lundi 16 avril 2018

Après les sanctions américaines, les sénateurs russes proposent des représailles économiques fortes

Les sénateurs russes de la Douma d'Etat ont annoncé le 13 avril avoir rédigé un projet de loi proposant une restriction drastique des importations de biens et de services américains en réponse aux dernières sanctions de Washington.

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Face aux dernières sanctions américaines visant une série d'hommes d'affaires, d'entreprises et de responsables russes, des parlementaires russes ont proposé le 13 avril de prendre plusieurs mesures de rétorsion. Un projet de loi appelant à restreindre les importations de logiciels, de produits agricoles, de médicaments, de tabac et d’alcool en provenance des Etats-Unis sera débattu la semaine prochaine à la Douma d'Etat, chambre basse du parlement russe.

Des mesures qui pourraient «perturber» l’économie américaine

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Les sénateurs russes ont également suggéré de suspendre la coopération avec Washington dans divers domaines stratégiques à l’instar de l’énergie atomique et de l’aéronautique. Si ce projet de loi est adopté, la Russie suspendra notamment l’exportation de titane à destination de Boeing. Une décision qui aurait un impact très lourd sur le constructeur américain selon le porte-parole de la société publique industrielle russe Rostec, Viktor Kladov.

Dans une récente interview accordée au quotidien russe Rossiïskaïa Gazeta, il a indiqué que depuis l’année dernière, 40% des pièces d'avions en titane russe avaient été vendues à Boeing et 60% à son rival "européen" Airbus. De son côté, Piotr Pouchkariov, analyste en chef du groupe financier TeleTrade, a estimé que «la Russie ét[ait] capable de "perturber" l’économie des Etats-Unis en arrêtant ou en restreignant l’importation de ce précieux métal». 

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Enfin, les sénateurs russes ont appelé à lever l'autorisation faite aux entreprises américaines de participer aux privatisations russes. À l'heure actuelle, la liste des entités juridiques pouvant organiser des transactions de privatisation en Russie comprend Goldman Sachs, JP Morgan, Credit Suisse, Morgan Stanley, BNP Paribas, UBS, CITI et plusieurs autres banques étrangères.

Selon, les données officielles des douanes russes, la Russie a importé 12,5 milliards dollars de produits américains en 2017.

https://francais.rt.com/economie/49741-parlementaires-russes-proposent-mesures-sanctions

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ça ne va pas les tuer, mais c'est toujours bon à prendre, et surtout, ça va dans le bon sens: l'impérialisme US est aussi une domination économique, juridique, culturelle...

P.G.

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lundi 9 avril 2018

[RussEurope-en-Exil] Mondialisation, démondialisation, et les dérives d’une idéologie

TRIBUNE LIBRE / J. SAPIR

TL SAPIR MONDIALISATION

Le livre de Philippe Moreau Defarges[1] entend nous brosser un tableau général des logiques de mondialisation et de démondialisation. Le débat est important, voire d’actualité. Un sondage d’OpinionWay vient en effet d’être réalisé sur la « mondialisation » et ses résultats sont sans appels[2]. Les français rejettent dans leur grande majorité cette « mondialisation » et se prononcent même, à près de 66%, pour une forme de retour au protectionnisme. Ce livre, pourtant, se présente comme un mélange étrange d’histoire, de réflexions pertinentes et d’idéologie.

Mondialisation et Démondialisation

Moreau Defarges, et il faut l’en remercier, a écrit un livre dense, qui entend brasser les différents problèmes issus de la dynamique de la mondialisation. Il commence son livre par une analyse des différences qui existent entre l’alter-mondialisme et les discours de démondialisation. Cette distinction est importante. Elle permet de cerner ce qui sépare ceux qui contestent l’état actuel des processus de mondialisation et ceux qui considèrent que le processus lui-même est, sans doute, arrivé au bout de ses possibilités. De ce point de vue, l’articulation entre les situations présentes et les processus, entre le « statique » et la « dynamique » est, naturellement, au cœur du débat. De fait, nul ne nie l’ampleur des interactions économiques et politiques, ni ne veut revenir à des Etats ne fonctionnant que sur leurs ressources nationales, un rêve autarcique qui n’a jamais existé.

Ce qui oppose les altermondialistes et les partisans de la démondialisation n’est pas non plus le constat des effets néfastes de la mondialisation. C’est, plutôt, l’analyse des constantes politiques. Le fonctionnement des organisations et des forums internationaux renvoie toujours aux Etats qui y adhèrent. Et il n’y a pas de « souveraineté » mondiale, dont on comprend bien que la base ne pourrait être que biologique, en raison de l’extrême différence des cultures politiques des différents peuples. Le discours de la démondialisation, du moins celui auquel il est raisonnable d’adhérer, prend acte de ces distinctions et, plutôt que de chercher à les nier, entend les coordonner. Mais, pour qu’une coordination soit possible, il faut que la souveraineté des Etats soit respectée.

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C’est, d’emblée, l’un des points sur lesquels on se sépare de la thèse centrale de ce livre. Car, Moreau Defarges a écrit une mise en garde contre la démondialisation. Et, cette démondialisation pour lui, s’incarne dans le personnage du Président des Etats-Unis, Donald Trump. Que ce dernier s’oppose au cadre actuel est une évidence. Mais, on peut se demander s’il représente une rupture aussi radicale que Moreau Defarges le prétend. En effet, tous les présidents américains depuis, et y compris, Bill Clinton, ont cherché à s’abstraire du droit international ou à le reformuler suivant les principes des seuls Etats-Unis. Il faut, sur ce point, rappeler la guerre du Kosovo, qui fut une rupture nette du droit international, tout comme le fut l’invasion de l’Irak en 2003 par George W. Bush[3]. Ajoutons y les mesures légales prises par les Etats-Unis qui aboutissent à donner une extra-territorialité aux lois américaines. Ces politiques, qui furent poursuivies par Barack Obama, ont entraîné la dislocation du cadre légal qui aurait pu permettre, peut-être, de construire des formes différentes de coordination. De fait, on peut avancer l’hypothèse que nul ne croit dans cette grande entité que serait une « humanité politique », mais que sont nombreux ceux qui s’en servent pour avancer, de manière cachée, leurs projets étatiques.

La naturalisation des processus

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Ce discours de la mondialisation opposé à celui de la démondialisation met en évidence la différence entre les constats, que l’on peut partager, et les représentations. On peut regretter que ce discours ne s’accompagne pas de la distinction nécessaire entre le mouvement des flux de marchandises et de capitaux, flux qui sont une réalité, mais qui ont connu de nombreuses évolutions dans l’Histoire, et l’idéologie de la mondialisation. A cela, il y a une raison évidente : Philippe Moreau Defarges reprend en réalité très souvent de manière a-critique ce discours idéologique dont il ne se distingue pas assez.

Revenons un instant sur la distinction entre l’alter-mondialisme et la démondialisation. La première accepte la mondialisation non comme un fait social mais comme un fait naturel. Elle s’inscrit en réalité dans une logique de naturalisation des processus que l’on peut appeler de « mondialisation ». En ce sens, l’alter-mondialisme, tel qu’il s’exprimait à la fin des années 1990 et au début des années 2000, est bien partie-prenante de l’idéologie de la mondialisation.

