samedi 4 août 2018

Le recul de l'âge de la retraite à 62 ans coûterait cher aux Français

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ACT RETRAITES 62 PLUS CHER

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https://frexitlimousin.wordpress.com/

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Bonne lecture!

P. Gombert, délégué régional UPR.

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jeudi 2 août 2018

Une multinationale coûte en moyenne 300 millions d’euros par an à la collectivité

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Les vrais assistés de la société française ne sont pas forcément ceux qui sont le plus souvent montrés du doigt. Les gouvernements successifs ont fait de la préservation de la « compétitivité » des entreprises françaises leur mantra. « Compétitivité » qui s’est traduite par des allègements de cotisations sociales, par une précarisation de l’emploi, par des cadeaux fiscaux toujours plus importants, et qui a également servi à justifier l’absence d’action ambitieuse pour s’attaquer à la pollution de l’air ou réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Une étude publiée par le Basic et l’Observatoire des multinationales à l’occasion de la parution du « Véritable bilan annuel des grandes entreprises françaises » essaie pour la première fois de mettre un prix sur ces politiques (à télécharger ici). Elle examine les « coûts sociétaux » imposés à la collectivité (État, collectivités locales et sécurité sociale) par cinq grandes multinationales françaises — Total, Michelin, Renault, EDF et Sanofi — du fait des mesures de moins-disant social, fiscal et environnemental destinées à préserver leur « compétitivité ». Résultat : le fardeau financier imposé chaque année aux budgets publics par ces entreprises s’échelonne entre 165 et 460 millions d’euros par an.

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C’est davantage que le montant des impôts que ces entreprises versent chaque année en France. Or, l’impôt sur les sociétés n’est pas tant destiné à compenser les coûts sociétaux qu’à financer les infrastructures, le système éducatif ou judiciaire, dont ces entreprises ont aussi besoin pour fonctionner. Et encore, cette estimation ne prend en compte que les coûts réels et tangibles déjà encourus par la collectivité. Si l’on incluait les coûts subis par les particuliers sur le long terme, ou des coûts intangibles calculés par certains économistes, comme le prix d’une vie humaine en bonne santé, le fardeau imposé par ces multinationales à la société atteindrait rapidement des hauteurs stratosphériques, effaçant les bénéfices qu’elles réalisent chaque année.

Admettons que les politiques de soutien à la compétitivité de nos entreprises soient coûteuses. Sont-elles au moins efficaces ? Les chiffres que nous avons collectés pour le « véritable bilan annuel » suggèrent que non. Toutes les entreprises de notre échantillon, à l’exception d’EDF, ont vu leur effectif en France diminuer depuis 2010, alors même que leur effectif mondial et leur chiffre d’affaires cumulé croissaient de plus de 10 % sur la même période. Une tendance que l’on retrouve à l’échelle de tout le CAC40, qui a vu ses effectifs en France baisser de 20 % depuis 2010, malgré un chiffre d’affaires en hausse [1]. Sur la même période, les dividendes ont bondi de 44 %. Soit une privatisation des bénéfices, et une socialisation des coûts...

Olivier Petitjean

- A lire sur notre Observatoire des multinationales : Allègements sociaux, cadeaux fiscaux, pollutions, précarité : enquête sur le fardeau financier que les multinationales imposent à la société

Le véritable bilan annuel des grandes entreprises françaises, à télécharger ici.

https://www.bastamag.net/Une-multinationale-coute-en-moyenne-300-millions-d-euros-par-an-a-la

lundi 23 juillet 2018

Quel rôle de la mondialisation dans le démantèlement de l’État social ?

En établissant une concurrence internationale des salaires, des fiscalités et des niveaux de dividendes, le libre-échange développe-t-il les points forts de chaque économie ou accroît-t-il les inégalités ? L’économiste Dany Lang et l’essayiste Aurélien Bernier sont les invités des Chroniques de Jacques Sapir.

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Le lien entre mondialisation et remise en cause des protections sociales, tracé d’ordinaire par les critiques hétérodoxes du capitalisme, fait irruption de façon surprenante dans la « pensée dominante »: « La globalisation économique et financière fait disparaître les politiques redistributives. », écrit sans détour Patrick Artus, économiste de la banque d’affaires Natixis, dans une note publiée début juillet. En cause, le fait que pour attirer les investisseurs, les différents pays, mis en concurrence entre eux, nivellent par le bas les salaires et les impôts sur les entreprises, et par le haut les taux de rémunération des actionnaires. Autrement dit, la vieille règle du « mieux-disant, moins-coûtant ». La vision libérale traditionnelle, au contraire, veut que la libre circulation des capitaux et des marchandises crée une division des tâches à l’échelle internationale, qui développe chaque pays en renforçant ses domaines de spécialité. L’État social est-il mis en péril par le fonctionnement même de l’économie ? L’Union européenne peut-elle être une protection contre ce phénomène, ou n’en est-elle qu’un rouage ?

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Jacques Sapir et Clément Ollivier reçoivent Dany Lang, membre des Économistes atterrés et maître de conférences à Paris 13, et Aurélien Bernier, collaborateur du Monde diplomatique, ancien membre du conseil d’administration d’Attac.

