jeudi 19 avril 2018

Mise en scène de guerre: dossier spécial

 

DS CASQUES BLANCS

 

L'UE et la guerre en Syrie : pas en notre nom !

14 avril 2018 - Après l'agression nocturne – évidemment ! – de la Syrie par les missiles des Etats-unis, de la Grande-Bretagne et de la France, l'Union Européenne a déclaré « se tenir aux côtés de ses alliés ». Voilà comment les citoyens européens qui n'ont pas été consultés sur un sujet aussi grave se trouvent pris au .piège et emportés malgré eux par une décision décidée par des eurocrates non élus. Un comble ! Qui permet de vomir un peu plus cette 'Union' qui ne représente plus que son ombre.

L'attaque chimique à Douma, une «mise en scène» des Casques blancs pour la Russie

11 avril 2018- L'attaque aurait fait une quarantaine de morts dans cette enclave rebelle de la Ghouta orientale. L'attaque chimique présumée contre les rebelles syriens à Douma a été « mise en scène devant les caméras » par les Casques blancs, l'organisation de sauveteurs syriens en zone rebelle qui a la première dénoncé cette attaque, a accusé l'armée russe mercredi.

Ghouta orientale : les Casques blancs préparent un nouveau scénario chimique

24 février 2018 - En pleine opération militaire de l'armée syrienne, destinée à déloger les terroristes de leur fief le plus important à l'est de Damas, deux camions, chargés de cargaison de chlore, sont arrivés sur le territoire syrien, en provenance de la Turquie et les Casques blancs se préparent à réaliser un nouveau spectacle anti-Damas.

 

La Ghouta orientale... Les «Casques blancs» vont-ils jouer une nouvelle pièce de théâtre ?

25 février 2018 - Damas s'est habituée, la veille de chaque action militaire gagnante, menée par l'armée syrienne, à voir tourner là où l'armée avance, une scène sanglante ou une pièce de théâtre relative à une attaque chimique causant de nombreuses victimes, des femmes et des enfants. Ces victimes peuvent être «ressuscitées» plus tard une fois que l'«objectif politique» de la pièce jouée est atteint. L'objectif de ces scènes, est de freiner l'avancée et de défigurer les réalisations  de l'armée syrienne sur le terrain l'accusant ainsi que le gouvernement syrien d'être les responsables de ces faux massacres
 

De Mossoul à Damas, une route pavée de propagande

25 févr. 2018 - Comme à chaque fois que les « gentils opposants au régime de Bachar » se trouvent dans une situation désespérée, on assiste ébahis à un véritable déferlement de propagande de la part des médias dominants. Plutôt que dénoncer, pour la énième fois, une manipulation scandaleuse, je me propose de vous donner quelques outils qui devraient permettre à chacun de reconnaître la propagande, quand il en voit, et ainsi préserver sa capacité d'analyse et son esprit critique, parce que la propagande la plus perverse est celle qu'on n'identifie pas comme telle.

 

Des Casques... pas si blancs encore invités à l'Assemblée ... - Sputnik

13 févr. 2018 - Le changement de législature n'a visiblement pas découragé les efforts de communication des Casques Blancs syriens. Malgré leur réputation sulfureuse, la nouvelle majorité a décidé d'ouvrir les portes du Palais Bourbon à des hommes fréquemment présentés comme sauveteurs le jour et terroristes la nuit. Piqûre de rappel.

«Les Français doivent se demander pourquoi ces terroristes sont reçus à l'Assemblée et considérés comme des VIP, alors que leurs organisations sont liées à celles qui ont mené les attaques terroristes à Nice et à Paris.»

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Dans une de ses conférences, François Asselineau a commencé par donner une définition de l'intelligence et qui était "savoir relier les choses entre elles" !

Sachons regarder, sachons analyser les infos avec recul et sachons ne pas oublier les infos datant de quelques jours, voire de quelques mois ou de quelques années 
Et sachons aussi regarder calmement les photos, avec raison et non avec émotion ! Et regardons bien la photo publiée par le Parisien : curieux la tenue des "casques blancs" ! Ils sortent des blessés d'une zone de guerre et leurs tenues semblent tout droit sorties du pressing, pas un grain de poussière sur les casques blancs !!!!

Les trois pays félons ne pouvaient donc ignorer la préparation de cette fausse ou vraie attaque chimique par les casques blancs, qui, rappelons-le, sont les alliés des terroristes ! Ils ont été créés en 2013 par
James le Mesurier, un ancien officier britannique reconverti dans le mercenariat, dont la société est basée à Dubai (oups !!). Ils ne sont pas reconnus par l'OIPC, Organisation Internationale de Protection Civile (re-oups !!) !

Et pourquoi nos élus, Hollande, Macron, et députés ont reçu, avec les honneurs, ces terroristes ?

Soyons très vigilants !    S.R.

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Syrie : les inconsistances du discours gouvernemental

TRIBUNE LIBRE / par Jacques Sapir

TL SAPIR MACRON PREUVES

Le document officiel du gouvernement français censé établir la preuve de l’usage d’armes chimiques par le gouvernement syrien contre les groupes rebelles dans la ville de Douma (Ghouta orientale) pose plusieurs problèmes[1]. (...). Très clairement, ce document ne contient pas les preuves qu’Emmanuel Macron prétend détenir, pour justifier les frappes du samedi 14 dans la nuit. Une action d’une telle gravité exigeait, en effet, que ces preuves soient réunies et soient présentées aux Français. Ces problèmes amènent à questionner le narratif du gouvernement français et du Président de la République, M. Emmanuel Macron.

L’établissement des faits

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Ce document de plusieurs pages précise donc dans son point n°1 :

« Les services français ont procédé à l’analyse des témoignages, photos et vidéos apparus spontanément sur les sites spécialisés, dans la presse et les réseaux sociaux dans les heures et jours qui ont suivi l’attaque. Des témoignages obtenus par les services ont également pu être analysés. L’examen des vidéos et images montrant des victimes et mises en ligne ont permis de conclure avec un haut degré de confiance que la grande majorité est de facture récente et ne relève pas d’une fabrication. La nature spontanée de la mise en circulation des images sur l’ensemble des réseaux sociaux confirme qu’il ne s’agit pas d’un montage vidéo ou d’images recyclées. Enfin, une partie des entités ayant publié ces informations est reconnue comme habituellement fiable. »

On doit noter que TOUTES les sources utilisées sont des sources de seconde main ou des sources dérivées sur les réseaux sociaux. Comment peut-on affirmer avec un « haut degré de confiance » que ces sources ne correspondent pas à une manipulation ? Ceci est un vrai mystère. Nous savons tous que ce qui circule sur les réseaux sociaux à propos de la Syrie doit être pris avec beaucoup de précaution. De même, il est affirmé que les sources sont « habituellement fiables ». Ce n’est pas un argument recevable dans le cadre d’une déclaration officielle (cela pourrait l’être pour des journalistes) parce qu’une déclaration officielle est bien plus lourde de conséquences. Soit on affirme (et on prouve) que la source EST fiable soit on n’affirme pas. L’impression d’un certain amateurisme prévaut.

Le document poursuit ensuite :

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« Les experts français ont analysé les symptômes identifiables sur les images et vidéos rendues publiques, prises soit en espace clos dans un immeuble présentant une quinzaine de victimes décédées, soit dans les hôpitaux locaux ayant accueilli des patients contaminés. Ces symptômes peuvent être décrits comme suit (cf. images en annexe) :

  • suffocation, asphyxie ou difficultés respiratoires,
  • mentions de fortes odeurs de chlore et présence d’une fumée verte sur les lieux touchés,
  • hyper salivation et hyper sécrétions (notamment orales et nasales),
  • cyanoses,
  • brûlures cutanées et brûlures de la cornée.

Aucune mort par effet mécanique n’est visible. L’ensemble de ces symptômes est caractéristique d’une attaque par armes chimiques, notamment par des agents suffocants et par des agents organophosphorés ou de l’acide cyanhydrique. Par ailleurs, l’utilisation supposée de bronchodilatateurs par les services médicaux observée dans les vidéos renforce l’hypothèse d’une intoxication par des agents suffocants. »

On constate, dans le texte, un mélange d’affirmations et de suppositions avec des glissements incessants de l’un des registres à l’autre. Des personnes sont vues, décédées (affirmation), mais les « fortes odeurs de chlore et présence d’une fumée verte sur les lieux touchés » sont de simples mentions de « témoins » sur les vidéos et non des observations directes, et le document le reconnait. Le lien entre les deux n’est pas évident. Les autres symptômes sont aussi des affirmations mais peuvent être attribués soit effectivement à l’usage de gaz (essentiellement du chlore) soit à d’autres possibles causes.

