mercredi 17 janvier 2018

A lire sur la Yougoslavie

A lire :

PUB YOUGOSLAVIE LIVRES

La Croisade des fous. Yougoslavie, première guerre de la mondialisation – Diana Johnstone

La journaliste américaine Diana Johnstone a suivi avec attention les événements liés aux guerres de ces dernières années dans les Balkans et au rôle joué par l’OTAN et les grandes puissances dans le dépeçage de la Yougoslavie. A partir d’une documentation précise et vérifiable, elle démonte les mécanismes de la manipulation médiatique qui a permis aux dirigeants de l’OTAN de tromper les opinions publiques et de faire croire, notamment en Europe et y compris dans une grande partie de la gauche, que l’intervention occidentale en Yougoslavie avait pour buts la défense des droits de l’homme et le bien des peuples de toute l’Europe. Elle montre aussi comment la guerre en Yougoslavie a été le prototype des guerres dites « humanitaires » qui sont en fait les guerres de la mondialisation. Aujourd’hui, la page de la guerre n’est pas tournée et ses effets continuent à se faire sentir, dans la région (où les problèmes sont loin d’être résolus) et au plan international. Le livre de Diana Johnstone met par exemple en lumière le rôle et le fonctionnement scandaleux du Tribunal pénal international. Cet essai, très documenté, qui informe et dénonce, a été publié en anglais par Pluto press. C’est un livre essentiel pour comprendre l’histoire en train de se faire.

Un livre en cours de republication

Tuer une nation, l’assassinat de la Yougoslavie – Michael Parenti – éditions Delga

Après le renversement du communisme en Europe de l’Est et en Union soviétique, la République fédérale de Yougoslavie est restée le seul pays de la région à n’avoir pas rejeté ce qui restait de son socialisme pour installer à la place un système de marché sans entrave à la pénétration du capital. La Yougoslavie avait en effet refusé l’ouverture totale de son économie, de son secteur public important et de ses ressources nationales à prix bradés aux investisseurs et aux créanciers internationaux. C’est pour cette dissidence face au catéchisme inquisiteur capitaliste, et pour rien d’autre, que la Yougoslavie fut attaquée, démantelée et dévastée. Bien sûr il a fallu habiller cette vérité concrète dans la narration mensongère imposée ad nauseam par les médias et les pouvoirs politiques occidentaux : enrôler la question ethnique pour servir des intérêts de classe, en diabolisant Milošević comme le génocidaire absolu, et arriver à faire croire, malheureusement même à l’honnête homme, que l’OTAN, pourtant bras armé du capitalisme prédateur, avait effectué une « conversion humanitaire ». L’on tenait enfin une « guerre juste », des bombardements capitalistes humanitaires ! Michael Parenti montre ici au contraire que la plupart des opérations de nettoyage ethnique à travers l’ex-Yougoslavie ont été perpétrées non pas par les Serbes mais contre eux ! Et que le « plus grand défi militaire » – d’après l’expression de Clinton – de l’histoire de l’OTAN, fut en fait un passage à tabac sadique d’un petit pays par les forces militaires les plus puissantes du monde. Et comble de déréliction pour les Yougoslaves : ces puissances occidentales, pourtant entièrement responsables de l’effusion de sang et de la dévastation, ont pu apparaître comme… des sauveurs ! Dès la fin de la Guerre froide donc, la nature hideuse du capitalisme, désormais ibéré de la bride que le monde communiste concurrent lui imposait jusqu’alors, a pu se révéler sans plus aucune retenue. Ces bombardements impitoyables sur la Yougoslavie furent les premières concrétisations d’une longue série d’agressions prédatrices réalisées par une institution non élue, l’OTAN, qui se place au-dessus des lois, des nations et des peuples..

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/milosevic-innocente-tribunal-penal-international-lex-yougoslavie-information-censuree-medias/

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mardi 16 janvier 2018

vidéo: les origines du carcan européen

Brexit, Frexit, Vallsit et Colegram 1 - Annie Lacroix-Riz

VID ALR CARCAN UE

https://www.youtube.com/watch?v=6KPZ1yGYOXE

Jean Monnet, Robert Shumann, une belle paire de pères fondateurs, agents américains après et avant/pendant la fidélité allemande...

L'UE depuis la 2° guerre mondiale, la tutelle américaine, relais de la tutelle allemande: l'objectif est vieux mais il prend des formes nouvelles...

Le rôle du Royaume- Uni et du Commonwealth. L'Europe centrale et orientale face au "monde européen libre".

Les élites françaises préparent l'avenir de la "pax americana" dès 1941...L'avenir européen de la France.

De Gaulle et la solution française: le cauchemar des Américains.

Les visées américaines sur l'Empire colonial français: le rôle de Jean Monnet.

Du "soft power" allemand au "soft power" américain.

Les historiens d'aujourd'hui et les "contraintes académiques", les sujets tabous, malgré les archives américaines...

La censure sur les questions européennes (quand on sort de la "doxa").

Le Brexit et la rivalité souvent méconnue entre le Royaume- Uni et les Etats- Unis.

Etc.


Tels sont les thèmes abordés par Annie Lacroix- Ritz, historienne communiste de talent.

3 parties à suivre sur You Tube, un moyen passionant de mieux comprendre comment est née la tyrannie que nous subissons et par quels moyens elle se maintient.

P.G.

 

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dimanche 14 janvier 2018

Allemagne: projet de loi pour faciliter l'expulsion des migrants niant «le droit d'Israël à exister»

En Allemagne, l'afflux massif de réfugiés en provenance du Moyen-Orient fait craindre au parti d'Angela Merkel, la CDU, de voir naître une «nouvelle facette» de l'antisémitisme, comme le rapporte le journal Die Welt,le 6 janvier.

ACT ALLEMAGNE JUIFS REICHSTAG

Pour y faire face, la CDU et son alliée la CSU comptent présenter devant le Bundestag un projet de loi à l'occasion du jour du souvenir de l'Holocauste, le 27 janvier prochain. Cette nouvelle réglementation a pour but de faciliter l'expulsion des immigrés qui exprimeraient des idées antisémites

«L'acceptation sans restriction de la vie juive» est un «critère pour une intégration réussie», est-il ainsi écrit dans le document qu'a pu consulter Die Welt. «Quiconque rejette la vie juive en Allemagne ou conteste le droit d'Israël à exister ne peut avoir sa place dans notre pays», est-il encore précisé. Stephan Harbarth, vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU à l'origine du projet, a déclaré au journal qu'il était impératif de «s'opposer résolument à l'antisémitisme des migrants d'origine arabe et des pays africains».

Pour ce faire, la législation sur les expulsions pourrait se faire plus sévère. Die Welt souligne toutefois qu'un changement de la loi ne signifierait pas forcément un pic d'expulsions, puisque les migrants déchus de leur permis de séjour ne sont «pas nécessairement expulsés».

Par ailleurs, le texte «condamne fermement l'appel au boycott des entreprises et des biens israéliens», tel que défendu par le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions), qui proteste notamment contre l'occupation et la colonisation des territoires palestiniens.

Ce projet de loi intervient alors qu'une vague de manifestations anti-israéliennes s'est abattue sur Berlin en décembre dernier, en réponse à la décision controversée de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël. Plusieurs drapeaux israéliens ont notamment été incendiés lors d'un rassemblement devant l'ambassade américaine, qui a rassemblé environ 1 500 personnes. La foule aurait scandé des slogans tels que «Mort aux juifs !» ou encore «Les juifs, souvenez-vous de Khaybar [un site juif en Arabie saoudite qui aurait été attaqué et conquis par le prophète], l'armée de Mahomet revient !», selon le journal berlinois BZ.

https://francais.rt.com/international/47089-allemagne-cdu-presenter-projet-loi-pour-faciliter-expulsion-migrants-antisemites

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Pour ce qui concerne «l'acceptation sans restriction de la vie allemande», tout simplement, il faudra sans doute patienter... Une occasion manquée, de mon point de vue, de poser de bonnes questions dans l'intérêt général de la population allemande, juifs inclus. Au lieu de ça, on a des députés qui semblent agir sous la pression d'un lobby, ce qui ne peut que jeter de l'huile sur le feu... P.G.

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samedi 13 janvier 2018

Le conditionnement collectif – Aldous Huxley

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. II suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

HIST HUXLEY

L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie ! Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. II est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclu du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires du bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau. Il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif. Il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »

Aldous Huxley – 1939

Source :

http://www.morpheus.fr/meilleur-des-mondes/

 

Interview :

Interview d’Aldous Huxley par Mike Wallace, le 18 Mai 1958

https://aphadolie.com/2018/01/13/le-conditionnement-collectif-aldous-huxley/

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Remarque de J.M (UPR23):

Juste une petite précision, pour aujourd'hui : le texte attribué à Huxley sur Frexit-Limousin est en fait une sorte de "paraphrase amplificatrice" des thèmes chers à Huxley (ou, si l'on préfère, une prosopopée) écrite il y a une dizaine d'années par le philosophe contemporain (prof. à Bayonne et Mont-de-Marsan) Serge CARFANTAN.
 
 
http://www.lejdv.fr/huxley-meilleur-mondes/
 
Comme il est écrit ailleurs, à propos d'un autre texte du même auteur souvent attribué à  Huxley :
 
                      Après enquête il semble que le texte ait été écrit par Serge Carfantan, vers 2007 ... Il s'agirait d'une prosopopée, dans notre cas : une figure de style qui consiste à faire parler un mort. L'auteur nous       indique bien :
 

« Le livre de Huxley est paru en 1932. Son caractère visionnaire est stupéfiant. Presque inquiétant. Tous les ingrédients du roman sont aujourd'hui effectivement réunis pour que le scénario soit ... en passe d'être réalisé. Si nous devions formuler dans un discours une prosopopée du cynisme politique incarnée par le personnage cynique d'Huxley, cela donnerait quoi ? »

Certains anachronismes m'avaient mis la puce à l'oreille   (et en particulier les divertissements à la TV en 1939: la commercialisation des téléviseurs commence aux USA en 1941). J'en ai fait part à un ami (ancien philosophe et octogénaire comme moi) qui avait lu Carfantan et m'a apporté les informations que je vous transmets.

Tout cela  ne change rien à  la justesse du contenu de ce texte. J.M.

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vendredi 12 janvier 2018

Dieu aime-t-il la guerre ?

À l'encontre des lieux communs qui ont cours en Europe, soulignons que les religions n'ont pas de responsabilité directe dans la plupart des grandes tragédies qui ont ensanglanté la planète jusqu'à l'aube du IIIe millénaire.

TL GUERRE RELIGIONS

Quant à l'intégrisme islamiste d'al-Qaida et Daech, qui cristallise aujourd'hui notre attention, il tue principalement des musulmans par centaines de milliers (Algérie, Syrie, Irak...) et n'a encore fait « que » 4 000 morts parmi les Occidentaux. Cette idéologie nauséeuse instrumentalise la religion mais se nourrit principalement des frustrations du monde arabe, en peine de s'adapter à la modernité.

La guerre (vers 1894, Henri Rousseau, dit Le douanier Rousseau, musée d'Orsay, Paris)

Le massacre de la Saint-Barthélemy (François Dubois, musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne)Les atrocités mises en scène par Daech rappellent d'autres mises en scène dans les guerres de religion, il y a cinq cents ans, les guerres de Vendée, il y a deux cents ans, ou plus près de nous les guerres de Yougoslavie.

