lundi 9 juillet 2018

Loi privatisant les HLM : pourquoi il sera bientôt encore plus galère de trouver un logement décent

Privatiser progressivement le logement social : tel est l’un des objectifs du projet de loi « Elan », en cours d’examen parlementaire.

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Les conséquences de ce texte sont potentiellement désastreuses pour les locataires de HLM, en particulier les moins aisés. Après avoir fragilisé la situation de bailleurs sociaux, le gouvernement propose sa solution miracle : vendre 1% du parc chaque année, soit 40 000 logements par an basculés sur le marché privé. Les exemples de privatisation du logement social en Angleterre et en Allemagne laissent pourtant présager le pire : baisse du nombre des logements, dégradation des résidences, augmentation drastique des loyers, et explosion du mal-logement.

1,5 milliard d’euros : c’est la brutale coupe budgétaire réalisée par le gouvernement à l’encontre du logement social. 800 millions en moins sur les allocations logement versées aux locataires du parc social, et 700 autres millions via une augmentation de la TVA sur les HLM, qui passera de 5,5 à 10 %. « 1,5 milliard, cela représente les deux-tiers des fonds propres des organismes HLM, décrit Manuel Domergue, directeur des études à la fondation Abbé Pierre (FAP). Cet argent sert à la rénovation et la construction. » Le fait que les organismes HLM, pour le moment en bonne santé économique, se retrouvent sur la corde raide rendra certaines négociations difficiles. Celles permettant de faire baisser les loyers pour les personnes en grande difficulté, par exemple. « L’annonce de ce budget en baisse a eu des conséquences immédiates : le nombre de projets de constructions a diminué dès le mois de décembre 2017 », remarque Manuel Domergue.

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La France compte 4,8 millions de logements sociaux, qui abritent 10 millions de personnes. Un Français sur deux loge ou a logé dans un logement social [1]. Outre le soutien de l’État (subventions directes, exonération d’impôts, accès facilité au foncier), le secteur du logement social reçoit l’aide des collectivités territoriales. La Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique, lui octroie des prêts à très long terme, sur 30 ou 70 ans. Ces prêts constituent près de 75% du financement total du secteur, adossés sur les dépôts de l’épargne populaire du livret A. Entreprises et salariés participent également au financement des HLM, à travers le 1% logement. Les bailleurs peuvent, enfin, compter sur les locataires, qui reversent chaque année plusieurs milliards d’euros de loyers.

Bientôt 40 000 logements sociaux en moins chaque année

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La mise sous tension financière du secteur, qui inquiète nombre d’acteurs, va en fait permettre au gouvernement d’imposer son agenda. La loi Elan – pour « Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique » – qui vient d’être adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale et passe actuellement au Sénat, en donne l’illustration. « [Cette loi] est pour une large part la conséquence de la loi de finances 2018 », analyse l’Union sociale pour l’habitat. Pour compenser cette coupe budgétaire, le gouvernement avance une solution miracle : la vente accrue de logements sociaux avec un objectif à terme de 1% du parc cédé chaque année, soit 40 000 logements – contre 8000 actuellement. « Nous aurons donc 40 000 logements sociaux en moins chaque année », confirme Manuel Domergue. Or, ce qu’il faudrait, c’est au contraire augmenter leur nombre. En 2017, selon la fondation Abbé Pierre, deux millions de ménages étaient en attente d’un logement à loyer modéré ; 3,8 millions de personnes mal logées, et 12 millions éprouvaient des difficultés locatives.

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« La vente d’un logement permet le financement de deux ou trois logements (40 000 logements vendus pour 100 000 à 120 000 logements construits) », affirment Christophe Denormandie et Jacque Mézard, secrétaire d’État et ministre de la Cohésion des territoires. Problème : « On ne sait pas d’où vient ce chiffre, annonce Clément Allègre, chargé de mission logement social pour l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). Il n’apparaît pas dans l’étude d’impact du projet de loi Elan, ni dans aucune autre étude publique. Mais il est impossible qu’un logement vendu à Paris, par exemple, soit équivalent à trois logements construits au même endroit, étant donné le prix du foncier. »

Privatisation du logement social : les désastreux modèles allemands et anglais

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Que s’est-il passé chez nos voisins européens ? En Allemagne, l’important mouvement de privatisation du secteur du logement social à partir de 1990 s’est traduit par une diminution du nombre de logements disponibles. Les bailleurs communaux – équivalent de nos bailleurs sociaux – ont été massivement vendus à des entreprises et fonds d’investissements privés entre 1990 et le milieu des années 2000. Avec comme objectif affiché d’assainir les finances municipales. « Depuis 1990, le stock de logements sociaux en Allemagne a baissé d’environ 60 %», alertait l’Association nationale d’aides aux sans-abri (Bundesarbeitsgemeinschaft Wohnungslosenhilfe). À Berlin, 482 000 logements appartenaient aux bailleurs communaux en 1990. Il n’en restait plus que 273 000 en 2005, soit 209 000 en moins [2].

Même scénario en Angleterre, où la politique du « right to buy », le « droit à acheter », mise en place par Margaret Thatcher en 1980 - qui ressemble fort au projet du gouvernement français avec la loi Elan - a entraîné la privatisation de 1,8 million de logements sociaux publics en 30 ans [3]. À Londres, 40 % des logements sociaux publics ont été privatisés entre 1980 et le début des années 2010, sans que les constructions neuves puissent compenser ces pertes. « Le "Right to buy" a certes permis à des milliers de familles d’accéder à la propriété, mais les règles n’ont pas permis aux autorités locales de remplacer les logements vendus, alors que nous en avons désespérément besoin dans de nombreuses régions du pays », soulignait en avril dernier l’association des municipalités britanniques, la Local Governement Association.

Appropriation par des fonds d’investissement

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La possibilité accrue d’achats de HLM est présentée par le gouvernement d’Édouard Philippe comme une accession sociale à la propriété pour les locataires actuels du parc HLM. Sauf que ces derniers n’en ont pas nécessairement les moyens, bien au contraire. L’Union sociale pour l’habitat estime que l’objectif de 40 000 ventes par an est « trop important au regard de la paupérisation des locataires du parc social, de la variété des marchés locaux et des besoins en logements locatifs sociaux, en particulier dans les communes en manque de logements sociaux. » Loin de bénéficier des possibilités d’achat, les locataires risquent plutôt d’en pâtir. Vendus à la découpe, les HLM se transformeront peu à peu en copropriétés avec des risques importants de problèmes de gestion, de manque d’entretien, et de dégradations du bâti. « Ceux qui resteront seront soumis à des pressions pour partir, puisque seule leur présence empêchera les bailleurs de vendre », ajoute Manuel Domergue, de la Fondation Abbé Pierre.

