jeudi 12 octobre 2017

Il est grand temps de réviser la directive sur les travailleurs détachés

Pour Patrick Bernasconi et Georges Dassis, du CESE, la révision de la directive sur les travailleurs détachés est urgente et et indispensable dans une union qui doit constamment viser une harmonisation vers le haut.

Patrick Bernasconi est le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Georges Dassis est le président du Comité social et économique européen, le CES européen.

ARG TRAVAILLEURS DETACHESLa Commission européenne a mis sur la table du Parlement européen et du Conseil de l’Union, en mars 2016, une proposition de révision de la fameuse directive 96/71/CE concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services.

En août 2017, Emmanuel Macron, le président de la République française, a remis cette question des travailleurs détachés au cœur du projet européen. Lors de son déplacement en Europe centrale, il a relancé le débat autour de la réforme de cette directive, une condition, selon lui, du maintien de « l’unité européenne ».

Comme représentants de la société civile organisée en France et en Europe, nous nous en réjouissons. Depuis 2015, le Conseil économique, social et environnemental français et le Comité économique et social européen n’ont cessé de se mobiliser pour encourager une refonte du statut des travailleurs détachés, en y consacrant deux avis, en septembre 2015 et  en décembre 2016.

Chaque année, le nombre de travailleurs détachés n’a cessé de croître, engendrant des dysfonctionnements entre pays. Le CESE français, notamment, a mis en évidence des fraudes massives, le recours à une main d’œuvre sous-payée et privée de droits ou encore la création de fausses entreprises.

La révision de cette directive est donc urgente et indispensable, mais s’oppose encore à une certaine résistance. Au niveau européen, elle divise les entreprises, notamment parce qu’elle effraye celles des États membres où les salaires sont les plus bas.

En 2016, plusieurs ministres du Travail ont d’ailleurs repris des propositions formulées par le CESE français dans une tribune en faveur de conditions de vie et de travail décentes pour tous, d’une rémunération équivalente à celle des travailleurs du pays d’accueil dès le premier jour du détachement, et d’une lutte contre les entreprises créées uniquement pour profiter des écarts de coûts salariaux entre les pays de l’UE.

Mais le projet n’a pas pu voir le jour en raison d’une opposition vigoureuse des chefs d’État et de gouvernement de onze pays, au motif qu’il s’agissait, pour eux, d’une question d’ordre national. C’est pourtant bien d’une directive européenne qu’il s’agit.*

L’Union doit tendre à une amélioration constante, pour tous. Elle doit viser une harmonisation, mais vers le haut. Jamais vers le bas.*

Nous avons donc la conviction qu’il faut mettre en place une meilleure protection des travailleurs et réduire le dumping social, qui engendre aussi un dumping entrepreneurial. Le principe selon lequel un même travail effectué au même endroit devrait être rémunéré de manière identique est la clef de voûte du socle des droits sociaux en Europe.*

Nous encourageons le Conseil de l’Union et le Parlement européen à aller plus loin. Les partenaires sociaux et les conventions collectives doivent servir de point de référence pour déterminer le niveau de rémunération des travailleurs concernés. Nous réclamons que soit assuré le caractère temporaire du détachement. Nous voulons davantage de coopération entre les États, avec mise en commun des données dont ils disposent afin de déjouer les fraudes et d’empêcher la concurrence déloyale. Nous insistons pour que la directive demeure applicable au secteur routier. Nous voulons que des mesures concrètes soient prises pour que les travailleurs détachés soient affiliés à un régime de sécurité sociale en temps utile, c’est-à-dire un certain temps avant le détachement, et nous pensons qu’il serait opportun de créer une « carte européenne du travailleur détaché » afin de faciliter les contrôles et de simplifier les procédures.

Les pouvoirs publics nationaux, y compris quand ils se réunissent au niveau européen, devraient répondre aux attentes de la société civile organisée. Une ambition : changer la perception de l’Union par les citoyens.

Elle doit en effet cesser d’apparaître comme responsable ici de la régression et là de la stagnation des conditions de vie et de travail, pour être perçue, à nouveau, comme un facteur efficace de progrès économique, social et environnemental pour tous.

http://www.euractiv.fr/section/economie/opinion/il-est-grand-temps-de-reviser-la-directive-sur-les-travailleurs-detaches/


 

OUTIL LOGO FREXIT LIMOUSINComme l'avait dit Bossuet, "Dieu se rit de ceux qui déplorent les malheurs publics dont ils chérissent les causes". Ce plaidoyer pour une Europe impossible est pathétique. Les dysfonctionnements reconnus ici et déplorés à juste titre auraient pour cause une forme d'égoïsme des Etats, ce qui est méconnaître la nature réelle de l'UE: une juxtaposition d'intérêts nationaux divergents censée aboutir à un compromis, ce qui n'arrive jamais, sauf sous une forme insatisfaisante pour toutes les parties. Ces appels désespérés sont d'autant plus pathétiques que leurs auteurs ont bien conscience des effets désastreux des politiques communautaires sur l'opinion publique dans les pays membres, mais faute d'imagination, ils persistent à déplorer la situation et à en appeler à la sagesse des institutions européennes. Ce qui n'arrivera pas, bien sûr. Et ils feront partie, en bout de course, de ceux qui nous expliqueront qu'il faut, d'urgence, une "autre Europe", enfin sociale! Comme le disait François Asselineau: "c'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves". Avec de telles protestations, l'oligarchie peut dormir tranquille...

P.G.

