jeudi 19 juillet 2018

Communautarisme: lorsque la « Presse » fait du zèle et que la gauche signe son arrêt de mort.

TRIBUNE LIBRE /  Jacques Cotta • Actualités • Mercredi 11/07/2018

TL REPUBLIQUE COMMUNAUTARISME

Il est coutumier de dire que les phénomènes qui se produisent outre-Atlantique ne sont que le prélude de ce qui nous attend ici, avec un décalage dans le temps plus ou moins important. La mondialisation n’épargnant aucun domaine, les questions idéologiques, identitaires, civilisationnelles y sont soumises. Et la presse avec. Ainsi, au lendemain des assassinats de Charlie Hebdo en 2015, un journaliste noir américain de « The Atlantic », Ta-Nehisi Coatesde, par ailleurs militant noir des « black Panthers », interroge « Libération » sur la présence [absence] de journalistes arabes dans sa rédaction. La question semble tout autant anodine que les conseils proférés. « Aux Etats-Unis, il y avait un manque, mais il y avait des Latinos, des Noirs, dans toutes les rédacs » indique le confrère. Ce qui pouvait passer pour une simple réflexion anecdotique il y a trois ans, sans conséquence, a fait son chemin. En cet été 2018 le journal « Libération » nous indique que « cette question a été un sujet réel de réflexion au sein de la direction du journal ces dernières années ». « Sommes-nous une rédaction blanche »? Et comme si cela était un drame, le journal d’indiquer « on l’a été, on l’est encore. Ça a changé un peu. On part de loin ». La démarche est pour le moins étrange.

Recensement ethnique et communautarisme

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Pour répondre, le journal s’engage dans ce qui ressemble à un début de recensement ethnique. Voilà donc un des principaux quotidiens parisiens, chantre de « l’antiracisme », prêt à fustiger par exemple Robert Ménard le maire de Bézier lorsqu’il engage un décompte ethnique dans les écoles de la ville, qui lui emboite le pas sans même sembler s’en rendre compte. Mais quel est donc le cadre idéologique et intellectuel qui permet aux racistes et antiracistes d’afficher les mêmes méthodes ? Derrière l’anecdote, ce sont des choses très sérieuses qui sont en jeu.

Le Communautarisme s’appuie en général sur des faits précis, réels, qu’il ne s’agit pas de nier, mais dont l’exploitation à des fins politiques revient à la remise en cause des règles républicaines qui permettent de vivre ensemble. Les exemples abondent. La tyrannie que subissent des filles dans certains quartiers doit-elle être l’affaire de la seule « communauté féminine » ? L’homophobie que subissent certains jeunes doit-elle être la seule question de la « communauté homo » ? La discrimination que connaissent certains Noirs ou Algériens doit-elle être réduite aux seules « communautés noires et arabes » ?

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Évidemment, lorsque l’idéologie fascisante que porte notamment l’islamisme politique dans les quartiers frappe, c’est toute la république qui est concernée et ses principes universalistes qui sont attaqués. Cela pour les filles, les homos ou plus généralement pour l’embauche qui organise la discrimination au compte du capital. Contrairement à la République, les communautarismes enferment dans des ghettos les catégories concernées, tout en dénonçant la situation dans laquelle ils les ont eux-mêmes placées. La République a des règles qui permettent de vivre ensemble. Elle ne définit pas les citoyens en fonction de leurs différences mais en fonction des droits et devoirs qu’il leur revient de partager.

La démarche du journaliste américain et la préoccupation de Libération sont révélatrices d’une mise à mal de la tradition universaliste française, de la vie républicaine malmenées au profit d’un communautarisme qui pointe et qui progresse chaque jour. En réalité « Libération » répond aux attaques récurrentes qu’on peut entendre ici ou là, notamment dans les milieux d’une certaine « gauche », qui mettent en cause « cet odieux entre-soi d'ignobles petits blancs frileux qui refusent de se faire enrichir culturellement ». La problématique communautariste n’est pas de savoir combien il y a de journalistes dans une rédaction, ce que sont leurs compétences, la ligne éditoriale qui les conduit, les choix rédactionnels qui sont faits, mais leur sexe ou la couleur de leur peau. Le journaliste américain poursuit d’ailleurs de façon non équivoque. L’absence des Arabes et des Noirs dans les rédactions parisiennes serait un élément clé permettant de comprendre et d’expliquer « Je suis Charlie ». « Je suis Charlie » exprimait une détermination opposée à l’islamisme politique auteur des assassinats du journal satirique. Cette détermination était donc, à en croire la démarche de notre confrère américain, une affaire de Blancs. Sans l’écrire explicitement, un journaliste arabe aurait sans doute mieux compris la démarche des assassins. La question politique était donc reléguée en arrière-plan. Voilà une des premières conséquences de ce communautarisme étranger à nos traditions républicaines qui substitue aux qualités, aux positions, aux compétences la couleur de peau, sujet politiquement correct, dans les milieux de « gauche » notamment, et qui revient au fond à tempérer la critique des actes criminels, et à trouver une explication « raciale » à leurs auteurs.

Comment en est-on arrivé là ?

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Comment donc le pays de 1789 peut-il se trouver si perméable à ce qui est étranger à ses principes, à ses règles, à sa devise ?
Il existe une relation étroite entre la politique mise en œuvre et l’idéologie qui s’impose. Peu à peu, sous le coup de la destruction du bien commun, derrière les exigences du capital pour qui « le pognon » mis dans les aides sociales est une dépense superflue, ce sont les valeurs de solidarité, de fraternité, d’égalité qui ont été saccagées. Sans doute imparfaites jusque-là, ces valeurs avaient toutefois prise sur la société, incarnaient une conception de la vie commune. Aujourd’hui leur ont été substitués un individualisme forcené, un chacun pour soi et surtout personne pour les autres.

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Le mode de production capitaliste a transformé nos sociétés en sociétés d’individus, cherchant à atomiser toute problématique pour laisser le sujet seul face au corps dominant. Seul, donc impuissant. La question n’est plus, ne doit surtout plus être le rassemblement des opprimés contre leurs oppresseurs. L’individualisme revendiqué aboutit à exploser les communautés humaines. Tous les secteurs de la vie courante sont concernés. Sur le plan intime, la famille patriarcale par exemple est fustigée par tous ceux qui considèrent que cela coûte trop cher, que ça constitue une entrave à la mobilité et la flexibilité dont le capitalisme a toujours besoin, que ça incarne un lieu de solidarité contraire aux lois du marché idéal. Sur le plan social, l’individualisation est directement prônée contre le tout collectif. Les « lois Travail » de Hollande et Macron qui détruisent les conventions collectives, qui limitent les cadres de représentation des personnels, qui limitent ou liquident les garanties minimales n’ont d’autre but que de livrer le travailleur au bon vouloir de l’employeur, sans résistance collective possible. L’objet n’est plus l’antagonisme de classe entre capital et travail. Le salarié n’a plus comme ennemi que son collègue de travail. Pour tout « dégraissage », la question se résume à « qui passera à la trappe ». Le « lean-management », inventé dans le secteur automobile américain, et depuis propagé par la mondialisation dans tous les secteurs, revient à faire décider par un collectif de travail qui doit être viré. Telle est la loi du capital.

