vendredi 25 mai 2018

Donald Trump annule sa rencontre prévue avec Kim Jong-un à Singapour

Alors que la Corée du Nord avait annoncé plus tôt dans la journée le démantèlement de son site d'essais nucléaires de Punggye-ri, le président américain Donald Trump a fait savoir ce 24 mai que sa rencontre prévue avec le chef d'Etat nord-coréen Kim Jong-un le 12 juin prochain à Singapour n'aurait pas lieu.

ACT ANNULATION TRUMP KIM

Dans une lettre publiée sur le compte Twitter de la Maison Blanche, Donald Trump estime «qu'il n'est pas opportun, à ce stade» de maintenir le sommet, soulignant qu'il était pourtant «très impatient» de rencontrer son homologue nord-coréen. «Malheureusement, au regard de l'énorme colère et de l'hostilité affichée dans votre dernière déclaration en date, je trouve qu'il serait inapproprié, à l'heure actuelle, de tenir cette rencontre prévue depuis longtemps», a-t-il poursuivi, s'adressant à Kim Jong-un. «Vous évoquez votre arsenal nucléaire, mais le nôtre est si massif et si puissant que je prie Dieu que nous n'ayons jamais à en faire usage», a encore écrit Donald Trump. Il qualifie cette «opportunité manquée» de «moment triste de l'histoire».

«Notre armée est prête» : Trump menace son homologue

S'exprimant un peu plus tard devant les journalistes, Donald Trump a assuré que les forces américaines étaient prêtes à agir en cas d'action «inconsidérée» de Kim Jong-un suite à l'annulation de la rencontre. «Notre armée, qui est de loin la plus puissante du monde, est prête», a mis en garde le président américain.

Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, la Corée du Nord a opéré la semaine dernière un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, annulant une rencontre intercoréenne et évoquant la possibilité de remettre en cause le tête-à-tête très attendu.

La dernière banderille a été plantée ce 24 mai par la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Cheo Son Hui, qui a fustigé les propos tenus ce 21 mai par le vice-président américain Mike Pence, qui avait affirmé que la Corée du nord pourrait finir comme la Libye de Mouammar Kadhafi, tué lors du soulèvement de son pays après avoir renoncé à l'arme atomique, si Kim Jong-un ne parvient pas à un accord avec Washington sur la dénucléarisation.

«Je ne peux pas cacher ma surprise devant de telles remarques idiotes et stupides venant de la bouche du vice-président américain», avait rétorqué indiqué Cheo Son Hui, dans une déclaration publiée par l'agence officielle KCNA.

«Nous ne quémanderons pas un dialogue auprès des Etats-Unis, et nous ne nous donnerons pas non plus la peine de les persuader s'ils ne veulent pas discuter avec nous», avait-elle ajouté, en précisant qu'elle recommanderait à Kim Jong-un d'annuler le sommet si les Etats-Unis persistaient «dans des actes illégaux et insultants».

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit ce 24 mai «profondément préoccupé» par l'annulation de ce sommet historique. «J'exhorte les parties à poursuivre leur dialogue pour trouver une voie vers une dénucléarisation pacifique et vérifiable de la péninsule coréenne», a-t-il poursuivi lors de la présentation de son agenda pour le désarmement à Genève en Suisse.

https://francais.rt.com/international/50962-donald-trump-declare-que-rencontre-kim-jong-un-aura-pas-lieu

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Les hypothèses vont bon train pour essayer de comprendre la situation: Kim- Jung- un serait- il en difficulté face à son "état profond"? Ou bien Trump sur ce dossier? Ou un mélange des deux...D'autres évoquent l'action de la Chine en coulisses. D'autres encore pensent que l'affaire était pliée depuis la sortie américaine de l'accord avec l'Iran. A suivre.   P.G.

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Victoire de Maduro : «Seuls Washington et ses alliés s’opposent à la volonté du peuple vénézuélien»

Après le succès de l'assemblée constituante vénézuélienne et la réussite du parti chaviste aux dernières municipales, Nicolas Maduro a remporté la présidentielle. Pour l'universitaire Salim Lamrani, «on ne peut lui nier sa légitimité démocratique».

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Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il est l'auteur du livre Fidel Castro, héros des déshérités, (Editions Estrella, 2016), préfacé par Ignacio Ramonet.

RT France : L'élection présidentielle au Vénézuela va-t-elle changer quelque chose ?

Salim Lamrani : Cette élection présidentielle est la preuve que le Venezuela est une démocratie qui fonctionne normalement, même si les médias occidentaux s’échinent à présenter ce pays comme un régime autoritaire. Il en ressort logiquement une image caricaturale de la révolution bolivarienne, bien éloignée de la réalité. Depuis l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir, il y a eu près de 20 processus électoraux dans le pays.

Le problème du Venezuela n’est pas Nicolas Maduro. Le problème est que ce pays subit le joug d’une opposition putschiste et antidémocratique qui refuse systématiquement le suffrage populaire dès lors qu’il lui est défavorable. Le peuple vénézuélien mérite une opposition digne de ce nom car une opposition constructive et respectueuse de la volonté du peuple est nécessaire à la vie politique.

RT France : Cette élection pourrait-elle marquer un changement de place du Venezuela sur la scène internationale ? Après sa réélection, Nicolas Maduro, gagne-t-il en légitimité et crédibilité ? Les sanctions internationales peuvent-elles durer ?

Salim Lamrani : Nicolas Maduro dispose de la légitimité suprême que lui ont conférée ses concitoyens en l’élisant président de la République. Seuls Washington et ses alliés, dont l’Union européenne, s’opposent à la volonté du peuple vénézuélien et aux règles démocratiques. On peut exprimer un désaccord avec la politique menée par le gouvernement, mais en aucun cas lui nier sa légitimité démocratique.

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On ne peut pas pointer du doigt le système électoral vénézuélien quand il est défavorable à l’opposition et l’applaudir quand cette même opposition obtient la majorité à l’Assemblée nationale ou remporte des municipalités ou des Etats.

Les sanctions internationales sont illégitimes et inefficaces. Depuis plus d’un demi-siècle, Washington impose des mesures de rétorsion économique iniques à Cuba qui affectent les catégories les plus vulnérables de la population et constituent le principal obstacle au développement du pays. Il en est de même pour le Venezuela. Il est regrettable que l’Union européenne, au lieu d’adopter une position indépendante et constructive vis-à-vis du Venezuela, s’aligne sur la politique étrangère des Etats-Unis. Si l’Union européenne est une puissance économique indéniable, elle reste un nain politique incapable de s’affranchir de l’influence étasunienne.

RT France : Comment a été perçue cette élection en Amérique latine ?