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Les sources indirectes utilisées permettent d’avoir une suspicion d’une possible attaque aux gaz mais certainement pas des certitudes. Une enquête sur place s’imposait. Les enquêteurs de l’ONU et de l’ OPCW étaient arrivés sur place quand la frappe des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France a eu lieu. Cela pose immédiatement le problème de savoir pourquoi cette frappe a été décidée avant que l’enquête ait eu lieu. La logique la plus évidente voulait que l’on laisse l’enquête aller à son terme, si cela était possible, et que l’on ne décide de possible frappes qu’une fois l’ensemble des éléments clairement établis.

La « preuve » par l’intention supposée

La partie analysant le contexte opérationnel est aussi intéressante à bien des égards. « La tactique utilisée par les forces pro-régime a consisté à séparer les différents groupes (Ahrar al-Cham, Faïlaq al-Rahmane et Jaïch al-Islam) afin de concentrer l’effort et d’obtenir des accords de reddition négociés. Les trois principaux groupes armés se sont ainsi engagés dans des tractations parallèles avec le régime et la Russie. Les deux premiers groupes (AaC et FaR) ont effectivement conclu de tels accords obtenant l’évacuation de près de 15.000 combattants et de leur famille. Dans cette première phase, la stratégie politique et militaire du régime syrien a consisté à alterner actions militaires offensives indiscriminées contre les populations locales, avec possible usage de chlore, et pause opérationnelle permettant des négociations.

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Le texte ici évoque un entrelacs de combats et de négociations et conclut à un «possible usage de chlore ». Dans le paragraphe suivant, il analyse alors le cas spécifique des négociations avec le Jaïsh al-Islam un groupe clairement djihadiste. « Les négociations avec Jaïsh al-Islam, entamées en mars n’ont pas été pleinement concluantes. Le 4 avril, une partie seulement des JaI (estimée à un quart du groupe) a accepté l’accord de reddition, transférant les combattants et leurs familles à destination d’Idlib (environ 4.000 personnes, avec les familles). Cependant, de 4.500 à 5.500 combattants du JaI, localisés principalement à Douma, ont refusé les termes de la négociation. Dès lors, à compter du 6 avril, le régime syrien, appuyé par les forces russes, a repris ses bombardements intensifs sur la localité, mettant fin à une pause opérationnelle, tant terrestre qu’aérienne, constatée depuis le lancement des négociations mi-mars. C’est dans ce contexte que sont intervenues les frappes chimiques analysées ici. »

On constate que le document devient brutalement bien plus affirmatif. Rien n’indique, si ce n’est le « haut degré de confiance » dans des sources secondaires ce qui pourrait motiver le glissement d’une « possible usage du chlore » à l’affirmation que ces frappes sont bien survenues. Ce qui pose immédiatement le problème de la vérification (qui est en réalité en cours…) mais aussi de l’usage d’une « analyse opérationnelle » comme moyen d’argumentation. Non que cette « analyse opérationnelle » ne soit, sous certains points, pertinente. Mais le fait qu’un adversaire puisse avoir eu intérêt à commettre une certaine action ne vaut pas preuve qu’il l’ait commise. A ce titre là tout chef d’entreprise devrait être inculpé pour fraude fiscale et tout pauvre pour vol à la tire… Il y a là un glissement méthodologiquement dangereux et dont on voit bien qu’il vient servir une cause particulière. A l’appui de ses dires, le document officiel produit une analyse des motivations supposées pour l’utilisation des armes chimiques :

« L’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien fait sens dans ce contexte, d’un double point de vue militaire et stratégique :

  • tactiquement, l’utilisation de telles munitions permet de déloger des combattants ennemis abrités dans des habitations afin d’engager le combat urbain dans les conditions les plus avantageuses pour le régime ; cette utilisation constitue un accélérateur de conquête et un démultiplicateur d’effet visant à faire tomber au plus vite le dernier bastion des groupes armés ;
  • stratégiquement, l’utilisation d’armes chimiques, notamment au chlore, documentée depuis le début 2018 dans la Ghouta orientale, a notamment pour objectif de punir les populations civiles présentes dans les zones tenues par des combattants opposés au régime, et de provoquer sur elles un effet de terreur et de panique incitant à la reddition ; alors que la guerre n’est pas terminée pour le régime, il s’agit, par des frappes indiscriminées, de démontrer que toute résistance est inutile et de préparer la réduction des dernières poches. »

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Cette analyse fait sens. Mais, on peut aussi considérer qu’elle est incomplète. Elle ne dit rien de l’intérêt pour certains groupes et en particulier pour ceux clairement identifiés comme djihadistes, d’utiliser eux-aussi, des armes chimiques. Or, des laboratoires ont été découvert dans la Ghouta, et ces laboratoires étaient sous le contrôles des groupes soient « rebelles » soient djihadistes. De même, le document ne dit rien des cas bien répertoriés de l’emploi de gaz par des groupes djihadistes, en particulier contre les kurdes. La présentation de l’analyse opérationnelle, sans être fausse, ne présente qu’une petite partie des motivations des uns et des autres dans cette affaire. Clairement, un usage des gaz pourrait faire sens pour les forces du régime de Damas. Mais, dire qu’un usage « fait sens » n’est nullement apporter la preuve de cet usage. De même, l’usage des gaz ne ferait pas sens que pour ces forces. Il peut faire sens aussi pour des groupes rebelles. Ici encore, on est renvoyé au fait que seul une enquête impartiale aurait pu prouver ce qui est véritablement advenu. Mais, le choix des présidents des Etats-Unis, de la France et de la Première-ministre de Grande-Bretagne a bien été de frapper avant que les faits ne soient établis. Cette décision renvoie sans doute à d’autres motifs.

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Les témoignages contredisant l’analyse officielle

Le journaliste britannique Robert Fisk, deux fois récipiendaire de la plus haute distinction pour les reporters (le British Press Awards) donne quant à lui une autre version de l’affaire de Douma dans le journal britannique The Independent[2]. Lui non plus n’a pas à être cru sur parole. Mais, son article à du moins l’avantage par rapport au document analysé d’avoir été rédigé à partir de Douma.

Alors, on peut dire bien sûr que Fisk ne s’est rendu à Douma qu’une fois que la localité ait été récupérée par le régime de Damas, qu’il opère avec l’accord du régime, qu’il intervient avec une semaine d’écart sur les supposés événements. C’est vrai et exact. Mais, ce n’est pas une analyse faite sur la base des réseaux sociaux. Et c’est cela le problème.

Le document officiel nous présente un raisonnement construit essentiellement par inférences, inférences quant aux symptômes (symptômes qui sont attribués par Robert Fisk après une discussion avec des médecins locaux aux poussières provoquées par les bombardements des troupes régulières), mais aussi inférences de ce que l’on croit que les forces du régime syrien veulent faire, et cela sans jamais prendre en compte aussi ce que les forces opposées, qu’on les appelle « rebelles » ou djihadistes, pourraient aussi vouloir faire.

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C’est la raison pour laquelle il eut été immensément plus préférable d’avoir d’abord une enquête indépendante sur le terrain avant de prendre une quelconque décision. Cette enquête, et il ne faut pas être naïf sur ce point, aurait pu être bloquée par le gouvernement syrien. Mais, en ce cas, le fait d’empêcher une équipe d’enquêteur officiellement mandatée par les Nations Unies de travailler aurait signifié une présomption de plus.

Conséquences politiques

La rapidité avec laquelle les trois pays occidentaux ont pris la décision d’exécuter les frappes laisse donc à penser que, contrairement à ce qui est publiquement affirmé, ces frappes n’avaient pas pour but de « punir » un gouvernement pour une usage de gaz qui n’était pas avéré, ni de changer la donne militaire dans la Ghouta (ce que ces frappes ont été dans l’incapacité de faire), mais que ces frappes poursuivaient un but politique. C’est encore plus vrai dans le cas de la France, où le faible nombre de missiles (12 sur 104) dénote une participation à la limite du symbolique.

