lundi 9 juillet 2018

L'autre Tour de France

ARCHIVES 1Alors qu'on apprend ce matin qu'une nouvelle grève se prépare dans ce secteur avant- garde de "l'ubérisation de la société", voici un article de nos archives, publié le 20 juillet 2017. P.G.

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Photo : CC Gustave Deghilage

Ubérisation : l’immense peloton des livreurs à vélo se lance dans la course pour le respect de leurs droits

https://www.bastamag.net/Uberisation-l-immense-peloton-des-livreurs-a-velo-se-lance-dans-la-course-pour

 

 Ils acheminent des repas à domicile, en bicyclette, pour le compte des nouvelles applications de livraison sur smartphone : Deliveroo, foodora ou UberEATS. Ils seraient 10 000 à circuler, à toute allure, dans les villes de France. Depuis quelques mois, des coursiers à vélos se révoltent, dans le sillage de la lutte des chauffeurs VTC.

Mis en concurrence, payés à la tâche, soumis à des cadences infernales, exposés aux dangers routiers...

Comment surmontent-ils leur condition de travailleurs ultra-précarisés, pour se mobiliser collectivement ? Les coursiers à vélos ouvrent une étape vers de nouvelles formes de résistance au travail à l’ère de l’ubérisation. Enquête.

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Ils avaient la tête dans le guidon, ils la relèvent. Le tout récent Collectif des livreurs autonomes à Paris (Clap [1]) proclame sur sa banderole rose et bleu turquoise, lors leur première sortie en manifestation le 1er mai : « La rue est notre usine ». La rue est leur usine, et le vélo leur atelier. Un atelier mobile et utra-rapide. Smartphone fixé sur l’avant-bras, maillot fluorescent et dos cassé par un gros sac en cube, ces livreurs jouent un contre-la-montre permanent pour acheminer burgers, pizzas ou lasagnes commandés par les clients dans leur restaurant préféré, via une application mobile comme Deliveroo, foodora ou UberEATS.

Leur dos courbé sous leur sac de livraison leur donne davantage le profil d’un escargot que celui d’un sprinteur du Tour de France. Mais un escargot 2.0, très rapide et véloce. Ils traversent le dédale urbain à toute vitesse, slaloment entre les voitures, grillent les feux, frôlent les bus, évitent les piétons. Des étapes quotidiennes sans finish ni podium. Mais depuis plusieurs mois, ces avaleurs de bitume anonymes descendent aussi de vélo pour protester contre les tenants de cette économie dite de la « foodtech ». Ils rejoignent les chauffeurs VTC dans le peloton des luttes contre la précarisation à marche forcée qui caractérise l’ubérisation de certains secteurs de l’économie. De Bordeaux à Lyon, de Toulouse à Paris, de Rennes à Marseille, autant de villes où ces drôles de coureurs cyclistes en ont ras-la-pédale.

« Tisser des liens entre ubérisés »

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A Paris, le mouvement remonte au 15 mars 2017. Un appel à la « déconnexion massive » des plateformes numériques est d’abord lancé par le collectif des coursiers de Bordeaux, ainsi que par les Fusées vertes de Lyon, deux groupes formés après la faillite de Take Eat Easy, une start-up belge de livraison de repas, à l’été 2016. L’action mobilise peu. Le Clap voit cependant le jour quelques semaines plus tard.

« On a tiré les leçons de cet échec, et on a cherché à tisser des liens entre ubérisés », explique Erwan [2], membre du Clap. Il y a onze mois que cet étudiant de dix-neuf ans en anthropologie joue les coursiers à pédales pour l’entreprise Deliveroo. Plutôt méfiant à l’égard de ces boîtes nouvelle génération, Erwan y trouve néanmoins son compte après avoir déposé sans succès des CV un peu partout. La flexibilité des horaires du job s’adapte à ceux de ses cours.

Aux heures du déjeuner et du dîner, il s’inscrit sur les « shifts », ces créneaux horaires sur lesquels les places sont limitées. Il attend ensuite que l’algorithme lui attribue une commande. Les mieux notés, les plus rapides, sont prioritaires : « Pendant trois mois, je suis resté connecté huit heures par jour pour une seule commande », peste le Clapiste. Avec un revenu de 7,50 euros de l’heure – en plus des deux à quatre euros la livraison selon l’ancienneté – plus quelques primes pour les week-ends et les intempéries, Erwan se dégage un « gros Smic » horaire.

Tenir les délais de livraison incite à prendre tous les risques

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A l’automne 2016, Deliveroo annonce le passage à une rémunération à la course, autour de cinq euros la livraison. Fini le revenu fixe, place au variable. Les primes en tous genres se font de plus en plus rares. Voyant leur flotte de livreurs s’agrandir, notamment après le faillite de Take Eat Easy, les plateformes auraient levé le pied sur les petites incitations financières à travailler. Ils sont donc peu nombreux à toucher les « plus de 2000 euros » par mois avancés par le directeur et fondateur de foodora, Boris Mittermüller.

« On risque de devenir comme les chauffeurs VTC », travaillant 70 heures par semaine pour à peine un Smic, s’inquiète Arthur Hay, fondateur en mars du syndicat CGT des coursiers à vélo de Gironde. « La décision de Deliveroo a été le déclencheur du mouvement, mais pas du mécontentement », précise le nouveau cégétiste.

En décembre, alors qu’il est actif dans le collectif local, Arthur Hay organise avec plusieurs confrères une « opération escargot » : « Ils avaient baissé le bonus pluie, la veille d’une grosse tempête classée orange... » Objectif ? Assurer les livraisons tout en respectant le code de la route. « Je peux assurer qu’ainsi, on va beaucoup moins vite ! », raille ce diplômé en gestion humanitaire. Tenir les délais de livraison en trente minutes chrono incite à prendre tous les risques [3]. Et les accidents sont fréquents. « À quand le premier mort ? » s’inquiètent certains.

Des « libres entrepreneurs » fliqués et sanctionnés au moindre écart

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En tant qu’auto-entrepreneurs, les livreurs ne sont pas couverts en cas d’accident. Un récent décret issu de la loi Travail oblige les plateformes à souscrire une assurance responsabilité civile. Néanmoins, cette assurance ne couvre que les dommages causés à un tiers, et non ceux subis par les travailleurs. Ne cotisant qu’au régime des indépendants (RSI), ils n’ont droit ni au chômage, ni aux congés payés. D’autant que tout est à la charge de ces forçats du pavé : achat du vélo, frais d’entretien, forfait téléphonique, cotisation RSI...

