jeudi 19 avril 2018

Lettre ouverte à Bernard de la Villardière et son équipe, suite au reportage sur la Hongrie du 8 avril 2018

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Je n'ai pas vu le reportage incriminé mais je connais suffisamment les méthodes de nos médias pour accorder du crédit à la critique qui suit, au- delà des opinions personnelles de l'auteur, qui relèvent du débat, et non de l'attaque haineuse dans laquelle certains se complaisent. Et puisqu'il y a eu, semble- t- il, manque de respect envers la Hongrie, j'en profite pour rappeler que c'est plutôt une marque de fabrique des européistes, les vrais patriotes ayant le plus grand respect pour les autres peuples...   P.G.


 

TRIBUNE LIBRE / Par Ferenc Almássy, journaliste indépendant franco-hongrois, rédacteur en chef du Visegrád Post.

TL VILLARDIERE HONGRIE

Lettre ouverte à Bernard de la Villardière et son équipe, suite au reportage d’Enquête exclusive sur la Hongrie, diffusé le 8 avril 2018 sur M6 intitulé Hongrie : tensions maximales au coeur de l’Europe.

À Monsieur Bernard de la Villardière et son équipe d’Enquête exclusive,

Je suis un journaliste indépendant franco-hongrois ; vos équipes me connaissent, nous avons tourné de nombreuses heures sur plusieurs jours pour votre « reportage ». J’ai parlé de la situation de l’opposition, de l’affrontement avec George Soros, de l’évolution de Viktor Orbán et de son parti, mais aussi du colonialisme économique allemand, de la Russie, du groupe de Visegrád, ou encore de la transition économique et politique à la sortie du communisme. Votre chef d’équipe, Laetizia Kretz, – qui m’a vite retiré de facebook avant la diffusion – m’a même félicité pour mon professionnalisme et le sérieux de mes propos à la fin d’un énième tournage où j’avais pris la peine d’expliquer clairement la situation hongroise – notamment sur les plans politiques, sociaux, économiques, mais encore culturel. J’ai compris maintenant que derrière ce compliment se cachait un autre message : « nous n’utiliserons rien de tout ce que tu as dit, car ce n’est ni caricatural, ni exploitable pour un reportage sensationnaliste ».

Pour les autres lecteurs de cette lettre, je m’excuse par avance de sa longueur. Mais pour qui s’est infligé l’intégralité du « reportage », cette lettre peut être non seulement utile, mais également bienvenue. Bien entendu, comme je vais devoir argumenter et expliquer, je n’arriverai pas à répondre à tous les éléments du « reportage ».

Je suis un patriote hongrois, et c’est aussi à ce titre que j’ai bien voulu donner de mon temps à votre équipe, qui m’avait assuré de « vouloir faire quelque chose de différent de ce qui se fait sur la Hongrie », de vouloir expliquer la situation… Quel naïf j’ai été. Les tentatives hasardeuses de « libérer la parole » par votre cadreur, disant qu’il y a trop d’Arabes en France, m’ont cependant mis la puce à l’oreille. Mais qu’importe.

Préambule de la vidéo : le sensationnalisme comme seul objectif

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Venons-en à votre production – je ne peux décemment qualifier cette vidéo de reportage. Votre production, donc, commence fort avec un préambule grotesque : musique anxiogène, enchaînement de phrases « choc » coupées et d’images rapides… des techniques efficaces pour instiller l’angoisse chez le spectateur qu’on hypnotise. Le ton est donné : on va nous faire ressentir des choses, que l’on ne s’attende pas à des analyses…

Introduction de la vidéo : le déshonneur de Bernard de la Villardière

Vient ensuite la présentation du sujet par la vedette, Monsieur de la Villardière. Les allégations typiques de la gauche libérale militante tombent. Sans preuve, ce sont des faits établis, évidemment, c’est entendu que la Hongrie est un pays fermé, xénophobe et autoritaire. Oui, la Hongrie est tout ça, malgré Budapest qui accueille chaque année un million de touristes de plus que Bruxelles ainsi que le plus important festival européen de musique. La Hongrie, ce pays fermé qui fait partie de Schengen. La Hongrie, ce pays autoritaire où 6 consultations nationales ont eu lieu en 8 ans afin de demander l’avis de la population sur des sujets importants. La Hongrie, ce pays xénophobe qui accorde plus de droits aux minorités nationales que la République française – notamment le droit d’étudier dans leur langue. Un député de la minorité nationale allemande vient même de faire son entrée au parlement.

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Puis, vient l’accusation d’être « anti-migrants ». Qu’est-ce que cela veut dire ? La Hongrie est contre l’immigration massive et incontrôlée, et a fortiori pour limiter drastiquement l’immigration extra-européenne, consciente et responsable de ses capacités réelles d’intégration. En cela la République française n’a aucune leçon à donner : il suffit de se rappeler le traitement des immigrés en France, les bidonvilles où étaient entassés les Portugais, devenus de véritables ghettos, sans parler des Harkis qui ont été mis en camp. La Hongrie n’est pas « anti-migrants », mais anti-immigration massive et incontrôlée. Le choix des mots est important. Dire que la Hongrie est « anti-migrants », c’est sous-entendre qu’elle est hostile à des individus, alors qu’elle s’oppose à un phénomène politique, économique et social de façon responsable. Qualifier la Hongrie de pays « anti-migrants », c’est soit un manque de sérieux très grave lorsque l’on a une telle audience et tant de moyens, soit une attaque déguisée, volontaire, vile et malhonnête.

L’affirmation concernant les exactions de groupuscules ne mérite presque aucun commentaire. Je demande simplement de trouver une affaire de ce genre ayant moins de 5 ans. Bonne chance !

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Enfin, voilà le couplet sur la corruption. Comme le dit si bien Gyula Thürmer, le président du parti des travailleurs hongrois, la corruption n’est pas le fait d’un gouvernement mais d’un système, elle est consubstantielle aux régimes capitalistes. Donc oui, la corruption est là, mais elle est non pas systématique, mais systémique. Oui, il y a de la corruption en Hongrie. Mais ce qui choque, c’est qu’elle est parfois visible. Visible car petite. Mais nous y reviendrons.

Avant que le reportage ne commence donc vraiment vers la 10e minute, vous avancez, Monsieur de la Villardière, une fois de plus comme si c’était un fait évident, entendu, qui ne nécessite aucune preuve – malgré la gravité du propos ! – qu’en Hongrie, il y a un recul des libertés démocratiques ! Voulez-vous bien comparer à la situation française, encore une fois ? Combien de gens en Hongrie ont été condamnés pour leurs propos, aussi extrémistes soient-ils ? Et en France…? Vous serez également bien aise d’apprendre qu’en Hongrie, contrairement à la France, la police n’use pas de moyens aussi violents. Il n’y a pas de quartier de non-droit, tout au plus des ghettos tsiganes, mais la police et la loi n’y sont pas étrangères, pas comme chez vos amis de certains quartiers qui vous ont malmené.

Vous concluez votre présentation en disant que c’est du fait de ce climat que les jeunes veulent émigrer. Là encore, il s’agit soit d’une malhonnêteté flagrante, soit d’un manque sérieux de connaissances de la région. Or, j’ai pris soin d’expliquer à Laetizia Kretz les raisons systémiques de cette émigration, d’ordre économique, caractéristique non pas de la Hongrie mais des pays périphériques, qui en Europe se trouvent être les pays post-communistes. Ce phénomène touche par ailleurs bien plus gravement la Roumanie par exemple, qui n’a jamais autant perdu d’habitants que depuis la fin du communisme. Mais ça, ça contrevient à votre détestable dessein : donner une image noire et effrayante de la Hongrie, sans aucune déontologie.

Le « reportage », ses mensonges et son biais idéologique

Je le redis : il y a tellement de mensonges, de manipulations, de procès d’intention et d’associations malhonnêtes qu’il m’est impossible de tout reprendre – ce texte sera déjà assez long comme ça. Je vais me concentrer sur le plus important. Je vais d’ailleurs me débarrasser tout de suite des remarques d’ordre général.

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Élément récurrent : la mauvaise prononciation systématique des noms propres. Tous, sauf un seul il me semble, tous les noms, de lieux, de gens, sont mal prononcés. Mais après tout, ces attardés de l’Est ne méritent même pas qu’après des mois de travail et des heures à leur contact, avec l’aide d’interprètes, on fasse l’effort de bien prononcer leurs noms barbares, n’est-ce pas ? Éminente démonstration du profond mépris et du manque de connaissance et de respect envers la Hongrie et les Hongrois.

Je passe sur les petits mensonges et approximations nombreuses (salaires, nombre d’habitants, position de la Hongrie – oui, la Hongrie est véritablement au cœur de l’Europe, et non à sa frontière -, nombre de manifestants, …).

Enfin, à plusieurs reprises, la voix hors champ assène que la Hongrie ne veut pas d’immigration, alors qu’elle n’a même pas d’immigrés, comme si cela était absurde, contradictoire ou illogique. « Gouverner, c’est prévoir » : cette maxime de Richelieu semble bien périmée à vos yeux. La Hongrie n’a pas d’immigrés justement parce qu’elle n’en veut pas !

Vous dites aussi que Daech n’a jamais menacé la Hongrie : c’est faux. En mars 2016, Al Wafa, le responsable média de l’État islamique a explicitement menacé la Hongrie.