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Mais, si le but réel de ces frappes est un but politique, alors, la légitimité de ces frappes devient hautement problématique. Dans un acte de guerre, et ces frappes constituent à l’évidence un acte de guerre, les « buts de guerre » doivent être clairement annoncés. Or, ici, nous avons une gesticulation devant des buts supposés qui pourraient bien masquer des buts très différents. Les conditions de réalisation de cette frappe, conditions qui ont abouti à la destruction d’un nombre important de missiles par les défenses anti-aériennes syriennes, renforcent cette hypothèse.

Les principales victimes de ces frappes seront, dans l’ordre, le droit international qui a été clairement violé, mais aussi le contrôle démocratique – et en particulier en France – sur les actions des gouvernements, contrôle qui n’a pu être mis en œuvre que ce soit de manière procédurale ou de manière substantielle. Il convient de s’interroger sur la volonté d’agir à tout prix, sans preuve substantielle et sans mandat de notre gouvernement. Nous sommes bien en présence d’une irresponsabilité politique profonde, irresponsabilité qui se combine avec un mépris des règles et des principes de la démocratie des plus inquiétants.

Notes

[1] Il s’agit du document titré « Evaluation Nationale » qui a été produit à partir de sources ouvertes par les services du Ministère de la défense.

[2] https://www.independent.co.uk/voices/syria-chemical-attack-gas-douma-robert-fisk-ghouta-damascus-a8307726.html

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-syrie-les-inconsistances-du-discours-gouvernemental-par-jacques-sapir/

mardi 17 avril 2018

Les identitaires défendent l’Europe..

Les identitaires défendent l’Europe... (Vu dans une rue de Paris.)

ARG IDENTITAIRES

 

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Cette coïncidence est loin d’être anecdotique : le concept d’Europe, au XXe siècle, est un concept d’extrême droite. L’idée qu’il existe une civilisation à défendre contre, au choix, les musulmans/Arabes, les juifs, les bolchéviques/Russes, les Noirs, les ceci, les cela, bref, tout ce qui n’est pas blanc et chrétien non orthodoxe, est consubstantiel de l’idée d’Europe, ou d’Occident. Les partis d’extrême droite s’accommodent à la perfection d’une Union qui nie les nations historiques au nom d’un nationalisme supérieur fantasmé: le nationalisme européen.
On pourrait multiplier les exemples, depuis _Le Déclin de l’Occident_ (1918) du philistin allemand Oswald Spengler, grand admirateur de Mussolini, jusqu’aux groupes identitaires actuels, tous défenseurs de l’Union européenne*, en passant par le groupe d’extrême droite français des années 1960 Occident (fondée par l’ultra-libéral Alain Madelin, farouche défenseur en son temps du fédéralisme européen) et bien entendu le régime de Vichy, dont les européistes empruntent sans le savoir la rhétorique. Sans oublier, bien entendu, le soutien financier et politique de l’UE aux néonazis ukrainiens comme aux Estoniens nostalgiques de la Waffen-SS.
On constate d’ailleurs que de tous les gouvernements qualifiés à la fois d’euro-sceptiques et d’extrême droite au pouvoir en Europe (le dernier en date étant le gouvernement autrichien, en attendant, peut-être, le gouvernement italien) AUCUN ne prévoit de sortir de l’Union européenne, au contraire même.

Charlemagne

À l’encontre de cette idéologie pernicieuse, l’UPR est la seule sur la scène politique à dénoncer l’apartheid planétaire sur lequel repose la “belle idée” européenne, et le refermement ethnique calamiteux auquel elle conduit. L’Union européenne n’a rien d’enthousiasmant, et, au train dont vont les événements, avec la négation pure et simple des particularismes nationaux ainsi que du suffrage populaire, on peut craindre un durcissement net dans cette direction.
http://www.lapresse.ca/…/01-5160174-lextreme-droite-infiltr…

Contre l’apartheid planétaire,
Contre le “choc des civilisations”,
Pour l’ouverture aux autres pays du monde,
Pensez Frexit,
Votez UPR

* Exemple parmi d’autres : le blog et la page FB Vive l’Europe sont tenus par le très notoirement raciste quoique insignifiant Daniel Conversano (de la mouvance pagano-identitaire, antisémite, anti tout ce qui n’est pas “blanc” de peau).

https://www.facebook.com/upr75/?hc_ref=ARS1P_-5FSCQHLQljxmkO1bnW-lEIIl8m1fXgVKx4AS4lGJLBK46Iuj8CUudKoep6P4

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Cela ne veut pas dire, comme le prétendent certains, que nous évacuons les questions d'identité au profit de je ne sais quel type de "cosmopolitisme" ou de "multiculturalisme" à l'anglo- saxonne!   P.G.

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dimanche 15 avril 2018

Les médias sans vergogne

TRIBUNE LIBRE /

TL FAKE NEWS

13 avril 2018
Source: Vilain petit canard

Tout est bon pour tenter d’enrayer l’inéluctable défaite des terroristes de Jaïch al Islam et de leurs parrains occidentaux, les bonnes fées qui les soutiennent financièrement et leur tiennent lieu de force aérienne en Syrie.

Pourtant, la guerre est perdue, même un enfant le comprendrait. Mais comprendre n’est pas accepter. Les USA ne peuvent se résigner à l’idée qu’ils ne pourront plus, désormais, se placer en véritables démiurges, façonnant le destin du monde, et détruisant à loisir les États souverains au gré de leurs intérêts. Et les caniches — tenus tout autant par leur alliance mortifère à l’OTAN qu’à son versant économique, l’Union Européenne — aboient avec leur maître, tirant même sur la laisse pour lui montrer combien ils sont combatifs et fidèles compagnons.

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Dans un sursaut désespéré, l’alliance de bric et de broc tente le tout pour le tout, jouant une partie de poker menteur dont les cartes ont déjà été rebattues cent fois déjà, dans l’espoir de faire reculer la Russie, qui campe fermement sur ses positions, sûre de son bon droit. L’affaire Skripal, c’était juste l’échauffement, histoire de voir jusqu’à quel point les médias pouvaient raconter n’importe quoi sans que personne n’y trouve rien à redire; et de ce point de vue, il est vrai qu’en examinant attentivement l’alignement des médias, on n’aurait pas vu une oreille dépasser.

La première chaîne de radio francophone de Belgique en flagrant délit de mensonge

Par la voix du journaliste Daniel Fontaine, dans l’émission soir première, et plus précisément lors du journal de 18h, qui lisait son texte :

Elle (la Russie, ndlr) accuse les casques blancs, l’organisation de sauveteurs Syriens, dans les zones rebelles, d’avoir mis en scène cette attaque chimique, pour les caméras. Pourtant, l’Organisation Mondiale de la Santé, affirme que 70 personnes sont bien mortes, samedi, dans des caves, à Douma. La majorité des victimes présentaient des symptômes d’exposition à des agents chimiques (…)

Écoutant tout d’abord d’une oreille distraite les gazouillements du journaliste se livrant à son activité favorite — la propagande — je n’en crûs pas mes oreilles, tout d’abord. Avait-il bien parlé de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ? L’affaire Skripal nous a montré, s’il le fallait encore, que les journalistes sont passés maîtres dans l’art de la suggestion, ainsi, je pense que bon nombre d’auditeurs/téléspectateurs restent, encore aujourd’hui, persuadés que Sergueï Skripal et sa fille sont morts, empoisonnés par un agent innervant.

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Dès qu’il a été disponible sur la plateforme, j’ai été réécouter l’extrait en question, accessoirement accompagné des images tournées par les caméras du studio. Et aux alentours de 18h03, il prononce exactement les mots figurant dans la citation ci-dessus, en prenant un soin tout particulier à articuler Organisation Mondiale de la Santé, comme pour l’enfoncer mieux dans la masse gélatineuse du cerveau de ses auditeurs.

Or Douma, au moment des faits (supposés) était aux mains des rebelles de Jaïch al Islam, qui sont parmi les plus fanatiques des rebelles takfiristes ayant combattu le régime Syrien : quelle ONG prendrait le risque d’y avoir une antenne ? Certainement pas les Nations Unies, pas même MSF, pas même la Croix-Rouge.

