vendredi 12 janvier 2018

Ivre, le fils de Benjamin Netanyahou fait des révélations compromettantes sur son père

Le fils du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, au sortir d’une boite de nuit en 2015, a été enregistré alors qu’il faisait allusion à un accord gazier controversé qu'aurait initié son père. Ce dernier a jugé cette hypothèse «absurde».

ACT NETANYAHOU FILS

L’enfant terrible du Premier ministre israélien, Yaïr Netanyahou, multiplie les frasques et les comportements embarrassants – comme la publication sur les réseaux sociaux d'un montage inspiré par une caricature antisémite en septembre dernier.

L'une de ces frasques, datant de 2015, remonte actuellement à la surface, et compromet le chef du gouvernement israélien. Le fils du Premier ministre ne savait pas qu’il était, à ce moment, enregistré. Ses propos, quoi que prononcés sous l'emprise de l’alcool, viennent renforcer les soupçons pesant sur l’homme fort d’Israël, qui fait l’objet de deux enquêtes pour corruption.

Sur l’enregistrement audio diffusé sur la deuxième chaîne israélienne le 8 janvier, on peut entendre Yaïr Netanyahou et Ori Maïmon, fils de Kobi Maïmon, milliardaire du secteur gazier et l'un des hommes les plus riches d'Israël, ainsi que Roman Abramov, collaborateur en Israël du milliardaire australien James Packer. Yaïr et Ori discutent gaiement à bord d’une voiture, à Tel Aviv. Tous deux, enivrés, parlent de femmes très vulgairement et se disputent au sujet de la somme de 100 euros. 

Yaïr Netanyahou jette alors à son ami : «Mon père a conclu un superbe contrat pour ton père, mec, il s’est battu à la Knesset pour ça mec.» Il poursuit : «Tu pleures pour 400 shekels [environ 100 euros]. Mon père a décroché pour ton père un contrat à 20 milliards de dollars et tu ne peux pas me filer 400 shekels, fils de p... ?». Roman Abramov leur fait alors remarquer qu'une catastrophe se produirait si cette conversation était révélée au grand public...

«Une plaisanterie de mauvais goût», selon Benjamin Betanyahou

Yaïr Netanyahou fait à l'évidence référence à un important accord pour l'exploitation des vastes champs gaziers découverts en Méditerranée quelques années plus tôt, une manne pour Israël. Le père de Nir Maïmon est un actionnaire de premier plan d'Isramco, l'une des compagnies exploitant ces réserves.

Le Premier ministre avait annoncé en août 2015 un accord entre le gouvernement et un consortium israélo-américain pour accélérer la production, ralentie par les résistances à l'établissement d'un monopole qui profiterait aux compagnies aux dépens des consommateurs.

Benjamin Netanyahou a jugé «absurde» l'idée qu'il aurait cherché à favoriser l'homme d'affaires Kobi Maïmon alors qu'il n'avait «aucun contact» avec lui, ne l'avait rencontré qu'une «seule fois il y a environ dix ans» et ignorait les relations entre leurs deux fils. «L'accord finalement entériné en 2016 après des mois de bataille politique et légale est censé rapporter des milliards de shekels à l'Etat et ne désavantage qu'un seul des acteurs de l'exploitation gazière : Kobi Maïmon», a déclaré Benjamin Netanyahou à la presse.

Il ajouté que son fils n'avait pas «la moindre idée» des termes de l'accord, et ses propos étaient «une plaisanterie de mauvais goût» prononcée sous l'emprise de l'alcool. Yaïr Netanyahou lui-même a rapidement présenté des excuses, invoquant lui aussi son état d'ivresse. Quant à l'accord gazier, «il s'agissait d'une blague», a-t-il assuré dans un communiqué.

La famille Netanyahou a en outre accusé le chauffeur de la voiture dans laquelle se trouvaient les jeunes hommes, d'avoir réalisé l'enregistrement.

Vives réactions des détracteurs de Benjamin Netanyahou, déjà visé par deux enquêtes

Les adversaires du Premier ministre se sont emparés de l'enregistrement, dont l'authenticité n'est contestée par personne, pour attaquer à nouveau les avantages consentis à Yaïr Netanyahou – comme une garde rapprochée jusque dans ses virées en boîtes de nuit – et ont confirmé leur suspicion au sujet de cet accord gazier très controversé.

Le chef du parti travailliste Avi Gabbay a parlé sur Twitter d'une «nouvelle tache sur l'accord de gaz». Le parti de gauche Meretz a réclamé des investigations.

Benjamin Netanyahou est déjà visé par deux enquêtes de police (une impliquant des cadeaux de plusieurs dizaines de milliers de dollars et une autre pour trafic d'influence), dont les conclusions sont attendues dans les prochains mois, sinon semaines. Quelques dizaines de milliers de manifestants, intitulant leur rassemblement «marche de la honte», ont déjà manifesté dans un des quartiers huppés de Tel Aviv, pour dénoncer la «corruption» du gouvernement israélien et les lenteurs présumées des enquêtes en cours contre le Premier ministre.

https://francais.rt.com/international/47152-ivre-fils-benjamin-netanyahou-fait-revelations

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lundi 18 décembre 2017

[Vidéo] Les gangsters de la finance, par Arte

Blanchiment, fraude fiscale, corruption, manipulation des cours… : depuis la crise de 2008, la banque HSBC est au coeur de tous les scandales.

TL HSBC ARTE

Cinq ans après leur film sur Goldman Sachs, Jérôme Fritel et Marc Roche passent au crible cet empire financier au-dessus des lois. Créée à Hong Kong, il y a un siècle et demi, par des commerçants écossais liés au trafic d’opium, HSBC (Hongkong and Shanghai Banking Corporation) n’a cessé de prospérer en marge de toute régulation. Aujourd’hui, la banque britannique à l’ADN pirate incarne à elle seule les excès et les dérives de la finance internationale. Blanchiment de l’argent du crime – celui des cartels de la drogue mexicains et colombiens –, évasion fiscale massive, corruption ou manipulation du cours des devises et des taux d’intérêt : depuis la crise de 2008, ce géant a été mêlé à de nombreux scandales avec régularité et en toute impunité.

Car l’opaque HSBC, experte en sociétés-écrans, dont les coffres débordent d'argent liquide déposé par ses clients discrets et douteux, est devenue “too big to jail”, “trop grosse pour aller en prison”. La banque, riche de quelque 3 000 milliards de dollars, s’en tire chaque fois avec des amendes dérisoires.

Trait d’union entre l’Orient et l’Occident, elle sert aussi désormais de pipeline pour les centaines de milliards d’euros de capitaux chinois partant à la conquête des marchés occidentaux : HSBC navigue aujourd'hui sous pavillon rouge.

Nouvelles menaces

De Hong Kong aux États-Unis en passant par l’Europe, cette édifiante enquête révèle non seulement l’ampleur ahurissante des malversations commises par HSBC, mais éclaire aussi – avec une remarquable limpidité – les menaces qui se profilent sur la stabilité financière mondiale, dix ans après la crise des “subprimes”.

