dimanche 21 janvier 2018

La Normandie bientôt dotée de sa propre monnaie

FIGARO DEMAIN - La première devise pour toute une région de France va voir le jour ce trimestre sur la terre des Vikings, nom qui pourrait être donné à cette future monnaie locale. Un moyen de favoriser les circuits courts et le commerce de proximité. Explications.

ACT NORMANDIE MONNAIE

Les Normands vont pouvoir payer leurs achats en «Normand», «Viking», «Drakkar» ou «Rollon» - du nom du premier duc de Normandie à avoir créé une devise à son effigie. Car la première monnaie de Normandie est sur les rails. Elle devrait être en circulation avant fin mars, une fois que les citoyens se seront notamment prononcés sur son nom.

Il existe une quarantaine de monnaies locales en France mais la création d'une devise complémentaire à l'échelle de toute une région est une première. Le futur moyen de paiement circulera en effet sur les cinq départements: le Calvados, l'Eure, la Manche, l'Orne et la Seine-Maritime.

Pour cela, «la région a alloué 400.000 euros au projet», assure Lynda Lahalle, conseillère régionale chargée du projet. «Une banque partenaire dotée d'un fonds de 100.000 euros garantira la valeur d'une monnaie normande pour un euro», souligne Gérard Heit, président de l'association Monnaie Normande qui assurera sa mise en circulation. La monnaie sera électronique et dotée d'une application, précise Gérard Heit.

L'objectif de cette devise locale? «C'est un moyen de valoriser la culture normande et de renforcer les liens entre les différents acteurs du territoire», répond Hervé Morin, président de la Région Normandie. «Cela a du sens dans le cadre de la réunification des deux Normandie», renchérit Lynda Lahalle.

Outre cette fierté régionale, comme les autres monnaies locales, elle vise à favoriser les circuits courts et le commerce de proximité. La nouvelle monnaie normande n'aura pas vocation à remplacer l'euro mais à circuler sur le territoire pour stimuler les échanges locaux. «Les monnaies locales complémentaires permettent d'intensifier les relations économiques dans l'espace local, elles concernent en premier lieu les échanges de biens alimentaires», indique Jérôme Blanc, économiste spécialisé dans les monnaies locales. Selon l'Ademe, les monnaies locales constituent des leviers pour orienter les comportements vers une consommation durable.

Seulement 2 % de la masse monétaire circule au sein de l'économie réelle. On estime qu'un euro est échangé 2,4 fois en moyenne avant de retourner en banque, contre 6 fois pour une monnaie locale. De fait, une monnaie complémentaire ne rapporte rien, elle est uniquement un moyen d'échanges. Inutile donc de détenir des milliards de Drakkars ou de Vikings sur son compte, leur valeur n'évoluera pas!

L'eusko au Pays basque, le WIR en Suisse, le Brixton Pound en Angleterre... des exemples de réussites

Ils pourront être en revanche très utiles pour payer des produits alimentaires made in Normandie! Mais tout dépendra des commerces qui l'accepteront. Des entreprises peuvent imaginer de payer leurs salariés ou leurs fournisseurs en monnaie locale. Des services publics pourront même être payés en monnaie locale, comme les billets d'entrée dans les piscines, confirme Lynda Lahalle.

L'exemple de «l'eusko», monnaie locale la plus développée en France, est souvent cité comme un modèle de réussite. Crée en 2013 au Pays basque, plus de 750.000 euskos sont aujourd'hui en circulation. Depuis 9 mois, des cartes de paiement digitales ont même été lancées. La devise est utilisée par 750 commerces, entreprises et associations ainsi que 3.000 particuliers sur 300.000 habitants. À chaque transaction, 3% d'eusko sont reversés à des associations et au total 15.000 euros de dons ont été distribués. Au point que la ville de Bayonne souhaite payer ses factures ou subventionner des associations en euskos. L'État s'y oppose. Pour l'heure, le tribunal administratif a prononcé un non-lieu sur ce sujet.

Ailleurs, d'autres monnaies complémentaires ont également connu un succès retentissant. Ainsi la «WIR» en Suisse est aujourd'hui utilisée par plus de 60.000 entreprises et permet aux habitants de s'autogérer financièrement, indépendamment des aléas économiques du pays. Elle est née en Suisse en 1934, en pleine crise économique: une quinzaine de petites entreprises se sont rassemblées pour pouvoir s'échanger leurs produits, alors même que, faute d'argent, le commerce était au point mort.

Autre réussite, le Brixton Pound qui circule dans le quartier de Brixton à Londres. Crime de lèse-majesté, les billets sont à l'effigie de David Bowie, l'enfant du quartier! Des centaines de commerces l'utilisent et elle a contribué à dynamiser le commerce local.

Mais toutes les monnaies locales n'affichent pas la même réussite. Par exemple, la monnaie «SoNantes» n'a pas rencontré le succès espéré. Depuis son lancement en avril 2015, la SoNantes a fait l'objet de 7500 transactions pour 280.000 euros échangés (une SoNantes pour un euro) avec 1500 adhérents particuliers et 180 professionnels contre 10.000 comptes de particuliers et 3000 d'entreprises escomptés. Pour réussir, le Drakkar ou le Viking devra donc avant tout conquérir le cœur des Normands!

http://www.lefigaro.fr/conso/2018/01/15/20010-20180115ARTFIG00010-la-normandie-bientot-dotee-de-sa-propre-monnaie.php

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Les monnaies locales sont un moyen pédagogique et économique qui a l'avantage de faire comprendre le rôle d'une monnaie et de contourner partiellement les traités européens. Mais il y a, hélas, un revers; ça ne résoud pas la question de la souveraineté et donc du pilotage politique de l'instrument monétaire. Et certains, comme on le voit ici, semblent vouloir s'appuyer sur le phénomène rendu nécessaire par le marasme provoqué par l'euro, pour renforcer une identité régionale au détriment de l'Etat- Nation. A surveiller donc de très près...   P.G.

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mardi 9 janvier 2018

Le sentiment d’isolement des Limousins grandit en Nouvelle-Aquitaine

Deux ans après la création de la grande région, nombre de Limousins expriment un sentiment de délaissement territorial. Entre ressenti et réalité, il y a certainement une grande différence qu’il faudra du temps pour quantifier de manière scientifique. Mais à coup sûr le centre de décision n’est plus Limoges…

ACT REFORMES TERR

Le grand débat sur l’avenir de la Cour d’appel de Limoges a mis en lumière un pan, jusqu’alors resté silencieux, des sentiments des Limousins, quant à l’intégration de l’ex-région dans la Nouvelle-Aquitaine.

