jeudi 15 février 2018

C’est confirmé: avec son expansion à l’Est, l’OTAN a bafoué toutes ses promesses

Les pires craintes de la Russie se réalisent

TL RUSSIE OTAN HIST

TRIBUNE LIBRE / Par Eric Margolis

Publié le, 16/12/17 sur le blog d’Eric Margolis

Au moment où les Etats-Unis convulsent d’hystérie antirusse et de diabolisation de Vladimir Poutine, un recueil de documents récemment déclassifié de la guerre froide révèle l’étendue stupéfiante des mensonges, de la duplicité et du double jeu pratiqués par les puissances occidentales lors de l’effondrement de l’Union soviétique en 1990.

Je couvrais Moscou ces jours-là et j’ai rencontré certains des acteurs essentiels dans ce drame sordide. Depuis, j’ai écrit que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et leur appendice, l’OTAN, ont scandaleusement menti et au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, et au ministre des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze et les ont trompés.

Toutes les puissances occidentales ont promis à Gorbatchev et à Chevardnadze que l’OTAN ne s’étendrait pas «d’un pouce» à l’Est si Moscou retirait l’Armée rouge de l’Allemagne de l’Est et autorisait cette dernière à se réunir pacifiquement à l’Allemagne de l’Ouest. C’était une concession immense de Gorbatchev: elle a mené à un coup d’Etat manqué des communistes purs et durs contre lui en 1991.

Les documents publiés par l’Université George Washington de Washington DC, que j’ai fréquentée pendant un semestre, sont d’une lecture écœurante.(1) Toutes les puissances et les hommes d’Etat occidentaux ont certifié aux Russes que l’OTAN ne profiterait pas du retrait soviétique et qu’une nouvelle ère d’amitié et de coopération se lèverait sur l’Europe d’après la guerre froide. Le secrétaire d’Etat américain James Baker a assuré des «garanties absolues» qu’il n’y aurait pas d’expansion de l’OTAN. Mensonges, que des mensonges!

Gorbatchev était un humaniste, un homme très correct et intelligent espérant pouvoir mettre fin à la guerre froide et à la course aux armes nucléaires. Il a ordonné à l’Armée rouge de se retirer d’Europe de l’Est. J’étais à Wunsdorf − en Allemagne de l’Est, quartier général du groupe des forces soviétiques en Allemagne − et au quartier de la Stasi, la police secrète, à Berlin-Est juste après que l’ordre de retrait eût été donné. Les Soviétiques retirèrent leurs 338 000 soldats et leurs 4200 chars et les expédièrent chez eux à la vitesse de l’éclair.

Les promesses occidentales faites aux dirigeants soviétiques par le président George W. H. Bush et James Baker ont rapidement révélé leur vacuité. C’étaient des hommes honorables mais leurs successeurs ne l’étaient pas. Les présidents Bill Clinton et George W. Bush ont rapidement commencé à déplacer l’OTAN en Europe de l’Est, bafouant ainsi toutes les promesses faites à Moscou.

Les Polonais, les Hongrois et les Tchèques ont été intégrés à l’OTAN, puis la Roumanie et la Bulgarie, les Etats baltes, l’Albanie et le Monténégro. Washington a essayé de faire entrer les anciennes républiques soviétiques de Géorgie et d’Ukraine dans l’OTAN. Le gouvernement ukrainien aligné sur Moscou a été renversé par un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis. La route vers Moscou était ouverte.

Tout ce que les Russes désorientés et en faillite ont pu faire a été de dénoncer ces mouvements vers l’Est des Etats-Unis et de l’OTAN. La meilleure réponse formulée par l’OTAN et les Etats-Unis a été la suivante: «Eh bien, il n’y a pas eu de promesse écrite». Cela est digne d’un camelot vendant des montres contrefaites dans la rue! Les dirigeants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Belgique et de l’Italie ont tous menti. L’Allemagne était prise entre son honneur et sa réunification imminente. Donc même son chancelier Helmut Kohl a dû se rallier aux prévarications de l’Occident.