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En Allemagne, seuls 11 000 des 209 000 logements berlinois privatisés ont atterri entre les mains de particuliers (soit 5 %). 11 000 autres ont été cédés à des coopératives d’habitants – un modèle qui n’existe pas en France. La très grandes majorité, 120 000 logements, a été vendue à des fonds d’investissements. En 2004, la ville de Berlin a ainsi vendu un bailleur entier, la GSW, et ses 65 700 logements, au fonds d’investissement états-unien Cerberus. Deux ans plus tard, la ville de Dresde, dans l’est de l’Allemagne, a cédé la totalité de ses logements communaux, plus de 48 000, à un autre fonds d’investissements états-unien, Fortress [4]. Un situation qui change radicalement la donne : alors que les bailleurs avaient pour mission de proposer aux locataires des logements décents à prix raisonnable, les fonds d’investissement travaillent d’abord à générer des bénéfices pour leurs membres.

Augmentation des loyers, coupes dans l’entretien des bâtiments

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Quel a été l’impact de ces transferts au privé pour les locataires ? « Quelques semaines seulement après la privatisation, la GSW a imposé pour de nombreux logements des hausses de loyers de 20 %», rapportait en 2006 l’association des locataires de Berlin, dans son livre noir de la privatisation. Ailleurs en Allemagne, les nouveaux propriétaires ont tout simplement cessé l’entretien des bâtiments et des logements. Comme dans la ville de Wilhelmshaven, où le même fond d’investissement, Cerberus, a acheté 7500 logements communaux en 2004. Deux ans plus tard, ces logements avaient déjà changé deux fois de propriétaire. Aucun des trois n’a entretenu les bâtiments, tout en décrétant des hausses de loyers [5].

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La possibilité de voir le parc HLM français se transformer en simple produit financier inquiète énormément les associations d’aide au logements et les bailleurs sociaux. D’autant plus qu’un amendement de la loi Elan offre la possibilité de vendre les logements sociaux à n’importe qui, y compris à des fonds de pension. « Le bailleur vend les murs et il garde l’usufruit du logement, c’est à dire qu’il le gère et touche les loyers, pendant dix, vingt ou trente ans, la durée étant fixée à la signature du contrat », précise Manuel Domergue. La pleine propriété revient ensuite à l’acquéreur.

Obliger les habitants à se surendetter ou à partir

À long terme, des pans entiers du logement social pourraient d’un seul coup passer au privé, obligeant les habitants à se surendetter ou à partir. Sous tension, les organismes HLM ne seront pas en situation de négocier les contrats à leur avantage, et pourront difficilement renoncer aux sommes importantes qu’ils pourraient toucher dans le cadre de ces ventes « en bloc », aussi peu fréquentables soient les acheteurs. « Nous appelons le gouvernement à interdire la vente en bloc d’immeubles HLM à des acteurs qui n’ont en rien contribué à leur construction », s’est alarmé l’Union sociale pour l’habitat le 12 juin, alors que le texte venait d’être voté par l’Assemblée nationale en première lecture.

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Autre injonction de la loi Elan, censée permettre au secteur de réaliser des économies : le regroupement des organismes HLM, jugés trop nombreux et trop petits. Pour le moment, seuls 10% des bailleurs ont la taille requise, à savoir 15 000 logements minimum. « Les bailleurs vont être absorbés par cette question du regroupement, regrette Manuel Domergue. Ce sera autant de temps passé en moins sur la rénovation, par exemple. » « Avec ces regroupements, il y a pour nous un vrai risque de pertes de proximité avec les locataires, qui en ont pourtant grandement besoin », ajoute Clément Allegre, de la CLCV. Comment négocier avec des acteurs encore plus lointains ? Comment feront les locataires en milieu rural, de plus en plus âgés et donc peu mobiles ? Tous les sièges sociaux des organismes vont se retrouver dans les métropoles.

La loi solidarité en communes menacée

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Actuellement discutée au Sénat, la loi Elan pourrait revenir à l’Assemblée lestée d’un autre point noir pour les locataires HLM : le détricotage de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (loi SRU). Votée en décembre 2000 sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, cette loi impose 20 à 25% de logements sociaux par commune d’ici à 2025, pour lutter contre la ségrégation territoriale. Jusqu’à présent, aucun gouvernement n’avait osé y toucher. Celui d’Édouard Philippe a avancé à petits pas vers sa remise en cause, en comptabilisant dans le quota de HLM d’ex-logements sociaux vendus depuis des années. Mais les sénateurs pourraient profiter de l’occasion pour assouplir encore les choses, alors que de nombreux élus locaux sont déjà hors-la-loi concernant cette obligation, en particulier au sein des communes riches [6]. « Le passage au Sénat présente un vrai risque, s’inquiète Manuel Domergue. Le gouvernement pourrait trouver un compromis avec les sénateurs sur la loi SRU, en commission mixte paritaire, d’autant qu’il aura besoin d’eux pour le vote de la réforme constitutionnelle. »

En Angleterre, une autre conséquence de la politique du « Right to buy » est la ghettoïsation et la stigmatisation des quartiers de logements sociaux restants. Car les locataires sociaux qui ont racheté leur logement étaient les plus aisés. Les logements sociaux non-privatisés abritent donc aujourd’hui les plus pauvres parmi les pauvres [7]. La privatisation massive a aussi un effet sur les difficultés d’accès au logement pour les foyers les plus pauvres. Les logements vendus à leurs locataires peuvent ensuite être revendus à d’autres propriétaires, qui peuvent tout à fait les louer ensuite aux prix du marché privé.

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« Quatre logements sur dix vendus en "droit à acheter" sont désormais entre les mains de propriétaires privés »,titrait The Guardian en décembre 2017. « Les locataires qui vivent dans des logements vendus sous le dispositif de Margaret Thatcher paient aujourd’hui des loyers deux fois plus élevés que ceux des logements sociaux détenus par les autorités locales », précisait aussi le quotidien britannique.

Explosion du nombre de mal-logés en Allemagne

En Allemagne comme en Angleterre, la privatisation du secteur du logement social fragilise les plus précaires, éloignant sans cesse la possibilité d’un accès à un logement décent. « En 2016, il n’y avait plus que 1,2 million de logement sociaux en Allemagne. Les communes, les Länder et l’État ont vendu les logements qui étaient en leur possession à des investisseurs privés. Ils ont ainsi cédé leurs réserves de logements à prix accessible », souligne l’association nationale d’aide aux sans-abri. Selon cette dernière, l’Allemagne comptait 420 000 personnes sans véritable logement en 2016, dont 52 000 vivant purement et simplement à la rue. Le nombre de mal-logés a augmenté d’un tiers en deux ans ! Sans compter les réfugiés nouvellement arrivés, encore hébergés dans des centres de premier accueil souvent aménagés dans des hangars ou des gymnases.

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L’Angleterre quant à elle fait face à un manque chronique de logement. La politique du "Right to buy" n’y a pas remédié, au contraire. « La construction de logement n’a pas suivi l’augmentation de la demande depuis les années 1980, en particulier à Londres, rappelle la Fondation Abbé-Pierre dans sa dernière étude sur le mal-logement en Europe. La construction de logements publics a chuté, et celle de logements privés a été impactée par les récessions économiques. » La transformation de près de la moitié des logements sociaux privatisés depuis 1980 en logements loués sur le marché locatif privé augmente de fait le risque de mal-logement. En Angleterre, « la fin du bail dans le secteur privé est devenue la première cause de sans-abrisme », précise la Fondation Abbé-Pierre. Est-ce vraiment la voie sur laquelle souhaite nous engager le gouvernement français ?