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Avec les valeurs, c’est le cadre national lui-même qui doit être balayé. La bouillie intellectuelle dominante aboutit à assimiler les nations aux nationalismes et à leur faire porter la responsabilité de tous les maux de la société. Elles seraient responsables, donc doivent être détruites. En Yougoslavie « les bombardements humanitaires » ont fait leur œuvre. Comme en Libye ou en Syrie. Le capital opère jusque dans les détails. Les langues sont bouleversées au profit du « Globish », expression du politiquement correct à la mode américaine dont le dernier avatar est l’écriture inclusive qui exprime une conception étrange de l’égalité homme femme, et qui rend tout texte illisible.

Le communautarisme ennemi de la communauté politique

Les revendications les plus absurdes mêlées à cette idéologie, produit de la mondialisation capitaliste, donnent naissance à ce communautarisme étranger à nos valeurs, mortifère pour la République elle-même. Dans les cantines scolaires on réclame du Halal ou du Casher, du végétarien ou du Vegan… La différence dés le plus jeune âge, plus rien de commun, voilà la consigne ! Le séparatisme et le différentialisme doivent ainsi s’imposer au républicanisme et à l’universalisme, érigeant les droits de l’individu-roi contre la communauté politique. Les exemples abondent. On pourrait ainsi parler des minorités sexuelles, des gays, des lesbiennes, des trans, des bi, et maintenant, dernier terme à la mode pour exprimer cette décomposition, des « genrés », des « cis », des « trans »… Une fois encore il ne s’agit pas ici de nier le malaise que peut connaitre un individu ou un autre sur toute question, alimentaire, identitaire, sexuelle. Mais de comprendre où nous mène la considération de catégories à part au-dessus de la communauté politique.

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La preuve par l’absurde. Nous sommes sur le plateau de Daniel Schneiderman. Celui-ci fait une émission sur les LGTB et remarque l’absence de femmes parmi ses invités qui rassemblent quatre représentants de ladite communauté gay.
- Je ne suis pas un homme, je ne sais pas ce qui vous fait dire que je suis un homme, mais je ne suis pas un homme, le coupe un barbu.
- L’apparence ?
- Il ne faut pas confondre identité de genre et expression de genre. Je refuse qu’on
me genre comme un homme. Je suis non binaire. Ni masculin, ni féminin.
Pour sa couleur de peau, l’homme se dira contre toute évidence « non blanc » car à moitié libanais.
Ainsi, partant d’un malaise personnel – indiscutable – et qu’il ne s’agit pas de nier, le malaise de s’être vu attribuer par la nature un sexe que l’on refuse, nous voilà sommés de ne « pas genrer » les individus, de ne pas reconnaitre un homme ou une femme là ou pourtant l’affaire ne fait pas de doute. Bref, de réduire le cadre collectif qui gère la communauté politique à une multiplicité de volontés individuelles.

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Curieusement le communautarisme réclame l’ouverture à l’autre alors qu’il n ‘est d’abord ouvert qu’à lui-même. Il en est ainsi des « racisés » nouveau terme à la mode, employé ici ou là, dont les porte-paroles seraient le CRAN, (conseil représentatif des associations noires) ou encore le PIR (le parti des indigènes de la république). Il y a là une des expressions les plus nettes de la décomposition politique. On commence par se victimiser, puis on fait haro sur le Blanc, coupable de porter sur ses épaules le colonialisme… Sur le plan pratique, c’est pour cette raison que sont organisées des « journées d’études décoloniales » patronnées par des universitaires, interdites aux Blancs. On y trouve des militants du NPA, du PCF, et parfois même de la FI. Expression d’une décomposition intellectuelle qui renoue avec le gauchisme soixante-huitard qui prônait la nécessité de gagner les prétendues « nouvelles avant gardes » dont la caractéristique était d’abord d’être étrangères au processus de production, aux salariés, aux ouvriers.

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Les dirigeants du PIR profèrent les plus abominables slogans racistes, revendiquent leur antisémitisme, les pétitionnaires attitrés n’y ont jamais trouvé à redire et pas un tribunal n’a eu à les juger. La remise au goût du jour des critères « raciaux » et le développement d’une « haine des blancs » qui serait nécessaire pour en finir avec l’oppression coloniale, tout cela ne gêne nullement le gratin du gauchisme universitaire. L’« intersectionnalité des luttes », c’est cette étrange alliance des LGBT, des « racialisés », et de tous les groupes porteurs des lubies du moment, totalement indifférents à la situation de la grande masse du peuple, satisfaits de la marginalisation et de la division du mouvement ouvrier et tout fiers de leur auto-promotion au rôle de nouvelle avant-garde de l’histoire.  Une farce qui accompagne le macronisme dont elle est l’autre visage.

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La dislocation du bien commun au profit du capital financier a besoin de ces leurres que le système exploite à merveille. Tout ce qui s’oppose à la nation, à la république, aux lois communes est élevé au rang de nouveau mouvement révolutionnaire. Ainsi, Edwy Pleynel qui dirige Mediapart s’est-il fait le chantre de Tariq Ramadan pendant que Houria Bouteldja, la « camarade » responsable du PIR se réjouissait des pendaisons d’homosexuels à Téhéran tout en recevant le soutien de groupes pro LGBT comme le NPA ou encore d’une frange au sein de la FI. Cette incroyable confusion – qui est sans doute une des formes de « l’intersectionnalité des luttes » – repose sur des mots d’ordre communs : feu sur la république, feu sur la laïcité, feu sur la liberté de penser et la raison, feu sur la nation. Mots d’ordre évidemment inoffensifs pour les classes dominantes mais qui entrent parfaitement dans leurs vues. N’y a-t’il d’ailleurs pas là une des faiblesses d’un mouvement défini comme gazeux, qui tolère en son sein des positions tellement diverses qu’elles peuvent aboutir à l’arrivée à une grande confusion et à quelques dramatiques contradictions.

Jacques Cotta
Le 10 juillet 2018

http://la-sociale.viabloga.com/news/republicanisme-et-universalisme-ou-communautarisme-et-differentialisme

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lundi 18 juin 2018

Contre-feux républicains [réédition]

COMMUNICATION REEDITION

TRIBUNE LIBRE / Source : Emmanuel Maurel, 28-05-2018

TL CONTREFEUX REPUBLICAINS

En France, les Républicains ne sont pas à la fête. Certes, personne ne remet en cause la République comme régime politique. Mais les principes qui la fondent sont en revanche malmenés, voire contestés, aussi bien par le pouvoir en place que par une partie croissante du monde politique.

