jeudi 12 avril 2018

Vidéo « Jeu de société » : Une percutante métaphore de notre aliénation économique

Le studio Les Parasites a publié un court métrage, intitulé « Jeu de Société ». Sous la forme d’une allégorie de la société, le groupe de jeunes producteurs dénonce un système dominé par l’argent et les rapports de force tout en se penchant sur la violence que les structures provoquent sur les relations humaines. Un petit chef d’œuvre à découvrir absolument.

VID PARASITES JEU DE SOCIETE

Les Parasites est un groupe constitué de jeunes passionnés par la réalisation de courts métrages. Leurs montages interrogent la société et la vie quotidienne, entre humour et critique engagée. Selon Guillaume Desjardins, l’un des membres, leur travail s’inspire d’une phrase de Théodore Monod « L’utopie n’est pas l’irréalisable, mais l’irréalisé ». Malgré un budget limité, ils publient une vidéo par semaine et un court métrage par mois sur leur chaîne YouTube.

 

À ce jour, leur principal outil de médiatisation est internet. Cependant, à leur échelle, ils ont déjà connu des succès sur le grand écran.  Leur production « Symptômes d’amour », a été récompensé à l’occasion du concours "48 hour film project" [sic] de Montpellier. Pour sa part, la vidéo « Jeu de société » dont il est question dans cet article a été diffusée dans un cinéma parisien, avant d’être publiée sur le web. Elle y a d’ailleurs rencontré un succès immédiat, puisque la production a été visionnée près de 100 000 fois en l’espace de 48 heures. Parmi les acteurs, on remarquera la présence d’Antoine Basler, qui a joué dans le film 99 francs (autre chef d’œuvre critique par ailleurs).

Jeu de société – Les Parasites - 2

 

Dans ce court métrage, Nicolas (Bastien Ughetto) rencontre la  famille de sa fiancée, Victoire (Roxane Bret). Pour plaire et s’intégrer, il va devoir jouer à un jeu de société qui dure depuis des générations dans sa nouvelle famille. Pourtant, un conflit apparait bientôt entre Nicolas et son futur beau-père. Alors que le premier dénonce l’absurdité du jeu, le second nie la possibilité de changer les règles du « jeu » qui a vocation à durer l’éternité. Référence voulue au conservatisme, cette opposition renvoie à la difficulté qu’il existe de combattre les structures anciennes, restées parfois légitimes uniquement parce qu’elles perdurent depuis longtemps, sans que l’on ne discute leur fond ou leur raison d’être. Le procédé employé est bien évidemment caricatural, mais il dépeint avec beaucoup de réussite les relations dans le modèle dominant ainsi que les vices qui y sont associés, d’autant que le jeu des acteurs est tout juste brillant et digne de grandes productions.

Ce « jeu », dont la forme n’est pas sans rappeler celle du Monopoly sans le nommer, est une allégorie de la société moderne. Le spectateur est interpellé puisque se succèdent humour noir, cynisme, engagement critique et poésie. Chaque scène fait référence au choix auquel fait face chaque être humain quand il doit s’intégrer dans un monde qu’il ne comprend plus. Ici, c’est non seulement le rôle de l’argent qui est questionné, mais également les relations de pouvoir entre les individus possédants et dépossédés, ainsi que les vices humains tels que la cupidité, la manipulation ou encore la violence pour conserver les structures actuelles en place.

Allégorie de la société et critique des rapports individuels

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Chacun des membres de la famille représente une idée. Dans une société capitaliste, le père symbolise ceux qui détiennent les richesses (banques, grandes entreprises) et influencent les décideurs, quitte à changer les règles au dernier moment, lorsque cela s’avère nécessaire pour préserver des intérêts personnels. La mère peut être considérée comme étant le législateur, dont les décisions sont largement soumises au pouvoir du capital. Les enfants, eux, symbolisent chacun des acteurs différents de ce système, qui se sont adaptés avec plus au moins de réussite, sans toutefois s’opposer à la règle principale : toutes les relations sont basées sur l’achat et la vente de biens. Enfin, la grand-mère a été exclue, non seulement du jeu mais aussi de la famille : elle a perdu tout son argent et ne se pliait pas aux règles. Cette exclusion fait également référence à l’exclusion des personnes âgées au prétexte qu’elles ne sont plus assez productives pour le capital.

Si chacun des personnages peut être regardé comme représentant un symbole qui le dépasse, un autre niveau d’interprétation est à considérer : celui des individus, pris en tant que tels dans une situation qui n’est finalement pas si étrangère à notre vie de tous les jours. Vue sous cet angle, la vidéo des Parasites n’est pas plus tendre : le pouvoir et l’argent peuvent déstructurer une famille, rompre des liens amicaux ou encore rendre violent physiquement et moralement vis à vis du prochain. Toute tentative d’innover, de gagner sa liberté, est lourdement condamnée dans les familles les plus conservatrices. Dans cette perspective, le sentiment de malaise que suscitent les scènes est important : là où des sentiments d’entraide et d’amour caractéristiques de la sphère familiale devraient prévaloir, se sont imposés la suspicion, la cupidité et l’égoïsme.

 


 

Jeu de société – Les Parasites - 3

 

« Il faut surtout que ton jeu soit compatible avec le nôtre… »

 


 

Jeu de société – Les Parasites - 1

 


 

Source :

https://www.tipeee.com/les-parasites

https://mrmondialisation.org/jeu-de-societe/

https://positivr.fr/jeu-de-societe-court-metrage-les-parasistes/

http://stopmensonges.com/jeu-de-societe-percutante-metaphore-de-notre-alienation-economique/

https://aphadolie.com/2018/04/11/video-jeu-de-societe-une-percutante-metaphore-de-notre-alienation-economique/

Voir la vidéo également sur YouTube:

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1217&v=EwK9glIxIoo

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On peut aussi, bien sûr, y voir une allégorie de l'Union européenne avec ses règles qu'on "ne peut pas changer". la scène finale qui suggère des "jeux alternatifs" mis de côté est savoureuse de mon point de vue. A voir absolument, ça dure 20 minutes.   P.G.

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jeudi 5 avril 2018

Grèce : Le démantèlement méthodique et tragique des institutions de santé publique

Et dire que l'on trouve encore des idolâtres de l'UE !
Mais ces idolâtres, par stupidité, inconscience, paresse intellectuelle ou manque d'empathie
sont quelque part responsables de la situation en Grèce.
Et quand des enfants meurent de faim ou de maladie
et que nous ne faisons rien pour arrêter les vautours qui pillent leur pays, nous sommes quoi ?

