lundi 16 avril 2018

Etat-major russe en Syrie : Londres a activement participé à la provocation chimique de Douma

Briefing du Major-Général Igor Konashenkov, représentant officiel du Ministère de la défense russe, le 13 avril 2018

ACT MINISTERE RUSSE DEFENSE

Transcription :

Chers collègues, bonjour.

Le Centre russe pour la réconciliation, conjointement avec les autorités syriennes, a achevé une opération humanitaire de grande échelle dans la banlieue de Damas de la Ghouta orientale. Au total, 170 152 personnes ont été évacuées lors de l’opération, dont 63 117 militants avec leurs famillesTous les centres résidentiels de la Ghouta orientale sont actuellement sous le contrôle du gouvernement syrien. La police militaire russe a été déployée dans la Ghouta orientale afin de surveiller la situation et de maintenir l’ordre.

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Tandis que l’environnement se stabilise dans la banlieue de Damas, les habitants retournent chez eux. Au total, quelque 63 000 personnes sont maintenant rentrées chez elles, soit la moitié de ceux qui avaient quitté la région. Le gouvernement syrien travaille à la réhabilitation des infrastructures civiles détruites. Les systèmes d’alimentation en énergie et en eau ont été restaurés ; la reconstruction est en cours dans la région. Les habitants reçoivent une assistance médicale.

Ainsi, la Ghouta orientale actuelle est loin d’être un « trou noir » où personne ne pourrait se rendre, mais une banlieue de la capitale retournant à une vie paisible.

La situation est sous le contrôle des autorités légales qui prennent des mesures pour restaurer le commerce, ajuster les prix, assister les civils et réhabiliter les écoles. Toutes les conditions pour assurer la normalisation rapide de la situation dans la région sont établies .

Pendant ce temps, les résidents de la Ghouta orientale qui ont subi des violations de la part des terroristes pendant de nombreuses années ont grandement besoin d’une aide humanitaire. La Russie a été la première à apporter cette assistance. Le Centre russe pour la réconciliation a livré 520 tonnes de vivres, plus de 50 000 litres d’eau embouteillée et 9 000 jeux de linge de lit, et a fourni des équipements lourds pour enlever les gravats.

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Aujourd’hui, un convoi transportant du matériel de construction, des camions, des tubes en acier pour le système d’approvisionnement en eau et l’équipement requis pour la révision des systèmes électriques est parti pour la ville de Douma. Cinq autres convois similaires doivent partir pour Douma la semaine prochaine.

Il convient de souligner que tous les équipements de construction et les matériaux livrés par les convois à la Ghouta orientale seront remis aux représentants des Nations Unies en Syrie pour être ensuite distribués aux civils. Telle est la contribution de la Russie à l’aide humanitaire de l’ONU pour le peuple syrien. Il faut être attentif au fait que la Russie fournit une aide réelle aux véritables civils en Syrie, contrairement aux promesses creuses faites par certains pays occidentauxLa Russie exhorte la communauté mondiale à rejoindre la Russie et à fournir aux Syriens l’aide humanitaire nécessaire.

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Il est de notoriété publique que tout le monde n’est pas heureux face à ces progrès sur la voie de la restauration d’une vie paisible en Syrie. Les États-Unis et les pays occidentaux ont lancé contre le gouvernement légal syrien des accusations absurdes et sans fondement d’attaque chimique présumée contre des civils dans la Ghouta orientaleEnviron une semaine plus tard, les Etats-Unis et certains pays européens n’ont toujours pas fourni la moindre preuve sur l’utilisation présumée d’agents toxiques par les troupes syriennes le 7 avril dans la ville de Douma.

Le ministère russe de la Défense a des preuves accablantes qu’à Douma, le 7 avril, s’est tenue une provocation planifiée visant à tromper la communauté internationale. Son but initial était de provoquer des frappes de missiles des Etats-Unis contre la Syrie.

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Il convient de rappeler qu’une vidéo tournée à l’hôpital de Douma où des personnes blessées auraient été amenées est la « preuve » clé de toutes ces accusations portées par les pays occidentaux. Cependant, nous sommes parvenus à retrouver ceux qui avaient participé directement à ces vidéos et à leur poser des questions. Aujourd’hui, la Russie diffuse une interview avec ces personnes.

Les citoyens de Douma ont raconté comment une mise en scène vidéo avait été filmée, à quels épisodes ils avaient participé et quels rôles ils avaient tenu. De plus, ils nous ont montré des extraits de ces vidéos dans lesquels ils figuraient. Les deux personnes impliquées dans la vidéo ont un diplôme de médecine et travaillent au service des urgences de l’hôpital de DoumaSelon eux, les personnes qui ont été amenées à l’hôpital n’avaient pas de blessures causées par des agents chimiques.

Alors que des civils recevaient les premiers secours, des individus non identifiés ont fait irruption à l’intérieur de l’hôpital. Certains d’entre eux avaient des caméras. Ils ont commencé à crier, à répandre la panique et à asperger les autres personnes présentes avec de l’eau. Ils ont crié que toutes les personnes présentes à l’hôpital étaient victimes de l’usage d’armes chimiques. Les patients et leurs proches ont commencé à s’asperger mutuellement avec de l’eau. Après que l’action a été filmée, les inconnus se sont immédiatement échappés.

Comme on peut le voir, ces Syriens se montrent sur les images. Il faut bien noter que ces personnes ne dissimulent pas leurs noms. Ce ne sont pas des messages impersonnels sur les réseaux sociaux ou des déclarations d’activistes anonymes. Je souligne une fois de plus que ce sont des personnes qui ont participé directement au tournage de ces images. De tels faits constituent des preuves dans le monde civilisé, contrairement aux accusations infondées et irresponsables répandues dans le but d’étiqueter et de dénigrer les dirigeants d’autres pays.

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Plus tôt, la Russie avait lancé de nombreux avertissements à tous les niveaux sur des provocations d’utilisation d’armes chimiques organisées par des insurgés dans la Ghouta orientale. Aujourd’hui, il existe d’autres preuves à la disposition du département militaire russe, qui témoignent de la participation directe de la Grande-Bretagne à l’organisation de cette provocation dans la Ghouta orientale.

La Russie sait avec certitude que du 3 au 6 avril, les représentants des soi-disant Casques blancs ont été influencés par Londres pour la mise en œuvre rapide de cette provocation préparée à l’avance. Les Casques blancs ont reçu des informations selon lesquelles les militants de Jaysh al-Islam allaient mener une série de puissants bombardements d’artillerie contre Damas du 3 au 6 avril. Cela provoquerait une réponse des troupes gouvernementales, que les représentants des Casques blancs devront exploiter pour mener des provocations avec de pseudo-armes chimiques.