Jacques Sapir rappelle l’histoire de l’État social moderne : « Il s’agit d’une extension et d’un dépassement de ce qu’on appelle le système beveridgien, du nom de l’économiste britannique William Beveridge. Ça consiste à dire que les grands risques ne doivent pas être couverts au niveau de l’entreprise, comme c’était déjà le cas en Allemagne depuis la fin du 19ème siècle avec les lois Bismarck, mais au niveau de l’État : les trois grands risques sont la maladie, l’invalidité et la vieillesse, et on y rajoute le chômage, même s’il est très souvent géré par une caisse différente. À partir de 1945, ce qui se passe dans les pays d’Europe occidentale, c’est que même les capitalistes comprennent qu’ils peuvent réutiliser des instruments issus de l’économie de guerre, et une alliance se crée ainsi entre la question sociale et celle du développement économique. »

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Selon Dany Lang, « Depuis la chute du bloc de l’est, le capitalisme a de moins en moins besoin de la démocratie. À l’époque de l’Union soviétique, il y avait un face à face entre d’un côté la démocratie, doublée d’un État social, et de l’autre les dictatures communistes. Aujourd’hui, il n’y en a plus besoin depuis que le mur s’est effondré : on a un président qui représente les intérêts des plus riches, on nous explique en permanence qu’il n’y a pas le choix, que c’est la seule solution possible, que la globalisation nous impose ses politiques et que l’État social est obsolète. Avec Emmanuel Macron, on a atteint le point culminant de ce phénomène. Il y a en fait aujourd’hui un détournement de l’État social, avec une baisse des protections au profit d’une hausse des aides aux entreprises, par exemple les crédits d’impôts de François Hollande. C’est bien pour cela qu’on n’est plus dans le libéralisme mais dans le néolibéralisme. »

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Aurélien Bernier regrette que « L’Union européenne soit un rouage du libre-échange mondialisé, et même le tout premier rouage en ce qui nous concerne en France. L’UE s’est construite autour d’un marché commun, puis unique, et dès le départ un principe de libre-échange : d’abord entre les États membres puis vis-à-vis de l’extérieur. Les directives et traités successifs ont progressivement verrouillé le système, et on est aujourd’hui face à une construction politique toute entière vouée au libre-échange et à la libre concurrence, qui interdit de contrôler les capitaux, qui interdit le protectionnisme, qui interdit les déficits alors qu’ils pourraient servir à la relance, etc. D’un point de vue politique, ça pose une question particulière : l’UE est une construction politique qui n’existe nulle part ailleurs, et qui impose aux États membres un droit supranational. Pour les gens qui prétendent rompre avec la mondialisation néolibérale et reconstruire un État social, c’est un problème politique auquel aucun parti ne répond selon moi sérieusement. »

Source :

https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201807201037283903-mondialisation-etat-social-economie/

Voir la vidéo:

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Mondialisation et démantèlement de l’État social | JACQUES SAPIR | DANY LANG | AURÉLIEN BERNIER

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=uUSU-KzPHPc

https://aphadolie.com/2018/07/22/quel-role-de-la-mondialisation-dans-le-demantelement-de-letat-social/

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Soit on ne connait pas l'UPR au Monde Diplomatique, ce qui expliquerait pourquoi on ne lui donne jamais la parole..., soit Aurélien Bernier se moque du monde, car il utilise les arguments de l'UPR contre la stratégie de la France Insoumise (plan A-plan B).  On aurait aimé des réactions sur le plateau, mais non... Et on continue de faire croire que le fameux "Plan B" de Mélanchon serait une sortie claire de l'UE. Consolons nous avec un diagnostic partagé sur la supercherie de la promesse de "l'Europe sociale". Bienvenue au club!

Cela dit, pour le reste, la vidéo est très intéressante.  On notera particulièrement ce rappel: la mondialisation est le fruit d'un choix politique, elle n'est pas tombée du ciel !  P.G.

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lundi 9 juillet 2018

Loi privatisant les HLM : pourquoi il sera bientôt encore plus galère de trouver un logement décent

Privatiser progressivement le logement social : tel est l’un des objectifs du projet de loi « Elan », en cours d’examen parlementaire.

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Les conséquences de ce texte sont potentiellement désastreuses pour les locataires de HLM, en particulier les moins aisés. Après avoir fragilisé la situation de bailleurs sociaux, le gouvernement propose sa solution miracle : vendre 1% du parc chaque année, soit 40 000 logements par an basculés sur le marché privé. Les exemples de privatisation du logement social en Angleterre et en Allemagne laissent pourtant présager le pire : baisse du nombre des logements, dégradation des résidences, augmentation drastique des loyers, et explosion du mal-logement.

1,5 milliard d’euros : c’est la brutale coupe budgétaire réalisée par le gouvernement à l’encontre du logement social. 800 millions en moins sur les allocations logement versées aux locataires du parc social, et 700 autres millions via une augmentation de la TVA sur les HLM, qui passera de 5,5 à 10 %. « 1,5 milliard, cela représente les deux-tiers des fonds propres des organismes HLM, décrit Manuel Domergue, directeur des études à la fondation Abbé Pierre (FAP). Cet argent sert à la rénovation et la construction. » Le fait que les organismes HLM, pour le moment en bonne santé économique, se retrouvent sur la corde raide rendra certaines négociations difficiles. Celles permettant de faire baisser les loyers pour les personnes en grande difficulté, par exemple. « L’annonce de ce budget en baisse a eu des conséquences immédiates : le nombre de projets de constructions a diminué dès le mois de décembre 2017 », remarque Manuel Domergue.

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La France compte 4,8 millions de logements sociaux, qui abritent 10 millions de personnes. Un Français sur deux loge ou a logé dans un logement social [1]. Outre le soutien de l’État (subventions directes, exonération d’impôts, accès facilité au foncier), le secteur du logement social reçoit l’aide des collectivités territoriales. La Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique, lui octroie des prêts à très long terme, sur 30 ou 70 ans. Ces prêts constituent près de 75% du financement total du secteur, adossés sur les dépôts de l’épargne populaire du livret A. Entreprises et salariés participent également au financement des HLM, à travers le 1% logement. Les bailleurs peuvent, enfin, compter sur les locataires, qui reversent chaque année plusieurs milliards d’euros de loyers.

