lundi 18 juin 2018

Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre...[réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre malgré l’opposition du maire ! == NOUS APPELONS NOS ADHÉRENTS ET SYMPATHISANTS À L’IMITER !

FA FRANCE LIBRE DRAPEAU

Un adhérent de l’UPR, habitant de Sainte-Terre, en Gironde, a accroché à sa fenêtre un drapeau français à la croix de Lorraine, symbole de la France Libre créée par Charles de Gaulle le 18 juin 1940 et symbole de la Résistance. Notre adhérent a ainsi été le premier à participer à la grande campagne que lance l’UPR pour pavoiser la France de drapeaux de la France Libre (désormais en vente dans notre Boutique UPR : https://boutique.upr.fr/home/167-drapeau-france-libre.html)

Le maire « socialiste » de cette bourgade de 2 000 habitants a cependant prétendu interdire à notre adhérent d’arborer le drapeau de la Résistance ! Il lui a adressé une lettre recommandée pour le lui faire décrocher, au motif qu’il n’avait pas à afficher ses opinions politiques !

L’affaire a connu un certain retentissement dans la presse. Le Figaro, Valeurs Actuelles, Sud-Ouest, notamment, lui ont donné de l’écho.

Nous remercions aussi Natacha Polony, qui a pris la défense de notre adhérent sur LCI, en précisant bien qu’il s’agissait d’une initiative d’un adhérent de l’UPR (et non d’un de ces spécialistes de la récupération politique que l’on a vu aussitôt se manifester pour s’approprier notre campagne…).

VID NATACHA FRANCE LIBRE

VOIR LA VIDÉO AVEC NATACHA POLONY ICI :https://www.upr.fr/actualite/le-ministere-de-linterieur-donne-raison-au-militant-

Le ministère de l’Intérieur donne raison au militant UPR qui a pavoisé sa maison du drapeau de la France Libre malgré l’opposition du maire ! == NOUS APPELONS NOS ADHÉRENTS ET SYMPATHISANTS À L’IMITER !

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APPEL AU PAVOISEMENT GÉNÉRAL !

J’appelle maintenant tous les adhérents et sympathisants de l’UPR qui en ont la possibilité d’arborer à leur fenêtre le même drapeau de la France Libre, et cela à travers toute la France métropolitaine et l’Outre-mer.

Il est possible de se procurer le drapeau de la France Libre sur notre boutique UPR – dans un format de 100 cm x 70 cm – au tarif modique de 10 €.
Il suffit de cliquer ici :
https://boutique.upr.fr/home/167-drapeau-france-libre.html

Vive la République !
Vive la France Libre !

François Asselineau
22 mai 2018

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dimanche 17 juin 2018

L’ouverture internationale n’est pas facteur de paix [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Extrait d'un article, un des plus importants et visionnaires de Keynes, et qui date de 1933. Le texte original, “National Self-Sufficiency”, a été publié par The Yale Review, vol.22, n˚ 4 (juin 1933), p. 755-769..

hist keynes

Toute ressemblance avec une situation existante ne serait nullement fortuite.

Pour télécharger l'article complet, voici le lien : ce texte en pdf ici

L’ouverture internationale n’est pas facteur de paix

D’abord, la question de la paix. Nous sommes aujourd’hui pacifistes avec une telle force de conviction que si les tenants de l’internationalisme économique pouvaient l’emporter sur ce point, ils retrouveraient vite notre appui. Mais il n’est pas évident que concentrer ses efforts sur la conquête de marchés étrangers, introduire dans les structures économiques d’un pays les ressources et l’influence de capitalistes étrangers et dépendre étroitement des politiques des autres pour sa propre vie économique garantisse la paix entre les nations. L’expérience et la prévoyance nous permettraient même d’affirmer le contraire. La protection par un pays de ses intérêts à l’étranger, la conquête de nouveaux marchés, le développement de l’impérialisme économique, sont les éléments incontournables de la politique de tous ceux qui veulent maximiser la spécialisation internationale et la diffusion géographique du capital, où que soit installé celui qui le possède. Si l’on pouvait éviter les fuites de capitaux, les politiques intérieures seraient plus faciles à déterminer. Il y a un véritable divorce entre les propriétaires et les vrais gestionnaires lorsque, par suite de la forme juridique des entreprises, leur capital est réparti entre d’innombrables individus qui achètent des actions aujourd’hui, les revendent demain et n’ont ni la connaissance ni la responsabilité de ce qu’ils ne possèdent que peu de temps. C’est déjà grave à l’intérieur d’un pays, mais les mêmes pratiques étendues à l’échelle internationale deviennent intolérables en période de tension – je ne suis pas responsable de ce que je possède et ceux qui gèrent mon bien n’ont pas de comptes à me rendre. Un calcul financier peut montrer qu’il est avantageux pour moi d’investir quelque part dans le monde où l’efficacité marginale du capital est maximale ou bien le taux d’intérêt le plus élevé. Mais on voit à l’expérience que le fait que le propriétaire soit éloigné de la gestion est préjudiciable aux relations entre les hommes, et que cela provoque tôt ou tard des tensions et des inimitiés qui finissent par réduire à néant les calculs financiers.

KEYNES 2

Je me sens donc plus proche de ceux qui souhaitent diminuer l’imbrication des économies nationales que de ceux qui voudraient l’accroître. Les idées, le savoir, la science, l’hospitalité, le voyage, doivent par nature être internationaux. Mais produisons chez nous chaque fois que c’est raisonnablement et pratiquement possible, et surtout faisons en sorte que la finance soit nationale. Cependant, il faudra que ceux qui souhaitent dégager un pays de ses liens le fassent avec prudence et sans précipitation. Il ne s’agit pas d’arracher la plante avec ses racines, mais de l’habituer progressivement à pousser dans une direction différente.

Pour toutes ces raisons, j’ai donc tendance à penser qu’après une période de transition, un degré plus élevé d’autosuffisance nationale et une plus grande indépendance économique entre les nations que celle que nous avons connue en 1914 peuvent servir la cause de la paix, plutôt que l’inverse. De toute façon, l’internationalisme économique n’a pas réussi à éviter la guerre, et si ses défenseurs répondent qu’il n’a pas vraiment eu sa chance, son succès ayant toujours été incomplet, on peut raisonnablement avancer qu’une réussite plus achevée est fort improbable dans les années qui viennent.

(...)

Autres chapitres à lire:

Coûts et avantages du patriotisme économique

Les méfaits de la course à la rentabilité à tout prix

John Maynard Keynes, 1933

https://www.les-crises.fr/de-l-autosuffisance-nationale/

Keynes CIT 1

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samedi 16 juin 2018

Le Statut de la fonction publique, une victoire générale des salariés [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Annie Lacroix- Riz

HIST FONCTION PUBLIQUE

Le fort intéressant article d’Anicet Le Pors paru dans le Monde diplomatique d’avril 2018, « Les , voilà l’ennemi »[1], me paraît mériter un complément, d’une part sur les modalités du vote parlementaire du Statut général de la Fonction Publique dit « statut Thorez », et d’autre part, sur la portée réelle, très au-delà des salariés d’État, de la création du concept crucial du « minimum vital ».

Son adoption, le 5 octobre 1946, ultime victoire politique pour un PCF dont l’exclusion ministérielle (du 4 mai 1947) était fébrilement préparée, résulta de l’immense soutien des salariés concernés et de l’habileté tactique des parlementaires communistes. Le 2 octobre, ceux-ci firent programmer la discussion du projet de loi pour le 5, date de clôture de la session : c’était peu avant les législatives de novembre, époque où le rejet public du texte eût coûté cher aux parlementaires concernés, singulièrement à la SFIO, majoritaire dans l’électorat de la fonction publique. La vindicte de tous les députés non-communistes, de la droite à la SFIO, dut donc se restreindre à l’« article 32 » relatif au « minimum vital » dont Anicet Le Pors souligne légitimement le caractère crucial. Il l’était d’autant plus qu’il ne visait pas, à terme, les seuls « fonctionnaires d’État » : la CGT à majorité « unitaire » (communiste) avait défini ce « minimum vital » pour en faire bénéficier non seulement les fonctionnaires mais aussi tous les salariés. Il servit en effet de base aux luttes ouvrières qui, certes dans des conditions difficiles de division syndicale, aboutirent à la création du « salaire minimum national interprofessionnel garanti » (SMIG) par la loi 50-205 du 11 février 1950 « relative aux conventions collectives et aux procédures de règlement des conflits collectifs de travail »[2] (SMIG que sa fiche Wikipédia a l’audace de faire remonter à la Charte du travail de 1941 sans mot dire de l’héritage effectif de 1946[3]).

