mardi 16 janvier 2018

Une fin d'année étrange et inquiétante à la France insoumise

Ou comment gauche bien-pensante et gauchisme sont un frein au rassemblement majoritaire.

tribune libre/Jacques COTTA

TL MIGRANTS

Alors que la parole du groupe parlementaire et particulièrement de Jean Luc Mélenchon est sans équivoque sur nombre de points, on voit ici ou là des prises de position contradictoires qui sèment le trouble et qui inévitablement tendent à la dislocation, à l’éclatement. Derrière cette réalité, la FI comme cadre de regroupement majoritaire est menacée. Dans un papier paru sur notre site il y a quelques semaines, « Réflexions sur mouvement vs parti » (http://la-sociale.viabloga.com/news/reflexions-sur-mouvement-vs-parti)  Tony Andreani posait les enjeux. Un peu plus tard, dans un papier concernant « l’émission politique » de France 2 dans laquelle Jean Luc Mélenchon était l’objet d’attaques violentes, je tentais d’illustrer le propos à partir de la question centrale de la laïcité et des contradictions entre les principes élémentaires définis par JLM et les positions défendues par Danièle Obono. On trouvera « La FI cible de l’oligarchie qui tape parfois là où ça fait mal » à l’adresse suivante (http://la-sociale.viabloga.com/news/la-fi-cible-de-l-oligarchie-qui-tape-parfois-la-ou-ca-fait-mal). Aujourd’hui, avec l’immigration et l’existence des migrants, c’est un autre sujet qui éclate à la figure de la FI et qui repose la même question : est-il possible de construire quelque chose de solide sur un socle défini comme « gazeux » ?

Quelle politique migratoire ?

La question n’est pas secondaire car les phénomènes auxquels on assiste aujourd’hui pourraient bien s’amplifier considérablement dans les temps qui viennent. Aussi la réponse politique qui y est apportée prend une place de premier plan.

Une manifestation avait lieu samedi 16 décembre à la frontière italienne en soutien aux migrants. Une initiative qui à priori pouvait être comprise comme une bataille contre l’Etat pour qu’il respecte la loi vis à vis des demandeurs d’asile : instruction des dossiers, traitement humain, prise en charge des mineurs isolés, hébergement en dur, soins, accueil le temps d’obtenir une réponse permettant soit de rester, soit de quitter le territoire, renforcement des services publics tant pour assumer ces tâches que pour aider l’ensemble de la population, unifier dans leur préoccupations migrants d’une part, salariés d’autre part à partir de leurs intérêts communs, etc… Bref, une initiative politique mettant l’état et le gouvernement face à leurs responsabilités à partir d’une préoccupation humanitaire bien légitime.

En réalité, il n’en n’a rien été. La « gauche de la gauche », dans la foulée de la « gauche » bien-pensante des beaux quartiers, préfère exonérer de leurs responsabilités les responsables de cette situation. Dans le compte rendu de cette initiative, on peut en effet lire : « Menton « perle de France » : « Nous détruirons toutes les frontières ! » Et un peu plus loin « Oui, les casseurs et les clandestins étaient là. Casseurs de frontières, briseurs des chaines de l’esclavage et de l’exploitation. ClandestinEs d’un ordre qui discrimine et qui tue, qui enferme et sépare. TouTEs  migrantEs ! ». Ainsi, sans se priver de l’écriture inclusive à la mode qui rend un peu plus ridicule la prose d’usage, voilà la « gauche de la gauche », forte de 800 manifestants venus de plusieurs coins de France, qui réclame la mise à bas des frontières, de l’Etat, et donc de fait, qui revendique comme seul moyen de régulation l’UE dont on connaît les penchants pour la destruction des Nations au nom d’un libéralisme à toute épreuve

Que le NPA, le PCF ou autres associations pour qui il y a là un fonds de commerce à défaut d’une politique réelle opposée à Macron et son gouvernement soient de la partie, pas grand-chose d’étonnant. Mais surprise, la FI des alpes maritimes fait partie du lot. Comment cela est-il possible ? Voilà où mène le rassemblement basé sur « l’homogénéité d’actions » et non sur « l’homogénéité de la pensée ». D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…* De l’autre, au nom de la FI, des groupes qui se retrouvent avec ce qu’il y a de plus décomposé politiquement sur une orientation opposée à celle de Mélenchon, qui aspirent à réaliser –sans même s’en rendre compte pour certains- les vœux de la finance et du capital financier dont les ambitions sont sans limites et qui définissent, pour atteindre leur objectif, l’état et les nations comme des obstacles à abattre.

La FI menacée

Il n’y a pas d’un côté les courants sensibles à la souffrance humaine, de l’autre ceux qui y seraient indifférents. Non, il y a deux positions diamétralement opposées sur la question migratoire qui recoupe les sujets de fond.

  •  D’une part la bataille politique qui dégage les responsabilités de cette situation et s’attaque aux causes des mouvements migratoires :

-la responsabilité de nos gouvernements successifs engagés dans des guerres à travers le monde qui jettent des millions d’êtres humains sur les routes ou les mers.

-la responsabilité de nos gouvernements qui font du commerce le but ultime de toute existence humaine, notamment avec l’UE, le CETA ou le TAFTA.

-la responsabilité de nos gouvernements qui ne disent mot sur les pillages de ressources qui impose l’exil à des populations entières.

-la responsabilité des gouvernements des grandes puissances qui tout en réprimant souvent nient le droit des peuples poussés à migrer à posséder leur propre nation, à décider, à diriger leurs affaires.

  • D’autre part la substitution d’un soit-disant « humanitarisme » en lieu et place de la bataille politique, comme si l’humanitaire pouvait tenir lieu de politique.

-Etrange « humanitarisme » qui clame que « les migrants sont une chance pour la France ». L’égoÏsme n’aurait donc aucune limite, puisque est ainsi transformé le malheur des immigrés en bonheur des français. Car pour eux, quelle est la chance de se retrouver ici ? Quel avenir sinon de renforcer les bataillons de chômeurs au profit d’une politique patronale qui cherche toujours les salaires à la baisse, sur les chantiers, dans le bâtiment, ou dans la cueillette de fruits par exemple ? Qui peut considérer sérieusement que « la porte de la chapelle » ou les trottoirs parisiens sont un avenir enviable, souhaitable ?

-Etrange humanitarisme qui fort égoïstement se retranche derrière ce que les migrants pourraient nous apporter, sans s’interroger une seconde sur le pillage intellectuel de leur nation que représentent ces mouvements migratoires, après d’ailleurs qu’aient été pillées sans retenue leurs ressources naturelles.

