lundi 6 août 2018

Terrain d’entente : Pour des élections sûres et une véritable sécurité nationale. Par Noam Chomsky, Michael Moore, Bill Richards

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TL APPEL CHOMSKY ET AL

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Entretien avec Kévin Boucaud-Victoire sur Orwell

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TL ORWELL BOUCAUD

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dimanche 5 août 2018

En Algérie, le français en perte de vitesse

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GEO ALGERIE LANGUE

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Bonne lecture!

P. Gombert, délégué régional UPR.

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dimanche 29 juillet 2018

Espagne, 600 migrants ont franchi la frontière de Ceuta lors d’un « assaut »

TRIBUNE LIBRE / , le

Près de 800 migrants ont tenté jeudi 26 juillet de passer de l’autre côté de la barrière, selon la Garde civile. Une centaine a été stoppée par la police marocaine, d’autres interceptés par les agents espagnols à la frontière et renvoyés au Maroc, et 602 ont finalement atteint le territoire espagnol.

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Plus de 600 migrants africains sont parvenus jeudi 26 juillet à entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta au Maroc après un « assaut » de la double clôture particulièrement violent selon les autorités, lançant de la chaux vive et des excréments contre les policiers.

Ce franchissement de la frontière de Ceuta, hérissée de barbelés, est la plus importante depuis février 2017, quand plus de 850 migrants étaient parvenus à pénétrer dans la ville sous administration espagnole au nord du Maroc.

Près de 800 migrants ont tenté de passer de l’autre côté de la barrière, selon la Garde civile. Une centaine a été stoppée par la police marocaine, d’autres interceptés par les agents espagnols à la frontière et renvoyés au Maroc, et 602 ont finalement atteint le territoire espagnol.

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L’incident accroit la pression sur l’Espagne, devenue la première porte d’entrée de l’immigration clandestine en Europe, dépassant l’Italie qui, en refusant d’accueillir davantage de migrants, a fermé la route qui passait par la Libye.

Sprays lance-flammes

Les « assauts » de la barrière « sont tous violents », précise José Cobo, porte-parole du syndicat de gardes civils AEGC, mais celui-ci passe un nouveau palier car « ils ont employé une méthode qu’ils n’avaient jamais utilisée avant, la chaux vive », dit-il.

La Garde civile a dénoncé l’emploi de « méthodes virulentes » : selon le communiqué du corps de police espagnol, des migrants ont lancé aux agents « des récipients de plastique avec des excréments et de la chaux vive », utilisé des sprays enflammés à la manière de « lance-flammes » en plus de pierres et de bâtons.

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Quinze agents ont été blessés, dont cinq ont dû être soignés à l’hôpital pour des brûlures au visage et aux bras.

Beaucoup des migrants ont été blessés aux mains et aux jambes en escaladant la clôture. Seize ont dû se rendre à l’hôpital, tandis que les autres sont allés au centre de séjour pour migrants où ils peuvent déposer une demande d’asile, précise la Garde civile.

Le gouvernement socialiste a annoncé en juin, à son arrivée au pouvoir, son intention de retirer des barbelés coupants des clôtures de Ceuta et Melilla, les deux villes espagnoles en Afrique du nord, seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique.

Nouvelle route de migration

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L’AEGC a reconnu dans un communiqué que cette mesure pourrait être « humanitaire », mais réclame en échange « plus de gardes civils et plus de matériel anti-émeutes et de protection ».

« Nous sommes l’une des principales portes d’entrée du tiers-monde vers l’Europe, et aucun des responsables passés par le ministère de l’intérieur n’a voulu voir ni résoudre les problèmes que cela cause dans les deux villes », estime le syndicat dans un communiqué.

La pression migratoire aux portes de l’Union européenne, qui a nettement diminué depuis la crise de 2015, se concentre désormais de plus en plus sur l’Espagne, après que l’Italie a fermé ses frontières.

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« Il est clair que l’Italie a fermé cette route de manière discutable », en refusant de recevoir les migrants secourus en mer par des ONG humanitaires, a commenté mercredi le ministre espagnol des affaires étrangères, Josep Borrell, lors d’une rencontre avec la presse.

« Si le passage par la Méditerranée centrale se ferme et le flux migratoire ne se tarit pas dans les pays d’origine, (…), le flux va être dévié vers la Méditerranée occidentale, et c’est déjà le cas », a-t-il observé.

Il appelle l’Union européenne, pour l’heure profondément divisée sur la question, à adopter une « vraie politique migratoire, avec une perspective de 20 ou 30 ans », tenant compte de l’explosion démographique en Afrique subsaharienne.

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« La crise migratoire, a affirmé Josep Borrell, est plus difficile à résoudre que la crise de l’euro parce qu’elle est beaucoup plus structurelle, beaucoup plus permanente ».

https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Espagne-600-migrants-franchi-frontiere-Ceuta-dun-assaut-2018-07-27-

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On va d'ailleurs découvrir à quel point la "crise de l'euro" est une promenade de santé...    P.G.

