dimanche 20 mai 2018

Des pays du Golfe, un consultant israélien créateur de Blackwater ont-ils aidé Trump ?

3 août 2016 : c'est dans la Trump Tower de New York que plusieurs interlocuteurs influents ont rencontré le fils de Donald Trump, quelques mois avant le scrutin présidentiel. Le quotidien The New York Times a publié ce 19 mai sur son site un article tendant à démontrer l'objectif de cette réunion : venir en aide au candidat à la présidentielle américaine dans sa campagne électorale.

ACT NYT TRUMP ARGENT

Premier participant à cette réunion discrète : Erik Prince, citoyen américain et résident des Emirats arabes unis, fondateur de la société militaire privée Blackwater, connue pour avoir envoyé des mercenaires dans différentes régions du monde en proie à des conflits, comme en Irak. Il aurait été à l'origine de la rencontre. S'adressant au fils de Donald Trump, il aurait ainsi pris la parole pour initier la réunion : «Nous travaillons dur pour votre père.»

George Nader, homme d'affaires américano-libanais, aurait quant à lui affirmé au fils de Donald Trump que les princes saoudien et émirati étaient «impatients d'aider [son père] à remporter l'élection présidentielle». Il aurait, à plusieurs reprises, mis en avant sa proximité avec ceux dont il était l'émissaire, allant jusqu'à montrer au fils du candidat à la Maison Blanche des photos sur lesquelles il apparaissait en leur compagnie. Le New York Times précise qu'à cette époque déjà, George Nader s'appliquait à préparer des plans de déstabilisation de la République islamique d'Iran.

Mossad-logo

Enfin, Joel Zamel, présenté par le quotidien comme «spécialiste israélien de la manipulation des réseaux sociaux», aurait vanté pendant la réunion les capacités de son entreprise à mettre en valeur la campagne électorale de Donald Trump. Le New York Times rappelle que l'entreprise de Joel Zamel est spécialisée dans la fabrication de l'opinion publique et qu'elle emploie d'anciens membres des renseignements israéliens.

D'importantes sommes en jeu

Selon les chiffres rapportés par le New York Times, Joel Zamel aurait reçu près de 2 millions de dollars de George Nader après la victoire de Donald Trump. Le montant de la transaction aurait été justifié par une étude mettant en avant l'importance des réseaux sociaux dans le succès d'une campagne électorale.

salman-et-netanyahou

Le quotidien mentionne également un autre montant de 2 millions de dollars, qui aurait pu être versé par l'Arabie saoudite à George Nader et Erik Prince dans le cadre d'un plan d'action militaire contre les forces iraniennes au Yémen.

Ces révélations rappellent que l'ingérence russe a longtemps été pointée du doigt comme un facteur majeur ayant permis la victoire de Donald Trump ; toutefois, le rapport du renseignement américain du 22 mars 2018 n'a finalement pas pu mettre en évidence la collusion présumée entre Trump et la Russie, concluant ainsi de façon catégorique : «Le comité n'a trouvé aucune preuve que l'équipe de campagne de Trump ait été en collusion, en coordination ou ait conspiré avec le gouvernement russe.»

https://francais.rt.com/international/50832-pays-golfe-consultant-israelien-createur-blackwater-ont-ils-aide-trump-2016

info_intoxBeaucoup de conditionnel dans cette info révélée par un journal notoirement démocrate et "néo-conservateur" qui ne cache pas sa volonté d'abattre Trump, quitte à relayer les thèses les plus complotistes (tout en se vantant d'être en pointe dans la chasse aux "fake news")... Cela dit, cette nouvelle piste n'est pas invraisemblable dans un pays où le poids des lobbies et de l'argent est un élément- clé de la vie politique et des élections. Et les évènements récents ont largement montré les points de convergence entre Israël et l'Arabie saoudite.   P.G.

BASE 14 995X225

Posté par UPR Creuse à 18:55 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens

TRIBUNE LIBRE/  par JORDAN POUILLE (INVESTIGATE EUROPE) - www.mediapart.fr et publié depuis Overblog

TL BLACKROCK

BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens

8 MAI 2018 PAR JORDAN POUILLE (INVESTIGATE EUROPE)

BlackRock est l’institution financière la plus puissante au monde, gérant plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs. À la fois conseiller des banques centrales et principal actionnaire de fleurons industriels nationaux, BlackRock murmure désormais à l’oreille des États européens. Ses combats : contrer toute régulation financière et imposer la retraite par capitalisation pour tous.

C’est une anecdote rapportée par une ancienne salariée de BlackRock, de celles que l’on se raconte à la machine à café. Larry Fink, le PDG du plus puissant fonds mondial, est dans son avion, destination l’Europe. Au-dessus de l’Atlantique, il demande au commandant de bord de faire cap sur l’Allemagne. Il appelle son responsable régional à Francfort et exige un entretien avec Angela Merkel. Si possible dans cinq heures, dès son atterrissage.

Le subalterne s’agite comme un beau diable mais n’obtient pas ce rendez-vous espéré. Il lui propose un lot de consolation : le vice-président du constructeur BMW, rien que pour lui. La rencontre démarre, les palabres se succèdent, quand Larry Fink dégaine de nouveau son téléphone et prépare son prochain rendez-vous, laissant son interlocuteur sans voix.

 

Larry Fink, fondateur et PDG de BlackRock © Reuters.Larry Fink, fondateur et PDG de BlackRock © Reuters.

 

Cette désinvolture du fondateur illustre la toute-puissance de l’entreprise. Fils d’un marchand de chaussures et d’une professeure d’anglais, l’homme a fondé sa société il y a trente ans, avec une dizaine de collègues, après avoir fait ses gammes dans une banque d’affaires new-yorkaise. À 65 ans, il est multimilliardaire. Et son fonds gère 6 280 milliards de dollars d'actifs, dont un tiers en Europe.

Cet argent est d’abord celui de fonds de pension, notamment des fonctionnaires californiens et new-yorkais. Tous ont des retraites par capitalisation et espèrent voir fructifier leur propre épargne, complétée par l’employeur, par une gestion active de BlackRock sur les marchés financiers.

Le fonds emploie 13 900 personnes, réparties dans une trentaine de pays, chargées de vendre des produits financiers, d’investir dans de nouvelles sociétés. Mais au fil des ans, surtout depuis la crise financière, il a accru sa puissance bien au-delà de la gestion d’actifs : on le retrouve comme auditeur des banques à la demande des autorités de régulation, comme conseiller des États pour la privatisation. À l'automne 2017, il a été invité par le gouvernement français à siéger au « comité Action publique 2022 » (CAP 2022), une sorte de deuxième commission Attali, censée dessiner les futurs contours de l’État. Et dans les coulisses européennes, il s’active beaucoup pour contrer toute tentative de régulation.

En Europe, BlackRock est un nom qui n’évoque rien au-delà du monde financier. L’univers des gestionnaires d’actifs et leurs obscurs fonds indiciels semblent réservés aux initiés. Mais sa puissance impressionne : interroger les acteurs de la finance sur BlackRock, qu’ils soient administrateurs, petits et grands porteurs, gestionnaires de patrimoine, c’est courir le risque de se voir opposer d’innombrables refus, plus ou moins civils.

Rien qu’en France, ce fonds est actionnaire, via une ribambelle de filiales, entre 5 et 10 %, d’Eiffage, Danone, Vinci, Lagardère, mais aussi de Renault, Peugeot, Société générale, Axa, Vivendi, Total, Sanofi, Legrand, Schneider Electric, Veolia, Publicis, etc. BlackRock est l’actionnaire, souvent principal, d’au moins 172 des 525 sociétés françaises cotées en Bourse. Et de 17 000 sociétés dans le monde, à chaque assemblée générale desquelles il ne manque pas de voter.

« Dès que BlackRock apparaît parmi vos actionnaires, votre entreprise sort du lot et acquiert énormément de prestige », résume le journaliste Grégoire Favet, habitué à voir défiler tout le petit monde de la finance française sur le plateau de son émission sur BFM Business. « Quand vous êtes Larry Fink, vous pouvez parler d’égal à égal avec la directrice du FMI ou un chef d’État. » M. Fink a déjà été reçu deux fois à l’Élysée depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Ambulancier de la crise financière

Créé en 1988, BlackRock a acquis son pouvoir actuel à la faveur de la crise financière de 2008. Avec la chute de Lehman Brothers, Wall Street est en pleine perdition : plus personne ne sait ce que recèlent les milliers de portefeuilles financiers, ce qui se cache derrière les dérivés, ce qui est toxique ou non, dangereux ou non.

