samedi 23 juin 2018

Limitation à 80 km/h : la Haute-Vienne dénonce « une atteinte à la vie en milieu rural »

Comme ses homologues Pascal Coste en Corrèze et Valérie Simonet en Creuse, Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, ressent l'obligation du passage à 80 km/h comme une offense.  

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Décidément en Limousin, le décret ne passe pas. Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, s'insurge contre une mesure qu'il juge inadaptée à son territoire. 

Sur les routes sans séparateur central, la limitation de vitesse va bientôt passer de 90 à 80 km/h. Sur les routes de Haute-Vienne, ce décret est-il pertinent ?  

Il ne tient pas compte des caractéristiques locales. Il s'applique de façon uniforme sur tout le territoire sans tenir compte de ce qui a été mis en place dans le département de la Haute-Vienne. Par rapport à d'autres, nous avons des routes plus sécurisées, avec moins de virages. Nous avons pris en compte ces données depuis plusieurs années. Sur certains tronçons de route à 90, nous avons abaissé la limitation à 70 km/h. Les usagers comprenaient alors qu'il y avait un danger, et ralentissaient. Demain, avec une limitation à 80 km/h, quel est l'intérêt des panneaux à 70 ? Il n'y a plus que 10 km/h d'écart, les usagers vont être perdus.

Cette mesure est-elle une punition pour les automobilistes ? 

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Les automobilistes vont se faire sanctionner partout. Les radars vont rapporter plus que le loto ! Cette limitation de vitesse est une façon très parisianiste de traiter le problème de déplacement. La voiture est nécessaire en territoire rural, pour aller au travail, faire ses courses, ou autre. Le déplacement est un besoin quotidien, par rapport à la dispersion, à la géographie. Le département est le premier à encourager le covoiturage, mais on ne pourra tout de même pas se passer de la voiture. 

Y avait-il d'autres mesures à prendre avant celle-ci ? 

L'excès de vitesse est bien sûr dangereux, mais alors pourquoi 80 km/h ? On pourrait descendre à 50, à 30... Le problème n'est pas là. Je suis bien obligé de faire appliquer la loi, mais je ressens comme une offense le fait qu'on réponde à notre besoin d'aménagement par une limitation de vitesse et la hausse du prix des carburants, un problème dont on parle peu. Ce n'est pas du tout la réponse que j'attendais. Il faudrait plutôt améliorer la qualité des voies dont on dispose, comme la RN 147, et responsabiliser les usagers de la route. Nous avons une campagne départementale sur les risques importants comme par exemple le téléphone au volant.

Combien de panneaux sont concernés en Haute-Vienne ? 

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Le passage aux 80 km/h implique pour notre collectivité le changement de 9 panneaux. Trois passeront de 90 km/h à 80 km/h. Ils sont situés sur des zones où les automobilistes allaient trop vite, sur la RD 920 et sur les RD704 et RD79, près des radars. Six panneaux de 90km/h seront posés sur les zones présentant des voies de dépassement comme cela nous est autorisé par la nouvelle réglementation en vigueur à compter du 1er juillet. Ils seront sur la D2000 , la RD947 à proximité de Bellac, la RD979 près d'Eymoutiers, la RD220 à côté de Bessines-sur-Gartempe, et les deux derniers seront sur la RD 920 à proximité d'Ambazac. Un panneau coûte 150 €, pose non comprise. L'Etat a pris l'engagement de nous rembourser. Je vais lui faire confiance...

Lucile Preux

https://www.lepopulaire.fr/limoges/transport/politique/2018/06/22/limitation-a-80-km-h-la-haute-vienne-denonce-une-atteinte-a-la-vie-en-milieu-rural_12896251.html

Lire aussi:

Bilan de l'expérimentation 80 km/h - 40 Millions d'automobilistes

https://www.40millionsdautomobilistes.com/wp.../02/Bilan-experimentation-80.pdf

Certes, les portions de routes sélectionnées démontraient une accidentalité supérieure à la moyenne nationale avant la mise en œuvre de l'expérimentation, mais les chiffres présentés dans le présent bilan démontrent que la baisse de la limitation de vitesse n'a en rien permis de réduire la mortalité routière sur ces axes :  2 accidents mortels sont à déplorer sur les 86 kilomètres de l'expérimentation en 2016, soit 5 fois plus que la moyenne nationale qui s'élevait la même année à 0,4 tué pour 86 km de routes.


Le rapport secret sur le 80 km/h éventé

PANNEAU 80

Exclusif - Faute d'une publication officielle, un vaste travail de recoupement permet de voir que les accidents ont augmenté durant l'expérimentation.

Par

La transparence n'est pas le maître mot de la Sécurité routière. Alors que Bernard Cazeneuve, initiateur en 2015 de l'expérience du 80 km/h sur trois tronçons de routes secondaires promettait une démarche « transparente, honnête et rigoureuse », ses successeurs se sont empressés de dissimuler les résultats d'une affaire qui était déjà mal engagée. Comment, en effet, tirer, d'aussi faibles sections d'étude et sur une période aussi courte, un résultat qui soit éclairant ?

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Néanmoins, l'expérimentation s'est tenue et s'est achevée en juillet 2017 et ses conclusions auraient dû être livrées au public à l'automne dernier, le temps de boucler un rapport qui soit incontestable. Au lieu de cela, alors que la conviction d'Édouard Philippe semble se fonder en grande partie sur cette expérimentation, aucun bilan officiel n'a été dressé. Tout juste le Premier ministre a-t-il répondu à la commission sénatoriale qui le pressait de questions que, « entre juillet 2015 et juillet 2017, on a recensé 20 accidents faisant 3 morts et 42 blessés ».

Face à cette carence, l'Association 40 Millions d'automobilistes s'est livrée à un travail de fourmi en analysant les fichiers du bulletin d'analyse des accidents corporels de la circulation (BAAC) du ministère de l'Intérieur. Sur les trois tronçons concernés, elle a pu tirer un bilan des fiches de 2012 à 2016, soit 18 mois d'expérience et les 42 mois qui ont précédé, en guise de référence. Et les constatations qu'elle a révélées au Point en avant-première ne manquent pas d'être alarmantes puisque, sur la seule année pleine de l'expérimentation à 80 km/h, tous les indicateurs de 2016 repartent à la hausse. « 30 blessés sont alors à déplorer, soit autant qu'en 2013, plus qu'en 2012 (26) et non loin de 2014 (31), qui est la pire année en nombre de victimes (34) et de gravité des accidents » souligne Pierre Chasseray, délégué général de l'association.

1 mort tous les 28,7 km contre tous les 202 km

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2016 est également la deuxième plus mauvaise année, après 2013 et 2014, en termes de nombre de blessés hospitalisés et de nombre de tués sur ces axes (voir tableau).« De plus, poursuit Pierre Chasseray, en comparaison avec des données de mortalité routière relevées à l'échelle nationale, les statistiques issues des routes secondaires en test révèlent l'inefficacité de la mesure : alors que 1 911 accidents mortels ont été recensés sur les 386 224 kilomètres que compte le réseau secondaire français (soit 1 accident mortel en moyenne tous les 202 km) en 2016, les sections de routes nationales soumises à l'expérimentation font état de 1 accident mortel tous les 28,7 km. »

 

Les résultats tenus secrets par le gouvernement du 80 km/h sur route ont été patiemment décryptés par les équipes de 40 Millions d'automobilistes

© 40 Millions d'automobilistes

Soit tout de même cinq fois plus que le réseau de référence. En revanche, 2015, qui a été une excellente année, y compris au niveau national, ne constitue pas une base de comparaison sûre puisque l'expérimentation a commencé le 1er juillet.

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Ces résultats ne sont pas contestables, car ils résultent des fiches officielles. La compilation des données, précise l'association, livre en détail les « lieux », « caractéristiques », « véhicules » et « usagers », ce qui lève tout doute sur les caractéristiques de l'accident, avant ou pendant l'expérimentation. Ces données ont même permis de déterminer avec précision le lieu des accidents, le nombre et la catégorie des usagers impliqués ainsi que la gravité de leurs blessures. En revanche, les responsabilités et les causes des accidents (comportement des usagers, alcoolémie, stupéfiants, distracteurs, vitesse excessive ou inadaptée…) sont indisponibles, les autorités considérant que leur publication pourrait porter atteinte à la protection de la vie privée des personnes concernées et leur porter préjudice.

On comprend dès lors pourquoi le Premier ministre conserve sous le coude cette expérimentation qui n'est ni concluante ni parlante. Trop limitée dans le temps et avec un échantillon de routes trop restreint, elle ne peut refléter avec l'exactitude scientifique et statistique attendue les effets d'une réglementation. Les variables en 2012, 2013 et 2014 le démontrent, un gros accident suffisant à lui seul à bouleverser la statistique.

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Elle a ainsi moins de poids que ce que les riverains et usagers des tronçons concernés dénoncent, c'est-à-dire une circulation en file indienne plus fréquente du fait des véhicules légers bloqués derrière les poids lourds. Prises de risque pour doubler quand même, énervement ou somnolence sont les effets dérivés de cette situation qui peuvent expliquer la progression de l'accidentalité en 2016. De quoi provoquer la colère des usagers qui remontent de toutes parts depuis quelques semaines, des provinces qui se sentent ostracisées par Paris.

Arbitrage administratif

Nombreux sont les députés et sénateurs présents sur le terrain à mesurer la grogne qui monte et à tirer la sonnette d'alarme du côté du gouvernement. L'entêtement d'Édouard Philippe n'y fera rien, les Français considèrent cette mesure inutile, vexatoire et de nature à compliquer un peu plus encore leurs déplacements en province, voire à ponctionner leur budget automobile déjà largement ébranlé ces derniers mois avec les augmentations massives de la taxe C02, des assurances, péages, parkings, PV, carburants, etc.

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Rapportés par Le Figaro, les propos du député LR de Moselle Fabien Di Filippo, qui a interpellé le gouvernement à l'Assemblée, témoignent de ce ras-le-bol : « Les Français éprouvent un fort sentiment d'injustice en se disant qu'ils n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture et qu'ils se retrouvent pénalisés par l'allongement des temps de trajet. Ils se disent aussi que, derrière cette mesure, il y a la volonté du gouvernement de les ratiboiser financièrement. Donc ça crée de la crispation. »

Un sentiment qui est partagé par nombre de ses collègues et par les sénateurs qui, les premiers avec Michel Raison (LR), Jean-Luc Fichet (PS) et Michèle Vullien (UDI), ont créé une commission d'étude et déjà demandé le report de la mesure au gouvernement en attendant les résultats de l'expérimentation. Une démarche à laquelle adhère le sénateur LR cosignataire de la lettre au gouvernement Alain Fouché.

« Si nous n'obtenons pas les informations que nous demandons sur cette expérimentation, je suis décidé à porter l'affaire devant l'instance administrative qualifiée pour la faire rapporter. Il nous faut des éléments pour juger du bien-fondé d'une telle mesure qui est ressentie par les Français comme un vaste racket. Le gouvernement anticipe la réduction de recettes sur les carburants avec la montée en puissance des véhicules hybrides et électriques et cherche des mesures de compensation. Le 80 km/h sur route, qui va bloquer les voitures derrière les camions, est de celles-là. »

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Surfant sur ce mécontentement en organisant des manifestations avec les motards de la FFMC partout en France, l'association 40 Millions d'automobilistes suggère donc aux usagers de télécharger sur le site internet la carte d'électeur factice qu'elle a créée pour l'occasion. Elle leur demande de l'envoyer symboliquement au président de la République pour marquer leur désaccord avec la politique de sécurité menée par son Premier ministre et, plus largement, pour refuser un système où l'opinion des citoyens n'est pas prise en compte.

Pour consulter l'étude complète sur l'accidentalité des 86 km/h sur les routes test, cliquez sur ce lien

http://www.lepoint.fr/automobile/securite/le-rapport-secret-sur-le-80-km-h-evente-13-02-2018-2194498_657.php

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Non, ce décret n'est pas pertinent !!
Il est illégal !!
L'expérimentation n'a duré que 2 ans au lieu de 5 !
Les routes choisies (RN 151, RN 57 et RN 7), soi-disant accidentogènes,  sont suspectes :
- RN 57 : la vitesse n'était en cause que dans 28% des cas (drogue et alcool : 45% et fatigue : 20%)
- Les routes ont fait l'objet de travaux importants juste avant le début de l'expérimentation : 16 millions d'euros pour la RN 151 !!!!

- En ce qui concerne la RN151, l'un des hauts responsables de la DIR (Direction interdépartementale des routes) a assuré avoir constaté une fuite des automobilistes sur les routes avoisinantes limitées à 90 km/h : la RN151 perdant environ 250 véhicules/jour depuis le début des tests.
- Les mesures n'ont duré en réalité que 7 mois et voilà ce que déclarent les experts (ou plutôt les manipulateurs) "En raison d'incidents avec les équipements de mesure, les données pour mai 2017 ont été redressées..." (redressées ?????)

Et la synthèse tient en tout et pour tout en deux phrases :
1) "La vitesse autorisée à une incidence significative sur les vitesses pratiquées."
2) "A une baisse de la vitesse limite autorisée correspond une baisse des vitesses pratiquée."

Fort de ce constat, les experts en ont conclu de manière systématique que l'abaissement de la vitesse résout tous les problèmes, et notamment celui de la cohabitation entre poids lourds et véhicules légers. Mieux : "plus de conducteurs sont ainsi en mesure de choisir la vitesse à laquelle ils souhaitent circuler".
Il faut avoir une "case de vide" comme dirait quelqu'un que nous connaissons bien pour oser faire de telles déclarations !

Et comme conclue Auto Plus dans un de ses articles "Partant d'un avis aussi éclairé, M. de La Palice aurait sans doute souligné que si les automobilistes avaient moins d'accidents, le nombre d'accidents diminuerait."