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lundi 23 juillet 2018

Crise des migrants : l’éternel retour des années 30

TRIBUNE LIBRE / OJIM

TL OJIM MIGRANTS PROPAGANDE

Connaissez-vous le point Godwin et l’argument « reductio ad hitlerum » ? L’OJIM a présenté cette théorie et ce concept que l’on peut résumer de la façon suivante : très rapidement dans une conversation, votre interlocuteur coupe court au débat, en ramenant les arguments adverses à ceux du nazisme. La discussion est interrompue par une pirouette grossière, sans avoir à poursuivre la moindre véritable argumentation. Il n’y a alors plus de choix possible : il faut éviter la comparaison avec les « heures les plus sombres de l’histoire » et rejeter le mal absolu qui se présenterait à nous.

Par médias interposés, la deuxième guerre mondiale est souvent convoquée pour nous convaincre que la maitrise de l’immigration est assimilable aux atrocités commises durant cette période. L’argument massue aboutit à faire comprendre qu’il n’y a pas de débat : il s’agit de choisir le bien et de se détourner du mal. Illustration par les termes utilisés dans les médias.

Les rafles

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Quand des clandestins sub sahariens sont expulsés d’Algérie, il s’agit pour RFI d’une « nouvelle rafle de migrants ». Au camp de migrants du nord de Paris, Houssam affirme à Libération en 2016 que « depuis le 31 juillet, c’est la 26e rafle, on dénombre 4 000 interpellations et 439 obligations de quitter le territoire français ». En janvier 2018, le gouvernement belge tente d’éviter qu’un parc dans le centre de Bruxelles se transforme en Calais bis. L’Obs nous informe à ce sujet que «  des "rafles" anti-migrants ont lieu ». Faire respecter le principe de nationalité et renvoyer ceux qui sont illégalement sur le territoire constituerait donc une « rafle » de sinistre mémoire. CQFD.

Les camps de concentration

Des centres ont été mis en place en Europe afin de permettre l’instruction des demandes d’asile et de ne pas laisser s’installer des clandestins aux motivations économiques qu’il sera très difficile, voire impossible, de renvoyer dans leur pays. En Libye, de nombreux migrants attendent de rallier clandestinement l’Europe par la méditerranée. Ces freins à la libre circulation déplaisent fortement à des personnes parfois éminentes et des médias qui utilisent le vocable de « camp de concentration ».

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Concernant la situation en Europe, Mediapart faisait état dès août 2013 d’un « révolte dans un camp de concentration pour migrants en Grèce ». En avril 2017, Ouest-France nous informe que « le souverain pontife est revenu sur sa visite l’année dernière d’un camp de migrants installé sur l’île grecque de Lesbos ». « Le pape François fustige les "camps de concentration" pour migrants ».

Le 5 juillet, Marianne évoque la « prise de tête chez les bureaucrates allemands pour ne pas dire le mot "camp" ». « Alors que l'Allemagne se prépare à introduire des centres de rétention de réfugiés, le pays est renvoyé à son passé. (…) comment parler de ces centres à la frontière sans évoquer le mot "camp", qui rappelle trop les camps de concentration nazis de la Seconde guerre mondiale ? ».

Le Monde mentionne le 11 juillet les propositions du ministre de l’intérieur autrichien M. Kickl de regrouper les demandeurs d’asile de "manière concentrée". « Cette expression plus que malheureuse, rappelant les camps de concentration nazis, lui avait valu un rappel à l’ordre du président de la République, Alexander Van der Bellen ».

Concernant la situation en Libye, France Info est catégorique et titre un article : « la Libye est devenue une sorte de camp de concentration à ciel ouvert ». La question posée par le journaliste de la radio publique à un « chercheur spécialiste des flux migratoires » semble déjà contenir la réponse : « Pourquoi les pays européens sont-ils responsables de la situation des migrants en Libye ? ». En écho, le site Infomigrants nous informe que « les conditions de vie des migrants (sont) comparables à celles des "camps de concentration" ».

L’exode des migrants comparable à celui des juifs dans les années 30

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Le site Arrêts sur images s’interroge : « Des milliers de réfugiés sur les routes franchissant les montages pour passer les frontières, refoulés par des nations recroquevillées qui craignent la submersion. Il y a exactement 80 ans, jour pour jour, en juillet 1938 s'ouvrait la conférence d'Evian, qui devait s'achever sur un constat implacable : personne dans le monde ne voulait accueillir les Juifs persécutés par Hitler, ni les opposants politiques anti-nazis. Quelles ressemblances, quelles différences, entre deux époques (1938 et aujourd'hui), entre les deux traitements médiatiques des réfugiés d'hier et des migrants d'aujourd'hui? ».