Bientôt 40 000 logements sociaux en moins chaque année

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La mise sous tension financière du secteur, qui inquiète nombre d’acteurs, va en fait permettre au gouvernement d’imposer son agenda. La loi Elan – pour « Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique » – qui vient d’être adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale et passe actuellement au Sénat, en donne l’illustration. « [Cette loi] est pour une large part la conséquence de la loi de finances 2018 », analyse l’Union sociale pour l’habitat. Pour compenser cette coupe budgétaire, le gouvernement avance une solution miracle : la vente accrue de logements sociaux avec un objectif à terme de 1% du parc cédé chaque année, soit 40 000 logements – contre 8000 actuellement. « Nous aurons donc 40 000 logements sociaux en moins chaque année », confirme Manuel Domergue. Or, ce qu’il faudrait, c’est au contraire augmenter leur nombre. En 2017, selon la fondation Abbé Pierre, deux millions de ménages étaient en attente d’un logement à loyer modéré ; 3,8 millions de personnes mal logées, et 12 millions éprouvaient des difficultés locatives.

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« La vente d’un logement permet le financement de deux ou trois logements (40 000 logements vendus pour 100 000 à 120 000 logements construits) », affirment Christophe Denormandie et Jacque Mézard, secrétaire d’État et ministre de la Cohésion des territoires. Problème : « On ne sait pas d’où vient ce chiffre, annonce Clément Allègre, chargé de mission logement social pour l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). Il n’apparaît pas dans l’étude d’impact du projet de loi Elan, ni dans aucune autre étude publique. Mais il est impossible qu’un logement vendu à Paris, par exemple, soit équivalent à trois logements construits au même endroit, étant donné le prix du foncier. »

Privatisation du logement social : les désastreux modèles allemands et anglais

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Que s’est-il passé chez nos voisins européens ? En Allemagne, l’important mouvement de privatisation du secteur du logement social à partir de 1990 s’est traduit par une diminution du nombre de logements disponibles. Les bailleurs communaux – équivalent de nos bailleurs sociaux – ont été massivement vendus à des entreprises et fonds d’investissements privés entre 1990 et le milieu des années 2000. Avec comme objectif affiché d’assainir les finances municipales. « Depuis 1990, le stock de logements sociaux en Allemagne a baissé d’environ 60 %», alertait l’Association nationale d’aides aux sans-abri (Bundesarbeitsgemeinschaft Wohnungslosenhilfe). À Berlin, 482 000 logements appartenaient aux bailleurs communaux en 1990. Il n’en restait plus que 273 000 en 2005, soit 209 000 en moins [2].

Même scénario en Angleterre, où la politique du « right to buy », le « droit à acheter », mise en place par Margaret Thatcher en 1980 - qui ressemble fort au projet du gouvernement français avec la loi Elan - a entraîné la privatisation de 1,8 million de logements sociaux publics en 30 ans [3]. À Londres, 40 % des logements sociaux publics ont été privatisés entre 1980 et le début des années 2010, sans que les constructions neuves puissent compenser ces pertes. « Le "Right to buy" a certes permis à des milliers de familles d’accéder à la propriété, mais les règles n’ont pas permis aux autorités locales de remplacer les logements vendus, alors que nous en avons désespérément besoin dans de nombreuses régions du pays », soulignait en avril dernier l’association des municipalités britanniques, la Local Governement Association.

Appropriation par des fonds d’investissement

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La possibilité accrue d’achats de HLM est présentée par le gouvernement d’Édouard Philippe comme une accession sociale à la propriété pour les locataires actuels du parc HLM. Sauf que ces derniers n’en ont pas nécessairement les moyens, bien au contraire. L’Union sociale pour l’habitat estime que l’objectif de 40 000 ventes par an est « trop important au regard de la paupérisation des locataires du parc social, de la variété des marchés locaux et des besoins en logements locatifs sociaux, en particulier dans les communes en manque de logements sociaux. » Loin de bénéficier des possibilités d’achat, les locataires risquent plutôt d’en pâtir. Vendus à la découpe, les HLM se transformeront peu à peu en copropriétés avec des risques importants de problèmes de gestion, de manque d’entretien, et de dégradations du bâti. « Ceux qui resteront seront soumis à des pressions pour partir, puisque seule leur présence empêchera les bailleurs de vendre », ajoute Manuel Domergue, de la Fondation Abbé Pierre.

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En Allemagne, seuls 11 000 des 209 000 logements berlinois privatisés ont atterri entre les mains de particuliers (soit 5 %). 11 000 autres ont été cédés à des coopératives d’habitants – un modèle qui n’existe pas en France. La très grandes majorité, 120 000 logements, a été vendue à des fonds d’investissements. En 2004, la ville de Berlin a ainsi vendu un bailleur entier, la GSW, et ses 65 700 logements, au fonds d’investissement états-unien Cerberus. Deux ans plus tard, la ville de Dresde, dans l’est de l’Allemagne, a cédé la totalité de ses logements communaux, plus de 48 000, à un autre fonds d’investissements états-unien, Fortress [4]. Un situation qui change radicalement la donne : alors que les bailleurs avaient pour mission de proposer aux locataires des logements décents à prix raisonnable, les fonds d’investissement travaillent d’abord à générer des bénéfices pour leurs membres.

Augmentation des loyers, coupes dans l’entretien des bâtiments

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Quel a été l’impact de ces transferts au privé pour les locataires ? « Quelques semaines seulement après la privatisation, la GSW a imposé pour de nombreux logements des hausses de loyers de 20 %», rapportait en 2006 l’association des locataires de Berlin, dans son livre noir de la privatisation. Ailleurs en Allemagne, les nouveaux propriétaires ont tout simplement cessé l’entretien des bâtiments et des logements. Comme dans la ville de Wilhelmshaven, où le même fond d’investissement, Cerberus, a acheté 7500 logements communaux en 2004. Deux ans plus tard, ces logements avaient déjà changé deux fois de propriétaire. Aucun des trois n’a entretenu les bâtiments, tout en décrétant des hausses de loyers [5].

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La possibilité de voir le parc HLM français se transformer en simple produit financier inquiète énormément les associations d’aide au logements et les bailleurs sociaux. D’autant plus qu’un amendement de la loi Elan offre la possibilité de vendre les logements sociaux à n’importe qui, y compris à des fonds de pension. « Le bailleur vend les murs et il garde l’usufruit du logement, c’est à dire qu’il le gère et touche les loyers, pendant dix, vingt ou trente ans, la durée étant fixée à la signature du contrat », précise Manuel Domergue. La pleine propriété revient ensuite à l’acquéreur.