Paul_Reynaud_1933

La discussion parlementaire du 5 octobre 1946 fut vive. Paul Reynaud, conformément à la ligne de combat contre les salaires qu’il avait à divers postes ministériels mise en œuvre dans la décennie 1930 (dont la présidence du Conseil de mars à juin 1940)[4], tonna contre le péril d’extension de l’article 32 aux « salariés de l’industrie et du commerce », qui en exigeraient autant que « les salariés de l’État ». Interprétation que le Ministre d’État Thorez lui confirma explicitement. Ce minimum vital généralisé, s’indigna Reynaud, entraînerait « une hausse générale et considérable des salaires », augmenterait dramatiquement les dépenses publiques, en élargissant à l’excès l’éventail hiérarchique, et « perdr[ait] le franc [au lieu de le] défendre »[5]. Christian Pineau manifesta l’extrême dépit de la SFIO, contrainte de voter un texte « imparfait et empreint d’un esprit totalitaire qui n’est pas le nôtre ». Et il annonça les représailles : « nous entreprendrons, dès que nous en aurons l’occasion, la révision de certaines de ses dispositions essentielles. »[6]

Ce veto de fait divisa la base socialiste, particulièrement les « confédérés » de la tendance (socialiste) « Force ouvrière », majoritaires à la Fédération des Fonctionnaires. Le dirigeant de celle-ci, Pierre Neumeyer, bien qu’associé aux actifs préparatifs de la scission de la CGT (de décembre 1947)[7], avoua cinq mois plus tard à quel point il avait troublé ses mandants dans l’hebdomadaire Force ouvrière : « Je ne crains pas de déclarer, même si je dois me heurter à certains de nos amis, que l’institution du Conseil supérieur de la fonction publique et la mise en application du Statut général de la Fonction Publique constituent indiscutablement un succès syndical. »[8]

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À l’heure où les gouvernants pensent pouvoir enfin, après des décennies d’efforts en vue de « la casse [de] l’intérêt général », mettre à exécution les menaces de Reynaud et Pineau, la connaissance de l’ démontre formellement que les acquis de chaque catégorie de salariés améliorent directement le sort des autres. Nonobstant la propagande qui dénonce quotidiennement dans les « privilèges » des fonctionnaires une insulte à « l’égalité » (entre Bernard Arnaud et tous les salariés?), la catégorie qui demeure dotée d’une situation lui permettant de moins courber la tête et se bat pour conserver ses droits, se bat pour les intérêts de tous. C’est dire si la résistance conjointe des « salariés de l’industrie et du commerce » et des « salariés de l’État » s’impose.

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7


[1] https://www.monde-diplomatique.fr/2018/04/LE_PORS/58573

[2] JORF, 12 février 1950, https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000000693160

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Salaire_minimum_interprofessionnel_garanti

[4] De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008, index Reynaud.

[5] Journal Officiel des Débats n°109, 6 octobre 1946, p. 4684-4685.

[6] Journal Officiel des Débats n°109, 6 octobre 1946, p. 4709.

[7] Contexte général, « CGT et revendications ouvrières face à l’État, de la Libération aux débuts du Plan Marshall (septembre 1944-décembre 1947). Deux stratégies de la Reconstruction », thèse d’État, Université Paris I, 1981; résumé, La CGT de la Libération à la scission (1944-1947), Paris, Éditions Sociales, 1983, p. 194-197.

[8] Force ouvrière, 6 mars 1947, p. 3.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/le-statut-de-la-fonction-publique-une-victoire-generale-des-salaries-par-annie-lacroix-riz/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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mercredi 13 juin 2018

Les indiscrétions de la semaine en Limousin et en Nouvelle-Aquitaine (semaine du 4 au 10 juin )

ACT LIMOUSIN SEMAINE 4

Nouvelle-Aquitaine

InFOrmatique

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FO Nouvelle-Aquitaine, qui défend les agents du Conseil régional, vient d’envoyer une lettre ouverte à Alain Rousset afin de dénoncer le projet de création d’une équipe d’intervention informatique dans les lycées. Jusqu’alors, chaque lycée comptait un technicien. Une trentaine était dénombrée dans l’ex-Limousin. L’idée est donc de les regrouper afin de créer une équipe par département à l’image de ce qui se fait déjà en ex-Aquitaine et en ex-Poitou-Charentes. Lundi, une réunion de concertation s’est tenue à la maison de la région à Limoges sur le sujet. Un comité technique avait validé le principe du rattachement de ces personnels au sein de la direction de l’éducation en mars dernier. D’où la surprise de voir poindre cette lettre ouverte annonciatrice d’une pétition. Du côté de Bordeaux, on indique que rien ne sera fait avant la rentrée 2019 afin de bien s’assurer du bon fonctionnement de cette nouvelle organisation et d’avoir réglé les détails des temps de transport des agents. Un nouveau comité technique sera réuni le 18 juin prochain. À Bordeaux, on n’ose imaginer que cette lettre ouverte n’a été rédigée que pour mettre un peu de pression sur l’exécutif régional avant la prochaine rencontre…

Haute-Vienne

Macron-compatible??

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Le maire de Limoges Émile Roger Lombertie qui s’envole ce dimanche pour Cracovie en Pologne, où il participe à la réunion des Villes créatives de l’Unesco, sera de retour en France jeudi. Le lendemain, il est invité à déjeuner à Matignon avec un certain nombre de grands élus de tous bords et surtout… Macron-compatibles. L’occasion d’évoquer avec le Premier ministre Édouard Philippe les prochaines échéances électorales.

Désenclavement : « Mobilisez-vous?! »

Gaston Chassain, vice-président de Limoges Métropole en charge du développement économique était l’invité, mardi matin, du “8-9 Café Pro” organisé par le Populaire du Centre à Limoges. Il a, à cette occasion, répondu à une question du public sur le désenclavement de Limoges. Pour lui, la balle est dans le camp de la population. « Pour certaines entreprises, pouvoir se rendre rapidement à Paris ou à Bordeaux est une nécessité. Je pense à un moment qu’il va falloir une mobilisation plus forte des gens, parce que les élus seuls, j’ai l’impression qu’on n’y arrive pas… Pour le reste nous avons des atouts comme le prix de l’immobilier, le cadre de vie, les ressources de la recherche à la création d’entreprise. Il n’en faudrait pas beaucoup pour que tout soit parfait… »

Pour un Medef “fier”

opinion se travaille

Quatre candidats sont en compétition pour l’accession à la présidence du Medef, principale organisation patronale : Geoffroy Roux de Bézieux, Alexandre Saubot, Olivier Klotz et Patrick Martin. Fabrice Le Saché, 25 ans, qui fait campagne pour Patrick Martin, le président du Medef Auvergne Rhône-Alpes était jeudi à Limoges où il a visité l’entreprise Cybedroïd, qui conçoit des robots humanoïdes de taille humaine, aux côtés du président du Medef Haute-Vienne, Thierry Debourg. « Ce qui nous distingue, a-t-il confié, c’est une approche extrêmement entrepreneuriale du Medef. Notre objectif est de doubler le nombre d’adhérents d’ici 5 ans. Cela passera par un changement d’image. Il faut rajeunir, féminiser, digitaliser ce réseau qui doit être au service des entreprises. Nous n’avons pas le Medef honteux, nous avons le Medef fier?! » 

 

Christianophobie

L’Observatoire de la christianophobie a posté cette semaine sur son site l’acte de vandalisme dont la statue de Saint-Martial a fait l’objet ces derniers jours à Limoges. Ce blog créé en 2010 « se propose depuis cette date de répertorier les actes contre le Christianisme en France et dans le monde ». Il appartient au réseau Riposte Catholique, réputée pour être proche de la frange intégriste de l’église et dont le blog est alimenté par des correspondants de l’association ou de simples sympathisants. Dans le cas du vandalisme de la statue de Saint-Martial, la preuve n’est pas établie qu’il s’agisse d’un acte anticatholique. Le message tagué - « L’état mutile » - ne penche pas en ce sens. 

Corrèze

Cocktail

Brive Festival, ses artistes, son off, son village restauration et maintenant son cocktail. Les organisateurs de Festival Production se sont en effet associés à la célèbre distillerie briviste Denoix pour créer un cocktail spécial. Il sera présenté le 22 juin et sera servi au sein des loges partenaires fin juillet. Il serait constitué uniquement de produits locaux avec un soupçon de liqueur de fenouillette.

Bistrot du cadran

Après la remise sur les rails du Marché au cadran d’Ussel, le monde agricole se mobilise pour le Bistrot du cadran, une structure de restauration hébergée sur le site ussellois. Placé en redressement judiciaire, cet établissement est fermé depuis plusieurs mois. Une proposition de reprise, émanant d’un groupement d’agriculteurs, a été déposée auprès du tribunal de commerce de Brive. Trois des 4 emplois pourraient être repris.