BlackRock comprend vite tout le parti qu’il peut tirer de cette situation. Depuis sa création, la firme a développé en interne son propre outil de gestion des risques, Aladdin. « Il est capable d’analyser les risques d’investissement dans n’importe quelle action, de mettre en évidence où il faut vendre des obligations pour en tirer le meilleur prix, de suivre toutes les transactions, de combiner toutes les données pour trouver les informations essentielles pour les investisseurs », explique le Financial Times                                                             Profitant de la panique, BlackRock propose à d’autres financiers de mettre son outil de gestion des risques à leur disposition, moyennant finances naturellement. Mais le fonds offre aussi ses services aux autorités financières. Celles-ci le sollicitent donc pour évaluer la santé de grands établissements bancaires considérés comme systémiques : la banque d’investissement Bear Stearns, le géant de l’assurance American International Group et le conglomérat financier Citigroup. BlackRock décroche aussi un contrat pour surveiller Fannie Mae et Freddie Mac, ces établissements publics spécialistes du crédit hypothécaire que le gouvernement fédéral vient alors de sauver.

Dès 2009, des élus pourtant s’interrogent. « Comment se fait-il qu’une seule société soit qualifiée pour gérer ces actifs récupérés par le gouvernement ? », demande alors le sénateur républicain Charles Grassley. Auditer pour le public et investir dans le privé : deux casquettes a priori incompatibles… Un mélange des genres que BlackRock reproduit désormais savamment à travers toute l’Europe.

Conseiller des banques centrales européennes

En 2011, la banque centrale d’Irlande décide ainsi de solliciter, sans appel d’offres, BlackRock Solutions, la branche conseil du fonds, pour évaluer l’état des six principales banques irlandaises. Trois d’entre elles viennent juste d’être renflouées en catastrophe par l’État pour éviter la faillite. Croulant sous les dettes, l’Irlande a dû faire appel à l’Europe et au FMI dans le cadre d’un plan de « sauvetage » de 85 milliards d’euros et veut conduire des « stress tests » pour vérifier la solidité du paysage bancaire en cas de nouveaux pépins.

Plus tard, devant des députés irlandais dubitatifs, le ministre des finances de l’époque a expliqué avoir fait appel à BlackRock sous la pression des institutions internationales ayant prêté de l’argent à l’Irlande, la fameuse « Troïka » de la crise de l'euro : la Banque centrale européenne (BCE), l’Union européenne et le FMI. Ce fut une « mission gigantesque », a reconnu Larry Fink, « la plus grande qui nous ait jamais été confiée par un gouvernement ».

BlackRock Solutions, la branche conseil, acquiert ainsi de nouvelles références. Elle sera à nouveau sollicitée en 2012 puis en 2013 pour évaluer les besoins en capitaux des banques irlandaises. Le 4 novembre 2013, le fonds BlackRock achète 3 % de l’une de ces banques, Bank of Ireland, et indique détenir 162 milliards d’euros d’actifs domiciliés en Irlande.

Un ancien conseiller de Chirac à la tête de l'antenne française

En Grèce, également sous pression de la Troïka, la banque centrale de Grèce a aussi fait appel à BlackRock Solutions pour disséquer les portefeuilles de prêts de dix-huit banques en 2011, puis des quatre plus grosses en 2013. Prudente, BlackRock utilisa un faux nom, Solar, loua des bureaux modestes dans un quartier résidentiel d’Athènes, et fit escorter ses employés par des vigiles armés. Une dernière mission fut menée en 2015. Aujourd'hui, le gestionnaire fait construire à Athènes un centre commercial pour 300 millions d’euros. Et possède des parts dans deux banques, chez le principal fournisseur d’énergie et dans la loterie nationale, en voie de privatisation.

« Rien n’indique que les employés de BlackRock venus tester nos banques aient transmis des infos à d’autres de leurs équipes, tempère un investisseur à Athènes, sous le sceau de l'anonymat. BlackRock n’aurait pas risqué de démolir sa réputation pour si peu ! » Pour lui, le problème se situe plus haut. « Lorsque vous grimpez l’échelle hiérarchique, vous finissez par atteindre un niveau où vous accédez aux informations de toute l’entreprise, aussi bien le conseil que l’investissement. » Alors, quand Larry Fink rencontre un chef d’État grec, espagnol ou irlandais, que choisit-il d’aborder ? La partie audit ou la partie investissement ? Et pourquoi pas les deux, au gré de ses intérêts ?

Cette ambivalence finit par créer des remous. En Espagne, quatre des plus gros promoteurs immobiliers comptent aujourd’hui BlackRock parmi leurs investisseurs, tout comme les six plus grosses banques espagnoles. Or en mai 2012, l’État avait sollicité la firme pour évaluer les créances douteuses et les actifs immobiliers de ses établissements de crédit et leurs besoins de recapitalisation. Des parlementaires espagnols y ont vu de possibles conflits d’intérêts, poussant le ministre de l’économie Luis de Guindos, aujourd’hui vice-président de la BCE, à faire volte-face et à opter pour le cabinet allemand Roland Berger.

Même gêne aux Pays-Bas quand, en décembre 2012, la banque centrale demande à BlackRock Solutions d’analyser le portefeuille de prêts du géant bancaire national ING, puis, en juillet 2013, le patrimoine immobilier de l’ensemble des banques néerlandaises. À l’époque, BlackRock possédait déjà plus de 5 % d’ING, au travers d’une vingtaine de filières. Interpellé par un député, le ministre des finances Jeroen Dijsselbloem, également président de l’Eurogroupe à l’époque, s’était justifié en invoquant l’existence d’une muraille de Chine entre les activités de conseil et de gestion de fonds chez BlackRock. Ironie du sort, pour éviter elle-même tout conflit d’intérêts, la banque centrale hollandaise avait décidé en 2007 de confier la gestion du fonds de pension de ses salariés à… BlackRock.

Pantouflage et lobbyisme

Pour étendre son influence en Europe, BlackRock s’est entouré de personnalités connues. George Osborne, 46 ans et ministre des finances britannique de 2010 à 2016, sous David Cameron, dirige aujourd’hui la rédaction du quotidien The Evening Standard et se rend un jour par semaine chez BlackRock, comme conseiller. Sa rémunération est à la hauteur de sa notoriété : 650 000 livres (739 600 euros) par an.

Au cours des deux dernières années à son ministère, George Osborne a rencontré à cinq reprises des cadres de BlackRock… tandis qu’il réformait les retraites et permettait aux gestionnaires d’actifs d’accéder à un marché annuel de 25 milliards de livres. Rupert Harrison, son chef de cabinet, a lui aussi été débauché par le fonds. « Compte tenu de son expérience dans la mise en place de la récente réforme des retraites au Royaume-Uni, il jouit d’une position unique pour nous aider à développer notre offre aux retraités », déclarait sans ambages l’entreprise américaine dans un communiqué.

En Allemagne, c’est Friedrich Merz, l’ancien chef du CDU au Parlement, le parti d’Angela Merkel, qui gère actuellement l’antenne locale du gestionnaire d’actifs. En Suisse, c’est Philippe Hildebrand, l’ancien patron de la banque centrale de Suisse, qui a été recruté. En Grèce, BlackRock opte pour Paschalis Bouchoris, l’ex-responsable d’un programme gouvernemental de privatisation.

Quant à la France, son président s’appelle Jean-Francois Cirelli, ancien conseiller économique de Jacques Chirac, puis directeur de cabinet adjoint de Jean-Pierre Raffarin. Cet énarque a dirigé GDF à partir de 2004 en menant le groupe vers la privatisation. Puis, lors des dernières élections présidentielles, il a rejoint le comité de campagne d’Alain Juppé, tout comme l’actuel premier ministre Édouard Philippe.

Et à Bruxelles ? Depuis 2010, BlackRock est installé au premier étage du 35, square de Meeûs, face à un parc où se pressent, le midi en semaine, quand le soleil est au rendez-vous, les fonctionnaires européens. D’après le registre de transparence de l’Union européenne, BlackRock a déclaré avoir dépensé en 2012 quelque 150 000 euros pour son activité bruxelloise. Mais dix fois plus dès 2014.