La police hongroise et les migrants

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La production commence donc avec des images d’élèves policiers – oui, les uniformes bleus avec marqué POLICE dessus, c’est la police, pas l’armée, vous n’avez visiblement pas saisi ce détail. Musique ridicule, images de la formation. Et là, on apprend même que les policiers seront, au terme de leur formation, armés d’un… pistolet ! Horreur ! Pendant ce temps-là, dans les rues de Paris, les policiers patrouillent avec des gilets pare-balles et des armes de guerre. Bref, les Hongrois arment donc leur police… effrayant !

(...) Vous n’évoquez pas les agressions et les fuites des clandestins, qui ne sont pas, comme vous l’affirmez, « de simples migrants », mais bel et bien des délinquants, des criminels – passer illégalement une frontière, surtout en connaissance de cause, est un crime – et il ne faut pas oublier que dans le flot de « simples migrants » se sont cachés (et se cachent probablement encore) des terroristes. C’est un fait. Voir par exemple le Bataclan, ou, puisqu’il est passé à Ásotthalom que vous montrez après, l’attaquant à la hache de Würzburg.

Autre élément intéressant : nombreux sont les témoignages oraux des clandestins concernant une soit disant violence policière, mais malgré leurs portables dernier cri, aucune vidéo ne circule de ces violences si nombreuses, répétées, systématiques !

Et puisqu’on parle de brutalité policière, où étiez-vous en automne 2006 lorsqu’en Hongrie le gouvernement social-libéral pro-UE a commis des exactions graves contre les manifestants ? Soit, c’était il y a 12 ans. Je vous invite alors plutôt à vous tourner vers Notre-Dame-des-Landes, si vous voulez voir ce que signifie le manquement à l’État de droit, le recul des droits démocratiques, l’empêchement de la presse de travailler librement et les violences policières.

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Vous mentez éhontément lorsque vous affirmez que la Hongrie ne respecte pas le droit et les traités en bloquant la frontière. En tant qu’État membre de l’espace Schengen et responsable d’une frontière qui se trouve être aussi la frontière de l’espace Schengen, la Hongrie a justement l’obligation de contrôler cette frontière ! Vous ne pouvez pas ne pas le savoir. Vous mentez également lorsque vous dîtes que la Hongrie a finalement mis en place des points de passages pour ceux désirant entrer légalement en Hongrie sous la pression internationale, elle l’a annoncé dès le début – vous reconnaissez à ce moment votre mensonge et vos manipulations, avouant que les clandestins entrent donc illégalement en Hongrie… Oui, pour maintenir l’État de droit qui vous est a priori si cher, il convient de faire respecter la loi, qui est la même pour tous : il y a des règles européennes qui s’appliquent aux frontières, et la Hongrie les applique à la lettre, malgré ses petits moyens et l’absence d’aides. Vous avez dit solidarité européenne ? Seuls les pays du Visegrád ont aidé la Hongrie. Au fait, à quand un reportage sur les barrières et les violences policières à Calais ?

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Plus tard dans la vidéo, vous revenez aux migrants en montrant une famille : une fois encore, vous êtes malhonnêtes. Vous présentez les choses comme s’ils étaient assurés de passer en Hongrie, puis internés sans raison. Or il est clair pour chaque personne désirant entrer légalement en Hongrie qu’elle doit attendre en quarantaine le temps que les services de sécurité s’assurent qu’elle ne représente aucun danger. Vous montrez à un moment le malheureux geste de la cadreuse hongroise Pétra László, faisant un croche-pied à « un père et son enfant ». Savez-vous que ce clandestin forçant le passage de la frontière, Osama Al Abd Al Mohsen, était membre d’une organisation impliquée dans du nettoyage ethnique ? Juste un détail sans importance…

Du reste, la Serbie n’étant pas un pays en guerre, les migrants arrivant de Serbie ne sont pas des réfugiés, et leurs vies n’étant pas menacées en Serbie, les traités sur les réfugiés ne les concernent pas. Franchir illégalement la frontière hongroise n’est donc pas justifié par un besoin vital : la majorité des migrants qui arrivent à la frontière hongroise tentent de passer, en connaissance de cause – ils sont même aidés par les ONG pour cela – de passer illégalement la frontière hongroise afin d’essayer de se faire enregistrer dans des pays où ils auront des aides sociales et plus de chances d’accueil par la population et les autorités.

Reprocher à la Hongrie de prendre trop peu de demandeurs d’asile est je crois malvenu. La Hongrie en a accepté de son propre chef plus de 2.300 depuis 2015 en accord avec les traités internationaux qu’elle a toujours respecté. C’est à elle de déterminer sa capacité d’accueil. Dernier point, la comparaison avec la France, puisque vous aimez tant cela. La Hongrie a 6,7 fois moins d’habitants que la France, et un PIB 20 fois inférieur. En revanche, il n’y a pas de migrants qui dorment dans les rues de la capitale depuis des années.

Fidesz, droite, extrême-droite

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L’enchaînement des images et du texte de la voix hors champ lorsque vous parlez des « partis d’extrême-droite », incluant le parti national-conservateur de Viktor Orbán, est scandaleux. La croix gammée du blouson d’un motard saute aux yeux juste après votre amalgame politique niveau antifa. Mais là encore, je n’ose pas croire que vous êtes stupides : vous êtes donc simplement des manipulateurs, cherchant à provoquer la peur chez le spectateur mal informé sur la Hongrie et ayant si peu de moyens de vérifier les informations sur la Hongrie.

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Lorsque vous montrez László Toroczkai, vous dîtes que le Jobbik « assume ses références néo-nazies ». Prouvez-le ! Vous ne le pourrez pas. Outre que c’est devenu un parti centriste, il n’a évidemment aucune « référence néo-nazie ». On est dans la calomnie, encore une fois. Mais vient ensuite une manipulation grossière et éhontée : M. Toroczkai, explique qu’il défend la vision des gens normaux, qui veulent vivre normalement, selon leurs mœurs et leurs coutumes, et qui veulent en toute simplicité garder leur mode de vie et préserver leurs maigres acquis, en vivant en paix. Inutile je crois d’expliquer outre mesure le degré de malhonnêteté (je dois me répéter, vous mentez tellement que les synonymes me manquent !) dont vous faîtes preuve en disant qu’il considère les migrants comme anormaux. C’est complètement hors de propos.

Ensuite, vous vous focalisez sur un groupuscule de quelques crânes rasés, et une bande de quelques motards. Idem : je ne vais pas m’étendre. Je crois que tout le monde comprend que 10 crânes rasés et une bande de motards aux codes particuliers ne sont pas du tout représentatifs d’un pays. Quant à l’armée des brigands, et leur marche dans le village de Gyöngyöspata, vous omettez de préciser qu’ils étaient venu suite à l’appel à l’aide des locaux, exaspérés et terrifiés par la criminalité tsigane face à laquelle les autorités étaient impuissantes.

Et vous insistez, faisant croire que les crânes rasés règnent dans les rues et ratonnent à tour de bras. La vérité, c’est que le Fidesz de Viktor Orbán a considérablement amélioré la situation, réformant en profondeur la police et ses cadres, éliminant la corruption et les éléments indisciplinés. Et aujourd’hui, l’État remplissant bien mieux son rôle, non seulement les groupes de crânes rasés ne défilent plus, mais la plupart n’existent même plus : leur existence était due à un État faible du fait d’un gouvernement corrompu, inefficace et en faillite. Avec tous ses défauts, le gouvernement Orbán a rétabli l’ordre et dissous de fait les groupes dangereux.

(...)

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Je passe sur la voix hors champ qui, évoquant les mouvements nationalistes marginaux présents dans le pays, ne manque pas d’affirmer que leurs propos en France seraient punis par la loi, détaillant même le montant de la peine encourue. On n’aurait jamais pensé qu’une législation liberticide serait un jour revendiquée par des Français comme une référence progressiste. Mais là encore, on se focalise sur quelques individus isolés pour donner une fausse image de la Hongrie. C’est clairement réalisé par sensationnalisme, au mieux, par projet politique, au pire. Hélas, je crains que ce ne soit les deux, car vous cherchez à tout prix à amalgamer les conservateurs à des extrémistes marginaux.

L’exercice devient sidérant quand une séquence de plusieurs minutes s’appesantit sur un ancien cadre du parti (anciennement) d’extrême-droite Jobbik qui a rompu ses liens avec l’extrême-droite après que ses origines juives aient été révélées. Oui, vous ne dites pas non plus qu’il avait tenté de soudoyé le fuiteur. La question se pose : quel rapport avec la politique en Hongrie ? Aucun. Cela au moins à le mérite de nous montrer que ce triste sire dont personne n’a entendu parler depuis 5 ans va bien. Mais le soupçon d’antisémitisme se répand ainsi sur tout ce qui est national ou même traditionnel. On veut faire du patriotisme une pathologie.

Le recentrage du Jobbik, son jeu d’alliance avec la gauche libérale, nous n’en entendrons pas parler. L’analyse, ce n’est pas votre créneau, malgré ce que vous nous avez vendu. Les succès du Fidesz, la complexité de son électorat, l’évolution du parti, la lutte contre George Soros ? Silence radio.

(...)

Le récit de l’opposition

Après avoir présenté les deux-tiers des Hongrois comme des néo-nazis dangereux et effrayants, voilà le portrait du troisième tiers, tout aussi peu représentatif de la population hongroise. On rencontre deux lycéens – faut-il en dire plus…? – dont l’un souhaite partir à l’étranger pour combattre son gouvernement démocratique et légitime, et l’autre, reste mais ne sait pas pourquoi « elle s’inflige ce cauchemar », sirotant sa boisson dans un des bars les plus chers de la capitale. La souffrance pécuniaire des bourgeois, un vrai drame. Merci à l’équipe pour cette véritable exclusivité.

