vendredi 13 juillet 2018

Au bout d'un an, la ministre de la Culture Françoise Nyssen reconnaît un conflit d'intérêts avec l'édition

Dans un décret paru au Journal officiel ce lundi 9 juillet, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, qui dirigeait auparavant la maison d'édition Actes Sud, se retire de la régulation économique du secteur de l'édition littéraire.

ACT NYSSEN CONFLIT

Il lui aura donc fallu un an pour s'en rendre compte. Dans un décret paru au Journal officiel ce lundi 9 juillet, la ministre de la Culture Françoise Nyssen, issue de la maison d'édition Actes Sud, reconnaît que son ancienne profession lui pose un potentiel problème de conflit d'intérêts et se retire donc de la régulation de l'édition.

Concrètement, ce décret signé par le Premier ministre "sur la proposition de la ministre de la Culture" et relatif aux attributions de la ministre, retire à Françoise Nyssen trois domaines de responsabilité qui relèvent habituellement de son maroquin : "la régulation économique du secteur de l'édition littéraire", "l'exercice de la tutelle du Centre national du livre" et, bien sûr, "des actes de toute nature relatifs" à son ancienne société, Actes Sud, fondée par son père et qu'elle dirigeait jusqu'à son entrée dans le gouvernement d'Edouard Philippe.

Le précédent Buzyn

BUZYN PAROLES

Une clarification bienvenue, donc, dont on pourrait toutefois s'étonner qu'elle n'ait pas parue plus tôt nécessaire aux yeux de Françoise Nyssen. Pour sa collègue de la Santé, Agnès Buzyn, dont l'époux dirige l'Inserm, le gouvernement s'était réveillé dès le 29 mai 2017, via un décret stipulant que "la ministre des Solidarités et de la Santé ne connaît pas des actes de toute nature relatifs à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale".

Reste la question : qu'est-ce qui a soudain décidé Matignon à éclaircir la situation de Françoise Nyssen après un an ? Curieusement, l'intéressée a réagi comme si… elle n'avait pas pris part à ce décret pourtant présenté comme ayant été pris "sur la proposition de la ministre de la Culture". "Une décision est tombée, j'en prends acte et ce qui m'importe c'est de continuer à faire. Je suis là pour faire", a-t-elle ainsi déclaré à l'AFP, avec un enthousiasme manifeste…

https://www.marianne.net/politique/la-ministre-de-la-culture-francoise-nyssen-reconnait-un-potentiel-conflit-d-interets-avec-l?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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Pour en savoir plus sur cette étrange Mme Nyssen, voir ce blog intéressant:

https://labiodynamieaurisquedelanthroposophie.com/2018/06/01/mme-nyssen-dans-lobscurite-anthroposophique/

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samedi 23 juin 2018

Vaccins : le coup de gueule d'un pharmacien (vidéo)

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Vaccins : le coup de gueule d'un pharmacien

https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=lRsF-UOR-T0

"J'affirme que la ministre de la Santé, elle et ses experts, ont menti à la représentation nationale (...) parce que c'est faux: les vaccins ne sont pas sûrs (...)"

TRIBUNE LIBRE / Serge Rader

TL PHARMACIEN VACCINS

Le pharmacien Serge Rader est un connaisseur des médicaments, de leurs effets secondaires et de leur prix au niveau européen. Il est l’auteur d’un livre « Vaccins oui ou non » sur la contamination des vaccins aux nano particules. Il avait déjà participé à un autre livre avec la députée européenne Michèle Rivasi : « Le racket des laboratoires et comment en sortir ». Ce lanceur d’alerte est indigné par le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour les nourrissons en France depuis le début de l’année 2018. Il dénonce ici le manque de sécurité des vaccins et la désinformation des autorités.

Les vaccins ne sont pas sûrs selon lui. 3,5 milliards de dollars, c’est la somme des amendes infligées aux labos par la justice américaine pour dédommager les victimes. Le vaccin contre le papillomavirus, le HPV a fait 389 décès répertoriés au Vaers, le registre de la pharmacovigilance aux USA. Le rapport italien de 2015 montre que les vaccins représentent la deuxième cause d’effets secondaires des médicaments après les médicaments anti-cancéreux.

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Extraits:

3.28 – Les cas d’autisme régressif consécutifs à des vaccins ne sont pas déclarés aux autorités.

3.38 – On m’a signalé deux décès d’enfants cette année dont un bébé mort dans la nuit suivant sa vaccination à deux mois.

4.59 – Les maladies, les cas d’autisme, l’asthme explosent les cancers aussi. « L’état de santé général des enfants aujourd’hui n’est pas bon. Beaucoup d’études montrent que les choses ne tournent pas rond ».

6.12 – Pourquoi les vaccins ne sont pas sûrs ? « On injecte des soupes de purulence additionnées de produits chimiques (Conservateurs, adjuvants, excipients, allergènes et des contaminants.) » « Tous les vaccins humains sont contaminés avec des nano-particules toxiques. »

7.18 – Exemple de la commission des affaires sociales au Parlement avant le vote de la loi d’obligation qui privilégie les intérêts de l’industrie sur ceux de la santé.

7.46 – Pour l’autisme, on est passé d’un cas sur 10 000 à Un cas sur 100

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8.16 – La commission parlementaire italienne a rendu ses conclusions après 18 ans d’enquête. Sa conclusion : C’est que la cause des cancers des militaires italiens n’est pas à chercher du côté de l’uranium appauvri mais plutôt du côté des polyvaccinations. Elle recommande plusieurs mesures : revoir les formules vaccinales, limiter les antigènes vaccinaux à 5 par séance d’injection alors que les nourrissons français en reçoivent 22 par séance. Les séances doivent être espacées raisonnablement. Des examens prévaccinaux doivent être faits. Pas d’études sur la tolérance des adjuvants doivent être menées. »

« Plus de 80 composants dans les vaccins », « Il y a une corrélation entre le ROR et l’autisme »

12.33 – Wakefield, le gastrologue anglais demandait qu’on utilise plutôt les monovalents que les polyvalents. Il avait mis en évidence leur responsabilité dans les maladies inflammatoires du colon et dans l’autisme.