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Oui, le « modèle républicain», fait l’objet d’attaques insidieuses ou frontales. Et l’exemple vient d’en haut. En libéral assumé, Emmanuel Macron s’en prend logiquement aux protections (droit du travail, assurance chômage) et au patrimoine collectif (privatisations, réforme de la SNCF), au risque de fissurer la cohésion sociale. Mais sa volonté transformatrice ne se limite pas à la sphère économique et sociale. A l’instar de Thatcher, le président pense que la société n’existe pas. Seuls valent les individus, qu’il convient d’armer pour la compétition et la concurrence. D’où une défiance pour les corps intermédiaires (syndicats, élus locaux, parlementaires, associations) qui, traditionnellement, contribuent à organiser l’action collective. D’où aussi une tentation, celle de renvoyer les individus ainsi plongés dans le grand bain libéral à une ultime bouée, la communauté supposée première, c’est à dire ethnico-religieuse.
Deux petits faits récents illustrent cette tentation.
On se souvient peut être du discours du chef de l’Etat au couvent des Bernardins. Ce jour là, plus chanoine de Latran que Président de la République laïque, Emmanuel Macron se faisait fort de réparer le lien « abîmé » entre l’Eglise et l’Etat, et encourageait les catholiques à s’engager dans la vie publique en tant que tels. En contradiction flagrante avec le principe de séparation dont il est pourtant censé être le garant, le président présente comme une blessure ce que l’immense majorité des Français considèrent pourtant comme une libération : la neutralité de l’Etat, la liberté absolue de conscience, la protection des incroyants comme des croyants, le droit au blasphème, etc.
Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron malmène ainsi un élément fondateur du pacte républicain. Déjà, lors de ses vœux aux autorités religieuses, le président avait, devant les représentants des cultes qui n’en demandaient pas tant, fustigé une « radicalisation de la laïcité », menace qui semble avoir échappé à la plupart de nos concitoyens, contrairement à la radicalisation religieuse (notamment celle de l’Islam politique) qui elle, est bien réelle.

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Ce faisant, le président semble encourager le regain de religiosité qu’on observe dans la plupart des sociétés. Comme si, dans le monde épuisant et déprimant du tout-concurrence dont il accompagne l’avènement, la foi seule apparaissait comme le dernier réconfort.
Le 22 mai dernier, Emmanuel Macron a franchi une étape supplémentaire dans son raisonnement libéral-communautariste. Lors de la présentation du mort-né plan Borloo, le chef de l’Etat a contesté en bloc la logique de la “politique de la ville”, pointant du doigt ses incontestables échecs (l’aggravation des phénomènes de ghettoïsation urbaine) et aveugle à tous ses mérites (lutte pour le maintien du lien social, efforts accrus en faveur de l’éducation, du sport, de la diffusion de la culture, rénovation du bâti). Au détour d’une phrase, entre deux réflexions blessantes envers les élus locaux, le président croit bon de plaisanter sur l’auteur et le récipiendaire du rapport : « ce n’est pas deux mâles blancs qui vont donner des leçons sur la banlieue ».

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Cette allusion aux “mâles blancs” se veut disruptive et moderne. Elle constitue en réalité une inquiétante derive sémantique et idéologique, puisqu’elle officialise une racialisation qui ne dit pas son nom. À la fois condescendante et régressive, l’expression laisse à penser qu’il n’y a pas de “blanc” en banlieue (ce qui témoigne d’une navrante méconnaissance que ne saurait excuser le recours à la caricature à des fins pédagogiques). Si les « blancs » ne sont pas légitimes pour parler des quartiers populaires, c’est que ceux-ci sont, dans son esprit, réservés aux “noirs” et aux “arabes”. La couleur de peau qualifie ou disqualifie. Ici, Macron se rend coupable d’une double assignation à résidence, territoriale et symbolique.

Religions et communautés (réelles ou fantasmées) sont donc convoquées à la rescousse de l’individu libéral, solitaire et atomisé. Dans cette démocratie identitaire, le particulier éclipse l’universel, et la citoyenneté censée élaborer un projet collectif se retrouve prisonnière des différentialismes.

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Face à cette régression, on attendrait de la gauche qu’elle réagisse avec force et vigueur. Mais elle est elle-même traversée, sur ce sujet, par de puissantes contradictions.
Par une curieuse ruse de la raison, la stigmatisation macroniste du “mâle blanc” rejoint celle d’une partie du camp « progressiste » qui a fait de ce stéréotype de genre et de couleur une des figures du mal (« petit blanc » devenant, au fil du temps, une sorte d’insulte définitive).
Ce cheminement a vu des intellectuels et des militants abandonner la lutte des classes au profit de la survalorisation de la “diversité” et de l’exaltation du multiculturalisme. Le grand sociologue américain Christopher Lash a minutieusement décrit cette évolution au sein du Parti Démocrate dans les années 70 et 80.
Mais la France n’a pas été épargnée par cette recherche d’un « peuple de substitution » dont parle Michéa. Au départ, il y a la critique, légitime, de « l’universalisme abstrait » qui, au nom de principes sublimes, méconnaît la réalité des rapports de force dans la société française. Ainsi, la République de la fin du 19ème siècle s’accommode fort bien de la colonisation, voire l’exalte. Cent ans plus tard, elle ferme les yeux sur les discriminations dont sont victimes les descendants des colonisés, et justifie la relégation de certaines populations sous prétexte de refuser la différence des droits. Pour les contempteurs de l’universalisme abstrait, la “promesse républicaine” n’est qu’une figure de style pour occulter l’éternelle domination des mêmes. Cette critique rejoint en partie celle des marxistes qui fustigent « l’égalité formelle », celle de la démocratie bourgeoise. Mais elle l’enrichit de concepts nouveaux, puisque l’exploitation n’est pas seulement classiste, mais aussi ethnico-culturelle.

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Reste que l’effet déceptif lié à cette promesse républicaine non tenue ne se traduit pas forcément par une remise en cause des fondements de la république. Au contraire. Les grands mouvements antiracistes des années 80 par exemple, se revendiquaient précisément de l’universalisme. Et c’est en son nom qu’ils exigeaient des progrès concrets dans l’égalité des droits.
Le tournant idéologique a lieu plus tard, il y a une vingtaine d’années. Certains militants de gauche, plutôt que de tenter d’homogénéiser des aspirations apparemment divergentes (travailleurs français et d’origine immigrée, ouvriers de la France périphérique et précaires banlieusards, etc.) ont préféré épouser des revendications religieuses et/ou identitaires prêtées à celles et ceux qui, à l’évidence, étaient le plus touchés par les injustices.
Le résultat est catastrophique : le petit jeu de la concurrence des dominations aboutit à une logique de scissiparité sans fin du corps social qui rend impossible l’élaboration de mots d’ordre unifiants. Au point de légitimer des pratiques de « non mixité » (c’est l’exemple des réunions « réservées aux racisés ») qui minent l’idée magnifique et moderne de Fraternité.
Ainsi, croyant agir au nom de la justice, les différentialistes de gauche se comportent en réalité comme de véritables idiots utiles du communautarisme libéral. Le soutien apparemment paradoxal de certaines organisations ouvertement féministes et laïques (dernièrement, et à notre grande surprise, l’UNEF) à des traditions et à des symboles qui fleurent bon la bigoterie et le patriarcat (par exemple le port du hidjab) témoigne de cette dérive navrante.

