jeudi 26 juillet 2018

Des experts du secteur hydroélectrique appellent à ne pas privatiser les barrages

TRIBUNE LIBRE / 17 juillet 2018

ACT BARRAGES FRANCE LAOS

La mise en concurrence des barrages hydroélectriques français est « dangereuse » et « antinomique de l’intérêt général ». C’est la conclusion d’un récent rapport du syndicat Sud énergie rédigé à la demande de la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, très impliquée sur le sujet de par l’important nombre de barrages sur sa circonscription, située en Isère. Présenté à la mi-mai aux députés, ce rapport entend peser sur la possible décision estivale d’en finir définitivement avec la gestion publique des barrages, lors des discussions qui se tiendront dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Cela fait dix ans déjà que la pression monte sur le sujet, et elle s’est accrue en octobre 2015, lorsque la Commission européenne a mis en demeure la France, considérant que les retards pris dans la mise en œuvre de l’ouverture à la concurrence du secteur hydroélectrique renforçaient la position dominante d’EDF. En octobre dernier, le gouvernement d’Édouard Philippe a répondu à l’intersyndicale du secteur, vent debout contre la privatisation des barrages, que l’ouverture à la concurrence restait bien d’actualité.

Un système public totalement amorti

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Bâti pour l’essentiel au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le système hydroélectrique français est totalement amorti. Représentant un peu plus de 12 % de la production électrique du pays, les barrages offrent une source d’énergie renouvelable disponible à tout moment, qui permet d’assurer une continuité d’offre électrique face aux pointes de consommation ou face aux intermittences de production de l’éolien et du solaire. « L’hydroélectricité, c’est le poumon du système électrique, analyse Jean Fluchère, ancien délégué général EDF Rhône Alpes. Quand une tranche nucléaire connaît un arrêt automatique, en un temps très court, les capacités de démarrage instantané de l’hydroélectricité permettent de sauver le réseau et de contrer la baisse de fréquence engendrée. »

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Les barrages français remplissent de nombreuses autres fonctions : gestion des crues et des sécheresses, besoins en irrigation et arrosage du secteur agricole, lâchers d’eau pour les sports d’eau vive… Ils recouvrent également des enjeux d’accès à l’eau potable, ainsi que des enjeux industriels via la sécurisation du refroidissement des centrales nucléaires. Quel acteur privé acceptera de prendre en compte la totalité des ces missions ? Le rapport pose la question. Les auteurs soulignent par ailleurs qu’il existe un risque réel de perte des compétences — multiples et très pointues — qu’exige la gestion du système hydroélectrique, et que les agents EDF ont acquis et capitalisé ces 40 dernières années. « En recherchant le profit à court terme, les métiers de spécialistes vont disparaître », avertit le rapport, qui estime par ailleurs que le secteur privé est inadapté aux coûts très élevés qu’exige ce type d’ouvrages, ainsi qu’au temps long que suppose leur entretien : les barrages vont durer plusieurs siècles et exigent pour cela une maintenance soigneuse et continue.

Nos voisins conservent la gestion publique de leurs barrages

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Dans son rapport, le syndicat Sud énergie demande l’arrêt du processus en cours de mise en concurrence des concessions par une prise de position claire, ferme et argumentée du gouvernement français. Pour appuyer leurs demandes, les auteurs du rapport citent l’exemple de nos voisins allemands qui ont exclu leurs barrages de la concurrence. Les concessions sont octroyées par les Länder pour une durée de 40 à 80 ans. Et la commune dispose d’un droit de veto sur tout nouvel exploitant. La Suède, dont un des opérateurs lorgne les barrages français, a mis ses barrages sous le régime de l’autorisation publique. En Norvège, les exploitations hydrauliques sont obligatoirement accordées à une structure publique pour une durée illimitée. En Autriche, les concessions sont accordées pour une durée de 60 à 80 ans. En Italie, les concessions attribuées à l’Enel, l’électricien historique, sont toutes maintenues au moins jusqu’en 2029. Face à l’apparente intransigeance des institutions européennes, il semble bien y avoir de vraies marges de manœuvre*.

https://www.bastamag.net/Des-experts-du-secteur-hydroelectriaque-appellent-a-ne-pas-privatiser-les

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*Bien sûr qu'il existe toujours des marges de manoeuvres, mais c'est "reculer pour mieux sauter", et de toute façon, la tactique européenne consiste à multiplier les pressions sur des tas de dossiers: comme aucun pays ne peut TOUT refuser, les directives finissent toujours par s'appliquer, dans un domaine ou dans un autre. C'est une question de temps et de lassitude des acteurs concernés, au terme de discussions et négociations interminables. Là où une victoire sera (temporairement) remportée, d'autre "barrages" cèderont, comme on vient de le voir pour la SNCF... C'est ce que ne veulent pas comprendre les partisans de la "désobéissance aux traités", ceux qui croient aux "marges de manoeuvres". Un éternel "bras de fer" voué à l'échec au bout du compte...par épuisement!   P.G.

Voir aussi:

La privatisation de ces barrages serait une véritable spoliation des Français et de quel droit ce gouvernement se permet de voler le patrimoine des Français au profit de leurs amis ?

La privatisation serait également la mise en danger d'un grand nombre de Français. Les anciens se rappellent de Fréjus, en 1959, 423 morts !
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Et aujourd'hui, le Laos vit un épouvantable drame avec la rupture d'un barrage et une des phrases dans l'article de Libération est très très intéressante ; elle montre que quand c'est la finance qui gère, c'est la catastrophe car une seule chose compte pour elle : LE PROFIT !  S.R.

Barrage au Laos : «Une telle défaillance était dans l'ordre des choses "
http://www.liberation.fr/planete/2018/07/24/barrage-au-laos-une-telle-defaillance-etait-dans-l-ordre-des-choses_1668519

Spécialiste de ce pays pauvre d’Asie du Sud-Est, Olivier Ducourtieux analyse l'écroulement d'un ouvrage hydroélectrique en construction, qui a fait des centaines de disparus.

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Des centaines de personnes étaient portées disparues mardi soir dans le sud du Laos, vingt-quatre heures après l’effondrement d’un barrage secondaire, dans un complexe hydroélectrique en construction. Six villages ont été inondés par la crue formée sur la rivière Pian, un affluent du Mékong, laissant 6 600 personnes sans domicile et un nombre encore inconnu de victimes. Olivier Ducourtieux, maître de conférences en agriculture comparée à AgroParisTech, a travaillé quinze ans au Laos, pays pauvre d’Asie du Sud-Est, habité par moins de 7 millions d’habitants et verrouillé politiquement. Il explique comment une telle catastrophe, survenue après de fortes pluies de mousson, n’est pas surprenante.

La question n’était pas si un accident allait arriver, mais quand. Depuis une quinzaine d’années, il y a un rush vers les investissements hydroélectriques au Laos. Des dizaines de barrages ont été construits ou sont en projet. Or l’Etat n’a ni les capacités techniques et humaines ni la volonté politique de réguler sérieusement ces opérations. A la fin des années 90, un des premiers projets, celui de Nam Theun 2, porté par le français EDF, avait donné l’opportunité aux ONG et aux militants de faire des études sociales et environnementales. Refroidi par la complexité du dossier, le pouvoir laotien a ensuite donné la priorité à des partenaires asiatiques locaux qui ne parlent qu’un seul langage, celui du dollar. Ces projets construits dans des zones reculées à un rythme extravagant, déconnectés les uns des autres, passent sous le radar médiatique. Une telle défaillance était dans l’ordre des choses.

(...)

La corruption pourrait-elle être en cause dans l’accident ?

