dimanche 17 décembre 2017

Bobard climatique : l’ours mourant n’a pas été victime du réchauffement

Il y a une dizaine de jours, la presse mondiale s’était émue d’une photo montrant un ours blanc famélique et mourant.

ARG OURS POLAIRE

Le cliché, repris des milliers de fois dans tous les pays du monde en étant présenté comme la preuve du réchauffement climatique était un pur bobard. Le figaro esquisse timidement un mea culpa.

Premier mensonge éhonté : La vidéo dont est issue la photo présente l’ours dans un environnement très vert alors que vu la latitude on s’attend, au mois de décembre, à un environnement gelé et neigeux. Ce qui n’a pas été dit, c’est que la vidéo n’a pas été prise en décembre, mais… pendant l’été c’est à dire à une saison où la région est naturellement dénuée de glace ! Son auteur l’a gardée quelques mois avant de la diffuser massivement à l’approche de l’hiver. Deuxième mensonge éhonté : La vidéo a été prise dans une région où les populations d’ours polaire sont stables et pas en déclin, ce que n’a évidemment pas dit son auteur. Troisième mensonge éhonté : Cet ours a été présenté comme victime de la faim, ce qui choque la communauté scientifique. D’une part, rappelle Steven Amstrup, « Les ours polaires ont peu de prédateurs naturels. Bien qu’ils vivent assez longtemps, ils ne sont pas immortels. Tous finissent par mourir, et la plupart meurent parce qu’ils n’ont pas réussi à se procurer assez de nourriture. La malnutrition reste leur principale cause de décès. » Réchauffement climatique ou non. D’autre part, l’auteur de la vidéo s’est bien gardé d’alerter les autorités locales compétentes afin que l’ours fût euthanasié puis autopsié. On aurait pu connaître avec certitude les raisons de son agonie qui peut être non alimentaire (blessure antérieure l’empêchant de chasser, maladie, senescence…)

http://www.contre-info.com

Cet ours polaire mourant de faim est-il réellement victime du réchauffement ?

Les images d'un animal efflanqué peinant à marcher sur ses terres ont choqué le monde entier, devenant instantanément le symbole du réchauffement climatique. Sans doute à tort. Dommage.

L'image est saisissante. Presque insoutenable. Un ours polaire marche avec difficulté, la peau sur les os, dans l'archipel arctique canadien. La vidéo est prise par le photographe Paul Nicklen pour le compte de SeaLegacy, une organisation à but non lucratif cofondée avec sa consœur Cristina Mittermeier et dont l'objectif affiché est d'établir «un pont entre les données scientifiques et l'émotion humaine». Elle fait rapidement le tour du monde. Comme la plupart des grands médias internationaux, Le Figaro la reprend en émettant déjà quelques réserves. Ces images deviennent instantanément le symbole du réchauffement climatique. Et l'on finit par oublier de se poser une question toute simple: cet ours polaire mourant de faim est-il véritablement victime du réchauffement climatique? La réponse est loin d'être triviale.

Commençons tout d'abord par dissiper tout éventuel malentendu: aucun scientifique sérieux ne doute à ce jour du danger que représente le réchauffement climatique pour les ours polaires.* En accroissant la fonte saisonnière de la banquise (en durée et en surface), elle prive ces animaux d'une ressource naturelle qui leur est indispensable pour chasser, pour se déplacer ou pour se reproduire. Sur les 19 populations d'ours polaires identifiées - qui vivent toutes dans le cercle arctique sur des territoires détenus (ou partagés) par le Canada, les États-Unis, la Russie, le Groenland et la Norvège - trois sont en déclin, six sont stables, une est en accroissement et neuf sont tout simplement trop mal étudiées pour en dire quoi que ce soit. N'oublions pas que l'Arctique reste une région hostile et difficile d'accès (et que les crédits manquent pour monter des expéditions). Les projections sont néanmoins très pessimistes et prévoient leur probable extinction avant la fin du siècle.

Pas d'autopsie

Pour autant, «nous sommes incapables de dire à partir de ces images si la malnutrition de cet ours a été provoquée par le réchauffement climatique et la fonte de la banquise associée», reconnaît Steven Amstrup, responsable scientifique de l'association Polar Bear International. «Les ours polaires ont peu de prédateurs naturels. Bien qu'ils vivent assez longtemps, ils ne sont pas immortels. Tous finissent par mourir, et la plupart meurent parce qu'ils n'ont pas réussi à se procurer assez de nourriture. La malnutrition reste leur principale cause de décès.» Réchauffement climatique ou non.

Les autorités locales compétentes n'ayant pas été contactées, cet ours n'a pas été euthanasié puis autopsié comme cela aurait dû être le cas, fait pour sa part remarquer sur Twitter un spécialiste de la faune arctique, Jeff Higdon. Impossible dans ces conditions d'écarter l'hypothèse d'une maladie grave, par exemple. Ou d'estimer l'âge de l'animal, tout simplement. Les auteurs des images reconnaissent de leur côté ne pas pouvoir dire s'il existe un lien direct entre le réchauffement et la mort de cet animal en particulier. Ils jouent habilement sur les mots en expliquant avoir voulu montrer ce à quoi ressemblait un ours en train de mourir de faim, car c'est le destin qui attend ces animaux si le réchauffement en cours continue de s'accentuer. Il n'y a pas de raison a priori de douter de leur bonne foi.

Une vidéo prise en été

Ce qui est gênant, c'est que ces images ont été prises en plein été, une époque où la région est naturellement dénuée de glace, pour être diffusées à la fin de l'automne. Et que cette information a été soigneusement éludée au moment de leur publication, comme le souligne le National Post canadien dans une excellente analyse. Pour frapper un peu plus les esprits? Probablement. Autre souci, le cliché a été pris dans l'une des régions où les populations d'ours polaire sont stables, note le journal. Une information encore une fois passée sous silence.

Inévitablement, les climatosceptiques de tout poil ont contre-attaqué. Ils n'en demandaient pas tant. Mettre en doute la disparition progressive des ours polaires est une façon indirecte, mais très efficace, de contester la réalité du réchauffement climatique, comme le souligne une récente étude parue dans BioScience. Le flou qui entoure ces images est du pain béni pour ces négationnistes du climat. Il permet de nourrir à peu de frais leur argumentaire conspirationniste. À vouloir trop jouer avec les symboles, ce film se retourne finalement contre ses auteurs et la cause légitime qui est la leur.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/12/14/01008-20171214ARTFIG00297-cet-ours-polaire-mourant-de-faim-est-il-reellement-victime-du-rechauffement.php

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*"aucun scientifique sérieux ne doute à ce jour du danger que représente le réchauffement climatique pour les ours polaires"/aucun jounaliste sérieux ne publie un tel bobard sans un minimum de vérifications, ça n'a pas empêché le Figaro de se précipiter comme les autres, même avec quelques réserves. Mais donnons leur acte d'avoir rectifié le tir, contrairement à d'autres.

Cela dit, de telles pratiques médiatiques relancent la suspicion sur la thèse générale reprise par toute la presse concernant le réchauffement climatique, on dénonce ensuite à bon compte la prolifération de thèses "complotistes", quitte à faire de la surenchère verbale: "négationnisme", "argumentaire conspirationniste" ...

P.G.

Lire aussi le texte, ci-dessous, évoquant un montage similaire daté d’octobre 2015

Écologie : l’ours polaire et sa doublure médiatique

 

ours polaire

Une photo d’ours polaire famélique, symbole du combat écologique, a fait le tour du monde. C’était un hoax. Décodage.

Nous proposons de distinguer, à compter de ce jour, deux variétés d’ours polaires : l’ursus maritimus, ours polaire au sens strict, et l’ursus mediaticus, son équivalent médiatique. L’écart qui s’est creusé entre ces deux variétés, depuis vingt ans, est trop grand pour qu’on puisse encore les confondre.

Tout a commencé lorsque le groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, ou GIEC, s’est mis à populariser l’idée que la Terre se réchauffe abominablement suite aux émissions humaines de CO2 et autres gaz à effet de serre. Très vite, la presse se chargea de « traduire » cette théorie à l’usage du grand public en l’illustrant par de malheureux ours polaires (ursus maritimus) perdus sur des morceaux détachés d’une banquise fondant comme neige au soleil. Ce qui donna une célébrissime image, dont le triomphe planétaire ne le cède qu’à de très rares concurrents.

Seul problème : c’est un faux, un montage Photoshop. Il n’est pas jusqu’à la prestigieuse revue Science, pourtant peer-reviewed, qui ne s’y soit laissée prendre, avant de se rétracter, grâce leur en soit rendue2.

Comme les meilleures arnaques ne meurent jamais, elles se contentent de changer de forme, des esprits bien intentionnés ont récemment diffusé une nouvelle image d’un ours polaire, cette fois non seulement esseulé, mais efflanqué, quasiment mourant. Le message est clair : le réchauffement s’accélère, voyez nos amies les bêtes, resterons-nous insensibles à la disparition de l’ursus maritimus ? Le succès de cette image, là encore, fut instantané et mondial, aucun d’entre nous n’y a échappé.

ours polaire rené le honzecUn détail était omis : l’ours photographié souffre visiblement de la patte postérieure gauche3, ce qui le condamne en effet à brève échéance, telle est la dure loi de la nature. Quand même ce « détail » ne serait pas, pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, l’image d’un ours ne prouve rien.

Qu’en est-il de la réalité ? Depuis 1950, la population des ours polaires, loin de régresser, a été multipliée par 5 (estimation faible) ou 7 (estimation forte, soit une augmentation de 600%)4. Autrement dit, dans la réalité des faits, ces féroces prédateurs n’ont jamais été aussi nombreux, et ils ne se sont jamais aussi bien portés.

Vu cette explosion en un demi-siècle de la population des ours polaires, si nous nous contentions de raisonnements de type GIEC, nous serions tentés de proposer une causalité du type : plus l’homme émet de CO2, plus il y a d’ours polaires.