La vraie raison de cette mesure totalitaire ne serait-elle pas la guerre contre le milieu rural et les petites villes dont l'oligarchie veut voir la disparition, raison qui est validée par les mesures diverses et variées prises depuis quelques temps : le regroupement des régions, le départ des administrations dans les métropoles, la baisse drastique de la Dotation Globale de Fonctionnement, le non entretien des petites routes secondaires, la suppression des services publics, les chantages à la fusion des communes (par exemple, si vous ne fusionnez pas avec la commune voisine, on vous supprime votre école), etc, etc !

Citons les article 14, 15 et 16 
de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 qui fait partie de notre constitution :


"Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée." (14)

"La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration." (15)
 
"Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution." (16)

S.R.
 

jeudi 21 juin 2018

Linky: après le reportage d'Envoyé spécial, Enedis et l'Etat doivent sortir du déni...

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Un débat qui préoccupe la société civile et bon nombre d'adhérents et sympathisants de l'UPR. Quelle que soit son opinion sur cette affaire, il n'est pas inutile de connaître les arguments des uns et des autres. Si vous contestez l'argumentaire ci- dessous, vos critiques et contre- articles sont les bienvenus, ils seront publiés afin d'éclairer la connaissance de ce dossier.   P.G.

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TRIBUNE LIBRE / Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

- Près de 700 communes et des centaines de milliers d'habitants refusent les compteurs communicants, chiffres en augmentation continue

- Enedis et ses sous-traitants doivent cesser d'intimider les habitants et d'installer les Linky par la force ou la ruse

- Comme la Belgique ou l'Allemagne, la France doit renoncer à la généralisation des compteurs communicants

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Le reportage d'Envoyé spécial diffusé jeudi 14 juin sur France2 est venu confirmer ce que nous dénonçons depuis deux ans et demi : le distributeur Enedis (filiale d'EDF) et ses sous-traitants utilisent des méthodes inqualifiables pour imposer les compteurs Linky, par les mensonges, l'intimidation voire la force, à d'innombrables habitants qui n'en veulent pas.

Tous les jours, les sociétés privées mandatées par Enedis prétendent que "si vous refusez le compteur Linky, nous allons vous couper l'électricité", ou "nous allons appeler la police", ou "vous devrez payer le compteur" ou encore "vous allez payer des pénalités", etc. Tout ceci est inventé - il n'existe légalement aucune mesure de rétorsion - mais c'est hélas souvent efficace auprès des gens mal informés ou vulnérables, en particulier les personnes âgées.

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Mais il y a pire : lorsque ces allégations ne suffisent pas, il arrive que les installateurs insultent et bousculent les habitants. Les incidents de plus en plus inquiétants se multiplient et, au lieu de mettre le holà, la direction d'Enedis... accuse les habitants. Or, faut-il le rappeler, ce sont bien les installateurs de Linky qui débarquent dans les communes, les quartiers, les immeubles, et qui sont donc les fauteurs de troubles.

Le déni d'Enedis et de l'Etat ne concerne pas seulement les méthodes des installateurs mais aussi les différentes raisons pour lesquelles les habitants refusent les compteurs communicants. Il est à ce sujet totalement inadmissible que les citoyens soient traités de "complotistes" ou d'arriérés terrorisés par le "Progrès".

En effet, il ne suffit pas qu'un objet soit nouveau pour qu'il soit bénéfique... même s'il est peint en vert fluo. Et, justement, le Linky pose et cause de nombreux problèmes, dont certains sont très graves, à tel point qu'il s'agit bien là d'une terrible régression par rapport aux compteurs ordinaires.

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Qui plus est, peu à peu, instances officielles et organismes reconnus viennent confirmer les critiques des citoyens. Ainsi, dans son récent rapport, la Cour des comptes a montré que le programme Linky bénéficiait financièrement à Enedis et absolument pas aux usagers. Ainsi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a été obligée d'intervenir après que Direct énergie ait commencé à s'accaparer illégalement des données privées collectées dans le cadre du programme Linky.

Ainsi Promotelec (dont fait partie Enedis) a avoué que "lorsque le technicien place Linky chez un particulier et règle le disjoncteur de branchement, il n'est pas chargé de vérifier si l'installation électrique du foyer est en mesure de supporter le niveau de puissance défini" et que "des accidents (feu) peuvent se produire le jour où le particulier fait la demande auprès d'Enedis afin d'augmenter la puissance de son compteur".

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Il n'est donc pas étonnant que la presse régionale et locale se fasse continuellement l'écho d'incendies qui se déclenchent après la pose du Linky, parfois le jour même, mais aussi d'innombrables appareils électroménagers détruits, sans oublier les installations qui disjonctent à d'innombrables reprises, les factures qui s'envolent, etc.

A tout cela s'ajoute bien sûr la question des données personnelles et la controverse sanitaire sur les ondes électromagnétiques. L'affaire Direct énergie, déjà évoquée, mais aussi l'affaire Facebook ne doivent laisser aucun doute : malgré les belles promesses et assurances avancées, il est évident que les données captées par les Linky seront tôt ou tard détournées, volées, revendues, etc.

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Quant à la question des ondes, c'est une controverse scientifique au même titre que celles anciennes ou récentes sur le tabac, la radioactivité ou les pesticides : les uns disent blanc, les autres noir, l'Organisation mondiale de la santé s'interroge. Mais l'expérience et le bon sens apportent la bonne réponse, qu'il s'agisse des données personnelles ou des ondes : la SEULE façon d'être protégé est... de garder les compteurs ordinaires. Il est d'ailleurs notable que ces derniers sont parfaitement efficaces et légaux, ayant été installés... par EDF et Enedis (auparavant ErDF).

Alors que la fronde anti-Linky se développe de façon exponentielle, que les déconvenues et accidents se multiplient, les autorités françaises se doivent de réagir immédiatement et, par exemple, de suivre le récent exemple de la Belgique (et plus ancien de l'Allemagne) : renoncer à la généralisation des compteurs communicants.

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Ce n'est pas seulement une question de finances, de sécurité, de respect de la vie privée : c'est finalement une véritable question de démocratie. Le gouvernement et le Président de la République sont au pied du mur : désormais, ils ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas, ils seront donc clairement responsables et coupables des futurs drames causés par le Linky. Ils doivent donc agir... vite.


Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

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mardi 19 juin 2018

Secret des affaires : dernière ligne droite et quelques leçons

TRIBUNE LIBRE / 12 juin 2018 par Olivier Petitjean

TL SECRET DES AFFAIRES

L’Assemblée nationale s’apprête à adopter définitivement le secret des affaires, malgré les alarmes de la société civile. À court terme, c’est un nouveau moyen pour les entreprises pour traîner lanceurs d’alerte, associations ou journalistes devant les tribunaux. À long terme, c’est l’instauration d’un véritable « droit au secret » pour les milieux d’affaires, qui met en danger tout le fragile édifice de régulation des multinationales.

L’Assemblée nationale doit voter ce 14 juin sur la dernière version de la loi transposant en France la directive européenne sur le « secret des affaires ». En dépit des alertes lancées par les syndicats, les journalistes, les chercheurs et le milieu associatif (lire notre article), et d’une pétition ayant rassemblée plus de 550 000 signatures, le texte n’apporte aucune garantie supplémentaire pour apaiser les craintes. Sauf divine surprise, le secret des affaires devrait bientôt être officiellement inscrit dans le droit français.

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À court terme, cette loi crée un moyen de pression et de représailles supplémentaire pour les milieux d’affaires sur les salariés ou sur les observateurs extérieurs qui voudraient avertir l’opinion de leurs pratiques douteuses. À long terme, le risque est potentiellement encore plus sérieux. Avec le secret des affaires, les entreprises ont réussi à se tailler un véritable droit d’exception en matière d’information.

Le gouvernement et sa majorité parlementaire ont réussi à donner à toute l’affaire une impression d’inévitabilité. Après tout, il ne s’agissait que de transposer une directive européenne, sans possibilité de revenir dessus. Et les exceptions prévues par le texte, au bénéfice des lanceurs d’alerte et des journalistes notamment, suffiraient selon eux à prévenir les abus. [Notons quand même que l'auteur semble trouver normal de transposer une directive européenne, c'est vraiment ancré dans toutes les têtes, y compris les plus "critiques"...NdR]

Droit d’exception pour les entreprises

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En réalité, les lobbys qui ont poussé le secret des affaires ont obtenu exactement ce qu’ils cherchaient : la création d’un droit au secret par défaut pour les entreprises, par rapport auquel chacun - salarié, lanceur d’alerte, syndicaliste, journaliste, militant associatif, chercheur, etc. - pourra désormais avoir à se justifier devant un tribunal.

Il était encore possible, dans le cadre de la transposition, de revenir sur ce renversement du droit commun en restreignant l’invocation du secret des affaires aux seules situations de concurrence économique ["une autre transposition est possible", le nouveau slogan de la gauche critique? NdR]

. Le gouvernement et la majorité l’ont catégoriquement refusé, tout comme les instances européennes l’avaient refusé lors de l’examen de la directive il y a deux ans. Ce qui montre bien que l’intention n’est pas, comme le prétendent les promoteurs du secret des affaires, de lutter contre l’espionnage industriel, mais bien de créer une arme de dissuasion massive utilisable contre n’importe qui.

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Dans le même esprit, gouvernement et majorité ont également catégoriquement refusé que le secret des affaires soit du ressort exclusif des tribunaux de grande instance, plutôt que des tribunaux de commerce, plus proches personnellement et idéologiquement des milieux d’affaires. Ils ont certes créé une possibilité de sanction pour poursuites abusives, mais elle sera difficile à faire valoir, et les amendes encourues ne sont pas dissuasives pour les firmes.

Comment on est-on arrivé là ?

L’histoire de l’adoption du secret des affaires est une illustration, à bien des égards terrible, du pouvoir qu’ont certains acteurs de mettre à l’ordre du jour et faire passer une mesure sans utilité, ne répondant à aucun besoin réel. Car il existe déjà un arsenal législatif suffisant pour lutter contre l’espionnage industriel, et les promoteurs du secret des affaires n"ont jamais été capables de citer des exemples probants de concurrence déloyale qui n’ait pas pu être poursuivie faute d’une législation adéquate.

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Conçu dans un petit cercle de spécialistes autoproclamés de « l’intelligence économique » qui ont échoué à plusieurs reprises à le faire adopter en France, puis porté au niveau européen par une coalition de multinationales françaises et américaines aidées d’un cabinet d’avocats d’affaires qui ont convaincu la Commission d’en tirer une directive, le secret des affaires a été poussé loin des regards du public (lire notre article, largement basé sur une enquête de l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory). Parlementaires européens et société civile n’ont pris connaissance de ce projet de directive que très en aval, lorsqu’il était trop tard pour en remettre le principe même en cause. Le même scénario s’est rejoué deux ans plus tard en France.

Si les dirigeants politiques ont laissé faire, c’est sans doute que le secret des affaires leur donnait l’impression de soutenir à bon compte l’industrie européenne. Comme si les problèmes de cette dernière n’étaient liés qu’aux pratiques « déloyales » de ses concurrents, notamment chinois, et non à la politique de sous-investissement et de délocalisations poursuivie par de nombreuses firmes du vieux continent.

Prochaines étapes

OUTIL BAILLON

Les milieux d’affaires disposaient déjà d’un ensemble de moyens légaux pour cibler plus ou moins agressivement les journalistes d’investigation, les associations ou les chercheurs qui avaient le malheur de leur déplaire. On verra, à court terme, dans quelle mesure le secret des affaires contribue à amplifier le phénomène des « procédures bâillons » intentées par les entreprises contre leurs critiques. Il pourrait accélérer la tendance récente de ces dernières à délaisser le terrain de la seule diffamation (traditionnellement utilisée contre journalistes et ONG) pour tester de nouveaux motifs juridiques, si possible devant les tribunaux de commerce (lire nos articles ici et ).

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À moyen et long terme, le secret des affaires pourrait devenir un véritable « joker » dont les grandes entreprises pourront se servir pour éviter toutes les questions dérangeantes, voire échapper à certaines obligations réglementaires. On en voit déjà un premier exemple, aujourd’hui même, avec la directive européenne sur la transparence fiscale en cours de finalisation. Les grandes entreprises du vieux continent devront désormais se soumettre à un reporting financier et fiscal « pays par pays » public - sauf si... divulguer ces informations pourrait nuire à leur « compétitivité ». Beaucoup craignent que les dispositions sur le devoir de vigilance soient les prochaines en France à être contournées via ce droit d’exception.

Olivier Petitjean

http://multinationales.org/Secret-des-affaires-derniere-ligne-droite-et-quelques-lecons

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dimanche 17 juin 2018

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Bruno Guigue

TL BG LOI FAKE

Cette histoire commence comme un conte de fées. Dans notre merveilleuse démocratie, tout allait pour le mieux. La presse était libre, le citoyen informé et le pouvoir impartial. Mais c’était trop beau. Imprudente, la démocratie n’a pas senti venir l’ennemi. Tapi dans l’ombre, il était prêt à fondre sur sa proie. Qui ? Le Russe, bien sûr. Il a fallu que ce barbare vienne gâcher la fête en propageant ses odieux mensonges. Heureusement, montant son blanc destrier, notre héroïque ministre de la culture a donné l’alerte : “La manipulation de l’information, dit-elle, est un poison lent qui abîme notre vie démocratique. L’attitude liberticide, face aux dangers actuels, c’est la passivité”.

