vendredi 3 août 2018

Syrie : Paris et Washington jouent les prolongations !

TRIBUNE LIBRE / Richard Labévière, Source : Proche & Moyen-Orient, Proche & Moyen-Orient, 16-07-2018

GEOP LE MONDE SYRIE

L’armée gouvernementale syrienne vient de hisser le drapeau national dans les quartiers de Deraa, jusqu’à présent aux mains des jihadistes. Située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Damas, Deraa est d’autant plus symbolique que c’est là – en mars 2011 – qu’a commencé la révolte anti-gouvernementale. Hâtivement présenté, comme une « révolution pacifique » par la presse occidentale, ce mouvement a, dès le départ généré une « mobilisation de confrontation », tournant vite à la lutte armée contre les forces de l’ordre. Aidés par leurs homologues jordaniens, les Frères musulmans syriens y ont introduit des armes de guerres (M-16 américains et RPG) en proclamant que l’heure de la vengeance avait sonné, faisant allusion à leur tentative de coup d’Etat avortée à Hama en 19821.

Toujours à la pointe de la propagande, le quotidien Le Monde titre : « Deraa, l’étincelle de la révolution syrienne s’est éteinte… »2 S’ensuit une hallucinante diatribe anti-russe et anti-Bachar relevant davantage du parti-pris idéologique que d’une information maîtrisée, recoupée et responsable. Depuis mars 2011, Le Monde nous annonce le renversement imminent du « boucher de Damas ». La libération de Deraa constitue pour le quotidien, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, un cinglant démenti, sinon un cruel retour du réel signifiant que depuis le début de la crise syrienne, Le Monde nous désinforme et nous ment.

LE MONDE APPEL GUERRE

Les membres de la rédaction de prochetmoyen-orient.ch boycottent le quotidien depuis le milieu des années 1980, lorsque le triumvirat de l’imposture – Colombani, Minc et Plenel – a mis la main sur la prestigieuse entreprise d’Hubert Beuve-Méry pour en faire une plate-forme d’humeurs, de trafics d’influences et de propagande… A ce sujet, on peut lire et relire l’enquête définitive de Pierre Péan et Philippe Cohen parue en 20033.

Dans tous les cas de figures, il est assez piquant de voir en ce moment les « journalistes » du Monde rétropédaler pour essayer de justifier leurs mensonges syriens imposés aux lecteurs depuis plus de sept ans… Ne leur en déplaise, toujours est-il que l’armée syrienne a, désormais libéré plus de 80% du territoire national. Mais, la fin de partie est loin d’être sifflée, d’autant que Washington, Londres et Paris jouent les prolongations.

LE BUNDESTAG A AMPLEMENT RAISON

ONU

Dirigée par Alexander Neu, député Die Linke4, la Commission de défense du parlement allemand, vient d’affirmer que la présence militaire de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah libanais en Syrie est conforme au droit international, « le gouvernement syrien ayant formellement demandé l’aide de Moscou, de Téhéran et du Hezbollah tandis que l’ingérence de la coalition dirigée par les États-Unis est jugée plus « complexe », la fourniture d’armes aux jihadistes engagés en Syrie constituant une flagrante violation du droit international.

La Commission du Bundestag a, aussi relevé que l’armée syrienne lutte – depuis des années – contre différents groupes terroristes, dont certains ont bénéficié d’un soutien militaire et financier (désormais prouvé) des Etats-Unis et d’autres pays européens dont la Grande Bretagne et la France. Par conséquent, plusieurs des meilleurs experts en droit international estiment que, non seulement l’intervention américaine n’est plus justifiable, mais qu’elle pourrait être attaquable devant la Cour pénale internationale (CPI) comme « crime de guerre ». Sur le terrain, les sanctuaires de Dae’ch sont, désormais démantelés. De fait, la « loi d’autodéfense » de la coalition dirigée par Washington est devenue caduque, les Etats-Unis devant envisager de cesser leur campagne militaire en Syrie et de plier bagages !

1433619-rencontre-entre-vladimir-poutine-donald_1501845638

Selon plusieurs sources diplomatiques, ce dossier doit être l’un des points à l’ordre du jour de la rencontre Trump/Poutine à Helsinki ce lundi 16 juillet. Le président russe devrait demander à son homologue américain le démantèlement de la dizaine de bases militaires que les Etats-Unis maintiennent dans le nord-est de la Syrie. A n’en pas douter, l’homme d’affaires Trump devrait marchander ce retrait contre deux contreparties : Money first, des garanties permettant aux entreprises américaines de pouvoir participer à la reconstruction économique à venir de la Syrie qui s’annonce déjà comme l’un des marchés du siècle. De plus, le président américain se fera aussi porte-parole de son allié et ami israélien Benjamin Netanyahou, qui a déjà demandé à Vladimir Poutine – et ce, à plusieurs reprises – l’évacuation du Hezbollah et des Pasdarans iraniens du sud du pays, particulièrement du plateau du Golan occupé par la soldatesque de Tel-Aviv depuis juin 1967.

Dans le même ordre d’idées, Vladimir Poutine pourrait exiger le retrait de plusieurs centaines de soldats des forces spéciales britanniques et françaises, également déployées dans le nord-est, officiellement en appui de plusieurs formations kurdes. Damas est d’autant plus remonté contre Paris, que la libération de Deraa a permis de découvrir – dans les stocks d’armes des jihadistes – différents types de matériels militaires français.

020

L’armée syrienne se serait ainsi emparée de plusieurs systèmes antichars APILAS fabriqués en France. L’APILAS est un système antichar sans recul tirant des roquettes à charge creuse d’un calibre de 112 mm, utilisé pour la destruction de chars de combat, de fortifications et d’abris. La portée des roquettes varie de 25 à 600 mètres, en fonction de la cible. Fabriquées par le groupe Nexter, ces armes auraient été acheminées depuis la Jordanie où des commandos français formaient différentes unités jihadistes depuis plusieurs années. Et différents officiels syriens ne cachent pas par leur ressentiment à l’égard de la France affirmant « qu’aucune entreprise française ne participera à la reconstruction économique du pays. Si l’on pourrait même envisager d’associer même des Américains, des Maltais ou des Papous… une chose est sûre : les Français ne remettront pas un pied en Syrie avant longtemps, très longtemps… »

En diplomatie, on finit toujours par récolter ce qu’on a semé. Encore bravo aux politiques proche et moyen-orientales de Messieurs Sarkozy, Juppé, Hollande, Fabius, Macron et Le Drian. Que par cynisme ou « réalisme » affairiste, l’Elysée et le Quai d’Orsay aient décidé de coller aux orientations décidées par Washington pour, notamment, signer des contrats d’armements avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU) est une chose. Invoquer en même temps les droits de l’homme si chers à la France éternelle et continuer à donner (en la matière) des leçons au monde entier en est une autre… Nos voisins allemands font preuve d’un cynisme commercial identique, voire encore plus offensif, mais au moins ont-ils la pudeur de se taire !

DANS LE SUD, TEL-AVIV AIDE AL QAÏDA

On l’a compris, la libération de Deraa ne siffle pas la fin de partie. Malgré des accords de « réconciliation » avec les jihadistes, la totalité des groupes terroristes est loin d’être totalement éradiquée. Dans la province de Deraa, le réduit terroriste concerne un carré d’une quinzaine de kilomètres par quinze. Et, c’est à partir de cette enclave – adossée au plateau du Golan annexé par Israël – que les dernières katibas jihadistes poursuivent leur « guerre sainte ».

2-12-590x390

L’Aman, les services de l’armée israélienne continuent à livrer des armes aux terroristes de Jabhat al-Nosra, c’est-à-dire Al Qaïda en Syrie. Sur plusieurs documents d’observation aérienne en provenance de drones d’une armée occidentale, on peut distinguer des camions israéliens – stationnés sur la frontière syrienne – d’où sont déchargées des caisses de vivres et de matériels militaires à destination de plusieurs positions aux mains de Jabhat al-Nosra. D’autres clichés attestent de la prise en charge de terroristes blessés par des ambulances israéliennes, acheminés à destination des hôpitaux militaires des forces israéliennes d’occupation de la région de Quneitra.

Différentes organisations israéliennes, présentées comme « ONGs » médiatisent leurs engagements à vocation « humanitaire » dans cette même région du plateau du Golan qui abritent plusieurs bases d’écoutes et d’observations électroniques de l’armée israélienne. Afin de faciliter les négociations à venir qui concerne ce territoire occupé, les Russes auraient demandé au Hezbollah et aux Pasdarans iraniens d’évacuer leurs positions pour les remettre à l’armée gouvernementale syrienne. C’est du moins ce que ne cesse d’affirmer la presse américaine depuis plus d’un mois, espérant ainsi enfoncer des coins dans l’alliance pro-syrienne.

033483a40e31c57b4abdb5f62d04e417-analyse-la-syrie-un-champ-de-bataille-entre-l-iran-et-israel

En fait, ni le Hezbollah, ni les Iraniens ne disposent de positions militaires, ni d’unités compactes à proprement parler dans le sud de la Syrie, leurs combattants étant intégrés à des unités de l’armée gouvernementale. Et les uns comme les autres répondent qu’ils agissent conformément au commandement de l’armée gouvernementale. En fait, la grande crainte de Tel-Aviv est moins de voir s’installer leurs ennemis historiques (Hezbollah libanais et troupes iraniennes) aux portes de leurs colonies du nord que de se voir contraindre à une reprise des négociations pour un retrait pur et simple du plateau du Golan, annexé par la force en juin 1967. Amorcée lors du sommet Clinton/Hafez al-Assad de Genève en 1994, la négociation avait tourné court face à l’intransigeance israélienne, Tel-Aviv ne voulant pas céder un pouce de terrain jusqu’aux rives du lac de Tibériade. En juin 2000, un deuxième sommet avait échoué pour les mêmes raisons.

Dans ce contexte, on pourrait imaginer que l’éradication finale des groupes terroristes engagés dans le sud de la Syrie pourrait permettre de relancer cette négociation pour mettre fin à l’occupation israélienne du Golan syrien. En relation permanente avec Tel-Aviv, Donald Trump et Vladimir Poutine pourraient ainsi saisir la perspective de la reconstruction de la Syrie pour mettre un terme à l’occupation israélienne du Golan, ainsi qu’à la répression qui s’exerce quotidiennement à l’encontre des populations civiles de cette région.