Suite à plusieurs actions de ce type, Arthur se fait « remercier » par Deliveroo au mois de mars. Et il n’est pas le seul : Jérôme Pimot, pionnier de la lutte des cyclo-coursiers, s’est vu désactiver son compte après avoir témoigné de ses conditions de travail dans une émission de radio. Officiellement pour absence de port de l’uniforme de la marque au kangourou. Un comble pour ces entrepreneurs « indépendants ». Ils ont beau être à leur compte, ils ne décident de rien. La plateforme leur impose tout, à commencer par les tarifs, les factures, ou le choix des courses. Tracés, fliqués, sanctionnés au moindre écart, ces « libres entrepreneurs » ont tout du salarié subordonné, mais sans les droits associés.

« Ça a commencé sur un banc de la place Bellecour »

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Mis en concurrence, isolés sur leur selle, payés à la tâche, éjectables d’un jour sur l’autre... La condition du coursier moderne ne favorise pas l’organisation collective. « Il y a 200 ans, quand les ouvriers ont commencé à s’organiser, ils bénéficiaient d’une unité de lieu. Aujourd’hui c’est compliqué, mais nous avons d’autres outils », analyse Erwan. Les temps d’attente des commandes devant les restaurants, les regroupements improvisés entre deux bips sur les téléphones, deviennent des instants propices à l’échange, à la prise de contacts.

Aussi informels soient-ils, ces lieux et temps de sociabilité sont autant de prémices à l’action commune. On s’y croise, on s’y reconnait, on s’y retrouve. Ainsi est né le groupe des coursiers lyonnais. « Ça a commencé sur un banc de la place Bellecour. On se regroupait entre deux livraisons et on se donnait des conseils de réparation, des astuces, et on s’est rendu compte des différences de rémunération », se souvient Mike. Du haut de ses 23 ans, et de ses deux ans et demi de métier dans les mollets, celui-ci fait figure d’ancien, passant de foodora à Stuart, de Deliveroo à UberEATS, comme il change de vitesse.

Étudiants précaires, étrangers et jeunes banlieusards

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Très vite, les discussions se poursuivent sur Internet. Les chaînes WhatsApp, les groupes Facebook et autres forums de discussion sont autant de caisses de résonance pour les griefs des livreurs. On y cause dérailleur, chambre à air, tarifs des courses, et parfois défense des droits. Et l’on y poste de temps à autre les consignes reçues sur son téléphone, comme autant de traces écrites qui pourront se retourner contre l’entreprise le moment venu. A chacun sa révolution numérique…

« Notre outil de travail est devenu une arme », constate Jérôme Pimot, qui a porté plainte en justice contre son premier employeur-client, Tok Tok Tok, pour « salariat déguisé ». Cet ancien animateur périscolaire de 47 ans a monté plusieurs collectifs de coursiers, avant de participer à la formation du Clap.

Mais il n’est pas toujours évident de mobiliser les virtuoses du guidon. D’abord peuplée par la « communauté fixie », adeptes urbains du pignon fixe tendance plus ou moins hipster, la faune des livreurs est désormais composée d’étudiants précaires, d’étrangers parlant peu français, ou de jeunes banlieusards. Une population hétérogène, mouvante, parfois rompue à un certain fatalisme et se renouvelant fréquemment. « On essaie de fédérer une communauté ingouvernable », s’amuse Jérôme Pimot.

Collectif, association, ou syndicat ?

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D’où l’intérêt d’un collectif autonome plutôt que d’un syndicat, organe traditionnel de défense des travailleurs ? « Nous ne sommes pas anti-syndicaux, précise Erwan. Le Clap est plutôt inter-syndical. Nous sommes plusieurs à avoir des engagements chez Sud ou à la CGT, mais nous voulons que l’outil dépasse les sensibilités personnelles. Certains coursiers pourraient avoir peur d’un syndicat et de son image un peu vieillotte. » Pour attirer davantage de membres, le Clap organise aussi des événements festifs, des ateliers réparation, histoire de faire vivre « l’esprit vélo » et de bâtir des solidarités.

A Bordeaux, Arthur Hay a fait le chemin inverse. Lassé par le « manque de dynamisme » du collectif local, il est allé frapper à la porte de la CGT. « Je me suis dit “le syndicat est peut-être old school, mais il possède l’expérience”. On nous dit partout que le droit du travail relève de l’Antiquité, mais qu’est-ce qu’il y avait avant ? On était tous mis en concurrence, on nous virait comme un rien. Les syndicats se sont battus pour qu’il y ait un cadre juridique, une couverture sociale. Dès qu’il y a un problème sur une plateforme, je me fais connaître pour entendre les revendications des livreurs ». La CGT Coursiers compte aujourd’hui 14 syndiqués « fidèles ».

Syndicat ou association ? L’interrogation a aussi traversé le mouvement des chauffeurs VTC. Leur lutte a montré la légitimité des associations à siéger à la table des négociations. Un collectif historique de la lutte, CAPA-VTC, vient tout de même de s’affilier à Force Ouvrière. Au grand étonnement d’Arthur Hay, à qui FO aurait claqué la porte au nez.

Des actions victorieuses

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Peu importe la structure, « nous gagnerons une légitimité par des actions victorieuses », veut croire Erwan. Des exemples ? Les blocages de restaurants comme à Marseille. « On a vu l’échec des déconnexions massives : elles n’incitent pas à la mobilisation car elles donnent plus de courses à ceux qui ne font pas grève », poursuit le membre du Clap. En mars, une poignée de coursiers de la cité phocéenne ont empêché la livraison de plats déjà commandés. Ce qui a conduit les plateformes à rembourser les clients.

Dans les jours suivants, une délégation de coursiers était reçue par la direction de Deliveroo. Les améliorations des conditions de travail obtenues grâce aux luttes des coursiers au Royaume-Uni et en Italie, appuyées par des syndicats, sont aussi un motif d’espoir et une source d’inspiration.

Concilier indépendance et protection sociale ?

Comme les VTC, les livreurs multiplient les terrains de luttes. Plusieurs procédures judiciaires de requalification de prestations de service en contrat de travail ont été intentées. Notamment par les livreurs laissés sur le bord de la route lors du dépôt de bilan de Take Eat Easy. De là à devenir tous salariés comme ils l’étaient avant l’arrivée des plateformes ? Pas vraiment. Ces procédures sont plutôt une façon de faire reconnaître un préjudice moral et financier. C’est une « arme de dissuasion », souligne Jérôme Pimot, contre les entreprises qui seraient tentées de ne pas respecter les droits sociaux. Étonnamment, la CGT Coursiers ne demande pas à ce que ces auto-entrepreneurs basculent sous contrat salarié. Elle lutte en faveur d’une réglementation pour une juste rémunération, et pour le droit à s’organiser collectivement.

