dimanche 17 juin 2018

Anastasie au pays des Lumières [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

La loi sur les fausses informations portée par le gouvernement Philippe va loin. Entre la suppression du dialogue et le règne du subjectivisme généralisé, l’essayiste Jean Bricmont estime qu’une telle mesure mènera à un «totalitarisme de la naïveté».

TL BRICMONT LOI FAKE NEWS

TRIBUNE LIBRE / Jean Bricmont
Publié le 7 juin 2018 sur Russia Today 

Le gouvernement a décidé d’introduire une nouvelle loi pour combattre la diffusion de fausses informations («fake news» en franglais).  Il existe déjà dans la loi sur la presse de 1881 des dispositions réprimant l’insulte, la diffamation et le fait de provoquer des paniques artificielles. Mais aujourd’hui le gouvernement veut aller beaucoup plus loin, puisqu’il définit les «fausses informations» comme une «allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable». Ce projet va en effet très loin.

Exit

 

Psychanalyse

Tout d’abord, un sceptique pourrait demander quels sont les « éléments vérifiables » prouvant l’existence de Dieu, de la vie après la mort ou de l’efficacité des prières. Exit les religions. Qu’en est-il des « éléments vérifiables » rendant vraisemblable l’efficacité de l’homéopathie, ou les prédictions de l’astrologie ? Exit les pseudo-sciences. Bien avant Michel Onfray, de nombreux scientifiques se sont posés des questions sur les «éléments vérifiables» qui justifieraient la psychanalyse et, en général, ils n’en ont pas trouvés. Faut-il aussi la bannir au nom de la lutte contre les fausses nouvelles?

Mais que faire alors du plus gros de la philosophie française contemporaine dont le plus illustres représentants (Derrida, Foucault, Althusser, Badiou, Bernard-Henri Lévy et même Bouveresse) ont eu en général une attitude favorable à la psychanalyse et qui, même quand ils étaient critiques vis-à-vis de celle-ci (Deleuze et Guattari) ne l’étaient pas sur la base d’absence éléments vérifiables en sa faveur mais en proposant d’autres théories tout aussi peu justifiées ?

Ce n’est pas tout. Que faire des théories scientifiques qui sont avancées sans s’appuyer sur des éléments vérifiables ? On peut penser à la théorie des cordes en physique ou à diverses hypothèses en cosmologie.

Impossibilité du dialogue

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Finalement, qu’en est-il de la presse «mainstream» ? Dans toutes les affaires récentes (affaire Skripal, usage de gaz en Syrie, «meurtre» en Ukraine du journaliste russe Babtchenko, ou encore responsabilité du tir de missile ayant abattu un avion malaisien au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014), il y a un conflit entre le point de vue dominant en Occident et le point de vue russe ou malaisien ou syrien, lesquels sont partagés par une bonne partie du reste du monde.

On en est peut-être plus à «vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà»,mais au moins à «vérité d’un côté de la Méditerranée,erreur de l’autre» ou «vérité en deçà de la frontière russo-polonaise, erreur au-delà» ce qui, en quelques siècles, ne nous a pas fait fort avancer vers l’universel. La seule façon de résoudre nos différents avec le reste du monde, c’est la discussion libre. Comme la loi contre les fausses nouvelles a, semble-t-il, pour but principal de contrer ce que le gouvernement considère comme de la propagande pro-russe, il y a fort à craindre qu’elle ne fasse que renforcer la frontière mentale «russo-polonaise».

Il a suffi que le journaliste un peu hétérodoxe André Bercoff pose des questions à propos du sauvetage providentiel de l’enfant suspendu à un balcon par Mamadou Gassama pour que le CSA soit saisi, qu’il soit mis en accusation par Laurent Joffrin pour «susciter des doutes» et quasiment convoqué pour se justifier de l’accusation de  «complotisme» devant son (en principe) confrère Jean-Marc Morandini.

 

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D’abord il est assez extraordinaire de reprocher à un journaliste le fait de poser des questions et d’inciter au doute. Indépendamment de cette affaire de sauvetage, il me semblait naïvement que c’était justement cela une des fonctions principales du journalisme. Et que la démarche rationnelle et scientifique pourrait se résumer ainsi : de même qu’il vaut mieux avoir dix coupables en liberté qu’un innocent en prison, il vaut mieux avoir dix doutes excessifs qu’un dogme infondé.

Par ailleurs, il est vrai que ce que les médias dominants appellent les «théories du complot», et qui vont d’interrogations légitimes sur les récits médiatiques et sur les assertions gouvernementales aux spéculations les plus fantaisistes, prolifèrent sur les réseaux sociaux. Mais existe-t-il une seule personne sensée qui peut croire que cette façon de traiter monsieur Bercoff va en quoi que ce soit faire reculer cette prolifération ?

Totalitarisme de la naïveté

 

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Finalement, la ministre de la culture, madame Françoise Nyssen, souhaite faire de l’audiovisuel public un média engagé qui permettra de combattre les idées «hautement réactionnaires» des Français, entre autre concernant la diversité. Tout d’abord, ce que LREM considère comme réactionnaire (défendre les services publics ou la souveraineté nationale) est exactement ce qui aurait été considéré comme progressiste il y a quelques décennies, ce qui fait que le terme mériterait d’être défini. Mais plus fondamentalement, est-il légitime de demander à des adultes de payer des impôts ou des redevances pour être rééduqués ?

Loin de moi l’idée que le gouvernement veuille consciemment instaurer un régime totalitaire. Le problème vient plutôt du subjectivisme généralisé de la culture contemporaine où les discours sur les valeurs ont permis de mettre de côté les questions touchant aux faits et à l’objectivité. On le voit assez dans la méfiance généralisée face aux progrès scientifiques et techniques. Certes, le droit n’a pas le même type d’objectivité que les sciences naturelles. Mais il cherche à établir des règles fondées en raison qui permettent de protéger l’individu face à l’arbitraire du pouvoir. Toute la réflexion classique sur la liberté d’expression, remontant au XVIIIe siècle, repose sur cette idée.

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Les gens qui nous parlent sans arrêt de leurs valeurs ne font en réalité que mettre en avant leur propre supériorité morale. Et c’est bien cela qui est à la base de la corruption du droit à laquelle on assiste dans l’affaire de la loi sur les fausses nouvelles, des réactions hystériques face au «complotisme» de monsieur Bercoff,  et de la bonne conscience de madame Nyssen. A partir du moment où un groupe d’individus se persuade qu’il incarne le Bien à cause de ses «valeurs», il ne perçoit même plus les limites légitimes que l’on peut mettre à son pouvoir. C’est ce qu’on pourrait appeler le totalitarisme de la naïveté.