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Aujourd’hui, un groupe d’experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques arrive en Syrie. Le Centre de réconciliation russe est prêt à leur assurer la sécurité et les conditions de travail nécessaires dans la Ghouta orientaleLa partie russe espère que le groupe de l’OIAC sera guidé non pas par les exigences de tiers et les pseudo-évidences anonymes des réseaux sociaux, mais mènera une enquête objective et indépendante pour établir la vérité. Le ministère russe de la Défense est convaincu que la position responsable de l’OIAC permettra de réduire le degré de tension dans la région et ainsi de préserver la paix fragile qui a été instaurée en Syrie.

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Tenant compte du fait que la vie paisible revient dans la Ghouta orientale, l’attention doit être attirée sur la catastrophe humanitaire en cours à Raqqa, qui a été libérée il y a cinq mois par les Etats-Unis et les pays de la soi-disant Coalition internationale. Le 10 avril, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a préparé un rapport. Le document indique que les civils retournant dans la ville de Raqqa sont quotidiennement mis en danger par l’énorme quantité de munitions éparpillées et d’engins explosifs improvisés.

Selon les experts de l’OMS, entre le 1er octobre 2017 et le 28 février 2018, plus de 660 Syriens ont été touchés et blessés à divers degrés de gravitéPlus de 130 personnes ont été tuéesChaque jour, jusqu’à six explosions touchant des civils se produisent, dont les victimes sont le plus souvent des enfants et des adolescents.

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Selon l’OMS, il n’y a que deux hôpitaux à Raqqa. Ils sont surpeuplés et ne fournissent pas d’assistance à tous les blessés. Les experts soulignent que les habitants de Raqqa sont privés d’aide humanitaire en raison du manque de bureaux de représentation des organisations internationales dans la région et de l’incapacité des autorités locales à remédier à la situation.

La situation épidémiologique à Raqqa est extrêmement grave. Jusqu’à présent, des milliers de cadavres se décomposent sous les ruines de la ville. La ville a été effacée de la surface de la terre à 70% du faits des bombardements de l’aviation américaine.

Ce sont là les déclarations faites par des représentants d’organisations internationales.

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Contrairement à la situation [de cette ville « libérée » par la coalition américaine], il convient de rappeler que le travail des écoles, des hôpitaux et des institutions sociales a été restauré dans tous les territoires libérés des terroristes par les troupes gouvernementales. Il y a des marchés, des commerces et les logements sont en cours de restauration.

Je vous remercie pour votre attention.

Source : http://eng.mil.ru/en/news_page/country/more.htm?id=12171238@egNews

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

URL: Arretsurinfo.ch

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samedi 14 avril 2018

Quelques citations contre la Guerre…

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Dans ce sombre climat, je vous propose quelques citations contre la guerre – au format “réseaux sociaux” pour une meilleure diffusion.

N’hésitez pas à les enrichir en commentaire avec les vôtres.

« L’intelligence défend la paix. L’intelligence a horreur de la guerre. » [Paul Vaillant-Couturier]

« L’humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l’humanité. » [John Fitzgerald Kennedy]

« On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre. » [Jean Jaurès]

« La guerre apprend à tout perdre, et à devenir ce qu’on n’était pas. » [Albert Camus]

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.» [Albert Einstein]

« Ceux qui aiment la paix doivent apprendre à s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre. » [Martin Luther King]

Rappel :

« Les Membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger. [Ils] s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » [Charte des Nations-Unies, art. 2]

https://www.les-crises.fr/quelques-citations-contre-la-guerre/

Halte à la guerre infâme !

TRIBUNE LIBRE / Excellente synthèse de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie. Il est l’un de nos grands spécialistes du Moyen-Orient, et nous vous renvoyons vers son excellent livre Tempête sur le Grand Moyen-Orient. (Olivier Berruyer)

TL CONSEIL SECURITE

Une guerre implacable, sauvage, meurtrière et destructrice, fait rage en Syrie depuis mars 2011. Devenue universelle grâce au renfort venu de 120 pays que l’Empire Atlantique a pu attirer dans sa galère, elle menace ces jours-ci de dégénérer en un conflit mondial au sens plein et entier du terme.

Riri,_Fifi_et_Loulou_Duck

Beaucoup parmi les plus optimistes n’en sont plus à se demander si la guerre des Trois (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne) aura lieu ou non, mais si elle s’allumera demain ou après-demain. On a beau en refuser la perspective tant elle heurte la raison, les réalités sont là. Il est évident que la nouvelle guerre froide que l’on a vu apparaître depuis une décennie entre l’Occident et ses complices d’une part, la Russie et ses alliés d’autre part, vire peu à peu à la guerre ouverte. Si le monde arabo-musulman est le théâtre privilégié et l’enjeu géopolitique de cet affrontement global entre l’Empire Atlantique déclinant et l’Eurasie renaissante ou émergente, la Syrie en est l’épicentre, pour diverses raisons, géopolitiques et stratégiques notamment.

LE MONDE APPEL GUERRE

Dans nos « démocraties » occidentales qui unilatéralement se disent grandes, les « élites » qui ont soumis les populations à un lessivage de cerveau sans précédent font semblant de croire encore à la narrative mensongère, immorale et imbécile injectée depuis sept ans dans les méninges ramollies par le « mainstream » médiatique, universitaire et politique. Il serait étonnant que ces esprits pleins de morgue et de suffisance y croient vraiment : ce serait d’ailleurs inquiétant pour leur santé mentale. Ecartant donc l’hypothèse, on retiendra plutôt qu’ils ont trouvé un fonds de commerce gratifiant dans cette gigantesque escroquerie intellectuelle et qu’ils ont réussi à l’acclimater sous nos latitudes où l’on se dit cartésien, puisqu’elle provoque si peu de réactions… Pour l’instant !

MBS MACRON

Si elles avaient une mémoire collective, les opinions se souviendraient du sort de l’Irak, de la Somalie, de la Libye…peut-être de l’ex-Yougoslavie, voire du Yémen où destructions et massacres se poursuivent sous l’égide de l’ami stratégique imprévu qu’est le jeune Mohammed Ben Salman, étreint avec effusion par notre ministre des affaires étrangères lorsqu’il débarque tel le Messie. Elles reverraient Colin Powell brandissant ses fioles venimeuses et chimiques pour justifier une invasion de l’Irak et son démantèlement. Pas de sa faute : il était, dira-t-il la bouche en cœur, mal informé par ses « services ». Mais les opinions « civilisées » (que l’on appellerait dédaigneusement « rues » si elles étaient « arabes ») sont anesthésiées par le flot de désinfo et de désintox, hébétées par les débats de société qui leur sont proposés ou imposés, toujours anecdotiques et marginaux. La guerre ou la paix ? Bof. Quant aux élus, ils sont superbement ignorés : à quoi pourraient-ils servir ?

