jeudi 29 mars 2018

Dans le quartier Ozanam de Carcassonne, le souvenir d’une chapelle vandalisée

En 2013, la chapelle d’Ozanam, quartier sensible de Carcassonne où vivait Radouane L., avait été visée par un incendie d’origine criminelle. Cinq ans plus tard, la question du dialogue interconfessionnel reste d’une actualité brûlante dans cette cité en difficulté.

ACT OZANAM

Depuis l’attentat de Trèbes (Aude) vendredi 23 mars, le quartier d’Ozanam à Carcassonne est au centre des attentions. C’est dans ces tours HLM d’après-guerre que vivait l’auteur des attentats de l’Aude, Radouane L.. Dans ce quartier populaire de 600 âmes, les patrouilles de police se sont intensifiées depuis le week-end dernier. À Ozanam, les riverains sont habitués aux tensions du quotidien. Mais il s’agit plus souvent de petite délinquance que d’acte terroriste.

Une chapelle incendiée en 2013

En effet, fin novembre 2013, cette cité avait déjà été médiatisée. La chapelle Saint-Vincent-de-Paul d’Ozanam était alors la cible d’un incendie. Le chœur et la sacristie avaient été endommagés, ainsi que des objets de liturgie détruits par les flammes. Certains éléments de l’enquête avaient permis d’envisager la piste criminelle, notamment la porte principale de l’édifice forcée à plusieurs endroits. Malgré l’enquête, les motifs de cet acte n’ont jamais été précisément établis.

D’après Yasmine Mamou, conseillère municipale UDI de Carcassonne et déléguée aux quartiers prioritaires, il s’agirait là d’un « geste qui n’a rien d’antichrétien. C’était plus un acte de vandalisme commis par des jeunes inconscients de ce qu’ils faisaient ». À l’époque, le père Didier Escouperié qui officie dans la chapelle tous les jeudis soir, avait déclaré à La dépêche du Midi, que « cette église n’avait jamais fait l’objet de menace particulière ». Quelques jours après le sinistre, les responsables diocésains avaient lancé un appel à la solidarité pour nettoyer l’édifice. Appel entendu par une vingtaine de personnes dont une majorité de jeunes musulmans. Le père Jean de Soos, présent à cette opération de nettoyage, souligne ce « signe très fort » et précise : « Il y a la bêtise de quelques-uns et il y a la communion des autres ».

Un quartier fondé par des groupes catholiques

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Pour les deux prêtres, il est essentiel de maintenir l’activité de cette chapelle, aujourd’hui rénovée et qui n’accueille qu’une petite dizaine de fidèles à chaque office. « Cette messe, c’est vraiment la mémoire de ce quartier ». Le nom « Ozanam » fait référence à un personnage du christianisme social, Frédéric Ozanam fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et béatifié par le pape Jean-Paul II en 1997. Il a donné une impulsion catholique au quartier construit dans les années 1950, à l’initiative d’un groupe de catholiques, afin de loger des personnes en grande précarité. La chapelle Saint-Vincent-de-Paul a été bâtie à cette même période. Désormais, ce sont essentiellement des populations marocaines qui habitent ces résidences et de nombreux migrants. « Le souci aujourd’hui, c’est qu’il manque un cadre religieux qui existait au temps des Sœurs blanches implantées à Ozanam. De même, il n’y a pas de lieu de culte musulman ni de maison de quartier comme dans d’autres secteurs sensibles de la ville, à Saint-Jacques au Viguier. Ozaman est un quartier livré à lui-même face à ses problèmes », déplore le père de Soos.

L’objectif principal : le dialogue interreligieux

Le dialogue interreligieux est un des objectifs de travail des collectivités et communautés religieuses locales. « Ces actes de vandalismes assez mineurs il y a quelques années, prennent aujourd’hui une autre ampleur », indique Yamina Mamou. « Il y a un manque de communication, une précarité à tous les niveaux, à la fois intellectuel et cultuel. Il est nécessaire que l’État reprenne les choses en main et entame un travail commun avec toutes les communautés », poursuit-elle. Selon elle, le premier plan d’action devrait être le désenclavement d’Ozanam afin que les jeunes générations « en perte de repère » soient « intégrées à la société dans laquelle ils vivent ».

Clotilde Costil
https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/quartier-Ozanam-Carcassonne-souvenir-dune-chapelle-vandalisee-2018-03-27-1200927140?from_univers=lacroix&utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180327&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=971807&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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"il s’agirait là d’un « geste qui n’a rien d’antichrétien. C’était plus un acte de vandalisme commis par des jeunes inconscients de ce qu’ils faisaient": on suppose que s'il s'était agi d'une synagogue, on n'y aurait pas vu le moindre geste antisémite...Ce n'est pourtant pas faire de l'amalgame que de constater qu'il existe, dans certaines cités, un islamisme politique agressif, fût- il minoritaire, comme l'attestent les derniers évènements. Et si l'enquête sur cet incendie n'a pas abouti, rien ne permet d'affirmer que l'acte aurait été commis par des "jeunes inconscients"! On est donc dans de la pure propagande, l'objectif étant visiblement de minimiser la dimension politique et/ou religieuse du phénomène. Si on peut comprendre la volonté de certains "acteurs de terrain" d'apaiser les tensions, il n'est pas sûr que ce déni de réalité soit le meilleur moyen de régler le problème. On pourrait peut- être, au contraire, envisager de mobiliser toutes les "comminautés" dans une lutte commune et lucide...       P.G.

