vendredi 30 mars 2018

Qui est l'imame danoise reçue par Emmanuel Macron à l'Elysée après les attentats dans l'Aude ?

L'imame danoise Sherin Khankan, qui a ouvert la première mosquée 100% féminine d'Europe, a été reçue par le président le 26 mars à l'Elysée. Elle a loué «l'interprétation souple de la laïcité» d'un dirigeant qui «soutient le féminisme islamique».

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Le président français Emmanuel Macron a reçu le 26 mars à l'Elysée l'imame «féministe» Sherin Khankan, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur. Sherin Khankan est connue pour avoir fondé la mosquée Mariam de Copenhague, première mosquée d'Europe réservée aux femmes, inaugurée en 2017.

La réception d'une heure d'une femme rabbin et d'une imame était prévue à l'agenda de la présidence de la République. Hasard du calendrier, elle a eu lieu trois jours après les attentats perpétrés dans l'Aude par le terroriste islamiste Radouane Lakdim. Ces attentats n'ont pas été évoqués lors de l'entretien, selon les informations de l'Express.

Un «président sage» qui «soutient le féminisme islamique»

Selon Sherin Khankan, qui a communiqué sur Facebook après son entrevue présidentielle, Emmanuel Macron est un «président sage» qui «soutient le féminisme islamique» et voit la religion comme «une partie de la solution et non comme le problème».

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Dans un texte accompagné d'une photo, elle explique en outre que la France est un pays «connu pour sa séparation sans faille et inconditionnelle de la religion et de la politique» mais que le président Macron a, lui, «une conception plus souple de la laïcité». Sherin Khankan souhaite, par son «activisme», montrer que la religion, en l’occurrence l'islam, peut apporter une «contribution positive à la société». Elle estime de plus que la radicalisation peut être «une réaction au sentiment de non-appartenance à la communauté» enjoignant les «dirigeants du futur» à trouver des façons «d'inclure les minorités».

Lutter contre les «structures patriarcales de l'islam», la vocation de Sherin Khankan

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Sur Twitter, la porte-parole du parti Les Républicains (LR) a fustigé cette rencontre. «Au lendemain des attentats [de] Trèbes, Emmanuel Macron ne trouve rien de mieux à faire que de recevoir une imame danoise qui défend la supercherie du "féminisme islamique"», a ainsi tweeté Lydia Guirous. Elle a par ailleurs estimé «scandaleux» que Sherin Khankan «vante la souplesse du président Macron sur la laïcité en France».

Cette imame était conviée par le chef de l'Etat pour recueillir sa réflexion sur la meilleure manière, selon elle, d'améliorer le dialogue des civilisations et sur la place comme l'avenir de l'islam en Europe.

Désignée parmi les «100 femmes de l'année» en 2016 par la BBC, Sherin Khankan souhaite promouvoir, notamment en Occident, un dogme qui lutte contre «les structures patriarcales de l'islam». Auteur de La femme est l'avenir de l'Islam, paru en 2017, elle est la fille d’un père musulman syrien, ancien opposant à Hafez el-Assad, et d’une mère chrétienne finlandaise.

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Dans sa mosquée à Copenhague, Sherin Khankan s'occupe avec d'autres femmes de l'appel à la prière. Le vendredi, elle est uniquement réservée aux femmes. De nombreux mariages, parfois avec des partenaires d'une autre religion, y sont célébrés.

La Danoise, qui apparaît souvent dans les médias locaux, explique que la réaction de la communauté musulmane à son initiative de mosquée «féministe» a été majoritairement positive, rencontrant seulement une opposition «modérée» dans certaines franges. Mais selon elle, ces critiques proviennent de l’ignorance, la tradition de femmes imames existant depuis longtemps en islam. D'autres mosquées réservées aux femmes existent, notamment aux Etats-Unis, au Canada ou en Allemagne.

https://francais.rt.com/france/49254-imame-danoise-sherin-khankan-elysee-emmanuel-macron

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vendredi 12 janvier 2018

[RussEurope en Exil] La Laïcité, et les variations des ministres et de notre Président

TRIBUNE LIBRE/ Jacques SAPIR

Les déclarations de plusieurs ministres[1], et du Président de la République lui-même[2], ont remis sur le devant de la scène la question de la laïcité. Un reportage de TF1 sur la situation dans un quartier de Marseille a contribué, lui aussi, à ce que l’on se pose à nouveau le problème[3]. Notons, d’ailleurs, que la loi dite « El-Khomri » va poser cette question au sein des entreprises[4].

TL SAPIR BODIN LAICITE

J’ai publié, en 2016, un ouvrage dans lequel je traitais de cette question[5], et je suis intervenu à de multiples reprises sur mon carnet scientifique RussEurope, avant que ce dernier ne soit fermé par une mesure arbitraire et scandaleuse[6]. Mais, le débat actuel, s’il est nécessaire en raison de la remontée des intégrismes religieux, et en particulier de l’islamisme (ou « islam politique »), est rendu obscur, et parfois incompréhensible, par une série d’ignorances. Je voudrai ici en débusquer quelques unes.

  1. La loi de 1905 n’est pas « la laïcité »

C’est une confusion qui est souvent faite. Bien des gens, et même des ministres (qui sont sensés connaître la nature d’une législation) confondent le principe et la loi. Toute loi est l’application d’un (ou de plusieurs) principes dans des contextes particuliers et elle contient des commandements (ce qui est interdit et ce qui est autorisé) qui peuvent varier. Si l’on peut dire que la laïcité inspire la loi de 1905, cette dernière ne l’incarne nullement. D’ailleurs, le texte de la loi ne fait nullement mention du principe. En réalité, la loi de 1905[7], que fit voter Aristide Briand, met fin au Concordat et organise et codifie les règles de séparation entre l’église et l’Etat. Elle ne fait pas autre chose. C’était d’ailleurs, après les troubles du processus politique de « séparation », une loi de paix et de concorde civile.

