. Ains, pour 30 ans d’ancienneté et plus, un salarié licencié irrégulièrement touchera, en plus de ses indemnités légales, l’équivalent de trois mois de salaire au minimum et de 20 mois au maximum.
  • La quatrième, «portant diverses mesures relatives au cadre de la négociation collective» modifie plusieurs articles relatifs au périmètre des accords collectifs.
  • La cinquième, «relative au compte professionnel de prévention» contient les dispositions sur la «prévention des effets de l’exposition à certains facteurs de risques professionnels et au compte professionnel de prévention», c'est-à-dire le fonctionnement des comptes pénibilité.

Remise en cause du rôle des syndicats 

Lors de la présentation de ces ordonnances, le Premier ministre a rappelé les trois priorités de la réforme : Le renforcement du rôle des branches, la construction de «vraies garanties pour tous» (salariés comme employeurs) et la volonté d'apporter des solutions aux TPE-PME.

La plus marquantes des 36 mesures de cette réforme est sans doute la fin de ce que le patronat appelle le «monopole syndical» pour les petites entreprises de moins de 50 salariés. Ces dernières pourront désormais signer des accords d’entreprise avec un élu du personnel choisi par les salariés non syndiqués, non mandatés. Le Medef réclamait que cette limite soit relevée à 300 salariés.

Exit les CE et délégués du personnel 

On trouve aussi dans cette réforme la création d’un référendum à l’initiative de l’employeur dans les entreprises de moins de 20 salariés sans élu du personnel. Parmi les autres mesures annoncées et fortement débattues figure la fusion des instances de représentation du personnel, dans toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, avec la création d’un Comité social et économique (CSE). Les comités d'entreprises et les délégués du personnel vont donc disparaître

La réforme prévoit aussi l’instauration de la rupture conventionnelle collective qui permettra de négocier des départs collectifs dont les modalités seront discutées par les deux parties (employeurs-salariés).

Création d'un CDD à la carte pour les branches professionnelles

Les ordonnances créent aussi la possibilité de négocier le contrat de travail dans la branche et notamment les modalités d’utilisation des CDD, leurs durées, le nombre de renouvellements et le délai de carence entre deux CDD. En Bref, CDD à la carte que les branches professionnelles vont pouvoir tailler à la mesure de leurs besoins. La généralisation des «CDI de chantier» sous contrôle des branches professionnelle est également facilitée.

Enfin, un groupe international pourra invoquer les difficultés de sa filiale française pour justifier des licenciements économiques en France, alors qu’auparavant le périmètre pris en compte était international.

https://francais.rt.com/economie/42669-reforme-code-travail-mesures-ordonnances

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jeudi 24 août 2017

Travail détaché: Macron cherche un "vrai compromis" avec l'Europe de l'est

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Le chef de l'État assure ce mercredi être sur la voie d'un compromis avec les pays de l'Est pour obtenir une révision de la directive controversée sur les travailleurs détachés.

Depuis Salzburg, en Autriche, où il entamait sa tournée en Europe de l'Est, Emmanuel Macron a intensifié ses critiques contre la directive européenne sur les travailleurs détachés, dont la France veut obtenir une importante révision. En l'état, c'est une "trahison de l'esprit européen" qui favorise le moins-disant social et fait monter les populismes, a-t-il accusé ce mercredi.

Un texte qui "nourrit le populisme"

La directive de 1996 permet à un salarié européen d'être détaché dans un autre pays de l'Union aux conditions minimales du pays d'accueil, en continuant à payer ses cotisations sociales dans le pays d'origine. Ce qui donne aux salariés d'Europe de l'Est un avantage compétitif sur leurs collègues de l'ouest. "Le marché unique européen et la libre circulation des travailleurs n'ont pas pour but de favoriser les pays qui font la promotion du moindre droit social", a martelé le président français. "C'est ce qui dans nos pays nourrit le populisme et érode la confiance dans le projet européen".

Fort du soutien de l'Allemagne, le chef de l'État français, qui se rend jeudi et vendredi en Roumanie et en Bulgarie, doit convaincre suffisamment de pays, notamment à l'est, pour obtenir la majorité sur la réforme au cours d'une réunion européenne en octobre. Il voyait ce mercredi à Salzburg les Premiers ministres tchèque et slovaque, Bohuslav Sobotka et Robert Fico, dont les pays ne souhaitaient pas cette révision.

Vers une "harmonisation sociale"

"Nous avons acté notre volonté de trouver un vrai compromis en octobre", a assuré Emmnauel Macron à l'issue de cette réunion. Une telle issue serait "une bonne nouvelle pour l'UE", a reconnu Robert Fico, tout en exprimant son souhait d'y voir associés la Pologne et la Hongrie, tenants d'une ligne dure dans le dossier. Mais une majorité qualifiée suffirait à arracher un accord.

