mercredi 18 juillet 2018

Larmes, bousculades et gaz lacrymogènes à Felletin contre l'expulsion d'un jeune Soudanais

Affrontements devant la gendarmerie de Felletin. Les militaires ont fait appel à des renforts pour briser les barrages dressés par 150 manifestants devant leur bâtiment. Des habitants du plateau de Millevaches se sont opposés, en vain, à l'expulsion d'un jeune réfugié soudanais ce lundi 9 juillet.

ACT EXPULSION FELLETIN

Des cris, des larmes et une grosse bousculade devant la gendarmerie de Felletin. Ce lundi après-midi, environ 150 habitants venus de tout le plateau de Millevaches ont tenté de s'opposer à l'expulsion d'un jeune soudanais de 21 ans.

Nordeen E. a fuit son pays en guerre, et par le biais de hasard et de coups du sort, il a trouvé refuge à Faux-La-Montagne, commune connue pour son esprit d'entraide et d'accueil. Le jeune homme y séjourne depuis huit mois , mais ses papiers ne sont pas en règle. La France lui demande de retourner en Italie, le pays par lequel il est arrivé en Europe pour instruire son dossier de demande d'asile.  

Le jeune soudanais ne s'est jamais caché, et il s'est rendu de lui-même à une convocation de la gendarmerie de Felletin.  Ses amis, ses soutiens, convaincus de ne pas le voir ressortir ont dressé un barrage devant la caserne.

Environ 150 personnes se sont opposées à cette expulsion - Radio FranceEnviron 150 personnes se sont opposées à cette expulsion © Radio France - Olivier Estran

Larmes et cris de rage

Les habitants ont barré la rue de la gendarmerie avec un fourgon, des voitures.. prêts à passer la nuit sur place, en espérant que les autorités reviennent sur leur décision et laissent Nordeen compléter son dossier en France. 

Sur le coup de 20 heures, les gendarmes ont reçu d'importants renforts venus en fourgons immatriculés en Haute-Vienne ou en Corrèze.  Une brève sommation, et les gendarmes ont enfoncé le barrage des militants, utilisant des gaz lacrymogènes pour évacuer les récalcitrants.

Face à face tendu et bousculades - Radio FranceFace à face tendu et bousculades © Radio France - Olivier Estran

Coups, larmes et colère: le récit de l'évacuation du barrage de la gendarmerie

Les gendarmes ont découpé une portion du grillage de leur caserne pour évacuer le jeune soudanais loin des manifestants. Les habitants sont écœurés.  Les militaires ont fait face à leur colère et leur dégoût : "Je jouais au foot avec lui. En le renvoyant en Italie, c'est direction le Soudan, et vous le condamnez à l'abattoir," lâche un jeune homme, "ce n'est pas une question de légalité mais d'humanité "

"Comment allez vous expliquer à vos enfants ce que vous faites, là ?" demande un autre, certains sont à bout de nerfs, il y a des insultes, des appels à la démission, mais les militaires restent le plus souvent impassibles. "S'il y en a une qui doit avoir honte, c'est la préfète de la Creuse", assure un des habitants. Selon lui, à deux jours près, Nordeen aurait pu avoir le droit de compléter son dossier en France. 

"Actes de rébellion"

"A chaque fois qu'il y'aura une expulsion sur le plateau, vous serez là ? Eh bien, on sera là nous aussi. On va apprendre à se connaitre !" promet un des manifestants.

Le face-a-face des habitants et des gendarmes s'est prolongé jusqu'à 23 heures. Un des habitants est resté une partie de la soirée en garde à vue. Il est accusé d'avoir poussé une gendarmette, et pourrait répondre devant la  justice "d'actes de rébellion".

La préfète félicite les gendarmes

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Dans un communiqué de presse publié ce mardi matin, Magali Debatte, préfète de la Creuse "condamne ces actes de violence envers les forces de sécurité intérieure dans l’exercice de leur mission et salue le grand professionnalisme et le sang froid dont les gendarmes ont fait preuve lors de cette opération "

La préfète confirme que le jeune soudanais a été conduit en centre de rétention administrative. Elle affirme qu'elle n'a pas voulu en faire un exemple. Pas de zèle, et apporte les précisions suivantes : "La procédure de réadmission vers l’Italie est une procédure normale conduite au titre des accords de Dublin III qui permet à cet État européen, seul compétent désormais, de réexaminer sa demande d’asile déposée initialement par l’intéressé. Il n’y a donc aucune raison d’en dispenser M. Nordeen E et de retarder son retour vers l’Italie qui a accepté sa réadmission et l’instruction de sa demande d’asile. Dans cette situation, le droit s’applique dans le respect de la réglementation liée aux étrangers."

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/larmes-bousculades-et-gaz-lacrymogenes-a-felletin-contre-l-expulsion-d-un-jeune-soudanais-1531176687

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Des logiques contradictoires s'affrontent dans ce genre de situations: la logique humanitaire, bien compréhensible, et que certains tendent à oublier: il s'agit d'abord de personnes, avec leur histoire, leur parcours et parfois des situations tragiques; en face, l'application de la loi, du droit international mais aussi en l'occurence des traités européens, souvent sous l'angle de "dossiers" à traiter. Au milieu, les manipulations des uns et des autres, l'intérêt du patronat à récupérer une main d'oeuvre "bon marché", certains lobbies dont les finalités géopolitiques sont diverses et bien loin de l'intérêt des gens concernés, les manoeuvres politiciennes et les récupérations idéologiques des uns et des autres... La situation actuelle est d'autant plus étonnante qu'on avait cru comprendre, lors du dernier sommet européen, qu'il était question de décharger l'Italie de la gestion quasi- unilatérale des "arrivants", mettant ainsi un terme de fait au traité de Dublin, mais les voies de LREM et des européistes sont impénétrables!  P.G.

samedi 30 juin 2018

Lafarge mis en examen pour complicité de crimes contre l’humanité

Pour la première fois en France, une entreprise a été mise en examen pour « complicité de crimes contre l’humanité ». Crime le plus grave du droit pénal français et seul crime imprescriptible, le crime contre l’humanité, défini pour la première fois par l’Accord de Londres du 8 août 1945, réprime le génocide, la déportation, l’esclavage ainsi que les exécutions, les enlèvements et les tortures lorsqu’ils sont exécutés massivement et systématiquement.

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Lafarge SA, filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim, a été mise en examen par trois juges du tribunal de grande instance de Paris en tant que personne morale pour « complicité de crimes contre l’humanité », « violation d’un embargo », « financement d’une entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie d’autrui » des anciens salariés de l’usine de Jalabiya, située à 150 km au nord-est d’Alep. Elle a été placée sous contrôle judiciaire avec une obligation de cautionnement de 30 millions d’euros.

Cette décision, « conforme » aux réquisitions du parquet de Paris, constitue une nouvelle étape décisive dans l’instruction judiciaire ouverte en juin 2017. Elle fait suite aux mises en examens ces derniers mois pour « financement du terrorisme » et « mise en danger de la vie d’autrui » de huit anciens dirigeants et cadres du groupe, dont l’ancien PDG de Lafarge de 2007 à 2015, Bruno Lafont.

