jeudi 19 avril 2018

Salve de missiles dans le ciel de Damas : le nouveau forfait d'un Occident en mal d'hégémonie

Pour Bruno Guigue, les frappes de Washington, Paris et Londres sur la Syrie sont une «pluie de pétards mouillés». Dénonçant un Occident «en mal d'hégémonie», l'analyste estime que cette manœuvre ne changera rien : les ennemis de Damas ont perdu.

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C’est fait. Le gang Washington-Paris-Londres vient de bombarder la Syrie. Abdiquant toute pudeur, l’habituel trio d'experts en coups tordus a expédié ses engins de mort sur un Etat-membre des Nations unies. A grand renfort de missiles, un Occident déclinant a joué les durs à distance, se gardant bien d’affronter sur le terrain un adversaire qui lui mettrait une bonne fessée. En attaquant l’appareil militaire syrien, cette coalition étriquée conduite par des pantins vaniteux a cru que sa quincaillerie de luxe lui permettrait de s’imposer. Mais c’est oublier que la donne stratégique change à toute vitesse. En matière militaire, il y a loin de la coupe aux lèvres, surtout lorsque l’objectif à atteindre est fantasmatique. Expérimentée sous la présidence de Bill Clinton, la technique des frappes chirurgicales vient de connaître un nouvel avatar, dont il n’est pas sûr qu’il soit le plus réussi.

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N’en déplaise à des dirigeants auto-satisfaits, cette opération-éclair a brillé par sa nullité et sa fourberie politique n’a eu d’égale que son inanité militaire. En réalité, le bilan est proche de zéro. Aucun résultat opérationnel, aucun impact psychologique, aucun intérêt politique. Ce fut tout juste une pluie de pétards mouillés sur Damas, un exercice d’entraînement grandeur nature pour la défense anti-aérienne syrienne, un tir au pigeon où le missile occidental, ce joujou prétentieux, a fini par jouer le rôle du pigeon. Les «beaux missiles» de Trump ont fini en morceaux, pitoyables tas de ferraille destinés au futur musée de l’impérialisme à Damas. Ce résultat est d’autant plus significatif que la Défense contre avions (DCA) syrienne a combattu seule l’agresseur étranger, sans l’aide de ses alliés, même si l’appui technique russe a sans doute joué un rôle décisif.

Même désastre sur le plan de la guerre psychologique. On ne s’imaginait quand même pas, à Washington, Londres et Paris, que le peuple syrien serait tétanisé par cette lâche agression. Elle a plutôt produit l’effet inverse, car la couardise de l’adversaire, en général, consolide le moral des troupes. Les premières images en provenance de Damas furent celles d’une population souriante, brandissant fièrement le drapeau national et le portrait du président Bachar Al-Assad. Les trois pieds nickelés de la géopolitique n’impressionnent pas les Syriens. En détruisant les trois quarts des missiles ennemis, la défense anti-aérienne syrienne a résumé à sa façon la réponse de ce peuple courageux à l’agresseur néo-colonial. La DCA de l’armée arabe syrienne est comme la métaphore d’un peuple qui résiste victorieusement, depuis 2011, à une tentative de destruction multiforme.

Bien entendu, les fauteurs de guerre occidentaux ont fait tourner les rotatives d’une propagande mensongère pour tenter de justifier leur entreprise erratique. Mais la supercherie a fait long feu. Il s’agissait, dit-on, de punir le régime syrien pour l’emploi de l’arme chimique contre les civils de la Ghouta. Mais où sont les preuves détenues par les trois agresseurs ? On nous répond qu’elles sont accablantes mais qu’il est impossible de les communiquer, car elles sont «classifiées». Un enfant de quatre ans comprendrait le stratagème. S’il y a des «preuves», au demeurant, on pourrait les trouver sur place, et c’est pourquoi l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a accepté l’invitation du gouvernement syrien. Mais le jour même de l’arrivée de ces experts, le trio occidental a bombardé Damas. Inutile de faire un dessin : quand on accuse sans preuves un coupable désigné d’avance, on n’a pas besoin d’enquête.

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En réalité, la politique belliciste d’un Occident en mal d’hégémonie pourrit tout ce qu’elle touche. Elle brandit les droits de l’homme, mais c’est pour soutenir les terroristes. Elle chante les louanges du droit international, mais c’est pour mieux l’anéantir. Elle parle de démocratie, mais elle la viole à domicile tout en déniant aux autres nations le droit à l’autodétermination. Quand Macron annonce qu’il va «punir» le président syrien lors d’une conférence conjointe avec le prince héritier d’Arabie saoudite, il se moque du peuple français. La triplette belliciste USA/France/Grande-Bretagne est comme la grenouille qui veut être plus grosse que le bœuf. Elle s’imagine qu’elle est le centre du monde alors qu’elle en est l’appendice. Elle est seulement le club de l’oligarchie occidentale, mais elle se prend pour la «communauté internationale». Et lorsque le monde assiste médusé à une fanfaronnade où le criminel le dispute au grotesque, elle s’imagine qu’elle a remporté une victoire. Cette salve de missiles sur la Syrie ne changera rien au cours des événements. La Ghouta est libérée et les autres provinces le seront bientôt. La guerre à distance menée par les ennemis de la Syrie est perdue d’avance.

https://francais.rt.com/opinions/49974-salve-missiles-dans-ciel-damas-bruno-guigue

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Mise en scène de guerre: dossier spécial

 

DS CASQUES BLANCS

 

L'UE et la guerre en Syrie : pas en notre nom !

14 avril 2018 - Après l'agression nocturne – évidemment ! – de la Syrie par les missiles des Etats-unis, de la Grande-Bretagne et de la France, l'Union Européenne a déclaré « se tenir aux côtés de ses alliés ». Voilà comment les citoyens européens qui n'ont pas été consultés sur un sujet aussi grave se trouvent pris au .piège et emportés malgré eux par une décision décidée par des eurocrates non élus. Un comble ! Qui permet de vomir un peu plus cette 'Union' qui ne représente plus que son ombre.

L'attaque chimique à Douma, une «mise en scène» des Casques blancs pour la Russie

11 avril 2018- L'attaque aurait fait une quarantaine de morts dans cette enclave rebelle de la Ghouta orientale. L'attaque chimique présumée contre les rebelles syriens à Douma a été « mise en scène devant les caméras » par les Casques blancs, l'organisation de sauveteurs syriens en zone rebelle qui a la première dénoncé cette attaque, a accusé l'armée russe mercredi.

Ghouta orientale : les Casques blancs préparent un nouveau scénario chimique

24 février 2018 - En pleine opération militaire de l'armée syrienne, destinée à déloger les terroristes de leur fief le plus important à l'est de Damas, deux camions, chargés de cargaison de chlore, sont arrivés sur le territoire syrien, en provenance de la Turquie et les Casques blancs se préparent à réaliser un nouveau spectacle anti-Damas.

 

La Ghouta orientale... Les «Casques blancs» vont-ils jouer une nouvelle pièce de théâtre ?

25 février 2018 - Damas s'est habituée, la veille de chaque action militaire gagnante, menée par l'armée syrienne, à voir tourner là où l'armée avance, une scène sanglante ou une pièce de théâtre relative à une attaque chimique causant de nombreuses victimes, des femmes et des enfants. Ces victimes peuvent être «ressuscitées» plus tard une fois que l'«objectif politique» de la pièce jouée est atteint. L'objectif de ces scènes, est de freiner l'avancée et de défigurer les réalisations  de l'armée syrienne sur le terrain l'accusant ainsi que le gouvernement syrien d'être les responsables de ces faux massacres
 

De Mossoul à Damas, une route pavée de propagande

25 févr. 2018 - Comme à chaque fois que les « gentils opposants au régime de Bachar » se trouvent dans une situation désespérée, on assiste ébahis à un véritable déferlement de propagande de la part des médias dominants. Plutôt que dénoncer, pour la énième fois, une manipulation scandaleuse, je me propose de vous donner quelques outils qui devraient permettre à chacun de reconnaître la propagande, quand il en voit, et ainsi préserver sa capacité d'analyse et son esprit critique, parce que la propagande la plus perverse est celle qu'on n'identifie pas comme telle.

