jeudi 21 juin 2018

Vidéos


https://www.youtube.com/watch?v=SyB8VPufB-s

 

Poutine est il prêt à utiliser l'arme nucléaire ? Son avis sur une troisième guerre mondiale

https://www.youtube.com/watch?v=twhubuy8mN8

 

 

SAPIR

Jacques Sapir à propos de la position de F. Asselineau sur l'élection Italienne sur TVL (16/06/18)

https://www.youtube.com/watch?v=DcbBnnfXMWc

 

 

 

 

vue autrement

VINCENT LAPIERRE sur l'UPR : La VÉRITÉ

https://www.youtube.com/watch?v=ow3qM7JWefE

 

 

 

 

TF MAMOUDOU

Mamoudou Gassama : La Gonzolitique en action !

https://www.youtube.com/watch?v=E7ZH24wtuoE

 

A l'UPR c'est tous des FACHOS !

https://www.youtube.com/watch?v=mg33nwVMrPc

 

 

LORDON FRANCE CUL

Frédéric Lordon sur la même ligne que l' UPR et François Asselineau

https://www.youtube.com/watch?v=7Q3nma2V6jU

 

 

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mardi 19 juin 2018

La Colombie, les escadrons de la mort et les droits de l’homme vus par les USA

TRIBUNE LIBRE / Par Dan Kovalik
Paru sur RT sous le titre Colombia, the death squads & the US’ human rights double standard

TL COLOMBIE PROPAGANDE US

Presque quotidiennement, nous sommes bombardés par des « informations » sur des problèmes au Venezuela. Et de fait, problèmes il y a, par exemple des pénuries de nourriture et de médicaments, et une inflation galopante. Mais quelque chose est occulté.

Ce qui est occulté par la presse est l’impact des sanctions sur la situation au Venezuela et la façon dont ces sanctions empêchent le Vénézuela de résoudre ces problèmes.

Ce que la presse omet aussi est que la voisine de palier du Venezuela, la Colombie, fait face à des problèmes humanitaires encore plus pressants. C’est la première alliée des USA dans la région et, étrangement, la toute nouvelle « partenaire mondiale » de l’OTAN en Amérique Latine. Et, les USA sont très largement responsables de ses problèmes aussi, mais de façons différentes.

TOUS LES JOURS

La fait est que, sur plusieurs plans, la Colombie connaît l’une des pires situations quant aux droits de l’homme de la planète, mais vous ne le sauriez jamais en regardant vos infos du soir à la télé.

D’abord, la Colombie détient le record des personnes disparues de toutes les Amériques – même plus que tous les pays du Cône Sud conjugués au cours des années de la « Guerre sale » – à plus de 60 000 personnes.

De plus, la Colombie compte le plus grand nombre de personnes déplacées par des conflits de la Terre, à plus de 7 millions – juste derrière la Syrie. Et un nombre disproportionné de ces personnes déplacées sont indigènes ou afro-descendantes.

Ajoutons que la Colombie se classe cinquième dans le monde pour le nombre d’enfants déplacés par des conflits, avec deux millions de filles et de garçons déplacés. De façon choquante, elle se classe 3ème dans le monde pour le nombre d’enfants assassinés, avec 715 enfants tués au cours de la seule année dernière. Ces statistiques ont mené l’organisation Save the Children à conclure que la Colombie est « l’un des pires pays au monde où être un enfant ou un adolescent ».

Amerique_du_Sud

La Colombie compte aussi parmi les pires pays au monde pour y être un activiste tel qu’un défenseur des droits de l’homme, un leader de syndicat, un chef indigène ou un chef afro-colombien. Ainsi, même après la signature d’un traité de paix entre le gouvernement colombien et les guérilleros des FARC en 2016, des activistes sont assassinés à un rythme alarmant. Plus de 200 activistes ont été tués depuis janvier 2017. En outre, 2017 a été la pire année de l’histoire du pays pour les militants des droits de l’homme en Colombie, avec un nombre record de 120 meurtres.

Bien sûr, les USA portent une lourde responsabilité dans cette horrible situation, parce qu’ils ont été les commanditaires de la guerre brutale de la Colombie contre son propre peuple, pendant des décennies, et qu’ils ont fourni des milliards de dollars en aides matérielles à cet effort de guerre. De fait, depuis 2000, les USA ont donné 10 milliards de dollars à la Colombie, principalement en assistance militaire, dans le cadre de son programme de contre-insurrection connu sous le nom de ‘Plan Colombia’. Au cours des années du Plan Colombia, l’armée colombienne a tenté de drainer plus d’assistance militaire américaine en massacrant des civils et en les faisant ensuite passer pour des guérilleros d’extrême gauche. Selon de récentes évaluations, l’armée aurait massacré 10 000 civils dans cette macabre opération de « faux positifs ».

ESCADRONS DE LA MORT 1

Mais les USA sont également derrière une force encore plus sombre que l’armée colombienne – à savoir, les escadrons de la mort paramilitaires colombiens. Bien que ceux qui vivent dans les endroits reculés de la Colombie soient douloureusement conscients de la présence et de la brutalité des paramilitaires, ces derniers sont aujourd’hui un secret bien gardé dans les zones plus aisées des grandes villes de Colombie et encore plus hors des frontières de la Colombie. De fait, les gouvernements américain et colombien démentent l’existence même de ces groupes paramilitaires, et la presse complice se fait également fort de garder le secret.

Récemment, le défenseur des droits de l’homme le plus important de Colombie, le Père Javier Giraldo (Compagnie de Jésus), a parlé du phénomène paramilitaire, dont il est expert. Comme il l’explique, « Nous avons des bras clandestins ou semi-clandestins de l’État, qui sont ces groupes paramilitaires. Aujourd’hui, il n’est plus toléré d’en faire mention en tant que tels, mais je continue de les appeler paramilitaires, parce que c’est le terme approprié. »

ESCADRONS DE LA MORT 2

Le Père Giraldo décrit les origines des escadrons de la mort paramilitaires, une force développée par les USA avant même l’émergence des guérilleros d’extrême gauche en 1964. Comme il l’explique :

« En 1962, quand Guillermo León Valencia était président, une mission de l’armée des USA, d’une école militaire spéciale de Caroline du Nord, est arrivée en Colombie… Ils ont analysé la situation en Colombie et laissé des instructions secrètes, qui donnaient l’ordre au gouvernement colombien de commencer à entraîner des groupes mixtes de civils et de militaires, et de les préparer à des activités terroristes paramilitaires pour combattre les sympathisants du communisme. *

«…  Le président Valencia, le jour de Noël 1965, a édicté le Décret 3398 qui changeait le nom du Ministère de la guerre en Ministère de la défense et autorisait la formation de milices civiles comme auxiliaires des forces armées. C’est la base légale des paramilitaires. »

« … Les États-Unis ont commencé à diriger tout l’appareil de sécurité de la Colombie et de ses agences… d’abord avec 400 officiers de l’armée des USA, aujourd’hui avec au moins 800. Les milices paramilitaires créées à cette époque, avec tous leurs soutiens légaux, ont été réaffirmées. »

ESCADRONS DE LA MORT 3

Bien sûr, comme le Père Giraldo l’a expliqué en de nombreuses occasions, les « sympathisants du communisme » ciblés par les paramilitaires sont les leaders syndicaux, les défenseurs de droits de l’homme, les leaders paysans et les prêtres catholiques qui prennent la défense des pauvres. Pour les prêtres catholiques, plus de 80 d’entre eux ont été assassinés depuis 1984 pour le crime d’avoir pris le parti des pauvres.

A cause de l’augmentation des meurtres de ces leaders sociaux et des déplacements forcés de masse après le désarmement des FARC, il devient plus évident que jamais que les paramilitaires ont la part du lion des violations des droits de l’homme en Colombie. Mais encore une fois, vous n’en sauriez rien en lisant votre presse habituelle ou en regardant les infos du soir à la télévision. Et les Colombiens qui souffrent sous le joug de ces paramilitaires sont douloureusement conscients de l’omerta dont ils font l’objet.