« Un pas décisif dans la lutte contre l’impunité des multinationales »

Le géant européen du ciment est notamment suspecté d’avoir financé plusieurs groupes armés, dont Daech, pour maintenir son activité en Syrie pendant la guerre en 2013 et 2014. Mais aussi de s’être approvisionné en pétrole auprès de Daech, qui avait pris le contrôle de la majorité des réserves stratégiques de Syrie à partir de juin 2013, en violation de l’embargo décrété par l’Union européenne en 2011.

« C’est la première fois dans le monde qu’une entreprise est mise en examen pour complicité de crimes contre l’humanité, ce qui marque un pas décisif dans la lutte contre l’impunité des multinationales opérant dans des zones de conflits armés, se réjouit l’ONG Sherpa, à l’initiative de l’affaire par ses révélations et sa plainte déposée en 2016. En France, il s’agit aussi de la première fois qu’une multinationale, maison mère, est mise en examen pour les activités de l’une de ses filiales à l’étranger ».

 

Lafarge entend exercer un recours devant la chambre d’instruction

Dans un communiqué, Lafarge reconnaît une part de responsabilité, notamment en ce que son « système de supervision de sa filiale syrienne » ne lui aurait pas « permis d’identifier les manquements survenus à la suite d’une violation sans précédent des règlements et des règles de conformité internes par quelques personnes qui ont quitté le groupe ». L’entreprise entend néanmoins exercer un recours devant la chambre d’instruction contre les « infractions reprochées qui ne reflètent pas équitablement ses responsabilités ».

Manifestement le collège de trois juges a estimé qu’il existait au-delà des responsabilités individuelles des anciens cadres du groupe, « des indices graves ou concordants qui rendent vraisemblable » que la société elle-même « ait pu participer, comme auteur ou comme complice, à la réalisation » des crimes et délits objets de la mise en examen. Depuis la loi du 9 mars 2004, les personnes morales peuvent, sauf exception, se voir reprocher les mêmes infractions que les personnes physiques.

 

Carmen Asphodèle
https://www.la-croix.com/Economie/Entreprises/Lafarge-mis-examen-complicite-crimes-contre-lhumanite-2018-06-28

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On attend maintenant la même chose pour ce qui concerne les agissements de la diplomatie française pendant la même période, mais là, ça risque d'être un peu plus compliqué...    P.G.

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samedi 23 juin 2018

Limitation à 80 km/h : la Haute-Vienne dénonce « une atteinte à la vie en milieu rural »

Comme ses homologues Pascal Coste en Corrèze et Valérie Simonet en Creuse, Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, ressent l'obligation du passage à 80 km/h comme une offense.  

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Décidément en Limousin, le décret ne passe pas. Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, s'insurge contre une mesure qu'il juge inadaptée à son territoire. 

Sur les routes sans séparateur central, la limitation de vitesse va bientôt passer de 90 à 80 km/h. Sur les routes de Haute-Vienne, ce décret est-il pertinent ?  

Il ne tient pas compte des caractéristiques locales. Il s'applique de façon uniforme sur tout le territoire sans tenir compte de ce qui a été mis en place dans le département de la Haute-Vienne. Par rapport à d'autres, nous avons des routes plus sécurisées, avec moins de virages. Nous avons pris en compte ces données depuis plusieurs années. Sur certains tronçons de route à 90, nous avons abaissé la limitation à 70 km/h. Les usagers comprenaient alors qu'il y avait un danger, et ralentissaient. Demain, avec une limitation à 80 km/h, quel est l'intérêt des panneaux à 70 ? Il n'y a plus que 10 km/h d'écart, les usagers vont être perdus.

Cette mesure est-elle une punition pour les automobilistes ? 

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Les automobilistes vont se faire sanctionner partout. Les radars vont rapporter plus que le loto ! Cette limitation de vitesse est une façon très parisianiste de traiter le problème de déplacement. La voiture est nécessaire en territoire rural, pour aller au travail, faire ses courses, ou autre. Le déplacement est un besoin quotidien, par rapport à la dispersion, à la géographie. Le département est le premier à encourager le covoiturage, mais on ne pourra tout de même pas se passer de la voiture. 

Y avait-il d'autres mesures à prendre avant celle-ci ? 

L'excès de vitesse est bien sûr dangereux, mais alors pourquoi 80 km/h ? On pourrait descendre à 50, à 30... Le problème n'est pas là. Je suis bien obligé de faire appliquer la loi, mais je ressens comme une offense le fait qu'on réponde à notre besoin d'aménagement par une limitation de vitesse et la hausse du prix des carburants, un problème dont on parle peu. Ce n'est pas du tout la réponse que j'attendais. Il faudrait plutôt améliorer la qualité des voies dont on dispose, comme la RN 147, et responsabiliser les usagers de la route. Nous avons une campagne départementale sur les risques importants comme par exemple le téléphone au volant.

Combien de panneaux sont concernés en Haute-Vienne ? 

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Le passage aux 80 km/h implique pour notre collectivité le changement de 9 panneaux. Trois passeront de 90 km/h à 80 km/h. Ils sont situés sur des zones où les automobilistes allaient trop vite, sur la RD 920 et sur les RD704 et RD79, près des radars. Six panneaux de 90km/h seront posés sur les zones présentant des voies de dépassement comme cela nous est autorisé par la nouvelle réglementation en vigueur à compter du 1er juillet. Ils seront sur la D2000 , la RD947 à proximité de Bellac, la RD979 près d'Eymoutiers, la RD220 à côté de Bessines-sur-Gartempe, et les deux derniers seront sur la RD 920 à proximité d'Ambazac. Un panneau coûte 150 €, pose non comprise. L'Etat a pris l'engagement de nous rembourser. Je vais lui faire confiance...

Lucile Preux

https://www.lepopulaire.fr/limoges/transport/politique/2018/06/22/limitation-a-80-km-h-la-haute-vienne-denonce-une-atteinte-a-la-vie-en-milieu-rural_12896251.html

Lire aussi:

Bilan de l'expérimentation 80 km/h - 40 Millions d'automobilistes

https://www.40millionsdautomobilistes.com/wp.../02/Bilan-experimentation-80.pdf

Certes, les portions de routes sélectionnées démontraient une accidentalité supérieure à la moyenne nationale avant la mise en œuvre de l'expérimentation, mais les chiffres présentés dans le présent bilan démontrent que la baisse de la limitation de vitesse n'a en rien permis de réduire la mortalité routière sur ces axes :  2 accidents mortels sont à déplorer sur les 86 kilomètres de l'expérimentation en 2016, soit 5 fois plus que la moyenne nationale qui s'élevait la même année à 0,4 tué pour 86 km de routes.


Le rapport secret sur le 80 km/h éventé

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Exclusif - Faute d'une publication officielle, un vaste travail de recoupement permet de voir que les accidents ont augmenté durant l'expérimentation.

Par

La transparence n'est pas le maître mot de la Sécurité routière. Alors que Bernard Cazeneuve, initiateur en 2015 de l'expérience du 80 km/h sur trois tronçons de routes secondaires promettait une démarche « transparente, honnête et rigoureuse », ses successeurs se sont empressés de dissimuler les résultats d'une affaire qui était déjà mal engagée. Comment, en effet, tirer, d'aussi faibles sections d'étude et sur une période aussi courte, un résultat qui soit éclairant ?