L’Obs donne le 29 juin la parole à un des spécialistes préférés des médias quand il s’agit d’avoir un avis « autorisé » sur les migrants, François Héran. Le sociologue affirme : « Les derniers arrivés servent toujours de boucs émissaires ». Evoquant l’Aquarius, « je songe aussi au "Saint-Louis", parti de Hambourg en mai 1939 avec 963 juifs allemands et qui tente vainement d'accoster à Cuba, aux Etats-Unis et au Canada ».

La déportation

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La Provence reproduit le 9 juillet une déclaration du Président de la République : « Jamais la France n'acceptera les solutions de facilité que d'aucuns aujourd'hui proposent qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l'Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers" non admis en France ». Le site Infomigrants donne la parole à une ONG pro-migrants au sujet des morts sur la route de l’Europe. La « déportation » est également mentionnée : « tous ces décès sont le résultat de la militarisation des frontières de l’Union européenne (UE), des lois sur l’asile, et des politiques de détention et de déportation ».

Les crimes de masse

La Provence interviewe un universitaire au sujet de l'Aquarius. Celui-ci affirme de façon sentencieuse : « Le processus de déshumanisation permet au pire d'arriver ». « Ce type de tragédie alerte car, dans l'Histoire, il est souvent annonciateur de malheur pour tous. On voit bien le chemin qui peut être pris par nos sociétés. L'engrenage qui se nourrit d'extrémisme identitaire conduit à la déshumanisation et - le passé est là pour nous le rappeler - aux pires crimes de masse ».

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Le refus de l’Italie d’accueillir l’Aquarius pourrait donc selon l’universitaire aboutir aux « pires crimes de masse ». Pas un mot par contre sur le « pont migratoire » en méditerranée où les passeurs et les ONG ont chacun un rôle bien défini, avec des embarcations de plus en plus précaires transportant des clandestins et avec les morts qui s’ensuivent.

Chantage éthique

À lire les termes employés, on pourrait penser que l’Europe s’est barricadée dans une forteresse. Oubliés les 750 000 migrants accostés sur les côtes italiennes depuis 2010 cités par Le Figaro. Oubliés les 1,6 millions clandestins arrivés depuis 2015 par la mer en Europe cités par Boursorama sur la base de chiffres de l’UNHCR.

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Rafles, camps de concentration, exode, crimes de masse : tous ces mots sont empruntés à la deuxième guerre mondiale, sans qu’il soit nécessaire de l’évoquer. Leur usage converge dans une forme de chantage éthique visant à disqualifier toute opposition aux flux incontrôlés d’immigration. Ces mots clefs sont lancés comme des arguments d’autorité pour venir à bout des réticences. Pour ne citer qu’un exemple, l’Aquarius a croisé à proximité immédiate des côtes de pays africains sans que les médias évoquent la possibilité d’y accoster. Le silence des accusateurs patentés a été éloquent. L’Aquarius comparé au navire le Saint Louis ne pouvait avoir qu’une seule destination : l’Europe. A défaut, la décision de refuser qu’il accoste dans un pays européen aurait relevé du totalitarisme.

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Rares sont les commentateurs qui remettent en cause le bien-fondé de la « grande migration ». Parmi les quelques voix qui détonnent, on peut citer celle de l’historien Pierre Vermeren dans une récente tribune dans le Figaro : «  Il est exceptionnel que les victimes de la faim ou des catastrophes climatiques prennent la route, car la migration est un processus économique coûteux qui doit être financé (par les gouvernements, les familles ou les mafias). La migration concerne des individus plutôt aisés des sociétés en développement ». « Cette politique, qui est à l’œuvre en dépit des réticences de plus en plus marquées des peuples d’Europe, n’améliore vraiment ni le sort de l’Afrique ni celui de l’Europe ». « La mobilité des hommes rebaptisés « migrants » est un des rouages de la grande machine économique mondiale. C’est une explication de la promotion d’un modèle, meurtrier, qui favorise si peu le développement du continent africain ».

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Mais élargir le champ de réflexion aboutit à remettre en cause une lecture unique de la crise migratoire, avec d’un côté les « résistants » favorables à l’ouverture des frontières, et de l’autre les collabos qui prônent le repli sur soi. Un procédé binaire mais efficace. Julien Dray ne justifiait-il pas sur BFM TV l’usage du terme « rafle » pour qualifier les expulsions de clandestins de centres d’hébergement par le fait qu’« en France, on est obligé de faire le "buzz", d'employer des mots provocateurs pour être entendu ». Efficace pour faire le buzz, peut-être, adéquat, peut-être pas…

https://www.ojim.fr/crise-des-migrants-leternel-retour-des-annees-30/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-07-19

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L'approche binaire est aussi un procédé commode en Europe pour ceux qui ont besoin de se refaire une image après des décennies de démantèlements des acquis sociaux des peuples. Pratiquer l'inversion accusatoire et fustiger à bon compte le "populisme" pour incarner le "camp du Bien" est aussi très prisé dans les médias, parfois les mêmes qui vous expliqueront qu'on n'a pas les moyens de financer les budgets sociaux...   P.G.