Réagir, oui, mais comment ? Présentant le projet de loi “contre les fake news”, rebaptisé projet de loi “contre la manipulation de l’information”, Françoise Nyssen a employé un argument de poids : “La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus”. On avait pourtant pris toutes les précautions possibles, dans les hautes sphères, pour inciter les gueux à se comporter comme des moutons. Contrôle de 95 % de la presse traditionnelle par une dizaine de milliardaires, ligne éditoriale uniforme calquée sur l’agenda libéral-atlantiste, subventions publiques réservées à des médias orthodoxes ou inoffensifs : au paradis des droits de l’homme, tout était verrouillé. Manifestement cela n’a pas suffi. Pour ramener le troupeau, il va falloir trouver autre chose. On va les aider à penser comme il faut, ces manants, car ils ont la fâcheuse manie de s’égarer sur la Toile pour entendre un autre son de cloche.

Interview véridique du chien du Président par la presse autorisée

Dans un vibrant hommage aux officines chargées de diffamer toute pensée dissidente (le “Décodex” du Monde et le “Check News” de Libération), la ministre de la culture révèle alors le fond de sa pensée : puisque “leur capacité de discernement ne suffit plus”, il importe absolument de “former les citoyens”. D’habitude, cette formation commençait et finissait avec l’école. Mais il est clair que c’est insuffisant ! Les citoyens ayant vraiment tendance à mal voter (référendum de 2005, Brexit, Italie), il va falloir les rééduquer. Comment ? En les orientant vers les bons médias, ceux qui ne mentent jamais. On pensait jusqu’à présent que les citoyens étaient assez grands pour faire leur choix parmi les organes d’information. C’est fini. Le gouvernement, dans son infinie bonté, les exonère de cette lourde tâche. Il va désormais leur signifier qui il faut lire, écouter à la radio ou regarder à la télévision.

 

TOUS LES JOURS

Pour clarifier les choses, Françoise Nyssen a précisé que la future loi contre la manipulation de l’information, évidemment, ne concernait pas “les journalistes de la presse professionnelle”. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Il n’est pas question de mettre en cause le “professionnalisme” de ceux qui ont affirmé, par exemple, que le régime de Bachar Al-Assad allait s’écrouler sous quinze jours, ou que la Russie avait assassiné le journaliste Arkadi Babchenko, qui ressuscita au deuxième jour d’une mare de sang de cochon. Sans parler du “charnier de Timisoara”, des “couveuses de Koweit City”, de la “fiole de Colin Powell” et des innombrables bobards colportés avec zèle par des médias pour qui professionnel est synonyme de mercenaire. Bref. Si cette presse était passionnément attachée à la distinction entre le vrai et le faux, cela se saurait.

Mais peu importe. Pour nos dirigeants, c’est comme un théorème : les médias qui ont la confiance du ministre de la propagande ne mentent jamais. Puisqu’on vous le dit, c’est que c’est vrai. D’ailleurs, cette presse que le monde nous envie a deux caractéristiques qui en garantissent l’indépendance : elle appartient à la bourgeoisie d’affaires et elle reçoit des subventions du gouvernement. Double certificat de vertu ! Ce n’est pas comme si elle était animée par des bénévoles qui prennent des risques et ne gagnent pas un sou. On peut toujours rêver d’un monde meilleur sous d’autres latitudes, mais le système médiatique des “démocraties” repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un “bon journal” est un journal qui dit ce qu’il faut dire, et à qui l’État donne les moyens d’éliminer la concurrence.

 

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Le projet de loi contre les “fake news” ne déroge pas à cette règle, qui est de l’ordre de la structure. Il a pour seul objectif de garantir l’homogénéité de la sphère médiatique, indispensable à la promotion de l’idéologie libérale, européiste et atlantiste. En incriminant les médias russes, l’exécutif français fait coup double : il sanctionne la Russie tout en diffamant la concurrence. Mais tous les médias citoyens sont dans la ligne de mire, car ils échappent à la double emprise du capital et du pouvoir. Ajoutée au déclin des médias classiques, la liberté conquise sur Internet effraie des élites qui voient le contrôle de l’opinion leur échapper. La propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie, certes. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.

Bruno Guigue

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/06/verite-et-mensonge.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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samedi 16 juin 2018

Le Statut de la fonction publique, une victoire générale des salariés [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Annie Lacroix- Riz

HIST FONCTION PUBLIQUE

Le fort intéressant article d’Anicet Le Pors paru dans le Monde diplomatique d’avril 2018, « Les , voilà l’ennemi »[1], me paraît mériter un complément, d’une part sur les modalités du vote parlementaire du Statut général de la Fonction Publique dit « statut Thorez », et d’autre part, sur la portée réelle, très au-delà des salariés d’État, de la création du concept crucial du « minimum vital ».

Son adoption, le 5 octobre 1946, ultime victoire politique pour un PCF dont l’exclusion ministérielle (du 4 mai 1947) était fébrilement préparée, résulta de l’immense soutien des salariés concernés et de l’habileté tactique des parlementaires communistes. Le 2 octobre, ceux-ci firent programmer la discussion du projet de loi pour le 5, date de clôture de la session : c’était peu avant les législatives de novembre, époque où le rejet public du texte eût coûté cher aux parlementaires concernés, singulièrement à la SFIO, majoritaire dans l’électorat de la fonction publique. La vindicte de tous les députés non-communistes, de la droite à la SFIO, dut donc se restreindre à l’« article 32 » relatif au « minimum vital » dont Anicet Le Pors souligne légitimement le caractère crucial. Il l’était d’autant plus qu’il ne visait pas, à terme, les seuls « fonctionnaires d’État » : la CGT à majorité « unitaire » (communiste) avait défini ce « minimum vital » pour en faire bénéficier non seulement les fonctionnaires mais aussi tous les salariés. Il servit en effet de base aux luttes ouvrières qui, certes dans des conditions difficiles de division syndicale, aboutirent à la création du « salaire minimum national interprofessionnel garanti » (SMIG) par la loi 50-205 du 11 février 1950 « relative aux conventions collectives et aux procédures de règlement des conflits collectifs de travail »[2] (SMIG que sa fiche Wikipédia a l’audace de faire remonter à la Charte du travail de 1941 sans mot dire de l’héritage effectif de 1946[3]).

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La discussion parlementaire du 5 octobre 1946 fut vive. Paul Reynaud, conformément à la ligne de combat contre les salaires qu’il avait à divers postes ministériels mise en œuvre dans la décennie 1930 (dont la présidence du Conseil de mars à juin 1940)[4], tonna contre le péril d’extension de l’article 32 aux « salariés de l’industrie et du commerce », qui en exigeraient autant que « les salariés de l’État ». Interprétation que le Ministre d’État Thorez lui confirma explicitement. Ce minimum vital généralisé, s’indigna Reynaud, entraînerait « une hausse générale et considérable des salaires », augmenterait dramatiquement les dépenses publiques, en élargissant à l’excès l’éventail hiérarchique, et « perdr[ait] le franc [au lieu de le] défendre »[5]. Christian Pineau manifesta l’extrême dépit de la SFIO, contrainte de voter un texte « imparfait et empreint d’un esprit totalitaire qui n’est pas le nôtre ». Et il annonça les représailles : « nous entreprendrons, dès que nous en aurons l’occasion, la révision de certaines de ses dispositions essentielles. »[6]

Ce veto de fait divisa la base socialiste, particulièrement les « confédérés » de la tendance (socialiste) « Force ouvrière », majoritaires à la Fédération des Fonctionnaires. Le dirigeant de celle-ci, Pierre Neumeyer, bien qu’associé aux actifs préparatifs de la scission de la CGT (de décembre 1947)[7], avoua cinq mois plus tard à quel point il avait troublé ses mandants dans l’hebdomadaire Force ouvrière : « Je ne crains pas de déclarer, même si je dois me heurter à certains de nos amis, que l’institution du Conseil supérieur de la fonction publique et la mise en application du Statut général de la Fonction Publique constituent indiscutablement un succès syndical. »[8]

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À l’heure où les gouvernants pensent pouvoir enfin, après des décennies d’efforts en vue de « la casse [de] l’intérêt général », mettre à exécution les menaces de Reynaud et Pineau, la connaissance de l’ démontre formellement que les acquis de chaque catégorie de salariés améliorent directement le sort des autres. Nonobstant la propagande qui dénonce quotidiennement dans les « privilèges » des fonctionnaires une insulte à « l’égalité » (entre Bernard Arnaud et tous les salariés?), la catégorie qui demeure dotée d’une situation lui permettant de moins courber la tête et se bat pour conserver ses droits, se bat pour les intérêts de tous. C’est dire si la résistance conjointe des « salariés de l’industrie et du commerce » et des « salariés de l’État » s’impose.

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7


[1] https://www.monde-diplomatique.fr/2018/04/LE_PORS/58573

[2] JORF, 12 février 1950, https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000000693160

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Salaire_minimum_interprofessionnel_garanti

[4] De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008, index Reynaud.

[5] Journal Officiel des Débats n°109, 6 octobre 1946, p. 4684-4685.

[6] Journal Officiel des Débats n°109, 6 octobre 1946, p. 4709.

[7] Contexte général, « CGT et revendications ouvrières face à l’État, de la Libération aux débuts du Plan Marshall (septembre 1944-décembre 1947). Deux stratégies de la Reconstruction », thèse d’État, Université Paris I, 1981; résumé, La CGT de la Libération à la scission (1944-1947), Paris, Éditions Sociales, 1983, p. 194-197.

[8] Force ouvrière, 6 mars 1947, p. 3.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/le-statut-de-la-fonction-publique-une-victoire-generale-des-salaries-par-annie-lacroix-riz/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

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Italie : et maintenant ? [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

Que retenir de l’improbable séquence politique italienne qui a vu se multiplier les rebondissements depuis un mois ? Sur quoi peut-elle déboucher ? Le rédacteur en chef du mensuel Ruptures Pierre Levy livre son analyse.

TL ITALIE RUPTURES EURO

Texte publié en partenariat avec le site du mensuel Ruptures.

Les parlementaires italiens s’apprêtent à voter la confiance au gouvernement formé par l’alliance entre le Mouvement cinq étoiles (M5S) et la Ligue, et dirigé par un juriste novice en politique, Giuseppe Conte.

Ainsi se conclut – provisoirement – une séquence marquée par une succession de trois coups de théâtre. Depuis les élections du 4 mars, la situation politique transalpine semblait bloquée. Mais le 9 mai – premier coup de tonnerre – l’ex-Premier ministre Silvio Berlusconi, angoissé par la perspective d’un nouveau scrutin qui paraissait inéluctable et qui aurait probablement été fatal à sa formation, Forza Italia, donnait son feu vert à la Ligue, son alliée, pour se rapprocher du M5S.

En moins de deux semaines, les chefs du parti fondé par le comique Beppe Grillo, Luigi Di Maio, et de l’ancien mouvement autonomiste du Nord désormais converti en force nationale proclamée anti-Bruxelles, Matteo Salvini, se mettent d’accord sur un programme et sur une équipe gouvernementale. Giuseppe Conte, qui n’appartient à aucun des deux mouvements, est pressenti pour diriger celle-ci.

Puis, deuxième tremblement de terre : le président de la République, Sergio Mattarella s’oppose à la nomination de certains ministres, notamment celui pressenti pour le portefeuille des Finances, Paolo Savona, jugé trop critique envers l’euro. Le chef de l’Etat ne s’en cache guère : il relaye le refus à peine voilé de la Commission européenne, comme de Berlin et de Paris, quant à ce cabinet jugé hérétique.

Di Maio et Salvini sont furieux. Ils soulignent qu’une telle attitude bafoue le vote majoritaire des citoyens. Des élections semblent à nouveau inévitables. Tout laisse à penser que, dans cette hypothèse, la Ligue sortirait grande gagnante, capitalisant sur le déni de démocratie. Une hypothèse qui tétanise les élites dirigeantes de l’UE tout comme la classe politique européiste italienne.

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S’en suivent alors de discrètes négociations. Ultime coup de théâtre : exit le gouvernement de transition imaginé par le président Mattarella (qui aurait été conduit par une figure emblématique du FMI, une véritable provocation après un vote clairement anti-austérité…) ; et réapparition de Guiseppe Conte, qui, après avoir jeté l’éponge, accepte finalement de conduire une équipe gouvernementale M5S-Ligue. Cette dernière inclut cependant certains désidératas du chef de l’Etat.

Certes, Luigi Di Maio prend un très large portefeuille incluant le Travail et le Développement économique, tandis que Matteo Salvini hérite de celui de l’Intérieur, qu’il guignait. Mais l’éphémère ministre des Finances Savona se retrouve finalement aux Affaires européennes, un poste important mais moins stratégique. Le nouveau grand argentier, Giovanni Tria, ne remet nullement en cause la monnaie unique. Quant au ministre des Affaires étrangères, il échoit à Enzo Moavero Milanesi, qui a appartenu aux très pro-UE gouvernements Monti et Letta, et qui a lui-même longtemps travaillé pour Bruxelles.

Que retenir ?

Que retenir de ce prologue mouvementé ? Et sur quoi cette configuration inédite peut-elle déboucher ?

Premier constat : le vote des Italiens en faveur de partis réputés «antisystème» et accusés par l’oligarchie d’être anti-UE, n’a pu être ignoré. Cette «alliance populiste et d’extrême droite qui épouvante l’Europe» constituait bien et reste le pire cauchemar que Bruxelles pouvait imaginer.

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En témoigne le concert d’imprécations de la part des dirigeants européens. Parmi tant d’autres, l’actuel locataire de Bercy a ainsi martelé avec une déroutante arrogance : «chacun doit comprendre en Italie que l’avenir de l’Italie est en Europe.» Et Bruno Le Maire d’asséner sans réplique : «Les engagements qui ont été pris par l’Italie […] valent, quel que soit le gouvernement.» Bref, l’Italie est libre de ses choix à condition que ceux-ci ne changent pas.

Les commissaires européens se sont également succédé pour jouer leur partition. Dans ce registre, la palme revient à l’Allemand Günther Oettinger : ce dernier n’a pas hésité à affirmer que les marchés financiers sauraient bien venir à bout des volontés des électeurs italiens.