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Néanmoins, l'expérimentation s'est tenue et s'est achevée en juillet 2017 et ses conclusions auraient dû être livrées au public à l'automne dernier, le temps de boucler un rapport qui soit incontestable. Au lieu de cela, alors que la conviction d'Édouard Philippe semble se fonder en grande partie sur cette expérimentation, aucun bilan officiel n'a été dressé. Tout juste le Premier ministre a-t-il répondu à la commission sénatoriale qui le pressait de questions que, « entre juillet 2015 et juillet 2017, on a recensé 20 accidents faisant 3 morts et 42 blessés ».

Face à cette carence, l'Association 40 Millions d'automobilistes s'est livrée à un travail de fourmi en analysant les fichiers du bulletin d'analyse des accidents corporels de la circulation (BAAC) du ministère de l'Intérieur. Sur les trois tronçons concernés, elle a pu tirer un bilan des fiches de 2012 à 2016, soit 18 mois d'expérience et les 42 mois qui ont précédé, en guise de référence. Et les constatations qu'elle a révélées au Point en avant-première ne manquent pas d'être alarmantes puisque, sur la seule année pleine de l'expérimentation à 80 km/h, tous les indicateurs de 2016 repartent à la hausse. « 30 blessés sont alors à déplorer, soit autant qu'en 2013, plus qu'en 2012 (26) et non loin de 2014 (31), qui est la pire année en nombre de victimes (34) et de gravité des accidents » souligne Pierre Chasseray, délégué général de l'association.

1 mort tous les 28,7 km contre tous les 202 km

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2016 est également la deuxième plus mauvaise année, après 2013 et 2014, en termes de nombre de blessés hospitalisés et de nombre de tués sur ces axes (voir tableau).« De plus, poursuit Pierre Chasseray, en comparaison avec des données de mortalité routière relevées à l'échelle nationale, les statistiques issues des routes secondaires en test révèlent l'inefficacité de la mesure : alors que 1 911 accidents mortels ont été recensés sur les 386 224 kilomètres que compte le réseau secondaire français (soit 1 accident mortel en moyenne tous les 202 km) en 2016, les sections de routes nationales soumises à l'expérimentation font état de 1 accident mortel tous les 28,7 km. »

 

Les résultats tenus secrets par le gouvernement du 80 km/h sur route ont été patiemment décryptés par les équipes de 40 Millions d'automobilistes

© 40 Millions d'automobilistes

Soit tout de même cinq fois plus que le réseau de référence. En revanche, 2015, qui a été une excellente année, y compris au niveau national, ne constitue pas une base de comparaison sûre puisque l'expérimentation a commencé le 1er juillet.

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Ces résultats ne sont pas contestables, car ils résultent des fiches officielles. La compilation des données, précise l'association, livre en détail les « lieux », « caractéristiques », « véhicules » et « usagers », ce qui lève tout doute sur les caractéristiques de l'accident, avant ou pendant l'expérimentation. Ces données ont même permis de déterminer avec précision le lieu des accidents, le nombre et la catégorie des usagers impliqués ainsi que la gravité de leurs blessures. En revanche, les responsabilités et les causes des accidents (comportement des usagers, alcoolémie, stupéfiants, distracteurs, vitesse excessive ou inadaptée…) sont indisponibles, les autorités considérant que leur publication pourrait porter atteinte à la protection de la vie privée des personnes concernées et leur porter préjudice.

On comprend dès lors pourquoi le Premier ministre conserve sous le coude cette expérimentation qui n'est ni concluante ni parlante. Trop limitée dans le temps et avec un échantillon de routes trop restreint, elle ne peut refléter avec l'exactitude scientifique et statistique attendue les effets d'une réglementation. Les variables en 2012, 2013 et 2014 le démontrent, un gros accident suffisant à lui seul à bouleverser la statistique.

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Elle a ainsi moins de poids que ce que les riverains et usagers des tronçons concernés dénoncent, c'est-à-dire une circulation en file indienne plus fréquente du fait des véhicules légers bloqués derrière les poids lourds. Prises de risque pour doubler quand même, énervement ou somnolence sont les effets dérivés de cette situation qui peuvent expliquer la progression de l'accidentalité en 2016. De quoi provoquer la colère des usagers qui remontent de toutes parts depuis quelques semaines, des provinces qui se sentent ostracisées par Paris.

Arbitrage administratif

Nombreux sont les députés et sénateurs présents sur le terrain à mesurer la grogne qui monte et à tirer la sonnette d'alarme du côté du gouvernement. L'entêtement d'Édouard Philippe n'y fera rien, les Français considèrent cette mesure inutile, vexatoire et de nature à compliquer un peu plus encore leurs déplacements en province, voire à ponctionner leur budget automobile déjà largement ébranlé ces derniers mois avec les augmentations massives de la taxe C02, des assurances, péages, parkings, PV, carburants, etc.

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Rapportés par Le Figaro, les propos du député LR de Moselle Fabien Di Filippo, qui a interpellé le gouvernement à l'Assemblée, témoignent de ce ras-le-bol : « Les Français éprouvent un fort sentiment d'injustice en se disant qu'ils n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture et qu'ils se retrouvent pénalisés par l'allongement des temps de trajet. Ils se disent aussi que, derrière cette mesure, il y a la volonté du gouvernement de les ratiboiser financièrement. Donc ça crée de la crispation. »

Un sentiment qui est partagé par nombre de ses collègues et par les sénateurs qui, les premiers avec Michel Raison (LR), Jean-Luc Fichet (PS) et Michèle Vullien (UDI), ont créé une commission d'étude et déjà demandé le report de la mesure au gouvernement en attendant les résultats de l'expérimentation. Une démarche à laquelle adhère le sénateur LR cosignataire de la lettre au gouvernement Alain Fouché.

« Si nous n'obtenons pas les informations que nous demandons sur cette expérimentation, je suis décidé à porter l'affaire devant l'instance administrative qualifiée pour la faire rapporter. Il nous faut des éléments pour juger du bien-fondé d'une telle mesure qui est ressentie par les Français comme un vaste racket. Le gouvernement anticipe la réduction de recettes sur les carburants avec la montée en puissance des véhicules hybrides et électriques et cherche des mesures de compensation. Le 80 km/h sur route, qui va bloquer les voitures derrière les camions, est de celles-là. »

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Surfant sur ce mécontentement en organisant des manifestations avec les motards de la FFMC partout en France, l'association 40 Millions d'automobilistes suggère donc aux usagers de télécharger sur le site internet la carte d'électeur factice qu'elle a créée pour l'occasion. Elle leur demande de l'envoyer symboliquement au président de la République pour marquer leur désaccord avec la politique de sécurité menée par son Premier ministre et, plus largement, pour refuser un système où l'opinion des citoyens n'est pas prise en compte.

Pour consulter l'étude complète sur l'accidentalité des 86 km/h sur les routes test, cliquez sur ce lien

http://www.lepoint.fr/automobile/securite/le-rapport-secret-sur-le-80-km-h-evente-13-02-2018-2194498_657.php

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Non, ce décret n'est pas pertinent !!
Il est illégal !!
L'expérimentation n'a duré que 2 ans au lieu de 5 !
Les routes choisies (RN 151, RN 57 et RN 7), soi-disant accidentogènes,  sont suspectes :
- RN 57 : la vitesse n'était en cause que dans 28% des cas (drogue et alcool : 45% et fatigue : 20%)
- Les routes ont fait l'objet de travaux importants juste avant le début de l'expérimentation : 16 millions d'euros pour la RN 151 !!!!