Encore récemment, quand j’étais en Colombie pour le premier tour des élections présidentielles, notre délégation a rencontré des résidents de la bourgade de Suarez (Département Cauca), qui venaient de perdre trois des leurs à cause de la violence paramilitaire. Un des membres de la communauté nous a demandé d’un ton désespéré, « Qu’est-ce que nous pouvons faire pour que le monde soit au courant de la poursuite de l’existence des paramilitaires ? » Je lui ai répondu que c’est ce que nous tentons de faire, mais que peu de gens nous écoutent.

COLOMBIE ELECTIONS 1

Pendant notre séjour en Colombie, un coordinateur de campagne pour un candidat à la présidence, Gustavo Petro, a été assassiné par des paramilitaires à la veille des élections. Le groupe paramilitaire connu sous le nom « Aguilas Negras » (les aigles noirs) avait menacé les partisans de la candidature de Petro quelques jours avant le vote du 27 mai.

Si la crise humanitaire et politique recevait ne fût-ce qu’une partie de l’attention portée par les médias à son voisin, le Venezuela, les gouvernements des États-Unis et de la Colombie auraient au moins une motivation pour améliorer la situation et poursuivre les groupes paramilitaires qui continuent de hanter le pays. Le silence presque complet sur le degré affolant de violence en Colombie est l’une des clés de la perpétuation de cette violence. De fait, les paramilitaires ont toujours dépendu de leur capacité à opérer dans l’ombre, et la presse occidentale se fait un devoir de les aider à cet égard.

Dan Kovalik enseigne le Droit humanitaire international à université de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il a écrit ‘The Plot to Attack Iran.’

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

* Note de la traduction : La tactique des milices paramilitaires a été appliquée par les USA contre le « communisme » ailleurs en Amérique du Sud. Par exemple, en Bolivie, dans les années 1970-80, l’un de ces groupes paramilitaires (et de trafiquants de drogue, tout comme en Colombie) était dirigé par un nom bien connu en France, l’ancien chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie, qui avait été exfiltré en Argentine, puis en Bolivie après la guerre. Voir l’article Cocaïne : Klaus Barbie, les USA et la connexion nazie

http://www.entelekheia.fr/2018/06/09/la-colombie-les-escadrons-de-la-mort-et-les-droits-de-lhomme-vus-par-les-usa/

Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public

TRIBUNE LIBRE / Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

PROP MACRON NETANYAHOU

Alors que des massacres de Palestiniens ont été perpétrés par l’armée israélienne depuis fin mars [2] – on dénombre désormais plus de 120 morts – Benjamin Netanyahou était reçu par Emmanuel Macron à Paris mardi 5 juin. Cette rencontre a suscité de nombreuses critiques, dont l’indignation de trois syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes).

Les raisons de cette venue ? Faire valoir son point de vue diplomatique sur l’Iran (dans le cadre d’une « tournée » européenne et après une visite à Berlin), mais également lancer officiellement la saison culturelle France-Israël 2018 – un partenariat institutionnel – en inaugurant aux côtés du président français une exposition au Grand Palais dédiée aux innovations technologiques et scientifiques israéliennes [3].

Des appels à manifester dans toutes les grandes villes de France ont été lancés par plusieurs associations palestiniennes ou de solidarité avec la Palestine, réclamant l’annulation de la venue de Netanyahou et de la saison croisée France-Israël. Des rassemblements se sont effectivement tenus, comme en témoigne la couverture de plusieurs médias nationaux, régionaux ou locaux : on peut se référer, entre autres exemples, à L’Humanité pour la protestation de Paris, LyonMag pour celle de Lyon, et Ouest France, pour celles de Vannes et Quimper.

France Inter : la différence

logo france inter rouge

Sur ces trois informations, seule la première, c’est-à-dire la tenue de discussions sur l’Iran, a été traitée dans les bulletins d’information de France Inter tout au long de la journée du 5 juin. Sur les quatorze journaux ou flash info diffusés [4], les auditeurs de la chaîne de service public n’auront eu connaissance ni de la « saison culturelle » inaugurée au Grand Palais, ni des appels à manifester, pas plus que des rassemblements de contestation et des conditions dans lesquels ils se sont tenus. Une information pour le moins incomplète, si ce n’est biaisée, qui choisit de taire les aspects les plus polémiques de cette séquence diplomatique : d’une part, le lancement en grande pompe d’un évènement culturel franco-israélien quelques jours après les terribles massacres de Gaza [5], et d’autre part, les protestations de militants – dont certains proches ou s’inspirant du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) – que suscite désormais systématiquement tout partenariat institutionnel avec l’État israélien.

Oubli volontaire ? Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué, puisque sur ces mêmes quatorze journaux, la venue de Netanyahou a été traitée pas moins de dix fois par la rédaction de France Inter. Ce n’est pas non plus faute de sources disponibles, puisque l’AFP et l’agence Reuters, ont mentionné l’inauguration de l’exposition du Grand Palais dans le cadre de la « saison croisée », comme les appels à manifester [6].

DEMORAND FRANCE INTER

L’omission journalistique, qui est aussi un parti pris, s’aggrave encore lorsque l’on écoute le journal de 8h du lendemain, le 6 juin. Dans cette édition en effet, deux minutes sur seize reviennent sur la visite de Netanyahou à Paris, introduite en ces termes par Nicolas Demorand : « Un peu de culture et beaucoup de diplomatie au menu de la visite de Benjamin Netanyahou en France. » Marc Fauvelle, à qui il donne la réplique, enchaîne sur un sujet réussissant l’exploit de passer à nouveau sous silence les manifestations organisées la veille partout en France [7], centrant plutôt le sujet sur les actions BDS en versant dans l’amalgame le plus crasse : assimiler, à la faveur d’une construction pour le moins douteuse, la critique d’Israël à de l’antisémitisme.

Marc Fauvelle : Hier soir le Premier ministre israélien et Emmanuel Macron ont donné le coup d’envoi de la saison croisée France-Israël, manifestation culturelle censée marquer l’entente entre les deux pays. Mais d’entente hier soir il n’y eut pas vraiment : les deux hommes ont constaté leur désaccord sur la question du nucléaire iranien. Et alors que Benyamin Netanyahou est à Paris, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme s’inquiète d’une campagne de boycott menée en ce moment en France. Boycott des produits israéliens comme les dattes par exemple, retirées des rayons de certains supermarchés par des activistes, qui filment la scène et la diffusent ensuite sur Internet.

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Pour prolonger et illustrer cette présentation factuellement confuse, partielle et partiale, France Inter choisit de se référer et de donner la parole aux représentants de deux institutions connues pour leur alignement sur la droite et l’extrême droite israéliennes, et pour leurs attaques outrancières contre les mouvements de solidarité avec les Palestiniens : le Président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, qui affirmait en 2011 que « l’incitation à la solidarité palestinienne conduit à la haine d’Israël et pousse à l’acte anti-juif » [8], et le président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, qui en appelle aux pouvoirs publics pour que soient réprimés les activistes du mouvement BDS (« Ils doivent être arrêtés, sanctionnés et le mouvement interdit. ») [9]. Et ce ne sont pas les quelques secondes d’interview d’Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, préalablement disqualifiée par le cadrage du sujet choisi par la rédaction de France Inter, qui permettront aux auditeurs de saisir ce qui se jouait autour de la venue à Paris du Premier ministre israélien [10].

Et dans les JT du service public ?

Si les auditeurs de France Inter, épris de service public, ont également regardé les JT de France 2 ou France 3 sur la tranche 12h-13h le mardi 5 juin [11], ils n’en auront pas appris davantage : les deux rédactions n’ont pas même mentionné la venue de Netanyahou à Paris. Leur conception de la hiérarchie de l’information leur a plutôt commandé des sujets sur les inondations, qui ont occupé un tiers du temps total du journal dans le cas de France 2 et un cinquième pour France 3 [12].