Je suis donc parti en quête de la dépêche ou du communiqué sur lequel ces affirmations se basaient. Je n’ai pas eu à chercher longtemps, il s’agissait d’un communiqué de l’OMS, daté du même jour, le 11 avril, qui disait ceci :

L’Organisation mondiale de la Santé est profondément alarmée par les rapports soupçonnant l’utilisation de produits chimiques toxiques dans la ville de Douma, dans la Ghouta orientale.

Selon les rapports des partenaires du groupe de responsabilité sectorielle Santé, on estime qu’au cours du bombardement de Douma samedi, 500 patients se sont présentés dans les établissements de santé avec des signes et symptômes correspondant à une exposition à des produits chimiques toxiques, en particulier des signes d’irritation sévère des muqueuses, d’insuffisance respiratoire et de troubles du système nerveux central chez ceux qui ont été exposés.

L’OMS précise donc d’emblée que cette information lui est parvenue via « les rapports des partenaires du groupe de responsabilité sectorielle Santé ». En creusant un peu, sur les sites de presse, on comprend que ces « partenaires » sont, nommément :

  • La Syrian American Medical Society
  • Les casques blancs

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Faut-il préciser que les casques blancs sont à l’objectivité ce que Boris Johnson est à l’honnêteté intellectuelle ? On ne compte plus les manipulations avérées de ces soi-disant sauveteurs, qui ne sont qu’une émanation des services secrets britanniques destinées à donner une apparence de respectabilité à la rébellion. Sauveteurs devant les caméras, terroristes quand les projecteurs sont éteints. [Note d’Entelekehia : et la Syrian American Medical Society est un organisme régulièrement dénoncé comme une émanation d’al-Qaïda, encore récemment dans un article du journaliste Max Blumenthal]

N’est-il pas dès lors pour le moins étrange que la RTBF confonde les casques blancs avec rien moins que l’OMS ? N’allez pas croire une seconde que ce soit une erreur, il s’agissait bien de donner à cette information toutes les apparences de la légitimité, quitte à violer allègrement les règles les plus élémentaires de la déontologie journalistique.

D’ailleurs, l’immense majorité des médias a relayé la même version dans un parfait unisson, ce qui indique, comme dans l’affaire Skripal d’ailleurs, qu’on n’a pas affaire à des dérapages, mais à une manipulation délibérée et parfaitement orchestrée.

Par Philippe Huysmans
Source: Vilain petit canard

https://arretsurinfo.ch/les-medias-sans-vergogne/

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En France également, de nombreux médias se sont clairement positionnés pour une intervention militaire en Syrie, sur la base des mêmes allégations mensongères...  

Voir par exemple nos publications:

Les médias américains exigent une agression à grande échelle contre la Syrie

Quels effets aurait une intervention occidentale en Syrie ?

D'autres par contre, mais c'était plus rare, ont au moins donné la parole à une autre version, comme par exemple:

Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie

Vidéos du jour

La réalité du conflit syrien face à Bourdin, par une experte en géopolitique ! (12/04/18)

P.G.

AFFICHE FL PROPAGANDE SYRIE

Posté par UPR Creuse à 08:27 - - Permalien [#]
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samedi 14 avril 2018

Ces Français qui veulent faire assassiner Bachar El Assad

Olivier Lepick, présenté comme docteur en Histoire et Politiques Internationales de l’Institut des Hautes Études Internationales de Genève (Université de Genève), chercheur associé à la FDS (Fondation pour la Recherche Stratégique) (Paris), spécialiste des armes chimiques et biologiques, répondait à quelques questions, lundi 9 avril 2018, à France Info.

TL GUERRIER

Parmi les questions qui lui sont posées, en voici une : « Les événements à Douma sont-ils du même [type que] l’attaque du 4 avril 2017 dans le village de Khan Cheikhoun au sud de la région d’Idleb ? »

[France-info, Syrie, “Les tableaux cliniques des victimes sont accablants, il est incontestable qu’il s’agit d’une attaque chimique”, 9 avril 2018. Note FP : La correction entre crochets est de mon fait.] https://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/attaque-chimique-en-syrie/syrie-les-tableaux-cliniques-des-victimes-sont-accablants-il-est-incontestable-qu-il-s-agit-d-une-attaquechimique_2697212.html

  1. L. : « Les tableaux cliniques des victimes sont accablants. C’est probablement un mélange de chlore et d’un organophosphoré, probablement également du sarin. Il n’y a aucun doute sur la nature chimique de cette attaque. Il est incontestable qu’il s’agit d’une attaque chimique. C’est quelque chose qui ressemble exactement à ce qu’on a vécu à de nombreuses reprises sur le théâtre syrien, il y a un an, en août 2013 également dans la banlieue de Damas. C’est une nouvelle violation des conventions internationales et un nouvel acte de barbarie de la part d’un régime qui mène une guerre d’annihilation et d’extermination contre sa population. »
  2. Lepick accuse « le régime syrien » d’avoir lancé une attaque chimique. Mais où sont les preuves de son accusation ? Suite à l’attaque de Khan Cheikhoun, des enquêtes ont été demandées à l’ONU et le gouvernement syrien les a appelées de tous ses vœux. Résultat de ces enquêtes ? RAS (Rien à signaler).

Autre question : « Cela fait longtemps que l’arme chimique est utilisée, malgré les avertissements des occidentaux. Qu’en pensez-vous ? »

O.L. : « La véritable ligne rouge de ce conflit est l’utilisation répétée d’armes chimiques. Ce n’est pas du tout cette ligne rouge qu’on a mis face à Bachar al-Assad en lui disant qu’il essuierait des conséquences importantes s’il utilisait l’arme chimique. Puisqu’on le voit bien, à part quelques tirs de missiles sur une base abandonnée, il ne s’est rien passé. » [Idem.] « Il ne s’est rien passé » : c’est-à-dire ?

Encore une question : « Emmanuel Macron et Donald Trump ont promis une réponse forte et commune. Est-ce une bonne chose ? »

O.L. : « Il semble que l’Élysée et Washington soient décidés à agir de manière importante. Si l’Occident ne décide pas de frappes contre les hiérarques du régime, contre Bachar El Assad, lui même physiquement, des frappes sur des infrastructures syriennes ne serviront à rien. Il faut mettre une limite très forte. Je pense que viser les hiérarques du régime et Bachar al-Assad c’est la seule solution pour tenter de stopper cette escalade dans la barbarie. J’espère que cette attaque ne restera pas sans réponse. »

guerre-despagne

Ce merdeux, se souvient-il de ce qui s’est passé en Libye ? Le pays se trouve dorénavant plongé dans le chaos. Le peuple libyen se souviendra, lui, longtemps de la protection de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis et de leurs bombes lâchées, de jour comme de nuit, de nuit comme de jour, sur ses maisons, sur ses enfants… Il se souviendra longtemps du lynchage et de l’assassinat du Guide révolutionnaire Muammar Gaddhafi. Il se souviendra longtemps du désespoir produit par les bombes protectrices, de la torture et de l’esclavage réapparus après l’époque révolutionnaire (1969-2011), de la Mer Méditerranée transformée en une immense tombe.

Olivier Lepick, peut-il lancer un appel au meurtre dans les médias, sans que personne ne bronche ? Il lance un appel à la destruction physique d’un Président élu, des membres d’un gouvernement légitime ! Et par deux fois. Donc, nulle ambiguïté. De quel pays, Olivier Lepick, est-il le porte-parole ? L’appel au meurtre, ne tombe-t-il pas sous le coup de la loi française ?

L’article 23 du Code pénal ne pourrait-il pas le concerner ?

« Seront punis comme complices d’une action qualifiée crime ou délit ceux qui, soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par tout moyen de communication au public par voie électronique, auront directement provoqué l’auteur ou les auteurs à commettre ladite action, si la provocation a été suivie d’effet

Cette disposition sera également applicable lorsque la provocation n’aura été suivie que d’une tentative de crime prévue à l’article 2 du code pénal. » [Répertoire législatif III, Paragraphe 1er : Provocation aux crimes et délits, Article 23 Modifié par Loi n°2004-575 du 21 juin 2004 art. 2 II

(JORF (Journal Officiel de la République Française) 22 juin 2004).]

http://www.lexinter.net/lois/provocation_aux_crimes_et_delits.htm

Ces appels aux meurtres contre Bachar El Assad renvoient à ce qui était visé à travers l’assassinat de Muammar Gaddhafi : la Libye révolutionnaire. Pour plus d’informations :

https://unefrancearefaire.com/2018/01/17/la-libye-revolutionnaire-dans-le-monde-1969-2011/ https://unefrancearefaire.com/2016/08/23/la-guerre-coloniale-et-la-contre-revolution-en-libyemars-2011-octobre-2013/

Françoise Petitdemange

https://reseauinternational.net/ces-francais-qui-veulent-faire-assassiner-bachar-el-assad/#jOpIczBT98qmuSfA.99

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vendredi 13 avril 2018

Les terroristes Casques blancs démasqués par des photos

Pénélope Stafyla, militante du gouvernement Assad, a publié une série de photos montrant un studio de cinéma des Casques blancs. C’est dans ces studios qu’ils fabriquent les « preuves des crimes de guerre du régime Assad » dans la Ghouta orientale, près de la capitale syrienne Damas.

