vendredi 17 novembre 2017

La SCAM se réforme à la demande de Bruxelles

Il existe de nombreuses associations de défenses des artistes et créateurs en tous genres, parmi les plus connues : la SGDL (société des gens de lettres) pour les auteurs littéraires ; la SACD (société des auteurs et compositeurs dramatiques) pour les auteurs de théâtres, de cinéma ou de radio ; la SACEM (société des auteurs compositeurs de musique) pour les musiciens ; la SCAM (société civile des auteurs multimédias) pour les journalistes et les auteurs diffusés par les médias. C’est précisément sur cette dernière que je veux attirer votre attention.

ACT ECRIVAINS AUTEURS

L’Assemblée Générale annuelle de la SCAM doit se dérouler le 22 novembre et à cette occasion un projet de réforme des statuts et du règlement général adopté par le Conseil d’Administration en septembre dernier sera soumis au vote de ses adhérents. Ce qui est particulièrement intéressant est énoncé dans le préambule du projet que voici :

 

Cette année est l’année d’une importante réforme des statuts et du règlement général de la Scam, pour répondre aux exigences de laDirective européenne de 2014 sur la gestion collective, transposée findécembre 2016 en droit français. À l’heure des tentatives de remise encause des droits de propriété littéraire et artistique sous l’effet du numérique et de la mondialisation, non sans de multiples tergiversations,l’Europe s’est finalement donné pour ambition de disposer au sein du marché unique d’une gestion collective des droits d’auteur et des droits voisins garantissant « un niveau élevé de gouvernance, de gestion financière, de transparence et de communication d’informations ».

 

Il faut d’abord noter ce qui a été mis en caractères gras et que pourtant le lecteur ne peut ignorer, comme pour minimiser ce que dit la fin de la phrase : « … pour répondre aux exigences de la Directive européenne de 2014 sur la gestion collective, transposée fin décembre 2016 en droit français... » Car c’est bien de cela qu’il s’agit, répondre aux exigences de la Directive européenne,mais cela semble aller de soi et ne mérite pas d’être souligné pour les auteurs du projet alors que précisément c’est là le point le plus important puisque se profile dans cette directive européenne la perte de la spécificité de la législation sur les droits d’auteur à la française.

Pour mémoire le droit français depuis Beaumarchais garantit l’inaliénabilité absolue des droits d’auteur tandis que la législation anglo-saxonne autorise leur achat à l’instar de n’importe quelle marchandise. La suite du préambule prévoit : « … une gestion collective des droits d’auteur et des droits voisins garantissant ‘ un niveau élevé de gouvernance, de gestion financière, de transparence et de communication d’informations’ ». Voilà un bel exemple de langue de bois, une phraséologie rassurante pour ne rien dire d’essentiel mais poser des jalons pour l’avenir car si le nouveau texte soumis au vote des adhérents n’établit pas de changement notoire quand à l’évaluation, la perception et la durabilité de la perception pour les auteurs et leurs ayant-droits, l’accent est mis sur une exigence de transparence de la « directive européenne », et les articles sont chamboulés dans leur numérotation et reformulés pour être en conformité avec cette « directive ».

Donc, en clair, cela signifie que le Conseil d’Administration de la SCAM se soumet à une autorité extérieure et demande aux adhérents de la Société d’approuver cette soumission. Il y a peu de temps encore une telle exigence venue seulement du ministère de la culture aurait provoqué une levée de boucliers chez les auteurs. Aujourd’hui la « directive » n’est même pas française et personne ne bouge le petit doigt. Alors le nouveau patron des auteurs pourra ensuite, insidieusement, transformer la juridiction du droit d’auteur sans craindre le moindre tollé de la part des intéressés pris en otage par un Conseil d’Administration inféodé à une juridiction supra nationale. Je suis curieux de savoir si la SACD, la SGDL et la SACEM ont été sollicité par la Directive européenne pour basculer dans une vassalisation identique.

 

Voilà donc le premier épisode d’un feuilleton à suivre avec beaucoup d’attention de même que ce que notre ministre de la culture nous sortira de son chapeau dans les semaines à venir car il ne faut pas s’y tromper dans notre système libéral occidental la culture est aussi – sinon d’abord – le fer de lance d’une propagande impérialiste. Le dernier livre de Régis Debray Civilisations en fait la parfaite démonstration à propos de la culture nord-américaine. Dans cet ordre d’idée la réalisation d’un fédéralisme européen implique nécessairement une uniformatisation des cultures et des pensées, en réalité leur anéantissement actuellement en cours. A ce propos des journaux pourtant connus pour leur adhésion au projet européen et leur soutien au gouvernement actuel – Le Monde et l’Obs – parlent de « révolution copernicienne » et attirent l’attention sur les conséquences centralisatrices de la réforme prévue telle qu’elle a filtré au grand dam de Matignon et du ministère de la culture.

 

 

 

Richard Tchélébidès

source: upr 23

 

 

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Airbus s'apprête à signer une commande historique de 40 milliards de dollars

Scandale et manipulation !
Voilà avec quelle photo RTL illustre son article sur Airbus
Or Airbus n'a rien à voir avec l'UE mais on veut le faire croire ! S.R.


L'avionneur annonçait, mardi 14 novembre, une commande historique de 430 moyen-courriers de la famille A320 par la société américaine d'investissements Indigo Partners.

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Mercredi 15 novembre. Airbus devait en effet officialiser en marge du salon aéronautique de Dubaï (Émirats arabes unis) une commande historique de 430 moyens-courriers de la famille A320 par la société américaine d'investissements Indigo Partners pour un montant de 40 milliards de dollars (34 millions d'euros).

Cette commande, la plus importante de l'histoire de l'avionneur, porte sur des A320neo et des A321neo, la version remotorisée du best-seller d'Airbus. Cette vente va plus que doubler le carnet de commandes nettes du géant européen cette année, qui ressortait à 288 appareils à fin octobre et permettrait à la firme européenne de dépasser son rival américain Boeing en commandes cette année, avec 718 commandes contre 605 pour le groupe américain.

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/airbus-s-apprete-a-signer-une-commande-historique-de-40-milliards-de-dollars-7790971949


 

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Asselineau (UPR) Arnaque Airbus

https://www.youtube.com/watch?v=b3sBaW-Opa8

 

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jeudi 16 novembre 2017

Eric Cantona ne se sent «pas français»

L'ancien international français, fameux pour sa virtuosité balle au pied mais aussi pour son franc-parler, a confié sur France Inter qu'il ne se sentait pas Français... mais habitant du monde, changeant d'ailleurs régulièrement de pays de résidence.

ACT CANTONA MACRON

Ses sorties médiatiques sont peu nombreuses mais passent rarement inaperçues. Eric Cantona s'est livré ce 14 novembre à France Inter sur son sentiment d'appartenance... qui déborde amplement du sentiment national. «Je suis athée et je n'ai pas de pays. Je ne me sens pas Français car si on zoome, c'est-à-dire qu'on part du pays, on rentre dans la région, du nationalisme on va dans le régionalisme et puis dans la ville, son quartier [...] On finit nombriliste. En revanche, si je "dézoome" en partant du pays, je vais vers le monde et vers l'univers. Je viens de l'univers moi», a-t-il déclaré.*

L'ex-footballeur, désormais comédien et réalisateur, peaufine son raisonnement : «Je suis né ici, je me suis construit ici mais je ne suis pas Français. J'ai vécu en Angleterre, j'ai vécu en Espagne, aujourd'hui je vis au Portugal et demain je vivrai ailleurs [...]  Je n'ai aucun regard sur la France. Quand je décide de vivre à l'étranger c'est justement pour vivre à l'étranger, dans un autre pays.»

Citoyen du monde totalement déconnecté de l'actualité française ? Eric Cantona est légèrement contradictoire, puisqu'il n'oublie pas de donner (rarement certes) son avis sur la politique de l'Hexagone. Après l'élection présidentielle de 2017, il avait notamment déclaré, le 29 mai sur Eurosport, avoir voté pour Emmanuel Macron au second tour, allant jusqu'à comparer le président de la République fraîchement élu à la nouvelle pépite du football français, Kylian Mbappé.


 

https://francais.rt.com/france/45620-eric-cantona-francais-identite

BASE 14 995X225"Je viens de l'univers moi», a-t-il déclaré": s'il continue, il pourra s'entretenir avec les dirigeants des autres planètes, à l'image de son mentor Jean- Claude Juncker...