 

 

jeudi 5 octobre 2017

Ouverture à la concurrence ! Les salariés SNCF seront transférés de force…

La réalité de l’ouverture à la concurrence sera évidemment une casse sociale importante à la SNCF, mais pas uniquement sociale.

Tout le monde sait très bien que le rail nécessite des investissements tels qu’en gros, un système ferroviaire n’est jamais rentable ! JAMAIS.

ARG SNCF MACRON LUTTEIl est nécessairement financé et subventionné par de l’argent public.

D’ailleurs, l’exemple anglais récent est assez saisissant.

Le rail anglais était privé. Privé depuis en gros Thatcher. Et après 30 ans de sous-investissements chroniques, les gens mourraient tout simplement dans des accidents de train.

Alors l’État anglais a nationalisé le rail pour qu’à nouveau, les “con-tribuables” paient la remise à niveau des infrastructures.

Comme nous sommes dirigés par des vendus et des escrocs, qui habillent leur malhonnêteté sous les atours de l’idéologie libérale et du libre marché, nous redonnerons pour une bouchée de pain ce que les impôts du peuple ont mis des siècles à bâtir.

La concurrence à tout prix et le “privé” sont une idéologie aussi mortifère que de croire que le public ou l’État sont la réponse à tout.

L’économie est chose nécessitant raison et équilibre.

L’économie est chose nécessitant un grand pragmatisme.

En attendant, les gus de la SNCF qui seront transférés à la société X, Y ou Z n’auront pas leur mot à dire.

C’est “en marche” ou crève.

Charles SANNAT

Source AFP via Boursorama.com ici

https://insolentiae.com/ouverture-a-la-concurrence-les-salaries-sncf-seront-transferes-de-force/

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dimanche 1 octobre 2017

Budget : la contribution de la France à l'UE en hausse en 2018, à 20,2 milliards d'euros

Le ministre de l'Économie a une nouvelle fois promis une sortie rapide de la France de la procédure de déficit public excessif engagée contre elle par l'Union européenne.

Budget-la-contribution-de-la-France-a-l-UE-en-hausse-en-2018-a-20-2-milliards-d-eurosLa contribution de la France au budget de l'Union européenne va augmenter pour atteindre 20,2 milliards d'euros en 2018, selon le projet de loi de finances pour l'an prochain présenté mercredi par le gouvernement. La contribution française au budget européen, qui résulte d'un cadre pluriannuel négocié par la France avec ses partenaires au sein de l'Union, va ainsi gonfler de 2,3 milliards par rapport en 2017, a précisé Bercy.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a une nouvelle fois promis une sortie rapide de la France de la procédure de déficit public excessif engagée contre elle par l'Union européenne. "Il faut respecter l'Europe, la France qui ne tient pas ses engagements budgétaires, qui accumule les déficits et qui se trouve en procédure de déficit public excessif est une France dont la parole politique a perdu toute crédibilité", a estimé le ministre, tout en assurant que le niveau de déficit public serait ramené à 2,9% du Produit intérieur brut en 2017 et 2,6% en 2018.

Taxer les géants du numérique : cheval de bataille du gouvernement. Bruno Le Maire a par ailleurs réaffirmé les chevaux de bataille du gouvernement français à l'échelon européen, insistant tout particulièrement sur la question de la taxation des géants du numérique et celle de la concurrence fiscale en Europe. Il a notamment plaidé pour "taxer de manière juste et équitable tous les géants du numériques qui opèrent en France et en Europe, (...) sans payer leur juste contribution aux trésors publics des nations européennes", a taclé le ministre.

Réduire les écarts entre les taux d'imposition européens. En outre, "nous lutterons contre le dumping fiscal en Europe, (...) nous fixons désormais un objectif clair, réduire les écarts entre les taux d'imposition européens à la fin du quinquennat et faire dépendre de cette réduction de l'écart le versement des aides européennes pour les fonds structurels", a-t-il ajouté. Mardi, Emmanuel Macron a proposé lors d'un discours à La Sorbonne une série de propositions pour relancer le projet européen, notamment la création d'un ministre des Finances de la zone euro, d'un budget autonome et d'un contrôle parlementaire spécifique.

http://www.europe1.fr/economie/budget-la-contribution-de-la-france-a-lue-en-hausse-en-2018-a-202-milliards-deuros-3448094

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samedi 30 septembre 2017

Auchan vient d’ouvrir des magasins automatiques sans employé ouverts 24h/24 !!

Fin des caissières ?

ARG AUCHAN ROBOTSC’est la question que se pose France 2 dans ce reportage, et pour une fois, la réponse est claire : oui, c’est la fin des caissières, et avec cette fin des caissières c’est aussi la suppression de 180 000 postes ! Oui 180 000 emplois qui seront rayés d’un trait ou presque, et ce ne sera pas les seuls évidemment tant la révolution technologique en cours va bouleverser profondément le marché de l’emploi en détruisant l’immense majorité des postes qui existent aujourd’hui, même ceux qui peuvent sembler qualifiés.

Il y a ce Monop’ parisien qui permet de scanner vos courses avec votre smartphone pour gagner de précieuses minutes pour votre emploi à vous au détriment de l’emploi des autres.

Et puis raffinement ultime, il y a cette boutique 100 % autonome et automatique, sans intervention humaine ouverte par Auchan en Chine.

Pas de personnel.

Flippant et inquiétant.

Pour rester informés de toutes ces mutations économiques, n’oubliez pas de vous inscrire à ma lettre d’informations gratuite.