Bien entendu, cela n’aurait aucun sens, la corrélation n’est pas la causalité. Alors nous nous limiterons à suggérer une loi Markó-Godefridi relevant de ce que Kant appelait la raison pratique : « Quand un ursus mediaticus pointe son museau, fuyez ! »

  1. István Markó est docteur en chimie (Université catholique de Louvain), Drieu Godefridi est docteur en philosophie (Sorbonne).
  2. Nous racontons cette histoire dans notre ouvrage Climat :15 vérités qui dérangent, 1ère éd., Texquis, 2013, p.150.
  3. Ce qui fut reconnu par l’auteur de la photo : http://www.cbc.ca/news/trending/thin-bear-photo-kerstin-1.3232725
  4. Voy. http://polarbearscience.com/ et le site du Norvegian Polar Institute, dont l’adresse est :
    http://www.npolar.no/en/the-arctic/svalbard/ et plus spécifiquement pour les ours :
    http://www.npolar.no/en/search.html?query=polar+bears. Ces données ne sont pas contestées.

https://www.contrepoints.org/2015/10/15/225428-ecologie-lours-polaire-et-sa-doublure-mediatique

http://arretsurinfo.ch/bobard-climatique-lours-mourant-na-pas-ete-victime-du-rechauffement/

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samedi 16 décembre 2017

Jean-Luc Mélenchon : « Je suis un indépendantiste français »

INTERVIEW - (...) Jean-Luc Mélenchon tire la sonnette d'alarme et appelle à faire sauter les « verrous » sur l'harmonisation sociale, l'harmonisation fiscale et le changement de statut de la Banque centrale européenne. « Ma ligne, ce n'est pas le Frexit », plaide-t-il, comparant son « plan B » à la « dissuasion nucléaire ».

ACT MELUCH UE


Vous avez accru vos attaques contre l'Union européenne depuis quelques semaines. Comment qualifieriez-vous votre positionnement désormais sur l'Europe : souverainiste, eurosceptique voire europhobe ?

Le mot « souverainisme » nous aurait convenu s'il n'avait pas été utilisé dans un sens nationaliste qui ne convient pas à notre façon de voir. Si je suis souverainiste, c'est au sens de la souveraineté du peuple. Je suis plutôt un indépendantiste français.

La France ne serait donc pas indépendante ?

Non en effet. Proposer de le redevenir c'est dire qui commande. Si les transferts de souveraineté que nous avons opérés vers les instances européennes avaient été confiés à un Parlement européen ayant un réel pouvoir de décision, mon point de vue serait peut-être différent. Mais celui-ci n'est pas un vrai Parlement : 70 % de ses délibérations n'ont aucun effet concret. Dans les années 1990, je militais pour un vrai fédéralisme. J'appelais à une constituante européenne. Mais j'ai réalisé, en 2005 [lors du référendum sur la constitution européenne, NDLR], que cette voie était impossible.

A présent nous voici plus proche du modèle du saint empire romain germanique que de la marche vers la République universelle à laquelle je rêvais. De plus, la France roule à contresens. En quoi serions-nous plus proches des pays baltes que nous ne le sommes des pays francophones de la Méditerranée comme l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie ?

Vous avez rejeté l'idée que la France puisse être contributeur net au budget européen en citant Margaret Thatcher (« I want my money back »). Les conservateurs britanniques deviendraient-ils un modèle pour vous ?

Dans l'art de faire payer les autres ils ont à nous apprendre ! Nous sommes l'un des derniers pays en procédure de déficit excessif, et dans le même temps nous versons 20 milliards au budget européen pour n'en récupérer que 14 milliards. 6 milliards de dons ! Cela s'appelle une dépense somptuaire. Payer des routes aux Roumains et des aéroports aux pays baltes, c'est utile, mais ce n'est pas dans nos moyens actuels. Dans les années où nous sommes en déficit excessif, nous devrions avoir le droit de garder nos 6 milliards.

Votre position est contradictoire : vous voulez une Europe plus solidaire et vous critiquez le budget européen, l'un des principaux outils de l'Europe en matière de solidarité...

Vous confondez solidarité et annexion. La vraie solidarité, c'est celle qui prendrait des mesures pour rompre le dumping social et fiscal dont l'Europe est en train de mourir. Car voila par où sont montés les nationalismes les plus obscurs en Hongrie, Slovaquie, en Autriche ou en Pologne. Mais qu'on ne caricature pas ma position : ma ligne, ce n'est pas le « Frexit ». Je crois à la puissance française. En Europe ses intérêts fondamentaux doivent être protégés. Faire l'Europe ? Oui si c'est sans défaire la France !

Mais le budget européen a aussi servi à lutter contre le dumping social, en accélérant le développement et le niveau de vie de pays comme l'Espagne après son entrée dans l'UE en 1986...

Vous trouvez que l'Espagne va mieux qu'il y a 30 ans ? 500.000 personnes l'ont quittée en quatre ans. Bruxelles trouve son niveau de vie excessif et lui a imposé des plans d'austérité liquidant des pans entiers de l'Etat jusqu'au point où, aujourd'hui, la Nation même finit par ne plus avoir de sens pour une partie de la population qui veut l'indépendance. L'Espagne va très mal. Pourtant elle était réputée naguère être le bon élève avec son modèle de développement par la dette et la bulle immobilière.

Votre « Plan A » de réforme de l'Europe comporte une longue liste de revendications. Là-dedans, quelles sont vos priorités ?

Il faut sortir des Traités, notamment des deux derniers budgétaires qui sont les pires, et passer à autre chose. Cette autre chose n'a rien de mystérieux : en économie, c'est une politique keynésienne. Si ce que je disais était aussi extravagant, comment comprenez-vous que les banquiers centraux aient fait tourner la planche à billets comme nous le préconisions ? Mario Draghi, qui n'est pas un mélenchoniste, a  offert 80 milliards tous les mois aux banques sans contrepartie. A la fin, un maigre ruissellement s'est opéré et on a vu la courbe déflationniste s'inverser. Mais ça ne suffit pas. Et pendant ce temps le système financier mondial est voué à l'explosion de nouvelles bulles. Le danger est partout. La vraie réponse passe par la fin de trois verrous : l'harmonisation sociale, l'harmonisation fiscale et le changement de statut de la BCE pour que celle-ci puisse prêter aux Etats.

Emmanuel Macron dit travailler à l'harmonisation sociale et met en avant la réforme des travailleurs détachés...

C'est de la blague : il n'y a eu aucune amélioration. On a réduit le temps d'utilisation du recours aux travailleurs détachés, mais on n'a rien touché au principe scandaleux du paiement de la cotisation dans le pays d'origine. On doit payer ses cotisations dans le pays d'accueil.

Pour faire bouger l'Europe, il faut des partenaires. Où les trouvez-vous ?

Nous les trouverons si nous savons ce que nous voulons. Et si nous décidons, déjà, de parler des problèmes essentiels. Il faut une conférence pour sécuriser les frontières. Et une autre sur la dette, qui doit devenir un sujet politique en Europe. Personne ne la payera, tout le monde le sait. Et on connaît les moyens qu'on peut utiliser. Cela passera par le rachat de la dette publique par la BCE. Au maximum, cela produira 5 à 6 points d'inflation ! Et alors ? Le vrai problème c'est la dette privée, elle aussi insolvable. Il faut sécuriser cette dette, empêcher les défaillances par la relance de l'activité des débiteurs.

Mais durant votre campagne, vous préconisiez aussi pour la dette française une solution plus radicale de « restructuration » de la dette illégitime...

Mon but, c'est de geler la dette. Si la banque centrale rachète les dettes des Etats, le problème est réglé. Elle peut en faire ce qu'elle veut ; il y a mille solutions techniques. Sinon, ce sera la pagaille et l'effondrement.

Comment changer les traités si les autres ne veulent pas ?

C'est comme pour la dissuasion nucléaire : le principe même fait que vous n'avez pas besoin d'alliés. Moi j'ai un bouton qui s'appelle « plan B ». Si - comme Emmanuel Macron - vous n'avez pas de dissuasion, vous n'avez pas de plan A qui tienne. La menace ne vaut que si elle existe. Avec moi, elle existe.

La sortie de l'Union est donc bien une option...

Je ne pars pas battu. Bon sang ! Tout ne dépend pas de la volonté des autres ! Voyez : Emmanuel Macron annonce l'interdiction du glyphosate dans trois ans malgré la décision européenne, il me donne raison. Mais il est sur le tapis roulant qui mène au plan B sans savoir comment le gérer. La France doit redevenir acteur et pas simplement être un « bon élève » de la volonté des autres. On ne peut pas faire l'Europe sans la France. J'adjure qu'on le comprenne : notre nation, sous toutes ses formes, est en danger. Si on ne réagit pas, l'Europe explosera ! La France, comme l'Allemagne, n'ont aucun intérêt à ce chaos.

Pourquoi Angela Merkel céderait-elle à votre menace ? Même l'ex-ministre des Finances grec Yanis Varoufakis, qui ne vous soutient plus, pense le contraire.

Monsieur Varoufakis vient d'un pays qui pèse 2 % de l'économie européenne. Sa vision de l'Union européenne est faussée par un rapport de forces qu'il a été incapable de construire. L'Europe ne pourrait donc qu'être allemande ? Moi je fais le pari qu'elle bougera. Parce que nous sommes à l'endroit qui met en péril sa priorité absolue. La rationalité du comportement du gouvernement allemand CDU-CSU, c'est la politique de la rente. Et dans une politique de rente, on ne se paye pas un conflit avec son principal voisin et client.

Le scepticisme ne vient pas simplement de l'Allemagne, mais du fait qu'on ne voit pas qui pourrait soutenir votre projet...

Il y a beaucoup de travail, en effet. Mais la politique est un art de réalisation et nous convaincrons. Ce que n'a pas su faire [le Premier ministre grec] Tsipras. Ce ne serait pas la première fois qu'en France, on réussit de grands tournants. Ce qu'a accompli le général de Gaulle après 1958 n'a pas été une mince affaire. La volonté ouvre des chemins à jamais inconnus des résignés.

Vos emportements, vos attaques contre les journalistes, votre style qui vous vaut d'être taxé de populisme n'entame-t-il pas aussi votre crédibilité ?

Il me rend crédible auprès de ceux dont j'ai besoin pour construire  un rapport de force . Si l'histoire n'était qu'un choc de raisonnements contradictoires, on vivrait dans un colloque savant. Non, c'est un choc d'intérêts. Ce que je propose heurte des intérêts très puissants. Après, il y a sans doute dans cette « théâtralité » un côté qui tient au Méditerranéen que je suis. Si j'étais président, je m'exprimerais sans doute différemment ; là, je suis le tribun du peuple - j'en suis fier. Car les barrières sont dans les têtes : on répète du matin au soir aux Français, notamment à ceux qui souffrent, qu'on ne peut pas faire autrement. Il y a un énorme effort à faire pour rompre le cercle de l'évidence médiatique.