 

Des Casques... pas si blancs encore invités à l'Assemblée ... - Sputnik

13 févr. 2018 - Le changement de législature n'a visiblement pas découragé les efforts de communication des Casques Blancs syriens. Malgré leur réputation sulfureuse, la nouvelle majorité a décidé d'ouvrir les portes du Palais Bourbon à des hommes fréquemment présentés comme sauveteurs le jour et terroristes la nuit. Piqûre de rappel.

«Les Français doivent se demander pourquoi ces terroristes sont reçus à l'Assemblée et considérés comme des VIP, alors que leurs organisations sont liées à celles qui ont mené les attaques terroristes à Nice et à Paris.»

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Dans une de ses conférences, François Asselineau a commencé par donner une définition de l'intelligence et qui était "savoir relier les choses entre elles" !

Sachons regarder, sachons analyser les infos avec recul et sachons ne pas oublier les infos datant de quelques jours, voire de quelques mois ou de quelques années 
Et sachons aussi regarder calmement les photos, avec raison et non avec émotion ! Et regardons bien la photo publiée par le Parisien : curieux la tenue des "casques blancs" ! Ils sortent des blessés d'une zone de guerre et leurs tenues semblent tout droit sorties du pressing, pas un grain de poussière sur les casques blancs !!!!

Les trois pays félons ne pouvaient donc ignorer la préparation de cette fausse ou vraie attaque chimique par les casques blancs, qui, rappelons-le, sont les alliés des terroristes ! Ils ont été créés en 2013 par
James le Mesurier, un ancien officier britannique reconverti dans le mercenariat, dont la société est basée à Dubai (oups !!). Ils ne sont pas reconnus par l'OIPC, Organisation Internationale de Protection Civile (re-oups !!) !

Et pourquoi nos élus, Hollande, Macron, et députés ont reçu, avec les honneurs, ces terroristes ?

Soyons très vigilants !    S.R.

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Déclaration de vos revenus sur impots.gouv : comment Bercy offre vos données personnelles… à Google

Pour pouvoir accéder au site de la déclaration de revenus en ligne, impots.gouv, le ministère de l'Economie et des Finances a installé une vidéo YouTube dont le visionnage est obligatoire et qui permet à Google de récupérer nombre de vos données sur Internet.

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Nul besoin de Facebook pour que l'on vous subtilise vos données personnelles. Il suffit de vouloir faire… votre déclaration de revenus sur Internet. La semaine dernière, la direction générale des finances publiques (DGFiP) a ouvert son site dédié, impots.gouv, avec la ferme intention cette année de communiquer sur le prélèvement à la source qui doit s'appliquer en 2019. Et pas moyen d'y couper : dans un effort de pédagogie, la DGiFP vous impose 60 secondes d'explications en vidéo qui vous détaillent la réforme à venir. Mais il y a un problème, relevé ce lundi 16 avril par le site spécialisé Next INpact : l'hébergeur de cette vidéo est la plateforme YouTube, filiale du géant californien Google.

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En moins d'une semaine, la vidéo a déjà été visionnée plus de 4,3 millions de fois. Ce sont donc potentiellement les données personnelles d'autant de Français qui ont été aspirées par Google. Car, comme pour chaque vidéo diffusée sur YouTube, le moteur de recherche aspire les informations des internautes à travers des mouchards publicitaires. A première vue, il ne s'agit que d'un procédé somme toute très commun de récolte de données sur le Web, comme il y en a des milliers tous les jours. Mais ici, nous ne parlons pas d'un clip de Beyoncé, ni de la dernière vidéo du youtubeur Squeezie… Non, c 'est le gouvernement qui abdique devant les Gafa ! Et ce, en plein débat public sur le sujet à la suite du scandale Facebook.

La DGFiP se défend pourtant de toute légèreté. Bercy a réagi à l'affaire en fin d'après-midi ce mardi, revendiquant l'utilisation de plateformes "sans risques" : "Nous tenons à rappeler l'extrême vigilance de l'administration fiscale en la matière et rassurer chacun : il n'y a aucun risque de confidentialité sur les données fiscales des usagers dans l'utilisation qui est faite de ces plateformes sociales".

Quand un internaute se connecte sur le site des impôts et visionne la vidéo, Google récupère ainsi son adresse IP (son identité sur le web, en quelque sorte) mais peut aussi retracer sa navigation. Le moteur de recherche sait donc pertinemment ce que vous avez pu faire avant votre déclaration de revenus. Comme le remarque avec humour Le Point, si vous recherchez "optimisation fiscale" ou "ouvrir un compte en Suisse", Google le sait. Et si, en plus, vous êtes un utilisateur de la messagerie du moteur de recherche, la firme peut lier cette historique avec votre agenda, vos mails, votre localisation… Alors, si quelqu'un venait à mettre la main sur ces données, il pourrait facilement connaître assez précisément votre situation fiscale, déclarée ou pas.

"Nous n'irons jamais lire vos informations fiscales", assure Google

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A la suite de la publication de cet article, Google France a contacté Marianne pour nier tout siphonnage des données personnelles des utilisateurs "après simple visionnage d'une vidéo sur YouTube" : "Il n'y a pas de mouchard publicitaire ni de cookie, la plateforme récolte les données des utilisateurs liées à leur comportement sur la plateforme". Et l'entreprise d'assurer : "Nous n'irons absolument jamais lire vos informations fiscales, encore moins votre déclaration de revenus. Ce n'est pas possible".

La DGiFP aurait facilement pu limiter les risques, en activant tout simplement le mode "Confidentialité avancée" de YouTube, qui permet d'éviter plusieurs mouchards. Si Bercy était encore plus prudent quant aux données personnelles des ses contribuables, il aurait surtout pu faire le choix d'une autre plateforme de vidéo en ligne, qui ne dépende pas de Google. Les alternatives sont plus discrètes mais elles existent : PeerTube, logiciel libre d'hébergement de vidéo décentralisé, ou encore un player du ministère...

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Interrogé par Le Point, le service de communication de Bercy avance l'argument de la facilité : "Il existe une chaîne DGFiP depuis longtemps sur YouTube, qui héberge du contenu accessible gratuitement. Il s'agit de la plateforme la plus répandue et elle est capable de supporter un très grand nombre de connexions simultanées", explique-t-on, avant de cependant ajouter que les services de Bercy sont "en train d'étudier la faisabilité d'un hébergement sur d'autres plateformes, peut-être sur Dailymotion". Une plateforme française, pour le ministère chargé du Made in France, il fallait y penser ! Pas sûr toutefois que celui-ci soit un parfait coffre-fort pour vos données. En octobre 2016, la plateforme avait subi un piratage d'ampleur : 85 millions d'adresses et d'identifiants auraient potentiellement été récupérés par les pirates. Le problème de sécurité serait depuis, toutefois, réglé. Quoi qu'il en soit, Dailymotion a au moins une vertu : contrairement à Google, il n'est pas assigné en justice… par Bercy, pour pratiques commerciales abusives.