(...)

La corruption

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Pour terminer comme il se doit, impossible de ne pas sortir le couplet obligatoire sur la corruption. Comme dit plus haut, oui, la corruption existe, bien entendu. Encore qu’il faille clarifier ce que cela signifie. En Hongrie, le délit d’initié est puni, mais aux États-Unis, depuis 2015, la jurisprudence l’a pour ainsi dire annulé. Donc, c’est légal, donc ça ne compte pas comme corruption. Malin ! Mais puisqu’on parle de justice, pouvez-vous prouver vos accusations de corruption ? On entend parler depuis des années de « soupçons de corruption ». Où sont les preuves ? Où sont les condamnations ? Qu’il n’y ait pas de fumée sans feu est une chose, mais vous en rajoutez à des fins politiques : discréditer par la calomnie et les spéculations. Certes, vous avez fait appel à l’expertise d’une serveuse et d’un vieux communiste, tous deux aux visages floutés. Mais n’aurait-il pas été plus judicieux de demander aux autorités compétentes, voire même aux ONG anti-gouvernementales et spécialisées sur la corruption ?

Non, car une fois de plus, le but n’est pas de chercher la vérité, mais de raconter une histoire. Et qu’importe la complexité de la réalité. Bon, puisque vous souhaitez du sensationnel, je vais vous aider. Allez enquêter sur le chantier de Jussieu, à Paris. Budget initial, 183 millions d’euros, coût final, 2,05 milliards d’euros. De l’argent public, des détournements, de l’exploitation de sans-papiers maliens, des petits entrepreneurs poussés à la faillite pour finir le désamiantage et ne pas devoir être payés, les ouvriers polonais qui devaient vider à l’aube et sans protection les sacs d’amiante dans la Seine, les rétrocommissions … enquêtez donc, on ne compte pas en ridicules ces petits millions d’euros là.

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Juste un point sur le stade, tout de même. Que Viktor Orbán ait poussé à ce qu’une académie de football soit mise en place dans sa commune d’origine est une chose. Mais critiquer qu’un stade y soit construit avec 4.500 places me paraît ridicule. Combien de stades en France ont plus de places que d’habitants dans leur commune ? Combien sont pleins à chaque match ? Je passerai également sur le « choc » du prix de construction d’un stade neuf : 12 millions d’euros ! Quelle somme incroyable : le prix de 1.200m² à Paris… Voyons ce qui se fait en France : le stade Pierre Mauroy à Lille peut accueillir 50.000 personnes et a coûté 282 millions d’euros. Je vous laisse faire le calcul du coût à la place et comparer les deux.

Rien n’est dit des succès que connait la Hongrie depuis 8 ans, de la prospérité économique à la bonne santé budgétaire, de l’embellissement des villes à l’augmentation continue du tourisme, ou encore sur l’effondrement du chômage, ou la politique sociale et familiale. Il conviendra en revanche de s’interroger sur le niveau de corruption réel, puisque les Hongrois qui subissent ce fléau semblent s’en accommoder bien mieux – en reconduisant leurs représentants – que la presse occidentale qui le dénonce de façon obsessionnelle.

Pas un mot non plus sur la politique économique non-orthodoxe menée par Viktor Orbán et qui a permis – notamment en taxant les entreprises multinationales installées en Hongrie et qui y réalisent de gigantesques profits – d’éviter à la Hongrie, qui fut le premier État à solliciter l’aide d’urgence du FMI en 2008, une banqueroute et une situation cataclysmique comme celle qu’endure la Grèce depuis des années. Pas un mot sur le fait que la Hongrie a remboursé sa dette en avance et a fait partir le FMI.

Conclusion

Monsieur de la Villardière, chère équipe,

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Vous avez trahi la confiance d’un grand nombre de personnes qui ont accepté de répondre à vos questions et de vous offrir leur temps pour vous parler de leur pays. Mais cela est le moins grave. L’irrespect envers la Hongrie, ses habitants que vous caricaturez grossièrement, son système que vous jugez sans connaître et sans avoir enquêté, tout cela, passe encore. La Hongrie en ressort défigurée et hargneuse, alors que le succès d’une voie nationale préserve dans ce pays une véritable douceur de vivre que les étrangers de passage apprécient. Prêter d’une part à la Hongrie une violence qu’elle n’a pas, et d’autre part masquer à la France la décrépitude sociale qui résulte, notamment, de l’immigration de masse : c’est la double falsification à laquelle vous, Bernard de la Villardière et votre équipe, vous êtes abaissés.

Il y aurait encore tant à dire, mais c’est presque impossible d’être exhaustif tant votre travail est à charge… et je suis déjà sceptique, du fait de la longueur de ma lettre ouverte, sur le nombre de gens qui se seront donné la peine de tout lire, après avoir déjà enduré le calvaire qu’aura été le visionnage de votre production.

Votre travail indigne et grossier fera un peu de bruit en Hongrie. Et je peux vous assurer qu’il sera à l’avenir beaucoup plus difficile pour M6, vous et vos équipes, de venir produire de nouvelles œuvres insultantes de cet acabit. Pour ma part, je ne répondrai plus jamais aux sollicitations des médias occidentaux de votre genre. Et je ne suis pas le seul.

Je vois également le résultat de votre sale besogne : des commentaires haineux et des insultes de gens peu informés et effrayés par votre production. Je vois les insultes envers la Hongrie et son peuple, l’introduction de préjugés odieux dans le cœur des gens. Votre document incite à la haine en profitant du manque de connaissance des gens sur la Hongrie.

J’imagine que vous avez voulu vous essuyer les pieds sur le paillasson hongrois pour vous racheter de vos prises de position sur l’Islam politique en République française. Soit, c’est votre affaire. Mais je crois qu’aux yeux de beaucoup de gens vous avez perdu l’estime, le respect et la considération qui vous revenaient, et c’est mérité.

Je ne vous salue pas.

Ferenc Almássy

https://visegradpost.com/fr/2018/04/13/lettre-ouverte-a-bernard-de-la-villardiere-et-son-equipe-suite-au-reportage-sur-la-hongrie-du-8-avril-2018/

 

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mardi 17 avril 2018

Les identitaires défendent l’Europe..

Les identitaires défendent l’Europe... (Vu dans une rue de Paris.)

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Cette coïncidence est loin d’être anecdotique : le concept d’Europe, au XXe siècle, est un concept d’extrême droite. L’idée qu’il existe une civilisation à défendre contre, au choix, les musulmans/Arabes, les juifs, les bolchéviques/Russes, les Noirs, les ceci, les cela, bref, tout ce qui n’est pas blanc et chrétien non orthodoxe, est consubstantiel de l’idée d’Europe, ou d’Occident. Les partis d’extrême droite s’accommodent à la perfection d’une Union qui nie les nations historiques au nom d’un nationalisme supérieur fantasmé: le nationalisme européen.
On pourrait multiplier les exemples, depuis _Le Déclin de l’Occident_ (1918) du philistin allemand Oswald Spengler, grand admirateur de Mussolini, jusqu’aux groupes identitaires actuels, tous défenseurs de l’Union européenne*, en passant par le groupe d’extrême droite français des années 1960 Occident (fondée par l’ultra-libéral Alain Madelin, farouche défenseur en son temps du fédéralisme européen) et bien entendu le régime de Vichy, dont les européistes empruntent sans le savoir la rhétorique. Sans oublier, bien entendu, le soutien financier et politique de l’UE aux néonazis ukrainiens comme aux Estoniens nostalgiques de la Waffen-SS.
On constate d’ailleurs que de tous les gouvernements qualifiés à la fois d’euro-sceptiques et d’extrême droite au pouvoir en Europe (le dernier en date étant le gouvernement autrichien, en attendant, peut-être, le gouvernement italien) AUCUN ne prévoit de sortir de l’Union européenne, au contraire même.

Charlemagne

À l’encontre de cette idéologie pernicieuse, l’UPR est la seule sur la scène politique à dénoncer l’apartheid planétaire sur lequel repose la “belle idée” européenne, et le refermement ethnique calamiteux auquel elle conduit. L’Union européenne n’a rien d’enthousiasmant, et, au train dont vont les événements, avec la négation pure et simple des particularismes nationaux ainsi que du suffrage populaire, on peut craindre un durcissement net dans cette direction.
http://www.lapresse.ca/…/01-5160174-lextreme-droite-infiltr…

Contre l’apartheid planétaire,
Contre le “choc des civilisations”,
Pour l’ouverture aux autres pays du monde,
Pensez Frexit,
Votez UPR

* Exemple parmi d’autres : le blog et la page FB Vive l’Europe sont tenus par le très notoirement raciste quoique insignifiant Daniel Conversano (de la mouvance pagano-identitaire, antisémite, anti tout ce qui n’est pas “blanc” de peau).

https://www.facebook.com/upr75/?hc_ref=ARS1P_-5FSCQHLQljxmkO1bnW-lEIIl8m1fXgVKx4AS4lGJLBK46Iuj8CUudKoep6P4

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Cela ne veut pas dire, comme le prétendent certains, que nous évacuons les questions d'identité au profit de je ne sais quel type de "cosmopolitisme" ou de "multiculturalisme" à l'anglo- saxonne!   P.G.

