jeudi 17 mai 2018

CAC 40 : Oxfam et Basic dénoncent « des profits sans partage »

Selon l’ONG et le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne, qui se fondent sur les résultats 2017 de ces sociétés, « les richesses n’ont jamais été aussi mal partagées au sein du CAC 40 entre ses différentes parties prenantes, PDG, actionnaires et les salariés ».

ACT CAC 40

93 milliards d'euros de bénéfices, 1.300 milliards de chiffres d'affaires, les résultats des entreprises du CAC 40 en 2017 représentent la moitié du PIB français. Dans un rapport au vitriol, Oxfam et Basic, qui relèvent que leurs profits ont augmenté de 60 % depuis 2009, remarque que « ces gigantesques richesses créées ne sont pas équitablement partagées avec celles et ceux qui la créent : elles ont surtout bénéficié aux actionnaires et aux dirigeants de ces entreprises, plutôt qu'aux salariés ou aux contribuables ».

L'ONG et le Bureau d'analyse sociétale pour une information citoyenne leur reprochent même de nourrir « une spirale des inégalités » :

« Afin de maximiser leurs bénéfices et la rémunération de leurs actionnaires, les entreprises exercent une pression à la baisse sur les salaires au sein de leurs groupes et dans leurs chaînes d'approvisionnement et multiplient les techniques pour échapper à l'impôt, y compris en utilisant les paradis fiscaux pour des montages d'évasion fiscale. »

Deux tiers des bénéfices aux actionnaires

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D'après Oxfam et Basic, les entreprises du CAC 40 ont, en effet redistribué 67,4 % de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires contre 5,3 % à leurs salariés. Plus de deux tiers des résultats étant affectés aux détenteurs d'actions, la baisse de l'investissement en est la conséquence directe. « Cela risque de fragiliser à terme la santé économique des entreprises françaises », écrivent les auteurs de l'étude.
En matière de rémunération, 2016 aura été marqué par des pdg qui gagnent, en moyenne, 257 fois le SMIC et 119 fois plus que la moyenne de leurs salariés. Parallèlement, les entreprises détiennent encore 1.454 filiales dans les paradis fiscaux. Aussi Oxfam exhorte-t-elle « le gouvernement français » à « partager plus équitablement les bénéfices entre les actionnaires et les salariés » et à « limiter les écarts de salaire au sein des entreprises ».

Des reportings publics pays par pays

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Au-delà de tous ces chiffres, l'ONG espère que l'exécutif « réformera la gouvernance des entreprises de manière à rééquilibrer les prises de décisions en faveur des salariés et de l'intérêt général », à savoir augmenter la représentation des salariés dans les instances de décision, explorer les leviers pour inciter aux investissements de long terme, reconnaître d'autres finalités que la recherche du profit ou encore soutenir le changement transformationnel des chaînes d'approvisionnement.
Oxfam appelle, en même temps, à mettre un terme à l'évasion fiscale des multinationales avec des propositions connues : établir une liste crédible et objective des paradis fiscaux, ou encore mettre fin au « verrou de Bercy », c'est-à-dire que le ministère des Finances n'ait plus le monopole des poursuites relatives à des faits de fraude fiscale. Enfin, l'ONG rêve que les entreprises publient des reportings pays par pays pour « accroître la transparence fiscale ».

https://www.latribune.fr/economie/france/cac-40-oxfam-et-basic-denoncent-des-profits-sans-partage-778258.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180514

PROJET BOSSUET

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lundi 9 avril 2018

Les vrais chiffres d’Airbnb à Paris : des centaines de milliers d’euros engrangés par quelques multi-propriétaires...

Les vrais chiffres d’Airbnb à Paris : des centaines de milliers d’euros engrangés par quelques multi-propriétaires aux dépens des Parisiens

ARG AIRBNB

Un site internet rend disponible les données des locations Airbnb pour plusieurs grandes villes à travers le monde, y compris Paris. On y découvre qu’une majorité des logements parisiens proposés sont loués une grande partie de l’année, et que de nombreux hôtes louent plusieurs appartements. Pour certains, le business prend une autre dimension : quelques logeurs proposent des dizaines de logements. Leurs profits pourraient se chiffrer en centaines de milliers d’euros.