Abandon, délaissement, mise en marge : quelle que soit la terminologie employée, le résultat est à peu près le même. À tel point d’ailleurs, que les élus de tous bords se sont emparés de la question.

Alain Rousset a ainsi convié les élus de l’ex-Limousin à un dîner à Bordeaux lors de la dernière séance plénière du Conseil régional afin de leur rappeler son souhait « d’équité entre les territoires » dans les politiques régionales engagées.

À Limoges, Emile Roger Lombertie, le maire, et Gérard Vandenbroucke, le premier vice-président du Conseil régional et président de Limoges Métropole se disent prêts à financer une étude afin de mesurer l’impact réel de la réforme territoriale.

« La science dans cette question est prématurée »

Interrogé sur la faisabilité d’une telle étude par Gérard Vandenbroucke, Frédéric Richard, maître de conférences en géographie au Géolab de la faculté des lettres et des sciences humaines de Limoges, reconnaît l’intérêt pour le chercheur qu’il est, d’une telle étude. « Mais ce n’est pas notre cœur de métier et nous ne sommes pas des spécialistes. Mettre de la science dans ces questions-là, aujourd’hui, n’aurait aucun sens. Ce ne serait que des éléments impressionnistes, de l’intuition confortée par quelques faits et des expériences partagées. Il faut du recul même si le sentiment est un fait et le regard que l’on porte au fait est déjà une valeur. Il faut des outils d’approche quantitative des politiques publiques. »

Pour autant, selon lui, il y a bel et bien un « un sentiment de marginalisation. Il est logique qu’il s’exprime aujourd’hui. C’est assez mécanique du point de vue du géographe. Le Limousin est ce que nous appelons une marge de l’intérieur du pays. Quand il était en périphérie de Paris, il existait une sorte de compensation, pas que symbolique, qui était l’existence d’un statut de région et pour Limoges de métropole régionale qui était fondé, presque exclusivement, sur l’exercice du pouvoir. Cela nous mettait au même rang que Bordeaux, Nantes, etc. C’était complètement artificiel mais offrait le privilège d’être, ce que j’appelle, une métropole du vide. Ce pouvoir a été supprimé au profit d’une capitale régionale avec laquelle, du point de vue des flux, de l’orientation des appareils productifs, il n’y avait que très peu de liens. On est donc en marge de Paris et d’une capitale régionale très éloignée, que les gens ne connaissent pas et étrangère à leur mentalité ».

Infographie : Philippe Chapelle

Généralement, ce sentiment de mise en marge est particulièrement vrai dans les territoires ruraux mais il est aussi le propre des zones qui manquent d’une identité forte. « La décentralisation des années 1980 a construit une relation de centre périphérie entre Limoges-Haute-Vienne et le reste du Limousin. Sauf que l’accès ou la proximité au pouvoir était tout autre. Il y a une identité limousine et les contours collaient aux limites historiques ».

 

Près d’un Français sur trois estime vivre dans un territoire délaissé



Ce n’est pas propre aux Limousins. Près d’un Français sur trois (*) s’estime délaissé par les pouvoirs publics : 20 % ont « plutôt » le sentiment de l’être et 8 % en sont convaincus. 33 % estiment ne « pas du tout » habiter dans un territoire délaissé et 39 % « plutôt pas ». Malgré tout, près de neuf sur dix sont satisfaits de leur cadre de vie quotidien.

Cette étude réalisée en octobre 2017 par le Credoc, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie pour le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), montre en outre que ce sentiment de délaissement est particulièrement prégnant dans les communes situées en dehors des zones d’influence des grandes aires urbaines.

Le délaissement lié aux conditions sociales

Il est aussi lié à la situation sociale et économique des individus. Les plus pauvres (36 %), les non diplômés (33 %) et les chômeurs (39 %) ont plus souvent ce sentiment, y compris lorsqu’ils vivent dans les territoires les plus favorisés.

Pour autant, les personnes estimant vivre dans un territoire délaissé par les pouvoirs publics n’envisagent pas plus que les autres de déménager : 35 % aspirent à changer de ville dans les cinq prochaines années. 39 % pensent qu’il leur serait plus facile de mener à bien leurs projets de vie s’ils vivaient dans une autre ville, un autre département, ou une autre région.

Paradoxe, 72 % des personnes interrogées se disent très attachées à leur région. Envisager un déménagement est également très lié à la confiance en l’avenir que chacun porte. Parmi ceux qui pensent que leurs conditions de vie vont beaucoup se « dégrader », la part de celles qui souhaitent déménager dans une autre est près de deux fois moins moindre par rapport aux optimistes. Or, à sexe, âge et niveau de diplôme égal, changer de département n’est pas un atout au retour à l’emploi.

S’ils ont le choix, les Français optent pour « un développement du territoire permettant à chacun de réaliser ses projets de vie là où ils résident ». Un quart des interrogés privilégie des aides à la mobilité. Quant aux attentes des Français ayant le sentiment de vivre sur un territoire délaissé, elles sont nombreuses : favoriser l’installation de nouvelles entreprises (44 %), améliorer l’offre de santé (40 %), améliorer l’offre de services publics (33 %), construire davantage d’équipements de loisirs et de culture (28 %), augmenter l’offre de commerce (27 %). 

(*) L’étude du Crédoc a été menée auprès de 2.000 personnes, âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/2018/01/08/le-sentiment-disolement-des-limousins-grandit-en-nouvelle-aquitaine_12692503.html

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On se demande bien quel serait l'intérêt de financer une étude spécifique sur l'impact des réformes territoriales pour aboutir à ce que tout le monde sait: c'est un désastre! D'autant qu'on n'a pas jugé utile de consulter les populations AVANT de les mettre en oeuvre.

Le point de vue que nous défendons depuis le début est que ces réformes n'ont été motivées que par des impératifs idéologiques et géostratégiques émanant des institutions bruxelloises. L'objectif, démanteler progressivement les nations européennes et favoriser l'émergence de nouvelles identités territoriales au détriment de toutes les identités locales d'origine et, bien sûr, nationales.  SR/P.G

OUTIL FL EUROREGIONS

lundi 8 janvier 2018

Assemblée nationale et Bundestag voteront le même texte le 22 janvier

Refaire un nouveau Traité de L’Élysée, c’est ce que va proposer une résolution proposée le 22 janvier aux parlements français et allemand. Un texte rejeté par avance par Jean-Luc Mélenchon et les députés insoumis.