EN ATTENDANT LA BATAILLE OU LA NEGOCIATION D’IDLIB

5a159370488c7b2b418b4567

Le troisième volet ouvert par la libération de Deraa concerne l’éradication finale des groupes terroristes en Syrie, et pas seulement ceux de Dae’ch et Jabhat al-Nosra. Les jihadistes, qui n’ont pas accepté les promesses de « réconciliation » de Damas, refusent d’abandonner le combat contre l’armée gouvernementale. Comme lors de chacune des reconquêtes du territoire national (Alep, la Ghouta, Deir ez-Zor, etc.), une médiation russe a permis à ces « irréductibles » d’être transférés dans la province d’Idlib – au nord-ouest du pays, à l’ouest d’Alep – le dernier sanctuaire terroriste. Celui-ci abriterait quelque 25 à 30 000 jihadistes armés selon différentes sources militaires, dont plusieurs milliers des fameux Ouïghours (Musulmans du Xinxiang du nord-ouest de la Chine).

Les services spéciaux de l’armée turque continuent à entretenir plusieurs de ces groupes afin de faire pression sur Damas dans le cadre de la question kurde. « En effet, Idlib est le fer au feu d’Ankara pour contraindre le gouvernement syrien à ne rien lâcher aux Kurdes, du moins pour empêcher la formation de toute espèce d’entité kurde, plus ou moins autonome sur la frontière turque », explique un officier européen de renseignement engagé dans la région ; « Ankara craint par-dessus tout que le nord de la Syrie ne constitue un espace de profondeur stratégique pour le PKK (parti des travailleurs kurdes) de Turquie ». Et l’armée turque est particulièrement attentive à l’évolution de Manbij, ville du gouvernorat d’Alep à trente kilomètres à l’ouest de l’Euphrate.

otan-turquie-300x169

Début juillet, le Conseil militaire de Manbij, installé par les Forces démocratiques syriennes (FDS/majoritairement kurdes) a annoncé sa détermination à résister à toute tentative turque de contrôler la région. Le même conseil a affirmé qu’il avait reçu des assurances de la coalition américaine. « Dans le cadre d’un accord signé avec les Etats-Unis, la Turquie peut patrouiller le long de la frontière de la ville (du côté opposé à Manbij, le long de la rivière Sajur). Pour sa part, les unités de la coalition pro-américaine restent déployées dans la totalité de l’agglomération de Manbij », explique un officier supérieur américain en poste à Ankara.

Plusieurs autres sources militaires estiment que la question d’Idlib constitue l’ultime nœud de la guerre civilo-globale de Syrie. « De deux choses l’une, soit une nouvelle négociation tripartite – Russie/Turquie/Syrie – similaire à celle qui a permis le dénouement de la bataille d’Alep en décembre 2016, permettra l’évacuation des quelques 30 000 jihadistes, dont une bonne partie devrait regagner leur pays d’origine, soit la poche d’Idlib sera bombardée avant d’être réinvestie par l’armée syrienne et ses alliés… Dans ce dernier cas de figure, la bataille d’Idlib sonnera le glas de la rébellion armée syrienne et fera énormément de nouvelles victimes », assure un attaché européen de défense à Ankara. La situation d’Idlib sera, vraisemblablement aussi à l’ordre du jour de la rencontre Trump/Poutine, ce lundi à Helsinki.

EXTENSION DU DOMAINE DE LA GUERRE

119583700_o

Conformément à la réunion du Small Group (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie) du 11 janvier 2018 à Washington, révélée par prochetmoyen-orien.ch5, les pays occidentaux jouent les prolongations pour trois raisons : 1) ils considèrent que le maintien de différentes forces militaires leur garantit une meilleure position dans les négociations à venir qui porteront sur la reconstruction de la Syrie ; 2) soutenant Israël, ils poursuivent ainsi une « guerre interposée » contre l’Iran et le Hezbollah libanais ; 3) ils misent sur l’extension de la guerre en mer Rouge et tout particulièrement sur une nouvelle partition du Yémen.

Le télégramme diplomatique britannique insistait sur la « poursuite d’une guerre élargie » justifiée par une « campagne de communication humanitaire ». Rien de très surprenant, si ce n’est que Washington, Londres et Paris ne sont pas prêts à reconnaître la « victoire de terrain » de l’armée gouvernementale syrienne et de ses alliés russe, iraniens et du Hezbollah libanais.

Les pays occidentaux se sont engagés à continuer à soutenir – conjointement – les monarchies pétrolières du Golfe et Israël en cherchant à prendre leur revanche, non seulement au Yémen, mais dans toute la sous-région entre le détroit d’Ormuz et la mer Rouge où se livre, d’ores et déjà une autre guerre tout aussi vitale : celle des zones portuaires. Nous y reviendrons.

Bonne lecture et bonne semaine.

Richard Labévière
16 juillet 2018



1 Dans la nuit du 2 au 3 février 1982, un commando des Frères musulmans composé de 200 hommes armés investit la ville de Hama, assassinant une centaine de personnes. À l’aube, l’état-major de l’organisation islamiste déclare dans un communiqué que Hama est considérée comme « ville libérée » et exhorte la population à se soulever contre les « infidèles ». Le président Hafez al-Assad décrète l’état de siège et mobilise l’armée, en premier lieu les forces spéciales et la 47e brigade blindée, afin de reprendre le contrôle de la ville. Le 15 février 1982, le ministre de la Défense, Mustafa Tlass, déclare que les groupes armés des Frères musulmans sont neutralisés. La ville de Hama reste néanmoins assiégée pendant 27 jours afin de réduire les derniers insurgés. Le bilan des victimes donne lieu à une guerre de communication variant entre 2000 et 25 000 victimes.
2 Le Monde, 13 juillet 2018.
3 Pierre Péan et Philippe Cohen : La Face cachée du Monde. Editions Fayard, 2003.
4 Die Linke (en français : « La Gauche ») est un parti politique allemand né de la fusion, le 16 juin 2007, du Parti du socialisme démocratique (ex-Parti socialiste unifié d’Allemagne), qui fut le parti officiel de la République démocratique allemande, et de l’Alternative électorale travail et justice sociale.
5 « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la stratégie occidentale » – prochetmoyen-orient.ch, 17 février 2018.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Proche & Moyen-Orient, 16-07-2018

https://www.les-crises.fr/syrie-paris-et-washington-jouent-les-prolongations-par-richard-labeviere/

Commentaire intéressant sur le site "les crises":
Georges Glise // 02.08.2018 à 06h42

Excellente analyse extrêmement claire de la situation en Syrie!, et un rappel utile de la trahison du journal le Monde, créé par Beuve-Méry à la demande du général de Gaulle, ce journal avait toujours soutenu la politique extérieure de non-alignement du général, politique abandonnée par tous ses successeurs, à commencer par le rothschildien Pompidou qui fit entrer le Royaume-Uni dans la Communauté européenne, ce que le général avait toujours refusé. Et avec Giscard et Mitterrand prévalut l’atlantisme, continué sous Chirac malgré un sursaut lors de l’invasion de l’Irak; et l’alignement sur washington et son Pentagone s’est renforcé avec sarko qui réintègre l’armée française dans [le commandement intégré] de l’Otan et initie avec Kouchner et BHL la guerre en Libye pour masquer ses turpitudes, politique poursuivie par Hollande notamment en Syrie! Quant à Macron, son engagement washingtonien semble lié au fait que comme la plus grande partie des élites françaises, il a été formaté par la French-American Foundation, laquelle a soutenu sans faille sa candidature à l’Elysée en 2016-2017, et a même probablement suscité sa candidature!

BASE 14 995X225

A ce jour, on ne sait pas exactement ce qui a été réellement négocié à Helsinki, entre Poutine et Trump. Affaire à suivre donc...   P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

vendredi 13 juillet 2018

Vidéo: l'UPR classée à l'extrême doite par "C à Vous" (France 5): réagissons!

Suite au compte- rendu de la réunion commune des délégations de Creuse & de Corrèze, voici la procédure à suivre pour intervenir auprès du CSA:

120622313_o

On ne sera pas surpris de trouver ce genre d'amalgame sur le plateau de Patrick Cohen, mais tout de même! De toute façon, nous avons décidé de ne plus laisser passer ce genre de diffamation.

Le réveil de l'ultradroite en France - C à Vous 25/06/2018

https://www.youtube.com/watch?v=tY_JChGNV_g&feature=youtu.be

EMISSION C A VOUS EXTR DROITE 2

Un courrier de notre avocat va être envoyé à France 5, avec copie au CSA et au Comité d'éthique de France Télévisions.

En complément de cette action, nous vous invitons à saisir largement le CSA à partir de son formulaire dédié :

http://www.csa.fr/Services-en-ligne/Alerter-le-CSA-sur-un-programme

Les informations à indiquer sont fournies ici:

2018-06-29_23h13_14

BASE 14 995X225

Tout citoyen peut intervenir pour dénoncer cette atteinte au code de déontologie des journalistes et la diffusion délibérée de fausses informations. Ne vous en privez pas!   

N'abandonnez l'opération de saisie que lorsque vous voyez apparaître ce message:

logo CSA RF

Merci de votre message.

Vous allez recevoir un courriel à l'adresse électronique que vous avez renseignée,
vous demandant de confirmer votre saisine du CSA en cliquant sur le lien indiqué.

Votre saisine sera alors prise en compte par le CSA.

Et n'oubliez pas ensuite de confirmer à partir de votre boîte mail!     P.G.

Posté par UPR Creuse à 05:07 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

vendredi 29 juin 2018

Carte scolaire 2018-2019 pour le 1er degré en Haute-Vienne : à chacun sa sauce

Une dizaine d’écoles en tension, des communes qui ne fonctionneront pas toutes au même rythmes ni aux mêmes horaires… Voici la carte scolaire version 2018, qui n’est pas un modèle d’harmonie même si le pire semble avoir été évité.

ACT FERMETURE CLASSES RURALES

C'est fait. Hormis trois postes mis en réserve par l'administration pour des ajustements de rentrée, la carte scolaire du 1 er degré est désormais officielle et vient d'être actée par le dernier CDEN, lundi à Limoges.

Comme prévu, la Haute-Vienne bénéficiera de 27 ouvertures de classes, dont 20 sont exclusivement consacrées au dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire à Limoges. En contrepartie, 17 fermetures sont actées, dont une bonne partie en milieu rural.

Gros effectifs à Landouge, Isle, Verneuil, Condat…

Le pire semble donc avoir été évité pour un département qui, malgré une démographie à la baisse (moins 300 élèves prévus en septembre), s'est vu néanmoins octroyer une enveloppe globale de neuf postes supplémentaires.

ZYyDJtIWHaDZhBt-1600x900-noPad

Pourtant, la carte scolaire 2018-2019 - tout comme les précédentes - manque quelque peu d'homogénéité, notamment pour ce qui est des conditions d'encadrement. Certaines écoles, comme l'admet l'inspection académique, devront composer avec des classes particulièrement chargées. C'est le cas notamment à Landouge, Isle, Cieux-Javerdat, Verneuil, Le Palais, Ambazac, Saint-Gence, Condat… où les effectifs devraient d'ailleurs être vérifiés à la rentrée.