Obliger les habitants à se surendetter ou à partir

À long terme, des pans entiers du logement social pourraient d’un seul coup passer au privé, obligeant les habitants à se surendetter ou à partir. Sous tension, les organismes HLM ne seront pas en situation de négocier les contrats à leur avantage, et pourront difficilement renoncer aux sommes importantes qu’ils pourraient toucher dans le cadre de ces ventes « en bloc », aussi peu fréquentables soient les acheteurs. « Nous appelons le gouvernement à interdire la vente en bloc d’immeubles HLM à des acteurs qui n’ont en rien contribué à leur construction », s’est alarmé l’Union sociale pour l’habitat le 12 juin, alors que le texte venait d’être voté par l’Assemblée nationale en première lecture.

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Autre injonction de la loi Elan, censée permettre au secteur de réaliser des économies : le regroupement des organismes HLM, jugés trop nombreux et trop petits. Pour le moment, seuls 10% des bailleurs ont la taille requise, à savoir 15 000 logements minimum. « Les bailleurs vont être absorbés par cette question du regroupement, regrette Manuel Domergue. Ce sera autant de temps passé en moins sur la rénovation, par exemple. » « Avec ces regroupements, il y a pour nous un vrai risque de pertes de proximité avec les locataires, qui en ont pourtant grandement besoin », ajoute Clément Allegre, de la CLCV. Comment négocier avec des acteurs encore plus lointains ? Comment feront les locataires en milieu rural, de plus en plus âgés et donc peu mobiles ? Tous les sièges sociaux des organismes vont se retrouver dans les métropoles.

La loi solidarité en communes menacée

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Actuellement discutée au Sénat, la loi Elan pourrait revenir à l’Assemblée lestée d’un autre point noir pour les locataires HLM : le détricotage de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (loi SRU). Votée en décembre 2000 sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, cette loi impose 20 à 25% de logements sociaux par commune d’ici à 2025, pour lutter contre la ségrégation territoriale. Jusqu’à présent, aucun gouvernement n’avait osé y toucher. Celui d’Édouard Philippe a avancé à petits pas vers sa remise en cause, en comptabilisant dans le quota de HLM d’ex-logements sociaux vendus depuis des années. Mais les sénateurs pourraient profiter de l’occasion pour assouplir encore les choses, alors que de nombreux élus locaux sont déjà hors-la-loi concernant cette obligation, en particulier au sein des communes riches [6]. « Le passage au Sénat présente un vrai risque, s’inquiète Manuel Domergue. Le gouvernement pourrait trouver un compromis avec les sénateurs sur la loi SRU, en commission mixte paritaire, d’autant qu’il aura besoin d’eux pour le vote de la réforme constitutionnelle. »

En Angleterre, une autre conséquence de la politique du « Right to buy » est la ghettoïsation et la stigmatisation des quartiers de logements sociaux restants. Car les locataires sociaux qui ont racheté leur logement étaient les plus aisés. Les logements sociaux non-privatisés abritent donc aujourd’hui les plus pauvres parmi les pauvres [7]. La privatisation massive a aussi un effet sur les difficultés d’accès au logement pour les foyers les plus pauvres. Les logements vendus à leurs locataires peuvent ensuite être revendus à d’autres propriétaires, qui peuvent tout à fait les louer ensuite aux prix du marché privé.

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« Quatre logements sur dix vendus en "droit à acheter" sont désormais entre les mains de propriétaires privés »,titrait The Guardian en décembre 2017. « Les locataires qui vivent dans des logements vendus sous le dispositif de Margaret Thatcher paient aujourd’hui des loyers deux fois plus élevés que ceux des logements sociaux détenus par les autorités locales », précisait aussi le quotidien britannique.

Explosion du nombre de mal-logés en Allemagne

En Allemagne comme en Angleterre, la privatisation du secteur du logement social fragilise les plus précaires, éloignant sans cesse la possibilité d’un accès à un logement décent. « En 2016, il n’y avait plus que 1,2 million de logement sociaux en Allemagne. Les communes, les Länder et l’État ont vendu les logements qui étaient en leur possession à des investisseurs privés. Ils ont ainsi cédé leurs réserves de logements à prix accessible », souligne l’association nationale d’aide aux sans-abri. Selon cette dernière, l’Allemagne comptait 420 000 personnes sans véritable logement en 2016, dont 52 000 vivant purement et simplement à la rue. Le nombre de mal-logés a augmenté d’un tiers en deux ans ! Sans compter les réfugiés nouvellement arrivés, encore hébergés dans des centres de premier accueil souvent aménagés dans des hangars ou des gymnases.

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L’Angleterre quant à elle fait face à un manque chronique de logement. La politique du "Right to buy" n’y a pas remédié, au contraire. « La construction de logement n’a pas suivi l’augmentation de la demande depuis les années 1980, en particulier à Londres, rappelle la Fondation Abbé-Pierre dans sa dernière étude sur le mal-logement en Europe. La construction de logements publics a chuté, et celle de logements privés a été impactée par les récessions économiques. » La transformation de près de la moitié des logements sociaux privatisés depuis 1980 en logements loués sur le marché locatif privé augmente de fait le risque de mal-logement. En Angleterre, « la fin du bail dans le secteur privé est devenue la première cause de sans-abrisme », précise la Fondation Abbé-Pierre. Est-ce vraiment la voie sur laquelle souhaite nous engager le gouvernement français ?

Rachel Knaebel, Nolwenn Weiler

 
- Photo : quartier des Chartreux à Moulins (Allier) - Jean-Louis Zimmermann (CC BY 2.0).

Notes

[1Voir le site de l’Union sociale pour l’habitat, ici.

[2Voir « Privatisierung der Berliner Wohnungsbaugesellschaften », 2005, Andrej Holm.

[3Voir les chiffres ici.

[4Voir ici.

