vendredi 17 novembre 2017

La montée du nouveau maccarthysme, par Robert Parry

Au moment où le nouveau maccarthysme s’empare de l’Amérique, le journal néoconservateur, le Washington Post, rend la Russie responsable de presque tous les problèmes et traite les dissidents états-uniens de « compagnons de route », écrit Robert Parry.

Ne vous y trompez pas : les États-Unis sont entrés dans une nouvelle ère de maccarthysme qui impute à la Russie la responsabilité de pratiquement tous les problèmes politiques et qui a commencé à cibler les citoyens américains qui ne souscrivent pas à la propagande de cette nouvelle guerre froide.

ARG MC CARTHYSME

Cependant, ce qui différencie ce nouveau maccarthysme de celui des années 1950, c’est qu’il a le soutien des Démocrates, des progressistes et même de personnes vraiment très à gauche, tous aveuglés par leur dégoût pour le président Trump alors que c’étaient les Républicains et la droite qui étaient les chefs de file du maccarthysme des années 50. Les acolytes du sénateur Joe McCarthy dénigraient alors la majeure partie de la gauche, victime principale de ce mouvement et qualifiaient ses membres d’antiaméricains et de « compagnons de route » des Communistes.

Les vrais vainqueurs de ce nouveau maccarthysme semblent être les néoconservateurs qui ont utilisé la haine anti-Trump des Démocrates et des progressistes pour inciter la majorité des gens de gauche à partager l’hystérie politique qui voit la prétendue « ingérence » politique des Russes comme une occasion « d’avoir Trump ».

Les néoconservateurs et leurs alliés ont déjà exploité la frénésie anti-russe pour soutirer des dizaines de millions de dollars de plus aux contribuables afin de financer des programmes destinés à « combattre la propagande russe », c’est-à-dire des ONG et des « chercheurs » qui ciblent les Américains dissidents qui osent protester contre les justifications de cette nouvelle guerre froide.

Le Washington Post qui, depuis des années, est le porte-drapeau de la propagande néoconservatrice, élabore, de nouveau, la nouvelle orientation que doit suivre l’Amérique, comme il l’avait fait en ralliant le peuple américain à l’invasion de l’Irak en 2003 et en provoquant la sympathie pour les « changements de régime » avortés en Syrie et en Iran. Ce quotidien a commencé à rendre responsable la Russie de quasiment chaque événement mondial particulièrement fâcheux, la Russie, la Russie, la Russie !

Par exemple, mardi, un éditorial du Post a cherché les raisons de la poussive victoire de la chancelière allemande et de l’importance surprenante du score du mouvement d’extrême droite, une Alternative pour l’Allemagne, l’AfD, non dans les mesures d’austérité d’Angela Merkel, qui ont rendu plus difficile la vie de la plus grande partie de la classe ouvrière ni dans sa politique de porte ouverte aux réfugiés, qui a déstabilisé certains quartiers ouvriers, mais il en attribue la responsabilité à, bravo ! vous avez deviné, la Russie !

Les preuves, comme d’habitude, sont vagues et partiales, mais elles vont certainement être gobées par beaucoup de Démocrates et de progressistes, qui détestent les Russes auxquels ils imputent l’élection de Trump et par beaucoup de Républicains et de conservateurs chez lesquels subsiste une vieille haine pour la Russie qui vient de la première guerre froide.

Le Washington Post a cité le laboratoire de recherche numérique du Conseil de l’Atlantique, qui est à l’origine de beaucoup de l’hystérie sur Internet au sujet des prétendues activités russes sur Internet. Le Conseil atlantique est essentiellement un groupe de pensée de l’OTAN et il est financé par de l’argent émanant du gouvernement des États-Unis, les États pétroliers du Golfe, les sous-traitants militaires, les institutions financières mondiales et beaucoup d’autres sources qui vont profiter directement ou indirectement de la croissance du budget militaire des États-Unis et des interventions de l’OTAN.

Blâmer la Russie.

Dans cette nouvelle guerre froide, on reproche aux Russes non seulement de mettre à mal certains des plans de « changement de régime » des néoconservateurs, comme la guerre par alliés interposés en Syrie, mais aussi d’avoir joué un rôle dans certains événements politiques de l’Occident, comme l’élection de Donald Trump et la montée de l’extrême droite en Allemagne.

Le laboratoire numérique du Conseil atlantique soutient, selon l’éditorial du Washington Post, que « dans les dernières heures de la campagne [allemande ], des militants en ligne du parti d’extrême droite, l’ AfD, ont commencé à mettre en garde leur base contre une possible fraude électorale et ce sont des comptes de trolls anonymes qui ont déclenché ces alertes et des bot-nets (robots réseaux) en russe qui leur ont donné leur élan. »

Bien sûr, le Washington Post ne fournit rien qui relie ces alertes au gouvernement russe ou au président Vladimir Poutine. C’est dans la nature même du maccarthysme que ne soit exigée aucune preuve : une ambiance lourde et de sombres soupçons suffisent amplement. Pour ceux d’entre nous qui ont des sites web, les « trolls », certains bénévoles et d’autres professionnels, sont devenus une nuisance courante et ils reflètent de nombreuses opinions politiques, pas seulement celle du gouvernement russe.

En outre, il est courant, ces temps-ci, que les campagnes adressent des alertes de dernière minute à leurs sympathisants au sujet d’une possible fraude électorale pour susciter des doutes sur les résultats, si le score se révélait décevant.

Le gouvernement des États-Unis s’est précisément lui-même engagé dans cette stratégie tout autour du monde, en amenant les partis en faveur des États-Unis à non seulement se plaindre d’une fraude électorale mais aussi à descendre dans la rue pour contester la légitimité des résultats sortis des urnes. Cette stratégie états-unienne a été mise en œuvre dans des endroits comme l’Ukraine lors la révolution orange en 2004, l’Iran lors de la révolution verte en 2009 et la Russie, lors de la révolution des neiges en 2011, et bien d’autres encore.

Les alertes pré-électorales sont aussi devenues une caractéristique des élections états-uniennes et, en 2016, Donald Trump et Hillary Clinton ont même, tous les deux, pour des raisons différentes certes, soulevé des questions à propos la légitimité du vote.

Pourtant au lieu de considérer la manœuvre de l’AfD comme un stratagème typique utilisé par un parti de moindre importance et le résultat de l’élection allemande comme le reflet compréhensible du mécontentement des électeurs et de la lassitude engendrée par les trois mandats de Merkel comme chancelière, le Conseil atlantique et le Washington Post voient les Russes, et particulièrement Poutine, en embuscade, à l’origine de tous ces événements.

Adorer détester Poutine

Dans le monde de la propagande néoconservatrice, Poutine est devenu la bête noire par excellence, car il a fait échouer de nombreux projets des néoconservateurs. Il a aidé à éviter une importante attaque militaire américaine contre la Syrie en 2013 ; il a aidé le président Obama à parvenir à l’accord nucléaire avec l’Iran en 2014-2015. Il s’est opposé et a, dans une certaine mesure, contrarié le coup d’État soutenu par les néoconservateurs en Ukraine en 2014; et il a finalement fourni la puissance aérienne qui a vaincu les forces « rebelles » soutenues par les néoconservateurs en Syrie en 2015-17.

Le Post et les néoconservateurs veulent que Poutine s’en aille – et ils ont utilisé des allégations inconsistantes sur les « ingérences russes » aux États-Unis et d’autres élections comme nouveau thème de propagande pour justifier la déstabilisation de la Russie par des sanctions économiques et si possible, élaborer un autre projet de « changement de régime » à Moscou.

Rien de tout cela n’est même secret. Le président néo-conservateur du National Endowment for Democracy, financé par le gouvernement américain, Carl Gershman, a proclamé publiquement l’objectif de renverser Poutine dans un éditorial du Washington Post en écrivant : « Les États-Unis ont le pouvoir de maîtriser et de vaincre ce danger . La question est de savoir si nous pouvons trouver la volonté de le faire. »

Mais la façon de fonctionner de la propagande néoconservatrice est que les États-Unis et leurs alliés sont toujours les victimes d’un ennemi néfaste qui doit être contrecarré pour protéger tout ce qui est bon dans le monde. En d’autres termes, alors que la NED et d’autres opérations financées par les États-Unis visent Poutine et la Russie, ce sont la Russie et Poutine qui doivent être transformés en agresseurs.

« M. Poutine ne veut rien tant que de susciter des doutes, embrumer les esprits, provoquer des fêlures et créer de l’incertitude autour du pilier allemand de l’Europe » a déclaré l’éditorial du Post. « Il se délecte du chaos qui s’infiltre et des troubles qui s’installent dans les sociétés ouvertes. Dans ce cas, soutenir l’AfD à l’extrême-droite est extraordinairement cynique, étant donné les millions de Russes sont morts pour vaincre les fascistes il y a soixante-dix ans. »

Sans vouloir insister sur ce point, il n’y a aucune preuve crédible que Poutine ait fait cela. Le Conseil Atlantique, très virulent et anti-russe, prétend que certains « comptes trolls anonymes » ont fait la promotion d’une plainte de l’AfD concernant une possible fraude électorale et qu’elle a été reprise par « un réseau de bots en langue russe ». Même si cela est vrai – et le Conseil Atlantique est loin d’être une source objective – où est le lien avec Poutine ?

Ce n’est pas Poutine qui gère tout ce qui se passe en Russie, une nation de 144 millions de personnes. Mais le Post voudrait que vous le croyiez. C’est la pièce maîtresse de cette théorie du complot néoconservateur.

Faire taire les dissidents

De même, tout Américain qui remet en question cette propagande est immédiatement rejeté comme un « larbin du Kremlin » ou un « propagandiste russe », une autre campagne hideuse menée par le Post et les néoconservateurs. Encore une fois, aucune preuve n’est requise, juste une analyse que ce que vous dites est en quelque sorte parallèle à quelque chose que Poutine a dit.