Entre novembre 2014 et mars 2018, le gestionnaire américain a sollicité à 33 reprises – et obtenu – une rencontre avec des membres de la Commission européenne. D’après une source au Parlement européen, BlackRock organise aussi des « journées d’information »à destination des assistants parlementaires. « Pour leur expliquer le fonctionnement d’un produit ou comment des fonds passifs peuvent servir à améliorer la croissance économique. Au bout du compte, ces assistants parlementaires sauront conseiller les députés au mieux… », précise-t-elle.

 

Christine Lagarde (FMI), Haruhiko Kuroda (banque du Japon), Philip Hammond, ministre britannique des finances, Larry Fink (BlackRock) et Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, à Davos en 2017. © Reuters © ReutersChristine Lagarde (FMI), Haruhiko Kuroda (banque du Japon), Philip Hammond, ministre britannique des finances, Larry Fink (BlackRock) et Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, à Davos en 2017. © Reuters © Reuters

 

Contre toute régulation 

Professeur de macroéconomie à l’Université de l’ouest de l’Angleterre (UWE) à Bristol, Daniela Gabor, a suivi bien des débats bruxellois sur la régulation de la finance dès 2013, quand le commissaire européen au marché intérieur Michel Barnier promettait de renforcer les règles du système financier. « Le commissaire britannique voulait que la commission travaille main dans la main avec les financiers et à chaque fois qu’un débat, qu’une audition était organisée, les gens de BlackRock étaient là », se souvient Daniela Gabor.

« J’ai alors compris que ce n’étaient plus les banques qui avaient le pouvoir mais les gestionnaires d’actifs. On nous répète souvent qu’un gestionnaire est là pour placer notre argent, pour nos vieux jours… mais c’est bien plus que ça, poursuit-elle. Selon moi, BlackRock reflète le renoncement de l’État-providence. Sa montée en puissance va de pair avec des changements structurels en cours : des changements dans la finance mais aussi dans la nature du contrat social qui unit le citoyen et l’État. »

Daniela Gabor explique que la Banque centrale européenne, qui sollicite BlackRock pour auditer les banques, n’a aucun pouvoir sur cette société. « L’argument de BlackRock est simple : nous ne faisons pas de leverage, nous n’agissons pas comme les banques donc nous n’avons pas besoin d’être régulés comme une institution systémique. » De fait, BlackRock passe sous tous les radars. « Ils peuvent être régulés pour des raisons dites microprudentielles, pour protéger leurs clients, mais pas en tant qu’institution financière en vue de garantir une stabilité financière globale. »

AMF et BlackRock, deux compagnons de route

Côté français, comme tout gestionnaire d’actifs, BlackRock doit déclarer auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) le franchissement de certains seuils – 5 % puis 10 % – lors d’une prise de participation dans une société cotée à la Bourse de Paris. En outre, l’AMF vérifie les brochures commerciales de ses produits financiers adressés aux clients potentiels. Et rien d’autre. Un cadre du gendarme de la Bourse s’étonne de nos questions sur la faiblesse des contrôles autour de ce gestionnaire. « Pour ses activités en Europe, BlackRock a son siège en Angleterre, c’est avec eux qu’il faut voir. Nous ne donnons qu’un coup de tampon. »

 © Reuters© Reuters
Quand, par exemple, BlackRock déclare à l’AMF détenir 5,16 % du groupe Casino à travers deux filiales, la base de données financières Thomson One, du groupe Thomson Reuters, comptabilise pour sa part, à la même période, déjà 9,66 % via six filiales différentes. Idem chez Safran avec un enregistrement de 6,22 % à l’AMF, soit moins que les 9,03 % indiqués par Thomson One. Devant cette incohérence de chiffres, le régulateur français ne livre aucun commentaire. Mêmes bizarreries auprès du régulateur allemand à propos de sociétés comme Deutsche Wohnen, Vonovia, Deutsche Post, Bayer AG. L’autorité promet une « clarification ».

 

Si l’AMF semble peu regardante vis-à-vis de BlackRock, celui-ci ne se prive pas en retour de lui donner quelques conseils. « Nous invitons l’AMF à réduire les barrières juridiques » ou « nous serons heureux d’aider l’AMF à développer une approche adaptée » sont quelques-unes des formules figurant dans une lettre adressée en 2013 aux autorités boursières. L’objectif est simple : éviter toute régulation.

Régulièrement, des enquêtes de BlackRock figurent dans les publications de l’AMF. La Lettre mensuelle de l’observatoire de l’épargne donne des sondages « BlackRock » sur les comportements des épargnants français. Les Français sont-ils suffisamment confiants pour investir (juin 2016) ? Les Françaises épargnent-elles plus que les Français (avril 2016) ? Les Français sont-ils plus nombreux à préparer leurs vacances ou leur retraite (décembre 2013) ? BlackRock a réponse à tout.

En novembre dernier, l’AMF organisait une table ronde où le président de BlackRock France comptait parmi les intervenants. Jean-François Cirelli a souligné leurs atomes crochus : « Nous tenons à ce que les régulateurs nationaux gardent cette proximité de terrain. […] Comment renforcer l’idée auprès de nos autorités publiques, auprès de nos clients qu’il faut investir pour la retraite dans les marchés de capitaux ? Comment peut-on profiter du post-Brexit ? L’AMF a publié un rapport sur [la façon de bien] investir à long terme sur les actions et cela va dans ce sens aussi. »

Attentif à une réforme française de l’épargne-retraite en sa faveur, dont les contours ont été distillés par le ministre Bruno Le Maire, BlackRock peut déjà compter sur le zèle de Valdis Dombrovskis sur le front européen. Ce Letton est commissaire européen à la stabilité financière, mais aussi l'un des vice-présidents de cette commission. Il est à l’origine du produit paneuropéen d’épargne-retraite individuelle (PEPP), une nouvelle catégorie de produits d'épargne-retraite annoncée pour l’an prochain au sein de l’Union et actuellement en phase d’expérimentation auprès des salariés chercheurs, du privé comme du public. Fondé sur le volontariat, le programme s’appelle Resaver… et c’est à BlackRock que Valdis Dombrovskis a confié la tâche de gérer l’épargne des participants.

Conflit d’intérêts

Le pouvoir d’influence qu’a acquis BlackRock en quelques années sur les États finit par interroger. Ses multiples rôles aussi. Un point notamment pose question : le pouvoir« horizontal » qu’il a construit dans certains secteurs – aéronautique, construction, spiritueux, petit appareillage électrique… – au travers de ses investissements dans les sociétés. Il se retrouve vite actionnaire de tous les grands du même secteur. En chimie par exemple, BlackRock domine de chaque côté de l’Atlantique avec des participations importantes – entre 5 et 10 % – dans tous les grands groupes mondiaux de chimie : Bayer, BASF, DuPont, Monsanto, Linde et les français Arkema et Air Liquide. Ces entreprises a priori en concurrence se retrouvent de fait avec un même actionnaire qui peut, au gré de ses intérêts, pousser à des concentrations, des spécialisations, des cessions.

Cette situation ne faisait pas débat jusqu’à ce que deux économistes, José Azar et Martin Schmalz, de l’université du Michigan, publient un rapport sur le « common ownership » (« propriété commune ») en 2016. D’après eux, les clients de BlackRock n’auraient rien à gagner à ce que des entreprises dans lesquelles le gestionnaire est actionnaire se mènent un combat sans merci. Les deux chercheurs se sont penchés sur le secteur de l’aviation commerciale et ont constaté un alignement du prix des billets à la hausse parmi les cinq principales compagnies aériennes américaines, dans lesquelles BlackRock et son rival Vanguard ont des participations.

En Allemagne, l’autorité de la concurrence a exprimé des doutes : « Il existe un risque potentiel significatif de déformer la concurrence à travers des actionnariats horizontaux, entre des sociétés du même secteur économique. »  En France, l’Autorité de la concurrence botte en touche : « Nous n’avons pas de travail de réflexion spécifique en cours sur ce sujet en ce moment. » Mais le 16 février dernier, la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a prononcé un discours sur ce thème et promis le lancement d’une étude pour mesurer l’ampleur de cet actionnariat horizontal.