Cette loi est donc utile, et doit être conservée. Mais, elle est aujourd’hui insuffisante, compte tenu des menaces qui pèsent sur l’application du principe de laïcité. Ceux qui disent « toute la loi de 1905, rien que la loi » se trompent, et ils se trompent par la confusion entre le principe mis en œuvre et les conditions de son application.

  1. La loi de 1905 n’est pas « anti-islam »

Un petit nombre de musulmans (que l’on peut qualifier d’islamistes ce qui en fait une catégorie séparée du reste des musulmans) prétend que la loi de 1905 viserait l’Islam et uniquement celui-ci. Or, au début du XXème siècle, la question de l’Islam était mineure dans la politique française. C’est donc très clairement un anachronisme. Rappelons que ce furent les congrégations catholiques qui furent visées, et que la loi de 1905 n’interdit nullement la construction de la grande mosquée de Paris (dans les années 1920). Mais, il est clair que les religions chrétiennes et juives se sont accommodées de cette loi. Si les islamistes disent aujourd’hui que celle-ci est « anti-Islam », et s’ils construisent un conflit particulier autour de cette loi de 1905, c’est bien parce qu’ils sont sur une position de rupture par rapport à tout ce qui évoque la laïcité, même de loin. Et cela montre que leur conception de l’Islam est clairement incompatible avec la culture politique française[8].

  1. La laïcité n’est pas la liberté de conscience

Un certain nombre de responsables politiques ont prétendu que la liberté de conscience et la laïcité étaient la même chose. C’est faux, et c’est une dangereuse erreur. La première fois où l’on parle de « liberté de conscience » en France c’est au cours des guerres de religion[9]. Il n’est alors nullement question de « laïcité ». La liberté de conscience signifie simplement que chaque individu est libre de penser ce qu’il veut, ce qui constitue naturellement un progrès, mais reste en deçà de la notion de laïcité.

La laïcité n’est pas non plus la tolérance, même si elle s’inspire d’un principe de tolérance[10]. La tolérance peut-être plus directement rattachée aux valeurs individuelles qu’il est bon de cultiver.

Si la laïcité n’est ni la liberté de conscience, ni la tolérance, c’est qu’elle est un principe d’organisation de l’espace public. C’est elle qui permet à un peuple traversé de croyances multiples de pouvoir se constituer en une communauté politique, et cela sans aucune relation avec l’ethnicité ou la langue. C’est la laïcité qui permet le passage du peuple à la Nation. Ce que dit et fait la laïcité c’est de renvoyer à la sphère privée (qu’il ne faut pas confondre avec la sphère individuelle) la question des croyances religieuses. Il n’est pas anodin que l’un des grand penseur de la souveraineté, Jean Bodin, qui écrivit au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit un traité sur la laïcité[11]. En fait, on voit très vite apparaître le lien avec la souveraineté.

Cette dernière implique la définition d’un souverain. Une fois qu’il est établi que la « chose publique » ou la Res Publica est le fondement réel de ce souverain, comme nous y invite Jean Bodin, on doit définir le « peuple » qui exercera, soit directement soit par l’entremise de formes de délégation, cette souveraineté. Dès lors, obliger à nous définir selon des croyances religieuses, des signes d’appartenances, aboutit en réalité à briser le « peuple ». C’est la logique du communautarisme qui s’oppose de manière radicale à la notion de souveraineté du peuple. S’il existe un lien logique entre la démocratie et la souveraineté, de même existe-t-il un lien logique entre la souveraineté et la laïcité, car cette dernière, mettant hors de l’espace public la dispute entre religions permet de se réunir autour du Res Publica.

  1. Athéisme, anticléricalisme et laïcité

La laïcité est présentée par ses ennemis comme une forme d’athéisme (le fait de ne pas croire en Dieu), voire comme une forme d’anticléricalisme (la détestation des églises). C’est une erreur profonde, et bien souvent en réalité un artifice conçu pour dénigrer et déconsidérer le principe politique de laïcité.

Il convient dès lors de rappeler que l’on peut être catholique ET laïque. D’ailleurs Jean Bodin, le père de la laïcité moderne, était lui-même un fervent catholique. John Locke, qui est aussi associé à l’émergence de la laïcité, était initialement calviniste avant de s’orienter vers le Socinisme[12]. Être athée n’implique nullement être anticlérical. Nombre d’anticléricaux célèbres, dont le « petit pères » Emile Combes, étaient en réalité déistes (Combes était un ancien séminariste[13]). La loi de 1905, qui ramena le calme après les troubles de 1903 et 1904, résulte non des efforts de Combes mais des travaux de la commission Buisson-Briand, Fernand Buisson étant un protestant et Aristide Briand un athée tolérant. La laïcité n’a donc rien à voir ni avec l’athéisme ni avec l’anticléricalisme. C’est un principe organisateur de l’espace politique, et c’est en cela que la laïcité est essentielle. Mais, ce principe politique, par contre, s’oppose radicalement aux interprétations littérales de toutes les religions et à la tentative d’instrumentaliser le sentiment religieux à des fins politiques.

  1. Les principes politiques sont différents des valeurs individuelles.

La confusion est ici extrême car de nombreux politiques usent du terme des « valeurs » alors qu’ils devraient en réalité parler des « principes ».

Rappelons ici que chaque individu a des valeurs dans lesquelles il croit, qu’il s’agisse de croyances religieuses ou philosophiques. Il est impossible de ne pas croire (et si certains veulent y voir la « preuve » de l’existence de Dieu, que grand bien leur fasse) car tout ne peut être démontré. Mais, ces croyances, qui sont multiples et diverses, ne sont pas pour autant des règles d’organisation de l’espace public. Ces règles, comme l’égalité de tous devant la loi et bien entendu le cantonnement des croyances à la sphère privée, sont nécessaires à la constitution d’un espace de débat et de conflit d’où sont issus les institutions. D’autres règles peuvent aussi s’imposer, comme la question du respect de l’autorité, de ne pas discuter sans cesse des mêmes questions[14]…Ces principes sont importants, mais ils sont d’une nature inférieure aux précédents. Les premiers permettent la constitution de l’espace politique public alors que les seconds visent à en optimiser le fonctionnement. On peut admettre un débat sur les seconds mais les premiers, eux, ne sont en débat que dans la mesure où l’existence même de l’espace public peut être en débat. Nous sommes donc en présence de deux niveaux distincts, la constitution d’un espace public et son mode d’organisation. Les valeurs individuelles ont une influence sur les principes, ou plus précisément sur notre classement de ces derniers, mas ne sont pas réductibles à ceux-ci.