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dimanche 22 juillet 2018

Brexit : les Européens appelés à se préparer à une "rupture brutale" avec Londres

Bruxelles a appelé jeudi les pays de l'Union européenne à "intensifier" leur préparation à tous les scénarios possibles pour le Brexit, dont celui d'une "rupture brutale" avec Londres, de plus en plus redoutée face aux incessantes turbulences politiques fragilisant le gouvernement britannique.

ACT BREXIT NEGOS

Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d'ici à octobre pour organiser leur divorce et jeter les bases de leur relation future. Mais les Européens s'inquiètent de l'enlisement des négociations et des remises en cause constantes au Royaume-Uni de la stratégie de la Première ministre, Theresa May.

Quel que soit le résultat des tractations, le Brexit "aura des répercussions sur les citoyens, les entreprises et les administrations, tant au Royaume-Uni que dans l'UE", a prévenu la Commission européenne dans un document publié jeudi.

Elle invite donc "les Etats membres et les acteurs privés à intensifier leurs préparatifs" en anticipant tous les scénarios possibles, y compris celui qualifié de "rupture brutale", c'est-à-dire sans accord de retrait ratifié avant le 30 mars 2019, date prévue du départ britannique.

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Dans ce cas de figure, les préparatifs sont d'autant plus nécessaires qu'"il n'y aura pas de période de transition" pour atténuer les effets du Brexit, souligne la Commission. Alors qu'un accord de retrait permettrait une transition jusqu'à fin 2020, avec des répercussions moins immédiates.

- Contestation -

Le gouvernement britannique se prépare lui aussi à tous les scénarios
, a réagi une porte-parole de Theresa May.

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"Nous avons toujours dit qu'en tant que gouvernement responsable, il est souhaitable de se préparer à un "no deal" et c'est ce que nous faisons", a-t-elle dit.

"Nous avons toujours dit que ce n'est pas quelque chose que nous voulons ou espérons, et les progrès des pourparlers jusqu'à présent suggèrent que ce n'est pas là où nous allons finir", a-t-elle ajouté.

Mais à Bruxelles et parmi les 27, l'inquiétude grandit face à la perspective d'une absence d'accord.

Les tractations ont connu des avancées décisives sur la question des droits des citoyens expatriés ou encore sur le "règlement financier" du divorce, mais elle achoppe toujours sur le sort de la frontière qui va séparer l'Irlande, entre le Nord, une province qui appartient au Royaume-uni, et le Sud, qui restera dans l'UE.

L'ancien ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, à la Chambre des communes à Londres le 18 juillet 2018 - Photo extraite d'une vidéo tournée par les services du Parlement (PRU) / © PRU/AFP / HO

La crainte d'un échec est accentuée par la contestation incessante au Royaume-Uni de la stratégie de Theresa May, qui a échappé mardi à une défaite au Parlement, avec le rejet de justesse d'un amendement contraire à ses objectifs pour la relation future avec l'UE, récemment formalisée dans un "Livre Blanc".

Mme May a aussi dû faire face aux récentes démissions de ses ministres des Affaires étrangères, Boris Johnson, et du Brexit, David Davis, dont le successeur, Dominic Raab, est attendu jeudi à Bruxelles pour y rencontrer le négociateur en chef du Brexit pour l'UE, le Français Michel Barnier.

- Situation "très volatile" -

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Boris Johnson, vu comme un candidat possible pour succéder à Mme May, lui a encore reproché mercredi d'avoir dévié vers un "Brexit qui n'en a que le nom" et lui a demandé de "changer de tactique" pour une rupture plus nette avec l'UE.

"La situation à Londres est très volatile", a jugé jeudi un responsable européen, estimant qu'il fallait "être prudent" côté européen et "ne pas jeter d'huile sur le feu". Mais les remises en cause de la stratégie de Mme May "sont un élément de complication" indéniable pour les négociations, a-t-il admis.

"Dans tous les cas, nous allons nous préparer pour qu'il n'y ait pas d'effondrement" en cas d'absence d'accord, a-t-il ajouté.

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"Faudra-t-il des visas pour aller de Bruxelles à Londres? Comment les avions continueront de voler entre l'UE et le Royaume-Uni si les règles actuelles ne s'appliquent plus d'un coup? Il faut préparer tout ça", a-t-il fait valoir.

Dans le document publié jeudi, la Commission européenne cite notamment la nécessité d'anticiper les conséquences du Brexit pour les contrôles aux frontières de l'UE, pour les échanges commerciaux, la reconnaissance des qualifications professionnelles de part et d'autre ou encore les échanges de données entre les deux entités.