Il y a cependant un deuxième constat : le compromis accepté par Di Maio et Salvini laisse à penser qu’entre les partis réputés «antisystème» et le «système» lui-même, tous les canaux de communication ne sont pas rompus. Ce n’est pas une réelle surprise. Ni les dirigeants de la Ligue, ni encore moins ceux du M5S ne revendiquent leur hostilité fondamentale à l’intégration européenne. Luigi di Maio a même terminé sa campagne par des déclarations d’amour à l’Europe… Cela rappelle étrangement l’arrivée au pouvoir de Syriza en Grèce, prétendant combattre l’austérité tout en voulant rester dans l’UE et la monnaie unique. On connaît la suite.

Troisième constat : le programme ressemble à un bric-à-brac baroque. La fin de l’austérité, la remise en cause de la réforme des retraites, le durcissement de la politique migratoire, la levée des sanctions contre la Russie (un horrifique chiffon rouge pour les dirigeants européens), voisinent avec la baisse des impôts, le revenu minimum citoyen, l’arrêt du tunnel sous les Alpes ou la fin de la vaccination obligatoire…

Pour autant, la mise en œuvre ne serait-ce que du quart des propositions de la première catégorie serait explosive, tout particulièrement dans la troisième puissance de la zone euro.

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Trois points de friction majeurs en particulier sont susceptibles de mener à l’affrontement dès le Conseil européen prévu fin juin : l’intégration plus poussée de la zone euro, évidemment contradictoire avec un assouplissement de l’austérité ; la réforme de la politique migratoire et d’asile, où l’Italie se trouve en première ligne ; et la reconduction des sanctions contre la Russie, reconduction contre laquelle les deux partenaires gouvernementaux sont unis.

Il reste la question majeure : jusqu’à quel point la majorité des Italiens, qui ont exprimé leur colère le 4 mars dernier, seraient-ils décidés à se laisser brutalement décevoir ? Naguère encore, une réponse pessimiste aurait semblé s’imposer.

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Mais depuis quelques mois, en Allemagne, en Autriche, en Tchéquie, en Hongrie, les électeurs ont déjà pris un malin plaisir à enchaîner les claques adressées à Bruxelles. Sans parler du vote en faveur du Brexit. Bref, l’idée européenne est en loques. Même si un récent sondage «eurobaromètre» croyait pouvoir récemment discerner des citoyens «de plus en plus favorables» à l’Europe, comme a cru pouvoir le pointer l’Italienne Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’UE. A ce niveau, ce n’est plus de la méthode Coué.

C’est de l’humour.

https://francais.rt.com/opinions/51316-italie-et-maintenant-pierre-levy

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samedi 9 juin 2018

«Les apprentis sorciers de la lutte contre les fake news»

TRIBUNE LIBRE / FIGAROVOX/TRIBUNE -

TL FAKE NEWS LOI FIGARO

Pour Philippe Lemoine, l'actuel projet de loi sur les fake news propose une définition aux contours flous, et très subjectifs, des fausses informations. Il juge qu'une telle loi conduira immanquablement à des dérives liberticides.


Philippe Lemoine fait une thèse en logique et philosophie des sciences à l'université Cornell. Il est également présent sur Twitter et a un blog.


La commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale vient de terminer l'examen de la proposition de loi relative à la lutte contre la manipulation de l'information, et le moins que l'on puisse dire est que le texte qu'elle a adopté est pour le moins inquiétant. Les partisans de cette proposition de loi veulent lutter contre le phénomène des “fake news”, mais il est à craindre qu'ils ne parviennent qu'à limiter la liberté d'expression encore un peu plus, dans un pays où elle est déjà régulièrement maltraitée.

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Le concept même de “fake news”, ainsi que l'hystérie autour de ce phénomène, paraît quelque peu douteux. Ce n'est pas, évidemment, que l'on puisse nier que des rumeurs sans fondement et autres fausses informations circulent sur Internet et les réseaux sociaux, mais les médias ont tendance à n'affubler ce label infamant qu'aux fausses informations ou supposées telles qui vont à l'encontre de l'idéologie dominante. Ainsi, quand par exemple Les Inrocks nous expliquent que les immigrés sont plus diplômés que la population française, ce qui est démontrablement faux, on n'entend pas beaucoup les cognoscenti crier à la “fake news”.

Ayant dit cela, on ne peut évidemment qu'être d'accord avec l'idée qu'il faut dans la mesure du possible chercher à réduire la diffusion des informations fausses ou inexactes, du moment que ça s'applique à toutes et pas seulement à celles qui ont l'heur de déplaire aux grands prêtres de l'idéologie dominante. Mais encore faut-il s'assurer que le remède qu'on propose pour y parvenir ne soit pas pire que le mal et on peut hélas craindre que ce soit le problème avec le texte qui vient de sortir de la commission et qui doit être examiné dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à partir du 7 juin.

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Le texte propose notamment de créer une nouvelle procédure qui, en période électorale, permet au juge des référés de faire cesser immédiatement la diffusion de fausses informations “de nature à altérer la sincérité du scrutin” à la demande “du ministère public, de tout candidat, de tout parti ou groupement politique ou de toute personne ayant intérêt à agir”. Une fausse information y est par ailleurs définie comme “toute allégation ou imputation d'un fait dépourvue d'éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable”. Une fois saisi, le juge aura quarante-huit heures pour se prononcer.

Le problème est que cette définition est tellement vague qu'on ne sait pas bien ce qui peut tomber sous le coup de cette loi. Après tout, si les gens étaient d'accord sur ce qui constitue des éléments vérifiables de nature à rendre une allégation vraisemblable, ça se saurait. Il est fort probable que, selon le juge qui aura à décider, la décision sera différente. Une loi aussi vague est en effet une invitation à l'arbitraire et, s'il y a une chose dont on peut être certain, c'est que si une loi permet les abus alors il y en aura. De la même façon, la question de savoir si la diffusion d'une information est “de nature à altérer la sincérité du scrutin” n'admet souvent pas une réponse claire, mais il faudra pourtant bien que le juge se prononce.

Pire, il n'aura que quarante-huit heures pour se prononcer, autant dire rien du tout. Quand on sait le nombre de dossiers qui arrivent chaque jour sur le bureau des juges, et la difficulté qu'il y a à déterminer si une information tombe sous le coup de cette loi dans un grand nombre de cas, on peut légitimement craindre que la censure ne s'abatte sur beaucoup d'informations qui, vraies ou fausses, devraient faire l'objet d'un débat et pas d'une ordonnance de justice. C'est d'autant plus vrai que, à en juger par la façon dont la justice française utilise l'arsenal législatif déjà existant, on peut douter que, dans la plupart des cas, le juge des référés se prononcera dans le sens de la liberté d'expression en cas de doute…

LOIS LIBERTE PRESSE

On me répondra que ce n'est pas pour ça que l'on a élaboré cette proposition de loi. Mais quand bien même ce serait vrai, ça n'aurait guère d'importance. Alfred Nobel n'a peut-être pas inventé la dynamite pour tuer des gens, mais ça n'a pas empêché les gens de l'utiliser dans ce but. Plus proche de notre sujet, il est clair quand on lit les débats à l'Assemblée nationale et au Sénat que les parlementaires qui ont voté unanimement pour l'adoption de la loi Pleven, qui a créé le délit d'incitation à la haine raciale, n'avaient pas la moindre idée du monstre dont ils étaient en train d'accoucher. L'enfer est pavé de bonnes intentions, mais il n'y fait pas froid pour autant.

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Cette proposition de loi accroît également les pouvoirs du CSA, qui pourra désormais refuser une convention à un service de radio ou de télévision si celui-ci “comporte un risque grave d'atteinte à la dignité de la personne humaine, à la liberté et à la propriété d'autrui, au caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion, à la protection de l'enfance et de l'adolescence, à la sauvegarde de l'ordre public, aux besoins de la défense nationale et aux intérêts fondamentaux de la Nation, dont le fonctionnement régulier de ses institutions”.

1984

Encore une fois, cet article de la proposition de loi est à la fois remarquablement vague et large d'application (donc se prête à beaucoup d'abus), mais pour couronner le tout il pousse même l'absurdité jusqu'à nous expliquer qu'il pourrait être utile d'interdire un service de radio ou de télévision afin de protéger le “caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion”.Même Orwell n'aurait pas osé imaginer une chose pareille dans 1984! On se demande vraiment ce qui peut passer par la tête des parlementaires quand ils votent une telle disposition.

Les quelques garde-fous que contient le texte ne sont guère rassurants. D'abord, la plupart des dispositions (mais pas toutes) ne s'appliquent qu'en période électorale, ce qui en limite la portée. C'est évidemment une bonne chose, mais d'un autre côté, les périodes électorales sont précisément le moment où il est le plus crucial que le débat démocratique puisse s'exercer aussi librement que possible*. Ce n'est évidemment pas dans ce sens que va cette proposition de loi.

De même, le texte prévoit que le juge des référés ne peut être saisi pour faire cesser la diffusion d'une fausse information que dans les cas où celle-ci est diffusée “de mauvaise foi, de manière artificielle ou automatisée et massive par le biais d'un service de communication au public en ligne”. Mais il n'est pas évident que cette restriction améliore beaucoup les choses, puisque encore une fois elle est remarquablement vague. Est-ce que si un journal achète de la publicité en ligne et que le juge des référés estime que l'un de ses articles tombe sous le coup de la définition des fausses informations qu'on trouve dans cette loi, il pourra en exiger le retrait immédiat au motif qu'il a été diffusé par des moyens artificiels? Nous n'en savons rien et il est donc probable que ça dépendra du juge.

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Bien que ce soit une proposition de loi, tout le monde sait que ce projet vient en réalité du Président de la République, qui l'avait annoncé lui-même dans ses vœux à la presse en janvier. Celui-ci n'a manifestement toujours pas digéré les rumeurs qu'ont fait courir à son sujet quelques médias russes, dont l'audience est pourtant largement confidentielle en France, pendant la campagne présidentielle. On peut comprendre que ce soit désagréable, mais ce n'est pas une raison pour mettre ainsi en danger la liberté d'expression, qu'on maltraite déjà beaucoup trop en France.

Philippe Lemoine

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/06/05/31001-20180605ARTFIG00212-les-apprentis-sorciers-de-la-lutte-contre-les-fake-news.php?redirect_premium

https://www.les-crises.fr/les-apprentis-sorciers-de-la-lutte-contre-les-fake-news-par-philippe-lemoine/

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*Cette nouvelle loi complètera utilement (pour le pouvoir) le dispositif déjà en place. Nois sommes bien placés pour savoir ce que signifie un débat démocratique pour le CSA par exemple, comme en témoigne le temps de parole qui fut accordé à François Asselineau (v. une illustration parmi d'autres ci- dessous).   P.G.

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Loi contre les fake news : le grand leurre qui cache une volonté générale de censure

TRIBUNE LIBRE / OJIM

TL OJIM LOI FAKE NEWS

Le terme fake news est devenu à la mode après l’élection de Trump et le Brexit. Les perdants – les partisans de Hillary Clinton, ceux du Remain et derrière eux la grande masse des médias dominants qui les soutenaient – se sont interrogés devant des défaites considérées (par eux-mêmes) comme « immorales ». S’ils avaient perdu, c’est que le peuple avait été trompé. Si le peuple avait été trompé, c’est à la suite d’une myriade de fausses nouvelles. Sans ces fausses nouvelles, Hillary Clinton serait à la Maison Blanche, la Grande Bretagne dans l’Union Européenne et les médias du système couleraient des jours heureux. Une stratégie auto consolatrice pour le passé mais surtout porteuse de menaces pour l’avenir, menaces pour la liberté d’expression des autres bien sûr.

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Si le passé ne passe pas ou passe mal que faire pour que de telles horreurs ne se reproduisent pas se demandent les médias dominants ? Leur réponse : interdire les fausses nouvelles, les traquer, les éradiquer pour que le peuple ne soit plus trompé et puisse enfin voter comme il doit voter, selon les indications du Monde et de Libération en France et du New York Times et CNN aux Etats-Unis. Ou selon les indications du bon docteur Ollinger qui vend la mèche : « Les marchés apprendront aux italiens comment voter ».

Fausses nouvelles et vieux bobards

Les fausses nouvelles ont toujours existé. Il y a peu on les appelait les bobards, les bons vieux bobards. Pendant la guerre de 14/18 les allemands expliquaient que les tirailleurs sénégalais dévoraient les petits enfants et les français répliquaient que les allemands leur coupaient la main. Pendant la campagne électorale du référendum anglais comme pendant celle de la présidence des Etats-Unis les deux camps ont commis des approximations, poussé trop loin leurs prévisions apocalyptiques ou au contraire souriantes en cas de victoire ou de défaite de l’un ou l’autre camp. Des péripéties électorales banales.

L’analyse de François Bernard Huyghe

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Revenons à nos fake news. François-Bernard Huyghe, chercheur à l’IRIS et spécialiste des médias les analyse précisément dans son dernier livre intitulé Fake news, la grande peur. (VA Presse, 2018). Citons son entretien dans le Figaro du 25 mai 2018. (...)

Mais qu’est ce qu’une Fake News demande le journaliste Paul Sugy? Réponse du sociologue des médias : « Ce n’est justement pas très clair et on y mêle beaucoup de choses. Les contre-vérités ou les mensonges inventés de toutes pièces mais aussi l’obscurantisme ou les théories du complot… Mais le but est sans doute de confondre toutes ces opinions dans une sorte de fantasme, de mensonge odieux. »

Une loi a déjà été votée en Allemagne pour lutter contre les fausses nouvelles, dénoncée unanimement par les éditeurs de presse, les syndicats de journalistes. Ces derniers ont parlé tour à tour « d’infrastructure de censure », « d’atteinte à la liberté d’expression », de « privatisation de la justice », de « loi anticonstitutionnelle » et portant atteinte aux « droits et libertés fondamentales », aux « Droits de l’Homme et du Citoyen » et à la « séparation des pouvoirs ». Fermez le ban.