A l’époque, j’avais écrit que la meilleure solution serait la démilitarisation de l’ancienne Europe de l’Est sous contrôle soviétique. L’OTAN n’avait ni besoin ni raison de s’étendre à l’Est. Le faire serait une provocation permanente à l’égard de la Russie, qui considérait l’Europe de l’Est comme un glacis défensif essentiel contre les invasions de l’Ouest.
Maintenant, avec les forces de l’OTAN sur ses frontières occidentales, les pires craintes de la Russie se réalisent.

Aujourd’hui, des avions militaires américains basés sur les côtes de Roumanie et de Bulgarie, des anciens membres du Pacte de Varsovie, sondent l’espace aérien russe au-dessus de la mer Noire et le port de Sébastopol, stratégiquement vital. Washington parle d’armer l’Ukraine plongée dans le chaos. Les troupes américaines et de l’OTAN sont dans les Pays baltes, aux frontières nord-ouest de la Russie. Des Polonais d’extrême-droite battent les tambours de guerre contre la Russie.

En 1990, le KGB et la CIA s’étaient mis d’accord sur le principe de «pas un pouce» à l’Est pour l’OTAN. L’ancien ambassadeur américain à Moscou Jack Matlock confirme le même accord. Gorbatchev, dénoncé comme un idéaliste stupide par de nombreux Russes, a fait confiance aux puissances occidentales. Il aurait dû avoir un bataillon d’avocats véreux couvrant le district de New York pour prouver ses accords en 1990. Il a pensé qu’il avait à faire à des hommes honnêtes, honorables, comme lui.

Faut-il s’étonner, après ce leurre et ce changement de diplomatie, de la méfiance de la Russie envers les puissances occidentales? Moscou observe que l’OTAN dirigée par les Etats-Unis s’insinue toujours vers l’Est. Aujourd’hui, les dirigeants russes croient fermement que le dernier plan de Washington est de mettre en pièces la Russie et de la réduire à un pays impuissant et pauvre. Deux anciens dirigeants occidentaux, Napoléon et Hitler, ont eu des plans semblables.

Au lieu de gloser sur la duplicité d’Hitler après Munich, nous devrions examiner notre propre comportement éhonté après 1990.    •


 

Eric S. Margolis est un chroniqueur primé internationalement. Ses articles sont parus dans le «New York Times», l’«International Herald Tribune», le «Los Angeles Times», le «London Times», le «Gulf Times», le «Khaleej Times», le «Nation» du Pakistan, le «Hurriyet» de Turquie, le «Sun Times» de Malaisie, et d’autres sites d’information en Asie. Il publie régulièrement des contributions dans le Huffington Post, chez Lew Rockwell. Il s’exprime sur CNN, BBC, France 2, France 24, Fox News, CTV et CBC en tant expert de politique étrangère. Ses chroniques sur www.ericmargolis.com sont lues quotidiennement par des personnes dans le monde entier. En tant que correspondant de guerre, Eric Margolis a couvert les conflits en Angola, en Namibie, en Afrique du Sud, au Mozambique, au Sinaï, en Afghanistan, au Cachemire, en Inde, au Pakistan, en El Salvador et au Nicaragua. Il a été l’un des premiers journalistes ayant interviewé Mouammar Kadhafi et à avoir obtenu l’accès aux quartiers généraux du KGB à Moscou. Né à New York, il vit à Toronto et New York et se rend souvent à Paris.

Note

1)https://nsarchive.gwu.edu/briefing-book/russia-programs/2017-12-12/nato-expansion-what-gorbachev-heard-western-leaders-early

Traduit par Diane pour le Saker francophone

https://arretsurinfo.ch/cest-confirme-avec-son-expansion-a-lest-lotan-a-bafoue-toutes-ses-promesses/

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mercredi 14 février 2018

Filipov et les bombardements d’Idlib: pourquoi la presse occidentale soutient-elle les terroristes?

Karine Bechet-Golovko 6 février 2018

TL ROMAN FILIPOV

Roman Filipov, pilote russe en mission en Syrie contre le terrorisme, a été abattu par des terroristes, étrangement entrés en possession de missiles sols-airs portatifs. Sans que cette question ne soit examinée par la « communauté internationale » la Russie et le Gouvernement syrien sont accusés de tous les maux en raison du combat qu’ils mènent contre le bastion terroriste d’Idlib, qualifié de « modéré » par la presse française.