Naturellement, BlackRock préférerait rester éloigné de ces polémiques et offrir le visage d’une entreprise engagée pour le bien-être de l’humanité. Dans une lettre envoyée le 12 janvier aux patrons des entreprises dont il est actionnaire, Larry Fink invitait à travailler plus activement au service du bien commun. Ce à quoi s’emploierait âprement son représentant français.

Jean-François Cirelli est quant à lui membre du « comité Action publique 2022 », créé par le premier ministre Édouard Philippe pour réfléchir aux services publics de demain. Quand on lui demande la nature de sa contribution, il désigne le service public pour l’accès à l’emploi et le mécanisme du financement des retraites complémentaires. « Je réfléchis sur deux points. 1) Que faut-il faire pour que Pôle emploi réponde encore mieux aux évolutions de l’emploi et permette de mieux orienter les chômeurs. 2) Est-ce que les cotisations Agirc Arrco devraient être prélevées par l’Urssaf qui en collecte déjà plus de 400 milliards plutôt que de laisser l’Agirc Arrco les collecter eux-mêmes. » Puis ajoute : « Et je vous le confirme, il n’y a rien de BlackRock là-dedans. D’ailleurs, j’ai fait exprès de prendre des sujets sans conflits d’intérêts… »

http://www.rallumerlesetoiles.com/2018/05/blackrock-ce-leviathan-de-la-finance-qui-pese-sur-les-choix-europeens.html

Posté par UPR Creuse à 08:05 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

vendredi 18 mai 2018

iMAGES DU JOUR

Plutôt de l'humour noir cette semaine, pour la compilation du site "Les Crises", malheureusement.  P.G.

32493114_10155473937335205_5023537935748694016_o

DdOsMskX4AAJvA9

I180516c-small-1100x756

L180515ce-small-1100x743

B9715722951Z

DdTRtjPWkAIK2Wz

DWofIYgXcAA603V

trump-gaza

img_20180514_103332600-01

22165022-24978000

22226304-25016602

https://www.les-crises.fr/miscellanees-du-17-05/

Posté par UPR Creuse à 04:15 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

mercredi 16 mai 2018

Cahuzac n'ira pas en prison...

Jérôme Cahuzac condamné à 4 ans de prison, dont deux avec sursis, et 300 000 euros d'amende

ACT CAHUZAC PRISON

Jérôme Cahuzac, l'ancien ministre du budget de François Hollande, a été condamné ce 15 mai à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et 300 000 euros d'amende. Sa peine étant aménageable, il ne devrait pas aller en prison.

Il avait fini par démissionner du gouvernement en 2013 après la révélation par Mediapart fin 2012 de son compte caché. Jérôme Cahuzac, l'ancien ministre du Budget de François Hollande, a été condamné ce 15 mai par la cour d'appel de Paris à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour fraude fiscale et blanchiment. Cinq ans après avoir déclenché le plus retentissant scandale du quinquennat de François Hollande, l'ancien héraut de la lutte contre l'évasion fiscale, s'est également vu infliger une amende de 300 000 euros, assortie d'une peine de cinq ans d'inéligibilité.

Sa peine devrait être aménagée

Il n'ira sans doute pas en prison, toute peine allant jusqu'à deux ans d'emprisonnement offrant la possibilité d'un aménagement immédiat, en l'absence de récidive. Jérôme Cahuzac «ne mérite pas la prison», a affirmé, à la sortie de l'audience, son avocat Eric Dupond-Moretti, qui a également annoncé qu'il déposerait une demande d'aménagement de peine.

En février dernier, pendant son procès en appel, Jérôme Cahuzac avait fait savoir : « Je ne souhaite pas que ma mère et mes enfants me voient aller en prison. J’éprouve un sentiment assez banal, la peur. La peur d’aller en prison, j’imagine comme tout le monde.» Sa défense avait demandé une peine qui «n'accable pas plus que nécessaire un homme cassé», mettant en garde contre le risque de suicide de l'ancienne étoile montante socialiste.

Le jugement rendu ce 15 mai constitue un camouflet pour le Parquet national financier qui avait réclamé la confirmation des trois ans de prison ferme infligés à l'ancien ministre en première instance, en 2016, pour une faute «d'une exceptionnelle gravité».

Quelques jours avant que la cour d'appel ne rende son verdict, Jérôme Cahuzac patientait en Corse. Pour décrire l'attente de l'accusé, le magazine Paris Match s'est livré à un récit particulièrement lyrique le 11 mai, reprenant à l'envi les témoignages de son entourage.

https://francais.rt.com/france/50704-jerome-cahuzac-condamne-4-ans-prison-sursis-300-000-euros-amende

affiche fl la fontaine justice

Selon que vous serez puissant ou misérable, - Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Fables (1668 à 1694), Livre septième, I, les Animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine

Posté par UPR Creuse à 07:46 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

Un peu de retenue voyons !

TRIBUNE LIBRE / Librairiie Tropiques.fr

TL TROPIQUES GAZA MANIF

La classe dirigeante française vient d'infléchir légèrement sa langue de bois, d'usage habituel s'agissant de ce qui se passe en Palestine depuis 70 ans.
Hier encore la formule standard était "Israel a le droit de se défendre" Hollande, Valls, Macron, etc. nous la servaient encore il y a quelques jours, pour commenter l'activité criminelle de l'appareil militaro-industriel israélien, accablant les populations asservies qu'il n'a pas encore réussi à liquider, évacuer, ou expulser de leurs terres.
Depuis quelques jours d'impressionnante démonstration des troupes de maintien de l'apartheid sioniste, sur instructions de Netanyaou et de sa fine équipe, nos officiels français, à l'instar de la "communauté internationale", ont légèrement réorienté leurs choix d'éléments de langage, et nos responsables politiques occidentaux  parlent maintenant de "retenue".
La "retenue" de bon aloi qu'il convient naturellement d'afficher pour que nos éminences diplomatiques et morales puissent conserver la bienveillance qui sied aux bonnes relations avec le 51ème état officieux de l'Union (étasunienne d’Amérique). En somme une petite remontrance "sans frais" pour un parent un peu bruyant et extraverti.

Alain Gresh quant à lui ne mâche pas ses mots ... il parle clair et juste, il parle de massacre :

ALAIN GRESH VIDEO

Gaza : «Ce ne sont pas des heurts ou des affrontements, c’est un massacre»

https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=HrSaJc9zxDg

 

 

On observera au passage que lorsque l'armée de Bachar Al Assad restaure l'ordre et la sureté de son État souverain, en combattant militairement et au prix d'énormes pertes et sacrifices, des mercenaires jihadistes, surarmés et infiltrés par nos soins, plus que menaçants, qui ont mis les populations civiles en coupe réglée (quand ils ne les torturent ou ne les massacrent pas), alors on qualifie le Président élu Syrien de "boucher" et on prétend le juger pour "crime de guerre", au même titre que les russes et les iraniens qui en parfait respect des accords et du droit international soutiennent l'entreprise de libération du territoire national Syrien.
Mais, quand la soldatesque d'occupation israélienne massacre des civils désarmés, manifestant leur désespoir et leur colère face à l'insupportable injustice qui leur est imposée depuis des lustres, alors ces criminels et leurs dirigeants sont simplement appelés à "un peu de retenue"...