- En ce qui concerne la RN151, l'un des hauts responsables de la DIR (Direction interdépartementale des routes) a assuré avoir constaté une fuite des automobilistes sur les routes avoisinantes limitées à 90 km/h : la RN151 perdant environ 250 véhicules/jour depuis le début des tests.
- Les mesures n'ont duré en réalité que 7 mois et voilà ce que déclarent les experts (ou plutôt les manipulateurs) "En raison d'incidents avec les équipements de mesure, les données pour mai 2017 ont été redressées..." (redressées ?????)

Et la synthèse tient en tout et pour tout en deux phrases :
1) "La vitesse autorisée à une incidence significative sur les vitesses pratiquées."
2) "A une baisse de la vitesse limite autorisée correspond une baisse des vitesses pratiquée."

Fort de ce constat, les experts en ont conclu de manière systématique que l'abaissement de la vitesse résout tous les problèmes, et notamment celui de la cohabitation entre poids lourds et véhicules légers. Mieux : "plus de conducteurs sont ainsi en mesure de choisir la vitesse à laquelle ils souhaitent circuler".
Il faut avoir une "case de vide" comme dirait quelqu'un que nous connaissons bien pour oser faire de telles déclarations !

Et comme conclue Auto Plus dans un de ses articles "Partant d'un avis aussi éclairé, M. de La Palice aurait sans doute souligné que si les automobilistes avaient moins d'accidents, le nombre d'accidents diminuerait."

La vraie raison de cette mesure totalitaire ne serait-elle pas la guerre contre le milieu rural et les petites villes dont l'oligarchie veut voir la disparition, raison qui est validée par les mesures diverses et variées prises depuis quelques temps : le regroupement des régions, le départ des administrations dans les métropoles, la baisse drastique de la Dotation Globale de Fonctionnement, le non entretien des petites routes secondaires, la suppression des services publics, les chantages à la fusion des communes (par exemple, si vous ne fusionnez pas avec la commune voisine, on vous supprime votre école), etc, etc !

Citons les article 14, 15 et 16 
de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 qui fait partie de notre constitution :


"Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée." (14)

"La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration." (15)
 
"Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution." (16)

S.R.
 

mercredi 20 juin 2018

Raqqa : Guerre d’anéantissement, par Amnesty International

Source : Amnesty International, 05.06.2018.

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Il y a un an, une coalition menée par les États-Unis lançait une offensive pour chasser le groupe armé État Islamique (EI) de la ville de Raqqa. Des attaques aux conséquences catastrophiques pour les civils. Enquête.

L’opération menée par la coalition, sous la direction des États-Unis, du 6 juin au 12 octobre 2017, pour chasser l’EI de sa « capitale » autoproclamée, Raqqa, a fait des milliers de morts et de blessés parmi la population civile et a détruit la majeure partie de la ville. Des habitations, des bâtiments et des infrastructures ont été réduits à l’état de ruines ou trop endommagés pour pouvoir être réparés.

Les forces américaines, britanniques et françaises de la coalition ont conduit des dizaines de milliers de frappes aériennes, et les forces américaines ont reconnu avoir procédé à 30 000 tirs d’artillerie pendant l’offensive sur Raqqa. Plus de 90 % des frappes aériennes ont été menées par les forces américaines.

Un quartier de Raqqa détruit

LES CIVILS PRIS AU PIÈGE

À la veille de cette campagne militaire, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, promettait une « guerre d’anéantissement » de l’EI.

Les affirmations de la coalition selon lesquelles sa campagne de bombardements aériens de précision lui a permis de « libérer » la ville de l’EI en faisant très peu de victimes civiles ne résistent pas à un examen approfondi.

En septembre 2017, au plus fort du conflit, le général de corps d’armée Stephen Townsend, commandant américain de la coalition, a écrit qu’il n’y avait « jamais eu une campagne aérienne plus précise dans toute l’histoire des conflits armés », ce qui est en forte contradiction avec les témoignages des habitants de Raqqa.

Les habitants se sont trouvés piégés tandis que les combats faisaient rage dans les rues de Raqqa entre les militants de l’EI et les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) sous direction kurde, soutenus par les frappes aériennes et les tirs d’artillerie incessants de la coalition. L’EI a placé des mines sur les voies de sortie de la ville et a tiré sur les personnes qui essayaient de s’enfuir. Plusieurs centaines de civils ont été tués chez eux ou dans les lieux où ils s’abritaient, ou ont trouvé la mort alors qu’ils tentaient de fuir.

Un haut responsable militaire américain a même déclaré que jamais autant d’obus n’avaient été tirés sur un même lieu depuis la guerre du Vietnam. Les tirs d’obus n’étant précis qu’à 100 mètres près, il n’est pas étonnant que les victimes civiles aient été si nombreuses. Cette tragédie est en outre aggravée par l’absence d’enquêtes, plusieurs mois après les faits. Les victimes méritent que justice leur soit rendue.

Un jeune homme et son bébé à Raqqa

DE POSSIBLES CRIMES DE GUERRE

Les frappes de la coalition sur lesquelles nous avons pu enquêter ne sont que quelques exemples. Des preuves solides montrent que les frappes aériennes et les tirs d’artillerie de la coalition ont tué et blessé des milliers de civils, touchés notamment par des attaques disproportionnées ou aveugles qui sont contraires au droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre.

Durant les quatre années où il a contrôlé la ville, l’EI a commis de nombreux crimes de guerre. Mais ces violations ne dégagent pas la coalition de son obligation de prendre toutes les précautions possibles pour limiter les dommages infligés aux civils.

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Nous avons écrit aux autorités américaines, britanniques et françaises en charge de la défense pour leur demander des informations complémentaires sur les cas sur lesquels nous avons pu enquêter et sur d’autres attaques. Nous les avons interrogées sur les tactiques de la coalition, ses moyens et ses méthodes d’attaque, le choix de ses cibles et les précautions prises lors de la planification et de la mise en œuvre des opérations.

Nous demandons désormais aux membres de la coalition de mener des enquêtes impartiales et approfondies sur les allégations de violations et sur les victimes civiles, ainsi qu’à reconnaître publiquement l’ampleur et la gravité des pertes de vies civiles et des destructions de biens de caractère civil à Raqqa.

Nous leur demandons aussi de rendre publiques leurs conclusions de même que toutes les informations sur les frappes pour évaluer dans quelle mesure ils ont respecté le droit international humanitaire.

https://www.les-crises.fr/raqqa-guerre-daneantissement-par-amnesty-international/

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mardi 19 juin 2018

La Colombie, les escadrons de la mort et les droits de l’homme vus par les USA

TRIBUNE LIBRE / Par Dan Kovalik
Paru sur RT sous le titre Colombia, the death squads & the US’ human rights double standard

TL COLOMBIE PROPAGANDE US

Presque quotidiennement, nous sommes bombardés par des « informations » sur des problèmes au Venezuela. Et de fait, problèmes il y a, par exemple des pénuries de nourriture et de médicaments, et une inflation galopante. Mais quelque chose est occulté.

Ce qui est occulté par la presse est l’impact des sanctions sur la situation au Venezuela et la façon dont ces sanctions empêchent le Vénézuela de résoudre ces problèmes.