Mais si l'administration se félicite d'un rapport maître\100 élèves à la hausse (de 4,98 en 2007 à 5,32 à la rentrée 2018), les syndicats n'ont visiblement pas la même règle à calcul. Le Se-Unsa évalue à 60 le nombre de postes nécessaires pour revenir à la moyenne nationale. Quant au Snuipp-FSU, il demande un plan de rattrapage d'autant plus nécessaire que les moyens de remplacement sont également victimes d'un déficit chronique.

Retour à 4 jours  pour 63 % des écoles

Ecoles-rurales-200-a-300-fermetures-de-classes-a-la-rentree-grand-maximum-selon-Blanquer

Quant à la question redondante des rythmes scolaires, elle est loin d'être résolue. En septembre prochain, 63 % des écoles – soit 46 % des communes - seront autorisées à fonctionner de nouveau sur quatre jours. Au total, 67 % des écoliers du département (contre 10 % cette année) auront donc droit au rythme qui était la règle avant la mise en place contestée de la réforme Peillon. Ce qui veut dire que 33 % des enfants auront, eux, toujours cours le mercredi matin, avec, dans la plupart des cas, subsistance des animations périscolaires durant la semaine.

Cette absence d'harmonie, qui n'est évidemment pas spécifique au département de la Haute-Vienne, s'explique par la liberté laissée aux acteurs de terrain, le ministère préférant inciter les communes à revenir en douceur à l'ancien système plutôt que d'imposer brutalement un retour en arrière.

image_content_general_20293459_20160320230242

Mais ce contexte, qui peut apparaître cacophonique aux yeux de nombreux parents, n'est pas serein partout. Si la grande majorité des conseils d'école et des municipalités sont rapidement tombés d'accord, comme l'exigeaient les textes, le paramètre transports est très vite apparu comme un élément perturbateur. Ainsi, aucun consensus n'a pu être trouvé pour le RPI Saint-Laurent-sur-Gorre\Gorre et pour La Jonchère, où l'on restera finalement à 4,5 jours. A Château-Chervix et au RPI de Vicq-sur-Breuilh, les horaires seront reconduits à l'identique avec le maintien du péri-scolaire.

2 h 15 de pause méridienne à Limoges

« Empêcher des retours à quatre jours alors qu'ils ont été demandés par des conseils d'école et des conseils municipaux, au motif que le transport solaire ne peut pas adapter son passage aux nouveaux horaires, nous semble inadmissible et irrespectueux de l'expertise des acteurs de terrain », déplore le syndicat enseignant Se-Una.

ob_410ccb_cole-village

Ce dernier regrette par ailleurs les conditions du retour à quatre jours décidé par la Ville de Limoges, « une décision hors concertation, avant même que les conseils d'école aient eu le temps de se prononcer. »

A Limoges, où sont scolarisés plus d'un tiers des élèves de la Haute-Vienne, la pause méridienne devrait atteindre 2 h 15, ce qui laisse augurer, selon certains enseignants, « une après-midi de travail compliquée à gérer… » 

Florence Clavaud-Parant

https://www.lepopulaire.fr/limoges/education/2018/06/27/carte-scolaire-2018-2019-pour-le-1er-degre-en-haute-vienne-a-chacun-sa-sauce_12902416.html

BASE 14 995X225

Le pire évité, déclare le Populaire !!!!
Apparemment, il n'avait pas écouté les déclarations de Macron, notamment lors de sa conférence au Sénat sur les territoires !
Cette carte scolaire est une honte et c'est de la discrimination !
Pourquoi nos enfants des campagnes devraient payer la gestion calamiteuse du pays ?
Pourquoi nos enfants des campagnes n'ont pas les mêmes droits que les enfants des électeurs de ce gouvernement ?
Et pourtant Macron l'avait affirmé, haut et fort :

"Agir de façon différenciée c'est aussi se concentrer sur certaines priorités par territoire. Ainsi, nous veillerons à ce que l'évolution des services publics en milieu rural ne conduise pas à augmenter la fracture territoriale.

Ce qui est sûr c'est que
les territoires en particulier les plus ruraux ne peuvent plus être la variable d'ajustement d'économie. C'est pourquoi d'ici là en particulier il n'y aura plus de fermeture de classes dans les écoles primaires."

 le 18 Juillet 2017
Donc Macron est- il un menteur?  Non, répond Castaner:

x1080-o-4S.R.

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

vendredi 22 juin 2018

Ces journalistes russophobes que plus personne ne croit

Publié le 20 juin 2018 sous le titre Pity The Russophobe Journos Who No One Believes

TL JOURNALISTES RUSSOPHOBES

Traduction : Dominique Muselet

Le reportage « occidental » sur la Coupe du Monde en Russie est un flux continu d’attaques contre la Russie. Il y a quelques remarques positives sur l’excellente atmosphère et la parfaite organisation. Mais il n’y a aucun article qui ne se fasse pas l’écho de la ligne officielle de la propagande anti-russe.

Alec Luhn est le « correspondant de Russie pour The @Telegraph ». Shaun Walker est le correspondant du British Guardian, « il couvre l’Europe centrale et orientale pour The Guardian ». Cette semaine, ils étaient tous les deux à Volgograd, l’ancien Stalingrad, pour rendre compte du match de la Coupe du Monde entre l’Angleterre et la Tunisie.

Lundi, Alec Luhn a parlé de l’excellent accueil que les fans anglais ont reçu :

« Tout a été magnifique, » a dit Adam Haimes, 29 ans, géologue et supporter de Plymouth Argyle, en prenant un pot dans la fan zone, sur la rive ouest de la puissante Volga. « Je n’ai eu absolument aucun problème. Toutes sortes de Russes sont venus nous voir. Ils sont très amicaux et veulent juste prendre un verre avec nous. Je ne m’y attendais pas, mais ils sont vraiment charmants. »

maxresdefault

On ne peut bien évidemment pas laisser passer cette image positive de la Russie. Donc Luhn se dépêche de mentionner : la « menace de violence », la « tentative d’assassinat de l’espion russe Sergei Skripal », les « tensions exacerbées », les « Ultras russes » et les « voyous locaux de Volgograd ».

Mardi soir, Shaun Walker a écrit un article pour le Guardian sur le même modèle:

Ceux qui sont venus sont presque tous satisfaits de ce qu’ils ont vécu jusqu’à présent. Dans un bar central de Volgograd aux premières heures de mardi, Craig et Tommy, deux fans de Sunderland, apprenaient des mots russes avec des gens du pays et disaient qu’ils avaient passé trois jours « fantastiques » à Volgograd, qu’ils s’étaient liés avec les gens du pays et avaient fait des visites guidées sur l’histoire militaire.

« On en a marre que les gens parlent de problèmes. Si vous êtes respectueux, il n’y a pas de problèmes », a dit Tommy.

russophobie 1

Si Tommy lisait l’article de Walker, il s’insurgerait encore plus. L’article rabâche tous les arguments habituels de la propagande : « Tension sans précédent », « forte critique à l’égard des autorités russes », « empoisonnement de Sergei Skripal », « Jeux olympiques de 1936 en Allemagne nazie » et « sécurité des fans LGBT ».

Après avoir fait leur devoir avec leurs articles de propagande routinière, Luhn et Walker ont rejoint les fans anglais dans un pub local.

Alec Luhn @ASLuhn – 00:02 UTC – 19 juin 2018

Harat’s Pub, Volgograd, 3 heures du matin. Une centaine de fans britanniques ivres, des Tunisiens et des Russes qui viennent de chanter quelque chose à propos de « Jugend SS ». Et il paraît que tout va bien ?  

Shaun Walker @shaunwalker7 – 00:32 UTC – 19 juin 2018

3h30 du matin, l’aube se lève sur ce pub à Volgograd – Anglais, Tunisiens, fans russes, tous ivres et joyeux. Zéro sécurité ou police, c’est étonnant. J’ai entendu un groupe de trois Russes chanter une chanson « Hitler Jugend, SS ». Sinon, tout est très paisible et amical.

harats pub

Les tweets de Shaun Walker et Alec Luhn montrent des photos d’un Harat’s Pub, une franchise irlandaise, à Volgograd. Sur sa page Facebook, le pub a publié une vidéo Euronews de la fête d’après-match, dans laquelle on voit des fans anglais heureux boire beaucoup de bière. Il n’y a rien de remarquable. Mais Alec Luhn voit des Russes chanter « jugend SS » et une demi-heure plus tard Walker « entend un groupe de trois Russes chanter une chanson « Hitler Jugend, SS ».

Vraiment ?

Il est difficile de croire que tous les Russes de Volgograd/Stalingrad chantent des chansons nazies. Stalingrad a été le théâtre de l’une des batailles les plus sanglantes de la Seconde Guerre mondiale, où les armées d’Hitler n’ont été stoppées qu’au prix d’immenses sacrifices russes. Et de plus, c’est quoi, s’il vous plaît, cette chanson « Hitler Jugend, SS »? Moi qui suis Allemand, je n’ai jamais entendu parler d’une chanson qui mentionne les deux ou qui soit même chantée par les deux organisations. La Hitler Jugend (jeunesse hitlérienne) était un mouvement de jeunes du parti sur le modèle des Boy Scouts of America. Le SS (Schutzstaffel = escadron de protection) était un gang de combattants de rue nazis qui ont ensuite été transformés en une armée brutale. Le répertoire de la Hitler Jugend contient surtout des chants de randonnée traditionnels, tandis que les chants SS typiques étaient des marches militaristes.

euro_2016__les_hooligans_russes_en_quete_de_reputation_

A ce jour, le tweet de Walker a reçu 249 réponses. Les personnes qui ont répondu doutent que l’incident se soit produit tel quel. Ils demandent des preuves. Pourquoi ces journalistes peuvent-ils poster des photos du pub, mais pas de photos de l’incident qu’ils décrivent ? Cette fois Shaun Walker ne peut pas nous refaire le coup du  « Oh dommage que je n’ai pas apporté mon appareil photo ! ». Alors, qu’en est-il ?

Le lendemain matin, Shaun Walker a retweetté ses affirmations originales en se plaignant des réponses qu’il a reçues :

Shaun Walker @shaunwalker7 – 9:28 UTC – 19 juin 2018

Shaun Walker Retweeted Shaun Walker Retweeted Shaun Walker

Volgograd a été sympa et amical et a accueilli royalement la Coupe du monde, comme je l’ai tweeté/écrit ces deux derniers jours. Le chant dont j’ai parlé était le fait de trois personnes, une seule fois, à 3 heures du matin. Et à Volgograd, le denier endroit où on aurait cru ça possible! J’ai pensé que cela valait la peine d’être mentionné. Quant aux réponses que j’ai reçues, je préfère ne pas en parler.

theguardian

Le chef du bureau moscovite du Guardian a fait chorus et également retweeté les allégations de Walker les propageant de plus en plus :

Andrew Roth @Andrew__Roth – 14:37 UTC – 19 juin 2018

Andrew Roth Retweeted Shaun Walker

Absurdes les réponses à cet incident que de multiples correspondants ont vu. Ils ont juste voulu souligner une anomalie au cœur de ce qui ressemblait à une belle soirée de football. C’est juste une histoire de contexte ! Auraient-ils dû passer l’incident sous silence?