13.40 – « Pour des histoires de gros sous on intente à la vie de nos nourrissons. »

14.00 – « Il faut suivre ces vaccins sur le long terme. 14 morts subites du nourrisson en deux ans. »

14.40 – « Il y a aussi les morts subites du nourrisson qu’on nous cache avec le vaccin hexavalent. ». Un document confidentiel européen montre 14 morts subites du nourrisson entre 2009 et 2011 avec un seul vaccin.

17.37 – Vaccins biens testés ? « Le devenir du vaccin n’est pas étudié. » On vaccine les femmes enceintes alors que c’était interdit par décret.

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18.43 – Que peut-on dire sur l’aluminium ? Les autorités nous disent qu’il n’est pas toxique. En réalité, il reste dans l’organisme. Jamais d’étude de toxicité sur ce produit. Le Pr.Gherardi a montré que l’aluminium n’est pas éliminé par l’organisme. L’aluminium n’a aucune fonction dans le corps, il ne doit pas y en avoir dans le corps.

21.10 – Les doses utilisées sont phénoménales. La limite pour les adultes dans les poches de perfusion est fixée à 25 microgrammes et pourtant les bébés avec les vaccins en reçoivent 945 microgrammes.

22.20 – Dans le vaccin HPV on a utilisé un placébo. Il y avait de l’aluminium dans le placéboComment voulez-vous qu’on étudie les effets secondaires dans ces conditions. « HPV : 85 000 cas d’effets secondaires dont 37 000 neurologiques et 389 décès. C’est énorme. »

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24.19 – Pourquoi l’aluminium dans les vaccins ? Les experts vous disent que le vaccin sans aluminium est inefficace. Pourtant le DTP utilisé pendant 47 ans n’avait pas d’aluminium. Etait-il inefficace ? On peut vérifier dans le Vidal.

26.34 – L’obligation est impossible dans ces conditions. Les gens doutent, ils ne sont pas fous les gens. « Dans ce pays on conspue les gens qui servent la santé publique et on décore ceux qui servent les lobbys. »

Camille Bodin

 


 

Vaccins

 


 

Source :

https://www.prevention-sante.eu/radio-tv/vaccins-le-coup-gueule-pharmacien

http://initiativecitoyenne.be/2017/06/serge-rader-onze-vaccins-obligatoires-on-marche-sur-la-tete.html

http://www.lespetitsmatins.fr/collections/le-racket-des-laboratoires-pharmaceutiqueset-comment-en-sortir/

https://aphadolie.com/2018/06/22/vaccins-le-coup-de-gueule-dun-pharmacien-video/

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vendredi 22 juin 2018

Infos confidentielles transmises à Solère : l'ex-ministre Urvoas mis en examen par la Cour de justice de la République

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Vous vous souvenez du ministre Urvoas, l'auteur de la loi scélérate sur la fin de l'égalité stricte du temps de parole des candidats pendant la dernière élection présidentielle? Voici des nouvelles de ce grand démocrate.   P.G.

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L'ex-garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, aurait transmis au député Thierry Solère des documents confidentiels sur une enquête en cours le concernant. Il a été mis en examen ce mercredi 20 juin, devenant possiblement le dernier ministre jugé par une Cour de justice de la République que Macron souhaite supprimer.

Revoilà un ex-ministre dans le collimateur de la justice. Selon Le Monde, Jean-Jacques Urvoas, garde des Sceaux entre 2015 et mai 2017, a été mis en examen ce 20 juin par la commission d'instruction de la Cour de justice de la République. Les magistrats reprochent à l'ancien élu du Finistère d'avoir transmis au député LREM Thierry Solère des informations confidentielles sur une enquête le concernant.

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Lors d'une perquisition au domicile de l'élu des Hauts-de-Seine, en juin 2017, les policiers ont en effet mis la main sur une synthèse de la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice sur une enquête préliminaire ouverte pour "fraude fiscale", "blanchiment", "corruption", "trafic d'influence" et "recel d'abus de biens sociaux" à l'encontre de Thierry Solère. Selon les enquêtes, l'ex-ministre de la Justice aurait transmis ce document par le biais de la messagerie cryptée Telegram. Prudent... Sauf que le macroniste a oublié d'effacer ces missives.

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C'est la Cour de justice de la République qui est compétente dans cette affaire car Jean-Jacques Urvoas était ministre à l'époque des faits. Il devrait être jugé par un collège de douze personnalités, trois juges professionnels et douze parlementaires... dont son ex-collègue au gouvernement, Laurence Rossignol, aujourd'hui sénatrice de l'Oise. Vraiment petit, ce monde politique. A noter qu'Emmanuel Macron aimerait supprimer cette juridiction d'exception : il a inclu cette réforme à son projet de loi constitutionnelle, actuellement discuté à l'Assemblée nationale.

https://www.marianne.net/politique/infos-confidentielles-transmises-solere-l-ex-ministre-urvoas-mis-en-examen-par-la-cour-de?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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mardi 19 juin 2018

Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public

TRIBUNE LIBRE / Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

PROP MACRON NETANYAHOU

Alors que des massacres de Palestiniens ont été perpétrés par l’armée israélienne depuis fin mars [2] – on dénombre désormais plus de 120 morts – Benjamin Netanyahou était reçu par Emmanuel Macron à Paris mardi 5 juin. Cette rencontre a suscité de nombreuses critiques, dont l’indignation de trois syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes).

Les raisons de cette venue ? Faire valoir son point de vue diplomatique sur l’Iran (dans le cadre d’une « tournée » européenne et après une visite à Berlin), mais également lancer officiellement la saison culturelle France-Israël 2018 – un partenariat institutionnel – en inaugurant aux côtés du président français une exposition au Grand Palais dédiée aux innovations technologiques et scientifiques israéliennes [3].

Des appels à manifester dans toutes les grandes villes de France ont été lancés par plusieurs associations palestiniennes ou de solidarité avec la Palestine, réclamant l’annulation de la venue de Netanyahou et de la saison croisée France-Israël. Des rassemblements se sont effectivement tenus, comme en témoigne la couverture de plusieurs médias nationaux, régionaux ou locaux : on peut se référer, entre autres exemples, à L’Humanité pour la protestation de Paris, LyonMag pour celle de Lyon, et Ouest France, pour celles de Vannes et Quimper.

