lundi 19 février 2018

Nestlé & Coca-Cola : Une longue histoire d’exploitation, de privatisation des ressources naturelles...

Nestlé & Coca-Cola : Une longue histoire d’exploitation, de privatisation des ressources naturelles et de dégradation de l’environnement.

Cet article complète notre publication du 15 février 2018

Coca-Cola et Nestlé vont privatiser la plus grande réserve d’eau de plusieurs pays d’Amérique du Sud

TL NESTLE COCA

2011 : Coca-Cola au centre de conflits sur l’eau en Inde

Le géant américain est accusé de vider les nappes phréatiques. LEtat du Kerala demande des compensations.

Le Parlement du Kerala, un Etat du sud de l’Inde, a voté, jeudi 24 février 2011, la mise en place d’un tribunal spécial pour statuer sur les demandes de compensation contre le géant américain Coca-Cola, accusé d’avoir pollué et surexploité des nappes phréatiques, mettant en danger la santé de milliers d’habitants. Pertes agricoles, pollution aquatique, maladies : le montant des dommages est évalué à 48 millions de dollars (34 millions d’euros).

L’usine en question a été construite en 2000 sur les terres cultivables de Plachimada, un bourg situé au milieu de rizières fortes consommatrices en eau. Quelques mois après le démarrage de l’activité de l’usine, des habitants ont commencé à se plaindre du goût de l’eau, puis de la baisse du niveau des nappes.

Chaque jour, 500 000 litres ont été puisés en moyenne et 150 000 litres d’eaux usées rejetées. L’usine a été fermée en 2004, à la suite de protestations des habitants et sur ordre du comité de contrôle de pollution du Kerala. Mais Coca-Cola revendique toujours le droit de l’exploiter et a porté l’affaire devant la Cour suprême, qui n’a pas encore tranché.

Les études scientifiques sont pourtant accablantes. Dès 2003, le professeur John Henry, alors toxicologue à la faculté de médecine de l’Imperial College, à Londres, avait prévenu « des conséquences dévastatrices des eaux usées pour la population des environs. ». Ces eaux contiendraient de fortes concentrations en chlore et en cadmium entraînant cancers, maladies cutanées et problèmes respiratoires.

Malgré des conclusions similaires dans l’enquête menée par le comité de contrôle antipollution du Kerala, Coca-Cola continue de nier ces accusations. La semaine dernière, le fabricant a « déploré » la création du tribunal spécial jugeant le texte de loi voté au parlement du Kerala « dépourvu de faits et de données scientifiques ».

 


 

Coca Cola & Nestlé

 

 

2013 : La face cachée des marques

Pendant plus d’un siècle, les entreprises du secteur agroalimentaire et des boissons les plus puissantes au monde se sont appuyées sur des terres et une main-d’œuvre bon marché pour créer des produits peu coûteux et dégager des bénéfices colossaux. Ces bénéfices se sont accumulés au détriment de l’environnement et des communautés locales dans le monde entier et ont joué un rôle dans la crise actuelle du système alimentaire.

Ce rapport se concentre sur dix des entreprises du secteur agroalimentaire les plus puissantes au monde : Associated British Foods (ABF), Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelez International (anciennement Kraft Foods), Nestlé, PepsiCo et Unilever, et vise à renforcer la transparence et la redevabilité de ces dix géants tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. « La face cachée de marques » passe au crible les politiques des entreprises dans sept domaines essentiels pour parvenir à une production agricole durable, mais historiquement négligés par l’industrie agroalimentaire : les femmes, les petits agriculteurs, les travailleurs agricoles, l’eau, la terre, le changement climatique et la transparence. Oxfam compare les politiques mises en œuvre par les différentes entreprises et encourage ces dernières à se lancer dans une « course à l’excellence » pour améliorer leurs performances sociales et environnementales. Voici les principaux constats du rapport « La face cachée des marques » :

  • Plusieurs des dix géants de l’agroalimentaire ont affirmé leur volonté de défendre les droits des femmes, mais aucun ne s’est engagé à mettre fin à la discrimination à l’égard des femmes dans leurs chaînes d’approvisionnement.
  • Aucune de ces sociétés ne s’est dotée de politiques permettant de protéger les communautés locales contre les accaparements de terres et d’eau. Pourtant, toutes achètent des matières premières – notamment huile de palme, soja et sucre – dont la production donne trop souvent lieu à des violations de droits fonciers. Aucun de ces groupes ne prône la tolérance zéro contre les accaparements de terres dans leurs chaînes d’approvisionnement.
  • Les dix sociétés restent excessivement opaques concernant leurs chaînes d’approvisionnement agricoles, ce qui rend leurs déclarations en matière de développement durable et de responsabilité sociale difficiles à vérifier. Nestlé et Unilever font preuve de la plus grande transparence quant aux pays dans lesquels elles s’approvisionnent. Cependant, aucune société ne fournit suffisamment d’informations sur ses fournisseurs.
  • Les dix sociétés étudiées réalisent en général des économies en eau, mais n’ont pour la plupart pas mis en place de politiques limitant leur incidence sur les sources d’eau locales. Seule Pepsi a publiquement reconnu l’eau comme un droit fondamental et s’est engagée à consulter les communautés locales. Nestlé a élaboré des directives sur la gestion de l’eau à l’intention de ses fournisseurs et se classe au premier rang pour ses politiques en la matière.
  • Toutes ces entreprises ont pris des mesures en vue de réduire leurs émissions directes de gaz à effet de serre, mais elles ne sont que cinq – Mondelez, Danone, Unilever, Coca-Cola et Mars – à rendre compte des émissions agricoles liées à leurs produits. Seule Unilever s’est engagée à réduire de moitié l’empreinte de ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020. Aucune n’a encore adopté de politiques visant à aider les agriculteurs qui font partie de leurs chaînes d’approvisionnement à mieux résister aux changements climatiques.
  • Aucune ne s’est engagée publiquement à payer un prix décent aux agriculteurs ou à leur accorder des conditions commerciales plus justes. Seule Unilever – la mieux classée s’agissant des relations avec les paysans – a établi à l’intention de ses fournisseurs des directives précises qui permettent d’aborder certaines problèmes majeurs auxquels sont confrontés les agriculteurs.

Oxfam publie également une note dénonçant l’inaction de Nestlé, Mondelez et Mars face aux inégalités rencontrées par les femmes qui cultivent le cacao utilisé dans leurs produits au chocolat. Ces trois entreprises achetant à elles trois plus de 30 % du cacao mondial, elles ont une capacité d’influence considérable sur ces inégalités.


 

Obésité - Mexique

 

2014 : Mexique – Coca-Cola et Nestlé coupables d’encourager l’obésité

Le gouvernement mexicain veut infliger des amendes à Coca-Cola, PepsiCo, Hershey’s, Nestlé et à une filiale locale d’Unilever, pour violation de la nouvelle réglementation pour les publicités sur les aliments encourageant l’obésité chez les jeunes.

La Commission fédérale pour la protection contre les risques sanitaires (Cofepris) a repéré six spots publicitaires ne respectant pas cette réglementation. Elle «a ordonné leur retrait immédiat et prépare des sanctions» contre les entreprises », a annoncé la Commission dans un communiqué.

Le français Nestlé est passible d’une amende pour un spot publicitaire de ses céréales chocolatés, tandis que les américains Coca-Cola et PepsiCo le sont pour la diffusion de publicités de leurs boissons gazeuses diffusées avant la projection de films pour enfants dans deux cinémas de Mexico.

Alvaro Perez, membre de la Commission, a déclaré à l’AFP que, sauf s’il existe «une preuve de non responsabilité directe», ces entreprises risquent des amendes allant de 10.000 à 85.000 dollars, qui seront fixées d’ici deux à trois semaines.

Il s’agirait des premières amendes infligées à une entreprise depuis que le gouvernement mexicain a décidé le 15 juillet dernier de restreindre les publicités sur les boissons et les aliments sucrés avant les programmes de télévision et les films destinés aux enfants, afin de lutter contre le surpoids et l’obésité qui touchent 30% des enfants du pays.

L’obésité est l’un des principaux problèmes de santé au Mexique, pays de 118 millions d’habitants. Selon des données officielles, quelque 70% des adultes et 30% des enfants sont concernés par le surpoids et l’obésité.

Le Mexique est le plus grand consommateur de boissons sucrées au monde, avec 163 litres par tête et par an. Le pays, dont l’alimentation comprend une forte proportion de plats frits, est le plus touché par le diabète parmi les 34 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Une réforme fiscale adoptée fin octobre a augmenté l’impôt sur les aliments hautement caloriques de 8% et mis en place un prélèvement d’un peso (0,06 euro) par litre de boisson sucrée vendue.

Coca Cola - Inde

 

 

2014 : Inde – Coca-Cola contraint de fermer une usine

Accusée d’utiliser trop d’eau, la société Coca-Cola a dû fermer une usine dans le nord de l’Inde. Une décision saluée par la population locale, qui lutte depuis longtemps contre la pénurie d’eau.

Coca-Cola a été obligé de fermer une usine en Inde, car la société aurait violé les réglementations environnementalesnote le Business Standard. Le quotidien économique de New Delhi explique que la fermeture de l’usine, située dans la ville de Bénarès (Etat de l’Uttar Pradesh), fait suite à une décision du conseil environnemental de la région.