Rachel Knaebel, Nolwenn Weiler

 
- Photo : quartier des Chartreux à Moulins (Allier) - Jean-Louis Zimmermann (CC BY 2.0).

Notes

[1Voir le site de l’Union sociale pour l’habitat, ici.

[2Voir « Privatisierung der Berliner Wohnungsbaugesellschaften », 2005, Andrej Holm.

[3Voir les chiffres ici.

[4Voir ici.

[5Voir cette étude de l’association des villes et communes allemandes en 2007. L’association cite d’autres exemples.

[6Voir le palmarès des hors-la-loi de la réglementation SRU.

[770% des foyers anglais qui habitent aujourd’hui dans les logements sociaux dépendent des prestations sociales pour vivre.

https://www.bastamag.net/Loi-privatisant-les-HLM-pourquoi-il-sera-bientot-encore-plus-galere-de-trouver

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vendredi 22 juin 2018

« Démondialisation et déprofitation = baisse des marchés ! »

TRIBUNE LIBRE /  | 20 Juin 2018 |

TL CS MONDIALISATION DEPROFITATION

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Au début, on pouvait se poser des questions.

Trump va-t-il ou pas appliquer réellement son programme protectionniste ?
Trump va-t-il réellement démondialiser l’économie et tenter de freiner, voire d’inverser la globalisation ?
Trump va-t-il réellement mettre fin à l’immigration ou la freiner considérablement ?
Trump pourra-t-il et aura-t-il les moyens de mettre en place sa politique souverainiste et nationaliste, « populiste » diront certains ?

Pour le moment, la réponse est oui.

Comme toute inflexion majeure en politique et en économie, le mouvement est progressif et itératif. Cela se fait par étapes, graduellement, avec des avancées et des reculs.

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Mais ne nous y trompons pas, depuis deux ans de présidence Trump, le monde change considérablement et l’on voit chaque jour les effets des « idées trumpiennes ».

Le tableau d’ensemble est sans équivoque, les forces de rappel, extrêmement fortes également. La mondialisation fait gagner beaucoup d’argent à de grandes multinationales qui produisent pas cher en Asie pour nous revendre très cher en Occident.

Tout a été délocalisé.

Quand je dis tout, c’est tout.

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La production, le savoir-faire, les compétences mais également la… pollution ! Si nous pouvons avoir des normes environnementales en France, en Europe, c’est parce que nos productions/consommations polluent en Asie.

La mondialisation a entraîné des effets pervers très importants qu’il convient dans tous les cas de corriger. Dire cela ne signifie pas se transformer en Corée du Nord au moment où Trump, d’ailleurs, semble obtenir l’ouverture de l’un des derniers pays fermés.

En attendant, c’est la « guerre commerciale »…

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… Et Trump menace de taxer 200 milliards de dollars d’importations chinoises, en tous cas, voici ce qu’en dit Le Figaro.

Le président des États-Unis a demandé à ce que soit préparée une nouvelle liste de produits chinois importés, à hauteur de 200 milliards de dollars. Pékin a d’ores et déjà annoncé son intention de répliquer.

Donald Trump tente de faire monter la pression sur la Chine. En réaction à la riposte proportionnée et immédiate de Pékin à sa menace de sanctions de 50 milliards de dollars détaillées la semaine dernière, le président des États-Unis demande maintenant à son négociateur commercial, Robert Lighthizer, de préparer une nouvelle liste de 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Ce qui correspond à un doublement du montant potentiel de sanctions supplémentaires initialement prévues par Washington.
« Des initiatives supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales, ouvrir son marché aux biens américains et accepter une relation commerciale plus équilibrée », affirme Donald Trump dans un communiqué. Peu après, le ministère chinois du Commerce a répliqué que la Chine prendrait des mesures « qualitatives et quantitatives » pour se défendre si ces nouvelles menaces américaines étaient mises en œuvre.

La mondialisation, ça rapporte aux sociétés cotées en Bourse !

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N’y allons pas par 4 chemins. Ceux qui pourfendent comme moi le totalitarisme marchand, l’optimisation fiscale qui n’est qu’une fraude légalisée, ou encore ces multinationales sans morale ni éthique, ne peuvent pas se satisfaire de la mondialisation telle qu’elle est.

Y mettre fin nécessite de s’attaquer de front à des profits monstrueux et plantureux. Il y a de quoi se faire beaucoup d’ennemis évidemment, et ceux qui détiennent et gagnent beaucoup d’argent sont ces grandes multinationales qui profitent à plein de cette globalisation et de l’absence de contre-pouvoir et d’entraves.

La Bourse, sans pour autant s’effondrer, réagit nettement plus aux risques de guerre commerciale et donc de démondialisation, ce qui implique une immense « déprofitation » pour les grosses entreprises cotées sur les grands marchés financiers mondiaux.

L’ère de la « déprofitation ».

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Je sais, ce mot n’existe pas, mais j’invente les mots que je veux inventer, enfin pas tout à fait, nos amis antillais comprendront encore plus vite, eux qui parlent de « profitation » ils m’ont inspiré ce terme ! Et vous allez très vite piger, j’en suis certain ! La déprofitation est un phénomène économique qui correspond à une baisse structurelle et de très longue durée des profits des entreprises.

La déprofitation est la petite sœur de la démondialisation.

Si vous démondialisez, vous allez déprofiter et les dividendes du CAC 40 risquent d’être moins plantureux. Vous allez baisser les marges de production, inciter à la relocalisation, vous pouvez même déclencher une inflation sur les salaires si l’emploi repart.

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Pourquoi avons-nous de la déflation ? Parce que les salaires ne peuvent pas progresser depuis plus de 20 ans. Sans progression des salaires et de l’emploi, c’est tout le système qui s’effondre. Remettre les choses dans le bon sens est une bonne chose.

Les Chinois vont couiner, les grandes entreprises, aussi.

Au bout du compte, on se rendra compte d’une chose.

La primauté va au pouvoir politique. L’économie n’est que de l’intendance.

Nous avons juste laissé aux affaires des politiciens affairistes et plus ou moins vendus ou achetés, y compris les syndicats, d’ailleurs vous avez dans cette édition un article consacré aux nouvelles fonctions de l’ancien patron du syndicat FO. Stupéfiant.

Le véritable pouvoir est le pouvoir régalien. Encore faut-il avoir le courage, la volonté et l’indépendance de l’exercer pour le bien des nations et des peuples.