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Les altermondialistes entendent mettre en place de nouvelles formes de mondialisation mais jamais il ne s’interrogent sur ce que représentent socialement et politiquement ces processus car ils considèrent que ces processus sont « naturels ». Or, de ce point de vue, il y a bien communauté avec le discours des « pro-mondialisation » qui eux aussi affectent de considérer ces processus comme « naturels ». On le voit bien dans le discours que tient Moreau Defarges qui donne une place décisive aux techniques et aux technologies, présentés littéralement comme des Deus ex-Machina qui échapperaient aux actions humaines[4]. De même construit-il tout un chapitre (le chapitre 2) autour de l’idée d’une « réunification biologique ». Mais, les sociétés humaines, sauf dans les délires des racistes, ne sont jamais des réalités biologiques mais toujours au contraire des réalités sociales, politiques et culturelles. Connaissant Moreau Defarges, il n’est pas dans mes intentions de l’accuser de racisme, car je sais qu’il est fort éloigné de cette idéologie nauséabonde qui lui fait profondément horreur. Mais, on doit constater que l’idéologie de la mondialisation, et plus précisément la volonté de construire un cadre idéologique naturalisant les phénomènes qui peuvent relever de ce que l’on appelle la « mondialisation », aboutit à mobiliser des concepts et des notions qui elles renvoient à un imaginaire raciste débridé. Disons-le, c’est le cas de toute tentative pour « naturaliser » des phénomènes qui sont tout saufs « naturels ». Car, cette naturalisation, par contre, elle est bien à l’œuvre dans le livre. Ainsi, il y a dans les propos écrits par Moreau Defarges comme une résurgence des discours techniciste de naturalisation du social tels qu’ils étaient constitués dans le socialisme soviétique de la fin des années 1950 et des années 1960.

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Plus globalement, Moreau Defarges soutient que les hommes sont mus par des forces qui leurs sont étrangères. Or, et sauf à vouloir donner une place dominante à la biologie – avec tous les risques de dérive que cela entraînerait – il convient de rappeler que l’histoire de l’humanité est une histoire essentiellement sociale et politique ; c’est l’histoire des institutions que les hommes se sont donnés. Alors, que cette histoire ne corresponde pas aux intentions des acteurs, que ses résultats soient souvent paradoxaux (les « ruses de l’histoire »[5]), bref que les hommes ne sachent pas quelle histoire ils font, et qu’ils passent une histoire différente de celle qu’ils ambitionnaient de faire, est une évidence. Mais les hommes sont la force motrice et ne sont pas des atomes mus par des forces qui les dépassent. Il y a là une divergence majeure et fondamentale avec le livre de Moreau Defarges.

Une vision largement idéologique

Quand Moreau Defarges parle donc des discours de la démondialisation (et ces discours peuvent être divers) il les assimile à des discours idéologiques, autrement dit à des représentations mystifiées du monde réel. Libre à lui de défendre cette position. Mais, pour être un petit peu crédible, il faudrait d’une part l’établir de manière rigoureuse et d’autre part que lui-même ne sombre pas dans un discours largement idéologique. Ainsi, l’identification de la démondialisation avec la « fermeture » et le « repli » est à l’évidence une construction idéologique. Les discours critiquant le libre échange et l’idéologie de la « mondialisation » appellent à des formes de maîtrise des mouvements de biens et de capitaux, et nullement à l’interruption totale de ces derniers. Cette confusion idéologique, car c’est bien de cela qu’il s’agit, renvoie à la confusion entre protectionnisme et autarcie. Il s’agit pourtant de processus très largement différents, et bien distincts. La confusion entre les deux signe la nature idéologique du livre.

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De même, les repères temporels qu’il se donne (XVème-XXIème siècles) sont hautement discutables. Les échanges internationaux existaient sous la Rome impériale, voire bien avant. Les cités italiennes furent à la pointe tant du commerce international que des pratiques bancaires. Il y a donc quelque chose de profondément faux dans la manière qu’à Moreau Defarges de segmenter l’Histoire, de ne retenir que ce qu’elle peut fournir à l’appui de ses thèses sans reconnaître la présence d’éléments pouvant tout aussi bien nourrir les thèses inverses.

Un autre problème se pose quand il s’agit de mobiliser des références historiques pour soutenir sa thèse. Ainsi, il n’hésite pas à présenter le Nazisme comme une force en apparence rationnelle, réagissant à l’interruption des échanges. Manière de dire que le Nazisme est le produit du protectionnisme. Mais, cette thèse fait fi des recherches récentes sur la question. On peut discuter de l’assimilation du nazisme aux discours nationalistes, et de ces discours nationalistes aux discours socialistes[6]. Toute une série de travaux montrent que le nazisme était tout le contraire d’un nationalisme. Le point est ici important car, outre un argument relevant à l’évidence du « point Godwin », il y a une profonde incompréhension dans la radicalité particulière de l’Allemagne hitlérienne. La caractéristique du comportement de Hitler mais aussi des autres chefs nazis résulte du filtre « racial »[7]. L’État Nazi régresse alors vers un modèle archaïque, semi-féodal[8], alors qu’il doit gérer une économie et un système militaire développés. De ce point de vue, il est important de noter que si l’Allemagne nazie a pu donner l’illusion avant 1939 d’être un système « rationnellement organisé » pour faire la guerre[9], cette perception de la réalité a été mise à mal par les travaux exploitant les archives et les témoignages des acteurs. De ce point de vue, le travail de Berenice Caroll[10], a été pleinement confirmé par les recherches historiographiques des trente dernières années.

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Le système nazi n’était pas seulement monstrueux par sa finalité, il l’était dans son fonctionnement quotidien, qui est profondément pathologique. On est en présence d’une régression vers une forme étatique et administrative « pré-moderne » (au sens de Max Weber) appliquée sur une société et une économie « moderne ». Cette dimension pathologique du système nazi (dont Hitler est une des sources, mais qui va largement au-delà de la personne du dictateur) a été bien analysée par Ian Kershaw, aujourd’hui reconnu comme la référence sur Hitler[11]. L’Allemagne nazie n’est nullement une suite, radicalisée de l’Allemagne de Guillaume II. En réalité le nationalisme allemand s’est effondré quand il a capitulé devant l’idéologie raciale du national-socialisme[12].

La manière dont Moreau Defarges traite (et maltraite) l’Histoire, et il y en a de multiples exemples dans son livre, est ici révélatrice de son projet global : déconsidérer les discours de démondialisation. Alors, peut-on sérieusement faire le reproche d’idéologie à ces discours quand on est soi-même si profondément et si complètement au cœur d’une idéologie ?

De la mondialisation au mondialisme

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On trouve dans ce livre un a-priori très négatif tant à l’égard de la Nation que du nationalisme. Mais, dans le cas français, il semble ignorer la profondeur du sentiment national qui s’exprime de Jeanne d’Arc[13] à Valmy, en passant par Henri IV et le combat de Fontaine-Française[14]. Il méconnait l’histoire même de la constitution symétrique de la Nation et du Peuple[15]. De fait, cela interdit à Moreau Defarges toute intelligence du processus révolutionnaire français qui opposa une haute noblesse cosmopolite au sentiment national. Cela lui interdit aussi de comprendre comment l’ancienneté de la construction de la Nation dans le cas français va de pair avec celle du peuple compris non pas comme une communauté raciale ou religieuse, mais comme une communauté politique et culturelle.

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On comprend alors qu’il ne soit pas à l’aise avec les concepts de souveraineté, d’Etat Souverain, et de souveraineté populaire[16]. Pourtant, ces concepts sont fort anciens[17]. On les retrouve à l’œuvre dans la formule de la République Romaine Senatus Populus Que Romanum. Les différents contresens que l’on trouvera dans l’ouvrage renvoient tous à un problème bien plus général : l’ignorance de l’importance et de l’autonomie du politique. C’est la conséquence naturelle du discours de naturalisation des processus de mondialisation. Cela conduit alors Moreau Defarges à porter des jugements que l’on peut trouver comme relevant pour le moins d’une grande légèreté et plus probablement comme traduisant une forme de mépris produits d’une vision autocentrée, sur des pays comme le Japon[18] ou la Russie[19]. Et l’on est alors conduit au paradoxe suivant : l’auteur défend la « mondialisation » mais sur la base d’a-priori culturels que ne renieraient pas le plus endurcis et le plus arriérés des nationalistes. C’est le prix à payer pour ce mépris de l’instance politique, mais aussi de l’instance culturelle. Car, en réalité, les deux sont intimement liées. On ne peut avoir de conscience politique sans une conscience culturelle, et cette dernière intègre, en réalité, l’histoire inconsciente des luttes et des compromis politiques passés.