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/05/bagatelle-pour-un-massacre.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

mardi 15 mai 2018

Un député actionnaire de Sanofi veut déréglementer les essais cliniques sur les humains

TL MODEM CONNIVENCE

Le 9 mai était examinée en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale une proposition de loi du groupe centriste MODEM, qui porte sur la réforme des « Comités de protection des personnes ». Ces comités ont pour rôle de s’assurer que tout projet de recherche portant sur l’être humain respecte diverses mesures (médicales, éthiques et juridiques) visant à assurer la protection des personnes qui participeront à cette recherche. Il existe une quarantaine de comités en France, composés de chercheurs, de professionnels de santé, d’usagers, d’associations et de psychologues. Ces comités doivent en particulier donner leur aval à des essais cliniques, c’est-à-dire les études qui évaluent l’efficacité et la tolérance d’un traitement. La proposition de loi qui veut réformer le fonctionnement de comité a été conçue par un député fort attentif aux intérêts de l’industrie pharmaceutique…

Une proposition de loi qui fragilise la protection des patients

isaac

La dimension expérimentale des essais cliniques présente d’abord des risques évidents : le dernier accident grave date de 2016. Un homme volontaire pour un essai mené par le laboratoire portugais Bial à Rennes décède des suites de l’absorption d’une dose de la molécule testée. On peut donc payer de sa vie la participation à un essai clinique, mais les sujets de ces études sont des personnes qui peuvent être en situation de grande vulnérabilité face aux commanditaires de l’étude : qu’ils soient en bonne santé ou malades, leur niveau d’information sur les risques auxquels ils font face peut être variable. C’est ainsi pour vérifier que leur consentement est éclairé, c’est-à-dire que l’industriel ou l’organisme de recherche organisateur de l’essai clinique a rempli ses obligations en matière d’information, que les Comités de protection des personnes jouent un rôle essentiel. S’ils donnent un avis défavorable à l’étude, le labo doit faire appel de la décision.

ob_1f0ae0_loi-bioethique

Mis en place avec la première loi bioéthique en matière de recherche, en 1984, ces comités sont donc des instances clefs dans le parcours d’un médicament. Et c’est parce qu’ils sont si essentiels que la législation a tout fait pour les protéger de l’influence de la toute-puissance pharmaceutique : pour une étude clinique, le comité qui contrôle est tiré au sort parmi les 40 comités répartis sur le territoire. Ainsi, il est plus difficile pour les industriels de cibler des membres à influencer.

Une réforme réclamée par le LEEM, premier lobby pharmaceutique français. 

l-industrie-pharmaceutique-et-interpol-s-associent-pour-lutter-contre-les-faux-medicaments

Or, pour l’industrie pharmaceutique plus que pour n’importe quel autre secteur, le temps, c’est de l’argent : puisqu’un brevet ne dure que vingt ans, les labos doivent tout faire pour mettre un nouveau produit au plus vite sur le marché. Ces procédures préalables au lancement d’essais cliniques leur sont donc insupportables. En février 2017, le LEEM, lobby français des industries pharmaceutiques, lançait un cri d’alarme complaisamment relayé par la presse, se plaignant d’une durée moyenne trop élevée de traitement de ses dossiers par les Comités de protection des personnes (deux mois). Et alors même que la France est le troisième pays du monde en terme d’essais cliniques menés, le lobby alertait sur la baisse du nombre de participants.

1200px-MoDem_logo

C’était sans compter sur la complicité du groupe parlementaire MODEM qui a utilisé sa niche (journée accordée à un groupe d’opposition pour présenter à l’Assemblée ses propres propositions de loi) pour proposer une loi « relative à l’expertise des comités de protection des personnes ». Cette proposition fait parfaitement écho aux jérémiades des labos, estimant que le tirage au sort des CPP entraîne des délais trop longs. L’exposé des motifs de la proposition de loi ne mentionne pas un seul instant le point de vue des patients mais relaie tous les éléments de langage des industriels. Elle vise à instaurer une limitation du tirage au sort, réduisant son champ aux seuls CPP disposant d’experts reconnus pour le sujet donné de tel ou tel essai clinique. Une pirouette destinée à réduire le champ des interlocuteurs par essai clinique, et menaçant au passage l’intégrité des comités.

Un député fort gâté par les laboratoires

MONTAGE CORRUPTION 1

Pourquoi des députés se font-ils les relais aussi zélés de l’industrie pharmaceutique ? Le rapporteur de la proposition de loi, Cyrille Isaac-Sibille est un médecin. Mais aussi un actionnaire. Actionnaire de… Sanofi, dont il possède 92 parts selon sa dernière déclaration de patrimoine. De plus, en février dernier, le magazine Médiacités révélait que le médecin avait été fort gâté par l’industrie pharmaceutique entre 2014 et 2016, touchant rien que durant cette période 3 563 € de cadeaux (voyages, repas…), selon la base de donnée transparence.sante.gouv.fr qui permet de consulter les liens déclarés des praticiens.

sanofi-1024x576

À n’en point douter, Cyrille Isaac-Sibille fait partie de ces médecins qui ont fait leur les souhaits et désirs de l’industrie pharmaceutique au détriment de l’intérêt des patients. La seule revue médicale indépendante, Prescrire, juge pourtant que les Comités de protection des personnes doivent être renforcés, et non affaiblis comme le veut ce drôle de docteur. En tant que député, Isaac-Sibille a écrit une proposition de loi dictée par un lobby plutôt que par une quelconque conception de l’intérêt général. Son groupe parlementaire, le prétendu modéré et rationnel MODEM, l’a suivi comme un seul homme dans ce dévoiement révoltant de la « représentation nationale ».

FELICITATIONS FL

Seuls les deux députés de la France Insoumise présents lors de ce premier examen en commission ont soulevé la question des liens d’intérêts du médecin-député, sous les cris d’orfraie de leurs collègues LREM qui estimaient qu’il s’agissait là d’une terrible attaque “ad hominem”. Bafouillant et confus, Cyrille Isaac-Sibille a alors eu ce lapsus légendaire, pour justifier sa détention d’action Sanofi “Je suis fier de défendre les intérêts euuh… d’investir dans le secteur pharmaceutique”. La proposition de loi sera discutée dans l’hémicycle le 17 mai.

http://www.frustrationlarevue.fr/un-depute-actionnaire-de-sanofi-veut-dereglementer-les-essais-cliniques-sur-les-humains/

BASE 14 995X225

Et si un jour, tous ces députés se contentaient d'exécuter les missions pour lesquelles, nous Français, les rémunérons ?
Est-ce si rémunérateur de trahir ?
Ou alors, en tant qu'européistes extrémistes, leur mission consiste t-elle en la destruction de toutes nos protections sociales, sanitaires, etc, que nos parents et grands-parents ont obtenues à force de combats et d'obstination ?
S.R.

Posté par UPR Creuse à 09:02 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

mardi 1 mai 2018

Réforme de la SNCF (7) : les gardiens du consensus sont de retour

TL MEDIAS LUTTES

En raison de la mobilisation sociale et militante autour du 1° mai, l'équipe de Frexit-Limousin.fr représente des articles de fond publiés sur ce site à des fins d'argumentaire. Merci de votre compréhension. P.G.

AFFICHE ARG 1MAI

 

C’est une tradition. À chaque fois qu’un gouvernement entreprend de « réformer », le bataillon des éditorialistes se range au garde-à-vous derrière les artisans de la réforme. A fortiori lorsque celle-ci est libérale. Les exemples sont légion : réforme de la sécurité sociale de 1995, réformes des retraites en 2003 et en 2007 et, plus récemment, réforme du code du travail en 2016. Le temps passe, mais les épisodes se ressemblent : les commentateurs se font tour à tour défenseurs de la « réforme », et arbitres du « dialogue social ». Pour le dire autrement : peu importent les effets de la réforme – tant que celle-ci est libérale –, les raisons avancées par ceux qui la contestent – forcément rétrogrades –, seules comptent les conséquences des mobilisations sociales qu’elle génère et la méthode employée par le gouvernement pour la faire avaler aux syndicats – grâce au « dialogue social » – et à l’opinion : c’est la fameuse « pédagogie »...

« On a besoin de cette réforme ! »

5ac4dfff09fac28c068b4567

En pleine période de grève à la SNCF, la présentatrice du journal télévisé de 13 h sur France 2 pose la question suivante – sous forme d’affirmation – à son invité : « Alors, on comprend par exemple que pour un conducteur de train à vapeur, il y a quelques décennies, la pénibilité du travail était effective, mais aujourd’hui, un conducteur de TGV, on ne peut pas dire que ce soit terriblement pénible ».

Deux jours plus tard, même heure, même endroit, elle va justifier son point de vue : « Dans son discours hier, le président de la République s’est interrogé sur l’injustice qui pouvait exister entre des métiers à forte pénibilité. Nous avons choisi de vous présenter deux exemples. Celui d’un ancien conducteur de train de la SNCF face à un retraité du bâtiment. » Un travail journalistique exemplaire d’objectivité qui consiste à s’appuyer sur les arguments du président pour dénigrer une catégorie professionnelle en l’opposant à une autre.