Par Jean Bricmont

Docteur en sciences et essayiste belge, Jean Bricmont est professeur à l’Université catholique de Louvain. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages dont La république des censeurs, Impostures intellectuelles (avec Alan Sokal).

https://arretsurinfo.ch/anastasie-au-pays-des-lumieres/

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dimanche 10 juin 2018

Bons ou mauvais médias : des députés veulent "labelliser" la presse !

Dans les deux propositions de loi contre la manipulation de l'information, discutées ce jeudi 7 juin au Parlement, plusieurs amendements proposent une "labellisation" ou "certification" des médias par l'Etat. Entre excès de zèle et amateurisme, certains députés semblent bien décidés à apposer un sigle sur les sites Internet français...

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"Information 100% certifiée par l'Etat français". L'éventualité de ce label vous interroge, où vous met carrément mal-à-l'aise ? L'énoncé est évidemment provocateur, mais il semble que les parlementaires LREM et MoDem souhaitent souscrire à une formule de ce type. Car la loi contre les fausses informations, examinée à partir de ce jeudi au Parlement, est truffée d'amendements prônant la "labellisation" ou la "certification" des sources d'informations. Comme lorsqu'un label est présent pour indiquer la provenance d'un fromage, les députés souhaiteraient pouvoir doter les sites Internet et autres organes de presse d'un sigle permettant leur identification. Faire la part des choses, en somme, entre les sites d'informations fiables, qui diffusent de vraies infos, et les autres. Selon certains députés, ce label devrait être distribué par rien de moins… que l'Etat lui-même.

BON POINT

Ces amendements sont multiples : au moins cinq d'entre eux tentent d'inscrire l'existence d'un label dans la loi. Un groupe issu de la majorité La République en marche réclame ainsi la création d'une "obligation de signalétique" qui doit permettre d'identifier quels sont "les sites de confiance" et ceux "de moindre crédibilité". Ces bons et mauvais points devraient être distribués selon des "modalités" et des "critères" qui "seront définis par décrets", c'est-à-dire directement... par la puissance publique ! Pour compléter ce contrôle, les députés proposent même une "procédure de labellisation certifiée" qui serait "confiée au Conseil supérieur de l'audiovisuel" (CSA). Actuellement, le rôle de cet organisme est de garantir l'exercice de la liberté de communication à la télévision et à la radio. [ce qu'il ne fait pas! NdR]

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Si cet amendement était adopté, il reviendrait donc à l'Etat de déterminer quel site d'actualité - et donc qu'elle information - est suffisamment fiable pour obtenir son label. Il n'en a pas fallu davantage pour que, sur Twitter, plusieurs journalistes s'indignent, en appelant à la douloureuse figure de Big Brother, ou d'un nouveau ministère de la Vérité. "C'est un problème, vous ne pouvez pas confier un impératif de certification au CSA, déplore Patrick Eveno, président de l'Observatoire de la déontologie de l'information. Dans un état libre de droit, il ne lui revient pas de trancher ce qui est fiable de ce qu'il ne l'est pas en matière d'informations sur Internet".

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Pour contrer cette critique, d'autres députés se défendent de vouloir labeliser l'information… tout en proposant de délivrer "une signalétique visible et appropriée des contenus publiés par des services de presse en ligne". "Ce n'est pas un label. Il s'agit simplement d'un signe qui pourrait permettre aux lecteurs de s'y retrouver dans les sites qu'ils visitent et qui serait valorisant pour les journalistes", se défend auprès de Marianne la députée MoDem Sophie Mette, assurant aussitôt "avoir eu une très bonne intention" en proposant ce texte.

... un label indirectement remis par l'Etat

Avant même l'ouverture des discussions au Parlement, son amendement d'origine a été directement escamoté. En cause, la présence d'un élément particulièrement saisissant, qui avait déjà suscité l'ire, indique-t-on au MoDem, de "plusieurs personnes, plusieurs journalistes". Dans cette première version, les députés centristes proposaient que cette fameuse "signalétique" soit délivrée par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP). Aujourd'hui, cette dernière a un rôle essentiellement fiscal : elle reconnaît quelles publications bénéficient des avantages postaux et fiscaux attribuées à la presse. C'est elle, aussi, qui attribue leur carte de presse aux journalistes français. Bien qu'elle constitue une autorité administrative indépendante, son président et certains de ses membres sont nommés par un arrêté du ministre chargé de la Communication.

Là encore, en proposant que le choix d'un sigle revienne à la CPPAP, les députés MoDem suggéraient donc, en somme, que l'Etat français identifie quelles sources d'informations étaient crédibles, et quelles autres ne l'étaient pas. "Ça a été mal perçu mais il s'agissait bien d'une maladresse, indique-t-on. Nous l'avons rectifiée en indiquant simplement qu'il fallait une signalisation. Nous voyons bien le problème que proposerait une attribution d'un sigle par l'Etat". Et au MoDem d'ajouter, très mal-à-l'aise : "On vous assure que nous n'avons jamais eu l'intention de labelliser l'information". De quelle manière serait alors défini le fameux sigle de bonne conduite médiatique, si aucun organisme public ne s'en mêle ? "Nous n'y avons pas encore vraiment réfléchi, concède Sophie Mette, un peu confuse. Peut-être que l'amendement ne sera pas adopté, alors il est encore trop tôt pour y penser !"

Un label pour "exercer un vrai contrôle déontologique"

LA VERITE EST AILLEURS

Après quelques hésitations, la députée finit par lâcher une idée, celle d'une commission extérieure à l'Etat, constituée de professionnels des secteurs des médias : "Rien n'est encore écrit, précise-t-elle. Tout est encore possible et ouvert, en tout cas en ce qui concerne cette proposition !" Une idée qui rejoint notamment celle de Reporters sans frontière, qui réclamait, début avril, la création d'un label européen pour faire le tri entre les vraies et les fausses informations : "Ce serait une bonne idée pour permettre une certification des méthodes production de l'information", se réjouit Paul Copin, juriste de l'association. RSF imagine pour sa part un système de labellisation qui rejoindrait celui des autres industries, passant par exemple par l'Association française de normalisation (AFNOR) : "Cela nous d'avoir permettrait une garantie de fiabilité", poursuit-il.

Mais pour Patrick Eveno, aucune des solutions proposées aujourd'hui en matière de certification ne fait l'affaire : "On est en train de construire une vraie usine à gaz, regrette-t-il. Les propositions de Reporters Sans Frontières ou celle des députés ne sont pas les bonnes, pour la simple raison qu'elles demandent d'exercer un contrôle a priori, sur un contenu qui n'a pas encore été produit. C'est absurde !"

