mercredi 15 août 2018

Publications sur FLB

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Lecture de vacances

CONTR DE GAULLE ALGERIE

Communiqué de presse – UPR

ACT COMPRESSE 14AOUT18

La destruction de la France est en marche!

ACT SOUVERAINETES AERIENNE NUC

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lundi 6 août 2018

Entretien avec Kévin Boucaud-Victoire sur Orwell

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TL ORWELL BOUCAUD

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dimanche 5 août 2018

En Algérie, le français en perte de vitesse

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GEO ALGERIE LANGUE

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P. Gombert, délégué régional UPR.

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vendredi 3 août 2018

De quoi Macron est-il le nom ?

TRIBUNE LIBRE/ J. Sapir

L’affaire Benalla et l’histoire romaine

TL MACRON SYLLA CALIGULA

L’affaire Benalla a suscité de nombreux commentaires. Certains se concentrent sur ce que nous dit cette affaire sur l’usage du pouvoir par Emmanuel Macron. Ce n’est pas faux. Mais, cette affaire n’est pas le symptôme d’une souveraineté « devenue folle » comme l’a écrit Fréderic Lordon[1]. C’est, au contraire, le symptôme d’une tentative de mise en surplomb d’un pouvoir à faible légitimité par un détournement de souveraineté, ou plus précisément un détournement de l’apparence de la souveraineté par la Président de la République. En cela, effectivement, cette affaire est révélatrice d’une dérive du pouvoir. Cette dérive devient d’ailleurs, chaque jour, plus évidente.

Car, au-delà des actes délictueux commis par Alexandre Benalla (les coups et blessures multiples, l’usurpation de fonction), il y a bien sûr les actes qui ont visé à faire obstruction à la justice et à camoufler cette affaire et toutes ses implications. De fait, ce que l’action du pouvoir, et disons- le, celle d’Emmanuel Macron, donne à voir que c’est bien un processus d’appropriation de l’apparence de la souveraineté. Ce processus se combine alors avec un processus d’autonomisation vis-à-vis des conflits politiques et sociaux, avec la construction d’un pouvoir en surplomb de la société.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que cela se produit. Mais, ce double mouvement d’appropriation de l’apparence de la souveraineté et d’autonomisation du pouvoir par rapport aux conflits et aux institutions a toujours correspondu à un moment de grave crise politique sur fond de crise sociale devenue ingérable. En un sens Emmanuel Macron est tout autant acteur de ce double mouvement que symptôme de la crise profonde qui l’engendre. Mais, à chaque fois, les conséquences de ces actions furent dramatiques.

Une souveraineté devenue folle ?

Fréderic Lordon écrit dans son texte publié le 23 juillet sur le blog du Monde Diplomatique : « Assez curieusement, on pourrait y voir aussi, et plus classiquement, une parfaite illustration de la souveraineté devenue folle, c’est-à-dire en fait se comprenant elle-même dans la pureté de son concept, comme puissance absolue et absolument déliée, n’ayant à répondre de rien à personne, faisant valoir l’arbitraire de sa volonté comme acte politique par construction licite, le pur « je veux » d’un pouvoir complètement désorbité. » On comprend bien ce à quoi il pense, le fameux « l’Etat c’est moi » attribué à Louis XIV, ou le « car tel est mon bon plaisir », bref l’expression d’une puissance absolue qui n’a à répondre de rien à personne. Et, il n’est pas peu probable que ce sentiment de toute puissance habite Emmanuel Macron. Ce sentiment s’enracine dans une culture de l’impunité, ce qu’a très bien démonté Régis de Castelnau sur son blog « Vu du droit » le 19 juillet[2]. Pourtant, sur ce point, Frédéric Lordon se trompe, tant sur le registre des actes que sur ce qu’ils révèlent.

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Il convient donc de faire remarquer à Fréderic Lordon qu’il n’y a pas de souveraineté « raisonnable » comme il n’y a pas de souveraineté « folle ». De la même manière qu’il n’y a pas de souveraineté de « droite » ou de « gauche ». Poser déjà la question en ces termes montre que l’on n’a pas compris ce qu’est la souveraineté. Car, la souveraineté c’est la capacité à faire des lois en temps normal, et à décider de l’urgence et dans l’urgence, dans les temps exceptionnels [3]. Il y a, par contre, des usages de la souveraineté, dont certains sont critiquables et d’autres admirables. Pourtant, dans le comportement d’Emmanuel Macron, et encore plus dans son discours devant les députés du groupe LREM le 23 juillet [4], discours dont Fréderic Lordon ne pouvait avoir connaissance quand il écrivit son texte, on pourrait effectivement voir un usage « fou » du concept de souveraineté, comme dans le cas de Caligula [5]. Il faut s’attacher aux mots qu’utilise Francis Parny, sur son blog dans Mediapart pour dresser un parallèle entre Caligula et Macron : « car que penser de ce président du foot-mondial-France ? Pas seulement à cause de ses pitreries dans la tribune présidentielle du stade de Moscou. Ces gesticulations ont un sens. Il veut montrer qu’il aime, qu’il est enthousiaste. Mais ce faisant il s’approprie personnellement la victoire, pour son seul plaisir, et à la seule démonstration publique de ce plaisir. « Je suis heureux », je veux le dire aux joueurs, je les veux pour moi et tant pis s’ils ne font que passer fugacement sur les Champs-Élysées au contact du peuple. Jupiter a découvert – tel Caligula – que les empereurs meurent aussi et peuvent mourir malheureux. Alors il veut dire haut et fort qu’il gouverne pour son plaisir quitte à provoquer le peuple ». C’est assez bien vu. Et cela renvoie à la question de la dignité de celui qui est le dépositaire de la souveraineté. Or, cette question avait effectivement une certaine importance à Rome…

L’empereur, symbole de la toute puissance ?

