dimanche 15 avril 2018

«Nous sommes exceptionnels, la Russie non» : Pompeo justifie la pratique US de changement de régime

Le futur chef de la diplomatie américaine a fait une éclatante démonstration du sentiment d'exceptionnalisme qui règne à Washington lors de son audition au Congrès. Sans oublier de s'en prendre à la Russie, pour rassurer les sénateurs.*

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Choisi par Donald Trump comme prochain secrétaire d'Etat américain à la place de Rex Tillerson, Mike Pompeo passait une audition devant la commission des Affaires étrangères du Sénat le 12 avril afin d'être confirmé dans ses fonctions. Pour s'attirer les bonnes grâces des sénateurs, celui que Donald Trump avait nommé à la tête de la CIA à son arrivée au pouvoir s'est lancé dans un exercice visant à les rassurer quant à sa vision géopolitique.

Dans cette optique, rien de mieux que de prendre pour cible la Russie. Mike Pompeo y a mis un soin tout particulier. Décrivant Moscou comme «un danger» pour les Etats-Unis, il a promis de «confronter les Russes dans tous les domaines», qu'ils soient cybernétiques, économiques ou autres. Sans évidemment oublier de mentionner le chef d'Etat russe : «Nous devons nous assurer que Vladimir Poutine ne réussisse pas.»

Pour achever de persuader son auditoire qu'il n'a pas l'intention de rompre avec la politique que suit Washington depuis des décennies, Mike Pompeo s'est employé à expliquer ce qui différenciait les Etats-Unis du reste du monde. Ainsi lorsque Tim Kaine, l'ancien colistier d'Hillary Clinton, lui a posé une question piège, cherchant à savoir si une politique de changement de régime était acceptable de la part d'autres pays que les Etats-Unis, le futur diplomate ne s'est pas démonté.

«[Les Etats-Unis] sont un pays unique, exceptionnel. La Russie est unique mais pas exceptionnelle», a-t-il fait valoir, appuyant sur l'argument phare de Washington pour justifier sa politique internationale. Poursuivant sur sa lancé, Mike Pompeo a expliqué qu'il n'existait pas d'équivalence morale entre ce que pouvait faire les Etats-Unis et la Russie parce que les actions de Washington sont par nature différentes. «Je pense que nous devrions être fier de la façon dont nous nous engageons dans le monde», a-t-il martelé, avant de conclure qu'il voulait que son pays continue «de rester de bon côté de la ligne».

https://francais.rt.com/international/49722-nous-sommes-exceptionnel-pas-russie-pompeo-justifie-politique-us-changement-regime

*Voir aussi:

Choisi par Trump pour diriger sa diplomatie, Mike Pompeo lisse son profil de « faucon » au Sénat

La confirmation au poste de secrétaire d’Etat de l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, qui dirigeait la CIA depuis un an, n’est pas acquise.

Mike Pompeo est en quête d’une majorité au Sénat pour accéder au poste de secrétaire d’Etat des Etats-Unis vacant depuis le limogeage de Rex Tillerson. Son audition par la commission des affaires étrangères, jeudi 12 avril, a cependant montré que ses marges de manœuvres sont étroites.

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Un an plus tôt, lors de la procédure de confirmation au poste de directeur de la CIA qu’il a occupé jusqu’à sa nomination par Donald Trump en mars, l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, avait pu compter sur le soutien de 15 voix démocrates. Tout donne à penser que sa marge sera beaucoup plus réduite cette fois-ci alors qu’un sénateur républicain, Rand Paul (Kentucky) a d’ores et déjà fait savoir qu’il s’opposerait à sa nomination, et qu’un second, John McCain (Arizona), ne pourrait pas prendre part au vote du fait de son état de santé.

Précédé par une réputation de « faucon » nourrie par de nombreuses prises de position contre l’Iran ou la Corée du Nord, Mike Pompeo a répété que « la guerre est toujours et doit toujours être en dernier ressort », en s’appuyant sur son expérience sous les drapeaux, au début de sa carrière.

Proximité incontestée avec le président

Il a tenté de mettre en évidence deux atouts qui ont cruellement manqué à son prédécesseur. Tout d’abord, une proximité incontestée avec le président des Etats-Unis. « Chaque ancien secrétaire d’Etat avec qui j’ai parlé a souligné l’importance de maintenir une relation étroite avec le président. J’ai travaillé à établir ce genre de relation avec le président Trump au cours des quinze derniers mois grâce à des centaines d’heures de briefings », a-t-il expliqué.

Dans une critique implicite envers Rex Tillerson, il a mis en avant une capacité à gérer une structure administrative dont il a fait la preuve, selon lui, à la CIA, alors que le département d’Etat a été affaibli par un exode sans précédent de hauts fonctionnaires démobilisés par son prédécesseur. « Il est primordial de renforcer le meilleur corps diplomatique au monde », a-t-il assuré.

Les sénateurs républicains qui ont plaidé pour sa nomination ont mis ces atouts en avant, tout comme son parcours de major de sa promotion de la prestigieuse académie militaire de West Point, devenu par la suite un homme d’affaires prospère, puis un élu pendant six ans à la Chambre des représentants.

Evasif sur l’Iran et la Corée du Nord

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D’autres, à commencer par le président républicain de la commission, Bob Corker (Tennessee), qui ne cache pas ses critiques vis-à-vis du président, se sont cependant interrogés sur la nature du lien noué avec Donald Trump. Bob Corker lui ainsi a demandé s’il serait capable de « donner des conseils au président qui lui permettent de voir une situation donnée de manière globale » quitte à le contredire, rappelant que le président n’a pas hésité à écarter les conseillers défendant des vues opposées aux siennes. Le vice-président démocrate de la commission Robert Menendez (New Jersey) a souligné l’importance de ce rôle face à une présidence « guidée par les coups de tête et pas par une stratégie ».

Autant l’ancien directeur s’est exprimé de manière claire sur le recours, vanté pendant la campagne par Donald Trump, à la torture, qu’il a jugée « interdite par la loi » ou bien sur la nécessité de la fermeté face à la Russie, autant il s’est montré plus évasif sur les deux sujets qu’il aura à traiter en priorité : le maintien des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien et le sommet annoncé entre M. Trump et le responsable de la Corée du Nord, Kim Jong-un.

Mansuétude d’élus démocrates

Pressé de questions, Mike Pompeo, qui avait milité activement contre l’accord iranien, a assuré que sa priorité consisterait à combler les lacunes supposées du compromis, et qu’un retrait des Etats-Unis à l’échéance fixée par le président, le 12 mai, ne refermerait pas, selon lui, la voie de la diplomatie.

« S’il s’avère qu’il n’y a aucune chance de l’améliorer, je recommanderai au président de faire de notre mieux avec nos alliés pour trouver un meilleur résultat et un meilleur accord. C’est ça l’objectif », a-t-il assuré, alors que les partenaires européens des Etats-Unis signataires du texte ont exclu toute réécriture, tout comme l’Iran, et prônent au contraire des dispositifs annexes pour répondre aux inquiétudes américaines sur l’influence iranienne au Moyen-Orient, ou sur ses activités balistiques.

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Conscient de la défiance que ses prises de position passées sur l’islam ou sur le mariage homosexuel ont alimentée chez les démocrates, Mike Pompeo a pris soin de rencontrer les deux anciens secrétaires d’Etat de Barack Obama, Hillary Clinton et John Kerry, pour solliciter leurs conseils. Il mise désormais sur la mansuétude d’élus démocrates engagés dans une campagne de réélection délicate dans des Etats républicains, en Virginie-Occidentale ou dans le Dakota du Nord, pour obtenir les voix nécessaires pour pouvoir prendre la tête de la diplomatie américaine.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/04/12/choisi-par-trump-pour-diriger-sa-diplomatie-mike-pompeo-lisse-son-profil-de-faucon-au-senat_5284772_3222.html#lyZZzScJW88dcG4T.99

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vendredi 13 avril 2018

Hongrie : triomphe d’Orban, cauchemar de Bruxelles

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Pour Bruxelles, les élections hongroises du 8 avril constituaient la chronique d’une catastrophe annoncée. Celle-ci a bien eu lieu – elle fut même pire que ce que redoutaient la Commission et les dirigeants européens. Avec 48,4% des suffrages, la bête noire de ceux-ci, le Premier ministre sortant Viktor Orban, va non seulement pouvoir rempiler pour un troisième mandat consécutif, mais progresse de 3,6 points et retrouve la majorité des deux tiers (133 sièges sur 199) qu’il s’était assurée en 2010 puis en 2014, mais qu’il avait perdue en 2015 suite à des élections partielles.

En obtenant la confiance de près d’un électeur sur deux, le FIDESZ (droite nationaliste), allié au petit parti démocrate-chrétien, triomphe d’autant plus que la participation électorale est en très nette hausse : 69,4% contre 61,7% en 2014. Or les observateurs prédisaient qu’une faible abstention favoriserait plutôt l’opposition. Les partis de celle-ci sortent affaiblis du scrutin..

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D’un côté, le Jobbik, qui s’est longtemps revendiqué d’une extrême-droite musclée (y compris via des milices), rassemble 19,6% des suffrages, soit un tassement de 0,6 point sur son score précédent. Une vraie déception pour son chef, Gabor Vona, qui avait engagé la « normalisation » de son parti et abandonné pour ce faire son discours anti-UE.

D’un autre côté, le Parti social-démocrate (MSZP) doit se contenter de 12,5% des voix. Une formation dissidente, la Coalition démocratique (DK, étiquetée centre-gauche), fondée en 2011 par l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsany, obtient 5,6%. Un groupe libéral récemment lancé, Momentum, ne récolte que 2,8%. Enfin, les écologistes (LMP, « politique autrement »), qui espéraient capitaliser les mécontentements contre les méthodes du pouvoir sortant, passent de 2,5% à 7%. En 2014, les partis de « centre gauche » qui s’étaient coalisés avaient obtenu 25,5% des suffrages.

Jusqu’au dernier moment, les forces anti-Orban à l’intérieur et à l’extérieur du pays avaient espéré qu’une stratégie de désistement réciproque des candidats d’opposition en faveur du mieux placé d’entre eux permettrait de créer la surprise et d’ébranler la majorité sortante. C’était du reste ce qui s’était passé lors d’une élection municipale partielle en février, où l’alliance implicite des partis de gauche… et du Jobbik avait permis de battre le candidat proche du chef du gouvernement.