« En cinq ans, le marché locatif traditionnel parisien a perdu au moins 20 000 logements », a calculé la mairie de Paris. En cause : la multiplication des locations de meublés touristiques illégales. « Ce phénomène provoque à la fois une diminution de l’offre locative privée traditionnelle et une hausse du coût des logements, tant à la location qu’à l’achat », ajoute la municipalité.

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La touristification de Paris n’est pas nouvelle, l’explosion du prix des logements non plus. Mais l’arrivée d’Airbnb dans les grandes villes européennes a fait exploser la location d’appartements à visée touristique, au détriment des locations pérennes pour les personnes qui vivent et travaillent localement. Le phénomène est connu.

Les données Airbnb disponibles pour plusieurs villes

La publication des données des locations réservées sur Airbnb par la plateforme « Inside Airbnb » le donne maintenant à voir en images, ainsi qu’en chiffres. Le site, non commercial, se dit indépendant d’Airbnb et de ses concurrents. Il a récolté les données de locations pour 2016 d’une vingtaine de villes des États-Unis et de 25 grandes villes en Europe, en Australie et en Asie [1].

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Les données sur Paris donnent à voir qu’en 2016, 55 720 logements et chambres ont été louées sur Airbnb. C’est plus qu’à Londres, où « seulement » 49 000 appartements et chambres ont été loués la même année. Parmi les locations parisiennes sur Airbnb, plus de 47 700 étaient des logements entiers, loués au prix moyen de 102 euros la nuit, soit plus de 3000 euros par mois. C’est environ trois fois plus que le prix moyen des locations à long terme, déjà très élevé dans la capitale où il faut compter en moyenne 1000 euros par mois pour louer un appartement de 30 m2... Les quartiers du Marais, de la Bastille, du Quartier Latin et de Montmartre sont ceux qui concentrent le plus de locations. Mais de nombreux appartements sont également loués dans le 14ème, le 15ème, le 17ème ou le 20ème arrondissement.

53% des logements loués une grande partie de l’année

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Qui sont les hôtes des dizaines de milliers d’appartements parisiens loués sur Airbnb ? S’agit-il en majorité de Parisiens qui louent leur appartement de temps en temps quand ils partent en vacances, ou quelques jours à l’occasion pour arrondir leur fin de mois ? Non, si on en croit les statistiques sur la disponibilité des logements mis en location sur Airbnb. Plus de 53 % de ces 47 700 logements entiers loués en 2016 étaient « hautement disponibles ». C’est à dire proposés à la location une très grande partie de l’année, et pas seulement quelques jours ou semaines par an.

20 % des hôtes parisiens d’Airbnb qui louent ces appartements, soit plus de 9300 personnes, ont même plusieurs logement mis en location sur la plateforme. Pour ces multi-loueurs, la part des logements qui sont disponibles à la location la plus grande partie de l’année monte à 72 %. Autant de signes qu’il s’agit de locations à visée commerciale et non d’une mise en location à l’occasion d’une absence temporaire.

Des profits potentiels en centaines de milliers d’euros

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Le site Inside Airbnb liste aussi les plus gros loueurs parisiens. En tête de liste, on trouve Parisian Home, avec 145 logements à louer sur Airbnb ! Il s’agit là d’une véritable entreprise, spécialisée dans la location d’appartements meublés et inscrite au registre de l’Office de tourisme de Paris. Parmi les plus gros loueurs touristiques sur la plateforme, on trouve aussi un certain « Fabien » (141 logements), un « Olivier » (106 logements) une « Caroline » (64 logements), ou encore un « Pierre », qui loue à l’année 63 logements via Airbnb…

Le dénommé « Fabien », aux 141 appartements, loue ainsi une maison aux Buttes Chaumont. Sa disponibilité en 2016 ? 365 jours par an. Il loue aussi un loft sur le Canal Saint-Martin, disponible 349 jours, un deux-pièces à Voltaire, disponible 363 jours, un studio à Panthéon plus de 350 jours par an, un appartement à Passy 326 jours par an, ou encore un deux-pièces à Montparnasse, 330 jours par an...

