mercredi 11 juillet 2018

GUETTA, C’EST PAS MOI.

TRIBUNE LIBRE / Par Floréal, Prcf.

TL GUETTA FLOREAL

Ce 6 juillet, toute la rédaction matinale d’Inter emmenée par Mme Salamé et M. Demorand, auxquels s’était ajoutée la directrice de chaîne en personne, pleurait à chaudes larmes le départ de l’inamovible Bernard Guetta, l’homme qui n’a cessé durant 27 ans ( !!!) de fixer le cap de l’Europe fédérale, du Oui à la constitution européenne, des ingérences à répétition de l’UE-OTAN en Libye, en Ukraine, en Syrie ; l’homme qui n’a tiré aucune leçon des énormes hécatombes qu’ont produites ces ingérences ; le grand amoureux de la paix ( !) et de l’indépendance des peuples ( !!) qui chaque matin, tançait les gouvernements maastrichtiens parce qu’à ses yeux, ils n’allaient jamais assez loin dans l’euro-dissolution de notre pays (pardon : dans la « mise en place d’une Europe politique ») et dans l’alignement empressé sur Clinton, sur Obama, sur Sainte Angela, « l’honneur de l’Europe » (car prôner l’alignement français sur Trump est désormais plus compliqué : il est fâché avec Merkel et l’esclave le plus veule doit presque se poser des questions quand il lui faut servir à la fois deux maîtres qui s’affrontent…).

Plusieurs comportements suscitaient la pitié ce matin à l’audition de "la France-Inter".

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Tout d’abord, celui de Guetta lui-même qui disait naïvement, et disons-le, sottement, « ne rien comprendre » à ce qui suscite le désamour massif actuel des peuples européens à l’égard de cette si belle Europe de la prospérité, de la paix et du progrès social que lui avaient promis les zélotes de Maastricht et de l’euro-Constitution. Bien sûr, l’ayatollah des Nouveaux Croyants risquait l’hypothèse que, peut-être, les peuples n’aiment pas perdre massivement, fût-ce au nom de « L’EUROPE, L’EUROPE, L’EUROPE ! », leurs acquis sociaux si difficilement gagnés dans le cadre des États-nations constitués. Mais bien entendu, le réflexe pavlovien revenait aussitôt et la réponse attendue arrivait vite : pour sauver les acquis sociaux, il faudrait… mais oui, vous avez deviné : PLUS D’EUROPE POLITIQUE, voyons ! Comme si chaque pas en avant de la construction européenne n’avait pas été suivi de DIX pas en arrière en matière de délocalisations, de privatisations, de casse des protections sociales, d’humiliation des peuples traités comme de sales gosses insensibles aux beautés de la belle Europe néolibérale. Comme si les gouvernants européens, Macron en tête, étaient des résistants potentiels aux gros actionnaires européens qui paient leurs campagnes , ainsi qu’aux USA qui, très souvent, ont financé leurs études. Comme si les traités supranationaux ne stipulaient pas cette merveilleuse « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » qui fixe le cap de la dé-protection sociale, de l’américanisation totale de la langue et des modes de vie, de la thatchérisation de toutes les conquêtes civilisatrices du mouvement ouvrier ! Bref, soit ce Monsieur ment, soit il se ment, soit… c’est une bille politique et géopolitique, les trois réponses ne s’excluant d’ailleurs pas forcément …