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Alors que son adoption devait intervenir le jeudi 7 juin, la loi sur les "fake news" a finalement été repoussée à plus tard et devrait probablement être votée en juillet. Après huit heures de discussion dans un hémicycle assez clairsemé, la séance a été levée à 1 heure du matin. Il reste encore une centaine d'amendements à étudier dans les deux textes qui constituent ce nouvel arsenal législatif (une loi ordinaire, et une autre organique, portant sur la période présidentielle). Ce dernier vise à contrecarrer la diffusion d'une "fausse information", terme dont la définition a cristallisé les critiques cette semaine.

La rapporteuse de la loi, Naïma Moutchou (La République en marche) a ainsi fait voter une nouvelle définition ce jeudi : "Toute allégation ou imputation d'un fait, inexacte ou trompeuse, constitue une fausse information". Preuve du manque de consensus dans la majorité, la ministre de la Culture, François Nyssen, qui juge cette définition trop générale, a expliqué espérer que la navette avec le Sénat permettrait une définition "plus satisfaisante".

https://www.marianne.net/medias/bons-ou-mauvais-medias-des-deputes-veulent-labelliser-la-presse?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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jeudi 7 juin 2018

Espagne: le gouvernement pro-européen et majoritairement féminin de Sanchez devant le roi

Le gouvernement pro-européen et majoritairement féminin du socialiste espagnol Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir après la chute du conservateur Mariano Rajoy, doit prêter serment jeudi devant le roi Felipe VI.

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Avec 11 femmes et six hommes, dont un astronaute au ministère des Sciences, ce gouvernement est le plus féminin que l'Espagne ait jamais connu.

C'est aussi le plus minoritaire depuis le rétablissement de la démocratie et il n'ira probablement pas jusqu'au bout de la législature en 2020. Pedro Sanchez a d'ailleurs remercié son équipe d'avoir "accepté de servir pendant les prochains mois".

Le Parti Socialiste ne dispose en effet que de 84 députés sur 350 et aura la marge de manoeuvre que voudront bien lui laisser le parti de gauche "radicale" Podemos, les nationalistes basques et les indépendantistes catalans, qui ont soutenu vendredi la motion de censure contre M. Rajoy. 

En pleins préparatifs du Brexit au Royaume-Uni, et alors que l'Italie vient de se doter d'un gouvernement eurosceptique, l'exécutif espagnol a volontairement un caractère pro-européen marqué.

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Pedro Sanchez, 46 ans et sans expérience du pouvoir, a ainsi nommé l'ancien président du parlement européen Josep Borrell aux Affaires étrangères et l'actuelle directrice du budget de l'UE Nadia Calviño à l'Economie. 

La composition de ce gouvernement est "le reflet du meilleur de la société" espagnole, "paritaire, intergénérationnel et ancrée dans l'UE", a-t-il déclaré.

Accordant une place prépondérante aux femmes, M. Sanchez a nommé Carmen Calvo, 60 ans, ancienne ministre de la Culture (2004-2007), comme vice-présidente du gouvernement. Elle dirigera un ministère de l'Egalité, une question prioritaire pour le gouvernement, trois mois après une "grève générale féministe" d'ampleur inédite le 8 mars.

L'ancienne procureure antiterroriste Dolores Delgado arrive à la Justice et l'ancienne juge de la Cour suprême Margarita Robles à la Défense. Isabel Celaa sera chargée de l'Education, Magdalena Valerio du Travail, Carmen Montón de la Santé.

Les femmes se sont vu confier tant de maroquins que la presse espagnole se demande si le Conseil des "ministros" (ministres au masculin) ne devrait pas être rebaptisé des "ministras" (au féminin).

- Respect des engagements -

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A côté de Nadia Calviño à l'Economie, Maria Jesus Montero prend le portefeuille des Finances. Assumant déjà cette responsabilité au gouvernement régional de l'Andalousie, elle avait ainsi dû pratiquer dans sa région les coupes claires dans les dépenses publiques ordonnées par le gouvernement conservateur*.

Cette équipe devra respecter les "engagements européens" en matière de déficit public, qui doit être ramené cette année à 2,2% du PIB. Au nom de "la stabilité", Pedro Sanchez s'est engagé à conserver le budget de l'Etat 2018 élaboré par les conservateurs, en passe d'être examiné par le Sénat.

"L'Espagne croît de 3% (par an) mais ne répartit pas la richesse", a souligné M. Sanchez en promettant de lutter pour l'égalité et contre la pauvreté infantile. 

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Sortie de la crise fin 2014, l'Espagne a enchaîné quatre ans de croissance supérieure à la moyenne de la zone euro mais son taux de chômage à 16,7% n'est dépassé que par celui de la Grèce. Et elle détient le record de contrats temporaires de l'UE (26,8% des emplois selon Eurostat).

Autre figure pro-européenne, le chef de la diplomatie, Josep Borrell, 71 ans, est un Catalan opposé fermement à l'indépendance de sa région. A l'étranger, il aura à contrer ce qu'il appelle "la propagande" des indépendantistes catalans.

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En interne, une autre Catalane sera chargée de dialoguer avec le gouvernement indépendantiste de Quim Torra: Meritxell Batet, Barcelonaise de 45 ans, nommée ministre de l'Administration territoriale.

Une nomination surprise, le ministère de l'Intérieur est confié au magistrat basque Fernando Grande-Marlaska, qui a instruit des dossiers contre l'organisation indépendantiste armée ETA.

https://actu.orange.fr/monde/espagne-le-gouvernement-pro-europeen-et-majoritairement-feminin-de-sanchez-devant-le-roi-CNT0000013Or53/

 

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*"les coupes claires dans les dépenses publiques ordonnées par le gouvernement conservateur"= la feuille de route habituelle de l'Union européenne (GOPE), ce que reconnait le journaliste dans le paragraphe suivant: "cette équipe devra respecter les "engagements européens" en matière de déficit public, qui doit être ramené cette année à 2,2% du PIB. Au nom de "la stabilité", Pedro Sanchez s'est engagé à conserver le budget de l'Etat 2018 élaboré par les conservateurs, en passe d'être examiné par le Sénat."

Pour résumer, un gouvernement minoritaire avec à sa tête un clone de Macron/Renzi/Tsipras/Trudeau... avec une tête de gendre idéal, qui mènera la même politique que l"équipe précédente, avec quelques changements superficiels et des effets d'annonce, la démocratie européenne telle qu'on la conçoit à Bruxelles, Paris & Berlin...   P.G.