TL CASQUES BLANCS CINEMA

[NdT : Comme il fallait s’y attendre, le compte Facebook de Pénélope a été aussitôt supprimé, mais les photographies ont été dupliquées sur d’autres sites Internet.]

Au milieu des rumeurs qui courent à propos d’une nouvelle « attaque chimique du régime Assad » dans la Ghouta orientale, ces photos présentent un intérêt tout particulier. Cette histoire d’attaque chimique survient au moment où les forces gouvernementales prennent largement l’avantage sur les groupes terroristes de la région. Plus de 30 personnes auraient été amochées.

L’Agence turque Anadolu a signalé cette affaire d’attaque chimique douteuse, en citant un rapport des Casques blancs :

« Au moins 30 personnes ont été traitées pour des difficultés respiratoires après une attaque au chlore à la Ghouta orientale, dans la banlieue de Damas », a rapporté mardi une agence de défense civile syrienne.

« Plusieurs enfants et femmes figuraient parmi les victimes de l’attaque, qui s’est passée lundi dans la ville de Hamuriye. », ont indiqué les Casques blancs dans un communiqué.

« L’organisme de défense civile a déclaré qu’il y avait deux de ses secouristes parmi les victimes. »

Terroristes Casques blancs - 3

 

Terroristes Casques blancs - 4

 

Terroristes Casques blancs - 5

 

Terroristes Casques blancs - 6

 

Terroristes Casques blancs - 7

 

 

Mark Taliano, auteur du livre Voices from Syria, allie des années de recherche et des observations sur le terrain pour présenter une analyse éclairée et bien documentée qui réfute les mensonges sur la Syrie des médias grand public

 

Source :

http://www.thetruthseeker.co.uk/?p=166885

http://www.fawkes-news.com/2018/03/dossier-accablant-les-casques-blancs.html

https://www.mondialisation.ca/les-casques-blancs-demasques-par-des-photos/5624611

https://fr.sott.net/article/32187-Les-terroristes-Casques-blancs-demasques-par-des-photos

https://www.mondialisation.ca/les-casques-blancs-finances-par-gbusa-aident-al-qaida-a-couper-leau-a-5-millions-de-syriens/5566752

https://aphadolie.com/2018/04/12/les-terroristes-casques-blancs-demasques-par-des-photos/

VIDEO: Syrie : qui sont les « Casques blancs » ?

CLASH CASQUES BLANCS SPUTNIK

https://www.youtube.com/watch?time_continue=27&v=54kBwM5RMW0

fake-news-Dreuz

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jeudi 12 avril 2018

Quels effets aurait une intervention occidentale en Syrie ?

Quand le journal La Croix ("catholique") soutient une intervention militaire occidentale en Syrie; décryptage:

TL LA CROIX VIVE LA GUERRE

Quelques jours après une présumée attaque chimique dans la ville de Douma, les tensions internationales sont palpables ce mardi 10 avril. Les États-Unis et la France semblent en effet sur le point de mettre à exécution leurs menaces de frappes conjointes contre le régime de Damas.

La ville de Douma le 7 avril. ZOOM

La ville de Douma le 7 avril. / Stringer / AFP

Ce ne serait pas la première fois que le régime syrien franchit la ligne rouge de l’usage d’armes chimiques.

[affirmation mensongère: aucune preuve à ce jour!]

Mais, après l’attaque présumée « au gaz toxique » qui a fait des dizaines de mort à Douma samedi 7 avril, Paris et Washington ont promis cette fois-ci de répondre « avec force ». Une décision de la part des deux pays est attendue dans les heures à venir qui pourrait donner lieu à des frappes occidentales contre les positions du régime de Damas.

► Quelles pourraient être les conséquences diplomatiques de telles frappes ?

[La question en elle- même est révélatrice: on pourrait s'attendre, dans un journal "catholique", que la première question portât sur les conséquenes HUMAINES de telles frappes...]

« Cela dépend de la nature des frappes, estime Ziad Majed, politologue et professeur à l’université américaine de Paris.

[Un "expert" dont la neutralité est assurée d'emblée...]

S’il s’agit d’une petite frappe, comme l’année dernière avec l’envoi de missiles Tomahawks contre la base syrienne d’al-Chaaryate (après l’attaque chimique contre le village de Khan Sheikhun), ça n’aura pas de grandes conséquences. Le régime pourra continuer de crier au complot et les Russes en sortiront gagnants. Si les frappes sont d’envergure, le rapport de force ne va pas être modifié sur le terrain, mais cela pourrait pousser vers une sortie de crise. »

[Oui, vous avez bien lu, c'est un appel au meurtre, en toute tranquillité, présenté comme la solution à une "sortie de crise"!]

« Actuellement, les Russes ne rencontrent pas vraiment d’opposition armée sérieuse face à eux. Cette dernière n’a que des armes légères, ajoute Ziad Majed.

[traduisez: les jihadistes sont des amateurs, presque des touristes...]

Avec des frappes d’ampleur de la part des Américains et des Français, il y aurait un message comme quoi les choses ne peuvent pas continuer, que la guerre doit respecter certaines contraintes. Ils peuvent montrer qu’ils sont capables de fermeté s’ils le veulent. »

[Qu'importe le nombre de morts potentiel, l'important, c'est le message!]

Par le passé, plusieurs cas d’utilisation d’armes chimiques ont été imputés au régime de Damas. Après le massacre de la Ghouta en août 2013, les États-Unis et la France avaient failli intervenir, avant que les Américains ne fassent marche arrière. Bachar Al Assad avait nié avoir fait usage de gaz sarin, avant de finalement en livrer 1 million de tonnes à l’OIAC, dans le cadre d’un accord international. « Le régime en avait probablement gardé ou en a refait plus tard, poursuit Ziad Majed. Par la suite, il y a eu des attaques au chlore. Dans l’attaque du 7 avril, il semblerait qu’il s’agisse d’un mélange de chlore et de gaz sarin. »

[Attention, là, ce n'est pas du complotisme, c'est un universitaire qui parle!]

INFOGRAPHIE – Syrie : sept années d’impuissance internationale face aux armes chimiques

► Les Occidentaux ont-ils intérêt à attendre que la preuve soit faite de l’utilisation d’armes chimiques ?

L’intervention occidentale pourrait attendre le vote d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie, indéfectible soutien du régime de Damas, nie le fait qu’il y ait eu une attaque chimique et demande qu’une enquête soit effectuée. Elle a d’ailleurs rédigé son propre projet de résolution à l’ONU, en concurrence avec celui déposé peu avant par les États-Unis et qui vise à l’instauration d’un mécanisme d’enquête internationale sur le recours des armes chimiques en Syrie.