GD-dessin-jean-claude-junker-et-les-extraterrestes-brexit_150dpiPauvre France!

P.G.

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mardi 14 novembre 2017

L’aube d’un avenir à la Orwell, par Robert Parry

Aux États-Unis, les médias dominants continuent à propager leurs propres « fake news », notamment à propos d’un « consensus » de la communauté du renseignement sur le « piratage » à l’origine du Russia-gate tandis que des algorithmes entreprennent de marginaliser les opinions dissidentes, écrit Robert Parry.

ARG BIG BRO NYP

Le New York Times, semble-t-il, ne peut pas s’empêcher de reprendre un bon gros mensonge. Pourtant contraint de publier une correction embarrassante où il retirait sa fausse allégation au sujet du prétendu consensus des 17 agences du renseignement, selon laquelle la Russie a piraté les mails du Parti démocrate et les a rendus publics pour aider Donald Trump à battre Hillary Clinton, le journal remet cela en nous suggérant exactement la même chose.

Le New York Times use à présent d’un nouveau stratagème : il affirme que les allégations au sujet du piratage russe sont l’objet d’un jugement « consensuel » de la communauté du renseignement états-unienne sans préciser le nombre d’agences impliquées. Ainsi, il a publié vendredi un article de Matt Flegenheimer à propos du vote du Sénat destiné à empêcher le Président Trump de lever les sanctions contre la Russie et il emploie cette formulation fallacieuse :

« L’administration Trump s’est opposée aux sanctions contre la Russie, faisant valoir qu’elle a besoin d’une certaine flexibilité pour entretenir de meilleures relations diplomatiques avec un pays qui, selon le consensus du renseignement américain, s’est ingéré dans l’élection présidentielle de l’année dernière. »

Ainsi, au lieu d’exposer la vérité – c’est-à-dire que « l’évaluation de la communauté du renseignement » était le fait d’un petit groupe d’analystes « triés sur le volet » appartenant à trois agences, et ce, sous le regard vigilant de celui qui était alors directeur de la CIA, John Brennan, et sous la surveillance de celui qui était alors directeur du renseignement national, James Clapper – le Times choisit de donner à ses lecteurs l’impression trompeuse qu’il y avait un « consensus » au sein de la communauté du renseignement états-unien.

En d’autres termes, à moins qu’un lecteur du Times ne connaisse la vérité pour l’avoir lue dans un média indépendant comme Consortiumnews.com, il va continuer à croire que les 17 agences de renseignement étaient toutes d’accord sur ce point crucial de l’affaire du Russia-gate.

Marginaliser la dissidence

Et le Times et d’autres médias dominants continuent, de façon délibérée, à tromper leurs lecteurs et ils avancent dans leur projet visant à déployer des algorithmes Internet destinés à traquer et à marginaliser ce qu’eux, ils considèrent comme des « fake news » , y compris des articles qui mettent en cause le pouvoir que s’octroient les médias mainstream en contrôlant la version qu’ils donnent des événements.

Selon un rapport du site World Socialist West, « dans les trois mois après que Google, en situation de monopole sur Internet, a annoncé vouloir empêcher ses utilisateurs d’accéder aux ‘fake news’, nombre d’organisations progressistes de gauche, pacifistes et en faveur du respect des droits démocratiques ont vu chuter spectaculairement le nombre de leurs visiteurs dans le monde entier. »

La stratégie de Google est de déclasser les résultats de recherche pour des sites web ciblés, tout en prétendant vouloir limiter l’accès du lecteur à une information de « mauvaise qualité ». Cependant, parmi ces cibles, on trouve apparemment certains des sites Internet alternatifs les plus sérieux, comme, selon le rapport, Consortiumnews.com.

Google parraine la First Draft Coalition, créée pour faire échec aux présumées « fake news » et constituée de médias dominants comme le New York Times et le Washington Post et aussi de sites internet agréés par l’establishment comme Bellingcat, qui est intimement lié au Conseil atlantique anti-russe et pro-Otan.

Ce ministère de la Vérité moderne a vu le jour à la faveur d’une hystérie alimentée par les médias dominants au sujet des « fake news » et de la « propagande russe » au lendemain de l’élection de Donald Trump.

À Thanksgiving, l’an dernier, [24 novembre 2016], le Washington Post a publié, à la Une, un article dans lequel étaient rapportées les accusations d’un site Web anonyme, PropOrNot, pour lequel 2000 sites Internet, y compris des sites qui ont fait leurs preuves comme Truthdig, Counterpunch et Consortiumnews, étaient des organes de « propagande russe ».

Manifestement, PropOrNot avait décidé de prendre comme critère la mise en cause de la Version officielle du département d’État sur la crise ukrainienne ou sur les événements de tout autre point chaud du globe et il dénigrait tous les médias qui osaient le faire. Toutefois, le Post n’a pas donné de détails précis sur ce que ces sites Internet avaient fait pour se trouver sur cette liste noire maccarthyste.

Un avenir à la Orwell

Début mai 2017, le New York Times est entré dans le jeu avec un article élogieux sur la façon dont des algorithmes sophistiqués pouvaient purger l’Internet de présumées « fake news » ou de ce qui est, selon les médias dominants, de la « désinformation ».

Comme je l’ai écrit à l’époque, « on n’a pas besoin d’être très imaginatif pour voir comment cette combinaison de pensée unique dominante et d’intelligence artificielle pourrait créer un avenir à la Orwell où on ne donne qu’une version d’un événement et où l’autre version disparaît tout simplement. »

Après la parution de mon article, j’ai reçu un coup de téléphone d’un journaliste de la NPR, la National Public Radio (radio d’État nationale) qui projetait de faire un sujet sur cette nouvelle technologie et qui a discuté avec moi de mes inquiétudes. Cependant, après que je lui ai expliqué en détail pourquoi il s’agissait là, pour moi, d’une situation où le remède était pire que le mal, je n’ai pas été invité à l’émission de la NPR.

En outre, pour ce qui est du petit nombre de « fake news » publiées volontairement, aucune n’a pu être imputée à la Russie, en dépit des immenses efforts déployés par les médias états-uniens pour trouver un lien quel qu’il soit. Le jour où ces médias dominants ont dépisté une source de « fake news », celle-ci s’est trouvée être un jeune entrepreneur qui essayait de gagner un peu d’argent en attirant beaucoup de visiteurs sur son site.

Par exemple, le 26 novembre 2016, alors que, dans les jours qui ont suivi l’élection de Trump, l’hystérie anti-russe se déchaînait, le New York Times a publié un article relativement objectif à propos d’un site Internet de « fake news », révélant qu’il n’était pas du tout lié à la Russie mais qu’il avait été créé par un étudiant géorgien sans emploi qui utilisait ce site à Tbilisi pour gagner de l’argent en promouvant des articles pro-Trump.

Le propriétaire du site, Beqa Latsabidse, 22 ans, a affirmé avoir essayé au départ de faire paraître des articles favorables à Hillary Clinton mais cela s’était avéré trop peu rentable et il était donc passé aux articles anti-Clinton et pro-Trump, que leur contenu soit exact ou non.

Nous condamnons certes sans réserve ceux qui fabriquent intentionnellement des « fake news » et des « théories conspirationnistes » sans fondement, mais c’est une effrayante et dangereuse perspective que de voir attribué au Times et à un groupe de médias approuvés par Google le pouvoir d’interdire au public d’accéder à une information mettant en cause des pensées de groupe tout aussi stupides.

Doutes sur le Russia-gate

Même si le gouvernement russe n’a pas piraté les mails du Parti démocrate et ne les a pas fait passer à WikiLeaks – accusation réfutée à la fois par le Kremlin et WikiLeaks – personne ne prétend que ces mails étaient faux. En fait, tout prouve qu’ils étaient vrais et tout à fait dignes de faire la Une.

Pendant ce temps, les accusations du gouvernement des États-Unis contre la chaîne russe, Russia today, ont plus à voir avec son traitement de sujets susceptibles de nuire à l’establishment comme les manifestations Occupy Wall Street, la fracturation pour la recherche de gaz naturel et les opinions des petits candidats à la présidentielle qu’avec sa publication de fausses nouvelles.