La vente de l’électricité est très rentable, et les profits sont concentrés dans quelques mains, ce qui les rend faciles à partager. Cela dit, les investisseurs qui sont en charge de la construction du barrage étant ceux qui vont l’exploiter, ils ont intérêt à ce que le travail soit bien fait, donc je ne les imagine pas faire des économies sur la qualité du ciment. En revanche, l’accident pourrait être lié à une défaillance de gouvernance de l’Etat. Car dans ces projets, le ministère de l’Energie est à la fois la puissance de contrôle et le donneur d’ordre. Dans quelques jours, le nombre de victimes et de personnes déplacées sera connu. Mais les médias étant contrôlés par le Parti révolutionnaire lao, on ne connaîtra certainement jamais les raisons de l’accident. Surtout si elles impliquent une défaillance des services publics.

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jeudi 5 juillet 2018

Gaz : le Conseil d'Etat demande la fin du tarif réglementé

Publication: 20 juillet 2017

ARCHIVES 1Gaz : le Conseil d'Etat demande la fin du tarif réglementé

http://www.valeursactuelles.com/economie/gaz-le-conseil-detat-demande-la-fin-du-tarif-reglemente-86571

Energie. Le Conseil d'Etat a décidé d'annuler la grille des tarifs réglementés, estimant qu'elle posait un problème de concurrence.

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Le Conseil d'Etat a ouvert mercredi la porte à la libéralisation totale du marché du gaz. Saisi par l'association des opérateurs alternatifs, il a estimé que le tarif réglementé était contraire au droit européen et qu'il devait donc être enterré par les autorités. “Le Conseil d'État, par la décision de ce jour, annule le décret du 16 mai 2013 relatif aux tarifs réglementés de vente de gaz naturel au motif que le maintien de tels tarifs est contraire au droit de l'Union européenne”, avance-t-il

Pas moins de 5 millions de foyers dépendent encore du tarif réglementé. Fixé par l'Etat et réévalué périodiquement par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), il est en pratique géré par Engie. L'entreprise compte donc deux catégories de clients, ceux qui ont souscrits à son offre de marché et ceux qui préfèrent l'offre réglementée, ce qui lui confère une part de marché “artificiellement” plus élevée que ses concurrents.

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Or, estime-t-on au Conseil d'Etat, cette distorsion de la concurrence n'a aujourd'hui plus aucune raison d'être : la grille tarifaire de la CRE est souvent supérieure aux prix du marché, si bien qu'“il n'est plus possible de se fonder sur un objectif d'intérêt général”, estiment les sages.


Une disposition pas facile à annuler


Les particuliers vont-ils devoir changer rapidement d'abonnement au gaz ? Pas encore. Bien que cassée par le Conseil d'Etat, cette disposition est inscrite dans le code de l'énergie de 2015, ce qui rend très difficile sa suppression : seule une abrogation par l'Etat permettrait d'acter la fin du tarif réglementé.

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L'information tourne en boucle dans les médias, sur le mode "pas de panique, ce n'est pas encore fait" etc. Pour les naïfs qui sentiraient rassurés, désolés de casser l'ambiance.  P.G.

v. notre article = COMMUNIQUÉ DE PRESSE = Tarifs réglementés du gaz

http://www.frexit-limousin.fr/archives/p50-20.html

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Retour en 2018, voir aussi: La France doit se "plier" aux demandes de Bruxelles (Hulot)

P.G.

mercredi 4 juillet 2018

La France doit se "plier" aux demandes de Bruxelles (Hulot)

Prix du gaz : forte hausse des tarifs réglementés au 1er juillet

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Le 1er juillet, les tarifs réglementés du gaz augmentent de 7,45%. "C'est la plus forte hausse depuis 6 ans. Concrètement, pour une famille qui se chauffe au gaz, cette augmentation représentera 90 € de plus sur la facture annuelle. Cette hausse des tarifs concerne 5 millions de ménages qui sont toujours soumis aux tarifs réglementés", explique la journaliste Justine Weyl. Les familles ayant contracté des offres alternatives, soit environ 6 millions de ménages français, sont également concernées.

Une augmentation dûe à la hausse du prix du pétrole et aux investissements

"Des investissements lourds ont été réalisés ces dernières années sur les infrastructures (...). La modernisation du réseau de transport coûte par exemple 600 millions d'euros par an, sur dix ans", détaille la journaliste. Ces tarifs réglementés devraient disparaître à l'horizon de l'année 2022 en France, pour se conformer au droit européen.

https://www.francetvinfo.fr/economie/prix-du-gaz-forte-hausse-des-tarifs-reglementes-au-1er-juillet_2827927.html

L'an dernier, voici ce que nous avions publié (18 juillet 2017):

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https://www.romandie.com/news/La-France-doit-se-plier-aux-demandes-de-Bruxelles-Hulot/816052.rom

La France va devoir appliquer les demandes de Bruxelles concernant la suppression des tarifs réglementés de vente de gaz et d'électricité et l'ouverture des concessions des barrages hydroélectriques, a estimé mardi le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot.

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La France ne pourra pas continuer à "repousser l'échéance" sur ces deux sujets, sources de désaccord ces dernières années entre Paris et la Commission européenne, défendant la concurrence, a affirmé le ministre, auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat.

S'ils ont été supprimés pour les gros consommateurs, les tarifs réglementés de vente de gaz et d'électricité, sont toujours en vigueur en France pour les particuliers et les petits professionnels, malgré la libéralisation du marché depuis 10 ans.*

"On a des injonctions, on peut faire en sorte que ça soit lissé dans le temps, mais nous avons déjà repoussé l'échéance et il en va du gaz comme de l'électricité, à un moment ou à un autre, il faudra s'y plier", a déclaré M. Hulot devant les sénateurs.

Le Conseil d'Etat s'est pononcé mercredi sur un recours déposé par les fournisseurs alternatifs, concurrents d'Engie (ex-GDF Suez), contre les tarifs réglementés du gaz. [v. notre article d'hier, NDR]

Semblant anticiper la décision de la plus haute juridiction administrative, le ministre a aussi assuré que le gouvernement allait "faire en sorte que ça se fasse le moins douloureusement possible".

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Concernant l'hydroélectricité, la Commission européenne a mis en demeure la France d'ouvrir à la concurrence ses barrages, aujourd'hui essentiellement concédés par l'Etat à EDF, pour introduire plus de concurrence dans ce secteur.

Là encore, "on ne pourra pas repousser en permanence l'échéance", a jugé M. Hulot.

Pour répondre à Bruxelles, la loi sur la transition énergétique, votée en 2015, a introduit la possibilité créer des sociétés d'économie mixte (SEM), au capital partagé entre public et privé, et la possibilité de prolonger les concessions en contrepartie de la réalisation de travaux nécessaires.

Au delà de ces deux options, la France n'a "pas beaucoup d'autres marges de manoeuvre", a expliqué le ministre, estimant que sinon la France risquait "de rentrer dans des contentieux qui sont lourds", et qui pourraient porter préjudice à EDF, exploitant 85% de la puissance installée en France.

(©AFP / 18 juillet 2017 19h48)

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dimanche 1 juillet 2018

Les dix salariés du magasin Espace Émeraude à Cressat (Creuse) ont perdu leur emploi...

Vendredi 23 juin au soir, les salariés d’Espace Émeraude à Cresat (Creuse) ont baissé définitivement le rideau. Qu’ils aient débuté leur carrière professionnelle ici ou aient été embauchés plus récemment, ils se posent tous la même question : que faire demain ?

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«Pour la première fois, on a délégué quelqu’un qui va fermer la porte à notre place. » Pour la première et pour la dernière fois aussi. Vendredi, 18h30, le rideau de fer d’Espace Émeraude à Cressat (Creuse) s’est baissé. Définitivement.

« On ferme mais on ne se rend pas compte qu’on ne rouvrira plus », lâche Marie.
Dans le magasin, des clients de la première heure et des anciens employés sont venus soutenir ceux qui, ce soir-là, se retrouvent sans emploi. Et qui, pour certains, ferment la porte sur trente années de vie. Comme Franck, responsable d’activité, qui a débuté sa carrière dans ce magasin de matériel agricole, il y a trente ans.