-Etrange humanitarisme qui refuse de lier les migrations à nos capacités en termes d’emplois décents et correctement rémunérés, à notre réindustrialisation, à notre politique de logement, au développement de nos services publics, à notre politique éducative et d’alphabétisation, etc… 

La question des frontières, de la nation, de notre souveraineté est bien centrale. Elle conditionne notre capacité à répondre comme nous l’entendons aux défis posés par les mouvements migratoires.

  • D’une part en appliquant les lois de la république, notamment en ce qui concerne l’accueil des mineurs isolés, et plus généralement en exigeant des conditions décentes pour ceux qui sont aujourd’hui arrivés sur notre sol. Les traiter comme des éléments du genre humain, ni plus, ni moins, le temps de l’instruction de leur dossier, et non comme des individus hostiles, pourchassés et menacés.

  • D’autre part en mettant en place une orientation qui s’oppose à la poursuite de ces mouvements migratoires dont les migrants sont en très grande majorité les premières victimes. Ces populations qui n’ont pas demandé de venir parcourir nos routes ou nos eaux aspirent souvent à pouvoir prendre le chemin du retour pour bâtir leur avenir, leur état, leur nation. 

L’immigration indique bien l’importance incontournable des questions liées à la Nation, à la souveraineté, aux frontières. La façon dont par exemple Djordje Kuzmanovic, le conseiller de JLM pour les affaires internationales, est pris à partie sur Internet, indique bien l’incompatibilité qui existe entre les positions contradictoires. Peut-on penser que la diversité, voire l’opposition des positions, serait une bonne chose pour permettre au plus grand nombre de se retrouver? Ou au contraire, les forces centripètes l’emportant, n’est-ce pas l’explosion qui guette. Comme les questions de la laïcité, celles qui concernent l’immigration sont sans doute centrales pour regrouper majoritairement, comme l’aspire la FI. La FI désire devenir le rassemblement majoritaire en vue de gouverner. Mais dans ce but est-il possible de faire l’économie de la clarté ? Gagner à une juste orientation en vue du pouvoir nécessite de retrouver des électeurs qui jusque-là se sont égarés sur la droite, voire l’extrême droite. Gagner une majorité nécessite de ramener à la politique des pans entiers de la société qui s’en sont peu à peu éloignés. Est-ce concevable dans le flou, l’incertitude, la contradiction des positions ? Question d’autant plus légitime que la politique revenant aux commandes, Emmanuel Macron et son gouvernement savent observer, analyser et utiliser les failles de ce qui constitue la principale opposition à son orientation.

Macron 2018

Le président de la république va faire en ce début 2018 de la question de l’immigration une des pierres angulaires de sa politique, cherchant à fracturer toutes les forces dont la FI. Au passage, il affiche une politique qui est une véritable claque à tous ceux qui durant les présidentielles ont voulu convaincre du bienfait du vote Macron pour faire barrage à Le Pen. Le ministre de l’intérieur de Macron, l’ancien socialiste Gérard Collomb, n’aurait en effet pas détonné dans un gouvernement frontiste. Du moins en témoignent les mesures qu’il met en avant. Avec la circulaire du 12 décembre autorisant les préfectures à recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, c’est d’abord Jacques Toubon, défenseur des droits, qui exprime son opposition. Les associations à juste titre parlent de « traque des étrangers dans les centres d’hébergement », et indiquent le caractère dangereux de la mesure dont le premier effet sera de tenir à l’extérieur des centres des migrants qui craignent un traitement hostile. Et dans les rangs de la LREM, une députée prend fort justement à partie le ministre de l’intérieur au sein de l’Hémicycle. Au même moment on apprend que dans le briançonnais un migrant a été sauvé de justesse par les secours alors qu’il se trouvait à -17° dans la neige, pieds nus.

On voit bien la façon dont le pouvoir va tenter à travers une série de mesures de jouer sur les sentiments pour que surtout sa politique ne soit pas mise en cause. Tout devrait être cantonné à l’humanitaire évacuant la politique. La politique de Macron-Collomb n’a pas de sens autre que répressif. Les durcissements sur la question des migrants est absurde, car nul ne peut empêcher de fuir la misère et le la guerre lorsqu’elle frappe à sa porte. Une fois encore, la vraie question, une fois les mesures républicaines élémentaires respectées, est de savoir quelle politique pour enrayer les flux migratoires

Si fort justement le pape qui en appelle à l’hospitalité indique de son balcon à Rome que « dans beaucoup de cas, ce départ est chargé d’espérance, chargé d’avenir ; (…   )ce départ a un seul nom : la survie. Survivre aux Hérode de l’heure qui, pour imposer leur pouvoir et accroitre leurs richesses, nont aucun problème à verser du sang innocent », il conclut « Noel c’est le temps pour transformer la force de la peur en force de charité ». Le pape, la gauche bien-pensante, l’extrême gauche sur la même ligne. Pourtant, la charité n’a pas grand-chose à voir à cette affaire où la cause première est à tout point de vue dans la politique mise en œuvre par nos gouvernants et par les instances supra nationales qui portent la responsabilité de la situation.  

Dans ce contexte, la FI peut-elle faire l’économie à tous ses niveaux de la discussion politique sur le fond, histoire d’éviter les dérives de Menton, les injures faites à Djordje Kuzmanovic ? Peut-elle s’émanciper de la discussion démocratique permettant de décider, d’unifier, de réfléchir ? Et une fois les décisions prises dans le respect des points de vue de chacun, dans le respect des règles démocratiques, ne devrait-il pas y avoir nécessité de respecter les quelques textes qui font office de programme? Mais un mouvement basé sur l’action et non sur la pensée peut-il satisfaire ces nécessités ? La FI comme mouvement n’a-t’elle pas atteint des limites que l’organisation sous la « forme parti » serait à même de dépasser ? Car comment tolérer que la FI à travers un groupe ou un autre participe à une orientation basée sur la destruction des frontières, de l’état, des nations, alors que les textes de la FI sont pourtant sur ce point sans équivoque :

