vendredi 27 juillet 2018

Emmanuel Macron et le mépris de la République

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

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La déclaration faite le 24 juillet au soir par le Président de la République, M. Emmanuel Macron, est grave[1]. Elle est grave d’un point de vue constitutionnel. Elle est grave d’un point de vue politique. Elle est grave d’un point de vue moral. Nous devons toujours nous souvenir que le Président de la République est le premier magistrat. Sa parole est un acte. Si sa parole menace la Constitution, la mine ou la dévalue, c’est très exactement comme s’il avait agi pour subvertir cette Constitution. Si sa parole menace l’ordre politique, autrement dit la « Cité » dans laquelle nous vivons[2], car cet ordre politique est ce qui organise nos libertés, c’est très exactement comme s’il avait agi contre cet ordre, comme s’il avait pris des mesures niant la souveraineté du peuple. Si sa parole n’est pas morale, alors de quel exemple pourrons-nous tirer les forces de moralité qui sont nécessaires à la vie politique ?

Un acte contraire à la Constitution

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Emmanuel Macron a donc effectué une visite surprise à la réunion des élus de la majorité LREM organisée à la Maison de l’Amérique latine, réunion organisée pour la clôture de la session parlementaire, mardi 24 juillet. Ce faisant, il a visiblement oublié que, dans la Constitution, il n’est pas chef de parti. La Président de la République doit représenter tous les français. Reprenons les différents articles, sans intention d’exhaustivité, qui précisent son rôle de chef de l’Etat et non de chef de parti[3].

Article 5 « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. »

Article 14 : « Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui. »

Article 16 : « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des présidents des assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. »

Article 64 : « Le Président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

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La fonction décrite soit directement soit indirectement par ces différents articles n’est pas compatible avec la fonction de chef de parti. Bien entendu, la pratique politique nous dit que le Président fait campagne soutenu par un parti ou une alliance de partis. Mais, il est de tradition qu’il abandonne toute position à l’intérieur d’un parti ou d’un mouvement, et qu’il s’abstienne de participer aux réunions du groupe parlementaire qui le soutient à l’Assemblée nationale. Cela participe du principe de division des pouvoirs. Quand ses prédécesseurs recevaient les « ténors » de leur majorité respective, ils le faisaient en privé. En venant dans cette réunion des députés LREM, réunion où la presse était en partie présente, Emmanuel Macron a consciemment et délibérément foulé aux pieds ce principe.

Une subversion de l’ordre politique

Il a aggravé son cas en faisant une déclaration dans cette réunion[4].

Il a ainsi dit, se référant au trouble et au scandale causé par l’affaire Benalla : « “S’ils cherchent un responsable, le seul responsable, c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance, c’est moi qui ai confirmé la sanction”. Tout d’abord il s’est avancé un peu vite sur la « sanction » qui aurait été prononcée contre M. Benalla le 4 mai. Les auditions devant la commission d’enquête sénatoriale montrent que Benalla est resté actif du 4 au 18 mai, et que son salaire lui a été intégralement versé[5]. Mais, il y a nettement plus grave.

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Cette manière de revendiquer la totalité de la responsabilité pourrait être considérée comme courageuse, si elle avait été faite devant l’ensemble des français. Mais, tel n’a pas été le cas. Emmanuel Macron a prononcé ces mots devant une assemblée de fidèles qui lui était entièrement acquise et ce alors que les français attendent de lui qu’il s’explique depuis le début de l’affaire. Or, jusqu’à présent, le Président n’a trouvé ni le temps ni le courage de venir s’expliquer devant les français. Ce n’est donc pas un discours de Chef de l’Etat, c’est un discours de chef de clan, de chef mafieux, qui parade devant ses obligés.

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Surtout, cette déclaration fait un lointain écho au discours que Benito Mussolini prononça le 3 janvier 1925, devant le Parlement italien, à la suite du meurtre du député Matteotti qui s’était élevé contre les fraudes électorales, les intimidations et les pressions lors des précédentes élections d’avril 1924[6] : « Je vous déclare ici en présence de cette assemblée et devant tout le peuple italien, que j’assume à moi tout seul la responsabilité politique, morale et historique de tout ce qui est arrivé… Si le fascisme n’a été qu’une affaire d’huile de ricin et de matraques, et non pas, au contraire, la superbe passion de l’élite de la jeunesse italienne, c’est à moi qu’en revient la faute !