(©AFP / 19 juillet 2018 16h07)

https://www.romandie.com/news/Brexit-les-Europ-ens-appel-s-se-pr-parer-une-rupture-brutale-avec-Londres/938034.rom

(...)

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C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’il ne faut pas oublier la dernière sortie de Trump lors de son passage en Angleterre où il a expliqué qu’il n’y avait rien à négocier avec l’Union européenne, et qu’il fallait que les Anglais fassent un Brexit « dur ».

Et c’est d’ailleurs sans doute ce qu’il se passera au bout du compte.

Les jours de Thérésa May sont comptés.

Je me demande juste quand Boris Johnson rentrera au 10 Downing Street !

Ce jour-là, Bruxelles tremblera.

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/bruxelles-invite-les-europeens-a-se-preparer-a-une-rupture-brutale-avec-londres/

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samedi 21 juillet 2018

Adrien Quatennens : "Un discours d'indépendance n'est pas un discours d'isolement"

TL QUATENNENS UE

Alors que les élections européennes n'auront lieu qu'en mars 2019, la France insoumise est déjà vivement critiquée par les autres leaders de gauche pour ses positions souverainistes. Le député insoumis Adrien Quatennens répond aux questions de "Marianne" sur le sujet, et s'explique également sur la stratégie "populiste" de son mouvement.

La bataille des européennes commence déjà, à une année du scrutin. A gauche, les fractures sont profondes sur ce sujet : la France insoumise (FI) propose de renégocier les traités et menace de quitter l’Union européenne (UE) en cas d’échec [1], alors que le Parti socialiste (PS), les écologistes et Génération.s refusent catégoriquement d’envisager un « Frexit ». Invité de Franceinfo le 12 juillet, Benoît Hamon a lancé une charge contre Jean-Luc Mélenchon, jugeant que la stratégie d’opposition à l’Union européenne des Insoumis relevait du « nationalisme de gauche » une tendance qui finirait irrévocablement selon lui « en nationalisme tout court ». L’ex-candidat du PS à la présidentielle a acté un « désaccord stratégique sur la question européenne » entre la France insoumise et son mouvement, Génération.s. Au Parti communiste (PCF) également, les critiques fusent, un cadre du parti ayant par exemple décrit la ligne des Insoumis comme "nationaliste ou chauviniste" au Figaro.

En position de force par rapport aux autres partis de gauche dans les intentions de vote, les Insoumis apparaissent cependant isolés dans leur camp, s’attirant de sévères critiques en raison de leur ligne souverainiste. Le député LFI Adrien Quatennens a répondu aux questions de Marianne – et à ces remises en cause – en marge de l’université d’été du média « Le Vent Se Lève», à laquelle il participait.

Sur la question européenne, la France insoumise propose une stratégie dite du « plan A – plan B » : changer les traités ou quitter l’UE. Cette ligne a été violemment critiquée par Benoît Hamon, et est rejetée par les socialistes et les écologistes. Que leur répondez-vous ?

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Adrien Quatennens : Je rappelle que la stratégie « plan A – plan B » a été pensée dans le cadre d'une conquête du pouvoir national, c'est-à-dire la campagne présidentielle. La campagne des élections européennes ne se jouera pas uniquement sur cet enjeu, mais le débat concernera tout de même la vision européenne en tant que telle, il est donc légitime.

Pour résumer à grands traits ce que nous disons : l'Europe est une réalité géographique, il ne s'agit pas de dire qu'on va décrocher la France du continent et la faire partir ! Nous dénonçons une certaine construction politique, qui donc, par définition, peut être changée : l'Union européenne telle qu'elle fonctionne aujourd'hui. Nous sommes passés d'un idéal de coopération entre les peuples à des traités qui ont été refusés démocratiquement, en violation de la souveraineté populaire. Or cette souveraineté populaire est notre boussole absolue, notre principale motivation d'action. Le cadre des traités de l'UE ne laisse plus de place à une souveraineté pleine et entière des peuples. [2] J'en veux pour preuve la déclaration de Jean-Claude Juncker selon laquelle il ne "peut pas y avoir de démocratie contre les traités européens". Y a-t-il une démocratie possible dans le cadre de ces traités ? Nous pensons qu'elle est très limitée.

Changer l'Europe, c'est une vieille antienne à gauche. Comment la France insoumise compte-elle s'y prendre ?

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On a des pays qui ne sont pas harmonisés socialement, pas harmonisés fiscalement, qu'on a empaquetés dans ces traités et à qui on a dit "battez-vous et que le meilleur gagne", dans le cadre d'une compétition généralisée. Comme la compétition - la concurrence libre et non faussée - se fait notamment sur l'argument du prix, le plus compétitif équivaut presque toujours au moins-disant social et environnemental. Un programme comme le nôtre n'est donc pas compatible avec les traités puisqu'il a des objectifs très ambitieux et très hauts, en matière de planification écologique et de partage des richesses.