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vendredi 13 avril 2018

Hongrie : triomphe d’Orban, cauchemar de Bruxelles

TL RUPTURES ORBAN

Pour Bruxelles, les élections hongroises du 8 avril constituaient la chronique d’une catastrophe annoncée. Celle-ci a bien eu lieu – elle fut même pire que ce que redoutaient la Commission et les dirigeants européens. Avec 48,4% des suffrages, la bête noire de ceux-ci, le Premier ministre sortant Viktor Orban, va non seulement pouvoir rempiler pour un troisième mandat consécutif, mais progresse de 3,6 points et retrouve la majorité des deux tiers (133 sièges sur 199) qu’il s’était assurée en 2010 puis en 2014, mais qu’il avait perdue en 2015 suite à des élections partielles.

En obtenant la confiance de près d’un électeur sur deux, le FIDESZ (droite nationaliste), allié au petit parti démocrate-chrétien, triomphe d’autant plus que la participation électorale est en très nette hausse : 69,4% contre 61,7% en 2014. Or les observateurs prédisaient qu’une faible abstention favoriserait plutôt l’opposition. Les partis de celle-ci sortent affaiblis du scrutin..

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D’un côté, le Jobbik, qui s’est longtemps revendiqué d’une extrême-droite musclée (y compris via des milices), rassemble 19,6% des suffrages, soit un tassement de 0,6 point sur son score précédent. Une vraie déception pour son chef, Gabor Vona, qui avait engagé la « normalisation » de son parti et abandonné pour ce faire son discours anti-UE.

D’un autre côté, le Parti social-démocrate (MSZP) doit se contenter de 12,5% des voix. Une formation dissidente, la Coalition démocratique (DK, étiquetée centre-gauche), fondée en 2011 par l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsany, obtient 5,6%. Un groupe libéral récemment lancé, Momentum, ne récolte que 2,8%. Enfin, les écologistes (LMP, « politique autrement »), qui espéraient capitaliser les mécontentements contre les méthodes du pouvoir sortant, passent de 2,5% à 7%. En 2014, les partis de « centre gauche » qui s’étaient coalisés avaient obtenu 25,5% des suffrages.

Jusqu’au dernier moment, les forces anti-Orban à l’intérieur et à l’extérieur du pays avaient espéré qu’une stratégie de désistement réciproque des candidats d’opposition en faveur du mieux placé d’entre eux permettrait de créer la surprise et d’ébranler la majorité sortante. C’était du reste ce qui s’était passé lors d’une élection municipale partielle en février, où l’alliance implicite des partis de gauche… et du Jobbik avait permis de battre le candidat proche du chef du gouvernement.

Mais la « gauche » continue à souffrir de l’immense discrédit consécutif à la période où elle fut au pouvoir, entre 2002 et 2010. Elle appliqua une très drastique (et très cynique) politique d’austérité. En 2010, Viktor Orban inversa la vapeur : la Hongrie fut alors le seul pays à ne pas mettre en œuvre les coupes budgétaires préconisées par l’Union européenne.

Il prit en revanche des mesures immédiatement qualifiées de « nationalistes » et de « populistes » : forte taxation des banques et de grandes sociétés étrangères, étatisation des fonds de pension, et certaines nationalisations. Cette politique lui a permis de mettre en avant des statistiques plutôt flatteuses : un chômage officiel réduit à 3,8% ces derniers mois, une croissance de 4% en 2017 (et 4,3% attendus en 2018) – des chiffres à faire pâlir d’envie les pays de la zone euro.

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Si ces mesures ont limité la libéralisation galopante, elles se sont accompagnées d’autres telles que la réduction de l’impôt sur le revenu avec un taux forfaitaire de 15%, ou bien une forte baisse de l’impôt sur les sociétés (désormais le plus faible d’Europe, à 9%). L’économie reste très dépendante de ses exportations (notamment vers l’Allemagne) grâce à une main d’œuvre maintenue à bas salaire. Dans ces conditions, la pauvreté touche toujours une partie de la population. De même, le service public de santé est généralement décrit comme délabré. Enfin, les adversaires de M. Orban ont largement dénoncé le « capitalisme de copains » au sein duquel le népotisme qui règne autour du premier cercle du pouvoir est patent.

La question des migrants

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Mais ce n’est pas sur ces terrains que le FIDESZ a essentiellement mené campagne. Il a mobilisé ses électeurs sur une question qu’il a mise au centre du débat politique : les migrants. C’est ce que ne supporte pas Bruxelles, qui dénonce les campagnes anti-réfugiés promues par Budapest alors même que très peu d’étrangers sont effectivement présents en Hongrie. Cependant, ce pays d’à peine 10 millions d’habitants avait été traversé par des centaines de milliers de réfugiés à l’automne 2015, lorsqu’Angela Merkel ouvrit en grand les portes à ces derniers, répondant ainsi notamment aux vœux du grand patronat européen, avant d’en mesurer les conséquences politiques.

M. Orban a rapidement compris l’intérêt de se poser en chantre de la protection des frontières de l’UE et du rejet des quotas de migrants que chaque Etat membre devrait accepter, selon une décision du Conseil européen de septembre 2015. Depuis, il n’a pas lâché ce thème, et il a fait école, en particulier au sein des pays du groupe de Visegrad (Pologne, Tchéquie, Slovaquie).

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Et il est vrai que sur ce thème, le discours du FIDESZ n’a pas fait campagne dans la nuance, agitant la menace d’invasion et de submersion du pays par une culture étrangère à celui-ci. Il a également pris pour cible le milliardaire américain (né en Hongrie) George Soros. Il est vrai que celui-ci, connu pour son soutien aux « révolutions de couleur », est engagé dans une rhétorique de « société ouverte » accordant une large place au multiculturalisme. Son financement des ONG anti-gouvernementales est bien réel en Hongrie, comme il le fut jadis en Ukraine ou en Serbie.

Tout laisse donc à penser que M. Orban poursuivra sur sa lancée lors de son troisième mandat consécutif. A Bruxelles, les griefs s’étaient déjà accumulés : outre les mesures économiques « anti-concurrentielles » précédemment évoquées, le gouvernement hongrois est accusé de mettre la main sur les médias, de museler les ONG, d’attenter à l’indépendance de la justice. Mais là où des accusations analogues ont abouti à des procédures de l’UE contre la Pologne, Viktor Orban a eu l’habileté de faire des compromis de façade.

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Surtout, il profite du fait que le FIDESZ est membre du Parti populaire européen (PPE, qui regroupe les partis de droite traditionnels de l’UE) ; or les partis frères ne sont guère partants pour exclure ce membre turbulent, a fortiori dans un contexte de « montée du populisme » un peu partout.

Le casse-tête n’en est que plus insoluble. Car si M. Orban avait été considéré par ses pairs, lors de son premier mandat (de 1998 à 2002) comme l’élève idéal issu de la lutte anti-communiste de son pays et s’alignant sur l’Europe libérale, il est désormais devenu le cancre de celle-ci : non seulement il s’était déclaré en 2010 partisan d’une Europe « illibérale », mais érige désormais son pays comme le modèle que devrait adopter une UE « fidèle à ses valeurs chrétiennes et à ses origines »… Accessoirement, il fait preuve d’une « complaisance coupable » vis-à-vis de la Russie (sauf dans le dernier épisode de sanctions).

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A l’issue du scrutin du 8 avril, il représente donc une triple menace pour l’UE. Certes, il ne propose en aucune manière de quitter celle-ci (en tout cas dans les circonstances actuelles). Mais, renforcé sur la scène intérieure, il ne va pas manquer d’amplifier sa ligne hétérodoxe ; il fait en outre la démonstration qu’une campagne anti-migrants est un excellent atout pour gagner des élections (un mois plutôt, les élections italiennes constituaient à cet égard un exemple parlant) ; sa victoire contribue enfin à la cristallisation d’une fronde anti-Bruxelles qui ne se limite plus au groupe de Visegrad.

Les élections tchèques de cet hiver ont délivré un message comparable ; l’Autriche mène désormais une politique convergente avec la Hongrie sur les questions migratoires ; les électeurs italiens viennent de se manifester dans le même sens ; en septembre 2017, la percée de l’AfD en Allemagne, sur fond de déroute de la grande coalition (finalement rafistolée en catastrophe), avait ouvert la voie.

Il y a un an, les dirigeants de l’UE avaient voulu faire croire à un « printemps européen » symbolisé par la victoire d’Emmanuel Macron. Le problème avec la méthode Coué, c’est qu’elle réserve bien souvent de très cruelles déconfitures.

https://ruptures-presse.fr/actu/hongrie-elections-orban-ue/

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dimanche 8 avril 2018

Castres : comment une polémique sur les migrants est créée et entretenue par les médias locaux

TRIBUNE LIBRE / OJIM

Tout est parti d’un éditorial du maire de Castres (et président de la communauté de communes Castres Mazamet), en mars 2018 dans le journal municipal. Pascal Bugis, premier édile de la commune du Tarn (droite locale) s’y interroge sur le coût de la prise en charge de mineurs étrangers hébergés dans une commune voisine, Lagarrigue, alors que « l’argent public est une denrée rare ».

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Le maire y fait état d’une dotation de 160 euros par jour et par mineur versés à l’association organisant la prise en charge, « à l’instar de toutes celles qui encadrent des migrants mineurs sur le territoire français ». Ceci alors que « par le fruit de son travail un salarié rémunéré au SMIC perçoit environ 53 € nets par jour ». Il n’en fallait pas plus pour déclencher une bronca très médiatisée.