Cela pourrait-il vous conduire à travailler, sur les questions européennes, avec des gens de l'autre rive ?

La ligne politique et mes objectifs n'ont rien à voir avec ceux du FN ou des nationalistes. Mais tous ces gens rament pour moi d'une certaine manière, en contribuant à la construction d'un champ culturel où nos mots d'ordre - l'Europe ne protège pas les Français mais les menace - sont en train de devenir dominants. Il faut capitaliser positivement cette colère qui peut être dangereuse.

Ne redoutez-vous pas que Laurent Wauquiez endosse, désormais, le costume de premier opposant ?

Au contraire, je m'en réjouirais car cela diviserait le socle électoral actuel de Macron.

https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0301004330722-jean-luc-melenchon-je-suis-un-independantiste-francais-2137436.php#4rdt0kG4su0IgwxA.99

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"Si les transferts de souveraineté que nous avons opérés vers les instances européennes avaient été confiés à un Parlement européen ayant un réel pouvoir de décision, mon point de vue serait peut-être différent": traduire, la soumission de la France ne pose pas de poblème en soi, c'est une question de modalités "démocratiques"...JLM n'est pas un "indépendantiste français", c'est un fédéraliste européen...quoiqu'il en dise!
"la France roule à contresens. En quoi serions-nous plus proches des pays baltes que nous ne le sommes des pays francophones de la Méditerranée comme l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie ?":[reprise d'un argument de l'UPR]  dans ce cas, pourquoi avoir milité pour un fédéralisme européen dans les années 90 comme il le reconnaît lui- même, et pourquoi regretter que le parlement européen actuel  ne soit pas décisionnel?
"Dans les années où nous sommes en déficit excessif, nous devrions avoir le droit de garder nos 6 milliards": comment compte-t-il faire fonctionner l'UE, lui qui veut une harmonisation sociale et fiscale en Europe?
"Faire l'Europe ? Oui si c'est sans défaire la France !": une autre version du "en même temps" macronien!
Conclusion: comme d'habitude, enfumage, contradictions, démagogie, théâtralité... 
A l'ancienne formule du PS, "l'Europe sociale passe par le oui" lors de la campagne de 2005, l'arme de dissuasion de Mélanchon, c'est "l'Europe sociale passe par le non", de quoi faire trembler l'oligarchie euro- atlantiste! Hollande, sors de ce corps!      P.G.

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jeudi 14 décembre 2017

Levothyrox : le laboratoire Merck ne prévoit pas de commercialiser l'ancienne formule après 2018

Le laboratoire Merck ne prévoit pas de fournir l'ancienne formule du Levothyrox au-delà de 2018, annonce-t-il dans un communiqué publié jeudi 14 décembre. "Nous n'allons pas éternellement réimporter" en France, prévient Thierry Hulot, le patron des activités biopharmaceutiques du groupe allemand en France.

act levothyrox

La ministre de la Santé avait demandé au laboratoire Merck de poursuivre la commercialisation de l'ancienne version du Levothyrox pour l'année 2018 après que la formule de ce traitement contre l'hypothyroïdie a été modifiée en mars dernier. Mais cet été, des patients ont commencé à signaler des effets secondaires.

Des effets indésirables pour 100 000 patients

Pour le groupe pharmaceutique, cette formule, appelée Euthyrox en France, ne pourra pas continuer à être distribuée dans l'Hexagone une fois que les autres pays européens seront passés à la nouvelle version du médicament, ce qui devrait se faire "courant 2018", a précisé Thierry Hulot.

Selon le responsable du laboratoire Merck, les effets indésirables imputés au Levothyrox concernent 100 000 patients français sur trois millions. L'entreprise estime que ce laps de temps doit permettre de laisser le temps à d'autres laboratoires de proposer d'autres traitements, basés sur le même principe actif.

https://www.francetvinfo.fr/sante/levothyrox/levothyrox-le-laboratoire-merck-ne-prevoit-pas-de-fournir-

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Question bête: pourquoi l'ancienne version n'est plus fabriquée en France?...

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C'est quoi la laïcité ? le Limousin ose la différence!

[une suggestion de S.R. (UPR 87)]

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=15&v=x-2hkGd7eB0

ARG LIMOUSIN LAICITE

Laboratoire limousin de la laïcité


Ajoutée le 28 févr. 2017

 

Court-métrage réalisé par Citels, association d'animation et de développement social et la Caisse d'allocations familiales 87, en partenariat avec le Laboratoire limousin de la laïcité, la Fondation SNCF et BeaubFM !

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Pour se remettre de tant de "new sensations":

C'est quoi la laïcité ? Avec Natacha Polony & Rokhaya Diallo

https://www.youtube.com/watch?v=IMTXEpiZTDQ

Ajoutée le 2 oct. 2016

Quelques interventions brillantes de Natacha Polony
(de mémoire):

"La laïcité ne commence pas avec la loi de 1905, ça remonte aux guerres de religions!"...
"Avec la "globalisation", on essaie de nous expliquer que la tolérance anglo- saxonne serait meilleure que notre laïcité"
"La question est de savoir si on enferme les individus dans leurs déterminismes!..."
"Le plus grand respect envers les nouveaux arrivants est de ne pas les considérer come différents des autres"...
"Il y a un islam qui pose problème, c'est celui qui veut imposer le théologico- politique dans l'espace public...C'est à l'Etat de nous protéger de cette volonté d'ingérence exrêmement malsaine et qui détruit la société..."[démarche jugée coloniale par Rokhaya Diallo!]
"La laïcité, ce n'est pas de reconnaître le droit des minorités,la République française ne reconnaît que des individus et elle fait en sorte que ces individus soient émancipés pour vivre pleinement leur citoyenneté"...

Visiblement, le "laboratoire limousin" penche plutôt pour la vision très libérale et anglo- saxonne de la laïcité exprimée par Rokhaya Diallo, ce qui en fait est tout le contraire de la laïcité française et républicaine! (ce qu'explique très bien Natacha Polony).

L'offensive idéologique généralisée que la France subit s'étend au coeur de ses fondations, afin d'imposer un modèle multiculturaliste et communautariste, au service bien sûr de l'oligarchie euro- atlantiste.

P.G.

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Diatribe corsée contre l’autophobie nationale…

TRIBUNE LIBRE

Diatribe corsée contre l’autophobie nationale… Par Floréal (PRCF).

Encore une région d’un pays d’Europe, pas parmi les plus pauvres du reste (alors que des régions ouvrières de notre pays s’écroulent pour du bon, des Ardennes au bassin minier du Nord, la Corse talonne Paris pour son taux d’expansion* !), qui semble vouloir rompre les amarres avec l’État historiquement constitué dont elle faisait jusqu’alors partie intégrante.

TL CORSE PRCF

Encore une région où nombre de citoyens de base, plutôt que de s’en prendre au capital fauteur de casse sociale et de décadence sociétale, ou d’affronter la dictature supranationale de Berlin/Bruxelles, met en accusation « Paris ». Comme d’autres, ailleurs, accusent « Madrid », « Londres », les « rats wallons » ou « Rome la Voleuse ». Que les Sans-dents du Mezzogiorno, de Manchester, du Borinage et de l’ex-Lorraine sidérurgique règlent donc leurs problèmes tout seuls ! Et que l’État-nation français, ce « colonisateur » qui, chaque année insuffle, selon les calculs, entre deux et 3,6 milliards d’euros dans l’économie corse, et qui dépêche chaque été sur place des pompiers bretons, bourguignons ou provençaux pour éteindre les incendies locaux, se fasse petit. Et qu’il se contente de reconstruire périodiquement, en baissant le nez de préférence, les gendarmeries et les bâtiments publics dévastés par d’ainsi-dits « patriotes »…

Cependant, amis corses, – et tout particulièrement vous, les 50% de citoyens désabusés qui vous êtes abstenus de cautionner la parade électorale indépendantiste ! – ne croyez pas que la pointe de ce billet soit tournée contre vous. Floréal en a d’abord contre la fausse gauche, la pseudo-extrême gauche et le faux communisme qui, depuis quarante années de dérives euro-béates, ont fini d’écœurer la jeunesse et la classe ouvrière, en Corse et sur le continent. Car ce billet est d’abord tourné contre vous, Français continentaux qui n’êtes plus capables de faire une heure de grève pour sauver votre retraite, d’aller une fois par an à une manif pour préserver votre CDI, qui ne savez plus chanter, consommer et danser qu’en anglais bas de gamme, et qui ne dédaignez pas d’en rajouter une louche quand la classe dominante et l’immense cohorte de ses courtisans médiatiques vous serinent que la France est le pire pays du monde, que ses services publics, sa langue, sa protection sociale, sa  laïcité républicaine, ses communes proches de l’habitant, sa langue porteuse d’une étincelante littérature humaniste, sont horriblement « ringards » : car c’est tellement mieux, comme chacun sait, en Allemagne, tellement plus brillant dans les sacro-saints « pays anglo-saxons », tellement top et must « en Europe du nord », bref n’importe où, mais pas dans ce pays tristement héritier des affreux « Jacobins », des fumeux Communards, des horribles Soixante-huitards. Sans parler des « hordes cégétistes » que stigmatisent inlassablement My TF1, BFM News et tant d’autres médias si « ludiques ».

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Car comment voulez-vous que certains citoyens qui proviennent d’autres cultures, ou qui vivent en périphérie de l’Hexagone, puissent aimer la France alors que nombre de Français « standards », suivant le veule exemple de la plupart de leurs politiciens, de leurs intellectuels et de leurs grands P.-d.-g., n’ont que mépris profond pour leur propre pays, pour son histoire, pour sa langue, voire pour ces conquêtes sociales dont chacun profite sans s’inquiéter une seconde du sang qu’elles ont coûté ?

Peuple français, aime-toi et de nouveau, on t’aimera. Et pour s’aimer vraiment, sans avoir rien de commun avec les racistes (qui s’aiment moins eux-mêmes qu’ils ne détestent autrui…), bref, pour avoir raison de s’aimer soi-même, rien de tel que de retrouver le chemin des luttes. Comme les Cubains le disent de Cuba, Quien la defiende la quiere mas (« qui la défend l’aime le plus »). Car ceux qui s’aiment, ce sont ceux qui sèment.

 

Parce qu’ils luttent !

