dimanche 14 janvier 2018

BIG BROTHER | Les vraies origines de Google

Vous souvenez-vous d’Archie? D’Alta Vista? De Lycos? De Yahoo! Non? C’est que vous êtes trop jeunes. Au début de l’internet, ces outils se partageaient le «marché» des annuaires de recherche. Puis Google a débarqué et ils ont tous disparu, comme des dinosaures, et avec la même mystérieuse rapidité.

ARG GOOGLE COMPLOT

Google est peut-être «né dans un garage» comme le répète mécaniquement la légende dorée de l’internet. Mais on s’est peu penché sur les vrais sponsors du garage en question. Et puis aussi sur les raisons et la manière dont l’algorithme de Page et Brin a réussi à effacer aussi définitivement la concurrence (un peu comme Facebook quelques années plus tard). Sa performance et sa qualité? Sans doute. Mais les étudiants à sweater de Stanford ont aussi reçu un petit coup de pouce venant des messieurs à cravate noire.

C’est ce parrainage qu’étudie Jeff Nesbit dans un passionnant article publié sur Quartz et dont le titre fait office de résumé: «La véritable origine de Google réside en partie dans les subsides de recherche octroyés par la CIA et la NSA pour la surveillance de masse».

Théorie du complot? Peut-être. Mais Jeff Nesbit n’est pas n’importe qui. Romancier, directeur d’ONG et essayiste, il fut aussi l’un des plus éminents mandarins du système de communication américain sous les administrations Bush et Obama.

Quel conspirationniste non agréé aurait osé, par exemple, écrire ceci:

«L’histoire de la création délibérée de l’Etat de surveillance de masse moderne comprend des éléments liés à l’origine surprenante, et largement méconnue, de Google. C’est une genèse un peu différente de celle dont le public a eu connaissance, et elle explique ce que les cofondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page, ont entrepris de construire et pourquoi.

Mais ce n’est pas seulement la genèse de Google: c’est la genèse de l’Etat espion lui-même, et de ce qui l’a financé.»

PS — Si vous ne tenez pas à être radiographiés jusqu’à votre dernier recoin de vie privée, vous pouvez toujours faire tourner des moteurs de recherche plus pudiques, comme DuckDuckGo ou le français Qwant...

http://log.antipresse.net/post/big-brother-les-vraies-origines-de-google?mc_cid=89c67c3bcb&mc_eid=3a5e263339

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jeudi 11 janvier 2018

De quoi 2017 est-il le nom? (2/2)

Que nous aura apporté l'année qui vient de s'écouler? Poursuite d'un inventaire sous forme de rêverie philosophique.

Tribune libre/ LE BRUIT DU TEMPS par Slobodan Despot

(...)

Les «fake news» en guise de matraque

TL ANTIPRESSE

L'année 17 a été marquée par une lutte titanesque. La corporation journalistique s'est dressée comme un seul homme contre le nouveau président des États-Unis, dont elle n'avait pas su anticiper ni par conséquent prévenir l'élection. Laquelle élection avait été un retentissant camouflet au système d'information global.

Le rouquin roublard lui a bien rendu son hostilité. S'en est suivie une empoignade, peut-être un peu mise en scène, dont la principale victime fut l'objectivité de l'information. Pour discréditer le président-voyou qui les vilipendait — et fédérait du même coup tous les «ennemis du système» — les médias de grand chemin lui ont collé ainsi qu'à ses alliés l'accusation de «fake news». Un peu comme si le patron d'un McDo dénonçait le kebab du quartier pour malbouffe.

Le «hashtag» #FakeNews est devenu le mantra d'un règlement de compte avec toute forme de pensée déviante. Le «journal de référence» français, Le Monde, a ainsi créé son «Décodex» un outil informatisé d'«évaluation» des sources d'information francophones (mais fourni par les laboratoires Google). Lancé en grande pompe, l'index du Monde s'est avéré un outil superficiel et calamiteux, éthiquement injustifiable et, de plus, contre-productif.

L'expérience est néanmoins représentative d'une double évolution des médias de grand chemin. D'une part, elle signe la transformation de leur mission d'information en une mission d'éducation. D'autre part, elle consacre le putsch des géants de l'informatique sur la scène médiatique et le remplacement à venir des rédacteurs humains — de plus en plus mentalement uniformisés — par des algorithmes d'intelligence artificielle. Étant progressistes par (dé)formation professionnelle, les zélateurs du système se sentent en devoir d'applaudir les outils de leur propre élimination.

La surréalité, c'est plus gérable

Le nivellement médiatique est le symptôme d'un processus plus profond initié depuis au moins une quarantaine d'années dans tout le monde industrialisé, URSS comprise. L'hypernormalisation — telle que décrite dans le documentaire exceptionnel d'Adam Curtis [1] est du reste un terme soviétique. Elle désigne la stabilisation d'une société en proie à une dérive foncièrement irrécupérable par l'élaboration d'un «clone» de réalité plus simple et plus maniable que la réalité brute. Ce qui implique avant tout le transfert du pouvoir des structures élues (et donc chaotiques) vers les technostructures rationnelles de l'argent et de l'information.

Le «management de la perception» prend donc le pas sur la politique. Les stratégies de communication prennent un rôle déterminant. Elles se sont particulièrement illustrées dans la gestion du phénomène majeur qui a frappé l'Europe ces dernières années: le flux migratoire.

Face à ce phénomène, on a vu se développer en Europe deux univers parallèles. D'un côté, la réalité: la raison froide, économique et démographique, justifiant cet apport de population, mais aussi le contexte stratégique de la déstabilisation du Moyen-Orient par le néocolonialisme occidental et les problèmes concrets posés par ce mélange forcé des populations et des mentalités. De l'autre, la surréalité: la construction d'un monde parallèle où ces nécessités et ces problèmes n'existent pas. Plus exactement: un monde où il est impossible — tout comme dans un rêve — de relier les effets à leurs causes évidentes.

La fracture s'est étendue à l'échelle des États. A l'est de Vienne: les partisans de la réalité, en gros réunis autour du «groupe de Višegrad». A l'ouest et au nord: les bâtisseurs de la surréalité.

Si les réalistes s'occupent avant tout de sauvegarder leurs repères à l'intérieur du périmètre qu'ils peuvent contrôler, les surréalistes, eux, s'attribuent une mission globale. On ne tolère aucune «altérité» à la surréalité.