ACT FRANCE ALLEMAGNE

L’Assemblée nationale et le Bundestag allemand devraient approuver le 22 janvier, à l’occasion du 55e anniversaire du Traité de l’Élysée, une résolution commune traçant des perspectives pour un nouveau Traité, et renforçant la coopération entre les deux Parlements, a-t-on appris mercredi auprès de l’Assemblée.

Le président de la République Emmanuel Macron avait indiqué le 28 septembre à la Sorbonne son souhait de « réviser le Traité de l’Élysée », conclu en 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer.*

Saisissant la balle au bond, des parlementaires allemands ont appelé dans une tribune publiée le 11 novembre à l’adoption d’une résolution identique par les deux chambres basses, qui trace les « points essentiels de la relance du partenariat franco-allemand ». Le président de l’Assemblée François de Rugy et son homologue allemand Wolfgang Schäuble en ont approuvé le principe le 13 décembre.

Permettre plus de liens entre France et Allemagne

Le texte de la résolution a été transmis le 29 décembre aux groupes parlementaires, qui ont jusqu’au 4 janvier pour l’approuver ou non, selon le groupe des députés LFI.

La résolution - transmise à l’AFP par les députés Insoumis -, se prononce notamment pour un accroissement des compétences des « eurodistricts », ces organes qui font travailler ensemble des collectivités locales de différents pays, et pour l’introduction de « clauses d’expérimentation dans chacune des législations nationales ».

Dans le droit fil du discours de M. Macron le 28 septembre, elle plaide pour « la réalisation d’un espace économique franco-allemand avec des règles harmonisées », notamment en ce qui concerne le droit des sociétés, l’encadrement des faillites et la fiscalité des sociétés.

Sur le plan social, elle appelle à des « normes communes, garantissant un niveau analogue de droits sociaux » dans les deux pays.

Elle propose un renforcement des liens dans le domaine de l’apprentissage et de la formation, avec par exemple la création d’un

« statut franco-allemand du stagiaire ».

Elle encourage également la coopération franco-allemande dans le domaine de la défense, de la lutte contre le réchauffement climatique, de la politique migratoire, du numérique.

Elle appelle ainsi à la concrétisation de projets bilatéraux, avec par exemple la création d’un « marché unique de l’énergie ».

La résolution prévoit par ailleurs la mise en place d’un groupe de travail franco-allemand, qui devra rédiger une proposition d’accord parlementaire avant le 22 janvier 2019.

Il s’agit notamment de promouvoir la « convergence des procédures législatives française et allemande dans la transposition en droit national des directives européennes », ou des réunions communes des deux assemblées « au moins une fois tous les quatre ans ».

La France insoumise rejette déjà l'initiative en bloc

Les députés de La France insoumise (LFI) et leur leader, Jean-Luc Mélenchon, ont annoncé mercredi qu’ils refusaient de signer deux propositions de textes sur un nouveau traité de l’Élysée avec l’Allemagne et un accord parlementaire franco-allemand.

« Ces textes ne sont pas amendables, ils ont été écrits sans nous et nous sommes invités à signer pour approbation ou à ne pas le faire. Nous ne signerons pas », déclare le groupe LFI dans son communiqué.Il estime que ces textes constituent « une faute » à l’égard des autres pays de l’Union européenne, « qu’ils méprisent en les ignorant », le « couple franco-allemand » étant selon eux « ressenti à juste titre comme un directoire aussi arrogant qu’archaïque ». Il accuse leurs auteurs de dédaigner les « affinités réelles » de la France avec l’Europe du Sud « pour entretenir la fiction » d’une relation privilégiée avec l’Allemagne et juge leur contenu en décalage avec les urgences du temps.

Les élus LFI, qui se sont battus en vain pour que le drapeau européen soit retiré de l’Assemblée, reprochent à ces textes de ne comporter aucune clause de non-régression des droits sociaux acquis, de n’envisager aucune amélioration concrète nouvelle, de concevoir l’économie sous l’angle du droit des sociétés privées et de ne pas être à la hauteur en matière d’écologie.

Ils refusent enfin de signer des textes contenant selon eux de nombreuses dispositions « contraires à la nature républicaine spécifique de la France en tant qu’État unitaire ». « Nous refusons les expérimentations hasardeuses qui commencent par défaire la France », expliquent-ils. « Le projet de la droite allemande et du parti présidentiel en France n’est pas celui du peuple républicain, écologiste et social, dont nous portons la parole. »

« Certes, eux ont aujourd’hui le pouvoir de décider. Mais nous avons le devoir de résister et de proposer de faire autre chose, autrement », concluent les députés LFI.

https://www.ouest-france.fr/europe/ue/assemblee-nationale-et-bundestag-voteront-le-meme-texte-le-22-janvier-5481623

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A partir du moment où cela s'inscrit dans une allégeance à l'oligarchie euroatlantiste et à l'OTAN, le terme de "traité de l'Elysée" est assez dévoyé! Rien à voir avec la vision de Charles de Gaulle sur le sujet.  D.P.

Quant à la France Insoumise, ce qu'elle déplore le plus, c'est que la relation franco- allemande soit privilégiée au détriment de la relation avec les autres pays de l'Union, le reste n'étant qu'un double discours, comme nous l'avons maintes fois démontré.  P.G.

Discours en langue corse, Diu vi salvi Regina, le parti de François Asselineau veut des sanctions

L’installation de la nouvelle collectivité unique de Corse fait décidément des remous. Au lendemain de son installation, le parti politique de l’Union populaire républicaine (UPR), celui de l’ancien candidat à l’élection présidentielle de mai dernier François Asselineau, a indiqué vouloir que le gouvernement engage des poursuites contre Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.

ACT FA CORSE



Dans un communiqué, daté du 3 janvier, l’UPR accuse le président du conseil exécutif de Corse et le président de l'Assemblée de Corse d’ « actes séditieux » et « inconstitutionnels ». Les raisons : l'abscence du drapeau français dans le bureau du premier et le discours en langue corse du second lors de la séance inaugurale de la collectivité unique de Corse de 2 janvier dernier.

Étiolement de « l’autorité de la République »


« Ils [les élus de la collectivité unique] ne cessent de violer la Constitution de la République française, et notamment son article 2 qui pose que : la langue de la République est le français. L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L’hymne national est ‘‘La Marseillaise’’ », insiste l’UPR.

Et le parti ne s’arrête pas là. Il annonce aussi qu’il a engagé des poursuites contre les élus de La République en marche « le parti même du chef de l’État ». Ces derniers ont osé entonner le « Diu vi salvi Regina » à l’intérieur même de l’institution.