Manifestement, la farce médiatique ne recule devant aucune compromission. Comme si le simple fait de « tuer du Russe » justifiait tous les pardons. En sommes-nous arrivés là? Retour sur un évènement et sa communication très ciblée.

Récemment, les « rebelles » sont entrés en possession de missiles anti-aériens portatifs. La grande question étant de savoir comment …

Alors que l’armée régulière syrienne, appuyée par l’aviation russe, tente de nettoyer le dernier bastion terroriste dans la province de Idlib, un avion SU 25 russe a été abattu – par ces fameux « rebelles ». Il est vrai que pour la presse française, ils sont « modérés » (sic!). Voir cet article de Ouest-France:

Dans la province d’Idlib, la dernière aux mains des rebelles, plusieurs factions opèrent, des « modérés» de l’Armée syrienne libre aux extrémistes djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, autrefois affiliés à al-Qaida.

Autrement dit, selon les médias, ce sont des terroristes modérés d’Al Quaida … qui se défendent contre une agression russe? Il est vrai que le même journal fonde son article sur le très controversé Observatoire syrien basé à Londres qualifié de « source sûre ». Rien à ajouter.

Donc l’avion est abattu par les terroristes modérés alors que la Russie a le mauvais goût de lutter contre alors qu’ils « font du bon boulot » selon notre ancien ministre des Affaires étrangères. Ce pilote, lui aussi, a eu la mauvaise idée de ne pas simplement se rendre (après tout ce sont des modérés …) ou, encore mieux, de se faire tuer. Non. Il se bat en héros jusqu’au bout, laisse approcher les terroristes, tire tant qu’il peut et lorsque les barbares sont assez proches, il se fait exploser avec une grenade, emportant avec lui autant qu’il le peut de ces monstres modérés pro-occidentaux.

Alors que l’on entend les terroristes jubiler lorsque Roman Filipov se fait exploser, il a le courage de crier: « Ca, c’est pour les gars ».

Ce comportement héroïque semble déranger la presse française, où l’on peut lire, que le pilote s’est simplement fait tuer par les « rebelles »:

Un pilote russe a été tué dans le nord-ouest de la Syrie après la destruction de son avion, un Soukhoï SU-25, par des tirs d’un groupe jihadiste contrôlant la province d’Idleb, cible d’une vaste offensive des forces prorégime alliées à Moscou.

L’on comprend que c’est en plus un peu de sa faute.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’avion russe a été abattu samedi au-dessus de la ville de Maasran. Le pilote, qui a réussi à sauter en parachute avant d’être capturé, a eu recours à son arme à feu avant d’être abattu. (…) « Il y a eu des dizaines de frappes russes sur la zone au cours des dernières 24 heures. Cet avion aussi menait des raids », a affirmé le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Sans commentaire.

Mais l’infamie ne s’arrête pas ici. Toujours sur la base des informations délivrées par les ONG pro-occidentales, l’armée régulière et la Russie sont accusées de recourir aux armes chimiques contre les habitants de la région et de délibérément bombarder les hôpitaux.

Pendant ce temps-là à l’ONU, les Etats-Unis continuent à accuser la Russie de ne pas remplir ses obligations et de couvrir les exactions chimiques.

Non, vraiment, quelle coïncidence… Justement les Etats-Unis refusent de modifier le fonctionnement de l’organe de contrôle des attaques chimiques en l’obligeant à aller contrôler sur place et non pas à simplement reprendre aveuglément les accusations des ONG pro-occidentales. Ce serait trop dangereux d’aller vérifier sur place, peut-être, pour la fiabilité du discours … Or, c’est justement la Russie, qui est accusée de soutenir (voire de participer) les attaques chimiques, qui demande à ce que de véritables enquêtes soient menées.

D’un autre côté, avec la Conférence de Sotchi sur la paix en Syrie, le combat de la Russie contre le terrorisme, dérange de plus en plus. Le pire serait à venir: imaginez qu’elle reprenne une place « normale » dans la communauté internationale, sans sanctions, permettant ainsi l’arrivée d’un monde multipolaire? Non, un véritable cauchemar, dont les Etats-Unis préservent le monde « libre ».