Puisque l’on a fait référence à Caligula, cela conduit à revenir à l’usage de la souveraineté par les empereurs romains, et plus généralement à cette généalogie de la souveraineté dans le monde romain, dont nous sommes les héritiers. On présente souvent les empereurs romains comme des souverains tout puissants. C’est oublier un peu vite d’où leur vient la souveraineté. Ainsi, dans la loi d’investiture de Vespasien (69-79 de notre ère), la Lex de imperio Vespasiani, la ratification des actes de l’empereur avant son investiture formelle est dite « comme si tout avait été accompli au nom du peuple» [6]. On perçoit que l’origine de la souveraineté réside dans le peuple, même si ce dernier en a délégué l’exercice à l’empereur. On peut assurément relever la présence dans cette loi d’investiture d’une clause discrétionnaire, qui autorise l’empereur à agir « hors des lois » dans l’intérêt et pour la majesté de l’État. Mais on peut aussi considérer cela comme une première formulation de l’état d’exception. D’ailleurs Paolo Frezza parle de la « potestas nouvelle et extraordinaire» de l’empereur [7].

Bretone lui oppose cependant le sens profond de cette clause discrétionnaire, qui peut être l’origine d’un pouvoir autocratique [8], et conclut : « la subordination du souverain à l’ordre légal est volontaire, seule sa ‘majesté’ pouvant lui faire ressentir comme une obligation un tel choix, qui demeure libre» [9]. De fait, l’empereur réunit dans ses mains tant la potestas que l’auctoritas [10]. S’y ajoute l’imperium, que détenaient avant lui les magistrats républicains. On pourrait croire que cela clôt le débat, une subordination volontaire n’étant pas une subordination.

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Mais, la phrase de Bretone, quand il écrit, « seule sa ‘majesté’ pouvant lui faire ressentir comme une obligation », invite à réflexion. Elle peut signifier qu’un empereur qui violerait les lois existantes pour son seul « bon plaisir » et non dans l’intérêt de l’État, perdrait alors la « majesté » (maiesta) qui accompagne l’imperium. Dans ce cas son assassinat deviendrait licite car le « dictateur » se serait mué en « tyran ». Et l’on sait que nombre d’empereurs sont morts assassinés, ou ont été contraints de se suicider. On pense entre autres à Néron ou à Caligula. L’empereur est donc un dictateur, au sens romain du terme, qui peut s’affranchir de la légalité si nécessaire pour le bien de l’État et du « peuple » dans ce que l’on appelle des cas d’extremus necesitatis [11], mais il ne dispose pas de ce pouvoir de manière « libre » comme le dit Bretone. Il doit en justifier l’usage, quitte à se faire assassiner.

On voit bien ici ce que le parallèle avec la Rome antique nous dit sur Emmanuel Macron. De nombreux commentateurs se sont ainsi saisis de certains comportements d’Emmanuel Macron, en particulier par rapport au Général de Villiers, ou de ces déclarations (les « gens qui ne sont riens » ou les « fainéants »), qu’ils soient politiques ou non (comme lors de la fête de la musique ou de la réception de l’équipe de France après sa victoire à la coupe du monde), pour instruire un procès en indignité [12]. D’autres comportements, comme justement la déclaration qu’il fit au soir du 23 juillet, peuvent donner le sentiment qu’il agit porté par un sentiment de toute puissance. Néanmoins, on passerait ce faisant à côté de l’essentiel ; le problème n’est pas là. Le problème n’est donc pas le « mauvais » usage, voire l’usage dégradant, que Macron fait de la fonction de Président, et donc implicitement de la souveraineté. Le problème réside bien plus dans la captation de la souveraineté à laquelle il se livre.

Macron : Caligula ou Sylla?

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On peut donc montrer ce qui dans le comportement d’Emmanuel Macron rappelle le personnage de Caligula, en particulier celui de la pièce d’Albert Camus [13]. Mais, tracer un parallèle entre le comportement de Macron dans l’affaire Benalla et Caligula, que ce soit le véritable [14] ou le romancé, c’est faire fausse route. Régis de Castelnau, encore lui, pointe le fait que Macron est à la fois un symptôme et un instrument dans l’autonomisation du « bloc bourgeois » qui domine la France [15]. [voir notre publication: Macron : une erreur de casting ?: https://frexitlimousin.wordpress.com/2018/07/30/macron-une-erreur-de-casting/. NdR]

L’opération qui a été réussie par certains des dirigeants de ce « bloc bourgeois » a été de créer une personnalité et un pouvoir « en surplomb » des contradictions tant de la société française que du « bloc bourgeois » lui-même, pour opérer une restructuration décisive de ce dernier. Dès lors se pose la question : et si Emmanuel Macron ne devait pas être comparé à Caligula mais bien à Sylla ?

Ici encore un retour par la Rome républicaine est instructif. Car, nous sommes tous très largement, que ce soit consciemment ou à notre insu, héritiers en matière politique et en matière du droit des usages et des institutions de cette période, même si cet héritage est aussi largement un détournement de sens [16]. On ne convoque pas impunément le passé au présent. Pourtant, en dépit de l’anachronisme, la comparaison est lourde de sens.

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Commençons par l’idée de souveraineté populaire. Loin d’avoir été une invention de la Révolution française, qui l’a cependant remise à l’honneur, elle nous vient du discours tenu dans la Rome républicaine. Les romains considéraient qu’il ne pouvait y avoir de relations politiques et juridiques entre des hommes « libres » qu’au sein d’une entité souveraine et distincte des autres entités. Ce qu’ils appelaient le « peuple » (populus) était l’ensemble des citoyens [17]. Bien sûr, et dès l’origine, il y eut des tensions entre l’aristocratie (l’élite sénatoriale) et le « peuple », et de ces tensions et conflits découlent une bonne part des institutions de la Rome républicaine. De cette notion de souveraineté populaire découlait le nécessaire contrôle sur les magistrats [18]. La notion de « volonté du peuple » (Iussum populi) avait une très grande force, tant en politique qu’en droit [19]. La souveraineté du « peuple » était donc centrale, mais elle était en permanence contestée. En fait, deux discours contradictoires se construisent à son sujet, un discours établissant la primauté du « peuple », comme dans les cas où c’est le « peuple » qui décide qu’un homme peut être élu à des fonctions plus hautes que celles qu’ils briguait, le peuple étant dit alors « maître des comices » [20], et un autre sa nécessaire soumission au Sénat[21].