******************************************************************

*Comme nous l’apprend l’économiste Jean-Christophe Chanut, graphiques à l’appui, « en France métropolitaine, c’est… en Corse que la croissance est la plus rapide depuis 2008 ! ». Pas mal pour une « colonie »…

 


 

Voir aussi:

Nouvelle poussée séparatiste en CORSE : l’euro-balkanisation de la France est lancée – Déclaration du secrétariat national du PRCF

Le premier tour des élections territoriales a été marqué par une abstention massive, d’un électeurs sur deux. La participation, à 52,17%, est en recul par rapport aux élections de 2015 (59,88%). Cela veut dire qu’un sur deux n’est pas allé voter à cette élection. Les abstentionnistes étaient ainsi 27% plus nombreux que pour l’élection régionale de 2010 ! C’est le premier fait important, la légitimité au sortir d’une élection se comptant d’abord au nombre de voix obtenues.

Cela ramène donc le score des séparatistes à une proportion plus conforme à son influence réelle. Comme Macron, ces vainqueurs ont une base de masse étroite et leur victoire est due en grande partie à l’incapacité des forces progressistes à présenter une alternative au vote . et non patriote car lorsque l’objectif à moyen terme est celui de Jean Guy Talamoni, “l’indépendance” de la Corse c’est-à-dire de permettre la main-mise des mafias sur l’île sans se poser la question de la macro-dépendance de la Corse à l’ allemande, on peut supposer que c’est davantage l’amour de l’argent et du pouvoir qui anime les cagoulés d’hier que celui de la Corse.

Reste que la thématique sécessionniste instille son poison dans le corps social. Et pas seulement en Corse. Cette démolition par en bas rejoint la démolition par en haut de notre nation républicaine. Démolition organisée, souhaitée et accélérée par Macron et par sa caste oligarchique et dont l’ UE est l’arme fatale.

Toute concession faite à un courant réactionnaire le renforce

Exploitant l’incapacité durable et irresponsable des forces progressistes insulaires et continentales à porter une alternative populaire et patriotique pour la France en général et pour la Corse en particulier, la démagogie séparatiste a encore fait un bond en avant en Corse lors des élections à l’ « Assemblée territoriale unique » (abolition des départements). On remarque au passage, selon une loi politique bien connue, que toute concession faite à un courant réactionnaire le renforce : comme dit la sagesse des nations, « l’appétit vient en mangeant », comme le montre le triste exemple de l’ flamand, ce racisme anti-francophone, en Belgique. Pour autant, pour spectaculaire qu’elle soit en pourcentage des votes exprimés, cette progression est bien plus faible en pourcentage du total des électeurs. Les deux listes nationalistes séparatistes ne réunissent que 26,6% des inscrits, c’est à dire à peine plus qu’au second tour des élections de 2010 (24.1%).

Notons d’abord que la démagogie nationaliste est sans limite et que, dans les conditions de sécurité très moyennes qui sont celles de la Corse actuelle, où les séparatistes ont pour le moins des attitudes… intimidantes, aucune force politique ne leur tient vraiment tête sur place, y compris, faut-il le dire, le PRETENDU Front « national ». Il est tout de même désolant que tout ce qui va mal en Corse soit imputé à « l’Etat », en clair, à la République française, que nul n’y fasse observer que ce sont les services publics continentaux, des pompiers bretons, bourguignons, lorrains, etc. qui viennent de passer l’été à arroser les incendies insulaires sans que jamais cet effort (tout naturel dans le cadre d’une république indivisible, mais on ne peut pas éternellement recevoir sans au moins, reconnaître…) soit reconnu, et qu’en fait de « colonisation », la Corse soit désormais la seconde région de France en matière d’expansion économique, fort loin devant les prétendus « colonisateurs » picards, ardennais, ch’ti, qui plongent dans la pauvreté de masse…

Au-delà de la centralisation NAPOLEONNIENNE excessive (et non pas « jacobine » : Robespierre a dirigé la France durant moins de deux années, et il défendait l’idée d’une large autonomie communale !), le bonapartisme territorial a survécu à la chute de l’ « Aigle » dans les quatre républiques bourgeoises postérieures) qu’a subie la Corse, comme toutes les ci-devant provinces de France, on ne peut appréhender le développement du pseudo- « indépendantisme » corse en dehors du contexte européen. Comme en Espagne, en Belgique, en Grande-Bretagne, la « construction européenne » destitue et délégitime systématiquement les Etats-nations d’Europe (ou les Etats plurinationaux historiquement constitués comme l’URSS, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie : il n’y a eu, bizarrement, que l’Allemagne fédérale à se « réunifier » ces trente dernières années…). Car ce qui se met en place, n’en déplaise aux benêts politiques comme Benoît Hamon, c’est bel et bien un EMPIRE germano- et américano-centré qui pratique comme jamais, le « diviser pour régner » et qui préfère avoir en face de lui, non pas des Etats-nations capables de résister (et susceptibles de reculer devant de puissants mouvement sociaux…), mais de pseudo micro-Etats « indépendants » de la France, de l’Espagne, de la Belgique, etc.. De micro-Etats ENCORE PLUS DEPENDANTS de fait, de Bruxelles, Berlin et Washington (que pèserait Talamoni face à Merkel ?). Même si, dans un premier temps, Bruxelles-Berlin regardent avec suspicion les mouvements « indépendantistes »… tant que le « centre » européen n’est pas sûr de bien les contrôler*.

Macron UE MEDEF : le démantèlement de la République en marche

En tout cas, on devine comment Macron va très probablement exploiter l’évolution de la situation politique insulaire pour précipiter le démantèlement GENERAL de la République indivisible et de l’ « ordre public social » qui lui correspondait. Qui peut douter que ce grand adepte du « pacte girondin » (une région, une loi… et un code du travail bas de gamme, fin des services publics, de la Sécu, des statuts, des conventions collectives, de l’Education nationale, du primat unificateur de la langue française, etc.) n’accélère aussi l’adoption par ses députés godillots de la Charte européenne des langues minoritaires et régionales appuyée par Berlin, qui vise à destituer le français, en apparence au profit des langues régionales, en réalité, au profit du tout-anglais. Car non seulement l’oligarchie au pouvoir ne va pas contrer le corse et l’immense appel au breton, alsacien, flamand, basque, nord-catalan qu’il implique, mais elle sera certainement tentée de l’exploiter à fond pour faire de la Corse « autonome » le laboratoire du démantèlement du territoire national français et de l’article II de la Constitution (« la langue de la République est le français »).

Or, gravissime serait le départ de la Corse de la République, non seulement pour les Corses – qui perdraient quantité d’apports, très sous-estimés par eux, de la solidarité nationale et de la « continuité territoriale » – mais pour la France dans son ensemble. D’autant que, comme chacun sait, si les Français continentaux deviennent des étrangers, pardon, des « résidents » en Corse, que les fonctionnaires ne parlant pas corse deviendraient inemployables sur l’île. Et que deviendront les Corses fort nombreux qui vivent sur le « continent » (Marseille, Nice, etc.) s’ils choisissent la future nationalité corse ? Des étrangers en France continentale ? Ou des étrangers « résidant » en Corse s’ils choisissent de rester français ? Jolis « progrès » en vue pour la « fraternité », l’ « accueil » et le « respect » dont se prévalent les séparatistes insulaires tout en tolérant sans honte que les murs de Corse soient pollués de slogans « amicaux » tels que « IFF ! » (I Francesi fora, dehors les Français !) ou « AF » (I Arabi fora, comme on l’a entendu à maintes reprises ces derniers temps à Ajaccio)… Quand, à l’appel du PCF clandestin, les FTPF de Corse libéraient par eux-mêmes l’île de la domination mussolinienne, le message porté au monde par les Corses avait tout de même une tout autre allure, comme à l’époque où Rousseau écrivait pour eux la première Constitution républicaine d’Europe…  Pire encore serait le fait que le pouvoir ANTINATIONAL et ANTIREPUBLICAIN de Macron-MEDEF pût se servir du pseudo-indépendantisme corse pour précipiter la fin de la république indivisible née de la Révolution.

(...)

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/nouvelle-poussee-separatiste-corse-leuro-balkanisation-de-france-lancee-declaration-secretariat-national-prcf/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

Après 30 ans de services pour la NSA, un employé explique pourquoi ils nous observent

William Binney est un ancien haut fonctionnaire du renseignement à l’Agence nationale de sécurité (NSA). Il est l’un des plus haut gradés du renseignement pour dénoncer les “connaissances” des initiés de la NSA et a fait la une des journaux lorsqu’il a démissionné en 2001 après le 11 septembre, après avoir travaillé plus de trente ans pour l’agence. Il a été l’un des chefs de file de la lutte contre l’Union soviétique pendant la guerre froide et a été écoeuré par les programmes massifs de surveillance des États-Unis.

 

ARG OEIL NSA

Il a connu un grand succès à partir de 2002 lorsqu’il a fait connaître au public un système pionnier destiné à analyser les données véhiculées sur les réseaux de communication (comme Internet). Il a dénoncé le programme d’écoute clandestine des agences et a été victime de harcèlement de la part du FBI, de la NSA et d’autres organismes. Il est entré et sorti de la salle d’audience depuis qu’il a décidé de démissionner et de donner un coup de sifflet.

Ces fuites massives de surveillance ne sont pas une nouveauté, comme nous l’ont montré les fuites récentes de la NSA qu’Edward Snowden nous a fourni ces dernières années. Dans une entrevue qui a été occultée par les médias américains, M. Snowden a parlé d’une organisation de renseignement nationale appelée Five Eyes, qui fait ce qu’elle veut et qui va bien au-delà des lois de son propre pays.

Binney n’a pas arrêté, c’est l’un des meilleurs dénonciateurs de la NSA. Il dit maintenant :

« Au moins 80 % des câbles à fibres optiques passent par les États-Unis, ce n’est pas un hasard et ça permet aux États-Unis de visualiser toutes les communications qui arrivent. Au moins 80 % de tous les appels audio, et pas seulement les métadonnées, sont enregistrés et stockés aux États-UnisLa NSA ment sur ce qu’elle stocke. Le but ultime de la NSA est le contrôle total de la population. »

Selon le Guardian :

« La NSA sera bientôt en mesure de collecter 966 exaoctets par an, soit le total du trafic internet annuel. L’ancien directeur de Google, Erich Schmidt, a déjà affirmé que la quantité totale de connaissances depuis les débuts de l’humanité jusqu’en 2003 ne représentait que cinq exabytes. »

Binney a soutenu les révélations récentes de Snowden et dit qu’il a des contacts avec un certain nombre d’autres employés de la NSA qui sont consternés par ce que fait l’agence.