Ces actes sont pour l’UPR une preuve de l’étiolement de « l’autorité de la République ». Une situation qui serait d’ailleurs légitimée par un acte précis d’Emmanuel Macron. En mai dernier, pour fêter sa victoire à l’élection présidentielle, le candidat La République en marche avait choisi l’hymne européen… Et de violer, par la même occasion, l’article 2 de la Constitution.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/haute-corse/corse/discours-langue-corse-diu-vi-salvi-regina-parti-francois-asselineau-veut-sanctions-1395959.amp?__twitter_impression=true

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dimanche 7 janvier 2018

Et si Nice quittait la France?


Un peu partout des vélléités sécessionistes apparaissent, dans plusieurs régions.

ACT COMTE DE NICE



Dans cet entretien, la chaîne Pravda France interroge madame Laetitia Barriera, une militante désirant promouvoir l'indépendance du Comté de Nice vis-à-vis de la France, et chargée de rédiger une charte de cette future entité. A une question posée par le journaliste Alexandre Artamonov à partir de 17 minutes 30 (sur cette vidéo qui dure 25 minutes), elle répond  qu'elle désire moins une entité territoriale restant française dans le cadre d'une fédéralisation temporaire de la France que, carrément, un Etat séparé: "aucune compromission", déclare-t-elle.

https://youtu.be/F3PC5LiykkI?t=1050

Appuyée ensuite par une écoute bienveillante du journaliste qui cite plusieurs exemples de situations fédérales dont celle de l'Allemagne, par opposition avec "l'Etat unitaire de type français, "obsolète" et quelque peu "vieux jeu", ne correspondant pas à la réalité "normale" européenne" (sic), elle dit vouloir travailler en collaboration avec d'autres régions en train de s'émanciper (Catalogne, ...).

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On comprend qu'est souhaitée une marche vers la fédéralisation de micro-Etats. Sous quel joug?

Il faut noter qu'à Nice, une monnaie locale est en cours de lancement, le "nissart":

https://www.20minutes.fr/nice/1721891-20151102-nice-cree-premiere-monnaie-locale-ville-nissart

Mais contrairement aux nombreuses monnaies locales complémentaires circulant en France, qui sont des outils civiques d'aide aux producteurs alimentaires et artisans locaux et lancées par des associations de citoyens sans qu'il y ait aucune connotation séparatiste,  celle-ci apparaît dans un contexte de contestation de l'Etat français, puisqu'elle est lancée par l'association indépendantiste "Republica de Nissa".

Sur le compte facebook de celle-ci:

https://www.facebook.com/Rep%C3%BAblica-de-Nissa-300940800052419/on peut voir la promotion du mouvement catalan actuel.

H.J.

 

 

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vendredi 5 janvier 2018

Actes séditieux en Corse: communiqué UPR

2 janvier 2018 : Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, présente ses vœux avec, derrière lui, les seuls drapeaux corse et de l’UE. Il a fait retirer le drapeau français. Non seulement cette attitude constitue une violation grave de la Constitution de la République, mais elle illustre une nouvelle fois l’objectif implicite de la politique des « euro-régions » : le démantèlement progressif des États-nations.

COM UPR JANVIER 18

L’Union populaire républicaine dénonce de façon solennelle les actes séditieux et inconstitutionnels commis le 2 janvier 2018 lors de la session inaugurale de l’Assemblée territoriale de Corse :

  • le président de l’Assemblée territoriale de Corse, Jean-Guy Talamoni, et le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, ont prétendu « prêter serment » sur le préambule de la prétendue « Constitution corse » de Pascal Paoli de 1755, lequel œuvrait à l’époque en connivence avec la puissance britannique  ;

 

  • tous les groupes d’élus ont également entonné « l’hymne corse », « Dio vi salvi Regina ». Cela inclut l’ensemble des élus de la République en marche (LREM) et ceux rattachés aux Républicains (LR) qui collaborent à ce défi lancé à la République française.

L’UPR rappelle que les nationalistes corses ne sont pas à leur coup d’essai. Enhardis par la scandaleuse passivité venue du sommet de l’État, ils ne cessent de violer la Constitution de la République française, et notamment son article 2 qui pose que « La langue de la République est le français. L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L’hymne national est ‘‘La Marseillaise’’ ».

L’Union populaire républicaine demande bien entendu au gouvernement français d’appliquer la loi constitutionnelle, comme il en a le devoir face au peuple français. Il doit donc entamer des poursuites contre les auteurs de ces actes séditieux, à commencer par ceux des élus du groupe de « la République en marche » (LREM), le parti même du chef de l’État.

L’UPR souligne qu’Emmanuel Macron porte d’ailleurs une lourde responsabilité dans cette déliquescence de l’autorité de la République puisqu’il est le premier à violer l’article 2 de la Constitution, en fêtant notamment sa victoire lors de l’élection présidentielle avec l’hymne européen ou en voulant promouvoir le drapeau européen que la France n’a pas reconnu lors de la ratification du traité de Lisbonne.

À ce titre, l’Union populaire républicaine rappelle que la montée des revendications autonomistes et indépendantistes à travers l’Union européenne découle directement de la politique dite des « euro-régions » promue par les traités européens, et par l’action persévérante et sournoise de la Commission européenne en la matière.

Lors de l’élection présidentielle, François Asselineau avait d’ailleurs été le seul des onze candidats à expliquer aux Français cette relation de cause à effet et à souligner les dangers croissants de notre appartenance à l’UE pour l’existence même de la France.

Le Frexit, proposé par l’UPR depuis plus de 10 ans, est la seule réponse appropriée pour garantir notre unité nationale face à une Union européenne qui cherche à pulvériser les États-nations.

https://www.upr.fr/actualite/communique-lupr-demande-gouvernement-dentamer-poursuites-contre-auteurs-actes-inconstitutionnels-commis-a-lassemblee-territoriale-de-corse

vendredi 22 décembre 2017

Elections en Catalogne : Puigdemont vante « un résultat que personne ne peut discuter »

Plus de deux mois après le référendum d’autodétermination, les Catalans étaient appelés aux urnes jeudi pour renouveler le Parlement régional.

ACT CATALOGNE VICTOIRE

Pari gagné pour les indépendantistes ? Selon des résultats quasi définitifs, jeudi 21 décembre, les trois partis indépendantistes (ERC-CatSi, Ensemble pour la Catalogne, CUP) obtiennent la majorité des sièges au parlement régional — 70 sur 135. C’est toutefois le parti centriste libéral Cuidadanos qui arrive en tête des suffrages avec 25 % des voix (37 sièges) alors que la participation a atteint un niveau historique (82 %, contre 75 % en 2015).