Ceci nous dit assez qu’il faut aujourd’hui, selon le mot de Claudia Moatti, repolitiser l’histoire romaine, en prenant justement le risque de l’anachronisme [22]. Et c’est dans ces conflits que nous trouverons alors de quoi alimenter la réflexion, et plus précisément dans celui qui apparaît au début du IIème siècle avant notre ère et qui finira par emporter la Rome républicaine. Ce conflit s’enracine dans des rapports de richesse et des rapports sociaux, rapports qui conduisent à des conflits politiques récurrents au IIème siècle avant notre ère.

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Le détournement de la Souveraineté, conséquences des transformations sociales

Ces conflits trouvent donc leur origine dans les conséquences sociales de la IIème Guerre Punique (contre Carthage) mais aussi celles provenant de l’expansion de Rome. Le passage de la petite propriété foncière aux grandes exploitations dont la main-d’œuvre est essentiellement composée d’esclaves, mais aussi l’accaparement des terres publiques par l’aristocratie, créent une situation intenable [23]. A cela s’ajoute les rapports entre Rome et les autres peuples italiens soumis, considérés comme des « alliés », mais souvent maltraités par Rome [24]. L’enjeu social et économique des terres confisquées aux vaincus, terres qui constituent l’ager publicus, devient dès lors central [25]. De fait, à cette époque, l’absence ou l’imprécision du cadastre rend possibles les abus des plus riches [26]. De ce déséquilibre économique et social est issu la volonté, à chaque incident plus claire, du Sénat de s’accaparer la souveraineté et l’initiative des lois [27].

On ne peut, quand on se plonge dans cette période de la Rome républicaine, qu’être frappé par des parallèles avec notre situation actuelle, où la finance, et plus spécialement la financiarisation de l’économie, mais aussi les pressions exercées par les représentants de cette sphère financière sur le pouvoir politique et qui conduisent à des abus fiscaux et redistributions de multiples sortes, conduisent à un accaparement des richesses inouï. Il est symptomatique que, depuis maintenant une vingtaine d’années, on ait vu ressurgir l’ancien terme d’oligarchie et d’oligarques pour désigner, de manière péjorative, les régimes de nombre de pays occidentaux, et de la France en particulier. Le détournement de la souveraineté est bien devenu l’un des objectifs des classes possédantes et en particulier des plus riches, comme on l’a vu autour du résultat du référendum de 2005.

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Le conflit autour de la distribution et de la répartition de la richesse « publique », en dépit qu’elle ait été dite « patrimoine du peuple » (patrimonium populi), conduisit d’une part à exacerber les conflits de compétence entre le Sénat et les assemblées du peuple (les « comices ») et ses représentants, les tribuns [28]. Une partie de conflits tournent autour de la responsabilité politique des magistrats [29]. La question centrale n’est pas seulement l’émergence d’une responsabilité politique du magistrat aux côtés de sa responsabilité privée, mais bien qui pouvait mettre en question cette responsabilité politique [30]. Et, cette question justement se pose aujourd’hui avec la demande d’un droit de révocation des élus qui est justement portée par la France Insoumise.

Ces conflits, évidents dès la période des Gracques [31], s’envenimèrent dans une opposition entre populares (d’où nous vient le mot « populaires ») et les optimates c’est à dire les représentants de l’oligarchie rassemblés dans le Sénat. Cela conduisit à une montée de la violence, que ce soit dans Rome ou entre Rome et ses « alliés » de l’Italie (avec la « guerre sociale de -91 à -88) pour aboutir à la dictature de Sylla [32].

Cette dictature, marquée par des actes terribles et cruels [33], exercés tant contre les citoyens romains que contre les « alliés », et qui laissèrent un souvenir épouvantable dans la mémoire des romains [34], participe d’un moment d’autonomisation de l’Etat [35] qui se constitue alors en surplomb de la société politique afin de préserver les intérêts des plus riches. Mais, ces mêmes optimates durent aussi se plier à la férule du dictateur. La dictature de Sylla dépassa en ampleur et en pouvoirs les dictatures précédentes, parce qu’elle devait justement établir un pouvoir en surplomb sur les classes sociales pour imposer la suprématie de l’élite sénatoriale [36]. Pour ce faire le « dictateur », qui est un magistrat de la République et dont la « dictature » est issue d’une loi d’investiture [37], il convient de ne jamais l’oublier, se mue en tyran [38].

Les effets du détournement de souveraineté

Dès lors, on entre dans un système où le « peuple » est dépossédé de fait de la souveraineté, qui est attribuée au Sénat. Ce dernier devient le seul maître de ce qui est licite et de ce qui ne l’est, capable de désigner qui est un « subversif » et qui ne l’est pas. Les magistratures populaires, comme les tribuns de la Plèbe dépérissent. Là où, selon les populares comme Tiberrius Gracchus ou Saturninus, le peuple était la seule source de la légalité, car il était le seul légitime et donc le détenteur de la souveraineté [39], succède l’idée que seul le Sénat est investi de cette légitimité [40] et peut se considérer comme « propriétaire » de la souveraineté. Cicéron se fera en quelque sorte le théoricien de ce renversement [41].