« Ça été mon premier vrai boulot ici. J’avais 19 ans quand je suis rentré au service express. Après, j’ai été magasinier, puis aux pièces détachées et là, je suis responsable du magasin. » Il a un peu de mal à réaliser, comme ses neuf collègues, que ce vendredi soir, c’est fini.

« Entre mourir d’une crise cardiaque ou d’une longue maladie, autant que ce soit bref »

« Quand on l’a appris à la mi-mai, on ne s’y attendait pas. Sur le coup, on n’y croit pas vraiment. Même encore aujourd’hui. On va réaliser tout à l’heure quand on va fermer mais surtout dans les semaines qui viennent. » « C’est surtout en septembre qu’on va vraiment se rendre compte, pense Chantal qui a passé trente ans ici. Là, c’est l’été, c’est un peu comme si on était en vacances mais à la rentrée, c’est là que ça va être le plus dur. ». « Oui, ça a été rapide mais en même temps, je préfère autant, poursuit Franck. C’est pas facile de venir travailler quand on sait que c’est bientôt fini. Et entre mourir d’une crise cardiaque ou d’une longue maladie, autant que ce soit bref. »


« Franchement, quand on apprend la nouvelle, c’est un monde qui s’écroule sous nos pieds, confie Manu, 25 ans de boîte. Je suis en colère, je ressens de l’injustice et de la déception. On a évolué au sein de ce groupe pendant 25 ans, on leur a rapporté de l’argent et là, on est complètement lâchés. Tout ça parce qu’on ne correspond pas à leur axe de développement! Qu’est-ce que je vais faire après ? Je n’en sais rien. Je n’ai jamais été demandeur d’emploi. Comment ça se passe ? Je vais aller à Pôle emploi, voir si je peux faire des formations… »

« On est tous creusois, on a nos vies ici »

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Alors oui, bien sûr, « on a eu des propositions de reclassement dans le groupe, rapporte Franck. Mais qui ne correspondent pas franchement à nos profils et qui sont dans le Maine-et-Loire. Nous, on est tous creusois, on a nos vies ici et on n’a pas vingt ans. » « J’ai mes enfants au collège et au lycée, enchaîne Manu. Et ma femme vient juste d’être reclassée, elle, après la fermeture de l’IME du Monteil-au-Vicomte où elle bossait! ». Marie, elle, est plus jeune. Mais elle vient d’avoir un bébé et d’acheter une maison. « Si je n’avais pas d’attaches, si j’étais seule, sans doute que je partirais mais là… Notre petit apprenti qui a 18 ans, il va sûrement partir, lui, mais ça sera bien le seul à accepter un reclassement. Je vais essayer de trouver dans ma branche, j’étais comptable ici. On se dit qu’on va bien trouver quelque chose mais bon… En même temps, je m’inquiète plus pour mes collègues qui sont plus âgés. »

« Comment on  va rebondir après ? Est-ce qu’on aura la force ? »

« Oui, on s’inquiète tous pour les autres en fait, reconnaît Franck. On pense à nos clients et à la Creuse qui perd un commerce de plus. Et on pense à chacun d’entre nous. On a toujours été une équipe soudée, il y avait une bonne ambiance entre nous, on va rester solidaires. Mais on se demande aussi comment on va rebondir après. Est-ce qu’on aura la force ? On s’est tous dit qu’on allait garder le contact, pour se donner un coup de main s’il y a besoin. »


Le contact, certains aimeraient bien même le garder avec leurs clients. « Il y en a qui nous disent : “Faut monter quelque chose les gars, faut pas laisser tomber. Nous, on a besoin de vous”. » Alors Franck, Manu et quelques autres y pensent : « Pourquoi pas monter une Scop ? On a des projets mais est-ce que c’est réalisable ? Nous, on est convaincus que notre activité en Creuse, il y en a besoin mais après ? Il faut voir. »

Vendredi soir, le rideau s’est baissé. Définitivement. À l’intérieur, des clients, des anciens employés et ceux qui viennent de perdre leur boulot « Ça y est, lâche Franck. Le rideau est tombé. Maintenant, on va aller boire un coup tous ensemble. On fait en deux étapes. Pour faire passer la pilule. »

Séverine Perrierhttps://www.lepopulaire.fr/cressat/economie/commerce-artisanat/2018/06/25/vendredi-soir-les-dix-salaries-du-magasin-espace-emeraude-a-cressat-creuse-ont-perdu-leur-emploi_12899791.html

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samedi 23 juin 2018

Migrations et droit d'ingérence humanitaire

Dans son célèbre discours devant l'Assemblée générale de l'Onu lors de sa 70ème session en septembre 2015, Vladimir Poutine avait rappelé aux européens, les conséquences auxquelles ils allaient s’exposer en continuant de s’aligner, comme ils l’ont fait pourtant, sur la politique unilatérale, impérialiste et belliciste des États Unis.

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« Nous comptons sur le fait que la communauté internationale parvienne à élaborer une stratégie globale de stabilisation politique et de rétablissement socio-économique au Proche-Orient. Alors, chers amis, il ne sera plus nécessaire de construire des camps pour les réfugiés. Les personnes contraintes de quitter leur terre natale ont d’abord afflué dans les pays alentour et ensuite en Europe. Ils se comptent par centaines de milliers, voire par millions. Il s’agit au fond d’une nouvelle grande migration amère et d’une dure leçon pour nous tous, y compris pour l’Europe.
J’aimerais souligner que les réfugiés ont évidemment besoin de compassion et de soutien.

Cependant, on ne pourra résoudre définitivement ce problème qu’en rétablissant la structure étatique là où elle a été détruite, en renforçant les institutions gouvernementales là où elles existent encore ou sont en train d’être reconstruites, et en fournissant une aide multiforme – militaire, économique et matérielle – aux pays en difficulté et, bien sûr, aux gens qui, malgré toutes les épreuves, ne sont pas partis de chez eux.

Il va sans dire que toute aide aux États souverains ne doit pas être imposée mais proposée, et ce dans le strict respect de la Charte de l’ONU. Tout ce qui est fait et sera fait dans ce domaine conformément aux normes du droit international doit être soutenu par notre organisation, et tout ce qui contreviendra à la Charte devra être rejeté.
Le plus important est, selon moi, de contribuer au rétablissement des structures étatiques en Libye, de soutenir le nouveau gouvernement irakien, et d’apporter une aide multilatérale au gouvernement syrien légitime.»

Vladimir Poutine devant l'AG des Nations Unies
28 septembre 2015

TRIBUNE LIBRE / Dominique Mazuet (Librairie Tropiques)

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La crise migratoire actuelle, se différencie des grands épisodes de transfert de population qui ont émaillé l’histoire et singulièrement l’histoire contemporaine, par le fait qu’elle n’est plus seulement occasionnée par l’appauvrissement misérable que subissent une grande partie des populations du globe mais qu’elle est volontairement provoquée et aggravée par un impérialisme qui prétend s’imposer à l’échelle mondiale et qui n’hésite devant aucun moyen, notamment la destruction physique des nations, pour asservir celles qu’il juge néfastes ou menaçantes pour ses intérêts économiques et politiques.

Le problème des vieilles nations européennes, désormais complètement aliénées aux intérêts capitalistes étasuniens, c’est que, comme l’annonçait Poutine tout ça finit évidemment par se retourner contre les fautifs mais que le principal responsable et coupable demeure tout aussi peu menacé qu’il le fut lors des deux grands conflits qui bouleversèrent le 20ème siècle.

Ainsi, les guerres de « proxy » que suscitent, soutiennent et arment les Etats Unis (et que finance leur déficit abyssal) ont un peu la même fonction et les mêmes avantages pour eux que les sanctions économiques dont ils accablent leurs adversaires désignés.