France Inter : la différence

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Sur ces trois informations, seule la première, c’est-à-dire la tenue de discussions sur l’Iran, a été traitée dans les bulletins d’information de France Inter tout au long de la journée du 5 juin. Sur les quatorze journaux ou flash info diffusés [4], les auditeurs de la chaîne de service public n’auront eu connaissance ni de la « saison culturelle » inaugurée au Grand Palais, ni des appels à manifester, pas plus que des rassemblements de contestation et des conditions dans lesquels ils se sont tenus. Une information pour le moins incomplète, si ce n’est biaisée, qui choisit de taire les aspects les plus polémiques de cette séquence diplomatique : d’une part, le lancement en grande pompe d’un évènement culturel franco-israélien quelques jours après les terribles massacres de Gaza [5], et d’autre part, les protestations de militants – dont certains proches ou s’inspirant du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) – que suscite désormais systématiquement tout partenariat institutionnel avec l’État israélien.

Oubli volontaire ? Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué, puisque sur ces mêmes quatorze journaux, la venue de Netanyahou a été traitée pas moins de dix fois par la rédaction de France Inter. Ce n’est pas non plus faute de sources disponibles, puisque l’AFP et l’agence Reuters, ont mentionné l’inauguration de l’exposition du Grand Palais dans le cadre de la « saison croisée », comme les appels à manifester [6].

DEMORAND FRANCE INTER

L’omission journalistique, qui est aussi un parti pris, s’aggrave encore lorsque l’on écoute le journal de 8h du lendemain, le 6 juin. Dans cette édition en effet, deux minutes sur seize reviennent sur la visite de Netanyahou à Paris, introduite en ces termes par Nicolas Demorand : « Un peu de culture et beaucoup de diplomatie au menu de la visite de Benjamin Netanyahou en France. » Marc Fauvelle, à qui il donne la réplique, enchaîne sur un sujet réussissant l’exploit de passer à nouveau sous silence les manifestations organisées la veille partout en France [7], centrant plutôt le sujet sur les actions BDS en versant dans l’amalgame le plus crasse : assimiler, à la faveur d’une construction pour le moins douteuse, la critique d’Israël à de l’antisémitisme.

Marc Fauvelle : Hier soir le Premier ministre israélien et Emmanuel Macron ont donné le coup d’envoi de la saison croisée France-Israël, manifestation culturelle censée marquer l’entente entre les deux pays. Mais d’entente hier soir il n’y eut pas vraiment : les deux hommes ont constaté leur désaccord sur la question du nucléaire iranien. Et alors que Benyamin Netanyahou est à Paris, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme s’inquiète d’une campagne de boycott menée en ce moment en France. Boycott des produits israéliens comme les dattes par exemple, retirées des rayons de certains supermarchés par des activistes, qui filment la scène et la diffusent ensuite sur Internet.

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Pour prolonger et illustrer cette présentation factuellement confuse, partielle et partiale, France Inter choisit de se référer et de donner la parole aux représentants de deux institutions connues pour leur alignement sur la droite et l’extrême droite israéliennes, et pour leurs attaques outrancières contre les mouvements de solidarité avec les Palestiniens : le Président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, qui affirmait en 2011 que « l’incitation à la solidarité palestinienne conduit à la haine d’Israël et pousse à l’acte anti-juif » [8], et le président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, qui en appelle aux pouvoirs publics pour que soient réprimés les activistes du mouvement BDS (« Ils doivent être arrêtés, sanctionnés et le mouvement interdit. ») [9]. Et ce ne sont pas les quelques secondes d’interview d’Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, préalablement disqualifiée par le cadrage du sujet choisi par la rédaction de France Inter, qui permettront aux auditeurs de saisir ce qui se jouait autour de la venue à Paris du Premier ministre israélien [10].

Et dans les JT du service public ?

Si les auditeurs de France Inter, épris de service public, ont également regardé les JT de France 2 ou France 3 sur la tranche 12h-13h le mardi 5 juin [11], ils n’en auront pas appris davantage : les deux rédactions n’ont pas même mentionné la venue de Netanyahou à Paris. Leur conception de la hiérarchie de l’information leur a plutôt commandé des sujets sur les inondations, qui ont occupé un tiers du temps total du journal dans le cas de France 2 et un cinquième pour France 3 [12].

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Les livraisons nocturnes n’ont pas été plus brillantes : entre le 20h de France 2, le 19/20 de France 3 et le « Grand Soir 3 » de la même chaîne, aucune édition n’a ne serait-ce que mentionné l’inauguration de l’exposition, la « saison culturelle » ou encore les rassemblements de protestation. Et si le 19/20 de France 3 ne dit mot de la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron, les deux autres journaux observés lui consacrent tout de même du temps d’antenne ; mais une nouvelle fois sous le seul prisme de la question iranienne, amputant ainsi une grande partie de l’information, au mépris du droit du public à être informé.

***

D’ordinaire suivistes de la communication et de l’agenda gouvernementaux, les médias dominants ont une nouvelle fois calqué leur discours sur celui de l’État, ayant préféré mettre en avant le rendez-vous diplomatique sur la question iranienne plutôt que la « saison France-Israël » (et ses partenariats culturels notamment) et les manifestations qu’elle a suscitées [13].

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Un suivisme que l’on peut supposer accru sur les questions relatives à Israël et à la Palestine, jugées d’ordinaire « épineuses » par les grands médias et qui pâtissent de biais systématiques conduisant à mal-informer [14].

Pour autant, et que l’on fasse l’hypothèse d’une auto-censure ou d’un suivisme assumé, les mouvements de protestation ont reçu un écho médiatique qui, quoique timoré et partiel, les ont rendus visibles. Ce constat rend d’autant plus problématique le silence de France Inter (et des JT du service public) sur le même sujet. Une radio qui, non contente d’avoir totalement invisibilisé des dizaines de manifestations en France – et leurs mots d’ordre – le 5 juin, a réussi le lendemain à disqualifier les mouvements politiques de solidarité avec la Palestine au gré d’amalgames fumeux.
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Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

https://www.les-crises.fr/netanyahou-a-paris-linformation-tres-selective-du-service-public-par-pauline-perrenot/

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mardi 29 mai 2018

Crise italienne : Macron salue le «courage» et la «responsabilité» du président Mattarella

Refusant catégoriquement une présence eurosceptique au ministère des Finances, le président italien a confié à Carlo Cottarelli, ancien du FMI, le soin de former un gouvernement. Le président français a tenu à féliciter son homologue italien.