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/auchan-vient-douvrir-des-magasins-automatiques-sans-employes-ouverts-24h24/


 

OUTIL COMMENTAIRES D INTERNAUTESQuelques commentaires à l'article:

*Super ! Moins de caissières, mais plus d’agents de sécurité ! Tous traités en voleurs, de manière aléatoire, une fois sur dix. Je déteste déjà, avant même d’avoir testé.

*Bonjour, il me semble assez facile de ne pas souscrire et participer à ce genre de magasin déshumanisé, c’est de ne pas y aller tout simplement!!!! nous avons le choix , pour l’instant du moins. cordialement,

*Le problème ce n’est pas seulement la perte d’emploi et le chômage. Ils vont faire comment pour faire fonctionner le système? L’ensemble des salariés sont aussi les clients. L’actionnaire ne fait que prélever un impôts privé sur le circuit salaire / achat. S’il n’y a pas de salaire, il risque de ne pas y avoir beaucoup d’achats.

*De véritables génies les mecs !
Ils licencient et remplacent le personnel par les clients qui doivent scanner eux-mêmes leurs produits encore et toujours plus chers.
Les bénéfices devraient atteindre des sommets…

*La bonne nouvelle c’est que je pourrai acheter ma bibine n’importe quand et la caissière ne me regardera plus de travers.

*Marrant que ça étonne, c’est comme effectuer le recyclage des déchets. On ce casse le cul à se demander quelle est la bonne poubelle, alors qu’avant quelqu’un etait employé pour le faire. Vous avez vu une baisse des cotisations de fin d’année pour les ordures? Pas moi…

*Le plus inquiétant est encore qu’ils n’ont pas l’air de se soucier de qui seront les clients, quand plus personne n’aura d’emploi et donc de salaire pour consommer ?
Le revenu universel ? On voit bien qu’on ne tend pas vers ça (baisse -avant disparition définitive – des APL, des remboursements de sécu, des allocations familiales, des retraites etc.), quant à l’imposition de tous ces grands groupes qui remplacent l’homme par la machine ou l'”intelligence artificielle” (Amazon, Auchan et autres), tout est mis en place pour les aider à ne payer presqu’aucun impôt – impôt pourtant indispensable à la redistribution.
D’où ma question : quel est leur projet concernant les 7 milliards d’individus qui deviennent de plus en plus “inutiles” ? Pour ma part je crains le pire… D’autant que comme je l’avais déjà dit précédemment ici, tout ceci est peut-être à mettre en perspective avec l’alimentation industrielle pleine de pesticides, les OGM, les perturbateurs endocriniens, la surexposition aux ondes électromagnétiques avec le développement de la 5G, des compteurs “intelligents”, mais aussi la sur-vaccination et tout le reste (effondrement économique global qui semble parfois souhaité et organisé, paupérisation des masses, guerres et chaos déclenchés intentionnellement un peu partout dans le monde dont en Europe via l’invasion migratoire que nous subissons etc.).
Et pour ceux à qui mon raisonnement pourrait paraître excessif, je leur rappelle ce que nos dirigeants ont été capables de faire encore récemment en Irak (1.5 million de morts), en Syrie (500 000 morts) et ailleurs. Après ça, on peut tout imaginer…

Je tenais à ajouter qu’en prime nos économies basées sur le capitalisme de copinage – et sur la dette qui va avec – sont totalement verrouillées et administrées par l’Etat afin de servir les intérêts des grands groupes et que contrairement à bons nombres de pays pauvres, il n’est même pas possible chez nous d’installer une table et deux tréteaux dans la rue pour vendre des bricoles, ni de faire le taxi à moindres frais avec un tuk-tuk ou un tricycle (une licence de taxi à Paris coûte au bas mot 200 000€) et qu’il n’y aura par conséquent que très peu de moyens de subsistances encore disponibles à la population pour survivre quand elle n’aura plus ni emploi ni salaire.
Que va devenir par exemple toute cette frange de la population parquée dans des tours en périphérie des grandes villes si le système de redistribution s’arrêtait ?
Et malheureusement l’on voit bien que l’Etat ne va pas vers un assouplissement de ses contraintes et règlementations afin de permettre au peuple de se débrouiller tout seul. Et pire il continue en prime d’augmenter la pression fiscale sur ceux qui arrivent encore un peu à sortir la tête de l’eau (tout en baissant d’autant la contrepartie qu’est la redistribution), quitte à couler nombre de petites et moyennes entreprises et à aggraver encore un peu plus le chômage de masse.
Tout ça pour dire qu’au final, les économies de certains pays pauvres sont probablement beaucoup plus résilientes aux chocs économiques à venir que celles de bon nombre de pays “développés” et qu’il est assez effrayant de constater que la seule et unique réponse de nos dirigeants aux grands changements à venir, se résume à mettre en place les moyens de tout verrouiller et de tout contrôler en ne laissant aucune échappatoire aux populations (avec en tête de liste la disparition programmée de l’argent liquide qui empêchera presque tout système D).

(...)

* Et bientôt, on l'espère, des magasins Auchan ouverts 24h/24 et 7j/7, sans employés ET SANS CLIENTS !

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Code du travail : les routiers "effarés" après une rencontre avec patronat et ministère

Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives.

deuxieme-journee-de-protestation-des-routiers(Crédits : Regis Duvignau) Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" après une réunion avec le ministre des Transports Elisabeth Borne, et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route". Une nouvelle réunion est programmée le 4 octobre

Loin de résoudre les problèmes existant, la réunion en a amené d'autres. Les syndicats sont sortis "effarés" jeudi soir après s'être entretenus avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne et les fédérations patronales, avec lesquelles les discussions ont été "très tendues", notamment sur l'application de la réforme du travail par ordonnances.

Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route", ce qui représente un "coup de tonnerre" pour la profession, selon Jérôme Vérité (CGT), qui s'est dit "effaré" à la sortie du ministère. Ces indemnités (repas, frais de découcher...) peuvent représenter jusqu'à "1.000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue", a-t-il expliqué à l'AFP, FO évoquant de son côté entre "600 et 1.200 euros par mois" selon le type de mission.

Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué à l'AFP Christian Cottaz pour la CFDT. Les syndicats ont demandé à ce que les primes soient sanctuarisées, mais "le patronat ne veut rien lâcher", selon Patrice Clos de FO. "Très énervée", la CFDT a claqué la porte au cours de la réunion qui a duré 5 heures.

Nouvelle réunion le 4 octobre

Une nouvelle rencontre est prévue le 4 octobre entre syndicats et fédérations patronales, qui ont quitté le ministère vers 21H00 sans commentaire. La rencontre pourra servir à "évoquer les éléments liés à la rémunération, sur lesquels il y a des inquiétudes, sur la question de l'ancienneté notamment", a déclaré plus tard à l'AFP Jean-Marc Rivera de l'OTRE.

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, la ministre a "pris acte" du fait que "de nouveaux sujets sont apparus lors de la discussion". "Ces sujets vont être expertisés, et le dialogue doit se poursuivre dans un esprit constructif et responsable", a-t-elle indiqué.

L'expertise devra porter sur "les frais de déplacement spécifiques aux chauffeurs routiers", précise le communiqué, qui ajoute que Elisabeth Borne a "proposé par ailleurs que les accords d'entreprise sur les rémunérations dans le transport routier fassent l'objet d'un suivi par les observatoires de la négociation, prévus par les ordonnances, en lien avec les instances nationales de branche".

D'ici au 4 octobre, la CGT va faire "le tour des troupes" pour décider des suites à donner au mouvement reconductible qu'elle a lancé lundi avec FO, selon son représentant qui imagine "remettre un grand coup dès la semaine prochaine". FO "n'appelle pas à lever la grève" en cours, a indiqué pour sa part Patrice Clos. De leur côté, CFDT et CFTC laissent planer la menace d'une grève à partir du 10 octobre.

(avec AFP)

Posté par ddupr à 08:13 - - Permalien [#]
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vendredi 1 septembre 2017

Crise migratoire : un « nouvel engagisme » ?

Sujet délicat, et considéré comme "clivant" à l'UPR. Car rien ne saurait nous détourner de notre objectif principal: l'indépendance de la France. Hors de question, dans ces conditions de nous diviser sur des sujets qui seront réglés lorsque nous aurons récupéré les "manettes". Ce n'est pas une raison pour ne pas réfléchir à ces questions, d'autant que notre programme prévoit un référendum sur la politique d'immigration. Prenons le temps d'une réflexion sereine et intelligente, loin des excès des uns et des autres. L'article que je vous propose ici m'a l'air équilibré et pertinent, tout en évitant les poncifs habituels. A vous de juger. P.G.


 

ARG MIGRANTS

Qu’est-ce que l’« engagisme » ?

Sous la pression d’un fort courant abolitionniste, l’esclavage issu de la traite négrière fut aboli en 1830 dans les colonies anglaises, en 1848 dans les françaises, à l’avènement de la IIe République. Préférant ne pas employer les anciens esclaves, les grands intérêts économiques de ces colonies organisèrent la venue d’une main-d’œuvre issue de pays de l’océan Indien composée de travailleurs immigrés pauvres qu’on appelait « les engagés », le phénomène global étant nommé «l’engagisme ». Quel éclairage l’étude des mécanismes de ce qui fut une grande migration peut-il apporter à la crise des migrants à laquelle l’Europe est aujourd’hui confrontée ?

La décision allemande d’importation de main-d’œuvre à bas coût.

En septembre 2015, Angela Merkel a surpris l’Europe en annonçant que l’Allemagne était prête à accueillir sur son sol 2 millions de « réfugiés ». Ce petit chef-d’œuvre tactique et stratégique a pris à contre-pied tous les pays confrontés à la pression migratoire à leurs frontières. Tactique parce que comme d’habitude avec la chancelière dans sa gestion du court terme, cela permettait de redorer l’image de l’Allemagne en la présentant comme généreuse et accueillante dans le même temps où sa conduite de l’Union Européenne et sa gestion de l’euro martyrise les peuples des pays que ses médias appellent avec mépris «pays du Club Med». Et stratégique parce que la raison principale est bien évidemment la demande du patronat allemand combinée à l’anxiété des couches supérieures face à la crise démographique. Les Allemands sont en dessous du taux de renouvellement des générations, il faut absolument trouver de la main-d’œuvre. On va donc piller les pays du Sud de l’UE en important leurs diplômés supérieurs, contraints d’émigrer en Allemagne puisque, dans la division du travail européenne, ils n’ont plus de débouchés professionnels chez eux. Pillage parce que bien entendu, l’Allemagne accueille ces compétences, le coût la formation étant à la charge des  pays d’origine, il n’y a pas de petites économies…

Mais il faut aussi des bras pour les travaux durs, et quoi de mieux que de jeunes immigrés surnuméraires dans leur pays d’origine, que l’on pourra exploiter beaucoup plus facilement que les couches populaires des pays développés européens qui ont déjà un siècle et demi de tradition de luttes et d’organisation.