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Il s’agit toujours de détruire les peuples et les nations qui leur résistent où qu’ils jugent menaçants pour leurs intérêts mais... aux frais des autres.

Pour "eux" c’est sans grand risque puisque, hormis les mexicains, nulle population n’est susceptible de se déverser anarchiquement sur leur territoire, avec les conséquences que nous observons désormais à grande échelle et sur une durée qui sera longue. De même les sanctions économiques n’affectent nullement le business etasunien mais bien les populations des pays visés et symétriquement les nations européennes et leurs entreprises, travailleurs, agriculteurs, etc. qui commerçaient avantageusement avec les pays sanctionnés.

Avec l’affaire iranienne et celle des "migrants", il devient difficile de ne pas prendre la mesure de tout ça et des contradictions que doivent maintenant affronter les euro-atlantistes du fait de leur soumission intéressée à l’économie américaine et à son bras armé l’OTAN.

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Le seul moyen d’inverser ces flux migratoires irrépressibles, c’est évidemment d’en combattre la cause, mais la cause … c’est nous …notre politique, notre stratégie.

C’est d’abord la stratégie du chaos, dont nous fumes activement complices avec la destruction de la Lybie, de l’Irak, de la Syrie, de l’Ukraine, etc.

L' « avantage compétitif » fourgué en échange comme pacotille - encore assez bonne pour les classes dirigeantes et complaisantes des tribus de l’U.E.- était, sur le modèle américain des « wet back » mexicains, de se pourvoir en main d’œuvre docile et bon marché dans les secteurs où les européens désormais « manquent de bras » du fait de la forte pression sur le "coût du travail". Une variante de la traite occidentale, remise au goût du jour.

On voit le résultat …

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Le problème est d’autant plus impossible à évacuer qu’il n’a pas de solution, dans l’état de soumission politique, social, économique où se sont mises les nations de l’OTAN et de l’U.E. Vis à vis de leur « partenaire » américain.

Naturellement la crise migratoire est de loin la plus lourde des conséquences à court et moyen terme ; et les prétendues "plate-formes de triage" proposées par ces "conciles de Pampelune" européens , sont parfaitement insignifiantes. Chacun sait d'ailleurs qu'elles ont déjà été invalidées par les faits, en Lybie, comme en Turquie, en Italie, en Grèce et ailleurs.

On a vu par exemple ce que donnaient les « hot spots » les « pôles migrants »  et les diverses formules de gestion « créative et innovante » de cette nouvelle forme de traite d’esclaves, consistant à en sous-traiter l’intendance aux pires mafieux du moment …

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Quant à la "réintroduction temporaire des contrôles aux frontières intérieures" c'est simplement la reconnaissance de l'échec européen, désormais acté.

Mais, maintenant, impossible de faire marche arrière … car le mentor étasunien a brûlé nos vaisseaux ! Il abandonne ses alliés coalisés de la vieille Europe à leur triste sort démographique, économique et social ; et, tel Teddy Roosevelt, il ajoute un nouveau corollaire à la "Doctrine Monroe" : désormais, vu que les choses se compliquent, ce sera « chacun pour soi et Dieu pour tousmais nous d’abord. »

Résultat : nos appareils d’État naviguent sans boussole, et leurs Princes sont tels des rois nus, face à ce chaos devenu ingérable.

Les dirigeants européens sont en effet dans une impasse totale, contraints d’opérer un impossible et complet renversement d’alliances, de posture diplomatique, de stratégie militaire, de politique et de rhétorique économique et sociale, etc.

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Un renversement qui signerait leur fin, en même temps que celle de "l’Europe du Volapuk", celle des "cabris", c'est à dire l’Europe de Schengen et Maastricht, de la circulation libérale et de la concurrence totalement biaisée, de tous contre tous.

Un renversement qui, ultime outrage, accomplirait le triomphe du populisme et du totalitarisme honnis, du « repli sur soi » et de « l’insulte à l’avenir radieux » promis par l’Empire du bien et son nouvel ordre mondial…

Les responsables de ce gachis ont donc de sérieuses raisons d’être inquiets... et nous avec eux, car ce sont quand même... nos dirigeants, « démocratiquement élus »!


http://www.librairie-tropiques.fr/2018/06/migrations-et-esclavagisme-post-modernise.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

jeudi 21 juin 2018

Le procès de l’hypermondialisation

TRIBUNE LIBRE / Christian Chavagneux 06/06/2018

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Une autre mondialisation est en cours. De plus en plus contestée par les populations, elle l’est également, c’est nouveau, par les économistes. Surtout, pour les acteurs économiques eux-mêmes, entrepreneurs et banquiers, elle ne représente plus la panacée. Tout pointe vers une mondialisation plus sobre.

Dans un récent sondage d’OpinionWay pour le Printemps de l’économie 2018, 60 % des Français expriment une mauvaise opinion de la mondialisation. Et 58 % des "CSP+", les plus diplômés, partagent cet avis, de même que la moitié des moins de 35 ans. Les Français ne représentent d’ailleurs pas un cas à part. Selon un sondage réalisé en début d’année pour la Fondation Bertelsmann, 61 % des habitants des pays riches pensent que la mondialisation accroît les inégalités et la moitié estime qu’elle n’est pas bonne pour les salaires. Pour autant, le même sondage montre une opinion déclarant majoritairement que la mondialisation offre des opportunités de croissance et d’emploi et que les investissements étrangers sont les bienvenus.

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Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs*. Benoît Coeuré, de la Banque centrale européenne (BCE), résume bien le sentiment général. Il avance quatre raisons pour lesquelles la globalisation fait peur. Elle est instable : ses crises financières, agricoles, etc., se transmettent de pays en pays. Elle est déloyale : sa concurrence est fondée sur le dumping social et environnemental et sur l’accroissement du pouvoir de monopole de quelques grosses entreprises. Elle est inégalitaire, car elle réduit le pouvoir des salariés et permet aux plus fortunés d’échapper à l’impôt en plaçant plus facilement leurs avoirs à l’étranger, dans les paradis fiscaux. Enfin, elle remet en cause la démocratie dans un monde où l’influence politique des multinationales est grande. De Donald Trump aux Etats-Unis au Brexit du Royaume-Uni, et ailleurs, les dirigeants politiques favorables à moins de mondialisation ont d’ailleurs le vent en poupe.

Face à ces constats, la majorité des économistes, soit par idéologie, soit parce que ceux-ci sont soucieux de ne pas laisser prise aux discours nationalistes [ce qui ne serait pas de l'idéologie? NdR], a souvent choisi de défendre la mondialisation. Ce n’est plus le cas.

Une remise en cause intellectuelle

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« Je pense que la mondialisation a contribué à déchirer les tissus sociaux », attaque l’économiste Dani Rodrik. La théorie économique dominante reconnaît que la globalisation a des effets sur la répartition des revenus mais avance qu’ils sont faibles. Faux, rétorque l’Américain Paul Krugman, qui se demande alors : « qu’avons-nous manqué ? ». Réponse : une montée bien plus importante que prévue des importations en provenance des pays émergents avec des effets forts et persistants sur l’emploi dans les pays développés. Si Krugman cite des études américaines, la Banque d’Angleterre montre qu’avec la mondialisation, les régions britanniques qui concentraient une plus grande part d’industrie textile au début des années 1980 ont connu par la suite une plus faible croissance de l’emploi et un retrait plus marqué des personnes du marché du travail. Et l’effet se fait toujours sentir aujourd’hui.

Une étude de la Banque de France estime que sur la période 2001-2007, les importations chinoises en France ont provoqué une perte d’environ 90 000 emplois dans les régions de production manufacturière, soit 13 % du déclin sur la période, ce qui est loin d’être insignifiant. Mais aussi 190 000 en dehors de ce secteur, la baisse de l’emploi induisant une diminution de la demande locale, qui fait largement sentir ses effets sur les secteurs a priori protégés de la concurrence internationale.

