dimanche 15 octobre 2017

Quand la liberté s’éteint en silence

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 3 octobre 2017, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. En faisant entrer dans le droit commun l’état d’urgence, une majorité de députés, socialistes compris, a ainsi choisi de sortir la France de l’État de droit.

 

ARG SECURITE LIBERTEUn État de droit est celui dont le droit protège n’importe lequel de ses résidents de l’arbitraire de l’État. C’est un État mis à l’abri de l’absolutisme administratif ou policier. C’est un État où l’État est subordonné à des règles de droit qui lui sont supérieures et qui s’imposent à son action. C’est un État dont les citoyens sont en sûreté parce qu’ils sont assurés de ne pas être livrés aux abus de pouvoir étatiques. C’est en somme un État où l’État ne fait pas la loi.

 

À cette aune, la France, depuis ce 3 octobre 2017, n’est plus un État de droit. Avec l’entrée dans le droit commun des principales dispositions dérogatoires aux droits fondamentaux et aux libertés essentielles qui caractérisaient l’état d’urgence, l’exception y est devenue la règle. Désormais, l’État, autrement dit ses préfets, son administration, sa police, pourra n’importe quand, n’importe où et contre n’importe qui, en prétextant du terrorisme, mettre en cause :

  • Notre liberté de circulation.
  • Notre liberté de culte.
  • Notre droit à l’inviolabilité du domicile.
  • Notre droit à l’égalité devant la loi.

 

…Et le faire sans avoir à s’en justifier ou à en répondre devant un juge indépendant, dont la décision pourrait l’entraver ou le sanctionner.

Avec ce vote écrasant, à l’Assemblée nationale, d’une majorité de la peur (415 voix contre 127), il y a désormais une loi des suspects en France. Sur de simples soupçons policiers qui, dans un véritable État de droit, seraient totalement insuffisants pour qu’ils se le permettent, l’administration étatique et son bras armé policier pourront dorénavant s’en prendre à un individu, l’immobiliser, l’entraver, le cibler, l’isoler, le mettre à part et à l’écart, bref le persécuter. Seuls juges du prétexte, le terrorisme, ils pourront, demain, après-demain, en étendre la notion, sans entraves aucune, au gré des émotions populaires et des idéologies dominantes.

 

La loi votée autorise en effet l’État, son administration, sa police, en dehors de tout contrôle judiciaire, à obliger un individu à « résider dans un périmètre déterminé », c’est-à-dire à ne plus pouvoir en bouger, à le frapper d’une « interdiction de paraître » dans un lieu précis, à soumettre son intimité domestique et familiale à des « visites domiciliaires », soit des perquisitions permettant des saisies, à étendre contrôles d’identité, fouilles de bagages et de véhicules à de vastes « périmètres de protection », à fermer un lieu de culte au seul motif des « idées et théories » qui y seraient diffusées, etc. Et ce n’est là qu’un résumé succinct d’une loi, la douzième loi sécuritaire en quinze ans, qui pousse jusqu’à son terme la corruption du droit par la police et de la preuve par le soupçon.

Aussi inconscients qu’égoïstes, aveugles aux autres et ignorants du passé, les apprentis sorciers qui ont ouvert cette boîte de Pandore liberticide se rassurent en se disant non concernés. Après tout, ne s’agit-il pas de combattre le terrorisme, ses crimes et ses réseaux ? C’est l’argument de l’urgence qui, prise pour l’essentiel, en vient toujours à perdre de vue l’urgence de l’essentiel – autrement dit des principes. C’est surtout l’argument aussi éculé que lâche de la fin qui justifie les moyens, au nom duquel, sous toute latitude, tout régime et toute époque, les libertés ont toujours été passées par pertes et profits.

 

« Je considère que je n’ai pas à avoir peur des moyens de lutte contre le terrorisme parce que je ne me sens pas terroriste. », a tôt déclaré le porte-parole du gouvernement, l’ex-socialiste Christophe Castaner, dont l’ancien parti (à cinq prudentes abstentions près) a soutenu sans réserve cette perdition qu’il avait lui-même initiée sous la présidence de François Hollande. Phrase terrible, qui résume ce sacrifice de l’idéal démocratique sur l’autel du terrorisme. Phrase aveugle, de gouvernants prêts à piétiner les libertés des autres pour tenter de justifier leur pouvoir.

 

« Nous cajolons la bête immonde. », avertissait l’avocat François Sureau, défenseur intransigeant des libertés fondamentales, dans un entretien récent à Mediapart. Sous l’état d’urgence prolongé mis en place par le gouvernement de Manuel Valls depuis la fin 2015, rappelait-il, « il y a eu 6 000 perquisitions administratives pour 41 mises en examen. Et sur les 41 mises en examen, 20 sont des mises en examen pour apologie du terrorisme, c’est-à-dire des crimes d’ordres intellectuels. Au cours de ces 6 000 perquisitions, vous avez parfois bousillé la vie des gens, vous êtes intervenu dans leurs libertés individuelles de manière brutale pour un résultat extrême faible ».

 

Et qui ne se souvient de l’utilisation de l’état d’urgence en 2015 et 2016 contre la société tout entière, d’abord les activistes écologiques lors de la COP21, puis les manifestants contre la loi El Khomri ? Qui oserait garantir que, sous ce pouvoir ou, après lui, sous un autre, ajoutant à l’obsession sécuritaire des obsessions idéologiques, autoritaires, identitaires, xénophobes, discriminatoires, etc., ce ne seront pas les militants de toutes les causes minoritaires, dissidentes et nouvelles, celles où s’inventent et se revendiquent des droits nouveaux, qui seront les victimes indistinctes de cet état d’urgence devenu permanent ? Qui pourrait jurer que, demain, ce ne seront pas eux les nouveaux « ennemis de la nation », terroristes en puissance ou terroristes en théorie, selon l’infernale logique des forces conservatrices et rétrogrades, décidées à faire la guerre à la société, à sa richesse et à sa diversité, à son autonomie et à ses luttes ?

Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles

Nous connaissons évidemment la réponse, tant les gouvernants et les élus qui, aujourd’hui, sacrifient nos libertés ne sont que de passage. Irresponsables, ils sacrifient la longue durée d’une démocratie vivante, par conséquent exigeante avec elle-même, au court terme de leur survie. « Si ce projet de loi est adopté et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France sera dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés. Un tel pouvoir n’aurait absolument rien à ajouter à ce texte. », Christine Lazerges.

 

L’Histoire nous l’a appris, et notamment celle des circonstances – la guerre d’Algérie, guerre coloniale et guerre civile – où est né, en 1955, cet état d’urgence aujourd’hui définitivement légalisé et banalisé : l’introduction de dispositions liberticides est une gangrène qui finit par contaminer tout le corps légal, institutions, administrations, gouvernements. Nous venons de le vivre, en à peine deux ans : tout comme hier l’état d’urgence de 1955 avait débouché sur les pouvoirs spéciaux de 1956, où se déshonora une République tortionnaire, aujourd’hui l’état d’urgence prolongé de 2015 accouche sous nos yeux sidérés d’une remise en cause sans précédent de l’État de droit.

Dans son plaidoyer Contre l’état d’urgence (Dalloz, 2016), le juriste Paul Cassia rappelait cette mise en garde lucide d’un membre du Conseil d’État, Roger Errera : « Dès qu’une atteinte aux libertés apparaît, elle fait tache d’huile, elle est progressivement appliquée au-delà des limites fixées au début, quelles que soient les promesses, les barrières et les hésitations, et à d’autres que ceux qui étaient initialement visés. Il arrive même qu’elle s’institutionnalise et que, fruit de l’urgence, elle devienne permanente. ».

 

C’était en 1975, il y a plus de quarante ans, et nous y sommes, hélas !

 

Qui plus est avec un État qui ne peut même plus compter sur la génération de ces hauts fonctionnaires à principes qui, ayant souvenir de Vichy ou de l’Algérie, savaient que la banalisation de l’état d’urgence était la brèche par laquelle le totalitarisme ou, du moins, ses pratiques niant les droits humains avaient fait leur chemin, sous couvert d’une administration ou d’un régime républicains. Dans son entretien à Mediapart, François Sureau soulignait ce terrible renoncement qui, depuis trois décennies, a progressivement gagné presque tout le spectre politique : « Les grandes voix du passé portaient un projet collectif de liberté, et pas seulement un projet individuel. »

Car comment ne pas interroger le silence pesant, abyssal, qui accompagne ce saut dans l’inconnu ? « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles » : attribué à l’écrivain suisse Max Frisch, ce constat n’a jamais été aussi pertinent. L’ensemble des défenseurs des droits humains, rassemblés dans ses locaux par la CNCDH, tout comme les experts qui en ont officiellement la charge aux Nations unies, se sont solennellement dressés contre cette dérive. Ces experts des droits de l’homme mandatés par l’ONU n’y ont pas été de main morte, estimant que « plusieurs dispositions du projet de loi menacent l’exercice des droits à la liberté et à la sécurité personnelle, le droit d’accès à la justice, et les libertés de circulation, d’assemblée pacifique et d’association, ainsi que d’expression, de religion ou de conviction. »

En vain, rien n’y a fait. Pas un écho, pas un regret, pas une nuance, pas une réserve, pas un recul. Pis, à l’Assemblée nationale, la majorité dévotement dévouée au président qui l’a fait élire s’est empressée de durcir les dispositions les plus controversées que le Sénat, dans sa vieille sagesse, avait tenté d’amoindrir. Cette prétendue société civile qui, surgie de nulle part, prétendait renouveler la politique, via la dynamique du mouvement En Marche ! Et de son dégagisme parlementaire revendiqué, se révèle sourde et aveugle à la société. Seule la gauche de la gauche – les députés communistes et insoumis reprenant le flambeau des six socialistes frondeurs (Pouria Amirshahi, Barbara Romagnan, Gérard Sebaoun) et écologistes isolés (Isabelle Attard, Sergio Coronado, Noël Mamère) qui, hier, avaient dit non à l’état d’urgence – aura sauvé l’honneur mais sans, pour autant, réussir à mobiliser la société.