Le bâtiment du Washington Post au centre-ville de Washington, DC (Crédit photo : Washington Post)

Mardi, dans ce qui équivalait à un article associé à l’ l’éditorial, le Post a de nouveau avancé des soupçons sans preuves sur les « agents russes » achetant 100 000 dollars de publicités sur Facebook de 2015 à 2017 pour prétendument influencer la politique américaine. Encore une fois, aucune preuve requise.

Dans l’article, le Post rappelle aussi à ses lecteurs que Moscou porte depuis longtemps son attention sur les inégalités sociales aux États-Unis, ce qui nous ramène aux comparaisons entre l’ancien maccarthysme et le nouveau.

Oui, il est vrai que l’Union Soviétique dénonçait la ségrégation raciale en Amérique et invoquait cet aspect peu ragoûtant de la société américaine en exprimant sa solidarité avec les mouvements américains pour les droits civiques et le combat de libération nationale en Afrique . C’est aussi vrai que les communistes américains ont collaboré avec les mouvements des droits civiques nationaux pour promouvoir l’intégration raciale.

C’était la raison principale pour laquelle le FBI de J. Edgar Hoover avait ciblé Martin Luther King Jr et d’autres leaders afro-Américains- parce qu’ils s’associaient avec des communistes réels ou suspectés. De même, l’administration Reagan refusa son soutien à Nelson Mandela parce que son parti, l’African National Congress, avait accepté le soutien des communistes dans son combat contre l’Apartheid en Afrique du Sud et contre le régime de domination des Blancs.

C’est intéressant de voir que l’un des arguments des démocrates progressistes nationaux dans l’opposition à la ségrégation dans les années 60 était que la répression des Noirs américains sapait les efforts diplomatiques pour rechercher des alliés en Afrique. Autrement dit, la critique des communistes et des soviétiques de la ségrégation américaine a, en fait, contribué à entraîner le fin de ce système choquant.

Encore que, l’association de King avec de soi-disant communistes est resté un point de discussion pour les ségrégationnistes irréductibles même après son assassinat quand ils se sont opposés à la création d’un jour de congé national en son honneur dans les années 80.

Ces parallèles entre le vieux maccarthysme et le nouveau sont implicitement admis dans l’article de news du Post de mardi, qui cite les critiques de Poutine sur les policiers qui tuent des Noirs américains désarmés, comme preuve de son ingérence dans la politique américaine.

« Depuis qu’il est en fonction, Poutine a cherché à l’occasion, à mettre en évidence les tensions raciales aux États-Unis comme moyen de façonner la perception de la société américaine », déclare l’article. « Poutine s’est lui-même immiscé dans le débat de 2014 sur les races, après que des manifestations avaient éclaté à Ferguson, Missouri, parce qu”un policier blanc avait mortellement blessé par balles Michael Brown, un Afro-américain. »

« Croyez-vous que tout est parfait à présent sur le plan de la démocratie en Amérique ? » a dit Poutine dans l’émission 60 minutes de CBS. « Si tout était parfait, il n’y aurait pas eu le problème de Ferguson. Il n’y aurait pas d’exactions de la part de la police. mais notre tâche est de voir tous ces problèmes et d’y répondre comme il faut. »

La question spéculative du Post semble être que la réponse de Poutine comprend « des agents russes » achetant des pubs sur Facebook pour exploiter ces tensions raciales, mais il n’y a aucune preuve pour soutenir cette théorie de conspiration.

Cependant, alors que l’hystérie anti-russe se propage, nous verrons peut-être bientôt des Américains qui protestent également contre le meurtre par la police d’hommes noirs désarmés dénoncés comme « compagnons de route de Poutine, ce qui est fort semblable à la calomnie contre King et les leaders des droits civiques accusés d’être des ‘gogos communistes’ ».

Ignorant la réalité

Ainsi, les Démocrates et la chancelière Merkel, au lieu de regarder dans le miroir et de voir les vraies raisons pour lesquelles de nombreux électeurs blancs se tournent vers des alternatives « populistes » et « extrémistes », peuvent-ils se contenter de blâmer Poutine et continuer la répression contre les dissidents sur Internet en tant que travail « des agents russes ».

La chancelière allemande Angela Merkel avec les mains dans la position caractéristique du losange Merkel. (Photo de Wikipedia)

Déjà, sous le masque de la lutte contre la propagande russe, et contre les « fake news », Google, Facebook et d’autres géants de la technologie ont commencé à introduire des algorithmes pour traquer et marginaliser les infos qui défient les thèses officielles du gouvernement américain sur des questions brûlantes comme l’Ukraine et la Syrie . Encore une fois, aucune preuve n’est requise, juste le fait que Poutine ait pu dire quelque chose de similaire.

Alors que les démocrates, les progressistes et même certaines personnes très à gauche se joignent à cette hystérie du Russia - Gate poussés par la haine contre Donald Trump et ses tendances prétendument « fascistes », ils voudront peut-être se demander avec qui ils se compromettent et ce que ces néoconservateurs ont à l’esprit pour l’avenir.

On peut dire que si le fascisme ou le totalitarisme arrive aux États-Unis, il est plus susceptible d’arriver sous couvert de « protection de la démocratie » de la Russie ou d’un autre adversaire étranger que d’un clown télé-réalité comme Donald Trump.

Le nouveau maccarthysme avec ses algorithmes orwelliens peut sembler une façon intelligente de neutraliser Trump, (et même peut-être de le renverser) mais – bien après le départ de Trump – une structure permettant aux néo-conservateurs et aux médias mainstream de monopoliser le débat politique américain pourrait être une menace beaucoup plus grande pour la démocratie et la paix.

Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé de nombreuses histoires d’Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Robert Parry, Consortium News, 26-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

https://www.les-crises.fr/la-montee-du-nouveau-maccarthysme-par-robert-parry/

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mardi 14 novembre 2017

L’aube d’un avenir à la Orwell, par Robert Parry

Aux États-Unis, les médias dominants continuent à propager leurs propres « fake news », notamment à propos d’un « consensus » de la communauté du renseignement sur le « piratage » à l’origine du Russia-gate tandis que des algorithmes entreprennent de marginaliser les opinions dissidentes, écrit Robert Parry.

ARG BIG BRO NYP

Le New York Times, semble-t-il, ne peut pas s’empêcher de reprendre un bon gros mensonge. Pourtant contraint de publier une correction embarrassante où il retirait sa fausse allégation au sujet du prétendu consensus des 17 agences du renseignement, selon laquelle la Russie a piraté les mails du Parti démocrate et les a rendus publics pour aider Donald Trump à battre Hillary Clinton, le journal remet cela en nous suggérant exactement la même chose.

Le New York Times use à présent d’un nouveau stratagème : il affirme que les allégations au sujet du piratage russe sont l’objet d’un jugement « consensuel » de la communauté du renseignement états-unienne sans préciser le nombre d’agences impliquées. Ainsi, il a publié vendredi un article de Matt Flegenheimer à propos du vote du Sénat destiné à empêcher le Président Trump de lever les sanctions contre la Russie et il emploie cette formulation fallacieuse :

« L’administration Trump s’est opposée aux sanctions contre la Russie, faisant valoir qu’elle a besoin d’une certaine flexibilité pour entretenir de meilleures relations diplomatiques avec un pays qui, selon le consensus du renseignement américain, s’est ingéré dans l’élection présidentielle de l’année dernière. »

Ainsi, au lieu d’exposer la vérité – c’est-à-dire que « l’évaluation de la communauté du renseignement » était le fait d’un petit groupe d’analystes « triés sur le volet » appartenant à trois agences, et ce, sous le regard vigilant de celui qui était alors directeur de la CIA, John Brennan, et sous la surveillance de celui qui était alors directeur du renseignement national, James Clapper – le Times choisit de donner à ses lecteurs l’impression trompeuse qu’il y avait un « consensus » au sein de la communauté du renseignement états-unien.

En d’autres termes, à moins qu’un lecteur du Times ne connaisse la vérité pour l’avoir lue dans un média indépendant comme Consortiumnews.com, il va continuer à croire que les 17 agences de renseignement étaient toutes d’accord sur ce point crucial de l’affaire du Russia-gate.

Marginaliser la dissidence

Et le Times et d’autres médias dominants continuent, de façon délibérée, à tromper leurs lecteurs et ils avancent dans leur projet visant à déployer des algorithmes Internet destinés à traquer et à marginaliser ce qu’eux, ils considèrent comme des « fake news » , y compris des articles qui mettent en cause le pouvoir que s’octroient les médias mainstream en contrôlant la version qu’ils donnent des événements.

Selon un rapport du site World Socialist West, « dans les trois mois après que Google, en situation de monopole sur Internet, a annoncé vouloir empêcher ses utilisateurs d’accéder aux ‘fake news’, nombre d’organisations progressistes de gauche, pacifistes et en faveur du respect des droits démocratiques ont vu chuter spectaculairement le nombre de leurs visiteurs dans le monde entier. »

La stratégie de Google est de déclasser les résultats de recherche pour des sites web ciblés, tout en prétendant vouloir limiter l’accès du lecteur à une information de « mauvaise qualité ». Cependant, parmi ces cibles, on trouve apparemment certains des sites Internet alternatifs les plus sérieux, comme, selon le rapport, Consortiumnews.com.

Google parraine la First Draft Coalition, créée pour faire échec aux présumées « fake news » et constituée de médias dominants comme le New York Times et le Washington Post et aussi de sites internet agréés par l’establishment comme Bellingcat, qui est intimement lié au Conseil atlantique anti-russe et pro-Otan.