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On comprend bien ici ce qui est en jeu. Dans le discours idéologique du « mondialisme », discours qui correspond à la naturalisation des processus réels de mondialisation, deux agents opposés se voient attribuer des caractéristiques très particulières : l’élite financière et économique, apatride et mondialisée, et la plèbe, elle aussi mondialisée, mais sur la base d’une perte radicale de sa culture et de son identité politique. De fait, suivant les points de vue, on mettra l’accent sur l’une et sur l’autre, sans comprendre que la première n’est que la reformulation de la haute noblesse d’ancien régime et que l’autre est une masse qui a été privée de sa culture politique et qui se raccroche, et on peut le comprendre sans pour cela l’approuver, à des éléments religieux, comme c’est le cas avec l’islamisme.

Libre-échange, mondialisation et développement économique

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Il reste la dimension économique de la mondialisation. Ici encore, l’affirmation selon laquelle la compétition a toujours été un facteur de progrès est, pour le moins, rapide[20]. On pourrait conseiller à Moreau Defarges de lire l’ouvrage publié par Bruno Amable et Ivan Ledezma[21]. Il est vrai que l’on a pu avoir en l’impression, et peut-être l’illusion, que c’était par l’abolition des barrières aux échanges que l’on avait obtenu la croissance très forte. Des travaux, parmi lesquels on doit inclure ceux de Dollar, en 1992[22], de Ben-David, en 1993[23], de Sachs et Warner, en 1995[24], et de Edwards en 1998[25], ont cherché à établir ce fait.

Mais, de manière générale, les tests statistiques et économétriques pratiqués donnent des résultats qui sont pour le moins très ambigus. On peut en déduire que, pour certains pays, l’ouverture a eu des résultats positifs, mais non pour d’autres. Cependant, on peut aussi en déduire que si une politique qui associe l’ouverture à de bonnes mesures macroéconomiques est meilleure qu’une politique associant le protectionnisme à des mauvaises mesures macroéconomiques, ceci tient bien plus à la qualité des dites mesures macroéconomiques qu’à celle de l’ouverture[26]. De fait, les pays qui ont associé des politiques protectionnistes à des bonnes politiques macroéconomiques connaissent des taux de croissance qui sont largement supérieurs à ceux des pays plus ouverts, ce qui invalide le résultat précédent sur l’ouverture[27]. Ceci nous ramène à la problématique du développement, qui s’avère être autrement plus complexe que ce que les partisans d’un libre-échange généralisé veulent bien le dire.

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Les travaux d’Alice Amsden[28], Robert Wade[29] ou ceux regroupés par Helleiner[30] montrent que dans le cas des pays en voie de développement le choix du protectionnisme, s’il est associé à de réelles politiques nationales de développement et d’industrialisation[31], fournit des taux de croissance qui sont très au-dessus de ceux des pays qui ne font pas le même choix. Le fait que les pays d’Asie qui connaissent la plus forte croissance ont systématiquement violé les règles de la globalisation établies et codifiées par la Banque mondiale et le FMI est souligné par Dani Rodrik[32].

En fait, le protectionnisme s’avère bien souvent une voie plus efficace et plus rapide vers la croissance que le libre-échange et, ce point est d’ailleurs régulièrement oublié par les thuriféraires du libre-échange, c’est la croissance dans chaque pays qui porte le développement des échanges internationaux et non l’inverse. De même, quant on regarde les suites de la crise de 1929, il est souvent affirmé que les mesures de sauvegarde monétaires et commerciales prises à la suite de la crise de 1929 ont contribué à aggraver celle-ci en provoquant un effondrement du commerce international[33]. La contraction de ce dernier est une évidence, mais elle succède à la contraction de la production qui se manifeste dès le choc de la crise boursière au lieu de la précéder. La crise qui affecte l’économie et entraîne une baisse de la production, qui engendre alors une baisse du volume du commerce international. Par ailleurs, les causes de la chute de ce dernier sont nettement plus complexes que ce qui est généralement affirmé. Une étude systématique des données réalisées par des chercheurs du National Bureau of Economic Research (NBER) montre que les droits de douane (le protectionnisme) n’ont eu pratiquement aucun rôle dans l’effondrement du commerce international à partir de 1930. Ces mêmes chercheurs indiquent que les deux facteurs déterminants dans son effondrement furent l’accroissement des coûts de transport et l’instabilité monétaire[34]. La hausse des coûts de transport est par ailleurs signalée dans une autre étude comme l’un des facteurs ayant eu une responsabilité importante dans la contraction du commerce international[35]. Il convient de souligner le rôle de la contraction de la liquidité internationale dans la contraction du commerce international. Foreman-Peck montre bien que la contraction du crédit est une cause majeure de contraction du commerce. Les faillites bancaires ont aussi atteint les compagnies d’assurance. Les conditions d’assurance du trafic maritime se sont détériorées et les moyens financiers des négociants maritimes se sont contractés brutalement. La question de la liquidité, et non celle d’un retour au protectionnisme, fut donc bien centrale[36].

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La légèreté avec laquelle Philippe Moreau Defarges traite de l’Histoire, que ce soit l’Histoire économique ou l’Histoire politique et sociale, est le signe le plus évident et le symptôme le plus robuste du caractère profondément idéologique de son argumentation. On ajoutera, mais la faute là en incombe à son éditeur, que ce livre apparaît à de nombreuses reprises comme une sorte de brouillon, voire des têtes de chapitres qui ne sont pas développés, avec des retours en arrière qui en rendent la lecture difficile. Ajoutons une bibliographie générale mais aucune note de bas de page. Les arguments des ouvrages cités à la fin du livre sont rarement repris et discutés, ce qui est plus que gênant dans le cas d’un essai. La question des conséquences écologiques des processus de mondialisation est ainsi largement passée sous silence, alors qu’elle constitue un des arguments les plus importants des partisans de la démondialisation.

Notes

[1] Moreau Defarges P., La Tentation du repli – Mondialisation et Démondialisation (XVème-XXIème siècles), Paris, Odile Jacob, mars 2018.

[2] https://www.opinion-way.com/fr/component/edocman/opinionway-pour-le-printemps-de-l-economie-les-francais-et-la-mondialisation-mars-2018/viewdocument.html?Itemid=0

[3] Sapir J., Le Nouveau XXIè siécle, Paris, le Seuil, 2009.

[4] Moreau Defarges P., La Tentation du repli – Mondialisation et Démondialisation op.cit., p. 37 et 150.

[5] Voir G.F.W. Hegel, La Raison dans l’histoire, Paris, UGE, 1965, p. 129. Ou encore Nicolas Machiavel : Le Prince, Paris, PUF 2000

[6] Moreau Defarges P., La Tentation du repli – Mondialisation et Démondialisation op.cit., p. 18.

[7] Burleigh M. et W. Wippermann, “The Racial State – Germany 1933-1945”, Cambridge University Press, 1991.

[8] Koehl R., “Feudal Aspects of National-Socialism”, in American Political science Review, vol. 54, 1960, n°3, pp. 921-33.

[9] Thèse défendue par O. Nathan, “The Nazi Economic System”, Duke University Press, Durham, NC., 1944, et par L. Hamburger, “How Nazi Germany has Controlled Business”, The Brookings Institution, Washington, D.C., 1943.

[10] Caroll B.A., “Design for Total War”. Arms and Economics in the Third Reich, Mouton, The Hague, 1968.

[11] Kershaw I., Hitler, a Profile in Power, Londres, 1991 ; Nazi Dictatorship : problems and Perspectives of Interpretation, Londres Oxford UP, 1993 ; “Working towards the Führer”, in I. Kershaw et M. Lewin (eds.) Stalinism and Nazism – Dictatorships in Comparison, Cambridge Univ. Press, 1997.