Documentaire de Jérôme Fritel (France, 2016, 1h30mn) ARTE F

Source : Arte plus 7, Jéröme Fritel, 11-12-2017

https://www.les-crises.fr/video-les-gangsters-de-la-finance-par-arte/#!prettyPhoto

Les gangsters de la finance - ARTE

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=ykxkA-radQU
Ajoutée le 11 déc. 2017

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Commentaires relevés sur le site d'Olivier Berruyer:
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Rien que le titre est un pléonasme !
Ces mêmes financiers qui sont les architectes de la construction européenne.
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Oui d’ailleurs Roland Veillepeau , ancien Directeur National des Enquêtes Fiscales en France ( promu Conservateur des hypothèques honoraire….) , qui témoigne à plusieurs reprises dans cette enquête, écrit sur son blog en utilsant des arguments de droit:
“Pourquoi le Parquet Financier national refuse t’il de s’attaquer aux dirigeants étrangers qui pillent nos finances publiques ? Le PNF, si rapide à dégainer et si sensible aux fraudes complexes, ne veut pas poursuivre les personnes étrangères, et notamment les ministres des finances, qui ont systématiquement mis en place dans leur pays des dispositifs d’optimisation fiscale pour des français”.
Et de citer les Ministres de Malte,du Luxembourg, d’Irlande,etc. …
https://blogs.mediapart.fr/roland-veillepeau/blog/060617/pourquoi-le-parquet-financier-national-ne-s-attaque-pas-aux-dirigeants-etrangers
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pas un mot sur la BRI ni sur les paradis fiscaux anglo-saxons… à croire que HSBC n’a aucun lien avec eux ! les affaires continuent…
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Laissez-moi rigauler : ” … ,mêlées à des des organisations terroristes ou des dictatures, comme la Corée du Nord ou la Syrie …”
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En moins de 30 secondes on a déjà compris ou veut en venir cette émission … désigner un coupable à combattre pour la gabegie mondiale, et donc dédouaner notre économie suicidaire de tous les jours !!!
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dimanche 17 décembre 2017

L'ex-ministre, Jean-Jacques Urvoas, passible de la Cour de justice de la République

L'ex-ministre de la Justice est soupçonné d'avoir transmis au député Thierry Solère des informations sur un dossier judiciaire.

ACT URVOAS

Ce ne sont qu'une petite dizaine de lignes. Elles reprennent la synthèse des remontées d'information de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) concernant l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre à l'encontre du député (LREM) Thierry Solère. C'est Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux à l'époque des faits - l'entre-deux tours de la présidentielle -, qui les aurait fait parvenir au député alors membre des Républicains.

En bon spécialiste du monde du renseignement, le ministre de la Justice a transmis, selon Le Canard enchaîné qui révèle l'affaire, le document par Telegram, une messagerie électronique bien connue des policiers comme des délinquants. Son destinataire Thierry Solère ne prendra pas le soin de faire disparaître ce document confidentiel dont la transmission viole le secret de l'enquête. Contacté, Pierre-Olivier Sur, l'avocat du parlementaire, n'a pas donné suite à nos questions, estimant «que pour son client, il n'y a pas de sujet».

Pour Claire Denis, le procureur de Nanterre qui vient de transmettre le dossier au procureur général près la Cour de cassation, ce sont là des «éléments susceptibles d'engager la responsabilité pénale» de l'ex-ministre de la Justice. Jean-Claude Marin a déjà transmis pour avis le dossier à la commission des requêtes de la Cour de justice de la République afin de déterminer si «les faits sont susceptibles d'être qualifiés de violation du secret professionnel commis par M. Jean-Jacques Urvoas, dans l'exercice de ses fonctions de garde des Sceaux, ministre de la Justice».

La main du politique

L'affaire en dit long sur l'usage de ces fameuses remontées d'information systématiques. Mais aussi sur le dédoublement de personnalité de ceux qui se succèdent Place Vendôme. Comme Christiane Taubira prise la main dans le pot de confiture en mars 2014 au sujet des écoutes de Nicolas Sarkozy, Jean-Jacques Urvoas s'insurgeait en avril 2017 des soupçons lancinants d'une justice à la main du politique. Il arguait des efforts de transparence du ministère depuis 2012. Dans le même temps, il transmettait à Thierry Solère des informations sur l'enquête préliminaire le concernant.

Cette dernière court depuis le 6 septembre 2016 «pour fraude fiscale, blanchiment, corruption, trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux». Elle se situe dans le sillage du différend qui a opposé la famille Solère et l'administration fiscale et qui s'est réglé par «un apurement des sommes un an et demi auparavant», rappelle un bon connaisseur du dossier. C'est Bercy qui en cette fin d'été 2016 et alors que Thierry Solère vient d'être nommé à la haute autorité des primaires de la droite et du centre a transmis le dossier pour ses implications pénales éventuelles.

Les perquisitions de juin dernier ont apporté un autre lot d'interrogations sur les rapports entre justice et politique. Elles ont révélé les échanges de Thierry Solère et de Roger Le Loire, alors juge d'instruction au pôle financier. En juin 2016, le TGI de Paris demande au magistrat de se déporter de tous ces dossiers politico-financiers à commencer par celui de Bygmalion. Il apparaît en effet que ce dernier souhaitait entrer en politique et cherchait une investiture pour les législatives 2017. Notamment auprès de Thierry Solère. Le dossier a été transmis au parquet de Paris qui a saisi la Brigade de répression de délinquance contre la personne.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/12/13/01016-20171213ARTFIG00241-urvoas-peut-etre-bientot-devant-la-cour-de-justice.php

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RAPPEL : LE SCANDALE DE LA "LOI URVOAS"
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Sous le prétexte grossier de "moderniser" l'élection présidentielle, la "loi Urvoas" vise à verrouiller un peu plus encore le déroulement de l'élection présidentielle et, notamment, à priver les candidats hors-système de l'essentiel du temps de parole dans les médias.
Ce projet de loi liberticide ayant été adopté par l'Assemblée nationale, il est utile de revoir ce qu'en disait François Asselineau dans son entretien d'actualité enregistré le 15 décembre 2015 :

 

Loi Urvoas = DANGER. Mobilisation contre le projet de réforme de l’élection présidentielle

https://www.youtube.com/watch?v=UVJ3LkHT9Jk&feature=youtu.be

 

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samedi 9 décembre 2017

Jérôme Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme

Jérôme Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme

ACT CAHUSAK NOEL

Justice.

Jérôme Cahuzac (photo AFP) est condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité, conformément aux réquisitions. Il a été reconnu coupable de fraude fiscale, de blanchiment de fraude fiscale et d'omission de déclaration de patrimoine ce matin par le tribunal correctionnel de Paris.

Son ex-épouse, Patricia Cahuzac, est quant à elle condamnée à deux ans de prison ferme.

Son banquier, François Reyl, ainsi que son intermédiaire, Philippe Houman, sont condamnés à un an de prison avec sursis et 375 000 euros d'amende. Quant à la banque Reyl, elle est condamnée à 1 875 000 euros d'amende.

http://www.liberation.fr/direct/element/jerome-cahuzac-condamne-a-trois-ans-de-prison-ferme_53552/

savoie-des-detenus-tournent-un-clip-de-rap-dans-la-prison-d-aiton

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Pourquoi Macron et l’Europe soutiennent-ils la Mafia espagnole ?

C’est une question qu’il faut poser, et faudra poser, et pour laquelle la réponse est éminemment importante. Elle induira en effet le futur ou le non futur de l’Europe. Peut-on en effet imaginer une Europe solide et durable construite sur la base de la corruption de pays et de partis politiques? Ce qui est le cas de l’Espagne et du Partido Popular de Mariano Rajoy, désigné par les médias espagnol comme le parti le plus corrompu d’Europe.