Salim Lamrani : Les alliés de Washington s’alignent sur la politique de leur maître et considèrent que ces élections sont illégitimes. Les autres nations du continent respectent la décision souveraine du peuple vénézuélien et l’indépendance du pays en ne s’immisçant pas dans ses affaires internes.

https://francais.rt.com/opinions/50848-venezuela-maduro-dispose-legitimite-supreme

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«Qu'ils aillent mille fois en enfer» : le message d'un ministre israélien à l'Union européenne

Le ministre israélien de l'Energie, Yuval Steinitz, n'a pas apprécié l’appel de l'Union européenne à une enquête sur les violences perpétrées par l'armée israélienne envers des manifestants arabes. Et il n'a pas mâché ses mots.

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Au cours d'une interview accordée ce 23 mai à la chaîne Radio 103, le ministre israélien de l’Energie, Yuval Steinitz, a fait savoir ce qu'il pensait de l'appel, formulé la veille par l’Union européenne, à l’ouverture d'«une enquête rapide» sur la répression violente par l’armée israélienne de manifestations à Haïfa les 18 et 20 mai. Les manifestants, en majorité des arabes israéliens selon le journal Haaretz, protestaient notamment contre les violences qui ont endeuillé Gaza, où 62 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, le 14 mai.

«Qu'ils aillent mille fois, mille fois, en enfer», a lâché le ministre, au sujet de l'Union européenne (UE), selon des propos rapportés par Haaretz. «L'UE lèche maintenant les bottes de l'Iran et va aider [Téhéran] contre les sanctions américaines», a poursuivi Yuval Steinitz, accusant Bruxelles de «harceler» Israël.

«L'Iran se livre à des exécutions, torture les homosexuels, viole les droits des femmes, soutient le terrorisme et [Bachar el-]Assad, qui utilise des armes chimiques contre son peuple», a estimé le ministre israélien.

Jugeant que l'UE «ne représent[ait] pas réellement les nations européennes», il a estimé : «C'est une organisation que personne ne dirige et qui est moins favorable à Israël que les Etats européens eux-mêmes.» 

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, cité par Haaretz, estime lui aussi que l’Etat hébreu n'a «pas besoin [...] d'avertissements moralisateurs d'un organe partial et obsessionnel comme l'UE»

L'Union européenne avait fait part de son opposition au transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, estimant que cette initiative, prise par Donald Trump en décembre dernier, compromettrait sérieusement le processus de paix dans la région.

https://francais.rt.com/international/50934-mille-fois-enfer-

Edouard Philippe annule sa visite en Israël

Le Premier ministre a informé les autorités israéliennes qu'il annulait sa visite dans l'Etat hébreu, prévue les 31 mai et 1er juin prochains. Matignon met en avant un agenda intérieur monopolisé par plusieurs réformes, dont celle de la SNCF.

«La visite du Premier ministre français [Edouard Philippe en Israël, prévue les 31 mai et 1er juin] est annulée côté français pour des raisons intérieures», a rapporté le ministère israélien des Affaires étrangères, dans un bref communiqué publié le 23 mai.

Edouard Philippe devait notamment inaugurer le 1er juin à Jérusalem avec son homologue israélien Benjamin Netanyahou, la Saison croisée France-Israël, une série d’événements culturels et économiques qui se dérouleront simultanément dans les deux pays entre juin et novembre 2018. 

De son côté, Matignon a confirmé le report de la visite, faisant notamment référence à la série de réformes en cours. Edouard Philippe est notamment en première ligne sur la réforme de la SNCF, qui fait face à une vive contestation depuis plusieurs semaines. Selon Le Figaro, le locataire de Matignon «ira évidemment» en Israël, mais aucune date n'a pour l'heure été avancée. 

Une relation franco-israélienne sous tension ?

Sur Twitter, le député UDI Meyer Habib, fervent soutien du gouvernement israélien, a fait part de son regret : «Une occasion manquée de réchauffer les relations bilatérales après les condamnations décevantes de la France et le lynchage médiatique d'un Israël en légitime défense.» 

L'annulation de la visite du Premier ministre intervient dans un contexte de tension des relations entre la France et Israël après les récentes violences survenues dans bande de Gaza où 62 Palestiniens ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens, le 14 mai, alors qu’ils protestaient contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Emmanuel Macron avait alors «condamné les violences et souligné l’importance de la protection des populations civiles et du droit à manifester pacifiquement».

https://francais.rt.com/france/50920-edouard-philippe-annule-visite-israel

AFFICHE GAZA MASSACRE

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jeudi 24 mai 2018

La nouvelle campagne de Trump contre l’Iran n’atteindra pas ses objectifs

TRIBUNE LIBRE /  Moon of Alabama

TL IRAN US GUERRE

Publié le 21 Mai 2018 sous le titre Trump’s New Campaign Against Iran Will Not Achieve Its Aims

L’administration Trump a dit clairement aujourd’hui qu’elle avait l’intention de provoquer un changement de régime en Iran par tous les moyens possibles.

Dans un discours à la Heritage Foundation qui a fait grand bruit, le secrétaire d’État Pompeo a présenté douze demandes à l’Iran. Il l’a menacé « des sanctions les plus sévères de l’histoire » si ces exigences n’étaient pas satisfaites.

Mais ces demandes n’ont pas de sens. Elles ne font que démontrer l’incompétence de l’administration Trump. Les moyens que l’administration Trump a mis en place pour atteindre ses objectifs ne sont pas réalistes et, même s’ils étaient réalisables, ils seraient insuffisants pour atteindre les résultats souhaités.

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Il est demandé à l’Iran de cesser tout enrichissement d’uranium. Mais l’Iran ne peut pas arrêter l’enrichissement. Ce programme est un des fleurons de la politique iranienne et il bénéficie d’un large soutien public car il est considéré comme un attribut de sa souveraineté.

Pompeo exige que l’Iran ferme son réacteur à eau lourde. L’Iran ne peut pas fermer son réacteur à eau lourde. Il n’en a pas. Celui qu’il construisait à Arak a été rendu inutilisable du fait de l’accord nucléaire (JCPOA). Du béton a été coulé dans son noyau sous la supervision des inspecteurs de l’AIEA. Comment le secrétaire d’État des États-Unis peut-il faire une demande qui ne tient aucun compte de la réalité dans un discours préparé à l’avance ?

Une autre exigence est que l’Iran cesse de soutenir la résistance palestinienne. L’Iran ne cessera jamais de soutenir la Palestine tant que l’occupation israélienne se poursuit. Il est aussi demandé à l’Iran de ne pas développer de missiles « nucléaires ». L’Iran s’est déjà engagé à le faire dans le cadre du JCPOA que Trump a fait exploser. Une autre exigence est que l’Iran retire toutes ses troupes de Syrie et mette fin à toute ingérence en Irak, au Yémen, en Afghanistan et ailleurs.