[12] W. Sheridan Allen, “The Collapse of Nationalism in Nazi Germany”, in J. Breuilly (ed), The State of Germany, Londres, 1992.

[13] Bensaïd D., Jeanne de guerre lasse, Paris, Gallimard, « Au vif du sujet », 1991.

[14] Berger H., Henri IV à la bataille de Fontaine-Française, Dijon, 1958. Et l’on se souvient de l’apostrophe d’Henri IV dans le courrier qu’il envoya au Duc de Biron « pends toi, brave Biron… ».

[15] Flori J., Philippe Auguste – La naissance de l’État monarchique, éditions Taillandier, Paris, 2002.

[16] Moreau Defarges P., La Tentation du repli – Mondialisation et Démondialisation, op.cit., p. 163 et suivantes.

[17] Carré de Malberg R., Contribution à la Théorie Générale de l’État, Éditions du CNRS, Paris, 1962 (première édition, Paris, 1920-1922), 2 volumes.

[18] Moreau Defarges P., La Tentation du repli – Mondialisation et Démondialisation op.cit., p. 60.

[19] Moreau Defarges P., La Tentation du repli – Mondialisation et Démondialisation op.cit., p. 100.

[20] Moreau Defarges P., La Tentation du repli – Mondialisation et Démondialisation op.cit., p. 151.

[21] Amable B. et Ledezma I., LIBÉRALISATION, INNOVATION ET CROISSANCE , Paris, Editions Rue d’Ulm, 2015.

[22] Dollar D., « Outward-Oriented Developeng Economies Really Do Grow More Rapidly: Evidence From 95 LDC, 1976-1985 », Economic Developemnt and Cultural Change, 1992, p. 523-554.

[23] D. Ben-David, « Equalizing Exchange: Trade Liberalization and Income Convergenge », Quarterly Journal of Economics, vol. 108, n° 3, 1993.

[24] Sachs J., A. Warner, « Economic Reform and The Process of Global Integration », Brookings Paper on Economic Activity, n° 1, 1995, p. 1-118.

[25] Edwards S., « Opennes, Productivity and Growth: What We Do Really Know? », Economic Journal, vol. 108, mars 1998, p. 383-398.

[26] Voir Ben-David D., « Equalizing Exchange: Trade Liberalization and Income Convergenge », op. cit.

[27] Voir Chang H.-J., « The Economic Theory of the Developmental State » in M. Woo-Cumings (dir.), The Developmental State, Ithaca, Cornell University Press, 1999 ; Kicking away the Ladder: Policies and Institutions for Development in Historical Perspective, Londres, Anthem Press, 2002.

[28] Amsden A., Asia’s Next Giant, New York, Oxford University Press, 1989.

[29] Wade R., Governing the Market, Princeton (N. J.), Princeton University Press, 1990.

[30] Helleiner G. K. (dir.), Trade Policy and Industrialization in Turbulent Times, Londres, Routledge, 1994.

[31] Voir C.-C. Lai, « Development Strategies and Growth with Equality. Re-evaluation of Taiwan’s Experience », Rivista Internazionale de Scienze Economiche e Commerciali, vol. 36, n° 2, 1989, p. 177-191.

[32] Rodrik D, « What Produces Economic Success? » in R. Ffrench-Davis (dir.), Economic Growth with Equity: Challenges for Latin America, Londres, Palgrave Macmillan, 2007. Voir aussi, du même auteur, « After Neoliberalism, What? », Project Syndicate, 2002 (www.project-syndicate.org/commentary/rodrik7).

[33] C’est la thèse de C. P. Kindleberger, « Commercial Policiy Between the Wars » in P. Mathias, S. Pollard (dir.), The Cambridge Economic History of Europe, vol. 8, Cambridge, Cambridge University Press, 1989 ; et de H. James, The End of Globalization: Lessons from the Great Depression, Cambridge, Harvard University Press, 2001.

[34] Estevadeordal A., B. Frants, A. M. Taylor, « The Rise and Fall of World Trade, 1870-1939 », NBER Working Papers Series, n° 9318, Cambridge, National Bureau of Economic Research, 2002.

[35] Findlay R., K. H. O’Rourke, « Commodity Market Integration: 1500-2000 » in M. D. Bordo, A. M. Taylor, J. G. Williamson (dir.), Globalization in Historical Perspective, Chicago, University of Chicago Press, 2003.

[36] Foreman-Peck J., A History of the World Economy: International Economic Relations since 1850, New York, Harvester Wheatsheaf, 1995, p. 197.

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-mondialisation-demondialisation-et-les-derives-dune-ideologie-par-jacques-sapir/

lundi 2 avril 2018

Brésil: le secteur de la viande face aux scandales sanitaires

Secoué par une nouvelle enquête ciblant des laboratoires accusés de masquer des salmonelles dans les produits du géant agroalimentaire BRF, le Brésil tente de redorer le blason de sa filière viande, un an après le scandale des viandes avariées.

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Cible de l'opération "Trapaça" ("triche") menée début mars par la police fédérale brésilienne, le groupe BRF, premier exportateur mondial de volailles, est accusé d'avoir falsifié des analyses de qualité entre 2012 et 2015 pour masquer la présence de salmonelle dans ses produits.   Certains d'entre eux étaient destinés à des pays de l'Union européenne.   

"La salmonelle rencontrée dans les produits ne présente aucun risque pour la santé à partir du moment où la viande est cuite ou frite, mais sa présence est tout de même interdite par certains pays", admet le secrétaire d'Etat à l'Agriculture Luis Rangel lors d'un entretien avec l'AFP. Le ministère de l'Agriculture a suspendu les exportations des viandes de volaille de BRF vers l'Union européenne, et une délégation brésilienne s'est rendue la semaine dernière à Bruxelles pour défendre son secteur avicole.

Contrôles sanitaires renforcés

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Cette nouvelle enquête policière dans l'agroalimentaire brésilien s'inscrit dans la continuité de l'opération "Carne fraca" ("viande avariée") qui a mis à jour en mars 2017 un vaste réseau de corruption, impliquant des agents de services sanitaires ayant certifié conforme de la viande avariée.   Des dizaines de pays avaient alors temporairement suspendu leurs importations de viande bovine. Deuxième importateur mondial, la Chine avait demandé des éclaircissements, mais pas mis d'embargo. 

L'UE a renforcé ses inspections. Les Etats-Unis et la Russie ont fermé leurs portes au boeuf brésilien. Mais pour l'Association brésilienne des industries exportatrices de viande (ABIEC), "cela n'a rien à voir" avec le scandale: "Un abcès a été trouvé sur un lot de viande envoyé aux Etats-Unis. Dans le cas russe, le marché était déjà fermé avant l'opération pour des questions tarifaires", affirme l'ABIEC. Et les exportations brésiliennes de viande bovine ont augmenté de 9% en volume en 2017. Le pays reste le premier exportateur mondial de boeuf. Des quatre usines de transformation de viande fermées au moment du scandale, deux ont repris leurs activités et deux ont perdu leur licence.

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Le ministère de l'Agriculture affirme avoir renforcé les contrôles sur l'ensemble de la chaîne de production et "accéléré" la révision de la réglementation de la certification sanitaire, selon M. Rangel. "Nous avons réduit le nombre d'étapes et d'intermédiaires au sein du système de contrôle sanitaire des entrepôts frigorifiques pour supprimer les risques d'interférences politiques", précise-t-il.

Le ministère de l'Agriculture a créé une certification de "compartimentation". Un concept recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui revient à isoler les différentes unités de production grâce à de hauts niveaux de biosécurité, afin de ne pas suspendre toutes les exportations en cas de problème. Dans ce cadre, deux entreprises avicoles ont reçu le 14 mars, les premières certifications émises.