FRANCE ISRAEL 2018 1

Les livraisons nocturnes n’ont pas été plus brillantes : entre le 20h de France 2, le 19/20 de France 3 et le « Grand Soir 3 » de la même chaîne, aucune édition n’a ne serait-ce que mentionné l’inauguration de l’exposition, la « saison culturelle » ou encore les rassemblements de protestation. Et si le 19/20 de France 3 ne dit mot de la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron, les deux autres journaux observés lui consacrent tout de même du temps d’antenne ; mais une nouvelle fois sous le seul prisme de la question iranienne, amputant ainsi une grande partie de l’information, au mépris du droit du public à être informé.

***

D’ordinaire suivistes de la communication et de l’agenda gouvernementaux, les médias dominants ont une nouvelle fois calqué leur discours sur celui de l’État, ayant préféré mettre en avant le rendez-vous diplomatique sur la question iranienne plutôt que la « saison France-Israël » (et ses partenariats culturels notamment) et les manifestations qu’elle a suscitées [13].

FRANCE ISRAEL 2018 2

Un suivisme que l’on peut supposer accru sur les questions relatives à Israël et à la Palestine, jugées d’ordinaire « épineuses » par les grands médias et qui pâtissent de biais systématiques conduisant à mal-informer [14].

Pour autant, et que l’on fasse l’hypothèse d’une auto-censure ou d’un suivisme assumé, les mouvements de protestation ont reçu un écho médiatique qui, quoique timoré et partiel, les ont rendus visibles. Ce constat rend d’autant plus problématique le silence de France Inter (et des JT du service public) sur le même sujet. Une radio qui, non contente d’avoir totalement invisibilisé des dizaines de manifestations en France – et leurs mots d’ordre – le 5 juin, a réussi le lendemain à disqualifier les mouvements politiques de solidarité avec la Palestine au gré d’amalgames fumeux.
Pauline Perrenot

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

https://www.les-crises.fr/netanyahou-a-paris-linformation-tres-selective-du-service-public-par-pauline-perrenot/

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dimanche 17 juin 2018

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Bruno Guigue

TL BG LOI FAKE

Cette histoire commence comme un conte de fées. Dans notre merveilleuse démocratie, tout allait pour le mieux. La presse était libre, le citoyen informé et le pouvoir impartial. Mais c’était trop beau. Imprudente, la démocratie n’a pas senti venir l’ennemi. Tapi dans l’ombre, il était prêt à fondre sur sa proie. Qui ? Le Russe, bien sûr. Il a fallu que ce barbare vienne gâcher la fête en propageant ses odieux mensonges. Heureusement, montant son blanc destrier, notre héroïque ministre de la culture a donné l’alerte : “La manipulation de l’information, dit-elle, est un poison lent qui abîme notre vie démocratique. L’attitude liberticide, face aux dangers actuels, c’est la passivité”.

Réagir, oui, mais comment ? Présentant le projet de loi “contre les fake news”, rebaptisé projet de loi “contre la manipulation de l’information”, Françoise Nyssen a employé un argument de poids : “La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus”. On avait pourtant pris toutes les précautions possibles, dans les hautes sphères, pour inciter les gueux à se comporter comme des moutons. Contrôle de 95 % de la presse traditionnelle par une dizaine de milliardaires, ligne éditoriale uniforme calquée sur l’agenda libéral-atlantiste, subventions publiques réservées à des médias orthodoxes ou inoffensifs : au paradis des droits de l’homme, tout était verrouillé. Manifestement cela n’a pas suffi. Pour ramener le troupeau, il va falloir trouver autre chose. On va les aider à penser comme il faut, ces manants, car ils ont la fâcheuse manie de s’égarer sur la Toile pour entendre un autre son de cloche.

Interview véridique du chien du Président par la presse autorisée

Dans un vibrant hommage aux officines chargées de diffamer toute pensée dissidente (le “Décodex” du Monde et le “Check News” de Libération), la ministre de la culture révèle alors le fond de sa pensée : puisque “leur capacité de discernement ne suffit plus”, il importe absolument de “former les citoyens”. D’habitude, cette formation commençait et finissait avec l’école. Mais il est clair que c’est insuffisant ! Les citoyens ayant vraiment tendance à mal voter (référendum de 2005, Brexit, Italie), il va falloir les rééduquer. Comment ? En les orientant vers les bons médias, ceux qui ne mentent jamais. On pensait jusqu’à présent que les citoyens étaient assez grands pour faire leur choix parmi les organes d’information. C’est fini. Le gouvernement, dans son infinie bonté, les exonère de cette lourde tâche. Il va désormais leur signifier qui il faut lire, écouter à la radio ou regarder à la télévision.

 

TOUS LES JOURS

Pour clarifier les choses, Françoise Nyssen a précisé que la future loi contre la manipulation de l’information, évidemment, ne concernait pas “les journalistes de la presse professionnelle”. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Il n’est pas question de mettre en cause le “professionnalisme” de ceux qui ont affirmé, par exemple, que le régime de Bachar Al-Assad allait s’écrouler sous quinze jours, ou que la Russie avait assassiné le journaliste Arkadi Babchenko, qui ressuscita au deuxième jour d’une mare de sang de cochon. Sans parler du “charnier de Timisoara”, des “couveuses de Koweit City”, de la “fiole de Colin Powell” et des innombrables bobards colportés avec zèle par des médias pour qui professionnel est synonyme de mercenaire. Bref. Si cette presse était passionnément attachée à la distinction entre le vrai et le faux, cela se saurait.

Mais peu importe. Pour nos dirigeants, c’est comme un théorème : les médias qui ont la confiance du ministre de la propagande ne mentent jamais. Puisqu’on vous le dit, c’est que c’est vrai. D’ailleurs, cette presse que le monde nous envie a deux caractéristiques qui en garantissent l’indépendance : elle appartient à la bourgeoisie d’affaires et elle reçoit des subventions du gouvernement. Double certificat de vertu ! Ce n’est pas comme si elle était animée par des bénévoles qui prennent des risques et ne gagnent pas un sou. On peut toujours rêver d’un monde meilleur sous d’autres latitudes, mais le système médiatique des “démocraties” repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un “bon journal” est un journal qui dit ce qu’il faut dire, et à qui l’État donne les moyens d’éliminer la concurrence.

 

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Le projet de loi contre les “fake news” ne déroge pas à cette règle, qui est de l’ordre de la structure. Il a pour seul objectif de garantir l’homogénéité de la sphère médiatique, indispensable à la promotion de l’idéologie libérale, européiste et atlantiste. En incriminant les médias russes, l’exécutif français fait coup double : il sanctionne la Russie tout en diffamant la concurrence. Mais tous les médias citoyens sont dans la ligne de mire, car ils échappent à la double emprise du capital et du pouvoir. Ajoutée au déclin des médias classiques, la liberté conquise sur Internet effraie des élites qui voient le contrôle de l’opinion leur échapper. La propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie, certes. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.

Bruno Guigue

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/06/verite-et-mensonge.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Anastasie au pays des Lumières [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

La loi sur les fausses informations portée par le gouvernement Philippe va loin. Entre la suppression du dialogue et le règne du subjectivisme généralisé, l’essayiste Jean Bricmont estime qu’une telle mesure mènera à un «totalitarisme de la naïveté».

TL BRICMONT LOI FAKE NEWS

TRIBUNE LIBRE / Jean Bricmont
Publié le 7 juin 2018 sur Russia Today 

Le gouvernement a décidé d’introduire une nouvelle loi pour combattre la diffusion de fausses informations («fake news» en franglais).  Il existe déjà dans la loi sur la presse de 1881 des dispositions réprimant l’insulte, la diffamation et le fait de provoquer des paniques artificielles. Mais aujourd’hui le gouvernement veut aller beaucoup plus loin, puisqu’il définit les «fausses informations» comme une «allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable». Ce projet va en effet très loin.