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Emmanuel Macron a complimenté le président italien Sergio Mattarella après que ce dernier a convoqué Carlo Cottarelli, ancien haut responsable du FMI, pour former une équipe gouvernementale après la démission de Giuseppe Conte

Le chef de l'Etat français a ainsi déclaré : «Je redis mon amitié et mon soutien au président Mattarella qui a une tâche essentielle à mener, celle de la stabilité institutionnelle et démocratique de son pays, ce qu'il fait avec beaucoup de courage et un grand esprit de responsabilité.»

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Le locataire de l'Elysée a par ailleurs tenu à rappeler que «l'Italie [était] un partenaire important pour la France sur tous les sujets», soulignant tout particulièrement l'importance de Rome «pour les projets européens».

Giuseppe Conte avait été nommé le 23 mai au poste de président du Conseil des ministres par la coalition populiste, mais il n'est pas parvenu à imposer son gouvernement auprès du président. Ce dernier a en effet refusé que l'eurosceptique Paolo Savona occupe le poste de ministre de l'Economie et des Finances.

Formée par les anti-système du Mouvement 5 étoiles (M5S) et les anti-immigration de la Ligue, la coalition a qualifié la tournure des événements d'«occupation financière», le leader du M5S Luigi Di Maio allant jusqu'à prôner la destitution du président par le Parlement.

Avant la réaction officielle d'Emmanuel Macron, la décision du président italien avait déjà été commentée par plusieurs figures et partis de la scène politique française, le Front national et la France insoumise déplorant une atteinte à la démocratie.

https://francais.rt.com/international/51114-crise-italienne-macron-salue-courage-responsabilite-president-mattarella

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Une provocation de plus, Macron ne loupe jamais une occasion d'afficher son mépris pour le peuple, on a même l'impression qu'il en tire une jouissance...   P.G.

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dimanche 20 mai 2018

Des pays du Golfe, un consultant israélien créateur de Blackwater ont-ils aidé Trump ?

3 août 2016 : c'est dans la Trump Tower de New York que plusieurs interlocuteurs influents ont rencontré le fils de Donald Trump, quelques mois avant le scrutin présidentiel. Le quotidien The New York Times a publié ce 19 mai sur son site un article tendant à démontrer l'objectif de cette réunion : venir en aide au candidat à la présidentielle américaine dans sa campagne électorale.

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Premier participant à cette réunion discrète : Erik Prince, citoyen américain et résident des Emirats arabes unis, fondateur de la société militaire privée Blackwater, connue pour avoir envoyé des mercenaires dans différentes régions du monde en proie à des conflits, comme en Irak. Il aurait été à l'origine de la rencontre. S'adressant au fils de Donald Trump, il aurait ainsi pris la parole pour initier la réunion : «Nous travaillons dur pour votre père.»

George Nader, homme d'affaires américano-libanais, aurait quant à lui affirmé au fils de Donald Trump que les princes saoudien et émirati étaient «impatients d'aider [son père] à remporter l'élection présidentielle». Il aurait, à plusieurs reprises, mis en avant sa proximité avec ceux dont il était l'émissaire, allant jusqu'à montrer au fils du candidat à la Maison Blanche des photos sur lesquelles il apparaissait en leur compagnie. Le New York Times précise qu'à cette époque déjà, George Nader s'appliquait à préparer des plans de déstabilisation de la République islamique d'Iran.

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Enfin, Joel Zamel, présenté par le quotidien comme «spécialiste israélien de la manipulation des réseaux sociaux», aurait vanté pendant la réunion les capacités de son entreprise à mettre en valeur la campagne électorale de Donald Trump. Le New York Times rappelle que l'entreprise de Joel Zamel est spécialisée dans la fabrication de l'opinion publique et qu'elle emploie d'anciens membres des renseignements israéliens.

D'importantes sommes en jeu

Selon les chiffres rapportés par le New York Times, Joel Zamel aurait reçu près de 2 millions de dollars de George Nader après la victoire de Donald Trump. Le montant de la transaction aurait été justifié par une étude mettant en avant l'importance des réseaux sociaux dans le succès d'une campagne électorale.

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Le quotidien mentionne également un autre montant de 2 millions de dollars, qui aurait pu être versé par l'Arabie saoudite à George Nader et Erik Prince dans le cadre d'un plan d'action militaire contre les forces iraniennes au Yémen.

Ces révélations rappellent que l'ingérence russe a longtemps été pointée du doigt comme un facteur majeur ayant permis la victoire de Donald Trump ; toutefois, le rapport du renseignement américain du 22 mars 2018 n'a finalement pas pu mettre en évidence la collusion présumée entre Trump et la Russie, concluant ainsi de façon catégorique : «Le comité n'a trouvé aucune preuve que l'équipe de campagne de Trump ait été en collusion, en coordination ou ait conspiré avec le gouvernement russe.»

https://francais.rt.com/international/50832-pays-golfe-consultant-israelien-createur-blackwater-ont-ils-aide-trump-2016

info_intoxBeaucoup de conditionnel dans cette info révélée par un journal notoirement démocrate et "néo-conservateur" qui ne cache pas sa volonté d'abattre Trump, quitte à relayer les thèses les plus complotistes (tout en se vantant d'être en pointe dans la chasse aux "fake news")... Cela dit, cette nouvelle piste n'est pas invraisemblable dans un pays où le poids des lobbies et de l'argent est un élément- clé de la vie politique et des élections. Et les évènements récents ont largement montré les points de convergence entre Israël et l'Arabie saoudite.   P.G.

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BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens

TRIBUNE LIBRE/  par JORDAN POUILLE (INVESTIGATE EUROPE) - www.mediapart.fr et publié depuis Overblog

TL BLACKROCK

BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens

8 MAI 2018 PAR JORDAN POUILLE (INVESTIGATE EUROPE)

BlackRock est l’institution financière la plus puissante au monde, gérant plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs. À la fois conseiller des banques centrales et principal actionnaire de fleurons industriels nationaux, BlackRock murmure désormais à l’oreille des États européens. Ses combats : contrer toute régulation financière et imposer la retraite par capitalisation pour tous.