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Les Fusées vertes et le collectif des coursiers lyonnais revendiquent en ce sens l’élaboration d’un tarif minimum de vingt euros bruts de l’heure, hors week-end et intempéries. Même son de cloche chez les conducteurs VTC qui revendiquent le droit de fixer eux-même leur prix comme de véritables indépendants. Avec la mise en place d’un « seuil de dignité » tarifaire, horokilométrique, comme chez les taxis. Une sorte d’embryon de convention collective ? « On ne tranche pas la question salarié ou autonome, mais on veut la même protection sociale », nuance le Clap. L’enjeu étant de concilier niveau de vie, protection sociale et indépendance.

Projet de coopérative

Au delà des diverses revendications, l’idée de se réapproprier l’outil de travail émerge. « Sur le long terme, la seule issue pour obtenir des conditions de travail décentes est la création d’une Scop de livreurs », écrivent Les Fusées Vertes. Créer une application numérique libre de droit soucieuse de ses utilisateurs, et respectueuse des droits sociaux, c’est précisément le projet que porte Coopcycle. La coopérative solidaire de livreurs parisiens fonctionnera en Sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC), avec un collège de livreurs, de clients et un autre de restaurants. Elle assurerait aux coursiers les demandes de livraison, et la commission prélevée sur chaque course financerait des caisses de secours, de soins et autres dédommagements. Ce modèle initié à Paris pourrait s’étendre dans chaque ville, avec des partenariats locaux coordonnés par une instance nationale. « On passerait d’une économie collaborative à coopérative », lance Jérôme Pimot.

A l’heure où l’auto entrepreneuriat touche de plus en plus de secteurs, les mobilisations des ubérisés à deux et quatre roues lancent un nouveau défi aux syndicats et invitent à repenser les formes traditionnelles de résistances au travail. Un peu comme le propose un nouveau site de lutte Blablagrève, dont le slogan est « ubérisons la grève, pas le travail ! »

Ludo Simbille

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lundi 1 janvier 2018

PSA, Pimkie… Surprise, la loi Travail commence par supprimer des emplois !

À peine les décrets d'application signés que PSA et Pimkie se préparent à lancer des procédures de rupture conventionnelle collective. Un nouveau dispositif issu des ordonnances Travail moins contraignant qu'auparavant. Censée faciliter les embauches, la réforme commence donc par simplifier les licenciements.

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À croire qu'ils étaient dans les starting-blocks. Ce jeudi 28 décembre, Le Parisien révèle que le groupe PSA se prépare à utiliser la nouvelle rupture conventionnelle collective, dispositif ouvert par la réforme du code du travail d'Emmanuel Macron, pour lancer un plan de licenciements dès la rentrée. Déjà Pimkie, l'enseigne de prêt-à-porter, avait convoqué ses quatre syndicats cinq jours avant le réveillon de Noël pour une réunion prévue le 8 janvier afin de présenter son propre projet de rupture conventionnelle collective.

Un empressement gourmand, puisque le décret d'application de cette mesure n'a été publié au Journal officiel que le 22 décembre... Pas le temps de niaiser, comme disent les Québécois ! Dans le document interne au groupe PSA que s'est procuré le quotidien, daté du 19 décembre soit trois jours avant la publication du décret au JO, la direction du groupe "invite" les syndicats de l'entreprise le 9 janvier à une réunion ayant pour ordre du jour la "négociation sur les ruptures conventionnelles collectives".

Selon Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT du groupe PSA Peugeot-Citroën, interrogé par Le Parisien, "cela va lui permettre de faciliter les départs collectifs et ainsi poursuivre la fonte des effectifs en CDI dans les usines. C'est un recul supplémentaire pour les droits des travailleurs". De son côté, un porte-parole de l'entreprise se limite à expliquer que "ce sujet va être abordé lors du comité central d'entreprise et s'inscrit dans le cadre de notre DAEC 2018 (dispositif d'adéquation des emplois et des compétences) mis en place ces dernières années". Sans plus de détails. Pourtant, selon les chiffres du syndicaliste, le groupe a déjà effectué 3.000 suppressions d'emplois en 2017 et 25.000 depuis 2013.

Sauf que la nouvelle mesure de rupture conventionnelle collective permet de licencier à moindres frais. Comme le rappelait l'avocat Olivier Khatchikian à LCP lors de la présentation de la réforme du code du travail, "quand un employeur veut réduire les effectifs de manière collective, il doit observer les règles relatives aux licenciements économiques collectifs (...), il doit justifier d'un motif économique valable et favoriser le reclassement des salariés licenciés". Avec les ordonnances Travail, plus besoin : "Toutes ces obligations pour l’employeur vont disparaître ! Aucune nécessité de justifier d'une cause réelle et sérieuse ! Envolé, le lourd dispositif de prévention et d'accompagnement des licenciements économiques. La loi prévoit en effet une simple 'homologation' de la rupture conventionnelle, comme pour une rupture conventionnelle individuelle ordinaire…".

"C'est une fragilisation de tout le marché du travail"

Ce jeudi 28 décembre, Eric Coquerel, député de la France insoumise, a expliqué ne pas être surpris par ces annonces. "C'est évident, à partir du moment où la loi ne protège plus les salariés, ça les laisse à la merci d'un rapport de force (...) c'est évident que pour les employeurs, c'est tout bénéfice (...), ça va être dévastateur pour l'emploi", a-t-il réagi sur BFMTV.

Pour le député, PSA et Pimkie ne sont donc que les "premiers de cordée" d'un mouvement beaucoup plus général : "On s'aperçoit que c'est une fragilisation de tout le marché du travail, c'est ce qu'on dénonçait avec les ordonnances et c'est ce qui est en train de se réaliser".*

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail qui a porté la réforme, répétait pourtant encore le 29 novembre sur RTL qu"il n'y a absolument aucune mesure dans les ordonnances qui va dans le sens de la précarisation. Évidemment, notre but, c'est l'inverse." Il lui faudra un sacré sens de la pédagogie pour l'expliquer aux futurs ex-PSA et Pimkie...

https://www.marianne.net/economie/psa-pimkie-surprise-la-loi-travail-commence-par-supprimer-des-emplois

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*Eric Coquerel et ses amis de la "France insoumise" omettent toujours de mentionner l'origine "européenne" de ces mesures, et pour cause...Et bien sûr, la fausse opposition est largement citée dans tous les médias de l'oligarchie. Le jeu de dupes continue, avec le faux clivage "gauche (droite? centre?) macroniste" contre "gauche radicale" ...jusqu'à quand?   P.G.

