dimanche 12 novembre 2017

"Les hommes et les femmes sont belles" : quand des professeurs prônent l'accord de proximité

Quelque 314 membres du corps professoral ont signé une tribune sur le site Slate.fr expliquant qu'ils n'enseigneront plus la règle du masculin qui l'emporte sur le féminin. A la place, ils priviligieront l'accord de proximité.

ACT EDUCATION UE OTAN

"Nous n'enseignerons plus que 'le masculin l'emporte sur le féminin'." Dans une tribune parue sur le site Slate.fr, lundi 7 novembre, 314 membres du corps professoral, enseignants de la maternelle à l'université, assurent qu'ils vont désormais préférer à cette règle l'accord de proximité.

Patricia Bonnard, professeur de français dans un collège à Genas (Rhône), est l'une des signataires de ce manifeste. "Cette règle de la prédominance du masculin sur le féminin n’a pas toujours existé : elle a été mise en place au XVIIe siècle, explique-t-elle à franceinfo. Cette règle est discutable surtout aujourd’hui au XXIe siècle."

Cette dernière explique qu'elle enseignera toujours la règle classique mais qu'elle ne sanctionnera pas ses élèves de 4e ou de 3e qui lui préféreront la règle de proximité. "L’accord de proximité, ça consiste simplement à accorder l’adjectif ou le verbe d’ailleurs. (...) Quand vous avez la formule dans une lettre 'chers toutes et tous' virgule, le 'chers' va se mettre au féminin parce que le nom le plus proche c’est 'toutes'", détaille l'enseignante. 

"Le masculin peut jouer le rôle de genre neutre"

A l'Académie française, où l'on considère que l'écriture inclusive représente "un péril mortel" pour la langue française, cette graphie nouvelle ne reçoit aucune approbation"Quand on dit que le masculin l’emporte sur le féminin, on fait comme si ça voulait dire les hommes l’emportent sur les femmes alors que c’est un genre grammatical, qui serait peut-être préférable d’appeler le genre non marqué, c’est-à-dire qu’en français, le masculin peut jouer le rôle d’un neutre"assure à franceinfo Patrick Vannier, membre du service du Dictionnaire de l'Académie française. "Je pense que ce serait dommage de ne pas conserver un héritage de plus de trois siècles", conclut-il.

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/ecriture-inclusive/video-les-hommes-et-les-femmes-sont-belles-quand-des-professeurs-pronent-l-accord-de-proximite_

Voir aussi:

Ecriture inclusive : la polémique entre enseignants, académiciens et ministres en six actes

Depuis près d'un mois, des professeurs, des membres de l'Académie française et du gouvernement s'opposent vivement sur cette méthode d'écriture. Franceinfo revient sur ce débat.

C'est une forme d'écriture qui est devenue un véritable sujet de débat  et de polémique. Après avoir créé de vives réactions sur les réseaux sociaux, l'écriture inclusive est désormais au centre de discussions politiques en France. Jeudi 9 novembre, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a réitéré son opposition à l'enseignement de cette méthode, qui vise à rendre les femmes plus visibles dans la langue française. Cette forme d'écriture utilise par exemple un point médian – "les Français·e·s", "tou·te·s" – ou encore l'accord de proximité, qui consiste à accorder l'adjectif avec le nom le plus proche. 

Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a elle aussi pris part au débat, jugeant l'enseignement de cette écriture "problématique". Franceinfo revient en six actes sur cette polémique grandissante. 

1/Un premier manuel scolaire est publié en écriture inclusive

Le débat sur l'écriture inclusive démarre peu après la rentrée scolaire. Fin septembre, Le Figaro rapporte qu'un manuel scolaire de CE2, le livre Magellan et GaliléeQuestionner le monde, a été publié par Hatier au mois de mars en écriture inclusive. 

Selon le Huffington Post, l'éditeur déclare avoir suivi les conclusions d'un document du Haut conseil à l'égalité entre hommes et femmes. Son guide "Pour une communication publique sans stéréotype de sexe", datant de 2015, explique que des "représentations auxquelles les citoyen.ne.s sont constamment exposé.e.s renforcent les stéréotypes de sexe et les inégalités entre les femmes et les hommes"Le Haut conseil, une instance placée auprès du Premier ministre, estime ainsi que "pour renverser cette tendance, l’Etat et les collectivités territoriales se doivent d’être exemplaires". 

Fin septembre, l'institution ne manque pas de féliciter sur Twitter les éditions Hatier, "qui donnent l'exemple pour une écriture inclusive" avec la publication de ce manuel scolaire.

 

2/Jean-Michel Blanquer prend position contre cette écriture

Quelques semaines plus tard, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, se prononce sur ce sujet. Interrogé par BFMTV et RMC, le 16 octobre, il estime que la présence de l'écriture inclusive dans les manuels scolaires n'est "pas une bonne idée"

"On doit revenir aux fondamentaux sur le vocabulaire et la grammaire, je trouve que ça ajoute une complexité qui n’est pas nécessaire"réagit le ministre. Pour lui, la question de l'enseignement de l'écriture inclusive crée "des polémiques inutiles", qui mettent à mal la "bonne" cause de l'égalité entre hommes et femmes. 

3/Pour l'Académie française, l'écriture inclusive est un danger "mortel"

Fin octobre, c'est au tour des Immortels de prendre part au débat. Les membres de l'Académie française expriment leur opinion sur l'écriture inclusive dans un communiqué alarmiste, diffusé le 26 octobre. "Prenant acte de la diffusion d’une 'écriture inclusive' qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde"écrit l'institution. 

"Devant cette aberration 'inclusive', la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures", poursuit-elle. "La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité"s'inquiète l'Académie, qui compte quatre femmes sur 34 membres

4/Plus de 300 enseignants annoncent qu'ils enseigneront cette écriture

Quelques jours plus tard, le 7 novembre, 314 professeurs "de tous niveaux et tous publics" signent une tribune commune, publiée sur le site Slate. Dans ce texte, ils déclarent qu'ils prennent (ou prendront) part à l'enseignement de l'écriture inclusive. "Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d'enseigner la règle de grammaire résumée par la formule 'Le masculin l'emporte sur le féminin'", annoncent-ils. 

Les signataires préviennent qu'ils enseigneront désormais la règle de proximité, qui consiste à accorder le genre de l'adjectif avec le nom le plus proche qu'il qualifie. Ces professeurs enseigneront également l'accord de majorité, ou l'accord au choix. 

Les auteurs de la tribune rappellent que la règle "le masculin l'emporte sur le féminin" est "récente dans l'histoire de la langue française" et qu'elle répondait à l'époque à "un objectif politique"lié au fait que le masculin était alors considéré comme plus "noble" que le féminin. Enfin, "la répétition de cette formule aux enfants (...) induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d'un sexe sur l'autre", dénoncent les signataires. 

5/Marlène Schiappa s'exprime à son tour

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes prend elle aussi part au débat. Interrogée par le magazine Causeur – connu pour ses positions antiféministes –, Marlène Schiappa affirme qu'elle n'a "jamais soutenu l'écriture inclusive ni son enseignement à l'école", relève Libération. "Je pense que c'est assez problématique, réagit-elle. On ne peut pas décider de son propre chef ce qu'on va enseigner ou pas, quelle qu'en soit la raison."

La secrétaire d'Etat réitère ses propos jeudi matin, au micro de France Culture"Je suis favorable à féminiser le langage, à ne pas invisibiliser les femmes dans le langage. Mais je ne suis pas pour l’obligation d’enseigner l’écriture inclusive à l’école", précise-t-elle.

6/Jean-Michel Blanquer persiste et signe

Invité de l'émission "Les 4 Vérités" sur France 2, jeudi matin, le ministre de l'Education nationale confirme son opposition à l'enseignement de l'écriture inclusive, et réagit à la tribune publiée sur Slate. 

"L'égalité homme-femme est un sujet beaucoup trop important pour qu'il soit abîmé par des polémiques totalement inutiles sur le langage, juge-t-il. Je dis à ces professeurs que la grammaire ne se décide pas par un individu. Ils n'ont pas le droit et se mettent en faute", prévient le ministre. 

Contacté par franceinfo, le ministère de l'Education nationale rappelle qu'il existe un système d'inspection pour veiller au respect des programmes. Les professeurs enseignant l'écriture inclusive seront-ils sanctionnés ? Le débat continue.

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/ecriture-inclusive/ecriture-inclusive-la-polemique-entre-enseignants-academiciens-et-ministres-en-six-actes_2459696.html

Encore un peu de propagande:

L’écriture inclusive est-elle vraiment un "péril mortel" ?

(...)

L’écriture inclusive – ou langage épicène – vise à rendre les langues neutres du point de vue du genre, et ainsi à aider les femmes à se sentir davantage concernées et impliquées dans la communication écrite. Comme pour la féminisation des noms de métiers (écrivaine, députée, etc.), il s’agit de mettre à contribution la morphologie flexionnelle telle qu’on l’écrit, dans le but d’améliorer la visibilité des femmes dans la vie publique et de rééquilibrer leur position dans la société.

En français, cette démarche se traduit notamment par l’usage de graphies du type étudiant·e·s, inscrit·e·s, etc., qui a fait l’objet d’une recommandation du Haut Conseil à l’égalité en 2015. Qu’elle soit efficace ou non pour l’émancipation des femmes, l’écriture inclusive n’en est pas moins sujette à des réactions passionnelles et à de virulents discours idéologiques – pour preuve cette condamnation officielle de l’Académie française il y a quelques jours. À en croire les immortel·le·s – qui comptent quatre femmes pour trente hommes, « la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures ».