C’est une anecdote rapportée par une ancienne salariée de BlackRock, de celles que l’on se raconte à la machine à café. Larry Fink, le PDG du plus puissant fonds mondial, est dans son avion, destination l’Europe. Au-dessus de l’Atlantique, il demande au commandant de bord de faire cap sur l’Allemagne. Il appelle son responsable régional à Francfort et exige un entretien avec Angela Merkel. Si possible dans cinq heures, dès son atterrissage.

Le subalterne s’agite comme un beau diable mais n’obtient pas ce rendez-vous espéré. Il lui propose un lot de consolation : le vice-président du constructeur BMW, rien que pour lui. La rencontre démarre, les palabres se succèdent, quand Larry Fink dégaine de nouveau son téléphone et prépare son prochain rendez-vous, laissant son interlocuteur sans voix.

 

Larry Fink, fondateur et PDG de BlackRock © Reuters.Larry Fink, fondateur et PDG de BlackRock © Reuters.

 

Cette désinvolture du fondateur illustre la toute-puissance de l’entreprise. Fils d’un marchand de chaussures et d’une professeure d’anglais, l’homme a fondé sa société il y a trente ans, avec une dizaine de collègues, après avoir fait ses gammes dans une banque d’affaires new-yorkaise. À 65 ans, il est multimilliardaire. Et son fonds gère 6 280 milliards de dollars d'actifs, dont un tiers en Europe.

Cet argent est d’abord celui de fonds de pension, notamment des fonctionnaires californiens et new-yorkais. Tous ont des retraites par capitalisation et espèrent voir fructifier leur propre épargne, complétée par l’employeur, par une gestion active de BlackRock sur les marchés financiers.

Le fonds emploie 13 900 personnes, réparties dans une trentaine de pays, chargées de vendre des produits financiers, d’investir dans de nouvelles sociétés. Mais au fil des ans, surtout depuis la crise financière, il a accru sa puissance bien au-delà de la gestion d’actifs : on le retrouve comme auditeur des banques à la demande des autorités de régulation, comme conseiller des États pour la privatisation. À l'automne 2017, il a été invité par le gouvernement français à siéger au « comité Action publique 2022 » (CAP 2022), une sorte de deuxième commission Attali, censée dessiner les futurs contours de l’État. Et dans les coulisses européennes, il s’active beaucoup pour contrer toute tentative de régulation.

En Europe, BlackRock est un nom qui n’évoque rien au-delà du monde financier. L’univers des gestionnaires d’actifs et leurs obscurs fonds indiciels semblent réservés aux initiés. Mais sa puissance impressionne : interroger les acteurs de la finance sur BlackRock, qu’ils soient administrateurs, petits et grands porteurs, gestionnaires de patrimoine, c’est courir le risque de se voir opposer d’innombrables refus, plus ou moins civils.

Rien qu’en France, ce fonds est actionnaire, via une ribambelle de filiales, entre 5 et 10 %, d’Eiffage, Danone, Vinci, Lagardère, mais aussi de Renault, Peugeot, Société générale, Axa, Vivendi, Total, Sanofi, Legrand, Schneider Electric, Veolia, Publicis, etc. BlackRock est l’actionnaire, souvent principal, d’au moins 172 des 525 sociétés françaises cotées en Bourse. Et de 17 000 sociétés dans le monde, à chaque assemblée générale desquelles il ne manque pas de voter.

« Dès que BlackRock apparaît parmi vos actionnaires, votre entreprise sort du lot et acquiert énormément de prestige », résume le journaliste Grégoire Favet, habitué à voir défiler tout le petit monde de la finance française sur le plateau de son émission sur BFM Business. « Quand vous êtes Larry Fink, vous pouvez parler d’égal à égal avec la directrice du FMI ou un chef d’État. » M. Fink a déjà été reçu deux fois à l’Élysée depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Ambulancier de la crise financière

Créé en 1988, BlackRock a acquis son pouvoir actuel à la faveur de la crise financière de 2008. Avec la chute de Lehman Brothers, Wall Street est en pleine perdition : plus personne ne sait ce que recèlent les milliers de portefeuilles financiers, ce qui se cache derrière les dérivés, ce qui est toxique ou non, dangereux ou non.

BlackRock comprend vite tout le parti qu’il peut tirer de cette situation. Depuis sa création, la firme a développé en interne son propre outil de gestion des risques, Aladdin. « Il est capable d’analyser les risques d’investissement dans n’importe quelle action, de mettre en évidence où il faut vendre des obligations pour en tirer le meilleur prix, de suivre toutes les transactions, de combiner toutes les données pour trouver les informations essentielles pour les investisseurs », explique le Financial Times                                                             Profitant de la panique, BlackRock propose à d’autres financiers de mettre son outil de gestion des risques à leur disposition, moyennant finances naturellement. Mais le fonds offre aussi ses services aux autorités financières. Celles-ci le sollicitent donc pour évaluer la santé de grands établissements bancaires considérés comme systémiques : la banque d’investissement Bear Stearns, le géant de l’assurance American International Group et le conglomérat financier Citigroup. BlackRock décroche aussi un contrat pour surveiller Fannie Mae et Freddie Mac, ces établissements publics spécialistes du crédit hypothécaire que le gouvernement fédéral vient alors de sauver.

Dès 2009, des élus pourtant s’interrogent. « Comment se fait-il qu’une seule société soit qualifiée pour gérer ces actifs récupérés par le gouvernement ? », demande alors le sénateur républicain Charles Grassley. Auditer pour le public et investir dans le privé : deux casquettes a priori incompatibles… Un mélange des genres que BlackRock reproduit désormais savamment à travers toute l’Europe.

Conseiller des banques centrales européennes

En 2011, la banque centrale d’Irlande décide ainsi de solliciter, sans appel d’offres, BlackRock Solutions, la branche conseil du fonds, pour évaluer l’état des six principales banques irlandaises. Trois d’entre elles viennent juste d’être renflouées en catastrophe par l’État pour éviter la faillite. Croulant sous les dettes, l’Irlande a dû faire appel à l’Europe et au FMI dans le cadre d’un plan de « sauvetage » de 85 milliards d’euros et veut conduire des « stress tests » pour vérifier la solidité du paysage bancaire en cas de nouveaux pépins.