DS GRECE SANTE

Grèce : Le démantèlement méthodique et tragique des institutions de santé publique

12 mars par Noëlle Burgi, Membre du CNRS, CESSP
CADTM = COMITE POUR L'ABOLITION DES DETTES ILLÉGITIMES

Le système national de santé grec a été démantelé par l'application d'un ensemble de mesures imposées depuis 2010 par les créanciers de la Grèce dans les secteurs de santé primaire, secondaire et pharmaceutique. Ce texte présente une analyse critique des principales mesures de compression budgétaire mises en place dans ces secteurs et introduit un débat sur des initiatives communautaires censées renforcer certains déterminants sociaux de la santé (indemnités de chômage, assurance maladie, revenu minimum garanti). Il apparaît que les politiques mémorandaires ont manqué le but d'efficience et d'efficacité affiché, mais peut-être pas le projet implicite de construire un « nouveau modèle social européen » réduit à quelques prestations tout juste suffisantes à la survie des dépossédés. En s'appuyant sur de nombreux travaux scientifiques, des entretiens en Grèce auprès de militants et dans des établissements de soin et une enquête en cours dans des quartiers ouvriers du Pirée, l'article conclut à l'épuisement – passager ? – des forces luttant pour la survie des droits sociaux démocratiques.

Sept ans après la mise en œuvre des memoranda, la Grèce se trouve dans une situation bien pire qu'en 2010


Introduction de l'article écrite par les Moutons Enragés :
"Nous avons toujours pensé, que la Grèce servait de laboratoire et que, si ça marchait pour les grecs, ça pourrait s'appliquer à d'autres. Les exigences de la troïka BCE/FMI/Commission Européenne, censées superviser les plans de sauvetage et ses implications dans les États membres de l'Union européenne, ont détruit le système de santé grec, au point où les médicaments de premières urgences pour les grands malades, diabétiques, cancéreux etc.. sont difficilement, voire plus du tout accessibles. Avec 200 euros par mois, qui peut payer 50% du prix de certains médicaments ?..."

 

La Tourmente grecque » : mortalité infantile + 43 %

31 juil. 2015 - Le taux de mortalité infantile a progressé en Grèce, depuis le début de la crise, de 43 %. C'est à ce taux que l'on reconnaît le niveau de développement d'un pays. La Tourmente grecque, film de Philippe Menut, rappelle cette triste réalité, et bien d'autres, qui montrent que la Grèce sert de "cobaye" aux aux spéculateurs.
"Le budget de l'éducation nationale s'est effondré. Plus de 1000 écoles primaires et secondaires ont été fermées. Des enfants s'évanouissent à l'école à cause de la faim."

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lundi 12 mars 2018

Grexit, un sentiment qui monte

TRIBUNE LIBRE / Fabien Perrier (Alternatives économiques)

« Plus de 50 % des Grecs sont pour la sortie de l’euro ! », assène Kostas. L’homme n’est pas sondeur mais menuisier. Il défend, coûte que coûte, l’idée d’un nécessaire Grexit. Pour cet Athénien, la Grèce ne peut s’en sortir dans le cadre monétaire actuel. Le Grexit ne représenterait-il pas un risque d’effondrement supplémentaire ? « Je suis déjà ruiné », répond Giorgos, un fabricant de fenêtres en aluminium.

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« Tout le monde a été emporté par la crise », poursuit Kostas. Son confrère embraye : « Depuis 2010, mon chiffre d’affaires a chuté de 70 %. Comme dans tout le secteur du bâtiment, d’ailleurs. » « Que les “partenaires européens” viennent voir la vraie vie des Grecs », s’agace l’un d’eux, alors que Bernard Cazeneuve était annoncé en visite à Athènes le 3 mars. Le message qu’entendait faire passer le Premier ministre est que la place de la Grèce est en Europe et dans la zone euro. « La Grèce est sur la bonne voie, la France reconnaît les efforts fournis », confie son entourage.

Trop d’austérité

Les deux artisans se disent « à bout ». Et ils ne sont pas les seuls. Les instituts de sondage officiels relaient ce nouveau sentiment de Grexit. Pour 53 % des Grecs interrogés par l’institut Alco en janvier dernier, l’euro est une erreur pour le pays. Ils ne sont plus que 45,5 % à vouloir rester dans l’euro. En dépit de leurs désillusions, ils sont encore minoritaires (42 %) à souhaiter un retour à la drachme. Mais le changement est tangible. En 2009, 64,5 % des personnes interrogées par Alco estimaient que le pays allait mieux grâce à l’euro. En début d’année, un autre institut de sondage, MRB, publiait des résultats plus tranchés, 54,8 % des Grecs déclarant que le pays devait songer à une sortie de l’euro.

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Pourquoi un tel revirement ? En 2015, les deux hommes, comme une majorité d’électeurs, avaient placé quelques espoirs en Syriza. Le parti de la gauche grecque mené par Alexis Tsipras, l’actuel Premier ministre, arrivait au pouvoir le 25 janvier avec le refus de l’austérité comme principe programmatique. Il voulait donc contrecarrer ces politiques appliquées en Grèce depuis 2010.

A l’époque, Athènes signe un premier accord avec ses créanciers. Ce « mémorandum » implique l’application de réformes structurelles (baisse des salaires et des pensions, coupes drastiques dans les dépenses publiques, réformes du marché du travail, hausses fiscales...) en échange d’un premier prêt pour éviter au pays le défaut de paiement. Alexis Tsipras et son gouvernement n’auront pas pu mettre en pratique leurs intentions. En juillet 2015, ils sont sommés par leurs « partenaires européens » de parapher un nouveau mémorandum, le troisième appliqué dans le pays.

Dette explosive

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Alors que le taux de chômage était d’à peine 10 % fin 2009, il frôle aujourd’hui les 23 %. Et 73,8 % des chômeurs sont de longue durée ; selon la législation en vigueur dans le pays, ils n’ont ni indemnité, ni couverture sociale. Quant à la dette du pays, elle reste explosive. Elle atteint actuellement 180 % du PIB et si elle n’est pas restructurée, elle pourrait représenter 275 % du PIB en 2060 selon le Fonds monétaire international (FMI). Et les créanciers continuent de réclamer leur dû. Alors que la Grèce n’a toujours pas perçu la dernière tranche de crédit (86 milliards) que lui avait promis la Troïka en juillet 2015, elle est tenue de rembourser 7 milliards d’euros avant l’été.