« L’immigration est une arme utilisée par le grand patronat pour faire pression à la baisse sur les salaires, c’est pourquoi elle doit être combattue à la racine (…) Il faut refuser les traités de libre-échange et en particulier le CETA et les traités européens, ainsi que l’avait clairement exigé le peuple français en mai 2005 en votant NON au Traité Constitutionnel Européen (…) Il faut arrêter les guerres par une diplomatie active et indépendante, en supprimant les accords commerciaux inégaux qui inondent les pays pauvres de produits agricoles européens, en cessant le pillage des ressources des pays en voie de développement par les multinationales prédatrices et en aidant les pays les plus vulnérables face au dérèglement climatique. Il faut instaurer le protectionnisme pour garder l’emploi en France, dénoncer les délocalisations et réindustrialiser notre pays. Soutenir l’adoption à l’ONU d’un cadre contraignant les multinationales à respecter un socle de normes sociales et environnementales (…) La France compte aujourd’hui plus de 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres et 4 millions de mal-logés. Dans ces conditions, l’immigration économique est inacceptable (…) Il faut interdire les travailleurs détachés et sanctionner sévèrement tout entrepreneur qui embauche des travailleurs clandestins. Régularisation des sans-papiers déjà présents sur le territoire et n’ayant pas commis de crimes pour assurer l’égalité sociale entre les travailleurs en interdisant le dumping social intérieur. La traque des immigrés pris individuellement est non seulement inhumaine mais inefficace (…) Afin d’assurer l’intégration, la politique d’assimilation par l’école républicaine doit être réaffirmée (…) Il faut sortir des traités européens et des accords de Schengen qui imposent à la France une politique migratoire catastrophique pour les travailleurs ».

 
Jacques Cotta

Le 28 décembre 2017

http://la-sociale.viabloga.com/news/une-fin-d-annee-etrange-et-inquietante-pour-la-fi

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"D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…" Voilà un passage qui me semble fort discutable! J'aurais tendance à penser que sur la question des migrants comme sur la question européenne, JLM et la FI jouent sur tous les tableaux.

Dommage que certains qui nous sont pourtant parfois si proches, refusent d'admettre cette réalité. Aveuglement? Double jeu? Peu probable en ce qui concerne l'auteur. Peut- être quelques restes de préjugés issus du clivage droite- gauche? En tous cas, espérons que notre propre effort sur ces questions difficiles permettra d'engager le dialogue.  P.G.

dimanche 14 janvier 2018

Allemagne: projet de loi pour faciliter l'expulsion des migrants niant «le droit d'Israël à exister»

En Allemagne, l'afflux massif de réfugiés en provenance du Moyen-Orient fait craindre au parti d'Angela Merkel, la CDU, de voir naître une «nouvelle facette» de l'antisémitisme, comme le rapporte le journal Die Welt,le 6 janvier.

ACT ALLEMAGNE JUIFS REICHSTAG

Pour y faire face, la CDU et son alliée la CSU comptent présenter devant le Bundestag un projet de loi à l'occasion du jour du souvenir de l'Holocauste, le 27 janvier prochain. Cette nouvelle réglementation a pour but de faciliter l'expulsion des immigrés qui exprimeraient des idées antisémites

«L'acceptation sans restriction de la vie juive» est un «critère pour une intégration réussie», est-il ainsi écrit dans le document qu'a pu consulter Die Welt. «Quiconque rejette la vie juive en Allemagne ou conteste le droit d'Israël à exister ne peut avoir sa place dans notre pays», est-il encore précisé. Stephan Harbarth, vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU à l'origine du projet, a déclaré au journal qu'il était impératif de «s'opposer résolument à l'antisémitisme des migrants d'origine arabe et des pays africains».

Pour ce faire, la législation sur les expulsions pourrait se faire plus sévère. Die Welt souligne toutefois qu'un changement de la loi ne signifierait pas forcément un pic d'expulsions, puisque les migrants déchus de leur permis de séjour ne sont «pas nécessairement expulsés».

Par ailleurs, le texte «condamne fermement l'appel au boycott des entreprises et des biens israéliens», tel que défendu par le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions), qui proteste notamment contre l'occupation et la colonisation des territoires palestiniens.

Ce projet de loi intervient alors qu'une vague de manifestations anti-israéliennes s'est abattue sur Berlin en décembre dernier, en réponse à la décision controversée de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël. Plusieurs drapeaux israéliens ont notamment été incendiés lors d'un rassemblement devant l'ambassade américaine, qui a rassemblé environ 1 500 personnes. La foule aurait scandé des slogans tels que «Mort aux juifs !» ou encore «Les juifs, souvenez-vous de Khaybar [un site juif en Arabie saoudite qui aurait été attaqué et conquis par le prophète], l'armée de Mahomet revient !», selon le journal berlinois BZ.

https://francais.rt.com/international/47089-allemagne-cdu-presenter-projet-loi-pour-faciliter-expulsion-migrants-antisemites

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Pour ce qui concerne «l'acceptation sans restriction de la vie allemande», tout simplement, il faudra sans doute patienter... Une occasion manquée, de mon point de vue, de poser de bonnes questions dans l'intérêt général de la population allemande, juifs inclus. Au lieu de ça, on a des députés qui semblent agir sous la pression d'un lobby, ce qui ne peut que jeter de l'huile sur le feu... P.G.

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Expulsion ou incarcération : Israël laisse le choix à des dizaines de milliers de migrants africains

En matière de contrôle de l'immigration, Israël n'a pas les états d'âme des pays européens. Tel-Aviv a annoncé ce 3 janvier 2018 le lancement d'un programme destiné à imposer à près de 40 000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération.

ACT ISRAEL MIGRANTS RT

S'exprimant en amont d'une réunion de son cabinet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est félicité de la mise en place de ce projet destiné à «faire partir les migrants entrés illégalement». Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 38 000 personnes sont concernées, en majorité des Erythréens et des Soudanais.

Les migrants qui accepteront de partir se verront remettre un billet d'avion et près de 3 000 euros, avec pour date-butoir mars 2018. Ceux qui refuseront d'être déportés seront incarcérés pour une durée indéterminée. Après la date du 1er mars, il sera encore possible pour ces personnes de quitter volontairement Israël, mais une somme inférieure leur sera remise. Le ministère de l'Intérieur a prévenu que ceux qui refuseront seraient emprisonnés.

Dans un communiqué distinct, le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, chargé de l'application du programme, a souligné qu'Israël était «déterminé à renvoyer des dizaines de milliers de migrants entrés illégalement». Selon des chiffres officiels, 4 012 migrants en situation irrégulière ont déjà quitté Israël en 2017, dont 3 332 originaires d'Afrique subsaharienne.