Les décapitations et la réduction de jeunes filles en esclavage rivalisent dans l'horreur avec les éviscérations, empalements, bûchers, viols collectifs et scènes de cannibalisme d'autrefois.

Les guerres de religion et plus généralement les guerres civiles dressent en effet les uns contre les autres des gens ordinairement très proches, citoyens du même pays et parfois du même village.

D'où le besoin pour chaque camp de se justifier de ses crimes en déshumanisant l'adversaire et en niant sa qualité d'alter ego. C'est hélas ce qui fait toute la différence avec les guerres conventionnelles qui voient des armées régulières s'affronter sur un champ de bataille.

Les hommes n'ont pas besoin de Dieu pour s'entretuer

Il est temps ici de rappeler un fait statistique essentiel qui va à l'encontre des idées reçues : les conflits proprement religieux (Kerbela, Saint-Barthélemy, guerre de Trente Ans, hindous contre musulmans...) tuent beaucoup moins de gens que les guerres d'État à État, les guerres civiles et les dictatures !

Un acteur simule le martyr de l'imam Hussein à Kerbela (fête chiite de Moubarram), DR La religion a été totalement absente des grands drames du XXe siècle (plus de 100 millions de victimes), exception faite de la scission Inde-Pakistan :

Elle n'a aucune responsabilité dans les guerres mondiales, les répressions nazies et communistes et les génocides (les Juifs, comme les Arméniens et les Tutsis, n'ont pas été exterminés en raison de leur religion mais de leur prétendue « race »).

D'une exceptionnelle ampleur ont été les méfaits commis par les régimes athées à l'oeuvre en Allemagne mais aussi en URSS et au Mexique des années 1910 aux années 1940, plus tard en Chine et au Cambodge. 

Guidés par le désir de faire table rase du passé et en particulier du fait religieux, Lénine, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot... ont massacré des dizaines de millions d'innocents, soit par exemple beaucoup plus que tous les souverains européens depuis l'An Mil et en tout cas beaucoup plus que tous les fanatiques religieux de l'Histoire.

N'oublions pas la rébellion des Taiping, en Chine, au milieu du XIXe siècle, une guerre civile sans doute beaucoup plus meurtrière que la Première Guerre mondiale.

Il n'y a sans doute que les Mongols de Gengis Khan et Tamerlan qui peuvent rivaliser avec le triste record du XXe siècle avec à leur actif la disparition de près d'un quart de l'humanité (environ 50 millions de victimes). Qu'ils fussent chamanistes, chrétiens nestoriens, bouddhistes ou musulmans, ce n'est pas au nom d'une religion ou d'une idéologie quelconque qu'ils ont tué mais seulement « pour le plaisir ».

Exécution en 1927, au Jalisco, du père Francisco Vera, coupable d'avoir célébré la messe

Si nous remontons dans le temps, les préoccupations religieuses sont absentes des guerres de l'Antiquité, tant dans la sphère méditerranéenne que dans le reste du monde. Les cités grecques vénéraient les mêmes divinités mais s'affrontaient avec une extrême sauvagerie et n'hésitaient jamais à passer par le fil de l'épée les populations vaincues. Même chose en Afrique jusqu'à l'aube des temps modernes : Chaka a pu fonder l'État zoulou au début du XIXe siècle par des méthodes qui n'ont rien à envier à Staline et Pol Pot.

Au Moyen Âge, notons que les croisades apparaissent comme des guerres défensives bien plus que des guerres de religion ou des guerres saintes. Leur objectif premier était de restaurer la sécurité des pèlerinages en Terre sainte, mise à mal par l'irruption des nomades turcs. Si les croisés ont combattu avec la brutalité habituelle de l'époque, ils ne se sont pas pour autant souciés de convertir les infidèles musulmans, encore moins de les exterminer

Plus près de nous, la guerre d'Irlande, le conflit israélo-palestinien et également la guerre d'Algérie sont assimilables à des conflits coloniaux entre occupants plus ou moins anciens d'une même terre. Les guerres plus récentes, avant l'éruption islamiste, ont opposé des gens de même religion (Darfour, Congo, Irak-Iran...) au nom de préjugés raciaux ou nationaux.

Cela signifierait-il que Dieu n'a rien à voir avec les guerres ? Que nenni... mais pas toujours de la façon dont on l'imagine. (...)

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=2077&ID_dossier=220

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mercredi 3 janvier 2018

Robert Schuman un homme de paix ? Vous voulez rire !

TRIBUNE LIBRE

par Jean-Pierre Combe

TL SHUMAN FASCISME

(...)

Qui était Robert Schuman ?

 

Qui était Robert Schuman ? Dans son ouvrage aux origines du carcan européen ( 1900-1960 ), publié par les éditions DELGA en 2 016, Annie Lacroix-Riz présente une relation très documentée de sa carrière, que je résume ici :

 

Robert Schuman est né sujet allemand en 1886 ; il accomplit toutes ses études scolaires et universitaires dans l’empire allemand ( le Deuxième Reich ) ; en 1914, il est mobilisé dans un service auxiliaire de l’armée impériale ( la Reichswehr ) ; en 1915, il est détaché dans l’administration civile à Boulay-Moselle. Jusqu’en 1918, il a vécu comme un bon sujet allemand catholique et loyal à l’Empereur ( Guillaume II ), tenant d’une Europe vaticane principalement appuyée sur l’Allemagne. Selon un de ses biographes ( Roth ), aucun membre de sa famille n’a jamais opté pour la France.

Aussitôt que Robert Schuman fut devenu français, les de Wendel et Seillières le mandatent pour une carrière politique impliquant de diriger en Moselle leur Action catholique lorraine ( ACL ) ; il est élu député dès 1918 ; l’Action catholique lorraine est tout-à-fait comparable, pour son antimaçonnisme, son antilaïcité, son antisémitisme, son anticommunisme, et à partir de 1936, son franquisme, aux ligues fascistes qui vont marquer l’entre-deux guerres.

Robert Schuman adhère dès leur fondation à deux des premières ligues fascistes ( la ligue des Droits du Religieux Ancien Combattant – DRAC, et la Fédération Nationale Catholique du général Castelnau – FNC ), soutient en Alsace le « Heimatbund » financé par le troisième Reich, soutient les séparatismes croates, allemands des monts Sudètes, etc… ; comme député, il pourfend les lois laïques, qu’il qualifie d’« infâmes » et attise sans cesse la question scolaire dans les trois départements revenus à la France en 1 918.

Il accompagne activement les complots que Philippe Pétain et ses complices fomentent contre la République, devient secrétaire d’Etat aux réfugiés dans le cabinet de Paul Reynaud le 21 mars 1 940 et le restera jusqu’au 13 juillet suivant.

Donc, Robert Schuman sert le gouvernement Pétain lorsqu’il adresse à l’Etat-major allemand une demande d’armistice, le 17 juin 1940, ainsi que lorsque le traité d’armistice est signé, le 22 juin 1940. Le 10 juillet 1940, il vote, comme tous les siens ( 569 parlementaires contre 80 ), les pleins pouvoirs demandés par Pétain.

Le 13 juillet, ses mandants et protecteurs de Wendel adressent au chef d’Etat-major allemand un requête de économique dont la conclusion est : « Le but que nous nous proposons correspond entièrement aux vues du gouvernement allemand ».

En août 1940, les autorités du Troisième Reich ont de nouveau annexé l’Alsace-Lorraine ; elles autorisent Robert Schuman à revenir en Moselle ; à partir de cette date, sa vie s’entoure d’un épais mystère qui dure deux ans. Il semble avoir été arrêté à Metz et assigné à résidence surveillée en Allemagne. Au début de 1941, il aurait plaidé sa cause par lettres auprès des chefs hitlériens de Moselle, en les assurant n’avoir rien fait contre l’Allemagne ni contre le Deutschtum avant ou après 1933, ainsi qu’en arguant de sa formation acquise dans les universités allemandes et de sa tendance naturelle au rapprochement et à la coopération pacifique, etc …

Ce mystère débouche en août 1942 sur son arrivée à Lyon, où il est présumé « évadé » ou « réfugié » ; il participe alors à une institution créée dans le cadre de la politique de collaboration pétainiste par le groupement des chambres de commerce d’Alsace et de Lorraine ; un vice-président de cette institution est Hubert de Wendel.

Lors de la Libération, malgré tout ce passé et le mystère qui en cache une grande partie, Robert Schuman, tout comme le chef d’industrie et de presse Jean Prouvost, fut soustrait aux instructions diligentées par la Haute Cour de Justice et laissé en liberté ; le 15 septembre 1945, il fit l’objet d’un non-lieu et entreprit alors une ascension vertigineuse : ministre des finances dans le gouvernement Ramadier après juin 1946, il participe le 4 mai 1947 à l’éviction des ministres communistes, ce grâce à quoi sont relancées les procédures judiciaires initiées jadis par le gouvernement de Philippe Pétain contre les Résistants, mais que la Libération avait arrêtées ; président du conseil des ministres le 24 novembre 1947, il organise avec son ministre de l’intérieur Jules Moch la sanglante répression des grandes grèves ; ministre des Affaires étrangères de juillet 1948 à septembre 1952, ministre de la justice et garde des sceaux de février à décembre 1955, président d’un « Mouvement européen » de 1955 à 1961, président de l’Assemblée européenne de 1958 à 1960. En 1958, le général De Gaulle redevient président de la République : c’est lui qui met fin aux poursuites pétainistes relancées après juin 1947 contre les anciens résistants.

Pendant toute cette période, Robert Schuman apparaît comme un agent de la grande bourgeoisie capitaliste attaché à refondre les organes du gouvernement politique de notre pays de telle manière qu’ils s’intègrent bien dans les organes du futur gouvernement européen eux-mêmes en chantier ; les principales caractéristiques de cette refonte ont été :

  • la substitution de l’hégémonie états-unienne à l’empire allemand sans préjudice de la domination économique du capital allemand sur toute l’Europe ;
  • le renforcement dans toute l’Europe de la répression policière et judiciaire de tous les mouvements populaires de libération qui avaient combattu les armées fascistes et nazies ;
  • l’encadrement de l’évolution des Etats restés capitalistes dans une intention d’hostilité guerrière à l’encontre de l’URSS et des autres pays socialistes, ainsi que dans une représentation de l’humanité fondée dans l’intégrisme catholique et la fidélité vaticane.

Pour quels motifs, à l’approche de la victoire, les Etats-majors anglo-américains ont-ils tenté en l’absence d’un représentant de l’URSS de signer avec celui du Reich nazi un document qui, en l’absence de la signature soviétique, aurait pu devenir un traité de paix séparée ?

Le fait est que la guerre avait multiplié la puissance de l’industrie des Etats-unis d’Amérique, et dans une moindre mesure de la Grande-Bretagne, en leur permettant de se débarrasser des machines et des technologies désuètes, ainsi que de serrer au maximum les contraintes matérielles et idéologiques dans leurs empires.