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« Moi, je soutiens Zoe Konstantopoulou et ses actions contre la dette », explique Giorgos. L’ancienne présidente de la Vouli, le Parlement grec, qui a rompu avec Syriza et créé son propre mouvement, a ses aficionados. Comme elle, ils estiment que l’économie hellène ne pourra pas redémarrer sans une véritable restructuration de la dette comportant l’effacement d’une part de son montant et le remboursement par l’Allemagne de sa dette historique envers la Grèce. « Tous les emprunts auxquels le pays a souscrit depuis 2010 ne servent qu’une chose : rembourser la dette aux banques européennes, souligne Kostas. Les Grecs n’en ont pas perçu le moindre centime... Au contraire, eux se serrent toujours plus la ceinture. »

Car chaque mémorandum est accompagné de son flot de mesures. Les salaires ont baissé de 40 % en moyenne depuis 2010 ; le salaire minimum (à temps plein) est de 586 euros brut, et même 510 euros brut pour les moins de 25 ans.

Retraites rabotées

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Alors même que les experts de la Troïka sont de retour à Athènes pour évaluer (tous les six mois) les programmes d’économies mis en place par le gouvernement, les négociateurs (Union européenne, Banque centrale européenne, FMI) exigent de la Grèce qu’elle prenne de nouvelles mesures. A l’issue de l’eurogroupe, fin février, Athènes s’est engagée à en voter « par anticipation ». Elle se plie ainsi à une exigence avancée par le FMI, qui considère que les prévisions européennes sur le cours de l’économie grecque sont trop optimistes.

La Grèce devrait donc consentir à une nouvelle baisse du seuil d’exemption fiscale (5 000 euros par an) dès 2019 et à de nouvelles coupes dans les pensions de retraite, déjà rabotées plus d’une dizaine de fois depuis le début de la crise en 2010. Aucun calendrier n’est encore fixé sur ce dossier des retraites, mais le souhait des négociateurs est que les mesures à venir puissent s’appliquer de manière rétroactive.

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Alexis Tsipras se targue d’avoir obtenu que ces sacrifices soient compensés, euro pour euro, par des mesures d’allègement, elles aussi à partir de 2019, comme par exemple des baisses de TVA. Mais Euclide Tsakalotos, le ministre des Finances, a reconnu la semaine dernière devant le Parlement qu’« il y aura des perdants et des gagnants ».

Les perdants ? « Ce sont toujours les mêmes ! », tranche Giorgos. « Avant, nous avions un salarié dans l’entreprise. Maintenant, nous n’arrivons même plus à vivre à trois, mon frère, mon fils et moi... » Dans le pays, la paupérisation est rampante.

Plus d’un tiers des Grecs sont aujourd’hui en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale ; 21,4 % vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Christos Triandafilou, chercheur à l’Institut grec du travail, souligne qu’avec les baisses successives des salaires, le seuil de pauvreté, de 6 120 euros en 2007 pour une personne seule, a baissé à 4 512 euros. Quinze ans après l’adoption de la monnaie unique par Athènes, le Grexit commence à s’imposer comme la seule porte de sortie pour une population à bout de nerfs.

https://www.alternatives-economiques.fr/grexit-un-sentiment-monte/00077796

mercredi 7 mars 2018

Gaz de schiste : la Soc Gen dénoncée pour son rôle actif dans l'exportation

Dans un rapport publié ce lundi, l'association des Amis de la Terre pointe du doigt "l'assaut engagé par la Société Générale sur un marché en pleine expansion", celui de l'exportation du gaz de schiste américain vers l'Europe sous forme de gaz liquide. Elle l'appelle à suivre l'exemple de BNP Paribas et à se retirer du projet texan controversé Rio Grande LNG.

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"Minimales", "insuffisantes" : les mesures annoncées par la Société Générale en décembre, notamment l'engagement à ne plus financer la production de pétrole issu de sables bitumeux, à la veille du One Planet Summit, avaient été jugées bien trop timides par l'association Les Amis de la Terre qui publie ce lundi matin un rapport à charge, "Société Générale, plein gaz sur les fossiles". L'ONG environnementale la qualifie de "super gazière" et de championne du gaz naturel liquéfié (GNL), du méthane refroidi à -161 °C pour atteindre son état liquide, souvent présenté comme "vert" alors que "le gaz est bel et bien une énergie fossile", dont la combustion produit certes moitié moins de CO2 que le charbon mais dont le bilan carbone sur 20 ans serait très mauvais. 

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L'association demande notamment à la banque de La Défense de se retirer de son mandat de conseiller financier du projet de terminal d'exportation de gaz de schiste liquéfié Rio Grande LNG au Texas et de double gazoduc Rio Bravo Pipeline, porté par l'entreprise américaine NextDecade.

"Ignorant les impératifs climatiques et injonctions scientifiques, la Société Générale persiste à financer à coup de milliards de dollars les énergies fossiles les plus polluantes dans le monde. Elle part à l'assaut d'un marché qui, en dépit du bon sens, est en pleine expansion : l'exportation de gaz, et notamment du gaz de schiste, sous la forme liquide.

La Société Générale se positionne en leader du secteur aux États-Unis, appuyant la construction de nouveaux mégaprojets de terminaux d'exportation de gaz de schiste liquéfié aux impacts climatiques dramatiques. Détournant les interdictions légales, la banque contribue ainsi à faire arriver le gaz de schiste états-unien en France" écrit l'ONG dans ce rapport.

Banque française la plus exposée

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Les Amis de la Terre étayent leur plaidoyer en rappelant que, parmi les clients de la banque, se trouve l'opérateur texan Cheniere Energy, "qui a déjà signé des contrats avec EDF et Engie pour une exportation en France." L'association cite aussi un communiqué de NextDecade qui relève que la Société Générale a été impliquée dans l'intégralité des projets de terminaux GNL autorisés aux États-Unis et a participé dans le monde à 45 opérations dans le secteur du gaz liquéfié. Sur la période 2014-2016, la banque française a "accordé plus de 2,4 milliards de dollars aux entreprises développant ces projets en Amérique du Nord".

"La Société Générale [...] est ainsi la septième banque internationale et la première française la plus exposée au secteur, loin devant BNP Paribas, Crédit Agricole et Natixis" observe l'ONG.

En décembre, en dévoilant ses engagements sur la production des pétroles issus des sables bitumineux (mais pas sur les activités d'exploration, de distribution, de marketing ou de trading de ce type de pétrole, dont le processus d'extraction est parmi les plus polluants), la Société Générale avait souligné qu'elle se classait "parmi les leaders mondiaux du financement de l'énergie". Or les plus grands contrats ne se trouvent guère dans les énergies renouvelables et peu polluantes. "Pour un banquier, il est toujours très difficile de renoncer à un client" nous confiait récemment le responsable du développement durable d'un établissement concurrent.