Contrôle total de la population

Ce que l’on considérait autrefois comme une théorie du complot devient de plus en plus facile à voir. La surveillance de masse, ce n’est pas la protection de la sécurité nationale, c’est le contrôle de toute la population. Nous sommes amenés à croire que les services de renseignement travaillent pour nous protéger, alors qu’en réalité, ils ont leur part de responsabilité dans ce qu’ils prétendent être une menace pour nous. Le 11 septembre en est un bon exemple. Encore une fois, nous devons remettre en question la direction constante du monde vers un état de sécurité totale, ce qui se passe aujourd’hui est ridicule et totalement inutile. Si des événements sont réellement créés et justifiés (comme le 11 septembre 2001) et que la guerre contre le terrorisme est une imposture, pensez à ce que cela signifie pendant une seconde. Demandez-vous pourquoi ils font ça.

« Il y a un risque très grave qu’un besoin annoncé de sécurité accrue soit saisi par ceux qui souhaitent en élargir le sens jusqu’aux limites de la censure et de la dissimulation officielles. Je n’ai pas l’intention de le permettre dans la mesure où cela est sous mon contrôle. Partout dans le monde, nous sommes confrontés à une conspiration monolithique et impitoyable qui repose principalement sur des moyens clandestins pour étendre sa sphère d’influence. Sur l’infiltration au lieu de l’invasion, sur la subversion au lieu des élections, sur l’intimidation au lieu du libre choix. » – JFK (source)

« Dans les conseils de gouvernement, nous devons nous prémunir contre l’acquisition d’une influence injustifiée, qu’elle soit recherchée ou non, par le complexe industriel militaire. Le désastre potentiel de la montée d’un pouvoir mal placé existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés ou nos processus démocratiques. » – Dwight Eisenhower (sources)

Tout ce que nous faisons est surveillé. Par conséquent, tout ce qui menace les intérêts de ceux qui souhaitent nous “contrôler” sera très probablement connu. En même temps, je suis sûr qu’il y a beaucoup de gens au sein de ces ministères qui partagent les croyances des masses, tous ceux qui travaillent là-bas ne sont pas forcément mauvais.

Les médias traditionnels continuent de pousser l’idée qu’un besoin accru de sécurité est nécessaire. Ils le font en utilisant la propagande terroriste, et plus encore. Tout ce qu’ils peuvent utiliser pour laver le cerveau de la population en disant que notre monde est constamment menacé est à leur avantage, et leur permet d’infiltrer et de s’emparer des pays, des ressources et plus encore, tout en utilisant leurs propres médias pour justifier ce type d’action.

C’est formidable d’entendre M. Binney dire quelque chose comme ça, nous lui disons merci.

(...) j’aimerais souligner que la surveillance de masse n’est pas le plus grand secret gardé de la NSA. Cela a été révélé récemment lors de la toute première divulgation publique du “budget noir” par Snowden (malgré le fait que de nombreux chercheurs l’exposent déjà).

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Binney

http://www.businessinsider.com/william-binney-claims-nsa-seeks-total-population-control-2014-7?IR=T

https://www.anguillesousroche.com/surveillance/apres-30-ans-de-services-la-nsa-employe-explique-observent/

https://www.theguardian.com/commentisfree/2014/jul/11/the-ultimate-goal-of-the-nsa-is-total-population-control

http://www.collective-evolution.com/2017/12/10/30-year-nsa-employee-shares-why-they-are-watching-you-it-has-nothing-to-do-with-terrorism/

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mercredi 13 décembre 2017

Saint-Sulpice-le-Guérétois (23) : la croix du portail du cimetière va être enlevée à la demande du Conseil Municipal

Une publication proposée pa N.S. (UPR 87)

ACT CREUSE ST SULPIVE CIMETIERE

La municipalité de Saint-Sulpice-le-Guérétois (Creuse) souhaite se conformer à la loi de 1905 et retirer la croix du portail du cimetière communal.

Sous l’église de Saint-Sulpice-le-Guérétois (Creuse), la porte du four de l’ancienne boulangerie tient lieu de décoration. Un peu plus haut, devant ladite église, on peut apercevoir une pierre reposoir surmontée d’une croix, tout comme sur une pierre au pied de l’église on peut voir se dessiner une autre croix…

Plus loin dans la rue, le cimetière se dresse, et à l’intérieur, de nombreuses sépultures sont, elles aussi, surmontées de cette croix symbolique…

Le portail de la partie haute du cimetière, certainement installé entre les années 1930 et 1960 d’après le maire Claude Guerrier, dispose lui aussi d’une croix, que la municipalité souhaite enlever. Les devis sont envoyés, la croix sera retirée et un nouveau ventail sera mis en remplacement, sans croix.

« Cette démarche ne se veut pas polémique, ce n’est pas contre le catholicisme, prévient Claude Guerrier, mais le cimetière est un espace public partagé où tout le monde a accès, quelles que soient ses croyances, convictions ou absence de croyances ».

http://lafrance.co/saint-sulpice-le-gueretois-23-la-croix-du-portail-du-cimetiere-va-etre-enlevee-a-la-demande-du-conseil-municipal

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Jérusalem et la mystique de l’élection

Par Bruno Guigue | 10 décembre 2017

TL ISRAELBIBLE

Comme le montre la naïveté des commentaires sur la crise actuelle, on ne comprend pas les conflits du Proche-Orient si l’on oublie l’essentiel. Le sionisme n’est pas un mouvement d’émancipation juive, ni un nationalisme séculier classique. C’est un colonialisme fondé sur une mystique de l’élection. Lorsque Netanyahou est reçu au congrès américain, il parle du “peuple élu” et il invoque la “destinée manifeste”. En validant les prétentions israéliennes sur Jérusalem, Trump ne se contente pas de piétiner la loi internationale. Flattant le narcissisme israélien, il accrédite la mythologie fondatrice de l’Etat-colon.

On s’inquiète d’une confessionnalisation du conflit, mais on oublie que ce conflit est confessionnel depuis l’origine. Non pas du fait de la résistance arabe, mais du fait de l’entreprise sioniste. En fait, le mouvement auquel le sionisme ressemble le plus est le suprématisme blanc des Afrikaners. Dans les deux cas, ils se prennent pour le peuple élu, et la guerre coloniale vise à s’emparer de la “Terre promise”. L’Etat d’Israël, cet enfant chéri de la conscience laïque occidentale, est un implant colonial justifié par l’Ancien Testament.

Même s’ils ont raison, le déni de légitimité que les juifs orthodoxes opposent au sionisme est trompeur. Il faut lire les penseurs sionistes de l’ère pré-israélienne : le sionisme n’a pas trahi le judaïsme, il s’est simplement affranchi de sa passivité. Il substitue à l’attente du sauveur une action politique, mais cette action vise à prendre possession d’“Eretz Israël”, et non d’une lointaine contrée indifférente au récit biblique. Le sionisme moderne n’a pas laïcisé l’espérance messianique, il l’a détournée à son profit pour implanter au Proche-Orient un Etat occidental.

La conquête coloniale de la Palestine se fonde sur une mystique de l’élection, et cette mystique se nourrit d’une géographie du sacré. Interprétant la Thora comme un acte notarié, elle le brandit comme si un texte religieux pouvait fonder un droit opposable. Croyant occasionnel, Theodor Herzl avait bien compris la puissance symbolique de cette supercherie. “Si la revendication d’un coin de terre est légitime, disait-il, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs”. Quel Occidental contestera, si elle est bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine ?

Le sionisme repose sur une idée simple : la Thora tient lieu de titre de propriété, et cette propriété sera reconnue par un Occident pétri de culture biblique. Il faut reconnaître que ce tour de passe-passe a porté ses fruits. Loin d’être une nouveauté, le sionisme chrétien est constitutif du sionisme lui-même. L’idée du retour des exilés en Terre sainte fut une idée protestante avant d’être une idée juive, et le gouvernement britannique s’en fit l’ardent défenseur à l’apogée de l’Empire. Ce n’est pas un hasard si cette entreprise a fini par voir le jour avec la bénédiction d’une Grande-Bretagne férue d’Ancien Testament.

Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’une idée absurde exerce une force matérielle. Pour les sionistes, la cause est entendue : si le droit des juifs sur la terre d’Israël n’est pas négociable, c’est qu’il dérive de la transcendance. Combattre l’entreprise sioniste, c’est faire offense à Dieu, se rebeller contre sa volonté. Avant la proclamation unilatérale de l’Etat d’Israël, le grand rabbin de Palestine déclarait devant une commission internationale : “C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin”.

Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait en 2002 : “Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif”. On comprend pourquoi le sionisme, à l’appui de ses prétentions, n’invoque pas le droit international, mais la promesse de Yahvé à Abraham : “C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Egypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate” (Genèse, 15).

Cette mythologie a fait de Jérusalem le joyau de la promesse. La cité de David est l’écrin de la présence divine depuis que son successeur Salomon y bâtit le premier Temple. Espace de communication avec le divin, Jérusalem porte témoignage de la geste hébraïque. Le martyre subi lors de sa destruction en accentue la sacralité, en la déclinant sur le mode messianique. Dans la narration biblique, Jérusalem est le centre d’une histoire sainte. Le tour de force du sionisme est de l’avoir fait passer pour une histoire tout court.

Cette conversion de la narration biblique en narration historique, pourtant, est un véritable château de cartes. Israël s’est lancé à Jérusalem dans une quête obstinée des vestiges de sa grandeur passée. A coup d’excavations frénétiques, on a exhibé la moindre breloque comme si elle était la preuve d’une gloire ancestrale, et un tesson de poterie attestait le rayonnement immémorial du royaume hébraïque. Mais cette manie de fouiller le sous-sol palestinien à la recherche d’une gloire perdue a montré ses limites, et les archéologues israéliens ont fini par tirer un trait sur ces affabulations.

“Les fouilles entreprises à Jérusalem n’ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l’époque de David et de Salomon”. Mieux encore : “Quant aux édifices monumentaux attribués jadis à Salomon, les rapporter à d’autres rois paraît beaucoup plus raisonnable. Les implications d’un tel réexamen sont énormes. En effet, s’il n’y a pas eu de patriarches, ni d’Exode, ni de conquête de Canaan, ni de monarchie unifiée et prospère sous David et Salomon, devons-nous en conclure que l’Israël biblique tel que nous le décrivent les cinq livres de Moïse, les livres de Josué, des Juges et de Samuel, n’a jamais existé ?

Ces citations ne sont pas tirées d’un brûlot antisioniste, mais du livre d’Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoilée, Les nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard, 2002, p. 150. La mythologie sioniste avait maquillé le mythe en histoire pour les besoins de la cause. Cette histoire en carton-pâte est balayée par la recherche scientifique. La véritable histoire reprend ses droits, et la géographie du sacré sombre dans les sables mouvants. Mais peu importe. Avec de vieilles pierres en guise de témoins muets, les sionistes revendiquent obstinément la propriété d’une terre arrachée en 1948 à ses détenteurs légitimes.

Bruno Guigue | 10 décembre 2017

Source : Bruno Guigue

http://arretsurinfo.ch/jerusalem-et-la-mystique-de-lelection/

lundi 11 décembre 2017

La French American Foundation

Au moment où nous apprenons que Laurent Wauquiez vient d'être élu à la tête du parti "LR", soit- disant pour illustrer une reprise en main de la "droite républicaine" autour de ses "valeurs" fondamentales, il n'est pas inutile de rappeler ce qu'est la FAF dont il fait partie, comme tant d'autres, dont notamment un certain... Emmanuel Macron!   P.G.


ARG FAF US

 

Créé en 1981, le programme Young Leaders est le programme phare de la French-American Foundation et continue de jouer un rôle clé dans l’approfondissement de la coopération entre la France et les Etats-Unis. Il rassemble aujourd’hui 400 dirigeants issus du monde de l’entreprise, de la haute fonction publique, de l’armée, des médias et de la recherche.

 

Processus de sélection

Chaque année, vingt français et américains âgés de 30 à 40 ans et appelés à jouer un rôle important dans les relations franco-américaines, sont sélectionnés par un jury en France et aux Etats-Unis. Les candidats retenus participent à deux séminaires de cinq jours chacun, sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin d’échanger sur sujets d’intérêts communs aux deux pays et tisser des liens d’amitié durable.

 


 

Un relais des États-Unis en France

L’opposition politique fondamentale réside aujourd’hui entre ceux qui soutiennent une gouvernance unipolaire du monde sous l’autorité des États-Unis et ceux qui prônent un équilibre des puissances régi par le droit international. À ce niveau, la grille de lecture traditionnelle française opposant une gauche à une droite n’a plus de pertinence – car on retrouve des deux côtés des partisans de la Pax Americana. Une organisation non-lucrative, mais richement dotée, la French American Foundation, a depuis quarante un ans pour fonction de recruter les jeunes leaders appelés à occuper des postes de dirigeants pour les former au soutien de la politique atlantiste. (...)

Lors de sa visite aux États-Unis, Nicolas Sarkozy prononça un discours, le 12 septembre 2006, à la French American Foundation (FAF, la « Fondation franco-américaine »). Rappelant la nécessité de « rebâtir la relation transatlantique (…) et de favoriser la constitution d’une Europe politique forte et influente sur la scène internationale » [1], Nicolas Sarkozy a dû ravir par ces propos les dirigeants de cette Fondation largement méconnue. L’étude de celle-ci est pourtant profitable afin de mieux saisir les liens ô combien étroits qui lient les élites franco-américaines.

La FAF doit son origine aux actions de trois éminents États-Uniens [2] : James G. Lowenstein, membre entre autres du Council on Foreign Relations (le CFR) [3] où s’élabore la politique étrangère des États-Unis et dont l’équivalent britannique est le Royal Institute of International Affairs (RIIA dit Chatham House) ; James Chace, directeur de la rédaction de Foreign Affairs, revue du CFR et de Nicholas Wahl, professeur de science politique et fin connaisseur de la classe dirigeante française lui permettant des contacts en particulier avec le général de Gaulle et Michel Debré [4].

Dans les années 1970, les trois hommes mirent en commun leurs réseaux [5] français dans le monde politique, économique, ainsi que dans la presse et le milieu universitaire. Parmi leurs relais on trouvait Olivier Chevrillon, (l’un des fondateurs de la revue Le Point), Pierre Jouven (président de Péchiney), Jean-Louis Gergorin (futur membre du comité exécutif d’EADS) et Thierry de Montbrial (futur président de l’Institut français des relations internationales, l’IFRI, qui co-dirigeait à l’époque le Centre d’analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères). Ensemble, ils obtinrent l’appui officiel du président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Ce dernier annonça – en accord avec son homologue états-unien Gerald Ford et le secrétaire d’État Henry Kissinger [6] – la création d’une double fondation franco-américaine, lors d’un dîner à l’ambassade de France à Washington, le 18 mai 1976.

Il fut décidé que la French American Foundation aurait un siège à New-York et l’autre à Paris. Comme le rappellent les textes officiels : « L’objectif de la Fondation franco-américaine est de renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique » [7]. Pour accomplir cet idéal, les bonnes fées de la finance, de la grande presse, de l’université et de la politique se sont depuis lors pressées autour du tout nouvel institut. Les grâces ont été particulièrement abondantes. La branche états-unienne a bénéficié d’appuis inestimables. En raison de la liste impressionnante des participants, il n’est pas possible de nommer l’intégralité des dirigeants et des contributeurs financiers. On peut cependant relever quelques noms parmi les membres (anciens 2007 et nouveaux).

Pour commencer, John D. Negroponte [8], plusieurs fois ambassadeur puis gouverneur d’Irak, superviseur de l’ensemble des services de renseignement des États-Unis et numéro 2 du Département d’État. Toujours présent, John Negroponte fut par le passé président de la FAF de New York.

Également membre du conseil d’administration, l’ancien président du patronat français et européen (le MEDEF et l’UNICE), Ernest-Antoine Sellière ainsi que l’ancien ambassadeur états-unien en France, Félix G. Rohatyn et son homologue à Washington François Bujon de l’Estang [9]. Un nom de plus au hasard, celui du président de la FAF de New York (2007), Nicholas Dungan [10] dont les activités se sont déployées au sein de la très atlantiste Chatham House [11]. Parmi les nombreux appuis financiers, on peut relever des noms prestigieux comme celui de David Rockfeller, fondateur de la Trilatérale et président honoraire du CFR. On trouve également l’ancien sous-directeur de la CIA et ancien secrétaire à la Défense du président Reagan, Franck Carlucci (2007) [12]. Par la suite, il a été le directeur du très puissant Groupe Carlyle. La société d’investissement commune aux familles Bush et Ben Laden est très impliquée dans l’industrie de la défense [13].

Enfin, nous pouvons relever parmi les contributeurs de la FAF de New York, EADS, l’Oréal USA [14] ou encore la Société Générale [15].

La FAF française n’a, de son côté, pas à rougir de sa jumelle new-yorkaise. Dirigée à ses débuts par le président de Péchiney, Pierre Jouven, la Fondation est présidée depuis 1997 par Michel Garcin (2007) [16], directeur général de Hervé Consultants (spécialiste en accompagnement d’entreprises). Le Conseil de surveillance [17] réunit EADS France, BNP Paribas, la Caisse des dépôts ainsi que des représentants comme Yves de Gaulle (secrétaire général de Suez – 2007), Jean-Louis Gergorin (vice-président de la coordination stratégique chez EADS, mais dont les activités ont cessé avec l’affaire Clearstream) ou Marwan Lahoud, PDG du leader européen dans le secteur des missiles MBDA dont EADS est actionnaire à 37,5% et dont le frère Imad Lahoud [18] a connu quelques démêlées judiciaires en liaison avec Jean-Louis Gergorin lors de l’affaire Clearstream.

Enfin, nous pouvons ajouter que la FAF française est soutenue par le ministère des Affaires étrangères, le ministère de l’Éducation nationale ou encore l’Institut d’études politiques de Paris [19].

La clef du système d’influence de la French-American Foundation est sa capacité à recruter des personnes appelées à occuper de hautes fonctions. Sa grande force est d’accueillir en son sein les représentants politiques issus de courants qui, officiellement, s’opposent – des socialistes à l’UMP en passant par le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan ou le responsable de la communication de la campagne présidentielle de José Bové, Bernard Loche. Pour éviter toute conclusion hâtive, soulignons que les personnes approchées par la Fondation et qui ont accepté de la fréquenter n’ont pas pour autant accepté les offres de services qui leur ont été ultérieurement présentées.

C’est dans le programme intitulé Young Leaders qu’une véritable sélection s’opère. Comme l’affirment clairement les textes officiels : « Le programme phare des Young Leaders, piloté par les deux entités (ndlr : New-York et Paris), vise à créer et à développer des liens durables entre des jeunes professionnels français et américains talentueux et pressentis pour occuper des postes clefs dans l’un ou l’autre pays » [20].

Les textes officiels précisent que la sélection s’opère en 3 phases :

– « La première phase consiste à présélectionner des candidats. Cette présélection se fait par l’intermédiaire du réseau de la French-American Foundation, par d’anciens Young Leaders ou d’actuels membres du Conseil de surveillance. Récemment, un effort a été entrepris pour diversifier socialement et professionnellement les candidats, notamment par le repérage dans la presse des profils prometteurs.

2 – La deuxième phase consiste à recueillir formellement les candidatures. Les dossiers ainsi constitués contiennent la biographie du candidat et une lettre de recommandation. Des entretiens de motivation sont organisés.

3 – La dernière phase de la procédure est la sélection finale des candidats. Après avoir reçu le dossier de chaque candidat, le Comité de sélection se réunit. Ce Comité comprend environ 10 membres dont la majorité sont des anciens Young Leaders. Les candidats ayant obtenu le plus de voix sont sélectionnés ».

Comme on le voit, n’entre pas qui veut à la FAF. Les membres sélectionnés forment véritablement une « élite » dont l’objectif officiel est de « renforcer la relation franco-américaine considérée comme un élément essentiel du partenariat transatlantique ». Il est d’autant plus intéressant de connaître leurs noms.

Au sein de la sélection, c’est le professeur de science politique états-unien et membre du CFR, Ezra Suleiman, qui fut l’unique responsable de 1981 à 1984, puis de 1994 à 2001, du recrutement des Young Leaders en France [21]. Après une sélection drastique, seuls 125 États-Uniens et 126 Français composent les Young Leaders depuis 1981. Dans le cas de la FAF US, nous pouvons citer les noms suivants avec la date d’admission : Antony Blinken (1998, ancien conseiller en politique étrangère du président Clinton), Ian Brzezinski (2001, chargé aux affaires de défense de l’OTAN, fils du ‘célèbre’ géopolitologue Zbigniew Brzezinski), le général Wesley K. Clark (1983, ex-commandant en chef des troupes de l’OTAN en Europe), le président Clinton (1984) et Hillary Clinton (1983, sénateur) [22].

Dans le cas de la branche française de la French-American Foundation, nous pouvons relever en particulier :

√ Alain Juppé (Ancien ministre, maire de Bordeaux).

√ Alain Mérieux (1982, fondateur de bioMérieux).

√ Alain Minc (1981, conseiller politique, économiste, essayiste et dirigeant d’entreprise).

√ Alain Richard (1981, ministre de la Défense tout le long du gouvernement Jospin).

√ Anne Lauvergeon (1996, présidente d’Areva).

√ Annick Cojean (2000, journaliste au Monde).

√ Aquilino Morelle (1998, ancien conseiller politique au cabinet du président de la République François Hollande).

√ Arnaud Montebourg (2000, ancien ministre de l’Économie).

√ Bernard Guetta (1981, journaliste à France Inter).

√ Bruno Le Roux (1998, député depuis 1997 et président du groupe socialiste à l’Assemblée de 2012 à 2016, ministre de l’intérieur).

√ Cédric Villani (2012-2013, Médaillé Fields, en tant que membre d’EuropaNova).

√ Christine Ockrent (1983, journaliste).

√ Denis Olivennes (1996, président de la FNAC)… [24]

√ Édouard Philippe (Premier ministre français).

√ Emmanuel Chain (1999, journaliste).

√ Emmanuel Macron (2012, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, président de la République française).

√ Éric Raoult (1994, ancien député et ancien ministre).

√ Erik Izraelewicz (1994, directeur du Monde).

√ Fleur Pellerin (2012).

√ François Hollande (ancien président de la république).

√ François Léotard (1981, ancien ministre de la Défense).

√ Frédéric Lemoine (2007, directeur du groupe Wendel, à ce titre administrateur de Saint-Gobain).

√ Guy Sorman (1982-1984, essayiste libéral).

√ Henri de Castries (1994, président du directoire du groupe Axa).

√ Jacques Toubon (1983, député UMP).

√ Jean-Louis Gergorin (1994).

√ Jean-Marc Jancovici (2002, ingénieur consultant pour l’ADEME, vulgarisateur dans les médias des questions énergétiques).

√ Jean-Marie Colombani (1983, fondateur de Slate et ancien directeur du Monde).

√ Jean-Noël Jeanneney (1983, président de la Bibliothèque nationale de France).

√ Jérôme Chartier (2003, député UMP).

√ Jérôme Clément (1982, Président d’Arte).

√ Laurent Cohen-Tanugi (1996, ancien vice-président de Sanofi-Synthélabo et membre du conseil d’administration du think tank « Notre Europe » créé par l’ancien président de la Commission Jacques Delors [23]).

√ Laurent Joffrin (1994, PDG de Libération).

√ Laurent Vigier (2010-2011, PDG de la branche internationale de la Caisse des dépôts et consignations).

Laurent Wauquiez (2006, président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes).

√ Marie Lajus (2006, préfète déléguée pour l’égalité des chances).

√ Marisol Touraine (1998, ministre des Affaires sociales et de la Santé).

√ Marwan Lahoud (1999).

√ Matthias Fekl (2013, ministre de l’intérieur en 2017).

√ Matthieu Croissandeau (2002, rédacteur en chef adjoint du Nouvel Observateur).

√ Matthieu Pigasse (2005, homme d’affaires).

√ Najat Vallaud-Belkacem (2006, ministre de l’éducation nationale).

√ Nathalie Kosciusko-Morizet (2005, ancien ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement).

√ Nicolas Dupont-Aignan (2001, Président de Debout la France).

√ Nicolas Gaume (1999, PDG de Mimesis Republic et président du Syndicat national du jeu vidéo).

√ Olivier Nora (1995, président des Éditions Fayard).

√ Pascal Riché (2000, cofondateur de Rue89).

√ Philippe Auberger (1989, député UMP).

√ Philippe Le Corre (2005, professeur à Sciences Po et à l’IRIS).

√ Philippe Naudet (2013, commandant du sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste (S605).

√ Pierre Kosciusko-Morizet (2009, PDG de PriceMinister).

√ Pierre Mariani (1996, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy de 1993 à 1995, puis responsable à BNP Paribas et enfin dirigeant de Dexia).

√ Pierre Moscovici (1996, ministre de l’Économie et des Finances).

√ Pierre Richard (1984, fondateur et président de Dexia de 1987 à 2008).

√ Stéphane Israël (2012, directeur de cabinet d’Arnaud Montebourg puis PDG d’Arianespace).

√ Sylvie Kaufmann (1998, journaliste au Monde).

√ Valérie Pécresse (2002, ancienne ministre de l’Éducation nationale).

√ Yves Censi (2003, député UMP).

√ Yves de Kerdrel (2005, journaliste aux Échos).

Une telle représentation souligne l’influence capitale qu’exerce la French-American Foundation dans les liens franco-états-uniens [25].

De multiples rencontres ont lieu entre représentants français et états-uniens afin de discuter de sujets comme la défense, la politique, le journalisme, le syndicalisme… En fait, il s’agit de « lisser » les points de vue afin d’aboutir à un consensus favorable au partenariat transatlantique. Toutes ces rencontres officielles et officieuses permettent de créer une communion de pensée parmi les acteurs de la FAF appartenant à des secteurs variés.
Cette fondation organise également différents colloques sur la défense, le journalisme, l’éducation ou la santé. On trouve parmi les participants, outre les personnes citées ci-dessus, des noms bien connus comme :

√ François Bayrou.

√ Bernard Kouchner.

√ Jean-François Copé (porte-parole du gouvernement Chirac en 2007).

√ Michel Barnier (conseiller politique de Nicolas Sarkozy en 2007).

√ Nicolas Beytout (Ancien Directeur de la rédaction du Figaro).

√ Le général Henri Bentegeat (Ancien chef d’état-major des armées).

…etc. [26].
 

Pierre Hillard

Tous ces colloques poursuivent, bien entendu, le but suprême de servir au mieux les intérêts de l’humanité.

Source :

http://french-american.org/

http://www.voltairenet.org/article146888.html

http://french-american.org/actions/young-leaders/

https://fr.wikipedia.org/wiki/French-American_Foundation

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/French-American_Foundation

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/heureuse-coincidence-macron-193362

https://blogs.mediapart.fr/revue-frustration/blog/270617/le-programme-young-leaders-incubateur-doligarchie

 

Note :

[1http://www.u-m-p.org

[2http://www.frenchamerican.org/board…

[3] « Comment le Conseil des relations étrangères détermine la diplomatie USRéseau Voltaire, 25 juin 2004.

[4http://www.frenchamerican.org/pdf/f…

[5http://www.french-american.org/srt/…

[6http://www.frenchamerican.org/pdf/f…

[7http://www.frenchamerican.org/state…

[8] « John Negroponte bientôt à Bagdad », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 20 avril 2004.

[9http://www.frenchamerican.org/board…

[10http://www.frenchamerican.org/about…

[11http://www.chathamhouse.org.uk/

[12] « L’honorable Frank Carlucci », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2004.

[13] « Le Carlyle Group, une affaire d’initiés », Réseau Voltaire, 9 février 2004.

[14] « Histoire secrète de L’Oréal », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 mars 2004.

[15http://www.frenchamerican.org/cgi-b…

[16http://www.french-american.org/srt/…

[17http://www.french american.org/srt/…

[18] Marwan et Iman Lahoud n’ont pas de lien de parenté avec le président libanais Émile Lahoud, contrairement aux allégations de la presse française.

[19http://www.french-american.org/srt/…

[20Rapport d’étude pour le ministère des Affaires étrangères, analyse du processus de sélection des Young Leaders français pour la période 1981-2005, French American Foundation, Paris et New-York, p. 4

[21Ibid., p. 6.

[22http://www.french-american.org/srt/…

[23http://www.notre-europe.eu/fr/qui-s…

[24http://www.french-american.org/srt/…

[25] Cette coopération s’illustre aussi dans le domaine économique. En effet, la FAF a organisé un colloque intitulé « Économies européennes et américaines, l’impossible divorce » sous la direction de Joseph P. Quinlan. Auteur d’un document paru en 2003 sous le titre « Drifting apart or growing together ? The primacy of the transatlantic economy », Joseph P. Quinlan a co-écrit avec Daniel S. Hamilton l’ouvrage de référence en matière de marché transatlantique sans entraves Deep integration dont le président de la Commission européenne, José Barraso, a tant vanté la valeur à la School of Advanced International Studies (SAIS), le 18 octobre 2005.

[26] Rapport annuel 2003-2004, French-American Foundation. Cette fondation décerne chaque année le Prix Benjamin Franklin « à une personne qui, à travers sa vie, a œuvré à l’amélioration des relations entre la France et les États-Unis » comme le rappelle le rapport de la FAF. Les lauréats de ce Prix sont : l’ambassadeur C. Douglas Dillon, l’ambassadeur Walter J.P. Curley, Médecins sans frontières, Bernard Arnault (groupe de luxe LVMH), Michel David-Weill (ancien Président de Lazard Frères), la famille Forbes et Maurice Lévy (Président du Directoire de Publicis Groupe), op. cit, p. 30

Pr Pierre Hillard :

Il a fait des études d’histoire, de sciences politiques et d’études stratégiques.

Spécialiste de l’Allemagne, des affaires européennes, du mondialisme, de la constitution de blocs continentaux unifiés (UE, UNASUR, Union Nord-américaine à l’instigation de Robert Pastor, etc.), du partenariat transatlantique, de l’instauration d’un marché transatlantique sans entraves, des relations euro-arabes, du régionalisme et de la question des minorités nationales.

Il est auteur de Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des régions, de La Décomposition des nations européennes, de La Marche irrésistible du nouvel ordre mondial, de la Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, etc… et de nombreux articles dans Le Figaro, Géostratégiques, Réseau Voltaire, Conflits actuels, Intelligence et Sécurité et Balkans-Infos.

La fiche Wikipedia de ce farouche opposant au Nouvel Ordre Mondial et à Macron était active depuis plus de 8 ans et soudainement, elle a été supprimée. Sûrement la faute à pas de chance…

https://aphadolie.com/2017/12/08/la-french-american-foundation/

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La querelle des sociologues

CANNIBALE LECTEUR de Pascal Vandenberghe

ARG REFLEXION DUEL

La querelle des sociologues

Depuis ses origines, la sociologie est tiraillée entre deux approches radicalement différentes: l'une déterministe et raisonnant sur le collectif (Émile Durkheim), l'autre imprédictible et individualiste (Max Weber). Depuis Bourdieu et ses héritiers, le fossé s'est creusé entre sociologie dite «critique» et sociologie dit «analytique». Mais à quoi sert la sociologie? À comprendre le monde ou à le changer?

Dès ses origines, la question de la sociologie comme «science» s'est posée. Les approches théoriques et méthodologiques de deux de ses principaux fondateurs, Émile Durkheim et Max Weber, s'opposèrent dès le départ. Le livre de Gérald Bronner et Étienne Géhin, Le danger sociologique (PUF, 2017) a rallumé le feu de la querelle. Plus récemment, la revue Le Débat[1] (n° 197, novembre-décembre 2017) revient sur les arguments des tenants de la sociologie analytique – par opposition à holistique – dans un dossier intitulé «La sociologie au risque d'un dévoiement». Outre les auteurs du livre cité précédemment, plusieurs autres sociologues s'y expriment: Olivier Galland, Nathalie Heinich, Pierre-Michel Menger et Dominique Schnapper. La charge contre la sociologie critique est forte et tout à fait recevable. Cette fracture met au jour la crise d'identité de la discipline et surtout l'influence néfaste de la sociologie critique, dominante et politisée.

Retour aux origines: à ma gauche[2], le Français Émile Durkheim (1858–1917), qui posa les bases du déterminisme social. Plus récemment, Pierre Bourdieu fut le grand gourou de la sociologie critique qui en est issue et ses nombreux héritiers dominent aujourd'hui le débat public et influencent la compréhension des faits sociaux. Pour faire simple, on pourra résumer cette forme de la sociologie de la façon suivante: c'est la sociologie de l'«excuse» (échec scolaire, islamisation des cités,...) et du déni.

À ma droite l'Allemand Max Weber (1864–1920). Inventeur de la méthode d'explication connue sous le nom d'«individualisme méthodologique», il fut le premier à soutenir que «la sociologie, elle aussi, ne peut se pratiquer qu'en partant de l'action d'un, de plusieurs ou d'un grand nombre d'individus, par conséquent de manière strictement "individualiste" quant à la méthode[3].» Avec l'apparition des neurosciences et la prise en compte des sciences cognitives, l'approche de Max Weber s'est trouvée renforcée et consolidée, alors que simultanément la sociologie critique se faisait de plus en plus dominante.

Issue des sciences de la nature – cette filiation étant censée prouver la scientificité de la sociologie – la théorie du déterminisme social affirme que le libre arbitre est une illusion: «Chaque individu est trop multisocialisé et trop surdéterminé pour qu'il puisse être conscient de ses déterminismes[4]». Ainsi, on fabrique un individu non responsable de ses actes: «Tel qu'il est décrit par les sociologues d'obédience déterministe, l'acteur social est moins un acteur qu'un agent dont les actions sont des comportements bien plus que des conduites, attendu que celles-ci sont, le plus souvent à l'insu de leur auteur, les effets des forces sociales qui s'exercent sur lui[5].» Les individus n'ont donc pas d'histoire, mais un destin, et tout est «la faute de la société»: je ne m'étendrai pas ici sur les dégâts que causent cette interprétation et la déresponsabilisation de l'individu et de ses actes qui en découle[6]. Depuis Pierre Bourdieu[7], la sociologie critique est devenue politique et militante. Cette obédience s'est érigée en grand défenseur des «opprimés», la victimisation découlant directement de la déresponsabilisation de l'individu: «Il est évident que si elle est défendue inconditionnellement, cette représentation du monde dévitalise les notions de mérite, de responsabilité ou de moralité. Même sous une forme affaiblie, elle pourrait promouvoir de facto une "culture de l'excuse" car elle offre un récit idéal pour tout individu tenté d'expliquer ses défaillances, ses fautes ou ses échecs par l'action fatale de causes (sociales, psychologiques ou biologiques) sur lesquelles il n'a pas de prise[8]».

La charge la plus acérée est signée Nathalie Heinich, sociologue spécialiste de l'art, en particulier contemporain. En 2009, elle avait publié un intéressant Bêtisier du sociologue (Klincksieck), dans lequel l'amateur de chausse-trappes de la pensée trouvera de nombreux exemples de cette bêtise et un répertoire de leurs causes. Sa contribution au dossier publié par la revue Le débat s'intitule «Misères de la sociologie critique». Tout un programme! Elle y dénonce d'abord «la doxa selon laquelle la seule sociologie qui vaille devrait être politiquement engagée » et affirme «qu'il est urgent de faire front face aux innombrables avatars de la sociologie critique qui gangrènent notre discipline dans une dérive potentiellement suicidaire. »

Ces dérives de la sociologie passent par un affranchissement des «règles de la rigueur qui devrait gouverner une discipline enseignée dans les universités, financée par les organismes de recherche.» À commencer par la reprise d'un vocabulaire militant, par exemple dans l'appel à communications publié sur le site de l'Association française de sociologie (AFD) pour son congrès de 2017. Une perle: «Alors même que les inégalités sociales de toutes sortes se cumulent et souvent s'accroissent, le rôle de la sociologie est ainsi plus que jamais de découvrir les processus par lesquels divers pouvoirs parviennent à les légitimer, voire à les renforcer, cela tout en préservant les apparences de la neutralité et de l'universalité

Dénonçant successivement le constructivisme naïf, l'aveuglement de la posture critique sur ses propres contradictions et le fonctionnement paranoïaque, et pour finir l'antiscientisme suicidaire de la sociologie critique, Nathalie Heinich se livre à un passage en revue de ses tares, dans un style enlevé et incisif: «[...] en voulant soustraire à l'ordre de la nature un fait que l'on estime critiquable, pour montrer qu'il n'est pas nécessaire, l'on sous-entend qu'il serait nécessaire s'il était naturel: tout ce qui est "social" serait forcément arbitraire, car la nécessité ne pourrait relever que de la nature. Par exemple, puisque (comme nous le serinent les "études de genre", malheureusement devenues pour une large part la poubelle internationale des médiocrités académiques) la différence des sexes est affaire de convention et non de nature, l'on pourrait parfaitement s'en passer, de même que de toutes ces "fictions" qui prétendent nous faire croire qu'un homme et une femme, ce n'est pas tout à fait pareil. En voulant jeter le bébé de la discrimination sexiste, l'on se débarrasse de l'eau du bain qu'est la différence des sexes, réduite à l'arbitraire supposé d'une "construction sociale", et l'on confond au passage un terme normatif – celui de "discrimination", qui appelle la critique – avec un terme factuel – celui de "différence", qui relève de la description.»

Si c'est sous la direction de Pierre Bourdieu que Nathalie Heinich réalisa sa thèse de doctorat, on peut dire qu'elle a su «tuer le père», puisqu'elle écrit que la devise du maître, à laquelle il était plus que fidèle, était: «Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais»!

Elle conclut sa contribution tout d'abord par un appel à ses collègues: «Autant dire qu'en s'en prenant à l'autonomie de la science, à son indépendance de principe envers les positions et opinions politiques, fût-ce les plus estimables, les zélateurs de la sociologie critique ne font que scier méthodiquement la branche sur laquelle ils sont assis – et nous aussi, malheureusement, avec eux. Alors mes chers collèges, de grâce: suicidez-vous, oui – mais sans nous!». Avant de poser «la» question fondamentale qui résume parfaitement cette fracture: «Est-ce vraiment au sociologue de dire aux acteurs comment doit être le monde? Non: son rôle est de dire comment il est.»

Malheureusement, comme le soulignent Gérald Bronner et Étienne Géhin, il suffit de regarder le nombre de requêtes effectuées sur Google pour constater que Pierre Bourdieu et Michel Foucault, deux des grandes figures de la sociologie critique, attirent les curieux en bien plus grand nombre que Raymond Boudon[9] ou James Coleman[10], deux des grands défenseurs de la sociologie analytique. Ce n'est pas neutre et cela influence démesurément la compréhension du monde et de la société telle que veulent nous l'imposer les tenants de cette sociologie «de combat», orientée et manipulatrice. Pour se prémunir de ces influences néfastes et souvent insidieuses, la lecture des sociologues de l'école analytique constitue un antidote efficace.

 NOTES
  1. Fondée en 1980 par Pierre Nora, qui la dirige toujours, le rédacteur en chef en est Marcel Gauchet. Sur le site de son éditeur, Gallimard, Pierre Nora explique le sens de la revue: «Pour qui avait, au début des années 80, le sentiment aigu d'un monde à tous égards nouveau, la tache était claire: lutter sur deux fronts, contre la réduction médiatique d'un côté, la spécialisation universitaire de l'autre; maintenir un espace de discussion publique; défendre et illustrer un travail intellectuel de réflexion et de critique. Ce travail, nous l'avons distribué autour de trois axes: histoire, politique, société
  2. C'est le cas de le dire! Pas pour Durkheim, certes, mais pour tous ses suiveurs, à commencer par Pierre Bourdieu.
  3. «Lettre à l'économiste Robert Liefmann», 9 mars 1920, Revue française de sociologie, 2005/4, vol. 46.
  4. Bernard Lahire, Pour la sociologie. Et pour en finir avec la prétendue "culture de l'excuse", La Découverte, 2016.
  5. Gérald Bronner et Étienne Géhin, Le danger sociologique (PUF, 2017).
  6. «Monsieur le Président, mon client a eu une enfance difficile. Son père le battait, sa mère était alcoolique; c'est pour cela qu'il vole des mobylettes. Ce n'est pas de sa faute. Je demande l'acquittement.» J'exagère... à peine!
  7. Et en particulier la parution de La misère du monde (Seuil, 1993, coll. «Points», 2007).
  8. Gérald Bronner, Étienne Géhin «Les prophéties autoréalisatrices de la sociologie déterministe», Le débat 197, novembre-décembre 2017.
  9. Parmi ses nombreuses publications, je recommande La place du désordre. Critique des théories du changement social (PUF, 1984, coll. «Quadrige», 1991).
  10. Dont l'œuvre n'a été que très peu traduite en français. L'individu dans la théorie politique et dans la pratique (PUF, 1998).

Source: Antipresse.

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