Bronca unanime des médias locaux

La Dépêche se range aux arguments des détracteurs du maire : « l’édito du maire serait «mensonger et dangereux ». Le quotidien estime que le maire a bien fait d’utiliser le conditionnel sur le coût de l’hébergement, « le coût serait de 85 euros par jour et par mineur selon le conseil départemental ». Les élus de gauche de l’opposition municipale, le premier secrétaire du PS du Tarn et une élue Les Verts sont interrogés et font part de leur indignation face à ces basses considérations matérielles.

Le Tarn libre titre sobrement sur « Castres, polémique concernant l’éditorial du maire Pascal Bugis sur l’accueil des jeunes migrants ». Mais pour argumenter le débat, le journal donne la parole aux élus de « la gauche rassemblée » et titre un chapitre sur « Des propos irresponsables » (sous-entendu : du maire).

Pour 100% Radio, le sujet est « la polémique après l’éditorial du Maire de Castres ». La radio détaille les différents coûts et le financement de l’accueil des mineurs migrants dans le Tarn. On y apprend que les mineurs reconnus « intègrent le dispositif d’aide sociale à l’enfance, (c’est le cas des mineurs de Lagarrigue) et le coût est ici de 85 euros par jour ».

La vérité des chiffres

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De qui le maire et les journaux locaux ainsi que 100% Radio tirent-ils leurs chiffres ? Personne ne le saura précisément, les communiqués des médias ne font mention que du conseil départemental (PS). À défaut de le savoir, on peut toujours se référer à des sources a priori fiables, comme le rapport d’information du Sénat du 28 juin 2017 sur la prise en charge sociale des mineurs non accompagnés. On peut y lire que « l’Assemblée des départements de France, de même que les responsables associatifs, estiment le coût financier annuel moyen d’un jeune admis à l’aide sociale à l’enfance à environ 50 000 euros, à savoir 140 euros par jour ». Des chiffres plus proches de ceux du maire et très éloignés de ceux cités par les médias locaux. Et un rapport superbement ignoré par ces médias.

Alors que le nombre de mineurs étrangers arrivés en France explose et que des filières de faux mineurs sont mises à jour, la bronca médiatique qu’ont suscité les propos du maire de Castres l’amènent à affirmer que si on ne peut plus poser de questions, « on ne peut plus parler de transparence, on ne peut plus parler de liberté, il faut parler d’autre chose ». Une omerta encouragée par les médias mainstream quand il s’agit de relayer un concert de protestations outragées, visant à empêcher tout débat. La Dépêche, Le Tarn libre comme 100% Radio véhiculent bien des fake news sur le sujet. Volontairement ?

https://www.ojim.fr/castres-comment-une-polemique-sur-les-migrants-est-creee-et-entretenue-par-les-medias-locaux/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-04-06

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Au- delà de savoir si l'accueil des mineurs tel qu'il est conçu est la bonne politique, la question du coût se pose naturellement à une époque où les pouvoirs publics (droite et gauche) prétendent depuis des années tailler dans les budgets sociaux et mettre fin "aux privilèges" de certaines catégories de travailleurs. Surtout dans un contexte de diminution des budgets des collectivités locales...Pris au piège de leur rhétorique, certains laissent à penser que ce qu'il reste de générosité sociale non contestable en France ne concernerait plus que les migrants. On voudrait faire monter les tensions qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Mais peut- être est- ce là justement l'objectif de certains...    P.G.

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mercredi 4 avril 2018

Israël va réinstaller une partie de ses migrants africains dans des pays occidentaux

L’Etat hébreu et l'ONU ont signé un accord prévoyant le transfert de plus de 16 000 migrants africains vers des pays occidentaux, dont l'Allemagne. Arrivés illégalement en territoire israélien, ils étaient menacés d'expulsion ou d'emprisonnement.

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Israël a annoncé le 2 avril avoir annulé un projet controversé d'expulsion de migrants africains et signé un accord avec l'ONU pour la réinstallation d'une partie de ces migrants dans des pays occidentaux.

«Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Israël sont arrivés à un accord permettant le départ d'au moins 16 250 migrants africains vers des pays occidentaux, tandis que l'Etat d'Israël réglera le statut de ceux qui resteront sur place», informe un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou. D'après celui-ci, les migrants en question iront notamment au Canada, en Allemagne et en Italie.

Le gouvernement israélien avait prévu de donner le choix aux migrants clandestins de partir d'ici à début avril – soit pour leur pays d'origine, soit pour un pays tiers – ou d'aller en prison indéfiniment. Ce plan gouvernemental avait suscité de nombreuses critiques, notamment du Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Selon le ministère de l'Intérieur israélien, 42 000 migrants africains, principalement originaires du Soudan et d'Erythrée, vivent en Israël, dont la moitié – des femmes et des enfants – n'étaient pas menacés par ce plan.

Ces migrants africains sont arrivés très majoritairement après 2007 en s'infiltrant à partir du Sinaï égyptien. La frontière avec l'Egypte, à l'époque poreuse, a depuis été rendue quasiment hermétique. Ils se sont installés en nombre dans les quartiers pauvres de Tel Aviv. 

«L'accord signé avec le HCR permet l'annulation immédiate de l'expulsion vers un pays tiers prévue dans le plan précédent», précise le bureau du Premier ministre. Des milliers de migrants africains devraient obtenir un statut leur permettant de légaliser leur situation en restant en Israël, selon le communiqué.

https://francais.rt.com/international/49371-israel-reinstallation-migrants-pays-occidentaux

Pour Netanyahou, «l'arrivée massive de clandestins africains» est «pire» que les actes terroristes

«Sans cette barrière, nous serions confrontés à de graves attaques de terroristes du Sinaï et, pire, à une arrivée massive de migrants africains illégaux», a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, lors d'une conférence consacrée au développement de la région sud d'Israël, le 20 mars.

«Nous parlons d'un Etat juif et démocratique mais comment assurer qu'il reste juif avec 50 000 ou 100 000 migrants par an ?», s’est-il interrogé. «Un million, un million et demi et on peut fermer la baraque», a-t-il ajouté, se félicitant : «Au lieu de fermer la baraque, on a installé une barrière.»

(...)

Le gouvernement israélien avait approuvé en 2010 la construction de la barrière électronique entre l'Egypte et Israël pour bloquer l'immigration clandestine, le trafic de drogue et d'armes et les «infiltrations de terroristes». Cette barrière, dont la construction a été achevée en 2014, s'étend le long de la frontière de 242 kilomètres entre Israël et l'Egypte, de la pointe sud de la bande de Gaza à la ville d'Eilat.

 

https://francais.rt.com/international/48983-netanyahou-arrivee-massive-migrant-terroristes

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jeudi 15 mars 2018

À Mayotte, l’éternel débat sur le droit du sol

Le gouvernement réfléchit à la possibilité de donner à la maternité de Mamoudzou un statut extraterritorial, pour limiter la possibilité de devenir français en naissant dans le département d’outre-mer

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Alors que Mayotte est agitée depuis trois semaines par un mouvement social pour protester contre l’insécurité, sa maternité se trouve au centre des débats. La saturation de ce service de l’hôpital de Mamoudzou, qui a enregistré 9674 naissances en 2017, illustre en effet à la fois très forte pression démographique subie par l’île et l’importance de l’immigration dans ce département d’outre-mer.

Une partie de la population et des élus locaux dénoncent régulièrement la présence au centre hospitalier de très nombreuses femmes originaires des Comores voisines, qui viennent y accoucher. Cette situation aboutit, selon eux, au fait que le système hospitalier est débordé. Par ailleurs, aux yeux de bien des Mahorais, ces mères sont attirées par l’espoir de donner à leurs enfants la possibilité d’acquérir la nationalité française, au nom du droit du sol.

Le gouvernement « réfléchit » aux différentes possibilités

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À son tour, le premier ministre Édouard Philippe a évoqué le sujet en répondant au Sénat, jeudi 8 mars, à une question du sénateur LREM de Mayotte Thani Mohamed Soilihi. « Est-ce qu’on s’autorise à travailler sur un nouveau statut de cette maternité ? Est-ce qu’on réfléchit aux transformations qu’il faudrait apporter en matière de droit et d’accès la nationalité à cet endroit ? Je mets tout sur la table », a-t-il déclaré.

Vendredi 9 mars, la ministre des outre-mer Annick Girardin a précisé que le gouvernement réfléchit à l’idée d’un « hôpital extraterritorial, pas que pour Mayotte, aussi pour la Guyane ». Il s’agirait d’un « hôpital où quand on y naît, on est ensuite déclaré (pour l’état civil) soit côté français, soit côté Comores, soit côté Madagascar ». « C’est une réflexion que nous avons depuis quelques mois mais c’est un cadre juridique très particulier », a-t-elle poursuivi.

Une « absurdité juridique »

Un service public doté de l’extraterritorialité dans un département français ? « Cela ne me paraît pas faisable, il y a quand même de fortes chances que cela soit jugé inconstitutionnel, commente Serge Slama, professeur de droit public à Grenoble. On ne peut pas déclarer une partie du territoire comme ne faisant plus partie de la République. »

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Ce n’est en tout cas pas la première fois que cette piste est mise « sur la table ». Elle avait été par exemple discutée en 2010 à l’occasion des débats à propos de la loi Besson sur l’immigration. Pour Serge Slama, en plus d’être « une absurdité juridique », cette « fausse bonne solution est aussi une aberration humaine ». « Si cela se faisait, on ferait prendre de risques sanitaires à des femmes qui iraient accoucher en dehors de la maternité », ajoute-t-il.