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L'opération "Trapaça" arrive d'autant plus mal qu'elle s'ajoute aux craintes des éleveurs français et européens au sujet de l'accord de libre-échange en cours de négociation entre l'UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), qui faciliterait l'exportation de viande sud-américaine vers l'Europe

Eleveurs et consommateurs européens craignent l'apparition de produits à la qualité douteuse. Ils dénoncent aussi l'alimentation du bétail avec des OGM, et l'utilisation d'antibiotiques comme activateurs de croissance"Notre usage des OGM et des antibiotiques se fait dans le respect des règles internationales", assure M. Rangel. "Nous suivons les recommandations de l'OMS de réduction des antibiotiques (...) Sur ce point, nous avons beaucoup appris de l'Union européenne et des États-Unis", ajoute-t-il.  

La pression de l'UE est "plus grande en raison des négociations", fait valoir Antônio Jorge Camardelli, président de l'ABIEC. "Mais le Brésil a toujours été transparent sur ses méthodes de production. Tout pays ayant un accord commercial avec nous peut inspecter nos installations", affirme-t-il. 

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Fin janvier, des inspecteurs européens ont mené un audit sur la filière volaille, dont le rapport est attendu en avril. Le précédent audit, en juin, avait constaté des manquements dans le contrôle des établissements brésiliens et le non-respect des normes sanitaires européennes. Autre point noir soulevé par les Européens, la traçabilité du bétail qui n'est pas obligatoire au Brésil, malgré l'existence d'un Système d'identification et de certification d'origine bovine (SISBOV).

Source AFP

http://www.pleinchamp.com/elevage/actualites/bresil-le-secteur-de-la-viande-face-aux-scandales-sanitaires

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vendredi 30 mars 2018

La Pologne signe un contrat de 3,8 milliards d'euros pour l'achat de missiles américains Patriot

Après plusieurs années de négociations, Varsovie a finalement conclu l'achat de deux systèmes de défense antimissile et antiaérienne Patriot. Dès 2015, la Pologne avait écarté le système de défense proposé par le groupe français Thales-MBDA.

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Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, a signé le 28 mars à Varsovie le contrat d'achat du système antimissile américain Patriot pour 4,75 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros). Les livraisons des premières batteries sont prévues à partir de 2022. Lors de la signature, le ministre polonais de la Défense a déclaré : «Ce système a été acheté pour l’armée polonaise aussi en raison du stationnement sur notre territoire des unités de l’OTAN. Ce système permettra donc la sécurité et l’intégration de l’armée polonaise avec l’armée des Etats-Unis.»

La cérémonie s'est déroulée en présence du président Andrzej Duda, qui a parlé d'un «moment historique» et du Premier ministre Mateusz Morawiecki, ainsi que de l'ambassadeur des Etats-Unis Paul Jones, à qui le contrat signé a été remis.

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La négociation de ce contrat avait commencé il y a plusieurs années. En avril 2015, le gouvernement polonais avait déjà annoncé qu’il avait fait son choix en faveur du système de défense anti-aérienne produit par la société américaine Raytheon au détriment du consortium européen Eurosam, composé de Thales et MBDA. Peu de temps après, il avait annulé le projet d’achat de 50 hélicoptères Caracal d’Airbus helicopters, à la grande fureur de Paris, au profit de Black Hawk S-70 de l’américain Sikorsky (filiale de Lockheed-Martin).

Toutefois, pour ce qui est du système Patriot, Varsovie avait buté sur le montant initial du contrat qui était de 10,5 milliards de dollars, correspondant à la livraison de quatre radars et stations de contrôle, 16 rampes de lancement, 208 missiles intercepteurs MSE (Missile Segment Enhancement) et différents équipements annexes, soit quatre systèmes complets. Rapidement la Pologne avait réduit ses ambitions à deux systèmes, pour un montant de 5 milliards de dollars, exigeant en contrepartie des transferts de technologie.

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Cette condition a, semble-t-il, été acceptée par les Américains. Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborcza qui cite des sources au sein du ministère polonais de la Défense, Lockheed Martin a consenti à un investissement de 724 millions de zlotys, (172 millions d’euros) en transfert de technologie. C’est-à-dire que les missiles devraient être en partie fabriqués en Pologne avec la participation d’entreprises polonaises.

La presse polonaise affirme également que la phase définitive des pourparlers a commencé peu de temps avant la visite de Donald Trump en Pologne, en juillet 2017. Une lettre d’intention pour l'achat de deux batteries avant 2019 et une série complémentaire d'ici 2026, avait alors été signée.


Les premiers lanceurs devraient être livrés à la Pologne d’ici 2020. Auparavant, la Roumanie avait déjà fait le choix de systèmes Patriot. Enfin, début mars, le département d’Etat américain a donné son aval à la livraison en cours de négociation de missiles anti-char Javelin du même constructeur américain Raytheon.

https://francais.rt.com/economie/49257-pologne-contrat-38-milliards-missiles-patriot

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Et pendant ce temps- là, la France, en tant que "contributeur net", finance la Pologne... Cherchez l'erreur!       PG.

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L'Allemagne donne son feu vert à la construction du gazoduc russe Nord Stream 2

Après un an d'études environnementales et commerciales, l'Allemagne a finalement accordé tous les permis nécessaires au démarrage du projet de gazoduc porté par Gazprom dans sa zone économique. Le chantier devrait démarrer d'ici la fin de l'année.

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Le consortium Nord Stream 2 AG a annoncé le 27 mars avoir reçu le jour même les autorisations pour la construction et l’exploitation du gazoduc Nord Stream 2. Après étude sur l’impact environnemental et commercial l’agence maritime et hydrographique allemande a autorisé la pose du gazoduc sur les quelque 30 kilomètres de fonds marins de la mer Baltique faisant partie de sa zone économique exclusive


«Nous sommes ravis que tous les permis nécessaires soient maintenant en place pour la partie allemande du trajet», a commenté Jens Lange, haut responsable de Nord Stream 2 AG, la société de droit allemand qui gère le projet.

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Dans son communiqué, l’entreprise, de droit allemand mais détenue à 100% par le géant russe Gazprom, précise que ces permis sont le résultat d’un large processus mené en conformité avec la loi depuis avril 2017. Elle ajoute que ce processus a démontré que le gazoduc sous-marin Nord Stream 2 était nécessaire à la sécurisation des approvisionnements en gaz de l’Europe et contribuerait à la concurrence sur le marché du gaz de l’Union européenne.

Le communiqué souligne également que le gazoduc contribuera à atteindre les objectifs environnementaux dans la mesure où la génération thermique d’électricité à partir de gaz émet deux fois moins de CO2 que celle recourant au charbon. Un détail important en Allemagne fortement dépendante du charbon pour sa production d’électricité.

Nord Stream 2 s’est également montré confiante quant à l’attribution des ultimes permis nécessaires de la part de la Finlande, de la Suède, du Danemark… et de la Russie. Selon le communiqué les procédures en cours dans ces pays « se déroulent comme prévu ». Les travaux de construction devraient commençer dans le courant de l’année 2018.

Les Etats-Unis ont annoncé leur intention d'empêcher la réalisation du projet

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Le 20 mars, la porte-parole du département d'Etat américain Heather Nauert avait déclaré lors d'une conférence de presse : «Comme beaucoup de gens le savent, nous nous opposons au projet Nord Stream 2, le gouvernement américain s'y oppose.» Elle avait également laissé entendre que Washington ferait tout pour faire capoter le projet russo-européen de gazoduc

Auparavant, le 5 mars, les services juridiques du Conseil européen avaient retoqué la demande de la Commission européenne de soumettre le projet aux règles de fonctionnement du marché intérieur de l'énergie. Ils ont en effet estimé que l'UE pourrait enfreindre la Convention des Nations unies sur le droit de la mer si elle décidait d'appliquer ses propres règles à des gazoducs offshores. Ce projet va permettre à la Russie de doubler ses livraisons de gaz vers l'Allemagne via la mer Baltique et réduire la dépendance de l’approvisionnement européen aux aléas du transit par l’Ukraine.

https://francais.rt.com/economie/49253-allemagne-donne-feu-vert-nord-stream-2

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samedi 10 mars 2018

Paris : des milliers de faux contrôles de stationnement

La société Streeteo, en charge du contrôle du stationnement à Paris, a mis en place une procédure pour augmenter artificiellement les chiffres et tenir les objectifs de la Ville. Un ex-employé dénonce.