 

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vendredi 17 novembre 2017

« Chaud devant ! Prochainement, pour vous, les ruptures conventionnelles collectives ! »

par | 10 Nov 2017

C’est la dernière nouveauté en date, et je peux vous dire que cela va faire hurler chez les ex-futurs salariés bientôt tous virés ou presque et que l’on va se taper sur le ventre dans les antres du Medef.

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Les ruptures conventionnelles sont devenues en quelques années la principale manière de licencier, et cela a considérablement flexibilisé le marché du travail pour les employeurs, permettant aussi, il faut le dire, pour certains salariés de partir plutôt sur une rupture conventionnelle, et donc les droits au chômage, plutôt que sur une démission.

Il n’en reste pas moins que jusqu’à présent, une rupture conventionnelle était par nature, par essence même, une décision individuelle, à tel point d’ailleurs que l’inspection du travail surveille de relativement près le nombre de ruptures conventionnelles (qui doivent être déclarées) par chaque entreprise afin d’être sûre que par certains effets d’aubaines, certaines entreprises ne masquent pas un plan social à travers de multiples ruptures conventionnelles.

D’un côté donc la rupture conventionnelle, unitaire, personnelle, individuelle et de l’autre, les plans sociaux avec la cohorte de coûts et de contraintes attachées, comme les indemnités mais aussi des notions de formation ou de « reclassements », bref, autant d’éléments qui empêchent notre gentil patronat de virer comme il l’entend et de gagner autant qu’il le souhaite.

Pourtant, c’est l’un des éléments que pas grand monde n’a vu venir des ordonnances Macron qui devraient prochainement autoriser les entreprises à mettre en place des procédures de ruptures conventionnelles collectives au lieu d’un plan social coûteux.

La différence, nous la voyons tous. Vous aurez a priori des ruptures conventionnelles collectives sur la base du volontariat et cela viendra remplacer les plans dits « volontaires » et puis nous devrions sans doute conserver les plans sociaux quand on dégraisse sans laisser le choix ou sans faire appel aux « volontaires ».

Mais le décret peut aller aussi loin que le voudra le président Macron, puisque l’Assemblée nationale lui a voté les pleins pouvoirs économiques et sociaux.

Demain, peut-être, allez-vous vous réveiller dans un monde où l’idée même de plan social aura disparu.

Et vous devez voir la logique d’ensemble.

Nos mamamouchis ont d’abord réduit le coût maximum des licenciements en mettant des plafonds même en cas de licenciements abusifs que les juges ne peuvent plus dépasser.

Puis maintenant qu’en réalité on a mis des seuils, on vous explique très doctement qu’il faut pouvoir faire baisser le coût des plans sociaux…

Sur la partie volontaire, on va donc faire de la simple rupture conventionnelle… Voilà une idée risquant fort de plaire grandement à SFR qui va devoir se délester rapidement de quelques milliers de ses collaborateurs, qui ne vont pas partir avec grand-chose malgré toute leur implication.

Les ruptures conventionnelles collectives, sur vos écrans au plus tard le 1er janvier 2018.

Le gouvernement a transmis son projet de décret fixant les modalités pratiques de ces ruptures conventionnelles collectives aux partenaires sociaux.

Dès la publication de ce décret, ces ruptures conventionnelles collectives seront possibles dans les entreprises, or selon les syndicats, et je veux bien les croire, cette nouvelle formule est un véritable plébiscite auprès des entreprises qui assaillent de coups de téléphone aussi bien les administrations que les experts comptables pour savoir comment faire pour en bénéficier et faire quelques charrettes à pas cher !
Le tsunami de licenciements en début de quinquennat, pas à la fin !

Les syndicats redoutent donc une vague de plans sociaux.

Ils ont parfaitement raison, et cela a aussi une grande logique politique.

Mieux vaut que les gens qui sont aussi des électeurs soient virés en début de quinquennat qu’en fin de mandat, bien que Macron, et c’est tout à son honneur n’a jamais caché ses intentions de casse sociale parfaitement assumées lors de la campagne.

Les fêtes de Noël risquent d’être particulièrement moroses et tristes pour bon nombre de nos concitoyens.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/chaud-devant-prochainement-pour-vous-les-ruptures-conventionnelles-collectives-ledito-de-charles-sannat/


 

BASE 14 995X225N'oublions pas que Macron ne fait que mettre en oeuvre les grandes orientations de politiques économiques (GOPE) préconisées par la Commission européenne.

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jeudi 19 octobre 2017

Emmanuel Macron accepte de faire de la Creuse un laboratoire de l'hyperruralité

Quinze jours après les gaz lacrymogènes d'Egletons ou le "bordel" d'Egletons, selon la terminologie présidentielle, Emmanuel Macron a offert les ors de la République aux élus de la Creuse. Il leur a  accordé une quarantaine de minutes à l'Elysée mardi matin et a validé le principe d'un "plan de revitalisation" expérimental  pour le département

creuse3-3316153Le dossier GM & S a été abordé mardi, à l’Elysée, mais il n’était pas au centre de la rencontre entre Emmanuel Macron et une délégation d’une vingtaine d’élus de la Creuse, conduite par le député LREM Jean-Baptiste Moreau.

Après un rendez-vous manqué, il y a quinze jours, à Égletons (Corrèze),  où les élus creusois et les salariés de GM & S avaient été repoussés rudement par les forces de l’ordre, cet entretien avec le chef de l’État a été unaniment jugé « constructif ».
Même Michel Vergnier (PS), maire de Guéret et président de l’ Association des maires de la Creuse, qui avait proposé une riposte après Égletons, en convient : « Nous avons eu un vrai échange avec le Président ». Les élus creusois sont allés à l’Elysée avec un projet de plan de revitalisation pour leur département.

Valérie Simonet (LR), présidente de Conseil départemental, se réjouit de la réponse apportée : « Le président de la République nous dit Bingo ! Écrivez-moi une feuille de route avec les axes forts sur lesquels le gouvernement pourra vous accompagner ».

Jean-Baptiste Moreau confirme : « Le président a tracé une voie avec des mesures concrètes pour permettre de recréer de l’emploi sur le territoire et au-delà pour faire de la Creuse un exemple de développement des zones hyer rurales ». 
Sous l’autorité du préfet et d’un délégué interministériel, les Creusois doivent rendre une copie « innovante » avant le 31 décembre. « Et si ça marche, ces mesures pourront être étendues à d’autres territoires hyperruraux », insiste le député LREM de la Creuse. 