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Reprenons ici le parallèle avec la situation actuelle. On voit bien, que ce soit avec l’emploi par Emmanuel Macron de l’image de la « souveraineté européenne » [42] ou par son comportement politique dont il donna un magnifique exemple devant les députés du groupe LREM [43], que l’on assiste à la même volonté de détournement de la souveraineté. D’ailleurs, Emmanuel Macron, qui s’affiche comme issu de la sphère financière (ce qui est largement inexact, ses fonctions n’ayant pas dépassé celles d’un entremetteur) est bien le représentant politique de ce groupe social qui entend désormais faire la loi car il cumule déjà une grande partie des richesses. Mais, pour cela, il lui faut un pouvoir qui s’établisse en surplomb au-dessus des classes sociales et des légitimes intérêts des différents groupes sociaux. En réalité, il n’y a nulle « folie » dans l’usage des apparences de la souveraineté par Emmanuel Macron, et ce quelles que soient les interrogations que suscitent son comportement personnel. Il s’affirme en réalité, au prix d’un détournement complet, comme le détenteur de la souveraineté, une souveraineté qu’il entend bien désormais remettre à ses véritables mandants, soit la classe des « hyper-riches ».

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La comparaison avec Caligula s’avère alors purement de forme et ainsi futile et vaine. Ce qu’il y a en Macron, et le traitement de plus en plus violent de manifestations de discordes et d’opposition en témoigne, c’est bien plus le personnage de Sylla. Et, de là peut-on comprendre sa volonté de constituer une police et une haute administration qui soit entièrement sous ses ordres [44], qui ne réponde plus à aucun contrôle démocratique.

De fait, l’affaire Benalla, pour aussi scandaleuse qu’elle soit, pour aussi déplorables qu’aient été les tentatives de la part de la Présidence de la République de la masquer, ou d’en diminuer l’importance, n’est qu’un symptôme [45]. Ce qui se révèle au travers de cette affaire et du comportement du Président est bien le projet d’Emmanuel Macron de se constituer comme pouvoir en surplomb de la société française, par le biais d’une usurpation de la souveraineté.

Macron n’est pas le lointain écho de Caligula mais bien celui de Sylla.

 

Notes

[1] Voir, « Benalla et l’arc d’extrême droite » à https://blog.mondediplo.net/benalla-et-l-arc-d-extreme-droite

[2] http://www.vududroit.com/2018/07/affaire-benalla-code-penal-quoi-faire/

[3] Voir Schmitt C., Théologie politique, traduction française de J.-L. Schlegel, Paris, Gallimard, 1988.

[4] https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-responsable-c-est-moi-declare-emmanuel-macron-face-a-la-majorite_2865345.html

[5] https://blogs.mediapart.fr/francis-parny/blog/200718/macron-caligula

[6] Voir Bretone M., Histoire du droit romain, Paris, Editions Delga, 2016, p. 215.

[7] Frezza P., Corso di storia del diritto romano, Rome, Laterza, 1955, p. 440.

[8] Brunt P.A., « Lex de imperio Vespasiani » in The Journal of Roman Studies, vol. 67, 1977, p. 95-116.

[9] Bretone M., Histoire du droit romain, op.cit., p.216.

[10] Sur ces concepts, voir Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016.

[11] Schmitt C., Théologie politique, traduction française de J.-L. Schlegel, Paris, Gallimard, 1988 ; édition originelle en allemand 1922, pp. 8-10.

[12] https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/24/affaire-benalla-le-quils-viennent-me-chercher-demmanuel-macron-scandalise-politiques-et-internautes_a_23488847/?utm_hp_ref=fr-homepage

[13] Camus A., Œuvres Complètes, tome I : 1931-1944, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2006,

[14] Voir Suetone, La Vie des douze Césars de Suétone, Paris, Les Belles Lettres, 1re éd. 1931, coll. des Universités de France, Livre IV.

[15] http://www.vududroit.com/2018/07/macron-erreur-de-casting/

[16] Voir https://revolution-francaise.net/2014/10/06/585-l-antiquite-modele-dans-le-moment-republicain-de-1791

[17] Pani M., La politica in Roma antica : Cultura et Praxi, Rome, Feltrinelli, 1997.

[18] Wiseman T.P., « The Two-Headed State. How Romans explained civil wars » in Breed B.W., Damon C. et Rossi A. (ed), Citizens of Discord : Rome and its civil wars, Oxford-New York, Oxford University Press, 2010, p. 25-44.

[19] Bretone M., Technice e ideologie dei giuristi romani, Bari, Edizioni scientifiche italiane, 1985, p. 13.

[20] Voir Astin A.E., Scipio Aemilianus, Oxford, Oxford University Press, 1967, p. 61.

[21] Wiseman T.P., « The Two-Headed State. How Romans explained civil wars », op.cit et de Martino, F., Storia della Constituzione romana, Naples, EDI, T1 et T2, 1972 et 1973, voir T2.

[22] Moatti C., Res publica – Histoire romaine de la chose publique, Paris, Fayard, 2018, p. 184-185.

[23] Hinard F. (ed), Histoire romaine T1, Des origines à Auguste, Fayard Paris, 2000, et bien sur l’incontournable Nicolet C., Les Gracques, Paris, Fayard, coll. Follio, 1967.

[24] Mouritsen H., Italian Unification : A study of ancient and modern historiography, Londres, Bulletin of the Institute of Classical Sutides, Supplement n° 70, 1998.

[25] Sur le statut de ces terres, Varron (Marcus Terentius Varo), De re rustica, traduction par J. Heurgon et Ch. Guiraud, Paris, Les Belles Lettres, 1978-1997, LL 5.33.

[26] La tradition reconnaissait aux citoyens, à côté de la propriété privée, un droit d’usage sur les « terres publiques », mais ce droit, mal réglementé, fut l’objet de pressions incessantes de la part des plus riches. Rathbone D., « Control and exploitation of the ager publicus » in Aubert J.J. (ed), Tâches publiques et entreprises privées dans le monde romain, Genève, Droz, 2003, p. 135-178.