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Des contrôles de stationnement… sans voitures, réalisés autour d’une table dans un bureau. C’est la surprenante méthode, que semble avoir mise en place la société Streeteo à Paris. « C’est un système que l’entreprise a mis en place pour gonfler les chiffres de contrôle », explique Hamidou Sall, ancien chef d’équipe pour Streeteo, qui a démissionné mi-février. Une vidéo tourne sur les réseaux sociaux pour illustrer l’entourloupe, révélée également ce mercredi par « Le Canard Enchainé ».

Pour tenir les objectifs fixés par la Ville de Paris depuis la privatisation du contrôle du stationnement payant, le 1er janvier, Streeteo aurait demandé à des agents d’entrer dans leur PDA (sorte de smartphone qui sert à faire les contrôles) des listes de plaques d’immatriculation. Ces numéros correspondent à des voitures pré-contrôlées par les véhicules LAPI (lecture automatisée des plaques) de Streeteo, parfois plusieurs jours auparavant.

Des contrôles réalisés depuis un bureau

Réunis dans un bureau, les agents enregistrent à la chaîne des centaines de numéros de plaques, comme s’ils les avaient contrôlées de visu dans la rue. « On nous demandait de désactiver le GPS de nos PDA pour que les contrôles ne soient pas localisés », dénonce Hamidou Sall, assisté par deux avocats, Mes Yassine Yakouti et Karim Morand Lahouazi.

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Capture d'écran d'un mail reçu par un agent Streeteo demandant de désactiver son GPS pour faire des contrôles de stationnement depuis La Défense/(DR.)

« Très vite, en janvier, Streeteo s’est rendu compte qu’on ne pourrait pas atteindre les objectifs de la Ville de Paris. Après avoir mis en place ce système, au moins la moitié des contrôles étaient effectués dans le bureau », poursuit l’ex-employé. Pour les deux lots gérés par Streeteo à Paris (soit deux tiers de la ville environ), il fallait faire 50 000 contrôles par jour.

Le contrat passé avec la Ville de Paris pour la gestion du stationnement ne prévoit pas de rémunération au FPS (forfait post-stationnement, le nouveau nom des PV), pour éviter une politique du chiffre, mais impose un nombre total de 75 000 contrôles par jour.

Pas de contraventions illicites

Parmi la foule de faux contrôles ainsi effectués, impossible bien sûr de dresser des contraventions. Celles-ci seraient immédiatement contestées. « La consigne était, en enregistrant les plaques, de donner un faux motif pour justifier l’absence de FPS », poursuit Hamidou Sall. Trois choix en général s’offrent à l’agent : la personne est dans sa voiture, l’automobiliste est agressif, ou la voiture verbalisée dispose d’une carte de stationnement PMR (personne à mobilité réduite). « On nous demandait de changer régulièrement de motif », explique l’ancien employé.

Problème : le nombre de non-verbalisations pur cause de carte PMR a explosé… artificiellement. Ce qui a alerté la Ville de Paris et a même entraîné une intervention au dernier Conseil de Paris de l’adjoint aux transports Christophe Najdovski évoquant la recrudescence du nombre de fausses cartes PMR… La Ville a alors compris le système des faux contrôles et convoqué Streeteo. « A la suite de ce rendez-vous, précise un communiqué de la Ville, les dirigeants de Streeteo ont diligenté une enquête interne, qui a confirmé un dysfonctionnement. Ils y ont mis totalement un terme dès le 22 février, tout en engageant des mesures disciplinaires à l’égard du cadre qui en était à l’origine. ».

Un couac de plus

Des sanctions ont également été demandées. Elles s’élèvent à 60 000 € selon « Le Canard Enchaîné ». «C'est un couac pour la société Streeteo, pas pour la mairie de Paris », a indiqué Christophe Najdovski ce mercredi.

Un couac de plus, pourrait-on dire. Car ce n'est pas la première fois que Streeteo est montrée du doigt. En janvier, deux agents verbalisateurs avaient été contrôlés positifs au cannabis, et l'un conduisait sans permis. De nombreux automobilistes se sont également plaints d'amendes attribuées à tort, de bugs dans les réclamations, etc.

Streeteo de son côté a confirmé des « dysfonctionnements » et s'est « engagée à tirer toutes les conséquences d'éventuelles défaillances, quels qu'en soient les auteurs ». Réaffirmant son « engagement » auprès de la Ville, la société indique que « si des manquements ont pu être constatés, ils ne sont le fait que de comportements individuels, que Streeteo condamne fermement ».

Même actionnaire que le nouveau Vélib’

Un nouveau couac qui agace, d’autant que Streeteo est une filiale d’Indigo (ex Vinci Park), un groupe également actionnaire principal de Smovengo... l’opérateur des nouveaux Vélib’ en plein fiasco.

S’engoufrant dans la brèche, l’opposition à la maire de Paris Anne Hidalgo se régale. « Une fois de plus, la Ville s'illustre par une légèreté totale », a indiqué à l'AFP Florence Berthout, présidente du groupe LR au Conseil de Paris, tandis que l’UDI-MoDem a demandé de « mettre un terme au contrat » avec Streeteo : «La confiance est rompue ».

http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-des-milliers-de-faux-controles-de-stationnement-07-03-2018-7594962.php

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Les joies du "socialisme municipal"! Nul doute que l'opposition LR/UDI/MoDem aurait mieux privatisé. Moi, je suis un nostalgique de nos traditionnelles "pervenches", sans doute par archaïsme...C'était du temps où on n'appelait pas encore les PV de stationnement "FPS (forfait post stationnement)"...  P.G.

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vendredi 9 mars 2018

Ces camionnettes de l’Est zigzaguent avec la loi

Les réglementations sur le transport routier imposent des limitations sur le temps de repos, le nombre de chargements, la circulation le week-end, la limitation de vitesse… La parade a été trouvée, avec la multiplication de véhicules de moins de 3,5 tonnes. À leur volant, des chauffeurs, travailleurs détachés, originaires des pays de l’Est, sous-payés et corvéables à merci.

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Source : Ouest-France (3 mars) UPR.fr/UPR 87

Temps de repos, nombre de chargements, circulation le week-end, limitation de vitesse… Ces véhicules de moins de 3,5 tonnes sont la parade idéale à la réglementation transport routier.

Sur les routes, les aires de repos ou les parkings, vous en avez forcément croisé sans leur prêter attention. Des camionnettes bâchées, grosses comme des camping-cars, immatriculées en Pologne, Lituanie, Roumanie et Bulgarie. Depuis quatre ou cinq ans, leur nombre a explosé. À leur volant, des chauffeurs originaires des pays de l’Est, sous-payés et corvéables à merci.

« Le phénomène s’amplifie, on en voit de plus en plus », constate Éric Petras, responsable des contrôles à la Dreal d’Ille-et-Vilaine, (...)

https://www.ouest-france.fr/economie/transports/chauffeurs-routiers/ces-camionnettes-de-l-est-zigzaguent-avec-la-loi-5599457

Ces camions venus des pays de l'Est qui détournent la loi

Ces camionnettes bâchées de transport de marchandises, le plus souvent immatriculées en Pologne, ne payent pas de mine. Mais elles dévorent, tous les jours de l’année, sans contrainte de pause, des centaines de kilomètres de bitume sur les routes nationales et autoroutes de la Nièvre et de la France entière.