Laurent Wauquiez veut remettre en cause le droit du sol

La possibilité de modifier les conditions d’accès à la nationalité française à Mayotte est un serpent de mer, que Laurent Wauquiez, l’actuel président des Républicains, vient de réveiller lors de sa visite sur place. « Quand un enfant naît ici de deux parents clandestins, il ne doit pas pouvoir être français », a-t-il lancé.

François Baroin avait déjà avancé cette idée en 2005, quand il était chargé de l’outre-mer dans le gouvernement. Un de ses successeurs à ce poste, Christian Estrosi, avait fait de même en 2008. Mais ce qui paraissait éventuellement envisageable d’un point de vue juridique quand Mayotte était une simple collectivité est aujourd’hui exclu pour un territoire devenu un département en 2011. À moins de modifier la Constitution.

Le droit du sol n’est pas absolu

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Certes, son article 73 prévoit que les lois applicables dans les départements et régions d’outre-mer peuvent faire l’objet « d’adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ». Mais la Constitution « ne paraît pas autoriser, en l’état, la mise en place de règles dérogatoires en matière de droit de la nationalité », avait déjà conclu en 2006 une commission d’enquête du Sénat.

Au passage, les parlementaires avaient rappelé un autre principe de droit : contrairement à ce qui est souvent énoncé, le droit du sol n’est pas absolu en France et le simple fait de naître dans la maternité de Mayotte ne suffit pas à faire d’un nouveau-né un « petit Français ». Un enfant mineur né en France de parents étrangers peut réclamer la nationalité française seulement à partir de treize ans et à la condition qu’il y ait eu sa résidence habituelle pendant cinq ans, à partir de l’âge de huit ans.

https://www.la-croix.com/France/Immigration/A-Mayotte-leternel-debat-droit-sol-2018-03-10-1200919700?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180312&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=952976&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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mercredi 28 février 2018

Ce que contient la loi asile et immigration

Un résumé assez complet de la loi. E. H (UPR 87)

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Rétention administrative étendue, accélération des demandes d'asile... Les mêmes mesures peuvent déplaire à gauche et à droite, pour des raisons opposées.

La loi asile et immigration mécontente. Elle témoigne du funambulisme auquel se livre le gouvernement. Les mêmes mesures apparaissent inhumaines à gauche et dénuées d'efficacité à droite. Le texte raidit les mesures existantes, plus qu'il ne semble en inventer de nouvelles. En revanche, celles qui sont les plus favorables aux réfugiés paraissent à contre-courant de la nécessité d'endiguer le flux des candidats à l'immigration.

● 24 heures pour vérifier le droit au séjour

Jusqu'ici, les forces de l'ordre qui souhaitaient vérifier l'identité des personnes interpellées pour défaut de papiers pouvaient user de la retenue administrative durant 16 heures seulement. Désormais, elles disposeront de 24 heures pour mener leurs investigations. Cette mesure vise à mieux maîtriser les remises en liberté et à éviter que des individus dangereux ne soient relâchés, sachant cependant que le séjour irrégulier n'est pas un délit en France. Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes déplore «le non-rétablissement du délit pour séjour irrégulier supprimé par Manuel Valls en 2015».

● Une rétention administrative étendue dans la durée

Pour les personnes devant être expulsées, elle était jusque-là de 45 jours. Elle devrait passer à 90 jours renouvelables trois fois, à raison de périodes de quinze jours. Cette extension a pour but de faciliter l'organisation des départs et de faciliter la négociation entre la France et les pays des ressortissants avec l'espoir de rendre plus effectives les mesures d'éloignement. Mais pour Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, allonger les durées de rétention ne suffit pas: «Il manque un renforcement des procédures de rétention afin de permettre un meilleur éloignement, puisque aujourd'hui seuls 5 % des déboutés le sont réellement

● Accélérer les demandes d'asile

C'est l'un des points qui suscitent l'ire des avocats qui rappellent la fragilité des demandeurs d'asile. Aujourd'hui, ces derniers ont 120 jours pour adresser leur demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Puis un mois pour faire appel de la décision de refus auprès de la Cour nationale du droit d'asile. Demain, ces délais seront respectivement portés à 90 et 15 jours. Des délais jugés «infiniment trop courts», par Me Olivier Brisson, membre du réseau d'avocats Elena, spécialisé dans le droit d'asile. «Si cela est encore tenable pour ceux hébergés en centre d'accueil, les demandeurs qui n'ont qu'une domiciliation administrative n'auront pas le temps de préparer leur recours», car ils n'ont pas d'accès direct à leur courrier ni aux associations qui pourraient les aider. «Certains ne verront peut-être jamais un juge», souligne un bon connaisseur du dossier.

● Des demandes d'asile plus suspensives

Désormais les demandes d'asile n'empêcheront plus de délivrer des obligations de quitter le territoire français (OQTF) pour les demandeurs de pays sûrs, comme l'Albanie ou le Kosovo, ou ceux dont on estime qu'ils ont un profil dangereux. En ligne de mire, la recrudescence de la délinquance en bande organisée mais aussi la lutte contre le terrorisme.

● La vidéoconférence pour tous

C'est un point de rupture avec les avocats du droit d'asile. La loi donnera la possibilité de tenir des audiences de l'asile en visioconférence pour éviter aux demandeurs de se déplacer jusqu'à Paris. Certains juges y sont favorables à condition qu'ils soient accompagnés de leurs avocats. Ces derniers estiment que cela déstabilisera les plus fragiles.

● Le rejet de l'asile vaut obligation de quitter la France (OQTF)

C'est une mesure qui avait été proposée en 2015 par le Sénat et sa majorité de droite. Certains spécialistes n'y sont pas opposés à condition qu'une procédure d'urgence soit également instituée, sur le modèle des référés suspension.

● Une carte de séjour étendue

Désormais les réfugiés bénéficiant de la protection au titre de la subsidiarité - menacés dans leur pays - et les apatrides pourront disposer d'une carte de séjour de quatre ans - au lieu d'un an actuellement - et qui, à terme, deviendra un titre de résident.

● La réunification familiale élargie aux frères et sœurs

Ce point fait littéralement bondir la droite, qui y voit «l'ouverture des vannes de l'immigration à travers un regroupement familial élargi». Le texte prévoit en effet dans son article 3 que les mineurs réfugiés qui jusqu'ici pouvaient faire venir leurs parents pourront désormais faire aussi venir leurs frères et sœurs afin que «la réunification familiale ne se fasse pas au détriment de l'unité familiale».

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/02/20/01016-20180220ARTFIG00304-la-loi-asile-et-immigration-un-exercice-de-funambulisme.php

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lundi 29 janvier 2018

Résurgence du nationalisme et UE qui «s'effondre» : Soros inquiet de perdre la bataille idéologique

Dans une interview au Financial Times, le milliardaire philanthrope George Soros, s'alarme du fait que la nationalisme, tel qu'il est selon lui porté par Moscou, soit désormais «l'idéologie dominante dans le monde», tandis que l'UE «s'effondre».

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Le milliardaire américano-hongrois George Soros, à la tête de la fondation Open Society (OSF) intervenant dans la vie politique de nombre de pays, notamment en finançant des ONG pro-UE ou pro-migrantss'alarme d'être en train de perdre la bataille idéologique qu'il mène à travers elle.

Dans une interview accordée au Financial Times le 15 janvier 2018, le philanthrope dresse un constat emprunt d'amertume : «L'idéologie dominante dans le monde est aujourd'hui le nationalisme.» «C'est l'Union européenne qui est sur le point de s'effondrer. Et la Russie est un pouvoir en pleine renaissance, basé sur le nationalisme», affirme-t-il, voyant dans ce constat la source de la recrudescence des blâmes et accusations à son endroit, notamment en provenance des pays d'Europe de l'Est.

Soros vilipendé en Hongrie... 

Dans sa Hongrie natale, George Soros est accusé par le Premier ministre conservateur Viktor Orban de chercher à déstabiliser son gouvernement, qui s'oppose au système de quotas de migrants voulus par l'Union européenne (bien qu'il soit actuellement chahuté par son opposition, après la publication de statistiques selon lesquelles la Hongrie a accueilli 1 291 réfugiés en 2017).

Le chef du gouvernement hongrois a lancé une vaste consultation sur la question en décembre dernier, qui visait directement le «plan» supposé de George Soros, destiné selon Viktor Orban à promouvoir l'immigration en Europe d'«un million de réfugiés par an»

L'OSF milite en tout cas, de manière générale, pour une «société ouverte». La fondation de George Soros ne fait d'ailleurs pas mystère de son intense travail de lobbying pour faire avancer ses idéaux auprès des eurodéputés, dont elle a répertorié ses «alliés fiables» dans un document.

...comme aux Etats-Unis

S'il est fortement attaqué dans son pays d'origine, le milliardaire s'est également fait de farouches contempteurs dans son pays d'adoption. En mars 2017, des membres du Congrès américain écrivaient au secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson pour dénoncer les pratiques d'ingérence de l'OSF, pointant du doigt son activité d'agitation et de propagande en Macédoine, en vue, selon eux, d'un changement de régime. Les mêmes élus soupçonnent également George Soros d'avoir voulu influencer l'élection présidentielle américaine, puis d'avoir déclaré la guerre à Donald Trump, une fois ce dernier élu.