Des migrants en danger dans leurs pays d'origine

Pour autant, le gouvernement israélien reconnaît tacitement que les Soudanais et les Erythréens ne peuvent pas retourner chez eux dans le cadre de ce programme. Le gouvernement érythréen a en effet été accusé par l'ONU de crimes contre l'humanité, «généralisés et systématiques».

Quant au Soudan, son président Omar el-Béchir fait l'objet de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Excepté la prison en Israël, il n'y a qu'une seule solution : Israël a signé des accords avec des pays tiers, en l'occurrence le Rwanda et l'Ouganda, qui doivent accueillir les migrants volontaires.

Ces migrants sont pour la plupart entrés illégalement en Israël via le Sinaï égyptien à compter de 2007. Ce flux a été stoppé avec la fin de la construction par l'Etat hébreu d'une clôture électronique le long de la frontière avec l'Egypte.

Les autorités israéliennes ont ouvert des centres de rétention dans le sud, où près de 1 500 migrants sont soumis un régime de semi-liberté. Ces établissements vont fermer leurs portes et les migrants qui refuseront de partir seront envoyés en prison. Benjamin Netanyahou s'était rendu fin août 2017 dans le sud de Tel-Aviv, où résident des milliers de migrants africains, et s'était engagé à rendre ce secteur «aux citoyens israéliens».

https://francais.rt.com/international/46991-expulsion-ou-incarceration-israel-migrants-africains

(...) Tel-Aviv a annoncé le 3 janvier 2018 le lancement de ce programme dans lequel les quelque 40 000 migrants, principalement erythréens et soudanais, auront le choix entre l'expulsion et l'incarcération.

C'est pour le mener à bien que l'Autorité pour la population et l'immigration s'est lancée dans une vaste campagne de recrutement. Cette dernière a publié une annonce, repérée par le journal Hareetz le 12 janvier, soulignant la nature du travail demandé, à savoir la tenue d'audiences pour les demandeurs d'asile, interroger et fournir des preuves que certains d'entre eux sont prêts à partir «volontairement» ou encore surveiller que ces derniers retournent bien dans leur pays d'origine, ou ailleurs.

Une autre partie du travail consiste à trouver les migrants en situation irrégulière, à prendre connaissance de leur histoire et à enquêter sur leur employeur. Un travail pour lequel aucun diplôme n'est requis, mais où une expérience en combat ou en sécurité est «un plus», selon l'annonce.

En dehors d'une «paie appropriée», les personnes qui iraient au bout de leur contrat se verraient attribuer un bonus pouvant aller jusqu'à 30 000 shekels, soit plus de 7 200 euros.

https://francais.rt.com/international/47254-israel-paie-appropriee-bonus-7200-euros-personnes-pretes-expulser-migrants

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Une information qui ne fait pas la une de nos médias, alors que la question des mmigrants est évoquée régulièrement. Compte tenu de la ligne éditoriale défendue de façon quasi- unanime, on aurait pu s'attendre à une vague d'indignation...    P.G.

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mercredi 27 décembre 2017

Jésus volé et remplacé par une endive dans une crèche pour protester contre le sort des migrants

Emoi à Viverols, petit village du Puy de Dôme. Des individus ont dérobé un Jésus dans une exposition de crèches et déposé une endive à sa place. En guise d'explication, ils ont laissé une lettre critiquant les contrôles de migrants en Europe.

ACT CRECHE LAICITE

A Viverols, petit village de 400 âmes dans le Puy de Dôme, les pieuses vibrations de la messe de minuit n'ont pas évité une déconvenue aux habitants. Selon des informations du site de France Bleu, dans la nuit du 25 au 26 décembre, des malfaiteurs ont fait main basse sur le petit Jésus d’une crèche en plein air, proche de la gendarmerie. Ils ont remplacé le divin enfant par une endive. Ce geste dadaïste s’accompagnait d’une lettre dénonçant les contrôles des migrants en Europe.

La représentation de la Nativité en vannerie faisait partie de l’exposition de la ronde des crèches organisée à Viverols chaque année depuis dix ans. Elle permet d’exposer deux cents crèches principalement prêtées par des bénévoles, dans les rues de la commune ainsi que dans la salle des fêtes. L’événement attire chaque année des milliers de personnes. Sa présidente, Stéphanie Gayard, s’est émue de ce chapardage, et entend bien réagir à la hauteur du dommage subi. Elle a déclaré à France Bleu : «J'irai porter plainte à la gendarmerie dès mardi matin, c'est hors de question de laisser passer ça encore une fois.»

Car ce n’est pas une première à Viverols, l’enfant Jésus avait déjà été subtilisé au village il y a cinq ans et remplacé par une endive. Il avait été retrouvé derrière une bâche à la suite d'un avis de recherche lancé dans la presse. Seule différence avec le modus operandi actuel, le geste n’avait pas de caractère politique revendiqué.

Tout frondeurs qu’ils soient, les voleurs ont-ils été inspirés par la ligne défendue par le Pape François ? Il a en effet souligné l'importance de la charité chrétienne dans son homélie du 24 décembre depuis la basilique Saint-Pierre de Rome, et adressé à tous les croyants catholiques du monde un message de générosité envers les migrants, prenant pour exemple les parents du Messie. «Marie et Joseph, qui n'avaient pas de place, ont été les premiers à qui Dieu a donné des papiers d'identité», a-t-il professé. Le Pape François a estimé que Dieu montrait que le «vrai pouvoir et la liberté authentique» se dévoilaient «en assistant et honorant les faibles et les fragiles».

https://francais.rt.com/france/46834-enfant-jesus-vole-remplace-par-endive

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Voilà ce qui arrive quand on manipule la religion à des fins politiques, voire géopolitiques. D'autant que les "frondeurs" ne semblent pas être prioritairement inspirés par des préoccupations spirituelles, en témoigne leur mépris pour le symbole en pleine fête de Noël...

P.G.

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samedi 23 décembre 2017

“Nous n’arrêterons jamais l’immigration”, affirme un commissaire européen

Union européenne. Par la voix du commissaire européen à la Migration, Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”.

ACT COMMISSION MIGRANTS

“L’Union européenne a accordé sa protection à plus de 700 000 personnes l’an dernier”, affirme Dimitris Avramopoulos, commissaire européen à la Migration, pour s’en féliciter. Dans une tribune parue lundi sur le site Politico, au titre sans équivoque, “Les migrants d’Europe sont là pour rester”, l’ancien homme politique grec appelle à “trouver un foyer” pour tous les réfugiés en Europe, ce qui répondrait non seulement à “un impératif moral” mais également à “un impératif économique et social pour notre continent vieillissant”.