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mercredi 28 mars 2018

Baromètre social des Assises du journalisme : moins de monde, plus de précarité

Un moment important des annuelles Assises du journalisme organisées par Jérôme Bouvier est la présentation très professionnelle du Professeur Jean-Marie Charon du Baromètre social de la profession. Cette synthèse a été réalisée avec la collaboration de la Commission de la Carte des journalistes professionnels, la Correspondance de la Presse, du SNJ, de la CFDT,du SNJ-CGT, de l’Observatoire des Métiers de l’Audiovisuel et Audiens.

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Un nombre moins élevé de journalistes, plus précaires

35047 cartes de presse ont été attribuées en 2017 contre 37307 en 2009 soit une diminution de 6%. Parallèlement la précarité augmente avec une proportion de pigistes (payés à la pièce) + chômeurs qui augmente de près de 4% en onze ans. Bien plus, de nombreuses entreprises contournent le statut de pigiste via la micro entreprise voire le métier d’intermittent du spectacle ou encore par les droits d’auteur. Si l’on élargit aux emplois tous confondus de la presse écrite (mise en pages, administration, impression, distribution etc) la presse écrite dans son ensemble a perdu 28% de ses effectifs entre 2006 et 2017. La féminisation de la profession se poursuit avec près de 47% des cartes de presse féminines.

En parallèle les CLP (correspondants locaux de presse), payés au lance pierres, ayant parfois mais pas toujours un deuxième métier, sont plus de 26.000. Combien peuvent être assimilés à des journalistes ? Sans compter les rédacteurs dépendant de la convention Syntec, qui sont plusieurs centaines.

Licenciements : moins chez les quotidiens, plus chez les magazines

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Si La Voix du Nord va de restructuration en réorganisation (plus de cent postes supprimés au total) et si le quotidien communiste La Marseillaise semble très mal en point, en dehors de L’Équipe (25 départs de techniciens) il n’y a pas eu de grands plans de diminution des effectifs dans les quotidiens. Ce n’est pas le cas dans les magazines, tour à tour Causette, Les Inrocks, L’Obs (45 journalistes en moins), Marianne ont subi des baisses d’effectifs.

Dans les médias radio-télé Euronews a enregistré 80 « départs volontaires », Radio Orient s’est séparé de la moitié de ses effectifs, Radio France a vu des transferts importants vers France Info. La chaîne martiniquaise ATV (54 salariés) est en redressement judiciaire alors que Sport365 et Campagne TV ont cessé d’émettre.

Départ de trentenaires

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Alors que les diminutions d’effectifs touchaient traditionnellement les plus âgés, une proportion croissante de jeunes journalistes font le choix de quitter leur entreprise soit pour créer leur média soit pour un autre secteur, illustrant le raccourcissement des carrières (15 ans en moyenne) et souvent une déception de la pratique de leur métier.

Synthèse

Carrières plus courtes, moins rémunérées, augmentation de la « zone grise » des statuts incertains (et ne subissant pas de charges sociales), concentration aux mains de milliardaires vivant paradoxalement des subventions publiques pour leurs activités médias, tous ces éléments n’incitent ni à l’indépendance d’esprit, ni à l’exercice serein de la profession. Un jeune journaliste sait qu’il peut être remplacé du jour au lendemain, un moins jeune tient à son poste et à son évolution de carrière, avec de brillantes exceptions certes, mais l’exception n’infirme pas la règle, elle la confirme.

https://www.ojim.fr/barometre-social-des-assises-du-journalisme-par-jean-marie-charon-moins-de-monde-plus-de-precarite/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-03-27

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vendredi 23 mars 2018

Mondialisation : les Français toujours inquiets

Grégoire Normand

@gregoirenormand

Selon un sondage OpinionWay, 60% des personnes interrogées ont une image négative de la mondialisation. Il semble que les inégalités engendrées par ce phénomène contribuent à exacerber les craintes.

La mondialisation tracasse les Français. Selon les derniers résultats du sondage OpinionWay pour le Printemps de l'économie, 6 personnes interrogées sur 10 ont une mauvaise opinion de ce phénomène et 14% en ont une très mauvaise opinion. Les Français sont avant tout inquiets pour leur avenir dans le contexte de la mondialisation. Alors que les populismes continuent de progresser en Europe et notamment en Italie, les effets de la mondialisation restent au centre des préoccupations des citoyens.

Des effets économiques contestés

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Les retombées économiques de la mondialisation ne semblent pas partagées par les Français. Pour les interrogés, il existe clairement des vainqueurs et des perdants dans le processus de globalisation à l'échelle de la planète. Certaines régions ont réussi à tirer leur épingle du jeu et à bénéficier d'effets positifs de la globalisation comme l'Asie (pour 55% des personnes interrogées) et l'Amérique du Nord (51%).

Les Français se montrent plus partagés concernant les effets de ce phénomène sur l'Europe. 47% des personnes questionnées jugent qu'elles a eu des effets négatifs contre 39% pensent qu'elle eu des effets positifs. Les conséquences sont également perçus en demi-teinte pour la Russie (36% positifs, 39% négatifs) et pour l'Océanie (29% positifs, 41% négatifs). À l'opposé, certaines régions ont souffert d'effets néfastes liés à ce phénomène comme l'Afrique (55%) et l'Amérique du Sud (50%). Au regard des résultats, des disparités apparaissent en fonction des catégories socioprofessionnelles. Les répondants appartenant aux catégories populaires sont bien plus critiques sur les effets de la mondialisation dans les différentes régions du monde.

"Pour chacune des régions testées, moins de la moitié considèrent que les effets de la mondialisation ont été positifs, alors que 56% des personnes issues des catégories favorisées jugent les effets positifs en Asie et 54% en Amérique du Nord. "

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L'échantillon considère également que l'éradication de la faim, la baisse des inégalités ou la préservation de l'environnement semblent être des objectifs peu compatibles avec ce phénomène. Pour les interrogés, seule l'innovation technologique profiterait des effets de tous ces échanges.