Il convient ici de comprendre que si la souveraineté doit être dite, en son essence, puissance profane, c’est parce qu’elle ne repose pas sur une loi de nature ou une loi révélée. De ce point de vue, Jean Bodin anticipe sur Spinoza qui écrira lui aussi que « la nature ne crée pas le peuple », autrement dit qu’il est vain de vouloir imaginer une origine « naturelle » à l’ordre social. Cet ordre social et politique ne procède pas de la loi divine ni pour son origine ni pour son fondement. Si le Prince pour Jean Bodin est « image » de Dieu, il ne tient pas pour autant son pouvoir de Dieu[15]. La distinction entre le monde symbolique et le monde réel est désormais acquise.

  1. Des « lois des hommes » et des « lois de Dieu ».

L’un des points les plus dangereux dans la rhétorique islamiste est la contestation des « lois des hommes » au nom d’un principe supérieur qui serait la loi divine. On voit bien ici le piège. Si l’on prétend que les « lois des hommes » sont incontestables, il nous faut alors supposer que le législateur est à la fois « bon » et omniscient par nature. Et la critique contre ces hypothèses a été faite par Carl Schmitt il y a près d’un siècle[16]. On tombe alors dans le fétichisme de l’état de droit, qui a été clairement dénoncé par David Dyzenhaus[17]. Mais, si l’on admet que les « lois des hommes » sont contestables, comment éviter de réintroduire la question de la religion dans l’espace politique ?

Si l’on estime, comme Hans Kelsen, qu’il existe un système de « lois naturelles » qui seraient propre à la condition humaine, servant alors de normes pour le droit des États, alors on se rapproche dangereusement du raisonnement des intégristes religieux. C’est le principe de la norme hypothétique fondamentale, dite aussi la Grundnorm (Grund désignant le fondement). On est ici en présence d’une norme de nature logico-transcendantale[18]. Mais, les thèses de Kelsen sont loin de faire l’unanimité et il lui est reproché, non sans raison, un positivisme juridique[19] qui aboutit à un aplatissement des principes du droit.

En effet, la conception de la « nature » spécifique humaine, même si elle a des fondements dans la pensée antique[20], n’est en réalité propre qu’au christianisme[21]. Pour le christianisme l’homme et au sommet de la Création[22], car il a été fait à l’image de Dieu. La distinction vis-à-vis des animaux est nette et elle se caractérise par le concept de l’« âme », qui est vue comme « l’esprit employant le Verbe » des Évangiles, et non comme un principe vital de toutes les créatures. Cette séparation radicale entre humanité et animalité a été vigoureusement critiquée, par Claude Lévi-Strauss en particulier[23] : « Jamais mieux qu’au terme des quatre derniers siècles de son histoire l’homme occidental ne put-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il refusait à l’autre, il ouvrait un cercle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d’un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l’amour-propre son principe et sa notion ».

Or, le propre de l’homme n’est pas d’avoir créé la société, mais de pouvoir en transformer les règles. Cela implique à l’évidence une définition « faible » et une définition « forte » de la culture[24]. Pascal Picq, dans un ouvrage collectif consacré à Qu’est-ce que l’Humain précise cela par la citation suivante : «L’humain est bien une invention des hommes, qui repose sur notre héritage historique partagé, mais n’est pas une évidence pour autant. Homo sapiens n’est pas humain de fait »[25].

On pourrait dire, en d’autres termes, que l’homme s’est en réalité constitué, voire « construit » lui-même, progressivement, au contact de ses semblables. Maurice Godelier écrit ainsi très justement dans un ouvrage de 2004: « Si les hommes n’ont pas pu se donner à eux-mêmes la vie en société, ils ont pu, à la différence des autres primates, transformer leurs façons de vivre en société, inventer de nouvelles formes de société[26] ».

Il convient alors de penser la contestation des « lois humaines » d’un point de vue « des hommes » et non de celui de principes « supra-humains ».

Ceci pose directement la question de l’existence de la Tyrannie. On appelle Tyrannie tout pouvoir illégitime sans la confondre avec la Dictature. Cette dernière est en réalité partie prenante de l’espace démocratique. Une dictature est un pouvoir légitime mais non légal, dont le but est justement de rétablir un ordre légal qui soit légitime. C’est, par exemple, le cas de la France Libre[27]. A l’opposé, une tyrannie est un pouvoir qui peut être légal (cas du Tyrannus ab Exercitio) mais qui est dépourvue de toute légitimité, par exemple par l’usage qu’il fait des normes légales. Cela correspond tout à fait au régime de Vichy. Cette distinction fait alors apparaître la centralité de la notion d’ordre démocratique. Il est une réponse au fait que la coordination de décisions décentralisées, dans une société répondant au principe d’hétérogénéité, implique que des agents ayant des positions inégales se voient mis dans une position formelle d’égalité. Le couple contrôle/responsabilité résulte ainsi du principe de densité; il en est une manifestation.

Il implique alors que le peuple soit identifié à travers la détermination d’un espace de souveraineté. C’est pourquoi l’ordre démocratique implique des frontières (qui est responsable de quoi), mais aussi une conception de l’appartenance qui soit territoriale (le droit du sol). L’absence de frontières, l’indétermination de la communauté de référence, découplent le contrôle de la responsabilité. Cet ordre démocratique doit être capable de penser l’articulation entre les principes de légitimité et de légalité hors de toute référence religieuse et permettre de gérer les conflits qui naissent de l’hétérogénéité sans aboutir à des logiques de ségrégation.