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Frétillant comme son prédécesseur Hollande à l’idée de participer aux frappes contre la Syrie et le « régime de Bachar », Macron, qui réserve ses pensées complexes à son ami Trump, esprit bien connu pour sa subtilité, ose qualifier cette nouvelle attaque illégitime, arrogante et dépravée de « devoir moral ». Devons-nous nous habituer à voir par les nuits sans lune nos dirigeants se tortiller sur leur fauteuil, le doigt sur le bouton et le petit doigt sur la couture du pantalon, attendant le feu vert des fous du Pentagone ou de la Maison-Blanche pour lancer leurs engins meurtriers sur la Syrie qui ne les a jamais agressés ? Quelle sinistre comédie ! Comme si 400 000 morts, 13 ou 14 millions de réfugiés, exilés ou déplacés, un pays ravagé, ne suffisaient pas à combler le sens moral de ces hautes consciences. Après sept ans de mensonges éhontés, de destructions systématiques, de méfaits innommables, peut-on vraiment dire que « le respect de l’autre » est une « valeur de l’Occident » ?

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A la vue des séances consacrées à la Syrie et à l’audition des échanges qui les agrémentent, on peut dire que la prestation – navrante – du Conseil de Sécurité témoigne de la ruine globale du système international. Adieu aux vagues espoirs que l’on pouvait nourrir quant aux capacités des Nations-Unies et à son instance suprême en matière de paix et de sécurité à imposer un ordre pacifique. Les principes fondateurs du droit onusien, tels que les énonce la Charte fondatrice de San Francisco, ne sont plus ni respectés ni admis comme références par l’ensemble des Etats représentés à l’Assemblée Générale et certains des membres permanents du Conseil de Sécurité les bafouent sans même s’en cacher, ou les ignorent superbement. Les Trois Occidentaux, qui osent s’identifier sans complexe à la « communauté internationale » alors qu’ils représentent 7 à 8% de la population mondiale, constituent en effet le corps de bataille du parti de la guerre et du chaos, leurs adversaires – Russie, Chine, Iran, Syrie, etc…– représentant sans ambigüité le camp de la légalité et du droit.

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Au-delà du droit, c’est la diplomatie qui est en danger. Bien plus que le clivage Est/Ouest nouveau modèle, il faut incriminer la perte des us et coutumes, des pratiques, des normes et du langage de la diplomatie. Comment justifier le honteux spectacle des représentants occidentaux maniant la menace, l’injure, le mensonge et les propos aberrants dans l’enceinte du Conseil, transformé en parterre d’enragés et de falsificateurs ? Comment qualifier le grossier personnage élu par l’Amérique profonde et soutenu par son Etat profond dès lors qu’il bombarde ? Elephantman dans un magasin de porcelaine, il incarne mieux que tout autre avant lui le système que suggéraient, il y a quasiment un demi-siècle, Nixon et Kissinger dans la théorie du Mad Man : l’Amérique doit compter parmi ses dirigeants des cinglés dont l’imprévisibilité sera de nature à terroriser ses ennemis. M. Trump tweete parmi nous.

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La France ne vaut guère mieux. Elle fait partie de ces pays qui « prétendent dire le droit » tout en le violant à l’occasion, comme le reconnaissait implicitement son président en décembre dernier dans une interview à France 2. La voilà qui se joint au régime trumpiste criminel pour clamer qu’elle procédera à des frappes contre la Syrie, avec ou sans résolution du Conseil de Sécurité. Alors que son siège permanent est lorgné par de grands amis comme l’Allemagne, ne risque-t-elle pas de perdre à jamais son statut « privilégié » en s’affichant ainsi prête à bombarder sans mandat un Etat-membre, après avoir contribué à sa destruction et tenté de renverser son président légitime ?

Ne scie-t-elle pas la branche sur laquelle elle est majestueusement assise, cette France qui naguère tenait la Charte onusienne pour une Bible et fondait sa diplomatie sur la légalité internationale, et qui désormais en bafoue régulièrement les principes majeurs : égalité souveraine des Etats, non-ingérence, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et droit des Etats à choisir leur régime politique sans ingérence étrangère ? Cette France que l’on écoutait souvent, la « trouvant juste même lorsqu’elle se montrait injuste ».

Revenons aux fondamentaux. Malgré la phrase sacro-sainte qui, en Occident et dans notre Hexagone, sert de gilet pare-balle aux mieux intentionnés, rappelons que Bachar Al Assad, président légitime d’un pays en guerre, sans qui la Syrie ne serait plus qu’un souvenir, fait seulement son devoir. On servirait moins souvent la rengaine qu’il n’est « pas irréprochable » si l’on posait la question de l’honorabilité de ses ennemis ou détracteurs, qu’ils soient sauvages ou mal dégrossis, ou délicats et donneurs de leçons. Irréprochables, les dirigeants des « grandes démocraties » ? Irréprochables, ceux qui soutiennent l’insoutenable et en masquent l’horreur ? Irréprochables ces retraités aveugles, sourds et muets quant aux crimes inscrits à leur palmarès ?

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Nos présomptueux dirigeants qui n’ont cessé de jouer avec le feu et sont responsables de l’embrasement, ne s’émeuvent pas pour autant, sûrs de leur bon droit et de leur aptitude à gérer les évènements entre affinitaires de belles manières. Si nous l’ordonnons, pensent ces va-t-en guerre qui adorent les ordonnances, il faudra bien que la piétaille des braves gens se mette en marche, au pas cadencé, avec tambour et trompette. C’est le métier de la France d’en bas d’obéir sans broncher à celle d’en haut, pensent-ils. Eh bien non ! Il faut leur donner tort. La France est partie prenante dans la nouvelle agression qui se prépare. Si par grand malheur elle est lancée, nul n’en connaît les suites. Il y aura des représailles et nous ne serons pas épargnés. « Pourquoi nous ? » ou « nous ne savions pas » seront de piètre utilité.

Réveillons-nous car il se fait tard.

Michel Raimbaud

https://www.les-crises.fr/michel-raimbaud-la-nouvelle-guerre-froide-se-transforme-progressivement-en-une-guerre-ouverte/

jeudi 12 avril 2018

Indignation mondiale parmi les journalistes après la mort d'un reporter palestinien, tué par Tsahal

Gaza, Rafah, Ramallah, Bethléem mais aussi New York : nombre de journalistes ont exprimé leur colère après la mort du reporter palestinien Yasser Mourtaja, tué alors qu’il portait un gilet presse et couvrait le rassemblement la «Marche du retour».

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Les protestations contre la mort du jeune journaliste palestinien Yasser Mourtaja, tué par un tir de l'armée israélienne le 6 avril lors de la «Marche du retour» palestinienne, prennent une résonance mondiale. Le 7 avril à Ramallah à l’appel d’un syndicat de journalistes palestiniens, le 8 avril à Rafah et Bethléem, le 9 avril à New York, des reporters sont venus rendre hommage à leur confrère.

Banderoles, bougies, affiches ont été déployées pour rendre hommage au journaliste de trente ans tué dans l’exercice de ses fonctions alors qu’il arborait un gilet presse qui le rendait parfaitement identifiable en tant que représentant des médias.