Exit

 

Psychanalyse

Tout d’abord, un sceptique pourrait demander quels sont les « éléments vérifiables » prouvant l’existence de Dieu, de la vie après la mort ou de l’efficacité des prières. Exit les religions. Qu’en est-il des « éléments vérifiables » rendant vraisemblable l’efficacité de l’homéopathie, ou les prédictions de l’astrologie ? Exit les pseudo-sciences. Bien avant Michel Onfray, de nombreux scientifiques se sont posés des questions sur les «éléments vérifiables» qui justifieraient la psychanalyse et, en général, ils n’en ont pas trouvés. Faut-il aussi la bannir au nom de la lutte contre les fausses nouvelles?

Mais que faire alors du plus gros de la philosophie française contemporaine dont le plus illustres représentants (Derrida, Foucault, Althusser, Badiou, Bernard-Henri Lévy et même Bouveresse) ont eu en général une attitude favorable à la psychanalyse et qui, même quand ils étaient critiques vis-à-vis de celle-ci (Deleuze et Guattari) ne l’étaient pas sur la base d’absence éléments vérifiables en sa faveur mais en proposant d’autres théories tout aussi peu justifiées ?

Ce n’est pas tout. Que faire des théories scientifiques qui sont avancées sans s’appuyer sur des éléments vérifiables ? On peut penser à la théorie des cordes en physique ou à diverses hypothèses en cosmologie.

Impossibilité du dialogue

russophobie-20170221

Finalement, qu’en est-il de la presse «mainstream» ? Dans toutes les affaires récentes (affaire Skripal, usage de gaz en Syrie, «meurtre» en Ukraine du journaliste russe Babtchenko, ou encore responsabilité du tir de missile ayant abattu un avion malaisien au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014), il y a un conflit entre le point de vue dominant en Occident et le point de vue russe ou malaisien ou syrien, lesquels sont partagés par une bonne partie du reste du monde.

On en est peut-être plus à «vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà»,mais au moins à «vérité d’un côté de la Méditerranée,erreur de l’autre» ou «vérité en deçà de la frontière russo-polonaise, erreur au-delà» ce qui, en quelques siècles, ne nous a pas fait fort avancer vers l’universel. La seule façon de résoudre nos différents avec le reste du monde, c’est la discussion libre. Comme la loi contre les fausses nouvelles a, semble-t-il, pour but principal de contrer ce que le gouvernement considère comme de la propagande pro-russe, il y a fort à craindre qu’elle ne fasse que renforcer la frontière mentale «russo-polonaise».

Il a suffi que le journaliste un peu hétérodoxe André Bercoff pose des questions à propos du sauvetage providentiel de l’enfant suspendu à un balcon par Mamadou Gassama pour que le CSA soit saisi, qu’il soit mis en accusation par Laurent Joffrin pour «susciter des doutes» et quasiment convoqué pour se justifier de l’accusation de  «complotisme» devant son (en principe) confrère Jean-Marc Morandini.

 

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D’abord il est assez extraordinaire de reprocher à un journaliste le fait de poser des questions et d’inciter au doute. Indépendamment de cette affaire de sauvetage, il me semblait naïvement que c’était justement cela une des fonctions principales du journalisme. Et que la démarche rationnelle et scientifique pourrait se résumer ainsi : de même qu’il vaut mieux avoir dix coupables en liberté qu’un innocent en prison, il vaut mieux avoir dix doutes excessifs qu’un dogme infondé.

Par ailleurs, il est vrai que ce que les médias dominants appellent les «théories du complot», et qui vont d’interrogations légitimes sur les récits médiatiques et sur les assertions gouvernementales aux spéculations les plus fantaisistes, prolifèrent sur les réseaux sociaux. Mais existe-t-il une seule personne sensée qui peut croire que cette façon de traiter monsieur Bercoff va en quoi que ce soit faire reculer cette prolifération ?

Totalitarisme de la naïveté

 

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Finalement, la ministre de la culture, madame Françoise Nyssen, souhaite faire de l’audiovisuel public un média engagé qui permettra de combattre les idées «hautement réactionnaires» des Français, entre autre concernant la diversité. Tout d’abord, ce que LREM considère comme réactionnaire (défendre les services publics ou la souveraineté nationale) est exactement ce qui aurait été considéré comme progressiste il y a quelques décennies, ce qui fait que le terme mériterait d’être défini. Mais plus fondamentalement, est-il légitime de demander à des adultes de payer des impôts ou des redevances pour être rééduqués ?

Loin de moi l’idée que le gouvernement veuille consciemment instaurer un régime totalitaire. Le problème vient plutôt du subjectivisme généralisé de la culture contemporaine où les discours sur les valeurs ont permis de mettre de côté les questions touchant aux faits et à l’objectivité. On le voit assez dans la méfiance généralisée face aux progrès scientifiques et techniques. Certes, le droit n’a pas le même type d’objectivité que les sciences naturelles. Mais il cherche à établir des règles fondées en raison qui permettent de protéger l’individu face à l’arbitraire du pouvoir. Toute la réflexion classique sur la liberté d’expression, remontant au XVIIIe siècle, repose sur cette idée.

pensee-unique

Les gens qui nous parlent sans arrêt de leurs valeurs ne font en réalité que mettre en avant leur propre supériorité morale. Et c’est bien cela qui est à la base de la corruption du droit à laquelle on assiste dans l’affaire de la loi sur les fausses nouvelles, des réactions hystériques face au «complotisme» de monsieur Bercoff,  et de la bonne conscience de madame Nyssen. A partir du moment où un groupe d’individus se persuade qu’il incarne le Bien à cause de ses «valeurs», il ne perçoit même plus les limites légitimes que l’on peut mettre à son pouvoir. C’est ce qu’on pourrait appeler le totalitarisme de la naïveté.

Par Jean Bricmont

Docteur en sciences et essayiste belge, Jean Bricmont est professeur à l’Université catholique de Louvain. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages dont La république des censeurs, Impostures intellectuelles (avec Alan Sokal).

https://arretsurinfo.ch/anastasie-au-pays-des-lumieres/

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dimanche 10 juin 2018

Bons ou mauvais médias : des députés veulent "labelliser" la presse !

Dans les deux propositions de loi contre la manipulation de l'information, discutées ce jeudi 7 juin au Parlement, plusieurs amendements proposent une "labellisation" ou "certification" des médias par l'Etat. Entre excès de zèle et amateurisme, certains députés semblent bien décidés à apposer un sigle sur les sites Internet français...

ACT FRANCE EN MARCHE LOI

"Information 100% certifiée par l'Etat français". L'éventualité de ce label vous interroge, où vous met carrément mal-à-l'aise ? L'énoncé est évidemment provocateur, mais il semble que les parlementaires LREM et MoDem souhaitent souscrire à une formule de ce type. Car la loi contre les fausses informations, examinée à partir de ce jeudi au Parlement, est truffée d'amendements prônant la "labellisation" ou la "certification" des sources d'informations. Comme lorsqu'un label est présent pour indiquer la provenance d'un fromage, les députés souhaiteraient pouvoir doter les sites Internet et autres organes de presse d'un sigle permettant leur identification. Faire la part des choses, en somme, entre les sites d'informations fiables, qui diffusent de vraies infos, et les autres. Selon certains députés, ce label devrait être distribué par rien de moins… que l'Etat lui-même.