De la souveraineté du peuple découlent trois principes qui fondent le droit de l’ordre démocratique. On peut formuler ces derniers de la manière suivante:

  • (I). Nul ne peut prétendre au contrôle sans endosser une responsabilité des actes issus de son contrôle. La garantie que tous accordent au contrôle de un s’accompagne de la responsabilité de un devant tous. La souveraineté nationale est alors le garant ultime de l’exercice de nos droits, comme l’exprimait la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de la Constitution de 1793.
  • (II). Nul ne peut fixer seul un mode de coordination, ou inversement exclure de ce mode certaines formes ou certains participants de la communauté. C’est là la conclusion logique qu’il faut tirer de l’hypothèse de connaissance imparfaite. Les discriminations fondées sur l’être de l’individu ou sur son origine sont par nature nulles et non avenues. Aucun système politique, qu’il soit local ou national, ne peut être fondé sur des différences ethniques, culturelles, religieuses, sexuelles ou autres car ces différences ne sont pas du ressort du choix des individus.
  • (III). Nous avons tous, au sein d’une même communauté qui ne peut être que territoriale, le même droit à participer à la constitution, intentionnelle ou non, des modes de coordination.

On comprend, dès lors, pourquoi la laïcité, en cela qu’elle permet l’organisation d’un espace politique commun, est tout à fait indispensable à l’ordre démocratique.

  1. Laïcité et « signes extérieurs ».

Il convient, enfin, de séparer les principes de leur mode d’application. Sur les principes, la reconnaissance des deux sphères de la vie des individus et l’appartenance de la religion à la sphère privée, il n’y a pas à transiger. C’est bien dans une exclusion de la place publique des revendications religieuses et identitaires que pourra se construire la paix civile. Si la communauté politique a besoin d’une escalade en symbolique, cette dernière doit se faire en évitant soigneusement le registre du religieux tel que nous le concevons aujourd’hui après les religions transcendantes. Ce registre est désormais un piège pour qui veut construire du social. Quant aux conditions d’application de ces principes, il est clair qu’ils doivent faire la place aux traditions et à la culture d’une société.

Les signes religieux, dès lors qu’ils relèvent du prosélytisme ou de la provocation dans la sphère publique, doivent être interdits[28]. Il convient, ici, de se rappeler les mots écrits par John Locke, dans son Essai sur la Tolérance : « «Il est dangereux qu’un grand nombre d’hommes manifestent ainsi leur singularité quelle que soit par ailleurs leur opinion. Il en irait de même pour toute mode vestimentaire par laquelle on tenterait de se distinguer du magistrat et de ceux qui le soutiennent ; lorsqu’elle se répand et devient un signe de ralliement pour un grand nombre de gens…le magistrat ne pourrait-il pas en prendre ombrage, et ne pourrait-il pas user de punitions pour interdire cette mode, non parce qu’elle serait illégitime, mais à raison des dangers dont elle pourrait être la cause?»[29]. L’amour que l’on doit avoir pour la liberté individuelle n’interdit nullement, que dans certains contextes, le pouvoir politique puisse procéder à une interdiction, au nom de l’ordre public.

John Locke (ci- contre)

Il convient aussi de rappeler que la provocation religieuse est aujourd’hui interdite par la loi de 1905. En effet, quand l’appel à provocation est le fait d’un religieux ou qu’il se produit sur un lieu de culte, il tombe sous le coup de la loi, ainsi que le précise l’article 35 de la loi de 1905 :« Article 35 :
Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile »[30].

Il convient donc de rappeler ici le contexte général :

  • (a) La France fait l’objet de tests de la part d’une petite minorité qui cherche à imposer une discrimination visible à la fois entre ce que cette minorité considère comme des « bons » et des « mauvais » pratiquants de sa religion mais aussi une discrimination visible entre homme et femme. Le vêtement est ici clairement un prétexte à stigmatisation de la part d’une minorité à l’encontre d’une majorité.
  • Le port d’un certain type de vêtements s’inscrit aujourd’hui clairement dans un projet politique d’affirmation explicite d’un culte et de prosélytisme de ce dernier sur la voie publique. A cet égard, il est donc clair que nous sommes en présence d’une affirmation agressive d’une religion par rapport à l’espace public.

Cette volonté d’imposer une discrimination visible s’inscrit dans une affirmation identitaire de nature communautariste. On voit que si l’on cède sur ce point ressurgiront immédiatement d’autres revendications comme celles de non-mixité ou de refus de certaines disciplines à l’école. Il est, de ce point vue, étonnant (ou pas…) qu’une certaine « gauche » dénonce (et avec raison) les revendications identitaires quand elles proviennent d’une certaine aile de l’arc politique mais accepte celle émise par une fraction, clairement extrémiste, se réclamant de l’Islam.

L’habillement est déjà soumis à des règles, qu’elles soient dites « de mœurs » ou « d’ordre public ». Ainsi, il est interdit de se promener en ville en maillot de bain, de même que l’affichage d’un prosélytisme outrancier est strictement réglementé. Il convient de rappeler l’existence de ces règles. Il faut alors rappeler que l’interdiction du port d’un vêtement n’est pas le symétrique de l’obligation de porter un type spécifique de vêtement. En effet, une personne peut porter des milliers de types de vêtements. Le fait de ne pas pouvoir en porter un ne lui ôte pas la possibilité de porter les autres. De ce point de vue les comparaisons faites entre l’interdiction du « burkini » (ou de la « burqa ») et l’obligation faite par les hitlériens du port de l’étoile jaune ne sont pas simplement stupides, elles sont aussi injurieuses pour la mémoire des victimes de la persécution nazie.

Ces motifs laissent à penser qu’une loi pourrait donc être prise, condamnant le port de vêtements qui constituent, dans le contexte actuel, de véritables manifestes politico-religieux. Cela n’implique pas d’aller au-delà. La loi, tout comme la tradition républicaine, tolère les signes d’appartenance religieux que l’on qualifiera de « discrets » tout comme elle distingue les habits des ministres des cultes de ceux du tout venant. Si une loi devait donc être prise, il conviendrait qu’elle respecte cette tradition.