C’est encore un fait que, tant en Grande Bretagne qu’aux Etats-unis d’Amérique, la guerre avait renforcé les liens étroits tissés entre les « capitaines d’industrie » et les gouvernements : par ces liens, les plus puissants chefs d’industrie transmettaient à leurs gouvernements, et à leurs Etat-majors, la tentation qu’ils éprouvaient de conquérir les territoires de l’Est européen ; la première raison de cette tentation était évidemment la puissance donnée par la guerre au système militaro-industriel des Etats-unis d’Amérique ;

la deuxième raison était que la guerre avait produit sur l’économie de l’URSS, parce qu’elle était socialiste, des effets exactement contraires à ceux-là : les vingt-trois millions de morts étaient autant de femmes et d’hommes dans la force de l’âge et que rien ni personne ne remplacerait jamais ; les destructions dues à la guerre dans l’ouest de l’Union soviétique furent telles que la crise du logement qui en résultait dans toute l’URSS ne fut pas résolue avant 1973, et qu’il a fallu y reconstruire de toutes pièces une industrie dans les territoires dévastés en y remontant d’urgence des machines démontées de l’Allemagne de l’est au titre de la réparation des dommages de guerre ; il faut noter que les territoires soviétiques dévastés étaient ceux où l’agriculture produisait le plus, et ceux où avait été développée l’industrie depuis l’empire des Tsars et jusqu’en 1941 ( veille de l’invasion-surprise de l’URSS par les armées de la coalition nazi-fasciste ).[invasion "surprise" du fait du pacte germano- soviétique! NdR]

Au début de la guerre, l’Union soviétique avait heureusement accompli le véritable exploit de déporter dans l’Oural l’essentiel de l’industrie métallurgique située en Ukraine, puis de bâtir autour d’elle et en Sibérie une puissante industrie sidérurgique et métallurgique tournée vers la production d’armements ; mais les combats coûtaient cher en personnel et en matériel, et parvenue en Allemagne, l’armée soviétique devait combattre pour chaque mètre carré de terrain, pour chaque maison, pour chaque rez-de-chaussée, pour chaque cave ; au lendemain de la victoire, les tâches de la reconstruction de l’ouest de l’Union soviétique imposaient comme une urgence brûlante de bâtir une industrie de paix, ce qui nécessitait de reconvertir vers la paix une grande part de l’industrie de guerre, alors même que les femmes et les hommes nécessaires à toute production manquaient cruellement …

De sorte qu’une seule conclusion s’imposait aux synthèses de renseignements militaires que produisaient les services occidentaux d’espionnage les mieux informés : l’URSS arrivait au bout de tous ses efforts de guerre possibles, et ne pourrait continuer d’exister que dans la paix.

L’Union Européenne, une création belliqueuse pour défendre le système capitaliste et attaquer l’Union Soviétique

Des atouts de poids confirmaient la tentation anglo-américaine de continuer la guerre en renversant leurs alliances : les forces armées allemandes, aussi bien la Wehrmacht que la SS, n’étaient pas entièrement détruites : la cessation de toute défense contre les armées anglo-américaines après qu’elles eurent franchi le Rhin n’a pas seulement permis à celles-ci de parvenir en quelques jours et sans pertes sur l’Elbe, où avait été fixé le rendez-vous avec l’armée soviétique : elle a surtout permis à un certain nombre de régiments allemands de se rendre ; ces régiments n’ont en général pas été immédiatement désarmés.

L’impérieuse tentation ressentie par les capitaines d’industrie des Etats-unis et de Grande-Bretagne devait faire que les Etats-majors anglo-américains évaluent comme une intention du commandant suprême l’éventualité de repartir en guerre contre l’URSS en intégrant les restes des armées hitlériennes : le premier facteur de l’étude, le rapport des forces armées en présence, leur serait évidemment favorable, et défavorable à l’armée soviétique.

Les Etats-majors devaient alors examiner un autre facteur important dans toute guerre : l’état d’esprit des populations qui habitent les théâtres de la guerre envisagée, tous situés en Europe ; c’est là que le beau projet des capitaines d’industrie a capoté !

Les populations d’Europe en effet étaient opposées à toute reprise de la guerre ; leurs raisons étaient que beaucoup des membres des peuples de l’Europe connaissaient très bien la contribution majeure de l’Armée Rouge, puis de l’Armée Soviétique à la victoire sur l’empire nazi-fasciste ; que dans l’ouest européen aussi, on avait un besoin vital de reconstruire en paix les pays dévastés, plutôt que d’ajouter les dévastations aux dévastations, et l’injustice profonde au malheur !

Les bourgeoisies européennes elles-mêmes avaient été diversement affectées par la guerre, par l’action de leurs gouvernements alliés à l’empire nazi-fasciste et par leur participation à son effort de guerre : si la bourgeoisie franquiste espagnole en sortait sans grand dommage, la bourgeoisie italienne avait sauvé les meubles en mettant fin au gouvernement de Mussolini remplacé par le comte Ciano.

Avant-guerre, la solidarité capitaliste avait porté les plus puissants chefs de la bourgeoisie financière et industrielle française vers une coopération aussi étroite que possible avec leurs collègues allemands et s’était encore resserrée lorsque ceux-ci ont revêtu l’uniforme des dignitaires de la SS ; à l’approche de la défaite du Troisième Reich, la solidarité capitaliste s’approfondissant et s’étendant vers le niveau mondial, la grande bourgeoisie française passait progressivement sous l’égide ( sous le bouclier ) de la grande bourgeoisie états-unienne ; ce faisant, elle ne renonçait pas à gouverner notre pays.

Mais la bourgeoisie française s’était divisée ; pendant que ses membres économiquement les plus puissants se compromettaient gravement dans la collaboration avec l’empire nazi, quelques-uns sauvaient leur honneur en préférant suivre le général De Gaulle jusque dans la « belle et bonne alliance » avec l’Union soviétique.

Divisée avant-guerre, la bourgeoisie britannique s’était regroupée derrière Winston Churchill, sauvegardant sa discipline de classe afin de sauver l’empire de Sa Majesté, c’est-à-dire son empire colonial.

Quant aux bourgeoisies allemande et autrichienne, privées du bouclier de leurs Etats, elles ne pouvaient plus se refaire que sous la protection du plus puissant de leurs alliés naturels, la bourgeoisie capitaliste des Etats-Unis.

L’autorité des bourgeoisies européennes sur les peuples de leurs pays était donc diversement et gravement compromise …

Pour toutes ces raisons, les services d’espionnage états-uniens et britanniques ont estimé que les populations européennes s’opposeraient partout, à des degrés divers, à une nouvelle guerre dont le but serait de détruire le pays qui avait supporté l’effort principal dans la guerre contre le nazi-fascisme : en France, la puissance du mouvement progressiste issu de la Résistance est attestée par les résultats électoraux obtenus par le parti communiste français lors des élections politiques qui ont suivi la Libération de notre territoire, par la persistance de ces résultats après la démission du général De Gaulle ( janvier 1946 ) et pendant quelques années ensuite, ainsi que par le retentissement de l’appel à la création d’un grand mouvement pacifiste lancé en 1947 par dix résistants français de grand renom et par l’immense mobilisation populaire au sein de ce mouvement.

Dans les autres pays d’Europe, divers mouvements d’opinion prenaient des orientations progressistes, notamment celle de défendre la paix ; la défense de la paix prit bientôt la force d’un mouvement mondial, comme le confirme le succès que nous pouvons aujourd’hui considérer comme extraordinaire de la campagne de signatures au bas de l’Appel de Stockholm contre la bombe atomique.

Tout cela était évidemment observé de semaine en semaine par les états-majors occidentaux pour évaluer l’attitude négative qui serait celle des peuples d’Europe et notamment du peuple de France, en cas de relance de la guerre contre l’URSS ; au mieux, les peuples ralentiraient les mouvements des troupes au point de condamner toute offensive à l’échec, et au pire, ils les immobiliseraient complètement ; aucun général ne peut envisager de faire la guerre dans de telles conditions.

Il fallait d’abord rétablir la discipline capitaliste dans les territoires européens ; tel était l’objet du Plan Marshall, qui fut aussi le moyen politique d’une première tentative de reconquête énonomique des pays libérés par l’Armée soviétique ou avec son aide ( Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie ).

Aux origines de l’Union Européenne

Le Plan Marshall fit l’objet d’une grande campagne de propagande dans toute l’Europe occidentale et centrale ; cette campagne flamboyante avait deux effets : obtenir l’adhésion des gouvernements aux termes d’échanges tout-à-fait inégaux du Plan Marshall, et masquer les premières mesures d’élaboration de l’empire occidental, qui étaient clandestines ; l’élaboration de cet empire aux vues et au su du public était impossible tant que les peuples éprouvaient de la gratitude envers l’ennemi désigné ; les maîtres du capitalisme devaient donc d’abord réprimer cette gratitude et faire naître la haine de l’URSS, tout en encadrant fermement les populations.

S’est alors développée dans chacun des pays d’Europe occidentale une intense propagande visant à créer l’illusion d’une menace soviétique et communiste pesant sur chacun de ces pays ; il fallait donner à cette illusion une dimension telle qu’elle justifie l’élaboration prochaine d’un Etat capitaliste encadrant l’Europe occidentale, et ayant vocation à encadrer l’Europe entière ; il fallait aussi masquer aux yeux des peuples l’élaboration des premières structures de cet Etat.

En premier lieu, cette campagne définissait le croquemitaine :

  • elle reprenait et intensifiait le dénigrement de l’URSS que les partis bourgeois développaient avant-guerre, en mettant une très lourde emphase sur la transfiguration des soviets en organes de pouvoir de la dictature personnelle de Staline ;
  • elle relatait de façon mensongère les évènements qui avaient lieu dans les pays qui refusaient d’adhérer au Plan Marshall ( Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie, Pologne, Bulgarie )
  • elle caricaturait les partis communistes en décrivant faussement leurs principes de fonctionnement :
  • elle interprétait le centralisme démocratique comme un principe d’obéïssance au chef,
  • elle interprétait le matérialisme dialectique comme une forme de jésuitisme ;
  • elle niait absolument l’indépendance des partis communistes, faisant d’eux autant de services extérieurs de "diable" sait quel ministère du gouvernement soviétique.

En second lieu et au moins en France, cette campagne étendait la définition du croquemitaine, en accusant toutes les associations et autres organisations démocratiques de notre pays de dépendre organiquement du parti communiste français, et donc, d’être autant de services extérieurs de ministères soviétiques ; il suffisait pour subir cette accusation que des communistes soient membres de ces associations ou organisations, et que l’un de ces communistes soit élu dans son bureau ; cela visait :

  • parmi les mouvements de résistance : la CGT, le Front national ( celui de la Résistance ), les FTP-F et FTP-MOI ;
  • dans le mouvement ouvrier : Tourisme et Travail ;
  • dans le mouvement pacifiste : l’ARAC, les associations d’amitié avec les peuples d’Europe centrale et orientale, le Mouvement de la Paix ;
  • parmi les associations de vulgarisation scientifiques : l’Association française des Amis de Mitchourine et de Jean Daniel ;
  • parmi les mouvements d’enfance : l’Union des Vaillants et Vaillantes.