Une récente recherche du Fonds monétaire international (FMI) aboutit à trois résultats importants : participer à la mondialisation accroît la richesse d’un pays ; mais plus son niveau d’intégration internationale est élevé plus les gains qu’il tire d’une poursuite de l’intégration diminue ; et les gains de la mondialisation profitent aux plus riches et accroissent les inégalités. Les économistes ont donc rejoint les citoyens pour exprimer leurs doutes face à la mondialisation. Surtout, les acteurs économiques semblent également engagés dans une nouvelle dynamique qui laisse moins de place à la globalisation.

Moins de délocalisations

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Le recul est frappant dans le domaine de la finance. De l’équivalent d’un peu plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB) mondial à leur apogée en 2007, les mouvements de capitaux internationaux n’en représentent plus que 5 % aujourd’hui. Une partie de ce recul tient à la réduction des échanges financiers intra-européens, avec une baisse des prêts entre les banques et une hausse de la détention domestique des dettes publiques. Aujourd’hui, la finance européenne se démondialise.

Au-delà, le professeur de Cambridge Finbarr Livesey a récemment publié un ouvrage qui résume plusieurs tendances structurelles poussant à un recul de la mondialisation productive. Afin de répondre plus vite à la demande, les entreprises veulent produire de plus en plus localement. En plus de soutenir cette évolution, le développement des imprimantes 3D permet de fabriquer davantage de pièces d’un seul tenant, contribuant à réduire les échanges de produits intermédiaires, ce qui pourrait entraîner une baisse de 20 % du commerce international. La montée des salaires dans les pays émergents conjuguée à l’automatisation des chaînes de production poussent également à de moindres délocalisations. Alors que le secteur automobile est parmi les plus mondialisés, les véhicules Tesla sont fabriqués aux Etats-Unis par des robots.

La fin de la global company ?

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Après avoir longtemps baissé, les coûts de transport stagnent, voire tendent à remonter. Ils représentent désormais une charge bien plus importante que les tarifs douaniers. A cela s’ajoutent les coûts environnementaux. Le transport maritime mondial émet en gros autant de CO2 que l’Allemagne. L’avenir est plutôt au développement d’une économie circulaire (écoconception des produits, réparation, recyclage, etc.) locale.

Stratégies marketing, évolutions techniques et montée des coûts poussent à une moindre mondialisation et même à des relocalisations. Cela ne signifie pas que la mondialisation touche à sa fin. Les entreprises des pays émergents continuent à s’internationaliser. Dans son analyse sur « le retrait de la global company », The Economist souligne que grâce à l’e-commerce, des « multinationalettes » vont voir le jour. Mais le temps de l’hypermondialisation, d’une internationalisation toujours croissante de la production et de la finance, semble appartenir au passé.

https://www.alternatives-economiques.fr/proces-de-lhypermondialisation/00084968

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*"Ce n’est donc pas tant la mondialisation qui fait l’objet d’un rejet que la constatation de ses effets négatifs" : étrange époque où les gens ne font plus le lien entre causes et conséquences, symbolisée par le "en même temps" macronien.

affiche france en marchePar contre, la tendance générale relevée dans cet article montre bien à quel point Macron et ses amis représentent un monde archaïque, contrairement à la "modernité" affichée.   P.G.

mercredi 20 juin 2018

« Livraisons Amazon le dimanche, il faut démanteler cette entreprise !! »

TRIBUNE LIBRE / par | 18 Juin 2018

TL SANNAT AMAZON

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Vous souvenez-vous du débat enflammé il y a quelques années autour du travail dominical ?
Vous rendez-vous compte que ce débat n’existe plus depuis des mois ?
Plus personne n’en parle… Silence assourdissant.

Au même moment, Amazon annonce que désormais, le groupe livre le dimanche aussi dans 11 villes de France métropolitaine à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Nice, Grenoble, Toulon, Montpellier, Aix-en-Provence et Reims et leurs environs.

« La livraison le dimanche avait été lancée il y a deux ans dans quatre villes, et fonctionnait uniquement le dimanche soir. Désormais, en plus d’être disponibles dans d’autres villes, les livraisons peuvent avoir lieu dès 9 heures du matin. Cette livraison est gratuite pour les abonnés Prime, et entre 7,99 et 9,99 euros pour les autres clients. »

La guerre de l’ouverture le dimanche a été perdue par les commerces !

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Il faut savoir que tout ce débat autour de l’ouverture dominicale des magasins avait pour enjeu l’achat dit « impulsif » créneau sur lequel les magasins traditionnels misaient pour contrer les nouveaux acteurs du e-commerce à savoir avant tout l’immense Amazon.

Depuis, la loi a été considérablement assouplie, et les ouvertures des magasins le dimanche sont possibles mais, plus grave pour les commerçants traditionnels, Amazon, désormais, livre le dimanche aussi dans les plus grandes villes de France, et nul doute que cela sera progressivement étendu à tout le territoire national.

La logistique du groupe américain est remarquable et repose sur un recours massif à ce que l’on appelle les « louageurs » dans le jargon du transport. Les « louageurs » sont des indépendants, des micro-entrepreneurs qui ont leur camionnette. Ils facturent à la pièce et au colis livré. C’est eux que vous voyez courir. S’ils courent, c’est parce qu’ils ne sont pas salariés. Pas d’efficacité, pas de salaire ! Ce n’est pas le salaire de la peur, ce n’est plus le salariat. C’est le précariat.

Il n’y a aucune règle de temps de travail pour un indépendant. Le travail dominical des livreurs Amazon ne subit donc aucune entrave légale ou presque.

D’ailleurs, cette pression a déjà poussé La Poste / Chronopost à s’aligner en proposant la livraison le dimanche de 9h à 13h dans quatorze villes de France en plus de Paris et sa proche banlieue.

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Je ne reviendrai pas sur les ravages sociaux, et familiaux, d’une telle marchandisation à outrance de la société.

Il va falloir démanteler Amazon et Trump a raison !

Je ne suis pas un communiste viscéral. Je considère que la propriété privée et les moyens privés de production sont la base du capitalisme, seul système viable, car répondant aux besoins innés de liberté et de créativité de l’espèce humaine.

Dire cela ne signifie pas pour autant que nous devons laisser faire la loi du plus fort, ou la jungle économique se développer.

Il y a un évident besoin, une nécessité à la régulation.

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Depuis des lustres, il existe des lois antitrusts, et d’ailleurs elles trouvent leurs origines aux États-Unis, pays pas franchement socialiste !

« Une loi antitrust est une loi visant à limiter ou réduire la concentration économique. On peut aussi la définir comme une loi qui s’oppose à l’entrave de la libre concurrence pratiquée par des groupements de producteurs visant à bénéficier d’un monopole. »

Il n’est pas possible de laisser Amazon ravager tout l’écosystème commercial mondial, car ici nous parlons de ravages mondiaux, pas uniquement en France ou encore aux États-Unis. Si nous laissons faire Amazon, alors ce groupe sera le seul commerçant qui restera dans 20 ans. Il n’y aura pas d’autres alternatives.
Certains diront, oui mais c’est punir le bon élève. Si Amazon peut réussir, c’est parce qu’ils sont les meilleurs, et les médiocres qui n’y arrivent pas, c’est normal qu’ils disparaissent.

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Cet argument n’est vrai que jusqu’au moment où une entreprise connaît un tel succès, une telle réussite, qu’elle en menace la société dans son ensemble.

Amazon menace l’emploi de milliers de petits commerçants et notre tissu de commerces traditionnels (en France comme ailleurs).

Amazon menace, par son poids, tous les fabricants et fournisseurs qui en seront dépendants.