Jacques Sapir

Notes

[1] Par exemple Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur : https://www.la-croix.com/Religion/Laicite/Laicite-Frederique-Vidal-ministre-lenseignement-superieur-corrige-propos-2018-01-08-1200904334?from_univers=lacroix

[2] Comparer ses déclaration durant la campagne présidentielle (http://www.lefigaro.fr/politique/2016/10/18/01002-20161018ARTFIG00411-macron-defend-sa-vision-de-la-laicite.php ) et après (https://www.lesechos.fr/politique-societe/emmanuel-macron-president/030985832498-macron-avance-a-pas-prudents-sur-la-laicite-2136575.php)

[3] https://tv-programme.com/journal-de-tf1_emission/replay/ecole-primaire-quand-la-laicite-recule_5a52c3c3b1b3f

[4] https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/loi-travail-nouvelles-querelles-autour-de-la-laicite_1814228.html ainsi que https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/tout-est-politique/tout-est-politique-emmanuel-macron-et-la-laicite-c-est-le-silence-et-lambiguite_2532485.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

[5] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, ed. Michalon, 2016.

[6] Voir, en particulier, http://russeurope.hypotheses.org/5207 et http://russeurope.hypotheses.org/5212

[7] Dont le texte se trouve ici : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000508749

[8] http://avcparcours1combattant.over-blog.com/2018/01/chantal-delsol-le-probleme-religieux-vis-a-vis-de-la-laicite-est-specifique-aux-musulmans.html

[9] Voir, Weiss N., La Chambre ardente; étude sur la liberté de conscience en France sous François Ier et Henri II (1540-1550), Paris, Fischbacher, 1889 et L’édit de Baulieu (6 mai 1576) appelé aussi la Paix de Monsieur, en raison de l’influence du frère d’Henri III sur cette paix reconnaissant le culte protestant et en lui accordant de nombreuses garanties. Voir, http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification/edit_07#art_07_06

[10] Lecler J., Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, Paris, Albin Michel, 1994.

[11] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591.

[12] Waldron J., God, Locke and Equality, Londres, Cambridge University Press, 2002

[13] Merle G., Emile Combes, Paris, Fayard, 1995

[14] Holmes S., “Gag-Rules or the politics of omission”, in J. Elster & R. Slagstad, Constitutionalism and Democracy, op.cit., pp. 19-58.

[15] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993

[16] Schmitt C., Légalité, Légitimité, traduit de l’allemand par W. Gueydan de Roussel, Librairie générale de Droit et Jurisprudence, Paris, 1936; édition allemande, 1932

[17] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991

[18] Kelsen H., Théorie générale des normes, (traduction d’Olivier Beaud) PUF, 1996, Paris.

[19] A. Hold-Ferneck, H. Kelsen, Lo Stato come Superuomo, un dibattito a Vienna, édité par A. Scalone, Il Mulino, Turin, 2002

[20] Cicéron, De Republica, III, § XXII, 33 édition Gallimard, Paris, 1994

[21] Lactance, Institutions divines. Livre I ; introduction, texte critique, traduction par Pierre Monat. Paris : Éditions du Cerf, 1986.

[22] Saint Paul, Première épître aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 23. Voir : Serres, M. P. Picq, J-D. Vincent, Qu’est-ce que l’Humain, Ed du Pommier et de la Cité des sciences, Paris, 2003.

[23] Levy-Strauss C., Anthropologie Structurale, Paris, Plon, 1958.

[24] Godelier, M., « Quelles cultures pour quels primates, définition faible ou définition forte de la culture ? », in Ducros A., Ducros J. & F. Joulian, La culture est-elle naturelle ? Histoire, épistémologie et applications récentes du concept de culture, Paris, Errance, 1998, p. 217-222.

[25] Picq P., « L’humain à l’aube de l’humanité » in Serres, M. P. Picq, J-D. Vincent, Qu’est-ce que l’Humain, op.cit., p. 64.

[26] M. Godelier, Métamorphoses de la Parenté, Paris, Fayard, 2004, p. 469.

[27] Cartier E., La transition constitutionnelle en France (1940-1945). La reconstruction « révolutionnaire » d’un ordre juridique « républicain », LGDJ, col. Droit public, Paris, 2005, 665 p.

[28] Je reprends ici une partie de ce que j’écrivais en 2016 sur mon carnet RussEurope : http://russeurope.hypotheses.org/5182

[29] Locke J., Essai sur la Tolérance, Paris, Éditions ressources, 1980 (1667)

[30] http://russeurope.hypotheses.org/5204

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-la-laicite-et-les-variations-des-ministres-et-de-notre-president-par-jacques-sapir/

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"En effet, la conception de la « nature » spécifique humaine, même si elle a des fondements dans la pensée antique[20], n’est en réalité propre qu’au christianisme[21]. Pour le christianisme l’homme et au sommet de la Création[22], car il a été fait à l’image de Dieu. La distinction vis-à-vis des animaux est nette et elle se caractérise par le concept de l’« âme », qui est vue comme « l’esprit employant le Verbe » des Évangiles, et non comme un principe vital de toutes les créatures. Cette séparation radicale entre humanité et animalité a été vigoureusement critiquée, par Claude Lévi-Strauss en particulier[23]:"

Ce passage mérite à mon avis d'être largement discuté, voire contesté, car l'origine antique me semble ici minorée; par ailleurs, d'autres sources gnostiques ne sont pas évoquées. Le débat est ouvert...  P.G.

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mercredi 27 décembre 2017

La venue dans une université d'Houria Bouteldja, accusée de «racialisme», fait scandale

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J'avais loupé cet épisode, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, comme disait ma grand- mère. P.G.


 

L'invitation de la porte-parole du PIR à Limoges s'est accompagnée d'une vive polémique. RT France a interrogé l'université, qui se dit «contre la censure», mais aussi les opposants de la militante qui la jugent «islamiste, homophobe et antisémite».

ACT BOUTELDJA LAICITE

Son livre, Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l'amour révolutionnaire (La Fabrique Editions)a fait scandale en 2016. Si elle se présente comme une militante antiraciste, Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République (PIR) se voit régulièrement accusée dans les médias d'être «racialiste» et de considérer l'appartenance ethnique comme la principale cause d'oppression.