ARG UE MAFFIA

Tout d’abord : Pourquoi parles t-on de mafia espagnole à propos du Partido Popular. La définition donnée généralement pour désigner le terme Mafia est souvent : « une organisation criminelle ».

Le terme d’  « organisation criminelle » est utilisé par nombre de juges et de magistrats espagnols pour désigner le Partido Popular (PP). Ignacio Gonzalez, ancien président PP de la communauté de Madrid, mis en examen et poursuivi pour être le responsable d’une « Organisation criminelle » dans le cadre de l’affaire de corruption « Lezo ».

Le juge du parquet national, José de la Mata, a ouvert une instruction dans le cadre de l’affaire des « papiers de Barcénas », du nom de l’ex-trésorier du PP et ami de Mariano Rajoy, pour des délits d’ « organisation criminelle, association illégale, trafic d’influence, blanchiment de capitaux… »

Le chef de la brigade anti-fraude espagnole, Manuel Morocho, a affirmé le 7 novembre dernier, devant les députés de la commission d’investigation sur le financement du Partido Popular que les structures de ce parti « répondait au profil d’une organisation criminelle », pour ses actions dans le cas de l’affaire Gürtel.

Lors de ses réquisitions, Conception Sabadell, procureur du parquet anti-corruption espagnol, a affirmé que les responsables du parti avaient mis en place des « mécanismes véreux dans l’attribution des marchés publics (qui) se sont consolidés comme un problème structurel ». Elle a indiqué aussi que « la nature des délits commis et leur préjudice pour les fonds publics s’étendirent et s’enracinèrent durant une large période de temps dans de multiples collectivités dirigées par le Partido Popular ».

Le 3 novembre denier le parquet anti-corruption espagnol faisait incarcérer José Manuel Villarejo, un ex-commissaire de police, proche du Partido Popular. Le motif de cette détention est de démanteler « une organisation criminelle » dont l’ancien policier était l’un des responsables. Une organisation criminelle dédiée selon les enquêteurs à « réintroduire en Espagne et dans d’autres pays de l’Union européenne des fonds provenant d’activités illicites liées à la corruption internationale dans les affaires ».

Dans cette affaire, Martin Blas, le patron des Asuntos Internos, l’équivalent de notre IGS, la police des polices, affirme : « l’aspect le plus sérieux de tout le réseau de la corruption policière à l’époque du ministre Fernández Díaz (Ministre de l’Intérieur du Gouvernement Partido Popular de Rajoy. NDLR) est ce qui a été fait par le ministère de l’Intérieur et le ministère public pour empêcher le déroulement de l’enquête. Les plus hauts niveaux de l’exécutif ont essayé sans vergogne, presque publiquement, d’entraver l’action de la justice ».

Le premier juge en Espagne à mettre un banquier en prison, Elpidio José Silva, un des spécialistes des affaires de corruption en Espagne, indique le 21 octobre « Le Partido Popular est présenté comme une organisation criminelle par des juges qui instruisent les affaires de corruption ».

Cette « organisation criminelle » du Partido Popular qui est actuellement au pouvoir s’est servi de ses pouvoirs de justice pour freiner les affaires en cours. Outre les pressions sur les juges, sur les policiers, le Partido Popular a essayé de détruire des preuves de ses corruptions.

Le 14 novembre 2017, le journal Publico apporte les preuves que le commissaire José Luis Oliveira, actuel patron des renseignements généraux espagnol, ex-patron de l’Unité anti-Fraude, a menti lors de son audition devant le congrès des députés. « Oliveira a manœuvré pour tenter de réduire ou faire disparaître les preuves de corruption du Partido Popular. (…) Il a joué un rôle dans l’opération Catalanya qui visait à mouiller dans des affaires des leaders catalans. Un manipulation conduite avec le commissaire Villarejo », aujourd’hui en prison, pour, entre autres, des affaires de corruption et d’écoutes illégales, indique le journal.

Le même José luis Oliveira avait bloqué le transmission des informations concernant le Jihadisme à la police catalane des Mossos de Esquadra, et notamment des alertes de la CIA et d’autres agences de renseignements internationales qui avaient indiqué que Barcelone était une des cibles envisagées par les groupes terroristes.

Le Partido Popular a par ailleurs tenté de détruire à 35 reprises, avant finalement d’y arriver, le disque dur de l’ordinateur de Barcenas, l’ex-trésorier du PP, avant que la police ne s’en saisisse. Barcénas tenait la comptabilité parallèle du PP, la Caja B, une caisse noire dont l’existence a été prouvée lors du procès Gürtel. Ces opérations de destruction valent au Parti Popular, lui-même, d’être poursuivi – une première en Espagne et peut-être en Europe – pour destruction de preuves.

(...)

En juillet 2017, une quantité de dossiers relatifs à l’affaire Punica, encore une affaire de corruption du Partido popular, était détruite. Il s’agissait de tous les éléments d’attribution de marchés de la communauté de Madrid dirigée par Cristina Cifuentes (PP). La destruction des documents nécessaires à l’instruction aurait duré plusieurs semaines.

Les documents ou les disques durs, ne sont pas les seuls qui disparaissent dans le cadre des quelque 75 affaires de corruption dans lesquelles est mouillé en Espagne le Partido Popular. Des personnes liées aux procès disparaissent également…

Les morts de la corruption : au nombre de douze au 1er novembre dont deux depuis juillet 2017

Miguel Blesa se serait tiré une balle dans la poitrine, a conclu l’autopsie rendue publique le 20 juillet. Miguel Blesa, ancien président de la caisse régionale Caja Madrid, avait été condamné à six ans de prison dans le cadre des cartes de crédits « black » offertes à plus de 60 dirigeants de l’organisme bancaire afin de couvrir leurs frais personnels. Caja Madrid, devenue Bankia, avait été renflouée en 2012 avec plus de 20 milliards d’euros d’argent public par le gouvernement conduit par le Partido Popular, tandis que nombre de petits épargnants ont été ruinés.

Francisco José Yánez Román, membre du PP, ami personnel de Luis Barcenas, l’ex-trésorier du PP, et père de l’homme de paille qui permis à Barcénas d’ouvrir des comptes en Suisse, est décédé pour une raison inconnue, quelques jours avant d’être entendu par les juges sur les 10 millions d’euros disparus des comptes de Barcénas.

En 2015, l’épouse du sénateur PP Tomás Burgos et porte-parole du PP au sénat, Maria del Mar Rodríguez Alonso, mise en examen pour malversation dans des marchés publics, se serait suicidée dans un hôtel.

Un an plus tard, Rita Barbera est retrouvée morte dans son hôtel, d’une crise cardiaque. Elle était maire PP de la ville de Valencia, épicentre d’un scandale de corruption sur les marchés publics. Elle venait de livrer son témoignage devant la justice.

Mort également, Francisco Sanchez Arranz, conseiller d’Iberia, élu municipal du PP, mort de « cause naturelle » une semaine avant d’être entendu par la justice.

Mort aussi, mais à 86 ans, en août 2015, de l’entrepreneur José Martinez Nuñez, mouillé dans l’affaire Gürtel.

Le corps du journaliste et responsable du Partido Popular, ami de l’ex-ministre du travail Javier Arenas, Isidro Cuberos, 58 ans, a été retrouvé dans un fossé, sans vie, près de sa moto, en octobre 2015. Membre du PP d’Andalousie, il était mis en examen dans l’affaire Gürtel.