Si le fascisme a été une association de délinquants, si toutes les violences ont été le résultat d’une certaine atmosphère historique, politique et morale, à moi la responsabilité de tout cela, parce que cette atmosphère historique, politique et morale, je l’ai créée par une propagande qui va de l’intervention dans la guerre jusqu’à aujourd’hui. »

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L’histoire jugera. Mais, la manière de revendiquer toute la responsabilité, comme si le Président était la seule source d’autorité, est profondément choquante au regard des traditions politiques et de la pratique de la République. La phrase prononcée par Emmanuel Macron subvertit, tant dans la forme que dans le fond, de manière tant directe qu’indirecte, l’ordre politique républicain actuel en France.

Une faute morale

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En aparté à cette réunion, Emmanuel Macron aurait alors déclaré : « qu’ils viennent me chercher »[7]. Mais, de qui parlait-il ? Des parlementaires de la France Insoumise qui souhaitent qu’il témoigne devant la commission d’enquête ? En réalité, on sait que ce n’est pas possible. Il suffit de regarder tant le texte de la Constitution que la pratique qui en a été faite. D’ailleurs, en vertu de l’article 67 de la Constitution, le Président de la République est irresponsable : « Le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68.

Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite. »

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La phrase d’Emmanuel Macron prend alors l’apparence d’une rodomontade, d’un défi sans risque. Ce n’est pas une attitude de Chef de l’Etat. Au mieux, c’est une attitude d’enfant en cours de récréation. On peut y voir le manque de sérieux qu’Emmanuel Macron porte tant à sa fonction qu’aux français. Quel que soit le bout par lequel on prend cette déclaration, elle apparaît bien comme une faute morale. Elle s’apparente aux mots qui furent prêtés à Marie-Antoinette : « ..s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ». On en connaît les suites.

Et si Emmanuel Macron devait être pris au mot, si les français se décidaient – dans un mouvement insurrectionnel ou révolutionnaire – à venir le chercher à l’Elysée, sa provocation aurait des conséquences véritablement incalculables. Après avoir subverti l’ordre constitutionnel, après avoir subverti l’ordre politique, son comportement nous conduirait aux portes de la guerre civile.

Notes

[1] https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-responsable-c-est-moi-declare-emmanuel-macron-face-a-la-majorite_2865345.html

[2] Car la Cité romaine n’est pas la ville, mais la communauté des citoyens. Cicéron, De res publica, (I-26-41). Voir Cicéron, La République, traduction d’Esther Breguet, T-1, Paris, Les Belles Lettres, 1980.

[3] http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank/pdf/conseil-constitutionnel-5074.pdf

[4] https://www.rtl.fr/actu/politique/qu-ils-viennent-me-chercher-de-qui-parle-emmanuel-macron-7794223998

[5] http://www.leparisien.fr/politique/benalla-a-finalement-touche-son-salaire-pendant-sa-suspension-25-07-2018-7833378.php

[6] http://www.gauchemip.org/spip.php?article8465

[7] https://www.rtl.fr/actu/politique/qu-ils-viennent-me-chercher-de-qui-parle-emmanuel-macron-7794223998

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-emmanuel-macron-et-le-mepris-de-la-republique-par-jacques-sapir/

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mardi 24 juillet 2018

Un rapport accablant dénonce l'état des routes de France

Nous avons pu consulter un audit externe, réalisé à la demande du ministère des Transports, qui stigmatise la dégradation du réseau routier géré par l'Etat. Pour régler le problème, il va falloir mettre la main à la poche.

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Dans un tweet du 10 juillet, la ministre des Transports, Élisabeth Borne, publie des photos du chantier du viaduc de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), sur l'A15. Le pont s'était affaissé le 15 mai, causant la fermeture de l'autoroute, qui n'est encore que partiellement rouverte. "Ces dégâts sur l'A15 sont emblématiques de la situation dont souffre notre réseau routier du quotidien, qu'on a laissé depuis des décennies se dégrader faute d'entretien suffisant", écrit la ministre. Elle s'appuie alors sur l'audit commandé par la Direction des infrastructures de transport du ministère à NiBuxs et IMDM, des bureaux d'études suisses.

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Consacré à "l'état du réseau routier national non concédé" - les 12.000 km d'autoroutes et de routes nationales gérées par l'État où circule 18,5 % du trafic français - il se penche aussi sur "la politique d'entretien de ce réseau". Les conclusions de cette étude conduite entre octobre 2017 et février 2018, discrètement mise en ligne sur le site du ministère il y a quelques jours, sont accablantes. En effet, 17% du réseau présente aujourd'hui un état de dégradation plus ou moins important, et 7% des autres infrastructures (ponts, tunnels) nécessitent des travaux de rénovation, venant conforter une préoccupation ancienne. En 2015, l'association 40 millions d'automobilistes lançait l'opération participative "J'ai mal à ma route", invitant les usagers à signaler les voiries les plus dangereuses sur Internet. Il existe désormais une application pour smartphone.