En attendant, si la démondialisation se poursuit, il y aura un mouvement concomitant de déprofitation. S’il y a moins de profits, de rendement et de dividendes, le cours action chutera et prendra en considération les nouvelles perspectives économiques. L’ajustement se fera à la baisse sur les actions, mais si c’est bien fait, les États ne tomberont pas dans l’insolvabilité, et mieux vaut un énorme krach boursier que des faillites d’États en chaîne.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/demondialisation-et-deprofitation-baisse-des-marches-ledito-de-charles-sannat/

mercredi 30 mai 2018

« Crise politique en Espagne. On peut être riche avec le pognon des autres !! »

par | 28 Mai 2018

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Crise politique en Espagne ! Et pas qu’une, entre le Premier ministre Mariano Rajoy qui est sous le coup d’une motion de censure après que son parti ait été condamné pour corruption, l’Espagne sera difficilement gouvernable. Au même moment, les leaders du parti « Podemos » sont également en difficulté.

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Podemos, en espagnol cela veut dire « on peut », ou plus précisément « nous pouvons » !

Alors je n’ai pas résisté à ce jeu de mots « nous pouvons être riches avec le pognon des autres », puisque Pablo Iglesias et Irene Montero, en couple au travail et à la ville, règnent sur le parti antisystème « Podemos ».

Le problème c’est qu’être antisystème, et modeste dans la durée, c’est toujours assez difficile pour le plus grand nombre.

Les années passent, on se retrouve à deux à être députés, et même si comme chacun le sait la paie d’un député est minable et nécessite de s’alimenter uniquement de plâtrées de pâtes indigestes pour de si nobles intestins, cela laisse les moyens tout de même de s’acheter une belle villa avec piscine dans la banlieue de Madrid.

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Il n’en a pas fallu plus pour déclencher une grande polémique en Espagne.

Espagne : la villa chic qui hante les antisystèmes de Podemos

« Le couple à la tête de Podemos, parti de la gauche radicale espagnole, s’est offert une villa chic avec piscine en banlieue de Madrid, un achat qui risque de leur coûter cher, même aux urnes.

Les accusations d’hypocrisie n’ont pas tardé à pleuvoir sur ceux qui prétendaient il y a trois ans représenter « les gens » contre « la caste » dirigeante avant de faire une entrée fracassante au Parlement avec 20 % des voix.

La polémique est telle que Pablo Iglesias et Irene Montero, numéros un et deux du troisième parti d’Espagne, ont appelé les près de 500 000 militants de Podemos à voter de mardi à dimanche pour leur réitérer ou retirer leur confiance. Un plébiscite dont les résultats seront connus fin mai.

Après la révélation par la presse de cet achat conclu début mai pour plus de 600 000 euros, le couple a confirmé avoir emprunté 540 000 euros sur 30 ans pour s’offrir cette maison dans la banlieue cossue de Galapagar, à une quarantaine de kilomètres de Madrid. »

N’est-ce vraiment pas bien ?

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Disons-le, le pauvrisme, c’est épuisant ! Le pauvrisme cela finit même par devenir gonflant, car cela tire la société non pas vers le haut mais vers le bas. Être pauvre n’est ni bien ni mal et évidemment l’objectif de toute action politique se doit d’être orientée sur le fait de permettre au maximum de citoyens de vivre convenablement et d’améliorer au maximum l’ordinaire des familles, qu’elles soient en Espagne ou en France.

Mais avoir cette ambition politique ne nécessite pas forcément de devoir vivre soi-même dans l’extrême pauvreté, et réclamer, sous prétexte que des gens vivent le long du periph sous des tentes, que nos députés soient logés sous une tente Quechua porte de la Chapelle (bien que cela nous promettrait des moments de franches rigolades) n’est pas véritablement une nécessité.

Ce n’est pas parce que le couple Iglesias et Montero vivront plus mal ou moins bien que les Espagnols vivront mieux.

Nous avons ici un exemple parfait de pauvrisme, de démagogie et… de société de l’émotion.

La véritable question c’est celle de la simplicité volontaire et de l’exemplarité

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Dans des pays qui souffrent de pauvreté, et de situations très hétérogènes, la véritable force politique, les convictions, doivent s’exprimer par une forme de simplicité volontaire et d’exemplarité.

Avoir de l’argent n’est en aucun cas critiquable, et je suis pour le fait que le maximum de Français aient le maximum d’argent, et s’ils en ont plus que moi, j’en suis très heureux pour eux.

Ce qui est essentiel, et c’est ma manière de concevoir les choses, ce n’est pas le dépouillement total. Je ne suis pas moine, et ne souhaite pas le devenir. C’est de savoir être humble. Simple et exemplaire. L’indépendance vis-vis des aspects matériels est une vertu cardinale en politique car elle vous rend nettement moins sujet à d’éventuelles corruptions. Mais c’est la même chose pour la gaudriole. Ces faiblesses humaines qui existent depuis la nuit des temps sont les faiblesses qui font les soumissions de certains politiques de premier plan partout dans le monde, sous toutes les latitudes et à toutes les époques.

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Le Général de Gaulle avait une bien belle maison dans un petit village. Il avait aussi quelques beaux meubles et même un fauteuil confortable ! Il ne vivait pas dans la misère. Il vivait avec une réelle simplicité, une humilité, et une exemplarité.

Il est paradoxal de se rendre compte que la grandeur commence par les petites choses. Est grand ce qui est humble et simple. Étonnant n’est-ce pas !

C’est cela qui est reproché au couple de Podemos, cela et l’âpreté du combat politique qui n’oublie pas les leçons de morale qu’ils faisaient aux autres quand ils les accusaient d’être des politiciens « qui vivent dans des villas » et « ne savent pas combien coûte un café ».

On peut dire cela. Encore faut-il savoir soi-même être exemplaire. Néanmoins, il convient de dire que savoir donner le prix du ticket de métro ne vous qualifie pas pour diriger un pays et préparer l’avenir d’une nation. Connaître le prix du ticket de métro est un sujet insignifiant et l’action politique ne doit jamais être réduite à cela.

Le laisser croire, cela signifie se faire voler les débats et les véritables sujets pour nous faire manipuler par la dictature de l’émotion et laisser la place non pas à des leaders politiques visionnaires mais à des comédiens fussent-ils de talent.

Pour le reste, bien rares sont ceux capables de résister à la tentation.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/crise-politique-en-espagne-on-peut-etre-riche-avec-le-pognon-des-autres/

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lundi 21 mai 2018

Baisse des aides sociales : l'Etat lance-t-il une nouvelle offensive contre les plus démunis ?

Le rapport de la direction du budget, intitulé «transformer les prestations sociales», est une bombe politique. Le Monde a pu se procurer un document qui prévoit de nouvelles coupes dans les prestations sociales aux dépens des plus fragiles.

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Après la révélation par Le Parisien de l'avant-projet de loi sur la réforme du code du travail en juin 2017, la divulgation du rapport Spinetta en février 2018 pour une réforme drastique du ferroviaire, la publication en mai de la note interne pour privatiser la SNCF ou encore la fuite en janvier du projet de loi sur les fake news, le gouvernement cherche-t-il encore à tester l'opinion publique avant de lancer une nouvelle réforme explosive ? 