Décédé aussi, l’architecte Léopoldo Gomez, homme de confiance de Jesús Sepúlveda, ex-mari de la ministre PP Ana Mato, un des hommes les mieux au courant des marchés publics de la communauté de Madrid, mis en examen dans l’affaire Gürtel, décédé avant d’être entendu par la juge.

Suicide pour le rocambolesque Juan Perez Mora, qui s’est fait passer pour un faux juge afin de tromper le cerveau de l’affaire Gürtel, Fernando Correa. Il a été retrouvé mort après que sa supercherie ait été découverte.

Le deuxième juge de l’affaire Gürtel, Antonio Pedreira, auteur des principales inculpations dans ce dossier explosif, est mort au bout de trente-six mois de convalescence à la suite d’un accident cardio-vasculaire. Il avait repris l’affaire après que son prédécesseur, le célèbre juge Baltasar Garzon, en ait été dessaisi pour des motifs curieux.

Álvaro Lapuerta, ex-trésorier du PP, entré dans un coma irréversible après être tombé accidentellement dans sa maison en avril 2013. C’était une pièce fondamentale pour l’instruction de l’affaire Gürtel, affaire dans laquelle il était mis en examen. Il ne pourra comparaître vu son état de santé.

Tomás Villanueva, ex-président PP de la communauté de Castille y Léon, est mort le 2 octobre 2017. Impliqué dans l’affaire de corruption du parc éolien, Tomás Villanueva est décédé à son domicile. Il devait être entendu comme mis en examen le 18 octobre, sur des commission illégales. Il était aussi mouillé dans l’affaire de La Perla Negra pour des acquisitions présumées frauduleuses à Valladolid et devait également être entendu pour cela en novembre.

La corruption politique en Espagne, 45 Mds par an, 900 responsables politiques PP poursuivis….

L’Espagne a vécu au cours de l’année dernière un des plus grands procès de corruption qui ait touché un parti politique en Europe, le premier volet de l’affaire Gürtel, avec aux bancs des accusés pas moins de 74 personnes dont une ancien ministre de Rajoy, deux anciens trésoriers du Partido Popular, une multitude d’élus du PP… Le coût estimé de cette affaire pour l’Etat espagnol est estimé à quelque 120 M€ entre 2000 et 2008.

Ce 17 novembre, s’est achevé le premier volet de cette affaire Gürtel, pour laquelle Mariano Rajoy a d’ailleurs été cité à comparaître et entendu en juillet dernier. Ce procès qui a duré plus d’un an après près de sept ans d’instruction a confirmé le versement de 3 à 4 % du volume des marchés publics au Partido Popular par les entreprises bénéficiaires des marchés en question. Il a confirmé également l’existence d’une caisse noire, la Caja, B, du Partido Popular, alimentée par ces dessous de table qui finançaient les campagnes du parti et quelques-uns de ses responsables, dont a priori Mariano Rajoy. Son nom apparaît en effet sur les carnet de Barcenas, l’ex-trésorier du PP qui tenait une comptabilité parallèle.

Mais cet énorme procès ne porte que sur l’une parmi plus de 75 affaires de corruption du Partido Popular traitées ou en cours d’instruction de la part de la justice espagnole. Près de 900 responsables politiques du Partido Popular sont poursuivis pour des affaires de corruption. Le cout annuel de celle-ci est estimée à 45 milliards d’euros par an par la Comisión Nacional del Mercado de Valores (CNMV), volumes confirmés par l’ONG Transparency international qui situe désormais l’Espagne comme le pays le plus corrompu en Europe après l’Italie.

Le coût de la corruption politique – essentiellement due au PP- est estimé à 4,5 % du PIB espagnol. Le coût de la Mafia en Italie est elle estimée entre 1 % et 16 % du PIB Italien, suivant la manière de la comptabiliser. Les volumes détournés en Espagne par l’ »organisation criminelle » citée s’inscrivent parfaitement dans cette fourchette.

Une partie de la corruption espagnole est liée à l’attribution et au détournement de fonds européens. Ce qui explique que Bruxelles ait demandé des comptes. L’Office européen de lutte anti fraude (OLAF) a demandé en effet au Tribunal national espagnol des informations sur un possible détournement de fonds européens (El Pais du 3 novembre). La demande porte sur des contrats publics de la communauté autonome de Madrid qui fait l’objet d’une instruction dans le cadre de l’affaire Punica. La demande de l’OLAF porte sur l’attribution en 2006 de marchés publics par l’institut Imade, une antenne de la communauté madrilène, suspectée d’avoir alimenté via une société intermédiaire, la caisse noire, la fameuse « Caja B », du Partido Popular.

Mais ce n’est pas le seul dossier de détournement de fonds européens en Espagne que suspecte l’OLAF. Elle a également fait des demandes en ce qui concerne l’utilisation des fonds européens dans l’affaire Acuamed. Cette entreprise publique spécialisée dans la gestion et la distribution de l’eau et liée au gouvernement du Partido Popular pilotait de nombreux chantiers publics. Des travaux financés pour plus de 821 M€ par l’Europe entre 2000 et 2013. Un de ces chantiers concerne le projet de dessalement Bajo Almanzaro en Andalousie, ce qui aurait généré, selon le juge d’instruction, une « compensation indue » de 40 millions d’euros, impliquant des hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture espagnol. Ce projet a obtenu 22,7 millions d’euros de fonds Feder.

Toutes ces informations sont sur la place publique espagnole. Le baromètre sur les préoccupations espagnoles indiquait par ailleurs en septembre que la corruption se situait alors au 2ème range de leurs préoccupations après le chômage. L’indépendance de la Catalogne n’arrivait alors qu’au 5ème rang des préoccupations. Ce qui était assez logique, l’apport de la Catalogne à l’Etat central est estimé à 16 Mds € net par an , soit trois fois moins que le coût de la corruption.

Que fait l »Europe ?

La question est donc de savoir pourquoi l’Europe soutient le régime corrompu de Madrid et son patron Mariano Rajoy. On peut comprendre l’inquiétude liée à la demande d’indépendance de la Catalogne, et le refus même d’admettre cette volonté d’Indépendance des Catalans. Mais on ne peut pas comprendre le soutien sans faille à un parti corrompu à ce niveau-là.

L’idée donnée jusqu’à présent par l’Europe, par sa logique de non intervention, c’est que l’objectif de l’Europe est de soutenir les régimes corrompus et donc de construire une Europe de la corruption. Ce qui n’est pas fatalement l’idée que pouvaient s’en faire les citoyens européens. Tenter de construire une Europe sans ses citoyens tient de l’utopie. Ce qui laisse à penser que l’Europe, l’idée même de l’Europe, est en train de mourir lentement entre Madrid et Barcelone.