La France loin d'être épargnée

Dans l'enquête menée par l'institut de sondages, les Français n'ont pas manqué de critiquer les effets de la mondialisation sur l'hexagone. Plus de 55% des interrogés jugent que dans le domaine économique et environnemental, la globalisation a eu des effets négatifs. Les personnes interrogées critiquent fortement ces effets sur les salaires (65%), l'emploi (64%) et le pouvoir d'achat (58%). Sur la croissance, les avis sont plus partagés. 49% considèrent que la mondialisation a eu une influence négative, tandis qu'un tiers des personnes interrogées lui attribuent des effets positifs.

Les Français inquiets pour leur avenir

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Pour les trois quart des interrogés, la mondialisation devrait continuer de s'étendre et devrait toucher à terme tous les secteurs de l'économie. L'uniformisation est également une crainte exprimée par 54% des Français tant au niveau du mode de vie que des pratiques culturelles similaires qui pourraient aboutir à ce que toutes les sociétés se ressemblent. Seule une minorité de Français (34%) jugent que la mondialisation favorisera la paix dans le monde et que les inégalités de revenus diminueront sous son influence. Au final, les Français sont plutôt pessimistes sur leur avenir dans le contexte de la mondialisation. Il s'inquiètent en particulier du futur des générations à venir.

"L'avenir de la France (67%) et du monde (65%) représentent également des sources d'inquiétude fortes et à leur échelle personnelle, les Français reconnaissent également être pessimistes pour leur propre avenir (63%)".

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Le niveau vie des interrogés semble également jouer un rôle primordial dans la perception de la mondialisation. Les catégories les plus défavorisées qui expriment le plus de critiques à l'égard de la mondialisation sont également celles qui se sentent le plus démunies pour l'avenir. Ainsi, 58% des interrogés issus des catégories populaires (contre 54% des personnes issues des catégories favorisées), 62% des personnes non diplômées (contre 46% des personnes ayant un diplôme du supérieur à bac+2) et 57% des personnes ayant un niveau de revenu inférieur à 2.000 euros par mois (contre 51% des personnes gagnant 3.500 euros par mois ou plus) déclarent être pessimistes sur ces perspectives d'avenir dans le cadre de la mondialisation.

(*) Cette étude a été réalisée auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d'agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées du 14 au 16 février 2018.

https://www.latribune.fr/economie/france/mondialisation-les-francais-toujours-inquiets-771303.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180316

jeudi 22 mars 2018

Sanctions contre les chômeurs : le gouvernement annonce ses projets

Étape de la concertation avec les partenaires sociaux, le ministère du Travail a présenté le 19 mars de nouveaux axes de son projet de réforme de l’assurance chômage : plus de contrôles et des sanctions alourdies contre les chômeurs.

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Partenaires sociaux, organisations patronales et syndicats qui gèrent l’Unédic ont été reçus au ministère du Travail, ce 19 mars, pour prendre connaissance des arbitrages du gouvernement sur l’assurance-chômage.

Le cabinet de la ministre Muriel Pénicaud dévoilait les grandes lignes du projet de «Loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel» qui doit être présenté mi-avril pour un vote au Parlement d’ici cet été. Il s’agissait principalement de notifier aux trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) et aux cinq syndicats (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC et FO) un renforcement des mesures de contrôle des demandeurs d’emploi qui avaient été annoncées pendant la campagne.

Selon les projets du gouvernement, refuser une «offre raisonnable d’emploi» ou l’insuffisance de recherche d’emploi seront désormais passibles de suspension d’allocations pendant un mois la première fois, deux mois la deuxième fois et quatre mois la troisième fois. Au deuxième et troisième manquement, l’allocation ne sera pas seulement suspendue mais définitivement amputée. Il s’agit donc surtout de modifications rendant plus sévères les sanctions déjà prévues par la loi de 2008, adoptée sous le deuxième gouvernement Fillon, qui avait déjà introduit la notion d’ «offre raisonnable d’emploi».

Triplement des agents pour contrôler les demandeurs d’emploi

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Parmi les mesures phares chères à Muriel Pénicaud : le triplement des agents de Pôle Emploi affectés au contrôle des demandeurs d’emploi. Ils devraient passer de 200 actuellement à 600 selon le projet de loi. Mais est-ce à cause d’un manque de moyens ou d’un manque de cas correspondants que la loi prévoyant les radiations a donné jusqu’ici peu de résultats ? Interviewé le jour même sur la chaîne Public Sénat, Hervé Chapron, ancien directeur général adjoint de Pôle Emploi, a rappelé que «Toutes les études avaient montré que 90% à 92% des demandeurs d’emploi cherchaient vraiment un travail. »; avant d’analyser : « Se focaliser sur le contrôle des chômeurs est une chose qui peut être intéressante médiatiquement mais qui […] ne rapportera pas l’équilibre des comptes

Toutefois, de nombreux points restent à préciser, comme les critères définissant les «offres raisonnables» qui doivent en partie être définis avec le demandeur d’emploi et être personnalisés. Parmi eux, la distance entre le domicile et le lieu de travail, mais aussi le salaire en deçà duquel un demandeur d’emploi peut refuser une offre. Il doit, actuellement être d’au moins 85% du salaire précédent dans une fonction comparable après six mois d’inscription à Pôle Emploi.