L'importation de populations déracinées déborde les calculs socio-économiques qui l'ont initiée, notamment en Allemagne. Elle sert également de levier à un déracinement général portant sur tout ce qu'il y a en nous de déracinable. La propagande pro-migration se déploie partout, jusque sur les emballages de sucreries, sans qu'aucune limite n'y soit posée. L'ensemble du mobilier millénaire européen est retiré pour faciliter le flux. Comme le notait le grand metteur en scène (de gauche) allemand Botho Strauss, «grâce à l'arrivée en masse de déracinés, on met enfin un terme à la nation et, y compris, à une littérature nationale» [2]. Le conditionnement comportemental est si puissant qu'on ne songe même plus que d'autres attitudes face à cette nouvelle donne soient possibles, encore moins légitimes. «On nous ôte le pouvoir d'être contre», clame Botho Strauss. Le concept même d'opposition est en train de se vider de son sens, ainsi que le démontre la spectaculaire montée en insignifiance des partis d'opposition institutionnels.

La surréalité n'est pas un régime stable. Elle est dynamique, circulaire et exponentielle, telle une spirale. Elle remet sans cesse les mêmes sujets sur le tapis, mais d'une manière chaque fois plus appuyée. La migration n'est en l'occurrence que la tête de pont. Sur ses arrières, les populations hébétées découvrent tout l'arsenal du «reformatage» anthropologique auquel on entend les soumettre. Si l'an 1 vous avez été «sensibilisés» aux sexualités alternatives à l'école, vous serez invités l'an 2 à approuver leur mariage, on vous persuadera l'an 3 que l'adoption d'enfants est leur droit le plus élémentaire et, l'an 4, vous trouverez révoltant que des homosexuels à barbe n'aient pas le «droit» de porter des enfants.

Le conditionnement des masses est si efficace que des sujets à peine apparus dans le buzz médiatique deviennent des injonctions aussi naturelles que la loi de la gravité. Quelques semaines à peine séparent le lancement des hashtags #metoo ou #balancetonporc de la censure de La Belle au bois dormant ou de la réécriture de Carmen à l'opéra de Florence. Aucun pilier de notre héritage culturel n'est plus à l'abri des perquisitions policières. Aucune personnalité en vue n'est à l'abri d'inculpations ahurissantes devant le tribunal de meute des médias et des réseaux sociaux. La stupidité grégaire est devenue aussi obligatoire dans les fonctions publiques que l'était jadis la cravate.

Et alors?

(...)Il y a une dangereuse forme d'osmose à trop se pencher sur les «problèmes généraux» du monde: on finit par les intérioriser. Par transformer des craintes ou des possibilités en une réalité psychologique. Les «ingénieurs sociaux» des régimes totalitaires du XXe siècle auraient rêvé des outils de la technologie moderne. Le téléscripteur des guerres, des attentats et des catastrophes climatiques cliquette en permanence dans notre poche, sur nos tablettes ou nos ordinateurs. Le transformisme universel est un mouvement hypnotique. Il nous fait prendre la fabrication d'une réalité parallèle pour la vie elle-même. Si nous nous prenons au jeu, nous tombons en prostration.

C'est ce qui m'est arrivé ces dernières semaines. En réfléchissant par concepts, j'ai abouti à la post-humanité. Si j'avais réfléchi à partir de mon expérience personnelle, j'aurais conclu à un festival d'humanité. Durant l'année 2017, j'ai vécu l'aventure unique d'un mois de jeûne sur le lac Baïkal, découvert le vaste Orient russe, le cœur de l'Eurasie, la prodigieuse gentillesse empreinte de spiritualité des Bouriates. J'ai publié chez le meilleur éditeur un roman difficile et pourtant bien accueilli, récompensé même. J'ai aimé, ronchonné, fait la noce, voyagé, rêvé. J'ai entassé des bonnes bouteilles dans la cave d'un ami, «pour le cas où». Où que je sois allé, je n'ai vu que des humains, jamais des androïdes préconditionnés.

Les gens de mon entourage ne sont pas plus dupes que moi des illusions du temps. Mais ils leur accordent moins d'importance.

Car comme les ruisseaux de janvier continuent de chuinter sous leur croûte de glace, la vie continue. Qui se serait attendu à voir arriver en 2017 une œuvre littéraire aussi mûre, aussi puissante que l'Homme surnuméraire de Patrice Jean (présenté dans ce même numéro par le Cannibale lecteur), venant oblitérer des décennies de littérature onaniste? Qui aurait parié, au tournant du millénaire, sur la possibilité d'une agriculture non industrielle et d'un réel commerce de proximité?

Puis je songe à la vie que mènent mes filles et leurs amis, dans leur milieu ni défavorisé, ni surprotégé. Les années d'études se succèdent, les flirts d'adolescence se consolident en couples solides et respectueux, bientôt en mariages. On cherche un travail pas trop prenant pour se ménager une vie à soi. On entretient ses cercles d'amis. On regarde des séries, on joue de la musique, on économise pour voyager. On lit. Je découvre dans cette génération de surprenants témoignages de responsabilité et de miraculeuses zones de silence. Je comprends alors que leur indifférence aux idées est peut-être, comme sous l'ex-URSS, le signe d'une ironique sagesse. Cette folie passera elle aussi. On en viendrait à oublier que toutes les expériences de Frankenstein se heurtent à une limite infranchissable: l'imperfection de notre condition humaine et l'imprévisibilité du destin. (...)

NOTES
  1. Voir «Pourquoi il ne se passe rien?», Antipresse n° 101 du 5.11.2017.
  2. Botho Strauss, «Une tragédie qui enfle» (Anschwellender Bocksgesang), traduction exclusive dans l'Antipresse N° 14 du 6.3.2016.

Souce: Antipresse (Slobodan Despot)

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mardi 9 janvier 2018

Facebook paie Le Monde et ses “Décodeurs” pour traquer les “fake news”

Libération avec Libé/Désintox et d’autres médias français sont aussi concernés.

ACT MONDE FB

Vous avez dit indépendance ? Alors que Le Monde, dans un éditorial publié ce jeudi, redoute « les risques » du futur projet de loi contre les « fake news » annoncé par Emmanuel Macron, le Canard enchaîné révèle que Facebook collabore avec le quotidien du soir pour faire le ménage sur le réseau social, fréquenté par 33 millions d’abonnés en France. Moyennant finance. Titre de l’article : « Entre “Le Monde” et Facebook, un beau conte de “fake” ».

