On s’en doutait un peu: alors même qu’ils font mine d’encourager la mobilité «propre», les Etats prient pour qu’elle reste tout de même un peu «sale». Les colossales taxes sur les carburants (sans parler du tabac!) sont une manne dont les administrations obèses du XXIe siècle auraient bien de la peine à se passer.

Des rumeurs ont souvent couru, par le passé, au sujet des pressions officieuses exercées par les Etats sur les constructeurs automobiles pour les faire renoncer à des projets de moteurs très sobres. Mais il n’a pas été possible de freiner publiquement une évolution qu’on faisait mine de soutenir mordicus. Avec l’irruption de la voiture électrique et du downsizing des moteurs à explosion, voici les bureaucrates au pied du mur.

C’est ainsi que le Département fédéral des transports s’emploie déjà à inventer une nouvelle fiscalité basée non plus sur la consommation de carburant, mais sur le kilométrage parcouru. L’idée de «remplacer» (c’est-à-dire supprimer) les taxes actuelles sur les carburants paraît, en revanche, totalement irréelle: imagine-t-on le litre à 30 ou 40 centimes?

On se dirige plus vraisemblablement vers une double taxation, et la complaisance de l’accueil fait à cette nouvelle campagne fiscale promet déjà un débat à l’helvétique: mou, sous-entendu et focalisé sur des questions secondaires.

(Source: 20 Minutes, 6 septembre 2017.)

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