En troisième lieu, elle assurait au gouvernement bourgeois la liberté de gouverner dans l’intérêt de la grande bourgeoisie capitaliste en adjoignant à tout cela des actes, processus et moyens de répression suivants, qui ont tous commencé de fonctionner au cours des mois qui ont précédé et suivi notre Libération et n’ont pas cessé de produire leurs effets :

  • contre les mouvements de résistance : les militants réactionnaires, miliciens et autres, avaient toujours pris le relais de la diffusion des mensonges que publiaient la SS ou la Wehrmacht en même temps qu’elles accomplissaient leurs crimes de guerre ou leurs crimes contre l’humanité ; ces mensonges tendaient à accuser de ces crimes les communistes et les résistants ; diffuser ces mensonges était un moment essentiel du système de terreur nazi-fasciste, qui accompagnait chaque crime ; remarquons que cette diffusion terroriste a quelque peu diminué lors de notre libération, mais qu’elle n’a jamais cessé : en réalité, les tentatives actuelles de réécrire l’ pour glorifier le nazi-fascisme et le pétainisme en dénigrant la Résistance ne sont rien d’autre que la continuation du terrorisme idéologique dont les nazis accompagnaient chacun de leurs crimes de guerre et de leurs crimes contre l’humanité : elles prolongent la propagande de criminels qui n’ont pas été punis ;
  • contre la culture nationale : en signant les « accords Blum-Byrnes » Léon Blum met en place dès avant que la guerre soit finie un mécanisme qui va faire obstacle à la renaissance du cinéma français ; ce mécanisme bénéficie aussi aux sociétés capitalistes d’édition de disques, qui vont exploiter la sympathie que notre peuple éprouve pour les soldats américains en diffusant massivement leur musique, qui est en général un très bon jazz, mais en le diffusant au détriment des chanteurs français, de nos musiques de concert et de nos musiques à danser ( musette, « variété » et autres musiques nationales et régionales ) ;
  • contre l’instruction publique : une lourde propagande réactionnaire handicape la commission Langevin-Wallon chargée en novembre 1944 de définir selon le programme du CNR une rénovation complète de notre système scolaire et universitaire ; cette commission n’a pas pu produire le véritable plan de renouvellement que la Résistance espérait : elle n’a pu remettre au gouvernement, début juin 1947, qu’un schéma de principes théoriques ; après l’éviction des ministres communistes ( 4 juin 1947 ), le gouvernement cède à la pression réactionnaire, et renonce à réaliser la rénovation du système scolaire et universitaire, jette aux oubliettes les principes inscrits dans le programme du Conseil national de la Résistance ; on ne fera que quelques expériences limitées, sans véritables lendemains, et quelques changements partiels et de pure forme ;
  • au gouvernement : le 4 juin 1947, les ministres communistes sont évincés ;
  • depuis cette date, l’action du gouvernement français se développe contre le mouvement populaire français :
  • dans l’administration judiciaire de toute la France : les procédures diligentées pour faits de résistance par le gouvernement de Philippe Pétain et arrêtées lors de la Libération du territoire sont relancées à la faveur de l’éviction des ministres communistes ; elles accusent un millier de FTP ( une dizaine en moyenne par département ) et conduisent à leur emprisonnement ; ils resteront dix ans en prison, jusqu’à ce que le Général De Gaulle, revenu au pouvoir en 1 958, ordonne de les libérer ;

  • les industriels et beaucoup de hauts fonctionnaires collaborateurs de l’occupant sont amnistiés ;
  • dans la vie économique et sociale : le gouvernement réprime les grèves ouvrières en faisant arrêter et condamner les syndicalistes de la CGT ; il s’attache à aveugler la classe ouvrière et la paysannerie sur les possibilités d’évolution sociale ouvertes tant par la création du régime général de retraites par répartition que par les deux articles du statut d’EDF-GDF qui créent les Caisses d’action sociale de cette entreprise ; à cette fin, il brise l’unité du régime général proposée par Ambroise Croizat et détourne l’attention de tous les travailleurs du fait que le statut d’EDF-GDF aurait permis aux caisses d’aides sociales d’entrer en synergie avec les mouvements associatif, coopératif et mutualiste en vue de toutes sortes d’initiative communales, cantonnales et départementales de progrès tant culturel et social qu’économiques ;
  • en politique générale : les manifestations pacifistes contre le développement de l’OTAN sont réprimées avec la dernière violence, alors même que des groupes terroristes liés à l’OTAN ( « les armées secrètes de l’OTAN » ) commettent des attentats meurtriers, notamment en Belgique et en Italie ; on trouvera des études sans doute partielles de ces activités criminelles dans les ouvrages consacrée aux réseaux Gladio et Stay-behind par quelques auteurs, dont Daniele Ganser : à partir du moment où fut signé l’acte de capitulation des armées allemandes, ces réseaux ont causé de nombreux morts et blessés pour réprimer le mouvement progressiste que les peuples d’Europe de l’ouest avaient développé en prolongement de leurs mouvements de résistance à l’empire nazi-fasciste ;
  • en matière d’instruction publique et d’éducation nationale : au milieu du siècle, l’action gouvernementale met en chantier quatres sabotages : celui de la laïcité de l’école, celui de la cohérence humaniste de nos enseignements généraux héritée de la Troisième République ( notamment en effaçant l’unité de l’organisme vivant des programmes de sciences de la vie et de la terre, et en effaçant la chronologie des programmes d’histoire ), celui de tous les niveaux des enseignements diplômants, ainsi que celui des enseignements professionnels publics, … ;
  • en matière de relations civiques et humaines quotidiennes : depuis quelques années, l’ensemble des mesures par lesquelles nos gouvernements travaillent à généraliser l’enseignement et l’usage de la langue anglaise des affaires au détriment de l’enseignement et de l’usage de la langue française et des langues régionales se présente comme un véritable feu d’artifice du sabotage non seulement de l’enseignement public en France, mais de la culture française dans son ensemble, tant nationale que régionale et locale.

(...)

Il faut noter cependant, que lors de la Libération, certains chefs d’entreprise français refusaient la guerre de reconquête des territoires soviétiques : il faut les chercher parmi ceux qui s’étaient ralliés au gouvernement de la France libre présidé par le général De Gaulle ; dans l’après-guerre, ils auraient préféré faire vivre sur le plan économique la « belle et bonne alliance » franco-soviétique ; mais dans le concert tonitruant de la propagande réactionnaire, les liens économiques du capitalisme ne leur laissaient déjà plus la liberté de se faire entendre : peu après la Libération, les bourgeois gaullistes, je veux dire partisans de la « belle et bonne alliance » gaulliste avec l’URSS, ont dû se sentir bien seuls au sein de la bourgeoisie française …

Une institution supranationale pour renforcer la dictature de la classe capitaliste contre les peuples

(...)

Robert Schuman expose la ligne politique de tous ces évènements, que jalonnent d’incessantes provocations anticommunistes, dans un article publié en avril 1951 dans la Revue de Paris ; on lira cet article en annexe ci-après : Robert Schuman argue d’un danger devant lequel se trouveraient placés les pays d’Europe qu’il dit « libres » : ce danger serait « l’expansionnisme communiste », attesté selon lui par « la présence russe au cœur de l’Europe et plus spécialement au cœur de l’Allemagne, l’emprise brutale que le régime soviétique exercerait sur les populations et sur les économies des pays de l’Est ainsi que de la zone orientale d’occupation », ainsi que par les menaces que feraient peser sur tout l’Occident l’agitation du Kominform et les prétentions russes. Dans tous les pays situés à l’ouest de la Baltique et de l’Elbe, les mêmes problèmes résulteraient selon lui de tout cela.

En vérité, Robert Schuman ne croyait pas davantage que ses mandants à la « menace soviétique » ; il proclamait seulement, en 1951, que le communisme est violent, expansionniste et étranger à tous les pays dits « libres » ; contre lui, il préconise un Etat supranational, dont l’autorité serait indépendante, car dépendant des intérêts de la communauté supranationale qu’il pose en principe comme distincts des intérêts et des objectifs des nations encadrées par cet Etat.

Ce projet est en réalité un projet violent et antipopulaire, comme le montre la recommandation que fait Robert Schuman d’exclure tout arbitrage entre les intérêts nationaux et à cette fin, de les fusionner. Mais comment une autorité politique supranationale pourrait-elle fusionner les intérêts nationaux sans faire violence aux peuples ?

C’est dans ces circonstances que le député Maurice Thorez, qui était secrétaire général du parti communiste français, a prononcé son célèbre discours à l’Assemblée nationale dans lequel il dénonçait la calomnie antisoviétique et en appelait aux intérêts nationaux, lesquels sont portés par chacun des membres des peuples ; il déclarait notamment que le peuple de France ne ferait jamais la guerre au peuple de l’URSS, parce que l’URSS est le pays de la paix.

Dans un numéro du Social-Démocrate publié le 23 août 1915, Lénine examinait le contenu et la portée économiques du mot d’ordre socialiste des Etats-unis d’Europe ; il écrivait :

« Au point de vue des conditions économiques de l’impérialisme, c’est-à-dire des exportations de capitaux et du partage du monde par les puissances coloniales “avancées” et “civilisées”, les États-Unis d’Europe sont, en régime capitaliste, ou bien impossibles, ou bien réactionnaires. »

(...)

Depuis 1915, la guerre a ravagé toute l’Europe, y détruisant quatre empires ( allemand, austro-hongrois, ottoman et russe ) ; la Révolution socialiste s’est imposée dans les terres de l’ancien empire russe, y a instauré une Fédération ( l’URSS ) et apporté à l’être humain de très importants progrès, puis a été minée de l’intérieur du territoire fédéral par une contre-révolution qui a remis l’économie capitaliste en fonctionnement et disloqué l’URSS.

De sorte qu’aujourd’hui, l’impérialisme domine à nouveau presque toute la terre, sauf Cuba et la Corée du Nord, et sauf quelques pays tels la Chine, la Russie, le Vénézuéla et d’autres pays dans lesquels le mouvement populaire revendique au moins de limiter les pouvoirs politiques des propriétaires des plus gros capitaux : partout ou presque, l’impérialisme impose aux utopies socialistes les mêmes obstacles réels.

Nous pouvons donc, et nous devons considérer aujourd’hui comme Lénine le faisait en 1915, que dans les conditions économiques de l’impérialisme, qui consistent dans le régime capitaliste en l’exportation des capitaux et le partage du monde par les puissances riches qui se prétendent civilisées, les Etats-unis d’Europe sont ou bien impossibles, ou bien réactionnaires.

Un siècle d’expérience nous donne à constater que Lénine avait raison de réfuter le mot d’ordre des Etats-unis d’Europe : dans le territoire même de l’Union Européenne, l’élaboration de l’Etat supranational n’a jamais été et ne peut être que violence systématiquement faite aux peuples par le gouvernement capitaliste des sociétés.