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mercredi 30 mai 2018

Paolo Savona : Le bras de fer

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Cet article est paru avant la décision de démission de Giuseppe Conte et le coup de force du Président de la République italienne. Il semble faire écho aux critiques que je formulais à propos de l'article Fascisation: Italie aujourd'hui...France demain?  A savoir une approche très idéologique empêchant de comprendre ce qui se joue réellement en Italie et en Europe: la question- clé de l'euro, socle de la dictature économique de l'oligarchie euro- atlantiste.      P.G.

TRIBUNE LIBRE / Source : Monnaie Prix, Paolo Savona, 25-05-2018

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Comme on pouvait s’y attendre, c’est donc autour de la nomination du Ministre des Finances que la formation du nouveau gouvernement italien semble bloquée. En effet, d’accord sur le programme de gouvernement et sur une liste de noms entrant au gouvernement, les deux partis ont chargé Giuseppe Conte, le nouveau Président du conseil de nommer Paolo Savona à ce poste stratégique. Or, Paolo Savona est un économiste euro-critique, c’est le moins que l’on puisse dire. Agé de 81 ans, ayant déjà été membre d’un gouvernement dans les années 90 comme Ministre de l’industrie, et ayant dirigé la cofindustria, le Medef italien, Paolo Savona est un homme d’expérience, très lié aux milieux d’affaire internationaux, et au commerce, disposant d’une expérience politique. La ritournelle qu’on entend monter dans la presse européenne sur l’inexpérience et l’impréparation du gouvernement, avec un tel homme, serait difficile à défendre, et c’est sans doute pour cela que les deux partis ont pensé à lui. Mais pas seulement. En effet, Paolo Savona est un économiste qui a compris, comme beaucoup d’économistes, l’inanité profonde de l’euro pour son pays. Dans une vidéo, il n’a pas hésité à dire que l’euro est la continuité du plan allemand nazi de 1936 de Funk, visant à développer l’industrie en Allemagne et à faire des autres pays des producteurs uniquement agricoles, Italie comprise. On voit donc à qu’il n’est pas homme à se laisser emberlificoter par la symbolique euro, qui emprisonne tant de militants, en particulier à gauche, dans l’impuissance politique.

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Certes, ces mêmes militants de gauche ne manqueront pas de souligner que Savona est un pur représentant de la bourgeoisie et pour le coup, ils auront raison. Mais un représentant de la bourgeoisie qui n’hésite pas à citer Marx et qui est prêt à combattre le principal verrou néolibéral de notre temps : l’euro. Aussi son soutien est-il bon à prendre. En vérité, des hommes comme Savona représentent un mouvement plus avancé en Italie qu’en France, et ce mouvement est la compréhension que l’euro dessert les intérêts de cette bourgeoisie nationale en détruisant la base de sa puissance à moyen terme. Certes, pour en arriver à cette analyse, il faut avoir un peu d’intelligence, pas trop d’idéologie et pas de volonté d’écraser le mouvement social à court terme, contrairement à de nombreux membres de cette bourgeoisie. Mais pour ceux qui répondent à ces conditions, la prise de conscience est possible et en fait évidente : l’euro tue l’économie italienne comme il tue l’économie française, et personne n’a intérêt à cela.

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Dans ce contexte, Paolo Savona, par son intelligence et sa lucidité sur l’euro, représente une grande force pour le gouvernement, parce qu’il le crédibiliserait, en même temps qu’il assurerait sa défense rationnelle en cas de crise, évitant ainsi la panique qui s’était emparée du gouvernemnt grec pendant l’agression de la BCE en 2015. Rappelons que pour tordre le bras au gouvernement grec, et en outrepassant de façon flagrante son mandat et sa pseudo indépendance, la BCE n’avait pas hésité à couper le robinet monétaire à la Grèce en 2015, provoquant immédiatement une panique bancaire qui avait conduit à la capitulation politique de Syriza. Face à une telle attaque, un gouvernement de combat doit nécessairement disposer d’un Ministre compétent et solide pour répondre en faisant circuler une monnaie, quelle qu’elle soit, et ainsi maintenir l’activité économique et sa liberté d’action politique. C’est pourquoi il est fondamental que le Ministre des Finances ait réfléchi à la question de l’euro et au moyen d’en sortir, comme Paolo Savona l’a vraisemblablement fait.

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C’est pourquoi également, l’Union européenne, par la voix de Sergio Mattarella, le Président italien, s’oppose vigoureusement à la nomination d’un tel Ministre des Finances. Voilà la raison profonde du temps que met à se constituer le gouvernement italien. En utilisant tous les moyens les moins légitimes qu’offre la légalité constitutionnelle formelle, Sergio Mattarella fait tout pour s’opposer à la seule chose qui l’intéresse : la nomination d’un économiste anti-euro au Ministère des Finances. Il est à noter que l’UE est parfaitement consciente, au contraire de nombreux militants de gauche sincères, ici en France, que la seule question qui importe est celle de l’euro, parceque c’est d’elle que procèderont toutes les autres. Sans sortir de l’euro, il est impossible d’apppliquer n’importe quel programme social, et les gens qui continuent en France, à tourner pudiquement la tête devant ce fait devraient observer attentivement l’attitude de l’Union Européenne sur ces questions. Pour elle, comme pour ses serviteurs, les choses sont claires, tout est du vent à part le problème de l’euro, parce que toute politique, aussi originale et progressiste semble-t-elle, peut être défaite par un simple assèchement des liquidités par la BCE, comme en Grèce en 2015, afin de briser un gouvernement politiquement. Ce point stratégique est indispensable à comprendre.

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En Italie, cependant, il est bien possible que la situation politique soit trop avancée pour que le Président de la République, isolé face à une majorité parlementaire baroque mais semblant se souder de plus en plus face à l’adversité, soit en mesure de s’opposer à la nomination de Paolo Savona. Le bras de fer du Ministère des Finances, qui retarde la nomination définitive du nouveau gouvernement italien, pourrait bien être remporté par l’alliance populiste. Si c’est le cas, bien d’autres difficultés de bien plus grandes ampleurs attendront cette nouvelle équipe, mais au moins disposeront ils d’une formation armée techniquement et idéologiquement pour affronter l’union européenne et l’eurogroupe, bien plus que ne l’était la Grèce en 2015.

https://www.les-crises.fr/paolo-savona-le-bras-de-fer/

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OUTIL FREXIT URGENT

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Des échos transalpins

TL TROPIQUES MACRON MATTARELLA

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Qu'est-ce qu'ils se racontent ?

Des histoires d'ex-fondés de pouvoir de banques, évidemment... mais aussi des histoires de Présidents de la République - qu'ils sont devenus l'un et l'autre, au gré des particularités locales des institutions de leurs États respectifs, et des modalités propres à leurs classes dirigeantes.