Un procédé qu’elle utilisera à nouveau une semaine plus tard : « Voyons concrètement les inégalités que le système a créées sur le terrain, avec plusieurs chauffeurs, de la RATP et d’entreprises privées ». Les reportages, qui se concluent implicitement par la nécessité d’une harmonisation des régimes de retraites, sont typiques de l’adhésion des médias dominants aux réformes. Réformes forcément « nécessaires » et « urgentes » car « modernes » et « justes », qui consistent à toujours s’aligner sur le moins-disant social mais qui ne constitueraient en rien des régressions sociales, puisqu’elles viseraient à abolir les privilèges d’un autre âge des cheminots.

Elise-Lucet-recoit-Pierre-Palmade-au-JT-de-13-heures-sur-France-2-le-3-mai-2013_exact1024x768_l

Cet exemple date de… septembre 2007. Et si l’intervieweuse de l’époque, Élise Lucet, a laissé son siège au 13 heures à d’autres, rien n’a changé dix années plus tard [1].

En effet, comme nous l’avons relevé à plusieurs reprises, les médias accompagnent (ou soutiennent) la réforme actuelle de la SNCF [2]. S’il existe quelques nuances, force est de constater que les voix dissidentes se font rares, surtout dans l’orchestre des éditorialistes et chroniqueurs. Il suffit par exemple de regarder des épisodes de « 24H Pujadas » sur LCI ou de « C dans l’air » sur France 5 pour s’en convaincre.

Sur BFMTV aussi, on appuie la réforme. Dans un débat qui n’en est pas un, tout le monde est d’accord, ainsi que le souligne Franz-Olivier Giesbert : « Dans ce débat on ne peut pas discuter parce que de toutes façons, on est d’accord. » (6 avril 2018) Et, en effet, pour Philippe Val, comme pour les autres éditocrates invités : « On a besoin de cette réforme ! ». « Il faut rendre le système un peu plus performant », surenchérit Giesbert. Ce sera d’ailleurs le leitmotiv des commentateurs. Sur BFM Business, Nicolas Doze explique quant à lui doctement que la réforme sert à « faire de la SNCF une entreprise normale, afin qu’elle puisse vivre dans un monde normal de concurrence » (4 avril). De là à dire que la concurrence est naturelle, il n’y a qu’un pas…

7771346810_alain-duhamel

Pour l’infatigable Alain Duhamel, la réforme de la SNCF est inéluctable : « Qu’une profonde réforme de la SNCF soit nécessaire, il est difficile de le nier : un endettement gigantesque, ingérable, une ouverture à la concurrence inéluctable et toute proche, un réseau ferré en état déplorable, les voies secondaires ayant été sacrifiées au tout TGV, des retards et des défaillances de plus en plus sensibles, un statut des cheminots aux particularités coûteuses, tout cela s’appelle bel et bien une crise. » (Libération, 22 mars 2018)

La réforme est aussi approuvée (et soutenue) au Figaro par le directeur des pages économie, Gaëtan de Capele : « Lorsque des sommes astronomiques deviennent nécessaires pour entretenir un système d’un autre temps, ce n’est plus acceptable. C’est tout l’enjeu de la bataille pour réformer la SNCF. » (16 mars) Et dans un savoureux éditorial intitulé « Tenir », Yves Thréard somme le président et son gouvernement de ne rien lâcher : « S’ils cèdent, ils pourront dire adieu, ou presque, au train de réformes qu’ils entendent conduire sur d’autres fronts. (…) Ils n’ont donc pas d’autre choix que de tenir. (…) S’il ne le franchit pas, il restera durablement immobile, sur une voie de garage. » Et de conclure : « Avec la réforme de la SNCF, notre pays est à un tournant. » (3 avril)

Cette convergence éditoriale au service de la réforme gouvernementale se double d’une attaque en règle contre les grévistes de la SNCF et la CGT en particulier. Jean Quatremer par exemple manie élégamment l’outrance et la caricature sur Twitter :



Dans Le Point, Pierre-Antoine Delhommais développe une thèse originale ; à savoir que « les cheminots sont moins des privilégiés que des rentiers. » (1er avril) Autrement dit, « des individus occupant en toute légalité des positions leur permettant d’avoir des revenus supérieurs à la valeur de leur travail. » Tout en finesse, le chroniqueur insiste (et amalgame) : « La concurrence et la réforme sont les ennemies de longue date des ultraconservateurs dans l’âme que sont les rentiers, que ces derniers soient rentiers de la terre, des emprunts d’État ou rentiers du rail. » Quant aux rentiers de la presse, profitant des aides publiques qui maintiennent artificiellement à flot les titres qui les font vivre, Pierre-Antoine Delhommais n’a pas un mot pour eux…

hqdefault

Plus accablé, Eric Le Boucher va dans le même sens : « Si la CGT reste dans la résistance, elle mourra avec la SNCF et elle ne répondra pas à l’exigence d’efficacité des Français. » (Les Echos, 23 mars) Interprète des exigences des Français, conseil en stratégie pour la CGT, prophète de l’avenir de la SNCF, les talents d’Éric Le Boucher sont multiples.

Pour Christophe Barbier, il ne faut pas entendre les revendications des cheminots : « Parce qu’ils se trompent, et puis parce que certains de leurs leaders mentent : il n’y aura pas de privatisation de la SNCF ! » Insistant sur la « mauvaise foi des cheminots » il assène qu’« il n’y a pas de quoi mettre en grève le pays. » (BFMTV, 2 avril). Franz-Olivier Giesbert ne dit pas autre chose : « Ce qui est intéressant, c’est la désinformation. La CGT y va. Les fakenews, c’est incroyable ! Ils [le gouvernement] vont privatiser ? Le texte dit le contraire. » (BFMTV, 6 avril).

nicolas doze

Pourtant, Nicolas Doze sur BFM Business (4 avril), que l’on ne peut pas soupçonner de complaisance à l’égard de la CGT, nuance l’acharnement des duettistes : « Il faut être honnête, si dans dix ans un exécutif décide dans la loi, que le capital de la SNCF peut être dilué par augmentation de capital comme on a fait pour EDF, il y a moyen. Il y a des techniques si on veut vraiment ouvrir le capital » [3]. Tout comme il y a des techniques journalistiques si on veut vraiment aider le gouvernement à plaider pour une réforme et discréditer les syndicats qui s’y opposent.


« Un problème de méthode »

Le discours est toujours le même chez nos éditocrates : « Si la réforme est indispensable et qu’il n’existe pas d’autre réforme que la réforme, seule importe la “méthode [4]. » Et les débats tourneront autour de la « méthode », des « négociations », du « dialogue social », de la « pédagogie »...

« La méthode Macron en zone de turbulences » commente par exemple Dominique Garraud dans La Charente Libre le 19 mars 2018. Dans le même esprit, l’éditorial d’Aujourd’hui en France du 3 avril, intitulé « Expliquer et convaincre », montre que l’un « des défis pour le gouvernement sera de conserver ce soutien [de l’opinion publique]. En expliquant clairement en quoi la mise en concurrence de la SNCF, rendue obligatoire par l’Union européenne, garantira un meilleur service aux usagers. »

macron_jrnl

Au départ les éditorialistes qui soutiennent la réforme sont séduits par la méthode. Ainsi, Gaëtan de Capèle encourage le gouvernement dans Le Figaro : « Si la colère gronde aujourd’hui chez les syndicats, c’est que la méthode du gouvernement Philippe rompt avec cette défausse institutionnalisée. Pour la première fois depuis bien longtemps, le politique reprend la main et tranche. » (28 février) Et d’ajouter : « Pour les réformes, tant de fois repoussées, c’est maintenant ou jamais. »

Mais attention, si la réforme est forcément bonne, il importe de l’expliquer. Dans Les Echos, Éric Le Boucher s’inquiète : « S’il mène ses réformes à grand train, le président peine à inscrire sa “révolution” dans les têtes. Ce trou entre l’action et l’explication risque, à terme, de lui jouer des tours. (…) Faute d’avoir trouvé l’explicabilité de son action, Emmanuel Macron va subir des bourrasques. » (30 mars 2018)

4551389--ouest-france-article_media_image-3

Même son de cloche dans Ouest-France (14 avril) sous la plume de François-Xavier Lefranc : « Le président de la République s’est engagé sur la reprise par l’État d’une partie de la dette. (…) Là aussi, la dimension pédagogique du discours présidentiel devenait plus que nécessaire. » Et pour Dominique Seux sur France Inter, « le gouvernement a lui aussi un problème. Il n’a pas encore réussi à montrer en quoi sa réforme va apporter quelque chose aux voyageurs, sur la qualité de service, la ponctualité et les matériels. » (29 mars)