Cèdre

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Le président du Conseil départemental a renoué avec une tradition établie par Jacques Chirac à la fin des années 1970. Alors président du conseil général de la Corrèze, ce dernier avait planté un cèdre de l’Himalaya dans le massif forestier des Agriers, dans le pays d’Eygurande. Charles Ceyrac et Jean-Pierre Dupont (à l’époque RPR) avaient fait de même. Ce n’est pas le cas de François Hollande ou de Gérard Bonnet (PS). Quant à approcher l’arbre planté par Jacques Chirac, seuls les plus initiés savent où il se trouve.

Actionnaire en visite

Laurent Koscielny a rendu visite à la manufacture d’accordéons Maugein, à Tulle, dans la semaine. Marchant toujours avec des béquilles, le défenseur d’Arsenal a visité l’entreprise à laquelle il a apporté un petit coup de pouce financier voilà quelques années, alors qu’elle était dans une mauvaise passe.

Valérie Pécresse

C’est le quotidien Le Figaro qui l’annonce : Valérie Pécresse fera sa rentrée politique en Corrèze, le 25 août. La présidente de la région Ile-de-France a des liens avec le département puisque son époux a des origines du côté de Combressol, et qu’elle-même y vient en vacances depuis 25 ans. Mais elle ne fréquente pas la Corrèze que l’été, puisqu’en septembre dernier, elle a participé au congrès de "Corrèze demain", à Brive. Le positionnement de son mouvement, Libres?!, moins à droite que Les Républicains version Wauquiez, séduit une partie de la droite corrézienne.

Double hommage

Jeudi, au musée Chirac, à Sarran, Pascal Coste a rendu un double et consensuel hommage aux présidents corréziens « Jacques Chirac et François Hollande, des personnes de qualité qui ont servi avec brio la République et ses valeurs ». 

Creuse

Président ou premier ministre en Creuse??

ACT INSTALLATION PREFET CREUSE

La préfète Magali Debatte et le chargé de mission du Plan particulier pour la Creuse (PCC) Philippe Ramon ont annoncé vendredi que l’ultime « restitution » du PPC, en décembre, serait présidée par une « Autorité ». Sans préciser s’il s’agira de la plus haute autorité de l’Etat ou de son Premier ministre. En juillet 2017, le fraîchement élu Emmanuel Macron avait dit aux GM & S rencontrés à Bellac qu’il n’était pas le Père Noël. En décembre, la saison et le motif de la visite le feront peut-être évoluer sur cette position. 

 

Et Une Maison de santé de plus?!

Le projet de la Maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de la Souterraine vient d’être validé, avec son antenne de Fursac. Les travaux ne devraient pas tarder à débuter alors que de l’autre côté de la Creuse, à l’est, les travaux de la MSP d’Évaux-les-Bains s’achèvent.

Moutier-Rozeille marche sur des œufs

Le projet de poulailler industriel porté par un agriculteur de Moutier-Rozeille, sur le village de Lascaux, a fait l’objet d’une réunion publique cette semaine. La municipalité tente d’analyser l’impact de ce projet, les riverains sont dressés sur leurs ergots et ils ont mis dans la boucle la redoutable association animaliste creusoise L-PEA. Une pétition numérique contre ce projet a déjà recueilli 37.000 signatures… Le tout est de savoir dans quel sens voteraient les principales intéressées, c’est-à-dire les 15.000 poules pondeuses pressenties à Moutier-Rozeille.

Espoir au collège de Bourganeuf

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L’ensemble de la communauté éducative du collège Jean Picart le Doux de Bourganeuf n’est pas satisfaite des propositions faites par l’Éducation nationale pour tenter de résoudre les difficultés rencontrées depuis l’arrivée de la nouvelle principale en septembre 2017. Selon l’équipe éducative, les solutions proposées (venue d’un principal adjoint pour l’organisation du Brevet, tenue d’un Conseil pédagogique extraordinaire) « ne répondent en rien à la souffrance et à l’insécurité ». La situation devrait toutefois s’apaiser. La principale a annoncé qu’elle ne serait pas présente à la rentrée prochaine. La communauté éducative a donc « l’espoir d’une rentrée plus sereine avec une nouvelle direction » mais reste vigilante. Un préavis de grève a été déposé pour le mois de juin.

Faux-la-Montagne sous les projecteurs

Asterix décoré

Le village sud creusois de Faux-la-Montagne ne cesse de faire parler de lui. Tel celui d’Astérix et ses comparses, le bourg perché sur le plateau de Millevaches suscite à la fois curiosité et envie. D’où vient le dynamisme de cette commune pourtant pas si différente que les autres bourgades du plateau?? C’est cette énigme que bon nombre de journalistes tentent de résoudre en s’y rendant à l’occasion d’enquêtes et de séjours de plus en plus longs. Il suffit d’une recherche sur Internet pour découvrir pléthore d’articles, enquêtes et immersions journalistiques à la rencontre des habitants et forces vives du village. Derniers en dates, il y a une quinzaine de jours, un reportage dans le 20 heures d’Anne-Sophie Lapix sur France 2 au sujet du dispositif de santé « Mille soins » (présent aussi à Royère-de-Vassivière en Creuse et à Peyrelevade en Corrèze, deux communes limitrophes) et, dans Le Monde, une double page de reportage de Camille Bordenet venue passer une semaine à la rencontre des fameux irréductibles Gaulois hétéroclites qui, par la somme de leurs différences, font la richesse de Faux-la-Montagne. Et sans potion magique?!

L’éloge de la Creuse

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Souvent, les Creusois ne savent pas bien mettre en avant les ressources creusoises. Pourtant elles existent, souligne Christophe Durand, agriculteur bio à Augères (que nous avions rencontré il y a un an) et chantre des haies creusoises. Dans un documentaire qui sera diffusé sur la chaîne Seasons le 16 juin et intitulé Éloge de la haie, il évoque cette richesse locale ainsi que l’eau dont ne manque pas le département. C’est pourquoi il croit dur comme fer au développement d’une filière chanvre en Creuse. Pour lui, « le chanvre est une culture traditionnelle creusoise »

https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/2018/06/10/les-indiscretions-de-la-semaine-en-limousin-et-en-nouvelle-aquitaine_12881135.html

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Le maire de Limoges qui va en Pologne pour un truc super important: la réunion des "villes créatives". On se demande comment Florence ou Venise ont fait pour être reconnues dans le monde entier...
Et au retour, Lombertie va déjeuner, avec d'autres élus, chez Macron, enfin chez nous puisque c'est nous qui payons, pour parler... des prochaines élections, donc des élections de l'UE  (qu'ils vont bien sûr appeler" élections européennes"  !)

La christianophobie continue en France et quand on lit les sous-entendus dans l'article on se demande si certains journalistes ne cherchent pas à minimiser ce genre d'exactions. Que ne ferait-on pas pour détruire l'âme de la France !!!

Honte aussi à Pascal Coste qui a rendu hommage aux présidents qui résidaient en Corrèze  Chirac et Hollande: pour lui, deux "personnes de qualité qui ont servi avec brio la République et ses valeurs" ! Ou il a trop fumé ou nous ne vivons pas dans le même pays et nous ne parlons pas des mêmes personnes !

Et Moutier-Rozeille qui veut produire des poulets de ... pour les pauvres certainement !!!  S.R.

vendredi 1 juin 2018

Les guerres d’agression sont des infractions criminelles

Les personnes lançant une guerre d’agression sont personnellement passibles de poursuites

TL DROIT INTERNATIONAL

Publié par Zeit Fragen FR – N° 11/12, 28 mai 2018

Les attaques de troupes britanniques, françaises et américaines le 14 avril et celles de présumées unités militaires israéliennes le 2 mai contre la Syrie n’étaient pas légitimées par l’ONU. Ainsi, toutes les personnes et leurs commandants ayant participé à ces agressions belliqueuses sont donc personnellement passibles de poursuites. Cela correspond au droit en vigueur depuis 1945.

Il est carrément grotesque de constater comment dans les pays où ont précisément émergé d’importantes impulsions pour le développement des droits de l’homme et du droit international, des politiciens détiennent actuellement des positions dirigeantes avec des points de vue que l’on croyait dépassés depuis longtemps. Leur comportement irresponsable et injustifiable avec lequel ils traitent la vie ou la mort de personnes innocentes est en totale opposition avec les acquis de notre civilisation. Légalement, ils sont passibles de poursuites. Leurs actions sont contraires au droit international en vigueur, même si les médias grand public l’ignorent continuellement.

Prendre le «destin» entre ses propres mains

En tant qu’individus, nous avons toujours mené une vie partiellement déterminée par le destin. Dans le passé, l’accent était mis sur la question de savoir s’il y avait suffisamment à manger ou si l’on restait en bonne santé. En outre, s’ajoutait le «destin» sous forme de guerres. Pourtant, dans tous les domaines de la vie, les gens trouvaient et trouvent encore des moyens pour améliorer leur vie, pour mieux se protéger et prendre des précautions.