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L’ONG internationale Reporters sans frontières (RSF) a condamné ce 7 avril «les tirs délibérés de l’armée israélienne contre des journalistes» et a demandé une enquête indépendante. «Le photoreporter Yasser Mourtaja portait un gilet “Presse” : il a manifestement été victime d’un tir intentionnel», a estimé  Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF, sur son compte Twitter.

Journalistes français et britanniques rendent hommage à leur confrère

En France, de nombreux journalistes, tels que Jean-Baptiste Montvalon, collaborateur du Monde, Rosa Moussaoui de L'Humanité ou Aïda Touihri de CNews, ont rendu hommage à leur confrère sur Twitter.

Les journalistes britanniques ont également exprimé leur tristesse, comme Richard Colebourn, rédacteur en chef à la BBC ou Liam O'Hare, reporter pour The Guardian ou The Independant

Des milliers de personnes aux funérailles de Yasser Mourtaja

Des milliers de personnes s'étaient rendues aux funérailles du jeune reporter à Gaza le 7 avril. 

Le journaliste, qui officiait pour l'agence Ain Media, été mortellement touché à l’abdomen par une balle israélienne alors qu'il couvrait pacifiquement la «Marche du retour». Ce mouvement de protestation prévoit des rassemblements et campements durant six semaines à la frontière entre Gaza et Isrël, pour réclamer «le droit au retour» de quelque 700 000 Palestiniens, chassés de leurs terres ou ayant fui lors de la guerre qui a suivi la création d'Israël le 14 mai 1948.

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Des vidéos l'ont montré au moment de son évacuation, vêtu de son gilet où s'étale le mot «PRESS» en larges lettres blanches. Alors qu'il gît sur la civière, un homme tente de juguler l'hémorragie de son ventre.

Outre la mort de Yasser Mourtaja, huit autres Palestiniens ont été tués le 6 avril, et cinq journalistes ont été blessés. L'armée israélienne a fait savoir dans un communiqué qu’elle n’avait pas intentionnellement visé les journalistes et a annoncé procéder à une enquête. 

https://francais.rt.com/international/49555-indignation-mondiale-journalistes-apres-mort-yasser-mourtaja

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mercredi 4 avril 2018

Alien vs Predator: Erdogan et Netanyahu rivalisent pour la domination du Moyen-Orient

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TRIBUNE LIBRE  - Max Blumenthal

Benjamin Netanyahu et Recep Tayyip Erdogan s'accusent mutuellement de crimes contre l'humanité et tous les deux ont raison sur ce point : aucun ne peut prétendre être un parangon de moralité, tous deux se disputant plutôt les tréfonds de la dépravation, a déclaré à RT Max Blumenthal.

 

Israël est critiqué pour la façon dont son armée gère les manifestations en cours à la frontière de Gaza. La marche annuelle du retour, une manifestation dénonçant l'occupation israélienne, a déjà fait 17 morts et plus d'un millier de blessés, selon le ministère palestinien de la Santé.

Les dirigeants du monde qui ont condamné les actions israéliennes contre ces manifestants ont été accusés d'appliquer des doubles standards par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Subitement le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé une attaque virulente contre Netanyahou, qualifiant Israël d ' "Etat terroriste" et son Premier ministre "de terroriste", à la suite des tirs meurtriers sur les manifestants à Gaza. Le Premier ministre israélien lui a ensuite répondu sur le même mode en qualifié le dirigeant turc de "boucher".

Max Blumenthal a déclaré à RT qu'il lui semblait que Netanyahu et Erdogan se renvoyaient la patate chaude.

RT: La situation à Gaza a relancé le vieux conflit israélo-turc. Les deux parties se sont déjà accusées d'être des États terroristes. Quelle est votre opinion à ce sujet?

© Reuters

 

Max Blumenthal: Je suis assez amusé par les dénonciations réciproques échangées entre Benjamin Netanyahu et le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan. Tous deux s'accusent mutuellement d'atteintes massives aux droits de l'homme et tous deux ont en effet commis les abominables méfaits dont ils s'accusent, Netanyahou à Gaza et le peuple palestinien en général, et Erdogan maintenant à Afrin en Syrie où plus de 100 000 personnes ont été déplacées s'ajoutant aux milliers de victimes. L'ironie de cette prise de bec entre Erdogan et Netanyahu est que depuis le premier véritable échange d'hostilités entre Erdogan et Israël en 2009, puis après le massacre des activistes turcs en 2010 sur la flottille du Mavi Marmara en route vers Gaza, la Turquie et Israël ont substantiellement normalisé leurs relations et ont rétabli de nombreux liens économiques et même des liens militaires. Ce n'est donc qu'un coup de sang circonstanciel destiné à animer la rhétorique de propagande de bazar entre dirigeants qui prétendent rivaliser pour la domination au Moyen-Orient.

RT: Pourquoi semblent-ils utiliser des accusations presque identiques pour se décrire les uns les autres, mais dans un cas sur Afrin, l'autre sur Gaza. Est-ce qu'ils ont tous deux raison, ils combattent tous les deux la terreur, mais tous les deux font face à des accusations répandues d'actions très discutables?

MB: J'ai comparé ce conflit entre Netanyahu et Erdogan au film 'Alien vs Predator' de 2004 où deux monstres s'affrontent à mort. Dans la vraie vie, comme je l'ai mentionné, Netanyahu et Erdogan coopèrent sous la surface. Aucun des deux hommes ne peut se prétendre un bienfaiteur des populations locales. Donc, ils sont essentiellement en compétition pour le titre de plus abject massacreur de la région. Et fondamentalement, ce que chacun fait est en réalité de satisfaire sa base la plus réactionnaire. Erdogan en Turquie avec son parti islamiste de droite AKP. Et Netanyahu en Israël avec son parti Likoud également de droite. Et cela s'inscrit aussi dans la stratégie globale d'Erdogan.Il s'adresse plus largement à l'opinion, au-delà de la Turquie en essayant de se présenter comme un leader du monde islamique défenseur des Palestiniens. Mais il a en fait abandonné Gaza à bien des égards et il a fait très peu de choses concrètement pour la libération des Palestiniens ou pour le soulagement du siège de 11 ans sur Gaza.

RT: Pensez-vous que le ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, a raison de dire que la communauté internationale devrait d'abord enquêter sur toutes les morts en Syrie, au Soudan et en Libye et ensuite seulement attirer l'attention sur Gaza?
 