Le Financial Times, de son côté, ajoute que la société Hindustan Coca-Cola Beverages, une filière de Coca-Cola en Inde, aurait utilisé trop d’eau alors que « Le niveau de la nappe phréatique dans l’Uttar Pradesh est dangereusement bas depuis plus de dix ans ». Le journal économique anglais note que la décision fait suite à une campagne de protestation menée par la population locale, citant un militant qui estime que la décision représente « une énorme victoire et la confirmation très attendue que les communautés locales peuvent prendre à partie des entreprises puissantes. »

Le géant des sodas, de son côté, a rétorqué que les accusations sont “trompeuses” et “fausses”, et que son utilisation d’eau a été “responsable” et “judicieuse”. Depuis 2003, les sodas sont ouvertement critiqués en Inde, car ils contiendraient de nombreuses substances nocives (dont des pesticides). En 2006, le gouvernement du Kerala, dans le sud de l’Inde, a interdit la production de Coca-Cola, mais un tribunal a annulé cette décision.

Cela n’aura duré qu’un temps : quelques jours plus tard, un tribunal a permis la réouverture de l’usine.

 

Coca Cola - Sang

 

2016 : En Inde, Pepsi et Coca Cola soupçonnées de surexploiter les rivières en pleine sécheresse

 

Pepsi et Coca Cola sont accusés d’utiliser l’eau de rivières de l’Etat du Tamil Nadu à des fins commerciales alors que la population souffre d’une grave sécheresse.

Dans l’Etat du Tamil, à l’extrême sud de l’Inde, deux usines produisant des boissons pour Pepsi et Coca Cola ont dû fermer temporairement sur décision de la cour d’appel locale. La justice a accepté la plainte d’une association qui les accuse d’utiliser l’eau de la rivière locale à des fins commerciales alors que la population souffre d’une grave sécheresse depuis plus d’un an.

Les usines de sodas et les riziculteurs sont en concurrence pour l’eau

Cette sécheresse est due avant tout aux pluies très faibles depuis un an dans cette région tropicale du Tamil Nadu. La production agricole sur place se compose essentiellement de riz, les paysans inondent habituellement leurs champs grâce aux rivières ou au nappes phréatiques. Or, il y a tellement peu d’eau aujourd’hui que peu de paysans ont pu planter le mois dernier. Toute l’agriculture vivrière est donc menacée, et avec elle la survie de la population.

Les deux usines de Pepsi et Coca Cola sont celles qui consomment le plus d’eau dans la région. Elles entrent directement en concurrence avec les agriculteurs locaux puisque pour produire leurs sodas et leur eau en bouteille, elles utilisent les mêmes sources. « Nous n’avons même pas d’eau à boire, ce n’est pas normal qu’une entreprise s’en serve pour produire et vendre des sodas. » confie un plaignant.

L’intérêt général avant l’intérêt commercial

La haute cour de Madras a jugé qu’il était de l’intérêt général de protéger l’accès de l’eau à la population, en empêchant sa commercialisation par des sociétés privées. Elle a donc demandé la suppression de l’approvisionnement en eau des deux usines Coca Cola et Pepsi.

Ce n’est pas la première fois que les deux entreprises font face à une telle opposition. L’an dernier dans le même Etat, d’énormes manifestations ont empêché l’ouverture d’une usine Coca Cola. Les agriculteurs craignaient que les sources d’eau, déjà à un niveau critique, soient vidées. Le gouvernement local, qui avait pourtant déjà vendu le terrain, a dû faire marche arrière.

Il y a deux ans, L’extension d’une autre usine Coca Cola dans le nord de l’Inde a été refusée par les autorités. Elles ont considéré que les nappes phréatiques étaient déjà surexploitées. Il faut dire qu’un quart du territoire indien est en voie de désertification.

 

Map - Trust - Coca cola - Nestlé

 

 

Afrique - Coca Cola

Le continent africain est également surexploité par ces firmes

 


 

Nestlé & Coca-Cola pourvoyeurs de pauvreté, de dégradation de l’environnement et… de mort

 


 

Coca cola - Trinqué

 

Coca Cola - Mexique

 


 

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nestlé

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Coca-Cola_Company

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/03/04/coca-cola-au-centre-de-conflits-sur-l-eau-en-inde_1488352_3244.html (2011)

https://www.oxfamfrance.org/rapports/face-cachee-des-marques/face-cachee-des-marques (2013)

https://www.20minutes.fr/planete/1108185-20130226-nestle-danone-coca-cola-accuses-nuire-a-environnement (2013)

https://www.20minutes.fr/economie/1421349-20140723-20140723-mexique-coca-cola-nestle-coupables-encourager-obesite (2014)

https://www.courrierinternational.com/article/2014/06/20/coca-cola-contraint-de-fermer-une-usine (2014)

http://www.altermondes.org/coca-cola-laisse-un-gout-amer-au-kerala/ (2016)

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/en-direct-du-monde/en-direct-du-monde-en-inde-pepsi-et-coca-cola-soupconnees-de-surexploiter-les-rivieres-en-pleine-secheresse_1945455.html (2016)

https://aphadolie.com/2018/02/18/nestle-coca-cola-une-longue-histoire-dexploitation-de-privatisation-des-ressources-naturelles-et-de-degradation-de-lenvironnement/

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dimanche 18 février 2018

Sortie de la France de la NASAN : l’agrobusiness n’est pas le remède contre la faim !

Action Contre la Faim, le CCFD-Terre Solidaire et Oxfam France saluent la décision de la France de se retirer de la Nouvelle Alliance du G8 pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition (NASAN) annoncée ce jour à l’occasion de la réunion du conseil interministériel sur la coopération internationale et le développement.

TL NASAN CCFD

Lancée en 2012, cette initiative privilégie les intérêts des multinationales de l’agrobusiness au détriment du soutien à l’agriculture paysanne. Elle est dénoncée par des centaines d’organisations [1] pour ses impacts négatifs sur la sécurité alimentaire et les paysanneries des dix pays africains concernés [2]. L’enjeu du retrait de la France est maintenant de reconnaître que la recette « magique » mêlant partenariats publics privés et réformes législatives pour créer un environnement favorable aux investissements de multinationales, n’est pas la solution pour lutter contre la faim. Bien au contraire, elle va à l’encontre de l’intérêt des populations locales, elle marginalise les agricultures familiales, pourtant productrices de 70% de l’alimentation mondiale, au bénéfice de quelques multinationales à qui l’on donne toutes les facilités : financières, fiscales, foncières.

Nos organisations ont documenté à plusieurs reprises les conséquences négatives d’un tel système au Burkina Faso ou en Côte d’Ivoire : accaparements de terres, endettement de paysans, introduction des cultures OGM, mise en place de pôles de croissance véritables paradis fiscaux agricoles, etc. [3]

Ce retrait de la France devrait être pris en compte par les autres partenaires de la NASAN, tels que l’Union Européenne et les Etats africains. L’Allemagne, autre contributeur majeur de la NASAN, doit également annoncer son retrait. Cela ne dédouane pas pour autant l’ensemble de ces acteurs puisqu’ils restent responsables des impacts négatifs de cette initiative et doivent à ce titre s’assurer de les réparer.
Au-delà de la NASAN, la France doit tirer les leçons de cet échec et ne plus s’engager dans des initiatives ou projets d’investissement comportant les mêmes failles. L’exclusion des organisations paysannes de la gouvernance, l’absence de cadre de redevabilité et la priorisation des multinationales au détriment des acteurs locaux ne sont pas les remèdes de la lutte contre la faim.

Ainsi, alors que la faim dans le monde augmente [4], la sortie de la NASAN doit être le signal d’une réorientation réelle des soutiens mobilisés. En cohérence avec cette décision, les 400 millions d’euros annuels que la France consacre à la sécurité alimentaire dans les pays du Sud doivent être pleinement consacrés au développement de l’agroécologie paysanne. Nos organisations attendent que cela soit acté et mis en œuvre lors de la révision de la stratégie française et du cadre sectoriel de l’agence française de développement prévues ces prochains mois.

Notes aux rédactions  :
- 1) La NASAN en Afrique, une menace pour la sécurité alimentaire, mars 2015
- 2) Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Ghana, Mozambique, Tanzanie, Bénin, Malawi, Nigéria, Sénégal
- 3) Voir notamment le rapport "La faim, un business comme un autre - comment la nouvelle alliance du G8 menace la sécurité alimentaire en Afrique" , le bilan d’étape 2015 publié en amont du G7 de Schloss Elmau en 2015, le bilan d’étape 2016 et écouter l’émission Interception (France Inter) NASAN, le bu$iness de la faim
- 4) Selon le rapport Etat de l’insécurité alimentaire dans le monde publié par la FAO en septembre dernier, 815 millions de personnes souffraient de la faim dans le monde en 2016 soit 38 millions de personnes supplémentaires par rapport à l’année précédente.

https://ccfd-terresolidaire.org/espace-presse/sortie-de-la-france-de-6034

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jeudi 8 février 2018

La chute des Bourses mondiales en trois questions

Depuis la chute du Dow Jones américain, lundi 5 février, toutes les places financières du monde sont à la baisse, en raison d’une crainte de forte inflation.

ACT BOURSE CRISE

Quelle est la situation ?

Hong-Kong, New York, Londres, Paris, Amsterdam… Toutes les places boursières sont en chute après la plongée de Wall Street, lundi 5 février. En Europe, la Bourse de Paris a ouvert en baisse à – 3,43 %, celle de Londres à – 3,5 %, celle de Francfort à – 3,58 % et celle d’Amsterdam a connu le record de – 3,6 %.

Sur les marchés asiatiques, la situation n’était guère plus florissante. Tokyo a perdu 4,73 % mardi 6 février. Du jamais vu depuis l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche. Hong Kong a aussi perdu plus de 5 % en clôture et Shanghaï plus de 3 %.

► Pourquoi les Bourses sont-elles en chute ?

La publication du rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis a eu un effet négatif sur les marchés financiers, alors même que les nouvelles sont bonnes pour l’économie et l’emploi américains. Mais l’annonce d’une augmentation significative des salaires en janvier a ravivé les craintes d’inflation, et donc d’un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché. Lundi, les pertes se sont accrues et l’indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1 600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60 %.

« Les investisseurs sont convaincus que l’inflation revient et que les taux d’intérêt vont grimper plus haut que ce qui avait été anticipé », a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l’AFP. Après la fièvre qui s’était emparée des marchés ces dernières semaines, « cette soudaine baisse est un choc », a commenté Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

► Faut-il s’attendre à un véritable krach ?

C’est la question que tout le monde se pose : la baisse est-elle passagère ou durable ? Selon les experts de Mirabaud Securities Genève, « la séance d’aujourd’hui sera extrêmement importante (peut-être la plus importante depuis le début de l’année), car elle va tester les nerfs des investisseurs et confirmer (ou non) si nous sommes rentrés » dans une phase de baisse du marché, « ce que nous ne pensons pas ».

Les analystes d’Aurel BGC sont également optimistes. S’ils estiment que « la baisse pourrait durer encore un peu d’ici à la fin de la semaine », ils jugent néanmoins que « les liquidités sont également abondantes et les investisseurs devraient rapidement juger que cette baisse est davantage saine que malsaine », ouvrant la voie à une stabilisation. « Évidemment, si de nouveaux signes tendent à confirmer que l’inflation accélère réellement aux États-Unis, la volatilité pourrait rester durablement plus forte », complètent-ils.

La Croix (avec AFP)
https://www.la-croix.com/Economie/Monde/chute-Bourses-mondiales-trois-questions-

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mercredi 7 février 2018

Commerce mondial : cinq questions sur le traité transpacifique à venir

Les onze pays membres du Partenariat transpacifique (TPP) se réuniront le 8 mars prochain au Chili pour la cérémonie de signature officielle du futur traité de libre-échange dans la zone Asie-Pacifique. Avec le retrait des États-Unis, la Chine, adepte du "soft power" pourrait être tentée d'étendre sa sphère d'influence économique et commerciale dans la zone pacifique.

ACT TPP

La libéralisation du commerce international se poursuit avec ou sans les Américains. Les partenaires de l'accord commercial de libre-échange Asie-Pacifique ( ), menacé depuis la décision, début 2017, du président américain de s'en retirer, se sont mis d'accord pour relancer le pacte à 11 pays, sans les Etats-Unis, a annoncé la semaine dernière le gouvernement japonais.

"Une déclaration a finalement été conclue et les 11 pays se sont entendus pour préparer la signature" d'un nouvel accord, a déclaré le ministre de l'Economie Toshimitsu Motegi lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des négociateurs en chef à Tokyo. C'est une décision "qui fait date pour notre pays et le futur de la région Asie-Pacifique", s'est-il félicité.

1- Quels sont les pays partenaires du traité ?

Les 11 partenaires - Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour et Vietnam - avaient déjà bien avancé les négociations en novembre 2017, en marge du forum de l'Asie-Pacifique au Vietnam mais il leur restait à résoudre quelques différends. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait particulièrement à coeur de ressusciter ce pacte. L'accord devrait être paraphé "d'ici au début du mois de mars", selon un communiqué du gouvernement singapourien. Bien que cette annonce semble refléter une situation en apparence stable, les déclarations de Donald Trump sèment le doute. Lors d'une récente interview accordée à la chaîne CNBC,  le président américain a confié être prêt à adhérer au partenariat transpacifique, sans apporter d'autres précisions. Par ailleurs, le ministre en charge du commerce international au Royaume-Uni, Liam Fox,  a évoqué en début d'année sa volonté de rejoindre le partenariat comme d'autres conservateurs britanniques.

2- Que prévoit le traité ?

Parfois qualifié "d'accord de nouvelle génération", ce traité vise avant tout à doper les échanges commerciaux dans la zone pacifique. Le document prévoit la levée de barrières non-tarifaires, comme l'ouverture des appels d'offres nationaux par les pays membres aux entreprises étrangères sans avantages indus pour leurs propres entreprises publiques. Du côté des barrières tarifaires, le TPP se focalise en particulier sur l'élimination des tarifs douaniers sur des produits industriels et agricoles entre les onze pays et dont les échanges commerciaux ont totalisé l'an dernier 356 milliards de dollars. Le document détermine également de normes communes pour le commerce électronique et les services financiers, le respect du droit du travail selon les normes de l'Organisation internationale du travail (OIT). Ce qui a parfois suscité le mécontentement de pays comme le Vietnam qui ne respectent pas ce type de règle dans certains secteurs économiques.

3-Pourquoi les Etats-Unis abandonnent-ils le traité ?

Promu par les Etats-Unis, sous la présidence de Barack Obama, le TPP, vu comme un contrepoids à l'influence croissante de la Chine, avait été signé en 2015 après de longues années de négociation par 12 pays représentant 40% de l'économie mondialeCette zone économique de 494 millions d'habitants comptait un produit intérieur brut (PIB) combiné de 10.200 milliards US, soit 13,6 % du PIB mondial.

Peu après son élection à la Maison Blanche, Donald Trump avait abandonné abruptement ce traité, dans le cadre de ses politiques protectionnistes visant à sauver des emplois américains menacés selon lui par le libre-échange. L'ancien présentateur de téléréalité, adepte de "l'Amérique d'abord", fustige régulièrement les traités de libre -échange. Au mois de novembre dernier, il avait dénoncé "les abus commerciaux chroniques" que les Etats-Unis ne peuvent plus "tolérer".  Mais pour Deborah Elms, du Centre asiatique pour le commerce, même sans les Etats-Unis, le TPP sera "l'accord commercial le plus important signé ces 20 dernières années".

4- Pourquoi le Canada a rejoint l'accord sur le tard ?

 Alors que l'avenir de l'Alena entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada est de plus en plus sombre en raison des positions de Donald Trump, le gouvernement de Justin Trudeau a décidé de rejoindre le partenariat transpacifique la semaine dernière. "L'accord obtenu à Tokyo (mardi) va dans le bon sens", a déclaré depuis Davos, en Suisse, le Premier ministre Justin canadien, en référence au nouvel Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son acronyme en anglais)Avec les avancées, l'accord est "plus progressif et plus solide pour les travailleurs canadiens dans les domaines de la propriété intellectuelle, la culture et l'industrie automobile", a assuré M.Trudeau.

5- Le retrait des Etats-Unis : une chance pour la Chine ?

La décision de Donald Trump pourrait apparaître comme une opportunité pour la ChineDans une récente étude, Emmanuel Hache, directeur de recherche à l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) avançait trois avantages possibles pour la puissance asiatique :

  • "le retrait américain offre à la Chine une capacité supplémentaire de rayonner d'un point de vue commercial dans la région;
  • il pourrait permettre à la diplomatie commerciale chinoise d'imposer ses propres standards en matière d'accords bilatéraux ou multilatéraux;
  •  il offre à la Chine la primeur de la décision dans l'agenda commercial régional et mondial en fonction de ses propres préoccupations économiques."

Dans ce cadre, l'espace délaissé par Donald Trump pourrait laisser le champ libre au régime de Xi Jinping pour accroître sa sphère d'influence aux niveaux régional et mondial. Le dirigeant chinois s'est montré à plusieurs reprises favorable à une plus grande ouverture économique et un accroissement des échanges commerciaux comme lors du dernier congrès du  Parti communiste chinois (PCC). Il avait ainsi martelé que l'économie chinoise "ne va pas fermer ses portes au monde" mais au contraire "s'ouvrir encore davantage". Au mois de décembre, la Chine a réaffirmé cette position lors  la conférence économique annuelle du Parti communiste chinois. "La Chine s'engage à augmenter ses importations et à réduire ses droits de douane pour certains produits afin de promouvoir un commerce équilibré".

https://www.latribune.fr/economie/international/commerce-mondial-cinq-questions-sur-le-traite-transpacifique-a-venir-765992.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180205

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L'Europe ne veut pas "rater" la révolution blockchain

L'UE "ne peut pas se permettre de rater" la révolution numérique liée à la technologie "blockchain", qui renforce la traçabilité et la sécurité des données et des transactions sur internet, a affirmé jeudi la commissaire européenne à l'Economie numérique, Mariya Gabriel.

ACT UE BLOCKCHAIN

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission de données, transparente et sécurisée. Elle fonctionne sans contrôle central et permet, en fonction de ses applications, de se passer des intermédiaires, par exemple les banques.

Ses applications sont multiples, mais la plus connue est celle permettant la création de cryptomonnaies, tel le bitcoin, cette monnaie électronique immatérielle, réputée invulnérable aux attaques informatiques, qui n'appartient à aucun État.

"Je considère la technologie du blockchain comme un changement fondamental et je veux que l'Europe soit à la pointe de son développement", a affirmé la commissaire.

"L'Europe ne peut pas se permettre de rater cette occasion", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse où elle a lancé un Observatoire-forum que l'UE veut consacrer au sujet.

L'idée de cet observatoire, qui associera "les autorités publiques, les régulateurs, l'industrie" est "de suivre le potentiel de ces technologies et de voir quelles seront les répercussions, les risques et les opportunités pour l'UE", a-t-elle expliqué.

"Pour l'instant, nous n'allons pas réguler ce secteur, nous allons observer et voir comment nous pouvons apporter une certitude juridique", a-t-elle poursuivi.

L'UE dit s'attendre à ce que la technologie "transforme les modèles économiques dans divers secteurs comme les soins de santé, l'assurance, la finance, l'énergie, la logistique, la gestion des droits de propriété intellectuelle ou les services publics".

Un son de cloche différent de l'Europe à propos du bitcoin

De nombreux banquiers, y compris centraux, ont exprimé leurs réserves sur la sulfureuse cryptomonnaie. C'est au tour d'un des membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) de proposer la solution pour réguler le bitcoin.

L'Autrichien Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, s'est prononcé en faveur d'une régulation du bitcoin, "objet purement spéculatif qui se fait passer pour une monnaie", avait-il déclaré début janvier dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

"Il suffirait d'appliquer la règle de base de toute transaction financière: chaque participant doit divulguer son identité. Cela casserait le bitcoin".

"Nous avons besoin d'une TVA sur le bitcoin qui n'est pas une monnaie".

Le gouverneur de la banque centrale d'Autriche va beaucoup plus loin que les autres représentants de la BCE. En décembre, le Luxembourgeois Yves Mersch, membre du directoire, avait estimé dans le Börsen-Zeitung que les échanges en bitcoin étant faibles en volumes, ils ne constituaient "pas actuellement un problème pour la politique monétaire", ajoutant :

"Les investisseurs particuliers sont libres de parier. Cependant, si quelque chose ne va pas, ils ne devraient pas venir nous dire que nous aurions dû l'interdire et les protéger d'eux-mêmes."

Yves Mersch s'était déclaré toutefois préoccupé par l'entrée des bourses (comme le Chicago Mercantile Exchange) sur ce marché, qui "représente une menace majeure pour la stabilité financière".

L'autre risque concerne le blanchiment de capitaux que pose le développement des blockchains et des cryptomonnaies.

"Nous venons de décider de ne plus imprimer de billets de 500 euros pour cette raison et nous assistons à un vaste recyclage de cet argent sale à travers le bitcoin", déplore Ewald Nowotny.

Le président de la banque centrale autrichienne estime que le bitcoin est avant tout une mode et souligne l'impossibilité à terme de généraliser les paiements avec une monnaie dont le cours est aussi volatile.

"Quand je prends le métro le week-end avec mes petits-enfants, il y a toujours quelques personnes qui viennent m'en parler, avant on me demandait s'il fallait acheter de l'or", ironise M. Nowotny.

Des responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont aussi récemment exprimé des craintes sur le sujet, tandis que la Banque centrale de Singapour a recommandé aux investisseurs d'agir avec "une extrême prudence" vis-à-vis du bitcoin. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait déclaré en décembre dernier:

"Il ne doit pas y avoir d'ambiguïté : le bitcoin n'est en rien une monnaie‎, ou même une cryptomonnaie. C'est un actif spéculatif. Sa valeur et sa forte volatilité ne correspondent à aucun sous-jacent économique et ne sont la responsabilité de personne."

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/l-europe-ne-veut-pas-rater-la-revolution-blockchain-767039.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180205

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mercredi 31 janvier 2018

«En tant qu'homosexuels, il est de notre devoir de prendre position contre la PMA et la GPA»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que les opposants à l'extension de la PMA sont souvent accusés d'homophobie, plusieurs homosexuels refusent de «servir de caution morale» pour justifier la «réification de la femme et de l'enfant». Pour eux, la question n'est pas celle de l'égalité, mais du risque d'aliénation de l'humain par la technique.

TL PMA HOMOS

Le jeudi 18 janvier se sont ouvert les États généraux sur la bioéthique où il sera officiellement discuté de l'ouverture de la PMA aux couples de femmes, c'est-à-dire une PMA sans père, et officieusement de la question de la légalisation de la GPA (qui, bien que concernant tous les couples, devrait aussi permettre aux couples homosexuels hommes de «concevoir» un enfant). C'est en tant qu'homosexuels que nous souhaitons aujourd'hui prendre position contre ce que nous estimons être de graves dérives, réalisées au nom d'un individualisme exacerbé et contre ce qui n'est rien d'autre qu'une tentative de briser l'interdit entourant la réification du corps humain. Notre démarche s'inscrit par ailleurs dans une volonté de briser le monopole des associations dites LGBT, représentantes autoproclamées des personnes homosexuelles, dans leur prétention à incarner l'ensemble des voix de celles-ci. Face à la gravité de la situation et des enjeux éthiques soulevés, nous estimons qu'il est de notre devoir de citoyens et de notre responsabilité morale de prendre publiquement position afin de faire entendre une voix alternative et raisonnable.

Homosexualité et procréation

Le désir d'enfant chez les personnes homosexuelles est éminemment légitime, mais ne peut cependant se réduire à une question d'accès à l'égalité, à des droits, et à la lutte contre les discriminations. Une telle vision simpliste implique en effet qu'il existerait une inégalité dans l'accès à la procréation pour les homosexuels, que cette inégalité serait le fruit d'une discrimination, et qu'il appartiendrait donc à l'État de corriger cette situation en ouvrant la PMA aux couples de femmes et en légalisant la GPA. Or, cet argument est fallacieux. En effet, deux hommes ou deux femmes ensemble ne peuvent intrinsèquement concevoir un enfant et cette impossibilité de procréer est une donnée objective qui n'est pas le fruit d'une quelconque action discriminante de la société ou de l'État ; elle est de nature, et propre à la condition homosexuelle. En ce sens, les personnes homosexuelles ne peuvent prétendre à une réparation de l'État afin de pallier une discrimination puisque cette dernière n'existe pas. Dire cela n'est pas de l'homophobie, mais simplement un rappel objectif des faits. Ce constat est peut-être difficile à entendre pour certains, mais nous pensons pour notre part qu'assumer pleinement son homosexualité revient aussi à accepter les limites qui en découlent.

Dans ce débat, nous remarquons que la plupart des arguments avancés par les défenseurs de ces pratiques sont du registre du subjectif et de l'émotion (désir d'enfant, souffrance de ne pas pouvoir en avoir, sentiment de discrimination, etc.). Or, nous pensons que face à l'ampleur des enjeux, l'État ne devrait pas fonder son action sur les émotions et les inclinaisons subjectives de chacun, mais devrait au contraire la fonder en raison. Or, celle-ci appelle clairement au maintien de l'interdiction de la PMA pour les couples de femmes et de la GPA, que cette dernière s'adresse aux couples hétérosexuels ou homosexuels.

PMA pour couples de femmes et GPA pour tous

Certains avancent comme argument qu'il est discriminatoire d'autoriser la PMA aux couples hétérosexuels et de la refuser aux couples de femmes. Nous réfutons cet argument. En effet, la PMA pour les couples hétérosexuels entre dans le cadre de l'Assistance médicale à la procréation (AMP). Elle est donc un traitement médical qui permet de pallier une condition médicale d'infertilité d'un couple hétérosexuel. Effectivement, l'ordre naturel des choses implique qu'un couple hétérosexuel soit normalement fertile. L'infertilité peut donc s'assimiler dans ce cas-ci à une maladie, il est alors normal qu'un traitement médical soit offert. Or, un couple de femmes est objectivement et par définition infertile. Celles-ci ne souffrent donc d'aucune condition médicale ou maladie qui justifierait qu'elles aient accès à la PMA. Nous irons même plus loin en affirmant que, la PMA étant un traitement médical, permettre son accès aux couples de femmes reviendrait à sous-entendre que les femmes homosexuelles seraient malades, ce qui constituerait bien entendu un retour en arrière considérable.

Nous nous opposons aussi à la légalisation de la PMA pour les couples de femmes, car elle ouvre une boîte de Pandore qui mènera tout naturellement à la légalisation à terme de la GPA (bien que la GPA concerne tous les couples, homosexuels comme hétérosexuels, elle est notamment promue par des associations dites LGBT comme un moyen de permettre aux couples d'hommes de «concevoir» un enfant). En effet, bien que de natures différentes, la PMA pour les couples de femmes et la GPA sont revendiquées au nom d'un prétendu nouveau droit pour les couples homosexuels, le droit à l'enfant. Or, au nom du principe d'égalité, il sera impossible d'interdire la GPA une fois la PMA pour les couples de femmes légalisée. En effet, au nom de quoi les homosexuels hommes n'auraient-ils pas, eux aussi, le droit d'avoir accès à une nouvelle technique leur permettant de «concevoir» un enfant?

L'enjeu principal ici est la réification de la femme vue comme «moyen» au service d'un couple qui louerait son utérus pour porter son enfant. Or, après des décennies de féminisme, il est difficilement concevable qu'aujourd'hui la réification du corps de la femme apparaisse par le biais du discours libéral. En ce sens, l'argument selon lequel la mise à disponibilité par certaines femmes de leur utérus serait éthique parce qu'elles le feraient de manière libre et consentie nous semble irrecevable. Ce serait en effet nier toute la dimension d'un principe moral fondamental et caractéristique de notre civilisation occidentale, résumé notamment par l'impératif pratique kantien: «Agis de telle sorte que tu traites l'humanité comme une fin, et jamais simplement comme un moyen

Cet impératif est au cœur du principe de dignité humaine que l'on est en droit d'exiger de l'autre, mais aussi de tout être humain envers lui-même. En ce sens, il existe une multitude d'exemples où la loi interdit certains comportements et pratiques, quand bien même cela ne concernerait personne d'autre que soi: ne pas porter sa ceinture de sécurité en voiture est dangereux seulement pour soi et pourtant illégal (on ne peut invoquer sa liberté individuelle pour ne pas la porter), le lancer de nains est interdit (indépendamment du consentement des intéressés), je n'ai pas le droit de consommer de la drogue (même si en le faisant je ne porterais atteinte qu'à moi-même), et si je porte atteinte à mon intégrité physique en m'automutilant, il est possible que je sois interné de force en hôpital psychiatrique. Ainsi, pourquoi la société devrait-elle accepter que certaines femmes réifient leur propre corps en louant leur utérus au prétexte qu'elles seraient consentantes?

Ensuite, le caractère éthique de la GPA serait supposément garanti par l'interdiction de rémunérer la gestatrice et par le caractère altruiste qui motiverait sa décision de louer son utérus. Argument irrecevable, encore une fois, puisque l'absence de rémunération ou l'altruisme de la démarche n'enlèvent rien au fait que le corps serait tout de même réifié, la grossesse n'étant pas une activité, mais un état.

Enfin, à la réification de la femme s'ajoute celle de l'enfant: objet d'une transaction contractuelle, ce dernier devient donc lui aussi un objet, et non plus une personne. Nous estimons, en outre, inadmissible que des individus contournent l'interdiction de la GPA en France en faisant appel à des gestatrices à l'étranger et demandent, une fois de retour en France, la reconnaissance par l'état civil de leurs droits parentaux sur l'enfant qu'ils ont obtenu. Nous voyons là une façon malhonnête et mesquine de mettre l'État français au pied du mur. Ces personnes se sont volontairement mises hors la loi, elles ne peuvent donc pas ensuite demander un accommodement à l'État français puisque la pratique de la GPA est illégale en France. En ce sens, l'existence en France d'enfants nés par GPA à l'étranger ne peut en aucun cas motiver une adaptation ou une modification de la législation française puisqu'on ne fonde pas la règle sur l'exception ni sur la légalité de tel ou tel acte à l'étranger. Nous reconnaissons cependant ici la précarité de la situation de ces enfants qui subissent les conséquences de l'irresponsabilité de leurs «parents» d'intention. Nous reconnaissons aussi l'importance de trouver des solutions dans l'intérêt supérieur de ces enfants. Nous refusons cependant que l'unique réponse à apporter soit celle d'une trahison par l'État français de l'esprit de ses propres lois en reconnaissant les droits parentaux d'individus ayant eu recours à une GPA à l'étranger.

Ainsi, le maintien de l'interdiction de la GPA en France (à l'instar de l'Allemagne, de l'Italie, de la Suisse, de l'Espagne, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays baltes, du Québec, etc.) va dans l'intérêt de la protection d'une conception humaniste de la procréation, soucieuse de la défense des plus vulnérables, et qui respecte l'interdit de toute exploitation et réification de l'être humain. Dans cette perspective, le rôle de l'État n'est pas d'assurer l'accès à toujours plus de droits individuels, mais bien de protéger les plus faibles contre les excès de l'individualisme et de préserver une certaine conception de l'Homme.

Progrès technique et usage moral

La PMA pour les couples de femmes et la GPA, présentées faussement comme des avancées permettant aux femmes et aux hommes homosexuels de «concevoir» un enfant, ne sont que des avancées techniques. Or, des avancées techniques ne sont pas nécessairement des progrès sur le plan moral. En ce sens, elles sont axiologiquement neutres et ne nous disent rien de l'usage moral qui en sera fait. Les partisans de la PMA pour les couples de femmes et de la GPA se parent de la vertu de la lutte contre l'homophobie pour les faire accepter. Nous refusons de servir de caution morale à une vision archaïque et régressive de l'humain, fût-ce au nom de la liberté.

Pour finir, face à ceux qui affirmeraient que nos positions empêchent toute possibilité pour les homosexuels de devenir parents, là encore nous répondons que cela est faux. En effet, il n'existe, aujourd'hui en France, aucune loi qui interdise aux personnes homosexuelles de devenir parents (ce ne sont que les moyens par lesquels elles souhaitent le devenir, c'est-à-dire la PMA pour les couples de femmes et la GPA, qui sont interdits). En ce sens, le maintien de l'interdiction de la PMA pour les couples de femmes et de la GPA n'épuise pas, par ailleurs, la possibilité d'une réflexion de fond sur les alternatives éthiques dont disposent les homosexuels pour avoir des enfants.

Jean-Mathias Sargologos, Sébastien de Crèvecoeur et Jacques Duffourg-Müller.

Jean-Mathias Sargologos est diplômé en science politique et de HEC-Montréal, étudiant aux cycles supérieurs en histoire de l'art, et journaliste.

Sébastien de Crèvecoeur est normalien (Ulm), ancien professeur de philosophie, chercheur en management, et consultant en art.

Jacques Duffourg-Müller est critique musical.

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/01/26/31003-20180126ARTFIG00197-en-tant-qu-homosexuels-il-est-de-notre-devoir-de-prendre-position-contre-la-pma-et-la-gpa.php

dimanche 28 janvier 2018

Spéculateurs de la faim : comment les denrées alimentaires sont devenues des produits financiers

Le 22 février 2017, Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général de l’ONU, alertait le monde concernant la famine sévissant dans plusieurs pays du Sahel, de la corne de l’Afrique et au Yémen. Certains membres de l’Organisation parlent de « la plus grave crise alimentaire depuis la création de l’ONU ».

ARG MATIERES PREMIERES

Sur un ton compassionnel, la famine est généralement présentée par les médias et les institutions internationales comme un phénomène naturel, irrémédiable, contre lequel la « communauté internationale » investit tous les moyens en son pouvoir. Cette narration ne permet que rarement d’aborder les éléments pouvant expliquer réellement pourquoi, à l’ère de la circulation accélérée des individus, des informations, des ressources et des biens de consommation, des millions d’êtres humains sont décimés par la faim et la soif. Le rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutterle soulignait dans un entretien pour le quotidien espagnol El Pais : « La faim est un problème politique. C’est une question de justice sociale et de politiques de redistribution ».

La spéculation sur les matières premières, cause mondiale de la famine

Depuis les initiatives politiques de dérégulation financière des années 1980, les matières premières sont accessibles aux banques et aux fonds d’investissement. A la fin de la guerre froide, en 1991, la banque Goldman Sachs, alors sous la direction de Gary Cohn, devenu depuis directeur du conseil économique national de l’administration Trump, crée le GSCI, « Goldman Sachs Commodity Index » : un produit dérivé synthétisant en une formule mathématique complexe l’indice de la valeur boursière de 24 matières premières parmi lesquelles le café, le bétail, le maïs, les porcs, le soja et le blé, mais également les métaux précieux, le pétrole et le gaz.

Les spéculateurs responsables de la volatilité des prix des denrées alimentaires

Au 19ème siècle aux États-Unis, des « contrats à terme » ont été créés afin de permettre aux agriculteurs et aux acheteurs de blé de s’appuyer sur un accord de base pour négocier le prix des céréales. Malgré la volatilité propre aux conditions de vente de ces produits – contingences du transport, du climat … – les contrats à terme permettaient une stabilité relative des prix. Cette stabilité était possible parce que tous les agents de la transaction étaient des acteurs matériels du marché des céréales. Même les multinationales comme Nestlé, Pizza Hut ou McDonald ont matériellement besoin d’acheter et de vendre des céréales pour alimenter leurs affaires. Elles prennent de vrais risques en achetant et en vendant ces produits qui sont la base de leur commerce. C’est pourquoi on les appelle des bona fide hedgers, autrement dit, et il faut goûter toute l’ironie de cette appellation, « des spéculateurs de bonne foi ».

Nous l’avons dit, ces agents spéculateurs de multinationales dont le business est en relation directe avec le cours des céréales  prennent des risques pour leurs propres affaires en investissant dans ces denrées pourtant nécessaires à leur production. Or, la gestion de risque, c’est la spécialité de purs spéculateurs tels que Goldman Sachs, dont les bénéfices n’ont aucun rapport avec la gestion matérielle des denrées sur lesquelles ils spéculent. Lorsque les bona fide hedgers se sont mis à confier la gestion de ces risques aux spéculateurs sans lien avec la réalité de l’industrie agro-alimentaire, ils leur ont permis de transformer notre pain quotidien en pur produit spéculatif.

Greenspan, Summers, Rubin : les artisans du fléau de la dérégulation

Entre 1998 et 1999, la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), l’agence chargée de la réglementation des bourses de commerce aux États-Unis, a pris la décision d’ouvrir les marchés à terme aux opérateurs extérieurs, c’est-à-dire à tous les fonds spéculatifs. Cette décision fut le fruit d’une confrontation au sein de l’administration Clinton entre d’un côté Brooksley E. Born, alors à la tête du CFTC et réticente vis-à-vis de cette dérégulation, et de l’autre Alan Greenspan, président de la réserve fédérale, Robert Rubin, alors secrétaire au trésor et ancien coprésident de Goldman Sachs, et Larry Summers, successeur de Rubin au trésor et membre du comité directeur du groupe Bilderberg. Born perdit ce bras de fer. Cette dérégulation déstabilisa complètement le fragile équilibre des contrats à terme, accentuant tragiquement la volatilité des prix des denrées alimentaires. Il s’échangerait chaque année désormais à la bourse de Chicago près de 46 fois la production mondiale de blé. Les denrées alimentaires sont devenues des valeurs boursières refuges, sur lesquelles se ruent les fonds spéculatifs en cas d’éclatement d’une bulle financière. Ainsi, lors de la crise de 2007-2008 en partie causée par la pression exercée par Greenspan, Rubin et Summers sur le CFTC une décennie plus tôt, les fonds spéculatifs ont investi des milliards de dollars dans les matières premières à une période de raréfaction des récoltes, précipitant des millions d’individus dans la famine et menant aux déstabilisations politiques connues sous le nom d’émeutes de la faim.

Larry Summers, la folie ultralibérale au service de l’asservissement des peuples

Pour bien saisir en quoi les idéaux ultra-libéraux de ces individus ont un impact direct sur le sort des peuples, et quel est le degré de mépris de ces dérégulateurs professionnels pour la vie humaine, il faut se rappeler les propos de Larry Summers, et se souvenir que cet individu fut membre du comité directeur du groupe Bilderberg, économiste en chef de la banque mondiale (1991-1993), chef du conseil économique national de l’administration Obama (2009-2010), président de l’université de Harvard :

« Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico […] Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays les moins avancés […] et se préoccuper davantage d’un facteur aggravant les risques d’un cancer de la prostate dans un pays où les gens vivent assez vieux pour avoir cette maladie, que dans un autre pays où deux cents enfants sur mille meurent avant d’avoir l’âge de cinq ans. […] Le calcul du coût d’une pollution dangereuse pour la santé dépend des profits absorbés par l’accroissement de la morbidité et de la mortalité. De ce point de vue, une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où ce coût est le plus faible, autrement dit où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable ».

Cité par The Economist, 08.02.92, The Financial Times, 10.02.92, reproduit dans Courrier International, n°68, 20.02.92 et dans Le Monde, 19.05.92.

ummers a également déclaré :

« Il vaut mieux que les enfants asiatiques travaillent dans les usines textiles plutôt qu’ils se prostituent »

Cité par Les Echos, 25 novembre 2008, p.38

Voilà donc les deux perspectives d’avenir que le capitalisme financier propose à la jeunesse des contrées dans lesquelles il entend imposer sa vision du progrès et de l’« ouverture » économique et morale : esclavage industriel ou prostitution. Comme si ces deux propositions ne connaissaient pas d’alternative …

Source :

http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/05/31/speculateurs-de-la-faim-comment-les-denrees-alimentaires-sont-devenues-des-produits-financiers/

https://aphadolie.com/2018/01/27/speculateurs-de-la-faim-comment-les-denrees-alimentaires-sont-devenues-des-produits-financiers/

 

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jeudi 25 janvier 2018

Donald Trump tire les premières salves contre les importations chinoises

La politique d'«America First» est en marche. L’administration Trump impose des mesures antidumping contre les panneaux solaires et les grandes machines à laver. Pékin a exprimé son «ferme mécontentement»

ACT XI TRUMP PANNEAUX

Lors de sa campagne électorale en 2016, le candidat Donald Trump avait promis une guerre commerciale contre la Chine, l’accusant de détruire les emplois américains. Dans la nuit de lundi à mardi, il est passé aux actes, imposant des droits de douane punitifs, dits «de sauvegarde», sur des panneaux solaires et sur les grandes machines à laver fabriqués en Chine, mais aussi en Corée du Sud, au Mexique, en Thaïlande et au Vietnam. Lundi, le président américain a également reçu un rapport d’une enquête sur l’aluminium importé de Chine à des prix inférieurs à leur coût de production. Il a trois mois pour décider d’une mesure antidumping. Bref, la guerre promise est lancée.

L’animosité est dans l’air depuis plusieurs mois. Les rencontres entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, une première fois en avril 2017 aux Etats-Unis, puis en novembre en Chine, n’ont pas suffi pour éviter les tensions. Le locataire de la Maison-Blanche, champion de «America First» maintient que les importations en provenance de la Chine se font au détriment de l’économie américaine. Par conséquent à la fin de l’année dernière, son administration a refusé d’octroyer le statut d’économie de marché à la Chine, alors même qu’un tel dispositif était prévu dans l’accord d’adhésion chinoise à l’Organisation mondiale du commerce en 2001.

Plus agressifs

«Il faut s’attendre à ce que les Etats-Unis deviennent encore plus agressifs sur les importations de l’acier chinois, anticipe un expert en relations sino-américaines qui préfère garder l’anonymat. Le président Trump doit répondre aux attentes des travailleurs de l’industrie métallurgique dans la ceinture d’acier (plus connue sous le nom de Rust Belt). Ces derniers souffrent de la concurrence chinoise et ont largement voté pour le président.» Selon cet expert, la Chine a effectivement créé une anomalie en produisant près de 60% de l’acier mondial.

Il relève aussi que les deux responsables politiques aux Etats-Unis – Wilbur Ross, secrétaire d’Etat au Commerce et Robert Lightizer, le chef négociateur commercial américain, sont issus de l’industrie de l’acier. En effet, certains produits en acier importés aux Etats-Unis font déjà l’objet des mesures antidumping.

Pékin n’a pas été surprise par la décision américaine et a immédiatement exprimé son «ferme mécontentement» et a promis des mesures «en concertation avec d’autres Etats». En réalité, les autorités chinoises ont monté le ton depuis plusieurs jours. Selon elle, la politique commerciale américaine viole non seulement les règles internationales, mais se fait aussi au détriment des industriels et des consommateurs américains. Dans son édition de lundi, le Global Times – la voix de Pékin destinée à l’étranger – relève que l’administration Trump bloque systématiquement des investissements chinois aux Etats-Unis. Selon le journal en ligne, 27 propositions ont été rejetées l’an dernier, y compris celle d’Ant Financial de reprendre les activités de Moneygram.

https://www.letemps.ch/economie/2018/01/23/donald-trump-tire-premieres-salves-contre-importations-chinoises

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Un peu gonflés, les Chinois, eux qui ne sont pas les derniers à défendre leurs intérêts commerciaux (à juste titre d'ailleurs) quand c'est nécessaire...Pour le reste, Trump applique son programme, la presse libre- échangiste s'inquiète, le spectre du "retour au protectionnisme" fait trembler certains intérêts, de quoi alimenter les "conversations" qui se déroulent en ce moment- même à Davos...   P.G.

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lundi 18 décembre 2017

Hausse des inégalités dans le monde : Le rapport qui inquiète

Depuis les années 1980, 1% des plus riches ont capté près d’un tiers de la croissance des revenus dans le monde selon le « Rapport 2018 sur les inégalités mondiales », publié jeudi.

ACT INEGALITES

Europe, Afrique, Asie ou continent américainLes inégalités progressent dans presque toutes les régions du monde depuis le début des années 1980, selon le « Rapport 2018 sur les inégalités mondiales », publié jeudi.

Alimentées par les travaux d’une centaine de chercheurs internationaux et coordonné par les économistes français Thomas Piketty, auteur du best-seller “Le Capital au XXIe siècle”, et Lucas Chancel (Paris school of economics), cette étude collégiale met en garde contre une possible aggravation du phénomène à l’horizon 2050.

Les 1% les plus riches

Entre 1980 et 2016, à l’échelle mondiale, les 1% les plus riches ont capté 27% de la croissance totale des revenus. Dans le même temps, les 50% les plus pauvres de la population mondiale n’ont absorbé que 12% des richesses créées. Dans un entretien au Le Monde, les deux chercheurs français expliquent :

« Nos données montrent que la tendance inégalitaire des trente dernières années a pris des proportions excessives et néfastes. »

Le creusement des inégalités s’est effectué à des rythmes très différents selon les pays, ce qui souligne selon eux l’importance des politiques nationales dans cette évolution.

 

 

Sans-abris à Los Angeles (10.11.17)

Des sans-abris à Los Angeles (Etats-Unis), le 10 novembre 2017 – AFP

 

 

Les États-Unis très inégalitaires

Cette tendance s’est manifestée de façon particulièrement marquée aux Etats-Unis, où la part des revenus perçue par les 1% les plus riches est passée de 22% en 1980 à 39% en 2014.

Un phénomène qui s’explique, selon Thomas Piketty, par « l’effondrement des plus bas revenus » dans le pays, mais aussi par « une inégalité considérable en matière d’éducation » et « une fiscalité de moins en moins progressive » dans ce pays.

« Cela montre que les politiques publiques ont un fort impact sur les inégalités. »

La progression des inégalités a également été importante en Russie et en Chine dans le sillage de la transition de leurs économies vers un modèle plus capitaliste, ont constaté les auteurs de cette étude. Entre 1995 et 2015, la part des richesses nationales allant aux 1% les plus aisés a doublé entre dans ces deux pays, passant de 15% à 30% en Chine et de 22% à 43% en Russie.

« Au Moyen-Orient, en Afrique sub-saharienne et au Brésil, les inégalités sont restées relativement stables », mais « à des niveaux très élevés », précise le document.

Podium des régions et pays les plus inégalitaires

1. Moyen-Orient

 

Dubaï

61% du revenu national détenu par les 1% les plus aisés

 

 

2. Inde

 

Inde

55% du revenu national détenu par les 1% les plus aisés

 

 

3. Brésil

 

Brésil

55% du revenu national détenu par les 1% les plus aisés

 

 

Europe : une progression moindre

La progression des inégalités s’est avérée plus modérée en Europe, région la moins inégalitaire, où les 10% les plus aisés concentraient 37% de la richesse nationale en 2016. Sur France inter, Thomas Piketty a expliqué : « Le but de ce rapport, ce n’est pas de se lamenter, (…) c’est plutôt de voir ce qui marche, ce qui ne marche pas et comment il est possible au sein d’une même mondialisation d’avoir différentes politiques nationales. »

Avec Lucas Chancel, ils soulignent dans Le Monde que la montée des inégalités au cours des dernières décennies « n’était pas nécessaire à la croissance » et rappellent que ce sont bien les politiques publiques et non l’essor de la mondialisation (1) qui ont alimenté cette tendance.

 

SDF - Femmes photos

 

Le modèle de l’Europe pour limiter les inégalités d’ici 2050

Selon les projections des auteurs du rapport, à l’horizon 2050, les inégalités peuvent se réduire modérément si tous les pays suivent la tendance observée en Europe au cours des quarante dernières années. Mais elles se creuseront encore davantage si l’ensemble des pays se calent sur la trajectoire des Etats-Unis. Lucas Chancel insiste : « Une telle évolution n’est cependant pas inévitable. »

Pour s’attaquer à ce problème, ils préconisent des évolutions majeures des politiques fiscales à l’échelle nationale et internationale, ainsi que des changements dans les politiques en matière d’éducation, de gouvernance d’entreprise et de fixation des salaires dans de nombreux pays.

Homme aisé - SDF

 


 

Source :

https://fr.yahoo.com/m6info/hausse-des-inegalites-dans-le-monde-le-rapport-qui-inquiete-140446134.html

PDF : http://wir2018.wid.world/

 

 

Note personnelle :

(1) Les deux sont des acteurs principaux mais la mondialisation (mondialisme plus précisément) en est la cause profonde. Les politiques suivent…

https://aphadolie.com/2017/12/17/hausse-des-inegalites-dans-le-monde-le-rapport-qui-inquiete/

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"Pour s’attaquer à ce problème, ils préconisent des évolutions majeures des politiques fiscales à l’échelle nationale et internationale, ainsi que des changements dans les politiques en matière d’éducation, de gouvernance d’entreprise et de fixation des salaires dans de nombreux pays.": à condition d'avoir la main sur ces politiques, ce qui implique la souveraineté... P.G.

 

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samedi 16 décembre 2017

[GEAB] Petroyuan et Arabie Saoudite : De la tentation du “QE militaire” US à la naissance du Moyen Orient 3.0

Fin 2017-début 2018, toutes les grandes banques centrales occidentales sortent des politiques monétaires non conventionnelles, les fameux quantitative easing (QE) qui ont permis d’approvisionner en liquidités les banques en manque de confiance mutuelle de l’après-crise des subprimes.

TL MONNAIES

QE fiscaux dans les pays riches
La Banque centrale européenne, la Bank of England et la Bank of Japan s’approchent toutes d’un ralentissement du rachat d’obligations. En Europe, Draghi l’a répété à l’envi[1] : la banque centrale ne peut pas tout et il faut donc des réformes structurelles de la monnaie unique. C’est ainsi qu’on parle de « QE fiscal »[2] (permettant notamment de financer les infrastructures via un renforcement des politiques fiscales au niveau européen) qui servirait l’économie réelle et qui serait le renforcement logique du plan Juncker[3].
La politique annoncée de la BoJ consiste grosso modo en la même stratégie, à ceci près qu’elle n’a pas à consolider une gouvernance pour sa monnaie comme préalable. La victoire électorale récente de Shizo Abe fournit a priori les conditions nécessaires et suffisantes pour enclencher la transition de diminution du rythme des rachats et du montant de leur dette (200 % du PNB)[4].

QE militaire dans les autres
Quant à la BoE, elle n’en est pas encore à annoncer la fin du resserrement de sa politique monétaire, mais les problèmes d’inflation qu’elle rencontre actuellement (3 % malgré une hausse des taux) ne devraient pas tarder à l’y obliger[5]. Il est probable qu’une politique fiscale ne constitue pas une option pour le Royaume-Uni dont les habitants connaissent des problèmes d’endettement importants[6]. Alors, sont-ils susceptibles de s’engager eux aussi dans un QE militaire convaincant ? Ou bien l’Europe constituera-t-elle in fine la seule planche de salut disponible ?

Côté États-Unis, les choses sont un peu différentes : la Fed a mis fin à son QE il y a trois ans déjà et se contentait depuis d’entretenir son stock en réinvestissant systématiquement les montants des obligations qui arrivaient à échéance dans de nouvelles obligations[7]. Or, depuis le mois d’octobre, la Fed a entrepris de diminuer le stock d’obligations qu’elle avait acquises pour soutenir son économie. Cette diminution se fait essentiellement : 1/ en « annulant » les écritures de monnaie créée sur les comptes des banques (pour la partie création monétaire pure) ; 2/ en trouvant pour les émissions ou renouvellement de bons du Trésor de vrais clients puisque la Fed ne jouera plus ce rôle. Problème : dans un monde désormais multipolaire et ultra-concurrentiel, comment créer un fort différentiel positif d’attractivité de l’économie nord-américaine ?

Les bons du Trésor pourraient être vendus aux citoyens américains eux-mêmes, mais encore faudrait-il qu’ils aient de l’épargne. Ce n’est toujours pas le cas… Au contraire, on note actuellement une ré-augmentation de l’endettement des ménages et des défauts de paiement[8]. Cette situation donne deux informations : une politique fiscale n’est pas plus envisageable que la vente des T-Bonds aux Américains, et il n’y a pas de temps à perdre si on veut éviter une nouvelle crise des subprimes. Ce deuxième point montre que la stratégie de relance de l’économie par affaiblissement du dollar (et donc l’enchérissement des produits importés) est une politique de bien trop longue haleine.

De quoi les États-Unis disposent-ils qui présente un potentiel de très forte rentabilité à part leur fameux appareil militaro-industriel ? Pas grand-chose en fait, en tout cas pas grand-chose qui ne soit déjà optimisé. Selon ce qu’on intègre au budget militaire, il représente tout de même entre 700 et 1000 milliards de dollars par an[9]

Figure 1 – Budgets militaires 2016 des neuf pays les plus dépensiers. Source : PGPF.

C’est ainsi qu’est apparu à l’esprit de notre équipe le concept de « QE militaire », en écho au « QE fiscal » européen. La question devenant alors : comment les États-Unis pourraient-ils optimiser de manière rapide et significative la rentabilité de ce pan de leur économie ?

Les trois pistes

Trois pistes simples apparaissent alors :

1- Piste européenne : les États-Unis mettent de l’huile sur les nombreux conflits de la planète, justifiant leur présence qu’ils font payer aux pays concernés. La crise euro-russe de 2014, le déploiement de troupes US-Otan en Europe et l’augmentation des contributions des membres de l’Alliance au budget, sont en fin de compte une première application de cette notion de QE militaire (au moment précis où la Fed arrêtait son QE, d’ailleurs…).

Défauts :

. en augmentant leurs contributions, les alliés reprennent la main sur les fonctions de commandement et peuvent utiliser cette marge de manœuvre pour calmer les tensions (la Corée du Sud en fournit un bon exemple) ;

. ça rapporte, mais ça coûte aussi. Même si les alliés contribuent mieux au budget, si le budget total augmente, la part US augmente également ;

. et si personne ne calme les tensions, il y a aussi des risques de réel embrasement qui ne sont en fait pas l’objectif de l’appareil militaire US : problème de coûts, mise en transparence de l’avantage réel de l’arme US sur les autres, image désastreuse conduisant au déploiement de stratégies de découplage de l’ « allié » US.

2- Piste japonaise : au lieu de miser sur le « militaro », les États-Unis misent sur l’« industriel » et opèrent une vraie réforme de leur appareil suivant un principe de rationalité économique : diminution des dépenses (bases, hommes, missions, etc.) et optimisation des recettes (vente d’armements). Dans cette logique, il peut toujours y avoir intérêt à attiser les conflits, mais en laissant les pays concernés prendre leur indépendance stratégique (une tendance dont le Japon fournit le parfait exemple[10]).