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A l’autre bout de l’échiquier politique, une partie de la droite s’égare elle aussi. Sans faire sienne l’aversion séculaire de l’extrême droite pour “La Gueuse”, elle n’hésite pas à recourir à la rhétorique du « pays réel ». Sens Commun ressuscite la « France fille aînée de l’Eglise » et la campagne d’un François Fillon (poursuivie par Laurent Wauquiez) jouait parfois la carte d’une identité nationale moins républicaine que religieuse et ethnique.
Face à toutes ces attaques, il est donc temps d’allumer, partout, des contre-feux. En reprenant à notre compte une conception militante de la République : à la fois une forme de gouvernement et un contenu philosophique qui en est indissociable, résultat de deux siècles de lutte.
Le magnifique préambule de la Constitution de 1946 en dessine les contours : l’adhésion au pacte républicain implique de reconnaître qu’en sus du respect des libertés fondamentales, le citoyen se voit doté de droits sociaux, protégé de la tutelle de tous les clergés, émancipé par l’école.

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La nation se confond avec la “République une et indivisible” : on peut considérer qu’il s’agit là, en partie, d’une fiction. Mais, comme souvent quand il s’agit des cultures politiques et des identités nationales, c’est une fiction nécessaire qui convient à un peuple épris d’égalité jusqu’à l’obsession. Et qui, quoi qu’on en dise, a permis, pendant des générations, l’assimilation des importantes vagues d’immigration successive. Le « creuset français », servi par les puissants outils d’intégration qu’ont été l’école et le service militaire, renforcé par le droit du sol hérité de la tradition révolutionnaire, n’est pas un mythe. Et contrairement à ce que prétendent les déclinistes et autres identitaires de droite comme de gauche, il fonctionne toujours!
La République Française privilégie systématiquement le commun au particulier. Elle est un projet politique, conscient et performatif, de résistance à l’empiètement permanent de la sphère privée sur la sphère publique. Évidemment, cela ne se passe pas sans heurt. La séparation des Eglises et de l’Etat, la relégation -partielle- de la religion dans la sphère privée, s’était opérée dans la violence. De même, le combat contre tous les particularismes n’a pas été exempt de brutalité. Les choses ont certes évolué : prise en compte de ce que Jaurès appelait les “petites patries”, décentralisation, etc. Mais, pour ne prendre qu’un exemple, il n’y a qu’en France que le débat autour des “langues régionales” soulève encore autant de passion.

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Aujourd’hui encore, le refus des “statistiques ethniques” ou la réfutation d’un « droit à la différence » (auquel les républicains opposent avec constance le “droit à l’indifférence “) surprend bien des observateurs étrangers. Tant mieux!
Assumer notre singularité historique, défendre et promouvoir une conception exigeante du “vouloir vivre ensemble”, c’est une des tâches politiques du moment.
Être pleinement républicain, mais aussi agir en républicain : il nous appartient d’imaginer les réponses qui permettront de donner une matérialité à cette promesse d’égalité, jamais achevée. Mixité sociale à l’école, aménagement du territoire, vraie politique d’intégration, extension du domaine des Biens Communs et des services publics, lutte contre le chômage de masse, nouvelles protections sociales : les chantiers pour de futures conquêtes sont innombrables. Il n’y a pas de temps à perdre.
Source : Emmanuel Maurel, 28-05-2018

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Dommage que la question de la souveraineté ne soit pas abordée ici: la perte du "modèle républicain" n'est pas seulement le fait d'une idéologie libérale et différencialiste. Elle a des sources anglo- saxonnes, et est constamment  promue par l'Union européenne. Notre simple appartenance à cet ensemble politique est en soi, selon moi,  une négation de la République.   P.G.

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samedi 26 mai 2018

Philip Roth et le judaïsme, l’histoire d’un malentendu

ARG PHILIP ROTH

L’écrivain américain est mort mercredi 23 mai à l’âge de 85 ans. Son œuvre colossale est marquée par le milieu juif, qu’il dépeint fréquemment et sans concession, et avec lequel il aura suscité maintes controverses et tensions.

Philip Roth chez lui en septembre 2005 à Warren aux Etats-Unis. 

Philip Roth chez lui en septembre 2005 à Warren aux Etats-Unis. / Douglas Healey/AP

Petit-fils d’immigrés juifs d’Europe de l’Est, Philip Roth n’aura néanmoins pas manqué d’être conspué par une partie des juifs aux États-Unis. Sa description de la judéïté, en filigrane de nombre de ses romans, ne témoigne pas d’une particulière bienveillance à l’égard du milieu dans lequel il a grandi, certains y voyant même de l’antisémitisme.

Deux de ses ouvrages en particulier ont suscité la controverse : Goodbye, Columbus (1959) et Portnoy et son complexe (1969). Le premier est aussi son tout premier livre. C’est en réalité un recueil de nouvelles, dont l’une est le point de départ des relations houleuses de l’écrivain avec d’autres juifs. Intitulée Défenseur de la foi et publiée dans le New Yorker, elle a provoqué une avalanche de lettres de lecteurs, pour la plupart hostiles. De nombreux rabbins à New York ont conspué le texte dans leurs sermons. « N’y a-t-il donc personne pour réduire cet homme au silence ? Les Juifs du Moyen Âge auraient su quoi faire de lui », a écrit l’un d’eux dans une lettre à la Ligue Antidiffamation.

 

Le communautarisme et ses dérives exposés

Pourquoi tant de violence contre ce texte ? La nouvelle raconte l’histoire d’un jeune soldat juif qui cherche à obtenir des faveurs d’un frère d’arme, au nom de leur religion commune. Ce qui gêne alors, explique Marc Knobel, historien et directeur des études au Crif, c’est que Philip Roth évoque directement « la question du communautarisme juif aux États-Unis et la question de la solidarité communautaire, en plus du rapport de la laïcité avec des pratiques religieuses spécifiques ».

Philip Roth est accusé par certains de ses détracteurs de « faire autant de mal avec « Défenseur de la foi » que toutes les organisations antisémites pour faire croire que tous les juifs sont des menteurs et des voleurs ». Le texte de l’auteur américain est la cible d’une critique au premier degré qui ne prend pas en compte l’aspect volontairement caricatural de ses personnages. Pour Marc Knobel, la simple lecture d’« Elie le fanatique », autre nouvelle du recueil, « suffit à balayer les accusations d’antisémitisme. L’histoire : des Juifs très intégrés tentent de convaincre un vieux coreligionnaire de cesser de porter son habit traditionnel en public. Le personnage principal, qui fait partie du groupe, se mettra finalement au terme du livre à porter lui-même ces vêtements.