Dans certains cas, des responsables du département d’État ont fait de fausses allégations en attaquant RT.

La frénésie actuelle autour du Russia-gate est un exemple particulièrement effrayant de la façon dont les conclusions contestables du gouvernement et les mensonges des médias dominants peuvent pousser le monde vers l’annihilation nucléaire. La certitude affichée par les médias dominants à propos de la culpabilité de Moscou en est l’illustration alors même que des experts bien informés ont exprimé de sérieux doutes, certes presque uniquement relayés sur des sites alternatifs.

Vous pouvez y lire, par exemple, l’avertissement de Scott Ritter, ancien inspecteur en armement des Nations-Unis, au sujet des leçons qui n’ont pas été retenues après la débâcle d’ Irak ou encore l’opinion des anciens professionnels du renseignement qui ont mis en cause l’exactitude du rapport du 6 janvier sur le piratage russe.

Peut-être que ces inquiétudes n’ont pas lieu d’être et que le rapport du 6 janvier est exact, mais la poursuite de la vérité ne doit pas consister simplement à s’adjuger les opinions de quelques analystes « triés sur le volet » qui travaillent pour des responsables politiques, comme Brennan et Clapper. Ce qu’on considère comme la vérité doit être mis rigoureusement à l’épreuve et confronté à des points de vue alternatifs et des arguments contradictoires.

Cette attitude est un principe essentiel depuis l’époque des Lumières : la vérité émerge après avoir été confrontée à des opinions opposées parmi celles existant dans la foire aux idées. Remplacer cette très ancienne vérité par des algorithmes qui se déchaînent pour imposer la Version officielle est une menace bien plus grave pour un électorat non informé et pour la santé de la démocratie que les occasions relativement peu nombreuses où un gamin fabrique une fausse nouvelle pour augmenter le nombre de visiteurs sur son site.

Et si cette nouvelle façon de marginaliser les opinions dissidentes prospère, qui va demander des comptes au New York Times quand il trompe intentionnellement ses lecteurs en s’exprimant de manière fallacieuse au sujet du « consensus » de la communauté du renseignement des États-Unis sur la Russie et les e-mails du Parti démocrate ?

Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé plusieurs affaires Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 80.

Source : Robert Parry, Consortium News, 28-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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dimanche 12 novembre 2017

"Les hommes et les femmes sont belles" : quand des professeurs prônent l'accord de proximité

Quelque 314 membres du corps professoral ont signé une tribune sur le site Slate.fr expliquant qu'ils n'enseigneront plus la règle du masculin qui l'emporte sur le féminin. A la place, ils priviligieront l'accord de proximité.

ACT EDUCATION UE OTAN

"Nous n'enseignerons plus que 'le masculin l'emporte sur le féminin'." Dans une tribune parue sur le site Slate.fr, lundi 7 novembre, 314 membres du corps professoral, enseignants de la maternelle à l'université, assurent qu'ils vont désormais préférer à cette règle l'accord de proximité.

Patricia Bonnard, professeur de français dans un collège à Genas (Rhône), est l'une des signataires de ce manifeste. "Cette règle de la prédominance du masculin sur le féminin n’a pas toujours existé : elle a été mise en place au XVIIe siècle, explique-t-elle à franceinfo. Cette règle est discutable surtout aujourd’hui au XXIe siècle."

Cette dernière explique qu'elle enseignera toujours la règle classique mais qu'elle ne sanctionnera pas ses élèves de 4e ou de 3e qui lui préféreront la règle de proximité. "L’accord de proximité, ça consiste simplement à accorder l’adjectif ou le verbe d’ailleurs. (...) Quand vous avez la formule dans une lettre 'chers toutes et tous' virgule, le 'chers' va se mettre au féminin parce que le nom le plus proche c’est 'toutes'", détaille l'enseignante. 

"Le masculin peut jouer le rôle de genre neutre"

A l'Académie française, où l'on considère que l'écriture inclusive représente "un péril mortel" pour la langue française, cette graphie nouvelle ne reçoit aucune approbation"Quand on dit que le masculin l’emporte sur le féminin, on fait comme si ça voulait dire les hommes l’emportent sur les femmes alors que c’est un genre grammatical, qui serait peut-être préférable d’appeler le genre non marqué, c’est-à-dire qu’en français, le masculin peut jouer le rôle d’un neutre"assure à franceinfo Patrick Vannier, membre du service du Dictionnaire de l'Académie française. "Je pense que ce serait dommage de ne pas conserver un héritage de plus de trois siècles", conclut-il.

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/ecriture-inclusive/video-les-hommes-et-les-femmes-sont-belles-quand-des-professeurs-pronent-l-accord-de-proximite_

Voir aussi:

Ecriture inclusive : la polémique entre enseignants, académiciens et ministres en six actes

Depuis près d'un mois, des professeurs, des membres de l'Académie française et du gouvernement s'opposent vivement sur cette méthode d'écriture. Franceinfo revient sur ce débat.

C'est une forme d'écriture qui est devenue un véritable sujet de débat  et de polémique. Après avoir créé de vives réactions sur les réseaux sociaux, l'écriture inclusive est désormais au centre de discussions politiques en France. Jeudi 9 novembre, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a réitéré son opposition à l'enseignement de cette méthode, qui vise à rendre les femmes plus visibles dans la langue française. Cette forme d'écriture utilise par exemple un point médian – "les Français·e·s", "tou·te·s" – ou encore l'accord de proximité, qui consiste à accorder l'adjectif avec le nom le plus proche. 

Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a elle aussi pris part au débat, jugeant l'enseignement de cette écriture "problématique". Franceinfo revient en six actes sur cette polémique grandissante. 

1/Un premier manuel scolaire est publié en écriture inclusive

Le débat sur l'écriture inclusive démarre peu après la rentrée scolaire. Fin septembre, Le Figaro rapporte qu'un manuel scolaire de CE2, le livre Magellan et GaliléeQuestionner le monde, a été publié par Hatier au mois de mars en écriture inclusive. 

Selon le Huffington Post, l'éditeur déclare avoir suivi les conclusions d'un document du Haut conseil à l'égalité entre hommes et femmes. Son guide "Pour une communication publique sans stéréotype de sexe", datant de 2015, explique que des "représentations auxquelles les citoyen.ne.s sont constamment exposé.e.s renforcent les stéréotypes de sexe et les inégalités entre les femmes et les hommes"Le Haut conseil, une instance placée auprès du Premier ministre, estime ainsi que "pour renverser cette tendance, l’Etat et les collectivités territoriales se doivent d’être exemplaires". 

Fin septembre, l'institution ne manque pas de féliciter sur Twitter les éditions Hatier, "qui donnent l'exemple pour une écriture inclusive" avec la publication de ce manuel scolaire.

 

2/Jean-Michel Blanquer prend position contre cette écriture

Quelques semaines plus tard, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, se prononce sur ce sujet. Interrogé par BFMTV et RMC, le 16 octobre, il estime que la présence de l'écriture inclusive dans les manuels scolaires n'est "pas une bonne idée"

"On doit revenir aux fondamentaux sur le vocabulaire et la grammaire, je trouve que ça ajoute une complexité qui n’est pas nécessaire"réagit le ministre. Pour lui, la question de l'enseignement de l'écriture inclusive crée "des polémiques inutiles", qui mettent à mal la "bonne" cause de l'égalité entre hommes et femmes. 

3/Pour l'Académie française, l'écriture inclusive est un danger "mortel"

Fin octobre, c'est au tour des Immortels de prendre part au débat. Les membres de l'Académie française expriment leur opinion sur l'écriture inclusive dans un communiqué alarmiste, diffusé le 26 octobre. "Prenant acte de la diffusion d’une 'écriture inclusive' qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde"écrit l'institution. 

"Devant cette aberration 'inclusive', la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures", poursuit-elle. "La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité"s'inquiète l'Académie, qui compte quatre femmes sur 34 membres

4/Plus de 300 enseignants annoncent qu'ils enseigneront cette écriture

Quelques jours plus tard, le 7 novembre, 314 professeurs "de tous niveaux et tous publics" signent une tribune commune, publiée sur le site Slate. Dans ce texte, ils déclarent qu'ils prennent (ou prendront) part à l'enseignement de l'écriture inclusive. "Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d'enseigner la règle de grammaire résumée par la formule 'Le masculin l'emporte sur le féminin'", annoncent-ils. 