Invitée à débattre lors d'un «séminaire d'études décoloniales» à l'université de Limoges ce 24 novembre, sa venue fait polémique. L'association de défense de la laïcité Printemps républicain a notamment dénoncé sur Twitter «un moyen de faire la promotion des thèses racialistes».

Fatiha Boudjahlat, cofondatrice d'une autre association de défense de la laïcité, Viv(r)e la République, déclare à RT France : «On ne crée pas du débat en invitant une militante [Houria Bouteldja] qui est indigéniste, islamiste, homophobe et antisémite, qui n'a personne pour lui donner la réplique, qui n'a personne pour contre-argumenter. L'université s'encanaille à rencontrer quelqu'un d'aussi sulfureux.»

L'université de Limoges, elle, tente de se justifier. «Comme toutes les universités, nous ne partageons pas les valeurs de l'intéressée [...] Mais, étant donné qu'Houria Bouteldja n'a jamais été condamnée, on se voyait mal la censurer. Il nous a semblé plus opportun d'ouvrir la parole plutôt que de la censurer», explique à RT France le cabinet du président de l'établissement.

Fatiha Boudjahlat réplique : «Quelle censure ? Ils sont dans le discours unique. C'est une tribune ouverte, ce n'est pas un débat. Houria Bouteldja est invitée en tant que personne experte, à quel titre ? Au nom de son bouquin qui est antisémite ? Hors de question que l'Etat finance ses ennemis de l'intérieur ; hors de question ! L'université c'est le débat mais lorsqu'on entend qu'un seul son de cloche, où est le débat ?»

Une discussion sur son livre avec des chercheurs de l'établissement doit pourtant avoir lieu après la prise de parole d'Houria Bouteldja. Ainsi, la faculté des lettres et des sciences humaines propose d'aborder les thématiques de «la race, le féminisme décolonial, le racisme d'Etat» ou encore «l'islamophobie». Sur ces sujets, l'écrivain a des positions bien tranchées, elle qui considère dans une tribune du 11 mars 2015, publiée sur le site des Indigènes de la République : «Il est important d’identifier le lieu de production du racisme : l’Etat-Nation impérialiste [...] On ne peut pas comprendre le racisme républicain, si pour la survie de l’Etat-Nation, on ne comprend pas la nécessité pour lui d’élire un corps de privilégiés, les Blancs, et de distribuer le pouvoir et la richesse en fonction notamment de critères raciaux. Autrement dit, il faut comprendre l’existence du "salaire de la blanchité".»

La direction de l'université, quant à elle, semble gênée par la polémique. Si la communication autour de ce colloque a dans un premier temps été publique, avec un affichage sur le site de la faculté, le cabinet de la direction avoue avoir été «pris de court».

Toutefois, pour éviter un rétropédalage et assumant la présence d'Houria Bouteldja, l'institution a décidé de maintenir le «colloque privé», tout en supprimant sa publicité sur internet. Par cette démarche, Fatiha Boudjahlat estime pourtant que l'université enfreint volontairement le caractère scientifique qu'est supposé revêtir le colloque.

«Ces universitaires sont dans le mensonge. Houria Bouteldja est invitée en tant qu'experte mais elle n'est experte de rien alors que le colloque est censé être dans un cadre universitaire de recherche. Qu'ils invitent des militants laïcs !», déclare-t-elle.

Un entrisme de l'islamisme dans le milieu universitaire ?

Remontée, Fatiha Boudjhalat pointe le danger islamiste qui menacerait les milieux universitaires, notamment dans les sciences sociales.

«Il suffit de regarder comment Tariq Ramadan a obtenu sa thèse», lance-t-elle avant de s'en prendre aux «directeurs de thèse aussi impliqués, aussi militants que [Directeur de recherche à l'Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman] François Burgat qui soutiennent la thèse de Nabil Ennasri sur [le théologien proche des Frères musulmans Youssef] Al Qaradawi, interdit dans plusieurs pays pour ses appels à tuer les juifs, à tuer les apostats», ou encore à «des militants politiques qui se font passer pour des ONG et des experts». «Cet entrisme à l'université est terrible et c'est une réalité», conclut Fatiha Boudjhalat.

Le 3 octobre, l'université Lyon 2 a aussi été la cible de critiques pour avoir tenté l'organisation de conférences sur l'islamophobie avec une discussion sur «l'islamophobie d'Etat». Des association comme le Comité Laïcité République (CLR), le Printemps républicain ou la Licra étaient montés au créneau, dénonçant la présence de membres controversés appartenant au Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et à la Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI). Un «colloque laïcophobe» pour le CLR et la Licra, un «colloque plein d'intervenants islamistes sous couvert académique» selon le Printemps républicain. Face à la contestation, Lyon II avait alors annulé l'événement.

Sollicitée par RT France pour commenter la polémique, Houria Bouteldja n'était pas joignable dans l'immédiat.

https://francais.rt.com/france/45820-venue-dhouria-bouteldja-indigenes-republique-cree-polemique-universite-limoges

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Diplômé de l'université de Rennes, l'imam controversé de Brest pourra devenir «référent laïcité»

L'imam controversé, connu pour des prêches radicaux, a été récompensé par un diplôme universitaire à Rennes, lui permettant de devenir «référent laïcité» dans divers domaines professionnels et associatifs. Des commentateurs s'en sont scandalisés.

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Il a défendu un islam ultraconservateur et souvent considéré comme proche du salafisme : l'imam de Brest Rachid El Jay, connu sous le nom de Rachid Abou Houdeyfa, s'est-il racheté une conduite ? Il vient en tout cas d'être diplômé par l'université de droit à Rennes 1 en «Religions, droit et vie sociale».

L'université Rennes 1 précise qu'avec l'obtention de ce diplôme, Rachid Abou Houdeyfa pourra désormais être l'un «des référents laïcité dans divers domaines de la vie professionnelle ou associative». «Ces référents peuvent être amenés à éclairer, du point de vue du droit, de multiples situations quotidiennes où la question religieuse est susceptible de croiser les règles de l’Etat républicain et laïc», précise l'établissement.