[5Voir cette étude de l’association des villes et communes allemandes en 2007. L’association cite d’autres exemples.

[6Voir le palmarès des hors-la-loi de la réglementation SRU.

[770% des foyers anglais qui habitent aujourd’hui dans les logements sociaux dépendent des prestations sociales pour vivre.

https://www.bastamag.net/Loi-privatisant-les-HLM-pourquoi-il-sera-bientot-encore-plus-galere-de-trouver

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vendredi 29 juin 2018

Carte scolaire 2018-2019 pour le 1er degré en Haute-Vienne : à chacun sa sauce

Une dizaine d’écoles en tension, des communes qui ne fonctionneront pas toutes au même rythmes ni aux mêmes horaires… Voici la carte scolaire version 2018, qui n’est pas un modèle d’harmonie même si le pire semble avoir été évité.

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C'est fait. Hormis trois postes mis en réserve par l'administration pour des ajustements de rentrée, la carte scolaire du 1 er degré est désormais officielle et vient d'être actée par le dernier CDEN, lundi à Limoges.

Comme prévu, la Haute-Vienne bénéficiera de 27 ouvertures de classes, dont 20 sont exclusivement consacrées au dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire à Limoges. En contrepartie, 17 fermetures sont actées, dont une bonne partie en milieu rural.

Gros effectifs à Landouge, Isle, Verneuil, Condat…

Le pire semble donc avoir été évité pour un département qui, malgré une démographie à la baisse (moins 300 élèves prévus en septembre), s'est vu néanmoins octroyer une enveloppe globale de neuf postes supplémentaires.

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Pourtant, la carte scolaire 2018-2019 - tout comme les précédentes - manque quelque peu d'homogénéité, notamment pour ce qui est des conditions d'encadrement. Certaines écoles, comme l'admet l'inspection académique, devront composer avec des classes particulièrement chargées. C'est le cas notamment à Landouge, Isle, Cieux-Javerdat, Verneuil, Le Palais, Ambazac, Saint-Gence, Condat… où les effectifs devraient d'ailleurs être vérifiés à la rentrée.

Mais si l'administration se félicite d'un rapport maître\100 élèves à la hausse (de 4,98 en 2007 à 5,32 à la rentrée 2018), les syndicats n'ont visiblement pas la même règle à calcul. Le Se-Unsa évalue à 60 le nombre de postes nécessaires pour revenir à la moyenne nationale. Quant au Snuipp-FSU, il demande un plan de rattrapage d'autant plus nécessaire que les moyens de remplacement sont également victimes d'un déficit chronique.

Retour à 4 jours  pour 63 % des écoles

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Quant à la question redondante des rythmes scolaires, elle est loin d'être résolue. En septembre prochain, 63 % des écoles – soit 46 % des communes - seront autorisées à fonctionner de nouveau sur quatre jours. Au total, 67 % des écoliers du département (contre 10 % cette année) auront donc droit au rythme qui était la règle avant la mise en place contestée de la réforme Peillon. Ce qui veut dire que 33 % des enfants auront, eux, toujours cours le mercredi matin, avec, dans la plupart des cas, subsistance des animations périscolaires durant la semaine.

Cette absence d'harmonie, qui n'est évidemment pas spécifique au département de la Haute-Vienne, s'explique par la liberté laissée aux acteurs de terrain, le ministère préférant inciter les communes à revenir en douceur à l'ancien système plutôt que d'imposer brutalement un retour en arrière.

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Mais ce contexte, qui peut apparaître cacophonique aux yeux de nombreux parents, n'est pas serein partout. Si la grande majorité des conseils d'école et des municipalités sont rapidement tombés d'accord, comme l'exigeaient les textes, le paramètre transports est très vite apparu comme un élément perturbateur. Ainsi, aucun consensus n'a pu être trouvé pour le RPI Saint-Laurent-sur-Gorre\Gorre et pour La Jonchère, où l'on restera finalement à 4,5 jours. A Château-Chervix et au RPI de Vicq-sur-Breuilh, les horaires seront reconduits à l'identique avec le maintien du péri-scolaire.

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« Empêcher des retours à quatre jours alors qu'ils ont été demandés par des conseils d'école et des conseils municipaux, au motif que le transport solaire ne peut pas adapter son passage aux nouveaux horaires, nous semble inadmissible et irrespectueux de l'expertise des acteurs de terrain », déplore le syndicat enseignant Se-Una.

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Ce dernier regrette par ailleurs les conditions du retour à quatre jours décidé par la Ville de Limoges, « une décision hors concertation, avant même que les conseils d'école aient eu le temps de se prononcer. »

A Limoges, où sont scolarisés plus d'un tiers des élèves de la Haute-Vienne, la pause méridienne devrait atteindre 2 h 15, ce qui laisse augurer, selon certains enseignants, « une après-midi de travail compliquée à gérer… » 

Florence Clavaud-Parant

https://www.lepopulaire.fr/limoges/education/2018/06/27/carte-scolaire-2018-2019-pour-le-1er-degre-en-haute-vienne-a-chacun-sa-sauce_12902416.html

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Le pire évité, déclare le Populaire !!!!
Apparemment, il n'avait pas écouté les déclarations de Macron, notamment lors de sa conférence au Sénat sur les territoires !
Cette carte scolaire est une honte et c'est de la discrimination !
Pourquoi nos enfants des campagnes devraient payer la gestion calamiteuse du pays ?
Pourquoi nos enfants des campagnes n'ont pas les mêmes droits que les enfants des électeurs de ce gouvernement ?
Et pourtant Macron l'avait affirmé, haut et fort :

"Agir de façon différenciée c'est aussi se concentrer sur certaines priorités par territoire. Ainsi, nous veillerons à ce que l'évolution des services publics en milieu rural ne conduise pas à augmenter la fracture territoriale.