"Avec ces projets d'exportation, la Société Générale contribue à faire entrer en France le gaz de schiste que nous avons banni il y a déjà 7 ans. L'hypocrisie est totale : si nous refusons le gaz de schiste en France, ce n'est pas pour le voir arriver par bateau des États-Unis, et avec la complicité d'une banque française" s'indigne Lorette Philippot, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre.

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L'association espère faire jouer l'esprit d'émulation. Elle montre en exemple BNP Paribas, qui a pris en octobre dernier l'engagement de se retirer de tout le secteur du gaz de schiste, couvrant son exploration et sa production mais aussi son transport et son exportation sous forme liquéfié. En mai dernier, l'organisation écologiste s'était invitée aux assemblées générales d'actionnaires de ces grandes banques et avait organisé un happening devant une agence de la Société Générale à Paris. Au Climate Finance Day organisé début décembre à Bercy, des militants des Amis de la Terre avaient défilé déguisés en escargots en tenue rouge et noire, couleurs de la banque, tandis que d'autres portaient des banderoles "Société Générale à la traîne #StopRioGrandeLNG".

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/gaz-de-schiste-la-soc-gen-denoncee-pour-son-role-actif-dans-l-exportation-770592.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180305

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LA VÉRITÉ SUR LA DETTE GRECQUE

Si vous avez apprécié les articles d'Eric Toussaint publiées sur ce site, notamment ses révélations sur Varoufakis, vous serez peut- être intéressé par ce livre. Le résumé qui suit est plutôt bâclé, à mon avis, mais il donne une idée de son contenu.   P.G

 

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Créée le 4 avril 2015, à l’initiative de la Présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, coordonnée par Éric Toussaint, présente ce rapport préliminaire qui fait état de violations juridiques majeures en ce qui touche aux contrats d’emprunt et conclut en leur caractère illégal, illégitime, imposé et odieux. « À l’issue de ces premières investigations, la Commission considère que la Grèce a été et est toujours la victime d’une tentative de meurtre froidement préméditée par le trio que représente le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne. »


Cet audit répond à une obligation crée par le Parlement et le Conseil européens, négligée par les gouvernements grecs précédents et les institutions de la Troïka.

Il s’avère que la dette publique grecque n’est pas la conséquence de déficits budgétaires élevés contrairement à ce qui est souvent affirmé, mais clairement celle des paiements croissants d’intérêts. Un « effet boule de neige », qui se déclenche lorsque le taux d’intérêt apparent est plus élevé que la croissance nominal du PIB, est responsable des deux tiers de l’augmentation de la dette entre 1980 et 2007.

 

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Les dépenses publiques de la Grèce ont été inférieures en proportion du PIB à celles des autres États membres de la zone euro. Le seul poste du budget, hors intérêts de la dette, où les dépenses ont été plus élevées est celui des dépenses militaires, impliquées dans plusieurs scandales de corruption. Elles ont contribué à la dette à hauteur de 40 milliards d’euros entre 1995 et 2009.


Les déficits publics sont le produit d’un faible rendement de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales patronales, nettement inférieur à celui observé dans les autres pays de la zone euro, en raison de la fraude fiscale et aux flux de capitaux illicites. Les seules sorties de capitaux ont engendré une perte de recettes fiscales de 30 milliards d’euros entre 2003 et 2009.
L’entrée de la Grèce dans la zone euro a fait passer la dette privée grecque de 74,1% du PIB e 2001 à 129,1% en 2009.

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La plupart des prêts de sauvetage consentis sous des conditions très sévères à la Grèce après 2010 ont été utilisés au bénéfice exclusif des banques privées, soit pour le remboursement des titres publics qu’elles détenaient, soit pour la recapitalisation des banques grecques. Le premier bénéficiaire des prêts de la Troïka n’est autre que le secteur financier privé.


Après les élections législatives d’octobre 2009, le nouveau gouvernement de Georges Papandréou procéda en toute illégalité à une révision des statistiques, une falsification de la dettes publiques, notamment du système public de santé, afin de convaincre l’opinion publique en Grèce et eu Europe, d’accepter le plan de « sauvetage » de l’économie grecque de 2010 avec toutes ses « conditionnalités » catastrophiques pour la population grecque.

 

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Le principal objectif du premier accord de financement de mai 2010, d’un montant de 110 milliards d’euros, provenant essentiellement des États membres de la zone euro et du FMI, était de venir au secours des banques exposées au risque de la dette publique grecque.


Le second accord prévoyait de prêts supplémentaires d’un montant de 130 milliards, dont 48 pour la recapitalisation des banques grecques. La dette publique initialement détenue par des créanciers privés fut, elle, transférée sur les États membres de la zone euro, la BCE et le FMI.

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Les grands perdants furent les organismes publics, dont les caisses de retraites à hauteurs de 14,5 milliards, et les petits porteurs, environ 15 000 familles qui ont perdu du sur au lendemain toutes leurs économies, tandis que les banques étaient indemnisées intégralement. Des mesures draconiennes durent également être décidées : réductions des salaires et des retraites, privatisations, démantèlement du dispositif des conventions collectives, suppressions massives d’emplois publics, etc.


La majorité de ces prêts accordés a été utilisée pour le remboursement des dettes existantes. Seulement 10% environ ont servi à financer le budget de l’État.

 

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Au prétexte d’encourager un remboursement rapide, les États prêteurs ont exigé des taux d’intérêt élevés. Certains, bénéficiants de coûts de financement plus faibles, se sont enrichis.


La BCE a acheté des titres grecs à une valeur inférieure à leur valeur nominale mais exige d’être remboursée en totalité, pour une différence estimée à 15 milliards. Par ailleurs, les États de la zone euro avaient convenu pour transférer tout profit dégagé sur la détention de sa dette à la Grèce, à condition qu’elle se plie aux conditions de son programme de surveillance. À ce titre, la BCE doit donc à la Grèce 2 milliards d’euros en restitutions des profits réalisés.


Un certains nombres de mécanismes financiers sont détaillés, démontrant qu’ils n’ont aucunement soutenu la Grèce mais servi les intérêts du secteur financier privé.

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Les projections économiques établies par le FMI malgré le scepticisme de plusieurs directeurs exécutifs, se sont révélés fausses puisque le PIB de la Grèce a chuté de 22% de 2009 à 2014 au lieu de stagner à -1,5% comme « prévu ». Le FMI découvre alors que l’austérité est mauvaise pour la croissance et à un effet récessionniste. Les politiques d’ajustement ont entravé durablement la capacité du pays à ‘engager dans la voie du développement et de la transition écologique.