En septembre 2016, l'imam entamait ce cursus universitaire, selon des informations rapportées par Libérationafin de «se conformer aux règles de la laïcité et du vivre ensemble français». «Soutenus par le ministère de l’Intérieur, ces [diplômes universitaires] sont l’une des actions promues par le gouvernement pour rendre "républicano-compatibles" les imams des mosquées françaises», affirmait le quotidien. 

Après un an de cursus, Rachid Abou Houdeyfa ne cache pas sa satisfaction de recevoir ce diplôme universitaire : «C'est un diplôme que l'on demande pour celles et ceux qui désirent être, entre autres, aumôniers dans les hôpitaux, aumôniers dans les prisons. C'est un diplôme intéressant dans le sens où aujourd'hui on entend un peu parler de la laïcité à toutes les sauces», assure l'imam, qui affirme avoir reçu son diplôme avec la mention «bien».

Dr. Jekyll et Mr. Hyde ?

Néanmoins, un certain nombre d'intellectuels et responsables politiques ne voient dans ce projet universitaire qu'une façade provisoire, qui cacherait la véritable identité du religieux.

Ainsi, l'écrivain palestinien Waleed Al-Husseini, auteur d'Une trahison française, ouvrage dans lequel il défend avec vigueur la laïcité et critique la religion islamique, s'étonne qu'un individu qui «justifiait le viol de femmes non-voilées» reçoive un «diplôme de laïcité».

(...)

Fortement inquiété après les attentats de 2015, sa mosquée subissant une perquisition, Rachid Abou Houdeyfa, est une personnalité qui fait polémique depuis plusieurs années.

L'ancien président de la République, François Hollande, avait même fait référence à Rachid Abou Houdeyfa : «Il est Français, il ne peut pas être expulsé, mais son lieu de prière [...] ce lieu de haine, a été fermé», avait-il déclaré en avril 2016 sur France 2.

La haine dont il est question ici découle des nombreux prêches que Rachid Abou Houdeyfa diffusait abondamment sur internet. Entre autres exemples, en 2012, il avait déclaré : «Si la femme sort sans honneur, qu’elle ne s’étonne pas que les hommes abusent de cette femme-là.» En 2015, il avait affirmé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que la musique était prohibée par l'islam et que Dieu pouvait transformer ceux qui l'écoutaient en porcs ou en singes.

https://francais.rt.com/france/46764-accuse-pour-ses-preches-radicaux-imam-brest-recoit-diplome-universitaire

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Pas assez laïc, un film d'animation sur la Nativité arrêté en pleine séance scolaire

Alors que les enfants du groupe scolaire de Langon, dans la Gironde, croyaient assister à un conte de Noël, les enseignantes ont dû interrompre la séance et les renvoyer en classe... Le film contrevenait aux valeurs de l'école.

Le 13 décembre, les 83 écoliers du groupe scolaire de Langon, une petite commune du Sud-Ouest située entre Bordeaux et Agen, assistaient à une projection du film d’animation américain L’Etoile de Noël au cinéma local, quand celle-ci a été interrompue à la demande des enseignantes, selon Le Républicain Sud-Gironde du 22 décembre.

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Après quelques minutes de visionnage, ces dernières se sont aperçues que le film de Noël choisi n'était pas en accord avec les valeurs de l'école républicaine laïque.

En effet, L'Etoile de Noël, long-métrage d'animation américain réalisé par Timothy Reckart, est un conte de Noël qui raconte le mythe de la naissance de Jésus-Christ selon les préceptes de la Bible, une épopée enrichie d'animaux qui parlent et largement inspirée des succès de l'animation des années 2000, comme en témoigne le pitch : «Un petit âne courageux, Bo, rêve d’une vie meilleure loin du train-train quotidien du moulin du village. Un jour, il trouve le courage de se libérer pour vivre enfin la grande aventure avec une brebis, une colombe, trois chameaux déjantés et des animaux de la ferme, très excentriques…»

Malheureusement pour les enseignantes, une fois la séance commencée, elles ont réalisé leur erreur : L'Etoile de Noël n'est pas seulement un conte de fin d'année, mais relate surtout le périple de Marie et Joseph jusqu'à Bethléem.

Interrogé par le journal Le Républicain, le responsable du cinéma a lui-même reconnu qu'il n'avait pas encore visionné le film et a accepté de rembourser la séance à l'école. Les enfants ont donc quitté le cinéma en pleine séance et sont retournés en classe... Il faudra attendre l'année suivante pour une nouvelle séance scolaire en toute laïcité.

https://francais.rt.com/france/46789-laicite-film-danimation-sur-nativite-arrete-pleine-seance-scolaire-video

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Une belle réussite pédagogique! Un projet visiblement bien préparé et une éducation à l'esprit critique pour le moins audacieuse...  A un tel niveau de compétence, on ne peut que s'incliner.    P.G.

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jeudi 14 décembre 2017

C'est quoi la laïcité ? le Limousin ose la différence!

[une suggestion de S.R. (UPR 87)]

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=15&v=x-2hkGd7eB0

ARG LIMOUSIN LAICITE

Laboratoire limousin de la laïcité


Ajoutée le 28 févr. 2017

 

Court-métrage réalisé par Citels, association d'animation et de développement social et la Caisse d'allocations familiales 87, en partenariat avec le Laboratoire limousin de la laïcité, la Fondation SNCF et BeaubFM !

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Pour se remettre de tant de "new sensations":

C'est quoi la laïcité ? Avec Natacha Polony & Rokhaya Diallo

https://www.youtube.com/watch?v=IMTXEpiZTDQ

Ajoutée le 2 oct. 2016

Quelques interventions brillantes de Natacha Polony
(de mémoire):

"La laïcité ne commence pas avec la loi de 1905, ça remonte aux guerres de religions!"...
"Avec la "globalisation", on essaie de nous expliquer que la tolérance anglo- saxonne serait meilleure que notre laïcité"
"La question est de savoir si on enferme les individus dans leurs déterminismes!..."
"Le plus grand respect envers les nouveaux arrivants est de ne pas les considérer come différents des autres"...
"Il y a un islam qui pose problème, c'est celui qui veut imposer le théologico- politique dans l'espace public...C'est à l'Etat de nous protéger de cette volonté d'ingérence exrêmement malsaine et qui détruit la société..."[démarche jugée coloniale par Rokhaya Diallo!]
"La laïcité, ce n'est pas de reconnaître le droit des minorités,la République française ne reconnaît que des individus et elle fait en sorte que ces individus soient émancipés pour vivre pleinement leur citoyenneté"...