Ce 18 mai, Le Monde assure avoir en sa possession le document qui prépare un plan de réduction des dépenses dans les aides sociales. La direction du budget a ainsi délivré plusieurs pistes pour «transformer les prestations sociales». Si l'entourage du ministre du Budget Gérald Darmanin, contacté par le quotidien, atteste qu'il ne s'agit que de «travaux techniques», difficile de ne pas y voir un premier jet pour un futur projet politique de réduction des dépenses publiques. Depuis juin 2017, le gouvernement s'est effectivement lancé dans une vaste entreprise de réduction de ces dépenses, de l'ordre de 80 milliards d'euros d'ici 2022.

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Un défi de taille, puisque l'Etat a, par la même occasion, renoncé à plusieurs milliards d'euros de rentrées fiscales après ses mesures, décrites par l'opposition, «pour les riches» : par exemple, la transformation de l'impôt sur la fortune (ISF) entraîne une baisse de recettes pour l'Etat de près 4 milliards d'euros ; le coup de rabot sur l'imposition du capital produit un manque à gagner, de 1,5 milliard d'euros selon le gouvernement à 4 milliards d'euros selon l'OFCE ; la suppression de l'exit tax induit quant à elle un manque à gagner de près de 800 millions d'euros, selon un rapport du Conseil des prélèvements obligatoire daté de janvier 2018.

La facture pour les pauvres, démunis et handicapés ?

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L'Etat doit donc s'attaquer aux aides qu'il distribue s'il veut au moins compenser les «cadeaux fiscaux», «aux plus aisés», «aux plus riches», pour reprendre les termes des opposants à la politique «macronienne». Parmi les coupes économiques dans les aides sociales, l'Aide personnalisée au logement (APL) est, une fois encore, dans le collimateur des mandarins du budget. Ils proposent cette fois-ci d'intégrer les minima sociaux et les prestations familiales dans les ressources servant de base à leur calcul «à compter de 2020».

En outre, les bourses sur critères sociaux (BCS), accordées aux étudiants «issus de foyers modestes» seraient revues, gelées dans certains cas. Par ailleurs, l'allocation personnalisée pour l'autonomie (APA), pour les personnes âgées en difficulté physique, est jugée «trop diluée et insuffisamment redistributive», d'autant plus «dans un contexte de vieillissement démographique». Enfin, pour l'allocation adultes handicapés (AAH), il est proposé de «maîtriser les flux d’entrée en [révisant] les critères d’attribution». Sur toutes ces aides, la note conseille de mieux cibler, c'est-à-dire, en filigrane, de réserver les aides aux plus démunis, privant d'autres populations des aides auxquelles elles avaient jusqu'à présent droit. En effet, la direction du budget estime que les aides sociales constituent «un poids croissant» pour les finances publiques, de l'ordre de 26% des dépenses.

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Invité de RT France, Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques, estime que «le plus simple [pour Emmanuel Macron] c'est effectivement de couper dans les aides sociales et les dépenses sociales dans la mesure où beaucoup d'efforts ont déjà été faits en termes d'austérité», en prenant l'exemple du gel, depuis plusieurs années, du salaire des fonctionnaires. Il juge d'ailleurs que «cela risque d'assez mal se passer pour les pauvres et les laissés-pour-compte de notre société» en comparant la politique «macronienne» à «la logique anglo-saxonne».

Après la hausse de la CSG pour les retraités et les fonctionnaires, la hausse des tarifs sur l'énergie (gaz et électricité) et l'essence, la baisse des APL, la promesse de durcir les sanctions à Pôle emploi et le renforcement des contrôles sur les chômeurs, l'étiquette «Emmanuel Macron, président des riches» ne risque-t-elle pas de coller à la peau de son quinquennat ?

https://francais.rt.com/france/50824-baisse-des-aides-sociales-le-gouvernement-lance-une-nouvelle-offensive-contre-les-plus-demunis

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Comme d'habitude, l'étiquette "président des riches", reprise par les médias et une certaine "opposition" est bien commode pour éviter de pointer du doigt les vrais commanditaires...   P.G.

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jeudi 3 mai 2018

Images du jour

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Miscellanées

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CLIP 1°MAI 2Souces: https://www.les-crises.fr/miscellanees-du-02-05/

+ captures d'écran Frexit-Limousin.fr

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mardi 1 mai 2018

Sébastien, 32 ans, BAC +6, raconte avec force sa vie de chômeur (réédition)

En raison de la mobilisation sociale et militante autour du 1° mai, l'équipe de Frexit-Limousin.fr représente des articles de fond publiés sur ce site à des fins d'argumentaire. Merci de votre compréhension. P.G.

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En 2018, on estime qu’un Français sur 7 vit sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de 1 015 euros par mois. C’est le cas de Sébastien.

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Sébastien, 32 ans, bac + 6 et deux masters en poche, est au chômage, tout comme un jeune sur quatre en France. Ayant grandi dans une famille modeste, il a financé lui-même ses études, convaincu qu’elles lui permettraient de décrocher facilement du travail à l’avenir. Une promesse qui se confronte à une sacrée désillusion.

Le 11 avril, France 5 diffusait le documentaire Pauvres de nous réalisé par Claire Lajeunie. En France, la pauvreté contemporaine revêt de nombreux visages. Une précarité qui influe très concrètement sur le quotidien de ces êtres humains victimes du système, de l’enfance à la retraite.

Comme Sébastien, surdiplômé, qui survit avec moins de 7 euros par jour et vit dans un logement social à Strasbourg, après avoir dormi 6 mois dans sa voiture.

SEBASTIEN CHOMEUR

« Je m’appelle Sébastien. J’ai 32 ans, 33 cette année. J’ai bac + 6. J’ai deux masters. Le premier en développement social, intervention et conflit. Et le deuxième, que j’ai fait à Sciences Po, en politiques européennes et affaires publiques.

 

Il y a trois ans, concrètement, j’étais chef de service, un service médico-social. Du jour au lendemain, je suis débarqué, voilà. Je sais pas pourquoi. Donc je perds mon emploi, et là les ennuis commencent.

Ce serait faux de dire qu’on sort de là indemne. C’est sûr que c’est pas la grosse joie. Être précaire, c’est être dans une espèce d’antichambre de la vie, c’est à dire que t’es pas vraiment dedans, mais t’es pas vraiment en dehors. Quand tu dois attendre la journée, parce que t’as pas de boulot, parce que tu peux rien faire, c’est un peu comme si t’avais le bracelet électronique quoi, en gros. T’es chez toi mais tu peux rien faire, t’as pas de liberté. Pas de boulot, pas d’argent, pas de vie sociale. Et à côté, la vie s’arrête en fait.

Y’a un moment, quand vous sortez avec des potes, ils disent bon bah on va se boire un coup ? Bah ouais mais non les gars, on va pas aller se boire un coup parce que je suis un peu ric-rac. On est dans une société de paraître, aujourd’hui on n’existe qu’à travers sa bagnole, à travers ses fringues, à travers son statut. Comment exister quand on n’est rien ?