Alors ? à quoi ça peut bien ressembler ce genre d'histoire ?

Eh bien naturellement au genre d'histoire qui se raconte dans les journaux pour ex-fondés de pouvoirs de banque devenus Présidents de la république... comme par exemple  "Les Echos". Or, sauf à considérer "Les Echos" comme relevant de la presse complotiste, populiste et europhobe, on pourra juger qu'au moins leur éditorialiste ne se cache pas derrière son petit doigt pour résumer les événements, tels que vus du point de vue de la bourgeoisie affairiste, des intérêts du patronat, de la classe dirigeante et plus généralement de "l'Empire du bien"... en marche :

L'ACTUALITÉ DU JOUR PAR Daniel Fortin @dafortin

Divorce à l'italienne

D'un côté, les marchés, leur toute puissance, leurs agents comme le président italien Sergio Mattarella, qui vient d'écarter le candidat Premier ministre de la coalition extrémiste majoritaire au Parlement pour lui substituer un ancien dirigeant du FMI. De l'autre, le peuple, outragé, pris en otage, qui n'aura de cesse de reconduire encore plus puissante l'improbable coalition Ligue-M5S lors des prochaines législatives prévue au plus tard pour début 2019. Tels sont les termes du "débat" qui agite aujourd'hui une Italie aux prises avec l'une des pires crises politiques de son histoire, excepté l'épisode mussolinien. Pendant ce temps, la bourse de Milan s'écroule, les taux obligataires italiens remontent, les actions des banques dégringolent et les capitaux s'enfuient... Les marchés finissent toujours par avoir le dernier mot.

Carlo Cottarelli a travaillé plusieurs années au FMI. Il était jusqu'à présent directeur de l'Observatoire des comptes publics. - Andreas SOLAhttp

//www.librairie-tropiques.fr/2018/05/des-echos-transalpins.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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« Coup de force en Italie ! Un ancien du FMI nommé Premier ministre »

TRIBUNE LIBRE / par | 29 Mai 2018

Il est sans majorité, il ne représente rien et pourtant, c’est lui que le président italien charge de former un gouvernement.

TL CS COSTARELLI

Son nom ?

Carlo Cotarrelli !

Son expérience ?

Le FMI !

Ses convictions ?

Pro-européennes.
Mondialistes.
Europhiles.
De surcroît, il aime et adore… l’austérité, la vraie, la pure, celle du FMI !

D’un gouvernement eurosceptique à un Premier ministre du FMI !

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En refusant le ministre de l’Économie du gouvernement que lui avait présenté Giuseppe Conte, cela a précipité l’Italie dans une gravissime crise politique. Le parti Ligue souhaitait la nomination de l’économiste Paolo Savona, 81 ans, qui doute de la pertinence du maintien de l’Italie dans la zone euro… Pour protéger l’euro, le président italien a finalement refusé ce gouvernement. Mais ce n’est pas tout.

Allant jusqu’au bout de la logique de « protection » non pas de la Constitution italienne mais des institutions européennes, le président italien, Sergio Mattarella, a demandé à l’ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) de devenir le Premier ministre du pays par intérim et de former un gouvernement de transition.

« Chargé d’essayer » de former un nouveau gouvernement de transition, parce que sans aucune majorité, alors que les Italiens ont voté pour l’exact contraire des valeurs par ailleurs respectables que porte cet homme, il n’a strictement aucune chance de former ce gouvernement.

Pire, ce qui vient de se passer est une terrible provocation démocratique car vous avez sous les yeux la négation (encore une fois) d’un vote populaire.

De nouvelles élections début 2019… ou en septembre !

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« Je me présenterai au Parlement avec un programme qui, si j’obtiens la confiance, inclura le vote du budget 2019. Ensuite, le Parlement sera dissous, avec des élections début 2019 », a-t-il expliqué en précisant que sans la confiance du Parlement les élections se tiendront « après le mois d’août ».

M. Cottarelli a en outre assuré que « le gouvernement resterait alors neutre » et s’est engagé « à ne pas être candidat aux prochaines élections » promettant que la situation des comptes publics était en ce moment « sous contrôle ».

Alors il devrait se tenir de nouvelles élections. En attendant, le parlement sera dissous ou presque, il ne servira à rien, et un « gouvernement dit technique » se chargera d’appliquer en Italie les demandes édictées à Bruxelles exactement comme ce fut le cas lors de l’épisode de l’éviction de Silvio Berlusconi par Merkel et Sarkozy qui avait installé par un coup de force déjà, Mario Monti qui avait fait la politique demandée à Bruxelles.

La démocratie oui, mais que si vous votez comme on vous le demande !

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L’Union européenne est devenue un monstre. Un « empire » qui poursuit sa propre logique de toute puissance et qui veut s’étendre. Tous ces empires ont toujours été, à travers les âges et l’histoire de l’humanité, des systèmes qui finissent en dictature.

L’Union européenne n’échappe pas à ce funeste destin.

Plus elle se fragilise, plus elle montre et démontre son inefficacité, plus elle est rejetée par les peuples qui la composent et plus, pour survivre, elle doit se montrer violente.

Ne vous faites aucune illusion.

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Soit nous tuons cette Union européenne, soit nous liquidons ce système politique abjecte, négation de la démocratie et du droit légitime des peuples à disposer d’eux-mêmes, soit, dans 10 ans, l’Union européenne aura sa propre Stasi, ses lieux d’interrogatoires secrets de la Loubianka, ou encore ses propres goulags pour réprimer ses dissidents.

Lutter contre l’Union européenne est le devoir de chaque citoyen épris de liberté.

Je veux bien que Poutine soit un horrible dictateur avec de mauvaise élections. Que Maduro soit aussi un dictateur. Je veux bien accepter qu’en Chine aussi ce soit mal et la dictature, et ne parlons pas de la Corée du Nord et de tous ces pays qui oppriment leurs citoyens.

Mais posons la question qui fâche.

Quelle est la différence entre une élection en Russie et une élection en Italie ?

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Aucune me semble-t-il car pour rester « politiquement correct », dans les deux cas, nous connaissons le résultat à l’avance.

Combien de fois l’Union européenne et ses commissaires politiques feront-ils revoter les Italiens ?

Ce qui est certain c’est que la prochaine fois, le score sera encore plus élevé contre le parti europhile.

Au bout du chemin, l’Union européenne devra accepter d’être ce qu’elle est : une véritable dictature où le droit de vote ne compte plus, ou alors elle devra accepter de disparaître.

Dans tous mes éditos en bas de page je cite cette phrase de Kennedy : « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. » Je la cite exactement pour ces raisons.