Julien Rapegno

http://www.lamontagne.fr/gueret/ruralite/politique/2017/10/17/emmanuel-macron-accepte-de-faire-de-la-creuse-un-laboratoire-de-l-hyperruralite_12594041.html


Merci not' bon maître! Les représentants des gueux sont les ravis de la crèche (un peu en avance), et nous les gueux, on est bien rassurés par tous ces commentaires réconfortants. On va- t- y l'avoir not' ligne tgv La Souterraine- Ussel? Pour transporter les fainéants là où y a du boulot.

Participez au grand jeu de la "copie novatrice" pour une Creuse 2.0! Adressez- nous vos idées! On les fera suivre à Jean- Baptiste et à ses copains.

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P.G.

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dimanche 15 octobre 2017

Quand la liberté s’éteint en silence

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 3 octobre 2017, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. En faisant entrer dans le droit commun l’état d’urgence, une majorité de députés, socialistes compris, a ainsi choisi de sortir la France de l’État de droit.

 

ARG SECURITE LIBERTEUn État de droit est celui dont le droit protège n’importe lequel de ses résidents de l’arbitraire de l’État. C’est un État mis à l’abri de l’absolutisme administratif ou policier. C’est un État où l’État est subordonné à des règles de droit qui lui sont supérieures et qui s’imposent à son action. C’est un État dont les citoyens sont en sûreté parce qu’ils sont assurés de ne pas être livrés aux abus de pouvoir étatiques. C’est en somme un État où l’État ne fait pas la loi.

 

À cette aune, la France, depuis ce 3 octobre 2017, n’est plus un État de droit. Avec l’entrée dans le droit commun des principales dispositions dérogatoires aux droits fondamentaux et aux libertés essentielles qui caractérisaient l’état d’urgence, l’exception y est devenue la règle. Désormais, l’État, autrement dit ses préfets, son administration, sa police, pourra n’importe quand, n’importe où et contre n’importe qui, en prétextant du terrorisme, mettre en cause :

  • Notre liberté de circulation.
  • Notre liberté de culte.
  • Notre droit à l’inviolabilité du domicile.
  • Notre droit à l’égalité devant la loi.

 

…Et le faire sans avoir à s’en justifier ou à en répondre devant un juge indépendant, dont la décision pourrait l’entraver ou le sanctionner.

Avec ce vote écrasant, à l’Assemblée nationale, d’une majorité de la peur (415 voix contre 127), il y a désormais une loi des suspects en France. Sur de simples soupçons policiers qui, dans un véritable État de droit, seraient totalement insuffisants pour qu’ils se le permettent, l’administration étatique et son bras armé policier pourront dorénavant s’en prendre à un individu, l’immobiliser, l’entraver, le cibler, l’isoler, le mettre à part et à l’écart, bref le persécuter. Seuls juges du prétexte, le terrorisme, ils pourront, demain, après-demain, en étendre la notion, sans entraves aucune, au gré des émotions populaires et des idéologies dominantes.

 

La loi votée autorise en effet l’État, son administration, sa police, en dehors de tout contrôle judiciaire, à obliger un individu à « résider dans un périmètre déterminé », c’est-à-dire à ne plus pouvoir en bouger, à le frapper d’une « interdiction de paraître » dans un lieu précis, à soumettre son intimité domestique et familiale à des « visites domiciliaires », soit des perquisitions permettant des saisies, à étendre contrôles d’identité, fouilles de bagages et de véhicules à de vastes « périmètres de protection », à fermer un lieu de culte au seul motif des « idées et théories » qui y seraient diffusées, etc. Et ce n’est là qu’un résumé succinct d’une loi, la douzième loi sécuritaire en quinze ans, qui pousse jusqu’à son terme la corruption du droit par la police et de la preuve par le soupçon.

Aussi inconscients qu’égoïstes, aveugles aux autres et ignorants du passé, les apprentis sorciers qui ont ouvert cette boîte de Pandore liberticide se rassurent en se disant non concernés. Après tout, ne s’agit-il pas de combattre le terrorisme, ses crimes et ses réseaux ? C’est l’argument de l’urgence qui, prise pour l’essentiel, en vient toujours à perdre de vue l’urgence de l’essentiel – autrement dit des principes. C’est surtout l’argument aussi éculé que lâche de la fin qui justifie les moyens, au nom duquel, sous toute latitude, tout régime et toute époque, les libertés ont toujours été passées par pertes et profits.

 

« Je considère que je n’ai pas à avoir peur des moyens de lutte contre le terrorisme parce que je ne me sens pas terroriste. », a tôt déclaré le porte-parole du gouvernement, l’ex-socialiste Christophe Castaner, dont l’ancien parti (à cinq prudentes abstentions près) a soutenu sans réserve cette perdition qu’il avait lui-même initiée sous la présidence de François Hollande. Phrase terrible, qui résume ce sacrifice de l’idéal démocratique sur l’autel du terrorisme. Phrase aveugle, de gouvernants prêts à piétiner les libertés des autres pour tenter de justifier leur pouvoir.

 

« Nous cajolons la bête immonde. », avertissait l’avocat François Sureau, défenseur intransigeant des libertés fondamentales, dans un entretien récent à Mediapart. Sous l’état d’urgence prolongé mis en place par le gouvernement de Manuel Valls depuis la fin 2015, rappelait-il, « il y a eu 6 000 perquisitions administratives pour 41 mises en examen. Et sur les 41 mises en examen, 20 sont des mises en examen pour apologie du terrorisme, c’est-à-dire des crimes d’ordres intellectuels. Au cours de ces 6 000 perquisitions, vous avez parfois bousillé la vie des gens, vous êtes intervenu dans leurs libertés individuelles de manière brutale pour un résultat extrême faible ».

 

Et qui ne se souvient de l’utilisation de l’état d’urgence en 2015 et 2016 contre la société tout entière, d’abord les activistes écologiques lors de la COP21, puis les manifestants contre la loi El Khomri ? Qui oserait garantir que, sous ce pouvoir ou, après lui, sous un autre, ajoutant à l’obsession sécuritaire des obsessions idéologiques, autoritaires, identitaires, xénophobes, discriminatoires, etc., ce ne seront pas les militants de toutes les causes minoritaires, dissidentes et nouvelles, celles où s’inventent et se revendiquent des droits nouveaux, qui seront les victimes indistinctes de cet état d’urgence devenu permanent ? Qui pourrait jurer que, demain, ce ne seront pas eux les nouveaux « ennemis de la nation », terroristes en puissance ou terroristes en théorie, selon l’infernale logique des forces conservatrices et rétrogrades, décidées à faire la guerre à la société, à sa richesse et à sa diversité, à son autonomie et à ses luttes ?

Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles

Nous connaissons évidemment la réponse, tant les gouvernants et les élus qui, aujourd’hui, sacrifient nos libertés ne sont que de passage. Irresponsables, ils sacrifient la longue durée d’une démocratie vivante, par conséquent exigeante avec elle-même, au court terme de leur survie. « Si ce projet de loi est adopté et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France sera dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte. », Christine Lazerges.

 

L’Histoire nous l’a appris, et notamment celle des circonstances – la guerre d’Algérie, guerre coloniale et guerre civile – où est né, en 1955, cet état d’urgence aujourd’hui définitivement légalisé et banalisé : l’introduction de dispositions liberticides est une gangrène qui finit par contaminer tout le corps légal, institutions, administrations, gouvernements. Nous venons de le vivre, en à peine deux ans : tout comme hier l’état d’urgence de 1955 avait débouché sur les pouvoirs spéciaux de 1956, où se déshonora une République tortionnaire, aujourd’hui l’état d’urgence prolongé de 2015 accouche sous nos yeux sidérés d’une remise en cause sans précédent de l’État de droit.

Dans son plaidoyer Contre l’état d’urgence (Dalloz, 2016), le juriste Paul Cassia rappelait cette mise en garde lucide d’un membre du Conseil d’État, Roger Errera : « Dès qu’une atteinte aux libertés apparaît, elle fait tache d’huile, elle est progressivement appliquée au-delà des limites fixées au début, quelles que soient les promesses, les barrières et les hésitations, et à d’autres que ceux qui étaient initialement visés. Il arrive même qu’elle s’institutionnalise et que, fruit de l’urgence, elle devienne permanente. ».

 

C’était en 1975, il y a plus de quarante ans, et nous y sommes, hélas !

 

Qui plus est avec un État qui ne peut même plus compter sur la génération de ces hauts fonctionnaires à principes qui, ayant souvenir de Vichy ou de l’Algérie, savaient que la banalisation de l’état d’urgence était la brèche par laquelle le totalitarisme ou, du moins, ses pratiques niant les droits humains avaient fait leur chemin, sous couvert d’une administration ou d’un régime républicains. Dans son entretien à Mediapart, François Sureau soulignait ce terrible renoncement qui, depuis trois décennies, a progressivement gagné presque tout le spectre politique : « Les grandes voix du passé portaient un projet collectif de liberté, et pas seulement un projet individuel. »

Car comment ne pas interroger le silence pesant, abyssal, qui accompagne ce saut dans l’inconnu ? « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » : attribué à l’écrivain suisse Max Frisch, ce constat n’a jamais été aussi pertinent. L’ensemble des défenseurs des droits humains, rassemblés dans ses locaux par la CNCDH, tout comme les experts qui en ont officiellement la charge aux Nations unies, se sont solennellement dressés contre cette dérive. Ces experts des droits de l’homme mandatés par l’ONU n’y ont pas été de main morte, estimant que « plusieurs dispositions du projet de loi menacent l’exercice des droits à la liberté et à la sécurité personnelle, le droit d’accès à la justice, et les libertés de circulation, d’assemblée pacifique et d’association, ainsi que d’expression, de religion ou de conviction. »

En vain, rien n’y a fait. Pas un écho, pas un regret, pas une nuance, pas une réserve, pas un recul. Pis, à l’Assemblée nationale, la majorité dévotement dévouée au président qui l’a fait élire s’est empressée de durcir les dispositions les plus controversées que le Sénat, dans sa vieille sagesse, avait tenté d’amoindrir. Cette prétendue société civile qui, surgie de nulle part, prétendait renouveler la politique, via la dynamique du mouvement En Marche ! Et de son dégagisme parlementaire revendiqué, se révèle sourde et aveugle à la société. Seule la gauche de la gauche – les députés communistes et insoumis reprenant le flambeau des six socialistes frondeurs (Pouria Amirshahi, Barbara Romagnan, Gérard Sebaoun) et écologistes isolés (Isabelle Attard, Sergio Coronado, Noël Mamère) qui, hier, avaient dit non à l’état d’urgence – aura sauvé l’honneur mais sans, pour autant, réussir à mobiliser la société.

Aussi ne pouvons-nous nous contenter d’accabler ceux qui ont commis cet attentat aux libertés. Nous devons aussi interpeller lindifférence, cette passivité massive, qui l’a permis. N’est-elle pas du même ordre que celle qui s’accommode de la détresse des migrants, réfugiés et autres exilés ? Cette indifférence, plus essentielle, à l’autre, au différent, au suspect, au musulman, bref au lointain, tandis que nous nous replions sur nous-mêmes ? Comme si nous n’étions pas concernés, sinon par le souci de nous protéger, coûte que coûte.

C’est ainsi que pas grand monde n’a sursauté en découvrant que cette loi dite antiterroriste entend faciliter, étendre, généraliser, bref banaliser encore plus les contrôles au faciès, cette discrimination quotidienne qui frappe la diversité de notre peuple, et notamment sa jeunesse. Même l’historien Patrick Weil, homme modéré par conviction autant que par métier, n’a pu réveiller l’opinion et les parlementaires en leur démontrant que « le projet de loi antiterroriste rappelait le code de l’indigénat » car, de fait, il destine son dispositif policier à la surveillance d’une population particulière, les Noirs et les Maghrébins, aggravant le champ des discriminations qui blessent l’égalité.

De grandes sagesses philosophiques nous ont pourtant enseigné, notamment après les catastrophes européennes du siècle passé, que le meilleur chemin vers le prochain, c’est le souci du lointain. Que :

 

Le souci de l’autre mène à soi-même.

 

Si je ne suis pas au rendez-vous des libertés des autres, je ne serai pas au rendez-vous des miennes.

 

Si je laisse mettre en cause des droits fondamentaux, au prétexte de prévenir une menace qui me serait étrangère, je découvrirai, un jour ou l’autre, que j’ai ainsi renoncé à mes propres droits.

 

 

Mediapart

Edwy Plenel

https://aphadolie.com/2017/10/11/quand-la-liberte-seteint-en-silence/

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lundi 2 octobre 2017

Le gouvernement envisagerait d'introduire les interdictions de manifester dans le droit commun

Selon plusieurs sources, le ministère de l'Intérieur aurait l'intention d'introduire dans le droit ordinaire une disposition prévue par l'état d'urgence permettant d'interdire à certains individus de manifester.

59cf507d09fac2af4f8b4567C'est une mesure d'exception que permettait la loi relative à l'état d'urgence : elle pourrait à l'avenir être intégrée au droit commun, selon des informations du Figaro et du Monde. Le ministère de l'Intérieur aurait en effet émis un avis favorable à l'instauration d'interdictions administratives de manifester.