Il faudrait un milliard d'euros par an

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Selon Pierre Chasseray, délégué général de l'association, "47% des accidents de la route mettent en cause la qualité ou l'entretien des infrastructures routières". Pierre Fayolle a récemment alerté l'association. Tous les jours, il emprunte "la route du pavé de Meudon, entre Chaville et la N118, qui passe dans la forêt, extrêmement fréquentée", et de profonds nids-de-poule l'obligent à "zigzaguer" sur cette route à double sens. Il y a quelques semaines, il a eu un accident, une voiture a heurté son scooter. Depuis peu, les trous "ont été un peu colmatés avec du goudron, peint en rose, fluo la nuit". "Le nid-de-poule est l'étape presque ultime de dégradation, commente Pierre de Thé, porte-parole de la Fédération des routes de France. C'est comme si vous attendiez la carie pour vous brosser les dents." Parmi les nombreux signalements, la route de la Ferme à Paris, dans le bois de Vincennes, mise hors service tant elle était dangereuse. A travers la France, les exemples sont légion : le tunnel de la citadelle, à Besançon, sera fermé jusqu'au 20 août : son plafond s'effondrait ; la route départementale 1212 des gorges de l'Arly (Savoie) a dû subir des travaux d'urgence en raison des fortes intempéries de cet hiver.

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Les auteurs de l'audit constatent "un sous-investissement chronique en matière d'entretien routier". L'étude teste cinq scénarios budgétaires, sur vingt ans, dont l'un correspond au cadre défini pour 2018-2023, à savoir 800 millions d'euros par an : "Seul le scénario prévoyant une hausse substantielle des ressources financières permet de garantir la pérennité des niveaux de service." En clair, pour que les routes restent praticables, l'Etat va devoir payer environ un milliard d'euros par an, jusqu'en 2037. Sur les ponts routiers, l'audit est particulièrement inquiétant : "Aucun scénario ne permet le maintien de l'état actuel du parc d'ici vingt ans." A l'heure actuelle, sur les 12.000 ponts que compte le réseau national non concédé, un tiers nécessite des réparations. "En France, un pont par jour disparaît de la liste des ponts sécurisés", indique Christian Tridon, du Syndicat des entrepreneurs spécialistes de réparation et de renforcement des structures.

Des voiries en mauvais état faute d'entretien

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Hervé Maurey, sénateur de l'Eure et président de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, est ravi de cette "prise de conscience des pouvoirs publics". "L'état des routes est quelque chose dont on s'était peu préoccupé, on a voulu tirer la sonnette d'alarme pour que ça ne devienne pas comme le ferroviaire. C'est une situation d'urgence que l'on découvre." Pourquoi ces années d'incurie sur les routes de France? "C'est facile : quand on a besoin de boucler un budget, on rabote sur l'état du réseau, poursuit le sénateur. C'est de la mauvaise politique, car plus on tarde à investir, plus les investissements seront importants. C'est comme si quelqu'un disait dans une maison : “La toiture n'est pas ma priorité, je préfère refaire le papier peint.”"

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Pour Pierre de Thé, pas de mystère : si les voiries sont en si mauvais état, c'est faute d'entretien : "Les entreprises de maintenance des routes ont perdu 30% de leur chiffre d'affaires en sept ans! Les départements font face à des dépenses sociales qui augmentent, des dotations qui baissent ; ils font des choix." Tout comme l'Etat : "Il faut que l'argent des routes revienne à l'entretien des routes. Les investissements, tous intervenants confondus, sont passés de 15,5 milliards en 2010 à à peine plus de 12 en 2017." L'audit pointe le mauvais état du réseau national, mais Hervé Maurey n'oublie pas les routes départementales : "Quand je circule dans l'Eure, il y a des portions où on ne risque pas de dépasser les 80 km/h!"

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Tous les professionnels de la route attendent la loi d'orientation des mobilités, qui devrait être présentée en Conseil des ministres à la rentrée, puis sa traduction budgétaire dès la loi de finances pour 2019, comme l'a indiqué Elisabeth Borne. "La clé, insiste Pascal Tebibel, du groupe Colas, leader mondial de la construction de routes, est que le coût de l'entretien curatif est vingt fois plus élevé que celui de l'entretien préventif." Mieux vaut prévenir que guérir, oui, mais ce stade est aujourd'hui dépassé.

https://www.lejdd.fr/societe/un-rapport-accablant-denonce-letat-des-routes-de-france-3716093

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Comment ça "Pour régler le problème, il va falloir mettre la main à la poche. " ?!!!!!!!
Mais nous payons des impôts pour que l'Etat entretienne nos routes !
ET puis, je croyais que c'était la vitesse qui était responsable des accidents !!!  S.R.