BON POINT

Ces amendements sont multiples : au moins cinq d'entre eux tentent d'inscrire l'existence d'un label dans la loi. Un groupe issu de la majorité La République en marche réclame ainsi la création d'une "obligation de signalétique" qui doit permettre d'identifier quels sont "les sites de confiance" et ceux "de moindre crédibilité". Ces bons et mauvais points devraient être distribués selon des "modalités" et des "critères" qui "seront définis par décrets", c'est-à-dire directement... par la puissance publique ! Pour compléter ce contrôle, les députés proposent même une "procédure de labellisation certifiée" qui serait "confiée au Conseil supérieur de l'audiovisuel" (CSA). Actuellement, le rôle de cet organisme est de garantir l'exercice de la liberté de communication à la télévision et à la radio. [ce qu'il ne fait pas! NdR]

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Si cet amendement était adopté, il reviendrait donc à l'Etat de déterminer quel site d'actualité - et donc qu'elle information - est suffisamment fiable pour obtenir son label. Il n'en a pas fallu davantage pour que, sur Twitter, plusieurs journalistes s'indignent, en appelant à la douloureuse figure de Big Brother, ou d'un nouveau ministère de la Vérité. "C'est un problème, vous ne pouvez pas confier un impératif de certification au CSA, déplore Patrick Eveno, président de l'Observatoire de la déontologie de l'information. Dans un état libre de droit, il ne lui revient pas de trancher ce qui est fiable de ce qu'il ne l'est pas en matière d'informations sur Internet".

Becassine

Pour contrer cette critique, d'autres députés se défendent de vouloir labeliser l'information… tout en proposant de délivrer "une signalétique visible et appropriée des contenus publiés par des services de presse en ligne". "Ce n'est pas un label. Il s'agit simplement d'un signe qui pourrait permettre aux lecteurs de s'y retrouver dans les sites qu'ils visitent et qui serait valorisant pour les journalistes", se défend auprès de Marianne la députée MoDem Sophie Mette, assurant aussitôt "avoir eu une très bonne intention" en proposant ce texte.

... un label indirectement remis par l'Etat

Avant même l'ouverture des discussions au Parlement, son amendement d'origine a été directement escamoté. En cause, la présence d'un élément particulièrement saisissant, qui avait déjà suscité l'ire, indique-t-on au MoDem, de "plusieurs personnes, plusieurs journalistes". Dans cette première version, les députés centristes proposaient que cette fameuse "signalétique" soit délivrée par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP). Aujourd'hui, cette dernière a un rôle essentiellement fiscal : elle reconnaît quelles publications bénéficient des avantages postaux et fiscaux attribuées à la presse. C'est elle, aussi, qui attribue leur carte de presse aux journalistes français. Bien qu'elle constitue une autorité administrative indépendante, son président et certains de ses membres sont nommés par un arrêté du ministre chargé de la Communication.

Là encore, en proposant que le choix d'un sigle revienne à la CPPAP, les députés MoDem suggéraient donc, en somme, que l'Etat français identifie quelles sources d'informations étaient crédibles, et quelles autres ne l'étaient pas. "Ça a été mal perçu mais il s'agissait bien d'une maladresse, indique-t-on. Nous l'avons rectifiée en indiquant simplement qu'il fallait une signalisation. Nous voyons bien le problème que proposerait une attribution d'un sigle par l'Etat". Et au MoDem d'ajouter, très mal-à-l'aise : "On vous assure que nous n'avons jamais eu l'intention de labelliser l'information". De quelle manière serait alors défini le fameux sigle de bonne conduite médiatique, si aucun organisme public ne s'en mêle ? "Nous n'y avons pas encore vraiment réfléchi, concède Sophie Mette, un peu confuse. Peut-être que l'amendement ne sera pas adopté, alors il est encore trop tôt pour y penser !"

Un label pour "exercer un vrai contrôle déontologique"

LA VERITE EST AILLEURS

Après quelques hésitations, la députée finit par lâcher une idée, celle d'une commission extérieure à l'Etat, constituée de professionnels des secteurs des médias : "Rien n'est encore écrit, précise-t-elle. Tout est encore possible et ouvert, en tout cas en ce qui concerne cette proposition !" Une idée qui rejoint notamment celle de Reporters sans frontière, qui réclamait, début avril, la création d'un label européen pour faire le tri entre les vraies et les fausses informations : "Ce serait une bonne idée pour permettre une certification des méthodes production de l'information", se réjouit Paul Copin, juriste de l'association. RSF imagine pour sa part un système de labellisation qui rejoindrait celui des autres industries, passant par exemple par l'Association française de normalisation (AFNOR) : "Cela nous d'avoir permettrait une garantie de fiabilité", poursuit-il.

Mais pour Patrick Eveno, aucune des solutions proposées aujourd'hui en matière de certification ne fait l'affaire : "On est en train de construire une vraie usine à gaz, regrette-t-il. Les propositions de Reporters Sans Frontières ou celle des députés ne sont pas les bonnes, pour la simple raison qu'elles demandent d'exercer un contrôle a priori, sur un contenu qui n'a pas encore été produit. C'est absurde !"

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Alors que son adoption devait intervenir le jeudi 7 juin, la loi sur les "fake news" a finalement été repoussée à plus tard et devrait probablement être votée en juillet. Après huit heures de discussion dans un hémicycle assez clairsemé, la séance a été levée à 1 heure du matin. Il reste encore une centaine d'amendements à étudier dans les deux textes qui constituent ce nouvel arsenal législatif (une loi ordinaire, et une autre organique, portant sur la période présidentielle). Ce dernier vise à contrecarrer la diffusion d'une "fausse information", terme dont la définition a cristallisé les critiques cette semaine.

La rapporteuse de la loi, Naïma Moutchou (La République en marche) a ainsi fait voter une nouvelle définition ce jeudi : "Toute allégation ou imputation d'un fait, inexacte ou trompeuse, constitue une fausse information". Preuve du manque de consensus dans la majorité, la ministre de la Culture, François Nyssen, qui juge cette définition trop générale, a expliqué espérer que la navette avec le Sénat permettrait une définition "plus satisfaisante".

https://www.marianne.net/medias/bons-ou-mauvais-medias-des-deputes-veulent-labelliser-la-presse?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Vidéos: La fabrique du consentement

Source : Arte, Jimmy Leipold, 29-05-2018

VID PROPAGANDA

Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de “Propaganda”, un passionnant décryptage des méthodes de la “fabrique du consentement”.

Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de “fabrique du consentement” des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci.

FABRIQUE DU CONSENTEMENT 1

Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur. En 2001, le magazine Life classait Edward Bernays parmi les cent personnalités américaines les plus influentes du XXe siècle. Ce documentaire riche en archives retrace, à la lumière d’une analyse critique – dont celle du célèbre linguiste Noam Chomsky –, le parcours de celui qui, entre autres, fit fumer les femmes, inspira le régime nazi, accompagna le New Deal et fut l’artisan du renversement du gouvernement du Guatemala en 1954.

https://www.les-crises.fr/video-propaganda-la-fabrique-du-consentement-par-arte/

https://www.youtube.com/watch?v=FPbxJV4QKso

FABRIQUE DU CONSENTEMENT 2

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Voir aussi:

Noam Chomsky La Fabrication du Consentement partie 1)

https://www.youtube.com/watch?v=waUIPMXuHV0

FABRIQUE DU CONSENTEMENT 4

Lucien Cerise : ingénierie sociale ; guerres programmées/guerres du futur

https://www.youtube.com/watch?v=2WfWURLQCxI

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samedi 9 juin 2018

«Les apprentis sorciers de la lutte contre les fake news»

TRIBUNE LIBRE / FIGAROVOX/TRIBUNE -

TL FAKE NEWS LOI FIGARO

Pour Philippe Lemoine, l'actuel projet de loi sur les fake news propose une définition aux contours flous, et très subjectifs, des fausses informations. Il juge qu'une telle loi conduira immanquablement à des dérives liberticides.


Philippe Lemoine fait une thèse en logique et philosophie des sciences à l'université Cornell. Il est également présent sur Twitter et a un blog.


La commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale vient de terminer l'examen de la proposition de loi relative à la lutte contre la manipulation de l'information, et le moins que l'on puisse dire est que le texte qu'elle a adopté est pour le moins inquiétant. Les partisans de cette proposition de loi veulent lutter contre le phénomène des “fake news”, mais il est à craindre qu'ils ne parviennent qu'à limiter la liberté d'expression encore un peu plus, dans un pays où elle est déjà régulièrement maltraitée.