Leurs chauffeurs, polonais, bulgares ou lituaniens, payés au lance-pierres et au kilomètre parcouru, livrent autant de clients, au mépris des limites imposées par le cabotage, que le souhaitent les patrons des sociétés de leurs pays qui les envoient en France à la demande d’entreprises… françaises.

« Ils ne sont pas soumis à une limitation de vitesse à 90 km/h comme nous… »

En pagaille, voire à la queue leu leu sur l’A77 ou l’ancienne route nationale 7, ces camionnettes sont dans la ligne de mire des professionnels de la route français depuis deux à trois ans. Contraints, au volant de leurs bahuts de plus de 3,5 tonnes, de respecter des temps de conduite et de repos, obligés de laisser leurs poids lourds sur le bord des routes tous les week-ends, quand d’autres Européens ont une liberté totale, ces salariés et patrons de l’hexagone crient à la concurrence déloyale. « C’est complètement illégal », s’étrangle François Mercier, secrétaire général de l’Organisation des transporteurs routiers européens (Otre) de Bourgogne-Franche-Comté.

« C’est une catastrophe », dénonce Luc Beaunée, le président des Transports Charrier et Compagnie, à Decize. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an, rien n’arrête ces camionnettes sans confort (pas de réfrigérateur…) et parfois en surcharge, lancées tels des rouleaux compresseurs contre les entreprises tricolores et leurs salariés.

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« Certains chauffeurs sont là à demeure », juge Romain Soulat, contrôleur divisionnaire des transports terrestres Nièvre et Yonne à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), chargée de veiller au respect des règles du cabotage par de fréquents contrôles. Et leurs employeurs font fi de la limitation à trois chargements et déchargements sur le sol français dans un délai de sept jours avant retour au pays.

« Leurs chauffeurs peuvent faire ce qu’ils veulent. Les véhicules n’ont pas de chronotachygraphe pour contrôler les heures passées au volant. Ils ne sont pas soumis à une limitation de vitesse à 90 km/h comme nous… », enrage le président des Transports Charrier et Compagnie.

« Ces chauffeurs peuvent rouler vingt heures de suite s’ils le souhaitent », s’indigne encore le secrétaire général de l’Otre. « C’est une fraude organisée », poursuit-il en pointant du doigt de « vraies organisations avec des vraies sociétés et d’énormes bénéfices ».

Et pour cause : selon le président des Transports Charrier et Compagnie, le salaire brut chargé d’un conducteur français est de 46.176 € par an quand il n’est que de… 20.100 € pour un Polonais ! « Nous demandons des contrôles accrus face à ce phénomène », insiste Éric Rousseau, le patron de la société de transport éponyme, à Corvol-l’Orgueilleux.

« Fraude organisée »

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Aujourd’hui, l’arrivée massive de ces camionnettes des pays de l’est a un « vrai impact sur nos prix, notre rentabilité, notre compétitivité ».

À Noël, tous ces chauffeurs étrangers ont repris la route de leur pays, laissant respirer leurs homologues français. « Pendant les périodes de fêtes, nous retrouvons un bol d’air, des parts de marché, un filet d’activité », se réjouit Éric Rousseau. Mais, depuis la mi-janvier, les véhicules bâchés sont de retour. Qui ne les a jamais vus sur l’A77 ? Sur l’aire des Vignobles, à Tracy-sur-Loire, ils sont parfois une trentaine à stationner.

À savoir

Définition. Le cabotage est l’autorisation temporaire, accordée à un transporteur européen, de réaliser un transport intérieur sur le territoire français.

Nombre. Le cabotage routier sur le territoire français est limité à trois opérations de chargement et de déchargement dans un délai de sept jours.

Mouchard. À la différence des poids lourds, les camionnettes de moins de 3,5 tonnes ne sont pas équipées de chronotachygraphe. Cet appareil sert à contrôler les temps de conduite et de repos.

Amende. Le non-respect de la réglementation est réprimé par une amende de 15.000 € maximum. Le véhicule en cause est immobilisé tant que l’infraction n’a pas cessé.

https://www.lejdc.fr/nevers/transport/faits-divers/2017/02/20/ces-camions-venus-des-pays-de-l-est-qui-detournent-la-loi_12291119.html

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UE : La Commission contredite sur le gazoduc russe Nord Stream 2

BRUXELLES, 5 mars (Reuters) - Les services juridiques du Conseil européen ont émis un avis contraire à la proposition de la Commission européenne d'élargir la portée des règles de fonctionnement du marché intérieur de l'énergie afin d'y soumettre le projet russe de gazoduc Nord Stream 2 à destination de l'Allemagne.

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Ce projet doit permettre à la Russie de doubler ses livraisons de gaz vers l'Allemagne via la mer Baltique alors que la Commission souhaite réduire la dépendance de l'UE au gaz russe et prône un soutien à l'Ukraine, par laquelle transite actuellement une partie du gaz russe destiné à l'Europe de l'Ouest.

Les services juridiques du Conseil européen, dont Reuters a pu consulter l'avis, pensent que l'UE pourrait enfreindre la Convention des Nations unies sur le droit de la mer si elle décidait d'appliquer ses propres règles à des gazoducs offshore.

La Commission européenne a proposé l'an dernier d'amender la directive européenne sur le gaz afin qu'un gazoduc d'importation ne puisse pas être la propriété directe des producteurs de gaz, qu'il n'applique pas de tarifs discriminatoires et qu'il puisse être utilisé par des tierces parties.

Le projet Nord Stream 2, intégralement contrôlé par le monopole russe d'exportation Gazprom, est loin de respecter ces différentes règles.

Dans leur avis daté du 1er mars, les services juridiques du Conseil européen jugent que la proposition de la Commission "manque du moindre argument sur la compétence réglementaire de l'Union sur les pipelines en mer" qui traversent la zone économique exclusive (ZEE) d'un pays de l'UE.

"L'Union n'a pas la compétence pour appliquer un droit en matière d'énergie (..) qui est sans lien avec l'exploitation économique de la ZEE, à des pipelines traversant la ZEE des Etats membres", ajoutent-ils.

Cinq compagnies européennes participent au financement de ce projet Nord Stream 2 censé pouvoir transporter 55 milliards de mètres cubes de gaz par an: la française Engie, les allemandes Uniper et Wintershall, l'anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et l'autrichienne OMV. (Alissa de Carbonnel Bertrand Boucey pour le service français)

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/ue-la-commission-contredite-sur-le-gazoduc-russe-nord-stream-2-1746719.php#SDwZAUB6BmrE04AM.99

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Vous l'aurez compris, ce qui se joue ici derrière cette bataille juridique est un bras de fer entre les partisans d'un accord avec Gazprom et les tenants des intérêts américains (dont, bien sûr, la Commission européenne) qui, pour des raisons à la fois économiques et géopolitiques, souhaitent entraver le projet Nord Stream 2.

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L'Ukraine a remédié à la pénurie de gaz russe

Les autorités ukrainiennes ont affirmé dimanche avoir remédié à la pénurie de gaz dans le pays après le refus de la Russie de reprendre ses livraisons, une situation qui avait suscité l'inquiétude des Européens en pleine vague de froid. «Nous avons une nette augmentation des livraisons de gaz de l'Union européenne depuis la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie», a déclaré le président ukrainien Petro Porochenko sur Twitter.

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«La pénurie est totalement palliée», a-t-il poursuivi, ajoutant que l'Ukraine disposait désormais «d'assez de gaz dans les dépôts», en plus de sa propre production et des importations. L'Ukraine avait demandé vendredi à ses habitants de baisser le chauffage, à ses écoles de rester fermées et aux usines de réduire leurs cadences après la décision à la dernière minute du géant russe Gazprom de cesser ses livraisons, lançant une énième «guerre du gaz» entre les deux pays voisins.

Une solution temporaire?