Amazon, par son poids et sa taille, son internationalisation, menace l’équilibre fiscal de nations entières.

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Amazon menace également évidemment aussi la démocratie, car Amazon vendra ce qu’ils voudront, ce qui plaira ou pas à Amazon. Un seul distributeur et c’est la soumission.

Cela ne va pas plaire aux actionnaires, cela ne plaira pas aux fonds de pension, et autres « hedge », mais c’est une nécessité.

Cela fait partie intégrante du capitalisme.

La vocation de chaque entreprise est de grossir au plus vite et le maximum. Cela veut dire que le mécanisme de concentration menant aux monopoles est intrinsèque au fonctionnement même du système capitaliste.

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C’est un excès, une maladie du système, et le système sécrète ses propres défenses immunitaires avec les lois anti-monopole.

Les monopoles doivent toujours être interdits, et quand ils se produisent, démantelés, car sinon, ils rendent le système totalement inefficace.*

Vendez les actions Amazon !

Amazon, comme Microsoft, sera démantelé. Et c’est souhaitable. Cela veut dire qu’en tant qu’épargnant ou investisseur, vous n’avez plus intérêt à acheter ou conserver des actions Amazon.

Cela arrivera demain ou dans 10 ans, mais cela arrivera, car le monde entier ne pourra pas tolérer de passer sous la coupe réglée d’une seule multinationale pratiquant de manière massive l’optimisation fiscale.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

https://insolentiae.com/livraisons-amazon-le-dimanche-il-faut-demanteler-cette-entreprise-ledito-de-charles-sannat/

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De mon point de vue, certains monopoles doivent être maintenus ou réinstallés, à condition d'être dans la mains de l'Etat, lorsqu'ils  sont nécessaires au bien- être de la sociéte et/ou lorsqu'ils servent à protéger les intérêts stratégiques de la Nation. A ce sujet, voir notre publication: Les enjeux réels de la privatisation de la SNCF . Voir aussi https://russeurope.hypotheses.org/files/2012/09/Sap-NaturalMonop-copie.pdf   P.G.

"Dans la théorie économique, une branche d'activité est en situation de monopole naturel sur un territoire plus ou moins vaste, lorsque les économies d'échelle y sont très fortes. Cette situation se présente le plus souvent lorsque l'activité de la branche est fondée sur l'utilisation d'un réseau au coût très élevé, ce qui tend à donner un avantage déterminant à l’entreprise dominante puis, après disparition des concurrents, conduit à une situation de monopole.

Théoriquement, il serait alors optimal, pour maximiser l'utilité collective, de n’avoir dans cette branche d’activité qu'un seul opérateur agissant de manière altruiste, c'est-à-dire satisfaisant la demande au moindre coût et pratiquant des tarifs égaux à ses coûts marginaux. L'unicité du producteur permet de maximiser les économies d'échelle, tandis que la tarification au coût marginal permet d'une part de proposer aux consommateurs un signal prix pertinent et d'autre part prévient le comportement prévu par la théorie classique pour une entreprise monopolistique cherchant à maximiser son profit : fixation d'un prix supérieur au coût marginal et réduction de l'offre, avec appropriation d'une « rente de monopole ».

Cette analyse économique est utilisée par les pouvoirs publics pour justifier des actions dans la branche d'activité concernée, par le biais du service public, de régulation du secteur, ou de nationalisation d'entreprises. L’évolution de la théorie économique a conduit à la fin du XXe siècle à une modification des actions des pouvoirs publics, et en particulier à des déréglementations et des privatisations, aux États-Unis et au Royaume-Uni à partir des années 1980, dans l’Union européenne à partir des années 1990."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Monopole_naturel

samedi 16 juin 2018

Dans les télécoms, l’emploi et les conditions de travail sacrifiés sur l’autel de la libéralisation [réédition]

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La promesse est toujours la même. En brisant les monopoles publics au profit d’un marché concurrentiel, la dérégulation permettrait de faire chuter les prix, d’améliorer la qualité pour les usagers, devenus des « clients », et de booster l’emploi et la croissance.

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L’argument est de nouveau ressorti par le gouvernement dans le cadre de la réforme ferroviaire(...). Et si on jugeait sur pièces ? Basta ! fait le bilan de deux décennies françaises d’ouverture à la concurrence, en visualisant ses effets sur les tarifs, sur l’emploi, ou encore sur les investissements. Premier volet : la téléphonie.

Le processus a démarré à la fin de la décennie 90 avec la téléphonie, s’est poursuivi notamment dans l’énergie et dans les postes, avant de s’attaquer au cœur du transport ferroviaire. Conformément aux préceptes libéraux et aux orientations fixées par les gouvernements [sic] européens, tous les grands secteurs publics doivent être ouverts à la concurrence. « La concurrence, ça marche : regardez les télécoms ! » L’argument revient souvent dans la bouche des défenseurs de ces dérégulations, qui présentent la transformation du secteur de la téléphonie comme une réussite éclatante. Depuis la fin du monopole de France télécom en 1998, et l’arrivée en force de concurrents privés, la dérégulation aurait réalisé un carton plein : des tarifs en chute libre, un regain d’investissement, et même un surcroît d’emplois. Confronté à la réalité du « nouveau monde » des télécoms selon SFR, Bouygues ou Orange, un tel optimisme n’est-il pas exagéré ?

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Si l’on s’en tient à la seule évolution des tarifs, le bilan apparaît bien positif. Les chiffres de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) montrent que les prix moyens dans le mobile ont baissé depuis le début des années 2000. La facture moyenne d’un abonné (forfait) a chuté de 53%, passant de 39,20 euros par mois en 2000 à 18,20 euros fin 2016.

Une indéniable baisse des tarifs

Le graphique montre que la baisse n’est pas continue. C’est que l’ouverture à la concurrence ne fut pas un long fleuve tranquille. Le 1er janvier 1998 sonne le glas du monopole de France Télécom, sur fond de dérégulation européenne. A l’époque, le gouvernement distribue des licences de téléphonie à tour de bras. Mais très rapidement, la plupart des nouveaux entrants disparaissent ou fusionnent, et le marché se restructure autour de trois opérateurs, France télécom-Orange, SFR et Bouygues. Loin de céder aux sirènes de la libre concurrence, le trio forme un cartel, dont l’existence est révélée en 2005. C’est le « Yalta du portable », un deal secret conclu entre géants pour se partager un marché de 45 millions d’utilisateurs. « Les opérateurs ont échangé entre eux, de 1997 à 2003, tous les mois, des chiffres précis et confidentiels concernant les nouveaux abonnements qu’ils avaient vendus durant le mois écoulé », écrit l’Autorité de la concurrence en 2005. Cette entente a pu entraîner une hausse de certains tarifs, estime l’Autorité, qui condamne le trio à 534 millions d’euros d’amende.

Le ménage à trois vole en éclat en 2009, avec l’arrivée de Free qui décroche la quatrième licence de téléphonie mobile. Son PDG, Xavier Niel, promet de « diviser la facture des utilisateurs par deux » : « Rien ne justifie des prix aussi élevés, assène-t-il alors. Les consommateurs le savent. Car enfin, qui peut aujourd’hui s’offrir un iPhone dont la facture mensuelle est en moyenne de 103 euros, quand le salaire moyen des Français est de 1 400 euros ? » Une posture de « Robin des bois » qui horripile ses concurrents… En réalité, si Free promet de casser le marché, c’est parce qu’il investit moins que les autres : plutôt que d’installer à ses frais son propre réseau d’antennes relais, il utilise celui d’Orange, en vertu d’un contrat de location – appelé « contrat d’itinérance » – signé avec l’opérateur historique sur la 2G (2e génération de téléphonie mobile), puis la 3G. Ce contrat doit prendre fin en 2020.