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Le concept même de “fake news”, ainsi que l'hystérie autour de ce phénomène, paraît quelque peu douteux. Ce n'est pas, évidemment, que l'on puisse nier que des rumeurs sans fondement et autres fausses informations circulent sur Internet et les réseaux sociaux, mais les médias ont tendance à n'affubler ce label infamant qu'aux fausses informations ou supposées telles qui vont à l'encontre de l'idéologie dominante. Ainsi, quand par exemple Les Inrocks nous expliquent que les immigrés sont plus diplômés que la population française, ce qui est démontrablement faux, on n'entend pas beaucoup les cognoscenti crier à la “fake news”.

Ayant dit cela, on ne peut évidemment qu'être d'accord avec l'idée qu'il faut dans la mesure du possible chercher à réduire la diffusion des informations fausses ou inexactes, du moment que ça s'applique à toutes et pas seulement à celles qui ont l'heur de déplaire aux grands prêtres de l'idéologie dominante. Mais encore faut-il s'assurer que le remède qu'on propose pour y parvenir ne soit pas pire que le mal et on peut hélas craindre que ce soit le problème avec le texte qui vient de sortir de la commission et qui doit être examiné dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à partir du 7 juin.

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Le texte propose notamment de créer une nouvelle procédure qui, en période électorale, permet au juge des référés de faire cesser immédiatement la diffusion de fausses informations “de nature à altérer la sincérité du scrutin” à la demande “du ministère public, de tout candidat, de tout parti ou groupement politique ou de toute personne ayant intérêt à agir”. Une fausse information y est par ailleurs définie comme “toute allégation ou imputation d'un fait dépourvue d'éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable”. Une fois saisi, le juge aura quarante-huit heures pour se prononcer.

Le problème est que cette définition est tellement vague qu'on ne sait pas bien ce qui peut tomber sous le coup de cette loi. Après tout, si les gens étaient d'accord sur ce qui constitue des éléments vérifiables de nature à rendre une allégation vraisemblable, ça se saurait. Il est fort probable que, selon le juge qui aura à décider, la décision sera différente. Une loi aussi vague est en effet une invitation à l'arbitraire et, s'il y a une chose dont on peut être certain, c'est que si une loi permet les abus alors il y en aura. De la même façon, la question de savoir si la diffusion d'une information est “de nature à altérer la sincérité du scrutin” n'admet souvent pas une réponse claire, mais il faudra pourtant bien que le juge se prononce.

Pire, il n'aura que quarante-huit heures pour se prononcer, autant dire rien du tout. Quand on sait le nombre de dossiers qui arrivent chaque jour sur le bureau des juges, et la difficulté qu'il y a à déterminer si une information tombe sous le coup de cette loi dans un grand nombre de cas, on peut légitimement craindre que la censure ne s'abatte sur beaucoup d'informations qui, vraies ou fausses, devraient faire l'objet d'un débat et pas d'une ordonnance de justice. C'est d'autant plus vrai que, à en juger par la façon dont la justice française utilise l'arsenal législatif déjà existant, on peut douter que, dans la plupart des cas, le juge des référés se prononcera dans le sens de la liberté d'expression en cas de doute…

LOIS LIBERTE PRESSE

On me répondra que ce n'est pas pour ça que l'on a élaboré cette proposition de loi. Mais quand bien même ce serait vrai, ça n'aurait guère d'importance. Alfred Nobel n'a peut-être pas inventé la dynamite pour tuer des gens, mais ça n'a pas empêché les gens de l'utiliser dans ce but. Plus proche de notre sujet, il est clair quand on lit les débats à l'Assemblée nationale et au Sénat que les parlementaires qui ont voté unanimement pour l'adoption de la loi Pleven, qui a créé le délit d'incitation à la haine raciale, n'avaient pas la moindre idée du monstre dont ils étaient en train d'accoucher. L'enfer est pavé de bonnes intentions, mais il n'y fait pas froid pour autant.

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Cette proposition de loi accroît également les pouvoirs du CSA, qui pourra désormais refuser une convention à un service de radio ou de télévision si celui-ci “comporte un risque grave d'atteinte à la dignité de la personne humaine, à la liberté et à la propriété d'autrui, au caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion, à la protection de l'enfance et de l'adolescence, à la sauvegarde de l'ordre public, aux besoins de la défense nationale et aux intérêts fondamentaux de la Nation, dont le fonctionnement régulier de ses institutions”.

1984

Encore une fois, cet article de la proposition de loi est à la fois remarquablement vague et large d'application (donc se prête à beaucoup d'abus), mais pour couronner le tout il pousse même l'absurdité jusqu'à nous expliquer qu'il pourrait être utile d'interdire un service de radio ou de télévision afin de protéger le “caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion”.Même Orwell n'aurait pas osé imaginer une chose pareille dans 1984! On se demande vraiment ce qui peut passer par la tête des parlementaires quand ils votent une telle disposition.

Les quelques garde-fous que contient le texte ne sont guère rassurants. D'abord, la plupart des dispositions (mais pas toutes) ne s'appliquent qu'en période électorale, ce qui en limite la portée. C'est évidemment une bonne chose, mais d'un autre côté, les périodes électorales sont précisément le moment où il est le plus crucial que le débat démocratique puisse s'exercer aussi librement que possible*. Ce n'est évidemment pas dans ce sens que va cette proposition de loi.

De même, le texte prévoit que le juge des référés ne peut être saisi pour faire cesser la diffusion d'une fausse information que dans les cas où celle-ci est diffusée “de mauvaise foi, de manière artificielle ou automatisée et massive par le biais d'un service de communication au public en ligne”. Mais il n'est pas évident que cette restriction améliore beaucoup les choses, puisque encore une fois elle est remarquablement vague. Est-ce que si un journal achète de la publicité en ligne et que le juge des référés estime que l'un de ses articles tombe sous le coup de la définition des fausses informations qu'on trouve dans cette loi, il pourra en exiger le retrait immédiat au motif qu'il a été diffusé par des moyens artificiels? Nous n'en savons rien et il est donc probable que ça dépendra du juge.

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Bien que ce soit une proposition de loi, tout le monde sait que ce projet vient en réalité du Président de la République, qui l'avait annoncé lui-même dans ses vœux à la presse en janvier. Celui-ci n'a manifestement toujours pas digéré les rumeurs qu'ont fait courir à son sujet quelques médias russes, dont l'audience est pourtant largement confidentielle en France, pendant la campagne présidentielle. On peut comprendre que ce soit désagréable, mais ce n'est pas une raison pour mettre ainsi en danger la liberté d'expression, qu'on maltraite déjà beaucoup trop en France.

Philippe Lemoine

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/06/05/31001-20180605ARTFIG00212-les-apprentis-sorciers-de-la-lutte-contre-les-fake-news.php?redirect_premium

https://www.les-crises.fr/les-apprentis-sorciers-de-la-lutte-contre-les-fake-news-par-philippe-lemoine/

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*Cette nouvelle loi complètera utilement (pour le pouvoir) le dispositif déjà en place. Nois sommes bien placés pour savoir ce que signifie un débat démocratique pour le CSA par exemple, comme en témoigne le temps de parole qui fut accordé à François Asselineau (v. une illustration parmi d'autres ci- dessous).   P.G.

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Loi contre les fake news : le grand leurre qui cache une volonté générale de censure

TRIBUNE LIBRE / OJIM

TL OJIM LOI FAKE NEWS

Le terme fake news est devenu à la mode après l’élection de Trump et le Brexit. Les perdants – les partisans de Hillary Clinton, ceux du Remain et derrière eux la grande masse des médias dominants qui les soutenaient – se sont interrogés devant des défaites considérées (par eux-mêmes) comme « immorales ». S’ils avaient perdu, c’est que le peuple avait été trompé. Si le peuple avait été trompé, c’est à la suite d’une myriade de fausses nouvelles. Sans ces fausses nouvelles, Hillary Clinton serait à la Maison Blanche, la Grande Bretagne dans l’Union Européenne et les médias du système couleraient des jours heureux. Une stratégie auto consolatrice pour le passé mais surtout porteuse de menaces pour l’avenir, menaces pour la liberté d’expression des autres bien sûr.