Ce ministère de la Vérité moderne a vu le jour à la faveur d’une hystérie alimentée par les médias dominants au sujet des « fake news » et de la « propagande russe » au lendemain de l’élection de Donald Trump.

À Thanksgiving, l’an dernier, [24 novembre 2016], le Washington Post a publié, à la Une, un article dans lequel étaient rapportées les accusations d’un site Web anonyme, PropOrNot, pour lequel 2000 sites Internet, y compris des sites qui ont fait leurs preuves comme Truthdig, Counterpunch et Consortiumnews, étaient des organes de « propagande russe ».

Manifestement, PropOrNot avait décidé de prendre comme critère la mise en cause de la Version officielle du département d’État sur la crise ukrainienne ou sur les événements de tout autre point chaud du globe et il dénigrait tous les médias qui osaient le faire. Toutefois, le Post n’a pas donné de détails précis sur ce que ces sites Internet avaient fait pour se trouver sur cette liste noire maccarthyste.

Un avenir à la Orwell

Début mai 2017, le New York Times est entré dans le jeu avec un article élogieux sur la façon dont des algorithmes sophistiqués pouvaient purger l’Internet de présumées « fake news » ou de ce qui est, selon les médias dominants, de la « désinformation ».

Comme je l’ai écrit à l’époque, « on n’a pas besoin d’être très imaginatif pour voir comment cette combinaison de pensée unique dominante et d’intelligence artificielle pourrait créer un avenir à la Orwell où on ne donne qu’une version d’un événement et où l’autre version disparaît tout simplement. »

Après la parution de mon article, j’ai reçu un coup de téléphone d’un journaliste de la NPR, la National Public Radio (radio d’État nationale) qui projetait de faire un sujet sur cette nouvelle technologie et qui a discuté avec moi de mes inquiétudes. Cependant, après que je lui ai expliqué en détail pourquoi il s’agissait là, pour moi, d’une situation où le remède était pire que le mal, je n’ai pas été invité à l’émission de la NPR.

En outre, pour ce qui est du petit nombre de « fake news » publiées volontairement, aucune n’a pu être imputée à la Russie, en dépit des immenses efforts déployés par les médias états-uniens pour trouver un lien quel qu’il soit. Le jour où ces médias dominants ont dépisté une source de « fake news », celle-ci s’est trouvée être un jeune entrepreneur qui essayait de gagner un peu d’argent en attirant beaucoup de visiteurs sur son site.

Par exemple, le 26 novembre 2016, alors que, dans les jours qui ont suivi l’élection de Trump, l’hystérie anti-russe se déchaînait, le New York Times a publié un article relativement objectif à propos d’un site Internet de « fake news », révélant qu’il n’était pas du tout lié à la Russie mais qu’il avait été créé par un étudiant géorgien sans emploi qui utilisait ce site à Tbilisi pour gagner de l’argent en promouvant des articles pro-Trump.

Le propriétaire du site, Beqa Latsabidse, 22 ans, a affirmé avoir essayé au départ de faire paraître des articles favorables à Hillary Clinton mais cela s’était avéré trop peu rentable et il était donc passé aux articles anti-Clinton et pro-Trump, que leur contenu soit exact ou non.

Nous condamnons certes sans réserve ceux qui fabriquent intentionnellement des « fake news » et des « théories conspirationnistes » sans fondement, mais c’est une effrayante et dangereuse perspective que de voir attribué au Times et à un groupe de médias approuvés par Google le pouvoir d’interdire au public d’accéder à une information mettant en cause des pensées de groupe tout aussi stupides.

Doutes sur le Russia-gate

Même si le gouvernement russe n’a pas piraté les mails du Parti démocrate et ne les a pas fait passer à WikiLeaks – accusation réfutée à la fois par le Kremlin et WikiLeaks – personne ne prétend que ces mails étaient faux. En fait, tout prouve qu’ils étaient vrais et tout à fait dignes de faire la Une.

Pendant ce temps, les accusations du gouvernement des États-Unis contre la chaîne russe, Russia today, ont plus à voir avec son traitement de sujets susceptibles de nuire à l’establishment comme les manifestations Occupy Wall Street, la fracturation pour la recherche de gaz naturel et les opinions des petits candidats à la présidentielle qu’avec sa publication de fausses nouvelles.

Dans certains cas, des responsables du département d’État ont fait de fausses allégations en attaquant RT.

La frénésie actuelle autour du Russia-gate est un exemple particulièrement effrayant de la façon dont les conclusions contestables du gouvernement et les mensonges des médias dominants peuvent pousser le monde vers l’annihilation nucléaire. La certitude affichée par les médias dominants à propos de la culpabilité de Moscou en est l’illustration alors même que des experts bien informés ont exprimé de sérieux doutes, certes presque uniquement relayés sur des sites alternatifs.

Vous pouvez y lire, par exemple, l’avertissement de Scott Ritter, ancien inspecteur en armement des Nations-Unis, au sujet des leçons qui n’ont pas été retenues après la débâcle d’ Irak ou encore l’opinion des anciens professionnels du renseignement qui ont mis en cause l’exactitude du rapport du 6 janvier sur le piratage russe.

Peut-être que ces inquiétudes n’ont pas lieu d’être et que le rapport du 6 janvier est exact, mais la poursuite de la vérité ne doit pas consister simplement à s’adjuger les opinions de quelques analystes « triés sur le volet » qui travaillent pour des responsables politiques, comme Brennan et Clapper. Ce qu’on considère comme la vérité doit être mis rigoureusement à l’épreuve et confronté à des points de vue alternatifs et des arguments contradictoires.

Cette attitude est un principe essentiel depuis l’époque des Lumières : la vérité émerge après avoir été confrontée à des opinions opposées parmi celles existant dans la foire aux idées. Remplacer cette très ancienne vérité par des algorithmes qui se déchaînent pour imposer la Version officielle est une menace bien plus grave pour un électorat non informé et pour la santé de la démocratie que les occasions relativement peu nombreuses où un gamin fabrique une fausse nouvelle pour augmenter le nombre de visiteurs sur son site.

Et si cette nouvelle façon de marginaliser les opinions dissidentes prospère, qui va demander des comptes au New York Times quand il trompe intentionnellement ses lecteurs en s’exprimant de manière fallacieuse au sujet du « consensus » de la communauté du renseignement des États-Unis sur la Russie et les e-mails du Parti démocrate ?

Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé plusieurs affaires Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 80.

Source : Robert Parry, Consortium News, 28-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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dimanche 12 novembre 2017

Ces étranges événements qui hantent les nuits de Riyad

Difficile de ne pas conclure que la démission de Saad Hariri, la purge saoudienne et le missile tiré contre Riyad ce weekend sont étroitement liés.

ARG US ARABIE SAOUDITE

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été bien occupé samedi soir. L’héritier du royaume, âgé de 32 ans, s’est surpassé. Il a surpassé l’immense chaos et la misère humaine qu’il avait déjà engendrés en tant que ministre de la Défense responsable du lancement de la campagne de bombardements aériens sur le Yémen.

Tout d’abord, il y a eu la démission soudaine du Premier ministre libanais, Saad Hariri, après seulement un an de mandat. Hariri a fait sa déclaration depuis Riyad, qui est un endroit curieux pour démissionner du poste de Premier ministre du Liban. Son discours était résolument orienté contre le Hezbollah et l’Iran, empreint d’une fermeté dont il n’avait pas fait preuve depuis des années.

Quelques jours auparavant, il n’avait pas laissé paraître que sa vie était menacée, ainsi qu’il l’a affirmé dans son discours. Il a laissé des employés de l’aéroport prendre des selfies avec lui et a quitté le Liban le moral au beau fixe et optimiste.

Saad Hariri pensait avoir survécu à la pression subie par son entreprise de construction, Saudi Oger, l’année dernière, et une rencontre avec le ministre délégué aux Affaires du Golfe, Thamer al-Sabhan,s’était bien déroulée.

Al-Sabhan a tweeté que tous deux étaient d’accord sur « beaucoup de choses intéressantes ». Cependant, le ton du ministre a rapidement changé après la démission de Hariri. Il a alors tweeté : « Les mains de la trahison et de l’agression doivent être amputées », en référence au Hezbollah et à l’Iran.

Un commentateur saoudien bien informé mais anonyme, qui utilise le pseudo Mujtahidd sur Twitter, a écarté la théorie selon laquelle Hariri se sentait menacé d’assassinat par l’Iran. Il a affirmé que le Premier ministre libanais était davantage menacé par le groupe État islamique.

Mujtahidd a déclaré que Hariri était ressorti de ses derniers entretiens avec Ali Akbar Velayati, conseiller principal aux Affaires internationales du guide suprême iranien, de bonne humeur.

« La raison principale de son retour à Riyad est de le tenir captif avec le reste des princes détenus et des hommes d’affaires pour le faire chanter et le forcer à ramener les fonds qu’il détient à l’étranger, en particulier ceux qui ne sont pas liés au Liban. »

« La déclaration qu’il a lue a été écrite pour lui. Il n’était pas convaincu par celle-ci, que ce soit en ce qui concerne le contenu ou en ce qui concerne le fait de remettre sa démission depuis Riyad. Car comment est-il possible pour un responsable politique d’annoncer sa démission depuis la capitale d’un autre pays ? », a écrit Mujtahidd sur Twitter.

Hossein Sheikholeslam, conseiller principal du ministre iranien des Affaires étrangères, semble être d’accord avec Mujtahidd. Il a accusé le président américain Donald Trump et le prince héritier d’avoir fait pression sur Hariri pour le contraindre à démissionner : « La démission d’al-Hariri a été arrangée en coordination avec Trump et Mohammed ben Salmane afin de fomenter des tensions au Liban et dans la région », a déclaré Sheikholeslam.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a réagi calmement à la nouvelle dimanche. Il a blâmé les Saoudiens pour ce retrait de Hariri, qualifiant cette démission de violation de la souveraineté libanaise et d’atteinte à la « dignité de Hariri ».  Il a fait référence à Hariri comme « notre Premier ministre », et non, notre ancien Premier ministre.