 

Dans une interview exclusive accordée au Parisien, il y a environ un an, le candidat Macron annonçait déjà un durcissement, en prévoyant d’abaisser ce seuil à 80%, voire 75%, sans parler d’attendre six mois : «Si des emplois décents correspondent à votre qualification et que le salaire n’est pas inférieur de plus de 20-25 % à votre ancien poste, vous ne pourrez pas refuser plus de deux offres. Sinon, vos indemnités seront suspendues. C’est ça la vraie révolution de la flexi-sécurité.»

A l’époque, Emmanuel Macron présentait ces nouvelles contraintes comme une «contrepartie» de l’extension des droits à l’allocation aux démissionnaires, mais aussi aux indépendants. En effet, ces derniers, auraient désormais droit, en cas de liquidation judiciaire, à une allocation de 800 euros par mois durant six mois, sous certaines  conditions. Mais aucune cotisation supplémentaire ne serait prélevée pour financer ce nouveau droit qui devrait donc alourdir la charge de l’assurance chômage. La logique peine toutefois à expliquer le lien entre le durcissement des contrôles pour des salariés devenus chômeurs et de nouveaux droits accordés aux indépendants et non financés au préalable.

Cela fait les bons comptes du Medef puisque cette mesure permet de précariser davantage les travailleurs en les obligeant à accepter toute forme d’emploi au rabais, sans quoi ces derniers se verraient supprimer leurs allocations.

Une stratégie qui permet dés lors de flexibiliser davantage le marché du travail, et qui permet également de faire baisser la courbe du chômage en faisant tout bonnement disparaître nombre de chômeurs des statistiques officielles.

Une baisse du taux de chômage par la radiation ou la précarisation.

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Muriel_Pénicaud

https://francais.rt.com/economie/48953-sanctions-contre-chomeurs-gouvernement-annonce-durcissement

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=2002675F696E8AA92A78D674377C1C86.tplgfr30s_1?idArticle=LEGIARTI000006903813&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20180319

https://aphadolie.com/2018/03/21/sanctions-contre-les-chomeurs-le-gouvernement-macron-annonce-ses-projets/

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mardi 13 mars 2018

Hôpital public : burn-out à tous les étages

« Madame la Ministre, les agents ne veulent plus parce qu’ils ne peuvent plus ! Ils ont peur de commettre l’irréparable. Les glissements de tâches sont institutionnalisés ». Faute d’avoir réussi à faire entendre la dégradation de leurs conditions de travail depuis 2013, la CFDT de l’hôpital de Périgueux (Périgord) a écrit cet automne à Agnès Buzyn, nouvelle locataire de l’avenue Duquesne. Ces deux pages serrées reflètent le même ras-le-bol qui s’exprime, partout en France, dans les blocages, les grèves et sur les réseaux sociaux à travers le hastag #BalanceTonHosto.

ACT HOPITAL BURN OUT

« Les effectifs journaliers ne correspondent pas aux besoins des services. Sans moyens en cohérence avec l’activité, les équipes continueront de souffrir », lâchent Corinne Gourvat et Catherine Autier, responsables CFDT. A l’hôpital de Périgueux, l’absentéisme de 8% chez le personnel soignant (soit 200 personnes absentes sur 2 400 tous les jours) désorganise constamment les équipes. Rappel incessant des agents chez eux « même la nuit », planning réécrit constamment, congés annulés, heures supplémentaires qui s’accumulent, mobilités imposées. Chaque jour, il alimente le même cycle de travail infernal et cette terrible impression de devoir faire « toujours plus avec moins », de ne parer qu’au plus pressé au détriment des malades. Sources d’épuisement et démotivation. Comme chez cette auxiliaire puéricultrice affectée, de nuit, auprès de nourrissons en néonatalogie, sans la formation demandée. Et aujourd’hui arrêtée.

Grève de la faim

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« On met les agents en difficulté, Cela alimente l’absentéisme. C’est un cercle sans fin », soufflent Corinne Gourvat et Catherine Autier, qui réclament juste que l’effectif minimum soit respecté, ne serait-ce que par le remplacement des agents en longue maladie (plus de deux mois) ou en congé maternité. Mais la direction du centre hospitalier, en déficit, diffère ces remplacements. « Elle est soumise à une injonction de l’Agence régionale de santé (ARS) d’économiser 3-4% annuels sur la masse salariale », poursuivent les syndicalistes.

A 100 kilomètres de là, dans la Haute-Vienne, les agents du CHU de Limoges, lui aussi en déficit, qui réclamaient les mêmes solutions minimales face au même mal (8% d’absentéisme) ont eu gain de cause. Mais au prix d’une grève de la faim, une semaine durant en mars 2017, de quatre agents CGT et SUD. Une première dans le milieu hospitalier. Le volume de remplacements obtenus (146) en dit long. « Mais la majorité des remplacements se font, au mois le mois », déplore Florence Metge, déléguée CGT.

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La masse salariale, principale variable d’ajustement

Certes, parmi les 830 centres hospitaliers publics dans l’Hexagone, la situation diffère d’un établissement à l’autre, certains manquent un peu de personnels, d’autres en ont terriblement besoin. Des services tournent en surchauffe, d’autres au ralenti. Reste que la masse salariale (l’hôpital public compte plus de 1 million d’agents dont près de 117 000 médecins), qui représente 70% en moyenne des dépenses des établissements, a été leur principale variable d’ajustement, depuis qu’ils se sont mis à partir de 2004 à l’heure de l’entreprise.

https://www.alternatives-economiques.fr/hopital-public-burn-out-a-etages/00083199

samedi 10 mars 2018

Les chômeurs européens de plus en plus pauvres, surtout les Allemands

La baisse du chômage en Europe, à son niveau le plus bas depuis la crise de 2008, cache des statistiques plus sombres : ceux qui restent à l’écart de l’emploi vivent de plus en plus mal, notamment en Allemagne, champion de la flexibilité du travail.