Le rapport démontre comment les « conditionnalités » ont en définitive fait augmenter le ration dette/PIB. Par exemple, la baisse des salaires de 17,2% entre 2009 et 2014, a entrainé des pertes de recettes fiscales et donc une augmentation des intérêts payés et de la dette publique, évaluée à 7,8 point du ratio, soit plus d’un quart de son augmentation totale.

 

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Les scénarios de référence du FMI et de la Commission européenne continuent à postuler sur une croissance censée contribuer pour 27,3 points de PIB, grâce à la reprise de la demande intérieure malgré le chômage élevé et les bas salaires (...)


Sont ensuite listées les violations des droits humains, non comme dommages collatéraux mais comme résultats prévisibles et même parfois poursuivis par les créanciers avec la complicité des autorités grecques. Les réformes imposées par les mémorandum ont violé des normes inscrites dans des traités souscrits pas la Grèce ainsi que sa propre constitution, au mépris du droit du travail, des droits à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, au logement, à l’autodétermination, à la justice.

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L’absence d’étude d’impact est pointée, en dépit des exigences élémentaires en droit international, et d’autres manquements au respect des procédures ont été dénoncés par le Parlement européen, notamment le défaut de transparence et de contrôle démocratique.
La négociation et la signature des conventions de prêt auraient du être adoptées par une majorité des trois cinquièmes des députés, selon la procédure prévue par la Constitution grecque. Elles n’ont même pas été communiquées au Parlement, ni bien sûr fait l’objet de débat. Elles sont donc inconstitutionnelles, tout comme le sont les clauses de délégation au ministre des Finances de l’autorité pour négocier et signer ces conventions.

Étant donnés les nombreux impacts spectaculaires sur la population grecque que nous ne reprendrons pas ici, la dette grecque est insoutenable puisqu’elle ne pas être honorée sans compromettre gravement la capacité du gouvernement de l’État emprunteur à remplir ses obligations en matière de droits humains fondamentaux.

 

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Les dettes envers le FMI, la BCE, le FSEF, les États de la zone euro et les créanciers privés, sont illégales car assorties de conditions contrevenants à la loi et à l’intérêt général.


Ces prêts sont illégitimes puisque leurs conditions incluent des mesures politiques qui violent les lois nationales et les standards internationaux en matière de droits humains.


Ces dettes sont odieuses car les prêteurs savaient que leurs prêts étaient déraisonnables et qu’ils auraient pour conséquence de bafouer les droits civiques, politiques, économiques, sociaux et culturels de la population.

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Le rapport présente ensuite les fondements juridiques des mécanismes visant la répudiation unilatérale des dettes illégitimes, odieuses et illégales sur la base de considérations impératives de justice et d’équité, de souveraineté et d’autodétermination.

Nous nous sommes contentés d’extraire les principales conclusions. De nombreux graphiques, parfaitement explicités, émaillent les démonstrations et les analyses des données collectées.

L’ensemble constitue un document accablant tant pour la Troïka que pour les gouvernements grecs successifs, indispensable pour comprendre la réalité des politiques européennes, anti-démocratiques et contraires aux intérêts des peuples.

LaVeriteSurLaDEtte




LA VÉRITÉ SUR LA DETTE GRECQUE
Rapport de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque
210 pages – 9,90 euros
Éditions Les Liens qui Libèrent –  Paris – Septembre 2015

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dimanche 4 mars 2018

L'Amérique a fait payer cher la crise aux banques de la planète

Les grandes banques américaines et européennes ont déboursé pas moins de 345 milliards de pénalités financières entre 2009 et 2017. Une somme très largement captée par les autorités américaines, et seulement à 6 % par les régulateurs européens.

ACT JUSTICE US BANQUES

Depuis la crise financière, une avalanche d'amendes, pénalités et règlements à l'amiable s'est abattue sur les grandes banques américaines et européennes. Selon une étude du Boston Consulting Group, les géants de la finance ont ainsi été contraints de débourser pas moins de 345 milliards de dollars entre 2009 et 2017. Encore, ce montant est certainement inférieur à la réalité, les décomptes du BCG ne retenant (jusqu'en 2015) que les coûts supérieurs à 50 millions de dollars, et ne concernant que les 50 plus grandes banques de la planète. 

Le mouvement paraît ralentir en 2017 avec « seulement » 22 milliards de dollars de pénalités financières en 2017. Ce montant reste conséquent puisque la même année les banques américaines ont généré un « profit économique » (mesure raffinée du volume d'activité, NDLR) de 47 milliards de dollars de profits, selon BCG.

Souvenir cuisant

Ce sont sans surprise les banques nord-américaines qui ont payé le plus lourd tribut, avec un total de 220 milliards de pénalités de dollars sur la période, avec une période particulièrement « chaude »  entre 2012 et 2014 . Mi-2014 justement, Citigroup écope d'une amende de 7 milliards de dollars pour son rôle dans la crise des subprimes. Même raison, même punition deux ans plus tard pour  Goldman Sachs qui débourse alors 5 milliards de dollarsLes banques européennes se partagent logiquement le solde (un tiers du total) avec 125 milliards de dollars principalement versés aux gendarmes bancaires américains. Le souvenir reste cuisant pour  BNP Paribas qui aura versé près de 9 milliards de dollars pour rupture d'embargo. Deutsche Bank n'a pas été épargnée, avec une amende de 7,2 milliards de dollars pour son rôle dans les subprimes.

Couper le lien

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A l'image de la crise financière - traitée de façon plus radicale aux Etats-Unis - ce sont les autorités américaines qui ont le plus sorti les dents. Elles ont perçu sur la période 2009-2017 près de 200 milliards de pénalités... soit 55 % du total, au bénéfice des finances publiques. Autre grand vainqueur de ce passage en caisse : les consommateurs à qui ont été versés 133 milliards de dollars en dédommagements sur la période, pour les victimes de la crise immobilière américaine, mais aussi pour les ventes abusives de produits financiersCe sont finalement les régulateurs européens qui ont paru les plus timides . Ces derniers n'ont perçu depuis 2009 que 22 milliards de dollars, à peine 6 % du total. 

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Possible explication - parmi d'autres - jusqu'en 2014, les gendarmes bancaires européens avançaient en ordre totalement dispersé. A partir de cette date, la BCE prend en charge le rôle de superviseur unique . L'un des buts de cette bascule était de couper le lien « national », jugé parfois trop étroit, entre une banque et son superviseur. A ce jour, les gendarmes européens - certes très sévères - n'ont que peu agité la menace financière.