(…)

Se coucher avec le ventre vide, ça m’est arrivé un bon paquet de fois quand même. Et ça m’arrive de temps en temps. Et puis des amis je pense. Quand ils me disent, t’as besoin de quelque chose, tu me le dis, je leur dis ‘ouais ouais t’inquiète, je te dirai’, je le dirai pas. Mais du coup, ils vont faire des courses ils vont dire, écoute j’ai fait ça. C’est un peu dur d’accepter, t’en parles pas, tu le dis pas.

(…)

Franchement, à choisir entre un copain qui te file 10 balles et un copain qui te file un paquet de pâtes, je préfère un pote qui te file un paquet de pâtes. »


 

Pour (re)voir le documentaire Pauvres de nous dans son intégralité, rendez-vous sur le replayde France TV.

 


 

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« La pauvreté n’est pas un accident. Comme l’esclavage et l’apartheid, elle a été faite par l’Homme et peut être supprimée par des actions communes de l’humanité. »

 

Nelson Mandela

 


 

Source :

https://positivr.fr/temoignage-pauvrete-precarite-chomage-documentaire-pauvres-de-nous/

https://aphadolie.com/2018/04/22/sebastien-32-ans-bac-6-raconte-avec-force-sa-vie-de-chomeur/

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mercredi 25 avril 2018

La vérité sur l'Afrique

TRIBUNE LIBRE / Par Bernard Lugan

TL LUGAN AFRIQUE

Universitaire spécialiste de l'Afrique, Bernard Lugan est l'auteur de nombreux livres. Il anime un blog consacré à l'actualité et à la géopolitique de l'Afrique. Il dirige la revue par internet L'Afrique réelle www.bernard-lugan.com

Emmanuel Macron s'apprête à recevoir les présidents sénégalais et ivoiriens. Migrations, pauvreté, démographie... Les problèmes du continent africain sont nombreux : mais la France est très loin d'être en mesure de contribuer à leur résolution.

Vendredi 20 avril 2018, les deux derniers piliers de l’ancienne «françafrique», à savoir les présidents Macky Sall du Sénégal et Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, seront reçus par Emmanuel Macron. La situation du continent africain est à ce point préoccupante que l’on voit mal ce que pourra leur promettre le président français en dehors de discours creux et de vœux pieux !

D’autant plus que, contrairement aux idées-reçues, l’Afrique ne compte pas pour l’économie française. Alors que la totalité de ses exportations mondiales est d’un peu moins de 500 milliards d’euros, la France vend à la seule Afrique sud saharienne pour à peine 14 milliards d’euros de biens et marchandises, soit moins de 3% de toutes ses exportations. La zone CFA totalise à elle seule 46% de ces presque 14 milliards, soit à peine un peu plus de 1% de toutes les exportations françaises. Pour ce qui est des importations, les chiffres sont voisins. Quant à la zone CFA elle-même, elle n’est pas cette «chasse commerciale gardée» permettant aux productions françaises de bénéficier d’une sorte de marché réservé comme certains l’affirment puisque, depuis une décennie, la part de la France dans le marché de cette zone n’est en effet que de 11% environ, loin derrière la Chine.

Militairement, c’est sur la France que repose la «police» du Sahel. Or, Paris n’est pas en mesure de s’attaquer aux causes de la guerre qui s’y déroule. Ces dernières sont en effet inscrites dans la géographie et l’histoire de cette vaste région dans laquelle les populations «blanches», ou du moins à peau «claire», ultra minoritaires vivent au nord cependant que des populations noires vivent au sud. Traditionnellement, les pasteurs nordistes razziaient les agriculteurs vivant le long du fleuve.

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La colonisation rassembla nomades et sédentaires dans les limites administratives de l'AOF (Afrique occidentale française). Lors de la décolonisation, les délimitations internes à ce vaste ensemble devinrent des frontières d'Etats. A l'intérieur de ces frontières, l’ethno-mathématique électorale donna automatiquement la victoire, donc le pouvoir aux plus nombreux, c’est-à-dire aux sudistes. Au Mali et au Niger, les Touareg qui refusèrent d’être soumis à leurs anciennes victimes se soulevèrent à maintes reprises. C'est sur ce terreau propice que se développèrent ensuite les trafiquants de toutes sortes, puis, aujourd’hui les islamistes, le djihadisme étant d’abord ici la surinfection d’une plaie ethnique.

Conscient que la question est insoluble, le président français cherche donc actuellement une porte de sortie.

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Plus généralement, les dirigeants français ont bien conscience que ni la France, ni même l’Union européenne ne peuvent véritablement aider l’Afrique. Comment le pourraient-ils quand, du nord au sud et de l'est à l'ouest, le continent africain est ravagé par des guerres ou des crises. De la Méditerranée aux prolongements sahariens, la dislocation libyenne entretient un foyer majeur de déstabilisation. Dans le cône austral, ce qui fut la puissante Afrique du Sud sombre lentement dans un chaos social. De l'Atlantique à l'océan Indien, toute la bande sahélienne est enflammée par un mouvement à la fois fondamentaliste et mafieux dont les ancrages se situent au Mali, dans le nord du Nigeria et en Somalie; plus au sud, la Centrafrique a explosé cependant que l'immense RDC n'en finit pas de mourir.

Economiquement, et à l’exception d’enclaves dévolues à l’exportation de ressources minières confiées à des sociétés transnationales sans lien avec l’économie locale, l’Afrique est aujourd’hui largement en dehors du commerce, donc de l’économie mondiale. Malgré le pétrole et les minerais, sa part dans les échanges mondiaux (importations plus exportations), est en effet dérisoire. De 6% en 1980, elle s’est effondrée à 2% dans la décennie 1990, avant de «remonter» à un peu plus de 3% aujourd’hui.

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En Afrique, les crises alimentaires sont permanentes, les infrastructures de santé ont disparu comme l'a montré la tragédie d'Ebola en Afrique de l'Ouest ou la flambée de peste à Madagascar, l'insécurité est généralisée et la pauvreté atteint des niveaux sidérants.

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population du continent, soit environ 600 millions de personnes, vit avec moins de 1,25 dollar (moins de 1 euro) par jour. Si nous ajoutons à ce chiffre les 250 millions d'Africains ayant un revenu situé entre 2 et 4 dollars, soit, juste à la limite supérieure de l'extrême pauvreté, cela fait un total d'environ 670 millions d'Africains sur une population totale de 1,1 milliard qui vit dans la pauvreté.

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Le développement passe par la formation de cadres et par l'innovation, or sur une moyenne de moins de 200 000 brevets d’inventions déposés dans le monde, environ 0,2% le sont par des Africains, dont les 80% par des Sud-africains dont 90% par des Sud-Africains blancs, les 10% restant par des Sud-Africains d’origine indienne. Le drame est que l’Afrique ne dépose pas de brevets, mais qu’elle exporte ses cerveaux, ce qui est clairement une forme d’assassinat pour un continent qui ne compte que 83 ingénieurs par million d’habitants quand l’Europe en a 1 000.