Maîtriser le fléau de la guerre

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Un des pires fléaux est celui de la guerre – engendré non pas par les forces de la nature mais par l’être humain lui-même. Après que le droit du plus fort et les anciennes querelles furent maîtrisées par la pacification dans les pays, la guerre ne fut plus acceptée en tant que destin. Pour mettre fin à ces comportements arbitraires, on a développé le droit international – progressivement, étape par étape, au fil des siècles. Cela a également changé notre conscience. La guerre n’est plus perçue comme un «coup de destin» mais plutôt comme un acte punissable qui, depuis le procès de Nuremberg (1945/1946), peut conduire à une condamnation à perpétuité, voire à la peine de mort à l’époque.

Les guerres d’agression d’Adolf Hitler n’ont plus été acceptées comme le «droit d’un Etat à la guerre» (ius ad bellum). Même si les procès ont l’odeur de la «justice des vainqueurs», il a été reconnu que la guerre d’agression ou des actes bellicistes similaires sont des crimes parce qu’ils impliquent la mort intentionnelle et négligente de personnes innocentes. Et même si les politiciens bellicistes se défendent avec des arguments peu convaincants contre la condamnation, il est prévisible qu’un jour leurs activités meurtrières auront des conséquences pénales.

Plus de 80 millions de morts en 40 ans de guerre

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Les procès de Nuremberg et la fondation de l’ONU ont été les conséquences des deux guerres mondiales: la Première Guerre mondiale (1914–1918) avec 17 millions de morts et, peu après, la Seconde Guerre mondiale (1939–1945) avec environ 60 millions de morts. A cela s’ajoutent les souffrances inouïes de dizaines de millions de veuves, d’orphelins, de traumatisés de guerre, de mutilés, d’apatrides, de personnes souffrantes de la faim, etc.

La guerre considérée comme un crime

Dans son discours d’ouverture du 21 novembre 1945, le procureur en chef, le juriste américain Robert H. Jackson résume ainsi l’objectif du procès de Nuremberg: «Que quatre grandes nations, animés par la victoire et douloureusement tourmentées par l’injustice commise, ne se vengent pas mais livrent volontairement leurs ennemis capturés au verdict de la loi est l’une des concessions les plus importantes que le pouvoir ait jamais accordées à la raison. […] Avec cette enquête judiciaire, quatre des nations puissantes, soutenues par 17 autres nations, veulent faire un usage pratique du droit international pour contrer la plus grande menace de notre temps: la guerre d’agression. La raison de l’humanité exige que la loi ne soit pas appliquée uniquement pour punir les crimes légers dont les petites gens se sont rendues coupables. La loi doit aussi atteindre les hommes, qui s’emparent d’un grand pouvoir et l’utilisent avec intention et en agissant avec d’autres pour faire des ravages ne laissant aucun foyer dans le monde intact.»1 Ainsi M. Jackson a exprimé le changement dans la compréhension générale de la guerre: la guerre est un crime devant être puni devant un tribunal civil.

Le Pacte Briand-Kellogg

Les Principes de Nuremberg et la Charte des Nations Unies font référence aux efforts du ministre français des Affaires étrangères Aristide Briand et du secrétaire d’Etat américain Frank Billings Kellogg, pour déclarer que les guerres d’agression sont contraires au droit international et pour régler les conflits futurs de façon pacifique. En 1928, onze pays ont signé le Pacte Briand-Kellogg. Ce fut une étape importante pour l’arrêt des tueries par des actes de guerres.

La Charte des Nations Unies

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Depuis 1945, la Charte des Nations Unies constitue le fondement pour les relations internationales. Elle représente l’accord constitutif de l’ONU. Ses buts et ses principes universels forment la Constitution de la communauté des Etats à laquelle appartiennent entre-temps 193 Etats membres. Le 26 juin 1945, la Charte fut signée par 50 Etats fondateurs à San Francisco et est entrée en vigueur le 24 octobre 1945. Ci-dessous, nous citons quelques extraits du préambule et des deux premiers chapitres en guise d’aide-mémoire.    •

1) Das internationale Militärtribunal von Nürnberg 1945/46. Die Reden der Hauptankläger. Ed. Nürnberger Menschenrechtszentrum, 2015, p. 61

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Charte des Nations Unies (extrait)

Préambule

Nous, peuples des Nations Unies, résolus

  • à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances,
  • à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,
  • à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,
  • à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,

et à ces fins

  • à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage,
  • à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales,
  • à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun,
  • à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples,

avons décidé d’associer nos efforts pour réaliser ces dessins. […]

CHAPITRE I:

Buts et principes

Article 1

Les buts des Nations Unies sont les suivants:

  1. Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;
  2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l‘égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d‘eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde; […]

Article 2

L’Organisation des Nations Unies et ses Membres, dans la poursuite des buts énoncés à l’Article 1, doivent agir conformément aux principes suivants:

  1. L’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres.
  2. Les Membres de l‘Organisation, afin d‘assurer à tous la jouissance des droits et avantages résultant de leur qualité de Membre, doivent remplir de bonne foi les obligations qu‘ils ont assumées aux termes de la présente Charte.
  3. Les Membres de l‘Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.
  4. Les Membres de l‘Organisation s‘abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l‘emploi de la force, soit contre l‘intégrité territoriale ou l‘indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. […!

Publié par Zeit Fragen – N° 11/12, 28 mai 2018  

https://arretsurinfo.ch/les-guerres-dagression-sont-des-infractions-criminelles/

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jeudi 31 mai 2018

Le conflit entre le Président italien et le gouvernement : une répétition du conflit Mac Mahon – Gambetta ?

TRIBUNE LIBRE / Jacques Sapir

TL SAPIR MAC MAHON GAMBETTA

Depuis le vendredi 25 mai se développe un conflit constitutionnel et une polémique politique particulièrement vive en Italie opposant le Président, M. Mattarella aux deux dirigeants des partis sortis vainqueurs des élections (MM Luca Di Maio et Matteo Salvini) et au Premier-ministre désigné, M. Conte. L’objet de cette polémique est le droit que s’arroge le Président de la République de refuser d’entériner la nomination de Paolo Savona au poste de Ministre des Finances. Le conflit porte sur l’interprétation des pouvoirs du Président. Il n’est pas sans rappeler celui qui opposa, en France et en 1877, le Président de la République, le Maréchal Mac Mahon, connu pour ses idées monarchistes, aux républicains emmenés par Gambetta, Simon et Grévy, qui étaient majoritaires à la Chambre des Députés. Ce qui se joue donc ici est à la fois le respect de la démocratie, le respect du principe de légitimité lié à la souveraineté populaire, mais aussi l’avenir de l’Italie.

Paolo Savona

L’opposition du Président Mattarella à la nomination de M. Savona.

Premier-ministre désigné, M. Conte a formé son gouvernement, appuyé par les deux partis majoritaires au Parlement Italien, le M5S et la Lega. Il a nommé M. Paolo Savona, un ancien Ministre de l’industrie, un ancien dirigeant de la Cofindustria (le MEDEF italien), mais surtout une personnalité connue pour ses positions très largement eurosceptiques et anti-Euro[1]. Le Président a immédiatement refusé de valider ce choix, provoquant la crise politique[2]. Le Premier-ministre désigné et les dirigeants des partis de majorité semblent vouloir faire de la nomination de M. Savona un « casus belli ».

Le Président italien s’appuie sur son rôle de garant des traités internationaux pour refuser de contresigner la nomination de M. Savona[3]. Mais, en a-t-il le droit ? Il est bien précisé, dans l’article 92 de la Constitution, qu’il nomme les Ministres sur proposition du Premier-ministre[4]. Le Président Mattarella fut un grand juriste. Il fut à l’origine du changement du mode de scrutin adopté en 1993, un mode de scrutin qui fut aboli par une nouvelle loi de 2005[5]. Pourtant il devrait se souvenir de ce qu’écrivait Costantino Mortati, l’un des rédacteurs de la Constitution italienne : « La proposition des ministres faite par le Premier ministre désigné doit être considérée comme strictement contraignante pour le chef de l’Etat »[6]. Le refus de contresigner une nomination ne pourrait se justifier que dans le cas de condamnations criminelles ou de conflits d’intérêt par trop évident.

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Il est donc clair, concernant M. Savona, que ce n’est pas cela que le Président Mattarella a en tête. Il faut alors se souvenir des déclarations de Jean-Claude Juncker lors de l’élection grecque de janvier 2015[7]. Il faut encore se souvenir de cette citation de Monsieur Jean-Claude Juncker: « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Cette révélatrice déclaration date de l’élection grecque du 25 janvier 2015.