*article modifié à 18h30 avec l'ajout des réactions de Google et de la DGiFP

Comment éviter que vos données ne soient aspirées sur impots.gouv

Si vous voulez éviter que Google aspire vos données, vous pouvez déjà suivre les recommandations générales de la CNIL en vidant régulièrement votre historique : de cette manière, il sera beaucoup plus difficile de vous suivre à la trace. Mais pour le cas qui nous intéresse ici, vous serez alors obligé de visionner indéfiniment la vidéo sur le prélèvement à la source à chaque fois que vous vous connecterez sur le site du ministère. Comment faire pour éviter cette fenêtre pop-up ? Simplement, en zappant la page d'accueil du site : pour accéder à votre espace particulier de déclaration de vos revenus, c'est par ici. Pour les professionnels, c'est .

Si vous tenez absolument à voir la page d'accueil du site et les informations qu'elle contient, le site spécialisé Numerama a la solution pour vous débarrasser du pop-up. Attention, cette étape est un peu technique : il faut que vous inscriviez un petit script dans la page du site des impôts. Si vous naviguez sur Chrome, faîtes un clic droit (n'importe où sur la page) pour "rentrer" dans son code. Il va alors s'afficher "Inspecter l'onglet console". Cliquez dessus. Si vous êtes sur Firefox, faites de même : d'abord clic droit, suivi de "Inspecter l'élément" et ensuite trouvez l'onglet Console. Il suffit alors de coller ce code : document.cookie = "videoPAS_session=nepasreafficher ; expires=JOUR MOIS ANNEE" ; qui vous permettra de ne plus voir la vidéo jusqu'au jour, mois et année de votre choix. Vous pouvez renseigner la date à votre guise dans le code fourni. Mais ça, c'est pour les avertis.

https://www.marianne.net/societe/impots-gouv-declaration-revenus-comment-bercy-offre-vos-donnees-personnelles-youtube-google?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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mercredi 18 avril 2018

Préserver la diversité linguistique contre le tout anglais de Wall Street pour préserver la créativité de l’Humanité !

Cet article du philosophe Heinz Wismann est captivant car il décrit avec une précision particulièrement grande la manière dont la langue détermine la manière de penser. Il est la démonstration de la nécessité de préserver la contre le tout-anglais pour que les sociétés humaines puissent préserver leur potentiel de créativité.

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Heinz Wismann, philosophe allemand à Paris, est l’auteur de «Penser entre les langues».
Voici l’entretien qu’il a accordé au journal suisse Le Temps visiblement plus soucieux du multilinguisme et de la défense de la que les médias français.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/preserver-diversite-linguistique-contre-anglais-de-wall-street-preserver-creativite-de-lhumanite/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)


 

Le Temps: Dans votre livre* «Penser entre les langues», vous écrivez, à propos du «Hochdeutsch»: «Cette langue qui, pour être parlée, suppose que les locuteurs soient libérés de la contingence des affects.» C’est exactement l’argument avancé par les Alémaniques pour défendre leur emploi du dialecte. Les Allemands parlent-ils donc aussi le dialecte en famille?

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Heinz Wismann: Par Hochdeutsch, on désigne la langue allemande codifiée, imposant le respect strict de ses règles syntaxiques. Et j’observe qu’à partir du moment où, entre deux locuteurs, l’affect s’en mêle, où la tonalité de l’échange devient plus familière, la syntaxe est malmenée. Mais cela ne veut pas dire que tous les Allemands parlent en famille un dialecte comme en Suisse. De fait, la plupart du temps, ils parlent une langue intermédiaire, volontiers teintée d’inflexions dialectales mais, surtout, syntaxiquement en rupture avec le carcan du pur Hochdeutsch, qui est terriblement contraignant.

– Pourquoi l’est-il?

– Le français place le déterminant après le déterminé: «Une tasse à café». En allemand, c’est l’inverse: Eine Kaffeetasse. Si vous appliquez ce principe à la structure de la phrase, vous obtenez une accumulation d’éléments chargés de déterminer quelque chose qui n’est formulé que plus tard. De la part du locuteur, cela demande une discipline de fer. C’est pourquoi les présentateurs des informations télévisées lisent en général leur texte: il est malaisé d’improviser correctement en Hochdeutsch. Par ailleurs, cette structure syntaxique limite la spontanéité de l’échange car elle oblige l’interlocuteur à attendre la fin de la phrase pour savoir de quoi il est question. D’où les remarques critiques de Madame de Staël sur l’impossibilité d’avoir une conversation en allemand…

– … parce qu’on ne peut pas interrompre un Allemand qui parle. Est-ce cela, le propre de la conversation: interrompre son vis-à-vis?

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Aux oreilles d’un Allemand, les Français sont des gens qui parlent tous en même temps. Mais s’ils peuvent se permettre de s’interrompre, c’est parce qu’ils évoluent dans une structure syntaxique où l’essentiel est posé d’emblée et l’accessoire suit. Ainsi, le «gazouillis» des salons français vanté par Madame de Staël consiste à emboîter le pas à celui qui parle comme on relance un ballon, à faire circuler la parole dans un esprit de connivence.

– Mais d’où vient la rigidité de l’allemand? Est-ce du fait que, contrairement à la plupart des idiomes européens devenus langues nationales, le «Hochdeutsch» n’était pas, à l’origine, une langue parlée?

– L’histoire du Hochdeutsch est compliquée. Elle puise son origine dans la traduction des Evangiles par Luther. On a bien affaire à la grammaticalisation d’un dialecte, mais à l’aide du grec ancien. On peut dire, pour faire court, qu’avant d’être adopté comme langue nationale, le Hochdeutsch a été une langue littéraire, puis administrative, mais pas vraiment parlée.

– Chaque langue, écrivez-vous, véhicule un rapport particulier au réel. Et l’instrument privilégié de ce «vouloir dire», c’est la syntaxe. Que «veut dire» cette bizarrerie allemande qui consiste à placer le verbe à la fin de la phrase?

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– Elle dit que le verbe est essentiel. Elle indique que l’action verbale, élément ultime de la chaîne des déterminations successives, porte l’ensemble de l’énoncé. Par contraste, la phrase latine est conçue à partir du sujet, sur lequel s’appuie le reste de l’énoncé. Il y a un rapport d’équivalence avec l’attribut, qui s’accorde en genre et en nombre: «La femme est grande.» Entre les deux, l’«auxiliaire» joue un rôle subalterne de copule. En allemand, le verbe est beaucoup plus puissant. On dit «La femme est grand», ce qui suppose quelque chose comme un verbe «grand être» où ce qui en français est attribut revêt une fonction adverbiale. On retrouve cette différence fondamentale dans la notion même de «réalité»: la «res» latine est une entité nettement circonscrite, distincte, à la limite immobile. La Wirklichkeit provient du verbe wirken, agir. Elle correspond à une réalité essentiellement dynamique. Certes, on peut aussi dire Realität en allemand, mais seulement pour constater un état de fait, le plus souvent assorti d’une nuance de regret: les rides qui se creusent sur mon front sont une Realität, pas une Wirklichkeit. On a affaire à deux univers mentaux, qui mettent l’accent l’un sur le mouvement, l’autre sur la localisation.

– Mais la langue ne crée pas ex nihilo notre rapport au réel: d’où vient cette différence?

– Schématiquement, on peut dire que le principe de spatialisation est central dans les régions où le soleil est mâle et la vue dégagée. C’est le cas des pays latins. En Allemagne, au nord en général, la brume voile la perception visuelle. Dans la forêt profonde surtout, c’est l’ouïe qui domine. L’oreille guette les bruits, qui évoluent d’un instant à l’autre.

– Toutes les langues du nord ne mettent pas le verbe à la fin…

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– Disons que l’allemand est la langue qui a poussé à l’extrême son propre principe de cohérence. Prenez l’horizon métaphorique du mot «appartenance»: en français, il évoque un appartement. En allemand Zugehörichkeit contient le verbe hören, entendre: on appartient à un groupe si l’on est capable d’entendre son appel. Le rapport au réel passe par l’ouïe. C’est pourquoi la musique constitue l’une des contributions principales des germanophones à la universelle. Avec la philosophie spéculative, qui est son corollaire. La «logique» hégélienne peut en effet être lue comme l’équivalent d’une phrase allemande ininterrompue alignant tous les éléments possibles du verbe «être». On retrouve le même souci d’exhaustivité dans le traitement du thème musical (Durchführung) de la sonate clas­sique.