[27] Loreti-Lambruni, B., « Il potere legislativo del senato romano », in Studi Bonfante, 1930, p. 378-395.

[28] Giovannini A., Les institutions de la république romaine des origines à la mort d’Auguste, Bâle, Schwabe ag, 2015 et Lanfranchi T., Les tribuns de la plèbe et la formation de la république romaine, Rome, Ecole Française de Rome, 2015.

[29] Fiori R., Homo Sacer. Dinamica politico-constituzionale di une sanzione giudiciaro-religioso, Naples, Jovene Editore, 1996.

[30] Mantovani D., Il problema d’origine della accusa populare. Della « questio » unilaterale alla « questio » bilaterale, Padoue, CEDAM, 1989.

[31] -133 à -123 avant notre ère. Nicolet C., Les Gracques, op.cit.

[32] Gruen E., The last generation of the Roman republic, Berkeley, University of California Press, 1974.

[33] Labruna L., « La violence, instrument de la dictature à la fn de la république » in Dialogues d’histoire ancienne, Vol. 17, n°1, 1991, p. 119-137 ; Idem, « Adversus plebem dictator » in Hinard F. (ed) Dictatures. Actes de la table ronde réunie à Paris les 27 et 28 février 1984, Paris, Editions de Boccard, 1978.

[34] Hinard F., Les proscriptions dans la Rome républicaine, Rome, Editions de l’Ecole Française de Rome, 1985.

[35] Voir Nicolet C. « Les lois judiciaires et les tribunaux de concussion » in ANRW (AUFSTIEG UND NIEDERGANG DER RÖMISCHEN WELT) Vol. II, n°2, p. 193-214.

[36] A. Giovannini, Les institutions de la république romaine des origines à la mort d’Auguste, op. cit., p. 53-55. Golden S.K., Crisis Management during the Roman republic. The role of political institutions in emergencies, Cambridge, Cambridge University Press, 2013.

[37] Dans le cas de Sylla, ce fut la lex Valeria prise à la fin de l’année -82 avant notre ère.

[38] Hinard F. « De la dictature à la Tyrannie » in Hinard F. (ed), Dictatures. Actes de la table ronde réunie à Paris les 27 et 28 février 1984, op.cit., p. 87-95.

[39] Wiseman T.P., « The Two-Headed State. How Romans explained civil wars » op.cit..

[40] Dion Cassius, Histoire romaine, Les Belles Lettres, coll. Universités de France, livres 36 et 37, 2014, Livre 37.

[41] Cicéron, De la vieillesse, De l’amitié, des Devoirs, (De Officis), trad. Charles Appuhn, Paris, Garnier, 1933

[42] https://www.lesechos.fr/17/04/2018/lesechos.fr/0301575228217_macron-plaide-pour-une-nouvelle—souverainete—europeenne.htm

[43] https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-le-responsable-c-est-moi-declare-emmanuel-macron-face-a-la-majorite_2865345.html

[44] http://www.lefigaro.fr/politique/2018/07/29/01002-20180729ARTFIG00135-affaire-benalla-macron-rumine-sa-vengeance.php

[45] http://actus.nouvelobs.com/videos/m00mlr.DGT/melenchon-monsieur-le-premier-ministre-vous-etes-la-parce-que-vous-y-etes-contraint.html?cm_mmc=Acqui_MNR-_-NO-_-WelcomeMedia-_-edito&from=wm#xtor=EREC-10-[WM]-20180801

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-de-quoi-macron-est-il-le-nom-jacques-sapir/

lundi 16 juillet 2018

La France championne du monde de football 2018 – VIVE LES BLEUS, ET VIVE LA FRANCE !

Contrairement à la propagande incessante des européistes qui nous affirment que la France serait « trop petite dans le monde d’aujourd’hui » pour rester souveraine et indépendante, les Bleus viennent de confirmer ce soir le fameux dicton prêté à Napoléon : « Impossible n’est pas français ! ».

ACT VICTOIRE FRANCE

Issus de toutes les origines, les Bleus viennent de prouver ce dimanche 15 juillet 2018 que la France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle rassemble tous les Français dans l’amour de leur propre pays.

Tout au long de cette Coupe du monde, face au Danemark, face à la Belgique, face à la Croatie, les Français ne se sont jamais sentis « européens » mais bel et bien français, et ils ont placé tous leurs espoirs dans le drapeau de la République française.

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La Coupe du monde de football montre ainsi, de façon éclatante, que la « construction européenne » ne correspond à rien. Et que la France est encore et toujours la seule garante de notre puissance collective, de notre unité nationale et de notre gloire.

La résurrection de la France passe impérativement par le FREXIT, par la libération de notre pays de cette idéologie européiste mortifère et par le retour à notre indépendance et à notre liberté.

Comme vient de le déclarer Didier Deschamps, le talentueux entraîneur de l’équipe de France, ce soir « nous sommes tous fiers d’être Français ! »

Vive les Bleus et vive la France !

François Asselineau
15 juillet 2018

AFFICHE FRANCE 98 18

AFFICHE FL GRIEZMAN COUPE

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samedi 14 juillet 2018

Les hymnes de la République

CHANT DU DEPART

Mes versions préférées de la Marseillaise et du Chant du Départ

Roberto Alagna "La Marseillaise"

https://www.youtube.com/watch?v=fqZ4GQ5ZPME

LE CHANT DU DÉPART ‍(« LE FRÈRE DE LA MARSEILLAISE ») (1794) | HYMNE DE GUERRE, RÉVOLUTION FRANÇAISE

https://www.youtube.com/watch?v=1gC_152tUQo

 

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La France, la patrie de nos ancêtres, elle n'est pas née en 1789, mais qui osera prétendre que la République ne l'a pas glorifiée? Au- delà de nos divergences, jacobins, girondins, monarchistes constitutionnels, légitimistes, bonapartistes, socialistes..., quels sont nos combats du jour? Nos priorités?