Aussi ne pouvons-nous nous contenter d’accabler ceux qui ont commis cet attentat aux libertés. Nous devons aussi interpeller lindifférence, cette passivité massive, qui l’a permis. N’est-elle pas du même ordre que celle qui s’accommode de la détresse des migrants, réfugiés et autres exilés ? Cette indifférence, plus essentielle, à l’autre, au différent, au suspect, au musulman, bref au lointain, tandis que nous nous replions sur nous-mêmes ? Comme si nous n’étions pas concernés, sinon par le souci de nous protéger, coûte que coûte.

C’est ainsi que pas grand monde n’a sursauté en découvrant que cette loi dite antiterroriste entend faciliter, étendre, généraliser, bref banaliser encore plus les contrôles au faciès, cette discrimination quotidienne qui frappe la diversité de notre peuple, et notamment sa jeunesse. Même l’historien Patrick Weil, homme modéré par conviction autant que par métier, n’a pu réveiller l’opinion et les parlementaires en leur démontrant que « le projet de loi antiterroriste rappelait le code de l’indigénat » car, de fait, il destine son dispositif policier à la surveillance d’une population particulière, les Noirs et les Maghrébins, aggravant le champ des discriminations qui blessent l’égalité.

De grandes sagesses philosophiques nous ont pourtant enseigné, notamment après les catastrophes européennes du siècle passé, que le meilleur chemin vers le prochain, c’est le souci du lointain. Que :

 

Le souci de l’autre mène à soi-même.

 

Si je ne suis pas au rendez-vous des libertés des autres, je ne serai pas au rendez-vous des miennes.

 

Si je laisse mettre en cause des droits fondamentaux, au prétexte de prévenir une menace qui me serait étrangère, je découvrirai, un jour ou l’autre, que j’ai ainsi renoncé à mes propres droits.

 

 

Mediapart

Edwy Plenel

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samedi 14 octobre 2017

Vaccination obligatoire, les questions qui piquent

A l'heure où le gouvernement français s'apprête à voter une loi étendant l'obligation vaccinale à 11 vaccins, il n'est pas inutile de faire le point sur les faits, parfois méconnus du grand public, afin de pouvoir se forger une opinion en connaissance de cause.

ARG VACCINS ETUDE MANIF

 

Propos liminaire

On ne peut que déplorer que tant du côté des défenseurs de cette loi, que du côté des anti-vaccins, les positions sont raidies au point que plus personne ne prend la peine d'écouter les arguments d'en-face, et qu'on sombre régulièrement dans la caricature et l'invective d'un côté, dans l'anathème et la sophistique de l'autre.  Cet article a été ardu à réaliser, parce que le sujet est vaste, généralement très mal cadré (on répond à des questions qui ne devraient pas se poser), les sources sont plutôt difficiles d'accès, et la majorité des médias dominants a, comme de coutume, couvert ce dossier en prenant résolument fait et cause pour la position défendue par le gouvernement[1].

Au-delà de la dangerosité réelle ou supposée des sels d'aluminium utilisés comme adjuvant dans les vaccins, la première question à se poser est celle de l'utilité, ou plutôt, de l'impérieuse nécessité, en termes de santé publique, qui justifierait l'étendue de l'obligation vaccinale.

Dans la mesure où la campagne du gouvernement a été largement axée sur le cas particulier de la rougeole, et puisque nous disposons de statistiques détaillées, tant au niveau français qu'au niveau européen et mondial, c'est principalement sous l'angle de cette maladie que nous présenterons une réfutation des arguments, basée sur des sources fiables.

Ainsi, nous commencerons par la maladie (la rougeole), pour continuer par une analyse comparée de la couverture vaccinale, pour terminer sur le sujet tant controversé de la dangerosité (ou pas) des sels d'aluminium.

La rougeole - maladie infantile bénigne ou fléau redoutable ?

La réponse est double, et il convient de contextualiser pour mieux en comprendre les raisons.  Chez nous, en occident, il s'agit plutôt d'une maladie infantile bénigne, et c'est encore ainsi qu'on pouvait en lire la description dans Le Concours médical de 1976.

Aujourd'hui, les autorités sanitaires définissent comme une « une infection virale hautement contagieuse et potentiellement grave ».  Cette perception radicalement différente de la dangerosité de la maladie est probablement à attribuer au fait qu'il y a quarante ans, la médecine avait d'autres chats à fouetter, et quelques soucis plus urgents en matière de santé publique.  Il faut dire aussi qu'on revenait de loin : en 1906, les décès dus à la rougeole s'établissaient à près de 3.700 par an en France pour tomber naturellement à une vingtaine, en 1983, date de l'introduction de la première campagne de vaccination (ROR).  Soit une diminution de 9995% en 77 ans, grâce aux antibiotiques, aux mesures prophylactiques, et à l'amélioration des conditions de vie.

Vous aurez noté que « bénigne » ou « potentiellement grave » ne signifie rien, en soi.  On peut parfaitement mourir des suites de complications d'une maladie bénigne, et d'une manière générale, même respirer est une activité potentiellement dangereuse.  Il convient donc de quantifier cela au moyen des statistiques de mortalité, respectivement en Occident et dans le reste du monde.

Mortalité de la rougeole dans les pays industrialisés

ÂgeMortalité (/100.000)
< 1 43
5-9 10
20 > 85

Soit, à l'âge ou les enfants ont le plus de chances de l'attraper (5-9), une mortalité de 1/10.000[2].  Si ce n'est pas négligeable, ce n'est pas non plus la grippe espagnole (avec une mortalité tournant autour de 3%).  Il faut ajouter que les enfants de moins d'un an dont la mère a fait (complètement) la rougeole sont en principe protégés durant cette période par les anticorps transmis par celle-ci.

Dans les pays en voie de développement

En Afrique, mais aussi en Asie et plus généralement dans les pays pauvres, le taux de mortalité oscille entre 3% et 6%, ce qui en fait une des principales causes de mortalité infantile dans ces régions[2].

Donc invoquer sans cesse la rougeole comme « une des premières causes de mortalité infantile » est d'une mauvaise foi consommée, et on ajoute l'outrage à l'insulte.  Parce que si cette affection tue des quantités d'enfants, ce n'est pas en Europe, ni même en Occident, mais bien en Afrique et plus généralement dans tous les pays du tiers monde.  La raison en est simple, ce n'est pas la rougeole seule, qui tue, mais le manque d'accès aux soins, la malnutrition et une hygiène déplorable, qui se conjuguent pour favoriser des complications, trop souvent fatales.  Et qu'on le veuille ou non, c'est bien l'occident, qui meurt de trop bouffer, qui ne sait pas trouver les moyens nécessaires pour résoudre les problèmes les plus élémentaires dans ces pays, mais trouve bien, chaque fois qu'il le veut, les moyens d'aller y faire la guerre à grands frais pour y piller les matières premières à vil prix, laissant les populations exsangues, parfois sans même un accès à l'eau potable.  En d'autres termes, c'est la misère qui tue, bien plus que la maladie.

Prévalence de la maladie, en France, en 2017

On nous parle de « résurgence de la maladie »,  quand ce n'est pas carrément « d'épidémie ».  Qu'en est-il exactement ?

Cas de rougeole par mois - Déclarations obligatoires, France, Janvier 2008 – Août 2017

Dans ce graphique produit par l'INVS, les données spécifiques à la période 10/2011 jusqu'à 08/2017 ont été extraites et replacées spécifiquement dans un graphique situé en haut à droite, ce qui permet de recaler l'échantillonnage et de recalculer l'échelle verticale sur base du pic le plus important de l'échantillon (aux environs de mars 2015).  Il n'en reste pas moins que les valeurs les plus élevées n'excèdent pas 140 pour un mois donné sur cette période, et que la moyenne est nettement en dessous.  Ou comment transformer les Vosges en Himalaya par la magie des échelles et des échantillons bien choisis.  Après tout, qui regarde les légendes ?

Voyons un peu ce qu'en dit l'Agence de la Santé Publique France

Situation épidémiologique en France

En France, depuis l’épidémie de 2008-2012 au cours de laquelle près de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés dont 10 décès, le nombre de cas a diminué au cours des trois années suivantes, avec 260 à 360 cas déclarés chaque année. En 2016, seulement 79 cas de rougeole ont été déclarés témoignant d’une circulation moindre du virus de la rougeole, mais l’augmentation du nombre de cas depuis le début de 2017 fait craindre une recrudescence de la maladie au cours du printemps. La circulation du virus est active dans plusieurs départements et la Moselle est actuellement le plus affecté avec un foyer de plus de 50 cas. Au total, 2 cas d’encéphalite et 7 pneumopathies graves sont à déplorer depuis le début de l’année sur le territoire. Comme en Roumanie, 85 % des cas français sont observés chez des personnes non vaccinées, dont des enfants de moins d’un an (15 %) particulièrement à risque de complication, et qui, en raison de leur jeune âge, ne peuvent être protégés qu’indirectement par la vaccination de leur entourage.

Donc une à deux victimes par an, ce qu'on pourrait comparer à un autre problème de santé publique, les 50.000 morts annuels liés à l'alcool...

L'étrange épidémie (extrêmement) meurtrière de rougeole en Roumanie

Dans un article du Parisien, daté du 12 juillet 2017, on pouvait lire ceci :

La rougeole fait 35 morts en un an en Europe, l’OMS recommande la vaccination

Alors qu’en France le gouvernement souhaite rendre obligatoire huit vaccins supplémentaires, dont celui de la rougeole, l’Organisation mondiale de la Santé s’alarme de la recrudescence de cette maladie en Europe.

L’infection a fait 35 morts durant les douze derniers mois sur le continent, dont 31 en Roumanie. Le dernier décès déploré est celui d’un garçon de 6 ans, en Italie, où 3300 cas de rougeole ont été recensés et où un autre décès a été attribué à la maladie depuis juin 2016. Une personne est également morte en Allemagne et une autre au Portugal.

35 décès dus à la rougeole... dont 31 en Roumanie ?!