Non, Robert Schuman n’était pas un homme de paix, et son œuvre, la construction européenne, n’a jamais assuré la paix : nous avons constaté de nombreuses preuves contraires, notamment en Yougoslavie et en Ukraine, où elle a soutenu et soutient le fascisme dans sa prise du pouvoir et dans la guerre civile par laquelle il tente de se maintenir …

 

Annexe

 

En avril 1951, La Revue de Paris publie l’article :

 

Faire l’Europe

 

par Robert Schuman

 

« Notre objectif est de réintégrer l’Allemagne dans le circuit productif et économique des pays démocratiques. Les Français, dans leur grande majorité, sont persuadés qu’il ne faut pas recommencer l’erreur commise au lendemain de la Première Guerre mondiale, c’est-à-dire nous obstiner à chercher une garantie contre la revanche ou contre l’hégémonie allemande dans l’isolement de l’Allemagne, qu’on tiendrait enserrée dans un système de restrictions et de prohibitions. (…)

« Dans un autre ordre d’idées, les nécessités de la défense des pays libres d’Europe nous amènent à une conclusion identique. Ces pays se trouvent placés devant un même danger : l’expansionnisme communiste. La présence russe au coeur de l’Europe et plus spécialement au coeur de l’Allemagne, l’emprise brutale que le régime soviétique exerce sur les populations et sur les économies des pays de l’Est ainsi que de la zone orientale d’occupation, les menaces que font peser sur tout l’Occident l’agitation du Kominform et les prétentions russes, tout cela pose les mêmes problèmes dans tous les pays situés à l’ouest de la Baltique et de l’Elbe. Il faut à ces pays une politique harmonisée. (…)

« Désormais, les traités devront créer non seulement des obligations, mais des institutions, c’est-à-dire des organismes supranationaux dotés d’une autorité propre et indépendante. De tels organismes ne seront pas des comités de ministres, ou des comités composés de délégués des gouvernements associés. Au sein de ces organismes, ne s’affronteront pas des intérêts nationaux qu’il s’agirait d’arbitrer ou de concilier ; ces organismes sont au service d’une communauté supranationale ayant des objectifs et des intérêts distincts de ceux de chacune des nations associées. Les intérêts particuliers de ces nations se fusionnent dans l’intérêt commun, comme ceux des citoyens se confondent avec l’intérêt national. »

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/robert-schuman-homme-de-paix-voulez-rire-jean-pierre-combe/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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Désolé pour ceux qui sont réfractaires à une approche marxiste, mais l'article m'a paru intéressant à plus d'un titre, et rejoint factuellement un certain nombre de nos analyses sur les origines de la "construction européenne" et ses différents protagonistes, dont le sinistre Robert Shuman (analyses que vous trouverez bien sûr sur notre site upr.fr).   P.G.

 

 

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mardi 2 janvier 2018

.[RussEurope en Exil] Les Etats-Unis au miroir de Star Wars

TRIBUNE LIBRE/ JACQUES SAPIR

TL SAPIR STAR WARS

Thomas Snégaroff vient de publier un petit essai "Star Wars – Le côté obscur de l’Amérique" , chez Armand Colin[1]. Ce livre constitue une mise à jour, mais aussi un approfondissement, de l’ouvrage qu’il avait écrit en 2015 [2]. Ce livre est donc une tentative de décryptage de l’idéologie véhiculée tant dans les films que celle présente aux Etats-Unis. Il est intéressant à plus d’un titre. Il réjouira les amateurs de la triple trilogie (dont le numéro VIII sort ces jours-ci en France), mais il intéressera aussi tous ceux qui s’inquiètent de la politique américaine.

La thèse de l’ouvrage est double. Il soutient d’une part que l’histoire racontée dans les six premiers films n’est autre, en réalité, que celle des Etats-Unis, qui ont basculé de la « République » (largement mythifiée) vers l’Empire. La « peur », celle de l’autre bien entendu, étant l’un des responsables de ce tournant vers le « côté obscur ». D’autre part, il soutient que cette série a joué un rôle, qu’il soit involontaire ou non, dans le basculement, en « réarmant » les secteurs les plus réactionnaires de la politique américaine. L’auteur, cependant, concède que le tableau est certainement plus complexe, que Georges Lucas et ses co-auteurs, ont aussi mis des thèmes puissamment contestataires dans ces films, comme une dénonciation du libre-échange (et du néo-libéralisme) et – je l’ajouterai – une forme d’apologie de la souveraineté.

Si la première thèse ne faite guère de doute, et si l’on suit Thomas Snégaroff sans aucun problème dans sa démonstration, la seconde est nettement plus problématique. L’auteur en convient lui même à plusieurs reprises. Ce petit ouvrage, brillant sur certains points, contient aussi des parts d’ombres. Il vaut amplement la peine d’être lu, car il s’attaque à un mythe de la culture télévisuelle et de la contre-culture. Mais atteint-il complètement son but ? Le lecteur en jugera en le lisant et en lisant cette recension.

Les deux thèses du livre

La première thèse est largement développée dans la première partie du livre, intitulée La Trahison des Pères, et ces pères là sont, bien entendu, les « pères fondateurs » des Etats-Unis. Snégaroff se livre alors à un exercice tout à fait intéressant de double mise en parallèle, d’une part des discours des uns et des autres et de citations des six premiers films, et d’autre part des discours mais aussi de la réalité de la politique des Etats-Unis. On sait que ce pays ne reconnut jamais avoir de « colonies », mais qu’il en eut bel et bien, à Hawaï et aux Philippines en particulier, et ce sans compter Porto-Rico. Cette première partie met en évidence l’idée de l’exceptionnalisme américain[3], le « destin manifeste », et sa construction (largement mythique), tout comme ses dérives. Il montre bien que ce double traumatisme, celui de la défaite américaine au Vietnam et celui du Watergate[4], a servi de contexte fondateur à l’écriture des premiers films (ceux que l’on nomme aujourd’hui les épisodes IV à VI).

La construction de Richard Nixon en Palpatine (et donc celle de Kissinger en Dark Vador) est très démonstrative, et elle est même revendiquée par Georges Lucas, même si l’on peut s’interroger sur les raisons réelles de la haine qui entoura, longtemps, ce Président, certes haïssable à bien des titres, mais nullement plus que ses prédécesseurs ou que ses successeurs…Cela aurait mérité une réflexion sur l’image des Présidents américains, tant aux Etats-Unis que dans le monde. Il est clair que l’image de Kennedy (tout comme celle d’Obama) a été très injustement magnifiée [5]. On a ainsi oublié le passé Maccarthyste de J-F. Kennedy, et les liens très troubles de sa famille que ce soit avec la Mafia ou avec les Nazis avant-guerre… En un sens, la figure ambiguë de Lyndon B. Johnson, qui enferra les Etats-Unis dans la guerre du Vietnam tout en développant ce qui peut passer pour le plus « social-démocrate » des programmes sociaux américains (la « grande société »[6]) pourrait être considérée comme tout aussi emblématique du « côté obscur de la force ». Johnson n’a-t-il pas couvert la manipulation de l’incident du Golfe du Tonkin[7] (août 1964) qui fut décisive pour l’engagement direct des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam ? Et, à tout prendre, ceci était autrement plus grave que la tentative (maladroite) pour espionner le QG du Parti Démocrate (le Watergate). Ainsi, le couple Johnson-Mac Namara pourrait tout aussi bien figurer dans les précurseurs du couple Palpatine-Dark Vador.

Rappelons que le premier film (aujourd’hui le quatrième dans l’ordre de la saga) fut réalisé de 1973 à 1977, soit dans la période du Watergate et du « syndrome du Vietnam ». Pourtant, en 2005, après l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, et alors que le processus de passage de la « République » à « l’Empire » vient d’être complètement explicité (dans les films I, II et III) Georges Lucas suggéra George W. Bush et son vice-Président, Dick Cheney, comme incarnation réelle du couple Palpatine-Vador. Il est donc clair que la saga s’inscrit clairement dans un contexte politique déterminé. L’un des grands apports de Snégaroff est de le montrer clairement et de chercher à approfondir ce contexte, même si l’on peut s’interroger sur sa volonté de « démoniser » essentiellement des Présidents Républicains, alors que le comportement des Présidents Démocrates, de Kennedy à Obama, en passant par Clinton, est tout autant sujet à caution.

Une saga réactionnaire ?

Pour autant, et on l’a vu avec l’absence de Johnson (et de l’incident du Golfe du Tonkin), le contexte général n’est sans doute pas suffisamment approfondi. Où plutôt, plus précisément, Snégaroff ne retient que la vision de ce contexte qu’ont voulu donner Georges Lucas et ses co-auteurs, une vision qui correspond très bien (trop bien ?) à l’idéologie des libéraux d’Hollywood. Cette absence, alors que pour qui connaît la vie politique des Etats-Unis il y a là un moment symboliquement très fort, est donc pour le moins curieuse. Un problème le révèle. Snégaroff remarque, avec raison d’ailleurs, que dans le film de 1977 (l’épisode IV dans la numérotation actuelle), dans la scène dite du bar, l’exclusion des robots (C-P3O et R2D2) est une métaphore de l’exclusion des noirs américains. Mais, il ne revient pas sur le thème de l’esclavage, pourtant présente dans les épisodes I et II (sortis respectivement en 1999 et en 2002). Que le jeune Anakin et sa mère Shmy soient esclaves ne dérange nullement les autres personnages. On peut y voir une référence au statut des esclaves dans les Etats-Unis naissants, statut qui allait être entériné par la fameuse ligne « Mason-Dixon » au Nord de laquelle l’esclavage était illégal, mais devenait légal au Sud de cette ligne. Il y aurait eu beaucoup à dire sur ce point, mais, là, curieusement, Snégaroff est muet. Parce que cela remet en cause l’image de la « bonne » République face au « méchant » (evil) Empire ? Ou plus précisément, parce que cela contribuerait à complexifier sa thèse sur la guerre de Sécession, assurément provoquée en partie par des questions de tarifs douaniers, mais aussi – et il faut le savoir – par un long débat opposant les tenants de la propriété privée « à tout prix » (et donc au prix de l’esclavage) et ceux qui pensaient que l’on ne pouvaient ériger la propriété privée en dogme intangible. D’ailleurs, remarquons que la pratique de l’esclavage fut d’abord empêchée par un « Empire », l’empire britannique, sous la poussée des sectes protestantes, et dont les navires firent une chasse impitoyable aux navires négriers. Le refus d’aborder la complexité des choses est d’ailleurs l’une des caractéristiques de ce livre.

Car, le projet est à la fois plus simple et plus malin. Que Georges Lucas ait voulu gagner de l’argent avec La Guerre des Etoiles est une évidence, et ne saurait guère lui être reproché. Il est très peu de cinéastes qui font des films pour perdre de l’argent, même si sont en réalité nombreux ceux qui en perdent. De ce point de vue, considérer que la saga se range en définitive « du côté obscur » pour cette raison, ce qui est la seconde thèse de cet ouvrage, n’est guère pertinent. Non que la totalité de la seconde thèse (la dimension « réactionnaire » de la saga) soit fausse. Mais, en fait, elle l’est pour des raisons que Snégaroff semble complètement ignorer.