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En Europe, les indicateurs du chômage sont au beau fixe. Selon la dernière livraison d’Eurostat, le bureau de statistiques basé au Luxembourg, le taux de chômage parmi les 28 a baissé de 8% de janvier 2017 à janvier 2018, pour s’établir à 7,3%. C’est son plus bas niveau depuis la crise financière de 2008. A 8,6 %, il est également en forte baisse dans les 19 Etats membres de la zone Euro.

Mais les quelque 18 millions de femmes et d’hommes sans travail dans l’Union européenne (UE) sont de plus en plus exposés au «risque de pauvreté». Un indicateur qui désigne un niveau de revenu équivalent à 60% du salaire médian, comparable au terme plus connu de «seuil de pauvreté».

Et sur ce point, la tendance est à l’aggravation continue depuis une quinzaine d’années. Selon une autre livraison statistique du même institut le risque de pauvreté est passé dans l’UE et la zone euro de respectivement 40% et 37% en 2005 à 48,7% dans les deux ensembles fin 2016.

Les chômeurs allemands sont les plus exclus d'Europe

En France, où il est parmi les plus bas d’Europe, il est passé de 29,5% en 2005 à 38,4% pendant la même période. Et en Allemagne ce taux a explosé et atteint aujourd’hui 70% (contre 20% pour l’ensemble de la population). Le record au sein de la zone euro !

Dans le domaine du chômage, le modèle d’outre-Rhin affiche donc des résultats contrastés, mais aussi inquiétants, pour les demandeurs d'emploi français. En effet, la paupérisation rapide des chômeurs en Allemagne a accompagné l’entrée en vigueur des lois de flexibilisation du travail de 2005, connues comme «réformes Hartz», avec les fameux «jobs à 1€ de l’heure», temps partiels non-voulus et autre emplois très précaires. 7,6 millions d'Allemands sont aujourd'hui concernés. Or ces réformes allaient dans le même sens que la loi Travail du gouvernement précédent et les ordonnances réformant le code du travail, signées en septembre 2017.

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Autre trajectoire franco-allemande inquiétante : en Allemagne les allocations chômage sont gérées et versées par l’Etat, ce qui permet de fixer le seuil et les conditions d’indemnisations sans passer par des négociations avec les partenaires sociaux, comme c’est encore le cas en France. Mais on sait que l’étatisation de l’assurance chômage est la conséquence la plus vraisemblable de la réforme pour laquelle les discussions ont été entamées l’hiver dernier avec les syndicats et qui devrait voir le jour d’ici le printemps.

https://francais.rt.com/economie/48551-chomeurs-europeens-plus-plus-pauvres

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Une baisse formelle donc, toute relative, qui masque une augmentation de la précarité et de la pauvreté, voilà le "modèle social" promu par l'Union européenne.  P.G.

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lundi 1 janvier 2018

PSA, Pimkie… Surprise, la loi Travail commence par supprimer des emplois !

À peine les décrets d'application signés que PSA et Pimkie se préparent à lancer des procédures de rupture conventionnelle collective. Un nouveau dispositif issu des ordonnances Travail moins contraignant qu'auparavant. Censée faciliter les embauches, la réforme commence donc par simplifier les licenciements.

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À croire qu'ils étaient dans les starting-blocks. Ce jeudi 28 décembre, Le Parisien révèle que le groupe PSA se prépare à utiliser la nouvelle rupture conventionnelle collective, dispositif ouvert par la réforme du code du travail d'Emmanuel Macron, pour lancer un plan de licenciements dès la rentrée. Déjà Pimkie, l'enseigne de prêt-à-porter, avait convoqué ses quatre syndicats cinq jours avant le réveillon de Noël pour une réunion prévue le 8 janvier afin de présenter son propre projet de rupture conventionnelle collective.

Un empressement gourmand, puisque le décret d'application de cette mesure n'a été publié au Journal officiel que le 22 décembre... Pas le temps de niaiser, comme disent les Québécois ! Dans le document interne au groupe PSA que s'est procuré le quotidien, daté du 19 décembre soit trois jours avant la publication du décret au JO, la direction du groupe "invite" les syndicats de l'entreprise le 9 janvier à une réunion ayant pour ordre du jour la "négociation sur les ruptures conventionnelles collectives".

Selon Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT du groupe PSA Peugeot-Citroën, interrogé par Le Parisien, "cela va lui permettre de faciliter les départs collectifs et ainsi poursuivre la fonte des effectifs en CDI dans les usines. C'est un recul supplémentaire pour les droits des travailleurs". De son côté, un porte-parole de l'entreprise se limite à expliquer que "ce sujet va être abordé lors du comité central d'entreprise et s'inscrit dans le cadre de notre DAEC 2018 (dispositif d'adéquation des emplois et des compétences) mis en place ces dernières années". Sans plus de détails. Pourtant, selon les chiffres du syndicaliste, le groupe a déjà effectué 3.000 suppressions d'emplois en 2017 et 25.000 depuis 2013.

Sauf que la nouvelle mesure de rupture conventionnelle collective permet de licencier à moindres frais. Comme le rappelait l'avocat Olivier Khatchikian à LCP lors de la présentation de la réforme du code du travail, "quand un employeur veut réduire les effectifs de manière collective, il doit observer les règles relatives aux licenciements économiques collectifs (...), il doit justifier d'un motif économique valable et favoriser le reclassement des salariés licenciés". Avec les ordonnances Travail, plus besoin : "Toutes ces obligations pour l’employeur vont disparaître ! Aucune nécessité de justifier d'une cause réelle et sérieuse ! Envolé, le lourd dispositif de prévention et d'accompagnement des licenciements économiques. La loi prévoit en effet une simple 'homologation' de la rupture conventionnelle, comme pour une rupture conventionnelle individuelle ordinaire…".