Prenez ces déclarations toutes ensemble, il est difficile de ne pas conclure que, lorsqu’il a quitté le Liban, Hariri n’avait pas l’intention de démissionner, qu’il ne savait pas qu’il démissionnerait et que sa démission lui a été imposée par les Saoudiens. Toutefois, selon mes informations, il n’a pas été arrêté.

Le deuxième événement a été, littéralement, une secousse dans la nuit. Elle est survenue quelques heures après le discours belliqueux de Hariri. Un missile à longue portée lancé par des rebelles houthis à des milliers de kilomètres, au Yémen, a atterri quelque part près de l’aéroport de Riyad, dans le nord de la capitale. Le missile aurait été intercepté par des missiles de défense antiaérienne saoudiens, mais des scènes de panique ont été signalées au sol.

Jusqu’à présent, les Houthis ont généralement ciblé Djeddah. Un missile à longue portée destiné à la capitale a été interprété par les Saoudiens comme un message clair de la part d’un intermédiaire de l’Iran : « Si vous accentuez la pression sur le Hezbollah, nous accentuerons la pression sur vous à Riyadh », semblaient vouloir dire les lanceurs du missile.

Le retour de McCarthy

Le troisième événement venant perturber la paix avait été bien planifié. La disparition du prince Mutaeb ben Abdallah avait été largement prédite. Il était en charge de la troisième force militaire du royaume, la garde nationale, et Mohammed ben Salmane avait pris le contrôle du ministère de la Défense et du ministère de l’Intérieur (après avoir évincé son cousin Mohammed ben Nayef). Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne scalpe Mutaeb et mette sous son contrôle les trois armées du royaume.

La garde nationale recrute historiquement au sein des tribus du royaume. Dimanche, les comptes bancaires des cheikhs tribaux impliqués dans l’armée ont été gelés et d’éminents cheikhs ont reçu l’interdiction de se rendre à l’étranger. Ils appartenaient principalement aux tribus Motair et Otaiba qui avaient été fidèles au défunt roi Abdallah. Cela a été fait pour réprimer la dissidence.

Nous n’avions pas prédit à quel point la réaction de ben Salmane face à Mutaeb serait brutale. Lui et son frère Turki ont été arrêtés et accusés de corruption. Son arrestation a été signalée par des sites proches de la Cour royale, qui l’ont diffusée les premiers et ont déclaré que la corruption était liée aux ventes militaires dans son ministère. Ils ont créé un hashtag spécial pour l’occasion qui disait : « Salmane s’attaque à la corruption ».

Al-Arabiya a annoncé que dix, puis onze princes avaient été arrêtés, ainsi que trente-huit hommes d’affaires et anciens ministres.

Dans un style de gouvernement unique au royaume, la décision d’effectuer cette purge semble avoir précédé l’annonce de la commission formée pour procéder à ces arrestations. C’est ainsi que le jeune prince agit, un homme que certains experts du Moyen-Orient persistent à qualifier de réformateur à l’occidentale. Il agit avec mépris total pour l’habeas corpus, la procédure régulière et l’État de droit. À ses yeux, les personnes arrêtées sont coupables avant même que leur culpabilité ne soit prouvée.

Cette commission est maccarthyste dans ses pouvoirs et sa portée. La première chose à noter dans le décret qui l’a mise en place, c’est qu’elle se situe au-dessus et au-delà de la loi. Le décret stipule que cette commission (présidée par ben Salmane) est « exemptée des lois, règlements, instructions, ordonnances et décisions lorsque la commission accomplira les tâches suivantes […] enquête, publication de mandat d’arrêt, imposition d’interdiction de voyager, divulgation et gel de comptes et de portefeuilles, suivi de fonds, d’actifs et prévention de leur remise ou transfert par des personnes et des entités, quelles qu’elles soient. La commission a le droit de prendre toutes les mesures de précaution qu’elle juge nécessaire jusqu’à ce qu’elles soient renvoyées aux autorités chargées de l’enquête ou aux organes judiciaires. »

En d’autres termes, le prince peut faire tout ce qu’il veut à quiconque, saisissant leurs biens dans et en dehors du royaume. Rappelons-nous simplement ce qu’il contrôle désormais. Le prince dirige les trois armées d’Arabie saoudite ; il dirige Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde ; il dirige la commission chargée de toutes les affaires économiques qui est sur le point de lancer la plus grande privatisation que le royaume ait connue ; et il contrôle maintenant toutes les chaînes médiatiques saoudiennes.

Les barons des médias saoudiens arrêtés

Cela ressort de la liste des hommes d’affaires arrêtés. ART, MBC et Rotana Media dominent les médias arabes. Ces sociétés médiatiques saoudiennes représentent la majeure partie de ce qui est diffusé au Moyen-Orient, à l’exception des informations diffusées par Al Jazeera, détenue par le Qatar.

Leurs propriétaires respectifs, Saleh Kamel, Walid al-Ibrahim et le prince Al-Walid ben Talal sont derrière les barreaux. Leurs richesses ont également été vraisemblablement confisquées. Forbes évalue la fortune de ben Talal, président de la Kingdom Holding Company, à 18 milliards de dollars. Il détient des parts importantes dans de nombreuses sociétés, notamment Newscorp, Citigroup, 21st Century Fox et Twitter. Ces actions sont également sous une nouvelle direction. Le directeur de STC, le plus grand opérateur de téléphonie mobile en Arabie saoudite, a également été arrêté.

Si les initiatives précédentes de ben Salmane constituaient une prise de pouvoir, les initiatives de samedi ont été un accaparement des richesses.

Mis à part les dangers politiques qu’il y a à dépouiller tant de Saoudiens très riches de leurs richesses, c’est une manière bizarre d’encourager les étrangers à investir dans le royaume. Les actions de ben Salmane samedi semblaient être destinées à tous les effrayer.

L’économie est en récession et les réserves de change sont en train de s’épuiser. Ben Salmane vient de saisir les actifs des plus grands hommes d’affaires du royaume et a mis en place une commission qui peut saisir les actifs à volonté, en Arabie saoudite ou à l’étranger. Qu’est-ce qui l’empêcherait de faire de même pour les actifs des investisseurs étrangers qui se sont brouillés avec lui ?

La purge d’autres grands oligarques comme Bakr ben Laden, qui dirigeait la plus grande entreprise de construction du pays, aura également un effet d’entraînement sur le reste de l’économie. Le Bin Laden Group emploie des milliers de sous-traitants.  Les purges et les affaires ne se mélangent pas, comme le découvrira bientôt ben Salmane.

Fissures dans la famille royale

Une source fiable m’a dit que le prince Al-Walid ben Talal avait refusé d’investir dans Neom, la méga ville dont ben Salmane a annoncé la construction, et c’est la raison pour laquelle le prince héritier a renversé son cousin. Mais ben Talal s’était également disputé avec son cousin en appelant ouvertement à libérer ben Nayef de son assignation à résidence.

L’autre chose à noter, c’est que toutes les branches de la famille royale ont été affectées par cette purge, et d’autres qui l’ont précédée. Il suffit de regarder les noms des princes qui ont été éliminés : ben Talal, ben Fahd, ben Nayef, ben Muqrin. Ce dernier est mort dans un accident d’avion, apparemment en tentant de fuir le pays. Ces noms vous apprennent une chose : les fissures au sein de la famille royale sont étendues et profondes et s’étendent à son cœur même.

Tout cela serait-il arrivé sans un nouvel accord de Trump ? Il a tweeté hier qu’il « apprécierait beaucoup que l’Arabie saoudite procède à l’introduction en bourse d’Aramco sur le New York Stock Exchange, important pour les États-Unis ! » Trump a également appelé le roi Salmane, le félicitant pour tout ce qu’il a fait depuis son arrivée au pouvoir. Cette décision est survenue après la troisième visite de Jared Kushner au royaume cette année.

Si ce n’était pas encore évident pour tout le monde, cela doit sûrement l’être à présent. La capitale de l’insécurité au Moyen-Orient est Riyad, et les initiatives d’un prince âgé de 32 ans, en quête d’un pouvoir absolu, sont capables de déstabiliser les pays voisins et de destituer leurs Premiers ministres. Pire, ce prince semble être encouragé par un président américain qui ne sait pas ce qu’il fait.

Des dirigeants plus sages à Washington D.C., comme le secrétaire d’État Rex Tillerson ou le secrétaire à la Défense James Mattis, doivent s’arracher les cheveux – ou ce qu’il en reste. Cela ne m’étonnerait pas d’apprendre que Tillerson en a assez d’essayer d’éteindre les incendies que son président et son entourage immédiat continuent à déclencher.

David Hearst | 7 novembre 2017

David Hearst est rédacteur en chef de Middle East Eye. Il a été éditorialiste en chef de la rubrique Étranger du journal The Guardian, où il a précédemment occupé les postes de rédacteur associé pour la rubrique Étranger, rédacteur pour la rubrique Europe, chef du bureau de Moscou et correspondant européen et irlandais. 

Article original traduit par MEE

http://arretsurinfo.ch/ces-etranges-evenements-qui-hantent-les-nuits-de-riyad/

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samedi 4 novembre 2017

Balfour, cent ans après : la réalité qui continue de couvrir Israël de honte

Peter Oborne a été élu meilleur journaliste indépendant de l’année 2016 à l’occasion des Online Media Awards. Il a également été élu Chroniqueur britannique de l’année en 2013. Il a démissionné de son poste de chroniqueur politique du quotidien The Daily Telegraph en 2015. Il a publié de nombreux livres dont Le triomphe de la classe politique anglaiseThe Rise of Political Lying et Why the West is Wrong about Nuclear Iran.