Voici quelques liens vers des articles récents de journaux espagnols éclairant sur les niveaux et les affaires de corruption en Espagne –  occultés curieusement par les médias en France  . Une partie de ces articles peut être retrouvée en synthèse sur le site de La Semaine du Roussillon.

http://www.huffingtonpost.es/2016/12/09/coste-corrupcion-espana_n_13532158.html

http://www.eldiario.es/zonacritica/corrupcion-endemica-Partido-Popular-desalojen_6_634896541.html

http://www.casos-aislados.com/Caso-por-partido.php?Partido=PP

https://elpais.com/economia/2017/11/01/actualidad/1509564700_977317.html

http://cadenaser.com/ser/2017/11/07/tribunales/1510069965_410843.html

https://politica.elpais.com/politica/2017/10/30/actualidad/1509383749_882560.html

http://www.eleconomista.es/politica-eleconomista/noticias/8723683/11/17/La-juez-Lamela-toma-declaracion-este-domingo-al-excomisario-Villarejo-y-otros-detenidos-en-la-operacion-Tandem.html

http://www.lasexta.com/noticias/nacional/marisa-gallero-asegura-que-barcenas-tiene-copias-de-los-discos-duros-del-pp-me-dijo-que-eran-su-seguro-de-vida_201711215a1442790cf2547f66ab2545.html

http://www.elperiodico.com/es/politica/20171116/concluye-juicio-gurtel-mayor-trama-corrupta-pp-6429101

http://www.publico.es/politica/corrupcion-pp-lezo-marido-cospedal-pujol.html

http://www.publico.es/politica/olivera-miente-congreso-siete-dias-gobierno-nombre-cupula-policial.html

http://www.publico.es/politica/atentados-yihadistas-director-inteligencia-antiterrorista-dirigio-boicot-informativo-mossos.html

 

https://www.lasemaineduroussillon.com/2017/11/26/macron-leurope-soutiennent-mafia-espagnole/

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Si ça continue, certains europhiles indécrotables vont finir par douter...  P.G.

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mercredi 8 novembre 2017

La reine d’Angleterre, Trudeau et Tillerson éclaboussés par les « Paradise Papers »

Et si nous parlions uniquement de la corruption en Russie, en Chine ou encore je ne sais pas moi, au hasard, en Arabie saoudite. C’est vrai que nous sommes des parangons de vertu… Que nous donnons des leçons au monde entier et puis au hasard de quelques fuites, alors, on perçoit que presque tous nos dirigeants, récompenses de lois passées contre la volonté de leurs peuples, se gavent ou sont gavés par de gentils donateurs qui donnent dans des endroits discrets appelés “paradis fiscaux”.

ACT VEAU D OR DOLLAR

Alors comme à chaque fois, l’Europe brandit sa réaction de rigueur, à savoir une nouvelle “liste noire”, et le cirque recommence. On dit qu’on fait une liste noire, que l’on fera ou pas mais qui ne changera rien et que l’on s’empressera d’oublier dès que l’opinion publique tournera les yeux.

Comme tous les scandales, celui-ci durera une semaine et puis nous passerons vite à autre chose et il ne se passera rien d’autre. La reine d’Angleterre continuera à gérer sa fortune comme bon lui semble et les autres planqueront leurs pots-de-vin…

Charles SANNAT

Les noms de membres de la monarchie britannique, des dirigeants canadien et australien Justin Trudeau et Malcolm Turnbull, mais aussi du secrétaire d’État US Rex Tillerson figurent dans les « Paradise Papers », nouveau dossier sur l’activité des sociétés offshore publié dimanche par le Consortium international des journalistes d’investigation.

La reine du Royaume-Uni plaçant sa fortune aux Îles Caïman et Rex Tillerson administrant une société enregistrée aux Bermudes pour exploiter du pétrole au Yémen — parue un an et demi après le fameux dossier « Panama Papers », la nouvelle enquête journalistique internationale vient faire la lumière sur des schémas d’optimisation fiscale. Intitulée « Paradise papers » et couvrant une période de 50 ans, elle est basée sur près de 13,4 millions de documents sur des activités dans les paradis fiscaux, dont ceux provenant apparemment du cabinet d’avocats Appleby, enregistré aux Bermudes, et cite les noms de quelque 120 personnalités politiques et de multinationales.

À en croire les révélations, le duché de Lancaster, domaine privé et source de revenus des souverains britanniques, a placé 7,5 millions de dollars dans un fonds aux Îles Caïmans. Ce dernier a pour sa part investi des fonds de la monarchie dans la société qui contrôlait la tristement célèbre BrightHouse, qui vend des meubles et des équipements électroménagers à crédit à un taux d’intérêt de près de 100 % et dont l’activité a été reconnue illégale en octobre dernier.

Un représentant de la reine Élisabeth II a confirmé que des investissements dans ce fonds avaient bien eu lieu, soulignant, toutefois, que le duché ignorait les détails sur le sort ultérieur de ces fonds.

Les documents citent en outre les noms de représentants d’autres monarchies, dont le roi Salmane d’Arabie saoudite et Noor al-Hussein, veuve du roi Hussein de Jordanie.

D’après les informations divulguées par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Stephen Bronfman, ancien trésorier de campagne de Justin Trudeau, ami de ce dernier (et d’après des données non officielles son conseiller informel), est impliqué dans un trust aux Îles Caïmans. D’après l’ICIJ, Bronfman a investi sur un quart de siècle des millions de dollars par le biais de la société Claridge lui appartenant et de l’entreprise de son parrain Leo Kolber, ce qui lui aurait permis d’éviter l’impôt au Canada, aux États-Unis et en Israël.
Un représentant de Bronfman a déjà réagi à ces informations, précisant que les transactions de la société étaient légales et n’étaient pas liées à une question de fiscalité.

Les « Paradise papers » indiquent en outre que le Premier ministre australien Malcolm Turnbull avait dirigé pendant les années 1990 la Star Technology Systms Limited, enregistrée aux Îles Vierges britanniques, que Rex Tillerson avait administré à la fin des années 1990 une société enregistrée aux Bermudes pour exploiter du pétrole au Yémen, le conseiller économique de la Maison-Blanche Gary Cohn a été à la tête de 20 sociétés établies aux Bermudes et affiliées à Goldman Sachs entre 2002 et 2006, et ainsi de suite. Le dossier mentionne en outre des milliardaires russes, de grandes fortunes françaises et des vedettes du monde du show business dont le leader de U2, Bono, Madonna et Keira Knightley.

https://insolentiae.com/la-reine-dangleterre-trudeau-et-tillerson-eclabousses-par-les-paradise-papers/

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jeudi 19 octobre 2017

L’Europe choquée après l’assassinat d’une journaliste à Malte

MALTE (paradis fiscal de l'Union européenne)

ACT MAFIA DELPHINEL’assassinat de Daphne Caruana Galizia, la journaliste d’investigation maltaise notamment à l’origine d’accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin, provoque une vague d’indignation en Europe.

Daphne Caruana Galizia était la journaliste la plus engagée dans la lutte contre la corruption à Malte. Elle avait été impliquée dans les révélations des Panama papers. Son blog, Running Commentary, était considéré par de nombreux journalistes comme la meilleure source d’information sur son pays.

Elle a été assassinée juste après avoir posté un dernier article sur son blog, dans lequel elle estimait la situation « désespérée » et reformulait des accusations contre des personnalités importantes du gouvernement, lorsque sa voiture a explosé. La force de l’explosion a projeté hors de la route son véhicule, qui a fini réduit en miettes dans un champ.

Dans la soirée, des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées à Sliema, près de La Valette, lors d’une veillée, bougies à la main, pour rendre hommage à la journaliste.

« Tout le monde sait que j’ai été vivement critiqué par Mme Caruana Galizia, à la fois politiquement et personnellement », a rappelé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat (centre gauche), lors d’un point de presse durant lequel il a dénoncé un acte « barbare » et ordonné aux forces de l’ordre de concentrer toutes leurs ressources pour que son ou ses auteurs soient traduits en justice.