Il ne suffira pourtant pas d'obtenir que les rémunérations des travailleurs détachés soient les mêmes que celles des salariés des pays d'accueil, que la durée du détachement soit limitée et que les contrôles soient renforcés, comme le prévoit le projet de révision de la directive. "Son usage consiste à optimiser les dysfonctionnements sociaux au sein de l'UE", a reconnu le président français. Le différentiel de coût entre salariés européens persistera en effet tant que leurs cotisations sociales ne convergeront pas. Il a donc appelé à atteindre "une harmonisation sociale" en Europe.

Un compromis sur le transport routier?

Pour obtenir un accord, Paris s'est dit prêt cette semaine à accepter que le secteur du transport routier, qui est régi par d'autres textes européens, fasse l'objet d'une négociation à part, repoussée à l'année prochaine. Une façon de s'attirer les bonnes grâces de la Bulgarie et de la Roumanie, mais aussi de l'Espagne et du Portugal, dont les entreprises de transport sillonnent l'Europe.

http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/travail-d%C3%A9tach%C3%A9-macron-cherche-un-vrai-compromis-avec-leurope-de-lest/ar-AAqBUQm?li=BBwlBpb&ocid=spartandhp

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Macron nous refait le coup de l'Europe "sociale", ce qui n'arrivera jamais, bien sûr. Ici, l'enjeu est peut- être moins de résoudre l'épineuse question des travailleurs détachés que de contraindre la Pologne et ses alliés au profit d'un pilotage de l'UE par le "couple" franco- allemand, seul moyen pour certains de pérenniser la construction européenne post- brexit. Affaire à suivre. P.G.

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mercredi 23 août 2017

Politique - Hausse de la CSG : Le Maire demande aux retraités de consentir un «effort» pour les jeunes

 

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Interrogé sur la hausse de la CSG qui pénalisera les retraités, le ministre de l'Economie reconnaît «leur demander un effort» pour «les plus jeunes générations et pour récompenser le travail».

«Notre priorité absolue, que les plus fragiles ne soient jamais oubliés.» Ce lundi, dans une interview à Sud Ouest, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire veut rassurer les Français avant d'attaquer les réformes de la rentrée. Mais pas sûr qu'il ait réussi à lever l'angoisse de tous. Après le léger rabot de l'aide au logement pour les étudiants, le gouvernement compte faire des économies à l'extrémité inverse, avec les retraites.

Interrogé en effet sur la hausse de la CSG qui pénalisera les retraités, le patron de Bercy reconnaît «leur demander un effort». Et d'appeler les seniors à compatir : «Je leur dis qu'ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail. Ce n'est pas un effort pour alimenter les caisses de l'État», promet-il dans le quotidien régional.

Le ministre assure par ailleurs que «les plus modestes ne seront pas touchés : un retraité seul qui perçoit moins de 1 200 euros par mois ne sera pas concerné. Ni les couples qui perçoivent moins de 1 800 euros mensuels». Et d'affirmer qu'«une grande partie de ceux qui assumeront cette hausse bénéficiera d'une baisse de leur taxe d'habitation». Puis le gouvernement va «augmenter le minimum vieillesse», annonce Bruno Le Maire, sans plus de précision.

« Priorité à l'emploi »

«Le cap fixé (...) est celui de la baisse des impôts pour tous (...) Nous baisserons les impôts pour les entreprises comme pour les ménages (...) Les salariés verront que leur fiche de paie augmente dès l'année prochaine», poursuit Bruno Le Maire. «Notre priorité absolue est de redonner de l'emploi à chacun, en veillant à ce que les plus fragiles ne soient jamais oubliés.» Interrogé sur les critiques de certains économistes estimant que le programme économique du président Emmanuel Macron bénéficiera surtout aux plus riches, le ministre les juge «profondément injustes» : «La vraie justice, c'est de rompre avec un modèle qui n'a donné aucun résultat !»

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Professions réglementées : Bercy envisage de déréguler de nouveaux secteurs

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Selon les informations du journal Le Monde, le gouvernement envisage d'ouvrir de nouveaux secteurs à la concurrence dans sa prochaine "loi sur la transformation de l'économie" prévue pour le printemps prochain.

Lever les blocages de l'économie : cette idée, Emmanuel Macron l'a déjà portée, sans réellement l'imposer, lorsqu'il était ministre de l'Économie. Il pourrait désormais l'appuyer en tant que président.

Deux ans après une première loi "pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques" - où il avait libéralisé le marché des autocars et réformé les conditions d'exercice de certaines professions réglementées du droit, comme les notaires ou les huissiers de justice -, le chef de l'État et son gouvernement semblent vouloir s'attaquer une nouvelle fois aux professions réglementées. C'est en tout cas ce qu'assure Le Monde dans son édition du weekend.