Ce que la presse omet aussi est que la voisine de palier du Venezuela, la Colombie, fait face à des problèmes humanitaires encore plus pressants. C’est la première alliée des USA dans la région et, étrangement, la toute nouvelle « partenaire mondiale » de l’OTAN en Amérique Latine. Et, les USA sont très largement responsables de ses problèmes aussi, mais de façons différentes.

TOUS LES JOURS

La fait est que, sur plusieurs plans, la Colombie connaît l’une des pires situations quant aux droits de l’homme de la planète, mais vous ne le sauriez jamais en regardant vos infos du soir à la télé.

D’abord, la Colombie détient le record des personnes disparues de toutes les Amériques – même plus que tous les pays du Cône Sud conjugués au cours des années de la « Guerre sale » – à plus de 60 000 personnes.

De plus, la Colombie compte le plus grand nombre de personnes déplacées par des conflits de la Terre, à plus de 7 millions – juste derrière la Syrie. Et un nombre disproportionné de ces personnes déplacées sont indigènes ou afro-descendantes.

Ajoutons que la Colombie se classe cinquième dans le monde pour le nombre d’enfants déplacés par des conflits, avec deux millions de filles et de garçons déplacés. De façon choquante, elle se classe 3ème dans le monde pour le nombre d’enfants assassinés, avec 715 enfants tués au cours de la seule année dernière. Ces statistiques ont mené l’organisation Save the Children à conclure que la Colombie est « l’un des pires pays au monde où être un enfant ou un adolescent ».

Amerique_du_Sud

La Colombie compte aussi parmi les pires pays au monde pour y être un activiste tel qu’un défenseur des droits de l’homme, un leader de syndicat, un chef indigène ou un chef afro-colombien. Ainsi, même après la signature d’un traité de paix entre le gouvernement colombien et les guérilleros des FARC en 2016, des activistes sont assassinés à un rythme alarmant. Plus de 200 activistes ont été tués depuis janvier 2017. En outre, 2017 a été la pire année de l’histoire du pays pour les militants des droits de l’homme en Colombie, avec un nombre record de 120 meurtres.

Bien sûr, les USA portent une lourde responsabilité dans cette horrible situation, parce qu’ils ont été les commanditaires de la guerre brutale de la Colombie contre son propre peuple, pendant des décennies, et qu’ils ont fourni des milliards de dollars en aides matérielles à cet effort de guerre. De fait, depuis 2000, les USA ont donné 10 milliards de dollars à la Colombie, principalement en assistance militaire, dans le cadre de son programme de contre-insurrection connu sous le nom de ‘Plan Colombia’. Au cours des années du Plan Colombia, l’armée colombienne a tenté de drainer plus d’assistance militaire américaine en massacrant des civils et en les faisant ensuite passer pour des guérilleros d’extrême gauche. Selon de récentes évaluations, l’armée aurait massacré 10 000 civils dans cette macabre opération de « faux positifs ».

ESCADRONS DE LA MORT 1

Mais les USA sont également derrière une force encore plus sombre que l’armée colombienne – à savoir, les escadrons de la mort paramilitaires colombiens. Bien que ceux qui vivent dans les endroits reculés de la Colombie soient douloureusement conscients de la présence et de la brutalité des paramilitaires, ces derniers sont aujourd’hui un secret bien gardé dans les zones plus aisées des grandes villes de Colombie et encore plus hors des frontières de la Colombie. De fait, les gouvernements américain et colombien démentent l’existence même de ces groupes paramilitaires, et la presse complice se fait également fort de garder le secret.

Récemment, le défenseur des droits de l’homme le plus important de Colombie, le Père Javier Giraldo (Compagnie de Jésus), a parlé du phénomène paramilitaire, dont il est expert. Comme il l’explique, « Nous avons des bras clandestins ou semi-clandestins de l’État, qui sont ces groupes paramilitaires. Aujourd’hui, il n’est plus toléré d’en faire mention en tant que tels, mais je continue de les appeler paramilitaires, parce que c’est le terme approprié. »

ESCADRONS DE LA MORT 2

Le Père Giraldo décrit les origines des escadrons de la mort paramilitaires, une force développée par les USA avant même l’émergence des guérilleros d’extrême gauche en 1964. Comme il l’explique :

« En 1962, quand Guillermo León Valencia était président, une mission de l’armée des USA, d’une école militaire spéciale de Caroline du Nord, est arrivée en Colombie… Ils ont analysé la situation en Colombie et laissé des instructions secrètes, qui donnaient l’ordre au gouvernement colombien de commencer à entraîner des groupes mixtes de civils et de militaires, et de les préparer à des activités terroristes paramilitaires pour combattre les sympathisants du communisme. *

«…  Le président Valencia, le jour de Noël 1965, a édicté le Décret 3398 qui changeait le nom du Ministère de la guerre en Ministère de la défense et autorisait la formation de milices civiles comme auxiliaires des forces armées. C’est la base légale des paramilitaires. »

« … Les États-Unis ont commencé à diriger tout l’appareil de sécurité de la Colombie et de ses agences… d’abord avec 400 officiers de l’armée des USA, aujourd’hui avec au moins 800. Les milices paramilitaires créées à cette époque, avec tous leurs soutiens légaux, ont été réaffirmées. »

ESCADRONS DE LA MORT 3

Bien sûr, comme le Père Giraldo l’a expliqué en de nombreuses occasions, les « sympathisants du communisme » ciblés par les paramilitaires sont les leaders syndicaux, les défenseurs de droits de l’homme, les leaders paysans et les prêtres catholiques qui prennent la défense des pauvres. Pour les prêtres catholiques, plus de 80 d’entre eux ont été assassinés depuis 1984 pour le crime d’avoir pris le parti des pauvres.

A cause de l’augmentation des meurtres de ces leaders sociaux et des déplacements forcés de masse après le désarmement des FARC, il devient plus évident que jamais que les paramilitaires ont la part du lion des violations des droits de l’homme en Colombie. Mais encore une fois, vous n’en sauriez rien en lisant votre presse habituelle ou en regardant les infos du soir à la télévision. Et les Colombiens qui souffrent sous le joug de ces paramilitaires sont douloureusement conscients de l’omerta dont ils font l’objet.

Encore récemment, quand j’étais en Colombie pour le premier tour des élections présidentielles, notre délégation a rencontré des résidents de la bourgade de Suarez (Département Cauca), qui venaient de perdre trois des leurs à cause de la violence paramilitaire. Un des membres de la communauté nous a demandé d’un ton désespéré, « Qu’est-ce que nous pouvons faire pour que le monde soit au courant de la poursuite de l’existence des paramilitaires ? » Je lui ai répondu que c’est ce que nous tentons de faire, mais que peu de gens nous écoutent.

COLOMBIE ELECTIONS 1

Pendant notre séjour en Colombie, un coordinateur de campagne pour un candidat à la présidence, Gustavo Petro, a été assassiné par des paramilitaires à la veille des élections. Le groupe paramilitaire connu sous le nom « Aguilas Negras » (les aigles noirs) avait menacé les partisans de la candidature de Petro quelques jours avant le vote du 27 mai.