Plus tard, devant des députés irlandais dubitatifs, le ministre des finances de l’époque a expliqué avoir fait appel à BlackRock sous la pression des institutions internationales ayant prêté de l’argent à l’Irlande, la fameuse « Troïka » de la crise de l'euro : la Banque centrale européenne (BCE), l’Union européenne et le FMI. Ce fut une « mission gigantesque », a reconnu Larry Fink, « la plus grande qui nous ait jamais été confiée par un gouvernement ».

BlackRock Solutions, la branche conseil, acquiert ainsi de nouvelles références. Elle sera à nouveau sollicitée en 2012 puis en 2013 pour évaluer les besoins en capitaux des banques irlandaises. Le 4 novembre 2013, le fonds BlackRock achète 3 % de l’une de ces banques, Bank of Ireland, et indique détenir 162 milliards d’euros d’actifs domiciliés en Irlande.

Un ancien conseiller de Chirac à la tête de l'antenne française

En Grèce, également sous pression de la Troïka, la banque centrale de Grèce a aussi fait appel à BlackRock Solutions pour disséquer les portefeuilles de prêts de dix-huit banques en 2011, puis des quatre plus grosses en 2013. Prudente, BlackRock utilisa un faux nom, Solar, loua des bureaux modestes dans un quartier résidentiel d’Athènes, et fit escorter ses employés par des vigiles armés. Une dernière mission fut menée en 2015. Aujourd'hui, le gestionnaire fait construire à Athènes un centre commercial pour 300 millions d’euros. Et possède des parts dans deux banques, chez le principal fournisseur d’énergie et dans la loterie nationale, en voie de privatisation.

« Rien n’indique que les employés de BlackRock venus tester nos banques aient transmis des infos à d’autres de leurs équipes, tempère un investisseur à Athènes, sous le sceau de l'anonymat. BlackRock n’aurait pas risqué de démolir sa réputation pour si peu ! » Pour lui, le problème se situe plus haut. « Lorsque vous grimpez l’échelle hiérarchique, vous finissez par atteindre un niveau où vous accédez aux informations de toute l’entreprise, aussi bien le conseil que l’investissement. » Alors, quand Larry Fink rencontre un chef d’État grec, espagnol ou irlandais, que choisit-il d’aborder ? La partie audit ou la partie investissement ? Et pourquoi pas les deux, au gré de ses intérêts ?

Cette ambivalence finit par créer des remous. En Espagne, quatre des plus gros promoteurs immobiliers comptent aujourd’hui BlackRock parmi leurs investisseurs, tout comme les six plus grosses banques espagnoles. Or en mai 2012, l’État avait sollicité la firme pour évaluer les créances douteuses et les actifs immobiliers de ses établissements de crédit et leurs besoins de recapitalisation. Des parlementaires espagnols y ont vu de possibles conflits d’intérêts, poussant le ministre de l’économie Luis de Guindos, aujourd’hui vice-président de la BCE, à faire volte-face et à opter pour le cabinet allemand Roland Berger.

Même gêne aux Pays-Bas quand, en décembre 2012, la banque centrale demande à BlackRock Solutions d’analyser le portefeuille de prêts du géant bancaire national ING, puis, en juillet 2013, le patrimoine immobilier de l’ensemble des banques néerlandaises. À l’époque, BlackRock possédait déjà plus de 5 % d’ING, au travers d’une vingtaine de filières. Interpellé par un député, le ministre des finances Jeroen Dijsselbloem, également président de l’Eurogroupe à l’époque, s’était justifié en invoquant l’existence d’une muraille de Chine entre les activités de conseil et de gestion de fonds chez BlackRock. Ironie du sort, pour éviter elle-même tout conflit d’intérêts, la banque centrale hollandaise avait décidé en 2007 de confier la gestion du fonds de pension de ses salariés à… BlackRock.

Pantouflage et lobbyisme

Pour étendre son influence en Europe, BlackRock s’est entouré de personnalités connues. George Osborne, 46 ans et ministre des finances britannique de 2010 à 2016, sous David Cameron, dirige aujourd’hui la rédaction du quotidien The Evening Standard et se rend un jour par semaine chez BlackRock, comme conseiller. Sa rémunération est à la hauteur de sa notoriété : 650 000 livres (739 600 euros) par an.

Au cours des deux dernières années à son ministère, George Osborne a rencontré à cinq reprises des cadres de BlackRock… tandis qu’il réformait les retraites et permettait aux gestionnaires d’actifs d’accéder à un marché annuel de 25 milliards de livres. Rupert Harrison, son chef de cabinet, a lui aussi été débauché par le fonds. « Compte tenu de son expérience dans la mise en place de la récente réforme des retraites au Royaume-Uni, il jouit d’une position unique pour nous aider à développer notre offre aux retraités », déclarait sans ambages l’entreprise américaine dans un communiqué.

En Allemagne, c’est Friedrich Merz, l’ancien chef du CDU au Parlement, le parti d’Angela Merkel, qui gère actuellement l’antenne locale du gestionnaire d’actifs. En Suisse, c’est Philippe Hildebrand, l’ancien patron de la banque centrale de Suisse, qui a été recruté. En Grèce, BlackRock opte pour Paschalis Bouchoris, l’ex-responsable d’un programme gouvernemental de privatisation.

Quant à la France, son président s’appelle Jean-Francois Cirelli, ancien conseiller économique de Jacques Chirac, puis directeur de cabinet adjoint de Jean-Pierre Raffarin. Cet énarque a dirigé GDF à partir de 2004 en menant le groupe vers la privatisation. Puis, lors des dernières élections présidentielles, il a rejoint le comité de campagne d’Alain Juppé, tout comme l’actuel premier ministre Édouard Philippe.

Et à Bruxelles ? Depuis 2010, BlackRock est installé au premier étage du 35, square de Meeûs, face à un parc où se pressent, le midi en semaine, quand le soleil est au rendez-vous, les fonctionnaires européens. D’après le registre de transparence de l’Union européenne, BlackRock a déclaré avoir dépensé en 2012 quelque 150 000 euros pour son activité bruxelloise. Mais dix fois plus dès 2014.