Françoise Nyssen précise sa pensée

Devant les Assises du journalisme de Tours la ministre Françoise Nyssen a présenté la future loi comme « nécessaire pour protéger notre démocratie contre les influences extérieures ». (...)

Censure préalable des GAFAM

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Cette loi vise en réalité à faire pression sur les fameux GAFAM, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, ceux dont ni la France ni l’Union Européenne n’arrivent à faire payer leurs impôts en Europe sinon de manière lilliputienne. Elle vise à encourager l’auto-censure des réseaux sociaux. Mark Zuckerberg dans sa très courte audition au Parlement Européen (voir notre analyse) s’est bien gardé de répondre (entre autres) aux questions de Nicolas Bay :

  • La censure arbitraire appliquée par Facebook est-elle compatible avec les valeurs fondamentales de notre démocratie ?
  • La chasse aux fausses nouvelles est elle en train de devenir un prétexte pour chasser et réduire au silence les libertés d’opinion et d’expression ?

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La censure est déjà en marche, Facebook a supprimé – à l’instigation du sous-préfet Potier de la Dilcrah la page des Identitaires et celle de Defend Europe, l’opération symbolique de "sauvegarde des frontières européennes".

Nous avons ici la conjonction d’une censure privée et d’une censure d’État, comme l’a analysé le politologue Dominique Reynié dans Le Figaro du 11 mai 2018. Il conclut « la question posée par la fermeture du compte de Génération identitaire est, à proprement parler, cruciale : il sʼagit de savoir si nous sommes engagés dans un processus de privatisation de nos libertés publiques et en dehors de tout contrôle de type juridictionnel ou parlementaire ». Une question bien posée.

Les médias russes en ligne de mire

Une partie de la loi semble dirigée explicitement contre deux médias russes : Russia Today et Sputnik. Ils pourraient perdre leur droit d’émettre en période électorale s’ils diffusent des fausses nouvelles. Faudra-t-il aussi interdire l’AFP, Le Monde et quelques autres qui ont annoncé une fausse nouvelle au sujet d’Arkadi Babtchenko le 30 mai 2018 ? Comme nous l’analysions ici. Sa mort vite démentie par sa résurrection ? Et que dire des autres médias publics étrangers, la BBC une institution publique anglaise et CNN institution privée mais bien dans le moule américain ? Seront-ils aussi concernés ? Ne parlons pas d’Al Jazeera du Qatar… ni de France24 qui est la voix de la France à l’étranger.

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Petit à petit le filet se referme sur les libertés des Français et des Européens. Les gouvernements incitent les GAFAM à créer leurs propres instruments de censure préalable. Les réseaux sociaux aussi bien que les fournisseurs d’accès ou les plates-formes internet seront tenus de proposer un mécanisme de remontée des « fausses informations » ce que font déjà les polices médiatiques du style du Decodex du Monde qui a été financé par Google pour une somme inconnue et dans des conditions tout aussi inconnues. Il n’est pas indifférent que Libération fasse partie d’un système de dénonciation où les médias américains progressistes jouent un rôle de premier plan.

Inquiétude des éditeurs

Le Syndicat de la presse en ligne (SPIIL) a souligné dans un communiqué du mois d’avril dernier ses inquiétudes quant à la nouvelle loi. Le Spiil souligne les risques de détournement de procédure « pour empêcher la diffusion de certaines informations et ainsi nuire à la liberté d’expression ». « La procédure de référé prévue à l’article 163-2-1, même sous le contrôle du juge, interviendrait en dehors des dispositions de la loi de 1981 qui garantit le juste équilibre entre liberté d’expression et protection des personnes et des institutions »

Une loi de circonstance

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In fine le projet de loi est une loi de circonstance. François Bernard Huyghe voit trois raisons à cette loi, toutes trois liées au Président Emmanuel Macron : un intérêt personnel face aux attaques dont il aurait été victime, un intérêt idéologique en tant que Président des élites qu’il faut conforter dans leur domination, enfin un intérêt électoral dans la perspective des élections européennes de 2019. Dans le cadre d’une campagne qui s’annonce risquée, disqualifier ses adversaires qui seront assimilés au camp du mensonge.

Chacun aura compris que l’Observatoire du journalisme s’oppose fermement au projet de loi tel qu’il est présenté

https://www.ojim.fr/loi-contre-les-fake-news-le-grand-leurre-qui-cache-une-volonte-generale-de-censure-lavis-de-lojim

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vendredi 8 juin 2018

Facebook a (encore) partagé vos données

Apple, Samsung, BlackBerry et des dizaines d’autres fabricants de téléphones ou tablettes auraient accédé aux données personnelles des utilisateurs de Facebook.

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Le scandale «Cambridge Analytica» à peine retombé, Mark Zuckerberg est à nouveau dans la tourmente. Son réseau social aurait échangé les données de ses utilisateurs avec des dizaines de fabricants de téléphones et de tablettes.

Ces partenariats auraient été établis bien avant que les applications Facebook ne déferlent sur les téléphones portables. Le réseau social offrait aux constructeurs non seulement des données sur l’utilisateur, mais aussi leurs amis. Le problème, c’est que ces derniers croyaient parfois avoir interdit tout partage de leurs données.

Ashkan Soltani, chercheur et consultant en protection de la vie privée, explique au «New York Time», que «c’est comme si on fait installer des serrures, mais on se rend compte que, sans vous demander la permission, le serrurier a donné un double à tous ses amis pour qu’ils puissent venir fouiller dans vos affaires».

Les données valent de l’or

Parmi les données que récoltaient les fabricants de téléphone: situation matrimoniale, religion, tendance politique ou événements à venir. L’ampleur de ce partage de données n’avait jamais été révélée, selon le journal new-yorkais.

Xavier Studer, blogueur indépendant spécialiste des nouvelles technologies, s’étonne, «bien qu’on découvre régulièrement ce que Facebook fait de nos données, à chaque fois c’est pire. Et ce n’est pas rassurant».

Si la plupart des partenariats sont encore d’actualité, Facebook aurait commencé à les réduire en avril dernier. Ses déboires en matière de gestion des données personnelles ont largement été mis en lumière depuis le début de l’année. Zuckerberg avait dû s’expliquer devant le Sénat américain. Il avait expliqué que les accès comme ceux utilisés par Cambridge Analytica avaient été coupés en 2015.

Deux poids, deux mesures

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Mais pas pour tout le monde apparemment. Et rien n’avait été révélé sur cette utilisation par les fabricants. Le patron du réseau social avait ensuite dû affronter l’Europe. Dans des documents soumis mi-mai au législatif allemand qui enquêtait sur les pratiques du géant bleu, seul un partenariat avec le fabriquant BlackBerry est évoqué par le réseau social. Pourtant cela concernerait une soixantaine de marques.

Le réseau social se défend en affirmant que ces partenariats sont légaux et qu’il n’a pas violé l’accord passé entre lui et la Federal Trade Commission (ndlr: agence gouvernementale dont la mission principale est l’application du droit des consommateurs).

Face aux critiques, il explique que seule une partie de celles-ci sont fondées. Il assure que ces accords ont été passés il y a plus de 10 ans, dans un but d’intérêt commun, «quand les App Stores n’existaient pas». Il annonce que 22 partenariats déjà ont été annulés.

Une révolte des utilisateurs

Pour les États qui seraient tentés d’intervenir, preuve en est que Facebook ne dit pas tout. La plus grosse pression pourrait venir d’actions privées. Perdre définitivement tous ses utilisateurs parait la seule menace pour le géant américain.

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Car ce sont eux les principaux concernés dans ces scandales. On estime que la moitié des Suisses est sur Facebook. «L’utilisateur moyen ne veut pas que ces données se retrouvent partout», constate Xavier Studer. Et pourtant, on accepte souvent les conditions d’utilisation, et ce qu’elles entraînent sans les lire. «On ne peut pas avoir un avocat sous la main à chaque fois qu’on coche «oui»», souligne l’expert.

Jusqu’où Facebook ira avant d’atteindre un point de non-retour? «Les réseaux sociaux sont tellement indispensables qu’ils ont encore beaucoup de marge», observe Xavier Studer. (Le Matin)

https://www.lematin.ch/monde/Facebook-a-encore-partage-vos-donnees/story/17375204

Le travail de Salim Virani que nous vous invitons à parcourir est remarquable parce qu’il a pris la peine de réunir et classer le très grand nombre de « petites » atteintes de Facebook à notre vie privée. Ce n’est donc pas ici une révélation fracassante mais une patiente mise en série qui constitue une sorte de dossier accablant sur Facebook et ses pratiques avouées ou inavouables. Vous trouverez donc de nombreux liens dans l’article et au bas de l’article, qui sont autant de sources.

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Si comme nous le souhaitons, vous avez déjà renoncé à Facebook, il est temps d’en libérer vos proches : les références et les faits évoqués ici par Salim Virani seront pour vous un bon réservoir d’arguments.

Par quoi remplacer Facebook lorsqu’on va supprimer son compte ? Telle est la question qui reste le point bloquant pour un certain nombre de personnes.  Bien sûr il existe entre autres Diaspora et ses divers pods (dont Framasphère bien sûr), mais Salim Virani répond plutôt : par de vrais contacts sociaux ! Avons-nous vraiment besoin de Facebook pour savoir qui sont nos véritables amis et pouvoir échanger avec eux ?

N’hésitez pas à nous faire part de votre expérience de Facebook et de ses dangers, dont le moindre n’est pas l’addiction. Saurons-nous nous dé-facebook-iser ?

Source de l’article : Get your loved ones off Facebook

Traduction Framalang : Penguin, mo, egilli, audionuma, goofy, lamessen, roptat, xXx, serici, Mika, jums, ratator, dodosan, mathis, mika, Lumibd, jums, ratator, Diane

Dites à ceux que vous aimez de laisser tomber Facebook

par Salim Virani

J’ai écrit ce qui suit pour ma famille et mes proches, afin de leur expliquer pourquoi les dernières clauses de la politique de confidentialité de Facebook sont vraiment dangereuses. Cela pourra peut-être vous aider aussi. Une série de références externes, et des suggestions pour en sortir correctement, se trouvent au bas de cet article.

Mise à jour 2017 : beaucoup des inquiétudes que j’avais se sont avérées fondées. Facebook a persévéré dans sa logique de mépris envers ses utilisateurs. J’ai actualisé cet article en y ajoutant quelques liens et arguments supplémentaires.

« Ah au fait, j’avais envie de te demander pourquoi tu quittes Facebook », telle est la question embarrassée qu’on me pose du bout des lèvres très fréquemment ces temps-ci. Genre vous savez plus ou moins que Facebook c’est mal, mais vous n’avez pas trop envie de savoir jusqu’à quel point.

J’ai été un grand supporter de Facebook – un des premiers utilisateurs de mon entourage à défendre ce moyen génial de rester en contact, c’était en 2006. J’ai fait s’inscrire ma mère et mes frères, ainsi qu’environ vingt autres personnes. J’ai même enseigné le marketing de Facebook à l’un des plus prestigieux programmes technologiques du Royaume-Uni, la Digital Business Academy. Je suis un technico-commercial – donc je peux voir les implications – et jusqu’à maintenant elles ne m’avaient pas inquiété plus que ça. Je ne prenais pas au sérieux les personnes qui hésitaient en invoquant des questions de vie privée.

Juste pour vérifier…

Pendant les vacances 2014/2015, j’ai voulu passer quelques minutes à vérifier les prochains changements dans la politique de confidentialité, avec une attitude prudente en me demandant « et si… ? ». Certaines éventualités étaient inquiétantes, en particulier concernant nos informations financières et de localisation, sans oublier tout le reste. En fait, ce que je soupçonnais a déjà eu lieu il y a deux ans, depuis 2011 ! Ces quelques minutes se sont changées en quelques jours de lecture. J’ai ignoré beaucoup d’affirmations qui, selon moi, peuvent être expliquées comme des accidents (« techniquement plausibles » ou « techniquement fainéantes »).
Après tout, je suis moi-même le fondateur d’une start-up, et je sais à quel point les questions techniques peuvent être complexes. Par exemple, les droits d’accès excessifs demandés par l’application Facebook pour Android proviennent d’un problème technique étroitement lié à Android. Mais il restait encore beaucoup de préoccupations concernant la protection de la vie privée, et j’ai croisé ces faits avec des techniques que je sais être standards dans le marketing basé sur les données.
Avec ces derniers changements de confidentialité le 30 janvier 2015, j’ai peur.

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Facebook a toujours été légèrement pire que toutes les autres entreprises technologiques avec une gestion louche de la confidentialité ; mais maintenant, on est passé à un autre niveau. Quitter Facebook n’est plus simplement nécessaire pour vous protéger vous-même, c’est devenu aussi nécessaire pour protéger vos amis et votre famille. Cela pourrait être le point de non-retour – mais il n’est pas encore trop tard pour reprendre le contrôle.

Une petite liste de pratiques de Facebook

Il ne s’agit plus simplement des informations que Facebook dit qu’il va prendre et ce qu’il va en faire ; il s’agit de tout ce qu’il ne dit pas, et qu’il fait tout de même grâce aux failles qu’ils se sont créées dans les Conditions de Service, et la facilité avec laquelle ils reviennent sur leurs promesses. Nous n’avons même plus besoin de cliquer sur « J’accepte ». Ils modifient simplement la politique de confidentialité, et en restant sur Facebook, vous acceptez. Et hop !