« Un écrivain libre »

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Dix ans plus tard, nouveau vent de polémique avec la parution de son troisième roman « Portnoy et son complexe ». À nouveau, son style cru et sans concession navigue entre son expérience personnelle et la fiction la plus imaginaire, pour servir un récit traitant d’un avocat juif new-yorkais aux obsessions sexuelles marquées. Un mélange des genres qui choque, et soulève une fois encore des critiques, ses détracteurs accusant Philip Roth de véhiculer les pires clichés antisémites.

Pour l’historien Marc Knobel, ce qui suscite un tel malaise des milieux juifs envers Philip Roth est l’incompréhension face à « un écrivain totalement libre. Ils ont pris sa liberté pour de l’antisémitisme ». Récusant ces accusations, l’écrivain a aussi toujours refusé d’être catalogué « écrivain juif », marquant clairement son indépendance.

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« Il s’accorde le droit de caractériser les choses qui lui tiennent à cœur, » décrypte encore l’historien. « D’ailleurs, il n’est pas dur qu’avec les juifs. Il est avant tout dur avec l’Amérique ». Son regard acerbe et sa plume désopilante teintée de caricature se portent sur toute la société, avec le refus marqué d’être limité par la bienséance. « Je ne suis pas certain que Philip se rende toujours compte qu’il est scandaleux, » avait déclaré à son compte le Prix Nobel de littérature Saul Bellow. « C’est un radical. Il estime qu’il doit traiter le bizarre comme si c’était tout à fait normal ».

L’écrivain a beau être sulfureux et se heurter à un certain puritanisme américain, cette totale liberté lui vaudra aussi son succès, en témoigne le fameux « Portnoy et son complexe ». À sa publication, il écoula 275 000 exemplaires en seulement 48 heures.

Joséphine Kloeckner
https://www.la-croix.com/Religion/Judaisme/Philip-Roth-judaisme-lhistoire-dun-malentendu-2018-05-23-1

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samedi 7 avril 2018

Après la marche blanche pour Mireille Knoll, Jean-Luc Mélenchon allume le Crif, une "secte communautaire"

Le chef de file des Insoumis s'est lâché dans sa note de blog ce mercredi 4 avril : il y revient sur son départ forcé de la marche blanche contre l'antisémitisme, après les déclarations hostiles du président du Crif Francis Kalifat. Ce dernier est qualifié de "chef communautaire" par Jean-Luc Mélenchon, dans un texte particulièrement virulent.

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La vengeance est un plat qui se mange froid pour Jean-Luc Mélenchon. Le 27 mars dernier, à la veille de la marche blanche contre l'antisémitisme organisée en mémoire de Mireille Knoll - cette octogénaire juive assassinée - le président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif), Francis Kalifat, prévenait que "ni Jean Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN" ne seraient "les bienvenus" au rassemblement. Une manière de désigner le chef de file de la France insoumise (FI) comme une personnalité illégitime pour défendre les juifs contre la haine (contre l'avis même du fils de Mirelle Knoll) qui avait beaucoup choqué, et surtout eu des conséquences : le lendemain, Jean-Luc Mélenchon avait dû quitter de manière précipitée le cortège de ce qui devait être un rassemblement consensuel, chassé par les insultes et les menaces.

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Le soir de la marche blanche, le chef du groupe insoumis à l'Assemblée avait calmé le jeu, estimant qu'il ne fallait "pas confondre 40 énergumènes avec des milliers de braves gens que compte ce pays". C'était pour mieux exprimer sa colère quelques jours plus tard, dans une note de blog décapante qu'il publie ce mercredi 4 avril. Celle-ci est quasiment intégralement consacrée à la controverse entre le Crif et les Insoumis à l'occasion de la marche blanche. Jean-Luc Mélenchon se dit scandalisé que "l’unité de la communauté républicaine" y ait été "déchirée par un particularisme communautariste arrogant et sans pudeur". L'exfiltration forcée des Insoumis présents dans le cortège l'a beaucoup choqué : il s'en prend à la Ligue de défense juive (LDJ), groupuscule ultra-violent et fortement soupçonné d'être à l'origine des heurts, qualifiée de "milice braillarde". Mais Jean-Luc Mélenchon reproche aussi aux "officiels", à la police, au cabinet du ministère de l'Intérieur d'avoir "abandonnés [les Insoumis] à la vindicte de la milice du Crif".

"Chef communautaire", "groupuscule ethnique"...

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Pour Mélenchon, les événements sont bien plus qu'un simple "incident de manif" ; des "digues symboliques essentielles" ont été rompues. "Vous avez accepté que nous soyons mis dans le même sac que l’extrême droite, dénonce-t-il. Vous avez accepté que les écharpes tricolores soient expulsées sur ordre des communautaristes." Si Richard Ferrand, le chef du groupe LREM à l'Assemblée, est salué pour avoir quitté la marche, le président de l'Assemblée François de Rugy est vilipendé pour avoir "détourné le regard", et qualifié de "tout petit bonhomme voué au parjure et aux coups bas".

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Mais c'est surtout le Crif et son président Francis Kalifat qui en prennent pour leur grade. Ce dernier serait un "chef communautaire", et l'organisation qualifiée de "secte communautaire", voire même de "groupuscule ethnique (...) se réclamant des intérêts d'un Etat étranger" ! Les positions du Crif, très favorables au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, sont en effet vilipendées par Jean-Luc Mélenchon : il estime que Francis Kalifat a "proclamé devant le pays une singularité communautaire radicale" ainsi qu'une "allégeance de principe à un gouvernement étranger et à sa politique quelle qu'elle soit". L'Insoumis va jusqu'à avancer que "Kalifat et la LDJ ont fait plus pour l’antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites."

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En conclusion, Jean-Luc Mélenchon, qui avoue que "la blessure" que la polémique a ouverte en lui "ne cicatrisera pas de sitôt", se livre à une défense enflammée du modèle républicain. Réaffirmant "le soin particulier" qui doit protéger les citoyens français de confession juive contre les attaques dont ils font l'objet, il estime que "la République n’accepte pas que leur soit attribué une mise à part, même par ses propres chefs communautaires". Et réaffirme ses convictions : "L’universalisme a vaincu en France. La France n’est pas une collection d’indigènes."

Par Hadrien Mathoux

https://www.marianne.net/politique/apres-la-marche-blanche-pour-mireille-knoll-jean-luc-melenchon-allume-le-crif-une-secte?_ope=eyJndWlkIjoiYWMyOWU1Y2FmYjA3MWM5ODc0NzFmNzZlMmM0NTQwMTgifQ==

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En savoir plus sur la LDJ, un article du DECODEX, insoupçonnable par principe du moindre parti pris... :

 

La LDJ est née en France sous l’appellation « Liberté démocratie et judaïsme ». Créée sous le statut d’association en octobre 2000, elle s'est dissoute d'elle-même dès 2003, sans jamais cesser ses activités, même sans existence légale.