Critiquant des discours “nationalistes, populistes et xénophobes” qui se répandraient selon lui, notamment en Europe de l'Est, le commissaire européen juge que nos sociétés [ne resteront pas] homogènes et épargnées par l’immigration” quand bien même “on érigerait des clôturesCette tribune vient après une série d’articles du média américain qui reprochait à l’exécutif européen d’être “trop blanc” et incitait Bruxelles à remplacer une partie de son personnel par des “personnes de couleur”. Citant ces articles, M. Avramopoulos regrette que le thème de la diversité ne soit pas assez abordé dans le débat public.

Pour la Commission, le refus de l'immigration est “anti-européen”

Le commissaire à la Migration avait qualifié d’“anti-européenne” la proposition du président de l’UE Donald Tusk de supprimer le très controversé système de quotas d’immigrés par pays. “Nous ne pouvons pas, nous ne serons jamais capables d’arrêter les migrations”, assène-t-il dans sa tribune.

https://www.valeursactuelles.com/societe/nous-narreterons-jamais-limmigration-affirme-un-commissaire-europeen-91719

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lundi 11 décembre 2017

Accor vend 62 hôtels F1 pour le Samu social

Le groupe hôtelier a dévoilé un plan de modernisation des hôtels F1, sa chaîne économique. Particularité, le groupe cède 62 établissements qui seront utilisés par le Samu social dans un contexte de crise du logement d'urgence.

ARG MIGRANTS UE F1

En décidant de reprendre en main son offre d'hôtellerie à bas coût, Accor en profite pour céder 62 de ses 237 hôtels F1 sur le territoire français à une filiale de la Caisse des Dépôts, dans le cadre du renforcement des infrastructures de logement d'urgence. La gestion opérationnelle sera confiée au groupe SNI et c'est le Samu social qui aiguillera les populations visées par ces établissements.

Environ un tiers des hôtels cédés sont situés en Île-de-France, où les besoins sont les plus forts. Depuis plusieurs années, le Samu social, et de nombreux services publics et associations ont en effet souvent recours à l'hôtellerie pour le logement d'urgence, et la pratique pose de plus en plus problème, les clients payants et ceux qui sont logés gratuitement faisant difficilement bon ménage.

La Caisse des Dépôts a donc saisi l'occasion d'acquérir les hôtels et de les affecter au Samu social via une de ses filiales, le groupe SNI. Joint par téléphone, le secrétaire général du groupe, Vincent Mahé, détaille: «les immeubles seront adaptés à leur nouvelle destination sociale et rénovés. Le bâti sera adapté à l'accompagnement social et des cuisines collectives seront installées». Si le montant de la vente est inconnu, l'enveloppe de travaux est de 30 millions d'euros.

Pour réaliser cette acquisition, le groupe SNI a été rejoint par d'autres investisseurs institutionnels. Les partenaires envisagent déjà d'acheter d'autres hôtels. Ils se rémunéreront en facturant à l'État chaque nuitée d'accueil d'urgence. «Et pour l'État, ce système est beaucoup plus attractif financièrement», souligne Vincent Mahé. L'alternative est en effet de payer au prix fort les nuits auprès d'hôteliers privés.

L'afflux massif de migrants depuis 2015, mais aussi l'aggravation de la situation économique et sociale pour de nombreux chômeurs, personnes âgées ou dépendantes, a accentué la pression sur les services publics du logement. Le gouvernement a lancé un plan de création de 13.000 places, mais recourt massivement à l'hôtellerie (41.000 nuitées avaient été achetées par l'État pour le seul mois de juin 2016, d'après un rapport parlementaire).

Plan de modernisation de l'offre économique

Accor a décidé de se séparer de ces actifs dans le cadre d'un plan de modernisation de son offre économique. Bien connus des Français pour leur emplacement le long des grands axes, les hôtels Formule1, nés en 1985 et devenus «F1» en 2008, appartiennent à quelques franchisés et pour la plupart à une structure d'investissement dédiée, dont le groupe Accor veut devenir le principal actionnaire.

Une augmentation de capital de 51 millions d'euros doit lui permettre de mener à bien une transformation des hôtels restants, avec des chambres partagées jusqu'à six personnes, un restylage total et un service Premium, avec salle de bain personnelle et non collective comme c'est le cas actuellement. En plus de 30 ans, la chaîne d'hôtels F1 a longtemps profité de sa place de leader, qu'elle doit défendre aujourd'hui sur un marché devenu particulièrement concurrentiel et qui évolue en même temps que les nouvelles tendances du voyage en France.

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/03/10/20005-20170310ARTFIG00013-accor-vend-62-hotels-f1-pour-le-samu-social.php

Voir aussi:

L’Etat va acheter des hôtels pour y loger des immigrés, pendant que des Français dorment à la rue

La Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB, Council of Europe Development Bank) va accorder un prêt de 100 millions d’euros à une société civile immobilière (SCI) française pour contribuer « à créer de nouvelles capacités d’accueil et d’hébergement d’urgence pour les réfugiés, les demandeurs d’asile et les personnes vulnérables« .

La SCI qui va bénéficier de ce prêt s’appelle Hémisphère Holding. Ses statuts ont été signés le 21 octobre 2016 (trois mois seulement avant l’obtention du prêt européen) et son capital est de… mille euros. 999,90 euros déposés par Gestion Ampère et dix centimes par la Société nationale immobilière. Or Gestion Ampère est une filiale de la Société nationale immobilière. Et la Société nationale immobilière, c’est l’Etat.

La Société nationale immobilière, filiale de la Caisse des Dépôts, est propriétaire de plusieurs centaines de milliers de logements à travers toute la France. Et c’est d’elle que dépend Adoma, « premier opérateur national » de demandeurs d’asile.

Le prêt de 100 millions d’euros de la Banque de développement du Conseil de l’Europe vise précisément à " financer un programme mis en œuvre par Adoma à la demande de l’Etat français" .

Pour résumer, l’Etat français, via la Société nationale immobilière, a fait créer avec un capital de mille euros la SCI Hémisphère Holding qui a aussitôt obtenu un prêt de 100 millions d’euros pour financer le projet Adoma d’aide aux demandeurs d’asile en achetant des hôtels pour les y loger !

Ce qui correspond à la déclaration de Bernard Cazeneuve lors de sa visite dans un centre d’hébergement Emmaüs le 23 décembre 2016 :

" Un appel d’offre pour le rachat d’hôtels à des fins d’hébergement, actuellement en cours, devrait permettre de créer 5.000 places supplémentaires en convertissant des hôtels de tourisme."