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Des diplômés quittent donc l’Afrique où ils sont indispensables, pour aller s’employer dans le monde développé industrialisé où ils sont en surnombre. Or, cette nouvelle forme de traite des Noirs qui porte sur les plus précieux des Africains, ses diplômés, se fait avec l’habituelle complicité des «gentils» de l’anti-ségrégation et des requins du capitalisme associés pour la circonstance. Au nom du paradigme de la culpabilité qui les hante, les premiers s’interdisent de voir qu’en les accueillant, ils saignent l’Afrique. Les seconds les encouragent à venir au nom des lois du marché, du travail global et de la mobilité de la main d’œuvre. Résultat, des dizaines de milliers de boat people se livrent au bon vouloir de gangs qui les lancent dans de mortelles traversées en direction de la «terre promise» européenne.

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Le président Macron est conscient de ce problème, mais il n’a aucun moyen, sinon homéopathique, de persuader les Africains de le régler. A moins d’établir un partenariat avec les pays de l’Afrique du Nord qui vont être les premiers à être touchés car, c’est d’abord sur eux que vont se déverser les futures masses de migrants sub-sahariens.

Comment en serait-il autrement alors que la croissance démographique africaine est supérieure à 3% ? Elle est le résultat d'une fécondité très élevée (4,5 enfants par femme au Soudan et 7,1 au Niger), ce qui fait qu’en 2040, le Sahel, région fragile et aux ressources plus que limitées devra faire vivre plus de 150 millions d'habitants.

Là encore, la France est impuissante car elle n’a aucun moyen de contraindre les Africains à adopter de drastiques mais impératives politiques de contrôle des naissances.

https://francais.rt.com/opinions/50033-bernard-lugan-verite-sur-afrique

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La solution n'est certainement pas de "contraindre" les Africains "à adopter de drastiques mais impératives politiques de contrôle des naissances", mais de les y aider concrètement à travers de véritables partenariats de co- développement, mais bien sûr, cela suppose une France indépendante et le développement d'une francophonie politique au service de ce projet contrecarrant la finance, les multinationales et les empires prédateurs...     P.G.

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jeudi 5 avril 2018

Grèce : Le démantèlement méthodique et tragique des institutions de santé publique

Et dire que l'on trouve encore des idolâtres de l'UE !
Mais ces idolâtres, par stupidité, inconscience, paresse intellectuelle ou manque d'empathie
sont quelque part responsables de la situation en Grèce.
Et quand des enfants meurent de faim ou de maladie
et que nous ne faisons rien pour arrêter les vautours qui pillent leur pays, nous sommes quoi ?

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Grèce : Le démantèlement méthodique et tragique des institutions de santé publique

12 mars par Noëlle Burgi, Membre du CNRS, CESSP
CADTM = COMITE POUR L'ABOLITION DES DETTES ILLÉGITIMES

Le système national de santé grec a été démantelé par l'application d'un ensemble de mesures imposées depuis 2010 par les créanciers de la Grèce dans les secteurs de santé primaire, secondaire et pharmaceutique. Ce texte présente une analyse critique des principales mesures de compression budgétaire mises en place dans ces secteurs et introduit un débat sur des initiatives communautaires censées renforcer certains déterminants sociaux de la santé (indemnités de chômage, assurance maladie, revenu minimum garanti). Il apparaît que les politiques mémorandaires ont manqué le but d'efficience et d'efficacité affiché, mais peut-être pas le projet implicite de construire un « nouveau modèle social européen » réduit à quelques prestations tout juste suffisantes à la survie des dépossédés. En s'appuyant sur de nombreux travaux scientifiques, des entretiens en Grèce auprès de militants et dans des établissements de soin et une enquête en cours dans des quartiers ouvriers du Pirée, l'article conclut à l'épuisement – passager ? – des forces luttant pour la survie des droits sociaux démocratiques.

Sept ans après la mise en œuvre des memoranda, la Grèce se trouve dans une situation bien pire qu'en 2010


Introduction de l'article écrite par les Moutons Enragés :
"Nous avons toujours pensé, que la Grèce servait de laboratoire et que, si ça marchait pour les grecs, ça pourrait s'appliquer à d'autres. Les exigences de la troïka BCE/FMI/Commission Européenne, censées superviser les plans de sauvetage et ses implications dans les États membres de l'Union européenne, ont détruit le système de santé grec, au point où les médicaments de premières urgences pour les grands malades, diabétiques, cancéreux etc.. sont difficilement, voire plus du tout accessibles. Avec 200 euros par mois, qui peut payer 50% du prix de certains médicaments ?..."

 

La Tourmente grecque » : mortalité infantile + 43 %

31 juil. 2015 - Le taux de mortalité infantile a progressé en Grèce, depuis le début de la crise, de 43 %. C'est à ce taux que l'on reconnaît le niveau de développement d'un pays. La Tourmente grecque, film de Philippe Menut, rappelle cette triste réalité, et bien d'autres, qui montrent que la Grèce sert de "cobaye" aux aux spéculateurs.
"Le budget de l'éducation nationale s'est effondré. Plus de 1000 écoles primaires et secondaires ont été fermées. Des enfants s'évanouissent à l'école à cause de la faim."

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vendredi 23 mars 2018

Mondialisation : les Français toujours inquiets

Grégoire Normand

@gregoirenormand

Selon un sondage OpinionWay, 60% des personnes interrogées ont une image négative de la mondialisation. Il semble que les inégalités engendrées par ce phénomène contribuent à exacerber les craintes.

La mondialisation tracasse les Français. Selon les derniers résultats du sondage OpinionWay pour le Printemps de l'économie, 6 personnes interrogées sur 10 ont une mauvaise opinion de ce phénomène et 14% en ont une très mauvaise opinion. Les Français sont avant tout inquiets pour leur avenir dans le contexte de la mondialisation. Alors que les populismes continuent de progresser en Europe et notamment en Italie, les effets de la mondialisation restent au centre des préoccupations des citoyens.

Des effets économiques contestés

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Les retombées économiques de la mondialisation ne semblent pas partagées par les Français. Pour les interrogés, il existe clairement des vainqueurs et des perdants dans le processus de globalisation à l'échelle de la planète. Certaines régions ont réussi à tirer leur épingle du jeu et à bénéficier d'effets positifs de la globalisation comme l'Asie (pour 55% des personnes interrogées) et l'Amérique du Nord (51%).

Les Français se montrent plus partagés concernant les effets de ce phénomène sur l'Europe. 47% des personnes questionnées jugent qu'elles a eu des effets négatifs contre 39% pensent qu'elle eu des effets positifs. Les conséquences sont également perçus en demi-teinte pour la Russie (36% positifs, 39% négatifs) et pour l'Océanie (29% positifs, 41% négatifs). À l'opposé, certaines régions ont souffert d'effets néfastes liés à ce phénomène comme l'Afrique (55%) et l'Amérique du Sud (50%). Au regard des résultats, des disparités apparaissent en fonction des catégories socioprofessionnelles. Les répondants appartenant aux catégories populaires sont bien plus critiques sur les effets de la mondialisation dans les différentes régions du monde.