Essentiellement présente en région parisienne, forte de quelques dizaines de membres tout au plus, auxquels se greffent des « irréguliers » au fil des événements, elle s’inspire directement de la Jewish Defense League, créée aux Etats-Unis en 1968 par le rabbin Meir Kahane, aujourd’hui classée par le FBI comme un groupe terroriste et interdite suite à des tentatives d’attentat à la bombe contre une mosquée.

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La LDJ française a été fondée par des anciens du Betar, autre mouvement d’autodéfense juive plus ancien, dont elle a peu ou prou pris la succession. Comme la JDL, la LDJ se définit comme « une organisation sioniste, affirmant que la seule protection du peuple juif contre l’arbitraire et la violence, est Israël, état juif souverain ». Elle se donne pour mission de « protéger les juifs de France contre la violence tant verbale que physique de leurs ennemis ». Elle milite aussi pour éduquer les jeunes juifs au retour en terre d’Israël. 

En 2011, la LDJ fait polémique en proposant à ses militants de partir en Israël aider à défendre les colonies.

(...)

Comme son homologue américaine, la LDJ assume le recours à la violence. Dans sa charte, elle explique « vouloir défendre le peuple juif contre toutes les formes modernes de haine antijuive, antisémitisme, judéophobie, antijudaïsme et antisionisme », etce en maintenant « une veille tant idéologique que sportive afin de pouvoir parer à toutes menaces physiques des ennemis du peuple juif ».

Pour ce faire, la Ligue revendique donner à ses membres « un entraînement physique régulier de techniques d’autodéfense [leur] permettant de pouvoir se défendre et d’aider, le cas échéant, tout membre de la communauté en difficulté ».

Les militants, de jeunes hommes pour l’essentiel, pratiquent notamment le krav maga, technique d’autodéfense de l’armée israélienne. La LDJ ne dispose pas d’une structure très claire ni de responsables très identifiés, mais fonctionne plutôt comme une « marque » qui rallie de jeunes juifs désireux d’en découdre.

Et à plusieurs reprises, ces derniers ont été mêlés à des violences. En 2002, une dizaine de jeunes hommes sont arrêtés, porteurs d’armes blanches et de battes de base-ball, en marge d’une manifestation du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) au cours de laquelle un commissaire de police est grièvement blessé.  Le 30 décembre 2003, des étudiants d’une association propalestinienne sont attaqués au sein même du tribunal administratif de Paris par des militants proches de ce mouvement.

L'autodissolution de la LDJ, en 2003, ne l’empêche pas de poursuivre son activité. En 2009, deux lycéens d'origine maghrébine du prestigieux établissement Janson-de-Sailly, dans le XVIe arrondissement de la capitale, sont roués de coups lorsqu’ils refusent des tracts de la LDJ. La même année, une librairie qui soutenait la cause palestinienne est saccagée par des militants proches de la ligue. En 2011, une vingtaine de militants attaquent un cinéma parisien qui projette un film sur les exactions israéliennes à Gaza. La LDJ s’en est également prise à Stéphane Hessel ou à l’écrivain Jacob Cohen.

(...)

Outre les violences physiques, la LDJ développe une activité militante sur Internet. Dès 2001, le site Cpiaj (comité pour une information authentiquement juive), qui déverse caricatures et pamphlets anti-Arabes, mais aussi contre certaines personnalités de confession juive qualifiées de « vermines » pour leurs positions, est fermé suite à une série de plaintes.

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Cet aspect de l’activité de la LDJ ne va faire que s’amplifier au fil du temps. Il suffit d’aller sur la page Facebook de l’organisation pour lire des posts et des commentaires truffés de fautes d'orthographe qui qualifient les musulmans de « rats », de « racaille maghrébine » et autres propos injurieux.

Si la France n’a pas interdit la LDJ, ce n’est pas le cas, on l’a vu, des Etats-Unis, où la Jewish Defense League (JDL) est classée comme organisation terroriste. La Ligue est également interdite en Israël, suite notamment au massacre du tombeau des Patriarches : en 1994, un extrémiste israélo-américain, Baruch Kappel Goldstein, ancien de la JDL, avait tué 29 Palestiniens et blessé 125 personnes avant d’être lui-même tué.

De nombreuses organisations antiracistes, comme le MRAP, mais également des associations juives françaises demandent maintenant la dissolution de la LDJ, par exemple l’Union juive française pour la paix.

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/07/23/au-fait-qu-est-ce-que-la-ligue-de-defense-juive_4461247_4355770.html

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vendredi 30 mars 2018

Qui est l'imame danoise reçue par Emmanuel Macron à l'Elysée après les attentats dans l'Aude ?

L'imame danoise Sherin Khankan, qui a ouvert la première mosquée 100% féminine d'Europe, a été reçue par le président le 26 mars à l'Elysée. Elle a loué «l'interprétation souple de la laïcité» d'un dirigeant qui «soutient le féminisme islamique».

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Le président français Emmanuel Macron a reçu le 26 mars à l'Elysée l'imame «féministe» Sherin Khankan, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur. Sherin Khankan est connue pour avoir fondé la mosquée Mariam de Copenhague, première mosquée d'Europe réservée aux femmes, inaugurée en 2017.

La réception d'une heure d'une femme rabbin et d'une imame était prévue à l'agenda de la présidence de la République. Hasard du calendrier, elle a eu lieu trois jours après les attentats perpétrés dans l'Aude par le terroriste islamiste Radouane Lakdim. Ces attentats n'ont pas été évoqués lors de l'entretien, selon les informations de l'Express.

Un «président sage» qui «soutient le féminisme islamique»

Selon Sherin Khankan, qui a communiqué sur Facebook après son entrevue présidentielle, Emmanuel Macron est un «président sage» qui «soutient le féminisme islamique» et voit la religion comme «une partie de la solution et non comme le problème».

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Dans un texte accompagné d'une photo, elle explique en outre que la France est un pays «connu pour sa séparation sans faille et inconditionnelle de la religion et de la politique» mais que le président Macron a, lui, «une conception plus souple de la laïcité». Sherin Khankan souhaite, par son «activisme», montrer que la religion, en l’occurrence l'islam, peut apporter une «contribution positive à la société». Elle estime de plus que la radicalisation peut être «une réaction au sentiment de non-appartenance à la communauté» enjoignant les «dirigeants du futur» à trouver des façons «d'inclure les minorités».

Lutter contre les «structures patriarcales de l'islam», la vocation de Sherin Khankan

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Sur Twitter, la porte-parole du parti Les Républicains (LR) a fustigé cette rencontre. «Au lendemain des attentats [de] Trèbes, Emmanuel Macron ne trouve rien de mieux à faire que de recevoir une imame danoise qui défend la supercherie du "féminisme islamique"», a ainsi tweeté Lydia Guirous. Elle a par ailleurs estimé «scandaleux» que Sherin Khankan «vante la souplesse du président Macron sur la laïcité en France».

Cette imame était conviée par le chef de l'Etat pour recueillir sa réflexion sur la meilleure manière, selon elle, d'améliorer le dialogue des civilisations et sur la place comme l'avenir de l'islam en Europe.