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Tout cela exigerait un changement radical du caractère national et des politiques de l’Iran. Il faudrait qu’il devienne quelque chose comme le Lichtenstein. L’administration de Trump n’a aucun moyen de l’y contraindre.

A l’issue d’un dur labeur, l’administration Obama avait réussi à amener une grande partie du monde à accepter des sanctions contre l’Iran. Cela a été possible parce que les autres pays ont cru la promesse d’Obama d’honorer l’accord à venir et de négocier sérieusement. Il a fallu beaucoup d’unité et de confiance internationales pour parvenir à l’accord nucléaire.

Aujourd’hui, Trump exige beaucoup plus, mais il n’a pas de front international uni derrière lui. Personne ne croit en sa parole. Les Européens sont furieux que Trump les menace de sanctions secondaires s’ils s’en tiennent à l’accord qu’ils ont signé, et continuent de traiter avec l’Iran. Même s’ils finissent par plier et qu’ils cessent, dans une certaine mesure, de traiter avec l’Iran, ils essaieront de contourner les sanctions unilatérales des États-Unis.

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Ni la Chine, ni la Russie, ni l’Inde ne cesseront de faire des affaires avec l’Iran. En fait, les sanctions unilatérales américaines leur ouvrent de nouveaux marchés. La compagnie pétrolière française Total a annoncé qu’elle allait renoncer à son projet de développement du champ gazier iranien de South Pars afin d’éviter des sanctions américaines secondaires sur ses autres intérêts. La Chine a dit « merci » et a pris le relais. De même, la Russie poursuivra tout qu’elle le peut. Son industrie agricole fournira à l’Iran tout ce dont il a besoin. Elle continuera de vendre des armes à l’Iran. La Chine, l’Inde et d’autres continueront d’acheter du pétrole iranien.

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L’administration de Trump va provoquer quelques désordres économiques. Elle va également affaiblir les États-Unis et l’Europe et renforcer la Russie et la Chine. La menace de sanctions secondaires conduira à terme à la création d’une économie mondiale parallèle sécurisée. Le réseau d’échange d’informations financières SWIFT, qui achemine les paiements internationaux entre banques, peut être remplacé par des systèmes de pays à pays qui ne dépendent pas d’institutions sanctionnables. Au lieu du dollar étasunien comme moyen de change universel, on peut utiliser d’autres devises ou faire du troc. L’abus ridicule des sanctions économiques et financières finira par détruire la capacité des États-Unis à s’en servir comme outil de politique étrangère.

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Le discours de Pompeo va unir le peuple iranien. Les néolibéraux modérés qui entourent l’actuel président Rohani rejoindront les tenants de la ligne dure nationaliste dans la résistance. Les exigences étasuniennes dépassent largement ce qu’un gouvernement iranien quel qu’il soit peut assumer. Un Iran qui prend en compte la volonté de son peuple ne les acceptera jamais.

Le seul moyen pour l’administration Trump d’atteindre ses objectifs serait un changement de régime. Mais il y a déjà eu une tentative de changement de régime dans l’Iran actuel et elle a échoué. La « révolution verte » a été fortement soutenue par Obama. Mais elle a été aisément contrecarrée et elle a échoué. Il y a eu diverses campagnes d’assassinats en Iran, mais cela n’a pas changé sa politique. La taille et le relief de l’Iran rendent impossible une attaque militaire directe comme en Libye. L’Iran est en mesure de riposter contre une attaque en frappant des intérêts américains dans le Golfe.

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Les États-Unis peuvent, et vont sans doute, continuer à attaquer les forces et les intérêts iraniens en Syrie et ailleurs. Leur armée va s’efforcer de faire obstacle à l’Iran dans le Golfe. La CIA va essayer d’envenimer les dissensions iraniennes internes.  L’aggravation des sanctions portera préjudice à l’économie iranienne. Mais rien de tout cela ne pourra empêcher le sentiment national de l’Iran de se concrétiser dans sa politique étrangère, telle qu’elle est aujourd’hui.

Dans un an ou deux, l’administration Trump constatera que sa campagne de sanctions a échoué. Il y aura des pressions en faveur d’une attaque militaire directe contre l’Iran. Mais il y a déjà eu des plans pour attaquer l’Iran sous George W. Bush. À l’époque, le Pentagone avait indiqué qu’une telle guerre entraînerait de très graves pertes et échouerait probablement malgré tout. Je doute donc qu’elle ait jamais lieu.

Qu’est-ce que l’administration Trump pourra faire quand il s’avérera que le plan A qu’elle vient de rendre public a échoué ?

Moon of Alabama

Article original: Trump’s New Campaign Against Iran Will Not Achieve Its Aims

Traduction : Dominique Muselet

URL: https://arretsurinfo.ch/la-nouvelle-campagne-de-trump-contre-liran-natteindra-pas-ses-objectifs/

mercredi 23 mai 2018

La dernière menace de Trump envers la Corée du Nord rend un accord impossible

TRIBUNE LIBRE / par Moon of Alabama

TL TRUMP KIM

Publié le 18 mai 2018 sous le titre Trump’s Newest Threat To North Korea Makes A Deal Impossible

Le président Trump a de nouveau fait dérailler les négociations avec la Corée du Nord. Il sera difficile de les remettre sur les rails. En raison de son attitude, il est peu probable qu’un accord soit conclu.

Mardi soir, la Corée du Nord a menacé d’annuler le sommet avec le président américain Trump. Les remarques du conseiller américain à la sécurité nationale Bolton, selon lesquelles le « modèle libyen » serait appliqué à la Corée du Nord, ont été considérées comme une insulte.

La Libye avait acheté de l’équipement qui aurait pu être utilisé pour commencer à enrichir de l’uranium. Mais elle n’a jamais eu de programme coordonné de développement d’armes nucléaires et n’a jamais eu la base industrielle et académique nécessaire à la poursuite d’un tel projet. Pour échapper aux sanctions, la Libye a renoncé au peu de matériel qu’elle avait. Tout a été expédié aux États-Unis avant la levée des sanctions. Bolton n’a probablement voulu parler que de cette partie du « modèle libyen ».

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Mais il y a aussi l’autre partie. Quelques années après que la Libye a renoncé à son minuscule matériel nucléaire, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis (FUKUS*) ont mené une guerre de changement de régime contre elle. Avec l’aide des États-Unis, Muhammad Kadhafi a été assassiné par des islamistes radicaux et Hillary Clinton a même trouvé ça drôle (vidéo). Depuis le chaos absolu règne en Libye, assorti d’une guerre tribale multiforme compliquée par une ingérence étrangère incessante.

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La Corée du Nord s’est évidemment insurgée contre cette comparaison. Il n’est pas question que lui soit appliquée l’une ou l’autre partie du modèle libyen. Elle se considère, à juste titre, comme un État nucléaire à part entière. Elle exige de négocier sur un pied d’égalité.