ARG ISRAEL APARTHEID

Photo1 prise en octobre 2017 : la route du haut est réservée aux véhicules israéliens, le tunnel aux Palestiniens (MEE)/Photo2: répression à Hébron.

Un siècle après la Déclaration Balfour, le traitement réservé aux Palestiniens n’est pas seulement physiquement dégradant pour eux. Il est également moralement dégradant pour les Israéliens.

Par Peter Oborne | 29 Octobre 2017

CISJORDANIE OCCUPÉE  Il y a exactement cent ans aujourd’hui, le ministre britannique des Affaires étrangères Arthur Balfour écrivait sa célèbre lettre [#] à Walter Rothschild, dans laquelle il promettait l’aide de la Grande-Bretagne pour créer un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine.

L’actuelle Première ministre, Theresa May, soutient que la Déclaration Balfour a été « l’une des lettres les plus importantes de l’histoire ». Elle a entraîné en à peine trois décennies la création de l’État d’Israël. Il n’est donc pas étonnant que Benyamin Netanyahou se soit envolé pour Londres afin de célébrer l’anniversaire de cette lettre.

Il est compréhensible que les dirigeants palestiniens n’aient pas été conviés. En fait, ils n’ont même pas été consultés.

Cette décision est injuste. La Déclaration Balfour n’a pas seulement promis d’offrir une patrie aux juifs. Elle a également promis que « rien ne serait fait qui puisse porter atteinte aux droits civiques et religieux des communautés non juives existantes en Palestine ».

Cette promesse a-t-elle été tenue ?

Je me suis rendu en Israël et en Cisjordanie pour le découvrir. Le traitement réservé aux Palestiniens dont j’ai été témoin n’est pas seulement physiquement dégradant pour eux. Il est également moralement dégradant pour les Israéliens.

Hébron : une ville fermée pour les Palestiniens

Je suis d’abord allé dans la ville cisjordanienne d’Hébron, à environ une heure de route au sud de Jérusalem. Lorsque j’ai tapé « Hébron » sur Waze (l’équivalent local de Google Maps), un message d’avertissement est apparu : « Cette destination est une zone à haut risque ou interdite par la loi aux Israéliens. »

Les colons israéliens y occupent cependant un secteur résidentiel situé au-dessus du marché historique, où ils sont protégés par l’armée israélienne.

Ces soldats – au moins un par colon, dirais-je –, restent les bras croisés pendant que les colons harcèlent, persécutent et agressent la population locale.

Des Palestiniens ont affirmé que rien que ce matin-là, un colon masqué avait attaqué deux enfants âgés de 10 et 11 ans dans les rues. On m’a dit que les soldats n’avaient pas tenté d’intervenir.

Ces incidents sont courants, ont expliqué les habitants. En octobre 2015, Dania Ersheid, une étudiante originaire d’Hébron, a été abattue à un poste de contrôle. Elle avait 17 ans.

Selon Breaking the Silence – une ONG qui publie des témoignages de vétérans de l’armée israélienne ayant servi en Palestine occupée –, les liens personnels étroits entre les colons et l’armée, outre le fait qu’en tant que citoyens israéliens, les colons sont légalement responsables non pas devant l’armée mais devant la police, signifient que les soldats ne font souvent rien pour protéger les Palestiniens de la violence des colons.

L’armée israélienne a créé une ville fantôme dans certaines parties de la vieille ville d’Hébron. En juillet, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a accordé à ces zones le statut de site classé, suscitant l’ire d’Israël.

Les marchés historiques sont en grande partie fermés pour des « raisons de sécurité ». Plus de 1 000 maisons ont été condamnées et plus de 1 300 magasins ont été fermés.

J’ai traversé cette zone de désolation. Des slogans tels que « Hevron Yehudit » – « Hébron est juive » – ont été gribouillés sur les murs. L’étoile de David a été taguée sur les portes de nombreuses boutiques. Les noms de rues palestiniens ont été hébraïsés.

J’ai rejoint la mosquée al-Ibrahimi, connue des juifs sous le nom de tombeau des Patriarches, car Abraham, Isaac, Sarah, Jacob et Léa y seraient enterrés.

C’est l’un des sites religieux les plus importants au monde. Il souligne ce que les juifs, les musulmans et les chrétiens ont en commun. Nous vénérons tous (je suis chrétien) le Dieu d’Abraham.

Si les magnifiques enseignements de ces trois grandes religions ont un sens, alors nous devrions tous nous réunir sur ce site.

Mais à l’extérieur, dans la rue, il y a une ligne invisible que les Palestiniens ne peuvent franchir. Une femme palestinienne s’est aventurée trop loin. Un soldat lui a demandé : « Êtes-vous musulmane ? »

Inégaux dans la mort comme dans la vie

À l’intérieur, le site est divisé, comme c’est souvent le cas en Israël et en Palestine occupée. Un tiers est réservé aux musulmans et deux tiers sont réservés aux juifs.

La séparation a été effectuée après 1994, date à laquelle Baruch Goldstein, un colon israélien ayant émigré depuis les États-Unis, est entré avec une mitrailleuse et a abattu de sang-froid 29 fidèles musulmans. D’autres ont été tués à l’extérieur de l’hôpital par l’armée israélienne au cours de protestations.

Non loin de là se trouve un petit musée. Je suis entré. Il était vide et sans visiteurs. J’ai demandé s’il y avait quelqu’un.

Une dame est sortie d’une arrière-salle et m’a fait visiter les lieux. La première salle était consacrée à la présence juive historique à Hébron. La deuxième se concentrait sur le massacre de juifs perpétré par des Arabes en 1929, dans le cadre de tensions à plus grande échelle sur l’accès au Mur des Lamentations à Jérusalem. Elle contenait des photographies d’époque horrifiantes et saisissantes et des témoignages de cette atrocité, au cours de laquelle 69 juifs furent tués.

Ce musée m’a aidé à comprendre la certitude morale et religieuse absolue des colons selon laquelle Hébron leur appartient. Pour eux, les usurpateurs sont les Arabes et non les juifs.

En partant, j’ai confié à ma guide à quel point j’avais été ému par le témoignage de l’atrocité de 1929. Puis je lui ai demandé pourquoi son musée ne rendait pas également compte du massacre d’Arabes commis par Goldstein en 1994.

Elle a répondu que cela n’était pas comparable puisque le massacre de juifs en 1929 était un acte systématique, alors que Goldstein était un individu dérangé qui avait agi de son propre chef.

Je me suis ensuite rendu dans la colonie voisine de Kiryat Arba, où Baruch Goldstein est enterré. Un garde m’a fait signe de la tête lorsque j’ai passé la porte d’entrée.

Les autorités israéliennes ont détruit un sanctuaire et un site de prière qui avaient été construits en hommage à Goldstein, après l’adoption par la Knesset d’une loi interdisant les monuments dédiés aux terroristes. La tombe et la plaque comportant la gravure sont cependant restées.

J’ai trouvé la tombe derrière une rangée de boutiques dans un parc public. Une partie de l’inscription en hébreu indiquait : « Au saint Baruch Goldstein, qui donna sa vie pour le peuple juif, la Torah et la nation d’Israël. » Près de la tombe, un récipient en verre contenait deux bougies et des allumettes éteintes. Des personnes endeuillées avaient également posé individuellement de nombreuses petites pierres, comme le veut la tradition de deuil juive.

Je suis retourné vers les magasins et j’ai essayé de discuter avec des colons. La plupart travaillaient dans l’armée ou la police. Ils ont poliment refusé de répondre à mes questions.

J’ai trouvé une femme qui a affirmé avoir connu Goldstein. « C’était mon médecin, m’a-t-elle expliqué. C’était un homme merveilleux. C’était une personne incroyable qui prenait soin des Arabes comme des juifs. »

Elle a expliqué qu’elle avait quitté les États-Unis pour Kiryat Arba pendant son enfance et qu’elle était « contre la violence des deux côtés ». Quant à Goldstein, selon elle, « il y a quelque chose qui l’a poussé. Il y avait beaucoup de violence des deux côtés à l’époque. »

La femme a néanmoins insisté sur le fait que la tombe de Goldstein à Kiryat Arba n’avait rien de « symbolique ». Il a été enterré dans la colonie parce qu’il ne pouvait pas être enterré dans la ville voisine d’Hébron, a-t-elle expliqué.

Il n’est pas difficile d’imaginer comment les Israéliens réagiraient si un Palestinien qui aurait abattu de sang-froid 29 juifs se voyait accorder un lieu de repos si important dans une ville ou un village de Cisjordanie.

Gardez à l’esprit que de nombreux Palestiniens tués au cours d’attaques contre des Israéliens sont enterrés dans des cimetières secrets, avec des tombes sans nom (mais numérotées). Cela signifie que les familles des défunts ne peuvent pas leur rendre visite.

Mais Goldstein, terroriste religieux et meurtrier de masse, repose en paix et sous les honneurs dans la colonie israélienne où il a vécu. Ce n’est là qu’un exemple du système double qui règne en Cisjordanie occupée par Israël.

Les Palestiniens sont soumis au droit militaire. Les colons sont des citoyens israéliens qui bénéficient de toutes les protections du droit civil.

Des écoles, des habitations et des espoirs détruits

Lorsque j’ai visité Israël il y a dix ans avec le lobby des Conservative Friends of Israel, mes guides ont dépeint les colons comme des hommes et des femmes sauvages qui agissent indépendamment du gouvernement dans leur quête de réaliser une vision religieuse spéciale.

Je dois reconnaître qu’avant mon voyage de la semaine dernière, je n’avais absolument pas saisi à quel point les colons étaient devenus une partie intégrante de l’appareil fondamental de l’État israélien.