Ce texte sera "l'une des grandes lois de 2018", a d'ores et déjà promis le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. À la mi-juillet, il avait donné une première description de ce "projet de loi cadre" qui aurait pour objectif principal de "simplifier" la vie des très petites, petites et moyennes entreprises. Sans plus de précisions. Le quotidien croit savoir que le texte sera finalement plus large et "devrait cibler toutes les sociétés, quelle que soit leur taille".

"Ce texte pourrait permettre d'ouvrir de nouveaux secteurs à la concurrence", explique un responsable au Monde. "Rien n'est encore arbitré, mais cela fait partie des discussions. À ce stade, nous préférons avoir le champ de vision le plus large possible, quitte à refermer ensuite certaines pistes". "Le champ est ouvert", confirme-t-on dans l'entourage du ministre. "Mais aucune décision n'a été prise pour le moment". Des consultations sont prévues pour l'automne auprès des parlementaires, des entreprises et des syndicats. "On sait que c'est explosif", a admis au Monde une source à Bercy.

En France, de nombreuses professions sont dites "réglementées", c'est-à-dire soumises à une autorisation délivrée par une autorité compétente. De l'avocat, au médecin en passant par le coiffeur ou le charcutier, il existe plusieurs centaines de métiers dont l'exercice est soumis à l'obtention de diplômes spécifiques, d'agrément ou d'inscriptions à des ordres.

http://actu.orange.fr/politique/professions-reglementees-bercy-envisage-de-dereguler-de-nouveaux-secteurs-magic-CNT000000M5wUa.html

 

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mardi 22 août 2017

Revers de la médaille du «plein emploi» : l'Allemagne compte 7,6 millions de travailleurs précaires

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Si l'Allemagne peut s'enorgueillir d'avoir la première économie d'Europe avec un taux de chômage à 5,6% en baisse constante (contre 9,3% en France), la libéralisation de son marché du travail a cependant engendré nombre d'emplois précaires.

Alors que l'Allemagne se rapproche toujours plus du «plein emploi» avec un taux de chômage historiquement bas et qui ne cesse de décliner, le nombre de travailleurs exerçant une activité dite atypique (ne bénéficiant pas de CDI et/ou de plein temps) représente aujourd'hui un travailleur sur cinq, soit 7,6 millions de personnes, selon les chiffres rapportés par Le Monde

Le nombre de personnes exerçant en Allemagne un emploi atypique était de 6,8 millions en 2005, année de fin de vote des lois de libéralisation du travail appelées «réformes Hartz». Ces chiffres incluent un grand nombre de travailleurs à la situation variée (auto-entrepreneurs, indépendants, CDD, temps partiels de moins de 20 heures etc.) ayant pour point commun de ne pas entrer dans le champ d'action des syndicats et de ne pas bénéficier des avantages liés aux conventions collectives, tels que les augmentations de salaires.

Des contrats précaires

2,1 millions de personnes sont par exemple employées selon des contrats à activité réduite appelés «mini-jobs», contrats précaires que les salariés peuvent cumuler et qui sont plafonnés à 450 euros net par mois d'après les chiffres de l’institut national de statistiques Destatis publiés le 16 août et cités par Le Monde.

Le cas des auto-entrepreneurs est lui aussi préoccupant, 600 000 d'entre-eux déclarent des revenus inférieurs à 9 500 euros par an, bien qu'ils doivent s’acquitter d'une assurance-maladie à taux fixe plus coûteuse que celle des salariés. Moins de la moitié d’entre eux cotise pour la retraite. 

En outre, selon des études citées par Le Monde, le retour à l'emploi «classique» serait de plus en plus en plus difficile au fur et à mesure que les travailleurs précaires vieillissent.

Néanmoins, 3,5 millions d'emplois «classiques» auraient tout de même été créés depuis 2005. 

L'introduction d'un salaire minimum décidé en 2015 en Allemagne pourrait réduire une partie des effets indésirables des emplois précaires selon ses dirigeants. La chancelière Angela Merkel a par ailleurs fixé l’objectif politique de parvenir au plein emploi (considéré généralement à moins de 5% de chômage, contre 5,6% en Allemagne aujourd'hui) d'ici 2025.

https://francais.rt.com/economie/42204-revers-medaille-plein-emploi-allemagne-millions-emplois-precaires

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Les politiques de "pein emploi" menées en Europe tendent à être des politiques de "plein emploi au rabais", seconde phase d'une vaste opération de propagande: après une période de chômage massif, obtenir le consentement des populations à accepter n'importe quel emploi à n'importe quel prix...P.G.

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