Grâce à l’argent de la Banque de développement du Conseil de l’Europe, l’Etat français va donc développer l’accueil des immigrés dans des hôtels dont il deviendra propriétaire pendant que des Français dans la misère continuent de dormir à la rue ou dans des taudis.

http://www.medias-presse.info/letat-va-acheter-des-hotels-pour-y-loger-des-immigres-pendant-que-des-francais-dorment-a-la-rue/70801/

 

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Commentaire d'une de nos adhérentes, qui nous a suggéré cette publication:

"Et pendant ce temps, la France ruine ses habitants et n'a aucune volonté pour aider ceux qui n'ont pas les moyens de vivre !!
Et pour une fois je vais parler de moi !
L'Etat vient de m'envoyer la somme qu'il me donnera pour ma retraite, dans quelques mois, à 66 ans (et oui, pour nous ce n'est pas 62 ans !!)
La somme est faramineuse : 424 euros par mois BRUTS !!!
Et surtout qu'on ne m'accuse pas de racisme : une famille ne peut laisser mourir ses propres enfants pour élever ceux des autres !
Voilà, c'était ma minute de colère !"

Colère compréhensible: le message politique envoyé est désastreux pour la cohésion sociale et nationale de la France. On ne peut mener des politiques d'austérité (imposées de surcroît par des institutions supra- nationales) et détruire de facto le pacte social républicain tout en affichant une politique de "générosité" envers des ressortissants non autohtones, en situation illégale par ailleurs. Aucun peuple ne peut accepter une telle situation, et cela n'a rien à voir avec le racisme, le "populisme", la xénophobie ou que sais- je encore, même si certains ne manqueront pas d'exploiter la situation. Ce sont les responsables de ces politiques qui s'abritent derrière de grands principes humanistes quand ça les arrange qui doivent être combattus et démasqués!      P.G.

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dimanche 10 décembre 2017

UPR PARIS Infos

VID FA TVL

Après avoir été l'invité de Radio insoumise il y a quelques semaines, le Président de l'UPR a été interrogé ce vendredi 9 décembre par Elise Blaise, sur TV Libertés.
https://www.upr.fr/…/retrouvez-lintervention-de-francois-as…

ACT MIGRANTS UPR PARIS

Souvenez-vous : en juin dernier la Commission européenne avait mis en garde la Pologne, la République tchèque et la Hongrie contre leur manquements dans l’accueil des réfugiés/immigrés (les “migrants”, en novlangue) -> https://www.francetvinfo.fr/…/l-ue-sanctionne-la-pologne-la…

Eh bien, les menaces ont été mises à exécution hier : ces trois pays vont être déférés par la Commission devant la Cour de justice de l’Union européenne. -> https://francais.rt.com/…/46306-quotas-migrants-hongrie-pol…

Conclusion : les altereuropéistes d’extrême-droite, qui vantent les modèles hongrois et polonais, en seront pour leur frais de salive et d’encre, avec leur projet d’« Europe des nations ». La politique migratoire, en vertu des articles 79 et 80 du TFUE, est sous la tutelle de l’Union européenne (elle fait partie des « compétences partagées »). Le Front national ment à ses électeurs lorsqu’il prétend qu’il pourra redonner à la France le contrôle de ses frontières tout en restant dans l’Union européenne. Mais, à bien y réfléchir, sur quel sujet le Front national ne ment-il pas ?

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Grande réunion publique à Pontoise le jeudi 14 décembre, 20 h. Venez nombreux!

 

À Dôme de Pontoise.

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samedi 9 décembre 2017

Les migrants, le populisme et le chant du cygne de l’Union européenne ?

La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a rejeté «  dans leur intégralité » les recours déposés par la Hongrie et la Slovaquie contre les quotas d’accueil de réfugiés décidés en septembre 2015 par les dirigeants européens, au plus fort de la crise migratoire.

ARG MIGRANTS UE

La crise migratoire en Europe est un enjeu politique majeur de la décennie. Des millions[1] de personnes arrivant principalement d’Afrique et du Moyen-Orient, ont traversé la Méditerrannée ou sont passées par la frontière gréco-turque, passage supposé plus sûr quant aux risques multiples que représente la traversée d’une mer pouvant parfois être périlleuse et semée d’embûches. Le risque est multiplié par un facteur énorme compte tenu de l’état de certaines embarcations.

L’origine de ces flux migratoires colossaux revêt une dimension multifactorielle : crises économiques dans les pays les plus pauvres, conflits inter-ethniques, guerres néocoloniales. Cependant, ce sont principalement deux évènements catastrophiques sur le pourtour méditerrannéen qui ont accéléré d’une manière certaine la crise migratoire : les guerres lybienne et syrienne. La première a été décisive dans l’organisation de ces flux puisque la Lybie est une porte d’entrée sur l’Europe. La déstabilisation du régime a fait sauter le verrou migratoire de façon certaine[2]. La guerre en Syrie est venue alimenter les flux migratoires compte tenu de l’intensité du conflit au Proche-Orient, jetant des centaines de milliers de personnes sur la route.

Cependant, cette crise migratoire d’ampleur – jamais vue depuis la Seconde guerre mondiale –  a cristallisé les craintes, les passions et l’hostilité. Les médias ont vendu à l’opinion publique les vertus d’un tel afflux de personnes sur l’Europe. On connaît la narrative employée depuis les années 1970 avec le regroupement familial : l’immigration est bonne en tout point. Cette vision de la chose ne pouvait qu’alimenter encore plus les a priori et les peurs dans l’opinion publique. Les peuples européens sont également touchés par les crises multiformes. Accueillir des millions de personnes sur les territoires des pays européens ne peut objectivement se réaliser avec des fleurs autour du cou sur un chemin exclusivement pavé de bonnes volontés. Les pays de l’Union européenne souffrent, c’est une évidence de le dire. Gérer une telle crise migratoire dans ce contexte explosif n’est pas aisé car elle cristallise les tensions et les peurs.

C’est donc, d’après nos dirigeants, un défi majeur à relever pour l’Union européenne. Et cette dernière est venue apporter plusieurs réponses, notamment en imposant des quotas aux pays membres de l’UE en 2015. Cependant, ces quotas n’ont pas été accueillis avec le même enthousiasme dans les différentes contrées d’Europe, certains pays refusant catégoriquement ces contingents[3], forçant Merkel à reculer sur cette idée en septembre 2016. Par ailleurs, on peut noter une montée croissante d’un ressentiment en Europe et plus particulièrement dans les pays de l’Europe centrale et de l’Est qui sont de plus en plus hostiles à l’arrivée massive d’immigrants sur leur territoire.