Mais le milliardaire de 87 ans n'a pas l'intention de baisser les armes, bien au contraire : il a décidé de faire un don de 18 milliards de dollars de sa fortune personnelle à l'OSF en octobre dernier, pour qu'elle poursuive ses combats. «Je me sens plus que prêt à me battre et à défendre ce qui est juste», conclut l'inusable financier dans les colonnes du Financial Times.

https://francais.rt.com/international/47396-resurgence-nationalisme-ue-qui-seffondre-soros-inquiet-perdre-bataille-ideologique

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Et encore un financier de l'UE et de ceux qui soutiennent l'UE !!
Ces hommes sont pires que les pires dictateurs ou tyrans,
car ils avancent masqués derrière des associations ou fondations de bienfaisance !
S.R.

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mardi 16 janvier 2018

Une fin d'année étrange et inquiétante à la France insoumise

Ou comment gauche bien-pensante et gauchisme sont un frein au rassemblement majoritaire.

tribune libre/Jacques COTTA

TL MIGRANTS

Alors que la parole du groupe parlementaire et particulièrement de Jean Luc Mélenchon est sans équivoque sur nombre de points, on voit ici ou là des prises de position contradictoires qui sèment le trouble et qui inévitablement tendent à la dislocation, à l’éclatement. Derrière cette réalité, la FI comme cadre de regroupement majoritaire est menacée. Dans un papier paru sur notre site il y a quelques semaines, « Réflexions sur mouvement vs parti » (http://la-sociale.viabloga.com/news/reflexions-sur-mouvement-vs-parti)  Tony Andreani posait les enjeux. Un peu plus tard, dans un papier concernant « l’émission politique » de France 2 dans laquelle Jean Luc Mélenchon était l’objet d’attaques violentes, je tentais d’illustrer le propos à partir de la question centrale de la laïcité et des contradictions entre les principes élémentaires définis par JLM et les positions défendues par Danièle Obono. On trouvera « La FI cible de l’oligarchie qui tape parfois là où ça fait mal » à l’adresse suivante (http://la-sociale.viabloga.com/news/la-fi-cible-de-l-oligarchie-qui-tape-parfois-la-ou-ca-fait-mal). Aujourd’hui, avec l’immigration et l’existence des migrants, c’est un autre sujet qui éclate à la figure de la FI et qui repose la même question : est-il possible de construire quelque chose de solide sur un socle défini comme « gazeux » ?

Quelle politique migratoire ?

La question n’est pas secondaire car les phénomènes auxquels on assiste aujourd’hui pourraient bien s’amplifier considérablement dans les temps qui viennent. Aussi la réponse politique qui y est apportée prend une place de premier plan.

Une manifestation avait lieu samedi 16 décembre à la frontière italienne en soutien aux migrants. Une initiative qui à priori pouvait être comprise comme une bataille contre l’Etat pour qu’il respecte la loi vis à vis des demandeurs d’asile : instruction des dossiers, traitement humain, prise en charge des mineurs isolés, hébergement en dur, soins, accueil le temps d’obtenir une réponse permettant soit de rester, soit de quitter le territoire, renforcement des services publics tant pour assumer ces tâches que pour aider l’ensemble de la population, unifier dans leur préoccupations migrants d’une part, salariés d’autre part à partir de leurs intérêts communs, etc… Bref, une initiative politique mettant l’état et le gouvernement face à leurs responsabilités à partir d’une préoccupation humanitaire bien légitime.

En réalité, il n’en n’a rien été. La « gauche de la gauche », dans la foulée de la « gauche » bien-pensante des beaux quartiers, préfère exonérer de leurs responsabilités les responsables de cette situation. Dans le compte rendu de cette initiative, on peut en effet lire : « Menton « perle de France » : « Nous détruirons toutes les frontières ! » Et un peu plus loin « Oui, les casseurs et les clandestins étaient là. Casseurs de frontières, briseurs des chaines de l’esclavage et de l’exploitation. ClandestinEs d’un ordre qui discrimine et qui tue, qui enferme et sépare. TouTEs  migrantEs ! ». Ainsi, sans se priver de l’écriture inclusive à la mode qui rend un peu plus ridicule la prose d’usage, voilà la « gauche de la gauche », forte de 800 manifestants venus de plusieurs coins de France, qui réclame la mise à bas des frontières, de l’Etat, et donc de fait, qui revendique comme seul moyen de régulation l’UE dont on connaît les penchants pour la destruction des Nations au nom d’un libéralisme à toute épreuve

Que le NPA, le PCF ou autres associations pour qui il y a là un fonds de commerce à défaut d’une politique réelle opposée à Macron et son gouvernement soient de la partie, pas grand-chose d’étonnant. Mais surprise, la FI des alpes maritimes fait partie du lot. Comment cela est-il possible ? Voilà où mène le rassemblement basé sur « l’homogénéité d’actions » et non sur « l’homogénéité de la pensée ». D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…* De l’autre, au nom de la FI, des groupes qui se retrouvent avec ce qu’il y a de plus décomposé politiquement sur une orientation opposée à celle de Mélenchon, qui aspirent à réaliser –sans même s’en rendre compte pour certains- les vœux de la finance et du capital financier dont les ambitions sont sans limites et qui définissent, pour atteindre leur objectif, l’état et les nations comme des obstacles à abattre.

La FI menacée

Il n’y a pas d’un côté les courants sensibles à la souffrance humaine, de l’autre ceux qui y seraient indifférents. Non, il y a deux positions diamétralement opposées sur la question migratoire qui recoupe les sujets de fond.

  •  D’une part la bataille politique qui dégage les responsabilités de cette situation et s’attaque aux causes des mouvements migratoires :

-la responsabilité de nos gouvernements successifs engagés dans des guerres à travers le monde qui jettent des millions d’êtres humains sur les routes ou les mers.

-la responsabilité de nos gouvernements qui font du commerce le but ultime de toute existence humaine, notamment avec l’UE, le CETA ou le TAFTA.

-la responsabilité de nos gouvernements qui ne disent mot sur les pillages de ressources qui impose l’exil à des populations entières.

-la responsabilité des gouvernements des grandes puissances qui tout en réprimant souvent nient le droit des peuples poussés à migrer à posséder leur propre nation, à décider, à diriger leurs affaires.

  • D’autre part la substitution d’un soit-disant « humanitarisme » en lieu et place de la bataille politique, comme si l’humanitaire pouvait tenir lieu de politique.

-Etrange « humanitarisme » qui clame que « les migrants sont une chance pour la France ». L’égoÏsme n’aurait donc aucune limite, puisque est ainsi transformé le malheur des immigrés en bonheur des français. Car pour eux, quelle est la chance de se retrouver ici ? Quel avenir sinon de renforcer les bataillons de chômeurs au profit d’une politique patronale qui cherche toujours les salaires à la baisse, sur les chantiers, dans le bâtiment, ou dans la cueillette de fruits par exemple ? Qui peut considérer sérieusement que « la porte de la chapelle » ou les trottoirs parisiens sont un avenir enviable, souhaitable ?

-Etrange humanitarisme qui fort égoïstement se retranche derrière ce que les migrants pourraient nous apporter, sans s’interroger une seconde sur le pillage intellectuel de leur nation que représentent ces mouvements migratoires, après d’ailleurs qu’aient été pillées sans retenue leurs ressources naturelles.

-Etrange humanitarisme qui refuse de lier les migrations à nos capacités en termes d’emplois décents et correctement rémunérés, à notre réindustrialisation, à notre politique de logement, au développement de nos services publics, à notre politique éducative et d’alphabétisation, etc… 

La question des frontières, de la nation, de notre souveraineté est bien centrale. Elle conditionne notre capacité à répondre comme nous l’entendons aux défis posés par les mouvements migratoires.

  • D’une part en appliquant les lois de la république, notamment en ce qui concerne l’accueil des mineurs isolés, et plus généralement en exigeant des conditions décentes pour ceux qui sont aujourd’hui arrivés sur notre sol. Les traiter comme des éléments du genre humain, ni plus, ni moins, le temps de l’instruction de leur dossier, et non comme des individus hostiles, pourchassés et menacés.

  • D’autre part en mettant en place une orientation qui s’oppose à la poursuite de ces mouvements migratoires dont les migrants sont en très grande majorité les premières victimes. Ces populations qui n’ont pas demandé de venir parcourir nos routes ou nos eaux aspirent souvent à pouvoir prendre le chemin du retour pour bâtir leur avenir, leur état, leur nation. 

L’immigration indique bien l’importance incontournable des questions liées à la Nation, à la souveraineté, aux frontières. La façon dont par exemple Djordje Kuzmanovic, le conseiller de JLM pour les affaires internationales, est pris à partie sur Internet, indique bien l’incompatibilité qui existe entre les positions contradictoires. Peut-on penser que la diversité, voire l’opposition des positions, serait une bonne chose pour permettre au plus grand nombre de se retrouver? Ou au contraire, les forces centripètes l’emportant, n’est-ce pas l’explosion qui guette. Comme les questions de la laïcité, celles qui concernent l’immigration sont sans doute centrales pour regrouper majoritairement, comme l’aspire la FI. La FI désire devenir le rassemblement majoritaire en vue de gouverner. Mais dans ce but est-il possible de faire l’économie de la clarté ? Gagner à une juste orientation en vue du pouvoir nécessite de retrouver des électeurs qui jusque-là se sont égarés sur la droite, voire l’extrême droite. Gagner une majorité nécessite de ramener à la politique des pans entiers de la société qui s’en sont peu à peu éloignés. Est-ce concevable dans le flou, l’incertitude, la contradiction des positions ? Question d’autant plus légitime que la politique revenant aux commandes, Emmanuel Macron et son gouvernement savent observer, analyser et utiliser les failles de ce qui constitue la principale opposition à son orientation.