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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lundi 23 juillet 2018

Quel rôle de la mondialisation dans le démantèlement de l’État social ?

En établissant une concurrence internationale des salaires, des fiscalités et des niveaux de dividendes, le libre-échange développe-t-il les points forts de chaque économie ou accroît-t-il les inégalités ? L’économiste Dany Lang et l’essayiste Aurélien Bernier sont les invités des Chroniques de Jacques Sapir.

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Le lien entre mondialisation et remise en cause des protections sociales, tracé d’ordinaire par les critiques hétérodoxes du capitalisme, fait irruption de façon surprenante dans la « pensée dominante »: « La globalisation économique et financière fait disparaître les politiques redistributives. », écrit sans détour Patrick Artus, économiste de la banque d’affaires Natixis, dans une note publiée début juillet. En cause, le fait que pour attirer les investisseurs, les différents pays, mis en concurrence entre eux, nivellent par le bas les salaires et les impôts sur les entreprises, et par le haut les taux de rémunération des actionnaires. Autrement dit, la vieille règle du « mieux-disant, moins-coûtant ». La vision libérale traditionnelle, au contraire, veut que la libre circulation des capitaux et des marchandises crée une division des tâches à l’échelle internationale, qui développe chaque pays en renforçant ses domaines de spécialité. L’État social est-il mis en péril par le fonctionnement même de l’économie ? L’Union européenne peut-elle être une protection contre ce phénomène, ou n’en est-elle qu’un rouage ?

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Jacques Sapir et Clément Ollivier reçoivent Dany Lang, membre des Économistes atterrés et maître de conférences à Paris 13, et Aurélien Bernier, collaborateur du Monde diplomatique, ancien membre du conseil d’administration d’Attac.

Jacques Sapir rappelle l’histoire de l’État social moderne : « Il s’agit d’une extension et d’un dépassement de ce qu’on appelle le système beveridgien, du nom de l’économiste britannique William Beveridge. Ça consiste à dire que les grands risques ne doivent pas être couverts au niveau de l’entreprise, comme c’était déjà le cas en Allemagne depuis la fin du 19ème siècle avec les lois Bismarck, mais au niveau de l’État : les trois grands risques sont la maladie, l’invalidité et la vieillesse, et on y rajoute le chômage, même s’il est très souvent géré par une caisse différente. À partir de 1945, ce qui se passe dans les pays d’Europe occidentale, c’est que même les capitalistes comprennent qu’ils peuvent réutiliser des instruments issus de l’économie de guerre, et une alliance se crée ainsi entre la question sociale et celle du développement économique. »

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Selon Dany Lang, « Depuis la chute du bloc de l’est, le capitalisme a de moins en moins besoin de la démocratie. À l’époque de l’Union soviétique, il y avait un face à face entre d’un côté la démocratie, doublée d’un État social, et de l’autre les dictatures communistes. Aujourd’hui, il n’y en a plus besoin depuis que le mur s’est effondré : on a un président qui représente les intérêts des plus riches, on nous explique en permanence qu’il n’y a pas le choix, que c’est la seule solution possible, que la globalisation nous impose ses politiques et que l’État social est obsolète. Avec Emmanuel Macron, on a atteint le point culminant de ce phénomène. Il y a en fait aujourd’hui un détournement de l’État social, avec une baisse des protections au profit d’une hausse des aides aux entreprises, par exemple les crédits d’impôts de François Hollande. C’est bien pour cela qu’on n’est plus dans le libéralisme mais dans le néolibéralisme. »

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Aurélien Bernier regrette que « L’Union européenne soit un rouage du libre-échange mondialisé, et même le tout premier rouage en ce qui nous concerne en France. L’UE s’est construite autour d’un marché commun, puis unique, et dès le départ un principe de libre-échange : d’abord entre les États membres puis vis-à-vis de l’extérieur. Les directives et traités successifs ont progressivement verrouillé le système, et on est aujourd’hui face à une construction politique toute entière vouée au libre-échange et à la libre concurrence, qui interdit de contrôler les capitaux, qui interdit le protectionnisme, qui interdit les déficits alors qu’ils pourraient servir à la relance, etc. D’un point de vue politique, ça pose une question particulière : l’UE est une construction politique qui n’existe nulle part ailleurs, et qui impose aux États membres un droit supranational. Pour les gens qui prétendent rompre avec la mondialisation néolibérale et reconstruire un État social, c’est un problème politique auquel aucun parti ne répond selon moi sérieusement. »