Karine Bechet-Golovko

Lire aussi: https://francais.rt.com/international/47846-syrie-baroud-honneur-pilote-russe-mort-combat-idleb-video

Source:http://russiepolitics.blogspot.fr/2018/02/filipov-et-les-bombardements-didlib.html

https://arretsurinfo.ch/filipov-et-les-bombardements-didlib-pourquoi-la-presse-occidentale-soutient-elle-les-terroristes/

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Un ambassadeur US confirme que des milliards ont été dépensés pour provoquer un changement de régime en Syrie

TRIBUNE LIBRE  /  Par Ben Norton | The real news

Publié le Février 2018 sous le titre US Ambassador Confirms Billions Spent On Regime Change in Syria, Debunking ‘Obama Did Nothing’Myth

TL OBAMA SYRIE

Les États-Unis ont déboursé au moins 12 milliards de $ en dépenses militaires et civiles pour intervenir en Syrie, sur les quatre ans qui vont de 2014 à 2017, selon l’ancien ambassadeur US dans ce pays.

Ces 12 milliards s’ajoutent aux milliards déjà dépensés pour amener un changement de régime en Syrie pendant les trois années précédentes, après l’éclatement de la guerre en 2011.

Ces chiffres impressionnants jettent un jour nouveau sur les sommes exorbitantes que les USA ont dépensé pour tenter de renverser le gouvernement de Damas. Ils contredisent aussi formellement les affirmations des soutiens de l’opposition syrienne, qui prétendaient que le président Obama « n’avait rien fait » en Syrie ou qu’il n’avait pas tenté d’y provoquer un changement de régime avec assez de ferveur.

L’ex-ambassadeur en Syrie Robert S. Ford a divulgué cette information dans un témoignageécrit qu’il a préparé en vue d’une audition par le Comité pour les Affaires Étrangères de la Chambre, le 6 février.

« Le coût des opérations militaires US en Syrie, de l’année fiscale 2014 à l’année fiscale 2017 a été de 3 à 4 milliards » a dit Ford. « En plus du coût de ces opérations militaires, les demandes budgétaires pour l’année fiscale 2017 réclamaient 430 millions de $ pour mettre sur pied des forces de sécurité locales, et celles pour l’année fiscale 2018 ont été de 500 millions de $ ».

L’ancien ambassadeur n’a pas précisé quelle partie de ces dépenses a servi à combattre ISIS. Il a néanmoins dit clairement qu’une partie était destinée à l’opposition syrienne.

Ford a aussi rapporté que les USA ont dépensé 7,7 milliards de $ en efforts d’aide humanitaire en Syrie pendant au moins quatre années. Ce chiffre, cependant, ne peut être exclu du coût total de la mission US de changement de régime, parce que la dépense US en aide humanitaire a été souvent explicitement politisée.

Le Département d’État US, l’USAID et d’autres agences gouvernementales ont refusé de fournir de l’aide humanitaire aux régions occupées par les forces gouvernementales et ont en revanche expressément utilisé leurs fonds pour arroser les infrastructures politiques, civiles et sanitaires des territoires tenus par les rebelles, y compris les régions gouvernées par la branche syrienne d’Al Qaeda, Jabhat Al-Nusra. Le Guardian a dévoilé comment des aides similaires ont été utilisées par le gouvernement britannique pour financer les activités d’Al-Nusra et d’autres milices extrémistes salafo-djihadistes.

Ford a reconnu, dans son témoignage, que l’aide humanitaire US à la Syrie avait été lourdement politisée, expliquant :

 « Les USA ont aussi déployé une petite équipe civile en Syrie, chargée de la reconstruction initiale et de construire une nouvelle gouvernance locale ou d’améliorer la gouvernance existante. Si ceci ressemble à de l’édification d’une nation, ce n’est qu’à une plus petite échelle. L’USAID et d’autres agences civiles ont fourni 875 millions $ d’aide non létale et de stabilisation aux régions de Syrie contrôlées par l’opposition depuis l’année fiscale 2012. Rien que l’année dernière, les USA ont fourni environ 200 millions de $ »

Ce financement humanitaire politisé a fait partie d’un effort concerté pour saboter le contrôle du gouvernement syrien sur le territoire du pays, en créant des administrations politiques indépendantes, des organisations civiles, des institutions sanitaires et des infrastructures qui échappent à son contrôle, établissant ainsi, de facto, des gouvernements autonomes capables de subsister grâce aux fonds US.