200 réglementations par jour

Est-ce à dire que la vague de pénalités appartient au passé ? Difficile à dire a priori. « Ce qui est sûr par contre c'est que c'est devenu année après année une forme de coût récurrent à l'échelle de l'industrie. Mais certains y échappent totalement, d'autres en subissent les conséquences très visibles dans leurs comptes », souligne Gwenhaël Le Boulay, directeur associé senior au BCG. Le cabinet estime qu'en moyenne 200 nouvelles réglementations sont publiées chaque jour, dont certaines très structurantes, qu'il s'agisse de transparence sur les marchés (MiFID 2) ou de protection des données personnelles des consommateurs. « Avec l'évolution du rôle et la spécialisation des régulateurs européens, les banques vont affronter une pression croissante sur leurs procédures de contrôle et de conformité », souligne le rapport.

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0301356722599-comment-lamerique-a-fait-payer-la-crise-aux-banques-de-la-planete-2157302.php#2joAJ2pF67BzYYRo.99

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Banques : la facture colossale de la crise
345 milliards de dollars. Le chiffre est spectaculaire.
C'est la somme des diverses amendes et transactions que les banques ont dû régler aux autorités
depuis la crise pour solder leurs errements passés.
Davantage que toute la richesse produite en une année par l'Afrique du Sud.
Presque de quoi nourrir le budget de l'Etat français !
Cette somme, pourtant, n'a pas bénéficié à tout le monde.
Les Etats-Unis – le Trésor américain, les régulateurs de Wall Street et les consommateurs lésés –
se sont arrogé la part du lion, en récoltant plus de 300 milliards.
L'Europe n'a récupéré qu'un maigre 22 milliards.
Etrange morale de l'histoire.
Car c'est bien l'Amérique qui a engendré la pire crise financière depuis la Grande dépression.
Et c'est elle qui impose ses vues aujourd'hui sur les plans réglementaire ou judiciaire
face à des autorités européennes souvent désarmées.
On pourrait presque parler de « diktat » américain sur la finance mondiale.    S.R.
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jeudi 1 mars 2018

Barroso ferait du lobbying pour Goldman Sachs auprès de la Commission européenne

Des ONG dénoncent le lobbying mené par José Manuel Barroso, ancien chef de l’exécutif européen, pour le compte de la banque américaine Goldman Sachs. Elles invitent la Commission à réunir son comité d’éthique pour statuer sur son cas.

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Un collectif d’ONG, l'Alliance pour une réglementation de transparence et d'éthique en matière de lobbying (ALTER-EU) a dénoncé les activités de lobbyiste de José Manuel Barroso, l'ancien président de la Commission européenne, dans une lettre adressée au secrétaire général de l'organe, Alexander Italianer, et publiée le 20 février

Les organisations demandent à l'institution de réunir son comité d’éthique interne pour revoir les engagements pris vis-à-vis du Portugais et travailler sur la porosité entre les milieux financiers et Bruxelles.

Devenu président non exécutif du conseil d’administration de Goldman Sachs en juillet 2016, José Manuel Barroso avait juré qu'il ne ferait pas de lobbying… Pourtant, le 25 octobre 2017, il a été repéré en grande discussion avec le Finlandais Jyrki Katainen, actuel vice-président de la Commission dans un hôtel de luxe de Bruxelles, un entretien sollicité par le Portugais

Cette réunion, qui aurait dû rester secrète, avait immédiatement fuité sur internet. Aussitôt, le site Politico avait relayé l’information, obligeant Jyrki Katainen à inscrire après coup l’entrevue dans le registre de transparence de la Commission. Le collectif d’ONG, composé de membres de Greenpeace, des Amis de la Terre ou encore de SpinWatch, dénonce le mépris de José Manuel Barroso envers les engagements qu'il avait pris.

«Une de nos inquiétudes concerne le fait que Monsieur Barroso a été embauché pour son savoir-faire, ses contacts et son influence, qu’il a acquis à la tête de la Commission pendant dix ans. Il y a eu des craintes que sa position privilégiée serait utilisée par la banque d'investissement pour influencer les décisions de l'Union européenne, sachant que cette banque est un grand lobbyiste actif à Bruxelles», ont-ils écrit dans le courrier.

Ils fustigent aussi la Commission, qui n'aurait selon eux pas assez œuvré pour empêcher le lobbying et réclament au comité d'éthique une enquête approfondie, notamment via des interrogatoires. «Nous adressons une plainte formelle vis-à-vis de cette mauvaise administration», ont écrit les ONG. 

Le collectif estime en outre que l'attitude de José Manuel Barroso entre en contradiction avec l’article 245 de la Commission, qui exige des anciens commissaires «le devoir d’agir avec intégrité […] après la fin de leurs missions comme l’exige l’acceptation de certains contrats».

L’ancien président devait être considéré comme un lobbyiste

La prise de fonctions de José Manuel Barroso au sein de la banque Goldman Sachs avait scandalisé de nombreux fonctionnaires européens, personnalités politiques ou simples citoyens, dont 154 000 avaient signé une pétition exigeant des sanctions contre le Portugais. François Hollande, le 14 juillet, avait même qualifié l’embauche de Barroso de «moralement inacceptable».

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Pour apaiser le courroux généralisé de l'opinion, les employés de la Commission se sont vus obligés par leur hiérarchie de «considérer l’ancien président comme un lobbyiste». Cela signifie concrètement que tout rendez-vous avec lui doit être dûment enregistré et selon les usages, faire l’objet de diverses traces écrites.

Un comité d’éthique s'était déjà réuni sur demande de la Commission européenne deux mois après la prise de fonction du Portugais dans la banque américaine. Le collectif critique le manque d'investigation de ce comité, qui avait statué sur l’embauche en se fiant à trois courriers rédigés par l'ancien président. Il y avait informé son successeur Jean-Claude Juncker qu’il n’avait «pas été engagé pour faire du lobbying pour le compte de Goldman Sachs» et qu’il n’en avait «pas l’intention». Une simple déclaration de bonne foi qu'il semble donc ne pas avoir respectée, selon l'ONG.

Le «code de conduite» de la Commission ne pouvait formellement pas interdire son embauche par la banque américaine pour raison de conflits d’intérêt, car il n'est valable et contraignant que dans les 18 mois suivant la fin des fonctions.

https://francais.rt.com/international/48214-jose-manuel-barosso-fait-lobbying-goldman-sachs

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mercredi 28 février 2018

Aides publiques et privées à la presse : tout pour les médias les plus riches !

TRIBUNE LIBRE / OJIM

TL PRESSE AIDES

Les chiffres 2016 de l’aide publique ont été confirmés début février 2018 par le ministère de la Culture et ils sont éloquents. Une remarquable synthèse – analysant aussi les aides privées – a été effectuée sous la signature de Laurent Mauduit le 13 février 2018 sur Médiapart. Nous en extrayons quelques chiffres en sus de ceux du ministère de la Culture.