En fait cette saga, mais ceci est classique dans le Space-Opéra – genre revendiqué par Star Wars – situe un affrontement qui paraît politique dans un contexte largement apolitique. Plus exactement, elle fait disparaître les peuples, ou les « masses », au profit d’individus, et remplace les questions de politique par des ressorts individuels (comme, ce que montre fort bien Snégaroff d’ailleurs, la quête du père). Le lien avec les romans de « Chevalerie », de Chrestien de Troyes à Walter Scott, est évident. Le recours à une arme « archaïque » mais intelligemment modernisée (le sabre-laser), si elle permet des effets visuels intéressants (quoi que très inspirés des films japonais « en costume »), souligne l’importance de l’individu, du « héro ». Ainsi, la « guerre » se réduit une série de combats individuels décisifs (les combats collectifs servant à mettre en scène les combats individuels) et les personnages sont soit dotés de capacités extraordinaires (les Jeudi, grâce à la « Force »), soit ont des qualités hors du commun. C’est une vision idéologique du conflit armé qui est profondément réactionnaire, mais qui a imprégné le militarisme japonais, avec son culte de l’excellence individuelle et de la « bataille décisive »[8]. Or, les guerres se gagnent par la politique et la logistique, et non par l’excellence tactique, ce qui fut une des grandes erreurs des généraux allemands de la seconde guerre mondiale. Notons ici que les Jedi n’hésitent pas à tuer. Dans Il est difficile d’être un dieu, publié en URSS en 1964, les frères Arcadi et Boris Strougatski faisaient du « héro », Don Roumata/Anton, un champion de l’escrime, mais qui se refuse à tuer, ce qui le dénonce d’ailleurs à son adversaire comme n’étant pas celui qu’il prétend être[9]. C’est sous le coup de la colère, suite à l’assassinat de sa bien aimée, qu’il se décide à tuer…

Si ces caractéristiques sont typiques du genre Space-Opéra, elles ne sont pas obligatoires. De fait, Snégaroff aurait pu regarder une autre saga, antérieure à la Guerre des Etoiles, mais qui a servi de source d’inspiration : Dune. Il n’est donc pas aussi évident qu’il veut bien le présenter que Star Wars ait contribué au succès du Reaganisme. Mais il est clair que la saga était en conformité avec des canons de l’idéologie américaine, et que ces canons ont été réactivés dans le cours de la présidence de Ronald Reagan.

Un oubli important

Il faut ici souligner que l’interprétation d’une œuvre comme Star Wars ne peut se faire sans mentionner les œuvres jumelles, ou celles qui ont pu l’influencer. Vouloir isoler Star Wars de son contexte culturel réduit bien entendu à néant une grande partie de la démonstration sur la contextualisation politique de la saga. Car la contextualisation ne peut être seulement politique. Une œuvre se nourrit aussi d’influences diverses, qu’elles soient conscientes ou inconscientes.

Or, ce contexte culturel est aussi celui des œuvres qui ont inspiré tant visuellement que scénaristiquement l’œuvre. De fait Dune de Frank Herbert, publié en 1965 (et traduit en français en 1970 chez Robert Laffont) est probablement le roman de science-fiction le plus vendu dans le monde avec plus de 12 millions de livres vendus. C’est une source d’inspiration constante, et la planète Tatooine[10] où se déroulent les premières aventures de Star Wars est clairement inspirée d’Arrakis la planète emblématique de Dune. Il s’agit, la aussi, d’un monde sans eau, où rodent de dangereuses créatures du désert.

Dune partage avec Star Wars (du moins dans le premier film) d’être l’histoire de l’éducation d’un adolescent qui passe par diverses épreuves pour arriver à l’âge d’homme. Mais, là ou Luke ne peut compter que sur l’aide d’Obi-Wan-Kennobi et de Han Solo, Paul Atréides s’inscrit dans un cadre familial complexe (sa mère Jessica, son père Leto, et l’image de son grand-père à laquelle un de ses précepteurs quand il le retrouve le compare), avec ses soutiens (Thufir Hawat, Duncan Idaho et Gurney Halleck) et bien entendu ses adversaires (les Harkonnens mais aussi l’Empereur et ses troupes d’élites, les Sardaukars dont on retrouve une image dans les Stormtroopen de Star Wars). La grande différence est que pour Paul, le combat n’est pas seulement celui de la découverte de lui-même mais aussi de rallier à sa cause le plus grand nombre. Paul Atréides fait de la politique, et il le sait parfaitement (et sa mère ne perd pas une occasion de le lui rappeler).

La dimension sociale (et aussi écologique) de Dune est incomparablement supérieure à celle de Star Wars. Le choix de Georges Lucas de concentrer l’histoire sur un champ individuel (voire, comme le soutient Snégaroff psychanalytique) et d’en exclure la dimension politique (au sens de la conquête des masses) et sociale est significative. En cela, la saga Star Wars s’inscrit bien dans un courant réactionnaire, ou plus précisément conformiste, tout en pouvant avoir, par ailleurs, des côtes contestataires.

L’absence dans l’ouvrage de Snégaroff de toute référence à Dune et à sa suite, le Messie de Dune, publié en 1969, est l’un des points faibles, voire aveugles, du livre.

Snégaroff et la question de la « peur »

Ce point aveugle conduit à s’interroger sur la signification de la « peur » comme moteur essentiel du glissement de la République à l’Empire. Snégaroff construit sa démonstration en partie sur la fin de l’épisode III (La revanche des Siths). Anakin a peur de perdre Padmè, qui porte son (ses) enfants. Soumis à la tentation par Palpatine, il bascule vers le « côté obscur » pour éviter que sa femme ne meure. Mais, cela ne fait que reprendre le thème du Messie de Dune. Dans le livre, Chani, la concubine de Paul, porte ses enfants (des jumeaux) mais va mourir. Les adversaires de Paul cherchent à le tenter en lui promettant de sauver sa compagne. La ressemblance entre les deux histoires est trop forte pour n’être que fortuite. Dune était déjà, dans les années 1970, une œuvre majeure de la contre-culture aux Etats-Unis.

Que Snégaroff l’ignore est étrange, pour un spécialiste des Etats-Unis. Qu’il ne se pose pas la question de la parenté entre la saga Star Wars et Dune l’est bien plus encore. Car, dans Dune on trouve, aussi, l’idée que la peur conduit au désastre personnel (voir la « Litanie contre la Peur »[11]). Et Paul est soumis, au début du livre, à une terrible épreuve qui vise à mesurer sa résistance à la souffrance et à la peur. Mais, cette épreuve est révélatrice du type de Peur dont il convient de se défaire. Ce qu’il faut rejeter, c’est la « peur panique », ce que les grecs attribuaient au Dieu Pan, soit une peur qui paralyse la Raison.

Snégaroff indique bien que la peur est vue comme une chose positive par la tradition antique et classique. Il en déduit une suspicion sur cette tradition (et en particulier sur Hobbes), parce que la peur abolit la raison. Mais, il ne comprend pas de quel type de peur il parle. La peur ici en question, celle que Yoda évoque, celle qui « conduit vers le côté obscur », c’est la peur panique et non la peur raisonnée, la crainte raisonnable, qui elle, au contraire, est une force positive et pousse à la construction des institutions. Cette incompréhension des registres de la peur conduit alors Snégaroff à tomber dans une idéologie boboïsante, mâtinée de Jean-Paul II (« n’ayez pas peur »). Et cela affaiblit considérablement sa démonstration.

De fait, ce que cherchent les Tyrans qui sommeillent dans nos démocraties, c’est de nous faire basculer de craintes raisonnées vers des paniques irrationnelles. Or, ces paniques ont généralement pour point de départ des faits bien réels, mais que notre esprit transforme en des fétiches et ces fétiches nous aliènent conduisant à la réification de ce qui devrait rester humain. Le couple Aliénation-Fétichisme a été analysé de manière très fine par Marx, que Snégaroff aurait eu profit à lire. Nous sommes ici au cœur de ce qui constitue un point aveugle décisif dans l’ouvrage. Et, ce point aveugle pourrait bien, lui aussi, faire basculer Snégaroff « du côté obscur »…

Retour sur la deuxième thèse

Sur d’autres points, aussi, on peut s’étonner que Thomas Snégaroff ait manqué le coche. Outre Dune, visuellement Star Wars emprunte beaucoup à Valerian de Christin et Mézières. Cette référence n’a été que très élusivement reconnue par Georges Lucas[12]. On peut y voir la volonté (farouche) de Lucas de défendre son œuvre (et ses droits dérivés…). Car, et on le rappelle, l’un des buts de Star Wars était bien de faire de l’argent, même si par la suite il ne fut plus le seul.

Leïa et Luke rencontrent Laureline et Valerian dans un tripot de Rubanis…

La référence à l’URSS stalinienne, et au couple Staline-Beria, est assez juste. Il faut ici suivre Snégaroff quand il écrit que ce couple a aussi servi à celui de l’Empereur et de Dark Vador. Sauf que Palpatine n’a plus, dans les films IV à VI aucun des traits de fausse bonhomie que pouvait prendre Staline et avec lesquels il dupait, en partie, son entourage. Par contre, il est tout aussi étonnant qu’il n’ait pas vu à quel point l’esthétique des forces impériales dans le premier film (l’épisode IV) est inspirée des forces japonaises (pour les uniformes) et des combats aéronavals de la Guerre du Pacifique. C’est en particulier évident lors de la bataille finale qui aboutit à la destruction de l’Etoile de Mort quand les « chasseurs » de la Rébellion manoeuvrent comme des avions torpilleurs américains et leur escorte de chasse ou quand les défenses de l’Etoile de Mort reprennent (recul y compris) la cinématique des tourelles doubles de 5 pouces qui constituaient l’armement anti-aérien des unités navales américaines. On retrouve ceci dans la scène initiale de bataille qui ouvre le troisième film (La Revanche des Siths – 2005) où l’on peut voir, sur le navire amiral de Grievous, des lasers éjectant des cartouches comme sur les canons de 127-mm et de 152-mm de la marine des Etats-Unis. L’influence des films d’actualités tournés de 1942 à 1945 essentiellement sur la Guerre du Pacifique, semble bien avoir été visuellement une source majeure d’inspiration. La guerre contre le Japon a façonné de manière indélébile l’imaginaire aux Etats-Unis jusqu’à la fin des années 1980, que ce soit dans les conditions du début de cette guerre (Pearl-Harbour) ou que ce soit dans la logique exterminatrice, et à vrai dire raciste, qui prédomina dès 1942. Il y a là une autre source de réflexion à faire sur la Saga.

Le quasi-refus de Georges Lucas et de son équipe à assumer leurs emprunts (jusque dans la forme du vaisseau de Han Solo directement inspiré des dessins de Valerian) en dit aussi long sur l’impérialisme inconscient (mais parfois aussi tout à fait conscient) des concepteurs de cette saga.

Le vaisseau de Valerian

Que des considérations commerciales aient prévalu est plus que probable. Mais, ce refus est aussi symboliquement très significatifs. Une œuvre « américaine » ne peut avoir son inspiration de l’étranger. En cela, Star Wars est effectivement très représentatif d’une idéologie, qui imprègne tant les libéraux hollywoodiens que les reaganiens, celle de l’exceptionnalisme. Et, cette communauté de pensée explique les passages entre une apparence contestataire et une réalité finalement très conformiste.

On retrouve ainsi la deuxième thèse de Snégaroff, mais dépouillée de ce qu’il faut bien appeler sa naïveté d’origine. Il ne faut pas voir dans Star Wars une œuvre ayant servi à préparer le Reaganisme mais une œuvre issue en réalité du même moule exceptionnaliste, qui est partagé tant par Hollywood que par la droite américaine, ce qui explique les passages possibles de l’un à l’autre. C’est le refus de rompre avec cette idéologie, et ce qu’elle charrie, qui peut être reproché aux concepteurs de la saga et non un hypothétique « ralliement ». Snégaroff semble l’avoir pressenti mais, faute d’une contextualisation suffisante, cette réalité finit par lui échapper.