Vous avez bien lu, 35 morts au total, dont 31 pour la seule Roumanie.  C'est assez gênant, quand on sait que le vaccin RRO (rougeole - rubéole - oreillons) est obligatoire en Roumanie.  Ça ne veut pas dire que le vaccin ne serait pas efficace, mais peut-être, simplement que la couverture vaccinale serait insuffisante en dépit de l'obligation.  On ne peut s'empêcher de noter par ailleurs que la Roumanie est un des pays les plus pauvres d'Europe, et que certaines populations (Roms) ont peut-être encore un accès insuffisant au système de soins de santé. 

Quoiqu'il en soit, si l'on compare la Roumanie, où l'obligation vaccinale existe, avec le reste des pays européens dont la moitié n'ont aucune obligation vaccinale, pour un total de 4 morts sur la même période, on comprend que la couverture vaccinale effective est probablement moindre en Roumanie.  La population roumaine s'établit à 19,9 Mhab, et celle du reste de l'UE à 491,9 Mhab.  On a d'une part 31/19,9=1,56 décès/Mhab contre 4/491,9=0,08 décès/Mhab, soit une mortalité 191 fois supérieure en Roumanie comparée au reste de l'UE.

Invoquer la nécessité de l'obligation vaccinale pour atteindre un taux de 95% de vaccination qui serait de nature à éliminer le virus à l'état sauvage en Europe est ridicule tant que le virus reste endémique dans d'autres pays, y compris de l'UE.  Cela pourrait même provoquer à terme des épidémies bien plus mortelles chez des individus vaccinés et dont l'immunité tendrait à disparaître, les amenant à déclarer la maladie dans une tranche d'âge où les complications sont nettement plus fréquentes et létales (8,5 fois).

Extrait de « Vaccinations, les vérités indésirables » édité aux éditions Dangles

Par Michel Georget
Agrégé de Biologie, professeur honoraire des classes préparatoires aux grandes écoles biologiques

Persuadés qu'une dose d'un puissant vaccin atténué protégerait toute la vie, les Etats-Unis ont planifié une vaccination à grande échelle en 1965 et obtenu rapidement une chute spectaculaire des cas ; mais, vers la fin des années 1980, leur nombre a commencé à réaugmenter fortement avec une létalité plus élevée et un déplacement vers les très jeunes nourrissons et les adultes comme l'avait prédit le Pr Bastin 10 ans auparavant. Cela a conduit les responsables américains à recommander un rappel depuis 1989.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un phénomène identique s'observe actuellement en France et en Suisse, d'où la campagne actuelle pour inciter à faire un rappel à l'âge de 6 ans, en attendant peut-être un second rappel vers 15 ans.

Cette modification de l'épidémiologie de la rougeole n'est paradoxale qu'en apparence. Elle s'explique très bien par le fait que l'immunité vaccinale est moins durable que celle conférée par la maladie. L'évolution se fait alors en deux phases :

- Dans un premier temps, la vaccination confère une certaine immunité. Le virus sauvage continuant à circuler, les réinfections des sujets vaccinés jouent le rôle de rappel et renforcent cette immunité. Le groupe des sujets réceptifs diminue donc et le nombre des cas chute.

- Dans la période qui suit, la circulation du virus sauvage s'étant réduite en raison du moindre nombre de malades, les réinfections deviennent plus rares et le rappel qu'elles produisaient disparaît. L'immunité vaccinale s'évanouissant au fil des ans, il apparaît progressivement une population d'adultes non protégés, parmi lesquels des femmes qui ne transmettront plus d'anticorps au cours de leurs grossesses. Les nouveau-nés deviennent donc réceptifs au même titre que les adultes.

Étrange que les autorités sanitaires, pas plus que la presse, ne relaient ces simples réalités scientifiques ?  Qu'est-ce qu'on propose, dans ce cas ?  Encore plus de vaccins ?

Analyse comparative des couvertures vaccinales en Europe

Dans cette section, nous comparerons les différentes obligations vaccinales dans 27 pays de l'UE, plus l'Islande et la Norvège, étude compilée dans un document intitulé « Mandatory and recommended vaccination in the EU, Iceland and Norway : results of the VENICE 2010 survey on the ways of implementing national vaccination programmes » publié en mai 2012 par l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). 

Toutefois, le tableau ne se prêtant pas bien à des comparaisons, je l'ai remis en forme en transformant des abréviations en chiffres, en ne conservant que la qualification la plus élevée,  attribuant un code de couleur à chaque valeur, puis en triant le tableau dans l'ordre des pays ayant la plus importante couverture à la moins importante sur base des totaux (dernière ligne). 


A noter que les données prises en compte pour la France sont celles qui seront d'application au 1er janvier 2018.  Par contre, le tableau n'intègre pas la récente modification en termes d'obligation vaccinale en Italie.

Pour rappel, voici les 11 vaccins qui seront obligatoires en France dès le 1er janvier 2018 :

Diphtérie Coqueluche Rubéole Pneumocoque
Tétanos Rougeole Hépatite B Méningocoque C
Poliomyélite Oreillons Haemophilus influenzae (Hib)

Tableau de comparaison des politiques vaccinales dans l'UE, plus l'Islande et la Norvège

PointsAbréviationSignification
5 MA Obligatoire pour tous
4 MR Obligatoire pour les groupes à risque
3 RA Recommandé pour tous
2 RR Recommandé pour les groupes à risque
1 R Recommandé
0 A Absence de recommandation

Politique vaccinale comparée - partie 1

Partie 1/2LVFRPLSKCZBGSIHUGRROITBELUEEMT
Diphtérie 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 3 5
Hib 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Hépatite A 2 2 2 4 4 2 2 4 3 2 0 2 2 3 2
Hepatite B 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 4 3 3 3
Papillomavirus 5 1 1 1 1 1 1 0 1 1 1 1 1 1 0
Grippe 2 2 2 4 2 2 2 2 2 2 2 2 2 3 3
Méningocoque C 2 5 2 2 2 0 2 0 3 0 3 3 3 2 0
Pneumocoque 5 5 4 5 4 5 2 3 3 0 3 3 3 2 2
Rougeole - Oreillons - Rubéole 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Coqueluche 5 5 5 5 5 5 5 5 3 5 3 3 3 3 3
Poliomyélite 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 5
Rotavirus 5 0 3 0 0 3 3 0 0 0 0 3 3 2 0
Tétanos 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 5 3 3 3 5
Tuberculose 5 4 5 5 4 5 2 5 3 5 2 0 2 3 3
Varicelle 5 2 2 0 2 0 2 0 3 0 3 2 3 2 2
Totaux 66 56 56 56 54 53 51 49 47 45 43 40 40 39 39

Politique vaccinale comparée - partie 2

Partie 2/2ATIRCYDEESGBLTFINLDKPTISNOSE
Diphtérie 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Hib 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Hépatite A 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 0 2 0 0
Hepatite B 3 3 3 3 3 2 3 2 2 2 3 2 2 2
Papillomavirus 1 1 0 1 1 1 0 0 1 1 1 0 1 1
Grippe 2 2 2 2 2 2 2 3 2 2 2 2 2 2
Méningocoque C 3 3 3 3 3 3 2 0 3 2 3 3 0 0
Pneumocoque 3 3 3 3 3 3 2 3 3 3 2 2 3 3
Rougeole - Oreillons - Rubéole 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Coqueluche 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Poliomyélite 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Rotavirus 3 0 0 0 0 0 0 3 0 0 0 0 0 0
Tétanos 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Tuberculose 0 3 2 0 0 2 3 2 2 0 3 0 2 2
Varicelle 2 2 3 3 3 2 2 0 0 2 0 2 0 0
Totaux 37 37 36 35 35 35 34 33 33 32 32 31 28 28

Ci-dessous, sous forme graphique, le total des points additionnés pour chaque pays

Abréviations ISO des noms de pays

ISOPAYSISOPAYS
LV Lettonie AT Autriche
FR France IR Irlande
PL Pologne CY Chypre
SK Slovaquie DE Allemagne
CZ République Tchèque ES Espagne
BG Bulgarie GB Grande-Bretagne
SI Slovénie LT Lituanie
HU Hongrie FI Finlande
GR Grèce NL Pays-Bas
RO Roumanie DK Dannemark
IT Italie PT Portugal
BE Belgique IS Islande
LU Luxembourg NO Norvège
EE Estonie SE Suède
MT Malte    

Remarques

La France arrive(ra) deuxième, juste derrière la Lettonie en termes d'obligations (total), ex-aequo avec la Pologne et la Slovaquie.

16 pays, dont 14 de l'UE n'ont aucune obligation de vaccination (s'étendant à toute la population), soit la moitié de l'Union Européenne.

Aucune obligation vaccinale généralisée
Luxembourg Chypre Lituanie Portugal
Estonie Allemagne Finlande Islande
Autriche Espagne Pays-Bas Norvège
Irlande Royaume-Uni Dannemark Suède

Un seul pays n'a qu'une seule obligation vaccinale (s'étendant à toute la population), la Belgique, pour la polio.

Les pays ayant la plus large obligation vaccinale sont tous des pays baltes ou d'Europe de l'Est, à l'exception de la France, dès l'entrée en vigueur de la nouvelle loi.

ISOPAYSnVac
LV Lettonie 14
FR France 11
SK Slovaquie 11
BG Bulgarie 11
PL Pologne 10
HU Hongrie 10
CZ République Tchèque 9
SI Slovénie 9

Pour le dire autrement, aucun autre pays de l'Europe « historique » n'impose d'obligation vaccinale généralisée, à l'exception de la Belgique, et seulement pour la polio, depuis 1967.

Est-ce que cela veut dire que les Anglais, les Allemands ou les Espagnols ne sont pas vaccinés ?  Bien sûr que non !  La majorité des parents en Europe vaccinent leurs enfants sur base des recommandations des autorités après consultation avec leur médecin généraliste ou le pédiatre.  Et dans bien des cas, j'imagine que cela se limitera au fameux vaccin polio plus éventuellement le trivalent (Rougeole - Rubéole - Oreillons).