On voit ici que le Président Mattarella fait écho à cette déclaration, assez odieuse, de Jean-Claude Juncker. Il interprète ses fonctions comme devant garantir l’éternité d’un traité face à la volonté des électeurs. Ce faisant, il ne s’oppose pas seulement à la souveraineté populaire, qui s’est exprimée lors du vote du 4 mars 2018 ; il s’oppose aussi à la souveraineté nationale, dont la souveraineté populaire est un mode d’exercice, en s’opposant de fait à la volonté du Premier-ministre désigné au nom du respect d’un traité.

On le voit bien, il y a un comportement général des dirigeants de l’UE, mais aussi des dirigeants « européistes » (voire « euroïnomanes » comme le disent les collègues italiens), qui appelle une réaction d’ensemble parce que ce comportement conteste cette liberté qu’est la souveraineté[8].

Se soumettre ou se démettre ?

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Le Président Mattarella a-t-il ouvert une crise constitutionnelle en Italie ? On peut imaginer diverses issues à la crise actuelle. Tout d’abord, le Premier-ministre peut retirer son choix et en présenter un autre. Mais, s’il le fait, il prend acte de la supériorité des traités européens sur sa propre action et sa légitimité sera réduite à néant. Par ailleurs, la Lega s’est largement engagée dans le soutien à M. Savona. Il est peu probable qu’elle accepte cette solution, et elle brisera alors l’alliance avec le M5S. Cela devrait conduire à de nouvelles élections. Ensuite, le Président peut finalement accepter de contresigner cette nomination, tout en émettant des réserves de principes et en se présentant comme le garant des traités. Ce serait la solution la plus sage. Mais, elle impliquerait un recul public de M. Mattarella, qui affaiblirait son autorité. Enfin, on peut rester dans le conflit, et, à ce moment là, c’est la personne de Mattarella qui concentrera les critiques.

De ce point de vue, la situation en Italie n’est pas sans rappeler celle que connut la France en 1877 quand le Président Mac Mahon demanda la démission du républicain Jules Simon et nomma à sa place le monarchiste Albert de Broglie, alors que les républicains étaient majoritaires à la Chambre des Députés. De Broglie n’obtint pas majorité, et Mac Mahon prononça la dissolution de la Chambre[9]. Ces élections se tinrent dans un climat de crise constitutionnelle dont il faut retenir le discours de Léon Gambetta le 15 août à Lille : « Je devais plus particulièrement le dire ici, dans ce département qui, parmi les autres, tient la tête dans les questions d’affaires et de politique. Je devais le dire ici pour vous mettre en garde contre certains bruits qui ont été répandus et dont on alimente la basse presse, à savoir que si le suffrage universel dans sa souveraineté, je ne dirai pas dans la liberté de ses votes, puisqu’on fera tout pour restreindre cette liberté, mais dans sa volonté plénière, renomme une majorité républicaine, on n’en tiendra aucun compte.

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Ah! tenez, Messieurs, on a beau dire ces choses ou plutôt les donner à entendre, avec l’espoir de ranimer par là le courage défaillant de ses auxiliaires et de remporter ainsi la victoire : ce sont là de ces choses qu’on ne dit que lorsqu’on va à la bataille; mais, quand on en revient et que le destin a prononcé, c’est différent ! Que dis-je, le destin ? Quand la seule autorité devant laquelle il faut que tous s’inclinent aura prononcé, ne croyez pas que personne soit de taille à lui tenir tête. Ne croyez pas que quand ces millions de Français, paysans, ouvriers, bourgeois, électeurs de la libre terre française, auront fait leur choix, et précisément dans les termes où la question est posée ; ne croyez pas que quand ils auront indiqué leur préférence et fait connaître leur volonté, ne croyez pas que lorsque tant de millions de Français auront parlé, il y ait personne, à quelque degré de l’échelle politique ou administrative qu’il soit placé, qui puisse résister.

Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre.[10] »

C’est, naturellement, la phrase finale de ce discours que l’histoire a retenue : « se soumettre ou se démettre ».

Une crise fondatrice ?

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Tel pourrait bien être le sort du Président Mattarella. On sait que Mac Mahon se soumit d’abord, puis se démit, en 1879. Cette crise constitutionnelle fut fondatrice, en France, pour l’interprétation des lois constitutionnelles de la Troisième République. Si une crise analogue devait survenir en Italie, elle aurait – aussi – un élément fondateur pour la souveraineté de l’Italie face aux institutions européennes.

On le voit, souveraineté populaire et souveraineté nationale sont indissolublement liées. Cela, Gambetta l’avait compris. L’absence, pour l’instant, de réaction publique des forces de gauche en France, et de la France Insoumise en particulier, semble montrer que les héritiers moraux de Léon Gambetta dans notre pays n’ont pas compris les leçons de ce dernier.

[1] Voir http://www.lalibre.be/actu/international/paolo-savona-candidat-pour-l-economie-en-italie-qui-pense-que-l-euro-est-une-cage-allemande-5b0706c85532858b924f106b et http://www.ilgiornale.it/news/politica/guida-pratica-uscire-dalleuro-ecco-piano-anti-ue-savona-1532739.html

[2] Voir la note rédigée par Maxime Izoulet à l’adresse : https://monnaieprix.hypotheses.org/428

[3] Voir art. 87 de la Constitution, https://it.wikisource.org/wiki/Italia,_Repubblica_-_Costituzione

[4] « Il Governo della Repubblica è composto del Presidente del Consiglio e dei ministri, che costituiscono insieme il Consiglio dei ministri.

Il Presidente della Repubblica nomina il Presidente del Consiglio dei ministri e, su proposta di questo, i ministri. » in https://it.wikisource.org/wiki/Italia,_Repubblica_-_Costituzione

[5] La « Loi Mattarella ».

[6] Mortati C., Istituzioni di diritto pubblico, Cedam Casa Editrice dott. Antonio Milani, Padova, 1952, cité dans l’édition de 1975, p. 568

[7] Jean-Jacques Mevel in Le Figaro, le 29 janvier 2015, Jean-Claude Juncker : « la Grèce doit respecter l’Europe ». http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/28/01003-20150128ARTFIG00490-jean-claude-juncker-la-grece-doit-respecter-l-europe.php Ses déclarations sont largement reprises dans l’hebdomadaire Politis, consultable en ligne : http://www.politis.fr/Juncker-dit-non-a-la-Grece-et,29890.html

[8] Evans-Pritchards A., « European ‘alliance of national liberation fronts’ emerges to avenge Greek defeat », The Telegraph, 29 juillet 2015, http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11768134/European-allince-of-national-liberation-fronts-emerges-to-avenge-Greek-defeat.html

[9] Morabito M., Histoire constitutionnelle de la France (1789-1958), éd. Montchrestien, Paris, 2004, 8 édition. Muel L., Gouvernements, ministères et constitutions de la France de 1789 à 1895, éd. Guillaumin et C , Paris,1893. Mayeur J-M, La vie politique sous la Troisième République, éd. du Seuil 1984.

[10] http://www.savoiretculture.com/discours-gambetta-il-faudra-se-soumettre-ou-se-demettre/

Commentaire recommandé

l’aieul // 28.05.2018 à 00h28

Je serais Mr. Mattarella je sortirais pas de la présidence sans une armée et je ne dormirais que d’un œil.
Ni l’extrême-droite, ni l’extrême-gauche italienne n’ont de problème à exercer la violence réelle face à la violence politique, alors l’alliance des deux…
L’idée que M. Savona, professeur, banquier, économiste et statisticien, haut fonctionnaire de la banque centrale italienne, ancien ministre de l’industrie, quelqu’un qui a probablement dirigé plus de banques, plus de comités techniques macro-économiques (y compris pour les traités européens) et siégé à plus de conseils d’administration (y compris au comité directeur de la réserve fédérale américaine) que quiconque en Italie, ne soit pas compétent comme ministre de l’économie est une injure insupportable, qui flirte avec la trahison.
C’est quelqu’un qui est à 200% du système, la ligue et le M5S ne peuvent pas trouver quelqu’un qui soit plus l’homme du compromis pour les élites.
Parce que la seule faute de M. Savona, c’est d’être honnête et de reconnaître l’évidence: l’Euro est en train de tuer l’économie Italienne.