Les investissements en matière d’infrastructures, de routes, de services et de sécurité en faveur des colons sont colossaux. En parallèle, les infrastructures de base et la sécurité rudimentaire sont refusées aux Palestiniens ou, comme le définit la Déclaration Balfour, aux « communautés non juives existantes en Palestine ».

En Cisjordanie, ces « communautés non juives » sont vulnérables aux arrestations et aux détentions arbitraires. Leurs maisons sont démolies sans avertissement préalable. Ils vivent une vie kafkaïenne, à la merci des caprices d’autorités inaccessibles et largement hostiles, ne bénéficiant d’aucun des droits liés à la citoyenneté.

Les check-points rendent même les petits trajets laborieux, imprévisibles et souvent impossibles. Les Palestiniens consacrent leur vie à s’accrocher à leur terre pendant que les colons essayent désespérément de la leur prendre.

Nous avons rencontré Abdul Rahim Bisharat, un chef bédouin qui vit à al-Hadidiya, un campement isolé à flanc de colline surplombant la vallée du Jourdain.

Âgé de 67 ans, Bisharat m’a raconté que l’armée israélienne avait confisqué son bétail, abattu ses animaux depuis des jeeps et même des hélicoptères et rasé sa maison à plusieurs reprises avec des bulldozers. À une époque, ils ont attaqué ses tentes 32 fois en seulement 16 jours, a-t-il indiqué.

La fille de Bisharat, Somood, âgée de 10 ans, nous a servi du thé. Son prénom signifie « ténacité » en arabe : elle est née pendant que des bulldozers israéliens démolissaient le camp.

L’éducation de Somood est problématique. Son père m’a raconté qu’il avait construit une école mais que celle-ci avait été détruite par l’armée israélienne. Il a essayé de construire un jardin d’enfants, qui a également été détruit.

En désespoir de cause, les Bédouins ont décidé d’envoyer leurs enfants dans une école située à plusieurs kilomètres de là. Pour cela, il fallait rénover le sentier reliant le camp à la route principale. Mais lorsqu’ils l’ont fait, les Israéliens ont démoli leur travail.

Les Israéliens semblent vouloir détruire le mode de vie bédouin. Cela implique de les chasser de leurs terres, de détruire leurs maisons et leur bétail, mais aussi de leur refuser l’accès à l’eau.

Traditionnellement, le Jourdain a été leur principale source d’eau, mais les Bédouins n’ont pas le droit d’y accéder dans la mesure où le fleuve est une zone militaire.

Les Bédouins puisent leur eau dans des ruisseaux. Toutefois, les Israéliens creusent des puits artésiens profonds pour accéder aux eaux souterraines, ce qui fait que les ruisseaux se sont en grande partie asséchés. Désormais, ils doivent acheter leur eau aux Israéliens qui la leur ont prise.

Le cheikh a expliqué qu’au début de l’occupation de la Cisjordanie, en 1967, son camp comptait environ 300 familles, soit 2 000 personnes. Aujourd’hui, il ne reste plus que 16 familles, ce qui équivaut à une centaine de personnes à peine.

« Certains ont vendu leurs moutons et sont partis travailler dans les colonies, m’a-t-il expliqué. Les autres sont sans emploi. Nous sommes tout le temps chassés et expulsés d’une zone ou d’une autre. »

Comment le gouvernement britannique fait encore écho à Balfour

Les Israéliens veulent déplacer les Bédouins vers ce qui est fréquemment désigné comme des townships et mettre fin à leur mode de vie nomade historique.

Il y a ici un profond paradoxe. Les Israéliens imposent leur propre système juridique arbitraire en Cisjordanie, alors que l’occupation israélienne est elle-même illégale en vertu du droit international.

Les Britanniques traitaient à l’époque les Palestiniens comme un non-peuple et continuent aujourd’hui de les traiter comme un non-peuple

Certes, les juifs ont obtenu la patrie nationale promise il y a un siècle par les Britanniques. Je partage entièrement l’opinion britannique répandue selon laquelle aucun autre peuple n’a autant souffert que les juifs sous le joug de divers persécuteurs tout au long de leur histoire extraordinaire.

C’est pourquoi j’ai toujours soutenu l’existence d’un État israélien.

Toutefois, l’exclusion des Palestiniens des célébrations par Theresa May reflète avec une précision étonnante l’exclusion des Palestiniens de la déclaration Balfour il y a cent ans.

Les Britanniques traitaient à l’époque les Palestiniens comme un non-peuple et continuent aujourd’hui de les traiter comme un non-peuple. À mes yeux, cette négligence méprisante est peut-être encore plus dommageable pour les Israéliens que pour les Palestiniens eux-mêmes, dans la mesure où il s’agit d’une trahison particulièrement flagrante de la vision idéaliste et humaniste qui a abouti à la naissance d’Israël.

Peter Oborne | 29 Octobre 2017 | MEE

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jeudi 26 octobre 2017

Glyphosate: L'Union Européenne reporte le vote!

L’Union Européenne a décidé ce mercredi de reporter le vote sur la prolongation de l’utilisation du glyphosate. Une nouvelle réunion devra se tenir à une date qui n’a pas encore été communiquée.

FL STRATAGEME MONSANTO

La Commission va « réfléchir »

Les représentants des Etats membres de l’UE, réunis dans un comité d’experts pour décider du sort du glyphosate, herbicide controversé dont la licence expire en décembre, n’ont pas voté ce mercredi, a annoncé la Commission européenne.

L’instance qui, lors d’une annonce surprise ce mardi après-midi, avait expliqué qu’elle visait désormais un renouvellement de l’autorisation de la substance pour cinq à sept ans au lieu de dix ans, va « réfléchir » après avoir pris note des positions des différentes délégations. Elle fixera « sous peu » une nouvelle date de réunion, a-t-elle indiqué dans un court message.

http://www.20minutes.fr/monde/2157599-20171025-glyphosate-union-europeenne-reporte-vote

Pour être validée, la proposition de la Commission doit recueillir une majorité qualifiée – 55 % des Etats membres représentant 65 % de la population – majorité difficile à atteindre sans les poids lourds démographiques de l’UE.

Plusieurs Etats membres, France, Autriche, Italie en tête, ont en effet affirmé publiquement leur opposition à une autorisation valable pour encore dix ans. Mercredi matin, la Belgique a rejoint le camp des opposants, refusant des « délais trop longs ». En début d’après-midi, le porte-parole du gouvernement français Christophe Castaner a indiqué que Paris prônait un renouvellement de la licence du glyphosate pour quatre ans afin de permettre un consensus.

Disparition progressive

Le glyphosate est un herbicide non sélectif qui entre notamment dans la composition du Roundup de Monsanto et est très critiqué par les défenseurs de l’environnement. Il a récemment été classé comme « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé.

Le sujet devient de plus en plus pressant, la licence du glyphosate expirant prochainement. Le Parlement européen veut, lui, l’éliminer progressivement des sols de l’UE. Mardi, les eurodéputés ont voté avec une large majorité une résolution non contraignante demandant la disparition du glyphosate dans l’UE d’ici à 2022. Les eurodéputés demandent également que l’utilisation du glyphosate à des fins non professionnelles soit interdite dès le 15 décembre 2017.


Cette résolution visait à mettre la pression sur la Commission européenne, qui avait dans un premier temps proposé le renouvellement pour dix ans de la licence d’exploitation de l’herbicide dans l’UE. Mais, dans la foulée du vote de la résolution, la Commission européenne avait annoncé mardi après-midi qu’elle visait désormais un renouvellement de l’autorisation de la substance pour cinq à sept ans.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/25/renouvellement-de-la-licence-du-glyphosate-bruxelles-decide-de-reporter-le-vote_5205690_3244.html
Voir aussi:

Bras de fer en Europe sur le glyphosate

Les Etats membres débattaient mercredi matin de la réautorisation de cette substance que la France voudrait limiter à trois ans.


Journée forte en rebondissements mardi 24 octobre, à la veille du vote – finalement reporté – des Etats membres sur l’avenir du glyphosate. Elle s’est terminée par l’annonce surprise de la Commission européenne : celle-ci, soumise à de multiples pressions, a revu sa position à la baisse, passant d’une réhomologation de dix ans pour l’herbicide le plus vendu au monde à un renouvellement de « cinq à sept ans ». Bruxelles a ainsi fait un pas vers ce que devait être la probable position de la France lors de la discussion, mercredi. Cette dernière, à l’instar d’autres pays européens, menait en effet campagne contre le renouvellement pour dix ans.

Selon nos sources, la préférence française pourrait finalement se porter sur une nouvelle autorisation de mise sur le marché de trois ans assortie de mesures d’encadrement visant à restreindre progressivement l’usage du glyphosate. Même s’il est suivi par une majorité suffisante d’Etats, ce choix ne permettra pas, de toute façon,d’interdire brusquement l’herbicide – classé « cancérogène probable pour les humains » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Dans les faits, à l’échelon européen, cette stratégie repousse simplement la décision de trois ans dans l’Union. Elle ne garantit pas une interdiction progressive de la substance « d’ici la fin du quinquennat » d’Emmanuel Macron, comme l’avait indiqué le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, le 25 septembre.

« Nous voulons que toute décision soit faite autour d’une majorité de nos Etats membres la plus grande possible », a expliqué le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, mardi, à Strasbourg. Si ce changement de braquet intervient à la veille de la réunion de représentants des Etats membres qui doit, à Bruxelles, examiner le cas du glyphosate, c’est que la Commission européenne s’est sentie contrainte de réagir après notamment un vote du Parlement européen intervenu mardi en milieu de journée.