Un immigrant est une personne venant s’établir dans un pays qui n’est pas le sien. L’étranger en situation irrégulière désigne un statut juridique, qualifiant la situation d’un étranger présent sur le territoire national d’un État, tout en étant dépourvu de titre de séjour en règle. Par facilité ou raccourci idéologique, la presse mainstream utilise le terme de « migrant », qui selon certaines définitions pourrait cependant être pertinent, étant donné que le terme de migrant est souvent utilisé dans des logiques de migrations humaines ou des déplacements de populations.

C’est alors que le populisme fait son entrée en scène. Pourquoi parlons-nous ici de populisme ? Nous utilisons ce terme pour qualifier la réaction des populations européennes par rapport à l’arrivée massive[4] d’immigrants sur leurs territoires. Divers mouvements politiques dits « populistes » montent inéxorablement dans l’opinion, que ce soit le UKIP en Angleterre[5], le FN en France, l’AfD en Allemagne, le FPÖ en Autriche, le PVV aux Pays-Bas, le Fidesz hongrois ou encore le PiS polonais. Tous ces partis politiques partagent la même hostilité – à des degrés divers –  à  l’égard de l’immigration illégale.  En ces temps de crises multiformes, ces partis prônent la préférence nationale voire la fermeture des frontières nette. Cependant, au nom de la solidarité européenne et de la convergence économique mais aussi in fine, sociale et sociétale[6], l’UE demande à tous ses Etats-membres d’accepter ces flux migratoires ou du moins d’accepter de gérer les effets et conséquences.

Une communauté nationale cherche avant toute chose le consensus populaire et l’affectio societatis comme volonté commune de former un peuple, si possible, le plus homogène tout en préservant les droits des minorités. La logique intellectuelle des fédéralistes européens est donc cohérente quand ils fixent la convergence comme clé de voûte nodale de leur projet de « souveraineté européenne ». Par conséquent, les demandes répétées de Bruxelles de gestion en termes de politique d’immigration vont dans ce sens. En activant la solidarité européenne sur un autre terrain que celui de l’économique, la construction européenne se heurte à un obstacle bien plus imposant que celui des droits de douanes. On touche, en effet, aux affects et donc au consensus au sein des populations européennes.

Alors même qu’un cadre juridique supranational existe au sein de l’UE, les pays européens veulent traiter ce défi majeur de manière souveraine, c’est-à-dire de façon démocratique. La convergence économique de l’Europe, avec les résultats que l’on connaît, a été un défi majeur du XXe siècle. En 1992, quand l’UE faisait un bon de géant vers l’union politique avec le traité de Maastricht, le défi de la crise migratoire de cette décennie pose un défi immense et réel à la viabilité du projet politique de l’UE. C’est donc ce défi qui nous invite à nous interroger sur le cadre existant de l’UE en la matière et par conséquent, l’espace de décision politique à l’échelon national qu’il reste. Est-il devenu trop réduit pour gérer cette crise ? L’UE est-elle au niveau ? La crise migratoire est-elle le chant du cygne de la construction européenne ?

Les cygnes, sans doute, ne chantent point leur mort ; mais toujours, en parlant du dernier essor et des derniers élans d’un beau génie prêt à s’éteindre[7]

 


[1] « L’Europe et les migrants, faits et chiffres ». Le Parisien, 19 mars 2017. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de personnes sont arrivées en 2015, dont plus de 850.000 via les côtes grecques, venant en large majorité de Syrie (56%), d’Afghanistan (24%) et d’Irak (10%).

[2] « Libye : Kadhafi et l’arme de l’immigration clandestine vers l’Europe », Jeune Afrique, le 7 juin 2011. Kadhafi au plus fort de la guerre avait déclaré :  « Vous aurez l’immigration, des milliers de gens qui iront envahir l’Europe depuis la Libye. Et il n’y aura plus personne pour les arrêter ».

[3] En septembre 2015, 80 % des Slovaques, 75 % des Polonais seraient hostiles à l’accueil des migrants selon plusieurs sondages. « L’Europe de l’Est antimigrants : «Un lourd héritage d’une conception ethnico-linguistique de la nation» », Libération, le 15 septembre 2015.

[4] J’emploie volontiers le terme « massif » pour des raisons quantitatives ou bien « des millions de personnes » déplacées pourraient-elles représenter une quantité néglibeable ? Je pose la question.

[5] Du fait de la victoire du Brexit au référendum, le UKIP est retombé dans les sondages.

[6] La convergence économique et l’harmonisation des législations nationales au sein de l’UE ne peut qu’aboutir à une harmonisation sociale et sociétale. C’est en tout cas le projet des fédéralistes européens.

[7] Georges-Louis Leclerc de Buffon

https://www.soverain.fr/migrants-populisme-chant-cygne-de-lunion-europeenne/

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La "crise des migrants a révélé au grand public l'élargissement des compétences de l'Union européenne dans des domaines autres que la sphère strictement économique, ravivant ainsi les inquiétudes exprimées lors du référendum de 2005; le rôle des partis "populistes" a consisté à faire croire qu'on pouvait régler certains problèmes, dont l'immigration, tout en restant dans le cadre des institutions européennes, avec un réel succès jusqu'à présent. La décision de la CJUE va indéniablement compliquer leur tâche, et peut- être ouvrir les yeux de beaucoup de citoyens sur la nécessité d'une souveraineté authentique, quelles que soient par ailleurs leurs opinions sur ces sujets "de société", mettant en jeu la fameuse "affectio societatis".     P.G.

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lundi 4 décembre 2017

«Incompatible avec la souveraineté» : les Etats-Unis se retirent du Pacte mondial sur la migration

- Avec AFP

ACT US EMPIRE GUERRE TAN

Le président Donald Trump a décidé de retirer son pays d'un pacte mondial de l'ONU qui vise à améliorer la gestion internationale des migrants et des réfugiés, jugé «incompatible» avec sa politique migratoire et la souveraineté nationale américaine.

«La mission américaine auprès de l'ONU a informé son secrétaire général que les Etats-Unis mettaient fin à leur participation au Pacte mondial sur la migration», a annoncé le 2 décembre dans un communiqué l'administration Trump.