Mais la « gauche » continue à souffrir de l’immense discrédit consécutif à la période où elle fut au pouvoir, entre 2002 et 2010. Elle appliqua une très drastique (et très cynique) politique d’austérité. En 2010, Viktor Orban inversa la vapeur : la Hongrie fut alors le seul pays à ne pas mettre en œuvre les coupes budgétaires préconisées par l’Union européenne.

Il prit en revanche des mesures immédiatement qualifiées de « nationalistes » et de « populistes » : forte taxation des banques et de grandes sociétés étrangères, étatisation des fonds de pension, et certaines nationalisations. Cette politique lui a permis de mettre en avant des statistiques plutôt flatteuses : un chômage officiel réduit à 3,8% ces derniers mois, une croissance de 4% en 2017 (et 4,3% attendus en 2018) – des chiffres à faire pâlir d’envie les pays de la zone euro.

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Si ces mesures ont limité la libéralisation galopante, elles se sont accompagnées d’autres telles que la réduction de l’impôt sur le revenu avec un taux forfaitaire de 15%, ou bien une forte baisse de l’impôt sur les sociétés (désormais le plus faible d’Europe, à 9%). L’économie reste très dépendante de ses exportations (notamment vers l’Allemagne) grâce à une main d’œuvre maintenue à bas salaire. Dans ces conditions, la pauvreté touche toujours une partie de la population. De même, le service public de santé est généralement décrit comme délabré. Enfin, les adversaires de M. Orban ont largement dénoncé le « capitalisme de copains » au sein duquel le népotisme qui règne autour du premier cercle du pouvoir est patent.

La question des migrants

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Mais ce n’est pas sur ces terrains que le FIDESZ a essentiellement mené campagne. Il a mobilisé ses électeurs sur une question qu’il a mise au centre du débat politique : les migrants. C’est ce que ne supporte pas Bruxelles, qui dénonce les campagnes anti-réfugiés promues par Budapest alors même que très peu d’étrangers sont effectivement présents en Hongrie. Cependant, ce pays d’à peine 10 millions d’habitants avait été traversé par des centaines de milliers de réfugiés à l’automne 2015, lorsqu’Angela Merkel ouvrit en grand les portes à ces derniers, répondant ainsi notamment aux vœux du grand patronat européen, avant d’en mesurer les conséquences politiques.

M. Orban a rapidement compris l’intérêt de se poser en chantre de la protection des frontières de l’UE et du rejet des quotas de migrants que chaque Etat membre devrait accepter, selon une décision du Conseil européen de septembre 2015. Depuis, il n’a pas lâché ce thème, et il a fait école, en particulier au sein des pays du groupe de Visegrad (Pologne, Tchéquie, Slovaquie).

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Et il est vrai que sur ce thème, le discours du FIDESZ n’a pas fait campagne dans la nuance, agitant la menace d’invasion et de submersion du pays par une culture étrangère à celui-ci. Il a également pris pour cible le milliardaire américain (né en Hongrie) George Soros. Il est vrai que celui-ci, connu pour son soutien aux « révolutions de couleur », est engagé dans une rhétorique de « société ouverte » accordant une large place au multiculturalisme. Son financement des ONG anti-gouvernementales est bien réel en Hongrie, comme il le fut jadis en Ukraine ou en Serbie.

Tout laisse donc à penser que M. Orban poursuivra sur sa lancée lors de son troisième mandat consécutif. A Bruxelles, les griefs s’étaient déjà accumulés : outre les mesures économiques « anti-concurrentielles » précédemment évoquées, le gouvernement hongrois est accusé de mettre la main sur les médias, de museler les ONG, d’attenter à l’indépendance de la justice. Mais là où des accusations analogues ont abouti à des procédures de l’UE contre la Pologne, Viktor Orban a eu l’habileté de faire des compromis de façade.

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Surtout, il profite du fait que le FIDESZ est membre du Parti populaire européen (PPE, qui regroupe les partis de droite traditionnels de l’UE) ; or les partis frères ne sont guère partants pour exclure ce membre turbulent, a fortiori dans un contexte de « montée du populisme » un peu partout.

Le casse-tête n’en est que plus insoluble. Car si M. Orban avait été considéré par ses pairs, lors de son premier mandat (de 1998 à 2002) comme l’élève idéal issu de la lutte anti-communiste de son pays et s’alignant sur l’Europe libérale, il est désormais devenu le cancre de celle-ci : non seulement il s’était déclaré en 2010 partisan d’une Europe « illibérale », mais érige désormais son pays comme le modèle que devrait adopter une UE « fidèle à ses valeurs chrétiennes et à ses origines »… Accessoirement, il fait preuve d’une « complaisance coupable » vis-à-vis de la Russie (sauf dans le dernier épisode de sanctions).

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A l’issue du scrutin du 8 avril, il représente donc une triple menace pour l’UE. Certes, il ne propose en aucune manière de quitter celle-ci (en tout cas dans les circonstances actuelles). Mais, renforcé sur la scène intérieure, il ne va pas manquer d’amplifier sa ligne hétérodoxe ; il fait en outre la démonstration qu’une campagne anti-migrants est un excellent atout pour gagner des élections (un mois plutôt, les élections italiennes constituaient à cet égard un exemple parlant) ; sa victoire contribue enfin à la cristallisation d’une fronde anti-Bruxelles qui ne se limite plus au groupe de Visegrad.

Les élections tchèques de cet hiver ont délivré un message comparable ; l’Autriche mène désormais une politique convergente avec la Hongrie sur les questions migratoires ; les électeurs italiens viennent de se manifester dans le même sens ; en septembre 2017, la percée de l’AfD en Allemagne, sur fond de déroute de la grande coalition (finalement rafistolée en catastrophe), avait ouvert la voie.

Il y a un an, les dirigeants de l’UE avaient voulu faire croire à un « printemps européen » symbolisé par la victoire d’Emmanuel Macron. Le problème avec la méthode Coué, c’est qu’elle réserve bien souvent de très cruelles déconfitures.

https://ruptures-presse.fr/actu/hongrie-elections-orban-ue/

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samedi 7 avril 2018

Après la marche blanche pour Mireille Knoll, Jean-Luc Mélenchon allume le Crif, une "secte communautaire"

Le chef de file des Insoumis s'est lâché dans sa note de blog ce mercredi 4 avril : il y revient sur son départ forcé de la marche blanche contre l'antisémitisme, après les déclarations hostiles du président du Crif Francis Kalifat. Ce dernier est qualifié de "chef communautaire" par Jean-Luc Mélenchon, dans un texte particulièrement virulent.

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La vengeance est un plat qui se mange froid pour Jean-Luc Mélenchon. Le 27 mars dernier, à la veille de la marche blanche contre l'antisémitisme organisée en mémoire de Mireille Knoll - cette octogénaire juive assassinée - le président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif), Francis Kalifat, prévenait que "ni Jean Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN" ne seraient "les bienvenus" au rassemblement. Une manière de désigner le chef de file de la France insoumise (FI) comme une personnalité illégitime pour défendre les juifs contre la haine (contre l'avis même du fils de Mirelle Knoll) qui avait beaucoup choqué, et surtout eu des conséquences : le lendemain, Jean-Luc Mélenchon avait dû quitter de manière précipitée le cortège de ce qui devait être un rassemblement consensuel, chassé par les insultes et les menaces.

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Le soir de la marche blanche, le chef du groupe insoumis à l'Assemblée avait calmé le jeu, estimant qu'il ne fallait "pas confondre 40 énergumènes avec des milliers de braves gens que compte ce pays". C'était pour mieux exprimer sa colère quelques jours plus tard, dans une note de blog décapante qu'il publie ce mercredi 4 avril. Celle-ci est quasiment intégralement consacrée à la controverse entre le Crif et les Insoumis à l'occasion de la marche blanche. Jean-Luc Mélenchon se dit scandalisé que "l’unité de la communauté républicaine" y ait été "déchirée par un particularisme communautariste arrogant et sans pudeur". L'exfiltration forcée des Insoumis présents dans le cortège l'a beaucoup choqué : il s'en prend à la Ligue de défense juive (LDJ), groupuscule ultra-violent et fortement soupçonné d'être à l'origine des heurts, qualifiée de "milice braillarde". Mais Jean-Luc Mélenchon reproche aussi aux "officiels", à la police, au cabinet du ministère de l'Intérieur d'avoir "abandonnés [les Insoumis] à la vindicte de la milice du Crif".

"Chef communautaire", "groupuscule ethnique"...

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Pour Mélenchon, les événements sont bien plus qu'un simple "incident de manif" ; des "digues symboliques essentielles" ont été rompues. "Vous avez accepté que nous soyons mis dans le même sac que l’extrême droite, dénonce-t-il. Vous avez accepté que les écharpes tricolores soient expulsées sur ordre des communautaristes." Si Richard Ferrand, le chef du groupe LREM à l'Assemblée, est salué pour avoir quitté la marche, le président de l'Assemblée François de Rugy est vilipendé pour avoir "détourné le regard", et qualifié de "tout petit bonhomme voué au parjure et aux coups bas".

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Mais c'est surtout le Crif et son président Francis Kalifat qui en prennent pour leur grade. Ce dernier serait un "chef communautaire", et l'organisation qualifiée de "secte communautaire", voire même de "groupuscule ethnique (...) se réclamant des intérêts d'un Etat étranger" ! Les positions du Crif, très favorables au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, sont en effet vilipendées par Jean-Luc Mélenchon : il estime que Francis Kalifat a "proclamé devant le pays une singularité communautaire radicale" ainsi qu'une "allégeance de principe à un gouvernement étranger et à sa politique quelle qu'elle soit". L'Insoumis va jusqu'à avancer que "Kalifat et la LDJ ont fait plus pour l’antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites."

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En conclusion, Jean-Luc Mélenchon, qui avoue que "la blessure" que la polémique a ouverte en lui "ne cicatrisera pas de sitôt", se livre à une défense enflammée du modèle républicain. Réaffirmant "le soin particulier" qui doit protéger les citoyens français de confession juive contre les attaques dont ils font l'objet, il estime que "la République n’accepte pas que leur soit attribué une mise à part, même par ses propres chefs communautaires". Et réaffirme ses convictions : "L’universalisme a vaincu en France. La France n’est pas une collection d’indigènes."