« Il y a quelque chose qui est en train de basculer, on assiste à une prise de conscience », affirme Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire

Réunis en séance plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont adopté une résolution − certes sans valeur contraignante − demandant l’interdiction progressive de l’herbicide en cinq ans (par 355 voix pour, 204 contre et 111 abstentions). En d’autres termes, une sortie définitive (« phase-out »). De plus, les eurodéputés réclament l’interdiction du glyphosate dans les usages non professionnels et dans les espaces publics – ce qui est déjà le cas en France depuis le 1er janvier – dès le 15 décembre.

La pression de la société civile était, elle aussi, forte sur Bruxelles. Plus d’un million de personnes ont ainsi signé une pétition d’initiative citoyenne européenne pour soutenir l’interdiction du glyphosate, en demandant à l’Union européenne de bannir non seulement la substance à la base entre autres du Roundup de Monsanto, mais aussi de réformer le processus d’approbation des pesticides.

Côté français, on se réjouit de ce petit coup de théâtre. « Sans la position de la France, l’Etat le plus proactif contre les dix ans, la Commission n’aurait pas changé de position », fait-on valoir du côté du gouvernement. Et Nicolas Hulot affichait, mardi soir, sa satisfaction. « Il y a quelque chose qui est en train de basculer, on assiste à une prise de conscience sur les problèmes de santé, environnementaux, à commencer par les pesticides, a confié au Monde le ministre de la transition écologique et solidaire. Je ne dis pas qu’on a gagné, mais ce n’est clairement plus un sujet que l’on peut ajourner. »

Pourtant, des désaccords se sont exprimés jusqu’au dernier moment au sein même du gouvernement. Si Nicolas Hulot militait pour un renouvellement de l’autorisation réduit au minimum, trois ans maximum, son collègue de l’agriculture, Stéphane Travert, penchait pour une durée plus longue – cinq à sept ans –, afin de laisser aux agriculteurs la possibilité de développer des alternatives à l’emploi de cet herbicide. Tandis qu’Agnès Buzyn, leur homologue en charge de la santé, a déclaré surCNews que, compte tenu de sa probable nocivité, « il est impératif de faire en sorte qu’il ne soit plus utilisé ».

Réfléchir à des alternatives

Le président de la République avait rappelé le cadre, lors de son discours de conclusion de la première phase des Etats généraux de l’alimentation, au marché international de Rungis, le 11 octobre. « Je vais vous le dire franchement, le bon débat n’est pas de savoir s’il faut sortir du glyphosate dans dix ans ou dans cinq ans, c’est comme si je vous disais que politiquement on sait régler la rapidité et la réalité de nos innovations technologiques, avait-il exposé à cette occasion. Je pense que le bon débat, c’est d’abord de dire qu’au niveau européen reporter à dix ans la problématique du glyphosate n’est pas une bonne idée parce que c’est prendre une responsabilité face à l’Histoire. »

Le dossier du glyphosate est devenu politiquement explosif. Tandis que l’opinion publique se montre de plus en plus sensible aux dangers des pesticides pour sa santé, la FNSEA défend, quant à elle, farouchement le glyphosate – un produit efficace et peu cher –, au nom de la lutte contre la distorsion de concurrence avec d’autres pays producteurs.

Le 22 septembre, elle envoyait environ 250 agriculteurs français manifester sur les Champs-Elysées sur ce mot d’ordre. A l’Assemblée nationale, le 18 octobre, les députés français ont décidé, de leur côté, de créer une mission d’information sur les produits phytosanitaires.

Cependant, le ministre de l’agriculture lui-même doit commencer à réfléchir à l’après-glyphosate. Une lettre de mission est partie de son ministère, lundi, demandant à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de travailler à des alternatives à la substance tant décriée. A moins d’avoir recours à des techniques de désherbage mécaniques, il n’existe pas, pour l’heure, de produit de substitution.

De son côté, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a reçu pour mission de mener de nouvelles études sur les effets sanitaires du glyphosate.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/25/bras-de-fer-en-europe-sur-le-glyphosate_5205620_3244.html#UXgJaMDTwBLfey25.99

Ils ne sont même pas d'accord entre eux au niveau français. Désaccords également entre le parlement européen et la Commission. Enfin, désccord entre états membres. Illsustration du fonctionnement habituel de ce "machin" auto- bloquant, qui ne peut aboutir qu'à un compromis qui mécontentera tout le monde, pour le plus grand profit de Monsanto & co.

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jeudi 19 octobre 2017

L’Europe choquée après l’assassinat d’une journaliste à Malte

MALTE (paradis fiscal de l'Union européenne)

ACT MAFIA DELPHINEL’assassinat de Daphne Caruana Galizia, la journaliste d’investigation maltaise notamment à l’origine d’accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin, provoque une vague d’indignation en Europe.

Daphne Caruana Galizia était la journaliste la plus engagée dans la lutte contre la corruption à Malte. Elle avait été impliquée dans les révélations des Panama papers. Son blog, Running Commentary, était considéré par de nombreux journalistes comme la meilleure source d’information sur son pays.

Elle a été assassinée juste après avoir posté un dernier article sur son blog, dans lequel elle estimait la situation « désespérée » et reformulait des accusations contre des personnalités importantes du gouvernement, lorsque sa voiture a explosé. La force de l’explosion a projeté hors de la route son véhicule, qui a fini réduit en miettes dans un champ.

Dans la soirée, des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées à Sliema, près de La Valette, lors d’une veillée, bougies à la main, pour rendre hommage à la journaliste.

« Tout le monde sait que j’ai été vivement critiqué par Mme Caruana Galizia, à la fois politiquement et personnellement », a rappelé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat (centre gauche), lors d’un point de presse durant lequel il a dénoncé un acte « barbare » et ordonné aux forces de l’ordre de concentrer toutes leurs ressources pour que son ou ses auteurs soient traduits en justice.

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd’hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d’expression », a-t-il déclaré. « Je n’aurai de cesse que justice soit faite. »

Selon Malta Television, la journaliste aurait averti la police qu’elle était visée par des menaces de mort il y a deux semaines, sans donner davantage de précisions.

Début juin, Joseph Muscat avait remporté une large victoire lors d’élections législatives anticipées convoquées à la suite d’une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches. La journaliste avait joué un rôle central dans cette affaire.

Michelle Muscat, l’épouse du Premier ministre, a ainsi été accusée d’avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l’Azerbaïdjan en échange de l’autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. Le chef de cabinet du Premier ministre et son ministre à l’Énergie avaient aussi été accusés de détenir des sociétés-écrans non déclarées au Panama. Ils ont tous deux été défendus par Joseph Muscat.

« Le plus gros mensonge de l’histoire politique maltaise », avait alors réagi Joseph Muscat, tout en promettant de démissionner si les faits étaient avérés à la suite d’une enquête qu’il a lui-même réclamée.

D’autres États européens soupçonnent en outre les services financiers maltais de  faciliter l’évitement fiscal. Les autorités allemandes enquêtent actuellement sur quelque 2 000 firmes maltaises ayant des liens avec des entreprises allemandes.

La sphère politique européenne n’a pas tardé à réagir à l’assassinat de Daphne Caruana Galizia. Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, s’est ainsi déclaré « choqué et scandalisé » : « si les journalistes sont réduits au silence, notre liberté est perdue », a-t-il tweeté.

Le commissaire européen maltais Karmenu Vella (pêche et environnement) a pour sa part dénoncé « une attaque contre notre démocratie ».

Les drapeaux devant la Commission sont en berne en mémoire de la journaliste.

Joseph Daul, qui dirige le Parti populaire européen (PPE) a salué « une des meilleures journalistes d’investigation» et a encensé son travail sur les Panama papers, qui ont fait du monde « un endroit plus transparent et plus juste ».

Même choc du côté du groupe GUE/NGL. L’eurodéputé allemand Fabio De Masi (Die Linke) s’est souvenu du travail de Daphne Caruana Galizia dans le cadre de la commission PANA sur le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et l’évitement fiscal.

Sven Giegold, du groupe Verts/ALE, également membre de la commission PANA, a estimé que la journaliste « avait joué un rôle d’une importance cruciale avec ses dénonciations sérieuses sur le blanchiment d’argent et la corruption à Malte, qui ciblaient notamment des personnalités importantes du gouvernement ».

« Il est trop tôt pour savoir la cause de l’explosion, mais nous nous attendons à une enquête minutieuse, a-t-il ajouté.

http://www.euractiv.fr/section/medias/news/murder-of-maltas-top-investigative-journalist-provokes-shock-and-outrage/


La belle hypocrisie que voilà! Le premier ministre maltais et la "sphère politique européenne" se disent indignés et choqués. Les larbins de l'oligarchie versent des larmes de crocodiles (et parmi eux, sans doute, les commanditaires de cet assassinat) dans l'indifférence générale, comme d'habitude. D'autres sont sincèrement peinés, sans réaliser sans doute que leur soutien à un édifice conçu pour une oligarchie impitoyable peut avoir ce type de conséquences: on ne s'attaque pas impunément à un paradis fiscal et à des politiciens corrompus.

Elle s'appelait Daphne Caruana Galizia, et on ne l'oubliera pas.

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lundi 18 septembre 2017

Commerce: l'Europe pourrait conclure ses prochains accords sans les parlements

La Commission européenne pourrait conclure les négociations commerciales qu'elle ouvrira prochainement avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande sans les faire ratifier par les parlements régionaux et nationaux de l'UE afin d'accélérer les discussions, a-t-elle annoncé jeudi.

arton39173-cfcb3"Nous pensons avoir de solides arguments" pour proposer aux Etats membres que la Commission conduise seule la totalité de ces négociations en leur nom, a affirmé la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström, qui présentait le programme commercial de l'UE pour les prochains mois.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a annoncé mercredi son intention d'ouvrir des négociations avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande, qu'il espère voir aboutir avant la fin de son mandat en 2019, un calendrier extrêmement ambitieux.