 

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Alors a été lancée à grande échelle l’opération «refugees welcome ». Devant l’évidence, le terme «réfugiés» a fini par disparaître au profit de celui de « migrants ». Mais la propagande a continué avec les mêmes armes : culpabilisation, appel à la compassion, injonctions morales, mensonges éhontés, et surtout l’invisibilation de tous ces pauvres des pays européens premières victimes de la mise en œuvre de cette gigantesque opération. Parce que  chose extraordinaire, toutes les interventions politiques et médiatiques à propos de cette migration sauvage ne se placent que du point de vue des migrants. Car il faut être clair, le sort qui leur est fait conséquence de cette opération cynique est simplement dramatique. Et ils sont évidemment les premières victimes de ces nouveaux trafics. Mais c’est aussi le cas de ceux, à peine moins pauvres qui prennent aussi de plein fouet une triple spoliation sur laquelle on reviendra plus loin. Opération cynique, car à qui fera-t-on croire que les autorités allemandes ont imposé cette solution à l’UE parce que leur cœur saignait face à la détresse des réfugiés de ces pays où l’Occident a porté la guerre ? Soyons sérieux. Il s’agit simplement « dans les eaux glacées du calcul égoïste », de la mise en place d’un nouvel « engagisme » destiné à importer de la main-d’œuvre docile et peu coûteuse. Comme ce fut le cas au XIXe siècle dans les colonies après l’abolition de l’esclavage. Mais s’il ne faut pas mécaniquement comparer ce qui n’est pas comparable, l’identification des traits communs est révélatrice.

Comparaison est parfois raison.

Le premier est la communauté d’objectifs: fournir des bras à l’économie, soit parce qu’il en manque ou parce que ceux qui sont là sont désormais hors-jeu. C’est ce qui s’est passé lorsque l’esclavage ayant été aboli, les planteurs refusèrent de salarier les anciens esclaves et préférèrent faire venir du « matériel neuf » renvoyant les esclaves libérés à leur misère et à leur marginalité dont on voit encore aujourd’hui les effets. (...)

En second lieu les méthodes utilisées relèvent de la même logique. Il y eut deux sortes d’engagisme, l’un non réglementé, qui vit les razzias se poursuivre sur les côtes de l’Afrique de l’Est et de Madagascar, la différence résidait dans le caractère contractuel des conditions soumises à l’engagé devenu une sorte de serf par rapport aux anciens esclaves. La deuxième forme résultait d’un encadrement juridique plus strict, par exemple les accords existants entre la France et l’Angleterre pour le « cheptel » prélevé aux Indes. Cet encadrement n’était pas destiné à mieux protéger les coolies bien sûrs, mais à permettre aux États de conserver le contrôle du trafic.

C’est exactement ce qui s’est passé récemment avec la Turquie. La crise de l’été 2015, et l’arrivée massive des migrants, passant de la Turquie à la Grèce avant de rentrer dans les Balkans, a été réglé par la négociation, disons, des marchandages avec Erdogan. Le point de départ pour l’Europe des migrants s’est alors déplacé à la Libye dont on sait dans quel état l’a laissée l’intervention franco-anglaise. Après plus d’un an d’anarchie à base de violence, de racket, voire de véritables « marchés aux esclaves » s’est mise en place une forme de régulation étrange. L’acheminement des stocks étant « sous-traité » à d’étranges intervenants. Le crime organisé en Libye pour acheminer jusqu’aux ports, contrôler les embarquements et percevoir sa dîme. Prise en charge ensuite par des « ONG » à l’origine et aux financements opaques, capables d’armer de véritables petits paquebots et qui viennent récupérer les malheureux à proximité des côtes libyennes pour les acheminer en Italie. D’après les chiffres officieux, moins de 2 % des migrants réaliseraient le voyage direct de Libye en Italie sur leurs embarcations de départ.

En Italie, où là aussi, la mafia toujours rapide à identifier les sources de revenus, contrôle désormais l’essentiel des filières de la remontée de la péninsule. En France, il semble que l’on soit a priori à l’abri pour l’instant d’une trop grande criminalisation du processus, à part peut-être pour l’alimentation des réseaux de prostitution. La cohorte des belles âmes, généreuses avec la misère et l’argent des autres pour s’acheter une bonne conscience, est semble-t-il pour l’instant suffisante. Et sous leur pression, l’État met la main à la pâte tout en mesurant la nécessité de son implication dans l’organisation. Ainsi, on vient d’apprendre qu’Emmanuel Macron s’était mis d’accord avec Angela Merkel pour mettre en place une « sélection » au départ, des migrants.

Le troisième point commun relève du préjudice subi par les couches populaires confrontées à cette volonté d’importation de main-d’œuvre. Une petite connaissance de l’île de la Réunion et de l’île Maurice, permet d’appréhender au travers du statut social économique des communautés créoles noires, les conséquences dans la durée, de l’engagisme tel qu’il s’est pratiqué. Ce qui permet d’ailleurs d’alimenter un racisme latent justifiant le statut inférieur de ces communautés.

Pour prendre l’exemple de la France d’aujourd’hui, les Français pauvres sont confrontés à une triple spoliation. Tout d’abord avec la décision de considérer qu’une partie des couches populaires, des chômeurs, des précaires, des plus pauvres est définitivement désaffiliée. Ils étaient déjà délaissés, ils seront abandonnés. Ensuite, cette gestion des migrants coûte cher à la collectivité. Et ce sont les institutions en charge du social dont les budgets sont déjà dramatiquement bas qui doivent faire face à ces importants surcoûts. Enfin, les mêmes couches populaires, déjà en situation d’insécurité matérielle, culturelle, et en panne d’espoir pour leurs enfants, se cabrent et prennent en haine ceux dont ils ont le sentiment qu’ils leur volent le peu qu’il leur reste et cherchent à leur imposer un modèle culturel dont ils ne veulent pas. C’est se tromper d’adversaire, les migrants n’étant comme eux-mêmes, ni particulièrement méchants, ni particulièrement gentils. Mais ils sont plongés dans une misère noire, désespérés de ne pas trouver l’eldorado qu’on leur avait promis, et confrontés à des modes de vie qui leur sont étrangers.