Visiblement, le "laboratoire limousin" penche plutôt pour la vision très libérale et anglo- saxonne de la laïcité exprimée par Rokhaya Diallo, ce qui en fait est tout le contraire de la laïcité française et républicaine! (ce qu'explique très bien Natacha Polony).

L'offensive idéologique généralisée que la France subit s'étend au coeur de ses fondations, afin d'imposer un modèle multiculturaliste et communautariste, au service bien sûr de l'oligarchie euro- atlantiste.

P.G.

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dimanche 3 septembre 2017

Cachez vos poules, c'est Yom Kippour ! La mise en garde de la préfecture du 92 agace le Crif

Le Crif a dénoncé des propos injurieux, après que les services vétérinaires ont invité les fermes pédagogiques à prendre des précautions contre le vol de moutons et de poules durant les fêtes de l'Aïd el-Kébir musulman et du Yom Kippour juif.

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Le 25 août dernier, les autorités juives de France se sont élevées contre une lettre envoyée par la préfecture des Hauts-de-Seine aux fermes pédagogiques du département les invitant à confiner leurs poules et moutons à l'approche des fêtes religieuses juives et musulmanes, respectivement du Yom Kippour et de l'Aïd el-Kébir, afin d'éviter le vol d'animaux.

Le courrier, envoyé début août par les services vétérinaires aux neuf sites concernés et révélé peu après par Le Parisien, recommande de mettre en place une surveillance accrue de leurs animaux, traditionnellement sacrifiés lors de ces fêtes religieuses.

Immédiatement, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat a réagi auprès de la Direction départementale de la protection des populations et du cabinet du Préfet. il a notamment dénoncé «un courrier scandaleux, des propos injurieux, et un amalgame calomnieux», qui constituent selon lui un encouragement à un comportement discriminatoire en raison de la religion. Il a également rappelé qu'aucune statistique ne venait confirmer la recrudescence de vols de poules durant la période de Yom Kippour.

De son côté, le président du Consistoire central israélite, Joël Mergui, a dénoncé, dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 25 août, la «stigmatisation» des pratiques juives.

«J'ai été effaré de découvrir dans la presse du 22 août que j'étais devenu soudainement et collectivement, avec tous mes coreligionnaires, un voleur de poules potentiel !», s'est-il insurgé, fustigeant un «amalgame malsain» entre la fête juive «la plus sacrée» et «d'imaginaires écumeurs de basse-cour».

Les services vétérinaires se défendent de toute stigmatisation religieuse

En 2013, un communiqué de la préfecture republié le 24 août dernier faisait état du vol de 200 moutons pour être abattus clandestinement puis revendus «dans la période précédant les fêtes de l'Aïd». les bêtes avaient été retrouvées dans un bidonville rom à Châtenay-Malabry, dans le sud des Hauts-de-Seine. Six habitants du campement soupçonnés de les avoir dérobés avaient été interpellés.

Le courrier des services vétérinaires devait donc être compris «dans le cadre d'une politique générale de lutte contre la délinquance» et n'était «évidement pas destiné à stigmatiser les différents rites religieux», s'est défendue la préfecture, précisant qu'un tel courrier était envoyé chaque année depuis 2013 aux fermes pédagogiques.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, s'était ému auprès du préfet «de ce courrier qui, s'appuyant sur un (soi-disant) principe de précaution, portait atteinte à l'intégrité des fidèles juifs et musulmans, en tendant à généraliser un épiphénomène». 

Les traditions religieuses musulmanes et juives veulent que les musulmans sacrifient un mouton pour l'Aïd el-Kébir, et les juifs pratiquants un poulet pour Yom Kippour. Ces rites auront lieu cette année respectivement début et fin septembre. 

https://francais.rt.com/france/42533-autorites-juives-sinsurgent-contre-mise-en-garde-sur-vol-de-poules-yom-kippour

Voir aussi:

Terra Nova veut remplacer Pâques et la Pentecôte par des jours fériés juif et musulman

22 févr. 2017,

Mettant en avant l'égalité entre les confessions, Terra Nova, think tank proche du Parti socialiste préconise de remplacer deux jours fériés judéo-chrétiens*, une proposition qui n'a pas plu à certains élus de droite qui crient au communautarisme.

«Pour que toutes les confessions soient traitées à égalité, il convient d'intégrer désormais au moins deux nouvelles dates importantes, le Kippour et l'Aïd el-Kébir, dans le compte des jours fériés, en supprimant les deux lundis [de Pâques et de Pentecote] qui ne correspondent à aucune solennité particulière», peut-on lire dans un rapport du 22 février intitulé L'émancipation de l'islam de France, écrit par Alain Christnacht et Marc-Olivier Padis, deux membres de la fondation Terra Nova.

La proposition de groupe de réflexion proche du Parti socialiste a fait réagir vivement plusieurs figures de la droite sur les réseaux sociaux.

«Terra Nova n'aime pas la France et ne la comprend pas. Nos jours fériés sont nationaux, et non dictés par le communautarisme !», a tempêté le vice-président du Front national (FN), Florian Philippot.

Le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, a pour sa part tweeté : «Terra Nova, toujours au rendez vous du communautarisme.»

Le secrétaire national LR Michael Miguères a, lui, accusé Terra Nova de vouloir «déchristianiser la France».

(...)

https://francais.rt.com/international/34382-terra-nova-remplacer-paques-pentecote-jours-feries-juif-musulman


*L'utilisation du terme "judéo- chrétiens" dans cet article est pour le moins surprenante:

PAQUES

https://www.vive-paques.com/paques/origine-paques.htm

P.G.

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