– Les Allemands seraient plus portés sur l’action que les Français?

– Ils ont vraiment, je crois, une plus grande capacité à se projeter vers l’ailleurs. On le voit sur la scène économique mondiale, où ils sont très présents. Pourquoi les industriels français sont-ils si faibles à l’exportation? Ils sont trop bien dans l’«Hexagone», cet espace parfait!

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– Vous dites également du français que c’est une langue «allusive» et «compactée». En cela, elle est donc sœur jumelle de l’anglais, qui devrait pourtant être plus proche de l’allemand…

– L’anglais a en commun avec le français d’avoir été façonné par l’usage de cour. D’où son caractère idiomatique: lorsqu’on demande pourquoi, en anglais, telle chose se dit de telle manière, on vous répond «parce que c’est comme ça». Il n’y a pas de règle, il faut maîtriser la convention, laquelle change selon le milieu où se reflète la hiérarchie sociale. Le français, à un degré moindre, a ce même caractère idiomatique, l’allemand pas du tout: socialement, c’est une langue nettement plus égalitaire.

– Mais pourquoi dites-vous que le français est «compacté»?

– Le propre du courtisan, c’est de parler des choses «à bon entendeur». La grande prouesse de La Princesse de Clèves consiste à évoquer une passion amoureuse sans jamais la désigner explicitement. La conséquence de cette culture du demi-mot est que, de Montaigne à Madame de La Fayette, des dizaines de milliers de vocables ont été abandonnés. Racine écrit ses tragédies avec mille cinq cents mots. «Ardeur» lui sert à désigner une foule de choses différentes, de l’amour à la haine en passant par le courage au combat. C’est ce qui fait dire à certains que le français est la langue européenne la plus proche du chinois.

– Quand on colle aux choses, on ne voit rien, seule la distance rend lucide, écrivez-vous: être bilingue, ça rend intelligent?

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Chaque langue portant en elle un reflet du réel, quand je décolle de la mienne pour aller vers une autre, j’enrichis ma capacité à percevoir de la réalité. Je me donne une chance de développer une intelligence réflexive, c’est-à-dire d’aller voir ailleurs et de revenir enrichi de ce que j’ai compris en m’écartant de moi. J’oppose cette attitude au syndrome identitaire, qui est la forme la plus stupide de l’affirmation de soi: on est fier de n’être que ce que l’on est. C’est très appauvrissant.

– Mais rassurant, car pour prendre de la distance, il ne faut pas avoir peur de tomber…

– Bien sûr que c’est rassurant, et les populismes de toutes espèces exploitent aujourd’hui honteusement cette tendance naturelle à vouloir rester entre soi. S’éloigner est toujours «une petite douleur», comme dit Hegel dans ses récits pédagogiques. Mais il insiste sur les gratifications bien plus grandes, à la fois intellectuelles et affectives, que procure l’expérience du retour. Il recommande donc de fonder l’enseignement sur l’approfondissement de cette expérience, pour laquelle les langues étrangères, y compris les langues mortes, jouent un rôle essentiel.

– Mais pourquoi une telle régression identitaire aujourd’hui?

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C’est comme si les gens ne trouvaient pas d’autre moyen de résister à la mondialisation. On vit dans un monde très ouvert, mais c’est une fausse ouverture car notre perception de l’ailleurs passe généralement par un filtre unique: celui du «globish», cette langue de service, dénuée de toute dimension connotative, qui réduit à la portion congrue notre rapport au réel. L’anglais international ne reflète guère que l’univers des marchan­dises.

– Vous êtes contre toute idée de langue unique?

– Oui. La nostalgie d’un paradis pré-babélique est très régressive. Le principe de vie, c’est la différenciation: vive la prolifération des langues!

– Le plurilinguisme n’est-il pas le privilège d’une élite?

– C’est un privilège auquel tout le monde a droit. Sous prétexte de démocratisation, l’école d’aujourd’hui abaisse son niveau d’exigence et, ce faisant, creuse l’écart social. Elle n’a aucune excuse pour ne pas jouer son rôle, qui est d’arracher les enfants au monolinguisme infantile afin de leur donner accès à d’autres univers mentaux.


* «Penser entre les langues» de Heinz Wismann, Ed. Albin Michel, 312 p.

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mardi 17 avril 2018

Frappes en Syrie : le ridicule ne tue pas les puissants

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Le délire inculte de Trump dans l’ordre international ne perturbe en rien les alliés des États-Unis qui ont « toujours raison » face à la Russie, à la Chine et à la plupart des peuples du Sud. Les conservateurs anglais dont la première ministre est empêtrée dans le Brexit, les Macronistes français, néo-bonapartistes au petit pied, dans l’ordre interne mais serviles « harkis » des Américains en politique étrangère, ont assisté l’intervention militaire des États-Unis en Syrie. Quoi de plus logique que de bombarder pour protéger les civils ? Quoi de plus cohérent que de violer le droit international pour en faire assurer le respect ?

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Nulle part les intérêts occidentaux ne supportent d’être évacués : la Russie est impardonnable de n’avoir pour renaître aucun besoin des moyens euraméricains et d’avoir réglé, sans les Occidentaux, la question de Daech en Syrie !

La Chine n’est pas supportable malgré ses yuans et ses créances : comment ose-t-elle rivaliser avec la première puissance mondiale, bénie par ses Églises évangéliques et ses valeurs « universelles » ?

En Syrie, comme ailleurs, le basculement du monde est nié : seul l’Occident est « démocratique », seul il défend la Civilisation, l’Unique, c’est-à-dire la sienne ! Quoi de plus « naturel » ? Voilà près de 400 ans qu’il exerce son hégémonie sur toute la planète s’y croyant tout permis, de la colonisation d’hier aux ingérences d’aujourd’hui.

Pour faire bonne mesure, l’Euramérique se présente à sa propre opinion comme victime menacée dans son existence même : en dépit du dollar et de l’euro qui régulent le commerce mondial, et de sa capacité d’exploiter la plupart des économies nationales, il se plaint de la concurrence « déloyale » des puissances émergentes alors qu’elle fait de la concurrence (toujours faussée) son principe d’action fondamental !

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En dépit de la puissance militaire des États-Unis (grâce à un budget 10 fois supérieur à celui de la Russie), l’Occident s’estime sur la défensive vis-à-vis de « l’agressivité » russe, tout comme l’armée israélienne d’occupation s’estime agressée par des Palestiniens « armés » de cailloux !

Le cynisme le plus pitoyable est l’invocation par le Ministre de la Défense français, suite au bombardement de la Syrie du 14 avril 2018, du droit international.

C’est que la philanthropie française n’a pas de limites : c’est au nom de l’Humanité qu’il faut punir les méchants syriens, monstres parmi les monstres ! Peu importe les dégâts de masse provoqués depuis des décennies par les multiples interventions armées en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen, par exemples, et les massacres de masse en Afrique subsaharienne qui m’émeuvent personne : tout le mal a pour origine la sinistre alliance russo-syrienne. Les liens étroits tissés entre les Salafistes, les Frères Musulmans et l’Occident ne sont rien ; la destruction de la plupart des pays du Moyen Orient n’a pas de signification…. Le Bien est définitivement du côté américain !

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Peu importe que l’on sanctionne avant de négocier, que l’on punisse avant de prouver malgré la sacro-sainte « présomption d’innocence » invoquée au profit de tous les escrocs patentés d’Europe et des États-Unis !!