Source :

https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201807201037283903-mondialisation-etat-social-economie/

Voir la vidéo:

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Mondialisation et démantèlement de l’État social | JACQUES SAPIR | DANY LANG | AURÉLIEN BERNIER

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=uUSU-KzPHPc

https://aphadolie.com/2018/07/22/quel-role-de-la-mondialisation-dans-le-demantelement-de-letat-social/

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Soit on ne connait pas l'UPR au Monde Diplomatique, ce qui expliquerait pourquoi on ne lui donne jamais la parole..., soit Aurélien Bernier se moque du monde, car il utilise les arguments de l'UPR contre la stratégie de la France Insoumise (plan A-plan B).  On aurait aimé des réactions sur le plateau, mais non... Et on continue de faire croire que le fameux "Plan B" de Mélanchon serait une sortie claire de l'UE. Consolons nous avec un diagnostic partagé sur la supercherie de la promesse de "l'Europe sociale". Bienvenue au club!

Cela dit, pour le reste, la vidéo est très intéressante.  On notera particulièrement ce rappel: la mondialisation est le fruit d'un choix politique, elle n'est pas tombée du ciel !  P.G.

AUTRE EUROPE 14

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Crise des migrants : l’éternel retour des années 30

TRIBUNE LIBRE / OJIM

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Connaissez-vous le point Godwin et l’argument « reductio ad hitlerum » ? L’OJIM a présenté cette théorie et ce concept que l’on peut résumer de la façon suivante : très rapidement dans une conversation, votre interlocuteur coupe court au débat, en ramenant les arguments adverses à ceux du nazisme. La discussion est interrompue par une pirouette grossière, sans avoir à poursuivre la moindre véritable argumentation. Il n’y a alors plus de choix possible : il faut éviter la comparaison avec les « heures les plus sombres de l’histoire » et rejeter le mal absolu qui se présenterait à nous.

Par médias interposés, la deuxième guerre mondiale est souvent convoquée pour nous convaincre que la maitrise de l’immigration est assimilable aux atrocités commises durant cette période. L’argument massue aboutit à faire comprendre qu’il n’y a pas de débat : il s’agit de choisir le bien et de se détourner du mal. Illustration par les termes utilisés dans les médias.

Les rafles

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Quand des clandestins sub sahariens sont expulsés d’Algérie, il s’agit pour RFI d’une « nouvelle rafle de migrants ». Au camp de migrants du nord de Paris, Houssam affirme à Libération en 2016 que « depuis le 31 juillet, c’est la 26e rafle, on dénombre 4 000 interpellations et 439 obligations de quitter le territoire français ». En janvier 2018, le gouvernement belge tente d’éviter qu’un parc dans le centre de Bruxelles se transforme en Calais bis. L’Obs nous informe à ce sujet que «  des "rafles" anti-migrants ont lieu ». Faire respecter le principe de nationalité et renvoyer ceux qui sont illégalement sur le territoire constituerait donc une « rafle » de sinistre mémoire. CQFD.

Les camps de concentration

Des centres ont été mis en place en Europe afin de permettre l’instruction des demandes d’asile et de ne pas laisser s’installer des clandestins aux motivations économiques qu’il sera très difficile, voire impossible, de renvoyer dans leur pays. En Libye, de nombreux migrants attendent de rallier clandestinement l’Europe par la méditerranée. Ces freins à la libre circulation déplaisent fortement à des personnes parfois éminentes et des médias qui utilisent le vocable de « camp de concentration ».

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Concernant la situation en Europe, Mediapart faisait état dès août 2013 d’un « révolte dans un camp de concentration pour migrants en Grèce ». En avril 2017, Ouest-France nous informe que « le souverain pontife est revenu sur sa visite l’année dernière d’un camp de migrants installé sur l’île grecque de Lesbos ». « Le pape François fustige les "camps de concentration" pour migrants ».

Le 5 juillet, Marianne évoque la « prise de tête chez les bureaucrates allemands pour ne pas dire le mot "camp" ». « Alors que l'Allemagne se prépare à introduire des centres de rétention de réfugiés, le pays est renvoyé à son passé. (…) comment parler de ces centres à la frontière sans évoquer le mot "camp", qui rappelle trop les camps de concentration nazis de la Seconde guerre mondiale ? ».