© Reuters

 

MB: Il y a une amère ironie ici à observer les réactions d'Israël et ses alliés à ce qui n'était rien moins qu'un massacre de manifestants non armés désespérés et révoltés contre un siège de 11 ans, vivant dans l'une des pires situations humanitaires au monde. L'ONU considère que Gaza sera définitivement invivable dans deux ans. J'étais dernièrement dans la bande de Gaza et j'ai constaté que c'était le cas de beaucoup de gens - il n'y a tout simplement pas assez d'argent ou d'activité pour permettre aux gens de se nourrir. L'insécurité alimentaire touche plus de 50% de la population. Les gens marchent pour protester contre cela et ils ont été abattus par plus de 100 tireurs d'élite israéliens, ils ont reçu des tirs d'artillerie de chars. Israël a même testé un drone qui a largué des gaz lacrymogènes du ciel. Et maintenant, nous entendons le ministre israélien de la Défense déclarer que la communauté internationale n'a pas le droit de condamner ce massacre. De plus, nous avons vu Nikki Haley, l'ambassadeur [américain] à l'ONU, montrant des images d'enfants syriens morts à Khan Shaykhun dans une palinodie publique en avril 2017, exigeant une intervention militaire en Syrie. Ce faisant Nikki Haley a personnellement voulu empêcher une résolution de l'ONU condamnant Israël pour ce massacre. Ainsi, l'hypocrisie d'Israël et de ses alliés, notamment américains, est ici proprement stupéfiante par contraste avec leur comportement envers les violations des droits de l'homme qu'ils dénoncent en Syrie, en regard de ceux commis et revendiqués par leurs clients en Israël.

RT: Croyez-vous que l'appel de l'ONU pour une enquête sur la violence à Gaza est hypocrite, comme le prétend Israël?

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MB: La prétention israélienne à taxer l'ONU d'hypocrisie est le genre de rhétorique que nous entendons depuis toujours de la part du pays qui dans le monde a reçu le plus de condamnations de l'ONU. Pourtant c'est aussi le pays qui obtient systématiquement la protection au Conseil de sécurité des États-Unis. L'hypocrisie dont nous avons été témoins vient en vérité des États-Unis et d'Israël parce que les États-Unis ont toujours protégé Israël face aux conséquences de ses violations répétées des droits de l'homme, tout en accusant des pays dont ils cherchent à renverser le gouvernement - de la Corée du Nord à la Syrie en passant par l'Iran. - de violations massives des droits de l'homme aux seules fins de les faire condamner par des résolutions de l'ONU, alors que ces pays ne font, dans la plupart des cas, que se défendre contre leurs agresseurs, dans des guerres par procuration initiées par l'Occident et des complots visant à renverser leurs gouvernements.

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Israël va réinstaller une partie de ses migrants africains dans des pays occidentaux

L’Etat hébreu et l'ONU ont signé un accord prévoyant le transfert de plus de 16 000 migrants africains vers des pays occidentaux, dont l'Allemagne. Arrivés illégalement en territoire israélien, ils étaient menacés d'expulsion ou d'emprisonnement.

ACT ISRAEL MIGRANTS

Israël a annoncé le 2 avril avoir annulé un projet controversé d'expulsion de migrants africains et signé un accord avec l'ONU pour la réinstallation d'une partie de ces migrants dans des pays occidentaux.

«Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Israël sont arrivés à un accord permettant le départ d'au moins 16 250 migrants africains vers des pays occidentaux, tandis que l'Etat d'Israël réglera le statut de ceux qui resteront sur place», informe un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou. D'après celui-ci, les migrants en question iront notamment au Canada, en Allemagne et en Italie.

Le gouvernement israélien avait prévu de donner le choix aux migrants clandestins de partir d'ici à début avril – soit pour leur pays d'origine, soit pour un pays tiers – ou d'aller en prison indéfiniment. Ce plan gouvernemental avait suscité de nombreuses critiques, notamment du Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Selon le ministère de l'Intérieur israélien, 42 000 migrants africains, principalement originaires du Soudan et d'Erythrée, vivent en Israël, dont la moitié – des femmes et des enfants – n'étaient pas menacés par ce plan.

Ces migrants africains sont arrivés très majoritairement après 2007 en s'infiltrant à partir du Sinaï égyptien. La frontière avec l'Egypte, à l'époque poreuse, a depuis été rendue quasiment hermétique. Ils se sont installés en nombre dans les quartiers pauvres de Tel Aviv. 

«L'accord signé avec le HCR permet l'annulation immédiate de l'expulsion vers un pays tiers prévue dans le plan précédent», précise le bureau du Premier ministre. Des milliers de migrants africains devraient obtenir un statut leur permettant de légaliser leur situation en restant en Israël, selon le communiqué.

https://francais.rt.com/international/49371-israel-reinstallation-migrants-pays-occidentaux

Pour Netanyahou, «l'arrivée massive de clandestins africains» est «pire» que les actes terroristes

«Sans cette barrière, nous serions confrontés à de graves attaques de terroristes du Sinaï et, pire, à une arrivée massive de migrants africains illégaux», a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, lors d'une conférence consacrée au développement de la région sud d'Israël, le 20 mars.

«Nous parlons d'un Etat juif et démocratique mais comment assurer qu'il reste juif avec 50 000 ou 100 000 migrants par an ?», s’est-il interrogé. «Un million, un million et demi et on peut fermer la baraque», a-t-il ajouté, se félicitant : «Au lieu de fermer la baraque, on a installé une barrière.»

(...)

Le gouvernement israélien avait approuvé en 2010 la construction de la barrière électronique entre l'Egypte et Israël pour bloquer l'immigration clandestine, le trafic de drogue et d'armes et les «infiltrations de terroristes». Cette barrière, dont la construction a été achevée en 2014, s'étend le long de la frontière de 242 kilomètres entre Israël et l'Egypte, de la pointe sud de la bande de Gaza à la ville d'Eilat.

 

https://francais.rt.com/international/48983-netanyahou-arrivee-massive-migrant-terroristes

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dimanche 1 avril 2018

«Grande marche du retour» : 16 morts et au moins 1 400 blessés palestiniens

Des milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont afflué contre l’avis de Tsahal à la frontière avec Israël pour réclamer la restitution de leurs terres confisquées après 1948. 16 Palestiniens ont déjà été tués par les militaires Israéliens.

ACT GAZA MARCHE

Le ton était donné : les dirigeants militaires et politiques israéliens ont prévenu que l'armée n'hésiterait pas à donner à des tireurs d'élite l'ordre d'ouvrir le feu à balles réelles en cas de tentative d'infiltration de Gazaouis en territoire israélien lors du rassemblement de la marche du retour. «Nous ne permettrons ni les infiltrations en masse en Israël ni l'endommagement de la clôture», a prévenu le chef d’état-major israélien Gadi Eizenkot dans un entretien au au quotidien Yediot Aharonot. 100 tireurs d'élite israéliens ont été déployés.

Le ministère de la Santé dans l'enclave palestinienne a aussi annoncé que 16 Palestiniens avaient été éliminés par l'armée israélienne près de la frontière de Gaza. Les chiffres font redouter une véritable hécatombe.  

«Grande marche du retour» : 16 morts et au moins 1 400 blessés palestiniens (PHOTOS)© Mohammed Salem
Un Palestinien blessé est évacué pendant des heurts avec l'armée israélienne à la frontière, au cours du rassemblement pour la restitution des terres palestiniennes d'avant 1948, le 30 mars 2018.

Le ministère avait annoncé le matin que Mohammed Najjar, âgé de 25 ans, avait été mortellement touché à l'estomac à l'est de Jabaliya (nord). Avant même le début du rassemblement, le Palestinien Omar Samour, un jeune fermier de 27 ans avait été tué tôt dans la matinée par des tirs de l'artillerie israélienne, dans un champ proche de la frontière, près de Khan Younès. L’armée israélienne s’est justifiée en prétendant que deux hommes s'étaient approchés de la clôture et avaient commencé «à agir de façon suspecte». Le second fermier a été blessé.

1 400 autres Palestiniens ont été blessés par balles, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé dans la bande de Gaza. 

«Grande marche du retour» : 16 morts et au moins 1 400 blessés palestiniens (PHOTOS)© Mohammed Salem Source: Reuters
Un Palestinien blessé est évacué pendant des heurts avec l'armée israélienne près de la frontière, le 30 mars 2018.

Une grande marche du retour pour commémorer l'exode palestinien

Les manifestants convergent en plusieurs points de rassemblement le long de la clôture longeant la frontière de Gaza avec Israël à l'occasion d'un mouvement de protestation, baptisé «la grande marche du retour» et qui doit durer six semaines, pour exiger le «droit au retour» des réfugiés palestiniens. Le premier jour de ce mouvement coïncide avec la «Journée de la terre», un hommage annuel rendu à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations anti-expropriation contre la confiscation de terres par Israël.

Cette commémoration inaugure plusieurs semaines de mobilisation jusqu’au 15 mai, le lendemain de la date anniversaire de la déclaration d’indépendance d’Israël, jour appelé Nakba, «la catastrophe», chez les Palestiniens. Dans leur esprit, ces deux événements sont associés à leur fuite forcée et à la destruction de leurs villages d’origine.

La grande marche est organisée par le Hamas et d’autres groupements de jeunesses palestiniennes apolitiques et est annoncé comme festif et pacifique.

«Grande marche du retour» : 16 morts et au moins 1 400 blessés palestiniens (PHOTOS)© Mohammed Salem Source: Reuters
Les Palestiniens reçoivent de la nourriture durant La grande marche pour le retour, le 30 mars 2018.

Les Israéliens s’opposent fermement au droit au retour des Palestiniens dans leurs villages d’origine d’avant 1948. Tsahal a distribué des tracts sommant les habitants de Gaza ne pas participer au rassemblement et de rester au-delà de la zone tampon de 300 mètres derrière la frontière imposée par les Israéliens.

L'armée israélienne a imposé une zone militaire fermée autour de la bande de Gaza 

Le porte-parole de l'armée israélienne a confirmé que des milliers de Palestiniens participaient à des rassemblements à «six endroits» dans la bande de Gaza. «Ils font rouler des pneus enflammés et lancent des pierres vers la barrière de sécurité et les troupes israéliennes qui recourent à des moyens anti-émeutes et tirent en direction des principaux meneurs», a ajouté le porte-parole. «L'armée israélienne a imposé une zone militaire fermée autour de la bande de Gaza et toute activité dans ce secteur nécessite son autorisation», a déclaré ce porte-parole.

https://francais.rt.com/france/49314-marche-retour-plusieurs-morts--blesses-palestiniens

le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence le 30 mars au soir à la demande du Koweït, pour évoquer les violences dans la bande de Gaza (...)

Si les inquiétudes quant à une escalade de la violence ont été entendues par le Conseil, ce dernier n'est pourtant pas parvenu à se mettre d'accord sur une déclaration commune. L'absence de représentants israéliens à la réunion, qui coïncidait avec le début de la Pâque juive, a notamment été regrettée par le Royaume-Uni et les Etats-Unis

LOGO-ONU

«Il est vital que ce Conseil soit équilibré», a ainsi fait valoir le diplomate américain Walter Miller, estimant qu'il aurait fallu «trouver un arrangement pour que toutes les parties participent» à la réunion. «Nous sommes profondément attristés par les pertes humaines aujourd'hui», a-t-il cependant déploré, appelant toutes les parties à prendre des mesures pour réduire la possibilité de nouveaux affrontements.

Un risque d'escalade de la violence «réel»

Dans une déclaration diffusée à l'issue de la réunion, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a pour sa part adressé ses «pensées aux familles de victimes», avant d'appeler à «une enquête indépendante et transparente sur les incidents».

«Il y a une crainte que la situation puisse se détériorer dans les prochains jours», a mis en garde Taye-Brook Zerihoun, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, appelant à la retenue maximale. Un constat partagé devant le Conseil par le représentant français, qui s'est inquiété de la possibilité d'un «nouveau conflit dans la bande de Gaza», notant que le risque de l'escalade de la violence était «réel».

(...)

Selon les chiffres fournis par le ministère de la Santé dans la bande de Gaza, 16 personnes ont été tuées et 1 416 ont été blessées dans les affrontements. Dans un communiqué écrit avant la réunion du Conseil de sécurité, l'ambassadeur israélien aux Nations unies, Danny Danon, a accusé le Hamas de la violence. Le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a de son côté déclaré qu'il tenait Israël pour pleinement responsable de ces morts.

https://francais.rt.com/international/49329-affrontements-meurtriers-gaza-conseil-securite-onu-reunit-urgence

«Bravo à nos soldats» : Netanyahou aux militaires israéliens après les heurts meurtriers à Gaza

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Le 31 mars, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est fendu d'un communiqué afin de féliciter l'armée israélienne, alors que de violents heurts avaient fait plusieurs morts la veille dans la bande de Gaza, où avait lieu la «Grande marche du retour». Le Premier ministre d'Israël a loué les mérites des soldats qui ont selon lui «protégé les frontières du pays».

«Israël agit avec fermeté et détermination pour protéger sa souveraineté et la sécurité de ses citoyens», a en outre commenté Benjamin Netanyahou, sans mentionner les 16 morts palestiniens et les centaines de blessés dont faisait état le ministère de la Santé dans la bande de Gaza.

https://francais.rt.com/international/49343-bravo-nos-soldats-netanyahou-militaires-israeliens-apres-heurts-meurtriers-gaza

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samedi 17 mars 2018

Gina Haspel, première femme à la tête de la CIA

Conséquence directe de la nomination de Mike Pompeo au poste de secrétaire d’État, sa directrice adjointe à la CIA lui succède à la tête de l’agence.

ACT GINA CIA

Outre qu’elle est la première femme à occuper ce poste, elle est aussi une personnalité controversée, qui fut notamment accusée d’avoir couvert des actes de torture dans le passé.

Le nouveau secrétaire d’État Mike Pompeo cède sa place à la tête de la CIA à celle qui était sa directrice adjointe depuis février, Gina Haspel. « Une agent d’espionnage exemplaire et une patriote dévouée qui apporte plus de 30 ans d’expérience dans l’agence. Elle est aussi une dirigeante expérimentée avec une aptitude fantastique à faire les choses et inspirer ceux qui l’entourent », disait d’elle son prédécesseur, le mois dernier.

Responsable du Service national clandestin de la CIA

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Âgée de 61 ans, entrée à la CIA en 1985, Gina Haspel devient ainsi la première femme à la tête de l’agence, alors même que son parcours a déjà suscité de vives polémiques dans le passé.

Responsable, à partir de 2013, du Service national clandestin de la CIA, elle fut écartée, au bout de plusieurs semaines, en raison de doutes sur son implication, après le 11 Septembre, dans la mise en place de prisons secrètes à l’étranger, notamment en Thaïlande.

Selon le Washington Post, les détenus, membres présumés d’Al-Qaida, y étaient torturés lors de leurs interrogatoires, au cours desquels la méthode de la simulation de noyade était notamment employée, ainsi que « d’autres mauvais traitements ».

Le quotidien américain affirmait également que Gina Haspel avait aussi été impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques « d’interrogatoire poussé » appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande. Des vidéos que les avocats de ces détenus – en particulier les Saoudiens Abou Zoubaydah, premier membre influent présumé du réseau islamiste capturé par les Américains après le 11-Septembre, et Abd al-Rahim al-Nashiri, considéré comme le cerveau de l’attentat contre le pétrolier Limburg en 2002 et de l’attaque contre le navire américain USS Cole en 2000 – souhaitaient récupérer pour les présenter devant les tribunaux.

« Son parcours fait qu’elle n’est pas adaptée pour ce poste »

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Ces accusations, qui refont surface outre-Atlantique à l’occasion de sa nomination à la tête de la CIA, pourraient singulièrement compliquer sa tâche pour diriger l’agence de renseignements, l’une des plus grandes du monde.

D’autant que si plusieurs anciens directeurs de la CIA et d’autres responsables du renseignement américain, dont James Clapper, ancien directeur, lui ont apporté leur soutien, deux élus démocrates, les sénateurs Ron Wyden et Martin Heinrich, avaient fait part de leurs réserves sur sa nomination, l’an passé, dans une lettre au président Donald Trump : « Son parcours fait qu’elle n’est pas adaptée pour ce poste », estimaient-ils.

Il existe sur ce programme de tortures de la CIA un rapport secret de 6 700 pages réalisé en 2014 par la commission du Renseignement du Sénat et détaillant les méthodes d’interrogatoire, les participants, les lieux, et les conditions de détention des suspects, visant à obtenir des aveux en utilisant des techniques interdites comme la simulation de noyade ou la privation de sommeil. Un résumé de 528 pages a été rendu public en décembre 2014. Mais la version complète est classifiée.

america propagande

Depuis plusieurs mois, le président actuel de cette commission, un Républicain, tente d’en rassembler les copies, assurant vouloir éviter des fuites. Les démocrates craignent de leur côté qu’il cherche surtout à détruire toutes ces copies, de sorte que la vérité sur ce programme de la CIA ne sorte jamais. Du moins pas de sitôt. L’ancien président Barack Obama en conserve en effet une copie pour sa librairie présidentielle de Chicago, qui restera classifiée jusqu’en 2029.

Jean-Yves Dana
https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Gina-Haspel-premiere-femme-tete-CIA-2018-03-13-1200920498?utm_source=Newsletter&utm_medium=e-mail&utm_content=20180314&utm_campaign=newsletter__crx_alert&utm_term=952990&PMID=ac29e5cafb071c987471f76e2c454018

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vendredi 16 mars 2018

Macron reçoit discrètement le Président de la République du Kosovo Hashim Thaçi

Impossible à cette heure de trouver UN SEUL ARTICLE dans la presse française pour couvrir cette information, seule TV Libertés relaie l'évènement dans son journal du 15 mars. On comprend que nos journalistes aux ordres soient gênés aux entournures, compte tenu du passé criminel de l'ancien chef de l'UCK.

En attendant de revenir sur ce sujet, voici un article de Libération datant de 2010, pour rappel...     PG

ACT THACI MACRON CENSURE

Trafic d’organes à la tête du Kosovo

Par Hélène Despic-Popovic 16 décembre 2010

Un rapport du Conseil de l’Europe accuse le Premier ministre sortant, Hashim Thaçi, d’être à la tête d’un groupe mafieux qui a tué des prisonniers, majoritairement serbes, en Albanie.

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Hashim Thaçi, le Premier ministre sortant du Kosovo et vainqueur, dimanche, de législatives entachées de fraudes, serait le parrain d’une mafia mêlée à toutes sortes de crimes et trafics, dont celui d’organes prélevés en Albanie sur des prisonniers serbes à l’issue de la guerre au Kosovo en 1999. Telle est la conclusion du rapporteur du Conseil de l’Europe, Dick Marty, chargé il y a deux ans de faire la lumière sur des allégations lancées par l’ex-procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Carla Del Ponte, dans des mémoires publiées en 2008. Dans son livre, la Traque (Ed. Héloïse d’Ormesson), la magistrate avouait s’être cassé le nez sur les crimes de guerre commis par l’UCK (Armée de libération du Kosovo), soutenue lors de la guerre de 1999 par l’Otan, et n’avoir jamais réussi à avancer sur les disparitions intervenues après-guerre. A la suite de journalistes américains, des représentants de l’ONU avaient débuté une investigation qui les a menés en Albanie, base arrière de l’UCK, dans une grosse ferme baptisée la «Maison jaune», où ils ont découvert des échantillons sanguins, qui auraient été laissés après des prélèvements d’organes.

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Meurtre de témoins. C’est là que Dick Marty a repris l’enquête. Une enquête qui a été difficile. Celle-ci lui a permis, dit-il dans son rapport, «non seulement de confirmer» les révélations de Carla Del Ponte, «mais aussi de les préciser et de tracer un tableau sombre et inquiétant de ce qui s’est passé et, en partie, continue à se passer au Kosovo». Le plus compliqué, a reconnu le député suisse - auteur en 2006 d’un rapport sur les prisons secrètes de la CIA en Europe -, a été de contacter les témoins de ce trafic, qui se serait soldé par la mort «d’une poignée» de prisonniers tués en Albanie pour leurs organes. En rappelant que des meurtres de témoins ont empêché de faire la lumière sur nombre de crimes de l’UCK au Kosovo, notamment dans des affaires jugées à La Haye, Dick Marty explique que, pour leur protection, il s’est souvent contenté de témoignages audio, sans voir les personnes. Il précise qu’il n’a pas pu compter sur le soutien des autorités albanaises qui refusent toutes fouilles pour retrouver des cadavres.

Le rapporteur suisse a réussi à aller plus loin que la «Maison jaune». Cette ferme, dit-il, «semble en réalité avoir davantage tenu lieu "d’étape intermédiaire", où les prisonniers en transit étaient détenus en attendant d’être conduits à la mort et où, selon certaines sources, ils étaient soumis à des formes de "traitements" ou de "tris" apparemment bizarres, et notamment à des tests sanguins ou à des examens de santé». Les prélèvements d’organes se produisaient en fait plus profondément à l’intérieur de l’Albanie, à proximité de l’aéroport de Tirana, à Fushë-Krujë où «le petit groupe de prisonniers sélectionnés par l’UCK aurait trouvé la mort» avant que leurs organes soient envoyés à l’étranger par un réseau du crime organisé.

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Sévère. Le rapport s’étend longuement sur les enlèvements de Serbes et d’Albanais accusés, souvent à tort, d’avoir collaboré avec Belgrade, et qui ont été détenus et torturés en Albanie où certains ont trouvé la mort. Un premier procès sur ces crimes de guerre, instruit par la mission européenne Eulex (chargée d’enquêter sur les dossiers que la justice locale n’arrive pas à régler), doit d’ailleurs bientôt s’ouvrir au Kosovo. Tandis qu’un deuxième procès, qui porte sur un récent trafic d’organes prélevés sur des étrangers en vie venus de pays pauvres et attirés au Kosovo par de fausses promesses, est en cours à Pristina. Le rapport est aussi très sévère à l’égard des forces occidentales, dont le souci de pragmatisme lors de leur arrivée au Kosovo, en juin 1999, a «mené à une justice qu’il faut bien définir comme sélective, dont le corollaire a été, et continue à être, l’impunité de nombreux crimes dont tous les indices indiquent qu’ils ont été l’œuvre, directe ou indirecte, de hauts responsables de l’UCK».

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A Pristina, capitale du Kosovo, pouvoir et opposition ont rejeté en chœur ces accusations qui interviennent alors qu’aucun débat public n’a encore eu lieu sur les sombres agissements des années de guerre et d’immédiat après-guerre. La porte-parole de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, a de son côté invité Dick Marty à présenter ses preuves à l’Eulex. L’affaire pourrait rebondir jusqu’à Paris, étant donné que ces crimes se sont produits en partie à l’époque où le représentant de la communauté internationale s’appelait Bernard Kouchner.

http://www.liberation.fr/planete/2010/12/16/trafic-d-organes-a-la-tete-du-kosovo_701076

 

mercredi 28 février 2018

Ce que contient la loi asile et immigration

Un résumé assez complet de la loi. E. H (UPR 87)

act asile

Rétention administrative étendue, accélération des demandes d'asile... Les mêmes mesures peuvent déplaire à gauche et à droite, pour des raisons opposées.

La loi asile et immigration mécontente. Elle témoigne du funambulisme auquel se livre le gouvernement. Les mêmes mesures apparaissent inhumaines à gauche et dénuées d'efficacité à droite. Le texte raidit les mesures existantes, plus qu'il ne semble en inventer de nouvelles. En revanche, celles qui sont les plus favorables aux réfugiés paraissent à contre-courant de la nécessité d'endiguer le flux des candidats à l'immigration.

● 24 heures pour vérifier le droit au séjour

Jusqu'ici, les forces de l'ordre qui souhaitaient vérifier l'identité des personnes interpellées pour défaut de papiers pouvaient user de la retenue administrative durant 16 heures seulement. Désormais, elles disposeront de 24 heures pour mener leurs investigations. Cette mesure vise à mieux maîtriser les remises en liberté et à éviter que des individus dangereux ne soient relâchés, sachant cependant que le séjour irrégulier n'est pas un délit en France. Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes déplore «le non-rétablissement du délit pour séjour irrégulier supprimé par Manuel Valls en 2015».

● Une rétention administrative étendue dans la durée

Pour les personnes devant être expulsées, elle était jusque-là de 45 jours. Elle devrait passer à 90 jours renouvelables trois fois, à raison de périodes de quinze jours. Cette extension a pour but de faciliter l'organisation des départs et de faciliter la négociation entre la France et les pays des ressortissants avec l'espoir de rendre plus effectives les mesures d'éloignement. Mais pour Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, allonger les durées de rétention ne suffit pas: «Il manque un renforcement des procédures de rétention afin de permettre un meilleur éloignement, puisque aujourd'hui seuls 5 % des déboutés le sont réellement

● Accélérer les demandes d'asile

C'est l'un des points qui suscitent l'ire des avocats qui rappellent la fragilité des demandeurs d'asile. Aujourd'hui, ces derniers ont 120 jours pour adresser leur demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Puis un mois pour faire appel de la décision de refus auprès de la Cour nationale du droit d'asile. Demain, ces délais seront respectivement portés à 90 et 15 jours. Des délais jugés «infiniment trop courts», par Me Olivier Brisson, membre du réseau d'avocats Elena, spécialisé dans le droit d'asile. «Si cela est encore tenable pour ceux hébergés en centre d'accueil, les demandeurs qui n'ont qu'une domiciliation administrative n'auront pas le temps de préparer leur recours», car ils n'ont pas d'accès direct à leur courrier ni aux associations qui pourraient les aider. «Certains ne verront peut-être jamais un juge», souligne un bon connaisseur du dossier.

● Des demandes d'asile plus suspensives

Désormais les demandes d'asile n'empêcheront plus de délivrer des obligations de quitter le territoire français (OQTF) pour les demandeurs de pays sûrs, comme l'Albanie ou le Kosovo, ou ceux dont on estime qu'ils ont un profil dangereux. En ligne de mire, la recrudescence de la délinquance en bande organisée mais aussi la lutte contre le terrorisme.

● La vidéoconférence pour tous

C'est un point de rupture avec les avocats du droit d'asile. La loi donnera la possibilité de tenir des audiences de l'asile en visioconférence pour éviter aux demandeurs de se déplacer jusqu'à Paris. Certains juges y sont favorables à condition qu'ils soient accompagnés de leurs avocats. Ces derniers estiment que cela déstabilisera les plus fragiles.

● Le rejet de l'asile vaut obligation de quitter la France (OQTF)

C'est une mesure qui avait été proposée en 2015 par le Sénat et sa majorité de droite. Certains spécialistes n'y sont pas opposés à condition qu'une procédure d'urgence soit également instituée, sur le modèle des référés suspension.

● Une carte de séjour étendue

Désormais les réfugiés bénéficiant de la protection au titre de la subsidiarité - menacés dans leur pays - et les apatrides pourront disposer d'une carte de séjour de quatre ans - au lieu d'un an actuellement - et qui, à terme, deviendra un titre de résident.

● La réunification familiale élargie aux frères et sœurs

Ce point fait littéralement bondir la droite, qui y voit «l'ouverture des vannes de l'immigration à travers un regroupement familial élargi». Le texte prévoit en effet dans son article 3 que les mineurs réfugiés qui jusqu'ici pouvaient faire venir leurs parents pourront désormais faire aussi venir leurs frères et sœurs afin que «la réunification familiale ne se fasse pas au détriment de l'unité familiale».

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/02/20/01016-20180220ARTFIG00304-la-loi-asile-et-immigration-un-exercice-de-funambulisme.php

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