Inside Airbnb a estimé le profit moyen lié à la location d’un logements entier à Paris à 722 euros par mois. Multiplié par 141 logements, cela donne 101 800 euros par mois pour le multi-propriétaire dénommé « Fabien », soit plus de 1,2 millions d’euros de profits potentiels chaque année ! Pour un « multi-hôte » plus « modeste » comme Mélissa, avec ses 40 logements, les locations sur Airbnb pourraient rapporter un profit moyen de plus de 345 000 euros par an...

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Rien qu’autour de l’Hôtel de Ville, à quelques centaines de mètres à la ronde des bureaux d’Anne Hidalgo et de ses services, selon les données d’Inside Airbnb, on trouve 200 appartements entièrement loués à des touristes, disponibles en moyenne 257 jours par an, au coût moyen de 228 euros la nuit. Parmi les loueurs présents dans ce quartier, un certain « Guillaume » possède par ailleurs 19 appartements disponibles sur Airbnb, « Ludovic » en propose 11, « Jérôme », « Stanley » ou « Sébastien » cinq chacun... Chaque appartement loué dans ce secteur rapporterait à son propriétaire plus de 30 000 euros par an, en moyenne. Vous avez dit crise du logement ?

Toit cela est-il bien légal ? Depuis le 1er décembre 2017, toute personne qui souhaite louer même occasionnellement et pour une courte durée son logement pour des touristes visitant Paris doit le faire enregistrer auprès de la mairie [2]. S’il s’agit de sa résidence principale, la durée maximum légale pendant laquelle le logement peut être loué à des touristes est de 120 jours par an. Si le logement meublé ne constitue pas la résidence principale, et est loué à des touristes pour des courtes durées – des durées inférieures à la durée minimale du bail de location en meublé non touristique, soit un an ou neuf mois pour un étudiant –, une autorisation de changement d’usage du logement – d’habitation à un usage commercial – doit être obtenue [3].

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La ville de Paris a mis en place une équipe de 30 à contrôleurs à ce jour pour vérifier si les propriétaires respectent bien ces conditions. Si ce n’est pas le cas, « nous transmettons les cas au parquet, prévient Ian Brossat, adjoint au Logement de la maire de Paris. Et les condamnations se sont multipliées depuis 2016. Pour un montant total d’amende de 1,3 million d’euros en 2017, 500 000 euros pour le seul premier trimestre 2018. » Car les propriétaires qui contreviennent aux règles encourent une amende de 50 000 euros par logement et une astreinte d’un montant maximal de 1000 euros par jour et par m2 jusqu’à régularisation. « Moi, je serais pour que le plafond de l’amende maximale passe à 100 000 euros, dit l’adjoint. Ce sont les loueurs professionnels qui sont condamnés, ceux qui louent de nombreux appartements. Ce sont eux notre cible. »

Encaisser son loyer à Gibraltar et ne pas s’acquitter de l’impôt ?

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Aucune sanction ni pénalité ne sont en revanche prévues à l’encontre des propriétaires qui omettent d’enregistrer la location de leur logement auprès de la mairie de Paris, comme c’est devenu pourtant obligatoire depuis décembre. « Nous avons reçu des déclarations de 15 000 personnes. Ce qui est en dessous de ce que l’on aurait voulu, précise Ian Brossat. Mais tant que les plateformes, en particulier Airbnb, refusent de retirer les annonces des loueurs qui n’ont pas de numéro d’enregistrement, nous aurons toujours des gens qui ne s’enregistrent pas… ». La ville de Paris prépare donc une plainte contre Airbnb, auprès du tribunal de grande instance de Paris, pour obliger la plateforme à ne pas publier les annonces qui n’ont pas de numéro de déclaration. « Booking le fait bien », souligne l’élu.