A traités constants, on ne peut pas avoir de politique progressiste ambitieuse. A gauche, cela fait trente ans que certains disent "on veut l'Europe sociale, on veut l'Europe environnementale" : c'est de l'incantation. Il s'agit véritablement d'être conséquents dans la manière de faire les choses. La stratégie « plan A – plan B », traduit cela, mais elle est mal comprise. Le plan A, c'est essayer de convaincre par une renégociation l'ensemble de nos partenaires, c'est essayer de faire autrement avec tout le monde, sur un certain nombre de sujets : évasion fiscale, Smic européen, protectionnisme solidaire... Les autres pays de l’UE doivent pouvoir entendre raison, y compris l'Allemagne, qui n'a pas intérêt à ce que la France sorte. Si ce n'est pas le cas, si on doit choisir entre la souveraineté populaire et l'Union européenne à tout prix, on choisira l'application de notre programme avec les pays qui partagent nos objectifs. [3]

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C'est pour cela que l'on construit des alliances à l'échelle européenne (les Insoumis ont créé une alliance qui comprend Podemos en Espagne, le Bloco au Portugal, mais également des formations de gauche au Danemark, en Finlande et en Suède, ndlr) : un des arguments de l'adversaire, qui va devoir travailler un peu car ce n'est pas assez lourd, est de dire "vous êtes seuls, isolés". On veut faire la démonstration qu'un discours d'indépendance n'est pas un discours d'isolement.

Vous êtes isolés au sein de la gauche française, en tout cas. Mais la notion de gauche, qui n’est pas utilisée dans vos discours, veut-elle encore dire quelque chose pour la France insoumise ?

C'est une notion pertinente, au sens où l'on sait ce qu'elle a voulu dire et quel espace elle représente, mais aujourd'hui ce qui nous intéresse n'est pas d'exister au sein d'un espace politique mais de convaincre la majorité pour que nos idées puissent gouverner. Nous sommes ouverts à la discussion avec tout le monde. Contrairement à ce que peuvent percevoir ses potentiels partenaires à gauche, qui la regardent comme un mouvement venu pour les humilier, les écraser, s'exonérer de discuter avec eux, la France insoumise est assise sur un programme et une stratégie et est ouverte à la discussion. Mais notre objectif est de fédérer le peuple, pas de rassembler un camp - la gauche.

Ce dialogue serein a-t-il vraiment lieu ?

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On sait bien comment c'est. J'ai eu un débat au Parlement européen avec Guillaume Balas (proche de Benoît Hamon membre de Génération.s, ndlr) et je me suis rendu compte que vous avez beau essayer de convaincre quelqu'un, s'il a besoin pour exister politiquement de faire la démonstration d'un clivage... Tactiquement, ils ont besoin d'appuyer les désaccords. C'est tout. Mais je ne désespère pas, j'ai confiance en notre capacité à convaincre !

Tout cela donne quand même un drôle de spectacle. Dans les sondages, la gauche est représentée par une addition de formations aux scores très faibles, dont la somme atteint à peine 30% des suffrages potentiels...

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Je suis très lucide sur le paysage à gauche. Quand la gauche atteignait 40-41% dans ce pays, c'était déjà la débandade et on s'inquiétait. Et aujourd'hui elle pèse à peine 30%. Cela pose question, pour toutes et tous. Mais si nous n'avions pas fait la France insoumise, on aurait eu un vrai risque d'un paysage à l'italienne où tout disparaît. Le choix de la FI a permis l'existence d'une opposition populaire, écologiste et humaniste. Ce que j'ai envie de dire au PS, à Génération.s, aux écologistes, c'est que la France insoumise est passée devant la social-démocratie en 2017. Le rapport est de 1 à 3 maintenant. Je ne les contrains à rien, mais il faut peut-être qu'ils s'interrogent eux-mêmes. J'ai un profond respect pour eux dans les discussions ; s'ils sont en désaccord, ils n'ont pas à venir, c'est la noblesse de la politique de respecter les divergences. Nous ne faisons pas de l'unité un objectif en soi. Mais je veux savoir si au moins ils ont compris ce qu'on faisait. Il y en a plein qui ont tellement vécu la FI comme un mouvement qui cherchait juste à les écraser qu'ils n'ont même pas fait l'analyse de notre stratégie. Vu le paysage politique, vaut-il mieux continuer à nous détester et organiser les conditions d'une concurrence où ils pèsent peu, ou travailler en commun sur des bases opérationnelles ?

Votre position sur l'Europe s'apparente à du souverainisme. Peut-on défendre de telles idées à gauche sans subir l'accusation infamante de nationalisme ?