Le Monde, « dans le cadre d’un partenariat avec Facebook, a été mandaté par le réseau social […] pour épousseter ses pages », écrit l’hebdomadaire satirique. « Julien Codorniou, le vice-président de Facebook chargé des partenariats, qui vit à Londres, est membre du… conseil de surveillance du « Monde » ! », précise le palmipède. Ce dernier est aussi un « grand ami de Xavier Niel – le coproprio du quotidien ».

« La romance entre Facebook et « Le Monde », elle, a réellement démarré en février 2017 », rappelle le Canard. À l’époque, le géant du Net demande aux journalistes de l’aider à traquer les « fausses nouvelles » sur ses pages. Un temps « pris d’un doute » éthique, Le Monde « a soulagé illico sa conscience »,écrit l’hebdomadaire, qui parle de « pragmatisme financier ».

« Car Facebook paie désormais les journaux traqueurs de contenus sales »,affirme le palmipède, qui a demandé sans succès au quotidien le prix du service rendu« Mais c’est bien toute une équipe Web du journal (celle des « décodeurs ») qui a été mise au turbin pour le compte du réseau social ». Le Décodex du Monde a ainsi repéré 2 865 infos bidon sur Facebook et 147 pages sur les 1 198 épinglées ont été fermées, le plus souvent, en réalité, du fait de leurs contenus haineux ou racistes.

https://www.valeursactuelles.com/societe/facebook-paie-le-monde-et-ses-decodeurs-pour-traquer-les-fake-news-92092

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vendredi 29 décembre 2017

Obsolescence programmée : le parquet de Nanterre ouvre une enquête préliminaire à l'encontre de la marque Epson

Le parquet de Nanterre a ouvert le 24 novembre dernier une enquête préliminaire pour "obsolescence programmée" et "tromperie" à l'encontre du fabricant japonais d'imprimantes Epson, dont le siège français est situé à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a appris franceinfo jeudi 28 décembre de source judiciaire confirmant une information du Point.

ACT EPSON

"Une belle victoire pour les consommateurs"

Tout est parti d'une plainte déposée en septembre par l'association de défense des consommateurs Halte à l'obsolescence programmée (HOP) qui estime que les marques Epson, Brother ou encore Canon "programment" la durée de vie de leurs cartouches d'encre, ces dernières devant être remplacées alors qu'elles ne sont pas totalement vides.

"C'est une belle victoire pour les consommateurs", a salué sur franceinfo Me Emile Meunier, l'avocat de l'association de défense des consommateurs HOP (Halte à l'obsolescence programmée). À ma connaissance, c'est la première fois, en France c'est sûr, et même dans le monde, que les autorités judiciaires d'un pays se saisissent d'une enquête pour obsolescence programmée. Les choses bougent."

Une autre plainte contre Apple

L'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre ne concerne pour l'instant que la marque Epson. Les investigations ont été confiées aux agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), rattachée au ministère de l'Economie.

"C'est un service des plus sérieux avec des moyens d'enquête puissants", a expliqué Me Emile Meunier, ajoutant que l'association HOP était "à la disposition de la DGCCRF pour lui transmettre les éléments complémentaires". Selon lui, depuis le dépôt de la plainte, "beaucoup de témoignages [de consommateurs] nous sont parvenus".

L'association HOP a déposé une autre plainte mercredi 27 décembre, visant cette fois Apple, après que le géant américain a admis ralentir volontairement ses anciens modèles d'iPhone. Le délit d'obsolescence programmée a été introduit dans le droit français en août 2015.

https://www.francetvinfo.fr/economie/industrie/obsolescence-programmee-le-parquet-de-nanterre-ouvre-une-enquete-preliminaire-a-l-encontre-de-la-marque-epson_2535101.html#xtor=EPR-51-[obsolescence-programmee-le-parquet-de-nanterre-ouvre-une-enquete-preliminaire-a-l-encontre-de-la-marque-epson_2535131]-20171228-[titre]

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Je me souviens encore de ce message sur mon ordinateur: "impression refusée, votre imprimante est en fin de vie"! Authentique! Sans doute un programmeur un peu farceur, voire "lanceur d'alerte", mais sur le coup, ça ne m'avait pas trop fait rire...  P.G.

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mercredi 13 décembre 2017

La biométrie remplacera-t-elle la carte bancaire ?

La carte bancaire pourrait disparaître en France au profit d’une authentification biométrique basée sur les empreintes digitales ou l’iris, comme il en existe déjà aux États-Unis ou en Chine.

 

ACT CHURCHILL BIOMETRIE

Au printemps 2017, MasterCard dévoilait une nouvelle carte bancaire dotée d’un système de paiement biométrique – en l’occurrence, un capteur d’empreinte digitale. Le dispositif, initialement expérimenté en Afrique du Sud, sera déployé dans le reste du monde à la fin de l’année. Le terrain est déjà partiellement conquis : en Chine, le géant WeChat a adopté la biométrie pour ses paiements mobiles dès 2016. La carte bancaire, moyen de paiement favori des Français depuis 2003, vit peut-être ses derniers instants.

La biométrie, qu’est-ce que c’est ?

La biométrie désigne les techniques permettant d’identifier une personne à partir de ses caractères biologiques ou comportementaux. Ce sont les empreintes digitales, les empreintes palmaires, la rétine, l’iris, les traits du visage ou le dessin des veines, mais aussi la dynamique de signature, la dynamique de la frappe au clavier ou même la voix. Il s’agit en somme d’un palier supplémentaire dans l’identification de l’individu : le système de paiement biométrique ne fera plus appel à ce que le client possède (un objet physique, la carte bancaire), ni à ce qu’il connaît (son code secret), mais à ce qu’il est. Les systèmes biométriques basés sur l’œil ou la main sont généralement jugés comme étant les plus fiables, mais un taux d’erreur subsiste.

A l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), les salariés doivent ainsi s’authentifier via leur empreinte digitale pour pénétrer dans le bâtiment. « Disons que ça fonctionne à 80%. On a remarqué des facteurs récurrents : quand il fait froid, le système ne reconnaît pas nos empreintes. Si on a une coupure sur l’index, idem. », témoigne une ingénieure de l’Institut.

Des mains trop propres, en milieu médical notamment, peuvent aussi tenir en échec la reconnaissance digitale.