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Le problème, c’est que Airbnb, a parfois plutôt tendance à aider les utilisateurs à contourner les règles plutôt qu’à la respecter, en matière de fiscalité par exemple. Ainsi, les hôtes Airbnb à Paris doivent normalement s’assurer du paiement de la taxe de séjour, et évidemment déclarer ces revenus sur leur déclaration d’impôt. Mais Airbnb proposait jusqu’à il y a peu à ses hôtes français de recevoir leurs revenus de location touristique par le biais d’une carte prépayée qui émettait la transaction depuis… Gibraltar, assez loin des agents de contrôle de l’administration fiscale française pour espérer passer inaperçu.

Rachel Knaebel

Cet article a été complété suite à un entretien obtenu le 3 avril avec Ian Brossat, adjoint au Logement de la maire de Paris.

- Lire aussi : Uber, Airbnb : l’« économie du partage » détournée dans les paradis fiscaux

[1Les fichiers des données brutes sont disponibles ici. Les données que nous étudions ici sont celles qui étaient disponibles en février dernier.

[2Voir ici.

[3En application des articles L.631-7 et suivants du Code de la construction et de l’habitation et de l’article 3 du règlement municipal relatif au changement d’usage. Voir toutes les règles et obligations sur le site de la mairie de Paris.

http://multinationales.org/Les-vrais-chiffres-d-Airbnb-a-Paris-20-000-logements-en-moins-et-des-centaines

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mardi 13 mars 2018

« Trous noirs fiscaux » découverts au sein de l’UE : la bravoure d’un commissaire européen ?

Dans le contexte des révélations successives d’évasion fiscale aux quatre coins du globe, un commissaire européen s’indignait en début d’année de l’existence de « trous noirs fiscaux » au sein même de l’UE.  Quelques semaines plus tard, le même fonctionnaire européen regrette que les pratiques fiscales de certains Etats membres « nuisent à l’équité ».

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La Commission européenne a publié le 7 mars son rapport annuel sur la situation économique et sociale des Etats membres (dans le cadre du « semestre européen »). On y « apprend » que sept pays de l’UE favoriseraient une « planification fiscale agressive ».

Commentant ce document qui épingle les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique, l’Irlande, la Hongrie, Chypre et Malte, Pierre Moscovici a déploré le recours par ces États à des « pratiques qui empêchent une concurrence loyale dans le marché intérieur ».

Quelques semaines plus tôt, le commissaire européen à la fiscalité s’inquiétait de l’existence de « trous noirs fiscaux » au sein même de l’Union européenne. Alors que Pierre Moscovici est membre de la commission depuis près de trois ans et demi, d’aucuns assimilent son audace à des pirouettes survenant à l’approche de sa fin de mandat. Les plus soupçonneux pourraient même évoquer un coup de com’ de celui qui affiche sa potentielle ambition de briguer la présidence de la commission européenne

Quant à l’optimisation fiscale sur le Vieux continent, on ne saurait s’en offusquer sans pointer ce qui la rend possible : la libre circulation des capitaux. Cette « liberté » constitue l’une des valeurs fondatrices de l’Union européenne.

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Face à une potentielle remise en question de cette libre circulation, on notera que le rapport épinglant les sept Etats membres est rédigé par la même commission européenne qui salue les « progrès » réalisés par ces pays et qui affirme tout de même  qu’ils « ne sont pas des paradis fiscaux ».

Ouf, on respire.

Fabien Rives

https://ruptures-presse.fr/actu/trous-noirs-fiscaux-moscovici/

lundi 26 février 2018

L'entrepreneur et député LREM Bruno Bonnell aurait fait travailler gratuitement un assistant

Selon Mediapart, un collaborateur du député macroniste Bruno Bonnell a décidé de jeter l’éponge, déclarant n'avoir reçu ni salaire, ni contrat. Un couac pour le député-chef d'entreprise qui est l'une des têtes d'affiche médiatique de LREM.