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Une dictature, par nature et par essence, engendre de la violence. Nous en sommes au début de la décomposition de l’Empire européen. Comme toute décomposition, elle sera violente, et nous fera entrer dans une période d’immenses troubles. *...

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/coup-de-force-en-italie-un-ancien-du-fmi-nomme-premier-ministre-ledito-de-charles-sannat/

 

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*... à moins que dès l'an prochain, en France notamment, les électeurs se ressaisissent et fassent mordre la poussière aux listes présentées par des partis européistes, quelque soit leur degré d'allégeance à la "construction européenne", afin de donner un coup d'arrêt décisif à cette mise en esclavage des peuples et des nations!   P.G.

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mardi 29 mai 2018

Crise italienne : Macron salue le «courage» et la «responsabilité» du président Mattarella

Refusant catégoriquement une présence eurosceptique au ministère des Finances, le président italien a confié à Carlo Cottarelli, ancien du FMI, le soin de former un gouvernement. Le président français a tenu à féliciter son homologue italien.

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Emmanuel Macron a complimenté le président italien Sergio Mattarella après que ce dernier a convoqué Carlo Cottarelli, ancien haut responsable du FMI, pour former une équipe gouvernementale après la démission de Giuseppe Conte

Le chef de l'Etat français a ainsi déclaré : «Je redis mon amitié et mon soutien au président Mattarella qui a une tâche essentielle à mener, celle de la stabilité institutionnelle et démocratique de son pays, ce qu'il fait avec beaucoup de courage et un grand esprit de responsabilité.»

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Le locataire de l'Elysée a par ailleurs tenu à rappeler que «l'Italie [était] un partenaire important pour la France sur tous les sujets», soulignant tout particulièrement l'importance de Rome «pour les projets européens».

Giuseppe Conte avait été nommé le 23 mai au poste de président du Conseil des ministres par la coalition populiste, mais il n'est pas parvenu à imposer son gouvernement auprès du président. Ce dernier a en effet refusé que l'eurosceptique Paolo Savona occupe le poste de ministre de l'Economie et des Finances.

Formée par les anti-système du Mouvement 5 étoiles (M5S) et les anti-immigration de la Ligue, la coalition a qualifié la tournure des événements d'«occupation financière», le leader du M5S Luigi Di Maio allant jusqu'à prôner la destitution du président par le Parlement.

Avant la réaction officielle d'Emmanuel Macron, la décision du président italien avait déjà été commentée par plusieurs figures et partis de la scène politique française, le Front national et la France insoumise déplorant une atteinte à la démocratie.

https://francais.rt.com/international/51114-crise-italienne-macron-salue-courage-responsabilite-president-mattarella

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Une provocation de plus, Macron ne loupe jamais une occasion d'afficher son mépris pour le peuple, on a même l'impression qu'il en tire une jouissance...   P.G.

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13 ans : le référendum volé de 2005 ou le passé qui ne passe pas

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Publication d'un article de Coralie Deleaume paru en 2015, qui bien sûr reste d'actualité, surtout quand on observe ce qu'il se passe en Italie...   P.G.

HIST REFERENDUM 2005

(...) J'espère qu'on me pardonnera cet accès de feignasserie mais je me contente de reproduire pour l'occasion un morceau du chapitre six de Europe, les Etats désunis. Joyeux anniversaire à tous les démocrates ! 
***
 
 
Le « référendum volé » de 2005 ou le passé qui ne passe pas

 

marianne baillon 2

Le pessimisme hexagonal est partagé, on le sait, par d'autres peuples d'Europe. En France, il existe toutefois une circonstance aggravante. Elle relève de ces événements qui, si on parvient à les mettre entre parenthèses suffisamment longtemps pour les croire oubliés, finissent par se rappeler à notre souvenir faute d'avoir été jamais digérés. Le « référendum volé » de 2005 relatif au projet de traité constitutionnel européen est assurément de cet ordre. Il appartient à ce passé qui ne passe pas car il n'est ni du registre de l'erreur, ni du registre de l'échec, mais de celui de la tromperie. En choisissant d'ignorer le choix fait par le peuple le 29 mai 2005, les dirigeants français ont tout révélé de cette Europe-là. D'abord qu'elle était l'antithèse-même de la démocratie. Ensuite que cela leur convenait et qu'ils étaient décidés à consentir à tout dans le but de préserver cet objet désincarné.
Les Français n'ont pourtant été ni les seuls ni les premiers faire l'amère expérience que leur voix comptait désormais pour presque rien dans l'inexorable déploiement de l'a-démocratie européenne. D'autres peuples se sont vus rabroués par leurs propres mandataires au motif que, décidément, ils n'y comprenaient rien. Le tout généralement enveloppé dans le discours infantilisant d'usage : si les électeurs votent de travers c'est parce que le sujet est « trop compliqué » et qu'on n'a pas suffisamment mis l’accent sur « la pédagogie ». A la bêtise fondamentale de citoyens peu avertis, mieux vaudrait donc opposer la compétence et l'acuité lucide des élites « éclairées », les seules, d'ailleurs, à bénéficier d'une véritable « expérience européenne ». Dormez, braves gens, ou zonez devant des talk-shows. On s'occupe à votre place de concevoir votre Bien.

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Chez certains de nos voisins, on a au moins tenté de préserver les apparences. On y a rappelé aux urnes les « mal-votant », comme on appelle les pécheurs à confesse. A grand peine parfois. En Irlande, par exemple, il a fallu pas moins de quatre votes pour avaliser deux traités. Celui de Nice, d'abord, avait été rejeté par 54 % des électeurs irlandais en juin 2001 avant d'être accepté un an et demi plus tard, à l'occasion d'un second vote. Celui de Lisbonne, ensuite, a également nécessité deux votes. Le premier, en 2008, ayant concentré plus de 53 % de « non », on revota, très favorablement cette fois (67%), en 2009.

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A l'encontre des récalcitrants de 2005, on fut moins scrupuleux. Aux Pays-Bas, on n'osa pas plus qu'en France redonner la parole à des électeurs a priori peu enclins à en faire bon usage. Les Néerlandais subirent à peu près le même traitement que les Français. On s'en souvient, eux aussi avaient vivement rejeté le projet de traité en 2005. A la question « Etes-vous pour ou contre l'approbation par les Pays-Bas du traité établissant une Constitution pour l'Europe ? », plus de 61 % des électeurs avaient répondu par la négative. En 2008, c'est donc au Parlement du pays, bien plus docile, qu'il fut demandé de ratifier Lisbonne.
 
