mardi 13 février 2018

Accusations d'attaques au chlore en Syrie : Florence Parly concède n'avoir ni preuve ni certitude

Depuis le début de l'année, les Occidentaux accusent à nouveau Damas d'avoir mené des attaques chimiques contre des civils en zones rebelles syriennes. Mais, à défaut de preuves, la France ne peut avancer que des indications.

ACT SYRIE PARLY

Le gouvernement syrien a-t-il franchi la fameuse «ligne rouge» définie par Emmanuel Macron à Versailles en mai 2017 ? Non, d'après la ministre française des Armées, Florence Parly. Ou du moins oui et non... Interrogée sur l'utilisation de chlore contre des civils syriens ce 9 février sur France Inter, Florence Parly a reconnu qu'elle ne disposait pas de preuves formelles. «On a des indications possibles d'utilisation du chlore mais nous n'avons pas de confirmation absolue et c'est donc ce travail de confirmation que nous sommes en train de faire, avec d'autres d'ailleurs, parce qu'évidemment, il faut que les faits soient établis», a-t-elle concédé, sans toutefois expliciter qui étaient ces «autres».

«On ne sait pas le dire avec certitude et c'est cela qu'il faut parvenir à établir», a-t-elle encore expliqué, reconnaissant ne pouvoir démontrer que la ligne rouge de l'utilisation d'armes chimiques posée par le président français avait été franchie. «Je crois qu'il faut garder les idées claires», a-t-elle jugé, en conclusion de son argumentation complexe.

Accusations récurrentes contre le gouvernement syrien

Depuis le début de l'année 2018, les Occidentaux accusent Damas d'avoir à plusieurs reprises bombardé avec des barils de chlore les populations d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, et de la région de la Ghouta à l'est de Damas, notamment. Washington affirme ainsi qu'au moins six attaques au chlore ont été menées dans des zones rebelles, avançant des dizaines de cas de blessés par suffocation. Les allégations reposent toutefois sur des informations fournies par le controversé Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, mais aussi par les non-moins controversés Casques blancs.

Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, paraît toutefois plus enclin que Florence Parly à considérer Damas comme responsable des incidents chimiques rapportés par les Etats-Unis. «Toutes les indications [...] nous montrent aujourd'hui qu'il y a l'usage du chlore par le régime en ce moment en Syrie», a-t-il martelé le 7 février dernier sur BFMTV, sur fond de violents combats entre forces gouvernementales syriennes et rebelles.

Le gouvernement syrien a pour sa part démenti fin janvier avoir utilisé des armes chimiques. Moscou a dénoncé de son côté une «campagne de propagande», visant à accuser le gouvernement syrien d'attaques dont «les auteurs ne sont pas identifiés».

https://francais.rt.com/international/47972-attaques-chimiques-syrie-florence-parly-preuve-certitude

Face aux accusations d'attaques chimiques en Syrie, Philippe Migault appelle à la prudence

Tandis que les Occidentaux accusent le gouvernement syrien de mener des attaques chimiques, ce que dément Damas, le directeur du Centre européen d'analyses stratégiques appelle à la prudence et analyse les enjeux derrière ces accusations.

(...)

«Quand bien même il y aurait des attaques au chlore, encore faut-il pouvoir déterminer qui en est l'auteur», estime l'expert, soulignant que, sur le terrain, cela est «extrêmement difficile».

Quant aux conséquences politiques en cas de confirmation de ces attaques présumées, elles ne seraient pas les mêmes en fonction de l'identité de ses auteurs, d'après Philippe Migault.

«Si l'auteur de cette attaque chimique est une faction opposée a Bachar el-Assad, il n'y aura aucune espèce de représailles de la part des Occidentaux puisque ce sont nos alliés, ce sont ceux que nous armons», estime le directeur du Centre européen d'analyses stratégiques.

Il poursuit : «En revanche, si c'est Bachar el-Assad [qui est responsable d'attaques chimiques], théoriquement la ligne rouge aurait été franchie et nous devrions intervenir, du moins si nous nous référons aux déclarations d'Emmanuel Macron.»

(...)

https://francais.rt.com/entretiens/48001-face-accusations-dattaques-chimiques-syrie-philippe-migault-appelle-prudence

BASE 14 995X225

Sur fond d'omerta médiatique concernant les récentes révélations américaines (Fake News: communiqué de presse UPR), la même logique d'accusations sans preuve reprend de plus belle, mais certains commencent à faire preuve de prudence. Seuls, les plus impliqués dans la complicité avec les mensonges de Washington sont pris dans l'engrenage de leur propre logique, tels Le Drian. Pour combien de temps encore?   P.G.

Posté par UPR Creuse à 08:36 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,