Si deux scribouillards britanniques disent avoir entendu quelque chose, que chacun décrit différemment, alors ce doit être vrai. « Des preuves ? On n’a pas besoin de prouver ce qu’on dit. Vous n’avez qu’à nous faire confiance. »

Ce matin, un blogueur russe a posté des preuves (traduction automatique du russe) :

Borisenko @amdn_blog – 7:58 UTC – 20 juin 2018

Vous vous souvenez hier, on a beaucoup parlé du journaliste anglais qui a parlé dans un article des soi-disant Russes qui chantaient des chansons nazies dans un bar à Volgograd ? Ils les ont trouvés. Mais ils n’étaient pas russes, mais…. Britanniques. Et rien que pour ça, il faut les battre ces english. Ici c’est Volgograd ! Stalingrad !

B979043890Z

La vidéo montre trois Anglais ivres dans un pub ‘irlandais’ avec un menu écrit en lettres cyrilliques et des drapeaux de la Coupe du Monde suspendus au plafond. Les gars chantent une phrase sur le fait de mettre quelqu’un à Auschwitz, font le salut hitlérien et crient « Sieg Heil » ! Le pub où la vidéo a été prise ne semble pas être le Harat’s où étaient Walker et Luhn. Mais n’empêche, la preuve est faîte !

Le fait est que le Guardian et le Telegraph sont bourrés de propagande anti-russe. Il n’y a pas un seul article sur la Russie ou Poutine qui ne soit pas sarcastique ou alarmant ou qui ne se fasse pas l’écho d’accusations contre la Russie dont la fausseté est démontrée depuis longtemps. Le complexe militaro-industriel a donné l’ordre de condamner la Russie et les médias mainstream « occidentaux » obéissent.

5a9693f88fe56f3dd311367b

Les deux scribouillards ont cité des fans anglais qui regrettent la fausse image de la Russie qu’ils avaient en arrivant. Comment pourrait-il en être autrement étant donné le flux constant d’ordures russophobes que les médias britanniques produisent ? Un correspondant britannique en Russie ne devrait-il se donner la peine d’y réfléchir un peu ?

Mais les deux scribouillards préfèrent aller boire des bières et ensuite envoyer des histoires anti-russes fallacieuses, tard dans la nuit, à leurs 100 000 followers sans fournir aucune preuve. Puis ils se plaignent qu’on leur en fasse le reproche.

Ce sont de médiocres propagandistes dont les paroles n’inspirent plus confiance à qui que ce soit. Il faut vraiment avoir pitié de ces pauvres types !

Moon of Alabama

Article original: Pity The Russophobe Journos Who No One Believes

Crédit image: Pixabay

URL: https://arretsurinfo.ch/ces-journalistes-russophobes-que-plus-personne-ne-croit/

Posté par UPR Creuse à 07:41 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Al Jazeera lance AJ+ en France

Les médias diffusés principalement via les réseaux sociaux comme Brut, Konbini et autres Vice se multiplient. Mais certains sont accessibles uniquement via les réseaux sociaux comme AJ+ lancé depuis quelques mois en France. AJ+, comme Al Jazeera, la chaine du Qatar. Le Qatar en conflit ouvert avec ses voisins emmenés par l’Arabie saoudite a compris l’importance du soft power via le sport (le PSG et d’autres clubs) ou l’information (Al Jazeera, AJ+)

Un lien discret avec la maison mère

TL AJ AL JAZEERA

Pour l’internaute moyen, difficile de savoir que AJ+ est la filiale de Al Jazeera. Les identités graphiques et les logos sont différents, il n’y a aucune indication d’un lien entre les deux entités, toutes deux filiales de AJMN, la holding médias de la famille royale qatarie. Le média se présente simplement comme « en ligne pour les générations connectées et ouvertes sur le monde qui traite de façon inclusive les problématiques des sociétés contemporaines ».

Émirat conservateur et combats progressistes

aj+

Pour ceux qui ont voyagé au Qatar comme l’auteur de ces lignes, le caractère « progressiste » de l’émirat est difficile à déceler. Les causes à la mode en Europe, des homosexuels, trans, queers, neutres, bisexuels et autres trisexuels ne font pas partie de la culture qatarie, d’un conservatisme musulman assumé. La lutte contre le racisme est peu à l’ordre du jour dans un pays où une très grande partie de la force de travail et la totalité de la domesticité viennent de l’étranger. Et le féminisme ne semble pas avoir effleuré les qataries.

 

GRIEZMAN

Le visage d’AJ+ est tout autre : écritures inclusives, minorité sexuelles, féminisme de combat, lutte contre le racisme, droits humains, discriminations fondées sur l’accent, le média aurait toute sa place comme sponsor de la Gay pride (pour ceux qui se poseraient la question : non, il n’y a pas de Gay pride au Qatar). A titre anecdotique – coupe du monde de balle au pied oblige – AJ+ s’indigne qu’Antoine Griezman (un des blancs de l’équipe de France, une rareté) ait été choisi pour illustrer une campagne contre le racisme et non pas un joueur noir.

Le pire du P.I.R. et l’ami Tariq

Connaissez vous le PIR ? Il s’agit du Parti des Indigènes de la République, fondé par Houria Bouteljda, une figure à la mode très présente sur les plateaux télévisés et certaines revues féminines. La belle Houria revendique une parole non blanche (imaginez le tollé si un quidam réclamait une « parole non noire »), dénonce l’oppression coloniale, l’islamophobie française (c’est bien connu il y a des centaines d’églises en Arabie Saoudite et au Qatar et aucune mosquée en France). Houria et ses amis sont très présents sur AJ+. De même, AJ+ est très engagé dans la défense de Tariq Ramadan, présenté comme une victime du racisme anti-musulman.

Voile musulman et conflit israélo-palestinien

ajplus-qatar-aj-jazeera

Entre la célébration du « hijab cosplay » où des femmes voilées se déguisent en super-héros et célébrations plus ou moins discrètes des bienfaits du voile pour les filles, la chaine publie plusieurs vidéos quotidiennes sur les violences que subissent les Palestiniens (rappelons que le Qatar est un des fermes soutiens de Frères Musulmans).

Au total AJ+ se présente habilement comme le défenseur des intérêts du Qatar : soutien aux islamistes choyés par l’émirat (Frères musulmans, le mouvement Hamas), défense des minorités à l’extérieur (indifférence polie ou hostilité à l’intérieur), critique implicite ou explicite de l’Arabie Saoudite et… absence d’informations sur le Qatar lui-même. Une ligne politique nette et qui cache ses objectifs sous les oripeaux d’un anti racisme de bazar.

Cet article doit l’essentiel de ses informations à un excellent papier de Hadrien Mathoux publié dans la version en ligne de Marianne le 25 avril 2018.

https://www.ojim.fr/al-jazeera-lance-aj-en-france/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-06-20

"AJ+ français" : quand la propagande du Qatar se cache derrière un progressisme féministe et LGBT

aj-video-thumbnail

Lancé en décembre 2017 en France, ce nouveau média s'adresse aux "générations connectées et ouvertes sur le monde". Mais derrière la façade progressiste, AJ+ est surtout une succursale d'Al-Jazira, la chaîne télé détenue par la famille royale du Qatar. Une allégeance troublante, surtout quand on se penche sur le contenu de ses vidéos…

Vous avez peut-être déjà aperçu leurs contenus en flânant sur votre page Facebook ou votre fil Twitter. Des vidéos léchées, présentées par de jeunes journalistes à destination des jeunes générations. AJ+ a débarqué en France depuis décembre dernier. Uniquement accessible sur les réseaux sociaux, ce média est la version francophone d'un service de vidéos d'actualité qui cartonne dans le monde anglo-saxon : AJ+ en langue anglaise, lancé en septembre 2014, qui compte 929.000 abonnés sur Twitter et près de 11 millions sur sa page Facebook. En français, les chiffres sont bien plus modestes (14.000 followers sur Twitter et 120.000 sur Facebook) mais les vidéos les plus populaires dépassent régulièrement les 500.000 vues.

AJ

Pour le visiteur lambda, impossible de le savoir mais AJ+ est en fait la succursale "réseaux sociaux" de Al-Jazira, chaîne TV d'info en continu de référence du monde arabe. Les deux sont la propriété de "Al Jazeera Media Network", une organisation directement détenue par la famille royale du Qatar. Une filiation dont AJ+ français ne fait jamais mention, nulle part. La chaîne de vidéos se présente simplement comme "un média en ligne pour les générations connectées et ouvertes sur le monde qui traite de façon inclusive les problématiques des sociétés contemporaines". Et son identité graphique prend soin de se distinguer totalement du logo de la chaîne Al-Jazira, qui représente un caractère d'écriture arabe.

p1080562-640x427

Impossible donc, en voyant passer ses contenus, de déceler que AJ+ appartient à un émirat autoritaire et conservateur. Au contraire, le média paraît relayer tous les combats "progressistes" chers aux "générations connectées et ouvertes sur le monde" : droits des femmes, des minorités sexuelles, lutte contre le racisme, etc. Le souci de "l'inclusivité" est partout, l'écriture à point médian étant d'ailleurs omniprésente. Une vision du monde très "liberale", au sens anglo-saxon du terme, qui se fait parfois même "radicale" en épousant des causes plus pointues comme le remplacement du sigle "LGBTQI+" par "LGBTQQIP2SAA", la substitution dans la Constitution des "droits humains" aux "droits de l'homme" ou encore, la lutte contre la glottophobie (discriminations fondées sur les accents). Plus inclusif que Benoît Hamon !

Une fascination pour la notion de races

10002716_285564111605871_867285189_n

Mais quand on s'y attarde, derrière cette façade résolument ouverte et cool transpirent assez rapidement un certain nombre d'obsessions. D'abord pour la notion de race, utilisée comme un critère fondamental de lecture de tout. AJ+ relaie ainsi sans relâche les combats des réseaux sociaux portés par des hashtags tels que #BlackHogwarts, dénonçant le manque de "personnages noir-e-s" dans… la saga Harry Potter. "Sur les 1.207 minutes de la saga Harry Potter, les personnes de couleur ne parlent que 5 minutes et 40 secondes", est allé calculer un tweet cité par AJ+. Qui s'indigne également que "31% des rôles à connotation négative [dans la télévision française soient] tenus par ces personnes non-blanches". AJ+ français lance également des polémiques sur le sujet, comme lorsque le footballeur français Antoine Griezmann est sélectionné par le gouvernement comme tête d'affiche d'une campagne contre les discriminations : "Le ministère des Sports a choisi le footballeur Antoine Griezmann comme ambassadeur pour incarner la lutte contre le racisme dans le foot. Pas Blaise Matuidi. Pas Ousmane Dembélé. Pas Paul Pogba. Antoine Griezmann". Comprendre : Antoine Griezmann ayant la peau blanche, il ne serait pas légitime pour promouvoir la lutte contre le racisme.