Et ça c’est du lèse-majesté.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-le-conflit-entre-le-president-italien-et-le-gouvernement-une-repetition-du-conflit-mac-mahon-gambetta-par-jacques-sapir/

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Ce texte est sorti, comme vous l'aurez constaté, juste avant la démission du Président du Conseil, et l'on se doute que le nouveau gouvernement dit "technique" de M. Cottarelli (ce qui, en novlangue bruxelloise, signifie gouvernement docile, comme celui de Macron/Philippe) devrait se retrouver en minorité au Parlement, ce qui incitera le Président de la République à convoquer de nouvelles élections. Nous sommes donc bien dans une situation de même type que celle qui opposa le Maréchal Mac Mahon au gouvernement républicain. Evidemment, comparaison n'est pas raison et certains seront tentés, peut- être en partie à juste titre, de souligner que les idéaux de la coalition italienne sont fort éloignés de ceux du gouvernement de l'époque. Mais cette réserve là est d'ordre idéologique, elle ne tient pas en droit. Il s'agit bien ici d'une question de souveraineté nationale et populaire, de légitimité et de démocratie.   P.G.

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mercredi 30 mai 2018

Fascisation: Italie aujourd'hui...France demain?

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Cet article sans nuances a le mérite de rappeler ce que sont les "partis- leurres" qui finissent toujours par mener une politique contre les peuples qui les élisent, souvent faute d'alternatives réelles. Cela dit, la crise institutionnelle que traverse l'Italie du fait du coup de force du Président Mattarella, soutenu par Macron et par Bruxelles, démontre que l'affaire n'est pas si simple: la réduction "ad hitlerum" de la coalition, en partie justifiée, se retourne contre l'auteur, elle semble donner raison a posteriori au coup de force "anti- fasciste" du président italien et ne tient pas compte de la complexité et des contradictions des forces qui traversent ces partis "populistes", notamment au sein du M5S, véritable gagnant de l'élection. Elle semble faire l'amalgame entre des dirigeants légitimement suspectés d'intentions peu louables, et la volonté réelle du peuple italien, même si ça reste encore confus,  de rompre avec les politiques imposées par l'Union européenne: l'oligarchie ne s'y est pas trompée en souhaitant mettre un terme immédiat à l'expérience. Ce n'est que mon avis "à chaud", mais je crois qu'il y a ici des éléments de réflexion à creuser...     P.G.

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Fascisation : Italie aujourd’hui… France demain ?

L’ a voté il y a quelques semaines. Les deux partis vainqueurs et tous deux d’extrême-droite se sont coalisés pour établir un programme commun et ont proposé au président Sergio Mattarella un premier ministre Giuseppe Conte qui vient d’être validé par le président de la République italienne.
Le Mouvement des 5 étoiles ( en italien) au-delà d’un verbiage démagogique utilisant les thèmes à la mode est un parti néo-libéral. Il préconise « la réduction de la dette publique à travers de fortes baisses des dépenses de l’État avec la lutte contre le gaspillage et le recours aux nouvelles technologies pour consentir au citoyen l’accès aux informations et aux services sans avoir besoin d’intermédiaires ». Bref du Macron pur sucre. Et comme lui le M5S  a des considérations vaseuses sur le ni gauche, ni droite et un discours anti-partis politiques. Bref la même soupe indigente que l’on fait avaler à tous les citoyens écœurés par les politiques de régressions sociales et de destruction des souverainetés populaires par les gouvernements se prétendant de gauche et de droite et sous la férule de l’UE du grand capital. Le dernier en date étant Renzi un social-démocrate ultra-libéral, viré par le peuple italien. Résultat : le M5S obtiendra 32% des voix.

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Sur l’UE, les chiens de garde du Monde ou de France inter (et tous les autres !) font semblant de s’inquiéter des terribles eurosceptiques que seraient les chefs du M5S. Évidemment personne ne peut être dupe de cette comédie. Oubliant de regarder les faits : le 9 janvier 2017, Beppe Grillo, fondateur du M5S, propose de rejoindre l’ Alliance des démocrates et des libéraux pour l’ (ADLE), un groupe parlementaire centriste, libéral et fédéraliste ! (...) En fait, comme le FN, le M5S a fait semblant d’être contre l’UE constatant le profond rejet de celle-ci par les masses populaires et a proposé même un référendum sur la sortie de l’Italie de l’euro qu’il s’est dépêché de jeter aux orties en approchant du gouvernement.

Enfin comment s’étonner de l’ alliance avec la Ligue quand on se souvient que Roberta Lombardi  à la tête du groupe parlementaire M5S à la Chambre des députés a avoué une admiration pour le italien notamment sur son « sens très élevé de l’État et de la protection de la famille ».

Quant à la Ligue c’est le parti héritier du fascisme italien. Issue de la Ligue du Nord séparatiste, la Ligue est désormais dirigée par Matteo Salvani qui a transformé le parti régionaliste et séparatiste LN en un parti national la (en italien). Il faut dire qu’en juillet 2017, plusieurs responsables de la Ligue du Nord, dont son président Umberto Bossi et son trésorier ont été condamnés à diverses peines de prison pour détournement de fonds publics. Près d’un million d’euros de subventions publiques à la Ligue du Nord avait été détourné entre 2009 et 2011 par ses dirigeants pour des dépenses personnelles.

Toujours est-il que sur la vague du rejet des partis institutionnels la Ligue réalise le meilleur  score de son histoire avec 18% des voix. Salvani parvient à rassembler toute le droite fasciste avec un discours anti-migrants violent et menaçant, promettant d’utiliser la “manière forte” et de chasser 500.000 migrants d’ Italie. Souhaitant s’allier à la droite de Berlusconi, Salvini finit par faire affaire avec Luigi Di Maio, chef du M5S.
Les deux partis d’extrême-droite qui ne sont absolument pas “anti-système” comme le prétendent avec une touchante mais suspecte unanimité nos médias puisqu’ils sont tous les deux des défenseurs acharnés du système capitaliste, avaient en fait tout pour s’entendre: racistes, démagogues, ultra-capitalistes.
L’UE pour permettre à ce gouvernement fascisant de conserver sa base de masse joue à l’effarouchée. Il faut que l’illusion dure le plus longtemps….
En revanche ce qui est le plus inquiétant c’est de voir ces descendants de Mussolini au pouvoir et un Salvani, qui est un fasciste pur jus, ministre de l’intérieur et donc contrôlant la police.

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Une vraie menace dans un pays où le Parti Communiste a totalement et tragiquement sombré et où malgré les efforts remarquables des communistes, comme nos camarades du Fronte Popolare, la masse critique permettant la renaissance du Parti n’est pas encore réunie.
Espérons que les récents développement politiques accéléreront la  coagulation des forces révolutionnaires et patriotes pour faire face à la menace fascisante.
Notre solidarité leur est acquise et nous mènerons la lutte ensemble.
D’autant que le fiasco prévisible de Macron, le Renzi français, ouvre les portes du pouvoir aux fascistes.

Par Antoine Manessis, secrétaire de la Commission internationale.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/fascisation-italie-aujourdhui-france-demain/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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mardi 29 mai 2018

13 ans : le référendum volé de 2005 ou le passé qui ne passe pas

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Publication d'un article de Coralie Deleaume paru en 2015, qui bien sûr reste d'actualité, surtout quand on observe ce qu'il se passe en Italie...   P.G.

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(...) J'espère qu'on me pardonnera cet accès de feignasserie mais je me contente de reproduire pour l'occasion un morceau du chapitre six de Europe, les Etats désunis. Joyeux anniversaire à tous les démocrates ! 
***
 
 
Le « référendum volé » de 2005 ou le passé qui ne passe pas

 

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Le pessimisme hexagonal est partagé, on le sait, par d'autres peuples d'Europe. En France, il existe toutefois une circonstance aggravante. Elle relève de ces événements qui, si on parvient à les mettre entre parenthèses suffisamment longtemps pour les croire oubliés, finissent par se rappeler à notre souvenir faute d'avoir été jamais digérés. Le « référendum volé » de 2005 relatif au projet de traité constitutionnel européen est assurément de cet ordre. Il appartient à ce passé qui ne passe pas car il n'est ni du registre de l'erreur, ni du registre de l'échec, mais de celui de la tromperie. En choisissant d'ignorer le choix fait par le peuple le 29 mai 2005, les dirigeants français ont tout révélé de cette Europe-là. D'abord qu'elle était l'antithèse-même de la démocratie. Ensuite que cela leur convenait et qu'ils étaient décidés à consentir à tout dans le but de préserver cet objet désincarné.
Les Français n'ont pourtant été ni les seuls ni les premiers faire l'amère expérience que leur voix comptait désormais pour presque rien dans l'inexorable déploiement de l'a-démocratie européenne. D'autres peuples se sont vus rabroués par leurs propres mandataires au motif que, décidément, ils n'y comprenaient rien. Le tout généralement enveloppé dans le discours infantilisant d'usage : si les électeurs votent de travers c'est parce que le sujet est « trop compliqué » et qu'on n'a pas suffisamment mis l’accent sur « la pédagogie ». A la bêtise fondamentale de citoyens peu avertis, mieux vaudrait donc opposer la compétence et l'acuité lucide des élites « éclairées », les seules, d'ailleurs, à bénéficier d'une véritable « expérience européenne ». Dormez, braves gens, ou zonez devant des talk-shows. On s'occupe à votre place de concevoir votre Bien.