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Aucune de vos données sur Facebook n’est sécurisée ni anonyme, quels que soient vos paramètres de confidentialité. Ces réglages sont juste des diversions. Il y a des violations de confidentialité très sérieuses, comme la vente de listes des produits que vous recommandez à des annonceurs et des politiciens, le pistage de tout ce que vous lisez sur Internet, ou l’utilisation des données de vos amis pour apprendre des informations privées sur vous – aucune de ces pratiques n’a de bouton « off ». Pire encore, Facebook agit ainsi sans vous le dire, et sans vous révéler les dommages que vous subissez, même si vous le demandez.

Facebook donne vos données à des « tiers » via les applications que vous utilisez, puis il affirme que c’est vous qui le faites, pas eux. À chaque fois que vous utilisez une application connectée à Facebook, vous autorisez Facebook à échapper à sa propre politique de confidentialité avec vous et vos amis. C’est comme quand mon frère me forçait à me frapper moi-même, puis me demandait « Pourquoi tu te frappes tout seul ? ». Et il allait dire à ma mère que ce n’était pas de sa faute.

En creusant un peu, j’ai découvert tout le pistage que fait Facebook – et je l’ai vérifié avec des articles de sources connues et réputées, ainsi qu’avec des études qui ont été examinées minutieusement. Les liens sont dans la section Source à la fin de ce post.

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Ça semble fou quand on met le tout bout à bout !

  • Facebook crée de fausses recommandations de produits venant de vous pour vos amis – et ils ne vous le disent jamais.
  • Quand vous voyez un bouton « J’aime » sur le web, Facebook est en train de repérer que vous êtes en train de lire cette page. Il parcourt les mots-clés de cette page et les associe avec vous. Il sait combien de temps vous passez sur les différents sites et les différents sujets.
  • Ils lisent vos messages privés et le contenu des liens que vous envoyez en privé.
  • Ils ont mis en place des fonctionnalités qui allument le micro de votre téléphone – vu leurs antécédents de changement de paramètres de confidentialité, une surveillance audio peut très probablement commencer sans que vous le sachiez.
    Ils peuvent utiliser la reconnaissance faciale pour pister vos déplacements avec des photos, même celles qui ne sont pas sur Facebook (les photos prises depuis les téléphones contiennent des informations sur la date, l’heure et la localisation GPS).
  • Ils repèrent votre localisation et l’utilisent pour trouver des informations sur vous, si par exemple vous êtes malade (si vous êtes chez un médecin ou un spécialiste), avec qui vous couchez (qui est à vos côtés pendant la nuit), où vous travaillez, si vous êtes en recherche d’emploi (un rendez-vous d’une heure dans les bureaux de la concurrence), etc.
  • Ils ont organisé des campagnes de quasi-dénonciation pour inciter par la ruse les amis des gens à révéler des informations sur eux, alors qu’ils avaient décidé de les garder secrètes.
  • Ils utilisent l’énorme quantité de données qu’ils ont sur vous (avec vos « J’aime », ce que vous lisez, ce que vous écrivez mais que vous ne publiez pas) pour créer des profils très précis de qui vous êtes – même si vous faites tout pour garder ces choses secrètes. Il y a des techniques statistiques, qui existent depuis des décennies en marketing, pour trouver des modèles comportementaux en corrélant les actions et les caractéristiques d’une personne. Même si vous n’avez jamais publié quoi que ce soit, ils peuvent facilement déduire vos âge, sexe, orientation sexuelle et opinions politiques. Quand vous publiez, ils en déduisent beaucoup plus. Puis ils le révèlent aux banques, aux compagnies d’assurances, aux gouvernements et, évidemment, aux annonceurs.

« Je n’ai rien à cacher »

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Pourtant, beaucoup de gens ne s’en inquiètent pas, estimant qu’ils n’ont rien à cacher. Pourquoi s’intéresseraient-ils à ma petite personne ? Pourquoi devrais-je m’inquiéter de cela alors que je ne fais rien de mal ?

L’histoire est désormais célèbre : une adolescente enceinte a vu sa grossesse révélée au grand jour par le magasin Target, après que ce dernier a analysé ses données d’achat (sacs à main plus grands, pilules contre le mal de tête, mouchoirs…) et a envoyé par erreur un message de félicitations à son père, qui n’était pas au courant. Oups !

Il arrive la même chose à vos données, qui sont révélées à n’importe quelle entreprise sans contrôle de votre part. Et cela se traduit par les différentes manières dont vos données peuvent révéler des choses vous concernant à des entités que vous ne souhaitez pas mettre au courant.

L’un des problèmes les plus évidents ici concerne les compagnies d’assurance. Les données qu’elles récoltent sur vous sont exploitées pour prédire votre futur. Aimeriez-vous qu’on vous refuse une assurance santé sous prétexte qu’un algorithme a prédit à tort que vous aviez commencé à consulter un cardiologue ?

Et si votre employeur ou futur employeur savait que vous êtes peut-être enceinte ?

Aimeriez-vous que votre patron soit au courant quand vous n’êtes pas réellement cloué au lit, ou quand vous cherchez un autre job ?

Aimeriez-vous que n’importe qui soit au courant si vous avez des difficultés à payer votre prêt ? Si vous vendez votre maison, les acheteurs sauront qu’ils sont en position de force.

Ne confondez pas vie privée et secret. Je sais ce que vous faites dans la salle de bain, mais vous fermez quand même la porte. C’est parce que vous voulez de l’intimité, pas pour cacher un secret. (Extrait de Je n’ai rien à cacher, pourquoi devrais-je faire attention à ma vie privée en ligne ?)

Même si nous avons pour la plupart d’entre nous le sentiment que nous n’avons rien à cacher, nous nous retrouvons tous parfois dans des situations où nous avons besoin que certaines choses restent secrètes, au moins pendant un temps. Mais nous renonçons à cela – et pour quelle raison ?

Extraits des « Conditions d’utilisation » (et non « Politique de confidentialité », vous voyez l’astuce ?)

Vous nous donnez permission d’utiliser votre nom, image de votre profil, le contenu et les informations en lien avec des activités commerciales, soutiens sponsorisés et autres contenus (comme les marques que vous aimez), proposés ou mis en avant par nos soins.

Plus bas :

Par « information » nous voulons dire les données et autres informations qui vous concernent, ce qui inclut les faits et gestes des utilisateurs et des non-utilisateurs qui interagissent avec Facebook.

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Donc cela inclut tout ce qu’ils collectent sur vous mais sans vous le dire. Tout ce que vous lisez sur Internet, tout ce qu’on a jamais publié à votre propos, toutes vos transactions financières privées.

De plus, vos données commencent à être combinées avec les données de vos amis pour faire un modèle encore plus précis. Il ne s’agit pas que de vos données, mais ce que l’on obtient quand on combine tout ensemble.

Le problème n’est pas ce que nous avons à cacher, il s’agit de garantir le droit fondamental à notre liberté – lequel est notre droit à la vie privée

L’article 12 de la Déclaration des Droits de l’homme de l’ONU indique :

Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation.

Nous avons le droit de dire un mot sur la façon dont ces informations seront utilisées. Mais en utilisant Facebook, nous les abandonnons volontairement, pas seulement les nôtres mais aussi celle de nos amis, de notre famille !

Si vous admettez avoir commis quelque chose d’illégal dans les messages privés de Facebook, ou si vous avez simplement mentionné un soutien à une action politique, cela pourra être utilisé contre vous à l’avenir, tout particulièrement par un gouvernement étranger. Vous pouvez être arrêté simplement parce que vous étiez au mauvais endroit au mauvais moment, ou être mis à l’écart à l’aéroport un jour, pour risquer de la prison car vous avez révélé que vous avez fait quelque chose d’illégal il y a 5 ans. Un comédien New Yorkais a vu une équipe SWAT (un groupe d’intervention policière américaine musclé) entrer dans son appartement pour une blague sur Facebook. Les forces de l’ordre commettent souvent des erreurs, et vous leur donnez plus de pouvoir et plus de chance d’être dans l’erreur. Vous rechargez le fusil, le pointez sur votre tempe, et le donnez à n’importe quel « applicateur de la loi » à la gâchette facile capable d’acheter vos données personnelles.

Pas besoin de parler d’une hypothétique surveillance gouvernementale ici. L’un des premiers investisseurs de Facebook, Greylock, a un conseil d’administration en lien avec la CIA via une entreprise appelée In-Q-Tel. Selon leur site web, ils « identifient les technologies de pointe pour aider la CIA et plus largement le renseignement américain à poursuivre leur mission ». Et si vous n’êtes toujours pas au courant, il a été révélé que les données de Facebook ont été livrées directement au programme PRISM.

Les courtiers en données commerciales

Et comme je l’explique plus loin, ces informations se retrouvent de toute façon en grande partie publiquement accessible. Pas besoin des programmes de la NSA, les entreprises de données marketing s’en occupent, en dés-anonymisant toutes vos données pour les vendre encore et encore. C’est fait systématiquement et automatiquement. Il y a toute une industrie autour de ça. Il y a des places de marché pour acheter et vendre les données des consommateurs, qui étaient bâties originellement autour des agences de crédit et des entreprises de publipostage, puis qui ont évolué avec l’industrie de la barre d’outil de navigateur, quand Internet Explorer était répandu – maintenant il y a encore plus d’informations qu’avant. Un exemple récent est RapLeaf qui a collecté et publié des informations identifiables personnellement, y compris des identifiants Facebook et MySpace.
Ils ont arrêté suite à une sérieuse controverse, mais non seulement le mal avait été fait, mais il y a eu d’autres entreprises qui ont échappé à cette mauvaise publicité et ont continué ces pratiques. Il ne s’agit pas de la façon dont les commerciaux vous adressent des publicités ciblées : le problème, c’est que vos données sont achetées et vendues pour cela.

Dans quel pays envisagez-vous de partir en voyage ? Êtes-vous d’accord pour confier toutes ces informations sur vous aux forces de l’ordre de ce pays ? Parce que, sachez-le : elles les achètent.

Mise à Jour 2017 : Facebook a annoncé sa collaboration avec quatre des plus grands courtiers en données.

Intercepter vos communications

Le truc, c’est qu’il n’y a pas besoin d’approuver une théorie du complot pour être concerné. Mark Zuckerburg lui-même a été très clair publiquement avec ses investisseurs à propos de ses intentions :

1) Être l’intermédiaire de toutes les communications personnelles.

C’est pour cela qu’ils ont conçu Messenger et acheté WhatsApp, mais n’oubliez pas qu’ils ont essayé pire. Quand ils ont lancé les emails Facebook, ils ont profité des utilisateurs qui avaient synchronisé leurs contacts Facebook. Ils ont fait en sorte que l’adresse @facebook.com soit l’adresse par défaut pour tout le monde. Pourquoi ? Pour que vos amis vous envoient des e-mails sur votre adresse @facebook.com au lieu de votre adresse normale, ce qui leur permettra de lire vos correspondances.

2) Rendre publiques toutes les communications privées au fil du temps.

C’est pour cela qu’ils ont lentement changé les paramètres de vie privée par défaut vers "public", rendu les configurations de la vie privée de plus en plus difficiles à utiliser, et prétendent maintenant que leur outil d’aide à la vie privée va changer cela.

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En réalité, il y a une foule de violations de la vie privée qui ne peuvent être désactivées, comme permettre aux publicitaires d’utiliser votre liste de contacts, couper la façon dont Facebook suit ce que vous lisez sur Internet, ou empêcher Facebook de collecter d’autres informations sur vous. Vous ne pouvez pas les désactiver !

Facebook ne vous laisse pas partager ce que vous voulez

Même si vous n’avez rien à cacher, inquiétez-vous du contraire, ce que Facebook choisit de cacher quand vous souhaitez le partager. Ils vous filtrent.

« Je voulais te demander pourquoi tu quittes Facebook » arrive généralement après quelque chose comme « Tu n’as pas vu mon post la semaine dernière ? ».

Si vous avez déjà eu cette conversation, vous aurez noté qu’il y a une grande différence entre vos attentes lorsque vous communiquez sur Facebook et ce qui arrive réellement. En gros, Facebook filtre vos posts suivant que les utilisateurs utiliseront plus Facebook ou non s’ils ne le voient pas.

On a l’impression que Facebook est la seule manière de rester en contact. Avec les photos et les commentaires. On a l’impression que tout le monde y est et qu’on y voit une bonne partie de leur vie.

En fait, un grand nombre de vos messages ne sont jamais vus par personne !
Et vous en manquez plein aussi. Même si ceux de vos amis vous arrivent, cela ne veut pas dire que les vôtres leur parviennent.

Les messages privés puent aussi. Combien de messages Facebook envoyés sans réponse ? À combien de messages Facebook pensez-vous avoir oublié de revenir plus tard, combien en manquez-vous simplement ? Est-ce comme ça que vous voulez traiter vos amis ?

Facebook est un moyen vraiment peu fiable pour rester en contact.

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Le mois dernier (NdT : en 2015), j’ai simplement cessé d’utiliser Facebook. Quelque chose d’incroyable est arrivé. Les gens m’ont téléphoné, et on s’est vraiment donné de nos nouvelles. Ma famille était plus en contact. Mon frère m’a envoyé des courriels avec des nouvelles. Des amis sont venus chez moi me dire bonjour.
C’était, disons, social.

Censure politique

Facebook bloque des publications s’il y a du contenu politique qu’il n’aime pas. Ils ont bloqué des publications concernant Ferguson et d’autres manifestations politiques. Quand Zuckerberg a prétendument pété un câble et a banni les mots « vie privée » des réunions à Facebook, cela a aussi été censuré dans toutes les publications Facebook. Vous aviez juste un message d’erreur à propos de « contenu inapproprié ». Ouais, c’est ça ! Inapproprié pour qui ?

Pourtant, nous ne devrions pas être surpris. Facebook n’est pas une plate-forme neutre – nous devons être conscients des objectifs des gens qui sont derrière. Zuckerberg a révélé ses intentions publiquement. (...)