Nouveau mode de paiement, nouveaux risques de fraude

A l’étranger pourtant, la biométrie appliquée aux moyens de paiement a déjà fait ses preuves. Les pionniers Pay by Touch et NCR ont initié un service de ce type aux Etats-Unis en 2006. Adopté dès son lancement par 2,3 millions de consommateurs, ce service autorise une transaction électronique par simple scan de l’empreinte digitale aux caisses au lieu d’un paiement par carte bancaire. En Chine, le paiement par empreintes digitales est courant chez les utilisateurs de WeChat, qui règlent directement leurs commissions via une authentification biométrique sur leur smartphone.

Ce qui pose bien sûr la question de la sécurité de ce mode de transaction. En 2016, deux chercheurs de l’Université du Michigan, Kai Cao et Anil Jain, sont parvenus à berner le système d’authentification par empreinte digitale de smartphones Samsung et Huawei à l’aide d’une simple imprimante à jet d’encre. Une opération de 15 minutes, coûtant moins de 500 dollars.

Dès 2014, les hackers du Chaos Computer Club avaient réussi à subtiliser les empreintes de la ministre de la Défense allemande, Ursula von der Leyen et à les répliquer sur du latex. Le Club s’était contenté d’utiliser des images prises lors d’une conférence de presse, mais la réplique était suffisamment fidèle pour déverrouiller le smartphone de la ministre. Tout porte à croire qu’elle le serait aussi pour valider un paiement bancaire. Faire le V de la victoire sur une photo postée en ligne pourrait ainsi nous exposer à un hacking biométrique.

La France reste réticente

Dans l’Hexagone, l’arrivée du paiement biométrique est freinée par le haut niveau de sécurisation de la monétique française et les restrictions de la CNIL, qui préconise de limiter l’usage de cette technologie, sensible en termes de danger potentiel pour le respect de la vie privée et des libertés individuelles. La carte bancaire continue ainsi d’afficher une santé insolente. Interrogé en octobre dernier au Forum CB 2017, Pascal Célérier, directeur général adjoint de Crédit Agricole S.A., jugeait peu probable son remplacement le paiement biométrique. « Dans la pratique, on constate que la CB ne s’est jamais aussi bien portée,  avec plus de 12 milliards de transactions en 2016 et près de 600 milliards d’euros de chiffre d’affaires, c’est-à-dire 40% des dépenses de consommation interne des ménages français.», relevait-il.

Lors de ce forum, une première carte biométrique intégrant un lecteur d’empreinte digitale, développée par Oberthur Technologies-Morpho, a été présentée au public. Elle devrait faire l’objet d’expérimentations pilotes dans le courant de l’année prochaine. Pour l’instant bien loin du modèle du tout-biométrique, et d’une disparition totale de la carte bancaire, la France semble s’orienter prudemment vers une cohabitation entre la biométrie et l’objet physique.

Source :

https://usbeketrica.com/article/la-biometrie-remplacera-t-elle-la-carte-bancaire

https://aphadolie.com/2017/12/11/la-biometrie-remplacera-t-elle-la-carte-bancaire/

 

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lundi 27 novembre 2017

Eric Schmidt de Google admet qu’il y a une censure politique des résultats du moteur de recherche

Un article proposé par S.R. (UPR 87)


 

Éric Schmidt, président exécutif de la société mère de Google, Alphabet, a confirmé ce week-end que la plus grande société Internet du monde, en étroite coordination avec l’État, manipule les résultats de la recherche pour censurer les sites critiques du gouvernement américain.

ACT GOOGLE CENSURE

Répondant à une question sur la « manipulation de l’information » sur Internet lors d’une participation au « Forum sur la sécurité internationale de Halifax », Schmidt a annoncé que Google travaillait sur des algorithmes qui « déclassent » les sites d’information russes RT (Russia Today) et Sputnik du service de nouvelles Google, bloquant effectivement l’accès des usagers aux deux sites.

Les remarques de Schmidt lors du rassemblement des responsables de la sécurité militaire et nationale confirment les accusations du World Socialist Web Site selon lesquelles Google aurait délibérément modifié ses algorithmes de recherche et pris d’autres mesures pour empêcher les gens d’accéder à certaines informations par ses moteurs de recherche. Le WSWS a lui-même été la cible principale de ces efforts.

Ces déclarations révèlent le mensonge de l’affirmation précédente de l’entreprise selon laquelle les changements apportés à son moteur de recherche visaient à « améliorer les résultats de recherche », et que ces changements étaient politiquement impartiaux.

Les efforts de Google ne sont qu’une partie d’un effort partagé entre le gouvernement et des entreprises privées beaucoup plus larges pour contrôler le flux d’informations sur Internet, impliquant Amazon, Twitter et Facebook, ainsi que les fournisseurs de services Internet tels que Comcast, Time Warner Cable, Verizon et AT&T. La FCC a annoncé cette semaine qu’elle éliminerait les règlements de « neutralité du net », permettant aux fournisseurs de services de limiter les sites auxquels les clients peuvent accéder, soit en limitant la vitesse de téléchargement sur Internet, soit en facturant des frais supplémentaires.

 

Plus tôt ce mois-ci, le département de la Justice des États-Unis a obligé RT à s’inscrire comme « agent étranger » dans le but de ternir la réputation de source d’information fiables de la chaîne et d’intimider ses journalistes et ses invités. Google a supprimé RT de ses chaînes « préférées » sur YouTube le mois dernier, et Twitter a bloqué la possibilité pour ce service de nouvelles de se financer par la publicité.

Les déclarations de Schmidt sont toutefois les plus directes à ce jour. Il a affirmé que Google « essayait de concevoir les systèmes pour empêcher » les usagers de voir le contenu de RT et de Sputnik.

Schmidt a nié que cela équivaudrait à de la censure tout en prétendant que l’algorithme anti-RT de Google bloquerait des informations « répétitives, exploiteuses, fausses [ou] susceptibles d’avoir été utilisées comme armes ».

Une campagne contre les « fausses nouvelles » est maintenant devenue une campagne contre les « informations utilisées comme des armes », c’est-à-dire une véritable information critique ou préjudiciable à l’establishment politique. L’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton a prétendu que lorsque ses emails et les discours à Wall Street ont été divulgués par WikiLeaks, ils avaient été « utilisés comme des armes ». Sous la nouvelle rubrique de censure de Google, tout article écrit sur la base des révélations tout à fait vraies concernant Clinton serait censuré.