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Un chef d'entreprise devenu député qui ne paie pas l'un de ses collaborateurs parlementaires ? Cela a tout l'air d'une nouvelle polémique pour La République en marche (LREM) dont les parlementaires accumulent les couacs depuis leur prise de fonction en juin 2017. Le très médiatique député du Rhône et entrepreneur Bruno Bonnell doit ainsi faire face à de nouvelles révélations compromettantes, ce 24 février.

Selon Mediapart, l'un de ses collaborateurs parlementaires a décidé de quitter son équipe, assurant avoir travaillé pendant plusieurs mois sans contrat de travail ni rémunération. Interviewé par le site d'investigation, le militant LREM Hadj Djennas annonce avoir «travaillé de septembre à décembre en circonscription pour assurer l'ancrage local du député».

Alors que son statut n'aurait jamais été tranché, Hadj Djennas dit avoir représenté Bruno Bonnell lors de manifestations publiques ou rédigé des mails pour l'élu de la nation. Même si auprès de Mediapart, il confie que sa collaboration ne dépendait pas d'une question d'argent, étant donné sa situation professionnelle, il souhaitait avoir «la protection d'un contrat de travail, notamment en cas d'accident», et «disposer d'un statut de collaborateur parlementaire pour crédibiliser [ses] actions»». En conséquence, Hadj Djennas aurait proposé à plusieurs reprises à Bruno Bonnell de clarifier sa situation, sujet que ce dernier aurait «éludé ou reporté [...] sans remettre en cause la qualité de [son] travail».

Mediapart a d'ailleurs retrouvé des documents attestant du fait qu'Hadj Djennas était un collaborateur actif pour Bruno Bonnell. Il l'aurait notamment représenté officiellement au «forum des réfugiés», lors d'une visite de quartier ou à l’inauguration du nouveau local de l’Association d’aide au logement des jeunes (AILOJ) et, à chaque fois, sous une casquette de «collaborateur parlementaire».

Contacté par Mediapart, Bruno Bonnell a refusé de commenter l'affaire. Hadj Djennas a, lui, confirmé pour le site d'investigation que son avocat avait engagé «une tentative de résolution amiable du litige avec Bruno Bonnell», faute de quoi il serait prêt à engager une procédure aux prud'hommes.

Récemment, Bruno Bonnell a fait parler de lui, suscitant l'ire de personnalités de l'opposition, en raison de propos tenus le 9 février sur RMC : «[On] n'entend que ça, le pouvoir d'achat, comme si la vie se résumait au pouvoir d'acheter».

https://francais.rt.com/france/48294-entrepreneur-depute-lrem-bruno-bonnell-a-fait-travailler-gratuitement-un-assistant-selon-mediapart

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Décidément, ce député macronien n'en rate pas une. Voir notre récente publication:

Un député En Marche multimillionnaire trouve qu’on parle trop de pouvoir d’achat

P.G.

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dimanche 25 février 2018

Un député En Marche multimillionnaire trouve qu’on parle trop de pouvoir d’achat

TRIBUNE LIBRE / Le Bon Sens

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« On n’entend que ça, le “pouvoir d’achat” ! Comme si la vie se résumait au pouvoir d’acheter ! ». Voici ce qu’a déclaré le député En Marche Bruno Bonnell au micro de RMC le vendredi 9 février dernier. Il répondait à un chroniqueur qui lui signalait que si l’on avait vu récemment des ruées sur le Nutella ou les couches Pampers en promotion, c’était parce que les gens ne gagnaient pas assez d’argent.

Le député macronniste Bruno Bonnell va plus loin et précise ensuite : « En France, les gens sont soignés, ils peuvent aller à l’école, vous n’avez pas de trous sur la route… Si vous vous contentez de regarder uniquement l’argent qu’il y a dans la poche des gens et que vous vous définissez par rapport à ce pouvoir d’achat, par ce pouvoir d’acheter, vous oubliez quelque chose d’autre qui est la qualité de la vie. »

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Evidemment, il « oublie » de préciser que tous ces éléments ne tombent pas du ciel mais sont liés au service public (de la santé, de l’éducation, de la voirie) payés par les impôts et les cotisations de tout le monde. Cette « qualité de vie » est donc bien à prendre en compte comme un élément positif… mais c’est précisément ce à quoi veut s’en prendre le gouvernement d’Emmanuel Macron lorsqu’il dit vouloir détruire 120 000 postes de fonctionnaires.