Macron 2018

Le président de la république va faire en ce début 2018 de la question de l’immigration une des pierres angulaires de sa politique, cherchant à fracturer toutes les forces dont la FI. Au passage, il affiche une politique qui est une véritable claque à tous ceux qui durant les présidentielles ont voulu convaincre du bienfait du vote Macron pour faire barrage à Le Pen. Le ministre de l’intérieur de Macron, l’ancien socialiste Gérard Collomb, n’aurait en effet pas détonné dans un gouvernement frontiste. Du moins en témoignent les mesures qu’il met en avant. Avec la circulaire du 12 décembre autorisant les préfectures à recenser les migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, c’est d’abord Jacques Toubon, défenseur des droits, qui exprime son opposition. Les associations à juste titre parlent de « traque des étrangers dans les centres d’hébergement », et indiquent le caractère dangereux de la mesure dont le premier effet sera de tenir à l’extérieur des centres des migrants qui craignent un traitement hostile. Et dans les rangs de la LREM, une députée prend fort justement à partie le ministre de l’intérieur au sein de l’Hémicycle. Au même moment on apprend que dans le briançonnais un migrant a été sauvé de justesse par les secours alors qu’il se trouvait à -17° dans la neige, pieds nus.

On voit bien la façon dont le pouvoir va tenter à travers une série de mesures de jouer sur les sentiments pour que surtout sa politique ne soit pas mise en cause. Tout devrait être cantonné à l’humanitaire évacuant la politique. La politique de Macron-Collomb n’a pas de sens autre que répressif. Les durcissements sur la question des migrants est absurde, car nul ne peut empêcher de fuir la misère et le la guerre lorsqu’elle frappe à sa porte. Une fois encore, la vraie question, une fois les mesures républicaines élémentaires respectées, est de savoir quelle politique pour enrayer les flux migratoires

Si fort justement le pape qui en appelle à l’hospitalité indique de son balcon à Rome que « dans beaucoup de cas, ce départ est chargé d’espérance, chargé d’avenir ; (…   )ce départ a un seul nom : la survie. Survivre aux Hérode de l’heure qui, pour imposer leur pouvoir et accroitre leurs richesses, nont aucun problème à verser du sang innocent », il conclut « Noel c’est le temps pour transformer la force de la peur en force de charité ». Le pape, la gauche bien-pensante, l’extrême gauche sur la même ligne. Pourtant, la charité n’a pas grand-chose à voir à cette affaire où la cause première est à tout point de vue dans la politique mise en œuvre par nos gouvernants et par les instances supra nationales qui portent la responsabilité de la situation.  

Dans ce contexte, la FI peut-elle faire l’économie à tous ses niveaux de la discussion politique sur le fond, histoire d’éviter les dérives de Menton, les injures faites à Djordje Kuzmanovic ? Peut-elle s’émanciper de la discussion démocratique permettant de décider, d’unifier, de réfléchir ? Et une fois les décisions prises dans le respect des points de vue de chacun, dans le respect des règles démocratiques, ne devrait-il pas y avoir nécessité de respecter les quelques textes qui font office de programme? Mais un mouvement basé sur l’action et non sur la pensée peut-il satisfaire ces nécessités ? La FI comme mouvement n’a-t’elle pas atteint des limites que l’organisation sous la « forme parti » serait à même de dépasser ? Car comment tolérer que la FI à travers un groupe ou un autre participe à une orientation basée sur la destruction des frontières, de l’état, des nations, alors que les textes de la FI sont pourtant sur ce point sans équivoque :

« L’immigration est une arme utilisée par le grand patronat pour faire pression à la baisse sur les salaires, c’est pourquoi elle doit être combattue à la racine (…) Il faut refuser les traités de libre-échange et en particulier le CETA et les traités européens, ainsi que l’avait clairement exigé le peuple français en mai 2005 en votant NON au Traité Constitutionnel Européen (…) Il faut arrêter les guerres par une diplomatie active et indépendante, en supprimant les accords commerciaux inégaux qui inondent les pays pauvres de produits agricoles européens, en cessant le pillage des ressources des pays en voie de développement par les multinationales prédatrices et en aidant les pays les plus vulnérables face au dérèglement climatique. Il faut instaurer le protectionnisme pour garder l’emploi en France, dénoncer les délocalisations et réindustrialiser notre pays. Soutenir l’adoption à l’ONU d’un cadre contraignant les multinationales à respecter un socle de normes sociales et environnementales (…) La France compte aujourd’hui plus de 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres et 4 millions de mal-logés. Dans ces conditions, l’immigration économique est inacceptable (…) Il faut interdire les travailleurs détachés et sanctionner sévèrement tout entrepreneur qui embauche des travailleurs clandestins. Régularisation des sans-papiers déjà présents sur le territoire et n’ayant pas commis de crimes pour assurer l’égalité sociale entre les travailleurs en interdisant le dumping social intérieur. La traque des immigrés pris individuellement est non seulement inhumaine mais inefficace (…) Afin d’assurer l’intégration, la politique d’assimilation par l’école républicaine doit être réaffirmée (…) Il faut sortir des traités européens et des accords de Schengen qui imposent à la France une politique migratoire catastrophique pour les travailleurs ».

 
Jacques Cotta

Le 28 décembre 2017

http://la-sociale.viabloga.com/news/une-fin-d-annee-etrange-et-inquietante-pour-la-fi

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"D’un côté Mélenchon à l’assemblée nationale qui défend une ligne claire, nette, et fort juste sur la souveraineté nationale, sur la Nation, sur la défense, sur l’UE et la rupture avec les traités, etc…" Voilà un passage qui me semble fort discutable! J'aurais tendance à penser que sur la question des migrants comme sur la question européenne, JLM et la FI jouent sur tous les tableaux.

Dommage que certains qui nous sont pourtant parfois si proches, refusent d'admettre cette réalité. Aveuglement? Double jeu? Peu probable en ce qui concerne l'auteur. Peut- être quelques restes de préjugés issus du clivage droite- gauche? En tous cas, espérons que notre propre effort sur ces questions difficiles permettra d'engager le dialogue.  P.G.

dimanche 14 janvier 2018

Allemagne: projet de loi pour faciliter l'expulsion des migrants niant «le droit d'Israël à exister»

En Allemagne, l'afflux massif de réfugiés en provenance du Moyen-Orient fait craindre au parti d'Angela Merkel, la CDU, de voir naître une «nouvelle facette» de l'antisémitisme, comme le rapporte le journal Die Welt,le 6 janvier.

ACT ALLEMAGNE JUIFS REICHSTAG

Pour y faire face, la CDU et son alliée la CSU comptent présenter devant le Bundestag un projet de loi à l'occasion du jour du souvenir de l'Holocauste, le 27 janvier prochain. Cette nouvelle réglementation a pour but de faciliter l'expulsion des immigrés qui exprimeraient des idées antisémites

«L'acceptation sans restriction de la vie juive» est un «critère pour une intégration réussie», est-il ainsi écrit dans le document qu'a pu consulter Die Welt. «Quiconque rejette la vie juive en Allemagne ou conteste le droit d'Israël à exister ne peut avoir sa place dans notre pays», est-il encore précisé. Stephan Harbarth, vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU à l'origine du projet, a déclaré au journal qu'il était impératif de «s'opposer résolument à l'antisémitisme des migrants d'origine arabe et des pays africains».

Pour ce faire, la législation sur les expulsions pourrait se faire plus sévère. Die Welt souligne toutefois qu'un changement de la loi ne signifierait pas forcément un pic d'expulsions, puisque les migrants déchus de leur permis de séjour ne sont «pas nécessairement expulsés».

Par ailleurs, le texte «condamne fermement l'appel au boycott des entreprises et des biens israéliens», tel que défendu par le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions), qui proteste notamment contre l'occupation et la colonisation des territoires palestiniens.

Ce projet de loi intervient alors qu'une vague de manifestations anti-israéliennes s'est abattue sur Berlin en décembre dernier, en réponse à la décision controversée de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël. Plusieurs drapeaux israéliens ont notamment été incendiés lors d'un rassemblement devant l'ambassade américaine, qui a rassemblé environ 1 500 personnes. La foule aurait scandé des slogans tels que «Mort aux juifs !» ou encore «Les juifs, souvenez-vous de Khaybar [un site juif en Arabie saoudite qui aurait été attaqué et conquis par le prophète], l'armée de Mahomet revient !», selon le journal berlinois BZ.

https://francais.rt.com/international/47089-allemagne-cdu-presenter-projet-loi-pour-faciliter-expulsion-migrants-antisemites

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Pour ce qui concerne «l'acceptation sans restriction de la vie allemande», tout simplement, il faudra sans doute patienter... Une occasion manquée, de mon point de vue, de poser de bonnes questions dans l'intérêt général de la population allemande, juifs inclus. Au lieu de ça, on a des députés qui semblent agir sous la pression d'un lobby, ce qui ne peut que jeter de l'huile sur le feu... P.G.

Posté par UPR Creuse à 08:35 - - Permalien [#]
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