Dans une vidéo consacrée à "l'appropriation culturelle", la journaliste Yasmina Bennani pose la question : le "twerk" de Miley Cyrus, les kebabs commercialisés par McDonalds, les tresses de Kylie Jenner, "vous trouvez ça cool ou ça vous révolte ?". Deux sources donnent la réponse : Nacira Guénif-Souilamas, professeur de sociologie à Paris-8, qui explique que ces exemples constituent "une spoliation, (...), un abus de pouvoir, (...) une continuation de la colonisation par d'autres moyens". Et Réjane Pacquit, co-fondatrice de Sciences Curls, qui juge "extrêmement violent" de voir des personnes blanches arborer des dreadlocks.

afro-feminisme

Une autre vidéo réalisée par la même Yasmina Bennani traite de la question du "féminisme blanc". "Au sein [du féminisme], censé être universel, une tendance est de plus en plus accusée de ne pas toutes nous inclure, introduit-elle. C’est le féminisme blanc, ou white féminism en anglais". Plus tard dans la vidéo, elle affirme qu'"aujourd'hui, le féminisme blanc (...) est accusé de délaisser les injustices supplémentaires rencontrées par les femmes de couleur". Par qui, en quelles proportions ? On ne le saura pas. Et là encore, la parole n'est accordée qu'à des interlocuteurs très engagés, sans que leur subjectivité soit jamais explicitée ou contrebalancée par des contradicteurs. Fania Noël, militante au collectif afro-féministe Mwasi, dénonce un féminisme "ethnocentrique, libéral et impérialiste", puis on cite Ruth Frankenberg, une universitaire américaine "spécialisée en études de la blanchitude". L'experte du CNRS convoquée est Christine Delphy, qui juge les féministes françaises historiques comme Elisabeth Badinter "complètement allumées. (...), elles sont peut-être féministes mais elles sont aussi racistes". La vidéo s'achève sur la conclusion de journaliste, avancée sous forme de question : "Le féminisme blanc français serait-il islamophobe et raciste ?". La réponse d'AJ+ a en tout cas été fortement suggérée au spectateur…

L'omniprésence des indigènes de la République

DYL-Dj1U0AAemZn

Les "experts" brandis par AJ+ dans ses vidéos partagent très souvent un point commun : ce sont des proches, voire des membres fondateurs du Parti des indigènes de la République (PIR), l'association fondée par Houria Bouteldja, aux obsessions identitaires bien connues et qui dissimule mal des positions homophobes, antisémites ou racistes derrière un prétendu "antiracisme politique". Depuis janvier, AJ+ a ainsi sollicité Christine Delphy et Nacira Guénif-Souilamas mais également Imen Habib, toutes signataires de l'appel du PIR en 2005. Il semble que ces sympathies soient partagées au sein de la rédaction : une des journalistes d'AJ+, Widad Ketfi, a ainsi participé à une conférence sur les "paroles non blanches" le 13 avril 2016. Thème de son intervention : "La blanchité dans les médias".

DRlI4oUVwAAYXQZ

Dans la pensée indigéniste, toute la société occidentale est analysée à l'aune de l'oppression "coloniale" infligée aux "racisés", c'est-à-dire aux non-Blancs. Cette vision se retrouve dans la ligne éditoriale d'AJ+ français où d'innombrables faits divers sont égrenés sans ceesse dans le but transparent d'instiller l'idée que l'islamophobie et le racisme sont omniprésents en France : expulsion d'une migrante enceinte dans un train à Menton, violences contre une femme "agressée car voilée" à Vélizy, "violente interpellation" d'une autre en niqab à Montpellier… Chaque exemple de violence policière supposée ou avérée est ainsi scrupuleusement rapporté voire monté en épingle. Dans une certaine mesure, le média fonctionne comme une sorte de "Fdesouche" à l'envers : à l'instar du site d'extrême droite, il nourrit un fil d'actualité obsessionnel, créant un climat particulier, en l'espèce celui d'un Etat policier, raciste et islamophobe.

Et lorsque AJ+ décide de consacrer une attention plus particulière à un incident, c'est pour en donner une version univoque. Exemple avec le cas d'une femme qui aurait été forcée de quitter la salle de sport de l'Aquaboulevard à Paris car elle portait un turban.

AJ+ décide de mettre en valeur le témoignage de la meilleure amie de la femme en question, ainsi que des tweets mettant en cause le comportement d'Aquaboulevard. Pendant ce temps-là, un article du Parisien met côte à côte cette version et celle du directeur, qui relate qu'"il a été rappelé à la cliente et à son invitée qu’il fallait qu’elle retire son couvre-chef. Elle est quand même allée assister au cours avec son turban. A la fin du cours, nous lui avons fait un second rappel", avant que l'incident ne survienne. Ce témoignage n'est jamais évoqué dans la vidéo d'AJ+.

6373-100237707

Deuxième exemple : celui d'un Montpelliérain expulsé d'un cinéma car il portait un keffieh et un sac à dos. Dans son interview pour AJ+, il dénonce directement un "racisme ordinaire".

Simple témoignage d'un citoyen lambda victime de discrimination ? Pas vraiment : sur son compte Twitter, Abdel-Wahab Ladmia se présente comme un "militant antiraciste décolonial" et retweete abondamment le Parti des indigènes de la République. Sa confrontation filmée avec une membre du personnel du cinéma permet de reconstituer la réalité de la scène : il s'est donc rendu au cinéma, keffieh sur la tête et sac sur le dos, et a très vraisemblablement refusé de voir son sac fouillé, ce qui a entraîné la confrontation qu'il a filmée avec son portable illico dégainé.

Le soutien à Tariq Ramadan

WL9n_

Tout en nourrissant le sentiment que les musulmans sont victimes d'un acharnement au sein de la société française, AJ+ publie un contenu très favorable à… Tariq Ramadan. Alors qu'il est mis en examen pour des accusations de viol, le prédicateur islamiste, qualifié de "professeur" et d'"intellectuel suisse", bénéficie d'une courte vidéo qui met en valeur le combat de ses soutiens, #FreeTariqRamadan.

Qui s'exprime dans ce contenu ? L'épouse de Tariq Ramadan, et trois comptes Twitter anonymes qui le soutiennent. AJ+ n'a visiblement pas été refroidi par le profil de ces comptes, qui pourtant interpellent : le premier, @NasNacera, est empli de messages haineux contre le "lobby judaïste" et moque ceux qui hurlent "au zantisémitisme (sic). Le second, @Jeru_Saleem, témoigne d'une véritable obsession pour le conflit israélo-palestinien. Et le troisième, @marteauamiral, est un compte d'extrême droite qui prône la "réémigration". Pour AJ+, qu'importent ces profils pourvu qu'ils illustrent sa thèse : "Certain-e-s dénoncent le deux poids deux mesures" dans le traitement de l'homme accusé de viol par cinq femmes.

Des partis pris qui ne disent pas leur nom

DeCOQ4xV4AAGswt

Régulièrement, le média fait davantage que relayer des informations : il livre des analyses politiques. En décrétant qu'un sujet fait polémique pour le traiter avec des interlocuteurs militants ne venant que d'un seul camp, AJ+ prend position. Mais là où les médias engagés affichent la couleur, AJ+ se planque. Sur la forme, les vidéos mises en ligne par la chaîne ressemblent comme deux gouttes d'eau aux contenus "pédagos" publiés par des médias comme Brut ou Le Monde, aux prétentions objectives. Et rappelez-vous, officiellement AJ+ n'est qu'"un média qui traite de façon inclusive les problématiques des sociétés contemporaines". Or, dire d'où l'on parle voire assumer son parti pris, c'est ce qui différencie un média engagé… d'un organe de propagande.

Illustration, une nouvelle fois, avec cette vidéo consacrée au Conseil des sages de la laïcité créé par le ministère de l'Education nationale.

pir-repu

La journaliste, Chloé Duval, décrète d'emblée que ce Conseil "pose problème", puis donne la parole à deux sources. Le premier interlocuteur, Jérôme Martin, est un membre du "Cercle des enseignant-e-s laïques"... une dénomination qui cache le fait que cette organisation réalise des vidéos sur la laïcité en partenariat avec le très contestable Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Deuxième source : Asif Arif, présenté comme un "avocat spécialiste des questions de laïcité". Or, comme le souligne une contribution d'un Mariannaute consacrée au personnage, Asif Arif est également l'animateur d'émissions religieuses où l'on n'hésite pas à affirmer qu'il faut "habituer" les jeunes filles "aux bienfaits du voile" et ce, dès l'âge de 7 ans. Sans surprise, donc, nos deux "experts" pourfendent le Conseil des sages de la laïcité, accusé de propager "un athéisme militant, anti-religieux et notamment à l'égard des musulmans en priorité".

La fin de cette séquence, qui se voulait pédagogique, est un festival : on y évoque des "croisades menées au nom d'une laïcité qu'on pourrait qualifier de falsifiée", un acharnement consistant à "systématiquement dire que c'est le foulard islamique, la jupe islamique, le chouchou islamique, le tatouage islamique, qui sont des problèmes prioritaires de l'école de la République". Si l’idée était de produire un éditorial, elle n'est pas assumée. Mais si le but était, sous des airs d'"info", de dénigrer auprès du jeune public la conception républicaine de la laïcité, l'objectif est pleinement atteint…

La promotion du voile

amina_khan

Même si AJ+ ne l'explicite jamais, il devient évident à force de le lire que le média est vecteur d'un engagement politique. Notamment en faveur du port du voile : en janvier dernier, le portrait de Amena Khan, une blogueuse devenue la première femme voilée à être l'égérie de L'Oréal (elle s'est finalement retirée après que ses tweets polémiques sur Israël eurent été exhumés), ressemble moins à un reportage qu'à un spot de publicité pour "la liberté de porter le voile".

Le média financé par le Qatar célébr le "Hijab Cosplay", où des femmes voilées se déguisent en super-héroïnes. Et lorsqu'Emmanuel Macron s'interroge sur le fait que certaines femmes puissent être obligées de porter le voile islamique contre leur volonté, AJ+ décrète que le président "a réussi à énumérer tous les clichés liés au voile en une seule phrase". Une vidéo publiée le 8 mars vient tout de même rappeler qu'en Iran, les femmes luttent pour pouvoir retirer leur voile.

L'obsession pour le conflit israélo-palestinien

Ahmed-Shihab-Eldin-Al-Jazeera-video-Al-Aqsa-s-

Mais là où l'engagement politique d'AJ+ français est le plus visible, c'est lorsqu'il aborde le conflit israélo-palestinien. C'est-à-dire, très souvent : cette thématique, qui s'invite de manière sporadique dans l'actualité française, est une véritable obsession pour le média basé à Doha. Du 1er au 23 avril, il a ainsi consacré pas moins de 14 vidéos complètes à Israël et au sort des Palestiniens, alors qu'il publie entre 2 et 3 vidéos chaque jour. Et il n'est qu'à lire leurs titres pour constater qu'elles relèvent là encore davantage de la propagande que du journalisme : "En silence, Ahed Tamimi endure la torture psychologique de ses matons israéliens" ; "Tirer sur un homme et s'en réjouir : c'est ce que font ces soldats israéliens" ; "À Gaza, 'plus grande prison à ciel ouvert' au monde, les Palestiniennes réclament leur droit au retour".

A l'intérieur des vidéos, toujours les mêmes méthodes. Sous prétexte de dresser un état des lieux du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions contre l'Etat d'Israël) pour les non-avertis, AJ+ donne la parole à Imen Habib, animatrice de la campagne BDS en France (et signataire de l'appel des Indigènes de la République) ; à Ghislain Poissonnier, "magistrat à la cour de Cassation" mais surtout engagé de longue date dans la cause palestinienne, ce qui n'est jamais précisé ; et à Jean-Guy Greilsamer, militant de l'Union juive française pour la paix (UJFP)... seule association juive radicalement hostile à Israël. Pour expliquer les critiques dont fait l'objet le mouvement BDS, régulièrement accusé de dissimuler un antisémitisme violent, la journaliste Widad Ketfi avance tout simplement : "Parce que [le mouvement BDS] dérange, alors qu'il est non-violent et qu'il s'inspire de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud". Nelson Mandela est même convoqué en fin de vidéo, tandis que l'on s'étonne de "l'exception" dont bénéficie le "régime d'apartheid israélien"...

59358055c36188c07d8b459a

Quand AJ+ français ne se demande pas "jusqu'à quand Israël va asphyxier Gaza dans l'indifférence générale", "pour punir les Gazaouis d'avoir élu le Hamas lors des élections de 2006", il propose de "comprendre 70 ans de conflit [israélo-palestinien] en moins de 6 minutes". Le résultat est alors à la hauteur des craintes : un exercice de propagande d'où le pluralisme est absent, et où l'expert de référence du conflit est Alain Gresh, un journaliste proche des Frères musulmans et de Tariq Ramadan, en compagnie duquel il a publié un livre d'entretien et donné des conférences. Et voici comment s'ouvre cette explication historique : "Imaginez que l’on débarque chez vous, que l’on s’installe dans votre salon, et que progressivement on grignote un peu plus de votre espace pour vous laisser qu’un tiers de votre chambre ou pire qu’on vous expulse ? Et gare à vous si jamais vous protestez. Et bien c’est ce qui arrive aux Palestinien.ne.s depuis 70 ans". La question finale est tout aussi subtile : "Est-ce que certains Etats ne sont pas au-dessus du droit international ? Et jusqu'où la communauté internationale laissera Israël s’étendre ?".

Quand on sait qu'AJ+ est financé par le Qatar, lequel dépense des millions de dollars pour soutenir le mouvement islamiste du Hamas dans la bande de Gaza, on réalise que les territoires du journalisme sont décidément bien loin.

Derrière le progressisme, le Qatar

aj creativity

C'est qu'au fond, les vidéos produites par AJ+ sont en fait alignées sur les intérêts du Qatar. C'est là toute l'ambiguïté d'Al-Jazira et de ses filiales. La chaîne d'info en continu a été créée de toutes pièces par le Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani en 1996. "Devenu émir du Qatar après avoir renversé son père, il souhaitait alors montrer qu'il était capable de moderniser son pays", explique à Marianne Mohamed El Oifi, maître de conférences à Sciences Po, spécialiste des médias arabophones. La volonté de libéralisation du nouvel émir l'a conduit à laisser beaucoup d'autonomie à Al-Jazira, qui s'est vite imposée, devenant la chaîne de référence du monde arabe. Le média a également développé une identité particulière : "Al-Jazira ouvre son antenne à toutes les oppositions - sauf à celles du Qatar -, c'est la chaîne de toutes les contestations, de défense des gens marginalisés, le porte-voix des peuples". Une posture qui se traduit notamment par le fait de donner régulièrement la parole aux Frères musulmans et aux islamistes, considérés "comme des acteurs politiques ordinaires".

AJ LGBT 1

Mais cette ligne engendre quelques contradictions embarrassantes. Comment multiplier les vidéos défendant les droits de la communauté LGBT (il faudrait même dire "LGBTQQIP2SAA"), tout en passant sous silence que l'homosexualité est illégale et même passible de peine de mort au Qatar ? Comment défendre avec crédibilité les thèses d'un féminisme parfois radical alors qu'au Qatar, aucune femme ne siège au Parlement et qu'Amnesty International dénonce "les discriminations dans la législation et dans la pratique" qu'elles subissent là-bas ? Comment se faire le porte-voix d'un droit-de-l'hommisme particulièrement revendicatif dès lors que l'on travaille pour une monarchie de droit divin autoritaire prônant la charia, où la flagellation et la peine de mort restent en vigueur ?

AJ LGBT 3

Si la chaîne et ses déclinaisons AJ+ bénéficient d'une certaine liberté éditoriale, celle-ci est en fait liée à plusieurs conditions qui dessinent en creux la stratégie du Qatar. Premièrement, l'impertinence journalistique s'exerce exclusivement en dehors des frontières de l'émirat : la version anglophone d'AJ+ peut par exemple consacrer une vidéo à la répression des homosexuels en Tchétchénie, elle restera toujours silencieuse sur l'homophobie d'Etat qui règne chez son actionnaire. Deuxièmement, si à l'international tous les aspects du discours progressiste peuvent être mobilisés, y compris la défense des minorités, le message de fond reste compatible avec la ligne de Doha : l'islamisme politique est encouragé, en témoigne la présentation très favorable donnée au Hamas dans les vidéos sur la Palestine. Et la géopolitique qatarie est scrupuleusement respectée, comme dans le traitement critique ciblant l'Arabie saoudite, principal rival du Qatar au Moyen-Orient, et son prince héritier Ben Salman. AJ+ multiplie les vidéos mettant en cause le rôle des Saoudiens dans le conflit au Yémen, dont les atrocités sont décrites par le menu. Mohamed Ben Salman, lui, fait l'objet d'un portrait confrontant sa "face A" de modernisateur et sa "face B" obscure d'homme politique autoritaire. La rédaction d'AJ+ français observe en revanche un silence poli mais têtu sur l'actualité d'un pays voisin de l'Arabie saoudite, le Qatar ! Aucun contenu n'a été consacré au pays actionnaire en 2018. C'est sans doute plus prudent, puisque les journalistes sont basés… à Doha.

AJ LGBT 2

Résultat, la façade "éveillé·e·s, impliqué·e·s, créatif·ve·s" (c'est le slogan d'AJ+ français) entretient l'image cool et moderne d'Al-Jazira et, in fine, du Qatar. Une stratégie de soft power bien connue de cette monarchie, dont l'achat du PSG a été l'un des exemples les plus spectaculaires en France, permettant de faire rimer, aux yeux d'un public jeune et non averti, Qatar avec Neymar. Même si ses contenus sont différents de ceux d'Al-Jazira, AJ+ procède bien de la même logique : "AJ+ ne change pas de ligne éditoriale mais d'interlocuteur, expose Mohamed El Oifi. Pour capter un public jeune et radical, elle adapte ses contenus". Pour les contenus en français, la direction est impulsée par la rédactrice en chef Kheira Tami. Cette journaliste polyglotte et expérimentée a parfaitement saisi comment articuler l'idéologie du Qatar avec l'affichage multiculturaliste. Même si les ficelles sont grosses… "AJ+ en France n'a pas atteint sa maturité, il sont encore dans des essais très radicaux dans le but de se créer une base, tempère Mohamed El Oifi. Mais la question de la normalisation va vite se poser : s'ils continuent dans cette voie, ils vont rapidement manquer d'interlocuteurs sérieux. Pour le moment, AJ+ ne forme qu'une fraction marginale de l'opinion publique". L'expérience AJ+ montre en tout cas qu'après Russia Today et Sputnik News, les grandes puissances étrangères adeptes de la propagande ont bien compris l'intérêt de le faire de l'intérieur, en investissant le paysage médiatique français.

https://www.marianne.net/medias/aj-francais-quand-propagande-qatar-cache-derriere-progressisme-feministe-lgbt

BASE 14 995X225

Une enquête intéressante avec un bémol, d'autres influences étrangères semblent moins déranger les auteurs; par ailleurs, si certaines critiques sont scandaleusement utilisées à des fins de propagande et de géopolitique, cela n'enlève pas à celles- ci tout degré de pertinence... Reste que les multiples visages présentés sur cette chaîne en font un cas d'école en matière de manipulation, et un véritable danger pour la cohésion nationale.   P.G.

mardi 19 juin 2018

Une provocation de plus contre la Russie ?

Les États-Unis et l’Otan continuent de provoquer la Russie contre eux-mêmes, la demande de la Norvège de doubler le contingent américain sur son territoire en étant le dernier exemple en date, écrit Ted Galen Carpenter, expert américain de la politique étrangère dans un article publié par la revue The National Interest.

TL OTAN NORVEGE

Actuellement, la Norvège compte 330 militaires américains qui s’y trouvent sur une base de rotation. Si la demande du gouvernement norvégien est satisfaite, le contingent américain augmentera jusqu’à 700 personnes.

Ces nouveaux militaires devraient être déployés dans le nord de la Norvège, à quelques centaines de kilomètres de la frontière avec la Russie, à la différence de ceux qui se trouvent dans la partie centrale du pays.

Les troupes américaines déployées sur une base de rotation permettent aux Norvégiens de tenir formellement la promesse donnée à Moscou en 1949 au moment de l’adhésion de la Norvège à l’Alliance atlantique. À cette époque, les autorités du pays avaient en effet promis de ne pas déployer de bases américaines sur le territoire de leur pays.

1211_estudios_620x350-900x529

La ministre norvégienne des Affaires étrangères Ine Marie Eriksen Soreide, en demandant de doubler le contingent américain a rappelé qu’il serait déployé sur la base de rotation.
Du point de vue de l’expert américain, il s’agit d’un « tour cynique », incapable de tromper quiconque, et d’autant moins Vladimir Poutine et son entourage.

Les autorités norvégiennes ont déclaré que leur demande ne visait pas la Russie. L’expert Carpenter estime que cette déclaration est mensongère, du moment que la demande a été faite seulement quelques jours après que neuf pays du flanc oriental de l’Otan aient demandé à l’organisation de muscler sa présence dans la région.
En outre, l’Otan prévoit en octobre de mener sur le territoire norvégien l’exercice Trident Juncture 18 qui devrait impliquer 35 000 militaires, 70 navires et 130 avions.

croisic3a8res-norvege

La ministre norvégienne affirme néanmoins qu’elle ne voit pas de « raison sérieuse » pour la Russie de réagir à ces actions d’Oslo.