Par Hadrien Mathoux

https://www.marianne.net/politique/apres-la-marche-blanche-pour-mireille-knoll-jean-luc-melenchon-allume-le-crif-une-secte?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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En savoir plus sur la LDJ, un article du DECODEX, insoupçonnable par principe du moindre parti pris... :

 

La LDJ est née en France sous l’appellation « Liberté démocratie et judaïsme ». Créée sous le statut d’association en octobre 2000, elle s'est dissoute d'elle-même dès 2003, sans jamais cesser ses activités, même sans existence légale.

Essentiellement présente en région parisienne, forte de quelques dizaines de membres tout au plus, auxquels se greffent des « irréguliers » au fil des événements, elle s’inspire directement de la Jewish Defense League, créée aux Etats-Unis en 1968 par le rabbin Meir Kahane, aujourd’hui classée par le FBI comme un groupe terroriste et interdite suite à des tentatives d’attentat à la bombe contre une mosquée.

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La LDJ française a été fondée par des anciens du Betar, autre mouvement d’autodéfense juive plus ancien, dont elle a peu ou prou pris la succession. Comme la JDL, la LDJ se définit comme « une organisation sioniste, affirmant que la seule protection du peuple juif contre l’arbitraire et la violence, est Israël, état juif souverain ». Elle se donne pour mission de « protéger les juifs de France contre la violence tant verbale que physique de leurs ennemis ». Elle milite aussi pour éduquer les jeunes juifs au retour en terre d’Israël. 

En 2011, la LDJ fait polémique en proposant à ses militants de partir en Israël aider à défendre les colonies.

(...)

Comme son homologue américaine, la LDJ assume le recours à la violence. Dans sa charte, elle explique « vouloir défendre le peuple juif contre toutes les formes modernes de haine antijuive, antisémitisme, judéophobie, antijudaïsme et antisionisme », etce en maintenant « une veille tant idéologique que sportive afin de pouvoir parer à toutes menaces physiques des ennemis du peuple juif ».

Pour ce faire, la Ligue revendique donner à ses membres « un entraînement physique régulier de techniques d’autodéfense [leur] permettant de pouvoir se défendre et d’aider, le cas échéant, tout membre de la communauté en difficulté ».

Les militants, de jeunes hommes pour l’essentiel, pratiquent notamment le krav maga, technique d’autodéfense de l’armée israélienne. La LDJ ne dispose pas d’une structure très claire ni de responsables très identifiés, mais fonctionne plutôt comme une « marque » qui rallie de jeunes juifs désireux d’en découdre.

Et à plusieurs reprises, ces derniers ont été mêlés à des violences. En 2002, une dizaine de jeunes hommes sont arrêtés, porteurs d’armes blanches et de battes de base-ball, en marge d’une manifestation du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) au cours de laquelle un commissaire de police est grièvement blessé.  Le 30 décembre 2003, des étudiants d’une association propalestinienne sont attaqués au sein même du tribunal administratif de Paris par des militants proches de ce mouvement.

L'autodissolution de la LDJ, en 2003, ne l’empêche pas de poursuivre son activité. En 2009, deux lycéens d'origine maghrébine du prestigieux établissement Janson-de-Sailly, dans le XVIe arrondissement de la capitale, sont roués de coups lorsqu’ils refusent des tracts de la LDJ. La même année, une librairie qui soutenait la cause palestinienne est saccagée par des militants proches de la ligue. En 2011, une vingtaine de militants attaquent un cinéma parisien qui projette un film sur les exactions israéliennes à Gaza. La LDJ s’en est également prise à Stéphane Hessel ou à l’écrivain Jacob Cohen.

(...)

Outre les violences physiques, la LDJ développe une activité militante sur Internet. Dès 2001, le site Cpiaj (comité pour une information authentiquement juive), qui déverse caricatures et pamphlets anti-Arabes, mais aussi contre certaines personnalités de confession juive qualifiées de « vermines » pour leurs positions, est fermé suite à une série de plaintes.

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Cet aspect de l’activité de la LDJ ne va faire que s’amplifier au fil du temps. Il suffit d’aller sur la page Facebook de l’organisation pour lire des posts et des commentaires truffés de fautes d'orthographe qui qualifient les musulmans de « rats », de « racaille maghrébine » et autres propos injurieux.

Si la France n’a pas interdit la LDJ, ce n’est pas le cas, on l’a vu, des Etats-Unis, où la Jewish Defense League (JDL) est classée comme organisation terroriste. La Ligue est également interdite en Israël, suite notamment au massacre du tombeau des Patriarches : en 1994, un extrémiste israélo-américain, Baruch Kappel Goldstein, ancien de la JDL, avait tué 29 Palestiniens et blessé 125 personnes avant d’être lui-même tué.

De nombreuses organisations antiracistes, comme le MRAP, mais également des associations juives françaises demandent maintenant la dissolution de la LDJ, par exemple l’Union juive française pour la paix.

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/07/23/au-fait-qu-est-ce-que-la-ligue-de-defense-juive_4461247_4355770.html

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lundi 26 mars 2018

La loi instaurant un « secret des affaires » passe en toute discrétion à l’Assemblée

La France s’apprête à transposer en catimini la directive européenne sur le secret des affaires, avec examen à l’Assemblée le 27 mars dans le cadre d’une procédure accélérée. Cette directive avait été adoptée il y a presque deux ans malgré les protestations de la société civile. Sous prétexte de lutter plus efficacement contre l’espionnage industriel, ce texte crée un droit général au secret pour les entreprises, qui leur permet potentiellement de traîner devant les tribunaux quiconque porterait à la connaissance du public une information sur leurs activités sur laquelle elles auraient préféré maintenir l’omerta.

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C’est donc une épée de Damoclès qui pèse désormais sur les lanceurs d’alerte, les salariés et leurs syndicats, les journalistes, les chercheurs et les associations de protection des consommateurs et de l’environnement. Dévoiler un montage d’optimisation fiscale, comme dans le cas récent du groupe Kering de François Pinault (7ème fortune de France), révéler des difficultés économiques qui pourraient provoquer des licenciements massifs, comme dans le cas de Conforama, ou enquêter sur l’utilisation de produits toxiques dangereux pour les salariés et les consommateurs, pourraient ainsi tomber sous le coup du « secret des affaires ».

Certaines exceptions ont certes été introduites dans la directive pour protéger la liberté d’expression et l’intérêt général. Mais les institutions européennes ont en revanche catégoriquement refusé de restreindre la portée de ce texte aux seules situations concurrentielles, autrement dit aux cas où un acteur économique chercherait effectivement à acquérir des informations commerciales sensibles pour son propre gain. Ce qui laisse la porte ouverte à tous les abus, alors même que certaines firmes, comme le groupe Bolloré ou Veolia, ont de plus en plus tendance à vouloir museler leurs critiques aux travers de « procédures bâillon » (lire notre article).

Après l’adoption d’une directive européenne, les États membres ont théoriquement deux ans pour la transposer dans leur droit national.

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La date fatidique tombe dans les premiers jours de juin 2018. En France, la loi de transposition doit être examinée par l’Assemblée nationale le 27 mars, dans le cadre d’une procédure accélérée et passablement étrange, à l’initiative des députés de La République en marche (LREM) [1]. « La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen, soulignent dans une lettre ouverte un collectif regroupant syndicalistes, journalistes, lanceurs d’alerte, associations, chercheurs et simples citoyens (parmi lesquels les journalistes de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales). Pourtant, le gouvernement et la majorité semblent avoir choisi, en catimini, de retenir une option remettant gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information. »

Insécurité juridique pour les défenseurs de l’intérêt général

Dans sa version actuelle, la proposition de transposition de la directive dans le droit français reste assez proche du texte européen. Elle ne propose pas de sanctions pénales allant jusqu’à la prison ferme, comme c’était le cas par exemple de la proposition initialement inscrite dans la loi... Macron, de 2015, lorsque l’actuel Président était ministre de l’Économie de François Hollande (lire notre article). Elle n’en comporte pas moins des reculs, notamment le fait d’obliger même ceux qui auraient involontairement violé un « secret d’affaires » à réparer le préjudice pour l’entreprise.

Surtout, loin de « clarifier le droit » sur la protection des secrets commerciaux comme le clament ses partisans, cette nouvelle loi sur le secret des affaires ne fait que créer de nouvelles contradictions entre les exigences de la liberté d’expression, du droit à l’information et de l’intérêt général d’une part, et celles du secret des affaires d’autre part. Contradictions qui devront être tranchées au cas par cas par les tribunaux. ONG, syndicats et journalistes craignent que les entreprises se tournent de plus en plus vers les tribunaux de commerce, qui leur sont bien plus favorables. Le jugement récemment rendu par le tribunal de commerce de Paris censurant un article du magazine de Challenges sur les difficultés économiques de l’enseigne Conforama (lire notre article), alors même que la directive sur le secret des affaires n’était pas encore transposée dans le droit français, augure d’un bien mauvais présage.

Le fruit d’un patient travail de lobbying

Le secret des affaires est à bien des égards une invention française. Des propositions de loi en ce sens, préparées par un petit milieu de spécialistes autoproclamés de « l’intelligence économique », ont été présentées à plusieurs reprises ces dernières années à l’Assemblée nationale ou au Sénat, sans succès. La dernière tentative date de 2015 et de la loi Macron, dans laquelle avaient été introduits subrepticement des articles sur le secret des affaires. Le locataire actuel de l’Élysée avait alors reculé devant la levée de boucliers. Les partisans du secret des affaires se sont alors tournés vers les institutions européennes.

Un travail d’enquête approfondi mené par l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory montre comment un petit groupe de multinationales essentiellement françaises et états-uniennes (Alstom, Michelin, Solvay, Safran, Nestlé, DuPont, GE et Intel...) ont orchestré l’élaboration de la directive en relation étroite avec la Commission européenne et des cabinets d’avocats d’affaires internationaux (lire notre article). Grâce aux jeux de pouvoir à Bruxelles, ils ont fini par obtenir gain de cause.

Une fois adopté à l’Assemblée, le texte passera ensuite devant le Sénat, qui risque fort de vouloir le durcir. Comme lors de l’examen de la loi Macron en 2015, et comme lors de l’adoption de la directive européenne en 2016, la mobilisation de la société civile sera nécessaire pour éviter le pire.

Olivier Petitjean

Notes

[1C’est habituellement toujours le gouvernement qui prépare les lois de transposition des directives européennes. Pour la première fois, cette transposition passe par une proposition de loi portée initialement par un groupe de députés La République en marche. Cette proposition de loi sera pourtant examinée à l’Assemblée dans le cadre d’une niche réservée aux projets de lois du gouvernement...

https://www.bastamag.net/La-loi-instaurant-un-secret-des-affaires-passe-en-toute-discretion-a-l

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"La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de la directive dans notre droit national, et peut préserver les libertés tout en respectant le droit européen",[Une version de "gauche" du "en même temps" macronien!]

"Dans sa version actuelle, la proposition de transposition de la directive dans le droit français reste assez proche du texte européen",..."Les partisans du secret des affaires se sont alors tournés vers les institutions européennes":

En gros, le secret des afaires est "à bien des égards" une initiative française, et le rôle des institutions européennes est secondaire: on reste pantois devant un tel aveuglement!

L'idée sous- jacente à mon avis est d'expliquer qu'un gouvernement "de gauche" saurait transposer humainement et dans un sens social les directives européennes...

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dimanche 25 mars 2018

Vaccins : un rapport parlementaire italien explosif

Au moment où la Commission à l’Environnement, la Santé publique et la Sécurité alimentaire du Parlement européen s’apprête à soumettre au vote une résolution sur « les réticences à la vaccination et la baisse du taux de vaccination en Europe », un pavé tombe dans la mare des certitudes vaccinolâtres.

ARG VACCINS ITALIE MILITAIRES

Ce pavé, c’est le rapport officiel d’une Commission d’enquête parlementaire italienne rendu public le 7 février 2018. L’objet du rapport : comprendre les raisons de milliers de décès et de maladies graves chez les personnels militaires italiens affectés à des missions à l’étranger. Les experts ont pris en compte tous les facteurs de risques auxquels ils ont été exposés, au premier rang desquels l’uranium appauvri présent dans les bombes et d’autres agents liés à l’armement. Mais ils ont également analysé d’autres facteurs de risque, notamment pour les soldats jamais partis en mission, et l’un d’entre eux retiendra en particulier notre attention en ce moment : les vaccins.

Après 18 années d’enquête pour déterminer les causes de milliers de décès, cette Commission parlementaire a identifié un risque significatif de développer des cancers et des maladies auto-immunes après l’administration de vaccins combinés et multi-doses, tels que recommandés dans le calendrier de prévention militaire (p. 156 du rapport). Rappelons ici que les vaccins pour les militaires sont identiques aux vaccins pour les enfants (pp. 156-157).

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Les résultats de l’examen de la Commission – dont les intérêts ne sont ni en faveur, ni opposés aux vaccins et qui ne peut être considérée comme « appartenant à des mouvements réticents à la vaccination », – sont un sérieux signal d’alarme dans le contexte actuel de l’extension des obligations vaccinales en Europe. Les éléments qui suivent devraient donc faire réfléchir à deux fois les autorités européennes :

La Commission n’a pas pu trouver une seule étude démontrant la sûreté des vaccins combinés (p. 154).

• La Commission a estimé que « la quantité cumulée des différents composants des vaccins dépasse les quantités autorisées pour les autorisations de mise sur le marché des vaccins monovalents » . Cela signifie que dans les vaccins combinés, la somme des adjuvants (par exemple, aluminium ou mercure), conservants et contaminants biologiques – virus, bactéries, mycoplasmes et mycobactéries, ainsi que l’ADN fœtal humain ou d’ADN animal, provenant des tissus organiques de culture pour la fabrication des vaccins – n’a pas été testée.

« Les vaccins qui ont un nombre important de composants en termes quantitatifs, mais aussi en variété des composants étrangers, déterminent un nombre plus élevé d’effets secondaires. » (p. 139)

Entre autres, la Commission s’inquiète de l’usage et de la sécurité des vaccins à base d’adjuvants aluminiques (p. 160) (type vaccins « polio » hexavalents recommandés aussi chez les enfants), des quantités élevées d’ADN humain et animal retrouvées dans certains vaccins (ROR) et de la présence de nanoparticules inflammatoires polluant tous les vaccins. (pp. 157, 159, 165)

Les recommandations de la Commission parlementaire pour l’immunisation incluent :

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L’utilisation de vaccins et de doses isolés plutôt que de vaccins combinés (p. 186)

Ne pas administrer plus de 5 vaccins (souches vaccinales différentes) lors d’une seule visite.

Une évaluation individuelle des risques avant la vaccination (pp. 126, 186) à partir des tests sanguins et des antécédents médicaux du patient. Ces tests ont pour objectif de déterminer les changements du système immunitaire et notamment son hyper-activation. La Commission a identifié 81 éléments à tester, en plus des composants actifs des vaccins (pp. 170). Les notices des vaccins recommandent d’ailleurs la vérification de l’état de santé de la personne à vacciner au moment de l’administration du vaccin (pp. 143, 148). Se basant sur ces notices, la Commission a énuméré une série de maladies qui contre-indiquent la vaccination. Le nombre cumulé des effets secondaires repris dans les notices examinées pour les militaires, s’élève à 240. (p. 174) (Précisons que la Commission a uniquement analysé les notices des fabricants, mais que le nombre des effets secondaires mentionné dans les rapports de suivi est nettement plus élevé.)

Un suivi à long terme de chaque vaccin individuel (1, p. 154).

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De ne pas revacciner pour une maladie pour laquelle l’immunité est déjà existante, comme pour les personnes ayant fait des maladies d’enfance.

Les recommandations de la Commission parlementaire pour une politique vaccinale plus sûre incluent :

Le développement de vaccins « purifiés » pour limiter l’accumulation de composants toxiques. (p. 155)

Des études permettant d’évaluer les effets et la sûreté de la vaccination à moyen et long termes. La plupart des vaccins ne sont évalués que sur une très brève période, quelques jours parfois ou semaines et généralement moins d’un mois. (pp. 155, 185)

De meilleures études sur les composants des vaccins, notamment les adjuvants et contaminants.

« Erreur en deçà des Alpes, vérité au-delà » ?

À la lecture de ce rapport, tout ce qu’il y a de plus officiel, plusieurs questions se posent :

Si un militaire court un risque avec plus de 5 vaccins, nos enfants sont-ils vraiment en sécurité avec 9, 11 ou 21 (par ex. hexavalent 8 souches + Prevenar 13) ?

Que dira notre ministre de la Santé Agnès Buzyn des conclusions de ce rapport, elle qui déclarait encore il y a peu : « Nous avons la certitude que ces vaccins sont inoffensifs » ?

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Les autorités européennes peuvent-elles en conscience ignorer les conclusions de ce rapport et s’engager résolument dans la fuite en avant que constitue la proposition de résolution du Parlement européen sur les réticences à la vaccination ?

En effet, l’Article 3 de la proposition de résolution du Parlement européen « souligne que les vaccins sont sûrs selon l’OMS, puisqu’un vaccin autorisé est rigoureusement testé lors de multiples essais cliniques, avant que son utilisation ne soit approuvée, et ensuite régulièrement réévalué après sa mise sur le marché » .

Nous vous reparlerons prochainement des avancées de ce projet européen, et comment vous pouvez vous mobiliser, mais sachez d’ores et déjà qu’une copie du rapport a été transmise au Parlement européen, et les quelques éléments qui précèdent aux députés européens. Ils ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas.

 

Références :

Rapport entier de la commission parlementaire italienne ici

Traduction en anglais validée par la cour de Gènes ici.

https://www.alternativesante.fr/vaccins/vaccins-un-rapport-parlementaire-italien-explosif

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dimanche 11 mars 2018

Suppression d’options, de postes, de classes, d’écoles : nécessité financière ou mutation imposée ?

Un article d’Anne Limoge, responsable nationale pour l’Éducation

ARG ANNE LIMOGE

Le candidat Macron avait annoncé la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires et 60 milliards d’économies sur le budget de l’État, ce qui avait révolté le Landerneau sans plus d’effet. En parallèle, étaient annoncés la volonté d’augmenter le budget de l’Éducation nationale, celle de ne pas supprimer de postes, de ne pas dépasser 12 élèves par classe de CP pour les écoles du réseau d’éducation prioritaire, de remettre en place un enseignement en langues anciennes, de renforcer l’enseignement de la musique, les devoirs maison, une réforme d’envergure du baccalauréat… toutes mesures nécessitant un investissement tant humain que financier important.

Leurrés par cette impression première, et bercés par les promesses de M. Blanquer, nous pouvions espérer que l’école au moins, à défaut d’aller mieux, serait au pire épargnée.

C’était oublier que ce nouveau ministre, bien que présenté par les médias comme un homme de l’art avant tout, n’en était pas moins passé déjà, de 2009 à 2012, par la case ministère, puisqu’il a été directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) aux côtés de Luc Chatel, sous Sarkozy, où il avait appliqué une politique de suppression de postes.

Il n’aura guère fallu attendre, même s’il en est peu fait étalage dans la presse, pour que s’amplifie, en plus des diminutions de moyens alloués aux lycées français de l’étranger annoncés l’année dernière, le mouvement déjà amorcé les années précédentes, de fermeture de classes, d’écoles, de collèges, de diminution des « dotations horaires globales » des établissements, ou de fermeture d’options (1).

La douche est froide pour beaucoup, qui ne savent que penser, là où tant d’autres passent tout simplement à côté du problème, persuadés que ce nouveau ministre, enfin, va appliquer une politique qui permettra de remettre à niveau notre système scolaire.

Mais c’est oublier aussi que depuis le protocole de Lisbonne (2) des 23 et 24 mars 2000 l’éducation, qui reste formellement au nombre des compétences des États, est soumise à la pression de la Commission par le biais de la « méthode ouverte de coordination ». Selon celle-ci la Commission met au point « des lignes directrices » incluant des objectifs, des priorités, des indicateurs, des échéances, etc. , qui finiront par s’imposer. On reconnaît là une approche analogue à la méthode des GOPE, qui ne sont que des recommandations, mais que les États ne peuvent ignorer très longtemps, sous peine de réprobation de leurs pairs, puis de sanctions financières! Bien entendu, il s’agit d’amener les États à mettre en œuvre une politique éducative qui s’inscrive dans la vision du monde de l’Union européenne : à la fois la marchandisation de chacun des aspects de la vie sociale, ici l’instruction publique, et l’assujettissement de tous les travailleurs aux desiderata des multinationales, renommé « employabilité ».

 

Pilotage par la contrainte budgétaire

Pour promouvoir ces objectifs, l’U.E. s’appuie aussi sur la contrainte budgétaire, qui s’exerce tant au niveau des communes qu’au niveau de l’État. En effet, les recommandations du conseil de la Commission européenne (3), « concernant le programme national de réforme de la France pour 2016 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France » sont claires : « […] La France affiche […] une dette publique élevée et croissante couplée à une compétitivité dégradée. Le risque de retombées négatives sur son économie et, compte tenu de la taille de celle-ci, sur l’Union économique et monétaire est particulièrement important […]. Le déficit devrait atteindre, à politiques constantes, 3,2% du PIB, […]. Le niveau des dépenses publiques en France est l’un des plus élevés de l’UE et ne cesse d’augmenter depuis 2010. La France a présenté un plan visant à réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros sur la période 2015-2017 à tous les niveaux de l’État, mais ce plan pourrait être insuffisant pour réduire significativement les dépenses publiques. »

Les recommandations des années suivantes sont toutes sur le même mode, en se montrant plus insistantes. Il y est demandé d’« assurer une correction durable du déficit excessif », d’« accentuer les efforts pour accroître les montant des économies, […] y compris en ce qui concerne les collectivités locales » ou, dans le cadre d’« importants efforts budgétaires pour 2018 », de « prendre en considération l’objectif d’une orientation budgétaire qui contribue aussi bien à conforter la reprise actuelle qu’à garantir la viabilité des finances publiques de la France. »

Le budget du ministère de l’Éducation nationale représente le premier budget de l’État, avec plus de 51 milliards, auquel il faut ajouter celui mis en œuvre par les collectivités locales. Ces deux acteurs sont donc sur la sellette.

→ Attaque du budget des collectivités locales

Les collectivités locales sont en charge de la gestion des locaux scolaires, écoles depuis 1886, collèges et lycées depuis les premières lois sur la décentralisation, de l’accueil, de la restauration, voire si besoin est de l’hébergement, du transport scolaire (4). Les communes sont chargées des écoles, les départements des collèges, et les régions des lycées. Il n’est pas étonnant que certaines collectivités, fragilisées par la baisse constante de la dotation de l’État, peut-être endettées ou anticipant la suppression de la taxe d’habitation, acceptent la suppression de postes et donc les fermetures de classe lors des modifications de la carte scolaire proposées par le Directeur académique, ici bras armé de l’État, sur prévision du nombre d’élèves (5). Ces suppressions peuvent conduire à la fermeture d’établissements, du fait des coûts importants par élève pour leur maintien, par exemple en zone rurale ou peu peuplée. Ces fermetures se multiplient actuellement, au détriment bien entendu des élèves, qui voient augmenter les temps de transport, comme la population générale, puisque ce mouvement contribue par ailleurs puissamment à la désertification rurale. On enregistre ainsi cette année par exemple une cinquantaine de cas de classes fermées dans la Sarthe, une cinquantaine dans les Vosges, une centaine en Seine-Maritime, etc. qui dans certains cas vont conduire à la suppression d’écoles.

Notons que si la suppression de postes d’enseignants du primaire relève de la compétence de l’État, et non de la collectivité locale qui ne peut donc s’y opposer, la mobilisation de la population et des acteurs locaux peut faire évoluer les situations, comme par exemple dans les Vosges où sur les 113 classes concernées au départ, seules 51 seront effectivement fermées. Les problèmes budgétaires des territoires concernés sont donc bien au cœur du problème.

 

 

→ Etat : Réduction des heures d’enseignement, et du coût de la masse salariale

Au niveau de l’État, avec plus de 860 000 enseignants, les coûts de personnel, enseignants ou non, sont une cible majeure des coupes budgétaires possibles. Mais la réduction brutale du nombre d’enseignants étant trop risquée, c’est à la fois par la modification de la carte scolaire pour l’enseignement maternel et primaire, par le mécanisme de la « Dotation horaire globale », la DHG, des établissements du secondaire (6) et par la pression sur la masse salariale que la contrainte budgétaire est mise en place.

La DHG est une enveloppe horaire donnée à chaque établissement scolaire du second degré par l’Inspection académique ou par le Rectorat, qui en déterminent le montant en fonction des effectifs prévus d’une année sur l’autre, des options ou des spécialités proposées et des diverses voies d’orientation. Chaque directeur d’établissement répartit ces heures en fonction des besoins pédagogiques spécifiques de son établissement.

Diminuer la DHG revient à devoir mettre moins d’enseignants devant autant d’élèves à qui l’on doit le même nombre d’heures… Pour résoudre ce casse-tête, il est souvent proposé devant l’incompressibilité des horaires de certaines matières, de supprimer des options ou, comme dans le cas des écoles rurales ci-dessus, de fermer des classes pour regrouper les élèves, les professeurs déjà en poste étant déplacés dans les établissements qui conservent l’enseignement de la matière visée. Si cette dotation diminue plus que le nombre d’élèves ne l’autoriserait, et l’on sait que l’évolution du remplissage des classes d’âge en France ne conduit pas à une diminution du nombre d’élève global, il finira par manquer des enseignants. On recrutera alors des contractuels.

Représentant 4% des enseignants en 2005, ces contractuels étaient 7,5% en 2013, selon les estimations syndicales, et occupent souvent des postes pérennes, sur lesquels des professeurs titulaires ne sont pas nommés, suite à un départ en retraite par exemple. Leur nombre augmentant, c’est la porte ouverte à un glissement du statut de fonctionnaire des enseignants, du choix de leur recrutement et de leur formation. Ce marché en cours de formation a déjà attiré une société américaine, Teach for all, qui, par l’intermédiaire de sa filiale française Teach for France (7), sélectionne et accompagne des étudiants pour qu’ils soient recrutés en tant que contractuels pendant deux ans… Nous sommes bien là à plein dans le double processus que dénonce l’UPR, de « marchandisation » d’un secteur central de la vie publique, l’instruction, et de délégitimation de l’État par amenuisement de son rôle.

L’autre volet de la cure d’amaigrissement porte sur la masse salariale. De nombreuses études, telles celles de l’OCDE ou Eurydice pour la Commission européenne, ont montré que le salaire d’un professeur, en France, est un des plus bas de l’Union européenne, juste au-dessus des salaires de l’Europe de l’Est, les plus mal lotis étant les professeurs des écoles, le salaire se rapprochant de la moyenne des pays de l’OCDE lorsqu’on étudie le cas des professeurs du secondaire. Dans un rapport de 2010, l’OCDE écrivait « Le salaire des enseignants a augmenté, en valeur réelle, dans la plupart des pays dont les données sont disponibles entre 1995 et 2009. La France et la Suisse font figure d’exception : le salaire des enseignants y a diminué en valeur réelle durant cette période ». Et dans « Regards sur l’éducation », 2016, « Les salaires des enseignants restent peu attractifs » – ce qui a un impact sur le niveau de recrutement.

Dans l’optique d’un arrêt de la dégradation de l’état de l’éducation, loin de réduire la masse salariale, il serait donc logique de revaloriser la carrière des enseignants, comme annoncé par le précédent gouvernement avec la réforme PPCR , Parcours professionnel, carrières et rémunérations, qui laissait penser à une revalorisation du salaire mensuel des professeurs. Il n’en est rien. En effet, avec cette réforme, le salaire augmente effectivement légèrement pour les professeurs des écoles, par exemple, mais la hausse couvre à peine le gel des indices qui avait eu lieu sur les années précédentes. D’autant qu’il faut intégrer l’effet de la hausse de la CSG, qui ne sera pas compensée intégralement, le mécanisme utilisé pour les salariés du privé n’étant pas appliqué pour les fonctionnaires. Par contre, en fonction des situations personnelles, cette réforme peut conduire à des salaires inférieurs sommés sur la totalité d’une carrière. La réforme PPCR ne coûtera donc quasiment rien à l’État car les agents autofinancent les nouvelles grilles par des carrières plus longues, un avancement ralenti et des promotions limitées… Qui plus est, ce PPCR, s’il est actuellement déjà appliqué pour ce qui est de son mode de fonctionnement qui supprime toute notion de valorisation du mérite professionnel, a vu son volet revalorisation des grilles indiciaires repoussée d’un an. Encore une économie de faite, dans une démarche annoncée à grands renforts de déclarations médiatiques démagogiques comme une amélioration conséquente…

Toutes ces économies de bouts de chandelles ne contribueront qu’à dégrader encore plus la qualité de l’enseignement que pourront donner des professeurs déjà peu considérés et dévalorisés, et mettre encore plus à mal l’égalité de traitement et de formation des enfants sur tout le territoire.

 

Objectifs « éducatifs » et « employabilité »

Le deuxième pôle sur lequel est mis l’accent, c’est l’adéquation de la formation de l’enfant au marché de l’emploi. (...)

Cette adéquation entre formation scolaire et emploi est réclamée depuis plus de trente ans par le patronat par le biais de rapports tels ceux de l’ « European Round Table of Industrialists », « Education et Compétence en Europe », (ERT ) (8) qui dans « Education et Compétence en Europe » (9) affirme que « Le développement technique et industriel des entreprises exige clairement une rénovation accélérée des systèmes d’enseignement et de leurs programmes » et que « l’éducation et la formation sont considérées comme des investissements stratégiques vitaux pour la réussite future de l’entreprise. » Or « l’entreprise n’a qu’une très faible influence sur les programmes enseignés » et les enseignants ont « une compréhension insuffisante de l’environnement économique, des affaires, et de la notion de profit.[…ils] ne comprennent pas les besoins de l’industrie. »

De nombreux textes suivront, que l’on peut consulter avec profit sur le site de l’ERT rubrique « skills and employment »…

Ces demandes sont, bien entendu, au cœur même du « projet européen ». Déjà lors du conseil européen de Lisbonne de 2000 (2), on trouvait dans les rapports un encouragement à ce que les jeunes ne poursuivent pas trop longtemps leurs études et que celles-ci soient surtout « utiles » pour trouver un emploi, augmentant « l’employabilité » de tous et le niveau de qualification requis par l’économie de la connaissance. Dans le cadre de la « stratégie européenne pour l’emploi », l’éducation doit se subordonner aux réformes structurelles du marché du travail, pour des raisons de compétitivité et d’emploi.

On retrouve l’écho du protocole de Lisbonne dans les recommandations de la Commission européenne de 2016 : « Le passage de l’école au monde du travail reste difficile, surtout pour les jeunes les moins qualifiés. […] La coopération insuffisante entre les différents acteurs de la formation professionnelle continue empêche toute répartition efficace des ressources »

« le Conseil […] RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2016-2017, à : renforcer les liens entre le secteur de l’éducation et le marché du travail […] »

Et en 2017 : « Les réformes de la gouvernance qui sont en cours sont essentielles pour faire coïncider les possibilités de formation avec les besoins économiques et les perspectives d’emploi. […] Mais l’offre d’enseignement et de formation professionnels initiaux qui est proposée, en particulier dans certains secteurs tertiaires et lorsque cet enseignement se déroule en milieu scolaire, n’est pas suffisamment liée aux possibilités d’emploi. »

L’abandon de l’objectif de transmettre une culture va bien dans cette direction… Et si supprimer des options artistiques (cinéma, arts plastiques, musique), sportives ou de langues étrangères permet de donner plus d’heures aux enseignements directement liés aux besoins du marché du travail sans augmenter, voire diminuer, le nombre d’enseignants, le deuxième effet de cette évolution, en plus de permettre des économies, est de limiter l’ouverture culturelle des futurs employés.

Il faut noter que ces suppressions étaient déjà préconisées dans le rapport Longuet (10) fin 2016 : « l’encadrement du secondaire en France est plus coûteux que dans les autres pays de l’OCDE car il y a une dispersion des classes et une diversité de l’offre», et sont également mises en avant par M. Mathiot, auteur du rapport précurseur à la réforme du baccalauréat envisagée par M. Blanquer. (11)

Il est bien clair que tout doit être fait pour que la formation des jeunes, qu’elle soit primaire, secondaire ou supérieure, leur permette de s’insérer sur le marché du travail. Dans l’état du système éducatif français aujourd’hui, cet objectif passe par une réflexion approfondie portant tant sur les pratiques enseignantes proprement dites, que sur la forme et la diversité de tous les modes de formation, de l’apprentissage au cursus uniquement scolaire, et sur leur articulation. Cette réflexion amènera probablement à des révisions douloureuses des pratiques antérieures.

Il ne faut pourtant pas dans cette réflexion oublier la mission essentielle confiée à notre système scolaire : former des citoyens capables d’exercer leurs droits et leurs devoirs en conscience, pour maintenir la démocratie et la faire évoluer, bref former un peuple capable d’exercer sa souveraineté.

Si, à la sortie de leur parcours scolaire, le premier souci de l’élève et de sa famille est de trouver un emploi, l’ouverture intellectuelle et la culture sont des briques essentielles à son développement, comme à sa capacité à s’adapter aux mutations professionnelles qu’il sera amené à effectuer. Bien souvent il ne trouvera ces briques culturelles, et ne pouvait les trouver, que dans le contexte scolaire. Si, dans le cas de certaines formations (CAP, BEP…), l’école peut fournir directement les connaissances nécessaires à l’entrée dans le monde du travail, il ne s’agit pas de toutes les formations, et ce n’est pas leur unique objectif.

Conclusion

Certes, une réforme en profondeur de l’Éducation nationale est nécessaire, on s’est trop acharné à la détruire depuis 40 ans pour ne pas devoir reconstruire. Mais, actuellement, nous continuons sur le chemin de la destruction, pour des raisons qui tiennent à la nature des motivations qui sous-tendent la démarche suivie. Ni la volonté de faire du système éducatif un marché rentable pour des firmes privées, ni celle de plier les contenus scolaires, au sens large, aux desiderata des entreprises, alors que ceux-ci sont souvent aussi mal justifiés que peu pérennes, ne sont à même de répondre par nature aux besoins réels de formation des acteurs de l’économie comme à ceux de la société. Les réformes nécessaires, ainsi que le fonctionnement global de notre système éducatif, nécessitent une revalorisation du statut social des enseignants, peut-être même en premier lieu, une redéfinition des cursus, des méthodes et des exigences à tous les niveaux et, in fine, des investissements financiers. Tous ces éléments ne peuvent être dosés et mis en œuvre de façon optimale sans une réflexion ouverte sur les besoins, les solutions possibles et les moyens à dégager. L’étranglement budgétaire mis en œuvre sous la houlette de la Commission européenne ne saurait en tenir lieu, pas plus que l’idéologie intrinsèque aux textes fondateurs de l’Union européenne n’est à même d’assurer l’acceptabilité des solutions que celle-ci met en avant.

Sources :

(1) Fermeture de classes et écoles, baisse de la dotation horaire globale (exemples)
Les fermetures ont lieu sur tout le territoire malgré la promesse de Macron de ne plus fermer de classes, au désavantage des communes rurales, et pour permettre de tenir la promesse de « 12 élèves par classe de CP et CE1 en classe REP » :
https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/fermeture-de-classes-la-fronde-des-ecoles-rurales-qui-s-estiment-sacrifiees_1983800.html
http://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/carte-scolaire-en-seine-maritime–l-heure-des-arbitrages-NC12238306?utm_source=lien_interne&utm_medium=equipe-numerique
Inscription de ces fermetures dans une évolution sur le long terme, il suffit de reprendre un article de 2011 sur les promesses de Sarkozy par rapport aux fermetures de classes :
http://archive.francesoir.fr/actualite/politique/pas-fermetures-classes%E2%80%A6-en-2012-112043.html
Aisne : https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/picardie/aisne/carte-scolaire-20162017-51-fermetures-classe-aisne-962531.html
Allier : https://www.lamontagne.fr/montlucon/education/2017/06/08/les-syndicats-redoutent-la-fermeture-decoles-en-2018_12434577.html
Ardèche : https://www.francebleu.fr/infos/education/ouvertures-fermetures-la-carte-scolaire-de-l-ardeche-pour-2018-2019-1517504907
Creuse : https://www.francebleu.fr/infos/education/carte-scolaire-11-fermetures-de-classe-a-la-rentree-2018-en-creuse-les-parents-en-colere-se-1517271500
Eure et Loire : https://www.lechorepublicain.fr/chartres/education/2018/01/22/une-semaine-d-actions-contre-les-fermetures-de-classe-ou-d-ecole-en-eure-et-loir_12709794.html
Lot : https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/30/2732009-suppression-postes-ecoles-actions-multiplient-tout-lot.html
Val de Marne : https://94.citoyens.com/2018/colere-enseignants-val-de-marne-contre-carte-scolaire-2018,25-01-2018.html
Vosges : https://www.vosgesmatin.fr/edition-de-la-plaine/2018/01/30/fermetures-d-ecoles-la-grande-hemorragie-dans-la-plaine
Baisse de la dotation horaire globale :
https://www.francebleu.fr/infos/education/a-dijon-les-enseignants-du-lycee-hyppolite-fontaine-manifestent-contre-la-suppression-d-heures-de-1517234992
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/02/09/97001-20180209FILWWW00270-paris-les-personnels-du-lycee-turgot-en-colere.php
(2) : Protocole de Lisbonne, Mars 2000
http://www.europarl.europa.eu/summits/lis1_fr.htm
(3) Recommandations 2016 de la commission pour la France :

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http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52016DC0330&from=EN
Recommandations 2017 de la commission pour la France :
https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/2017-european-semester-country-specific-recommendations-commission-recommendations_-_france-fr.pdf
(4) Rôle des collectivités locales dans la gestion des établissements scolaires :
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/role-des-collectivites-territoriales-matiere-deducation
(5) Réglementation pour la fermeture de classes enseignement primaire et maternel
https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/LOCActu/ArticleActualite&cid=1250269010582
(6) Dotation Horaire Globale (DHG) :
http://fcpe-dieppe.over-blog.com/pages/Dotation_Horaire_Globale_DHG-4351069.html
(7) Teach For France : http://www.teachforfrance.org/
(8) ERT : https://ert.eu/
(9) : Enseignement et compétences en Europe (notez bien les participants, première page…)
http://www.ert.eu/sites/ert/files/generated/files/document/education_and_european_competence_-_jan_1989.pdf
(10) Public Sénat : Rapport Longuet
https://www.publicsenat.fr/article/politique/suppression-d-options-temps-de-travail-les-propositions-du-rapport-longuet-sur-les
(11) :M. Blanquer la réforme du bac et les options :
http://www.europe1.fr/societe/baccalaureat-les-options-dans-le-viseur-du-gouvernement-3491498

Responsable nationale pour l’Éducation

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samedi 10 mars 2018

Emmanuel Macron veut lutter contre l’antisémitisme, « déshonneur de la France »

Lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France, qui a réuni mercredi soir 1 100 invités au Carrousel du Louvre, Emmanuel Macron a promis de mener le combat contre l’antisémitisme sur Internet.

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« Mon ami Donald Trump n’a pas aidé à la résolution du conflit » israélo-palestinien. Invité d’honneur du 33e dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), mercredi 8 mars au soir, Emmanuel Macron, a, souriant mais ferme, décliné l’invitation pressante de Francis Kalifat, président du Crif, à une reconnaissance par la France de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël.

« Ce que je souhaite faciliter, c’est de pouvoir trouver une solution construisant la paix et convenant aux deux parties sur le terrain », a ajouté le président de la République.

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Souhaitant « que les liens (de la France, NDLR) se renforcent avec Israël », il a également condamné les actions de boycott de l’État hébreu menées en France, assurant qu’elles seraient « poursuivies et sanctionnées ».

 

Emmanuel Macron a évoqué une « faute morale du déni »

Pour la première participation d’Emmanuel Macron comme chef de l’État à ce rendez-vous couru, réunissant 15 ministres, nombre de responsables politiques, associatifs, religieux, mais aussi 27 ambassadeurs, et des représentants du judaïsme mondial, le Crif avait choisi de réunir ses 1 100 invités au Carrousel du Louvre, clin d’œil au lieu du discours du président de la République au soir de son élection.

Très attendu sur la question de l’antisémitisme, Emmanuel Macron a évoqué une « faute morale du déni » à ce sujet. « Nous avons collectivement cru à tort que l’antisémitisme avait définitivement disparu dans notre pays », a-t-il reconnu, le qualifiant de « déshonneur de la France. » Le chef de l’État a annoncé que les forces de l’ordre « seront mieux formées pour recevoir les plaintes pour racisme et antisémitisme », et affirmé sa volonté de mener « cette année » au niveau européen « un combat permettant de légiférer pour contraindre les opérateurs à retirer dans les meilleurs délais » les contenus haineux d’Internet.

Pamphlets antisémites de Céline

Une mission sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur Internet sera ainsi confiée par le gouvernement à Gil Taïeb, vice-président du Crif, et à l’écrivain franco-algérien Karim Amellal. Le chef de l’État entend aussi « mener la guerre de prévention » contre l’antisémitisme à l’école. « La laïcité, c’est la possibilité de croire ou de ne pas croire, a-t-il explicité. Elle échoue à chaque fois que nous ne savons pas laisser sa place à chacun en le laissant croire. Je me battrai de toutes mes forces contre des endroits de la République où des enfants juifs doivent partir », a-t-il insisté.

Le projet de réédition des pamphlets antisémites de Céline a également nourri les discours du dîner du Crif, Francis Kalifat demandant à Antoine Gallimard de renoncer à cette idée. L’avocat Serge Klarsfeld, lauréat, avec son épouse Beate et son fils Arno, du prix du Crif 2018, s’est lui aussi prononcé fermement contre cette réédition.

Si Emmanuel Macron a laissé entendre qu’il désapprouvait le projet de l’éditeur, il s’est dit « heureux qu’il y ait dans notre pays des éditeurs qui se posent la question et décident de ne pas la purger. »

https://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/Emmanuel-Macron-veut-lutter-contre-lantisemitisme-deshonneur-de-la-France-2018-03-08-

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Alors que le CRIF assume ouvertement sa fonction de lobby au service d'un état étranger en s'alignant, de surcroît sur les positions d'extrême droite du gouvernement israélien,  il me semble regrettable que le Président de la République -outre sa présence contestable - n'ait pas jugé utile de rappeler le manque de respect par Israël du droit international. Par ailleurs, son soutien à la lutte contre les actions de boycot, en menaçant les militants de poursuites au mépris du droit démocratique le plus élémentaire, ne manquera pas de faire monter les tensions idéologiques, voire "communautaires", au lieu de les apaiser... Le rôle du chef de l'Etat est de rassembler les Français, pas de les diviser.  P.G.

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lundi 5 mars 2018

Italie : eurosceptiques et anti-immigration majoritaires, la coalition de Berlusconi en tête

Selon des résultats partiels, la coalition formée par Forza Italia, dominée en terme de voix par le parti anti-immigration la Ligue, arrive en tête (37%). Le parti antisystème Mouvement 5 étoiles est le premier du pays en terme de voix (32%).

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L'éditorialiste du quotidien de centre-droit a résumé en ces termes les premiers résultats des élections législatives italiennes du 4 mars : «Pour la première fois en Europe, les forces antisystème l'emportent.»

Le vent en poupe pour les eurosceptiques

Et pour cause, selon des résultats partiels portant sur 2/3 des bureaux de vote, le mouvement eurosceptique Mouvement 5 étoiles (M5S), emmené par Luigi di Maio, est le premier en terme de voix, avec un score de 32%. Fondé par l'humoriste Beppe Grillo en 2009, la formation, qui revendique la démocratie directe et refuse les coalitions, a connu un succès fulgurant. Elle se distingue notamment par des positions souverainistes et anti-immigration.

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Formellement pourtant, c'est la coalition formée par le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue et le petit parti Fratelli d'Italia (Frères d'Italie), qui remporte le scrutin avec 37% des voix.

Si l'ancien chef du gouvernement italien, âgé de 81 ans, avait tenté de donner des gages à Bruxelles malgré des positions fortement anti-migrants, c'est bien la Ligue (ex-Ligue du Nord) de Matteo Salvini, plus méfiant vis-à-vis de l'Union européenne mais tout aussi favorable à l'expulsion d'immigrés clandestins, qui dominerait la coalition en terme de voix. Eurosceptique et anti-immigration, Fratelli d'Italia tournerait lui autour des 3%.

Revers pour Renzi

Le Parti démocrate de Matteo Renzi (centre-gauche), l’ancien président du Conseil italien, déçoit en réalisant un score inférieur à 20%. Il s'agit de la moitié du score réalisé aux élections européennes de 2014.

La fin du décompte des voix devrait s'achever vers 8h, le 5 mars. Les résultats définitifs devraient être publiés plus tard dans la journée.

Un taux de participation en hausse 

Les Italiens étaient plus nombreux à aller voter en 2018 qu'en 2013. A 19h le 4 mars, le taux de participation était estimé à 58,42%, contre 46,8% aux précédentes élections de 2013, même si le vote s’était alors déroulé sur deux jours.

Interrogés par Ruptly, l'agence vidéo de RT, des électeurs romains ont livré leur sentiment sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées ces élections, les jugeant «compliquées», «incertaines» ou encore «honteuses».

Incertitude pour l'avenir

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L'absence de majorité pour la coalition de droite contraint les leaders politiques italiens à des calculs et des tractations, qui s'annoncent longs et complexes.

Une alliance du M5S et de la Ligue, est théoriquement la seule possible pour obtenir une majorité parlementaire, au vu des résultats partiels. Or, les dirigeants de ces deux formations ont jusqu'à présent catégoriquement rejeté cette éventualité.

Il appartiendra donc au président italien Sergio Mattarella de démêler l'écheveau de ces résultats, dans les semaines qui suivent, et de confier un «mandat exploratoire» à celui ou celle qui lui semblera en mesure d'obtenir une majorité devant le Parlement.

Mais ces consultations politiques officielles ne s'ouvriront pas avant la fin du mois au plus tôt, après l'élection des présidents des deux chambres, ouvrant une nouvelle période d'instabilité en Italie, qui pourrait déboucher à terme sur de nouvelles élections.

Lors des élections législatives du 4 mars, les Italiens étaient appelés à élire quelque 315 sénateurs et 630 députés, après la dissolution du Parlement prononcée le 28 décembre dernier, un peu plus d'un an après l'échec retentissant en décembre 2016 du référendum porté par l'alors président du Conseil, le pro-Union européenne (UE) Matteo Renzi.

https://francais.rt.com/international/48487-legislatives-italie-resultats

Voir aussi:

(...)

Inquiète, l'Union européenne active «en coulisses»

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Aussi, le retour de Silvio Berlusconi au premier plan paraît avoir, au-delà du chaos politique italien, une portée symbolique. Au moment de son départ en 2011, l'Italie, en pleine crise financière, échappait de peu au sort de la Grèce et du Portugal. Ce sauvetage s'est pourtant fait au prix d'une mise sous tutelle : la composition d'un gouvernement technique avait été confiée à Mario Monti, dont le profil était plus conforme aux attentes de Bruxelles : ex-commissaire européen, collaborateur de la banque Goldman Sachs et ex-président de la Commission trilatérale, think tank euro-atlantiste... C'est à cette période qu'a également commencé, en parallèle, la montée en puissance du Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo, assumant des positions résolument anti-européennes et anti-immigration.

Une poussée populiste qui n'est pas sans soulever des craintes. S'appuyant sur des «sources européenne», l'AFP rapporte ainsi que «certains œuvrent en coulisse» afin de favoriser une future alliance entre Silvio Berlusconi et Matteo Renzi, sur le modèle de la «grande coalition» allemande – la plus à même de mettre en place une politique conforme à la ligne politique de Bruxelles. Toujours selon l'agence de presse, les membres les plus influents de sa famille politique au Parlement européen, le Parti Populaire Européen (PPE), s'occuperaient de «traiter» le cas Silvio Berlusconi, dont la figure trop clivante pourrait compromettre les possibilités d'alliance avec le PD.

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A cette activité de lobbying s'ajoutent les déclarations du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. «Nous devons nous préparer au pire scénario qui pourrait être de ne pas avoir de gouvernement opérationnel en Italie», a-t-il lancé, alarmiste, le 22 février 2018, soulignant que ce même 4 mars, en Allemagne, l'accord de coalition arraché de haute lutte par Angela Merkel serait soumis au vote des militants du SPD, le parti social-démocrate allemand. «Si l'on combine toutes ces incertitudes, le SPD, les élections italiennes, les gouvernements minoritaires ici et là, nous pourrions avoir une réaction forte des marchés financiers dans la seconde semaine de mars», a encore prophétisé Jean-Claude Juncker.

Avec un système bancaire sous perfusion, à la merci d'une envolée des taux d'intérêt de sa dette souveraine, l'Italie, troisième puissance économique de la zone euro, va-t-elle à l'instar de l'Allemagne plonger à son tour dans une crise politique ?

https://francais.rt.com/international/48473-legislatives-italie-elections-tous-dangers-bruxelles

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dimanche 4 mars 2018

JO 2024 : le CIO impose 5 « dérogations » à la loi française

Les Jeux de Paris devront se plier aux conditions des comités internationaux et de leurs sponsors. Le gouvernement prépare donc une loi « olympique » qui crée une justice d’exception.

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C’est une condition sine qua non de l’organisation des JO. « Les autorités publiques et le Comité national olympique (CNO) doivent garantir que les Jeux olympiques seront organisés à la satisfaction du CIO et aux conditions exigées par celui-ci. » C’est écrit tel quel dans l’article 33 de la Charte olympique que signent les États auxquels sont attribués les Jeux. Les villes hôtes doivent donc se plier aux exigences du Comité international olympique (CIO) et Comité international paralympique (CIP), exigences issues des accords passés avec leurs sponsors.

Mais que se passe-t-il lorsque ces exigences sont contraires au droit français ? C’est simple : on arrange la loi. Pour cela, un texte complexe et technique suffit. Le projet de loi relatif à l’organisation de Jeux olympiques et paralympiques de 2024, adopté en commission mixte paritaire, a déjà bien entamé son parcours législatif. Cette « loi d’exception » permet certaines dérogations au droit français.

Pas d’impôts pour les sponsors

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L’article 11 du projet de loi, qui n’a pas été modifié lors de la discussion entre sénateurs et députés, précise le régime d’occupation du domaine public. Il oblige les villes à céder gratuitement les titres d’occupation de l’espace public au Comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo), au détriment du code général de la propriété des personnes publiques. Les partenaires commerciaux du Cojo peuvent occuper gratuitement l’espace public, sans verser une redevance aux autorités municipales. Cette mesure rappelle l’exonération fiscale, votée en 2014 en vue de l’Euro de 2016. Le texte dispense « les organismes chargés de l’organisation en France d’une compétition sportive internationale » de payer des impôts, à l’exception de la TVA, pour les opérations commerciales liées à la compétition. Cette exonération concerne « les compétitions pour lesquelles la décision d’attribution à la France est intervenue avant le 31 décembre 2017 ». Les Jeux de Paris 2024 sont donc concernés. Un sacré manque à gagner pour les villes alors que l’on vante les retombées économiques des JO.

Privatisation des mots et symboles

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Pour les JO, le code du sport sera lui aussi modifié. Le projet de loi affirme que le Comité international olympique (CIO) et le Comité international paralympique (CIP) sont propriétaires des emblèmes, hymnes, logo, slogans et mascottes de ces jeux. Les sponsors non officiels se voient donc interdire l’utilisation de ces signes à des fins commerciales. Pour exemple, à Londres, en 2007, un boucher avait reproduit les anneaux olympiens avec des saucisses pour saluer l’attribution de sa ville pour les JO de 2012. Il a été prié de retirer son œuvre. Les mots tels que « olympiens », « olympique », « Jeux olympiques » ou encore « Paris 2024 » sont aussi la propriété du CIO et CIP.

Non-respect du code de l’urbanisme

Puisqu’il faut tenir les échéances des Jeux olympiques, à quoi bon s’embarrasser des procédures législatives concernant les constructions, notamment celles du village olympique à Saint-Denis et le centre qui accueillera la presse au Bourget. Le titre II du projet fait mention de nombreuses dérogations. Dans l’article 7, on apprend par exemple que « les constructions, installations et aménagements temporaires [sont] dispensées de toutes formalités au titre du code de l’urbanisme ». Pour ce qui est des installations permanentes ayant un impact sur l’environnement, elles sont, elles, dispensées d’enquêtes publiques. S’il y aura effectivement enquête, elle sera fondée sur une consultation par voie électronique des personnes touchées ou témoins. Une enquête allégée donc pour éviter de prendre du retard dans les constructions. « Ce n’est pas une absence de garantie : on ne va pas construire de manière sauvage, mais ce n’est pas une enquête complète, souligne Brian Blactot, collaborateur parlementaire de Marie-George Buffet (PCF). D’autant que cette façon de faire, assez rapide, arrange dans une certaines mesure les élus des villes concernées. » Dernier détail : l’article 9 précise que toutes les constructions futures prévues pour les JO bénéficient des mesures du code d’expropriation pour cause d’utilité publique « en vue de la prise de possession immédiate ».

La publicité hors-norme

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Pour faire plaisir aux sponsors et respecter leur partenariat avec le CIO et le CIP, quoi de plus normal que d’autoriser la publicité là où elle est interdite habituellement ? Lors de l’Euro 2016, la ville de Paris avait été condamnée pour des infractions au code de l’environnement et du patrimoine. Pour éviter cela en 2024, il suffira de rendre légal ce qui ne l’est pas. Les sponsors pourront alors s’afficher dans un périmètre de 500 mètres autour des sites prévus pour l’organisation et le déroulement des épreuves. L’article 3 précise les dérogations au code de l’environnement et autorise, durant les deux mois d’été 2024, la publicité sur les lieux où elle est proscrite. On peut donc s’attendre à voir fleurir des panneaux et affiches sur les arbres ou dans les parcs naturels, ou encore sur les immeubles « classés ou inscrits au titre de monuments historiques ».

Hors de la justice de droit commun

L’article 5 du projet de loi précise que les contrats signés entre la ville de Paris et les comités internationaux peuvent comporter des clauses compromissoires. En droit français, ces clauses rendent possible que, si litige il y a entre les deux parties du contrat, la décision soit prise par un tribunal arbitral et non par un juge. Pour cela, deux possibilités. Soit le jugement revient au tribunal arbitral du sport (situé en Suisse, siège du CIO) soit à un tribunal arbitral créé pour l’occasion. Cette mesure déroge au code 2060 du code civil qui précise que ce type de clause contractuelle ne peut avoir lieu si les contestations soulevées par le litige concernent les collectivités et les établissements publics, comme les villes de Paris ou de Saint-Denis. Ces tribunaux arbitraux, au centre de nombreux accords de libre-échange, donnent un aperçu de la justice néolibérale idéale dans une start-up nation.

La version finale du projet de loi sera examinée en séance publique le 14 mars à l’Assemblée nationale et le 15 mars au Sénat. L’institution avait déjà critiqué ces règles : en 2012, elle publiait un rapport examinant le bilan des Jeux de Londres. Un paragraphe intitulé « Les étranges règles économiques des Jeux olympiques » critiquait les règles « excessives » de protection des marques fixées par le CIO. « À titre d’exemple, dans tout le périmètre olympique (enceintes sportives, centres de presse), on ne pouvait retirer de l’argent ou même payer des consommations qu’avec une carte Visa, sans pouvoir utiliser de Mastercard ou d’American Express ! De même, afin de protéger le McDonald’s, aucun stand ne pouvait vendre des frites, à l’exception toutefois des Fish&Chips, mais uniquement accompagnées de poisson… » Une autre guerre des frites serait-elle à prévoir en France ?

Malika Butzbach Pour POLITIS relayé par Liliane Held Khawam

https://lesmoutonsenrages.fr/2018/02/27/jo-2024-le-cio-impose-5-derogations-a-la-loi-francaise-politis/

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Et on va tolérer ça ?
Donc coca cola va pouvoir régner en maître sur notre territoire, alors que les Français sont assaillis de normes, de lois à,respecter, etc !
Et ce scandaleux article qui autorise l'expropriation en mesure accélérée, par décret, de terrain non bâtis pour des travaux routiers !
Et tout cela pour des... des jeux !
Et surtout n'oublions pas que les dirigeants du CIO sont très très souvent des personnalités peu recommandables ! C'était le cas de Samaranch et c'est le cas du président actuel Thomas Bach, personnage qui mêle le sport et les affaires (il est d'ailleurs passé devant la commission d'éthique du CIO mais bien sûr il est toujours à son poste, le business est plus important !). S.R.

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jeudi 1 mars 2018

Barroso ferait du lobbying pour Goldman Sachs auprès de la Commission européenne

Des ONG dénoncent le lobbying mené par José Manuel Barroso, ancien chef de l’exécutif européen, pour le compte de la banque américaine Goldman Sachs. Elles invitent la Commission à réunir son comité d’éthique pour statuer sur son cas.

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Un collectif d’ONG, l'Alliance pour une réglementation de transparence et d'éthique en matière de lobbying (ALTER-EU) a dénoncé les activités de lobbyiste de José Manuel Barroso, l'ancien président de la Commission européenne, dans une lettre adressée au secrétaire général de l'organe, Alexander Italianer, et publiée le 20 février

Les organisations demandent à l'institution de réunir son comité d’éthique interne pour revoir les engagements pris vis-à-vis du Portugais et travailler sur la porosité entre les milieux financiers et Bruxelles.

Devenu président non exécutif du conseil d’administration de Goldman Sachs en juillet 2016, José Manuel Barroso avait juré qu'il ne ferait pas de lobbying… Pourtant, le 25 octobre 2017, il a été repéré en grande discussion avec le Finlandais Jyrki Katainen, actuel vice-président de la Commission dans un hôtel de luxe de Bruxelles, un entretien sollicité par le Portugais

Cette réunion, qui aurait dû rester secrète, avait immédiatement fuité sur internet. Aussitôt, le site Politico avait relayé l’information, obligeant Jyrki Katainen à inscrire après coup l’entrevue dans le registre de transparence de la Commission. Le collectif d’ONG, composé de membres de Greenpeace, des Amis de la Terre ou encore de SpinWatch, dénonce le mépris de José Manuel Barroso envers les engagements qu'il avait pris.

«Une de nos inquiétudes concerne le fait que Monsieur Barroso a été embauché pour son savoir-faire, ses contacts et son influence, qu’il a acquis à la tête de la Commission pendant dix ans. Il y a eu des craintes que sa position privilégiée serait utilisée par la banque d'investissement pour influencer les décisions de l'Union européenne, sachant que cette banque est un grand lobbyiste actif à Bruxelles», ont-ils écrit dans le courrier.

Ils fustigent aussi la Commission, qui n'aurait selon eux pas assez œuvré pour empêcher le lobbying et réclament au comité d'éthique une enquête approfondie, notamment via des interrogatoires. «Nous adressons une plainte formelle vis-à-vis de cette mauvaise administration», ont écrit les ONG. 

Le collectif estime en outre que l'attitude de José Manuel Barroso entre en contradiction avec l’article 245 de la Commission, qui exige des anciens commissaires «le devoir d’agir avec intégrité […] après la fin de leurs missions comme l’exige l’acceptation de certains contrats».

L’ancien président devait être considéré comme un lobbyiste

La prise de fonctions de José Manuel Barroso au sein de la banque Goldman Sachs avait scandalisé de nombreux fonctionnaires européens, personnalités politiques ou simples citoyens, dont 154 000 avaient signé une pétition exigeant des sanctions contre le Portugais. François Hollande, le 14 juillet, avait même qualifié l’embauche de Barroso de «moralement inacceptable».

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Pour apaiser le courroux généralisé de l'opinion, les employés de la Commission se sont vus obligés par leur hiérarchie de «considérer l’ancien président comme un lobbyiste». Cela signifie concrètement que tout rendez-vous avec lui doit être dûment enregistré et selon les usages, faire l’objet de diverses traces écrites.

Un comité d’éthique s'était déjà réuni sur demande de la Commission européenne deux mois après la prise de fonction du Portugais dans la banque américaine. Le collectif critique le manque d'investigation de ce comité, qui avait statué sur l’embauche en se fiant à trois courriers rédigés par l'ancien président. Il y avait informé son successeur Jean-Claude Juncker qu’il n’avait «pas été engagé pour faire du lobbying pour le compte de Goldman Sachs» et qu’il n’en avait «pas l’intention». Une simple déclaration de bonne foi qu'il semble donc ne pas avoir respectée, selon l'ONG.

Le «code de conduite» de la Commission ne pouvait formellement pas interdire son embauche par la banque américaine pour raison de conflits d’intérêt, car il n'est valable et contraignant que dans les 18 mois suivant la fin des fonctions.

https://francais.rt.com/international/48214-jose-manuel-barosso-fait-lobbying-goldman-sachs

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