En Syrie, en effet, la Commission d’Enquête internationale sur l’éventuelle utilisation de gaz toxiques n’a pas eu le temps d’arriver sur place : les missiles occidentaux ont été lancés avant ! C’était plus sûr. Le ridicule ne met pas à mort les puissants !

Un certain goût de la violence et de la répression ne cesse de monter au sein des oligarchies occidentales et de leurs commis politiques. Ces oligarchies instrumentalisent les crises des autres pour tenter de gommer leurs propres difficultés.

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L’extrême médiocrité des élites au pouvoir (quand ce n’est pas la vulgarité primitive d’un Trump !), sous couvert d’une personnalisation dénoncée seulement chez les autres, appuyée par une courtisanerie délirante des grands médias, conduit à une confusion croissante de l’opinion, entretenue par une pseudo-démocratie du bavardage incessant et du spectacle infantilisant des dirigeants, en état d’agitation chronique !

N’importe : les Occidentaux ont perdu leur guerre en Syrie ; l’endettement massif de l’Irak, sous couvert du FMI, y prépare des lendemains qui déchantent ; le peuple libyen ne restera pas toujours fragmenté ; les peuples africains ne seront pas toujours soumis !

Quant aux citoyens d’Occident, ils ont su, dans l’Histoire, malgré des temps morts, mettre à bas ceux qui leur faisaient les poches tout en voulant les abrutir !

Robert CHARVIN

https://www.investigaction.net/fr/frappes-en-syrie-le-ridicule-ne-tue-pas-les-puissants/

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dimanche 15 avril 2018

«Nous sommes exceptionnels, la Russie non» : Pompeo justifie la pratique US de changement de régime

Le futur chef de la diplomatie américaine a fait une éclatante démonstration du sentiment d'exceptionnalisme qui règne à Washington lors de son audition au Congrès. Sans oublier de s'en prendre à la Russie, pour rassurer les sénateurs.*

ACT POMPEO FAUCON

Choisi par Donald Trump comme prochain secrétaire d'Etat américain à la place de Rex Tillerson, Mike Pompeo passait une audition devant la commission des Affaires étrangères du Sénat le 12 avril afin d'être confirmé dans ses fonctions. Pour s'attirer les bonnes grâces des sénateurs, celui que Donald Trump avait nommé à la tête de la CIA à son arrivée au pouvoir s'est lancé dans un exercice visant à les rassurer quant à sa vision géopolitique.

Dans cette optique, rien de mieux que de prendre pour cible la Russie. Mike Pompeo y a mis un soin tout particulier. Décrivant Moscou comme «un danger» pour les Etats-Unis, il a promis de «confronter les Russes dans tous les domaines», qu'ils soient cybernétiques, économiques ou autres. Sans évidemment oublier de mentionner le chef d'Etat russe : «Nous devons nous assurer que Vladimir Poutine ne réussisse pas.»

Pour achever de persuader son auditoire qu'il n'a pas l'intention de rompre avec la politique que suit Washington depuis des décennies, Mike Pompeo s'est employé à expliquer ce qui différenciait les Etats-Unis du reste du monde. Ainsi lorsque Tim Kaine, l'ancien colistier d'Hillary Clinton, lui a posé une question piège, cherchant à savoir si une politique de changement de régime était acceptable de la part d'autres pays que les Etats-Unis, le futur diplomate ne s'est pas démonté.

«[Les Etats-Unis] sont un pays unique, exceptionnel. La Russie est unique mais pas exceptionnelle», a-t-il fait valoir, appuyant sur l'argument phare de Washington pour justifier sa politique internationale. Poursuivant sur sa lancé, Mike Pompeo a expliqué qu'il n'existait pas d'équivalence morale entre ce que pouvait faire les Etats-Unis et la Russie parce que les actions de Washington sont par nature différentes. «Je pense que nous devrions être fier de la façon dont nous nous engageons dans le monde», a-t-il martelé, avant de conclure qu'il voulait que son pays continue «de rester de bon côté de la ligne».

https://francais.rt.com/international/49722-nous-sommes-exceptionnel-pas-russie-pompeo-justifie-politique-us-changement-regime

*Voir aussi:

Choisi par Trump pour diriger sa diplomatie, Mike Pompeo lisse son profil de « faucon » au Sénat

La confirmation au poste de secrétaire d’Etat de l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, qui dirigeait la CIA depuis un an, n’est pas acquise.

Mike Pompeo est en quête d’une majorité au Sénat pour accéder au poste de secrétaire d’Etat des Etats-Unis vacant depuis le limogeage de Rex Tillerson. Son audition par la commission des affaires étrangères, jeudi 12 avril, a cependant montré que ses marges de manœuvres sont étroites.

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Un an plus tôt, lors de la procédure de confirmation au poste de directeur de la CIA qu’il a occupé jusqu’à sa nomination par Donald Trump en mars, l’ancien représentant républicain du Kansas, âgé de 54 ans, avait pu compter sur le soutien de 15 voix démocrates. Tout donne à penser que sa marge sera beaucoup plus réduite cette fois-ci alors qu’un sénateur républicain, Rand Paul (Kentucky) a d’ores et déjà fait savoir qu’il s’opposerait à sa nomination, et qu’un second, John McCain (Arizona), ne pourrait pas prendre part au vote du fait de son état de santé.

Précédé par une réputation de « faucon » nourrie par de nombreuses prises de position contre l’Iran ou la Corée du Nord, Mike Pompeo a répété que « la guerre est toujours et doit toujours être en dernier ressort », en s’appuyant sur son expérience sous les drapeaux, au début de sa carrière.

Proximité incontestée avec le président

Il a tenté de mettre en évidence deux atouts qui ont cruellement manqué à son prédécesseur. Tout d’abord, une proximité incontestée avec le président des Etats-Unis. « Chaque ancien secrétaire d’Etat avec qui j’ai parlé a souligné l’importance de maintenir une relation étroite avec le président. J’ai travaillé à établir ce genre de relation avec le président Trump au cours des quinze derniers mois grâce à des centaines d’heures de briefings », a-t-il expliqué.

Dans une critique implicite envers Rex Tillerson, il a mis en avant une capacité à gérer une structure administrative dont il a fait la preuve, selon lui, à la CIA, alors que le département d’Etat a été affaibli par un exode sans précédent de hauts fonctionnaires démobilisés par son prédécesseur. « Il est primordial de renforcer le meilleur corps diplomatique au monde », a-t-il assuré.

Les sénateurs républicains qui ont plaidé pour sa nomination ont mis ces atouts en avant, tout comme son parcours de major de sa promotion de la prestigieuse académie militaire de West Point, devenu par la suite un homme d’affaires prospère, puis un élu pendant six ans à la Chambre des représentants.

Evasif sur l’Iran et la Corée du Nord

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D’autres, à commencer par le président républicain de la commission, Bob Corker (Tennessee), qui ne cache pas ses critiques vis-à-vis du président, se sont cependant interrogés sur la nature du lien noué avec Donald Trump. Bob Corker lui ainsi a demandé s’il serait capable de « donner des conseils au président qui lui permettent de voir une situation donnée de manière globale » quitte à le contredire, rappelant que le président n’a pas hésité à écarter les conseillers défendant des vues opposées aux siennes. Le vice-président démocrate de la commission Robert Menendez (New Jersey) a souligné l’importance de ce rôle face à une présidence « guidée par les coups de tête et pas par une stratégie ».

Autant l’ancien directeur s’est exprimé de manière claire sur le recours, vanté pendant la campagne par Donald Trump, à la torture, qu’il a jugée « interdite par la loi » ou bien sur la nécessité de la fermeté face à la Russie, autant il s’est montré plus évasif sur les deux sujets qu’il aura à traiter en priorité : le maintien des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien et le sommet annoncé entre M. Trump et le responsable de la Corée du Nord, Kim Jong-un.