Le Monde mentionne le 11 juillet les propositions du ministre de l’intérieur autrichien M. Kickl de regrouper les demandeurs d’asile de "manière concentrée". « Cette expression plus que malheureuse, rappelant les camps de concentration nazis, lui avait valu un rappel à l’ordre du président de la République, Alexander Van der Bellen ».

Concernant la situation en Libye, France Info est catégorique et titre un article : « la Libye est devenue une sorte de camp de concentration à ciel ouvert ». La question posée par le journaliste de la radio publique à un « chercheur spécialiste des flux migratoires » semble déjà contenir la réponse : « Pourquoi les pays européens sont-ils responsables de la situation des migrants en Libye ? ». En écho, le site Infomigrants nous informe que « les conditions de vie des migrants (sont) comparables à celles des "camps de concentration" ».

L’exode des migrants comparable à celui des juifs dans les années 30

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Le site Arrêts sur images s’interroge : « Des milliers de réfugiés sur les routes franchissant les montages pour passer les frontières, refoulés par des nations recroquevillées qui craignent la submersion. Il y a exactement 80 ans, jour pour jour, en juillet 1938 s'ouvrait la conférence d'Evian, qui devait s'achever sur un constat implacable : personne dans le monde ne voulait accueillir les Juifs persécutés par Hitler, ni les opposants politiques anti-nazis. Quelles ressemblances, quelles différences, entre deux époques (1938 et aujourd'hui), entre les deux traitements médiatiques des réfugiés d'hier et des migrants d'aujourd'hui? ».

L’Obs donne le 29 juin la parole à un des spécialistes préférés des médias quand il s’agit d’avoir un avis « autorisé » sur les migrants, François Héran. Le sociologue affirme : « Les derniers arrivés servent toujours de boucs émissaires ». Evoquant l’Aquarius, « je songe aussi au "Saint-Louis", parti de Hambourg en mai 1939 avec 963 juifs allemands et qui tente vainement d'accoster à Cuba, aux Etats-Unis et au Canada ».

La déportation

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La Provence reproduit le 9 juillet une déclaration du Président de la République : « Jamais la France n'acceptera les solutions de facilité que d'aucuns aujourd'hui proposent qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l'Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers" non admis en France ». Le site Infomigrants donne la parole à une ONG pro-migrants au sujet des morts sur la route de l’Europe. La « déportation » est également mentionnée : « tous ces décès sont le résultat de la militarisation des frontières de l’Union européenne (UE), des lois sur l’asile, et des politiques de détention et de déportation ».

Les crimes de masse

La Provence interviewe un universitaire au sujet de l'Aquarius. Celui-ci affirme de façon sentencieuse : « Le processus de déshumanisation permet au pire d'arriver ». « Ce type de tragédie alerte car, dans l'Histoire, il est souvent annonciateur de malheur pour tous. On voit bien le chemin qui peut être pris par nos sociétés. L'engrenage qui se nourrit d'extrémisme identitaire conduit à la déshumanisation et - le passé est là pour nous le rappeler - aux pires crimes de masse ».

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Le refus de l’Italie d’accueillir l’Aquarius pourrait donc selon l’universitaire aboutir aux « pires crimes de masse ». Pas un mot par contre sur le « pont migratoire » en méditerranée où les passeurs et les ONG ont chacun un rôle bien défini, avec des embarcations de plus en plus précaires transportant des clandestins et avec les morts qui s’ensuivent.

Chantage éthique

À lire les termes employés, on pourrait penser que l’Europe s’est barricadée dans une forteresse. Oubliés les 750 000 migrants accostés sur les côtes italiennes depuis 2010 cités par Le Figaro. Oubliés les 1,6 millions clandestins arrivés depuis 2015 par la mer en Europe cités par Boursorama sur la base de chiffres de l’UNHCR.

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Rafles, camps de concentration, exode, crimes de masse : tous ces mots sont empruntés à la deuxième guerre mondiale, sans qu’il soit nécessaire de l’évoquer. Leur usage converge dans une forme de chantage éthique visant à disqualifier toute opposition aux flux incontrôlés d’immigration. Ces mots clefs sont lancés comme des arguments d’autorité pour venir à bout des réticences. Pour ne citer qu’un exemple, l’Aquarius a croisé à proximité immédiate des côtes de pays africains sans que les médias évoquent la possibilité d’y accoster. Le silence des accusateurs patentés a été éloquent. L’Aquarius comparé au navire le Saint Louis ne pouvait avoir qu’une seule destination : l’Europe. A défaut, la décision de refuser qu’il accoste dans un pays européen aurait relevé du totalitarisme.