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Facebook va jusqu’à laisser des organisations politiques bloquer vos communications. Il suffit de quelques personnes pour classer comme offensant un article d’actualité, et il est supprimé du flux de tout le monde. Cette fonctionnalité est souvent détournée. Je peux bloquer n’importe quel article sur Facebook en convainquant quelques amis de le classer comme offensant. C’est de la censure facile et pas chère.

Mise à jour de 2017 : on a vu combien cela a affecté les élections des États-Unis. Les fils d’actualité des gens qui avaient des idées opposées étaient souvent filtrés, et pourtant des fausses actualités se sont facilement répandues facilement, parce que ces faux gros-titres renforcent nos convictions et nous sommes contents de les partager.

Tout cela confirme que c’est une mauvaise idée de compter sur Facebook pour communiquer avec des gens qui sont importants pour vous. Votre habitude d’utiliser Facebook implique que d’autres personnes doivent utiliser Facebook.

C’est un cercle vicieux.

En fait, cela nuit à vos relations avec beaucoup de gens, parce que vous pensez que vous êtes en contact avec eux, mais vous ne l’êtes pas. Au mieux, vous êtes en contact avec une version filtrée de vos amis. Ces relations s’affaiblissent, alors que vos relations avec des personnes qui publient du contenu qui plaît à Facebook prennent leur place.

Non seulement Facebook veut lire toutes vos communications, mais il veut aussi les contrôler.

Vous balancez vos amis

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Même si vous pensez que tout ça ne vous pose pas trop de problèmes, en utilisant Facebook, vous forcez vos amis et votre famille à accepter la même chose. Même ceux qui ne sont pas sur Facebook, ou qui vont jusqu’à utiliser des faux noms.

Si vous avez déjà utilisé la synchronisation des contacts Facebook, ou si vous avez déjà utilisé Facebook sur votre téléphone, alors Facebook a récupéré la totalité de votre liste de contacts. Les noms, les numéros de téléphone, les adresses, les adresses électroniques, tout. Puis ils utilisent tout ça pour créer des « profils fantômes » des gens que vous connaissez et qui ne sont pas sur Facebook. Les internautes qui n’utilisent pas Facebook s’en aperçoivent souvent en recevant des e-mails qui contiennent leurs informations personnelles de la part de Facebook. Les internautes qui utilisent Facebook s’en aperçoivent aussi quand ils publient une photo d’un ami qui n’est pas sur Facebook, et qu’elle se retrouve automatiquement taguée. Mon ami n’est pas sur Facebook, mais comme d’autres amis et moi avons utilisé Facebook sur nos téléphones, Facebook connaît son nom et ses informations de contact, et sait aussi qui sont ses amis, puisqu’il peut le voir dans leur liste de contacts et leur journal d’appel. Il suffit de publier quelques photos avec son visage (ils peuvent l’identifier sur des photos), et voilà, ils peuvent ajouter les données de géolocalisation tirées des photos à son profil fantôme. Beaucoup d’autres techniques de Facebook fonctionnent aussi avec les profils fantômes. Et par-dessus le marché, ils peuvent déduire beaucoup de choses sur lui très précisément en s’appuyant sur des similitudes statistiques avec ses amis.

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Donc en gros, on a tous balancé accidentellement nos amis qui voulaient préserver leur vie privée. Facebook nous a piégés.

Mais les pièges de Facebook vont encore plus loin.

La « vie privée » ne s’applique pas à ce que Facebook déterre

Tout comme les profils fantômes des gens, Facebook peut « deviner un like » en fonction d’autres informations qu’il possède sur vous, comme ce que vous lisez sur Internet ou ce que vous faites dans les applications quand vous vous y authentifiez avec Facebook ou ce qu’il y a sur votre facture de carte bleue (j’en parlerai davantage plus loin). Appelez cela un « like fantôme ». Cela leur permet de vous vendre à plus d’annonceurs.

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Il y a déjà une vaste documentation sur la collecte de ces informations par Facebook. La technique du « like fantôme » est simplement une utilisation standard des techniques statistiques en marketing de base de données. Si vous lisez beaucoup sur ce sujet, vous l’aimez probablement. Ce genre de chose. Ces techniques sont utilisées en marketing depuis les années 80 et vous pouvez embaucher des étudiants en statistiques pour le faire, même si bien sûr, Facebook embauche les meilleurs du domaine et cherchent à faire avancer l’état de l’art en intelligence artificielle pour cela. En Europe, Facebook est légalement obligé de partager toutes les informations qu’il a sur vous, mais il refuse. Donc il y a encore une autre action en justice contre eux.

Les permissions

Au travers de son labyrinthe de redéfinitions des mots comme « information », « contenu » et « données », vous permettez à Facebook de collecter toutes sortes d’informations sur vous et de les donner à des annonceurs. Avec votre permission seulement, disent-ils, mais la définition de « permission » contient l’utilisation d’une application ou qui sait quoi d’autre.

(...)

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Vous voyez comment ça marche ? Vous dites à Facebook que c’est « uniquement pour vos amis », mais vos amis peuvent le révéler à un « tiers ». Et la plupart des applications qu’ils utilisent sont des « tiers ».
Donc en fait, tout ce que vous marquiez en « amis seulement » n’a pas grande importance. En étant sur Facebook, il y a bien plus d’informations à votre propos qui sont collectées, combinées, partagées et utilisées.

Ils disent qu’ils « anonymisent » ça, mais en réalité il n’y a qu’une étape pour le dés-anonymiser. Beaucoup de données anonymes, comme ce que vous postez et quand, vos photos, votre localisation à tel moment est suffisant pour un grand nombre d’entreprises qui relient ces données anonymes à vous – et les revendent (c’est pour cela que ça n’a pas d’importance que vous utilisiez un faux nom sur Facebook, vos données sont comme une empreinte digitale et permettront de vous associer à votre vrai nom).

En plus, ils permettent à toutes les applications Facebook d’avoir un accès complet à vos informations – avec votre nom et tout. Et même si vous n’utilisez jamais d’application sur Facebook, vos amis le font. Lorsqu’ils utilisent ces applications, ces amis partagent toutes vos informations pour vous. Il y a toute une industrie derrière.

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Certaines choses ont bien un bouton « off », mais rappelez-vous que c’est temporaire, et comme Facebook l’a fait dans le passé, ils les réactiveront sans vous en avertir. Lorsque Facebook a démarré (et sans doute quand vous vous êtes inscrit) c’était clairement un endroit sûr pour partager avec vos amis. C’était leur grande promesse. Avec le temps, ils ont passé les paramètres de confidentialité à « public par défaut ». De cette façon, si vous vouliez toujours garder Facebook mais seulement pour vos amis, vous deviez trouver manuellement plus d’une centaine de paramètres sur d’innombrables pages cachées. Ensuite, ils ont abandonné ces paramètres pour forcer les informations à être publiques de toute façon.

(...)

Vente de vos recommandations sans votre accord

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Vous avez sûrement déjà remarqué des publicités Facebook avec une recommandation de vos amis en dessous. En gros, Facebook donne aux annonceurs le droit d’utiliser vos recommandations, mais vous n’avez aucun contrôle dessus. Cela ne concerne pas simplement quand vous cliquez sur un bouton « J’aime ». Il y a des cas connus de végétariens qui recommandent McDonald’s, d’une femme mariée heureuse qui recommande des sites de rencontres, et même un jeune garçon qui recommande un sex club à sa propre mère !

Ces cas étaient si embarrassants que les personnes concernées s’en sont rendu compte. Les gens les ont appelés. Mais dans la plupart des cas, ces « recommandations » ne sont pas découvertes – les gens pensent qu’elles sont vraies. C’est encore plus effrayant, car Facebook est largement utilisé pour la promotion politique, et la recommandation de produits. Les gens savent que j’ai déjà collecté des fonds pour le soutien d’enfants malades du cancer, donc cela ne les étonnera peut-être pas de voir une publicité où je recommande un programme chrétien d’aide aux enfants pauvres en Afrique. Mais je ne soutiens absolument pas les programmes qui ont une tendance religieuse, car ils sont connus pour favoriser les gens qui se convertissent. Pire, des gens pourraient s’imaginer des choses fausses sur mes convictions religieuses à partir de ces fausses recommandations. Et je passe sur tous les trucs à la mode sur les startups que je ne cautionne pas !

Ils profitent de la confiance que vos proches ont en vous

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Nous n’avons aucun moyen de savoir si notre cautionnement a été utilisé pour vendre des conneries ineptes en notre nom. Je n’ai pas envie d’imaginer ma mère gâcher son argent en achetant quelque chose qu’elle pensait que je cautionnais, ou les investisseurs financiers de ma startup voir des publicités pour des produits inutiles avec mon visage en dessous.

Utiliser Facebook signifie que ce genre de chose se produit à tout moment. Les publicitaires peuvent acheter votre cautionnement sur Facebook et vos informations à des revendeurs de données extérieurs. Vous n’êtes jamais mis au courant de ça et vous ne pouvez pas le désactiver.

Les derniers changements en matière de vie privée

Finalement, je veux expliquer comment ce dernier changement dans nos vies privées engendre des choses encore pires, et la manière dont vous continuerez à en perdre le contrôle si vous restez sur Facebook.

L’usage de Facebook exige de vous suivre à la trace, de connaître ce que vous achetez, vos informations financières comme les comptes bancaires et les numéros de carte de crédit. Vous avez donné votre accord dans les nouvelles « conditions de service ». Ils ont déjà commencé à partager des données avec Mastercard. Ils utiliseront le fait que vous êtes restés sur Facebook comme « la permission » d’échanger avec toutes sortes de banques et institutions financières afin d’obtenir vos données d’eux. Ils diront que c’est anonyme, mais comme ils dupent vos amis pour qu’ils dévoilent vos données aux tiers avec des applications, ils créeront des échappatoires ici aussi.

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Facebook insiste aussi pour suivre à la trace votre emplacement via le GPS de votre téléphone, partout et tout le temps. Il saura exactement avec qui vous passez votre temps. Il connaîtra vos habitudes, il saura quand vous appelez au travail pour vous déclarer malade, alors que vous êtes au bowling. « Machin a aimé : « bowling à Secret Lanes a 14h. » ». Ils sauront si vous faites partie d’un groupe d’entraide de toxicomanes, ou allez chez un psychiatre, ou un médium, ou votre maîtresse. Ils sauront combien de fois vous êtes allé chez le médecin ou à l’hôpital et peuvent le partager avec d’éventuels assureurs ou employeurs. Ils sauront quand vous serez secrètement à la recherche d’un travail, et vendront votre intérêt pour des sites de recherche de travail à vos amis et collègues – vous serez dévoilé.

Ils sauront tout ce qui peut être révélé par votre emplacement et ils l’utiliseront pour faire de l’argent.

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Et – tout sera fait rétrospectivement. Si vous restez sur Facebook après le 30 janvier, il n’y a rien qui empêchera tous vos emplacements et vos données financières passés d’être utilisées. Ils obtiendront vos localisations passées avec vos amis vérifiés – donc avec vous, et les données GPS stockées dans les photos ou vous êtes identifiés ensemble. Ils extrairont vos vieux relevés financiers – ce médicament embarrassant que vous avez acheté avec votre carte de crédit il y a 5 ans sera ajouté à votre profil pour être utilisé selon les choix de Facebook. Il sera vendu à maintes reprises et probablement utilisé contre vous. Il sera partagé avec des gouvernements et sera librement disponible pour des tas d’entreprises « tierces » qui ne vendent rien que de données personnelles et éliminent irréversiblement votre vie privée.

Désormais c’est irréversible.

Les données relatives à votre géolocalisation et vos moyens financiers ne sont pas seulement sensibles, elles permettent à des entreprises tierces (extérieures à Facebook) de dés-anonymiser des informations vous concernant. Cela permet de récolter toutes sortes d’informations disponibles sur vous, y compris des informations recoupées que vous n’avez pas spécifiées. C’est un fait que même Facebook lui-même ne parvient pas à maintenir totalement le caractère privé des données – on ne peut pas dire que ça les préoccupe, d’ailleurs.

C’est sans précédent, et de même que vous n’avez jamais pensé que Facebook puisse revendre vos libertés lorsque vous vous êtes inscrits en 2009, il est trop difficile de prédire quels revenus Facebook et les vendeurs de données tiers vont tirer de cette nouvelle énergie dormante.

C’est simplement une conséquence de leurs nouveaux modèles économiques. Facebook vous vend au plus offrant, parce que c’est comme cela qu’ils font leur beurre. Et ils subissent des pressions monstrueuses de leurs investisseurs pour en faire plus.

Qu’est-ce que vous pouvez faire de plus à ce sujet ? Facebook vous offre deux possibilités : accepter tout cela ou sauter du bus Facebook.

(...)

Comment se tirer de ce pétrin

D’après la décision de justice rendue il y a quelques années par le FTC (Federal Trade Commission, NdT), après que Facebook a été poursuivi par le gouvernement des États-Unis pour ses pratiques en matière de vie privée, Facebook est « tenu d’empêcher que quiconque puisse accéder aux informations d’un utilisateur plus de 30 jours après que cet utilisateur a supprimé son compte ».

On peut l’interpréter de différentes façons. Certains disent qu’il faut supprimer chacune de vos publications, une par une ; d’autres disent qu’il faut supprimer votre compte, et d’autres disent qu’ils garderont vos données quand même – tout ce que vous pouvez faire, c’est arrêter de leur donner plus d’informations. Et puis, il y a les courtiers en données qui travaillent avec Facebook, qui ont déjà récupéré vos informations.