"Pour chacune des régions testées, moins de la moitié considèrent que les effets de la mondialisation ont été positifs, alors que 56% des personnes issues des catégories favorisées jugent les effets positifs en Asie et 54% en Amérique du Nord. "

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L'échantillon considère également que l'éradication de la faim, la baisse des inégalités ou la préservation de l'environnement semblent être des objectifs peu compatibles avec ce phénomène. Pour les interrogés, seule l'innovation technologique profiterait des effets de tous ces échanges.

La France loin d'être épargnée

Dans l'enquête menée par l'institut de sondages, les Français n'ont pas manqué de critiquer les effets de la mondialisation sur l'hexagone. Plus de 55% des interrogés jugent que dans le domaine économique et environnemental, la globalisation a eu des effets négatifs. Les personnes interrogées critiquent fortement ces effets sur les salaires (65%), l'emploi (64%) et le pouvoir d'achat (58%). Sur la croissance, les avis sont plus partagés. 49% considèrent que la mondialisation a eu une influence négative, tandis qu'un tiers des personnes interrogées lui attribuent des effets positifs.

Les Français inquiets pour leur avenir

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Pour les trois quart des interrogés, la mondialisation devrait continuer de s'étendre et devrait toucher à terme tous les secteurs de l'économie. L'uniformisation est également une crainte exprimée par 54% des Français tant au niveau du mode de vie que des pratiques culturelles similaires qui pourraient aboutir à ce que toutes les sociétés se ressemblent. Seule une minorité de Français (34%) jugent que la mondialisation favorisera la paix dans le monde et que les inégalités de revenus diminueront sous son influence. Au final, les Français sont plutôt pessimistes sur leur avenir dans le contexte de la mondialisation. Il s'inquiètent en particulier du futur des générations à venir.

"L'avenir de la France (67%) et du monde (65%) représentent également des sources d'inquiétude fortes et à leur échelle personnelle, les Français reconnaissent également être pessimistes pour leur propre avenir (63%)".

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Le niveau vie des interrogés semble également jouer un rôle primordial dans la perception de la mondialisation. Les catégories les plus défavorisées qui expriment le plus de critiques à l'égard de la mondialisation sont également celles qui se sentent le plus démunies pour l'avenir. Ainsi, 58% des interrogés issus des catégories populaires (contre 54% des personnes issues des catégories favorisées), 62% des personnes non diplômées (contre 46% des personnes ayant un diplôme du supérieur à bac+2) et 57% des personnes ayant un niveau de revenu inférieur à 2.000 euros par mois (contre 51% des personnes gagnant 3.500 euros par mois ou plus) déclarent être pessimistes sur ces perspectives d'avenir dans le cadre de la mondialisation.

(*) Cette étude a été réalisée auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d'agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées du 14 au 16 février 2018.

https://www.latribune.fr/economie/france/mondialisation-les-francais-toujours-inquiets-771303.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180316

dimanche 11 mars 2018

Travailleurs pauvres en Europe : des chiffres alarmants

Ceci complète notre publication d'hier Les chômeurs européens de plus en plus pauvres, surtout les Allemands

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TRIBUNE LIBRE /

Grégoire Normand

En dépit d'une amélioration de la conjoncture, la paupérisation des travailleurs s'aggrave en Europe et la situation est encore plus préoccupante chez les chômeurs. À l'heure où les populismes gagnent du terrain notamment en Italie, les défis pour l'économie européenne restent immenses.

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La pauvreté s'accroît dans le monde du travail européen. Selon les derniers chiffres de l'Office européen de la statistique publiés il y a quelques jours, la part des travailleurs pauvres en zone euro est passée de 7,3% en 2006 à 9,5% en 2016. Du côté de l'Union européenne à 28, ce taux est passé de 8,3% en 2010 (première année disponible) à 9,6% en 2016. Les effets de la crise et les mesures d'austérité ont contribué à cette paupérisation du monde du travail. Si la réduction du nombre de personnes confrontées au risque de pauvreté ou d'exclusion sociale est l'un des objectifs de la stratégie Europe 2020, les derniers chiffres relatifs à la population active indiquent que le pari est loin d'être gagné.

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De plus en plus de chômeurs pauvres

Les derniers chiffres de la Commission européenne sont particulièrement alarmants pour la population frappée par le chômage. Sur la décennie 2006-2016, la proportion de personnes sans emploi en risque de pauvreté a augmenté continuellement passant de 41,5% en 2006 à 48,8% en 2016. Dans l'union monétaire, cette part est passée de 39,2% à 48,9%. Évidemment, ces moyennes masquent des contrastes au sein du continent.

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Parmi les États membres, l'Allemagne est le pays qui connaît le plus fort taux de chômeurs en risque de pauvreté (70,8%), suivie de très loin par la Lituanie 60,5%. Dans bien d'autres pays, des taux supérieurs à 50% sont également recensés en Lettonie (55,8%), Bulgarie (54,9%), Estonie (54,8%), République tchèque (52,3%), Roumanie (51,4%) ou la Suède (50,3%).

 

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Entre 2006 et 2016, des contrastes apparaissent également en Europe. La Lituanie, la Hongrie et la République Tchèque ont connu de fortes hausses de la proportion de demandeurs d'emploi en risque de pauvreté. À l'opposé, quelques pays dont la France ont connu des baisses sur la même période.

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 La Roumanie et la Croatie ne figurent pas sur le graphique en raison de l'absence de données pour 2006.

Un salarié sur 6 est un travailleur pauvre

Selon Eurostat, la part des bas salaires parmi les salariés s'élevait à 17,2% dans l'Union européenne en 2014. "Cela signifie qu'ils gagnaient deux-tiers ou moins du salaire horaire national brut médian". Cette proportion varie énormément d'un État à l'autre et dessine une Europe à plusieurs vitesses. C'est en Europe de l'Est et du centre que les proportions de salariés à bas salaires sont les plus visibles (Lettonie, Roumanie et Lituanie ou Pologne). À l'inverse, la Suède, la Belgique et la Finlande affichent les taux les moins élevés du continent. Quant à la France (8,8%), elle se situe bien en dessous de la moyenne européenne.

Du côté de l'Allemagne, la situation des travailleurs pauvres est plus préoccupante. Les réformes "Hartz" mises en oeuvre en 2003 et 2005, ont favorisé le développement des mini-jobs faiblement rémunérés. La montée en puissance de ces emplois, ces dernières années, a contribué à une précarisation des travailleurs et un accroissement des inégalités de revenus, comme le rappelle une étude de la direction générale du Trésor.

"Cette performance sur le front de l'emploi doit pourtant être pondérée par la hausse des inégalités de revenus et de la pauvreté en Allemagne. Le taux de pauvreté a augmenté nettement entre 2000 et 2005, de 12,5% à 14,7%. La hausse est particulièrement marquée pour les personnes en emploi et plus encore pour celles au chômage."

Pour faire face à ce risque de pauvreté, plusieurs millions d'actifs ont donc cumulé deux emplois voire plus, comme l'illustre le graphique ci-dessous pour réussir à joindre les deux bouts.

 

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 (*) Un graphique de notre partenaire Statista.

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/travailleurs-pauvres-en-europe-des-chiffres-alarmants-769827.html

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