Ce qui est sûr c'est que
les territoires en particulier les plus ruraux ne peuvent plus être la variable d'ajustement d'économie. C'est pourquoi d'ici là en particulier il n'y aura plus de fermeture de classes dans les écoles primaires."

 le 18 Juillet 2017
Donc Macron est- il un menteur?  Non, répond Castaner:

x1080-o-4S.R.

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vendredi 22 juin 2018

« Démondialisation et déprofitation = baisse des marchés ! »

TRIBUNE LIBRE /  | 20 Juin 2018 |

TL CS MONDIALISATION DEPROFITATION

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Au début, on pouvait se poser des questions.

Trump va-t-il ou pas appliquer réellement son programme protectionniste ?
Trump va-t-il réellement démondialiser l’économie et tenter de freiner, voire d’inverser la globalisation ?
Trump va-t-il réellement mettre fin à l’immigration ou la freiner considérablement ?
Trump pourra-t-il et aura-t-il les moyens de mettre en place sa politique souverainiste et nationaliste, « populiste » diront certains ?

Pour le moment, la réponse est oui.

Comme toute inflexion majeure en politique et en économie, le mouvement est progressif et itératif. Cela se fait par étapes, graduellement, avec des avancées et des reculs.

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Mais ne nous y trompons pas, depuis deux ans de présidence Trump, le monde change considérablement et l’on voit chaque jour les effets des « idées trumpiennes ».

Le tableau d’ensemble est sans équivoque, les forces de rappel, extrêmement fortes également. La mondialisation fait gagner beaucoup d’argent à de grandes multinationales qui produisent pas cher en Asie pour nous revendre très cher en Occident.

Tout a été délocalisé.

Quand je dis tout, c’est tout.

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La production, le savoir-faire, les compétences mais également la… pollution ! Si nous pouvons avoir des normes environnementales en France, en Europe, c’est parce que nos productions/consommations polluent en Asie.

La mondialisation a entraîné des effets pervers très importants qu’il convient dans tous les cas de corriger. Dire cela ne signifie pas se transformer en Corée du Nord au moment où Trump, d’ailleurs, semble obtenir l’ouverture de l’un des derniers pays fermés.

En attendant, c’est la « guerre commerciale »…

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… Et Trump menace de taxer 200 milliards de dollars d’importations chinoises, en tous cas, voici ce qu’en dit Le Figaro.

Le président des États-Unis a demandé à ce que soit préparée une nouvelle liste de produits chinois importés, à hauteur de 200 milliards de dollars. Pékin a d’ores et déjà annoncé son intention de répliquer.

Donald Trump tente de faire monter la pression sur la Chine. En réaction à la riposte proportionnée et immédiate de Pékin à sa menace de sanctions de 50 milliards de dollars détaillées la semaine dernière, le président des États-Unis demande maintenant à son négociateur commercial, Robert Lighthizer, de préparer une nouvelle liste de 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Ce qui correspond à un doublement du montant potentiel de sanctions supplémentaires initialement prévues par Washington.
« Des initiatives supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales, ouvrir son marché aux biens américains et accepter une relation commerciale plus équilibrée », affirme Donald Trump dans un communiqué. Peu après, le ministère chinois du Commerce a répliqué que la Chine prendrait des mesures « qualitatives et quantitatives » pour se défendre si ces nouvelles menaces américaines étaient mises en œuvre.

La mondialisation, ça rapporte aux sociétés cotées en Bourse !

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N’y allons pas par 4 chemins. Ceux qui pourfendent comme moi le totalitarisme marchand, l’optimisation fiscale qui n’est qu’une fraude légalisée, ou encore ces multinationales sans morale ni éthique, ne peuvent pas se satisfaire de la mondialisation telle qu’elle est.

Y mettre fin nécessite de s’attaquer de front à des profits monstrueux et plantureux. Il y a de quoi se faire beaucoup d’ennemis évidemment, et ceux qui détiennent et gagnent beaucoup d’argent sont ces grandes multinationales qui profitent à plein de cette globalisation et de l’absence de contre-pouvoir et d’entraves.

La Bourse, sans pour autant s’effondrer, réagit nettement plus aux risques de guerre commerciale et donc de démondialisation, ce qui implique une immense « déprofitation » pour les grosses entreprises cotées sur les grands marchés financiers mondiaux.

L’ère de la « déprofitation ».

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Je sais, ce mot n’existe pas, mais j’invente les mots que je veux inventer, enfin pas tout à fait, nos amis antillais comprendront encore plus vite, eux qui parlent de « profitation » ils m’ont inspiré ce terme ! Et vous allez très vite piger, j’en suis certain ! La déprofitation est un phénomène économique qui correspond à une baisse structurelle et de très longue durée des profits des entreprises.

La déprofitation est la petite sœur de la démondialisation.

Si vous démondialisez, vous allez déprofiter et les dividendes du CAC 40 risquent d’être moins plantureux. Vous allez baisser les marges de production, inciter à la relocalisation, vous pouvez même déclencher une inflation sur les salaires si l’emploi repart.

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Pourquoi avons-nous de la déflation ? Parce que les salaires ne peuvent pas progresser depuis plus de 20 ans. Sans progression des salaires et de l’emploi, c’est tout le système qui s’effondre. Remettre les choses dans le bon sens est une bonne chose.

Les Chinois vont couiner, les grandes entreprises, aussi.

Au bout du compte, on se rendra compte d’une chose.

La primauté va au pouvoir politique. L’économie n’est que de l’intendance.

Nous avons juste laissé aux affaires des politiciens affairistes et plus ou moins vendus ou achetés, y compris les syndicats, d’ailleurs vous avez dans cette édition un article consacré aux nouvelles fonctions de l’ancien patron du syndicat FO. Stupéfiant.

Le véritable pouvoir est le pouvoir régalien. Encore faut-il avoir le courage, la volonté et l’indépendance de l’exercer pour le bien des nations et des peuples.