Les aides publiques : Arnault et Drahi bien placés

 

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Les aides versées par l’État sont un maquis, entre aides directes, aides à la distribution, aides à la modernisation sociale. Si on additionne ces aides par groupes de presse on obtient pour l’année 2016 (les chiffres ont été arrondis) en Millions d’€ :

Groupe Arnault/LVMH  12M (Les Échos, Le Parisien)

Groupe Ouest France     9M (Ouest France)

Groupe Drahi                   7M (Libération, L’Express)

Groupe Dassault             6M (Le Figaro)

Groupe Le Monde           6M (Le Monde)

Groupe Crédit Mutuel       5M (un empire de la PQR)

L’Humanité                       3.5M (le plus aidé au numéro)

Il est facile de constater que les aides vont principalement aux milliardaires qui possèdent une bonne partie de la presse et à une banque. L’Humanité est un cas à part, le titre est en perdition et vit depuis longtemps d’abandons de créances et de subventions.

Aides privées : Drahi et Arnault en tête, Le Monde troisième

Du côté du privé, Google est le généreux mécène. Menacé de redressements fiscaux en 2012, Google a crée en 2013 un fonds d’aide au développement de la presse écrite en France afin de « soutenir le journalisme de qualité » (sic). Ce fonds doté de 60Md’€ (une paille par rapport aux impôts exigibles si Google relevait du droit commun de taxation des entreprises) couvrait la période 2013/2015 et a été prolongé en 2016. Les chiffres sont disponibles pour cette dernière année, arrondis en K€:

Groupe Arnault      900K€

Groupe Drahi          670K€

Groupe Le Monde  620K€

(sans compter……..260K€ pour les Inrocks de Matthieu Pigasse)

Groupe Safa          520K€

Groupe Lagardère 440K€

Ces chiffres n’incluent pas ce qu’a dépensé Google pour créer le Decodex du Monde, la somme demeurant secrète. Un nouveau fonds Google, européen cette fois, dit DNI doit succéder au fonds destiné à la France.

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Pour sa part Facebook ne demeure pas inactif. D’un côté le réseau social finance les activités de ses partenaires pour « traquer les fake news ». De l’autre, il verse sur des périodes de six mois des sommes allant de 100 à 200K€ par mois à ses partenaires de la presse écrite pour rédiger du contenu, notamment vidéo, une bonne manière de tenir en laisse ces mêmes partenaires. Et en empochant au passage la plus grande partie de la valeur ajoutée.

Au passage on apprend que la fondation Bill Gates finance entièrement Le Monde Afrique, portail africain du Monde, ce dont le quotidien du soir ne se vante pas.

Et si une toute petite partie de cette manne allait à des sites qui décryptent les médias et leur environnement ? Comme Acrimed ou bien l’Observatoire du Journalisme ? Allez, c’était une plaisanterie.

https://www.ojim.fr/aides-publiques-et-privees-a-la-presse-tout-pour-les-medias-les-plus-riches/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-02-27

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vendredi 23 février 2018

Une première : la BCE gèle tous les paiements d'une banque européenne

La Banque centrale européenne a imposé un moratoire à la troisième banque commerciale lettone, dans la tourmente depuis que le Trésor américain l'a classée comme établissement à haut risque de blanchiment, la soupçonnant d'avoir participé au financement de la vente de missiles balistiques à la Corée du Nord.

ACT LETTONIE BANQUE

Du jamais-vu dans l'Europe bancaire : la BCE a décidé, en urgence ce lundi, d'imposer un « moratoire » à la banque lettone ABLV, le troisième plus important établissement de crédit du pays balte, dans la tourmente depuis qu'elle n'avait plus accès aux marchés financiers, après une sanction des Etats-Unis.

« Cela signifie qu'à titre temporaire, et jusqu'à nouvel ordre, une interdiction de tous paiements par la Banque ABLV sur ses passifs financiers a été imposée et est actuellement en vigueur », explique la BCE dans un communiqué.

Le moratoire, imposé au régulateur letton, a été jugé nécessaire « pour trouver une solution » en coordination avec les autorités lettones et remédier aux problèmes de pénuries de financement. Il s'agit aussi d'éviter un "bank run", une ruée au guichet des dépositaires, même si ABLV est plutôt une banque d'entreprise et de gestion de fortune. Une telle mesure n'avait pu être imposée l'an dernier au moment des difficultés de Banco Popular, rachetée pour un euro symbolique par Santander, car la loi espagnole ne permet pas de décréter de moratoire sur les dépôts.

« La situation financière de la banque s'est fortement dégradée ces derniers jours suite à une annonce effectuée le 13 février par le réseau de lutte contre la délinquance financière (Financial Crimes Enforcement Network) du Département du Trésor des États-Unis de proposer à partir de février une mesure désignant la Banque ABLV comme un établissement représentant un risque majeur en matière de blanchiment des capitaux, conformément à la Section 311 du Patriot Act américain », contextualise la Banque centrale européenne.

"Blanchiment institutionnalisé" et financement en Corée du Nord

Le réseau anti-délinquance financière du Département du Trésor américain a, en effet, rendu des conclusions alarmantes :

« ABLV a institutionnalisé le blanchiment d'argent en tant que pilier des pratiques commerciales de la banque », écrit le FinCEN dans un communiqué.

« Les pratiques déficientes des banques favorisent un large éventail de comportements illicites, y compris l'activité liée au programme d'armement de la Corée du Nord et la corruption liée à la Russie et à l'Ukraine », a déclaré Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor de l'administration Trump.

Dans son rapport, le FinCEN détaille que « l'activité illégale de la banque lettone inclut des transactions avec des parties connectées à des entités désignées par les Etats-Unis et l'Onu, dont certaines impliquées dans la fourniture ou l'export de missiles balistiques à la Corée du Nord. »  Pointant la défaillance des systèmes de contrôle et procédures, il affirme aussi que la banque a vu transiter « des milliards de dollars dans la corruption publique et le dépouillement d'actifs par le biais de comptes de sociétés écrans. »

Affaire de corruption à la banque centrale lettone

Fondée en 1993, la banque ABLV, issue de la privatisation d'une branche régionale de la banque nationale, est spécialisée dans la banque privée, de financement et d'investissement. Depuis son siège de Riga, elle s'est fortement développée dans les Etats de la CEI, Ukraine, Azerbaïdjan, etc. A la fin de 2017, elle disposait de liquidités de 1,7 milliard d'euros pour un total de bilan de 3,63 milliards d'euros et un produit net bancaire de 140 millions d'euros (en 2016). ABLV, qui emploie plus de 800 personnes, est la deuxième banque lettone en termes de dépôts (2,6 milliards d'euros, derrière la Swedbank et devant SEB). La cotation de son action a été suspendue à la Bourse Nadsaq de Riga.