Les leaders de l’Otan continuent d’affirmer que les actions de l’Alliance ne visent pas les intérêts de la Russie. Mais la conduite de l’Otan contredit ces déclarations, estime l’expert américain.

« Les USA et l’Otan devraient s’en tenir à une approche plus réaliste. N’importe quelle nation percevrait une telle conduite de l’Otan près de ses frontières comme inamicale et même menaçante. La poursuite de ces actions accompagnée du refus cynique d’admettre leur caractère hostile, peut facilement induire en erreur et provoquer une confrontation catastrophique. », a souligné l’expert.

77phZah9QXDIGMwOHmwnQU9dtJo

L’Otan ne cesse d’avancer vers les frontières de la Russie, violant ainsi la promesse qu’elle avait elle-même faite au Kremlin en 1990, consistant à ne pas s’élargir à l’Est. La Russie, elle, qualifie l’expansion de provocation et affirme qu’il est dangereux de déstabiliser l’équilibre des forces sur le continent européen. Vladimir Poutine a de son côté assuré que l’État russe n’envisageait pas de se livrer aux hostilités, mais restait déterminé à défendre ses intérêts de manière civilisée. Selon lui, c’est l’expansion de l’Otan et le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe qui représente une menace pour la sécurité de la Russie et de ses citoyens.

 


 

Blindés - 1

 


 

Source :

https://fr.sputniknews.com/international/201806171036833412-otan-norvege-troupes/

https://francais.rt.com/international/34901-8-000-militaires-otan-exercies-frontières-russie

https://aphadolie.com/2018/06/18/otan-une-provocation-de-plus-contre-la-russie-video/

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

mercredi 6 juin 2018

Washington suspend son aide financière aux Casques blancs

TRIBUNE LIBRE / Afrique- Asie.fr

TL CASQUES BLANCS SUBV

Le 4 mai, le Département d’État a annoncé la suspension de son aide financière aux Casques blancs ou « Défense civile syrienne », alors qu’il avait reçu leurs représentants, à peine deux mois auparavant. Cette aide représentait un tiers du budget de la soi-disant organisation humanitaire « neutre ».

Quel media national ou international, quelle agence de presse internationale, l’AFP entre autres, n’a pas publié d’articles élogieux sur les Casques blancs et repris les « informations de terrain » de ces secouristes syriens qui sauvaient les populations dans les zones tenues par les armées terroristes ? Aucun. Il n’y eut que des sites d’information politique comme Afrique-Asie, www.lesakerfrancophone.fr, https://francais.rt.com, https://www.rt.com/news/ www.moonofalabama.org ou des organisations comme https://reseauinternational.net   ou www.stopwar.org.uk pour démasquer leurs « fake news » et dénoncer l’imposture. Nous sommes tous des « conspirationtionnistes  pro-russes », comme nous ont qualifiés les medias ou les hommes politiques. Sur le site wikipedia dont on sait qu’il est consulté par des millions de personnes, on peut lire encore aujourd’hui : « À partir de 2015, de nombreuses théories du complot sont diffusées par des medias pro-russes comme RT et Sputnik ainsi que par de sites et des blogs conspirationnistes d’extrême-droite ou d’extrême-gauche qui accusent les Casques blancs de liens avec al-Qaïda ou l’État islamique ». En France, l’association de journalistes Reporter Sans Frontières, créée par Robert Mesnard, aujourd’hui maire d’extrême-droite de Béziers, a été particulièrement active, également, dans son soutien à l’ONG.

5-21-3cdd2

Quels sont les medias nationaux ou internationaux qui ont mis en doute les « fake news » diffusées par les Casques blancs, les vidéos et les photos truquées, les « preuves » d’attaques chimiques ? Aucun, sinon ceux cités plus haut. La campagne anti-syrienne, orchestrée par « The Syrian Campaign, », vitrine des Casques Blancs et relayée par les medias à partir de ces mensonges fut d’une force de frappe inégalée qui a justifié non seulement la condamnation de la Syrie et la Russie par la communauté internationale, de nouvelles sanctions américaines contre Moscou, une intensification du soutien américain aux terroristes, mais, également, des frappes contre des cibles syriennes.

Les vidéos et les photos étaient truquées, les chiffres manipulés. L’opinion publique internationale n’a jamais pu et ne peut toujours pas découvrir dans cette presse les preuves irréfutables des liens des Casques blancs avec, entre autres,  le groupe al-Nosra, les « amis » de la France selon Laurent Fabius, « qui font du bon boulot sur le terrain ». Y compris les images qui montrent des Casques blancs présents à une décapitation par ces terroristes. Ni sur leur participation à l’enlèvement et à l’enterrement des corps de soldats syriens ou des martyrs civils exécutés, ni les armes à feu portées par ces « volontaires neutres », ni les mises en scènes diffusées sur le Net, celles d’enfants, notamment, comme récemment à Douma. Pourtant, ces informations étaient accessibles par les journalistes ayant seulement un minimum de conscience professionnelle.

59a2519709fac2ec2f8b4567

Les Casques blancs étaient tellement héroïques qu’ils furent nominés pour le prix Nobel de la Paix, et, ne l’ayant pas obtenu, furent récompensés, en septembre 2016,  par le Right Livelihood Award, « prix Nobel alternatif ».  Le film « les Casques blancs »  sur ces « volontaires civils non armés et neutres » a reçu l’Oscar 2017, à Hollywood,  dans la série « Documentaires ». En février dernier, Abdulrahman Almawwas, le vice-président des Casques Blancs, faisait une visite quasi « officielle »  en France. Il était reçu à l’Assemblée nationale et rencontrait un conseiller spécial d’Emanuel Macron. Il demandait à la France d’intervenir, la « ligne rouge » macronienne étant désormais franchie par les Syriens et leurs alliés. Son président Raed Saleh était, également, reçu à Washington.

AOP-MAT-UK-CROWN_2000x

La « Défense civile syrienne » ou « Casques blancs » s’est présentée officiellement, à sa  création en 2013,  comme une « organisation humanitaire de protection civile ». Elle a été fondée par un ancien militaire britannique, James Le Mesurier qui reçut, en juin 2016, le grade d’officier de l’Ordre de l’Empire britannique. Ce mercenaire de la Couronne a servi en Bosnie, au Kosovo, en Irak et au Liban. Son organisation « mère », Mayday est active en Somalie et ailleurs. Lié aux monarchies du Golfe, il est impliqué dans le renseignement, la vente illégale d’armes et un certain nombre de compagnies privées de sécurité.

Les Casques blancs, nés à Istanbul,  ont été formés en Turquie par, entre autres, l’ARK, Analysis Research and Knowledge, une société privée  basée à Dubai. Le Mesurier avait pour mission, en réalité, de créer une « troisième force », censée être « modérée » et devenir l’interlocuteur des puissances occidentales dans leur stratégie de « changement de régime » en Syrie.

Qui finance les Casques blancs ? Leur formation et leur équipement étaient, jusqu’ici et sans surprise, financés par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et le Japon. La contribution américaine, la plus importante,  s’effectuait via l’Agence américaine pour le développement international (USAID) liée à la CIA, à hauteur de 23 millions de dollars (2016) selon le Département d’État

30624202_1590751401021602_90312927327813632_n

Début mai, le Département d’État a, donc, gelé l’aide américaine aux Casques blancs, et annoncé que la poursuite du soutien financier à l’ONG représentant environ un tiers de son budget, était « en cours d’examen ». Une décision qui résulte des nombreux témoignages et dénonciations de fausses informations par les « conspirationnistes » qui commencent à convaincre. Sans doute, la dernière « opération médiatique » des Casques blancs concernant une présumée attaque chimique sur Douma, le 7 avril, a-t-elle été la « fake news » de trop. C’est cette information qui a justifié les frappes du 13 et 14 avril par la France et les États-Unis sur des objectifs militaires syriens. « Mais pourquoi ? » a demandé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. « Les derniers films ne leur ont pas plu (aux alliés occidentaux) ? Ou peut-être existe-t-il d’autres raisons ? A vrai dire, il serait intéressant de savoir combien exactement les Casques blancs touchaient de la part du gouvernement américain et des gouvernements d’autres pays, notamment les trois qui ont récemment porté une frappe contre la Syrie. Je crois que cela revêt une importance de principe pour comprendre comment fonctionne ce mécanisme bien rodé des mensonges ». À ce jour, la Grande-Bretagne a réaffirmé son soutien aux Casques blancs, la France ne s’est pas exprimée. Cependant, il semble bien qu’avec les victoires récentes de l’Armée syrienne sur les forces terroristes et les découvertes faites dans les sites nettoyés, le vent commence à tourner pour les Casques blancs. Mais de tout cela, les medias nationaux et internationaux ne parleront pas. … « Cochon qui s’en dédit ! ».

Christine Abdelkrim-Delanne

http://www.afrique-asie.fr/washington-suspend-son-aide-financiere-aux-casques-blancs/

ob_e1bc57_dieu-medias2015-550x400-c

ob_f07afc_fake-news-2

 

Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

mardi 29 mai 2018

“Que nous puissions prouver ou pas l’implication de Moscou dans le cas Skripal n’a aucune importance”

BASE 14 995X225

Un exemple du type de propagande infligé aux Britanniques pendant "l'affaire Skripal"

Voir le commentaire en fin d'article.   P.G.

The Independent (littéralement, L'Indépendant) est un quotidien généraliste britannique de langue anglaise, fondé en 1986, de format tabloïd mais de contenu sérieux. Il est de centre gauche. Depuis mars 2016, le journal n'est plus disponible qu'en version électronique.

(...)En mars 2010, le journal a été racheté pour une livre symbolique par l'oligarque russe Alexandre Lebedev déjà propriétaire de l'Evening Standard. Il doit recevoir du vendeur, Independent News & Media, 9,25 millions de livres (10,3 millions d'euros) pour apurer les dettes (...) Ce journal est considéré comme de centre gauche. Il est pro européen et progressiste sur le plan des mœurs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Independent

TRIBUNE LIBRE /

PROP SKRIPAL

Source : Independent, 04-04-2018

Bien que ça n’ait pas aidé, le directeur de Porton Down [centre de recherche militaire, NdT] avait parfaitement le droit de déclarer que son établissement était incapable de déterminer l’origine de l’agent neurotoxique utilisé dans l’attaque contre les Skripal. L’intervention de Gary Aitkenhead a provoqué la suppression d’un tweet du Foreign Office et a causé un embarras certain pour Boris Johnson, le secrétaire aux affaires étrangères le plus prompt à blâmer les Russes.