Pourtant, son livre constitue une plus qu’intéressante tentative pour tenter de lire l’histoire des Etats-Unis au miroir d’une œuvre multiforme. Il interroge un « phénomène culturel » et le met dans son contexte. Qu’il ne le fasse ni complètement, ni avec la complexité nécessaire ne doit pas être un prétexte pour ignorer ce livre.

Jacques Sapir

Notes

[1] Snégaroff T., Star Wars – Le Côte Obscur de l’Amérique, Paris, Armand Colin, 2018, 217p.

[2] Snégaroff T., Je Suis Ton Père, Paris, Naive, 2015.

[3] Voir Sapir J., « Endiguer l’isolationnisme interventionniste providentialiste américain », in Revue internationale et stratégique, 2003/3 (n° 51), pp. 38-44, https://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2003-3-page-38.htm

[4] http://www.history.com/topics/watergate

[5] Voir Chomsky N., Rethinking Camelot: JFK, the Vietnam War, and U.S. Political Culture, New York, South End Press, 1st edition, 1999.

[6] Andrew, J. A., Lyndon Johnson and the Great Society, Chicago, Ivan R. Dee, 1999.

[7] http://www.historynet.com/case-closed-the-gulf-of-tonkin-incident.htm

[8]Kantaï Kansen ; Evans, David C.; Peattie, Mark R., Kaigun: Strategy, Tactics, and Technology in the Imperial Japanese Navy, 1887-1941, Annapolis, US Naval Institute Press, 1997.

[9] A. et B. Strougatski, Il est difficile d’être un dieu, [Трудно быть богом] publié en URSS en 1964, traduit en Français chez Denoël, Paris, en 1973.

[10] Faut-il dans ce nom voir une référence au très réel Tataouine des Bat d’Afs ?

[11] « Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. »

[12] https://kitbashed.com/blog/valerian-and-laureline

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-les-etats-unis-au-miroir-de-star-wars-recension/

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vendredi 29 décembre 2017

VIDEO. Les noms des collabos de la seconde guerre mondiale déclassifiés

Dans le fameux fichier des collabos, on trouve 100 000 noms. Cette liste secrète dressée à la Libération dormait dans le silence des archives depuis soixante-dix ans.

VID COLLABOS NOEL

Aujourd'hui, ce fichier déclassifié révèle l'ampleur de la collaboration avec l'occupant allemand pendant la guerre. Tout commence par la poignée de main du 30 octobre 1940 entre Pétain et Hitler. Dans le fichier, il y a le nom de ces miliciens qui ont soutenu le Reich.

Quelque 95 000 collabos jugés

Il y a aussi beaucoup d'industriels dont la production partait en Allemagne. Le monde du cinéma est aussi présent. Parmi ces collabos, beaucoup d'anonymes et quelques noms bien connus : Maurice Papon ou René Bousquet. Le père du magistrat Philippe Bilger figure aussi dans ce fichier. Il était préfet. L'ouverture de cette boîte de Pandore met mal à l'aise le magistrat honoraire. Ces collaborateurs, considérés comme des traîtres, ont connu l'épuration à la Libération. Plus de 95 000 d'entre eux ont été jugés et condamnés à des peines de prison plus ou moins lourdes. 791 ont été exécutés.

https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/le-nom-des-collabos-de-la-seconde-guerre-mondiale-declassifie_2533329.html#xtor=EPR-502-[newslettervideo]-20171228-[video1]

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On n'en saura pas plus et la vidéo est bien courte, mais bon, c'est France Infos...L'intérêt ici est de constater que 1/la collaboration était massive (c'est confirmé) et 2/ que le rappel du passé met certains mal à l'aise... C'est déjà ça!  P.G.

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Jerusalem : Merci à Donald Trump !

Donc, Donald Trump a signé l’ordre de transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem en flagrante violation du droit international et plus particulièrement des résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de sécurité des Nations unies.

TL TRUMP NETANYAOU

Produits de l’histoire d’un conflit qui remonte au démantèlement de l’empire ottoman, ces deux textes correspondent aux réalités du terrain. Depuis les choses se sont, ô combien, dégradées et les accords d’Oslo n’y ont rien changé. A l’époque déjà, le Conseil de sécurité considérait que l’occupation israélienne mettait en péril la paix et la sécurité mondiale :

    • Il déclarait nulles et non avenues les mesures prises par Israël pour changer le statut de Jérusalem.
  • Il appelait à la cessation des colonies israéliennes, qu’il condamnait comme étant sans valeur légale.
  • Il réaffirmait l’applicabilité de la Quatrième convention de Genève aux territoires arabes et palestiniens occupés par Israël depuis 1967, Jérusalem incluse.
  • Il appelait au retour des réfugiés palestiniens.

De façon répétée, le Conseil de sécurité a appelé aussi à la reprise immédiate des négociations dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient, l’objectif étant d’aboutir, sans tarder, à un règlement définitif entre les parties israélienne et palestinienne, c’est-à-dire à la coexistence de deux Etats (Israël et Palestine) avec Jérusalem pour capitale pour les deux Etats.

QUAND WASHINGTON DESUNIT LES NATIONS

Par conséquent, la décision du président américain piétine allègrement ces évidences principielles du droit international. Curieux ? Les Etats-Unis disposent pourtant d’un siège permanent au sein de l’instance exécutive d’une organisation internationale dont ils contredisent les décisions… alors qu’ils devraient donner l’exemple ! Dernière péripétie en 2016 : celle de la résolution 23341 qui condamne de nouveau la colonisation israélienne, adoptée par 14 voix et une abstention : celle des Etats-Unis – qui n’usent pas de leur veto au grand dam d’Israël !

Une chose est certaine : au moins cette décision a le mérite de la clarté. En effet, elle correspond à une loi votée par le Congrès républicain en 1995 – dont la mise en application a été ajournée par les présidents Clinton, Bush et Obama – illustrant l’évidence même que le conflit israélo-palestinien est une question de politique intérieure américaine. En effet, cette loi est soutenue par les Evangélistes qui représentent 25% de la population. Elle est aussi le résultat de l’incessant lobbying de l’AIPAC (le CRIF américain) pour imposer ses vues à la politique étrangère de la soi-disant plus grande démocratie du monde. Quand on songe que le CRIF tente de faire pression sur le président français Emmanuel Macron pour qu’il adopte la position américaine, il y a vraiment de quoi être scandalisé ! C’est le moins que l’on puisse dire…

Donc, les Etats-Unis piétinent le droit international qu’ils veulent imposer aux autres, et au nom duquel ils bombardent régulièrement bien des pays, tuent des populations civiles innocentes, et décrètent aussi sanctions économiques, boycotts et embargos… Mais le plus bel effet de vérité de ce paradoxe est de lever – enfin – l’illusion, sinon l’imposture d’une médiation américaine dans le conflit israélo-palestinien. Merci Monsieur Trump : on a enfin compris que la diplomatie américaine ne réglera jamais – jamais – le conflit israélo-palestinien par la création de deux Etats avec Jérusalem pour capitale, parce que ce n’est pas son intérêt. Dans cette affaire, les Etats-Unis sont juge et partie prenante et ce n’est pas eux qui peuvent favoriser une sortie de crise crédible. Il conviendrait mieux de se tourner vers les BRICS, vers un pays, par exemple comme le Brésil, dont la politique étrangère privilégie les approches sud-sud au détriment des rapports classiques de puissances et de guerres.

Et pourquoi pas la France ? « C’est une décision regrettable, que la France n’approuve pas et qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu », a déclaré le président de la République lors d’une conférence de presse à Alger, « le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute la communauté internationale, le statut de Jérusalem devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations unies », a-t-il ajouté. Le chef de l’État a rappelé « l’attachement de la France et de l’Europe à la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte-à-côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux États ».

Après sa médiation réussie dans le cadre de l’enlèvement du premier ministre libanais Saad Hariri par les Saoudiens, Emmanuel Macron pourrait signer le retour de la diplomatie française aux Proche et Moyen-Orient dans trois perspectives : 1) en poursuivant l’effort de stabilisation du Liban ; 2) en s’interposant dans la fracture Arabie saoudite/Iran ; 3) enfin, en réactivant l’initiative de paix israélo-palestinienne proposée par feu le roi Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud lors du sommet de la Ligue arabe de 2002 à Beyrouth.*

DEUX AUTRES DEVOILEMENTS

Donc, le simulacre de la médiation américaine, c’est fini et bel et bien fini ! Le deuxième effet de dévoilement de la décision de Donald Trump redonne au conflit israélo-palestinien sa vraie dimension – épicentre de l’arc des crises proche et moyen-orientales – sonnant ainsi le glas de l’idéologie néo-conservatrice qui a TOUT fait, depuis vingt ans, pour le marginaliser et le réduire à une simple question de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

On voit bien, avec le triste anniversaire de la déclaration Balfour et des découpages frontaliers de Sykes-Picot, que les questions de Palestine et de la colonisation israélienne constituent l’origine essentielle des guerres récurrentes qui ravagent les Proche et Moyen-Orient depuis 1948. On voit aussi que cet épicentre nourrit le terrorisme contemporain. Même s’il n’en n’est pas la seule cause, tant s’en faut, il demeure l’une des principales références des jihadistes sur l’air connu du « deux poids deux mesures ». Comment justifier aux yeux du monde que l’Occident puisse bombarder Belgrade et bien d’autres pays au prétexte qu’ils violent les résolutions du Conseil de sécurité alors qu’Israël n’en a respecté aucune depuis la création de son Etat ? Depuis 1948, plus de 400 résolutions du Conseil de sécurité, de l’Assemblée générale et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont été adoptées pour tenter de régler le conflit israélo-palestinien. Pas une seule n’a été respectée ni appliquée par Tel-Aviv !

Enfin, troisième effet de maïeutique salutaire : la décision de Donald Trump signe la perte d’influence, sinon la régression de la diplomatie américaine. Durant la Guerre froide et jusqu’à récemment, les décisions et les politiques américaines s’imposaient presque mécaniquement à l’ensemble du monde occidental. Dernièrement, on a vu la volonté de la Maison Blanche de vouloir défaire l’accord sur le nucléaire iranien fortement contestée par les alliés les plus fidèles de Washington : Londres, Berlin et Paris. Les trois M (Theresa May, Angela Merkel et Emmanuel Macron) se sont clairement dissociés de l’approche américaine pour rappeler que les nécessités de la sécurité européenne ne correspondaient pas forcément aux options idéologiques de la Maison Blanche.

Il en va de même aujourd’hui pour la décision de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. La décision est condamnée par la plupart des 193 Etats membres des Nations unies, parce que chacun sait que cette folie va causer de nouvelles morts de jeunes Palestiniens, inspirer de nouveaux attentats terroristes et discréditer encore un peu plus l’Organisation des Nations unies !

DES CHRETIENS SOUS OCCUPATION MILITAIRE

Le mercredi 6 décembre, depuis le Vatican, le pape François a lancé un « appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions de l’ONU », rappelant la position ininterrompue du Saint-Siège sur le sujet depuis 1947 en demandant « sagesse et prudence, pour éviter d’ajouter de nouveaux éléments de tension dans un panorama mondial déjà convulsif et marqué par tant de conflits cruels ».