Cette décision de Gazprom intervient après une décision de la Cour d'arbitrage de Stockholm ordonnant au groupe gazier russe de payer 2,56 milliards de dollars à l'opérateur gazier ukrainien Naftogaz pour solder tous leurs contentieux. Ce jugement a provoqué la colère de Gazprom, qui a refusé de reprendre ses livraisons et dit vouloir purement et simplement rompre son contrat avec Kiev, en vigueur jusqu'en 2019.

Pour compenser l'absence de gaz russe, l'Ukraine a notamment signé d'urgence un contrat de livraison avec le groupe polonais PGNiG. Mais la Commission européenne, que Kiev a appelée à jouer les médiateurs, a prévenu qu'il était difficile pour les pays européens d'approvisionner l'Ukraine vu leurs propres besoins, particulièrement élevés en raison de la vague de froid actuelle.

http://www.lessentiel.lu/fr/economie/story/L-Ukraine-a-remedie-a-la-penurie-de-gaz-russe-10964440

Commentaire relevé sur site:

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"La Russie ne fournissait plus de gaz à l'Ukraine parce que cette dernière ne payait pas. Maintenant c'est nous qui allons fournir du gaz à l'oeil... gaz qui bien souvent vient de Russie. Encore une fois les payeurs d'impôts européens vont être les victimes de la géopolitique. Attendez-vous à des augmentations de prix ou de taxes."


 

Voir aussi:

L'Ukraine et la Russie sont en conflit gazier permanent depuis l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en Ukraine en 2014, et Kiev a cessé fin novembre 2015 tout achat de gaz à la Russie pour s'approvisionner auprès de pays européens.

Naftogaz souhaite récupérer 16 milliards d'euros que l'entreprise ukrainienne estime avoir été trop-perçus par Gazprom, affirmant dans un communiqué que l'entreprise russe a appliqué des prix "hors-marché".

Gazprom nie ces accusations et réclame de son côté 37,1 milliards de dollars (33 milliards d'euros) de compensation pour pour du gaz qu'il considère non payé, en vertu de la clause dite "take or pay" du contrat alors en vigueur.

https://www.romandie.com/news/La-cour-d-arbitrage-de-Stockholm-donne-raison-a-Naftogaz-contre-Gazprom-/801110.rom


 

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"Les arbitres ont motivé leur décision par la forte dégradation de l'économie ukrainienne. Nous sommes opposés au fait que les problèmes économiques de l'Ukraine soient résolus à nos dépens", a justifié Alexeï Miller, le directeur général de Gazprom.

"La prolongation des contrats n'est donc pas opportune ni intéressante financièrement pour Gazprom", a-t-il ajouté.

https://www.challenges.fr/economie/gazprom-veut-rompre-son-contrat-avec-l-ukraine_571135

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mardi 6 mars 2018

Négociations sur le Brexit : une première mouture qui fâche (les Britanniques)

La facture de sortie, les droits des citoyens européens, la frontière irlandaise... où en est-on ? Ce mercredi 28 février, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, a rendu publique une première mouture du texte afin de mettre les Britanniques face aux réalités qui les attendent après leur départ de l'Union programmé pour le 30 mars 2019.

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Le projet de traité sur le Brexit publié mercredi dernier par la Commission européenne, traduisant en langage juridique le compromis signé en décembre, a révélé au grand jour les dissensions qui persistent entre Londres et Bruxelles, en particulier  sur l'Irlande du Nord.

C'est le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, Michel Barnier, qui en a fait la présentation mercredi à Bruxelles, mais cette ébauche juridique de l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE a aussitôt été rejetée par Londres.

Lors de sa conférence de presse, Michel Barnier a notamment souligné la nécessité d'éviter le rétablissement d'une "frontière dure" entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Ce qui signifie que la frontière "dure" avec l'UE serait repoussée en mer d'Irlande... Une proposition qui a fait bondir l'instant suivant Theresa May, qui, s'exprimant au même moment à la Chambre des communes, a affirmé que le projet de la Commission européenne, en l'état, menaçait l'"intégrité constitutionnelle" de son pays.

Premier récapitulatif de ce que l'on sait sur le futur retrait britannique du bloc européen:

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> La date de sortie de l'UE

Michel Barnier a insisté sur l'importance d'accélérer le rythme des discussions pour parvenir à un accord d'ici l'automne afin d'écarter le risque d'un Brexit "dur" fin mars 2019. "Si nous souhaitons le succès de ces négociations (...), nous devons accélérer la cadence", a-t-il dit.

Le Royaume-Uni quittera le bloc européen le 29 mars 2019, soit deux ans après avoir officiellement déclenché la procédure de divorce d'avec l'UE, et près de trois ans après le référendum du 23 juin 2016 qui a vu les Britanniques voter à 52% pour la séparation.

Cette date ne pourrait être retardée qu'en cas d'accord entre le Royaume-Uni et les 27 autres États membres.

> Les termes de la sortie : la frontière irlandaise met le feu aux poudres

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Londres et Bruxelles sont parvenus à un accord préliminaire en décembre sur les trois questions clés: la facture de sortie, les droits des citoyens européens et la frontière irlandaise. Mais cette dernière question a mis le feu aux poudres mercredi, Londres estimant que le texte publié par Bruxelles "menacerait l'intégrité constitutionnelle du Royaume-Uni en créant une frontière douanière et réglementaire en mer d'Irlande".

"Aucun Premier ministre britannique ne l'acceptera", a déclaré la Première ministre Theresa May.

Concernant les citoyens, il est stipulé que les droits des plus de trois millions d'Européens vivant au Royaume-Uni et du plus d'un million d'expatriés britanniques dans l'UE seraient préservés et qu'ils pourront réclamer le statut de résident permanent.

Ceux qui arriveront après le 29 mars 2019 n'auront toutefois peut-être pas les mêmes droits, a prévenu Londres, ce que Bruxelles conteste.

Enfin, le Royaume-Uni a accepté de continuer à contribuer au budget de l'UE jusqu'en 2020 et d'honorer tous les engagements pris. Ce qui correspondrait selon ses calculs à 40 à 45 milliards d'euros.

> La période de transition post-Brexit : le statu quo pas certain du tout

Lors d'un discours à Florence le 22 septembre 2017, Theresa May a réclamé le maintien des liens actuels avec l'UE pendant une période de transition de deux ans après le Brexit pour éviter un changement brutal des règles pour les citoyens et les entreprises.

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Les 27 ont approuvé fin janvier le principe "d'une transition 'statu quo' ", c'est-à-dire avec maintien de la libre circulation des biens, services et personnes mais lors de laquelle Londres n'aura plus son mot à dire sur les décisions de l'UE. Elle courrait jusqu'à fin 2020.

Mais compte tenu des désaccords qui ont surgi depuis, cette période de transition "n'est pas acquise", a averti le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier.

> La future relation commerciale : Barnier intraitable

Le Royaume-Uni veut quitter le marché unique et l'union douanière pour pouvoir négocier ses propres accords commerciaux et mettre fin à la liberté de circulation des citoyens européens mais souhaite dans le même temps maintenir la relation commerciale "la plus fluide possible" avec l'UE.

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Theresa May a souligné que son pays voulait un "accord sur mesure" mais Michel Barnier a prévenu qu'il fallait faire un choix et que des barrières commerciales étaient "inévitables" en dehors de l'union douanière et du marché unique.

Les négociations sur la future relation commerciale doivent débuter au printemps 2018. Sans accord, le Royaume-Uni se verrait appliquer les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de barrières douanières et tarifaires.

(Avec AFP et Reuters)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/negociations-sur-le-brexit-ou-en-est-on-770222.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180301

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Entre l'idéologie qui consiste à vouloir "faire payer" les Britanniques afin de dissuader d'autres pays de prendre le Brexit pour modèle, et la réalité des échanges commerciaux (des barrières douanières et tarifaires auraient aussi des effets négatifs pour l'UE), Theresa May a encore une bonne marge de manoeuvre, business is business...   P.G.

Posté par UPR Creuse à 04:00 - - Permalien [#]
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