Désignée parmi les «100 femmes de l'année» en 2016 par la BBC, Sherin Khankan souhaite promouvoir, notamment en Occident, un dogme qui lutte contre «les structures patriarcales de l'islam». Auteur de La femme est l'avenir de l'Islam, paru en 2017, elle est la fille d’un père musulman syrien, ancien opposant à Hafez el-Assad, et d’une mère chrétienne finlandaise.

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Dans sa mosquée à Copenhague, Sherin Khankan s'occupe avec d'autres femmes de l'appel à la prière. Le vendredi, elle est uniquement réservée aux femmes. De nombreux mariages, parfois avec des partenaires d'une autre religion, y sont célébrés.

La Danoise, qui apparaît souvent dans les médias locaux, explique que la réaction de la communauté musulmane à son initiative de mosquée «féministe» a été majoritairement positive, rencontrant seulement une opposition «modérée» dans certaines franges. Mais selon elle, ces critiques proviennent de l’ignorance, la tradition de femmes imames existant depuis longtemps en islam. D'autres mosquées réservées aux femmes existent, notamment aux Etats-Unis, au Canada ou en Allemagne.

https://francais.rt.com/france/49254-imame-danoise-sherin-khankan-elysee-emmanuel-macron

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lundi 6 novembre 2017

Détournement de sens

Extrait d'un article de Jacques Sapir paru ce jour sur le site "Les crises", rendant hommage au livre "le grand détournement" de Fatiha Agag-Boudjahlat.

(https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-detournement-de-sens-par-jacques-sapir/)

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(...)

on peut reprocher à Fatiha Agag-Boudjahlat de n’avoir pas osé aller plus loin en montrant comment la construction de communautés fantasmées s’opposait frontalement à la notion de peuple, un terme très peu utilisé dans ce livre et jamais dans son sens de communauté politique, et donc de souveraineté.

Le problème de la souveraineté

Car, le problème central est là. Le salafisme existe depuis le début des années 1920[2], et a des racines bien plus anciennes encore. Sa dérive sectaire est désormais majoritaire, et pose d’ailleurs un problème évident d’ordre public[3]. Pourtant, il n’a pris en France la dimension de problème politique majeur que depuis une quinzaine d’années. De même, la présence de mouvements inspirés par les Frères Musulmans est attestée en Europe depuis les années 1950, ce mouvement étant né en Egypte en 1928[4]. Pourtant, là encore, ce n’est que depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990, que ces mouvements ont, petit à petit, pris de l’importance. On ne peut donc parler de « menace intangible ».

Si l’on veut comprendre comment a pu se constituer ce cadre religieux et politique, il faut ici comprendre un double mouvement. Il y a, d’une part, l’écrasement des mouvements du nationalisme arabe, écrasement qui fut largement porté par les pays occidentaux et à leur tête les Etats-Unis, écrasement qui permis à ces sectes religieuses de récupérer une partie du combat post-colonial. Mais il y a aussi la critique radicale portée sur la souveraineté par les institutions européennes qui nie en réalité la notion de peuple comme communauté politique fondée sur des bases territoriales et qui ouvre la porte aux idées de « communautés » transnationales, mais aussi à l’idée que c’est l’ethnicité qui fait le peuple et non un pacte politique. En un sens, et cela est bien dit par Fatiha Agag-Boudjahlat, les identitaires et les communautaristes mènent le même combat contre la République.

Les mouvements religieux qui sont apparus au sein de l’islam (et dont il convient de rappeler qu’ils sont loin de réunir la totalité des musulmans) ont donc bénéficié de l’éviction des mouvements nationalistes et de la critique post-moderne de la Nation dont la technocratie Bruxelloise est porteuse. Une réfutation du rôle fondamental de la Souveraineté, tel qu’il émerge des travaux de Bodin et de Jean-Jacques Rousseau, a d’ailleurs été produite par Andras Jakab, et cette critique est parfaitement convergente avec le discours tenu par l’Union Européenne[5]. Ils se combinent alors au processus d’acculturation qui frappe une partie de la jeunesse issue de l’immigration et qui la pousse à se chercher une culture fantasmée. On rappelle que, dans les territoires tenus par DAECH en Syrie et en Irak, les barres chocolatées qui sont la quintessence d’une sous-culture occidentale étaient hautement prisées par les « combattants ».

En fait, on est en présence d’un double mouvement de capture : celui des musulmans par des sectes fondamentalistes qui se prétendent les seuls représentants de l’islam, et celui d’une partie de la population immigrée par une pseudo-communauté musulmane à laquelle cette population est sommée d’adhérer ou d’être considérée comme traitre.

Une nouvelle trahison des clercs ?

Cela conduit alors Fatiha Agag-Boudjahlat à s’interroger sur ce que l’on appellera, à la suite de Julien Benda, une nouvelle « trahison des clercs ». Autrement dit pourquoi des intellectuels, de gauche comme de droite montrent-ils une telle perméabilité aux thèses communautaristes et racistes au point, dans certains cas, de s’en faire les complices. Fatiha Agag-Boudjahlat cite de nombreux noms et montre de manière irréfutable ce processus.(...)

On peut, comme le fait Fatiha Agag-Boudjahlat, s’interroger sur les sources intellectuelles de cet accommodement, voire de cette complicité. On revient ici sur la question du relativisme absolu et de la dé-contextualisation, thèmes qui sont abondamment traités dans le livre. On peut, comme Céline Pina, mettre en avant le clientélisme des élites politiques qui conduit alors des « intellectuels » à adopter des positions de justification[6]. Un autre livre, écrit récemment par Bernard Ravet montre bien qu’à ce clientélisme est venu s’ajouter la lâcheté profonde de l’administration et de la hiérarchie de l’éducation nationale[7]. Ces explications sont certaines ; mais, elles n’épuisent pas le problème.

Car, la haine de la France n’est pas que le fait d’une minorité de jeunes et de moins jeunes issus de l’immigration. Cette haine se construit sur une confusion : les élites prétendent que c’est la « France » qui agit pour cacher leurs propres manigances. Or, ce mensonge est repris comme tel par de nombreux intellectuels. On touche là à la question de la nécessité pour tout pays de produire un « récit national » qui aborde honnêtement les points lumineux comme les points sombres de son histoire. Or, une partie des intellectuels en France se refuse à l’idée même d’un « récit national », car ce dernier serait vecteur du « nationalisme ». Et l’on retrouve ici la haine de la souveraineté concoctée depuis Bruxelles par la technocratie de l’Union européenne.

(...)

C’est donc un livre important qui nous est donné ici par Fatiha Agag-Boudjahlat. Il faut l’en remercier, le lire et le discuter. Ce livre est, sur certains points, incomplet. On renvoie ici le lecteur aux ouvrages que j’ai écrit ou auxquels j’ai participé[8]. Mais il atteint son but. Il montre la construction perverse d’un autre sens aux mots que nous utilisons, construction qui permet de casser le langage commun qui s’était instauré entre Français. Il désigne le projet tyrannique qui est à l’œuvre derrière ce détournement orwellien du sens des mots.