Les traités de libre-échange les plus récents conclus par l'UE étaient jusqu'alors ratifiés par les parlements nationaux après un vote du Parlement européen.

Mais la procédure est longue: il a par exemple fallu quatre ans et demi pour que l'accord avec la Corée du Sud soit ratifié.

En outre, ces accords font face à une opposition publique grandissante dans toute l'Europe, ce qui rend incertaine leur ratification par l'ensemble des parlements européens.

Le CETA, l'accord avec le Canada, actuellement en cours de ratification et qui entrera partiellement en vigueur la semaine prochaine, est par exemple menacé par le parlement de la Wallonie, une des régions de Belgique, qui avait déjà bloqué les négociations fin 2016.

La Pologne a également menacé de ne pas le ratifier.

La Commission compte s'appuyer sur une décision rendue en mai par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour se passer des parlements nationaux.

La Cour avait alors estimé que la quasi-totalité des thématiques négociées dans le cadre d'un accord de libre-échange était de la compétence exclusive de l'UE, à l'exception des tribunaux spéciaux mis en place pour trancher les litiges entre les investisseurs et les Etats.

Bruxelles propose donc d'exclure ces tribunaux des négociations avec Canberra et Wellington.

"Afin de ne pas perdre de temps, nous proposons de ne pas inclure la partie liée à la protection des investissements" dans les mandats de négociation qui seront soumis aux Etats membres, a expliqué Mme Malmström. "Cela viendra plus tard", a-t-elle ajouté.

La Commission espère dans le même temps promouvoir un système de tribunal multilatéral plus transparent, composé de plusieurs juges professionnels permanents, aux audiences publiques, amené à terme à régler les différends commerciaux avec l'ensemble de ses partenaires.

Les Etats membres restent cependant susceptibles de refuser les mandats de négociation qui lui seront soumis par la Commission s'ils estiment que les investissements doivent en faire partie.

14/09/2017 19:26:45 -          Bruxelles (AFP) -          © 2017 AFP

http://www.lepoint.fr/economie/commerce-l-ue-veut-conclure-ses-deux-prochains-accords-sans-parlements-nationaux-14-09-2017-2156985_28.php

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mercredi 6 septembre 2017

Bruxelles applaudit la réforme du marché du travail en France

Décriées par l’opposition et les syndicats, les ordonnances réformant le marché du travail en France font la joie de la Commission européenne et du patronat.

EDOUARD ET MINISTRE TRAVAIL

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : la réforme de la loi travail serait sa priorité. Jeudi 31 août, le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Penicaud, ont présenté une série d’ordonnances, destinées à modifier la loi travail existant.

Officiellement destinées à « renforcer le dialogue social », ces mesures  qui vont du plafonnement des indemnités en cas de contentieux à la réduction des délais de
recours des salariés, en passant par la possibilité de négocier sans syndicat en dessous de 50 salariés, vont clairement dans le sens du patronat. Elles ont d’ailleurs été chaleureusement accueillies par Pierre Gattaz, qui les qualifie de « première étape importante » pour « conforter la confiance des chefs d’entreprise ».

« Fin du travail », « escroquerie »

Les mesures ont en revanche été fraîchement accueillies par les socialistes et l’extrême gauche, et dans une moindre mesure par les syndicats.

« C’est la fin du contrat de travail », s’est désolée le responsable CGT Philippe Martinez, alors que la CFDT se dit déçue, mais n’appelle pas à manifester lundi 12 aux côtés des protestataires. La gauche radicale a en effet invité à deux défilés, les 12 et 23 septembre prochain. L’extrême droite a dénoncé le texte comme une escroquerie.

Les mesures en question sont en revanche perçues comme un gage de confiance par les partenaires européens. Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a déjà salué cette initiative le 30 août. Et la Commission européenne ne tarit pas d’éloge sur la réforme, en des termes encore plus élogieux que lors de la présentation de la loi El Khomri en 2016.

Il faut dire que les ordonnances proposées répondent assez directement aux réclamations régulières de l’exécutif européen, qui évoque à l’envi les rigidités du marché du travail, ou le niveau trop élevé du salaire minimum et des charges sociales patronales en France. Notamment dans le cadre du semestre européen : la France est encore dans le cadre du volet correctif du pacte de stabilité budgétaire, une procédure qui suppose une surveillance accrue de la part de ses partenaires.

Dans ce cadre, en plus de la réduction des dépenses, les experts de l’UE ne cessent de réclamer un assouplissement des règles françaises, comme dans ce texte du dernier semestre européen.

L’enjeu du nombre de salariés dans une entreprise et des effets de seuils (des règles de négociations spécifiques s’appliquant à partir de dix, puis 50 salariés), que les ordonnances souhaitent relativiser, était clairement souligné dans le dernier texte de recommandation de la Commission européenne.

Un contact continuel entre Juncker et Macron

Le président de la Commission Jean-Claude Juncker a été continuellement en contact avec le président français sur le sujet. « C’est un pas dans la bonne direction. Nous accueillons favorablement et appuyons la réforme du marché du travail du président Macron » assure une porte-parole de la Commission européenne à Euractiv, insistant sur le fait que cette réforme porte « le signe de l’engagement de la responsabilité européenne » du président français.

Un engagement européen que le patronat appelait également de ses voeux dans la bouche de Pierre Gattaz, le 30 août, à l’université d’été du Medef.

http://www.euractiv.fr/section/economie/news/bruxelles-applaudit-la-reforme-du-marche-du-travail-en-france/

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lundi 21 août 2017

Un nouveau décret renforce la répression des provocations, diffamations et injures non publiques à caractère raciste...

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Un nouveau décret renforce la répression des provocations, diffamations et injures non publiques à caractère raciste ou discriminatoire.

Un Décret n° 2017-1230 du 3 août 2017 « améliore la lutte contre les manifestations de racisme, de sexisme et d’homophobie pouvant se produire dans des lieux non publics, comme au sein des entreprises ou des établissements scolaires», […] « renforce à cette fin la répression des contraventions de provocation, diffamation et injure non publiques à caractère raciste, sexiste, homophobe ou handiphobe » et « élargit ces infractions aux cas où elles sont commises en raison de l’identité de genre de la victime, afin de mieux lutter contre la transphobie ».

Il est bien évident que de tels propos privés ne sont pas souhaitables. Ils étaient d’ailleurs, pour la plupart, déjà sanctionnés par la loi.  Mais est-il souhaitable d’élargir sans cesse la liste de ce qu’un citoyen n’a plus le droit de se laisser aller à dire, y compris dans le domaine de sa vie privée, sous peine d’amende de 1500 à 3000 euros et de « stage de citoyenneté » ?

Les autorités réglementaires se rendent-elles compte qu’un nombre important de chansons, de sketches, d’œuvres littéraires ou de spectacles appartenant au répertoire de la culture française devraient tomber logiquement sous le coup de l’interdiction ? Que doit-on penser de l’évolution de la liberté d’expression dans notre pays, et de l’incitation à la délation que ce décret suggère ?

Couplé au « stage de citoyenneté » (rééducation ?) pour les contrevenants, cela commence à ressembler fortement à une nouvelle Sainte Inquisition sanctionnant sans pitié – et hypocritement – les manquements à la « vertu » de notre époque : c’est l’imposition de la pensée unique à domicile, l’irruption de la police dans la sphère privée !

Et surtout, où cela va-t-il s’arrêter ? Qui nous assure que, d’ici quelques années, nous n’aurons pas de décret pour « élargir ces infractions aux cas où elles sont commises en raison de l’appartenance de la France à l’Union européenne, afin de mieux lutter contre l’europhobie » ? Au bout de la route de tant d’interdictions, n’est-ce pas le fascisme qui se profile ?

Source ici.

 

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mercredi 2 août 2017

Code du travail : l'Assemblée donne son dernier feu vert à la réforme par ordonnances

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Code du travail : l'Assemblée donne son dernier feu vert à la réforme par ordonnances

http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/carriere/vie-professionnelle/droit-du-travail/code-du-travail-l-assemblee-donne-son-dernier-feu-vert-a-la-reforme-par-ordonnances_2309773.html#xtor=CS2-765-[facebook]-

Les groupes Nouvelle gauche, insoumis et les communistes ont voté contre. Vingt-trois députés se sont abstenus.

L'Assemblée nationale a donné, mardi 1er août, un dernier feu vert, par 421 voix contre 74, au projet de loi autorisant l'exécutif à réformer le droit du travail par ordonnances, le Sénat devant encore faire de même pour permettre son adoption définitive.

Le projet d'habilitation sur ce premier gros chantier du quinquennat, promesse du candidat Macron, a été approuvé par la majorité REM et MoDem ainsi que Les Républicains et les Constructifs LR-UDI. Les groupes Nouvelle gauche, Insoumis et les communistes ont voté contre et 23 députés se sont abstenus. 

Présentation aux partenaires sociaux fin août

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a vanté devant les députés une "étape importante" vers "un modèle social ambitieux et rénové" avec le vote de ce texte définissant les contours des futures ordonnances sur lesquelles les arbitrages seront présentés aux organisations syndicales et patronales fin août.

Doivent notamment y figurer la fusion de trois des quatre instances représentatives (délégués du personnel, comité d'entreprise et comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), le principe controversé d'un plafond des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, le recours aux CDI de chantier ou encore le rôle accru de l'accord d'entreprise.

Des élus LREM ont défendu le projet de loi avec "enthousiasme et optimisme pour la France". Les Insoumis, qui ont défendu en vain une motion de rejet du texte, et les communistes ont à nouveau fustigé un "cadeau presque prêt" pour le patronat pour les premiers, et "une loi de démolition sociale" pour les seconds.

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