La liste Ensemble pour la Catalogne,du président séparatiste destitué Carles Puigdemont, obtiendrait 34 élus, et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), de son ex-vice-président emprisonné, Oriol Junqueras, en aurait 32.

Avec les anticapitalistes de la CUP (4 élus), les trois listes indépendantistes obtiendraient ainsi ensemble 70 sièges et retrouveraient la majorité absolue dont elles disposaient dans le parlement dissous par le gouvernement central. Le parti du premier ministre, Mariano Rajoy, le Parti populaire, ne récolte que 4 % des voix et 3 sièges.

Puigdemont jubile

Le dirigeant séparatiste catalan en exil Carles Puigdemont a salué jeudi soir à Bruxelles la victoire du camp indépendantiste, soulignant que c’est « un résultat que personne ne peut discuter ». Il a ajouté  que c’était une victoire de la « République catalane » sur l’Etat espagnol.

Le Premier ministre espagnol Mariano « Rajoy a perdu le plébiscite qu’il cherchait », et le fait que le camp indépendantiste reste majoritaire est « une claque », a jubilé M. Puigdemont devant un petit parterre de militants indépendantistes catalans et de sympathisants nationalistes flamands réunis dans une salle du centre de Bruxelles.

« Je veux féliciter le peuple catalan parce qu’il a donné une leçon au monde », « une leçon de civisme et de démocratie ! », a lancé M. Puigdemont, un grand sourire aux lèvres, après avoir été acclamé par l’assistance aux cris de « Président, président ! » « Nous avons gagné cette nuit le droit d’être écoutés! », a-t-il martelé. Mais la dureté de la campagne électorale et le risque que le bras de fer entre indépendantistes et gouvernement espagnol perdure « nous empêchent de sabrer le cava », a-t-il ajouté en référence au vin pétillant espagnol, l’un des produits phares de la Catalogne.

« L’Europe doit en prendre bonne note, la recette de Rajoy ne fonctionne pas » en Catalogne, a-t-il également jugé, en vilipendant la procédure utilisée par Madrid pour destituer l’exécutif régional et prendre le contrôle des institutions après que la région eut déclaré son indépendance.

L’UE ne change rien

« Notre position sur la question de la Catalogne est bien connue et a été réitérée régulièrement, et à tous les niveaux. Elle ne changera pas. S’agissant d’une élection régionale, nous n’avons pas de commentaire à faire », a indiqué pour sa part un porte-parole de la Commission européenne, Alexandre Winterstein.

Depuis le début de la crise, l’UE s’est refusée à reconnaître l’indépendance unilatéralement proclamée par le Parlement de Catalogne, considérant qu’il s’agissait d’une « affaire intérieure » espagnole et appelant au « respect de la Constitution espagnole » que Madrid affirme défendre.

Deux mois de bras de fer

Ces élections se sont tenues plus de deux mois après le référendum d’autodétermination organisée par le gouvernement catalan, en dépit du refus de Madrid. Le oui l’avait alors emporté avec 90 % des voix, mais avec seulement 43 % de participation.

La Catalogne a « gagné le droit d’avoir un Etat indépendant sous la forme d’une république », lance alors le président catalan, Carles Puigdemont. S’ensuivent alors plusieurs semaines de tensions et d’ultimatums entre Madrid et Barcelone.

Le 27 octobre, les députés catalans votent une déclaration proclamant l’indépendance de la Catalogne par 70 voix pour et 10 contre. La rupture avec Madrid est consommée, mais la victoire symbolique est de courte durée.

Moins d’une heure plus tard, le Sénat vote l’application de l’article 155 de la Constitution, qui permet à Mariano Rajoy de placer la Catalogne sous tutelle. Le premier ministre espagnol assume la présidence de la région, destitue le gouvernement catalan, dissout le Parlement régional et convoque des élections régionales le 21 décembre.

Alors que les unionistes commencent à se faire entendre et à se mobiliser dans les rues, M. Puigdemont est visé par une plainte du parquet, à la fin d’octobre, notamment pour « rébellion, sédition et malversation ». Il décidera alors de s’enfuir pour la Belgique, où il a fait campagne pour ces élections ces dernières semaines.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/12/21/elections-regionales-en-catalogne-les-partis-independantistes-conservent-la-majorite-absolue_5233136_3214.html

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Nous reprenons ci-après une analyse remarquable publiée le 19 décembre 2017, par le blogueur écrivant sous le pseudonyme de « Descartes », sur son blog .

Les analyses de Descartes sont souvent très proches de celles de l’UPR et nous y avons déjà fait quelquefois référence dans le passé, par exemple ici.

Cette analyse est  lire et  faire lire en urgence.

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On peut reprocher beaucoup de choses à Le Monde, mais pas de manquer de cohérence. Et cela n’est nulle part aussi vrai que sur la question corse. Depuis l’époque bénie ou le couple Plenel-Colombani sévissait à la tête du journal, jusqu’au jour d’aujourd’hui, le « grand quotidien du soir », le « journal de référence » n’a eu de cesse que de faire des mamours aux nationalistes et autres indépendantistes. Remarquez, c’est logique : cela fait partie de la campagne de ringardisation de l’Etat jacobin et de la nation, indispensable pour avancer vers les lendemains qui chantent promis par la construction européenne.

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C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner d’avoir eu droit à une nouvelle campagne, suite aux élections régionales de la semaine dernière en Corse, qui ont donné une écrasante majorité aux candidats de l’alliance entre les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes de Jean-Guy Talamoni. Pendant une semaine, on a eu droit dans Le Monde à des expressions comme « L’Etat au pied du mur en Corse », « La République à l’épreuve de la souveraineté multiple » et autres du même tonneau. Le tout assaisonné de comparaisons avec la situation en Catalogne et autres parallèles du même genre. Et il ne faut pas se tromper. Ce que Le Monde veut, les élites politico-médiatiques le veulent. La preuve : la nomination d’une « madame Corse » au gouvernement.

Plutôt que de se précipiter, il faudrait revenir aux réalités : les élections en Corse sont des élections régionales. Les électeurs n’étaient pas consultés sur l’opportunité de modifier le statut de la Corse ou ses rapports avec la République, mais sur la question de savoir qui était le mieux à même d’exercer les compétences dévolues à la collectivité unique de Corse. Et rien de plus. Quand un communiste est élu président d’un conseil départemental du Val de Marne, on ne se pose pas la question de savoir si la propriété privée des moyens de production devrait être abolie dans ce coin de la région parisienne. Alors, pourquoi devrait-on se poser la question du statut de la Corse du seul fait que les indépendantistes et les autonomistes sont majoritaires au conseil régional de l’Ile (1)?