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Mais Bruno Bonnell a surtout beau jeu de dire qu’on parle trop de pouvoir d’achat car il est… multimillionnaire ! En effet, selon sa fiche sur le site de la haute autorité pour la transparence de la vie publique , il est propriétaire de parts dans plusieurs entreprises pour un montant total de plus de 2 millions d’euros. En outre, il a reçu en 2016 (l’année précédant son élection) un total de plus de 107 000 euros de rémunération nette pour ses activités dans diverses entreprises, soit près de 9 000 euros par mois. Autant dire que ce monsieur est bien loin de la réalité de ceux qui se bousculent pour acheter des couches en promotion.

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Précisons que des révélations récentes de la presse indiquaient qu’il aurait domicilié deux de ses entreprises dans le paradis fiscal du Delaware, aux États-Unis. Sans doute en raison de la « qualité de vie » qu’on y trouve ? Ou bien alors pour éviter d’avoir à financer la « qualité de vie » du grand nombre en payant sa part d’impôts ? Ajoutons enfin, pour parfaire le portrait de cet homme, que depuis qu’il est élu, il est l’un des députés les plus absents de l’Assemblée nationale, si l’on en croit sa fiche sur le site « nos députés ».

Bref, après le député En Marche qui pense que les SDF sont dans la rue par choix, voici maintenant celui qui trouve qu’on parle trop de pouvoir d’achat alors qu’il est lui-même plein aux as. À ce rythme, on pourra bientôt organiser le concours du député macronniste le plus déconnecté des réalités populaires. Monsieur Bonnell a de bonnes chances de remporter la première place !

https://le-bon-sens.com/2018/02/13/depute-marche-multimillionnaire-trouve-quon-parle-de-pouvoir-dachat/

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dimanche 11 février 2018

En pleine tourmente, Thévenoud avait déposé la marque "phobie administrative"

L'éphémère secrétaire d'Etat Thomas Thévenoud a déposé la marque "phobie administrative" le 12 septembre 2014, quelques jours après avoir dû quitter le gouvernement pour fraude fiscale, selon un document de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) révélé jeudi par M6.

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L'éphémère secrétaire d'Etat Thomas Thévenoud a déposé la marque "phobie administrative" le 12 septembre 2014, quelques jours après avoir dû quitter le gouvernement pour fraude fiscale, selon un document de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) révélé jeudi par M6.

M. Thévenoud, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur pendant quelques jours, peut faire usage de cette marque pour des activités et services telles que la publicité, la gestion des affaires commerciales, la comptabilité, les services juridiques.

Condamnés en appel

Il avait démissionné le 4 septembre 2014, neuf jours seulement après sa nomination, en raison de "problèmes de conformité avec les impôts". M. Thévenoud et son épouse ont été condamnés en appel le 31 janvier à 12 mois de prison avec sursis et 3 ans d'inéligibilité pour fraude fiscale.

La justice reprochait au couple de ne pas avoir déclaré ses revenus en 2012 et d'avoir, de 2009 à 2013, rempli sa déclaration en retard malgré plusieurs relances et mises en demeure de l'administration fiscale. Et ce, pour un montant total de 70.500 euros, auxquels sont venus s'ajouter 20.500 euros de pénalités de retard. L'ex-député de Saône-et-Loire s'était justifié en arguant de sa "phobie administrative", une expression qui a depuis fait florès.

(Avec AFP)

https://www.challenges.fr/politique/parti-socialiste/en-pleine-tourmente-thevenoud-avait-depose-la-marque-phobie-administrative_566118

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lundi 18 décembre 2017

[Vidéo] Les gangsters de la finance, par Arte

Blanchiment, fraude fiscale, corruption, manipulation des cours… : depuis la crise de 2008, la banque HSBC est au coeur de tous les scandales.