Mansuétude d’élus démocrates

Pressé de questions, Mike Pompeo, qui avait milité activement contre l’accord iranien, a assuré que sa priorité consisterait à combler les lacunes supposées du compromis, et qu’un retrait des Etats-Unis à l’échéance fixée par le président, le 12 mai, ne refermerait pas, selon lui, la voie de la diplomatie.

« S’il s’avère qu’il n’y a aucune chance de l’améliorer, je recommanderai au président de faire de notre mieux avec nos alliés pour trouver un meilleur résultat et un meilleur accord. C’est ça l’objectif », a-t-il assuré, alors que les partenaires européens des Etats-Unis signataires du texte ont exclu toute réécriture, tout comme l’Iran, et prônent au contraire des dispositifs annexes pour répondre aux inquiétudes américaines sur l’influence iranienne au Moyen-Orient, ou sur ses activités balistiques.

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Conscient de la défiance que ses prises de position passées sur l’islam ou sur le mariage homosexuel ont alimentée chez les démocrates, Mike Pompeo a pris soin de rencontrer les deux anciens secrétaires d’Etat de Barack Obama, Hillary Clinton et John Kerry, pour solliciter leurs conseils. Il mise désormais sur la mansuétude d’élus démocrates engagés dans une campagne de réélection délicate dans des Etats républicains, en Virginie-Occidentale ou dans le Dakota du Nord, pour obtenir les voix nécessaires pour pouvoir prendre la tête de la diplomatie américaine.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/04/12/choisi-par-trump-pour-diriger-sa-diplomatie-mike-pompeo-lisse-son-profil-de-faucon-au-senat_5284772_3222.html#lyZZzScJW88dcG4T.99

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samedi 14 avril 2018

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni frappent la Syrie

Dans la nuit du 13 au 14 avril, Washington, Paris et Londres ont mis leurs menaces à exécution et ont mené des frappes contre les autorités syriennes, en représailles à l'attaque chimique présumée dans la Ghouta, que ces pays attribuent à Damas.

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«J'ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien Bachar al-Assad en matière d'armes chimiques», a déclaré le président américain Donald Trump. «Une opération combinée est désormais en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux», a-t-il ajouté. L'état-major français a confié la mission de bombardement à plusieurs chasseurs Rafale, selon une vidéo diffusée par l'Elysée et la ministre des Armées Florence Parly.

Le président français Emmanuel Macron a souligné que les frappes françaises étaient «circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l’emploi d’armes chimiques».

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L'OTAN a déclaré «soutenir» ces frappes.

Les dirigeants de ces trois pays occidentaux justifient leurs frappes par des allégations d'usage d'armes chimiques visant Damas. Ils s'appuient, pour accuser les autorités syriennes, sur l'organisation controversée des Casques blancs, qui avait dénoncé un recours au chlore, ce qui a été immédiatement démenti par les médias publics syriens. Le tout aussi controversé Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) avait pour sa part fait état de dizaines de cas de suffocation, dont certains mortels, sans toutefois se prononcer sur l'emploi ou non d'armes chimiques. Moscou, néanmoins, affirme détenir les «preuves irréfutables» de la mise en scène de cette supposée attaque chimique dans la Ghouta.

Il y a un an, le président américain avait, déjà, fait bombarder en avril 2017 une base de l'armée syrienne en représailles à un incident chimique attribué par les Occidentaux à Damas, à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie.

Trois cibles visées

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De fortes explosions ont été entendues avant l'aube à Damas ce 14 avril, centre du pouvoir du président syrien Bachar el-Assad, survolée par des avions, a constaté une correspondante de l'AFP. Selon le général Joe Dunford, chef d'état-major américain, les forces occidentales ont visé trois cibles liées au programme d'armement chimique syrien, l'une près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie. La télévision publique syrienne a de son côté rapporté des informations selon lesquelles un centre de recherches dans le quartier de Barzé, dans le nord-est de Damas, avait été visé.

La télévision publique rapporte en outre que la défense anti-aérienne syrienne est entrée en action contre «l'agression américaine, britannique et française».

Damas dénonce une «violation flagrante» du droit international

Le gouvernement syrien a dénoncé une «violation flagrante» du droit international : «L'agression tripartite contre la Syrie est une violation flagrante du droit international [...] et elle sera vouée à l'échec», a rapporté l'agence officielle Sana.

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Ces frappes occidentales contre la Syrie interviennent «au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique», a de son côté déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. «Un coup a été porté contre la capitale d'un Etat souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d'une agression terroriste», a-t-elle écrit sur Facebook.

Moscou a en outre fait savoir qu'aucune des frappes n'avait eu lieu près des bases russes en Syrie.

https://francais.rt.com/international/49756-etats-unis-france-royaume-uni-frappent-syrie

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Honte à Macron et à ses complices oligarchiques et médiatiques pour engager la France dans une opération de guerre au service d'intérêts géopolitiques étrangers, ajoutant le crime au déshonneur!    P.G.

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Les médias américains exigent une agression à grande échelle contre la Syrie

TRIBUNE LIBRE / par James Cogan

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Une bonne partie des médias américains et internationaux exigent que l’Administration Trump fasse suivre sa rhétorique d’actes et lance une offensive militaire massive contre le gouvernement syrien de Bachar al-Assad soutenu par la Russie. L’irresponsabilité de cette agitation éditoriale est soulignée par le fait que ces appels à « l’action » sont indifférents à la possibilité qu’une attaque contre la Syrie puisse provoquer une guerre avec la Russie dotée d’armes nucléaires.

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Un échantillon de titres montre l’état d’esprit qui anime la presse de l’establishment américain. « Quelques missiles de croisière de Trump n’arrêteront pas les crimes de guerre de la Syrie » (Washington Post) ; « Pour une deuxième frappe sur la Syrie, Trump devra utiliser les grands moyens » (Foreign Policy) ; « En Syrie, Trump confronté aux limites de la fanfaronade » (New York Times).

Le prétexte pour que l’Administration Trump ordonne une escalade majeure des opérations militaires américaines en Syrie est l’allégation non vérifiée et douteuse que l’armée syrienne a utilisé des armes chimiques lors d’une attaque le week-end dernier contre la ville rebelle de Douma. Des images filmées par des forces antigouvernementales — que certains médias se sont vus obligés de republier avec l’avertissement qu’ils ne pouvaient en vérifier l’authenticité — prétendent montrer des enfants souffrant des effets d’une arme à base de chlore.

Le gouvernement d’Assad et la Russie, qui compte des milliers de militaires sur le terrain soutenant les forces syriennes, nient avec véhémence ces accusations. Ils ont souligné les problèmes évidents : de quelque point de vue que ce soit, l’utilisation d’armes chimiques serait à la fois militairement inutile et stratégiquement préjudiciable à leurs intérêts. Les forces islamistes soutenues par les États-Unis avaient été complètement déroutées et ont depuis livré Douma.

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Le seul bénéficiaire de l’attaque chimique présumée, comme cela a été démontré tout au long de la semaine, sont les fractions des classes dirigeantes américaine, européenne et internationale qui veulent empêcher la défaite totale des « rebelles » et utiliser le soutien de Moscou au gouvernement Assad comme moyen d’intensifier les préparatifs de guerre contre la Russie même.

En avril 2017, l’Administration Trump avait répondu à des allégations, réfutées par la suite et selon lesquelles le gouvernement syrien aurait utilisé des armes chimiques, en tirant 59 missiles de croisière sur une base aérienne où l’on savait que du personnel russe opérait. Trump s’est ensuite vanté d’avoir informé le président chinois, Xi Jinping, d’une attaque qui aurait pu déclencher une guerre nucléaire alors qu’ils mangeaient ensemble un gâteau au chocolat dans son manoir de Floride.