"C'est une fragilisation de tout le marché du travail"

Ce jeudi 28 décembre, Eric Coquerel, député de la France insoumise, a expliqué ne pas être surpris par ces annonces. "C'est évident, à partir du moment où la loi ne protège plus les salariés, ça les laisse à la merci d'un rapport de force (...) c'est évident que pour les employeurs, c'est tout bénéfice (...), ça va être dévastateur pour l'emploi", a-t-il réagi sur BFMTV.

Pour le député, PSA et Pimkie ne sont donc que les "premiers de cordée" d'un mouvement beaucoup plus général : "On s'aperçoit que c'est une fragilisation de tout le marché du travail, c'est ce qu'on dénonçait avec les ordonnances et c'est ce qui est en train de se réaliser".*

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail qui a porté la réforme, répétait pourtant encore le 29 novembre sur RTL qu"il n'y a absolument aucune mesure dans les ordonnances qui va dans le sens de la précarisation. Évidemment, notre but, c'est l'inverse." Il lui faudra un sacré sens de la pédagogie pour l'expliquer aux futurs ex-PSA et Pimkie...

https://www.marianne.net/economie/psa-pimkie-surprise-la-loi-travail-commence-par-supprimer-des-emplois

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*Eric Coquerel et ses amis de la "France insoumise" omettent toujours de mentionner l'origine "européenne" de ces mesures, et pour cause...Et bien sûr, la fausse opposition est largement citée dans tous les médias de l'oligarchie. Le jeu de dupes continue, avec le faux clivage "gauche (droite? centre?) macroniste" contre "gauche radicale" ...jusqu'à quand?   P.G.

 

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Le blues des ex-ministres et députés confrontés à Pôle emploi

Après la vague de dégagisme qui a touché la classe politique, plusieurs figures de la hollandie peinent à retrouver un travail, révèle « Le Figaro ».

ACT DEPUTES BATTUS

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jeudi 21 décembre 2017

[RussEurope en exil] Vers la fin de l’Ubérisation ? Par Jacques Sapir

On parle beaucoup, depuis ces dernières années de « l’uberisation ». Ce néologisme cherche à rendre compte d’une évolution importante dans le monde du travail : des plates-formes, utilisant des applications pour smartphones, mettent en contact ce qui est décrit comme des « particuliers » avec d’autres « particuliers » pour échanger des services ou acheter un service.

TL SAPIR UBER PRECARITE

C’est ce que l’on appelle aussi l’économie « collaborative ». Cette économie recouvre des initiatives qui sont pour certaines très positives. Mais, elles recouvrent aussi des méthodes qui s’apparentent bien plus à l’extorsion d’une rente. J’ai consacré à cette question une émission sur Radio-Sputnik[1], avec Franck Dedieu délégué général de République Moderne, professeur à l’IPAG Business School et Sayah Baaroun, Secrétaire Général du Syndicat des Chauffeurs Privés VTC, émission qui a été diffusée le 15 décembre.

Le cas de la société UBER, dont la capitalisation en bourse est de plusieurs dizaines de milliards, est à cet égard exemplaire. UBER se prétend être une plateforme qui met en relation des chauffeurs, considérés comme des travailleurs indépendants, et des clients. L’outil de travail, le véhicule, appartient au chauffeur, mais l’application, qui permet la mise en relation avec les clients est la propriété d’UBER. Ce qui autorise d’ailleurs cette société à fixer le prix de la course faite par le chauffeur, et à imposer une certaine catégorie de véhicules. La rémunération d’UBER venant d’un pourcentage qu’elle prélève sur le prix de la course.

Depuis maintenant plusieurs mois les chauffeurs travaillant pour UBER se plaignent, et à juste raison, de la dégradation dramatique de leurs conditions de travail. Avec des semaines d’environ 70h il ne leur reste plus que 1000 euros à la fin du mois. Bien sûr, certains surnagent, ou survivent. Mais ils ne sont qu’une petite minorité.

Cette situation traduit, pour partie, la concurrence qui s’est instaurée, entre chauffeurs mais aussi, pour une autre partie, la concurrence entre sociétés gérant des applications, car UBER a bien entendu suscité des émules. Normalement, si l’on raisonne en termes « économiques », on considèrera qu’il y a un excès d’offre par rapport à la demande. D’ou le fait que les chauffeurs ne puissent gagner leur vie. Donc, dans ce raisonnement, un certain nombre de chauffeurs devraient sortir de cette activité économique, faisant baisser l’offre et conduisant progressivement à une hausse du revenu. Sauf, que la réalité est en fait bien plus complexe que la « théorie ». D’une part, le prix est fixé par les sociétés, et non par les chauffeurs. De ce point de vue, on est dans une situation étrange. D’autre part, les chauffeurs doivent s’endetter pour acheter le véhicule qui leur est imposé par UBER (ou par les autres sociétés). Cet endettement pèse lourdement sur leur équilibre financier. Alors, on va dire, pourquoi ces chauffeurs ne se retirent-ils pas de ces sociétés pour opérer comme de « vrais » indépendants ? C’est plus facile à dire qu’à faire. Pour se constituer en taxi, il faut une licence, et ces licences sont strictement contrôlées par la préfecture de police. Et, pour travailler comme VTC indépendant, il faut disposer déjà d’un carnet d’adresse et de clients réguliers. On voit donc que, derrière l’apparente promesse d’une « liberté » se profile une contrainte impitoyable qui enferme les chauffeurs d’UBER dans un carcan dont ils ne peuvent se délivrer.