TL HSBC ARTE

Cinq ans après leur film sur Goldman Sachs, Jérôme Fritel et Marc Roche passent au crible cet empire financier au-dessus des lois. Créée à Hong Kong, il y a un siècle et demi, par des commerçants écossais liés au trafic d’opium, HSBC (Hongkong and Shanghai Banking Corporation) n’a cessé de prospérer en marge de toute régulation. Aujourd’hui, la banque britannique à l’ADN pirate incarne à elle seule les excès et les dérives de la finance internationale. Blanchiment de l’argent du crime – celui des cartels de la drogue mexicains et colombiens –, évasion fiscale massive, corruption ou manipulation du cours des devises et des taux d’intérêt : depuis la crise de 2008, ce géant a été mêlé à de nombreux scandales avec régularité et en toute impunité.

Car l’opaque HSBC, experte en sociétés-écrans, dont les coffres débordent d'argent liquide déposé par ses clients discrets et douteux, est devenue “too big to jail”, “trop grosse pour aller en prison”. La banque, riche de quelque 3 000 milliards de dollars, s’en tire chaque fois avec des amendes dérisoires.

Trait d’union entre l’Orient et l’Occident, elle sert aussi désormais de pipeline pour les centaines de milliards d’euros de capitaux chinois partant à la conquête des marchés occidentaux : HSBC navigue aujourd'hui sous pavillon rouge.

Nouvelles menaces

De Hong Kong aux États-Unis en passant par l’Europe, cette édifiante enquête révèle non seulement l’ampleur ahurissante des malversations commises par HSBC, mais éclaire aussi – avec une remarquable limpidité – les menaces qui se profilent sur la stabilité financière mondiale, dix ans après la crise des “subprimes”.

Documentaire de Jérôme Fritel (France, 2016, 1h30mn) ARTE F

Source : Arte plus 7, Jéröme Fritel, 11-12-2017

https://www.les-crises.fr/video-les-gangsters-de-la-finance-par-arte/#!prettyPhoto

Les gangsters de la finance - ARTE

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=ykxkA-radQU
Ajoutée le 11 déc. 2017

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Commentaires relevés sur le site d'Olivier Berruyer:
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Rien que le titre est un pléonasme !
Ces mêmes financiers qui sont les architectes de la construction européenne.
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Oui d’ailleurs Roland Veillepeau , ancien Directeur National des Enquêtes Fiscales en France ( promu Conservateur des hypothèques honoraire….) , qui témoigne à plusieurs reprises dans cette enquête, écrit sur son blog en utilsant des arguments de droit:
“Pourquoi le Parquet Financier national refuse t’il de s’attaquer aux dirigeants étrangers qui pillent nos finances publiques ? Le PNF, si rapide à dégainer et si sensible aux fraudes complexes, ne veut pas poursuivre les personnes étrangères, et notamment les ministres des finances, qui ont systématiquement mis en place dans leur pays des dispositifs d’optimisation fiscale pour des français”.
Et de citer les Ministres de Malte,du Luxembourg, d’Irlande,etc. …
https://blogs.mediapart.fr/roland-veillepeau/blog/060617/pourquoi-le-parquet-financier-national-ne-s-attaque-pas-aux-dirigeants-etrangers
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pas un mot sur la BRI ni sur les paradis fiscaux anglo-saxons… à croire que HSBC n’a aucun lien avec eux ! les affaires continuent…
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Laissez-moi rigauler : ” … ,mêlées à des des organisations terroristes ou des dictatures, comme la Corée du Nord ou la Syrie …”
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En moins de 30 secondes on a déjà compris ou veut en venir cette émission … désigner un coupable à combattre pour la gabegie mondiale, et donc dédouaner notre économie suicidaire de tous les jours !!!
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dimanche 17 décembre 2017

Le Luxembourg ne sera pas sur la liste noire

Les eurodéputés ont dénoncé, mercredi, les graves manquements de certains pays de l'UE dans la lutte contre la fraude fiscale, mais ont renoncé à demander l'ajout de quatre d'entre eux, dont le Luxembourg, sur une liste noire de paradis fiscaux. Réunis en séance plénière à Strasbourg, ils ont soutenu à une large majorité (492 voix pour, 50 contre et 136 abstentions) toute une série de recommandations visant à mieux lutter contre les paradis fiscaux.