 

En ce qui concerne les informations « répétitives, exploiteuses, fausses et utilisées comme des armes », en toute objectivité, cela s’applique avant tout à la campagne sur les affirmations selon lesquelles la Russie « sème des divisions » aux États-Unis. Les articles sans fin dans les médias, et qui ne se donnent pas la peine de démontrer leurs affirmations, reprenant mot pour mot le discours des agences de renseignement, servent à une véritable guerre contre les droits démocratiques.

La campagne anti-russe lancée par le Parti démocrate pour s’assurer que l’Administration Trump maintient une position hostile envers le Kremlin s’est transformée en une répression générale de la liberté d’expression et de la libre circulation de l’information.

Si RT et Sputnik sont les cibles immédiates de cette campagne, le véritable sujet de préoccupation est tout site web qui révèle les mensonges du gouvernement américain et met en avant les articles critiques du récit officiel présenté par la classe dirigeante américaine.

 

Le WSWS a signalé pour la première fois en juillet que le nouvel algorithme de Google lancé en avril sous prétexte de combattre la propagation de « fausses nouvelles » bloquait l’accès à un large éventail d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre et démocratiques. Depuis avril, les références au WSWS dans le moteur de recherche de Google ont chuté de 75 pour cent. Le mois dernier, le WSWS et d’autres journalistes de gauche ont été retirés de Google News.

Dans une lettre ouverte à Schmidt et à d’autres dirigeants de Google, publiée en août, demandant la fin de la censure, David North, le président du Comité de rédaction international du WSWS a déclaré :

 

« Les faits prouvent que Google truque des résultats de recherche avec une liste noire et censure le WSWS et d’autres publications de gauche. » North a continué : « Cela soulève une question très sérieuse, avec de profondes implications constitutionnelles. Google coordonne-t-il son programme de censure avec le gouvernement américain ou des sections de son appareil militaire et de renseignement ? »

 

Alors que Google a refusé de répondre, jusque-là aux demandes directes du WSWS, nous avons maintenant une réponse claire : Oui.

Que Schmidt fasse une telle déclaration si ouvertement est un avertissement que la campagne pour censurer l’Internet entre dans une nouvelle étape. Une attaque de plus en plus ouverte et incontrôlée contre la liberté d’expression et l’expression politique est en préparation.

(...)

Nous exhortons nos lecteurs et sympathisants à se battre pour défendre un Internet libre et ouvert. Rejoignez les milliers de personnes qui ont déjà signé la pétition demandant que Google cesse de censurer le WSWS et d’autres sites Web de gauche. Contribuer à la lutte contre la censure d’Internet auprès de toutes les catégories de travailleurs et de jeunes, aux États-Unis et à l’international, en faisant le lien entre la lutte contre les atteintes aux droits démocratiques et la lutte contre la guerre, contre la dictature et contre les inégalités sociales.

https://aphadolie.com/2017/11/25/le-pdg-de-google-eric-schmidt-assume-la-censure-a-venir/?blogsub=confirming#blog_subscription-4

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dimanche 26 novembre 2017

Glyphosate: la Suisse refuse son interdiction!

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L’excellent magazine de consommation Bon à savoir rend compte de l’étrange décision du Conseil fédéral suisse de classer le Glyphosate sans danger sans attendre la prise de position des pays voisins.

«On peut donc s'étonner que, à quelques jours d'une décision aussi importante, la Suisse fonce sans attendre et tête baissée, pariant sur le verre à demi vide. Visiblement sans tenir compte des études récentes démontrant que, même à doses extrêmement minimes, les perturbateurs endocriniens (qui passent à 80% par l'alimentation, en particulier via les pesticides) engendrent un véritable cocktail explosif quand ils sont associés les uns aux autres...»

Diffusant l’article sur les réseaux sociaux, la rédactrice en chef Zeynep Ersan Berdoz ajoute une question «quiz» qui pourrait aider à comprendre cette soudaine témérité des placides Helvètes: «Au fait... dans quel pays se trouve le siège européen de Monsanto?» (Z. E. B. sur son Facebook, le 171120)

http://log.antipresse.net/post/glyphosate-la-question-a-un-milliard?mc_cid=b6970f6567&mc_eid=3a5e263339

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jeudi 2 novembre 2017

Microsoft Word traquera désormais le «langage genré à même d'exclure ou de stéréotyper»

Les utilisateurs de Word soucieux de ne pas offenser les minorités et la gente féminine vont être ravis : dans la dernière version payante du logiciel, l'éditeur Microsoft inclut une option «langage inclusif». Certains restent toutefois perplexes.

ACT MICROSOFT

La dernière mise à jour du logiciel Word de Microsoft, publiée le 27 octobre et réservée aux abonnés Office, comprend dans ses paramètres de grammaire et de style une option de «langage inclusif». Selon le site de Microsoft, cette fonctionnalité «cible le langage genré à même d'exclure, de rejeter ou de stéréotyper», afin de proposer des alternatives à celui-ci.

L’écriture inclusive, de manière générale, est comprise comme un outil orthographique destiné à lutter contre les stéréotypes liés aux sexes et aux inégalités entre les femmes et les hommes, selon ses promoteurs. Son caractère le plus visible, en français, est l'accord des noms et des adjectifs au féminin et au masculin lorsque c'est possible. Longtemps cantonnée en France aux mouvements féministes, cette graphie s'impose désormais dans le débat public et soulève de vigoureuses critiques.

L'écriture inclusive... ou presque

Le logiciel Word, lui, ne propose pas l'utilisation du «point milieu» – comme dans «mes ami·e·s», lorsqu'il est fait référence en français à des amis de sexes masculin et/ou féminin – mais proposera de remplacer, par exemple, le terme «les experts» par «les experts et les expertes». Reste que dans les suggestions du logiciel, ce sont surtout les références aux minorités qui seront prises en compte, pour privilégier des formulations jugées non discriminatoires.

Selon le magazine français spécialisé Canard PC, cette nouvelle option est installée par défaut sur le logiciel. Dans un tweet à la tonalité perplexe, le bimensuel interpelle ses lecteurs et s'interroge visiblement sur le bien-fondé de la démarche de Microsoft.

Taper «Indiens d'Amérique», en français, déclencherait ainsi les suggestions : «Amérindiens» ou «autochtones». Plus étonnant, le même Twitter de Canard PC relève que le terme «épouse» serait jugé offensant par l'outil orthographique, qui lui préfererait «conjoint(e)» ou «partenaire».