Les signataires préviennent qu'ils enseigneront désormais la règle de proximité, qui consiste à accorder le genre de l'adjectif avec le nom le plus proche qu'il qualifie. Ces professeurs enseigneront également l'accord de majorité, ou l'accord au choix. 

Les auteurs de la tribune rappellent que la règle "le masculin l'emporte sur le féminin" est "récente dans l'histoire de la langue française" et qu'elle répondait à l'époque à "un objectif politique"lié au fait que le masculin était alors considéré comme plus "noble" que le féminin. Enfin, "la répétition de cette formule aux enfants (...) induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d'un sexe sur l'autre", dénoncent les signataires. 

5/Marlène Schiappa s'exprime à son tour

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes prend elle aussi part au débat. Interrogée par le magazine Causeur – connu pour ses positions antiféministes –, Marlène Schiappa affirme qu'elle n'a "jamais soutenu l'écriture inclusive ni son enseignement à l'école", relève Libération. "Je pense que c'est assez problématique, réagit-elle. On ne peut pas décider de son propre chef ce qu'on va enseigner ou pas, quelle qu'en soit la raison."

La secrétaire d'Etat réitère ses propos jeudi matin, au micro de France Culture"Je suis favorable à féminiser le langage, à ne pas invisibiliser les femmes dans le langage. Mais je ne suis pas pour l’obligation d’enseigner l’écriture inclusive à l’école", précise-t-elle.

6/Jean-Michel Blanquer persiste et signe

Invité de l'émission "Les 4 Vérités" sur France 2, jeudi matin, le ministre de l'Education nationale confirme son opposition à l'enseignement de l'écriture inclusive, et réagit à la tribune publiée sur Slate. 

"L'égalité homme-femme est un sujet beaucoup trop important pour qu'il soit abîmé par des polémiques totalement inutiles sur le langage, juge-t-il. Je dis à ces professeurs que la grammaire ne se décide pas par un individu. Ils n'ont pas le droit et se mettent en faute", prévient le ministre. 

Contacté par franceinfo, le ministère de l'Education nationale rappelle qu'il existe un système d'inspection pour veiller au respect des programmes. Les professeurs enseignant l'écriture inclusive seront-ils sanctionnés ? Le débat continue.

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/ecriture-inclusive/ecriture-inclusive-la-polemique-entre-enseignants-academiciens-et-ministres-en-six-actes_2459696.html

Encore un peu de propagande:

L’écriture inclusive est-elle vraiment un "péril mortel" ?

(...)

L’écriture inclusive – ou langage épicène – vise à rendre les langues neutres du point de vue du genre, et ainsi à aider les femmes à se sentir davantage concernées et impliquées dans la communication écrite. Comme pour la féminisation des noms de métiers (écrivaine, députée, etc.), il s’agit de mettre à contribution la morphologie flexionnelle telle qu’on l’écrit, dans le but d’améliorer la visibilité des femmes dans la vie publique et de rééquilibrer leur position dans la société.

En français, cette démarche se traduit notamment par l’usage de graphies du type étudiant·e·s, inscrit·e·s, etc., qui a fait l’objet d’une recommandation du Haut Conseil à l’égalité en 2015. Qu’elle soit efficace ou non pour l’émancipation des femmes, l’écriture inclusive n’en est pas moins sujette à des réactions passionnelles et à de virulents discours idéologiques – pour preuve cette condamnation officielle de l’Académie française il y a quelques jours. À en croire les immortel·le·s – qui comptent quatre femmes pour trente hommes, « la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures ».

On peine à concevoir comment le français dans son ensemble, a fortiori le français parlé par quelque 270 millions de locuteurs selon les estimations officielles, pourrait se voir exposé à un « péril mortel » par la simple adoption de nouvelles conventions graphiques. Des écritures inclusives ont cours dans des langues de grande communication telles que le portugais, l’espagnol, l’allemand ou l’anglais, sans que ces dernières ne donnent aucun signe de « péril mortel ». On sait en outre que loin d’être en péril, le français conquiert au contraire du terrain, en France comme dans l’Afrique dite « francophone », aux dépens de centaines de langues autochtones en danger avéré de disparition. L’État français et l’Organisation internationale de la Francophonie y travaillent sans relâche, en investissant chaque année des sommes colossales dans sa promotion.

Au-delà de la querelle inclusive, cette condamnation s’inscrit dans la lignée d’interventions hostiles, de la part de l’Académie, à l’égard de la féminisation des noms de métiers, de la promotion des langues régionales, de l’usage de l’anglais dans les institutions internationales, du franglais, du « néo-argot des banlieues », ou de la rectification orthographique recommandée par le Conseil supérieur de la langue française. L’Académie coche ainsi toutes les cases, ou presque, des différents discours idéologiques dominants analysés en sociologie du langage : pour la variété normée du français sur laquelle elle prétend exercer le monopole, contre les autres langues et variétés orales ou écrites de français, jugées illégitimes et menaçantes.

Dans cette « solennelle mise-en-garde » adoptée à l’unanimité contre l’écriture inclusive, les sociolinguistes reconnaîtront côte à côte discours de mise-en-péril, purisme et idéologie de la langue standard. L’écriture inclusive y est envisagée comme étrangère à la langue, impure et animée par des visées impures. Elle remet en question la norme écrite standard par l’ajout de « formes secondes et altérées », aboutissant à une « langue désunie, disparate ».

The ConversationDe tels discours idéologiques, s’agissant du français comme d’autres langues dominantes, s’interprètent comme constitutifs de la reproduction des élites : il s’agit en définitive de défendre le monopole sur la norme standard exercé par des classes dirigeantes majoritairement masculines, pour mieux légitimer leur accès exclusif au pouvoir.

Geoffrey Roger, Lecturer in French linguistics, University of London

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

http://www.francetvinfo.fr/societe/education/ecriture-inclusive/lecriture-inclusive-est-elle-vraiment-un-perilmortel_2459806.html


 

BASE 14 995X225Une attaque en règle d'un professeur anglo- saxon, qui déplore ouvertement la progression de la langue française dans le monde, et l'opposition de l'Académie à l'intrusion de l'anglais, qui pourfend l'"idéologie" des opposants à l'écriture inclusive, alors que lui, bien entendu, n'exerce qu'une expertise scientifique et neutre, dénuée d'arrières pensées géopolitiques, le tout relayé complaisamment par France Info, la routine, quoi!

P.G.

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jeudi 9 novembre 2017

Qui sont les Young Leaders de la French American Foundation ? Macron, Hollande, Juppé, Phillippe, Pécresse…

La French-American Foundation – France est une organisation qui se consacre à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis ».

HIST FAF

Fondée en 1976, elle se donne pour objectif d’encourager un dialogue actif entre les deux pays. L’une de ses activités principales est l’organisation de séminaires pour des jeunes dirigeants (Young Leaders) français et américains issus de la politique, de la finance, de la presse1 « à fort potentiel de leadership et appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines ». Ces séminaires sont un des instruments du Soft power américain2.

La Fondation est présidée par Arnaud de Puyfontaine (né en avril 1964) qui est un dirigeant du groupe media international, diplômé d’ESCP Europe, de la Harvard Business School et de l’Institut Multimédias. Il est président du directoire de Vivendi depuis le 24 juin 20141.

Histoire

En 1975, plusieurs personnalités politiques, universitaires et économiques décidèrent de créer un environnement d’échanges et de débats afin d’approfondir la relation entre la France et les États-Unis, et ce notamment dans une situation marquée par une certaine animosité dans les relations franco-américaines (avec le choc pétrolier, la trop grande importance du dollar et des désaccords géopolitiques3). La naissance de la French-American Foundation fut officialisée en 1976 à Washington par les présidents Valéry Giscard d’Estaing et Gerald Ford, lors des célébrations du bicentenaire de la Déclaration d’indépendance américaine.

Le premier programme d’envergure, le programme « Young Leaders », vit le jour cinq ans plus tard, en 1981.