Entre novembre 2014 et mars 2018, le gestionnaire américain a sollicité à 33 reprises – et obtenu – une rencontre avec des membres de la Commission européenne. D’après une source au Parlement européen, BlackRock organise aussi des « journées d’information »à destination des assistants parlementaires. « Pour leur expliquer le fonctionnement d’un produit ou comment des fonds passifs peuvent servir à améliorer la croissance économique. Au bout du compte, ces assistants parlementaires sauront conseiller les députés au mieux… », précise-t-elle.

 

Christine Lagarde (FMI), Haruhiko Kuroda (banque du Japon), Philip Hammond, ministre britannique des finances, Larry Fink (BlackRock) et Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, à Davos en 2017. © Reuters © ReutersChristine Lagarde (FMI), Haruhiko Kuroda (banque du Japon), Philip Hammond, ministre britannique des finances, Larry Fink (BlackRock) et Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, à Davos en 2017. © Reuters © Reuters

 

Contre toute régulation 

Professeur de macroéconomie à l’Université de l’ouest de l’Angleterre (UWE) à Bristol, Daniela Gabor, a suivi bien des débats bruxellois sur la régulation de la finance dès 2013, quand le commissaire européen au marché intérieur Michel Barnier promettait de renforcer les règles du système financier. « Le commissaire britannique voulait que la commission travaille main dans la main avec les financiers et à chaque fois qu’un débat, qu’une audition était organisée, les gens de BlackRock étaient là », se souvient Daniela Gabor.

« J’ai alors compris que ce n’étaient plus les banques qui avaient le pouvoir mais les gestionnaires d’actifs. On nous répète souvent qu’un gestionnaire est là pour placer notre argent, pour nos vieux jours… mais c’est bien plus que ça, poursuit-elle. Selon moi, BlackRock reflète le renoncement de l’État-providence. Sa montée en puissance va de pair avec des changements structurels en cours : des changements dans la finance mais aussi dans la nature du contrat social qui unit le citoyen et l’État. »

Daniela Gabor explique que la Banque centrale européenne, qui sollicite BlackRock pour auditer les banques, n’a aucun pouvoir sur cette société. « L’argument de BlackRock est simple : nous ne faisons pas de leverage, nous n’agissons pas comme les banques donc nous n’avons pas besoin d’être régulés comme une institution systémique. » De fait, BlackRock passe sous tous les radars. « Ils peuvent être régulés pour des raisons dites microprudentielles, pour protéger leurs clients, mais pas en tant qu’institution financière en vue de garantir une stabilité financière globale. »

AMF et BlackRock, deux compagnons de route

Côté français, comme tout gestionnaire d’actifs, BlackRock doit déclarer auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) le franchissement de certains seuils – 5 % puis 10 % – lors d’une prise de participation dans une société cotée à la Bourse de Paris. En outre, l’AMF vérifie les brochures commerciales de ses produits financiers adressés aux clients potentiels. Et rien d’autre. Un cadre du gendarme de la Bourse s’étonne de nos questions sur la faiblesse des contrôles autour de ce gestionnaire. « Pour ses activités en Europe, BlackRock a son siège en Angleterre, c’est avec eux qu’il faut voir. Nous ne donnons qu’un coup de tampon. »

 © Reuters© Reuters
Quand, par exemple, BlackRock déclare à l’AMF détenir 5,16 % du groupe Casino à travers deux filiales, la base de données financières Thomson One, du groupe Thomson Reuters, comptabilise pour sa part, à la même période, déjà 9,66 % via six filiales différentes. Idem chez Safran avec un enregistrement de 6,22 % à l’AMF, soit moins que les 9,03 % indiqués par Thomson One. Devant cette incohérence de chiffres, le régulateur français ne livre aucun commentaire. Mêmes bizarreries auprès du régulateur allemand à propos de sociétés comme Deutsche Wohnen, Vonovia, Deutsche Post, Bayer AG. L’autorité promet une « clarification ».

 

Si l’AMF semble peu regardante vis-à-vis de BlackRock, celui-ci ne se prive pas en retour de lui donner quelques conseils. « Nous invitons l’AMF à réduire les barrières juridiques » ou « nous serons heureux d’aider l’AMF à développer une approche adaptée » sont quelques-unes des formules figurant dans une lettre adressée en 2013 aux autorités boursières. L’objectif est simple : éviter toute régulation.

Régulièrement, des enquêtes de BlackRock figurent dans les publications de l’AMF. La Lettre mensuelle de l’observatoire de l’épargne donne des sondages « BlackRock » sur les comportements des épargnants français. Les Français sont-ils suffisamment confiants pour investir (juin 2016) ? Les Françaises épargnent-elles plus que les Français (avril 2016) ? Les Français sont-ils plus nombreux à préparer leurs vacances ou leur retraite (décembre 2013) ? BlackRock a réponse à tout.

En novembre dernier, l’AMF organisait une table ronde où le président de BlackRock France comptait parmi les intervenants. Jean-François Cirelli a souligné leurs atomes crochus : « Nous tenons à ce que les régulateurs nationaux gardent cette proximité de terrain. […] Comment renforcer l’idée auprès de nos autorités publiques, auprès de nos clients qu’il faut investir pour la retraite dans les marchés de capitaux ? Comment peut-on profiter du post-Brexit ? L’AMF a publié un rapport sur [la façon de bien] investir à long terme sur les actions et cela va dans ce sens aussi. »

Attentif à une réforme française de l’épargne-retraite en sa faveur, dont les contours ont été distillés par le ministre Bruno Le Maire, BlackRock peut déjà compter sur le zèle de Valdis Dombrovskis sur le front européen. Ce Letton est commissaire européen à la stabilité financière, mais aussi l'un des vice-présidents de cette commission. Il est à l’origine du produit paneuropéen d’épargne-retraite individuelle (PEPP), une nouvelle catégorie de produits d'épargne-retraite annoncée pour l’an prochain au sein de l’Union et actuellement en phase d’expérimentation auprès des salariés chercheurs, du privé comme du public. Fondé sur le volontariat, le programme s’appelle Resaver… et c’est à BlackRock que Valdis Dombrovskis a confié la tâche de gérer l’épargne des participants.