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd’hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d’expression », a-t-il déclaré. « Je n’aurai de cesse que justice soit faite. »

Selon Malta Television, la journaliste aurait averti la police qu’elle était visée par des menaces de mort il y a deux semaines, sans donner davantage de précisions.

Début juin, Joseph Muscat avait remporté une large victoire lors d’élections législatives anticipées convoquées à la suite d’une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches. La journaliste avait joué un rôle central dans cette affaire.

Michelle Muscat, l’épouse du Premier ministre, a ainsi été accusée d’avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l’Azerbaïdjan en échange de l’autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. Le chef de cabinet du Premier ministre et son ministre à l’Énergie avaient aussi été accusés de détenir des sociétés-écrans non déclarées au Panama. Ils ont tous deux été défendus par Joseph Muscat.

« Le plus gros mensonge de l’histoire politique maltaise », avait alors réagi Joseph Muscat, tout en promettant de démissionner si les faits étaient avérés à la suite d’une enquête qu’il a lui-même réclamée.

D’autres États européens soupçonnent en outre les services financiers maltais de  faciliter l’évitement fiscal. Les autorités allemandes enquêtent actuellement sur quelque 2 000 firmes maltaises ayant des liens avec des entreprises allemandes.

La sphère politique européenne n’a pas tardé à réagir à l’assassinat de Daphne Caruana Galizia. Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, s’est ainsi déclaré « choqué et scandalisé » : « si les journalistes sont réduits au silence, notre liberté est perdue », a-t-il tweeté.

Le commissaire européen maltais Karmenu Vella (pêche et environnement) a pour sa part dénoncé « une attaque contre notre démocratie ».

Les drapeaux devant la Commission sont en berne en mémoire de la journaliste.

Joseph Daul, qui dirige le Parti populaire européen (PPE) a salué « une des meilleures journalistes d’investigation» et a encensé son travail sur les Panama papers, qui ont fait du monde « un endroit plus transparent et plus juste ».

Même choc du côté du groupe GUE/NGL. L’eurodéputé allemand Fabio De Masi (Die Linke) s’est souvenu du travail de Daphne Caruana Galizia dans le cadre de la commission PANA sur le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et l’évitement fiscal.

Sven Giegold, du groupe Verts/ALE, également membre de la commission PANA, a estimé que la journaliste « avait joué un rôle d’une importance cruciale avec ses dénonciations sérieuses sur le blanchiment d’argent et la corruption à Malte, qui ciblaient notamment des personnalités importantes du gouvernement ».

« Il est trop tôt pour savoir la cause de l’explosion, mais nous nous attendons à une enquête minutieuse, a-t-il ajouté.

http://www.euractiv.fr/section/medias/news/murder-of-maltas-top-investigative-journalist-provokes-shock-and-outrage/


La belle hypocrisie que voilà! Le premier ministre maltais et la "sphère politique européenne" se disent indignés et choqués. Les larbins de l'oligarchie versent des larmes de crocodiles (et parmi eux, sans doute, les commanditaires de cet assassinat) dans l'indifférence générale, comme d'habitude. D'autres sont sincèrement peinés, sans réaliser sans doute que leur soutien à un édifice conçu pour une oligarchie impitoyable peut avoir ce type de conséquences: on ne s'attaque pas impunément à un paradis fiscal et à des politiciens corrompus.

Elle s'appelait Daphne Caruana Galizia, et on ne l'oubliera pas.

BASE 14 995X225P.G.

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La Fondation Clinton refuserait de rendre les 100 000 euros de dons d'Harvey Weinstein

Alors que le scandale de harcèlement sexuel d’Harvey Weinstein fait rage, les associations caritatives se demandent si elles doivent restituer les dons de l’agresseur présumé. La fondation Clinton aurait confié vouloir conserver les fonds reçus.

59e4b671488c7b20398b4567Que feront les bonnes œuvres ou les fondations des encombrantes sommes qu’a données le producteur hollywoodien Harvey Weinstein, accusé de harcèlement sexuel par une quarantaine d’actrices et de jeunes femmes ? Selon le Daily Mail, la fondation Clinton aurait déjà dépensé la somme que lui avait offert le magnat du cinéma, soit au moins 100 000 dollars, et ne compterait pas les rembourser. 

Depuis le scandale déclenché par les révélations de victimes présumées d'Harvey Weinstein, la décision de la fondation Clinton au sujet des donations du producteur était très attendue. Vice-présidente de la fondation, Chelsea Clinton, la fille de Bill et Hillary Clinton, aurait décliné les questions du reporter du Daily mail qui souhaitait l’interroger alors qu’elle assistait le 15 octobre à une rencontre de la fondation à la Northeastern Université à Boston. 

Le Daily Mail annonce en revanche avoir réussi à interroger un porte-parole de la fondation qui lui aurait confié que l’organisation ne rendrait pas la somme, estimée entre 100 000 et 250 000 dollars. Le dernier don du producteur aurait été fait en 2014. Il aurait servi à financer des programmes de la fondation et autres opérations caritatives, comme sur les traitements contre le virus du Sida ou l’aide aux femmes ou aux petites filles.

Les réactions sur Twitter ne se sont pas fait attendre, évoquant de l'argent sale ou la nécessité de rétrocéder la somme.

La fondation Clinton a été plusieurs fois la cible de controverses en acceptant des sommes de l’étranger.

Durant les élections américaines en 2015, alors qu’elle était encore secrétaire d’Etat, Hillary Clinton avait accepté des donations de gouvernements étrangers comme le Qatar, destinés à sa fondation. En 2006, la fondation avait par ailleurs accepté 25 000 dollars d'une fondation dirigée par Jeffrey Epsteinqui avait été arrêté l'année précédente après un dépôt de plainte concernant un abus sexuel présumé en Floride dont aurait été victime une mineure de 14 ans.

Dans une interview à la chaîne américaine CNN le 11 octobre, Hillary Clinton, qui avait bénéficié pour sa campagne présidentielle de dons du producteur américain, avait déclaré : «Mes collègues [du parti démocrate] ont annoncé qu'il allaient reverser cet argent à des associations, bien sûr je vais faire de même.»

https://francais.rt.com/france/44636-fondation-clinton-refuserait-rendre-250-millions-dollars


 

Bizarre, on n'en a pas trop parlé dans nos médias bien- pensants, soutiens indéfectibles du clan Clinton pendant l'élection présidentielle américaine. Que du beau monde autour de cette femme admirable, qui, elle, savait s'entourer, contrairement à ce rustre de Trump...

BASE 14 995X225P.G.

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mercredi 18 octobre 2017

Airbus joue sa survie, la France et l’Allemagne à sa rescousse

Emmanuel Macron et Angela Merkel sont unis pour sauver le constructeur aéronautique, en danger de mort. Cela pourrait passer par la nomination d’une nouvelle direction. Un article de notre partenaire La Tribune. [EURACTIV].

ACT AIRBUSLe dossier est explosif, très explosif. Trop peut-être. Il est fort probable qu’il fasse pschitt malgré tout. Selon les informations que La Tribune a recueillies durant son enquête, tout le monde se tient chez Airbus entre les nouveaux « parias » du groupe et les nettoyeurs mais aussi au niveau des États. Car ce dossier ne concerne pas n’importe quelle société  en Europe : Airbus est l’une des entreprises industrielles les plus emblématiques du Vieux Continent, sinon la plus emblématique. Airbus est même la fierté de la France et de l’Allemagne, le symbole de leur coopération.