Moscou n’en est plus à une contradiction près, comme le rappelle Ziad Majed : « À cause du veto russe, le Mécanisme conjoint d’enquête sur l’utilisation présumée d’armes chimiques en Syrie (JIM) a été arrêté l’année dernière. Il avait prouvé la responsabilité du régime syrien dans les attaques chimiques précédentes. Maintenant, les Russes veulent une enquête. »

["Le JIM présente « des lacunes fondamentales », avec le recueil de témoignages douteux, des approximations dans le travail d'enquête, a rétorqué l'ambassadeur russe, Vassily Nebenzia/ http://www.rfi.fr/moyen-orient/20171117-syrie-onu-jim-enquetes-armes-chimiques-russie]

Et pour cause, ces derniers ont tout intérêt à jouer la montre : « En fait, cela leur servirait à gagner du temps et nourrir une théorie du complot comme ils en ont l’habitude, reprend le politologue. Les Russes, qui contrôlent le terrain, sont sûrement déjà en train de camoufler les preuves et de modifier la scène de crime. Les Occidentaux ont intérêt à agir au plus vite car, s’il faut attendre les résultats d’une commission d’enquête, ils montreront tout autre chose de la réalité. »

 

Le régime syrien a d’ailleurs invité l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à venir enquêter sur les lieux de la supposée attaque chimique. « Je pense que les preuves de la responsabilité du régime syrien dans cette attaque existent déjà. Il a été prouvé qu’il avait déjà fait utilisation de gaz sarin par le passé et il est le seul à avoir une aviation qui survole cette zone. »

Eddie Rabeyrin
https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Quels-effets-auraient-intervention-occidentale-Syrie-2018-04-10-

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En résumé, pour faire passer un message (évangélique?), rien de tel que des frappes d'une "certaine ampleur", le plus vite possible, une version "moderne" et "progressiste" de la formule "aimez vous les uns les autres", sans doute.   P.G.

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«Nouveau partenariat stratégique» : l'Arabie saoudite, toujours plus proche de la France ?

La tournée occidentale du prince héritier saoudien le mène des Etats-Unis à la France. Sur fond de polémique liée aux ventes d'armes et à la guerre au Yémen, cette visite doit être l'occasion de conclure un «nouveau partenariat stratégique».

ACT VISITE MBS PARIS

Le prince héritier et de facto dirigeant d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (dit «MBS») est arrivé ce 8 avril en France, avant des rencontres officielles les 9 et et 10 avril. Un événement diplomatique que l'Elysée qualifie de majeur, bien que la durée du séjour du futur monarque n'ait rien de comparable avec son voyage de plusieurs semaines aux Etats-Unis.

«La qualité des relations franco-saoudiennes ne se jauge pas à l’aune de la durée du séjour du prince héritier sur notre territoire», a ainsi fait valoir l'Elysée. A en croire la diplomatie française, elle ne se jugera pas non plus au nombre de contrats signés avec la pétromonarchie wahhabite – qui devrait être relativement restreint – mais au «nouveau partenariat stratégique» que les deux Etats semblent décidés à nouer.

L'Elysée parle en effet d'une «nouvelle coopération» envisagée selon «une vision commune» avec le royaume, qui a entrepris de se donner une image plus libérale à l'international et souhaite transformer en profondeur son économie, trop dépendante de la rente pétrolière. «Il ne s'agit pas d'une visite d'Etat traditionnelle», confirme de son côté une source proche de la délégation du prince héritier, citée par l'AFP.

Jean-Yves Le Drian s'est dit impressionné par les efforts saoudiens

Le 16 novembre 2017, le ministre français des Affaires étrangères en visite à Riyad, déclarait déjà : «Nous sommes impressionnés par les réformes que vous menez aujourd'hui dans le cadre de la Vision 2030 qui porte un plan ambitieux de développement socio-économique pour le royaume.»

Une proximité renforcée sous François Hollande

En effet, au cours du précédent quinquennat, les relations étaient au beau fixe entre la France et l'Arabie saoudite – Paris trouvait dans le royaume wahhabite un marché florissant pour son industrie aéronautique, tandis que Riyad voyait en Paris un allié de choix dans sa lutte contre l'influence iranienne.

A l'occasion de la première réunion de la Commission conjointe franco-saoudienne en juin 2015, plus de 10 milliards de dollars de contrats avaient été conclus entre la France et l'Arabie saoudite : 23 hélicoptères multifonctions Airbus H145, pour un montant de 500 millions de dollars, 30 Airbus A320 et 20 Airbus A330 par la compagnie Saudi Airlines, pour un montant de 8 milliards de dollars, ainsi que l'étude de faisabilité de la construction de deux réacteurs nucléaires EPR dans le royaume.

Laurent Fabius et Mohamed ben Salmane, qui était à l'époque ministre saoudien de la Défense, avaient alors tenu à réaffirmer l'entente plus que cordiale qui régnait entre Paris et Riyad, précisant que ces relations stratégiques s'inscrivaient dans une longue histoire. Peu de temps auparavant, le prince avait d'ailleurs été reçu à l'Elysée par François Hollande, lequel avait déjà fait un déplacement à Riyad début mai.

Plus symboliquement, l'année suivante, en mars 2016 à l'Elysée, François Hollande avait remis, en toute discrétion, la légion d'honneur au prince saoudien Mohammed ben Nayef «pour tous ses efforts dans la région et dans le monde dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme» selon un communiqué de l'agence saoudienne SPA.

Un lien que ne semble pas compromettre la polémique yéménite

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La guerre au Yémen, qui a fait plus de 10 000 victimes civiles depuis mars 2015 et à laquelle l'Arabie saoudite prend part, à la tête d'une coalition accusée par des ONG et l'ONU de violations généralisées et systématiques du droit humanitaire, n'a semble-t-il en rien fait dévier l'amitié indéfectible entre les deux pays. Amnesty international et l'ONG de lutte contre la torture et la peine de mort ACAT, ont également pointé du doigt le fait que ces violations contredisent les traités internationaux sur les ventes d’armes tels le que le Traité sur le commerce des armes (TCA) et la Position commune du Conseil de l'Union européenne, auxquels la France a souscrit.

Interrogée à cet égard en février dernier, la ministre des Armées Florence Parly avait d'ailleurs dû botter en touche et, visiblement gênée, se contenter de déplorer «une épouvantable crise humanitaire» et «un drame humain», alors que la question du journaliste portait précisément sur les armes vendues par la France à l'Arabie saoudite.

MBS MACRON

En outre, à l'approche de la visite du prince héritier saoudien en France, l'ONG Human Rights Watch, s'était indignée dans les colonnes de Libération du 7 avril que l'Elysée déroule «le tapis rouge» à l'Arabie saoudite – pays dirigé selon lui «d’une main de fer, en dépit de réformes de façade», «plongé son pays dans une répression accrue» et menant au Yémen «une intervention militaire implacable, entachée de crimes de guerre».

 

Un renforcement des relations Occident-Riyad sous l'impulsion de Donald Trump ?

La volonté franco-saoudienne d'établir un «nouveau partenariat stratégique» fait écho, en outre, à un spectaculaire renforcement des liens économiques et politiques entre Washington et Riyad – laissant imaginer, donc, une lune de miel plus globale entre l'Occident et le royaume wahhabite.

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Ainsi, aux Etats-Unis, si l'administration de Barack Obama entretenait un rapport compliqué avec Riyad (celui-ci l'accusant d'être trop conciliant à l'égard de l'Iran), celle du républicain Donald Trump se montre beaucoup plus ouverte à une collaboration de premier plan avec le royaume saoudien.

Pour son premier déplacement à l'étranger après son accession à la Maison Blanche, Donald Trump avait choisi de se rendre en Arabie saoudite, en mai 2017 ; à cette occasion , le royaume avait acheté pour 110 milliards de dollars d'armements américains, partie d'un contrat de 350 milliards sur 10 ans.

Un an plus tard, lors de la visite du prince héritier en mars à Washington, l'actuel locataire de la Maison Blanche a proclamé sa «grande amitié» avec Mohammed ben Salmane et a fixé sans ambages l'objectif de ce réchauffement des relations américano-saoudiennes : «L'Arabie saoudite est un pays très riche et vous allez, j'espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d'emplois et d'achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.»

Confirmant l’espoir du président américain, le jeune prince a assuré que Riyad travaillait sur «un plan d’investissement de 200 milliards de dollars avec Washington», ajoutant que son royaume «souhait[ait] vivement renforcer les relations avec les Etats-Unis et les piliers d'une forte amitié entre les deux pays».