En fait, dans cette audition devant le Comité des Affaires Étrangères de la Chambre, Ford est allé jusqu’à condamner le programme d’aide humanitaire des Nations Unies, en prétendant que l’ONU « au fond, subventionnait Assad » en aidant les populations civiles des régions tenues par le gouvernement (c’est-à-dire la vaste majorité du pays).

« Si vous additionnez tous ces chiffres, les dépenses militaires et civiles des USA en Syrie au cours des quatre dernières années s’élèvent à au moins 12 milliards de $ » dit Ford dans son témoignage écrit pour le Congrès. « C’est beaucoup d’argent. Et on ne voit pas bien quand ces débours s’arrêteront. »

Des milliards dépensés pour les opérations de la CIA en Syrie

Joshua Landis, expert universitaire de pointe sur la Syrie, suppose que le chiffre de 12 milliards de $ ne comprend probablement pas les dépenses de la CIA.

Le New York Times a noté que le programme de la CIA en Syrie était « un des efforts les plus coûteux de l’Agence pour armer et entraîner des rebelles depuis son programme d’armement des moudjahidines en Afghanistan dans les années 1980 » qui a donné naissance à Al Qaeda et aux talibans.

La CIA semble avoir dépensé des milliards de dollars pour obtenir un changement de régime en Syrie, bien que les estimations quant à la somme exacte varient.

En juin 2015, The Washington Post a rapporté que les opérations secrètes de la CIA en Syrie avaient « un budget approchant 1 milliard de $ par an ». L’article continuait : « À 1 milliard de $, les opérations liées à la Syrie comptent pour à peu près 1 dollar sur 15 dans le budget total de la CIA, à en juger par les niveaux de dépenses révélés dans les documents que le Washington Post a obtenus de l’ancien agent de renseignement US Edward Snowden ».

Des fonctionnaires US ont dit au Post que ces efforts de la CIA « faisaient partie d’un effort plus vaste, de l’ordre de multi-milliards de $, incluant l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, en vue de soutenir l’opposition syrienne ».

Un rapport de 2016 du New York Times a révélé de même que l’Arabie Saoudite a aidé à financer les opérations US en Syrie et que « les estimations chiffrent le coût total de ses efforts d’armement et d’entraînement à plusieurs milliards de dollars ». Un financement considérable a aussi été fourni par le Qatar, la Jordanie et la Turquie.

En août 2017 cependant, le Times avait sensiblement minimisé le prix de l’opération, le réduisant à « plus d’un milliard de $ pour la durée du programme » tout en reconnaissant cependant que c’était « un des programmes d’actions secrètes les plus chers de l’histoire de la CIA ».

Le mythe « Obama n’a rien fait en Syrie ».

Les révélations de Robert Ford constituent le dernier aveu en date d’un fonctionnaire gouvernemental admettant que le prix des opérations US dans la guerre de Syrie a dépassé un montant à onze chiffres, qui s’étend donc à des dizaines de milliards de $.

Cet aveu s’oppose aussi fortement aux prétentions des défenseurs des rebelles et soi-disant experts qui n’ont cessé de ressasser que l’administration du président Obama n’a jamais eu sérieusement l’intention de renverser le gouvernement du dirigeant syrien Bachar Al-Assad.

L’organisme de surveillance des médias Fairness and Accuracy in Reporting (FAIR) a démontré à maintes reprises que les affirmations selon lesquelles « Obama n’a rien fait » en Syrie étaient des mensonges répandus avec persistance par certains des journalistes les plus éminents du monde.

Les comités de rédaction des journaux dominants et les politiques de haut rang aux USA et en Europe ont contribué à populariser ce mythe. Les critiques libéraux et conservateurs d’Obama l’ont, les uns comme les autres, éreinté pour soi-disant avoir haussé les épaules et être « resté assis sur son cul sans rien faire ».

Le mensonge prétendant que les USA « ne sont pas intervenus en Syrie » a été répété à satiété par des menteurs de tous acabits allant de John MacCain aux reporters du New York Times et beaucoup d’autres.

Audition par le Congrès sur le changement de régime en Syrie

Robert S. Ford est attaché supérieur au Middle East Institute (« Institut du Moyen Orient »), un think tank très influent de Washington D.C. largement financé par les gouvernements des Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite.