Donc supprimer votre compte Facebook (pas simplement le désactiver) est nécessaire pour arrêter tout ça, puis il y a quelques autres étapes à suivre pour tenter de réparer les dégâts :

Préparation (facultative)

  1. Utilisez l’outil « Créer mon archive » de Facebook
  2. Récupérez vos photos. J’ai utilisé cette application Android puisque l’outil Facebook ne vous permet pas de récupérer toutes vos photos, ni dans leur résolution maximale (j’ai aussi téléchargé la page avec ma liste d’amis, simplement en faisant défiler la page jusqu’en bas pour charger tout le monde, puis en cliquant sur Fichier -> Enregistrer. Honnêtement, je n’ai pas eu besoin du fichier jusqu’à présent. Il s’avère que je n’ai pas besoin d’un ordinateur pour savoir qui sont mes amis).
  3. Si vous voulez vraiment être minutieux, supprimez vos publications Facebook une par une, grâce à ce script. Cela peut être nécessaire, selon comment on interprète ce que Facebook peut conserver.
  4. Ensuite, il y a toutes les applications que vous avez utilisées. C’est l’une des plus grosses failles de Facebook, car cela leur permet de dire qu’ils ne peuvent pas contrôler ce que les applications font avec vos données une fois que vous les leur avez données. Du coup, j’ai sauvegardé sur mon disque dur la page de paramètres qui montre quelles applications j’ai utilisées, et j’ai désactivé l’accès de chacune d’elles manuellement. Chacune de ces applications a sa propre politique de confidentialité – la plupart sont une cause perdue et prétendent avoir des droits illimités sur mes informations, donc je les coupe simplement et je passe à autre chose.

Supprimer votre compte

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Supprimez carrément votre compte Facebook, ne laissez aucune chance à Facebook de réapparaître en utilisant seulement la fonction « Désactiver ».

Précautions supplémentaires

Facebook pourra toujours vous pister avec un « compte fantôme », mais cela peut-être bloqué.

Pour empêcher Facebook (et consorts) de surveiller ce que je lis sur internet (ils le font même si vous n’avez pas de compte), j’utilise Firefox avec l’option « Ne pas me pister » activée.

Si vous n’utilisez pas Firefox, EFF a un plugin pour votre navigateur appelé Privacy Badger (et pendant que l’on y est, l’EEF a fait en sorte que ce plugin génial choisisse automatiquement le serveur qui dispose de la connexion la plus sécurisée, cela rend plus difficile d’intercepter votre activité numérique pour l’industrie de l’information).

Il y a aussi les données qui ont été transmises illégalement aux « data brokers ». Vous pouvez demander que ces données soient retirées.

Comment remplacer Facebook ?

Mise à jour 2017 : au début, je pensais essayer des alternatives à Facebook. Je ressentais un besoin de remplacer Facebook par quelque chose de similaire comme Diaspora, mais l’e-mail et le téléphone se sont révélés bien meilleurs ! Après un mois sans Facebook, je n’ai plus ressenti le besoin de le remplacer. Les coups de téléphone ont suffi, figurez-vous. Tout le monde en a déjà un, et on oublie combien ils sont super faciles et pratiques à utiliser. Je vois moins de photos, mais je parle à des gens pour de vrai. Plus récemment, nous sommes tous allés sur un grand salon de messagerie instantanée. Je recommande actuellement Signal pour faire ça. Vous pouvez faire des appels, chatter et partager des photos de façon chiffrée, et très peu de choses sont stockées sur leurs serveurs. En fait, c’est bien mieux que Facebook, puisque c’est plus instantané et personnel.

Si vous avez d’autres idées ou conseils, merci de me joindre. Je considère ceci comme une étape responsable pour éviter qu’on me prive de ma liberté, et celle de ma famille et mes amis, et que nos relations personnelles en pâtissent.

Gardez bien à l’esprit que ce n’est pas juste une question technique. En restant sur Facebook, vous leur donnez l’autorisation de collecter et d’utiliser des informations sur vous, même si vous n’utilisez pas Internet. Et en y restant, les données qu’ils collectent sur vous sont utilisées pour créer des modèles sur vos amis proches et votre famille, même ceux qui ont quitté Facebook.

Internet est libre et ouvert, mais ça ne veut pas dire que nous acceptons d’être espionnés

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Pour finir, le monde est rempli de gens qui disent « ça n’arrivera jamais », et quand cela finit par arriver, cela se change en « on ne peut rien y faire ». Si, on peut. Internet a été décentralisé pendant 50 ans, et contient un tas de fonctionnalités faites pour nous aider à protéger nos vies privées. Nous avons notre mot à dire sur le monde dans lequel nous voulons vivre – si nous commençons par agir à notre niveau. Et en plus, nous pouvons aider tout le monde à comprendre, et faire en sorte que chacun puisse faire son propre choix éclairé.

Cet article a maintenant été lu par 1 000 000 personnes. C’est un signe fort que nous pouvons nous informer et nous éduquer nous-mêmes !

Merci de partager ceci avec les gens qui vous sont importants. Mais honnêtement, même si cet article est vraiment populaire, il est clair que beaucoup de gens pensent savoir ce qu’il contient. Partager un lien n’est jamais aussi efficace que de parler aux gens.

Si vous avez lu jusqu’ici et que vous voulez partager avec un proche, je vous suggère de faire ce que j’ai fait – décrochez votre téléphone.

Une question pour vous

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Cet article a été écrit en réaction à la politique de confidentialité de janvier 2015, il y a 2 ans. Ça a toujours été un article populaire, mais en janvier 2017, il a connu un pic de popularité. Je me demande bien pourquoi, et ça serait sympa si vous pouviez me dire ce que vous en pensez, par Twitter ou par e-mail.

Je me demande pourquoi mon article sur la vie privée sur Facebook (qui date de plusieurs années) subit une vague de popularité depuis la semaine dernière. Des idées ?
– Salim Virani (@SaintSal) 8 janvier 2017

Sources

Une petite note sur la qualité de ces sources : j’ai essayé de trouver des références dans des médias majeurs, avec tout un échantillon de biais politiques. Ces articles sont moins précis techniquement, mais on peut s’attendre à ce qu’ils soient plus rigoureux que les blogs pour vérifier leurs sources. Pour les aspects plus techniques, d’autres sources comme The Register sont certainement plus crédibles, et Techcrunch est notoirement peu fiable en matière de fact-checking. J’ai toutefois inclus certains de leurs articles, parce qu’ils sont doués pour expliquer les choses.

Articles en anglais

Articles en français (n’hésitez pas à allonger cette trop courte liste dans vos commentaires)

https://framablog.org/2017/01/23/si-on-laissait-tomber-facebook/

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Si vous aviez encore des doutes sur facebook malgré les récentes "affaires", après la lecture de cet énorme dossier de Salim Virani, il est certain que vous n'en aurez plus !!!

Et dire que Macron a reçu "en grandes pompes" ce type, le faux fondateur de fesse bouc !!!
Bon, on sait pourquoi il l'aime tant !!!
Ce système d'espionnage généralisé pourrait lui permettre de se faire réélire en 2022 s'il n'obtient pas un strapontin à l'UE ou plus !
Dans tous les cas, le flicage de la population lui est très utile pour que ses maîtres installent de façon encore plus poussée la dictature, un retour aux heures sombres !   S.R.

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mercredi 6 juin 2018

Interdiction du glyphosate en 2021 : pourquoi votre député a voté contre

Dans la nuit du 28 au 29 mai, les 85 députés présents à l'Assemblée nationale ont décidé de ne pas inscrire dans la loi la date de sortie du glyphosate. Votre député était-il présent ? Qu'a-t-il voté et pourquoi ? Eléments de réponse.

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Emmanuel Macron l'avait promis. Le glyphosate, substance chimique classée "cancérogène probable" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et composant principal du Roundup, devait être interdit en France "dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans". 

Mais l'amendement à la loi agriculture et alimentation projetant d'en inscrire l'interdiction officielle en 2021 dans la loi, a été rejeté par 63 députés sur les 85 présents dans l'Hémicycle au moment du vote, à 2 heures du matin. 577 députés peuvent siéger, en temps normal, à l'Assemblée Nationale.

Qu'a voté votre député ?

La Montagne s'est penché sur le vote des députés d'Auvergne et du Limousin à partir de l'analyse fournie par l'Assemblée Nationale. Voici ce qu'il en est :

VOTE DEPUTES

Sur les 13 députés auvergnats et limousins, seuls 4 étaient présents. Ceux-ci ont voté contre l'amendement, refusant que l'interdiction du pesticide soit inscrite dans la loi. Les arguments invoqués sont assez similaires malgré des couleurs politiques différentes. 

Les députés En Marche ont "confiance" en Emmanuel Macron

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"On se tiendra à cet engagement de l'arrêt du glyphosate dans trois ans. C'est un engagement fort du président de la République. J'ai complètement confiance en lui et donc je ne juge pas utile de l'instaurer dans la loi", indique Jean-Baptiste Moreau, député En Marche de la Creuse et rapporteur du projet de loi EGalim (Agriculture et Alimentation), dont découle l'amendement. 

La députée LRM du Puy-de-Dôme Valérie Thomas s'est également prononcée contre l'amendement : "Sortir du glyphosate dans les trois ans est impossible car pour certains cultivateurs il n’y a pas pour l’instant d’autres alternatives. Ce serait leur mettre le couteau sous la gorge!"

"Ces lois à date butoir sont trop souvent inapplicables."

Valérie Thomas (Députée En Marche du Puy-de-Dôme)

Pour la députée, une collaboration de toutes les parties concernées est préférable à la "menace" de l’arme législative : "S’il y a mauvaise volonté, nous pouvons très bien refaire la loi…"

Les députés LR n'ont pas souhaité "alourdir la loi"

jean yves bony député cantal lrem

Jean-Yves Bony et Vincent Descoeur, députés du Cantal, ont tous deux voté contre l'amendement. Jean-Yves Bony explique : 

"Je suis agriculteur et pour l'interdiction du glyphosate. Mais le président a donné sa parole pour la sortie d'ici trois ans et il est soutenu par Nicolas Hulot. A partir de là, on n'a pas jugé nécessaire d'alourdir la loi avec un décret supplémentaire."

Jean-Yves Bony (Député LR du Cantal)

"L'incription dans la loi était un débat interne à la majorité. Ce qui importe c’est que nous ayons obtenu la confirmation par le Ministre que cette interdiction interviendrait dans les trois ans et que la recherche de solution alternative allait être amplifiée", ajoute Vincent Descoeur

La plupart des députés étaient absents

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Michel Fanget (MoDem, Puy-de-Dôme) et Jean-Paul Dufrègne (PCF, Allier) considèrent qu'ils n'avaient pas la compétence écologique nécessaire. Ils appartiennent à des commissions différentes de celle en charge du dossier : "Affaires étrangères" pour l'élu puydômois et "Finances" pour celui de l'Allier, alors que l'amendement a été préparé par la commission des Affaires économiques. 

Même chose pour Frédérique Meunier, députée LR de la Corrèze. "Ce sont mes collègues du groupe LR en charge de l'agriculture qui étaient de permanence au moment du vote", indique-t-elle. 

Réputée assidue à l'Assemblée Nationale, Christine Pirès-Beaune n'a pas pu assister à cette séance nocturne pour "raisons familiales". L'élue socialiste regrette que la décision de supprimer le glyphosate d'ici trois ans n'ait pas été prise au niveau européen : "L'interdiction au seul niveau français ne fera qu'accentuer la concurrence déloyale dont souffrent déjà nos agriculteurs." 

"J’avais une réunion du conseil municipal de Saint-Amant-Roche-Savine lundi soir. Je tenais à être présent. C’était en effet la première réunion avec le nouveau maire de la commune", fait quant à lui valoir André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme.

Laurence Vichnievsky (MoDem) s'agace que certains assimilent son absence à une désertion: " J'aurais voté cet amendement s'il avait été examiné dans le courant de l'après-midi, comme il était prévu. Mais il a été examiné à 2h du matin. Je ne suis pas Superwoman". 

 

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"Je n'étais pas sur Paris ce jour là, mais j'aurais voté comme le rapporteur, Jean-Baptiste Moreau", indique Christophe Jerretie, élu LRM de Corrèze. Et de conclure: "Emmanuel Macron n'a jamais dit qu'il allait inscrire cette promesse dans la loi."

Un amendement médiatique, mais pas central
Jean-Paul Dufrègne, député communiste de l'Allier souligne néanmoins que l'amendement sur le glyphosate avait beau être médiatique, il n'était pas au fondement de la loi EGAlim : "Le coeur de cette loi était bien celui des prix rémunérateurs pour les agriculteurs qui dégagent aujourd'hui des revenus indécents et qui mettent à mal la profession".

Cécile Lemoine et Jean-Paul Gondeau

https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/ruralite/politique/2018/05/31/interdiction-du-glyphosate-en-2021-pourquoi-votre-depute-a-vote-contre_12866871.html

 

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Le glyphosate est un herbicide classé potentiellement cancérigène par l'Organisation Mondiale de la Santé. Le président Emmanuel Macron s'était engagé à interdire d'ici trois ans le glyphosate.
Pourtant une majorité des députés présents et le gouvernement ont rejeté cette interdiction, cédant à la pression du lobby agro-chimique !

Qu'ont fait nos députés ?
Et bien, ils étaient dans leur lit !!!! Mais, les paye t-on pour ça ?
Enfin pas tous, mais celui qui était présent aurait mieux fait d'y être !!!
Résultat du vote pour le Limousin :
Djebarri : absent
Magne : absent
Beaudoin-Hubière : absent
Jerretie : absent
Meunier : absent

Moreau : a voté Contre l'interdiction !!!!

Le 19 avril 2018, Moreau fait adopter à l'Assemblée un amendement au projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation établissant que « les dénominations associées aux produits d'origine animale ne peuvent pas être utilisées pour commercialiser des produits alimentaires contenant une part significative de matières d'origine végétale »
Moreau est préoccupé par des détails ridicules mais l'empoisonnement des populations et surtout de nos enfants, les générations futures, ne le préoccupent pas !!
Il est député de la France, donc au service des Français, ou il roule pour Monsanto ?   S.R.

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