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Evidemment ! Il y a une confusion entre les fins et les moyens. Pour accomplir un programme comme le nôtre, il faut récupérer des leviers, dont nous sommes privés par les traités actuels. Une fois qu'on a récupéré des leviers, il y a la question du projet politique. Certaines forces politiques dans ce pays, très minoritaires comme Les Patriotes ou l'UPR, font exclusivement campagne sur la récupération de leviers face à l'Union européenne, et prônent le Frexit. [4]  A aucun moment ils ne disent quel est leur projet politique une fois les leviers repris. On ne fait pas de la récupération de leviers une fin en soi, mais on en a besoin pour appliquer un programme. Qui peut penser raisonnablement que certains partis qui se revendiquent du nationalisme aujourd'hui poursuivent un objectif humaniste, écologiste et social ? Il suffit de les écouter pour comprendre que ce n'est pas le cas. Mais je n'ai pas de mal à assumer que nous sommes souverainistes, au sens de la souveraineté populaire. C'est le peuple qui doit pouvoir décider, y compris en Europe quand il se prononce et qu'on bafoue son choix, comme on l'a vu en Grèce en 2015. Le mot m'intéresse en vérité moins que le contenu qu'on lui donne.

Un autre mot chargé d'enjeux est celui de "populisme". La France insoumise est souvent décrite comme mettant en œuvre une stratégie populiste. En quoi cela consiste-t-il ?

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Pour nous, le populisme consiste à coller aux intérêts du peuple, ni plus ni moins. Ce mot est souvent dévoyé pour rassembler les "extrêmes" et mettre dans le même panier la France insoumise et l'extrême droite. Il y a de ce point de vue une vraie confusion avec le terme de "démagogie", notamment entretenue dans les médias. On ne théorise pas notre stratégie populiste, mais on assume notre analyse : dans la théorie marxiste, il y avait deux classes, celle de ceux qui détiennent les moyens de production et celle de ceux qui ne les détenant pas n'ont que leur force de travail. Pour nous, aujourd'hui, il y a le 1% des possédants et le 99% de la grande masse du peuple. Il inclut la classe ouvrière, mais ne s'y résume pas.

Mais est-il possible de défendre les intérêts de 99% de la population ?

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Il y a la nécessité de résoudre un certain nombre de contradictions au sein de ces 99%. Comment le faire ? En aidant à déterminer ce qu'est l'intérêt général. On en a un exemple avec la question écologique : que vous soyez cadre supérieur d'une boîte ou en situation de grande précarité, la question du climat fait le lien entre vous. C'est pareil pour les désaccords religieux, dépassés par l'intérêt général humain qui lui ne connaît pas de frontière. Cette manière de voir les choses nous a permis de rompre une barrière, et de permettre à des gens qui se reconnaissent dans nos idées mais pas dans "la gauche" de voter pour nous. Glorifier certains codes ne nous intéresse plus. Nous voulons incarner le grand mouvement de l'intérêt général.

Cependant, lors des débats sur la loi Asile et immigration ou concernant la réforme de la sélection à l'université, on a parfois eu l'impression que la France insoumise renouait avec certains réflexes de la gauche contestataire...

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Ce n'est pas parce que certaines actions ou manières de faire sont associées à une certaine symbolique que nous allons y renoncer. On ne doit pas rompre avec tout, il ne s'agit pas de mettre à la poubelle tout ce qui nous a précédé mais de trouver la bonne recette ici et maintenant. Sur les deux thèmes que vous évoquez, nous avons été clairs et rassembleurs. Concernant l'université, la proportion de jeunes qui s'inscrivent en fac est la même depuis des années, mais le boom démographique du début des années 2000 n'a pas été anticipé. Le gouvernement s'emploie à adapter le nombre d'étudiants au nombre de places disponibles, alors que nous voudrions adapter le nombre de places au nombre d'étudiants. Sur la question migratoire, nous sommes les seuls à insister sur les deux piliers : l'organisation de façon coordonnée de l'accueil de ceux qui se présentent à nos portes, mais aussi l'angle mort des causes : comment faire en sorte que les gens ne soient pas obligés de partir de leur pays.

Quoi qu'il en soit, les "99%" semblent plus divisés sur ces sujets que sur l'écologie...

Sans doute. Notre devoir est de résoudre ces contradictions par l'action politique, par l'argumentation.

Cela peut-il passer par le fait de prendre des positions iconoclastes à gauche ?

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Il ne s'agit pas de dire le contraire de ce que nous voulons faire. Vous ne nous ferez pas dire qu'on doit renoncer à l'accueil des gens qui se présentent à nos portes ! Sur l'Aquarius, la majorité des Français était opposée à l'accueil d'après un sondage (56% de Français estiment que le gouvernement a fait le bon choix en n'offrant pas l'accueil à l'Aquarius d'après un sondage d'Opinionway, ndlr). Mais c'est quoi notre but, toujours coller à la majorité ou faire entendre raison au plus grand nombre ? C'est justement la différence entre démagogie et populisme.