En 2000, l’Accord fondamental signé entre le Saint-Siège et l’OLP affirmait des « principes de justice », rappelant la nécessité d’« un statut spécial pour Jérusalem », « garanti internationalement » et assurant « la liberté de religion et de conscience », « l’égalité devant la loi des trois religions monothéistes, de leurs institutions et de leurs fidèles dans la ville », « l’identité propre et le caractère sacré de la ville », « la signification universelle de son héritage religieux et culturel » et « la liberté d’accès et de culte pour les Lieux Saints ».

Pour autant, le Vatican ne défendait pas un simple principe d’« extraterritorialité des Lieux Saints, avec l’assurance que les pèlerins aient la liberté de les visiter sans entraves ». Pour lui, en effet, le « caractère sacré » de Jérusalem ne se restreint pas aux monuments « comme s’ils étaient séparés les uns des autres ou isolés dans leur communauté respective » mais « affecte Jérusalem dans sa totalité, ses Lieux Saints comme ses communautés avec leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs activités culturelles, sociales et économiques », insistait alors le Vatican.

Mercredi, les dirigeants de l’Église de Jérusalem ont averti le président américain que modifier le statut de Jérusalem porterait un « préjudice irréparable » à la Ville sainte et à ses habitants. Dans une lettre signée par douze patriarches orthodoxes ainsi que des évêques de la ville, ces hauts responsables religieux ont expliqué au président américain que déclarer Jérusalem comme capitale d’Israël « favoriserait la haine, les conflits, la violence et la souffrance ». En conclusion : « nous vous demandons, Monsieur le Président, de nous aider à avancer vers plus d’amour et vers une paix définitive, qui ne pourra être atteinte si Jérusalem n’appartient pas à tous », concluent les patriarches.

Il est vrai qu’on ne voit pas pourquoi les Chrétiens – qui veulent aller se recueillir au Saint Sépulcre, à Bethléem ou Abou Gosh – devraient être condamnés à répondre, souvent pendant des heures, aux questions humiliantes du Mossad à l’aéroport Ben Gourion ou au pont Allenby ! Comme l’écrivent Corinne et Laurent Mérer2 dans leur dernier livre : « ici, l’occupation dure depuis maintenant cinquante ans. Le seul horizon de ces jeunes, ce sont les murs, les check-points, les barbelés, l’humiliation des fouilles au corps et les colons qui paradent, armés jusqu’aux dents ». Alors qu’on ne vienne plus comparer – comme on l’a beaucoup fait hélas ces dernières années en France – les actes de la résistance palestinienne avec le terrorisme jihadiste qui a ensanglanté nos rues et celles d’autres capitales européennes !

UNE TÂCHE SUR LA CONSCIENCE UNIVERSELLE

Si la décision de Donald Trump a le mérite de dévoiler la nudité du roi, elle n’en n’est pas moins criminelle. Après le démantèlement de l’apartheid sud-africaine, l’occupation et la colonisation israéliennes demeurent l’une des injustices les plus criantes de notre histoire contemporaine, une tâche sur la conscience universelle… une question récurrente qui se pose à chacun d’entre nous.

« Je discute presque tous les jours avec les soldats ; hier l’un d’entre eux m’a dit que ses ordres étaient de tirer dans les genoux des enfants s’il se sentait menacé ; je lui ai demandé : pourquoi les genoux ? Il m’a répondu : comme ça on ne les tue pas, ils ne deviennent pas des martyrs pour leur copains mais ils ne pourront plus jamais marcher, ça dissuadera les autres de lancer des pierres – Vous trouvez normal de tirer dans les genoux des enfants ? Oui, ce sont des Arabes ».

Ces terribles propos sont rapportés dans le livre-événement des Mérer3. Ils ont passé trois mois en Palestine entre février et mai 2016, dans le cadre d’un programme international du Conseil Œcuménique des Eglises, lancé à la suite de la deuxième Intifada à l’initiative des Eglises chrétiennes de Palestine. Venez, partagez un moment de notre vie, et retournez chez vous pour raconter, telle est la mission ! Les volontaires se relaient tous les trois mois, une trentaine à chaque fois et vivent au cœur des Territoires occupés, par équipe de quatre ou cinq, dans les zones les plus sensibles.

Le moins que l’on puisse dire est que pour Corinne et Laurent Mérer, la mission est accomplie et bien accomplie : sans scorie moralisante ni idéologique, la vie quotidienne dans les Territoires palestiniens occupés par la soldatesque israélienne est restituée réellement, cliniquement à la manière d’une leçon d’anatomie. On y vit la répression ordinaire et le racisme quotidien de l’occupation, de la colonisation et de la répression dans un système d’Apartheid que le nouveau président américain a décidé de légaliser, de cautionner et de favoriser.

Cet imparable constat n’est pas le fait d’excités ou d’idéologues. Laurent Mérer est officier de marine. Il a commandé les forces navales françaises de l’océan Indien. Vice-amiral d’escadre, il a été préfet maritime de l’Atlantique. Sa femme, Corinne, est une grande voyageuse et auteure de plusieurs ouvrages, dont la plupart ont été couronnés de prix littéraires dont un Grand Prix de l’Académie française. Plus qu’un engagement de simple espoir, leur livre ouvre des perspectives d’intelligence, d’espérance et de vie.

Les suivre sur ces chemins, c’est non seulement contribuer à répondre à la bêtise morbide et mortifère de la politique étrangère de Donald Trump, mais aussi mieux comprendre et aimer les terres qui ont vu se développer les trois religions du Livre. En ces temps troublés et afin de choisir des cadeaux intelligents pour les fêtes de Noël et de fin d’année, il est recommandé d’offrir aux amis le livre des Mérer.

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

1 La résolution 2334 a été adoptée le 23 décembre 2016. Relative à la question de Palestine, rappelant les résolutions 242, 338, 446, 452, 465, 476, 478, 1397, 1515 et 1850, elle « exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ». Le texte est présenté au vote par la Nouvelle-Zélande, le Sénégal, la Malaisie et le Venezuela, après que l’Égypte qui l’avait proposé dans un premier temps eut demandé un report du vote à la veille de sa tenue à la suite d’un entretien du général-président Abdel Fattah al-Sissi avec Benyamin Netanyahou et Donald Trump. Après une dernière tentative de le faire ajourner par l’intermédiaire de la Russie, le texte est mis au vote, avec la voix favorable de l’Égypte. La résolution est adoptée par 14 voix pour, aucune opposition, les États-Unis présidés par Barack Obama s’étant abstenus. Israël annonce cependant qu’il ne se conformera pas au vote du Conseil de sécurité.
2 Corinne et Laurent Mérer : S’ils se taisent, les pierres crieront… Trois mois en Palestine au service de la paix. Editions Balland, septembre 2017.
3 Ibid.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 11-12-2017

https://www.les-crises.fr/jerusalem-merci-a-donald-trump-par-richard-labeviere/

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*L'idée d'une médiation de la France est intéressante, mais une vue de l'esprit dans le cadre actuel (traités européens) , avec de surcroît un président français attaché à la "souveraineté européenne". Idem pour la "solution à deux états" comme le relève ce commentaire sur le site:

"Oui, l’illusion d’une médiation américaine dans le conflit israélo-palestinien est dissipée. On ne peut être “à la fois juge et partie prenante”, mais il a fallu l’élection du candidat indésirable à la Maison Blanche pour le découvrir ! Si Clinton avait été élue, la farce continuerait de plus belle…

Cela dit, je reste sceptique sur la position officielle des “deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité” entre la Mer et le Jourdain. Après tant de haine, et au point où en est la colonisation israélienne, cette solution est-elle réalisable ? L’État palestinien croupion serait-il viable ?

La droite israélienne soutient que c’est la Jordanie qui constitue l’État palestinien (la Transjordanie avait été détachée de la Palestine par les Anglais), ce qui est injuste mais assez réaliste. Une autre solution serait : un seul État sur l’ensemble de la Palestine, qui serait vraiment la patrie de tous, Juifs, Chrétiens et Musulmans. Mais c’est une vue de l’esprit."

A méditer... P.G.

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jeudi 21 décembre 2017

La preuve formelle que les dirigeants occidentaux et les États membres de l’OTAN ont toujours menti

Des documents déclassifiés démontrent que Mikhaïl Gorbatchev avait reçu l’assurance formelle que l’OTAN ne s’étendrait pas au delà de la frontière est-allemande de 1990. Nous avons maintenant la preuve formelle que les dirigeants occidentaux et les États membres de l’OTAN ont toujours menti.

ACT OTAN GORBATCHEV REAGAN

L’Otan a bel et bien promis à l’ex-URSS de ne pas s’étendre à l’Est. Cette affirmation ne vient pas des responsables russes qui n’ont pas cessé de le répéter à qui veut l’entendre, mais lce sont les chercheurs des prestigieuses archives nationales sur la sécurité aux États-Unis, basées à Washington, qui l’écrivent noir sur blanc dans leur dernier rapport du 12 décembre. Leur travail est le fruit de l’analyse de 30 documents déclassifiés, où ils ont découvert qu’effectivement, en 1990, les dirigeants occidentaux avaient fait une promesse au Président de l’URSS, Mikhaïl Gorbatchev, une promesse qui n’a pas été tenue… L’Otan ne devait pas étendre son emprise vers les pays qui se trouvaient à l’Est du mur de Berlin, tombé un an plus tôt.

Dès le mois de février 1990, le secrétaire d’État de George Bush père, James Baker, assurait à son homologue soviétique Edouard Chevardnadze que la guerre froide ayant pris fin, l’Otan serait «moins une organisation militaire et beaucoup plus une entité politique». Il promettait également des «garanties gravées dans le marbre: ni la juridiction, ni les forces de l’Otan ne progresseront plus loin à l’Est».À son tour, le 10 février 1990, le chancelier allemand Helmut Kohl tenait un discours très similaire à Mikhaïl Gorbatchev:

«Il est de notre avis que l’Otan ne devrait pas étendre sa sphère d’influence. Nous devons trouver une solution raisonnable. Je comprends très bien les enjeux liés à la sécurité de l’Union soviétique et je réalise parfaitement que c’est à vous, monsieur le Secrétaire général [Gorbatchev, ndlr] et à votre gouvernement soviétique, qu’il incombera d’expliquer au peuple soviétique ce qui va lui arriver».

Le Président français, François Mitterrand, ira même plus loin en déclarant qu’il n’était pas favorable à l’entrée dans l’Otan de l’Allemagne réunifiée.Dès 1997, la Pologne, la République tchèque et la Hongrie étaient invitées à rejoindre l’Otan et au total, 13 États européens en feront de même par la suite.

Les dirigeants de l’ancien bloc occidental et les États membres de l’Otan ont toujours nié qu’une telle promesse ait existé et, de fait, elle n’a jamais été consignée dans un quelconque traité.

Certains négociateurs présents à l’époque comme Robert Zoellick, avaient assuré qu’une erreur d’interprétation avait été commise par l’ancien bloc de l’Est à l’époque. L’ancien ambassadeur des États-Unis à Moscou, Michael McFaul, avait pour sa part taxé cette promesse de «mythe» dans une interview accordée en juin 2016 à site internet estonien.

Sputnik –  14.12.2017

Source: https://fr.sputniknews.com/international/201712141034341065-otan-urss-elargissement/

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