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Chez certains de nos voisins, on a au moins tenté de préserver les apparences. On y a rappelé aux urnes les « mal-votant », comme on appelle les pécheurs à confesse. A grand peine parfois. En Irlande, par exemple, il a fallu pas moins de quatre votes pour avaliser deux traités. Celui de Nice, d'abord, avait été rejeté par 54 % des électeurs irlandais en juin 2001 avant d'être accepté un an et demi plus tard, à l'occasion d'un second vote. Celui de Lisbonne, ensuite, a également nécessité deux votes. Le premier, en 2008, ayant concentré plus de 53 % de « non », on revota, très favorablement cette fois (67%), en 2009.

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A l'encontre des récalcitrants de 2005, on fut moins scrupuleux. Aux Pays-Bas, on n'osa pas plus qu'en France redonner la parole à des électeurs a priori peu enclins à en faire bon usage. Les Néerlandais subirent à peu près le même traitement que les Français. On s'en souvient, eux aussi avaient vivement rejeté le projet de traité en 2005. A la question « Etes-vous pour ou contre l'approbation par les Pays-Bas du traité établissant une Constitution pour l'Europe ? », plus de 61 % des électeurs avaient répondu par la négative. En 2008, c'est donc au Parlement du pays, bien plus docile, qu'il fut demandé de ratifier Lisbonne.
 
 
Un tweet de Nicolas Sarkozy
Lisbonne : la copie, ou presque, du projet de traité constitutionnel. Un jumeau auquel il ne manque que quelques grains de beauté discrets pour être un clone parfait. Grosso modo, on s'est contenté de gommer le mot « Constitution » pour le remplacer par « traité » et par ôter les éléments à caractère symbolique qui visaient à simuler la création d'un pseudo-Etat. Comme l'hymne, par exemple, ou le drapeau étoilé, ce qui n'empêche nullement ce dernier de flotter partout, puisqu'il est l'emblème des Communautés européennes depuis 1985. Comble de la mièvrerie, la devise « unis dans la diversité » fut évacuée également. La voilà donc à nouveau disponible pour servir de slogan à une future publicité pour les vêtements Benetton. Enfin, le personnage qui devait porter le titre de « Ministre des affaires étrangères » écope de celui de « Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères », avec le succès que l'on sait : il n'y a pas plus erratique - plus inexistant, même - que la diplomatie européenne.
 

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Outre cela, le contenu est le même. Il est simplement éclaté dans les traités préexistants qu'il amende, de sorte que l'Union est désormais régie par deux textes : le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), c'est à dire le traité de Rome modifié, et le traité sur l'Union européenne (TUE), soit Maastricht adapté. Une simple réorganisation, donc, mais pas une réécriture. Un juriste, Jean-Luc Sauron, auteur d'un livre intitulé Comprendre le traité de Lisbonne1 expliquait d'ailleurs la chose très simplement. Interrogé sur la question de savoir s'il existait une différence entre le projet constitutionnel et le nouveau traité, il répondait : « Faut-il en chercher une ? Le TCE a été ratifié par une majorité d’États membres représentant 56 % de la population européenne. Pouvait-on, dans ces conditions, gommer ce texte ? »2. C'est vrai, ça ! On avait suffisamment travaillé sur ce projet en 2005, on n'allait tout de même pas, au motif de deux référendums négatifs et France et aux Pays-Bas, s'amuser à tout reprendre. L’Europe, c'est du sérieux ! Elle n'a pas que ça à faire ! Quant à ceux qui réclamaient que le nouveau texte soit à son tour soumis à référendum, le juriste leur répondait : « le référendum, c’est la négation du destin commun. Ce n’est pas Lisbonne que refusent les tenants du référendum, c’est une plaisanterie. Ils refusent l’Union européenne comme elle est, le monde comme il est, le marché comme il fonctionne ». Et refuser le marché comme il fonctionne, ça, vraiment, c’est impardonnable...

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Il n'était pas dans les usages de la droite sarkozyste de refuser le marché tel qu'il fonctionne. Le traité de Lisbonne, proposé à la ratification du Parlement, n'avait certainement pas cette ambition. Durant la campagne présidentielle de 2007, la candidate socialiste, elle, avait appelé de ses vœux un texte plus « social ». Surtout, Ségolène Royal avait suggéré que ce nouveau texte soit soumis, comme son prédécesseur de 2005, à un nouveau référendum. Il était en effet de bon aloi de considérer à gauche qu'un traité rejeté par le peuple devait être représenté au peuple même s’il avait changé de contenu. C'est en tout cas ce que défendra longuement le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, dans un fort beau discours prononcé dans l’hémicycle le 6 février 2008. Il y expliquera notamment combien lui semble mortifère la substitution, pour la première fois dans l'histoire de la République, du Parlement au peuple à la suite d'un échec référendaire. Combien l'Europe, parce qu'elle lui est chère, lui semble mériter une appropriation populaire et combien il lui paraît urgent de l'extirper du giron des spécialistes pour la confier aux soins des citoyens.
 
Au moment de voter la révision constitutionnelle préalable à la ratification de Lisbonne, la gauche française, pourtant, reniera sa parole. Au sein du Parlement réuni en Congrès, 142 députés et sénateurs socialistes s'abstiendront. Pis, plus d'une trentaine d'entre eux votera favorablement. C'est cela, ce consentement muet de certains, cette complicité explicite de quelques autres, qui permettra à Nicolas Sarkozy d'obtenir la majorité des trois cinquièmes nécessaire à la ratification du texte – le même texte – rejeté trois ans plus tôt.
Pourquoi est-il utile de revenir sur cet événement aujourd'hui vieux de plusieurs années et qui fut largement commenté en son temps ? Simplement parce qu'il s'agit d'un séisme antidémocratique qui connaît aujourd'hui des répliques. Parce que cette maladie du politique qui consiste à ne jouer la comédie d'une démocratie strictement procédurale que pour mieux vider de sa substance la démocratie réelle, produit aujourd'hui des symptômes.
« L'épisode Lisbonne », qui a consisté, pour la première fois, à transformer les représentants du peuple en censeurs de celui-ci était appelé à avoir des répercussions de long terme. Il a révélé un large consensus dans la classe politique, non plus seulement pour fabriquer une Europe techno-libérale mais également pour transformer les Assemblées en instances de reformulation d'une parole populaire dont on admettait clairement, désormais, qu'on la trouvait impropre. On est au-delà de l’œcuménisme pro-européen décrit supra3. Ici, le consensus ne se fait plus sur la physionomie et sur l’orientation que l’on souhaite donner à l’Union européenne. Il se fait sur les moyens qu'on est prêt à employer pour parvenir à poursuivre l’intégration. Ces moyens sont lourds puisqu'ils consistent à transformer le statut-même du Parlement. Celui-ci cesse d'être le lieu privilégié d'expression de la volonté populaire, pour devenir, purement et simplement, le lieu de son invalidation.

Les-traites-europeens-apres-le-traite-de-Lisbonne

A cet égard, « l'épisode TSCG » n'est que la toute petite réplique d'un séisme antérieur. Le retournement de point de vue d'un seul et même homme, François Hollande, en l'espace de quelques semaines et l’enterrement rapide d’une promesse de campagne paraît presque véniel. Le candidat Hollande avait assuré, lors de la campagne présidentielle de 2012, qu'il renégocierait, sitôt élu, le « traité Merkozy » hérité de son prédécesseur. Il n’avait pas dû lui échapper que le TSCG et sa règle d’or constituaient des dispositions supplémentaires en faveur d’une austérité dont on peine toujours à comprendre que la gauche puisse s’en accommoder. Le président Hollande a choisi de répudier son engagement et d’opter, à la place, pour un colifichet - la négociation d'un « Pacte de croissance » dont on n'a plus, depuis, aucune nouvelle -. Ce faisant, il a confirmé une chose à laquelle, cette fois-ci, beaucoup le monde s'attendait : il n'existe, concernant ce qu'il est convenu d'appeler « la réorientation de l'Europe », pas l'ombre d'un projet véritable. Surtout, il n’existe pas l'ombre d'une volonté solide.
1 Jean-Luc Sauron, Comprendre le traité de Lisbonne, Gualino éditeur, décembre 2007.
2 Jean-Luc Sauron, « le traité de Lisbonne est un simple aménagement du règlement intérieur de l’Union », interview publié sur le blog Coulisses de Bruxelles, 25 février 2008.
3 Va falloir acheter le livre !    
Ce qui est bien c'est que les choses ont changé depuis.... ;-)

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dimanche 27 mai 2018

Fête des mères : à l'école, on abandonne de plus en plus le "petit" cadeau

Nombreuses sont celles qui recevront dimanche des colliers en pâtes, ou de jolis dessins, à l'occasion de la Fête des mères. Mais cette tradition des "cadeaux faits main" est remise en cause par certaines écoles.