Mais aujourd’hui Airbus est en danger de mort, des enquêtes sont ouvertes en Grande-Bretagne et en France sur des éventuels faits de corruption. Les États-Unis sont quant à eux en embuscade. Sa survie va donc dépendre de l’équilibre des forces entre d’un côté l’Allemagne et la France, et de l’autre les États-Unis. Il y aura bien sûr des concessions de part et d’autre de l’Atlantique et certainement des habillages de communication habiles pour faire croire à la sévérité des sanctions. Au sein du groupe, personne n’a également intérêt à aller au bout de l’histoire car chacun sait où est son intérêt (financier) à éviter de déclencher le premier les hostilités même si un grain de sable peut toujours se glisser. Explications sur un dossier où la morale est bannie…

Le bal des hypocrites chez Airbus

Chez Airbus, il y a donc d’un côté les « parias » du groupe, très clairement tous issus du feu service SMO (Strategy Marketing Organization), anciennement dirigé par Marwan Lahoud et, avant lui, par Jean-Paul Gut. Une équipe qui dispose d’un réseau et d’une influence incroyables à travers le monde et qui est capable de vendre de la glace à des Esquimaux. À tel point que des passerelles très fortes existent entre les grands commerciaux de SMO (160 personnes environ) et les services secrets français, assure-t-on à La Tribune. Les commerciaux rendent compte de leurs affaires et des négociations dans des pays dits compliqués aux seconds, qui en retour, les aident ponctuellement. Des échanges en quelque sorte de bon procédé. Ce système fait partie tout simplement de l’influence française dans les coulisses du monde.

SMO a donc fait gagner des milliards d’euros de commandes au groupe et des millions de primes, indexées sur les contrats signés, aux dirigeants d’Airbus. C’était le bon temps où chacun croquait sa part avec gourmandise et insouciance. Trop. Car des centaines de millions de commissions aux intermédiaires ont été validées pendant des années par la direction financière d’Airbus, voire par les plus hauts dirigeants du groupe quand le montant des contrats grimpait à des sommets himalayens, explique-t-on à La Tribune.

Bien sûr, les chèques destinés aux intermédiaires ont également été signés par la direction financière du groupe, précise-t-on. Y compris ceux qui portaient des « valises de billet » pour arroser les milieux politiques ou autres pour obtenir des commandes dans certains pays sensibles. Une pratique courante et nécessaire pour la plupart des groupes qui commercent dans ces pays. Pas question donc de les déclarer à l’UK Export Finance (UKEF) ou même à la Coface, qui exigent les noms des intermédiaires et le montant des commissions pour accorder un financement à l’export. Mais ce temps est désormais révolu depuis les enquêtes lancées en 2016 par le Serious Fraud Office (SFO), l’agence britannique anti-fraude, puis le Parquet national français (PNF).

Aussi tous ceux qui ont fait gagner des milliards au groupe et des millions à leurs dirigeants et/ou ont servi Marwan Lahoud sont devenus des parias dans le groupe. De tolérés par Tom Enders, qui ne les a jamais vraiment trop appréciés mais en avait besoin (voir l’enquête de Mediapart), ils ont été bannis du jour au lendemain à la suite des audits internes confiés à partir de 2014 à des cabinets d’avocats américains. Leurs investigations se concentreraient sur la période 2011-2017. « Il y a eu des errements, des dysfonctionnements. C’est grave », nous confie une source en interne. Résultat, la plupart des dirigeants de SMO ont quitté un à un le groupe, nantis de gros chèques assortis de clauses de confidentialités très strictes. Des départs que la direction justifie pour la majorité d’entre eux par l’opération d’intégration du groupe lancée en septembre 2016 par Tom Enders. Ils n’avaient plus leur place dans la nouvelle organisation… Ce qui fait sourire les connaisseurs du dossier. Ainsi, après Anne Tauby, directrice du Marketing et de la Globalisation du groupe, c’est au tour du directeur de la région Asie-Pacifique Pierre Jaffre d’être le prochain sur la liste de Tom Enders et de son directeur juridique d’Airbus John Harrison, appelé en renfort en 2015 par le PDG d’Airbus pour faire le nettoyage.

Et surtout, les bannis, rompus aux méthodes du business mondial, n’ont évidemment pas oublié d’emporter avec eux dans leurs cartons des documents compromettants pour la direction pour se protéger. Bien sûr, ils n’ont aucune raison de les faire sortir tant que… l’équilibre de la terreur n’est pas rompu. Jusqu’ici ce qui est sorti dans la presse ne représente qu’une infime partie de l’iceberg même si « 99% des contrats ont été faits dans les règles », rappelle un ancien de la maison. Mais les petites mains du SMO à l’image de certains juristes, qui n’ont pas été aussi bien traitées par la direction que certains responsables, tiendront-elles leur langue si leur vie professionnelle est à jamais brisée ? À voir…

Les dirigeants d’Airbus, dont Tom Enders, qui s’est soumis selon nos informations, aux enquêtes internes du groupe en confiant son téléphone et ordinateur professionnels aux enquêteurs, plaident quant à eux l’ignorance sur des faits éventuels de corruption. « Il y a deux niveaux de responsabilité : ceux qui ont eu de mauvais comportements et ceux qui ont des responsabilités managériales dans le groupe », fait-on valoir en interne. Très clairement, la direction la joue en reprenant la formule tristement célèbre : « responsable mais pas coupable ». Une ligne de conduite fragile si des documents compromettants venaient finalement à sortir… En outre, le SFO demande à Airbus des coupables, qui ne sont pas protégés des poursuites pénales par l’accord passé entre le groupe et l’agence britannique. Qui va payer pour tout le monde? Certains des bannis sont prêts à rendre coup pour coup.

Que vont faire les États-Unis?

Les États-Unis vont-ils s’inviter dans ce dossier? C’est la question qui trotte dans toutes les têtes des acteurs de cette affaire d’État(s). Mais ils y sont déjà comme le révèle Le Monde. En revanche, ce qu’ont pu faire impunément les États-Unis avec Alstom, il n’est pas sûr qu’ils puissent infliger le même châtiment à Airbus sans coup férir. Pour sauver le constructeur européen, joyau industriel européen, « la France est prête à rendre coup pour coup si les États-Unis recommencent à faire du terrorisme économique » avec ce  dossier, assure-t-on à la Tribune.

Les États-Unis vont donc devoir analyser les conséquences d’une attaque contre Airbus et en jauger les avantages et les inconvénients. Car après Alstom, Technip, Total, BNP ou encore Crédit Agricole qui ont courbé l’échine face aux États-Unis, Airbus serait la goutte d’eau qui ferait déborder le vase. Trop, c’est trop. Clairement, le dossier Airbus peut basculer dans une guérilla potentiellement mortifère des deux côtés de l’Atlantique dans le cadre de la guerre économique que se livrent les États-Unis et l’Europe. D’autant que le comportement du département de la justice américain (DoJ) est de plus en plus considéré en Europe comme un comportement de « voyou », fait-on valoir en France.

Pour les États-Unis, la question est de savoir si le jeu en vaut vraiment la chandelle. La France a fait passer le message, calqué sur celui de la dissuasion nucléaire : vous attaquez, nous ripostons. Car la France a un nouvel outil, la loi Sapin 2, qui permet cette riposte. Des dossiers seraient déjà constitués. Enfin, si Airbus disparaît, les États-Unis pourraient se retrouver en duopole avec les Chinois. Le veulent-ils vraiment? À suivre.