Un an plus tard, Trump publie des « tweets » belliqueux et des déclarations répondant aux dernières allégations non moins frauduleuses de gaz toxique, promettant que le gouvernement syrien paierait un « grand prix » et accusant l’Iran et la Russie de complicité dans l’attaque chimique présumée. Aux Nations Unies, l’ambassadrice américaine Nikki Haley a promis que les États-Unis « répondront », indépendamment de tout veto à l’ONU par la Russie et la Chine contre une action militaire.

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Le New York Times et le Washington Post, et à travers eux l’appareil de renseignement militaire et le Parti démocrate pour lesquels ils écrivent, ont envoyé un message clair à Trump qu’une attaque limitée comme celle de 2017 serait dénoncée comme une chose pire qu’inutile. Ils ne demandent rien moins que le renversement du régime d’Assad et, si nécessaire, l’utilisation de la force militaire contre les forces russes et iraniennes en Syrie.

Le 11 avril, le Washington Post déclarait : « La réalité à laquelle M. Trump n’a pas encore fait face est que, tant que le dictateur qu’il a appelé « l’animal Assad » reste en place, les guerres syriennes vont continuer ».

L’éditorial du Times disait: « Pour réitérer : pour avoir une chance de succès, toute action de représailles internationale doit faire partie d’une stratégie diplomatique cohérente pour stabiliser la Syrie et mettre en place un règlement politique… Le conflit a permis à la Russie, à l’Iran, à la Turquie et à l’État islamique, aujourd’hui dégradé par une coalition dirigée par les Américains, de reprendre pied en Syrie ».

Le magazine Foreign Policy, après avoir entériné une attaque massive soulevait, indifférent, cette question : « Qu’une telle opération à grande échelle amène les États-Unis à une confrontation avec le principal mécène d’Assad, la Russie, est moins clair. La réponse dépend en partie de la sévérité de l’action militaire américaine… »

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Les moyens militaires pour mener une « opération à grande échelle » sont déjà en place au Moyen-Orient, en raison des 25 années d’intrigues et de guerres impérialistes menées par les États-Unis à travers la région. Une vaste gamme d’avions américains est déployée en Irak et dans les États du Golfe. Des navires de guerre et des sous-marins américains, français et britanniques armés de missiles de croisière sont déployés en Méditerranée orientale.

Le gouvernement Macron en France et le gouvernement May en Grande-Bretagne ont indiqué qu’ils étaient prêts à s’engager dans une « coalition des volontaires » réorganisée et à participer à ce qui pourrait dégénérer en une guerre avec la Russie et l’Iran. La monarchie saoudienne, armée jusqu’aux dents par l’impérialisme américain a indiqué qu’elle participerait à une action militaire en Syrie et, implicitement, à un conflit régional plus large. Israël, le principal État client des États-Unis dans la région, soupçonné d’avoir lancé lundi une attaque de missiles sur une base aérienne syrienne, serait aussi inévitablement impliqué.

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Un porte-parole du Département américain de la Défense, Éric Pahon, a déclaré à Foreign Policy : « Nous sommes en train de tout remettre à plat, mais, finalement, c’est la décision du Président. Il a beaucoup d’options qu’il peut prendre, et toutes ne sont pas militaires ».

Le message véhiculé dans les médias américains, cependant, est que si Trump choisit une option non militaire, son administration déjà assiégée fera face à une attaque encore plus féroce de la part de ses adversaires. Seule la guerre les satisfera.

À court terme, un objectif clé est d’assurer la domination américaine sur le Moyen-Orient. À plus long terme, il y a le calcul acharné et irresponsable de paralyser et finalement de faire tomber le gouvernement russe du président Vladimir Poutine.

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Face à la déconfiture des assertions que Moscou aurait tenté d’empoisonner l’agent double Sergueï Skripal avec un agent neurotoxique, les éléments de la classe dirigeante cherchant la confrontation avec la Russie ont utilisé les forces par procuration de l’impérialisme en Syrie pour lancer une nouvelle provocation.

Un autre facteur dans les provocations visant à attiser les tensions avec la Russie est le désespoir avec lequel la classe dirigeante tente de détourner et de réprimer le mouvement croissant des travailleurs pour des salaires, des emplois sûrs et des conditions sociales décentes.

Comme le soulignait mardi la perspective du « World Socialist Web Site » : « Au milieu d’une vague d’agitation syndicale aux États-Unis et en Europe et de crises politiques internes aiguës, les élites dirigeantes voient non seulement dans la guerre un moyen d’inverser une série de revers géopolitiques au Moyen-Orient, mais aussi celui de réprimer l’opposition politique ».

Dans les conditions d’un conflit militaire majeur, les grèves et les manifestations pour les droits sociaux et démocratiques des travailleurs seront inévitablement dénoncées comme « apportant de l’aide à l’ennemi »

source:https://www.wsws.org/fr/articles/2018/04/12/atsy-a12.html

https://reseauinternational.net/les-medias-americains-exigent-une-agression-a-grande-echelle-contre-la-syrie/

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mardi 10 avril 2018

Ambassadeur russe à l'ONU : les Etats-Unis ont semé le «chaos» partout où ils se sont ingérés

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Vassily Nebenzia a estimé que la présumée attaque chimique en Syrie était une mise en scène, appelant à une enquête impartiale sur l'incident, qui devrait commencer selon lui par la présomption d'innocence.

ACT AMBASSADEUR RUSSE

Le 9 avril devant le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni en urgence pour évoquer la Syrie, en pleine escalade sur fond d'accusation d'attaques chimiques à Douma, l'ambassadeur russe Vassily Nebenzia a pris la parole. 

«Comprenez-vous le seuil dangereux auquel vous menez le monde ?», a-t-il lancé à l'attention des pays occidentaux, évoquant les menaces dont font l'objet Damas et Moscou. Il a ensuite ajouté à l'attention des Etats-Unis : «Partout où vous allez, tout ce que vous touchez ; vous ne laissez que le chaos derrière vous. Vous tentez de pêcher dans ces eaux troubles, mais tout ce que vous attrapez, ce sont des mutants.»

L'ambassadeur s'est encore dit profondément préoccupé par le fait que Washington, Londres et Paris, qui «suivent aveuglément» leur allié américain selon Moscou, se soient engagés «dans une politique de confrontation contre la Russie et la Syrie sans aucune justification».

Jugeant les menaces américaines contre la Russie pires que durant l'époque de la Guerre froide, Vassily Nebenzia s'est tourné vers l'ambassadeur américaine Nikki Haley, lui assurant que Moscou voulait entretenir avec les Etats-Unis «des relations normales et civilisées». «Ce que vous refusez avec arrogance, ignorant les bases de la courtoisie», a-t-il ensuite ajouté.

«Vous êtes mal avisé de penser que vous avez des amis», a également averti Vassily  Nebenzia. «Vos soi-disant amis sont juste ceux qui ne peuvent pas vous dire non, c'est votre seul critère d'amitié», a-t-il soutenu.

L'attaque présumée de Douma, une mise en scène selon Moscou

Vassily Nebenzia a par ailleurs jugé qu'il n'y avait «aucun doute» que la prétendue attaque chimique de la Douma, dans la Ghouta orientale, était une mise en scèneReprenant des éléments provenant de sources controversées et proches des rebelles, Washington n'avait pas attendu d'enquête pour accuser l'armée syrienne d'en être l'auteur. En passe de reconquérir l'une des dernières poches islamistes de son territoire, Damas dément formellement.

L'ambassadeur russe à l'ONU a appelé à une enquête impartiale sur l'incident présumé, soulignant que celle-ci devrait commencer par la présomption d'innocence. Il a précisé que les troupes russes étaient disposées à escorter les enquêteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques jusqu'à la zone de la prétendue attaque.