Alors, parler dans ces conditions de cohabitation harmonieuse et essayer d’imposer à coup d’injonctions morales, ce qui est perçu de part et d’autre comme une souffrance, c’est être soit irresponsable, soit cynique. Chez les politiques et les belles âmes, les trafiquants du «nouvel engagisme», il semble que l’on soit souvent les deux.

(...)

Image: Flickr

Source: http://www.vududroit.com/2017/08/crise-migratoire-nouvel-engagisme/

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samedi 26 août 2017

"Arrogance" et "manque d'expérience": la Première ministre de Pologne dézingue Emmanuel Macron

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Alors que la Pologne refuse de modifier la directive sur les travailleurs détachés, Emmanuel Macron a sévèrement tancé ses dirigeants, ce vendredi 25 août. La Première ministre lui a vertement répliqué, mettant en avant ses "déclarations arrogantes", son "manque d'expérience" et ses "lacunes".

Même à l'échelle européenne, l'état de grâce est bel et bien fini pour le "New Boy". Alors que l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron avait été jusqu'ici bien accueillie par ses partenaires européens, le Président français vient de se faire très sévèrement recadrer par Varsovie. Dans une interview accordée ce vendredi 25 août au média conservateur wpolityce, la Première ministre polonaise, Beata Szydlo, y va à la sulfateuse contre lui : "Peut-être ses déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d'expérience et de pratique politique, ce que j'observe avec compréhension, mais j'attends qu'il rattrape rapidement ces lacunes et qu'il soit à l'avenir plus réservé".

Il faut dire que notre Jupiter national l'a un peu cherché. Ce vendredi, le chef de l'Etat a critiqué très sévèrement le refus de la Pologne de réviser la directive sur les travailleurs détachés, qui permet aux citoyens européens d'être embauchés dans un pays tout en payant leurs cotisations sociales dans leur pays d'origine. Ce texte profite à de nombreux citoyens polonais qui se font facilement embaucher dans des pays plus riches, pour un salaire moins élevé que le Smic local mais plus important que ce qu'ils toucheraient dans leur pays d'origine.

Le Président aimerait limiter ces pratiques qu'il apparente à du "dumping social" et en a fait un des enjeux de son actuelle tournée européenne. D'où un certain désappointement en apprenant la fin de non-recevoir polonaise. "Le peuple polonais mérite mieux que cela et la Première ministre aura beaucoup de mal à expliquer qu'il est bon de mal payer les Polonais", a tancé Emmanuel Macron en conférence de presse ce vendredi.

On pouvait se douter que la chef du gouvernement polonais ne se laisserait pas humilier ainsi. Dans la même interview, elle se permet une vive réplique en pointant les difficultés de la France face au chômage et au terrorisme. "Je conseille à monsieur le Président qu'il s'occupe des affaires de son pays, il réussira alors peut être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne." Histoire d'enfoncer le clou, Beata Szydlo se pose même en défenseure des idéaux européens face à un Emmanuel Macron qui défendrait un certain protectionnisme : "Pour ce qui est des travailleurs délégués, c'est la Pologne et l'Europe centrale qui défendent les principes du marché commun alors que la France tente de démonter l'un des piliers de l'UE".

Le message paraît clair : la Pologne ne cèdera pas face aux coups de pression du Président français. A croire qu'à l'échelle internationale, il ne suffit pas de se proclamer "maître des horloges" pour imposer ses vues…

https://www.marianne.net/politique/arrogance-et-manque-d-experience-la-premiere-ministre-de-pologne-dezingue-emmanuel-macron


C'est beau la paix et l'amitié entre les peuples au sein de l'UE! Quant à l'Europe sociale, il faudra patienter...P.G.

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mercredi 23 août 2017

Professions réglementées : Bercy envisage de déréguler de nouveaux secteurs

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Selon les informations du journal Le Monde, le gouvernement envisage d'ouvrir de nouveaux secteurs à la concurrence dans sa prochaine "loi sur la transformation de l'économie" prévue pour le printemps prochain.

Lever les blocages de l'économie : cette idée, Emmanuel Macron l'a déjà portée, sans réellement l'imposer, lorsqu'il était ministre de l'Économie. Il pourrait désormais l'appuyer en tant que président.

Deux ans après une première loi "pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques" - où il avait libéralisé le marché des autocars et réformé les conditions d'exercice de certaines professions réglementées du droit, comme les notaires ou les huissiers de justice -, le chef de l'État et son gouvernement semblent vouloir s'attaquer une nouvelle fois aux professions réglementées. C'est en tout cas ce qu'assure Le Monde dans son édition du weekend.

Ce texte sera "l'une des grandes lois de 2018", a d'ores et déjà promis le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. À la mi-juillet, il avait donné une première description de ce "projet de loi cadre" qui aurait pour objectif principal de "simplifier" la vie des très petites, petites et moyennes entreprises. Sans plus de précisions. Le quotidien croit savoir que le texte sera finalement plus large et "devrait cibler toutes les sociétés, quelle que soit leur taille".