En attendant, si la démondialisation se poursuit, il y aura un mouvement concomitant de déprofitation. S’il y a moins de profits, de rendement et de dividendes, le cours action chutera et prendra en considération les nouvelles perspectives économiques. L’ajustement se fera à la baisse sur les actions, mais si c’est bien fait, les États ne tomberont pas dans l’insolvabilité, et mieux vaut un énorme krach boursier que des faillites d’États en chaîne.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/demondialisation-et-deprofitation-baisse-des-marches-ledito-de-charles-sannat/

jeudi 21 juin 2018

Le procès de l’hypermondialisation

TRIBUNE LIBRE / Christian Chavagneux 06/06/2018

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Une autre mondialisation est en cours. De plus en plus contestée par les populations, elle l’est également, c’est nouveau, par les économistes. Surtout, pour les acteurs économiques eux-mêmes, entrepreneurs et banquiers, elle ne représente plus la panacée. Tout pointe vers une mondialisation plus sobre.

Dans un récent sondage d’OpinionWay pour le Printemps de l’économie 2018, 60 % des Français expriment une mauvaise opinion de la mondialisation. Et 58 % des "CSP+", les plus diplômés, partagent cet avis, de même que la moitié des moins de 35 ans. Les Français ne représentent d’ailleurs pas un cas à part. Selon un sondage réalisé en début d’année pour la Fondation Bertelsmann, 61 % des habitants des pays riches pensent que la mondialisation accroît les inégalités et la moitié estime qu’elle n’est pas bonne pour les salaires. Pour autant, le même sondage montre une opinion déclarant majoritairement que la mondialisation offre des opportunités de croissance et d’emploi et que les investissements étrangers sont les bienvenus.

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Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs*. Benoît Coeuré, de la Banque centrale européenne (BCE), résume bien le sentiment général. Il avance quatre raisons pour lesquelles la globalisation fait peur. Elle est instable : ses crises financières, agricoles, etc., se transmettent de pays en pays. Elle est déloyale : sa concurrence est fondée sur le dumping social et environnemental et sur l’accroissement du pouvoir de monopole de quelques grosses entreprises. Elle est inégalitaire, car elle réduit le pouvoir des salariés et permet aux plus fortunés d’échapper à l’impôt en plaçant plus facilement leurs avoirs à l’étranger, dans les paradis fiscaux. Enfin, elle remet en cause la démocratie dans un monde où l’influence politique des multinationales est grande. De Donald Trump aux Etats-Unis au Brexit du Royaume-Uni, et ailleurs, les dirigeants politiques favorables à moins de mondialisation ont d’ailleurs le vent en poupe.

Face à ces constats, la majorité des économistes, soit par idéologie, soit parce que ceux-ci sont soucieux de ne pas laisser prise aux discours nationalistes [ce qui ne serait pas de l'idéologie? NdR], a souvent choisi de défendre la mondialisation. Ce n’est plus le cas.

Une remise en cause intellectuelle

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« Je pense que la mondialisation a contribué à déchirer les tissus sociaux », attaque l’économiste Dani Rodrik. La théorie économique dominante reconnaît que la globalisation a des effets sur la répartition des revenus mais avance qu’ils sont faibles. Faux, rétorque l’Américain Paul Krugman, qui se demande alors : « qu’avons-nous manqué ? ». Réponse : une montée bien plus importante que prévue des importations en provenance des pays émergents avec des effets forts et persistants sur l’emploi dans les pays développés. Si Krugman cite des études américaines, la Banque d’Angleterre montre qu’avec la mondialisation, les régions britanniques qui concentraient une plus grande part d’industrie textile au début des années 1980 ont connu par la suite une plus faible croissance de l’emploi et un retrait plus marqué des personnes du marché du travail. Et l’effet se fait toujours sentir aujourd’hui.

Une étude de la Banque de France estime que sur la période 2001-2007, les importations chinoises en France ont provoqué une perte d’environ 90 000 emplois dans les régions de production manufacturière, soit 13 % du déclin sur la période, ce qui est loin d’être insignifiant. Mais aussi 190 000 en dehors de ce secteur, la baisse de l’emploi induisant une diminution de la demande locale, qui fait largement sentir ses effets sur les secteurs a priori protégés de la concurrence internationale.

Une récente recherche du Fonds monétaire international (FMI) aboutit à trois résultats importants : participer à la mondialisation accroît la richesse d’un pays ; mais plus son niveau d’intégration internationale est élevé plus les gains qu’il tire d’une poursuite de l’intégration diminue ; et les gains de la mondialisation profitent aux plus riches et accroissent les inégalités. Les économistes ont donc rejoint les citoyens pour exprimer leurs doutes face à la mondialisation. Surtout, les acteurs économiques semblent également engagés dans une nouvelle dynamique qui laisse moins de place à la globalisation.

Moins de délocalisations

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Le recul est frappant dans le domaine de la finance. De l’équivalent d’un peu plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB) mondial à leur apogée en 2007, les mouvements de capitaux internationaux n’en représentent plus que 5 % aujourd’hui. Une partie de ce recul tient à la réduction des échanges financiers intra-européens, avec une baisse des prêts entre les banques et une hausse de la détention domestique des dettes publiques. Aujourd’hui, la finance européenne se démondialise.

Au-delà, le professeur de Cambridge Finbarr Livesey a récemment publié un ouvrage qui résume plusieurs tendances structurelles poussant à un recul de la mondialisation productive. Afin de répondre plus vite à la demande, les entreprises veulent produire de plus en plus localement. En plus de soutenir cette évolution, le développement des imprimantes 3D permet de fabriquer davantage de pièces d’un seul tenant, contribuant à réduire les échanges de produits intermédiaires, ce qui pourrait entraîner une baisse de 20 % du commerce international. La montée des salaires dans les pays émergents conjuguée à l’automatisation des chaînes de production poussent également à de moindres délocalisations. Alors que le secteur automobile est parmi les plus mondialisés, les véhicules Tesla sont fabriqués aux Etats-Unis par des robots.

La fin de la global company ?