Toutefois, l'ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley a prévenu, devant le même Conseil de sécurité le 9 avril, que les Etats-Unis répondraient à la présumée attaque chimique, et ce peu importe ce que déciderait l'ONU. «L'histoire enregistrera le moment où le Conseil de sécurité s'est acquitté de son devoir ou a démontré son échec complet et total à protéger le peuple syrien», a-t-elle ajouté. 

Le 29 mars, pourtant, le président américain Donald Trump avait affirmé vouloir retirer militairement les Etats-Unis de Syrie, invoquant la victoire sur Daesh. Les responsables de l'administration ont par la suite précisé qu'il n'y aurait pas de retrait immédiat, mais que Donald Trump était opposé au maintien à long terme des troupes dans le pays.

Vassily Nebenzia a pour sa part mis en garde contre de «graves conséquences» si les pays occidentaux lançaient une offensive militaire contre l'armée syrienne.

https://francais.rt.com/international/49581-russie-a-ete-de-maniere-inexcusable-menacee-par-les-occidentaux-selon-vassily-nebenzia

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lundi 9 avril 2018

UE : un « espace Schengen » pour l’Otan

TRIBUNE LIBRE / par Manlio Dinucci

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Voir notre précédente publication de cet auteur:La nouvelle campagne de Russie. Les USA, l’UE et l’OTAN veulent la guerre !

P.G.


 

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016.

Le plan de mobilité militaire présenté par la Commission européenne révèle publiquement comment l’Union fonctionne depuis sa création. Si elle dispose d’une certaine marge de manœuvre, elle est fondamentalement le volet civil de l’Alliance de l’Atlantique-Nord. À ce jour, aucune des normes de l’UE ne diffère des normes préalablement établies par l’Otan. Par conséquent quels que soient les pouvoirs du Parlement et du Conseil européens, ceux-ci ne sont que des chambres d’enregistrement des décisions de l’Alliance, le seul véritable pouvoir bruxellois. La décision de l’Otan, de normaliser les ouvrages d’art au sein de l’UE n’est intervenue que tardivement, en 2015, ce qui contraint la Commission européenne, trois ans plus tard, à dévoiler son assujettissement à l’Alliance.

La Commission européenne a présenté le 28 mars le Plan d’action sur la mobilité militaire [1]. « En facilitant la mobilité militaire à l’intérieur de l’UE —explique la haute-représentante des Affaires étrangères de l’Union, Federica Mogherini— nous pouvons réagir plus efficacement quand surgissent les défis ». Même si elle ne le dit pas, la référence à l’« agression russe » est évidente.

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Le Plan d’action a été décidé non pas par l’UE, mais en réalité par le Pentagone et l’Otan. En 2015, le général Ben Hodges, commandant des force terrestres états-uniennes en Europe (U.S. Army Europe), a requis l’institution d’ « un Espace Schengen militaire » afin que les forces US, pour faire face à « l’agression russe », puissent se déplacer avec la plus grande rapidité d’un pays européen à l’autre, sans être ralenties par des règlements nationaux et des procédures douanières. Cette requête a été faite précisément par l’Otan : le Conseil de l’Atlantique-Nord, réuni le 8 novembre 2017 au niveau de ministres de la Défense, a demandé officiellement à l’Union européenne d’« appliquer des législations nationales qui facilitent le passage de forces militaires à travers les frontières » et, en même temps, d’« améliorer les infrastructures civiles de façon à les adapter aux exigences militaires » [2].

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Le 15 février 2018, le Conseil de l’Atlantique-Nord au niveau de ministres de la Défense a annoncé la constitution d’un nouveau Commandement Logistique pour « améliorer le mouvement en Europe de troupes et équipements essentiels à la défense » [3].

À peine plus d’un mois après, l’Union européenne a présenté le Plan d’action sur la mobilité militaire, qui répond exactement aux requêtes établies par le Pentagone et par l’Otan. Il prévoit de « simplifier les formalités douanières pour les opérations militaires et le transport de marchandises dangereuses de type militaire ».

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Ainsi se prépare « l’Espace Schengen militaire », avec la différence que ce ne sont pas des personnes qui circulent librement, mais des chars d’assaut. Déplacer des blindés et autres véhicules militaires sur route et sur voie ferrée n’est pas la même chose qu’y faire circuler des véhicules et trains normaux. On doit pour cela supprimer « les actuelles barrières à la mobilité militaire », en modifiant « les infrastructures non adaptées au poids et aux dimensions des engins militaires, notamment ponts et voies ferrées présentant une insuffisante capacité de charge ». Par exemple, si un pont n’est pas en mesure de supporter le poids d’une colonne de blindés, il devra être renforcé ou reconstruit.

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La Commission Européenne « identifiera les parties du réseau trans-européen des transports adaptées au transport militaire, en établissant les modifications nécessaires ». Celles-ci devront être effectuées le long de dizaines de milliers de kilomètres du réseau routier et ferroviaire. Cela demandera une énorme dépense à charge des pays membres, avec une « possible contribution financière de l’UE pour ces opérations ».

Ce sera de toutes façons toujours nous, citoyens européens, qui paierons ces ouvrages d’art, inutiles pour des usages civils, avec leurs coupes budgétaires conséquentes dans les dépenses sociales et les investissements d’utilité publique. En Italie, où se raréfient les fonds pour la reconstruction des zones sinistrées par les tremblements de terre, on devra dépenser des milliards d’euros pour reconstruire des infrastructures adaptées à la mobilité militaire.

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Les 27 États de l’UE, dont 21 appartiennent à l’Otan, sont maintenant appelés à examiner le Plan. L’Italie aurait donc la possibilité de le rejeter. Ce qui cependant signifierait, pour le prochain gouvernement, s’opposer non seulement à l’UE mais à l’Alliance sous commandement US, en commençant à se détacher de la stratégie qui, avec l’invention de la menace russe, prépare la guerre, véritable celle-là, contre la Russie.

Ce serait une décision politique fondamentale pour notre pays mais, étant donnée la sujétion aux USA, elle reste dans le domaine de la politique-fiction.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

[1] Joint Communication to the European Parlament and the Council on the Action Plan on Military Mobility, JOIN(2018) 5 final, March 28, 2018.

[2] “Press conference by NATO Secretary General Jens Stoltenberg following the meeting of the North Atlantic Council at the level of Defence Ministers”, NATO, November 8, 2017.

[3] « Les ministres de la Défense des pays de l’OTAN prennent des décisions destinées à renforcer l’Alliance », Otan, 15 février 2018.

http://www.voltairenet.org/article200498.html

Voir la vidéo:

 L'art de la guerre. Union européenne, Espace Schengen pour les forces de l'otan

Vidéo pour "Vidéo - L'art de la guerre. Union européenne, Espace Schengen pour les forces OTAN"

L'Arte della Guerra - Ue, Area Schengen per le forze Nato (IT, EN, PT, FR,SP)


La Commission européenne a présenté le 28 mars le Plan d'action sur la mobilité militaire, "En facilitant la mobilité militaire à l'intérieur de l'Ue -explique la représentante des affaires étrangères de l'Union, Federica Mogherini- nous pouvons réagir plus efficacement quand surgissent les défis". Même si elle ne le dit pas, évidente est la référence à l'"agression russe".

Vidéo originale en italien sous-titrée en français.

Copyright © Manlio Dinucci, PandoraTV, 2018

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Il n'y a plus d'argent pour nos services publics, pour nos acquis sociaux, pour l'éducation de nos enfants (enfin qu'on nous dit !!) mais pour faire la guerre nos gouvernements vont en trouver, et ils laisseront les peuples sous les feux de l'enfer pendant que eux seront bien planqués dans leurs abris !  S.R.

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Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
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