Macron et Merkel, unis pour sauver Airbus

En France, le dossier est personnellement pris en main par Emmanuel Macron après avoir longtemps été sous-estimé par François Hollande. Le président et son plus proche entourage ont pris conscience de l’extrême gravité de la situation et seraient prêts à en découdre. « C’est l’un des dossiers les plus sensibles et les plus secrets » du moment explique-t-on à La Tribune. C’est également un dossier régulièrement évoqué dans les échanges fréquents entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui a des relations extrêmement froides avec Tom Enders. « C’est leur sujet prioritaire. Les deux États sont déjà intervenus sur le thème : ‘il faut mettre fin à ce bordel qui menace la pérennité du plus gros acteur industriel en Europe’ », décrypte-t-on.

Chez Airbus, qui s’est dénoncé auprès du SFO pour fuir la justice américaine, on assure que le sérieux de l’enquête de l’agence britannique permettra de maintenir les États-Unis en dehors du dossier. Faut-il rappeler que le gouvernement Blair avait enterré en 2006 une enquête du SFO sur le très sulfureux contrat Al-Yamamah avec l’Arabie Saoudite. Il avait invoqué la « relation stratégique essentielle » entre les deux pays et expliqué que l’enquête pourrait nuire à la sécurité nationale. Peu de temps après, Londres signait un très important contrat militaire avec Riyad. Comme quoi la raison d’État et l’hypocrisie font bon ménage…

Pour autant, chacun a bien conscience qu’il faudra sortir de ces affaires par le haut… avec forcément des compromis à la clé. Selon une source proche du dossier au sein de l’État, une réflexion serait engagée sur une opération « main propre » à la tête d’Airbus, qui impliquerait le départ de tout le comité directeur du groupe, Français compris. Problème, qui pour les remplacer? La question n’est pas encore, semble-t-il, résolue. Mais le moment de vérité approche. Alors, pschitt ou bang bang ?

http://www.euractiv.fr/section/economie/news/airbus-joue-sa-survie-la-france-et-lallemagne-a-sa-rescousse/

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mardi 29 août 2017

Tunnel de Tende, l’histoire d’un scandale « XXL »

Les travaux de doublement du tunnel du col de Tende, qui relie la France à l’Italie dans les Alpes-Maritimes, sont le théâtre d’un incroyable imbroglio judiciaire. Le chantier, stoppé en mai à la suite de la découverte d’un vaste trafic de matériaux, vient d’être autorisé à reprendre malgré l’enquête judiciaire en cours.

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L’affaire ressemble à un mauvais scénario de film de série B. Plusieurs centaines de tonnes de matériaux dérobés puis revendus en Italie, des certificats de contrôle d’avancée des travaux falsifiés, des galeries qui menacent de s’écrouler et des grandes entreprises du BTP transalpines mises en examen…

Au départ de cette histoire rocambolesque, un projet de « doublement » du vieux tunnel de Tende qui relie la France à l’Italie en passant sous les Alpes, au niveau de la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes). Inauguré en 1882, ce dernier ne répond plus aux normes européennes de sécurité entrées en vigueur à la suite de la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc.

En 2007, les autorités italiennes et françaises signent un traité pour l’aménagement d’un nouveau tunnel – plus moderne et plus spacieux – juste à côté de l’ancien. Les travaux démarrent en 2014. Ils sont financés à 42 % par la France mais pilotés depuis l’Italie via l’Agence nationale des routes ita­liennes (1). Aucune entreprise française ne prend part au chantier.

200 tonnes de pièces métalliques volées

Les travaux semblaient se dérouler correctement (1 500 m sur 3 200 m avaient déjà été creusés) lorsque, le 24 mai dernier, la police judiciaire italienne ordonne l’arrêt du chantier et met le site sous scellés pour « une durée minimum de cinq mois ».

Une enquête menée depuis plusieurs mois met au jour un vaste trafic : 200 tonnes de pièces métalliques – destinées à la consolidation des galeries – auraient été détournées puis revendues illégalement à diverses entreprises italiennes. Résultat, l’édifice est fragilisé et potentiellement dangereux. 17 personnes sont mises en examen pour « vol aggravé et détournement de matériaux » par le parquet de Cuneo (Italie).

Parmi elles, des responsables de l’Anas et du géant du BTP italien Grandi Lavori Fincosit. Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, ouvre parallèlement lui aussi une enquête. Côté français, les experts découvrent que le mur de soutènement de la route qui permet d’accéder au nouveau tunnel menace de s’écrouler. Dans la foulée, le Conseil départemental des Alpes-Maritimes débloque 100 000 € au mois de juin afin d’empêcher l’édifice de s’effondrer. Une somme que l’Italie est censée rembourser.

« Notre vallée ne doit pas être un jouet aux mains d’entreprises mafieuses »

Côté italien, l’enquête porte également ses fruits. Les investigations révèlent que des certificats, servant à faire croire que la ferraille volée avait bien été placée dans le tunnel, ont été falsifiés. De même pour les relevés d’appareils mesurant la stabilité de la construction. Par ailleurs, des comptes rendus d’écoutes téléphoniques (retranscrites dans la presse italienne) rapportent que les éléments dérobés étaient des pièces maîtresses principalement utilisées « pour soutenir l’arc de voûte » de la galerie du tunnel. Ces dernières auraient été découpées sur place avant d’être chargées sur des camions.

Dans ces conditions, difficile d’envisager une reprise rapide des travaux. Pourtant, vendredi 11 août, les justices française et italienne ont ordonné la levée des scellés, 80 jours seulement après l’arrêt forcé du chantier. « Les vérifications demandées sont terminées. L’Anas a signé un document dans lequel elle s’engage à remettre en sécurité le site », a justifié la procureure de Cuneo Fransceca Nanni. « Les investigations sur le site ont pu être entièrement réalisées. Dès lors, il n’y avait plus d’intérêt à bloquer le site », s’est justifié de son côté dans Nice-Matin Jean-Michel Prêtre.

Pour lecollectif Sauvons la Roya !, opposé à la création d’un nouveau tunnel, cette reprise anticipée des travaux est « complètement hallucinante » : « Ce sont les mêmes opérateurs, sous le coup d’une accusation de vol aggravé, qui vont reprendre le contrôle du chantier. Notre vallée ne doit pas être un jouet aux mains d’entreprises mafieuses. » Les ouvriers devraient recommencer à creuser dans quelques jours, le temps de régler quelques modalités administratives.

Le projet de doublement du tunnel de Tende

Le nouveau tunnel, large de 6,50 m, est situé à 1 270 m d’altitude. Il sera équipé de deux voies, l’une pour les voitures et la seconde pour la sécurité, ainsi que d’un trottoir. La galerie s’étendra sur 3,2 km dont 1,4 km en France et 1,8 km sur le territoire italien.

Situé à l’extrémité nord de la RD 6204, le nouveau tunnel permettra de relier gratuitement Tende à la commune de Limone en Italie. Sa livraison, initialement prévue pour 2018, a été retardée à 2020 suite à des contretemps liés à l’enquête judiciaire en cours.

Sylvain Labaune

(1) Équivalent de la DDE française avant sa mutation, maître d’ouvrage sur le chantier du doublement du tunnel de Tende.

http://www.la-croix.com/France/Tunnel-Tende-lhistoire-dun-scandale-XXL-2017-08-16-1200870011?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#/link_time=1502893105

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