Mercredi, après la menace nord-coréenne d’annuler le sommet, le porte-parole de la Maison-Blanche est revenu sur le « modèle libyen » de Bolton :

Se référant à la comparaison avec la Libye, l’attachée de presse de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a déclaré mercredi qu’elle n’avait pas « considéré cela comme faisant partie des discussions et je ne sais pas si c’est un modèle que nous utilisons. »

« Il ne me semble pas qu’il s’agisse de quoi que ce soit de concret. Je sais que cela a été dit mais il n’y a pas de précis sur la façon dont cela fonctionnerait. »

Le train vers la rencontre au sommet semblait de retour sur les rails. Puis Donald Trump l’a encore fait dérailler.

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Lors d’une conférence de presse hier, il a été interrogé sur la question du « modèle libyen » (vidéo) et, dans une remarque apparemment improvisée, il a réussi à pousser cette comparaison hasardeuse encore plus loin:

« Le modèle, si vous regardez le modèle de Kadhafi, il s’agissait d’une annihilation totale. On y est allé pour en finir avec lui. Maintenant, ce modèle sera appliqué si nous ne concluons pas d’accord, très probablement. Mais si on fait un marché, je pense que Kim Jong-un sera très, très content. »

On pourrait appeler cela « l’art de l’entente cordiale dans la maffia » : « Signe ici ou je te tue. »

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Certains médias prétendent que Trump ne faisait que « rassurer » Kim Jong-un. Reuters a titré : Trump cherche à rassurer la Corée du Nord Kim avant le sommet ; le New York Times : Trump et la Corée du Nord rejettent le ‘modèle libyen’ de Bolton ; Politico : Trump rassure Kim de Corée du Nord tout en le mettant en garde.

Dans mon expérience, une menace « d’annihilation totale » est bien plus qu’une « mise en garde ».

Le Guardian britannique avait un point de vue plus réaliste : Donald Trump menace Kim Jong-un : signe l’accord ou tu subiras le même sort que Kadhafi.

La menace de Trump prouve à la Corée du Nord qu’elle a eu raison d’acquérir des armes nucléaires capables d’atteindre le continent américain. Y renoncer serait suicidaire.

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Trump a également marmonné qu’il donnerait de « fortes garanties » à la Corée du Nord et à Kim Jong-un pour leur sécurité s’ils concluaient un accord. Il n’a pas dit quelles seraient ces garanties. La façon dont Trump a détruit l’accord nucléaire avec l’Iran, qui avait reçu de « fortes garanties » d’un président américain ainsi que  l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU, démontre qu’aucune garantie étasunienne ne vaut le papier sur laquelle elle est inscrite.

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Lorsque la rencontre au sommet a été annoncée, j’ai tout de suite dit qu’elle avait peu de chances d’aboutir parce qu’il y a trop de fauteurs de trouble potentiels qui ont intérêt à ce que le conflit avec la Corée du Nord se poursuive. Il s’agit notamment de John Bolton, de l’armée américaine et du président japonais Abe.

La Corée du Nord répondra certainement à la menace d’ »annihilation totale » de Trump. Elle se retirera probablement du sommet, prévu pour le 12 juin à Singapour.  Elle pourrait revenir si la Maison Blanche revenait sur les commentaires de Trump. La Chine, qui voudrait que la Corée du Nord et les États-Unis concluent un accord, fera savoir à la Maison-Blanche ce qu’elle doit faire.

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Mais je crois maintenant que le sommet, même s’il a lieu, n’a aucune chance de réussir. Trump n’a aucune connaissance des paramètres politiques et techniques et n’a aucun sens de la culture asiatique. Il va râler, rager et insulter son partenaire de négociation. Il va probablement exiger le désarmement nucléaire total de la Corée du Nord. Il n’obtiendra pas d’accord.

Ce n’est qu’après cet échec qu’il se rendra compte qu’une « annihilation totale » de la Corée du Nord n’est tout simplement pas en son pouvoir.

Moon of Alabama

Article original en anglais: Trump’s Newest Threat To North Korea Makes A Deal Impossible

URL: https://arretsurinfo.ch/la-derniere-menace-de-trump-envers-la-coree-du-nord-rend-un-accord-impossible/

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“Le plus grand joueur de l’histoire mondiale”

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 01-05-2018

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John Mauldin nous livre une vision très pertinente de la Chine :

« Dans les années 1990, Robert Rubin, secrétaire au Trésor sous Bill Clinton, négociait les conditions d’admission de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce. Mes sources disent qu’il demandait exactement les mêmes choses que Trump veut maintenant… Mais en 1998, au milieu du scandale Monica Lewinsky, Clinton voulait une “victoire” (un peu comme l’actuel président.) Et Rubin n’était pas à la hauteur de ses exigences en matière d’accès au marché et de garanties sur la propriété intellectuelle, etc. Clinton a ensuite retiré les négociations chinoises à M. Rubin et les a remises à la secrétaire d’État Madeleine Albright avec les instructions pour y parvenir.

N’étant pas un expert en commerce, Albright ne comprenait pas les problèmes sous-jacents. Les Chinois ont reconnu qu’elle n’avait rien dans son jeu et ils ont tenu bon. En résumé, mes sources disent qu’elle a effectivement cédé. Clinton a obtenu sa “victoire” et nous sommes restés coincés dans un mauvais accord commercial. Lorsque Trump prétend que nous avons été piégés dans le cadre d’un mauvais accord commercial, il a raison, même si je me demande s’il comprend l’histoire. Quelqu’un lui a peut-être donné le contexte, mais il n’en a jamais parlé dans ses discours. Cet accès à l’OMC, qui s’est finalement produit en 2001, a permis à la Chine de commencer à s’emparer des marchés par des moyens légaux et d’accéder à la propriété intellectuelle américaine sans payer pour cela…

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Est-ce que cela fait une différence maintenant ? Probablement pas… Mais on en arrive à la rivalité dont nous avons parlé plus haut. Est-il possible pour les États-Unis et la Chine de rester ensemble dans une organisation comme l’OMC ? Trump semble en douter, car il a menacé de se retirer de l’OMC. Un jour ou l’autre, nous pourrions considérer cette période où un seul organisme régit le commerce international comme une aberration – un beau rêve qui n’a jamais été réaliste. Si c’est le cas, préparez-vous à de grands changements. »

Cela va jusqu’au cœur de l’une des plus grandes questions géopolitiques auxquelles l’Europe et l’Amérique sont confrontées. Mauldin nous donne alors ce qui fait l’objet d’un consensus : « malgré certains de ses discours, je ne crois pas que [Trump] soit idéologiquement contre le commerce. Je pense qu’il veut juste une “victoire” américaine et qu’il est souple sur ce que cela signifie ». Oui, Trump pourrait bien finir par faire du « Clinton », mais l’Amérique a-t-elle une alternative réaliste, si ce n’est de s’accommoder de la montée de la Chine ? Le monde a changé depuis l’ère Clinton : il ne s’agit plus seulement de se disputer sur les termes de l’échange.