 
Un tweet de Nicolas Sarkozy
Lisbonne : la copie, ou presque, du projet de traité constitutionnel. Un jumeau auquel il ne manque que quelques grains de beauté discrets pour être un clone parfait. Grosso modo, on s'est contenté de gommer le mot « Constitution » pour le remplacer par « traité » et par ôter les éléments à caractère symbolique qui visaient à simuler la création d'un pseudo-Etat. Comme l'hymne, par exemple, ou le drapeau étoilé, ce qui n'empêche nullement ce dernier de flotter partout, puisqu'il est l'emblème des Communautés européennes depuis 1985. Comble de la mièvrerie, la devise « unis dans la diversité » fut évacuée également. La voilà donc à nouveau disponible pour servir de slogan à une future publicité pour les vêtements Benetton. Enfin, le personnage qui devait porter le titre de « Ministre des affaires étrangères » écope de celui de « Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères », avec le succès que l'on sait : il n'y a pas plus erratique - plus inexistant, même - que la diplomatie européenne.
 

TRAITE DE LISBONNE 1

Outre cela, le contenu est le même. Il est simplement éclaté dans les traités préexistants qu'il amende, de sorte que l'Union est désormais régie par deux textes : le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), c'est à dire le traité de Rome modifié, et le traité sur l'Union européenne (TUE), soit Maastricht adapté. Une simple réorganisation, donc, mais pas une réécriture. Un juriste, Jean-Luc Sauron, auteur d'un livre intitulé Comprendre le traité de Lisbonne1 expliquait d'ailleurs la chose très simplement. Interrogé sur la question de savoir s'il existait une différence entre le projet constitutionnel et le nouveau traité, il répondait : « Faut-il en chercher une ? Le TCE a été ratifié par une majorité d’États membres représentant 56 % de la population européenne. Pouvait-on, dans ces conditions, gommer ce texte ? »2. C'est vrai, ça ! On avait suffisamment travaillé sur ce projet en 2005, on n'allait tout de même pas, au motif de deux référendums négatifs et France et aux Pays-Bas, s'amuser à tout reprendre. L’Europe, c'est du sérieux ! Elle n'a pas que ça à faire ! Quant à ceux qui réclamaient que le nouveau texte soit à son tour soumis à référendum, le juriste leur répondait : « le référendum, c’est la négation du destin commun. Ce n’est pas Lisbonne que refusent les tenants du référendum, c’est une plaisanterie. Ils refusent l’Union européenne comme elle est, le monde comme il est, le marché comme il fonctionne ». Et refuser le marché comme il fonctionne, ça, vraiment, c’est impardonnable...

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Il n'était pas dans les usages de la droite sarkozyste de refuser le marché tel qu'il fonctionne. Le traité de Lisbonne, proposé à la ratification du Parlement, n'avait certainement pas cette ambition. Durant la campagne présidentielle de 2007, la candidate socialiste, elle, avait appelé de ses vœux un texte plus « social ». Surtout, Ségolène Royal avait suggéré que ce nouveau texte soit soumis, comme son prédécesseur de 2005, à un nouveau référendum. Il était en effet de bon aloi de considérer à gauche qu'un traité rejeté par le peuple devait être représenté au peuple même s’il avait changé de contenu. C'est en tout cas ce que défendra longuement le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, dans un fort beau discours prononcé dans l’hémicycle le 6 février 2008. Il y expliquera notamment combien lui semble mortifère la substitution, pour la première fois dans l'histoire de la République, du Parlement au peuple à la suite d'un échec référendaire. Combien l'Europe, parce qu'elle lui est chère, lui semble mériter une appropriation populaire et combien il lui paraît urgent de l'extirper du giron des spécialistes pour la confier aux soins des citoyens.
 
Au moment de voter la révision constitutionnelle préalable à la ratification de Lisbonne, la gauche française, pourtant, reniera sa parole. Au sein du Parlement réuni en Congrès, 142 députés et sénateurs socialistes s'abstiendront. Pis, plus d'une trentaine d'entre eux votera favorablement. C'est cela, ce consentement muet de certains, cette complicité explicite de quelques autres, qui permettra à Nicolas Sarkozy d'obtenir la majorité des trois cinquièmes nécessaire à la ratification du texte – le même texte – rejeté trois ans plus tôt.
Pourquoi est-il utile de revenir sur cet événement aujourd'hui vieux de plusieurs années et qui fut largement commenté en son temps ? Simplement parce qu'il s'agit d'un séisme antidémocratique qui connaît aujourd'hui des répliques. Parce que cette maladie du politique qui consiste à ne jouer la comédie d'une démocratie strictement procédurale que pour mieux vider de sa substance la démocratie réelle, produit aujourd'hui des symptômes.
« L'épisode Lisbonne », qui a consisté, pour la première fois, à transformer les représentants du peuple en censeurs de celui-ci était appelé à avoir des répercussions de long terme. Il a révélé un large consensus dans la classe politique, non plus seulement pour fabriquer une Europe techno-libérale mais également pour transformer les Assemblées en instances de reformulation d'une parole populaire dont on admettait clairement, désormais, qu'on la trouvait impropre. On est au-delà de l’œcuménisme pro-européen décrit supra3. Ici, le consensus ne se fait plus sur la physionomie et sur l’orientation que l’on souhaite donner à l’Union européenne. Il se fait sur les moyens qu'on est prêt à employer pour parvenir à poursuivre l’intégration. Ces moyens sont lourds puisqu'ils consistent à transformer le statut-même du Parlement. Celui-ci cesse d'être le lieu privilégié d'expression de la volonté populaire, pour devenir, purement et simplement, le lieu de son invalidation.

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A cet égard, « l'épisode TSCG » n'est que la toute petite réplique d'un séisme antérieur. Le retournement de point de vue d'un seul et même homme, François Hollande, en l'espace de quelques semaines et l’enterrement rapide d’une promesse de campagne paraît presque véniel. Le candidat Hollande avait assuré, lors de la campagne présidentielle de 2012, qu'il renégocierait, sitôt élu, le « traité Merkozy » hérité de son prédécesseur. Il n’avait pas dû lui échapper que le TSCG et sa règle d’or constituaient des dispositions supplémentaires en faveur d’une austérité dont on peine toujours à comprendre que la gauche puisse s’en accommoder. Le président Hollande a choisi de répudier son engagement et d’opter, à la place, pour un colifichet - la négociation d'un « Pacte de croissance » dont on n'a plus, depuis, aucune nouvelle -. Ce faisant, il a confirmé une chose à laquelle, cette fois-ci, beaucoup le monde s'attendait : il n'existe, concernant ce qu'il est convenu d'appeler « la réorientation de l'Europe », pas l'ombre d'un projet véritable. Surtout, il n’existe pas l'ombre d'une volonté solide.
1 Jean-Luc Sauron, Comprendre le traité de Lisbonne, Gualino éditeur, décembre 2007.
2 Jean-Luc Sauron, « le traité de Lisbonne est un simple aménagement du règlement intérieur de l’Union », interview publié sur le blog Coulisses de Bruxelles, 25 février 2008.
3 Va falloir acheter le livre !    
Ce qui est bien c'est que les choses ont changé depuis.... ;-)

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lundi 28 mai 2018

Crise politique en Italie : le leader du Mouvement 5 étoiles veut la destitution du président

Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, a déclaré vouloir la destitution du président. Celui-ci a bloqué la nomination d'un ministre eurosceptique, empêchant de fait la validation du gouvernement. Le Premier ministre désigné a même démissionné.