D’autres programmes suivirent ensuite, avec la création des « Jeunes Espoirs », le « Forum Cyber Security and the Law », l’adaptation en France du « Translation Prize », et, dès 2011, la création d’un rendez-vous mensuel, le French-American Breakfast qui réunit une centaine de personnes autour d’un invité d’honneur venant partager sa vision des relations entre la France et les États-Unis.

macron-french-american-foundation

Programme « Young Leaders »

Plus de 400 dirigeants issus du monde de la haute fonction publique, de l’entreprise, des médias, de l’armée et de la recherche ont bénéficié du programme Young leaders depuis sa mise en place en 1981.

Processus de sélection

Tous les ans, un jury en France et aux États-Unis sélectionne vingt Français et Américains à partir d’une liste de plusieurs centaines de noms de personnes entre 30 et 40 ans3 vouées à occuper une position de leadership dans leur domaine, et appelées à jouer un rôle important dans la relation entre les deux pays. Les candidats retenus participent ensuite à deux séminaires de cinq jours chacun, répartis sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin d’échanger des réflexions sur des thèmes d’intérêt commun et de tisser des liens forts et durables.

Personnalités françaises ayant participé au programme « Young Leaders »

Côté français, on trouve parmi ceux-ci (date d’admission entre parenthèses)4 :

Côté américain3 :

Prix Washburne pour l’égalité des chances

En 2013, pour la seconde édition du prix Washburne, la cérémonie de remise du Prix s’est tenue le 14 mai à la résidence de l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles H. Rivkin, et en présence de Fleur Pellerin, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique, et Young Leader 2012. Une médaille à l’effigie d’Elihu Washburne a été remise aux deux lauréats, Worldwide Flight Services et Coca-Cola Enterprises.

 

Notes et références

  1. Jean-Michel Quatrepoint, « Des missionnaires aux mercenaires » [archive], Le Monde diplomatique, novembre 2016
  2. David Ramasseul, « La fabrique des élites pro-américaines » [archive], sur Siné Mensuel, décembre 2016 (consulté le 18 janvier 2017)
  3. a, b et c Élisabeth Chevalet, « Jean-Luc Allavena, président de la French-American Foundation : De Bill Clinton à Emmanuel Macron, la fondation repère les leaders du futur », Paris Match, semaine du 10 au 16 décembre 2015, pp. 60-61
  4. Source : Annuaire des Young Leaders [archive]

Liens externes

mercredi 8 novembre 2017

Les Etats Unis: notre meilleur ennemi !

« Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir jamais connu la civilisation » nous rappelle fort à propos Oscar Wilde. Ils en portent les stigmates dans leur relation avec le reste du monde (« the rest of the world ») comme ils qualifient avec arrogance tout ce qui n’est pas « made in USA ».

HIST USA CDG

À cet égard, l’ouvrage d’Eric Branca (historien et journaliste) nous fournit un éclairage particulièrement documenté sur la relation mouvementée entre le général de Gaulle et ses homologues d’Outre-Atlantique de 1940 à 19691. Tout y passe : dénigrement, calomnie, bassesse, procédés déloyaux, campagnes de déstabilisation appuyées sur quelques idiots utiles pendant la guerre (Jean Monnet, Alexis Léger et autres membres de l’entourage du maréchal Pétain) et durant les premières vingt années de la Ve République (de droite comme de gauche et du centre sans parler des syndicats et autres intellectuels allant prendre leurs instructions auprès des ambassadeurs des États-Unis à Paris, parfois moyennant espèces sonnantes et trébuchantes).

« Tout au long de son mandat, de Gaulle et les États-Unis se livrèrent une « guerre froide » dans la Guerre froide. Relations tendues alors que, pensait-on, la victoire contre les forces de l’Axe lors de la Seconde Guerre Mondiale avait rapproché, une fois de plus, des amis de 190 ans ! C’était mal connaître le lourd passif entre le général et ses différents interlocuteurs américains à l’exception notable de Richard Nixon »2. Cette citation résume à la perfection la haine farouche que vouent les Américains à l’homme du 18 juin 1940.

La Seconde Guerre Mondiale pourrait être caractérisée comme le temps des humiliations pour celui qui refuse « l’étrange défaite ». Au moment où la France a bel et bien roulée du haut de l’histoire jusqu’au fond de l’abîme, le général de Gaulle est mis à l’écart, humilié, jugé trop indépendant par rapport aux Américains et trop défenseur de la France libre. Les Américains entretiennent les meilleures relations avec le régime de Vichy jusqu’en 1944. Le chef de la France libre comprend rapidement que pour être l’ami des États-Unis, il ne faut pas être souverain. Il faut savoir s’aplatir, le ridicule en prime. De Gaulle résiste pied à pied, fait de la surenchère, se fâche, tempête mais prépare petit à petit la période de la Libération de la France. Il parvient à s’opposer à la mise en place d’une administration américaine de plein exercice (sorte de mise sous tutelle) en nommant ses représentants dans les départements, en refusant une monnaie d’occupation et toutes autres mesures vexatoires préparées par Washington pour signifier que la France ne compte plus sur la scène internationale autrement qu’en se plaçant sous l’aile protectrice du grand frère. Voilà pour l’avouable. Mais il y a aussi l’inavouable sur lequel Éric Branca s’étend longuement comme l’arme de la diffamation qui va tourner à plein avec le retour aux affaires du général de Gaulle en 1958.

La période de l’après-guerre pourrait être caractérisée comme le temps des mises au point salutaires et de la revanche. Le général de Gaulle n’a rien oublié. Il résume ainsi son état d’esprit à l’égard de l’Amérique devant Alain Peyrefitte : « Les Américains savent bien ou en tout cas devraient savoir, qu’on ne s’appuie pas sur ce qui est mou. On s’appuie sur ce qui est ferme… Dans tous les pays sous-développés, ils ont eu la tentation de s’appuyer sur des planches pourries qui leur sont favorables – et d’autant plus favorables que ce sont eux qui les ont pourries. Pourtant, ils devraient comprendre que le meilleur allié des États-Unis, ce n’est pas celui qui s’aplatit devant eux, c’est celui qui sait leur dire non ! ».

Le premier président de la Ve République rend coup pour coup : réconciliation franco-allemande, construction européenne excluant la Grande-Bretagne*, remise en cause de la primauté du dollar comme unique moyen de paiement international, retrait de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, critique de la guerre du Vietnam, d’Israël après la guerre des six jours, poursuite de son programme nucléaire militaire pour conforter l’indépendance de la France… Mais, il est un allié solide et fiable lors des grandes crises comme celle du mur de Berlin et des missiles de Cuba. Ceci n’empêche pas les multiples réseaux américains en France de tenter de décrédibiliser la politique et la personne même du général : procès en sénilité, en arrogance, en complice de l’Union Soviétique…

Tout est fait en mai 1968 pour le discréditer, pour obtenir son départ du pouvoir en utilisant les procédés les plus déloyaux, les plus vils. Et, les Américains s’y connaissent en la matière. Tous les opposants (de droite, du centre, de gauche) reçoivent un appui plus ou moins visible pour instruire le procès en incompétence de celui qui a dit non à la capitulation de la France en 1940. Mais, le général ne lâchera rien, fera tout pour faire remonter la pente à la France, pour que sa voix soit de nouveau écoutée et suivie sur la scène internationale. Et, il parviendra avec brio en dépit des peaux de bananes américaines mises régulièrement sur son chemin. Dès l’arrivée de Georges Pompidou, les Américains retrouvent à l’Élysée des interlocuteurs moins intransigeants. Nicolas Sarkozy « l’Américain » répudie celui dont il se prétend l’héritier en réintégrant pleinement sa place au sein de l’Alliance atlantique alors que personne ne lui demandait de le faire. Tout rentre ainsi dans l’ordre. François Hollande ne remet pas en cause cette décision après l’avoir critiquée lorsqu’il était dans l’opposition. Quant à Jupiter, le moins que l’on puisse dire est qu’il ne paraît pas être de l’étoffe du général de Gaulle pour s’opposer à la machine américaine.

Au-delà de son intérêt historique indéniable, cet ouvrage en présente un autre plus actuel qui tient à la nature réelle de la relation franco-américaine. Il nous rappelle que « jouer le bon élève et le meilleur allié des États-Unis ne paie pas »3. Nous en avons eu un petit échantillon au moment où Jacques Chirac met en garde Washington contre les risques d’une nouvelle intervention en Irak sans mandat express du Conseil de sécurité des Nations unies en 2003.