Nos rapports à l'Union européenne, à la mondialisation, au libéralisme, à la soumission géopolitique de notre pays? Débattons, échangeons...avançons... et libérons la France!

Bonne fête nationale à tous.

P.G.

affiche 14'juillet2018

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mardi 10 juillet 2018

XIe-XXIe siècles Mille ans d'Histoire belge

La Belgique, État improbable, n'en finit pas de s'interroger sur son identité, son passé, son présent et son avenir.

HIST FRANCE BELGIQUE

Curieux État il est vrai, guère plus étendu que la Bretagne (30 000 km2) mais trois fois plus peuplé (10 millions d'habitants), né en 1830 de la scission des Pays-Bas.

À défaut d'une d'une langue commune, les Belges partagent un art de vivre original, tissé d'humour et d'épicurisme. Au carrefour de toutes les cultures ouest-européennes, ils ont en commun la bande dessinée et le football, la bière et le cyclisme, les Brueghel, Paul Rubens et René Magritte, Hans Memling et Charles Quint... ce qui n'est pas rien !

La Belgique à travers les âges

Les Belges sont cités pour la première fois dans le compte-rendu de Jules César sur La Guerre des Gaules. Depuis cette date, il y a 2000 ans, ils ont connu bien des avatars sans jamais perdre leur spécificité : germaniques par un bout, romans par l'autre. En 1830 naît la Belgique sur un air d'opéra...

Désordres féodaux

Au Moyen Âge, la Belgique, qui n'est encore qu'un concept géographique et non national, est divisée entre d'innombrables seigneuries plutôt prospères et dynamiques, plus ou moins indépendantes : comté de Flandre, duchés de Brabant et de Hainaut, évêché de Liège...

- Conformément au traité de Verdun (843), les comtés de Flandre, de Boulogne et d'Artois, à l'ouest, font allégeance aux rois capétiens, mais avec réticence car ils tiennent à commercer librement avec les Anglais, ennemis traditionnels des Capétiens. Le comte de Flandre figure au premier rang des ennemis de Philippe Auguste à la bataille de Bouvines (1214).

Avec la bataille de Courtrai, le roi Philippe IV le Bel tente de remettre les Flamands dans le droit chemin mais il doit y renoncer... Il faudra attendre Louis XIV et le traité d'Aix-la-Chapelle de 1668 pour que la Flandre méridionale, autour de Lille, Boulogne et Arras, entre dans le giron français !

- À l'est de l'Escaut, on quitte le domaine capétien pour entrer dans le duché de Basse-Lorraine. Il fait partie du Saint Empire romain germanique et s'étend jusqu'au Rhin.

En 1339, profitant de la guerre entre France et Angleterre, la Flandre, le Hainaut et le Brabant-Limbourg se lient par un pacte pour consolider leur indépendance. Ainsi s'efface la frontière de l'Escaut.

Charles Quint réunit les Dix-Sept Provinces

En 1369, Marguerite de Male, comtesse de Flandre, épouse le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Leur petit-fils Philippe le Bon acquiert le comté de Namur, le duché de Brabant-Limbourg, puis les comtés de Hainaut, Zélande, Hollande et Frise, et jusqu'à l'évêché de Liège, jusque-là indépendant.

Ainsi les Pays-Bas et la Belgique se trouvent-ils pour la première fois unis sous la férule d'un même souverain, le duc de Bourgogne. Après la mort tragique de Charles le Téméraire, cet héritage fabuleux passe à Maximilien 1er de Habsbourg, époux de Marie de Bourgogne, fille unique du dernier duc de Bourgogne.

Le petit-fils de Maximilien, l'empereur Charles Quint n'aura de cesse de consolider ses possessions occidentales. Né près de Gand et de culture française, Charles Quint est attaché à ses « Dix-Sept Provinces » des Pays-Bas plus qu'à aucune autre de ses immenses possessions. À ce titre, il peut être considéré comme le premier souverain belge !

Plus prospères qu'aucune autre région d'Europe grâce à l'industrie du drap, au commerce, à la pêche, à l'agriculture... les Dix-Sept Provinces connaissent une très grande effervescence intellectuelle et culturelle.

Ainsi accueillent-elles avec ferveur l'imprimerie et la Réforme protestante. Il s'ensuit des persécutions et des déchirements qui ternissent la fin du règne de Charles Quint et le règne de son fils et successeur, le roi d'Espagne Philippe II.

À la fin du XVIe siècle, la religion protestante (version calviniste) s'impose dans les provinces du Nord tandis que le Sud (la Belgique et le Nord de la France actuelles) reste bon gré mal gré fidèle au catholicisme et à l'Espagne. C'est la scission. Le Nord calviniste devient indépendant sous le nom de Provinces-Unies.

Au sud, les Jésuites assurent le triomphe de la Contre-Réforme catholique. Malgré les conditions douloureuses de leur naissance et leur implication dans les guerres européennes, les Pays-Bas espagnols (l'actuelle Belgique) s'épanouissent sous la gestion quelque peu débonnaire des Habsbourg d'Espagne puis d'Autriche. On conserve le souvenir de leur plus prestigieux enfant, le peintre baroque Pierre Paul Rubens.

Champ de bataille européen

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Par les traités d'Utrecht (1713) et de Rastatt (1714), les Pays-Bas espagnols tombent dans l'escarcelle des Habsbourg d'Autriche. En 1792, les révolutionnaires français, en guerre contre Vienne, n'ont qu'une hâte, c'est d'occuper les Pays-Bas autrichiens, menaçants car très proches de Paris.

Pour la maîtrise d'Anvers, Bruxelles, Liège et la Belgique, Anglais et Français vont se faire la guerre jusqu'à la défaite totale des seconds, en 1815, à Waterloo (en Belgique !).