Pour le dire autrement, il faut toujours se rappeler qu’un élu ne détient pas un mandat représentatif universel pour parler au nom de ses mandants sur n’importe quel sujet. Un élu ne détient un mandat que pour le but précis pour lequel il a été élu. Lorsque les citoyens élisent des conseillers municipaux, ils leur donnent mandat pour élire le maire et délibérer sur les affaires de la commune. Mais à l’heure de discuter la politique d’immigration, le contenu des programmes scolaires ou sur les rapports de la France avec la Palestine, ce sont des citoyens comme les autres, et ne représentent qu’eux-mêmes. Et de la même manière, le président de la collectivité unique de Corse, pas plus que le président de la région Alsace ou celui de l’Ile de France n’ont mandat de discuter le statut de leur collectivité. Ce n’est donc pas parce qu’un autonomiste a été élu maire de Bastia ou président du conseil régional que la question de l’autonomie se pose. Messieurs Simeoni et Talamoni sont parfaitement légitimes pour discuter de l’organisation des transports en Corse, de la fiscalité locale ou de la construction des collèges et lycées. Mais l’élection ne leur donne aucune légitimité particulière pour parler du statut de la langue corse ou d’un « statut de résident », toutes matières réglées par la Constitution, et qui sont soumises aux instances détentrices du pouvoir constituant.

Ces dernières années on a vu se développer une grande confusion sur l’articulation des différents niveaux de compétence, confusion qui va de pair avec la « féodalisation » de notre système politique et administratif. Le processus de décentralisation a donné des ailes aux grands féodaux qui prétendent aujourd’hui à exercer rien de moins qu’à une sorte de « souveraineté » sur leur territoire du simple fait qu’ils ont été élus pour administrer l’enlèvement des ordures ménagères et l’aménagement des carrefours. Alors, il n’est pas inutile de rappeler quelques principes fondamentaux. Dans notre ordre constitutionnel, la souveraineté (2) appartient à la nation, c’est-à-dire à l’ensemble des citoyens politiquement constitué. La nation délègue à des hommes et des institutions non pas la souveraineté – qui est par essence indivisible et indélégable – mais des compétences et des pouvoirs. Délégation qui est limitée et précaire. Et ces compétences sont hiérarchisées : les mesures prises en vertu des pouvoirs dévolus au Parlement s’imposent aux collectivités locales.

C’est cette hiérarchie qui garantit que sur les domaines essentiels, le citoyen français a les mêmes droits quel que soit le lieu où il habite ou la couleur politique de son maire. Dès lors qu’on permet aux pouvoirs locaux d’exercer des compétences dans ces domaines, c’en est fini de cette logique. Le problème n’est pas tant que la loi soit adaptée aux réalités locales. Cela a toujours été le cas, et le Code de la construction n’édicte pas les mêmes obligations en termes de chauffage ou de déneigement pour un appartement qu’il soit situé à Nice ou à Lille.

Le problème est que la délégation de pouvoirs toujours plus étendus aux collectivités territoriales – allant jusqu’au pouvoir législatif pour certaines –  fait que cette adaptation se fait non pas en fonction de l’intérêt général, en tenant compte des inconvénients que des dérogations consenties à un territoire peuvent provoquer pour les autres, mais en fonction du seul intérêt de la collectivité qui en prend l’initiative. Et ce système ou les règles applicables localement reflètent l’intérêt de la collectivité à laquelle ils s’appliquent instaure une logique de concurrence entre régions et menace à terme les dispositifs de transfert entre régions riches et régions pauvres. Imaginons par exemple qu’on donne aux collectivités le pouvoir d' « adapter » la législation fiscale. Chaque région aura tendance à introduire les dérogations les plus importantes pour essayer d’attirer les activités économiques…  au détriment de l’intérêt général. C’est exactement le mécanisme qu’on observe en Europe, et qui permet à quelques petits pays de profiter – un peu – en devenant des paradis fiscaux en amputant au passage la recette totale sur l’ensemble européen.

C’est pourquoi, le véritable danger pour la République ne vient pas de l’indépendantisme, mais de l’autonomisme.

Si les Corses veulent l’indépendance, ce qui suppose de vivre sur leurs propres activités économiques, bon vent à eux. Mais les Corses, dans leur immense majorité, savent parfaitement qu’une Corse indépendante, privée des transferts considérables consentis par l’ensemble des Français, serait réduite à une abjecte pauvreté.

Ce que les Corses – ou plutôt les élites politiques corses, parce qu’il ne faut pas oublier que la victoire de l’alliance Simeoni-Talamoni n’a été rendue possible que par un taux d’abstention record – veulent, c’est l’autonomie. C’est-à-dire, un statut ou les « non-résidents » continueraient à payer, mais où les Corses – ou plutôt l’élite politique corse – disposeraient de tous les pouvoirs, y compris celui de réserver emplois, terrains et subventions aux « résidents ».

C’est là où la comparaison avec la Catalogne trouve ses limites : la Catalogne est une région riche qui n’a plus envie de payer pour les régions pauvres, la Corse est une région pauvre dont le niveau de vie dépend vitalement du fait que les régions riches continuent à payer pour elle.

La logique autonomiste conduit vers une féodalisation du pays. Plus on donne aux collectivités la possibilité « d’adapter » les dispositifs législatifs et réglementaires aux « spécificités locales », plus on transformera notre pays en une mosaïque de territoires où nos droits dépendront de l’endroit où nous résidons, et plus la solidarité inconditionnelle entre les citoyens des différents territoires sera affaiblie. Dès lors qu’il y aura des droits différents, rapidement se posera la question de protéger ces droits contre les « estrangers » venus des régions pauvres pour bénéficier des avantages accordés dans les régions riches. Et pour finir, on se trouvera comme en Espagne dans une situation ou les riches refuseront de payer pour les pauvres.

C’est pourquoi l’indépendantisme corse est un mouvement suicidaire. Je suis content, en tant que citoyen français habitant l’Ile de France, de payer un peu plus cher mon électricité pour que les Corses – ou les Auvergnats, ou les Bretons –  puissent la payer au même prix que moi ; de payer des impôts pour que les mêmes bénéficient d’un service de ferries subventionné, de collèges, de lycées, d’universités de même niveau que celles du continent. Mais si je suis content de payer, c’est parce qu’en retour je bénéficie, s’il me venait l’envie de me rendre en Corse, des mêmes droits que les natifs, parce que les Corses obéissent aux mêmes lois et ont les mêmes obligations que moi, bref, parce que nous sommes liés par les obligations de solidarité inconditionnelle qui nous constituent en nation.