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Si le passé ne passe pas ou passe mal que faire pour que de telles horreurs ne se reproduisent pas se demandent les médias dominants ? Leur réponse : interdire les fausses nouvelles, les traquer, les éradiquer pour que le peuple ne soit plus trompé et puisse enfin voter comme il doit voter, selon les indications du Monde et de Libération en France et du New York Times et CNN aux Etats-Unis. Ou selon les indications du bon docteur Ollinger qui vend la mèche : « Les marchés apprendront aux italiens comment voter ».

Fausses nouvelles et vieux bobards

Les fausses nouvelles ont toujours existé. Il y a peu on les appelait les bobards, les bons vieux bobards. Pendant la guerre de 14/18 les allemands expliquaient que les tirailleurs sénégalais dévoraient les petits enfants et les français répliquaient que les allemands leur coupaient la main. Pendant la campagne électorale du référendum anglais comme pendant celle de la présidence des Etats-Unis les deux camps ont commis des approximations, poussé trop loin leurs prévisions apocalyptiques ou au contraire souriantes en cas de victoire ou de défaite de l’un ou l’autre camp. Des péripéties électorales banales.

L’analyse de François Bernard Huyghe

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Revenons à nos fake news. François-Bernard Huyghe, chercheur à l’IRIS et spécialiste des médias les analyse précisément dans son dernier livre intitulé Fake news, la grande peur. (VA Presse, 2018). Citons son entretien dans le Figaro du 25 mai 2018. (...)

Mais qu’est ce qu’une Fake News demande le journaliste Paul Sugy? Réponse du sociologue des médias : « Ce n’est justement pas très clair et on y mêle beaucoup de choses. Les contre-vérités ou les mensonges inventés de toutes pièces mais aussi l’obscurantisme ou les théories du complot… Mais le but est sans doute de confondre toutes ces opinions dans une sorte de fantasme, de mensonge odieux. »

Une loi a déjà été votée en Allemagne pour lutter contre les fausses nouvelles, dénoncée unanimement par les éditeurs de presse, les syndicats de journalistes. Ces derniers ont parlé tour à tour « d’infrastructure de censure », « d’atteinte à la liberté d’expression », de « privatisation de la justice », de « loi anticonstitutionnelle » et portant atteinte aux « droits et libertés fondamentales », aux « Droits de l’Homme et du Citoyen » et à la « séparation des pouvoirs ». Fermez le ban.

Françoise Nyssen précise sa pensée

Devant les Assises du journalisme de Tours la ministre Françoise Nyssen a présenté la future loi comme « nécessaire pour protéger notre démocratie contre les influences extérieures ». (...)

Censure préalable des GAFAM

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Cette loi vise en réalité à faire pression sur les fameux GAFAM, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, ceux dont ni la France ni l’Union Européenne n’arrivent à faire payer leurs impôts en Europe sinon de manière lilliputienne. Elle vise à encourager l’auto-censure des réseaux sociaux. Mark Zuckerberg dans sa très courte audition au Parlement Européen (voir notre analyse) s’est bien gardé de répondre (entre autres) aux questions de Nicolas Bay :

  • La censure arbitraire appliquée par Facebook est-elle compatible avec les valeurs fondamentales de notre démocratie ?
  • La chasse aux fausses nouvelles est elle en train de devenir un prétexte pour chasser et réduire au silence les libertés d’opinion et d’expression ?

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La censure est déjà en marche, Facebook a supprimé – à l’instigation du sous-préfet Potier de la Dilcrah la page des Identitaires et celle de Defend Europe, l’opération symbolique de "sauvegarde des frontières européennes".

Nous avons ici la conjonction d’une censure privée et d’une censure d’État, comme l’a analysé le politologue Dominique Reynié dans Le Figaro du 11 mai 2018. Il conclut « la question posée par la fermeture du compte de Génération identitaire est, à proprement parler, cruciale : il sʼagit de savoir si nous sommes engagés dans un processus de privatisation de nos libertés publiques et en dehors de tout contrôle de type juridictionnel ou parlementaire ». Une question bien posée.

Les médias russes en ligne de mire

Une partie de la loi semble dirigée explicitement contre deux médias russes : Russia Today et Sputnik. Ils pourraient perdre leur droit d’émettre en période électorale s’ils diffusent des fausses nouvelles. Faudra-t-il aussi interdire l’AFP, Le Monde et quelques autres qui ont annoncé une fausse nouvelle au sujet d’Arkadi Babtchenko le 30 mai 2018 ? Comme nous l’analysions ici. Sa mort vite démentie par sa résurrection ? Et que dire des autres médias publics étrangers, la BBC une institution publique anglaise et CNN institution privée mais bien dans le moule américain ? Seront-ils aussi concernés ? Ne parlons pas d’Al Jazeera du Qatar… ni de France24 qui est la voix de la France à l’étranger.

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Petit à petit le filet se referme sur les libertés des Français et des Européens. Les gouvernements incitent les GAFAM à créer leurs propres instruments de censure préalable. Les réseaux sociaux aussi bien que les fournisseurs d’accès ou les plates-formes internet seront tenus de proposer un mécanisme de remontée des « fausses informations » ce que font déjà les polices médiatiques du style du Decodex du Monde qui a été financé par Google pour une somme inconnue et dans des conditions tout aussi inconnues. Il n’est pas indifférent que Libération fasse partie d’un système de dénonciation où les médias américains progressistes jouent un rôle de premier plan.

Inquiétude des éditeurs

Le Syndicat de la presse en ligne (SPIIL) a souligné dans un communiqué du mois d’avril dernier ses inquiétudes quant à la nouvelle loi. Le Spiil souligne les risques de détournement de procédure « pour empêcher la diffusion de certaines informations et ainsi nuire à la liberté d’expression ». « La procédure de référé prévue à l’article 163-2-1, même sous le contrôle du juge, interviendrait en dehors des dispositions de la loi de 1981 qui garantit le juste équilibre entre liberté d’expression et protection des personnes et des institutions »

Une loi de circonstance

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In fine le projet de loi est une loi de circonstance. François Bernard Huyghe voit trois raisons à cette loi, toutes trois liées au Président Emmanuel Macron : un intérêt personnel face aux attaques dont il aurait été victime, un intérêt idéologique en tant que Président des élites qu’il faut conforter dans leur domination, enfin un intérêt électoral dans la perspective des élections européennes de 2019. Dans le cadre d’une campagne qui s’annonce risquée, disqualifier ses adversaires qui seront assimilés au camp du mensonge.

Chacun aura compris que l’Observatoire du journalisme s’oppose fermement au projet de loi tel qu’il est présenté

https://www.ojim.fr/loi-contre-les-fake-news-le-grand-leurre-qui-cache-une-volonte-generale-de-censure-lavis-de-lojim

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mercredi 6 juin 2018

​Le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler visé par une plainte d'Anticor

L'association anticorruption a déposé plainte le 1er juin auprès du Parquet national financier contre le secrétaire général de l'Elysée pour "prise illégale d'intérêt", "trafic d'influence" et "corruption passive". En cause, des révélations de Mediapart sur les liens familiaux et professionnels de ce dernier avec l'armateur italo-suisse MSC.

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Au centre du dossier, les liens familiaux et professionnels qu'entretient Alexis Kohler avec l'armateur italo-suisse MSC, avec lequel l’Etat a mené une série de négociations ces dernières années... alors que Kohler était bien placé au ministère de l'Economie. Du côté de la majorité, la riposte est unanime : on serre les rangs autour du secrétaire général de l'Elysée.