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Xi Jinping se trouve au sommet du système politique chinois. Son influence s’étend maintenant à tous les niveaux. Il est le leader le plus puissant depuis le président Mao. Kevin Rudd (ancien premier ministre de l’Australie, qui étudie la Chine depuis longtemps) note, « rien de tout cela n’est pour les timorés… Xi a grandi dans la politique du parti chinois telle qu’elle est menée aux plus hauts niveaux. Par l’intermédiaire de son père, Xi Zhongxun… il a reçu des “cours de maître” non seulement sur la façon d’y survivre, mais aussi sur la façon de l’emporter en son sein. Pour ces raisons, il s’est avéré être l’homme politique le plus redoutable de son temps. Il a réussi à devancer, à déborder, à dépasser, puis à éliminer chacun de ses adversaires politiques. Le terme poli pour cela est la consolidation du pouvoir. En cela, il a certainement réussi. »

Et voilà le hic : le monde que Xi envisage est totalement incompatible avec les priorités de Washington. Xi n’est pas seulement plus puissant que n’importe quel prédécesseur autre que Mao, il le sait et a l’intention de laisser sa marque dans l’histoire du monde. Une qui équivaut, voire surpasse, celle de Mao.

Lee Kuan Yew, qui, avant sa mort en 2015, était le premier observateur de la Chine, avait une réponse sans équivoque sur la trajectoire étonnante de la Chine au cours des 40 dernières années : « L’ampleur de la transformation de l’équilibre mondial dû à la Chine est telle que le monde doit trouver un nouvel équilibre. Il n’est pas possible de prétendre qu’il ne s’agit que d’un autre grand joueur. C’est le plus grand joueur de l’histoire du monde. »

L’année 2021 marque le centenaire de la fondation du Parti communiste chinois, et Xi a clairement l’intention qu’en 2021, la Chine présente les réalisations de ses objectifs du premier centenaire. D’ici là, la Chine espère être l’économie la plus puissante du monde (elle l’est déjà là – sur la base de la parité du pouvoir d’achat), et une puissance émergente de classe mondiale – tant sur le plan politique que militaire. Selon Richard Haas, président du US Council for Foreign Relations, « l’ambition à long terme [de la Chine] est de démanteler le système des alliances américaines en Asie, en le remplaçant par un ordre de sécurité régionale plus bienveillant (du point de vue de Pékin) dans lequel elle jouit d’une place de choix, et idéalement une sphère d’influence à la mesure de son pouvoir ». (mais pourtant, Haas sous-estime peut-être les choses).

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Pour atteindre le premier des deux objectifs du centenaire (le deuxième se termine en 2049), la Chine a un volet économique majeur, un volet économique/politique et un volet politique/militaire à la réalisation de ses objectifs.

Le plan « Made in China 2025 » est une vaste politique industrielle qui bénéficie d’un financement public massif en R & D (232 milliards de dollars en 2016), y compris une intégration potentielle explicite à double usage dans l’innovation militaire. Son principal objectif, outre l’amélioration de la productivité, est de faire de la Chine le « leader mondial de la technologie » et de faire en sorte que la Chine devienne autosuffisante à 70% en matériaux et composants clés. C’est peut-être bien connu en théorie, mais peut-être que l’évolution vers l’autosuffisance de la Chine et de la Russie implique quelque chose de plus brutal. Ces États s’éloignent du modèle commercial libéral classique au profit d’un modèle économique fondé sur l’autonomie et une économie dirigée par l’État (comme le préconisent des économistes comme Friedrich List, avant d’être éclipsés par la prédominance de ceux qui pensent comme Adam Smith).

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Le deuxième volet de la politique est la fameuse initiative « Belt and Road » [Nouvelle route de la soie, NdT], qui reliera la Chine à l’Europe. Cependant, l’élément économique est souvent ramené en Occident à une « simple infrastructure » – bien qu’à grande échelle. Sa conception représente plutôt une attaque directe contre le modèle économique occidental hyper-financiarisé. Dans une célèbre remarque critique dirigée contre la forte dépendance de la Chine à l’égard d’une croissance de style occidental, axée sur la dette – un auteur anonyme (que l’on croit être Xi ou un proche collègue) a noté (avec sarcasme) l’idée que de grands arbres ne pouvaient être cultivés « en l’air ». Ce qui veut dire que les arbres doivent avoir des racines et pousser dans le sol. Au lieu de l’activité « virtuelle » et financiarisée de l’Occident, l’activité économique réelle découle de l’économie réelle, avec des racines plantées dans la terre. La « nouvelle route de la soie » n’est qu’un catalyseur majeur de l’économie réelle.

Son aspect politique, bien sûr, est évident : Il créera un immense bloc d’échange et d’influence (en renminbis) [Le yuan ou renminbi est la devise nationale de la Chine, NdT] et, étant basé sur la terre, déplacera le pouvoir stratégique de la domination occidentale via la puissance maritime vers des routes terrestres sur lesquelles la puissance militaire conventionnelle occidentale est limitée – tout comme, de la même manière, il transférera la puissance financière du système du dollar de réserve vers le renminbi et d’autres monnaies.

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L’autre aspect, qui a été beaucoup moins remarqué, est la façon dont Xi a réussi à harmoniser ses objectifs avec ceux de la Russie. D’abord prudent à l’égard du projet « nouvelle route de la soie » quand Xi l’a lancé en 2013, le Kremlin, s’est rapproché de l’idée dans la foulée du coup d’État occidental contre ses intérêts en Ukraine, et avec le projet conjoint de l’Amérique avec l’Arabie saoudite pour faire chuter le prix du pétrole (l’Arabie saoudite voulait faire pression sur la Russie pour qu’elle abandonne Assad, et les États-Unis pour affaiblir le Président Poutine, en affaiblissant le rouble et les finances du gouvernement).

Ainsi, en 2015, le président Poutine s’était engagé à lier l’Union économique eurasienne de la Russie et la ceinture économique de la Route de la soie de la Chine, et deux ans plus tard, Poutine était l’invité d’honneur du sommet « Une ceinture, une route », qui s’est tenu à Pékin.

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Ce qui est intéressant, c’est la façon dont la Russie a intégré la vision de Xi dans sa propre pensée de la « Grande Eurasie », conçue comme l’antithèse centrale d’un ordre mondial financiarisé et dirigé par les Américains. Le Kremlin, bien sûr, comprend bien que dans le domaine du commerce et de la finance, la position de la Russie en Eurasie est beaucoup plus faible que celle de la Chine. (L’économie de la Chine est huit à dix fois plus importante que celle de la Russie).