Si la crise humanitaire et politique recevait ne fût-ce qu’une partie de l’attention portée par les médias à son voisin, le Venezuela, les gouvernements des États-Unis et de la Colombie auraient au moins une motivation pour améliorer la situation et poursuivre les groupes paramilitaires qui continuent de hanter le pays. Le silence presque complet sur le degré affolant de violence en Colombie est l’une des clés de la perpétuation de cette violence. De fait, les paramilitaires ont toujours dépendu de leur capacité à opérer dans l’ombre, et la presse occidentale se fait un devoir de les aider à cet égard.

Dan Kovalik enseigne le Droit humanitaire international à université de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il a écrit ‘The Plot to Attack Iran.’

Traduction Entelekheia
Photo Pixabay

* Note de la traduction : La tactique des milices paramilitaires a été appliquée par les USA contre le « communisme » ailleurs en Amérique du Sud. Par exemple, en Bolivie, dans les années 1970-80, l’un de ces groupes paramilitaires (et de trafiquants de drogue, tout comme en Colombie) était dirigé par un nom bien connu en France, l’ancien chef de la Gestapo de Lyon Klaus Barbie, qui avait été exfiltré en Argentine, puis en Bolivie après la guerre. Voir l’article Cocaïne : Klaus Barbie, les USA et la connexion nazie

http://www.entelekheia.fr/2018/06/09/la-colombie-les-escadrons-de-la-mort-et-les-droits-de-lhomme-vus-par-les-usa/

jeudi 14 juin 2018

Bezons : une plaque commémorative de la «Nakba» suscite la fureur du Crif, qui exige son retrait

Une plaque commémorant ce que les Palestiniens appellent la «Catastrophe», c'est à dire l'exode qui a suivi la création de l'Etat d'Israël, suscite l'ire du Crif. En cause, le qualificatif de «criminel de guerre» dont est affublé David Ben Gourion.

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Dominique Lesparre, maire communiste de Bezons, en région parisienne, a inauguré ce 11 juin deux plaques temporaires, en français et en arabe, commémorant la Nakba («catastrophe» en arabe), synonyme d'exode pour des centaines de milliers de Palestiniens lors de la première guerre israélo-arabe qui a suivi la création d'Israël en 1948.

Cette inauguration symbolique, annoncée dans la revue municipale, s'est tenue à l'initiative de l'association bezonnaise West Bani Zaid (du nom d'une localité palestinienne avec laquelle Bezons est jumelé). Sur la plaque dévoilée est écrit : «En mémoire des 800 000 Palestiniens et de la destruction des 532 villages en 1948 par le criminel de guerre David Ben Gourion pour la création de l'Etat d'Israël».

Un encouragement à l'antisémitisme, selon le Crif

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Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a vivement réagi ce 11 juin. Dans un communiqué publié sur son site, il qualifie de «choquantes et inacceptables» les inscriptions de la plaque et notamment la qualification de «criminel de guerre» employée pour désigner David Ben Gourion, l'un des fondateurs de l'Etat d'Israël. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) estime également «historiquement faux» la description des événements de 1948 mentionnés sur la plaque. Pour son président Francis Kalifat, ces déclarations «encouragent les violences antisémites qui sévissent actuellement en les justifiant historiquement». Demandant son retrait immédiat, il a pris contact ce 12 juin avec le chef de cabinet du ministère de l'Intérieur. Le préfet du Val d'Oise a alors contacté le maire de Bezons, et lui a intimé de retirer les plaques dès la réception du courrier, au motif notamment qu'il a rompu avec le «principe de neutralité républicaine dans le domaine international». Le Crif fait savoir sur son site internet que les plaques seraient retirées dans l'après-midi.  

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Le député des Français de l'étranger Meyer Habib, dont la circonscription comprend Israël, a également partagé sur Facebook son indignation. Fustigeant l'insulte faite selon lui à David Ben Gourion, «père fondateur de l'Etat d'Israël», il explique dans une anaphore ce qu'est selon lui la Nakba. «La vraie Nakba [...] c’est cette gauche, mais aussi certains dans les rangs de LREM, qui flirte avec l’islamisme et exploite la détestation d’Israël à des fins électorales [...] C’est cette génération « Dieudonné » dans les quartiers, habitée par un imaginaire islamiste, antirépublicain et antisémite», lance-t-il.

«La vraie Nakba, c’est qu’un rappeur comme Médine qui s’auto-proclame "islamo-racaille" et titre son album Jihad puisse être programmé au Bataclan presque trois ans jour pour jour après que 90 innocents y ont été massacrés par la barbarie djihadiste», écrit-il encore, en référence à la polémique qui entoure la programmation du rappeur dans la salle de spectacle du Bataclan.

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Ces derniers mois, les Palestiniens ont manifesté pour le droit au retour des Palestiniens qui ont fui ou ont été chassés en 1948, alors qu'Israël célébrait les 70 ans de sa création. Depuis mars, cette «Marche du retour» a coûté la vie à plus de 120 Gazaouis, visés par des tirs israéliens. Des milliers de manifestants ont en outre été blessés par les balles de Tsahal.

https://francais.rt.com/france/51535-bezons-plaque-commemorative-nakba-fureur-crif-exige-retrait

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mercredi 6 juin 2018

A Paris, des manifestants s'opposent à la venue du «criminel de guerre» Benjamin Netanyahou

Après Berlin, le Premier ministre israélien est en visite à Paris, où il s'entretient avec Emmanuel Macron afin de plaider notamment pour un durcissement vis-à-vis de l'Iran. Solidaires des Palestiniens, des protestataires se sont rassemblés.

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«Non à la venue du criminel de guerre Netanyahou en France !» : tel est le mot d'ordre de plusieurs collectifs pro-palestiniens qui ont appelé à manifester à Paris ce 5 juin 2018, jour de la rencontre entre le Premier ministre israélien et le président de la République, Emmanuel Macron. «Netanyahou, criminel de guerre ! A la cour pénale internationale !», scandaient des opposants, d'après un reporter de RT France présent sur les lieux. 

En raison d'une interdiction de manifester devant le Grand Palais, c'est finalement aux Invalides que se sont rassemblés les protestataires. Ceux-ci se sont vus interdire le franchissement de la Seine.

Un reporter de FranceInfo a estimé à 200 le nombre de manifestants.

Des élus de La France insoumise (LFI), parti dont une frange notable se montre critique à l'égard de la politique de l'Etat hébreu, ont annoncé leur venue. Outre Danielle Simonnet, conseillère de Paris, le député LFI Eric Coquerel a dénoncé sur Twitter la venue de Benjamin Netanyahou à Paris.

Macron ne reconnaîtra pas la Palestine

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Lors d'une conférence de presse au côté de Benjamin Netanyahou, Emmanuel Macron a répondu à un journaliste qu'il ne reconnaîtrait pas officiellement la Palestine, estimant que les décisions unilatérales causaient de la «violence». Il a pris comme exemple le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, estimant que celui-ci était «mieux que ce qu'on avait avant», sans pour autant être parfait.

Comme attendu, le Premier ministre israélien a pour sa part insisté sur la nécessité selon lui, de durcir le ton vis-à-vis de l'Iran. Il a estimé que l'accord sur le nucléaire avait permis à Téhéran, en levant les sanctions, de lui «donner l'argent pour construire cet empire». Evoquant les actions de Téhéran en Syrie comme une «agression iranienne», il a assuré que si Paris ne sévissait pas vis-à-vis de Téhéran, des réfugiés afflueraient vers l'Europe.