Jacques Sapir

Notes

[1] Agag-Boudjahlat, Fatiha, Le grand retournement, Paris, Le Cerf, 2017.

[2] Rougier B., (dir.), Qu’est-ce que le salafisme ?, PUF, Paris, 2008, 271 p

[3] Amghar S., Le Salafisme d’aujourd’hui : Mouvements sectaires en Occident, Michalon, 2011

[4] Maulion F. – L’organisation des frères musulmans : évolution historique, cartographie et éléments d’une typologie, Diplôme universitaire de 3è cycle, Paris, Université Panthéon-Assas – Paris II – Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines, 2004, 337 p

[5] Jakab A., « La neutralisation de la question de la souveraineté. Stratégies de compromis dans l’argumentation constitutionnelle sur le concept de souveraineté pour l’intégration européenne », in Jus Politicum, n°1, p.4 ; consultable en ligne: http://www.juspoliticum.com/La-neutralisation-de-la-question,28.html

[6] Pina C., Silence coupable, Paris , Kero, 2016.

[7] Ravet B., Principal de collège ou imam de la république ?, Paris, Kero, 2017.

[8] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, Michalon, 2016 et Bourdin B. et Sapir J., Souveraineté, Nation, Religion, Paris, Le Cerf, 2017.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-detournement-de-sens-par-jacques-sapir/


 

BASE 14 995X225La question du contenu de la souveraineté est un débat fondamental, en France comme dans le monde: si on observe ce qui se passe en Espagne, on a un projet d'apparence identitaire (le "peuple catalan") sur la base d'un projet politique identique au projet porté par le pays contesté: diversité, multiculturalisme et communautarisme ethnique et religieux, sans compter une même adhésion au projet européen! Confusion des mots, double- langage etc.

P.G.

dimanche 3 septembre 2017

Cachez vos poules, c'est Yom Kippour ! La mise en garde de la préfecture du 92 agace le Crif

Le Crif a dénoncé des propos injurieux, après que les services vétérinaires ont invité les fermes pédagogiques à prendre des précautions contre le vol de moutons et de poules durant les fêtes de l'Aïd el-Kébir musulman et du Yom Kippour juif.

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Le 25 août dernier, les autorités juives de France se sont élevées contre une lettre envoyée par la préfecture des Hauts-de-Seine aux fermes pédagogiques du département les invitant à confiner leurs poules et moutons à l'approche des fêtes religieuses juives et musulmanes, respectivement du Yom Kippour et de l'Aïd el-Kébir, afin d'éviter le vol d'animaux.

Le courrier, envoyé début août par les services vétérinaires aux neuf sites concernés et révélé peu après par Le Parisien, recommande de mettre en place une surveillance accrue de leurs animaux, traditionnellement sacrifiés lors de ces fêtes religieuses.

Immédiatement, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat a réagi auprès de la Direction départementale de la protection des populations et du cabinet du Préfet. il a notamment dénoncé «un courrier scandaleux, des propos injurieux, et un amalgame calomnieux», qui constituent selon lui un encouragement à un comportement discriminatoire en raison de la religion. Il a également rappelé qu'aucune statistique ne venait confirmer la recrudescence de vols de poules durant la période de Yom Kippour.

De son côté, le président du Consistoire central israélite, Joël Mergui, a dénoncé, dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 25 août, la «stigmatisation» des pratiques juives.

«J'ai été effaré de découvrir dans la presse du 22 août que j'étais devenu soudainement et collectivement, avec tous mes coreligionnaires, un voleur de poules potentiel !», s'est-il insurgé, fustigeant un «amalgame malsain» entre la fête juive «la plus sacrée» et «d'imaginaires écumeurs de basse-cour».

Les services vétérinaires se défendent de toute stigmatisation religieuse

En 2013, un communiqué de la préfecture republié le 24 août dernier faisait état du vol de 200 moutons pour être abattus clandestinement puis revendus «dans la période précédant les fêtes de l'Aïd». les bêtes avaient été retrouvées dans un bidonville rom à Châtenay-Malabry, dans le sud des Hauts-de-Seine. Six habitants du campement soupçonnés de les avoir dérobés avaient été interpellés.

Le courrier des services vétérinaires devait donc être compris «dans le cadre d'une politique générale de lutte contre la délinquance» et n'était «évidement pas destiné à stigmatiser les différents rites religieux», s'est défendue la préfecture, précisant qu'un tel courrier était envoyé chaque année depuis 2013 aux fermes pédagogiques.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, s'était ému auprès du préfet «de ce courrier qui, s'appuyant sur un (soi-disant) principe de précaution, portait atteinte à l'intégrité des fidèles juifs et musulmans, en tendant à généraliser un épiphénomène». 

Les traditions religieuses musulmanes et juives veulent que les musulmans sacrifient un mouton pour l'Aïd el-Kébir, et les juifs pratiquants un poulet pour Yom Kippour. Ces rites auront lieu cette année respectivement début et fin septembre. 

https://francais.rt.com/france/42533-autorites-juives-sinsurgent-contre-mise-en-garde-sur-vol-de-poules-yom-kippour

Voir aussi:

Terra Nova veut remplacer Pâques et la Pentecôte par des jours fériés juif et musulman

22 févr. 2017,

Mettant en avant l'égalité entre les confessions, Terra Nova, think tank proche du Parti socialiste préconise de remplacer deux jours fériés judéo-chrétiens*, une proposition qui n'a pas plu à certains élus de droite qui crient au communautarisme.

«Pour que toutes les confessions soient traitées à égalité, il convient d'intégrer désormais au moins deux nouvelles dates importantes, le Kippour et l'Aïd el-Kébir, dans le compte des jours fériés, en supprimant les deux lundis [de Pâques et de Pentecote] qui ne correspondent à aucune solennité particulière», peut-on lire dans un rapport du 22 février intitulé L'émancipation de l'islam de France, écrit par Alain Christnacht et Marc-Olivier Padis, deux membres de la fondation Terra Nova.

La proposition de groupe de réflexion proche du Parti socialiste a fait réagir vivement plusieurs figures de la droite sur les réseaux sociaux.

«Terra Nova n'aime pas la France et ne la comprend pas. Nos jours fériés sont nationaux, et non dictés par le communautarisme !», a tempêté le vice-président du Front national (FN), Florian Philippot.

Le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, a pour sa part tweeté : «Terra Nova, toujours au rendez vous du communautarisme.»

Le secrétaire national LR Michael Miguères a, lui, accusé Terra Nova de vouloir «déchristianiser la France».

(...)

https://francais.rt.com/international/34382-terra-nova-remplacer-paques-pentecote-jours-feries-juif-musulman


*L'utilisation du terme "judéo- chrétiens" dans cet article est pour le moins surprenante:

PAQUES

https://www.vive-paques.com/paques/origine-paques.htm

P.G.

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