Les forces cruciales de la Russie se situent traditionnellement dans les domaines politico-militaire et diplomatique. Ainsi, laissant les initiatives économiques à la Chine, Moscou s’efforce de jouer le rôle d’architecte en chef d’une architecture politique et de sécurité eurasienne, d’un concert de grandes puissances asiatiques et de producteurs d’énergie.

Le président Poutine a, dans un sens, trouvé la symétrie et la complémentarité de la politique de Xi en matière de routes et de couloirs (un équilibre asymétrique de la Russie, si l’on veut, à la force économique brute de Xi) dans sont livre One Map ; Three Regions’ politics [Carte unique ; politique des trois régions, NdT], Bruno Maçães a écrit :

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En octobre 2017, Igor Sechin, directeur général de Rosneft, a pris la décision inhabituelle de présenter un rapport géopolitique sur les « idéaux de l’intégration eurasienne » devant un auditoire à Vérone, en Italie. L’une des cartes projetées à l’écran pendant la présentation montrait le supercontinent – ce que les cercles russes appellent « Grande Eurasie » – divisé en trois régions principales. Pour Sechin, la division cruciale n’est pas entre l’Europe et l’Asie, mais entre les régions de consommation d’énergie et les régions de production d’énergie. Les premières sont organisées sur les bords ouest et est du supercontinent : Europe, y compris la Turquie, et l’Asie-Pacifique, y compris l’Inde.

Entre elles, nous trouvons trois régions de production d’énergie : La Russie et l’Arctique, la Caspienne et le Moyen-Orient. Il est intéressant de noter que la carte ne sépare pas ces trois régions, préférant tracer une ligne de délimitation autour des trois. Elles sont contiguës, formant ainsi un seul bloc, du moins d’un point de vue purement géographique.

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La carte, note Maçães, « illustre un point important sur la nouvelle image d’elle même qu’à la Russie. Du point de vue de la géopolitique énergétique, l’Europe et l’Asie-Pacifique sont parfaitement équivalentes, fournissant des sources alternatives de demande en ressources énergétiques…. Et, si l’on considère les trois zones [délimitées sur la carte], il devient évident que deux d’entre elles sont déjà dirigées et organisées par un acteur de premier plan : L’Allemagne dans le cas de l’Europe ; et la Chine pour l’Asie-Pacifique ».

C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le regain d’intérêt et l’intervention de la Russie au Moyen-Orient. En consolidant les trois régions productrices d’énergie sous sa direction, la Russie peut être un véritable égal de la Chine dans l’élaboration du nouveau système eurasien. Ses intérêts se situent maintenant plus résolument dans l’organisation d’une volonté politique commune pour la région centrale de production d’énergie, que dans la récupération des »”vieux désirs » de faire partie de l’Europe.

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Et la ‘volonté politique’ est aussi le projet de Xi : Alors qu’après que la révolution culturelle de Mao a essayé d’effacer le passé ancien de la Chine et de le remplacer par le « nouvel homme socialiste » du communisme, Xi a de plus en plus dépeint le parti comme l’héritier et le successeur d’un empire chinois vieux de 5 000 ans que seul l’Occident maraudeur a abaissé, écrit Graham Allison, auteur de Destined for War : Can America and China Escape Thucydides’s Trap ? Ainsi, le Parti a évoqué les humiliations passées aux mains du Japon et de l’Occident « pour créer un sentiment d’unité qui s’était fracturé, et pour définir une identité chinoise fondamentalement en désaccord avec la modernité américaine ».

Enfin, Xi s’est engagé à rendre sa puissance à la Chine. Il croit qu’une armée « capable de se battre et de gagner des guerres » est essentielle pour réaliser toutes les autres composantes de la « régénération » de la Chine. L’Amérique a davantage d’organisation militaire que la Chine, cependant que Moscou dispose d’armes technologiquement meilleures – mais la Chine rattrape aussi rapidement l’Occident à cet égard. La coopération militaire stratégique directe entre la Chine et la Russie (la Chine soutenait militairement et politiquement la Russie) était évidente dans la récente poussée de propagande américaine et britannique – Skripal et armes chimiques en Syrie – contre la Russie. Cette coopération agit comme un moyen de dissuasion contre l’entreprise d’une action militaire américaine contre l’un ou l’autre État.

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À Washington, contrairement à Pékin, il y a différentes voix qui tentent de définir comment l’Amérique devrait interagir avec la Chine. Trump a parlé le plus fort, cependant les idéologues sont là aussi, réclamant un réajustement fondamental des termes du commerce et des droits de propriété intellectuelle. Mais l’armée américaine est également convaincue que les États-Unis doivent rester l’hégémon militaire dans la région Asie-Pacifique et que la Chine ne doit pas être autorisée à repousser l’Amérique vers le large. Il y a, cependant, une rare unité à Washington – parmi les « groupes de réflexion » et entre les deux principaux partis politiques – sur un point et un seul : la Chine constitue la menace « numéro un » pour l’ordre mondial « fondé sur des règles » dirigé par les Américains… et devrait être remise à sa place.

Mais quels sont – parmi les objectifs de la Chine décrits ci-dessus – ceux sur lesquels les États-Unis pensent pouvoir d’une manière ou d’une autre « revenir en arrière » et réduire plus substantiellement le poids de la Chine – ce sans entrer en guerre ?

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En réalité, Xi peut accorder à Trump suffisamment de concessions mineures (c’est-à-dire sur les questions de prévalence et de propriété intellectuelle) pour permettre à Trump de revendiquer une « victoire » (c’est-à-dire de refaire un coup à la « Clinton »), et d’acheter quelques années de paix économique frileuse, tandis que les États-Unis continuent d’accumuler les déficits commerciaux et budgétaires. Mais en fin de compte, l’Amérique devra décider de s’adapter à la réalité, ou risquer au mieux la régression, ou la guerre au pire.

Cela sera difficile à la fois économiquement et géopolitiquement, d’autant plus que ceux qui prétendent connaître Xi semblent convaincus qu’en plus de vouloir faire de la Chine le « plus grand acteur de l’histoire du monde », Xi aspire aussi à être celui qui, enfin, réunifiera la Chine : non seulement le Xinjiang et le Tibet sur le continent, mais aussi Hong Kong et Taïwan. L’Amérique peut-elle encaisser culturellement l’idée que Taïwan « démocratique » soit militairement unifiée à la Chine ? Pourrait-elle l’échanger contre une solution nord-coréenne ? Cela semble improbable.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 01-05-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

https://www.les-crises.fr/le-plus-grand-joueur-de-lhistoire-mondiale-par-alastair-crooke/

Guerre commerciale : la Chine lâche du lest aux Etats-Unis

La Chine a accepté de prendre des mesures pour importer davantage de produits américains afin de réduire le déficit commercial des Etats-Unis. Les surtaxes douanières sur le fer et l'acier notamment sont suspendues, a annoncé le secrétaire américain au Trésor.