"Ce texte pourrait permettre d'ouvrir de nouveaux secteurs à la concurrence", explique un responsable au Monde. "Rien n'est encore arbitré, mais cela fait partie des discussions. À ce stade, nous préférons avoir le champ de vision le plus large possible, quitte à refermer ensuite certaines pistes". "Le champ est ouvert", confirme-t-on dans l'entourage du ministre. "Mais aucune décision n'a été prise pour le moment". Des consultations sont prévues pour l'automne auprès des parlementaires, des entreprises et des syndicats. "On sait que c'est explosif", a admis au Monde une source à Bercy.

En France, de nombreuses professions sont dites "réglementées", c'est-à-dire soumises à une autorisation délivrée par une autorité compétente. De l'avocat, au médecin en passant par le coiffeur ou le charcutier, il existe plusieurs centaines de métiers dont l'exercice est soumis à l'obtention de diplômes spécifiques, d'agrément ou d'inscriptions à des ordres.

http://actu.orange.fr/politique/professions-reglementees-bercy-envisage-de-dereguler-de-nouveaux-secteurs-magic-CNT000000M5wUa.html

 

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jeudi 17 août 2017

Natacha Polony – «Airbnb et les quarante voleurs»

natacha abnb

 

Natacha Polony – «Airbnb et les quarante voleurs»

https://sansapriori.net/2017/08/11/2072-natacha-polony-airbnb-et-les-quarante-voleurs/

LA CHRONIQUE DE NATACHA POLONY – Le capitalisme californien, mariage de la dérégulation financière et du numérique, n’a rien de la gentille utopie collaborative qui s’appuie sur le partage pour créer une nouvelle forme d’économie.

En France, huit professeurs agrégés en fin de carrière contribuent autant, par leurs impôts, aux hôpitaux, aux routes et aux écoles, qu’une multinationale américaine qui ruine un pan entier de notre économie.

Airbnb a payé, en 2016, 92.000 euros d’impôts.

  • Pourtant, la France est son deuxième marché, après les États-Unis. Un pays qui accueille 80 millions de touristes par an, quelle manne potentielle!

  • D’ailleurs, est-ce un hasard: si les touristes sont revenus en France, après le désastre de deux années marquées par les attentats, ils dépensent moins chez nous qu’ailleurs.

  • Et le sentiment d’insécurité qu’ils éprouvent du fait des pickpockets et des pilleurs divers et variés ne suffit pas à expliquer les économies qu’ils font.

  • Mais un appartement loué sur une plateforme numérique revient tellement moins cher que quelques nuitées dans un hôtel écrasé par les charges et les contraintes et qui doit répercuter le coût de l’Urssaf et des taxes sur la note du client.

Chez Airbnb, en revanche, on ne paie pas de charges. Et très peu d’impôts. Par un système de facturation depuis la filiale irlandaise, la commission de 12 % perçue sur la location ne passe jamais par la France.

L’entreprise ne crée aucun emploi, ni aucune richesse en France. Elle en détruit. Et les particuliers qui arrondissent leurs fins de mois en louant leur appartement n’ont pas conscience qu’ils créent un chômage dont les conséquences se verront sur leur propre fiche de paie, à travers les prélèvements, et sur leur feuille d’impôt, puisqu’il leur appartiendra de financer les infrastructures avec lesquelles Airbnb gagne des millions sans jamais en reverser aucun à la collectivité.

«Ce qu’on nous vante comme une libération des énergies n’est que le contournement de toutes les régulations mises en place par les États pour protéger les consommateurs»

Certains s’imaginent encore que ce système économique a quoi que ce soit à voir avec le libéralisme.

  • Une concurrence parfaitement déloyale,

  • la déstabilisation de secteurs économiques qui contribuent à la richesse nationale par des emplois, des savoir-faire et le paiement de leurs impôts,

  • l’instrumentalisation du droit,

  • l’absence de toute décence et la prédation érigée au rang d’art de vivre,

voilà qui aurait scandalisé les penseurs du libéralisme classique, mais qui semble tout à fait acceptable aux zélateurs actuels de l’économie dérégulée.

Ceux-là tentent de nous faire croire que refuser ce système à la fois injuste et destructeur reviendrait à prôner la collectivisation soviétique des moyens de production.

C’est confondre la liberté d’entreprendre avec le droit de piller. C’est oublier, surtout, que ce modèle ne relève d’aucune nécessité, mais bien de choix politiques.

Le capitalisme californien, mariage de la dérégulation financière et du numérique, n’a rien de la gentille utopie collaborative qui s’appuie sur le partage pour créer une nouvelle forme d’économie.

Ce qui nous est présenté comme une meilleure utilisation du capital existant – en l’occurrence un appartement que nous n’occupons pas forcément tous les jours de l’année – repose sur la transformation de toute activité humaine et de toute propriété en une occasion de profit. Ce qu’on nous vante comme une libération des énergies n’est que le contournement de toutes les régulations mises en place par les États pour protéger les consommateurs.

«La France y perd 60 à 80 milliards de recettes fiscales par an»

Mais n’oublions pas un acteur essentiel de ce jeu de dupes. Face au scandale provoqué par la révélation du montant dérisoire de l’impôt acquitté par Airbnb, Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a appelé les pays membres de l’Union à mettre en place une «assiette commune» de l’impôt sur les sociétés, qui permettrait de se mettre d’accord sur les données fiscales, et donc sur le montant d’impôt que doit payer chaque entreprise dans le pays où il exerce son activité.

Mais hors de question d’harmoniser les taux d’impôt sur les sociétés.

Mieux, ladite assiette commune risque fort de préserver les exemptions dont bénéficient les multinationales et qui leur permettent de payer nettement moins d’impôts que n’importe quelle PME.