Dans une chronique fortement alambiquée, Thomas Legrand, sur France Inter attend plus d’écoute : « Imaginez l’état d’esprit d’un macroniste ancien électeur du PS par exemple. […] Ce n’est pas la réforme de la SNCF en elle-même qui lui pose problème mais bien la façon dont elle est défendue ! […] C’est étrange mais cette grande réforme structurelle est menée à l’ancienne, réactivant, par là même, des attitudes syndicales aussi à l’ancienne. Le gouvernement n’a pas écouté l’UNSA et la CFDT. […] Le tout donne une teinte autoritaire à une réforme, en réalité, équilibrée. » (4 avril)

CDANSLAIR NEW

L’émission de « C dans l’air » du 3 avril 2018 sur France 5 est le parfait exemple du débat qui anime les commentateurs : en réunissant quatre invités favorables au libéralisme économique (Christophe Barbier, Raymond Soubie, Brice Teinturier et Fanny Guinochet - journaliste à L’Opinion), l’objectif n’est pas de discuter de la réforme puisque tout le monde est d’accord, mais bien de la façon – la méthode, donc – de la faire passer.

Dans Le Figaro, François Lenglet résume ainsi l’inquiétude des éditocrates : « Si la finalité de la réforme [de la SNCF] est bonne et sa nécessité non contestable, il demeure donc un problème de méthode. » (11 avril)

Nous avions compris.


***

 

MACRON BARBIER

On le voit, on le sait, les éditocrates orchestrent les débats et se posent en « gardiens du consensus ». Si la réforme de la SNCF est forcément « nécessaire » assènent-ils, elle doit être expliquée. Et bien expliquée pour mieux passer. Sinon le risque est d’échouer et de renoncer, comme met en garde Christophe Barbier : « Si le gouvernement reculait, Édouard Philippe perdrait toute crédibilité, et Emmanuel Macron perdrait une bonne part de son autorité. » (BFMTV, 3 avril) Heureusement pour eux – et tant pis pour le débat public –, quand les éditocrates radotent, plastronnent et prescrivent, ils ne perdent jamais leur magistère !


Mathias Reymond

http://www.acrimed.org/Reforme-de-la-SNCF-7-les-gardiens-du-consensus

BASE 14 995X225

Une telle unanimité des chroniqueurs, éditorialistes..., ça ne vous rappelle rien?

referendum

samedi 28 avril 2018

« Affaire d’État. Liens troubles entre l’État français, l’État islamique et Lafarge ! »

TRIBUNE LIBRE / par | 27 Avr 2018 |

TL LAFARGE SCANDALE

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

 

Lafarge, Daech, Syrie, et barbouzeries! C’est un article d’un journal très révisionniste, totalement fasciste, et profondément complotiste du nom de Libération ! Vous aurez compris l’ironie de mon propos puisque Libération n’est justement rien de tout cela.

Le journal Libé, c’est plutôt du politiquement correct dégoulinant et à volonté en entrée, plat et dessert !

Et voilà que Libération fait un long papier, très long même sur les liens entre l’État français, l’État islamique et l’entreprise Lafarge.

Mais qu’avons-nous fait?

Comme chacun sait, Bachar est le méchant boucher de Damas, et les rebelles sont supers gentils, et nous, comme on est bons (et pas les brutes ou les truands), on est aussi du côté des gentils.

toast-1024x456

C’est vrai que les gentils, en Syrie, ils sont vite un peu islamistes sur les bords. Du coup, ils sont gentils là-bas, mais très méchants ici… C’est ce que l’on appelle la complexité des relations internationales, et comme nous sommes des imbéciles de sans-dents, on ne peut pas comprendre !

Manque de bol, il y a une enquête avec une juge qui semble interroger un peu de monde chez Lafarge, vous savez, le grand groupe cimentier français qui avait une usine là-bas, en Syrie, pour fabriquer du ciment et du bon béton.

Bon béton que l’on retrouve d’ailleurs dans les tunnels qui servent aux islamistes pour se planquer… Ben Laden lui aussi faisait dans le BTP en Afghanistan et ailleurs. BTP, islamisme et services secrets ont toujours fait bon ménage !

339812595

Nous avons bombardé la Syrie, pays souverain, même si nous ne l’aimons pas.
Nous avons armé des combattants là-bas, appelés gentils rebelles et devenus rapidement de vilains islamistes.
Nous avons accusé une entreprise française de liens avec l’ennemi alors qu’il commence à apparaître que les locaux de cette même entreprise hébergeaient les forces spéciales américaines puis françaises, puis aussi les gentils islamistes de Daech…

Bref, il apparaît surtout que nous menons en Syrie une politique qui n’est pas celle de la France.

Que nous arrive-t-il pour que nous agissions ainsi ?

Qu’avons-nous oublié de nous-mêmes, de notre histoire, de nos traditions ?

L’affaire syrienne est un scandale d’État.

Un scandale d’État qui remonte jusqu’à chacun de nos derniers présidents.

Voici les extraits des meilleurs moments de cette grande enquête de Libération.

Syrie : comment Lafarge informait l’État français

XVM988bd4e6-c931-11e7-96ce-4f4039c037ae

Dans l’affaire du financement de l’État islamique par l’entreprise de matériaux de construction, Libération révèle que les renseignements français étaient informés de façon précise et régulière par le directeur sûreté. L’Élysée et le Quai d’Orsay participaient à des discussions stratégiques sur l’envoi de soldats dans l’usine.

Lors de ce troisième interrogatoire, révélé par ­Libération, la juge questionne Jean-Claude Veillard sur un point crucial : les services de renseignements français étaient-ils informés de la « réalité du financement » de l’EI par ­Lafarge ? La réponse est limpide : « Je ne faisais aucun tri dans les informations que je donnais aux services des renseignements. » Et d’enfoncer le clou : « Au cours des réunions, j’ai donné toutes les informations. » Selon l’agenda fourni par Jean-Claude Veillard aux enquêteurs, le directeur sûreté a rencontré à 33 reprises les différents services de renseignement extérieurs (DRM, DGSE) et intérieurs (DGSI) entre 2012 et 2014.

1_-_1_1_-374-35f90

Jusqu’ici, le scandale dépeignait surtout l’entêtement d’une multinationale pour engranger des profits au risque d’exposer ses salariés aux enlèvements et de contribuer au financement d’une organisation terroriste. Désormais, c’est l’État qui apparaît au cœur de l’affaire.

Une affaire d’État !

espion

« Ancien commando marine, en poste dans l’entreprise depuis 2008, Jean-Claude Veillard, 64 ans, est un familier des cercles de la défense nationale. À la juge Bilger, il tient à préciser qu’il a « passé [sa] vie à combattre le terrorisme, en Afghanistan, en Bosnie, en Somalie ». Décrit comme un homme à la fibre patriotique chevillée au corps, il noue au fil du temps une relation de confiance avec différents services secrets.

La juge tente alors de sonder l’importance de ses renseignements pour les services : « Étiez-vous la seule source d’information pour la DGSE ? » « Dans cette partie de la ­Syrie, j’aurais la prétention de le croire », rétorque le directeur sûreté.

Opération « grosmarmotte » !

Pour ­converser avec le directeur ­sûreté, la DGSE opte pour la création d’une adresse mail dont l’intitulé est ­surprenant : grosmarmotte@gmail.com. Plusieurs fois, Veillard l’utilisera pour informer le service de la destinée de l’usine. Ainsi, le 13 septembre 2014, il avise la DGSE de sa future rencontre avec deux dirigeants kurdes en France. L’EI attaque l’usine et en prend possession quelques jours plus tard, le 19 septembre. Dans un autre mail adressé à la DGSE, daté du 22 septembre, Veillard fait ouvertement part de son inquiétude : «L’usine est maintenant occupée par Daech qui bénéficie de notre cantine, clinique et base vie. […] Le contact a été établi pour la libération de nos collègues chrétiens. Nous recherchons maintenant une voie pour payer la “taxe” car leur jugement est simple : la conversion, la taxe ou la vie…»

L’usine de Lafarge, base des forces spéciales françaises !