Les manifestants solidaires des Palestiniens

Alors qu'Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou doivent participer à l'inauguration d'une exposition sur Israël, les opposants à la venue du Premier ministre israélien réclament notamment l'«annulation de la saison France-Israël», un événement culturel censé renforcer les liens entre les deux pays. Ils apportent par ailleurs leur soutien à la «Marche du retour», un mouvement de revendication qui a débuté le 30 mars et qui vise à revendiquer, conformément au droit international, le droit au retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant fui leur terre à la création de l'Etat hébreu.

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Benjamin Netanyahou a été la cible de critiques ces derniers mois, alors que l'armée israélienne a causé la mort de plus de 120 manifestants palestiniens depuis le début d'un mouvement de protestation. Des milliers d'autres ont en outre été blessés par des tirs de soldats israéliens.

Lors de sa rencontre avec Emmanuel Macron, Benjamin Netanyahou devrait notamment plaider pour un durcissement des pays européens à l'égard de l'Iran, grand rival régional de Tel-Aviv, alors que ceux-ci tentent de préserver l'accord sur le nucléaire conclu en 2015, malgré le récent retrait des Etats-Unis. Le 4 juin, le Premier ministre israélien avait mis la pression sur l'Allemagne lors d'une rencontre avec Angela Merkel, l’exhortant à sévir davantage contre Téhéran. Il avait ainsi mis en garde la chancelière allemande contre une arrivée massive de réfugiés, si Berlin ne réintroduisait pas des sanctions contre l'Iran.

https://francais.rt.com/international/51329-paris-manifestation-contre-rencontre-macron-criminel-guerre-netanyahou

AFFICHE FL JUSTICE PALESTINE

Paris, le 30 mai 2018

Monsieur le Président de la République,

Nos organisations s’étonnent du maintien de l’invitation à Paris du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour l’inauguration de la saison culturelle croisée France-Israël le 5 juin 2018.

Cette visite ainsi que le maintien de la saison croisée nous semblent inappropriés dans le contexte actuel.

La répression militaire arbitraire et les violations du droit par les autorités israéliennes dans la Bande de Gaza, depuis le début de la « grande Marche du Retour », ont été condamnées par l’ensemble de la communauté internationale, y compris par la France. L’Elysée a « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a, lui, « rappelé le devoir de protection des civils, en particulier des mineurs, et le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement. Rien ne peut justifier des tirs systématiques à balles réelles contre des manifestants pacifiques et désarmés. » Le 18 mai 2018, à l’occasion de la session extraordinaire du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, la France exprimait également son soutien à la création d’une commission d’enquête indépendante sur les violations des droits de l’Homme en Palestine, ce que nous saluons.

Dans le prolongement de ces déclarations, nous attendons que la France affirme plus fermement et concrètement son désaccord avec la politique répressive violente menée par l’Etat israélien.

En toute cohérence avec la position de la France sur la question palestinienne et son engagement en faveur des droits de l’Homme, nous vous demandons d’annuler la visite de B. Netanyahou à Paris prévue le 5 juin 2018 pour l’inauguration de la saison culturelle croisée France-Israël.

Si elle était maintenue le 5 juin prochain – date marquant les 51 ans du déclenchement de la guerre des Six-Jours et l’occupation de tout le territoire palestinien – elle serait perçue comme une provocation et une légitimation des violations du droit commises par les autorités israéliennes en Palestine et particulièrement à Gaza ces dernières semaines.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre profonde considération.

Mme Claude Léostic, Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

https://plateforme-palestine.org/La-visite-de-Benyamin-Netanyahou-a-Paris-le-5-juin-2018

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dimanche 3 juin 2018

« Démocrassie ». Lituanie et Roumanie condamnées pour prisons secrètes de la CIA !

En Europe, nous sommes des grandes « démocrassies ».

TL CS LITUANIE ROUMANIE POLOGNE

Et puis aux États-Unis, c’est la capitale du monde libre, surtout avec un Obama à la Maison Blanche [moins avec Trump].

Le monde libre donc est la démocrassie.

Du coup, on a des services secrets qui ont des prisons secrètes pour faire de la torture secrète aussi et des sévices de toutes sortes.

C’est ça la démocrassie, il faut savoir la défendre, et surtout, comme les Américains, l’exporter à coup de bombes à l’uranium [appauvri] à plein de peuples qui n’ont rien demandé.

Quand les populations ne veulent pas de cette immense chance qu’est la démocrassie américaine, on prend les dissidents et on les met dans des avions secrets sans plan de vol pour atterrir en Lituanie ou en Roumanie.

Bon, il y a bien d’autres prisons secrètes, dont je vous tairai le nom, non pas parce qu’elles sont si secrètes que cela mais parce que sinon, on vous dit « cake news »…

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Je ne vous dirai pas par exemple à quoi jouent les « sévices » secrets américains (et français) en Syrie… Il me semble vous avoir relayé un article sur Lafarge et les liens entre le cimentier… et l’Élysée !!

Charles SANNAT

Prisons secrètes de la CIA : la Lituanie et la Roumanie condamnées

« Après la Pologne en 2015, la Lituanie et la Roumanie ont été condamnées jeudi par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour leur participation au programme de prisons secrètes de la CIA, épinglées pour complicité et de multiples violations.

La Cour avait été saisie par deux prisonniers de Guantanamo, Abd al-Rahim al-Nachiri (contre la Roumanie) et Abou Zoubaida (contre la Lituanie), qui affirmaient avoir été détenus au secret dans ces pays entre 2004 et 2006. Leurs requêtes avaient été examinées publiquement par la Cour en juin 2016.

Dans deux arrêts distincts, la Cour a condamné les autorités roumaines et lituaniennes, pour plusieurs violations des droits de l’Homme dans ces prisons de l’agence de renseignement américaine.

Parmi les droits violés : l’interdiction de la torture, le droit à la liberté et à la sûreté des requérants, celui au respect de la vie privée, et leur droit à un recours effectif.

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« La participation de la Lituanie au programme de détentions secrètes de la CIA l’a amenée à commettre de multiples violations des droits de l’Homme », de même que « la Roumanie a commis plusieurs violations des droits de l’Homme en se rendant complice du programme de détentions secrètes de la CIA », peut-on lire dans les deux arrêts de la Cour.

Le gouvernement lituanien a immédiatement réagi jeudi, n’excluant pas de faire appel du jugement."

La peine ? Vilnius et Bucarest devront verser 100 000 euros de dommages moraux à chacun des requérants.

Hahahahahaha, il n’y a pas à dire, la démocrassie ça ne coûte pas cher !

Source AFP via Romandie.com ici

https://insolentiae.com/democrassie-lituanie-et-roumanie-condamnees-pour-prisons-secretes-de-la-cia/

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"Ce jugement constitue un sévère camouflet face aux tentatives honteuses de la Roumanie de cacher la vérité concernant l'accueil d'une prison secrète de la CIA", a réagi Amrit Singh, une des avocats d'Abd al-Rahim Al-Nachiri, qui y voit un arrêt "essentiel pour mettre fin à l'impunité de la complicité européenne dans le programme de torture de la CIA".