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Plus grave encore, Guetta a avoué ce matin qu’il n’avait jamais cultivé « l’objectivité », ce qui est pourtant son devoir le plus élémentaire en tant que journaliste d’une part, et que journaliste du service public par ailleurs. Toujours, a-t-il avoué, il fut un « journaliste engagé » pour la « construction » européenne. Y compris en 2005 quand il terminait tous ses éditos sentencieux, non pas par « il faut détruire Carthage » (on a les Caton qu’on peut !), mais par : il serait catastrophique de voter non à l’Europe. Et là, notre critique s’adresse moins à lui, qui a peut-être fini par se convaincre à force d’euro-rabâcher, qu’aux directeurs de chaînes successifs nommés par les pouvoirs maastrichtiens successifs, lesquels ont choisi puis RECONDUIT PENDANT 27 ANS un éditorialiste international qui proclamait chaque matin, sans nulle considération pour les Français en désaccord avec lui, son positionnement UNILATÉRAL ; car si Guetta avoue qu’il était « engagé », c’est-à-dire clairement d’un bord contre un autre, alors pourquoi et au nom de quoi les directeurs successifs d’Inter, et leurs vrais maîtres, les présidents de la République successifs, l’ont-il choisi lui et lui seul, et non pas tel autre journaliste faisant la part des choses, nuançant le propos, essayant au moins d’être « objectif », ne présentant pas son idéologie va-t-en-guerre comme le comble de l’attachement à « la gauche », bref, un journaliste respectant la MAJORITÉ DES FRANÇAIS payeurs de redevance qui ont voté NON à l’euro-constitution et à qui, chaque matin Guetta a dit en quelque sorte : « VOUS EN BOUFFEREZ QUAND MÊME ! » ?

Et si on veut du débat et de « l’engagement », comment se fait-il qu’il n’y ait toujours qu’une couleur représentée sur chacun des grands sujets matinaux d’Inter, Léa Salamé affichant sa sainte horreur de la France insoumise, Guetta sa détestation de l’ex-URSS, de Cuba, du Venezuela bolivarien et de la Russie, Bernard Seux (Les Échos) vantant chaque matin le néolibéralisme patronal et pointant sans trêve les « archaïsmes » du mouvement syndical français ? Curieux « engagement », curieux goût du « décryptage », qui se situe toujours DU CÔTÉ DU MANCHE, toujours du côté des puissants et de l’ordre brutal que recouvrent les mots « euro », « UE » et « OTAN » ; surtout quand on regarde ce qui arrive, non seulement aux migrants chassés de chez eux par les guerres néocoloniales de l’Occident et littéralement noyés par ledit Occident, mais aux peuples grec, portugais, italien et, de plus en plus, au peuple français (mais rassurons-nous, « on est en demi ! »), en matière de macro-chômage, de macro-précarité, de macro-paupérisation et pire encore, de macro-abrutissement des couches populaires et de la jeunesse !

clash-myard-guetta-sur-des-frapp

Pire que pire maintenant : les larmoiements radiodiffusés de « la France-Inter » en grand deuil au matin de ce 6 juillet : certes, ça fait longtemps que le standard d’Inter trie politiquement ses intervenants (ou plutôt, ses faire-valoir, puisqu’ils n’ont jamais le droit de répondre à la réponse et qu’un enfant sage sur deux de cette radio croit bon de commencer en disant, à la manière de Mireille Matthieu remerciant « son public » : « je vous félicite pour la qualité de vos émissions » !), et l’auteur de ces lignes en sait quelque chose lui qui, en dix ans, n’a jamais pu poser à l’antenne la moindre question sur la politique de substitution linguistique du tout-anglais transatlantique à notre langue nationale en perdition. Mais n’empêche, combien ces larmoyants Guettophiles matinaux étaient-ils piteusement emblématiques de ce qu’est devenue une bonne partie de la France-qui-se-croit-de-gauche, tel cet émouvant auditeur matutinal qui pleurait au téléphone pour saluer « Bernard », toute pudeur bue ! ce gentil auditeur, sans doute partisan d’une « guerre de gauche » à outrance en Syrie, ne perdait pas en l’occurrence un journaliste, il perdait un directeur de conscience, un grand-prêtre de cette très sainte Religion euro-œcuménique qui fédère aujourd’hui tous les privilégiés de France et toute la théorie de  leurs affidés bien-pensants…

B GUETTA 1

Reconnaissons-le cependant, Guetta avait un mérite : il « écrivait » ses papiers et était un des rares journalistes du service public (France-Culture est encore pire qu’Inter de ce point de vue) à savoir lire et à faire des liaisons correctes alors que le débraillé linguistique, que l’avalanche des anglicismes paresseux, que les phrases absurdes du style « les universités vont désormais pouvoir trier leurs-H-étudiants » font désormais florès sur Inter dans la parfaite indifférence du CSA (Cancres Supervisant l’Audimat ?)… Maigre satisfaction toutefois, car à quoi bon parler un français châtié si par ailleurs on appuie fanatiquement un processus global qui détruit la France et qui relègue sa langue de lumière(s) au 36ème dessous ?