«L'Amérique est fière de son héritage en matière d'immigration et de son leadership dans le soutien aux populations migrantes et réfugiées à travers le monde», a expliqué la représentante américaine à l'ONU, Nikki Haley, avant d'ajouter : «[Mais] l'approche mondiale de la Déclaration de New York est incompatible avec la souveraineté américaine.»

Selon la diplomate, les décisions américaines sur les politiques d'immigration doivent toujours être prises «par les Américains et les seuls Américains» et non de manière multilatérale.

En septembre 2016, les 193 membres de l'Assemblée générale de l'ONU avaient adopté à l'unanimité un texte appelé Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, visant à améliorer à l'avenir leur gestion internationale (accueil, aide aux retour...). Sur la base de cette Déclaration, le Haut commissaire aux Réfugiés a été mandaté pour proposer un Pacte mondial sur les migrants et réfugiés dans son rapport annuel à l'Assemblée générale en 2018. Ce Pacte est censé reposer sur deux axes : définition d'un cadre des réponses à apporter à la problématique et programme d'actions. 

Le retrait américain intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a multiplié en novembre les réunions sur la question migratoire.

Souveraineté nationale vs multilatéralisme ?

«Les migrations sont un problème mondial qui réclame une réponse mondiale», a réagi à la décision américaine le président en exercice de l'Assemblée générale de l'ONU, le chef de la diplomatie slovaque, Miroslav Lajcak, dans un communiqué. «Et le multilatéralisme reste le meilleur moyen pour faire face à des défis mondiaux», a-t-il ajouté, cité par son porte-parole, Brenden Varma.

La première année de présidence de Donald Trump a été marquée par plusieurs retraits spectaculaires d'accords internationaux ou de projets d'accords impliquant plusieurs pays du monde. Washington a ainsi décidé de ne plus faire partie de l'Accord de Paris (2015) visant à limiter le réchauffement climatique de la planète. Donald Trump avait invoqué la souveraineté nationale américaine pour justifier cette décision, ajoutant qu'il ne voulait «rien qui puisse se mettre en travers» de son action pour redresser l'économie de son pays.

Les Etats-Unis ont également décidé de se retirer de l'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'Education, la Science et la Culture, que Donald Trump juge trop défavorable à Israël.

https://francais.rt.com/international/46162-incompatible-avec-souverainete-etats-unis-retirent-pacte-mondial-migration

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Cette décision a également l'avantage de faire porter sur la seule Europe les conséquences désastreuses des politiques d'intervention américaines en termes migratoires...  P.G.

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samedi 2 décembre 2017

Esclavage en Libye : merci l’OTAN !

par Bruno Guigue

ARG BHL LIBYE

Une découverte, les pratiques esclavagistes filmées par CNN ? On tombe vraiment des nues ? Certainement pas. Le 11 avril 2017, l’Office international des migrations publiait un rapport indiquant que des milliers de migrants transitant par la étaient vendus comme du bétail sur des marchés aux esclaves, avant d’être soumis au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle. Cette réalité, tout le monde la connaissait, et personne n’a rien fait.

Lorsque Emmanuel Macron a consacré son premier voyage présidentiel à la région sahélienne, on n’a pas le souvenir qu’il ait dit quelque chose. Mais on le comprend : la sécurité des approvisionnements miniers de l’ex-puissance coloniale est une affaire beaucoup plus sérieuse, et on ne va quand même pas perdre son temps avec des broutilles. C’est vraiment dommage, car la France aurait eu beaucoup à dire sur la situation en Libye.

Il ne faudrait pas l’oublier : si ce pays est à la dérive, s’il est dépecé par les factions rivales, si la violence y règne, c’est parce que la France et ses alliés l’ont anéanti en 2011. Les marchands d’esclaves ne sont pas tombés du ciel : ils sont arrivés dans les bagages de l’. Sous des prétextes humanitaires fabriqués par la propagande, Paris, Londres et Washington se sont arrogé le droit de détruire un État souverain. Ils l’ont remplacé par la loi de la jungle et le chaos milicien. On voit le résultat.

Où sont-ils, ceux qui ont décidé de renverser Mouammar Kadhafi ? On aimerait les entendre, ces visionnaires. Nicolas Sarkozy voulait faire de cette croisade le joyau de son mandat. “Le chef de l’État a fait de l’intervention en Libye un combat personnel. Pour le rayonnement de la France”, titre “Le Monde” le 23 août 2011. Le rayonnement est aveuglant ! Pour Alain Juppé, l’intervention en Libye est “un investissement pour l’avenir”. Il aurait dû préciser que cet investissement n’était pas seulement pétrolier. Les esclavagistes le remercient. Eux aussi, ils investissent.

Du côté de l’opposition de “gauche”, ce n’est guère mieux. François Hollande approuve le recours à la force contre Kadhafi “parce que sinon Kadhafi aurait massacré une partie de son peuple”. Qu’il se rassure : pour ce qui est des massacres, l’OTAN a fait ses preuves. Le 21 mars 2011, “Libération” demande à Jean-Luc Mélenchon pourquoi il approuve les frappes aériennes en Libye. Il répond : “La première question à se poser est la suivante : y a-t-il un processus révolutionnaire au Maghreb et au Moyen-Orient ? Oui. Qui fait la révolution ? Le peuple. Il est donc décisif que la vague révolutionnaire ne soit pas brisée en Libye.”

Il faudrait pourtant que les progressistes ou prétendus tels se mettent sérieusement à méditer la leçon des faits. Car la politique occidentale, c’est toujours le grand écart : on part avec les droits de l’homme et on finit avec le marché aux esclaves. Certains ont beau l’emballer de rhétorique humaniste ou révolutionnaire, l’impérialisme reste l’impérialisme. On peut multiplier à foison les variantes du cache-misère idéologique, le prétendu devoir d’ingérence n’est que le droit que l’on s’arroge à écraser le voisin. C’est le droit du plus fort revu et corrigé par BHL.

Les hypocrites diront que l’esclavage ne date pas d’hier et que cette affaire concerne les Africains, niant la responsabilité du néo-colonialisme. Poussés par la misère, ils sont des centaines de milliers à vouloir franchir la Méditerranée au péril de leur vie. La destruction de l’État libyen les a mis à la merci des passeurs qui les vendent comme du bétail. S’ils échappent à leurs griffes, leur calvaire ne fait que commencer. Quel paradoxe ! Victimes d’un monde dual, ces damnés de la terre n’ont d’autre espoir que d’aller traîner leur misère dans les pays qui ont fait leur malheur.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/esclavage-libye-merci-lotan-bruno-guigue/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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