Le discours de Dominique de Villepin entraîne une hystérie anti-française (« french bashing ») jusque et y compris au restaurant du Congrès qui rebaptise en frites de la liberté les frites françaises. Qui avait raison et qui avait tort avec le recul du temps ? La réponse est dans la question. Cette recherche historique devrait donner matière à réflexion à certaines de nos élites néo-conservatrices et atlantistes fascinées par la théorie de la servitude volontaire chère à Etienne de la Boétie. Dominique de Villepin nous rappelle fort à propos qu « il y a aujourd’hui en France, une tentation moralisatrice, militariste, occidentaliste qui ressemble à ce que fut le néoconservatisme aux États-Unis » (2015).

Dans la langue washingtonienne, allié signifie automatiquement aligné, pour tous ceux qui ne l’auraient pas encore compris. Nous avons aussi une excellente illustration du fait que le passé éclaire souvent le présent et parfois l’avenir. Ce que certains de nos dirigeants ont tendance à oublier et devraient méditer en ces temps de revanche de l’histoire et de la géographie. L’ami américain peut parfois, voire très souvent se révéler comme notre meilleur ennemi.

Guillaume Berlat

image: http://prochetmoyen-orient.ch/wp-content/uploads/2014/11/horizontalsep.png


1 Éric Branca, L’ami américain. Washington contre de Gaulle 1940-1969, Perrin, 2017.
2 Florence Barraco, Quand les États-Unis faisaient la guerre à de Gaulle, www.lepoint.fr , 4septembre 2017.
3 Hadrien Desuin, La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie, éditions du Cerf, 2017, p. 81.

source: http://prochetmoyen-orient.ch/les-etats-unis-notre-meilleur-ennemi/

http://reseauinternational.net/les-etats-unis-notre-meilleur-ennemi/

BASE 14 995X225*"construction européenne excluant la Grande-Bretagne" : en fait, il s'agissait de tenter une construction européenne (à six!) sous influence française. Le Général s'apercevra vite que c'est impossible, du fait notamment de la soumission de l'Allemagne aux intérêts américains...  L'enjeu idéologique du moment (notamment chez les soi- disants "gaullistes") est de faire croire que De Gaulle était un fervent défenseur de la construction européenne, voire un "père fondateur" (founding father, terme américain) pour justifier leur soumission.   P.G.

Soros et l’Union Européenne: un partenariat dont les médias ne parlent pas

L’Open Society de Soros, selon un rapport interne divulgué par DCLeaks, peut influencer environ un tiers des eurodéputés. No Borders et Migrants Welcome, LGBT comme politique publique prioritaire, globalisation et conditionnement psychologique à la « Tolérance » exclusive. Pourtant, parler de l’influence de Soros dans les structures européennes et dans les pays européens est considéré comme relevant au mieux du fantasme, au pire de la psychiatrie grâce à la très utile théorie du complot.

ACT SOROS

Un chat est un chat et l’influence de Soros en Europe est réelle, assumée … et tue. Retour sur un élément expliquant largement la radicalisation de la politique européenne ces dernières années: la liste des députés européens favorables à Soros.

Que l’Open Society de Soros joue un rôle politique au niveau des Etats est un fait établi et très bien connu. (...)

Il faut dire que le poids politico-financier de Soros n’est pas négligeable:

A 87 ans passés, le milliardaire américain George Soros a transféré 18 milliards de dollars à sa fondation Open Society, soit l’essentiel de sa fortune. Un simple jeu d’écriture, toutefois, puisque l’argent passe de la Soros Fund Management, le fonds d’investissement qui gère les intérêts du milliardaire ainsi que ceux de l’Open Society Foundations (OSF), directement à cette dernière. Sur le papier, la quasi-totalité des avoirs de Georges Soros, moins un bas de laine estimé à 7 milliards d’euros, appartient désormais en propre à OSF, qui irrigue à son tour une pléthore d’associations. Ce qui en fait par ailleurs la seconde ONG la plus riche aux Etats-Unis après celle de Bill Gates et de son épouse, la Bill and Melinda Gates Foundation.

En Europe, c’est la Hongrie qui porte l’étendard du combat contre Soros en voulant fermer sa pseudo université et s’attire ainsi tous les feux de l’Union européenne, problème central dont nous avons parlé ici. Pour autant, le Président hongrois ne se laisse pas faire et a rappelé une information datant du début de l’année, mais qui, il est vrai, n’a pas été particulièrement médiatisée. Et l’on comprend pourquoi.

Des hackers de DCLeaks ont publié un rapport de 177 pages sur les liens personnels entre l’Open Society de Soros et les membres du Parlement européen:

L’on y trouve la liste de 226 membres du Parlement européen, chaque nom étant accompagné d’un « dossier » personnel, liés à l’Open Society de Soros. Sur 751 élus européens. 226. Ça laisse songeur . (...)

Pour la France, sont notamment cités les noms de:

  • au Bureau du Parlement européen: GUILLAUME Sylvie et MORIN-CHARTIER Elisabeth;
  • au Comité des affaires étrangères (AFET):  ALLIOT-MARIE Michèle;
  • au sous-comité des droits de l’homme, notamment sur les droits de minorités (DROI): VERGIAT Marie-Christine
  • au Comité du commerce international: JADOT Yannick, DE SARNEZ Marielle
  • au Comité des affaires économiques et monétaires: GOULARD Sylvie, LAMASSOURE Alain, JOLY Eva

Chaque membre sur lequel Soros a une possibilité de contact positif, selon ce rapport, est doté d’une fiche personnelle. Pour une liste complète, voir le rapport.

Que reste-t-il de l’Union Européenne?

Il est surprenant que cela ne provoque aucun scandale, qu’il n’y ait aucune demande de commission d’enquête…

Karine Bechet-Golovko:

source: http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/11/soros-et-lunion-europeenne-un.html


En savoir plus sur http://reseauinternational.net/soros-et-lunion-europeenne-un-partenariat-dont-les-medias-ne-parlent-pas/#d8ItzHSYzs4Io6MD.99


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lundi 6 novembre 2017

Jacques Attali : « Tout pays doit se penser comme un hôtel »

De passage à Genève, l’écrivain et essayiste français Jacques Attali s’est exprimé, mercredi à Uni Dufour, sur l’intelligence artificielle, à l’occasion de la remise des Prix Latsis universitaires, récompensant chaque année, notamment, des chercheurs de l’UNIGE et de l’EPFL. Interview

ARG ATTALI FINANCE

Est-ce que la France peut se réformer?

La France change à une vitesse folle. Et chacun des 60 millions de Français évolue et change chaque jour. On dit que la France est crispée. Mais elle se réforme en permanence et change sans cesse, sur le plan des mœurs, de l’innovation, de l’art, de la culture.

Alors, à quoi est dû ce sentiment largement partagé qui évoque les blocages de la France?

Ce qui est vrai, c’est que la France modifie assez peu ses lois. Pour une mauvaise raison d’ailleurs, car nous avons de la peine à admettre les changements homéopathiques. Et pour une autre raison: les nations maritimes valorisent le changement, les nations rurales valorisent la permanence.

La France borde pourtant plusieurs mers. Elle aurait pu être une nation maritime?

Elle a essayé de le faire à huit reprises, comme je l’aborde dans mon dernier livre. Mais la France a choisi d’être une nation rurale car elle possède des terres et une agriculture très riches.

Le gouvernement Macron peut-il réussir à changer la France?

Lorsque je suis à l’étranger, je n’aborde jamais les questions de politique française. Ce que je peux dire, c’est que la France n’avance pas par réformes lentes, mais par révolutions. Soit sanglantes, soit plus symboliques. Depuis 1945, nous avons connu trois révolutions: 1945, 1958, 1980. Et la quatrième se déroule en ce moment. La France accumule pendant longtemps des besoins de changement, puis elle se met en mouvement. Cela prend du temps car nous sommes une nation centralisée. Notre modèle est très intégrateur: tout le monde y parle la même langue.

Quand a débuté la «révolution» actuelle?

Cela a commencé il y a trois ans, avec une prise de conscience. Une maturation des réformes s’est ensuite effectuée, poursuivie par la dernière élection présidentielle.

La France va donc garder un rôle moteur en Europe?