Bref, le géo-croisé Guetta va ENFIN prendre sa retraite, contrairement à tant de gens qui, grâce à sa maudite Europe, auront été licenciés et renvoyés à l’enfer des minima sociaux bien avant de parvenir à la date-limite et d’obtenir une super-retraite dorée…

GUETTA UE

Laissons la veulerie sangloter. Et demandons-nous si Duclos et Thorez pourraient encore aujourd’hui, étant donné l’état mental d’une bonne partie de « la France-Inter » (l’autre partie n’ayant jamais la parole), lancer encore la fameuse formule qui concluait le vibrant appel diffusé par le PCF clandestin le 10 juillet 40 :  « jamais, non jamais, le peuple de France ne sera un peuple d’esclaves ».

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/guetta-cest-pas-moi-par-floral-prcf-2/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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samedi 26 mai 2018

Régis Debray : “Désormais, gouverner, c’est suivre et gérer les émotions collectives”

Source : L’Express, Anne Rosencher et Alexis Lacroix, 29/04/2018

TL DEBRE FAILLITE

Le philosophe et écrivain Régis Debray proclame avec malice, dans son nouveau livre, sa banqueroute intellectuelle et politique. Explications.

[…]

Cela veut-il dire que vous avez renoncé à votre projet d’influence ?

Complètement. Le lien entre la pensée et l’action politique s’est rompu, et je m’en veux d’avoir passé tant de temps à le nier. Aujourd’hui les hommes d’influence, c’est Monsieur Bern ou Monsieur Bourdin. Le perçu tient lieu de conçu. Voyez la Libye en 2011, l’ambassadeur à Tripoli, un arabisant expert, n’a même pas été consulté. Il y avait, à l’École des hautes études en sciences sociales, deux ou trois spécialistes de la région, de son histoire, de ses tribus. Inconnus au bataillon. Les leaders d’opinion d’abord. En ce moment, on parle beaucoup de 68, c’est inévitable, il faut endurer [il rit de nouveau]. Mais en 68 la révolte respirait la littérature et la philosophie Sartre, Deleuze, André Breton, Althusser. Ils étaient sur les murs, dans les slogans et les discours. Je peux me tromper mais je ne sache pas qu’à Tolbiac on cite Edgar Morin, ou Arthur Rimbaud chez les zadistes. C’est peut-être mieux, le romantisme ne paye pas. Et le temps de lecture moyen a été divisé par trois en trente ans.

[…]

Vous dites : pas de jugement de valeur. Vous ne faites pas partie, donc, des pessimistes revendiqués, qui pensent que certaines brisures de l’époque nous conduisent droit vers des temps inquiétants…

La-société-du-spectacle-debord-02

Non. Des temps autres, qui finiront bien par trouver leur régulation. Un changement de portage, en l’occurrence, de l’hémisphère gauche à l’hémisphère droit du cerveau, ou de la pensée rationnelle au siège des émotions, n’est pas nécessairement une catastrophe. Le système nerveux collectif trouvera le moyen de se rééquilibrer. Pour l’heure, c’est vrai que l’atmosphère est à l’émotionnel et à l’impulsif. Dans la chose publique, c’est flagrant. Ce n’est pas seulement la vérité, c’est la pensée qui ne fait plus critère. Le règne de l’image, le haché menu de l’info et le tempo précipité donnent toute autorité à la posture, et donc à l’imposture, si besoin est. C’est troublant de voir à quel point l’action politique s’est décrochée de l’histoire. Avec l’invasion de l’instant, il y a une perte de perspectives, on ne déclare plus la guerre, on la tweete. La profondeur de temps disparaît. Clio n’est plus la muse de nos hommes politiques – je parle de l’après-Mitterrand, avant l’âge économique où nous sommes.