Autre exemple, relayé sur Twitter par l'écrivain Clément Bénech : pour éviter un «terme potentiellement offensant», il serait suggéré de substituer «une personne ayant une déficience visuelle» au mot «aveugle»...

Les immortels en croisade contre l'écriture inclusive

Cette innovation informatique s'inscrit, entre autres, dans un contexte de vifs débats autour de la question de l'écriture inclusive. Dans un communiqué du 26 octobre, l'Académie française a tiré la sonnette d'alarme, dans le but d'éviter sa possible généralisation, estimant qu'elle aboutirait à une «langue désunie, disparate dans son expression». «Devant cette aberration "inclusive", la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd'hui comptable devant les générations futures», ont mis en garde les immortels, gage du sérieux avec lequel ils traitent cette question.

https://francais.rt.com/international/45049-ecriture-inclusive-enfin-disponible-sur-word-pas-tout-a-fait


 

BASE 14 995X225Une bonne occasion de changer de logiciels...Vous trouverez facilement des alternatives grâce aux logiciels libres (Framasphère...).

Personnellement, j'utilise depuis des années la suite "open office" qui est une excellente alternative à Microsoft Office.

P.G.

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jeudi 26 octobre 2017

De l'agent orange au glyphosate, comment Monsanto a tout fait pour couper l'herbe sous le pied de ses détracteurs

Une enquête du "Monde" a montré comment le géant des produits phytosanitaires a contré les études sur la dangerosité du glyphosate, composant de l'herbicide Roundup. Et ce n'est pas la première fois que la firme américaine utilise ce type de méthodes très controversées.

ARG MONSANTO

Un géant des produits phytosanitaires à la réputation sulfureuse. En 2016, Monsanto a dégagé un chiffre d'affaires de plus de 13 milliards de dollars. Notamment grâce à son produit phare : le glyphosate présent dans le désherbant Roundup. Les Etats-membres de l'Union européenne devaient décider, mercredi 25 octobre, du renouvellement, ou non, du glyphosate pour les dix prochaines années. Mais la firme ne se résume pas au glyphosate. Monsanto, fondé à Saint-Louis dans le Missouri (Etats-Unis), en 1901, s'est d'abord distingué en devenant le numéro 1 mondial dans la production de la saccharine, un édulcorant artificiel. Rapidement, l'entreprise s'est diversifiée dans la fabrication d'herbicides, puis les biotechnologies. Et les scandales ont commencé à fleurir.

Franceinfo revient en cinq histoires sulfureuses sur la trajectoire de cette firme américaine en passe d'être rachetée par un autre géant de l'agrochimie, l'allemand Bayer.

Le scandale de "l'agent orange"

Dans les années 1940, Monsanto fabrique l’herbicide 2,4,5-T. Ce produit contient des dioxines et intéresse dans les années 1960 l'armée américaine, qui y voit une arme chimique potentielle, relate Courrier international. Les forces américaines sont, à l'époque, tenues en échec au Vietnam. Entre 1965 et 1973, des avions de l’US Air Force déversent, au-dessus des forêts du pays, 80 millions de litres du puissant herbicide, appelé désormais "l'agent orange". Il est fabriqué par Monsanto, ou encore Dow Chemical. L'objectif : éliminer la végétation où se cachent les combattants du Vietcong.

Les conséquences sont désastreuses pour la nature et pour des millions habitants, mais aussi pour des milliers de vétérans du Vietnam : cancers, malformations congénitales, maladies du système nerveux. Les dégâts se font sentir plusieurs années après les épandages, car "la dioxine [présente dans "l'agent orange"] étant une molécule très stable, elle tend à rester dans l'environnement", explique France Inter.

"Personne à l'époque n'imagine que tout cela était dû aux poisons venus du ciel", confie à la radio Tran To Nga, française d'origine vietnamienne. D'ailleurs, la propagande américaine distribue à cette période des tracts affirmant l’innocuité du produit, souligne Le Monde diplomatique

Or la dangerosité de l'herbicide était connue des géants de l'agrochimie depuis les années 1940. Les premières victimes étant les ouvriers des usines fabriquant l'herbicide. "Ils ont souffert d’inflammations cutanées, de douleurs inexplicables des membres, des articulations et d’autres parties du corps, d’affaiblissement, d’irritabilité, de nervosité, de baisse de la libido", selon Peter Sills, auteur de Toxic war : the story of agent orange. 

En 1949, une usine de Monsanto à Nitro, en Virginie (Etats-Unis) est touchée par une explosion, détaille Le Monde. Plus de deux cents ouvriers développent à leur tour des chloracnés. La cause de ce trouble : les dioxines contenues dans  "l'agent orange". Dans les années 1970, des vétérans américains du Vietnam ouvrent une class action (une action collective) contre les producteurs de l'herbicideDurant ce procès, Monsanto présente des études scientifiques censées prouver l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les maladies des soldats.

Or, au début des années 1990, il est démontré que ces études étaient biaisées, poursuit Le Monde. Au final, Monsanto et six autres producteurs de l'herbicide sont condamnés "pour empoisonnement" à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains. Aujourd'hui, la firme se dédouane de toute responsabilité. Elle souligne que le produit était fabriqué pour le gouvernement. "C'est lui qui a déterminé quand, où et comment l'utiliser", précise-t-elle dans un communiqué (en anglais).

Les grandes dissimulations autour des PCB

Autre époque, autre produit chimique. En 1935, Monsanto rachète la Swann Chemical Company, qui a mis au point les polychlorobiphényles (PCB). Pendant plus de quarante ans, Monsanto a déversé des milliers de tonnes de déchets contaminés, issus de son usine de fabrication des PCB, dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur d'un quartier de la ville d'Anniston peuplé de Noirs, en Alabama (Etats-Unis), comme l'a montré le documentaire de Marie-Monique Robin Le Monde selon Monsanto.

En 2001, 3 600 habitants de la ville, qui souffrent de cancers, attaquent le géant de l'agrochimie. Pendant le procès, des notes confidentielles révèlent que Monsanto a dissimulé la dangerosité du produit. "En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", rapporte alors The Washington Post (anglais).

Par ailleurs, une étude menée par Monsanto en 1975 montre que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. Mais la firme change les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène".