Je suis convaincu que la France est la première puissance européenne déjà aujourd’hui et qu’elle le sera encore davantage demain, car l’Allemagne est malade, démographiquement, technologiquement et financièrement. Dans vingt ans, la France sera de loin la première puissance d’Europe. Economiquement, nous sommes présents dans les meilleurs secteurs: la santé, l’éducation, la culture, l’assurance, les start-up. Sans compter deux autres domaines, peu utilisés: la mer et la francophonie.

Pourquoi à travers la francophonie?

Aujourd’hui, 180 millions de personnes parlent français. Avec le développement de l’Afrique, il y en aura 700 millions. L’Afrique regroupe un milliard d’habitants, et dans trente ou quarante ans, elle en comptera deux milliards. C’est la grande question du XXIe siècle. Pour l’Europe, cette explosion démographique peut déboucher sur une catastrophe, parce que des centaines de millions d’Africains s’installeront ici, ou alors nous les aidons à bien se développer et le continent sera un formidable marché. Pour l’Europe et pour la France grâce à cette langue commune.

L’immigration a tendance à diviser l’Europe. L’Europe doit-elle accueillir des migrants?

Malheureusement, tous les pays européens sont d’accord pour contenir l’immigration, et même la réduire. Mais regardons les chiffres: nous sommes 600 millions d’habitants en Europe et nous parlons d’accueillir 200 000 migrants par an. En trois ans, cela ferait 600 000, soit 1 pour mille de la population de l’Europe. Vous vous rendez compte? 1 pour mille! Ce n’est pas assez. Nous sommes capables d’en accueillir bien plus. Le Liban doit se débrouiller avec 25% de migrants syriens. L’Europe est aussi confrontée à un effondrement démographique. Et l’accueil des réfugiés fait partie de ses valeurs.

N’existe-t-il pas un décalage entre vos espoirs et les politiques des pays européens? Et puis l’Europe se met-elle en danger en voulant contenir l’immigration?

Non, elle se protège. Mais trop, à mon avis. Je sais que je suis très isolé face à ce consensus européen. Mais c’est honteux de ne pas accueillir tous ces gens dignes, magnifiques, souvent bien formés, jeunes, pleins de dynamisme.

Traversons l’Atlantique et tournons-nous vers les Etats-Unis. Donald Trump est-il un homme dangereux?

Oui. Les Etats-Unis sont représentatifs d’un courant mondial qui se renforce, celui des dictatures de marché. Pourquoi? Parce que les gens ont besoin de sécurité mais ils veulent aussi gagner de l’argent. Ce cocktail est dangereux. Et le monde est instable, comme en 1910. Les gens vivaient alors très bien. Ils avaient déjà la radio, l’automobile, l’électricité. La démocratie, la globalisation. Et puis le terrorisme – qu’on appelait alors nihilisme –, la crise financière et le protectionnisme ont globalement précipité le monde dans 75 ans de barbarie, de 1914 à 1989. Aujourd’hui, c’est pareil: nous connaissons des progrès technologiques, un potentiel de croissance énorme, des moyens de faire des économies d’énergie massives, une espérance de vie qui augmente. Nous avons tout pour être heureux.

Mais tout peut donc basculer?

La question environnementale est urgente. Il faut sauver la mer. Nous devons aussi régler le problème de la répartition inégale des richesses et celui d’un désordre mondial dû au fait que les marchés sont plus puissants que les Etats. La probabilité d’une guerre mondiale est considérable. Elle peut se déclencher sur un rien, sur un incident entre les Chinois et les Américains à propos de la Corée du Nord, ou entre les Polonais et les Russes au sujet des pays Baltes…

Et Donald Trump pourrait être un élément déclencheur?

Oui, car il est imprévisible et erratique. Nous avons échappé à un conflit majeur depuis 1945 car toutes les puissances nucléaires étaient dirigées par des gens raisonnables. Aujourd’hui, à la tête des Etats-Unis et de la Corée du Nord, nous avons affaire à deux personnes peu raisonnables, même si le président des Etats-Unis ne peut pas appuyer sur le bouton nucléaire tout seul. Mais il peut presque le faire tout seul.

Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ne représentent-ils pas également une forme de menace?

Ceux-là, ce sont les dictateurs du marché. Ils ont prospéré dans une économie libre et parfaite qui a abouti à la formation de cartels. Les GAFA sont dangereux car ils sont en train de maîtriser les instruments de prédiction.

Faut-il casser ces cartels?

Cela viendra comme ce fut le cas avec l’ancien géant des télécoms ATT aux Etats-Unis. Mais un autre cartel est encore plus dangereux: celui de l’industrie agrochimique, qui prétend breveter la vie sans aucun droit. Les GAFA s’approprient nos données, mais les groupes vendant notamment les semences s’approprient la vie. Ils sont de moins en moins nombreux, après le rachat de Syngenta par ChemChina et de Monsanto par Bayer. Nous devons agir avant qu’ils n’atteignent une trop grande taille.

Comment peut-on contrôler ces groupes? Il faudrait un gouvernement mondial?

Oui, il faudrait un Etat de droit mondial. La seule institution internationale se situe d’ailleurs à Genève. C’est l’OMC (Organisation mondiale du commerce), qui s’appuie sur son système de règlement des conflits. Il faut au moins une institution internationale de décartellisation, mais l’OMC a perdu une partie de son pouvoir.

Qui est le mieux armé pour maîtriser les défis de la numérisation, du big data et de l’intelligence artificielle: la Silicon Valley? La France? L’Europe?

C’est en effet un enjeu majeur. Dans ce cadre, c’est la propriété des données, et ce que l’on en fait, qui va être déterminante. L’analyse des comportements des consommateurs permettra de déduire quels biens ou services peuvent être vendus. J’ai écrit en 2006 que les compagnies d’assurances seraient les mieux armées dans ce domaine, en particulier celles qui seront liées aux groupes maîtrisant les données. Les GAFA sont puissants quand ils sont installés dans de vastes marchés homogènes où ils peuvent accumuler les données et les prédictions. Aujourd’hui, deux marchés se détachent: les Etats-Unis et la Chine. Le marché chinois va combler son retard et sera encore plus rapide que le marché américain, car il s’agit, comme je l’ai dit, d’une dictature de marché.

Et la Suisse? Depuis plusieurs années, le Forum de Davos classe ce pays en tête en termes de compétitivité. A quoi est dû le miracle suisse?

La Suisse, puissance de taille moyenne, est le contre-exemple absolu de la thèse de mon livre. Je n’ai qu’une explication à ce miracle: le travail. Ce pays est aussi avantagé par le fait de ne pas avoir connu de guerre, par un consensus social très fort et par l’utilisation de rentes de situation qui sont en train de disparaître. Je parle du secteur bancaire, dont les services, d’ailleurs, n’ont pas besoin d’accès à la mer. Mais la finance n’a pas respecté les règles du jeu. Cela ne dure jamais bien longtemps. La Suisse est un pays hors jeu. En termes militaires comme en termes bancaires.

Un pays hors jeu peut-il être pérenne?

Non. Pas de façon durable. Donc, un processus de banalisation de la Suisse est en marche. Cela dit, la Suisse joue remarquablement bien sa normalisation, de la manière la plus lente possible (sourire). La Suisse a aussi de grandes capacités à accueillir les étrangers. Le secteur de l’hospitalité, au sens large, sera l’un des principaux de l’avenir. Pas seulement sur le plan hôtelier. Le grand métier de demain sera celui de l’empathie.

Les Suisses sont empathiques?

Oui, à leur façon. D’une manière particulière: c’est ce que j’appelle l’altruisme intéressé!

C’est de l’empathie par rapport à soi-même?

Ce qui se passe à l’EPFL, par exemple, est assez génial. J’envie l’EPFL. Je regrette qu’elle ne soit pas française. L’EPFL est une sorte d’hôtel d’entreprises. Tout pays doit se penser comme un hôtel et ses habitants comme des hôteliers. Recevoir sans cesse des étrangers. Etre accueillant. C’est ce qui rend la Suisse symboliquement maritime.

Et Genève?

C’est un cas particulier, Genève est à la fois suisse et française, suisse et internationale. Genève est un paradis particulier. Je me suis souvent dit que si j’avais à m’exiler, ce serait à Montréal ou à Genève. Des gens de toutes sortes de cultures y vivent et s’y croisent.

La Suisse peut-elle rester hors de l’Europe?

Si j’avais un conseil à donner à la Suisse, c’est d’entrer dans l’Union européenne tout en gardant sa spécificité.