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La visite de Mohammed ben Salmane à Paris, qui intervient juste après un séjour au Royaume-Uni puis aux Etats-Unis, jouira-t-elle des mêmes auspices qui ont présidé à ces bons échanges diplomatiques et commerciaux ? Quels accords la France tirera-t-elle de sa rencontre avec Riyad, que les grandes puissances occidentales semblent si promptes à courtiser pour ses largesses ? Un renforcement des relations franco-saoudiennes s'opérerait-il à la faveur d'un ancrage de Paris dans un axe atlantiste sur la scène internationale ? Autant de questions qui ne manqueront pas de jalonner les rencontres de ben Salmane dans l'Hexagone.

https://francais.rt.com/international/49541-arabie-saoudite-partenaire-toujours-plus-proche-france

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mercredi 11 avril 2018

Aux grandes réformes les grands experts : le cas de Pascal Perri

TRIBUNE LIBRE / ACRIMED

TL ACRIMED PERRI

Depuis l’annonce du projet de réforme de libéralisation du rail, Pascal Perri a un agenda médiatique très chargé. Régulièrement en plateau sur BFM et RMC – chaines pour lesquelles il travaille comme « consultant économique », « économiste » ou « grande gueule » selon les cas – mais également présent sur le service public, il déroule une partition bien connue qui se résume en un mot d’ordre : imposer la concurrence dans le secteur ferroviaire, ici et maintenant. Auteur d’un livre publié en 2009 intitulé SNCF : un scandale français, Pascal Perri est devenu, dans le circuit fermé des grands médias, l’un des « experts médiatiques » les plus en vue pour commenter la réforme du rail.

Précisons d’emblée que Pascal Perri n’est pas le seul « expert » ayant œuvré, depuis la mi-février, à la promotion du rapport Spinetta et de la réforme gouvernementale du secteur ferroviaire. Il est un exemple parmi d’autres de ce que nous avons appelé « les pros du commentaire » [1], au rang desquels Alain Duhamel, par exemple, défend toujours avec brio son rôle de chien de garde [2].

Un « expert » exemplaire

Mais Pascal Perri n’a rien à envier aux illustres anciens. Comme bon nombre d’experts épinglés dans le film Les Nouveaux Chiens de garde, il cumule tout à la fois les rôles d’éditocrate, d’expert et de communicant en se distinguant par des va-et-vient constants entre la sphère politique, les entreprises privées, les écoles de commerce [3] et les médias. Si nous nous attardons dans un premier temps sur ces éléments biographiques, c’est parce qu’ils éclairent cette catégorie d’éditorialistes qui, sous couvert d’« expertise », sont en réalité juges et partie : nombreux sont ceux qui, comme Pascal Perri, surfent sur leur exposition médiatique, défendent leurs intérêts personnels ainsi que ceux des dominants, en faisant la promotion des réformes qui leur profitent, directement ou indirectement.

Comme le résume la notice biographique du « Magazine économique de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maine-et-Loire » (2014) :

Pascal Perri est économiste, spécialiste des questions de concurrence. Il a publié plusieurs ouvrages sur l’économie des prix, dont Toujours moins cher : low cost, discount et Cie en 2006. Il conseille par ailleurs des groupes industriels, des entreprises de la distribution et des fédérations professionnelles. Il a participé aux travaux de la commission Beigbeder « Le low-cost ; un levier pour le pouvoir d’achat » [4] et a été chargé, en 2005, par le ministre du Tourisme d’un rapport sur l’impact des compagnies aériennes à bas prix dans les territoires touristiques français. En 2009, il est nommé rapporteur de la commission « vie chère » des États Généraux de l’Outre-mer sous la responsabilité du Premier ministre [François Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. NDLR]. Doctorat es Economie et Géographie et DEA de géopolitique (Paris VIII), Pascal Perri anime un cycle de formation pour Les Échos formation. Il est un des auteurs de la Fondation pour l’innovation politique [5]. Il dirige PNC, cabinet de conseil en stratégie low-cost.

Sa familiarité avec les cercles du pouvoir (quels que soient les gouvernements) l’ont également conduit à rédiger d’autres rapports publics, ainsi que nous l’apprend le « groupe de travail et de recherche Oui à l’innovation ! » dirigé par… Pascal Perri lui-même : « En 2014, [il] a rendu un rapport sur l’impact social du numérique en France (Pellerin, Hamon, Montebourg) puis une étude sur la régulation des grands moteurs de recherche (mai 2015) dans le cadre du débat parlementaire sur le projet de loi de modernisation de l’économie. Il [a été] membre du groupe de travail « compétitivité du sport français » au ministère des sports. [6] »

Comme le souligne Les Échos, « il a lui-même dirigé des entreprises de l’agro-alimentaire et du transport aérien » et « conseille également des collectivités pour leur politique touristique, des entreprises sportives et de loisir pour leur développement commercial. [7] » Le quotidien d’information économique et financière ne pouvait se passer d’un tel potentiel : Pascal Perri propose des études pour des prix modiques, devenant ainsi, auto-consécration oblige, un expert dévoué au service de « l’expertise des Échos  », elle-même « au service de votre stratégie » ! À bien consulter ses « états de service », il y a pourtant beaucoup à redire sur l’expertise de Pascal Perri [8]...

Un « expert » omniprésent

C’est donc tout naturellement que Pascal Perri a mis son talent au service du rapport Spinetta dès sa parution – probablement enivré par les potentialités de développement du « low-cost » qu’il promet. Il faut dire que la demande médiatique n’a pas manqué, à commencer par Les Échos bien sûr, où il a eu tout le loisir de publier trois tribunes en l’espace d’un peu plus d’un mois :



Le dernier article – initialement titré « SNCF : l’entreprise a su évoluer, aux cheminots de rattraper le train » – joue en trois temps la partition de l’ultra-libéralisme béat que Pascal Perri déroule dans l’ensemble de ses interventions. D’abord, les acquis sociaux sont un archaïsme, privilèges engoncés dans la tête de travailleurs et de grévistes s’obstinant à vouloir vivre à l’âge de pierre :

Jusqu’à une période récente, une partie de l’opinion française pensait encore naïvement que les statuts pouvaient protéger de l’évolution. Les mirages de l’idéologie ont duré une bonne partie du XXe siècle. Par la force des choses, les changements d’usage des consommateurs ont balayé cette croyance absurde que certains modèles seraient éternels.

Ensuite vient le temps pour l’expert de révéler à tous les bienfaits de la concurrence, en expliquant aux plus pauvres pourquoi le low-cost est – non pas un traitement de classe discriminant – mais une chance :

La compétition est darwinienne. Elle va permettre à la SNCF de démontrer tout son savoir-faire. Et elle n’en manque pas. La concurrence stimule l’innovation, y compris marketing et commerciale, elle est efficace pour gagner de la productivité, pour mieux servir les clients et elle impose aux entreprises d’être plus agiles et plus imaginatives. Enfin, la concurrence, si elle est sobrement et honnêtement régulée, fait baisser les prix et élargit la demande. OuiGo a montré qu’il y avait une véritable élasticité de la demande au prix dans le ferroviaire.

Enfin surgit la prescription bénie de l’expert, confiant dans l’avenir radieux que vient ouvrir la réforme :

Heureusement, dans une société de liberté, les usages finissent toujours par l’emporter car ils traduisent les aspirations humaines. Réjouissons-nous de l’arrivée de nouvelles offres ferroviaires. La SNCF est beaucoup plus solide qu’on ne l’imagine et c’est en situation de concurrence que les clients s’en apercevront. Dans le ferroviaire comme dans le transport aérien appliquons une formule simple qui a fait ses preuves partout ailleurs [9] ; le marché autant que possible, l’État autant que nécessaire.

Rideau !

Et à en croire ses multiples invitations médiatiques, c’est un discours qui a plu et flatté ses compères éditocrates. En particulier ceux de BFM-TV et de RMC – chaines pour lesquelles il officie régulièrement en tant que consultant économique et « grande gueule » – mais pas seulement : le service public lui accorde également ses faveurs. Sur la SNCF, mais aussi sur bien d’autres sujets, tant les médias sont avides et suscitent les vocations d’experts-à-tout-faire. Illustration en vidéo :

acrimed perri 2

https://www.youtube.com/watch?time_continue=7&v=UaGtEXHGPvc

 

Récapitulons les prestations médiatiques de Pascal Perri sur la SNCF (et ce n’est peut-être pas exhaustif !) :

- 18 février – « Week-end direct » sur BFM-TV – « Économiste, auteur de SNCF : un scandale français ».

- 19 février – « Focus première » sur BFM-TV – « Consultant économique de RMC, spécialiste des transports ».

- 19 février – « Les décodeurs de l’éco » sur BFM-TV – « Économiste, auteur de SNCF : un scandale français ».

- 19 février – JT de 20h sur France 2 – « Économiste » (interviewé dans un reportage).