FRANCE US 1

« Dès 2014, alors que l’usine syrienne venait d’être investie par l’EI. Sherpa, partie civile dans l’enquête, a demandé l’audition de Laurent Fabius, alors au Quai d’Orsay. «En octobre ou novembre», Jean-Claude Veillard fait état de contacts avec le cabinet militaire du président François Hollande. « Mon simple objectif était de faire comprendre que cette usine pouvait être utilisée comme base dans le cadre de déploiement des forces militaires françaises », explique le directeur sûreté de Lafarge dans le bureau du juge. À la fin de l’année 2015, ce sont dans un premier temps les forces spéciales américaines qui prendront pied dans l’usine. Le 28 décembre 2015, Jean-Claude Veillard contacte par mail l’ambassadeur français pour la Syrie, basé à Paris, Franck Gellet, afin de le rencontrer : «J’ai informé le directeur de la DRM et le CEMP [état-major personnel] du PR [président de la République] de cette évolution de situation. […] Je sollicite un rendez-vous dès que possible afin que nous puissions partager avec vous les informations à notre disposition et que vous nous proposiez une stratégie pour garder le contact avec ce site.» Le commandement militaire retient finalement la proposition de Lafarge, et positionne des forces spéciales françaises dans l’usine, aux côtés des Américains, quelques semaines plus tard. »

Je vous invite à prendre le temps de lire directement cet article en entier sur le site de Libération.

Je vous invite également à diffuser au plus grand nombre ces informations, pour qu’elles ne restent pas confidentielles, pour que les citoyens de notre pays sache quelle sale guerre nous faisons pour des intérêts qui ne sont certainement pas ceux du peuple souverain de France !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/affaire-detat-liens-troubles-entre-letat-francais-letat-islamique-et-lafarge-ledito-de-charles-sannat/

Voir aussi:

Affaire Lafarge : «Le gouvernement français était impliqué, le programme était de renverser Assad»

BASSAM RT

Dénonçant une implication de l'Etat français dans l'affaire des tractations financières entre l'usine Lafarge en Syrie et Daesh, le politologue Bassam Tahhan pointe la responsabilité des politiciens de l'époque, avec à leur tête François Hollande.

RT France a reçu le 24 avril Bassam Tahhan, géopolitologue d'origine syrienne pour parler de l'affaire Lafarge en Syrie. De nouvelles révélations publiées par Libération le 22 avril soulignent que l'Etat français aurait été informé des tractations, notamment financières, entre le cimentier français basé dans le nord de la Syrie et les terroristes de l'Etat islamique.

Pour Bassam Tahhan, il ne fait aucun doute que la France était au cœur de ces échanges : «Je crois que l'Etat français était non seulement au courant mais qu'il organisait tout cela» a-t-il notamment déclaré. Il a rappelé que Lafarge avait non seulement payé des taxes à Daesh pour que ses ouvriers puissent aller et venir sur le site industriel, mais avait aussi acheté du pétrole à l'organisation terroriste pour continuer à faire tourner son usine. Bassam Tahhan a également détaillé la teneur des matériaux auxquels auraient eu accès les terroristes à travers l'usine Lafarge en Syrie, parmi lesquels des matières chimiques. De quoi permettre à Daesh, selon lui, de «faire un combustible d'obus et de missiles».

Pour le géopolitologue, les responsables de Lafarge mis en examen dans cette affaire ne sont que des «fusibles». Bassam Tahhan n'hésite pas à pointer la responsabilité des représentants politiques français. Pour lui, les dirigeants de Lafarge «étaient des marionnettes dans les mains des hommes politiques de l'époque c'est à dire Fabius, Valls, même le président de la République François Hollande». «Ils étaient au courant», estime-t-il encore, ajoutant : «Le programme était de renverser Assad.»

https://francais.rt.com/entretiens/50162-bassam-tahhan-sur-affaire-lafarge-letat-francais-organisait-tout

Vidéo:

Affaire Lafarge : «Le gouvernement français était impliqué, le programme était de renverser Assad»

https://www.youtube.com/watch?v=1BzcHHuKu30

Posté par UPR Creuse à 07:16 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

samedi 17 mars 2018

Jean-Paul Denanot démissionne de son mandat de député européen

Jean-Paul Denanot, député européen de la circonscription du Massif Central, a démissionné de son mandat, laissant la place à Karine Gloanec-Maurin, élue du Centre Val de Loire. Une démission qui marque la fin de 41 ans de vie politique, dans des mandats successifs "et sans cumul" précise-t-il. 

ACT PS LIMOUSIN

La démission de Jean-Paul Denanot sera effective le 11 juin prochain. " La date n’a pas été choisie au hasard. Elle lui permettra de déposer pour la dernière fois en tant qu’élu de la République une gerbe en hommage au massacre d’Oradour-sur-Glane et des victimes de la barbarie nazie du 10 juin 1944. Un geste fondamental pour cet élu du Limousin. Un symbole de la paix et de la fraternité entre les peuples", indique-t-il dans le communiqué annonçant sa démission.

Membre titulaire, puis membre suppléant, de la commission des budgets, Jean-Paul Denanot a notamment œuvré à l’augmentation des ressources budgétaires pour l’emploi des jeunes. Dans un autre domaine, l'agriculture, il se dit "satisfait du travail accompli pour la défense d’une agriculture modernisée, agroécologique, tournée vers les territoires et l’emploi". Il a défendu le budget de la PAC en tant que rapporteur du budget agricole et dans le cadre des réflexions sur la future PAC.

s6_lisbonne

Jean-Paul Denanot, qui a aussi réalisé un travail conséquent dans le cadre de l'intergroupe parlementaire "services publics", a tout au long de ces quatre années de mandat "défendu avec vigueur et constance les valeurs de la socialdémocratie européenne et les libertés fondamentales (liberté, paix et sécurité) au fondement de la construction de l’UE"

A un an des élections européennes, Jean-Paul Denanot passe donc la main à Karine Gloanec-Maurin, celle qui était, en 2014, deuxième sur la liste socialiste. "Cette démission résulte de l'engagement qu'il avait pris auprès de l'élue de la région Centre-Val de Loire de lui laisser son fauteuil, afin qu'elle puisse à son tour défendre les couleurs de l'Europe. Ce passage de témoin à un an des prochaines échéances électorales permettra à Karine Gloanec-Maurin d'imprimer sa marque et de défendre une vision progressiste de l'UE dans un contexte marqué par la montée des populismes et des extrêmes", indique l'ex député dans un communiqué.

https://www.lepopulaire.fr/limoges/institutions/politique/2018/03/14/jean-paul-denanot-demissionne-de-son-mandat-de-depute-europeen_12772295.html

BASE 14 995X225

Ce qu'ils appellent la montée des populismes et des extrêmes, ne serait-ce pas plutôt le réveil des peuples qui commencent à comprendre ce qu'est réellement l'UE ?

Et cela leur fait certainement peur que les peuples découvrent la vérité et qu'ils prennent au mot ce que disait le député anglais Godfrey Blomm en 2013 "quand les gens se seront vraiment rendus compte de qui vous êtes, il ne leur
faudra pas longtemps pour prendre cette chambre d'assaut et  vous pendre. Et ils auront raison."

PARLEMENT UE DEPUTE UK


https://www.youtube.com/watch?v=jbLFo02jlH8

S.R.

Posté par UPR Creuse à 05:00 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

Vidéo et images du jour

Scandale Numéro 23 : Comment devenir RICHE sans forcer !

VID TF RICHES

 

https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=E6KdCdjFixA

https://www.les-crises.fr/miscellanees-du-1503/

Ajoutée le 10 mars 2018

 

D'abord, il faut commencer par se constituer un réseau. Si vous avez fait vos études dans un lycée public de banlieue, c'est mal parti.

Ensuite, il faut mettre un pied en politique, s'installer dans une grande ville (si possible Paris) et se faire nommer à un poste en or qui servira de tremplin....

Comme d'habitude, TF fait oeuvre de pédagogie avec humour pour nous montrer le fonctionnement de l'oligarchie.

P.G.

 

Images du jour



2018-03-14-au-king-stephen

2250_réforme_sncf_conseil_des_ministres

DYLraz1XcAEnvPu

DYPdNOmXUAUp02-

L180310c-small-877x600https://www.les-crises.fr/miscellanees-du-1503/#!prettyPhoto



Posté par UPR Creuse à 04:30 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,