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Ils ont notamment appelé à de nouvelles règles pour réguler les intermédiaires, tels que les avocats et les comptables, qui facilitent la planification fiscale agressive, ainsi que des mesures pour les «dissuader de se livrer à la fraude et à l'évasion fiscales». Les eurodéputés ont également plaidé pour des instruments assurant une protection et une aide financière suffisante aux lanceurs d'alerte. Ces recommandations seront transmises à la Commission européenne et aux États membres, mais elles n'ont aucune valeur contraignante.

Longues tractations

En revanche, les sociaux-démocrates ont échoué de très peu - et ce, malgré le soutien des verts, de la gauche radicale et certains eurodéputés de droite - à réclamer l'ajout des Pays-Bas, de l'Irlande, de Luxembourg et de Malte à la liste noire des paradis fiscaux établie par l'UE. Il y a tout juste une semaine, les 28 États membres de l'UE s'étaient dotés de leur première liste de paradis fiscaux, qui comprend 17 pays ou juridictions, tous en dehors des frontières de l'Union, conformément à ce qui avait été prévu dès le départ.

Dans l'Union, toute décision en matière fiscale doit être prise à l'unanimité, ce qui rend très difficile toute réforme d'envergure. Les 28 se sont ainsi livrés à de longues tractations pour établir cette liste noire, chacun protégeant tel ou tel territoire. Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, avait fait part dans la journée de son incompréhension et évoqué un «calcul politique».

http://www.lessentiel.lu/fr/economie/story/Le-Luxembourg-ne-sera-pas-sur-la-liste-noire-20921779

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"difficile" est un euphémisme, impossible serait le mot juste, pour toute réforme mettant sérieusement en danger l'oligarchie!  P.G.

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vendredi 8 décembre 2017

Dominique Tian, fervent opposant à la fraude sociale, épinglé par le fisc

Le premier adjoint au maire de Marseille, Dominique Tian, a été jugé pour fraude fiscale en raison de comptes cachés en Suisse. L'homme politique avait fait de la fraude sociale un de ses champs de bataille.

ACT FRAUDEUR

Dominique Tian est le premier adjoint au maire de Marseiile, Jean-Claude Gaudin. Il est poursuivi par la justice pour omission dans sa déclaration de patrimoine et blanchiment de fraude fiscale, car il a caché l'existence de ses comptes en Suisse jusqu'en 2014. Ironie du sort, cet ancien député Les Républicains est célèbre pour sa lutte contre la fraude sociale qui, selon lui, "exaspère tout le monde, notamment la France qui travaille".

12 ans de prison, 300 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité requis

Lors d'une séance à l'Assemblée nationale, il avait notamment dénoncé le fait qu'une habitante de Suresnes (hauts-de-Seine) avait, en 2007, "réussi le tour de force de déclarer des quintuplés dans 17 caisses d'allocations familiales différentes et d'empocher plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour information, le montant des comptes en Suisse rapatriés par Dominique Tian s'élève à 2 millions d'euros, sur lesquels il a payé 664 000 euros d'amende.

Lors de l'audience, le 1er décembre, la présidente du tribunal lui a demandé : "N'y a-t-il pas une forme de schizophrénie à fustiger les petits fraudeurs au RSA et à dissimuler parallèlement des comptes en Suisse ? Douze mois de prison avec sursis, 300 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité ont été requis contre Dominique Tian. Le jugement sera rendu le 26 janvier prochain.

https://www.francetvinfo.fr/economie/fraude/comptes-en-suisse/dominique-tian-fervent-opposant-a-la-fraude-sociale-epingle-par-le-fisc_2498747.html

Posté par UPR Creuse à 07:36 - - Permalien [#]
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