Les deux arrêts ne sont pas définitifs, les gouvernements roumain et lituanien ayant trois mois pour faire appel et demander un réexamen devant la Grande chambre de la CEDH.

En février 2015, la CEDH, déjà saisie d'une requête de Zoubaida, avait définitivement condamné la Pologne pour son rôle dans les prisons secrètes de la CIA.

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Prisons-secr-tes-de-la-CIA-la-Lituanie-et-la-Roumanie-condamn-es/923128.rom

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lundi 21 mai 2018

Gaza : des civils massacrés et une pensée malmenée

TRIBUNE LIBRE / Après la mort de plusieurs dizaines de Palestiniens tués par des soldats israéliens à Gaza, le spécialiste du monde arabe Adlene Mohammedi décrypte les réactions médiatiques et diplomatiques qui ont suivi le massacre.

TL GAZA PRESSE

A l’occasion des 70 ans de la proclamation de l’Etat d'Israël et du transfert, décidé par Donald Trump, de l’ambassade américaine à Jérusalem, plus d'une cinquantaine de Palestiniens ont été tués le 14 mai par l’armée israélienne. Au massacre de civils s’ajoutent des commentaires, parfois déconcertants, qui révèlent l’absurdité du regard porté sur la situation au Proche-Orient et la politique israélienne. 

«La fête a été gâchée par les morts palestiniens», déclarait ainsi tranquillement l’éditorialiste de BFM TV Ulysse Gosset. Même morts, les Palestiniens sont ainsi décrits comme ces empêcheurs de fêter en rond, de transférer son ambassade en rond, d’occuper en rond. Depuis le début des manifestations en mars, les forces israéliennes ont tué plus de 100 Palestiniens et le nombre de blessés avoisine 12 000. Le 14 mai, le nombre de morts s’élevait à 59 (dont plusieurs enfants) et celui des blessés à 2 700. A moins d’une contorsion de l’esprit, il est très difficile d’y voir autre chose qu’un massacre perpétré par une armée d’occupation, dans une zone assiégée, une prison à ciel ouvert.

Des réactions contrastées : entre fermeté et pusillanimité

Cette violence israélienne a assurément, comme toujours, ému les opinions publiques. Les réactions officielles et médiatiques sont, quant à elles, contrastées. Si des pays comme la Turquie et l’Afrique du Sud ont tout simplement rappelé leurs ambassadeurs, l’attitude israélienne semble rencontrer assez peu d’obstacles.

Comme toujours, un discours faussement équilibré s’installe, où le besoin de «neutralité» (au service du plus fort) prend le dessus sur la description du réel. Ainsi, pour Le Figaro, «des heurts violents ont éclaté lundi entre manifestants palestiniens et soldats israéliens». Dans ce cas unique, le manifestant désarmé et le soldat seraient également responsables. Le Palestinien apparaît comme l’homo sacer du droit romain : exclu, dépourvu de droits, on peut allègrement le tuer sans en pâtir.

De ce point de vue, la position française a le mérite d’identifier une responsabilité unique puisque le président Macron a condamné «les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants». La suite du communiqué laisse cependant sceptique : «Il a appelé tous les responsables à la retenue et à la désescalade et a insisté sur la nécessité que les manifestations des prochains jours demeurent pacifiques.» Comme s’il fallait atténuer la condamnation, elle-même bénigne, de l’armée israélienne. Il n’est plus question ici de la diplomatie des «lignes rouges» et des «punitions» si prisées ailleurs. Mais il y a pire, comme le montre l’exemple de la diplomatie canadienne qui préfère condamner «l’implication» du Hamas. En d’autres termes, si les Palestiniens se font tuer par l’armée israélienne, c’est qu’ils l’ont tout bonnement bien cherché. Au nom de la modération, le discours peut devenir immodérément sordide.

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Un contexte géopolitique en partie favorable à Israël

Ces violences israéliennes ne peuvent être séparées du contexte international et régional. Pour tuer avec une telle facilité des manifestants, Israël a pu compter sur des signaux encourageants. Le premier de ces signaux est évidemment le soutien indéfectible apporté par le président américain, du transfert de l’ambassade à Jérusalem à la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien. Appartenir à un axe anti-iranien plus ou moins informel, qui englobe l’Arabie saoudite et qui jouit du parrainage américain, cela ne peut qu’exacerber l’impunité israélienne face aux Palestiniens.

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Le sang qui coule à Gaza est celui d’une résistance à l’éventualité d’un plan de «paix» qui s’imposerait au peuple palestinien et qui aurait pour parrains honnis Riyad et Washington. Les Palestiniens se font massacrer tout simplement parce qu’ils refusent de voir leur cause noyée dans des calculs régionaux auxquels ils ne sont pas associés.

https://francais.rt.com/opinions/50727-gaza-civils-massacres-pensee-malmenee-adlene-mohammedi

mercredi 16 mai 2018

Un peu de retenue voyons !

TRIBUNE LIBRE / Librairiie Tropiques.fr

TL TROPIQUES GAZA MANIF

La classe dirigeante française vient d'infléchir légèrement sa langue de bois, d'usage habituel s'agissant de ce qui se passe en Palestine depuis 70 ans.
Hier encore la formule standard était "Israel a le droit de se défendre" Hollande, Valls, Macron, etc. nous la servaient encore il y a quelques jours, pour commenter l'activité criminelle de l'appareil militaro-industriel israélien, accablant les populations asservies qu'il n'a pas encore réussi à liquider, évacuer, ou expulser de leurs terres.
Depuis quelques jours d'impressionnante démonstration des troupes de maintien de l'apartheid sioniste, sur instructions de Netanyaou et de sa fine équipe, nos officiels français, à l'instar de la "communauté internationale", ont légèrement réorienté leurs choix d'éléments de langage, et nos responsables politiques occidentaux  parlent maintenant de "retenue".
La "retenue" de bon aloi qu'il convient naturellement d'afficher pour que nos éminences diplomatiques et morales puissent conserver la bienveillance qui sied aux bonnes relations avec le 51ème état officieux de l'Union (étasunienne d’Amérique). En somme une petite remontrance "sans frais" pour un parent un peu bruyant et extraverti.

Alain Gresh quant à lui ne mâche pas ses mots ... il parle clair et juste, il parle de massacre :

ALAIN GRESH VIDEO

Gaza : «Ce ne sont pas des heurts ou des affrontements, c’est un massacre»

https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=HrSaJc9zxDg

 

 

On observera au passage que lorsque l'armée de Bachar Al Assad restaure l'ordre et la sureté de son État souverain, en combattant militairement et au prix d'énormes pertes et sacrifices, des mercenaires jihadistes, surarmés et infiltrés par nos soins, plus que menaçants, qui ont mis les populations civiles en coupe réglée (quand ils ne les torturent ou ne les massacrent pas), alors on qualifie le Président élu Syrien de "boucher" et on prétend le juger pour "crime de guerre", au même titre que les russes et les iraniens qui en parfait respect des accords et du droit international soutiennent l'entreprise de libération du territoire national Syrien.
Mais, quand la soldatesque d'occupation israélienne massacre des civils désarmés, manifestant leur désespoir et leur colère face à l'insupportable injustice qui leur est imposée depuis des lustres, alors ces criminels et leurs dirigeants sont simplement appelés à "un peu de retenue"...

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/05/bagatelle-pour-un-massacre.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail