mardi 16 janvier 2018

vidéo: les origines du carcan européen

Brexit, Frexit, Vallsit et Colegram 1 - Annie Lacroix-Riz

VID ALR CARCAN UE

https://www.youtube.com/watch?v=6KPZ1yGYOXE

Jean Monnet, Robert Shumann, une belle paire de pères fondateurs, agents américains après et avant/pendant la fidélité allemande...

L'UE depuis la 2° guerre mondiale, la tutelle américaine, relais de la tutelle allemande: l'objectif est vieux mais il prend des formes nouvelles...

Le rôle du Royaume- Uni et du Commonwealth. L'Europe centrale et orientale face au "monde européen libre".

Les élites françaises préparent l'avenir de la "pax americana" dès 1941...L'avenir européen de la France.

De Gaulle et la solution française: le cauchemar des Américains.

Les visées américaines sur l'Empire colonial français: le rôle de Jean Monnet.

Du "soft power" allemand au "soft power" américain.

Les historiens d'aujourd'hui et les "contraintes académiques", les sujets tabous, malgré les archives américaines...

La censure sur les questions européennes (quand on sort de la "doxa").

Le Brexit et la rivalité souvent méconnue entre le Royaume- Uni et les Etats- Unis.

Etc.


Tels sont les thèmes abordés par Annie Lacroix- Ritz, historienne communiste de talent.

3 parties à suivre sur You Tube, un moyen passionant de mieux comprendre comment est née la tyrannie que nous subissons et par quels moyens elle se maintient.

P.G.

 

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dimanche 7 janvier 2018

Le récit discutable de Varoufakis des origines de la crise grecque et ses étonnantes relations avec la classe politique

Tribune libre/Eric Toussaint

Dans son dernier livre Adults in the Room(https://www.theguardian.com/books/2…), Yanis Varoufakis donne sa version des raisons qui ont conduit à la capitulation honteuse du gouvernement Tsipras en juillet 2015. Il analyse essentiellement la période 2009-2015 tout en faisant des incursions dans des époques plus lointaines.

TL GRECE VAROUFAKIS

Dans un premier article au sujet de ce livre (http://www.cadtm.org/Les-propositio…), j’ai analysé de manière critique les propositions faites par Varoufakis avant de participer au gouvernement de Tsipras en janvier 2015, en montrant qu’elles menaient à l’échec. Ce deuxième article porte notamment sur les liens entretenus par Yanis Varoufakis avec la classe politique dirigeante grecque (tant le PASOK historiquement lié à la social-démocratie, que le parti conservateur Nouvelle Démocratie) depuis plusieurs années.

Yanis Varoufakis met l’accent à plusieurs reprises sur le large éventail de ses relations dans le milieu politique grec. Il insiste sur son amitié passée avec Yanis Stournaras (l’actuel directeur de la banque centrale de la Grèce, allié de Draghi et des banquiers privés grecs et étrangers), sur ses bons rapports en 2009 avec Georges Papandréou (qui a mis en œuvre la politique conduisant au premier mémorandum), sur ses relations avec Antonis Samaras (qui a dirigé le gouvernement grec après le deuxième mémorandum) et il consacre une partie importante des 4 premiers chapitres du livre à relater la construction de rapports étroits de collaboration et à certains moments de complicité avec 3 dirigeants de Syriza. Il s’agit d’Alexis Tsipras (qui a conduit le peuple grec au troisième mémorandum), Nikos Pappas (l’alter ego de Tsipras, devenu ministre d’État dans le gouvernement Tsipras I) auquel s’est ajouté, en cours de route, Yanis Dragasakis (avant que celui-ci devienne vice-premier ministre des gouvernements Tsipras I et II). Dans cette deuxième partie, je vais aborder le récit du début de la crise grecque ainsi que les relations de Varoufakis avec la classe politique traditionnelle grecque.

Varoufakis relate de manière très discutable l’enchaînement des événements qui ont conduit à l’imposition du premier mémorandum de mai 2010. Tout en s’en défendant, il conforte la narration officielle selon laquelle la cause de la crise réside dans l’incapacité de l’État grec à faire face à la dette publique. Bien qu’il dénonce l’état lamentable dans lequel les banques privées grecques s’étaient placées |1|, il met l’accent sur l’incapacité de l’État grec à faire face à la situation et déclare que celui-ci aurait dû se déclarer en faillite. Il écarte la possibilité qui était “offerte” à l’État de refuser d’assumer les pertes des banques. Son raisonnement sur la faillite de l’État grec tient au fait que, selon lui, le passif (=les dettes) des banques privées était, qu’on le veuille ou non, à charge de l’État. Le passif des banques privées était tellement élevé que l’État grec était incapable d’y faire face. Pourtant, à différents moments de l’histoire, des États ont refusé d’assumer les pertes des banques privées. L’Islande l’a fait à partir de 2008 lors de l’effondrement de son secteur bancaire privé et s’en est très bien tirée. Elle a su faire face victorieusement aux menaces de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas |2|.

Il ne suffit pas de dire que la Grèce n’est pas l’Islande, il ne suffit pas d’affirmer que la Grèce fait partie de la zone euro et devait y rester pour mettre fin au débat. Varoufakis adopte une attitude en réalité conservatrice du point de vue économique et social. Il dénonce les banquiers grecs mais la solution qu’il a proposée à Alexis Tsipras à partir de juin 2012 consistait à transférer la propriété des banques grecques à l’Union européenne |3|.

Par ailleurs, il est évident qu’il fallait remettre en cause le paiement de la dette publique qui avait fortement augmenté principalement dans les années 1990 du fait de la poursuite d’objectifs illégitimes (dépenses militaires excessives, financement des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux plus riches, financement par la dette de la baisse des cotisations sociales qui étaient à charge du patronat…) ou du financement de cette dette à des conditions illégitimes (taux d’intérêt abusif prélevés par les banques), et suivant des modalités qui étaient marquées par la corruption et d’autres facteurs d’illégalité (voir le chapitre 1 de http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la).


Varoufakis et le gouvernement de Georges Papandreou (PASOK) 2009-2011

“En automne 2009, un nouveau gouvernement grec a été élu avec la promesse suivante : dépenser plus pour aider la montagne du revenu de la nation à se reconstruire. Sauf que le nouveau Premier ministre et son ministre des Finances, issus du parti social-démocrate, le Pasok, n’ont pas compris. La faillite de l’État était déjà là, avant même qu’ils prêtent serment. |4

Il est faux d’affirmer que l’État était en faillite. Ce discours conforte la présentation mensongère donnée par la Troïka et les médias dominants.
Ce que ne dit pas Varoufakis, c’est que Papandréou a dramatisé la situation de la dette publique et du déficit public au lieu de faire supporter le coût de cette crise bancaire aux responsables, tant étrangers que nationaux (à savoir les actionnaires privés, les administrateurs des banques, les banques étrangères et autres sociétés financières qui avaient contribué à générer la bulle spéculative). Le gouvernement de Papandréou a fait falsifier les statistiques de la dette grecque, non pas dans les années précédant la crise pour la réduire (comme la narration dominante le prétend) mais en 2009 pour l’augmenter. C’est ce que démontre très clairement la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque dans son rapport de juin 2015 (voir le chapitre II, p. 17 de http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la). Varoufakis ne dénonce pas la falsification, il prend pour argent comptant les affirmations de Papandréou, de son ministre des Finances sur l’état dramatique des finances publiques.

Après les élections législatives du 4 octobre 2009, le nouveau gouvernement de Georges Papandréou procéda en toute illégalité à une révision des statistiques afin de gonfler le déficit et le montant de la dette pour la période antérieure au mémorandum de 2010. Le niveau du déficit pour 2009 subit plusieurs révisions à la hausse, de 11,9 % du PIB en première estimation à 15,8 % dans la dernière. Andréas Georgiu, directeur en 2009-2010 de l’office grec des statistiques ELSTAT (alors qu’il occupait encore un mandat au FMI) a été condamné en août 2017. Sous le titre : « En Grèce, condamnation de l’ancien chef des statistiques, qui avait maquillé les chiffres du déficit public », voici ce qu’en dit le quotidien Le Monde dans son édition du 1er août 2017 : « Andréas Georgiou, ancien chef de l’office des statistiques grecques, Elstat, au cœur de la saga des faux chiffres du déficit public au début de la crise de la dette, a été condamné, mardi 1er août, à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel d’Athènes l’a jugé coupable de « manquement au devoir », selon une source judiciaire. Cet ancien membre du Fonds monétaire international était poursuivi pour s’être entendu avec Eurostat (l’office européen de statistiques, dépendant de la Commission) afin de grossir les chiffres du déficit et de la dette publique grecs pour l’année 2009. Le but supposé : faciliter la mise sous tutelle financière du pays, avec le déclenchement, en 2010, du premier plan d’aide internationale à la Grèce – on en est au troisième, depuis août 2015. |5| »

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme Varoufakis, les banques privées n’ont pas stoppé les crédits à l’État grec en 2009 |6|, ce sont les crédits aux secteurs privés grecs qui ont été interrompus au cours de cette année. A l’automne 2009, l’Etat grec réussissait sans difficulté à lever des fonds. L’arrêt des crédits des marchés financiers à l’État grec a eu lieu en 2010, après que Papandréou a dramatisé la situation et au moment du lancement du processus du 1er mémorandum.

Varoufakis explique à plusieurs endroits du chapitre 2 qu’il entretenait, malgré des divergences évidentes, de bons rapports avec Papandréou :
« En janvier 2010, au cours d’un entretien à la radio, j’ai prévenu le Premier ministre, que je connaissais personnellement et avec qui j’avais des rapports plutôt amicaux, en lui disant : « Quoique tu fasses, ne va pas chercher des emprunts d’État chez nos partenaires européens pour essayer, en vain, d’éviter la banqueroute. |7| »

Sur ce dernier point, Varoufakis a raison : il ne fallait pas aller chercher des crédits du côté de la Troïka. Par contre, Varoufakis a tort quand il affirme que l’État grec aurait dû se déclarer en faillite. Une alternative, opposée à la politique mise en pratique par Papandréou et différente de celle avancée par Varoufakis (= mise en faillite de l’État), était pourtant possible et nécessaire. Suite à sa victoire électorale de 2009 obtenue grâce à une campagne dénonçant les politiques néolibérales menées par Nouvelle Démocratie, le gouvernement de Papandréou, s’il avait voulu respecter ses promesses électorales, aurait pu et aurait dû socialiser le secteur bancaire en organisant une faillite ordonnée des banques et en protégeant les déposants. Plusieurs exemples historiques attestent qu’une faillite était tout à fait compatible avec le redémarrage rapide des activités financières au service de la population. Il fallait s’inspirer de ce qui se faisait en Islande depuis 2008 |8| et de ce qui avait été réalisé en Suède et en Norvège dans les années 1990 |9|. Papandreou a préféré suivre l’exemple scandaleux et catastrophique du gouvernement irlandais qui a sauvé les banquiers en 2008 et allait en novembre 2010 devoir accepter un plan d’aide européen qui a eu des effets dramatiques pour le peuple irlandais. Il fallait aller plus loin que l’Islande et la Suède avec une socialisation complète et définitive du secteur financier. Il fallait faire supporter les pertes de la résolution de la crise bancaire par les banques étrangères et par les actionnaires privés grecs tout en poursuivant en justice les responsables du désastre bancaire. Une telle démarche aurait permis à la Grèce d’éviter la succession de mémorandums qui ont soumis le peuple grec à une crise humanitaire dramatique et à l’humiliation sans pour autant assainir véritablement le système bancaire grec.


Varoufakis et Antonis Samaras

A plusieurs reprises Varoufakis se réfère aux contacts qu’il entretenait avec des personnalités de premier plan de la classe politique grecque qu’elle soit du PASOK ou du principal parti conservateur, la Nouvelle Démocratie.

« Un soir (de 2011, NDLR), en rentrant chez moi après une émission de l’ERT, la radio et la télévision publiques grecques, le fixe a sonné. J’ai décroché et j’ai reconnu la voix d’Antonis Samaras, dirigeant de la Nouvelle Démocratie, le parti conservateur, qui, à l’époque, représentait l’opposition officielle. (…) « On ne se connaît pas, M. Varoufakis, me dit-il, mais je viens de vous regarder à la télévision et il fallait absolument que je vous appelle. Je crois que je n’ai jamais entendu des propos aussi profonds et touchants sur un plateau de télévision. Je voulais vous remercier pour votre prise de position. » Samaras n’est pas le seul membre de l’establishment grec à avoir pris contact avec moi. Ma croisade m’avait amené à avoir de nombreuses discussions en aparté avec des ministres socialistes, des députés conservateurs de l’opposition, des dirigeants de syndicats et autres, qui sentaient bien que je représentais autre chose. Dès que je leur avais fait part de mon analyse, ils étaient d’accord, tous sans exception. (…) Les conservateurs, en tout cas jusqu’en novembre 2011, étaient un peu plus audacieux : comme leur dirigeant, Antonis Samaras, avait adopté un point de vue anti-austérité et anti-renflouement, ils étaient plus libres pour me suivre. |10| »

Après avoir reçu un coup de téléphone comme celui de Samaras, d’aucuns se seraient posé la question : « N’est-ce pas inquiétant de recevoir des compliments d’un des dirigeants clés du parti conservateur ? ». Cela n’a pas été le cas de Varoufakis.


L’amitié entre Stournaras et Varoufakis

Varoufakis ne consacre pas moins de quatre pages à la relation d’amitié qu’il a liée avec Yanis Stournaras |11|. Entre la fin des années 1990 et la période des mémorandums, Yanis Stournaras est passé du PASOK à la Nouvelle Démocratie. Varoufakis explique : « C’est lui qui avait réussi à convaincre Bruxelles et Berlin d’intégrer la Grèce à la zone euro. Une fois le pays définitivement admis, en 2000, le Premier ministre, membre du Pasok, l’avait remercié en lui offrant le poste de PDG et Président de la Banque commerciale de Grèce |12|. C’est à cette époque que nous avions fait connaissance. En dépit de son emploi du temps bousculé, Stournaras se rendait toujours disponible pour enseigner, avec plaisir et avec dévouement. Nos points de vue d’économiste et nos opinions politiques divergeaient, mais son engagement à l’université et nos affinités naturelles ont donné naissance à une profonde amitié. »

Varoufakis raconte qu’ils ont passé ensemble, dans l’appartement de Stournaras, la soirée électorale du 4 octobre 2009 qui a vu la victoire du PASOK. À cette époque, Stournaras était un des hauts conseillers des « socialistes » et avait épousé l’orientation pro-mémorandaire de Papandréou. Varoufakis poursuit : « En 2010, année cruciale pour la Grèce, Stournaras a fait un choix qui en a surpris plus d’un en devenant président d’un think-tank d’économistes créé à l’origine par la Confédération nationale des industries de Grèce, l’organisation patronale la plus puissante et la plus établie du pays, traditionnellement liée à la Nouvelle Démocratie. » Cela n’a pas affecté leur amitié. Un mois avant les élections de mai 2012, Varoufakis de passage à Athènes a appelé Stournaras : « je l’ai retrouvé le lendemain dans le café d’un hôtel situé au pied de l’Acropole. Nous sommes tombé dans les bras l’un de l’autre (…). Puis nous sommes passés aux choses sérieuses et je l’ai briefé sur les discussions que j’avais eues à Berlin avec des représentants de la BCE et du gouvernement allemand, avec des journalistes financiers et d’autres. J’ai également mentionné une conversation que j’avais eue avec George Soros. Qui était d’accord avec mon analyse de la situation de la Grèce et avec l’essentiel de mes propositions de politique économique pour l’Europe en général. » Varoufakis explique que Stournaras et lui ne sont pas tombés d’accord sur la viabilité du mémorandum mais qu’ils se sont quittés en se promettant de conserver intacte leur amitié. Les choses se sont gâtées quand Stournaras quelques mois plus tard a accusé Varoufakis de spéculer avec Soros sur les titres de la dette grecque. C’est à ce moment que leur relation s’est interrompue. Entre-temps, Stournaras était devenu ministre de la Compétitivité (mai-juin 2012). Après les élections de juin 2012, il est devenu ministre des Finances du gouvernement d’Antonis Samaras. Ensuite, à partir de juin 2014, Samaras l’a placé à la tête de la banque centrale de la Grèce où il se trouve encore.

J’ai pris la peine de résumer ce passage du livre de Varoufakis, parce qu’il est révélateur de l’aisance avec laquelle il évoluait dans les milieux de la classe politique grecque. Même si à l’époque il n’occupait aucune fonction officielle, il entretenait des relations avec des dirigeants clés et certaines de ses idées n’étaient pas rejetées par les dirigeants conservateurs, loin de là. Manifestement, cela ne le gênait pas puisqu’il en fait largement état dans son livre.


Partie 1 : Les propositions de Varoufakis qui menaient à l’échec
Partie 3 : Comment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourné le dos au programme de Syriza

 

Notes

|1| De mon côté j’ai analysé la crise des banques grecques dans « Grèce : Les banques sont à l’origine de la crise » http://www.cadtm.org/Grece-Les-banques-sont-a-l-origine Voir aussi Patrick Saurin, “La « Crise grecque » une crise provoquée par les banques”, http://www.cadtm.org/La-Crise-grecque-une-crise

|2| CADTM – Le tribunal de l’AELE rejette les réclamations « Icesave » contre l’Islande et ses habitants, publié le 29 janvier 2013, http://www.cadtm.org/Le-tribunal-de-l-AELE-rejette-les

|3| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 3, p. 65. Je reviendrai là-dessus dans le prochain article.

|4| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 31. Le livre va paraître à l’automne 2017 en français chez l’éditeur Les Liens qui Libèrent. N’hésitez pas à passer commande chez votre libraire.

|5| En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/articl… A signaler que ce type d’article est très rare dans le quotidien Le Monde. La presse conservatrice grecque (notamment le quotidien Kathimerini) souligne le mécontentement de la Commission européenne. La porte-parole de la Commission, Mme Annika Breidthardt, a déclaré le 1er août 2017, que la décision du tribunal n’est pas conforme aux décisions précédentes de la justice et réitéré que « la Commission est pleinement confiante dans l’exactitude et la fiabilité des données de l’ELSTAT au cours de la période 2010-2015 et au-delà »

|6| Je publierai un nouvel article sur la question avant la fin de l’année 2017. Je montrerai que plusieurs graphiques publiés par des organismes officiels, notamment le FMI, sont faux.

|7| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 31. A la page suivante, Varoufakis écrit : « Convaincu que la faillite était certaine, quelles que soient nos paroles apaisantes, j’ai continué à enfoncer le clou. Par ailleurs, le fait que j’avais rédigé des discours pour le Premier ministre Papandreou a retenu l’attention de la BBC et d’autres organes de presse étrangers. »

|8| Renaud Vivien, Eva Joly, « En Islande, les responsables du naufrage bancaire n’ont pas pu acheter leur procès », publié le 20 février 2016, http://www.cadtm.org/En-Islande-les-responsables-du

|9| Mayes, D. (2009). Banking crisis resolution policy – different country experiences. Central Bank of Norway.

|10| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 38-39.

|11| Y. Varoufakis, Adults in the Room, Bodley Head, London, 2017, chap. 2, p. 68 à 72.

|12| Cette banque a ensuite changé de nom, elle s’est appelée Emporiki et a été achetée par la banque française Crédit Agricole.

Source : CADTM, Eric Toussaint, 17-08-2017

https://www.les-crises.fr/le-recit-discutable-de-varoufakis-des-origines-de-la-crise-grecque-et-ses-etonnantes-relations-avec-la-classe-politique-par-eric-toussaint-23/

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dimanche 31 décembre 2017

«Ton fils est un chien !» : un député israélien humilie la mère d'un prisonnier palestinien

Devant les caméras, un député israélien a pris à partie une Palestinienne qui se rendait en bus à une prison israélienne afin de voir son fils. Face à la vague d'indignation, la Knesset a décidé d'accorder au député une protection rapprochée.

ACT DEPUTE ISRAEL

Le conflit israélo-palestinien s'est invité jusque dans un bus ce 25 décembre 2017. Le député de la Knesset Oren Hazan, s'en est vivement pris à une Palestinienne, alors que celle-ci allait rendre visite à son fils emprisonné à Nafha, en Israël. «Ton fils est un chien. C'est un chien !», a-t-il ainsi lancé en présence de plusieurs caméras de journalistes qu'il avait lui-même pris soin de convoquer. Selon l'AFP, le député était en effet accompagné de médias ainsi que de militants de droite, dans le cadre d'une opération visant à dénoncer l'autorisation de telles visites par l'Etat hébreu.

«Vous rendez visite à une racaille qui croupit en prison, mais que vous, vous voyez comme un membre de votre famille !», a-t-il encore vitupéré, debout entre les rangées de sièges du bus en s'adressant à la mère assise. Celle-ci, s'efforçant de couper court, finit par lancer au traducteur présent : «Dites-lui que nos fils sont de vrais hommes !» Et le député, qui a publié lui-même la vidéo sur Facebook, de rétorquer : «Je suis membre de la Knesset [...] Je vais m'assurer que vous n'ayez plus de droit de visite.»

Habitant d'une colonie israélienne en Cisjordanie, membre du Likoud, le parti nationaliste israélien dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahou, Oren Hazan est allé plus loin, en proférant des menaces de mort à peine voilées. «Si vous continuez comme ça, vous ne verrez plus la vie», a-t-il ainsi lancé, avant de lui reprocher le fait que trois civils et les corps de deux soldats israéliens soient retenus par le mouvement islamiste du Hamas, au pouvoir à Gaza. Toujours devant les objectifs, le député demande par l'intermédiaire du traducteur de passer personnellement le message au Hamas. Ce à quoi la mère de prisonnier palestinien a répondu qu'elle n'avait rien à voir, personnellement, avec cette organisation.

Protection rapprochée décidée par la Knesset

Les propos ont suscité une rare déclaration du porte-parole de la branche armée du Hamas, Abou Obeida. «Au lieu d'envoyer un idiot se livrer à des actes puérils [...] soyez courageux et tentez de résoudre cette question avec courage et sans intimider des femmes», a-t-il réagi dans un communiqué cité par l'AFP, à l'attention des autorités israéliennes. En raison du tollé suscité par la séquence vidéo dans les territoires occupés, le porte-parole de la Knesset a annoncé que Oren Hazan bénéficierait d'une protection rapprochée.

Ce n'est pas la première fois qu'Oren Hazan s'illustre par ses propos. «Il n'y a pas de nation palestinienne, il n'y a qu'une idiotie palestinienne qui n'est intéressée que par le terrorisme», avait-il notamment fulminé à la tribune de la Knesset en mars 2017.

En 2015, il avait été suspendu de son poste de vice-président du Parlement israélien, après des accusations de proxénétisme et usage de drogues, et suspendu un mois de toute activité parlementaire pour avoir insulté une députée handicapée, d'après l'AFP.

https://francais.rt.com/international/46846-ton-fils-est-chien-depute-israelien-mere-palestinien

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samedi 30 décembre 2017

L’atlantisme : une passion française

TRIBUNE LIBRE

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 11-12-2017

TL US DE GAULLE UE

« L’OTAN est un faux-semblant. C’est une machine pour déguiser la mainmise de l’Amérique sur l’Europe. Grâce à l’OTAN, l’Europe est placée sous la dépendance des États-Unis sans en avoir l’air » déclarait le 13 février 1963 le général de Gaulle qui en connaissait un rayon sur nos meilleurs amis américains. Manifestement, les choses ont peu évolué dans notre Douce France. Au lieu de se tenir à distance respectable de cette institution avatar de la Guerre Froide comme l’avait fait le premier président de la Cinquième rompant avec la structure militaire intégrée de l’Alliance atlantique, ses successeurs n’ont eu de cesse que de reprendre une place pleine et entière à Evere et à Mons. Malheureusement, le rôle d’idiot utile n’est jamais payant auprès du grand frère américain, pas plus hier qu’aujourd’hui. La théorie de la servitude volontaire chère à Etienne de la Boétie n’a pas pris la moindre ride. Il est pathétique d’entendre déclamer par les servants de la liturgie des éléments de langage de l’OTAN les fadaises sur « l’alliance la plus durable de l’histoire ». Quelques précisions sémantiques s’imposent d’entrée de jeu pour mieux appréhender le concept d’atlantisme qui n’est pas neutre.

PRÉCISIONS SÉMANTIQUES

Avant toute chose de quoi parle-t-on concrètement dans un domaine où la confusion est souvent la règle ? D’un fort ancrage anglo-saxon de l’OTAN que l’on doit compléter par un questionnement sur la finalité de l’Alliance atlantique après la fin de la Guerre froide.

Un fort socle anglo-saxon de l’OTAN

Sur le plan de l’étymologie : le terme d’atlantisme est un dérivé d’atlantique, concept contenu dans l’appellation de l’ « Organisation du traité de l’Atlantique Nord » (OTAN sous son acronyme français et NATO en anglais). Le mot atlantique est issu du grec atlantikos, Atlantique. Il est un dérivé d’Atlas, du nom d’une chaîne de montagnes situées en Afrique du Nord. L’adjectif “atlantique” qualifie ce qui concerne l’Océan atlantique et les pays riverains. L’atlantisme désigne une politique extérieure caractérisée par le soutien apporté aux Etats-Unis, notamment dans le cadre de l’OTAN. Conceptualisé au début de la Guerre froide, l’atlantisme prône une étroite coopération entre les Etats-Unis, le Canada et les pays européens dans les domaines politique, militaire, économique et culturel. L’objectif avoué consiste, en principe, à assurer la sécurité des pays membres de l’OTAN (clause de solidarité de l’article 5 qui veut qu’une attaque contre l’un de ses membres est considérée comme une attaque contre tous) et de protéger les valeurs qui les unissent : démocratie, libertés individuelles et Etat de droit. L’atlantisme désigne aussi l’attitude politique, l’opinion, la doctrine de ceux qui font du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) la base de leur action extérieure et qui, au nom de ces principes, s’alignent de manière plus ou moins systématique, idéologique sur la politique extérieure des Etats-Unis qu’elle soit entièrement justifiée ou totalement infondée, ce qui arrive parfois.

Un questionnement sur la finalité de l’OTAN dans l’après-guerre froide

Depuis la fin de la Guerre froide, l’atlantisme est souvent dénoncé, dans les mouvements de gauche et altermondialistes de certains pays d’Europe, mais aussi chez ceux qui se revendiquent du gaullo-mitterrandisme, comme un soutien à la politique étrangère des États-Unis et à la défense d’une conception purement anglo-saxonne du libéralisme économique. Les préjugés envers l’atlantisme sont plutôt favorables au Royaume-Uni, en Pologne, dans les pays Baltes, et défavorables en France et en Allemagne. Un atlantiste est un partisan de l’atlantisme. L’adjectif atlantiste qualifie ce qui est relatif à l’atlantisme1. L’Atlantiste se revendique d’une vision occidentaliste et universaliste du monde consistant à prétendre se substituer aux autres peuples pour définir leurs intérêts, y compris par la force pour les plus récalcitrants d’entre eux (Cf. concept du Grand Moyen-Orient développé par George W. Bush après la guerre en Irak). On peut mesurer les effets négatifs d’une telle conception du monde à travers les expériences afghane, irakienne, libyenne. Cette approche atlantiste peut se résumer sommairement en un amour immodéré de l’OTAN2 complété par une haine viscérale de la Russie3.

Un retour en arrière sur l’immédiat après Seconde Guerre mondiale dans notre pays.

LA TENTATION OTANIENNE : UN MARQUEUR DE LA QUATRIÈME RÉPUBLIQUE

Durablement affaiblie sur la scène internationale après « l’étrange défaite » de 1940, la France de la Quatrième République n’a d’autre ressource que de se soumettre aux Diktats de Washington surtout à une époque où le péril soviétique est bien présent en Europe. La défaite de Dien Bien Phu ne redore pas le blason terni d’une France affaiblie politiquement, économiquement et diplomatiquement. En dépit des appels à l’aide lancés à l’Amérique pour l’aider à desserrer l’étau autour de la cuvette de la mort, Washington reste de marbre. Cela lui permettra de remplacer la France en Indochine. L’expédition franco-britannique de Suez est condamnée par les États-Unis. Les premières tentatives d’acquisition de l’arme atomique font l’objet de sévères mises en garde de Washington auquel l’OTAN emboîte le pas.

La France est accusée d’être un pays proliférateur et priée de cesser de jouer dans la cour des grands. La guerre d’Algérie vient ajouter un sujet de mécontentement américain à l’endroit de la « Grande Nation ». Mais, lorsqu’on est affaibli, il faut savoir faire bon cœur contre mauvaise fortune et se montrer un otanien discipliné et servile. Accepter sans coup férir les humiliations répétées, les Oukazes, les rabaissements… venus de Washington. Il faudra attendre le retour du général de Gaulle au pouvoir en 1958 pour que la donne change petit à petit… mais sûrement. Cela va décoiffer chez les esprits formés au moule de la servitude atlantiste.

Le retour du général de Gaulle aux affaires en 1958 constitue de ce point de vue une véritable rupture idéologique vis-à-vis de l’Amérique et de ses outils de domination, en particulier militaires.

LE CHOIX DE L’INDÉPENDANCE NATIONALE : LE DÉSIR DU GÉNÉRAL

Seul un retour à une économie forte et dynamique permet au premier président de la Cinquième République de gagner son indépendance militaire.

Le retour de l’autonomie économique

C’est que le général de Gaulle a quelques idées bien arrêtées sur la nature de la relation qu’il entend développer avec les États-Unis qui lui ont donné pas mal de fil à retordre pendant la Seconde Guerre mondiale et à la Libération de la France qui avait vocation à un régime de tutelle. La première de ses préoccupations consiste à rembourser toutes ses dettes aux Américains tout en mettant un terme au conflit algérien pour retrouver les mains libres. Allié fidèle en cas de coup dur, il le sera comme pendant les crises de Berlin et de Cuba. Aligné indéfectible en temps normal, il refusera de l’être choisissant la voie de l’indépendance nationale. Construire une Europe avec un moteur franco-allemand, renforcer le franc, contester la convertibilité du dollar, réclamer voix au chapitre dans les grandes décisions otaniennes… telles sont les grands axes de la politique étrangère du général de Gaulle. Contrairement à certains de ses éminents successeurs, il fait ce qu’il dit. Les actes suivent les paroles au grand dam de nos excellents amis américains très peu portés à la contradiction et au rejet de leur politique hégémonique, pour ne pas dire parfois, leur politique impériale.

Le choix de l’indépendance militaire

Qui dit indépendance économique, dit indépendance diplomatique (parler avec Moscou, établir des relations diplomatiques avec Pékin, critiquer la guerre du Vietnam lors du discours de Phnom Penh ; titiller Washington en Amérique latine et au Québec…) et indépendance militaire (parvenir au seuil nucléaire sans l’aide américaine et faire ses premiers essais nucléaires dès le début des années 1960 dans le Sahara). Toutes choses, on l’imagine, qui ne sont pas du meilleur goût pour nos alliés américains et pour toute la piétaille française grassement rémunérée pour lutter contre le terrorisme mais surtout pour cultiver un état de servitude volontaire vis-à-vis du tuteur américain.

N’ayant obtenu aucune réponse favorable à ses demandes de traitement identique à celui des Britanniques, le général de Gaulle en tire les conséquences : retrait de la structure militaire intégrée, départ de toutes les troupes américaines stationnées en France, déplacement du siège de l’OTAN de Paris à Bruxelles… Circulez, il n’y a rien à voir en France. Allez voir chez nos voisins belges ! Ils seront ravis de vous héberger à Bruxelles et à Mons pour aller vous préparer à faire la guerre… surtout après la fin de la Guerre froide. Le premier président de la V° République traite directement avec l’ours soviétique et avec Mao sans aller chercher ses instructions à la Maison Blanche.

En France, les vieux démons ont la vie dure. Chassez le naturel, il revient au galop. Sortie par la grande porte de l’histoire gaullienne, la pensée atlantiste revient par la petite fenêtre de l’histoire sarkozyste.

LE RETOUR AU BERCAIL OTANIEN : LE CHOIX DE NICOLAS SARKOZY

Après quelques hésitations des successeurs directs du général de Gaulle en termes de positionnement par rapport à l’OTAN, c’est l’un de ceux qui se prétendent ses héritiers qui pratiquera la transgression, la trahison.

Les héritiers du général

Les successeurs du général de Gaulle, avec des degrés différents, maintiennent le dogme gaullien tout en se montrant plus souple sur la forme. Georges Pompidou n’aura pas le temps matériel de s’affirmer mais fait le voyage aux États-Unis sous les lazzis. Valery Giscard d’Estaing apprécie ses rencontres avec ses homologues américains, flattant ainsi son ego démesuré. François Mitterrand veut se différencier de l’homme du coup d’état permanent tout en le caricaturant mais doit, au moins au début de son premier quinquennat, montrer pattes blanches en raison de la présence de ministres communistes dans son premier gouvernement. L’affaire Farewell lui permet de démontrer qu’il est un allié fiable dans la lutte contre les menées subversives de l’URSS.

Reconnaissons-lui le mérite d’avoir proposé la création d’une confédération européenne après la chute du mur de Berlin (rejetée avec vigueur par tous nos alliés) et d’avoir interpellé George Bush père lors du sommet de l’OTAN à Rome en 1992, lui rappelant que l’Alliance atlantique n’était pas la Sainte Alliance. Quant à Jacques Chirac, il s’opposera, certes, à la guerre en Irak de 2003 mais fera assaut d’amabilités auprès de Washington pour se faire pardonner sa déviance anti-atlantiste. Il en faudra de peu pour qu’il rejoigne la structure militaire intégrée de l’OTAN. Il y renoncera dans la mesure où les Américains ne lui proposeront pas un grand commandement.

« Sarko l’américain », le capitaine de pédalo et Jupiter

Il faudra attendre l’arrivée au pouvoir en 2007 pour que « Sarko l’américain » brise le tabou en reprenant en 2009 le chemin perdu du Saint des Saints en se rangeant sous la coupe du Pentagone. Les Américains décident, les Français exécutent comme des idiots utiles. En échange, nous recevons un commandement à Norfolk en Virginie (SACT ou Commandement Suprême Allié de la Transformation). Tout est bien qui finit bien pour la France ! Le président de la République multiplie les attentions à l’endroit de ses interlocuteurs américains. Mais, contrairement à ce qu’il escomptait (ceci ne relevait-il pas de la vulgaire farce ?), les Américains et autres Britanniques ne font pas le moindre pas en direction de la politique européenne de sécurité et de défense.

L’argument est imparable en période de restrictions budgétaires, pourquoi faire mal au Berlaymont ce que l’on fait parfaitement à Evere ! C’est le règne du circulez, il n’y a rien à voir. Quant à François Hollande qui avait critiqué la décision de Nicolas Sarkozy alors qu’il était le chef de l’opposition, il n’y trouve rien à redire dès qu’il prend ses fonctions à l’Élysée. Il fait même rédiger un rapport par Hubert Védrine qui souligne les inconvénients d’un nouveau départ de la structure intégrée. Tout est bien qui finit bien. Jupiter écrase la main de Donald Trump mais essuie ses avanies successives (retrait de l’accord sur le climat, décertification de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, retrait de l’UNESCO au moment où une Française, Audrey Azoulay est désignée comme directrice générale Place Fontenoy…). Dans son discours sur la refondation de la Sorbonne, il se prononce pour une défense européenne en concertation avec l’OTAN, le membre de phrase qui tue. Ce qui signifie en clair que tout change pour que rien ne change ! La servitude volontaire a encore de beaux jours devant elle.

La voie est désormais libre pour tout ce que la France compte d’admirateurs de l’Amérique.

L’AMOUR DE L’AMÉRIQUE : LES NÉOCONS TIENNENT LE HAUT DU PAVÉ PARISIEN

L’américanisme touche d’abord une haute administration passée par le même moule de l’ENA qui est majoritairement néo-conservatrice.

Une haute administration passée par le même moule

Mais, il y a plus grave encore dans cette otanomania. Elle concerne toute la haute administration française (formée sur les bancs de l’ENA) qui constitue le meilleur ambassadeur des thèses néoconservatrices en France et dans les institutions internationales. Que nous dit le général Pierre Lorenzi sur le sujet : quand les hauts fonctionnaires civils trustent la quasi-totalité des directions du ministère de la défense (des armées) et des postes interministériels à vocation stratégique !

La qualité de l’administration civile française, la valeur de ses hauts fonctionnaires, issus pour un certain nombre de l’ENA et l’ouverture de la Défense à des savoir-faire originaux ne sont pas contestées. La Défense peut se sentir honorée de l’attrait de ces fonctionnaires civils pour la chose militaire. Mais cette tendance très nette à la substitution des personnels d’encadrement aboutissant peu à peu au monopole des personnels civils sur ces postes laisse perplexe quand on connait l’investissement de la Défense – et donc du contribuable français – dans la sélection et la formation permanente de ses officiers généraux. Aller chercher ailleurs ce dont la Défense dispose largement en son sein, à un moment où les contraintes budgétaires sont sans cesse rappelées, répond-il à un besoin effectif ?

Pour illustrer ces propos, observons la distribution des rôles dans l’appareil de sécurité et de défense français et les parcours universitaires et professionnels de leurs détenteurs : président de la République : inspecteur des finances ; Premier ministre : conseiller d’Etat ; ministre des Armées : conseillère d’Etat ; Secrétaire Général de la Défense et de la Sécurité Nationale : conseiller maître à la Cour des Comptes ; éphémère prédécesseur du ministre des Armées, directeur des Affaires financières au ministère de la Défense, directeur du Service Historique de la Défense, directeur des Relations Internationales et de la Stratégie au ministère des Armées, directeur de la DGSE, responsable national du contre-terrorisme, coordinateur du renseignement auprès du Président : tous diplômés de l’ENA !

Sans compter le nombre considérable de conseillers, membres et directeurs de cabinets de ces dirigeants, et la diminution considérable du nombre de militaires dans le pilotage des derniers Livres blancs de la Défense, dont l’extension à la sécurité constitue là encore un prétexte supplémentaire à la marginalisation des militaires. Plus largement, on peut s’étonner que le musée de l’air et de l’espace, à forte dimension militaire, ne soit plus dirigé par un officier général de l’armée de l’Air ou que la communication de la défense (DICOD) soit désormais pilotée exclusivement par des civils4.

Une haute administration majoritairement néo-conservatrice

Ce que l’on dit moins est que notre élite bienpensante pense (le terme est peu approprié), parle anglais, ne rêve que d’un monde unilingue et se nourrit au lait des « think tanks » d’Outre-Atlantique, du cinéma d’Hollywood, de la chanson anglo-saxonne, privilégie le « fast food » à la gastronomie française…. Elle se montre de plus en plus incapable de penser français de parler français. À Abidjan, le président de la République, Emmanuel Macron qui avait vanté la veille à Ouagadougou les vertus de la langue française et de la francophonie (il était accompagné de sa représentante personnelle pour la Francophonie, Leïla Slimani), n’hésite pas à évoquer une task force » (pour évoquer un groupe de travail ou une force opérationnelle) et « l’intelligence » (en parlant du renseignement).

En un mot, elle est néo-conservatrice, plus néo-conservatrice que les néo-conservateurs américains5. C’est la fable bien connue de l’élève qui dépasse le maître. Cette élite gagnerait à méditer le petit opuscule de Noam Chomsky intitulé « De la guerre comme politique étrangère des États-Unis »6. On reste confondu au spectacle d’une haute administration formée sur les bancs des meilleures écoles de la République, en particulier de l’ENA, qui succombe aux sirènes américaines sans mesurer les impasses auxquelles conduit la diplomatie (ou l’absence de diplomatie) d’une Amérique rongée par l’hubris alors même qu’elle perd de plus en plus son rôle de nation indispensable dans le monde. Pense-t-elle que la France serait une terre de mission américaine qui se grandirait en s’abaissant au rôle de valet de Washington ?7

Cette dérive néo-conservatrice préjudiciable aux intérêts bien compris de la France ne semble émouvoir que quelques esprits chagrins ! Comment parler sérieusement de « souveraineté européenne » comme le fait le président de la République, Emmanuel Macron lors de son discours de la Sorbonne tout en se mettant dans le même temps sous le parapluie américain de moins en moins fiable et de moins en moins crédible depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche (le président jugeant « obsolète » l’OTAN) ? Nous devenons plus otanien que les Américains alors que ces derniers deviennent moins otanien. Méfions-nous que notre atlantisme ne se transforme un jour en Atlantide, cette île mythique évoquée par Platon qui fut engloutie par les flots dans un cataclysme provoqué à l’instigation de Zeus, dieu grec que les Romains appelaient Jupiter… Telle serait la morale de cette passion française, qui dévore nos élites et qui a pour nom l’atlantisme.

Guillaume Berlat
11 décembre 2017

1 www.toupie.org/Dictionnaire/Atlantisme.htm
2 Jaap de Hoop Scheffer, « La Turquie pose un sérieux problème à l’OTAN », Le Monde, 24 octobre 2017, p. 22.
3 Gaidz Minassian, L’illusoire « soft power » russe, Le Monde, 24 octobre 2017, p. 22.
4 www.asafrance.fr/item:la-defense-pilotee-par-des-hauts-fonctionnaires-civils-libre-opinion-du-general-pierre-lorenzi.html , 20 octobre 2017.
5 Juliette Grange, Les néoconservateurs, Agora Pocket, 2017.
6 Noam Chomsky, De la guerre comme politique étrangère des États-Unis, Agone, 2017.
7 Jean-Michel Autran, La France, terre de mission américaine, Vendémiaire, 2017.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 11-12-2017

https://www.les-crises.fr/latlantisme-une-passion-francaise-par-guillaume-berlat/

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Commentaires intéressants sur le site:

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Texte d’intérêt national, digne d’être affiché en mairie, lu à l’école, envoyé par courrier à tous les citoyens.
Une seule critique. Au lieu de consacrer presque un paragraphe à l’étymologie “d’Atlantisme”, n’aurait-il pas été plus important de parler de l’UE comme autre relais de notre servitude volontaire? L’UE n’est t-elle pas un avatar de l’OTAN?
Notre situation est différente de celle du Royaume Uni. Sans la triple sortie, comment retrouver notre indépendance nationale? Comment écarter les néocons, les néolibs et les néosos (marcheurs)?
Jupiter est là pour finir le travail commencé sous Giscard.
D’où l’importance de notre langue, notre dernier donjon qui est lui aussi bien fissuré et je le constate même sur ce site hélas. La Francophonie, c’est notre “Commonwealth”. Sans elle, nous sommes finis.
Je ne veux pas faire d’excès de pessimisme en cette fin d’année mais le temps presse. Au rythme où ça va, dans 10 ans il sera peut-être trop tard.
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Absolument d’accord avec vous, Brigitte !
Le lien Otan-UE est évident ; le lien UE-disparition de la souveraineté nationale, plus encore; le lien langue maternelle-souveraineté aussi, même si peu le voient.
Et le tout est lié à l’existence réelle, ou non, d’une démocratie.
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Heureusement il y a des exceptions parmi les élites françaises, notamment cet énarque qui a créé un parti politique qui a l’ambition de sortir la France de l’OTAN.
De manière plus générale il y a eu de tout temps en France des élites qui étaient pour ce que Marie France Garaud avait fait dire à Chirac lors de l’appel de Cochin, à savoir le “parti de l’étranger”. Que ce soit notamment les émigrés de Coblence, les collabos de Vichy ou aujourd’hui les atlantistes. Mais on pourrait remonter bien plus loin dans l’histoire de France.
Ces gens ont toujours préféré être asservis que libres. Ils n’ont jamais accepté la Révolution Française et l’un de ses principaux résultats, le droit du peuple français à disposer de lui-même. Ce sont des gens qui considèrent que le peuple ne doit pas décider mais leur obéir. Et ils sont donc prêts à s’allier avec des ennemis de la France (Angleterre, Allemagne, EU…) plutôt que de voir la démocratie s’installer en France.
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samedi 23 décembre 2017

Rythme de travail, comportements hostiles… Les conditions de travail des salariés français continuent de se dégrader

Objectifs à remplir dans un temps très court, usagers énervés, charges lourdes à porter… les risques psychosociaux (RPS) menacent toujours autant les salariés français. La Dares a dévoilé ce mercredi une étude très détaillée sur l’évolution des conditions de travail, à partir de données collectées en 2016 auprès de 21.000 travailleurs.

ACT TRAVAIL

L’étude constate que les entreprises sont toujours aussi exigeantes en termes de rendement. Plus d’un salarié sur trois (35,2 %) déclare ainsi subir plusieurs contraintes de rythme à son poste (cadence d’une machine, production à atteindre en une heure, demande de clients exigeant une réponse immédiate, etc.). Les ouvriers – qualifiés ou non – sont les plus exposés à ces contraintes (environ un ouvrier sur deux).

« Je n’ai plus la moindre envie de m’impliquer dans mon travail »

Du côté des cadres et des employés administratifs, c’est l’émiettement du travail qui gagne du terrain. En 1984, 55 % des cadres déclaraient « devoir fréquemment abandonner une tâche pour une autre plus urgente ». En 2016, ils sont désormais 75 % à devoir jongler entre plusieurs demandes, tout comme les employés administratifs.

C’est le cas de Ferdinand (un pseudonyme), qui a répondu à l’appel à témoignages de 20 Minutes. « Je n’ai plus la moindre envie de m’impliquer dans mon travail, écrit-il, puisque du jour au lendemain, et parfois même plusieurs fois par jour, on me demande de travailler sur des projets différents, sans aucune possibilité de suivi. »

A cela s’ajoute parfois l’intensité des tâches : toutes catégories confondues, 43 % des salariés déclarent « ne pas pouvoir quitter leur travail des yeux » (seulement 16 % en 1984).

Solidarité entre salariés

Les comportements hostiles (insultes, remarques blessantes, affectation à une tâche dégradante, travailleur « placardisé ») restent également très présents : 30 % des salariés déclarent en avoir été victimes au moins une fois dans l’année. La Dares note par ailleurs que ces comportements hostiles sont liés « à l’insécurité socio-économique » dans l’entreprise : les salariés en position de précarité (intérim, crainte d’un licenciement) sont plus souvent victimes de ces agissements que les personnes dont l’emploi n’est pas menacé.

Pour autant, tout n’est pas noir dans cette étude sur les risques psychosociaux. Par exemple, les salariés ne sont que 24 % à estimer que leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur : c’est cinq points de moins qu’en 2013. En outre, les travailleurs sont nombreux (80 %) à déclarer pouvoir être aidés par un collègue « en cas de travail délicat ». Enfin, les situations de tensions au travail, que ce soit entre collègues ou avec un supérieur, sont en léger recul, avec un salarié sur quatre ayant vécu cette situation.

http://www.20minutes.fr/economie/2191347-20171220-rythme-travail-comportements-hostiles-conditions-travail-salaries-francais-continuent-degrader

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jeudi 21 décembre 2017

«Menace pour le monde» : le Conseil de sécurité de Russie dénonce l'hégémonisme des Etats-Unis

La mise à jour des options de politique étrangère étasunienne, présentée par Donald Trump le 18 décembre, suscite la désapprobation des grandes puissances partisanes d'un monde multipolaire. Washington se refuse toujours à partager son leadership.

ACT MENACE US

La nouvelle stratégie géopolitique des Etats-Unis – dite «nationale» – dévoilée par Donald Trump le 18 décembre 2017 a le mérite de la clarté. Et pour le chef du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie Nikolaï Patrouchev, elle a de quoi inquiéter. «La réalisation des objectifs décrits dans le document, notamment la consolidation des positions internationales des Etats-Unis par le moyen de la puissance, peut présenter une menace pour la sécurité régionale et internationale», a-t-il jugé devant des journalistes à Moscou.

«America first, la fondation du leadership américain dans le monde»

De fait, le document, publié par la Maison-Blanche et paraphé par Donald Trump, ne fait aucun mystère des objectifs de la politique étrangère américaine. Si le président des Etats-Unis le présente comme une «vision stratégique» destinée à protéger le peuple américain, ainsi que l'«American way of life», les grandes lignes concernent plutôt le reste du monde. La Russie et la Chine y sont particulièrement visées, et qualifiées de «puissances révisionnistes [remettant en cause le système international actuel]».

«"America first" est le devoir de notre gouvernement et la fondation du leadership américain dans le monde», déclare ainsi Donald Trump en introduction du texte, appelant en outre à préserver la «paix par la force» .

Cette défense de la pax americana a suscité la réprobation des pays visés, tels la Russie et la Chine. «Nous exhortons les Etats-Unis à ne pas déformer intentionnellement les intentions stratégiques de la Chine et à abandonner les notions obsolètes telles que la mentalité de guerre froide et le jeu à somme nulle [où le gain de l'un constitue obligatoirement une perte pour l'autre]», a ainsi déploré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part regretté le 19 décembre le caractère «impérialiste» du document, dernier en date produit par la Maison-Blanche depuis février 2015, sous l'administration de Barack Obama, président... et prix Nobel de la paix.

https://francais.rt.com/international/46708-menace-pour-monde-strategie-geopolitique-etats-unis

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mercredi 20 décembre 2017

Sanctions contre Moscou : une étude confirme leurs ravages pour l'UE... mais pas pour les Etats-Unis

L'institut allemand pour l'économie mondiale de Kiel confirme que les sanctions économiques décidées à l'encontre de la Russie en 2014, continuent de produire leurs effets délétères. Mais pas tant pour la Russie que pour les poids lourds européens.

ACT COMMERCE RUSSIE UE

Les sanctions décidées en 2014 par les Etats-Unis, et ensuite par l'Union europénne (UE) n'ont pas atteint leur but : la Russie n'a pas plié. Mais elles semblent bien avoir scindé le continent eurasiatique en deux, contribuant à isoler économiquement l'Europe de l'Ouest de la Russie.

D'après une étude de l'Institut allemand pour l'économie mondiale de Kiel (IfW), l'Allemagne est le pays qui a perdu le plus – parmi les grandes puissances occidentales – des sanctions économiques occidentales décrétées contre la Russie depuis 2014. «L'Allemagne encaisse presque 40% de la baisse des échanges, tandis que les autres acteurs géopolitiques majeurs [...] sont bien moins affectés», affirment les auteurs du rapport, qui n'a pas encore été publié mais qui est cité par les quotidiens Rheinische Post et Franfurter Allgmeine ce 14 décembre 2017.

Les calculs de cette étude montrent que le manque à gagner pour l'économie allemande se chiffre à 618 millions d'euros par mois. Pour la seule année 2015, les échanges entre la Russie et les pays occidentaux à l'origine des sanctions ont chuté de quelque 97 milliards d'euros. Si les entreprises russes ont été touchées à hauteur de 61% de ce montant, les auteurs de l'étude estiment que les entreprises occidentales n'en sont pas sorties indemnes non plus, avec 37,5 milliards d'euros de manque à gagner. Cette année-là, les entreprises européennes ont supporté 90% du manque à gagner, contre 10% pour leurs concurrentes américaines.

En 2017, la ventilation des pertes est comparable. Les sanctions, pourtant destinées à impacter l'économie russe, coûtent aussi au Royaume-Uni une baisse des échanges avec la Russie de 7,9% et à la France, de 4,1%. Les Etats-Unis, qui avaient en 2014 un volume d'échanges commerciaux avec la Russie bien moindre que l'UE, souffrent logiquement moins des sanctions imposées à la Russie, avec une baisse de seulement 0,6%.

L'UE, à la fois pour les sanctions contre la Russie... et inquiète de leurs conséquences

Fin 2014, après le premier train de sanctions imposées après le coup d'Etat pro-Union européenne de Maïdan en Ukraine en février de la même année, puis le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie par référendum, les exportations des Etats-Unis vers la Russie avaient même bondi de 7,8%, selon Le Moniteur du commerce international.

Sur la même période, les exportations des Etats membres de l'UE chutaient fortement en raison des représailles de la Russie, un embargo sur les produits agroalimentaires en provenance de l'Europe, des Etats-Unis, du Canada, de la Norvège, de l'Australie et du Japon. En clair, les poids lourds économiques de l'UE payaient déjà l'essentiel des conséquences des sanctions décrétées contre Moscou, un constat que le rapport de l'IfW confirme trois ans plus tard.

Dans le même temps, les sanctions occidentales ont agi comme des mesures protectionnistes en faveur de la Russie, qui en a profité pour développer son propre secteur agroalimentaire et redéployer ses relations commerciales avec certains pays d'Asie, à l'instar de la Chine.

https://francais.rt.com/economie/46535-sanctions-contre-russie-etude-confirme-ravages-europe

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mardi 19 décembre 2017

La France, cette grande puissance non anglophone la plus anglicisée au monde !

Selon la dernière édition du classement international EF EPI (Education First, English Proficiency Index), publiée ce 8 novembre, la France se classe 32e pour ce qui est du niveau en anglais de sa population. L’Hexagone fait ainsi mieux que dix ex-colonies britanniques ayant l’anglais pour co-officielle, de jure ou de facto, comme les Émirats arabes unis, le Qatar, le Sri Lanka ou le Pakistan.

ACT FRANCAIS HIDALGO

Mais la France est également la grande puissance non anglophone la plus anglicisée au monde, et se classe largement devant les chefs de file des autres principaux espaces géolinguistiques, à savoir la Russie, la Chine, le Brésil, le Mexique et l’Arabie saoudite (ou l’Égypte). Elle devance aussi le Japon, dont la société est technologiquement la plus avancée au monde.

Cette situation ubuesque est la conséquence de cette anglicisation à outrance que subit la France. Une France repliée sur l’Union européenne, qui ne cesse de se comparer aux autres de ses pays membres, vassaux culturels et donc politiques des puissances anglo-saxonnes. Cette Union européenne qui est, de loin, la zone la plus anglicisée du monde et qui ne cache plus son hostilité à la langue et à la culture françaises. Dernier exemple en date, la toute nouvelle réglementation européenne SERA – Partie C qui vise à imposer l’anglais comme unique langue de communication entre les pilotes privés français et les six principaux aéroports métropolitains. Aberration qui n’existe nullement au Québec et en Afrique francophone, où il faut désormais s’exiler afin de vivre paisiblement en français.

À cette attitude de l’Union européenne s’ajoute celle de la France elle-même, où l’on ne compte plus les grandes écoles aux sites Internet majoritairement en anglais, ainsi que les manifestations et salons internationaux où le français est banni de l’affichage. Choses absolument impensables au Québec ou dans la vaste Afrique francophone – Maghreb inclus. Une France où l’on ne compte plus les slogans publicitaires ou les intitulés de fonction intégralement en anglais, alors qu’ils sont en français au Québec. Une France où se multiplient les bars et restaurants où le français est désormais lingua non grata et qui accueille avec mépris les touristes francophones et francophiles, de l’Hexagone et du reste du monde, en mettant de plus en plus à leur disposition des brochures exclusivement en anglais, ou avec une version microscopique en français. Choses inimaginables au Québec ou en Afrique francophone. Une France dont de nombreux diplomates affichent des messages d’absence uniquement en anglais, contrairement à leurs confrères francophones du Québec ou d’Afrique. Enfin, une France désormais république bananière où les tribunaux s’acharnent à ne pas faire appliquer la loi en déboutant systématiquement les associations de défense de la . Situation, là encore, impensable au Québec où la loi… est la loi.

Dans cette partie européenne et sans repères d’un monde francophone grand comme près de quatre fois l’Union européenne et regroupant 470 millions d’habitants, la France d’aujourd’hui, seconde puissance militaro-économique du monde et trente fois plus étendue que l’Allemagne en incluant son territoire maritime, est donc bel et bien la principale menace qui pèse sur la langue et la culture françaises, piliers de son identité et de son influence mondiale.

Comme l’avait dit le général de Gaulle, « le snobisme anglo-saxon de la bourgeoisie française est quelque chose de terrifiant. […] Il y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité. Ils sont faits pour faire des courbettes aux autres. » Quels qu’ils soient et où qu’ils soient, les responsables et acteurs de ce processus d’éradication du français doivent être écartés. Il ne peut y avoir de place, en France, pour des individus hostiles à la langue et à la culture françaises, et donc à la France.

Ilyes Zouari est Spécialiste du Monde francophone, Conférencier, Ex-Administrateur de l’association Paris-Québec. Auteur du “Petit dictionnaire du Monde francophone” (L’Harmattan, Avril 2015)

source

http://www.bvoltaire.fr/france-cette-grande-puissance-non-anglophone-plus-anglicisee-monde/

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Anne Hidalgo remporte le prix … de la carpette anglaise

Académie de la Carpette anglaise

ACT HIDALGO CARPETTE

LAcadémie de la Carpette anglaise est une académie parodique, décernant chaque année depuis 1999 un prix dit d’« indignité civique » à un membre des élites françaises qui, selon son jury, sest distingué par son acharnement à promouvoir la domination de langlais en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française.

 

Anne Hidalgo remporte le prix … de la carpette anglaise

Communiqué 2017 de l’Académie de la

Réuni chez Lipp, le 13 décembre 2017, sous la présidence avisée de Philippe de Saint Robert, le jury composé de représentants du monde littéraire, politique[1] et associatif[2], a décerné le prix de la Carpette anglaise 2017 à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son entêtement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la .

A été distinguée, au second tour de scrutin par huit voix contre une à l’association française de normalisation (AFNOR[3]) ; Mme . maire de Paris, pour l’utilisation prioritaire de l’anglais comme langue de communication de la Ville de Paris à destination des touristes et des étudiants étrangers, pour avoir fait projeter en février 2017 sur la tour Eiffel le slogan « Made for Sharing » de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024.

Le prix à titre étranger[4] a été attribué, au premier tour de scrutin, à M. Donald Tusk, président du Conseil européen, pour s’exprimer en priorité en anglais excluant notamment le français de sa communication.

Que déshonneur leur soit rendu !

L’Académie a décidé dans le souci d’équilibrer le prix de la « Carpette » par la création d’un prix annuel de glorification de personnalités ou institutions qui se seront illustrées dans la promotion de la langue française. Dans ce but, un prix « Tapis rouge » sera créé en 2018 et remis au printemps prochain.


affiche du COURRIEL

affiche du COURRIEL

[1] Anne Cublier, Marie Treps, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Dominique Noguez sont membres de l’académie de la Carpette anglaise.

[2] Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), le Collectif unitaire républicain pour la résistance, l’initiative et l’émancipation linguistique (COURRIEL), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC).

[3] Des textes d’origine européenne jamais traduits en français pourront désormais figurer dans la collection des normes nationales. Ainsi un texte en anglais pourrait être mis à la disposition du public, en tant que norme nationale portant le sigle « NF ».

[4] Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise. Courriel : parlerfranc@aol.com Académie de la Carpette anglaise, Le Droit de comprendre, 222 avenue de Versailles, 75016 Paris.

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dimanche 17 décembre 2017

Le Luxembourg ne sera pas sur la liste noire

Les eurodéputés ont dénoncé, mercredi, les graves manquements de certains pays de l'UE dans la lutte contre la fraude fiscale, mais ont renoncé à demander l'ajout de quatre d'entre eux, dont le Luxembourg, sur une liste noire de paradis fiscaux. Réunis en séance plénière à Strasbourg, ils ont soutenu à une large majorité (492 voix pour, 50 contre et 136 abstentions) toute une série de recommandations visant à mieux lutter contre les paradis fiscaux.

ACT UE PARADIS 2

Ils ont notamment appelé à de nouvelles règles pour réguler les intermédiaires, tels que les avocats et les comptables, qui facilitent la planification fiscale agressive, ainsi que des mesures pour les «dissuader de se livrer à la fraude et à l'évasion fiscales». Les eurodéputés ont également plaidé pour des instruments assurant une protection et une aide financière suffisante aux lanceurs d'alerte. Ces recommandations seront transmises à la Commission européenne et aux États membres, mais elles n'ont aucune valeur contraignante.

Longues tractations

En revanche, les sociaux-démocrates ont échoué de très peu - et ce, malgré le soutien des verts, de la gauche radicale et certains eurodéputés de droite - à réclamer l'ajout des Pays-Bas, de l'Irlande, de Luxembourg et de Malte à la liste noire des paradis fiscaux établie par l'UE. Il y a tout juste une semaine, les 28 États membres de l'UE s'étaient dotés de leur première liste de paradis fiscaux, qui comprend 17 pays ou juridictions, tous en dehors des frontières de l'Union, conformément à ce qui avait été prévu dès le départ.

Dans l'Union, toute décision en matière fiscale doit être prise à l'unanimité, ce qui rend très difficile toute réforme d'envergure. Les 28 se sont ainsi livrés à de longues tractations pour établir cette liste noire, chacun protégeant tel ou tel territoire. Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, avait fait part dans la journée de son incompréhension et évoqué un «calcul politique».

http://www.lessentiel.lu/fr/economie/story/Le-Luxembourg-ne-sera-pas-sur-la-liste-noire-20921779

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"difficile" est un euphémisme, impossible serait le mot juste, pour toute réforme mettant sérieusement en danger l'oligarchie!  P.G.

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