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Rares sont les commentateurs qui remettent en cause le bien-fondé de la « grande migration ». Parmi les quelques voix qui détonnent, on peut citer celle de l’historien Pierre Vermeren dans une récente tribune dans le Figaro : «  Il est exceptionnel que les victimes de la faim ou des catastrophes climatiques prennent la route, car la migration est un processus économique coûteux qui doit être financé (par les gouvernements, les familles ou les mafias). La migration concerne des individus plutôt aisés des sociétés en développement ». « Cette politique, qui est à l’œuvre en dépit des réticences de plus en plus marquées des peuples d’Europe, n’améliore vraiment ni le sort de l’Afrique ni celui de l’Europe ». « La mobilité des hommes rebaptisés « migrants » est un des rouages de la grande machine économique mondiale. C’est une explication de la promotion d’un modèle, meurtrier, qui favorise si peu le développement du continent africain ».

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Mais élargir le champ de réflexion aboutit à remettre en cause une lecture unique de la crise migratoire, avec d’un côté les « résistants » favorables à l’ouverture des frontières, et de l’autre les collabos qui prônent le repli sur soi. Un procédé binaire mais efficace. Julien Dray ne justifiait-il pas sur BFM TV l’usage du terme « rafle » pour qualifier les expulsions de clandestins de centres d’hébergement par le fait qu’« en France, on est obligé de faire le "buzz", d'employer des mots provocateurs pour être entendu ». Efficace pour faire le buzz, peut-être, adéquat, peut-être pas…

https://www.ojim.fr/crise-des-migrants-leternel-retour-des-annees-30/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-07-19

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L'approche binaire est aussi un procédé commode en Europe pour ceux qui ont besoin de se refaire une image après des décennies de démantèlements des acquis sociaux des peuples. Pratiquer l'inversion accusatoire et fustiger à bon compte le "populisme" pour incarner le "camp du Bien" est aussi très prisé dans les médias, parfois les mêmes qui vous expliqueront qu'on n'a pas les moyens de financer les budgets sociaux...   P.G.

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mardi 17 juillet 2018

CGT : l'illusion mortelle d'une issue européenne à la crise actuelle

TRIBUNE LIBRE / Publié le 4 juillet 2018 par FSC (Front syndical de Classe)

TL FSC LUTTES UE

le communiqué de la cgt :

GUERRE COMMERCIALE  Indistinctement les salariés en sont les premières victimes

jeudi 28 juin 2018

Sortie de l’accord sur le nucléaire iranien, taxes sur l’acier et l’aluminium, la politique de Trump oblige à s’interroger sur les conséquences de décisions et sur la capacité de la France et de l’Europe à développer une politique industrielle. Les seuls perdants d’une guerre économique seraient les travailleurs de tous les pays.

Il est nécessaire d’agir pour impulser la construction d’une réponse, en France et en Europe, qui parte de la satisfaction des besoins des populations et de la prise en compte des défis environnementaux. C’est le seul chemin pour bâtir la paix ici et ailleurs.
La mise en compétition des pays, la mise en concurrence des travailleurs font que la politique industrielle européenne est inexistante. C’est encore plus vrai pour la France dont l’obsession à offrir aux actionnaires des dividendes toujours plus élevés a conduit à des sous-investissements massifs dans l’appareil productif, la recherche, la formation, les qualifications, les salaires. Cela rend notre système productif encore plus sensible aux politiques des autres pays en la matière avec des répercussions directes sur l’emploi.
L’arme de justice extraterritoriale américaine a déjà servi à liquider certains de nos fleurons industriels. Le scandale d’Alstom et de la vente de la branche énergie à Général Electric revient sur le devant de l’actualité avec le piétinement par Général Electric de son engagement à créer 1000 emplois en France.
Nous sommes dans un affrontement qui dépasse les enjeux commerciaux à court terme.
Pour résister, il est nécessaire d’avoir une véritable politique industrielle pour notre pays et que la France joue son rôle pour impulser la construction d’une politique industrielle européenne qui fait cruellement défaut.

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Pour la CGT, le moment est venu d’une mise à plat des questions fondamentales :

clarification de la logique des échanges. Multilatéralisme maîtrisé. Ni , ni fermeture des frontières ;

remise en ordre du système monétaire international et fin du privilège du dollar. Mobilisation de la création monétaire en euro au service d’un nouveau développement ;

élaboration d’une politique industrielle européenne et nationale ouverte aux coopérations mutuellement avantageuses ;

prise en compte des intérêts sociaux et climatiques dans les échanges.