L’Union européenne le permettrait-elle?

Tout se négocie, tout se négocie… A terme, la Suisse perdra beaucoup en restant à l’extérieur de l’Union européenne, qui est un formidable aiguillon pour accomplir des réformes. Rester dehors, c’est se condamner à s’enkyster au moment où ses particularités sont en train de disparaître. Etre hors jeu et se banaliser, c’est embêtant.

Source : 24 heures, Roland Rossier, 17-10-2017

https://www.les-crises.fr/jacques-attali-tout-pays-doit-se-penser-comme-un-hotel/


 

BASE 14 995X225Ce qui est pratique avec Attali, c'est son rôle de boussole: vous savez immédiatement ce qu'il ne faut pas faire: suivre ses conseils! Lui qui nous avait promis bonheur et prospérité avec l'euro...

Voir pour rappel:

Attali Garaud Chevènement sur la rigueur et l'euro 1996

https://www.youtube.com/watch?v=sLaa6f7Voxs

Extraits:

Attali:"« Quand on dit que l’Europe de Maastricht créera des emplois, ça reste vrai. Il se trouve que le traité de Maastricht n’est pas encore appliqué. Lorsqu’il le sera, il est évident qu’il y aura une très force croissance qui en découlera, car nous aurons un grand espace économique avec une monnaie unique. »

Chevenement: “La construction européenne qui a été imaginée enchaine la France à un modèle qui n’est pas du tout celui d’une Europe européenne car l’Allemagne pour toutes sortes de raisons est tournée vers les Etats-Unis. Autrement dit, on fait de l’Europe la succursale des Etats-Unis  et on le fait de manière d’autant plus irréversible qu’on asservit la France à un modèle allemand qui est celui d’une banque centrale indépendante qui ne laisse place à la politique que comme à une sorte d’appendice technique” à environ 11’10

Attali: “La BCE n’aura absolument pas comme fonction de fixer la parité avec le dollar. Ca, ça reste heureusement de la compétence des gouvernements.
Garaud: Qui n’auront plus de monnaie.
Attali: Mais pas du tout, lisez l’article 107 du traité de Maatricht.[…] Dans tous pays de la planète[…] la banque centrale est indépendante sinon on fait payer les bêtises d’aujourd’hui par les générations futures.” (traduction: la monnaie doit être dans les mains des banquiers, pas du Peuple...)

(...)

P.G.

dimanche 5 novembre 2017

La Croatie veut passer à l'euro, mais pas la Suède, le Danemark, la Pologne...

Après avoir rejoint l'Union européenne comme 28e Etat membre en 2013, la Croatie fait un pas de plus dans l'intégration : elle espère pouvoir satisfaire aux "critères de convergence" et notamment réduire sa dette publique (80% du PIB). Elle serait le 20e Etat à rejoindre la monnaie unique.

ACT ZONE EURO

Devenue le 28e pays membre de l'Union européenne le 30 juin 2013, dix ans après sa demande d'adhésion, la Croatie fait un pas de plus dans l'intégration européenne : elle espère pouvoir passer à l'euro dans un délai de sept à huit ans, c'est-à-dire à l'horizon 2024-2025, a indiqué le Premier ministre croate Andrej Plenkovic, ce lundi 30 octobre.

"Nous ne voulons pas fixer de date précise mais nous voulons que la Croatie devienne membre de la zone euro dans deux législatures", a déclaré Andrej Plenkovic lors d'une conférence économique consacrée à cette question.

L'adhésion à l'euro est un processus complexe et long. Le dernier pays à avoir intégré l'Eurozone est la Lituanie, le 1er janvier 2015. C'était le 19e Etat passant à l'euro fiduciaire, à l'issue d'un parcours semé d'embûches entamé en mai 2004 avec l'adhésion à l'UE, puis en juillet de la même année, la participation au Mécanisme de taux de change européen ou MCE-2.

Le MCE-2 définit le cadre de la coopération en matière de politique des taux de change entre l'Eurosystème (constitué des banques centrales de la zone euro et de la BCE) et les États membres de l'Union européenne préparant leur passage à l'euro.

Période d'observation

En Croatie, le gouvernement de centre droit, au pouvoir depuis un an, souhaite intégrer ce Mécanisme de change européen (MCE-2) dans les trois ans qui viennent, c'est-à-dire avant que le pays prenne la présidence de l'Union européenne, en 2020.

Les Etats de l'UE qui n'ont pas encore adopté la monnaie unique doivent observer une période de deux ans au sein du MCE-2, mécanisme qui vise à établir la stabilité de la monnaie du nouvel entrant avant qu'il accède à la zone euro.

La banque centrale croate intervient sur le marché local des changes afin d'assurer une stabilité de la kuna dans une fourchette de parité face à l'euro comprise entre 7,3 et 7,7.

Réduction de la dette publique

Le principal défi du gouvernement croate pour parvenir à intégrer la zone euro est de réduire sa dette publique qui dépasse légèrement les 80% du produit intérieur brut.

"Notre objectif est de réduire la dette publique à 72% du PIB d'ici 2020. Nous travaillons à une importante consolidation budgétaire et cette année, le déficit budgétaire sera inférieur à celui de l'an passé qui était de 0,9% du PIB", a annoncé Andrej Plenkovic.

De nombreux pays de l'UE toujours en dehors de l'eurozone

Tous les États membres de l'Union européenne sont censés adopter l'euro comme monnaie et adhérer à la zone euro. Pour ce faire, ils doivent satisfaire aux « critères de convergence ». Néanmoins, de nombreuses exceptions existent, soit parce qu'ils ne répondent pas aux critères d'adhésion, soit parce qu'ils ne le souhaitent pas. Illustration, avec ces quatre exemples : Danemark, Royaume-Uni, Suède et Pologne.

Le Danemark, membre de l'UE depuis le 1er janvier 1973, avait en juin 1992 voté "non" au traité de Maastricht (février 1992). Suite à ce refus, l'Accord d'Edimbourg signé six mois plus tard, en décembre, avec le Conseil européen permettait au pays de négocier pas moins de quatre options de retrait (ou opting-out), dont celle sur l'euro. Voilà comment le pays a conservé sa monnaie nationale, la couronne danoise, et finalement ratifié le traité de Maastricht, avec ses quatre dérogations, en mai 1993.

Le Royaume-Uni, qui est engagé depuis le référendum du 23 juin 2016 dans une procédure de sortie de l'UE (Brexit), bénéficie d'une dérogation (opting out) permanente au traité de Maastricht pour conserver sa devise, la livre sterling. En novembre 2015, David Cameron avait voulu aller plus loin en tentant d'ériger cette dérogation en règle commune - ce qui, selon la fondation Robert Schuman, aurait transformé l'UE en communauté "multidevises".

La Suède fait, quant à elle, partie des pays sans dérogation et qui auraient dû rejoindre l'eurozone, surtout après avoir massivement voté en faveur de l'adhésion à l'UE en 1994... Mais le référendum du 14 septembre 2003, après une décennie de crise économique, avait massivement confirmé le scepticisme grandissant des Suédois à l'égard de l'UE (notamment face aux dérives budgétaires de ses principaux membres) et leur refus d'intégrer la zone euro. Et, selon certains sondages, le Brexit ferait progresser le camp en faveur d'une sortie de l'UE.

La Pologne, qui a rejoint l'UE en mai 2004, aurait dû passer à l'euro entre 2011 et 2012 en vertu de l'obligation contractée avec le traité d'Athènes (2003) qu'elle a adopté par référendum en 2003. Mais de nombreux points de tension sont apparus entre la Pologne et certains pays de l'UE, notamment l'Allemagne avec des sujets comme la crise des réfugiés, ou la France avec la question des travailleurs détachés. Le pays est devenu très jaloux de sa souveraineté. Ainsi, après d'autres prises de position semblables de ses prédécesseurs depuis plusieurs années, la Première ministre Beata Szydlo déclarait en mars 2017 que Varsovie ajournait ses plans pour rejoindre la zone euro, car "il est plus avantageux de garder sa propre monnaie, le zloty".

(avec Reuters)

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-croatie-espere-passer-a-l-euro-d-ici-a-2025-et-abandonner-la-kuna-756114.html

Posté par UPR Creuse à 10:26 - - Permalien [#]
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