« Cette décision est prise afin de donner à la banque suffisamment de temps pour prendre des mesures en vue de stabiliser la situation existante et d'accumuler les fonds nécessaires pour assurer un fonctionnement normal », fait valoir la direction d'ABLV dans un communiqué.

La banque de Riga explique qu'elle a décidé « de mettre en gage une partie des titres à sa disposition en demandant à la Banque de Lettonie, à son tour, d'accorder un prêt à hauteur de 480 millions d'euros ». La solution pourrait passer par un rachat de ses actifs, à l'image du sauvetage de Popular par Santander.

Cette affaire interroge sur la qualité des contrôles anti-blanchiment en Lettonie et de la supervision bancaire du régulateur national, le FCMC (Financial and Capital Market Commission), responsable de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, qui n'est pas dans les attributions directes de la BCE.

L'affaire tombe au plus mal pour le pays balte : le gouverneur de la Banque centrale de Lettonie a été arrêté ce week-end par le bureau national anti-corruption. Il est soupçonné d'avoir reçu un pot de vin de 100.000 euros, dans un dossier qui n'a, semble-t-il, rien à voir avec les déboires d'ABLV, mais jette un voile de suspicion sur l'ensemble du système financier letton et ses gendarmes.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/une-premiere-la-bce-gele-tous-les-paiements-d-une-banque-europeenne-769077.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180220

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mercredi 21 février 2018

« Le plus gros hedge fund du monde parie 22 milliards contre l’Europe !! »

TRIBUNE LIBRE / par | 19 Fév 2018 |

TL SANNAT BRIDGEWATER

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Voilà une information comme je les affectionne. Certaines mauvaises langues, qui jugent bien vite, diront, évidemment, c’est inquiétant, apocalyptique et donc c’est bon pour vendre sa “soupe”… pessimiste.

Laissons-les dire.

Évidemment, ce type d’information, au premier abord, peut sembler inquiétant. Pourtant, ce n’est pas là ni l’important ni l’essentiel.

Trouver cela inquiétant est une émotion. Considérer cela comme faisant peur, c’est laisser les émotions et l’irrationalité prendre le pas sur l’intelligence et la réflexion.

Cette information totalement vraie et vérifiable est simplement révélatrice du fonctionnement de nos économies, de notre système mondialisé.

Cette information pointe du doigt, froidement, nos faiblesses, nos abandons, nos résignations et nos lâchetés de souveraineté.

Une entité au pouvoir financier considérable peut donc effectivement en toute impunité “jouer” et miser 22 milliards de dollars contre les intérêts souverains de pays européens qui sont composés de gens formant ce que l’on appelle des peuples !

Le plus gros hedge fund du monde mise 22 milliards contre l’Europe

Voilà ce que nous rapporte cet article du quotidien économique Les Échos.

L’analyse des positions «vendeuses» du fonds Bridgewater montre qu’il parie contre nombre d’entreprises allemandes, françaises et italiennes.
Bridgewater mise gros contre l’Europe. En quelques mois, le plus grand fonds spéculatif au monde, gérant environ 160 milliards de dollars d’actifs, a sensiblement augmenté ses positions à la baisse dans des entreprises du Vieux Continent. Selon les chiffres analysés par Reuters et Bloomberg, le total de ces positions s’élèverait à 22 milliards de dollars.

Tout a commencé en Italie cet automne lorsque le fonds a pris des positions « short » sur les banques du pays. Les bilans de la plupart d’entre elles sont criblés de créances douteuses, qui minent leur performance et font peser d’importants risques en matière de régulation. La Banque centrale européenne presse les établissements de les nettoyer, mettant sous pression leur cours de Bourse. Bridgewater s’est notamment attaqué à Intesa Sanpaolo.

Le hedge fund a ensuite pris des positions vendeuses sur d’autres sociétés italiennes : Enel et Eni… pour un total de 18 sociétés représentant 3 milliards de dollars. Ces dernières semaines, il a étendu ses paris à la baisse à toute l’Europe. Le fonds est « short » sur les allemands Siemens et Deutsche Bank, l’européen Airbus, la française BNP Paribas, la banque néerlandaise ING, Sanofi, Nokia ou encore sur le pétrolier Total… Il a pris des positions courtes sur près de la moitié des sociétés du DAX allemand, pour un total de 7,3 milliards de dollars outre-Rhin. Dans l’Hexagone, le total s’élève à 4,5 milliards.”

L’abandon du politique et des… opportunités économiques !

Ce que nous montre cette information, c’est que nos pays ont été abandonnés en rase campagne par l’élite au pouvoir, censée veiller aux intérêts des populations qu’elle représente.
Elle représente encore officiellement et incarne “en semblant”  – comme dirait mon petit dernier quand il joue – le pouvoir, mais un pouvoir qu’elle n’exerce pas pour laisser volontairement le champ libre aux forces spéculatives et de marché.
Le combat à mener doit être donc politique par la reconquête de notre souveraineté, c’est-à-dire du choix de décider nous-mêmes, citoyens, de notre destin et de la façon dont nous souhaitons utiliser nos ressources. L’action politique n’a de sens que lorsqu’elle est orientée vers le service du bien commun.

Pour le reste, et en l’absence pour le moment d’alternative politique crédible et cohérente, il ne vous reste plus qu’à considérer vos propres opportunités économiques à titre personnel.

Et cet article vous en dit beaucoup sur ce que vous pouvez faire et les opportunités que vous pouvez éventuellement saisir.

Je ne vous inciterai jamais à la spéculation, mais si le plus gros hedge fund de la planète joue à la baisse massivement sur le secteur bancaire européen, vous pouvez vous aussi parier à la baisse sur ces mêmes banques à travers des trackers parfois éligibles dans vos PEA.

Autre élément de réflexion à vous soumettre : si Bridgewater joue massivement à la baisse le secteur bancaire européen, cette entreprise crée les conditions éventuelles d’une nouvelle crise bancaire de grande ampleur nécessitant à terme une intervention massive de la BCE… ou aboutissant à l’explosion de la monnaie unique l’euro.

Vous le voyez, en réalité, nous tournons en rond, comme des poissons rouges dans un bocal, nous sommes toujours prisonniers du même bocal. Ce bocal, c’est celui de l’Union européenne.

Notre soumission à l’Europe entraîne notre soumission à des entreprises comme Bridgewater.

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/le-plus-gros-hedge-fund-du-monde-parie-22-milliards-contre-leurope-ledito-de-charles-sannat/

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