Sels d'aluminium comme adjuvant : vraiment inoffensifs ?

Le problème est que nous nous trouvons en face d'une question éminemment pointue à laquelle seuls pourraient répondre des toxicologues et des médecins, après y avoir consacré une étude scientifique sur un échantillon significatif, et publié les résultats ainsi que le protocole dans une revue scientifique à comité de lecture.  À partir du moment où les seules études disponibles traitent des effets secondaires, et sont issues des retours lors des essais cliniques, ou après la commercialisation des vaccins; et que d'autre part ces documents émanent des fabricants eux-mêmes, on peut raisonnablement douter de leur objectivité, même sans préjuger de leur bonne foi.

Le fait est que la tendance actuelle est à discréditer ou à pousser sous le tapis tous les travaux menés par des scientifiques qui n'iraient pas dans le sens souhaité.  Ainsi, Ce n'est pas la théorie qui est jugée, mais la crédibilité des scientifiques selon qu'ils défendront la thèse dominante, ou pas.

Heureusement, de temps à autre, il est des avis dont on ne peut pas faire comme s'ils n'existaient pas.  Ainsi en est-il des résultats de l'étude du Professeur Romain Gherardi, chef du service de pathologies neuromusculaires à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.  Selon cette étude, financée par l’Agence du médicament, la présence d’aluminium dans des vaccins pourrait, dans certains cas, entraîner un risque pour la santé.

De l'aluminium, il y en a partout, jusqu'à l'eau ou le dentifrice. Pourtant, nous nous portons bien...
Nous en mangeons même tous les jours ! Sauf que 99,7 % de cet aluminium ressort par voies basses et 80 % des 0,3 restants, soluble, est éliminé par les reins. C'est la grande différence avec le vaccin où, du fait de l'injection dans le muscle, il passe entièrement la barrière cutanée. Sous une forme d'agrégats insolubles, il est propulsé à l'intérieur de notre organisme où il s'installe.

Avec quelles conséquences ?
Nos études montrent qu'à trop rester dans les cellules, il peut provoquer un burn-out immunitaire, c'est-à-dire fatiguer notre système immunitaire, voire le dérégler. Nous faisons le lien entre la myofasciite à macrophages (une lésion musculaire, mais tous les chercheurs ne sont pas d'accord sur ses causes NDLR), et la multiplication du syndrome de fatigue chronique associée à des troubles cognitifs.

Le DT-polio en contient, des millions d'enfants sont vaccinés et il y a très peu de problèmes !
L'immense majorité ne présente en effet aucune atteinte clinique du système nerveux. Mais l'augmentation du nombre d'injections risque d'augmenter mécaniquement le nombre de problèmes. Notre étude pointe également qu'il y aurait une prédisposition génétique, d'où la nécessité de poursuivre nos recherches pour confirmer, comprendre et y remédier. (...)

Plus inquiétant, sans doute, le fait que les autorités n'ont montré aucun signe laissant penser que le sujet les intéressait alors même que le rapport dit qu'il faut approfondir les études. « En finançant l'essai, l'ANSM s'est donné bonne conscience et puis basta. »

Les vaccins qui contiennent des sels d'aluminium utilisés comme adjuvants

Vaccins contenant du sel d'aluminium
Diphtérie - Tétanos - Poliomyélite
Coqueluche
Hépatite B
Pneumocoques
Méningocoque C
Papillomavirus humain

Conclusion

Nul besoin d'être médecin soi-même pour comprendre que l'empressement du gouvernement à légiférer pour étendre l'obligation vaccinale ne trouve aucune justification dans une urgence sanitaire quelconque.   L'alcool, le cancer, et les maladies cardio-vasculaires font infiniment plus de dégâts que des maladies comme la rougeole, sans que cela n'émeuve plus que ça l'exécutif qui parle de réduire toujours plus les dépenses de soins de santé : le « coût » de la sécurité sociale.

Ainsi, je citerai le Prof. Gherardi : « Ce que les gens détestent c'est d'être contraints sans être convaincus. Si on leur disait 'ok, certains posent problème mais on va faire des recherches et trouver des solutions' ils seraient beaucoup moins méfiants. ».  Et j'ajouterais que si les gens n'ont pas été convaincus, c'est parce que le discours des autorités n'est pas convaincant !

Les drôles d'accointances de la Ministre de la santé

Les différentes missions rémunérées par l'industrie pharmaceutique de Mme Agnès Buzyn ne sont pas vraiment de nature à rassurer les plus sceptiques quant à la neutralité de son point de vue, pour dire le moins :

De 1998 à mars 2011, elle organise un congrès annuel sur la greffe de moelle, tâche rémunérée par le laboratoire pharmaceutique Genzyme10. De 2002 à 2006 elle dirige une équipe Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) travaillant sur l’immunologie des tumeurs à l’Institut Cochin. De 2005 à 2011, elle est également rémunérée pour intervenir dans des congrès concernant trois médicaments permettant de lutter contre la leucémie myéloïde chronique : le Glivec, le Tasigna (produits par Novartis) et le Sprycel (produit par Bristol-Myers Squibb)10. Elle entre au conseil consultatif (advisory board) de ce dernier médicament en 2007, et des deux autres en 2008, rôle qu'elle occupe jusqu'en mars 201110 tout en exerçant de nombreuses fonctions au sein d'organismes publics, ce que Le Canard enchaîné a qualifié de « léger conflit d'intérêt ».  Source : Wikipedia

Intégrité physique

La raison pour laquelle aucun pays européen « historique » n'avait légiféré pour imposer une obligation vaccinale (en dehors de la polio et de la diphtérie) est simple à comprendre.  Il s'agit à proprement parler d'une atteinte à l'inviolabilité, l'intégrité du corps humain.  Bien sûr, nous dira-t-on, la loi prévoit pareilles exceptions :

La jurisprudence des hautes cours européennes tolère les atteintes limitées au principe de l'intégrité physique commises dans un but de prévention prophylactique (vaccins), c'est à condition qu'elles soient :

  • 1. effectuées pour la protection de la vie,
  • 2. proportionnées à leur but (CEDH, 9.10.77 ; C. É., 26.11.1), (3)
  • 3. soumises à enquête officielle.

Source : Wikipedia

Mais il me semble que les conditions 2 et 3 restent largement à établir !


Post Scriptum

La nouvelle loi de couverture vaccinale ne peut pas être totalement disjointe de la crise des migrants qui sévit en Europe depuis 2011/2012.  Parce que si des maladies comme la tuberculose, la polio ou la diphtérie ont pratiquement disparu chez nous, elles restent parfois endémiques dans les pays d'origine des migrants.  Quand vous voulez vous rendre dans l'un de ces pays, vous devez impérativement être vacciné contre un certain nombre de pathologies spécifiques.  Mais quand ce sont les pathologies qui viennent à vous ? 

Source : wikipedia

Notes

[1] À l'exception notable du Parisien qui à plusieurs reprises, a présenté des points de vue plus équilibrés.

[2] INVS - Surveillance de la rougeole en France Bilan et évolution en vue de l’élimination de la maladie.  Page 8, 2.2.4 (Létalité).

Commentaires

Bonjour,

Bonjour,

Très bon article !

j'ai quelques petites remarques a faire :

- la mortalité de la grippe espagnol s'expliquerait par d'autre facteur que la "virulence" de cette grippe, voir http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/27/09/71/2012-2013/Juin-2013/Grippe_...

- il y a un amalgame entre "obligation vaccinale généralisée" et "étendu a toute la population" : c'est faux, les obligations portent sur la vaccination infantile. Aucun vaccin n'est obligatoire de manière généralisée pour les adultes. La nuance est importante car lorsqu'on regarde les couverture vaccinales adultes, on se rend compte qu'elles sont bien trouées (couverture vaccinale france diphtérie 34% polio 42% et tétanos 71% ... !). Cet amalgame est d'ailleurs très largement utilisé par les autorités de santé. Contre nous, citoyen.

Au plaisir.

Grippe

Merci pour votre gentil compliment,

Oui je sais pour la grippe, elle était terriblement atypique, on pense aujourd'hui que c'était la résultante du croisement de deux souches, de sorte qu'elle était infiniment plus létale, et bizarrement, seulement dans une tranche d'âge donnée.  Elle a tué nettement plus que la grande guerre, en fait.

L'amalgame n'existait pas dans mon esprit, en tout cas : pour moi on parle bien de la vaccination des enfants.

Le vaccin contre le Tétanos ne sert à rien et SURTOUT pas pour des mômes qui ne risquent pas d'être en contact avec le virus avant plusieurs années (contact avec les chevaux, etc.).

Chez nous en Belgique, lorsque quelqu'un se blesse avec une ferraille en contact avec la terre, on lui fait le vaccin (ou pas).  Et on n'a pas plus de cas qu'ailleurs.

L'idée de la "couverture vaccinale" de nature à éradiquer la maladie est une hérésie, parce qu'on a pas la plus petite intention d'offrir les vaccins gratuitement à l'humanité entière...

Du coup (réfugiés), on se retrouvera avec des malades qui débarqueront au sein de populations vaccinées (depuis longtemps), à l'immunité douteuse, et on se paiera des épidémies nettement plus létales qu'aujourd'hui, ne serait-ce que parce que ce seront principalement les adultes qui en feront les frais.

Re,

Re,

Ok pour ton esprit, c'est surement clair, mais pour les lecteurs on peut avoir l'impression que couverture vaccinale infantile = couverture vaccinale population entière. Ce n'est pas un reproche pour toi mais pour tout le monde, je vois très peu cette distinction...

Pour la grippe je t'invite a lire l'article de Nexus, ca viendrait plutot de l'aspirine le problème de la "grippe espagnole"...

Pour le tétanos, dans cette étude on apprends que la couverture vaccinale ADULTE aux USA CANADA et FR sont respectivement de 62% 42% et 71%. Pourtant il y a une plus grosse incidence en France (0.13/million) qu'au canada ou aux USA (0.1/million)

Ca fait ~125millions de non/mal vaccinés pour 43 cas de tétanos par an...

la source des couvertures vaccinales : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3840285/

les incidences :
- épidémiologie tétanos france : http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infecti...
- épidémiologie tétanos USA : https://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm6012a1.htm
- épidémiologie tétanos canada : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/immunisation/maladies-p...