Le MEI sert largement de véhicule à l’influence des Émirats aux USA. Des emails divulgués montrent que le think tank a été utilisé pour donner une apparence d’indépendance aux voyages de diplomates US à l’étranger financés par les EAU.

Le témoignage dans lequel l’ex-ambassadeur Robert Ford a révélé les informations ci-dessus a été préparé pour l’audition du Comité des Affaires Étrangères de la Chambre : « Syrie. Quelle voie à suivre ? », où se sont également exprimés certains des collègues extrêmement bellicistes de Ford au MEI.

L’attaché supérieur au MEI Charles Lister, qui fait du lobbying depuis des années pour que les États-Unis renversent violemment le gouvernement syrien tout en blanchissant les rebelles salafo-djihadistes de Syrie, a lui aussi préparé un témoignage écrit, dans lequel il se lamente sur l’insuccès du programme de changement de régime et propose de nouvelles manières de renverser Assad.

La congressiste Ileana Ros-Lehtinen, une néoconservatrice pure et dure qui sert de présidente au Sous-Comité pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord de la Chambre, a ouvert l’audition en déclarant que « beaucoup de gens avaient repris courage grâce au récent discours du secrétaire Tillerson », dans lequel il en appelait à une « Syrie sous direction post-Assad ».

Dans ce discours de février, Tillerson a confirmé que les troupes US resteront indéfiniment en Syrie, même après qu’ISIS aura été défait. Il a aussi réaffirmé l’engagement de l’administration Trump envers un changement de régime et a appelé la communauté internationale à saboter économiquement Damas en refusant de financer ses efforts de reconstruction.

Ford et Lister se sont joints à Ros-Lehtinen pour louer Tillerson d’avoir dressé une ébauche ces buts, mais ont déploré que des actions spécifiques n’aient pas été proposées par l’administration pour les mener à bien.

Comment les USA entendent-ils exactement provoquer un changement de régime à Damas au point où nous en sommes est assez peu clair. Dans ce témoignage préparé, Ford a concédé que « les gouvernements syrien et iranien, et la Russie, veulent tous nous voir  hors de Syrie ».

Ben Norton 

Article original: The Real News

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades 

https://arretsurinfo.ch/un-ambassadeur-us-confirme-que-des-milliards-ont-ete-depenses-pour-provoquer-un-changement-de-regime-en-syrie/

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mardi 13 février 2018

Accusations d'attaques au chlore en Syrie : Florence Parly concède n'avoir ni preuve ni certitude

Depuis le début de l'année, les Occidentaux accusent à nouveau Damas d'avoir mené des attaques chimiques contre des civils en zones rebelles syriennes. Mais, à défaut de preuves, la France ne peut avancer que des indications.

ACT SYRIE PARLY

Le gouvernement syrien a-t-il franchi la fameuse «ligne rouge» définie par Emmanuel Macron à Versailles en mai 2017 ? Non, d'après la ministre française des Armées, Florence Parly. Ou du moins oui et non... Interrogée sur l'utilisation de chlore contre des civils syriens ce 9 février sur France Inter, Florence Parly a reconnu qu'elle ne disposait pas de preuves formelles. «On a des indications possibles d'utilisation du chlore mais nous n'avons pas de confirmation absolue et c'est donc ce travail de confirmation que nous sommes en train de faire, avec d'autres d'ailleurs, parce qu'évidemment, il faut que les faits soient établis», a-t-elle concédé, sans toutefois expliciter qui étaient ces «autres».

«On ne sait pas le dire avec certitude et c'est cela qu'il faut parvenir à établir», a-t-elle encore expliqué, reconnaissant ne pouvoir démontrer que la ligne rouge de l'utilisation d'armes chimiques posée par le président français avait été franchie. «Je crois qu'il faut garder les idées claires», a-t-elle jugé, en conclusion de son argumentation complexe.

Accusations récurrentes contre le gouvernement syrien

Depuis le début de l'année 2018, les Occidentaux accusent Damas d'avoir à plusieurs reprises bombardé avec des barils de chlore les populations d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, et de la région de la Ghouta à l'est de Damas, notamment. Washington affirme ainsi qu'au moins six attaques au chlore ont été menées dans des zones rebelles, avançant des dizaines de cas de blessés par suffocation. Les allégations reposent toutefois sur des informations fournies par le controversé Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, mais aussi par les non-moins controversés Casques blancs.

Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, paraît toutefois plus enclin que Florence Parly à considérer Damas comme responsable des incidents chimiques rapportés par les Etats-Unis. «Toutes les indications [...] nous montrent aujourd'hui qu'il y a l'usage du chlore par le régime en ce moment en Syrie», a-t-il martelé le 7 février dernier sur BFMTV, sur fond de violents combats entre forces gouvernementales syriennes et rebelles.

Le gouvernement syrien a pour sa part démenti fin janvier avoir utilisé des armes chimiques. Moscou a dénoncé de son côté une «campagne de propagande», visant à accuser le gouvernement syrien d'attaques dont «les auteurs ne sont pas identifiés».

https://francais.rt.com/international/47972-attaques-chimiques-syrie-florence-parly-preuve-certitude

Face aux accusations d'attaques chimiques en Syrie, Philippe Migault appelle à la prudence

Tandis que les Occidentaux accusent le gouvernement syrien de mener des attaques chimiques, ce que dément Damas, le directeur du Centre européen d'analyses stratégiques appelle à la prudence et analyse les enjeux derrière ces accusations.

(...)

«Quand bien même il y aurait des attaques au chlore, encore faut-il pouvoir déterminer qui en est l'auteur», estime l'expert, soulignant que, sur le terrain, cela est «extrêmement difficile».

Quant aux conséquences politiques en cas de confirmation de ces attaques présumées, elles ne seraient pas les mêmes en fonction de l'identité de ses auteurs, d'après Philippe Migault.

«Si l'auteur de cette attaque chimique est une faction opposée a Bachar el-Assad, il n'y aura aucune espèce de représailles de la part des Occidentaux puisque ce sont nos alliés, ce sont ceux que nous armons», estime le directeur du Centre européen d'analyses stratégiques.

Il poursuit : «En revanche, si c'est Bachar el-Assad [qui est responsable d'attaques chimiques], théoriquement la ligne rouge aurait été franchie et nous devrions intervenir, du moins si nous nous référons aux déclarations d'Emmanuel Macron.»

(...)

https://francais.rt.com/entretiens/48001-face-accusations-dattaques-chimiques-syrie-philippe-migault-appelle-prudence

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Sur fond d'omerta médiatique concernant les récentes révélations américaines (Fake News: communiqué de presse UPR), la même logique d'accusations sans preuve reprend de plus belle, mais certains commencent à faire preuve de prudence. Seuls, les plus impliqués dans la complicité avec les mensonges de Washington sont pris dans l'engrenage de leur propre logique, tels Le Drian. Pour combien de temps encore?   P.G.

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vendredi 17 novembre 2017

Airbus s'apprête à signer une commande historique de 40 milliards de dollars

Scandale et manipulation !
Voilà avec quelle photo RTL illustre son article sur Airbus
Or Airbus n'a rien à voir avec l'UE mais on veut le faire croire ! S.R.


L'avionneur annonçait, mardi 14 novembre, une commande historique de 430 moyen-courriers de la famille A320 par la société américaine d'investissements Indigo Partners.

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Mercredi 15 novembre. Airbus devait en effet officialiser en marge du salon aéronautique de Dubaï (Émirats arabes unis) une commande historique de 430 moyens-courriers de la famille A320 par la société américaine d'investissements Indigo Partners pour un montant de 40 milliards de dollars (34 millions d'euros).

Cette commande, la plus importante de l'histoire de l'avionneur, porte sur des A320neo et des A321neo, la version remotorisée du best-seller d'Airbus. Cette vente va plus que doubler le carnet de commandes nettes du géant européen cette année, qui ressortait à 288 appareils à fin octobre et permettrait à la firme européenne de dépasser son rival américain Boeing en commandes cette année, avec 718 commandes contre 605 pour le groupe américain.

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/airbus-s-apprete-a-signer-une-commande-historique-de-40-milliards-de-dollars-7790971949


 

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Asselineau (UPR) Arnaque Airbus

https://www.youtube.com/watch?v=b3sBaW-Opa8

 

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