Mesures en faveur des pays les moins développés ;

fin du privilège juridique d’extraterritorialité de la législation américaine.

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Loin d’un repli, la mise en place de mécanismes de coopération ainsi que de filtres aux frontières de l’Europe pour « avantager » les produits correspondants à des normes sociales, environnementales, fiscales dignes de ce siècle et la vérité des prix pour favoriser les produits issus d’une économie réellement circulaire avec des circuits courts constitueraient une ébauche de réponse.
 Au final, il s’agit d’impulser une autre construction européenne, sociale, solidaire et démocratique avec l’intervention des citoyens, des travailleurs, pour peser dans le sens de l’intérêt des peuples.

Montreuil, le 28 juin 2018


 

Le récent communiqué de la direction confédérale à propos des décisions de Trump sur la sortie de l’accord nucléaire iranien et de ses conséquences  pose de sérieuses questions.

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Les conséquences de cette sortie de l’accord sont évidemment extrêmement néfastes ET sur le plan de la paix et de l’équilibre mondial ET sur le plan économique.

Mais qu’attendre de l’Union européenne ?

Que dans leur réponse ses dirigeants partent “de la satisfaction des besoins des populations et de la prise en compte des défis environnementaux“?

Qu’ils impulsent ” une autre construction européenne, sociale, solidaire et démocratique avec l’intervention des citoyens, des travailleurs, pour peser dans le sens de l’intérêt des peuples” ?

Allons donc !

Laisser croire que cela puisse advenir c’est entretenir des illusions mortelles dans le monde du travail!

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C’est oublier qu’à la fois la politique macronienne, celle de l’oligarchie en France et celle de l’Union européenne depuis sa fondation est structurée sur la mise en concurrence des travailleurs et des peuples, sur le organisé pour peser sur les salaires, les dépenses sociales, les dépenses publiques.

Et sur la guerre économique mondiale qui traverse aussi les puissances occidentales par ailleurs coalisées contre les puissances émergentes qui contestent leurs prétentions unilatérales!

La crise d’hégémonie états-unienne accentuant considérablement la pression US sur ses vassaux et alliés!

Le bradage d’Alstom sous chantage extra-territorrial à General Electric avec la bénédiction de Macron alors ministre de l’économie de Hollande, le retrait actuel d’Iran de PSA, de Total, d’Accor … montrent à l’évidence, derrière les protestations sur le comportement erratique et imprévisible de Trump, que les classes dirigeantes européennes et françaises se comportent en vassales du grand suzerain atlantique et que pour des raisons de classe elles ne l’affronteront pas!

En tout cas pas sur le terrain de la politique sociale!

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Simplement elles utilisent la conjoncture inédite actuelle pour pousser les feux vers une Europe fédérale, une Europe de la défense consacrant d’énormes moyens en dépenses militaires au détriment par conséquent des dépenses utiles aux populations.

La politique réactionnaire macronienne de remise en cause systématique de TOUS les conquis de la Libération est donc totalement intégrée à sa politique européenne!

Et c’est au nom de sa capacité à “réformer” la France qu’il se présente au niveau européen en champion d’une Europe régénérée!

Dans la situation actuelle, partir “de la satisfaction des besoins des populations et de la prise en compte des défis environnementaux” ne peut résulter que des  luttes autonomes des travailleurs sur leurs propres objectifs sociaux, en les liant à la bataille pour une alternative politique authentiquement au service des travailleurs et par conséquent en dénonçant et en combattant les choix et les orientations du pouvoir français comme de l’Union européenne au service exclusif de l’oligarchie!

La nécessaire remise en cause des privilèges du dollar, des prétentions extra-territoriales des États-Unis, la nécessaire mobilisation monétaire pour l’investissement, une véritable politique industrielle, la prise en compte des intérêts sociaux et environnementaux … ne résulteront pas d’une impossible réorientation européenne que ses institutions et ses traités verrouillés ne permettent pas et que ses classes dirigeantes accrochées à leurs privilèges ne laisseront pas faire, l’exemple grec en atteste, MAIS résulteront donc d’un rassemblement populaire lucide sur les enjeux à la construction duquel le mouvement syndical et la CGT en particulier doivent contribuer!

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/cgt-lillusion-mortelle-dune-issue-europeenne-a-la-crise-actuelle/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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La bataille pour dénoncer l'imposture de "l'autre Europe" se mène aussi sur le terrain social et syndical, et c'est une excellente nouvelle!   P.G.

AFFICHE UE CODE DU TRAVAIL OLIGARCHIE

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