Conflit d’intérêts

Le pouvoir d’influence qu’a acquis BlackRock en quelques années sur les États finit par interroger. Ses multiples rôles aussi. Un point notamment pose question : le pouvoir« horizontal » qu’il a construit dans certains secteurs – aéronautique, construction, spiritueux, petit appareillage électrique… – au travers de ses investissements dans les sociétés. Il se retrouve vite actionnaire de tous les grands du même secteur. En chimie par exemple, BlackRock domine de chaque côté de l’Atlantique avec des participations importantes – entre 5 et 10 % – dans tous les grands groupes mondiaux de chimie : Bayer, BASF, DuPont, Monsanto, Linde et les français Arkema et Air Liquide. Ces entreprises a priori en concurrence se retrouvent de fait avec un même actionnaire qui peut, au gré de ses intérêts, pousser à des concentrations, des spécialisations, des cessions.

Cette situation ne faisait pas débat jusqu’à ce que deux économistes, José Azar et Martin Schmalz, de l’université du Michigan, publient un rapport sur le « common ownership » (« propriété commune ») en 2016. D’après eux, les clients de BlackRock n’auraient rien à gagner à ce que des entreprises dans lesquelles le gestionnaire est actionnaire se mènent un combat sans merci. Les deux chercheurs se sont penchés sur le secteur de l’aviation commerciale et ont constaté un alignement du prix des billets à la hausse parmi les cinq principales compagnies aériennes américaines, dans lesquelles BlackRock et son rival Vanguard ont des participations.

En Allemagne, l’autorité de la concurrence a exprimé des doutes : « Il existe un risque potentiel significatif de déformer la concurrence à travers des actionnariats horizontaux, entre des sociétés du même secteur économique. »  En France, l’Autorité de la concurrence botte en touche : « Nous n’avons pas de travail de réflexion spécifique en cours sur ce sujet en ce moment. » Mais le 16 février dernier, la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a prononcé un discours sur ce thème et promis le lancement d’une étude pour mesurer l’ampleur de cet actionnariat horizontal.

Naturellement, BlackRock préférerait rester éloigné de ces polémiques et offrir le visage d’une entreprise engagée pour le bien-être de l’humanité. Dans une lettre envoyée le 12 janvier aux patrons des entreprises dont il est actionnaire, Larry Fink invitait à travailler plus activement au service du bien commun. Ce à quoi s’emploierait âprement son représentant français.

Jean-François Cirelli est quant à lui membre du « comité Action publique 2022 », créé par le premier ministre Édouard Philippe pour réfléchir aux services publics de demain. Quand on lui demande la nature de sa contribution, il désigne le service public pour l’accès à l’emploi et le mécanisme du financement des retraites complémentaires. « Je réfléchis sur deux points. 1) Que faut-il faire pour que Pôle emploi réponde encore mieux aux évolutions de l’emploi et permette de mieux orienter les chômeurs. 2) Est-ce que les cotisations Agirc Arrco devraient être prélevées par l’Urssaf qui en collecte déjà plus de 400 milliards plutôt que de laisser l’Agirc Arrco les collecter eux-mêmes. » Puis ajoute : « Et je vous le confirme, il n’y a rien de BlackRock là-dedans. D’ailleurs, j’ai fait exprès de prendre des sujets sans conflits d’intérêts… »

http://www.rallumerlesetoiles.com/2018/05/blackrock-ce-leviathan-de-la-finance-qui-pese-sur-les-choix-europeens.html

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vendredi 18 mai 2018

iMAGES DU JOUR

Plutôt de l'humour noir cette semaine, pour la compilation du site "Les Crises", malheureusement.  P.G.

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mercredi 16 mai 2018

Cahuzac n'ira pas en prison...

Jérôme Cahuzac condamné à 4 ans de prison, dont deux avec sursis, et 300 000 euros d'amende

ACT CAHUZAC PRISON

Jérôme Cahuzac, l'ancien ministre du budget de François Hollande, a été condamné ce 15 mai à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et 300 000 euros d'amende. Sa peine étant aménageable, il ne devrait pas aller en prison.

Il avait fini par démissionner du gouvernement en 2013 après la révélation par Mediapart fin 2012 de son compte caché. Jérôme Cahuzac, l'ancien ministre du Budget de François Hollande, a été condamné ce 15 mai par la cour d'appel de Paris à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour fraude fiscale et blanchiment. Cinq ans après avoir déclenché le plus retentissant scandale du quinquennat de François Hollande, l'ancien héraut de la lutte contre l'évasion fiscale, s'est également vu infliger une amende de 300 000 euros, assortie d'une peine de cinq ans d'inéligibilité.

Sa peine devrait être aménagée

Il n'ira sans doute pas en prison, toute peine allant jusqu'à deux ans d'emprisonnement offrant la possibilité d'un aménagement immédiat, en l'absence de récidive. Jérôme Cahuzac «ne mérite pas la prison», a affirmé, à la sortie de l'audience, son avocat Eric Dupond-Moretti, qui a également annoncé qu'il déposerait une demande d'aménagement de peine.

En février dernier, pendant son procès en appel, Jérôme Cahuzac avait fait savoir : « Je ne souhaite pas que ma mère et mes enfants me voient aller en prison. J’éprouve un sentiment assez banal, la peur. La peur d’aller en prison, j’imagine comme tout le monde.» Sa défense avait demandé une peine qui «n'accable pas plus que nécessaire un homme cassé», mettant en garde contre le risque de suicide de l'ancienne étoile montante socialiste.

Le jugement rendu ce 15 mai constitue un camouflet pour le Parquet national financier qui avait réclamé la confirmation des trois ans de prison ferme infligés à l'ancien ministre en première instance, en 2016, pour une faute «d'une exceptionnelle gravité».

Quelques jours avant que la cour d'appel ne rende son verdict, Jérôme Cahuzac patientait en Corse. Pour décrire l'attente de l'accusé, le magazine Paris Match s'est livré à un récit particulièrement lyrique le 11 mai, reprenant à l'envi les témoignages de son entourage.

https://francais.rt.com/france/50704-jerome-cahuzac-condamne-4-ans-prison-sursis-300-000-euros-amende

affiche fl la fontaine justice

Selon que vous serez puissant ou misérable, - Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Fables (1668 à 1694), Livre septième, I, les Animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine

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