Le discours des partis de gauche a parfois semblé déconnecté des aspirations des personnes issues des classes populaires...

Nous essayons de renouer ce lien. Dans les méthodes d'action, nous ne sommes pas dans une logique où le parti injecte la conscience dans le peuple, comme l'avait théorisé Lénine. Nous considérons que la conscience découle de la détermination d'intérêts communs. Nous essayons de coller aux aspirations du peuple, pas de former une avant-garde révolutionnaire. Il y a une disponibilité dans le pays, notre but est d'accompagner ce mouvement. Quand on parle du dégagisme, ce n'est pas nous qui le faisons émerger : il est là, il est présent dans la société. On tient compte d'un fait pour l'épouser.

Cette volonté d'écoute des aspirations populaires se traduit par l'adoption d'un langage assez dur, voire violent, dans l'opposition à Emmanuel Macron et sa politique...

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Et c'est ainsi que nous sommes considérés comme la première opposition de France dans l'opinion. Une fois que le vote est tranché, la dispute continue. Par ailleurs, la conflictualité crée de la conscience. En réalité, si tous les acteurs politiques se succèdent sur un plateau de télévision à raconter la même chose sur la même tonalité dans la même ambiance climatisée, on va s'endormir très vite, y compris pour des gens qui sont éloignés de la politique. La dispute (pas la violence), la polémique, la mise en scène d'une conflictualité d'idées, permet une meilleure détermination. Mais elle n'est jamais vaine, et assise sur autre chose que sur la crédibilité. Nous assumons les contradictions qu'il y a dans la société, mais nous proposons des contre-solutions crédibles.

https://www.marianne.net/politique/adrien-quatennens-un-discours-d-independance-n-est-pas-un-discours-d-isolement?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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[1] "la France insoumise (FI) propose de renégocier les traités et menace de quitter l’Union européenne (UE) en cas d’échec": ça commence mal: nous avons démontré à plusieurs reprises que le "Plan B" de Mélanchon ne constitue en aucun cas une volonté de quitter l'Union européenne...(voir par exemple nos publications La rupture avec l’UE, oui mais comment ? La France Insoumise ne sait toujours pas... / Assemblée : finalement, Jean-Luc Mélenchon accepterait un drapeau européen... à 29 étoiles  / Jean-Luc Mélenchon : « Je suis un indépendantiste français »  etc.)

[2] "Le cadre des traités de l'UE ne laisse plus de place à une souveraineté pleine et entière des peuples." : ceci laisse entendre qu'à l'origine, la souveraineté des peuples n'était pas menacée; c'est une différence majeure entre la FI et l'UPR: nous expliquons pour notre part que dès le départ, l'objectif délibérément caché aux peuples était d'en finir avec la souveraineté des nations européennes, car tel était l'objectif géopolitique des véritables concepteurs du projet au lendemain de la guerre, les Etats- Unis, ce qu'avaient très bien dénoncé d'ailleurs à l'époque les gaullistes et les communistes...Par ailleurs, l'assertion de Quatennens semble ignorer que la constitution d'un "marché commun" était déjà problématique en terme de souveraineté économique, en tous cas pour une partie de la gauche de l'époque.

[3] "on choisira l'application de notre programme avec les pays qui partagent nos objectifs.": voilà qui laisse supposer que d'autres pays membres de l'UE se laisseraient tenter par l'aventure de la désobéissance mélanchonnienne, mais en admettant que ce soit réaliste, ça ne répond pas à la question: pourquoi rester dans le cadre de l'UE, qui présente une contrainte maximale, alors qu'il serait plus simple d'en sortir? Et au bout du compte, pourquoi vouloir à tout prix un projet alternatif en Europe au détriment d'autres projets possibles de coopération? Le monde est vaste...

[4] "Certaines forces politiques dans ce pays, très minoritaires comme Les Patriotes ou l'UPR, font exclusivement campagne sur la récupération de leviers face à l'Union européenne, et prônent le Frexit." : Quatennens reprochait à ses amis "de gauche" de ne pas avoir analysé la stratégie de la FI, mais il n'a visiblement pas lu le programme de l'UPR. Celui de F. Asselineau pour la Présidentielle est disponible sur notre chaîne You Tube, il fait plus de 5 heures et ne se limite pas à la "triple sortie"... par ailleurs, si nous mettons l'accent sur le FREXIT, c'est parce que sans cet impératif, AUCUN programme autre que celui de la Commission européenne n'est applicable. La stratégie de "désobéissance aux traités" n'a pas de sens selon nous dans la mesure où il existe une porte de sortie juridique des traités: l'article 50 du TUE. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire plus simple? Si M. Quatennens et ses amis sont en manque de "mise en scène de la conflictualité", qu'ils observent ce qu'il se passe à propos du Brexit: même dans un cadre légal respectueux du droit international, les occasions ne manquent pas pour que certains rendent l'affaire très compliquée...   P.G.

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