Si Le Monde évoque des «pistes de réflexion» suivies par la place Beauvau, Le Figaro rapporte, selon des sources au sein du ministère, que le projet serait déjà bien avancé. Il viserait prioritairement des individus faisant déjà l'objet d'un signalement pour des faits de violence. Cette mesure, qui contraint les fauteurs de trouble à émarger dans un commissariat à l'heure du rassemblement auquel ils n'ont pas le droit de participer, est déjà régulièrement utilisée depuis mai 2016, principalement pour des individus issus de la mouvance antifasciste.

Cependant, un tel dispositif n'est permis que par l'article 5 de la loi relative à l'état d'urgence, qui autorise le préfet à «interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté» ainsi qu'à «interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics». Son introduction dans le droit commun serait donc une nouveauté de taille. Elle conforterait sans doute dans leurs critiques les voix qui se font entendre depuis quelques semaines pour dénoncer une «dérive» lors de l'étude par les parlementaires de la loi antiterroriste, qui a suscité jusqu'aux inquiétudes de l'ONU.

 

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mercredi 6 septembre 2017

Bruxelles applaudit la réforme du marché du travail en France

Décriées par l’opposition et les syndicats, les ordonnances réformant le marché du travail en France font la joie de la Commission européenne et du patronat.

EDOUARD ET MINISTRE TRAVAIL

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : la réforme de la loi travail serait sa priorité. Jeudi 31 août, le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Penicaud, ont présenté une série d’ordonnances, destinées à modifier la loi travail existant.

Officiellement destinées à « renforcer le dialogue social », ces mesures  qui vont du plafonnement des indemnités en cas de contentieux à la réduction des délais de
recours des salariés, en passant par la possibilité de négocier sans syndicat en dessous de 50 salariés, vont clairement dans le sens du patronat. Elles ont d’ailleurs été chaleureusement accueillies par Pierre Gattaz, qui les qualifie de « première étape importante » pour « conforter la confiance des chefs d’entreprise ».

« Fin du travail », « escroquerie »

Les mesures ont en revanche été fraîchement accueillies par les socialistes et l’extrême gauche, et dans une moindre mesure par les syndicats.

« C’est la fin du contrat de travail », s’est désolée le responsable CGT Philippe Martinez, alors que la CFDT se dit déçue, mais n’appelle pas à manifester lundi 12 aux côtés des protestataires. La gauche radicale a en effet invité à deux défilés, les 12 et 23 septembre prochain. L’extrême droite a dénoncé le texte comme une escroquerie.

Les mesures en question sont en revanche perçues comme un gage de confiance par les partenaires européens. Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a déjà salué cette initiative le 30 août. Et la Commission européenne ne tarit pas d’éloge sur la réforme, en des termes encore plus élogieux que lors de la présentation de la loi El Khomri en 2016.

Il faut dire que les ordonnances proposées répondent assez directement aux réclamations régulières de l’exécutif européen, qui évoque à l’envi les rigidités du marché du travail, ou le niveau trop élevé du salaire minimum et des charges sociales patronales en France. Notamment dans le cadre du semestre européen : la France est encore dans le cadre du volet correctif du pacte de stabilité budgétaire, une procédure qui suppose une surveillance accrue de la part de ses partenaires.

Dans ce cadre, en plus de la réduction des dépenses, les experts de l’UE ne cessent de réclamer un assouplissement des règles françaises, comme dans ce texte du dernier semestre européen.

L’enjeu du nombre de salariés dans une entreprise et des effets de seuils (des règles de négociations spécifiques s’appliquant à partir de dix, puis 50 salariés), que les ordonnances souhaitent relativiser, était clairement souligné dans le dernier texte de recommandation de la Commission européenne.

Un contact continuel entre Juncker et Macron

Le président de la Commission Jean-Claude Juncker a été continuellement en contact avec le président français sur le sujet. « C’est un pas dans la bonne direction. Nous accueillons favorablement et appuyons la réforme du marché du travail du président Macron » assure une porte-parole de la Commission européenne à Euractiv, insistant sur le fait que cette réforme porte « le signe de l’engagement de la responsabilité européenne » du président français.

Un engagement européen que le patronat appelait également de ses voeux dans la bouche de Pierre Gattaz, le 30 août, à l’université d’été du Medef.

http://www.euractiv.fr/section/economie/news/bruxelles-applaudit-la-reforme-du-marche-du-travail-en-france/

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mercredi 23 août 2017

Politique - Hausse de la CSG : Le Maire demande aux retraités de consentir un «effort» pour les jeunes

 

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Interrogé sur la hausse de la CSG qui pénalisera les retraités, le ministre de l'Economie reconnaît «leur demander un effort» pour «les plus jeunes générations et pour récompenser le travail».

«Notre priorité absolue, que les plus fragiles ne soient jamais oubliés.» Ce lundi, dans une interview à Sud Ouest, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire veut rassurer les Français avant d'attaquer les réformes de la rentrée. Mais pas sûr qu'il ait réussi à lever l'angoisse de tous. Après le léger rabot de l'aide au logement pour les étudiants, le gouvernement compte faire des économies à l'extrémité inverse, avec les retraites.

Interrogé en effet sur la hausse de la CSG qui pénalisera les retraités, le patron de Bercy reconnaît «leur demander un effort». Et d'appeler les seniors à compatir : «Je leur dis qu'ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail. Ce n'est pas un effort pour alimenter les caisses de l'État», promet-il dans le quotidien régional.

Le ministre assure par ailleurs que «les plus modestes ne seront pas touchés : un retraité seul qui perçoit moins de 1 200 euros par mois ne sera pas concerné. Ni les couples qui perçoivent moins de 1 800 euros mensuels». Et d'affirmer qu'«une grande partie de ceux qui assumeront cette hausse bénéficiera d'une baisse de leur taxe d'habitation». Puis le gouvernement va «augmenter le minimum vieillesse», annonce Bruno Le Maire, sans plus de précision.

« Priorité à l'emploi »

«Le cap fixé (...) est celui de la baisse des impôts pour tous (...) Nous baisserons les impôts pour les entreprises comme pour les ménages (...) Les salariés verront que leur fiche de paie augmente dès l'année prochaine», poursuit Bruno Le Maire. «Notre priorité absolue est de redonner de l'emploi à chacun, en veillant à ce que les plus fragiles ne soient jamais oubliés.» Interrogé sur les critiques de certains économistes estimant que le programme économique du président Emmanuel Macron bénéficiera surtout aux plus riches, le ministre les juge «profondément injustes» : «La vraie justice, c'est de rompre avec un modèle qui n'a donné aucun résultat !»