Dans ce contexte, un nouvelle importante, et qui n’a pas été suffisamment relayée par la presse, nous est venue de Londres. C’est dans cette ville, capitale du Royaume-Uni, vous savez, ce pays que l’on décrit comme un temple du néolibéralisme et comme un enfer à la suite de sa décision de sortir de l’UE, qu’a été prise une décision qui fera date : la société UBER est sommée de requalifier les chauffeurs qui travaillent pour elle en « salariés ». Cette décision (en fait la première étape d’un processus judiciaire qui s’étendra durant tout le printemps prochain) fait suite d’ailleurs à des décisions analogues prises dans les grandes villes californiennes, au cœur même de ce que l’on appelle la « nouvelle économie ».

C’est une décision importante, car elle met fin à l’hypocrisie qui règne autour d’UBER, qui prétend n’être qu’une simple plate-forme mettant en contact des travailleurs indépendants et leurs clients. UBER, en effet, prétend ne pas être transporteur. Mais, alors, pourquoi UBER fixe-t-elle les prix qui peuvent être demandés par les chauffeurs ? On voit bien, ici, où le bat blesse. UBER prétend imposer des règles mais se refuse à assumer toute responsabilité. C’est pourquoi cette décision de la justice londonienne, et au-delà les plaintes qui devraient déboucher en justice en France à la fin du mois de mars 2018, invitent à se pencher sur ce que l’on appelle le « modèle économique » d’UBER .

L’idée qui a présidé à la création de cette société est ingénieuse, mais pas nécessairement morale. Elle revient, on l’a dit, à remplacer le contrat de travail par un contrat de location (de l’application UBER) et à prétendre que les travailleurs sont devenus des « auto-entrepreneurs ». On voit où se trouve l’avantage pour la société. Elle ne paye plus de charges sociales, et se désintéresse absolument de la situation dans laquelle elle met ses chauffeurs. Ce modèle a donné naissance au fantasme d’une économie dont le salariat aurait disparu, et avec lui les droits sociaux qui lui sont associés, pour être remplacé par une société d’entrepreneurs, de micro-entrepreneurs mêmes. Pourtant, des enquêtes montrent que ces statuts de micro-entrepreneurs ou d’auto-entrepreneurs, statuts qui sont tant vantés par notre Président de la République, Emmanuel Macron, recouvrent en réalité une dégradation non négligeable de la situation des travailleurs. On invitera ici nos lecteurs à se reporter à l’ouvrage de Sophie Vouteau Ma Vie d’Auto-entrepreneur qui vient juste de sortir[2].

Ce statut, dans de nombreux cas, et en particulier dans celui des chauffeurs d’UBER, ne fait que réactualiser un modèle économique des débuts du XIXème siècle : le travail à façons. Le donneur d’ordre passait distribuer les matières premières à ses travailleurs et repassait en fin de journée prendre le produit de leur travail, les payant donc à la pièce, sans contrat ni obligation. Le progrès serait-il de revenir aux heures les plus noires de la Révolution industrielle ? Ici, dans le cas d’UBER, on peut considérer que les inventeurs ou les détenteurs des droits d’une application sont de plus dans la situation du propriétaire foncier qui exploite, par la rente foncière, le paysan qui ne peut se constituer pleinement en « petit propriétaire ».

C’est pourquoi la décision du tribunal de Londres est-elle aussi importante. Il faut ici attendre ce que donnera au final cette procédure, et les résultats des procédures analogues qui ont été engagées en France.

Jacques Sapir

[1] https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201712151034354239-uberisation-esclavage/

[2] Aux éditions du Rocher, Paris-Monaco.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-vers-la-fin-de-luberisation-par-jacques-sapir/

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lundi 11 décembre 2017

Accor vend 62 hôtels F1 pour le Samu social

Le groupe hôtelier a dévoilé un plan de modernisation des hôtels F1, sa chaîne économique. Particularité, le groupe cède 62 établissements qui seront utilisés par le Samu social dans un contexte de crise du logement d'urgence.

ARG MIGRANTS UE F1

En décidant de reprendre en main son offre d'hôtellerie à bas coût, Accor en profite pour céder 62 de ses 237 hôtels F1 sur le territoire français à une filiale de la Caisse des Dépôts, dans le cadre du renforcement des infrastructures de logement d'urgence. La gestion opérationnelle sera confiée au groupe SNI et c'est le Samu social qui aiguillera les populations visées par ces établissements.

Environ un tiers des hôtels cédés sont situés en Île-de-France, où les besoins sont les plus forts. Depuis plusieurs années, le Samu social, et de nombreux services publics et associations ont en effet souvent recours à l'hôtellerie pour le logement d'urgence, et la pratique pose de plus en plus problème, les clients payants et ceux qui sont logés gratuitement faisant difficilement bon ménage.

La Caisse des Dépôts a donc saisi l'occasion d'acquérir les hôtels et de les affecter au Samu social via une de ses filiales, le groupe SNI. Joint par téléphone, le secrétaire général du groupe, Vincent Mahé, détaille: «les immeubles seront adaptés à leur nouvelle destination sociale et rénovés. Le bâti sera adapté à l'accompagnement social et des cuisines collectives seront installées». Si le montant de la vente est inconnu, l'enveloppe de travaux est de 30 millions d'euros.