Emploi : l’envers du décor

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En 2012, trois ans après avoir décroché la précieuse licence, Free commence à inonder le marché avec ses offres à prix cassé, jusqu’à 50% moins couteuses que ses concurrents. Mais cette course au low-cost a un coût. En renforçant la concurrence, l’arrivée d’un quatrième opérateur a permis aux clients de profiter de tarifs attractifs, mais s’est traduite par un énorme impact social sur un secteur qui compte alors autour de 125 000 salariés. Un rapport parlementaire s’alarmait fin 2012 : « Il faut tirer les leçons de l’entrée d’un quatrième opérateur sur le marché mobile, écrivent ses auteurs. (…) Le nouvel entrant a commercialisé des offres à des prix très agressifs. Contraints de revoir leur politique tarifaire, les opérateurs voient leurs marges baisser, ce qui les incite à réduire leurs coûts. »

Le rapport redoute « 10 000 suppressions » de postes. Les plus libéraux hurlent au fantasme. En 2013, le site Contrepoints prétend « apporter une réponse précise aux anticapitalistes primaires » : « Depuis l’attribution de la quatrième licence à Free, le nombre d’emplois dans le secteur a augmenté de 3,7% », s’enthousiasme-t-il. Certes, si l’on considère la période 2009-2012, c’est-à-dire avant que Free ne lance ses offres. Depuis 2012, le secteur des télécoms a enregistré 14 350 pertes nettes d’emplois (-11,3%), selon les données de l’Arcep, la faute à une rafale de plans sociaux. En réalité, si la purge est particulièrement brutale, ce n’est pas la première. Depuis l’ouverture à la concurrence en 1998, le secteur a perdu plus de 40 000 emplois (voir ci-dessous).

Source : site de l’Arcep, mis à jour le 21 décembre 2017

Une étude biaisée ?

Ces statistiques ne tiennent compte que des emplois directs des opérateurs. Un débat oppose « pros » et « antis » libéralisation quant à son impact plus général. Les premiers estiment que les télécoms ont peut-être pâti d’une érosion des effectifs, mais que le gain de pouvoir d’achat représenté par la baisse des tarifs a dopé la croissance de l’économie, compensant largement les suppressions de postes. En général, ces optimistes s’appuient sur une étude publiée en novembre 2012 par deux économistes libéraux, Augustin Landier et David Thesmar. Ces derniers cherchent alors à anticiper « l’impact macroéconomique de l’attribution de la quatrième licence mobile » à Free. Selon les modèles retenus, l’arrivé de Free entraînerait entre « 16 000 et 30 000 créations d’emplois » dans le reste de l’économie, par un gain de pouvoir d’achat – 1,7 milliard d’euros « redistribué » aux consommateurs – et un impact positif sur la compétitivité française.

Sans entrer dans un débat plus théorique, cet optimisme appelle au moins deux remarques. D’abord, ces estimations ne tiennent pas compte des suppressions de postes dans le secteur des télécoms – près de 15 000 depuis 2012, comme on l’a vu. Ensuite, l’étude concluant à l’impact positif de l’arrivée de Free a été commandée aux économistes par…Iliad, la maison mère de Free. Par souci de transparence, les auteurs le précisent d’ailleurs sur la première page.

L’exemple accablant de France télécom

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Les analyses économiques laissent dans l’ombre les dégâts humainsqui sont autant de coûts pour la société – causés par les restructurations. Comme on le sait, un opérateur a payé au prix fort la dérégulation : France Télécom-Orange. Dans la foulée de la privatisation de l’opérateur en 2004, la direction présente l’année suivante le plan Next, de sinistre mémoire. Il s’agit d’une vaste restructuration visant à réduire les « coûts » salariaux pour « moderniser » l’entreprise. Objectif : obtenir le départ de 22 000 salariés en trois ans, sans licenciements. « Je ferai les départs d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte », aurait assuré le PDG Didier Lombard. A la lueur de ses prolongements, la formule glace le sang… La suite a été maintes fois racontée : la pression psychologique exercée sur les salariés pour qu’ils quittent le navire, les mobilités forcées, et bien sûr la vague de suicides – au moins 35 en deux ans.

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Peut-être instruits par le « précédent » France Télécom, les autres opérateurs n’ont pas procédé avec une telle brutalité. Ce qui ne veut pas dire qu’ils aient renoncé aux restructurations. SFR s’est récemment lancé dans un plan de 5000 suppressions de postes, soit un tiers de ses effectifs, par départs « volontaires ». Avec des effets considérables sur des conditions de travail déjà dégradées. « 5000 personnes ont quitté l’entreprise en quelques mois, souligne Sylvie Fondacci, de la CGT SFR. La charge de travail a été reportée sur ceux qui sont restés, les "survivants" comme on les appelle ici. Des collègues ont récupéré, du jour au lendemain, des missions qu’ils ne connaissaient pas. Les gens sont épuisés. Les alertes CHSCT se multiplient, notamment dans le secteur du service aux entreprises, où les commerciaux ont l’impression que leur travail perd son sens. »

Les syndicats réclament régulièrement de l’État qu’il intervienne pour mettre un terme à la casse sociale dans le secteur, qui se manifeste aussi par des conditions de travail très dégradées dans les nombreuses activités sous-traitées par les opérateurs depuis la libéralisation. Sans succès pour l’instant.

Les limites de l’hyper-concurrence

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Si les analyses peuvent diverger quant au bilan social de la dérégulation, les commentateurs se rejoignent sur un point : l’investissement n’a pas souffert de l’ouverture du marché. Le montant des investissements réalisés par les opérateurs a bien augmenté depuis 2008, passant de 6,5 milliards d’euros à près de 9 milliards en 2016 - ce qui n’est pas si surprenant dans la mesure où l’on passe d’une entreprise à quatre. Mais la « guerre des prix », en érodant les marges des opérateurs, n’a-t-elle pas freiné cette progression ? Plusieurs études soulignent le retard pris par l’Hexagone dans le déploiement de la 4G – la 4e génération de téléphonie, la plus rapide. « La France est 24ème sur 28 en terme de couverture 4G en Europe, nous devons aller plus loin », se désole le patron de l’Arcep. Qui n’hésite pas à tacler la stratégie des opérateurs. Selon lui, la guerre des prix n’est probablement pas seule en cause. La propension de certains, comme SFR, à engloutir des millions d’euros dans l’achat de droits télés plutôt que dans le déploiement du réseau, joue peut être aussi un certain rôle.

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La progression, néanmoins réelle, des investissements réalisés par les opérateurs du secteur n’est-elle pas aussi le reflet d’une course incessante à l’innovation technologique, qui mériterait en elle-même d’être questionnée ? Aujourd’hui, il est déjà question de passer à la 5G, sans que le bien-fondé social de cette nouvelle « avancée » soit établi. « Ça tient surtout de l’argument de vente, estime Marc Lesire-Ogrel, technicien chez SFR et délégué CGT. Les besoins de l’immense majorité des clients sont largement couverts par la 4G. »

Dans le même temps, on compte encore plus de 500 communes – les fameuses « zones blanches » – dans lesquelles passer un appel téléphonique de son portable est difficile, faute d’infrastructures suffisantes. Les opérateurs ne se précipitent pas pour déployer des antennes relais dans des territoires peu peuplés, dans lesquels les retombées financières sont par définition très faibles. « Un opérateur comme SFR ne va pas spontanément investir 200 000 euros pour installer de la technologie dans un hameau qui ne représente que 50 clients potentiels », résume Marc Lesire-Ogrel. Aménagement du territoire et court-termisme financier font rarement bon ménage.