La Commission européenne se réveille après des années d’optimisation fiscale forcenée par les géants du numérique américains, mais ne voudrait tout de même pas les fâcher trop[1].

La destruction des économies européennes va pouvoir se poursuivre encore longtemps.

La France y perd 60 à 80 milliards de recettes fiscales par an. Sans compter la fermeture d’hôtels, les emplois détruits, l’argent dépensé par les touristes, non pas en nuitées et petits déjeuners vendus par des artisans, mais en produits bas de gamme achetés en supermarché.

Quelques propriétaires d’appartements, bien sûr, se seront enrichis. Ce système aura même encouragé la spéculation immobilière en permettant à certains de se lancer dans l’investissement locatif. Certains quartiers de Paris se sont déjà vidés, et les colocataires subissent les nuisances d’inconnus peu enclins à préserver les parties communes. Ceux qui voulaient croire que la mort de notre industrie serait compensée par le triomphe des services devront sortir de leurs doux rêves.

Il n’est d’autre solution que de reconstruire, face à cette économie de la prédation, une économie réelle, reposant sur des circuits courts et récompensant la création de valeur. Une économie qui protège de la concurrence déloyale en compensant ces distorsions par un soutien actif. Une économie au service d’un modèle de société pour que la société ne soit pas soumise à une économie régie par les prédateurs.

lien[]

  1. http://premium.lefigaro.fr/societes/2017/05/24/20005-20170524ARTFIG00013-harmonisation-fiscale-l-europe-pietine.php

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 12/08/2017.

source/http://premium.lefigaro.fr/vox/economie/2017/08/11/31007-20170811ARTFIG00182-natacha-polony-airbnb-et-les-quarante-voleurs.php

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vendredi 28 juillet 2017

STX France : Bruno Le Maire annonce la nationalisation temporaire des chantiers navals

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STX France : Bruno Le Maire annonce la nationalisation temporaire des chantiers navals

Le ministre de l'Economie a finalement tranché en faisant valoir le droit de préemption de l'Etat sur la filiale française du géant coréen de la construction navale STX. L'Italien Fincantieri, repreneur pressenti, se voit ainsi provisoirement écarté.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a décidé de nationaliser de façon temporaire les chantiers navals de STX France, dans un dossier qui risque fort de fâcher l'Italie, plutôt que de laisser le constructeur naval italien Fincantieri reprendre la filiale française en faillite du géant coréen STX Offshore and Building.

«Nous avons pris la décision d'exercer le droit de préemption de l’Etat sur STX», a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Bercy. Cette opération est toutefois temporaire. «[Les chantiers navals de Saint-Nazaire n'ont] pas vocation à rester dans le giron de l’Etat», a-t-il ajouté, précisant que le coût de l'opération se montait à 80 millions d'euros.

Le dossier de la reprise de STX France s'est compliqué à la suite des revirements de la France sur le sujet. En visite à Saint-Nazaire le 31 mai dernier, Emmanuel Macron a remis en question un précédent contrat, validé par le gouvernement de François Hollande. Selon l'accord initial, le constructeur italien devait reprendre d'abord 48% du capital des chantiers et rester minoritaire pendant au moins huit ans, épaulé par l'investisseur italien Fondazione CR Trieste à hauteur d'environ 7%. Les actionnaires français, dans cet équilibre, ne disposaient que de 45% du groupe.

Ultimatum français, fin de non-recevoir italienne

Mais Emmanuel Macron avait demandé que l'accord soit revu pour préserver les intérêts hexagonaux. Sa proposition, transmise à Rome par Bruno Le Maire, laissait à Fincantieri 50% du capital, les autres 50% revenant à l'Etat français (via Bpifrance), Naval Group (ex-DCNS) et aux salariés du groupe.

La proposition ressemblait toutefois plus à un ultimatum, Bruno Le Maire ayant fait monter la pression le 26 juillet : «Si jamais nos amis italiens refusent la proposition honnête qui leur est faite, l'Etat exercera son droit de préemption». A Rome, cette quasi-mise en demeure a été accueillie par une fin de non-recevoir. «Il n'y a aucune raison pour que Fincantieri renonce à la majorité et au contrôle de STX», a assuré le ministre de l'Economie et des Finances italien Pier Carlo Padoan. «[Fincantieri n'a] pas besoin de STX à tout prix», a prévenu de son côté son patron, Giuseppe Bono.

Le ministre français a d'ailleurs fait savoir qu'il se rendrait à Rome le 1er août 2017, afin de reprendre les négociations avec l'Italie. Fincantieri est le seul repreneur en lice de l'ancien fleuron français de la construction navale, revendu par Alstom en 2006.

https://francais.rt.com/economie/41431-bruno-maire-annonce-nationalisation-chantiers

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Ne rêvez pas, nous n'assistons pas au retour de l'Etat stratège gaullien: il s'agit simplement de peser sur les prochaines négociations avec les Italiens, afin de “bâtir un pôle industriel européen ambitieux” (dixit le ministre, journal de 20h, LCI, 27 juillet). Le fond de l'affaire méritera d'être étudié car certains parlent d'actionnaires chinois chez l'Italien Fincantieri, ce qui aurait accru la complexité du dossier et provoqué les “réticences” européennes et françaises.

Quoiqu'il en soit, le signe envoyé inquiète et crée un malaise, il suffit d'observer la consternation des journalistes. L'angoisse libérale du “retour au colbertisme”...

On verra par ailleurs le positionnement de la Commission européenne sur cette affaire.

 P.G.

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