Lors de sa visite en Turquie, Vladimir Poutine était presque joyeux en mettant en avant le dernier rebondissement de cette histoire. Malgré tout, les Russes maintiennent leur guerre de propagande contre la Grande-Bretagne, en concoctant des offres d’aide à l’enquête en apparence raisonnables mais insincères, y compris en appelant à une réunion d’urgence de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC).

4440390_3_a61f_des-enqueteurs-de-l-onu-en-syrie-le-29-aout_90a08f05a826e1de78327288b5b91b8f

Rien de tout ceci ne change l’écrasante probabilité que l’agent neurotoxique « Novichok » provienne de Russie et que, comme le Premier Ministre l’a déclaré le mois dernier, les autorités russes étaient directement ou indirectement responsables de cet épisode. L’agent neurotoxique, selon Proton Down, est de qualité militaire et d’un type qui peut être uniquement utilisé par une agence gouvernementale.

C’est la Russie, durant l’époque soviétique, qui a développé la famille d’agents dit « Novichok », et c’est un ancien espion russe qui était la cible. Il est inconcevable que quiconque autre que les Russes aurait eu la capacité et le mobile pour organiser un complot aussi élaboré. Nous avons également le précédent du meurtre d’Alexander Litvinenko à ajouter à la liste des indices pointant vers la Russie.

Putin-bear

La réponse des Russes à tout ceci est « prouvez le », comme s’il s’agissait d’un tribunal. Même sur une exigence légale telle qu’être au-delà de tout doute raisonnable ou dans l’équilibre des probabilités, les Russes sont pleinement coupables. Pourtant un standard légal de preuve n’est pas requis pour que des pays en tirent un jugement et mettent en œuvre les actions appropriées, comme de nombreux amis et alliées de la Grande-Bretagne à travers le monde l’ont fait.

À nouveau, les Russes jouent finement en insistant, en toute mauvaise foi, sur une preuve impossible à obtenir. Quelques-uns, comme Jeremy Corbyn, à différents points de cette affaire, semblent avoir suivi cette ligne, leurs soupçons contre les agences de renseignement occidentales prenant le pas sur leur bon sens. Pourtant, indépendamment des « dossiers douteux » qui ont pu être fabriqués par le passé, les faits du cas de Salisbury ne sont pas mis en doute.

russophobie-20170221

Les Russes sont en meilleure position lorsqu’ils affirment que les relations avec l’Occident dérivent vers une nouvelle Guerre froide. Ceci, bien sûr, n’est dans l’intérêt de personne, mais il paraît inévitable que la Russie s’engage dans de telles actions et menaces, et envahisse ses voisins.

L’affaire Skripal est une cause, une conséquence et un symbole de la rupture complète des relations entre la Russie et l’Occident. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique et du Bloc de l’Est il y a un quart de siècle, la Russie a perdu un empire et a échoué à trouver un nouveau rôle. Sous Vladimir Poutine, le pays semble décidé à reprendre son ancien rôle et revenir à son style. Il est difficile d’imaginer comment une nouvelle détente pourrait se produire dans de telles circonstances.

Source : Independent, 04-04-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Commentaire recommandé

Kiwixar // 28.05.2018 à 06h20

Die lügenpresse (la presse menteuse) dans toute sa splendeur, mentant sur les points principaux (« qualité militaire » et les deux sont tombés malades des heures plus tard, la Russie seule capable de fabriquer ça) et sur le principe (pas besoin de preuve). Tous les points gênants (contredisant la version officielle) soigneusement omis.

De la propagande de guerre méritant un tribunal d’après-guerre, et des condamnations en adéquation avec ce crime qui est le pire de tous car il les contient tous.

https://www.les-crises.fr/the-independant-que-nous-puissions-prouver-ou-pas-limplication-de-moscou-dans-le-cas-skripal-na-aucune-importance/

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

mardi 15 mai 2018

SNCF : une note interne évoquerait la privatisation du groupe et la suppression de «petites lignes»

BASE 14 995X225

En ce moment, le gouvernement et les médias de l'oligarchie répètent en boucle que le gouvernement n'a pas du tout l'intention de privatiser la SNCF. C'était encore le cas de Djebarri (député LREM de Haute- Vienne) ce matin sur RMC. On nous aurait menti?

P.G.

ACT SNCF PRIVATISATION


 

Au matin du 17e jour de grève des cheminots contre la réforme de la SNCF, Le Parisien révèle l’existence d’un document suggérant une volonté de la direction et du gouvernement de privatiser le groupe et de supprimer certaines lignes. «SNCF Gate» ?

«La compagnie ferroviaire a demandé au gouvernement de limiter l’incessibilité des titres de l’entreprise publique à la seule holding» affirme ainsi Le Parisien, commentant le document qui correspondrait au compte rendu d’une réunion de travail entre des cadres de la SNCF et des membres du gouvernement.

Afin de comprendre le sens de cette phrase, il est à noter que la «holding» est la structure qui regroupe les actions des différentes sociétés du groupe SNCF, lui permettant ainsi de garantir une unité de direction. Car en effet, le groupe est composé de trois établissements, actuellement publics : SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités, ces trois entreprises ayant chacune leur propre cœur de métier.

gens-pour-des-cons

Pour rebondir sur le contenu de la note interne, le quotidien a rapporté les craintes du syndicaliste de SUD Rail, Fabien Villedieu : «Si seule la holding est protégée, rien n’empêchera la direction de céder ou d’ouvrir le capital de SNCF Mobilités (qui gère les trains) ou de SNCF Réseau (qui gère l’infrastructure) [...] cette demande ouvre la voie à une privatisation de l’entreprise publique alors que depuis des semaines, le gouvernement et la direction nous répètent en chœur que cette réforme ferroviaire n’est pas la privatisation de la SNCF.»

Le Parisien évoque par ailleurs les réactions «du côté de la compagnie comme du gouvernement» : «Il n’y a pas de sujet [...] C’est une réunion de travail. Notre position n’a pas changé. L’incessibilité des titres de la SNCF concerne aussi bien la holding que SNCF Mobilité et Réseau».

Poursuivant l'analyse de la note, «un document de six pages», le journaliste du quotidien affirme qu'un rapport du gouvernement «sur l’état du réseau et des lignes les moins circulées» est prévu par un amendement.

Si elle laisse le champ libre à l'interprétation, cette deuxième révélation du Parisien pourrait raviver les craintes des usagers des «petites lignes» : en effet, au vu dudit rapport, que pourrait-il advenir des lignes ne générant pas une rentabilité satisfaisante ?

Mouvement social contre la réforme : où en est-on ?

outil gopé

Au cœur des récentes contestations sociales qui portent entre autres sur la défense des services publics, la réforme de la SNCF s'inscrit dans une série de «paquets ferroviaires» prévus par la Commission européenne. A l'origine de la réforme, le rapport Spinetta répondait précisément aux attentes formulées dans le quatrième paquet dont l’objectif est la libéralisation totale du transport des voyageurs par le rail en Europe.
L'intersyndicale de la SNCF a décidé de lancer dans la semaine du 14 mai une consultation pour demander aux cheminots s'ils sont «pour ou contre» la réforme ferroviaire, affichant par la même occasion leur unité face au gouvernement et à la direction.

https://francais.rt.com/economie/50629-sncf-note-interne-evoquerait-privatisation-supression-lignes

23674896_10155892770337612_4971545130397341684_o

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

lundi 14 mai 2018

« Pas d’économies sur l’hôpital » selon Macron, mais 960 millions en moins selon Buzyn…

ACT MACRON HOPITAL

Malgré la promesse d’Emmanuel Macron de ne pas réaliser d’économies sur le budget de l’hôpital pendant son quinquennat, une circulaire émanant du ministère de la Santé annonce au contraire une économie de 960 millions d’euros… Qu’en est-il ?

MACRON HOPITAL 2

Emmanuel Macron l’avait dit les yeux dans les yeux aux journalistes sur le plateau de BFMTV le 15 avril : « Il n’y aura pas d’économies sur l’hôpital dans ce quinquennat, je vous rassure. » Problème : selon une circulaire émanant des services de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, une économie substantielle a bien été prévue dans le budget hospitalier. Celle-ci est même chiffrée à 960 millions d’euros.

Figurant en annexe de cette circulaire épaisse de 70 pages datée du mois d’avril, on la retrouve sous l’appellation… « Économies ». Il est précisé à ce titre : « 960 millions d’euros pèseront directement sur les établissements de santé en 2018.»

BUZYN PAROLES

Interrogés par RT France en novembre 2017, les membres du syndicat Sud-Santé sonnaient déjà l’alerte quant au budget annoncé dans le domaine de la santé hospitalière : « Agnès Buzyn n’a de toute façon pas le poids politique nécessaire pour défendre ses budgets et elle s’écrase devant les régaliens. Quoi qu’elle ait prévu, elle va devenir une communicante qui devra faire avaler des couleuvres à ses interlocuteurs sociaux. La preuve, elle a récemment fait de grandes déclarations, mais elle nous a pondu un budget catastrophique. »

 


 

« C’est comme si on nous demandait de supprimer 15 000 emplois »

 


30916_0

Pour Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), interrogé par France info, cette annonce est inacceptable : « 960 millions d’euros d’économies, c’est comme si on nous demandait de supprimer 15 000 emplois, et je ne crois pas qu’il y ait des emplois en trop à l’hôpital. »

Comment cette économie sera-t-elle réalisée ? Tout simplement grâce à une moindre augmentation du budget des hôpitaux en 2018. Il devait progresser de 4% selon les premières prévisions de dépenses : il n’augmentera que de 2%.

Pas sûr que cette démarche convainque du côté des professionnels de santé qui dénoncent régulièrement le cruel manque de moyens dont souffre leur institution, à l’instar du syndicat Sud-Santé qui, au bilan 2017 de Martin Hirsch, le directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, oppose le nombre de suicides professionnels dans son secteur : « Neuf suicides entre septembre 2016 et septembre 2017 à l’AH-HP. C’est sans compter les tentatives qu’on ignore, les burn-outs, les arrêts de travail… Ils n’entrent pas dans les statistiques, ceux-là. »

Source :

https://francais.rt.com/france/48965-hopitaux-patrick-pelloux-alerte-gouvernement-etat-services-durgence-entretien

https://francais.rt.com/france/50330-pas-deconomies-sur-hopital-selon-macron-mais-960-millions-moins-selon-buzyn-paradoxe

https://www.challenges.fr/economie/malgre-les-promesses-d-emmanuel-macron-l-hopital-fera-bien-pres-d-un-millard-d-economies-en-2018_584177

https://aphadolie.com/2018/05/09/pas-deconomies-sur-lhopital-selon-macron-mais-960-millions-en-moins-selon-buzyn-paradoxe/

lyon123

23674896_10155892770337612_4971545130397341684_o

Posté par UPR Creuse à 07:46 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,