La firme connaissait donc la dangerosité de son produit, dès la fin des années 1960. Mais l'entreprise a arrêté totalement de commercialiser les PCB seulement en 1977, rappelle The Guardian (anglais), qui s'est penché sur plus de 20 000 mémos internes, mis en ligne début août. Contacté par The Guardian, Scott Partridge, le vice-président de la stratégie de Monsanto a rétorqué "qu'à l'époque où Monsanto fabriquait des PCB, c'était totalement légal et approuvé. Monsanto n'a donc aucune responsabilité dans la pollution causée par le rejet par ceux qui ont déversé des PCB dans l'environnement".

La firme a été reconnue coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La multinationale a été condamnée à verser 700 millions de dollars de dommages et intérêts à la ville d'Anniston.

Les pressions pour défendre l'hormone de croissance bovine

Si Monsanto n'aime pas les scandales, la firme déteste encore plus ceux qui les provoquent. Les deux journalistes américains Jane Akre et Steve Wilson, de Fox News, en ont fait les frais. Après avoir enquêté sur les dangers du Posilac, l'hormone de croissance bovine, rBGH, fabriquée dans les années 1980 par Monsanto, les deux journalistes du groupe Murdoch ont été licenciés. Leur reportage n'a jamais été diffusé, comme le raconte Marie-Monique Robin dans Le Monde selon Monsanto.

Quel est le problème avec la rBGH ? Cette hormone transgénique, injectée aux vaches, permet d’augmenter la production laitière de 15 à 20%. La vente de cette hormone, sous le nom de Posilac, est autorisée aux Etats-Unis en 1994. Mais rapidement, des mammites chez les vaches (infection des pis), des fragilités osseuses et des malformations chez les veaux, sont constatés, détaille Marie-Monique Robin. Pour faire face à ces symptômes, les éleveurs multiplient les traitements à base d'antibiotiques sur leurs bêtes. Conséquences : des traces de ces antibiotiques sont retrouvées dans le lait.

Le Canada est le premier pays à refuser la commercialisation du Posilac en 1999 malgré les pressions de Monsanto. Le documentaire raconte en effet comment la firme américaine a proposé un à deux millions de dollars à des agents de l'agence gouvernementale, Health Canada, pour qu’ils homologuent le produit.

Un an après, l'Europe lui emboîte le pas. L'hormone de croissance bovine y est interdite définitivement. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) établit que les résidus dans les viandes de bovins traités aux hormones présentent des risques pour la santé humaine, rappelle La Croix.

Monsanto a longtemps défendu son hormone de croissance, assurant qu'il n'y avait "aucune différence entre le lait des vaches recevant un complément de Posilac et le lait des vaches qui n'ont pas reçu de Posilac". Finalement au courant de l'année 2008, la firme renonce à la fabrication du Posilac, comme le relate The New York Times (en anglais). Monsanto justifie alors cette décision par son souhait de se concentrer sur les semences agricoles.

Des procès pour protéger ses OGM

Dans les années 1990, Monsanto reçoit les autorisations pour commercialiser ses semences génétiquement modifiées et résistantes au glyphosate. Parmi elles : le soja Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready. "L'emprise de Monsanto est déjà quasi-totale aux Etats-Unis : plus de 90 % du soja et 80% du maïs sont produits à partir de ses semences. Les agriculteurs sont ainsi prêts à payer deux fois plus cher que pour des graines normales, avec la promesse d'obtenir une meilleure résistance aux insectes, à la sécheresse... et aux herbicides produits par Monsanto !" racontent Les Echos.

Les semences sont protégées par les brevets pendant vingt ans. Durant cette période, Monsanto conserve son monopole et peut engranger un maximum de bénéfices. C'est pourquoi la firme va défendre ardemment ses OGM aux dépens parfois de petits agriculteurs. "Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé 'frauduleusement' ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoir replantées", relate Le Monde.

Ainsi en 2013,  la Cour suprême des Etats-Unis a donné raison à Monsanto, dans un litige qui l'opposait à un petit fermier de l'Indiana. Ce dernier était accusé d'avoir enfreint ses brevets dans l'utilisation de graines de soja transgéniques. Le fermier de 75 ans a été condamné à verser 85 000 dollars au géant de l'agrochimie, relaie The Huffington Post.

Monsanto justifie sur son site ses différentes actions en justice : "Sans la protection des brevets, les entreprises privées n’auraient guère intérêt à poursuivre dans cette voie et à réinvestir dans l’innovation. Monsanto investit plus de 2,6 millions de dollars par jour en recherche et développement, investissements qui bénéficient en dernier ressort aux agriculteurs et aux consommateurs." 

Des rapports scientifiques manipulés sur les effets du glyphosate 

Le désherbant Roundup, mis sur le marché en 1974, a également fait la fortune de Monsanto. En 2014, 826 000 tonnes de glyphosate ont été vendues sur la planète, selon une étude de l'Environmental Sciences Europe (en anglais), ce qui en fait le numéro 1 mondial des herbicidesEt pour implanter son produit, le géant de l'agrochimie n'a pas lésiné sur la publicité. En 1990, ce spot publicitaire met en scène un agriculteur qui explique que "Roundup il y a pas mieux pour désherber" et qu'il "n'hésite pas à en mettre partout" dans les champs.

Sept ans plus tard, cet autre clip publicitaire a envahi les écrans de télévisions. Le Roundup est présenté comme le premier désherbant "biodégradable", qui "ne pollue ni la terre, ni l'os de Rex".

Pour cette dernière publicité, Monsanto a été condamné deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour "publicité mensongère", comme le rappelle Le Monde. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), dépendant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé officiellement en 2015 le glyphosate comme cancérogène pour l’animal et  "cancérogène probable" pour l’homme.

Mais Monsanto n'a pas tardé à répliquer. Sa stratégie ? Le "ghost-writing", ou "écriture fantôme", comme l'a révélé Le Monde dans son enquête sur les "Monsanto papers", publiée mardi 4 octobre. "Nous sommes face à un énorme scandale sanitaire", estime Marie-Monique Robin, dans son documentaire, Le Roundup face à ses jugesdiffusé sur Arte, mardi 17 octobre. Des scientifiques, rémunérés par la multinationale, ont signé des textes montrant que le glyphosate n'est pas cancérigène. Or les grandes agences réglementaires (EPA aux Etats-Unis, EFSA et ECHA en Europe), chargées d’évaluer la dangerosité d’un produit avant et après sa mise sur le marché, se sont basées sur les données fournies par Monsanto. Contacté par franceinfo, Monsanto France assure que "dans la situation où des scientifiques Monsanto ont pu être impliqués pour aider à la rédaction de ces documents, leur participation était complètement appropriée, circonscrite et clairement énoncée."