La plainte d'Anticor s'appuie sur une enquête de Mediapart publiée début mai. Alexis Kohler n'aurait jamais révélé ses accointances avec la famille italienne à la tête de la Mediterranean Shipping Company (MSC), les Aponte. La mère du conseiller de l'ombre d'Emmanuel Macron est en effet la cousine germaine de Rafaela Aponte, qui a fondé la MSC avec son mari en 1970. En juillet dernier, dans une interview à L'Express, Alexis Kohler avait reconnu être lié aux Aponte, évoquant seulement le fait qu'un "lointain cousin était actionnaire de MSC".

MSC, principal client des chantiers navals français de Saint-Nazaire

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En plus de ses liens familiaux, il se trouve qu'Alexis Kohler a rejoint MSC en septembre 2016 quand il a quitté pour un temps sa place de haut-fonctionnaire, devenant quelques mois directeur financier du groupe italien. Or, pour l'Etat français, MSC n'est pas une entreprise comme les autres : au fil des années, l'armateur qui s'est spécialisé dans les croisières s'est établi comme principal client de STX France, c'est-à-dire des chantiers navals de Saint-Nazaire. Ces mêmes chantiers historiques que les gouvernements successifs s'ingénient ces dernières années à préserver sous pavillon tricolore. Le doute s'insinue alors : Alexis Kohler aurait-il influé sur ce dossier ?

Selon Anticor, c'est possible. La plainte de l'association vise deux périodes : d'abord, au début des années 2010. A l'époque, le futur bras-droit du président travaillait pour l'Agence des participations de l'Etat (APE). Dans le cadre de ses fonctions, il s'est trouvé au coeur des conseils d'administration de plusieurs groupes… dont celui des chantiers de Saint-Nazaire. "Alexis Kohler ne pouvait ignorer qu'il existait un conflit d'intérêt à représenter l'Etat français" chez STX France, "alors même que sa famille était propriétaire de l'un de ses principaux clients", juge l'association. Anticor pointe ensuite plusieurs années où le haut-fonctionnaire occupait des postes de choix à Bercy : entre mai 2012 et mars 2014, lorsqu'Alexis Kohler était le directeur de cabinet du ministre de l'Economie et des finances Pierre Moscovici, puis entre août 2014 et août 2016, celui d'Emmanuel Macron. Le problème étant qu'à cette période, les chantiers étaient au centre de nombreuses tractations entre l'Etat, STX France et ses clients.

Il n'y a "pas d'affaire Kohler" pour Christophe Castaner

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Devenu secrétaire général de l'Elysée, Kohler assure aujourd'hui qu'il n'a jamais dissimulé ses liens avec les Aponte quand il travaillait à l'APE et à Bercy. "Alexis Kohler a toujours affirmé informer sa hiérarchie de ses liens personnels" avec l'entreprise, affirme l'Elysée au Monde.

Du côté d'En Marche, ce matin, la consigne est claire : on serre les rangs autour d'Alexis Kohler : "On est dans un pays où il y a des commissions qui se réunissent pour savoir si ou ou non quelqu'un a le droit de faire quelque chose, a indiqué au micro de RMC Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires. J'ai envie de dire 'Circulez, il n'y a rien à voir'".

Il n'y a pas "d'affaire Kohler", a renchéri Christophe Castaner, délégué général de La République en Marche sur Public Sénat. "Je ne qualifie pas d'affaire le fait qu'une structure, Anticor, qui est habituée à cela, multiplie les initiatives et les perde souvent".

Il revient maintenant au Parquet d'examiner la plainte. Dans les prochains jours, ce dernier devra décider s'il la classe sans suite ou s'il ouvre une enquête préliminaire.

https://www.marianne.net/politique/le-secretaire-general-de-l-elysee-alexis-kohler-vise-par-une-plainte-d-anticor?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

Plainte contre Alexis Kohler : une tentative de déstabilisation contre Emmanuel Macron ?

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Invité à réagir à l'ouverture d'une enquête contre le bras droit d'Emmanuel Macron pour «soupçons de conflit d'intérêt», l’avocat Régis de Castelnau estime que les chances d'aboutir à une condamnation sont minimes.

Régis de Castelnau, avocat et animateur du blog Vu du droit s’est exprimé ce 4 juin sur RT France au sujet de la plainte de l’association anti-corruption Anticor contre le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, pour «prise illégale d’intérêts» et «trafic d’influence». Après avoir rappelé en préambule de son intervention la gravité des accusations portées contre le bras droit d'Emmanuel Macron, Régis de Castelnau a estimé que cette affaire était «tirée par les cheveux».

L’avocat a expliqué que, pour démontrer la culpabilité d’Alexis Kohler, le Parquet financier, en charge de l’enquête, devait initialement prouver que la nomination du secrétaire de l’Elysée au sein de l’administration de STX était directement liée à ses liens familiaux. Le secrétaire général de l'Elysée occupait en effet plusieurs postes à hautes responsabilités au ministère de l'Economie lorsque d’importants contrats ont été signés entre STX France, propriété de l’Etat français et MSC, entreprise fondée et détenue par le cousin germain de la mère d'Alexis Kohler. 

Pour Régis de Castelnau, la recherche d’une preuve sur la présence d’un éventuel conflit d’intérêt dans ce cas précis reste particulièrement difficile.

Par ailleurs, il a jugé peu probable que cette affaire aboutisse à une condamnation. «Le Parquet national financier, en torpillant la candidature de François Fillon, a facilité sinon favorisé l’arrivée au pouvoir de monsieur Macron», a remarqué Régis de Castelnau, estimant peu probable qu'il se montre aujourd'hui «méchant» envers le chef de l'Etat.

Interrogé sur l’association Anticor, il a exprimé sa réserve de voir des associations s’immiscer dans des affaires médiatiques : «Cela enclenche des processus, des polémiques, des médiatisations qui font peser un climat délétère.»

Enfin, s’il a jugé que les affaires dans lesquelles étaient impliqués Muriel Pénicaud et Richard Ferrand devaient logiquement amener la justice à enquêter, cette nouvelle affaire constitue selon lui, une tentative de déstabilisation contre Emmanuel Macron.

https://francais.rt.com/entretiens/51300-alexis-kohler-regis-castelnau-affaire

Plainte contre Alexis Kohler : l'analyse de Régis de Castelnau

https://www.youtube.com/watch?time_continue=434&v=aH1HnEg6czU

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L'article ne précise pas que pour Régis de Castelnau, l'implication de Pénicaud et Ferrand était davantage justifiée. A ce stade, difficile de savoir si l'affaire est avérée ou s'il s'agit d'une déstabilisation orchestrée (par qui?). En tous cas, l'emballement médiatique , compte tenu de ce que l'on connait de la déontologie de la plupart des journalistes en France, n'est pas de nature à nous inciter à "hurler avec les loups", même s'il s'agit d'un proche de Macron...Laissons faire la justice et on verra bien. Par contre, le passage de hauts fonctionnaires au privé et leur retour ("pantouflages") n'est pas abordé, c'est pourtant la source de bien des problèmes de conflits d'intérêts potentiels et de confusion des genres...

Plus intéressant est l'entretien du 04/06/2018 avec Dominique Mazuet, créateur de la librairie et du site Tropiques sur les sanctions américaines pour les entreprises européennes, avec un petit rappel sur la vision des gaullistes et des communistes sur la souveraineté de la France, ou encore sur la logique de la fin des accords de Bretton Woods: selon lui, "le comportement de Trump est cohérent" et la vassalisation de la France et de l'Union européenne n'est pas une découverte...    P.G.

Dominique Mazuet Tropiques

Guerre commerciale UE-Etats-Unis : «la suite logique de ce qui est annoncé depuis Roosevelt»

https://www.youtube.com/watch?v=2YykKiyT0Lw

Posté par UPR Creuse à 05:00 - - Permalien [#]
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