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La Chine et les Etats-Unis ont décidé de renoncer à toute guerre commerciale et à l'augmentation des droits de douane respectifs, ont annoncé dimanche les médias officiels chinois. Dans un communiqué commun, Washington et Pékin ont fait état d'un "consensus" sur le fait de prendre des mesures pour réduire de manière significative le déficit des Etats-Unis sur les échanges de marchandises avec la Chine.

Les deux pays ne mentionnent toutefois pas l'objectif de 200 milliards de dollars de réduction de l'excédent chinois, avancé un peu plus tôt par la Maison blanche. Ils promettent de poursuivre leurs discussions sur la réduction de cet excédent, proche de 335 milliards de dollars par an, qui menace de donner lieu à une guerre commerciale.

"Pour répondre aux besoins de consommation croissants des Chinois et à la nécessité d'un développement économique de qualité, la Chine augmentera considérablement ses achats de biens et de services aux Etats-Unis, ce qui contribuera à soutenir la croissance et l'emploi aux Etats-Unis", déclarent les deux pays dans le communiqué.

Droits de douane suspendus

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Le texte ne précise pas si l'échéance de mardi sur une possible entrée en vigueur de nouvelles mesures frappant pour 50 milliards de dollars de marchandises chinoises, était dès lors suspendue. Cependant, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a déclaré dimanche sur Fox News que "pour le moment, nous nous sommes mis d'accord pour suspendre les taxes pendant que nous nous efforçons de mettre en œuvre ce cadre". Il a précisé que si la Chine ne tenait pas ses engagements, le président Donald Trump "pouvait toujours décider de remettre en œuvre ses taxes".

"Les deux parties sont parvenues à un consensus, ne s'engageront pas dans une guerre commerciale et n'augmenteront pas les droits de douane respectifs", a déclaré le vice-Premier ministre chinois Liu He, selon l'agence officielle Xinhua.

https://www.latribune.fr/economie/international/guerre-commerciale-la-chine-lache-du-lest-aux-etats-unis-779007.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180521

OUTIL EUROPE PUISSANCE GEOPOLITIQUE

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mardi 22 mai 2018

Les Etats-Unis et l'abus de droit

TRIBUNE LIBRE / Daniel Fortin / Rédacteur en chef

TL TRUMP SOUVERAINETE

Les nouvelles menaces de sanctions contre les entreprises commerçant avec l'Iran montrent la faiblesse de l'Europe face à l'impérialisme juridique américain.

L' « Oracle » Trump a parlé et voici les entreprises françaises - comme du reste leurs homologues étrangères et américaines -  sommées de quitter l'Iran avant le 4 novembre prochain sous peine de lourdes sanctions financières et/ou de rétorsions commerciales. La décision prise par Washington de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 rouvre ainsi de façon spectaculaire le débat sur l'impérialisme juridique des Etats-Unis, autorisés à imposer leurs règles partout où ils le souhaitent hors de leurs frontières.

souverainet-europenne

Vu d'Europe, on ne peut qu'être choqué par l'ingérence de l'ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, sommant mardi les entreprises allemandes de cesser « immédiatement » leurs activités en Iran. Et l'on est abasourdi par l'incapacité européenne à s'opposer à la toute-puissance d'un droit américain que Donald Trump a choisi d'utiliser pour ce qu'il est, c'est-à-dire une redoutable arme économique.

On aura beau jeu de s'indigner contre cette confiscation des règles du commerce international au profit d'une seule puissance, fût-elle la plus grande du monde. Ce serait oublier que le principe d'extraterritorialité du droit américain n'est pas nouveau et que Donald Trump ne l'a pas inventé. Faut-il rappeler ici que c'est sous le mandat du modéré Barack Obama que BNP Paribas s'est vu infliger en 2014  une amende de 8,9 milliards de dollars pour avoir violé l'embargo américain contre Cuba, le Soudan et - déjà - l'Iran entre 2002 et 2009 ?

OUTIL STRATAGEME

Renault, PSA, Total ou Airbus, qui s'étaient à nouveau ouvert le marché iranien, n'ont évidemment pas attendu le verdict de Washington pour prévoir une révision de leurs engagements. Mais à quel prix ? Et combien de temps l'Europe laissera-t-elle ses fleurons industriels à la merci de règles léonines dont la brutalité prend toute son ampleur lorsqu'un président sans scrupule est installé à la Maison-Blanche ? Il y a six mois, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, avait invité l'Europe à se doter d'outils susceptibles de résister à l'emprise de la législation américaine sur le commerce mondial. Tout en admettant que la réflexion sur ce sujet était « embryonnaire ». C'est bien tout le problème.

Daniel Fortin
https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301659363583-les-etats-unis-et-labus-de-droit-2174945.php

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lundi 21 mai 2018

Gaza : des civils massacrés et une pensée malmenée

TRIBUNE LIBRE / Après la mort de plusieurs dizaines de Palestiniens tués par des soldats israéliens à Gaza, le spécialiste du monde arabe Adlene Mohammedi décrypte les réactions médiatiques et diplomatiques qui ont suivi le massacre.

TL GAZA PRESSE

A l’occasion des 70 ans de la proclamation de l’Etat d'Israël et du transfert, décidé par Donald Trump, de l’ambassade américaine à Jérusalem, plus d'une cinquantaine de Palestiniens ont été tués le 14 mai par l’armée israélienne. Au massacre de civils s’ajoutent des commentaires, parfois déconcertants, qui révèlent l’absurdité du regard porté sur la situation au Proche-Orient et la politique israélienne. 

«La fête a été gâchée par les morts palestiniens», déclarait ainsi tranquillement l’éditorialiste de BFM TV Ulysse Gosset. Même morts, les Palestiniens sont ainsi décrits comme ces empêcheurs de fêter en rond, de transférer son ambassade en rond, d’occuper en rond. Depuis le début des manifestations en mars, les forces israéliennes ont tué plus de 100 Palestiniens et le nombre de blessés avoisine 12 000. Le 14 mai, le nombre de morts s’élevait à 59 (dont plusieurs enfants) et celui des blessés à 2 700. A moins d’une contorsion de l’esprit, il est très difficile d’y voir autre chose qu’un massacre perpétré par une armée d’occupation, dans une zone assiégée, une prison à ciel ouvert.

Des réactions contrastées : entre fermeté et pusillanimité

Cette violence israélienne a assurément, comme toujours, ému les opinions publiques. Les réactions officielles et médiatiques sont, quant à elles, contrastées. Si des pays comme la Turquie et l’Afrique du Sud ont tout simplement rappelé leurs ambassadeurs, l’attitude israélienne semble rencontrer assez peu d’obstacles.

Comme toujours, un discours faussement équilibré s’installe, où le besoin de «neutralité» (au service du plus fort) prend le dessus sur la description du réel. Ainsi, pour Le Figaro, «des heurts violents ont éclaté lundi entre manifestants palestiniens et soldats israéliens». Dans ce cas unique, le manifestant désarmé et le soldat seraient également responsables. Le Palestinien apparaît comme l’homo sacer du droit romain : exclu, dépourvu de droits, on peut allègrement le tuer sans en pâtir.

De ce point de vue, la position française a le mérite d’identifier une responsabilité unique puisque le président Macron a condamné «les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants». La suite du communiqué laisse cependant sceptique : «Il a appelé tous les responsables à la retenue et à la désescalade et a insisté sur la nécessité que les manifestations des prochains jours demeurent pacifiques.» Comme s’il fallait atténuer la condamnation, elle-même bénigne, de l’armée israélienne. Il n’est plus question ici de la diplomatie des «lignes rouges» et des «punitions» si prisées ailleurs. Mais il y a pire, comme le montre l’exemple de la diplomatie canadienne qui préfère condamner «l’implication» du Hamas. En d’autres termes, si les Palestiniens se font tuer par l’armée israélienne, c’est qu’ils l’ont tout bonnement bien cherché. Au nom de la modération, le discours peut devenir immodérément sordide.

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Un contexte géopolitique en partie favorable à Israël

Ces violences israéliennes ne peuvent être séparées du contexte international et régional. Pour tuer avec une telle facilité des manifestants, Israël a pu compter sur des signaux encourageants. Le premier de ces signaux est évidemment le soutien indéfectible apporté par le président américain, du transfert de l’ambassade à Jérusalem à la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien. Appartenir à un axe anti-iranien plus ou moins informel, qui englobe l’Arabie saoudite et qui jouit du parrainage américain, cela ne peut qu’exacerber l’impunité israélienne face aux Palestiniens.

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Le sang qui coule à Gaza est celui d’une résistance à l’éventualité d’un plan de «paix» qui s’imposerait au peuple palestinien et qui aurait pour parrains honnis Riyad et Washington. Les Palestiniens se font massacrer tout simplement parce qu’ils refusent de voir leur cause noyée dans des calculs régionaux auxquels ils ne sont pas associés.

https://francais.rt.com/opinions/50727-gaza-civils-massacres-pensee-malmenee-adlene-mohammedi

samedi 19 mai 2018

Face à la politique de Donald Trump, l’Union européenne gronde mais a du mal à réagir

Le président de la Commission européenne a annoncé le 17 mai que « le processus de la loi de blocage » des sanctions américaines serait lancé le lendemain.

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Dénoncée pour son attitude « capricieuse », l’administration Trump se voit en réalité opposer peu de réponses tangibles pour lui fixer des limites.

Le président de la Commission européenne Donald Tusk s’exprime à Sofia le 17 mai. 

Le président du Conseil européen Donald Tusk s’exprime à Sofia le 17 mai. / LUDOVIC MARIN/AFP

L’Union européenne a-t-elle les moyens de faire les gros yeux face au président américain Donald Trump, sur l’accord nucléaire iranien, comme sur les exportations d’acier ? « Nous sommes témoins d’un nouveau phénomène, l’attitude capricieuse de l’administration américaine », a dénoncé le président du Conseil européen Donald Tusk mardi 15 mai à Sofia, où les 28 ont tenu un sommet sur le rapprochement de l’Union avec les Balkans.

Lors de cette rencontre, les Européens devaient afficher leur « approche unie » pour défendre leurs intérêts en Iran. Washington se retire unilatéralement du plan de non-prolifération, et menace ceux qui ne veulent pas suivre le mouvement. Le 17 mai, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a annoncé que « le processus de la loi de blocage » des sanctions américaines serait lancé le 18.

Un front uni mais des divergences entre États

« Politiquement, les Européens ont envoyé un signal fort aux États-Unis, mais économiquement, ils ont peu d’outils pour se faire entendre », résume Alexandra de Hoop Scheffer, directrice du German Marshall Fund à Paris. La spécialiste des relations transatlantiques estime en outre que le front uni affiché à Sofia masque difficilement les divergences entre États. « Pour l’Europe centrale et orientale la relation avec les États-Unis est trop vitale pour s’en démarquer. L’Allemagne est centrée sur la question de l’acier, tandis que la France a moins à perdre. Le Royaume-Uni, enfin, ne défend pas les blocages de sanctions, inutiles à ses yeux », résume-t-elle.

 

Les Européens ont mieux réussi à se coordonner pour défendre leurs exportations d’acier. L’UE n’a pour l’heure obtenu qu’une exemption provisoire, jusqu’à la fin du mois de mai, de cette taxe douanière américaine de 25 %. Dans son arsenal de réponses, elle dispose d’une liste de produits américains qu’elle pourrait elle aussi taxer lourdement comme les jeans, les motos ou le bourbon, si elle n’obtient pas une exemption permanente.

Les sociétés françaises font un pas en arrière

Concernant l’accord avec l’Iran, l’UE est moins bien armée. Les réponses évoquées sont en réalité des solutions de moyen ou de long terme peu adaptées pour répondre à l’urgence du dossier iranien, d’autant qu’elles nécessitent un consensus entre États. Le ministre des finances Bruno le Maire défend ainsi « la création d’un Ofac européen » (Office de contrôle des actifs étrangers américains) pour que l’UE puisse elle aussi décider de sanctions internationales.

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Le renfort du règlement de 1996 lancé par Jean-Claude Juncker, qui permet de contourner les sanctions extraterritoriales américaines, a l’avantage de plus de réactivité. Mais les entreprises européennes savent bien qu’elles s’exposent en retour à des sanctions secondaires des Américains. Les sociétés françaises ne s’attendent pas à faire le poids. Total s’apprête ainsi à renoncer à son projet gazier au large des côtes iraniennes au profit des Chinois, associés en mal d’hydrocarbures. Les banques, elles, ne veulent pas risquer des milliards d’amendes. Elles poussent leurs clients à mettre un terme à leurs activités en Iran, quitte à laisser leurs parts du marché.

« La désunion transatlantique profite à d’autres qui ont tout intérêt à s’engouffrer dans la brèche. La géopolitique se redessine sous nos yeux », confirme Alexandra de Hoop Scheffer. Devenu incontournable en Syrie et en Libye, Moscou avance ainsi ses pions en Iran. La Russie vient en effet, à travers l’Union économique eurasiatique qu’elle mène, de signer un accord, le 17 mai, qui élimine les droits de douane sur certains produits avec l’Iran, et ce pour trois ans. Objectif, créer à terme une vaste zone de libre-échange.

Jean-Baptiste François
https://www.la-croix.com/Monde/Face-politique-Donald-Trump-lUnion-europeenne-gronde-mal-reagir-2018-05-17-

OUTIL STRATAGEME