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Le leader du Mouvement 5 étoiles (M5S) a annoncé le 27 mai vouloir la destitution du président italien Sergio Mattarella. En effet, Luigi Di Maio a déclaré, au cours d'un entretien téléphonique pour la télévision publique Rai, qu'il comptait invoquer l'article 90 de la Constitution italienne, permettant de mettre en accusation le chef de l'Etat pour «haute trahison» ou «atteinte à la Constitution».

Luigi Di Maio cherche donc à obtenir du Parlement la destitution du président Sergio Mattarella, après le refus de ce dernier de nommer un ministre proposé par le président du Conseil désigné Giuseppe Conte. «Nous étions à deux doigts de former un gouvernement mais nous avons été stoppés parce que, dans notre équipe, il y avait un ministre qui critiquait l'Union européenne», a déclaré Luigi Di Maio dans cette interview, en faisant référence à Paolo Savona, ouvertement eurocritique, que la coalition populiste M5S-Lega souhaitait voir investir le ministère des Finances. Or, le président italien Sergio Mattarella a refusé de valider le nom de Paolo Savona, ne souhaitant pas menacer l'Italie d'une sortie de la zone euro.

Le chef du gouvernement italien désigné, Giuseppe Conte, a quant à lui jeté l'éponge le 27 mai face à l'intransigeance de Sergio Mattarella. Cette action du président ouvre la voie à de possibles nouvelles élections et replonge l'Italie dans une crise politique.

https://francais.rt.com/international/51104-le-leader-dumouvement-5-etoiles-veut-la-destitution-du-president-italien

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Le coup de force du président italien ne surprendra pas grand monde à l'UPR qui explique depuis sa création le 25 mars 2007 que la "construction européenne" est par nature fondamentalement anti- démocratique. A la veille de l'anniversaire du vote des Français contre le Traité constitutionnel européen du 29 mai 2005, trahi en 2008 par un coup de force parlementaire (Traité de Lisbonne), la crise politique qui s'ouvre en Italie permettra peut- être à un certain nombre de nos concitoyens de prendre conscience de la nécessité d'en sortir avant qu'il ne soit trop tard, ce serait déjà ça. D'autant que le dernier referendum en Irlande a fâcheusement rappelé que la démocratie est à géométrie variable au sein de l' Union européenne car les Irlandais avaient voté contre les changements constitutionnels permettant la ratification du traité de Lisbonne en 2008, et durent revoter l'année suivante, cette fois- ci dans le "bon sens". Un scenario peut- être envisagé par les eurocrates en Italie, mais cette fois- ci, l'opération pourrait s'avérer risquée...     P.G.

OUTIL FREXIT URGENT

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mercredi 9 mai 2018

Qu'est-ce que la Journée de l'Europe ?

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Attention: publicité/ propagande, à consommer avec modération!

AFFICHE FETE EUROPE

La Journée de l'Europe est, avec le drapeau, la monnaie, la devise et l'hymne européens, l'un des symboles de l'Union européenne. Activités et festivités sont organisées à cette occasion. Date anniversaire de la Déclaration Schuman, considérée comme "l'acte de naissance" de l'Union européenne, la Journée de l'Europe est aujourd'hui un symbole fort.

Fête de l'Europe 2018

Quand est-elle célébrée ?

La Journée de l'Europe est célébrée tous les ans le 9 mai, et ce depuis 1985. C'est en effet le 9 mai 1950 que Robert Schuman a présenté sa proposition relative à une organisation de l'Europe, indispensable au maintien des relations pacifiques. La Journée de l'Europe a été instaurée par les dirigeants européens lors du Conseil européen de Milan en juin 1985 et fêtée la première fois en 1986.

En 2018, la plupart des événements organisés dans le cadre de la fête de l'Europe auront lieu le week-end des 12 et 13 mai.

En quoi consiste la journée de l'Europe ?

Fête de l'Europe

Le 9 mai est à la fois une journée d'information et de discussion sur l'Union européenne et une fête populaire au cours de laquelle, dans chaque Etat membre, les citoyens européens célèbrent leurs différentes cultures et leurs traditions. Découvrez les événements organisés en France !

La Journée de l'Europe est également l'occasion de mettre en avant les symboles de l'unité de l'Union européenne : un drapeau à douze étoiles, un hymne et une devise, "Unie dans la diversité". Dans les pays de la zone euro, la monnaie unique est un autre symbole d'unité.

Qui est concerné ?

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Chaque année, les institutions européennes, les collectivités, les associations, les écoles et les citoyens célèbrent le 9 mai par des manifestations diverses et variées.

Comment organiser un événement ?

En France, les Centres d'Information Europe Direct (CIED) proposent des documents gratuits sur l'Union européenne. Dans toutes les régions, les GUIDEurope, les centres d'information et les associations sont également susceptibles d'aider à la préparation de la journée : recherche d'intervenants, conseils pour l'organisation, fourniture de documents...

Qu'est-ce que la déclaration Schuman ?

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Le 9 mai 1950, sur proposition de Jean Monnet, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, fait une déclaration historique dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay : il appelle à la mise en commun sous une autorité internationale des productions française et allemande de charbon et d’acier.

Ce projet, visant à assurer la paix en Europe, est aujourd’hui considéré comme l’acte de naissance de la construction européenne. Il est à l’origine de la première communauté européenne : la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) qui voit le jour en 1951.

Sur ce modèle, d’autres communautés vont suivre, dont la plus connue est la Communauté économique européenne (1957). Ces communautés, créatrices de solidarités, ont consolidé les rapports entre les Etats européens. Elles se sont élargies et approfondies pour donner naissance à l’Union européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Découvrez le texte intégral de la déclaration et de nombreuses autres informations dans notre dossier consacré à la Journée de l'Europe.

https://www.touteleurope.eu/actualite/qu-est-ce-que-la-journee-de-l-europe.html

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