Les Anglais obtiennent la création d'un État-tampon au nord de la France, le royaume des Pays-Bas. Mais cette construction artificielle, dans laquelle les Bruxellois et wallons se sentent humiliés, ne dure guère. Elle aboutit à la nouvelle scission de 1830 et à la naissance de la Belgique moderne.

Le nouvel État, dirigé par un roi et une bourgeoisie très francophile, magnifié par d'illustres écrivains de langue français (y compris ceux d'origine flamande : Émile Verhaeren, Maurice Maeterlinck, Charles de Coster... Jacques Brel), va laisser croire au monde entier qu'il est lui-même à dominante francophone (c'est en français qu'il va administrer et éduquer sa colonie du Congo).

Tensions communautaires

En 1914 comme en 1940, le malheureux pays retrouve sa vocation de champ de bataille de l'Europe. En lot de consolation, après la Seconde Guerre mondiale, sa capitale Bruxelles a l'honneur d'accueillir le siège de l'OTAN et mieux encore [sic] les principales institutions européennes.

Considérée à tort par beaucoup comme une relique médiévale, la monarchie demeure depuis les origines le principal facteur d'unité de la Belgique, sinon le seul ! Léopold 1er (roi des Belges de 1831 à 1865) oriente sans réticence la Belgique vers un régime parlementaire.

Son fils et successeur Léopold II (1835-1909) favorise l'industrialisation du royaume et finance de ses deniers l'expansion ultramarine et la conquête du Congo, au demeurant très critiquée.

Albert 1er (1909-1934) suscite l'admiration par son engagement personnel pendant la Grande Guerre sur le front de l'Yser. Son successeur Léopold III (1934-1951) a une attitude beaucoup plus équivoque après l'invasion allemande de 1940. Il demeure en Belgique, en résidence surveillée au château de Laeken, contre l'avis de son gouvernement, réfugié à Londres.

La question royale divise le pays à la Libération : appelés à se prononcer par référendum en mars 1950 sur le retour du roi sur le trône, les Flamands répondent Oui à 70% et les Wallons Non à 57% ! Léopold III met tout le monde d'accord en abdiquant au profit de son fils. Baudouin 1er monte sur le trône le 16 juillet 1951, à 20 ans. Son frère lui a succédé à sa mort, le 31 juillet 1993, sous le nom d'Albert II.

Albert II ayant décidé de démissionner pour raisons de santé le 21 juillet 2013, à 79 ans, son fils né en 1960 lui a succédé sous le nom de Philippe 1er, avec la lourde responsabilité de maintenir l'unité menacée par les tensions communautaires... 

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=222&ID_dossier=322

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lundi 2 juillet 2018

Simone Veil au Panthéon : «Une décision de tous les Français», pour Emmanuel Macron

La France rend le plus grand hommage à Simone Veil en faisant entrer sa dépouille au Panthéon. Cette figure populaire du XXe siècle reposera désormais, avec son mari, au milieu des héros de l'Histoire de France.

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Ce 1er juillet au matin, peu avant 10h30, les cercueils de Simone et d'Antoine Veil ont quitté le Mémorial de la Shoah, où des hommages avaient été rendus à l'ancienne déportée durant 48 heures, en direction du Panthéon, où le couple reposera désormais

Ancienne ministre de la Santé et première présidente du Parlement européen, Simone Veil entre au Panthéon un an après son décès, le 30 juin 2017 à l'âge de 89 ans, un délai extrêmement court par rapport aux 76 «grands hommes» qui l'ont précédée dans la nécropole laïque. Les enfants de Simone Veil se sont réjouis que l'Elysée ait donné son accord pour que leur mère repose aux côtés de son époux avec lequel elle a partagé 67 ans de vie conjugale. Haut fonctionnaire, puis homme d'affaires, Antoine Veil a eu un rôle discret mais important dans la vie de sa femme, avec laquelle il formait un couple «plus que complice, fusionnel», selon leur fils aîné.

Après une Marseillaise chantée par Barbara Hendricks, les deux cercueils sont entrés au Panthéon en présence de la famille des défunts et du chef de l'Etat. Le président Emmanuel Macron, qui a prononcé un discours sur le parvis de la nécropole, a assuré : «[La décision de transférer Simone Veil au Panthéon] ne fut pas seulement la mienne, ce ne fut pas non plus celle de sa famille qui cependant y consentit, cette décision fut celle de tous les Français.»

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«C'est intensément, tacitement, ce que toutes les Françaises et tous les Français souhaitaient [...] Avec Simone Veil, entrent ici ces générations de femmes qui ont fait la France», a encore affirmé Emmanuel Macron.

Outre les nombreux anonymes présents aux abords du Panthéon, un millier de personnalités avaient été invitées, dont les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande. «Simone Veil est d'abord pour moi l'héroïne du XXe siècle», a déclaré Nicolas Sarkozy au Journal du Dimanche (JDD). «Elle ne cédait pas sur ses valeurs. Elle pouvait tolérer des désaccords, mais elle ne supportait ni la lâcheté, ni l'hypocrisie, ni le mensonge», a-t-il ajouté.

Sur le parcours qui a conduit son cercueil du mémorial de la Shoah au Panthéon, plusieurs femmes portant des t-shirts barrés d'un «Merci Simone» étaient présentes pour rendre hommage à celle qui a lutté pour faire adopter en 1975 la loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), malgré l'opposition d'une grande partie de la droite. 

«Figure de la République»

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«L'une des raisons de cette panthéonisation rapide est que Simone Veil est une figure transgénérationelle dont les combats ont fabriqué l'époque», a déclaré l'Elysée dans un communiqué. Selon la présidence, la décision prise par le chef de l'Etat a été saluée quasi-unanimement, les Français considérant Simone Veil comme «une figure de la République» qui transcende le clivage gauche-droite.