Si demain je suis considéré là-bas comme un étranger, avec des droits au rabais, pourquoi irais-je payer pour les Corses plutôt que pour les Belges ? A partir du moment où ils ne se sentent pas tenus par les mêmes obligations envers moi que moi envers eu, pourquoi serais-je solidaire à leur égard ?

Mais alors, pourquoi les autonomistes et les indépendantistes obtiennent-ils un tel soutien alors que leur objectif apparaît si évidemment contraire à l’intérêt de leurs mandants ? Le paradoxe n’est qu’apparent. Les autonomistes et les indépendantistes corses – comme ceux des territoires ultramarins – partent de l’hypothèse largement vérifiée au cours de notre histoire  que la France jacobine est prête à beaucoup d’efforts pour garder les « confettis » dans la République. C’est pourquoi la menace indépendantiste a toujours permis d’arracher à l’État central toutes sortes de concessions.

Mais ce qui était vrai hier ne le sera pas forcément demain. Les véritables jacobins se font rares, et l’État est de plus en plus aux mains de libéraux qui n’hésiteront pas à faire un calcul coût/avantages à l’heure de discuter le statut de tel ou tel territoire. Cela se traduit déjà par un abandon des territoires périphériques au bénéfice des métropoles. Demain, il se pourrait qu’on décide d’abandonner des territoires ultramarins qui coûtent fort cher et rapportent fort peu… Les autonomistes et ceux qui les soutiennent feraient bien de méditer la phrase de Goethe : « quand les dieux veulent nous punir, ils réalisent nos rêves ».

Je propose personnellement un grand référendum, ouvert à toutes les régions. Elles auraient à choisir entre l’indépendance pleine et entière, ou l’application tout aussi pleine et entière des lois de la République sur leur territoire, sans aucune possibilité « d’adaptation » autre que celles consenties par le Parlement, et le plein exercice par l’Etat des compétences qui sont les siennes. On verrait alors qui veut quoi, et quel prix il est prêt à payer pour l’obtenir…

Descartes
19/12/2017

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(1) Ce raisonnement conduit d’ailleurs à des résultats cocasses. Si l’on suppose que la victoire de l’alliance entre indépendantistes et autonomistes doit se traduire par une modification du statut de la Corse dans un sens plus « girondin », cela implique que si demain une élection donnait la victoire au camp opposé il faudrait modifier le statut de la Corse dans le sens inverse…. Alors, un changement de statut à chaque élection ?

(2) Un être est dit « souverain » s’il n’est juridiquement soumis à aucune règle qui n’est issue de lui même.

Posté par UPR Creuse à 07:26 - - Permalien [#]
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mercredi 20 décembre 2017

La Provence-Alpes-Côte-d’Azur ne sera plus surnommée « PACA » mais « région Sud »

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur ne sera plus réduite au célèbre acronyme PACA : c’est du moins la volonté du conseil régional, qui a voté vendredi 15 décembre à Marseille l’adoption d’un nouveau nom, « région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur », lors de son assemblée plénière.

ACT PACA

L’idée est d’utiliser désormais « région Sud » comme diminutif. « Provence-Alpes-Côte d’Azur c’est compliqué à l’oral, donc la région Sud ça fonctionne bien », a expliqué Renaud Muselier, président de la région.

Dans le texte adopté vendredi, il est expliqué que le nom Provence-Alpes-Côte d’Azur, « fréquemment réduit à l’acronyme PACA, (…) perd toute signification auprès du grand public régional, national et international ». « Je ne supportais plus l’acronyme PACA, qui ne veut rien dire. Notre territoire c’est le soleil, la mer, la montagne, le bien-vivre », a tweeté M. Muselier.

Un plus pour le « rayonnement international » de la région

Le président LR, qui n’a jamais caché son aversion pour l’acronyme PACA, a ajouté que lorsqu’elles ont changé de nom « aucune autre région n’a choisi le Sud pour valoriser son territoire, donc moi je l’ai pris ! ».

Le terme de « région Sud », associé aux trois « marques monde » que sont « Provence, Alpes, Côte d’Azur », participe selon Renaud Muselier « au rayonnement international et à la reconnaissance de notre territoire ».

« C’est une évidence, tout un chacun pense au Sud quand il pense à notre région et non pas à PACA », ajoute le texte voté par le conseil régional, estimant que « Sud induit une image très positive : le bien-vivre, la lumière, les paysages de rêve, etc. ».

La marque « Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur » sera déposée auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Selon le quotidien Nice-Matin, elle figurera sur tous les documents officiels de la région dès 2018.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/12/16/la-provence-alpes-cote-d-azur-ne-sera-plus-surnommee-paca-mais-region-sud_5230750_3224.html

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"Hauts de France", "Grand- Est", "région Sud"... Pour la "Nouvelle- Aquitaine", pourquoi pas "région en bas à gauche?" tant qu'on y est? On notera au passage l'ambition d'inscrire les régions dans une stratégie de "marque" "à l'international", le but étant bien sûr de faire disparaître la France, y compris dans les échanges commerciaux.

OUTIL FL EUROREGIONS

vendredi 15 décembre 2017

Corse: "La Constitution doit être modifiée", exhorte Simeoni

Le leader nationaliste autonomiste corse Gilles Simeoni a déclaré mercredi sur BFMTV/RMC que "la Constitution doit être modifiée pour prendre en compte la spécificité de la Corse, de ses attentes et de ses besoins".

ACT SIMEONI CORSE

"L'inscription de la Corse dans la Constitution est la condition sine qua non de l'ouverture d'un espace juridique qui nous permettra de mettre en œuvre des politiques ( ...) indispensables à la prise en compte des intérêts de la Corse", a poursuivi M. Simeoni, répondant au Premier ministre Édouard Philippe, qui avait prévenu la veille que toute initiative de la nouvelle collectivité territoriale corse devait être "conforme au cadre constitutionnel" actuel.

La tête de liste de la coalition nationaliste, Pè a Corsica (Pour la Corse), qui a remporté dimanche une large victoire aux élections territoriales avec un score de 56,5 %, a également indiqué être "dans l'incertitude totale quant aux intentions réelles du gouvernement" déplorant que "les mots varient".