Alexis Moreau

https://www.bastamag.net/Dans-les-telecoms-l-emploi-et-les-conditions-de-travail-sacrifies-sur-l-autel

mercredi 13 juin 2018

Engie : les tarifs réglementés du gaz pourraient augmenter de 6,5% en juillet

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) recommande au gouvernement d'augmenter de 6,5% le tarif réglementé du gaz naturel à compter du 1er juillet. Une hausse justifiée par l'augmentation des coûts de production.... et la baisse du nombre de clients d'Engie.

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Le montant de la facture de gaz de certains particuliers pourrait prochainement décoller. La Commission de régulation de l'énergie (CRE), chargée chaque année de transmettre un avis au gouvernement sur la question, préconise d'appliquer une hausse de 6,5% sur le tarif réglementé du gaz naturel à partir du 1er juillet. Les ministères de la Transition écologique et de l'Economie devront rapidement trancher. Si cette augmentation est effective, chaque consommateur moyen se chauffant au gaz chez Engie pourrait voir sa facture annuelle augmenter de 80 euros en moyenne, selon la Commission.

Cet avis, transmis ce lundi 11 juin au gouvernement, devra faire l'objet d'un arrêté ministériel pour pouvoir entrer en vigueur au 1er juillet. Mais selon Le Figaro, qui rapporte l'information, l'exécutif serait tenté de mettre en place cette hausse "après quatre années de tarifs particulièrement bas", selon une source gouvernementale citée par le quotidien. L'an dernier, pour comparaison, la CRE avait recommandé de baisser ces tarifs de 4,3%. Un avis qui avait été suivi.

Un volume de vente en berne

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La CRE justifie l'éventualité de cette "hausse importante" par l'augmentation cumulée des "principaux postes de coûts d'utilisation des infrastructures (transports, stockage, distribution)" supportés ces derniers mois par Engie, le fournisseur référent du gaz au tarif réglementé. Mais aussi par la "hausse des prix constatée sur les marchés mondiaux" et des coûts de commercialisation du gaz.

De plus, le volume de vente du gaz distribué par Engie ne cesse de s'écrouler. La CRE anticipe une baisse de 24% entre 2018 et 2019, après celle de 14,6% entre 2017 et 2018. Une phénomène provoqué par l'érosion de sa clientèle : aujourd'hui sous la barre des 4 millions de clients, Engie devrait descendre sous les 3 millions dès l'année prochaine selon la CRE. La commission note que, depuis 2015, sur un total de 11,5 millions de sites résidentiels et professionnels alimentés au gaz, "6,6 millions ont quitté ces tarifs pour des offres de marché, soit près de 60%".

Fin programmée des tarifs réglementés

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Depuis l'ouverture du marché à la concurrence initiée en 2007, les ménages se tournent en effet de plus en plus vers d'autres fournisseurs d'énergie (Direct Energie, Dyneff, etc.). Un phénomène qui ne devrait qu'être renforcé si cette augmentation du tarif est confirmée !

Cette libéralisation du marché devrait toutefois aboutir, à l'horizon 2023, à la suppression de ces tarifs réglementés. Le Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), projet de loi qui doit être présenté en Conseil des ministres la semaine prochaine, doit acter ce principe dans ce délai. Autrement dit, l'Etat ne fixera plus par arrêté les tarifs qu'Engie doit proposer aux consommateurs, pour laisser totalement libre la concurrence entre fournisseurs d'énergie.

 

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Une décision qu'espérait Bruxelles de longue date. En 2007, l'ouverture du marché à la concurrence avait été lancée à partir de ses préconisations. Dix ans plus tard, la Commission européenne exigeait de la France de passer à l'étape suivante en supprimant purement et simplement les tarifs réglementés du gaz. Une recommandation basée sur l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) qui les qualifiait d'"entrave à la réalisation d'un marché concurrentiel". Quelques mois plus tard, le Conseil d'Etat s'alignait sur cet arrêt, pointant ces tarifs comme "non-conformes" au droit européen.

https://www.marianne.net/societe/engie-les-tarifs-reglementes-du-gaz-pourraient-augmenter-de-65-en-juillet?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

AFFICHE SOUVENEZ VOUS

mardi 12 juin 2018

Quand les "jeunes agriculteurs" découvrent l'Union européenne et le libre- échange...

Blocage de Total : «Quelles solutions veulent-ils mettre en place?» s'interroge un jeune agriculteur

ACT BLOCAGE JEUNES AGRICULTEURS

Les agriculteurs bloquent le site de la raffinerie Total de Grandpuits depuis le 10 juin pour protester contre la concurrence de l'huile de palme importée par la compagnie pour produire du biocarburant. Le reporter de RT France les a rencontrés.

Le 10 juin à 23h, plus d'une centaine d'agriculteurs ont se sont rendus à Grandpuits en Seine-et-Marne pour empêcher les camions de carburant de se réapprovisionner dans une raffinerie de Total. Ils s'insurgent contre l'autorisation donnée par le gouvernement à la compagnie pétrolière d’importer 300 000 tonnes d'huile de palme par an de Malaisie et d'Indonésie, pour la fabrication de biocarburant. Mus par leur colère, ils ont charrié des mottes de terre pour bloquer le passage des véhicules. Le matin du 11, deux camions ont dû faire demi-tour.

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Cette décision controversée condamne les producteurs de colza à ne plus être concurrentiels, selon les protestataires. «Demain, si moins de colza est cultivé, l’éleveur n’aura plus assez de colza. Ils vont réimporter du soja OGM. Nous agriculteurs en France, avons l'interdiction de produire des OGM. On nous interdit des choses, mais on va réintroduire des plantes de l'étranger», fulmine Mathieu Beaudoin, le vice-président des Jeunes agriculteurs de Seine-et-Marne, au micro du reporter de RT France Jonathan Moadab.

«Quelles solutions veulent-ils mettre en place pour que nous agriculteurs ne perdions pas de 20 à 40 euros la tonne ?», interroge-t-il. Et le syndicaliste de rappeler que la culture de colza est la seule qui soit rentable pour eux, au contraire, par exemple, du blé. «Si on perd les 40 euros de la tonne, très clairement : moi le premier, j'arrête la culture du colza», menace-t-il. Les différences de normes de production entre les cultures françaises et asiatiques sont telles que les cultivateurs français seraient gravement lésés, selon lui.

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Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a réagi en jugeant leur mouvement illégal et en affirmant qu’il ne changerait rien à l’accord. Ces déclarations alimentent la détermination des manifestants qui ont bloqué 13 raffineries ou dépôts de carburant dans toute la France. Ils avaient prévu de cesser leur action le 13 juin, mais pourraient choisir de prolonger leur mouvement.

https://francais.rt.com/france/51488-blocage-total-quelles-solutions-veulent-ils-mettre-en-place

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Extrait de la dernière chronique de Charles Sannat:

Le problème c’est que la cohérence, cela vaut pour le gouvernement et… pour la FNSEA !

Oui, j’aime bien relever les paradoxes, appuyer là où cela fait mal, titiller les parties (je parle du gouvernement d’un côté et des syndicats agricoles de l’autre, n’allez pas vous imaginer autre chose, je suis un garçon sérieux). C’est mon côté poil à gratter génétique.

La cheftaine de la FNSEA donc appelait de manière fort grandiloquente à « faire le choix de l’Europe », ce qui voulait dire à voter Macron lors des présidentielles.

Parfait.

Voilà un choix « responsable ».

Voilà la voix de la « raison ».

Voilà le chemin de la « sagesse » blablablablablabla…

Sauf que l’Europe est là pour couillonner les paysans, et les organisations syndicales pour faire avaler la pilule aux petits paysans d’en bas.

C’est l’Europe qui organise les accords de libre-échange qui ont pour conséquence de permettre d’importer plein de produits qui viennent directement concurrencer nos propres productions. C’est le cas pour l’huile de palme, comme pour la viande aux hormones d’Argentine ou du Canada.

N’oubliez pas cette terrible citation. Terrible de vérité : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. » La FNSEA est en plein dedans.

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