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jeudi 15 juin 2017

Revue de presse (sélection du 5 au 14 juin 2017) 1° partie

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Les salariés de GM & S relancent le blocage de leur usine dans la Creuse.

Maintenir la pression vaille que vaille. Les salariés de l’équipementier automobile GM & S Industry, menacé de liquidation, bloquaient de nouveau leur usine mardi 13 juin à La Souterraine (Creuse) pour faire pression sur la « cellule de crise » mise en place par l’Elysée, car ils n’acceptent pas les « décisions dévastatrices qui se profilent ».

Selon un communiqué diffusé par l’intersyndicale CGT-FO, les salariés ont voté à 85 % « pour poursuivre les actions dans le but de faire évoluer les offres et pousser les constructeurs [automobiles Renault et PSA] à remettre le chiffre d’affaires nécessaire à une reprise pérenne bien supérieure à 140 emplois ». Les salariés bloquent notamment les accès de l’usine avec du matériel, ont précisé des sources syndicales.


En savoir plus sur

 http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2017/06/13/les-salaries-de-gm-s-relancent-le-blocage-de-leur-usine-dans-la-creuse_5143913_1656968.html#d8kQfD6rKatpWoJU.99

REVUE PRESSE GENERIQUE

France

Bercy rogne 2,6 milliards d'euros au ministère des armées
Ceci représente une baisse de 5,1% du budget de nos armées qui sont déjà exsangues.
Sandra Bertin jugée pour diffamation
La courageuse Sandra Bertin, qui avait dénoncé des pressions pour cacher les vidéos de surveillance de l'attentat de Nice, va être jugée en diffamation, suite à la plainte déposée par Bernard Cazeneuve.

France - en marche vers la dictature et l'esclavage

La loi travail 2 : huit points clefs
Les GOPE l'ont demandé, Macron se précipite. En particulier, contrat de travail, durée de travail, santé et sécurité, salaires et emploi seront négociables directement au niveau de l'entreprise, en dérogeant aux accords de branche et à la régulation nationale: de quoi rapidement dissoudre nos CDD et CDI ?
L'état d'urgence bientôt dans le droit commun
Les parlementaires qui voteraient une telle loi seront des traîtres à la République... qui ne sera déjà plus une République puisque les libertés publiques n'y seront plus garanties.
Un mille-feuille fatal pour les TPE/PME ?
Les TPE/PME vont encore devoir alourdir leurs charges d'ici 2020 en adoptant une série de logiciels et de mesures informatiques... de quoi encore une fois privilégier les grandes entreprises et tuer les petits entrepreneurs de proximité.
Liberté de la presse: 23 sociétés de journalistes inquiètes de l'attitude du gouvernement
Cela fait un moment que nombre d'électeurs sont inquiets pour la liberté de la presse, qui sert la soupe en continu à Macron et consorts depuis 2 ans.
Natacha Polony évincée de Paris Première
Le grand nettoyage journalistique continue. François Asselineau apporte son soutien à cette vraie journaliste, indépendante dans sa ligne éditoriale.

France - législatives

A vendre: Solférino ?
Avec un PS en pleine déconfiture, l'on s'intéresse à la revente du siège de Solférino...
Une dizaine d'emplois fictifs présumés au MoDem
Est-ce la moralisation de la vie politique voulue par le président du MoDem ?
Moments de solitude de deux candidates macronistes
Fin de non-recevoir sur la nuance "UPR" au lieu de "Divers"
Le ministre de l'intérieur Collomb a adressé une fin de non-recevoir à l'UPR concernant une nuance UPR spécifique, pourtant obtenue par les autres partis. Ce refus a entraîné le mélange des 574 candidats UPR parmi 1400 candidats "Divers", ce qui a permis aux journalistes de ne pas parler de l'UPR.

LALANNE ASSELINEAU

Pour Francis Lalanne, Asselineau, "c'est du lourd" !
Il estime aussi qu'Asselineau aurait eu bien plus d'arguments face à Macron au 2e tour que le Pen.

 

lundi 5 juin 2017

Revue de presse (sélection semaine du 29 mai au 4 juin 2017) 1° partie

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L'UPR met régulièrement à l'honneur la Francophonie, avec laquelle nous voulons rebâtir des liens forts ! Saviez-vous que la 1re ville francophone au monde n'est plus Paris mais Kinshasa, avec 12,1 millions d'habitants ?

France

Casse du code du travail : les détails de l'agenda
Le premier ministre a dévoilé l'agenda des ordonnances de la loi travail 2: en particulier la primauté des accords d'entreprise sur les accords de branche, qui va permettre à la loi de la jungle de s'appliquer.
Macron s'attaque à RT et Sputnik : la liberté de la presse mal en point
Le président estime que ces deux médias sont des organes d'influence et de propagande. RT s'est offusqué de cette déclaration à juste titre : édicter ce qui est la bonne ou mauvaise presse, voilà un comportement parfaitement dictatorial et dangereux pour la liberté d'expression journalistique.
Le droit de manifester menacé en France
"Le constat est sans appel : l’application de l’état d’urgence et un usage disproportionné de la force ont restreint ce droit fondamental de manière préoccupante."
Le projet de Macron pour faire éclater le système solidaire des retraites
Macron veut aller vers un système de cotisation par points dont la valeur à la retraite sera variable. Ce serait un coup de canif dans le système de la retraite par répartition.
Les maires demandent à Macron de maintenir la taxe d'habitation
Les maires ne lèvent contre la volonté de Macron d'exonérer massivement la taxe d'habitation. Cette exonération est sans doute un nouveau moyen d'étouffer les communes budgétairement pour les forcer à fusionner ou à regrouper leurs compétences.
50 tonnes d'abricots déversées devant des supermarchés
L'article 34 du TFUE interdit les restrictions quantitatives à l'importation entre pays membres, précipitant les prix vers le bas. Avec une majorité UPR, nous sortirons de l'UE, dénoncerons cet article, et garantirons des prix minimum de revient dignes pour les agriculteurs.
La Cour des Comptes dénonce les petits arrangements de Hollande
Pour donner l'impression que le déficit de la France diminue, Hollande a joué sur les chiffres en choisissant de ne pas affecter deux milliards d'euros au désendettement de l'Etat. Il y a également eu manipulation sur les recettes.
Les Français de plus en plus pauvres d'après l'Observatoire des inégalités
950000 personnes pauvres en plus entre 2004 et 2014: cela fait froid dans le dos. A comparer aux 1,5 à 2 millions de chômeurs en moins qui seraient le résultat de la sortie de l'euro.

REVUE PRESSE GENERIQUE

Suite demain...

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