"Tantôt on nous parle d'autonomie, tantôt on nous parle de décentralisation, tantôt on fait semblant de croire que l'autonomie n'était pas dans notre programme alors qu'elle était au cœur de nos demandes", a-t-il ajouté.

"On laisse croire que l'autonomie serait une forme de rupture avec la France, ce qu'elle n'est absolument pas", a-t-il insisté.

Mardi, le chef du gouvernement, qui a chargé la ministre Jacqueline Gourault d'ouvrir un dialogue avec les nationalistes, a indiqué qu'il serait "attentif à ce que les compétences prévues par la loi, et ouvertes à la nouvelle collectivité, soient pleinement exercées".

Le gouvernement a rejeté d'ores et déjà les trois revendications emblématiques des nationalistes corses, la reconnaissance de la langue corse comme langue officielle de l'île au côté du français, la création d'un statut de résident ou encore l'amnistie des "prisonniers politiques".

M. Philippe a préféré insister sur les "compétences spécifiques" qui pourraient être confiées à la Corse, en invoquant la formule du "pacte girondin" entre l'État et les collectivités, sans dessiner les contours de ces nouvelles attributions.

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/corse-la-constitution-doit-%c3%aatre-modifi%c3%a9e-exhorte-simeoni/ar-BBGFWst?ocid=sf

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Et en même temps... "La constitution doit être modifiée" dit Gilles Simeoni ! Mais pourquoi doit-on modifier la constitution, alors que la Corse fait partie intégrante de la France ???
Ah mais oui suis-je bête, c'est ce que prône l'UE avec les euro-régions et que dénoncent l'UPR et François Asselineau.

FREXIT VITE!

C.N.

Posté par UPR Creuse à 06:00 - - Permalien [#]
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jeudi 14 décembre 2017

« Le Limousin est-il en train de mourir ? » Rappel: réunion publique aujourd'hui à Limoges!

« Le Limousin est-il en train de mourir ? », l'un des thèmes du débat-citoyen organisé jeudi 14 décembre

ACT REUNION LIMOGES

A l'initiative des avocats limousins, un débat-citoyen est organisé jeudi 14 décembre à 18 heures à l'espace CITE de Limoges. Au programme l'avenir de la Cour d'appel et du Limousin. 

« Pourquoi fermer la Cour d’appel de Limoges ? », « Le Limousin est-il en train de mourir ? » seront les thèmes abordés, jeudi 14 décembre, lors d'un grand débat-citoyen organisé à l'initiative des avocats des barreaux de Brive, Guéret, Limoges et Tulle.  « Les élus seront les bienvenus avec leurs idées et propositions. Viendront aussi ceux qui se sentent concernés par notre avenir et celui de nos enfants en Limousin », souligne le communiqué de presse annonçant le rendez-vous. Pas de cartons d'invitation donc..., il faut dire, en effet, que ce débat se prépare depuis plusieurs semaines maintenant.

L'idée du grand débat citoyen est née lors de la première « réunion de crise » qui a rassemblé les avocats  des barreaux de Brive, Guéret, Limoges et Tulle (le 20 novembre) pour défendre leur cour d'appel menacée. Ce jour-là, Richard Doudet soulignait « c'est à notre tour, avocats d'être touchés, mais c'est le territoire entier qui est concerné. Nous serons les avocats de ce territoire. La défense, c'est notre métier, c'est ce que nous savons faire. Il faut que notre cour d'appel devienne notre Chemin des Dames. Nous sommes le dernier rampart. Il faut stopper l'hémorragie vers Bordeaux.  »  

Depuis ce jour et « n’ayant obtenu aucune garantie ni aucune réponse à nos inquiétudes relatives au projet de fermeture de la Cour d’appel de Limoges », les barreaux de Brive, Guéret, Limoges et Tulle entendent interpeller publiquement la population du Limousin et les élus « sur les conséquences graves de ce projet ».

« Conscients que cette volonté du ministère s’inscrit dans un vaste mouvement de réforme de l’Etat au préjudice des territoires et plus particulièrement des 700.000 habitants du ressort de la Cour d’appel de Limoges, les avocats veulent réveiller les Limousins et provoquer des initiatives salvatrices afin qu’un sursaut collectif marque un arrêt brutal à ce qui s’apparente à une grave hémorragie de notre dynamisme local. »

La population, les élus, tous les acteurs économiques sont donc appelés à venir débatte jeudi 14 décembre à 18 heures à l’espace CITE, 7, rue de la Providence à Limoges (entrée libre).Les préconisations de Robert Savy et Jean-Claude Peyronnet (à gauche) pour la région Limousin présentées le 28 novembre

Robert Savy, ancien président du conseil régional du Limousin et Jean-Claude Peyronnet, ancien président du conseil général de la Haute-Vienne n'ont pas attendu ce rendez-vous pour faire des propositions pour sortir le Limousin du déclin. Leurs propositions de fusionner les trois départements de l'ex-Limousin et de faire de Limoges une métropole seront à n'en pas douter débattues...

Parmi les hommes et femmes politiques attendus jeudi 14 décembre, il y aura évidemment Robert Savy et Jean-Claude Peyronnet mais aussi Emile Roger Lombertie (maire de Limoges), Gérard Vandenbroucke (président de Limoges Métropole), Valérie Simonet (présidente du conseil départemental de la Creuse) est ce jour-là retenue à Cahors.

http://www.lepopulaire.fr/limoges/institutions/politique/2017/12/08/le-limousin-est-il-en-train-de-mourir-l-un-des-themes-du-debat-citoyen-organise-jeudi-14-decembre_12661659.html

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« Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer.
 Que dis-je? Quand on l'approuve et qu'on y souscrit. »
OEuvres complètes de Bossuet vol XIV,
Jacques B. Bossuet, éd. L. Vivès (Paris), 1862-1875, p. 145.

OUTIL FL EUROREGIONS

J'invite tous les militants disponibles à se rendre à cette réunion, car il est important d'expliquer à nos concitoyens qu'on ne peut pas d'un côté approuver les réformes territoriales imposées par l'UE, voire les anticiper (propositions de fusion de départements...) et "en même temps", se lamenter des conséquences de ces funestes politiques! La disparition programmée du Limousin au profit de la "Nouvelle Aquitaine" n'est pas une lubie de quelques gouvernants égarés, mais le fruit d'une idéologie politique visant à faire disparaître les états- nations d'Europe au profit d'un système fédéral d'euro- régions pilotées directement par bruxelles (et Washington...).

P.G.