«Il y a un certain paradoxe, sinon une ironie, à accueillir [au Panthéon] une grande combattante de l'Europe à un moment où ce qu'elle a contribué à construire vacille sous nos yeux», souligne l'Elysée, alors que les tensions sont nombreuses, notamment autour du Brexit ou de la question de l'accueil des migrants. Simone Veil a en effet été la première présidente du Parlement européen.

La cérémonie a aussi accordé une grande place au souvenir des drames vécus pendant la Seconde Guerre mondiale par cette rescapée de la Shoah, qui a perdu ses parents et son frère en déportation. Selon l'AFP, la minute de silence sera «habitée par le bruit du silence du camp» de concentration d'Auschwitz-Birkenau, un fond sonore enregistré par le réalisateur David Teboul il y a quelques jours.

Simone Veil reposera avec son époux dans le sixième caveau de la crypte aux côtés de Jean Moulin, André Malraux, René Cassin et Jean Monnet, «quatre grands personnages de notre Histoire», qui «furent comme elle des maîtres d'espérance», selon les mots d'Emmanuel Macron.

https://francais.rt.com/france/52064-simone-veil-pantheon-decision-tous-les-francais-macron

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Une occasion au passage pour faire de la propagande autour de la "construction européenne", jusqu'aux marches du panthéon recouvertes d'un tapis bleu...La presse européiste qui a couvert l'évènement ne s'en est pas privée, et on a eu droit toute la journée aux poncifs les plus éculés ("l'Europe, c'est la paix", "le couple franco- allemand", "Macron visionnaire"...) égrenés par de doctes "experts", "historiens" et autres commentateurs persuadés d'être du côté du Bien avec le ton grave qui convenait, reléguant de mon point de vue au second plan la vie et la carrière de Simone Veil, ses doutes et sa modestie, des qualités qui précisément faisaient d'elle une femme hors du commun. Un hommage raté, en quelque sorte, avec un petit côté orwellien. A vouloir trop en faire...    P.G.

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affiche france en marche

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Brèves d'antipresse

BREVES ANTIPRESSE

UE | Encore une fake news officielle

Vendredi 29 juin 2018, à 4 h 30 du matin, la fake news de Macron® tombe: «La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet» a-t-il déclaré à tous les micros.

En fait, le seul accord de principe qu’on lit dans le texte officiel vise la création de centres de contrôle en matière de droit d’asile («Hot Spots») dans les pays européens mais, «uniquement sur une base volontaire». Autrement dit personne n’est obligé de créer de tels centres.

Et voilà que Macron désacte ensuite ce qu’il venait d’acter une seconde plus tôt avouant à la presse que la France n’ouvrira pas de tels centres sur son territoire.

A force de dire une chose et son contraire, ça va finir par se voir.

Pour le reste on mouline du vent avec des formules vides du type: il faut «une nouvelle approche, fondée sur des actions menées en commun ou de manière complémentaire entre les États membres». Encore un Conseil européen qui fait pschiiit…

http://log.antipresse.net/post/ue-encore-une-fake-news-officielle?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

SOROSPHÈRE | Le Macron®, un véritable titre boursier

C’est Il Populista, en Italie, qui vend la mèche: les courriels du candidat Macron® divulgués par Wikileaks n’étaient pas si dénués d’intérêt que ça. Parmi ses généreux mécènes, on trouverait, outre le Crédit Agricole (8 millions d’euros), les philanthropes suivants:

  • George Soros: 2.365.910,16 €
  • David Rothschild: 976.126,87 €
  • Goldman-Sachs: 2.145.100 €

Et le journaliste italien de se demander ingénument:

«A ce point, il est légitime de se demander ce qu’ils ont demandé en échange, ces magnats de la finance qui n’ont sans doute pas agi par pur esprit «patriotique». E ce qu’aura pesé leur soutien dans les choix du président…»

http://log.antipresse.net/post/sorosphere-le-macron-r-un-veritable-titre-boursier?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

RACISME | Des Lumières qu’on préferait n’avoir pas allumées

Etonnant! Même Slate.fr a fini par le remarquer: le racisme n’est pas un produit du «repli» culturel des peuples ignares, mais bien des élites dites «éclairées». Avant de retourner leurs vestes, les apôtres du Progrès avaient théorisé la «mission» de la race blanche dans l’éducation des peuples colorés.

Ce paradoxe entre le libéralisme des Lumières et la domination raciale aura été repéré dès le départ. «Vous, les Américains, faites une grande clameur de chaque petite violation imaginaire de ce que vous estimez être vos libertés; et pourtant il n'y a pas de peuples sur Terre qui soient autant des ennemis de la liberté, des tyrans aussi absolus dès qu'ils en ont l'opportunité que vous-mêmes», raillait un interlocuteur anglais de Benjamin Franklin en 1764.

http://log.antipresse.net/post/racisme-des-lumieres-quon-preferait-navoir-pas-allumees?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

ART | Les sublimes cauchemars de Zdzisław Beksiński

Il est l’un des plus grands peintres du XXe siècle, mais le monde ne le sait pas, parce que le monde croit que les «peintres de genre» — en l’occurrence, les fantastiques — ne peuvent être géniaux. Or l’imagination et la palette de Beksiński donnent corps aux rêves les plus dérangeants, renvoyant les délires d’un Dalí dans les bancs de l’académie des Beaux-Arts.
Rien d’étonnant à cela: Beksiński n’était pas un peintre «de métier». Il était ingénieur. Et il a retourné comme une chaussette l’univers mécanique et totalitaire créé par les ingénieurs pour en révéler la réalité de cauchemar. Un bel article de *boredpanda.com* (en anglais) résume la vie et l’univers de ce génie encore si mal connu.
http://log.antipresse.net/post/art-les-sublimes-cauchemars-de-zdzislaw-beksinski?mc_cid=0f6071ae7e&mc_eid=3a5e263339

 

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