On peine à concevoir comment le français dans son ensemble, a fortiori le français parlé par quelque 270 millions de locuteurs selon les estimations officielles, pourrait se voir exposé à un « péril mortel » par la simple adoption de nouvelles conventions graphiques. Des écritures inclusives ont cours dans des langues de grande communication telles que le portugais, l’espagnol, l’allemand ou l’anglais, sans que ces dernières ne donnent aucun signe de « péril mortel ». On sait en outre que loin d’être en péril, le français conquiert au contraire du terrain, en France comme dans l’Afrique dite « francophone », aux dépens de centaines de langues autochtones en danger avéré de disparition. L’État français et l’Organisation internationale de la Francophonie y travaillent sans relâche, en investissant chaque année des sommes colossales dans sa promotion.

Au-delà de la querelle inclusive, cette condamnation s’inscrit dans la lignée d’interventions hostiles, de la part de l’Académie, à l’égard de la féminisation des noms de métiers, de la promotion des langues régionales, de l’usage de l’anglais dans les institutions internationales, du franglais, du « néo-argot des banlieues », ou de la rectification orthographique recommandée par le Conseil supérieur de la langue française. L’Académie coche ainsi toutes les cases, ou presque, des différents discours idéologiques dominants analysés en sociologie du langage : pour la variété normée du français sur laquelle elle prétend exercer le monopole, contre les autres langues et variétés orales ou écrites de français, jugées illégitimes et menaçantes.

Dans cette « solennelle mise-en-garde » adoptée à l’unanimité contre l’écriture inclusive, les sociolinguistes reconnaîtront côte à côte discours de mise-en-péril, purisme et idéologie de la langue standard. L’écriture inclusive y est envisagée comme étrangère à la langue, impure et animée par des visées impures. Elle remet en question la norme écrite standard par l’ajout de « formes secondes et altérées », aboutissant à une « langue désunie, disparate ».

The ConversationDe tels discours idéologiques, s’agissant du français comme d’autres langues dominantes, s’interprètent comme constitutifs de la reproduction des élites : il s’agit en définitive de défendre le monopole sur la norme standard exercé par des classes dirigeantes majoritairement masculines, pour mieux légitimer leur accès exclusif au pouvoir.

Geoffrey Roger, Lecturer in French linguistics, University of London

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/ecriture-inclusive/lecriture-inclusive-est-elle-vraiment-un-perilmortel_2459806.html


 

BASE 14 995X225Une attaque en règle d'un professeur anglo- saxon, qui déplore ouvertement la progression de la langue française dans le monde, et l'opposition de l'Académie à l'intrusion de l'anglais, qui pourfend l'"idéologie" des opposants à l'écriture inclusive, alors que lui, bien entendu, n'exerce qu'une expertise scientifique et neutre, dénuée d'arrières pensées géopolitiques, le tout relayé complaisamment par France Info, la routine, quoi!

P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

vendredi 10 novembre 2017

Au cours d’une interview, le Qatar confie des secrets concernant la guerre en Syrie

L’interview télévisée d’un haut responsable qatari avouant la vérité sur les origines de la guerre en Syrie est en train de devenir virale dans le monde des médias sociaux arabes. La même semaine, un document secret de la NSA a été divulgué, confirmant que l’opposition armée en Syrie était sous le commandement direct de gouvernements étrangers, dès les premières années du conflit.

Par Tyler Durden | 28 octobre 2017 | Zero Hedge

ARG QATAR ARABIE US JIHAD

Et selon un analyste syrien bien connu et un conseiller économique ayant des contacts étroits avec le gouvernement syrien, l’interview explosive constitue « l’aveu public » par quelqu’un de haut placé « de la collusion et de la coordination entre quatre pays pour déstabiliser un État indépendant, y compris par un soutien possible à Nusra /al-Qaïda ». Il est important de noter que « cet aveu aidera à justifier ce que Damas considère comme une atteinte à sa sécurité et à sa souveraineté et constituera une base pour des demandes d’indemnisation ».

Alors que la guerre en Syrie ralentit doucement, il semble que de nouvelles fuites apparaissent presque chaque semaine sous la forme de témoignages de hauts responsables impliqués dans la déstabilisation de la Syrie et même de courriels et documents occasionnels qui détaillent les opérations secrètes de changement de régime contre le gouvernement Assad. Bien qu’une grande partie de ce contenu serve à confirmer ce qui était déjà connu par ceux qui n’ont jamais accepté la propagande simpliste qui a dominé les médias traditionnels, les détails continuent à se mettre en place, fournissant aux futurs historiens une image plus claire de la vraie nature de cette guerre.

Ce processus de clarté a été favorisé, comme prévu, par les luttes intestines entre les anciens alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l’Arabie saoudite et le Qatar, chaque partie accusant l’autre de financer les terroristes islamiques et al-Qaïda. Le monde observe, pendant que de plus en plus de linge sale est lavé publiquement à cause de l’implosion du CCG, qui, pendant des années, en accord avec presque toutes les monarchies du Golfe, a financé les mouvements djihadistes dans des endroits comme la Syrie, l’Irak et la Libye.

(...)

Ce haut responsable qatari n’est autre que l’ancien Premier ministre, Hamad ben Jassim bin Jaber al-Thani, qui a supervisé les opérations syriennes au nom du Qatar jusqu’en 2013 (également en tant que ministre des Affaires étrangères), photographié avec la secrétaire d’État Hillary Clinton, le janvier 2010 (pour rappel, le Comité de la Coupe du monde 2022 du Qatar a fait un don de 500 000 dollars à la Fondation Clinton en 2014).

Mercredi, au cours d’une interview à Qatari TV, bin Jaber al-Thani a révélé que son pays, aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Turquie et des États-Unis, a commencé à expédier des armes aux djihadistes dès le début des événements (en 2011).

Al-Thani a même comparé l’opération secrète à une « chasse à courre » – la proie étant le président Assad et ses partisans – une « proie » qui, l’admet-il, a pu s’échapper (comme Assad est toujours au pouvoir, il a utilisé un mot arabe « al-sayda », qui veut dire la chasse aux animaux ou aux proies, pour le sport). Bien que Thani ait nié des allégations crédibles de soutien à Daech, les paroles de l’ancien premier ministre impliquent le soutien direct du Golfe et des États-Unis à al-Qaïda en Syrie (Front al-Nusra), dès les premières années de la guerre. Le Qatar a même dit posséder des documents prouvant que la guerre avait pour objectif un changement de régime.

Selon la traduction de Zero Hedge, tout en reconnaissant que les pays du Golfe armaient les djihadistes en Syrie avec l’approbation et le soutien des États-Unis et de la Turquie, al-Thani déclare : « Je ne veux pas entrer dans les détails mais nous avons plein de documents montrant ce que nous y avons fait [en Syrie]. » Il a affirmé que le roi Abdallah d’Arabie saoudite (qui a régné jusqu’à sa mort en 2015) et les États-Unis ont décidé que le Qatar aurait un rôle de premier plan concernant les opérations secrètes dans cette guerre par procuration.

Bien que très révélateurs, les commentaires de l’ancien Premier ministre visaient à défendre et à excuser le soutien du Qatar au terrorisme et à critiquer les États-Unis et l’Arabie saoudite pour avoir laissé le Qatar « se mouiller » seul dans cette guerre contre Assad. M. Al-Thani a expliqué que le Qatar continuait à financer des insurgés armés en Syrie alors que d’autres pays commençaient à diminuer leurs soutiens massifs, raison pour laquelle il s’en prenait aux États-Unis et aux Saoudiens qui « étaient avec nous dans la même tranchée ».

Dans une précédente interview télévisée américaine largement sous-diffusée, al-Thani a confié à Charlie Rose, qui l’interrogeait sur les allégations de soutien du Qatar au terrorisme, que « en Syrie, tout le monde a fait des erreurs, y compris votre pays ». Il a rajouté que lorsque la guerre a commencé en Syrie, « nous tous travaillions à partir de deux centres de commandement : un en Jordanie et un en Turquie ».

Voici la partie clé de l’interview de mercredi, traduite et sous-titrée par @ Walid970721. Zero Hedge a examiné et confirmé cette traduction, cependant, comme l’a reconnu le traducteur de la bande originale, al-Thani ne dit pas « dame » mais « proie » [« al-sayda »] – comme si Assad et les Syriens étaient pourchassés par des pays extérieurs.

(...)

16h15 – 27 octobre 2017

La transcription partielle en français est la suivante :

« Quand les événements ont commencé en Syrie, je suis allé en Arabie saoudite pour y rencontrer le roi Abdallah, sur l’ordre de Son Altesse le prince, mon père, il [Abdallah] a dit qu’il nous soutenait. Vous continuez avec ce plan et nous vous coordonnerons mais c’est vous qui prenez les opérations en charge. Je ne vais pas entrer dans les détails mais nous avons des documents complets sur tout ce qui a été envoyé en Syrie, par la Turquie et en coordination avec les forces américaines et tout a été distribué par les Turcs et les forces étasuniennes. Il y a peut-être eu des erreurs et un soutien a été donné à la mauvaise faction … Peut-être qu’il y avait une relation avec Nusra, c’est possible, mais moi-même je ne sais pas… nous étions en train de nous battre pour la proie [al-sayda] et maintenant la proie s’est enfuie mais nous combattons encore … et maintenant Bachar est toujours là, vous [les États-Unis et l’Arabie saoudite] étiez avec nous dans la même tranchée … Je n’ai pas d’objection à ce que quelqu’un change d’avis s’il considère qu’il avait tort, mais au moins informez votre partenaire … par exemple, laissez tomber Bachar [al-Assad] ou faites ceci ou cela, mais la situation qui a été créée ne permettra jamais de progrès au sein du Conseil de coopération du Golfe, ni aucun progrès si nous continuons à nous disputer ouvertement. »

Comme on le sait maintenant, la CIA a été directement impliquée dans les tentatives de changement de régime en Syrie, avec les alliés du Golfe, comme le confirment les notes d’information américaines divulguées et déclassifiées. Le gouvernement américain a compris en temps réel que les armements sophistiqués du Golfe et de l’Occident finissaient entre les mains d’al-Qaïda et de Daech, en dépit des déclarations officielles disant armer des rebelles soi-disant « modérés ». Par exemple, une note de renseignementde 2014 envoyée à Hillary Clinton reconnaissait le soutien qatari et saoudien à État islamique.

Le courriel annonçait, dans un langage direct et sans ambiguïtés que :

« Les gouvernements du Qatar et de l’Arabie saoudite fournissent un soutien financier et logistique clandestin à EI et à d’autres groupes sunnites radicaux de la région. »

En outre, un jour avant l’interview du Premier ministre Thani, The Intercept publiait un nouveau document secret de la NSA, tiré des fichiers de renseignements fournis par Edward Snowden, qui montre clairement que l’opposition armée en Syrie était sous le contrôle direct de gouvernements étrangers, depuis les premières années de cette guerre qui a maintenant enlevé un demi-million de vies.

Ce document de la NSA récemment publié confirme qu’une attaque des insurgés de 2013, avec des lanceurs de roquettes sophistiqués, sur les zones civiles de Damas, y compris l’aéroport international de Damas, a été directement approvisionnée et commandée par l’Arabie saoudite, avec la bénédiction des renseignements américains. Comme le confirme également l’ancien Premier ministre qatari, les Saoudiens et le gouvernement américain ont mis en place des « centres de commandement » pour superviser ces odieuses attaques, pendant la même période que celle de l’attaque de l’aéroport de Damas en 2013.

Il ne fait aucun doute qu’il reste une mine de preuves documentaires accablantes qui continueront à fuiter dans les mois et les années à venir. Au moins, la guerre diplomatique entre le Qatar et l’Arabie saoudite apportera encore plus de fruits, car chaque partie s’en prend à l’autre en l’accusant de soutenir le terrorisme. Et comme on peut le voir dans cette dernière interview télévisée qatarie, les États-Unis eux-mêmes ne seront pas épargnés par cette saison de lavage de linge sale en public, par d’anciens alliés qui se retournent les uns contre les autres.

Posté par UPR Creuse à 05:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

jeudi 9 novembre 2017

Qui sont les Young Leaders de la French American Foundation ? Macron, Hollande, Juppé, Phillippe, Pécresse…

La French-American Foundation – France est une organisation qui se consacre à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis ».

HIST FAF

Fondée en 1976, elle se donne pour objectif d’encourager un dialogue actif entre les deux pays. L’une de ses activités principales est l’organisation de séminaires pour des jeunes dirigeants (Young Leaders) français et américains issus de la politique, de la finance, de la presse1 « à fort potentiel de leadership et appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines ». Ces séminaires sont un des instruments du Soft power américain2.

La Fondation est présidée par Arnaud de Puyfontaine (né en avril 1964) qui est un dirigeant du groupe media international, diplômé d’ESCP Europe, de la Harvard Business School et de l’Institut Multimédias. Il est président du directoire de Vivendi depuis le 24 juin 20141.

Histoire

En 1975, plusieurs personnalités politiques, universitaires et économiques décidèrent de créer un environnement d’échanges et de débats afin d’approfondir la relation entre la France et les États-Unis, et ce notamment dans une situation marquée par une certaine animosité dans les relations franco-américaines (avec le choc pétrolier, la trop grande importance du dollar et des désaccords géopolitiques3). La naissance de la French-American Foundation fut officialisée en 1976 à Washington par les présidents Valéry Giscard d’Estaing et Gerald Ford, lors des célébrations du bicentenaire de la Déclaration d’indépendance américaine.

Le premier programme d’envergure, le programme « Young Leaders », vit le jour cinq ans plus tard, en 1981.

D’autres programmes suivirent ensuite, avec la création des « Jeunes Espoirs », le « Forum Cyber Security and the Law », l’adaptation en France du « Translation Prize », et, dès 2011, la création d’un rendez-vous mensuel, le French-American Breakfast qui réunit une centaine de personnes autour d’un invité d’honneur venant partager sa vision des relations entre la France et les États-Unis.

macron-french-american-foundation

Programme « Young Leaders »

Plus de 400 dirigeants issus du monde de la haute fonction publique, de l’entreprise, des médias, de l’armée et de la recherche ont bénéficié du programme Young leaders depuis sa mise en place en 1981.

Processus de sélection

Tous les ans, un jury en France et aux États-Unis sélectionne vingt Français et Américains à partir d’une liste de plusieurs centaines de noms de personnes entre 30 et 40 ans3 vouées à occuper une position de leadership dans leur domaine, et appelées à jouer un rôle important dans la relation entre les deux pays. Les candidats retenus participent ensuite à deux séminaires de cinq jours chacun, répartis sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin d’échanger des réflexions sur des thèmes d’intérêt commun et de tisser des liens forts et durables.

Personnalités françaises ayant participé au programme « Young Leaders »

Côté français, on trouve parmi ceux-ci (date d’admission entre parenthèses)4 :

Côté américain3 :

Prix Washburne pour l’égalité des chances

En 2013, pour la seconde édition du prix Washburne, la cérémonie de remise du Prix s’est tenue le 14 mai à la résidence de l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles H. Rivkin, et en présence de Fleur Pellerin, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique, et Young Leader 2012. Une médaille à l’effigie d’Elihu Washburne a été remise aux deux lauréats, Worldwide Flight Services et Coca-Cola Enterprises.

 

Notes et références

  1. Jean-Michel Quatrepoint, « Des missionnaires aux mercenaires » [archive], Le Monde diplomatique, novembre 2016
  2. David Ramasseul, « La fabrique des élites pro-américaines » [archive], sur Siné Mensuel, décembre 2016 (consulté le 18 janvier 2017)
  3. a, b et c Élisabeth Chevalet, « Jean-Luc Allavena, président de la French-American Foundation : De Bill Clinton à Emmanuel Macron, la fondation repère les leaders du futur », Paris Match, semaine du 10 au 16 décembre 2015, pp. 60-61
  4. Source : Annuaire des Young Leaders [archive]

Liens externes

mercredi 8 novembre 2017

Les Etats Unis: notre meilleur ennemi !

« Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir jamais connu la civilisation » nous rappelle fort à propos Oscar Wilde. Ils en portent les stigmates dans leur relation avec le reste du monde (« the rest of the world ») comme ils qualifient avec arrogance tout ce qui n’est pas « made in USA ».

HIST USA CDG

À cet égard, l’ouvrage d’Eric Branca (historien et journaliste) nous fournit un éclairage particulièrement documenté sur la relation mouvementée entre le général de Gaulle et ses homologues d’Outre-Atlantique de 1940 à 19691. Tout y passe : dénigrement, calomnie, bassesse, procédés déloyaux, campagnes de déstabilisation appuyées sur quelques idiots utiles pendant la guerre (Jean Monnet, Alexis Léger et autres membres de l’entourage du maréchal Pétain) et durant les premières vingt années de la Ve République (de droite comme de gauche et du centre sans parler des syndicats et autres intellectuels allant prendre leurs instructions auprès des ambassadeurs des États-Unis à Paris, parfois moyennant espèces sonnantes et trébuchantes).

« Tout au long de son mandat, de Gaulle et les États-Unis se livrèrent une « guerre froide » dans la Guerre froide. Relations tendues alors que, pensait-on, la victoire contre les forces de l’Axe lors de la Seconde Guerre Mondiale avait rapproché, une fois de plus, des amis de 190 ans ! C’était mal connaître le lourd passif entre le général et ses différents interlocuteurs américains à l’exception notable de Richard Nixon »2. Cette citation résume à la perfection la haine farouche que vouent les Américains à l’homme du 18 juin 1940.

La Seconde Guerre Mondiale pourrait être caractérisée comme le temps des humiliations pour celui qui refuse « l’étrange défaite ». Au moment où la France a bel et bien roulée du haut de l’histoire jusqu’au fond de l’abîme, le général de Gaulle est mis à l’écart, humilié, jugé trop indépendant par rapport aux Américains et trop défenseur de la France libre. Les Américains entretiennent les meilleures relations avec le régime de Vichy jusqu’en 1944. Le chef de la France libre comprend rapidement que pour être l’ami des États-Unis, il ne faut pas être souverain. Il faut savoir s’aplatir, le ridicule en prime. De Gaulle résiste pied à pied, fait de la surenchère, se fâche, tempête mais prépare petit à petit la période de la Libération de la France. Il parvient à s’opposer à la mise en place d’une administration américaine de plein exercice (sorte de mise sous tutelle) en nommant ses représentants dans les départements, en refusant une monnaie d’occupation et toutes autres mesures vexatoires préparées par Washington pour signifier que la France ne compte plus sur la scène internationale autrement qu’en se plaçant sous l’aile protectrice du grand frère. Voilà pour l’avouable. Mais il y a aussi l’inavouable sur lequel Éric Branca s’étend longuement comme l’arme de la diffamation qui va tourner à plein avec le retour aux affaires du général de Gaulle en 1958.

La période de l’après-guerre pourrait être caractérisée comme le temps des mises au point salutaires et de la revanche. Le général de Gaulle n’a rien oublié. Il résume ainsi son état d’esprit à l’égard de l’Amérique devant Alain Peyrefitte : « Les Américains savent bien ou en tout cas devraient savoir, qu’on ne s’appuie pas sur ce qui est mou. On s’appuie sur ce qui est ferme… Dans tous les pays sous-développés, ils ont eu la tentation de s’appuyer sur des planches pourries qui leur sont favorables – et d’autant plus favorables que ce sont eux qui les ont pourries. Pourtant, ils devraient comprendre que le meilleur allié des États-Unis, ce n’est pas celui qui s’aplatit devant eux, c’est celui qui sait leur dire non ! ».

Le premier président de la Ve République rend coup pour coup : réconciliation franco-allemande, construction européenne excluant la Grande-Bretagne*, remise en cause de la primauté du dollar comme unique moyen de paiement international, retrait de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, critique de la guerre du Vietnam, d’Israël après la guerre des six jours, poursuite de son programme nucléaire militaire pour conforter l’indépendance de la France… Mais, il est un allié solide et fiable lors des grandes crises comme celle du mur de Berlin et des missiles de Cuba. Ceci n’empêche pas les multiples réseaux américains en France de tenter de décrédibiliser la politique et la personne même du général : procès en sénilité, en arrogance, en complice de l’Union Soviétique…

Tout est fait en mai 1968 pour le discréditer, pour obtenir son départ du pouvoir en utilisant les procédés les plus déloyaux, les plus vils. Et, les Américains s’y connaissent en la matière. Tous les opposants (de droite, du centre, de gauche) reçoivent un appui plus ou moins visible pour instruire le procès en incompétence de celui qui a dit non à la capitulation de la France en 1940. Mais, le général ne lâchera rien, fera tout pour faire remonter la pente à la France, pour que sa voix soit de nouveau écoutée et suivie sur la scène internationale. Et, il parviendra avec brio en dépit des peaux de bananes américaines mises régulièrement sur son chemin. Dès l’arrivée de Georges Pompidou, les Américains retrouvent à l’Élysée des interlocuteurs moins intransigeants. Nicolas Sarkozy « l’Américain » répudie celui dont il se prétend l’héritier en réintégrant pleinement sa place au sein de l’Alliance atlantique alors que personne ne lui demandait de le faire. Tout rentre ainsi dans l’ordre. François Hollande ne remet pas en cause cette décision après l’avoir critiquée lorsqu’il était dans l’opposition. Quant à Jupiter, le moins que l’on puisse dire est qu’il ne paraît pas être de l’étoffe du général de Gaulle pour s’opposer à la machine américaine.

Au-delà de son intérêt historique indéniable, cet ouvrage en présente un autre plus actuel qui tient à la nature réelle de la relation franco-américaine. Il nous rappelle que « jouer le bon élève et le meilleur allié des États-Unis ne paie pas »3. Nous en avons eu un petit échantillon au moment où Jacques Chirac met en garde Washington contre les risques d’une nouvelle intervention en Irak sans mandat express du Conseil de sécurité des Nations unies en 2003.

Le discours de Dominique de Villepin entraîne une hystérie anti-française (« french bashing ») jusque et y compris au restaurant du Congrès qui rebaptise en frites de la liberté les frites françaises. Qui avait raison et qui avait tort avec le recul du temps ? La réponse est dans la question. Cette recherche historique devrait donner matière à réflexion à certaines de nos élites néo-conservatrices et atlantistes fascinées par la théorie de la servitude volontaire chère à Etienne de la Boétie. Dominique de Villepin nous rappelle fort à propos qu « il y a aujourd’hui en France, une tentation moralisatrice, militariste, occidentaliste qui ressemble à ce que fut le néoconservatisme aux États-Unis » (2015).

Dans la langue washingtonienne, allié signifie automatiquement aligné, pour tous ceux qui ne l’auraient pas encore compris. Nous avons aussi une excellente illustration du fait que le passé éclaire souvent le présent et parfois l’avenir. Ce que certains de nos dirigeants ont tendance à oublier et devraient méditer en ces temps de revanche de l’histoire et de la géographie. L’ami américain peut parfois, voire très souvent se révéler comme notre meilleur ennemi.

Guillaume Berlat

image: http://prochetmoyen-orient.ch/wp-content/uploads/2014/11/horizontalsep.png


1 Éric Branca, L’ami américain. Washington contre de Gaulle 1940-1969, Perrin, 2017.
2 Florence Barraco, Quand les États-Unis faisaient la guerre à de Gaulle, www.lepoint.fr , 4septembre 2017.
3 Hadrien Desuin, La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie, éditions du Cerf, 2017, p. 81.

source: http://prochetmoyen-orient.ch/les-etats-unis-notre-meilleur-ennemi/

http://reseauinternational.net/les-etats-unis-notre-meilleur-ennemi/

BASE 14 995X225*"construction européenne excluant la Grande-Bretagne" : en fait, il s'agissait de tenter une construction européenne (à six!) sous influence française. Le Général s'apercevra vite que c'est impossible, du fait notamment de la soumission de l'Allemagne aux intérêts américains...  L'enjeu idéologique du moment (notamment chez les soi- disants "gaullistes") est de faire croire que De Gaulle était un fervent défenseur de la construction européenne, voire un "père fondateur" (founding father, terme américain) pour justifier leur soumission.   P.G.

jeudi 2 novembre 2017

« L’État profond », le mensonge profond, le terrorisme profond!

Pour ceux qui se sont sérieusement penchés sur les éléments d’information à notre disposition, mais qu’il faut certes aller chercher à la manière des orpailleurs, il n’est plus nécessaire de démontrer que ce sont les experts de la CIA et des élites de « l’Etat Profond » américain qui ont organisé, planifié, formé, équipé, financé, protégé, ravitaillé les djihadistes en Syrie et Irak, comme c’est aussi le cas pour les néo nazis en Ukraine. [article proposé par S.R. (UPR 87)]

ARG US SYRIE

Nous savons tous objectivement, aujourd’hui – même si certains médias et inconditionnels du système continuent obsessionnellement d’invoquer le recours malhonnête à la raillerie facile du « complotisme », sans jamais pouvoir avancer la moindre réelle preuve rationnelle confirmant ce que ce comportement compulsif « officiel » prétend – que les forces présentes en Syrie et en Irak, luttant contre DAECH,ISIS,EIIL, et dirigées par les USA, ont tout fait pour protéger leurs mercenaires djihadistes, avec l’aide inconditionnelle d’Israël, en tâchant également de les redéployer sur d’autres théâtres d’opérations de déstabilisation à travers le monde (Les djihadistes pour les pays à dominance musulmane : Philippines, Myanmar, Yémen, Somalie… Les néo nazis pour les pays à dominance chrétienne: Ukraine et bientôt Venezuela…)

Pour confirmer cette réalité incontestable, nous venons d’apprendre plusieurs choses importantes sur le comportement de « l’Etat profond » des Etats-Unis et qu’une basique objectivité ne peut pas rejeter d’un revers de la main.

1 – « l’Etat profond » US vient de refuser explicitement et catégoriquement que les experts serbes du déminage puissent se déployer en Syrie, coordonnés avec les forces russes, afin de permettre aux civiles Syriens de rentrer chez eux ! Le porte-parole de l’ambassade américaine, Eric Heyden, a rappelé aux Serbes, il y a huit jours, que: « …le gouvernement américain a fourni des dons importants en argent, en équipement et en formation pour aider l’armée serbe à se débarrasser des mines laissées par la guerre, et ainsi faire de la Serbie un endroit plus sûr. C’est pourquoi, au cours des 15 dernières années, les Etats-Unis ont fourni plus de 20 millions de dollars d’aide aux opérations de déminage en Serbie. Lors de notre dernier grand exercice conjoint, en avril 2017, le Gouvernement américain a fait don à l’armée serbe de quelque 450.000 dollars de matériel médical et de déminage pour améliorer ses capacités… »

Ce qui veut dire clairement que ayant financé les opérations de déminage en Serbie, les USA se considèrent en droit d’imposer à la Serbie une interdiction de déminage en Syrie, alors même que les Serbes veulent mettre leur compétence au service des pauvres gens menacés de mort par les mercenaires djihadistes des USA qui ont piégé les habitations aux mines anti personnelles, interdites par les accords internationaux, mais non signés par les USA qui les utilisent donc largement via leurs mercenaires terroristes.

Rappelons au passage que c’est l’OTAN qui a semé le désordre en Serbie et qui a voulu contraindre les Serbes (pro Russes) à se plier à ses exigences. Si les USA ont financé la formation des démineurs Serbes, c’était la moindre des choses, puisqu’ils étaient les auteurs du mal des mines anti personnelles qui ont été répandues partout en Serbie, par leurs mercenaires moudjahidins, transportés par leurs soins en Yougoslavie depuis l’Afghanistan.

Selon le site d’information Al-Araby Al-Jadeed, les habitants syriens voulaient entrer dans le quartier d’al-Mashlab à l’est de Raqqa et regagner leurs maisons. Sous prétexte que la ville « n’était pas encore nettoyée », les « Forces démocratiques syriennes » ont ouvert le feu sur ces pauvres gens.

Pour rappel, les « Forces démocratiques syriennes », majoritairement kurdes pro Barzani (pro israéliennes), ont officiellement annoncé vendredi dernier la libération de Raqqa, à l’aide de la coalition américaine.

2 – Il y a huit jours, nous venons d’apprendre que le secrétaire d’État Rex Tillerson, a exhorté le Gouvernement irakien à « expulser du pays toutes les forces militaires iraniennes. » Haider Al-Abadi, le Premier ministre irakien, a fait savoir aux USA, que les milices iraniennes, les unités et les officiers de la Garde révolutionnaire d’Iran présents en Irak, avaient très sérieusement contribué à la victoire sur les terroristes de DAECH, et que par conséquent, il ne voyait pas pourquoi il devrait les expulser de chez lui , alors qu’en revanche, les terroristes de DAECH avaient été spécialement protégés par la coalition dirigée par Washington qui avait fait semblant de bombarder les djihadistes! Haider Al-Abadi a donc fait indirectement entendre à la Maison Blanche, que c’était plutôt les USA, complices de DAECH, qu’il devrait expulser de son territoire !

3 – Selon l’OPEP, le Venezuela possède actuellement 302,25 milliards de barils de pétrole, ce qui le place à la première place mondiale devant l’Arabie Saoudite. Ce pays occupe également le quinzième rang mondial des réserves en or, avec plus de 365 tonnes, dont 154 tonnes sont déposées à la BCV, Banque Centrale Vénézuélienne.

Au Venezuela, une opposition d’extrême droite est entièrement acquise aux intérêts des USA qui peuvent compter sur elle pour ses opérations de déstabilisation largement programmées (Chambre de commerce, patronat, épiscopat vénézuélien sont entre les mains de l’extrême droite). Nous savons clairement aujourd’hui comment cette élite a procédé : en provoquant volontairement la pénurie des denrées de première nécessité dans les chaînes de magasins dont ils sont les propriétaires. Ces biens étaient entreposés secrètement dans des endroits non connus du public ni du Gouvernement. L’exécrable manipulation et trahison ont été finalement mises à jour et condamnées autant par le peuple que par le Gouvernement, alors que ce dernier était directement accusé d’être le désastreux Pouvoir corrompu et persécuteur de son peuple! Comment les mass médias ouvertement manipulés par « l’Etat profond » américain, peuvent-ils encore avoir une crédibilité quelconque aux yeux des peuples abusés en permanence par ce « monroïsme » devenu planétaire ? C’est avec un cynisme sans nom que Washington ose par-dessus tout cela décréter des « sanctions économiques » parfaitement arbitraires, destinées à mettre à genoux un pays libre qui veut le bonheur de son peuple par la sortie de l’exploitation et du pillage organisé par ce Pouvoir dominant et prédominant d’un Empire se croyant permis d’esclavagiser les plus petits priés de se soumettre ou de mourir !

La Colombie est matée et se trouve donc sous l’occupation des USA avec ses 7 bases militaires et le privilège d’une complète immunité pour ses membres sur tout le territoire colombien. C’est la même chose avec le Mexique. Le Canada, le Pérou, le Brésil de Michel Temer et l’Argentine de Macri sont disposés à combattre le Gouvernement « bolivarien » de Maduro. Tous ces pays à la solde des Etats-Unis, corrompus par les Etats-Unis, sont sous le contrôle total de « l’Etat profond » américain et lui obéissent au doigt et à l’œil ! L’OEA, (Organizacion de los Estados Americanos), a mené une campagne de critiques injustifiées contre le Gouvernement démocratique Vénézuélien, faisant passer ce dernier comme un tyran antidémocratique et « illégitime »! La limite de l’acceptable a largement été dépassée par les USA. Il est temps d’ouvrir les yeux en Occident et d’arrêter d’ânonner ce psittacisme journalistique « officiel » qui prend les gens pour des idiots !

Les pervers de « l’Etat profond » américain, en sont à l’étape de vouloir convaincre la « communauté internationale » qu’une « intervention s’impose au Venezuela », faute de quoi ils prendront eux-mêmes l’initiative totalitaire de venir « sauver la démocratie » au Venezuela ! Les dernières élections régionales sont un démenti formidable à ce mensonge éhonté, mais peu importe, le pervers est le plus puissant donc il est le maître et décide de l’avenir d’une nation qui a osé vouloir être heureuse, libre et autonome, sans sa permission de voleur, de pilleur et de criminel impénitent!

4 – Autre preuve concernant le comportement de « l’Etat profond » américain comme menace garantie d’un terrorisme profond pour le monde.

Le putsch de la Place du Maïdan à Kiev a été accompagné par une campagne de persécution sanglante, dirigée contre le Parti communiste et les syndicats. Les Sièges de partis ont été détruits. Des dirigeants ont été lynchés, des journalistes torturés et assassinés. Des activistes ont été brûlés vifs dans la Maison des Syndicats à Odessa, à la manière inaugurée par les bataillons SS du Troisième Reich. Des habitants, sans armes, de l’Ukraine orientale, d’origine russe, ont été massacrés à Mariupol, bombardés au phosphore blanc à Slaviansk, Lugansk et Donetsk : les armes ont été fournies par les USA et supervisées par les experts militaires de l’OTAN.

Nous savons également tous, que ce coup d’Etat des USA via l’OTAN en Ukraine, avec l’aide de ses mercenaires néo nazis, visait directement la Russie pour imposer à ses frontières ses armes nucléaires et une présence militaire accrue en Europe. Du coup, le Conseil Supérieur de la République Autonome de Crimée votait sa sécession vis-à-vis de Kiev et demandait par referendum son intégration dans la Fédération de Russie. Cette intégration était demandée à 97% des voix par la Crimée.

Le 18 mars 2014 Vladimir Poutine signait le traité d’adhésion de la Crimée à la Fédération russe avec le statut de république autonome.

La Russie était donc aussitôt accusée par l’Otan et par l’UE d’avoir « annexé illégalement la Crimée » et l’Occident tout entier soumettait la Russie à des sanctions parfaitement illégales et gravement injustifiées. Tous les médias « officiels » aux ordres du système, n’ont pas cessé de radoter en chœur que la « méchante Russie avait annexé la Crimée » !

CONCLUSION

Voilà le constat pitoyable actuel que nous pouvons faire très spontanément sur l’état dégradé de l’Occident qui se vautre dans le mensonge et la bêtise humaine élevés au rang de VERTU par les médias et les « oligarques » de la caste au pouvoir dans tout le bloc atlantiste. Ce spectacle du pitoyable s’accompagne malheureusement du désastre et de la souffrance imposés aux peuples pris en otages dans ce mensonge qui règne de manière insupportable sur l’ensemble des gens se croyant naïvement en démocratie !

« L’Etat profond » est ce qui garantit le mieux le terrorisme profond ! Il est urgent que l’Etat profond, l’Etat menteur, c’est-à-dire incontrôlable et incontrôlé, redevienne l’Etat Nation, contrôlable et contrôlé par le peuple, par la citoyenneté participative, par le droit constitutionnel à la révocation des élus… Le temps presse avant de laisser la folie d’un « sapiens demens » mettre un point final à l’histoire de l’humanité…

Jean-Yves  Jézéquel

 

Posté par UPR Creuse à 09:09 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

Microsoft Word traquera désormais le «langage genré à même d'exclure ou de stéréotyper»

Les utilisateurs de Word soucieux de ne pas offenser les minorités et la gente féminine vont être ravis : dans la dernière version payante du logiciel, l'éditeur Microsoft inclut une option «langage inclusif». Certains restent toutefois perplexes.

ACT MICROSOFT

La dernière mise à jour du logiciel Word de Microsoft, publiée le 27 octobre et réservée aux abonnés Office, comprend dans ses paramètres de grammaire et de style une option de «langage inclusif». Selon le site de Microsoft, cette fonctionnalité «cible le langage genré à même d'exclure, de rejeter ou de stéréotyper», afin de proposer des alternatives à celui-ci.

L’écriture inclusive, de manière générale, est comprise comme un outil orthographique destiné à lutter contre les stéréotypes liés aux sexes et aux inégalités entre les femmes et les hommes, selon ses promoteurs. Son caractère le plus visible, en français, est l'accord des noms et des adjectifs au féminin et au masculin lorsque c'est possible. Longtemps cantonnée en France aux mouvements féministes, cette graphie s'impose désormais dans le débat public et soulève de vigoureuses critiques.

L'écriture inclusive... ou presque

Le logiciel Word, lui, ne propose pas l'utilisation du «point milieu» – comme dans «mes ami·e·s», lorsqu'il est fait référence en français à des amis de sexes masculin et/ou féminin – mais proposera de remplacer, par exemple, le terme «les experts» par «les experts et les expertes». Reste que dans les suggestions du logiciel, ce sont surtout les références aux minorités qui seront prises en compte, pour privilégier des formulations jugées non discriminatoires.

Selon le magazine français spécialisé Canard PC, cette nouvelle option est installée par défaut sur le logiciel. Dans un tweet à la tonalité perplexe, le bimensuel interpelle ses lecteurs et s'interroge visiblement sur le bien-fondé de la démarche de Microsoft.

Taper «Indiens d'Amérique», en français, déclencherait ainsi les suggestions : «Amérindiens» ou «autochtones». Plus étonnant, le même Twitter de Canard PC relève que le terme «épouse» serait jugé offensant par l'outil orthographique, qui lui préfererait «conjoint(e)» ou «partenaire».

Autre exemple, relayé sur Twitter par l'écrivain Clément Bénech : pour éviter un «terme potentiellement offensant», il serait suggéré de substituer «une personne ayant une déficience visuelle» au mot «aveugle»...

Les immortels en croisade contre l'écriture inclusive

Cette innovation informatique s'inscrit, entre autres, dans un contexte de vifs débats autour de la question de l'écriture inclusive. Dans un communiqué du 26 octobre, l'Académie française a tiré la sonnette d'alarme, dans le but d'éviter sa possible généralisation, estimant qu'elle aboutirait à une «langue désunie, disparate dans son expression». «Devant cette aberration "inclusive", la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd'hui comptable devant les générations futures», ont mis en garde les immortels, gage du sérieux avec lequel ils traitent cette question.

https://francais.rt.com/international/45049-ecriture-inclusive-enfin-disponible-sur-word-pas-tout-a-fait


 

BASE 14 995X225Une bonne occasion de changer de logiciels...Vous trouverez facilement des alternatives grâce aux logiciels libres (Framasphère...).

Personnellement, j'utilise depuis des années la suite "open office" qui est une excellente alternative à Microsoft Office.

P.G.

Posté par UPR Creuse à 07:55 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

mardi 24 octobre 2017

La nouvelle guerre froide est déjà plus dangereuse que la précédente

Nous assistons aujourd’hui à une confrontation sans précédent entre les Etats-Unis et la Russieet les médias de l’establishment ne semblent pas s’en soucier

ARG US RUSSIEDepuis plusieurs années, S. Cohen développe l’idée que l’actuelle guerre froide présente plus de dangers que celle qui, 45 ans en arrière, a failli « nous être fatale ». Dans l’article ci-dessous, il passe en revue et regroupe les arguments à l’appui de son point de vue. Toutefois, nombre de commentateurs et de personnalités de la vie publique continuent de nier – pour des raisons personnelles et politiques – l’hypothèse de cette nouvelle guerre froide.

Si l’on doute encore de la réalité de cette dernière, il suffit de lire les principaux journaux américains, de regarder les chaînes « d’informations » télévisées ou de se pencher sur le nombre croissant de déclarations de guerre froide contre la Russie, notamment le texte particulièrement extrémiste d’une organisation prétendument bipartite, dont l’un des co-auteurs est Evelyn Farkas, ancienne fonctionnaire du Département de la Défense de l’ère Obama.

Par Stephen F. Cohen | 15 octobre 2017 | The Nation

Cohen identifie six raisons de penser que la nouvelle Guerre Froide nous confronte à des périls plus grands que la précédente :

1.L’épicentre du conflit ne se situe, ni à des centaines de kilomètres de Berlin, ni dans ce qu’on appelait à l’époque le « Tiers Monde », mais carrément le long de la frontière russe, des Etats Baltes à la Mer Noire, en passant par  l’Europe de l’Est et l’Ukraine, là où les infrastructures de l’OTAN ne cessent d’être étendues, avec l’arrivée continuelle de nouveaux soldats, d’armes, d’avions de combat et de navires, sans oublier les installations anti-missiles.

L’OTAN considère maintenant ces régions situées aux confins de la Russie comme faisant partie de son « pré carré ».

Il faut remonter à l’invasion allemande de 1941 pour retrouver la présence d’une armée étrangère à si peu de distance de la Russie et de Saint-Pétersbourg, seconde ville du pays. Il est facile d’imaginer comment Moscou perçoit cette présence. On entend de plus en plus dire – par les grands médias et, officieusement, par de hauts fonctionnaires – qu’on assiste bien là à une « agression américaine contre la Russie, et même que " l’Amérique est en guerre contre la Russie" . Comparez ces paroles alarmantes, suggère Cohen, avec le " Russia-gate" , et constatez  le deux poids deux mesures entre cette accusation, qui ne repose sur rien de tangible, selon laquelle « le Kremlin aurait attaqué l’Amérique » pendant les élections présidentielles de 2016, et « l’agressivité » évidente que montre actuellement Washington à l’égard du personnel politique russe. Pensez au risque d "embrasement" – accidentel ou intentionnel – si une réaction à cette attitude agressive prenait corps et se généralisait en Russie. L’offensive actuellement menée à Washington en faveur d’un envoi supplémentaire d’armement à Kiev, qui a promis de s’en servir contre les rebelles du Donbass soutenus par les Russes, ne peut qu’accroître les inquiétudes russes (ce faisant, Kiev réduit à néant les accords de paix de Minsk en adoptant une législation incompatible avec ces accords).

2.L’éventualité d’une aggravation par ramification de l’affrontement militaire entre les Etats-Unis et la Russie en Syrie, où les forces gouvernementales, appuyées par l’armée russe, sont à deux doigts d’une victoire définitive sur les combattants anti-Assad – dont certains sont affiliés à des organisations terroristes. Le Ministère de la Défense russe a clairement affirmé sa conviction que le soutien actif apporté par l’armée américaine à ces terroristes mettait gravement en danger les troupes russes, et il a annoncé publiquement sa volonté de combattre ces unités américaines présentes en Syrie. Comment réagira Washington, se demande Cohen, si les Russes tuent des Américains en Syrie ?

3.Dans le même temps, et contrairement au contexte de la première guerre froide, où, une fois passée la crise des Missiles de Cuba de 1962, la coopération entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique avait repris et s’était même régulièrement étoffée, tous ces liens de coopération tissés au cours des précédentes décennies sont brusquement annihilés. Le Congrès et l’Administration Trump semblent déterminés à fermer deux nouvelles agences de presse russes aux Etats-Unis, RT et Sputnik. Si cette menace est suivie d’effets, le Kremlin adoptera des mesures équivalentes en Russie, ce qui détériorera encore plus les communications – déjà largement « propagandistes » – entre les deux pays. Un ancien militaire, correspondant pour CNN, estime depuis Moscou, que " la paix tient à un fil" . Et la crise sans précédent de la perquisition menée au Consulat russe de San Francisco le mois dernier a convaincu, non sans raison, de hauts fonctionnaires russes, que des forces agissantes à Washington souhaitaient une complète rupture des relations diplomatiques avec Moscou.

4.Jamais, au cours de la précédente Guerre Froide, un dirigeant soviétique n’a été autant diabolisé par le milieu politico-médiatique que l’est, depuis presque dix ans, le président russe, Vladimir Poutine. La Russie et les relations avec Moscou sont exclusivement abordées à travers le prisme Poutine, de sorte que le pays semble privé de la possibilité, sur le plan intérieur comme sur le plan international, de mettre en avant ses intérêts légitimes, préalable indispensable à d’éventuelles négociations. Pour illustrer cette situation sans précédent par un exemple récent, Cohen reproduit des extraits de « What happened », le livre de mémoires récemment publié par Hillary Clinton.

5.Le « Russia-gate » est également inédit. Les moyens utilisés pour exacerber les tensions sont variés et de plus en plus nombreux. Les « investigations » répétées font peser sur les relations qui avaient régulièrement cours avec la Russie – et notamment les échanges financiers – des allégations de « collusions avec le Kremlin ». De même, les opinions anti-guerre froide sont régulièrement qualifiées d’ « offensives de désinformation et de propagande du Kremlin ». Ce genre d’opinion est évidemment très marginal dans la presse américaine et sur les réseaux sociaux. (à noter que les médias russes publient davantage d’opinions dissonantes sur la politique extérieure que leurs homologues américains).

Mais, et c’est sans doute là le point le plus important, le « Russia-gate » a littéralement empêché le président Trump d’entamer la moindre négociation de sortie de crise, aussi hypothétique qu’ait été son désir de le faire. Imaginez un instant le président John F. Kennedy menacé de la même manière d’être pris pour une « marionnette du Kremlin » au cours de l’affaire des Missiles de Cuba ! Il n’aurait tout bonnement pas pu faire les compromis politiques qui ont été conclus entre lui et Nikita Kroutchev pour sortir de la crise et éviter un conflit nucléaire. La haine de Trump qui agite les politiciens et les médias américains, ne devrait pourtant pas prévaloir, ajoute Cohen, sur le risque d’une guerre avec la Russie.

6.Et contrairement au contexte politique des années soixante, soixante-dix et quatre-vingts, il n’existe virtuellement aucun média, aucune personnalité politique, ni aucun courant politique pour s’opposer à cette Guerre. L’inexistence d’une opposition et l’absence d’un vrai débat public ont toutes les chances de mener à de mauvaises décisions politiques, même en démocratie.

A ces 6 facteurs inédits risquant d’entraîner la guerre froide, Cohen ajoute trois autres circonstances particulières :

La première est le mythe selon lequel la Russie serait trop faible pour endurer une guerre froide prolongée et finirait par capituler devant Washington et Bruxelles. C’est évidemment la logique qui préside au tsunami de sanctions infligées à Moscou depuis 2014. C’est sans tenir compte du fait que plusieurs institutions de contrôle financier international ont fait état d’un redressement notoire de l’économie russe depuis environ deux ans. Le pays est par exemple sur le point de devenir le plus grand exportateur mondial de blé. C’est aussi omettre l’immensité des ressources naturelles, humaines et territoriales dont dispose la Russie. Dans l’histoire de la Russie moderne, on ne trouve aucun exemple de capitulation, quel qu’en aient été le coût et les destructions subies. Contrairement aux voix émises par des courants d’opposition politiques minoritaires, dont l’importance est montée en épingle, ni les élites de la Nation, ni le peuple, ne souhaitent fondamentalement un changement de personnel ou d’orientation politique sous la pression de l’Occident. De fait, de nombreux analystes et commentateurs politiques russes ont déjà entériné l’idée que cette nouvelle guerre froide, provoquée par l’Ouest, risquait de durer autant que la première.

La seconde circonstance tient à la persistance, avec laquelle l’establishment américain, resté sous l’influence de l’ancien Président Obama, s’entête à considérer que la Russie est « isolée » dans les affaires du monde. Le nombre de rencontres et d’accords conclus à l’étranger par Poutine ces dernières années contredit cette idée erronée. Un autre changement important entre en ligne de compte : lors de la première guerre froide, le « Bloc soviétique » de l’Europe Orientale était une alliance récemment imposée de pays tiraillés et économiquement lourds à porter ; les partenaires actuels (ceux du BRIC, et notamment la Chine) de la Russie sont au contraire librement consentants et économiquement dynamiques. Ce serait d’ailleurs plutôt la « sphère d’influence » américaine qui serait en voie de voler en éclats, si l’on en juge par le Brexit et la Catalogne, (dont les référendums pourraient donner un autre éclairage sur celui que les Russes ont soutenu en Crimée en 2014). Quel autre sens donner au resserrement des relations entre la Russie et la Turquie, membre de l’OTAN, ou encore à la récente visite du roi d’Arabie Saoudite à Moscou, qui a donné lieu à des accords portant sur des milliards de dollars d’achats et d’investissements en armes et en énergie ? S’agit-il  bien du même pays, pourraient s’interroger les historiens, qui était soit-disant en train de plonger dans un grand isolement économique ?

La troisième circonstance est le rôle joué par la Chine, grande puissance montante. Rivalisant avec la Russie au temps de la première guerre froide, elle avait « une carte » à jouer contre Moscou. Elle est aujourd’hui son partenaire politique et économique, et en voie de le devenir sur le plan militaire – les deux pays ont conjointement programmé le lancement d’un exercice naval en début de semaine prochaine. Cette coopération, qui aura un retentissement important un peu partout, notamment en Inde, au Pakistan, au Japon et même en Afghanistan, change également la donne. Presque tous ces facteurs inédits des hauts risques qu’entraînerait une guerre froide ne sont pas pris en considération à Washington, et pas seulement à cause de l’hystérie du « Russia-gate« . Le triomphalisme américain qui prévaut depuis la fin de l’Union Soviétique en 1991 y participe, ainsi qu’un certain provincialisme américain qui consiste à se croire « exceptionnel ».

Dans le même temps, les trois plus graves menaces auxquelles la sécurité nationale américaine est confrontée  – le terrorisme international, la prolifération nucléaire et le risque de cyber attaques pouvant déclencher un conflit nucléaire – ne font pas l’objet d’une vigilance suffisante. Ni l’absolue nécessité, pour éradiquer une grande partie de ces dangers, de le faire en partenariat avec la Russie. Des évidences qui se traduisaient même parfois en actes à l’époque de la précédente guerre froide.

Stephen F. CohenOctobre 11, 2017

Stephen F. Cohen est professeur émérite d’études politiques,  spécialisé sur la Russie, à l’université de New York et  à l’Université de Princeton. Il est également analyste pour l’hebdomadaire The Nation.

Article original: https://www.thenation.com/article/the-new-cold-war-is-already-more-dangerous-than-was-its-predecessor/

Traduit de l’anglais par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur info

Source: http://arretsurinfo.ch/la-nouvelle-guerre-froide-est-deja-plus-dangereuse-que-la-precedente/

 

Posté par UPR Creuse à 19:11 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Rohingyas: Washington annonce des mesures punitives contre l’armée birmane

Les Etats-Unis ont annoncé lundi réduire encore davantage leur aide aux unités birmanes et aux officiers impliqués dans les violences contre la communauté musulmane des Rohingyas, à l'origine d'un exode massif.

1066772-des-refugies-rohingyas-attendent-une-aide-alimentaire-au-camp-de-nayapara-le-21-octobre-2017-a-tekna

La porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, a annoncé une série de mesures punitives comme la suspension de l'examen des dispenses de voyage pour les hauts responsables militaires birmans et l'annulation des invitations faites aux hauts responsables des forces de sécurité birmanes pour assister à des manifestations parrainées par les Etats-Unis. «Il est impératif que toute personne ou entité responsable d'atrocités, y compris les acteurs non-gouvernementaux et les justiciers, soit tenue responsable», assure la porte-parole, annonçant de nouvelles mesures «en plus des restrictions existantes» vis-à-vis des forces armées birmanes et de l'embargo américain «de longue date sur toutes les ventes de matériel militaire». Les Etats-Unis ont aussi annoncé étudier la mise en place de «mesures économiques ciblées contre des individus liés aux «atrocités».

D'après les derniers chiffres des Nations unies, plus de 580 000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie depuis le 25 août, pour se réfugier au Bangladesh voisin. Cette crise a débuté quand des rebelles rohingyas, dénonçant les mauvais traitements subis par leur minorité en Birmanie, ont attaqué des postes de police fin août, entraînant une répression sévère de l'armée. (Photo AFP).

http://www.liberation.fr/direct/element/rohingyas-washington-annonce-des-mesures-punitives-contre-larmee-birmane_72680/


 

Voir notre article:

Pourquoi les États-Unis et l’Arabie Saoudite soutiennent les Rohingyas du Myanmar

http://www.frexit-limousin.fr/archives/2017/10/23/35795371.html

BASE 14 995X225

Posté par UPR Creuse à 09:19 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

samedi 21 octobre 2017

Information et désinformation, une expérience de journaliste

Avec sincérité et une grande sensibilité, Frédéric Saillot nous parle ici d’une expérience qui est aussi la nôtre : la lutte éprouvante contre la désinformation de la presse traditionnelle. Il s’agissait alors du Kosovo. De la Libye à la Syrie, tant d’autres pays allaient suivre. [ASI]

ARG OTAN YOUGORetranscription de l’exposé de Frédéric Saillot à la conférence sur “La société civile, les médias et le pouvoir”, organisée à Moscou le 2 novembre 2016 par l’Association des Fondations internationales pour la paix, la Fondation des perspectives historiques et l’Université des sciences humaines de Russie, avec le soutien du Syndicat des retraités de Russie.

Source: Eurasiexpress

(...)

 

 

Tout d’abord je voudrais vous dire que mon expérience de la désinformation, dont je vais vous parler aujourd’hui, est une expérience très ancienne, parce qu’une partie de ma famille vient de Russie, via la Pologne. Ce qui fait que comme beaucoup de gens en France, à l’Ouest, qui sont dans cette situation, nous étions sensibles à la façon dont l’information était faite sur ce qui se passait à l’Est, notamment du fait qu’il y avait le mur, il y avait le rideau de fer, il n’y avait pas internet à cette époque-là, et donc nous étions d’une certaine manière formés à la lecture et au décryptage des informations qui nous parvenaient de là-bas, ou qui nous parvenaient “sur là-bas”, avec tous les prismes idéologiques, culturels, etc, que nous avons appris à prendre en compte.

Ce qui fait que lorsque l’éclatement de la Yougoslavie a commencé au début des années 90, c’est avec une extrême méfiance que j’ai reçu les informations qui étaient données sur cette situation, notamment dans le journal Le Monde, que je lisais depuis l’adolescence, qui était un excellent journal d’informations internationales, mais qui à cette époque-là a commencé à donner de fausses informations, de mauvaises informations sur ce qui se passait là-bas, diabolisant notamment les Serbes, leur faisant porter la responsabilité de tout ce qui se passait de conflits d’abord en Croatie, ensuite en Bosnie et enfin au Kosovo.

Toute une génération de journalistes français ont été formés à véhiculer la propagande de l’OTAN dans ces années-là, ce qui explique le diagnostic qui a été porté par certains d’entre vous sur l’état de la presse française.

A cette époque-là j’étais dans l’Education nationale, j’étais professeur de français, dans un milieu très particulier, qui à mon sens est une sorte de goulag idéologique, qui véhicule le politiquement correct, l’information déformée par le politiquement correct, ce qui participe de cette désinformation au sens large – j’en parlerai plus précisément tout à l’heure – qui commence à se faire à cette époque. Jusqu’aux bombardements du Kosovo, qui ont été terribles pour ceux qui avaient un lien avec cette partie de l’Europe, avec les Balkans et avec l’Est en général. Nous étions non pas sous les bombes mais nous ressentions les bombardements de façon très charnelle, très sensible, et nous subissions le matraquage de la presse. Ca a été une période de deux mois et demi qui a été épouvantable et qui a changé la vie de beaucoup de gens à ce moment-là, dont la mienne.

Et c’est en lisant un livre, un roman, le roman de Vladimir Volkoff qui s’intitule L’Enlèvement, que j’ai commencé à lire l’envers du décor. Vladimir Volkoff a écrit ce livre qui se passe en Bosnie, c’est une fiction, mais j’ai su plus tard qu’il avait recueilli l’expérience d’un officier français du renseignement qui avait opéré en Bosnie et qu’il avait aussi recueilli pas mal de témoignages sur ce qui se passait notamment dans les camps dans lesquels les Musulmans enfermaient les Serbes.

En 2003, après avoir vainement lutté contre la réforme de l’Education nationale qui coupe la jeunesse française de ses racines aussi bien historiques que culturelles et littéraires, puisque c’était le domaine que j’enseignais, je décide de démissionner, en septembre 2003, pour m’occuper de ce qui commençait à m’intéresser de plus en plus, à savoir la culture de l’Est et notamment polonaise à cette époque-là.

J’écris un livre, je ne trouve pas à le publier, et en mars 2004 éclatent les émeutes au Kosovo, où la population albanaise, les franges radicalisées de la population albanaise, s’en prennent aux monuments religieux et à la population serbe, faisant des morts et détruisant des villages et des édifices religieux. Recommence à ce moment-là la campagne médiatique qui avait eu lieu pendant les bombardements de 99. Comme je n’ai pas réussi à vendre mon livre et qu’il faut que je trouve quelque chose, et que de toutes façons je suis motivé par un intérêt pour ce qui se passe, et pour vérifier ce qui se dit dans la presse, à savoir : “si on avait donné l’indépendance plus tôt aux Albanais, tout cela ne serait pas arrivé”, je décide d’aller là-bas pour faire un premier reportage qui va me conduire quinze jours au Kosovo et à interviewer un certain nombre d’anciens responsables de la mission  internationale lorsque je rentre du Kosovo.

Je me rends compte alors que ce qui est raconté dans la presse est totalement faux : on raconte dans la presse que les bombardements ont été nécessaires parce que les Serbes s’apprêtaient à faire une purification ethnique des Albanais au Kosovo, je me rends compte qu’au Kosovo des Serbes survivent, ils sont persécutés par la majorité albanaise. Ils ne survivent que grâce à des institutions qu’ils maintiennent comme les écoles, les hôpitaux et certaines municipalités. Par contre, du côté majoritairement serbe, c’est à dire à Mitrovica et au nord de Mitrovica, des Albanais vivent, alors peut-être pas en parfaite bonne entente avec la population serbe, mais ils peuvent y vivre, alors que les Serbes sont chassés du sud de Mitrovica. Leur cimetière est vandalisé alors que le cimetière musulman qui est au nord de Mitrovica, dans la partie serbe, a été respecté, car les Serbes respectent les morts.

Quand je rentre du Kosovo j’essaie de vendre mon reportage qui est, pardonnez-moi mon manque de modestie, relativement bien ficelé, qui me prouve en tout cas à mes yeux que je suis capable de faire un reportage, ce qui n’était pas évident au départ. Je vais alors à la librairie de l’Âge d’homme, à côté de la place Saint-Sulpice, qui est un lieu connu de ceux qui s’intéressaient au monde slave, je parle au passé parce que cette librairie n’existe plus, Vladimir Dimitrijevic qui la tenait et qui était le directeur des éditions de l’Âge d’homme est malheureusement décédé il y a de cela quelques années. Et là je trouve conseil de placer mon article chez B.I.(Balkans Infos) ou chez Spectacle du monde, une revue assez luxueuse, mensuelle, alors que B.I. est un journal de réinformation sur les événements de Yougoslavie depuis 1996. Il a été fondé par Louis Dalmas et par d’autres personnages assez prestigieux comme Vladimir Volkoff que je citais tout à l’heure, le général Gallois, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air française et géopolitologue, ou comme Kosta Christitch, ancien grand reporter au Point pour les Balkans et l’Europe de l’est. Spectacle du monde refuse mon article mais me dit qu’à l’automne 2004 ils allaient me faire commande d’un article pour plusieurs centaines d’euros sur les Albanais du Kosovo, à l’occasion des élections locales dans la perspective de la discussion du futur statut du Kosovo. Donc moi je suis tout content, parce que j’ai pas un sou. Je publie mon article dans Balkans Infos, je fais connaissance de Louis Dalmas qui me reçoit très chaleureusement et au mois de novembre j’ai la commande de l’article par Spectacle du monde sur les Albanais du Kosovo.