[…]

Questionner l’émotion, l’image, c’est un blasphème. On se souvient de la volée de bois vert que s’était attirée Michel Onfray pour avoir commenté avec distanciation l’effet politique né de la photo du petit Aylan, justement. Il s’était quasiment fait traiter de nazi…

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Il y a certainement une brutalisation des rapports humains, qui va de pair avec l’immédiateté et l’ubiquité des communications. Le smartphone ne favorise pas le discours en trois points… et les noms d’oiseaux arrivent tout de suite. En ce sens, on peut dire qu’il y a une sorte de régression. Ce qui m’ennuie le plus, c’est le rétrécissement du vocabulaire. Il y a un tel racornissement de la langue… Mais chaque révolution médiologique a toujours été une tempête sous les crânes. Platon a décrit la naissance de l’écriture alphabétique comme un traumatisme, la fin de l’autorité des anciens, la disparition de la mémoire vive puisque tout serait désormais déposé sur des supports inertes. Chaque fois qu’il y a cassure, hiatus, saut technologique, il y a de la panique ou du déboussolement. Restons calme. La fin d’un monde, le mien en l’occurrence, n’est pas la fin du monde.

[…]

l’utopie, en l’occurrence, c’est l’Europe, cela fera des réveils difficiles.

En quoi ?

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On peut toujours créer un Conseil ou un Parlement par un traité mais on ne crée pas un peuple européen par décret. Mettre le parlement avant le peuple, c’était mettre la charrue devant les boeufs. L’Europe unie comme acteur politique est morte de sa belle mort, comme Valéry l’avait pressenti en son temps, avec sa fulgurante lucidité. L’Europe comme entité stratégique n’a jamais pris naissance faute de se donner une frontière, une doctrine, une armée autonome et une chaîne de commandement qui n’aboutirait pas, comme l’OTAN, au bureau Ovale. Les manoeuvres militaires en France se font en anglais, dans les normes opérationnelles du Pentagone. Reste à sauver une singularité culturelle incomparable, ce mélange contradictoire, je reprends les termes de Valéry, de quatre vertus, l’imagination, la confiance, l’esprit critique et le scepticisme, mais cela aussi expire sous nos yeux, emporté et laminé par le mainstream d’outre-Atlantique.

Dans un texte paru dans Le Monde et consacré aux obsèques de Johnny Hallyday, vous notiez – en le déplorant – que le showbiz semblait être devenu “un nouveau corps d’Etat”… Qu’entendez-vous par là ?

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J’ai toujours aimé et apprécié l’État-spectacle, qui exige une symbolique, une langue et de la distance entre la scène et la salle. C’est la grandeur et la force du théâtre. L’État séducteur, lui, veut du brouhaha et du tactile, du live. C’est par là que le show bizz s’est intégré dans l’officialité par sa capacité à produire de l’immersion en masse et en direct. Trois présidents de la République en rang pour dire adieu à Johnny Hallyday, ni un parolier ni un compositeur, mais un clone du King, et les Hells Angels sur les Champs-Élysées, escortés par la garde républicaine. Personne pour dire adieu à Pierre Boulez qui a animé et dirigé la musique contemporaine, en France, pendant un demi-siècle. Cela dit tout. On ne peut plus rien attendre de notre classe dirigeante, l’énarchie au pouvoir, que du suivisme et de l’aliénation. Désormais, gouverner, c’est suivre et gérer les émotions collectives, autrement dit : se mettre en scène au petit écran et négocier les “couv” de Paris Match.

Lire la suite sur : L’Express, Anne Rosencher et Alexis Lacroix, 29/04/2018

https://www.les-crises.fr/regis-debray-desormais-gouverner-cest-suivre-et-gerer-les-emotions-collectives/

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dimanche 29 avril 2018

Jean Claude Juncker: vidéo et images

Il est bon de se rappeler qui est au sommet de l'UE
et donc qui nous gouverne grâce à la traîtrise des gouvernements successifs !  S.R.

HUM JUNKER

vive l'europe


Jean Claude Juncker ivre

https://www.youtube.com/watch?v=WXZbfwjuAFw

 

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