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Après avoir longtemps baissé, les coûts de transport stagnent, voire tendent à remonter. Ils représentent désormais une charge bien plus importante que les tarifs douaniers. A cela s’ajoutent les coûts environnementaux. Le transport maritime mondial émet en gros autant de CO2 que l’Allemagne. L’avenir est plutôt au développement d’une économie circulaire (écoconception des produits, réparation, recyclage, etc.) locale.

Stratégies marketing, évolutions techniques et montée des coûts poussent à une moindre mondialisation et même à des relocalisations. Cela ne signifie pas que la mondialisation touche à sa fin. Les entreprises des pays émergents continuent à s’internationaliser. Dans son analyse sur « le retrait de la global company », The Economist souligne que grâce à l’e-commerce, des « multinationalettes » vont voir le jour. Mais le temps de l’hypermondialisation, d’une internationalisation toujours croissante de la production et de la finance, semble appartenir au passé.

https://www.alternatives-economiques.fr/proces-de-lhypermondialisation/00084968

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*"Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs" : étrange époque où les gens ne font plus le lien entre causes et conséquences, symbolisée par le "en même temps" macronien.

affiche france en marchePar contre, la tendance générale relevée dans cet article montre bien à quel point Macron et ses amis représentent un monde archaïque, contrairement à la "modernité" affichée.   P.G.

jeudi 14 juin 2018

Surprise : la facture de vaisselle de l'Elysée ne serait pas de 50 000 euros... mais de 500 000

Si le Journal du Dimanche a révélé le coût du nouveau service de table de l'Elysée dans un article publié le 10 juin, le Canard enchaîné a produit une contre-analyse et estimé que cette vaisselle coûterait en réalité dix fois plus cher.

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Dans son édition du 13 juin, Le Canard enchaîné affirme que les chiffres communiqués par les services de l'Elysée au Journal du dimanche concernant le prix du nouveau service de table (1 200 assiettes) par le «Château» (l'Elysée) sous-estiment grandement la facture réelle : «La douloureuse devrait atteindre, voire dépasser, le demi-million d'euros, au vu des tarifs courants affichés par la manufacture.»

La communication élyséenne portée à la connaissance du JDD et publiée dans son édition du 10 juin faisait valoir que la facture ne serait pas réglée par le palais présidentiel, dont le budget est très encadré.

Cependant, le taquin palmipède précise bien dans son article que le contribuable français sera indirectement ponctionné pour ces frais de représentation : «C'est quand même bien le budget de l'Etat qui régale, par le biais de subventions de fonctionnement et d'investissement». Dans sa contre-analyse, le Canard rappelle également que «l'Elysée contourne les nouvelles règles de transparence [...] qui imposent au Château de ne plus faire prendre en charge ses dépenses par d'autres institutions».

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Prix de la bagatelle : «400 euros pièce pour les assiettes les plus simples et à partir de 500 euros pour les modèles contemporains», selon l'article dont l'auteur s'amuse également du nom de la collection : «"Bleu Elysée", une référence toute monarchique au "bleu de Sèvres", utilisé jadis pour la porcelaine fournie à la famille royale.»

https://francais.rt.com/france/51562-surprise-facture-vaisselle-elysee-ne-serait-pas-50000-mais-500000-euros

Voir aussi:

La vaisselle à 500 000 euros du couple Macron ou le retour à l’Ancien Régime

La vie du couple Macron à l’Elysée prend décidément une teinte de plus en plus monarchique. Après avoir refusé la visite d’enfants de Seine-Saint-Denis pour ne pas être dérangés dans « leur » palais, voici que Brigitte et Emmanuel Macron ont décidé de commander un service de vaisselle dont le prix avoisinerait voire dépasserait les 500 000 euros selon le Canard enchaîné. Ils ont en effet décidé de se procurer 1 200 assiettes de la manufacture de Sèvres pour un prix à la pièce de 400 à 500 euros selon l’hebdomadaire.

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Il est vrai qu’alors que le chômage est reparti à la hausse au premier trimestre, l’urgence pour notre pays est évidemment de s’assurer que le président et sa compagne puissent manger dans de belles assiettes qui soient dignes de leur rang. Certes, ils en avaient déjà. Mais elles ne leur plaisaient pas. Choisies par René Coty et Jacques Chirac, elles commençaient à être un peu démodées. Et, surtout, à présenter des signes d’usure. Malheur ! Notre président et sa chère femme que « les Français adorent » et qui « semble fasciner le monde » (selon le Journal de France) méritent mieux. Mais rassurez-vous : il ne leur en coûtera pas un sou. Car bien sûr, ce service ne sera pas payé de leur poche. Il ne le sera même pas par le budget de l’Elysée. Non, en fait c’est en quelque sorte nous tous qui allons faire aux Macron ce beau cadeau. Car c’est la manufacture de Sèvres, désormais nommée « Cité de la céramique-Sèvres et Limoges », qui prend en charge l’ardoise. Un établissement public dont l’essentiel du budget est financé par des subventions de l’Etat, c’est à dire notre argent.

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Décidément, nous voici revenus à l’Ancien Régime : le peuple paie pour le roi, la reine et les privilégiés. Pour nous, la hausse de la CSG, la baisse des APL, la suppression de plus de 100 000 emplois aidés, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Pour le roi et la reine Macron, la vaisselle toute neuve à 500 000 euros. Pour les privilégiés ultrariches, la suppression de l’impôt sur la fortune, la suppression de l’exit tax (qui luttait contre l’évasion fiscale) et la mise en place de la flat tax(pour taxer moins les revenus de la spéculation boursière).

Vivement les Etats Généraux !

https://le-bon-sens.com/2018/06/13/la-vaisselle-a-500-000-euros-du-couple-macron-ou-le-retour-a-lancien-regime/

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La critique était prévisible, et on se demande si ce n'est pas fait exprès: peut- être un signal lancé aux mouvements sociaux, et une arrogance monarchique à destination des "marchés" et de l'Union européenne: pendant que d'autres jouent les fortes têtes, regardez comme la France est sous contrôle... Une occasion aussi pour certains de se refaire à bon compte une image "de gauche"...    P.G.

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