Aspirine...

Okay, je vais jeter un coup d'oeil là-dessus demain, merci d'avoir attiré mon attention.

Pour nous, en Belgique, il est évident que 'vaccination obligatoire' concerne bien nos grumeaux, les rejetons, je n'avais jamais pensé que cela pourrait prêter à confusion.

Pour le tétanos : c'est une farce.  Aucun intérêt de vacciner la "population", seulement au cas par cas, et en cas de "rencontre" avec le virus (possible).

Le dernier cas était, si je me souviens, une paysanne piquée par le bec d'une poule...  Pauvre femme.

Merci pour cet article très

Merci pour cet article très complet, qui couvre l'ensemble de la question. J'ajouterais simplement que les pays où la vaccination est devenue obligatoire ont souvent observé l'effet inverse en termes de couverture. Une obligation crée la suspicion et donc pousse les gens à trouver des moyens de ne pas être vaccinés. Cela crée une sorte d"industrie" médicale anti-vaccination et au final, l'effet est totalement contre-productif...

Cordialement,
Vincent

Merci !

Merci à vous pour ce gentil compliment.  Vous savez, l'appréciation (exprimée) des lecteurs est notre seule récompense. 

De telles dérives sont à craindre, en effet.  Vous savez je ne suis pas contre les vaccins, quoique pour des "machins" aussi ridicules que la rougeole, ça n'ait que peu de sens...

Ce qui pose problème ici, c'est l'absence de motiviation, d'impérieuse nécessité en termes de santé publique, conjuguée à la dangerosité des sels d'alu dont personne n'a prouvé à ce jour, qu'ils soient inoffensifs pour le système immunitaire.


https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/vaccination-obligatoire-questions-qui-piquent_1345183883

Posté par ddupr à 09:19 - - Permalien [#]
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vendredi 13 octobre 2017

De la servitude volontaire: facebook

J’ai vu récemment que Frédéric Beigbeder se plaignait de ce que Facebook avait censuré une photo qu’il avait postée sous le prétexte qu’on y voyait un téton de Mireille Darc. Je crois me souvenir qu’en son temps, un autre phare de la pensée occidentale, à savoir Yann Moix, s’était plaint de la suspension de son compte, ce qui l’empêchait de partager ses idées et de dialoguer avec le monde. Ici et là j’ai pu lire des réactions indignées sur Twitter de gens probablement sincères mais d’une désarmante naïveté.

ARG FACEBOOKVoyez-vous, Facebook n’est pas un service public et ne vous fait rien payer. Ce que fait l’ami Zuckerberg, c’est de mettre à la disposition de qui le souhaite sa plateforme pour y étaler ses états d’âmes.  Facebook ne doit strictement rien à ses utilisateurs, sinon l’assurance que le service fonctionne correctement du point de vue technique, et encore. Les utilisateurs ont tendance à l’oublier, mais lorsqu’ils acceptent les conditions d’utilisation de FB, ils cèdent leurs données (qui n’ont jamais si bien porté leur nom) à l’entreprise qui peut en faire ce que bon lui semble, sans autres limites que celles imposées par la loi californienne, puisque c’est en Californie que se situent les serveurs. Notez au passage que la Californie ne reconnaît pas le droit à l’image que nous connaissons en France, et il s’ensuit que n’importe laquelle de vos photos peut être utilisée ou vendue par Facebook. Pour le dire simplement, vous n’avez aucun droit sur votre profil et sur tout ce que vous postez. Zuckerberg est chez lui et fait ce qu’il veut, que cela vous plaise ou non, et sa situation de monopole vous empêche d’aller voir si la concurrence n’a pas mieux à proposer.

Facebook est un exemple particulièrement frappant de servitude volontaire, chaque utilisateur s’enchaînant en fournissant de son plein gré les données qui le lient au tyran, tyran idéologique qui agit sans brutalité mais avec pugnacité et efficacité. Pensez comme Zuckerberg ou allez vous faire voir, après tout, vous êtes libres. Sous ses allures sympathiques, Facebook est une immense machine à formater les esprits et à collecter des données, lesquelles constituent un trésor d’une valeur absolument colossale et peuvent le cas échéant être utilisées contre vous. Si vous utilisez Facebook, vous n’avez pas le droit de vous plaindre, vous avez été prévenus du pacte faustien que vous avez signé. L’idéal est bien sûr de ne pas avoir de profil, car le paradoxe de ce géant est qu’il ne tient sa force dictatoriale que du consentement imbécile de la masse d’une population narcissique en diable qui n’est au fond enchaînée par nulle autre chose que son ego. Si les utilisateurs partent, le château de cartes s’écroule – à ceci près que les données collectées au fil des années restent conservées dans les serveurs et peuvent toujours avoir une certaine utilité.

À chaque fois que vous faites quelque chose, le mieux est encore de vous poser une simple question : de qui nourrissez-vous le rêve en agissant ainsi ? Quand vous utilisez Facebook, vous nourrissez le rêve de Zuckerberg, et en plus le prix a payer est immense comparé à ce que vous pouvez en retirer. Essayez plutôt de nourrir votre rêve à vous, quel qu’il soit. Et si vous devez absolument utiliser Facebook, rappelez-vous toujours que c’est un maître capricieux qui vit de ce que vous lui donnez mais ne transige jamais avec sa morale, qui n’est peut-être pas la vôtre.

https://paulfortune1975.wordpress.com/2017/10/08/de-la-servitude-volontaire/

Posté par UPR Creuse à 07:38 - - Permalien [#]
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Compteurs Linky : le maire de Bayonne demande que les habitants puissent refuser l’installation

Le capteur Linky est une arnaque qu’on veut imposer de force aux Français. La décision du maire de Bayonne, semblable à celle d’environ 400 communes en France, est une excellente nouvelle.

ARG LINKY ROBOTLe maire UDI de Bayonne, Jean-René Etchegaray, a demandé par courrier à Enedis (ex-ERDF), qui déploie les compteurs électriques connectés Linky, « de ne pas changer les compteurs chez les personnes qui refusent cette installation », a indiqué mercredi la mairie.

A l’issue du conseil municipal du 19 juillet, « l’ensemble des sensibilités politiques s’est retrouvé pour dire qu’il n’est pas admissible de forcer les usagers qui y sont opposés à accepter la pose de nouveaux compteurs. Un agrément certain doit être exprimé », écrit au directeur territorial d’Enedis le maire de la commune, qui compte quelque 48.000 habitants.

« Je souhaite (…) que vous validiez le principe de ne pas changer le compteur chez les personnes qui refusent cette installation en ayant dit de façon claire, par courrier ou de vive voix, leur opposition à votre intervention », ajoute-t-il dans ce courrier en date du 21 juillet.

Ces nouveaux compteurs dits “intelligents” permettent de relever à distance et en direct la consommation d’électricité d’un abonné. Ils sont installés par Enedis, filiale d’EDF chargée du réseau électrique basse et moyenne tension.

Les compteurs numériques connectés Linky, dont cinq millions d’exemplaires ont déjà été installés depuis décembre 2015, sont contestés dans environ 400 villes et communes. Ceux qui s’opposent à son installation redoutent des risques sanitaires, un surcoût, une intrusion dans leur vie privée ou encore l’utilisation de données personnelles.

Selon l’Agence nationale des fréquences (ANFR), la probabilité que les compteurs “intelligents” comme Linky puissent avoir des effets nocifs pour la santé est « très faible ». L’ANFR précise cependant qu’« il n’existe pratiquement aucune littérature scientifique traitant des effets sanitaires spécifiques de l’exposition aux compteurs communicants ».

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2017/08/04/compteur-linky-maire-bayonne-demande-habitants-puissent-refuser-installation/

Posté par UPR Creuse à 07:26 - - Permalien [#]
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jeudi 12 octobre 2017

Le déclin du courage

Extraits du discours prononcé par Alexandre Soljénitsyne, prix Nobel de littérature(1970) à Harvard le 8 juin 1978. Il condamne alors les deux systèmes économiques -le communisme et le capitalisme. Il dénonce surtout la chute spirituelle de la civilisation.


ARG SOLJENITSYNE« Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l’occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « VERITAS ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d’aujourd’hui contient une part de vérité ; je vous l’apporte en ami, non en adversaire.

Il y a trois ans, aux Etats-Unis, j’ai été amené à dire des choses que l’on a rejeté, qui ont paru inacceptables. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d’alors.(…)

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance, à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin?

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l’homme, et que la vie de l’homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d’Indépendance.)Aujourd’hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s’est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu’il a cours depuis ces mêmes décennies.

Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d’avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l’Ouest les marques de l’inquiétude et même de la dépression, bien qu’il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments.

Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n’ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.

L’indépendance de l’individu à l’égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n’auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d’élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l’épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l’argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

Même la biologie nous enseigne qu’un haut degré de confort n’est pas bon pour l’organisme. Aujourd’hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux.

La société occidentale s’est choisie l’organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j’appellerais légaliste. Les limites des droits de l’homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois ; ces limites sont très lâches. Les hommes à l’Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l’aide d’un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout.

Si quelqu’un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n’en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n’entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu’aux extrêmes limites des cadres légaux.

J’ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu’une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n’allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s’en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l’homme.

Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d’une structure sociale légaliste.

Aujourd’hui la société occidentale nous révèle qu’il règne une inégalité entre la liberté d’accomplir de bonnes actions et la liberté d’en accomplir de mauvaises. Un homme d’Etat qui veut accomplir quelque chose d’éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n’a aucune chance de s’imposer : d’emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

Il est aisé en tout lieu de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l’Ouest, de défendre non pas tant les droits de l’homme que ses devoirs.

D’un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s’est vue accorder un espace sans limite. Il s’avère que la société n’a plus que des défenses infimes à opposer à l’abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d’horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu’ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L’organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (…)

L’évolution s’est faite progressivement, mais il semble qu’elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l’homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu’il importe d’amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n’a pas disparu à l’Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (…)

La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage ? (…) Quelle responsabilité s’exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l’encontre de son lectorat, ou de l’histoire ? S’ils ont trompé l’opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l’Etat, avons-nous le souvenir d’un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le journaliste s’en tirera toujours. Etant donné que l’on a besoin d’une information crédible et immédiate, il devient obligatoire d’avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges s’installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d’opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d’Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l’intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c’est un slogan faux, fruit d’une époque fausse ; d’une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n’a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d’information. (…) Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l’Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d’idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d’esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d’intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d’une compétition mais d’une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.

Sans qu’il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d’idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n’ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d’être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l’engouement à la mode. Sans qu’il y ait, comme à l’Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d’apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l’apparition d’un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m’est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes … peut-être un professeur d’un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l’entendre, car les médias n’allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux. (…)

Il est universellement admis que l’Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d’hommes à l’Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l’accusent de plus être au niveau de maturité requis par l’humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J’espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l’idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d’une telle alternative. (…) Mais si l’on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l’Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s’affaiblissent à l’Ouest, tandis qu’à l’Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d’anarchie, comme c’est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c’est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d’oppression, l’âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd’hui par les habitudes d’une société massifiée, forgées par l’invasion révoltante de publicités commerciales, par l’abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d’Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C’est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n’est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu’elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

Comment l’Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L’Ouest a continué à avancer d’un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s’est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l’erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l’époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l’humanisme rationaliste, ou l’autonomie humaniste : l’autonomie proclamée et pratiquée de l’homme à l’encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d’anthropocentrisme : l’homme est vu au centre de tout.

Historiquement, il est probable que l’inflexion qui s’est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l’épuisement, en raison d’une répression intolérable de la nature charnelle de l’homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s’écartant de l’esprit, l’homme s’empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s’est proclamée notre guide, n’admettait pas l’existence d’un mal intrinsèque en l’homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d’atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l’adoration de l’homme et de ses besoins matériels.Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l’accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d’une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d’intérêt de l’Etat et du système social, comme si la vie n’avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s’y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd’hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l’intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l’homme individuels reposaient sur la croyance que l’homme est une créature de Dieu. C’est-à-dire que la liberté était accordée à l’individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l’héritage du siècle passé.

Toutes les limitations de cette sorte s’émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l’héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique.

Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l’espace, du Progrès tant célébré n’ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n’aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

L’humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d’être utilisés d’abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que « le communisme est un humanisme naturalisé. » Il s’est avéré que ce jugement était loin d’être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d’un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l’égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n’est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l’Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s’agit d’un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l’Ouest et de l’Est aujourd’hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (…)

Je ne pense pas au cas d’une catastrophe amenée par une guerre mondiale, et aux changements qui pourraient en résulter pour la société. Aussi longtemps que nous nous réveillerons chaque matin, sous un soleil paisible, notre vie sera inévitablement tissée de banalités quotidiennes. Mais il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d’une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse.

Elle a fait de l’homme la mesure de toutes choses sur terre, l’homme imparfait, qui n’est jamais dénué d’orgueil, d’égoïsme, d’envie, de vanité, et tant d’autres défauts. Nous payons aujourd’hui les erreurs qui n’étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s’est enrichie, mais nous avons perdu l’idée d’une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.

Nous avions placé trop d’espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l’Est, c’est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde éclaté, c’est que les principaux morceaux en soient atteints d’une maladie analogue. Si l’homme, comme le déclare l’humanisme, n’était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n’en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d’acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l’accomplissement d’un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l’expérience d’une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n’y étions entrés.

Il est impératif que nous revoyions à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n’est pas possible que l’aune qui sert à mesurer de l’efficacité d’un président se limite à la question de combien d’argent l’on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d’un gazoduc. Ce n’est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l’humanité peut s’élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

Quand bien même nous serait épargné d’être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l’intégrité de notre vie spirituelle ?

Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l’ère moderne.

Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter … toujours plus haut. »

Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978

mercredi 11 octobre 2017

Le maire de Bourganeuf n'autorise pas une table de l'UPR sur le marché

Contrairement aux maires de Felletin et de Boussac, le maire de Bourganeuf, Jean- Pierre JOUHAUD n'autorise pas les militants de l'UPR en Creuse à tenir un modeste stand sous forme de table de camping avec quelques tracts dessus, afin de leur permettre d'échanger avec la population.

 

ARG CREUSE TABLE MARCHEVoici le message que nous avons reçu:

"Monsieur,

Par courrier en date du 21 septembre dernier, vous avez sollicité la permission de poser une table de camping sur le marché municipal hebdomadaire de notre commune.

Je suis au regret de vous informer que le règlement intérieur de notre marché hebdomadaire, dans son article 13, interdit « les étals à vocation politique, religieuse ou sectaire ».

Vous comprendrez par conséquent que je ne peux  pas accéder à votre demande.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Jean-Pierre  JOUHAUD

Maire de Bourganeuf"

Ce n'est pas très élégant de s'abriter derrière un règlement dont on est responsable, directement ou indirectement (je ne connais pas le statut juridique de ce marché, communal ou privé par concession). Quoiqu'il en soit, il est facile pour un maire, même quand le règlement est un peu trop strict, de faire preuve de bienveillance: nous ne sommes ni une secte, ni une religion. C'est ce qu'a fait Franck Foulon, maire de Boussac, sachant que de notre côté, nous veillons à ne pas déranger les commerçants. Par ailleurs, je rappelle que, selon notre constitution, les partis politiques participent à la "vie démocratique de la nation". 

Au- delà se pose la question de savoir comment on fait pour s'adresser aux gens quand on n'a pratiquement aucun accès aux médias.

Une occasion manquée à mon avis  pour ce maire "de gauche" de montrer qu'il peut être aussi tolérant et ouvert que les autres maires cités plus haut, plutôt classés "à droite".

N.B. Nous avons fait la même demande au maire de La Souterraine, et à ce jour, nous n'avons reçu aucune réponse.

Philippe Gombert, délégué UPR de la Creuse.

 

 

 

 

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lundi 9 octobre 2017

Christine Angot, capricieuse médiatique

Les téléspectateurs de l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couchés, sont de drôles de privilégiés. Samedi 30 septembre 2017, ils ont assisté à une émission dont ils savaient à l’avance qu’ils ne verraient pas le clou du spectacle : « le clash entre Christine Angot et Sandrine Rousseau », ainsi que le rapporte la majorité des médias ce même samedi.

ARG ANGOT RUQUIERSurprenante formule car de vrai clash il n’y a pas eu. Seulement l’habituelle colère d’une enfant gâtée du monde de la culture libérale-libertaire. France 2 a donc décidé de ne pas donner à voir cette séquence lors de la diffusion de l’émission. Ce qui a été diffusé, clash en moins, peut se voir ici.

Cachez donc ce caprice que je ne saurai voir

À lire les médias qui rapportent les faits, comme 20 Minutes, Le Huffington Post, RTL, Le Figaro, L’Express, CNews…, le plateau d’ONPC a connu 30 minutes de gamineries capricieuses. Un « vif échange » oppose Christine Angot à l’invitée Sandrine Rousseau, ancienne cadre l’EELV maintenant engagée dans la lutte contre les agressions sexuelles. Sandrine Rousseau a publié un témoignage racontant la manière dont elle a été traitée par Denis Baupin. Des fuites de téléspectateurs disent que l’ancienne responsable écologiste a terminé l’émission en larmes, suite à ce qui ne fut pas en réalité un « vif échange » mais bien une agression — laquelle eut valu exclusion du PAF pour toute personne moins politiquement intégrée. Christine Angot aurait prononcé ces mots : « Je vous interdis de dire ce que vous dites ! Vous ne pouvez pas parler au nom de toutes les femmes, vous auriez dû dire “je”. On ne peut parler que de son viol ». Nous n’aurons donc pas le ton avec lequel ces mots ont été prononcés. Un ton sans doute violent, on peut l’imaginer si l’on se souvient de l’agressivité gênante qui avait été celle de l’écrivain à l’égard de François Fillon, alors candidat à la présidence de la République. Lors de l’enregistrement d’ONPC, Angot aurait jeté tout ce qui traînait devant elle, après avoir attaqué une Sandrine Rousseau qui était, rappelons-le, l’invitée d’une émission dont l’écrivain est devenu chroniqueuse en septembre, en récompense de ses invectives contre Fillon.

Christine, au nom de quelle secte parles-tu ?

François Fillon avait laissé entendre que son interlocutrice était sectaire, conservant cependant une certaine retenue devant une personne l’accusant sur la base d’attaques non confirmées par la justice. Il est vrai que le choix des mots est signifiant. Lors de la séquence retirée de l’émission ONPC du samedi 30 septembre 2017, Angot dit : « Je vous interdis de dire ce que vous dîtes », niant ainsi la liberté d’expression de son interlocutrice. Puis elle affirme « vous auriez dû dire ». Interdiction et obligation, les deux formules traduisent autant l’état d’esprit de l’écrivain que celui des milieux bobos parisiens auxquels elle appartient, de plus en plus habitués à intimer, interdire et obliger autrui. Au nom de la « liberté » et de la « tolérance ». Cela a été analysé par nombre d’observateurs, dont les philosophes Alain Finkielkraut et Jean-Claude Michéa.

Christine n’en est pas à son coup d’essai

Cette agressivité en forme de volonté d’interdire à l’autre d’être ce qu’il est n’est pas une première de la part de Christine Angot. Il y avait eu clash avec Zemmour, puis avec Natacha Polony. Dans chacun de ces cas, l’écrivain avait une actualité personnelle, tout comme lors de son offensive anti Fillon – elle mettait alors en scène l’un de ses romans au théâtre, ce que David Pujadas n’a pas manqué de signaler tandis qu’elle quittait le studio. Récemment, Alexis Corbière, député de la France Insoumise, a aussi été soumis à la vindicte dogmatique de l’écrivain, éructant « Je suis une artiste ! Je suis une artiste ! » quand l’homme politique venait d’utiliser le mot « d’intellectuelle » à son égard. Pourquoi cette violence ? Angot prétendait convaincre les téléspectateurs que le mouvement de Corbière aurait été soutenu par Dieudonné, uniquement parce que l’une de ses candidates aurait « accueilli » ses voix. Ce qui ne fut d’ailleurs aucunement le cas. Corbière parle d’amalgame. Angot dit « Il faut être clair ». Corbière l’informe qu’il ira vérifier « si elle s’est un jour prononcée contre Dieudonné ». Clash mal préparé, Alexis Corbière est un anti Dieudonné historique, militant de l’interdiction des spectacles de l’humoriste. Le clash se termine donc plutôt calmement : on est entre parisiens de gauche.

Christine ou Je Suis vraiment Partout ?

Bien sûr, de mauvaises langues remarqueront que le clash du samedi 30 septembre 2017 survient la semaine où sort sur les écrans le dernier film de Claire Denis, avec Juliette Binoche en égérie du tout Paris végan-bobo-bonzaïo-révolutionnaro-macroniste en tête d’affiche. « Un beau soleil intérieur », film dont le scénario a justement été écrit par Christine Angot. Ces mêmes mauvaises langues auront beau jeu de souligner qu’un peu de buzz ne pouvait guère mieux tomber. Ce qui ne sera évidemment pas le cas de l’OJIM. Reste que face à de tels moments médiatiques, où la vulgarité de Ruquier comme de Christine Angot éclate au grand jour, une personnalité influente du PAF nous disait devant une telle palinodie, — en souriant et sous couvert d’anonymat — être maintenant « convaincue qu’interdire la fessée sera une énorme ânerie ».

https://www.ojim.fr/christine-angot-capricieuse-mediatique/?utm_source=Newsletter&utm_campaign=98b12ecdd4-mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_ca15a58a97-98b12ecdd4-71509009


 L'émission de Ruquier est tristement célèbre pour ses "coupes sombres".

Les militants de l'UPR se souviennent du passage de François Asselineau à "On n'est pas couchés", de la façon dont il fut traité, avec arrogance et mépris, notamment par Aymeric Caron, et surtout de la "post- production" invraissemblable qui fut diffusée. A l'époque, ça n'avait pas ému les médias...

P.G.

VID FA RUQUIER

https://www.youtube.com/watch?v=5Lg9SUMH99s

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lundi 2 octobre 2017

Le gouvernement envisagerait d'introduire les interdictions de manifester dans le droit commun

Selon plusieurs sources, le ministère de l'Intérieur aurait l'intention d'introduire dans le droit ordinaire une disposition prévue par l'état d'urgence permettant d'interdire à certains individus de manifester.

59cf507d09fac2af4f8b4567C'est une mesure d'exception que permettait la loi relative à l'état d'urgence : elle pourrait à l'avenir être intégrée au droit commun, selon des informations du Figaro et du Monde. Le ministère de l'Intérieur aurait en effet émis un avis favorable à l'instauration d'interdictions administratives de manifester.

Si Le Monde évoque des «pistes de réflexion» suivies par la place Beauvau, Le Figaro rapporte, selon des sources au sein du ministère, que le projet serait déjà bien avancé. Il viserait prioritairement des individus faisant déjà l'objet d'un signalement pour des faits de violence. Cette mesure, qui contraint les fauteurs de trouble à émarger dans un commissariat à l'heure du rassemblement auquel ils n'ont pas le droit de participer, est déjà régulièrement utilisée depuis mai 2016, principalement pour des individus issus de la mouvance antifasciste.

Cependant, un tel dispositif n'est permis que par l'article 5 de la loi relative à l'état d'urgence, qui autorise le préfet à «interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté» ainsi qu'à «interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics». Son introduction dans le droit commun serait donc une nouveauté de taille. Elle conforterait sans doute dans leurs critiques les voix qui se font entendre depuis quelques semaines pour dénoncer une «dérive» lors de l'étude par les parlementaires de la loi antiterroriste, qui a suscité jusqu'aux inquiétudes de l'ONU.

 

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samedi 30 septembre 2017

Les députés adoptent l’obligation de déclarer tous ses identifiants électroniques

Les députés ont voté hier soir les mesures de contrôle et de surveillance individuelles. Dans le lot, a été adoptée l’obligation pour une personne au comportement suspect de fournir l’intégralité de ses identifiants aux autorités administratives.

COLLOMB ASSEMBLEELe projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme poursuit sa route à l’Assemblée nationale. Les députés ont voté tard dans la nuit l’article 3 du projet de loi où se nichent les mesures de surveillance individuelle comme le port d'un bracelet électronique ou l’obligation de pointer une fois par jour au commissariat du coin, outre l'obligation de résider dans un périmètre déterminé. 

Une autre mesure concerne tout particulièrement le domaine des nouvelles technologies. C'est l’obligation de fournir ses identifiants. Comme relatée dans notre panorama, elle avait été prévue dès le projet de loi initial, mais avait sauté au Sénat. À l’Assemblée, en appui d’une confortable majorité, Gérard Collomb a réinjecté la mesure.

Cette contrainte pèsera là encore sur la personne « à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics ».

Ce n’est à dire vrai qu’une première condition puisque les autorités devront aussi démontrer que celle-ci est entrée « en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme » ou bien a soutenu, diffusé ou adhéré « à des thèses incitant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes ».

Ceci fait, la personne au comportement et relations louches aura l’obligation de déclarer tous ses « identifiants techniques de tout moyen de communication électronique dont elle dispose ou qu’elle utilise ».

Un seul identifiant oublié, trois ans de prison et 45 000 euros d'amende

Le moindre oubli sera lourdement sanctionné : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Hier, en séance, un seul amendement sur le sujet a été examiné.

Déposé par des députés de la Gauche démocrate et républicaine il visait à supprimer cette déclaration au motif qu’elle « porte une forte atteinte aux libertés constitutionnelles : respect de la vie privée, secret des correspondances et droits de la défense ».

Selon ses auteurs, comme d’ailleurs les sénateurs, « nul n’est tenu de participer à sa propre incrimination ». Et ceux-ci de revenir sur la décision du Conseil constitutionnel du 4 novembre 2016 qui a rappelé « le principe selon lequel nul n’est tenu de s’accuser, dont découle le droit de se taire ».

Autre argument : cette mesure viendrait heurter le principe de nécessité puisque la loi sur le renseignement prévoit depuis le 24 juillet 2015 une armada de mesures pour « récupérer les identifiants techniques de connexion, sous le contrôle de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement ou du juge administratif, qu’il s’agisse de l’accès aux données de connexion (article L. 851‑1 du Code de la Sécurité intérieure) ou du recueil en temps réel des données de connexion (article L. 851‑2 du Code de la Sécurité intérieure) ».

Enfin, les députés GDR ont jugé « paradoxal » d’inscrire cette obligation dans le droit commun alors qu’elle n’est pas prévue dans le cadre de l’état d’urgence, censé être plus sécuritaire.

Une obligation adoptée « pour des raisons opérationnelles »

En fin de route, vers une heure du matin, le rapporteur a exprimé un « avis défavorable » expliquant rapidement que l’obligation devait être adoptée « pour des raisons opérationnelles ». Et Gérard Collomb de se délester d'un même « avis défavorable », sans autre explication.

La commission des lois avait déjà expliqué que ces informations, qui ne concernent pas les mots de passe, seront « très utiles aux services de renseignement » puisque ces derniers pourront alors suivre à la trace et en temps réel les personnes concernées. Soit un véritable pont dressé avec la loi sur le renseignement.

En séance, juste avant le vote rejetant cet amendement de suppression, Ugo Bernalicis (FI) a fait cette mise au point : « Donc, je résume : on est suspect, on n’a pas de preuve, on est suspect. On peut se voir poser un bracelet avec le consentement, on doit sinon pointer une fois par jour et puis en plus, on doit communiquer ses identifiants, numéro de téléphone, etc. (…) C’est aller très loin dans la remise en cause des libertés individuelles (...) ou alors les principes évoqués de se taire (…) ne veulent plus rien dire dans cette ère d’infrasoupçon ». (3:46:00 de la vidéo).

https://www.nextinpact.com/news/105265-les-deputes-adoptent-lobligation-declarer-tous-ses-identifiants-electroniques.htm?skipua=1

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[Invité] Russeurope en exil (forcé), par Jacques Sapir

Comme l’explique Jacques Sapir dans cet article, il s’est vu privé de l’accès à son blog.

ARG EXIL SAPIRC’est donc tout naturellement que Les-Crises hébergera ses prochains billets, le temps que la situation se résolve – espérons au plus vite…

Olivier Berruyer

Russeurope en exil (forcé), par Jacques Sapir

Mon carnet scientifique, ouvert en septembre 2012 sur Hypotheses.org vient d’être suspendu. Je ne puis plus installer de notes ni faire des modifications sur les textes publiés. Le communiqué, signé par Marin Dacos, directeur d’Open Edition dit :

« Le carnet que vous consultez est désormais une archive et ne sera plus alimenté. Les droits d’accès en écriture ont été retirés à son auteur par l’équipe d’OpenEdition.

À de nombreuses reprises, l’auteur du carnet y a publié des textes s’inscrivant dans une démarche de tribune politique partisane, déconnectés du contexte académique et scientifique propre à Hypothèses et constituant une condition indispensable pour publier sur la plateforme. »

Je conteste formellement cette affirmation et cette procédure, dont on peut s’étonner qu’elle survienne maintenant alors que je publie tout type de textes depuis l’ouverture du carnet, fin septembre 2012. Mais, tous les textes publiés sont en relation avec mes recherches, qu’il s’agisse d’articles scientifiques, de notes de travail, ou d’articles de réaction à l’actualité. Tous ces textes s’inscrivent dans le contexte de mes recherches. De plus, et il faut l’ajouter, de nombreux carnets réagissent eux-aussi à l’actualité.

Parme les textes qui me sont reprochés il y a les textes suivants qui servent de prétextes à ce blocage sont les suivants :

Candidats du passé, candidats du futur (8 avril 2017)

https://russeurope.hypotheses.org/5888

Ce texte est la version française de l’interview que j’avais donnée à Russia Today (RT). Je souhaitais mettre cette contribution à la disposition de mes lecteurs francophones sous une forme écrite..

Times of change for French politics (24 avril 2017)

https://russeurope.hypotheses.org/5929

Ce texte correspond à la version anglaise d’un article publié dans la revue russe Ekspert. Cette pratique de republier un texte paru dans un journal est fréquente sur Hypothèses.org . Par exemple, sur le carnet de Michel Wieviorka on trouve la version française de l’intéressant article qu’il a publié dans le quotidien espagnol La Vanguardia (L’autonomie du politique / https://wieviorka.hypotheses.org/818 ), ou encore un article publié dans le New-York Times (https://wieviorka.hypotheses.org/826 ) ou enfin dans Libération (https://wieviorka.hypotheses.org/831 ). Que Michel Wieviorka puisse publier des articles, parus dans la presse, est une fort bonne chose et, quand on ne peut pas suivre les journaux, on est fort heureux de pouvoir retrouver ces textes. Mais pourrait-on m’expliquer ce qui justifie la différence de traitement avec moi ? Est-ce la revue russe, pourtant considérée dans son domaine comme une revue de référence ? Ou alors, faut-il croire que ce sont les opinions ?

Macron, Ferrand et la « propagande » (30 mai 2017)

https://russeurope.hypotheses.org/6052

Ce texte correspond à un point d’application de mes travaux dus la légitimité et la légalité. J’ai d’ailleurs publiés de nombreuses notes sur cette question[1].

Le président Potemkine? (2 juin 2017)

https://russeurope.hypotheses.org/6067

Ce texte dresse un parallèle entre la situation actuelle et l’histoire de la Russie sur la question de la communication et des représentations, et s’inscrit à la confluence de mes travaux, tant sur la Russie que sur le couple légalité/légitimité.

La phrase du communiqué « l’auteur du carnet y a publié des textes s’inscrivant dans une démarche de tribune politique partisane, déconnectés du contexte académique et scientifique propre à Hypothèses » apparaît, alors, comme un pur prétexte. On se souvient du vieil adage « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». On comprend immédiatement que pour tout auteur, et c’est mon cas, qui estime que la recherche ne se fait pas dans les limbes, les travaux scientifiques me conduisent à prendre parti dans l’agora électronique. Par ailleurs, rien dans la charte des contenus sur Open Edition ne mentionne l’interdiction d’une démarche « de tribune politique partisane ». On consultera, en annexe l’article 10 de cette dite charte.

Alors, peut-être est-ce tout simplement le succès du carnet Russeurope qui m’attire les foudres de Marin Dacos et d’Open Edition. Et il est vrai que Russeurope a connu un développement auquel je ne m’attendais pas quand je l’ai créé. Le nombre de connexions mensuelles, tout comme le nombre de visiteurs, a atteint des chiffres étonnants.

Tableau 1

Chiffres de fréquentation de Russeurope pour les 4 premiers et les 4 derniers mois

Mois Visiteurs différents dans le mois Nombre de connexions dans le mois Nombre de notes dans le mois Nombre de connexions/notes
octobre-2012 10 856 26 111 13 2009
novembre-2012 14 770 36 802 12 3067
décembre-2012 13 456 36 225 10 3623
janvier-2013 14 019 38 771 13 2982
mai-2017 134 198 315 938 33 9574
juin-2017 97 286 234 556 18 13031
juillet-2017 102 137 231 402 18 12856
août-2017 94 822 213 146 17 12538

Alors, on peut penser que ce qui aurait été toléré pour un carnet connaissant mois de 40 000 connexions par mois était devenu insupportable pour un carnet connaissant plus de 200 000 connexions mensuelles. Ne soyons pas naïf ; la jalousie, sous ses formes les plus mesquines, existe aussi dans le monde universitaire. Et ce d’autant plus qu’il était de nature publique que les articles et notes de Russeurope étaient repris sur d’autres blogs, que ce soit en France, en Belgique, en Italie. Il est, bien entendu, impossible de tenir une comptabilité précise, mais je pense que le nombre réel des lecteurs dépassait de 50% à 100% suivant les occasions les lecteurs enregistrés par Hypothèses.org. Oui, cela était de nature à fâcher les fâcheux… D’autant plus que Russeurope représentait entre 10% et 15% du flux total de la plateforme.

Graphique 1

Etat des connexions et des lecteurs, par mois, depuis octobre 2012

Graphique 2

Il y a un autre point dérangeant dans la démarche d’Open Edition. Tous les articles cités datent de 2017, et de la période dite de « campagne présidentielle », alors que j’ai publié des prises de position dès l’ouverture du carnet. Or, je constate qu’en 2017 M. Marin Dacos est devenu « Conseiller scientifique pour la science ouverte auprès d’Alain Beretz, Directeur général de la recherche et de l’innovation au Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation ». Ceci correspond à une position officielle. Elle est de nature à induire un conflit d’intérêts avec sa position de directeur d’Open Edition qui, par nature, est une plate-forme ouverte à toutes les opinions.

Surtout, elle pourrait me fonder à penser qu’il y a là la source de la mesure qui me frappe. Ce n’est point tant le fait de publier des textes politiques, ou s’inscrivant dans une lecture du politique découlant de recherches scientifiques que l’on me reproche, mais bien les opinions de ces textes. Ce serait donc un procès d’opinion, chose que l’on croyait bannie dans un pays se disant démocratique, procès sans doute mélangé des effluves de la jalousie.

Devant cet état des faits, et devant les multiples soutiens que j’ai reçus, dont celui de Dominique Lecourt et d’autres noms, que ce soit en France ou en Italie, je demande donc solennellement à Open Edition d’annuler sa mesure arbitraire à mon encontre.

Si, vous aussi, êtes choqués par ce comportement de M. Dacos et d’Open Edition, je vous invite à le faire savoir à M. Dacos, à demander que l’usage du carnet Russeurope me soit rétabli, et à faire remonter vos commentaires à M. Alain Beretz, le supérieur hiérarchique de M. Dacos.

Par Jacques Sapir le 28 septembre 2017

https://www.les-crises.fr/invite-russeurope-en-exil-force-par-jacques-sapir/


 Bien entendu, les articles de Jacques Sapir seront dûment relayés sur ce site! P.G.

OUTIL COMMENTAIRES D INTERNAUTESCommentaires d'internautes:

*Une formulation qui recueille un maximum d’adhésions sur ce blog.
J’avoue que lire dans la presse l’éviction de Monsieur Sapir m’a causé un grand choc.
Ce ne sont pas tant les écrits de M. Sapir qui sont en cause, mais la confiscation des débats d’idées déjà exclus dans nos médias mainstream où ne se gargarisent plus que des auto-proclamés experts et quelques journalistes dans un entre-soi inculte et binaire.
Le choc a été aussi grand grand que le spectacle du 9/11. C’est dire ! La France s’auto-mutile : incroyable… Comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce-qui ne tourne pas rond chez nous ?

*Apparemment, ce n’est pas qu’un problème français. Saul Frielander faisait état recemment sur France Culture du même problème dans les universités américaines. Il parlait de violence physiques systématiques contre des conférenciers pour les empêcher de tenir la conférence prévue.

*Bienvenue sur le Blog d’Olivier Berruyer que je suis depuis longtemps… donc nous pourrons continuer à vous lire ici et ailleurs (car on peut rééditer…et diffuser)… Bonne continuation … on organise la “résistance” !

*Bonsoir,
Bienvenu sur le site les Crises Monsieur Sapir. A ce que je vois les libertés les plus simples garanties par la Constitution et les Droits de l’Homme sont violées au nom de certaines règles mal tournées. La France va vraiment mal.
Une bonne soirée

*Eh bien, on en fait des tonnes ici. Il n’est pas contestable que la plateforme hypotheses.org est dédiée au suivi de travaux scientifiques. On peut certainement trouver un ou deux carnets qui s’écartent de cette règle, mais ils tiennent de l’exception. À chacun de se faire une idée sur la liste des carnets publiés : http://www.openedition.org/catalogue-notebooks

Donc, Jacques Sapir publie très régulièrement des tribunes politiques sur une plateforme qui n’est pas vouée à cet usage. Je comprends que cela pose problème. Quand on tire à boulets rouges sur Hollande, Macron, etc., ce n’est pas un travail scientifique, même quand c’est pour de justes raisons.

Parler de censure est évidemment sans objet. La censure s’entend comme interdiction légale d’un texte quel que soit le moyen de publication. Ici, rien n’empêche Jacques Sapir de créer son propre support (nul doute qu’il trouvera des gens pour l’y aider), ou à rejoindre un support existant. Il ne restera plus qu’à populariser la nouvelle URL, ce qui devrait aller assez vite…

*Si je comprends bien, vous pensez qu’on peut faire de l’économie sans faire de politique.
Il s’agit là du mythe fondateur d’une idéologie.. politique : le néolibéralisme.
Ainsi donc, la décision d’interdire des articles économico-politiques au nom d’une prétendue neutralité scientifique de l’économie, n’est qu’une pure décision politique camouflée.
Bien à vous.

*La presse actuelle française, digne de l’époque du maccarthysme (si on a des affinités avec les u$A) ou de la Pravda des années 60-80 (si on est plutôt orienté ex-URSS) est devenue maintenant une sorte de boussole qui indique le sud, qu’il faut donc lire à l’envers, dans un miroir, pour avoir de l’information. Il est donc plutôt réconfortant de voir que l’on trouve chez vous ce qu’on voit dans la presse vue dans ce miroir.Pour ma part que vous soyez hébergé ici ne changera rien, je continuerais à vous lire, ici, sur RT, ou dans vos livres.Merci à vous.

 

Posté par ddupr à 08:45 - - Permalien [#]
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