J’écris donc un article dans la perspective de la discussion du futur statut, où je montre ce que je viens de vous dire à propos de mon premier reportage et où je dis qu’étant donnée la situation dans cette région, où sévit une mafia très puissante, basée sur l’organisation clanique de la société albanaise, et où la guérilla séparatiste désarmée pour la forme fait régner la terreur, l’indépendance ce sera l’épuration ethnique totale des Serbes qui vivent au sud du Kosovo, ce n’est pas une solution dans la mesure où ils ont déjà beaucoup de mal à y vivre.

Lorsque cet article est publié au mois de janvier 2005, je me rends compte qu’il a été déformé, qu’il a été falsifié, et que sur plusieurs points, Spectacle du monde ajoute des éléments que je n’ai pas écrits et qui sont : les Serbes auraient pratiqué une sorte d’apartheid dans leurs structures parallèles, à savoir que leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs municipalités étaient réservés à eux seuls et qu’ils en excluaient les Albanais, et Spectacle du monde excuse d’une certaine manière les émeutes de 2004 en disant qu’il s’agit d’un “nettoyage ethnique à l’envers”, à savoir que les Serbes auraient pratiqué auparavant le nettoyage ethnique, ce qui justifie a posteriori les bombardements de l’OTAN. Donc on me paie l’article plusieurs centaines d’euros et je suis confronté à un choix : soit j’accepte l’article tel qu’il a été déformé par la rédaction de Spectacle du monde sans m’en informer et je conserve un moyen d’exercer une activité dans laquelle je pourrai glisser un minimum de vérité sur les reportages que je ferai, soit je refuse et j’attaque en justice la rédaction de Spectacle du monde mais je m’expose, déjà à un échec, et à une sorte de mise à l’écart sur le plan professionnel. Je suis tellement dégoûté par la façon dont la rédaction a agi, me mettant au pied du mur, m’obligeant à pratiquer un journalisme mercenaire ou de faire autre chose, que je décide d’attaquer en justice la rédaction de Spectacle du monde. Grâce à Louis Dalmas je suis défendu par maître Roland Dumas, et par sa très efficace collaboratrice, maître Agathe Denis, qui obtient la condamnation de Spectacle du monde pour atteinte à mon droit moral d’auteur, jugement confirmé en appel qui fait jurisprudence dans la presse française.

Lorsque l’on pratique le journalisme, on est en effet face à un choix : celui d’accepter ou non la situation que vous imposent les rédactions. Pour Spectacle du monde quelqu’un a dit tout à l’heure que l’oligarque qui détient le groupe Valmonde dont fait partie Spectacle du monde, il s’agit du groupe Dassault, est plutôt favorable à la Russie. Il s’est avéré dans l’enquête que j’ai faite après pour comprendre pourquoi mon article avait été falsifié, qu’il avait été l’objet d’une opération de désinformation : Spectacle du monde entérinait d’une certaine manière les bombardements et  promouvait un parachèvement du règlement de la question yougoslave par la partition ethnique, ce qui était contre les principes affichés des bombardements, qui étaient précisément de défendre le multiethnisme qu’on accusait les Serbes de mettre à mal, alors que les Serbes sont les seuls dans la région à pratiquer un multiethnisme réel, concret, dans les parties où ils vivent.

Je vais conclure en disant qu’après cela, j’ai rencontré Vladimir Volkoff : je lui ai envoyé mon premier reportage, et il m’a tout de suite proposé d’écrire un livre sur les massacres falsifiés de l’histoire, dont Katyn et Racak, pour sa collection sur la désinformation qu’il dirigeait aux éditions du Rocher. J’accepte et je travaille sur le massacre de Katyn. Vous savez tous que c’est un massacre ordonné par Staline, Molotov et ses collègues, et le fait de l’attribuer aux Allemands après la guerre a participé au règlement de Yalta, dans la mesure où, si la vérité avait éclaté sur le massacre de Katyn, à savoir que c’était un crime du NKVD commandé par Staline, il n’aurait pas été aussi facile à Staline d’imposer la domination soviétique sur l’Europe centrale.

Quant à Racak, c’est la façon dont un certain nombre de cadavres sont présentés par la mission internationale, l’OSCE, un petit matin de janvier 99 dans le centre du Kosovo à toute la presse internationale en présentant ces cadavres comme étant le fait d’une épuration ethnique pratiquée par les troupes serbes dans un village albanais, les morts sont présentés comme des villageois assassinés. Et cette désinformation, parce qu’il s’agit d’une désinformation, je vais un peu vite mais c’est au terme d’une véritable enquête journalistique que je suis arrivé à cette conclusion, cette désinformation devait servir à un casus belli pour faire entrer l’aviation de l’OTAN en action. Je fais une enquête très poussée, notamment grâce à Renaud Girard, qui est grand reporter au Figaro, une des rares exceptions dans le paysage médiatique français. Il me briefe sur ce qui s’est réellement passé à Racak dans la mesure où il y avait un journaliste présent le jour de la prétendue descente de l’armée serbe pour y assassiner des villageois, alors qu’il s’agissait de combats à proximité contre une unité séparatiste, il s’agit de Christophe Châtelot du journal Le Monde. Renaud Girard apprend qu’il était ce jour-là à Racak, et il l’incite à témoigner. Il se trouve qu’il y avait aussi une équipe de télévision ce jour-là AP (Associated Press) TV news. Donc je me rends compte qu’on a affaire à une véritable opération de désinformation.

Car la désinformation ce n’est pas seulement dire autre chose que la vérité, ça n’est pas seulement dire une vérité biaisée, comme on le conçoit généralement, c’est une véritable opération qui est sourcée dans l’Etat qui la réalise à l’aide de ses services, qui utilise le média de la presse internationale de façon à convaincre l’opinion publique. Vous savez que dans les démocraties, lorsqu’une décision stratégique est à prendre, il faut que l’opinion publique adhère à la décision qui va être prise, comme aujourd’hui on cherche à faire croire que la Russie et Assad massacrent la population syrienne de façon à justifier une intervention des forces occidentales. Donc en investiguant sur le cas Racak, je me suis rendu compte que la CIA, pour ne pas la nommer, était intervenue dans la polémique qui a surgi au lendemain du “massacre de Racak” et du témoignage des journalistes français, pour faire passer cette désinformation, au sens fort du terme.

Eurasiexpress

Publié le 5 novembre 2016

Source: http://www.eurasiexpress.fr/information-et-desinformation-une-experience-de-journaliste/
http://arretsurinfo.ch/information-et-desinformation-une-experience-de-journaliste/

Posté par UPR Creuse à 09:36 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

vendredi 20 octobre 2017

Gabriel Galice: « Il faut soutenir Astana, ramener la paix. Les Occidentaux n’en ont pas été capables »

Alors que la bataille de Rakka touche à sa fin, qu’avec la perte annoncée de Mayadine l’Organisation de l’État islamique (OEI) n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut, nous avons souhaité obtenir les analyses de Gabriel Galice – spécialiste, entre autres, des conflits – sur les événements qui agitent la région du Levant, et les idées qui gravitent autour du concept de Grand Moyen-Orient.

VID GALICE CDVCe dernier a mis à jour, à travers la théorie du chaos qui lui fut associée, les thèses défendues , entre autres, par le think tank néoconservateur Project for the New American Century (PNAC) [1] à partir de sa création en 1997, mis en avant par l’administration Bush au sommet du G8 de Sea Island en 2004, et intégrés à la doctrine Bush définie dans le rapport The National Security Strategy of the United States of America [2].

Passé par l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble, et docteur de l’université de Grenoble, Gabriel Galice est économiste et politologue. Ses thèmes de prédilection sont la nation, l’Europe, ainsi que les questions tournant autour de la guerre et de la paix. Il est auteur ou directeur de plusieurs ouvrages et articles, notamment La guerre est-elle une bonne affaire ? (L’Harmattan, 2008) [3], Les causes des guerres à venir(L’Harmattan, 2009) [4] ou encore Penser la République, la guerre et la paix sur les traces de Jean-Jacques Rousseau (Slatkine, 2012). Il a été Conseiller régional de la région Rhône-Alpes de 1986 à 1992, chercheur puis directeur au GIPRI [5], qu’il préside actuellement.

Le GIPRI est l’Institut international de recherches pour la paix à Genève, un institut de recherche et une fondation indépendante qui réunit toutes celles et ceux qui ont la paix à cœur, en tentant d’en clarifier les enjeux.

[1] Le rapport Rebuilding America’s Defenses est un document de 90 pages portant sur la stratégie militaire des États-Unis et présentant la doctrine du PNAC.

[2] The National Security Strategy of the United States of America, septembre 2002.

[3] La guerre est-elle une bonne affaire ? aux éditions L’Harmattan.

[4] Les causes des guerres à venir aux éditions L’Harmattan.

[5] Site internet et page wikipédia du GIPRI.

[6] Grand Moyen-Orient sur wikipédia.

[7] Tempête sur le Grand Moyen-Orientprésentation du livre de Michel Raimbaud par Gabriel Galice sur Le Monde diplomatique et livre disponible aux éditions Ellipses.

Source: http://www.cercledesvolontaires.fr/2017/10/14/grand-moyen-orient-gabriel-galice/

Voir la vidéo:

Entretien avec Gabriel Galice réalisé par Cercle des volontaires  

ou aussi:

Moyen-Orient - Entretien avec Gabriel Galice

Ajoutée le 14 oct. 2017
https://www.youtube.com/watch?v=uNUTGTrqIfI

http://arretsurinfo.ch/gabriel-galice-il-faut-soutenir-astana-ramener-la-paix-les-occidentaux-nen-ont-pas-ete-capables/

Posté par UPR Creuse à 18:34 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,