La firme refuse par ailleurs systématiquement de venir s'expliquer sur le glyphosate devant les députés européens. "Les eurodéputés essayent de faire le procès du glyphosate", a expliqué à franceinfo Monsanto France. Mais en coulisses, les soutiens s'activent. A commencer par la Glyphosate Task Force qui regroupe des industriels. Certains syndicats agricoles sont également des partisans de ce produit. En septembre dernier, la FNSEA (premier syndicat agricole français) a ainsi organisé une manifestation sur les Champs-Elysées, à Paris, pour défendre l'herbicideLes Etats-membres de l'Union européenne devaient se prononcer le 25 octobre sur un prolongement, ou non, de dix ans de mise sur le marché du glyphosate.*

http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/de-l-agent-orange-au-glyphosate-comment-monsanto-a-tout-fait-pour-couper-l-herbe-sous-le-pied-de-ses-detracteurs_2405936.html


 

*Voir notre publication précédente: Glyphosate: L'Union Européenne reporte le vote!

BASE 14 995X225

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/26/35805339.html

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lundi 9 octobre 2017

Lafarge accablé pour ses arrangements avec Daesh en Syrie

 «On acceptait le racket ou on partait»

L’enquête continue sur le versement présumé d’importantes sommes par le géant du ciment à des groupes terroristes en Syrie, notamment en 2013, en pleine expansion de Daesh (*). Certains dirigeants mettent en avant des intérêts économiques supérieurs…

ARG LAFARGE TERRORISMEUn an après l’ouverture d’une enquête préliminaire en octobre 2016 par le parquet de Paris, puis d’une information confiée depuis à trois juges d’instruction en juin dernier, le dossier contre le cimentier Lafarge devient accablant. La direction, basée en France, est suspectée d’avoir eu connaissance et d’avoir validé des paiements effectués par sa filiale syrienne, Lafarge Cement Syria (LCS), à des groupes armés terroristes afin de pouvoir continuer à exploiter un site en Syrie. Les enquêteurs soupçonnent en outre le géant franco-suisse du ciment d’avoir produit de fausses pièces comptables.

«Soit on acceptait le racket, soit on partait», a fait valoir en guise de défense un responsable de Lafarge, anonymement cité par l’AFP. Mais l’argument paraît un peu court, les auteurs dudit racket n’étant pas de simples voyous mais des terroristes de l’organisation Daesh. Ce qui ferait techniquement de l’entreprise Lafarge un soutien du terrorisme islamique. Même ligne de défense un peu surréaliste de la part de l’ex-président du groupe de 2007 à 2015, Bruno Lafont, aux enquêteurs des douanes judiciaires. «Pour moi, les choses étaient sous contrôle. Si rien ne me remontait, c’est que rien de matériel ne se produisait», assurait-il en janvier 2017, selon une source proche du dossier.

Mauvais timing

Tout commence en 2010, avant le début de la guerre civile en Syrie et l’extraordinaire émergence de l’Etat islamique. En octobre de cette année, Lafarge inaugure l’usine flambant neuve de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, qui lui a coûté 680 millions de dollars. Un investissement a priori sûr dans une république laïque dont les liens commerciaux avec la France sont anciens. Mais à peine six mois plus tard, les premiers troubles, prémices du chaos dans lequel allait être plongée la Syrie, éclatent.

A partir de 2013, la production de la cimenterie s’effondre et Daesh, en pleine expansion territoriale depuis son berceau irakien, devient incontournable dans la région. Mais contrairement au pétrolier Total ou à d’autres multinationales, le cimentier décide de rester.

Un seul intermédiaire entre Lafarge et Daesh

Cependant, pour se maintenir dans le pays, le cimentier va devoir mettre la main à la poche. Pour assurer la sécurité de ses employés – et donc maintenir l’exploitation de son site – LCS verse à un intermédiaire, «entre 80 000 et 100 000 dollars» par mois, d’après Bruno Pescheux, ex-directeur de la cimenterie entre 2008 et 2014. Mais l’intermédiaire n’est pas un simple porteur de valises. Il s’agit en effet d’un ex-actionnaire minoritaire de l’usine, un certain Firas Tlass. Celui-ci répartit ensuite les fonds entre différentes factions armées, toujours selon Bruno Pescheux. La part du gâteau pour Daesh stricto sensu aurait ainsi représenté environ 20 000 dollars par mois.

En contrepartie, l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi édite en mai 2014 un laissez-passer, avec la mention suivante : «Prière d’autoriser le ciment venant de Lafarge à passer les barrages». Le 29 juin de la même année, le jour-même où l’organisation autoproclame «le califat» et devient un quasi-Etat, une rencontre aurait même été organisée entre un de ses cadres et le responsable de la sécurité de la cimenterie.

Bénédiction du Quai d’Orsay ?

Selon les révélations de l’enquête, l’affaire remonte même jusqu’au sommet de l’Etat. Cette volonté de rester aurait reçu l’aval des autorités françaises, alors que Laurent Fabius était ministre des Affaires étrangères. «Le quai d’Orsay nous dit qu’il faut tenir, que ça va se régler […] On allait voir, tous les six mois, l’ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit : « Maintenant il faut que vous partiez »», a plaidé un autre dirigeant de Lafarge, Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel.

D’autres responsables, d’après l’AFP, auraient en outre souligné l’importance de conserver un avantage stratégique afin d’être en première ligne pour participer à la reconstruction de la Syrie une fois la guerre terminée. Ces dirigeants pensaient-ils que les multinationales étaient au-dessus des lois contre le financement du terrorisme, lesquelles ne concerneraient que les particuliers ?

RT – 6 oct. 201

[*] Ndlr: Le groupe terroriste Daesh est issu de l’État islamique d’Irak (EII) créé en 2006; il a commencé à s’étendre et sévir en Syrie en 2013 sous l’appellation État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Et dès juin 2014 sous l’appellation Etat islamique

Lire aussi: http://arretsurinfo.ch/un-ancien-dirigeant-de-lafarge-reconnait-avoir-finance-letat-islamique-avec-laval-de-la-france/

Source: https://francais.rt.com/economie/44262-on-acceptait-racket-ou-on-partait-lafarge-daesh-syrie

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