ACT FETE DES MERES Dimanche, c'est la Fête des mères. Poteries, colliers en pâtes, poésie… Les plus jeunes s'emploient généralement, à l'école, à concevoir une petite attention. Mais la démarche se raréfie dans les établissements scolaires, et ce pour plusieurs raisons.

Enjeu pédagogique et égard aux différents familles. Si elle reste ancrée dans la tradition de l'école maternelle, elle disparaît peu à peu en primaire, où l'enjeu pédagogique de fabriquer un objet avec ses mains est moins fort. Mais surtout, les familles ont changé, et le cadeau doit s'adapter. "Ce n'est pas une priorité. On le fait plus pour les parents que pour les enfants. Je propose plutôt de faire la fête des gens qu'on aime, puisqu'il y a des enfants dont les parents sont divorcés, les familles recomposées. Parfois, ils ne voient plus le papa ou la maman. Il y a aussi quelques familles dans lesquelles il y a eu quelques décès. C'est donc délicat", confirme Delphine Hostalier, institutrice dans une classe de CM1 à Asnières, au micro d'Europe 1. 

Malgré tout, les parents mettent parfois la pression aux enseignants, car ils attendent ce cadeau fait main, chargé de nostalgie. Pour qu'ils l'acceptent, il faut généralement que la décision vienne de la directrice et qu'elle concerne toute l'école, nous indique un maître.

http://www.europe1.fr/societe/fete-des-meres-dimanche-a-lecole-on-abandonne-de-plus-en-plus-le-petit-cadeau-3663221

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Moi, je trouve ça bien triste, mais je vais sans doute passer pour un vieux réac...   P.G.

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Les racines du sionisme chrétien américain

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Un article intéressant pour mieux comprendre certains aspects importants de la culture américaine. Trop long pour être reproduit ici, je ne vous en livre que quelques extraits mais ceux qui s'intéressent aux racines culturelles, philosophiques et religieuses des peuples tireront profit, à mon avis, de sa lecture intégrale.  P.G


 

Par Christopher Pisarenko

TL SIONISME CHRETIEN

 

Bien avant que John Locke ne commence à écrire ses œuvres à la fin du XVIIe siècle qui ont jeté les bases du libéralisme politique dans le monde anglo-saxon (et l’Occident), il existait déjà les opinions religieuses profondément enracinées de Martin Luther et Jean Calvin. Les œuvres de ces deux pères fondateurs du protestantisme ont beaucoup influencé la Weltanschauung spirituelle, culturelle, politique, sociale et économique des Américains, beaucoup plus que tout écrit de Locke ou de l’un des autres philosophes du contrat social des Lumières (par exemple Hobbes, Rousseau, Kant, etc). Cette vision américaine unique du monde, ou plus spécifiquement de sa culture-âme, apparue sur les côtes rocheuses de la Nouvelle Angleterre durant la première moitié du XVIIe siècle, peut en effet être qualifiée de « calviniste » car elle présente de nombreux traits calvinistes tels que l’Éthique protestante, l’individualisme acharné, une obsession pour le concept du peuple élu de Dieu, la croyance en l’exceptionnalisme, une mission mondiale universelle, etc.

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Cependant, il existe un catalyseur idéologique spécifique au sein du calvinisme, qui a jeté les bases de la tradition du sionisme chrétien − une tradition qui a fleuri en Amérique du Nord pendant les 400 dernières années et qui prospère aujourd’hui comme jamais auparavant parmi les chrétiens évangéliques, les néoconservateurs et une variété d’autres groupes. Le catalyseur idéologique auquel il est fait allusion est l’interprétation de la prophétie judéo-centrique. Sans ce catalyseur idéologique fondamental fermement implanté (tel qu’il l’était dans la théologie protestante primitive), il est hautement douteux que la doctrine subséquente du sionisme chrétien soit jamais apparue − une doctrine qui a eu une énorme influence non seulement sur la religion et la politique mais aussi sur la culture et l’identité américaines.

Sans aucun doute, les plus ardents défenseurs du sionisme chrétien aux États-Unis aujourd’hui sont des chrétiens évangéliques. Ici, il est important de comprendre que les évangéliques ne sont pas seulement un groupe religieux, mais qu’ils sont un bloc politique très mobilisé qui jouit d’un énorme soutien national (surtout dans le Sud et le Midwest), et qu’ils exercent donc une grande puissance politique.

(...)

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En tout cas, au milieu du XVIIIe siècle, après plus d’un siècle d’endoctrinement judéo-centrique et de propagande basée sur la chaire, les colons anglais d’Amérique du Nord (et surtout ceux de Nouvelle-Angleterre) commencèrent à se considérer comme juifs, c’est-à-dire ils ont commencé à s’identifier fortement comme un deuxième Israël. Cette conviction est particulièrement forte dans les années qui ont précédé la guerre d’Indépendance américaine − pour former ce que l’historien Nathan Hatch appelle le millénarisme civil. Ce que Hatch entend par « millénarisme civil », c’est que l’idée de devoir civique ou patriotique et d’engagement politique a finalement coagulé avec la prophétie millénariste pour créer un système de croyance civique dans lequel l’identité politique et nationale se combine avec ses croyances religieuses. Et en effet, c’était un phénomène qui s’est produit énormément en Nouvelle-Angleterre et, par extension, dans toutes les autres colonies. Par rapport à toutes les autres colonies, la Nouvelle-Angleterre dominait en termes d’influence intellectuelle. Il est donc important que le lecteur comprenne que pratiquement toutes ces idées et ces premières œuvres « américaines » ont leur origine dans les esprits des zélateurs religieux les plus importants de la Nouvelle-Angleterre, depuis longtemps décédés.

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Ainsi, alors que nous entrons dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, lorsque le gouvernement britannique a intensifié sa « tyrannie » contre les coloniaux libres et très prospères (via la loi sur le timbre, la loi sur le thé, etc.), la tradition de l’interprétation de la prophétie judéo-centrique (ainsi que la croyance ancestrale dans l’Antéchrist « turco-catholique ») était facilement combinée avec le millénarisme civil américain de manière à dépeindre le gouvernement britannique − et l’incarnation de ce gouvernement, le Roi George III − comme étant l’Antéchrist ou Satan incarné. Naturellement alors, la guerre éventuelle contre la Grande-Bretagne est apparue à beaucoup de ceux qui descendaient de la race puritaine comme une grande lutte cosmique et apocalyptique entre les forces du Bien et du Mal.

Bien sûr, beaucoup d’historiens américains traditionnels aiment souligner l’opinion dominante selon laquelle les fondateurs des États-Unis étaient de grands admirateurs et adeptes des idées de John Locke, et qu’ils croyaient tous fermement aux principes « libertariens » qui incluent la tolérance religieuse entre autres points de vue éclairés tels que la liberté d’expression ; les droits civils ; le gouvernement limité ; les droits de propriété, etc. Cependant, cette opinion dominante n’est pas du tout exacte. La vérité est que l’influence du puritanisme millénariste (alias le judéo-centrisme alias le sionisme chrétien) sur les fondements idéologiques des États-Unis est grossièrement sous-estimée et sous-représentée dans l’historiographie de l’expérience américaine. C’est une tradition qui nie fondamentalement la tolérance religieuse, nie les droits des minorités et nie la liberté d’expression. Et c’est la tradition sur laquelle les États-Unis sont véritablement fondés.

 

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En fait, c’est le millénarisme civil, en particulier, qui a été le moteur idéologique de la « révolution » américaine (guerre d’indépendance). Puis, à l’Indépendance, l’idée millénariste civile s’est intégrée dans l’identité et la conscience nationales américaines. En d’autres termes, elle est devenue une partie de ce que signifie être « américain ». Ainsi, de plus en plus d’Américains, après l’indépendance, se sont vus comme le Nouvel Israël, le Nouveau Peuple élu, les détenteurs d’une autre alliance avec Dieu, la nation rédemptrice, le dernier bastion de la liberté sur terre, etc., etc. La « boule de neige » a commencé à dévaler la pente, pour ainsi dire. Il ne faut donc pas de grands efforts pour voir comment ce genre de système de croyances millénaristes a conduit à la religion civique moderne de l’exceptionalisme américain et à la vision manifestement fausse et hypocrite selon laquelle l’Amérique est synonyme « de liberté et de démocratie » dans le monde.

(...)

http://lesakerfrancophone.fr/les-racines-du-sionisme-chretien-americain-12

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