Défaut : le monde peut devenir un endroit très dangereux, ce qui n’est in fine dans l’intérêt de personne. Aucun dirigeant moderne ne peut ignorer le fait de la globalisation (non pas économique, mais sociétale). Ce qui arrive en un point a des conséquences d’un bout à l’autre du globe.

3- Piste moyen-orientale (?) : les États-Unis misent résolument sur l’explosion des dépenses militaires dans un monde multipolaire pour profiter de ce marché au moment où leur primauté technologique est encore avérée et crédible[11]. Ils recréent la confiance de leurs futurs clients en adoptant une plus grande impartialité dans les conflits, voire en participant à la réduction des tensions. Ils ramènent vers eux une partie des dépenses liées à la mise en place des systèmes de défense des gros acteurs géopolitiques émergents qui commençaient à regarder davantage vers la Russie ou la Chine. Ils dégagent des marges, redonnent de la matière à leur économie, et peuvent même réinvestir une partie des bénéfices dans la recherche pour augmenter à nouveau leurs chances de garder leur avance sur les concurrents (c’est le Moyen-Orient qui inaugure, si l’analyse que nous faisons dans les Perspectives de ce numéro est juste, cette nouvelle stratégie, pensons-nous).

Défaut : même si ces conditions de déploiement du marché de l’armement mondial sont plus rassurantes, le monde peut quand même devenir un lieu dangereux à terme. Sauf si l’évolution est concomitante de la mise en place d’une nouvelle gouvernance multipolaire qui, sur le plan stratégique notamment, fonde la confiance de ses partenaires sur des systèmes militaires de défense et non d’attaque.

En chiffres…

Livrons-nous alors à un petit exercice mental… Le pays n’a plus les moyens de maintenir les 800 bases militaires qu’il possède à l’étranger et qui lui coûtent de l’ordre de 160 milliards de dollars par an[12].

Figure 2 – Bases militaires US à l’étranger, 2015. Source : Politico.

Si les États-Unis abandonnaient la moitié de leurs bases étrangères, les économies s’élèveraient à environ 65 milliards par an[13]. Par ailleurs, dans un monde multipolaire où la paix serait assurée par l’équilibre des forces, le besoin d’armement est encore énorme. Ainsi, par exemple, le Japon se remilitarise rapidement[14]. Les exportations étasuniennes d’armes seraient donc considérablement renforcées. Si celles-ci augmentent par exemple de 50 %, ce serait encore de l’ordre de 25 milliards de rentrée d’argent supplémentaire[15]. On atteint ainsi 90 milliards de dollars par an d’économies ou de bénéfices. Si l’on tient compte en outre de la forte augmentation du budget militaire 2018 voulue par Trump et votée presque à l’unanimité par le Congrès[16], on atteint un « stimulus » de l’ordre de 150 milliards de dollars par an. Le voilà, le nouveau QE : c’est un « QE militaire » dans le sens où, plus que jamais (ce n’est pas peu dire concernant les États-Unis), les dépenses militaires soutiennent massivement l’économie. Les montants en jeu sont évidemment bien moindres que ceux du QE de la Fed, mais il faut se rappeler aussi qu’un tel soutien est beaucoup plus efficace pour l’économie réelle. D’ailleurs, les premiers signes du remplacement du pétrodollar par le QE militaire que nous venons de décrire semblent d’ores et déjà visibles, quand on sait par exemple que les exportations d’armes US vers l’Arabie saoudite ont augmenté en 2016, tandis que dans le même temps les importations US de pétrole en provenance de ce pays ont fortement baissé[17], rééquilibrant de ce fait la balance commerciale US-AS en faveur des premiers. Étant donné les balances commerciales auxquelles les États-Unis nous ont habitués depuis plusieurs décennies, ce genre de petit fait peut facilement être interprété comme un vrai changement de tendance et le début du fameux « atterrissage économique » des États-Unis que nous anticipons depuis plusieurs mois, et dont le pays a tant besoin pour réduire ses doses de perfusions financières et recommencer à marcher tout seul…

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[1] Dernier discours en date le 18 octobre. Source : BCE, 18/10/2017
[2] À ce sujet, lire CNBC, 05/10/2016
[3] Plan que nous avons étudié dans notre article sur la BEI dans le GEAB n°118 d’octobre 2017
[4] Source : Tokyo Foundation, 09/11/2017
[5] Source : Seeking Alpha, 10/11/2017
[6] Source : The Guardian, 18/09/2017
[7] Source : Les Echos, 08/11/2017
[8] Source : MarketWatch, 14/11/2017
[9] Sources : The Balance (24/05/2017), POGO (10/02/2016)
[10] Shinzo Abe travaille depuis des années à l’obtention d’une modification de la constitution japonaise devant permettre au pays de reprendre la main sur sa défense nationale. Il paraît aujourd’hui bien positionné pour obtenir cet amendement d’ici 2020. Source : Japan Times, 03/05/2017
[11] Voir l’article du GEAB n°117 (« La supériorité de l’armement US en question ») sur le resserrement de l’avance technologique US vis-à-vis des nouveaux acteurs de l’industrie de l’armement. Source : GEAB n°117, 15/09/2017
[12] Source : Mint Press News, 07/03/2016
[13] Soit 80 milliards par an correspondant à la moitié du coût des bases étrangères, à quoi il faut tout de même retrancher les dépenses en personnel qui resteront à honorer, soit environ 15 milliards. En effet, Il y a environ 300 000 soldats US à l’étranger, soit 150 000 à rapatrier. Chacun « coûte » en moyenne 100 000 $ par an. Source : Wikipedia, ici et
[14] Sources : Reuters (04/06/2016), BFMTV (05/09/2017)
[15] En moyenne, les États-Unis ont exporté pour 47 milliards par an entre 2012 et 2016. Source : Wikipedia
[16] Dans une étonnante entente entre démocrates et républicains qui ont alloué plus que ce que Donald Trump demandait… Signe sans doute que chacun a conscience du soutien à l’économie que représentent les dépenses militaires. Source : New York Times, 18/09/2017
[17] Source : Bloomberg, 14/11/2017

Source : GEAB

https://www.les-crises.fr/geab-petroyuan-et-arabie-saoudite-de-la-tentation-du-qe-militaire-us-a-la-naissance-du-moyen-orient-3-0/


 

Commentaires glanés sur ce site:

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=> De quoi les États-Unis disposent-ils qui présente un potentiel de très forte rentabilité à part leur fameux appareil militaro-industriel ?

Les États-Unis peuvent aussi compter sur l’application du principe d’extraterritorialité du droit américain pour rançonner leurs partenaires.

https://fr.sputniknews.com/international/201712121034288329-airbus-usa/

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Ils peuvent compter également sur la veulerie et le masochisme de leurs partenaires européens, comme en témoigne la carte mondiale de l’occupation militaire américaine.

Ils peuvent compter encore sur la fascination de leurs partenaires pour la langue de l’Empire : incapables de traduire en français “Quantative easing”, ou les légendes de leurs cartes. Quant à l’expression à la mode 2.0, 3.0, j’aimerais qu’on me dise ce qu’elle apporte de plus.

Ils peuvent compter enfin sur la nullité intellectuelle des experts européens, qui produisent ce genre de sentence : “Aucun dirigeant moderne ne peut ignorer le fait de la globalisation (non pas économique, mais sociétale). Ce qui arrive en un point a des conséquences d’un bout à l’autre du globe.”

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oui, très bon rappel. En dehors des attaques contre BNP, Airbus, on se souvient des attaques contre Pirate Bay, et le fait que Kim Dotcom a eu des actifs saisis par décision US alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. Ou le cas Assange
et également une suprématie effroyable (hors Chine) dans le domaine d’internet: GAFA + surveillance totale.
et aussi le contrôle total du vivant, avec les OGM imposés partout et maintenant le forçage génétique
et aussi de nombreux domaines industriels de pointe. En concurrence serrée avec la Chine et l’Allemagne en général, mais souvent une longueur d’avance
et le mythe du rêve américain et Hollywood, qui attirent des millions d’immigrés qualifiés venant innover et produire

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@Jean,Nicolas et Fritz.
Vous apportez de l’eau au moulin à la thèse du GEAB en évoquant l’extraterritorialité.
En effet,d”après ce think-tank , les US sont obligés de revoir la stratégie de leur système militaro- industriel en raison :
-de leur endettement massif
-qui ne sera plus possible dans les mêmes proportions en raison de l’avènement du PetroYuan.

Mais de même que s’organise une alternative au dollar ,il se met en place une alternative à extraterritorialité.
Dans le monde: http://geab.eu/a-lecoute-des-signaux-faibles-de-tendances-notre-selection/
En France:voir l’intervention d’Hubert Védrine sur ce sujet qui explique que les français réalisent des montages pour faire du commerce avec l’Iran.Ici à 29 mn https://www.franceinter.fr/emissions/le-grand-face-a-face du 10 12.
Les US, anticipent ces réactions aux différents outils de leur hégémonie, en changeant de stratégie militaro-industrielle, selon le prospective du Geab.

ps: petroyuan et SWIFT http://www.leap2020.net/une-reaction-a-notre-article-du-geab-sur-le-petroyuan-par-irina-yarigina-professeur-de-luniversite-financiere-detat-de-moscou/

 

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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