Pour réaliser cette acquisition, le groupe SNI a été rejoint par d'autres investisseurs institutionnels. Les partenaires envisagent déjà d'acheter d'autres hôtels. Ils se rémunéreront en facturant à l'État chaque nuitée d'accueil d'urgence. «Et pour l'État, ce système est beaucoup plus attractif financièrement», souligne Vincent Mahé. L'alternative est en effet de payer au prix fort les nuits auprès d'hôteliers privés.

L'afflux massif de migrants depuis 2015, mais aussi l'aggravation de la situation économique et sociale pour de nombreux chômeurs, personnes âgées ou dépendantes, a accentué la pression sur les services publics du logement. Le gouvernement a lancé un plan de création de 13.000 places, mais recourt massivement à l'hôtellerie (41.000 nuitées avaient été achetées par l'État pour le seul mois de juin 2016, d'après un rapport parlementaire).

Plan de modernisation de l'offre économique

Accor a décidé de se séparer de ces actifs dans le cadre d'un plan de modernisation de son offre économique. Bien connus des Français pour leur emplacement le long des grands axes, les hôtels Formule1, nés en 1985 et devenus «F1» en 2008, appartiennent à quelques franchisés et pour la plupart à une structure d'investissement dédiée, dont le groupe Accor veut devenir le principal actionnaire.

Une augmentation de capital de 51 millions d'euros doit lui permettre de mener à bien une transformation des hôtels restants, avec des chambres partagées jusqu'à six personnes, un restylage total et un service Premium, avec salle de bain personnelle et non collective comme c'est le cas actuellement. En plus de 30 ans, la chaîne d'hôtels F1 a longtemps profité de sa place de leader, qu'elle doit défendre aujourd'hui sur un marché devenu particulièrement concurrentiel et qui évolue en même temps que les nouvelles tendances du voyage en France.

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/03/10/20005-20170310ARTFIG00013-accor-vend-62-hotels-f1-pour-le-samu-social.php

Voir aussi:

L’Etat va acheter des hôtels pour y loger des immigrés, pendant que des Français dorment à la rue

La Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB, Council of Europe Development Bank) va accorder un prêt de 100 millions d’euros à une société civile immobilière (SCI) française pour contribuer « à créer de nouvelles capacités d’accueil et d’hébergement d’urgence pour les réfugiés, les demandeurs d’asile et les personnes vulnérables« .

La SCI qui va bénéficier de ce prêt s’appelle Hémisphère Holding. Ses statuts ont été signés le 21 octobre 2016 (trois mois seulement avant l’obtention du prêt européen) et son capital est de… mille euros. 999,90 euros déposés par Gestion Ampère et dix centimes par la Société nationale immobilière. Or Gestion Ampère est une filiale de la Société nationale immobilière. Et la Société nationale immobilière, c’est l’Etat.

La Société nationale immobilière, filiale de la Caisse des Dépôts, est propriétaire de plusieurs centaines de milliers de logements à travers toute la France. Et c’est d’elle que dépend Adoma, « premier opérateur national » de demandeurs d’asile.

Le prêt de 100 millions d’euros de la Banque de développement du Conseil de l’Europe vise précisément à " financer un programme mis en œuvre par Adoma à la demande de l’Etat français" .

Pour résumer, l’Etat français, via la Société nationale immobilière, a fait créer avec un capital de mille euros la SCI Hémisphère Holding qui a aussitôt obtenu un prêt de 100 millions d’euros pour financer le projet Adoma d’aide aux demandeurs d’asile en achetant des hôtels pour les y loger !

Ce qui correspond à la déclaration de Bernard Cazeneuve lors de sa visite dans un centre d’hébergement Emmaüs le 23 décembre 2016 :

" Un appel d’offre pour le rachat d’hôtels à des fins d’hébergement, actuellement en cours, devrait permettre de créer 5.000 places supplémentaires en convertissant des hôtels de tourisme."

Grâce à l’argent de la Banque de développement du Conseil de l’Europe, l’Etat français va donc développer l’accueil des immigrés dans des hôtels dont il deviendra propriétaire pendant que des Français dans la misère continuent de dormir à la rue ou dans des taudis.

http://www.medias-presse.info/letat-va-acheter-des-hotels-pour-y-loger-des-immigres-pendant-que-des-francais-dorment-a-la-rue/70801/

 

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Commentaire d'une de nos adhérentes, qui nous a suggéré cette publication:

"Et pendant ce temps, la France ruine ses habitants et n'a aucune volonté pour aider ceux qui n'ont pas les moyens de vivre !!
Et pour une fois je vais parler de moi !
L'Etat vient de m'envoyer la somme qu'il me donnera pour ma retraite, dans quelques mois, à 66 ans (et oui, pour nous ce n'est pas 62 ans !!)
La somme est faramineuse : 424 euros par mois BRUTS !!!
Et surtout qu'on ne m'accuse pas de racisme : une famille ne peut laisser mourir ses propres enfants pour élever ceux des autres !
Voilà, c'était ma minute de colère !"

Colère compréhensible: le message politique envoyé est désastreux pour la cohésion sociale et nationale de la France. On ne peut mener des politiques d'austérité (imposées de surcroît par des institutions supra- nationales) et détruire de facto le pacte social républicain tout en affichant une politique de "générosité" envers des ressortissants non autohtones, en situation illégale par ailleurs. Aucun peuple ne peut accepter une telle situation, et cela n'a rien à voir avec le racisme, le "populisme", la xénophobie ou que sais- je encore, même si certains ne manqueront pas d'exploiter la situation. Ce sont les responsables de ces politiques qui s'abritent derrière de grands principes humanistes quand ça les arrange qui doivent être combattus et démasqués!      P.G.

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