- 26 février – « Les Grandes Gueules » sur RMC – « Économiste ». On lui doit une sortie des plus distinguées : « On ne meurt plus dans les chemins de fer à 60 ans intoxiqués par l’oxyde d’azote » [10].

- 27 février – « News et compagnie » sur BFM-TV – « Économiste ».

- 3 mars – « Priorité au décryptage » – « Économiste ».

- 15 mars – « C dans l’air » sur France 5.

- 22 mars : « Les décodeurs de l’éco » sur BFM Business.

Un chien de garde dans un vaste chenil

Pascal Perri n’est qu’un exemple d’une éditocratie en roue libre depuis l’annonce de la réforme, rivalisant d’arrogance et de mépris [11].

Alain Duhamel, déjà vent debout contre les grèves de 1995 (et contre toutes celles qui ont suivi !), squatte les plateaux de RTL, en compagnie notamment de Marc-Olivier Fogiel, pour dire tout le bien qu’il pense de la réforme. Le 19 et le 20 février, soit quelques jours après la publication du rapport Spinetta, il expliquait comme à son habitude que la réforme était « indispensable financièrement », qu’« on ne peut pas attendre », que pour les cheminots et « pour d’autres professions, la technique humaine et raisonnable, c’est pour les nouveaux contrats d’avoir des contrats qui ne soient plus dans le statut ». Un porte-parole gouvernemental des plus efficaces, soucieux de relayer la pédagogie macroniste : « [Macron essaie de] créer un choc, une dynamique, un mouvement, mais disons que c’est un pari sur la capacité des Français d’avaler autant de réformes. »

« Les Grandes Gueules », déjà épinglées sur le sujet choisissaient quant à elles une question élégante à poser à leurs auditeurs suite à l’annonce des grèves : « Les cheminots se foutent-ils du monde ? »

Éric Brunet, pour finir, n’hésite pas à tancer le gouvernement : « M. le Premier ministre, vous vous êtes couché devant les élus locaux : il fallait supprimer les petites lignes avec des TER quasiment vides et très coûteux ! » [12] Force de propositions, cet énième partisan du « ça-ne-va-pas-assez-loin » partage ses modèles sans réserve, lui qui baptisait Napoléon III le « vrai réformateur français » ! (Éditorial de Valeurs actuelles, 16 février) :

Quoi qu’il en soit, grâce à Napoléon III, la France fut, jusqu’en 1914, la première puissance économique du monde, au côté de la Grande-Bretagne. Alors oui, vive l’empereur !

 

***


Exemple édifiant de ces experts à gages, Pascal Perri saute à cloche-pied du monde des médias à celui de l’entreprise, en passant par la sphère politico-administrative et l’enseignement privé. Ces multiples casquettes lui confèrent une influence que décuplent les médias en lui déroulant le tapis rouge en plateau ou en tribune, afin qu’il fasse valoir un point de vue ultra-libéral, au diapason de l’engouement des éditocrates pour la réforme de la SNCF [13]. Un point de vue tranché et totalement partial que camouflent bien mal les titres fourre-tout dont il est affublé (comme « consultant économique ») et qui lui permettent de s’exprimer sur tout et n’importe quoi. En ce sens, l’omniprésence de Pascal Perri est le symptôme de l’anémie du pluralisme dans les grands médias. Elle rend compte de la circulation circulaire du discours dominant, et de la consécration médiatique des pseudo-experts qui en sont les porte-voix.


Pauline Perrenot et Frédéric Lemaire

http://www.acrimed.org/Aux-grandes-reformes-les-grands-experts-le-cas-de#top

Élections en Hongrie : comment Le Figaro prend ses désirs pour des réalités et se prend les pieds dans le tapis

Les lecteurs du Monde et du Figaro représentent sans doute des univers différents. Pourtant, sur certains sujets, les deux grands quotidiens nationaux se rejoignent. En particulier sur les sujets de politique étrangère, comme la victoire électorale éclatante de Victor Orbán en Hongrie le 8 avril 2018.

TL OJIM HONGRIE ELECTIONS

Quand Blaise Gauquelin, envoyé spécial du Monde à Budapest, interroge un analyste hongrois (de l’opposition bien sûr), ce dernier explique ainsi la victoire d’Orbán « la majorité des électeurs n’a pas accès à toutes les informations pour voter. » Sous entendu, ceux qui ont les bonnes informations (par exemple, celles du Monde) votent contre Orbán. Les crétins sous-informés votent Orbán. Une version recyclée pour la circonstance des fake news qui ont permis la victoire de Trump et celle du Brexit.

Pour la Hongrie, Laure Mandeville, envoyée spéciale du Figaro à Budapest, est sur la même longueur d’onde que son confrère du quotidien du soir, elle le dépasse même d’une brasse puissante et régulière.

Laure Mandeville du Figaro laisse entrevoir la défaite d’Orbán

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La malheureuse correspondante, dans la première édition papier du Figaro, laissait prévoir (avec espoir) la défaite d’Orbán avec le titre : Hongrie, Orbán perd de sa superbe (titre calqué mot pour mot sur un article de L’Humanité ?). Mieux « un fort taux de participation menaçait de transformer en revers, voire même en défaite cinglante… son parti le Fidesz ». Le reste – pour la décidemment malchanceuse journaliste (stagiaire peut-être ?) – est de la même eau. Nous citons : autoritarisme croissant, scandales de corruption, campagne très manichéenne, exaspération croissante de la population qui n’aime pas les mensonges. Bien entendu une forte participation pouvait permettre d’augurer d’une victoire de l’opposition « si la participation devait atteindre 70% un éventuel basculement pourrait même se produire, ce qui serait un tremblement de terre politique » Fin de citation.

Les électeurs hongrois ont voté : retour au réel

Las, la participation est supérieure à 69% (en hausse de 7 points), Orbán obtient près de la moitié des voix (imaginons un parti en France qui raflerait 50% des suffrages…), progresse de quatre points par rapport aux élections précédentes et obtient les 2/3 des sièges.

PINOCCHIO

La dernière édition papier tente de rattraper la boulette en titrant Un troisième mandat pour Orbán. Mais le sous-titre s’emmêle tout de suite les pinceaux. « Malgré une mobilisation historique de près de 70% qui avait poussé l’opposition à espérer une percée, le premier ministre est reconduit confortablement ». Il n’est pas nécessaire d’être un expert en interprétation des chiffres électoraux pour comprendre le contraire : Orbán n’a pas gagné malgré la participation massive mais grâce à celle-ci. C’est la participation électorale massive qui a permis la victoire d’Orbán. Mais ne tirons pas sur une ambulance déjà en bien mauvais état.

La lecture de la première édition (modifiée en urgence ensuite sur la dernière édition papier et sur le web) laisse une étrange impression : s’agit il d’un poisson d’avril à retardement ? D’un article humoristique sous forme de pastiche reprenant les poncifs lus habituellement sur la Hongrie ? D’un aveuglement à caractère compulsif ? Ou bien d’une incompétence si remarquable qu’elle devient un cas d’école pour les étudiants en journalisme ? Nous laissons nos aimables lecteurs trancher.

https://www.ojim.fr/elections-en-hongrie-comment-le-figaro-prend-ses-desirs-pour-des-realites-et-se-prend-les-pieds-dans-le-tapis/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=observatoire_du_journalisme_les_dernieres_publications&utm_term=2018-04-10

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« la majorité des électeurs n’a pas accès à toutes les informations pour voter. »: notons au passage que ce fut le cas pour l'élection présidentielle en France où Macron et ses soutiens, ainsi que certains de ses concurrents, rebaptisés par la presse "grands candidats" ont eu l'essentiel du temps de parole au détriment d'autres qualifiés, eux, de "petits candidats", notamment François Asselineau qui, lui, fut crédité de 1% d'antenne pendant une très courte période (dite "d'équité" !) et de 0% pendant les mois précédant la campagne. Sans même parler des commentateurs, "experts" et autres "éditorialistes" qui assènent leur propagande à longueur d'année...

Et même pendant cette courte période, il ne fut pas possible au candidat d'exposer clairement son programme. Il eut à subir des accusations répétées de "complotisme" et des calomnies. Sans parler de l'absence de véritable débat démocratique...Et c'est cette presse- là, complice et partie prenante d'une démocratie de façade, qui a le culot de fustiger ce qui se passe en Hongrie ou en Russie...    P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:45 - - Permalien [#]
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